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ÉCOLES FRANÇAISES D'ATHÈNES ET DE ROME
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PRÉFACE
L'église romaine est, de toutes les églises locales, celle qui possède les fastes les plus anciens,
les plus complets et les mieux connus. Dès le deuxième siècle elle avait ses catalogues épisco-
paux, pourvus déjà d'indications chronologiques ; on commençait même à y joindre çà et là
quelques détails historiques. Deux auteurs qui, au temps de l'empereur Antonin, recueillaient
les derniers échos de l'âge apostolique, Hégésippe et saint Irénée, appliquèrent aussi leur
pieuse curiosité à l'étude de la succession épiscopale dans « l'église principale où se conservait,
pour tous les fidèles, la tradition des apôtres >. C'est seulement au quatrième siècle, dans les
écrits d'Eusèbe, qu'apparaissent les catalogues épiscopaux d'Antioche, d'Alexandrie, de Jéru-
salem; le plus ancien que l'on puisse citer pour l'église impériale de Gonstantinople ne
remonte qu'au déclin du septième siècle. A plus forte raison en est-il de même pour les églises
de moindre importance, en Occident comme en Orient.
A Rome, les catalogues primitifs, continués, complétés, remaniés à diverses reprises, s'é-
largirent, au commencement du sixième siècle, en une suite de notices biographiques où se
développait toute l'histoire des papes, depuis l'apôtre Pierre. Publié par un clerc anonyme, qui
mit son œuvre sous le nom du pape Damase et sous la protection de son souvenir, ce premier
livre épiscopal ou pontifical était sans doute bien imparfait. Dans les siècles suivants on ne
s'inquiéta guère de le corriger, mais on le continua ; et ces continuations successives, toujours
de main contemporaine, forment un document historique des plus précieux. Longtemps avant
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270753 UNIVERSITYOF MICHIGAN
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que la cour franque n'eût ses Annales officielles, l'historiographie pontificale était cultivée au
Latran. A la fin du neuvième siècle on la voit subir une éclipse momentanée ; les notices bio-
graphiques se restreignent alors à un catalogue sans développements. Mais la tradition
se renoue bientôt, et, avec quelques vicissitudes, elle se maintient jusqu'au lendemain du grand
schisme, jusqu'au pontificat de Martin V (f 1431).
L'influence du Liber pontificalis sur la littérature historique du moyen âge est comparable à
l'influence de la papauté dans le monde politique du même temps. De bonne heure il fut imité.
Tout ce qui nous reste de livres épiscopaux, de Gesta episcoporum ou abbatum, a été écrit sur
son modèle. Pour le moyen âge tout entier, l'histoire des papes était dans ses notices, comme
l'histoire des empires était dans la chronique de saint Jérôme. C'est un des trois ou quatre
livres historiques qui formaient le fond indispensable de toute bibliothèque épiscopale ou con-
ventuelle. La chronique de Martinus Polonus, un des ouvrages les plus répandus au xiv e et au
xv e siècle, n'est autre chose que la combinaison des notices pontificales avec une série parallèle
de notices sur les empereurs.
Il s'en faut bien que le progrès des études et des découvertes ait abouti à le rejeter dans
l'ombre. Sans doute il est maintenant possible de le compléter, de le contrôler, de le corriger
même sur plus d'un point. Mais il reste et restera toujours l'un des principaux documents de
l'histoire des papes et surtout de l'histoire de Rome au moyen âge, de ses monuments, de ses
crises intérieures, de ses institutions religieuses et politiques.
C'est ce livre si important, par le sujet qu'il traite, par la valeur des données historiques qu'il
contient, par l'influence qu'il a exercée depuis sa première apparition, que j'entreprends de pu-
blier ici. Imprimé d'abord à Mayence, en 1602, d'après une copie d'un manuscrit encore exis-
tant, son texte passa, sans modification aucune, dans les éditions suivantes, celles de Fabrot,
(1648), de Bianchini (1718), de Muratori (1723). Vignoli (1723), au lieu de se borner, comme
les autres éditeurs, à donner en marge les variantes de quelques manuscrits, entreprit de
mettre ces variantes à contribution pour la constitution du texte. Cet essai ne fut pas
heureux : Vignoli ne disposait que d'un trop petit nombre de manuscrits; il procédait d'ailleurs
sans principes certains; aussi son édition est-elle, à beaucoup d'égards, inférieure aux pré-
cédentes.
J'ai cru devoir, avant tout, m'enquérir de tous les manuscrits conservés dans les dépôts de
l'Europe, les classer, collationner ceux qui offrent quelque importance et fonder mon édition du
texte sur la tradition paléographique la plus ancienne et la plus sûre. En procédant ainsi, je
suis arrivé à reconstituer une rédaction fort incorrecte au point de vue du style, de la gram-
maire et de l'orthographe, faite pour étonner les personnes qui ne sont pas familiarisées
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avec les productions de l'extrême décadence romaine et du latin vulgaire. Je ne protends pas,
on le conçoit, avoir ressaisi, dans tous ses détails, l'orthographe des textes originaux. Cepen-
dant les manuscrits sont si anciens, si rapprochés de la rédaction des biographes, qu'on peut
arriver en ce genre à une grande approximation. Les différences qui ne peuvent manquer
de subsister entre l'édition et le texte sorti de la plume de l'auteur sont presque toujours de
nulle importance ; les fautes d'orthographe qu'on lui aura imputées en excès, sur le témoignage
des copistes, doivent être compensées par celles qu'on lui aura corrigées, d'après les mêmes
autorités.
Les documents du texte ainsi établi sont produits au bas des pages, dans l'énorme appareil
de variantes que j'ai cru devoir publier. On trouvera qu'il y en a trop, et l'on sera de mon avis.
Mais il ne m'appartient pas de modifier les usages, et ce n'est pas ma faute si la critique du
Liber pontificalis est obligée de tenir compte d'un si grand nombre de manuscrits. Les personnes
qui seraient tentées de me blâmer sur ce point feront bien de feuilleter les derniers volumes
des Sanptores ecclesiastici latini publiés par l'Académie de Vienne ou ceux de la nouvelle collec-
tion des Monumenta Germaniae, notamment le Jordanes de M. Mommsen.
Quant aux notes et dissertations de l'introduction et du commentaire, je n'étonnerai per-
sonne en disant qu'elles ne doivent à peu près rien à ce qu'il y a d'analogue dans les deux
éditions de Bianchini et de Vignoli. Les sciences historiques, en particulier celle des antiquités
chrétiennes, ont fait, depuis un siècle et demi, de tels progrès que je me suis trouvé avoir sous
la main infiniment plus de ressources qu'on n'en pouvait avoir au commencement duxvm 6 siè-
cle. Peut-être aussi me suis-je donné, pour les réunir et les mettre en œuvre, un peu plus de
peine que l'on n'en prenait alors. Mais, si je ne suis pas, sur ce point, tributaire de mes devan-
ciers, je le suis et dans une large mesure, d'ouvrages modernes considérables, parmi lesquels
ceux de mon illustre ami J. B. de Rossi doivent figurer au premier rang. Mon commentaire
se réduirait beaucoup si j'en effaçais tout ce qui procède, directement ou indirectement, du
Bullettino di archeologia christiana, de la Roma sotterranea, des Inscriptiones christianae urbis
Romae *.
S'il me fallait énumérer ici, après M. de Rossi, les personnes obligeantes qui m'ont aidé, soit
en me transmettant des renseignements sur les manuscrits, soit en me rendant des services
littéraires d'une autre nature, je devrais allonger cette préface d'une liste interminable. Je ne
puis cependant omettre l'expression d'un remerciement à l'adresse de M. le comte Desbassayns
de Richemont et de M. Emile Châtelain, qui ont bien voulu me rapporter de leurs voyages les
B- ^
\. Au moment où j'écris ces lignes, le tome (I (i re partie) de ce dernier recueil n'a point encore paru; mais, grâce à la bien-
veillance de l'auteur, j'en ai eu sous les yeux les épreuves & mesure qu'elles étaient imprimées.
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photographies de plusieurs manuscrits. Je dois aussi un témoignage spécial de reconnaissance
à mes supérieurs ecclésiastiques qui m'ont accordé, pour ce travail, bien des facilités, et
notamment le loisir relatif sans lequel je n'aurais pu le conduire au point où il est arrivé. Enfin,
je ne saurais oublier que c'est à l'Ecole française de Rome, sous l'œil bienveillant de ses pre-
miers directeurs, M. Albert Dumont et M. Geffroy, que j'ai commencé les études qui aboutissent
à ce livre. Pour les continuer il m'a fallu plusieurs fois revenir au nid ; chaque retour a été une
fête, pour le cœur autant que pour l'esprit. L'érudition n'a pas que des épines.
N. B. — i. Ce volume s'arrête à la vie d'Hadrien I er . Le suivant comprendra les continuations diverses jus-
qu'à Martin V. J'y ferai, s'il y a lieu, l'apologie de cette coupure, qui n'est pas conforme à l'usage, pas plus,
après tout, qu'il ne l'est de publier le Liber pontificalis au delà d'Etienne V. On y trouvera aussi toute une série
de tables alphabétiques pour faciliter les recherches dans le texte, le commentaire et les introductions.
2. — L'introduction de ce volume étant une refonte complète de ma première étude, je n'ai cru devoir citer
celle-ci que dans des cas tout à fait exceptionnels. Il en est de même des mémoires dans lesquels j'ai défendu
ou complété mes premières conclusions. En voici la liste, dans l'ordre chronologique, avec celle des travaux
consacrés à ces questions par MM. R. A. Lipsius et G. Waitz. Mes controverses avec M. G. Waitz viennent
d'être interrompues par sa mort : je ne puis mieux faire que de déposer ici l'expression de mes respectueux
hommages envers la mémoire de cet illustre savant.
L. Duchés ne, Etude sur le Liber pontificalis, dans la Bibliothèque des Ecoles françaises d? Athènes et de Home, 1. 1, Paris, Thorin,
1877.
G. Waitz, Ueberdie verschiedenen Texte des Liber pontificalis (Neues Archiv, t. IV, [1879], p. 216).
L. Dughesne, La date et les recensions du Liber pontificalis (Revue des questions historiques, t. XXVI [1879], p. 493).
R. A. Lipsius, Neue Studienzur Papstchronologie, dans le Jahrbùcher fur protestantische Théologie, t. V [1879], p. 385, et
t. VI [1880], p. 233.
L. Dughesne, Le premier Liber pontificalis [Revue des questions historiques, t. XXIX [1881], p. 246).
G. Waitz, compte-rendu dans YHistorische Zeitschrift, nouvelle série, t. VIII [1880], p. 135.
L. Dughesne. Le Liber pontificalis en Gaule au vi« siècle (Mélanges d'archéologie et dhisioire publiés par l'Ecole française
de Rome, t. II [1882], p. 277).
L. Dughesne, U historiographie pontificale au vm* siècle (lbid., t. IV [1884], p. 232).
G. Waitz, Ueber den sogenannten Catalogus Cononianus der Pdpste (N eues Archiv, t. IX [1884], p. 459).
G. Waitz, Ueberdie ltalianischen Handschriften des Liber pontificalis (lbid., t. X [1885], p. 453).
G. Waitz, Ueber den sogenannten Catalogus Felicianus der Pâpste (lbid., t. XI [1886], p. 217).
L. Dughesne, Unmot sur le Liber pontificalis (Mélanges à" archéologie, etc., t. VI [1886], p. 275)
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INTRODUCTION
CHAPITRE PREMIER
L'HISTOIRE ET LA CHRONOLOGIE DES PAPES AVANT LE LIBER PONTII'ICALIS
§ F
DOCUMENTS DU DEUXIEME SIECLE ET DU TROISIEME.
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iiôgdsippo. I . — Les premiers linéaments de l'histoire des papes
ont été tracés au second siècle, dans les listes épiscopales
dressées par Hégésippe et par saint Irénée. Le premier,
voyageur venu du p ond de la Syrie, très préoccupé des
nouveautés doctrinales des gnostiques et de leur désac-
cord avec la notion authentique de la doctrine chré-
tienne, avait tenu à s'assurer qu'il y avait dans chaque
église ou plutôt dans les principales d'entre elles une
continuité absolue entre l'enseignement des apôtres
fondateurs et celui des évoques contemporains. A cet
effet, il s'était enquis un peu partout de la succession
épiscopale et des anneaux par lesquels elle se reliait
aux origines. A Rome, la liste qu'il était parvenu à éta-
blir s'arrêtait au pape Anicet, sous lequel il fit séjour
dans la capitale de l'empire. Eleuthère était alors diacre
d'Anicet ; il fut son second successeur, après Soter '.
C'est au temps d'Eleuthère qu'Hégésippe mit par écrit
ou du moins publia ses souvenirs de voyage et ses ob-
i. Fsvoufvo; cfi «v 'Pwuïj JiaJo^qv trroiïjaapjv ps'^pt; 'Avixïjtov,
■ ov Jtaxovo; ïjv '£).rJ9*oo;. Kai napà 'Avixïjtou âtct$i-%t?cti Scjtt&o,
utO' ov 'ElwQtpoç. Hégésippe, dans Eusèbe, Uist. EccL, IV, 22.
Liber pontificalis.
servations sur les sectes contemporaines. On ne peut
savoir si la liste épiscopale de Rome s'y trouvait insé-
rée au complet. Eusèbe ne paraît pas l'y avoir remar-
quée.
2. — Saint Irénée, qui écrivit son grand ouvrage sur irénée.
les hérésies dans les premières années du règne de Com-
mode, nous a conservé intégralement cette précieuse
série. Le but qu'il se proposait en la mettant sous les
yeux de ses lecteurs était exactement le môme que celui
d'Hégésippe: rendre sensible la continuité de l'ensei-
gnement ecclésiastique et de la succession tradition-
nelle. La liste d'Irônée s'arrêtait au pape Eleuthère,
alors vivant. Le texte grec nous en a été conservé dans
une citation d'Eusèbe '.
i. 0ms).ioi?avT«; ovv x«i otxodopjTavT»; oi paxeeptot kiroorrolot tïjv
ixx).îjgrt«> Aîvw ti&v rfjç fri7X07rçç InrQVpyixv hcyrsipivav. Tovrov tow
Atvov riavÀo; h raï; ttoô; Ti/xô0jov t7riaTo).aîç jxijxvqTeu, JtaJt^rrac
<Tc «vrôv'Avîyx^ïjTo;. Mira tovtov dï Tpirw TÔ7rw ouzo twv kttocttoXwv
t^v JTrtTxojr&v xlïjpoûrat K^q t uij; f ô xai îwpaxw; toùç paxaptouç
à7roar6/ou; xai ffvuÇiÇÀîjxw; avrot; xai m «vavXov tô xijpvypa tôv
à7TOTrôXwv xai tjçv rapàJoTiv 7rpô OfQcckuùv *% uv > ou fiôvoc • îr»
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ii DOCUMENTS DU II* ET DU III e SIÈCLES
Voici la série qui s'en déduit. Après les apôtres :
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Clément,
KXvipi;,
Evariste,
Eùapê<r:o:,
Alexandre,
'A)i;avâfo;,
Xystus,
Zucto;,
Télesphore,
TcXi^tpopo:,
Hygin,
TyTvo;,
Pie,
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Anicet,
'Avucr/ro;,
Soter,
Somip,
Eleuthère.
'E>.sû9epo;.
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Dans une lettre écrite au pape Victor, successeur
d'Eleuthère, Irénôe reprend une seconde fois cette série,
en remontant depuis Soter jusqu'à Xystus l . Elle no
soulevait donc aucune hésitation au temps où il écri-
vait. Il est à remarquer que saint Irénée connaît, outre
les noms des papes, plus d'un détail intéressant sur
quelques-uns d'entre eux. Il identifie Lin avec le per-
sonnage du môme nom dont il est parlé dans la fé-
conde épître à Timothée ; il dit que Clément avait vu
les apôtres et conversé avec eux ; il mentionne la célè-
bre lettre qui fut écrite de son temps aux Corinthiens
par l'église de Rome ; il relève le martyre glorieux de
Télesphore. En joignant à ces renseignements ceux
que l'on trouve ailleurs dans ses écrits * sur les sectes
hérétiques de Rome au temps d'Hygin, de Pie, d' Ani-
cet, sur les rapports de celui-ci avec Polycarpe, sur
Eleuthère, sur les vicissitudes de la discipline pascale,
on pourrait déjà former un petit Liber pontificalis.
Catalogues de 3. —Parmi ces indications, il faut surtout remarquer
sîècle. U sec ° n l'emploi des noms des papes pour dater certains évène-
toûtov ovv tov K>>î 4 ix£V70ç CTcco-swç oûx éliyriç zoïq h Koptv0« ywo-
pivni Kiïstyoîq, inéTTetkrj ij iv Pwuïj cxx^o-ta txavwTaTïjv ypafiv
toîç Ko/>«0focç, stç eiptfvïjv avpêtêâÇovo-a avroùç xai «vavcoûcra djv
ttéotiv ccûtwv xat r}v veworl àîrô tgjv ùnQtrcoktûv ituoâSoGtv eik^fti...
Tôv âï KLjpevTa toûtov £ta&%rrat Evàperroç , xai tôv Ewâpeorov
'A^sÇav^poç. Eiô' ovrwç «troc cenô twv &izo<ttô\m xccÔioraTat Evoto;,
/xsrà as toûtov Ts^foyopoç, ô? xai èvo^ôÇwç ipapTÛoijo-iv ÉVfiiTa Tyîvoç,
«Ta IUoç, p£Ô' ôv *Avtx>jToç. Ataô*eÇapt«vou tôv 'A.vîxïjtov IwTfyoç vûv
JoxfcxaTb) TÔ7TÛ) TÔV Tïjç èVl<rX07T»ÏÇ CCJTÔ TÛV «7TOOt6}û)V XaTÏ^St X>>JpOV
•EX«w0«poç. Eusèbe, H. E., V 6; Irénée, Adv. hser, II 31.
1. Eusèbe., H. E., V 24.
2. Adv. Haer., I 25, 6; 27, 1; III 3, 3; 3, 4; 4, 3. Lettre à Victor,
dans Eusèbe, H. E., V 24 ; Lettre des martyrs de Lyon, ibid.,
V3, 4.
ments ; Tertullien * s'en est servi pour la même fin.
Ainsi, non seulement on avait, dès le déclin du second
siècle, une liste épiscopale bien arrêtée et connue du
public, mais cette liste était établie de façon à pouvoir
fournir des repères chronologiques. Du reste les études
les plus récentes sur les anciens catalogues pontificaux
ont abouti à démontrer qu'il avait existé, dès la fin du
règne de Commode, une liste des papes où les noms
étaientaccompagnés de chiffres d'années \ Environ trente
ans plus tard, l'auteur inconnu du livre contre l'héré-
sie d'Artémon, contemporain de Zôphyrin, écrivait que
le prédécesseur de ce pape, Victor, avait été le treizième
successeur de saint Pierre *. C'est le même compte que
celui d'Irénée, pour qui Eleuthère, le prédécesseur de
Victor, était le douzième depuis les apôtres *.
4. — Le célèbre Hippolyte, prêtre et docteur à Rome Hippolyte.
au commencement du ni siècle, s'était beaucoup oc-
cupé de chronologie sacrée et même profane. Outre sa
table pascale et son cycle de 112 ans, gravés sur le siège
de sa statue G , il avait rédigé deux autres ouvrages dont
les titres sont conservés sur le même marbre, au mi-
lieu d'un catalogue de ses écrits. L'un, AI10AEIZEIC
XPONQN TOT IIACXA KATA EN TQ IIINAKI,
devait être la théorie de son comput pascal ; l'autre, inti-
tulé XPONIKQN, était un livre de chronologie propre-
ment dite. Le texte grec en est perdu °, mais il en reste
deux traductions latines dont l'une figure dans la collec-
tion de documents chronographiques et autres, illustrée
i. Praescr., 30.
2. Ad. Harnack, Die Zeit des Ignatius, Leipzig, 1878, p. 74; Lip-
sius, Die ûltesten Papstverzeichnisse, dans le Jahrb. fur protest.
Théologie, 1880, p. 78 et suiv.
3. BtXTOOOÇ, O? ÏJV 70tO~/a«?£XK70Ç «770 IISTÛO'J £V 'Pw/aîj £7ré<7X07ro;. ..
H. E., V 28, 3.
4. M. Ad. Harnack (Die Zeit des Ignatius, p. 21 et suiv.) a cru
pouvoir trouver, dans les chiffres do la chronique d'Eusèbe, de
saint Pierre à Galliste, un catalogue qui aurait d'abord figuré dans
la chronique de Jules Africain (222). Cette hypothèse, écartée par
MM. R. A. Lipsius (lenaer Literaturzeitung, 1878, p. 302 et Jahrb.
f. prot. TheoL, 1880, p. 234, 254), A. v. Gutschmid {Theol. Literatur-
zeitung, 1880, p. 76-85), H. éelzer (Sextus Julius Africanus, Leip-
zig, 1880, p. 281), n'a pas, à ma connaissance, rallié un seul adhé-
rent. Je me crois donc dispensé d'en tenir compte ici.
5. Sur cette statue, découverte en 1551 près de la voie Tiburtine,
au lieu où l'on vénérait le tombeau de saint Hippolyte, et maintenant
conservée au musée de Latran, v. Bianchini, Anast., t. II, p. 158;
Corp. inscr. gr., t. IV, n°8613 ; de Rossi, Bull, 1882, p. 29.
6. Knust, Archiv, t. VIII, p. 216, 217, a cru qu'il se trouvait
dans la bibliothèque de l'Escurial. Je ne doute pas qu'il n'y ait ici
une erreur, causée probablement par les catalogues dont parle
Gh. Graux, Essai sur les origines du fonds grec de l'Escurial, p. 346*
note 1 ; dans ces catalogues la chronique pascale du vn« siècle
est mise sous le nom d'Hippolyte.
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DOCUMENTS DU II e ET DU IIP SIÈCLES.
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en 354 par Furius Dionysius Filocalus ; l'autre, après
avoir circulé isolément sous le titre de Liber generatio-
nis, fut mise en tète de la compilation historique connue
sous le nom de Frédégaire. M. Mommsen * et, tout
récemment, M. B. Krusch * ont démontré définitive-
ment que ce texte latin, que les manuscrits donnent
sans nom d'auteur, représente bien la Chronique de
saint Hippolyte. Jusqu'ici on a cru qu'il s'était autrefois
terminé par une liste des papes, avec des chiffres d'an-
nées ; cette liste est en effet annoncée dans une table
des matières, qui se termine ainsi : Nomina episcopo-
rum Romae et quis quot annis praefuit. Mais la liste
elle-même ne figure dans aucun des manuscrits de la
chronique. Comme de plus la rubrique Nomma epis-
coporum etc., ne se présente pas partout ni de la
même façon, il y a lieu de reprendre à nouveau la
question: c'est ce que je vais faire immédiatement.
Le Liber gcnerationis, comme je viens de le rappeler,
nous est parvenu en deux traductions. Dans la première,
celle du recueil chronographique de 354, la table des
matières se termine ainsi :
Sacerdotum nomma (les grands prêtres juifs).
Nomina regum Machedonum ab Alexandro et quis
quot annos regnavit.
Imperatorum Romanorum a Gaio Julio Caesareet
consulibus.
Dans la seconde, celle qui a servi à Frédégaire, les
deux dernières rubriques sont omises, ou plutôt dépla-
cées, car on les retrouve un peu plus haut. On y lit :
Nomina sacerdotum.
Nomina Romae et quis quod annis praefuit.
Quant aux deux rubriques omises à la fin, elles se
lisent ainsi, quelques lignes auparavant :
Régis Macedonum ab Alexandro et quis quod annis
regnavit.
Impcralorcs Romanorum ab Augusto et quis quod
annis regnavit.
En reportant ces deux rubriques au-dessous de No-
mina sacerdotum, la seconde traduction ne diffère plus
sensiblement de la première, si ce n'est en ce qu'elle
contient une rubrique de plus :
Nomina Romae et quis quod annis praefuit.
J'ai laissé des points entre Nomina et Romae parce
i. Ueber den Chronographen vomJahrcZîi, dans les Mémoires de
l'Académie royale de Saxe, Leipzig, 1850, t. II, p.547 et suiv.
2. Neues Archiv, t. VII (1882), p. 457 et suiv.
que le mot qui les sépare fait difficulté. Il s'agit de
savoir s'il faut lire imperatorum ou episcoporum.
Voici la tradition paléographique :
Les manuscrits de Frédégaire, comme l'a démontré
M. Krusch ', dérivent tous d'un exemplaire actuellement
conservé, le Parisinus 10910. Or celui-ci porte No-
mina emperm, qui semble bien devoir se lire Nomina
emperatorum. D'un autre côté, il existe un manuscrit
du Liber gcnerationis où celui-ci n'est pas encore com-
biné avec Frédégaire, et le texte représenté par ce ma-
nuscrit est, d'après M. Krusch lui-même, la source du
texte inséré dans les manuscrits de Frédégaire *. Ce ma-
nuscrit est actuellement à Gheltenham 8 ; il porte, sans
aucune abrogation, Nomina episcoporum. Il semble déjà
qu'entre les deux leçons, celle du manuscrit de Chel-
tenham soit la plus autorisée. Mais d'autres considéra-
tions la favorisent : d'abord on ne disait pas, en grec, im-
peratores Romae, mais imper ator es Romanorum, $ol<sù,ûç
'Ptàixawùv, souverains de tous les Romains, c'est-à-dire
de l'empire entier; tandis que l'on dit indifféremment
du pape episcopus Romae, e'7:i<T>to7co; 'Pwpi; ou e'v 'Pwjlyi,
évêquede la ville de Rome, ou bien episcopus Romano-
rum, gzwrxoTro; TwjjLauùv. Le génitif latin Romae sup-
pose ici le mot Tupi; dans le texte original, et le mot
*Pw[mïî appelle gicMncorcoi et non JtaaiXet;. Ensuite comme
M. Krusch en fait la remarque, le terme praefuit, qui
convient très bien au gouvernement épiscopal, ne con-
vient pas au gouvernement impérial ; pour celui-ci on
emploie regnavit, ê&xaiXeucrev : les lignes de la table
que j'ai citées plus haut en fournissent un exemple.
11 y a donc lieu, je crois, de conformer ici le texte de
Frédégaire avec celui du Liber generationis de Ghel-
tenham et d'admettre que, si le mot emperatorum se
trouve dans le premier, c'est grâce à une distraction
d'un copiste, qui aura reproduit indûment ce mot, écrit
à la ligne précédente 4 . De cette façon, la difficulté est
ramenée à deux points seulement : 1° l'absence de la
1. Neues Archiv, t. VII, p. 326-345.
2. L. c, p. 465.
3. C'est principalement d'aprè3 lui que Labbe (Nova Bibl. Mss.,
t. I, p. 298) a édité le Liber generationis. Il était autrefois à la bi-
bliothèque du collège de Clermont. Depuis, il a passé dans celle de
sir Th. Phillipps (n° 1829, Meermann 715), maintenant installée à
Gheltenham.
4. Une faute semblable, à propos du pape Marcel, Marcellus
imperavit ann. /, etc., est signalée par M. Mommsen, 1. c , p. 636,
dans un des manuscrits du catalogue libérien; elle est due à la
môme cause que celle-ci.
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IV
rubrique Nomma episcoporum dans la version philoca-
lienne f ; 2° la disparition, dans tous les textes, du cha-
pitre auquel correspond cette rubrique. En ce qui con-
cerne la version philocalienne, la disparition du texte et
de la rubrique est plus apparente que réelle. Quelques
pages avant le Liber gencrationis, la collection dont cette
version fait partie contient un catalogue des papes, bien
plus complet que n'était et ne pouvait être celui d'Hip-
polyte : je veux parler du catalogue libérien, prolongé
jusqu'au milieu du iv° siècle. Ce catalogue est précédé
d'une petite introduction qui se termine ainsi : per suc-
cessionem disposition quis episcopus quot assis praefuit
vel quo -imper ante. On reconnaît facilement dans ces
mots un développement de la rubrique primitive du
catalogue d'Hippolyte. Si celui-ci ne se trouve pas à
sa place dans le Liber gencrationis, c'est parce qu'il
eût fait double emploi avec le catalogue libérien.
Quant à la seconde version du Liber gencrationis,
elle a conservé la rubrique, mais non le catalogue d'Hip-
polyte. Ici encore tout s'explique aisément. D'abord on
ne peut rien conclure du manuscrit de Cheltenham,
qui est mutilé à la fin et dont le texte s'interrompt
avant l'endroit où pourrait se trouver le catalogue. Reste
Frédégaire*. Eh bien, Frédégaire contient un catalogue
des papes; seulement il est plus long que celui d'Hip-
polyte, puisqu'il va jusqu'au pape Théodore (642-649),
et plus complet, puisqu'il contient les mois et les jours.
Ce catalogue, que l'on trouvera plus loin, est appa-
renté à ceux du temps d'Hormisdas et au Liber pontifi-
calis. Quoi de plus naturel qu'une pareille substitu-
tion? Un clerc du v:i e siècle ne pouvait évidemment pas
se contenter de la liste épiscopale d'Hippolyte. Il lui
fallait un catalogue prolongé jusqu'à son temps. On
peut en dire autant de la série des empereurs. Dans
la chronique d'Hippolyte, elle s'arrête à la mort d'A-
lexandre Sévère. Frédégaire a ajouté, après son catalo-
gue pontifical et en guise de supplément, une petite
chronique où la succession impériale est poursuivie
1. J'appelle ainsi, pour abréger, Inversion insérée dans la collec-
tion chronographique de 354, bien qu'on ne sache pas avec certi-
tude si Filocalus a été l'auteur de cette version ou de la col-
lection dont elle fait partie, ou s'il n'a fait que copier et illustrer
le manuscrit original.
2. Ici le nom de Frédégaire, qui, comme on le sait, est un nom
purement hypothétique, désigne, non le premier auteur de la com-
pilation, lequel écrivait en 613, mais le second, celui qui la remania
en 642. Ils étaient l'un et l'autre sujets du roi de Bourgogne et
habitants du pays d'Avenches, au delà du Jura (Krusch, 1. c.
.p. 436 et suiv.).
DOCUMENTS DU II e ET DU III- SIÈCLES.
jusqu'à Héraclius (f 641). Il est vrai que le raccord de
ces pièces avec le Liber generationis n'est pas très bien
exécuté ; mais la préoccupation de donner un supplé-
ment à la chronique du m e siècle se révèle avec la plus
grande évidence.
On peut donc admettre, au moins comme fort proba-
ble, que le Liber generationis ou chronique d'Hippo-
lyte se terminait par un catalogue pontifical et que ce
catalogue contenait, outre les noms des papes, l'indi-
cation de leurs années de siège.
Cette conclusion, tirée de la seule histoire du
texte du Liber generationis, est vérifiée a posteriori
par l'existence d'un catalogue pontifical qui s'est
arrêté d'abord au pape Pontien , c'est-à-dire précisé-
ment au moment où devait s'arrêter celui d'Hippo-
lyte. Ce catalogue est celui qui a servi de base au
rédacteur du catalogue libérien pour la première par-
tie de la série pontificale , depuis saint Pierre jus-
qu'à Pontien. On verra bientôt que ce rédacteur a
eu à sa disposition une liste des papes avec l'indica-
tion de leurs années de siège, mais sans aucun autre
détail \ depuis saint Pierre jusqu'à Tannée 235; que
cette liste se continuait, pour un espace de vingt ans
environ, par une série de petites notices, évidemment
rédigées par un contemporain ; enfin, que le premier
fait mentionné dans ces notices, c'est l'exil, simultané
du pape Pontien et du prêtre Hippolyte, en 235. L'as-
pect, les limites, le mode de continuation de cette liste
pontificale, tout concourt à l'identifier avec le catalogue
d'Hippolyte, tel qu'il figurait dans les manuscrits pri-
mitifs de son Liber generationis. On trouvera plus loin,
p. îx, une restitution approximative de ce document,
d'après le texte du catalogue libérien.
5. — Les petites notices par lesquelles il fut d'abord j, ( , .-oniinuateur
continué et qui sont reproduites aussi dans le catalogue l /23.v2n^!°
libérien ressemblent beaucoup à celles du Liber pon-
tificalis. Il s'en est fallu de peu que celui-ci ne prît nais-
sance au milieu du troisième siècle. Si l'exemple donné
parle continuateur d'Hippolyte avait été suivi, cette pre-
mière ébauche n'eût pas manqué d'être perfectionnée
et nous aurions, sur l'ancienne histoire des papes, un
document de premier ordre, d'autant plus important
que la seconde moitié du troisième siècle ne nous est
que très imparfaitement connue par les maigres ren-
1. Sauf peut-être une note où l'apparition du Pasteur d'Hermas
est rattachée à l'épiscopat du pape Pie I".
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DOCUMENTS DU II e ET DU III» SIÈCLES.
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seignements d'Eusèbe. Malheureusement aucun con-
temporain n'entreprit de continuer la série des notices
pontificales, et lorsque le catalogue d'Hippolyte fut re-
manié au temps de Libère et de Filocalus, il le fut
par quelqu'un qui s'intéressait plus à la chronologie
qu'à l'histoire proprement dite.
Kntièhe. 6. — On sait qu'Eusèbe, dans ses deux grandes compi-
lations historiques, la Chronique et Y Histoire ecclé-
siastique, enregistre avec soin les successions épiscopales
de Rome et des grandes églises d'Orient, Alexandrie,
Antioche et Jérusalem. En ce qui regarde la chrono-
logie des papes, il a eu à sa disposition deux catalo-
gues qui différaient notablement l'un de l'autre, non
pas sur les noms et Tordre de succession, mais sur
la durée des pontificats. Le premier lui a servi pour
sa Chronique, le second pour son Histoire ecclésiasti-
que. Tous les deux s'arrêtent à Marcellin, dont les an-
nées ne sont pas indiquées ; autrement dit, ils vont
jusqu'à la persécution de Dioclétien. Les voici, tels qu'ils
peuvent se déduire des données éparses dans les deux
compilations historiques. Pour la Chronique, je n'ai
tenu compte que de la version arménienne ; car dans
celle de saint Jérôme les chiffres originaux sont rempla-
cés par ceux de l'Histoire ecclésiastique '.Les chiffres
entre parenthèses représentent les variantes acciden-
telles de saint Jérôme par rapport à ce dernier texte.
Chronique.
Hist. ecclés.
Petrus
ann. XXV '
XXV
Linus
ann. XI1II
XII
(XI)
Anencletus
ann. VIII
XII
Clemens
ann. VIIII
VIIII
Evarestus
ann. VIII
VIII
(VIIII)
Alexander
ann. X
X
Xystus
ann. XI
X
Telesphorus
ann. XI
XI
Hyginus
ann. I1II
mi
Pius
ann. XV
XV
Anicetus
ann. XI
XI
Soter
ann. VIII
VIII
Eleutherus
ann. XV
XV
1. Il en est de même dans un mauvais remaniement syriaque de
la chronique d'Eusèbe, terminé à l'année 636 et publié parRœdiger
dans l'édition de Schœne, t. II, p. 203 et suiv. Le catalogue que
M. Lipsius (Chronologie der rôm. Bischôfe, p. 27) en a extrait est
très défectueux et sans aucun intérêt.
2. Ann. XX dans le texte arménien, évidemment fautif.
Victor
Zephyrinus
Callistus
Urbanus
Pontianus
Anteros
Fabianus
Cornélius
Lucius
Stephanus
Xystus
Dionysius
Félix
Eutychianus
Gaius
Marcellinus
Chronique.
ann. XII
ann.
ann.
ann.
ann.
mens.
ann.
ann.
mens.
ann.
ann.
ann.
ann.
mens.
ann.
XII
VIIII
VIIII '
VIIII a
I
XIII
III
II
II
XI
XII a
XVIIII '
II
XV
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m
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Hist. ecclés.
X
XVIII
V
VIII
VI
I
XIII
III
VIII
II
XI
VIIII
V
X (m. VIII)
XV
(VIIII)
(V)
(II)
(III)
On voit que les catalogues d'Eusèbe, quelle que soit
leur divergence dans les chiffres, coïncident exacte-
ment en ce qui regarde les noms et l'ordre de succes-
sion des papes durant les trois premiers siècles. De
plus, ils sont absolument d'accord avec Ja liste de saint
Irônée, la seule liste plus ancienne qui puisse leur être
sûrement comparée. Etaient-ils également d'accord avec
le catalogue d'Hippolyte? C'est ce qu'on ne saurait dire
avec certitude, car ce dernier document ne nous est
point parvenu isolé et dans sa forme originale.
En dehors de ses catalogues 3 , Eusèbe put consulter
un grand nombre d'écrits intéressants pour l'histoire
des papes et de l'église romaine ; mais il n'entrait pas
1. La date manque dans l'arménien; mais en comparant le total
des années des papes précédents, c. à d. 182 ans, avec la différence
des dates d'avènement indiquées pour Pontien (2246 Abr.) et pour
saint Pierre (20o5), c.à d. 191 ans, on trouve 9 ans pour le pontificat
d'Urbain. Ce chiffre n'est d'ailleurs qu'approximatif, car les dates
d'avènement sont presque toujours marquées de travers (Lipsius,
/. c, p. 9).
2. Les chiffres de Pontien, Denyset Félix sont évidemment cor-
rompus, surtout les deux derniers. M. Lipsius (1. c, p. 10 et suiv.)
les corrige en an. VI, an. VIII et an. V.
3. Pour plus ample informé sur les listes et les chiffres d'Eusèbe,
dont la discussion est en dehors du programme de cet ouvrage, on
peut consulter Lipsius, Chronologie der rômischen Bischôfe, p. 6 et
suiv. ; Neue Studien zur Papstchronologie , II, Die ultesten Papst-
vcrzeicluiisse, dans leJahrb. fur prolest. Théologie, 1880, p. 78 et suiv.;
— Erbes, Ueber Flavius Clemens von Rom, même revue, 1S78, p\ 690;
Die Chronologie der antiochenischen und der alexandrinischen
Bischôfe, ibid., p. 1879, 464; —A. Harnack, Die Zeit des Ignatius,
Leipzig, 1878; — Iiort, compte rendu dans YAcademy du 15 sept.
1871 et Dictionary of Christian antiquities, t. II, p. 1656 et suiv.;
-- Ch. de Smedt, Dissertationes selectae, 1. 1, Gand, 1876, p. 301-326.
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CATALOGUE LIBÉRIEN.
dans son plan d'entreprendre cette histoire spéciale.
Quant à ses catalogues eux-mêmes, il se borne à en
faire usage aux endroits convenables, sans reproduire
leur texte en entier et isolément. En somme, le pre-
mier travail, je ne veux pas dire sur l'histoire, mais sur
la chronologie des papes qui nous soit parvenu sous sa
forme propre et primitive, c'est le catalogue qui fait
partie du recueil chronographique de 354 ; ce catalo-
gue s'arrête au pape Libère (332-366) ; voici le moment
d'en parler avec quelque détail.
§ ii-
LE CATALOGUE LIBERIEN ET LES AUTRES DOCUMENTS DU QUATRIEME SIÈCLE.
Le chronogra-
phe de 354.
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7. — La collection chronographique de 354 4 s'est
conservée pendant le moyen âge dans deux manuscrits
connus : l'un d'eux a complètement disparu ; de l'autre il
ne reste que des fragments ; mais tous les deux ont
été copiés avec soin et les copies subsistent encore.
Le plus ancien, qui maintenant est perdu, se trou-
vait à Luxembourg en 1560; il passa, en 1580, aux
mains d'un M. d'Asson ville, conseiller du roi d'Espa-
gne à Bruxelles ; en 1620 on le retrouve entre les mains
d'un président d'Arras, peut-être le même personnage
que le précédent ; il fut alors prêté à Peiresc, dans la
correspondance duquel il est longuement décrit ; de-
puis lors on en a perdu toute trace. Peiresc l'estimait
du vin ou du ix e siècle. Il contenait de magnifiques
illustrations, dont il subsiste des copies à la plume, en-
voyées par Peiresc à Aleander ; elles étaient conservées
autrefois dans la bibliothèque Barberini ; maintenant la
plupart se trouvent au Vatican (n°9135). Quant au texte,
on en a une copie exécutée par Herbert Rosweyde ; cette
copie, qui appartenait aux Bollandistes, est entrée à la
bibliothèque de Bourgogne, à Bruxelles, sous la cote
7542-7548. La copie de Bruxelles et celle de Rome
représentent donc à elles deux le manuscrit de Peiresc.
Le second manuscrit ancien du chronographe appar-
tenait autrefois au chapitre de Strasbourg auquel il fut
donné par l'évêque Wernher (1001-1029); il en reste
deux fragments, conservés maintenant à la bibliothèque
de Berne (n 08 108 et 128) ; l'écriture est du ix e siècle.
Il était encore entier quand il fut copié, vers 1480, pro-
bablement pour Jean Fuxmagen
(f 1499), conseiller
1. Mommsen, Vahcr den Chronographen vom Jahre 354, dans les
Âbhandlungen de l'Académie royale do Saxe, t. I, Leipzig, 1850,
p. 547 et suiv.; — cf. Corp. iîiscr. lat., t. I, p. 332,333, 483, 484.
de l'emperenr Maximilien. La copie se trouve à la bi-
bliothèque impériale de Vienne (n° 3416).
Les deux manuscrits représentés actuellement par
les copies de Bruxelles et de Vienne n'avaient point
été transcrits sur le même original : le second était beau-
coup plus complet que le premier. En le prenant comme
type de la collection, on voit que celle-ci comprenait
trois parties, dont la première seulement figurait dans
le manuscrit de Peiresc :
1° un recueil constitué définitivement en 354, mais
comprenant des pièces plus anciennes ; 2° un recueil
formé en 334 ; 3° des annales continuées jusqu'en 539.
Cette dernière partie est une addition postérieure : telle
qu'elle fut publiée en 354, la collection ne comprenait
que les deux premiers recueils. Voici le détail des
pièces qu'elle renferme :
Première partie. — 1. Un calendrier romain pour l'usage
civil, rédigé en 354;
2. Des fastes consulaires, depuis Bru tus et Collatin
jusqu'à l'année 354 ;
3. Une table pascale, de 312 à 411, contenant, jus-
qu'à l'année 342, les pâques réellement célébrées
à Rome, et, au delà de 342, les pâques calculées
d'après le cycle lunaire et les règles de comput
qui étaient en vigueur au quatrième siècle
dans l'église romaine * ;
4. Une table des préfets de Rome, avec dates con-
sulaires, de 254 jusqu'à 354 ;
5. Deux tables d'anniversaires, l'une des papes
(deposùio episcoporum) , l'autre des martyrs
i. DeRossi, Inscr., t. I, p. lxxxv et suiv: — Krusch, Der 84/tf/t-
rige Oslwcyclus, Leipzig, 1880, p. 65-75.
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(item clepositio martyrum) ; la première dressée
en 336 et complétée entre 352 et 366 , la seconde
vraisemblablement du même temps ;
6. Un catalogue des papes (catalogue libérien ou
philocalien ) dont la base est un document pri-
mitivement arrêté en 235 ; ce catalogue a été
rédigé en 336 et réédité du vivant du pape Libère
(352-366).
Le calendrier est orné d'illustrations magni-
fiques ; il porte au frontispice une dédicace à un
certain Valentinus, pour lequel cette collection
aura été exécutée ; on y lit la signature de Filo-
calus, le calligraphe du pape Damase : Furius
Dionysius Filocalus titulavit.
Seconde partie. — 1. Une chronique depuis l'origine du
monde jusqu'en 334 ; c'est le Liber generationis
ou chronique d'Hippolyte (235), avec quelques
remaniements et compléments;
2. Une chronique romaine, comprenant les rois et
les empereurs jusqu'à la mort de Licinius (323);
3. La Notifia regionum urbis Romae, rédaction de
l'année 334.
Troisième partie. — Cette troisième partie ne contient
que des annales, rédigées d'abord à Rome, semble-
t-il, puis à Ravenne. Le manuscrit de Vienne en
présente deux exemplaires, tous deux incomplets ;
l'un est intercalé entre le calendrier et les fastes,
l'autre entre les deux premiers recueils, après le
catalogue des papes; en les réunissant on parvient
à reconstituer une liste des rois de Rome, puis des
fastes consulaires depuis César (47 av. J.-C. )
jusqu'à l'entrée de Bélisaire à Rome (536) ; il
manque encore la partie qui va de 404 à 437. Les
événements sont enregistrés à la suite des dates
consulaires. La date de ce document, les diffé-
rences que l'on trouve entre ses fastes et ceux qui
sont employés dans les autres parties de la collec-
tion, certaines attenances avec le comput pascal de
Prosper, autorisent à le considérer comme une in-
terpolation postérieure '.
1. Toutes les parties de la collection, sauf le calendrier et la No-
titia regionum, ont été publiées par M. Mommsen à la suite du
mémoire cité plus haut; le calendrier figure maintenant dans le
tome l» du Corpus inscr. lat. y p. 334-356 et laNolitia regionum à la fin
du t. II de la Topographie der Stadt Rom de Jordan ; de nouveaux
fragments, apparentés aux annales de la troisième partie, ont été
publiés par M. de Rossi, Bull. 1867, p. 17-23.
Il n'y a en revanche aucun doute que les deux pre-
mières parties n'aient été combinées ensemble dès l'an-
née 354 et peut-être même plus tôt. La première partie,
qui contenait des tables des consuls, des préfets et des
évêques de Rome, eût été incomplète sans une liste des
empereurs ; or, celle-ci ne se trouve que dans la seconde
partie. D'un autre côté, dans la traduction du Liber
generationis d'Hippolyte, par laquelle s'ouvre la seconde
partie, on a supprimé les deux chapitres relatifs aux
empereurs et aux évêques de Rome : pourquoi? Parce
que le chapitre sur les empereurs est remplacé par la
chronique urbaine depuis César jusqu'à Licinius et parce
que le catalogue des papes figure déjà plus haut. La con-
nexion entre les deux parties est donc évidente : le
manuscrit de Vienne ne représente point la fusion acci-
dentelle de deux recueils primitivement isolés, mais
l'état de la collection telle qu'elle fut constituée en 354
et même auparavant.
Que ce livre ait été rédigé pour un chrétien, cela
ressort déjà de la nature de plusieurs des pièces qu'il
contient, la table pascale, celle des annhersaires des
papes etdes martyrs, le catalogue des papes, le Liber ge-
nerationis. La liste des préfets, la chronique impériale
et la Notitia regionum n'offrent aucun indice de chris-
tianisme ; on peut en dire autant du calendrier. Cepen-
dant il est à remarquer que celui-ci a. été dépouillé de
toutes les indications religieuses relatives aux sacrifices
et autres cérémonies du culte païen ; la notation des
jours fastes ou néfastes a disparu. En fait de supersti-
tions, il n'y a guère que l'astrologie qui soit repré-
sentée , par certains renseignements sur l'influence
ouïes révolutions des planètes. Les fêtes antiques sont
indiquées , mais simplement comme j ours fériés ou affectés
à la célébration des jeux; c'est dans cette catégorie
d'indications que rentre le natalis invicti, marqué au
25 décembre, aveemention des courses du cirque. Dans
les fastes consulaires quelques événements chrétiens
sont notés : la naissance (1) et la mort (29) du Christ,
l'arrivée à Rome des apôtres Pierre et Paul (33) et leur
martyre (55) ; de plus, on marque pour chaque année
le jour de la semaine planétaire qui correspond au 1 er jan-
vier et l'âge de la lune à ce même jour; cette dernière
donnée est calculée d'après le cycle pascal de 84 ans,
commençant en 298, c'est-à-dire d'après le cycle dont
se servait l'église romaine au milieu du quatrième
siècle.
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Ainsi, le livre illustré et peut-être compilé par Filo-
calus nous représente une sorte de manuel où se trou-
vent groupés tous les renseignements chronographiques
et môme topographiques nécessaires, au temps de la
dynastie de Constantin, à un habitant de Rome qui fai-
sait profession de christianisme. La chronique univer-
selle d'Hippolyte l'orientait dans l'histoire des anciens
temps conçue suivant les idées chrétiennes ; l'histoire
particulière de Rome lui était donnée par la chronique
impériale ; les fastes consulaires lui fournissaient l'é-
chelle des dates ; la liste des préfets lui permettait de
se retrouver au milieu des actes de l'administration
urbaine ; le calendrier, de suivre les phases de l'année
civile et des fêtes publiques. Au point de vue stricte-
ment chrétien, il trouvait dans le catalogue des papes
une ébauche de l'histoire de son église ; les dates pas-
cales étaient calculées pour un long espace de temps
dans la table centenaire; les deux listes d'anniversaires
l'avertissaient des principales fêtes ou commémorations
que l'église de Rome avait à célébrer chaque année. La
partie topographique du recueil était, il est vrai, moins
complète. La Notitia ne mentionne aucun édifice chré-
tien; les régions qu'elle décrit sont les quatorze régions
d'Auguste, et non les sept régions ecclésiastiques ; la
chronique impériale relate la construction de beaucoup
d'édifices civils, surtout de bains publics , mais elle ne
parle pas des églises. 11 semble que le continuateur du
catalogue des papes ait voulu combler cette lacune en
citant les basiliques construites sous le pape Jules : il
aurait eu beaucoup à dire s'il avait voulu remonter plus
haut et parler des fondations de Constantin et de Sil-
vestre.
Un tel livre n'a bien évidemment aucun caractère
ecclésiastique officiel. Le nom de son destinataire, Va-
lentin, ne figure pas sur la liste des papes; il ne saurait
être celui d'un archidiacre, diacre, ou prêtre de l'église
romaine : car s'il en était ainsi, la collection serait plus
complète sur les régions ecclésiastiques, les établisse-
ments de bienfaisance, les églises, les cimetières; on
n'y trouverait pas certaines indications superstitieuses.
Filocalus, le décorateur du volume d'où nos manus-
crits dérivent, travailla plus tard pour le pape Damase
(366-384) ; mais il a fort bien pu exécuter vers le mi-
lieu du quatrième siècle des peintures de manuscrits
pour des personnes laïques et privées. Quant aux pièces
qui furent insérées dans le recueil, plusieurs ont un ca-
ractère officiel, comme le calendrier, les fastes, la
table des préfets; d'autres, comme la chronique univer-
selle et la chronique impériale, sont des compilations
privées; les deux tables d'anniversaires des évoques
et des martyrs sont empruntées aux calendriers ecclé-
siastiques de Rome, ou tout au moins doivent être con-
sidérées comme d'accord avec eux. Mais que penser
de la provenance du catalogue des papes?
8. — Le seul usage solennel que l'église romaine pût
faire d'un catalogue de ses anciens évêques, c'était de s'en
servirpour réciter leurs noms dans les commémorations
liturgiques. L'auteur de notre catalogue a trouvé évidem-
ment un documentplus circonstancié que de simples dip-
tyques. Rien ne prouve a priori qu'il ait dérivé ses ren-
seignements de catalogues officiels conservés dans les
archives de l'église romaine plutôt que de travaux parti-
culiers, antérieurs au temps où il écrivait. En étudiant de
près sa rédaction, on arrive aux conclusions suivantes :
1° Les dates consulaires du catalogue pontifical sont
empruntées précisément aux fastes publiés dans la col-
lection philocalienne ; on peut en dire autant des syn-
chronismes impériaux, qui paraissent en rapport avec
la liste des empereurs contenue dans la chronique im-
périale ;
2° Depuis saint Pierre jusqu'à Pontien (30-235),
dates et synchronismes ont été ajoutés après coup à une*
liste des papes qui ne contenait , sauf pour Pontien et
peut-être pour Pie, d'autre indication que leurs noms
et la durée de leurs pontificats exprimée en années,
peut-être en années, mois et jours. En tout cas, l'auteur
du catalogue n'a tenu compte que du chiffre des années
et il y a adapté sa notation consulaire de telle façon que
l'année de l'avènement d'un pape est toujours l'année
qui suit celle où son prédécesseur est mort. Ainsi les
papes semblent n'avoir siégé que des années pleines,
sans fraction, être entrés régulièrement en charge le
1 er janvier et être morts le 31 décembre ;
3° La liste des papes qui a servi de point de départ
était disposée ainsi qu'il suit * :
1. Je néglige ici les chiffres de mois et de jours comme n'ayant
pas été mis en ligne de compte dans l'adaptation des dates consulai-
res. Les chiffres d'années sont ceux qui se déduisent des dates con-
sulaires ; quand ils ne se trouvent pas d'accord avec ceux que le
catalogue indique, on les a imprimés en caractères penchés, excepté
celui de saint Pierre qui devrait être XXVI si on lui appliquait ri-
goureusement la loi que fournit le reste do la série. Les chiffres
d'Anicet, d'Eleuthère ei de Zéphyrin manquent dans les manus-
crits du catalogue libérien.
Le catalogue
libérien.
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CATALOGUE LIBÉRIEN.
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Petrus
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Linus
ann.
XII
56-67.
Clemens
ann.
VIIII
68-76.
Cletus
ann.
VII
77-83.
Ànacletus
ann.
XII
84-95.
Evaristus
ann.
XIII
96-108
Alexander
ann.
VIII
109-116
Xystus
ann.
X
117-126
Telesphorus
ann.
XI
127-137
Hyginus
ann.
XII
138-149
Anicetus
ann.
IIII
150-153.
Pius
ann.
XVI
146-161.
Soter
ann.
VIIII
162-170.
Eleutherus
ann.
XV
171-185.
Victor
ann.
XII
186-197.
Zephyrinus
ann.
XX
198-217.
Callistus
ann.
V
218-222.
Urbanus
ann.
VIII
223-230.
Pontiahus
ann.
V
230-235.
Outre le dédoublement Clet-Anaclet, qui sera discuté
plus loin, cette liste contient déjà une erreur certaine,
Anicet placé avant Pie. L'adaptation des notes consu-
laires en a occasionné une seconde. Le compilateur dis-
posait de deux dates, celle de la Passion (29) et celle
de l'exil de Pontien (235) : il semble être parti à la fois
de ces deux extrémités, descendant à partir de l'an 29
jusqu'à Anicet, dont la mort est ainsi fixée à 153,
et remontant à partir de Pontien jusqu'à Pie, dont la
dernière année correspond à 161; mais comme entre
154 et 161 il n'y avait que huit ans, tandis que sa
liste en portait seize, il se vit embarrassé. Pour sortir
de cette difficulté il trouva tout simple de reporter
jusqu'à l'an 146 l'avônement de Pie, de sorte que, pour
l'intervalle 146-153, il indique en réalité deux papes,
Pie et Hygin de 146 à 149, Pie et Anicet de 150 à 153.
4° Cette liste des papes, qui s'arrêtait à l'année
235, comme le Liber generationis d'Hippolyte, et men-
tionnait, en terminant, l'exil d'un prêtre romain appelé
Hippolyte, ne peut guère être différente de celle dont
le titre figure dans la table du Liber generationis :
NOMLNA EPISCOPOIUJM ROMAE ET QUIS QUOT ANNIS PRAEFUIT.
Il est toutefois impossible de savoir si la note relative
au Pasteur d'Hermas appartient à la rédaction grecque
primitive ; on peut en dire autant du dédoublement Glet-
Anaclet et de l'interversion des deux papes Anicet et Pie.
Liber pontificalis.
5° Pour Pontien et ses successeurs Antéros, Fabien,
Cornélius, Lucius, le compilateur du quatrième siècle
trouva vraisemblablement à la suite de la liste précé-
dente et dans quelque exemplaire du Liber generationis
d'Hippolyte, de petites notices, de main contemporaine.
Peut-être les quatre premières contenaient-elles déjà les
dates consulaires que nous trouvons dans le catalogue
libérien ; en tout cas ces dates sont exactes.
6° On ne peut en dire autant des dates suivantes,
de Lucius, d'Etienne, et de celle de l'avènement de
Xystus II. Toutes ces dates sont fausses et quelquefois
même inconciliables entre elles. En effet Lucius est mort
en 254 : or on le fait vivre jusqu'en 255, tout en fixant
à l'année 253 l'avènement de son successeur Etienne.
Celui-ci a siégé en réalité de 254 à 257 : or on le fait
mourir en 255, la même année que Lucius. Xystus II
a succédé à Etienne en 257 : or son avènement est indi-
qué à la date de 256. Notre auteur n'aura donc point
trouvé les dates consulaires de ces papes dans un do-
cument autorisé, ou bien, ce qui est encore possible, il
les aura transcrites avec beaucoup de négligence.
7° Dans la dernière partie du catalogue, depuis
Xystus II, on trouve le plus souvent l'indication du jour
où le pape est mort et même du jour où il a inauguré
son pontificat. Cependant il y a ici un peu d'irrégularité.
Le jour de la mort est omis pour trois papes, Félix,
Marcellin, Marcel; il était pourtant facile de relever
cette indication dans la table des anniversaires des évo-
ques (depositio episcoporurn) l . Quant au jour de l'ordi-
nation, il est omis pour Xystus II, Félix, Eutychien, Mar-
cel. Les natales ordinationis étaient marqués au qua-
trième siècle dans les calendriers des églises et nous en
avons la preuve pour celle de Rome 3 . Notre auteur aura
pu les trouver dans quelque document de ce genre,
s'ils ne figuraient pas déjà sur sa liste des papes. Quant
aux dates consulaires, il est probable qu'il en aura
trouvé quelques-unes, comme celles de la persécution
de Valérien (Tusco et Basso = 258) et de la persécution
de Dioclétien [Diocletiano VIIII et Maximiano VIII =
304), auxquelles pouvaient être joints quelques rensei-
gnements sur l'interruption de l'ôpiscopat pendant ces
deux persécutions: et presbyteri praefuerunt..., quo
tempore fuit persecutio et cessavit episcopatus... Les
1. Marcellin cependant ne paraît pas y avoir figuré, comme
je l'expliquerai plus loin.
2. De Rossi, Roma sott., t. I, p. 113.
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autres dates, jusqu'à Miltiade (f 314), sont souvent en
contradiction avec les indications chronologiques aux-
quelles elles sont jointes dans le catalogue lui-même.
Comme les moyens de vérification nous font défaut, il
n'est pas toujours facile de savoir où est la vérité.
À partir de la date obituaire de Miltiade, il n'y a plus
de difficulté. On indique régulièrement et exactement
les dates du jour et de l'année de l'avènement et de la
mort du pape. Pour le pape Jules, on y joint la mention
de cinq basiliques fondées par lui. Pour Libère, les
dates initiales sont seules indiquées, ce pape étant
encore vivant au moment où le catalogue se publiait.
8° Quant au synchronisme des empereurs , il est
donné à peu près exactement partout, sauf pour les
trois papes Tôlesphore, Hygin et Anicet, placés, le pre-
mier sous Antonin et Marc-Aurèle, les deux autres sous
Marc-Aurèle et Verus ; ceci est en contradiction avec
leurs datés consulaires et aussi avec le synchronisme
impérial de Pie, qui (n fait un contemporain d' Anto-
nin, bien que ses deux prédécesseurs Hygin et Anicet
soient. placés sous Marc-Aurèle. Cette confusion se pro-
duit au même endroit de la série où nous avons signalé
un si étrange raccordement des dates consulaires. Il
faut remarquer aussi que, pour quatre papes, Antôros,
Corneille, Xystus II et Eusèbe, le synchronisme n'est
pas indiqué. Dans la seconde partie du catalogue, de-
puis Lucius, l'auteur paraît avoir eu l'intention d'indi-
quer plutôt sous quel règne a commencé le pontificat
que de mesurer exactement la coïncidence chronologique
entre les papes et les empereurs. C'est ainsi qu'il place
sous Aurélien (f mars 275) le pape Eutychien (3 janvier
275-7 décembre 283) ; sous Carus (f décembre 283)
et Carinus (f 285) le pape Gaius (17 décembre 283-
22 avril 296) ; sous Constantin (f 22 mai 337) le pape
Jules (6 février 337-12 avril 352). Pour ce dernier, il est
vrai, on peut supposer une erreur de copiste, qui aurait
transformé en Constantini le nom de l'empereur Cons-
tant. Tous ces synchronismes ont été ajoutés, comme
la plupart des dates consulaires, par le compilateur du
catalogue, en 336 ou en 354.
En somme le rédacteur du catalogue libérien a fait
œuvre de chronologiste et non d'historien. Il a cherché
à donner une tournure plus uniforme et plus complète
aux renseignements que lui fournissait le catalogue
d'Hippolyte avec ses continuations diverses ; mais il n'a
pas entrepris d'écrire des biographies pontificales, pas
même pour les papes de son temps, car on ne peut
considérer comme une notice biographique rémunéra-
tion des cinq églises fondées par Jules. Cependant son
travail a servi de cadre au Liber pontificalis; sauf quel-
ques retouches et quelques omissions, il y est entré
tout entier; c'est par son intermédiaire que le Liber pon-
tificalis se rattache à la tradition d'Hippolyte et d'Irô-
née ; aussi ai-je cru devoir le reproduire en entier et à
la première place parmi les textes étroitement apparen-
tés au recueil des notices pontificales.
9. — Après Filocalus, l'histoire pontificale retombe
dans le même stade qu'auparavant. Les controversistes
orthodoxes continuent à alléguer la succession des papes
comme argument de la tradition apostolique ; les dates
de leur sépulture ou même de leur ordination sont mar-
quées dans les calendriers romains * ; enfin les chroni-
queurs, à l'exemple d'Eusèbe, enregistrent la date de
leur avènement et la durée de leur épiscopat. Parmi
les controversistes du quatrième siècle on en connaît
trois qui ont décliné le catalogue pontifical, saint Optât,
saint Augustin et l'auteur inconnu du poème contre Mar-
cion. C'est aux Donatistes que les deux évoques africains
opposent la succession des papes, en se servant d'un
catalogue évidemment identique a ; le voici :
Petrus,
Linus,
i. v. ch. m, s ».
2. Optât, de schism. Donat., H, 3 (éd. Dupin, p. 3i, 32 en tenant
compte des variantes indiquées en note) : Ergo cathedram unicam...
sedit prior Petrus, cui successit Linus, Lino successit Clemens,
démenti Anacletus, Anacleto Evaristus, Evaristo Sixtus, Sixto
Telesphorus, Telesphoro Iginus, Igino Anicetus, Aniceto Pius, Pio
Soter, Soteri Alexander, Alexandro Victor, Viclori Zepherinus, Ze-
pherino Galixtus, Galixto Urbanus, Urbano Pontianus, Pontiano
Anterus, Antero Fabianus, Fabiano Cornélius, Gornelio Lucius,
Lucio Stephanus, Stephano Sixtus, Sixto Dionysius, Dionysio Fé-
lix, Felici Marcellinus, Marcellino Eusebius, Eusebio Miltiades,
Miltiadi Silvester, Silvestro Marcus. Marco Julius, Julio Liberius,
Liberio Damasus, Damaso Siricius, hodie qui noster est socius. —
Aug. ep. LUI (éd. bénéd.) ad Generosum : Petro enim successit Li-
nus, Lino Clemens, Clementi Anencletus, Anencleto Evaristus,
Evaristo Sixtus, Sixto Telesphorus, Telesphoro Iginus, Igino Ani-
cetus, Aniceto Pius, Pio Soter, Soteri Alexander, Alexandro
Victor, Victori Zephirinus, Zephirino Galixtus, Galixto Urbanus,
Urbano Pontianus, Pontiano Antherus, Anthero Fabianus, Fabiano
Cornélius, Cornelio Lucius, Lucio Stephanus, Stephano Xystus,
Xysto Dionysius, Dionysio Félix, Felici Eutychianus, Eutychiano
Gaius, Gaio Marcellinus, Marcellino Marcellus, Marcello Eusebius,
Eusebio Miltiades, Miltiadi Sylvester, Sylvestro Marcus, Marco
Julius, Julio Liberius, Liberio Damasus, Damaso Siricius, Siricio
Anastasius. {Plusieurs mss. omettent Marcellinus, Marcellino.)
S. Optât et
S. Augustin.
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Clemens,
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Evaristus,
Sixtus,
Telesphorus,
Iginus,
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Pius,
Soter,
Alexander,
Victor,
Zephirinus,
Calixtus,
Urbanus,
Pontianus,
Àntherus,
Fabianus,
Cornélius,
Lucius,
Stephanus,
Xystus,
Dionysius,
Félix,
Eutychianus,
Gaius,
Marcellinus,
Marcellus,
Eusebius,
Miltiades,
Silvester,
Marcus,
Julius,
Liberius,
Damasus,
Siricius,
Anastasius.
En comparant cette liste à celle du catalogue libé-
rien, on voit qu'elle en reproduit deux particularités
caractéristiques : Clément placé immédiatement après
Lin, Pie et Anicet intervertis. Elle n'a cependant pas le
dédoublement de Clet et d'Anaclet ; Anaclet seul y est
nommé, comme dans saint Irénée et dans Eusèbe. En
revanche on y trouve une grosse erreur, Alexandre dé-
placé du sixième au treizième rang, où il s'est substitué
à Eleuthère. Saint Optât omet Marcel, Marcellin manque
dans plusieurs manuscrits de saint Augustin; mais
comme on sait d'ailleurs l que saint Augustin distin-
guait ces deux personnages, il est probable que nous
n'avons affaire ici qu'à une faute de copiste et que les
deux noms figuraient dans le texte du catalogue pon-
tifical répandu en Afrique à la fin du quatrième siècle.
En somme, sauf l'indistinction de Clet et d'Anaclet, et
l'erreur spéciale relative à Alexandre et Eleuthère, saint
Optât et saint Augustin suivent la même tradition que
le catalogue libérien.
10. — L'auteurdu poème contre Marcion* a emprunté
à ce catalogue précisément la seule particularité que les
deux évoques africains aient négligée, la distinction de
Clet et d'Anaclet. Il est d'ailleurs évident 3 qu'il a eu
4. Contra litt. Petiliani, II, 202.
2. La date de ce poème est encore incertaine ; on l'attribuait au-
trefois à Tertullien, sans aucun fondement; Oehler [Tertull., t. II,
p. 782) soupçonne qu'il est l'œuvre du rhéteur marseillais Victo-
rinus (v« siècle; v. Gennadius, De vins, 61); Th. Zahn, Der Hirt
des Hermas, Gotha, 1868, p. 23, hésite entre ce Victorinus et le rhé-
teur africain G. Marius Victorinus qui enseignait à Rome sous
Constance (Hier., Deviris, 101); E. Hiickstâdt, Vêler das pseudoter-
tullianische Gedicht adversus Marcionem, Leipzig, 1875. p. 52-57, se
décide pour ce dernier Victorinus; son opinion est patronnée par
A. Harnack (PP- apost., fasc. III, 1877, p. LI, LU); Ebert, Geschichte
der christl.-ht. Literatur, 1. 1, 1874, p. 301, range le poème parmiles
productions contemporaines de Prudence et de Paulin de Noie,
sans prononcer un nom d'auteur; Hilgenfeld (Zeitschrift f. wis-
sensch. Théologie, 1876, p. 154 et suiv.) tient pour le troisième siè-
cle; M. de Rossi [Bull. 1867, p. 35) avait déjà relevé une coïn-
cidence singulière entre un vers de ce poème et un vers d'une
inscription chrétienne de Rome, gravée sous le pape Marcellin
(296-304). Le témoignage de saint Isidore de Séville (De viris, 8)
porte à croire que l'auteur s'appelait Victorinus, mais cela ne dé-
cide pas la question de date ; et les arguments intrinsèques pro-
posés par M. Hiickstâdt (/. c. p. 39 et suiv.) ne me paraissent pas
suffisants pour conclure en faveur du quatrième siècle avancé.
Cette incertitude est regrettable, car elle laisse ouverte la question
de savoir si la distinction de Clet et d'Anaclet dans le catalogue
libérien et le passage du même document où il est parlé du Pas-
teur d'Hermas proviennent de la Chronique d'Hippolyte ou de
l'auteur du catalogue lui-môme. La première solution devrait être
admise s'il était démontré que le poème contre Marcion est anté-
rieur au catalogue libérien, la seconde serait plus vraisemblable,
si l'on prouvait qu'il lui est postérieur. J'incline à adopter cette
dernière hypothèse, parce que l'auteur du poème semble identifier
Hermas avec le Pasteur dont il est question dans son livre, et que
cette confusion ne se rencontre pas avant Rufin (In symb my 38, Ali-
gne, P. L. t. XXI, p. 374).
3. Voici son texte, d'après les éditions, qui dépendent toutes de
celle de G. Fabricius (Poet. vet. eccl., Baie, 1564, p. 294); le manus-
crit sur lequel elle a été faite a disparu depuis longtemps et l'on
n'en a pas retrouvé d'autres.
Hac cathedra, Petrus qua sederat ipse, locatum
maxima Roma Linum primum considère iussit;
post quem Cletus et ipse gregem suscepit ovilis;
huius Anacletus successor sorte locatus ;
quemsequitur Clemens: is apostolicis bene notus;
Le poème contre
Marcion.
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DOCUMENTS DU IV 8 SIÈCLE.
S. Jérôme.
sous les yeux saint Irénée et le catalogue libérien, ou
tout au moins le document qui lui sert de base pour les
premiers papes, et qu'il a cherché à fondre ensemble les
deux traditions. Ainsi il respecte Tordre Pie Anicet, il
intercale Clet et Anaclet entre Lin et Clément, tout
cela pour rester fidèle à saint Irénée ; c'est encore à
celui-ci qu'il emprunte la remarque sur saint Clément,
is apostolicis bene nott/s \ et celle sur Télesphore, excel-
iens hic erat, martyrque fidelis 3 . Mais ses deux vers
sur Pie, Hermas son frère et le livre du Pasteur ne peu-
vent provenir que de la note jointe au nom de Pie dans
le catalogue libérien.
il . — En somme celui-ci, bien que tout le monde ne
le préférât pas aux autres témoignages, faisait cepen-
dant autorité : la tradition qu'il représentait s'imposait,
môme hors de Rome, aux savants prélats qui illustraient
alors l'église d'Afrique. Mais l'autre tradition, celle que
nous avons rencontrée dans saint Irénée et dans Eu-
sèbe, n'était pas destinée à disparaître de l'Occident.
Saint Jérôme, en traduisant la chronique eusébienne,
vint lui donner un renfort des plus sérieux.
La Chronique de saint Jérôme 3 , remaniement latin
de celle d'Eusèbe, s'arrête à l'année 378. En ce qui re-
garde les noms et l'ordre des papes, elle suppose un ca-
talogue identique à ceux d'Eusèbe, sauf cependant que
le nom de Clet est substitué à celui d'Anaclet. Eusèbe,
comme nous l'avons vu, s'arrêtait au pape Marcellin ;
saint Jérôme continue la série jusqu'à Damase, sous le-
quel il écrivait. Au point de jonction entre la série d'Eu-
sèbe et sa continuation il omet un pape, Marcel K . Quant
à ses chiffres, depuis saint Pierre jusqu'à Gaius, prédé-
| cesseur de Marcellin, ce sont ceux de l'Histoire ecclô-
| siastique d'Eusèbe 6 . Au delà il aura puisé à quelque
; source spéciale, mais peu sûre, car il se trompe assez
; souvent, même pour Jules et Libère, les deux derniers
1 papes dont il donne les noms 6 .
i „. , i,n «1 . S. Epiphane. Acte
! 12. — C est encore aux catalogues d Eusèbe que se rat- des ss. scharvïi e
tachent les listes partielles que l'on rencontre dans saint arsc iawia '
Epiphane (Haer. xxvn, 6) et dans les actes syriaques des
martyrs Scharbîl et Barschamia (Cureton, Ancicnt Syriac
documents, p. 41 et 63). La première va de saint Pierre
à Anicet, la seconde remonte de Zôphyrin à saint Pierre.
Toutes les deux ont, comme saint Jérôme, Ciel à la place
d'Anaclet ; la première omet Clément, mais sans doute
par un simple accident de transcription. Par ailleurs
elles sont identiques à la liste de saint Irénée, d'Eusèbe
et de saint Jérôme.
Q.
§ III.
LES CATALOGUES DU CINQUIEME SIECLE.
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Chronicon
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impériale.
Iduco.
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13. — Au cinquième siècle, la Chronique de saint
Jérôme fut l'objet de continuations diverses : en Italie,
Evaristus ab hoc rexit sine crimino legem.
Sextus Alexander Sixto commendat ovile,
post expleta sui qui lustri lempora tradit
Telesphoro: excellens hic erat, martyrque fidelis.
Post illum socius legis, certusque magister
cum vestri sceleris socio, praecursor et auctor
advenit Roraam Cerdo
Iamque loco nono cathedram suscepit Higinus.
Post hune deinde Pius, Hermas cui germine frater,
angelicus pastor, quia tradita verba locutus;
aque Pio suscepit Anicetus ordine sortem.
Sub quo Marcion hic veniens, etc.
1. 'O xoct supaxù; toùç paxaptouç ùnovToïovq /.al ffvuêrôÀisxù;
aùrotç (Iren. ap. Euseb. H. E. V 6).
2. *0ç xai èv^ôÇwç iu.u.p-vpr,<ivj (llid.).
3. On trouvera plus loin, p. xviu-xx, le catalogue pontifical qui
se déduit de ce document.
celle de Prosper 7 ; dans la Gaule méridionale, celle qui
porte le nom de Chronique impériale et que l'on a
4. Cette omission se rencontre aussi dansThéodoret, J7isf. eccl., 1. 2,
qui fait succéder directement Miltiade à Marcellin et supprime
ainsi deux papes, Marcel et Eusèbe.
5. M. Lipsius (Citron., p. 21,22) pense que, de Pontien à Gaius,
saint Jérôme a tenu compte aussi d'une liste romaine analogue à
celle que suppose le catalogue libérien; il ne me paraît pas néces-
saire d'admettre cette seconde source, les variantes entre saint Jé-
rôme et l'Histoire ecclésiastique étant aussi insignifiantes que rares.
G. Il donne à Jules un épiscopat de seize ans et quatre mois, au lieu
de quinze ans et deux mois; quant à Libère, il marque son avè-
nement à l'an 2365 d'Abraham et celui do Damase à l'an 2383; cela
suppose un intervallo de dix-huit ans ; or Libère, élu en 352, est
mort en 36(5, après avoir siégé quatorze ans et quelques mois.
7. Dans son important mémoire sur « certaines sources annalis-
tiques de l'histoire du vi'etdu vir 3 siècle » {Neues Archiv, t. Iet II),
M. Holdcr-Egger a entrepris un premier classement des différents
textes de la chronique de Prosper (t. I, p. 15 et suiv.). Suivant
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CATALOGUES DU V e SIÈCLE.
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quelquefois attribuée aussi , mais bien à tort, au môme
Prosper;en Espagne, celle d'Idace. La Chronique im-
périale va depuis Sirice, successeur de Damase, jusqu'à
saint Léon ; elle ne mentionne que les noms et les numé-
ros d'ordre, qui font suite à ceux de saint Jérôme ; mais
elle omet trois papes, Anastase, Zosime et Boniface. Idace
non plus, n'a que les noms et les numéros ; il va jusqu'à
Simplicius (468-483), ordonné depuis peu au moment où
il terminaitsa chronique. C'est par exception qu'il donne
le chiffre des années (a?in. VI) du pape Hilaire, prédé-
cesseur de Simplicius. Quant à Prosper, sa chronique,
rédigée à Rome, dans l'entourage du pape, est beaucoup
plus complète sur la chronologie pontificale. Il en pu-
blia une première édition en 445 {Chronicon vulgatum)
et une seconde en 455 [Chronicon inlegrum), toutes les
deux sous le pape saint Léon. Voici son catalogue, avec
les dates auxquelles il marque l'avènement de chaque
pape :
Damasus
an. XVIII l
366
Siricius
an. XV
384
Anastasius
an. III
d. XXI
398
Innocentius
an. XV
m.
II
d. XXI
402
Zosimus
an. I
m.
VIIII
d. VIIII
416
Bonifatius
an. III
m.
VIII
d. VI
418
Caelestinus
an. VIIII
m.
X
d. XVII
423
Xystus
an. VIII
d. XVIIII
432
Léo
440
lui les indications précises, en mois et jours, sur la durée des
pontificats y auraient été interpolées d'après le Liber pontificalis.
Cette assertion ne me paraît pas démontrée. Il est vrai que les
manuscrits du Chroniccn integrum de 455 ne donnent que les
chiffres d'années ; mais ceux du Chronicon vulgatum de 4-45 y ajou-
tent les chiffres de mois et de jours ; l'un de ces manuscrits, le
Leydensis Scaligcri 14, dérive d'un original exécuté sous l'empe-
reur Anastase (f 518). Le silence de la rédaction postérieure peut
s'expliquer. Dans la première partie de la chronique, jusqu'à 378,
les années seules étaient marquées ; dans la continuation elle-
même, la durée de règne des empereurs n'est exprimée qu'en
années pleines; Prosper a pu éprouver le désir d'établir une con-
formité parfaite dans le style et la précision de ses indications
chronologiques. Du reste les variantes que l'on remarque entre
les chiffres du Chronicon vulgatum et ceux du Liber pontificalis ne
permettent pas de croire que les premiers ne soient que la repro-
. duction des autres (V. le tableau comparatif plus loin, ch. IV, § m).
— Cependant, comme le texte de Prosper n'a pas encore été l'ob-
jet d'une édition critique, je ne présente qu'avec une certaine
réserve les chiffres do mois et de jours ci-dessus, empruntés à
celle de Mangeant (S. Prosperi Aquitani opera t Paris, 1711, p. 731
et suiv.).
1. Ce chiffre est indiqué à l'avènement de Damase qui est encore
en dehors des limites de la continuation de Prosper ; mais il n'a
pu être introduit par saint Jérôme qui écrivait du vivant de Da-
mase; aussi ne se trouve-t-il que dans le remaniement de sa Chro-
nique, dû à Prosper aussi bien que la continuation.
XIII
14. — Dans les histoires ecclésiastiques de Socrate, de
Sozomène et de Théodoret, qui sont toutes des continua-
tions de celle d'Eusèbe,il y a beaucoup de détails intéres-
sants sur les papes et l'église romaine, mais ces détails
ne sont nulle part groupés en série. Ces auteurs n'ont
eu à leur disposition, en fait de documents spéciaux sur
l'histoire des papes, que des catalogues, accompagnés ou
non de chiffres d'années 1 . Voici ce que j'ai pu relever
en ce genre dans leurs ouvrages.
Histoires
ecclésiastiques
du v« siècle.
SOCRATE V
Damasus an. XVIII
Siricius an. XV
Anastasius an. III
Innocentius
Zosimus an. II
Bonifatius an. III
Caelestinus
Siricius an. XV
Anastasius an. III
Innocentius
THÉODORET *.
Marcellinus,
Miltiades,
Silvester,
Iulius,
Liberius,
Damasus,
Siricius,
Anastasius,
Innocentius,
Bonifatius,
Zosimus,
Caelestinus.
Ces traces, si légères qu'elles soient, permettent ce-
pendant de constater que, dans la première moitié du
cinquième siècle, les catalogues pontificaux étaient te-
nus à jour et qu'on les connaissait dans la partie orien-
tale de l'empire.
15. — Vers la fin du iv e siècle on publia à Rome un Le chronographe
petit livre contenant la théorie du cycle pascal de qua-
tre-vingt-quatre ans alors en usage, et une table des
pâques calculée d'après ce cycle. M. B. Krusch 6 a récem-
ment publié et expliqué ce texte. Cinquante ans plus
tard, en 447, un autre livre pascal fut rédigé et présenté
au pape saint Léon. Ce livre est presque entièrement
perdu; cependant quelques fragments, notamment une
partie du prologue, ont été retrouvés dans la bibliothèque
1. De l'histoire ecclésiastique de Rufin, antérieure à celles-ci, on
ne peut pas môme tirer un catalogue suivi.
2. Hist. eccl, VII 9 et 11.
3. Hist. eccl., VIII 24.
4. Hist. eccl., I 2; V39. Théodoret omet Marcel, Eusèbe et Marc;
il intervertit Zosime et Boniface.
5. Der 84 jûhrige Ostercyclus, Leipzig, 1880, p. 32-115; cf. p. 227 et
suiv. L'une des recensions, dressée en 395, contient une petite chro-
nique où sont mentionnées les principales persécutions ; on y trouve
aussi, au commencement, la date suivante : Galba et Silla consuli-
bus [33] apostolus Petros cathedram episcopatus sedit in vrbeÇL, c,
p. 228).
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CATALOGUES DU V SIÈCLE.
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I- O
Catalogues
isolés posté-
rieurs au iv c
siècle.
de Zeitz en Saxe 1 . L'auteur y décrit ainsi son recueil :
Huic autem collée tioni paschaliwn dierum, non solum
seriem consulum conexuimus^ sed etiam annos aposto-
licae sedis antistitum et aetates regni principum Roma-
norum diligentissima adnotatione subdidimus 3 . Ce
n'était donc pas un simple traité de comput pascal,
comme la Supputatio Romana du quatrième siècle,
mais plutôt une collection manuelle de documents chro-
nographiques, analogue à celle de Tannée 354, com-
prenant une table de pâques, des fastes consulaires, une
liste des empereurs et un catalogue des papes, avec la
durée de règne des uns et de siège des autres.
On n'a pas retrouvé le nom de l'auteur ; bien que cer-
tains indices m'aient porté à conjecturer 3 qu'il pourrait
bien n'être autre que Prosper le chroniqueur, il y a des
difficultés à cette identification et je ne crois pas devoir y
insister. Cependant il n'est pas téméraire de croire que
les chiffres qui, dans la Chronique de Prosper, écrite
d'abord en 443 , expriment la durée des pontificats
d'Anastase, Innocent, Zosime, Boniface, Célestin et
Xystus III (399-440), ne pouvaient différer de ceux du
catalogue que le chronographe de 447 introduisit dans
sa collection. Tous deux en effet, le chroniqueur qui
était en même temps l'ami et le secrétaire du pape
saint Léon, et l'auteur du cycle pascal présenté officiel-
lement au même pape, devaient recourir aux sources
officielles , reproduire le catalogue le plus autorisé.
Nous pouvons donc considérer les chiffres de Prosper
comme représentant la fin du catalogue de 447.
16. — Les plus anciens catalogues pontificaux, avec
indication de la durée du siège, qui nous soient parvenus
isolément et dans leur forme propre, indépendamment
du catalogue libérien, des livres d'histoire, des chroni-
ques et du Liber pontificalis, forment une série dont les
termes les plus anciens s'arrêtent à Félix III ou à Hor-
misdas. Je les ai réunis (p. 13 et suiv.), à la suite du ca-
talogue libérien , comme formant une seconde catégorie
d'ancêtres du Liber pontificalis. Voici le moment de
les décrire, d'étudier leurs sources et de déterminer
les rapports qu'ils peuvent avoir avec les documents
1. Cramer, De fragmentis nonnullis vetustarum membranarum
narratio, Kiel, 1826 ; Haenel, Kritische Jalirkûcher fur deutsche
Rechtswissenschaft, t. I, Leipzig, 1837; de Rossi, Inscr. chr. t. I,
p. lix et xcn ; Mommsen, Zeitzer Ostertafel vom Jahre 447 (Mé-
moires de l'Académie de Berlin, 1862, p. 537 et suiv.) ; B. Krusch,
1. c M P- 107 et suiv.
2. Mommsen, 1. c, p. 541.
3. Bulletin critique, t. I, p. 246.
ou traditions dont nous nous sommes occupés jus-
qu'ici.
A — Catalogues latins.
17. — Je commence par un groupe de neuf catalo-
gues latins ' :
1° La première place, en tête de ce groupe, revient à
un catalogue qui se trouve au commencement d'un li-
ber canonum du ix° siècle , venu de l'abbaye de Saint-
Waast à la bibliothèque d'Arras (n° 644), et contenant
la collection qui porte le nom de Quesnel. La liste des
papes s'arrête à Sévérin (640) ; mais depuis Gélase (492-
496) inclusivement elle ne contient que des noms,
sans aucun chiffre; la durée du siège n'est [indiquée
que jusqu'à Félix III (483-492). C'est un indice d'une
rédaction qui se terminait à ce pape.
2° Le catalogue n° 2 figure en tête d'un manuscrit
qui a jadis appartenu à l'abbaye de Corbie (n° 26), puis à
celle de Saint-Germain-des-Prés (n° 936) ; il est mainte-
nant à la Bibliothèque nationale (n° 12097). C'est un
liber canonum du vi* siècle; tout n'y est pas de la même
main; on peut constater divers compléments exécutés
au vi e siècle ou au siècle suivant 2 . Dans sa rédac-
tion primitive, la collection ne va pas au delà de l'année
524. Le catalogue des papes est de la main la plus
ancienne, c'est-à-dire contemporain de l'origine du ma-
nuscrit. Primitivement il n'allait pas au delà du pape
Hormisdas : Hormisda sed. an. VIII mens. d. XVII.
Plus tard, en 551-552, on y ajouta les sept papes sui-
vants, jusqu'à Vigile, encore vivant, avec la durée de
leurs pontificats exprimée simplement en chiffres
d'années, sans mois ni jours. La même personne à qui
est dû ce complément rétablit aussi, dans un entre-
ligne, la mention du pape Hilaire. Une troisième main,
du ix e siècle environ, écrivit en marge du nom de Boni-
face II la note ab apostoleca sede Pétri apostoli usque
1. Beaucoup de catalogues pontificaux ont été publiés autrefois
par Schelstrate, Bianchini, etc., et en ce siècle dans l'ouvrage in-
titulé Origines de PEglise romaine, par les membres de la commu-
nauté de Solesmes. Sauf de rares exceptions, ces catalogues déri-
vent du Liber pontificalis. Je ne tiens compte ici que de ceux qui n'en
dérivent pas. Outre ceux que j'ai pu réunir, il doit y en avoir en-
core d'autres, surtout dans les manuscrits contenant d'anciennes
coUections canoniques.
2. Sur cette collection canonique, la plus ancienne parmi celles
qui contiennent des conciles gaulois, v. Maassen, Geschichte der
Quellen und der Literatur des canonischen Rechts in Abendlande,
1. 1, Gratz, 1871, p. 556-574. — Cf. Lipsius, Chronologie der rômi-
schen Bischôfe, p. 77.
Catalogues
latins.
Arras.
Corbie 1.
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I- o
ordenatione sancti Silvestri anni CCL VII 1 . Le souvenir
de saint Silvestre paraît avoir eu un intérêt particulier
pour les anciens possesseurs du manuscrit, car on lit,
dans la marge inférieure de la première' page, terminée
à Silvestre : positio eius kal. ianuarias ; cette note est
de première main.
chieti. 3° Le catalogue n° 3 provient d'un liber canonum
transcrit au vin siècle pour l'évêque de Teate Marruci-
norum (Chieti), dans l'ancienne province de Samnium,
par un prêtre appelé Sicipertus. Ce manuscrit est
maintenant au Vatican (Regin. 1997); le catalogue s'y
trouve, f os 121 et 122, au milieu des conciles du pape Sym-
maque 3 . Il se termine, comme le précédent, à Hor-
misdas, mais il n'y a aucune continuation.
Reims. 4° Le catalogue n° 4 provient encore d'un liber ca-
nonum du vm e siècle, qui appartenait autrefois à Saint-
Remy de Reims 3 et qui est maintenant conservé à Chel-
tenham (n° 380, Phillipps 1743, Meerman 576) ; il y figure
au commencement de la collection, entre le décret de
recipiendis et non recipiendis libris et la Notitia provin-
ciarum Galliae. Il se termine à Félix IV; mais ni pour
ce pape, ni pour son prédécesseur Jean I er on ne donne
aucun chiffre d'années, mois ou jours 4 , de sorte que la
rédaction primitive paraît s'être arrêtée à Hormisdas
Ormisda sed. ann. VIII men.. .
Laon. 5° Montfaucon 6 publia dans le 1. 1, part. I, p. xc, de son
édition de saint Athanase,deuxcatalogues,l'un des papes,
l'autre des patriarches d'Alexandrie. Il dit les avoir tirés
d'un manuscrit de saint Jean de Laon, auquel il donne
mille ans d'antiquité ; ce manuscrit serait donc du
vn e siècle. On ne sait ce qu'il est devenu ; il n'est point, en
tous cas, dans la bibliothèque de la ville de Laon. Le ca-
talogue des patriarches d'Alexandrie se termine à Apol-
linaire 6 ; outre les noms il contient les années de siège,
jusqu'à Timothée Elure inclusivement (f 477). Le cata-
logue des papes donne les années et les mois, mais non
les jours, depuis saint Pierre jusqu'à Pelage I or (f 561) ;
pour les papes suivants les noms seuls sont marqués ;
1. Ce comput, historiquement faux, parait avoir été obtenu en
additionnant les chiffres d'années du manuscrit, de saint Pierre à
Miltiade inclusivement; on trouve ainsi 258 ans.
2. Maassen, /. c, p. 526-533 ; Lipsius, l. c, p. 78.
3. Maassen. L c, p. 638 ; cf. les comptes-rendus de l'Académie de
Vienne, t. LVI, p. 171 ; — Lipsius, /. c, p. 78.
4. Il est môme possible que ces deux noms aient été ajoutés après
coup dans le manuscrit (Lipsius, L c).
5. Lipsius, /. c, p. 79.
6. Ce prélat siégea au cinquième concile œcuménique, en 553.
Cologne.
cette continuation s'est d'abord arrêtée à Pelage II :
Pelagius usque praesens tempore Mauritii imperatoris
Augusti. Le nom de saint Grégoire, qui est le dernier,
a dû être ajouté postérieurement.
6° Le manuscrit n° 212 (Darmstadt2326) 1 de la biblio-
thèque capitulaire de Cologne (vu siècle) contient, après
une collection canonique, deux feuillets où se lit un ca-
talogue pontifical. Celui-ci, d'après certains indices, au-
rait appartenu à une autre collection que la précédente;
l'écriture en est du vi° siècle ; de première main la série
des papes ne va pas au delà d'Agapit (f 536) ; mais
elle a été continuée plus tard, d'une autre main, jus-
qu'à saint Grégoire; les années, mois et jours de ce
pape n'étant pas marqués, il est probable que la conti-
nuation s'est faite sous son pontificat (590-604).
7° Le liber canonum d'Albi * (bibliothèque de la ville
d'Albi, n° 2) contient aussi, en tête, un catalogue des
papes, précédé de la Notitia Galliarum et de la notice
des provinces de l'empire romain. Ce manuscrit est du
ix e siècle, mais il a été copié sur un exemplaire daté de
Tan 673. Le catalogue s'étend jusqu'à saint Grégoire,
mais la durée du siège n'est marquée en années, mois
et jours que jusqu'à son prédécesseur Pelage II. La der-
nière ligne se lit Gregorius sed. an. LXV, chiffre évi-
demment fautif.
8° La compilation qui porte le nom de Frédégaire
commence par une traduction du Liber generationis
d'Hippolyte, à laquelle est joint un catalogue des papes,
depuis saint Pierre jusqu'à Théodore (642-649), dont le
nom seul, Thcuderus, est marqué, sans années, mois
ni jours.
9° Un catalogue apparenté aux précédents, mais pro-
longé jusqu'à Conon (f 687) avec la durée du siège, et
jusqu'à Jean VI (701-706) avec les noms seulement, se
lit à la fin d'un autre manuscrit de Corbie, maintenant
à la Bibliothèque nationale (n° 12205 ; S.-Germ. 255 ;
Corb. 630).
On voit que la plupart de ces catalogues pontificaux Provenance
.i ^^ .■ • o jr ... decescataU-
pro viennent de collections canoniques formées au sixième gués,
siècle et copiées soit en ce siècle soit pendant les deux
siècles suivants. Ils y figuraient à titre de documents
accessoires, comme les listes de provinces et de cités. Les
recueils canoniques étaient presque toujours composés de
1. Maassen, /. c. p. 575 et 958; Jaffé et Wattenbach, Ecclesiae
metropolitauae Coloniensis codices mss. Berlin, 1874, p. 165.
2. Catalogue des mss. des départements, t. I, p. 481 ; Maassen,
l. c, p, 592.
Avenches
(Frédégaire).
Corbie 11.
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I- O
Leurs traits
principaux.
conciles et de décré taies .Les listes géographiques permet-
taient au lecteur de se retrouver dans les noms des conciles
et au besoin dans les listes de signatures par lesquelles
ils se terminaient ; les catalogues l'aidaient à fixer la date
des décrétales des papes. Dans certaines collections on ne
se contenta pas d'un simple catalogue et Ton transcrivit
soit en entier, soit, le plus souvent, en abrégé, les no-
tices du Liber pontifîcalts. Nous aurons plus tard à si-
gnaler des faits de ce genre. Mais de ce que ces docu-
ments ont été employés dans les anciennes collections
canoniques, il ne s'ensuit pas le moins du monde qu'ils
aient été composés exprès pour y entrer. Leur préexis-
tence est tout aussi naturelle que celle des listes de ci-
tés et de provinces, qui sont certainement antérieures
à Denys le Petit et à ses imitateurs. En les étudiant de
plus près, nous pourrons peut-être arriver à formuler
une conjecture sur leur origine.
A première vue, ces catalogues se caractérisent par les
traits suivants : 1° ils identifient Clet et Anaclet ; 2° ils
donnent le nom de Clet au personnage unique * ; 3° ils
présentent au commencement l'ordre Lin, Clet, Clé-
ment ; 4° ils placent Pie avant Anicet, suivant l'ordre
réel de ces deux papes ; 5° ils omettent Marcellin 2 ;
6° ils admettent Félix II au rang des papes. Autant de di-
vergences avec la tradition latine du quatrième siècle,
telle qu'elle nous est représentée par le catalogue libé-
rien, par saint Optât et saint Augustin 3 .
Presque tous ces traits se retrouvent dans la chroni-
que de saint Jérôme ; pour les quatre premiers cela est
évident ; saint Jérôme nomme le pape Marcellin, mais
il omet Marcel. Ce n'est guère que sur l'admission de
Félix II que nos catalogues sont en désaccord avec lui.
Il nomme, il est vrai, ce personnage, mais non comme
un. pape légitime. Il est du reste à remarquer que les
catalogues se bornent à le nommer, sans marquer la
durée de son épiscopat. C'est peut-être là un signe de
retouche; il est possible que le texte primitif n'ait point
mentionné Félix.
i. Excepté cependant le3 catalogues de Cologne et d'Albi qui
l'appellent Anaclet.
2. Le catalogue de Laon fait exception; il nomme Marcellin,
mais comme il omet Marcel, il est d'accord avec les autres sur
la confusion de ces deux personnages. Du reste il est bon de re-
marquer que ce manuscrit est le seul dont on ne puisse plus véri-
fier la leçon.
3. Ces derniers, il est vrai, identifient Clet et Anaclet, mais ils
appellent Anaclet le personnage unique. Pour le reste ils sont
d'accord avec le catalogue libérien et en contradiction avec nos
catalogues du vi° siècle.
La parenté de ces catalogues avec saint Jérôme se ré- Restitution
i -ii i •«. tx t t m • Approximative
vêle encore dans leurs chiffres. Pour étudier plus faci-
lement l'origine de ceux-ci, je vais en donner une res-
titution provisoire. Comme il arrive assez souvent qu'ils
varient d'un catalogue à l'autre, je mettrai entre pa-
renthèse les leçons secondaires, réservant la colonne
principale à la leçon des quatre ou cinq premiers
catalogues, généralement d'accord contre les autres.
Petrus
a. XXV
m. II
d. III
Linus
a. XI
m. III
d. XII
Cletus
a. XII
m. I
d. II
Clemens
a. VIIII
m. I (II)
d. X
Evaristus
a. VIIII
m. X
d. II
Alexander
a. XII (X)
m. VII
d. II
Xyslus
a. X
m. II
d. I
Telesphorus
a. XI
m. I (III)
d. XXI
Hyginus
a. IIII
m. III
d. I (IIII)
Pius
a. XVIIII
m. » (IIII)
d. I (III)
Anicetus
a. XI
m. IIII
d. III
Soter
a. VIIII
m. II (VI)
d. XXI
Eleulherus
a. XV
m. III
d. II
Victor
a. XV (X)
m. III (II)
d. X
Zephyrinus
a. XVIII (vin;
m. VI
d. X
Callistus
a. V
m. X (II)
d.
Urbanus
a. VIIII (IIII)
m. I (X)
d. II (XII)
Pontianus
a. VII (VIIII)
m. X (V)
d. XXII (II)
Anteros
a. » (XII)
m. I.
d. XII
Fabianus
a. XII1I
m. II (I)
d. X (XI)
Cornélius
a. II
m. III
d. X (III)
Lucius
a. IIII (III)
m.VIII(III,
d. X (III)
Stephanus
a. VI
m. V
d. V (11)
Xystus II
a. I
m. X
d.XXVI(XXIH)
Dionysius
a. VIII (VI)
m. V (II)
d. III
Félix
a. IIII
m. I
d. XXV
Eutychianus
a. I
m. I
d. I
Gaius
a. XI
m. IIII
d. XII
Marcellus
a. I (VIIII)
m. IIII
d. XVI
Eusebius
a. » (VI)
m. VI (»)
d. m .
Miltiades
a. IIII
m. »
d. »
Silvester
a. XXIII
m. X
d. XI
Marcus
a. II
m. »
d. XX
Iulius
a XV
m. II
d. VII (»)
Liberius
a. VI
m. IIII (III)
d. VIII (IIII)
Félix
a. »
m. »
d. »
Damasus
a. XVIII
m. III
d. XI
Siricius
a. XV
m. »
d. »
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Anastasius
Innocentius
Zosimus
Bonifatius
Caelestinus
Xystus
Léo
Hilarius
Simplicius
Félix
Gelasius
• Anastasius
Symmachus
Hormisdas
Sources de ce
texte.
a. III
a. XV
a. VII (I)
a. III
a. VIIII (VIII)
a. VIII
a. XXI
a. VI
a. XV
a. VIII
a. IIII
a. I
a. XV
a. VIIII
m. » d. XXI (X)
m. II (I) d. XXI
m. VIIII (III) d. VIIII (XVIIII)
m. VIII d. VI
m. X d. XVII
m. » d. XVIIII
m. I d. XIII
m. III d. X
m. »(I) d. VII
m. VI d. XVII
m. VIII d. XVIII
m. XI d. XXIIII
m. VII d. XXVII
m. » d. XVII
A première vue il résulte de ce tableau que les va-
riantes deviennent rares vers la fin : les deux dernières
méritaient à peine d'être mentionnées.
18. — Les seuls documents latins antérieurs au sixième
siècle quipuissent servir à vérifier celui-ci sont : le ca-
talogue libérien, la chronique de saint Jérôme et celle
de Prosper. Dans celle-ci les papes Sirice, Anastase,
Innocent, Zosime, Boniface, Célestin, Xystus III sont les
seuls pour lesquels les chiffres d'années, mois et jours
soient indiqués. Les chiffres du catalogue libérien et de
saint Jérôme vont depuis saint Pierre jusqu'à Jules. Res-
tent entre les deux séries Libère, Félix II et Damase. Je
commence par la première série, de saint Pierre a Ju-
les (f 352), et, comme saint Jérôme ne donne que les
chiffres d'années, je vais d'abord comparer les chiffres de
mois et de jours de nos catalogues avec ceux du catalogue
libérien, puis les chiffres d'années dans les trois docu-
ments, en m'arrêtant toutefois à Gaius, car au delà il
y a avantage à comparer simultanément les chiffres
d'années et les autres chiffres.
a) De saint Pierre àSoter {chiffres de mois et de jours).
—Les chiffres de saint Pierre, m. I d. VIIII (Lib.), m. Il
d. III (Cat.), sont très différents ; ceux de Lin, m. IIII
d. XII (Lib.), m. III d. XII (Cat.), peuvent au contraire
être considérés comme sensiblement identiques; au
delà, on trouve une difficulté spéciale : le troisième
pape est Clément, dans le catalogue libérien, Clet
dans ceux du vi e siècle; de plus ceux-ci omettent
tous Anaclet ou Clet. Si, à cet endroit et plus loin, on
compare les chiffres du même pape dans les deux
listes, ils diffèrent considérablement ; mais si, au
Liber pontificàlis.
lieu de rapprocher les chiffres des mêmes papes, on com-
pare les chiffres des papes placés au même rang dans
les deux séries, la concordance est frappante. En voici le
tableau.
Catalogue libérien
Petrus m. I d. VIIII
Linus m. IIII d. XII
Clemens m. XI d. XII
Catalogues du vi° siècle 1
m. II d. III Petrus
d. XII Linus
d. II Cletus
Cletus
Anacletus
Evaristus
m. II d.X
m.X d. IIP
m. VII d. II
Alexander m. II d. I
Xystus m. III d. XXI
Telesphor. m. III d. III
Hyginus m. III d. VI
Anicetus ? ?
Pius m. IIII d. XXI
Soter
m. III
m.I
m. II d.X
m.X d.II
m. VII d. II
m. II d. I
Clemens
Evaristus
Alexander
Xystus
m. ///d. XXI Telesphor.
m. III d.IIII Hyginus
m.IIIId.III Pius
m. IIII d. III Anicetus
m. VI d. XXI Soter
Si l'on ne tient pas compte des variantes insignifian-
tes, comme un I de plus ou de moins dans un chiffre
qui en compte plusieurs, ou même un V dédoublé (Hy-
gin, d. VI, d. III) en deux I, on voit que l'agencement
indiqué se continue jusqu'à la hauteur de Pie et d'Ani-
cet ; ces deux papes sont intervertis dans le catalogue
libérien, mais non dans la chronique de saint Jérôme;
c'est sans doute à cette nouvelle différence qu'est dû le
changement de système ou plutôt le raccordement des
deux listes. Les lacunes du catalogue libérien à cet en-
droit empêchent de vérifier ce point avec une précision
absolue. Au delà de Pie et de Soter, la concordance
entre les deux listes devient complète; les mêmes
chiffres sont attribués aux mêmes papes.
b) UEleuthère à Gaius (chiffres de mois et de
jours). — Voici d'abord le tableau :
Catalogue libérien
Catalogues du vi° siècle
Eleutherus
m. III
d. II
m. III d. Hj
Victor
m. II
d.X
m. II d.X
Zephyrinus
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m. VII d. X
Callistus
m. II
d.X
m. II d.X
Urbanus
m. XI
d. XII
m.X d. XII
Pontianus
m. II
d. VII
m. V d.II
1. Quand il y a dissidence entre les catalogues, je choisis la le-
çon la plus voisine de ceUe du catalogue libérien; si c'est la leçon
entre parenthèses dans le tableau ci-dessus, p. xvi, elle est impri-
mée ici en italique. Pour ce premier groupe de papes c'est toujours
la leçon entre parenthèses qui est produite ici.
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Anteros
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Cornélius
Lucius
Stephanus
Xystus
Dionysius
Félix
Eutychianus m. XI
Gaius m. IIII
m. I d. XII
m. I d. X
m. III d. X
m. VIII d. X
m. II d. XXI
m. I d. XII
m. I d. X
m. III d. X
m. VIII d. X
m. V d. V
m. XI
m. II
m. XI
d. VI m. X d. XXVI
d. IIII m. // d. IIII
d. XXV m. I d. XXV
d. III m. I d. I
d. VII m. IIII d. XII
Pour toute cette période, l'accord est la règle : 20 chif-
fres sur 30 sont identiques dans les deux listes et les ex-
ceptions s'expliquent aisément. Ainsi, pour Pontien, les
chiffres m. V d. II qui paraissent représenter la leçon
primitive de nos catalogues, proviennent bien du cata-
logue libérien. Dans celui-ci en effet, on lit : Pontia?ius
ann. V m. II d. VII : les chiffres d'années et de mois
ont été pris mal à propos pour les chiffres de mois et
de jours ; et cela d'autant plus facilement que le chiffre
d'années de nos catalogues, VIIII, est étranger au cata-
logue libérien. — Pour Etienne et Xystus II, les chiffres
de mois se ramènent les uns aux autres, grâce aux éga-
lités paléographiques II =V, XI = X ; les chiffres des
jours paraissent avoir été intervertis d'une ligne à
l'autre, et légèrement modifiés dans le transport (d. VI
devenu d. F, d. XXI devenu d. XXVI). — La leçon a.
Im. I,d.I, pour Eu ty chien, a une physionomie spéciale.
Elle équivaut à l'absence de tout chiffre. Il arrive en
effet très souvent que des I ainsi isolés soient substitués
par les copistes à de simples points dans des formules
analogues aux nôtres. Si l'on me demande pourquoi Eu-
tychien a été ainsi laissé sans chiffres, je répondrai
qu'il y avait ici un écart énorme entre le compte de la
chronique de saint Jérôme et celui du catalogue libérien ;
le premier de ces documents porte mens. VIII, sans an-
nées ; l'autre an. VIII m. XI d. III. En présence d'une
telle divergence, l'auteur du catalogue d'où les nôtres
dérivent a pu suspendre son jugement et laisser des
blancs qui auront été plus tard remplacés par des I.
Ces explications rendent compte, avec assez de vrai-
semblance, de toutes les divergences signalées, sauf la
variante I pour XI, aux mois de Félix.
En somme, de saint Pierre à Gaius, les chiffres de
mois et de jours, dans les catalogues du vi e siècle, pro-
viennent du catalogue libérien, avec quelques fautes
de copiste et quelques erreurs d'adaptation.
c) De saint Pierre à Gaius (chiffres a* années). — Ve-
nons maintenant aux chiffres d'années.
Catalogue libérien Saint Jérôme Catalogues
du vi e siècle
Petrus XXV XXV XXV
Linus XII XI XI
Cletus VII XII XII
Clemens VIIII VIIII VIIII
Anacletus XII (omis) (omis)
Evaristus XIII VIIII VIIII
Alexander VIII X X
Xystus XXX
Telesphorus XI XI XI
Hyginus XII IIII IIII
Pius XVI XV XVIIII
Anicetus IIII XI XI
Soter VIIII VIII VIIII
Eleutherus XV XV XV
Victor XII X X
Zephyrinus XX (omis) XVIII
Callistus V V V
Urbanus VIII VIIII VIIII
Pontianus V V VII
Anteros » » »
Fabianus X1III XIII XIIII
Cornélius II II II
Lucius III » ///
Stephanus IIII III VI
Xystus II I XI I
Dionysius VIII (X) VIIII VIII
Félix V V IIII
Eutychianus VIII » I
Gaius XII XV XI
Cette liste comprend vingt-neuf noms; mais la com-
paraison entre les trois séries de chiffres ne peut avoir
lieu pour Anaclet ni pour Zéphyrin. Restent vingt-sept
cas à considérer. Sur ces vingt-sept cas, il y en a huit
où l'identité est absolue dans les trois séries; ce sont
ceux de Pierre, Clément, Xystus I, Télesphore, Eleu-
thère, Calliste, Anteros, Cornélius. On peut y joindre
le cas Clet- Anaclet; car saint Jérôme et nos catalogues,
qui omettent Anaclet, donnent à Clet le chiffre d'années
qui est attribué à Anaclet dans le catalogue libérien.
Dans cinq autres cas, ceux de Lin, Soter, Urbain, Fa-
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bien, Denys, la différence n'est que d'un I en plus ou
en moins \ Le partage des trois traditions ne se constate
donc que dans treize cas seulement. Sur ces treize cas,
il y en a d'abord cinq où nos catalogues suivent saint
Jérôme contre le catalogue libérien :
Lib.
Hier. Cat
Evariste
XIII
VIIII
Alexandre
VIII
X
Hygin
XII
un
Anicet
un
XI
Victor
XII
X
puis deux, où ils suivent le catalogue libérien contre
saint Jérôme :
Lucius
Xystus II
Lib. Cat.
III
I
Hier.
XI
Jusqu'ici donc les chiffres d'années de nos catalogues
se retrouvent à première vue, soit dans saint Jérôme,
soit dans le catalogue libérien. Voici les cas où il n'en
est plus de même :
Lib.
Hier.
Cat.
Pie
XVI
XV
XVIIII
Pontien
V
V
VIIII (VII)
Etienne
un
III
VI
Félix
V
V
un
Eutychien
VIII
»
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Gaius
XII
XV
XI
Ces divergences ne sont pas irréductibles au même
degré les unes que les autres. Pour Etienne on peut ra-
mener la leçon VI à la leçon III, celle de saint Jérôme,
par un dédoublement du V ; si l'on en fait autant pour
Gaius, le catalogue libérien et saint Jérôme seront d'ac
cord sur la leçon XII et la variante de nos catalogues de-
viendra négligeable. Les chiffres VIIII et VII qu'ils attri-
buent à Pontien, sont fautifs l'un et l'autre; le premier
paraît n'être que la répétition du chiffre d'Urbain, ceux
d'années et de mois de Pontien dans le catalogue libé-
rien, ayant été pris pour des chiffres de mois et de jours.
On pourrait aussi ramener la leçon VIIII à la leçon
1. Le cas de Marcellin-Marcel est tout particulier. Les catalogues
du vi« siècle omettent Marcellin mais ils ont deux leçons pour
Marcel, an. I et an. VIIII : or la première est celle du catalogue
libérien pour Marcel lui-même, la seconde celle du catalogue
libérien (VIII pour VIIII) et de saint Jérôme, pour Marcellin.
VII et celle-ci à la leçon V, par des suppressions suc-
cessives d'I; on rétablirait de la même façon l'harmonie
entre les chiffres relatifs à Pie. Restent Félix et Euty-
chien, pour lesquels cette dérivation n'est pas admis-
sible. J'ai expliqué plus haut le cas d'Eutychien. Quant
à Félix, le chiffre des mois nous a déjà présenté une
difficulté ; il faut en reconnaître une seconde dans le
chiffre des années.
d) De Marcellin à Jules. — Ici je crois devoir, pour
plus de clarté, comparer les chiffres d'années en même
temps que les autres ; à cette fin, je rapproche les trois
documents dans un même tableau :
Catalogue libérien.
S. Jérôme.
Catalogues
da vi« siècle.
Marcellinus
a. TIII m. III d. XXV
a. vmi
(omis)
Marcellus
a. I m. VII d. XX
(omis)
a. I (VIIU) m. IUI d. XVI
Eusebius
a. » m. lllt d. XVI
mens. VII
a.» (VI) m.VI(»)d.UI
Milliades
a. III m. VI d. YUI
a. II1I
a. U1I m. » d. »
Silvester
a. XXI m. XI d. »
a. xxn
a. XXIII m. X d. XI
Marcns
a. » m. VIII d. XX
mens. VIII
a. II m. » d. XX
lulius
a. XV m. I d. XXI
a. XVI m. nil
t. XV m. II d. VII (»)
L'omission de Marcellin ou de Marcel, dans saint
Jérôme et dans nos catalogues, et de plus la circon-
stance que plusieurs papes n'ont, dans le catalogue li-
bérien, que deux chiffres au lieu de trois, ont introduit
ici un peu plus de complication qu'à l'ordinaire. Les
catalogues du vi e siècle donnent à Marcel les chiffres de
mois et de jours que le catalogue libérien attribue à
Eusèbe; quant aux années, les uns prennent dans le
catalogue libérien le chiffre de Marcel lui-même, les
autres reproduisent celui de saint Jérôme pour Mar-
cellin. Ils se divisent aussi sur le premier des deux
chiffres d'Eusèbe, les uns en font un chiffre de mois,
les autres un chiffre d'années. Je suis porté à croire que
ces deux chiffres, VI et III, sont ceux de mois et de jours de
Miltiade dans le catalogue libérien, qui auront remonté
ainsi d'une ligne comme ceux d'Eusèbe ; dans ce mou-
vement, d. VIII sera devenu d. III. De cette façon
s'expliquerait la disparition des mois et des jours de
Miltiade dans nos catalogues et le chiffre solitaire
a. II1I (conforme à saint Jérôme) ; les mois et les jours
de Miltiade étant déjà attribués à son prédécesseur, il
ne lui restait que son chiffre d'années.
Pour Silvestre, le chiffre d'années est celui de saint
Jérôme, renforcé d'une unité; quant à la leçon m. X,
d. XI, elle me paraît provenir d'une répétition fautive
du chiffre des mois. Il faut remarquer la combinaison
maladroite du chiffre des années, arrondi par saint Jé-
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rôme (22 ans pour 21 ans et il mois), avec le chiffre de
mois du catalogue libérien. — Les chiffres de Jules
diffèrent, il est vrai, de ceux du catalogue libérien; mais
ceux-ci sont faux et doivent être, d'après le contexte,
rétablis conformément à ceux des catalogues du vi° siècle.
La difficulté la plus grave et, à vrai dire, la seule
inexplicable est celle que présentent les chiffres de
Marc, ann. II pour mens. VIII.
En résumé, de saint Pierre jusqu'à Jules, les catalogues
du vi e siècle sont en général conformes soit à la chroni-
que de saint Jérôme, soitaucataloguelibérien. Ils présen-
tent une combinaison des deux documents, avec une pré-
férence marquée pour saint Jérôme. Les cas où leur leçon
ne se retrouve ni dans l'un ni dans l'autre s'expliquent
presque tous par les accidents les plus ordinaires de la
transcription ; un très petit nombre de variantes échap-
pent à ces deux solutions et paraissent représenter, soit
une faute paléographique plus grave ', soit une modi-
fication réfléchie opérée par le compilateur *.
e) De Libère à Xystus III. — Pour l'intervalle
Sirice-Xystus III, le contrôle est fourni par la chro-
nique de Prosper, dont les chiffres peuvent être eux-
mêmes vérifiés d'autre façon et sont sensiblement exacts.
La concordance est parfaite, à condition que, pour Zo-
sime, où les catalogues varient, on choisisse entre
leurs leçons.
i. Les chiffres de Félix et de Marc, ceux de mois et de jours de
Glet ; encore y a-t-il quelque doute sur la leçon du chiffre des
jours de ce pape dans les catalogues du vi* siècle.
2. Ce qu'il y a de plus remarquable en ce genre, outre le cas
d'Eutychien, c'est la variante relative aux chiffres de saint Pierre,
mois et jours ; on litm. / d. VIllI, dans le catalogue libérien, m. II
d. ///dans les catalogues du \i° siècle. Il est clair qu'il y a ici deux
traditions irréductibles l'une à l'autre ; mais le cas est tellement
particulier qu'il n'y a pas de conséquence à en tirer pour le reste
de la compilation. Ces deux leçons proviennent peut-être do com-
binaisons diverses entre la date du29 juin, considérée comme terme
de l'épiscopat de saint Pierre , et l'une des dates auxquelles on pouvait
en rapporter le début. En fixant la Passion au 25 mars, qui est le
die* emortualis Christi aussi bien pour Prosper que pour l'auteur
du catalogue libérien et pour celui de la compilation de 354 elle-
même, on obtient les intervalles suivants :
Du 25 mars, jour de la Passion, au 29 juin : m. /// d IIII ;
Du 15 mai, jour de la Pentecôte, au 29 juin : m. I d. XIIII;
or m. I d. XIIII ressemble beaucoup km. I d. VIIII, leçon du cata-
logue libérien, de môme que m. /// d. IIII diffère peu de m. II
d. III, leçon des catalogues du vi° siècle. 11 est évident que l'auteur
du catalogue libérien n'a pu compter à partir du jour de la Pas-
sion, car il dit expressément : passus est Dominus VIII kl. apr.
Et post ascensum eius bealissimus Petrus episcopalum suscepit. La
même raison n'existait pas pour le compilateur de l'original de
nos catalogues. Cependant tout ceci n'est qu'une conjecture, à la-
queUe je ne voudrais pas que l'on attachât trop d'importance.
Restent Libère, Félix II et Damase. Félix II n'est men-
tionné par saint Jérôme et Prosper que comme un anti-
pape. Pour Libère, la chronique de saint Jérôme ne
donne aucun chiffre ; mais comme l'avènement de ce
pape y est marqué à l'année 2365 d'Abraham et sa mort
à l'année 2383, on peut en conclure que saint Jérôme
lui attribue 18 ans de pontificat. Prosper donne le
môme chiffre pour Damase 1 . Voici les chiffres d'années,
mois et jours qui se déduisent, pour ces deux papes, des
dates d'avènement et de sépulture :
Libère, 14 ans, 5 mois, 8 jours (17 mai 342 — 24
sept. 366);
Damase, 18 ans, 2 mois, 10 jours (1 er oct. 366 — 10
dôc. 384).
Nos catalogues donnent les chiffres suivants :
Liberius a. VI m. IIII (III) d. VIII (IIII)
Damasus a. XVIII m. III d. XI
Siricius a. XV
Pour Damase, une faible correction, m. Il pour
m. ///, les fait coïncider sensiblement avec les chiffres
réels. Ils sont au contraire tout à fait faux pour Libère.
Quant au chiffre rond de 15 ans que Prosper et nos
catalogues attribuent à Sirice, il est inconciliable avec
la date communément acceptée comme celle de la mort
de ce pape (26 novembre 398). Ordonné en décem-
bre 384, Sirice ne pouvait avoir siégé que 13 ans et 11
mois, plus ou moins quelques jours ; d'autre part ce
chiffre de quinze ans correspond d'une façon remar-
quable à celui que mentionne son épitaphe : Ter quinos
populum qui rcxit in annos * ; il se trouve aussi dans
les histoires de Socrate et de Sozomène 3 , c'est-à-dire
dans des livres écrits vers le milieu du v e siècle. Il y a
donc lieu de se demander si le pape Sirice n'aurait pas
en réalité siégé un an de plus qu'on ne l'a cru jus-
qu'ici. Je reviendrai sur cette question.
En résumé, nos catalogues représentent : 1° de saint
Pierre à Jules (+352), une combinaison entre les chiffres
du catalogue libérien et ceux de la chronique hié-
ronymienne; 2° de Libère à Damase (352-384) une tra-
dition spéciale, gravement fautive tant pour les chiffres
i. V. ci-dessus, p. xm.
2. De Rossi, Itiscr. t. II, p. 102.
3. V. ci-dessus, p. xm.
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de Libère que pour l'intrusion de Félix H ; 3° de Sirice
à Xystus III (384-440) une tradition identique à celle de
la chronique de Prosper et, en tout cas, très autorisée.
Au delà de Xystus III il est impossible de les contrôler
par d'autres documents du môme genre; tout ce qu'on
peut dire c'est qu'ils sont confirmés en gros par la chro-
nologie du temps, et paraissent être aussi exacts que
depuis Sirice, c'est-à-dire beaucoup plus que pendant
les deux périodes précédentes. Il est peu probable que
leurs rédactions actuelles soient les plus anciennes.
Ceux qui se terminent le plus tôt, à Félix III (-J-492) ou
à Hormisdas (-J-523) ne représentent pas toujours, tant
s'en faut, la meilleure tradition du texte; nous avons
vu que les leçons des autres sont souvent plus voisi-
nes de la source primitive. Les premiers ne nous of-
frent donc qu'une rédaction déjà modifiée par divers ac-
cidents. Si, d'autre part on considère la grande distance
qui sépare Félix III et Hormisdas du point delà série où
les chiffres deviennent tout à fait exacts, c'est-à-dire de
la fin du iv e siècle, on est fondé à croire que la rédac-
tion première de ces catalogues se place plutôt vers
le milieu du cinquième siècle que vers la fin.
Nous avons déjà vu que, môme en dehors des chiffres
et dans la constitution môme de la série pontificale, nos
catalogues trahissent une fidélité spéciale à la tradition
suivie et propagée en Occident par la chronique de
saint Jérôme. Cette fidélité se concilie avec un certain
éclectisme; le rédacteur suit saint Jérôme, mais il ne le
suit pas toujours. C'est à peu près la même attitude que
celle de Prosper. Celui-ci en effet a résumé la chronique
hiéronymienne avant de la continuer ; mais il ne s'est
pas abstenu d'y introduire quelques changements d'a-
près ses propres idées J ; en particulier il n'a point sa-
crifié au comput d'Eusèbe, adopté par saint Jérôme, la
date traditionnelle de la Passion, duobus Geminis cons. *
qui est marquée aussi en tôte du catalogue libérien.
Ajoutons à ces considérations la conformité entre les
chiffres de Prosper et ceux de nos catalogues pour la
série Sirice-Xystus III; tous les indices nous con-
duiront ainsi vers le temps et vers le milieu où furent
rédigées les deux éditions de la chronique de Prosper
(445 et 455) et le catalogue pontifical, maintenant perdu,
qui terminait le recueil chronographique de l'année 447.
i. Holdcr-Egger dans le Neues Archiv, t. I, p. 69 et suiv.
2. 29 ap. J. G. D'après Prosper, cette date correspondrait à l'an 28;
son calcul est faux, mais sa tradition est ancienne et contraire à
celle de saint Jérôme.
Chron jgrapho de
853.
B — Catalogues grecs.
19. — Il faut rapprocher de ces catalogues latins, avec Catal °s acs s recs -
quels ils ont une parenté étroite, trois catalogues in-
sérés dans des compilations byzantines du neuvième
siècle, mais dont la rédaction s'est d'abord arrêtée au
sixième.
i° La première de ces compilations est un recueil_de
listes épiscopales des cinq patriarcats, Rome, Alexan-
drie, Antioche, Jérusalem, Cons tan tinople, avec une
Notice des sièges. Ce recueil, rédigé en 853, porte le
titre de Xpovoypacpeîov ouvropLov èx tûv 1 Eùaeêîou tou Ila|L-
<pD.ou wovr,(i.àT(i)v. Il a été publié par A. Mai dans le
tome I er (l re édition, 1825) de sa Scriptorum veterum
nova collectio, part. II, pag. 1 et suiv. La liste des papes
s'étend jusqu'à Pascal I er (817-824); les années y sont
marquées avec les noms, depuis saint Pierre jusqu'à
Pelage I er (x 56! ) inclusivement. Jusqu'à Simplicius
(468-483) on trouve en marge le synchronisme des em-
pereurs et, çà et là, jusqu'à Hormisdas (514-523), de
petites notes sur les événements ecclésiastiques intéres-
sants au point de vue des rapports de Rome avec l'em-
pire d'Orient.
2° Il y a aussi un catalogue des papes dans le recueil
de listes d'empereurs et de patriarches qui, sous le nom
de XpovoYpa<pucov <7uvto[lov, fait suite à Y Histoire abrégée
de Nicéphore, patriarche de Constan tinople, écrite au com-
mencement du ix e siècle'. Ici la liste des papes s'arrête à
Boniface IV (608-615) et les chiffres d'années sont mar-
qués seulement jusqu'à Benoît (f 579). Il n'y a pas de
synchronisme suivi, mais çà et là de petites notes
dont la dernière est jointe au nom de Félix IV (f 530).
3° Le troisième catalogue n'existe pas à l'état isolé,
mais il se déduit des dates auxquelles sont indiqués les
avènements des papes dans la chronique de Georges
Syncelle, continuée jusqu'en 813 par Théophane. Le
dernier pape dont l'avènement soit marqué est Benoit
(f579).
Ces trois listes, à part quelques variantes, concordent Origine commune
de telle façon qu'elles supposent évidemment un ori- eUamis.° gUes gre ° 8
ginal commun 3 ; il faut remarquer surtout la variante
1. Mai: tov.
2. Nicephori arch. CP. opuscula historica éd. C. de Boor, Leipzig,
1880, p. 121.
3. SynceUe a placé Antéros avant Pontien, en leur conservant à
tous les deux les chiffres qu'ils ont dans les autres listes ; l'un de
ces chiffres, celui de Pontien, est particulier à ces trois catalo-
gues, ce qui prouve bien que Syncelle avait sous les yeux la
Nicéphore.
Syncelle-Théo-
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Soterichus (2u>nQpt^o;) du nom de Soter. Voici à peu
près, jusqu'à Hormisdas, la liste qui se déduit des trois
catalogues; je mets en regard la leçon des catalogues
latins.
Catalogue grec
Catalogue latin
Petrus
an. XXII
XXV
Linus
an. XII
XI
Anencletus
an. XII
XII
Clemens
an. VIIII
VIIII
Evaristus
an. VIIII
VIIII
Alexander
an. XII
XII
Xystus
an. X
X
Telesphorus
an. XI
XI
Ilyginus
an. IIII
IIII
Pius
an. XV
XVIIII
Anicetus
an. XI
XI
Soterichus
an. VIIII
VIIII
Eleutherus
an. XV
XV
Victor
an. X
X
Zephyrinus
an. XVIIII
XVIII
Callistus
an. VIII
V
Urbanus
an. VII
VIIII (IIII)
Pontianus
an. III
VII
Anteros
mens. I
mens. I
Fabianus
an. XIII
XIIII
Cornélius
an. II
II
Lucius
an. II
III
Stephanus
an. II
VI
Xystus
an. XI
I
Dionysius
an. VIII
VIII
Félix
an. V
IIII
Eutychianus
mens. VIII
an. I
Gaius
an. XV
XI
Marcellus
an. 11
I
Eusebius
an. I
»
Miltiades
an. IIII
IIII
Silvester
an. XXVIII
XXIII
même rédaction que les autres. Il ajoute (éd. de Bonn, t. I, p. 680)
que d'autres font siéger Pontien avant Antéros (xtvèç Dovriavôv rcpô
toG 'Avre'pwtd; çaatv liriaxoitfjffat). Ces tiviç ne sont autres, sans
doute, que ceux dont la tradition est représentée par le catalogue
du vi e siècle que Syncelle avait sous les yeux, par Eusèbe, S. Jé-
rôme, etc. L'ordre Antéros-Pontien ne peut venir que du Liber
pontificalis, et encore d'un remaniement de ce texte: on le verra
plus loin. Syncelle aura eu sous les yeux quelque catalogue dérivé
de cette compilation. En tout cas le déplacement est ici le fait de
Syncelle lui-même, c'est-à-dire d'un auteur de la fin du vm« siècle ;
on n'est nullement fondé à croire qu'il l'ait trouvé déjà dans son
exemplaire du catalogue du vi« siècle.
Catalogue grec
Catalogue latin
Marcus
an. II
II
Iulius
an. XV
XV
Liberius
an. VI
VI
Félix
an. I
»
Damasus
an. XXVIII
XVIII
Siricius
an. XV
XV
Anastasius
an. III
III
Innocentius
an. XV
XV
Zosimus
an. VIII
VII
Bonifatius
an. IIII
III
Caelestinus
an. X
VIIII
Xystus
an. VIII
VIII
Léo
an. XXI
XXI
Hilarus
an. VI
VI
Simplicius
an. XIIII
XV
Félix
an. VIIII
VIII
Gelasius
an. V
un
Anastasius
an. II
i
Symmachus
an. XIIII
XV
Hormisdas
an. X
VIIII
En comparant ces deux listes on trouvera sans doute
bien des différences ; la transmission du texte a eu ici
à compter non seulement avec les accidents ordi-
naires de la copie, mais encore avec le changement
de langue et de numération. C'est sans doute à ces
hasards de la transcription et de la traduction qu'il faut
imputer les variantes dans les chiffres de saint Pierre
(XXII pour XXV), de Pontien (III pour VII ou VIII), de
Silvestre (XXVIII pour XXIII), de Damase (XXVIII pour
XVIII). D'autres proviennent évidemment de la Chroni-
que d'Eusèbe, ce sont celles de Pius, Calliste, Etienne,
Xystus II, Félix, Eutychien \ Gaius. On en trouve qui
représentent les chiffres des catalogues latins simple-
ment arrondis ; ainsi, pour Célestin, 10 ans, au lieu de
9 ans, 10 mois et 17 jours que lui donnent les catalo-
gues latins 2 ; de même Anastase II a 2 ans au lieu de
I an, 11 mois et 23 jours.
1. Pour Eutychien on trouve mens. II dans la Chronique, mens. X
dans l'Histoire ecclésiastique, mens. VIII dans saint Jérôme; cette
dernière variante se reproduit dans le remaniement syriaque de
la chronique d'Eusèbe dont il a été question plus haut, p. v, note i.
II est possible que le chiffre mens. VIII représente une ancienne
variante de l'Histoire ecclésiastique, conservée par saint Jérôme et
par le chronographe syriaque.
2. Son épitaphe a le même chiffre: detimum dum conderet annum
(de Rossi, Inscr., t. II, p. 62Ï.
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Mais en dehors de ces accidents et de ces remaniements
partiels il y a évidemment, entre nos catalogues latins
du vi° siècle et ces trois listes grecques, une parenté fort
étroite. Elle se trahit d'abord par la présence de Félix II,
puis par l'identité des noms l et de l'ordre des papes
aux endroits où les autres traditions divergent, enfin
parla reproduction de plusieurs chiffres manifestement
fautifs, comme ceux de Marc, de LibèreetdeZosime. Ainsi
la tradition représentée par les catalogues latins est attes-
tée aussi par les catalogues grecs. Les fautes communes
et l'intrusion de Félix II ne permettent pas de considé-
rer le témoignage des listes grecques comme plus an-
cien que celui des listes latines. L'accord des deux grou-
pes et leur conformité avec la chronologie réelle semain-
tiennent depuis Boniface (f 422) jusqu'à la fin ; il est
impossible de trouver dans les textes des catalogues une
indication quelconque sur la date à laquelle la tradition
grecque s'est détachée de la tradition romaine.
C — Catalogues orientaux.
20. — Il faut rattacher à ces catalogues byzantins deux
d'Alexandrie, listes conservées, l'une dans les Annales d'Eutychius
(Saïd-Ebn-Batrik), patriarche orthodoxe d'Alexandrie %
l'antre dans la chronique syriaque d'Elias de Nisibe. Eu-
tychius termina ses annales en 937 ; ce n'est pas en
appendice, comme Nicéphore, mais dans le corps même
de son ouvrage qu'il insère, à leur lieu et place, les syn-
chronismes des patriarches et des empereurs. Il se sert
à cet effet d'un catalogue des papes, avec les années,
jusqu'à Sôverin (-J- 640) et Jean IV son successeur. Au
delà il connaît encore les noms des papes Théodore,
Martin, Donus (Dianyus) et Agathon (Agabius) sous le-
quel il place le sixième concile œcuménique. Au delà
d'Agathon 3 il ne mentionne plus aucun pape et déclare
même expressément qu'il n'a plus de renseignements
sur les « patriarches des Romains ». Dans sa liste les
noms des papes sont extraordinairement incorrects, ce
\ . Anaclet est pourtant substitué à Glet ; ceci doit sans doute
s'expliquer par l'influence d'Eusèbc, comme les variantes déjà
mentionnées.
2. Contextio gemmarum sive Eutychii patriarchae Alexandrini An-
nales, éd. Selden et Pococke, Oxford 1658; répétée dans la Patr.
Gr. de Migne, t. CXI, p. 892.
3. Non autem mihi scire contigit nomina patriarcharum Gons-
tantinopolitanorum a tempore quo mortuus est Thcodorus (685)
ad hoc usque quo hune librum composui, ut nec patriarcharum
Romanorum, nec quid de ipsis narretur (1. c, t. II, p. 400).
XXIII
qui ne doit pas étonner puisqu'ils ont subi deux fois les
risques d'un changement de langue, en passant du la-
tin en grec et du grec en arabe. En plus d'un endroit,
et vers la fin surtout, il est difficile de s'y reconnaître.
Boniface III est omis ; le nom de Deusdedit est changé en
Théodore, ce qui est une traduction; celui de Boniface V
en Yufatius, celui d'Honorius en Oborudus; plus haut,
on trouve Dacletius pour Anaclet, Marcus pour Pius,
Aurianus pour Urbain, Meletianus pour Miltiade. Pela-
gius pour Gélase, etc. Dans l'ensemble ce document té-
moigne d'une certaine parenté avec les catalogues grecs,
avec lesquels il a en commun les mauvaises leçons Sote-
richus (Soter), an. XX VIII pour Silvestre et pour Da-
mase, et les particularités an. XXII pour saint Pierre,
aH.XFpourPie, an Al pour Marcel, âTi.XpourCélestin,
an. X////pour Simplicius et pour Symmaque. D'autres
fois il se rapproche des catalogues latins et spécialement
de ceux qui ont les leçons mises entre parenthèses dans
le tableau de la page xvi, c'est-à-dire, comme on le verra
plus loin, de ceux qui sont le plus étroitement apparen-
tés avec le Liber pontificalis. Il porte ainsi ann. K/pour
Galliste, ann. ////pour Urbain, ann. X//pour Antéros,
ann. K/pour Eusèbe, ann. /pour Zosime. Son trait le
plus caractéristique est l'omission de Félix II ; mais
cette omission, dans le texte d'Eutychius, ne permet
peut-être pas de conclure à une omission semblable dans
le catalogue dont il s'est servi. Nous avons vu en effet
que la plupart des catalogues latins, tout en nommant
Félix, n'indiquent pas la durée de son épiscopat; Euty-
chius a pu trouver là un motif de supprimer toute men-
tion de ce personnage.
2i. — La chronographie syriaque, encore inédite, Nisibe 6
d'Elias de Nisibe, est une compilation du onzième siècle;
on y trouve un catalogue des papes qui se termine au con-
cile de Chalcédoine et à saint Léon. Ce point d'arrêt est
déterminé sans doute parles exigences de la composition
et non point par les limites de la liste pontificale que le
chronographe a mise en œuvre. Ce document avait été
publié en allemand, en 1869, par M. Lipsius \ d'après
une copie exécutée par M. Sachau. Depuis, MM. Ab-
beloos et Lamy en ont donné le texte original, ac-
compagné d'une version latine, dans leur édition de
Barhebraeus '. Ces deux publications dérivent du même
i. Chronologie der rôm. Bischôfe, p. 36, 37.
2. T. I, Louvain, 1872, p. 38, 39.
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Chroniques du v
et du vn c siècles.
Marccll in.
manuscrit. Le catalogue d'Elias ne diffère pas essen-
tiellement des précédents. 11 a Clet au lieu d'Anaclet,
il omet Marcel et Eusèbe et donne à Félix II trois ans
de siège, particularité spéciale, qui distingue aussi
l'abrégé félicien du Liber pontificalis. Par ailleurs ses
leçons, quand elles ne sont pas altérées, se retrouvent,
soit dans les catalogues latins ou grecs, soit dans celui
d'Eutychius; je me borne à citer, parmi ces dernières,
les chiffres de Pontien {an. V), de Lucius {mens. VIII),
d'Eutychianus {ann. VI 11), de Gaius {ann. XII). Il faut
remarquer aussi la variante ann. II pour Zosime.
? 22. — Je terminerai cette étude sur les catalogues ponti-
ficaux du v° au vu e siècle en disant un mot des chroniques
ou autres compilations historiques du vi° et du vn° siècles,
principalement de celles qui ont continué saint Jérôme
ou Prosper. Plusieurs d'entre elles, ou ne mentionnent
pas l'avènement des papes, ou le mentionnent de telle
façon qu'on ne peut discerner dans leur texte la trace
d'un catalogue pontifical prolongé jusqu'au temps où
elles furent rédigées. Il en est ainsi des chroniques de
Cassiodore, de Marius d'Avenches et d'Isidore, des An-
nales de Ravenne, de YHistoria Francorum de Gré-
goire de Tours. Pour d'autres, au contraire, on a mis à
contribution un catalogue pontifical qui se laisse plus
ou moins aisément reconstituer. Ce sont les chroniques
de Marcellin, de Victor de Tunnunum, de Jean de
Biclar, et la compilation publiée ces temps derniers sous
le nom de Contimiator Prosper i Havniensis.
23. — La Chronique de Marcellin, publiée d'abord en
518, puis en 534, à Constantinople, reçut plus tard une
continuation qui s'étendit jusqu'à l'année 548. Elle fait
suite a celle de saint Jérôme et commence à Tannée 379.
La mort de Damase y est indiquée, en 382 (date fausse,
la date réelle est 384) : Damasus Romanae ccclcsiae, ex-
ceptis Liberio etFelice i , trigesimus quintus episcopus,
anno pontificattts sni XVIII, in Domino requievit. Les
avènements sont ensuite marqués avec les chiffres d'an-
nées :
Damasus
an. XVIII
(f382)
Siricius
an. XV
383
Anastasius
an. IIII
398
i. Cette formule a l'air d'éliminer à la fois Libère et Félix de la
série numérotée des papes. En réalité Libère est le 34» pape dans
la chronique de saint Jérôme et Damase le 35 e . Marcellin ne change
donc rien à la numérotation de son devancier.
2. Roncalli, Vetustiora tat. chronica, t. II, p. 263-313.
Innocentius
an. XV
402
Zosimus
an. III
417
Bonifatius
an. III
420
Caelestinus
an. VIIII
423
Xystus
an. VIII
432
Léo
an. XXI
440
Hilarus
an. VI
461
Simplicius
an. XV
467
Félix
an. XII
482
Gelasius
an. IIII
494
Anastasius
an. II
498
Symmachus
an. XV
500
Hormisda
an. VIIII
515
Iohannes
Le chiffre d'Hormisdas n'a pu être marqué que dans
la seconde édition (534) de la Chronique, en même
temps que l'avènement de Jean I er . Les trois papes
suivants, Félix IV, Boniface II, Jean II (526-535), ne
sont pas mentionnés. Le continuateur de 548 nomme
les papes Agapit, Silvère et Vigile, mais dans le récit
des événements et non plus suivant le système primitif.
24. — Voici la liste qui se déduit de la Chronique de
Victor de Tunnunum, rédigée en Orient, comme la précé-
dente, mais par un auteur africain, et arrêtée à l'an-
née 566 ; les dates consulaires sous lesquelles sont mar-
qués les noms des papes sont presque toutes lausses ;
l'auteur n'a eu évidemment aucun souci d'exactitude à
cet égard * :
Hilarus (469),
Simplicius (473),
Félix,
Gelasius (492),
Anastasius,
Symmachus (497),
Hormisdas (524),
Iohannes (538),
Félix,
Bonifacius,
Iohannes,
Agapitus,
Silverius (541),
Vigilius (543),
Pelagius an. V (558).
1. Roncalli, t. II, p. 344-377.
Victor de Tun-
nunum.
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LES PEINTURES DE SAINT-PAUL.
Jean de Biciar. 25. — Jean, abbé du monastère de Biclar, en Espagne,
puis évoque de Gerunda, continua jusqu'en 590 la chro-
nique de Victor de Tunnunum. Il mentionne la mort
de Jean III, puis l'avènement et les années des trois
papes Benoît, Pelage II et Grégoire le Grand; les années
de celui-ci ont dû être ajoutées après coup 1 .
Benedictus an. II II
Pelagius an. XI
Gregorius an. XV
Le continua- 26. — M. G. Hille publia 2 , en 1866, d'après un manus-
teur^ de Prosper cp j t ^ Q c p eima g Ue ^ une continuation de la chronique
de Prosper, rédigée dans la haute Italie, l'an trentième
d'Héraclius (641); de 455 à 5231e texte est disposé en
forme d'annales ; au delà de 523 cette forme est abandon-
née. Parmi les éléments que l'auteur mit en œuvre
figurait un catalogue des papes ; il l'inséra dans son texte
par parties, mais sans en modifier la rédaction; aussi
est-il facile de l'en dégager. Ce catalogue s'étend de Sim-
plicius à Deusdedit (468-618). Il commence à peu près
où s'arrêtent nos plus anciens catalogues latins du cin-
quième siècle. Le voici :
Simplicius
Félix
ann. XVII
menses XI
dies XVII
Gelasius
ann. IIII
menses VIII
dies XVIII
Anastasius
ann. I
menses XI
dies XXIIII
Simmachus
ann. XV
menses VII
dies XVII
Hormis ta
ann. XVIIII
dies VII
Iohannes
ann. II
menses VIIII dies XVI
Félix
ann. IIII
menses II
dies XIIII
Bonifacius
ann. II
dies XXVI
Iohannes
ann. II
menses IIII
dies VI
Agapitus
ann. XI
dies XVIII
Severus
ann. I
menses V
dies XI
Vigilius
ann. XVII
menses VI
dies XXVI
Pelagius
ann. IIII
menses V
dies VIII «
Iohannes
ann. XII
menses XI
dies XXVII
Benedictus
ann. IIII
menses I
dies XXVIII
Pelagius
ann. X
menses II
dies X
Gregorius
ann. XIII
menses VI
dies X
Savinianus
ann. I
menses V
dies VIIII
Bonifacius
menses VIIII dies XXII
alius Bonifacius
ann. VI
menses VIIII dies XIII
Deusdedit
ann. III
dies XX
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LES PEINTURES DE SAINT-PAUL.
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Les portraits
des papes dans
les basilique» de
Rome.
27. — On voyait autrefois, dans les principales basili-
ques de Rome, à Saint-Jean de Latran, à Saint-Pierre et
à Saint-Paul, des galeries de portraits des papes, peints
à fresque autour des nefs intérieures, au-dessus des co-
lonnades. A Saint-Pierre et à Saint-Paul, il y en avait
deux, l'une plus ancienne, placée au dessus de la corni-
che de l'entablement qui surmontait la colonnade de la
grande nef, l'autre disposée un peu plus ba3, immédia-
tement au-dessus des chapiteaux des colonnes. On n'en
signale qu'une à Saint-Jean de Latran. Elle avait été exé-
cutée parordre du papeNicolas 111(1277-1280), en même
1. Roncalli, t. II, p. 365, 388, 393.
2. Prosperi Aquitanici continuator Havniensis, éd. Georg. Hille,
Berlin, Weidmann, 1866.
3. Ancien fonds, n° 4!i4 ; déjà signalé par G. Waitz [Archiv.
t. VII, 1836, p. 251, et Nachrichten de GOttingue, 1865, n° 4).
Liber pontificalis.
temps que les deux galeries inférieures de Saint-Pierre et
de Saint-Paul '. La basilique du Latran ayant été deux
fois incendiée, en 1308 et en 1360, puis restaurée à di-
verses reprises, il est impossible d'étudier directement
lespeinturesqu'ellecontenaitautrefois. Longtemps avant
les désastres qu'elle subit au xiv e siècle, elle en avait
éprouvé un autre, en 897, un écroulement partiel, à la
suite duquel le pape Sergius III (904-911) avait dû la
rebâtir.
Pour Saint-Pierre, nous sommes mieux renseignés ;
la partie inférieure, c'est-à-dire orientale, de l'ancienne
1. Dies VI H dans le texte, p. 35; d. 9 dans le catalogue dégagé
par M. Hille, p. 9.
1. C'est à l'imitation de ces peintures qu'ont été gravés les por-
traits des papes, dans certains ouvrages illustrés, comme les vies
des papes de Platina, depuis le xv« siècle.
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basilique a subsisté jusqu'au commencement du xvn e
siècle. Avant sa démolition, Grimaldi rédigea une des-
cription soignée des peintures que Ton y voyait encore ;
cette description est accompagnée de dessins qui per-
mettent de se faire une idée de la situation respective
des deux séries de portraits l , et de l'ordre des portraits
dans chaque série. Celle de Nicolas III commençait au
pape Pie I er , sur le mur de droite en entrant, auprès du
mur provisoire qui séparait alors le haut de la basilique,
démoli sous Jules II, de la partie inférieure, conservée
au culte pendant tout le seizième siècle. On voyait, sur
ce mur de droite, Pie, Soter, Eleuthère, Victor, Zéphy-
rin, Calliste, Urbain, Antéros, Pontien, Fabien, Corné-
lius; puis, sur le mur oriental, à l'intérieur de la
façade, Lucius, Etienne, Xystus II, Denys, Félix, Euty-
chien, Gaius, Marcellin, Marcel; enfin, sur le mur laté-
ral de gauche, Eusèbe, Miltiade, Silvestre, Marc, Jules,
Libère, Félix II, Damase, Sirice, Anastase. Ici la série
rejoignait le mur transversal provisoire. Grimaldi ajoute
que les papes antérieurs à Silvestre étaient représentés
tête nue, mais que, depuis Silvestre, ils portaient la
tiare à couronne simple ; tous avaient le nimbe circulaire,
sauf Libère dont le nimbe était carré.
Quant à la série supérieure, la plus ancienne des deux,
Grimaldi rapporte que les papes y avaient tous la tête
nue et nimbée, que leurs portraits étaient accompagnés
d'inscriptions et que celles-ci étaient à peine lisibles ;
voici celles qu'il a pu copier :
Siricus sedit ann. XV m. V d. XX.
A nastasius sedit ami ....
Félix sedit ann. I m....
lulius sedit ann....
Eusebius sedit ann....
Ormisda sedit ann. . . .
Il n'indique pas l'ordre des portraits ni leur distribu-
tion sur les trois murs de l'ancienne basilique ; mais il
les attribue au pape Formose, comme les autres peintu-
res qui couvraient les murs latéraux au dessus des médail-
lons et montaient jusqu'à la charpente. Cette attribu-
tion traditionnelle, fondée peut-être sur quelque ins-
. 1. Dessins dans Ciampini, De sacris aedificiis a Constantino
M. conslructis, pl.x,xi ;cf. Bianchini, Anasi., t. II, p. lxzih. Pour le
texte, v. Eug. Mûntz t L'œuvre archéologique de Grimaldi, dans la
Bibl. des écoles françaises d? Athènes et de Rome, t. I, p. 248; cf.
Bianchini, t. c, p. lxxiv.
cription, est confirmée par le témoignage de Benoît du
mont Soracte (x e siècle.) ! .
28. — A Saint-Paul, les deux galeries pontificales ont L'ancienne
subsisté en grande partie jusqu'à l'incendie de la basili- de iaintîpaul.
que, en 1823. Cependant la série inférieure, celle de
Nicolas III, était déjà très endommagée au xvm e siècle*.
Autant qu'on pouvait le constater, elle reproduisait fidè-
lement les inscriptions de la série supérieure, mais elle
offrait les mêmes particularités de costumes et d'attri-
buts que Grimaldi avait remarquées dans la galerie de
Nicolas III à Saint-Pierre. Quant à la série antique, elle
commençait au-dessus de la corniche, en haut de la nef,
sur le mur méridional ; elle suivait ce mur jusqu'au
bas de l'église ; puis elle passait sur le mur occidental,
c'est-à-dire sur la paroi intérieure de la façade, et re-
venait sur le mur nord en s'avançant vers l'autel.
Dès le xvii e siècle, alors que ces peintures parais-
sent avoir été étudiées et copiées pour la première
fois, les médaillons du mur occidental avaient disparu,
sans doute à cause de quelque restauration de cette
partie de la basilique. Le mur du nord s'écroula dans
l'incendie de 1823 avec ses peintures ; mais celui du
sud, qui contenait la première partie de la série, depuis
saint Pierre jusqu'à Innocent, demeura debout au mi-
lieu des ruines. On put détacher les médaillons des pa-
pes, les reporter d'abord sur toile, puis sur pierre, et
reconstituer ainsi l'antique galerie pontificale ; on peut
la voir maintenant dans les corridors intérieurs du mo-
nastère de Saint-Paul, au bout du musée épigraphique
de la basilique 3 .
Les portraits étaient groupés deux à deux, chaque
paire correspondant à l'un des entrecolonnements de
la nef. Entre les deux médaillons, des inscriptions in-
diquaient les noms des deux papes et les durées de leurs
pontificats exprimées en années, mois et jours, comme
dans les catalogues. Les inscriptions sont maintenant à
peu près entièrement détruites, les ouvriers chargés de
détacher les médaillons ayant négligé lettres et chif-
fres pour ne s'occuper que des portraits. Ces peintures
1. Renouavit aeclesia principis apostolorum Pefri pictura tota
(Watterich, Pont. Rom. vitae, t. I, p. 38). L'expression est un peu
générale ; elle ne désigne pas spécialement les portraits des papes,
mais la décoration picturale de la basilique.
2. Bianchini Anast., t. II, p. lxxii, lxxiii.
3. De Rossi, Bull. 1870, p. 122. Ces portraits ont été reproduits
par le P. Garrucci dans sa Storia delC arte cristiana, t. II, pi.
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avaient subi des restaurations, sous Benoît XIV (1740-
1758) et auparavant.
Au moment des restaurations de Benoît XIV, l'archéo-
logue Marangoni put étudier de près ces peintures, en
montant sur les échafaudages qui furent dressés alors.
Portraits et inscriptions furent publiés par lui dans un
ouvrage J qui ne paraît pas avoir été fait avec un grand
soin. M. de Rossi (1. c.) a constaté que les gravures des
portraits ont rarement assez de ressemblance avec les
originaux pour qu'on puisse les reconnaître sans le se-
cours des inscriptions et des numéros d'ordre. Le P.
Garrucci s'en plaint aussi beaucoup* ; il signale en par-
ticulier, dans le langage de Marangoni, des contradic-
tions et des inexactitudes propres à mettre en défiance
contre ses lectures : Marangoni ne marque pas toujours
si l'inscription qu'il avait déchiffrée était originale ou
retouchée. Ici comme ailleurs, il paraît avoir travaillé
avec une grande négligence 3 .
Quelques années avant Marangoni, Fr. Bianchini se
procuiaune copie des inscriptions en les déchiffrant d'en
bas à l'aide d'une bonne longue- vue. Un aide, monté sur
une échelle, déchiffrait de son côté ; le prélat comparait
ses lectures avec les siennes, et lui signalait les endroits
sur lesquels il devait porter son attention. Ce procédé,
employé par un homme aussi consciencieux que l'était
Bianchini, me paraît donner des garanties suffisantes
pour accorder autant de considération à ses lectures
qu'à celles de Marangoni, toutes les fois qu'il y a désac-
cord entre elles. Bianchini publia, dans les prolégomènes
de son Anastase \ tout ce qui restait des inscriptions du
mur méridional, c'est-à-dire depuis saint Pierre jus-
qu'à Innocent I er .
Un siècle avant lui et alors que les peintures étaient
moins détériorées, le cardinal Barberini en avait fait
exécuter une copie, actuellement conservée dans la bi-
bliothèque du palais Barberini, cod. XLJX, 16. A ce re-
cueil est joint un feuillet détaché où on lit des copies des
i. Chronoîogia Romanorum pontificum superstes in pariete aus-
trali basilicae s. Pauli, Rome, 1751. Je n'ai pu me procurer une
dissertation publiée en 1756, à Rome, sans nom d'auteur, par le
jésuite Lazeri, sur ce même sujet. Elle est intitulée Calalogi duo
Rom. Pontificum, etc. M. de Rossi, qui l'a vue autrefois, m'assure
que Lazeri n'avait pas vérifié personnellement les inscriptions et
qu'il s'en rapportait à Marangoni.
2. L. c, p. 21, 22.
3. Dans la préface du tome I de ses Inscr. christ., p. xxvir, M. de
Rossi lui reproche une négligence qui n'est pardonnable que si on
a compare à celle de Boldetti.
4. T. II, p. lxxxh-cvh.
XXVII
inscriptions et des indications sur les positions respecti-
ves des médaillons. Ces copies ont dû être faites à Saint-
Paul, en présence du monument lui-môme.
On trouvera plus loin, ch. IV, § m, la leçon de ce docu-
ment, comparée avec les lectures de Bianchini et de
Marangoni.
J'ai déjà dit qu'il ne reste plus aucune trace des mé-
daillons du mur occidental \ Quant à ceux du mur
nord, le manuscrit Barberini, d'accord avec la des-
cription de Bianchini * et même plus complet sur ce
point, nous montre qu'ils étaient dans le plus singulier
désordre. Voici les noms que l'on pouvait lire à partir
du bas de la nef :
1
2
3
EUSEBIUS SE
4
5
6
7
Anastasius.
8
Adrianus.
9
Marcellus.
10
Agaton.
11
Félix.
12
BOMFACIUS.
13
Stephanus.
14
Sergius.
13
EUSEBIUS.
16
Laurentius
17
18
19
20
21
22
23
i. Au siècle dernier on en distinguait encore quelques vestiges,
selon Bianchini, l. c, p. lu). Ce que Marangoni, 1. c, p. m, lui ob-
jecte, prouve simplement que d'autres images avaient été substi-
tuées, dans quelques-uns de ces médaillons, aux anciens portraits.
9. Marangoni est ici particulièrement inexact et confus (1. c,
p. v); ses renseignements ont induit en erreur Zaccaria (Storia litr-
teraria, Venise, t. V., 1753, p. 567; Diss. hist. eccl n t. III, Rome,
1793, p. 245) et le P. Garrucci (1. c, p. 22, 23); ces deux auteurs
se sont figuré que la série du mur nord continuait celle du mur
sud, tandis qu'il y avait certainement entre eUes un certain nom-
bre de portraits sur le mur occidental.
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Severinus.
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Ioanes.
31
32
SlLVESTER.
33
34
Gregorius.
35
36
37
38
Cette disposition indique une absolue négligence de
la succession chronologique : les mêmes portraits
sont répétés plusieurs fois ; des papes du iv" siècle sont
mêlés à leurs successeurs du vu et du vin*. Cependant
il y a ici un fait très instructif: c'est que le nom et le
portrait d'un certain Laurentius, étranger à la liste des
papes, figurait dans celte partie de la série. Ce Lau-
rentius ne peut être que l'antipape Laurent qui, de
501 à 506, soutint a Rome contre Symmaque une
compétition redoutable et se maintint en possession de
toutes les basiliques, sauf celle de Saint-Pierre où le
pape légitime demeura confiné. Comme il n'est pas sup-
posable que le portrait d'un antipape ait été introduit
dans un tel lieu et dans une telle compagnie après la
défaite de son parti, il en résulte que la série des mé-
daillons de Saint-Paul ,n'est pas postérieure à la com-
pétition de Laurent et aux premières années du vT
siècle.
Mais elle pouvait leur être antérieure. Pour en juger,
nous n'avons malheureusement d'autre ressource que
d'interroger le style despeintures.il est en effet impos-
sible de voir à quel pape s'est d'abord arrêtée la série.
Ce n'est certainement pas à Innocent I or . Depuis saint
Pierre jusqu'à ce pape, ces images, sauf le type con-
sacré de l'apôtre, sont tout à fait conventionnelles, sans
prétention à l'exactitude des portraits ; d'ailleurs elles
se ressemblent toutes, et celle d'Innocent ne se distin-
gue en- rien des autres : il en eût été tout autrement
si on l'eût exécutée de son vivant ou peu de temps
après sa mort. C'est donc entre Innocent (f 417) et
portraits.
Laurent qu'il faut chercher la date de ce monument.
On l'attribue ordinairement à saint Léon (440-461) qui
répara la basilique de Saint-Paul et y fit exécuter des
peintures ; toutefois aucun document ne lui attribue
en particulier les médaillons des papes. M. de Rossi
estime que ces portraits sont plutôt du milieu que de la
fin du v e siècle.
29. — Mais autre chose' sont les portraits, autre chose
r Inscriptions
les inscriptions. Je vais montrer que celles-ci, au moins jointes aux
dans l'état où elles se trouvaient quand on les a co-
piées, ne pouvaient être antérieures au vi e siècle et
qu'elles dérivent du Liber pontificalis .
Les inscriptions des papes du m e siècle étaient rela-
tivement assez bien conservées au moment où Rian-
chini entreprit de les copier; elles l'étaient mieux en-
core, un siècle auparavant, alors que furent exécutées les
copies Rarberini. Il ne peut subsister aucun doute sur
la position respective des inscriptions et des portraits.
Voici d'ailleurs la reproduction de quelques-unes de
ces inscriptions, avec leur disposition originale, d'a-
près le manuscrit Rarberini :
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Il est évident que les noms des papes de la première
paire doivent être restitués wcTOR et Zephyrinus, ceux
de la seconde callisTYS et urbaNYs, ceux de la troi-
sième ara/HEROs et joott/IANVS, ceux de la quatrième
FABIaNVS et CORweLIVS. Inutile d'aller plus loin, car
ce que je veux montrer ici, c'est simplement qu'An téros
était placé avant Pontien.Or cette seule interversion suf-
fit à prouver que les inscriptions sont postérieures au
Liber pontificalis et dérivées de lui. Cette interversion
en effet ne se rencontre ni dans les catalogues duvi e siè-
cle, ni dans saint Jérôme, ni dans aucun auteur anté-
rieur au Liber pontificalis, ni surtout dans le catalogue
libérien qui, au contraire, raconte avec une précision
inaccoutumée comment Antéros devint le successeur de
Pontien. Dans le Liber pontificalis lui-même, l'ordre
traditionnel fut d'abord maintenu ; mais comme la no-
tice de Pontien raconte que le corps de ce pape, mort en
exil, fut ramené à Rome par Fabien, certains transcrip-
teurs en conclurent que c'était Fabien, et non Antéros,
qui devait avoir été son successeur immédiat ; ils dé-
placèrent Antéros et le mirent avant Pontien, en effaçant
de la notice de celui-ci ce qui était dit de son remplaçant
sur le siège pontifical. Cette correction malencon-
treuse s'est propagée dans un certain nombre de manus-
crits ; c'est d'après l'un d'eux que l'on aura déterminé
l'ordre des portraits dans la galerie pontificale de Saint-
Paul 1 .
i. Il est vrai qu'à Saint-Paul Tordre réel des deux papes finit par
être rétabli. Bianchini et Marangoni ont trouvé le nom de Pon-
tien à gauche, celui d' Antéros à droite. Le premier a lu PON... à
gauche, et à droite.» TERVS SED ANNI ; le second a lu
PONTIA... SEDIT ANV.... à gauche, et à droite ANTERVS SED
Il y a plus ; plusieurs des manuscrits du Liber pontifi-
calis où Antéros précède Pontien donnent en beaucoup
d'endroits des chiffres différents de ceux qu'on trouve
dans les autres manuscrits et dans les catalogues du
vi° siècle. Ils représentent une tradition spéciale, et celle-
ci n'est autre que la tradition du Liber pontificalis avec
des remaniements systématiques. J'entrerai plus avant
dans l'étude de cette anomalie quand je m'occuperai de
la chronologie du Liber pontificalis ; il suffit en ce mo-
ment de signaler ce groupe de manuscrits, cette révision
bien caractérisée des chiffres primitifs. Or le catalogue
de Saint-Paul, autant qu'on peut encore le reconstituer,
présente exactement et perpétuellement les mêmes le-
çons que ces manuscrits. On peut s'en assurer en com-
parant les deux colonnes du tableau (ch. IV § m) où j'ai
ANNI... M I D X. Actuellement encore on peut distinguer à gauche
le groupe PONTIA.... et à droite les lettres... NTERVS. Mais la
lecture du manuscrit Barberini est aussi claire que possible; il y a
une énorme différence entre les fragmentsdes deux noms... HEPO...
et... IANVS ; cette différence exclut la possibilité d'une erreur, sur-
tout de la part d'une personne qui a généralement bien transcrit
et qui a vu les inscriptions un siècle avant les autres observateurs;
de plus, la copie Barberini n'indique aucun chiffre d'années pour
le pape de gauche, elle ne présente à cet endroit aucun vestige du
mot ANNOS ; cette particularité exclut Pontien ; elle ne convient
qu'à Antéros. Enfin, on peut invoquer le témoignage de la série
de Nicolas III ; non pas, il est vrai, l'exemplaire de cette série
qui figurait à Saint-Paul, car les médaillons de Pontien et d' An-
téros en ont disparu depuis plusieurs siècles, mais l'exemplaire
qui a subsisté à Saint- Pierre jusqu'à la destruction de la basili-
que ancienne. D'après Grimaldi, dont j'ai rapporté ci-dessus le
témoignage, Antéros y précédait Pontien. Il est difficile de croire
que les trois galeries exécutées sous Nicolas III au Latran, à
Saint-Pierre et à Saint-Paul, n'aient pas été de tout point identi-
ques ; de plus, celle de Saint-Paul reproduisait, autant qu'on peut
le constater, la galerie antique dont nous nous occupons ici. Cette
dernière devait donc présenter Antéros avant Pontien.— En pré-
sence de ce désaccord entre les lectures anciennes jusqu'au
xvn e siècle et les lectures modernes depuis Bianchini, je ne vois pas
d'autre solution qu'une retouche des deux inscriptions, survenue
entre 1636 et 1723. On m'objectera que les inscriptions étaient bien
mutilées au xvm° siècle et que cet état de ruine semblerait indiquer
une assez haute antiquité. A cela je répondrai que les retouches de
fresques sont de leur nature peu solides, que ces combinaisons
d'enduits juxtaposés ou superposés ont souvent pour effet de pré-
cipiter la ruine des monuments sur lesquels on les tente. Du
reste si mon explication avait besoin d'une vérification a posteriori,
le P. Garrucci lui en fournit une : il déclare formellement que
l'inscription d' Antéros a été retouchée ; en y regardant de plus
près en découvrira peut-être qu'il en est de môme de celle de Pon-
tien. Je m'abstiens d'exprimer ici une opinion : outre que je n'ai
pas l'expérience technique nécessaire, je n'ai pas revu les peintu-
res de Saint-Paul depuis que j'ai été conduit à faire ces observa*
tions sur la diversité des lectures qui nous en sont restées.
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LE FRAGMENT LAURENTIEN.
disposé les chiffres de cette révision à côté des chif-
fres de saint Paul *.
On pourrait être tenté de croire que c'est précisément
de ceux-ci que dérive le remaniement en question ; que
les peintures de la basilique représentent l'original et
les manuscrits une copie exécutée d'après lui. Mais l'in-
terversion Antéros-Pontien qui, elle, ne peut être origi-
nale, et provient nécessairement des manuscrits du Liber
pontificalis, exclut cette hypothèse, d'ailleurs inaccepta-
ble, et nous permet d'affirmer que les chiffres qui ac-
compagnent les portraits se trouvent, aussi bien que
l'ordre dans lequel ces portraits sont rangés, dans la dé-
pendance des notices pontificales et par conséquent sont
postérieurs à la première exécution des médaillons.
Du reste, la façon singulière dont les inscriptions sont
disposées porte à soupçonner qu'elles ont été ajoutées
après coup. Elles sont en effet intercalées deux à deux
dans l'espace curviligne laissé entre lès deux médaillons
de chaque paire, au lieu d'être placées au-dessus ou au-
dessous du portrait auquel elles correspondent. Les let-
tres sont distribuées en lignes inégales, les mots cou-
pés de la manière la plus irrégulière. Le développement
vertical de deux textes parallèles et très rapprochés ex-
posait le lecteur à les enchevêtrer et à confondre une ins-
cription avec l'autre. On conçoit difficilement qu'une
disposition si compliquée ait appartenu au plan primitif
et à l'ordonnance originale de cette galerie de portraits.
Tout se réunit donc pour nous contraindre à distin-
guer dans ce monument deux époques : la première,
celle de l'exécution des portraits, correspond à la se-
conde moitié du v e siècle ou aux premières années
du siècle suivant; la seconde, celle de l'intercala-
tion ou au moins d'un profond remaniement des ins-
criptions, est postérieure à l'apparition du Liber ponti-
ficalis. Deceque je dirai plus loin sur les diverses recen-
sions de cet ouvrage il résultera que ces inscriptions,
telles qu'on les lisait depuis le temps de Nicolas III, ne
peuvent guère être antérieures au vu siècle.
§ v.
LE FRAGMENT LAURENTIEN.
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30. — Avant d'atteindre le Liber pontificalis, il me
reste à mentionner un dernier catalogue des papes qui
remonte au même temps que la série des portraits de
Saint-Paul ou, si l'on veut, que l'introduction dans cette
série du portrait de l'antipape Laurent. Je veux parler du
1. Dans les manuscrits les plus autorisés de cette recension, Pie
était placé après Anicet. Il en était de môme à Saint-Paul. Sans
doute on peut lire actuellement la fin... ETVS du nom d'Anicet sur
le second des deux portraits; mais ici encore il y a eu retouche.
Marangoni l'atteste : il n'a lu que les chiffres d'années, mois et
jours ANN. XI M. IIII D. XX. Il n'a point trouvé non plus le
nom du pape Pie, mais seulement les chiffres ANN. VIII M. III
D. III. Ni Bianchini, ni l'auteur des copies Barberini n'en ont
lu davantage. Des chiffres, Marangoni a conclu aux noms ; mais
on ceci il s'est trompé. On peut voir, par le tableau du en. IV
g m, que les catalogues suivis par la galerie de Saint-Paul don-
nent précisément à Pie les chiffres qu'il a attribués à Anicet et
réciproquement. Les chiffres antiques prouvent donc qu' Anicet
venait avant Pie. Ceci du reste est encore confirmé par la série
de Nicolas III à Saint-Pierre ; la partie subsistante au temps de
Grimaldi commençait par Pie, Soter, Eleuthère; le portrait qui
jadis y "avait figuré avant celui de Pie était donc celui d'Anicet.
célèbre fragment conservé dans la bibliothèque capilu-
laire de Vérone, en tête d'un manuscrit du vi 6 siècle. Ce
texte a été publié d'abord par Joseph Bianchini, en 1735,
dans le tome IV de l'édition du Liber pontificalis com-
mencée par son oncle *. Il contient quelques lignes d'une
vie d'Anastase II (f 498), puis vient une vie du pape
Symmaque, assez longue, écrite dans l'esprit schisma-
tique du parti de l'antipape Laurent. Après Symmaque
il n'y a plus qu'un catalogue avec années, mois et jours
qui va jusqu'à la mort de Vigile (555) ; mais il est évi-
dent que les notices d'Anastase et de Symmaque ont été
écrites avant l'année 519, car à la fin de la première on
mentionne comme durant encore le schisme auquel avait
donné lieu l'hônotique de Zenon ; or ce schisme cessa
en 519; on peut même dire que, dès Tannée précédente
et la mort de l'empereur Anastase (11 avril 518), l'u-
nion des églises d'Orient et d'Occident pouvait être con-
i. Anastasii Bibliothec. t. IV, Rome, 1735, p. lxix.
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sidérée comme très prochaine. Nous avons donc affaire
à un document rédigé dans les quatre ou cinq années
qui suivirent la mort du pape Symmaque (19 juil-
let 514) ».
Malheureusement la fin seule en est conservée et il est
impossible de savoir ce qui précédait les deux dernières
vies. Cependant quelques observations peuvent être pré-
sentées sur le contenu probable des feuillets qui man-
quent. D'abord il y avait un catalogue complet et non
point seulement des notices sur les papes contemporains.
En effet le nom de Symmaque est précédé du numéro
LU ; dans le catalogue qui suit sa vie, les papes Hormis-
das, Jean, etc., jusqu'à Vigile, ont les numéros LIII-LX.
Cette numérotation est déjà différente de celle de
saint Jérôme et des chroniqueurs, suivant lesquels Sym-
maque est le 49 e pape ; elle diffère aussi des catalogues
terminés à Hormisdas, où Symmaque, son prédécesseur,
a le numéro 31; enfin, le Liber pontifîcalis donnant
à Symmaque le numéro 53, notre fragment est en dé-
saccord avec toutes les autres traditions. Cette obser-
vation ne nous avance pas beaucoup, car nous ne pou-
vons savoir à quel point de la série rattacher la diffé-
rence. Le Liber pontifîcalis a quatre papes déplus que
saint Jérôme, parce qu'il compte saint Pierre, Anaclet,
Marcel et Félix II ; les catalogues terminés à Hormisdas
omettent Anaclet et Marcellin, mais ils comptent saint
Pierre et Félix IL II est évident que notre auteur a
omis l'un des quatre noms; mais lequel? C'est ce qu'on
ne peut dire.
Un point plus important et qui peut être considéré
comme acquis, c'est que son texte, pour la partie anté-
rieure à Symmaque et à Anastase, était beaucoup moins
long que celui du Liber pontifîcalis. En effet, la numé-
rotation des cahiers du manuscrit montre qu'il ne s'en est
perdu qu'un seul, plus un feuillet, avant le fragment par
lequel il commence actuellement. Cela fait en tout 18
pages ; l'écriture est de l'onciale soignée, très régulière,
répartie à raison de 25 lignes par page. Donc, en sup-
posant les 18 pages du commencement entièrement
consacrées au catalogue pontifical, cela fait 450 lignes
1. Après le catalogue des papes vient le De viris de saint Jérôme,
continué par Gennadius, puis une collection de documents qui
tous sont relatifs à l'affaire d'Acace de Gonstantinople ; parmi
ces documents figure une lettre d'Acace lui-même; les autres sont
des lettres ou autres pièces émanées des papes Simplicius, Félix III
et Gélase (Ballerini, De ant. collect. canon., p. IT, c. XII, § 2, n°2 ;
Maassen, Quellcn, 1. 1, p. 163).
de texte, y compris le titre. Or la partie conservée du
texte comprend 125 lignes en 5 pages ; elle permet de
se faire une idée exacte, à quelques lignes près, de ce
que contenait la partie perdue. En comptant les lignes,
on voit que cela ne fait guère que la moitié, je ne dis pas
du Liber pontifîcalis complet, mais de l'un des abrégés
terminés à Félix IV ou à Conon, en ne considérant que
la partie de leur texte qui va de saint Pierre à Anas-
tase IL
Il y a donc lieu d'écarter toute assimilation entre le
Liber pontifîcalis et la partie perdue du catalogue véro-
nais. Du reste, indépendamment de l'opposition abso-
lue des deux recueils en ce qui regarde le pape Symma-
que, on peut constater que le plan et les formules des
notices du Liber pontifîcalis, dont la régularité est si re-
marquable, n'ont aucun analogue dans le texte lauren-
tien. Celui-ci est donc un document à part, qui ne doit
rien au Liber pontifîcalis, ni au point de vue historique
ni au point de vue littéraire.
31 . — J'ai rapproché plus haut ce catalogue schisma- à I {^jJ^ i * ttach t
tique de la série des portraits de Saint-Paul. J'ajouterai tificaie, au début
^ r " du vie siècle.
maintenant que ces deux documents témoignent, chacun
de son côté, de l'intérêt particulier qu'éveillait à Rome,
au commencement du vi° siècle, la succession pontifi-
cale. Jusque-là on s'était contenté de catalogues écrits,
que l'on récitait sans doute, à certains jours, dans les
cérémonies liturgiques l et que l'on citait à ses adver-
saires comme argument de controverse. On voulut avoir
davantage et on eut en effet, dans les peintures de
Saint-Paul, un monument capable de parler aux yeux
et de frapper les imaginations 2 . Les idées d'héritage
apostolique, de continuité hiérarchique sans interrup-
tion, prirent corps dans l'imposante ordonnance de ces
1. Un catalogue de ce genre figurait à la fin d'un calendrier
romain du quatrième siècle qui entra plus tard dans la compila-
tion du martyrologe hiéronymien (De Rossi, Roma sott., t. I,
p. 114). Il en sera question plus loin, ch. IV, § i.
2. J'ai dit plus haut qu'une autre série de portraits des papes fut
peinte sur les murs de Saint-Pierre au temps du pape Formose. Il
semble qu'on aurait dû choisir la basilique de Saint-Pierre plutôt
que celle de Saint-Paul pour y installer le premier monument de ce
genre. Mais ceci pourrait bien s'expliquer par le fait que Lau-
rent, quoique maître de la plupart des églises de Rome, n'eut
jamais en son pouvoir la basilique du Vatican. Si c'est lui qui
a fait exécuter les portraits de Saint-Paul, il a choisi pour cela la
seule des deux églises apostoliques dont il eût la libre disposi-
tion. Il peut se faire aussi que la galerie de Formose n'ait été
que le renouvellement de peintures plus anciennes.
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bustes d'évêques, rangés à la suite du portrait tradi-
tionnel de l'apôtre Pierre.
Quant aux notices pontificales, elles avaient un avan-
tage analogue. Elles animaient par quelques détails nar-
ratifs la froide série de noms et de chiffres qui jusque
là représentait l'histoire des papes. Déjà la popularité
des martyrs et de leurs sanctuaires suburbains avait mis
la plume à la main à plus d'un hagiographe. Les Gesta
martyrum s'écrivaient peu à peu, ou s'embellissaient de
détails nouveaux; l'opinion populaire réclamait qu'on
écrivît aussi les Gesta episcoporum ; le livre laurentien
fut sans doute une première et passagère satisfaction
donnée à ce besoin de lire et d'apprendre. Le Liber
pontificalis vint bientôt lui en donner une autre, plus
complète et plus durable.
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CHAPITRE DEUXIÈME
LA DATE DU LIBER P0NTIFICAL1S
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1. — Le Liber pontifica lis se présente à nous, dans
tous les manuscrits où son texte n'est pas trop abrégé,
comme un recueil de biographies des papes, disposées
suivant l'ordre chronologique et rédigées sur un plan
uniforme. On y trouve d'abord le nom du pape, celui
de sa patrie, celui de son père et la durée de son ponti-
ficat, en années, mois et jours ; dans certaines parties de
la série, cette indication chronologique est complétée
par le synchronisme des empereurs, au besoin des rois
goths d'Italie, et par les deux dates consulaires extrê-
mes du pontificat. Viennent ensuite, sans aucun souci
de l'ordre des temps ou du caractère des faits, quelques
décrets du pape sur la discipline et la liturgie, des fon-
dations ou dotations d'églises, des événements histori-
ques. La finale est invariable ; elle contient : 1° le compte
des ordinations de prêtres et de diacres pour l'église
de Rome et des consécrations d'évêques pour diverses
chrétientés ; 2° l'indication du lieu et de la date de la
sépulture du pape ; 3° la durée de la vacance du siège
après sa mort. Les formules ne sont pas moins fixes
que le plan lui-même : N. , natione. . . , ex pâtre. . . , sedit
annos... merises... dies... Fuit autem lemporibus...
Augusti, a consulalu... usque in consulatum... Hic fe-
cit... Hic constituit... etc. Hic fecit ordinationes... in
urbe Romaper mens, decemb. ,presbiteros. . . diaconos. . .
Liber pontificat.is.
episcopos per diversa loca numéro. . . Qui etiam sepultus
est... Et cessavit episcopatus dies... Au commencement
les notices sont courtes; mais à partir du iv e siècle elles
commencent à prendre de l'ampleur. Vers la fin de la
série, au vin* et au ix e siècle, quelques-unes ont pres-
que l'étendue d'un petit volume.
Nul ne doute plus que les biographies de ces derniers
temps n'aient été ajoutées par des continuateurs. Nous
ne nous en occuperons donc point encore, non plus que
de déterminer les limites extrêmes du Liber pontifica-
lis vers la fin du ix e siècle. Il ne sera question, dans ce
chapitre et dans les deux suivants, que de sa partie
primitive, de la série de notices qui ont été rédigées
d'abord, d'un seul jet, par un même auteur. Avant
tout, il importe d'en déterminer la date et l'étendue.
Ces deui recherches sont connexes, car un livre comme
celui-ci se termine ordinairement au temps où vivait
son auteur; il est daté par la limite où il s'arrête, car
il ne s'arrête qu'au moment où le récit a rejoint les
événements contemporains. Voyons donc à quel mo-
ment le Liber pontificalis a été écrit et jusqu'à quel
pape s'étendait sa première rédaction.
2. — En tête des notices se présentent deux lettres, La préface QQ
l'une de saint Jérôme au pape Damase, l'autre de Da- deux ï° ttros -
mase à saint Jérôme. Dans la première, le solitaire de
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DATE DU LIBER PONTIFICALIS.
Le L. P. est
postérieur à Da-
mase (f 384).
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Bethléem exprime le désir d'avoir, de la main du pape,
l'histoire, actus gestorum, de tous ses prédécesseurs
depuis saint Pierre, afin de savoir quels sont ceux qui
ont été martyrs ou qui ont commis quelque excès con-
tre les canons apostoliques f . Damase répond qu'il lui
envoie cette histoire, autant qu'il a pu se la procurer :
quod gestum est, quod potuimus repperire nostrae
sedis. Ces lettres, évidemment apocryphes \ forment
la préface du livre pontifical. On trouve au v e siècle
plus d'un exemple de ces préfaces en deux lettres, et
même avec saint Jérôme comme un des interlocuteurs.
Ainsi Y Evangile de F Enfance, du Pseudo-Mathieu,
porte en tête 8 une lettre des évoques Chromatius et
Hêliodore à saint Jérôme et la réponse de celui-ci, qui
est censé se rendre au désir exprimé par ses amis et
leur envoyer une traduction de cet évangile apocryphe,
faite sur un prétendu original hébreu. C'est encore par
un échange de lettres entre les mêmes personnages
que s'ouvre le martyrologe pseudo-hiéronymien * ; cette
fois le travail demandé à saint Jérôme est une version
des fastes martyrologiques d'Eusèbe. Enfin il existe deux
lettres apocryphes dans lesquelles Damase demande à
Jérôme de traduire les psaumes et Jérôme envoie sa
traduction à Damase *.
ii. — Cependant, malgré les lettres apocryphes qui ont
de tout temps servi d'introduction au livre des papes, ce
lui-ci n'a été cité que très tard sous le nom de Damase.
Les désignations Chronica Damasi, ou Damasus de
gestis Pontificum, ne se rencontrent pas, dans la titu-
laire du livre pontifical lui-même, avant le déclin du
xiv e siècle, et encore dans des recensions spéciales, forte-
ment remaniées et pourvues de continuations jusqu'au
xn e siècle au moins. Martinus Polonus (f 1278) est, à
ma connaissance, le premier auteur qui se soit servi
d'une formule de ce genre. Du reste l'intention de l'au-
teur n'est pas douteuse ; il est clair qu'il a voulu ratta-
cher l'origine de son livre à Damase. On peut même
dire, en un certain sens, qu'il avait quelque raison de le
1. Epist. Hieron. : Quatenus nostra humilitas sentire cognoscat
qui meruit de episcoporum supradictae sedis martyrio coronari,
vel qui contra canones apostolorum excessisse cognoscatur.
2. Schelstrate, Dissertatio de antiquis RR. PP. catalogis, dans son
Antiquitas Ecclesiae iltustrata, t. I, p. 347, ou dans YAnastase de
Bianchini, t. II, p. xxxm.
3. Tischendorf, Evangelia apocrypha, 2« éd., Leipzig, 1876, p. 51-53.
4. Fiorentini, Vetust. martyrol., Lucques, 1668, p. 55.
5. Migne, Patr. lat. t. XIII, p. 440; t. XXX, p. 294 ; Schelstrate,
/. c. p. 348.
faire; car ses notices, jusqu'à celle de Libère, le pré-
décesseur de Damase, ne sont autre chose qu'un déve-
loppement du catalogue libérien de l'année 354; et
celui-ci a reçu sa dernière forme entre les mains de
Furius Dionysius Filocalus, le calligraphe de Damase,
mentionné plusieurs fois sur ses inscriptions monumen-
tales ! . De plus, ces inscriptions elles-mêmes, témoi-
gnage de l'activité littéraire de Damase et de sa sollici-
tude pour le souvenir des martyrs et autres saints
personnages de Rome, désignaient en quelque sorte
son nom pour servir de recommandation à la première
tentative d'histoire pontificale.
Autre chose est pourtant d'expliquer comment on a
été conduit à mettre les plus anciennes vies des papes
sous le patronage de Damase, autre chose d'admettre
que ce pape en a été réellement l'auteur. La seule ins-
pection des notices qui précèdent immédiatement la
sienne et qui sont remplies d'erreurs et de confusions
historiques, suffit à écarter cette attribution.
Il est depuis longtemps admis que Bède a mis le ^antérieur au
Liber pontificalis à contribution, tant pour son his-
toire ecclésiastique, écrite en 731, que pour sa chro-
nique De sex aetatibus mundi, rédigée un peu plus
tôt et terminée en 724-725. D'un autre côté, on a des
manuscrits du Liber pontificalis lui-même qui remon-
tent à ce temps-là et même un peu plus haut 1 . En-
fin, dans les notices de Léon II (682-683) et de Conon
(686-687), il y a des expressions qui dénotent évidem-
ment une main contemporaine. Dans la première il
est parlé du sixième concile œcuménique (681) comme
mipcr in urbe regia celebratum, dans l'autre d'un legs
du pape qui needum est persolutum. Ainsi c'est à la
fin du vn e siècle, ou tout au plus dans les premières
années du siècle suivant, qu'il faut placer la limite in-
férieure des hypothèses permises sur la première ori-
gine du livre pontifical. Cette conclusion, déjà présentée
par le savant Emmanuel Schelstrate 8 , a été confirmée
et précisée par la découverte du manuscrit de Naples \
1. De Rossi, Roma soit., t. 1, p. 120. — Saint Golomban paraît
avoir rattaché à Damase le recueil chronographique de 354. Ep. II
(Migne, P. L., t. LXXX, p. 261) : Victorius qui... post tempora
d. Martini et d. Hieronymi et papae Damasi post centum et très
annos sub tiilaro conscripsit. Si l'on retranche 103 de 457, date du
paschale de Victorius, on arrive à l'année 354.
2. Je dirai plus loin avec précision quand et comment le Liber
pontificalis est venu entre les mains de Bède.
3. L. c, c. 8.
4. Pertz, Archiv, t. V (1822), p. 69.
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i»ué à Ànastase
Bibliothécaire.
en minuscule du vu 9 siècle, mutilé à la fin, mais pré-
cédé d'un catalogue qui se termine au pape Gonon
(t 687).
Tel est l'état dans lequel j'ai trouvé la question. Entre
les limites extrêmes indiquées par le nom de Damase
(366-384) et par les indices que je viens de mentionner,
j'ai cru devoir m'arrôter au temps du pape Hormisdas
(514-523) et de ses deux premiers successeurs, JeanI"
et Félix IV (523-530). Je vais montrer, par une série d'é-
liminations et de démonstrations positives, que cette
date est bien la date véritable.
4. — Mais auparavant, je dois dire un mot des opi-
nions qui avaient autrefois cours sur l'origine du Liber
pontificalis. Dès le xv e siècle on se préoccupait de cette
question : à la marge ou même quelquefois dans le
texte des manuscrits d'une recension faite sous Eu-
gène IV (1431-1447), on trouve une note ainsi conçue :
Liber iste intitulatur Damasus de gestis pontificum ; sed
cum non potuerit nisi ad sua lempora scrjbere, quod
superaddilum est alterius est cuius nomen non teneo.
Verum in vita Gelasii papae II quidam Pandidfus
hostiarius affirmai se ista scripsisse, quod intelligi po-
test vel de toto opère, vel de vita Gelasii lantum, quod
ex vita Paschalis II coniectari licet. Cette dernière
conjecture ne manque pas de fondement; mais elle n'a
rapport qu'à des notices rédigées au xn° siècle ; pour
celles des anciennes vies qui sont postérieures à Da-
mase, l'annotateur ne connaît aucun nom d'auteur, il
ne se permet aucune hypothèse.
Onofrio Panvinio fut plus hardi. Suivant lui, le
Liber pontificalis jusqu'à Nicolas I er inclusivement est
l'œuvre d'Anastase le Bibliothécaire 1 . Il ne dit pas quelle
raison il a de le croire; avant lui, aucun des écrivains
qui ont parlé d'Anastase ne lui attribue les vies des
papes ; aucun de ceux qui ont parlé du Liber pontifi-
calis ne l'a mis sous le nom d'Anastase ; ce nom ne se
rencontre dans aucun des nombreux manuscrits qui nous
en ont conservé les diverses recensions. La conjecture
de Panvinio, bien que tout à fait gratuite, fit cependant
fortune. Bellarmin 2 l'adopta sans hésitation ; elle fut
bientôt consacrée par le titre sous lequel parut l'édi-
tion princepsy à Mayence, en 1602. Baronius, il est
1. Notes à Platina, De Vitis pontificum Romanorum, éd. de Colo-
gne, 1600, p. 139. Platina lui-môme, dans sa lettre dédicatoire à
Sixte IV, attribue le Liber pontificalis à Damase.
2. De script, eccles., articles de Damase et d'Anastase le Biblio-
thécaire.
vrai \ amenda cette opinion, en disant que, si Anastase
devait être considéré comme l'auteur de la collection
des notices pontificales, celles-ci cependant avaient été
écrites avant lui par divers auteurs. Son système fut
généralement admis 2 . Cependant, quand on eut constaté
que le Liber pontificalis avait été connu de Bède,
il fallut renoncer à l'attribuer à Anastase. C'est ce
qu'avaient déjà fait Pearson 3 et Martinelli *, quand
Emmanuel Schelstrate publia sa dissertation sur les
anciens catalogues pontificaux \ où il discute point
par point les opinions émises sur le Liber pontificalis
et démontre qu'il n'a absolument rien à voir avec
Anastase le Bibliothécaire. Ses conclusions furent adop-
tées par Bianchini fl , qui crut cependant devoir conser-
ver le nom d'Anastase dans le titre de son édition. Par
ce que j'ai déjà dit sur l'origine du Liber pontificalis,
on peut voir que le jugement de Schelstrate était par-
faitement fondé ; cela résultera mieux encore de tout ce
qui me reste à exposer 7 .
A) // ne faut pas songer à un temps antérieur au
pontificat de Stjmmaque (498-514).
8. — Jusqu'à la notice de Xystus III inclusivement l 6 l. p. e st
(440), les biographies pontificales contiennent souvent |i° e s c ^ rieur au v *
des erreurs historiques assez graves : par exemple,
Théophile d'Alexandrie (-J*412) donné comme contem-
porain du pape Victor (7 v. 198), la découverte de la
vraie croix placée sous le pape Eusèbe (309 ou 310),
la lèpre et le baptême romain de Constantin, l'exil du
pape Jules, les évoques pannoniens Ursace et Valens
transformés en prêtres romains, le martyre de Félix II,
Damase (366-384) placé sous l'empereur Julien (361-
363), le procès fait par Bassus à Xystus III. Plusieurs
de ces confusions dérivent de documents apocryphes
dont la date peut être fixée : les uns sont de la fin du
1. Ad ann. 867, n® 130.
2. Holste, notes manuscrites citées par Schelstrate (Antiq. eccl.
illuslrata, t. 1, p. 381) ; Possevino, Apparatus sacer, t. 1, p. 71 ;
Ciampini, Examen Libri pontificalis, réimprimé dans Muratori,
Script., t. III part. I.
3. De série et successione primorum Romae episcoporum, Londres
16S7, dus. I, ch. XIII, p. 124.
4. Roma ex elhnica sacra, Rome, 1653, p. 499.
5. Antiq. eccl., t. I, Rome, 1692, p. 327-400.
6. Anast., t. I, préf. n°* 6-8.
7. Sur Anastase le Bibliothécaire, v. le livre récent du P. A. La-
pôtre: De Anastasio Bibliothecario, Paris, 1884.
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v* siècle, les autres de l'année 501 au plus tôt.
Depuis la notice de saint Léon (440-461), il n'y a plus,
il est vrai, aucune trace d'emprunts à des textes de ce
genre ; mais si l'histoire est puisée à des sources plus
pures, elle laisse encore beaucoup à désirer au point
de vue de l'exactitude. Le récit du concile de Chalcé-
doine (451) contient plusieurs confusions; la querelle
religieuse à propos de l'hénotique, depuis l'année 482,
est racontée avec des inexactitudes assez graves et des
erreurs de date qui s'étendent jusqu'à la notice de Gé-
lase (*f*496) inclusivement. Citons quelques exemples.
Dans la vie de Simplicius (468-483), après avoir ra-
conté que ce pape avait été informé par Acace, évêque
deConstantinople,etTimothée, patriarche d'Alexandrie,
des méfaits de Pierre Monge, compétiteur monophysite
de celui-ci, le biographe ajoute : Tune papa Simplicius
dissimulans numquam rescripsit Acacio. C'est le con-
traire qui est vrai. Simplicius écrivit lettre sur lettre
à Acace et à l'empereur pour être renseigné sur leur
conduite dans cette affaire ; mais Acace , qui pactisait
avec Pierre Monge, se tint coi et laissa sans réponse
toutes les lettres de Simplicius. — D'après la notice de
Félix III (483-492), ce pape aurait d'abord envoyé à
Constantinople , par un de ses defensores, une sen-
tence de condamnation contre Acace, coupable d'avoir
admis Monge à sa communion ; puis, sur une lettre
de l'empereur, annonçant que le patriarche venait à
résipiscence, il aurait expédié dans la ville impériale
deux légats , les évoques Misenius et Vitalis , chargés
de prononcer une nouvelle condamnation contre Acace,
s'il persistait dans son attitude, et de lui faire signer
une rétractation, si ses dispositions étaient telles qu'on
le disait. Mais Acace corrompit les légats ; ils négligè-
rent d'accomplir leur mission. Aussitôt qu'ils furent de
retour à Rome, le pape réunit un concile où ils furent
excommuniés. — L'ordre réel des faits est celui-ci.
Dès les premiers» jours de son pontificat, et non au bout
de trois ans, Félix III envoya Misenius et Vitalis à Cons-
tantinople, non pour condamner Acace ou pour l'absou-
dre, mais pour le citer à comparaître devant le pape et
son concile. Cette légation ayant échoué, pour les raisons
indiquées par le biographe, le pontife expédia à Cons-
tantinople un defensor appelé Tutus, chargé de remettre
à Acace, non plus une citation, mais une sentence de
déposition et d'excommunication. Tutus fut corrompu
comme les légats qui l'avaient précédé, mais le décret
pontifical parvint au patriarche par une voie inattendue :
des moines fidèles au siège apostolique le lui attachèrent
à son manteau. Le biographe a donc interverti l'ordre
des deux légations, placé la mission du défenseur avant
celle de Misenius et de Vitalis ; ce changement l'a con-
duit à imaginer une lettre de l'empereur, à parler
d'une rétractation promise par Acace, enfin à dénaturer
les instructions données a Misenius et à Vitalis. Il est
donc encore, dans la notice de Félix III, assez éloigné
de l'exactitude que l'on devrait attendre d'un écrivain
tout à fait contemporain.
En passant de cette notice à celle de Gélase (492-496),
le progrès n'est pas très sensible. On lit dans celle-ci :
Huius temporiôus iterum venit relatio de Graecia eo
quodmulta mala et homicidia fièrent a Petro et Acacio.
Or ces deux personnages étaient morts avant l'avène-
ment de Gélase, le premier en 490, le second en 489.
On raconte ensuite que Jean (Talaïa), évoque d'Alexan-
drie, s'étant réfugié à Rome, y reçut bon accueil de
la part de Gélase. Or l'arrivée de Jean Talaïa à Rome se
place en 483, très peu de temps après l'ordination de
Félix III, huit ou neuf ans avant celle de Gélase ! . Dans
cette même notice, Gélase est dit avoir siégé sous le roi
Thôodoric et l'empereur Zenon ; or l'empereur Zenon
était mort un an avant le prédécesseur de Gélase.
Toutes ces confusions, ces erreurs de date, ces trans-
positions de faits, supposent évidemment que le narra-
teur est à une certaine distance des événements. La
même impression résulte de l'examen des dates obi-
tuaires des papes : celles du v* siècle, jusqu'à Félix III
inclusivement, ou bien ne sont pas marquées, ou le sont
d'une manière fautive. En somme, l'exactitude, dont on
s'est beaucoup rapproché depuis saint Léon, ne devient
complète qu'à partir d'Anastase II (496-498), prédéces-
seur de Symmaque.
B) La première partie du Liber pontifica lis, depuis
saint Pierre jusqu'à Silvcre, a été rédigée au temps
des Goths.
6. — Les citations de Bède et la date des manuscrits
1. Les deux passages que je -viens de signaler ne se rencontrent
pas, il est vrai, dans les abrégés qui nous conservent des fragments
de la plus ancienne rédaction du Liber pontificalis ; cependant il
est difficile de croire qu'ils proviennent d'un remaniement. Les per-
sonnes qui ont retouché le texte primitif no paraissent pas avoir
porté un intérêt spécial au schisme acacien.
Le L. P. est
du. temps des
rois Goths.
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ne permettent pus de descendre jusqu'à la période '
franque de l'histoire de Rome et des papes. La question
se réduit donc à choisir entre la période gothique et
la période byzantine.
La limite de ces deux périodes est difficile à tracer
d'une façon précise, dans l'histoire générale de l'Italie,
à cause des vicissitudes de la guerre gothique et des al-
ternatives de restauration barbare ou byzantine. Comme
il s'agit ici des papes et du clergé de Rome, on pourrait
prendre pour point de partage la déposition de Silvère
et l'élévation de Vigile. Le premier de ces papes était
la créature du roi goth Théodat : levatus est a tyranno
Theodato, comme dit son biographe; l'autre dut son
élévation à la faveur de la cour impériale et à l'inter-
vention de Bélisaire. Ce changement, arrivé en mars 537,
pourrait donc marquer, dans l'histoire des papes, la
jonction des deux périodes gothique et byzantine. Mais
il est évident et il doit être bien entendu que, dans la
recherche du milieu politique où un livre comme le Liber
ponti/icalis 3l pris naissance, il faut tenir moins de compte
des révolutions officielles que des passions et des préoc-
cupations dont elles sont le signe et l'effet. Avant le
mois de mars 537, il y a eu un parti byzantin à Rome ;
après le mois de mars 537, Rome a été deux fois au pou-
voir de Totila. Ce n'est guère qu'à la suite des victoires
de Narsès que le nouveau régime a commencé de fonc-
tionner régulièrement; c'est donc à partir de 552 environ
.que nous pourrons nous dire en période byzantine et
c'est dans cette acception que je prends ici ce terme.
La définition ainsi exposée, je passe à la démonstra-
tion. Il faudrait n'avoir aucune teinture d'histoire, soit
profane, soit religieuse, pour ignorer le grand change-
ment que les événements de la guerre gothique intro-
duisirent dans les conditions de la ville et de l'église de
Rome. Ce n'est pas ici le lieu d'en énumérer toutes les
conséquences ; il me suffira d'en rappeler quelques-unes,
qui ont laissé des traces dans les biographies des papes
depuis le milieu du sixième siècle. Ainsi, l'ordination du
pape ne pouvait plus être célébrée aussitôt après son
élection, c'est-à-dire le dimanche suivant; l'élection de-
vait avoir été d'abord vérifiée à Ravenne ou à Constan-
tinople, par l'exarque ou par l'empereur, ce qui entraî-
nait de longues vacances du siège pontifical. Le sénat,
au moins comme assemblée délibérante et conseil com-
munal de Rome, disparaît très rapidement ; il n'en est
jamais question dans la volumineuse correspondance de
saint Grégoire (590-604); au septième siècle, les trois
classes de la société sont le venerabilis clcrus, Ycxcel-
lentissimus exercitus, le fidelissimus populus. L'impor-
tance du corps ecclésiastique s'accroît énormément;
comme tous les évoques, le pape a reçu de Justinien
une certaine participation au pouvoir politique, aug-
mentée encore par la situation particulière du pontife
romain et son autorité de primat spécial de toute la pé-
ninsule italique ; les biens de l'église romaine, répartis
dans toute l'Italie, ont nécessité l'organisation des pa-
trimoines, administrés par des redores dont l'action se
fait sentir sur bien des choses d'ordre spirituel ou gou-
vernemental. Au point de vue de la discipline et du culte,
les usages locaux, sans se transformer autant qu'on
l'eût désiré à Constantinople et qu'on le demanda en
692 au concile in Trullo, se modifient cependant en
quelques points grâce au progrès naturel de l'organi-
sation. Les événements politiques eux-mêmes semblent
prendre un pli spécial. Au temps des Goths l'Italie était
soumise à un seul maître; la machine administrative
des empereurs du cinquième siècle continuait de fonc-
tionner sous l'impulsion du roi de Ravenne ; les bar-
bares étaient presque tous dans l'armée; et encore ils
s'affublaient de titres et d'insignes romains et façon-
naient de plus en plus leur genre de vie sur le modèle
des populations envahies. Par ailleurs tout le monde vi-
vait à la romaine, avec les mœurs et le droit romain.
Dans les temps byzantins, il en fut tout autrement. Il
y eut alors deux Italies, l'Italie lombarde, celle de la
vallée du Pô, des duchés de Spolète et de Bônévent; et
l'Italie romaine, le long des côtes, depuis Grado jusqu'à
Gènes. La première, semblable à un ressort qui se dé-
tend, exerçait partout une poussée sur la seconde et l'ab-
sorbait progressivement; l'état de guerre était à peu près
perpétuel ; la paix n'était représentée que par des trêves
à courte échéance. Et ce n'étaient point des guerres or-
dinaires ; il ne s'agissait pas seulement de changer de
maîtres et de porter ses impôts dans les caisses d'un roi
barbare au lieu de les verser au fisc impérial ; il s'agissait
de changer de vie, de mœurs, de droit; de perdre une
bonne partie de sa fortune et d'être absorbé dans la so-
ciété lombarde. Au milieu de cette lutte entre deux ci-
vilisations, les fonctionnaires impériaux trouvaient le
temps, non seulement de songer à leurs intérêts pécu-
niaires, mais encore de combiner des intrigues politi-
ques contre le gouvernement de Constantinople. On
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voyait souvent des exarques et autres chefs militaires
s'insurger contre leur souverain et chercher à se former
une principauté avec les débris, de plus en plus chétifs,
du territoire impérial. Quand ils restaient fidèles, c'était
souvent aux dépens de l'église romaine, de ses trésors
ou de la libellé de son chef. Lutte des Lombards contre
les Romains, des exarques contre les empereurs, des
empereurs contre les papes, voilà le régime de l'Italie,
et de Rome en particulier, pendant les deux siècles qui
s'écouièrent entre la chute du royaume des Goths et l'in-
tervention des Francs dans les affaires d'outre-monts.
Si le livre pontifical avait été commencé alors, il est
difficile qu'il ne s'en fût pas ressenti. Il est dans la na-
ture des hommes que, quand ils se mettent à raconter
les temps anciens, sans y apporter un soin et une critique
extraordinaires, ils les représentent toujours comme sem-
blables à ceux où ils vivent. L'auteur du livre pontifical
n'avait certainement ni le génie exceptionnel ni les scru-
pules d'exactitude qui eussent pu l'élever ici au-dessus
de la faiblesse commune. Indépendamment de ses er-
reurs et des emprunts qu'il a faits, peut-être de bonne
foi, à des textes apocryphes contemporains du pape
Symmaque, il se figure en général la discipline d'au-
trefois comme conforme à celle de son temps. Ainsi le
carême est aussi long au temps du pape Télesphore qu'au
sixième siècle ; les notaires pontificaux existent, un pour
chacune des sept régions ecclésiastiques, dès le temps
de saint Clément ; Victor canonise le système pascal de
Denys le Petit; les évoques italiens, contemporains de
l'empereur Hadrien, viennent régulièrement aux synodes
romains, comme au temps de saint Léon ou de Sym-
maque, etc. Avec un tel manque de souci du côté de
l'exactitude chronologique, avec une telle tendance à se
représenter les choses comme s'étant toujours passées
de la même façon, il est vraiment étonnant que notre
auteur n'ait pas introduit le moindre trait byzantin dans
les notices des prédécesseurs de Vigile.
Au contraire, on trouve dans ces notices des choses qui
n'ont pas pu être écrites après la restauration byzan-
tine. Voici un exemple. — Dans la vie du pape Hilaire,
il y a une énumération des conciles œcuméniques qui
serait inconcevable dans les temps byzantins ; il est dit
de ce pape qu'il confirma très synodos, Niceni, Ephe-
seni etCalcedonense. Le second concile, celui de Gons-
tantinople, en 381, est passé sous silence. Ge concile,
en effet, n'était pas reconnu à Rome et ne le fut pas
avant le pontificat de Vigile. La lettre synodale du con-
cile romain tenu en 485 \ sous Félix III, énumère les
conciles généraux comme la vie d'Hilaire : Nicée,
Ephèse, Chalcédoine. Il en est de même du décret de
recipiendis et non recipiendis libris, attribué à Gélase et
à Hormisdas, et, en tous cas, composé à Rome dans la
première partie du sixième siècle. Au contraire, depuis
Vigile (537-555), le concile de 381 prend rang parmi
les conciles œcuméniques dans les énumérations offici-
elles. On le trouve ainsi marqué dans les lettres de Vi-
gile à Justinien en 548, à l'évêque d'Arles en 550, de
Pelage I er aux évêques de la Tuscia annonaria en 557 *.
Quant à saint Grégoire le Grand, dans sa profession de
foi, adressée en 591 aux patriarches d'Orient, il déclare
que les quatre conciles œcuméniques, y compris celui
de Constantinople, lui inspirent la même vénération
que les quatre évangiles \ Comprend-on maintenant
un clerc romain contemporain de saint Grégoire qui ou-
blierait le concile de Constantinople en énumérant les
premiers conciles œcuméniques? On peut objecter, il est
vrai, que l'auteur du livre pontifical semble parler ici
d'après une décrétale du pape Hilaire, et que ce docu-
ment, s'il était authentique, ne pouvait citer d'autres
conciles généraux que ceux de Nicée, d'Ephèse et de
Chalcédoine. Mais je répondrai que, même en acceptant
ladécrétaie pour réelle et authentique, ce qui n'est nul-
lement démontré, on doit remarquer que notre auteur
a choisi lui-même les termes dans lesquels il la résume.
On verra plus loin avec combien peu d'exactitude il se
sert des rares lettres pontificales qu'on peut le soupçon-
ner d'avoir eues sous les yeux. Ce n'est pas le texte
d'Hilaire, c'est la coutume de son temps qui l'a guidé
dans son énumération.
Mais je ne veux pas insister sur ce fait particulier, et
je tiens à faire observer que, lors même qu'il serait
écarté du débat, il resterait toujours le fait général que
j'ai présenté d'abord, c'est-à-dire l'absence complète
de traits byzantins dans la première partie du Liber
pontificalis. Du reste la thèse que j'ai voulu démontrer
dans cette seconde partie va bénéficier des arguments
par lesquels je vais établir la conclusion plus précise
que
1. Hardouin, t. II, p. 855; Mansi, t. VII, p. 1139.
2. Jaffé, n°» 910, 925, 939.
3. Sicut sancti Evangelii quatuor libros, sic quatuor concilia sus-
cipere el venerari me faleor, Nicaenum... Constantinopolitanum...
Ephesinum... Chalcedonense. (Ep. I, 25.)
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C) les trois notices de Boni face II (530-532), de Jean II
(533-535), dAgapit (535-536) et le commencement
de celle de Silvère (536-537) sont l'œuvre d'un con-
temporain.
7. — Qu'il y ait un départ à faire entre le Commen-
cement et la fin de la vie de Silvère, cela est d'une évi-
dence qui crève les yeux. Celui qui a écrit le commen-
cement est un adversaire acharné du pape. Suivant lui,
l'ordination de Silvère a été entachée de simonie et de
violence ; c'est le tyran Théodat qui a imposé ce person-
nage; le clergé romain n'en voulait pas; il ne l'avait pas
élu; il n'avait pas signé le procès-verbal de son élection;
il ne s'est décidé aie signer que plus tard, une fois l'or-
dination faite, sous une pression violente et pour éviter
un schisme. Dans la seconde partie, au contraire, Silvère
est un saint, beatus, beatissimtis Silverius ; c'est le type
du juste persécuté ; sa comparution devant Bélisaire,
qui joue ici le rôle de Pilate, est décrite avec les termes
mômes de l'Evangile. Exierunt quidam falsi testes qui
et dixerunt : Quia nos vicibus invenimus Silveriumpa-
pam scripta mittentem ad regem Gothorum... Quod
audiens Vilisarius patricius noncredebat; sciebat enim
quod per invidiam haec de co dicebantur. Sed dum
multi in eadem accusatione persistèrent pertimuit...
Adhuc eo loquente... Qui audientes fugerunt omnes 1 . Il
meurt victime des mauvais traitements de son succes-
seur Vigile; c'est un confesseur; son tombeau opère
des guôrisons miraculeuses. — Si c'est le môme per-
sonnage qui a raconté ainsi l'élévation et la déposition
de Silvère, il faut avouer que ses sentiments avaient
bien changé. Mais cette hypothèse elle-même doit être
écartée. En effet, le récit de l'ordination de Silvère
(juin 536) se continue régulièrement par celui des évé-
nements politiques dont elle fut immédiatement suivie:
la chute de Théodat, l'élection du roi Vitigès, son dé-
part pour Ravenne et son mariage avec la fille d'Ama-
lasonte; puis Fauteur tourne ses regards du côté de
Bélisaire, mentionne son expédition de Sicile, le siège
et la prise de Naples, l'entrée du patrice à Rome, ses
1. Cf. Matth. xxvi, 60; Marc, xiv, 58. — Matlh. xxvii, 18; Marc.
xv, 10; — Joan. xix, 8; — Matlh. xxvi, 47; Marc, xiv; 43; Luc.
xxn, 47; — Matth. xxvi, 56; Marc, xiv, 50. Ce rapprochement pa-
rait s'être fait déjà dans l'esprit d'un interpolateur de basse épo-
que, qui a introduit ici le nom de Pilate (Bianchini, A nos t., t. I,
p. 105, codd. Reg. Maz.J.
XXXIX
travaux de défense, le retour de Vitigès, les opérations
et les souffrances du siège, enfin le succès des armes
impériales et la retraite de l'armée des Goths sur Ra-
venne. 11 n'a plus été question de Silvère, qui, au
moment où le siège fut levé, était déposé depuis un an.
On dirait que l'auteur l'a perdu de vue pour ne plus
s'occuper que des événements politiques et militaires.
Une phrase plus loin, le récit semble recommencer.
On se retrouve à Naples au temps de la prise de cette
ville par Bélisaire ; le patrice vient ensuite à Rome, où
Silvère, qui reparaît ici, lui fait un accueil bienveillant;
il n'est plus question des Goths, de la guerre, du siège,
si ce n'est incidemment, dans le procès fait au pape.
C'est celui-ci qui occupe la scène et le récit se poursuit
jusqu'à sa mort.
De cette analyse des deux parties de la notice, il ré-
sulte qu'elles diffèrent non pas seulement par l'esprit,
mais encore par l'objet môme du récit. La première est
une histoire de la chute des Goths et de la restauration
impériale à Rome, l'autre est une passio Silverii. Le
fait que la prise de Naples est racontée deux fois suffi-
rait tout seul à établir que nous avons ici deux textes
primitivement indépendants, qui ont été ensuite cou-
sus, mais mal cousus, l'un à l'autre.
Or il suffit de lire le premier pour se convaincre que
l'on a affaire à un récit contemporain. D'abord l'exacti-
tude des détails peut être contrôlée, à l'aide du livre de
Procope sur la guerre des Goths. Sur certains points la
précision est plus grande que dans Procope lui-môme.
Le narrateur connaît le jour de l'entrée de Bélisaire à
Rome, et celui de l'arrivée de Vitigès. Il a des termes
naïfs, mais topiques, pour décrire les inconvénients et
les désastres du siège.
His diebus obsessa est civitas ut nulli esset facilitas exe-
undi vel introeundi. Tune omnes possessiones privatas vel
fisci vel ecclesiae incendio consumpta sunt ; homines vero
gladio interempti sunt ; quos gladius gladius, quos famis
famis, quos morbus morbus, interficiebat. Nam etecclesiae
et corpora martyrum sanctorum exterminatae sunt a
Gothis. Intra civitatem autem grandis famis, ut aqua ve-
nu ndaretur pretio, nisi nympharumremedios'subvenisset.
Pugnae autem maximae erant contra civitatem.
Ces phrases-là ne sont pas de celles que Ton écrit
1. Remedios est ici pour remedius, forme masculine de remedium
comme regnus pour regnum. Ce n'est pas ici le lien d'entrer dans
l'étude de cette latinité, conforme à la langue populaire du temps.
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Boniface II,
Jean II,
Agapit,
(530-536).
longtemps après l'événement, d'après le3 récits d'au-
trui ou des souvenirs personnels déjà vieux. D'ailleurs,
un homme qui aurait vu les deux sièges de Rome par
Totila en 546 et 549, le premier surtout, aurait eu de
la peine à garder une si vive impression de celui
de Tannée 537. Je n'ai pas à rappeler les catas-
trophes que subit Rome dans ces années terribles, et
en particulier la suspension momentanée de son exis-
tence, par l'expulsion temporaire de toute sa population,
à la suite du siège de 546. Après les Goths, les Lom-
bards vinrent à leur tour habituer les Romains au spec-
tacle et aux misères des sièges. Le souvenir de celui de
Yitigès dut s'affaiblir de plus en plus. Au contraire, pour
un auteur qui écrivait en 538 ou peu après, l'investis-
sement de Rome était chose nouvelle. L'expédition de
Genséric (455), dont les témoins devaient, du reste, être
tous morts, avait eu un caractère bien différent. Je ne
sais s'il ne faudrait pas remonter jusqu'aux temps hé-
roïques de la république romaine pour trouver un évé-
nement comparable au siège de Rome par Yitigès.
Ainsi la première ^partie de la notice de Silvère doit
être considérée comme l'œuvre d'un contemporain qui
écrivait peu de temps après le siège de Rome, en 538-
539. Venons maintenant aux trois notices précédentes.
8. — Dans ces trois notices il n'est pas possible de
signaler une seule inexactitude, si ce n'est dans les dates
obi tuai res de Boniface II et de Jean II et dans la date
de Xkal. mai. que la vie d' Agapit attribue successive-
ment à l'entrée de ce pape à Gonstantinople et à sa
mort, dans cette ville, la môme année. On verra, au
chapitre IV, § ix, où je traiterai des dates obituaires,
qu'il y a eu des retouches en général dans cet ordre
d'indications, et, en particulier, dans celles des notices
de Boniface II et de Jean II. Quant à la date du X kal.
mai'., il résulte delà notice elle-même qu'elle représente
une interpolation à l'un ou à l'autre des deux endroits
où on la rencontre; l'ensemble des faits et des docu-
ments permet même le choix entre les deux hypothèses
et conduit à considérer cette date comme celle de la
mort du pape, non comme celle de son arrivée à Gons-
tantinople.
Ces retouches étant écartées du.texte, il ne reste pas,
dans les trois notices, un seul détail qui ne soit confirmé
par les documents contemporains.
La notice de Jean II parle d'une profession de foi de
Justinien, qui fut portée au pape par les évêques Hypa-
tius et Démétrius : or cette lettre figure en tête du code
Justinien avec la réponse du pape ; toutes les deux men-
tionnent les évêques ambassadeurs. Le Liber pontifica lis
énumère ensuite les présents offerts à saint Pierre par
l'empereur : ils ne sont pas mentionnés dans les pièces
conservées de la correspondance officielle ; mais on sait
que les messagers impériaux n'avaient pas coutume de
venir à Rome sans apporter quelques présents de ce
genre.
Dans la vie d' Agapit, il est question de l'ambassade
du pape à Constantinople, où il fut envoyé par le roi
Théodat. Il est dit qu'il y eut entre lui et Justinien une
contestation au sujet des querelles christologiques du
temps, que le pape finit par convaincre l'empereur et dé-
posa Anthime, patriarche intrus et hérétique de Cons-
tantinople. Tous ces faits sont racontés avec détail par
les chroniqueurs et historiens contemporains, Marcellin,
Liberatus, Victor de Tunnunum : nous avons une no-
velle de Justinien relative à la déposition d'Anthime, et
les circonstances de cet événement sont longuement
décrites dans les procès-verbaux du concile assemblé à
Gonstantinople quinze jours après la mort d'Agapit.
La compétition de Dioscore fait en grande partie les
frais de la notice de Boniface II ; il en est encore ques-
tion dans celle d'Agapit. Ces deux notices sont évidem-
ment l'œuvre d'un partisan de Dioscore. Bien que Dios-
core ne fût pas un inconnu, on n'avait jusqu'ici, sur son
élection et son parti, d'autres détails un peu circonstan-
ciés que ceux du Liber pontificalis. M. Amelli ! , docteur
de l'Ambrosienne, a publié tout récemment trois piè-
ces officielles relatives à cette affaire : elles concordent
admirablement avec le récit du biographe. L'une d'el-
les est même mentionnée à deux reprises par celui-ci :
c'est une formule d'anathèrae contre Dioscore, que Bo-
niface arracha au clergé après la mort de son compéti-
teur et que le pape Agapit fit brûler solennellement
cinq ans après. La notice parle aussi de la désignation
de Vigile comme successeur de Boniface II, faite par ce
pape lui-même, dans un concile tenu à Saint-Pierre ;
elle ajoute qu'il revint peu après sur cette mesure,
considérée comme anticanonique. Sans doute les docu-
ments de cette affaire ne nous sont pas parvenus. Mais
i. Dans la Scuola caUolica de Milan, 11 e année, t. XXI, 122"
cahier. J'ai reproduit et commenté ces documents, dans un mémoire
intitulé La succession du pape Félix IV {Mélanges d'archéol. et d'his-
toire de l'école française de flome, troisième année, 1883, p. 23S-266).
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deux des pièces publiées par M. Amelli nous montrent
que le pape Félix IV avait agi à l'égard de Boniface II
comme celui-ci voulait agir à l'égard de Vigile, c'est-
à-dire qu'il l'avait désigné et fait accepter par le clergé
et le sénat comme son successeur. 11 est tout naturel
que Boniface ait cherché à faire prévaloir un système
successoral auquel il devait son élévation. La désigna-
tion de Vigile, qui, jusqu'ici, se présentait comme un
fait isolé, sans attache historique en dehors de la notice
de Boniface II, a maintenant un précédent qui l'explique
et, en l'expliquant, confirme le dire du livre pontifical.
Les libéralités de Boniface, mentionnées dans sa no-
tice, le sont également dans son épitaphe ! , qui parle
aussi, mais naturellement, dans un tout autre esprit
que la notice, de la compétition deDioscore, du schisme
et des mesures prises pour l'apaiser. Enfin la notice
enregistre une demande présentée au pape par les évo-
ques africains pour obtenir la reconnaissance de la
primatie de Carthage. Nous n'avons plus cette pièce,
ni aucune autre qui s'y rattache directement. Mais on
sait qu'au temps de Boniface II (530-532) l'église d'Afri-
que, à laquelle le roi Hildéric (523) avait rendu la li-
berté, était en travail de réorganisation. Il nous est resté
un concile africain de l'année 525 et un autre de 535 ;
le premier nous montre l'évêque de Carthage en lutte
ou au moins en froid avec l'un de ses inférieurs, le pri-
mat de Byzacène; dans l'autre, les prélats africains,
avant d'adopter une mesure importante à l'égard du
clergé arien laissé par les Vandales, décident qu'il faut
consulter le pape. La démarche signalée par le Liber
pontificalis prend naturellement sa place au milieu de
ces rapports et de ces préoccupations.
Mais on n'a pas tout dit en faveur de la fidélité de ces
récits, quand on a constaté leur accord avec l'histoire et
les documents officiels. Il faut encore noter l'esprit pas-
sionné du narrateur, la vivacité quelquefois naïve de ses
expressions. Gomme il maltraite Boniface II ! Zelo et dolo
duc tus 9 cum grandi amaritudinc.culpa eum respicie-
ùat... reum se confessus est maiestatis... libellas ana-
thematis quos invidiae dolo extorseratBonifacius... in-
vidia perfidorum. Gomme il triomphe de l'abolition
du décret contre Dioscore! Quelle vive rancune il a con-
tre Silvère, la créature du tyran Thôodat! On peut dou-
ter qu'il ait assisté à l'entrevue d'Agapitet de Justinien;
1. De Rossi, Inscr. christ., t. I, n° 1029.
Liber pontificalis.
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l'idée qu'il en a est confuse, mais m'exprime vivement,
en mettant sur les lèvres des augustes interlocuteurs
des propos peu conformes au cérémonial : A ut consenti
nobis, aut exilio le dcporlari faciam. — Ego quidem
peccator ad Iustinianum imperatorem christianissi-
mum venire desideravi ; nanc autem Diocletianum
inveni. Quod tamen minas tuas non pertimesco... Scias
te idoneum non esse religioni christianae.
Ainsi, exactitude parfaite dans tous les détails, grande
préoccupation des querelles du temps, impressions vi-
vement senties et traduites avec une franchise naïve,
dans un style exempt.de recherche et en dehors de
tout formulaire, voilà ce qui caractérise les quatre no-
tices de Boniface II, de Jean II, d'Agapit et de Silvère.
Dès lors pourquoi ne conclurait-on pas qu'elles ont été
rédigées par un contemporain? Y a-t-il quelque raison
de ne pas le faire? Je ne puis en distinguer aucune.
Sans doute nous n'avons pas de manuscrits terminés au
milieu de la notice de Silvère. Mais cela ne prouve rien
contre l'antiquité de cette notice et des précédentes. Du
reste je reviendrai plus loin sur le témoignage des ma-
nuscrits et l'on verra, non seulement qu'ils ne s'opposent
point à la solution que je présente, mais encore qu'ils
lui apportent, dans une certaine mesure, une confir-
mation sérieuse.
D) Les notices d*Anastase II, Symmaque, Hormisdas,
Jean 1" et Félix I V (496-530) sont ï œuvre d'un con-
temporain^ qui termina son travail par la notice de
Félix IV (526-530), mais lavait commencé plus tôt,
vraisemblablement dès le temps d'Hormisdas.
9. — Ici nous ne sommes pas privés du témoignage
des manuscrits. Il existe un Liber pontificalis qui se
termine à la vie de Félix IV. C'est ce texte que les éru-
dits désignaient autrefois sous les noms de catalogue
félicien, second catalogue, catalogue sous Justinien, etc,
et que j'ai démontré * n'être autre chose qu'un abrégé du
Liber pontificalis. Cette conclusion n'a rencontré aucun
contradicteur; elle a été au contraire acceptée par
toutes les personnes qui ont examiné mes raisons. Les
voici, en résumé :
Le texte félicien s'ouvre par la môme préface que le
1. Etude sur le Liber pontificalis, p. 6-23.
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félicien, abri
du L. P.
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Ztôer pontificalis, c'est-à-dire par les deux lettres de
Jérôme et de Damase; ses notices sont exactement sem-
blables à celles du Liber pontificalis, pour le plan,
Tordre, la nature des renseignements et même pour les
mots. L'identité serait absolue si le Liber pontificalis
ne contenait pas, depuis le iv° siècle surtout, beaucoup
plus de choses que le catalogue félicien. Entre eux le
rapport est si étroit qu'il faut évidemment admettre que
l'un dérive de l'autre. Ou le livre pontifical est le cata-
logue félicien complété, ou le catalogue félicien est le
livre pontifical abrégé.
La seconde solution est la seule admissible : 1° parce
que les phrases ou parties de phrases que le livre pon-
tifical a de plus que le catalogue félicien se rapportent
toujours à des faits ou à des renseignements du même
ordre que ce qu'on trouve dans le texte commun aux
deux rédactions, et ne trahissent nulle part un esprit
ou un âge différent ; 2° parce que le catalogue félicien
présente des traces évidentes de suppressions arbitraires,
faites uniquement en vue d'abréger le texte. Ainsi, dans
la vie de Silvestre, il reproduit les premières lignes de
cinq alinéas du Liber pontificalis, avec des formules
qui ont leur raison d'être dans un texte développé,
mais nullement dans un texte abrégé comme est le
sien :
Eodem tempore fecit ConstantinusAug. basilica in pala-
tio Sossoriano, ubi etiam de ligno sanctae crucis domini
nostri Iesu Ghristi auro et gemmis concluait. Eodem tem-
pore fecit basilicam sanctae Agne martyris ex rogatu Gons-
tantiae filiae suae. Eodem tempore fecit basilica sancti
Laurenti. Eodem tempore fecit basilicam sancti martyres
Marcellino presbitero et Petro exorciste.
Il est clair que cette répétition de Y Eodem tempore,
tolérable en tête de chapitres successifs mais assez
longs chacun, cesse de l'être dans uneénumération aussi
rapide que celle-ci.
Un fait plus général, c'est le rapport entre les trois
textes du catalogue libérien, du catalogue félicien et du
Liber pontificalis. Il est certain que le catalogue libé-
rien est le noyau autour duquel se sont formés les deux
autres textes : il est entré tout entier dans les notices
pontificales. Si le catalogue félicien était antérieur au
Liber pontificalis, il devrait contenir : 1° tout le catalo-
gue libérien, 2° des compléments ; d'un autre côté, le
Liber pontificalis devrait contenir : 1° tout le catalogue
félicien, 2° de nouveaux compléments, losquels n'au-
raient rien de commun avec le catalogue libérien, déjà
entré tout entier dans le catalogue félicien.
Or, ce système est réfuté parla comparaison des textes ;
le Liber pontificalis contient le catalogue libérien au
complet; le catalogue félicien en supprime, en certains
endroits, des parties considérables.
Pour que l'on puisse apprécier les rapports qui exis-
tent entre ces trois textes, je vais reproduire ici la plus
grande partie de la notice du pape Fabien, d'après
le catalogue félicien et le Liber pontificalis, en mettant
en italique, de part et d'autre, ce qui est emprunté au
catalogue libérien.
CAT. FÉLICIEN.
Fabianus... Fuit autem
temporibus Maximi et Afri-
cani usque ad Decio II et
Quadrato, et passus est
XIIII kl. febr. Hic regio-
nés dividit diaconibus et
fecit Vil subdiaconos qui
VII notariis inmincrent ut
gesta martyrum fideliter
colligerent. Post passionem
eius Moyses et Maximinus
presbyteri et Nicostratus
diaconus comprehensi sunt.
Eodem tempore Moyses in
careere defunctus est qui
fuit ibi mens. XI; et sic
multi etc.
Fabianus... Fuit autem tempori-
bus Maximi et Afiicani usque ad
Decio II et Quadrato et passus est
XIIII kal. febr. Hic regiones dividit
diaconibus et fecit VII subdiaconos
qui VII notariis inminerent ut ges-
tas martyrum in integro fideliter
colligerent et mullas fabricas per
cymiteria fieri praecepit. Et post
passionem eius Moyses et Maximus
presbyteri et Nicostratus diaconus
comprehensi sunt et in carcercm
missi sunt. Eodem tempore super-
venit Novatus exAfrca et separavit
de ccclesia Novatianum et quosdam
confessores posiquam Moyses in
careere defunctus cst } qui fuit ibi
mens. XI; et sic multi etc.
La comparaison, que l'on pourrait étendre à d'autres
notices, montre clairement que le catalogue libérien est
bien plus au complet dans le Liber pontificalis que
dans le texte félicien. Ce fait, difficile à expliquer dans
l'hypothèse où le Liber pontificalis serait un dévelop-
pement du catalogue félicien, devient très naturel,
dans l'hypothèse où le catalogue félicien n'est qu'un
abrégé du Liber pontificalis.
L'existence du catalogue félicien permet donc de
conclure à celle d'un Liber pontificalis aussi complet que
le nôtre, mais terminé à Félix IV (530), tandis que les
manuscrits les plus anciens ne le contiennent qu'avec des
prolongations qui atteignent la fin du septième siècle ou
le commencement du huitième. C'est déjà presque la
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preuve que ce Li6er pontificalis a été rédigé par un con-
temporain de Félix IV. On ne conçoit guère, en effet,
pourquoi un auteur de la fin du sixième siècle ou du
siècle suivant aurait écrit une suite de vies des papes, de
puis saint Pierre, sans la continuer jusqu'à son temps;
pourquoi il se fût arrêté au cinquante-sixième pape sans
aller jusqu'au pape en exercice.
Cette considération est d'ailleurs renforcée par la pré-
sence, à la suite de la notice de Félix IV, de tout un
groupe de notices contemporaines. Celles-ci nous bar-
rent en quelque sorte le passage et nous empêchent de
nous éloigner de l'année 530.
10. — Cependant, il y aurait lieu de lutter contre tous
ces obstacles et de se défier de toutes ces vraisemblances,
si les notices du commencement du sixième siècle se
trouvaient en désaccord avec l'histoire et si l'on y cons-
tatait la présence d'éléments légendaires. Or, c'est le
contraire qui a lieu. Ces notices contiennent de longs
récits, dans lesquels on chercherait vainement l'appa-
rence d'une influence légendaire ; des récits qui peuvent
être contrôlés par des textes historiques absolument sûrs
et par les documents officiels les plus authentiques. Je
vais plus loin : ils offrent, au même degré que ceux du
temps de Boniface 11 et de Silvère, la trace des préoc-
cupations et même des passions contemporaines, et cela
à propos d'événements qui, pour la plupart, durent être
assez vite oubliés, ou tout au moins relégués à l'arrière-
plan des souvenirs et des imaginations.
Quelle était la situation de l'église romaine au moment
où le pape Anastase II succéda à Gélase? Elle jouissait de
la paix que le règne de Théodoric, désormais affermi,
assurait à toute l'Italie; mais il y avait entre elle et les
églises de l'empire d'Orient un dissentiment profond. Le
pape Félix III, douze ans auparavant, après avoir refusé
d'accepter l'hénotique de Zenon, avait déposé et excom-
munié les patriarches de Constantinople et d'Alexandrie,
Acace et Pierre Monge, et rompu ainsi avec les églises
des pays soumis à l'empereur. Son successeur, Gélase,
était resté fidèle à son attitude, même après la mort
d' Acace. Il n'avait pas cessé d'exiger, comme condition
du rétablissement de l'union, que le nom d' Acace fût
rayé des diplyques de Constantinople. Loin de lui faire
cette concession, l'empereur Anastase faisait chaque jour
de nouveaux progrès dans le sens opposé et se rappro-
chait du parti monophysite. Le schisme persévérait et
s'aggravait. Dans la lettre ! par laquelle le pape Anastase
II notifia son avènement à l'empereur, il crut devoir faire
une tentative de conciliation, sans toucher aux principes,
et sans abandonner la ligne de conduite suivie par ses
prédécesseurs. Après avoir déploré la triste désunion
dont l'Eglise avait tant à souffrir et pressé les Orientaux
de ne pas la prolongerpour le nom d'un homme (Acace),
il déclarait que, tout en condamnant la mémoire d'A-
cace, l'église romaine n'entendait nullement invalider
ses actes ; que les baptêmes et les ordres conférés par
lui devaient être considérés comme valables. L'empereur
ne se laissa point fléchir, mais la politique conciliatrice
du pape obtint quelques résultats dans le vicariat apos-
tolique d'Illyrie, qui dépendait au spirituel de l'évêque
de Thessalonique. Celui-ci abandonna la mémoire d'A-
cace et fit lire publiquement une lettre du pape Gélase
où étaient énumérés les griefs du saint-siège contre ce
patriarche. Sur ces garanties, Anastase admit à sa com-
munion le diacre Photin, de Thessalonique, qui lui avait
été envoyé par son évêque *. Rien de plus régulier et de
plus louable que sa conduite. Cependant, il se trouve à
toutes les époques, des personnes qui, ayant épousé cha-
leureusement une querelle, la voient avec regret arriver
à sa fin, cherchent à empêcher la lutte de s'apaiser ou
même à la prolonger après que la paix est rétablie. Tandis
que, dans le livre pontifical laurentien, dont j'ai parlé
plus haut, la notice d' Anastase II contenait une apologie
de sa lettre à l'empereur, celle que lui consacre notre
Liber pontificalis contient des détails fort désagréables.
« Un grand nombre de clercs et de prêtres ont rompu
tout rapport de communion avec lui; il a voulu réhabi-
liter sous main la mémoire d'Acace ; s'il ne l'a pas fait,
c'est que Dieu l'en a empêché ; sa mort est un châtiment
du ciel. »
Le pape mort, une scission se produit dans l'église
romaine : chacun des deux partis porte un candidat au
siège de saint Pierre; le diacre Symmaque et l'archi-
prètre Laurent sont élus et ordonnés avant qu'on ait pu
s'entendre ; le trouble est à son comble. Comme cela
avait déjà eu lieu en pareil cas, le pouvoir public est
obligé d'intervenir. Théodoric, à qui les deux partis ont
déféré l'arbitrage, reconnaît que Symmaque est celui des
prétendants qui réunit le plus de suffrages. Sa décision
est acceptée et consacrée solennellement dans un concile
i. Jaffô, 744; Thiel, t. I, p. 615.
2. Jaffô, 746; Thiel, t. I, p. 624.
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tenu à Saint-Pierre, où Laurent reprend sa place dans
le corps presbytéral de Rome. Peu après, il est pourvu
par Symmaque d'un évôché en Campanie. En 500, Théo-
doric fait une visite solennelle à la vieille métropole du
monde romain ; c'est Symmaque qui l'accueille comme
évoque légitime et incontesté. L'année suivante, ses
ennemis imaginent un moyen de le perdre ; ils lui im-
putent des faits criminels et des malversations qui, cano-
niquement, sont de nature à entraîner la déposition d'un
évêque. La difficulté est de trouver un tribunal ecclé-
siastique compétent pour juger un pape. Thôodoric par-
vient à la lever en s'entendant avec l'accusé, qui auto- ,
rise la réunion d'un concile de tous les évoques italiens
et consent à leur déférer sa cause. Mais Symmaque n'est
déjà plus maître des basiliques de Rome ; Laurent a été
rappelé ds Campanie; ses partisans, dirigés par le séna-
teur Festus, ont chassé le pape et l'ont réduit à se con-
finer au Vatican. Pierre, évoque d'Altinum, envoyé par
le roi pour accomplir provisoirement les cérémonies
épiscopales, a pris le parti des laurentiens. Cependant
le concile se réunit : une émeute laurentienne empêche
Symmaque de se présenter à son audience; il est im-
possible d'obtenir un débat contradictoire et de porter
une sentence régulière. Après bien des délais, les évo-
ques finissent par déclarer que Symmaque, n'ayant pu
être jugé, doit être considéré comme innocent, main-
tenu dans sa dignité et reconnu comme pape légitime.
Mais cette sentence extrajudiciaire est impuissante à
calmer les esprits. La discorde continue pendant plu-
sieurs années, jusqu'à ce qu'enfin Thôodoric se décide
à intervenir résolument en faveur de Symmaque et à lui
faire remettre les basiliques de Rome (506). Laurent se
retire alors et meurt quelque temps après.
il. — Tous ces événements sont fort connus; les
qu'îTlSix J ïv historiens du temps, comme Théodore le lecteur à Cons-
1 " '" tantinople, et l'Anonyme de Valois à Ravenne, en font
mention avec plus ou moins d'insistance ; les lettres des
papes et du roi Théodoric, les actes des conciles, les
écrits polémiques, comme le Libelluspro synodo d'En-
nodius de Pavie, nous mettent au courant des moindres
détails; enfin il nous reste une vie de Symmaque, écrite
par un adversaire acharné, par un laurentien irrécon-
ciliable ; aucun élément de contrôle ne fait donc défaut.
Or, le Liber pontificalis résiste à ce contrôle ; il reste tou-
jours sur le terrain de la vérité historique. S'il ajoute
quelques traits particuliers au tableau qui résulte des
LeL.P.depuis
Anastasell jus
autres textes, ces traits, loin d'en déranger l'harmonie,
ne servent qu'à lui donner plus de vie et de couleur. Son
récit n'est pas froid, il est même passionné, en sens con-
traire, bien entendu, de celui du biographe laurentien ;
mais la passion, à propos d'une telle querelle, est la meil-
leure garantie d'antiquité. La crise finie, la paix revenue
dans l'église de Rome, les esprits ne purent tarder à
s'apaiser; l'oubli dut même se faire assez vite sur le
schisme de 501, surtout après l'année 518, alors que
l'union rétablie avec les églises d'Orient eut fait dispa-
raître l'aliment religieux de ces controverses, et surtout
après que la mort tragique de Jean I er , la querelle à propos
de Dioscore, enfin la guerre des Goths et ses catastro-
phes eurent donné un autre cours aux préoccupations
des Romains.
J'ajouterai une dernière réflexion, sur les sentiments
que le pape Symmaque a inspirés à l'auteur de sa notice.
Hic amavit clerum elpauperes, bonus, prudens, huma-
nus, gratiosus! C'est la première fois que nous trouvons
dans le Liber pontificalis cette note enthousiaste et
affectueuse. On ne la rencontre pas à propos de saint
Léon, quoique son biographe sache bien qu'il a sauvé
l'Italio des fureurs d'Attila, ni à propos de Félix III et
de Gélase, ces papes énergiques qui ont si vaillamment
soutenu l'honneur du saint-siège en face des empereurs
et des patriarches d'Orient. Elle ne reparaît pas dans les
vies d'Hormisdas et de Jean I er , malgré les grands succès
obtenus par Hormisdas et les infortunes de son succes-
seur. Ce n'est donc pas seulement l'expression d'un sen-
timent vrai et profond, c'en est encore l'expression con-
temporaine.
La notice d'Hormisdas est consacrée presque entière-
ment au récit de ses négociations, d'abord infructueu-
ses, puis couronnées do succès, avec la cour de Cons-
tantinople, en faveur de l'union des églises. Ici encore
le contrôle est facile. Une volumineuse correspondance,
en quelque sorte diplomatique, s'est conservée et per-
metde vérifier chacune des assertions dubiographe. Quant
à la vie de Jean I or , elle se rattache étroitement à l'his-
toire de Théodoric et trouve son contrôle dans les docu-
ments nombreux qui nous restent sur celle-ci. La notice
de Félix IV est fort courte. Il n'y avait peut-être pas
grand'chose à raconter sur ce pape, si ce n'est le mode
particulier de son élévation, iusso Thcodericireyis. Cette
indication laconique, sans commentaire, et le silence
gardé sur la mesure extraordinaire par laquelle Félix
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crut devoir régler sa succession, sont de ces précautions
que la prudence impose aux contemporains, quand ils
ont leurs raisons pour ne blesser personne.
Ainsi, dans les notices qui vontd'Anastase II à Félix IV,
exactitude parfaite, sauf quelques traits où se révèlent
des sentiments et des préjugés contemporains, et qui se
reconnaissent particulièrement dans les notices d'Anas-
tase II et de Symmaque. Cette exactitude était la seule
condition qui restât à vérifier pour accepter le témoi-
gnage des manuscrits et faire remonter les notices en
question au temps où leur série se termine. On peut
donc considérer la question comme résolue.
12. — Cependant je puis renforcer encore mon ar-
gumentation, en ôtudiantles indications chronologiques
que contiennent ces notices. On a vu plus haut que le
Liber ponlificaits n'est autre chose que le catalogue li-
bérien de l'année 354, considérablement augmenté et
prolongé. Or le catalogue libérien donne pour chaque
pape le synchronisme des empereurs et les dates extrê-
mes du pontificat, suivant la notation consulaire. Ces
indications sont entrées, comme tout le reste, dans les
notices du livre pontifical. Au moment où s'arrête le
catalogue libérien, le synchronisme impérial et les no-
tes consulaires disparaissent. Le compilateur n'avait pas,
semble-t-il, à sa disposition les documents nécessaires
pour continuer. Pour Damase seulement, il a hasardé
une conjecture : Fuit temporibas luliani. Julien ayant
été le successeur de Constance et Damase celui de Li-
bère, il lui a paru naturel de placer Damase sous Julien,
comme Libère Tétait sous Constance. Cependant Da-
mase n'a été élu qu'en 366, trois ans après la mort de
Julien, et ce synchronisme est faux. Au delà de Da-
mase, on ne trouve plus aucune tentative de ce genre ;
il faut descendre jusqu'à Félix III (483-492) pour voir
reparaître le synchronisme, et jusqu'à Symmaque (498-
514) pour retrouver des dates consulaires. Félix III est
placé sous Odoacre : Fuit temporibus Odoacris régis us-
que ad tempora Theodorici régis ; Gôlase sous Théodo-
ric et sous l'empereur Zenon : il y a ici une inexacti-
tude, car Zenon mourut en 491, un an avant l'élection
de Gôlase. Au delà et jusqu'à Jean II inclusivement, le
synchronisme est régulièrement et correctement mar-
qué ; on note à la fois celui des rois Goths et celui des
empereurs d'Orient. Quant aux dates consulaires de l'or-
dination et de la mort, elles ne sont données que dans
les notices de Symmaque, d'Hormisdas, de Jean I er et de
Félix IV. Cette interruption et cette réapparition des da-
tes consulaires et du synchronisme impérial s'expliquent
très bien si le Liber pontificalis a été compilé, comme
je l'ai dit, dans la période 514-530. Après avoir repro-
duit toutes les indications de ce genre que lui fournis-
sait son prototype, le catalogue libérien, l'auteur s'est
arrêté, faute de pouvoir continuer; mais dès que ses
souvenirs personnels lui ont permis de reprendre l'an-
cienne rédaction, il s'est empressé de le faire. Il a
commencé par le plus facile, c'est-à-dire parle synchro-
nisme des rois d'Italie et des empereurs ; encore n'a-t-il
pu éviter une erreur, légère il est irai, à propos de Gé-
lase et deïénon. Pour les temps les plus rapprochés de
lui, ses indications sont devenues tout à fait précises; il
a pu donner très exactement les dates consulaires de Sym-
maque et il a continué à marquer celles de ses succes-
seurs jusqu'à Félix IV. Comment au contraire, si l'on
admet que le Liber pontificalis est de beaucoup posté-
rieur à Félix IV, comment rendre compte de ces vicis-
situdes?
J'ajouterai, comme un dernier indice d'une plume
contemporaine, que l'année 498, dans la vie de Symma-
que, est indiquée par la formule co?is. Paulini. C'est la
notation italienne, avec le consul occidental seulement,
Théodoric ne reconnaissant point chez lui les consuls
orientaux. En Orient au contraire, ce consulat était par-
tagé : on disait cons. Iohannis et Paulini ; c'est ainsi
que cette année est désignée dans les fastes grecs, dans
les chroniques latines de Marcellin et de Victor de Tun-
nunum et même dans Cassiodore. Notre auteur a donc
suivi l'usage courant et non point transcrit les fastes of-
ficiels de la période byzantine. On peut faire la même
observation sur l'orthographe Maburti, du nom du con-
sul Mavortius, de l'an 527 : c'est l'orthographe des ins-
criptions qui furent gravées cette année là-même à
Rome f .
Ainsi, non seulement par la date de leur réapparition,
mais par leur teneur même, les notes consulaires sup-
posent un rédacteur contemporain.' Cependant, deux
d'entre Celles sont inexactes d'un an ; comme on pour-
vait tirer^de cette inexactitude un argument contre ma
thèse, je vais examiner de suite cette anomalie. Voici le
tableau des dates consulaires qui figurent dans nos qua-
tre notices :
1. De Rossi , Inscr. christ. , t. I, p. 460-463.
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Symmaque
ordonné le 22 nov. 498,
a cons. Paulini
(498)
mort le 19 juillet 514.
usquc ad cons. Senatoris
(514)
Hormisdas
ordonné le 20 juillet 514, a cons. Senatoris (514)
mort le 7 août 523. usque ad cons. SymmachietBoethi (522)
a cons. Maximi (523)
usque ad cons. Olybri iun. * (526)
Jean I or
ordonné le 13 août 523,
mrt le 8 mai 526.
Félix IV
ordonné le 12 juillet 526, a cons. Maburti (527)
mort en septembre 530. usque ad cons. Lampadiet Orestis (530)
Pour Symmaque et Jean I er il n'y a aucune difficulté ;
mais la mort d' Hormisdas est avancée d'une année et
l'avènement de Félix IV retardé d'autant. Ces inexacti-
tudes ne peuvent s'expliquer par l'ignorance du biogra-
phe. En donnant quatre ans, deux mois et treize jours au
pontificat de Félix IV, il savait très bien que ce pon-
tificat ne pouvait tenir tout entier dans l'intervalle 527-
530, d'autant plus qu'il fait mourir Félix IV à l'automne
de 530. Pour Hormisdas, la chose est encore plus claire;
après avoir dit au commencement de sa notice que ce
pape siégea usque ad cons. Symmachi et Boethi (522), il
marque sa mort cons. Maximi (523), conformément à la
vérité. Voici la solution. Dans la première partie du ca-
talogue libérien, les dates consulaires des papes sont
disposées de telle façon que jamais l'année de l'avène-
ment de l'un d'eux ne coïncide avec l'année de la mort de
son prédécesseur; c'est toujours l'année d'après, de sorte
qu'il semble que les papes mouraient régulièrement le
31 décembre et que leurs successeurs entraient en fonc-
tions le 1 er janvier. C'est, je crois, cette disposition du
modèle qui fait ici sentir son influence sur l'imitation. Le
rédacteur des notices d'Hormisdas, de Jean I er et de
Èélix IV a voulu que les dates consulaires qu'il plaçait en
tête de ses notices 'fussent combinées conformément au
système suivi dans le catalogue libérien pour les pre-
miers successeurs de saint Pierre, tout en ne se dissi-
mulant pas que cette harmonie était un peu artificielle
1. La leçon cons. Olybri iun. (526;, dans la vie de Jean I er , est
particulière à l'abrégé K. Elle concorde d'une façon remarquable
arec la table pascale napolitaine, du vi e siècle, publiée par Roncalli
(Vetust. chronica, t. I, p. 729 ; cf. de Rossi, 1. c, p. 457) et avec
celle que vient de publier M. B. Krusch, Neues Archiv, t. IX, p. 281.
et en permettant à ses lecteurs de rétablir la chjonologie
exacte.
13. — Dans cette démonstration, je ne me suis aidé Le L. p. etit
que de considérations intrinsèques et des données ronynSen. gehi *
fournies par les limites du manuscrit de Naples et de
l'abrégé fôlicien; je n'ai pas recherché si le Liber pon-
tificalis avait laissé quelque trace dans la littérature,
antérieurement au De sex aetatibus mundi du vénérable
Bède. Au chapitre suivant on verra qu'il a été connu et
mis à contribution en France, par deux auteurs diffé-
rents, vers l'année 590, sous la forme spéciale de
l'abrégé fôlicien. Mais je crois devoir signaler dès à
présent son influence sur la compilation martyrologique
qui porte le nom de saint Jérôme. Cette compilation
est citée par Cassiodore J , et décrite par saint Grégoire
le Grand 2 ; mais, dans la forme où nous l'avons, elle
représente un remaniement fait à Auxerre, au temps
de l'évêque Aunarius, dans les dernières années du roi
Gontran (f 593). En étudiant l'histoire des différents
manuscrits qui nous en sont restés, on voit que leur
original commun ne peut être postérieur à la fin du
vi e siècle. Toute particularité sur laquelle ils s'accordent
et qui n'est pas explicable par une cause qui ait pu
influer de la môme façon sur tous les manuscrits dis-
persés, doit provenir de cet original commun et par
conséquent remonter au vi e siècle.
Parmi ces particularités, il y en a une qui suppose
l'existence et l'influence du Liber pontificalis. La voici.
Au 25 mai, la fête de saint Urbain est indiquée ainsi
qu'il suit; je cite les trois manuscrits du vin 8 siècle, qui
représentent suffisamment les autres et dont l'accord
prouve pour la fin du vi e siècle, au plus tard :
Ms. d'Epternach (Paris, Bibl. nat., lat. 10837, du com-
mencement du vm e siècle) : Via nominata mil. VIII
natalis Turbani episcopi in civitate Pretextata.
Ms. de Wissembourg (Wolfenbûttel, 23, de l'année 772) :
Via Nomentana miliario VIII nat. Orbani êpi In
cimit. Praetextati.
Ms. de Metz (Berne, 289, fin du vhi° siècle): Via Nom-
tana miliario VIII, natal. Orbani e~pï in cimiter.
Pretextati.
L'accord est complet, sauf les incorrections spéciales
1. Jnstit. 32 (Migne, P. L., t. LXX, p. 1147).
2. Ep. VIII, 29.
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du manuscrit d'Epternach. Le texte primitif était : Via
Nomentana miliario VIII, natale Urbani episcopi, in
cymiterio PraetextatL II contenait une erreur énorme.
Le 25 juin est bien en effet la fête d'un saint Urbain,
évoque, dont le tombeau se trouvait dans le cimetière
de Prétextât : le Liber pontificalis, où cet évoque est
identifié avec le pape du môme nom, marque sa sépul-
ture à cet endroit et à ce jour. Mais le cimetière de Pré-
textât est sur la voie Appienne, à trois milles au sud de
Rome, et non sur la voie Nomentane, à huit milles,
dans la direction du N-E. Sur celte dernière voie et à
peu près à cette distance se trouvait le tombeau d'un
martyr Alexandre que le Liber ponlificalis identifie aussi
avec le pape son homonyme et enterre, a un autre jour,
il est vrai, au septième mille de la voie Nomentane.
La confusion do deux indications topographiques re-
latives à deux sépultures pontificales si éloignées Tune
de l'autre, ne peut venir que d'un document où elles se
trouvaient rapprochées pour quelque raison ou par
quelque accident. Ce document existe; c'est une table
des sépultures papales, extraite du Liber pontificalis et
conservée dans deux manuscrits de celui-ci, le Parisi-
nus 5140 et le Vaticanus 3764. Dans cette table les
papes sont rangés par lieux de sépulture, en commen-
çant par les basiliques ou cimetières qui en contien-
nent le plus, Saint-Pierre d'abord, puis le cimetière de
Calliste, celui de Priscille, etc. A la fin on trouve les
sépultures isolées :
Paris. 5U0.
In Porta in
mari
Clemens
In miliario
VI via no
mentana
Alexander
Urbanus
Valic. 3764.
IN Pontu IN MARI
Clemens
Alexander MlL.VI
VIANVMENTANA
Urbanus
On voit que le pape Urbain, qui vient le troisième
dans l'ordre chronologique des papes enterrés un à un,
a perdu sa rubrique IN CYMIT • PRAETEXTATI et
qu'il est ainsi tombé sous la rubrique précédente, celle
d'Alexandre.
L'origine de la faute, dans le martyrologe, est donc
expliquée par un accident arrivé au texte de cette table,
extraite du Liber pontificalis. Maintenant, quelle est la
date de cette table, de cette faute, de la perturbation
introduite dans le martyrologe ?
La table contient les noms de tous les papes jusqu'à
Zacharie(f752), mais elle a pu avoir été constituée long-
temps auparavant et être complétée ensuite jusqu'à Za-
charie, dans le manuscrit d'où dérivent le Parisinas et le
Vaticanus. Rien ne s'oppose a ce qu'elle remonte assez
haut dans le sixième siècle. On n'a pas non plus d'indices
sur la date de la faute qui a eu pour conséquence de
faire disparaître de cette table la rubrique topographi-
que du pape Urbain. Quant à l'introduction de cette faute
dans le martyrologe, je la crois antérieure au rémanie-
ment d'Auxerre. On distingue en effet, assez facilement,
dans le martyrologe, les parties ajoutées à Auxerre, au
temps d'Aunarius; ce sont en général des fêtes de
saints gaulois, ajoutées régulièrement à la fin de chaque
laterculus, c'est-à-dire de la liste afférente a chaque
jour de l'année. La fête d'Urbain, fête locale de Rome,
n'est pas dans ce cas ; elle se trouve dans le corps du
laterculus du 25 mai. Les vraisemblances sont donc
pour une origine différente et antérieure ; le martyrologe
avait déjà cette faute quand on l'a retouché à Auxerre,
au temps du roi Gontran.
Quoi qu'il en soit d'ailleurs de ce point particulier,
il reste certain que la recension auxerroise du martyro- #
loge dérive au Liber pontificalis, et cela par l'intermé-
diaire d'un document extrait de celui-ci, depuis un
certain temps sans doute, puisque son texte avait déjà
subi au moins un accident assez grave. C'est là un pre-
mier témoignage extrinsèque propre à montrer que le
Liber pontificalis existait longtemps avant la fin du
vi e siècle ; on en verra deux autres au chapitre suivant.
14. — Reprenons maintenant, en suivant l'ordre des conclusion,
temps, les conclusions que nous avons successivement
établies dans un autre ordre.
Le Liber pontificalis ne peut avoir été écrit que
longtemps après Xystus III (432-440), un certain temps
après Gôlase (492-496), quelques années au moins après
la publication des apocryphes de l'année 501. Il est
l'œuvre d'un contemporain d'Anastase II et de Symma-
que; les controverses qui ont agité l'église romaine au
temps de- ces deux papes l'intéressent aussi vivement
que l'auteur du catalogue laurentien, qui écrivait entre
5(4 et 518, bien qu'il les juge avec des sentiments tout
opposés. Les vies des trois papes suivants, Hormisdas,
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Jean 1 er , Félix IV, du même dessin et du même style
que celle de Symmaque, sont également l'œuvre d'un
contemporain; l'existence d'un Liber ponti/îcalis ter-
miné à Félix IV ressort clairement de l'étude des manus-
crits et des recensions. Dès lors il faut admettre que le Li-
ber pontificalis a été écrit au plus tard sous Boniface II et
arrêté à la vie de Félix IV. On peut même préciser da-
vantage et considérer les trois dernières vies comme une
continuation ajoutée à la série primitive par son auteur
lui-même ou par un autre. La vivacité particulière des
sentiments à l'égard d'Anastase II et de Symmaque,
l'arrangement systématique des dates consulaires dans
les notices d'Hormisdas, de Jean I" et de Félix IV con-
duisent à cette conclusion. Elle sera d'ailleurs confir-
mée par diverses observations que l'on trouvera plus loin
et qui montreront que le texte terminé à Félix IV a subi
çà et là quelques retouches de main contemporaine.
Rédigé sous Hormisdas, continué jusqu'à Félix IV
inclusivement, le Liber pontificalis a été prolongé en-
suite, jusqu'au temps de la guerre des Goths, du pape
Silvère et du roi Vitigès, par un témoin du siège de
537-538, ennemi de Silvère et dévoué à la mémoire de
Dioscore, le compétiteur de Boniface II.
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CHAPITRE TROISIÈME
LA PREMIÈRE ÉDITION
§ I er .
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i , — On vient de voir qu'il y a eu un liber pontifi-
calis terminé à Félix IV (530) et que le catalogue féli-
cien nous en a conservé une réduction. Il importe donc
d'étudier cet abrégé avec soin. Je vais d'abord décrire
les manuscrits dans lesquels il nous est parvenu.
2. — Parisinus 1451, ix e siècle.
Parchemin, in-f°, 3iO mm sur 230, 107 feuillets. — An-
ciennes cotes : Colbert. 1868 Reg. 3887 9 ' 9 . — Provient de
Saint-Maur-les-Fossés : note du xv e s. sur le f. 1' : Iste liber
estsancti Pétri fossalen. Il a appartenue Nicolas Lefebvre,
précepteur de Louis XIII : fuit Nicolai Fabri (f. i). — Cf.
Maassen, Quellen, 1. 1, p. 613 ; Académie de Yienne, t. LIV,
p. 173.
Ce manuscrit est un liber canonum où la collection
principale est précédée, ff. 1-15', de diverses pièces dont
voici l'énumération : f. 1, un arbor consanguinitatis',
— f. 2, De senioribus conciliis, petites notices sur les
six premiers conciles œcuméniques, suivies de la cons-
titution Semper studium de Justinien (Hardouin, t. III,
p. 244; Mansi, t. IX, p. 178), jusqu'aux mots sapucrunt
vel sapiunt; — f. 6', catalogue des papes, avec années,
mois et jours, jusqu'à Hadrien I er (f 795) ; une main
Liber pontipicalis.
postérieure a ajouté, dans l'entreligne au dessous, Léo
papa, sans autre indication. Suit immédiatement une
note chronologique : Ab exordio mundi usque ad dilu-
vium sunt anni duo milia CCLX et IL A dduvio usque
ad nativitatem Abrahae sunt anni DCCCCXLIL Pas-
sum autem dominum nostrum Icsum Christum peractis
ab ortu mundi quinque milia CCXX et VIII anni. A
passione domini nos tri lesu Christi usque ad sedem
beatissimi Marcellinipapae sunt anni CCLXXVI men-
ses VIIIL De apostolato iam facto Christi martyris
Marcellini usque ad tempus gloriosissimi domni Karoli
régis, XXV anni regni eius,hoc est usque VIII kal. april. ,
sunt anni CCCCXC et mêmes IIP; — f. 7', le sym-
bole Quicumque; — f. 8, Exemplar fidei S. Augustini,
1. Ce comput est emprunté au cycle pascal de Victorius (Aegidii
Bucherii, In Victorii Aquitani canonem paschalem, Anvers, 1633,
p. 6-8) qui compte 2242 ans (corriger dans le texte CCLX en CCXL)
de la création au déluge, 942 ans du déluge à Abraham et 5228 ans
de la création à la Passion; celle-ci est rapportée au 25 mars d'une
année correspondant à l'an 28 de notre ère; en ajoutant 276 ans
et neuf mois, on arrive à la fin (24 décembre) de l'année 304, l'an-
née de la grande persécution de Dioclétien, où mourut le papeMar-
ceUin; de là jusqu'au 25 mars de l'an 25 de Charlemagne (793), il y
a juste 488 ans et 3 mois et non 490 ans et 3 mois. Le computiste
s'est donc trompé de 2 ans.
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LA PREMIÈRE ÉDITION.
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Incipiunt interrogationes de trinitate et unitateP. F. et
Sp.S.; — f. 9, ExpositiofideiS. Bieronimi : en réalité,
profession de'foi de l'hérétique Pelage; — f. 10, De
concilio Âurilianense., de ecclesiasticorum dogmatum
(attribué ailleurs à Gennadius) ; — f. 11, Statuta eccle-
siaeantigua, le 1" chapitre seulement; — f. 11', Alter-
catio de fide trinitatis, excerpta ex chronica Gregorii
Turonensis {Hist. Fr., V 43, 44; VI 5, 40); — f. 15',
la lettre apocryphe Supplex legi, de saint Jérôme à Da-
mase. Ici est marqué le mot Finit.
Vient ensuite, même page, la collection principale et
d'abord le titre Incipit prefatio conciliorum. Sous cette
rubrique figurent : 1° la préface métrique Concilium
sacrum, etc. ; 2° un liber pontificalis abrégé, jusqu'à
Félix IV (f 530), précédé des deux lettres-préface et
d'une liste des papes jusqu'à Pelage II (579-590), suivi
d'un catalogue arrêté au même pape, mais avec les an-
nées, mois et jours; 3° la notice des cités des Gaules;
4° celle des provinces de l'empire. Le titre de la col-
lection, f. 25', est ainsi conçu : In dei nomine continentur
IN HOC LIBRO CANONES SEU REGULAE ECCLESIAST1CAE DIVERSARUM
PROVINCIARUM, GRECORUM ATQUE LATINORUM, EP1ST0LE DECRE-
TALES, QUORUM NOMINA ET ORDO ITA SE Ha[bENT]. FELICITER.
Suit la table :
Incipiunt capitula canonum Grecorum.
I. Canones Niceni, ubi fuerunt episcopi CCCXVlll.
II. Canones Ancheritani, ubi fuerunt episcopi XII.
III. Canones Neocesariensis, ubi fuerunt episcopi XVI.
I1II. Canones Grangrensis, ubi fuerunt episcopi XXX.
V. Canones Antiocueni, ubi fuerunt episcopi XXXII.
VI. Canones Laudicensi, ubi fuerunt episcopi XXXVIII.
VII. Canones Constantinopolitani, ubi fuerunt episcopi CL.
VIII. Canones Calcedonensis, ubi fuerunt episcopi DCXXX.
VI1H. Canones apostolorum.
X. Canones Sardicensis, ubi fuerunt episcopi XX.
Item Latinorum.
XL Canones Cartagenensis, ubi fuerunt episcopi CCXII.
XII. Canones Thelcnsis, ubi fuerunt episcopi XXXVIII et ceteri
alii.
! XIII. Canones Romanorum. Item de Spiritu sancto.
XIIII. Canones Agensis, ubi fuerunt episcopi XXXIII.
XV. Canones Andicavensis.
XV, Canones Aurilianensis, ubi fuerunt episcopi XXXI.
XVII. Canones Arelatensis, ubi fuerunt
XVIII. Canones Arausicani, ubi fuerunt episcopi XVII.
XVIIIL Canones Valentiniani, ubi fuerunt episcopi XCVIIII.
XX. Canones Regensis, ubi fuerunt episcopi XII.
XXI. Canones Vasensiani.
XXII. Canones item Arelatensis, ubi fuerunt episcopi XCV,
diaconî XVI.
XXIII. Canones Arvenensis, ubi fuerunt episcopi XV.
XXI1II. Canones item Aurilianensis, ubi fuerunt episcopi
xxxv.
XXV. Canones Epaonensis, ubi fuerunt episcopi XXIIII.
XXVI. Sinodus Arausica de gratia et libero arbitrio.
Item epistole decretalis.
XXVII. Epistole pape Leonis, II; cpislola Celestini, I.
XXVIII. Epistola Zosimi, I; epistola Simmachi; cpislolae In-
nocentii, III.
XXVIIIt. Epistola Sirici, I ; item Cacleslini, I; ilem Inno-
centai.
Numerus episcoporum sicut in Africa scriptos inveni, ita et
feci.
XXX. Canones Spaniae, ubi fuerunt episcopi LXXII, quando
Ricaredus conversus est.
La collection vient après cette table, avec laquelle
elle est on désaccord en ce qui regarde le concile de Nicée.
En effet, aux canons de ce concile sont joints, dans le
texte, un certain nombre de pièces qui n'y ont aucun
rapport, les anathèmes du concile romain de 380 (Jaffé
235), la seconde lettre apocryphe de Clément à Jacques
(Jaffé fil), le Liber ecclesiasticorum dogmatum attri-
bué à Gennadius, des fragments du concile de Chalcé-
doine et du concile d'Ephèse, le concile romain de 595,
enfin les canons de Sardique, qui se trouvent ainsi à une
autre place que dans la table. On trouvera une descrip-
tion plus détaillée de ce recueil dans le livre de M.Mas-
sen (Le). Suivant lui, les différences entre la table et
le texte supposent que celui-ci a été remanié et qu'il
était d'abord disposé 'comme l'indique la table. Dans
cette forme plus ancienne, on doit considérer le concile
de Tolède de 589 (n°XXX) comme une adjonction posté-
rieure. Défalcation faite de ce complément et des inter-
polations du commencement, les dernières pièces de la
collection sont, dans l'ordre chronologique, les numéros
XXIII et XXIIII, c'est-à-dire le concile de Clermont (535)
et le cinquième concile d'Orléans (549).
Le manuscrit est mutilé à la fin : il s'arrête, dans le
concile de Tolède, au 23 e article de la profession de foi
du clergé arien (Hardouin, t. III, p. 476; Mansi, t. IX,
p. 987), aux mots cum anathemate eorum propria manu.
Collationnô et employé pour la correction des épreu-
ves.
3. — Vaticanus Reginae 1127; ix" siècle.
Parchemin, in-f°, 370 mm sur 317, 165 feuillets. — - Au
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commencement du xi« siècle il appartenait à l'abbaye de
Saint-Cybar d'Angoulôme. Sirmond le cite comme appar-
tenant à la collection Dutillet, cod. Tilii, Engolismensis
(Maassen, Quellen,t. I, p. 613, note 3); il en est de même
de Labbe, qui en a tiré le Chronicon Engolismense (Bibl.
mss., t. I, p. 323; cf. préface, sect. Il, § il). En 1647, il
appartenait à Alex. Petau, qui écrivit alors une table des
matières sur le second feuillet. — C'est VAlex.l de Vignoli.
Contenu : Les deux premiers feuillets et Je recto du
troisième ont été d'abord laissés en blanc ; sur le recto
du troisième, on a écrit au x e siècle une liste des cités
de la Gaule. L'écriture primitive commence au f. 3'. A
partir de là, le contenu est identique à celui du manus-
crit précédent, sauf que : i° le catalogue des papes, au
lieu de s'arrêtera Hadrien, est prolongé jusqu'à Pascal I er
(817-824) inclusivement : Paschalis s. an. VI d. XVI ;
— 2° entre le comput jusqu'à Tannée XXV de Charle-
magne (f° 10') et le symbole Quicumque sont intercalés
deux feuillets, négligés dans la pagination actuelle, qui
est moderne, et en dehors des cahiers primitifs ; on y
lit des annales d'Angoulôme, de l'an 815 à l'an 872, avec
diverses continuations jusqu'à l'an 1000 l ; — 3° dans
le corps de la collection principale, il y a, avant le
concile romain de 595, un fragment à'Ordo Romanus
(f. 52 £-55 6).
Dans ce manuscrit, la collection canonique s'est con-
servée tout entière : elle se termine par les signatures
du concile de Tolède; la dernière est : Valerianus in
Christi nomine archidiaconus ecclesiae Nemausensis,
vicens agens Paladi episcopi subscripsi. Explicit félici-
ter. Deo gratias semper. Amen (f. 152'). Suivent (f. 152-
159) divers extraits canoniques, parmi lesquels on
trouve le début du concile de Chalon-sur-Saône (650)":
Priscis quidem canonibus, etc. (f. 157). — La fin du
f. 159'etlesdeux suivants sont couverts de notes diverses,
écrites par diverses mains, jusqu'au xn e siècle : on y
remarque, f. 161, les noms des évoques d'Angoulôme.
— Passio septem dormientium (f. 162-163), de première
main. — Régula formatarum (f. 165), d'une main
différente.
Collationnô ; quelques parties revues pour moi par
M. le vicomte Desbassayns de Richemont. * ! fc3
5. — Bernensis 225, ix° siècle.
Il y a trois manuscrits différents sous la même reliure..
Pour les deux premiers, v. le catalogue de H. Hagen, Berne,
1. Labbe, Bibl. mss., 1. 1, p. 329; Bouquet, t. Vil, p. 22; Monum.
Germ. Script., t. XVI, p. 4S5.
1875; je ne m'occupe ici que du troisième, qui appartient
au commencement du ix* siècle. — Parchemin, in-4%
292mm sur igs^ { Q feuillets.
Il contient l'abrégé du Liber pontificales terminée Félix
IV, avec la liste initiale jusqu'à Pelage II, comme dans
les deux manuscrits précédents. Mais le texte des vies
s'arrête dans celle de Libère, aux mots cimiterio sanctae
Agnen ubi sedebat — , au milieu d'une page et même
d'uneligne; après quoi, sans autre séparation qu'une li-
gne en blanc et sans aucun titre, commence le De viris
de saint Jérôme. Le manuscrit étant mutilé, ce dernier
ouvrage s'interrompt dans la notice de saint Luc, aux
mots in carne non fuerat, sed et a ceteris —
Signalé pour la première fois par M. de Rossi (Roma
sott., t. II, p. xxvii, note), le liber pontificalis contenu
dans ce manuscrit a été publié intégralement par M. R.
A. Lipsius à la fin de sa Chronologie der Rômischen
Bischôfe, p. 269 ; cf. p. 81.
5. — Éditions. — 1° Papebrock, dans les Acta SS., Éditions.
Propyl. Maii y Anvers, 1685, d'après une copie du Re-
ginensis.
2° Schelstrate,'j4w//$w/tas Ecclesiae illustrata, t. I,
Rome, 1692, p. 402-496, d'après le même manuscrit
et des variantes du Parisinus, communiquées par Et.
Baluze; édition répétée dans les Origines de F Eglise
Romaine, par les membres de la communauté de So-
lesmes, Paris, 1836, p. 212-248.
3° Lipsius, Chronologie der Rômischen Bischôfe,
Kiel, 1869, p. 269-277; reproduction minutieuse du
manuscrit de Berne, avec toutes ses abréviations et in-
corrections.
6. — D'après cette description on voit que le manus- x Rapporta des
r r * trois manuscrits
crit de Berne est moins propre que les deux autres à entre eux.
nous renseigner sur le texte et la provenance de l'a-
brégé félicien. Celui-ci paraît y avoir été combiné arti-
ficiellement avec un livre analogue de forme, le De
viris de saint Jérôme; on aura voulu ajouter à la série
des notices de saint Jérôme sur les écrivains ecclésias-
tiques le recueil des notices pontificales dont son
contemporain, le pape Damase, pouvait avoir été l'au-
teur. C'est pour cela qu'on s'est arrêté à Libère. Du
reste, quoi qu'il en soit de cette explication, il est cer-
tain que le manuscrit de Berne ne nous fournit qu'un
fragment de l'abrégé félicien, tandis que celui-ci figure
tout entier dans les deux libri canonum de Saint-Maur
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LA PREMIÈRE ÉDITION.
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La collection
de S.Maur et l'a-
brégé félicien.
et d'Angoulême. Comme dans ces deux derniers, le
texte employé pour la compilation de Berne était pré-
cédé d'un catalogue des papes, les noms seulement,
jusqu'à Pelage II ; ses limites étaient donc les mêmes.
D'autre part, nous allons voir que ces limites s'expli-
quent précisément par l'adaptation du Liber pontificalis
à la collection canonique : le texte [du Bernensis devra
donc être considéré comme dérivé d'un manuscrit de
cette collection. On peut le négliger présentement et
s'adresser exclusivement, pour l'histoire de l'abrégé
félicien, au Parisinus et au Reginensis.
Entre ces deux manuscrits la ressemblance est extrême :
non seulement ils contiennent la même collection ca-
nonique, précédée des mêmes documents accessoires,
mais les variantes et les sigles abréviatifs eux-mêmes
sont, le plus souvent, identiques. Il faut, ou que le Re-
ginensis ait été copié sur le Parisinus, ou qu'ils l'aient
été l'un et l'autre sur le même original. L'étude des la-
cunes, dans les deux manuscrits, écarte la première de
ces deux hypothèses. Du reste ce détail importe peu ici ;
l'identité d'original nous reporte tout au plus aux der-
nières années du vm e siècle, tandis qu'avec la collection
canonique,nouspourrons remonter deux siècles plus haut.
7. — Cette collection, en effet, doit, d'après les prin-
cipes suivis dans la classification des compilations de
ce genre, êlre placée au vi° siècle. M. Maassen l'a étu-
diée sur le Parisinus seulement, et Ta, pour cette rai-
son, appelée « Collection du manuscrit de Saint-Maur ».
Suivant lui, la table de la collection a été faite en un
temps où elle ne contenait pas encore diverses inter-
polations que présentent les deux manuscrits, notam-
ment le concile romain de 593. La pièce la plus récente
parmi celles qui se trouvent à la fois dans le texte et
dans la table, c'est le concile de Tolède de 589 ; mais
il est clair, par la place qu'il occupe, après les dé-
crétâtes des papes et en dehors des autres conciles,
que ce synode a été ajouté à la collection déjà formée.
Si on Técarte, la pièce la moins ancienne se trouve
être le cinquième concile d'Orléans, de l'année 549.
Les limites des deux catalogues pontificaux, qui s'arrê-
tent tous les deux à Pelage II (f 590), n'ont rien à voir
avec cette date. Il est donc probable que les catalogues
et l'abrégé félicien qui fait corps avec eux, ont été ajou-
tés en même temps que le concile espagnol de 589.
M. Maassen a rangé cette collection canonique parmi
celles qui ont été formées en Gaule, sans entrer dans
aucun détail plus précis. Elle contient un concile espa-
gnol ; c'est la seule collection faite en Gaule qui se trouve
dans ce cas, si l'on excepte la collection de Saint-
Amand, bien postérieure et qui dépend deYBispana du
vu siècle. Cela étant, il est assez naturel de chercher
son lieu d'origine dans Jes pays francs voisins du
royaume wisigoth, c'est-à-dire vers l'Aquitaine ou la
Provence. Des deux manuscrits qui nous l'ont conservée,
il y en a un qui vient des environs de Paris ; mais nous
ne savons pas depuis combien de temps il se trouvait à
Saint-Maur quand il y a reçu l'étiquette qu'on y lit au-
jourd'hui. L'autre, au contraire, était dans le pays d'An-
goulème depuis le ix e siècle ; le titre de « Collection
du manuscrit d'Angoulême » serait donc plus fondé que
celui de « Collection du manuscrit do Saint-Maur ».
Ainsi, en 590, le Liber pontificalis, sous la forme de
l'abrégé félicien, était connu en Gaule et annexé à une
collection canonique, avec la Notitia provinciarum im~
perii et la Notitia Galliarum, comme document utile
pour l'intelligence des textes canoniques ; les deux no-
tices géographiques servaient à se retrouver dans les
noms des conciles, le Liber pontificalis dans les noms
des papes. Cette adaptation du Liber pontificalis à une
collection canonique n'est pas un fait isolé ; nous aurons
à la constater souvent. On peut même dire qu'elle n'a
été faite, dans la collection qui nous occupe, qu'en vertu
d'une sorte de tradition. C'était en effet l'usage que
les libri canonum compilés en Gaule et même ailleurs
portassent en tête un catalogue des papes. C'est à cet
usage que nous devons les catalogues d'Arras, de Corbie,
de Reims, de Chieti, de Cologne et d'Albi. Parmi les
collections gauloises du vi*" siècle que M. Maassen a dé-
crites, le catalogue ou le livre pontifical ne fait défaut
que dans celles qui ont été abrégées systématiquement,
celles du Palatinns 574 (Lorsch) et du Parisinus 2796
(Bigot), ou dont le commencement est perdu, celles du
Parisinus 1564 (Pithou) et du Monacensis 5508 (Diessen).
8. — Vers le même temps où fut rédigée la collée- Grégoire de
tion dite de Saint-Maur, Grégoire de Tours terminait rabrégl C °féîi-
ou révisait ses principaux ouvrages. Précisément en cien '
590, Agiulfe, diacre de son église, revint d'un pèle-
rinage ad limina apostolorum, au cours duquel il avait
assisté à l'enterrement du pape Pelage II et à l'ordina-
tion de son successeur, saint Grégoire le Grand. Or il
est remarquable que YHistoria Francorum de Grégoire
de Tours se termine par un petit libellus episcopalis, qui
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contient des notices biographiques sur les évoques de
Tours jusqu'à Grégoire lui-même, rédigées dans un style
fort semblable à celui du Liber ponlificalis de Rome. Les
phrases commencent comme dans celui-ci : Fuit autem,
Erat autem, Hic fecit, Hic aedificavit, Huius tempore,
etc. ; la vacance du siège est marquée par la formule
Et cessavit episcopalus ann.... mens... diebus... ; cette
expression, que le Liber pontipcalis a empruntée au
catalogue libérien, est répétée dans toutes ses notices :
je ne me souviens pas de l'avoir rencontrée ailleurs.
Dans son De gtoria Martyrum, c. 40, l'évoque de
Tours se plaint de ce que, bien qu'il y ait beaucoup de
martyrs à Rome, on n'ait pourtant pas les récits com-
plets de leurs passions ; cependant il a pu se procurer
sur le pape Jean (Jean I er ), non pas une passion déve-
loppée, mais un récit transmis parles fidèles, delohanne
tamen episcopo, quoniam agon eius ad nos usque non
accessit scriptus, quae a fidelibus comperi tacere ne-
qaivi. Ce récit me paraît emprunté au Liber pontijïcalis
et, plus précisément, à l'abrégé félicien. On peut en
juger par le tableau suivant, dans lequel je dispose, en
regard du récit de Grégoire, les parties correspondantes
de la notice de Jean dans le texte félicien ; les variantes
du texte complet (P) et de l'abrégé cononien (K) sont
indiquées en note.
Greg. Tur. Gl. M. 40.
Hic cum ad episcopatum ve-
nisset, summo studio haereticos
exsecrans, ecclcsias comm in ca-
thoiicas dedicavit.
Lib. pontif. — Jean I e ».
Hic vocatur a rege Theodo-
rico Ravenna; quem rex rogans
misit in legatione Constanti-
nopolim ad l Iustino Aug. vir
religiosus qui summo amore re-
ligionis christianae voluit he~
reticos extricare. Nam summo
fervore ecclesias Arrianorum in
catholica dedicavit.
Exinde iralus Theodoricus
arrianus voluit totam Italiam
gladio * perdere.
Quod cum Theodericus rex
comperisset, furore succensus,
quia esset arianae deditus sec-
tae, iussitgladiitoresper Italiam
dirigi, qui universum quotquot
invenissent catliolicum popu-
lum iugularent.
i. ad — dedicavit] ad Iuslinum imperatorem quia Iwtinus summo
amore religionis christianae voluit hereticos perdere (K) ; — ad Iusti-
num imperatorem orthodoxum ; qui eodem tempore Iustinus imperator f
vir religiosus, summo ardorisamore religionis christianae voluit here-
ticos extricare. Nam summo fervore christianitalis hoc consilio usus
est ut ecclesias Arrianorum catholicas consecraret (P).
2. ad gladium exlinguere ;P).
H ace audiens beatus Iolian-
nes, ad regem ne hacc fièrent
deprecaturus accessit.
A quo cum dolo susceptus al-
ligavit eum, et posuit in car-
LIll
Tune Iohannes venerabilis
papa, egressus cum fletuetmu-
gitu,ambulavit.... (suit le récit
de l'ambassade du pape et des
sénateurs à Constantinople).
Cum * dolo et grande odio Io-
hannes episcopus etiam et sena-
cerem, dicens : Ego te faciam tores viros inlustres religiosus
ne audeas contra sectam nos-
tram amplius mussitare.
suscepitj quos itaque cum tanta
indignatione suscipiens gladio
eos voluit punire; sed metuens
indignatione Iustini Aug. or-
thodoxi, non fecit; tamen in
custodia omnes cremavit,
ita ut beatissimus Iohannes
papa in custodia adflictione ma-
ceratus y deficiens moreretur.
Qui vero defunctus est Ravenna
cum gloria * XV kl. iun. in cus-
todia régis Theodorici.
Post hoc, nutu Dei omnipo-
teulis, XLVIII die postquam de-
functus est Iohannes episcopus
in custodia, subito* Theodori-
cus rex interiit, divinitate per-
cussus.
Positus vero sanctus Dei in
carcere t tantis attritus est iniu-
rtïs,ut non postmultum tempus
spiritum exhalaret; obiitque in
carcere cum gloria apud urbem
Ravennam.
Domini autem misericordia
statim ultionem super regem
improbum irrogavit ; nam su-
bito a JJeo percussus, plagisma-
gnis exinanitus interiit, sus-
cepilque protinus perpetuum
gehennae flammantis incen-
dium.
Il suffit de comparer le texte de Grégoire de Tours
avec celui du Liber ponti/icalis pour voir qu'il en dé-
rive. Quant à sa parenté spéciale avec l'abrégé félicien,
elle n'est pas moins claire, car ce n'est ni le texte
complet ni l'abrégé cononien qui lui ont fourni les expres-
sions in catholicas dedicavit et cum gloria, qu'il a en
commun avec l'abrégé félicien. Du reste, il y a, dans
la façon dont il raconte, une confusion qui n'aurait pu
se produire s'il avait eu sous les yeux un autre texte
que celui-là. Dans le livre pontifical, c'est l'empereur
Justin, et non le pape, qui s'empare des églises ariennes
et les consacre au culte catholique ; le pape va en am-
bassade à Constantinople sur l'ordre du roi Théodoric,
et non à Ravenne, auprès du roi' Théodoric, pour son
propre compte. Il suffit de lire la notice du pape Jean I er ,
dans le texte de l'abrégé K ou dans celui du Liber ponti-
ficalis complet, pour que cette impression s'impose à
l'esprit. Dans l'abrégé félicien, au contraire, la chose
est moins évidente : l'apposition Iustino Aug. vir relu
i. in dolo (K) ; — cum grande dolo et odio (P).
2. cum gloria om. K et P.
3. subito-percussus] Theodoricus rex fulmine pei'cussus interiit (K);
— Theodoricus rex hercticus subito interiit et mortuus est (P).
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LIV
LA PREMIÈRE ÉDITION.
giosits est contraire aux règles de la grammaire ; le vir
religiosus paraît être non l'empereur, mais le pape ;
l'arrivée de celui-ci à Constantinople et sa réception à
la cour, mentionnées expressément par les deux autres
textes, sont omises ici; le récit se trouve embrouillé;
l'empire d'Orient, partes Greciarum, et la ville de Cons-
tantinople sont nommés, il est vrai, mais dans une
phrase coupée de lacunes, et plutôt à propos du meur-
tre de Symmaque et de Boèce que du voyage du pape.
Un lecteur peu au courant de cette histoire pouvait s'y
tromper, et surtout un lecteur, pour qui, comme c'était
le cas pour l'évêque de Tours, le rôle du pape dans cetle
ambassade avait quelque chose d'extraordinaire.
Ainsi, non seulement les détails du texte de Grégoire,
mais la confusion où il est tombé, ne peuvent s'expli-
quer qu'en admettant qu'il a eu sous les yeux l'abrégé
félicien du Liber pontificalis, à l'exclusion de toute au-
tre rédaction connue.
C'est du reste ce que suppose la réflexion par laquelle
débute son récit : Multi quidem sunt martyres apud
urbem Romam, quorum historiae passionum nobis in~
tegrae non sunt delatae. Bien que le Liber pontificalis
dépende en plusieurs endroits des actes des martyrs,
il est rare qu'il leur fasse de longs emprunts ; ce n'est
guère que dans les notices de Cornélius et de Marcel que
l'on trouve des historiae passionum, comme dit Grégoire.
Il est à croire pourtant que, si l'ôvèque de Tours avait
eu sous les yeux les notices de ces papes, telles qu'elles
se lisent dans le texte complet, il n'aurait pas manqué
de s'en servir pour son De gloria martyrum. Ces his-
toires étaient bien autrement propres que celle du pape
Jean à entrer dans sa compilation. S'il ne les a pas pri-
ses dans le Liber pontificalis, c'est qu'il ne les y a pas
trouvées. Or non seulement elles figurent dans tous les
manuscrits du texte complet, mais l'une d'elles, celle
de Cornélius, s'est conservée à peu près intégralement
dans l'abrégé cononien, tandis qu'elles manquent tou-
tes les deux dans l'abrégé félicien. C'est donc bien ce-
lui-ci que Grégoire a eu à sa disposition.
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9. — Outre l'abrégé félicien, il y en a un autre qui offre
avec lui de grandes ressemblances et qui doit être étu-
dié en même temps. C'est le texte que j'appelais tout
à l'heure abrégé K ou cononien. Voici d'abord la de-
scription des manuscrits qui nous en restent.
10. — Parisinus 2123, ix - siècle.
Parchemin, in-f° oblong, 288 mm sur 162, 156 feuillets.—
Anciennes cotes: Coib. 1655, Reg. 4250 7 . — Il a appartenu
à P.Pithou et à J.A.deThou (noms sur la l Te page). D'après
certaines particularités de son contenu (v. p. LV, note 9),
ce manuscrit doit provenir de quelque monastère de Bour-
gogne.
Contenu : f. i-29, divers textes de Pères ou de
conciles (pour le détail, v. Maassen, Acad. de Vienne,
t. LIV, p. 213); — f. 29-52, le Liber pontificalis
abrégé, sous le titre Incipit ovdo episcoporum Romae;
les lettres de Jérôme et de Damase font défaut. Jusqu'à
Conon (f 687) les notices ont une certaine étendue ;
au delà, jusqu'à Etienne II (f 757), elles se réduisent
à quelques mots ; après Etienne II et jusqu'à Hadrien I er
(f 795), il n'y a plus qu'un catalogue, avec années, mois
et jours ; l'antipape Constantin II y figure à son rang.
Au xi - siècle, ce catalogue fut continué jusqu'à Jean
XIX (1024-1033), mais le continuateur ne marqua les an-
nées, mois etjours que jusqu'à Nicolas I er (f 867). Je vais
reproduire ici cette continuation, qui a son intérêt :
Léo sedit an. XXI m. III. Iohannes '.
Stephanus an. I m. VIII. Stephanus.
Paschalis an. VII. Formosus '.
Eugenius an. III. Stephanus.
Valentinus. Romanus.
Gregorius an. XII. Teodorus.
Sergius an. ÏII1 m. III di. VI. Iohannes.
Léo an. VIII m. III d. VI. Benedictus.
Bonefacius '. Léo.
Benedictus an. II m. VI d. VI. Cristoforus.
Nicholaus an. VIIII m. VI d. XX. Sergius.
Adrianus. Anastasius.
1. Nom étranger à la série pontificale en cet endroit. C'est sans
doute Boniface VI, qui manque plus bas, après Formose.
2. Après Jean VIII on a passé Marin et Hadrien III.
3. Boniface VI manque après Formose.
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Léo.
Stephanus.
lohannes.
Léo.
Stephanus.
Marinus.
Àgapitus.
lohannes.
Octovianus »
Leoprotus *.
lohannes '.
(sic).
Benedictus 4 .
Benedictus.
lohannes.
Petrus *.
lohannes.
Gregorius •.
Silvester.
lohannes 7 .
Sergius.
Teophilus 8 .
Benedictus.
lohannes.
f. 52'-55', Notitia provinciarum imperii; Notitia Gal-
HarUm ; — f. 55'-65, canons pénitentiels (Maassen, 1.
c.) ; — f. 65'-iû4', collection canonique dite Herovab
liana (Maassen, Quellerî 1. 1, p. 828) ; — f. iOo, com-
put : depuis la création jusqu'à l'incarnation, on compte
5196 ans, et 6012 ans jusqu'à la mort de Charlemagne;
— f. 105'-153\ formules de Marculfe • ; — f . 153-156',
fragment cfe ponderibus etmensuris. Talentum pondus
(teiàore,Etym., Opp., t. IV, p. 525). —Le manuscrit,
mutilé à la fin, s'interrompt dans ce traité.
Copié et collationnô avec l'épreuve.
10 bis. — Parisimts 16982. Papier, in-f°, xvm e siècle.
Copie du Liber pontificaiis contenu dans le manuscrit
précédent, exécutée pour le président Bouhier. Il con-
tient en outre deux autres livres épiscopaux, celui
d'Auxerre et celui de Besançon.
i. Le surnom Oclavianus de Jean XII est donné ici comme le
nom d'un pape distinct.
2. Léon VIII avait été proloscrmiarius avant son élévation à la
papauté en 963. On disait souvent protus pour protoscriniarius (Gal-
letti, Del primicero délia S. Sede, Rome, 1176, p. 134, 142).
3. Benoît V n'est pas mentionné. Ce pape, élu par les Romains à
la mort de Jean XII, ne fut pas reconnu par l'empereur Othon I er .
4. Ce catalogue ajoute un nouveau témoignage à ceux que l'on a
déjà fait valoir contre l'existence d'un pape Donus II que certaines
listes insèrent entre Benoît VI et Benoît VII. Il est à remarquer
aussi que Boniface VII (Ferrucci fllius) n'est pas mentionné.
5. Petrus est le nom qne portait Jean XIV (Pierre de Pavie) avant
son élévation au pontificat.
6. Jean XVI (Philagathe), antipape, n'est pas nommé.
1. Jean XVII est omis ou confondu avec son successeur Jean
XVIII.
8. Ce Teophilus ne forme qu'un seul et même personnage avec
le Benedictus qui le suit. C'est le Theophilitus qui et Benedictus du
catalogue d'Eccard (Watterich, Pontif. Rom. vitae, t. I, p. 700) au-
trement dit Benoît VIII. L'antipape Grégoire est passé sous silence.
9. Parmi les formules ajoutées au recueil primitif et spéciales à
ce manuscrit, il y en a une qui est tirée du testament de Widerad,
abbé de Flavigny (-f* 721); deux autres mentionnent le roi et le
r oyaume de Bourgogne, fondé en 879 (Neues Archiv, t. VI, p. 15
et suiv. Cf. p. 66-68).
11. — Veronensis LU, 50, ix° siècle.
Parchemin in-f° oblong, 277 feuillets.—
du ra*mc pays que le précédent.
KK
- Parait provenir
Contenu: f. 2'-100', Homiliaire, disposé dans Tordre
du calendrier 1 ; — f. i0i'-226, Règle de saint Benoît,
suivie d'un fragment de saint] Ephrem, de quelques
mots sur le psaume l et d'extraits des dialogues de
saint Grégoire ; — f. 227-238, Itinéraire de Bordeaux à
Jérusalem; — f. 238, Notitia Galiiarwn; — f. 241, let-
tre de Damas e à saint Jérôme, Dum multa (Jaffé «f- 242)
et réponse de saint Jérôme, Supplex legi ; — f. 243-
277, le Liber po?itificalis, môme titre et môme texte
que dans le ms. précédent ; mais les lettres de Jérôme
et de Damase figurent avant le titre. Le manuscrit étant
mutilé à la fin, le catalogue terminal ne va pas au delà
de Paul I er ; encore la dernière page est-elle si effacée
que beaucoup de mots sont devenus illisibles.
Le Liber pontificaiis a été publié d'après ce manus-
crit par Jos. Bianchini, dans le tome IV de l'édition de
son oncle, p. i-xh.
Collationné.
12. — L'abrégé K n'est pas aussi bien documenté que
l'abrégé félicien ; les manuscrits où il s'est conservé
ne nous le montrent point engagé dans une collection
canonique, mais isolé. Quant à la limite à laquelle il
s'arrête, elle n'est pas visible dans le manuscrit de Vé-
rone, mutilé à la fin. Voici comment il se termine dans
le manuscrit de Paris :
LXXXVI. Sergius, natione Syrus, sedit ann. XIII mens. VIII
dies XXIII.
LXXXVIl. Iohannis, natione Grecus, de Pladôlï, sedit ann. III
mens. II dies XII. Cessavit episcopatus mens. I dies XVJII.
LXXXVITI. Item Iohannis, natione Graecus, sedit ann. II mens.
VI. Et cessavit episcopatus mens. III.
LXXXVIIII. Sisinnus, natione Syrus, sedit dies XX. Cessavit
episcopatus mens. I dies XXVIII.
XC. Constantinus, natione Syrus, sedit an. VII dies XV. Ces-
savit episcopatus dies XL. Primo annopontificatuseius implen-
tur anni CL de repidito cyclo Victurii indictione VII, anno
primo, Tiberio ymperante cum Iustiniano pâtre.
XCI. Gregorius, natione Romanus, fsedit an. XVI mens. VII
dies XXI III. Et cessavit episcopatus dies XXXV.
XCII. Gregorius, natione Romanus, sedit an. X mens, X dies
VIIII. Cessavit episcopatus dies XL
1. Pour le détail v. la description de Heifferscheid, Académie de
Vienne, t. XLIX, p. 104.
Limites de l'a-
brégé cononien.
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XC1II. Zacharias, natione Grecus, sedit an. X mens. III dies
XIIII. Cessavit episcopatus dies XII.
XCIIU. Stephanus, natione Graecus, sedil an. V mens. I dies
XXV. Et cessavit episcopatus dies L.
XCV. Paulus sedit an. XI in annoXI Pippino rege, indictione
XV.
XCVI. Constantinus sedit anno I.
XCVH. Stephanus sedit an. III mens. V dies XXVII.
XCVIII. Adrianus sedit an. XV mens. V.
La nationalité du pape et la durée de la vacance sont
des indications qui ne peuvent guère provenir d'autre
part que du Liber pontificalis ; elles sont marquées
jusqu'à Etienne II (f 757). Le reste, et surtout la men-
tion de Constantin II, doit venir d'ailleurs. Je n'ai
trouvé la mention de Constantin II que dans des ma-
nuscrits et catalogues français ; les notes sur le cycle de
Victorius et sur le règne de Pépin indiquent la môme
origine.
Ainsi, la continuation après Etienne II et les deux
notes en regard de Constantin et de Paul 1 er supposent
que cet abrégé a été ou exécuté en France ou trans-
porté de bonne heure dans ce pays. Je vais montrer
qu'il y fut lu et mis à contribution dès le début du
ix e siècle.
13. — M. G. Waitz a étudié dans le Neues Archiv,
goRne,vers l'an t. V, p. 475 et suiv., une chronique franque, depuis la
création du monde jusqu'à l'année 741, compilée à l'aide
de divers auteurs, Bède d'abord, puis Isidore, Orose,
Frédégaire, les Gesta Francorum, de petites annales
franques du vnr 3 siècle, et le Liber pontificalis. Cette
compilation a été exécutée dans le voisinage d'Autun,
peut-être à Flavigny, en 800-801 au plus tard. Il en
reste deux manuscrits, conservés l'un à Leyde,le Scali-
gerianus 28, copié en 804 ou 816, à Flavigny, l'autre
à Munich (246, du ix° siècle) ; un troisième, qui appar-
tenait autrefois à Saint-Maximin de Trêves, fut copié
pour les Bollandistes, et s'est perdu depuis : il contenait
une continuation, en forme d'annales, jusqu'à Tannée
811. Le manuscrit de Munich représente, non pas le
texte primitif de la chronique, mais un remaniement
exécuté par l'auteur lui-môme ; les emprunts au Liber
pontificalis y sont beaucoup plus étendus que dans
le manuscrit de Leyde. J'ai constaté, par les citations
que M. Waitz fait de celte chronique, encore iné-
dite, que l'auteur avait eu entre les mains, non pas un
Liber pontificalis complet, mais l'abrégé K, terminé au
L'abrégé co
nonienenBour-
pape Conon ! . On peut en juger par le tableau suivant :
Chronique Abrégé K
(Ms. de Munich)
Huius temporibus Valenti-
nianus Augustus ornavit basili-
cas beati Pétri et Pauli ex auro
argentoque plurimum, et in
Constantiniana basilica fecit
fastigium argenteura, quod a
barbaris sublatum fuerat, et
in alias quamplures basilicas
multa dona optulit Valenti-
nianus Augustus.
Vie de Xtjstus 111
Huius temporibus Valenti-
nianus Augustus ornavit ba-
silicas beati Pétri apostoli ex
auro argentoque plurimum, et
in Constantiniana basilica fecit
fastigium argenteum, quod a
barbaris sublatum fuerat, et
in alias quamplures basilicas
romanas multa dona obtulit
Valentinianus Augustus *.
Vie de Léon I* T
ambulavit ad regem Chuno-
rum Atlilam et lîberavit totam
Italiam \
Hic ministeria Romane eccle-
siae post bellum Vaudalicum
renovavit *.
Vie de Vitalien
[Constantinus imp.] habita-
vit in civitate Syracusana, talis-
çue'adflictionesposuitpopulo 6
vel possessoribusprovinciarum
Calabriae, Siciliae,Africe Tel
Sardiniae per diagrafa seu ca-
pita atque nautigatione per
annosplurimos,quales aliquan-
do T numquam fuerunt.
Vie d'Adéodat
Sed et ère quod ibidem a aère vero qui ibidem a Roma
Roma navigatu m fuerat.... navigatum fuerat... 8
1. Dans les Annales Maximiniani {Compte-rendus des séances de
la commission royale d'histoire, t. VIII, Bruxelles, 1844, p. 171-176 )
il y a aussi des emprunts au Liber pontificalis, vies de Zacharie et
d'Etienne II, mais évidemment d'après un manuscrit complet.
2. L'abrégé K résume en ces termes une longue énumération
des églises fondées par l'empereur Valentiuien III, avec indication
des dons en mobilier sacré.
3. P : ambulavit ad regem Chunorum, nomine Attilam, et libé-
ra vit totam Italiam a periculo hostium.
4. P : Hic renovavit post cladem Wandalicam omnia ministeria
sacrata argentea per omnes titulos, etc.
5. P : et taies.
6. P : populo seu habitatoribus vel possessoribus.
7. P : a seculo.
8. P : vel aère qui ibidem a civitate Romana navigatum fue-
rat...
ambulavit ad regem Chuno-
rum Attilam et liberavit totam
Italiam.
Post quod bellum beatus Léo
papa ministeria Romane eccle-
siae renovavit.
(Mss. de Munich et de Leyde)
[Constantinus imp.] habita-
vit in civitate Seracusana, ta-
lesque afilicciones populo po-
suit vel possessoribus provin-
ciarum Calabrie, Sicilie, Africe
vel Sardinie per diagrafa seu
capita atque nauticatione per
aliquos annos, quales num-
quam aliquando fuerunt.
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LA PREMIÈRE ÉDITION
Vie d'Agathon
Ea vero hora tante tele ara-
neorum nigrissime....
Ea vero hora x tante tele ara-
niarum nigrissimi....
M. Waitz n'ayant pas cité d'autres emprunts faits au
Liber pontificalis par ]e chroniqueur en question, je
suis obligé de borner ma comparaison aux passages
ci-dessus. Elle est du reste assez concluante. De plus,
il est à remarquer que ni ce chroniqueur, ni le com-
pilateur de la chronique de Moissac x qui dépend de
lui, ne paraissent avoir tiré parti des vies des papes du
commencement du huitième siècle 2 , ce qui s'explique-
rait difficilement s'ils avaient eu entre les mains les ma-
nuscrits complets, généralement terminés à Etienne II
(f 737), qui se répandirent de bonne heure en France
au temps de Charlemagne.
III.
LE LIBER PONTIFICALIS PRIMITIF.
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Accord des 14. — Après avoir décrit l'extérieur de nos abrégés
cont X r/ie r texte et reconstitué, autant que possible, leur histoire litté-
compiet (F et • nous a |j ons étudier les rapports de leur texte avec
K contre f). ' * l
celui des manuscrits complets.
" L'abrégé F présente une particularité très propre à
faciliter une telle étude : le texte sur lequel il a été fait
n'y est point remanié ou résumé en termes nouveaux,
sortis de la plume de l'abréviateur lui-même. Le rac-
courcissement a été obtenu par des suppressions, non
par des condensations; il s'est fait, pour ainsi dire, à
coups de ciseaux ; c'est à peine si l'on trouve, par ci par
là, quelques formules de raccord, quelques mots ajoutés
ou changés par une bévue de l'abréviateur. En dehors
de ces cas exceptionnels, tout mot qui se trouve dans l'a-
brégé peut être considéré comme ayant figuré dans le
texte complet d'où il dérive. Au commencement, les
coupures sont peu nombreuses, parce que les notices
sont déjà fort courtes. Arrivé au iv e siècle, l'abrévia-
teur opère beaucoup plus en grand. D'abord il supprime
systématiquement les récits de fondations d'églises et
les énumérations de dons en mobilier sacré ou en fonds
de terre, qui tiennent une si grande place dans les vies
de Silvestre, de Damase, d'Innocent, de Xystus III,
d'Hilaire, de Symmaque, etc.; en ce genre il ne reste
que quelques vestiges du texte supprimé. Même en
dehors de ces détails, que la plupart des abrégés omet-
tent, il réduit considérablement les notices du iv e et du
V e siècle. En revanche, de longs récits, dans les vies de
Symmaque, d'Hormisdas et de Jean I or , y sont au moins
aussi étendus que dans le texte ordinaire. Il y a même,
i. P : Ea hora, etc.
Liber pontificalis.
dans la vie d'Hormisdas, un passage de plusieurs li-
gnes, qui comble une lacune des manuscrits complets.
Si l'on compare maintenant le texte de ces manus-
crits complets avec ce qui nous reste de celui qui a
passé sous les ciseaux de l'abréviateur félicien, on re-
marque des différences très nombreuses et très graves,
des différences telles qu'il est impossible de les mettre
au compte des vicissitudes de la transcription ou des
caprices d'un abréviateur. L'abrégé F témoigne d'une
recension qui ne s'est conservée dans aucun manuscrit
complet.
Il en est de même de l'abrégé K, mais seulement de
saint Pierre à Félix IV (f 530); au delà de ce pape, son
texte n'est pas, quoique abrégé, sensiblement diffé-
rent de celui des autres manuscrits. De saint Pierre à
Félix IV, au contraire, il présente, si on le compare à
ces manuscrits, des différences considérables; et ses
leçons, chaque fois que la comparaison est possible, se
retrouvent dans l'abrégé F. Je dis toutes les fois que la
comparaison est possible, car il arrive souvent que les
1. On trouve, dans la chronique dite de Moissac, un passage de
la notice de Vitalien qui est conçu exactement dans les mêmes
termes que celui qui est entré dans la chronique dont nous nous
occupons en ce moment (Mon. Germ. Scr., t. L p. 287). Mais c'est
parce que notre chronique est une des sources de celle de Moissac.
La chronique de Moissac contient, outre ce passage, beaucoup d'au-
tres choses dérivées du Liber pontificalis, mais tout aussi indirecte-
ment, par l'intermédiaire deBède. J'ai vérifié cela sur le ms. de la
Bibliothèque nationale d'après lequel elle a été imprimée (n° 4886,
xu e siècle). Le ms. 594i, qui contient une compilation historique
apparentée à celle de Moissac (Monod, Revue critique, 1873, t. II,
p. 262), ne dépend du Liber pontificalis, même par intermédiaire,
que de Zacharie à Léon III [Mon. Germ. t., c, p. 288-313).
2. Pour la chronique de Moissac, ceci ne peut être vérifié que
jusqu'à l'année 716, car entre 716 et 777 il y a une lacune dans le
manuscrit qui nous a conservé ce document.
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une combinai-
son de F et de P.
deux abrégés écartent l'un une phrase, l'autre une
autre, ou tous les deux la même; de plus, l'abrêvia-
teur K ne se borne pas à supprimer; il résume souvent,
et le texte sur lequel il opère n'est pas toujours facile à
distinguer au travers de son résumé. Malgré ces circon-
stances défavorables, la comparaison peut se faire sur
une étendue assez large. Elle conduit toujours au
même résultat : K toujours avec F contre P.
K n'est pas 15. — On pourrait expliquer ce fait en disant que K
représente une combinaison de F et de P ; que, s'il est
d'accord avec F, c'est que son auteur a eu cet abrégé
sous les yeux et que, tout en le complétant ça et là par
le texte P, il l'a toujours suivi dans les parties communes
à F et à P. A cela je répondrai d'abord que ce procédé
est fort invraisemblable. Voilà un homme qui veut
avoir un abrégé du Liber pontificalis ; il a sous les yeux
l'abrégé fôlicien et le livre pontifical complet. Le pro-
cédé le plus naturel est, semble-t-il, de s'en tenir à l'a-
brégé fôlicien, jusqu'à l'endroit où il s'arrête, et de ne
pas se donner la peine de refaire un travail déjà tout
fait ; un procédé assez naturel aussi, quoique moins ex-
péditif, ce serait de prendre le Liber pontificalis et de
l'abréger d'un bout à l'autre. Au lieu de cela, dans le
système que je combats, notre auteur transcrirait, mais
en y faisant des coupures, l'abrégé félicien, et compli-
querait cet abrégé d'abrégé en y introduisant des frag-
ments, abrégés aussi, du Liber pontificalis. A moins
d'avoir un culte spécial pour les hypothèses peu natu-
relles, on se décidera difficilement pour celle-ci. En se-
cond lieu, il y a dans l'abrégé K des passages dont elle
ne rend pas compte. Ainsi les mots suivants de la no-
tice de Symmaque : Âmpliavit clero et donum presby-
terii triplicavit et pauperibus vestes et alimoniam tri-
plicavit; ou encore, dans la notice de Félix IV, la
mention de son ordination ex iusso Theodorici régis.
Ce sont là des détails que l'on chercherait vainement
dans F ou dans P, et qui ne sont pas tels qu'on ait pu
les retrouver facilement à la fin du vu siècle.
16. — Cette hypothèse écartée, il ne reste que la so-
lution suivante. Les manuscrits complets du Liber pon-
tificalis ne nous l'ont point conservé dans sa forme pri-
mitive, mais dans unremaniement dont la date et l'inten-
sité demeurent à fixer; ce remaniement ne se fait plus
sentir au delà de Félix IV. Il y a eu une recension an-
térieure, terminée à Félix IV, sur laquelle ont été faits
séparément les deux abrégés F et K. Dans le manus-
F et K dérivent
d'une même ré-
daction, anté-
rieure à P.
crit qui a servi à l'abréviateur F, la série des notices
s'arrêtait à Félix IV; dans celui de l'abréviateur K elle
avait reçu une continuation qui s'étendait jusqu'à Conon
("J- 687) et même jusqu'à Etienne II (*{*757), mais sans
que les notices précédentes eussent été retouchées.
Ce système ne soulève, je crois, aucune objection
de principe ; il peut s'autoriser de l'analogie que fournit
l'histoire des actes des martyrs romains avec lesquels le
livre pontifical a plus d'un rapport. Les Gesta marty-
rum, pendant littéraire des Gcsta pontificum, ont été
sans cesse remaniés, complétés, embellis, corrigés,
raccourcis, suivant diverses exigences que je n'ai pas à
étudier ici ! ; le livre pontifical nous a conservé des
fragments importants de ces documents dans des re-
censions différentes de celles qui sont venues jusqu'à
nous par les passionnaires. Du reste, si l'on compare
les manuscrits du livre pontifical lui-même, j'entends
les manuscrits les plus anciens, copiés au viu e et au
ix e siècle, il est facile de constater que les notices des
papes, depuis Jean VI jusqu'à Paul I er (701-767), y ont
passé par diverses recensions, presque contemporaines
les unes des autres, qui nous sont parvenues intégra-
lement. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'un phé-
nomène littéraire qui s'est produit au vin* siècle, à
l'égard du livre pontifical, ait pu se produire à l'égard
du même livre, dans le siècle qui a vu son apparition *.
On pourra comparer facilement les deux recensions,
ou, comme je dirai désormais, les deux éditions du
livre pontifical, en jetant les yeux sur le texte imprimé
en trois colonnes, p. 48-107. Dans les deux premières
colonnes je reproduis intégralement les deux abrégés
F et K ; dans la troisième colonne, c'est-à-dire dans la
page de droite, je donne une restitution approximative
du texte qui a servi de base à ces deux abrégés, en y
joignant les variantes du texte complet, pris dans son
ensemble et coté P. Cette disposition me dispense de
relever ici tous les endroits où F et K s'accordent contre
P et témoignent d'une recension différente. Mais je ne
me suis pas borné à présenter cette recension comme
différente; j'ai dit qu'elle était antérieure à l'autre.
1. De Rossi, Bull. 1882, p. 162.
2. Si l'on désirait dautres exemples, on pourrait se rappeler le»
diverses recensions de la chronique de Prosperdont il a été ques-
tion plus haut, p. un, ou lire ce que M. B. Krusch a exposé dans
le Nettes Archiv, t. VII, p. 421 et suiv., sur les remaniements suc-
cessifs dont la compilation dite de Frédégaire a été l'objet; cf.
dans le môme recueil, t. V, p.' 488, les observations de M. G. Waitz
sur les retouches de la chronique arrêtée à l'année 741, etc.
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Comparaison
avec les sour-
ces du texte :
a) le catalo-
gue libérien,
Comme l'antériorité ne résulte pas nécessairement de
la diversité, il est nécessaire de la mettre en évidence
par une démonstration spéciale. C'est ce que je vais
faire maintenant.
17. — IJ y a d'abord, dans la chronologie des textes, une
présomption en faveur de celui dont F est un abrégé :
c'est en effet celui qui a les plus anciens témoins. Sans
doute, parmi les manuscrits du Liber pontificalis com-
plet, il y en a qui remontent au vin" siècle et même au
vn e , tandis que ceux de l'abrégé félicien ne sont que du
ix° siècle ; mais cet abrégé existait avant la fin du
vi e siècle ; cela a été démontré plus haut. Je ne veux pas
cependant insister outre mesure sur cette attestation
extrinsèque, car j'ai produit au chapitre précédent des
arguments d'où il ressort que le texte primitif a été
continué vers l'année 539, et qu'ainsi des manuscrits
prolongés, peut-être déjàremaniôs, ont été en circulation
assez longtemps avant le moment où l'abrégé félicien
fut mis à contribution par Grégoire de Tours «t par le
compilateur de la collection de Saint-Maur.
Pour discerner le rapport de date entre nos deux
textes, ce qu'il y a de plus sûr, c'est de les étudier en
eux-mêmes. Je vais donc relever et comparer leurs va-
riantes les plus significatives, en m' efforçant de mon-
trer que le texte FK (= -) est plus voisin que le texte P
des sources où ils ont été puisés l'un et l'autre, que le
texte P contient des gloses explicatives et qu'il présente
des traces indubitables de remaniements. Je terminerai
en étudiant l'attitude des deux rédactions dans une
question spéciale, la question du comput pascal, vive-
ment agitée en Italie et à Rome, au temps où le Liber
pontificalis fut publié.
C'est seulement dans un petit nombre de cas que l'on
peut comparer les deux textes à un document qui soit
la source du plus ancien d'entre eux *. Cependant cela
n'est pas tout à fait impossible. Commençons par le
catalogue libérien (L).
F et K s'accordent à placer Anicet avant Pie, comme
le catalogue libérien ; P n'a pas cette particularité, sauf
quelques manuscrits retouchés. — Dans la notice deClet,
le catalogue libérien porte : Fuit temporibus Vespasiani
et Titi et initio Domitiani, a consulatu etc. ; dans les deux
abrégés, on trouve : Fuit autem temporibus Vespasiani
et Jiti a Domiciani {Domiciano K), consulatu.,; dans P :
i. Sur les sources littéraires du livre pontifical, voirie chapitre
suivant, surtout le § préliminaire et les §§ iv, v et vi.
Fuit autem temporibus Vespasiani et Titi, a consulatu. . .
Les motse/ initio Domitiani sont en partie conservés dans
la mauvaise leçon a Domitiani des deux abrégés ; ils ont
disparu dans le texte P. — Il en est de même des mots
f rater ipsius x joints au nom d'Hermas (F seulement)
dans la notice de Pie; — Les leçons Aureliani (P) pour
Aureliani III (K; Aureliani II L), dans la notice de
Félix, Diocletiano IIII (P) pour Diocletiano VI (LFK),
dans celle de Gaius, Maxentio (P) pour Maximini (FK,
Maximiano L) dans la notice de Miltiade, indiquent
aussi une meilleure conservation du texte dans l'ori-
ginal sur lequel nos abréviateurs ont opéré. Quelques
variantes sont de sens contraire ou différent : Rufino
(FK) pour Rufo (LP) dans la notice de Lin, Camerino
(FK) pour Prisco (LP) dans celle d'Hygin, Gravione
(KP) pour Glabrione (LF) dans celle de Victor, députait
(FK)pour deportati (LP) dans celle de Pontien, Fecundo
(FK) pour Facundo (LP) dahs celle de Marc, et (FK) pour
a consulatu dans celle de Jules. Elles sont relative-
ment peu importantes * et s'expliquent par la diver-
sité des exemplaires du Libsr pontificalis primitif qui
ont été mis en œuvre par F, K et P. On n'en pourrait
dire autant des variantes relevées dans les notices de
Clet et de Pie. En partant des textes complets, actuel-
lement connus, du Liber pontificalis, un abréviateur
n'aurait guère pu se rapprocher ainsi du catalogue libé-
rien.
Le début de la notice de saint Pierre est emprunté au
De viris de saint Jérôme. Il est fidèlement reproduit
par F et par K; dans P, au contraire, l'ordre des mots
est gravement altéré :
S. Jérôme
Simou Petrus, fi-
HusIohannis,provin-
ciae Galileae, e vico
Bethsaida, frater An-
dreae apostoli et
princeps apostolo-
rum.
F K
Beatus Petrus, An-
tioclienus , filius Io-
hannis , provinciae
Galileae, vico Beth-
saida, frater Andreae
et princeps apostolo-
1. La raison de cette suppression est indiquée dans le com-
mentaire de ce passage.
2. La variante a consulatu s'explique facilement par la fixité des
formules: un copiste a fort bien pu la rétablir sans le secours d'un
autre original que celui que supposent F et K. Camerino pour
Prisco, faute plus grave en apparence, est simplement la répétition
du nom Camerini qui figure a la ligne précédente. Je reviendrai
plus loin sur ces variantes.
b) le De vins
de S. Jérôme,
Beatus Petrus, a-
postolus et princeps
apostolorum, Antio-
chenus, filius Iohan-
nls, provinciae Galli-
leae, vico Bethsaida,
frater Andreae.
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c) les apocry-
phes symma-
chiens.
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Je n'étendrai pas ces rapprochements aux actes des
martyrs, car, bien que plusieurs de ces documents aient
été mis à contribution pour le Liber pontificalis, nous
n'en avons pas de textes assez arrêtés pour l'usage que
j'en voudrais faire. Quant aux apocryphes symmachiens,
bien qu'assez mal publiés jusqu'à présent, ils peuvent
fournir quelques indications utiles. Ainsi, dans la notice
de Silvestre, une des conditions indiquées pour l'ordi-
nation, c'est que le candidat réunisse tous les suffrages
du clergé, d'après P, du clergé et des fidèles, d'après
F et K. Or le décret où se rencontre cette prescription
est emprunté au Constitutiim Silvestri, can. 5, où il
est dit expressément : ab omni ecclesia cligatur corne-
cr andus episcopus, nullo de membris ecclesiae interce-
dente et omni ecclesia conveniente. Le système suivi par
FK est évidemment plus conforme que celui de P à la
teneur de ce canon. — Dans la notice de Xystus III il
est question d'un certain Bas'sus, qui, pour avoir calom-
nié le pape, fut excommunié par un concile. La rédac-
tion P ajoute qu'on ne lui refusa pas la communion à
sa dernière heure, et que le pape Xystus lui donna la
sépulture de ses propres mains. Ces derniers détails
n'ont laissé aucune trace dans les abrégés F et K; ils
sont d'ailleurs inconciliables avec le texte des Gesta de
Xysti purgatione auquel toute cette histoire est em-
pruntée. Dans les Gesta, Bassus meurt excommunié; le
pape, bien loin de lui donner la sépulture ecclésiasti-
que, est censé lui avoir refusé l'absolution à l'article de
la mort.
Dans la notice d'Eusèbe, on trouve un synchronisme
qui ne provient pas du catalogue libérien : Fuit tempo-
ribus Constantini (FK), Fuit temporibus Constantis (P).
La différence paraît, au premier abord, n'être qu'une
simple variante paléographique. En y regardant de plus
près, on voit que ce synchronisme provient du même
texte légendaire qui a fourni les deux lignes suivantes,
le récit de l'invention de la croix et du baptême du
juif Cyriaque. Dans cette légende il est question de la
conversion de l'empereur Constantin et de son baptême,
célébré par Eusèbe, ôvêque de Rome. Comme je le
montrerai plus loin, l'auteur du Liber pontificaUs, tout
en acceptant l'ensemble du récit, a cru devoir écarter le
baptême de Constantin par Eusèbe ; mais il n'avait au-
cune raison de sacrifier le synchronisme de ces deux
personnages. Constantis , dans le texte P, a donc toute
l'apparence d'une correction. Dans les Gesta Liberii on
distingue aussi, mais d'une autre façon, entre Constan-
tin, baptisé par Silvestre, et un Constant, baptisé par
Eusèbe. Il est vrai que cet Eusèbe n'est autre qu'Eu-
sèbe de Nicomédie ; mais c'est aussi ce personnage qui
est transformé, dans la légende de Cyriaque, en un
évoque de Rome. Les deux dédoublements présentent
une analogie évidente. Il est même possible que ce soit
celui des Gesta Liberii qui ait inspiré la correction
Constantis.
18. — En plusieurs endroits, le texte de P contient
des gloses explicatives qui ne se rencontrent ni dans F
ni dans K. Ainsi, dans la notice d'Anaclet : Hic mémo-
riam b. Pétri construxit et co?iposuit, dum presbiter
factus fuisset a b. Petro, [seu alia locà] ! ubi episcopi
reconderentur [sepulturae] , ubi tamen et ipse sepuitus
est [iuxta corpus b. Pétri] Jll kaL iuL — Alexan-
dre : Bic passionem Domini miscuit in predicatione
sacerdotum [quando missae celebrantur], — Téles-
phore : Hic constituit ut. . . natalem Domini noctu mis-
sas celebrarentur ; [nam omni tempore ante horae ter-
tiae aursum nullus praesumeret missas celebrare, qua
hora Dominus noster ascendit crucem]. — Anicet :
Bic constituit ut clerus comam non nutriret [secundum
praeceptum apostoit]. — Silvestre : Bic constituit...
privilegium episcopis ut baptizatum consignent pro-
pter haereticam suasionem. [Bic et hoc constituit ut
baptizatum liniret presbiter chrisma levatum de aqua,
propter occasionem transitus mortis.] — On peut com-
parer aussi, dans les deux textes, les décrets de Xys-
tus I er sur les litterae formatae, de Sirice sur le fer-
mentum ; on verra que la leçon de P n'est qu'un dé-
veloppement de celle de F et de K.
19. — En d'autres endroits le texte primitif n'est
pas seulement complété, mais remanié suivant des
idées ou des données nouvelles, ou simplement par une
maladresse évidente.
L'ordre des premiers papes, dans le Liber pontificalis,
est établi d'après cette idée que Lin et Clet ont exercé
leurs fonctions du vivant même de saint Pierre et que
saint Clément est le véritable successeur de l'apôtre. Ce
système est formellement exprimé dans plusieurs phrases
des notices de Pierre et de Clément, qui manquent, il est
vrai, aux deux abrégés et à certains manuscrits de P.
Mais, en dehors de ces phrases explicites, on voit, par
i. Je mets entre crochets les mots que le texte P ajoute à celui
des abrégés.
Gloses explia
tives dan* 1
Remaniement*
de P.
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les abrégés comme par les autres textes, que Lin et Clet
n'ont été, aux yeux de Fauteur, que de simples vicaires
de saint Pierre. Leurs actes sont indiqués par la for-
mule Hic ex praecepto beati Pétri constituit , fecit. . ,
qui ne se retrouve nulle part ailleurs. Cela étant, les
deux pontificats de Lin et de Clet ayant été contempo-
rains de celui de saint Pierre , Clément ayant été ins-
tallé par l'apôtre lui-même pour lui succéder après sa
mort, le siège ne peut avoir été vacant avant le décès
de Clément. Et en effet, on ne trouve la vacance du
siège marquée dans les abrégés, ni après saint Pierre,
ni après Lin, ni après Clet. Dans P, au contraire, on
l'indique après Clet. — De môme P (sauf quelques
mss.) indique dans la notice de Lin des ordinations;
ceci paraît incompatible avec le système primitif 1 . —
Dans cette môme notice de Lin, la date obituaire est
indiquée dans P par la formule sub die, étrangère à
l'usage constant de F, de K et de P lui-même, où elle
ne reparaît qu'à la notice de Jean I er (523-526).
Le martyre d'Anicet est inconnu à F et a K ; dans P,
au contraire, on dit de ce pape : Qui etiam obiit mar-
tyr. La preuve qu'il y a ici une retouche, c'est que cette
expression diffère de la formule ordinaire Martyrio
coronatur et qu'elle se présente à une place insolite.
Un fait identique s'observe dans la notice d'Euty-
chien. — De môme, le pape Gaius, qui est un simple
confesseur dans F et dans K, devient un martyr
dans P :
F K P
Hic fugiens persecutione Hic fugiens persecutionem
Diocleliani in criptis habitans Diocletianiincriptishabitando
confesser quievit. martyrio coronatur.
Ànicet et Soter sont enterrés par F et par K iuxta
corpus b. Pétri, au Vatican : P les transporte in cymi-
terio Callisti, via Appia. Or, sauf les exceptions spé-
ciales de Clément et d'Alexandre, tous les papes des
deux premiers siècles sont dits enterrés à Saint-Pierre;
le cimetière de Calliste n'existait pas "encore sous ce
nom au temps d'Anicet et de Soter; il n'y a aucune
apparence que ces papes y aient été déposés ou trans-
férés ; deux documents différents * nous ont conservé la
i. Voir le commentaire à cet endroit.
2. Le martyrologe [hiéronymien (9 août) et le recueil épigraphi-
que du vn e siècle auquel M. de Rossi a donné le nom de Sylloge
Turonensis (Inscr. christ., t. II, p. 66).
liste des papes enterrés au cimetière de Calliste; ni
l'un ni l'autre ne parle d'Anicet ou de Soter; aussi
M. de Rossi, en restituant l'inscription commémora-
tive de Xystus III d'où dérivent ces deux documents,
s'est-il abstenu d'y marquer les noms de ces deux
papes \ La leçon iuxta corpus b. Pétri a donc tous les
titres possibles à être considérée comme la leçon pri-
mitive. — Dans la notice du pape Eleuthère on trouve
un décret contre la réprobation (manichéenne) de cer-
tains aliments ; K annonce ce décret par la formule
constituit, qui se découvre aussi derrière le remanie-
ment contentât de l'abrégé F; on lit iterum firmavit
dans P. C'est encore là une retouche, inspirée par le
désir de reporter plus haut qu'Eleuthère la condamna-
tion de ces abstinences. Dans la notice de Silvestre, le
concile de Nicôe est dit réuni cum eius consensu dans
F et dans K, cum eius praeceptum dans P; le renforce-
ment est sensible et facile à expliquer; mais comment
concevoir l'atténuation de praeceptum en consensu? —
La môme préoccupation se révèle à propos de la con-
vocation du concile de Chalcédoine :
Hic invenit duas hereses, Eu-
thicen et Nestorium ; per ro-
gato Marciani Aug. orthodoxi
principis, exhuius preceptum,
factum est concilium....
Hic invenit duas hereses, Eu-
lychiana et Nestoriana. Hic or-
dinavit praecepta sua auctori-
tate et raisit ad Marcianum
aug. orthodôxum principem
catholicum, et facta conlatio-
ne cum eodem principe,collecti
sunt episcopi et factum est con-
cilium...
Dans la rédaction P, l'initiative de l'empereur a dis-
paru. — On peut encore comparer sur ce point les va-
riantes de la notice de Félix III ; le pape envoie un
defensor à Constantinople ex constituto synodi sedis
suae, d'après F; cum consilio sedis suae, d'après
P. Quelques lignes plus bas, la mission des évoques
Mesenus et Vitalis est attribuée par F au pape assisté
d'un concile, par P au pape seul. — Citons encore la fa-
çon différente dont on mentionne une lettre du pape
Sirice :
F K P
Hic constitutum fecit de Hic constitutum fecit de
1. Roma, sott.yX. II, p. 33-48.
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ecclesia et direxit per provin- omnem ecclesiam vel contra
cias. oranes hereses et exparsit per
universum m un du m ut ia om-
nem ecclesiae archibo tenean-
tur ob oppugnationem contra
omnes hereses.
On peut remarquer en passant que les deux détails
contra omnes hereses etper universum mundum sont tout
àfait inexacts. — Dans la notice de Boniface I er , l'histoire
de la compétition d'Eulalius est racontée en quelques
mots par les abrégés F et K, très longuement par le ré-
dacteur P. Les deux récits sont d'ailleurs indépendants
l'un de l'autre ; le premier fait attribuer à Eulalius
évincé l'évêché de Nepi, l'autre le fait reléguer en Cam-
panie, sans mention d'un évêché quelconque ; d'après
le premier, l'affaire est jugée par un concile, d'après le
second, elle est terminée par l'autorité impériale. Sur ce
point, comme sur l'ensemble de sa narration, P est assez
conforme à l'histoire réelle ; la tradition qu'il suit est
relativement bien conservée. Cependant il est certain
qu'un concile fut réuni à Ravenne à propos de cette
affaire et qu'il devait s'en tenir un second à Spolète, au
moment où elle s'arrangea en quelque sorte d'elle-
même. De plus, dans l'état de nos connaissances, il est
impossible de savoir ce que devint Eulalius, s'il fut
réellement élevé sur le siège de Kepi ou relégué en
Campanie. D'autre part, le rédacteur P a pu se pro-
curer des renseignements plus circonstanciés et même
plus exacts sur un fait qui excitait à un si haut degré
l'intérêt public au moment où le Liber pontificalis fut
publié. Un détail, en apparence insignifiant, porte à
croire que son récit ne remonte pas au delà de l'année
530 et de l'avènement du pape Boniface II. Il mentionne
les lieux où furent ordonnés Eulalius et Boniface : Eu-
lalius vero ordinaturin basilica Constantiniana, Bonifa-
tius autem in basilica Iulii. Eulalius en effet fut ordon-
né dans la basilique Gonstantinienne, mais Boniface I er
le fut dans celle de Marcel ; nous avons sur ce point le
témoignage oculaire du préfet de Rome, Symmaque 1 .
La cause de l'erreur se découvre en rapprochant la
phrase suivante, qui figure en tête de la notice de Bo-
niface II : Qui Dioscorus ordinatur in basilica Cons-
tantiniana, Bonifatius vero in basilica lulii. La notice
de Boniface II étant l'œuvre d'un contemporain, on
doit considérer son témoignage comme certain et l'on
1. Baronius, ad ann. 418, g 80.
est fondé à en reconnaître l'écho dans celle de Boni-
face I er , rédaction P.
A mesure que l'on approche de la fin, c'est-à-dire de
la vie de Félix IV, la différence des textes FK et P s'ac-
centue de plus en plus et l'antériorité du premier se
révèle avec plus d'évidence. Dans celui-ci la notice de
Symmaque commence par un éloge enthousiaste de
ce pontife : Hic amavit clerum et pauperes; bonus,
prudens,humanus,gratiosus. A la fin, il est question (K)
de sa générosité envers le clergé et les prêtres : am-
pliavit clero et donum presbiterii triplicavit et paupe-
ribus vestes et alimoniam triplicavit. Tout cela manque
à la rédaction P,et, il faut bien l'avouer, cette omission
n'est pas en faveur de sa priorité. — Dans la notice
d'Hormisdas, le général Vitalien est appelé magister
militum dans FK et consul dans P, à propos d'événe-
ments du printemps de 519 ; or Vitalien ne fut consul
qu'en 520. — Mais, ce qui est plus grave, c'est que l'a-
brégé F (K est ici très court, mais on voit qu'il suppose
en somme le même texte que F) contient ici un long pas-
sage qui comble une lacune du texte P. — Dans la no-
tice de Jean I er , F témoigne d'une considération spéciale
pour FI. Theodorus, l'un des sénateurs qui accompa-
gnent le pape à Constantinople ; il l'appelle praecedens
omnium dignitatum splendorem. Ces mots, écrits évi-
demment du vivant de ce personnage, manquent a la
rédaction P. L'issue de la négociation est diversement
indiquée dans les deux textes : F dit simplement que
l'empereur se rendit aux désirs exprimés par les am-
bassadeurs : Cui vero simul et senatoribus tantis...
omnem concessit petitionem ; propter sanguinem Ro-
manorum reddidit haereticis ecclesias. P a cru bon de
passer rapidement sur cette histoire extraordinaire d'un
pape qui demande et obtient que l'on rende leurs
églises aux hérétiques. Il se borne à dire que papa
Iohannes vel senalores viri religiosi omnia meruerunt
et liberata est Italia arege Theodorico heretico. — Le
même scrupule à l'endroit d'un fait vrai, mais dont le
souvenir importune, se révèle dans la notice de
Félix IV :
F K P
Qui etiam ordinatus est ex Qui ctiam ordinatus est cura
iusso Theoderici régis et obiit quietem etvixit usque ad tem-
tempore Athalarici régis, sub pora Athalarici.
die III1 id. octob.
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Le cum qnietem est une réticence habile et une re-
touche évidente. Il en est de même de la formule vixit
usgue ad tempora Athalarici ; mais ici l'habileté est en
défaut, car Félix IV fut ordonné le 12 juillet 526 et
Athalaric succéda à Théodoric le 30 août de la même
année ; l'expression obiit tempore est beaucoup plus
naturelle, surtout chez un contemporain.
40 20. — Je terminerai cette comparaison en étudiant
ulde re da C ns d 1a un texte ou il est question du comput pascal ; on sait
S| stion pas " < I ue I e comput pascal fut le sujet de controverses fort vi-
ves, à Rome et en Italie, dans le courant du vi° siècle. Au
temps de Symmaque, il y avait deux cycles en présence,
celui de 84 ans, réformé en 447, sous le pape Léon, et celui
de Victorius d'Aquitaine, présenté au même pape, en
457. Dans celui-ci, de larges concessions avaient été
faites au comput alexandrin, avec lequel les calculs
romains se trouvaient sans cesse en désaccord. Cepen-
dant il restait encore quelque chose à faire pour éta-
blir une harmonie parfaite entre les pâques romaines
et celles d'Alexandrie. Ce fut l'œuvre de Denys le Petit,
qui publia en 525 son fameux cycle pascal, destiné à
devenir la base du ccmput et de la chronologie dans
tout l'Occident.
En 501, année où les computs différaient gravement,
le pape Symmaque choisit la solution donnée par le
vieux cycle romain et célébra la Pâque le 25 mars,
tandis que les Orientaux la renvoyèrent au 22 avril.
Cette décision lui valut des difficultés 1 , dans lesquelles
il fut soutenu par l'auteur anonyme du Conslittitum
Si Ives t?*i et de plusieurs documents analogues.' L'au-
teur du Liber pontificalis, tout en épousant par ailleurs
la querella de Symmaque, ne le suit pas sur ce ter-
rain. Pour lui les calculs alexandrins sont les meilleurs;
et il les fait patronner par le pape Victor, avec un ana-
chronisme de deux siècles. A ce propos nos deux ré-
dactions présentent des variantes notables :
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FK
Et fecit conciliura et inter- Hic fecit constitutum ad in-
rogatio facta est de Pascha vel terrogationem sacerdotum de
de die prima, cum Theopkilo circule» Paschae ut (vel?) domi-
i. Fragment laurentien, p. 44 du présent volume. A la fin d'une
lettre adressée, le 29 septembre 500, à l'évoque d'Arles Aeonius,
Symmaque indique la pâque de l'année suivante comme fixée au
25 mars (Jafle 754, Thiel, t. I, p. 655; cf. Krusch, Neues Archiv,
t. IX, p. 105).
episcopo Alexandriae, de luna.
nico Paschae, cum presbiteris
et episcopis factam conlatio-
nem et accersito Theopbilo e-
piscopo Alexandriae, facta con-
gregatione, ut a XIII1 luna pri-
mi mensis usque ad XXF diem
dominicum custodiatur sanc-
tum Pascha.
Que la rédaction P suive Denys le Petit, c'est ce qui
est tout à fait clair. Elle reproduit exactement ses deux
termes lunaires *, XIIII (au soir, ou plutôt XV) et XXI.
Voici du reste le passage de sa préface qui correspond
à notre texte : Aucloritate divina claruit primo mense,
XIIII die ad vesperum usque ad XXI, festivitatem
paschalem debere celebrari '•'. Les termes lunaires ro-
mains étaient XVI (XV ad vesperum) et XXII ; Victo-
rius, tout en acceptant le cycle de 19 ans comme pré-
férable pour calculer l'âge de la lune, n'avait pas osé
toucher à ces déterminations traditionnelles.
Il est donc évident que le texte de P ne peut être
antérieur à Denys et à la publication de son cycle,
c'est-à-dire à l'année 525. Toute la question, en ce mo-
ment, est de savoir s'il y a quelque raison d'y voir un
remaniement du texte FK, ou si celui-ci peut être con- *
sidéré comme dérivant du sien. D'abord il a extérieu-
rement l'apparence d'une retouche : au lieu que , dans
FK, le décret sur la Pâque se place à la suite des autres
décrets de Victor, dans P il figure entre les ordinations
et la sépulture, c'est-à-dire qu'il dérange l'ordonnance
régulière de la finale. En second lieu, bien que le texte
FK soit fort concis, il paraît s'inspirer du système de
Victorius et non de celui de Denys. Victorius, en effet,
dans sa lettre dédicatoire à l'archidiacre Hilaire 3 , fait
grand état de Théophile d'Alexandrie et s'occupe
spécialement du premier jour de la lune, c'est-à-dire
du jour de mars ou d'avril où la nouvelle lune doit
tomber pour être acceptée comme lune pascale. La
mention de Théophile n'est pas un trait particulier,
car ce personnage était, grâce à sa table pascale de cent
ans et à sa lettre à Théodose, une autorité souvent in-
voquée dans les controverses qui nous occupent. Cepen-
i. On entend par termes lunaires de la Pâque, les deux jours du
mois lunaire entre lesquels peut tomber la fête. Dans tous les sys-
tèmes il y a sept jours consécutifs, entre lesquels s'opère le roule-
ment de l'échéance festale. Les termes lunaires de chaque système
sont le premier et le dernier de ces sept jours.
2. Migne, P. L. t t. LXVII. p. 489.
3. Aegid. Buchêrii, In Victorii Aquitani canonem, Anvers 1633.
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dant il est bon de remarquer que Denys parle peu de
Théophile ! et qu'il met au premier rang de ses argu-
ments, non pas le sentiment de ce personnage, mais une
décision du concile de Nicée *. Quant à la prima luna
[dies prima), c'est la grande affaire de Victorîus. Il ex-
plique longuement que les Latins regardent comme
pascales toutes les lunes qui commencent le 5 mars et
les jours suivants jusqu'au 3 avril inclusivement, tandis
que Théophile et les Grecs ne les acceptent qu'à partir
du 8 mars et vont jusqu'au 5 avril. C'est à concilier ces
deux systèmes qu'il emploie ses calculs ; il y parvient
par divers raisonnements dans lesquels je n'ai pas besoin
d'entrer. Quant aux termes lunaires, c'est-à-dire à la
question de savoir si le dimanche de Pâques peut tomber
du 15 au 21 de la lune ou du 16 au 22, il ne prend
aucun parti et se borne à marquer les pâques différentes
obtenues dans les deux systèmes, quand ils donnent
des solutions diverses. En somme, le comput de Vic-
torius, qui est certainement écarté dans la rédaction P,
se concilie très bien avec la rédaction FK et semble
même y être visé.
Ceci n'est pas sans doute un signe indiscutable d'an-
tériorité, car le comput victorien continua d'avoir des
adhérents, môme en Italie, pendant le sixième siècle ;
mais Denys lui fit de bonne heure une rude concurrence 8 .
Nous verrons d'ailleurs que ce dernier personnage
jouissait d'une considération spéciale auprès de l'au-
teur du Liber pontificalis. Ses idées sur le calcul pascal
n'eurent aucune résistance à vaincre pour entrer dans
cette compilation.
La conser- 21.' — De tous ces faits il résulte clairement, à mon
dans" les cioîix avis, que le texte P représente une révision systémati-
abrorjes. q Ue ^ ce j u j gur j e q Ue | on i $fâ f a j ts j es abrégés F et K,
et que c'est à ceux-ci que nous devons demander la ré-
1. C'est à la table pascale de saint Cyrille d'Alexandrie, et non
à celle de Théophile, que Denys a rattaché la sienne. Il nomme
Théophile à deux reprises dans la préface de son cycle, mais il
n'en parle pas dans sa lettre au primicier Boniface.
2. Cette décision n'a jamais existé ; c'est Denys qui l'a déduite,
par une exégèse Imbile, de la lettre de Proterius d'Alexandrie au
pape saint Léon sur la question pascale (Krusch, 1. c. p. 107).
3. Voir la lettre de Denys à Bonifatius et Bonus (Migne, P. L.,
t. LXVII, p. 517 B), où les mots qui lunam aliter quam veritas ha-
bet computant s'adressent à victorius. M. B. Krusch a publié,
1. c, p. 109, le rapport du primicier Bonifatius au pape Jean I",
à la suite de la consultation qu'il avait demandée à Denys pour
la Pâque de 526. On y voit que ce haut fonctionnaire ecclésiasti-
que accepte, non seulement les calculs de Denys, mais môme l'ar-
gument du concile de Nicée.
daction vraiment primitive et originale du Liber pontifi-
calis. Malheureusement ilsnel'ontpas conservée tout en-
tière ; de plus, il est impossible qu'ils ne l'aient pas un
peu modifiée en l'abrégeant. Il importe de se rendre
compte de l'étendue de ces modifications. J'ai déjà dit
qu'elles étaient considérables dans l'abrégé K, peu
importantes dans l'abrégé F. Le moment est venu d'é-
tudier ce point avec quelque précision, et de rendre rai-
son de certaines particularités de rapports entre les
trois textes F, K et P, qui ne trouvent pas une explica-
tion suffisante dans la différence entre la première édi-
tion (*) et la seconde (P).
22. — • J'ai dit que F ne résume jamais et que, sauf de P î4" cl ^jl
des cas très rares, tous les mots que l'on y trouve ont lîcien.
fait partie, et cela dans le même ordre, du texte d'où
cet abrégé dérive. Cependant il y a quelques endroits
où l'abréviateur a changé' ou ajouté quelque chose.
Nous pouvons, je crois, négliger ici des variantes
comme exilio detrudetur au lieu de exilio depatatur ou
deportatur (p. 82, 1. 11) ; purificatur pour purgatur (p.
84, 1. 24) ; hic fecit pour hic constituit (p. 88, 1. 5), etc.,
qui ne sont autre chose que des substitutions de syno-
nymes. D'ailleurs les retouches de ce genre sont fort ra-
res. — Quelquefois un mot est ajouté, dans la suite d'un
récit, pour suppléera un détail omis plus haut. Ainsi, dans
la vie de Cornélius , decollatus est <adtemplum Martis> ;
K et P ne mentionnent pas ici le temple de Mars, parce
qu'ils l'ont mentionné plus haut, dans une partie du
récit que l'abréviateur F a fait disparaître. Dans la vie
de Libère, l'interpolation de cimiterio sanctae Agne
<ubi sedebat> s'explique de la même façon, l'abrévia-
teur ayant coupé, un peu auparavant, la phrase où il
est question du séjour de Libère à Sainte -Agnès. —
Dans la lettre du pape Damase (p. 48, 1. 7), le mot
pacis est également une intrusion. Il me semble qu'il
doit être corrigé en paucis : nobis per ordinem <pau-
cis> enarrare digneris. L'abréviateur aura pensé, soit à
la brièveté des notices, soit à la nature de la transfor-
mation qu'elles subissaient de son fait. Peut-être les
mots inpace y dans la notice d'Evariste (p. 54, 1. 8)
ont-ils été ajoutés par lui. Voici des écarts plus impor-
tants. Le premier se rencontre dans la notice du pape
Eleuthère (p. 60) :
F K P
Et hoc contenuît Et constituit ut Et hoc iterum fir-
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ut nullu3 repudiare- lus cassules répudia- mavit ut nulla esca
turachrisiianis,ma- retur a christianis, <usualcsE>achri-
xime fidelibus, que maxime fidelibus, stianisrepudiaretur,
Deus creavit, qui quod Deus creavit, maxime fidelibus,
tamen rationabilés que tamen rationes quod Deus creavit,
sunt. sunt. quae tamen rationa-
lis et humana est.
Les mots iterum firmavit et et humana est, dans P,
appartiennent au remaniement. Entre les quatre leçons
nidlus, nullus cassules, nulla esca usuales et nulla esca,
il n'a, je crois, que des différences paléographiques. Les
manuscrits E, du groupe P, ont été certainement revus
sur un manuscrit soit complet, soit abrégé, de r. ; bien
des passages le montrent. Dans le cas présent, ils peu-
vent servir à rétablir la leçon originale nulla esca usua-
lis. Mais ce qui reste inexpliqué, c'est le contenuitàe F.
On en trouvera la raison en jetant les yeux sur ce qui
précède : Hic accepit epistula a Lucio, Brittanio rege,
ut christianus efficeretur per eius mandatum ; et hoc
contentât etc. L'abréviateur a très mal a propos con-
fondu le décret du pape Eleuthère avec le contenu de la
lettre du roi breton.
La notice du pape Victor présente deux ou trois faits
analogues :
Constituit ut ne-
cessitate faciente ubi
inventus fuisset, sive
in flumine, sive in
mari, si ve in fontem
aut in stagnum, tan-
tum ebristiano con-
fessione declarata
credulilates(creduli-
tas a b) effecerit inte-
ger christianus, qui-
cumque bominum
ex gontile veniens
utbaptizaretur.
K
Constituit ut ne-
cessitate faciente hu-
bi inventum fuisset,
sive in ilumine, sive
inmari,sive infonte,
tantum ebristianone
declarata credulita-
tem, quaecumque
bominum ex gentile
veniens baptizetur.
Constituit ut ne-
cessitate faciente ut
ubiinventus fuisset,
sive in flumine, sive
in mari, sive in fon-
tibus, tantum ebris-
tiano confessione
credulitatis clarifi-
cata, quicumque bo-
minum ex gentile
veniens ut baptiza-
retur.
Sauf la disparition presque totale du mot confessione
et celle de ut avant baptizetur, sauf encore le change-
ment de declarata credulitatem {credulitatis) en creduli-
tatis clarificata, qui rentre dans les divergences des deux
rédactions - et P, K est d'accord avec P ; mais ils n'ont
ni l'un ni l'autre les mots soulignés dans F. Leur si-
lence est le seul argument que Ton puisse faire valoir
contre les mots aut in stagnum, qui ne dérangent
Liber pontificaus.
point l'ordre de la phrase et continuent assez naturelle-
ment Ténumération précédente. Il n'en est pas de même
des mots effecerit integer christianus, qui interrompent
le sens f et sont une interpolation évidente.
C'est encore à l'abréviateur F que doit remonter la
responsabilité d'une autre variante dans la môme no-
tice. Après avoir dit que Victor ordonna de célébrer la
Pâque le dimanche, l'abrégé félicien ajoute : sicut Plus;
K et P portent : sicut Eleuther. Au premier abord
il semble que ce soit F qui ait raison et que K et P re-
présentent une corruption du texte. En effet, on trouve
plus haut, dans la vie de Pius, que le livre du Pasteur,
écrit par Hermès, frère du pape, sous la dictée d'un
ange, contenait l'ordre de célébrer la Pâque le diman-
che ; tandis que la notice du pape Eleuthère n'offre pas
la moindre allusion à un règlement pascal. Cependant,
je ferai remarquer que, dans les changements de ce
genre qui sont volontaires et réfléchis, on ne va guère
du plus naturel au moins naturel. Si on retouche un texte,
c'est pour l'améliorer et non pour le détériorer. Si l'o-
riginal avait eu la leçon sicut Pius, qui est logique, on
ne voit pas pourquoi on eût supprimé cette leçon pour
y introduire sicut Eleuther qui ne se justifie pas par
le contexte. Si au contraire, il y avait à l'origine sicut
Eleuther, leçon obscure, on s'explique très bien que
cette leçon ait été écartée pour faire place à sicut Pius.
Du reste, outre l'abrégé félicien, d'autres abrégés ont
aussi la leçon sicut Pius : ainsi le Palatinus 39 et le
Vaticanus 341, deux textes qui n'ont certainement rien
à voir ni avec w ni avec F ; mais leur brièveté favorisait la
comparaison de la notice de Pius avec celles d'Eleuthère
et de Victor.
23. — De môme, l'abrégé K a, môme en dehors d e P ffigfco?
des formules de résumé, certaines particularités qui nonicn -
lui sont propres.
Ainsi, dans la notice de Pontien, il fait enterrer ce
pape in cimiterio Catacumbas. F et P sont d'accord
pour indiquer le cimetière de Calliste, conformément à
la Depositio martyr um de Filocalus et à tous les autres
documents. C'est K qui a tort. L'erreur 2 n'a pu être
1. Cette phrase, assez obscure, signifie que, dans le cas de néces-
sité, un païen converti pourra être baptisé n'importe où, pourvu
qu'il ait fait à un chrétien sa profession de foi; le texte félicien
transforme en accusatif l'ablatif absolu confessione declarata, et le
complète par le verbe effecerit. Quant aux mots integer christianus
ils me semblent n'être qu'une glose à christiano.
2. Cette erreur est difficile à expliquer : aucune tradition en effet
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Manuscrits du
la première édi-
tion.
dans le texte w, pas plus qu'elle n'est dans le texte P.
Une particularité très importante de l'abrégé K, c'est
le remaniement des chiffres d'années, mois et jouis
attribués à chaque pontificat. Comme j'aurai occasion
d'y revenir au chapitre suivant, je me borne ici a la
signaler.
24. — Outre ces différences qui trahissent, soit dans
F, soit dans K, quoique à des degrés bien divers, une
certaine intervention personnelle de l'abréviateur, il y
en a d'autres qui sont purement paléographiques et
proviennent de la diversité des manuscrits employés par
les auteurs des abrégés. Il serait a priori invraisembla-
ble qu'un même manuscrit eût servi aux deux abrévia-
teurs F et K, et que ce manuscrit eût été précisément
celui sur lequel on exécuta le remaniement P. Je crois
qu'il y a lieu de distinguer trois ou même quatre ma-
nuscrits, tous perdus, de la rédaction primitive- : deux
ont été abrégés pour former les rédactions F et K ; un
troisième a servi de base à la seconde édition P ; enfin
un quatrième a pu être mis à contribution pour le groupe
E, qui, comme on le verra, représente, quoique à un
faible degré, une combinaison des deux textes w et P.
Voici des exemples, relatifs aux trois autres manus-
crits ; c'est encore la notice de Victor qui va nous les
fournir :
Fuit temporibus Fuit temporibus Ce- Fuit autera tem-
Caesaris consolatu saris augusti a Com- poribus Cesaris au-
Comraodi secundo modi duo et Gra- gusti a .Commodi
et Glabrione usque vione usque ad... secundi et Gravione
ad.... usque ad...
Dans ces trois textes, le nom Cesaris, avec ses varian-
tes, est évidemment une faute primitive et commune,
dont nous n'avons pas à nous occuper en ce moment*;
il n'y a pas lieu non plus de s'arrêter aux mots se-
cundo, duo, secundi, après Commodi ; ce sont des tra-
ne rattache le souvenir du pape Pontien au cimetière ad Cata-
cumbas. Cependant le Liber pontificalis rapporte que ce fut le pape
Fabien qui lui donna la sépulture ; Fabien était, comme Pontien,
enterré dans le cimetière de Galliste, mais son anniversaire tom-
bait le môme jour (20 janvier) que celui du célèbre martyr Sébas-
tien, dont le tombeau se trouvait ad Catacumbas. C'est peut-être
& cette circonstance que se rattache la confusion commise par l'a-
bréviateur K. Saint Sébastien était très populaire au vu» siècle.
i. Le catalogue libérien présente ici une lacune dans les manus-
crits philocaliens. Les dates consulaires te Victor doivent y être
restituées d'après le Liber pontificalis.
ductions diverses du signe numéral //. Mais Gravione,
incorrection commune à K et a P, ne se trouve pas dans
F, qui a conservé la vraie orthographe Glabrione. Comme
il n'est pas possible que l'abréviateur F ait tiré Gla-
brione de Gravione, il faut admettre que son manuscrit
de ~ portait Glabrione et que, sur ce point, ce manus-
crit avait conservé plus fidèlement le texte original. —
On arrive à la même conclusion en étudiant la variante
augusti a, qui, dans K et dans P, correspond au consu-
latu, de F. Disons d'abord que consulatu doit être com-
plété ; il y avait a consulatu, soit dans le texte primitif de
l'abrégé F, soit dans le manuscrit de - sur lequel il a
été fait ; ceci est imposé par l'identité des formules
consulaires dans toutes les notices. La leçon a consulatu
Commodi //est donc la leçon primitive, qui, légèrement
défigurée dans F par la suppression de a, a donné, dans
K et dans P, l'étrange variante Aurjusti. Voici, je
crois, comment on y est arrivé. Supposez que l'on ait
le groupe CESARISACONS, ou CESARISACÔS; il
n'est pas bien difficile d'en tirer CESARISAGOSetde
voir dans AGOS une abrévation d'AGOSTI = Augusti;
Cacsaris Augusti est une formule connue ! et dont l'at-
traction aura facilement fait dévier un copiste.
Voilà donc deux cas où nous trouvons F dans une
tradition paléographique différente de K P et plus con-
forme au texte primitif. Il y a d'autres cas où les deux
abrégés s'accordent sur une faute dont P est exempt ;
c'est alors dans P qu'il faut chercher la leçon de -. J'ai
cité quelques exemples de ce groupement, dans les
passages que le livre pontifical emprunte au catalogue
libérien. Ces fautes communes à F et à K supposent
que ces abrégés, on plutôt les manuscrits de ~ d'où ils
dérivent, ont un ancêtre commun, duquel ne descend
pas le manuscrit de r. dont s'est servi le second éditeur
P. D'autre part les fautes qui groupent K et P contre F
supposent une autre généalogie ; il faudrait, pour les
expliquer, que -K et -P eussent un ancêtre commun,
étranger à -F. Ces deux généalogies s'excluent, à moins
que Ton n'admette, dans une mesure très faible, il est
vrai, une certaine combinaison de textes, ou quelques
corrections introduites après coup. Or cela estloin d'être
invraisemblable, surtout en ce qui regarde un livre
comme le Liber ponti/icalis, qui a été l'objet de tant
de retouches et de continuations. J'aurai plus tard occa-
sion d'étudier des manuscrits où plusieurs textes se
1. Luc. ii, 1.
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LA PREMIÈRE ÉDITION.
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Restitution
Je la première
-dit ion.
trouvent ainsi combinés, et j'en signalerai d'autres qui
ont fait souche avant et après avoir subi des corrections.
Rien n'empêche de croire qu'il en ait été de môme au
temps où il circulait des manuscrits complets de la pre-
mière édition ; alors plusieurs fautes de ~K auront pu
entrer dans ^P, ou réciproquement.
La difficulté qui m'arrête ici, et que je suis obligé de
résoudre par cette hypothèse, n'existerait pas si je pou-
vais considérer l'abrégé K comme une combinaison de
l'abrégé F et du texte P. Alors les variantes fautives
communes à K et à P s'expliqueraient par les emprunts
de l'abrôviateur K au texte P. Mais comment croire
que, si l'abréviateur K avait eu sous les yeux a la fois
l'abrégé F et le texte complet, il eût constamment né-
gligé le texte complet pour suivre l'abrégé F, en tant
de passages où les deux rédactions diffèrent tellement,
non pas sur quelque détail d'orthographe, mais sur le
sens et en choses de conséquence ?
Ici, jeprie le lecteur de parcourir les pages impaires de
ce volume, de la page SI à la page 107, où les passages
en question sont imprimés en., caractères romains espa-
cés; un coup d'œil, môme très rapide, lui suffira pour
voir en quel nombre et de quelle importance sont les
variantes dont il s'agit. Du reste, il en a déjà une idée
par celles que j'ai disculées tout à l'heure en traitant
du rapport chronologique des deux éditions. On peut
signaler en particulier ce qui regarde la qualité de mar-
tyr attribuée aux papes Anicet, Eutychien et Gaius dans
le texte complet, mais passée sous silence ou même
écartée dans l'abrégé F. Est-il naturel que, sur un
point comme celui-ci, l'abrégé ait été suivi plutôt que
le texte complet? Je pourrais faire valoir la même in-
vraisemblance pour un bon nombre des passages rele-
vés p. LX1-LXI11.
Ainsi, les variantes orthographiques où K et P sont
groupés contre F ne sauraient fournir un argument sé-
rieux contre le système que je propose sur les rapports
de ces trois textes. Ces variantes sont peu nombreuses
et facilement explicables. Il n'en est pas de môme, à
beaucoup près, des difficultés, ou pour mieux dire des
impossibilités, auxquelles on se heurterait en cherchant
dans l'abrégé K une combinaison de F et de P.
2o. — De ce qui vient d'être dit, il résulte que l'on
doit considérer F, K et P, comme représentant chacun à
sa manière la première édition w, terminée à Félix IV :
F et K en sont deux abrégés, exécutés, indépendam-
ment l'un de l'autre, le premier sur un manuscrit qui
n'allait pas au delà de Félix IV, le second sur un ma-
nuscrit prolongé beaucoup plus loin, mais sans que la
partie antérieure à Félix IV eût été retouchée; dans le
texte P, au contraire, la rédaction primitive a été mo-
difiée par un grand nombre de retouches et môme d'in-
terpolations. Essayer, avec des documents si incom-
plets, de reconstituer la teneur entière de la première
édition, ce serait tenter l'impossible. Tout ce que l'on
peut faire, c'est de prendre dans les deux abrégés les
lambeaux du texte primitif qui s'y sont conservés et de
les réunir dans une même rédaction, en s'aidant çà et
là des moyens de contrôle que fournissent les manus-
crits de la seconde édition. Je me suis décidé à entre-
prendre cette restitution partielle, moins à cause de
l'intérêt qu'elle peut avoir en elle-même qu'en raison
des facilités qu'elle offre pour comparer rapidement et
avec précision les divers textes du Liber pontificalis.
On trouvera cette rédaction hypothétique disposée
notice par notice en regard des deux abrégés F et K,
avec l'indication des différences par rapport à la se-
conde édition. En général, je m'en suis tenu, pour
cette restitution, au texte des deux abrégés, respectant
jusqu'à leur orthographe, bien que, sur ce point, les
nombreux manuscrits de P, parmi lesquels il y en a de
très anciens, permettent d'atteindre une approximation
beaucoup plus grande. Quelques suppléments, surtout
dans les formules qui reparaissent à chaque notice, ont
été introduits, soit d'après P, soit d'après le catalogue
libérien ; mais je les ai distingués de telle sorte qu'on
ne peut les confondre avec ce qui provient directement
des abrégés.
Quant à ceux-ci, leur texte a été établi sur leurs ma-
nuscrits respectifs, dont les moindres détails figurent
soit dans le texte lui-môme, soit dans les variantes.
Pour l'abrégé F, j'ai donné aux leçons du manuscrit de
Berne une importance égale à celle des deux autres
réunis, car ceux-ci dérivent évidemment d'un original
commun très rapproché. En matière d'orthographe, la
leçon la plus correcte n'a été admise dans le texte que
quand elle est au moins aussi autorisée que l'autre :
le temps où ces abrégés ont été faits et le peu de soin
que l'on a apporté à leur exécution interdisent ici toute
modification dans le sens des règles de la grammaire
et de l'orthographe. En cas de doute, les probabilités
seraient plutôt en faveur de la barbarie.
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CHAPITRE QUATRIÈME
LES SOURCES
Coup d œil
général sur les
sources du
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i. — J'ai établi, dans le chapitre deuxième, que le
Liber pontificalis a dû être écrit peu après Tannée 514,
sous le pape Hormisdas, et continué, probablement de
la môme main, jusqu'à la mort de Félix IV (530). Pour
la période comprise entre 496 environ et 530, l'auteur
peut être considéré comme un témoin immédiat des
choses qu'il raconte ; sauf quelques détails précis sur le
poids des pièces d'orfèvrerie données aux églises, tout ce
que contiennent les notices d'Anastase II, de Symma-
que, d'Hormisdas, de Jean 1 er et de Félix IV a pu être
écrit de souvenir, sans qu'il fût nécessaire de recourir
à des documents ou à la tradition orale. Celle-ci a dû
être consultée déjà pour les notices de Simplicius, de
Félix III et de Gélase. Elle a fourni beaucoup aux noti-
ces qui précèdent celle de Simplicius; mais, pour cette
partie, c'est-à-dire pour tout le Liber pontificalis depuis
saint Pierre jusqu'à Hilaire(-{*468), la tradition orale est
loin d'être la source unique de notre texte : l'auteur
s'est servi de divers documents écrits, dont quelques-
uns se retrouvent aisément; il a de plus, en certains
endroits, suppléé de son propre fonds auxrenseignements
qui lui manquaient. Le jugement que l'on devra porter
sur l'autorité de son œuvre dépend évidemment de ce-
lui que l'on portera d'abord sur les sources où il a puisé,
ainsi que sur l'intelligence et la sincérité avec lesquelles
il s'en est servi.
Discerner les documents écrits qui ont été mis à
contribution pour le Liber pontificalis est une tâche
relativement facile, au moins tant qu'il s'agit de ceux
de ces documents qui nous sont parvenus sous leur
forme propre. Mais ceux-ci sont en petit nombre : le
catalogue libérien, les catalogues du cinquième siècle
et du sixième, le De vins de saint Jérôme, la lettre
apocryphe de Clément à Jacques, quelques récits hagio-
graphiques, une collection d'écrits pseudépigraphes,
rédigés au temps du schisme de Laurent (501-506).
D'autres pièces, les unes authentiques et provenant des
bureaux de l'administration pontificale, les autres d'o-
rigine inconnue et d'apparence moins sérieuse, ont dis-
paru et ne nous sont connues que par l'usage qu'en fait
le Liber pontificalis. Il serait imposible d'en dresser la
liste et de vérifier la façon dont on les a employées.
L'obscurité est plus grande encore quand on passe des
sources écrites aux sources purement traditionnelles ou
conjecturales. Il est même souvent très difficile de dé-
cider où finit la tradition et où commence le supplé-
ment hypothétique. En bien des cas il y a lieu de sus-
pendre son jugement et de laisser le problème sans
solution ! .
i. On a déjà pu voir par la disposition des textes, p. 2-9, quel est
le rapport du Liber pontificalis et du catalogue libérien. Je signa-
lerai les détails dans le commentaire des notices. Il en sera de
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NOMS ET ORDRE CHRONOLOGIQUE DES PAPES.
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Méthode
pour l'étude des
sources.
2. — Cependant il y a un procédé qui permet, sinon
de rendre raison de toutes les indications du Liber pon-
tificalis, au moins de se former une idée générale de la
manière dont il a été composé et de fixer, sur certains
points principaux, la mesure de confiance à laquelle il
a droit. Ce procédé consiste à rapprocher en groupes
distincts et à comparer les indications de même ordre
que contiennent assez régulièrement toutes ses notices.
On obtient ainsi un certain nombre de séries parallèles
qui s'éclairent les unes les autres, en même temps que,
dans chacune d'elles, les termes certains et vérifiables
permettent de juger de ceux pour lesquels le contrôle
est impossible. Je vais appliquer cette méthode, en sui-
vant dans chaque série, autant que possible, Tordre
chronologique, et, dans la distribution des séries, Tor-
dre même de la rédaction des notices. J'ai déjà dit que
ces notices sont rédigées sur un même plan, qu'elles
commencent toujours par le nom du pape, sa nationa-
lité, le nom de son père, etc., et finissent invariablement
par le lieu et la date de sa sépulture, avec la durée de
la vacance après sa mort. En m'attachant à cet ordre,
je distribue en dix séries les indications du Liber pon-
tificalis :
1° Les noms et Tordre chronologique des papes ;
2° La patrie et la famille;
3° La durée du pontificat ;
4° La qualité de martyr et les emprunts aux Gesta
martyrum ;
5° Les autres détails historiques ;
6° Les décrets disciplinaires ;
7° Les fondations et dotations d'églises ;
8° Les ordinations ;
9° La sépulture, lieu et date :
10° La vacance du siège.
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LES NOMS ET L ORDRE CHRONOLOGIQUE DES PAPES.
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Divergences 3 * — ^a P rermerô chose à faire, pour notre auteur,
i es f, at ?, lo sjj es était de déterminer quels personnages avaient droit de
•apes. figurer au rang des papes et dans quel ordre ils s'é-
taient succédé.
Deux listes étaient plus particulièrement à sa portée :
celle du catalogue libérien et celle des catalogues cou-
rants, dont nous avons étudié ci-dessus divers exem-
plaires, et dont la rédaction, pour la partie ancienne,
paraît avoir été arrêtée vers le milieu du cinquième
siècle. Entre ces deux listes il y avait plusieurs diffé-
rences : 1° Clet et Anaclet sont distingués dans la pre-
mière, confondus dans la seconde ; 2° Clément est placé
avant Clet et Anaclet dans le catalogue libérien, après
Clet indivis dans la liste du cinquième siècle ; 3° Anicet
est avant Pie dans le catalogue libérien, après Pie, dans
la liste du cinquième siècle ; 4° cette liste omet Marcel-
lin, qui figure dans le catalogue libérien. Sur tous ces
points notre auteur a donné tort à la tradition re-
présentée par le catalogue du cinquième siècle et
préféré celle du catalogue libérien. Cela était assez na-
turel , puisqu'il prenait ce document pour base de sa
même pour le3 autres documents écrits, dont les plu3 importants,
du reste, seront étudiés dans le présent chapitre.
propre rédaction. Cependant il n'a pas cru devoir le
suivre sans contrôle, et il Ta abandonné en ce qui re-
garde Tordre des papes Clet et Clément.
Outre ces quatre difficultés résultant de la discordance
des listes, il s'en posait une autre, relativement à
Félix II, qui en est en dehors des limites du catalogue
libérien. Cela fait donc cinq cas à étudier. Pour chacun
d'eux je vais rendre compte des raisons qui ont déter-
miné l'auteur du Liber pontificalis à adopter une solu-
tion plutôt qu'une autre; je signalerai en même temps
l'appui que son système trouvait ou ne trouvait pas dans
la tradition antérieure à lui et surtout dans la tradition
locale de Rome.
1° Clet et Anaclet.
4. — On ne peut citer avec certitude, en faveur de la
distinction de Clet et d'Anadet, que deux documents
antérieurs au sixième siècle, le catalogue libérien et le
poème contre Marcion l . Encore le poème contre Mar-
cion paraît-il être ici dans la dépendance du catalogue li-
i. Tillemont, Hist. eccl., t. II, p. 555; Gh. do Smedt, Dissert..,
t. I, p. 300.
Le dédouble-
ment de Clet et
d'Anaclet.
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bôrien, de sorte que toute la tradition littéraire se ramène
a celui-ci. En dehors delà tradition littéraire proprement
dite, la tradition liturgique nous présente deux témoi-
gnages susceptibles d'entrer en ligne de compte : le
canon de la messe romaine et le martyrologe hiérony-
mien.Dans le premier, les noms des papes sont rangés
ainsi : Lini, Cleli, démentis, Xysti, Cornelii. La liste,
on le voit, est réduite à quelques noms. Entre les deux
derniers il y a vraisemblablement interversion chrono-
logique, car il est très probable que le Xystus mentionné
ici est le célèbre martyr de l'année 258, troisième succes-
seur de Cornélius. Les trois premiers paraissent rangés
dans l'ordre chronologique. Comme la série qu'ils for-
ment s'arrête à Clément, on peut se demander si cette
énumération est compatible avec l'idée d'une distinc-
tion entre Clet et Anaclet. Cela est bien peu proba-
ble. Il faudrait alors que Clément eût été intercalé
entre Clet et Anaclet, comme dans le Liber pontificalis ;
or, ce que je dirai tout à l'heure de cette intercalation
porle à croire qu'elle est spéciale au Liber pontificalis.
En tout cas, il n'est pas absolument certain que cette
partie du canon de la messe n'ait subi aucune retouche
depuis le commencement du vi° siècle. Les plus anciens
manuscrits qui contiennent le canon romain * sont du
vn e siècle; c'est surtout dans ces listes de noms, substi-
tuées aux anciens diptyques, que les retouches ont dû
se produire \
Le martyrologe hiéronymien contient 3 , au 23 et au
31 décembre, deux fragments de listes pontificales, en
mauvais état, où se trouvent cependant les noms d'un
grand nombre de papes antérieurs à Silvestre, sans
qu'il y en ait un seul des papes postérieurs. Le dernier
nom certain est celui d'Eutychien ; il manque ceux de
Clément, Alexandre, Télesphore, Pie, Soter, Antéros,Lu-
cius, Denys. Le catalogue commençait par saint Pierre,
Pétri apostoli; il contenait les noms Im?, Cliti, Anin-
clili. On peut donc le considérer comme un témoin en
faveur du dédoublement de Clet et d'Anaclet. L'état de
1. Ces manuscrits sont :1e sacramentaire de l'alibayo de Saint-
Denys, dit sacramentaire gélasien (Vatic. Reg., 316; v. L. Delisle,
blblioth. de l'École des chartes, année 1876, p. 475), et lo sacramen-
taire gallican de Bobbio (Parisin., 13246; Notice des objets exposés,
1881, départ, des mss. t p. 22).
2. L'auteur de la passio Alexandri, qui identifie le martyr Alexan-
dre avec le pape du môme nom, lui donne le cinquième rang dans
la série pontificale; il est donc contraire au dédoublement (Acta
SS. maii, t. I, p. 371).
3. Cf. de Rossi, lioma sott., t. I, p. 114.
conservation de ce catalogue n'est malheureusement
pas tel que l'on puisse en déterminer les limites d'une
manière certaine et, par conséquent, en définir la date.
Cependant il est assez vraisemblable qu'il remonte au
commencement du quatrième siècle et qu'il témoigne
en somme de la même tradition que le catalogue libé-
rien, tout en étant indépendant de celui-ci. Reste à sa-
voir si celte tradition était beaucoup plus ancienne
que le temps auquel elle se manifeste, si, en particu-
lier, elle était consignée dans le catalogue do saint Hip-
polyte. Ici les documents nous abandonnent et l'on ne
peut que risquer des conjectures. Constatons pourtant :
1° que la tradition contraire au dédoublement a été
suivie par saint I renée, par l'auteur romain du traité
contre Artémon, au commencement du m siècle, et
par les rédacteurs des différents catalogues qui sont ve-
nus à la connaissance d'Eusèbe ; cela lui constitue des
titres bien antérieurs à ceux que l'on peut faire valoir
pour le dédoublement ; 2° que la tradition du dédouble-
ment ne paraît pas avoir joui au quatrième siècle d'une
grande autorité, puisque personne ne l'a suivie, ni en
Afrique, ni en Orient : saint Optât et saint Augustin
s'en écartent, bien que leurs catalogues présentent,
dans l'interversion fautive d'Anicet et de Pie, une re-
marquable coïncidence avec le catalogue libérien ; saint
Epiphane et saint Jérôme s'en écartent aussi ; à Rome
môme, elle n'est pas assez puissante pour s'imposer aux
rédacteurs des catalogues du cinquième et du sixième
siècle. Dans ces conditions, il serait imprudent de la
présenter comme une tradition primitive et officielle
de l'église romaine.
Autre chose est la diversité des personnes, autre
chose la diversité des noms. Celle-ci est beaucoup mieux
documentée que la première. Outre les témoignages
favorables au dédoublement, nous pouvons citer, comme
substituant le nom de Clet à celui d'Anaclet, le canon
de la messe, saint Epiphane, saint Jérôme, Rufin *, la
plupart des catalogues, du cinquième au septième siècle.
Le nom de Clet était donc assez répandu comme va-
riante de celui d'Anaclet ; il est probable que c'est
précisément à cette variante que le dédoublement
d'Anaclet doit son origine.
1. Epiph. Haer., xxvn, 6; — Hieron. Citron.; De viris, 15 : il faut
remarquer que saint Jérôme emploie tantôt l'un des deux noms,
tantôt l'autre; — Rufin, Praef. ad liecognit. Clem. (Migue, Patr.gr.,
t. I, p. 1207).
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NOMS ET ORDRE CHRONOLOGIQUE DES PAPES.
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(élément placé
entre Clet et
Anaclet.
l»«s deux
traditions sur
la .«succession
«le S. Pierre.
Premier
système de
conciliation :
Constitutions
apostoliques.
2° La place de saint Clément.
5. — En plaçant Clément entre Clet et Anaclet, notre
auteur a combiné non pas deux, mais trois traditions
différentes.
La plus ancienne, représentée par saint Irénée
et par les catalogues d'Eusèbe, place Clément après Lin
et Anaclet ; elle est suivie par saint Jérôme, dans sa
Chronique et dans son De viris (c. 15); c'est elle aussi
qui est exprimée dans les catalogues romains depuis le
cinquième siècle. Mais saint Jérôme en connaissait 1 une
autre, d'après laquelle Clément aurait été le successeur
immédiat de l'apôtre Pierre. Cette tradition a des do-
cuments qui ne sont guère moins anciens que ceux de la
précédente. C'est sur elle que repose tout le roman
pseudo-clémentin des pérégrinations de saint Pierre en
Syrie, et en particulier l'épîtro apocryphe de Clément
à Jacques, qui lui sert de préambule. L'installation de
Clément par saint Pierre comme son successeur y est
longuement racontée. Ce texte paraît être du second siè-
cle, au moins dans sa forme primitive. Du reste,
l'idée que saint Clément a été le premier successeur
de saint Pierre s'est formée assez naturellement : on
savait qu'il avait vécu avec les apôtres * ; ses prédéces-
seurs immédiats n'ayant pas eu de célébrité, aucun
souvenir ne s'interposait entre le sien et celui de saint
Pierre. Tertullien reproduit le système des Clémen-
tines, dans un passage de son traité des Prescriptions :
sicut Smymaeontm ecclesia Polycarpum a Iohanne
conlocatum refert, sicut Romanorum Clementem a
Petro ordinatum edit \
On s'occupa de bonne heure de concilier ces deux
traditions et l'on y arriva par des raisonnements diffé-
rents. L'auteur des Constitutions apostoliques * fait suc-
céder Clément à Lin ; saint Paul est censé avoir or-
donné Lin, après la mort duquel saint Pierre ordonne
Clément. Chose singulière, de même que la tradition
i. De viris, 1. c. : « Glemens... quartus postPetrum Romae episco-
pus, siquidem secundus Linus fuit, tertius Anacletus, tametsi ple-
rique Latinorum secundum post Petrum apostolum putent fuisse
Clementem ». Cf. in /s., 52; adv. lovinianum, 12.
2. Iren. Haer. t III 3; cf. Philip., IV 3 ; le Clément dont il est
question dans cette épttre fut identifié de bonne heure avec le pape
son homonyme (Origône, in Ioan. t i, 29).
3. Praescr., 32.
4. Aîvoç jxèv 6 KXiuÇîa; icpwTOç iirô IlaûXou, KXf.u-rçç 8è \mi tôv Afvou
0iv*cov ûtc' <|xo0 nétpo'j 5eû«poç xe-/e'.pOTÔvT,Tai (Const. ap., tu, 46).
du roman clémentin, originaire de Syrie, avait rallié de
bonne heure le latin Tertullien, de môme aussi la com-
binaison des Constitutions apostoliques semble avoir eu
cours en Occident, dès le commencement du quatrième
siècle. Elle est en effet adoptée par l'auteur du catalogue
libérien et par celui de la liste africaine de saint Optât
et de saint Augustin. On trouve, dans ces deux docu-
ments, l'ordre Pierre, Lin, Clément.
Ainsi est né le second des systèmes ! avec lesquels
l'auteur du Liber pontificalis a eu à compter, celui du ca-
talogue libérien. Mais il y en a un troisième, sorti aussi
d'une combinaison entre les deux traditions primiti-
ves, Pierre, Lin, Anaclet (Clet), Clément, et Pierre,
Clément.
C'est saint Ëpiphane qui l'a imaginée le premier.
Dans le ch. xxvu, 6 do son Panarium, écrit vers l'an-
née 37o, il ne fait aucune allusion aux Clémentines;
mais, partant de l'idée que Clément est nommé dans
l'épttre aux Romains 9 , il se demande comment un per-
sonnage contemporain des apôtres peut n'avoir été que
leur second successeur. Une hypothèse s'offre à son es-
prit : Clément aura pu être ordonné par saint Pierre et
refuser d'exercer l'épiscopat après la mort de l'apôtre.
Épiphane croit découvrir, dans un conseil que Clément
donne à certains membres de l'église de Corinthe, une
allusion à sa situation personnelle : prétexte de discor-
des, il se serait retiré volontairement 3 . Quant au motif
pour lequel saint Pierre l'aurait ordonné, ce pouvait
être la nécessité de pourvoir au gouvernement de l'é-
glise de Rome pendant les fréquentes absences des
apôtres. Cette dernière idée est une pure conjecture
de saint Ëpiphane et il a soin d'en avertir : « Je conjec-
ture, dit-il, je ne définis pas ». D'ailleurs il n'est nulle-
ment convaincu que cette conjecture soit nécessaire et
il dit qu'il ne sait pas môme au juste si Clément a été
ordonné par saint Pierre ou par Clet, son second suc-
cesseur.
1. Le premier est celui du catalogue du v* siècle; il reproduit
purement et simplement la tradition de saint Irénée.
2. Ce qui est une distraction do sa part, car aucun Clément n'est
nommé dans l'épîtro aux Romains; ce nom ne so trouve que dans
l'épltre aux Philippiens.
3. Aiysi yip év u.tx twv frctnoXûv aÛTOÛ' « 'Ava^pw, dhwiju, «ûara-
8«îtu> 6 Xaôç toû 8«ou », ti?1 toûto ffuji6ouX«uuv eOpofwv yip fv tiuiv
ûirojxv^jiaTiqxoîi; toûto fputpivov. Saint Épiphane ne paraît pas avoir
vu le texte môme (/ C/ero., 54) d'où dérive sa citation, mais quel-
que recueil d'extraits {PP.Apost., éd. v. Gebhardt et Harnack, t.I,
p. xxxvi).
Second sys-
tème de conci-
liation : S. Epi-
phane.
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L'idée d'un vicariat épiscopal exercé du vivant de
saint Pierre parut heureuse à Rufin ; il se l'appropria et
la fit prospérer.
Ruûn. Avant de traduire les Récognitions clémentines, Rufin
avait publié une version de la lettre apocryphe de Clé-
ment à Jacques. Dans cette lettre, Clément rapporte fort
au long comment, au moment de mourir, l'apôtre Pierre
le choisit et l'ordonna pour être son successeur; de Lin
et de Clet il n'est pas dit un mot. Les ébionites syriens
du second siècle, qui fabriquèrent ce document, consi-
déraient Clément comme le successeur de l'apôtre Pierre
et le premier évoque de Rome. En lisant la pièce apo-
cryphe dans la traduction de Rufin, les Romains, à qui
on la présentait comme authentique, ne manquèrent pas
de se demander comment elle pouvait se concilier avec
la tradition qui plaçait Lin et Clet entre saint Pierre et
saint Clément. Rufin répondit à cette difficulté dans sa
préface à la version des Récognitions; Quidam enim
requirunt quomodo^ cum Linus et Cletus in urbe Borna
anle Clementem hune fuerint episcopi, ipse Clemens
ad Iacobum scribens, sibi dicat a Petro docendi cathe-
dram traditam. Cuius rei hanc accepimus esse ratio-
nem, quod Linus et Cletus fuerunt quidern ante Cle-
mentem episcopi in urbe Roma, sed superstite Petro ;
videlicet ut illi episcopatus curam gérèrent, ipse vero
apostolatus impleret officium... Et hoc modo utr uni-
que verum videbitur, ut et illi ante Clementem nxtme-
rentur episcopi, et Clemens tamen post obitum Pétri
docendi susceperit sedem.
En adoptant la conjecture de saint Épiphane, Rufin lui
fait subir de notables perfectionnements. D'abord il la
transforme en tradition {accepimus) ; de plus, il fait de
Clément le successeur de saint Pierre, tandis qu'Épi-
phane dit seulement que Clément a pu être ordonneras
l'apôtre et cependant avoir été le successeur de Clet.
Enfin c'est a Lin et à Clet qu'il a dévolu l'épiscopat vica-
rial auquel Épiphane avait pensé pour Clémentlui-même.
Mais Épiphane n'avait pas, comme Rufin, introduit dans
la question l'ôpttre apocryphe de Clément à Jacques ;
c'est la nécessité de concilier celle-ci avec la tradition
romaine et à peu près universelle 1 , qui a conduit Rufin
à présenter les choses comme il l'a fait.
Son système fut suivi par l'auteur du livre pontifical
et il parvint ainsi à une grande fortune.
1. H est à remarquer que Rufin ne s'inquiète nullement du
système représenté par le catalogue libérien.
Que la seconde édition du Liber pontificalis dépende
de Rufin, c'est ce qu'il n'est pas permis de mettre en
doute, puisqu'on y trouve citée, dans la vie de Clément,
l'épître de ce pape à saint Jacques et que la préface de
Rufin aux Récognitions y a été mise à contribution pour
la notice de saint Pierre. Mais ces passages manquent
dans les deux abrégés qui nous ont conservé ce que nous
avons de la première édition et il est possible qu'ils y
manquent parce que la première édition ne les conte-
nait pas. Cependant, même dans la première édition, il
est facile de trouver des traces du système de Rufin.
D'abord l'ordre des premiers papes y est, comme dans
la seconde, Lin, Clet, Clément, Anaclet. Tout en copiant
le catalogue libérien, l'auteur a déplacé Clément pour
le mettre après Clet. Ce changement n'a pas été fait
adroitement; car les dates consulaires et le synchronisme
des empereurs, qui, dans le catalogue libérien, avaient
été calculés en suivant l'ordre Lin, Clément, Clet, se sont
trouvés intervertis. De cette manière, Galba vient après
Domitien, les consuls de 68 et de 76 après ceux de 77
et de 83. Ce changement opéré, l'auteur a disposé ses
formules de manière à présenter Lin et Clet comme des
évêques coadjuteurs, subordonnés à saint Pierre, et
Clément comme le premier successeur de l'apôtre. Ainsi,
le décret qu'il attribue à Lin et les ordinations qu'il fait
faire à Clet sont présentés comme des actes de saint
Pierre : Hic ex praecepto beati Pétri constituit... Hic
ex praecepto beati Pétri ordinavit. Ce langage ne se
trouve ainsi employé que dans les notices de Lin et de
Clet 1 ; les autres papes agissent toujours en leur nom et
d'après leur propre initiative. De plus, la vacance du
siège, toujours marquée à la fin des notices : Et cessavit
episcopatus dies... n'est pas indiquée dans les trois pre-
mières, celles de saint Pierre, de Lin et de Clet. En effet,
du moment où Lin et Clet ont été ordonnés et ont cessé
leurs fonctions du vivant de l'apôtre S du moment où
celui-ci a ordonné lui-même et installé Clément comme
i. La formule ex praecepto beati Pétri se rencontre encore dans
la notice de Clément, mais pour exprimer son instaUation comme
pape, faite par l'apôtre avant de mourir. Cette circonstance est
tout à fait propre à faire ressortir le sens que j'indique ici. Dans
le catalogue du manuscrit de Cologne, on trouve une autre ex-
pression du système de Rufin, mais sans tontation Jde combi-
naison avec celui du catalogue libérien. Après les noms de Lin
et d' Anaclet, vient une note ainsi conçue : Isti vivente dont. Petro
sederunt.
2. Ceci n'est guère conforme aux dates consulaires que contien-
nent leurs notices ; mais nous savons déjà que l'auteur s'embar-
rasse peu de ces dates quand elles le gênent.
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du L. P.
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NOMS ET ORDRE CHRONOLOGIQUE DES PAPES.
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son successeur, il ne peut y avoir de vacance avant la
mort de Clément 1 .
Ainsi, l'ordre suivi par le livre pontifical pour la série
des premiers papes résulte d'une combinaison entre le
catalogue libérien et le système présenté par Rufin pour
concilier les Clémentines avec l'antique tradition qui fai-
sait de Lin et de Clet les deux premiers successeurs de
saint Pierre.
3° Pie et Anicet.
G. — Dans le catalogue libérien le pape Anicet est
placé avant Pie. C'est la une grosse faute, car nous sa-
vons par Hégésippe et par saint Irénée, contemporains
de ces papes, que Tordre véritable est Pie, Anicet. Mais
c'est une faute ancienne. Indépendamment du catalogue
libérien, elle se trouve aussi dans ceux de saint Optât et
de saint Augustin. L'auteur du poème contre Marcion en
est exempt ; placé en présence de deux traditions, il a
eu le bon esprit de suivre celle de saint Irénée. On peut
en dire autant de tous les catalogues, latins, grecs ou
orientaux, du v e et du vi 6 siècle. Le Liber pontiftealis,
dans sa première édition, resta fidèle au catalogue libé-
rien : les abrégés fôlicien et cononien s'accordent à
placer Anicet avant Pie. À la seconde édition, Terreur
fut corrigée; cependant quelques manuscrits, où les
chiffres qui expriment la durée du siège furent plus
tard retouchés d'après le catalogue libérien, revinrent
aussi à la tradition de ce document sur l'interversion
des deux papes.
Quelle est l'origine première de cette faute? Il est
impossible de lui trouver une intention harmonistique
ou apologétique quelconque. La seule hypothèse raison-
nable est celle d'un accident de transcription dans quelque
catalogue du m e siècle, peut-être dans celui d'Hippolyte,
quoique le temps d'Hippolyte soit encore bien voisin de
celui d'Anicet. L'erreur, en tout cas, est assez ancienne
pour avoir influé sur le catalogue libérien, dès Tan-
née 336 *,et sur l'original des listes africaines. Le second
éditeur du livre pontifical Ta corrigée, sans doute en
s'aidant des catalogues du v e siècle.
i. L'auteur de la seconde édition a maladroitoment dérangé cette
ordonnance en marquant -une vacance entre Clet et Clément.
Voir ci-dessus, p. lu.
2. La suite des dates consulaires, dans ce document, suppose
l'ordre Anicet Pie dans la liste à laquelle ces dates ont été adap-
tées.
LlBEH POMTIFICALIS.
4° Marcellin et Marcel.
7. — C'est encore en conformité avec le catalogue
libérien que le Liber pontiftealis distingue Marcellin
et Marcel. En ceci il rencontre juste, car il n'est pas
douteux que ces deux papes ne doivent être distingués
l'un de l'autre. Les listes africaines sont ici probablement
d'accord avec le catalogue libérien 1 . Eusèbe ne parle, il
est vrai, que de Marcellin: mais c'est parce qu'il arrête
au commencement de la persécution de Dioclétien son
énumération des papes et, en général, des évoques de
grands sièges. Saint Jérôme omet Marcel, mais par suite
d'un raccord imparfait entre 'la chronique d'Eusèbe et
la continuation qu'il lui ajoute. Une omission moins ex-
plicable, c'est celle, non pas de Marcel, mais de Marcel-
lin, dans les catalogues romains du v° et du vi e siècle.
Cette omission, en effet, n'est guère attribuable à un
simple accident paléograpliique, causé par la ressem-
blance de deux noms placés l'un après l'autre dans la liste
des papes. Il y a d'autres documents qui omettent Mar-
cellin, sans que Ton puisse arguer d'un accident de
ce genre. Le martyrologe hiôronymien ne le mentionne
pas ; il ne figure pas non plus dans les tables de dépositions
des évoques et des martyrs de Rome rédigées en 336,
c'est-à-dire 32 ans seulement après la mort de Marcellin,
et complétées 18 ans plus tard, en 354. Les anniversai-
res des papes sont rangés dans ces tables suivant Tordre
du calendrier; depuis Lucius jusqu'à Silvestre et à Jules,
c'est-à-dire jusqu'au temps où se sont arrêtées les deux
rédactions successives, aucun n'y manque, sinon Mar-
cellin. Il est en effet indubitable que le nom Marccllini^
marqué dans les manuscrits de la Depositio episcoporum
au XVII kal.feb., n'est qu'une corruption de Marcelli.
Cette date obituaire est attribuée au pape Marcel dans
sa passion *, remarquablement précise au point de vue
des dates, et dans tous les documents liturgiques. Elle
est inconciliable avec les données du catalogue libérien
sur la date de l'ordination de Marcellin et la durée de
son épiscopat. Enfin le martyrologe hiéronymien corrige
ici la Depositio : il porte, au 16 janvier, Marcelli et non
Marccllini. L'omission est donc certaine et voulue.
1. Cf. Aug M Brève Coll., 34. Il restera cependant sur ce point
quelque incertitude, tant qu'on n'aura pas d'édition vraiment cri-
tique des œuvres de saint Optât et de saint Augustin (v. ci-dessus,
p. x).
2. Acla SS. ijn., t. II, p. 12.
7
Omission de
Marcellin dans
le catalogue du
v« siècle.
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Comment l'expliquer? Pétilien, évoque donatiste de
Constantine, affirmait, dans des livres publiés vers 400
et 410, que Marcellin et ses prêtres, Miltiade, Mar-
cel, Silvestre, avaient, pendant la persécution, livré
les Écritures et offert de l'encens aux faux dieux 1 .
Il est vrai qu'il ne citait aucune preuve de son asser-
tion, et s'en référait apparemment à la notoriété publi-
que, ou plutôt à ce qu'on prenait pour tel dans les
cercles donatistes. Augustin, dans ses réfutations 8 , ne
lui ^oppose qu'une simple négation. A la grande con-
férence de Carthage, en 411, les Donatistes produisi-
rent des procès-verbaux de la saisie des églises de
Rome, en 303, où se trouvaient mentionnés des faits
de tradition, en particulier de la part de deux diacres
expressément désignés 3 . Les diacres étant les ministres
de l'évêque, on a pu rapporter à Marcellin les fautes
de conduite de ses agents, conclure de la chute des dia-
cres à celle du pape. Ceci cependant ne suffit pas à
expliquer l'assertion de Pétilien, car les diacres Stra-
ton et Cassius, mentionnés dans ces procès-verbaux,
sont des personnes différentes de celles que cite l'é-
voque de Constantine. On peut donc conclure qu'il
circulait en Afrique, au iv e siècle, des histoires
défavorables à Marcellin. Ce fait, rapproché du silence
que les calendriers romains gardent alors sur ce
personnage, donne à penser que sa mémoire pourrait
bien avoir été plus ou moins obscurcie dans sa propre
église. Mais il y a quelque chose de plus. Deux récits ro-
mains, l'un de la fin du v e siècle, l'autre du commence-
ment du vi e , reposent sur la môme donnée que l'as-
sertion de Pétilien. Le premier est une passio Marcel-
Uni, maintenant perdue, mais qui a été mise à contri-
bution pour la vie de ce pape dans le Liber po?itifica-
lis * ; le second est le pseudoconcile de Sinuesse. Ce der-
nier appartient à un groupe de pièces fausses rédigées
en 501 ou peu après, pendant la querelle entre Sym-
maque et Laurent. On y voit que Marcellin, après sa
chute, avait été touché de repentir, et qu'il s'était pré-
senté devant un concile nombreux, lequel n'avait pas
voulu le juger, parce que prima sedes a nemine iudi-
1. Aug. Contra Htf. Pctiliani, II, 202; De unico baptismo, 27.
2. Contra titt. Petiliani, II, 208; De un. bapt. t 27.
3. Coll. Carthag., III, 489 et suiv. (Hard., 1. 1, p. 1140); Augus-
tin, Brev. coll., 34.
4. Je date ce document de la fin du v* siècle, à cause des em-
prunts du Liber pontificalis et aussi par analogie avec les autres
textes de ce genre.
calur. On peut conclure de cette histoire que, parmi
les personnes dévouées au pape légitime Symmaque,
il s'en trouvait qui croyaient à la chute de Marcellin. Sa
faiblesse et son repentir formaient un thème à déve-
loppements canoniques ; c'étaient des faits admis, des-
quels on déduisait des règles à suivre dans des cas ana-
logues. Le récit conservé par le Liber pontificalis est
différent et sans doute antérieur ; il ne contient essen-
tiellement que les deux faits de la chute et de la répa-
ration, mais de la réparation par le martyre et non par
une démonstration devant un concile.
Ainsi l'opinion romaine, au v e et au vi e siècle, ' au
moins dans certains cercles, était que le pape Marcellin
avait offert de l'encens aux idoles pendant la persécu-
tion; on ajoutait, il est vrai, que cette faute avait été
immédiatement réparée, et de la façon la plus éclatante.
Marcellin était compté parmi les martyrs, bien que son
anniversaire n'eût point les honneurs d'une commémo-
ration solennelle. La façon dont son tombeau est décrit
dans le Liber pontificalis suffirait toute seule à montrer
qu'il était visité et honoré ; il est du reste mentionné
dans Y Epi tome de locis ss. martyrum ! , guide des pè-
lerins aux sanctuaires de Rome pendant le vu siècle.
Cependant cette donnée de la réparation se présente
à nous avec des témoignages plus tardifs que ceux de
la chute. De même que Marcellin était censé avoir été
successivement apostat et martyr, son souvenir fut suc-
cessivement oublié ou flétri, puis honoré. Du moment
où les calendriers liturgiques du iv e et du v e siècle
omettaient son nom, du moment où l'on y rattachait
des histoires compromettantes, il n'est pas étonnant
qu'au v e siècle le rédacteur d'un catalogue pontifical
ait cru pouvoir le rayer de la liste des papes. Je n'ai
pas à étudier les détails de cette histoire, ni même à
me prononcer sur sa réalité 9 : il me suffit d'avoir in-
diqué les vicissitudes d'opinion qui peuvent servir à
expliquer la disparition de Marcellin dans certains do-
cuments qui ont servi à la composition du Liber ponti-
ficalis et sa réapparition dans celui-ci.
5° Félix IL
8. — À n'en juger que par les documents du iv e siè- Félix n h
cle, Félix II n'avait aucun titre à figurer au rang des 5 ri| au n01 ^
1 . o o d ea p a p es ] c -
1. De Rossi, Roma soit., t. 1, p. 176, col. iv. times.
2. Eusèbe, H. E., VII, 32, 1, dit de Marcellin, 8v xal aixôv 6 6io>-
Ypiôç xaxeOor.œe, expression obscure, que Théodoret {H. E., I, 2) a
précisée par les mots tôv èv fouy^ 8^^p^ aVT3t '
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NOMS ET ORDRE CHRONOLOGIQUE DES PAPES.
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papes légitimes. Saint Athanase, l'auteur de la préface
au Libellus precum, saint Jérôme, en un mot tous les
auteurs contemporains, en parlent comme d'un évêque
intrus, imposé par lepouvoir.soutenu quelque temps par
une partie du clergé, mais chassé honteusement aussi-
tôt que le pape légitime, Libère, fut revenu d'exil. Le
chroniqueur Prosper et les historiens ecclésiastiques du
v e siècle nelejugentpas autrement. Cependant son nom
figure dans presque tous les catalogues du v e et du vi e
siècle, ce qui suppose que l'auteur du Liber pontificalis
le trouva dans celui dont il se servit *. Ces catalogues, il
est vrai, ont conservé quelque trace d'hésitation. Celui
de Laon omet tout à fait Félix; il en est de même de
celui d'Eutychius d'Alexandrie ; la plupart des catalo-
gues latins se bornent à enregistrer son nom, sans in-
diquer la durée de son épiscopat ; d'autres lui marquent
un an; c'est le système suivi par les catalogues grecs.
Le Liber pontificalis et les Gesta Eusebii presbyte ri,
légende composée à Rome par un auteur qui a pris le
pseudonyme d'Orose, contiennent une véritable réha-
bilitation de Félix II, au détriment de la mémoire de
Libère. On peut douter, il est vrai, que la notice de
Félix II, dans le Liber pontificalis ait été écrite en
même temps que les autres. Plusieurs indices, sur les-
quels je xeviendrai plus loin, portent à soupçonner
qu'elle a été introduite après coup, à une époque très
rapprochée de la première rédaction. Cette interpola-
tion pourrait bien être au nombre des changements
opérés lors de la continuation du Liber pontificalis de-
puis Hormisdas jusqu'à Félix IV. Quoiqu'il en soit, la
notice de Libère, qui est certainement de première
main, prouve à elle seule que notre auteur considérait
Félix comme un pape légitime.
Il n'est pas sûr que cette tentative soit de beaucoup
antérieure au Liber pontificalis ; elle témoigne, en tous
cas, du revirement qui s'opéra, vers le commence-
ment du vi e siècle au plus tard, en faveur de Félix. Je
chercherai plus loin à expliquer, dans une certaine
mesure, comment ce revirement a pu se produire. En
ce moment il suffit de constater qu'il est au moins con-
1. La situation de Félix II n'est pas tout à fait la même que
celle des autres antipapes, Ursinus, Eulalius, Laurent. Non seu-
lement il exerça de fait les fonctions épiscopales dans l'église de
Rome, mais il fut reconnu et soutenu par le gouvernement. C'est
une nuance à noter; elle n'est cependant pas suffisante pour expli-
quer la faveur spéciale que Ton a faite à Félix II en l'introduisant
dans la liste des papes; cette faveur se rattache à une véritable
réhabilitation de ce personnage, comme on le verra plus loin.
temporain du Liber pontificalis et que ce n'est pas par.
pure fantaisie que l'auteur de celui-ci a donné place à
Félix II dans la série des papes.
6° Pontien et Antéros.
9. — Il me reste une dernière question à examiner;
c'est celle de l'interversion de Pontien et d' Antéros, non
pas, il est vrai, dans le Liber pontificalis lui-même,
mais dans quelques-uns des manuscrits qui nous ont
conservé ses diverses recensions.
Pontien est placé avant Antéros par le catalogue libé-
rien, qui donne même des détails fort précis sur son
exil, sa démission et l'ordination d' Antéros. Ces détails
sont empruntés au continuateur de la chronique d'Hip-
polyte ; ils méritent une confiance absolue. Il n'y a, ni
dans Eusèbe, ni dans saint Jérôme, ni dans la liste afri-
caine, ni dans aucun catalogue latin, grec ou oriental,
aucune hésitation sur l'ordre des deux papes. Cepen-
dant l'abrégé félicien et quelques manuscrits du livre
pontifical placent Antéros avant Pontien. Cette variante
n'est pas restée inconnue aux chronographes byzantins :
Georges Syncelle a pris sur lui de corriger le catalogue
des papes qu'il avait sous les yeux et de placer Antéros
avant Pontien; mais il note la variante de ce catalogue,
en faisant observer que tivs; Ilovriav^v rcpô toj 'Avté-
f(ùTo; <px<riv £-1*7X0-71 la». Tp;i.Yj;.
L'origine de cette inversion est facile à découvrir. Elle
provient du texte même du livre pontifical, dans la vie
de Pontien. On lit, dans la première édition, après l'in-
dication de la mort de ce pape : quem bcatus Fabianus
adduxit navigio et sepelivit in cimiterio Calisti, via
Appia. Fabien n'est pas le successeur immédiat de Pon-
tien, mais cette note a porté à croire qu'il l'était; et
l'erreur était d'autant plus facile que la notice d'Antéros
donnait à ce pape, qui n'a siégé que quarante jours, un
pontificat de douze ans. L'abrôviateur félicien est parti
de cette idée pour modifier l'ordre des notices qui, dans
la première édition, était conforme au catalogue libé-
rien. En faisant ce changement il a eu soin d'effacer les
mots et in locum eius [Pontiani] ordinatus est Antéros,
qui justifient si clairement l'ordre primitif. L'abrôvia-
teur cononien est resté fidèle à cet ordre et la seconde
édition aussi, sauf quelques manuscrits retouchés,
1. V. plus haut, p. xii, note 3.
Antéros avant
Pontien dans
certains mes, du
L. P.
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SOURCES.
le Bernensis 408, le Parisinus 5140, et la recension
mixte du Vaticanus 3764 et des manuscrits de Modène,
apparentée à celle du Bernensis. Il est vraiment
étrange que ces manuscrits, tout en plaçant Pontien
après Antéros, aient laissé subsister dans sa notice le
passage et in locum ehts ordinatus est Ant héros '. L'au-
teur de la recension BGD, à laquelle se rattache le Ber-
nensis, a été plus avisé. Tout en maintenant l'ordre réel
Pontien, Antéros, il a eu soin de supprimer la note rela-
tive à la sépulture de Pontien, d'où provenait toute la
difficulté. De cette manière, Fabien n'étant plus nommé
à propos de l'enterrement de Pontien, on ne pouvait
plus être tenté de le prendre pour son successeur im-
médiat. Les manuscrits A nous ont seuls conservé
à la fois l'ordre naturel et la rédaction primitive de la
seconde édition, conforme sur ce point à la première.
§ ii.
LA PATRIE ET LA FAMILLK DES PAPES.
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Indications du
L. P. sur la pa-
trie et le père
deebaquepape.
10. — Les notices du Liber pontificalis commencent
invariablement par l'indication du pays d'origine de
chaque pape, suivie, sauf de rares exceptions, du nom
de son père. Cette disposition paraît imitée du De viris
de saint Jérôme, où, sinon le père, au moins la patrie
ou la ville épiscopale de chaque écrivain ecclésiastique
se trouve notée assez souvent '. Les indications rela-
tives à sain t Pierre, filins Iohannis, provinciae Gallileae,
vico Bethsaida, etc., sont même empruntées littéra-
lement a sa notice dans le De viris 3 . Depuis saint
Pierre, le contrôle nous manque entièrement jusqu'à
Félix III, c'est-à-dire jusqu'en un temps très voisin de
la rédaction du livre pontifical. Félix III y est dit nalione
Romanns, ex pâtre Felice presbitero^de titulo Fasciolae ;
ces détails sont confirmés par les inscriptions et par ce
que nous savons des ancêtres de saint Grégoire le
Grand, qui descendait en ligne directe de Félix III*.
Cette vérification permet de croire que, à partir de Fé-
lix III au moins, les renseignements du Liber pontifica-
lis sur la famille des papes n'ont pas été donnés à la
légère et qu'ils méritent confiance. Ils sont, du reste,
de nature à être facilement recueillis par un contempo-
rain. Pour les papes des siècles précédents, la tradition
orale ne peut plus être invoquée et il est dificile d'indi-
quer, d'une manière générale, à quelle catégorie de do-
i. Le Parisinus 5140 fait exception: on n'y trouve pas la men-
tion de l'ordination d' Antéros.
2. Barnabas Cyprius,... Philo Iudaeus, natione Alexandrinus,...
Iustinus Tiberiensis, de provincia Galilaea,... Melitus Asianus, Sar-
densis episcopus,... Rhodon, génère Asianus,... Beryllus Arabs,...
Cyprianus Afer,... Eustathius, génère Pamphylius, Sidetes,... Eu-
sebius, natione Sardus,... Fortunatianus, natione Afer, etc.J
3. Voir ci-dessus, p. lu.
4. De Rossi, Inscr. christ., t. I, p. 312.
cumenfs on aurait pu recourir pour y suppléer. Exa-
minons les choses de plus près.
II. — Voici comment les papes, depuis saint Lin jus-
qu'à Félix IV, se répartissent par nationalités.
Romains (natione Romanus) :
Clet, de régi o ne vico Patrici,
» Clément, de regione Celiomonte,
Alexandre, de regione Caput tauri>
Xystus I er , de regione Via lata,
Zéphyrin,
Calliste, de regione Urbe Bavoinatiwn ,
Urbain,
Pontien,
Fabien,
Cornélius,
Lucius,
Etienne,
Félix,
Marcellinus,
Marcellus, de regione Via lata (2 e éd. seulement),
Silvestre,
Marc,
Jules,
Libère,
Félix II,
Sirice,
Anastase,
Boniface,
Xystus III,
Félix III,
Anastase II. 4e regione V Caput tauri.
Nationalii-
des pap€S,d'a-
près le L. P.
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LA PATRIE ET LA FAMILLE DES PAPES.
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Lin, natione I talus, regionis Tusciae,
Pie, natione I talus, de civitate Aquileia,
Soter, natione Campanus, de civitate Fundis,
Eutychien, natione Tuscus, de civitate Lima,
Innocent, natione Albanensis,
Cêlestin, natione Campanus,
Léon, natione Tuscus,
Simplicius, natione Tiburtinus,
Hormisdas, natione Campanus, de civitate Frisinone,
Jean, natione Tuscus,
Félix IV, natione Samnius.
Sardes :
Hilaire, natione Sardus,
Symmaque, natione Sardus.
Espagnol :
Damase, natione Spanus.
Dalmate :
Gaius, natione Dalmata.
Africains :
Victor, natione A fer,
Miltiade, natione A fer,
Gélase, natione A fer.
Grecs {natione Grecus)
Anaclet, de A thenis,
Evariste, Antiochenus,
Télesphore,
Hygin, de A thenis,
Eleuthère, de civitate Nicopoli,
Antôros,
Xystus II,
Eusèbe,
Zosime.
Syrien :
Anicet, natione Syrus, de vico Amisa,
Nationalité inconnue :
Deny s , eu jus genealogia (m) repperire non potuim us .
Ce tableau permet de constater un fait remarquable,
c'est que, jusqu'à Eleuthère inclusivement, sauf l'ex-
ception de Télesphore, il est de règle qu'après avoir
indiqué la nationalité d'une façon générale, natione
Romanus, Grecus, Syrus, Italus, Tuscus, Campanus,
on précise davantage, en indiquant le quartier de Rome,
ou, pour les autres pays, la ville d'où le pape est
originaire. Après Eleuthère, ce détail n'est plus >a*-» î> '
donné que pour Calliste, Eutychien, Marcel (deu-
xième édition), Anastase II et Hormisdas. Les loca-
lités indiquées sont toutes fort connues ; il en est de
même des quartiers de Rome, qu'il ne faut pas, cepen-
dant, confondre avec les quatorze régions civiles ou les
sept régions ecclésiastiques.
13. — Que penser de la provenance de ces indications ? Origine de
r r ces renseigne-
On peut d'abord répondre que notre auteur donne à enten- ments.
dre qu'il les a trouvées quelque part, dans un document
écrit, bien entendu. Il a soin, en effet, de noter les cas
où ses autorités ordinaires lui font défaut. Ainsi, pour
Denys, dont il n'indique ni le père ni la patrie, il dit :
cuius genealogiam repperire non potuimus; il se sert
d'une formule semblable, cuius genealogiam non i?i-
veni, à propos d'Hygin, dont il connaît la patrie, mais
non pas le père. Jusqu'où allait ce document écrit ?
quand avait-il été rédigé? C'est ce qu'on ne saurait dire.
En deux ou trois cas seulement on peut comparer ses
indications avec des textes, non pas authentiques sans
doute, mais antérieurs au Liber pontificalis et qui ont
été sous les yeux de son auteur. Ainsi, dans les Récogni-
tions Clémentines, on voit que Clément était de Rome
et que son père s'appelait Faustin ou Faustinien, ce
qui concorde bien avec le Clemens natione Romanus...
ex pâtre Faustino de notre biographe. Dans la passio
Susannae on voit que le pape Gaius était parent de l'em-
pereur Dioclétien, comme le dit sa notice : ex génère
Diocletiani imperatoris, d'où l'on a pu conclure qu'il
était, comme cet empereur, originaire de Dalmatie. Ces
deux cas nous montrent le livre pontifical d'accord avec
des textes antérieurs auxquels il a fait certainement
d'autres emprunts. Au contraire, dans la notice de
Xystus I er , il paraît n'avoir pas vu que la passio A lexan-
dri, mise d'ailleurs à contribution par lui, fait de ce
pape un étranger, un oriental : il le donne comme un
romain du quartier de la Via Lata '.
i. Il faut remarquer aussi qu'il n'y a aucun pape natione Gaîlits.
La Gaule et la Bretagne sont les seules régions de l'empire d'occi-
dent qui, à s'en tenir aux renseignements de notre auteur, n'aient
donné aucun titulaire au siège apostolique, dans les premiers
siècles de l'Église.
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SOURCES.
En ce qui regarde les indications de quartier, pour les
papes romains d'origine, quelques-unes sont en rapport
avec la localisation de leur souvenir dans certaines
églises ; c'est le cas pour Clément, Calliste et Marcel.
Pour d'autres, la raison du choix nous échappe entière-
ment.
Quelquefois on marque la profession du pape avant
son épiscopat: Télesphore a été anachorète, Hygin et
Xystus II philosophes, Denys moine, Eusèbe médecin.
Pour Xystus II, le renseignement provient sans doute
de Ruûn, qui avait traduit et répandu sous le nom de
ce pape les Sentences du philosophe pythagoricien Sex-
tius ; il n'est pas absolument impossible qu'il y ait
quelque confusion analogue dans le titre de philosophe
donné à Hygin *.
Ainsi, d'une part, l'auteur du Liber pontificalis sem-
ble nous présenter comme tirés de documents anté-
rieurs à lui les renseignements qu'il donne sur la pa-
trie et la famille des papes, ou sur leur profession avant
leur élévation à l'épiscopat ; d'autre part, les vérifica-
tions de provenance qu'il est possible de faire en quel-
ques cas trop rares sont de nature à jeter des doutes
sur la valeur de ces indications, pour les trois ou quatre
premiers siècles de la série pontificale.
§ m.
LA DUREE DU PONTIFICAT.
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p 14. — Nous avons vu plus haut que, pour les noms et
néglige ici le Tordre de succession des papes, notre auteur avait suivi
catalogue li- . ,
bérien pour le catalogue libérien de préférence au catalogue du cin-
du v siôcie. quième siècle, toutes les fois que les deux traditions
se trouvaient en désaccord. Ce choix s'imposait à lui,
puisqu'il prenait le catalogue libérien pour cadre de sa
propre compilation. Il ne l'a cependant pas suivi rigou-
reusement dans tous les détails : j'ai déjà signalé la li-
berté qu'il a prise de déplacer le pape CJément du troi-
sième rang au quatrième, en dépit des dates consu-
laires; nous rencontrerons plus tard d'autres correc-
tions partielles du même genre. Mais où il s'est écarté
systématiquement et résolument de son modèle, c'est
dans les chiffres d'années, mois et jours qui expriment
la durée de chaque pontificat. Ici il a constamment
donné raison au catalogue du v e siècle ; c'est à peine
s'il s'est servi du catalogue libérien pour combler çà et
là quelques lacunes de l'autre document.
Afin de mettre son procédé en évidence, je vais
réunir dans un tableau les chiffres du catalogue libé-
rien *, ceux du catalogue du V e siècle et ceux du Liber
1. Ces chiffres sont naturellement empruntés aux seuls manus-
crits philocaliens; quand il y a désaccord entre eux et ceux qui
résultent des données fournies par le catalogue libérien lui-môme,
ces derniers sont placés au-dessous des autres. Sur cette diver-
gence, t. plus haut, p. vm, note 1. — Au delà des limites du cata-
logue libérien, je reproduis les chiffres de la chronique de Prosper,
puis ceux du fragment laurentien (ci-dessus, p. xm ; texte, p. 46).
—J'ai cru devoir prolonger ce tableau jusqu'à saint Grégoire (f 604),
plusieurs de nos catalogues s'étendant jusqu'à ce pape.
pontificalis. Ces derniers sont, en général, identiques
dans tous les manuscrits; cependant certains d'entre
eux témoignent de révisions systématiques; aussi ai-je
cru devoir signaler dans des colonnes spéciales la leçon
de l'abrégé cononien et celle d'un groupe de manus-
crits dont il a déjà été question, à propos des inscrip-
tions de la galerie pontificale de Saint-Paul. À côté de
la leçon de ces manuscrits, on trouvera le texte môme
des inscriptions de Saint-Paul, selon les diverses lec-
tures qui en ont été faites au xvn e et au xviii* siècle. Je
reviendrai bientôt sur cette révision des chiffres du
Liber pontificalis. En ce moment je veux préciser les
rapports des chiffres du texte original avec ceux des
catalogues latins du v e et du vi* siècle.
lo. — Ceux-ci, autant qu'il m'a été donné de les re- ^ Les deux:
cueillir, sont au nombre de neuf; il n'est pas besoin de fogïïfdu V!
les comparer longtemps les uns avec les autres pour cle *
s'apercevoir que, tout en conservant la môme ré-
daction pour l'ensemble, ils diffèrent souvent dans
le détail. Sur ce point, les manuscrits du Liber ponti-
ficalis présentent beaucoup plus d'uniformité ; et cela
se conçoit. Dans le Liber pontificalis, en effet, les chif-
fres ne sont pas groupés en tableau, rapprochés,
exposés à être confondus ou transposés d'une ligne à
l'autre ; ils se présentent enchâssés, trois par trois,
dans le texte narratif do chaque notice. Ce texte les
1. Teuffel, Geschichte der Rômischen Literatur, 3" éd., p. 569, 583,
801, 1027.
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DURÉE DU PONTIFICAT.
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isole les uns des autres et les garantit ainsi contre les
erreurs des copistes. Dans les catalogues, au contraire,
il serait miraculeux qu'ils n'eussent pas subi de graves
accidents à chaque transcription. Il faut donc s'attendre
à beaucoup de leçons aberrantes, et il y en a en effet
un grand nombre, qui peuvent et doivent être négli-
gées dans la restitution du texte. Cependant il y a des
variantes qui se reproduisent constamment dans les
mômes manuscrits et déterminent ainsi des groupes
dans lesquels on ne peut méconnaître des traditions un
peu différentes.
Les cinq premiers catalogues, ceuxd'Arras, deCorbiel,
de Chieti, de Reims et de Laon sont très souvent d'accord
contre les trois ou quatre autres ; et, chose remarqua-
ble, toutes les fois que la divergence se manifeste, on
est sûr de trouver le Liber pontificalis du côté du second
groupe de catalogues. Cette circonstance est propre à
leur donner plus d'autorité qu'ils n'en auraient par eux-
mêmes : la plupart d'entre eux, en effet, ne nous sont
parvenus que dans des rédactions prolongées jusqu'à
saint Grégoire (*J-604) ou môme bien au delà, tandis que
les premiers ne dépassent guère l'année 523 ; mais, du
moment où les chiffres du second groupe sont entrés
dans le Liber pontificalis, il faut bien admettre qu'ils
existaient au commencement du vi° siècle et leur recon-
naître une valeur égale à celles que nous fournissent les
très anciens catalogues d'Arras, de Corbie I, de Chieti,
etc. J'ai donc cru devoir représenter dans mon tableau
les leçons des deux groupes, toutes les fois que la diver-
gence se discerne avec quelque netteté, c'est-à-dire :
i° quand les quatre catalogues de Cologne, d'Albi, de
Frôdégaire et de Corbie II, s'accordent tous ou dans la
proportion de trois sur quatre contre les cinq autres ;
2° quand deux de ces catalogues présentent une leçon
différente de celle du premier groupe, mais conforme à
celle du Liber pontificalis. Les leçons du second groupe
sont disposées au-dessous des autres.
Ces variantes, du reste, ne sont pas très nombreuses ;
la dernière qui ait quelque importance affecte les chif-
fres du pape Zosime (-f- 418) : pour tout le reste du
v e siècle, les deux traditions sont sensiblement d'accord
entre elles et avec la réalité chronologique. Ici on vou-
dra peut-ôtre savoir quelle est la plus exacte pour la
période précédente, c'est-à-dire pour les quatre pre-
miers siècles et le commencement du v e . Bien que cette
question soit en dehors du sujet qui m'occupe en ce
moment, je puis dire que le premier groupe, Arras,
Corbie I, etc., est d'abord plus éloigné que le second
des sources de leur texte, c'est-à-dire de saint Jérôme
et du catalogue libérien, et que cette relation persiste
jusque vers le milieu du m c siècle ; à partir de là, c'est
toujours le premier groupe qui a raison contre le se-
cond, sauf une exception grave, celle de Zosime. Le ca-
talogue de Cologne présente ici une particularité cu-
rieuse : au commencement, il suit la tradition du se-
cond groupe; mais, depuis le milieu du m siècle, il
passe dans les rangs du premier ; de cette façon il est
presque toujours du côté de la tradition la plus exacte '.
16. — J'ai dit plus haut que le Liber pontificalis,
fidèle en général aux chiffres de ces catalogues, revient Le Al L m p ies ^;
cependant quelquefois à la chronologie du catalogue vient au catal °-
... . , , . gue libérien.
libérien. Cela se produit surtout dans les cas où le
catalogue du v e siècle n'est pas d'accord avec le cata-
logue libérien sur le nombre ou l'ordre des papes.
Ainsi, Anaclet (ou Clet) est omis dans ce catalogue du
v e siècle il a fallu prendre ses chiffres ailleurs. Le cata-
logue libérien donne a. XII m. X d. III; ces chiffres
sont répétés s dans les deux abrégés fôlicien et cono-
nien, ce qui permet de croire qu'il en était de môme
dans la première édition ; la seconde les a remplacés
par ceux de Clément, a. VIII I m. II d. X.
Une perturbation analogue s'observe à la hauteur de
Marcellin et de Marcel, deux papes dont un est toujours
omis dans le catalogue du v e siècle. Marcellin a, dans le Li-
ber pontificalis, les chiffres que ce catalogue donne à
Marcel, a. VIIII m. //// d, XVI. Quant à Marcel, on
lui a donné, en les modifiant un peu, les chiffres du
catalogue libérien : a. V m. VII d. XXI (P), a. I m.
VI d. XX (L) ; en posant l'équivalence V=II, on voit
que les premiers chiffres représentent les seconds aug-
mentés chacun d'une unité. La difficulté est plus com-
plexe pour Miltiade : les catalogues s'accordent à don-
ner la leçon a. IIII, sans mois ni jours ; les manuscrits
du Liber pontificalis, qui ne sont pas d'accord à cet
endroit, semblent avoir complété cette leçon d'après
celle du catalogue libérien, a. III m. VI d. VIII 3 ,
1. Dans l'impression de ce catalogue, une ligne a été omise. Ré-
tablir entre Jean III et Pelage II (p. 25, quatre lignes avantlatin)
les mots : Dom. Benediclus sed. ann. IIII m. I d. XXVII.
2. Sauf la variante d. VII de l'abrégé cononien.
3. La leçon a. IIII paraît être une variante marginale; on la re-
trouve, dans l'abrégé félicien, à la notice de Marcellus. Quant à la
notice de Miltiade, les mss. F et A ont la leçon libérienne, les mss.
8GD la leçon des catalogues.
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DES PAPES
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LIBER PONTIFICALIS
a. XXV m. I d. YI1I1 a. XXV m. II d. III a. XXV m. II d. III
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la. XII m. IIII d. XII a. XI m. III d. XII a. XI m. III d. XII
a. VI m. II d. X a. XII m. 1 d. II (?) a. XII m. I d. XI
a. VII
a. VIIII m. XI d. XII a. VIIII m. I d. X la. VIIII m. II. d. X
m. II
a. XII m. X d. III
a. XIII m. VII d. II ! a. VIIII m. X d. II a. VIIII m. X d. II
a. XII m. X d. III (r)
a. VIIII m. II d. X (p)
a. VII m. II d. I
a. VIII
a. XII m. VII d. II
a. X
a. X m. III d. XXI a . X m. II d. I
a. X m. VII d. II
a. X m. II d. 1
a. XI m. III d. III
a. XII m. III d. VI
a. IIII
a. XX m. IIII d. XXI
a. XVI
a. VIIII
m. III d. II
a. XV
a. VIIII m. II d. X
a. XII
a. XX
a. XI m. I d. XXI a. XI m. III d. XXI
m. III ,
a. IIII m. III d. I a. IIII m. III d. IIII
d. IIII ■
a. XI m. IIII d. III a. XI m. IIII d. III
a. XVIIII m. » d. XI | a. XVIIIIm. IIII d. III
m. IIII d. 111
a. VIIII m. II d. XXI
m. VI
a. XV m. III d. II
a. XV m. III d. X
a. X m. II
a. XVIII m. VI d. X
a. VIII m. VII
a. VIIII m. VI d. XXI
a. XV m. III d. II
a. X m. Il d. X
a. VIII m. VII d. X
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Original from
UHIVERSITYOF MICHIGAN
DURÉE DU PONTIFICAT.
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ABRÉGÉ CONONIEN
a. XXV m. II d. III
a. XII ni. III d. XII
a. VII m. I d. XX
a. XI m. » d. X
a. XII m. X d. VII
a. XIII m. VII d. II
a. XII m. VII d. II
a. X m. II d. 1
a. XI m. II d. XXII
a. X m. III d. VII
a. VII1I m. III d. »
a. XV m. 1III d. XXI
a. VIII m. II d. XXI a. VIIII m. III d. XXI
V
UÉVIS10N
a. XXV m. I d. VIII
a. XV m. III d. XII
a. XII m. I d. XI
a. VIIII m. II d. X
a. XII m. X d. Vil
a. VIIII m. II d. X (e)
a. XIII m. VII d. II
a. X m. VII d. II
a, X m. III d. XXI
a. XI m. III d. XXII
a. III1 m. III d. VIII
a. VIII m. III d. III
a. XI m. IIII d. XXI
VI
a. XV m. III d. II
a. XV m. VI d. V
a. XV m. III d. X a. X m. II d. X
I
a. XVill m. III d. X a. XVII m. II d. X
Liber postif:calis.
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PEINTURES DE SAINT-PAUL
a. XXV m. II d. VIII
a. ? m. III d. XII
a. XII m. ? d. XI
a. VilII m. II d. X
a. XII m. X d. VII
a. ? m. VII d. II
a. X m. VII d. III
a. ? m. III d. XXI
LXXXI
VARIANTES AFFÉRENTES
AUX COLONNES V ET VI
Révision. — d. VU A 66 .
Peintures. — d. VIII Cod.
Barberinu* : VII Biun-
chiniy Marangoni.
Rt'o.— a. XI A 8 : a. XII A<
Peint. — a. XI Ma.:f Barb.
BL — d. XI Barb.
Peint.— a.?m.?d.?Bar6.Bi.
Réo. — a. XI A 50
Peint. — d. V Barb.
Réc. — m. VI C* E
Peint. — a. X... Barb. Bi. :
a. IX Ma. — m. VI Barb.
— d.*? Barb. Bi.
Rév. - a. VIII E
Peint. — a.? Barb. — m.
VIII Barb. : m. ? Bi. —
d. ? Barb.
Peint. — d. VIIII Ma. : a.?
Barb. Bi. — m.? BL
a. IIII m. III d. VIII
a. VIII m. III d. III
a. XI m. IIII d. XXI
a. VIIII m. III d. XXI
a. XI m. II d. XXII Peint. - d. XXI Bi. Ma.
fi ( »e.-a.XE-d. VII A 86
Peint. — a. 111 Bi.
Rév. - a. VIIII C 3 * E
Peint. — Cette inscription
et la suivante manquent
dansBarfc.— a.?B/.— d?Bi.
Rér. — d. III A*«
Peint. — ni. ? Bi. — d.
XX Ma.:t Bi.
Rév. — d. XXI om. C*
Peint. — Illisibles pour BL '.
Ma. donne les chiffres que
Bi. tire de la série de Ni-
colas III.— a.? m. IIII d. XXI
Barb.
a. XV m. IIII d. V
a. X m. II d. X
a. XVII m. Il d. X
Peint. — a? Barb. Bi —
m.? Barb.
!
! Peint.— a. 1 * Barb. Ma.— m.?
d. ?Bt. — La série de Ni-
I colas 111 est conforme
; au texte.
Réo. — a. XVI A" —m. Il
om. O.
k
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
LXXXII
SOURCES.
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des papes
Gallistus
Urbanus
PoNTIAUUS
AnTEROS
Fabiapws
Cornélius
Lugius
Stephanus
Xystos II
Dionysius
Félix
eutychianus
Gaius
Marcellinus
Margbllus
eusebius
CATALOGUE LIBÉRIEN
a. V m. II d. X
a. VIII ,m. XI d. XII
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II
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I
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d.
XII
XIIII m.
I
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III
d.
X
a. III m. VIII d. X
a. IIII m. II d. XXI
a. II m. XI d. VI
a. VIII
m. II
d. IIII
a. X
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a. V
m. XI
d. XXV
a. VIII m. XI d. III
a. XII m. IIII d. VII
a. VIII m. III d. XXV
a. I
m. VI d. XX
m. IIII d. XVI
d. »
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II
CATALOGUE DU V 6 SIÈCLE
a. V m. X d. X
m. II
a. VIIII m. I d. II
a. IIII m. X d. Xil
a. VII m. X d. XXII
a. VIIII m. V d. H
a. » m. 1 d.XVIIII
a. XII d. XII
a. XIIII m. II d. X
m. I d. XI
a. II m. III d. X
m. II d. III
a. IIII m. VIII d. X
a. III m. III d. III
a. VI
a. I
m. V d. V
d. II
m. X d. XXVI
d. XXIII
a. VIII m. V d. IIII
a. VI m. II
a. IIII m. I d. XXV
m. III
a. I
m. I d. I
a. XI m. IIII d. XII
a. I m. IIII d. XVI
a. VIIII
a. » m. VI d. III
a. VI m. »
III
LIBER P0NTIFICALIS
a. VI m. II d. X
a. IIII m. X d. XII
a. VIIII m. V d. II
a. XII m. I d. XII
a. XIIII m. I d. XI (f)
m. XI (p)
a. II m. II d. III
a. III m. III d. III
a. VI m. V d. II (f)
a. VII (p)
a. I m. X d. XXIII
a. VI m. II d. IIII
a. IIII m. III d. XXV
a. I m. I d. I
a. XI m. IIII d. XII
a. VIIII m. IIII d. XVI
a. V m. VII d.XXI(p)
a. IIII m. » d. » (f)
a. VI m. I d. III
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
DURÉE DU PONTIFICAT.
LXXXIII
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ABRÉGÉ CONONIEN
a. V m. XI d. X
a. VIIII m. I d. II
a. V m. II d. XXII
i. xft m. I d. XVIIII
a. XIII m. I d. X
II m. III d. X
a. III m. VIII d. X
a. VIII m. II d. III
a. 1 m. X d. XXII
a. VIII m. V d. IIII
a. IIII m. I d. XXV
a. I m. I d. II
a. XI m. IIII d. VIIII
a. VIII m. II d. XVI
a. V m. VII d. XXI
a. VI m. I d. III
V
RÉVISION
a. V m. II d. X
a, VIII m. XI d. XII
a. V m. II d. II
a. » m. I d. XII
a. XIII m. I d. X
a. III m. » d. X
a. III m. III d. III
a. IIII m. II d. XV
a. II m. XI d. VI
a. II m. III d. VII
a. II m. X d. XXV?
a. VIII m. X d. IIII
a. XI m. IIII d. VIIII
a. VIII m. II d. XXV
a. V m. VII d. XXI
a. II m. I d. XXV
PEINTURES DE SAINT-PAUL
a. V m. II d. X
a. VIII m. XI d. XII
a. XIII m. I d. X
a. III m. » d. X
a. III m. III d. III
a. IIII m. II d. XV
a. II m. XI d. VI
a. II m. III d. VII
a. II m. X
a. VIII m. X d. III
a. XI m. IIII d. VIIII
a. VIII m. II d. XXV
a. V m. VII d. XXI
a. II m. I d. XXV
VARIANTES AFFÉRENTES
AUX COLONNES V ET VI
Réo. — a. VI A M E
Peint. — m. I d. XI Barb.
— d. ? Bi.
Réo. — d. II om. C3*
Rév. — a. XII E — d. XV
C*
Rév. — a. XIIII A56 E —
m. XI d. XI A M
Rév. — m. II À"
Rév. — m. VIII d. X E
m. III d. III e.
Rév. — a. VI m. V d. II
E : a. IIII m. II d. X e
Rév. — a. I C» - d. XXIII
E* Vie
Peint, — m. IL. Bi.
Rév. - d. V C" : om. C 3 *
E : d. XXV A" e
Peint. — a. II m. X Ma.
seul.
Peint. — d. II... Bi.
Peint. — m. III Barb.
Rév. — d. XX A*« C»« : d.
XXXV c*
Peint. — d. XXI Barb.
Peint. — d. ?Bt.
Rév. —m. II A M
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Original from
UHIVERSITYOF MICHIGAN
LXXX1V
NOMS
I
DES PAPES
CATALOGUE LIBÉRIEN
Mll.TIADES
a.
III m. VI d. VIII
SlLVESTER
a.
XXI m. XI d. »
Marcus
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a.
m. VIII d. XX
SOURCES.
ICLIUS
LuBERlUS
Félix II
Damasus
II
CATALOGUE DU V° SIÈCLE
111
LIBER PONTIFICALIS
a. XV m. I d. XI
m. II d. VI
a. IIII m. » d. » a. IIII m. VII d.VIII(FA)
a. IIII m. » d. » (non)
a. II m. » d. XX a. Il m. VIII d. XX (p)
m. » d. » (f)
a. XV m. II d. VII a. XV m. I d. » (f)
d. » m. II d. VI (p)
a. VI m. IIII d. VIII ' a. VI m. III d. IIII
m. III d. IIII
i a. » m. » d. » | a. III m. » d. » (f)
; a. I m. III d. II (p)
a. XVIII m. III d. XI ' a. XVIII m. III d. XI
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SlRICIUS
AîUSTASIUS
ISkocestius
Zosimus
bonifatius
Caelestisus
Xystus III
Léo
HlLARIUS
SlMPLlCIUS
PROSPER
: a. XV m. » d. » a. XV m. » d. » (p)
d. XXV (f)
I
a. III m. » d. XXI | a. III m. » d. XXI
d. X
a. III m. » d. X
a. XV m. II d. XXI a. XV m. II d. XXI a. XV m. I d. XXI (f)
I m. I m. II (p)
a. I m.VI II d. VIIII a. VII m. VIIII d. XVIIII . a. I m. III d. XI (p)
a. I m. III d. XV m. II (f)
a. III m. VIII d. VI a. III m. VIII d. VI a. III m. VIII d. VI (f)
d. VII (p)
a. VII I m. X d. XVII a. VIIII m. X d. XVII a. V1I1 m. X d. XVII
|a. VIII
a. VIII m. » d. XVIIII a. VIII m. » d. XVIIII i a. VIII ni. » d. XVIIII
a. XXI m. I d. XIII , a. XXI m. I d. XIII
a. VI m. III d. X a. VI m. III d. X
a. XV m. » d. VII \ a. XV m. I d. VII
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Original from
UHIVERSITYOF MICHIGAN
DURÉE DU PONTIFICAT.
LXXXV
IV
ABRÉGÉ CONONIEN
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a. IIII m. » d. » ' a. III m. VII d. VII
a. XXII m. X d. XI a. XXIII m. X d. XI a. XXIII m. X d. XXVII
VI
PEINTURES DE SAINT-PAUL
a. III m. VII d. VII
a. II m. VIII d. XX I a. II m. VIII d. XX
a. XV m. II d. VII ' a. XI m. II d. VI
a. VI m. III d. VIII a. X m. VII d. III
a. I m. III d. II a. I m. III d. II
a. XVIII m. III d. XI | a. XVIII m. II d. X
!
a. XV m. » d. » I a. XV m. XI d. XXV
a. III m. » d. XXVII ! a. II m. » d. XXVI
a. XV m. II d. XXII ! a. XV m. II d. XX
a. VII m.VIIII d.XXIIII I a. I m. VIII d. XXV
a. III m. VIII d. VI I a. III m. VIII d. XIII
a. VIIII m. X d. XVII 1 a. VIII m.» d. VIIII
a. VIII m. » d.XVIIII la. VIII m. » d. XVIIil
a. XXI m. I d. XIII ; a. XXI m. I d. XXVII i
a. VI m. III d. X I a. VI m. III d. X
a. XV m. I d. VII I a. XV m. » d. VII
a. II m. VIII d. XXI
a. XI m. II d. VI
a. X m. VII d. III
a. I m. III d. II
a. XVIII m. II d. X
a. XV m. XI d. XXV
a. II m. >> d. XXVI
a. XV m. II d. XX
VARIANTES AFFÉRENTES
AUX COLONNES V ET VI
Rév. — d. VII C" : VIII
C 8 E : XXI A* 6 .
Peint. — d. VI Barb. Ma. :
VII BU
Rév. — m. X d. XI om.
C 8 — d. XII C*E
Peint. — d. XX Bi.
Peint. — Marc est omis par
Barb.
Rév. — d. VA» 6 : VII CE
Peint. — Omis par Barb.
Rév. — m. III d. IIII A 8 ®
Peint. — m. .. II Bar 6.
Rév. - m. II E
Peint. — m. ? d. ? Barb.
Peint. — Barb. omet les
quatre derniers papes.
B<h>.-d.XXVIlC 8 ':XXlIIl
E
Peint. — d. XX... Bi — d.
XVI Ma.
Rév. — d. XXI A M
Rév.— m.VA w C*-d.XVI C
Rév.— a.VIIIIE— m. »C 8
m. I C* E : m. X A M C*:
Rév. — d. XXVI A M E
XXVIII C« M
Rév. — d. XVII C»
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Original from
UHIVERSITYOF MICHIGAN
SOURCES.
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DES PAPBS
Félix III
Gelasius
Anastasius II
Symmachus
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ÏOHANNES
Félix IIII
BONIFATIUS II
IOHANNES II
Agapitus
SlLVERlUS
VlGILIUS
Pelagics
IOHANNES III
Benhdictus
Pblagius II
Gregorius
II
catalogue de Vérone catalogues du vi e siècle
a. VIII m. XI d. XVII
a. VIII m. XI d. XVII
a. IIII m. VIII d. XVIII a. IIII m. VIII d. XVIII
III
LIBER PONTIFICALIS
a. I m. XI d.XXIIII
a. XV m. VII d. XXVII a. XV m. VII d. XXVII
! a. VIIII m. » d. XVII a. VIIII m. » d. XVII
!
a. II m.VIIII d. XVI
a. II m.VIIII d. XVI
I
a. IIII m. II d. XII la. IIII m. II d. XII
a. II m. » d. XXVI a. II m. » d. XXVI
a. II m. IIII d. VI a. II m. IIII d. VI
a. » m. XI d. VIII a. » m. XI d. XVIII
i
a. » m.VIIII d. » ,a. I m. V d. XI
a. XVIII m. II d. VIIII
a. XVII m. VI d. XXVI
a. IIII m. X d. XVIII
a. XII m. XI d. XXVI
a. IIII m. I d.XXVIII a. IIII m. I d.XXVIIJ
a. I m. XI d.XXIIII
a. XV m. VII d. XXVII
a. VIIII m. » d. XVII
a. II m. VIIII d. XVI
a. IIII m. II d. XIII
a. II m. » d. XXVI
a. II m. IIII d. VI
a. » m. XI d. XVIII
a. I m. V d. XI
a. XVII m. VI d. XXVI
a. XI m. X d. XVIII
a. XII m. XI d. XXVI
a. X m. II d. X
a. XIII m. VI d. X
a. X m. II d. X
a. XIII m. VI d. X
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DURÉE DU PONTIFICAT.
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IV
ABRÉGÉ CONONIEN
a. VIII m. XI d. XVII
a. IIII m. VIII d. »
i. I m. XI d.XXIIII
a. XV m. VI d. XXVII
a. VIIII m. » d. XVII
a. II m. VII d. XV
a. IIII m. II d. XIII
a. II m. » d. XXVI
a. II m. IIII d. »
a. » m. XI d. XVIII
a. I m. V d. XI
a. XVII m. VI d. XXVI
a. IIII m. X d. XVIII
a. XII m. XI d. XXVII
a. IIII m. I d.XXVIII
a. X m. II d. X
a. XIII m. VI d. X
V
RÉVISION
a. VIII m. XI d. XVII
a. IIII m. VIII d. VIIII
a. I m. XI d.XXIIII
a. XV m. VII d. XXVII
a. VIIII m. » d. XVII
a. II m.VIIII d. XVI
a. IIII m. II d. XIII
a. II m. » d. XXVI
a. II m. IIII d. VI
a. » m. XI d. XVIII
a. I m. V d. XI
a. XVII m. VI d. XXVI
a. IIII m. X d. XVIII
XII m. XI d. XXVII
a. IIII m. I d.XXVIII
a. X m. II d. X
a. XIII m. VI d. X.
VI
PEINTURES DE SAINT-PAUL
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VARIANTES AFFÉRENTES
A LA COLONNE V
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m. VIII d. XXII E
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lxxxviii SOURCES.
Félix II est nommé dans les catalogues; mais sans
que la durée de son pontificat soit indiquée. On ne sait
d'où proviennent les chiffres a. I m. III d. II du Liber
pontificalis *.
C'est le catalogue libérien qui a fourni le chiffre VIII
des mois du pape Marc, le catalogue du V e siècle
n'en indiquant aucun. Une variante particulière à fa se-
conde édition se rencontre dans la notice de .Fabien,
m. XI d. XI, pour m. I d. X; elle trouve son explica-
tion dans une distraction du compilateur, qui, lisant un
peu plus bas ces chiffres, à propos de l'emprisonnement
du prêtre Moïse, les a indûment substitués à ceux que
la première édition attribuait au pape lui-même.
Sauf ces retouches fort peu nombreuses, les chiffres
du Liber pontificalis sont absolument identiques avec
ceux des catalogues et, quand ceux-ci ne sont pas d'ac-
cord entre eux, avec ceux de la seconde catégorie.
17. — Venons maintenant aux révisions. Si celle de
l'abrégé cononien n'a qu'un médiocre intérêt en elle-
même, il en est autrement de l'autre, à laquelle se
rattachent les chiffres joints aux portraits des papes
dans la galerie pontificale de Saint-Paul. Qu'il y ait
identité absolue entre ces chiffres et ceux de la révision
dont je parle, c'est ce dont on peut s'assurer en com-
parant les deux colonnes où je les ai rapprochés.
Cette révision se rencontre dans un certain nombre
de manuscrits appartenant à des classes très distinctes.
Pour tout le reste, ces manuscrits sont conformes à
ceux de leurs classes respectives ; pour les chiffres
seulement ils se rapprochent et présentent une phy-
sionomie spéciale. Ce sont : 1° dans la classe A, les
deux manuscrits Vaticanus 5269 (A 6 ) et Vindobonen-
Ws632(A 6 ), étroitement apparentés entre eux; 2° dans la
classe C, le Bernensis 408 (C 3 ), le Parisinus 5U0 (C 4 )
et le Guelferbytanus (C*) ; ce dernier cependant a con-
servé ça et là les chiffres primitifs ; il a d'ailleurs été
retouché d'après ceux-ci et il n'est pas toujours facile
de discerner la leçon originale au travers de la retou-
che; enfin, 3° tous les manuscrits de la classe E. Aucun
des nombreux manuscrits de la classe B n'a été atteint
par cette révision, pas plus que le manuscrit de Luc-
1. Remarquer le comput isolé de l'abrégé félicien, ann. III, sans
mois ni jours. Il est conforme à la vérité historique,, si on le prend
comme indiquant le temps pendant lequel Félix occupa le siège
de Libère exilé (355 358). Je ne saurais dire si cette leçon provient
de la première édition ou si c'est un changement introduit par
l'abréviateur.
ques (A 1 ) et le Vossianus 60 (C 1 ), tous deux très an-
ciens.
La généalogie des manuscrits n'est pas sans fournir
quelque indication sur l'origine du remaniement. En
effet, le manuscrit C 3 est très proche parent de C 4 , mais
seulement pour les vies des papes antérieurs au
vm e siècle. D'autre part C 2 et C 3 sont très voisins, jus-
qu'à la vie de Zacharie (f 752) inclusivement. En sup-
posant que la retouche ait été introduite dans un an-
cêtre commun à C 1 C 3 et C A , on explique très bien sa
propagation dans les manuscrits de la recension E, car
celle-ci est une recension dérivée et mixte, où Ton
trouve mêlées les leçons de la classe A, celles du
groupe BC ' et même quelques-unes de la première
édition. Mais ce qui ne s'explique pas aussi facilement,
c'est que les manuscrits A 5 et A 6 , qui ne doivent abso-
lument rien aux deux classes C et E, présentent exac-
tement les mêmes chiffres que les manuscrits C 1 , C 3 ,
C\ E. Si la transmission de ces chiffres s'était faite par
un manuscrit du Liber pontificalis, le texte de ce ma-
nuscrit aurait laissé des traces dans les deux groupes
A" et CE ; et ceux-ci présenteraient certainement d'au-
tres particularités communes que les variantes numé-
riques. Je ne vois donc d'autre solution que d'admettre
un simple catalogue duquel dépendraient, d'une part
l'original commun à A 5 et A 6 , d'autre part le manus-
crit du type C par lequel ce remaniement s'est intro-
duit dans les classes C et E.
Comment ce catalogue avait-il été dressé? Il suffit
de jeter un coup d'œil sur les colonnes I et V du ta-
bleau pour reconnaître que la plupart des variantes de
la révision concordent avec les leçons du catalogue
libérien; on peut dire que celui-ci en a fourni au moins
les trois quarts. Quant aux autres, elles sont, pour la
plupart, peu nombreuses et peu importantes; on peut
les expliquer par des fautes de transcription dans les
manuscrits du catalogue révisé, ou par quelques diffé-
rences entre le texte libérien dont on s'est servi et celui
qui nous est parvenu directement. D'autre part, les
chiffres que la révision a en commun avec le Liber
pontificalis proviennent bien de celui-ci et non point
de catalogues indépendants. On peut s'en assurer en
considérant, par exemple, les chiffres de Marcel et de
Marc, où la révision est d'accord avec le Liber pontifi-
i. Pour le commencement, les deux groupes B et G ne diffèrent
pas sensiblement.
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LES PAPES MARTYRS.
LXXXIX
Révision de
l'abrégé K.
calis sur des particularités tout à fait propres à celui-ci.
En somme, la révision en question représente une com-
binaison des chiffres du Liber pontificalis et de ceux du
catalogue libérien. Elle s'est opérée sur une assez vaste
échelle : près de la moitié des chiffres du Liber ponti-
ficalis, pour la partie correspondante au catalogue li-
bérien, ont été ainsi modifiés. Mais les retouches ne
se sont pas bornées à cette première partie ; on en
trouve encore, en assez grand nombre, dans les notices
des papes de la fin du quatrième siècle et du commen-
cement du cinquième. Après Zosime (^418) elles de-
viennent fort rares : il n'y en a plus que quatre, pour
Boniface, Léon, Simplicius et Gôlase. Au delà de ce
dernier pape il n'y en a plus du tout.
18. — Les variantes de l'abrégé cononien dérivent
aussi, quoique en partie seulement, du catalogue li-
bérien; c'est cette communauté d'origine qui explique
comment elles se rencontrent assez souvent avec celles
de la révision précédente. Outre le catalogue libérien,
on a mis à contribution un catalogue du même type
que ceux d'Arras, Corbie I, Reims, Chieti, etc. Ce re-
maniement est donc un peu plus complexe que l'autre.
Il se renferme du reste dans les mômes limites, c'est-
à-dire qu'il ne dépasse guère le pape Zosime. J'ai dit
plus haut que c'est vers ce point de la série que dis-
paraissent les divergences entre les catalogues ponti-
ficaux, et cela pour une bonne raison, c'est qu'ils sont
désormais tous d'accord avec la réalité chronologique.
19. — Je puis maintenant ramener à quelques lignes
assez simples toutes les traditions sur la chronologie des
papespourles quatre premiers siècles de l'église romaine
(S 0-4 50 environ). A la fin du v e siècle, ces traditions
étaient représentées par trois documents : le catalogue
libérien de l'année 354, et les deux types du catalogue
établi probablement vers le temps de saint Léon.
La chronologie du Liber pontificalis n'est que la re-
production de l'un de ces deux types, sauf quelques
compléments très rares empruntés au catalogue libé-
rien. Celle de la révision des manuscrits A 5S C m E,
conforme aux inscriptions de Saint-Paul, représente
une combinaison du catalogue libérien et du Liber
pontificalis. Enfin, celle de l'abrégé cononien nous
offre les trois traditions mélangées : le Liber pontifi-
calis y a été corrigé d'après le catalogue libérien et
en même temps d'après le premier type des catalogues
du v° siècle. Parmi les sources du catalogue libérien et
de ceux du v° siècle, les ssules que nous puissions in-
diquer avec certitude sont la chronique d'Hippolyte et
les chiffres de l'histoire ecclésiastique d'Eusèbe, trans-
mis par la chronique de saint Jérôme.
Traditions
romaines sur
la chronologie
des papes.
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§ IV.
LES PAPES MARTYRS.
Les papes
irtyrs, d'après
le L. P.
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20. — Dans les livres liturgiques actuels, la qualité
de martyr est attribuée à tous les papes antérieurs à
saint Silvestre. Cette classification repose sur une con-
ception historique, jadis universellement admise, d'a-
près laquelle la persécution n'aurait cessé que sous le
pape Silvestre; Constantin lui-môme était censé avoir
été d'abord un ennemi des chrétiens ; l'ère de la paix
commençait à sa conversion et à son baptême.
L'auteur du Liber pontificalis^ bien qu'il ait accepté
comme vraie la légende de Silvestre, de laquelle tout ce
système dérive, n'en a pourtant pas tiré des conséquen-
ces aussi étendues. L'expression martyrio coronatur,
ou quelque autre équivalente, figure dans un grand
nombre de notices antérieures à celle de Silvestre \
1. Elle se trouve aussi dans la notice de Félix II, mort en 365 ;
ce cas particulier sera étudié au paragraphe suivant.
Liber pontificalis.
mais pas dans toutes: Anaclet, Hygin, Pie, Soter, Eleu
thère, Zéphyrin, Urbain, Denys, Eusèbe \ Miltiade,
sont exceptés. Anicet et Eutychien n'ont le titre de
martyr que dans la seconde édition ; il en est de même
de Gaius, que la première édition présente comme un
simple confesseur, et peut-être aussi de Marcel a , son
1. L'épitaphe consacrée à la mémoire d'Eusèbe par le pape
Damase est encadrée dans la dédicace DAMASVS EPIS-
GOPVS FEGIT EVSEBIO EPISGOPO ET MARTYRI. Elle
atteste qu'Eusèbe mourut en exil, comme les papes Pontien
et Cornélius, qui étaient rangés parmi les martyrs dans les
calendriers du iv c siècle. Cet honneur cependant n'avait point
été accordé à Eusèbe. La raison de cette différence est sans doute
qu'Eusèbe n'avait pas été exilé en vertu des édita de persécution,
mais pour des raisons spéciales (v. le commentaire de sa noUce).
2. Le mot de martyr n'est pas prononcé à propos de Marcel;
mais la manière dont sa fin est racontée dans la seconde édition
porte à croire qu'il n'y a ici qu'une omission accidentelle et que
le biographe le considérait comme un martyr.
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second successeur. Quant aux autres, ils sont tous don-
nés comme martyrs. En voici la liste :
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Pontien,
Clet,
Antéros,
Clément,
Fabien,
Evariste,
Cornélius,
Alexandre,
Lucius,
Xystus I er ,
Etienne,
Télesphore,
Xystus II,
Victor,
Félix,
Calliste,
Marcellin.
La tradition 21 . — La tradition liturgique du iv 6 et du v° siê-
locale à la fin du % « -, ,...,, . ...
v siècle c * e donne ^ ieu 1C1 a " es comparaisons intéressantes,
mais qui ne s'étendent pas à toute la série pontifi-
cale. Les anniversaires des plus anciens papes, jusque
vers le milieu du m siècle, ne sont pas marqués
régulièrement dans les calendriers, sacramentaires
et autres documents analogues. Avant celui de Fa-
bien (f 250), on ne trouve guère que ceux de Calliste
(f 222) et de Pontien (f 235), peut-être ceux de Clé-
ment et de Zéphyrin (f 217). Cependant, en grou-
pant autour de la liste des fêtes officiellement célébrées
les autres documents de l'opinion du v° siècle sur les
anciens papes, on arrive a un ensemble qui concorde à
peu près avec les indications du Liber pontificalis. Je
vais le faire voir par un aperçu rapide.
Lin, Clet et Clément sont nommés de telle façon
dans le canon de la messe romaine, qu'on ne peut leur
refuser le titre de martyr sans s'écarter de l'interpréta-
tion naturelle de ce texte * : Memoriam vendantes...
beatorum apostolorum ac martyrum Pétri, Paidi...
Simonis et Thaddaei, Lini, Cleti, Clementis, Xysti,
Cornelii, Cypriani, Laurentii ... En ce qui regarde
Clément, on sait que Rufin et le pape Zosime lui ont
donné le titre de martyr ; de plus, notre auteur a eu
connaissance du texte de sa passion 3 ,qui ne pouvait lui
laisser aucun doute à ce sujet.
1. Je ne parle pas ici des martyrologes appelés historiques,
comme ceux de Bè4e, Florus, Adon, Usuard, Raban, Notker, etc.,
ni même du « petit martyrologe romain », placé par Àdon en tête
; du sien propre. Tous ces documents sont postérieurs au Liber pon-
' tificcUis et dépendent de lui. Le martyrologe hiéronymien ne donne,
en ce qui regarde les papes, aucun détail historique. Du reste,
pour les papes antérieurs à Libère, il est sensiblement d'accord
avec les Depositiones philocaliennes (p. 10-12).
?. D est peu probable que le canon romain ait subi, depuis la fin
du Y e siècle, un changement important en cet endroit.
3. Voir ci-dessous, p. xci.
Il n'y a aucune vérification possible pour le cas d'E-
variste ; quant à celui d'Alexandre, notre auteur est
évidemment dans la dépendance d'une passion où ce
pape est identifié avec un martyr de la voie Nomentane.
Peut-être a-t-il pris dans le canon l'idée que Xystus I er
avait été martyr, bien que le Xystus du canon soit plus
probablement le célèbre pape du m siècle, victime de la
persécution de Valérien (258). Après Xystus I er etjus-
qu\Eleuthère inclusivement, il est tout à fait d'accord
avec saint Irénée qui, comme lui, ne connaît d'autre
pape martyr, dans cette partie de la série, que le seul
Télesphore '.
Au delà d'Eleuthère et avant Fabien, il compte parmi
les martyrs Calliste et Pontien, conformément à la
Deposiiio martyrum, et de plus Victor et Antéros, con-
trairement aux documents contemporains, au moins si
on veut les interpréter naturellement. En effet, l'auteur
des Philosophamena, qui est loin d'être défavorable à
Victor, mentionne (IX, 12) la mort de ce pape sans
signaler aucune circonstance de martyre ou de confes-
sion ; quant à Antéros, sa mort est marquée dans la
continuation de la chronique d'Hippolyte par le mot
dormit, alors que cette même continuation emploie le
terme passus est pour le martyre sanglant du pape Fa-
bien et l'expression cum gloria dormitionem accepit
pour Cornélius, mort confesseur et en exil.
Sur les sept papes qui terminent la liste des martyrs
dans le Liber pontificalis, trois, Fabien, Cornélius et
Xystus II, l'ont été certainement et figurent comme
tels dans les documents liturgiques du iv e siècle ; pour
Félix, il s'est produit une confusion analogue à celle
que je signalais tout à l'heure à propos d'Alexandre : le
pape Félix a été identifié avec un martyr homonyme,
enterré sur la voie Aurôlienne; quant aux trois au-
tres, Lucius, Etienne et Marcellin, qui ne figurent comme
martyrs ni dans les tables de dépositions de 336-354,
ni dans aucun document contemporain , je montre-
rai bientôt que notre auteur a connu efmis à contribu-
tion des pièces ou tout au moins des traditions sui-
vant lesquelles ils auraient versé leur sang pour la
foi.
Il ne reste en définitive que trois cas dans lesquels
le martyrio coronatur de notre biographe ne soit pas
appuyé, à notre connaissance, soit sur des traditions
1. Je suis ici la première édition; le martyre d'Anicet, dans la
seconde, est une retouche des plus évidentes (v. p. lxi).
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qui suffisent à l'expliquer, soit môme sur la réalité
historique '. Ce sont les cas d'Evariste, de Victor et
d'Antéros *.
Passions 22. — Parmi les papes auxquels le Liber pontificalis
mtou^du^-p. donne le titre de martyr, il y en a huit ou dix pour
lesquels il ne paraît dépendre d'aucune passion, au-
thentique ou légendaire ; ce sont Lin, Clet, Evariste ,
Xystus I* r ,Télesphore, Anicet (2 e édition), Victor, Fabien,
Félix I er , Eutychien (2 e édition) : dans ce nombre, il
est bon de le remarquer, figurent deux martyrs certains,
Fabien etTélesphore. Non seulement nous n'avons point
de gesta martyrum relatifs à ces dix papes, mais il n'y a
aucune raison de croire que l'auteur du Liber pontifica-
lis en aiteonnu qui maintenant aient disparu. Pour d'au-
tres papes, au contraire, l'auteur a pu consulter des
passions que nous avons encore ou du moins qui exis-
taient de son temps.
Les passions actuellement conservées sont celles de
saint Clément, de saint Alexandre, de saint Calliste,
de sainte Cécile (notice d'Urbain), de saint Cornélius,
de sainte Susanne (notice de Gaius). Des traces de do-
cuments analogues, mais dont les textes sont perdus,
se retrouvent dans les notices de Pontien, d'Antéros, de
Lucius, d'Etienne, de Xystus II, de Marcellin et de Mar-
cel. Je vais étudier ces emprunts, en suivant l'ordre
chronologique des notices pontificales.
23. — 1° Clément. — Le Map-rupiov toS ayfou
KX7}{/.evTo; ^àra TwtxYj;, publié par Cotelier^Dressel 8
et, en dernier lieu, par M. Funk 3 , contient un récit qui
n'a aucun trait commun avec ce que nous savons d'ailleurs
de l'histoire de saint Clément, si ce n'est le temps où
il vécut. On y raconte d'abord qu'il convertit un ami
de l'empereur Nerva , appelé Sisinnius, et beaucoup
d'autres grands personnages; que le cornes sacrorum
officiorum, inquiet de ces conversions, excita contre lui
la populace de Rome et qu'il fut condamné aux mi-
nes de Cherson par le praefectus Urbi. La seconde
partie du récit contient l'arrivée du saint a Cherson, où
1. Il ne faudrait pas trop insister sur la concordance de ses in-
dications à ce sujet avec celles de saint Irénée, car il est clair qu'il
n'a point fait usage des écrits d'Irénée, ni directement, ni par l'in-
termédiaire d'Eusèbe-Rufln.
2. Encore verra-t on bientôt que la notice d'Antéros parait avoir
emprunté quelque chose à un récit martyrologique, actuellement
perdu, où ce pape avait un rôle.
3. PP. apost., t. I, p. 808; Migne, Patr. gr., t. II, p. 611.
4. Clementinorum epitomae duae, Leipzig, 1859.
5. Opéra PP. apost, t. II, p. 28.
Slartyrium
S. démentis
il trouve deux mille chrétiens condamnés aux mines,
la découverte miraculeuse d'une source, la conversion
de tout le pays, enfin le supplice de Clément, qui est
jeté à la mer avec une ancre au cou. La passion se ter-
mine par deux prodiges : la mer se retire pour permettre .
au peuple de vénérer les restes du martyr; puis celui-ci
apparaît à ses disciples et leur dit de laisser son corps
au fond de la mer, dans le tombeau de marbre où Dieu
Ta renfermé; ils pourront le visiter tous les ans, car le
reflux miraculeux se répétera à chaque anniversaire de
sa mort.
Ce récit, par l'ensemble de sa rédaction et parla men-
tion du cornes sacrorum officiorum, trahit un auteur
du iv e siècle au plus tôt. La donnée quiluisert de base est
le cuite dont jouissait à Cherson (Sébastopol, en Crimée)
un martyr du nom de Clément f . Dans la pensée du
passionnaire, ce saint est la même personne que le
pape Clément, troisième successeur de saint Pierre.
L'Occident connut cette histoire d'assez bonne heure et
elle y parvint à une grande fortune. On sait qu'elle est
entrée dans les livres de la liturgie romaine ; mais cette
introduction paraît avoir été tardive : les anciens sacra-
mentaires, jusqu'au ix e siècle au moins, ne lui ont rien
emprunté *. En revanche elle est complètement adoptée
parle Missale Gothicum, sacramentaire gallican conservé
dans un manuscrit du vn e siècle. Grégoire de Tours lui a
donné place dans son De Gloria martyrum (c. 35, 36).
Le Liber pontificalis est beaucoup plus discret ; il se borne
à y prendre le lieu de la sépulture de saint Clément :
Qui etiam sepultus est in Grecias, sans môme dési-
gner expressément la ville de Cherson. Cette dépendance
est môme si vague que l'on peut se demander si l'au-
teur avait réellement lu la passion de Clément et s'il
ne parlait pas tout simplement d'après les idées que ce
document pouvait avoir répandues autour de lui.
24. — 2° Alexandre. — L'identité de saint Clément PaSêiQ ss
4e Rome et du saint Clément de Cherson ne paraît Aiexanan, Eventu
pas bien prouvée. Quant à l'identité du pape Alexandre et ei Theodulu
du martyr son homonyme, elle est encore bien plus
douteuse. Le tombeau de ce dernier a été récemment
découvert, au septième mille de la voie Nomentane,
conformément aux indications du Liber pontificalis ,
!. De Rossi, Bull., 1864, p. 5, 6; 1868, p. 18.
2. Le sacramentaire léonien dépend des Récognitions clémen-
tines, mais non de la passion (Muratori, Liturg. Rom. vêtus, t. I,
p. 459 et suiv.).
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de hpassio Aîexandri ', des martyrologes et des do-
cuments liturgiques. L'existence du martyr et la célébrité
de son culte ne font aucune difficulté. L'autel antique qui
s'élevait sur son tombeau portait une inscription dont le
commencement manque ... ET ALEXANDRO DELICATVS
VOTO POSVIT DEDICANTE AEPISGOPO VRS[0] ».
Deux autres martyrs, Eventius et Théodule, étaient
honorés au môme endroit et leur fête tombait le même
jour que celle d'Alexandre. Celui-ci, bien évidemment,
n'était pas nommé le premier dans l'inscription. Le
martyrologe hiéronymien, le plus ancien des documents
de ce genre qui puissent être allégués ici, ne lui donne
aussi que le second rang : Romae, via Nomentana, mi-
liario VII, natale sanctorum Iuvenalis*, Eventi, Aîe-
xandri, Theodoli. De plus, il ne joint pas à son nom le
qualificatif episcopi, qu'il donne toujours aux papes. Ces
deux circonstances avaient déjà conduit Fioreniini *
à douter de l'identité du pape et du martyr. Après la
découverte de l'inscription, le doute se renforce a un
tel point que l'on peut, sans témérité, lui substituer
une négation 5 .
Cependant la confusion des deux personnages est
antique. Il est, sans doute, peu probable que l'au-
teur du Liber pontificalis ait eu sous les yeux exacte-
ment la même passion que nous avons aujourd'hui. On
remarque deux différences entre cette passion et le
récit, pourtant bien court, de la notice d'Alexandre.
D'après celle-ci, Eventius et Théodule, compagnons
du martyr, sont l'un prêtre et l'autre diacre ; dans la
passion, ils sont tous deux prêtres. De même, dans le
Liber pontificalis, Alexandre a la tête tranchée; dans la
passion, il succombe à une quantité de piqûres qu'on lui
fait surtout le corps. Mais le Liber pontificalis s'accorde
avec la passion, non seulement sur la qualité de pape
du principal personnage, mais encore sur les noms de
ses compagnons, sur la date et le lieu du martyre et
i. Acta SS. maii, t. I, p. 371 et euiv.; Tillemont, Bist. eccl., t. II,
p. 590.
2. Âtti del martirio di S. Alessandro, etc. Rome, 1858, pl.I; cf. de
Rossi, Inscr. chr., t. I, p. vu. Je crois, quant à moi, que les lettres
VRS sont le commencement du nom d'Ursus, évoque de Nomentum
sous Innocent I er (Jaffé, 317, Goustant, p. 914); le lieu de la dé-
couverte est assez rapproché de Nomentum pour avoir fait partie
du territoire de cette cité.
3. Juvenalis n'est pas ici à sa place; ce n'est pas un martyr ro-
main.
4. Vetust. Occid. écoles, martyrologium, p. 496 b.
5. Dans les livres liturgiques grégoriens, Alexandre est nommé
le premier; la fête de ces martyrs ne se trouve ni dans le sacra-
mentaire léonien ni dans le gélasien.
de la sépulture. On ne peut donc douter qu'il ne dérive
au fond de la même tradition et par conséquent que
cette tradition ne soit antérieure au commencement du
vi e siècle.
25. — 3° Calliste. — La passion de saint Calliste
(ActaSS. octobr., t. VI, p. 430) fait mourir ce pape, avec
beaucoup d'autres martyrs, sous le règne et par ordre de
l'empereur Alexandre. La date est exacte, car il y a tout
lieu de croire que Calliste mourut le 14 octobre 222 et
Alexandre fut acclamé empereur le 11 mars de la
même année. Ce jeune prince n'avait que treize ans
et demi au moment de son élévation à l'empire;
il est célèbre par sa douceur et par la faveur qu'il
témoigna aux chrétiens ; il est donc bien difficile de
lui attribuer toute une série d'exécutions sanglantes
qui auraient inauguré, avec son règne, une nouvelle
période de persécution. Aussi Baronius abandonne-
t-il sur ce point le récit de la passion de Calliste.
Mais, comme dit Tillemont, la paix dont l'Eglise jouit
sous Alexandre, n'empêche pas qu'il n'y ait pu avoir
quelques martyrs sous son règne, « comme il y en a
eu sous Philippe qui passoit pour chrétien et sous les
empereurs mesmes qui prenoient le plus hautement la
protection de l'Eglise, soit parles soulèvements du peu-
ple, soit par quelques autres accidens... Les actes...
portent qu'il fut précipité dans un puits, ce qui marque
mieux la fureur d'un tumulte populaire, qu'un jugement
rendu, soit par l'empereur, soit par des magistrats lé-
gitimes '. »
Les calendriers, martyrologes et livres liturgiques de
Rome, depuis la première moitié du iv° siècle, s'ac-
cordent à ranger Calliste parmi les martyrs, à indiquer
sa fête au 14 octobre et son tombeau dans le cimetière
de Calépode, appelé aussi de Calliste, au troisième
mille de la voie Aurélia. D'autre part, son souvenir est
localisé à l'intérieur de Rome, au pied du Janicule,
à l'endroit où s'élève la belle église de Sainte-Marie
in Trastevere. Ces données topographiques, de même
que la date de l'anniversaire, figurent aussi dans la
passion, ce qui démontre que celle-ci dérive de tra-
ditions locales, dont on ne saurait sans doute accepter
tous les détails, mais qui doivent être prises en consi-
dération. D'après certains savants *, la tradition du mar-
tyre de Calliste reposerait uniquement sur le fait de
1. Hist. eccl., t. III, p. 251.
2. Lipsius, Chron. der rom. Bischôfe, p. 118.
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son exil en Sardaigne, dont il est parlé dans les Phi-
losophumena (IX, 12). Mais cet exil se place longtemps
avant son épiscopat et ne suffît pas à justifier le titre
de martyr, reconnu à Calliste officiellement et en de-
hors de toute influence légendaire. Son second succes-
seur Pontien (f 236) et le pape Cornélius (f 253),
qui ne paraissent pas avoir souffert le martyre sanglant,
ou martyre proprement dit, ont été, il est vrai, rangés
parmi les martyrs. Mais ils moururent en exil, tandis
que Calliste revint du sien et fournit ensuite une car-
rière de trente ans au moins. Un exil d'où Ton reve-
nait n'était pas, à Rome et. au m siècle, un titre
suffisant pour être honoré comme martyr. Lucius
fut exilé, revint, et mourut quelques semaines après
son retour (4 mars 254) ; cependant son anniversaire
figure dans la Depositio episcoporum, avec ceux
des papes qui n'ont pas été martyrs, et non pas
dans la Depositio martyram, avec ceux de Fabien et
de Xystus II, de Calliste et de Pontien. La conjecture
des savants en question n'est donc nullement fondée et
l'on a tout droit d'accepter, non pas, encore une fois,
tous les détails de la Passio Callisti, mais les données
qu'elle contient sur le lieu de sa mort et celui de sa
sépulture, données confirmées par les documents les
plus sérieux ; il serait même difficile, pour concilier le
martyre de Calliste avec la date de ce fait et l'attitude
d'Alexandre à l'égard des chrétiens, de trouver une
explication plus satisfaisante que celle qui ressort de
son genre de supplice, tel que la passion le présente,
c'est-à-dire l'hypothèse d'une émeute populaire. Cette
hypothèse est encore confirmée par la proximité entre
le lieu traditionnel de la mort de Calliste et la voie
Aurélienne sur laquelle on l'enterra. Il eût été naturel,
en effet, que son corps fût déposé dans le célèbre cime-
tière de la voie Appienne auquel son nom est attaché et
où furent enterrés tous les papes du m siècle, excepté
lui. Une telle exception suppose des circonstances par-
ticulières, qui ont empêché ses obsèques de se passer
régulièrement. Si l'on réfléchit qu'un tel empêchement
ne s'est pas produit dans le cas des martyrs Fabien et
Xystus II, exécutés par sentence de juge, il ne reste
d'imaginable qu'un tumulte local, qui, détournant les
fidèles de Rome de tenter le passage du Tibre et de
s'aventurer vers la voie Appienne, les força de s'échap-
per, avec le corps de leur évêque, par la porte la plus
voisine du théâtre de sa mort.
Le Liber ponlificalis est-il tributaire de la passion de
Calliste, telle que nous l'avons actuellement l ? Le seul
détail qui porterait à le croire c'est qu'il fait naître Cal-
liste à Rome, dans la région appelée Urberavennatium,
lieu plusieurs fois nommé dans la passion 3 . Mais cette
indication topographique n'est pas particulière à celle-ci,
car l'expression Urberavennatium servait, dans la lan-
gue populaire, à désigner la partie du Transtévère située
au bas du Janicule. Elle s'explique par ce fait que les
marins de la flotte deRavenne, en détachement à Rome,
avaient leur quartier dans la regio XIIII trans Tibe-
rim, celle-là même où se conservait le souvenir de
Calliste. Le lieu de sépulture de ces marins se trouvait
sur la voie Aurélienne, comme le cimetière de Calépode,
mais un peu plus près de Rome, dans la villa Pam-
phili. C'est là qu'on a découvert un certain nombre de
leurs monuments funéraires 3 .
11 est donc possible que le Liber pontificalis dépende
ici tout simplement de la tradition orale et non point
de la passion de Calliste. „ .
c Passio
26.-4° Urbain. — Il est certain en revanche s. CaedUae.
que la notice d'Urbain, successeur de Calliste, con-
tient des choses empruntées à la passion de sainte
Cécile. Ce document paraît être du v° siècle *; on en a
tellement parlé ces derniers temps que je n'ai pas be-
soin de l'analyser. Le pape Urbain y joue un rôle im-
portant; c'est lui qui instruit et baptise les personnes
que convertissent, par la parole ou par l'exemple, les
héros du récit, Cécile, Valérien son mari, et Tiburce
son beau-frère. Cette situation est indiquée, dans
le Liber pontificalis, par la phrase suivante : Hic
sua traditionc multos convertit ad baptismum,
etiam Valerianiim, sponsum sanctae Cacciliae, et
multi martyrio coronati sunt per eius doctrinam 5 .
Urbain est présenté, au commencement de l'histoire,
1. Elle est résumée au ix° siècle dans tous les martyrologes his-
toriques, Bède-Florus, Adon, Raban Maur, etc.
2. C'est là que Calliste célèbre le culte chrétien (Acta SS. 1. c,
c. 1 et 1) : « Veneruut trans Tiberim in Urbem ad templum Ra-
» vennatium et audierunt in quodam caenaculo multitudinem chris-
» tianorum psallentem, inter quos erat CaUistus episcopus cum
» clero suo... Divulgatumest... quod esset (CaUistus) in domo Pon-
» tiani iuxta urbem Ravennatium ; misitque occulte trans Tiberim
o et tenuit eum (Alexander). »
3. Corp. inscr. lat., t. VI, 31-48 et s'uiv.
4. De Rossi, Rom. sott., t. II, p. il et 148; le texte dansSurius,
22 nov. ; cf. Aube, Les persécutio?i$ de l'Église, t. III, p. 353 et suiv.
5. Première édition : la seconde n'ajoute rien d'important et ne
fait que délayer le texte.
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comme ayant déjà confessé la foi à deux reprises : Qui
iam bis confessor factus inter sepulcra martyrum la-
titabat. Ce titre de confesseur illustre est rappelé au
début de la notice : Qui etiam clare (claruit?) confes-
sor temporibus Diocletiani. Mais ici les divergences
commencent, car l'indication chronologique contenue
dans les mots temporibus Diocletiani manque, tant
dans la passion de sainte Cécile que dans celle d'Ur-
bain, qui paraît en être un complément ! . Ces mots
forment un tel anachronisme, que les copistes du
Liber pontificalis en ont été choqués et se sont in-
géniés à remanier le texte à cet endroit. Mais la leçon
qui les contient n'en est pas moins la leçon primitive.
Il faut dire d'ailleurs qu'elle n'est pas en contradiction
ouverte avec les passions actuelles de sainte Cécile et
de saint Urbain, car celles-ci ne mentionnent ni consuls
ni empereurs \ Il en est autrement des mots quem se-
pelivit beatus Tiburtias, qui font enterrer le pape Ur-
bain par le martyr Tiburce; dans la passion, sainte Cé-
cile survit à Tiburce et elle est elle-même enterrée par
Urbain.
De telles différences supposent, ou que l'auteur du
Liber pontificalis n'avait qu'une connaissance très im-
parfaite de la passion de sainte Cécile, ou qu'il suivait
une rédaction différente, sur quelques points, de celle
que nous possédons. C'est l'influence de cette dernière
qui aura porté les copistes à supprimer la mention de
Tiburce et à corriger le synchronisme impérial.
La sépulture d'Urbain est indiquée, par le Liber pon-
tificalis comme par la passion, dans le cimetière de
Prétextât, et non dans le cimetière de Calliste, où fut
pourtant enterré le véritable pape Urbain. Je dis le vé-
ritable pape Urbain, car il est certain qu'il doit être
distingué de l'Urbain de la passion, dont le souvenir
est localisé auprès de la petite église de Saint-Urbain
alla Caffarella, dans l'ancien pagus Triopius, et dans
le cimetière voisin, celui de Prétextât s . Il est probable
que les récits martyrologiques auxquels son nom se
trouve mêlé auront passé par des formes diverses. La plus
vraisemblable, eu égard au témoignage de Tarchéolo-
i. Acta SS. maii, t- V, p. 477 et suiv.
2. La note Passa est autein beata virgo M. Aurelii et Commodi
imperatorum temporibus, qui se lit à la fin de la notice de sainte
Cécile dans le martyrologe d'Adon (22 nov.), est indépendante du
texte de la passion de cette sainte; les mss. de celle-ci ne la con-
tiennent pas ou bien l'ont empruntée à Adon lui-môme. Sur ces
données chronologiques, v. Aube, op. cit., p. 355, note.
3. De Rossi, Roma sott., t. II, p. 52-54, 151 et suiv.
gie, serait celle qui placerait cette histoire au temps
de Marc-Aurèle et de Commode. Les emprunts du Liber
pontificalis donnent le second rang à celle où tout se
passe sous Dioclétien 5 ; quant à la recension commune,
qui, par une rare exception, ne contient aucun nom
d'empereur, elle n'a d'autre attache chronologique que
l'identification du pape Urbain avec le confesseur Ur-
bain du cimetière de Prétextât; à mon avis, elle repré-
sente un remaniement "de la précédente, au moins en
ce qui regarde le. synchronisme des empereurs et la
succession de certains événements.
27. — 5° Pontien. — Il ne subsiste aucun document Documtab
martyrologique indépendant sur les deux papes Pontien pe**»* sari
et Antéros, qui moururent tous deux au temps où
l'empereur Maximin persécutait le haut clergé. Le pre-
mier a son anniversaire marqué dans la Depositio mar-
tyrum; la petite chronique du ni siècle qui, dans le
catalogue libérien, commence précisément à Pontien,
raconte qu'il fut exilé en Sardaigne, in imula nociva.
Sa mort n'y est pas relatée, mais seulement sa démis-
sion, discinctus est. L'auteur du Liber pontificalis a ici
substitué defunctus est à discinctus est et modifié la
date, qui de //// kal. octob. est devenue Illkal. no-
vemb.; peut-être ce dernier changement est-il involon-
taire. 11 n'en est pas de même de l'introduction des
mots adflictitSj maceratus fustibus, avant defwictus
est. Ces mots supposent que le rédacteur avait sous les
yeux ou dans la mémoire quelque récit sur les derniers
moments du martyr Pontien. La circonstance qu'ils
expriment n'a rien assurément que de très naturel,
étant donnée la situation des condamnés aux mines.
On peut en dire autant du petit récit de la translation
des restes de Pontien à Rome, par le pape Fabien :
Quem beatus Fabianus adduxit fiavigio* et sepelivit in
cymiterio Calisti, via Appia. Le court pontificat d'Àn-
tôros ne lui permit pas de s'occuper de la sépulture
de son prédécesseur, mort si loin de Rome ; d'ailleurs
le règne de Maximin n'était pas un temps où un ôvêque
pût facilement obtenir le rescrit impérial qui était né-
1. Remarquer que celte date se trouve aussi dans un passion-
naire de la basilique de Latran, allégué par Bosio (de Rossi, 1. c,
p. xxxix) et dans les Menées grecques (22 nov.).
2. Cum clero per navim, dans la seconde édition. Rapprocher le
changement Lucina... cum tota familia en Lucina... cum clericis
que subit le récit de la sépulture du pape Cornélius en passant de
ses Actes dans le Liber pontificalis. L'auteur de celui-ci paraît at-
tacher une certaine importance à ce que les clercs assistent aux
enterrements.
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cessaire pour transporter un cadavre; enfin rien ne
prouve que Pontiensoit mort avant Antéros. Fabien, au
contraire, eut un long pontificat, sous des empereurs
favorables aux chrétiens, Gordien III et Philippe. Il
est tout naturel qu'il se soit occupé de ramener à Rome
le corps de son prédécesseur mort en exil '. Le seul dé-
tail qui ne soit pas acceptable, parmi ceux que le Liber
pontificalis ajoute au catalogue libérien, c'est la res-
ponsabilité d'Alexandre Sévère dans la sentence d'exil
portée contre Pontien. Cette sentence a été pronon-
cée en 235, avant la fin de septembre. Mais Alexandre
mourut le 18 mars, sur les bords du Rhin, où il se
trouvait depuis un certain temps ; d'ailleurs les chré-
tiens n'ont point eu à souffrir sous son règne. Il est
tout naturel de faire rentrer l'exil de Pontien parmi
les rigueurs de la persécution que Maximin se hâta
d'inaugurer. L'auteur du Liber pontificalis aura pris le
nom d'Alexandre dans la formule chronologique fuit
temporibus Alexandrie du catalogue libérien. Cepen-
dant il est à la rigueur possible qu'il l'ait trouvée dans
quelque passion ; les rédacteurs de ces documents ont
attribué plus d'un martyr au règne et à une prétendue
persécution d'Alexandre.
28. — 6° Antéros. — Dans la notice d' Antéros nous
trouvons la phrase suivante : Hic gestas marhjrum di-
ligenter a notants exquisivit et in ecclesia recondit
propter quodam Maximo presbitero * martyr effectus
est (i re édition), propter quodam Maximino presbitero
qui martyrio coronatus est (2 e édition.) La nasalisation
quondam pour quodam se rencontre dans les deux
abrégés de la première édition et dans la plupart des
mss. B et C de la seconde; mais la leçon quodam s'ap-
puie sur les plus anciens manuscrits, ceux de Lucques
et de Naples ; l'ablatif est ici pour l'accusatif, comme
cela arrive souvent dans le Liber pontificalis, et c'est
ainsi que l'ont compris les copistes qui de quodam ou
de quondam ont fait quendam et qui ont donné aux
deux noms suivants une terminaison en um. Le sens
est que le pape s'occupa de recueillir les actes des mar-
tyrs, à propos d'un prêtre Maxime ou Maximin qui
était mort pour la foi. Le martyre d'un prêtre, à la fin
1. De Bossi, Roma sott., t. II, p. 73 et suiv.
2. En restituant ce texte, p. 65, j'ai suppléé ici le relatif qui,
d'aprèsla seconde édition. Si cette conjecture n'était pas acceptée,
il faudrait suspendre le sens après recondit : alors la phrase
propter quodam... signifierait qu' Antéros lui-môme fut martyrisé
à cause d'uu prêtre Maxime. Cela est bien peu naturel.
de 235, n'a rien que de très conforme à ce que nous
savons de la situation de l'Eglise en ce moment-là.
Mais l'éditeur mayençais du Liber pontificalis a fait ici
une conjecture, adoptée après lui par Bianchini, Mura-
tori et Vignoli, et approuvée par M. de Rossi * : il a lu
propter quod a Maximo praefecto martyr effectus est
(ou martxjrio coronatus est). Les arguments de M. de
Rossi sont au nombre de deux : la facilité de confondre
les abréviations de praefecto et de presbytero et le fait
que Pupien Maxime, avant d'être empereur, exerça la
préfecture de Rome, vers le temps où siégeait Antéros.
A cela je répondrai que la coïncidence du court ôpiscopat
d'Antéros avec la magistrature de Pupien Maxime n'est
ni démontrée, ni vraisemblable 2 ; Antéros n'a siégé que
quarante jours environ : il faudrait des documents précis
pour affirmer que c'était pendant la préfecture de
Maxime. D'un autre côté, le mot praefectus se rencontre
rarement dans le Liber pontificalis et n'y est point
abrégé, surtout abrégé en pF.; ce sigle n'est pas celui
qui sert pour le mot presby ter, c'est toujours prb et ses
dérivés, jamais ~pF. Je crois donc qu'il n'y a rien à chan-
ger aux manuscrits, qui d'ailleurs donnent un sens na-
turel et acceptable.
Quoi qu'il en soit du reste, qu'il soit ici question du
martyre d'Antéros ou de celui d'une autre personne,
d'un préfet Maxime ou d'un prêtre Maxime, il est clair
que notre auteur nous donne un renseignement marty-
rologique dont il n'y a trace ni dans le catalogue libé-
rien ni dans les passionnaires actuellement connus.
Quelle est la valeur de ce renseignement ? Il est difficile
de le dire. Si l'on écarte la tradition paléographique, si
l'on efface du Liber pontificalis la mention du martyr
Maxime, on obtient un témoignage en faveur du mar-
tyre du pape Antéros, vraisemblable, eu égard à la date
de la mort de ce personnage, mais contredit par l'ex-
pression dormit, par laquelle le catalogue libérien indi-
que sa mort, et aussi par l'absence de son nom dans la
Depositio martyrum. Si l'on accepte, sans le corriger,
1. Borna sott., t. II, p. 180 et suiv.
2. Borghesi, Œuvres, t. IX, 2« fascicule, n° l.— H serait grande-
ment invraisemblable que Maximin eût pris pour préfet de Rome,
en 236, un personnage comme Pupien Maxime, que ses antécé-
dents et ses mœurs désignèrent au sénat, en 237, quand il s'agit
de nommer un empereur à la place de Maximin lui-même, déclaré
déchu et ennemi public. A ce moment, la préfecture était aux
mains d'un certain Sabinus; on ne sait depuis quand, peut-être
depuis l'avènement de Maximin (235). Quant à la préfecture de Pu-
pien Maxime, elle doit être antérieure à ce règne.
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le texte que les manuscrits nous ont transmis, on se
trouve embarrassé par la difficulté d'identifier le mar-
tyr Maxime avec l'un ou l'autre des nombreux martyrs
romains qui ont porté ce nom, et par l'absence de tout
récit, môme légendaire, sur un prêtre de ce nom qui
aurait versé son sang pour la foi en 235 ou 236. Je me
borne à conclure que l'auteur du Liber pontificalis a
mis en œuvre des documents ou des traditions sur la
persécution de Maximin, qui ne nous sont pas parve-
nus par une autre voie.
29.-7° Cornélius,— La passion de saint Cornélius et
de ses compagnons, Cerealis, Sallustia et autres martyrs,
a été publiée d'après un bon manuscrit du Vatican par
Schelstrate '. Le savant auteur lui attribue une certaine
antiquité, mais il ne pense pas qu'elle puisse remonter
jusqu'au temps de saint Léon (-J- 461) *. Elle ne peut
pourtant pas être beaucoup moins ancienne, car elle a été
évidemment mise à contribution par l'auteur du Liber
pontificalis. Le narrateur est bien informé sur le lieu
de la sépulture de Cornélius ; sur ce point, les décou-
vertes modernes ont confirmé son témoignage. Ses in-
dications topographiques sont fort exactes : il trace bien
le chemin entre le forum Palladis où, suivant lui, a eu
lieu la condamnation du saint, et l'endroit de la voie
Appienne où fut creusé son tombeau ; en allant de l'un
à l'autre il fallait en effet passer, comme il le marque,
par dessous Yarcus Stillac, c'est-à-dire la porte Capène
(madida Capena s ) et par devant le temple de Mars, situé
un peu plus loin sur la gauche de la voie Appienne*. Il
connaît les lettres de saint Cyprien, mais un peu en gros.
Usait, par exemple, que Cyprien écrivit à Cornélius exilé,
mais il paraît croire que l'évêque de Carthage était lui-
même emprisonné à ce moment 5 , ce qui n'est pas exact:
1. Anliquitas ecclesiae illustrata, t. I, Rome, 1692, p. 188. Les
Bollandistès ne l'ont pas publiée au 14 septembre.
2. L. c, p. 191.
3. Juvénal, m, 11 et le scholiaste (ad h. /.), qui rapporte la dési-
gnation populaire arcus stillans, provenant de ce qu'un aqueduc
passait par-dessus la porte (Iordan, Topogr. der Stadt Rom., t. II,
p. 19, 330).
4. C'est Yaedes Martis des régionnaires (Jordan, t. c, p. 542; cf.
p. 110-113), mentionné aussi dans les passions de saint Etienne
pape et de saint Xystus II, son successeur. La situation n'en a pas
été déterminée exactement, mais les textes permettent d'en fixer
l'emplacement tout près de la porte Saint-Sébastien, hors les murs
actuels, à gauche en sortant de Rome, à peu près où le marque
Ganina (Roma antica, t. VI, pi. xi).
5. B. Cyprianus episcopus scripsit b. Cornelio cum esset in custodia,
de Cclerino lectore, quanta pro fide et confessione Christi verba
(1. verbera) sustinuerit. Le contexte ne permet pas de douter que les
mots cum essd in custodia ne se rapportent à saint Cyprien;
Cyprien, en effet, était menacé, mais en liberté ; cela
résulte de sa lettre elle-même 1 . Notre auteur se souvient
des atroces tourments endurés à Rome par le jeune
confesseur Celerinus, dont Cyprien fit plus tard un lec-
teur de Carthage ; mais il croit que Cyprien en parlait
dans sa dernière lettre à Cornélius : en réalité cet inté-
ressant récit se trouve dans d'autres pièces de la collec-
tion* des lettres de saint Cyprien. La narration du mar-
tyre sanglant de Cornélius, précédé immédiatement
d'une comparution devant Dèce, ne tient pas devant le
témoignage contemporain et absolument sûr du conti-
nuateur d'Hippolyte : Centumcellis expulsus, ibi cum
gloria dormitionem accepit. Du reste Cornélius n'a pas
pu comparaître devant Dèce, qui mourut près de deux
ans avant lui 3 .
En acceptant ce récit et en puisant dans le texte du
passionnaire, l'auteur du Liber pontificalis s'est trouvé
dans la nécessité de le combiner avec la petite notice
de Cornélius dans le catalogue libérien et aussi avec
une narration, de provenance différente, sur la transla-
tion des reliques de saint Pierre et de saint Paul.
L'exil à Centumcellae est déjà combiné, dans la pas-
sion, avec le martyre à Rome ; c'est la correspondance
entre saint Cyprien et le pape exilé qui sert de prétexte
à Dèce pour ramener celui-ci devant l'empereur. Le
Liber pontificalis n'a eu qu'à accepter ce raccord, en
omettant, bien entendu, les mots ibi cum gloria dormi-
tionem accepit qui, dans le texte du catalogue libérien,
suivent la mention de l'exil à Centumcellae. Quant à la
translation des corps des apôtres, il eût été naturel de
la placer avant l'exil de Cornélius. Notre auteur a pré-
féré faire revenir le pape à Rome et le faire retourner,
secrètement et de nuit, à Centumcellae, une fois la
translation terminée \
30. — 8° Litchis, Etienne, Xystus H. — Nous avons
vu que Ja passion de Cornélius est antérieure au Liber
pontificalis et que l'auteur de celui-ci l'a mise à con-
tribution. Il n'en est pas de môme des autres passions
c'est du reste ainsi que l'auteur du L. P. a compris, car il dit :
quam (epistolam) Cyprianus in carcerem scripsit.
1. Ep. LX.
2. Ep. xii, xxvii, xxxviu, xxxix.
3. Dèce périt sur lo bas Danube, en novembre 251. Cornélius fut
exilé vers la fin de l'année suivante; il mourut probablement en
juin 253.
4. Dans la recension BC, où le texte primitif asubi plus d'une re-
touche, on parait avoir voulu supprimer la mention de ces allées
et venues.
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actuellement conservées, qui ont rapport aux papes et
aux membres du haut clergé de Rome pendant la per-
sécution de Valérien. Ces documents sont au nombre
de trois, la passion de saint Etienne, la passion de saint
Sixte et celle de saint Laurent. Bien que le Liber pon-
tificalis mentionne le martyre de ces trois personnages,
il ignore certainement les histoires qui remplissent
leurs passions. En revanche il connaît d'autres circons-
tances qui paraissent beaucoup plus croyables, quoique
tout ce qu'il dit ne soit pas toujours exact.
La série de ses récits commence à Lucius. C'est sous
ce pape que Valérien entre en scène comme persécu-
teur. Il y a déjà ici un anachronisme, car Valérien ne
s'est pas montré défavorable aux chrétiens avant l'an-
née 257. Lucius étant mort le 4 mars 254, il n'a eu
certainement à souffrir aucune violence de la part de ce
prince. Néanmoins le Liber pontificalis lui fait trancher
la tête par ordre de Valérien. Il ajoute, détail caracté-
ristique, que Lucius avait remis, avant de mourir, le soin
de l'église à son archidiacre Etienne. Un transfert de
pouvoirs tout à fait semblable se rencontre dans un ré-
cit que le manuscrit Vaticanus 3764 nous a seul con-
servé, dans la notice du pape Etienne. C'est évidem-
ment une interpolation. Toutes les autres recensions se
bornent à mentionner le martyre de ce pape par la for-
mule habituelle martyrio coronatur, sans aucun détail.
Dans le Vaticanus, on commence par reproduire, en
l'appliquant à Etienne, la mention de l'exil et du rap-
pel du pape Lucius, dans les termes du catalogue libé-
rien et de la notice de Lucius. On ajoute que, trente-qua-
tre jours après, le pape fut arrêté par ordre de Maxi-
mien, ce qui est un énorme anachronisme, et jeté dans
une prison ad arcum Stellae, avec neuf prêtres, deux
évoques et les trois diacres Xystus, Denys et Gaius, dans
lesquels il aisé de reconnaître les papes du même nom,
successeurs d'Etienne. Là il remet à l'archidiacre Xys-
tus le gouvernement de l'église. Ce récit est tout
à fait parallèle à celui de la notice de Lucius. Il est
impossible de ne pas en rapprocher la scène si connue
entre Xystus etl'archidiacre Laurent. Du reste la donnée
de l'archidiacre succédant au pape défunt et chargé de
l'intérim des affaires temporelles de l'église est tout ce
qu'il y a de plus conforme aux usages romains. Il y a
aussi d'autre exemples de transferts d'histoires d'un
pape à un autre : ainsi, le récit de la mort d'Etienne,
dans la passion de celui-ci, paraît avoir été emprunté
Liber pontificalis
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à une tradition vraie, mais qui avait rapport à Xystus II
et non pas à Etienne lui-même \ Il n'est pas inutile de
remarquer que la période de dix ans qui comprend les
règnes de Dèce et de Valérien avec ceux des empereurs
intermédiaires, prit de bonne heure l'aspect d'un rè-
gne unique, dans lequel ces deux empereurs persécu-
teurs étaient associés, et que la brièveté des pontificats
de Lucius, Etienne et Xystus II (trois papes en cinq
ans) était de nature à faciliter la confusion des souve-
nirs ecclésiastiques et le transfert des événements d'un
pontificat à un autre.
Dans la notice de Xystus, sauf l'association du nom
de Dèce à celui de Valérien, il n'y a pas un seul détail,
en ce qui regarde les martyrs, qui puisse être taxé
d'inexactitude. Il y est ditque le pape futexécutéen com-
pagnie de six diacres, répartis en deux groupes, l'un de
deux, l'autre de quatre. Les deux premiers, Felicis-
simus et Agapitus, sont célèbres dans la tradition ro-
maine; ils étaient enterrés ensemble, au cimetière de
Prétextât, où Damase leur dédia un éloge en vers. Une
autre inscription en vers, œuvre du même pape, est
conservée dans la crypte de Saint-Sixte, au cimetière de
Calliste ; il y est question de comités Xysti, enterrés là
auprès de leur évêque : ces martyrs sont faciles à iden-
tifier avec les quatre diacres qui, d'après une lettre de
saint Cyprien *, tout à fait contemporaine, furent
exécutés en même temps que lui et dans le cimetière. Le
Liber pontificalis donne leurs noms, qui ne sont entrés
dans aucune légende : ce sont ceux de Januarius, Magnus,
Vincentius et Stephanus. Quant au martyre de l'archi-
diacre Laurent, il est enregistré avec sa date, sans autre
détail que les noms et qualités de ses compagnons de
martyre, lesous-diacreClaudius,le prêtre Se verus, le lec-
teur Crescentius et le portier Romanus. Pas plus que
les quatre diacres de Xystus, ces personnages ne figu-
rent dans les légendes postérieures, sauf Romanus,
que la passion de saint Laurent transforme en un sol-
dat, commis à la garde de l'archidiacre, converti et bap-
tisé par lui et envoyé aussitôt au supplice. M. de Rossi
a démontré 3 qu'une autre transformation du même genre
s'était opérée dans le même document : le martyr Hip-
polytede la voieTiburtine, que Damase et Prudence rap-
portent avoir été un prêtre novatien converti au mo-
1. De Rossi, Roma sott., t. II, p. 80-97.
2. Ep. LXZX.
3. BulL, 1882, p. 28-37.
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ment de son supplice, devient, dans la passion de saint
Laurent, un officier de la milice palatine. Cette trans-
formation n'était pas encore acceptée, à la fin du sixième
siècle, dans les monuments officiels, comme la mosaï-
que de Saint-Laurent, exécutée sous Pelage II. La pas-
sion de saint Laurent ou n'existait pas alors, ou, ce qui
est plus probable, n'avait pas encore assez d'autorité pour
faire échec à l'ancienne tradition. On voit aussi qu'elle
n'a eu aucune influence sur le Liber pontificalis.
Passio s. Smannae. 31 . — 90 Gains. — La passion de sainte Susanne ! re-
présente cette sainte comme la fille de Gabinius,
frère utérin du pape Gaius. Gabinius (et môme Gaius a
certains endroits) est le fils d'un consul cousin de l'em-
pereur Dioclétien. A part cette circonstance de parenté,
le rôle du pape, dans l'histoire de Susanne, est assez ef-
facé ; il en est de môme dans la passion de saint Sébas-
tien, où il paraît aussi. C'est le rôle ordinaire du pape
dans les récits de ce genre : il officie ; il instruit et bap-
tise les gens que les personnages principaux ont conver-
tis. Une fois ceux-ci morts, il n'est plus question de
lui.
Dans l'usage que l'auteur du Liber pontificalis a fait
de la passion de sainte Susanne, il y a deux temps à
distinguer. La première édition n'y relève qu'un seul
détail, c'est que Gaius appartenait à la famille de l'em-
pereur Dioclétien. Elle raconte ensuite qu'il eut à tra-
verser la persécution de Dioclétien ; que, pendant ce
temps-là, il se cacha dans des souterrains, et parvint
ainsi à échapper à la mort : Hic fugiens perseculione
Diocletiani in criptis habitans conf essor quievit. La se-
conde édition modifie cette phrase de manière à y in-
troduire le martyre de Gaius : Hic fugiens persecutionem
Diocletiani in criptis habitando, martyrio coronatur
post annos VIIIL Un peu plus bas, entre les ordinations
et la sépulture, une phrase évidemment interpolée com-
plète ce renseignement, tout en en rectifiant la date :
Qui, post annos XI, cum Gavinio fratre suo propter
filiam Gavini presbyteri nomine Susanna, martyrio
coronatur.
Comment tracer la genèse de ces remaniements suc-
cessifs? Je rappelle que les passions de sainte Susanne
et de saint Sébastien ne contiennent rien sur la mort
du pape Gaius ; il ne parait pas non plus avoir existé
de passions spéciales de ce pape ni de son frère
Gabinius. Quant à la tradition, nous constatons que le
i. Acta SS. Febr. t t. III, p. 62; Aug., t. II, p. 631.
nom de Gaius figure dans la Depositio episcoporum et
non point dans la Depositio martyrum, ce qui concorde
avec les termes confessor quievit de la première édition
et non point avec le martyrio coronatur de la seconde.
Gaius n'a point eu à fuir la persécution de Dioclétien,
qui ne commença que sept ans après sa mort ; mais
on conçoit qu'après avoir vu, dans la passion de sainte
Susanne, Gaius mêlé à des scènes de martyre, et cela
sous Dioclétien, on fût naturellement conduit à le faire
contemporain de la persécution qui porte le nom de cet
empereur. Comme, d'autre part, Gaius n'était point
honoré sous le titre de martyr, il fallait trouver une ex-
plication de l'indemnité dont il avait joui. Les souter-
rains de la campagne romaine, arénaires, colombaires,
cimetières chrétiens, étaient des cachettes tout indi-
quées; du reste, cette explication a pu être suggérée par
les monuments eux-mêmes. En effet, le tombeau du
pape Gaius paraît à M. de Rossi avoir été transporté suc-
cessivement en divers endroits, dans l'intérieur du grand
cimetière de Calliste. Ces translations ont eu pour con-
séquence d'attacher le souvenir de Gaius à plusieurs
cryptes de cette nécropole si visitée. Et ce n'était pas
un souvenir ordinaire. Une inscription du quatrième
siècle mentionne, comme un privilège précieux, l'ac-
quisition d un ÀRCOSOLIVM IN CALLISTI AT DOM-
ISum GAIVM l . Quoi qu'il en soit du rapport entre
ces faits et l'explication qui nous occupe, celle-ci a été
admise par l'auteur du Liber pontificalis, soit qu'il l'ait
trouvée en circulation, soit qu'il l'ait lui-même imagi-
née.
Le second éditeur élève Gaius au rang des martyrs.
Il n'est pas prouvé que ce soit sans autorités. Ce qui me
porte à croire qu'il dépend ici d'un document écrit, c'est
la date singulière post annos F77//(var. VIII). Quel est
le point de départ de cet intervalle ? L'avènement de Gaius ?
Mais le Liber pontificalis, d'accord avec tous les catalo-
gues et suivant toutes les recensions, le fait siéger onze
ans et plus ; le catalogue libérien va même jusqu'à douze
ans. La notice ne mentionne aucun fait qui se relie
chronologiquement à la mort du pape. Il faut donc que
ce post annos VI III (on VIII) se rattache à un événe-
ment non mentionné dans le Liber pontificalis, mais ra-
conté dans un document que l'auteur de cette phrase
avait sous les yeux au moment où il écrivait, peut-être
quelque appendice à la passion de sainte Susanne.
i. De Rossi, Roma sott., t. III, p. 263 et suiv.; cf. p. iiSetsurr.
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L'autre phrase : Qui, post annos XI, ... se rattache
évidemment à cette passion ; elle signale le martyre,
non seulement de Gaius, mais encore de son frère Ga-
binius. Je ne puis la considérer que comme une note
marginale, introduite maladroitement dans le texte.
Ceci résulte d'abord de la place insolite qu'elle y oc-
cupe ; puis de ce qu'elle fait double emploi avec la phrase
Hic fugiens ..., enfin de ce que la substitution de
annos XI à annos VII II est une correction évidente,
inspirée par le texte du Liber pontificalis. L'auteur de
cette note n'a rien compris au post annos VIIII, qui est
en effet inintelligible tel qu'il figure ici ; il aura ima-
giné de compter cette durée à partir de l'avènement de
Gaius, c'est-à-dire de l'évaluer à onze ans, comme elle
l'est en tête de la notice. C'est assurément une grande
maladresse que celle du copiste qui a introduit cette
note dans le texte, sans supprimer la phrase qu'elle
était destinée à corriger *.
En somme, la notice de Gaius se rattache à la passion
de sainte Susanne par la mention de la parenté de ce
pape avec Dioclétien ; elle s'y rattache encore par la né-
cessité où l'auteur s'est vu, une fois ce récit admis
comme vrai, d'expliquer ce que devint le pape Gaius
pendant la persécution de Dioclétien.
32. — 10° Marcellin. — En dehors des formules
ordinaires, la notice de Marcellin est consacrée tout
entière au récit de l'apostasie et du martyre de ce
pape. J'ai déjà * exprimé l'idée que tout ce récit du Liber
pontificalis est emprunté à une passio Marcellini que
nous avons perdue. En ce qui regarde l'apostasie du
pape, j'ai essayé de mesurer la valeur des traditions
diverses qui sont relatives à ce fait. Le reste de la nar-
ration rentre dans le style ordinaire des passions romai-
nes. La persécution de Dioclétien est caractérisée d'une
façon un peu naïve, 17000 chrétiens égorgés en trente
jours. Le pape, touché de repentir, est envoyé au sup-
plice en compagnie de trois autres personnes, Clau-
dius, Quirinus et Antoninus ; leurs corps restent
exposés pour l'exemple pendant vingt-cinq jours ; le
prêtre Marcel, le futur successeur de Marcellin, lui
1. L'interpolation est ancienne, puisqu'elle figure dans tous les
manuscrits de la seconde édition ; mais on s'est aperçu de bonne
heure du dérangement qu'elle causait. Dans l'original des mss. A 1
A 8 A 3 A*, on supprima les mots post annos VIIII. Le ms. O porte
in criptis habitavit per annos VIIII et supprime martyrio coronatur
à cet endroit. Il y a d'autres variantes de ce genre dans des
manuscrits secondaires.
2. Voir ci-dessus, p. lxxiv.
donne la sépulture dans un tombeau choisi d'avance
par le martyr. Ce tombeau est décrit avec soin ; il est
dans le cimetière de Priscille, sur la voie Salaria, dans
une chambre souterraine, bien éclairée, encore accessible
au moment où écrit le passionnaire, tout près du lieu
où repose saint Crescentio. La crypte {spelunca) de saint
Crescentio ou Crescentianus est en effet mentionnée
dans les itinéraires du vu 8 siècle \ et l'un d'eux nomme
un martyr Marcellin comme enterré dans son voisi-
nage. Cette sépulture était facile à distinguer de celle
de Marcel, qui se trouvait au même endroit, mais dans
la basilique supérieure et non dans les profondeurs du
souterrain. Au moment où j'écris, des fouilles viennent
d'être dirigées dans cette région du cimetière de Pris-
cille ; mais le cubiculum clarum où reposait Marcellin
n'a pas encore été retrouvé.
33. — ii° Marcel. — Dans la passion du pape Mar- passio s - Marcelli.
cel 2 le martyre de ce pape n'est qu'un des épisodes
d'un long récit martyrologique, dont le véritable
héros est le diacre Cyriaque. De même que la passion
de sainte Susanne représente la légende de fondation
du litulus Susannae, l'histoire du diacre Cyriaque est
destinée à expliquer l'origine du titulus Cyriaci,
église située, comme la précédente, auprès des célè- #
bres thermes de Dioclétien. Comme les événements sont
censés se passer sous le pape Marcel, on a cru devoir
y joindre le récit de sa mort et de la fondation de
l'église qui portait son nom, le titulus Marcelli dans la
via Lata. Le lien est faible, et il est facile de voir que la
légende du titulus Marcelli a été d'abord indépendante
de celle de saint Cyriaque. C'est sous le règne de Maxi-
mien que se passent les événements de cette histoire ;
Maximien est le fils de Dioclétien, non pas son [fils
adoptif, mais son véritable fils. Une riche matrone, ap-
pelée Lucine, ayant donné ses biens à la communauté
chrétienne, sa maison est changée en église et consa-
crée par le pape. Les réunions de culte des chrétiens,
dans un lieu aussi fréquenté que la via Lata, excitent
l'attention de l'empereur, qui ordonne de transformer
l'église en écurie pour les chevaux de la poste impé-
riale et de leur donner Marcel pour palefrenier. Le mal-
heureux évoque endure pendant de longues années
cette situation humiliante et dure ; il finit par mourir
de misère.
i. De Rossi, Roma sott., 1. 1, p.176, 117. Cf. Bull., 1880, p. 25, 26.
2. Acta SS. Januarii, t. II, p. 369.
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La réorganisation
de l'Eglise après
les persécutions.
11 y a, dans ce récit, beaucoup de choses inacceptables,
inconciliables avec ce que nous savons sur le temps où
vécut Marcel, sur la durée de son pontificat, même sur
la cause et le genre des tribulations qu'il eut à endurer.
Son épitaphe, rédigée par le pape Damase, montre qu'il
fut exilé, non pas précisément comme chrétien, mais à
cause des troubles qui s'élevaient dans son église à
propos delà pénitence ; elle est muette sur l'histoire de
l'écurie. D'autre part, il résulte des données fournies
par le catalogue libérien qu'il vécut sous Maxence, et
non sous Maximien, et que son pontificat fut de très
courte durée.
Le Liber pontificalis, dans sa seconde édition seule-
ment, a fait de larges emprunts à un texte de la pas-
sion de Marcel qui n'est pas, autant que celui des Bol-
landistes, en contradiction avec l'histoire. D'abord c'est
Maxence, et non pas Maximien, qui y joue le rôle de
persécuteur. Le pape est arrêté, non pour des réunions
de culte, mais parce qu'il organisait l'église, eo quod
ecclesiam ordinaret, détail d'une vraisemblance frap-
pante, car c'est précisément à Marcel qu'échut la tâche
de reconstituer les services de l'église romaine, sus-
pendus ou gravement troublés par la persécution, de-
* puis l'année 303. Maxence veut lui faire dire qu'il
n'est pas évoque, ce qui est encore bien conforme à la
situation historique de Marcel ; car, si l'on ne versait
plus guère le sang des chrétiens en Occident, depuis
l'abdication de Dioclétien et de Maximien, les édits
contre le clergé et contre l'organisation corporative du
christianisme avaient encore force de loi ; ils ne furent
retirés qu'en 311 et nous sommes en 308. D'autres cir-
constances, inconnues à la passion de Marcel, se trou-
vent dans le Liber pontificalis ; on pourra faire la com-
paraison en sereportantau texte, au-dessous duquel j'ai
reproduit le chapitre correspondant de cette passion.
34. — Pour compléter cette étude sur les renseigne-
ments martyrologiques du Liber pontificalis, il convient
de signaler deux indications données, l'une dans la no-
tice du pape Denys, l'autre dans celle de Marcel. Il est
dit du premier de ces papes : Hic presbiteris ecclesias
dédit et cymileria et parrocias diocesis constituit; du
second : XXV titulos in urbe Roma constituit, quasi
diocesis propter baptismum et paenitentiam et sepultu-
ras martyrum. Or Denys et Marcel sont précisément
les deux papes à qui incomba la mission de réorgani-
ser l'église romaine à la suite des persécutions de Va-
lérien et de Dioclétien et après les longues vacances du
siège qui avaient suivi la mort de leurs prédécesseurs
Xystus II etMarcellin. Les décrets qu'on leur attribue
ici rentrent dans la catégorie des mesures qui durent
être prises en ces deux circonstances; notre auteur est
peut-être en ceci l'écho d'une tradition précise ; on peut
dire à tout le moins qu'il a fait preuve d'une certaine
sagacité, en plaçant ces indications à une date qui leur
convient si bien. On constate, du reste, assez souvent,
en étudiant les productions légendaires du v e et du
vi e siècle , que les souvenirs des deux dernières pé-
riodes de persécution, celle de Dèce-Valérien (250-
259) et celle de Dioclétien (303-311), non seulement se
conservèrent mieux que les autres, mais 'restèrent en
général distincts, et que l'on ne confondait pas ordinai-
rement ceux de la première avec ceux de la seconde.
3o. — En dehors de l'usage, assez restreint, on l'a vu,
qu'il en fait, l'auteur du Liber pontificalis témoigne de
son intérêt pour les Gesta martyrum en cherchant à re-
constituer leur histoire littéraire et à leur concilier l'au-
torité qui s'attache aux documents officiels authentiques.
Suivant lui, les notaires ecclésiastiques ont été institués
exprès pour les recueillir, et cela depuis l'âge apostoli-
que, depuis l'épiscopat de saint Clément : Hic (Clemens)
fecit VII regiones et dividit notariis fidelibus ecclesiae,
qui gestas martyrum sollicite et curiose unusquisque
per regionem suam diligenter perquireret. Antéros se
distingue par son zèle à les rechercher et à les conser-
ver : Hic gestas martyrum diligenter a notariis exqui-
sivit et in ecclesia recondit. Fabien , son successeur,
complète l'institution en chargeant sept sous-diacres de
surveiller le travail des notaires : fecit VII subdiaconos
qui septem notariis inminerent ut gestas martyrum
[in integro, 2 e éd.] fideliter colligerent. Les véritables
fonctions des notaires ecclésiastiques n'étaient pas in-
connues dejiotre auteur, qui les mentionne, dans la no-
tice de Jules, c'est-à-dire à une date où il n'y avait plus
d'actes de martyrs à recueillir. Il semble donc avoir cru
que les notaires, primitivement institués pour recueillir
les actes des martyrs, changèrent d'attributions après
que les persécutions eurent cessé K
i. Il n'est pas le premier qui ait émis cette idée; l'auteur du
Constitutum Silvestri fait assister à un concile tenu sous le pape
Silvestre notarii ecclesiae XIII1 qui gesta diversorum martyrum sus-
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Il est clair que, du moment où l'on a voulu recueillir
exactement les procès- verbaux de comparution des mar-
tyrs, il a fallu, ou s'adresser aux greffes des tribunaux,
ou envoyer des sténographes à l'audience * ; mais autre
chose est l'emploi d'un notarius dans un cas donné,
autre chose l'institution d'une fonction hiérarchique,
comme celle des notaires ecclésiastiques de Rome. Notre
auteur aura confondu ici les deux acceptions du mot
notarius. Désireux de faire remonter le plus haut possi-
ble l'origine d'un corps de fonctionnaires auquel il porte
un intérêt visible, il s'est cru obligé de leur donner des
attributions compatibles avec la situation de l'Eglise
pendant les persécutions, au moins telle qu'il se la figu-
rait 2 .
Quoi qu'il en soit du reste, et même en concédant, ce
que rien ne prouve, que les notaires ecclésiastiques de
Rome aient exercé, pendant les persécutions, les fonc-
tions qui leur sont attribuées ici, il est évident que les
Gesta martyrum que notre auteur a mis à contribution
et auxquels il témoigne un si grand intérêt sont des
documents très différents de ce qu'on appelle actes
authentiques ou sincères. Je ne puis découvrir qu'un
seul spécimen d'actes romains de cette dernière caté-
gorie, ce sont les interrogatoires de saint Justin et de
ses compagnons. Dans d'autres pays, en Afrique sur-
tout, il s'en est conservé en assez grand nombre. Cela
tient sans doute à ce que l'autorité ecclésiastique s'en
est plus occupée en Afrique qu'elle ne l'a fait à Rome.
Un concile général des églises africaines, tenu à Hip-
pone, en 393, constate et autorise l'usage de lire les
passions des martyrs, le jour de leur fête : Liceat etiam
legi passiones martyrum cum anniversarii dies eorum
celebrantur 3 . Il n'en était pas de même à Rome.
cipientes ordine renarrabant fou ordinare narrabant] (Hardouin,
C'onc, t. I, p. 290).
i. Voir sur ce sujet, Le Blant, Les Actes des martyrs, p. 5 et
suiv. (extrait des Mém. deVAcad. des Inscriptions et B. L., t. XXX,
2° partie). Dans ce savant mémoire où tous les textes qui intéres-
sent cette question ont été réunis, on n'en trouvera pas un seul
qui soit relatif à des notes d'audience prises par des chrétiens mô-
les au public; toutes les fois que l'on rencontre des actes authen-
tiques, ce sont ceux des greffiers du tribunal et non des procès-
verbaux dressés par des notaires ecclésiastiques.
2. Que les fonctions judiciaires des évoques, surtout dans une
église comme ceUe de Rome, aient été très importantes, dès avant
Constantin, cela ne fait doute pour personne; de là résulte inévi-
tablement l'existence d'un service de greffe et de notariat. Cepen-
dant il est douteux que l'auteur du Liber pontificalis ait eu le sen-
timent de cette situation historique ; sa chronologie des développe-
ments du notariat ne parait pas l'indiquer.
3. Hardouin, Conc, t. 1, p. 886 ; Mansi, t. III, p. 924 (can. 36).
Une lettre de saint Grégoire le Grand à Eulogius,
patriarche d'Alexandrie ', en 598, constate, non pas
précisément qu'on ne lisait pas les passions à l'office,
mais, ce qui est plus fort, que ces pièces étaient à peu
près inconnues à Rome, à la fin du vi e siècle. Le décret
de recipiendis et non recipiendis libris, qui est un do-
cument romain, et contemporain du Liber pontificalis,
déclare expressément que la lecture des Gesta martyrum
était interdite à Rome, dans les réunions de culte :
Secundum antiquam consuetudinem, singulari cautela,
in sancta Romana ecclesia non leguntur, quia et eorum
qui conscripsei % e nomina penitus ignorantur, et ab infi-
delibus et idiotis superflua aut minus opta quam rei
ordo fuerit esse putantur *.
Sans avoir contre les Gesta martyrum les préventions
dont témoignent ces paroles, l'auteur du Liber ponti-
ficalis ne dit nulle part qu'ils fussent l'objet d'une lec-
ture officielle à l'église. C'eût été se mettre en contra-
diction avec un usage public, facile à constater.
1. Jaffé, 1517; éd. bénédictine, vm, 29 : Praeter illa enim quaein
Eusebii libris de gestis sanctorum martyrum continentur, nulla in
archivo huius ecclesiae vel in Romanae urbis bibliothecis esse cognovi,
nisi pauca quaedam in unius codicis volumine collecta; nos autem
paene omnium martyrum, distinctis per dies singulos passionibus
collecta in uno codice nomina habemus, atque quotidianis diebus in
eorum veneratione missarum solemnia agimus; non tamen in eodem
volumine t quis qualiter sit passus, indicatur, sed tantummodo nomen,
locus et dies passionis ponitur. La dernière partie de la phrase, nos
autem-ponitur, décrit un martyrologe, et vraisemblablement celui
qui porte le nom de saint Jérôme.
2. Thiel, Epp. Rom. pontif., t. I, p. 458. — Il faut sous-entendre
adiecta ou inserta, ou quelque chose de ce genre. Cette discipline se
maintint longtemps; on peut môme dire qu'elle se maintient en-
core, car les leçons de la messe sont empruntées exclusivement à
l'Écriture sainte. Il n'en était pas de môme en Gaule aux temps
mérovingiens (Mabillon, De Liturg. gallic, I, v, 7, p. 39) et sans
doute en Afrique, au temps du concile d'Hippono. Plus tard, quand
on eut constitué l'office de matines, qui comporte un certain nom-
bre de lectures, on y donna une place aux homélies des Pères, aux
vies des saints et aux passions des martyrs. C'est sans doute à
cette nouvelle coutume que se réfère le pape Hadrien, lorsqu'il écrit
à Charlemagne, en 794 (Migne, Patr. lat. t t. XCVI1I, p. 1284) :
Passiones sanctorum martyrum sancti canones censuerunt ut liceat
eas etiam in ecclesia legi t cum anniversarii dies eorum celebrantur.
Les « saints canons » mentionnés ici sont ceux de l'église d'Afrique,
introduits au vi e siècle par Denys le Petit dans son codex canonum t
qui était encore employé à Borne au temps du pape Hadrien. Nous
avons, du reste, une preuve directe de l'introduction des passiones
martyrum dans les lectures de l'office de nuit, dès le vm e siècle au
moins. A la fin du manuscrit Parisin. 3836, du vm« siècle, en écri-
ture minuscule, on trouve un Ordo canonis decantandi in ecclesia
sancti Petri t où, après avoir indiqué la distribution de l'Écriture
sainte entre les diverses parties de l'année liturgique, on ajoute
que tractatus (les homélies) prout ordo poscit t passiones {passionis
cod.) martyrum et vite Patrum catholicorum leguntur. Cet Ordo est
d'une autre écriture que celle de la collection canonique qui rem-
plit tout le manuscrit, mais il a été écrit, comme le reste, au
vm e siècle.
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§ v.
RECITS DIVERS RELATIFS AUX PAPES.
Récits sur les
quatre premiers
papes .
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1° Saint Pierre, Lin, Glet, Clément.
36. — Dans la notice de saint Clément, seconde
édition, se rencontre une citation formelle de l'épUre
supposée de ce pape à saint Jacques, évêque de Jérusa-
lem. C'est la seule citation que contienne le Liber pon-
tificaiis. L'auteur se réfère évidemment à la version
latine de Rufin. C'est de là qu'il a tiré ce qu'il dit de
l'ordination de Clément par saint Pierre, aux derniers
jours de la vie de l'apôtre.
Il a connu aussi la préface que Rufin mit en tète de
sa traduction des Récognitions clémentines, sous forme
d'une lettre à Gaudentius, évoque de Brescià ; on ne
peut douter, en effet, qu'il n'ait emprunté à cette pièce
son explication de la façon dont Clément peut être le
successeur de saint Pierre, tout en n'ayant exercé l'é-
piscopat qu'après Lin et Clet ! .
Tous ces détails sur Lin, Clet et Clément se rencon-
trent dans les deux notices de saint Pierre et de saint
Clément. La première contient en outre une phrase sur
Simon le Magicien, ses disputes avec l'apôtre et sa mort
tragique. Ceci dérive évidemment des Acta Pétri et
Pauli, récit dont il a existé autrefois diverses rédactions;
la plus connue, parmi les rédactions latines, est celle
que Fiorentini 2 publia sous le titre De mirificis rébus
et actibus beatorum Pétri et Pauli et de magicis arti-
bus Simonis Magi. Ce texte, qui se donne comme l'œu-
vre d'un certain Marcellus, disciple de saint Pierre, est
considéré comme remontant au v° siècle, dans la forme
que nous lui voyons. 11 y en a une autre rédaction
plus ancienne dans un manuscrit de la bibliothèque ca-
pitulairede Verceil. M. Studemund, qui Ta découverte,
il y a quelques années, ne Ta pas encore publiée au
moment où s'impriment ces pages. Du reste, comme le
Liber pontificalis ne parle de cette histoire qu'en
termes très généraux et très concis, je n'ai pas à re-
chercher s'il dépend de telle recen?ion plutôt que de
1. Voy. ci-dessus, p. lxxji.
2. Vetust, Martyrol., p. 103.
telle autre. Il est même fort vraisemblable qu'il ne dé-
pend ici d'aucun livre ; ces récits, au temps où il écri-
vait, étaient dans toutes les bouches et dans toutes les
mémoires ; s'ils rencontraient quelque part le doute ou
la contradiction, ce qui est assez peu probable, ce n'est
assurément pas dans le milieu où notre auteur écri-
vait.
2° Eleuthère et le roi breton Lucius.
37. — La notice d'Eleuthère contient une phrase à
laquelle se rattache un vaste développement de lé-
gendes : Hic accepit epistula a Lucio Brittannio rege
ut christianus efficeretur per eius mandatum. En re-
produisant ces mots dans son Histoire ecclésiastique 1 ,
Bède apprit aux Anglo-Saxons et aux Bretons un fait
dont ils ne paraissent pas avoir eu connaissance au-
paravant, la conversion de leur pays, au temps du pape
Eleuthère et de l'empereur Marc-Aurèle, sous les aus-
pices d'un roi nommé Lucius. VHistoria Britonum du
pseudo-Nennius (ix e siècle), disserte déjà sur le nom
celtique (Lever maur) auquel devait correspondre le
latin Lucius *.
De nouveaux détails apparaissent au xn e siècle dans
les compilations historiques locales. Ainsi le Liber Lan-
davensis, cartulaire de l'église de Landaff, ville du pays
de Galles, située à peu de distance de Cardiff 3 , marque
1. Anno ab incarnatione Domini GLVI, M. Antoninus Verus,
decimus quartus ab Augusto, regnum cum Aur. Gommodo fratre
suscepit; quorum temporibus cum Eleutherus vir sanctus Romanae
ecclesiae praeesset, misit ad eum Lucius, Britanniarum rex, episto-
lam, obsecrans ut per eius mandatum christianus efficeretur ; et
mox effectum piae postulationis consecutus est ; susceptamque
fidem Britanni usquo in tempora Diocletiani principis inviolatam
integramque quieta in paco servabant (Hist. eccl., i, 4; cf. Chron.,
ad ann. 180).
2. Anno Dom. inc. CLXIV Lucius, Britannicusrex, cum univer-
sis regulis totius Britanniae baptismum susceperunt, missa lega-
tione ab imperatoribus Romanorum et a papa Romano Evaristo
(sic) ; Lucius agnomine Lever-maur, id est magni splendoris,
propter fidem quae in eius tempore venit (Nennius, Hist. Brit.,
c. 18, dans les Monum. histor. Britann., t. I, p. 60).
3. Ed. Rees, Llandovery, 1840, p. 67.
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les noms, Elvanus et Medivinus, des ambassadeurs de
Lucius, auxquels le pape aurait donné l'initiation sacer-
dotale et les pouvoirs de missionnaires. Selon Geoffroy
de Montmouth J , le pape envoya en Bretagne deux per-
sonnages appelés Faganus et Duvanus. Guillaume de
Malmesbury * localise l'histoire à Glastonbury, ville du
comté de Somerset, au sud du golfe de Bristol. D'autres
traditions la rattachent au pays situé au nord du môme
golfe, aux alentours de Cardiff 3 . On n'a pas manqué,
bien entendu, de retrouver la lettre par laquelle le pape
Eleuthère répondit à la demande du roi Lucius *.
38. — Il est inutile d'insister sur ces développe-
ments postérieurs ; revenons au Liber pontificalisj
source première de toutes ces légendes. Où son auteur
a-t-il pu trouver un tel renseignement ? En général il
ne s'inquiète guère des pays éloignés de Rome ; la fon-
dation des autres églises, leur apostolat primitif, les re-
lations de leurs premiers missionnaires avec l'église
romaine et les conséquences de subordination qui peu-
vent s'y rattacher, sont des choses qui le préoccupent
fort peu. Chercher ici une intention dogmatique, une
tentative en faveur de la suprématie de Rome sur les
églises de Bretagne, c'est égarer son exégèse. Du reste,
au moment où il écrivait, ces églises, isolées du reste
de la chrétienté par l'invasion des Anglo-Saxons, ne
pouvaient guère exciter son intérêt. Aucun document
ne montre qu'on s'en soit alors occupé à Rome d'une
façon particulière.
Que le fait soit invraisemblable, cela saute aux yeux.
Sous Marc-Aurèle et Commode, la Bretagne, et notam-
ment les pays désignés par les légendes du xn e siècle,
était certainement une terre provinciale, dans laquelle
il ne pouvait y avoir aucun roi proprement dit. A la
rigueur cependant, il serait concevable que quelque chef
de clan, dans les montagnes de la Cambrie, où l'auto-
rité romaine avait peu d'action, se fût donné le titre de
roi ; mais qu'un roi de ce genre ait eu l'idée d'ouvrir
des négociations avec un évoque chrétien aussi éloigné
de lui que le pape Eleuthère, c'est une chose trop in-
vraisemblable pour être admise sur un témoignage aussi
i. Hist. Regum Britanniae, iv, 19, dans les Rerum Britannicarum
Scriptores, Heidelberg, 1587, p. 30-31.
2. Gesta Regum Anglorum, i, 19, éd. Hardy, Londres, t. I,
p. 31-32.
3. Articles Lucius et Eleutherjos dans le Dictionary of Christian
biography de Smith et Wace.
4. Jaffô f 60; Goustant, App. t p. 23; Migne, P. G., t. V, p. 1143.
faible. Gildas, l'historien des Bretons, auteur du vi° siè-
cle, n'a pas l'ombre d'un souvenir à ce sujet.
Mais si les rois bretons ou n'existaient pas, ou n'é-
taient guère apparents au n° siècle, en revanche ils
étaient assez connus au v a . Gildas en fait souvent
mention. Dans les derniers temps de la domination
romaine en Gaule, on avait vu figurer, parmi les défen-
seurs de l'empire, un corps de Bretons, commandés par
le roi Riothime ou Riothame l ; battus par Euric, roi des
Wisigoths, à Déols en Berry, ils s'étaient repliés sur la
Bourgogne. On ne sait ce qu'ils devinrent. Ces Bretons
étaient chrétiens; ils avaient des évoques spéciaux, dont
deux, je crois, sont connus : iMansuetus, qui assista au
concile deTours, en 461, et Riocatus, ami de Fauste de
Riez et de Sidoine Apollinaire (v. 472). C'est vers ce temps-
là que commence l'émigration des Bretons insulaires sur
les côtes de la presqu'île qui porte maintenant leur nom ;
comme le corps de Riothame, ces troupes d'émigrés
avaient à leur tête des évoques et des chefs auxquels
pourrait convenir le titre de roi, suivant l'acception alors
en usage. C'est, je pense, à cette organisation, que se rat-
tachent les faits ou les idées qui on t porté l'auteur duLiôer
pontificalis à s'occuper des Bretons. Un moine breton,
le célèbre Pelage, avait vécu à Rome un siècle aupara-
vant; Fauste de Riez, Breton lui aussi, y vint plusieurs
fois vers le déclin du v° siècle; sa science, ses vertus,
le grand âge auquel il parvint, purent lui valoir une
considération spéciale; les débats auxquels ses écrits
donnèrent lieu ne furent agités que sous Hormisdas 2 ,
et encore plutôt en dehors de Rome et entre théolo-
giens proprement dits. On peut rappeler la mission de
Palladius, que le pape Côlestin envoya convertir les Scots
(Irlandais) et la commission donnée par le même pape à
saint Germain d'Auxerre 3 pour aller en Bretagne prêcher
contre l'hérésie pôlagienne.
Tout cela peut servir à montrer que les Romains de
la fin du v° siècle et du commencement du siècle suivant
n'avaient perdu de vue ni la Bretagne ni les Bretons ;
mais je m'empresse de reconnaître qu'il n'y a pas là
une explication suffisante de l'assertion précise, quoi-
que fausse, de notre auteur sur la lettre du roi Lucius
au pape Eleuthère. D'où l'a-t-il tirée? C'est ce que,
1. Jordanes, Getica, xlv, p. 118, éd. Mommsen; Sidoine Apoll.
ep. m, 9; ix, 9.
2. Ep. 124 (Thiel, p. 929) de l'année 520.
3. Prosper, ad ann. 431, 429.
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Traditions
dérivées des
Acta Pétri et
Pauli.
dans l'état actuel des documents, je dois me résigner à
ignorer.
3°LaTra>slatio> de saint Pierre et de saint Paul.
39. — D'après la notice de Cornélius, ce pape au-
rait tiré du lieu appelé ad Catacumhas les corps des
apôtres Pierre et Paul; le premier aurait été transporté
au Vatican, dans la sépulture des évoques, inter cor-
pora sanctorum episcoporum, l'autre sur la voie d'Os-
tie, chacun d'eux auprès du lieu de son supplice. Avant
de rechercher d'où vient ce récit et quelle confiance il
mérite, il est bon de se faire une idée des traditions
qui nous restent sur la translation des apôtres romains.
D'après le texte actuel des A cta Pétri et Pauli l ,
des gens venus d'Orient auraient essayé de s'emparer
des corps des deux apôtres et de les emporter dans leur
pays. Un tremblement de terre se produisit, signe di-
vin, qui fit comprendre aux Romains de quel préjudice
ils étaient menacés. Ils coururent après les ravisseurs,
les atteignirent à trois milles de la ville, sur la voie
Appienne, au lieu appelé ad Catacumbas, et reprirent
les corps sacrés. Ceux-ci furent déposés en cet endroit
môme, dans une sépulture provisoire, jusqu'à ce que
l'on eût achevé les tombeaux définitifs du Vatican et de
la voie d'Ostie. On les y transporta un an et sept mois
après cet événement.
Cette petite narration termine l'histoire de la passion
des apôtres, ou plutôt lui est jointe par manière de sup-
plément; mais elle n'a avec elle aucun lien chronolo-
gique; on peut môme remarquer qu'elle ne commence
qu'après la mention de la mort de Néron. Privé de cette
attache, Je récit flotte entre diverses époques. C'est
avec la môme indétermination chronologique que nous
le rencontrons dans l'inscription que le pape Damase fit
1. Tivèç 6è eCXaêeTç £v5psç xûv t?,ç àwixQkîfr jxepwv iftëkrpzv ipitiaai
ti fot^ava xwv iytwv, xai irapajf P? è !A* èyivETO aewjià; {xiyxç èv t^ irdXsi,
xal voT.aavrcç oî iv rÇ x<$Xet x3to:xo'jvtsç îSpajxov xal auvipraaav aÙTOsiç.
Oi 8è ivôpti; Içuyov. Tdre Xi6ovxe<; aÙTOÙ; oî Tupabi ?6r,xav aùtoùç èv
T<5it<i> dtzô jjl&Éwv tpiûv TÎ^ to^uç* xixsî 8ieçiAi)r9r,<Txv Ivucutôv é'va xai
jxf.vaç éitrà, jas'xP^ ou îxTiaav tôv tôitov Iv to f^ixsX^ov xaxaTiOivat aùtoûç
(Tischendorf, Acta app. apocrypha, Leipzig, 1851, p. 38). — Sancto-
rum autem apostolorum Pétri et Pauli corpora dum a Graecis toile-
rentur in Orientem ferenda, extitit termemotus nimius, et cucurrit
populus Romanus, et comprehenderunt eos in locum qui dicitur Ca-
tacumba, via Appia, miliario tertio, et ibi custodita sunt corpora
anno uno et mensibus septem, quousque fahricareniur loca in quibus
fuerunt posita corpora eorum (Pseudo-Marcellus, dans Fiorentini,
Vetust. martyroL, p. 111).
graver au lieu traditionnel de la sépulture provisoire !
et dans une lettre de saint Grégoire le Grand, adressée
en 594 à l'impératrice Constantine 2 .
La môme histoire est jointe en appendice à la passion
syriaque de saint Scharbîl \ mais avec quelques varian-
tes. D'abord l'événement se passe sous le pape Fabien
(236-250). A l'occasion d'une famine, le peuple de Rome
sesoulèveet réclame du préteur l'expulsion des étrangers.
Ceux-ci, avant de s'exécuter, demandent et obtiennent
la permission d'emporter leurs morts avec eux. Ils se
saisissent des corps des apôtres ; les Romains s'y oppo-
sant, ils leur allèguent que saint Pierre était de Pales-
tine et saint Paul de Cilicie. Alors un tremblement de
terre ébranle toute la ville. Les Romains supplient les
étrangers de rester et de laisser les corps saints ; on les
reporte à leurs tombeaux, après un an et six mois de sé-
jour sur la voie Appienne. Les païens et les juifs se con-
vertissent en masse. — Comparée au récit romain, cette
versionatoutl'aspectd'un remaniement. Il estclair qu'on
a voulu arranger les choses de façon à éviter aux Orien-
taux l'ennui d'ôtre présentés comme voleurs de reli-
ques \ L'épisode de la rencontre sur la voie Appienne
a disparu aussi, de môme que tout détail topographi-
que. En revanche il y a une date, celle du pontificat de
Fabien. Mais ce document syriaque est tellement fau-
tif dans ses indications chronologiques qu'il y aurait im-
1. Hic habitasse prius sanctos cognoscere debes,
nomma quisque Pétri pariter Paulique requiris.
Discipulos Oriens misit, quod sponte fatemur.
Sanguinis ob meritum Christuinque per astra secuti,
aetherios petiere sinus regnaque pioruui.
Borna suos potius nierait defendere cives.
Haec Dama8us vestras référât, nova sidéra, laudes. (De
Rossi, Imcr. christ., t. II, p. 32.)
2. Ep. iv, 30; Jaffé 1302 : « Eo tempore quo passi sunt (apostoli)
ex Oriente fidèles venerunt qui eorum corpora sicut civium suo-
rum répétèrent. Quae ducta usque ad secundum Urbis iniliarium,
in loco qui dicitur ad Catacumbas collocata sunt. Sed dum ea
exinde levare omnis eorum multitudo convenions niteretur, ita eos
vis tonitrui atque fulguris nimio metu terruit atque dispersit, ut
talia denuo nullatenus attentare praesumerent. Tune autem exeun-
tes Romani, eorum corpora, qui hoc ex Domini pietate meruerunt,
levaverunt, et in locis quibus nunc sunt condita posuerunt. • —
Ici H n'y a pas de lutte entre les Romains et les Orientaux. Ce
sont les Orientaux qui ont déposé provisoirement les corps saints
ad Catacumbas ; les Romains paraissent les avoir aussitôt reportés
à leurs tombeaux primitifs.
3. Cureton, Ancient Syriac Documents, p. 61.
4. Dans le texte latin il est parlé de Grecs; le texte grec ne men-
tionne que des Orientaux, c'est-à-dire des Syriens; le rédacteur
syriaque, faute de pouvoir passer à d'autres le rôle désagréable,
corrige celui-ci de façon à le rendre acceptable pour ses compa-
triotes.
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RÉCITS DIVERS RELATIFS AUX PAPES.
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prudence à prendre sa date en considération. Et pour-
tant, on la concilierait aisément avec le récit de la notice
de Cornélius. L'enlèvement aurait eu lieu sous le pape
Fabien , le retour aux anciens tombeaux sous Corné-
lius \
En dehors de ces narrations auxquelles la précision
chronologique fait défaut et dont la vraisemblance est
discutable, il reste cependant des données positives
qu'il n'est pas permis de mépriser.
40. — D'abord la crypte ad Catacumbas, point d'at-
tache topographique de tous les récits un peu circons-
tanciés. C'est là que Damase fit placer son inscription;
elle faisait partie d'une décoration que le Liber po?itift-
calis mentionne dans la vie de ce pape 2 . Ce sanctuaire
était visité assidûment au vu siècle; il l'est encore au-
jourd'hui. Dans les itinéraires de ce temps-là il est in-
diqué comme contenant sepulcra apostolorum Pétri et
Pauliin quibus XL annosrequiescebant* . Ici nous trou-
vons, sur la durée duséjourdes corps saints, une indica-
tion qui ne se rencontre nulle part ailleurs et qui contre-
dit le témoignage des Acta Pétri et Pauli; quarante ans,
au lieu d'un an et sept mois*
41. — Outre le monument il y a la fête, ou plutôt la
station qui se célébrait ad Catacumbas le 29 juin,
concurremment avec les deux stations du Vatican et de
la voie d'Ostie :
Tantae per urbis ambitum
stipata tendunt agrnina :
trinis celebratur viis
festum sacrorum martyrum *.
Irinis viis, c'est-à-dire sur la voie Aurélienne (ou
Triomphale), sur la voie d'Ostie et sur la voie Ap-
pienne. Ces trois stations sont marquées dans le calen-
drier romain qui a été inséré avec tant d'autres dans le
martyrologe hiéronymien : /// kal. iul. Romae, na-
tale sanctorum apostolorum Pétri et Pauli : Pétri in
Vaticano, via Aurélia; Pauli ver o in via Ostensi; utrius-
que in Catacumbas; passi sub Nerone, Basso et Tusco
1. Il serait cependant impossible defairo cadrer l'intervalle d'un
an et sept mois, indiquée dans le récit de l'enlèvement avec celui
qui sépare la mort de Fabien (20 janvier 250), de l'exil de Cor-
nélius (fin 252} pendant lequel le Liber pontificalis place le retour
des corps saints à leurs tombeaux primitifs.
2. Et in Catacumbas [dedicavit platomam] ubi iacuerunt corpora
sanctorum apostolorum Pétri et Pauli; in quo loco platomam ipsam
ubi iacuerunt corpora sancta versibus exornavit.
3. De Rossi, Roma sott., t. I, p. 180.
4. Hymne attribué à saint Ambroise (Migne, P. L., t. XVII,
p. 1215, d'après Daniel, Thésaurus hymnologicus. Halle, 1841, n° 71).
LlBBR PONTIFICALIS.
consulibus. Je cite ici le manuscrit de Berne *, où le
texte s'est conservé plus complet que dans les autres.
D'après ce que nous savons sur la composition du mar-
tyrologe hiéronymien, en particulier pour ce qui regarde
les fêtes romaines, on a tout droit de considérer ce texte
comme un témoignage des usages publics et officiels de
l'église romaine pendant le iv° siècle. — La Depositio
martyrum de 336-354 * présente au même jour, 29 juin,
une rédaction évidemment apparentée à celle-ci : 77/
kal. iul. Pétri in Catacumbas et Pauli Ostense Tusco et
Basso consulibus. La station du Vatican est omise, et celle
de la voie Appienne est indiquée comme se rapportant à
saint Pierre seul.
On peut se demander si cette différence entre les deux
rédactions correspond à une diversité réelle dans les usa-
ges liturgiques, ou si elle n'est que le résultat d'un ac-
cident. Dans le premier cas, il faudrait admettre qu'il
y a eu d'abord deux stations, celle des Catacombes, pour
saint Pierre, et celle de la voie d'Ostie, pour saint Paul;
puis que le corps de saint Pierre ayant été transporté
des Catacombes au Vatican, on ajouta cette troisième
station. Au premier état de choses correspondrait le fô-
rial de 336-354, au second, le calendrier du martyro-
loge hiéronymien. — Je vais montrer que cette hypo-
thèse est inadmissible, et que, par conséquent, il faut
se ranger à l'autre et compléter le fôrial par le marty-
rologe.
Prétendre que le corps de saint Pierre était encore
aux Catacombes en 354 3 , c'est admettre que la basili-
que du Vatican n'était pas encore livrée au culte. Or cela
est impossible. Des inscriptions de la basilique, exécu-
tées au iv° siècle, attribuent sa construction à Cons-
tantin 4 ; les tuiles qui ont servi à la couvrir sortent d'une
fabrique spéciale, du temps de Constantin B . Long-
temps avant l'année 354, le Vatican était, comme il le
fut pendant tout le moyen âge, le lieu où se rassem-
blaient les pauvres, sans doute en vue des aumônes que
1. Sauf deux corrections : dans le ms. de Berne les mots via Au-
relia sont placés après Romae; je les transporte après Vaticano; un
peu plus loin il y a utrumque et non utriusque.
2. Voy. p. 11.
3. Je dis en 354, bien que la première édition du férial soit de
l'année 336; mais si un tel changement s'était produit dans Tinter-
vaUe, on n'aurait pas omis de le marquer à la réédition de 354.
4. De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 20, 21 ; cf. dans la Revue ar-
chéologique de janvier 1883 un mémoire de M. A. Frothingham
sur Une mosaïque constantinienne inconnue, à Saint-Pierre de Rome.
5. Giampini, De sacris aedificiis a Constantino M. constructis,
Rome, 1693, p. 30.
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La date
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leur donnaient les pieux visiteurs *. Lorsque, en 386, les
empereurs Valentinien II, Théodose et Arcadius don-
nèrent l'ordre de reconstruire la basilique de Saint-Paul,
ils en parlèrent comme d'une église antiquitus iam sa-
cratam * ; la basilique de saint Pierre ne pouvait guère
être plus jeune.
De plus, le séjour de saint Pierre seul aux Catacom-
bes est une donnée contraire à la tradition de la trans-
lation, quelle qu'en soit l'expression : utriusque in Ca-
tacumbas, dit le calendrier; nomma Pétri pariter Pau-
lique, dit l'inscription damasienne ; les Acta Pétri et
Pauli, le Liber pontificalis dans les notices de Cornélius
et de Damase, saint Grégoire, la passion deScharbîl, tous
les documents sont d'accord là-dessus : les corps des
apôtres ont été apportés ensemble aux Catacombes, ils
y ont séjourné ensemble, ils en sont partis ensemble.
Enfin, il ne faut pas croire qu'il y ait entre le férial
delà collection philocalienne et le calendrier du marty-
rologe une telle différence de date que le premier puisse
être facilement considéré comme une première rédac-
tion, comme une ébauche du second. Des indices que
je ne puis discuter ici, mais qui seront étudiés prochai-
nement, autorisent à penser que le plus ancien des
deux documents n'est pas le plus concis. Ainsi, la leçon
du férial philocalien n'a pour elle, ni le privilège d'une
antériorité certaine, ni l'avantage de concorder avec la
tradition sur les translations simultanées des deux apô-
tres ; elle est en contradiction avec ce que nous savons
sur la date de la basilique de Saint-Pierre ; elle doit
donc être sacrifiée, et nous restons en présence du
texte du martyrologe.
42. — Celui-ci nous donne les trois stations; de plus,
il contient une date (Tasco et Basso co?is.), la date
consulaire de l'année 258, qui figure aussi dans le
férial. Mais dans le férial elle suit immédiatement l'in-
dication de la sépulture de saint Paul, sur la voie d'Ostie,
tandis que, dans le martyrologe, elle vient après les
1. Ceci résulte d'um fait rapporté par Ammien Marcellin (xxvn,
3, 5). Lampadius, qui fut préfet du prétoire en 354, avait, pendant
sa préture, donné des jeux magnifiques et fait des largesses consi-
dérables; mais comme la foule voulait lui imposer des donataires
indignes, accitos a Vaticano quosdam egentes opibus ditaverat ma-
gnis. Il n'est pas téméraire, je crois, devoir dans ces bons pauvres
des pauvres chrétiens, attendant l'aumône à la porte du sanctuaire
de l'apôtre. Quant à la date du fait, elle doit remonter bien au delà
de l'année 354, car la préture était alors une magistrature de début,
par laqueUe on inaugurait sa carrière, tandis que la préfecture du
prétoire était une des plus hautes fonctions de l'empire.
2. Baronius, ad ann. 386, n° xxxvm.
mots utriusque in Catacumbas. Il est vrai qu'elle en
est séparée par les mots passi sub Nerone\ mais ceux-ci
sont vraisemblablement une interpolation, à moins
qu'on ne suppose qu'il se soit perdu quelque formule
comme translati autem, ce qui est fort peu probable.
A quoi se rapporte cette date? Evidemment pas au
martyre des apôtres, mais, ou bien à leur translation
aux Catacombes ou bien à leur départ de cet endroit et
à leur réintégration dans les monuments du Vatican et
de la voie d'Ostie. La première hypothèse est de beau-
coup la plus vraisemblable. Voici pourquoi.
D'abord l'ordre des mots, dans le texte du martyro-
loge, qui est le texte le plus complet et le plus autorisé,
rattache la date à la mention des Catacombes; ainsi
l'événement que l'on commémorait aux Catacombes,
pendant le iv° siècle, s'est passé en 258. Or on fête
l'arrivée de reliques en un endroit; mais il n'est pas
naturel de célébrer le souvenir de leur départ. C'est
donc l'arrivée des corps saints aux Catacombes qui
semble être marquée dans le calendrier sous la date
Tusco et Basso cons.
43. — Cette solution a d'ailleurs un grand avantage,
c'est qu'elle permet de rendre compte de la transla-
tion. L'année 258 est une année de persécution. L'é-
dit rendu, dès l'année précédente, contre les chrétiens,
portait défense de tenir des réunions et d'entrer dans
les cimetières '.L'étude des dispositions architectoni-
ques du cimetière de Calliste a permis à MM. de Rossi
de constater qu'on avait alors pris des mesures pour lui
donner une issue compliquée et secrète, l'entrée ordi-
naire ayant été rendue inabordable 2 . Ces observations
vérifient une supposition qui se présente d'elle-même à
l'esprit, savoir que les cimetières chrétiens furent sur-
veillés et gardés par la police tant que dura la persécu-
tion de Valérien. Or, parmi les sépultures chrétiennes
de Rome, il n'en était pas de plus connues ni de plus
visitées que les tombes apostoliques du Vatican et de
la voie d'Ostie; elles devaient être les premières mena-
cées de séquestre et exposées ainsi à des dégâts et à
des profanations déplorables. La prudence commandait
1. ... fj auvdSouç lîoteîoôou -^ elç ta xaXou{J.eva xotjrrçTTipta eîatévat, pa-
roles adressées par le préfet d'Egypte à l'évoque d'Alexandrie ; ne
in aliquibus lotis conciliabula fiant, nec coemeteria ingrediantur t pa-
roles adressées par le proconsul d'Afrique à l'évêque de Carthage
(Eus., H. E., vu, 11; Acta Cypr., éd. Hartel, p. ex).
2. Sur ces travaux et sur des dispositions analogues prises au
moment de la persécution de Dioclétien, v. Roma sott., t. II, p. 254
262; p. 45-58 {ad calcem).
Solution
de la questic:
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RÉCITS DIVERS RELATIFS AUX PAPES.
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d'en extraire les reliques des apôtres et de les cacher en
quelque endroit où la police ne fût pas tentée d'aller
les chercher, où même les fidèles n'eussent pas autant
de facilité de se réunir pour les vénérer.
Le monument des Catacombes satisfait admirable-
ment à cette condition. Autant qu'on a pu l'étudier,
car il reste encore beaucoup à faire sur ce sujet l , ce
monument diffère essentiellement des types de sépul-
tures chrétiennes que l'on rencontre ordinairement à
Rome ; il ressemble plutôt aux tombeaux païens ; sa dé-
coration indique une antiquité relativement très haute,
une origine de beaucoup antérieure à la persécution de
Valérien. Il n'est pas relié aux galeries du cimetière
voisin; les tombes chrétiennes découvertes aux envi-
rons ne paraissent pas avoir été groupées autour de lui.
On ne saurait imaginer de meilleurs indices d'une ca-
chette, d'un lieu choisi pour dépister les recherches de
la police urbaine et même le zèle intempestif des fidèles.
En somme, l'étude des lieux, des dates et de la tra-
dition liturgique conduit à cette hypothèse : pendant la
persécution de Valérien, en 258, les chefs de l'église
romaine, craignant pour les tombeaux apostoliques du
Vatican et de la voie d'Ostie, prirent le parti d'en ex-
traire les corps qu'ils renfermaient et les transportèrent
sur la voie Appienne, dans un autre tombeau, choisi de
façon à servir de cachette. Les saintes reliques y demeu-
rèrent longtemps , peut-être jusqu'à la paix de l'E-
glise et au règne de Constantin \ Quand elles eurent
été réintégrées à ieurs places primitives, le souvenir
de la sépulture temporaire ne se perdit pas ; il fut l'ob-
jet d'une commémoration solennelle, qui avait sa place
dans les fêtes de l'anniversaire du 29 juin, commun
aux deux apôtres.
. Quant à l'histoire de la tentative de vol dont se se-
raient rendus coupables des chrétiens grecs ou orien-
taux, elle n'est probablement qu'un écho altéré de ces
événements. Le Liber pontificalis n'y fait aucune allu-
sion. Son auteur nous dit, dans la notice de Damase,
que les corps des apôtres ont séjourné aux Catacombes,
1. M. de Rossi n'en a dit qu'un mot en passant, dans sa Roma
$ott., t. I, p. 188. Voir la description de Marchi {Monum. délie arti
crist., Rome, 1844, p. 210 et suiv.), complétée sur certains points
par V. Schultze (Altchristliche Monumcnte, Vienne, 1880, p. 248 et
suiv.).
2. Les quarante ans mentionnés par les itinéraires (v. ci-dessus,
p. cv) s'expliqueraient ainsi; c'est évidemment un chiffre rond et
symbolique ; il n'est pas déraisonnable de l'appliquer à l'intervalle
entre l'année 258 et une date peu postérieure à 313.
mais il ne nous apprend pas quand et comment ils y
arrivèrent. Dans la notice de Cornélius il ne rapporte
que leur réintégration dans leurs anciennes tombes. Sa
version contient un anachronisme évident ; car, quand
même on n'accepterait pas la solution que je propose,
et que l'on considérerait la date Tusco et Basso comme
marquant le terme du séjour des corps saints sur la voie
Appienne, cettedate, enregistrée dans les fastes liturgi-
ques officiels du iv 6 siècle, serait encore inconciliable
avec l'intervention du pape Cornélius, mort en 253.
4° L'Invention de la vraie Croix.
44. — La notice du pape Eusèbe contient la phrase Les légendes
suivante : Sub huius tempora inventa est crux domini et de suvestre.
nos tri Iesu Chris ti Vnon. mai., et baptizatus est Iudas
quiet Quiriacus. La notice de Silvestre parle à diverses
reprises du baptême conféré par ce pape à l'empereur
Constantin, qui trouva dans l'eau sainte, non seulement
le bienfait de la régénération spirituelle, mais encore
la guérison de la lèpre dont il était affecté. Ces notices
dépendent ainsi, l'une de la relation apocryphe de l'In-
vention de la Croix, l'autre de la légende du baptême
de Constantin, récits fabuleux dont l'origine et l'histoire
littéraire ont des ressemblances tout à fait singulières.
Dans le décret pseudogélasien de recipiendis et non
recipieiidis libris t ils sont mentionnés l'un après l'autre, ,
bien que jugés différemment : Actus beati Silvestri,
apostolicae sedis praesulis, licet eius qui conscripsit no-
men ignorelur, a multis tamen in urbe Romana catho-
licis legi cognovimus, et pro antiquo usu multae hoc
imitantur ecclesiae. Item scriptura de inventione crucis
Dominicae et alia scriptura de inventione capitis beati
Iohannis Baptistae, noveilae quidem relationes sunt t
et nonnulli eas catholici legunt. Sed cum haec ad ca-
tholicorum manus advenerint , beati Pauli apostoli
praecedat sententia : « Omnia probate, quod bonum
est tenete » . Nous pouvons négliger le récit relatif au
chef de saint Jean-Baptiste * ; quant aux deux autres,
on voit que le premier est traité bien plus favorable-
ment que le second. L'auteur du décret constate indi-
rectement qu'on ne l'admettait pas, à Rome, aux hon-
1. Ce récit, qui se rapporte à un fait daté de l'année 453, fut tra-
duit en latin par Denys le Petit (Migne, P. L., t. LXVII, p. 4H-432) ;
il n'a aucune analogie avec les deux autres.
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Récits divers
sur
l'Invention de
la vraie Croix.
neurs de la lecture publique, mais que beaucoup de
personnes orthodoxes le lisaient en leur particulier ; il
ne formule aucune réserve à son égard. Au contraire,
il est d'avis que, dans le récit de l'Invention de la
Croix, il y a à prendre et à laisser.
Les deux légendes, en effet, quelle que soit Jeur res-
semblance et leur parenté, sont inconciliables en un
point essentiel, surtout pour des lecteurs romains :
dans la première, le baptême de Constantin est attribué
au pape Eusèbe, dans la seconde, à saint Silvestre.
L'auteur du Liber pontificaiis a appliqué ici, peut-être
par anticipation, le conseil donné dans le décret géla-
sien : tout en acceptant les deux légendes, il a choisi
entre les deux baptêmes, et s'est décidé pour le plus
célèbre et le moins invraisemblable au point de vue des
dates. Occupons-nous d'abord de la légende de l'Inven-
tion de la Croix. Les circonstances de cet événement
ont été l'objet de plusieurs récits dont voici les trois
formes principales :
45. — 1° La Doctrine d'Addaï *, légende des ori-
gines de l'église d'Edesse, contient un épisode sur
l'Invention de la Croix ; cet épisode paraît avoir eu pri-
mitivement une existence indépendante ; il n'a qu'un
lien assez faible avec la narration où il est enchâssé.
La vraie Croix y est découverte, non par sainte Hélène
au iv e siècle, mais par Protonicé, femme de l'empereur
ou plutôt du vice-empereur Claude, sous le règne de
Tibère et sous l'épiscopat de saint Jacques ; les saints
lieux sont indiqués et remis à la princesse par les chefs
de la communauté juive de Jérusalem ; on y trouve
les trois croix, entre lesquelles un miracle permet
de reconnaître celle du Sauveur ; Protonicé fait aus-
sitôt construire des basiliques sur les emplacements
sacrés du Calvaire et du Saint Sépulcre.
2° Dans les dernières années du iv° siècle, de graves
1. Publiée pour la première fois dans le texte syriaque original,
avec une traduction anglaise, par G. Philipps (The Doctrine ofAd-
dai, etc. Londres, 1876), d'après un ms. du vi° siècle, conservé à
Saint-Pétersbourg; outre ce manuscrit, il en existe d'autres qui
contiennent des fragments de la môme pièce : British Mus., Add.
14644, 14654, 12174; Paris. 143. On connaissait déjà la version ar-
ménienne, traduite en français par le méchitariste Alishan {Lettre
tfAbgar, etc. Venise, 1868; cf. Didot, Fragm. hist. graec, t. V,
part, u, p. 319) et le remaniement grec npâEÇtc OaSSafou, publié par
Tischendorf (Acta app. apocr., Leipzig, 1851, p. 261). Voir sur ces
légendes, Lipsius, Die Edessenische Abgarsage, Brunswick, 1880,
p. 67 et suiv., Die apocryphen Apostelgeschichten, t. II, part, u,
p. 178-200; Th. Zahn, Forschungen zur Geschichte der neutestam.
Kanons, I, p. 370 et suiv.
auteurs, saint Àmbroise, saint Paulin de Noie, Sulpice
Sévère, Rufîn, parlent comme d'un fait connu, de la
découverte de la vraie Croix par Hélène, mère de Cons-
tantin. Les historiens grecs Socrate, Sozomène et Théo-
doret, reproduisent le même récit, à peu près avec les
mêmes circonstances ! .
3° Une narration où intervient aussi sainte Hélène,
mais au milieu de circonstances bien différentes, est con-
signée dans la légende du juif Judas-Cyriaque ; cette ver*
sion est mentionnée pour la première fois, mais comme
invraisemblable, par Sozomène, qui déclare s'en tenir
pour son compte au récit ordinaire ; elle n'a pas été
adoptée par les historiens byzantins, Malala, Théophane,
Hamartolus, Cedrenus. On en a des rédactions dans les
trois langues latine a , grecque 3 et syriaque *; deux des
manuscrits syriaques où elle se trouve sont du vi e siècle
ou même de la fin du siècle précédent ; un autre 5 con-
tient à la fois la légende de Protonicé et celle d'Hélène,
combinées à l'aide d'une disparition de la Croix peu
après sa première découverte.
46. — En étudiant de près les deux textes de la
Doctrine d'Addaï et des Actes de Cyriaque il est facile "
de voir que le premier est le plus ancien et que le se-
cond n'est qu'une tentative de conciliation entre la tra-
dition primitive et l'histoire des saints lieux telle qu'on
la racontait dans le monde gréco-latin depuis la fin du
iv e siècle. La légende de Protonicé ° est certainement
édessénienne d'origine ; il en est de même sans doute
de celle de Judas-Cyriaque ; ceci résulte d'abord de son
1. Ambr., Semo in obit. Theodosii, c. 46 (Migne, P. L., t. XVI,
p. 1399); — Rufin, H. E., I, 7, 8; — Paulin, ep. 31 ; — Sulp. Sev., .
Chron., II, 34 (Sulpice Sévère me parait dépendre de Paulin); —
Socrate, I, 17; — Sozomène, II, 1; — Theodoret, H. E., I, 18.
2. Acta SS. maii, t. I, p. 445.
3. Inédite, mais conservée dans le ms. 866 du Vatican [Acta SS.
maii, t. I, p. 362). .
4. Inédite aussi; manuscrits : British Muséum, Add. 14644, du vi«
siècle et 12174 (xn° siècle), enfin le ms. do Saint-Pétersbourg d'où
l'on a tiré la doctrine d'Addaï. Celui-ci contient ainsi les deux lé-
gendes, celle de Protonicé et celle d'Hélène; il en est de môme du
précédent.
5. British Mus., Add. 12174.
6. Cependant il n'est pas impossible que la légende de Protonicé
soit elle-même dans la dépendance de faits réels, de la découverte
des Saints Lieux sous Constantin, du culte de la Croix à Jérusa-
lem, inauguré à tout le moins vers le même temps (Cyrille, Ca-
tech., îv, 10; x, 9, en parle comme d'une chose ancienne), de la cé-
lébrité des édifices constantiniens de la ville sainte, enfin du voyage
d'Hélène elle-même en Palestine. S'il en est ainsi, cette légende ne
pourrait être antérieure au milieu du iv° siècle environ. Ce n'est
que depuis la fin du iv<s siècle que les écrivains latins et grecs
mettent le personnage de sainte Hélène en rapport avec le fait
précis de la découverte de la vraie Croix.
Date et patri-:
de la légende
de Judas-
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rapport avec l'autre; en second lieu, le baptême de
Constantin par Eusèbe, évoque de Rome, est évidem-
ment une transformation du baptême réel de Constan-
tin par Eusèbe, évoque de la ville impériale de Nico-
médie et plus tard de Constantinople, la nouvelle
Rome ; or, une telle confusion entre les deux Romes ne
peut être le fait d T un auteur latin ou byzantin. Les plus
anciens auteurs connus qui aient adopté cette histoire
sont Moïse de Khorène ' et Jacques de Sarug * ; or,
celui-ci était un évoque de langue syriaque, celui-là
un auteur arménien, très familier avec les légendes édes-
séniennes. Il est vrai que Sozomène doit avoir eu con-
naissance au moins de certains détails de cette version;
mais elle n'a guère fait fortune dans le monde grec.
En dehors des auteurs orientaux que je viens de citer,
c'est plutôt parmi les latins qu'elle a eu du succès. Les
plus anciens livres latins où elle ait laissé des traces
sont le Liber pontificalis et le décret pseudogôlasien à
Rome ; en Gaule, YBistoria Franc orum de Grégoire de
Tours 3 .
5° Constantin et saint Silvestre.
47. — La légende de Silvestre et de Constantin a,
dans son histoire littéraire, plus d'une analogie avec
celle de Judas-Cyriaque. Elle a, comme celle-ci, laissé
des traces dans les écrits de Moïse de Khorène et de
Jacques de Sarug en Orient, dans ceux de Grégoire de
Tours et dans le Liber pontificalis en Occident ; le dé-
cret pseudogélasien les nomme à la suite l'une de l'au-
tre ; il semble qu'elles aient cheminé ensemble depuis
leur origine. Cependant la légende de Judas-Cyriaque
a eu beaucoup moins de succès que celle de Silvestre ;
il lui a fallu lutter contre le récit popularisé par saint
Ambroise, saint Paulin de Noie, Sulpice Sévère, Rufin
et les trois historiens grecs Socrate, Sozomène et Thôo-
doret, réunis en faisceau dans l'Histoire tripartite de
Cassiodore. De plus, le fait qui en est le thème a, en
définitive, beaucoup moins d'importance que la conver-
sion de l'empire romain, le triomphe de la religion
i. Hist. Arm., II, 84, p. 218 de l'édition Whiston, Londres, 1736;
l'édition Le Vaillant de Florival, Venise , 1. 1, p. 366, supprime la
mention du juif Judas.
2. Homélie indiquée par Àssemanï, Bibl. Or., t. I, p. 328 ; cf.
Lipsius, Abgar-Sage, p. 83, note 2.
3. I, 34.
chrétienne sur le judaïsme et le paganisme, symbo-
lisé par la légende de Constantin et de Silvestre. Celle-ci
est entrée dans le Liber pontificalis, soit directement,
soit par l'intermédiaire d'autres documents ; elle a d'ail-
leurs contribué si puissamment à former les idées des
hommes du moyen âge sur l'histoire ancienne du chris-
tianisme, qu'il est nécessaire de s'y arrêter et d'en étu-
dier les origines avec quelque soin *. Un tel sujet méri-
terait d'être traité dans un livre spécial ; je n'ai nulle-
ment la prétention de l'épuiser ici. Il faudrait avant
tout publier exactement les textes en diverses langues
où se sont conservées les rédactions successives de la
vie de Silvestre ; les éditions qui en ont été faites jus-
qu'ici laissent beaucoup à désirer. C'est d'abord de la
généalogie de ces réfactions que je vais m 'occuper ;
j'étudierai ensuite la genèse spéciale de la conception
historique dont elles nous offrent le développement.
La vie de saint Silvestre existe en trois langues an-
ciennes, le syriaque, le grec et le latin.
48. — En syriaque, il y a deux rédactions différentes.
La première, publiée par Land *, fait partie d'un recueil
de diverses pièces historiques, en douze livres, auquel
l'éditeur a donné le nom à'Historia miscellanea ; le ma-
nuscrit qui contient ce recueil (British Muséum, Add.
17202) est du vi° ou du vu siècle. La seconde, encore
inédite, se trouve dans le manuscrit Add. 12174 de la
même bibliothèque. Ces deux textes semblent être tra-
duits du grec, indépendamment l'un de l'autre : la
rédaction inédite est un peu plus diffuse et plus com-
plète que l'autre s .
49. — Il y a au moins trois textes grecs, tous très
imparfaitement connus.
1. Les travaux les plus récents sur cette question sont ceux de
Dôllinger, Die Papstfàbeln des Mittelalters, Munich, 1863, p. 52-61 ;
Lipsius, DieEdessen. Abgar-Sage, p. 84-86; A. Frothingham, L'O-
melia di Giacomo di Sarûg, dans les Memorie délia r. Accademia
dei Lincei, classe di scienze morali, etc., t. VIII (1882). Voir aussi
mon Étude sur le L. P., p. 165-173, à laquelle j*ai beaucoup ajouté
ici, sur ce point comme sur bien d'autres.
2. Anecdota syriaca, t. III, p. 46-16.
3. Je reproduis ici le jugement de M. A. Frothingham, qui a pu
étudier ces textes directement et à loisir (/. c, p. 20). H m'est im-
possible de le contrôler en ce qui regarde le texte du ms. Add.
12174; quant à celui qui a été publié par M. Land, M. Frothin-
gham exagère beaucoup en le donnant comme une « version litté-
rale » de la rédaction grecque. Mon collègue, M. l'abbé Martin,
et l'un de ses élèves, ont bien voulu m'en traduire quelques
passages; la comparaison montre que cette rédaction syriaque,
bien qu'elle dérive du texte grec, n'en est pas une version fidèle,
mais un remaniement abrégé.
Textes
syriaques.
Textes grecs.
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Texte latin.
1° Lipomanus et, après lui, Surius \ publièrent, au
31 décembre, une vie de saint Silvestre en latin, tra-
duite, disent-ils, du grec de Métaphraste. Comparé aux
autres rédactions grecques, ce texte offre l'aspect d'un
remaniement bien postérieur. N'en ayant vu aucun
manuscrit dans la langue de Métaphraste, je m'abstiens
d'en parler plus au long.
2° Combéfîs publia en 1659 s une vie grecque de saint
Silvestre, d'après un manuscrit Mazarinaeus qui porte
maintenant le n° 513 à la bibliothèque nationale. Un
texte identique pour le fond, mais mieux conservé en
bien des endroits, se rencontre dans plusieurs manus-
crits de la même bibliothèque. Il commence par
une préface où l'on raconte qu'Eusèbe avait composé,
outre son Histoire ecclésiastique, un vaste recueil des
actes des saints et des évoques des principaux sièges.
La vie du bienheureux Silvestre y figurait ; le narra-
teur ne fait que la traduire « du grec » 3 . Comme
on ne traduit pas du grec en grec, il est clair que l'au-
teur de cette préface et du texte qui la suit écrivait
dans une autre langue.
3° Ceci résulte encore de l'existence d'un autre texte
grec, entièrement différent du précédent, quoique ra-
contant identiquement les mêmes choses et de la même
façon, phrase par phrase. Ce texte, signalé déjà
par Combéfis (loc. cit., page 337), a été retrouvé par
mon jeune ami, M. l'abbé Batiffol, dans certains ma-
nuscrits de la Bibliothèque nationale 4 . Il ne va pas, il
est vrai, jusqu'à la fin de la vie : au bout de quelques
pages il devient identique au précédent ; mais il y en a
assez pour que l'on puisse y reconnaître une nouvelle
tentative de traduction.
50. — En latin, au contraire, la vie de saint Silves-
1. Viiae SS., t. VI, p. 1113-1187. Le titre de cette version la
donne comme faite sur une Vie de Métaphraste ; on ne trouve
aucune vie de saint Silvestre dans l'édition de Métaphraste que
contient la Patrologie grecque de Migne. — Aucun des manus-
crits de Paris ne contient le texte grec auquel correspond la ver-
sion de Surius.
2. IUusirium Christi martyrum triumphi, Paris, 1659, p. 254 et suiv.
3. Ceci n'apparaît pas hien dans le texte de Combéfis, assez avarié
à cet endroit. Voici la leçon du Parisinus 1449 : r E% «cou àpiOfxoû
toévuv toOtwv tûv é-RL<T%(ta<i>v cUv H^XP 1 x " v ÉautoO XP^ VUV à TcpoppT^Qel;
Eù<sé6io<; xîj éXXdtSt «roveypdE^axo yXwaTQ, èx to\5tu>v gva Tt^ iieyaXoTKiXewi;
r Pw[xi}<; xeXeûeiç jieTa«ppijat, TO'jTeativ tôv paxipiov xal àywv 2tX6eTcpov.
4. Voici en quels termes l'auteur du prologue y présente son
travail : ... twv tcxpskrÇkuQôxtàv raivrtov ayoi xal twv tSîwv j^pdvwv t*
xaT0p9w|xaTa IXXT t vixfi yXwuoTj auvéypa^ev (E'jaé6to<;), àiraptô^xtov ôvrwv
(cod. £irapi8irr|9ivT(i>v aôttâv) ravrwv twv toioûtwv èTz:<j%ÔT:tùv' tôv 8è xr^ç
Twjxtk iTTioxorov £&6eTcpov lx tt,; éX>>T é vioo<; auyypaofj; {XETaOsîvaî jie
xeXeûeiç, x. t. X. (Cod. Paris. 1448, f° 1).
tre a une teneur fixe, identique dans tous les manus-
crits, sauf, bien entendu, les coupures, abréviations et
transpositions si communes dans les lectionnaires litur-
giques. Cette circonstance permet déjà de présumer
que c'est lui qui est le texte original d'où dérivent
toutes les rédactions grecques et syriaques. La pré-
somption se change en certitude quand on étudie la
narration dans le détail. Jusqu'ici cette étude a été
assez difficile, la rédaction latine n'ayant été publiée
que dans le rare ouvrage de Mombritius l .
M. — La préface est une lettre dédicatoire, dont le
destinataire n'est pas nommé. Il y est dit que l'historio-
graphe Euaèbe de Césarée négligea d'insérer dans son
histoire ecclésiastique un grand nombre de récits qui
se trouvaient déjà dans ses autres ouvrages. Parmi ceux-
ci figurait un recueil en vingt livres qui contenait, pour
presque toutes les provinces de l'empire, les actes des
martyrs, des confesseurs et des saintes femmes; puis,
pour les grandes églises apostoliques de Rome, d'Antio-
che, de Jérusalem, d'Ephèse et d'Alexandrie 8 , les gesta
episcoporum, depuis saint Pierre jusqu'au temps où vi-
vait l'historien. Parmi ceux-ci, la vie du pape Silvestre
a été désignée par le destinataire de la lettre, un évoque
probablement 3 , pour être traduite du grec en latin.
C'est donc Eusèbe de Césarée qui est donné comme le
véritable auteur de cette biographie.
Après ces préliminaires, le récit commence. Silvestre,
jeune romain, fils d'une dame appelée Justa, se forme
à l'école d'un saint prêtre, Cyrinus. Entre autres vertus,
il pratique l'hospitalité avec le plus grand zèle. Un chré-
tien, du nom de Timothée, étant venu d'Antioche.à
Rome, en temps de persécution, Silvestre le reçoit chez
lui, alors que les « pontifes » eux-mêmes craignaient
de s'exposer en l'hébergeant. Timothée prêche la foi avec
ardeur. Il est arrêté parles ordres du préfet Tarquinius,
condamné à mort et exécuté. Silvestre l'enterre près
1. Sanctuarium, sive Vitae sanctorum collectae ex codicibus rnss.,
Milan, sans date, vers 1475, t. II, f° 279. Les passages qui man-
quent au texte de Mombritius ont été publiés par le P. Ch. de
Smedt, dans les Analecta Bollandiana, t. I, p. 613 et dans son Ca-
talogus codd. hagiographicorum bïbl. reg. Bruxellensis^ p. 5, 119
(même collection), d'après des manuscrits de Namur et de Bruxelles.
2. Cette énumération des cinq grands sièges, avec la particula-
rité d'Ephèse substituée à Gonstantinople, se retrouve dans une
préface apocryphe que certaines collections canoniques mettent en
tète du concile de Nicôe (Hardouin, t. I, p. 309; Mansi, t. II,
p. 663). M. Maassen (Quellen, t. I, p. 41) pense que ce document a
dû être fabriqué dans la seconde moitié du v c siècle.
S. Il est appelé domine sancte ac beatissime pater.
Analyse
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du tombeau de saint Paul, dans le jardin d'une pieuse
dame appelée Théona '. Cet acte de courage attire sur
lui l'attention des persécuteurs; il confesse la foi, mais
il échappe miraculeusement à la mort. Le papeMiltiade
l'élève au diaconat et à la prêtrise : après sa mort, Sil-
vestre est porté, malgré lui, au siège pontifical. Ici se
place une longue description de son enseignement et
de son gouvernement; puis un second épisode com-
mence. Euphronius ou Euphrosynus, évoque de Pam-
phylie, vient à Rome en pèlerinage. Les discours et les
exemples de ce saint homme sont l'occasion de diver-
ses modifications dans les usages ecclésiastiques. Sur
ses conseils, Silvestre adopte pour le haut clergé le vête-
ment appelé colobium, tunique flottante et sans man-
ches, que l'on porta après lui sous Marc, Jules et Libère,
mais qui fut remplacée par la dalmatique, quelques
personnes s'étant offensées de voir le clergé officier les
bras nus. Les jours de la semaine, jusque-là désignés
par des noms de divinités païennes, sont appelés ferla
secunda, tertia, etc., en dépit de la grammaire qui n'em-
ploie le mot ferlae qu'au pluriel, comme kalendae et
thermae. Ce changement est motivé par les textes sa-
crés qui ordonnent aux saints de se reposer des affaires
temporelles (Ps. xlv, il; II Tim., h, 4). Les dimanches
et les jeudis de chaque semaine sont déclarés jours de
fête, tandis que le mercredi, le vendredi et le samedi
sont consacrés au jeûne.
Ces mesures suscitant une vive opposition chez les
Grecs, Silvestre leur répond d'abord qu'un usage fondé
sur la tradition des apôtres n'a pas besoin d'être mo-
tivé par des raisons ; que d'ailleurs le samedi est le jour
où le Seigneur demeura dans le tombeau, et que ce
fut pour ses disciples un jour de deuil et de jeûne. En
vain lui objecte-t-on que cette commémoration peut être
limitée au samedi de la semaine sainte. S'il en est ainsi,
dit-il, il faudrait limiter au seul dimanche de Pâques
la commémoration de la Résurrection, ce qui est con-
traire à l'esprit de l'Eglise. L'observation du jeudi
comme jour de fêle et son assimilation au dimanche
sont justifiées par un raisonnement analogue : le jeudi
1. Ce Timothée est un personnage réel et un martyr historique.
Sa fête est marquée dans le férial philocalien, au 22 août (p. 12 du
présent volume), et dans les annales romaines dont il a été question
plus haut, p. vu, à l'année 306 : Bis consulibus passus est Thimotheus
Romae X kl. iul. (Mommsen, Ueber d. Chronographen vom Jahre 354,
p. 663; cf. Lipsius, Die apocryphen Apostelgeschichten, t. II, part, h,
p. 392).
est le jour de l'Ascension, de la consécration du chrême,
de la réconciliation des pénitents; on doit étendre
au jeudi de chaque semaine, dans une certaine me-
sure, la solennité des jeudis solennels de la semaine
sainte et de l'Ascension. Les Grecs se rendent aux expli-
cations du pape et abandonnent leurs objections.
Après ces aperçus sur le gouvernement épiscopal de
Silvestre, le narrateur annonce qu'il va choisir, parmi
les merveilles opérées par le saint évêque, un prodige
tout à fait propre à donner une idée de sa puissance
comme thaumaturge. Suit l'histoire du dragon. Un dra-
gon vivait dans une caverne du mont Tarpéïen, à 365
degrés sous terre ; les mages et les devins le nourris-
saient de victimes humaines ; de temps en temps il mon-
tait à la surface du sol et répandait dans l'air des éma-
nations pestilentielles *. Silvestre, aidé du secours de
l'apôtre Pierre, parvient à triompher de ce monstre et
l'enferme dans sa caverne, après quoi on n'en entend
plus jamais parler.
Les épisodes qui précèdent n'ont entre eux qu'un
lien fort léger; ils ne se rattachent pas plus étroitement
au reste de la narration, désormais consacrée à la con-
version de Constantin et d'Hélène, c'est-à-dire à la vic-
toire du christianisme sur le paganisme officiel et sur
le judaïsme.
A l'instigation de sa femme, Maximiana, fille de Dio-
ctétien, Constantin ordonne une persécution violente
contre les chrétiens. Pour y échapper, Silvestre se ré-
fugie dans une caverne du mont Syraptim. Cependant
le prince persécuteur est atteint de la lèpre. Les mé-
decins, devins et mages cherchent à le guérir, mais inu-
tilement. Enfin les prêtres du Capitole lui conseillent
de se baigner dans le sang d'enfants nouveau-nés. Au
moment d'accomplir leur prescription, l'empereur se
laisse toucher par les cris des mères et des enfants ; il
renonce à la guérison que lui procurerait un remède
aussi cruel. En récompense, il voit apparaître, la nuit
suivante, les apôtres Pierre et Paul, qu'il prend pour
des dieux; ils lui disent défaire venir Silvestre,qui legué-
rira par les eaux de baptême. Silvestre, mandé, se pré-
sente, apprend à l'empereur que ceux qui lui ont apparu
1. Y aurait-il quelque lien entre cette légende et la caverne mi-
thriaque située au pied du Capitole? C'est de cette caverne que
provient, comme on sait, le grand bas-relief de Mithra sacrifiant
le taureau, qui se trouve au musée du Louvre. Il resta en place
pendant tout le moyen âge; le populaire de Rome le connaissait
sous le nom de lo Perso.
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ne sont pas des dieux, mais des serviteurs du Christ;
il lui montre leurs images et le prépare au baptême. La
cérémonie, précédée d'un jeûne solennel, a lieu dans
les bains du palais de Latran. Au moment où Constan-
tin entre dans l'eau sainte, une vive lumière apparaît à
ses yeux et aux yeux des assistants ; il est guéri en
même temps que régénéré.
Les jours suivants, le premier empereur chrétien
rend diverses ordonnances en faveur de la religion qu'il
vient d'embrasser: le Christ doit être adoré par tout
l'empire ; ceux qui blasphémeront son nom ou feront
injure à ses fidèles seront punis de peines très graves ;
les églises jouiront du droit d'asile ; pour en construire
de nouvelles, les fonctionnaires publics lèveront la dîme
sur les possessions impériales; aucune église ne sera
construite à l'intérieur des villes sans le consentement
de l'évêque approuvé par le pontife du siège apostolique;
les évoques de l'empire romain tout entier seront sou-
mis au pape comme les magistrats le sont à l'empe-
reur '.
Le huitième jour après son baptême, albis depositis,
Constantin se rend à la confession de saint Pierre et com-
mence à creuser les fondements d'une basilique en l'hon-
neur de l'apôtre. Le lendemain, il inaugure dans son pa-
lais de Latran la construction d'une autre église et rend
un édit pour favoriser la conversion des pauvres. Les
sénateurs cependant n'avaient pas renoncé au paga-
nisme. Constantin tient une grande assemblée publique
dans la basilique Ulpienne : il proclame sa propre con-
version et, malgré les cris du peuple qui l'exhorte à
prendre des mesures de rigueur contre les demeurants
du paganisme, il déclare que les conversions doivent
être entièrement libres.
Ici se place l'intervention d'Hélène, mère de Constan-
tin, en faveur du judaïsme. Cette princesse habitait
alors en Bithynie a , inpartibus Orientés, avec ses deux
petits-fils, les augustes Constant et Constance. Elle écrit
à son fils pour le féliciter d'avoir abandonné le culte des
idoles, regrettant toutefois qu'il ait adopté le christia-
nisme au lieu de la religion juive, la seule véritable.
Constantin répond, et, d'un commun accord, on provo-
que une dispute entre les principaux rabbins juifs et les
évêques chrétiens. L'assemblée se tient devant l'empe-
i. Ut in toto orbe Romano sacerdotes ita hune {pontificem Roma-
num) caput habeant ut omnes iudices regem.
2. Hélène était de Drépane, en Bithynie, dont le nom fut changé,
en son honneur, en celui d'Helenopolis.
reur et sa mère, à Rome, le 13 août 315 (die iduum
aug., Constantino Aug. IIHet Licinio Aug. IIHcons.).
La discussion s'engage entre douze rabbins d'un côté et
le pape de l'autre. Silvestre triomphe de tous les argu-
ments dirigés par ses adversaires contre les dogmes de
la Trinité et de l'Incarnation. Au moment où son suc-
cès paraît décidé, l'un des rabbins opère un prodige: il
foudroie un taureau en lui prononçant dans l'oreille le
nom de Jéhovah. L'assistance est ébranlée; mais Silves-
tre ressuscite l'animal et tout le monde est con-
vaincu. Hélène se convertit avec une multitude consi-
dérable.
La discussion avec les docteurs juifs est fort prolixe.
Vient ensuite un récit merveilleux de la fondation de
Constantinople et une narration de l'Invention de la
vraie Croix qui ne doit rien à la légende de Judas-Cyria-
que.Ces deux derniers épisodes manquent dans les ma-
nuscrits grecs. Enfin le recueil se termine par un ren-
voi à l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, écrite en grec,
où le lecteur pourra trouver des détails plus circonstan-
ciés '.
52. — Tel est, en résumé, le contenu de la Vita S.
Silvestri, suivant le texte des passionnaires latins. Les *
personnes exercées y auront déjà discerné plus d'un
trait caractéristique d'une rédaction latine et spécifique-
ment romaine. La préface a beaucoup de ressemblance,
pour la forme, la langue et les idées, avec les deux let-
tres qui servent d'introduction au martyrologe hiéro-
nymien. Comme le compilateur de celui-ci, notre auteur
est préoccupé d'un grand ouvrage d'Eusèbe, où « l'his-
toriographe » aurait rassemblé des vies de martyrs et
autres saints de diverses provinces. Comme lui, il pré-
tend y avoir puisé ; il va même plus loin et se donne
comme un simple traducteur, ce qui est évidemment
faux, car Eusèbe n'a point écrit la vie de saint Silves-
tre.
Du reste, les réflexions sur le singulier et le pluriel
du mot feria sont inconcevables en grec ; il en est de
même de l'étymologie d'après laquelle le terme ecclé-
siastique employé pour désigner les jours delà semaine
dérive de l'idée de vacance, de cessation d'œuvres pro-
fanes. En grec 2 on dit T^epa 7rpâ>T7j, Seim'pa, Tp^-nr)...,
au lieu de feria prima, secimda, tertia. .. ; l'emploi au
singulier du mot r^épa ne soulève aucune difficulté
1. J'ai suivi, dans cette description, le ms. Parisinus 5301.
2. Il en est de môme en syriaque.
Le texte latu
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grammaticale ; le mot lui-même n'a aucun rapport avec
Tidôe exprimée par le verbe latin feriari.
Ce n'est pas non plus aux usages liturgiques de l'é-
glise grecque, mais à ceux de l'église romaine que cor-
respondentles explications sur l'origine des dalmatiques,
sur la solennité du jeudi 1 et sur le jeûne du samedi. Ce
dernier détail est plus particulièrement remarquable, car
c'est un de ceux sur lesquelles Grecs ont de tout temps
chicané l'église romaine. Jamais un Grec n'aurait eu l'i-
dée de faire sanctionner par saint Silvestre une obser-
vance aussi contraire aux usages de son pays. Cela est si
vrai que les traducteurs ou copistes grecs se sont crus
obligés de retoucher ce texte de diverses manières; il y
en a un qui, peu satisfait des atténuations introduites
avant lui, a imaginé de faire soutenir par saint Silvestre
juste l'opinion qu'il combat dans le texte original 2 .
Enfin, bien que notre récit ne contienne qu'un petit
nombre de détails topographiques, il faut remarquer ce-
pendant qu'il cite le Capitole, le palais de Latran, l'église
Constantinienne, la basilique Ulpienne, les deux confes-
sions de saint Pierre et de saint Paul. Ces références
monumentales s'expliqueraient à la rigueur chez un pèle-
rin qui aurait visité Rome ; elles s'expliquent encore
mieux chez un habitant de la ville éternelle.
Je crois donc que la vie de Silvestre, telle que nous
l'avons maintenant, a été rédigée à Rome et en latin, et
que tous les textes grecs, avec les versions orientales
qui en dépendent, n'en sont que des reproductions plus
ou moins remaniées.
53. — Mais autre chose est de placer en Occident et
à Rome la rédaction du texte original de toutes les vi-
tae Silvestri qui ont circulé pendant le moyen âge, au-
tre chose de considérer comme indigènes tous les élé-
ments qui s'y trouvent réunis, ou même d'exclure la
possibilité d'une rédaction antérieure qui ne serait pas
venue directement jusqu'à nous. Quand on compare notre
Vita aux passions des martyrs romains, ou même à cer-
tains récits des temps postérieurs à Constantin, comme
les Gesta Liàerii, Felicis, Xysti, dont il sera bientôt
question, on est frappé, dès le premier abord, d'une
double différence, dans la langue et dans l'importance
des attaches topographiques.
Dégagées des corrections que leur ont imposées les
\. Sur la solonnisation du jeudi et son assimilation au dimanche,
voir la notice de Miltiade. Dans le texte syriaque, le jeudi est pré-
senté comme un jour de jeune, non comme un jour de fête.
2. Surius, Vitae SS„ t. VI, p. 1175.
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éditeurs, prises dans l'état où les présentent les manus-
crits sincères, les passions romaines nous offrent pres-
que toujours les formes du latin vulgaire, rustique, tandis
que la Vita Silvestriest écrite dans une langue exempte,
il est Yrai , de la recherche d'un Sedulius ou d'un
Ennodius de Pavie , mais correcte, littéraire même,
comme celle de Denys Je Petit, du pape Gélase et de
la chancellerie pontificale au v e et au vi e siècle. D'autre
part, on n'y aperçoit aucun souci des traditions monu-
mentales, si soigneusement recueillies et mises en re-
lief par lespassionnaires. Pas un mot du tombeau de Sil-
vestre, dans la basilique du cimetière de Priscille, ni
de l'église fondée par lui auprès des thermes deTrajan.
Le baptistère de Latran est à peine indiqué, quoique
cet édifice ait joui pendant le iv e et le v e siècle d'une
grande célébrité et que la légende principale y fût en
quelque sorte attirée par le nom même qu'il portait *;
aucune allusion aux monuments si nombreux auxquels
était attaché le nom de Constantin: l'arc de triomphe
de Constantin, les thermes de Constantin, le temple de
Constantin, la basilique de Constantin. C'est évidem-
ment dans ce dernier édifice, dont les ruines imposan-
tes dominent encore la voie Sacrée, qu'un légendaire
vraiment romain eût assemblé le sénat et le peuple
après la conversion de l'empereur, et non dans la basi-
lique Ulpienne; a moins cependant qu'il n'eût donné
pour théâtre à ces solennelles assises l'église qui por-
tait le nom de Silvestre, comme l'a fait l'auteur du
Gonstitutum Silvestri.
\ . Il est à peine besoin de dire que si ce baptistère s'est appelé
Constantinien, c'est parce que qu'il dépendait de la basilique Cons-
tantinienne de Latran, avec laquelle, sans doute, il avait été cons-
truit. Il ne s'est conservé à Rome aucun vestige de la légende dans
les monuments épigraphiques ou figurés, antérieurs au x« siè-
cle. On nepeutdouter cependant que de tels monuments n'aient
existé, depuis le vin» siècle, dans les églises qui portaient le vo-
cable de saint Silvestre. Dans l'atrium de Saint-Pierre, on lisait,
â l'un des endroits les plus apparents, du côté adhérent à la façade
de la basilique, une inscription votive où une personne dont ni le
nom ni le sexe ne sont indiqués, remerciait l'apôtre de l'avoir gué-
rie d'une maladie qui durait depuis dix mois, aggravée plutôt
qu'affaiblie par les soins des médecins (De Bossi, Inscr. christ., t.
II, p. 55). Près de là était une image, peinte ou sculptée, où cer-
tains visiteurs, aidés sans doute par la lecture de l'inscription et
par le souvenir de la légende, reconnurent un portrait de Cons-
tantin. En ce temps-là on voyait des Gonstantins où il n'y en avait
jamais eu. La statue équestre de Marc-Aurèle qui s'élevait, pen-
dantle moyen âge, près delabasiliqua et du baptistère duLatran,
reçut, grâce à ce voisinage, la dénomination de caballus Constan-
tin!. Il n'est du reste pas impossible qu'il y ait eu, dans l'atrium
de Saint- Pierre, une image du fondateur de la basilique; mais
l'inscription dont je viens de parler n'a certainement point rapport
à lui, ni surtout à son baptême.
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CXIV
Si maintenant, de la langue et de la mise en scène
topographique, on passe au fond môme du récit, on est
tout étonné de l'aspect étrange et peu romain que pré-
sentent ses différents épisodes. Les longs détails sur les
vertus et le gouvernement épiscopal de Silvestre trou-
vent des analogues dans des récits comme la vie de
saint Polycarpe, par exemple, écrite en Asie-Mineure
au iv° siècle, mais non dans les G es ta Cornelii, Sté-
phanie Xysti, Marcelli, Liberii, produits indigènes
de la veine romaine. L'histoire l de Timothée, mis-
sionnaire d'Antioche, qui vient évangéliser les Romains,
celle d'Euphronius, évêque de Pamphylie, qui parvient,
et cela sans effort, à faire changer les usages ecclésiasti-
ques de l'église romaine, le bain de sang préparé au
Capitole, la mort et la résurrection du taureau, tout cela
est aussi peu romain que possible de tradition, d'idées
et d'imagination.
Aussi ma seconde conclusion sur l'origine des Gesta
Silvestri, c est que si la rédaction actuelle en a été faite
à Rome, elle n'a point de racines dans la tradition lo-
cale et n'a point été conçue et ordonnée par une tête
romaine. Cette intervention étrangère n'a rien qui doive
étonner. Denys le Petit nous fournit, au début du
vi e siècle, un type assez illustre du moine grec établi
à Rome et trouvant l'emploi de ses loisirs dans des
compositions littéraires qui supposaient la connaissance
des deux langues. C'est lui qui traduisit en latin la
Scriptura de inventione capitis Iohannis Baptistae ; et
c'est sa traduction sans doute qui figure à l'index pseu-
dogélasien, avec les Actus beati Silvestri et la Scriptura
de inventione Crucis dominicae. Sans aller jusqu'à lui
attribuer les Actus beati Silvestri, on peut dire au moins
que cet ouvrage a pu sortir[d'un cercle littéraire analo-
gue à celui où travaillait le canoniste scythe, personnage
instruit, mais d'un sens critique et même d'une sin-
cérité qui n'étaient pas toujours à l'épreuve 2 .
1. Je dis l'histoire, mais sans prétendre mettre en doute l'exis-
tence de ce saint et la réalité de son martyre. Voir ci-dessus,
p. exi, note 1.
2. On sait que c'est lui qui le premier traduisit et chercha à
faire accepter en Occident les « canons apostoliques ». Sa version
du concile alexandrin de l'année 430, qu'il présente comme la pre-
mière qui en ait été faite et comme son œuvre personnelle, est tout
simplement copiée sur ceUe de Marins Mercator (Maassen, Quel'
fen, 1. 1, p. 132-135). Dans sa lettre à Petronius, qui sert de préface
à son cycle pascal, il avance que le concile de Nicée avait prescrit
l'usage du cycle de dix-neuf ans; en rapprochant cette assertion
de la lettre de Proterius d'Alexandrie à saint Léon, traduite par
Denys lui-môme (Migne, P. £., t. LXVII, p. 611; cf. p. 493), on
voit qu'il a transformé en Pères du concile de Nicée les beatùsimi
SOURCES.
#*• — Nous sommes assez bien renseignés sur la date
à laquelle cet écrit a été composé. Il est clair qu'il ne
peut appartenir au iv° siècle et que , même au com-
mencement du v e , il n'eût guère été naturel de mettre
en circulation des histoires aussi peu conformes à
la vérité historique et à la tradition. On est donc obligé
de descendre jusque vers la fin du v e siècle. D'un
autre côté, nous trouvons les Actus beati Silvestri cités
dans Yindex du pseudo-Gôlase, avec une note propre
à les recommander, bien qu'il soit insinué en même
temps que l'église romaine ne fait pas à ce livre
les honneurs de la lecture publique 1 . Parmi les apocry-
phes symmachiens de l'année 501, datés avec plus de
précision que Yindex et sans doute antérieurs à lui, nous
en trouvons deux qui dépendent de la légende de Cons-
tantin et de sa lèpre ; d'abord le Constitutum Silvestri,
puis les Gesta Liberii. Tandis que le Constitutum se
borne à mentionner en passant, comme faits bien connus,
le baptême et la guôrison du premier empereur chrétien,
les Gesta citent formellement le « livre de Silvestre » :
Hoc cum legisset (Liberius) ex libro antiguo, edoctus
a libro Silvestri, episcopi Romanorum, et quod U pu-
bliée praedicaret quia in nomine lesu Christi a lepra
mundatum fuisse per Silvestrium Constantinum pa-
truum Constantis. L'auteur de cette composition sent le
besoin d'insister sur l'antiquité de la vie de Silvestre,
et d'en recommander la lecture par l'exemple du pape
Libère \ Il s'efforce également d'écarter l'objection qu'on
nepouvait manquer de faire à ce récit en partant du bap-
tême réel de Constantin à Nicomédie. Ne pouvant effa-
cer le souvenir de ce fait historique, il cherche à le
concilier avec le baptême romain. Suivant lui, un em-
pereur a bien été baptisé à Nicomédie, mais ce n'est
pas le grand Constantin, c'est son « neveu » Constant.
Ces hésitations, ces recommandations, ces tentatives
apologétiques et conciliatrices portent à croire, d'abord
patres nostri de Proterius, c'est-à-dire ses prédécesseurs sur le
siège d'Alexandrie. II y a évidemment ici, comme l'a fait remar-
quer M. B. Krusch (Neues Arckiv, t. IX, p. 107), unepia fraus mise
au service d'un bon comput.
1. L'auteur de Yindex ne paraît pas avoir admis que le livre ait
été écrit par Eusèbe, comme le dit le prologue ; en remarquant
que eius qui conscripsit nomen ignoratur, il montre qu'il n'a point
été dupe de cette supercherie littéraire.
2. C'est une grosse distraction, car Libère est nommé dans la
vie de Silvestre et plutôt comme un pape déjà mort. Du reste, Li-
bère n'avait [pas besoin de faire des recherches dans les vieux li-
vres pour savoir ce qui s'était passé dans l'église romaine au temps
de Silvestre et de Constantin. Si Constantin avait été baptisé à
Rome, Libère aurait assisté à la cérémonie, parmi les jeunes clercs
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que la légende de Constantin et de Silvestre ne s'est
pas implantée à Rome sans résistance ; ensuite que son
apparition était encore toute récente au temps du pape
Symmaque et des controverses de l'année 501.
L'auteur du Liber pontificalis, qui écrivit peu d'an-
nées après ces controverses, crut devoir l'accepter
comme vraie , mais avec un certain éclectisme. Tout
ce qu'il en a tiré se réduit au baptême et à la guérison
de Constantin, précédés de la retraite de Silvestre sur
le mont Syraptim. Mieux avisé que l'auteur de la Vita 9
il localise avec soin le souvenir du baptême de Cons-
tantin dans le baptistère de la basilique Constanti-
nienne du Latran.
Mais le Liber pontificalis ne fut pas tout d'abord en
vogue dans les hautes régions littéraires, pas plus que
les apocryphes symmachiens ; le suffrage qu'ils avaient
donné au « livre de Silvestre » ne paratt l'avoir recom-
mandé que dans le cercle des personnes qui s'intéres-
saient aux histoires des saints sans vérifier si elles
étaient authentiques ou non. Celle-ci n'est jamais l'objet
d'une allusion, même lointaine, dans les lettres, dialo-
gues et homélies de saint Grégoire le Grand ; et pour-
tant Grégoire parle en deux endroits différents ! du
mont Soracte et de son monastère, c'est-à-dire d'un lieu
où la légende de Silvestre se trouve localisée dès la
première moitié du vin 8 siècle. Il en est question,
vers le milieu du vn e siècle, dans un itinéraire à l'usage
des pèlerins de Rome, à propos du tombeau du martyr
Timothée, de quo meminit liber Silvestri 2 . Il tomba
d'assez bonne heure entre les mains de Grégoire de
Tours ' ; plus tard il passa en Grande-Bretagne où nous
le voyons suivi par l'évêque anglo-saxon Aldhelm à la
fin du vn° siècle,* et par le vénérable Bède G , au siècle
suivant. C'est alors que cette histoire fut définitive-
ment classée au nombre des choses reçues, au moins à
Rome, car l'autorité de saint Jérôme, de l'Histoire tri-
partite et de saint Isidore, qui l'ignorent et l'excluent,
au nombre desquels il vivait à cette époque (De Rossi, Bull., 1883,
p. 18 et suiv.).
1. Dialog. i, 7; Ep. i, 24; cf. Cod. Carolin., ep. 23 (éd. Jatte,
p. 98).
2. De Rossi, Roma sott., t. I, p. 141, 182.
3. Hist. Franc, n, 31.
4. Aldhelm, De laudibus virginitatis, c. 25 (éd. d'Oxford, 1844,
p. 27); Carmen de laudibus virginum, même édition, p. 151.
5. Bède, Chron. (Migne, P. L., t. XG, p. 536) : « Constantinus de
persecutore christianus efficitur ». Ceci cependant est dit d'après
le Liber pontificalis. Quand au sermon De inventione s. Crucis, Mi-
gne, P. £., t. XGIV, p. 494, il est apocryphe et postérieur à Bède.
balança longtemps, aux yeux des écrivains du moyen âge,
celle de Grégoire de Tours, de Bède et du Liber ponti-
ficalis, qui la favorisent. Le pape Paul I er (757-767) y fait
allusion dans une lettre relative aux monastères de saint
Silvestre sur le mont Soracte et à celui qu'il fonda lui-
même à Rome, sous le même vocable (S. Silvestro in
capile) l . En 787 , le pape Hadrien allégua, en faveur
du culte des images 2 , le passage des Actus b. Silvestri
où il est question des portraits des apôtres Pierre et
Paul \
Le « livre de Silvestre » fut traduit d'assez bonne
heure en grec ; ceci résulte déjà de ce que la version
syriaque, qui dépend du texte grec, se rencontre dans
un manuscrit du vi e ou du vu 8 siècle. Léonce de Jérusa-
lem, dans son livre contre les monophysites 4 , écrit
vers la fin du vi* siècle, cite un passage de la dispute
entre Silvestre et les docteurs juifs. Jean Malala d'An-
tioche, qui écrivait peu après Léonce, cherche à con-
cilier l'histoire avec la légende 5 ; mais à la façon dont
il use de celle-ci, on ne peut reconnaître sûrement s'il
a eu sous les yeux le « livre de Silvestre » ou s'il parle
d'après une autorité différente, écrite ou non. En re-
vanche, depuis le commencement du ix siècle, tous les
chroniqueurs byzantins, Thôophane, Hamartolos, etc.,
admettent plus ou moins complètement la légende, en
cherchant a ébranler l'autorité des témoignages histo-
riques auxquels elle se heurte, ou à trouver des systè-
mes de conciliation.
L'insertion des actes de Silvestre dans la compilation
historique publiée par M. Land et baptisée par lui du
nom ftHistoria miscellanea, nous montre que ce texte
était en faveur, depuis le déclin du vi e siècle, auprès
des érudits de langue syriaque. Environ deux cents ans
plus tard, Denys de Tellmahar y puise avec confiance ;
il en est de même des autres chroniqueurs syriaques
du moyen âge, quand ils s'occupent de l'époque de
Constantin c .
Tout ce rayonnement littéraire, dans les pays latins,
1. Cod. Carol. ep. 42 (p. 103 Jaffô).
2. Hardouin, Conc, t. IV, p. 82; Mansi, t. XII, p. 1055.
3. Sur la fortune de cette légende pendant le moyen âge latin,
v. Dôllinger, Papstfabeln, p. 54 et suiv. ^Eneas Sylvius (Pie II) et
le cardinal Nicolas de Gusa sont les premiers qui l'aient rejetée.
4. Mai, Script, vet., t. VII, p. 134 ; Migne, P. G., t. LXXXVI,
p. 1835.
5. Script, hist. Byz., Bonn, 1831, p. 316, 317.
6. Sur la diffusion et l'autorité des Acta SilvesM dans les pays
de langue grecque ou orientale, v. A. Frothingham, L c, p. 18.
On n'en a encore signalé aucun manuscrit copte ou arménien.
Sa diffusion
en Orient.
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grecs et orientaux, part, comme d'un foyer, de la ré-
daction latine du « livre de Silvestre ». Mais nous avons
déjà vu que cette rédaction latine n'est qu'à moitié in-
digène de Rome et qu'elle contient une large propor-
tion d'éléments étrangers. Ce n'est pas ici le lieu d'en-
treprendre une analyse complète de cette légende si
importante ; le sujet de cette étude me permet de borner
mes recherches au principal épisode, celui du baptême
et de la guérison merveilleuse de Constantin.
La légende et 58. — On ne peut pas dire que la tradition d'où
le baptême de dérive cet épisode ait pris naissance sur le sol de Rome.
ionstttûîm, jj n'y en a pas la moindre trace ni dans les œuvres
des écrivains , historiens , poètes , orateurs , ni dans
les pièces officielles, ni dans la liturgie, ni dans les
inscriptions, jusqu'au vin 6 siècle. Le succès du livre
de Silvestre se limite à quelques auteurs obscurs, à
quelques demi-savants , pour ne rien dire de moins,
presque tous contemporains de sa première apparition.
S'il avait eu derrière lui une véritable tradition locale,
celle-ci aurait bien réussi en quatre siècles à trouver
une expression publique ; en particulier le baptistère
de Latran, théâtre de l'événement et du miracle prin-
cipal, en aurait conservé quelque vestige dans ses
mosaïques et dans ses longues inscriptions monumen-
tales. Or il n'en est rien ; avant le livre de Silvestre la
tradition officielle est muette et son silence persiste
deux ou trois siècles après la publication de ce récit.
Nous sommes ici en présence d'un cas tout différent de
celui que nous offrent les Gesta martyrum. Ceux-ci
peuvent se charger d'embellissements, se compliquer
d'épisodes adventices, contredire sur certains points
l'histoire et la chronologie, devenir même tout à fait
incroyables : il y a à côté d'eux, il y avait avant eux,
une tradition monumentale représentée par le tom-
beau du saint avec ses embellissements successifs, et
une tradition de culte, représentée par la célébration
non interrompue de l'anniversaire. Cette double tradi-
tion est indépendante des récits qui se conservent ou
se forment autour de la tombe sainte ; alors que ceux-
ci s'altèrent, elle se maintient fixe et pure. On peut
d'ailleurs la remonter, par l'étude des anciens docu-
ments liturgiques et par la classification des monu-
ments ; en suivant cette double chaîne on parvient à
constater qu'elle se rattache immédiatement au fait
dont elle perpétue le souvenir.
Mais aussi ce fait est un fait réel, tandis que la lèpre
de Constantin et sa guérison miraculeuse dans une
piscine baptismale de Rome sont des faits indiscutable-
ment faux, qu'on ne saurait admettre sans se révolter
contre les règles fondamentales de la critique histori-
que ! . Or la formation d'une légende comme celle-ci, sur
le théâtre même où les événements qu'elle raconte sont
censés s'être produits, est une véritable impossibilité,
au moins pour le temps que nous considérons. Au
temps de Théodoric et de Cassiodore la culture intel-
lectuelle était encore assez répandue ; l'imagination po-
pulaire ne pouvait pas tout oser, contenue qu'elle était
par la science des gens instruits, clercs et laïques. En
de telles conditions, l'origine locale de la légende est
en rapport étroit avec la réalité du fait : si le fait est
vrai, la légende peut être indigène ; s'il ne l'est pas, la
légende a dû se produire ailleurs ; elle est importée.
06. — Maintenant, d'où vient celle-ci? On a essayé La îégenj-i
de chercher son origine dans le monde byzantin 2 et de la zosfme. ***
rattacher au système exposé par l'historien Zosime pour
expliquer, à son point de vue païen, la conversion de
Constantin au christianisme. Suivant Zosime 3 , Cons-
tantin, bourrelé de remords après le meurtre de Cris-
pus, aurait demandé à Sopatros , chef de l'école néo-
platonicienne, s'il connaissait des expiations capables i
de laver un tel crime : Sopatros ayant répondu négati-
1. Voir, sur ce sujet, Gh. deSmedt, Principes de la critique histo-
rique, Paris, 18.S3, p. 137 el suiv.
2. Frothingliam, 1. c, p. li. Dans mon Etude sur le L. P. t p. 172,
j'avais admis que la mosaïque de l'église de Saint-Polyeucte, à
Constantinople, monument des environs de l'an 500, décrit dans
l'Anthologie grecque (Didot, t. I,p. 3), avait représenté le baptême
de Constantin, non dans les circonstances décrites par la légende,
mais contormément au récit d'Eusèbe. Voici les vers où il est
question_de ce monument :
*Ev8' ïva xai Ypaçfôwv tepwv ûicèp dlvroyoç aùXfjç
Éoriv ISeïv jxlya 8a0{ia, iroXôçpova Kojvotocvtîvov,
-suc itpopuyùv e!3u>Xa, 06T ( }ii^ov IvBzQt XûaTi^v,
xal Tp£a6oç <p<£oç eupev iv CÔatai yvïz xaOfipaç.
giM. Frothingham (/. c, p. 24) insiste sur les mots çioç euptv,
où il croit reconnaître un détail de la légende, l'apparition d'une
grande lumière autour de l'empereur, au moment où il entre dans
l'eau baptismale. A mon sens il ne faut voir ici qu'un symbole du
baptême lui-même. Ce sacrement était appelé on grec «pwtisjmJç
et les baptisés étaient dits çomoôévreç — Après avoir étudié de
plus près cette inscription, j'en suis venu à douter que la mo-
saïque représentât le baptême de Constantin ; U me semble que
l'accent doit être placé sur le troisième vers et qu'il faut songer
à quelque composition où était figuré le triomphe du christianisme
sur l'idolâtrie et la persécution, triomphe dans lequel le rôle prin-
cipal était naturellement réservé au premiar empereur chrétien.
3. Bist._Rom. t u, 29.
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vement, l'empereur se serait adressé aux évoques chré-
tiens, qui lui auraient promis de le purifier par le bap-
tême. — Cette légende a été connue de Sozomène ; il
l'a trouvée dans l'histoire de Zosime et il la discute
avec un sens critique assez remarquable *. On voit de
suite où elle est née ; c'est un produit des cercles néo-
platoniciens de la fin du iv e siècle, c'est-à-dire d'un mi-
lieu littéraire et religieux qui est à l'antipode de ceux
où se forment les légendes chrétiennes. Sa donnée
fondamentale est toute différente de celle de la légende
de Silvestre. Constantin y est présenté comme un
grand coupable, chargé de fautes personnelles précises,
tandis que la légende chrétienne personnifie en Cons-
tantin l'empire romain tout entier, d'abord persécu-
teur, puis converti. La lèpre de l'empereur est le symbole
des châtiments célestes qui ont , dans la pensée de
l'auteur, accablé l'empire jusqu'au moment où il est
devenu l'empire du Christ.
Il n'y a d'ailleurs aucune transition entre le récit
inventé ou reproduit par Zosime et les formes diverses
sous lesquelles les imaginations chrétiennes ont pré-
senté la conversion de Constantin. La discussion de
Sozomène n'est pas une porte ouverte entre deux mi-
lieux littéraires tout différents; ce serait plutôt une
barrière. Qui a lu Sozomène ne peut admettre qu'une
façon de raconter le baptême de l'empereur, la façon
historique, celle d'Eusèbe de Césarée, contemporain et
peut-être témoin oculaire. Sozomène n'en connaît
pas d'autre ; la dernière de ses pensées ce serait d'y
substituer un récit imaginé d'après celui de Zosime.
Du reste, il faut remarquer que le système de Zosime
n'est nullement inconciliable avec le témoignage d'Eu-
sèbe : il laisse intact le baptême de Nicomédie, posté-
rieur à la mort de Crispus ; les variantes qu'il intro-
duit ne concernent que des délibérations secrètes, in-
times, impossibles à vérifier; l'extérieur des événe-
ments n'en est nullement modifié. Au contraire, dans
la légende de Silvestre, vingt faits publics et solennels
viennent déchirer la trame historique : la persécution
ordonnée par Constantin, sa maladie, la fuite de Silves-
tre, les apprêts du bain de sang, le baptême de l'em-
pereur, la fondation des basiliques, les assises solen-
nelles en présence du sénat, la dispute avec les doc-
teurs juifs, la résurrection du taureau; tous ces évône-
1. Hist. eccL, i, 5.
CXVII
ments se passent à la face du ciel, en présence de foules
immenses ; leur notoriété doit être complète et univer-
selle.
57. — Il y a donc un abîme entre les cancans néo-
platoniciens et la grande conception symbolique de la
légende silvestrine. Celle-ci est d'une telle envergure,
elle néglige avec tant de sans-gène les traditions histori-
ques enracinées dans le monde gréco-romain, qu'il faut,
de toute nécessité, chercher ses origines dans un mi-
lieu littéraire inaccessible à l'influence des historiens
grecs ou latins. Ce pays, ce milieu, c'est l'Orient.
Entre les régions diverses auxquelles pourrait conve-
nir cette dénomination, il faut d'abord éliminer l'E-
gypte, car la légende de Silvestre ne paraît être entrée
que très tard dans la littérature copte, et encore par
l'intermédiaire de Constantinople *. Restent la Syrie et
l'Arménie. Ici nous nous trouvons d'abord en présence
d'un fait remarquable, c'est que les deux premiers au-
teurs qui aient parlé d'un Constantin persécuteur, lé-
preux, puis baptisé et guéri par le pape de Rome, sont
deux orientaux du v* siècle, Moïse de Khorène, l'histo-
rien arménien, et Jacques de Sarug, évêque monophy-
site de langue syriaque. Ce ne sont pas, on le voit, des
personnages quelconques, de ceux qui acceptent les
récits fabuleux à mesure qu'on les jette dans la circu-
lation. Pour que Moïse de Khorène, l'historien national
de l'Arménie, insérât cette légende dans son grand ou-
vrage, pour que le savant évêque de Sarug en fît le
thème d'une homélie publique, il fallait qu'elle eût
atteint autour d'eux une autorité analogue à celle
qu'elle avait en Occident quand le pape Hadrien la cita
dans sa lettre au second concile de Nicée, à celle dont
elle jouissait à Constantinople quand le chroniqueur
Théophane lui sacrifia le récit d'Eusèbe. L'Histoire de
l'Arménie est du milieu du v e siècle environ ; l'ho-
mélie de Jacques de Sarug est postérieure : elle a été
prononcée plusieurs années après 473 2 . On n'est pas
trop hardi en supposant que la légende avait à peu
près un demi-siècle de popularité au moment où elle
entra dans de telles compositions littéraires. De cette
façon ses origines, dans le monde syro-armônien, re-
montent vers le commencement du v e siècle.
De nos deux témoignages orientaux, c'est celui de
Moïse de Khorène qui est le plus ancien ; c'est aussi
4. Frothingham, /. c, p. 21.
2. Frothingham, /. c, p. 19.
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tfine orientale.
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le plus précis, et cela se conçoit : un historien, pour
qui le récit des événements est la chose principale, a
toujours plus de souci de ce côté qu'un orateur qui sup-
pose les faits connus et se borne à en tirer des ensei-
gnements moraux. Ainsi, Jacques de Sarug ne nomme
pas Tévèque de Rome à qui échoit l'honneur de con-
vertir et de baptiser Constantin. Chez lui, l'empereur
est lépreux de naissance ; sa maladie n'est pas présentée
comme le châtiment de ses violences envers les chrétiens.
Sa conversion est déterminée par une vision céleste,
mais le chef de ses esclaves y a un rôle important.
Par ailleurs, le bain de sang est préparé et le baptême
célébré à peu près comme dans les autres textes. Moïse
de Khorène est plus voisin delà Vita Silvcstri. Il connaît
le nom du pape, mentionne la persécution, conseillée
par l'impératrice Maximiana, fille de Dioclétien, la fuite
de Silvestre sur le mont Syraptim et autres détails. En
revanche il ajoute un trait caractéristique, l'intervention
dn roi arménien Tiridate, à qui l'empereur s'adresse pour
avoir des devins persans et indiens, lesquels ne parvien-
nent pas plus que les autres à lui procurer la guérison.
Les divergences des deux auteurs ne s'expliquent pas
toutes par la diversité de leurs compositions littéraires.
L'indétermination du pape, dans l'homélie syriaque,
peut venir de ce que d'autres légendes, du même
pays et du même temps, l'appelaient, non pas Sil-
vestre, mais Eusèbe \ Il peut se faire aussi que la lé-
gende ait été racontée en Orient de diverses façons et
que ce soit précisément, sauf la mention patriotique de
Tiridate, celle de Moïse de Khorène qui ait trouvé le
chemin de Rome et de l'Occident.
Je n'entends pas dire par là que la première origine
de cette histoire doive être placée en Arménie plutôt
que dans la Syrie môsopotamienne. Ces deux pays sont
si voisins, les légendes ont si souvent passé de l'un à
l'autre, Edesse et Nisibe ont toujours eu tant de rapports
avec l'Arménie, qu'il est difficile de faire ici un départ
exact. Le premier témoin de notre légende est, il est
vrai, un auteur arménien ; mais il n'y a peut-être là
qu'une circonstance purement fortuite. Il n'en est pas
de même de la considération dont l'entourent en commun
Moïse de Khorène et Jacques de Sarug ; cette considé-
ration, qui forme un contraste évident avec le peu de
crédit qu'elle rencontra d'abord à Rome, suffirait déjà à
nous fixer sur sa véritable patrie.
1. Voy. ci-dessus, p. cix, n° 46.
SOURCES.
Du reste, sa donnée fondamentale, la conversion d'un
roi païen, atteint d'une maladie honteuse et incurable,
qui trouve sa guérison dans le baptême, est une donnée
essentiellement orientale. C'est l'idée mère de la lé-
gende d'Abgar, roi d'Edesse, légende autrement an-
cienne que celle de Silvestre, puisqu'elle était déjà en
grand crédit auprès d'Eusèbe de Césarée, dans les pre-
mières années du iv° siècle x ; c'est celle de la légende de
Tiridate, roi d'Arménie, d'abord persécuteur des chré-
tiens, puis changé en bête, enfin converti et baptisé par
saint Grégoire l'Illuminateur, c'est-à-dire le baptiseur,
apôtre des Arméniens. Ces deux légendes sont entrées
dans l'histoire de Moïse de Khorène ; il les a tirées de do-
cuments antérieurs à lui, la Doctrine d'Addaï et l'Histoire
d'Agathange -. Le parallélisme des trois légendes est on
ne peut plus exact. Il s'agit toujours de la conversion
d'un royaume; elle se produit invariablement dans les
mêmes circonstances. Le roi païen (Abgar), ou même
persécuteur (Tiridate, Constantin,) est atteint d'une ma-
ladie honteuse, la lèpre 3 ou la folie, que la médecine
et la magie sont impuissantes à guérir. Il faut avoir
recours à l'apôtre de Dieu (Addaï, Grégoire, Silvestre),
qui guérit le malade en le baptisant et convertit du
même coup tout le royaume.
Naturellement il y a des différences. A Edesse, où
le christianisme avait conquis la famille royale dès la
fin du 11 e siècle, on n'a pas hésité à placer l'évan-
gélisation du pays sous les auspices des apôtres et de
Jésus-Christ lui-même. Cela était d'autant plus facile
que, presque tous les rois s'étant appelés Abgar, le nom
du roi converti ne fournissait pas, par lui même, une
date précise. La conversion de l'Arménie et celle de
l'empire romain, événements bien postérieurs, étaient
à peu près classés, au point de vue chronologique, par
les noms de Tiridate et de Constantin. Avant ces souve-
rains on distinguait une longue période de paganisme et
de persécutions : aussi a-t-il fallu introduire de ce chef
quelques modifications dans le type delà vieille légende
édessônienne, pour l'adapter à la conversion de l'Ar-
ménie et de l'empire romain.
1. Hist. eccl., i, 13.
2. Langlois, Historiens de l'Arménie, t. I, p. 144 et suiv. Sur
Agathange et son autorité, voir A. v. Gutschmidt, Agathangelos,
dans le Zeitschrift der deutsch. morgenl. Gesellschaft, t. XXII,
(1877), p. 1.
3. La maladie d'Abgar n'est pas indiquée dans la Doctrine d'Ad-
daï; c'est plus tard (Procope, Bell. Persic, n 12) qu'on y a vu la
lèpre, compliquée de goutte.
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Ainsi, l'épisode du baptême de Constantin, dans le
« livre de Silvestre », peut être considéré comme
originaire de la région mésopotamienne, autour d'E-
desse et de Nisibe. Celui de la conversion d'Hélène et
de la dispute entre Silvestre et les docteurs juifs, ne
peut guère avoir été imaginé ailleurs. Il est en effet
bien peu conforme aux idées répandues dans les pays
gréco-latins sur le rôle de cette princesse et ses anté-
cédents religieux, ainsi que sur l'importance de la con-
troverse avec les juifs *. Certains détails de l'argumen-
tation, dans la rédaction latine, indiquent une tendance
plutôt nestorienne ou théodorienne ; ils ont été soigneu-
sement corrigés dans la version grecque. Et pourtant
le compilateur latin semble avoir déjà introduit ici
quelques atténuations *.
i>8. — Il serait intéressant de rechercher, d'une ma-
nière précise, jusqu'à quel degré la rédaction latine peut
être, dans chacune de ses parties, considérée comme re-
produisant une Lgende orientale écrite, et quelles mo-
difications celle-ci a subies dans sa transplantation à
Rome. Je serais porté à croire que ces modifications,
pour les deux épisodes de Constantin et d'Hélène, ont
dû être peu importantes. En effet, les traits romains
que j'ai signalés plus haut appartiennent presque tous
aux épisodes précédents ; les attaches topographiques,
dans la dernière partie, se réduisent aux deux églises
de Saint-Pierre et du Latran,à la basilique Ulpienne et
à ce mont Syraptim, où Silvestre est censé avoir cher-
1. La narration syriaque de la translation des restes de saint
Pierre et de saint Paul insiste aussi sur la conversion simultanée
des juifs et des païens, à Rome (Voy. plus haut, p. civ).
3. Aux objections des juifs contre la doctrine d'un Dieu qui est
soumis a la tentation, Silvestre répond en ces termes : « Nos au-
» tem non Filium Dei temptatum dicimus, sed Filium hominis,
» in quo plenitudo Filii Dei consistebat. Nam sicut in eo plena di-
» vinitas consistebat, sic et in eo plena erat humanitas : vere enim
» homo erat. Et sicut temptari non poterat hoc quod erat Filius
» Dei, ita plenissime temptationis agonem agebat iste qui erat Filius
hominis » (Cod. Paris, lat. 5301, f. 320 b). — Voici le passage
correspondant du texte grec : 'Hjieî; 8è où xôv riov toO Beoû 7teipaff-
ô^vaî çajJLsv y u îav^ xfi OsÔTïiTt, dtXXi xôv Ttôv toû àv6pu>itou, Iv
w irâcv tô -nX-ripœjia tt,<; Ôed-c^toç ffwpaTixûç xaxotxeî ■ à^ôuç yàp
yéYOvev àvSpwTtoî. 'E-ei5^ tzx'jtt\ Tteipaa6f,vai aux èSûvaTO, Bià tô eîvat
otÙTÔv cpOaei 6e à v xal ïîàv toû Beo-j, toutou é'vexfv t*,v T.neTcpav
s'julv Xa6wv èx tt,î IlapOévou, ^vusev éauTtô ïvat xX-ripiara-
tov àywva CirouLciv-rj -^ toû ôoôXou jioptpTi (Cod. Paris, gr. 1449, f. 40 a ;
cf. Gombéfis, 1. c. p. 309).— Le syriaque de Land (traduction com-
muniquée par M. l'abbé Le Gac) présente ici un remaniement du
texte grec, dont il conserve quelques particularités, notamment le
YUfjLv-ri rrj 8ednyc*. et le t^v r^ETÉpav cp'jjiv Xa6<î>v é*x TÎy; DapOévou ^voxtev
iauTÛ». La doctrine théodorienne des deux Fils n'y est pas moins
effacée que dans le grec.
ché une retraite. Or, si les trois monuments que je viens
de nommer peuvent, à la rigueur, avoir été introduits
par le compilateur latin, il n'en est pas de même du
mont Syraptim, déjà mentionné parMoïse de Khorène.
Ce mont Syraptim fut identifié plus tard avec la belle
montagne du Soracte, que Ton aperçoit de Rome, tout
à fait à l'horizon, du côté du nord. Un monastère sous
le vocable de saint Silvestre y fut élevé au vm fl siècle ;
l'ancien nom de Soracte céda la place à celui de Sirap-
tis [Siratti, en langue vulgaire i ). Mais ce change-
ment, bien postérieur à l'apparition de la légende, doit
avoir été causé par elle s . Si l'on voulait admettre, chose
invraisemblable, que cette orthographe correspond à une
prononciation vulgaire, mais antique, du nom Soracte,
ou, ce qui serait plus croyable, à une corruption de ce
nom dans la bouche des Orientaux, il en résulterait que
Moïse de Khorène aurait trouvé la légende déjà pourvue
d'une attache, non pas avec une montagne imaginaire,
mais avec la montagne réelle du Soracte. Dès lors on
aurait toute raison de croire que la basilique Ulpienne,
l'église du Latran et celle du Vatican y figuraient
aussi, et par conséquent qu'elle avait été imaginée (ou
retouchée de bonne heure) en Orient par une personne
à qui les principaux monuments de Rome n'étaient pas
inconnus. Mais, encore une fois, ce qu'il y a de plus
vraisemblable, c'est que le mont Syraptim fut à l'ori-
gine une montagne purement fictive et que son identi-
fication avec Je Soracte des environs de Rome provient
uniquement d'une ressemblance fortuite entre les deux
noms. Si, en effet, l'orthographe Syraptim ne représen-
tait autre chose qu'une fausse prononciation du nom
véritable, comment le rédacteur latin, qui n'est pas un
illettré, n'aurait-il pas reconnu et corrigé la faute ?
Quoi qu'il en soit, on ne court pas risque de se trom-
per beaucoup en prenant la rédaction latine du « livre
de Silvestre », en ce qui regarde les épisodes de Cons-
tantin et d'Hélène, non seulement comme l'expression
1. Cod. Carol. ep. 23, p. 98 Jaffé; cf. ep. 42, p. 143; cf. Archivio
Romano di storia patria, t. I, p. 213 et suiv. Les écrivains soucieux
d'exactitude et de correction classique maintinrent la dénomination
antique : Eginhard, par exemple (Jaffé, Monum. Carolina, p. 512),
écrit Soracte et non point Syraptis ou Syraptim.
2. L'orthographe Syraptis, Syraptim, Syrapti (l'y est souvent
remplacé par un *), se rencontre dans les passionnaires latins et
dans ceux des manuscrits du Liber pontificalis qui représentent le
mieux, en fait d'orthographe, la tradition primitive. On trouve
Ewpaitîvov ou Eapaitîvov dans les textes grecs, Srapion une fois et
Sraption deux fois dans le manuscrit syriaque d'où M. Land a
tiré YHistoria miscellanea (Anecdota syriaca, t. III, p. 52, 53).
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d'une légende imaginée en Orient, mais encore comme
le calque fidèle d'un récit sorti d'une plume orien-
tale.
Venue de la lointaine Syrie, la légende merveilleuse
de la conversion de Constantin et d'Hélène y retourna
d'assez bonne heure, un siècle environ après son appa-
rition en Occident. Avant la fin du vi e siècle, le « livre
de Silvestre » se lisait en grec dans les monastères de
Jérusalem et en syriaque sur les bords de l'Euphrate.
Dans sa forme nouvelle, la légende s'était plutôt ornée
d'épisodes accessoires que modifiée dans ses lignes es-
sentielles ; elle paraît avoir supplanté assez rapidement
l'ancien récit, dont cependant il demeura quelques tra-
ces, dans l'histoire arménienne de Moïse de Khorène
et dans l'homélie de Jacques de Sarug *.
6° Libère et Félix II.
Libère et Félix
d'après le L. P.
59. — On lit dans la notice du pape Jules : Fuit
autem temporibus Constantinifilii Constantini hereticia
consulatu Feliciani et Maximini. Hic multas tribulationes
et exiliofuit mensibus X, etpost huius Constantini mor-
tem cum gloria reversus ad sedem beau Pétri apostoli.
La notice de Libère, successeur de Jules, place aussi son
pontificat sous le règne d'un Constantin, fils de Cons-
tantin ; de plus elle raconte l'histoire suivante. Libère,
n'ayant pas voulu se faire arien, fut condamné à l'exil
par l'empereur Constance, et il le subit pendant trois
ans. Dans une assemblée des prêtres romains, et avec
leur assentiment, il choisit pour occuper sa place sur le
siège épiscopal un de leurs collègues, le prêtre Félix, qu'il
ordonna lui-même évoque. Félix, au bout de quelque
temps, découvrit deux ariens dans le clergé de Rome,
les prêtres Ursace et Valens ; il les condamna. Mais ces
hérétiques allèrent trouver Constance et lui conseillèrent
de rappeler Libère. Constance y consentit. On imposa
1. Aux personnes qui seraient tentées de trouver étrange cette
odyssée de la légende de Constantin et de Silvestre, je ferai obser-
ver que le cas n'est pas isolé. L'histoire littéraire de la légende de
saint Alexis est tout à fait semblable à celle que je viens d'es-
quisser. Il n'y a rien d'étonnant à ce que des récits de ce genre,
délices de la plupart des petites gens de ce temps-là, sans parler
des autres, fissent plus rapidement leur chemin que les gros traités
théologiques des docteurs. Au v c , au vi° siècle et longtemps après,
les livres les plus assurés d'une large publicité étaient ceux qui
entraient dans les besaces des pèlerins.
cependant à Libère, non le renouvellement du baptême,
selon la pratique des ariens, mais simplement des rap-
ports de communion avec ceux-ci. L'ancien pape re-
vint et s'installa d'abord à Sainte-Agnès, auprès de
Constantia, sœur de l'empereur ; il voulait mettre son
retour sous le patronage de cette princesse; mais elle
lui refusa son appui moral. Alors Constance, secondé
par Ursace et Valens, convoqua un concile où se réuni-
rent quelques évoques ariens; l'assemblée rappela
Libère et déposa Félix; celui-ci se retira dans une pro-
priété qu'il avait sur la voie de Porto ; il y mourut le
29 juillet. Libère fit son entrée à Rome le 2 août, se
mit en communion avec l'empereur et les ariens, s'em-
para des grandes basiliques, qui demeurèrent six ans en
son pouvoir, et persécuta de la façon la plus cruelle le
clergé romain demeuré fidèle à Félix.
Dans la notice de Félix, il est dit que ce pape déclara
hérétique Constance, fils de Constantin, et lui reprocha
d'avoir été rebaptisé par Eusèbe de Nicomédie dans une
villa appelée Aquilon *; on ajoute que, pour ce motif, il
fut condamné, par ce même Constance, fils de Constantin,
à avoir la tête tranchée. Son martyre fut accompagné
d'autres exécutions de clercs et de fidèles ; il eut lieu
près des murs de Rome et de l'aqueduc de Trajan. Son
corps fut déposé par Damase dans une basilique située
sur la voie Aurélienne, le 13 novembre.
Il est évident que nous avons ici une version légen-
daire de faits réels et bien connus. Je vais d'abord les
rappeler en peu de mots.
00. — Le pape Jules a été mêlé aux controverses re-
latives à l'arianisme et à saint Athanase d'Alexandrie,
cela est très certain. C'est lui qui cassa, dans un concile
tenu à Rome, en 341, les sentences portées par le con-
cile de Tyr, en 335, contre Athanase et quelques autres
évêques grecs ; c'est sous son pontificat que se tint le
concile de Sardique (343), qui trancha dans le même
sens les controverses orientales ; c'est sous ses auspices
que s'élaborèrent divers projets d'union entre les églises
d'Orient et d'Occident, au temps de l'empereur Constant ;
c'est à lui que les évêques illyriens, Ursace et Valens,
chauds partisans de l'arianisme, firent leur soumission,
en 347. Il survécut sans doute à l'empereur Constant,
protecteur des catholiques et d' Athanase ; maisMagnence,
i. Ce nom provient de la chronique de saint Jérôme ; in Ancyrone
villa publica iuxta Nicomediam (Migne, P. L., t. XXVU, p. 679) ;
Eusèbe, Vita Constantini, iv, 61, parle d'une villa voisine de Nico-
médie, sans en indiquer le nom.
Les faite
réels.
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RÉCITS DIVERS RELATIFS AUX PAPES.
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qui lui succéda et exerça le pouvoir en Italie de 350 a
352, ne changea rien à la politique religieuse de son
prédécesseur. Les tribulations et l'exil de Jules, son re-
tour à Rome après la mort d'un Constantin, fils de
Constantin, sont donc, même en négligeant les variantes
dans le nom de l'empereur, autant de faits imaginaires.
Libère, lui, eut réellement affaire à un fils hérétique
de Constantin, à Constance *. Il est certain que, sur son
refus, non sans doute d'adopter le système théologique
d'Arius, ce qu'on lui demanda jamais, mais d'entrer en
rapports de communion avec les évoques orientaux, soup-
çonnés de le faire, il fut enlevé de Rome et n'y revint
qu'après trois ans d'exil. Son clergé, l'archidiacre Félix
.tout le premier, avait juré de ne pas déserter sa cause,
ce qui n'empêcha pas Félix d'accepter l'épiscopat, qui lui
fut conféré par des prélats fort suspects, ni la majorité du
clergé de recevoir l'évêque intrus que le gouvernement
lui imposait. Mais la population demeura fidèle à Libère,
si bien que l'empereur, auquel, du reste, Libère donna
satisfaction sur certains points, se vit obligé de rappeler
le pape légitime. Celui-ci fut accueilli avec enthousiasme
par le peuple, hostile à son rival. On ne sait au juste
quelles dispositions le gouvernement avait prises à l'égard
de Félix ; mais des troubles fort graves se produisirent
à l'arrivée de Libère. Félix fut obligé de quitter Rome.
Quelque temps après il chercha à se saisir de la basilique
de Jules, située dans le Transtôvère, mais il en fut
chassé ; depuis lors on perd sa trace. Il mourut en 365,
le 22 novembre . Libère pardonna alors aux clercs qu 1
i. Saint Jérôme, Chronique (Migne, P. L., t. XX VII, p. 633) :
« Romanae ecclesiae episcopus XXXIV ordinatus est Liberius ;
quo in exilium ob fidem truso, omnes clerici iuraverunt ut nullum
alium susciperent. Verum cum Félix ab Arianis fuisset in sacer-
dotium substitutus, plurimi periuraverunt et post annum cum
Feliceeiectisunt, quia Liberius taedio victus exilii et in haereticam
pravitatem subscribens Romam quasi victor intraverat. » — Le
post annum est inexact, et Yhaeretica pravilas est une exagération;
mais le reste est confirmé par les autres documents. — Libellus
precum, préf. (Migne, P. L., t. XIII, p. 81) : « Eo die quo Liberius
ad exilium profleiscebatur, clerus omnis, id est presbyteri et ar-
chidiaconus Félix, et ipse Damasus diaconus et cuncta ecclesiae
officia omnes pariter praesente populo Romano sub iureiurando
firmaverunt se, vivente Liberio^ pontificem alterum nullatenu3
babituros. Sed clerus contra fas, quod minime decebat, cum summo
periurii scelere Felicem archidiaconum ordinatum in locum Liberii
susciperunt. Quod factum universo populo displicuit et se ab eius
processione suspendit. Post annos duos venit Romam Gonstan-
tius; pro Liberio rogatur a populo. Qui mox annuens ait : « Ha-
betis Liberium qui, qualis a vobis profectus est, melior reverte-
tur ». Hoc autem de consensu eius quo manus perfidiae dederat,
indicabat. Tertio anno redit Liberius, cui obviam cum gaudio po-
pulus Romanus exivit; Félix, notatus a senatu vel populo, de
Urbo propellitur. »
Liber pontipicalis.
étaient restés attachés à son rival et leur rendit leurs an-
ciennes places. Cette condescendance ne fut pas du goût
de tout le monde. Aussi, quand Libère mourut lui-môme
(24 septembre 366), dix mois après Félix, un schisme
éclata : les adversaires intransigeants de Félix et des Fé-
liciens élurent pour pape le diacre Ursinus ; cependant
la grande majorité se rallia à Damase qui fut reconnu du
gouvernement et accepté partout comme pape légi-
time. Mais son épiscopat fut fort agité. Outre les gens
d'Ursinus, il eut encore deux autres partis à combattre,
celui des Lucifériens, qui, après la mort de Constance
et le triomphe de l'orthodoxie, n'avaient point voulu ad-
mettre à leur communion les prélats signataires du con-
cile de Rimini, et celui du diacre Hilaire qui, non con-
tent de les exclure de la communion, prétendait qu'on
devait les rebaptiser. On voit que ces trois partis, d'Ur-
sinus, de Lucifer et d'Hilaire, étaient formés de gens
qui se déclaraient plus orthodoxes, plus rigoureux, plus
antifôliciens que Libère et Damase. Ce n'est évidem-
ment pas de ce côté qu'il faut chercher les origines du
mouvement d'opinion auquel nous devons la réhabilita-
tion de Félix et la condamnation de Libère. Du reste,
ces divisions ecclésiastiques ne durèrent pas bien long-
temps; à la fin du iv 3 siècle il n'en était plus question.
Il résulte de ceci, d'abord que les récits du Liber pou-
tificalis sont en contradiction flagrante avec l'histoire ;
ensuite qu'ils n'ont pu naître dans la génération con-
temporaine des événements ; car, si un ennemi de Da-
mase n'a pu inventer une version contraire à tous
ses sentiments, un partisan de Damase n'aurait pas
non plus diffamé à ce point le pape Libère, dont les
principes furent en somme maintenus et appliqués par
Damase pendant tout son pontificat.
61. — Après avoir montré qu'il n'y a aucun lien en-
ire la légende fôlicienne et les passions contemporaines
de Libère et de Félix, il faut cherchera expliquer quand
et comment cette légende a pu naître. Sur sa patrie
il n'y a aucun doute : nous avons affaire à une légende
romaine de style et de tradition littéraire, pourvue d'at-
taches topographiques d'une solidité parfaite.
La tradition populaire sur le pape Libère ne pouvait
que lui être favorable. Saint Jérôme et l'auteur de la
préface àuLiàellus precum, qui écrivaient sous Damase,
témoignent tous les deux de l'enthousiasme qui l'ac-
cueillit à son retour d3 l'exil. Cas deux écrivains, saint
Jérôme surtout, ne dissimulent pas les concessions par
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Le souvenir de
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lesquelles ce retour avait été acheté ; mais ces questions
de formules et de signatures n'étaient pas de nature à
être bien comprises de la masse des fidèles romains ; l'a-
nanisme dogmatique ne les intéressait que fort indirec-
tement. Ce qui les avait blessés, c'était l'enlèvement
brutal de leur intrépide évêque; ce qu'ils voulaient,
ce qu'ils réclamaient en plein cirque a l'empereur Cons-
tance, c'était son retour, sans compromis avec l'intrus
Félix; ce qui les combla de joie, ce fut le triomphe de
Libère, reprenant possession de son siège malgré Félix
et en dépit du gouvernement ! . Quant à ce qu'il pou-
vait avoir signé à Bérée ou à Sirmium, ils ne s'en in-
quiétaient guère. Les clercs, il est vrai, accordaient
plus d'attention à ces détails ; la chronique de saint Jé-
rôme et sonDe viris (c. 97), deux livres fort répandus,
même dans les régions les moins aristocratiques de la
littérature, en perpétuèrent le souvenir.
Les Gesta Liberiî. 62.— Ilnous reste un petit écrit 2 où l'enthousiasme
pour la mémoire de Libère est concilié tant bien que
mal avec un certain sentiment de sa faiblesse momenta-
née. C'est ce qu'on appelle les Gesta Liberii. Je parlerai
plus loin de l'histoire littéraire de ce document; on
verra qu'il se rattache à un groupe d'apocryphes rédigés
à Rome en 501 ou peu après. Félix n'y est point men-
tionné. L'intention évidente est de chercher un précédent
à la situation du pape Symmaque , bloqué au Vatican par
les schismatiques du parti de Laurent et empêché de cé-
lébrer les fêtes pascales dans la basilique et au baptis-
tère du Latran. Libère est exilé 3 , non pas enThrace,
mais à la porte de Rome, dans le cimetière de Novella,
près de la voie Salaria. Le jour de Pâques approche; le
pape est désolé de ne pouvoir présider aux cérémonies
baptismales dans la basilique Constantinienne. Ses prê-
tres l'entourent, le consolent et lui démontrent que ces
cérémonies peuvent être célébrées n'importe en quel
endroit. Libère se laisse convaincre ; il baptise dans un
cimetière voisin, le cimetière Ostrien, où, disait-on,
1. L'éloge métrique du pape Libère, récemment publié par M. de
Rossi {Bull. 1883, p. 8; cf. Inscr. christ, t. II, p. 83-86), est une
expression remarquable de cet enthousiasme.
2. Coustant, Epp. Rom. Pont., Append. p. 89 et suiy.; Migne,
Pair. lat. t t. VIII, p. 1388-1393.
3. Le motif de son exil, c'est qu'il a tenu des propos défavora-
bles à l'empereur, qui professait une fausse doctrine : alios pZlios
habuisse de Maria Ioseph. Ces idées ont été combattues par divers
Pères du iv° siècle, mais on ne voit nulle part que le gouverne-
ment impérial s'y soit intéressé. Ce sont des particuliers, Helvi-
dius, Bonosus, etc., qui ont cherché à les propager.
l'apôtre saint Pierre avait autrefois baptisé, ad nymphas
S. Pétri, ubi S. Petrns baptizabat. Quelques semaines
après, la Pentecôte ramène l'obligation de célébrer le
baptême. Alors le prêtre ' Damase intervient et propose
à Libère de construire un baptistère à Saint-Pierre;
cette basilique étant située hors de l'enceinte de Rome,
Libère n'avait pas à se mettre en rupture de ban pour
y aller. L'ofTre est acceptée : Damase détourne des
sources qui suintaient au travers du cimetière du Vati-
can et endommageaient les sépultures ; il établit deux
canaux de dérivation, pratique une section dans la col-
line qui surplombait la basilique du côté droit et cons-
truit une piscine, où, le jour de la Pentecôte, Libère
baptise un grand nombre de néophytes.
Ce récit, en dehors de sa signification polémique et
apologétique, a un grand intérêt en ce qu'il nous mon-
tre comment les monuments et les inscriptions étaient
mis à contribution par les auteurs de légendes et autres
apocryphes. Tout ce qui regarde la fondation du baptis-
tère dérive de l'inscription suivante, que Damase fit gra-
ver pour conserver le souvenir de ses travaux au baptis-
tère de Saint-Pierre. Le marbre original existe encore 2 :
CTN GERANT LATICES MONTEM TENEROQUE MEATV
CORPORA MVLTORVM CINERES ATQVE OSSA RIGABAXT
NON TVLIT HOC DAMASVS COMMV^I LEGE SEPVLTOS
POST REQVIEM TRISTES ITERVM PERSOLVERE POENAS
PROTINVS ADGRESSVS MAGNVM SVPERARE LABOREM
AGGERIS;INMENSI DEIECIT CVLMINA MONTIS
INTIMA SOLLICITE SCRVTATVS VISCERA TERRAE
SICCAVIT TOTVM QVlDQVID MADEFECERAT HVMOR
INVENIT FONTEM PRAEBET QVI DONA SALVTIS
HAEC CVRAVIT MERCVRIVS LEVITA FIDELIS
Il y a dans le récit une allusion confuse à la faiblesse
de Libère ; un de ses interlocuteurs , le prêtre Denys ,
cherche à l'excuser en rappelant le triple reniement de
saint Pierre 3 . Mais l'ensemble témoigne de la plus
vive sympathie pour lui ; c'est là un sentiment tout op-
posé à celui que nous voyons exprimé dans le Liber
1. Damase n'est appelé prêtre que dans les légendes; il fut élevé
directement du diaconat à l'épiscopat.
2. Dionysii, Vaticanae basilicae cryptarum monumenta, pi. xxvii.
3. Coustant (v. sa note à cet endroit) pense que l'auteur des
Gesta, pour qui Libère est évidemment Symmaque, cherche à in
sinuer que ce dernier pape était, il est vrai, coupable, mais que
ses fautes ne fournissaient pas une raison de le déposer. Cette ex-
plication, assez plausible, peut très bien être conciliée avec celle
que je présente de mon côté. Les deux papes et leurs histoires se
compénètrent dans ce récit apocryphe.
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RÉCITS DIVERS RELATIFS AUX PAPES.
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mémoire de
Félix II.
pontificalis. Il y a cependant un trait commun aux deux
légendes, c'est une tentative de conciliation entre le
baptême romain de Constantin et son baptême à Nico-
médie. Celui-ci étant attesté par la chronique de saint
Jérôme, il n'était pas facile d'en supprimer le souvenir.
Aussi l'attribue-t-on, non pas au grand Constantin, qui,
aux yeux de l'auteur des Gesta Liberii y a été baptisé
à Rome, par le pape Silvestre, mais au persécuteur de
Libère, à Constant ou Constance, qui est ici un neveu
de Constantin et, dans le Liber pontificalis, un fils de
cet empereur. D'après les Gesta Libcrii, la cause de
l'exil de Libère, c'est qu'il a parlé de la lèpre de Cons-
tantin, guérie miraculeusement parle baptême; d'après
la notice de Félix II, ce personnage est condamné à mort
pour avoir parlé du baptême de Constance , baptême
réitéré et conféré par Eusèbe de Nicomôdie.
L'auteur du Liber pontificalis a donc usé librement
des Gesta Liberii, transportant les récits d'un person-
nage à l'autre et les modifiant suivant les nécessités de
son système historique. Ce procédé, du reste, se cons-
tate aussi dans la notice de Jules. C'est bien évidemment
à Libère et non pas à Jules que convient la phrase : Hic
militas tribulationes et exilio fuit mensibus X et post
huius Constantini mortem cum gloria reversus ad se-
dem beati Pétri apostoli. Sauf la durée de l'exil, men-
sibus X, et le lien établi entre la mort de Constance et
le retour du pape , cette assertion , fausse en ce qui re-
garde Jules, est exacte si on la rapporte à Libère.
G3. — Ces considérations, en nous donnant l'explica-
tion des phrases initiales des deux notices de Jules et
de Félix, nous permettent de les écarter désormais du
débat et de concentrer notre attention sur la narration
principale, celle de la notice de Libère, où les rôles de
ce pape et de Félix sont si étrangement intervertis, et
l'histoire si manifestement dénaturée. Pour qu'un tel
accident ait pu se produire, il a fallu avant tout que, dans
les souvenirs que l'on conservait de Libère, les traits
favorables aient été effacés au profit des traits défavora-
bles, que les faiblesses de 357-358 aient fait oublier l'in-
trépidité manifestée en 355, l'enthousiasme du retour
en 358 et le long triomphe qui dura jusqu'à la mort du
pape en 366. Ceci suppose que la vraie tradition popu-
laire était effacée, que le nom de Libère n'était plus
protégé par elle contre la persistance des notes fâcheu-
ses dans les livres des historiens.
Mais ceci n'est qu'une condition, car la glorification
CXXIII
de Félix ne ressort pas encore de la faiblesse de Libère,
et c'est précisément cette glorification qui est l'élément
essentiel de la légende. De Félix, le populaire ne pou-
vait avoir conservé qu'un mauvais souvenir; tous les
partis intransigeants, hilariens, lucifériens, ursiniens,
l'avaient unanimement en horreur. Autour de Damase,
quelques clercs, jadis ses adhérents, avaient sans doute
gardé de l'affection pour un homme auquel, après tout,
on n'a guère autre chose à reprocher qu'une ambition dé-
placée et une grande faiblesse de caractère. Mais le po-
pulaire orthodoxe, rallié autour de Damase, avait gardé
son enthousiasme pour Libère et réprouvé énergique-
ment l'attitude de Félix. Ces sentiments ne sont pas de
ceux qui changent ; mais ils ne sontpas non plus de ceux
qui durent. A tout prendre, Félix dut être oublié plus
tôt que Libère. D'où vient donc l'éclat que son nom re-
prit au commencement du vi* siècle ? Comment expli-
quer la revanche qui lui fut donnée alors au détriment
de la mémoire du pape tant aimé dont il avait été le
compétiteur illégitime?
64.— Voici la solution que je propose. Si Félix a re-
prisf avantage sur Libère, c'est que Félixa été,pourdes
raisons étrangèresà l'histoire véritable, considéré comme
un saint et comme un grand saint. On l'a identifié avec
un des martyrs les plus populaires de Rome. Cela fait,
il était impossible de ne pas intervertir les rôles entre
Libère et lui. Du moment où Félix devenait un saint illus-
tre, Libère, son adversaire, ne pouvait manquer d'être
flétri.
Sur un grand nombre de voies romaines on vénérait
un saint Félix : sur la voie Salaria, un des sept frères,
fils de sainte Félicité ; sur la voie Appienne, le pape du
in e siècle ; sur la voie d'Ostie, le compagnon de saint
Adauctus ; sur la voie de Porto et sur la voie Au-
rélienne, des saints dont l'histoire est inconnue ; sur
la voie Aurélienne il y en avait même deux. Entre ces
saints Félix, celui dont le culte était le plus célèbre, c'é-
tait celui de la voie de Porto. C'est le seul dont le nom
figure isolément, comme celui d'un éponyme, dans l'an-
tique index des cimetières romains, composé au vi° siè-
cle au plus tard : Cymiterium ad insalatos, ad sanctum
Felicem, via PortuenseK Seul il eut le privilège de don-
ner 2 son nom à l'une des voies romaines, la via Por-
1. Je dis isolément, car il y a aussi le Cymiterium Commodillae
ad sanctos Felicem et Adauctum, via Ostiense.
2. De Rossi, Roma sott., t. I, p. 182; cf. Bull, 1878, p. 46.
Le saint Félix
de la voie de
Porto.
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Les Gesta Eusebii
presbyteri.
tuensis, que nous trouvons appelée via sancti Felicis
martyris dans un document antérieur au milieu du
vi e siècle. * Son tombeau est indiqué par tous les topo-
graphes du vn e siècle comme formant une des princi-
pales stations de la voie de Porto. Une église s'élevait
au-dessus ; elle s'est conservée pendant tout le moyen-
âge K
Au point de vue liturgique, il est vrai, ce saint si po-
pulaire est assez peu classé. On trouve bien son nom
dans le martyrologe hiéronymien, en compagnie des
autres saints de la voie de Porto, Simplicius, Faus-
tinus et Viatrix, que Ton fêtait le 29 juillet, Abdon
et Sennen, dont l'anniversaire était observé le lende-
main 3 ; mais il n'est pas mentionné dans les livres litur-
giques proprement dits avant ceux du type grégorien,
dont la dernière rédaction, quoiqu'ils aient pour le fond
des origines plus anciennes, ne remonte qu'au temps
de Charlemagne.
Quoi qu'il en soit de la place que le saint en question
occupait dans la liturgie officielle, il est au moins cer-
tain que sa célébrité était très grande, son culte fort po-
pulaire. Que ce saint fût un personnage distinct de' Fé-
lix II, cela résulte de ce que la date de sa fête diffère de
celle de la mort de Félix. Celui-ci mourut le 22 novem-
bre, nous le savons par le prologue du Libellus pre-
cum, c'est-à-dire par un témoignage contemporain. Or
l'anniversaire du saint Félix de la voie de Porto tombait
le 29 juillet; c'est à ce jour que l'indiquent, après le
martyrologe hiéronymien, tous les livres de la liturgie
grégorienne.
65. — Cependant l'identification des deux Félix est
déjà faite dans la première édition du Liber po?itificalis.
Nous la trouvons aussi dans un écrit du même temps, les
Gesta Eusebii presbyteri, qui paraît l'avoir empruntée
au Liber pontificalis lui-même 4 .
i. Description du Tibre, insérée dans les manuscrits d'yElhicus
Ister et de Julius Honorius (Pertz, De cosmographia Aethici,
Berlin, 1853; cf. DeRossi, Bull. 1869, p. Il et suiv.).
2. C'est sans doute cette église qui est mentionnée dans l'ins-
cription suivante, qui se lisait au temps de Bosio dans le pavé de
Sainte-Cécile : Gàudiosà deposita in basilica domni Filicis (Bosio,
Roma sott., II, 13).
3. L'église de Saint-Félix était au troisième mille; le cimetière de
Generosa, où reposaient les saints Simplicius, Faustinus et Via-
trix, au cinquième; le cimetière de Pontien, avec le sanctuaire des
saints Abdon et Sennen, au second.
4. Le document publié par Baluze (Miscell., t. II, p. 497) sous le
titre à'Acta Felicis, n'est qu'un simple extrait des notices de Libère
et do Félix, dans le Liber pontificalis.
Cette histoire, publiée au 14 août par les Bollandistes.
est au titulus Eusebii ce que les documents de Pastor
et Timothée sont aux tituli Pudentianae et Praxcdis, ce
que la passion de sainte Susanne et celle de sainte Cécile
sont aux tituli Susannae et Caeciliae; c'est la légende
de fondation de l'une des paroisses de Rome. On y ra-
conte que, du temps où Libère et Constance persécu-
taient les catholiques, partisans de Félix, un prêtre,
nommé Eusèbe, leur résista en face, ce qui lui valut d'ê-
tre renfermé dans une étroite cellule. Au bout de sept
mois il y mourut; le prêtre Grégoire et le narrateur lui-
même, qui prend le nom d'Orose, l'enterrèrent dans la
crypte papale du cimetière de Calliste. Constance, l'ayant
appris, fit enfermer Grégoire dans cette même crypte où
il périt d'inanition. Orose lui donna la sépulture à cet
endroit même.
L'intention principale de ce récit est de glorifier Eu-
sèbe, fondateur du titre qui portait son nom. Cet Eusèbe
est un personnage réel, qui est mentionné dans le calen-
drier du martyrologe hiéronymien, et précisément avec
la qualité que lui donne la légende : Romae, Eusebii,
tituli conditoris. On lisait jadis dans son église une ins-
cription dont, au xvn° siècle, il ne restait plus que les
mots HVIVS BASILICAE CONDITORIS l . Il est très pos-
sible que son tombeau fût dans la crypte de saint Sixte,
et même qu'on y lût l'inscription EVSEBIO HOMIiNÏ
DEI, indiquée dans les Gesta. Sur ces choses-là les
légendes romaines sont toujours exactes. Aussi M. de
Rossi a-t-il cru pouvoir, dans sa restitution de la crypte
ad s. Xystum, indiquer les deux tombeaux d'Eusèbe et
du prêtre Grégoire. Ce qui est inacceptable, c'est ce qu'on
pourrait appeler le paysage historique dans lequel se
meuvent les personnages, je veux dire cette persécution
exercée contre les catholiques par Libère allié à Cons-
tance. Orc'estlà un emprunt au Liber pontificalis. Je dis
un emprunt, car, comparaison faite des deux documents,
on voit que le Liber pontificalis est plus complet que
l'autre dans son récit, et que les expressions elles-mêmes
y ont une saveur primitive qu'on ne retrouve plus dans
les Gesta Eusebii, au moins tels qu'ils sont venus jus-
qu'à nous 3 .
66. — Nous n'en avons pas fini avec la légende de Les saints Fé&
Félix IL La notice de Libère enterre Félix sur la voie hJ^J 016 Aarj ":
i. Do Rossi, Roma sott., t. N, p. 111 |
2. Ibid., pi. I et I A.
3. Voir le commentaire do la notice de Libère.
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RÉCITS DIVERS RELATIFS AUX PAPES.
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de Porto, le 29 juillet ; mais la notice de Félix lui-môme
place sa sépulture à un autre endroit et la rapporte
à un autre jour. Dans la première il paraît finir tranquil-
lement sa vie ; dans l'autre il meurt martyr, en compa-
gnie d'un grand nombre de clercs et de fidèles. Le lieu
de son supplice est désigné, auprès des murs de la ville
et de l'aqueduc de Trajan. Cette indication correspond à
la porte Aurélienne, près de la porte actuelle de Saint-
Pancrace. C'estle 1 1 novembre que Félix est martyrisé, le
15 qu'il est enterré, sur la voie Aurélienne, au deuxième
mille, dans une basilique qu'il avait fondée lui-môme,
n'étant encore que prêtre.
Il est inutile de chercher à concilier deux narrations
aussi contradictoires, et cela est d'autant plus inutile que
ni l'une ni l'autre ne correspond à la vérité historique,
au moins si on les rapporte a Félix II. Nous avons évi-
demment affaire à deux systèmes, dont l'un identifie
ce personnage avec un saint de la voie de Porto et l'au-
tre le confond avec un saint de la voie Aurélienne. Comme
il n'est pas probable que le premier auteur du Liber pon-
tificalls ait poussé l'éclectisme jusqu'à les admettre en
môme temps, je soupçonne que la notice de Félix II
est une interpolation, ancienne il est vrai, mais enfin une
interpolation. Outre la discordance des deux récits, je
signalerai, dans la notice de Libère, une phrase qui sem-
ble supposer que Félix n'avait pas d'abord une notice
spéciale. Après avoir enterré ce personnage sur la voie de
Porto, l'auteur ajoute : Omnes itaque anni Felicis in
hiiius (Liberii) ordinc dinumerantur. Si ces raisons ne
semblent pas suffisantes pour admettre l'interpolation,
on devra, solution assez dure pour le rédacteur du Liber
pontificalis, reconnaître qu'il a fait preuve ici d'une né-
gligence ou d'une distraction peu commune.
Maintenant, comment a-t-on été conduit à chercher
le tombeau de Félix II sur la voie Aurélienne? Ici encore,
les itinéraires du vu siècle vont nous guider '. Ils énu-
mèrent quatre stations sur la voie Aurélienne : saint Pan-
crace, les saints Processus etMartinien, les deux saints
Félix et saint Calôpode. La situation du cimetière
1. Je cite le plus ancien et le mieux conservé, l'itinéraire de
Salzbourg (DeRossi, Romasott., 1. 1, p. 182) : « Deinde ambulas ad
s. Pancratium, cuius corpus quiescit in formosa ecclesia, via Au-
rélia... Et ascendis sursum et pervenies ad ecclesiam; ibi quies-
cunt s. Processus et Martinianus sub terra et s. Lucina virgo et
martyr in superiori. Deinde pervenies eadem via ad sanctos pon-
tifices et martyres duos Felices. Postea eadem via pervenies ad
ecclesiam; ibi invenies s. Galistum papam et martyrem et in al-
tero [loco] in superiori domo s. Julius papa et martyr. »
Saint-Pancrace est fort connue ; celui de Saînt-Calépode,
où se trouvaient les tombeaux des papes Calliste et Jules,
s'étendait au troisième mille de la voie. M. H. Stevenson a
découvert récemment (1880) la petite église qui le sur-
montait. Le môme savant identifie le cimetière des saints
Processus et Martinien avec des hypogées en ruines qui
se voient à peu près à deux kilomètres de Rome *.
Quant à la station des deux Félix, c'était une petite ba-
silique située aux environs du cimetière des saints Pro-
cessus et Martinien, au deuxième mille. Cette station est
mentionnée deux fois par le Liber pontificalis, dans les
notices de Félix I er et de Félix II, comme renfermant les
tombeaux de ces deux papes. Suivant la première édi-
tion, Félix I or fut enterré in cymiterio suo, au deuxième
mille del'Aurôlienne ; la fondation de la basilique est at-
tribuée à Félix II. La seconde éditionaétô retouchée aux
deux endroits. Elle fait construire la basilique d'abord
par Félix I er lui-môme, puis par Félix II, qui, dit-elle,
acheta du terrain auprès de l'église et lui en fit don.
En dehors des indications du Liber pontificalis et des
topographes du vn e siècle, je ne trouve aucun renseigne-
ment sur les martyrs Félix de la voie Aurélienne. Mais
ce que je viens de dire suffit à montrer comment on a été
conduit à localiser le souvenir de Félix II sur la voie Au-
rélienne. Deux saints Félix y étaient honorés, comme
pontifes et comme martyrs, nous dit l'itinéraire de Salz-
bourg 2 . Quoi de plus naturel que de les identifier avec
les deux papes du même nom ?
11 reste encore à expliquer d'où peuvent venir les dé-
tails circonstanciés que la notice de Félix II donne sur
son prétendu martyre. Indépendamment de son adap-
tation à Félix II, ce récit est inexact en ce qu'il attribue
à Damase le titre de prôtre qu'il n'a jamais porté. Pour
le reste, il ressemble beaucoup à ces finales de passions
romaines dont il reste tant d'exemples et dont plusieurs
sont entrées dans le Liber pontificalis. Je serais porté à
croire que nous avons ici un débris de la passion de l'un
des deux saints Félix de la voie Aurélienne, j'entends
des saints réels et non point de ceux dont le souvenir
est venu plus tard se superposer aux leurs 3 .
4. De Rossi, Bull., 1881, p. 104.
2. Il ne faut pas trop se fier aux qualifications que l'on trouve
dans les itinéraires; celui-ci, par exemple, donne un peu plus bas
le titre de martyr au pape Jules. Mais ces qualifications provien-
nent peut-être de l'usage populaire ; en ce cas elles méritent d'être
recueillies parmi les éléments constitutifs des légendes.
3. Aux indications topographiques do cette clausule, un grand
nombre de manuscrits ajoutent les mots in civitate Corana, qui,
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7° LE PROCÈS DU PAPE XYSTUS III.
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Les Gesta de Xysti
purgatione.
07. — La notice de Xystus III s'ouvre par un récit
singulier. Au bout d'un an et huit mois d'épiscopat, ce
pape est accusé par un certain Bassus ; il se justifie de-
vant un concile d'évêques, convoqué par l'empereur Va-
lentinien : l'accusateur est condamné, c'est-à-dire ex-
communié, avec cette condition que le viatique ne lui
sera pas refusé à la mort. Valentinien proscrit Bassus
et confisque ses biens au profit de l'église. Trois mois
après, le coupable meurt; Xystus III lui donne la sé-
pulture de ses propres mains et le dépose à Saint-Pierre,
dans le tombeau de sa famille , .
Cette histoire est empruntée au petit écrit intitulé Gcsla
de Xijsti purgatione, qui fait partie de la même collection
que le Constitution Silvestri et les Gesta Liber ii; mais
en entrant dans le Liber pontificales elle a subi des re-
maniements graves et significatifs. Voici la forme pri-
mitive. Deux grands personnages de Rome, Marinianus
et Bassus, ont des querelles d'intérêt avec l'église ro-
maine, le premier pour une question de terrains, l'autre
pour une affaire d'esclaves. Pour se débarrasser
de l'opposition du pape Xystus, ils lui intentent une ac-
cusation d'incontinence. L'empereur Valentinien com-
mence par éviter la communion du pape ; puis on réu-
nit, dans la basilique d'Hélène, une assemblée compo-
sée du sénat, du haut clergé de Rome et des moines.
Le pape et l'empereur s'y présentent. Le consulaire
Maxime expose à celui-ci que l'évêque ne peut être
jugé par ses inférieurs; Xystus admet cependant qu'on
s'ils s'entendent de la ville de Cora (Cori, au S-E de Velletri), sont
inconciliables avec le reste du texte. D'autre part, on trouve au
XVII kal. decemb., dans Adon et dans le petit martyrologe romain
(vin* siècle?}, la note suivante : Felicis episcopi, qui a XV° anno
miraculorum gloria insignis fuit et sub Martiano praeside cum
aliis XXX martyrium complevit. Corpus dus Elpidius presbyter in
Nolensi ecclesia sepelivit. La fête de ce saint de Noie tombe juste-
ment le même jour que l'anniversaire de Félix II, suivant la tra-
dition de sa notice (la variante XII kal. pour XVII kal., dans cer-
tains mss., ne me parait pas autorisée). Le martyrologe hiéronymien
nomme deux Félix au /// id. nov., un au XII kal. dec, aucun au
XVII kal. Mais comme ces noms ne sont accompagnés d'aucune
indication topographique et que le texte est très confus en ces
deux endroits, je ne crois pouvoir rien tirer de ces indications.
Aux hagiographes de chercher à débrouiller ces écheveaux com-
pliqués et de répartir entre Rome, Noie et même Cora, le3 nom-
breuses fêtes de saints Félix inconnus qui encombrent les calendriers.
C'est bien assez pour moi que d'avoir essayé de tracer une genèse
quelconque des confusions et des légendes qui ont rapport au pape
Félix I« r et a l'antipape Félix II.
1. Sur la différence que présentent ici les deux éditions du
L. P., voir ci-dessus, p. lx.
fasse la preuve; puis, comme cela paraît impossible 1 ,
l'empereur lui accorde le pouvoir de juger ses accusa-
teurs. Le pape en profite pour les excommunier sans
rémission. En vain l'un d'eux cherche-t-il à le fléchir
en donnant tous ses biens à l'église, Xystus reste
inflexible et les deux coupables meurent sans réconcilia-
tion. Xystus justifie sa conduite envers eux en disant
que le péché contre le Saint-Esprit ne peut être remis
ni en ce monde ni en l'autre ; quant au crime qu'on lui
impute, il cite l'histoire de la femme adultère et la pa-
role du Christ : « Que celui qui est sans péché lui jette
la première pierre ».
Tout cela est évidemment faux et absurde ; mais il
n'est pas difficile de reconstituer les événements vrais
auxquels on a voulu fabriquer des antécédents. Xystus
et Valentinien ne sont autres que Symmaque et Théo-
doric; les sénateurs Marinianus, Bassus et Maxime 2
jouent respectivement les rôles de Festus, Probinus et
Faustus, les deux premiers ennemis et accusateurs du
pape, l'autre son défenseur. Le théâtre du concile, la
basilique Sessorienne, bâtie par l'impératrice Hélène 3 ,a
réellement vu l'une des réunions du concile tenu enoOt
dans l'affaire de Symmaque, accusé d'adultère, comme
l'est ici Xystus III. Ici commencent les différences. Le
dénouement de l'affaire, dans les Gesta, est celui que
le narrateur eût souhaité pour le procès de Symmaque,
mais non celui qui se produisit réellement. Symma-
que, en effet, ne comparut pas, si ce n'est à une au-
dience préparatoire; l'occasion de se justifier lui fut
refusée; les sénateurs, ses ennemis, ne furent point
condamnés : ils continuèrent longtemps encore à lui
susciter les ennuis les plus graves. Du reste, l'auteur
des Gesta ne s'est pas borné à substituer ses désirs à la
réalité des choses ; il a substitué aussi son esprit vindi-
catif et dur à la mansuétude chrétienne qui est en pa-
reil cas le premier devoir d'un évoque. Aussi l'auteur du
Liber pontificalis l'a-t-il corrigé sur ce point. Il accepte
la donnée d'une accusation intentée par Bassus, et écar-
1. Ici le texte est concis et obscur.
2. Ces personnages et quelques autres qui sont donnés dans les
Gesta comme consulaires et patrices, ont réellement leurs noms
dans les fastes, et cela vers le temps (432-440) où siégea Xystus III.
Ainsi Marinianus a été consul en 423, Anicius Auchenius Bassus
en 431, Maxime en 433 et 443, Sigisbuld en 437, Anatolius en 440,
Paterius en 443, Albinus en 444. C'est sans doute ce qui les aura
fait choisir.
3. On lisait autrefois, dans l'endroit le plus apparent de cette
église une inscription votive, au nom de l'empereur ValenUnien III
(Voir le commentaire de la notice de Silvestre, n° 41).
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RÉCITS DIVERS RELATIFS AUX PAPES.
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tée devant un concile ; mais il ne veut pas que Bassus
ait été condamné sans rémission: loin de là, l'infortuné
reçoit après sa mort les honneurs funèbres des propres
mains du pape qu'il avait calomnié. Outre cette issue
plus naturelle et surtout plus conforme à l'esprit de l'E-
glise, il faut remarquer le concile d'évêques substitué
à l'assemblée mixte des Gesta, la confiscation des biens
dé Bassus au profit de l'église romaine et la mention de
son tombeau de famille ad sanctum Petrum. Dans une
semblable affaire, un concile d'évêques est chose plus
naturelle qu'une réunion de sénateurs, de clercs et de
moines romains f . Au commencement du vi e siècle il y
avait à peine trente ans que le pape Simplicius avait
consacré au culte chrétien, sous le vocable de Saint-An-
dré, une splendide basilique privée où se lisait l'ins-
cription dédicatoire IVNIVS BASSVS V. G. CONSVL 0R-
DINARIVS PROPRIA IMPENSA A SOLO FEGIT ET
DEDICAVIT FELICITER s . M. de Rossi a démontré 3 que
ce Junius Bassus est le consul de l'année 317. Sur un
magnifique sarcophage, découvert en 1595 dans les
cryptes vaticanes, où on peut le voir encore, se lit l'épi-
taphe d'un autre Junius Bassus, préfet de Rome, baptisé
in extremis en 359 *. Ce sont sans doute ces monuments
1. L'auteur du Liber ponlificalis n'aime pas les moines : il a eu
bien soin de les écarter du concile, où les Gesta Xysti leur avaient
donné entrée. Dans ce dernier document il n'est pas question des
évoques; son auteur, en les excluant, parait avoir cédé à un sen-
timent de rancune contre les prélats du concile de 501.
2. De Rossi, Bull., 18Tl,p. 27. Sur cette basilique, voir le mémoire
considérable auquel se réfère cette citation.
3. L. c, p. 43 et suiv.
4. De Rossi, Inscr. chr., t. I, n° 141. — Le Marinianus des
Gzsta est évidemment le même personnage que celui dont le nom
se lisait sur la mosaïque de la façade de Saint-Pierre, dans une
inscription dédicatoire restituée par M. de Rossi {op. cit., t. II,
p. 55) de la manière suivante :
MARINIANVS VIR INL. EX FP:pract. ET GONS. ORD.
-CVM ANASTASIA INL. FEȔ. dus DEBITA VOTA
^BEATISSIMO PETRO APOSTOLO PERSOLVIT
QVaE PREGIBVS PAPaE LEONIS MEI
>-oVOCATA SVNT ATQ. PERFEGTA
qui auront fourni l'idée de la confiscation des biens de
Bassus au profit de l'église et des honneurs funèbres
que le pape Xystus III est censé lui avoir rendu à Saint-
Pierre, in cubieuhtm parentum eins.
Y a-t-il, au fond de toute cette histoire, une donnée
traditionnelle? A proprement parler, il n'y en a aucune ;
les faits réels auxquels elle se rattache sont des événe-
ments du pontificat de Symmaque, de l'année 501, qui
n'ont rien à voir avec Xystus III et son temps. Cepen-
dant il n'est pas impossible que Xystus III ait été choisi
à dessein, plutôt qu'un autre pape, pour fournir une
espèce juridique, un spécimen de pape accusé. On sait
que Xystus, avant d'être élevé à l'épiscopat, et lorsqu'il
exerçait les fonctions presbytérales sous le pape Zosime,
avait été accusé par la rumeur publique de favoriser
les doctrines hérétiques de Pelage et de Célestius. Cette
rumeur était fausse, mais Xystus se crut obligé de la
démentir et nous avons encore les lettres que saint
Augustin lui écrivit à ce propos *. Cette démarche
ne parait pas avoir enlevé aux Pélagiens tout espoir
de s'arranger avec lui, car Prosper raconte que, quand
il fut devenu pape, Julien d'Eclane intrigua pour être
rétabli dans la communion de l'Eglise 2 . Ces menées,
ajoute-t-il, furent déjouées par le pape, diaconi Leonis
hortaiu, et les Pélagiens n'y gagnèrent qu'une nouvelle
condamnation, plus éclatante que les autres. Cependant
ces bruits répandus contre Xystus et la persistance des
Pélagiens à espérer quelque chose de lui ont pu lui
donner, dans d'autres cercles, l'aspect plus ou moins
vague d'un pape injustement persécuté. On prendra
cette conjecture pour ce qu'elle vaut 3 .
1. Aug. Ep. 191, 194.
2. Prosper, Chron., ad ann. 439.
3. L'idée de faire présider un concile par Valentinien III dans
la basilique Sessorienne sera peut-être venue, indépendamment
des préoccupations relatives aux événements de 501, de ce que cet
empereur était nommé dans une des inscriptions monumentales
de la basilique. On trouvera cette inscription plus loin, dans le
commentaire à la notice de Silvestre, n° 41.
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§ VI.
LES DECRETS DISCIPLINAIRES ET LITURGIQUES.
Les Constituta du
L. P. et les docu-
ments de la dis-
cipline romaine.
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69. — Le Lttar pontificalis parle très souvent des
décrets pontificaux relatifs à la discipline et à la liturgie.
Le plus souvent il en indique brièvement le sujet; d'au-
tres fois l il se borne à les mentionner d'un mot, sans
en marquer le contenu : Hic fecit conslitutum de ec-
clesia. Le terme de conslitutum était en usage à Rome,
au commencement du sixième siècle pour désigner les
décrets des papes. On le trouve employé, avec cette si-
gnification, dans la préface de la collection des décré-
tâtes publiée par Denys le Petit 2 . Les canons du faux
concile de Silvestre, fabriqués vers Tannée 501, portent
en tête la rubrique Conslitutum Silvestri. L'expression
fecit constitution est donc conforme à l'usage.
Quant aux règlements placés sous cette rubrique et
en général aux indications du livre pontifical sur les
usages disciplinaires et liturgiques de l'église romaine,
il n'est pas toujours facile de les vérifier. Il ne nous
reste en effet qu'un très petit nombre de règlements
proprement dits, rédigés spécialement pour l'église
locale de Rome 3 ; ces règlements, qui ont dû être bien
plus nombreux autrefois, n'ont été jamais codifiés, au
moins ceux qui regardent la discipline proprement dite,
car YOrdo Romanus nous a conservé une sorte de di-
rectoire pour les cérémonies liturgiques. Je dis que ces
règlements ont dû être plus nombreux autrefois; il
n'est guère possible, en effet, que l'on ait pu faire fonc-
tionner une administration aussi vaste et aussi compli-
quée que celle de l'église de Rome, surtout depuis le
quatrième siècle, en ne se guidant que sur l'usage et
la tradition orale 4 .
1. Voir les notices des papes Pie, Zéphyrin, Silvestre, Marc, Da-
mase, Sirice, Anastase, Célestin, Léon, Félix III, Gélase.
2. Praeteritorum sedis apostolicae prae3ulum constituta, qua
valui cura diligentiaque collegi (Migne, P. L., t. LXVII, p. 131).
On peut rappeler aussi le célèbre Conslitutum de Vigile.
3. Je ne pourrais citer en ce genre que le règlement du concile
de 502 sur les aliénations de biens ecclésiastiques et ceux du con-
cile de 595, sous saint Grégoire le Grand.
4. L'église de Rayonne possédait un recueil de règlements, la
Consuetudo Ecclesii, quae in singulis voluminibus per unumquodque
officium erat scripta (Agnellus, L. P. eccl. /tau., n° 118; éd. Waitz,
p. 355). Il remontait au vi* siècle; l'évoque Ecclesius siégea de 522
â 532, ^
Du reste, il n'est pas impossible de reconstituer, je
ne dis pas la teneur précise des coutumiers de l'église
romaine, mais l'ensemble de la discipline dont ils
étaient l'expression. Si nous n'avons plus les constituta
rédigés par les papes pour leur propre église, nous
avons les décrétales qu'ils expédièrent aux autres évo-
ques, soit en dehors du diocèse primatial de Rome, soit
dans les limites de cette circonscription. Ici, je veux
entrer dans quelques détails qui, s'ils ne sont pas abso-
lument nécessaires pour l'étude de la question présente,
le sont davantage pour l'intelligence de certaines par-
ties du Liber pontificalis et de mon commentaire.
70. — En dehors des grandes questions de foi, de
communion et de discipline, qui appelaient leur inter-
vention dans les affaires religieuses de l'empire entier,
de l'Orient comme de l'Occident, les papes étaient con-
sultés sans cesse par le3 évoques des pays latins à pro-
pos des règles à suivre dans l'admission au baptême ou
aux ordres, sur la conduite à tenir à l'égard des péni-
tents, des hérétiques, des juridictions séculières, sur
les usages liturgiques, etc. Il leur arrivait quelquefois
de répondre en même temps à plusieurs questions;
leurs lettres étaient alors divisées en chapitres, analo-
gues de forme et d'étendue aux canons des conciles :
c'est ce qu'on appelait une épître décrôtale. Pour les
églises des pays éloignés de Rome, comme l'Espagne,
la Gaule, l'Afrique, l'Italie du Nord, ces décrétales
étaient le plus souvent envoyées à la demande des évo-
ques. On y trouve d'abord des règles que les papes pré-
sentent comme absolument obligatoires et dont la né-
gligence est, à leurs yeux, une faute plus ou moins
grave; elles ont rapport à des questions de discipline
générale, comme le célibat eccl Mastique, les cas d'in-
dignité pour l'admission aux ordres, etc. D'autres fois,
ils se bornent à indiquer l'usage qu'ils suivent eux-mê-
mes, sans obliger les évêques à s'y conformer, la di-
versité pouvant subsister sans inconvénient d'un pays
à l'autre. Toutes ces décrétales étaient accueillies avec
le plus grand respect, non seulement par ceux qui les
Documente
authentiques :
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avaient sollicitées, mais en général par tous les évèques
soucieux de leurs devoirs à qui elles étaient communi-
quées. On les introduisit bientôt dans les libri canonum
où elles jouirent de la même autorité que les canons
des conciles. Elles étaient d'ailleurs plus appropriées
. aux nécessités spéciales des églises latines que les rè-
glements des synodes orientaux, particuliers ou œcu-
méniques.
Mais dans l'immense Occident il y avait une circons-
cription sur laquelle les papes exerçaient une juridic-
tion quotidienne et beaucoup plus active. Au temps du
premier concile d'Arles (314) et du concile de Nicée
(32o), ce domaine spécial paraît avoir compris l'Italie
tout entière, divisée au civil en deux diocèses, le dio-
cèse suburbicaire, c'est-à-dire la basse Italie avec les
lies, et le diocèse annonaire ou diocèse d':talie, corres-
pondant à l'Italie continentale jusqu'aux environs de
Pise et de Ravenne 1 . Vers le milieu du quatrième siècle,
un changement s'opéra; l'évêque de Milan eut la direc-
tion supérieure des églises de la haute Italie 2 et le pape
restreignit sa sollicitude quotidienne au diocèse subur-
bicaire. Ces églises, étroitement serrées autour du pape
et surveillées de très près par lui, forment un groupe
d'une physionomie toute spéciale, analogue à celui des
églises d'Egypte, centralisées autour d'Alexandrie, et
à celui des églises d'Afrique, organisées en corps sous
la direction de l'évêque de Carthage. Par exemple,
tandis que le régime métropolitain, importé d'Orient,
s'introduisait, vers la fin du quatrième siècle, en
Gaule et en Espagne, il ne réussit pas à pénétrer dans
le diocèse suburbicaire. Aucun métropolitain ne s'in-
terposait entre le pape et les prélats de l'Italie pénin-
sulaire. Il était leur supérieur immédiat; ils formaient
son concile, comme on disait alors. Naturellement, ces
églises, surveillées de près par les évoques de Rome,
durent se conformer plus que les autres aux usages du
siège apostolique. Au cas où elles auraient été tentées
de s'en écarter, soit par négligence, soit en important
des règles étrangères, le pape ne tardait pas d'interve-
1. Lœning, Geschichte des deutschen Kirchenrechts, Strasbourg,
1818, t. I, p. 436 et suiv. Cf. C. Jullian, Les transformations poli-
tiques de l'Italie, Paris, 1883, p. 172-180; L. Duchesne, Les divisions
de tempire romain au iv« siècle, dans les Mélanges Graux, Paris,
1884, p. 138-140.
2. Cette juridiction de l'évêque de Milan ne tarda pas à être res-
treinte par l'institution de la métropole ecclé&iastiquo d'Aquilêe,
vers la fin du iv« siècle, et par ceUe de la province de Ravenne, au
commencement du siècle suivant.
Liber pontificalis.
cxxix
nir pour les rappeler à Tordre. Aucun ôvêque n'était
ordonné sans son consentement ; c'était même lui qui
procédait à la consécration 1 ; l'élu se présentait à Rome,
avec le procès-verbal de son élection et les députés du
clergé et du peuple de sa localité. Une fois consacrés,
les évoques du diocèse suburbicaire étaient obligés d'as-
sister ou de se faire représenter aux conciles tenus par
le pape, quand ils y étaient convoqués. Ces assemblées
se réunissaient à l'occasion du natale ordinationis de
chaque pape, c'est-à-dire de l'anniversaire de sa consé-
cration. On profitait souvent de ces synodes annuels
pour trancher les grandes affaires qui venaient d'Orient
ou d'Occident au tribunal du siège apostolique, ou pour
répondre aux consultations disciplinaires adressées par
les évoques des autres diocèses. Mais leur but ordinaire
était de régler les affaires locales, celles du diocèse sub-
urbicaire. C'est là en particulier que se rédigeaient
les règlements disciplinaires ou constituta qui concer-
naient les évêques immédiatement soumis au saint
siège.
11 s'est conservé plusieurs documents soit de la lé-
gislation ecclésiastique propre au diocèse suburbicaire,
soit des réponses adressées en forme de décrétales aux
évêques des autres diocèses. Comme exemples de cel-
les-ci, on peut citer la décrôtale de Sirice à Himère,
évoque de Tarragone, ou celles d'Innocent à Exupère de
Toulouse et ix Victrice de Rouen. La lettre d'Innocent
à Decentius d'Eugubium et celle de Gélase aux évêques
de Lucanie peuvent servir à donner une idée de la légis-
lation suburbicaire. Quant aux synodes où cette législa-
tion se constituait, leurs procès-verbaux sont presque
tous perdus ; ceux qui subsistent n'ont été conservés
que parce qu'on a eu occasion de les envoyer au loin,
comme le concile d'Hilaire, en 465, où furent traitées
1. L'évêque de Ravenne n'avait pas, à cet égard, de situation
privilégiée. Son élection était vérifiée et ses aptitudes examinées
par le pape, comme celles de tous les autres évêques suburbi-
caires; il était ordonné à Rome. En un mot, pour le pape, c'était
un évéque suburbicaire comme un autre. Il n'avait aucune auto-
rité sur les évèques du diocèse suburbicaire dont les sièges se
trouvaient dans le voisinage de Ravenne. Cependant c'était un mé-
tropolitain, mais pour les évèques d'Emilie, situés en dehors de
la circonscription primatiale du pape. Le diocèse métropolitain do
l'évêque de Ravenne avait été démembré de la province ecclésiasti-
que de Milan, et non de celle de Rome. Son chef avait une situation
mixte : simple évoque dans le diocèse primatial de Rome, où se
trouvait son siège, il était métropolitain en dehors de ce diocèse.
Cette situation pesait à l'amour-propre des* prélats Ravennates;
ils firent l'impossible pour devenir autocéphales, c'est-à-dire mé-
tropolitains au sens propre du mot, comme les évêques de Milan
et d'Aquilée.
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Apocryphes
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des affaires espagnoles, et le concile de 487, sous Fé-
lix III, qui s'occupa des suites de la persécution vandale
en Afrique. Quant aux documents de ce genre qui res-
tèrent à Rome, et c'est le plus grand nombre, ils ont dis-
paru avec les archives pontificales de ces temps anciens.
Il y a donc, en résumé, trois catégories de règlements
pontificaux sur les questions de discipline, correspon-
dant aux trois aspects de la juridiction des papes en
Occident : les règlements intérieurs de Y église romaine,
les règlements du diocèse suburbicaire ou circonscription
primatiale du pape et les règlements adressés aux évêques
des pays latins en dehors de cette circonscription. Cette
distinction ne concerne que la forme, la destination, la
force obligatoire ; au fond, la discipline est la même. Ce
que les papes prescrivent ou recommandent aux évoques
de leur diocèse ou des autres diocèses, c'est toujours l'u-
sage romain, celui qu'ils connaissent et que l'expérience
a consacré sous leurs yeux. Si donc nous voulons nous
faire une idée de la discipline observée à Rome au cin-
quième et au sixième siècle, nous n'avons qu'à lire les
décré taies des papes de ce temps, quels qu'en soient les
destinataires ; nous sommes sûrs de n'y rien trouver qui
ne soit entièrement conforme à l'usage de l'église de
Rome.
71. — Une autre source d'information à ce sujet
nous est ouverte par les textes canoniques apocryphes,
mais rédigés à Rome. Nous en avons plusieurs qui
remontent au commencement du vi e siècle, en particu-
lier deux faux conciles, qui se donnent comme célé-
brés sous la présidence du pape Silvestre. Mais il est clair
qu'on ne saurait se fier aveuglément à ces documents.
Quand les auteurs d'apocryphes entreprennent ainsi de
suppléer aux lacunes ou à l'absence des textes authenti-
ques, ils le font toujours sous l'empire de préoccupations
dont il est indispensable de tenir compte. La discipline
à laquelle ils s'intéressent n'est pas toujours la discipline
officielle; ils sentent généralement le besoin d'y intro-
duire des perfectionnements conformes à leurs idées ou
à leurs intérêts; s'il y a quelque point controverse au
moment où ils écrivent, ils n'ont aucun scrupule de faire
pencher la balance du côté de la solution qu'ils désirent
voir adopter.
Les documents de ces deux catégories, qui peuvent
nous servir à reconstituer les usages de l'église romaine
au temps où . le Liber pontificalis fut écrit, se trou-
vaient déjà à la disposition de son auteur. Examinons
La collection
Denys ht Pe
de plus près à quel degré de publicité ils étaient par-
venus de son temps et quel usage il a fait des uns et
des autres.
72. — L'église romaine n'avait d'abord admis, en
dehors de ses usages traditionnels, d'autres canons ec-
clésiastiques que ceux du concile de Nicée et du concile
de Sardique. Vers le milieu du v 6 siècle et depuis, il se
répandit en Occident et particulièrement en Italie plu-
sieurs traductions de collections canoniques grecques,
comprenant d'abord, avec les canons de Nicée, ceux
d'Ancyre, de Néocésarée et de Gangres; puis ceux
d'Antioche, de Laodicée, de Constantinople et de Chal-
cédoine ! . On connaissait aussi le recueil des conciles
africains promulgué à Carthage le 25 mai 419. Denys
le Petit, moine originaire de la province de Scythie, sur
le bas Danube, établi à Rome depuis les dernières
années du v e siècle, publia le premier, vers l'an 500,
une collection de tous ces documents conciliaires, où
les canons grecs figuraient dans une traduction nou-
velle et sous une numérotation continue. En tête de son
recueil il plaça cinquante canons, dits apostoliques, tra-
duits aussi du grec. C'est le trait le plus caractéristique
de sa collection. Avant Denys le Petit les canons apos-
toliques étaient inconnus en Occident.
La collection de Denys eut deux éditions successives,
toutes deux dédiées à Etienne, évêque de Salone. Elle
fut bientôt suivie d'un recueil de décrétales des papes,
formé à la demande de Julien, prêtre titulaire de Sainte-
Anastasie, à Rome, et dédiée à ce personnage lui-même.
Ce nouveau recueil contenait des lettres de Sirice, In-
nocent, Zosime, Boniface, Célestin, Léon, Gélase et
Anastase II. Il paraît, ainsi que les deux collections de
canons, avoir été publié sous le pontificat de Symmaque
(498-514).
Les travaux de Denys parvinrent bientôt à un haut
degré de considération. Le pape Hormisdas (514-523)
lui fit retoucher sa traduction des conciles grecs et en
accepta la dédicace; peu après, Jean II (533-535) se
servait des collections de Denys dans sa correspondance
officielle ; c'est d'après elle qu'il citait les canons et les
décrétales. Denys avait ainsi donné à l'église romaine
son liber canonum officiel, ou tout au moins usuel.
73. — Que l'auteur du livre pontifical ait connu la ï-e l. p . • *
dôerv-t.
1. Sur ces collections, v. Maison, Quellen, t. I, p. 65 et suîv. * u ien ,-1
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collection de canons, c'est ce qui est clairement indi-
qué dans sa préface. Ce qui porte saint Jérôme à de-
mander au pape Damase d'écrire la vie de ses prédé-
cesseurs, c'est le désir qu'il a de savoir qui mentit de
episcoporum supradictae sedis martyrio coronari vel
qui contra canones apostolorum excessisse cognoscatur.
Il portait donc un grand intérêt à ces canons apostoli-
ques, auxquels, il est vrai, comme dit Denys, plurimi
consensum non praebuere facilem; mais il était, lui,
du nombre des convaincus. Tout ce qu'il désirait faire
voir, c'est que les décrets et les actes des papes étaient
d'accord avec cette législation vénérée. Et pourtant,
après l'avoir mentionnée en tète de son livre comme
l'objet de ses préoccupations, il ne s'en occupe plus; il
n'y fait plus la moindre allusion, pas même dans la vie
de saint Clément, rédacteur supposé de ces fameux ca-
nons. Il est même à peu près certain qu'il ne les avait
pas lus. En effet, les canons apostoliques 46 et 47 pres-
crivent de considérer comme nul le baptême conféré
par les hérétiques, tandis que le livre pontifical rappelle
à plusieurs reprises la discipline romaine d'après la-
quelle les hérétiques n'étaient point rebaptisés, mais
seulement réconciliés par l'imposition des mains. On
peut aussi comparer le décret du pape Eutychien qui
interdit de bénir sur l'autel d'autres fruits que les fèves
et les raisins avec le 4 e canon apostolique, où on lit,
suivant la version de Denys : offerri non licet aliquid
adaltare praeternovas spicas et uvas ! . Ces deux cas
sont les seuls où le livre pontifical touche aux points
de discipline réglés par les cinquante premiers canons
apostoliques, les seuls que Denys traduisit; on voit que
la rencontre ne sert qu'à mettre en relief la différence
entre les deux textes. Les canons suivants contiennent
encore d'autres prescriptions contradictoires avec la
discipline romaine, exprimée par le livre pontifical;
ainsi, le canon 66 e interdit le jeûne du samedi, qui était
au contraire prescrit à Rome, comme il est marqué
dans la vie d'Innocent. Ces oppositions ne sauraient
nous étonner, parce que nous savons à quoi nous en
tenir sur la provenance et l'autorité des canons pseudo-
apostoliques. Mais l'auteur du livre pontifical ne pou-
vait savoir que ces canons, dérhés en partie des Cons-
titutions apostoliques, ne sont qu'une expression de la
discipline syrienne ; il n'avait aucun doute sur leur ori-
1. Voir, pour ceci, la note 1 de la notice d'Eutychien.
gine. Pour lui, ils étaient l'œuvre des apôtres eux-
mêmes : un pape qui ne s'y serait pas conformé aurait
commis un excès blâmable (excessisse cognoscatur) ; le
but de ses recherches c'est de constater qu'un tel excès
ne s'est jamais produit.
Voyons maintenant quelle a été son attitude à l'en-
droit des décré taies. Elles étaient déjà publiées au mo-
ment où il écrivait, car il est très probable que le recueil
qu'en fit Denys le Petit vit le jour sous le pontificat de
Symmaque. Il ne lui aurait donc pas été difficile de s'en
servir, dès sa première rédaction; à plus forte raison
pouvait-on y puiser des suppléments ou rectifications
utiles pour les remaniements dont elle fut bientôt l'ob-
jet, et en particulier pour la seconde édition. Or voici
ce que l'on trouve sur les lettres pontificales. Dans la
vie de Sirice on dit de ce pape : Hic constitutum fecit
de ecclesia et direxit per provincias. C'est le texte de la
première édition. La seconde en dit plus long; elle dé-
veloppe ainsi cette phrase : Hic fecit constitutum de
omnem ecclesia vel contra omnes hereses et exparsitper
universum mundum ut in omnem ecclesiae archibo te-
îieantur ob oppugnationem contra omnes hereses. Or,
il reste, non pas une, mais plusieurs décrôtales du pape
Sirice qui ont bien été envoyées per provincias comme
dit la première édition; aucune cependant qui ait le
caractère œcuménique indiqué dans la seconde édition
par les mots per universum mundum, ut in omnem ec-
clesiae archibo teneantur. Mais parmi les décrôtales de
Sirice, il y en a une qui est particulièrement célèbre;
c'est celle qu'il adressa, au début de son pontificat,
en 385, à Himerius, évoque de Tarragone; c'est d'ail-
leurs la seule qui figure dans la collection dionysienne ;
et, comme c'est par elle que cette collection commence,
on peut croire que son rang, son isolement et son im-
portance auront porté notre auteur à la mentionner
comme il l'a fait. Il faut remarquer qu'il ne donne au-
cune indication sur son contenu. Le second éditeur, qui
transforme en une sorte d'encyclique un règlement
adressé aux seuls évoques d'Espagne, a prétendu nous
dire de quoi il y était traité : à deux reprises différentes
il le donne comme un code doctrinal opposé à toutes
les hérésies. Or, sur les quinze chapitres dont cette dé-
crôtale se compose, un seul, le premier, parle des héré-
tiques, non pas de tous, mais seulement des Ariens; ce
n'est que par comparaison que les Novatiens et autres
sectaires sont mentionnés incidemment. Encore n'est-il
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point question de la réfutation (oppugnationem) mais
de la réconciliation des hérétiques, des cérémonies à
suivre pour leur admission dans l'Eglise. C'est un thème
souvent traité dans les conciles et les décrétales des pa-
pes. On peut donc croire que les modifications du se-
cond éditeur ne sont pas fondées sur une étude plus
attentive du texte de Sirice et ne représentent qu'un
développement de fantaisie.
Parmi les lettres de saint Léon, le premier rédacteur
signale d'abord le tomus, c'est-à-dire la célèbre lettre à
Flavien, puis un groupe de lettres relatives à la foi,
conservées, dit-il, dans les archives de l'église romaine,
enfin une décrétale : et décrétaient quam per univer-
sum mundiim spargens seminavit. Le second rédacteur
omet cette décrétale, mais il mentionne le tome et le
groupe des epistolae fidei : il en donne même le détail
dans la phrase suivante : Hic firmavit fréquenter suis
epistolis synodum Calcedonensem : ad Marcianum Aug.
epistolas XII \ ad Leonem Aug. epistolas XIII, ad Fia-
vianum episcopum epistolas VIIII, episcopis per Orien-
tem epistolas XVIII, quas fidei confirmavit synodi.
Cette énumération est fort inexacte. Les Regesta de
Jaffé mentionnent dix-sept lettres du pape à l'empereur
Marcien, huit à l'empereur Léon, sept à l'évêque Fla-
vien, mais aucune à un groupe à'episcopi per Orientem.
Les lettres à Flavien sont nécessairement antérieures
au concile de Chalcédoine. Ainsi, celui qui a écrit cette
phrase avait une certaine idée, mais une idée vague, de
la correspondance de saint Léon à propos de l'eutychia-
nisme; il ne l'avait pas étudiée sur les registres des
archives pontificales f . Quant à la décrétale que la pre-
mière édition est seule à mentionner, il est impossible
de l'identifier; saint Léon a écrit plusieurs dôcr Haies
adressées à des évoques de divers pays ; mais il n'y en
a aucune qui ait un relief si spécial qu'on puisse la citer
par antonomase ; aucune non plus n'a une destination
immédiate aussi étendue que l'indiquerait l'expression
per universum mundum spargens seminavit.
La différence que nous avons déjà remarquée entre
les deux rédactions, relativement aux lettres de Sirice
et de Léon, se retrouve encore à propos d'Hilaire. La
première édition porte simplement : Hic fecit décréta-
lem et per universam Orientem direxit et epistolas de
fide catholica; la seconde continue : confirmans très
i. La collection de Denys le Petit ne contient aucune des lettres
dogmatiques de saint Léon; elle ne pouvait donc rien lui fournir
à ce sujet.
synodos, Niceni Epheseni et Calcedonense, vel tomum
sancti episcopi Leonis ; et damnavit Eutychem et Nesto-
rium velomnes sequaces eorum et vel omnes hereses; et
confirmans dominationem et principatum sanctae sedis
catholicae et apostolicae. Aucune trace de cette corres^
pondance ne s'est conservée en dehors du livre ponti-
fical; mais il est difficile de croire que le pape Hilaire.
n'ait pas eu à écrire à propos des affaires ecclésiastiques
de l'Egypte et de l'Orient, pays sans cesse troublés par
l'opposition que le parti monophysite faisait au concile
de Chalcédoine. La seconde édition ajoute : Hic fecit cons-
titutum de ecclesia in basilicam ad sancta Maria, con->
sulatu Basilisco Hermenerico XVI kaL decemb. Ce.
cofistitutum est conservé. De toutes les lettres pontifi-
cales dont nous avons jusqu'ici trouvé quelque trace
dans les vies des papes, c'est la seule qui soit indiquée
avec précision. Or il est à remarquer qu'elle ne figure
pas dans la collection de Denys, non plus que dans au-
cune collection italienne antérieure au vm* siècle *.
Notre auteur en a donc puisé l'indication à quelque au-
tre source. C'est, du reste, à partir d'Hilaire et de Sim-
plicius qu'il parle d'après ses souvenirs personnels et-
ceux de ses contemporains.
Ainsi, à n'en juger que par la façon dont il mentionne
les lettres pontificales, notre auteur ne paraît pas avoir
fait un grand usage de la collection de décrétales de
Denys le Petit. La seule trace, bien légère, il est vrai,
que cette collection ait peut-être laissée dans son tra~
vail, c'est la façon dont il présente la décrétale do Sirice.
Quant aux lettres de Léon et d'Hilaire, ce qu'il en dit
ne peut en aucune façon dériver de la collection diony-
sienne. Il reste maintenant à examiner si, en dehors de
toute référence au recueil des décrétales, il ne les aurait
pas suivies avec quelque scrupule pour répartir entre
les papes du iv e et du v e siècle les décrets disciplinaires
qu'il leur attribue.
La vie de Sirice contient, à une certaine distance de
l'endroit où nous avons cru reconnaître un souvenir de
la lettre à Himère, le décret suivant : Hic constituit
hereticum sub manum inpositionis reconciliari. C'est
l'expression de la discipline romaine sur la réconciliation
des hérétiques : on ne leur renouvelait pas le baptême,
mais seulement l'imposition des mains ou confirmation.
Le premier chapitre de la décrétale de Sirice à Himère
est consacré à inculquer cette doctrine et à la faire pré-
1. Maassen, /. c, p. 214.
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valoir contre Je système des gens qui voulaient que-las
ariens convertis fussent rebaptisés. Il semble donc que
l'auteur du livre pontifical se soit inspiré ici de la dé-
crétée de Sirice. Cependant le môme usage est men-
tionné dans la notice d'Eusèbe : Hic hereticos in urée
Roma invertit, qitos ad manum inpositionis reconci-
liavit, ce qui porterait à croire que notre auteur n'a
point procédé, en indiquant l'origine de cet usage,
d'après une connaissance précise et fondée sur les do-
cuments, et qu'il a attribué au hasard à deux papes
différents une règle qu'il voyait observée constamment
sous ses yeux. D'autre part, il est juste de remarquer
que les mots quos ad manum inpositionis reconciliavit
ne figurent point dans les abrégés de la première édition
et quïls ont fort bien pu y être ajoutés par l'auteur de
la seconde. On peut donc, jusqu'à preuve du contraire,
admettre que le décret mentionné dans la vie de Sirice
a été emprunté à la décrétaie de ce pape.
Un autre emprunt de ce genre, et même beaucoup
plus évident, se rencontre dans la vie d'Innocent I er :
Hic constituitsabbatum ieiuniumcelebrari, quia sabbato
Dominus in sepulcro positus est et discipuii ieiunave-
runt. Dans le quatrième chapitre de la décrétaie d'In-
nocent à Decentius. d'Eugubium la même observance
est prescrite et elle y est appuyée sur les mêmes argu-
ments. Une semblable rencontre sera difficilement con-
sidérée comme fortuite.
C'est tout ce que je puis citer *. Sur une vingtaine de
décrets que notre auteur attribue aux papes depuis Si-
rice jusqu'à Hilaire, il n'y a que ces deux-là qui se ren-
contrent avec les décrétales des papes à qui on les at-
tribue. Les autres ou ne figurent dans aucune décrétaie
connue, comme le règlement du pape Innocent contre
les Montanistes et celui de Zôsime sur le cierge pascal,
ou bien, comme celui de Sirice sur le fermehtum, ils
CXXXIII
1. Il est dit dans la notice d'Innocent qu'il fit un règlement de
reguîis monasteriorum ; ce règlement ne doit pas étre.çonfpndu avec
les prescriptions de la décrétaie d'Innocent à, Victrice sur les moi-
nes qui se font clercs et les vierges qui se laissent séduire. — Le
Constitutum de religione attribué à Gélestin est peut-être identique
avec le synode de 430 contre Nestorius ou avec la lettre aux évé-
ques de Provence au sujet de saint Augustin. Ce dernier document
figure dans la collection de Denys le Petit avec le recueil des auc-
èoritates praeteritorum sedis apostolicae episcoporum de gratia Dei et
libero voluntatis aràitriq. — La condamnation du pélagianisme,
mentionnée dans la vie d'Innocent, était restée trop célèbre, en
Italie, pour que notre auteur ait eu besoin de la prendre dans les
documents écrits. Ceux-ci d'ailleurs n'étaient pas dans la collection
dionysienne.
sont mentionnés dans les décrétales de papes différents
de celui à qui ils sont attribués.
D'ailleurs, même dans les deux cas où il paraît s'être
servi des décrétales, notre auteur ne s'est pas cru obligé,
par leur texte. Sirice et Innocent n'entendent nulle-
ment établir une discipline nouvelle; ils rappellent
simplement l'usage ancien et invitent à s'y conformer.
On sait en effet que la réconciliation des hérétiques
par la simple imposition des mains était déjà pratiquée
à Rome au milieu du m* siècle, au temps du pape
Etienne, c'est-à-dire cent trente ans avant le pape Si-
rice, et qu'alors même cette pratique se fondait sur une
longue tradition. De même, le jeûne du samedi était, au
temps de saint Ambroise, pour ne pas remonter plus
haut, une observance très ancienne dans l'église ro-
maine *. L'auteur du livre pontifical a dond-iîïrde rap-,
porter aux papes Sirice et Innocent l'institution de ces
usages ; il contredit, en le faisant, le texte môme dont
il semble s'être inspiré.
Du reste, ce n'est pas seulement avec les documents
authentiques qu'il se met ainsi à l'aise ; les textes apo-
cryphes où il a puisé plus largement ne l'ont pas gêné,
davantage. C'est le moment d'en venir à l'examen de
ceux-ci.
74. — Les documents dont je veux parler sont con-
nus depuis longtemps, depuis longtemps aussi démon-
trés inauthentiques et même rapportés à une date pré-
cise, au temps du schisme de l'antipape Laurent 2 . J'ai
déjà analysé deux d'entre eux, les Gesta Liberii($. cxxn)
et les Gesta de Xysti pur gatione (p. cxxvi). On a vu que
les Gesla Liberii ont été écrits pour montrer aux par-
tisans de Laurent que le pape Symmaque, tout bloqué
qu'il fût au Vatican et réduit à y célébrer le baptême
pascal, loin de son église épiscopale du Latran, n'en
devait pas moins être considéré comme le pape légi-
time. Les Gesta Xysti présentent, avec d'autres noms,
la physionomie du procès de Symmaque tel que l'auteur
eût[4^firé squ'ilvae fût passé. Deux autres apocryphes,
lesGestqdePQiyçhronii episcopi Hierosolymitani ac-
cusation? e& les GesiaMarcellini ouSynodus Sinuessana,
sont tout à fait de même type que les Gesta Xysti ; ce
sonfcdeux.rôcita de -pro^r intentés, l'un à un évêque de
1. Augustin, ep. xxxvi ad. Casulanum, c. 32.
2. Goustant, Epp. Rom. ponlif., appendice. Hardouin, Conc.,
t. I, p. 217, 287, 1137; Mansi, t. I, p. 1249; t. IL p. 619, 719-722,
1081; t. m, p. 339; t. V, p. 1161, 1169; Migne, P. Z,., t. VI, p. 11;
t. Vm, p. 822-826, 829-840. 1388 1393.
Histoire littéraire
des apocryphes
symmachiens.
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Jérusalem, l'autre à un pape. Dans le Constilutum SU-
vestri nous avons une pièce d'une tout autre forme ;
c'est le protocole d'un concile tenu à Rome par le pape
Silvestre, dans les thermes de Trajan, en présence de
Constantin tout récemment baptisé et guéri de la lè-
pre. Dans cette assemblée Silvestre condamne d'abord
plusieurs hérétiques, entre autres les partisans d'un
comput pascal différent de celui qui avait été suivi par
Symmaque en 501, malgré l'opposition d'un parti nom-
breux; il proclame ensuite plusieurs règles canoniques,
principalement sur les droits et devoirs des clercs ; on
y trouve indiqué, et avec beaucoup de relief, le sys-
tème de procédure dont les Gesta Xysti, Polychromie
Marcellini, nous offrent l'application. Ce Constilutum
est une véritable décrétale ; c'est sans doute la plus an-
cienne des fausses constitutions disciplinaires ! qui ont
été fabriquées sous le nom des papes.
Il faut y joindre plusieurs petites lettres dont le but
est de rattacher le Constitutum au concile de Nicée et à
sa confirmation parle pape Silvestre. Ces lettres sont au
nombre de trois : la première, Quoniam omnia, est
adressée à Silvestre par les présidents du concile de
Nicée; les deux autres, Gaudeo prompta et Gloriosissi-
mu$, sont deux rédactions différentes de la réponse ; le
pape, en même temps qu'il envoie son approbation au
concile, lui communique les décrets qu'il vient de por-
ter dans son propre synode, c'est-à-dire le Constitu-
tum Silvestri.
Enfin, nous avons encore un autre synode romain,
un second Constitutum, ou plutôt, car il n'est point
coordonné au premier, une seconde rédaction du con-
cile romain tenu sous Silvestre. Le faussaire a placé le
siège de l'assemblée dans les thermes de Trajan, c'est-à-
dire au même lieu que celle du Constitutum ; comme
dans celui-ci, Constantin assiste à la réunion ; la date
seule est changée, car le concile romain est censé pos-
térieur à celui de Nicée et tenu exprès pour le con-
firmer. Pour le distinguer du Constitutum je l'appel-
lerai le synode des 275 évoques ; en effet, sauf le nombre
des prélats, il n'y a aucun détail extérieur qui permette
de lui donner un titre clair.
75. — Le beau travail de M. Maassen, Geschichte der
1. Il y a, dans un autre ordre d'idées, des fausses lettres pontifi-
cales beaucoup plus anciennes, par exemple l'épitre de Clément à
Jacques, la lettre Studens paci attribuée à Libère (Jaffé •{• 201), les
lettres doctrinales fabriquées par les apollinaristes sous le nom de
Félix I er et de Jules (Jaffé 140, 189), ote.
Quel/en und der Literatur des canonischen Rechts in
Abendiandey 1. 1, permet d'étudier la propagation de ces
apocryphes dans les libri canonum du haut moyen-âge
latin. Ils sont de trop grossière facture pour avoir pu
trouver place dans le recueil du faux Isidore. En revan-
che, on les rencontre assez souvent dans les collections
canoniques antérieures, depuis le vi" siècle. Les plus an-
ciennes ne les contiennent pas encore; ainsi, ils ne figu-
rent point dans celle de Denys le Petit, dans celle du
manuscrit de Freisingen (cod. Monac. lat. 6243) et dans
celle qui porte le nom de Quesnel : ces trois collections
sont du commencement duvi e siècle. Dans l'ordre chro-
nologique elles sont suivies par un groupe de quatre
collections italiennes dont les types sont : le manuscrit
de Saint-Biaise, actuellement à Saint-Paul en Carînthie,
copié au vi 6 siècle, le Vaticanus i342 (ix* s.), le ma-
nuscrit de Chieti ( Vatic. Regin. 1997, vin* s.) et le
manuscrit de Justeau (Oxford, Bodl. 3686-3688, vi e ou
vu 6 s.). Ces quatre collections sont étroitement apparen-
tées les unes avec les autres ; sauf la dernière, elles
contiennent toutes des apocryphes symmachiens. En-
core le manuscrit unique de la collection de Justeau est-
il incomplet; il s'arrête avant l'endroit où l'on pouvait
espérer y trouver ces documents. Le manuscrit de
Chieti, lui aussi unique représentant de la collection
qu'il nous a conservée, ne contient que des extraits du
Constitutum Silvestri l . Du reste ces textes apocryphes
sont placés à la fin, en dehors de la collection propre-
ment dite; le rédacteur les en a exclus à dessein.
Dans les collections de Saint-Biaise et du Vatican,
nos apocryphes se rencontrent en grand nombre et dans
1. Voici ces extraits, d'après une copie faite par M. H. Doulcet
sur le manuscrit original, fol. 152 v° : « Incipit capitulum editum
a Silvestrio papa urbis Romae dum residisse in synodo cum Gons-
tantino Augusto et simul cum eis résidentes GLXXVIII episcopos
et cum eis GGLXX presbyteris et diacones XL et simul cum eis
omnes Romanos populus. Dum residisset in termas sic statuerunt
in synhodo : Placult eis et ad omnem Ghristianorum populum Ro-
manorum ut nullus laicus audeat clerico crimen ingerere nisi sub
idoneos testes (lacune ctun mot) viros iustos, religiosos, Deum ti-
mentes et Ghristum praedicantes non inlitterati quorum filios ha-
beat uxoratos et nepotes et filias iam nuptum traditas. — Incipit
canone constitutus vel religio qualiter custodiatur a Silvestrio epis-
copo urbis Romae. Praesul nisi in septuaginta duo testes (lacune
d'un mol) a quemquam iudicabitur, quum subscribtum est : Non est
discipulus super magistrum. Presbyter autem nisi in XL septem tes-
timonianondamnabitur. Diaconus autem in XXXVII non condem-
nabitur, viros iustos, religiosos, Deum timentes et Ghristum prae-
dicantes quomodo superius legitur.Si quis autem episcopo, aut pres-
bytero, veldlaconofalsiscriminationibusappetierit autsuper dixerit
etprobare non potuerit, nec in finem ei dandam esse communionem.
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le corps même du recueil. Ces deux collections ont été
souvent copiées ou mises à contribution pour la compi-
lation de recueils plus étendus : c'est elles qui ont as-
suré la conservation et la publicité de nos documents.
M. Maassen a catalogué cinq manuscrits de la collection
de Saint-Biaise et six de la collection du Vatican. La
première est entrée tout entière dans la collection du
manuscrit deColbert (Parisinus 1435, x e siècle), formée
au vi e siècle et probablement en Gaule ; et partiellement
dans la collection du manuscrit de Diessen, gauloise
aussi, du vu e siècle; la partie de cette dernière où se
trouvent les apocryphes dérive certainement de celle de
Saint-Biaise. C'est aussi à cette origine qu'il faut faire
remonter leur interpolation dans certains manuscrits du
recueil hadriano-dionysien. La collection de Denys le
Petit, telle qu'elle fut envoyée à Charlemagne par le
pape Hadrien, ne contenait pas nos apocryphes ; mais on
les inséra plus tard dans certains exemplaires de cette
collection, parmi lesquels M. Maassen cite le manuscrit
74 d'Ivrée, le Burgundiamis 495-503, à Bruxelles, et le
Lucanus 125.
Un autre type d'interpolation de la collection hadriano-
dionysienne nous est fourni par ce que M. Maassen ap-
pelle la vermehrte Badriana, l'Hadrienne augmentée.
11 en reste plusieurs manuscrits, tous de provenance
italienne. La principale source de la Vermehrung, de
l'interpolation, est la collection du Vaticanus 1342, c'est-
à-dire la seconde des collections italiennes du vi e siècle
où figurent nos apocryphes.
En résumé *, la généalogie des plus anciens libri ca-
nonum où se lisent les textes symmachiens s'établit
ainsi qu'il suit :
Hadrienne interpolée,
1er type.
1. Le groupe de la collection de Saint-Biaise a été mis à contri-
bution par l'auteur d'une compilation canonique conservée dans
un vieux manuscrit de la bibliothèque capitulai re de Modène
(Maassen, Quellen, t. I, p. 196; cf. ci-dessous la description du nis.
E 3 ). Le Constitution Silvestri se rencontre assez souvent, isolé des
autres pièces, dans des collections postérieures au vi a siècle,
comme la collection Bigot (Cod. Paris. 2196; Maassen, l. c, p. 611)
ou dans des manuscrits retouchés de collections plus anciennes,
comme les Parisini 1454 et 4280 A de la collection Qucsnel. — Au-
cun de nos apocryphes n'est entré directement dans le recueil du
pseudo-Isidore : le pape Silvestre n'y est représenté que par un
résumé quelque peu remanié de sa notice dans le L. P. et par la
fameuse donation de Constantin, pièce dont la fabrication n'est
pas antérieure au milieu du vin" siècle.
Vaticanus 1342. !
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Hadrienne interpolée, |
2« type. |
Considérons maintenant les deux collections primi-
tives. Dans celle de Saint-Biaise * les apocryphes se pré-
sentent après les conciles grecs et africains et avant les
décrétales des papes ; ils forment un groupe compacte
dans l'ordre suivant :
Constitutif m Silvestris,
Gesta Liberii,
Gesta Xysti,
Gesta Polychroniiy
Synodus Sinuessana.
Dans la collection vaticane, la série est plus complète,
mais les termes en sont dispersés au milieu des pièces
dont se compose le recueil. Celui-ci commence par les
Canons apostoliques, puis vient le concile de Nicée;
entre les canons de Nicée et le groupe de ceux d'Àncyre,
Nôocésarée, Gangres, se place le Constitutum Silvestri,
escorté des pièces qui ne figurent point dans la collec-
tion de Saint-Biaise ; ce sont celles qui sont en rapport
avec le concile de Nicée. Les voici, dans l'ordre des ma-
nuscrits :
Lettre du concile au pape : Quoniam omnia,
Réponse de Silvestre : Gaudeo prompta,
Constitutum Silvestri,
Lettre de Silvestre au concile : Gloriosissimus 9
Synodus CCLXXV episcoporum.
Plus loin, immédiatement avant les pièces émanées
du pape Damase, on trouve les
Gesta Liberii,
qui sont ainsi à leur place chronologique, supposé qu'ils
soient authentiques. De même, entre les décrétales de
Célestin et celles de saint Léon, on trouve le groupe :
Gesta Xysti,
Gesta Polychronii,
Synodus Sinuessana.
Le concile de Sinuesse est la seule pièce qui soit hors
de son rang chronologique. C'est une anomalie d'autant
plus grave que, dans toute la collection Vaticane, on recon-
naît un souci du classement chronologique dont il n'y a
pas trace dans la collection de Saint-Biaise. Ce ne peut
être que par une distraction du compilateur que le concile
de Sinuesse a été déplacé de près de 150 ans. Une telle
1. M. H. Doulcet a bien voulu exécuter pour moi une copie du
précieux manuscrit de Saint-Paul on Carinlhie.
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distraction n'aurait pas été possible si, dans le recueil
où ce compilateur prenait les apocryphes symmachiens,
le concile de Sinuesse avait été à une autre place que
la dernière. Pour reconstituer le recueil, il suffit de rat-
tacher les pièces disjointes dans la collection Vaticane,
sans en changer Tordre. Ainsi recomposé, ce recueil
est absolument identique avec celui de la collection de
Saint-Biaise, sauf l'adjonction de quatre pièces relatives
à la confirmation du concile de Nicée par le pape Sil-
vestre.
Maintenant, entre ces deux recueils, l'un de cinq piè-
ces, l'autre de neuf, quel est le plus ancien? Celui de
Saint-Biaise ne représente- t-il qu'un extrait de celui du
Vatican ou bien celui-ci n'est-il autre chose que celui de
Saint-Biaise interpolé?
Aucun critique n'a signalé de différence de style,
d'esprit, d'intention, entre les cinq documents communs
aux deux recueils. C'est toujours la même barbarie de
langue, les mêmes expressions caractéristiques, la môme
façon enfantine de concevoir la discipline ecclésiastique
et la procédure judiciaire, la môme préoccupation des
accusations intentées aux supérieurs ecclésiastiques et
surtout au pape. Il n'y a qu'un avis : tout cela est du
même temps et de la même main, du commencement
du vi e siècle et d'un champion plus zélé que lettré du
pape Symmaque.
Quant aux quatre pièces qui ne se rencontrent que
dans le recueil du Vatican, il y a lieu de distinguer en-
tre elles et d'abord d'en isoler le concile des 275 évo-
ques. Labbe et Hardouin, qui rejettent l'authenticité
du Constitutum, ont admis celle de ce concile ; dom
Coustant, sans aller jusque-là, reconnaît entre le con-
cile et le Constitutum de très graves différences de
style: les canons des 275 évoques sont en latin peu lit-
téraire sans doute, mais à peu près intelligible ; tandis
que le Constitutum est tellement barbare qu'il est sou-
vent impossible à déchiffrer. Cette différence ne saurait
être imputée aux hasards de la transcription, qui au-
raient été plus favorables à l'une des pièces qu'aux au-
tres : elles ont été copiées en même temps et provien-
nent des mêmes manuscrits. D'ailleurs les règlements
disciplinaires des 275 évoques ne soulèvent pas le même
étonnement que ceux du Constitutum ; on n'y trouve
aucune trace de la controverse entre Symmachiens et
Laurentiens ; il n'y est pas question de supérieurs accu-
sés et jugés.
Le décret le plus caractéristique , après celui qui
porte confirmation du concile de Nicée, est le décret
sur la date de Pâques, inspiré évidemment par les mê-
mes idées que celui de Denys le Petit.
DENYS.
Tanta hac auctoritate divina
claruit, primo mense XIIII die
ad vesperum usque ad XXI
festivitatem paschalem debere
celebrari.
Omnibus episcopis et pres-
byteris praeceptum est Paschae
observantiam custodire a lu-
na XIIII usque ad XXI, ita ut do-
minicus dies coruscet. Et dixe-
ruut episcopi : Placet.
Ce seul décret suffirait à indiquer un auteur diffé-
rent de celui du Constitutum. Celui-ci, en effet, s'ins-
pirant des controverses de l'année 501, professe une
horreur extrême, non pas directement pour le cycle de
Denys, qu'il ne connaît pas encore, mais pour le cycle
de Victorius, qui en est comme une anticipation mitigée,
accommodée aux vieux usages romains. A ses yeux c'est
une abomination que de célébrer la Pàque le 22 avril :
Victorius, qui le permet, est un hérétique des plus
dangereux.
Les mêmes considérations qui obligent à distinguer
l'auteur du second concile de celui du Constitutum
obligent aussi à identifier avec ce dernier celui des
trois petites lettres. Dans celles-ci, comme dans le Cons-
titutum, on trouve la même barbarie caractéristique,
la même attitude dans la question pascale, le même
acharnement contre Victorius. Des phrases du Consti-
tutum ont passé sans changement dans les lettres :
Constitutum. Lettre Gloriosissimus.
Qui in sua extollenlia dice- Qui in sua extollentia dice-
bat non pascha venire diesuo bant non pasena venire die
nec mense, sed X kal. mai. eus- suo nec mense, sed X kal. mai
todirc. custodiri.
Lettre Gaudeo.
Viclorinum qui arbitrio suo
quidquid vellet affirmabat et
cyclos paschae pronuntiabat
fallaces.
Victorinus ... qui in sua fe-
rocitate quidquid vellet affir-
mabat hominibus et cyclos
paschae pronuntiabat fallaces.
La lettre Gloriosissimus fait comparaître devant Sil-
vestre et condamner par son concile le groupe d'héré-
tiques le plus singulier que l'on puisse imaginer : Cal-
liste, Hippolyte, Victorius et Jovinien. Tous ces per-
sonnages, indépendamment de quelques autres héré-
sies, ont le tort de penser qu'on peut faire la Pâque le
22 avril. Il en est de même dans le premier décret du
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Constitulum. La ressemblance dans l'absurde, à ce de-
gré de ressemblance et à ce degré d'absurde, ne peut
provenir que de l'identité d'auteur.
Cependant les trois lettres répondent à une préoc-
cupation dont on chercherait vainement la trace dans
le Constitulum; c'est celle du concile de Nicée. Le
Constitution est censé le protocole officiel d'un concile
tenu à Rome en présence de Constantin, après son bap-
tême par saint Silvestre et sa guérison miraculeuse.
Son auteur, ou bien n'a pas connu le concile de Nicée,
ce qui serait difficile à croire, ou bien, supposant que
son synode romain a été antérieur au concile œcumé-
nique, ii a évité de le rattacher à celui-ci. Plus tard,
l'idée lui sera venue qu'il n'était pas convenable de
faire complètement abstraction du grand concile et
môme qu'en fabriquant les documents de sa confirma-
tion par Silvestre, il aurait une bonne occasion de pré-
senter le Constitutum et de faire valoir ses idées sur le
système pascal de Victorius.
Il y a donc lieu de croire que le recueil d'apocryphes
qui a été inséré dans la collection canonique de Saint-
Biaise y a conservé sa forme originale, ou à tout le
moins une forme antérieure à celle qu'il avait déjà
prise quand on l'a introduit dans la collection du Vati-
canus 1342. Il faut aussi, je pense, mettre au compte
du compilateur de celle-ci l'adjonction du concile des
275 évoques. A quelque date que cette pièce ait été fa-
briquée, il est clair qu'elle n'a pu être admise par l'au-
teur du recueil apocryphe primitif. Dans celui-ci on peut
distinguer deux formes : la forme tout à fait originale,
qui ne comprenait que les* cinq pièces de la collection
de Saint-Biaise et une seconde édition, qui joignait au
Constitutum Silvestri les trois petites lettres relatives
au concile de Nicée 4 . Je crois même pouvoir aller plus
loin et supposer que les cinq pièces du recueil de Saint-
Biaise ont été publiées consécutivement, sous l'inspi-
ration des agitations diverses que la compétition de
Laurent excita dans le clergé et le peuple de Rome,
depuis 501 jusqu'à 508 environ.
J'ai dit que l'adjonction du concile des 275 évoques
au faisceau primitif de nos apocryphes devait être mise
1. Parmi ces trois lettres, les deux qui sont mises sous le nom
de Silvestre semblent être deux essais différents de la même main
et sur le même thème. L'épitre Gaudeo est datée du 28 octobre et
marquée reçue (à Nicée?) le 10 février 326. L'épitre Gloriomsimus
• porte deux dates : dans le titre ceUe du 30 septembre 325, à la fin
ceUe du 27 décembre, sans aucune note consulaire*
Liber pontificalis.
au compte de l'auteur de la collection canonique con-
tenue dans le Vaticanus 1342. Quant à la composition
de cette pièce, elle est certainement antérieure. La col-
lection canonique, en effet, n'en contient que le début,
les six premiers canons, les seuls par lesquels on a pu
jusqu'à ces temps derniers, juger de ce document.
M. Ch. Poisnel, membre de l'école française de Rome,
récemment enlevé à la science, en a découvert un texte
beaucoup plus long et vraisemblablement complet,
dans le manuscrit F 54 de la bibliothèque Vallicellane 1 .
Ce manuscrit, qui est du xi e siècle, contient, à la suite
d'une compilation extraite du Pseudo-Isidore et des
Capitula d'Angilram, une collection canonique d'appa-
rence italienne ; après les conciles de Nicée, Ancyre, Néo-
césarée, Gangres, Antioche, Laodicée, Constantinople,
et avant ceux de Chalcédoine, de Sardique et d'Afrique,
on y trouve le synode romain des 275 évoques, sous la
rubrique Tituli ex constitutions sancti Silvestri episcopi.
Il est précédé de deux lettres, l'une des présidents du
concile de Nicée au pape Silvestre, rédaction différente
de l'épitre Quoniam omnia, l'autre de Silvestre au con-
cile ; celle-ci est l'épitre Gloriosissimus. Vient ensuite
le synode romain lui-même ; le texte est divisé en 30
canons ; il se termine par une conclusion où figure la
date sub die XII kaL octob., Paulino et Iuliano cons.
[325]; à la fin on trouve les signatures épiscopales,
groupées par provinces, celles des prêtres, des diacres
romains et de quatre abbés archimandrites.
76. — Voyons maintenant comment notre auteur
s'est servi de ces recueils apocryphes.
D'abord il ne doit rien aux Gesla Polychromie dont
le sujet était sans intérêt pour lui 2 , ni même, ce qui
est remarquable, au pseudo-concile de Sinuesse. A la
vérité il dépend, dans la vie de Marcellin, de la tradi-
tion, historique ou légendaire, sur la chute de ce pape,
dont s'est inspiré aussi l'auteur du faux concile ; mais
il a négligé entièrement celui-ci. Cela s'explique. Le
concile de Sinuesse ne s'occupe pas de la discipline gé-
nérale : il n'a qu'un seul cas en vue, celui d'un pape
1. Si je puis parler de ce texte, c'est grâce à une copie que
M. Poisnel m'en avait obligeamment envoyée. Au moment où il est
mort, il en préparait la publication et il devait donner, par la
même occasion, une description exacte du manuscrit. Cette partie
de son travail m'est inconnue au moment où j'écris ces lignes,
les scellés ayant été mis sur ses papiers aussitôt après son décès ;
mais j'ai pu y suppléer tant bien que mal par une autre voie.
2. Il s'agit d'un procès en simonie, intenté à un évêque de Jéru-
salem, au temps du pape Xystus III.
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Le L. P. et les
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accusé ; il ne défend qu'une seule maxime de droit
ecclésiastique, c'est que nul n'a droit déjuger le pape.
Or le fameux principe Prima sedes a nemine ittdica-
tur, qui avait été l'objet de tant de controverses au com-
mencement du pontificat de Symmaque, ne paraît pas
préoccuper l'auteur du Liber Pontificalis au môme de-
gré que le fabricateur de nos documents apocryphes.
L'histoire du pape Marcellin l'intéressait plus en elle-
même que l'espèce juridique qui en ressort; or cette
histoire il la trouvait ailleurs et, par conséquent, il pou-
vait négliger le faux concile de Sinuesse l .
Les Gesta Liberii ont fourni très probablement quel-
ques-uns des détails narratifs que l'on trouve dans les
vies de Jules, de Libère et de Félix II. Le procès lon-
guement raconté dans les Gesta Xysti est indiqué en
peu de mots dans la notice de Xystus III *. Mais ce sont
exclusivement les textes pseudo-silvestrins qui ont été
mis à contribution pour les indications relatives à la dis-
cipline. Encore y a-t-il ici une distinction à faire. Les
trois lettres postérieurement ajoutées au Constitutum
n'ont fourni a notre auteur que la condamnation col-
lective d'Arius, de Sabellius et de Photin par le concile
de Nicée. Quant à la confirmation du concile par le pape
Silvestre, donnée fondamentale de ces trois épîtres, le
livre pontifical n'en parle pas. Il est en outre l'adversaire
décidé du système pascal soutenu par le fabricateur de
ces trois lettres et du Constitutum.
A ce dernier il doit beaucoup, et tout d'abord le fait
môme de ce concile qui, au moins tel qu'on nous le
décrit dans ces textes, est un produit de l'imagination
du canoniste faussaire. Mais il s'en faut grandement
qu'il le suive en tout. Dans le premier canon du Cons-
titutum, il est question de quatre hérétiques, Calliste,
Victorinus, Jovinien et Hippolyte : le biographe omet
les trois derniers, blâmés plutôt à cause de leur atti-
tude dans la question pascale que pour une hérésie
christologique. Calliste, au contraire, que le Constitu-
tum traite de sabellien et d'ennemi de la Trinité, a été
choisi pour ôtre rapproché d'Arius, Sabellius et Photin,
condamnés à Nicée. Même parmi les dispositions de
pure discipline, il n'est pas» moins évident qu'il a
fait un choix. Voici les passages où il a suivi le Consti-
tutum.
1. Il est à remarquer que, dans le récit du concile de Sinuesse,
il n'est pas fait la moindre allusion au martyre du pape Marcellin.
2. Voir ci-dessus, p. cxxyi»
Constitutum Silvestri.
3. Poste a autem fecit gra-
dus in medio synodi ut non
presbyter adversus episcopum,
non diaconus adversus presb;,-
terum... non ostiarius adver-
sus lectorem, non laicus det
accusationem aliquam.
5 . Constituit etiam clara
voce Silvester episcopus urbis
Homae ut nemo presbyter
chrisma conficeret, dicens quo-
niam Christus a chrismate vo-
catur.
15. Nemo enim clericum
quemlibet in publico exami-
net, nisi in ecclesia.
16. Nemo enim clericus ?el
diaconus aut presbyter prop-
ter causam suam quamlibet
intret in curiam, quoniam om-
nis curia a cruore dicitur et
immolatio simulacrorum est.
Quoniam si qui s clericus in
curiam introierit, anathema
suscipiat, nunquam rediensad
matrem ecclesiam : a commu-
nione autem non privetur
propter tempus turbidum.
Liber pontificalis. — Vie de
Silvestre.
Hic constituit ut nullus lai-
cus crimen clerico inferret.
(Cf. p. cxxxiv 6, note.)
Constituit.. chrisma ab epis-
copo confici.
Hic constituit ut nullus cle-
ricus propter causam quamli-
bet in curia introiret, nec anta
iudicem cinctum causam di-
ceret, nisi in ecclesia.
Les emprunts faits au synode des 275 évoques sont
beaucoup plus nombreux et plus clairs :
can. 2.
Omnibus episcopis et presby-
teris praeceptum est Paschae
observantiam custodire a luna
Xllll usque ad XXI, ita ut do-
minicus dies coruscet.
can. 3.
Silvester episcopus dixit :
Robustius duximus consilium,
si placet, ut omnis episcopus
qui convenit ad concilium fi-
dem suam chirographo con-
firme^ ut deinceps rediens ad
paroebiam suam cum pagina
nostrae salutationis plebi suae
innotescat, ut fide concilii
declarata, intemeratus ordo
servetur.
1. Seconde édition seulement; sur cette différence, y. ci-dessus,
p. LXIII.
L. P. - Victor i.
Hic fecit constitutum.... ut
a XIIII luna primi mensis us-
que ad XXI, diem dominicum,
custodiatur sanctum Pascha.
Xystuê L
Hic constituit ut quicumque
episcopus evocatus fuerit ad se-
dem romanam apostolicam et
rediens ad paroebiam suam,
non susciperetur nisi cum for-
mata salutationis plebi a sede
apostolica.
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DÉCRETS DISCIPLINAIRES ET LITURGIQUES.
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Silvestre.
Hic constituit ut nullus cle-
ricus propter causarn quamli-
bet in curia introiret, oec ante
iudicem cinctum causarn dice-
ret, iiisi in ecclesia.
ibid.
Hic consti tuit ut si quis de-
sideraret in ecclesia militare
aut proficere, ut esset lector
annos XXX, exorcista dies XXX,
acolitus annos V, subdiaconus
annos V, custos raartyrum an-
nos V, di aconits annos VII, pres-
biter annos III, probatus ex
omni parte et etiam foris qui
sunt teslimonium habere bo-
numfunius ' uxoris virum, uxo-
rena a sacerdote benedictam]
et sic ad ordinem episcopatus
ascendere; nulluin maiorem
vel prions locum invadere,
nisi ordinem temporum cum
pudore cognoscere, omnium
clericorum votiva gratia, nul-
lum omnino clericumvel fidè-
le m contradicentem.
can. 4.
Silvester episcopus dixit :
Nulli omnino clerico licere
causam quamlibet in publico
examinare, nec ulluni cleri-
cum ante iudicem laicum stare.
can. 5.
Si quis ad clericatum pro-
mereri desiderat, hoc iustum
est ut sit ostiarius annum I,
lector annos XX, exorcista
annos X, acolythus annos V,
subdiaconus annos Y, diaco-
nus annos V et sic ad honorem
presbyterii accédât; et faciens
in eo ordine annos VI, si fue-
rit omnium votiva gratia, non
pjaemio, non invasione cupi-
ditatis, nulli prorumpens gra-
dum, sic ab omni ecclesia eli-
gatur consecrandus episcopus,
nullo de membris ecclesiae
intercedente et omni ecclesia
conveniente.
can. 8.
Silvester episcopus dixit :
..» ut presbyter aut episcopus
vel diaconus uni us uxoris eliga-
tur consecrandus...
can. 19.
Hoc autem placitum est co-
ram cuncta ecclesia et firraa-
mus, utpostexcessumuniuscu-
iusqueepiscopi «b omni eccle-
siae iudicio eligatur qui dignus
fuerit, nullo contradicente tes-
timonium habere bonum, sicut
apostolus docet, non neophy-
tum f sed omnes grados cum
pudore suo cognoscens, om-
nium ecclesiae votiva gratia,
nullo contradicente, et proba-
tus a cuncta ecclesia consecre-
tur episcopus.
can. 7.
Silvester episcopus dixit : A
nobis incipientibus, raodera-
mine lenitatis indicare com-
monemus ut nulli episcopo
liceat quemlibet gradum cle-
rici ordinare aut consecrare,
nisi cum omni adunata eccle-
sia.
1. Les mots entre crochets ne sont attestés que par les mss* de
ta seconde édition.
Zéphyrin.
Hic constituitpraesentia om-
nibus clericis et laicis fidelibus
sive clericus, sive levita, sive
sacerdos ordinaretur.
can. 12.
Silvester episcopus dixit :
Nulli omnino liceat pannum
tinctum'insuper altare ornare,
nec consecrare, nisi tantum
in lineo candido aut in auro
vel argento.
can. 13.
Utseptemdiaconessintcusto-
des episcopo consecranti prop-
ter stilum veritatis et catholi-
cam rationem etsenectutisora-
culum, ne in praedicationem
aut Patrem pro Filio aut Spiri-
tum sanctum pro Pâtre praedi-
cemus.
can. 14.
Ut nullus clericus ordinetur
curiae obnoxius nec conductor
quis ex clero fiât publico nec
privalae rei.
can. 15.
Episcopo licere hereticum
venientemeum qui inTrinitate
baptizatus est sub manus im-
pesitione suscipi.
can. 27.
Silvester episcopus dixit :
Nulli licere clerico crimen alio
inferre.
Silvestre.
Hic constituit ut sacrificium
altaris non in siricum neque
in pannum tinctum celebrare-
tur, nisi tantum in lineum
terrenum procreatum.
Evariste.
Hic ... septem diaconos or-
dinavitqui custodirent episco-
pum praedicantem, propter
stilum veritatis.
Boniface.
Hic constituit... nec servum
clericum fieri, nec obnoxium
curiae vel cuiuslibet rei.
Sirice.
Hic constituit hereticum sub
manus inpositione reconciliari*
Silvestre.
Hic constituit ut nullus lai-
cus crimen clerico inferret.
J'ai déjà signalé plus haut l'indépendance que Fauteur
du Liber pojitificalis a montrée à l'égard des narrations
contenues dans les Gesta Liberii §1 dans les Gesta Xysti.
L'histoire du pape Libère, telle qu'il la rapporte, est
conçue dans un esprit diamétralement opposé à celui
des Gesta Liberii et puisée à d'autres sources ; il va
même jusqu'à attribuer à Félix II une attitude et une
déclaration que les Gesta Liberii attribuent à Libère.
Quant aux Gesta Xysti, il ne s'est pas fait faute d'en
modifier le dénouement et d'en atténuer la duretôi
C'est avec le môme sans gêne qu'il use des conciles
pseudo-silvestrins, du Constitutum et du synode des
275 évoques. Non seulement il suit un système pascal
tout opposé à celui du Constitutum, non seulement il
s'abstient d'insérer dans son texte quelques-unes de ses
dispositions les plus en relief, comme le principe qu'il
faut un nombre énorme de témoins pour condamner
un évêque, un prêtre, un diacre, et encore la fameuse
maxime prima sedes a nemine iudicatur, mais même
dans les décrets qu'il adopte, il introduit des atténua-
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tions très sensibles. C'est ainsi qu'il se borne à faire
interdire aux clercs l'accès des curies, comme dans le
canon 16 du Constitutum, mais sans ajouter que omnis
caria a cruore dicitur et immolatio simulacrorum est \
et sans mettre le décret sous la protection de l'ana-
thème. — Il fait aussi défendre aux laïques d'accuser
les clercs; mais il ne va pas jusqu'à prétendre qu'un
ôvêque ne peut être accusé par un prêtre, un prêtre par
un diacre, et ainsi de suite.
Pour le concile des 275 évoques *, il suit de bien plus
près la teneur de ses canons. Ce second concile est
beaucoup plus raisonnable que l'autre, beaucoup moins
éloigné de la discipline réelle. Notre auteur, qui sans
doute ne recherche pas, sur ce point, une exactitude abso-
lue, mais qui n'entend pas non plus donner dans les
extravagances du Constitutum et de ses congénères,
trouvait ici des éléments tout préparés. Il a cependant
fait un choix et laissé de côté un bon nombre de canons,
sans qu'on voie qu'il ait été guidé, dans cette exclu-
sion, par un principe déterminé. Ce qui est singulier,
c'est qu'au lieu d'introduire les décrets du second
synode dans la notice du pape Silvestre, c'est-à-dire à
i. Cette explication étrange, fondée sur une étymologie absurde,
doit cependant avoir quelque lien avec l'usage de considérer
comme sacrés et d'appeler temples les lieux où se réunissaient les
curies. L'épigraphie africaine vient de fournir à cet égard deux
documents intéressants. Dans l'un d'eux, qui a été trouvé à Lam-
bèse et qui remonte au temps de Gratien et de Théodose (379-383),
il est question de la curia ordinis quam maiores noslri merito tem-
plumeiusdem ordinis vocitari voluerunt (Ephem. epigr., t. V,p. 409);
dans une autre inscription (ibid., p. 217) un magistrat de Mactaris
(Macter) dit qu'il a siégé ordinis in templo.
2. J'ai dit ci dessus, p. cxxxvi, que le système pascal de ce sy-
node s'inspire des mêmes idées que celui de Denys le Petit. Mais
je n'entends pas dire par là que le synode soit postérieur à l'an-
née 525, où Denys publia son livre de comput. Quand Denys se dé-
cida, sur la demande de l'évêque Pétronius, à faire cette publica-
tion, il y avait longtemps que son expérience en ces matières était
connue et qu'on le pressait d'exposer ses idées : Paschalis festi ra-
tionem quam multorum diu fréquenter a nobis exposcit sententia
(Début de sa lettre à Pétronius, Migne, P. L., t. LXVII, p. 484;
cf. p. 513). Du reste, même en dehors de Denys le Petit, les règles
pascales des Grecs avaient été assez souvent débattues à Rome
pour y jouir de quelque notoriété. Il n'est donc nullement impos-
sible que l'auteur du faux synode se soit permis de les mettre
sous le patronage de saint Silvestre quelques années avant que
Denys ne les plaçât sous celui du concile de Nicée. Il n'y a entre
les deux auteurs aucune ressemblance de rédaction ; ce qu'ils ont
de commun, ce sont les termes lunaires luna XUlI—luna XXI,
connus depuis longtemps pour être ceux des Alexandrins et de
tout l'empire d'Orient. Il faut remarquer aussi que la première
édition du L. P., qui a beaucoup emprunté à ce faux synode, n'y
a pourtant pas pris ce canon pascal, mais semble s'en être tenue au
comput de Victorius. Ce n'est que dans le remaniement du second
éditeur que l'on trouve une adhésion sans compromis aux règles
alexandrines (v. ci-dessus, p. lxiii).
la place que leur assignait la rubrique de la collection
et même le début de chacun d'eux (Silvester episcopus
dixit), il les ait dispersés entre les notices des six papes
Evariste, Victor, Zéphyrin, Silvestre. Sirice, Boniface.
Ceci montre le cas qu'il faisait de l'autorité historique
du pseudo-synode.
En somme il a traité ces documents comme une
matière dont il avait la libre disposition, qu'il lui était
permis de façonner , d'arranger suivant ses propres
besoins. On peut mesurer par là le degré d'autorité
auquel ces productions parvinrent au temps de leur
apparition, même dans le milieu littéraire où elles
avaient cherché à s'accréditer. Dans cette série de faus-
ses pièces, mises plus ou moins directement sous le
nom des papes, inspirées par des circonstances histori-
ques déterminées, animées d'un esprit spécial et carac-
téristique, il est tout naturel de chercher une sorte de
pendant aux décrétales pseudo-isidoriennesdu ix e siècle.
Mais quelle différence dans le choix des éléments,
dans l'art de la composition, dans le succès ! Les faus-
ses décrétales du ix e siècle n'ont guère été discutées.
Sint ut sunt aut non sint, telle est la formule qui ex-
prime la moindre de leurs situations devant l'opinion,
jusqu'au xvi" siècle; après quelques hésitations, assez
timides, on a dit : Sint. Les décrétales apocryphes du
vi e siècle n'ont point eu cette fortune. Les moins avisés
y ont vu tout de suite des ébauches informes que le
premier venu était autorisé à retoucher.
Ici, un autre rapprochement s'impose. L'auteur du Li-
ber pontificalis, en attribuant arbitrairement à divers
papes, notamment à de très anciens papes, des règle-
ments que des documents antérieurs plaçaient sous le
nom de saint Silvestre, a mis en œuvre le même pro-
cédé que le pseudo-Isidore ; car celui-ci non plus n'a
guère fait autre chose que de démarquer ses textes et
de les transporter d'un personnage à un autre, même
d'un pape à un autre pape. Je ne sais s'il s'est reconnu
dans son ancêtre romain : il est sûr au moins qu'il lui
a fait de très larges emprunts. Sans parler des dates
consulaires et autres accessoires, il a pris, pape par
pape, toutes les notices du Liber pontificalis, fabriquant
in-extenso les décrétales dont le sujet seulement s'y
trouvait indiqué et les complétant par des développe-
ments nouveaux *.
1. Je me suis abstenu de signaler ces emprunts dans mon com-
mentaire. Du reste on les trouvera tous indiqués dans Hinschius,
Pseudo-Isid., p. cxxxv.
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LES FONDATIONS ET DOTATIONS D'ÉGLISES.
Ces considérations serviront à expliquer la méthode
que j'ai cru devoir suivre dans mon commentaire, pour
cette partie des notices. Il n'était pas nécessaire de
s'attarder à montrer que tel ou tel décret ne pouvait
être du pape sous le nom duquel on le produisait. Une
telle discussion, trop évidemment superflue, m'aurait
amené à traiter l'auteur du Liber pontifie alis avec beau-
coup plus de considération que lui-même n'en a mon-
tré pour ses propres documents. Ce que j'ai cherché à
découvrir c'est le rapport entre ses assertions et les
usages réels au temps où il écrivait. Dans cette recher-
che, qui n'est pas toujours facile, je suis parti du prin-
cipe que notre auteur a, malgré tout, le droit d'être
considéré, jusqu'à preuve ou grave soupçon du con-
traire, comme un témoin de la discipline en vigueur de
son temps. Je dis, jusqu'à preuve du contraire, car il
y a plus d'un cas où on le voit faire campagne pour
une discipline imaginaire, où il est en désaccord avec
les usages du temps de Symmaque, tout aussi bien
qu'avec ceux du temps d'Evariste, de Télesphore ou de
Silvestre. C'est une tâche bien difficile que de se diri-
ger au milieu de ces demi-sincérités.
§ VIL
LES FONDATIONS ET DOTATIONS D EGLISES.
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mentionnés dans
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77, — Venons maintenant à un ordre de choses sur
lequel les renseignements du Liber pontificalis, tout
incomplets qu'ils soient, ont une autorité beaucoup
plus grande.
Il y est souvent question de fondations, réparations,
embellissements d'églises et autres édifices religieux,
de fonds de terre consacrés à l'entretien du culte, de
vases sacrés, lampadaires et objets analogues offerts
aux églises par les papes, les souverains et les per-
sonnes privées. Tous ces détails ne proviennent pas de
la même source; ce qui regarde la fondation et les
embellissements des édifices peut avoir été écrit d'a-
près la notoriété publique, plus ou moins précisée par
les noms que portaient les édifices et par les inscriptions
dédicatoires que l'on pouvait y lire. Mais les listes de
fonds de terre, avec indication de gisement et chiffres
de revenu, les énumôrations • de vases sacrés avec
mention du métal, du poids, de l'ornementation, n'ont
évidemment rien à voir avec la tradition orale. Je vais
donc séparer ces deux catégories de renseignements,
m'occuper d'abord des édifices, puis de leur dotation
en fonds de terre et en mobilier liturgique.
Voici d'abord la liste des édifices religieux dont la
fondation ou la restauration sont indiquées dans le
Liber pontificalis :
1° A rintérieur de Rome.
La basilique Constantinienne, fondée sous Silvestre,
restaurée sous Léon,
Son baptistère, fondé sous Silvestre, restauré sous
Xystus III;
Trois oratoires attenants :
Saint-Jean-Baptiste, fondé sous Hilaire,
Saint- Jean-1'Evangélis te, id.
Sainte- Croix, id.
La basilique de Libère, reconstruite par Xystus III, sous
le vocable de Sainte-Marie, avec adjonction d'un
baptistère ;
L'oratoire des SS. Côme et Damien, ajouté sous Sym-
maque à cette basilique ;
La basilique de Saint-André ad S. Mariam, fondée
sous Simplicius ;
La basilique de Saint-Etienne au Coelius, id.
La basilique de Sainte-Bibiane, id.
La basilique des SS. Côme et Damien, fondée sous
Félix IV;
Les églises titulaires
de Marcel, sous Marcel,
d'Equitius, sous Silvestre,
de Marc, sous Marc,
de Jules, près du forum de Trajan, sous Jules,
du même, trans Tiberim, id.
de Saint-Laurent in Damaso, sous Damase,
de Crescentiana, sous Anastase I er ,
deVestina, sous Innocent,
da Sabine, avec baptistère, sous Xystus III,
des SS. Jean et Paul, réparée sous Symmaque;
Le monastère ad Lunam, fondé sous Hilaire.
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2° Dans la banlieue romaine.
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La basilique de Saint-Pierre, fondée sous Silvestre,
restaurée sous Léon ;
Un monastère dans le voisinage, sous Léon;
L'église Saint-André, sous Symmaque, avec les ora-
toires de Saint-Thomas,
Saint-Cassien,
SS. Prote et Hyacinthe,
Saint-Apollinaire,
Saint-Sossius ;
Trois oratoires dans le baptistère, sous Symmaque :
Sainte-Croix,
Saint-Jean-Baptiste,
Saint-Jean-1'Evangéliste ;
Divers édifices dans l'atrium ou à proximité, sous le
même pape.
Voie Aurélia.
Saint-Pancrace, sous Symmaque ;
Sainte-Agathe, id.-
Saint-Félix, sous Félix II;
Saint-Calliste, sous Jules.
Voie de Porto.
Basilique de Jules, sous Jules.
Voie d'Os lie.
La basilique de Saint-Paul, fondée sous Silvestre,
restaurée sous Léon et Symmaque;
Le cimetière desSS. Félix etÀdauctus (cym. Corn-
modillae), restauré sous Jean I er .
Voie Ardéatine.
La basilique de Marc, fondée sous ce pape ;
Le cimetière des SS. Nérée et Achillée [cym.
Domitillae), restauré sous Jean I er ;
La basilique de Damase, fondée sous ce pape.
Voie Appienne.
Le cimetière de Galliste, sous ce pape ;
L La basilique de Saint-Corneille, fondée sous saint
Léon ;
Le sanctuaire des évoques, à Saint-Sixte, restauré
. sous Xystus III ;
Le sanctuaire des apôtres, ad Caiacumbas, res-
tauré sous Damase ;
; Un monastère au même endroit, fondé sous Xys-
tus III.
SOURCES.
Voie Latine.
La basilique de Saint-Etienne, fondée sous Léon.
Voie Labicane.
La basilique des SS. Pierre et Marcellin, fondée
sous Silvestre;
Le mausolée de Sainte-Hélène, id.
Voie Tiburtine.
La basilique de Saint-Laurent ad corpus, fondée
sous Silvestre, restaurée sous Xystus III;
La basilique de Saint-Laurent majeur, fondée sous
Xystus III;
Un monastère avec bains, praetorium et deux bi-
bliothèques, au même endroit, sous Hilaire;
La basilique de Saint- Agapit, sous Félix III;
La basilique de Saint-Etienne, fondée sous Sim-
plicius.
Voie Nomentane.
La basilique de Sainte-Agnès avec son baptistère,
fondée sous Silvestre, restaurée sous Libère,
Innocent et Symmaque.
Voie Salaria nova.
L'oratoire de Sainte-Félicité, fondé sous Boniface
I 6r , restauré sous Symmaque ;
La basilique de Saint-Saturnin, reconstruite sous
Félix IV;
Le cimetière de Saint-Alexandre, restauré sous
Symmaque ;
Le cimetière de Priscille, restauré sous Jean I er ;
Le cimetière de Novella, sous Marcel.
Voie Flaminienne.
La basilique de Saint- Valentin, fondée sous Jules.
3° Au delà des limites de la banlieue romaine :
L'église des SS. Jean, Pierre et Paul, à Ostie, sous Sil-
vestre ;
L'église d'Albano, id.
L'église de Capoue, id.
L'église de Naples, avec divers édifices civils, id.
L'église de Sainte - Euphémie , à Tibur, sousGélase;
Les églises (ou l'église) des SS. Nicandre, Eleuthère et
André, sur la voie Labicane, id*
L'église de Sainte-Marie, sur la voie Laurentine, id.
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LES FONDATIONS ET DOTATIONS D'ÉGLISES.
Le L. P. est
incomplet sur
ce point.
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La basilique de Saint-Michel (voie Salaria?) réparée sous
Symmaque;
L'église de Saint-Pierre, via Tribuna, mil. XXVII, fon-
dée sous Symmaque ;
Une église près d'Albano, sous Hormisdas.
78. — Ces listes sont relativement courtes; si on
Compare celle des édifices suburbains aux énumérations
d'églises cimitériales que Ton trouve dans les itinéraires
du vu" siècle, on voit que beaucoup de celles-ci n'y
figurent point, quoiqu'elles remontent certainement
au moins au v e siècle. Cependant les grandes basiliques
de la banlieue sont presque toutes mentionnées. C'est
surtout pour les églises de la ville que les renseigne-
ments sont incomplets; on n'enregistre la fondation
que de neuf titres seulement; deux autres, ceux des
SS. Jean et Paul et de Fasciola f , sont mentionnés, l'un
à propos de réparations, l'autre incidemment. Or, au
commencement du vi e siècle, on ne comptait pas moins
de vingt-cinq églises titulaires. On en a les noms dans
les signatures des prêtres romains au concile du 1 er
mars 499 ; la plupart existent encore et contiennent ou
contenaient autrefois des inscriptions monumentales
bien propres à renseigner sur leur histoire. Je me borne-
rai à citer celle de Sainte-Pudentienne et celle de Saint-
Clément, où on lit encore les inscriptions dédicatoires du
pape Sirice ; on peut y joindre la basilique des Apôtres»
sur l'Esquilin, fondée par l'impératrice Eudoxie, où se
lisait, dans l'endroit le plus apparent, une dédicace mé-
trique avec le nom de Xystus III : Xystus apostolicae
sedis honore fruens. Il est surtout extraordinaire qu'on
ait omis de mentionner la réédification de la basilique
de Saint-Paul, au temps du pape Sirice. La notice de
ce pape, sous lequel on a beaucoup bâti à Rome, est
une de celles où il n'y a aucune fondation d'indiquée.
Rien qu'en partant des débris épigraphiques échappés
à tant de dévastations et de reconstructions, il nous se-
rait facile de compléter sur ce point les indications du
livre pontifical. S'il n'est pas plus complet, c'est que
son auteur ne l'a pas voulu ; car, en dehors de toute
recherche dans les livres, il lui suffisait de faire une
tournée rapide dans les églises de Rome pour savoir à
quel pape elles devaient leur fondation. Il ne paraît pas
avoir pris cette peine, mais s'être borné simplement à
quelques données de notoriété publique.
U Pour le titulus Fasciolae, v. Fiux m, n° 73 ; cf. Symmaqub,
n» 78.
79. — Outre ses indications sur les constructions, Catalogues de
agrandissements, restaurations d'édifices sacrés, le Liber lampadaires' et
pontificalis parle souvent des dons faits aux églises. Il y d immeubles
a lieu de distinguer ici, et avant tout, deux catégories de
dons sacrés, auxquelles correspondent deux types d'é-
numération : les dons faits au moment de la fondation
et les dons faits plus tard, l'église étant déjà construite
et le service religieux installé depuis quelque temps.
Dans ces dernières il n'y a et il ne peut y avoir ni ordre
ni uniformité : le choix est déterminé soit par les be-
soins accidentels de l'église, soit par les préférences du
donateur. Je m'occuperai plus tard des sources aux-
quelles notre auteur a pu puiser ses renseignements
pour cette catégorie de dons sacrés. Pour le moment je
me borne à dire que ces sources ne peuvent guère être
d'une autre nature que celles où puisèrent plus tard ses
continuateurs, les biographes pontificaux du septième,
du huitième et du neuvième siècle. Il n'y a sur ce point
aucune différence importante entre leurs compositions
et la sienne.
Au contraire, pour les donations faites au moment
même de la fondation, son texte offre des particularités
caractéristiques, qui ne se retrouvent pas dans les con-
tinuations. Ce sont ces donations que je veux isoler,
étudier à part des autres, car elles me paraissent avoir
une origine spéciale, qu'il est possible de déterminer
avec quelque précision.
Elles se rencontrent dans les vies des papes Silvestre,
Marc, Damase, Innocent, Boniface, Célestin, Xystus III,
qui appartiennent tous au quatrième siècle ou à la
première moitié du cinquième. Elles sont faites aux
églises suivantes :
La basilique Constantin] enne,
Le baptistère Constantinien,
Saint-Pierre,
Saint-Paul,
La basilique Sessorienne,
Sainte-Agnès,
Saint-Laurent,
SS. Pierre et Marcellin,
L'église d'Ostie,
L'église d'Albano,
L'église de Capoue,
L'église de Naples,
Le titulus Equitii ou Silvestri,
Le titulus Marciy
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Le titulus Damasi,
Le titvlus Veslinae,
L'oratoire de Sainte-Félicité,
La basilique de Sainte-Marie,
La basilique de Saint-Laurent majeur.
Pour chacune de ces églises on trouve régulièrement
deux catalogues, l'un de vases liturgiques et de lampa-
daires, l'autre de biens immobiliers affectés à l'entretien
du luminaire 1 . Le premier catalogue présente toujours 2
les mômes objets et généralement dans le même ordre;
les différences ne concernent que le nombre des pièces,
leur poids et leur richesse, qui sont en rapport avec
la dignité de l'église. Cette fixité est très naturelle, car
toute église, pour pouvoir fonctionner, a besoin d'un ser-
vice de vaisselle sacrée dont le type est fourni par les
exigences de la liturgie eucharistique 2 .
Nos catalogues nous donnent toujours les pièces sui-
vantes :
i° La patène, généralement unique; quand elle ne
l'est pas, il y en a une plus précieuse : les autres ne
sont que des pièces de rechange; à en juger par son
poids, c'est un plat de grandes dimensions ; il sert à la
communion del'évêque et de ses assistants 3 .
2° Le scyphns, lui aussi assez souvent unique ; s'il y
en a plusieurs, la pluralité s'explique, soit par le besoin
de rechange, soit par l'insuffisance d'un seul vase à
contenir tout le vin delà consécration. Dans les grandes
basiliques, l'un au moins des scyphi est d'un métal plus
précieux que les autres, d'or au lieu d'argent, ou dé-
coré avec plus de richesse. Quelquefois, par exception,
ce vase sacré est désigné par le nom de calice, ordinai-
rement réservé au type suivant.
3° Les calices ministérielles, de faible dimension et
d'une contenance à peu près équivalente à celle des ca-
lices actuels ou des verres à boire. Ces calices sont le
plus souvent en argent et toujours en assez grand nom-
i. Le catalogue des biens immobiliers ne fait défaut que pour
l'oratoire de Sainte-Félicité et pour la basilique de Saint-Laurent
majeur.
2. Ceci, on le conçoit, ne s'applique pas au baptistère Gonstan-
tinien; le mobilier liturgique d'un baptistère ne peut être le même
que celui d'une église.
3. L'Ordo Romanus suppose que les oblatae ou hosties consacrées
pour la communion du peuple sont rompues, non point sur des
patènes, mais dans des sacs (sacculi), de toile probablement. On ne
marque pas expressément que ces mêmes sacs servent à transpor-
ter les fragments de pain consacré jusqu'à l'endroit où le peuple
communie; mais cela résulte de l'ensemble de la description de la
cérémonie.
bre ; dans les tituli ou églises paroissiales on en trouve
au moins cinq ; ce chiffre s'élève à- quinze, vingt et
même cinquante dans les grandes basiliques. Ce sont
ces vases qui servaient à la communion des fidèles sous
l'espèce du vin.
4° Les amae, également moins précieuses que les
scyphi, mais d'une contenance plus grande. On en
trouve au Latran qui contiennent un médimne (52 li-
tres i/2) et même trois médimnes. Ces récipients pa-
raissent avoir été destinés à recevoir les oblations de vin
que présentaient les fidèles. Ils diffèrent essentiellement
des amulae, sorte de petites burettes, dans lesquelles
les personnes présentes au saint sacrifice apportaient le
vin qu'elles offraient. Ces amulae appartenaient aux
fidèles ; une fois que le diacre en avait versé le contenu
dans un scyphus ou une ama, il la rendait à son pro-
priétaire. Aussi ne les voit-on jamais figurer sur nos
listes.
5° Moins régulièrement, mais assez souvent, on trouve
un autel [altare) en métal précieux. Cet autel est tou-
jours unique, sauf pour la basilique Constantinienne où
il y en a sept et où les scyphi sont également au nom-
bre de sept, sans compter un scyphus d'une richesse
spéciale. Mais la basilique Constantinienne était l'église
épiscopale, cathédrale ; il est naturel que son service
de vaisselle sacrée ait été établi en vue d'une assistance
plus considérable que celui des autres églises, et aussi
d'après des exigences liturgiques particulières.
Outre ces pièces essentielles et que, sauf lacunes, on
retrouve partout, il faut signaler des vases d'un usage
moins commun, les métrètes, qui semblent avoir été
destinés à recevoir les provisions d'huile pour les lampes
sacrées; leur capacité s'élève jusqu'à dix médimnes,
525 litres ; le thymiamaterium, brûle-parfums, encen-
soir fixe ; Yaquamanile, ou lavabo ; celui-ci ne se ren-
contre pas dans les énumératîons les plus anciennes,
celles qui ont rapport à des fondations du quatrième
siècle.
On a marqué avec moins de régularité les ustensiles
sacrés de la liturgie baptismale ; cependant on trouve la
pelvisadbaptismum, la conca, le cervus fundensaquam,
\àpalena chrismalis, etc.
Après la vaisselle liturgique viennent les lampes,
lustres, candélabres, destinés à l'éclairage de la basili-
que ou à l'entretien des lumières sacrées dans les sanc-
tuaires. Il y a ici, naturellement, plus de diversité que
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dans les listes de vases liturgiques; aucune règle, au-
cune nécessité de culte ne prescrivent le choix et le
nombre des pièces. C'est à cette lampisterie sacrée que
se rattache le second catalogue, celui des dons immo-
biliers : le revenu des fonds de terre, maisons, édifices
divers, est spécialement affecté à l'entretien du lumi-
naire de l'église. Ceci est marqué expressément, pour la
basilique Constantinienne, par les mots constituit in
servitio luminum. On doit, mesemble-t-il,sous-entendre
une formule de ce genre au môme endroit, dans les
autres listes. Du reste, il n'est pas douteux que le trai-
tement des clercs de chaque église, ainsi que l'entretien
et la réparation des édifices sacrés ne fussent payés sur
des revenus distincts de ceux qui étaient attribués au
luminaire. Les basiliques de Saint-Pierre et de Saint-
Paul possèdent encore, l'une le bronze, l'autre le mar-
bre original de deux chartes, l'une de Grégoire II, l'autre
de saint Grégoire le Grand, par lesquelles des fonds
spécialement déterminés sont affectés à la concinnatio
luminum dans les deux églises apostoliques.
Les fonds ainsi catalogués ne sont rattachés à aucun
des patrimoines de l'église romaine, et on le conçoit
très bien ; car, en admettant même que les immeubles
de l'église romaine aient été, dès le commencement
du sixième siècle, groupés en patrimoines régionaux,
comme au temps de saint Grégoire le Grand (ce qui est
possible, mais non pas démontré directement), les fonds
de nos listes échapperaient, par leur destination même,
à cette répartition. Ceci résulte clairement de la charte
donnée par saint Grégoire à propos du luminaire de
Saint-Paul : la massa Aquas Salvias que le pape veut
affecter à l'entretien des lampes de la basilique faisait
partie dupatrimoine de l'Appienne; Grégoire commande
au recteur de ce patrimoine de l'effacer de sa liste et
d'en faire la remise aux prévôts de Saint-Paul. Il n'y a
donc pas lieu de s'étonner qu'il ne soit point ici question
de patrimoines ! .
En revanche, nos listes indiquent le gisement et le
revenu de chaque terre ; le gisement est exprimé ordi-
nairement par le territoire de la cité à laquelle appar-
tient le fonds et le revenu est compté en solidi.
1. c Experientiae tuae praecipimus ut suprascriptam massam
Aquas Salvias... de brevibus suis delere debeat et auferre et cuncta
ad nomen praedictae ecclesiae b. Pauli apostoli tradere; quatenus
servientes sibi praepositi omni post hoc carentes excusatione de
luminaribus eius ita sine nostra studeant sollicitudine cogitare, ut
nullus illic unquam neglectus possit existere. » (Bp. xit, 4; Jaffé
1991).
Liber pohtificams.
LES FONDATIONS ET DOTATIONS D'ÉGLISES
80
CXLV
inscriptions ,
— Je reviendrai plus loin sur ces catalogues origine de ces
d'immeubles. Dès à présent nous pouvons nous poser s^çKôidw
la question d'origine. Où notre auteur a-t-il pu pren- inscnptio
dre ces détails si précis, classés avec tant de soin et de
régularité? Il ne peut être question ici ni de notoriété
publique, ni de tradition orale, mais de documents écrits
Parmi ceux-ci nous devons d'abord écarter les inscrip-
tions. Sans doute il ne manque pas d'exemples d'ins-
criptions gravées sur marbre ou sur bronze, affichées à
l'extérieur ou à l'intérieur des églises de Rome et con-
tenant des catalogues de fonds de terre; je viens d'en
citer deux, et j'y joindrai la Notitia fundorum iuris
tituli huius, que l'on voit dans l'église des SS. Jean et
Paul, ainsi que la charte de donation du pape Sergius I er
(687-701) en faveur de l'église Sainte-Susanne. Ces
deux documents ont été publiés et commentés par M. de
Rossi '.Mais d'abord aucune de ces quatre inscriptions,
les plus anciennes que l'on connaisse, ne remonte au
temps où le Liber pontifie alis a été écrit; ensuite il
semble que l'usage de l'épigraphie, pour des pièces de
ce genre, ne soit pas primitif. En effet, nous trouvons à
Sainte-Marie-Majeure 3 une charte de donation sans date,
mais dont la nomenclature et la terminologie appartien-
nent à la fin du vi* siècle, ou au siècle suivant. Or il est
expressément marqué que le texte en a été relevé sur
les documents authentiques et transporté sur marbre
bien longtemps après, sous le pape Grégoire IV (827-
844).
Ceci, sans doute, n'exclut pas absolument la possibi-
lité qu'il y ait eu, à Rome, dès le commencement du
sixième siècle, des inscriptions de ce genre, d'où notre
auteur aurait pu tirer ses informations. Mais nous avons
déjà constatéqu'ilneparaîtpas avoir accordé une grande
attention aux inscriptions, même les plus monumen-
tales et les plus solennelles. Il est donc peu probable
que les renseignements qu'il nous donne sur les dota-
tions immobilières soient le fruit de recherches épigra-
phiques. Celles-ci, du reste, ne lui auraient rien ou pres-
que rien fourni pour ses énumérations d'objets mobi-
liers. Ce qui est plus probable et même certain, c'est
qu'il aura tiré toutes ces indications de documents d'ar-
chives, de chartes de fondation et de dotation, où se
1. Bull., 1870, p. 83 et 113; 1873, p. 36 (Bianchini, Anast., t. I,
préface, n. 49; cf. De Rossi, Inscr. christ., t. H, p. 44; v. ci-dessous
le commentaire à la vie du pape Adeodatus).
2. Marini, dans Mai, Script, vet., t. V, p. 209; cf. Bianchini,
Anast., t. I, préface, n^ 47.
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mais de pièces
d'archives.
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trouvaient indiqués à la fois les biens fonds et le mo-
bilier liturgique.
81. — Que des pièces de ce genre aient existé de son
temps et en grand nombre, c'est ce dont il n'est pas
permis de douter. En voici un spécimen, que je crois
devoir citer ici en entier, car c'est le meilleur com-
mentaire que l'on puisse faire des donations du
Liber pontificalis, considérées dans leur ensemble. C'est
une charte de fondation et de dotation d'une église de
campagne, située dans les environs de Tivoli; elle a été
plusieurs fois publiée et tout dernièrement encore par
le regretté P. Bruzza *. Elle est datée de l'an 471 et si-
gnée par un FI. Valila qui et Theodorins, v. cet inl. et
cornes et magister utriusque militiac; ce même per-
sonnage possédait à Rome, sur l'Esquilin, une maison
splendide qu'il légua à l'église; le pape Simplicius la
transforma, avec peu de changements, en une basilique
sous le vocable de Saint- André ; cette fondation est mar-
quée dans le Liber pontificalis. Il serait donc 2 difficile, à
moins de retrouver les documents qui ont été dépouillés
par notre auteur, d'en produire un qui leur tienne de
plus près que la charta Corniitiana 3 .
i Exemplar authenticum chartae, unde colligcrc eam potui-
mus, ecclesiae Cornutiane,
•
videlicet ut divino ministerio subiecti compctentoin pos-
5 sint et de loco cui serviunt haberc substantiam ; illud quo-
que décorum putamus ut lurainaribus lemplum cottidie
divinae religionis ornetur et ingruentibus pro temporum
prolixitate[necessitatibus] sarto tecto rcparalioniquo sum-
ptu9 hoc nostro munerc conlatus déesse non possit. Quibus
1 authenta charta —4 ut] a — 5 substantia— 6 luminalibus —
8 artis tectum — suptus — 9 conlatos — quibus] qui
1. Suarez, Praeneste antiqua, p. U6; Doni, Inscr., p. 504; Mabil-
lon, De re diplomatica, p. 462; Bianchini, Anast., t. III, p. xxxi;
Bruzza, Regesto délia chiesa di Tivoli, p. 15-17, dans les Sludi e do-
cumenti di storia ediritto, t. I, Rome, 1880.
2. Je citerais de préférence la charte relative à Sainte-Marie-Ma
jeure dont j'ai parlé ci-dessus, p. cxlv; mais il ne s'en est malheu-
reusement conservé que la finale avec les signatures.
3. Le texte que je reproduis ici est, sauf mes propres correc-
tions, celui du P. Bruzza, dont l'édition a été faite d'après un car-
tulaire de l'église de Tivoli, actuellement aux archives du Vati-
can (armar. XIII, caps. v. n 1). Ce cartulaire est un manuscrit du
m» siècle. Les premiers mots Exemplar — Cornutiane appartien-
nent évidemment à l'auteur du cartulaire; ils nous apprennent
que le début de l'antique charte était ou détruit ou illisible et
qu'on n'a pu la recueillir (colligere) qu'à partir d'un certain endroit.
Je représente par une ligne de points cette lacune du commence-
ment. Dans le texte, j'ai reconstitué partout ladiphthongueaeetje
l'ai supprimée, au contraire, en tête du mot ecclesia, où elle se ren-
contre assez souvent; les autres variantes sont indiquées en note.
SOURCES.
rébus congruas procuramus expensas ut obsequium nos-
trum possit propitiationemdivinitatisraereri. Quaconside-
ratione permotus, largior tenore praesentis paginae eccle-
siae Cornulanensis massac, quao iuris nostri est, a me ipso
5 Dei favore et iuvamine constitutae atquc fundatac, fundum
Paternum maranus, fundum Mons Paternus, fundum Casa
Martis, fundum Végètes quod est Casa Proieclici et fundum
Batiiianum, excepta Sigillosa, filia Anastasii et Picae colo-
norum, quam iuri nostro retinuimus atque relinemus,
10 provincia Piceni, Tiburtiuo territorio conslitutos, pure et
directe, liberalitatis titulo possidendos, cum omnibus ad
se pertinentibus et cum omni iurc instructoque instru-
mente suo, sicuti ipse possideo, cum omni scilicet onerc
professionis suaevel necessitate quam certumest formensia
15 praedia sustinere.
Donamus etiam eidem ecclesiae solum in quo constituta
est cum area sua et [a] praedicti praetorii iure separamus
et ad faciendos hortos vel habitacula clericis custodibus-
que largimur, id est a cava arcus qui mittitur ad praeto-
20 rium, etdeinde per parietes qui contra praetorium redeun-
tes aream ecclesiae claudunt usque trans absidam ; et de
parietibus ipsis per sepem qui hortos inquilinorum qui in
praetorium commanent videtur munire, quae sepis descen-
dit et regammat ad viam cavam sive ad torum qui redit
25 usque ad arcum suprascriptum ; ut inter sepem et viam
cavam post absidam supradicti clerici hortos possint ha-
bere.
Praeterea eadem largitate ofTero fundos, id est fundum
Callicianum, Casa nova, Casa prati, Cusa marturi, Casa
30 Crispini, fundum Boaricum et Casa pressa, in provincia
Piceni, Tiburtino territorio constitutos, retento mihi usu-
fructu vitae meae, eidem ecclesiae calholicae proprietatem
huius epistolae largitione transscribens, ea lege et condi-
cione ut cum etiam fructus post obitum meum capere ce-
35 périt ac sibimet vindicare, non solum solemni modo
agnoscat fîscalium functionem, verum etiam propagatio-
nis formarum, prout ab omnibus dominis huiusmodi prae-
diorum dependi consuevit.
Impendo argenti quoque ad ornatum eiusdem ecclesiae
40 vel celebritatem suprascripti mysterii sacrosancti, in his
scilicet speciebus, id est patenam argenteam, calicem ar-
genteum maiorem I, calices argenteos minores II, urceum
argenteam I, amulam oblatoriam, colum, thimiamaterium,
farum cantarum argenteum cum catenis et delfjnis XVIII,
45 coronas argenteas IIII cum catenulis suis,stantareaargen-
tea ; etin confessione ostia argentea II cum clavi sua ; quae
1 congrua — 2 poscant propitiatione — 4 nostri est] nostrae —
5 iubamine — 6 maranus sic. — 8 Batilianus — Anastasi et Pice
— 10 Picini, Tyburtino — 13 honere — 14 qua — formesia —
16 solu — 18 ortos — 22 sepae — 24 regam ante — cabam —
redet — 25 via caba — 26 absida — 31 Picini, Tyburtyno — rete-
neo michi — 83 legem et condicionem — 35 solum solum solemp-
nem — 87 propagationi — prout] peracti — domini — 40 caele-
britate — 41 licet — patena argentea — calice — 42 maiore —
urcium — 43 amula — oblatoria — thimia matere — 44 faru
cantaru — cum] et — 46 ostea — sue
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omnes species adpensatae habont ad stateram urbicam ar-
genti pondo [libras] quinquaginta quattuor, uncias septem ;
faros aereos duo, babentes dclfmos octonos etper ber-
moras cantaros aereos maiores sex, minores XII, et lilia
5 aerea II et stantarea aerea II ; neenon et in palleis :
palleum olosiricum, agnafum, auroclavum I,
item palleum olosiricum, tetrafotum I,
mafortem tramosiricum rodomellinum aquilatum,
item mafortem teleocoporphyro tramosyricum, opus ma-
iO rinum,
item alium olosiricum luricatum palleum cassioticum,
item palleum lineura aquitanicum,
et alia pallea linea quatuor ;
et pro arcoru. velu tramosirica alba auroclava duo,
15 vêla blatlea auroclava paragaudata II,
vêla olosirica alba auroclava ortopluma II,
vêla tramosirica prasinopurpura II,
vêla tramosirica leucorodina II,
vcla tramosirica leucoporpbira II,
20 vêla olosirica coccoprasina duo ;
item alia paratura olosirica blattea ;
vêla auroclava ortopluma II,
vêla tramosirica aquilata coccoprasina duo,
vêla tramosirica elioblacta II,
•25 vêla loricata milinoporpbina uncinata II,
vêla olosirica blattea II,
vêla apoplacia coccuprasina cancillata rosulata II,
item vêla apoplacicia coccuprasina cantarata I ;
item alia paratura :
30 vêla linea auroclava clavatura quadras duo,
vêla linea auroclava paragaudata clavaturas rotundas II,
vêla linea paragaudata persica clavatura coccumellino pra-
sinas duo,
vêla linea paragaudata persica clavatura leucorodina duo,
35 item vêla linea paragaudata persica clavatura subtile leu-
corodina duo,
vêla linea blactosima paragaudata II,
vêla linea blactosima ortopluma II,
item vêla linea pura XI11I ;
40 item an te régi as basilicae :
vêla linea plumata maiora fissa numéro tria,
item vêla linea pura tria ;
ante consistorium, vélum lineum purum I ;
in pronao, vélum lineum purum I ;
45 et intra basilica, pro porticia, vêla linea rosulata VI ;
et ante secretarium vel corriccla, vêla linea rosulata pen-
silia aventia arcus II.
Item codices : evangelia MI, apostolorum, psalterium et
comitem.
— 3 frons — 5 erea (bis) — 6 molosiricum agnafu auroclabum
— 7 molosiricum — 8 maforcem — 9 mafor et — 11 molosiricum
— 12 linium — 15 blactea — baragaudata — 18 leocorodina —
19 lecoporflra — 20 coccopraxina — 21 blactea— 28 coccopraxina
— 25 lorica — 26 oblacta — 81 varagaudata et ita porro — 35
leocorodina (bis) — 41 vella — 46 pansila — 49 comité
lllud ante omnia mea cautione prospiciens ne mecum,
quod absit, observatio cultusque ecclesiae Cornutianensis
videatur occidere, ut legem et condicionem ponerem do-
nationi meae, ne umquam cuilibet antistitum presbitero-
5 rum sibimet succedenti um vel clericorum quicquani ex bis
praediis vel bortis vel speciebus argenteis seu vestibusco-
dicibusve a me supra designatis alienare in aliam quolibet
titulo umquam liceat, auteerte sub occasione cultus divini ad
al teri us ecclesiae ornatum qualicumque ex occasione trans-
10 ferre. Quod ctiam in his observari eadem condicione volo
quaefuturotempore fuerint provocationenostrae devotionis
adiecta, quoniam largitatis nostrae praesentis perpetuam
praefatae ecclesiae cupio pertinere substantiam. Quod si
quicquam de alienatione a me probibita fuerit forte tem-
15 ptatum, tune ego vel beres heredesve vel successor succes-
soresve mei vel qui illis deinceps successerint , uni-
versa quae buius donationis sunt tenore comprehensa ad
suum ius proprietatemque reducant; quoniam quod a nobis
cogitatione venerandae religionis oblatum est secundum
20 legem et condicionem posilam licere non débet cuicum-
que personae vel alterius ecclesiae vel praediis cuiuslibet
umquam deputare conpendio.
Hanc autem scripturam donationis Feliciano notariomeo
scribendam dictavi eique relectae a me sine dolo malo
25 manu propria subscripsi et gestis allegari propria voluntate
mandavi, adstipulantibusque venerabili viro presbitero
diaconibus universisque clericis memoratac ecclesiae de
omnibus supradictis spopondi, sub die XV kal. maiarum,
domno Leone perpetuo Augusto quater et Probiano viro
30 cl. console. Flavius Valila qui et Theodorius vir claris-
simus et inlustris et cornes et magister utriusque militiac,
buic donationi a me dictata et niihi relectae praediorum
omnium suprascriptorum, argenti et vestium, servata et in
perpetuum custodita lege et condicione quam eidem do-
35 nationi imposui, consensi et subscripsi, salvo scilicet mihi
usufructu suprascriptorum agrorum, quod supra cadem
mihi scriptura servavi.
1 omniam meam cautionem — 2 observanti occultusque — 3 ac-
cidere — ponere — 5 sivimet — succidentium — 6 ortis — co-
dicibusve]ne — 8 occausione — 9 hoccasione — 11 provocatio —
nostraejnos — 15 heredum suae — 16 successore suae — illi
— 17 donationi — tenere — 19 est] me — 20 lege et condicione
posita — 26 adst.jet st. — 28 sub die] subî — 29 domnu — quat
— et addidi — 30 Theodovius
En dehors de la description du terrain sur lequel est
fondée l'église, et des formules par lesquelles le dona-
teur définit ses intentions sur la propriété du sol et de
l'édifice, nous trouvons dans cette charte quatre ônu-
mérations différentes : 1° les fonds de terre affectés à
l'entretien de l'église, du luminaire et des desservants ;
I 2° les pièces de mobilier sacré, en métal précieux;
| a 3° les voiles et tentures en étoffes diverses ; 4° les livres
Analogies entre
ce document et le
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liturgiques. Le Liber pontificalis, dans les listes dont
nous nous occupons en ce moment, néglige perpétuel-
lement les deux dernières catégories d'objets et restreint
ses indications aux fonds de terre et au mobilier litur-
gique en métal précieux.
Cette restriction faite, il est inutile d'insister sur la
ressemblance entre les énumérations du Liber ponti/i-
calis et celles de la char ta Cornutiana. Ce sont les mô-
mes objets qui sont catalogués et dans les mêmes ter-
mes ; les diiférences que l'on remarque ça et la, s'ex-
pliquent par le fait que, dans la charte, il s'agit d'une
petite église rurale, tandis que le Liber pontifie alis s'oc-
cupe des plus célèbres basiliques de Rome. 11 y a aussi
plus de détails dans la charte ; elle énumère des objets
plus menus *, moins précieux que le Liber pontifical! s;
celui-ci , du reste, procède vraisemblablement par ex-
traits et néglige ce qui est de moindre importance. Mais
il y a entre ses notices sur les basiliques et le texte
de la charte un trait de ressemblance sur lequel je veux
appeler l'attention , c'est que ni dans l'un ni dans l'au-
tre, on ne trouve une description de l'édifice sacré. Un
historien ordinaire qui, en relatant ces fondations, se
serait proposé de relever la munificence des donateurs,
de Constantin, par exemple, n'aurait pas manqué d'in-
diquer bien d'autres détails que ceux que nous présente
le notice de Silvestre. Il aurait, pour chaque basilique,
ou pour les principales, à tout le moins, décrit l'atrium,
avec ses portiques et sa fontaine monumentale, la
façade, les portes, les colonnades intérieures, le trans-
sept, l'abside ; s'il avait voulu être plus complet, il n'au-
rait pas manqué de donner en gros les dimensions de
l'église, de parler de ses fenêtres, de ses mosaïques, pein-
tures et revêtements de marbres colorés. Depuis Eusèbe,
combien d'auteurs, en Orient et en Occident, nous ont
laissé des descriptions de ce genre ? Sans parler de Pru-
dence, de Paulin de Noie, de Sidoine Apollinaire, de
Grégoire de Tours, les itinéraires du septième siècle,
composés à l'usage des pèlerins, les recueils d'inscrip-
tions formés par ceux-ci, contiennent, sur la disposi-
tion des basiliques de Rome, sur leurs sanctuaires et
leur ornementation, plus d'un détail de grand prix. No-
1. C'est ainsi qu'on y trouve Yamula oblatoria, c'est-à-dire la bu-
rette destinée à l'offrande personnelle du prêtre, et le cotum, ou
passoire. Ces deux objets sont mentionnés dans VOrdo Romanus :
« Archidiaconus sumit amulam pontiûcis de subdiacono oblatio-
» nario et refundit super colum in calicem... » (Muratori, LU.
Rom., t. II, p. 982).
tre auteur, lui, ne s'intéresse qu'à ce qui est en or, en
argent ou en quelque autre matière précieuse. S'il men-
tionne çà et là des colonnes, c'est accidentellement,
dans des cas tout à fait spéciaux, comme dans sa des-
cription du tombeau de saint Pierre. Il parle plusieurs
fois des voûtes des absides (caméra basilicae), mais il
se garde bien de dire quels sujets y étaient représentés
en peinture ou en mosaïque ; ce qu'il sait à leur pro-
pos, c'est le poids du métal emnlové à les dorer. On
trouve bien çà et là quelques renseignements sur les
motifs de décoration, mais uniquement lorsqu'il s'agit
des pièces d'orfèvrerie et de leurs ornements en re-
lief.
Ce système est bien celui des livres de compte, des
inventaires, des chartes de fondation ; il n'a évidemment
rien à voir avec une narration historique, même mé-
diocrement conçue. L'auteur n'est pas un homme qui
s'inquiète de faire œuvre de ses documents : il se borne
à les transcrire.
Ce sont donc bien des documents d'archives et même
des documents relatifs à la fondation des églises
et à leur première dotation que nous avons sous les
yeux quand nous lisons ces énumérations du Liber
pontificalis. Du reste, au moment où celui-ci a été
écrit, le mobilier précieux des basiliques romaines avait
déjà subi des pertes considérables ; un grand nombre,
pour ne pas dire la plupart, des pièces d'orfèvrerie dues
à la libéralité de Constantin et autres donateurs du
quatrième siècle avaient disparu dans le butin d'Alaric
et de Genséric. Le Liber pontificaiis lui-même en fait
foi. Ainsi, dans la notice de Célestin (422-432), il nous
montre ce pape reconstituant post ignem Geticum le
mobilier sacré de la basilique de Jules. Sous le pape
Xystus III (432-440), l'empereur Valentinien III renou-
velle le fastidium (baldaquin) de l'autel de la basilique
Constantinienne, quod a bar bar is sublatum fuerat. Il
s'agit ici de ce magnifique monument d'orfèvrerie qui
est décrit dans la vie de Silvestre parmi les dons de
Constantin. Après le passage de Genséric, post cladem
Vandalicam (455), le pape Léon se voit obligé de rem-
placer les vases sacrés de tous les titres paroissiaux : à
cet effet, il envoie au creuset six grands vases d'argent
(hydriae) appartenant aux basiliques du Latran, de Saint-
Pierre et de Saint-Paul. Ces vases ne sont autres que
les métrètes mentionnés dans la vie de Silvestre.
A côté de ces exemples spécialement attestés, que
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LES FONDATIONS ET DOTATIONS D'ÉGLISES.
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d'autres disparitions et transformations ont dû se pro-
duire entre le temps de Constantin et le règne de Théo-
doric! Réduit à se renseigner sur les lieux, à compter,
à examiner lui-même la vaisselle sacrée des églises, ou
à transcrire les états que Ton devait en avoir, notre
auteur n'aurait certainement pas été à même de se
procurer les indications qu'il nous donne dans les no-
tices de Silvestre, Marc, Damase, Innocent, etc.
82. — Venons maintenant aux fonds de terre. Il y a
d'abord une observation générale à faire sur les listes
que le Liber pontificalis nous en a conservées ; c'est
que les fonds y sont presque toujours marqués au no-
minatif, bien que la liste entière soit précédée d'un
verbe comme dédit, obtulit. Les copistes ont cherché
à corriger cette anomalie, mais ils ne sont point par-
venus à la rendre méconnaissable. Ceci montre bien
que nous avons affaire à un texte préexistant, qui a
été inséré tel quel, ou à peu près, dans le Liber pon-
tificalis, et non point à une rédaction exécutée exprès
pour celui-ci et par son auteur.
Les biens ainsi catalogués sont appelés massae, fundi,
possessiones, agri. Le fundus paraît être une subdivision
de la massa, ou du moins un de ses éléments : plusieurs
fanai forment une massa. Ce dernier terme désigne un
ensemble de pièces de terre réunies dans une même
mouvance d'exploitation. Les mots possessiones, agri,
le premier très fréquemment employé, ont une signi-
fication moins précise. Il est à remarquer que l'usage
de ces termes et, en général, le libellé des listes,
éprouve quelques variations en passant d'une église à
une autre. Ainsi, pour le Latran, basilique et baptis-
tère, ainsi que pour le titulus Eqnitii, ce sont les mots
de massa et de fundus qui dominent ; ager revient plu-
sieurs fois dans la liste de Sainte- Agnès ; possessio est
plus fréquent dans les autres. Il y a d'autres particula-
rités : le gisement des propriétés est ordinairement mar-
qué par la formule in territorio, mais pour les basili-
ques de Saint-Pierre, de Saint-Paul, de Sainte-Croix, on
trouve l'expression sub civitate, qui revient au même.
En dehors des formules, on peut remarquer une cer-
taine relation entre la situation des fonds et celle de la
basilique. Ainsi, autant qu'on peut les identifier, les
fonds de Sainte-Agnès se trouvent presque tous sur la
voie Nomentane ou dans la région de la voie Salaria
qui est le plus rapprochée de la basilique ; de même
ceux de Saint-Laurent se trouvent près de la voie Ti-
burtine ; la basilique des SS. Pierre et Marcellin,près de
laquelle se trouvait le mausolée de sainte Hélène, pos-
sède un terrain voisin de la porte Sessorienne et du pa-
lais Sessorien, résidence de cette impératrice; de même
la plupart des fonds de l'église d'Ostie sont indiqués
aux environs de cette ville , ceux de l'église d'Albano
sur les flancs de la montagne albaine, ceux de Capoue
en Campanie; enfin, parmi les propriétés des églises de
la ville, comme celles d'Equitius, de Vestina, de Sainte-
Marie, on voit figurer des maisons, jardins, bains, bou-
langeries, situés dans leurs voisinages respectifs.
En général, les propriétés, quand elles ne se trouvent
pas dans les environs de Rome, appartiennent à des
pays situés dans la basse Italie et la Sicile. Cependant
le baptistère de Latran possède tout un groupe de fonds
africains, une propriété dans l'île de Gaulos (Gozzo, près
de Malte), une autre vraisemblablement dans l'île de
Céphalonie. Les fonds attribués aux basiliques de Saint-
Pierre et de Saint-Paul ont ceci de particulier qu'ils se
trouvent tous compris dans les provinces orientales de
l'empire, depuis la Cilicie jusqu'à l'Egypte. Peut-être
notre auteur, jugeant à propos de faire un choix, se
sera-t-il borné à celles-là, en omettant les autres. Tou-
jours est-il que, pour la basilique de Saint-Pierre, il
marque expressément la rubrique de provenance : Per
diocesem Orientis, sous laquelle il range des propriétés
sises :
à Antioche, in civitate Antiochia,
dans la banlieue d' Antioche, sub civilatem An-
tiochiam,
dans la banlieue d'Alexandrie, sub civitatemAlexan-
driam y
en Egypte, joer Aegyptum, sub civitatem Armenia i ,
auprès de Cyr, in provincia Euphratense, sub ci-
vitate Cyro.
Cette distribution est fort remarquable. On va d' An-
tioche à Alexandrie, d'Alexandrie en Egypte, d'Egypte
dans la province Euphratésienne, au nord d' Antioche.
La distinction entre Alexandrie et l'Egypte est bien
conforme à ce que nous savons des usages de ce pays 2 :
à elle seule une telle distinction suffirait à montrer que
1. Ce nom de ville est sans doute estropié; je ne puis le retrou-
ver tel quel dans les listes géographiques relatives à l'Egypte.
2. Lumbroso, YEyitto al tempo dei Grecie dei Romani, Rome, i #82,
p 64-10.
gisement , pro-
priétés orientales.
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Redevances en
Sroduits exo-
ques.
nous avons affaire ici à des renseignements provenant
d'une bonne source. Mais ce qu'il y a de plus impor-
tant c'est que, dans cette énumération géographique,
l'Egypte nous apparaît comme une partie du diocèse
d'Orient, tout comme la Syrie Cœîe et l'Euphratésienne.
Or ce groupement administratif avait cessé, nous le
savons avec certitude, en 386, car le catalogue des pro-
vinces de Polemius Silvius, rédigé en cette année, pré-
sente l'Egypte comme formant un diocèse spécial, dis-
tinct de celui d'Orient, et cette situation ne fut pas mo-
difiée depuis. La liste du Liber pontificalis dépend
donc ici d'un document rédigé au plus tard sous l'em-
pereur Gratien et qui peut facilement remonter un demi-
siècle plus haut.
Les fonds attribués à la basilique de Saint-Paul sont
aussi tous compris dans les limites du diocèse d'Orient;
on en trouve un auprès de Tarse, trois dans le voisi-
nage de Tyr, trois en Egypte : mais la rubrique per
diocesem Orientis n'est pas marquée. Du reste, notre
compilateur a ici une tendance évidente à l'abrévia-
tion.
Un trait caractéristique de ces propriétés orientales
des deux églises apostoliques, c'est que, outre un re-
venu en argent monnayé, exprimé en solidi, elles rap-
portent en nature divers produits rares et recherchés
dont rénumération n'est pas sans intérêt : du papier,
du lin, du nard, du baume, de l'huile de Chypre, de
la myrrhe (stacté), du storax d'isaurie, du poivre, du
safran, de la cannelle, des clous de girofle. La plupart
de ces produits ne peuvent être considérés comme in-
digènes des localités où se trouvaient les biens fonds
en question. Les clous de girofle venaient des îles
Moluques; le poivre, la cannelle, le nard, de l'Inde; la
myrrhe, d'Arabie ou d'Abyssinie; le papyrus ne crois-
sait qu'en Egypte ; le baume ne se récoltait que sur les
bords du Jourdain. Mais les pays orientaux, la Syrie et
l'Egypte, étaient plus à portée que les autres provinces
de l'empire de se procurer, par le commerce et l'é-
change de leurs denrées, ces matières précieuses, si
recherchées dans les grandes villes. On ne voit guère à
quel usage liturgique pouvaient servir plusieurs de
ces produits, le poivre, le safran, la cannelle, les clous
de girofle. Les administrateurs des basiliques devaient
les mettre dans le commerce local ; et c'est une chose
assez intéressante que de voir les églises vénérées des
apôtres Pierre et Paul servir d'intermédiaires, pour le
commerce des épices, entre l'Orient le plus lointain,
l'Indoustan, Ceylan, les îles de la'Sonde, les Moluques,
et l'Italie latine avec tous ses tributaires occidentaux.
Ceci n'est, du reste, qu'un épisode dans l'histoire du
grand commerce pendant le moyen âge, en un temps
où les principaux marchés, les foires œcuméniques, se
tenaient à l'occasion des fêtes des saints et à l'ombre
de leurs églises.
Indépendamment de l'échange qui pouvait en être
fait, ces précieuses denrées étaient souvent employées
comme cadeaux entre grands personnages. Saint Gré-
goire le Grand envoie à un de ses correspondants f de
l'aloès, de l'encens, du storax, du baume, sanctorum
martyrumeorporibus offerenda; au milieu du huitième
siècle, nous voyons un diacre romain, Gemmulus, en-
voyer à saint Boniface, l'apôtre de l'Allemagne, un pré-
sent de quatre onces de cannelle, deux livres de poivre,
quatre onces de costus et une livre de cozumbre. Vers
le même temps, Eadburge, abbesse du monastère
de Thanet, recevait du diacre Lullus, le futur évo-
que de Mayence, un cadeau de storax et de can-
nelle (cinnamonum) 2 . A une époque plus rappro-
chée de celle que nous considérons, en 408, la ville de
Rome paya pour sa rançon au roi des Goths, Alaric,
outre une somme d'or considérable, trois mille livres
de poivre 3 . Il est possible que les églises apostoliques
aient aidé à former la quantité exigée pour cette con-
tribution en nature.
Ce n'est pas seulement dans les catalogues afférents
aux églises de Saint-Pierre et de Saint-Paul que l'on
trouve des détails d'une touche spéciale et d'une pro-
venance évidemment antique. L'un des fonds de la
basilique de Saint-Laurent sur la voie Tiburtine ,
celui-là même sur lequel elle s'élève, est dit avoir été
confisqué pendant la persécution, quod fiscus occupa-
verat tempore persecutionis. Le revenu d'une autre
terre de la même liste, et qui, apparemment, n'appar-
tenait pas tout entière à la basilique, est indiqué par
la formule singulière praestans nomini Christianorum.
Cette mention de la persécution, sans que le nom de
l'empereur persécuteur soit exprimé, ne me parait
guère conforme au langage du v° siècle, ni même du
déclin du siècle précédent. Quant au terme nomen
1. Ep. ix, 52.
2. Jaffé, Monumenta Moguntina (Bibl., U III), p. 156, 214.
3. Zosime, HùL, v» 41.
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Chris tianorum pour désigner la communauté ecclé-
siastique de Rome ou sa caisse, il est plutôt antérieur
que postérieur à la persécution de Dioclôtien. Il semble
signifier ici que le terrain en question avait d'abord
fait partie des biens indivis de l'église romaine avant
de recevoir une affectation spéciale et d'être destiné à
l'entretien des lampes de Saint-Laurent. Ce doit être
l'un de ces biens ad ius corporis eontm (Christiano-
rum), id est ecclesiarum, non homimtm singulorum
perlinentia, que les empereurs Constantin et Licinius
firent restituer aux chrétiens par l'édit de Milan *.
A propos de l'église d'Albano, qui figure aussi parmi
les fondations de Constantin, il est dit que cet empereur
donna à la communauté chrétienne de cette localité
omnia sceneca déserta vel domos civitalis in urbe Al-
banense. Ces sceneca et ces maisons ne sont autres que
les baraques et autres habitations occupées antérieure-
ment par les soldats de la II e légion Parthique et leurs
familles. Cette légion"Jut installée par Septime Sévère
dans l'Albanum ou villa albaine appartenant aux empe-
reurs. Elle y resta jusqu'au déclin du m siècle ou
même jusqu'au commencement du iv e ; en tout cas
elle n'y était plus au temps de Julien (361-363) 2 . Des
édifices comme ceux dont il est ici question ne sont pas
de ceux qui se conservent longtemps quand ils cessent
d'être habités ; pour qu'on en ait pu faire cadeau à une
église, il faut que leur abandon ait été de date récente.
Ceci encore nous reporte aux temps constantiniens.
83. — Il reste maintenant à dire dans quelle me-
sure et avec quelle fidélité notre auteur a reproduit son
document, dans les parties pour lesquelles il a jugé bon
d'y recourir.
Que l'on jette un coup d'œil sur l'article relatif à la
basilique Constantinienne : on sera étonné de l'abon-
dance et de la précision des détails, ainsi que de l'ordre
parfait dans lequel ils sont présentés. L'énumération
commence par la plus grosse pièce, le baldaquin de
l'autel majeur ; nous en connaissons non seulement la
matière et le poids, mais la décoration elle-même,
avec le nombre des personnages, leurs dimensions ,
leur groupement , leurs attitudes , l'orientation des
scènes par rapport à celle de la basilique ; on nous dit
que la voûte intérieure de cet édifice d'argent est de
1. Laotance, De mort, persec, 48; Eusèbe, Hist. eccl. t ix, 10; jc, 5.
2. Henzen, dans le C. I. L., t. VI, p. 192; De Rossi, Bull., 1869,
p. 17.
l'or le plus pur, qu'un lampadaire, également d'or, est
suspendu au-dessous, par des chaînes dont le poids est
indiqué, que ce lampadaire est accompagné de quatre
couronnes du même métal. L'auteur marque la do-
rure de l'abside, puis il passe à l'autel, ou plutôt aux au-
tels, car il y en a sept au Latran ; à propos des autels
on énumère toute la vaisselle liturgique, en ayant soin
de donner la capacité des plus grandes pièces, les amae:
Alors sous la rubrique Ornamentum in basiiica y on dé-
taille tous les lampadaires de l'église ; d'abord deux
fara canthara, l'un d'or, l'autre d'argent, qui sont dis-
posés devant l'autel, puis ceux qui éclairent la grande
nef (gremium basilicae), la nef de droite, la nef do
gauche ; puis des candélabres porte-cierges ; enfin
d'autres candélabres, au nombre de sept, placés un
devant chaque autel ; on n'oublie pas dans ce chapitre
les métrètes, grands récipients destinés sans doute à
contenir l'huile des lampes ; on a même soin d'indiquer
que telles lampes sont alimentées par une huile odori-
férante spéciale. Enfin vient l'énumération des fonds
de terre, rattachée à celle des lampadaires par la for-
mule quibus constituit in servitio luminam.
L'ordre, la précision, l'abondance se retrouvent quand
on passe de la basilique à son baptistère, même quand
on se transporte du baptistère de Latran à la confession
de saint Pierre et à la basilique Vaticane. Cependant
il y a ici, dans l'énumération des pièces d'orfèvrerie,
un commencement de confusion. Arrivé à Saint-Paul,
l'auteur, apparemment fatigué de ces détails, com-
mence par les supprimer entièrement et entame tout
de suite le catalogue des fonds de terre. Puis il se re-
prend, et, à la ligne suivante, il marque sommairement
que Constantin a doté la basilique de la voie d'Ostie
des mêmes vases en métal précieux que celle du Va-
tican et qu'il a placé une croix d'or sur le tombeau de
saint Paul, comme sur celui de saint Pierre ; il continue
ensuite son catalogue de possessiones. Voici une pre-
mière manifestation de la tendance à abréger. Pour
les autres basiliques, ne pouvant se tirer d'affaire par
une assimilation du même genre, il indique les pièces
d'orfèvrerie, mais sans plus s'arrêter à décrire le fas-
tidium, déjà négligé à Saint-Pierre, sans parler de la
caméra basilicae, sans donner la distribution des lam-
padaires entre les diverses parties de l'église, ni, sauf
des cas très rares, la qualité de l'huile affectée à cha-
cune de leurs catégories ; les formules qui reliaient les
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Provenance des
catalogues copiés
par l'auteur du
L. P.
diverses parties de la liste, dans l'article du Latran,
sont désormais supprimées; en un mot, tout indique un
homme pressé, préoccupé de simplifier sa besogne.
Je crois donc en somme que, ni pour le nombre des
chartes de fondation qui ont été ainsi dépouillées, ni
pour la teneur de chacune d'elles, nous n'avons ici une
reproduction complète du document dont l'auteur du
Liber pontificalis a pu disposer.
84. — Maintenant, où notre auteur a-t-il pu se pro-
curer les documents authentiques et anciens d'où déri-
vent ses énumérations? Je ne pense pas que ce soit
dans les archives du siège apostolique. Il parle, il est
vrai, assez souvent de Yarchivium ecclesiae Romanae ;
mais nous avons reconnu, à la façon dont il se sert des
lettres pontificales, qu'il paraît avoir vu ce dépôt plutôt
du dehors qu'en dedans. Du reste, il n'est pas sûr
que les titres particuliers des basiliques y fussent dépo-
sés. Aurait-il pris la peine de se renseigner auprès des
prévôts et des prêtres titulaires de chacune des églises
et de consulter leurs archives particulières ? Ceci serait
bien extraordinaire de sa part : il ne nous a pas dispo-
sés à lui attribuer des recherches si longues et si mi-
nutieuses.
Pour sortir de cette incertitude, je m'attacherai d'a-
bord à la disposition spéciale des donations contenues
dans la notice de Silvestre, celle de toutes qui en con-
tient le plus.
Après avoir parlé de la conversion de Constantin, de
son baptême et de sa guérison miraculeuse par saint
Silvestre, le biographe raconte que ce pape fonda à
Rome un titre paroissial dans le nom d'un prêtre ap-
pelé Equitius, qui avait fourni le terrain. Puis vient
l'énumération des vases sacrés et des fonds de terre
attribués à cette église. On passe ensuite aux conciles
célébrés sous Silvestre et à ses décrets sur la discipline,
et la finale habituelle des notices commence, par le
compte des ordinations. A cet endroit, la trame s'in-
terrompt ; au lieu de terminer tout de suite par l'indi-
cation de la sépulture et de la vacance, le biographe
entame une. longue énumération des basiliques fon-
dées par Constantin : Huius temporibus fecit Cons-
tantinus Augustus àasilicas istas quas et ornavit. Ce
sont :
La basilique Constantinienne, avec son baptistère,
La basilique de Saint-Pierre,
La basilique de Saint-Paul,
La basilique Sessorienne,
La basilique de Sainte-Agnès avec son baptistère,
La basilique de Saint-Laurent,
La basilique des SS. Pierre -et-Marcellin , avec le
mausolée d'Hélène,
La basilique des SS. Pierre, Paul et Jean, à Ostie,
La basilique de Saint-Jean-Baptiste, à Albano,
La basilique des Apôtres, à Capoue,
La basilique de Naples, avec un aqueduc et un fo-
rum, dans la même ville.
Ici, le titulus Equitii reparaît, avec une nouvelle do-
nation, attribuée cette fois à Constantin lui-même et
non à Silvestre. Les pièces d'orfèvrerie sont presque
toutes identiques à celles de la donation du commence-
ment ; en revanche, la plupart des fonds de terre ont
des noms différents. Après cette dernière énumération,
les ordinations sont répétées et la notice se termine par
la sépulture et la vacance du siège.
Cette disposition éveille d'abord un soupçon, c'est
que toute cette description des fondations constanti-
niennes a été ajoutée après coup, la notice étant déjà
rédigée. Elle se présente, en effet, à l'endroit qui lui
convient le moins, en dérangeant l'ordonnance régulière
de la finale; sa place naturelle était après le récit du
baptême de Constantin, précisément là où nous trou-
vons la fondation du titulus Equitii *. On ne voit pas
non plus pourquoi les ordinations auraient été enregis-
trées deux fois si la rédaction avait été exécutée d'un
seul jet, suivant la forme habituelle. Enfin, et ceci est
encore plus grave, la pièce intercalée ainsi à une place
et d'une façon insolite paraît avoir eu d'abord une exis-
tence indépendante, sans rapport spécial avec les vies
des papes. Il y est en effet question de plusieurs églises
en dehors de Rome, celles d'Ostie, d' Albano, de Capoue
et de Naples. Ces deux dernières villes surtout, en ce qui
regarde la fondation de basiliques intra muros 2 , n'a-
vaient rien à voir avec le pape ; il serait inconcevable que,
dans une énumération des actes de Silvestre, on lui
eût attribué la construction d'églises si éloignées de
Rome, et cela devient plus extraordinaire encore quand
1. Mais celle-ci est loin d'être primitive. La première édition ne
la contenait pas, tandis qu'eUe a fini par comprendre toutes les
autres fondations constantiniennes.
2. Dès la fin du v* siècle, les églises rurales ne pouvaient être
fondées, dans le diocèse suburbicaire, sans l'autorisation du pape;
mais il s'agit ici d'églises de ville, pour lesquelles cette autorisa-
tion n'était pas nécessaire.
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on réfléchit qu'à Naples il est question d'un forum et
d'un aqueduc de huit milles de long. Mais ce n'est pas à
Silvestre que ces fondations sont attribuées, c'est à
Constantin. Dans toutes ces donations, sauf celle du
titulus Equitii, c'est Constantin qui intervient comme
fondateur et donateur. Silvestre n'est nommé qu'une
ou deux fois, comme ayant suggéré la fondation (ex
suggestione Silvestri episcopi) de Saint-Paul et peut-
être de Saint-Pierre.
Il résulte de ceci que notre compilateur a eu sous les
yeux un document où étaient cataloguées les libéralités
de Constantin à l'égard de l'église romaine et de plu-
sieurs autres églises d'Italie. Ce document avait été ré-
digé d'après des pièces authentiques et probablement
d'après les actes de fondation.
Outre les donations de la notice de Silvestre, ce libel-
lus a pu contenir aussi celles de la notice de Marc, où
l'on fait encore intervenir Constantin comme donateur
et le pape comme solliciteur : Ex huius suggestione
obtulit Constanlinus Augustus basilicae etc.
Mais on peut aller plus loin ; le libellus en question
contenait d'autres donations que celles de Constantin.
On trouve en effet, dans la notice de Silvestre, après la
liste des vases sacrés et des fonds de terre offerts par
Constantin à l'église d'Ostie, une autre énumération
comprenant une couronne d'argent, un calice et une
ama du môme métal, puis quatre propriétés, le tout
donné par un certain Gallicanus * : Item dona quae ob-
tulit Gallicanus basilicae suprascriptae. Du moment
où notre document n'était pas consacré exclusivement
aux fondations constantiniennes, il n'y a, je crois,
aucun inconvénient à y faire rentrer les énuméra-
tions que contiennent les notices de Damase, d'In-
nocent et de Xystus 111. Ces énumérations présen-
tent la môme disposition et le même style que les pré-
cédentes; elles dérivent comme elles de documents
authentiques, et ceux-ci même s'y trouvent parfois
cités. Ainsi, dans la notice d'Innocent, où la fondation
du titulus Vestinae tient une si grande place, on se ré-
1. La passion de saint Gallican (Acta SS. iun., t. VII, p. 34.) qui
forme le début de celle des saints Jean et Paul, parle des fonda-
tions charitables de Gallicanus à Ostie et mentionne même les
quatre fonds de terre donnés par lui à l'église du lieu ; mais cette
histoire parait avoir été rédigée après le Liber pontificalis et s'en
être inspirée ici. On ne peut donc rien en tirer pour déterminer
l'identité ou tout au moins la date du GaUicanus, bienfaiteur de
l'église d'Ostie, dont les libéralités avaient été enregistrées dans
notre document.
Liber pontificalis.
fère, en termes exprès, au testament de la fondatrice.
Soit que le document en question fût moins complet
après Xystus III, soit que notre auteur, comme cela de-
vait lui être assez naturel, se fût promptement lassé de
le transcrire, on ne retrouve plus, depuis saint Léon,
aucune de ces énumérations complètes, embrassant à la
fois le mobilier sacré et les biens fonds. En revanche,
dans les notices d'Hilaire, de Symmaque, d'Hormisdas,
on voit apparaître d'autres indications sur l'ornementa-
tion des autels et des oratoires, des croix, des arcades, des
confessions, etc. Un détail très important de la notice
d'Hilaire doit être relevé ici, c'est l'exécution d'un ser-
vice d'autel complet, destiné aux messes stationales.
Outre le calice ou scyvhus principal, en or, 'ce ser-
vice comprend 25 scyphi d'argent, per titulos, c'est-à-
dire apparemment en nombre égal à celui des titres,
25 amae et 50 calices ministériels. Ce service était dé-
posé dans la basilique Constantinienne ou à Sainte-
Marie; on le transportait, le jour de la station, à l'église
où se tenait l'assemblée liturgique : ministeria qui cir-
cuirent constitutas stationes.
En somme, au bout d'un certain temps, notre auteur
cesse de s'intéresser aux propriétés immobilières des
églises, mais il a toujours son attention éveillée sur
leur orfèvrerie. Il sait où on dépose celle qui n'a pas
d'attribution fixe ; il est informé des présents faits aux
églises par les papes et les souverains contemporains,
Clovis, Justin, Théodoric *. Pour les temps anciens il
peut se procurer des documents du meilleur aloi. Sans
doute il ne les reproduit pas intégralement et n'en tire
pas tout le parti possible et désirable; mais ils sont
à sa portée. De tout ceci il me paraît se dégager une
indication sur le lieu où il se renseigne. Nous trouve-
rons plus tard chez ses continuateurs une préoccupation
excessive des mêmes choses, jointe à une information
aussi sûre et bien plus complète. Quand on lit dans
les vies de Léon III, de Grégoire IV, de Benoît III, les
longues énumérations de vases sacrés , tapisseries,
etc., offerts par le pape aux églises et monastères de
Rome, on se sent transporté dans les bureaux du ves-
tararius sanctae sedis et en présence de ses registres
officiels. L'impression, pour être moins vive, est ce-
pendant analogue, à la lecture des notices d'Hilaire et
de Symmaque. Le plus ancien document certain qui
1. Voir les notices de Symmaque, Hormisdas, Jean I er .
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SOURCES.
soit resté sur ce domaine important de l'administration
pontificale est le récit du pillage du vestiarinm epis-
copii Laleranmsis, en 638, après la mort du pape Ho-
norius, dans la notice de son successeur Sévérin. Mais
ce vestiarinm devait exister depuis longtemps; quant
à moi je ne doute guère qu'il ne formât, dès le com-
mencement du Yi e siècle, une division spéciale dans
les services du palais apostolique et j'ai peine à croire
que les renseignements du Liber pontificalis, tant
ceux qui pouvaient provenir de relevés plus anciens
que ceux qui se rapportaient aux largesses les plus
récentes, ne proviennent pas de là.
§ vin.
LES ORDINATIONS.
Les chiffres des
ordinations sont
fictifs.
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85. — Il est difficile de croire qu'il n'y ait pas eu,
dans les bureaux du siège apostolique, un registre des
ordinations : ces actes étaient trop importants pour que
l'on ne cherchât point à en garder le souvenir par une
écriture officielle. Mais, d'après ce que nous avons déjà
vu plus d'une fois, il a existé, au temps de notre auteur,
bien des moyens d'information dont il n'a pu ou dont il
n'a pas voulu profiter. Quand même il serait démontré
directement que le registre des ordinations était tenu
d'une façon régulière ' et placé à sa portée , nous
n'aurions pas encore le droit de croire qu'il s'en est
servi. Du reste il n'est guère probable que ce registre,
s'il existait, remontât bien haut; la série des lettres
pontificales provenant des archives du saint-siège com-
mence assez tard ; on n'est nullement autorisé à affir-
mer que des documents aussi précieux aient été conser-
vés avec moins de succès que les procès-verbaux d'or-
dination.
Mais tout ceci importe peu ; que les registres d'ordi-
nations aient ou non existé, qu'ils aient été conservés
depuis une époque plus ou moins reculée, comme nous
n'en avons ni le texte, ni aucun extrait authentique, il
est impossible de chercher de ce côté un contrôle aux
i. Greg. M. Ep. ix, 52 : « De ordinationibus vero apostollcae se-
» dis pontificum, utrum post beatissimum Hormisdam aliqua sint
» addita, vestra charitas requirit. Sed usque ad Vigilii papae tem-
» pora expositas ordinationes praesulum esse cognoscas. » Ce
texte, un peu obscur, a été quelquefois interprété comme s'il y était
question des ordinations : il me paraît se rapporter à une caté-
gorie de décrets pontificaux qui auraient été l'objet d'une publi-
cation spéciale. On ne voit pas, en effet, s'il s'agissait des lettres
pontificales en général ou de leurs registres, pourquoi Grégoire
aurait parlé d'une prolongation arrêtée à Vigile. On a beaucoup
de lettres et de fragments de registres postérieurs à ce pape ; même
s'U s'agissait des ordinations, ce qui me parait inadmissible, il
n'y aurait pas eu lieu d'indiquer ce terme.
chiffres du Liber pontificalis. Ceux-ci doivent être étu-
diés en eux-mêmes ainsi que dans leur rapport avec les
usages romains et les données chronologiques relatives
à chaque pontificat.
En étudiant ces chiffres de près on en trouve quel-
ques-uns qui ont été évidemment marqués au hasard
et non pas d'après des documents. Je ne reviendrai pas
ici sur ce que j'ai dit relativement aux ordinations des
quatre premières notices '. Mais il y a des papes qui n'ont
siégé que peu de mois et qui cependant sont dits avoir
célébré plusieurs fois l'ordination de décembre; ainsi
Lucius et Xystus II n'ont vu ce mois, étant papes, qu'une
seule année; cela n'empêche pas qu'on leur attribue
deux ordinations ; Eusèbe et Marc, deux papes du iv e siè-
cle, n'ont même pas vu le mois de décembre, et pour-
tant on dit d'eux comme des autres : Hic fecit ordina-
tiones in urbe Roma per mensem decembrem ; Eusèbe
en fait trois, Marc deux. La notice de Cornélius ne lui
attribue, et encore dans la première édition seulement,
qu'une seule ordination, de huit prêtres, sans diacres
ni évêques ; or on a connaissance d'évêques ordonnés
par lui et l'on peut regarder comme certain qu'il dut
ordonner au moins un diacre, pour remplacer Nicos-
trate, tombé dans le schisme de Novatien 2 .
Voilà notre auteur pris en flagrant délit : ces fautes
si graves, ajoutées à tant d'autres du même genre qui
ont été déjà relevées, ne permettent pas d'avoir con-
fiance dans les autres chiffres d'ordination , au moins
pour les quatre ou cinq premiers siècles.
86. — Mais si ses chiffres sont fort suspects, ses for-
1. Ci-dessus, p. lxi, lxxh.
2. Lettre de Cornélius à Fabius d'Antioche, dans Eusèbe, H. E. t
vi, 53; saint Cyprien, ep. 52.
Exactitude d«
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LES SÉPULTURES ET ANNIVERSAIRES FUNÈBRES.
mules sont certainement d'accord avec les usages ro-
mains. En premier lieu, viennent les ordinations de
prêtres et de diacres destinés au service de l'église ro-
maine, in urbe Roma ; ces ordinations ne pouvaient
avoir lieu que les samedis des Quatre-Temps, le samedi-
saint et le samedi de la semaine appelée Mediana, pen-
dant le Carême, c'est-à-dire la veille du dimanche de la
Passion, comme on dit à présent *. Il paraît qu'à Rome
l'usage avait été d'abord de s'en tenir au seul samedi
des Quatre-Temps de décembre : le Liber pontificalis
rapporte presque toujours les ordinations au mois de dé-
cembre, per mensem decembrium ; ce n'est que depuis
Simplicius que Ton voit indiquer quelquefois le mois
GLV
de février, c'est-à-dire la première semaine de Carême.
Quant aux ordinations d'évêques, comme elles pou-
vaient se célébrer tous les dimanches, et qu'elles avaient
lieu en fait aux époques les plus différentes de l'année,
leur temps n'est pas marqué. Ces cérémonies avaient
lieu à Rome, comme les autres. La formule per diversa
loca qui sert toujours à introduire les ordinations d'é-
vêques, doit s'entendre des localités auxquelles étaient
destinés les nouveaux prélats, de même que les mots
in urbe Roma signifient non pas que l'ordination des
prêtres et des diacres s'est faite à Rome, mais que les
prêtres et les diacres ont été ordonnés pour y exercer leur
ministère '.
§ ix.
LES SEPULTURES ET ANNIVERSAIRES FUNEBRES.
Les tombes ponti-
icales au sixième
tiècle.
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87. — Les tombeaux des papes, au commencement
du vi e siècle, étaient loin d'avoir atteint la somptuosité
à laquelle ils parvinrent plus tard : c'étaient cependant
des monuments apparents et faciles à trouver. Installés
dans les principaux sanctuaires de la banlieue romaine,
ils attiraient journellement les regards delà foule pieuse
qui s'y pressait. Plusieurs jouissaient d'une vénération
spéciale : on les comptait au nombre des lieux de sta-
tion et de pèlerinage. C'est au Vatican qu'il y en avait
le plus. Dans l'atrium d'abord, et, plus précisément, dans
celui de ses portiques sur lequel s'ouvraient les portes
de l'église, on voyait une série de sarcophages pontifi-
caux, commençant par celui de saint Léon (f 461). Ce
fut là, pour longtemps, la nécropole préférée des papes ;
aussi ce portique reçut-il au moyen âge le nom de
por tiens pontificum. Les rangs finirent par y être assez
pressés ; mais au temps de notre auteur il n'y avait en-
core que six à huit papes enterrés en cet endroit. Outre
ce groupe d'assez fraîche date, on en connaissait un
autre, celui des plus anciens papes, jusqu'à Victor in-
clusivement, c'est-à-dire jusqu'à la fin du second siècle,
que l'on croyait avoir reçu la sépulture auprès de l'a-
pôtre Pierre, dans l'enceinte de sa memoria primitive,
1. Gélase, Ep. ad episcopos Lucaniae, c. 13 (Jaffé 636, Thiel, t. I,
p. 360); Liber diurnus, m, 9.
enclavée dans le sous-sol de la basilique du iv e siècle.
Au commencement du vi e siècle, ce vénérable sanc-
tuaire n'était plus accessible ; mais il paraît l'avoir été
pendant un certain temps, peut-être pendant un siècle
après la fondation de la basilique. C'est cet endroit que
notre auteur indique par l'expression iuxta corpus sancti
Pétri, dont il se sert pour les anciens papes, tandis qu'il
emploie, pour saint Léon et ses successeurs, l'expres-
sion ad beatum Petrum ou in basilic a beati Pétri.
Son témoignage sur cette nécropole primitive est,
je dois le dire, entièrement isolé -; tous ceux qui,
jusqu'à la fin du xvi e siècle, en ont parlé, ne l'ont fait
que d'après lui. Au siècle suivant, sous le pape Paul V,
les travaux de réédification de la basilique obligèrent de
1. Pour mieux accentuer cette distinction, j'ai marqué dans le
texte un point et virgule avant les ordinations d'évêques ; de cette
façon, la formule ordinationes in urbe Roma per mens, decemb. ne
s'étend pas à ces ordinations ; elle se restreint à celles des prêtres
et des diacres.
2. L'un des itinéraires du vu* siècle décrit ainsi la nécropole
pontificale du Vatican : «c Primum Petrus in parte occidentale ci-
» vitatis iuxta viam Gorneliam ad miliarium primum in corpore
» requiescit et pontificalis ordo excepto numéro pauco in eodem
» loco in tymbis propriis requiescit » (De Rossi, Roma sotl., t. I,
p. 141, 182). A la rigueur, ce texte pourrait dériver de la même
tradition que le L. P. et s'appliquer tant aux papes enterrés iuxla
corpus b. Pétri qu'à ceux qui reposaient dans l'atrium. Cependant
l'expression in tymbis propriis me semble désigner les sarcophages
que l'on voyait alors, isolés les uns des autres, dans l'atrium.
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Quelques fausses
indications dans
le L. P.
creuser assez profondément le sol autour de la confes-
sion de saint Pierre ; on y trouva plusieurs sarcophages
contenant des cadavres entourés de bandelettes; plu-
sieurs personnes crurent pouvoir y reconnaître les tom-
beaux des anciens papes indiqués par le Liber pontifi-
calis ; cependant, comme ces sarcophages étaient dé-
pourvus d'inscriptions, l'identification ne put être éta-
blie *.
Après la double nécropole de Saint-Pierre, c'est le
cimetière de Calliste qui contenait le plus de tombes
épiscopales; sauf l'exception de Calliste lui-môme, tous
les papes du 111 e siècle et deux autres, Eusèbe et Mil-
tiade, du commencement du iv°, reposaient soit dans
la crypte centrale dite de Saint-Sixte, soit dans des cryp-
tes voisines. Au iv e et au v e siècle il y eut un peu d'é-
parpillement. Les papes Marcellin, Marcel, Silvestre,
Libère, Sirice, Gélestin, furent enterrés au cimetière de
Priscille, le premier dans une crypte souterraine, les
autres 2 dans la basilique qui prit bientôt le nom de
Saint-Silvestre ; deux papes, Anastase et Innocent, repo-
saient sur la voie de Porto, dans le cimetière de Pon-
tien ; trois autres, Zosime, Xystus III, Hilaire, près du
tombeau de saint Laurent, sur la voie Tiburtine ; Jules,
au troisième mille de la voie Aurôlienne, auprès du
tombeau de Calliste ; enfin les papes Marc, Damase,
Boniface , Félix III, avaient des sépultures isolées:
les deux premiers sur la voie Ardéatine ; Boniface à
Sainte-Félicité, sur la voie Salaria; quant à Félix III,
on l'avait déposé à Saint-Paul, dans une sépulture de
famille 3 .
88. — Sauf le groupe des plus anciens papes, au-
tour de la tombe apostolique du Vatican, toutes ces sé-
pultures étaient d'accès facile, très fréquentées, ornées
d'inscriptions monumentales dont plusieurs sont venues
jusqu'à nous, soit en original, soit par d'anciennes co-
pies. Depuis le 111 e siècle les anniversaires des papes
étaient inscrits dans les calendriers, avec la désignation
du cimetière et de la voie où se trouvaient leurs tom-
beaux. Ceux-ci étaient donc aisés à reconnaître. Aussi
1. Torrigio, Le sacre grotte Vaticane, Rome, 1639, p. 61 ; Severano,
Le sette chiese, Rome, 1630, t. I, p. 120; De Rossi, Bull., 1864,
p. 50; 1816, p. 86; ci-dessous Ljnos, note 3; Silvestre, notes 61-67.
Les emplacements de ces sarcophages sont marqués sur le plan
des cryptes vaticanes de B. Drei (1635), raproduitdanslet.il,
p. 235, des Inscr. christ, de M. de Rossi.
2. Sur l'emplacement précis du tombeau de Libère, voir la no-
tice de ce pape.
3. De Rossi, Inscr. christ., t. I, p. 372.
les indications de notre auteur concordent-elles en gé-
néral avec celles que nous fournissent les monuments
existants, l'épigraphie, les itinéraires du vu" siècle et
la tradition liturgique. Il y a cependant désaccord sur
quelques points. J'ai montré plus haut qu'il a été plu-
sieurs fois induit en erreur sur l'histoire des papes par
des confusions faites avant lui ou par lui-même entre
certains papes et des saints homonymes. Ces confusions
l'ont entraîné à donner de fausses indications sur les
tombeaux d'Alexandre, Urbain, Félix I er et Félix II,
pour ne rien dire du cas de saint Clément, qui demeure
obscur. Il faut signaler aussi, en ce qui regarde la se-
conde édition, le déplacement d'Anicet et de Soter.
Dans la première édition, les tombeaux de ces deux pa-
pes sont indiqués régulièrement au Vatican, comme
ceux de leurs prédécesseurs et successeurs du second
siècle ; la seconde les transporte au cimetière de Cal-
liste. J'ai déjà signalé plus haut (p. lxi), la tradition
paléographique relativement à cette erreur. Quant à son
origine, il est difficile de l'indiquer. Non loin de l'ora-
toire de Saint-Sixte, on trouvait, au-dessus du cime-
tière de Calliste, l'oratoire de Sainte-Sotéris, martyre du
temps de Dioclétien. Une confusion de noms entre cette
sainte et le pape Soter est chose plus difficile à admet-
tre que l'identification de deux Urbains, par exemple,
ou de deux Félix. D'autre part, si cette confusion s'é-
tait produite, nous trouverions dans la notice de Soter,
outre l'indication du cimetière de Calliste, quelque for-
mule spéciale comme in crypta, in ajmiterio suo, pour
indiquer que la sépulture dont il parle ne se trouvait
pas à Saint-Sixte, dans le groupe principal des sépultu-
res des papes. Ce détail n'a point été négligé à propos de
Zéphyrin, de Cornélius, d'Eusèbe, de Miltiade, enterrés
moins loin de Saint-Sixte que le pape Soter ne l'aurait
été à Sainte-Sotéris. Il est donc invraisemblable que
l'erreur de la seconde édition provienne d'une confu-
sion entre le pape et la martyre. Quand môme d'ailleurs
on l'admettrait, il resterait encore à rendre compte du
cas d'Anicet pour lequel on ne trouverait pas d'expli-
cation analogue.
89. — La seule solution que je puisse proposer et
cela tout à fait conjecturalement, c'est que l'erreur pro-
vient d'un déplacement de lignes dans la table des tom-
beaux des papes, extraite de bonne heure du Liber pon-
tificatis et placée en tête de ses manuscrits, comme on
la trouve encore dans deux d'entre eux. J'ai déjà parlé
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de cette table ; je vais la donner ici, d'après le manus-
crit Parisinus 5140. Gomme la distribution du texte
en colonnes et en lignes a ici une grande importance,
je le reproduirai exactement tel qu'il se trouve dans le
Parisinus.
ndicium
in qno loco
unus qnisq.
Via aurelia
romanor
. pontificu requiescit
Félix
in vaticano.
salaria.
Dionisius
Petrus.
Theodorus.
Marcel lus.
Cornélius
Linus.
Eugenius.
Harcellinus.
In cimit sno via ardeata
Gletus.
Vitalianus.
Silvester.
Marcus
Anacletus.
Adeodatus.
Si ricins.
In cimit sno via portnm
Euarestus.
Bonus.
Galestinus.
Félix
Sixtus.
Agatho.
Vigilius.
In cimit sno via ardeata
Telesfor.
Léo.
Ad sem pauhT
Bamasus.
Igynus.
Benedictus.
Félix.
In pontias
Pius.
Iohannes.
Ad sem lanren Silverius.
Eleuther.
Conon.
cinm.
In acersona
Victor.
Sergius.
Zosomus.
Martinus.
Léo.
Iohannes.
Sixtus.
Simplicius.
Iohannes.
Hilarus.
Gelasius.
Sisinnius.
In cymît ca
Anastasius.
Constanlinus. lopodi via
Symacbus.
Gregorius.
Aurélia.
Hormista.
Gregorius.
Galislus.
Iohannes.
Zacharias.
Iulius.
Félix.
In cymiterio Ad sem feli
Bonifacius.
calisti.
citatem via
Iohannes.
Anicitus.
salaria.
Agapitus.
Sother.
Liberius.
Pelagius.
Severinus.
Bonifacius.
Iohannes.
Antheros.
Ad nrsn pile
Benedictus
Poncianus.
atn porta
Pelagius.
Fabianus.
Anastasius.
Gregorius.
Lucius.
Innocentius.
Savinianus
Sthephanus
In porta in
Bonifacius.
Syxtus.
mari.
Bonifacius.
Euticeanus.
Clemens.
Deusdedit.
Gaius.
In miliario
Bonifacius.
Eusebius.
vi via no
Honorius.
Melciades.
mentana
Severinus.
In cymiterio Alexander.
Iohannes.
priscillae via Urbanus.
Dans le Vaticanus f , les noms des papes sont précé-
dés de numéros d'ordre, correspondant à leur place-
ment dans nos deux manuscrits, où Anicet passe avant
Pie et Antéros avant Pontien; Marcellin est placé ré-
gulièrement avant Marcel. Par ailleurs il n'y a que des
i. La table du Vaticanus a été publiée très exactement par M. de
Rossi, dans sa Roma sott., t. II, p. xxm.
variantes d'orthographe, sans importance pour la ques-
tion présente. Vers la fin cependant, les rubriques sont
disposées d'une autre façon que dans le Parisinus: je
reproduis cette partie de la liste du Vaticanus.
In Pontu In mari
III i Clemens
VI Alexander. Mil. Vi
VIA NUMENTANA
XVIII Urbanus
XVII Félix via Aurélia
XXVI Dionisius
XXII Cornélius
XXXV Marcus. In cpT suo via Ardeatina.
XXXVIII Félix. In cym suo via Portû.
XXXVIII Damassus. In cyïn suo via Ardë~.
LX Silverius. In Pontias.
LXXVII Martinus. In Acersona.
On voit que cette liste a été arrêtée au pape Zacha-
rie (f 752); les deux manuscrits qui nous l'ont con-
servée sont du xi e siècle et ils contiennent le Liber pon-
tificalis prolongé bien au delà de Zacharie. Comme ils
sont étroitement apparentés pour le texte, on peut
croire qu'un de leurs ancêtres communs n'allait pas plus
loin que la notice de ce pape. Mais la table des sépultu-
res existait alors depuis bien longtemps ; nous avons vu
plus haut (p. xlvh) qu'elle a imprimé une trace dans la
compilation du martyrologe hiéronymien, dès avant la
fin du vi e siècle. A ce moment elle contenait au moins
une faute * ; la rubrique spéciale du pape Urbain m cymi-
terio Praetextati avait disparu et le nom de ce pape
était tombé sous la rubrique précédente, celle du pape
Alexandre. Un accident analogue a pu se produire pour
Anicet et Soter. Alors la liste des papes enterrés à Saint-
Pierre était beaucoup moins longue ; en supposant la
table disposée en colonnes parallèles, comme elle l'est
encore aujourd'hui, la série du cimetière de Calliste
devait se trouver très voisine du commencement de
celle de Saint-Pierre ; des noms omis d'abord dans
celle-ci, puis suppléés en marge ou entre les colonnes,
pouvaient facilement être insérés par un transcripteur
dans la colonne de gauche.
i. Je dis au moins une faute, car il est possible que le trans-
port de Libère sous la rubrique de Sainte-Félicité et celui des
deux papes Denys et Cornélius sous celle de la voie Aurélienne
remontent à la même antiquité; nous n'avons cependant aucun
moyen de le démontrer.
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Date:* funéraires
des papes.
Je ne vois pas, quanta moi, de meilleure solution au
problème qui nous occupe. Celle-ci suppose, il est vrai,
que la table des sépultures remonte à une haute anti-
quité et qu'elle a été faite sur un manuscrit de la pre-
mière édition, terminé à Félix IV. Mais cela n'est nul-
lement invraisemblable, puisque nous pouvons consta-
ter qu'elle existait assez longtemps avant la fin du
vi e siècle. Ou pourrait même remonter plus haut, en re-
marquant que le tombeau de Félix II est indiqué sur
la voie de Porto et non sur la voie Aurélia. Le Liber
pontificalis donne, il est vrai, le choix. Toutefois, la se-
conde édition et les deux abrégés de la première décri-
vent longuement la sépulture de la voie Aurélia, et cela
dans la notice de Félix II lui-même, tandis que celle de
la voie de Porto est marquée assez faiblement, en pas-
sant, dans la notice de Libère. On conçoit difficilement
que l'auteur de la table ait choisi cette indication qui a
si peu de relief et négligé l'autre, qui en a tant. Comme
il y a des traces de remaniements du livre pontifical
antérieurement à la seconde édition, et que la notice
de Félix II peut être soupçonnée de n'être qu'une inter-
polation, étrangère à la rédaction primitive \ je ne croi-
rais pas improbable que la table des sépultures ait été
extraite du Liber pontificalis en un temps où dans ce-
lui-ci la notice de Damase suivait immédiatement celle
de Libère.
En somme, réserve faite des quatre ou cinq confu-
sions énumérées ci-dessus et de la période la plus an-
cienne, pour laquelle tout moyen de contrôle nous fait
défaut, les indications du Liber pontificalis sur l'empla-
cement des tombes pontificales peuvent être considé-
rées comme exactes.
90. — Quant aux dates obituaires, la chose est plus
complexe. Avant tout, il importe de nous rendre compte
des ressources de contrôle que nous avons sur ce point.
Pour les papes du premier et du second siècle il n'y
en a aucune, si ce n'est, pour saint Pierre, saint Clé-
ment et saint Alexandre, les dates festivales observées
au v c siècle; notre auteur les reproduit exactement.
Celles-ci mises à part, il faut renoncer à vérifier les au-
tres ; nous verrons plus tard ce qu'il est possible de
conjecturer sur leur provenance.
Depuis le iu e siècle, les documents sont assez nom-
i. Voir ci-dessus, p. cxxv.
breux. Le catalogue libérien contient les dates obituai-
res d'Antéros, Fabien, Lucius, Xystus II, Denys, Euty-
chien, Gaius, Eusèbe, Miltiade, Silvestre, Marc et Jules.
En réunissant les deux tables philocaliennes où sont
marqués les anniversaires des évoques et ceux des mar-
tyrs, on obtient une série complète, depuis Calliste jus-
qu'à Jules, sauf Urbain, Antéros, Cornélius et Marcel-
lin. Le martyrologe hiôronymien, dépouillé avec soin,
fournit une liste bien plus longue, depuis Zéphyrin
jusqu'à Boniface (f 422), sauf Antéros, Marcellin et
Zosime. Les dates indiquées par ces trois documents
sont confirmées par les livres liturgiques romains tou-
tes les fois que l'anniversaire d'un pape figure dans
ceux-ci. Des pièces d'une autre nature, comme le Liôel-
lus precum et autres textes historiques enregistrent
çà et là quelques dates isolées. Enfin, le comput des
chiffres d'années, mois et jours qui, dans les catalogues
du v e et du vi e siècle, expriment la durée du pontificat,
combiné avec le jour de l'ordination, quelquefois connu,
et au moins avec la règle de ne placer jamais une ordi-
nation d'évêque un autre jour que le dimanche, per-
met de déterminer avec une approximation de deux ou
trois jours la date de la mort du pape. C'est en m'aidant
de tous ces moyens que j'ai pu établir la liste suivante *
qui permet de comparer d'un coup d'œil les dates obi-
tuaires du Liber pontificalis avec les dates réelles. Je
n'ai pas cru devoir la prolonger au delà de Félix III.
Depuis Gélase (-J- 496), notre auteur est contemporain;
il n'a pas eu besoin de demander ses dates à des docu-
ments écrits; elles sont d'ailleurs toujours exactes 2 .
Zéphyrin
Calliste
Urbain
Pontien
Antéros
Fabien
Cornélius
Lucius
Etienne
Xystus II
Date réelle.
XIII kal. ian.
prid. id. oct.
XIIII(ouVIIl)kl.iun.
id. aug.
III non. ian.
XIII kal. feb.
XVIII kal. oct.
III non. mart.
II1I non. aug.
VIII id. aug.
VIII kal. sept.
prid. id. oct.
XI111 kal. iun.
»
111 non. ian.
XIIII kal. feb.
XVIII kal. oct.
VUl kal. sept.
1III non. aug.
VIII id. aug. 3
i. Les documents de chacune des dates sont indiquées dans le
commentaire des notices respectives. Dans la table, les dates
fausses sont en italique.
2. Sauf cependant celle de Félix IV ; pour ce cas particulier,
voir le commentaire de la notice de co pape.
3. La notice de Xystus II omet la date dans la phrase relative
à la sépulture, mais elle la marque plus haut, en mentionnant le
martyre du pape.
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LES SÉPULTURES ET ANNIVERSAIRES FUNÈBRES.
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Pale réelle.
Date du L. F.
Denys
Vil kal. ian.
VI kal. ian.
Félix
III kal. ian.
III kal. hin. j
Eu ty chien
VI id. dec.
VIII kal. aug.
Gaius
X kal. mai.
X kal. mai.
Marcellin
»
VII kal. mai. \
Marcel
XVII kal. feb.
XVII kal. feb.
Eusèhe
VI kal. oct.
VI non. oct.
Milliade
IIII id. ian.
IIII id. dec.
Silvestre
prid. kal. ian.
prid. kal. ian. 1
Marc
non. oct.
prid. non oct.
Jules
prid. id. apr.
prid. id. apr. !
Lihère
VIII kal. oct.
V id. sept.
Félix II
X kal. dec.
XVII kal. dec.
Damase
III id. dec.
III id. dec.
Sirice
VI kal. dec.
VIII kal. mart.
Anastase
XIII kal. ian.
V kal. mai.
Innocent
IIII id. mart.
V kal. iul.
Zosime
VI kal. ian.
VII kal. ian.
Bouiface
prid. non. apr.
VIII kal. nov.
Célestin
VI kal. aug.
VIII id. apr.
Xystus III
X1III kal. sept.
»
Léon
IIII id. nov.
III id. apr.
Hilaire
prid. kal. mart.
»
Simplicius
VI id. mart.
VI non. mart.
Félix III
kal. mart.
»
On voit de suite que cette série comprend deux
parties très différentes. Jusqu'à Jules les dates du
Liber pontificalis sont généralement exactes; depuis
Libère, généralement inexactes, quand elles ne font
pas défaut. Ceci montre que notre auteur n'a point
consulté un calendrier prolongé aussi loin que celui qui
est entré dans le martyrologe hiéronymien et qu'il s'en
est tenu aux tables philocaliennes f , qu'il aura trou-
vées dans le môme manuscrit que le catalogue libé-
rien. Ces tables ne mentionnent point l'anniversaire de
Zéphyrin, ce qui réduit à deux les divergences sérieuses
entre elles et le Liber pontificalis. Ces deux cas sont
ceux de Lucius et d'Eutychien. Encore pour Lucius le
Liber pontificalis a-t-il la vraie date, /// non. mart. , qu'il
a copiée dans le catalogue libérien ; mais il la place au
commencement de la notice. A la fin, dans la phrase
relative à la sépulture du pape, il introduit la variante
VIII kal. sept., mauvaise leçon, qui concorde singu-
lièrement avec celle qu'il présente pour Zéphyrin , et
même avec la fausse date obituaire qu'il assigne à Eu-
tychien. Les autres différences, pour la première partie
de la série, jusqu'à Jules, sont de l'ordre paléographi-
que : il n'y a pas lieu de s'y arrêter.
Quant à la seconde partie, l'inexactitude y est la règle;
et ce n'est pas une inexactitude que l'on puisse ex-
pliquer par des fautes de copistes. Il est clair que
notre auteur lui-même ou celui d'où il dépend immé-
diatement ici, n'ayant point à sa disposition les dates
réelles, en aura imaginé de fictives.
En présence de ce fait, bien constaté pour la partie
la moins ancienne de la série, nous sommes autorisés
à n'accorder aucune considération à ses dates anté-
rieures, depuis Zéphyrin jusqu'à Jules, toutes les fois
qu'elles sont en désaccord avec les dates fournies par
les documents authentiques. Il est même inutile de
chercher des hypothèses pour expliquer une divergence
dont l'incurie et la hardiesse de l'auteur rendent suffi-
samment compte.
Enfin, s'il a montré si peu de soin à copier les docu-
ments philocaliens, si, au delà de leurs limites, il s'est
si peu inquiété de les suppléer par les calendriers et les
livres liturgiques existants, quelle défiance ne devons-
nous pas avoir pour les dates obituaires qu'il assigne
aux papes des deux premiers siècles? Ici, il n'avait,
sauf les trois cas énumérés plus haut, absolument rien
à demander aux calendriers et aux autres documents
de l'usage liturgique. Les papes antérieurs au 111 e siècle
n'avaient point, de son temps, les honneurs de l'anni-
versaire solennel. On se contentait de réciter leurs noms
à la messe, au moins à certains jours, mais ils ont dû
attendre, pour avoir leurs commémorations spéciales à
des jours distincts, le temps où les martyrologes his-
toriques du ix e siècle ont fait sentir leur influence dans
cet ordre d'usages. Or ces martyrologes, bien posté-
rieurs au Liber pontificalis, dépendent de lui pour ces
dates. Il est donc impossible de découvrir, même par
conjecture, la source qui aurait pu les lui fournir. Cela
étant, on est autorisé à s'en défier.
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§ x.
LA VACANCE DU SIEGE.
Les durées des
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91. — La formule Et cessavit episcopatus, dont se sert
notre auteur pour marquer la vacance du siège, lui a été
fournie par le catalogue libérien. Dans celui-ci, elle ne
se rencontre qu'une seule fois, à propos de la longue va-
cance qui eut lieu lors de la persécution de Dioclétien ;
appliquée aux vacances ordinaires elle a quelque chose
d'exagéré et d'emphatique. Quant aux chiffres qui l'ac-
compagnent et qui sont censés donner la mesure de
l'intervalle entre la mort d'un pape et l'ordination de
son successeur, il suffit, pour se faire une idée de leur
valeur, de les comparer à ceux qui se déduisent de l'é-
cart réel entre ces deux dates. Cette vérification n'est pas
toujours possible pour les papes antérieurs au iv e siècle ;
mais depuis Marcel on connaît , soit exactement, soit
avec une approximation assez grande, toutes les dates
de décès et d'ordination. Le tableau suivant permet
de comparer les durées réelles de vacance à celles que
marque le Liber pontificalis. Je me suis servi, pour le
dresser, des dates et des chiffres qui figurent à la table
chronologique par laquelle se termine cette introduc-
tion et j'ai marqué la différence des deux éditions du
Liber pontificalis, quand il y en a une.
Vacance après
Po n tien
Fabien
Xystus II
Denys
Eulychianus
Gai us
Marcel
Eusèbe
Miltiade
Silvcstre
Marc
Jules
Libère
Damase
Sirice
Durée réelle.
1 mois et 23 jours
\ an et 2 mois
\ 1 mois et 16 jours
9 jours
9 jours
2 mois et 8 jours
3 mois et 8 jours
\0 mois et lo jours
21 jours
10 jours
4 mois
1 mois et 5 jours
7 jours
19 jours au plus
2 jours
Chiffres du L. I*.
10 jours
7 jours
2 ans i
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8 jours
1 1 jours
20 jours
7 jours
16 jours
8 jours 2
20 jours
25 jours
6 jours
26 jours *
20 jours
1. 35 jours dans la 2 e édition.
2. 15 jours, 2« éd.
3. Peut-être 36 jours; 31 jours, 2 e éd.
Vacance après.
Anastase
Innocent
Zosime
Roniface
Célestin
Xystus III
Léon
Hilaire
Simplicius
Félix UI
Gélase
Anastase H
Symmaque
Hormisdas
Jean
Durée réelle.
2 jours au plus
6 jours
3 jours
6 jours
4 jours
40 jours
9 jours
3 jours
3 jours
7 jours
3 jours
3 jours
1 jour
7 jours
54 jours
Chiffres du L. P.
21 jours
22 jours
H jours
9 jours
21 jours
22 jours
7 jours
10 jours
6 jours
5 jours
7 jours
6 jours *
6 jours
6 jours
58 jours.
Deux conclusions ressortent de ce tableau; la pre-
mière, c'est que, depuis la mort de saint Léon (461),
les chiffres du Liber pontificalis ne diffèrent pas beaucoup
des chiffres réels ; la seconde, c'est que, pour la période
précédente, notre auteur ne connaissait pas les chiffres
réels et qu'il ne s'est pas inquiété de les calculer, alors
même qu'ils se déduisaient facilement des autres don-
nées chronologiques insérées dans son texte 2 . Comme
il n'est pas possible de chercher ici un conflit de tradi-
tions différentes entre lesquelles il aurait été obligé de
se décider, il n'y a qu'un parti à prendre, c'est de mettre
ses chiffres sur le compte de son imagination.
Ici cependant, il y a une remarque importante à
faire. En marquant ces chiffres ex ingenio notre auteur
1. 4 jours, 2 a éd.
2. Ainsi, dans la notice de Ponticn, il insère la date terminale
de l'épiscopat de ce pape, le 30 novembre, et celle de l'ordination
de son successeur Antéros, 21 décembre ; cela ne l'empêche pas de
marquer une vacance de 10 jours. Cette erreur n'a pas échappé
aux copistes, qui ont essayé de la corriger (v. Pontibn, note 7). La
durée de la vacance après Xystus II, Eutychien, Gaius, Eusèbe,
Miltiade, Silvestre, Marc, est donnée par les dates du catalogue
libérien; notre auteur ne paraît avoir fait le calcul que pour les
cas d'Eutychien et de Silvestre, où il arrive à une exactitude ap-
proximative. Il est étonnant qu'il soit tombé juste pour Libère. —
Pour le cas particulier de la vacance après Félix II, v. la notice
de celui-ci.
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à l'usage •
temps.
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CONCLUSION.
a dû les conformer en gros à la durée ordinaire des va-
cances au temps où il écrivait. Si le Liber pontificalis
avait été rédigé dans la seconde moitié du vi e siècle ou
au siècle suivant, alors que la nécessité d'attendre le
consentement de l'empereur d'Orient pour célébrer l'or-
dination du pape entraînait des vacances fort longues,
toujours de plusieurs mois et parfois de plus d'une an-
née, on n'aurait pas manqué d'imaginer des durées
analogues pour les interpontificats des temps anciens.
Au lieu de cela, nous ne trouvons que des intervalles
peu considérables, de quelques jours, d'un mois tout
au plus. Même dans ses inexactitudes, et sur un détail
relativement peu important, notre auteur a laissé la
trace du temps où il vivait et écrivait.
CONCLUSION.
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Autorité histo- 92. — De cette longue étude des sources du Liber
rh\\w du l. p. p 0n tificalis, il résulte, je crois, que son autorité est très
diverse suivant ce dont il parle, et qu'il serait aussi im-
prudent de récuser en principe son témoignage que de
l'accepter toujours et sans conditions. Il contient, sur
bien des choses importantes , des renseignements de
grand intérêt et de haute valeur. Sur d'autres choses,
par exemple sur la discipline et la liturgie , les docu-
ments dont il s'est servi et la façon dont il les a mis en
œuvre ne sont pas tels que l'on doive se fier aveuglément
à lui , surtout en ce qui regarde le classement chrono-
logique des décrets pontificaux et leur attribution à tel
ou tel ancien pape. On peut dire cependant que, même
dans ces parties moins autorisées, le Liber pontificalis
nous a conservé des vestiges précieux de la discipline
et de la liturgie en vigueur à Rome avant le sixième siè-
cle ; mon commentaire mettra, je crois, ceci en pleine
évidence. Dans le récit proprement dit, notre auteur est
souvent contredit par les documents authentiques;
néanmoins son témoignage conserve encore une grande
valeur, car, s'il ne peut servir a démontrer la vérité des
faits racontés, il établit au moins l'antiquité des tradi-
tions qui les ont fournis. Ce n'est que dans un petit
nombre de cas et pour des choses de peu d'importance,
chiffres des ordinations, durée de la vacance, qu'il pa-
raît avoir procédé en dehors de tout témoignage et de
tout document certain ; même dans ces cas en quelque
sorte désespérés, je suis parvenu à montrer que, si ses
chiffres sont faux, ses formules demeurent instructives.
s:» sincérité. Une telle œuvre, bien qu'elle laisse quelque chose à
désirer sous le rapport de la sincérité objective et beau-
coup sous le rapport de la critique, ne saurait être con-
sidérée comme l'entreprise d'un faussaire. Outre que
Liber pontificalis.
cette qualification est réfutée par la valeur incontestable
d'un très grand nombre de ses parties et par l'accord
de beaucoup d'autres avec des traditions préexistantes,
le Liber pontificalis est d'un temps et sort d'un milieu
dont les productions historiques ne sauraient être jugées
d'après la mesure que le progrès dans les moyens d'in-
formation et dans le sérieux de la mise'_en œuvre nous
autorise à appliquer aux compositions modernes. S'il
doit être comparé à quelque chose , c'est à ces Gesta
martyrum l que l'on compila , depuis le déclin du qua-
trième siècle, dans des conditions analogues à celles où
il le fut lui-même. Or cette comparaison est à son avan-
tage. S'il n'a point la correction de style des plus an-
ciennes de ces pièces, où l'on s'est borné à combler p ar
des développements oratoires les lacunes de la tradition,
il est en général exempt des détails de pure imagina-
tion qui encombrent et compliquent les rédactions ou
compositions postérieures. En le rapprochant de celles-
ci (ci-dessus, p. xxxn) je ne l'ai point mis dans un voi-
sinage capable de lui faire tort.
Sa langue est la langue populaire du temps , celle sa langue.
que nous révèlent les inscriptions chrétiennes du v e et du
vi e siècle, datées et classées dans le tome I er des Inscrip-
tiones christianae de M. de Rossi ; l'ablatif et l'accu-
satif y sont perpétuellement confondus ; l'accusatif
a même une tendance à se substituer à tous les cas
obliques, comme dans le grec moderne; la proposition
infinitive est construite avec ut ; le pronom relatif s'em-
ploie et se décline en dépit des règles de la syntaxe
classique. Les apocryphes symmachiens, dont j'ai parlé
plus haut, sont plus incorrects encore, ou, si l'on veut,
i. Inutile de dire que je n'entends point parler ici des Actes sin-
cères dont la rédaction remonte à l'âge des persécutions.
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Sa disposition
en notices.
Son auteur.
plus conformes à l'usage vulgaire du commencement
du vi e siècle. Si Ton publiait les G esta martyrum de ce
temps-là tels qu'ils ont été d'abord écrits et non tels
qu'ils ont été corrigés depuis le neuvième siècle jusqu'à
nos jours , on trouverait dans leur style un pendant
exact de celui du Liber pontificalis. Entre lui et des
livres comme l'Anonyme de Valois (Maximien de Ra-
venne), comme les Romana et les Getica de Jordanes,
comme les écrits de Grégoire de Tours, il n'y a que des
différences de plus et de moins. C'est, à des degrés
divers, la même décadence de l'idiome latin, à ce mo-
ment où, serré entre la nécessité de vivre et la con-
trainte que lui impose la préciosité des Sidoine Apol-
linaire, des Sedulius, des Ennodius, il échappe au
joug des lettrés et continue son développement sur les
lèvres , un peu rudes , il faut l'avouer, des gens qui
parlent pour être compris de tout le monde.
De son style, je n'ai rien à dire, car il n'a évidemment
aucune prétention de ce côté. Platina S qui lui re-
connaît florem orationis, compositionem et elegantiam,
me semble avoir été bien indulgent à son égard.
Quant à la distribution du texte en notices biogra-
phiques, c'est un cadre que l'auteur a trouvé tout
tracé dans le catalogue libérien, type et canevas de
sa composition. Cette disposition était, du reste, fort
commune dans les livres d'histoire qui circulaient de
son temps. C'est celle d'un livre dont il s'est mani-
festement inspiré, qu'il a même copié par endroits, le
De vins iilustribus de saint Jérôme, avec ses conti-
nuations diverses, depuis Gennadius de Marseille. C'est
celle de la petite chronique des rois et des empereurs
romains, contenue dans la collection chronographique
de 3o4, où il est allé chercher le catalogue libérien 2 .
C'est celle de plusieurs autres compilations • du qua-
trième et du cinquième siècle sur l'histoire impériale,
comme le Breviarium de Rufus et les abrégés d'Aure-
lius Victor.
Quant à la personne de l'auteur, tout ce qu'on peut
dire, c'est que c'était un romain et un clerc, mais non
point un clerc de haut rang, un prêtre, un diacre, un no-
taire pontifical. J'ai fait valoir ci-dessus quelques indices
qui me portent à chercher son emploi dans les bureaux
de la domus Lateranensis , comme on disait au temps
1 . Historia de vitis Pontificum Romanorum , dédicace à Sixte IV,
éd. de Cologne 1600, p. 2.
2. Ci-dessus, p. vu; Mommsen, Chronograph, p. 644.
de Théodoric, de Vepiscopium ou patriarchium Latera-
nensc, comme on dira plus tard. On peut même distin-
guer à peu près la nature de son office. Il n'est pas de
ceux qui rédigent ou qui transcrivent les lettres ponti-
ficales : à cette école il eût acquis un meilleur style.
C'est plutôt un gardien qu'un rédacteur ou un scribe.
Il connaît les archives où se conservent les décrétales
des papes ; mais, parmi les documents que renfermaient
les dépôts du Latran, les seuls qui fussent à sa portée
et dont il ait transcrit quelque chose ce sont les chartes
de fondations pieuses, qu'il paraît avoir trouvées déjà
réunies en une sorte de cartulaire, et les états des lar-
gesses faites aux églises par les papes du cinquième
siècle et du commencement du sixième. C'est donc aux
services du vestiarium pontifical ou de l'administration
qui en tenait lieu de son temps que je rattacherais la
charge qu'il occupa.
Indiquer un nom , même de la façon la plus conjec-
turale, est absolument impossible. Les petites gens qui
écrivaient des livres comme celui-ci n'avaient pas l'ha-
bitude de les signer, et leur obscurité défend effica-
cement leur modestie, au moins contre nos efforts
attardés. L'auteur a placé son œuvre sous la protection
d'un nom célèbre, celui du pape Damase. Cette fiction,
tout à fait dans le goût du temps, n'aura , je pense,
trompé personne ; en tout cas, elle ne se rapportait qu'à
une partie du livre, et les vies des papes depuis Damase
ont été nécessairement présentées comme anonymes l .
Le succès aura sans doute été d'abord assez
médiocre dans le monde lettré ; mais les lecteurs ne
manquèrent point dans des régions plus humbles. On
s'en aperçoit aux retouches et aux compléments dont
le texte fut l'objet de très bonne heure et au soin
que l'on eut , pendant quatre siècles , de le tenir au
courant par des continuations successives. L'étude des
manuscrits, dans laquelle nous allons entrer, nous édi-
fiera sur sa fortune littéraire du huitième siècle au
quinzième ; elle nous ouvrira même quelques perspec-
tives sur une période plus ancienne et nous permettra
de conclure que , même au septième et au sixième
siècle, on copiait et on lisait volontiers le livre des papes.
Je parlerai plus loin de son titre ; mais dès à présent
1. Je rappelle ici une observation déjà présentée, p. xxxiv b t
note 1, c'est que saint Golomban parait avoir connu sous le nom
du pape Damase la chronographie de 354 dont fait partie le cata-
logue libérien, prototype et cadre du L. P. Cf. B. Krusch, Nettes
Archiv, t. IX, p. 147.
Son succès
auprès des
contemporain-
Son titre
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CONCLUSION.
je dois dire qu'à l'origine il ne paraît en avoir eu
aucun; ce n'est que dans certains manuscrits, dont
plusieurs , à la vérité , sont assez anciens , qu'il porte
en tète quelque désignation comme Liber episcopalis
ou Episcopale : mais ceci n'est qu'une particula-
rité. Plus rare encore est le titre de Liber pontificalis,
qui a prévalu et que j'adopte pour me conformer à l'u-
sage ; il ne se rencontre môme que dans des manuscrits
si peu autorisés que je n'ai pas cru devoir en donner
les variantes. En somme ceux qui , pour le citer, se sont
servis de la formule Damasus de gestis pontificum ont
tenu compte et de l'idée que l'on doit se faire de l'ou-
vrage lui-môme et du sentiment qui a porté son premier
auteur à le mettre sous le patronage d'un pape célèbre
-pour sa sollicitude à l'égard des monuments et des tra-
ditions historiques de l'église romaine.
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CHAPITRE CINQUIÈME.
LES MANUSCRITS.
Objet de ce
chapitre.
1 . — Les manuscrits dont il va être question sont uni-
quement ceux de la seconde édition. Ceux de la première
ont été étudiés au chapitre m ; ceux des éditions posté-
rieures, du xn e au xv e siècle , le seront dans l'introduc-
tion au tome II de cet ouvrage. Dans le présent chapitre,
je me bornerai à décrire les manuscrits des différentes
familles et à classer suivant leur valeur respective ceux
qui peuvent servir à reconstituer le texte de chacune
d'elles. Quant à la classification des familles elles-mê-
mes, cette question est trop étroitement liée à celle des
continuations successives que le texte primitif a subies
du vi e siècle au ix e , pour que je puisse l'en séparer.
Elle sera donc renvoyée au chapitre suivant, qui traitera
des recensions et des continuations. Cependant j'ad-
mettrai dans ce cinquième chapitre quelques études
rapides sur certaines recensions secondaires ou abré-
gées, sans importance pour la constitution du texte,
mais intéressantes au point de vue de son histoire et ,
plus particulièrement, de l'histoire de tel ou tel ma-
nuscrit.
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MANUSCRITS DE LA CLASSE A.
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1° Manuscrits indépendants.
A 1 2. — Lucensis 490, vm e siècle 1 .
Ce manuscrit n'a pas fait partie de la collection de
Felino Sandei, archevêque de Lucques (1499-1503), d'où
proviennent la plupart des manuscrits de la bibliothèque
capitulaire actuelle. Il a dû appartenir très ancienne-
ment, sinon dès l'origine, à l'église de Lucques. — C'est
i. Sur ce manuscrit, v. Mabillon, Mus. Ital., t. I, part. I, p. 189;
— Mansi, De insigni codice Caroli M. aetate scripto, dans la Raccolta
d'opusculi scientifici e filologici de Calogiera, t. XLV, Venise, 1751,
p. 76 et suiv.; — Bethmann, dans YArchiv, t. XII, p. 704; — P.
Ewald, dans le Neues Archiv, t. III, p. 342.
un recueil d'écrits divers et même de manuscrits primiti-
vement indépendants les uns des autres, mais à peu près
contemporains ; toutes les écritures, en effet, sont du
viii c siècle ou tout au plus du commencement du siècle
suivant. — Il n'y a pas de pagination. Les vingt-quatre
premiers cahiers portent, dans la marge inférieure du
dernier feuillet, au v°, une numérotation régulière. Ils ne
comprennent guère que la moitié du manuscrit; au delà,
il n'y a plus de numérotation continue, mais çà et là des
numérotations partielles, qui ne s'appliquent qu'à telle ou
telle partie du recueil. Cette disposition permet de diviser
le manuscrit en deux parties : la partie numérotée régu-
lièrement et la partie sans numérotation régulière.
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Première partie. — 1° Chronique de saint Jérôme
cahiers I, II, III, IIII.
2° Chronique de saint Isidore: cahier V, ff. 1-4.
3° Isidore, De officiis ecciesiasticis: cahiers V (ff. 5-8),
VI et VII (f. 1 seulement).
4° Eusèbe , Histoire ecclésiastique , traduite et conti-
nuée par Rufin : cahiers VII (ff. 2-8) et VIII-XVII.
5° Saint Jérôme, De viris illustribus, avec la continua-
tion de Gennadius : cahiers XVIII-XXI. — Ces quatre
cahiers, encore décrits par Mansi, en 1751, ont été
arrachés depuis.
6° Le Liber pontificalis , jusqu'au pape Constantin
(f 713) : cahiers XXII, XXIII etXXJIII. — Il commence
par le titre In xpï nomine inc episcopale ; puis viennent
les deux lettres de Jérôme et de Damase et le texte des
notices. Dans la marge inférieure du dernier feuillet, v°,
on lit, en lettres rouges et d'une main peut-être posté-
rieure à celle qui a écrit le texte : Bue usque CXXVIIH
anni sunt quod Langobardi venerunt et VII mêmes. —
Le premier mot doit sans doute être lu Hune, bien que
la barre d'abréviation soit au-dessus du c au lieu d'être
au-dessus de IV Ce comput fixe à l'année 586 environ
( 579 en prenant pour point d'arrivée l'avènement du
pape Constantin) la date de l'invasion lombarde dans le
pays où le manuscrit se trouvait au vm e siècle. Il n'est
guère probable que la note ait été écrite postérieurement
à la chute du royaume lombard indépendant , en 773-
774. — Sous les derniers rois lombards , l'église de
Lucques avait une grande importance ; un grand nom-
bre de documents de ce temps-la sont encore conservés
dans ses archives.
Les quatre premiers cahiers ont dû former à l'origine
un manuscrit distinct. Ils sont entièrement en minus-
cule, tandis qu'au delà il y a un mélange de minuscule
et d'onciale, où domine cette dernière forme d'écriture.
Le quatrième cahier n'a que six feuillets ; c'est sur le
cinquième feuillet que finit la chronique de saint Jé-
rôme. Le texte de ce feuillet et une partie du sixième
contiennent , en guise de remplissage , un fragment
d'une table d'antiphonaire. La numérotation de ces
quatre cahiers, ou plutôt des trois premiers, car le qua-
trième n'a pas de numéro visible, affecte une tournure
différente de celle des cahiers suivants, V- XXIII I.
Celle-ci est de la même main, d'un bout à l'autre ! .
i. Une main postérieure a essayé de donner une numérotation
spéciale aux cahiers qui contiennent l'Histoire ecclésiastique (VII
A la suite de l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe-Rufin,
on trouve un second remplissage, une lettre (XI, 64) de
saint Grégoire à saint Augustin de Cantorbéry. Ceci
paraît indiquer que les deux ouvrages d'Isidore et
l'Histoire ecclésiastique formaient d'abord un second
manuscrit. Le De Viris en a sans doute formé un troi-
sième , car la première page du Liber pontificalis, qui
vient après , est usée et noircie comme si elle avait
longtemps commencé un livre , sans reliure ni feuillet
de garde.
Dans le Liber pontificalis l'écriture est tantôt de
l'onciale, tantôt de la minuscule ; les changements ont
lieu quelquefois au milieu d'un cahier ou même d'une
page 1 . La grosseur des caractères, l'écartement et le
nombre des lignes varient aussi. La dernière page,
lignes et lettres , est extraordinairement serrée. Il est
clair que le copiste , arrivant au bout de son cahier,
n'avait pas l'intention, ni peut-être le moyen, d'en re-
commencer un autre. Ceci , joint à la présence de la
note Hune usque et à l'interruption des numéros, porte
à croire que le manuscrit ou plutôt le faisceau de ma-
nuscrits s'est d'abord arrêté à la fin de la vie du pape
Constantin et que tout le reste a été ajouté postérieu-
rement.
Seconde partie. — 7° Suite du Liber pontificalis, de
Grégoire II à Hadrien I er (715-795) : d'abord deux ca-
hiers numérotés I, II, puis cinq autres cahiers sans
numéros. Le premier de ces sept cahiers a neuf feuil-
lets, le troisième cinq ; le septième est incomplet aussi ;
le Liber pontificalis s'y arrête au r° du quatrième feuil-
let. Après deux pages blanches, v° et r°, on trouve un
remplissage : De fabrica in aqua.
8° Fragment des Origines d'Isidore (VIII, 3) : deux
feuillets isolés.
9° Les Canons apostoliques : deux feuillets et demi ,
isolés aussi.
10° Fragments d'un recueil de recettes : XVIIII. De
compositione cathmiae : seize feuillets, dont l'avant-
dernier blanc; le dernier l'était aussi d'abord. On en a
profité ensuite pour y transcrire un petit poème : Grcgo-
rius praesul, meritis, etc. Le recueil de recettes com-
mençant par un n° 19, il faut qu'il ait disparu quelque
et suiv.) en écrivant q. I, q. II, etc., sur les anciens numéros VII,
VIII...; mais cette retouche ne s'est pas poursuivie au delà du
cahier VIIII de la numérotation primitive.
i. Pour les détails de ces changements, v. Neues Archiv, t. III,
p. 342.
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chose auparavant. En effet, on voit que plusieurs feuil-
lets ont été coupés après les Canons apostoliques.
11° Gennadius, De ecclesiasticis dogmatibus : deux
feuillets.
12° Arsmuneri Pittagoriois (numeri Pythagorici) : un
feuillet.
13° Collection canonique dite de Saint-Biaise *, aug-
mentée du décret De recipiendis et nonrcçipiendis libris
et des Dicta Gelasii papae. — On trouve ensuite un
fragment du concile d'Orange 2 , saint Augustin, De
quoique haeresibus, puis le commencement d'un Sermo
de excidio urbis. Tout cet ensemble comprend quatre
cahiers ; la dernière pièce paraît s'être continuée sur un
cinquième cahier, qui a disparu. Sur les quatre survi-
vants, deux ont encore leurs numéros, / et ///; je n'ai
pu retrouver les autres ; le deuxième et le troisième
cahier ont été intervertis.
14° Cycle pascal : cahier de six feuillets; le sixième,
resté d'abord inoccupé, a été ensuite rempli par une
table de comput.
45° Collection canonique décrite par M. Maassen 3 sous
le nom ft Abrégé espagnol (Spanische Epitome)\ elle
ne contient aucune pièce postérieure à l'année 598 :
deux cahiers et six feuillets. Cette collection forme le
début d'un nouveau manuscrit , à deux colonnes , en
onciale un peu différente des précédentes, où l'on trouve
encore les pièces suivantes : a) Iacobi, de natura rerum,
un cahier et trois feuillets ; b) une lettre d'Alcuin à Da-
vid 4 (Charlemagne), trois feuillets; c) un Ordo rnen-
suum , un feuillet.
16° De divisione temporum Pleni Secundi (Pline,
Hist. nat., XVIII, 21) : cahier de sept feuillets, écriture
à longues lignes ; l'avant-dernier v° et le dernier feuillet
ont été laissés en blanc.
17° Fragments de saint Ambroise (in Luc. X) et
d'Isidore (Orig., VII) : trois feuillets et le commence-
ment du quatrième, écriture minuscule.
18° Cura sanitatis Tiberii Caesaris et damnatio
Pilati : cinq feuillets en onciale. Cette pièce commence
sur le feuillet où finit la précédente. — Vient ensuite
1. Maassen, Quel/en, 1. 1, p. 504, 508.
2. Can. 1-8 ; cf. Mansi, Cône., t. VIII, p. 712.
3. Quellen, t. I, p. 646-666. — Mansi [Cône., t. XIII, p. 9S7) cite,
comme faisant partie de cette collection, une lettre de Léon III à
Alcuin. En réalité cette lettre est de saint Léon I er ; l'adresse
qu'elle porte est celle de Balconius, évoque de Braga.
4. Ep. 83 (Froben), écrite en 798.
une page de remplissage : XIHI. De ceteris fidelibus.
Christianus, quantum interpretatio ostendit, de une-
tione deducitur.... rébus accipi solet.
19° Traités de comput pascal et de chronologie, rédi-
gés à Carthage, sous le règne de Genséric : sept feuil-
lets, écriture à longues lignes, différente des précé-
dentes *. Au commencement on voit une miniature re-
présentant le bon Pasteur ; à ses côtés , un arbre , des
oiseaux ; auprès , une table sur laquelle est placé un
flacon de vin rouge.
Le manuscrit a été revu tout entier, vers le xn* siècle,
par un correcteur qui a fait beaucoup de grattages, sur-
charges et autres retouches, sans se servir d'un autre
manuscrit.
La leçon du Lucensis, en ce qui regarde le Liber
pontificalis , n'était connue que très imparfaitement.
Ugolini en publia une collation sommaire , à la fin du
tome troisième de l'édition de son oncle Vignoli. Ce
volume parut en 1751. Dominique Mansi, qui inséra
le Liber pontificalis dans sa collection des Conciles, eut
soin de joindre au texte reçu les variantes du manuscrit
de Lucques. L'année même (1759) où parut le premier
volume de ce grand ouvrage , Joseph Bianchini , à qui
Ugolini devait sa collation , se fit exécuter une copie
complète du précieux exemplaire, par Bernard Baroni.
Il comptait la publier dans le cinquième volume de l'édi-
tion du Liber pontificalis commencée par son oncle Fr.
Bianchini et continuée par lui. Ce volume n'a jamais
vu le jour ; la copie est restée dans la bibliothèque Val-
licellane, parmi les papiers de Bianchini, sous la cote D.
Collationné.
3. — Laurentianus S. Marci, 604, X e siècle 2 . A*
Parchemin, in-8°, 222 mm sur 138, en écriture lombarde;
H6 feuillets. Sur le f° 4' on lit la note suivante, en écri-
ture du xv° siècle :
1. Krusch, Der Ujahrige Ostercyclus, Leipzig, 1880, p. 138 et 279.
Ce savant, qui a étudié avec un soin spécial cette partie du manus-
crit, dit que les traités sont en « cursive de la première moitié du
huitième siècle» (/. c, p. 139).
2. C'est l'appréciation de M. Waitz (Script. Lang., p. 401) ;
M. Anziani , bibliothécaire de la Laurentienne, croit le manuscrit
plus jeune. On sait que les mss. en écriture lombarde sont moins
faciles à dater que les mss. en lettre franque. D'après M. Anziani,
celui-ci serait plutôt du iui« siècle. Dans la table des sigles, p. 115,
j'avais adopté à peu près son appréciation. M. Waitz (Neues Ar-
chiv, t. X, p. 458) ayant renouvelé la sienne après avoir revu le
ms., je crois devoir m'y conformer ici.
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Liber qui dicitur pontificalis virorum Uîustrium et venera-
bilium, editus a sancto leronimo.
Liber de heresibus, Aurelius Aug. ad dyaconum Quodvul-
dnm. Conventus S. Marci de Florentia ordinis Predicatorum,
de hereditate Nicolai Nicoli Florentini , viri doctissimi.
C'est le Flor. 2 de Schelstrate, Bianchini et Vigfoli.
Contenu : f. i, quelques lignes sur les sept mer-
veilles de Dieu et les sept merveilles du monde ; — f.
i'-4, catalogue des évoques de Naples S — f . 5 blanc ;
— f. 6-45, cinq cahiers contenant le Liber pontificalis'.
d'abord les deux lettres , puis le titre Incipit catalogus
apostolicorum , puis le texte, notablement abrégé dans
les parties relatives aux fondations et dotations d'églises.
La vacance du siège est omise systématiquement, de
môme que les mots per diversa loca , dans la formule
des ordinations ; la vie de Xystus II a été oubliée. Les
trois premiers cahiers vont jusqu'à Hormisdas... spe-
rans ad sedem apostolicam — ; ici un cahier entier a
disparu ; le texte reprend dans la notice de Vigile — et
presentati ante imperatorem afflicti et desolati... et va
jusqu'à celle de Léon II... Honorius , Pyrrus — . Il
continuait au delà, mais on ne peut dire jusqu'où, les
numéros des cahiers n'étant pas visibles. — Viennent
ensuite trois cahiers isolés du De viris de saint Jérôme
continué par Gennadius ; le premier cahier commence à
ibit ad Iacobum et aperuit et (c. 2) et va jusqu'à Qua-
dratus (c. 19); le second va d'Origène (c. 54) à Lucifer
(c. 95) ; le troisième contient la fin , depuis Théodore
d'Ancyre (c. 54 de Gennadius) jusqu'à ces mots... ante
triennium régnante Zenone (c. 91, Théodule).
Sur ce même cahier commencent les lettres de Quod-
vultdeus à saint Augustin avec les réponses. Viennent
ensuite : Saint Augustin, De haeresibus; Cassiodore, De
institutione divinarum lilterarum ; le De exemplaribus
fidei et de recipiendis et non recipiendis libris, édition
pseudo-damasienne du décret sur les livres attribué
ailleurs au pape Gélase 2 ; des préceptes de morale, en
vers et en prose, avec figures géométriques ; des figures
cosmographiques, accompagnées d'explications; enfin
le poème De eclipsi lunae 3 .
Collationné.
i. Bianchini, Anastas., t. II, p. lxi ; Migne, P. L., t. GXXVH,
p. 131; Mon. Germ. Scr. Langob., p. 406.
2. Thiel, Epp. Rom. Pont., t. I, p. 44.
3. Isidore, éd. Arevalo, t. VII, p. 183.
4. — Parisinus 317, xu e siècle. ^j
Parchemin, in-4°, 263 mm sur 185, 150 feuillets. Ancienne
cote : Reg. 4060.
Contenu: f. 1-87, l'Apocalypse, avec le commentaire
de Bède ; — - f. 87-93', Tractatus Bedae presbiteri su-
per mulier em for tem; — f. 94-143', le Liber pontifi-
calis jusqu'au pape Constantin (*j- 715) ; après la notice
de ce pape on trouve encore le début de celle de Gré-
goire II : Gregorius, natione Romanus, ex pâtre Mar-
cello ; ici s'arrête le texte \ au milieu du f. 143' ; les pas-
sages sur les fondations et dotations d'églises sont le plus
souvent omis ; il en est de même ordinairement de la
formule per diversa loca, à la fin des notices ;— f. 144-
149; passion de saint Laurent : Poslquam beatus
Syxtus, etc. ; — f. 149-150, poème de Paul Diacre en
l'honneur de saint Benoît : Ordiar unde tuos — piis
meritis.
Collationné.
5. — Havniensis 1582, bibliothèque royale de Co- a*
penhague, Garnie Kongelige Samling (ancien
fonds royal), xn e siècle.
Parchemin, petit in-f°, 18 feuillets, dont 16 primitifs
et deux ajoutés postérieurement. Provient de l'abbaye
d'Albarese, dans le diocèse de Rosellae, actuellement
Grosseto, dans la Maremme toscane 2 .
Le Liber pontificalis commence, f . 1 , par les deux let-
tres , suivies du titre incip gesta pontificv , sous lequel
viennent les notices jusqu'à celle de Silvestre, inter-
rompue au bas du f. 14' aux mots clericum contradicen-
tem. Hic ordines presbiterorum — ; la page n'est pas
tout à fait finie : la copie est donc restée inachevée. Au
xn e siècle on ajouta au bas du f. 14' modo legendus est
effrem. Un catalogue pontifical, écrit vers le môme
1. Au-dessous de la ligne où s'arrête le texte du L. P., il y en a
une qui a été grattée ; mais récriture de celle-ci est bien posté-
rieure ; elle contenait, je crois, quelque indication de propriétaire.
On distingue encore les premières et les dernières lettres :
Liber oris.
2. Ce monastère est détruit depuis longtemps. En 1321 il fut
donné aux chevaliers de Rhodes par Jean XXII; son souvenir s'est
conservé dans le nom d'un fonds de terre situé à deux milles au
S-0 de Grosseto (Repetti, Dizionario geografico délia To$cana,\. Vf,
p. 821). Il résulte de certains documents lucquois du vin» siècle
que l'église de Lucques avait des biens aux environs de Rosellae
(Bertini , Dissertazioni sopra la storia eccl. Lucchese , dans les Me-
morte e documenti per servire alla storia del ducato di Lucca, t. IV,
part. I, Lucques 1818, p. 18 et suiv.; p. 350, 374, etc.; ad calcem,
docum. XII, p. 17).
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temps, se développe sur les f. 15, 16 et 17 l . Il se ter-
minait d'abord à Pascal II (1099-1118) ; on le continua
plus tard jusqu'à Anastase IV (1153-1154) et enfin jus-
qu'à Adrien IV (1154-1159) : Adrianits II II natus an-
fjlicus sedùann. IV menses VIII dies XXVIII. Sur le
f. 18 on trouve, en écriture du xn e siècle, d'abord une
note sur la parenté de Marie et de Joseph: Anna et
Exmeria fuerunt sororesetc, puis une lettre de Calixte II
à l'évêque de Rosellae, Dat. Laterani, Xk. mai., en fa-
veur du monasterium Alborense (Jaffé, l re éd., n° 5164 ;
Ughelli, Ital sacra, t. III, p. 663) puis un Scriptum
concessionis atque donationis qualiter Ildibrandus Ro-
sellensis episcopus investivit domnum Dominicum abba-
tem Albarensem de omni decimatione etc. (Ughelli, t. II,
p. 661).
Copié pour moi par M. Christian Weeke.
A 5 6. — Vaticanus 5269, xm e siècle.
Parchemin, in-4°, 249 mm sur 158, 99 feuillets, xiii* siècle.
Vaticanus de Schelstrate ; Vatic. II de Vignoli.
Contenu : f . 1, le Chronicum Venetum, dit de Sagor-
nini; — f. 41, le Chronicum Gradense, du même auteur;
pour cette première partie , le manuscrit est une copie
des chroniques originales, contenues dans VUrbinas 440
(cf. Monum. Germ., Scr., t. VII , p. 1-47) ; — f. 49,
le Liber pontificalis jusqu'au pape Constantin ; entre
les lettres-préface et le texte il y a un catalogue de
papes, avec années, mois et jours, jusqu'à Grégoire II :
Gregorius an. XVI m. VIIII d. XL La notice de
Grégoire II est commencée : Gregorius , natione Ro-
manus, ex pâtre Marcello, sedit ann. XVI ms. VIIII
d. XL Fuit autem temporibus Anastasii, Theodosii,
Leonis atque Constantini Augustorum; — f. 97, listes
chronologique des empereurs romains et des empereurs
d'Orient jusqu'à Baudouin II (1228-1261). Postmor-
tem vero Iohannis Balduinus gêner eius, filius supra-
dicti Pétri, imper avit ann Les années des derniers
empereurs, depuis Henri de Hainaut (1205-1216), ne
sont pas marquées ; mais la mort de Jean de Brienne
1. A la suite des 16 feuillets primitifs on avait d'abord ajouté
celui qui porte actuellement le n° 18. C'est sur ce feuillet que se
trouvaient les noms des papes Alexandre II, Grégoire VII, Vic-
tor III, Urbain II, Pascal II, par lesquels se termine le catalogue
dans sa première rédaction. Puis ces noms ont été grattés et l'on
a inséré entre le f . 16 et le f. 18 un nouveau feuillet sur lequel le
catalogue a été continué depuis Alexandre II jusqu'à Adrien IV.
LES MANUSCRITS.
(1236) étant encore mentionnée, le manuscrit a dû
être exécuté entre 1237 et 1261.
Collationné.
7. — Vindobonensis 632, xi-xn e siècle.
117 feuillets.
161; XIV, E,
Parchemin (sauf les f. 412-115), in-8°,
Anciennes cotes: MS. hist. 168; Hist. ceci
31.11 fut donné à l'église Saint-Magnus de Ratisbonne par
le chanoine Jean Dorstayner, mort le 30 mars 1433: ceci
résulte d'une noie au f. 116. — Le manuscrit est mutilé
aux deux extrémités.
Contenu : f. 1 , fin d'une description de plantes —
agrestis et vehementer amara (la coloquinte); viennent
ensuite l'hysope et la saxifrage; — f. 1', De or tu vel
obitu sanctorum patrum in N. T. sancti Ysidori épis-
copi. De Zacharia. Zacharias et Elisabeth ante Deum
iusti, etc. ; cet ouvrage se termine en haut du f. 12; —
f. 12, les deux lettres-préface du Liber pontificalis ; f.
13 et 13', liste des papes, les noms seulement, précédés
de numéros d'ordre ; quelques retouches ; le dernier
pape, au bas du f. 13', est Eugenius ; suivent, au f. 14,
les notices des papes ; elles se terminent au bas du
verso d'un feuillet sans numéro qui fait suite au f . 111.
La dernière est celle d'Eugène I or (f 656); puis vient
le commencement de celle de Vitalien : Vitalianus na-
tione Signiensis, provinciae Campaniae, de paire Anas-
tasio, sed. ann. mens. J'ai cru distinguer ensuite les
lettres H et d, restes des mots Hic direxit, qui conti-
nuent le texte de cette notice. — Les f. 112-115 sont en
papier ; une main du xin° siècle y a continué le Liber
pontificalis par un catalogue avec années, mois et
jours, jusqu'à l'élection de Grégoire IX (1227).
A première vue , on pourrait croire que nous avons
ici un Liber pontificalis arrêté à Tannée 656 ; mais il
n'en est rien. Ma conviction est que le texte de la notice
de Vitalien continuait et que, si le reste manque , cela
vient de ce que le manuscrit est mutilé. Le cata-
logue initial est , il est vrai , arrêté au même endroit
que la suite des notices; mais, à cet endroit aussi (le
f. 14 commence un cahier), des feuillets ont pu se
perdre.
M. Ed. Chmelar, actuellement conservateur du musée
impérial d'Art et d'Industrie, m'avait donné, en 1875,
de bons renseignements sur ce manuscrit. Je l'ai depuis
examiné et collationné moi-même.
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2° Manuscrits dérivés de celui de Lucques :
A. Groupe florentin.
8. — à) Vaticanus 629, xi e siècle, fin K
Parchemin, in-f>, 478 mm sur 464, 270 feuillets numérotés.
— Ce manuscrit paraît provenir de Florence. A en juger
par son contenu et par les limites des catalogues d'empe-
reurs et de papes qu'il contient, il a dû être exécuté sous
Urbain II, entre <095 et 1099. L'écriture ne dément pas
ces données chronologiques. — C'est le Vat. III de Vignoli.
Contenu : f. 1-144 : Isidore, Devita et obituSS. Pa-
trum ; Allegoriae ; — Bède, De locis sanctis; — Isidore,
Praefationes Veteris et Novi Testamenti; — Julien de
Tolède, Liber prognosticorum\ — Eusèbe, Histoire ec-
clésiastique, traduction et continuation de Rufin; —
Isidore, Chronique, prolongée par deux catalogues, le
premier, des rois lombards, depuis Adaloald jusqu'à
Didier, et des empereurs d'Occident, depuis Charle-
magne jusqu'à la dix-huitième et dernière année
d'Henri III 2 (1056, 4 juin — 5 octobre), le second,
des empereurs d'Orient, depuis Héracléonas jusqu'à
Alexis Comnène (1081-1118).
Vient ensuite, f. 115-267, la collection canonique
pseudo-isidorienne, combinée avec le Liber pontifi-
calis. On trouve d'abord, f. 115-119, la table des
fausses décrétâtes, depuis Clément jusqu'à Damase;
puis, f. 119-120, un catalogue des papes, depuis saint
Pierre jusqu'à Urbain II (1088-1099), de première main.
Dans ce catalogue on a marqué la durée du pontificat
en années, mois et jours, et, de Marcel à Etienne III,
la vacance du siège. Les chiffres d'Urbain II sont de
seconde main. Divers continuateurs ont ensuite pro-
longé le catalogue jusqu'à Honorius II (1124-1130),
Adrien IV (1154-1159) et Eugène IV (1431-1447);
l'avènement de ce dernier pape est indiqué, mais non
la durée de son pontificat. Dans sa dernière partie, le
catalogue contient, à propos de Jean XXIII, une petite
notice qui semble indiquer un auteur florentin 3 .
1. Descriptions partielles : Ballerini, De antiquis can. collecta
p. 225; Arevalo, Opp. s. Isidori, t. T, p. 244; Hinschius, Décrétâtes
pseudoisid., p. xlix; Bethmann, Archiv, t. XII, p. 220. Il y a, dans
le manuscrit, deux paginations, dont l'une est spéciale à la seconde
partie ; son f. 1 correspond au f. 120 de la pagination d'ensemble.
C'est celle-ci que j'ai suivie.
2. Mon. Germ. SS. Langob., p. 518.
3. Ce catalogue a été publié intégralement par Vignoli, t. I, à la
suite de sa préface (Calai. III).
Liber pontificàlis.
Après le catalogue commence la collection pseudo-
isidorienne. La lettre de saint Jérôme à Damase, Glo-
riam sanctitatis, y figure en tête des Canons apostoli-
ques, comme document en faveur de leur authenticité.
C'est seulement à la suite de ces canons que commence
la série des fausses dôcrétales, avec le Liber pontifi-
càlis; d'abord la lettre Gloriam sanctitatis, les pre-
miers mots seulement, avec un renvoi au texte déjà
donné; puis la répons© de Damase et les premières
notices, jusqu'à saint Clément, les fausses épttres de ce
pape, la vie d'Anaclet, ses dôcrétales, et ainsi de suite.
Les vies des papes portent le plus souvent un titre :
Vita vel acta N. papae. Cette disposition continue au
delà de l'endroit où les dôcrétales authentiques se trou-
vent mêlées aux dôcrétales apocryphes, jusqu'à Fé-
lix IV. Depuis Boniface II, comme il n'y a plus d'épltres
pontificales à insérer, la série des vies se prolonge sans
interruption jusqu'à Hadrien I er inclusivement.
Le manuscrit se termine, f. 268-270, par dix chapi-
tres du concile romain de 1078, un Ordo paenitentiae *
et le concile de Plaisance (1095), sous Urbain II.
b) Florentinus (bibl. nazionale) I, m, 17, xii* siècle.
Parchemin, in-f», 355 mm sur 255, à deux colonnes;
454 feuillets.— Anciennes cotes, sur le feuillet de garde :
193 de XII banco ex parte Orientis — TXX°. b. — Plut. XV
n° CXCIX; — au dos : n° 581. — Ce manuscrit, dont l'écri-
ture ressemble beaucoup à celle du précédent, appartenait,
vers le commencement du xv e siècle, au savant florentin
Nicolà Nicoli (f 1437), qui le légua aux dominicains du
couvent de Saint-Marc. Il était encore dans leur bibliothè-
que au xviii* siècle : Fr. Bianchini l'y consulta après Luc
Holste. Cf. ci-dessus, la description du ms. A 2 (p. clxvii b).
— C'est le Flor. I de Schelstrate, Bianchini et Vignoli.
Contenu. — Il est indiqué par la table suivante,
écrite au xv e siècle sur le v° du feuillet de garde :
In hoc volumine continentur per ordinem infrascripti libri s.
Liber qui dicitur pontificàlis, editus a beato Ieronimo (corr. : a
b. Damaso pp.)
Expositio sancti Ambrosii super cantica canticorum.
Liber Iohannis Crisostomi de reparatione lapsi.
Liber eiusdem de compunctione ad Demetrium.
i. Ordo de discretione penit. quem Gregorius papa constitua. Po-
nunt canones peccantibus de quibusdam peccatis très annos... alii
sustententur. — Régula canonica Gregorii IIII papae. In die Resur-
rectionis usque in sabbatum eiusdem... vitam consequi possunt
sempiternam.
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Copies du
xy-xvi e siècle.
Liber eiusdem de eadem materia ad Stellcvium.
Liber Anselmi qui appellatur Proslogyon, id est alloquium.
Conventus sci Marci de Florentia ordinis Praedicatorum de he-
reditate doctissimi. viri Nicolai Nicoli Florentini.
Le livre pontifical occupe les sept premiers cahiers,
formant ensemble 50 feuillets. Après les deux épîtres
initiales vient le titre incip"lÏb pontificalis. Les vies se
suivent jusqu'à celle d'Hadrien I er inclusivement, pré-
cédées d'un simple numéro d'ordre, sauf pour Be-
noît I er où il y a un t'tre : Vita vel acta Bcnedicli pp.
Holste en tira un certain nombre de variantes qui
ont été publiées par Schelstrate jusqu'à Félix IV, puis
par Bianchini d'après Schelstrate; Vignoli en a fait
usage pour toute la série des vies. Bianchini (t. II,
p. lix) en a donné un spécimen paléographique.
Copies du Florentinus :
9. — c) Laurentianus XXIII, 4, xvi e siècle.
Parchemin, in-f°. — Copie du liber pontificalis contenu
dans le Florentinus. Au bas de la première page, au-des-
sus du portrait de saint Jérôme en habit de cardinal, on
voit les initiales L. X. P. M. (Léo X Pontifex Maximus). Le
manuscrit a donc été exécuté pour Léon X (1513-1521). Il
y a une initiale peinte à chaque notice.
d) Riccardianus 321, xv e siècle.
Parchemin, in-4°, 248 œm sur 175, 90 feuillets.
Contenu : f. 1-32, Chronique de Prosper; — f. 32-
73, le Liber pontificalis, avec les lettres-préface, mais
sans titre ni catalogue, jusqu'à Boniface III (f 607)
inclusivement. Jusqu'à Félix II ce n'est qu'une copie
du Laurentianus XX, 10 (v. ci-dessous, § m); depuis
Damase jusqu'à Boniface III, du Florentinus; à la fin
de la vie de Félix II on lit la rubrique : Seqnitur sine
titulo de nonnullis pontificibus ex duobus antiquissimis
codicibus sumptum; — f. 74-90, Benvenuti de Ram-
baldisde Imola, libellus incipit qui dicitur Augustalis,
avec une dédicace à Nicolas, marquis d'Esté (1393-
1441).
e) Ur binas 395, fin du xv e siècle.
Parchemin, in-f», 32o mm sur 220, 263 feuillets. Ancienne
cote : 773. Ecriture élégante. La première page est en-
cadrée dans une bordure historiée avec des armes surmon-
tées d'une couronne sans fleurons et accostées des initiales
G. F. — C'est YUrbinas de Vignoli.
Contenu : f. 1-231, le Liber pontificalis jusqu'à
Martin V; — f. 232-263, extraits de la Chronique de
Sigebert *.
Jusqu'à Etienne II inclusivement, ce manuscrit est
une copie du Florentinus, dont il reproduit à peu près
le titre : Incipit pontificalis. A partir de Paul I er , il suit
le Vaticanus 3762 (H). Zaccagni, qui a mis une note à
la page 166', dit avoir fait la comparaison depuis Be-
noît III et avoir trouvé les deux manuscrits tout à fait
semblables. Mes observations complètent et confirment
les siennes. Depuis Martin IV, qui a deux notices, les
continuations sont empruntées à Bernard de Guy et au
rédacteur contemporain de Martin V. — Les feuillets
229-231 sont occupés par deux compléments : l'un
n'est que le commencement de la vie de SUvestre,
d'après le Vaticanus 3762, avec la donation de Cons-
tantin; l'autre est une petite chronique, qui va du cou-
ronnement de Charlemagne jusqu'à la papesse Jeanne :
Anno inc. dom. DCCC... propter sexum muliebrem.
Blondus. C'est un extrait des Décades de FI. Blondus.
10. — Le Vaticanus 629 et le Florentinus sont des
manuscrits jumeaux ; ils ont été copiés l'un sur l'autre ou
sur un môme original qui ne remontait pas beaucoup au
delà de leur temps. Voici quelques lacunes communes
et significatives. Dans la notice de SiJvestre, à l'article
de la basilique de Saint-Laurent, ils interrompent tous
deux Ténumération des fonds de terre au môme endroit,
et en signalant l'interruption par la môme formule
abréviative : possessio Aqua Tuscia ad latus praest.
sol. CLI et caetera talia, puis ils passent à la basilique
suivante, celle des SS. Marcellin et Pierre. Même sup-
pression pour celle-ci : corona aurea quae est farus
cantarus cum delfinis CXX, pens. lib. XXX, et cetera his
similia; puis ils passent à l'église d'Ostie, dont la dota-
tion s'arrôte ainsi : phara cantara argentea XXX, pens.
sing. lib. quinas. Et reliqua. Ils continuent par l'église
de Capoue, omettant ainsi le chapitre qui regarde
celle d'Albano. La vie de Damase s'arrête dans tous les
deux aux mots corpora sancta versibus exornavit — .
Enfin, dans la vie d'Hadrien I er , la dernière qu'ils con-
tiennent l'un et l'autre, ils ont fait des suppressions
considérables, qui coïncident toujours. La seconde
1. Bethmann, Ârchiv, t. XII, p. 263.
Provenance d*
ce groupe do
manuscrits.
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partie de cette vie, n 08 320-357, ne tient qu'une co-
lonne dans ces deux manuscrits ; on a d'abord passé un
grand nombre de mots dans les n os 320, 321, 322, 323,
puis supprimé tout ce qui va depuis seu stauracin. Fe-
cit in ecclesia b. Laurenti, dans le n° 323, jusqu'à la
finale : Hic beatissimus et preclarus ponlifex omnia
utiliter atque naviter, etc.
11. — Ces deux manuscrits dérivent de celui de Luc-
ques. Partout où celui-ci a une variante propre, sauf les
cas où il ne s'agit que d'une orthographe incorrecte, fa-
cilement rectifiable pour un copiste du xi e siècle, cette
variante se retrouve dans le Vaticanus et dans le Flo-
rentinus. Ainsi, p. 117, 1. 11, omission des mots iunias,
accepta VI kal.; p. 118, 1. 3, in omis; p. 118, 1. 16,
stude vacare au lieu de vacare stude; p. 123, 1. 3,
VIII regiones pour VHregiones; p. 147, 1. 1, Rumulo
pour Romulo; p. 153, 1. 6, XVII {Lue.), XVI (Vat. et
Flor.) pour VII; p. 155, 1. 3, alii ex pour alii sex;
p. 158, 1. 3, <El> hic fecit; p. 159, 1. 5, si pour
sine; p, 162, 1. 5, et turificare pour ut turificaret;
p. 164, 1. 13, plantas pour plancas; p. 167, 1. 1,
medicus pour medicis; p. 205, 1. 2, omission des mots
hic multas tribulationes et, etc. — Voici d'autres cas
où les particularités d'écriture du Lucensis ont donné
lieu à des leçons remarquables dans les deux autres
manuscrits : p. 128, 1. 7, cessavit episcopatus S m II
.a.
(Luc), dies mse 11 {Vat.), menses II (Flor.) ; — p. 136,
1. 2, épis tû (Luc), episcopatum (Vat. et Flor.) — p. 143,
1. 4, quo {Luc, au lieu de quos); quo (Vat.), quem
(Flor.); — p. 145, 1. 6, clr (Luc, pour clero), cleri
(Vat.), clericis (Flor.); — p. 148, 1. 3, regines (Luc,
pour regiones), reginos (Vat.), regiones (Flor.); —
p. 162, 1. 7, Marcello (Luc, pour Marcellus, qui a été
rétabli par la seconde main), Marcello (Vat.), Marcel-
lus (Flor.). — Ces derniers exemples montrent que le
copiste du Florentinus se permet souvent des correc-
tions; on pourrait citer bien d'autres faits de ce genre.
II en résulte que, si les deux manuscrits ont été copiés
l'un sur l'autre, c'est certainement le Vaticanus qui est
l'original.
Le Lucensis a, vers la fin, deux grandes lacunes qui
lui sont propres, l'une dans la vie de Zacharie, l'autre
dans la vie d'Hadrien; nos deux manuscrits ayant, dans
cette dernière vie, une lacune beaucoup plus grande,
leurs coupures ne peuvent être comparées à celle du
Lucensis. Dans la vie de Zacharie, au contraire, la com-
paraison est possible et fort significative, car le Lucensis
ne se borne pas à supprimer; il résume, et la formule
de son résumé est exactement reproduite par le Vati-
canus et le Florentinus : Et fecit per diversas locas
domoculta, et diruptas ecclesias restaurabit sicut ab
antiquitus fuerat restaurata et vestes et dona obtulit.
Hic praecipuus pontifex dilexit clerum...
Ces faits suffisent à prouver que nos deux manus-
crits ne sont que des copies plus ou moins directes du
Lucensis. J'ajouterai qu'ils ne dérivent que de son texte
original et nullement des retouches que celui-ci a su-
bies vers le xu e siècle. Ainsi, dans la vie d'Urbain, ils
ont la leçon temporibus Diocletiani, que le correcteur
du manuscrit de Lucques changea en temporibus
Alexandri.
B. Groupe français.
12. — a) Vaticanus Reginae 1852, xi* siècle.
Parchemin in-4°, 270 mm sur 180, 60 feuillets. Ancienne
cote : 1631. Provient de l'abbaye des SS. Serge et Bacchus,
d'Angers: sur le dernier feuillet, on lit, Iste liber esf/////////;
Le nom de l'abbaye angevine est suppléé par Bethmann *,
d'après le contenu. — Il y a, sous la même reliure, deux
manuscrits, le premier (f. 1-30) est du xn* siècle; le
second (f. 30-60), du xi c siècle. — Celui-ci est l'Alex. Il
de Vignoli.
Contenu. — 1° f. 1-23, Chronique de Pierre, fils de
Béchin, depuis la création jusqu'à l'année 1138 2 ; — f.
24-25, annales angevines , de diverses mains, jusqu'à
l'année 1180 ; — f. 26' Nomina abbatum SS. Sergii et
Bacchi Andegav., liste prolongée jusqn'à l'année 1293,
date de son insertion dans le manuscrit déjà existant;
— f. 27-30, autres annales angevines, de 1067 à 1153,
prolongées plus tard jusqu'en 1290.
2° Le second manuscrit (cahiers numérotés : I q.,
II q., etc.) est un liber pontificalis abrégé, qui s'étend
jusqu'à la vie d'Hadrien I er . Des longues notices de la
1. Archiv, t. XII, p. 235.
2. André Duchesne, Hist. Fr. Script., t. III, p. 365-312; A. Salmon,
Recueil des chroniques de Touraine , Tours , 1854, p. 14 et suiv.;
Marchegay et Manille, Chroniques des églises d'Anjou, p. XV-XVHI
et 129-152. Ce manuscrit est précisément celui que MM. Marchegay
et Mabille disent être perdu et avoir été vainement cherché au
Vatican parmi les manuscrits de la reine de Suède. Ils s'en sont
néanmoins servis, par l'intermédiaire d'une copie d'André Du-
chesne {cod. Paris. 12696), qui leur a paru avoir été exécutée, pour
cette partie, sur plusieurs manuscrits, alors qu'il n'y en a en réa-
lité qu'un seul.
Manuscrit
d'Angers.
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Manuscrit de
Poitiers.
fin il ne reste le plus souvent que le début et les der-
nières phrases. Après celle du pape Constantin on trouve,
non pas dans la marge, mais dans le texte, la note Hune
usque C XXV MI anni sunt, etc., qui figure au même
endroit, en marge, dans le manuscrit de Lucques. Cette
particularité et bien d'autres ressemblances prouvent
que ce manuscrit dérive du Lucensis ; mais il est indé-
pendant des retouches que celui-ci a subies.
13. — b) Pictaviensis 6, xi-xn e siècle 1 .
Parchemin in-f° oblong, 450 mm sur 145, provenant de
l'église Saint-Hilaire le Grand à Poitiers, comme il résulte
d'un contrat cum Her. thesaurario et canonicis beati Hylarii,
f. i . — Ce manuscrit a été mutilé postérieurement à l'année
1835; plusieurs cahiers ont été arrachés, plusieurs feuillets
coupés ça et là. Il reste actuellement 105 feuillets, numé-
rotés sans tenir compte des mutilations. L'angle inférieur-
extérieur des feuillets a été rongé par les rats, sans que le
texte ait été endommagé.
Le contenu est marqué dans un index du xiir 9 siècle
environ, qui se lit f. i' :
In hoc volumine continentur libri inferius annotati :
Primo, canones plurium consiliorum (sic) generalium et prae-
cipue IHI or principaliorum a beato Ysidoro pluribusque aliis
sanctis patribus descripti ;
item, cronica beati Iheronimi de summis pontifleibus ;
item, sermones beati Augustini de dominiciset festis anna-
libus quibusdam a Nativitate Domini usque ad Ascensionem ,
quorum tamen primus est de Trinitate et incipit : « Legimus
secundum Moysen », etc. ;
item, tractatus venerabilisBede super epistolis canonicis bea-
torum apostolorum Iacobi, Pétri et Ioannis;
item, translacio degraeco in latinum dictorum beati Metho-
di, in qua multa mira continentur;
novissime ponitur liber de Faulx-Buisson.
Le catalogue de Haenel (1823) donne une descrip-
tion plus sommaire :
Canones conciliorum generalium et praecipue quatuor prin-
cipalium. Chronica b. Hieronymi de ss. pontificibus. S. Augus-
tini sermones de festis et de sanctis. Calendarium de Faulx-
Buisson. Saec. XI membr. in fol.
Actuellement on trouve dans ce manuscrit :
1° Une collection canonique intéressante , contenant
i . Je n'ai pas vu ce ms. Dom Chamard a bion voulu vérifier la
disparition des cahiers qui contenaient le L. P. M. Em. Ernault,
maître de conférences à la Faculté des Lettres de Poitiers, a eu
l'obligeance de rédiger pour moi une description très soignée du
manuscrit.
beaucoup de conciles tenus en Gaule. Elle comprend les
cinq premiers cahiers, f. 2-9, 10-13, 14-21, 22-29, 30-
37. Le cinquième se termine par la Notifia Galliarum,
qui est incomplète, car la partie relative au diocèse des
sept provinces devait se trouver sur le feuillet suivant.
A cet endroit il a disparu plus d'un cahier.
2° Un recueil d'homélies, disposées suivant Tordre
du calendrier, depuis Noël jusqu'à l'Ascension. Le pre-
mier commence par les mots Legimus sanctum Moysen
(S. Augustin, éd. Migne, t. V, p. 2196). Ce recueil va
du f. 38 au f. 75', au bas duquel il s'interrompt, un
feuillet au moins ayant disparu à cet endroit;
3° Bède, commentaire sur l'épître de saint Jacques et
les autres épttres catholiques , f. 76-97' ; il y a ensuite
un feuillet de coupé.
4° Dicta S. Methodii, traduction du grec, avec un
prologue et une Praefatiuncula Pétri monachi, f. 98-
102;
5° Martyrologe : Incipit martyrologium per anni cir-
culum, etc., f. 102-104. C'est le calendarium ou le
liber de Faulx-Buisson, mentionné dans les descriptions
ci-dessus.
Le f. 105 est un feuillet de garde.
De cette description il résulte que ce manuscrit a
perdu un ouvrage entier, la Chronica b. Eieronimi de
summis pontificibus et, outre quelques feuillets épars,
la fin de la collection canonique, depuis le milieu de
la notice des provinces et cités de la Gaule. Or voici la
description de l'un des manuscrits du fonds Ashbur-
nham-Libri, n° 1814 (Catalogue of themss. at Asbur-
nham Place, part. I [Libri]) :
Recueil (en latin). — Beati Hieronymi vitae Pontiflcum.
Libellus de paenitentia iaicorum. Regulae de ministris eccle-
siae. Excerpta capitularia regum Francorum. Provinciarum
descriptio. Liber paenitentialis Àllitgarii episcopi. Bedae pres-
byteri de canonibus. Epistolae Paulini, Gregorii, etc. Canones
varii. Liber de ordine nenitentia [sic), etc.— Manuscrit sur vélin,
in-f° oblong, du x-xi° siècle. Fort important.
Ce manuscrit est actuellement à la bibliothèque Lau-
rentienne de Florence 1 , où il porte le n° d'inventaire
1737. Il comprend 24 feuillets, de 450 mm sur 141, en
écriture de la fin du xi e siècle ou du commencement
du xii 9 (appréciation de M. Anziani). L'angle extérieur-
1. Je dois à l'obligeance de M. le chanoine Anziani, bibliothécaire
de la Laurentienne, des renseignements fort circonstanciés sur le
contenu de ce manuscrit.
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Manuscrit
du Mans.
inférieur de chaque feuillet a été rongé par les rats,
sans dommage pour le texte.
Les 24 feuillets conservés à Florence correspondent
à trois cahiers dont les deux premiers contiennent : f.
1-15, le Liber pontificalis; f. 15', un Libellus de pae-
nitentia laicorum, can. 27-34; f. 15'-16, Regulae de
ministris ecclesiae ; f. 16-16', De homicidiis et calum-
niis. Quant au troisième cahier, il contient un grand
nombre de textes relatifs à la discipline ecclésiastique ;
mais il commence par la fin de la Notitia Galliarum,
et cette partie de son texte rejoint exactement le texte
de la même Notitia interrompu au bas du P 37' dans
le manuscrit de Poitiers. Celui-ci, en effet, va jusqu'à
la fin du diocèse Galliarum : ... Civitas Valensium
Uctodoro. Provincia — Le manuscrit de Florence con-
tinue : — Viennensium numéro XIIII A la fin de
ce cahier, on trouve le commencement du Libellus de
paenitentia laicorum dont la fin est rejetée après le
Liber pontificalis, f. 15'. Il est évident que l'ordre des
cahiers florentins n'est pas primitif et que le f . 17 ne
devrait pas venir après le f. 16.
Bien que je n'aie vu ni les feuillets Ashburnham, ni
le manuscrit de Poitiers, je crois que celui-ci a contenu
autrefois les trois cahiers qui sont maintenant conservés
à Florence. Il y a coïncidence exacte dans le format, et
dans un format extraordinaire ; les dimensions sont les
mêmes ; les marges ont été rongées au même endroit
et sur la même surface ; le contenu des deux parties
réunies correspond à celui du manuscrit de Poitiers
avant sa mutilation ; enfin, si l'on remet les cahiers
florentins dans leur ordre primitif, il se trouve que le
commencement de ce fragment (f. 17) s'ajuste exacte-
ment avec la lacune du manuscrit de Poitiers.
ht liber pontificalis contenu dans ce manuscrit est
exactement identique à celui du manuscrit précédent.
Je m'en suis assuré par la comparaison des passages
caractéristiques, sur lesquels je dois de précieux ren-
seignements à M. le comte d' Ashburnham et à M. le
chanoine Anziani.
14. — c) Parisinus 4999 A, xiv e siècle.
Voici la description de ce manuscrit, telle qu'elle se
trouve dans le catalogue imprimé de la Bibliothèque
nationale :
Codex membranaceus, in quarto, quo continentur :
1° Eusebii et Isidori Hispalensis chronicon, a Petro Bechinni
filio productum ad mortem Richardi régis Anglorum et
annum {{ 99.
2° Anonymi liber de tribus circumstantiis gestorum , id est,
personis, locis et temporibus.
3° Damasi papae chronicon de summis pontificibus , quod
anonymus produxit ad Adrianum T et annum 772.
4° Nomina episcoporum Cenomanensium a Iuliano ad Hugo-
nem.
5° Prophetia sibyllae Tiburtinae.
6° Gesta Salvatoris, sive evangelium Nicodemi.
7° Libellus Bedae de locis sanctis, in epitomen contractus.
8° Historia Britonum, autbore Galfrido Monemutensi.
Is codex decimo quarto saeculo ineunte videtur exaratus.
M. L. Delisle a démontré l que ce volume, soustrait à
la Bibliothèque nationale, a été découpé en quatre mor-
ceaux, dont trois se retrouvent dans la bibliothèque de
lord Ashburnham, fonds Barrois, n os 251, 244 et 250.
Le premier contient la chronique de Pierre Béchin(n° 1);
le deuxième les opuscules n os 2, 3, 4, 5 ; le troisième
les opuscules n 08 6 et 7; le quatrième, comprenant
l'histoire de Geoffroi de Monmouth, a échappé aux
recherches.
Comme le précédent, ce manuscrit contenait en
même temps la chronique de Pierre Béchin et un liber
pontificalis abrégé, qui se terminait au pape Hadrien I er .
Je dis un liber pontificalis abrégé, car, d'après le ca-
talogue du fonds Barrois, n° 244 2 , on voit qu'il n'occupe
que 21 feuillets du manuscrit ; celui-ci est de petites
dimensions ; on peut d'ailleurs comparer la place occu-
pée par le Liber pontificalis avec celle que prennent les
autres opuscules, de dimensions bien connues. De cette
comparaison il résulte que les 21 feuillets en question
n'offrent pas la place nécessaire pour un texte complet,
terminé à Hadrien I er . — Je pense aussi que , dans le
catalogue imprimé de la Bibliothèque nationale, la date
772, qui est celle de l'avènement d'Hadrien, doit être
remplacée par celle de sa mort, 795.
Ce manuscrit doit donc présenter le même texte que
le précédent, soit qu'il ait été copié sur lui , soit qu'ils
proviennent tous deux d'un original commun. D'après
le contenu, il doit provenir du Mans ou de quelque
église de la même région.
i. Les manuscrits du comte d' Ashburnham, Paris, 1883, p. 80 ; cf.
Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 6° série, t. II, p. 223 et suiv.
2. Reproduit par M. Delisle, l. c.
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LES MANUSCRITS.
3° Manuscrits perdus.
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Manuscrit B de
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P. Crabbe.
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15. — A ces manuscrits existants il convient d'en
ajouter deux autres, perdus maintenant, mais sur
lesquels nous avons quelques renseignements.
L'éditeur de Mayence ajouta à son texte, déjà im-
primé, la collation, très rapidement faite, de deux ma-
nuscrits appartenant à Marquardt Freher et communi-
qués par lui. L'un de ces manuscrits, coté A dans l'édi-
tion mayençaise, n'est autre que le Parisinus 5140, qui
sera décrit plus loin. L'autre, coté B, a échappé à
toutes mes recherches. Mais on peut juger de son texte
par les variantes, d'abord assez nombreuses, puis de
plus en plus rares, qui en furent extraites. C'était un
manuscrit de la classe A, mais seulement jusqu'au
pape Constantin (f 715). A partir de Grégoire II son
texte devenait identique à celui de la classe B. Comme
le manuscrit de Cologne (ci-dessous, p. clxxvii), il
s'arrêtait au milieu de la vie d'Etienne III, à rémuné-
ration des évoques franks envoyés au concile romain
de 769. Pour la première partie, les variantes permet-
tent de constater qu'il se rapprochait beaucoup des
manuscrits A 5 et A 6 , surtout dans les chiffres. Quand
j'aurai ajouté que le manuscrit B de Freher était moins
grand que le Parisinus 5140, j'aurai dit tout ce qu'il
m'est possible d'en dire.
Pierre Crabbe se servit pour son édition des conciles
d'un manuscrit du Liber pontificalis appartenant à
l'abbaye de Sigberg, près Bonn. 11 en tira d'abord
toute la série des papes des six premiers siècles, jus-
qu'à saint Grégoire le Grand. Au delà de celui-ci, il ne
donne d'autres biographies pontificales que celles de
Deusdedit, Honorius, Théodore, Martin, Eugène I er ,
Vitalien, Donus, Agathon, Léon II, Grégoire II, Gré-
goire III, Zacharie, Léon III, Eugène II, Nicolas I or et
Hadrien III ; encore celles de Léon III et d'Hadrien III
sont-elles empruntées à Platina. Celle de Nicolas 1 er
n'est qu'un mauvais assemblage de fragments emprun-
tés à la notice de ce pape et à celle de son prédéces-
seur Benoît III. Quant aux autres, le texte rentre dans
la classe A pour le commencement, jusque vers le mi-
lieu du vi° siècle, dans la classe B pour la suite.
C'est un manuscrit du même genre, présentant au
commencement le texte de la classe A et s'en écartant
plus tard, qui a servi au compilateur de la troisième
édition, celle de Pierre-Guillaume. Ici, cependant, il y
a une complexité plus grande que dans le cas précé-
dent; j'y reviendrai en décrivant les manuscrits de
cette édition.
4° Classification.
16. — En éliminant les manuscrits perdus, abrégés *,
de basse époque, ou dérivés d'originaux existants, le
groupe A se réduit à six manuscrits, le Lucensis, le
Laurentianus S. Marci, le Parisinus 317, YHavniensis,
le Vaticanus 5269 et le Vindobonensis 632. Celui-ci se
termine actuellement dans la notice de Vitalien (•{• 672);
mais depuis celle de Silvère environ, le texte y est tel-
lement remanié d'après un manuscrit de la classe B, ou
même suivant le caprice d'un correcteur, que l'on ne peut
guère s'en servir, après la notice d'Agapit, comme d'un
représentant de la classe A. V Bavniensis s'interrompt
dans la notice de Silvestre, le Laurentianus dans celle
de Léon II. Les trois autres, qui n'ont point subi de mu-
tilation, nous présentent jusqu'à Constantin (•£• 715) un
texte à peu près identique. Le Lucensis est continué, il
est vrai, au delà de cette limite, mais les vies suivantes
y ont été ajoutées après coup; le Vaticanus a aussi
quelques mots de la notice de Grégoire II, mais sui-
vant une recension différente de celle que présente,
pour cette vie, le Lucensis. Le groupe A ne reste donc
uni et serré que jusqu'en 715.
Il se subdivise en deux familles ; les quatre premiers
manuscrits ont entre eux une parenté spéciale, qui les
distingue facilement des deux autres. Cette parenté est
même si étroite que l'on se demande par moments si
le Lucensis n'est pas un ancêtre commun aux trois ma-
nuscrits de Florence, de Paris et de Copenhague. Il a ce-
pendant quelques lacunes qui ne se retrouvent pas dans
ces manuscrits ; la parenté est donc simplement colla-
térale. Mais elle est très étroite : l'ancêtre commun ne
peut guère être différent de l'original du Lucensis. Il est
du reste à remarquer que, sur les trois manuscrits en
question, les deux dont la provenance est connue sont
des manuscrits toscans, comme le Lucensis, et que
l'un d'eux, le Havniensis, vient précisément d'un can-
ton où, dès le vm e siècle, l'église de Lucques avait des
relations étendues. Le texte de ces trois manuscrits a
subi de nombreuses corrections orthographiques; de
1. Outre les abrégés décrits ci-dessus, on en trouvera énumérés
quelques autres, beaucoup moins importants, dans le § vi de ce
chapitre.
Classement des
six manuscrits
indépendants.
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MANUSCRITS DE LA CLASSE B.
plus, les suppressions fréquentes du Laurentianus et
du Parisiensis ont nécessité çà et là de petits raccords.
Mais en dehors de ces remaniements faciles à distin-
guer, leur leçon a une grande valeur, comme confirma-
tion et même comme rectification, sur quelques points,
de celle du manuscrit de Lucques.
Les retouches grammaticales sont beaucoup plus
sensibles dans le Vaticanus et le Vindobonensis, qui, à
ce point de vue déjà, représentent un original commun,
du xi e siècle au moins. Ils ont en outre l'interversion
Anicet-Pie, et les chiffres qui expriment la durée du
siège dérivent d'une révision systématique, commune
à ces manuscrits, à la classe E et à trois manuscrits de
la classe C K On verra bientôt que les manuscrits des
classes C et E dérivent d'originaux copiés dans la Tus-
cie lombarde, au vm e siècle. Ainsi les retouches des
deux manuscrits de Vienne et du Vatican ne nous obli-
gent pas à chercher leurs éléments ailleurs que dans la
patrie du groupe A I23i . Il est clair toutefois qu'ils déri-
vent d'un original plus ancien que celui de ce groupe,
et, à certains égards, d'un original plus parfait. En
plusieurs cas ils ont conservé, de concert avec les ma-
nuscrits des autres classes, la leçon primitive, altérée
dans le Lucensis et dans ses congénères. La généalogie
des manuscrits A peut donc se traduire comme il suit :
De ces données il résulte que la classe A doit être re-
présentée 1° au point de vue de l'orthographe par le
seul manuscrit de Lucques ; 2° au point de vue de l'en-
semble du texte par les variantes de nos six manus-
crits, sauf celles qui ne sont que des retouches. Je
donnerai, soit dans le texte, soit en note, la leçon du
Lucensis, dans tous ses détails, en négligeant cepen-
dant la plupart des corrections que ce manuscrit a su-
bies au xii e siècle. Quant aux cinq autres manuscrits,
leurs variantes ne seront régulièrement notées qu'en
tant qu'elles affectent le sens et qu'elles ne représen-
tent pas, de toute évidence, un remaniement postérieur
et arbitraire. Le silence gardé sur leur leçon signifiera
donc, non pas qu'elle soit celle du texte imprimé, mais
qu'il n'y a certainement rien à en conclure contre
celle du texte imprimé.
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MANUSCRITS DE LA CLASSE B.
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1° Manuscrits du texte ordinaire.
A. — Fragments très anciens.
17. — Taitrinensis F, IV, 18, vin siècle.
Antiphonaire du xu« siècle, provenant de Bobbio; en
tête sont deux feuillets de garde (hauteur m 28, largeur
m 18) qui contiennent un fragment du Liber pontifLcalis.
Ces quatre pages sont palimpsestes : l'écriture inférieure,
1. Voy. ci-dessus, p. liixvjii b. — Je crois devoir atténuer ici ce
que j'ai dit des rapports entre le texte A 68 et les manuscrits CE. Il
y a çà et là dans le texte A 56 , même en dehors des chiffres, quel-
ques menues retouches qui peuvent provenir d'un manuscrit C ou
d'un manuscrit E.
celle du Liber pontificalis, est une minuscule du vme siècle
au moins *.
Contenu : La fin de la vie d'Hormisdas, depuis les
mots episcopo Iohanne, p. 270, 1. J3, et le commence-
ment de la vie de Jean I er , jusqu'à cum cereis et cru-,
p. 275, 1. 11.
Copié pour moi par M. Em. Châtelain.
2. C'est l'appréciation de mon ami M. Em. Châtelain, à qui je
dois une description de ce manuscrit et une copie de ce qui s'en
peut encore déchiffrer. Une note annexée au volume dit que les
feuillets de garde avaient été lus « dopo fattavi passare sopra una
» preparazione chimica », par le cav. Alessandro Tonso Perni-
gossi, de Tortone, à qui le manuscrit avait été envoyé par le comte
Cardenas de Vorlanga (?), son ancien collègue au conseil de pré-
fecture d'Alexandrie, en 1801-1814; le comte Cardenas l'avait em-
prunté à l'abbé Pezzi, de Bobbio, ancien moine, qui en était le pos-
sesseur. — L'existence de ce ms. m'a été signalée par M. de Rossi.
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B 1 18. — Neapolitanus IV, A, 8, vn e siècle.
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Parchemin, in-4°, 300 mn » sur 280, 47 feuillets. — Ce cé-
lèbre manuscrit palimpseste provient, comme le précédent,
de l'abbaye de Bobbio : sur un des feuillets du milieu on
lit, en écriture du xm' siècle, Liber S. Columbani; le feuillet
étant déchiré à cet endroit, on ne peut constater la présence
des mots de Bobbio qui terminent ordinairement la formule
dans les manuscrits de cette provenance. Il appartint à Ja-
nus Parrhasi us (1470-1533), puis à Seripandi (1493-1563),
enfin au monastère napolitain de Saint-Jean a Garbonara,
d'où il est venu, au commencement de ce siècle, à la bi-
bliothèque royale de Naples. — Les huit feuillets qui con-
tiennent le Liber pontificalis portent les numéros 40-47. Ils
sont détachés les uns des autres ; le manuscrit n'est pas
relié, mais conservé dans une boite en bois. Le texte du
Liber pontificalis est à deux colonnes, en minuscule très
fine, du vu e siècle, à raison de quarante à quarante- six
lignes par colonne. Il est de la seconde écriture; pour
faire revivre le texte oncial que Ton distingue au-dessous,
Mai appliqua à ces feuillets un réactif qui les a tellement
chiffonnés et noircis que la lecture, toujours très difficile,
est, à certains endroits, absolument impossible t.
Contenu 2 ; Le Liber pontificalis commence au f. 40.
En haut de la colonne 40 « on a écrit au xm e siècle,
dans la marge supérieure, le titre Gesta summôr pon-
tificû, mais à l'origine il n'y avait aucun titre. L'écri-
ture du vii e siècle commence par l'adresse de la lettre
de saint Jérôme : Beatissimo papae damaso hierokÎmsI
Suivent les deux lettres, puis un catalogue de papes
jusqu'à Conon, les noms seulement avec des numéros
d'ordre, sauf pour les deux premiers papes, dont les
années sont marquées. Ce catalogue, disposé sur deux
lignes verticales, se prolonge jusqu'à la septième ligne
de la seconde colonne. On lit ensuite le texte suivant,
en onciale : Quid est tibi marc quod ftigisti et
tllllllllllllllllllli P uis > a P rès deux lignes en blanc, Vinci-
pit suivant, en minuscule à filaments, plus grosse que
celle du texte : In nomine scâe irinitatis atque sel om-
1. Descriptions : Gataldo Iannelli, Bibliothecae latinae manu-
scriptae catalogua, cod. VIII, p. 5 ; Ang. Ant. Scotti, étude dans les
Memorie délia regia accademia Ercolanese d'archeologia, t. II (1833),
p. 119 et suiv. [Cet auteur s'efforce en vain de démontrer que le
ms. ne provient pas de Bobbio, mais de la Galabre; c'est lui, p. 121,
qui mentionne les manipulations d'Angelo Mai.] Pertz, Archiv,
t. V, p. 69; Bethmann, Archiv, t. XII, p. 615. C'est à Pertz que re-
vient l'honneur d'avoir le premier découvert (1822) et signalé ce
manuscrit.
2. Pour l'écriture inférieure de ce ms. et même pour l'écriture
supérieure, en ce qui ne concerne pas le L. P., on peut consulter
les descriptions citées dans la note précédente. Ces parties du
texte n'ont aucun intérêt pour l'histoire du L. P.
LES MANUSCRITS.
nés prophetKE. La série des notices commence alors,
chacune d'elles étant précédée d'un numéro en marge.
À la fin de la première ligne de chaque nouvelle notice
le copiste continue dans le blanc laissé par l'alinéa qui
précède et ne passe à la seconde ligne qu'après avoir
rempli cet alinéa. Le huitième feuillet, le dernier qui
subsiste, se termine à ces mots de la vie d'Anastase II
(496-498) : qui noctu divino noto percussus est. — Il
est impossible de dire jusqu'à quel pape s'étendait le
liber pontificalis contenu dans ce manuscrit; au moins
peut-on admettre, en tenant compte des limites du ca-
talogue initial et de la haute antiquité de l'écriture,
qu'il n'allait pas au delà du pape Conon (*j- 687).
Copié.
B. Manuscrits prolongés au-delà d'Etienne IL
19. — Parisinus 13729, ix e siècle. B*
Parchemin, in-4°, 245 mm sur 175, 161 feuillets. — Ce
manuscrit a appartenu à Nicolas Lefebvre, précepteur de
Louis XIII. Il passa ensuite dans la bibliothèque Harlay
et dans celle de Saint-Germain. Anciennes cotes : XIV R,
olim 1621, Saint -Germain-Harlay 474 bis.
Contenu : le Liber pontificalis seulement. Première
page en blanc; f. 1', en grandes capitales le titre: In
NOMINE DM "67 ET SALVATORIS NRI IHV XpTlNCIPIT LIB EPISCO-
PAL1S IN QUO C0NTINENTUR ACTA BEATORUM PONTIFICUM URBIS
romae. Entre les lettres-préface et le texte, il y a un ca-
talogue qui se termine ainsi :
XCVI. Stephanus an. III m. V d. XXY11I.
{sic) XVII. Adrianus ANNOS XX.
XCVIII. Léo. tertius annis XX m. V.
XCVI1II. Stephanus. annis IlIIm. V.
C. Paschalis. annis septem.
CI. Eugenius. annis III m. IL
Item nomina Romanorum pontificum sine gestis.
Sous ce dernier titre suit un catalogue terminé à Inno-
cent III (f 1216) ; ce catalogue et les mots en italiques
dans les cinq lignes qui précèdent ont été ajoutés au
xm 8 siècle. Le titre Item nomina etc., est inexact, car
les vies (gesta) des quatre papes Léon III, Etienne IV,
Pascal et Eugène II ne figurent pas dans le manuscrit :
la dernière notice est celle d'Hadrien I er (f 795). Entre
le catalogue et les notices on lit le sous-titre In Dei
nomine incipiunt gesta suprascriptorum pontificum.
Collationné.
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MANUSCRITS DE LA CLASSE B.
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B 2 ' 20. — Laudunensis (Bibliothèque municipale de
Laon), 342, ix e siècle.
Parchemin, in-4°, 230 mm sur 200, 121 feuillets. — Il
provient de l'église cathédrale de Laon ; on lit sur le
premier feuillet, d'une écriture postérieure à celle du ma-
nuscrit : Hune librum dédit domnus Dido episcopus Deo et
sanctae Mariae Laudunensis ecclesiae. Si quis abstulerit, of-
fensionem Dei et sanctae Mariae incurvât. Dido a été évo-
que de Laon entre 883 et 893.
Môme contenu que le précédent, sauf que le catalo-
gue initial n'a été prolongé de seconde main que jus-
qu'à Benoît III (855-858) seulement:
Stephanusan. III m. V d. XXVIII.
Adrianus ANNOS XX.
Léo.
Stephanus.
Paschalis.
Eugenius. ann. lllî mens. VU dies XXIII.
Valentinus m. 1 dies X.
Gregorius ann. XVI.
Sergius sedit ann. III.
Léo sed. ann. VIII m. III d. V.
Benedictus ann. II m. VI d. XL
Entre ce manuscrit et le précédent il y a une
ressemblance extraordinaire, non seulement dans le
texte, dans les variantes les plus menues, dans les dé-
tails du catalogue placé en tête, mais encore dans l'é-
criture elle-même. J'ai pu les rapprocher et les compa-
rer ; il m'a semblé qu'ils devaient avoir eu le môme co-
piste. La seule différence est que le manuscrit de Paris
a été bien plus soigné que l'autre dans J 'exécution ma-
térielle ; celui de Laon n'a pas passé entre les mains du
rubriciste ; aussi les titres, initiales, et autres détails
analogues sont-ils omis, bien que leur place ait été lais-
sée en blanc par le copiste.
Deux dates sont fournies par le catalogue, la 21 e année
d'Hadrien (792) et le pontificat d'Eugène II (824-827).
La seconde correspond vraisemblablement au temps où
ont été copiés les deux manuscrits ou, à tout le moins,
leur original commun. Dans le manuscrit de Laon, la
différence d'écriture entre le texte et la note Hune li-
brum, est très considérable; cette note étant de la fin
du ix c siècle, le texte peut fort bien être du temps d'Eu-
gène II. Quant à la mention Adrianus ANNOS XX,
elle suppose que, soit l'original direct de nos deux ma-
nuscrits, soit un de leurs ancêtres les plus rapprochés
Liber pontificalis.
a été écrit en 792; c'est assez dire qu'il ne contenait
pas encore la vie d'Adrien, ou à tout le moins qu'il ne
la contenait pas tout entière.
Dans le manuscrit Vossianus 60 (C 1 ), qui provient de
Saint-Remi de Reims, le catalogue initial, qui d'abord
s'arrêtait à Etienne II, a été ensuite prolongé jusqu'à
Etienne V (885-891) par une liste de noms, sauf pour
Paul I ar , Etienne III et Hadrien, dont les années, mois
et jours sont marqués comme dans nos deux manus-
crits, y compris la particularité caractéristique Adrianus
ANNOS XX. Si ce comput n'a pas été emprunté à
leur original, il doit provenir de l'un d'eux, et non du
Laudunensis, mais du Parisinus. Dans celui-ci, en effet,
au temps d'Etienne V, les chiffres d'années n'étaient
plus marqués après Hadrien ; le manuscrit de Laon, au
contraire, pouvait dès lors fournir ceux de six papes,
depuis Eugène II jusqu'à Benoît III. Cette circons-
tance est bonne à relever, comme un indice sur la pro-
venance du manuscrit de Paris.
Collât ionné.
21. — Coloniensis 164, ix° siècle ! . b 8
Parchemin, in-4°, 260 mm sur 175, 115 feuillets, écriture
du commencement du ix° siècle (Jaffé et Wattenbach);
copié par cahiers et par des copistes différents. On lit sur
le premier feuillet, de main moderne : Liber s. Pétri Colon.
A Darmstadt il portait le n° 2147.
Contenu : le Liber pontificalis seulement ; f° 2, après
les lettres-préface, catalogue intitulé Incipiunt nomina
beatorum pontificum sanctae apostolicae sedis. Il ne
contient que les numéros d'ordre et les noms ; Anicet
y est avant Pie, Antéros avant Pontien, ce qui est con-
traire à l'ordre des notices dans le manuscrit lui-même ;
signalons aussi LVIH Mercurius qui et Iohannes. Le
dernier nom de première main est XCVHl. Léo.
(Léon III); une seconde main a continué la liste jus-
qu'à Jean VIII, 109 e pape, et prolongé les numéros de
CX à CXXVII, jusqu'au bas de la page; elle a aussi
ajouté, dans la marge du bas, une exhortation à enre-
gistrer les noms des papes futurs : Si quis Dei et ecclesiae
sanctae amator erit scribat in ante. Puis viennent les
notices avec le sous-titre Incipiunt gesta suprascripto-
rum pontificum ; le titre principal Incipit liber episco-
1. Jaffé et Wattenbach, Ecclesiae metropolitanae Coloniensis co-
dices manuscripti, Berlin, 1874.
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CLXXVIII
palis, etc. n'a pas été écrit ; mais le M, resté en blanc,
lui était probablement destiné. Le texte s'étend jusqu'à
la vie d'Etienne III, où il s'arrête aux mots probatis-
simos viros scilicet (n. 276), c'est-à-dire immédiate-
ment avant la liste des évoques envoyés de France au
concile romain de 769.
Le texte de ce manuscrit le rapproche beaucoup des
deux précédents; la ressemblance se retrouve aussi
dans certains détails d'exécution, par exemple, la pre-
mière ligne de chaque notice, toujours écrite en majus-
cule. Il paraît plus ancien qu'eux; les mots ne sont
guère séparés; il y a beaucoup de ligatures; le c à dos
brisé se rencontre souvent; les pilons des lettres verti-
cales sont longs et fort arrondis, etc. Rien n'empêche
qu'il ait été écrit sous Léon III (795-816), comme le
catalogue semblerait l'indiquer.
Gollationné.
22. — Leydensis Vossianus 41, fin du ix° siècle.
Parchemin, in-4°,247 mm sur 203. Ce manuscrit provient
d'Auxerre ; on trouve en effet dans les marges le synchro-
nisme des évoques de ce siège, noté par deux mains diffé-
rentes, au xi e siècle et au xvi°, depuis Pcregrinus, contem-
porain de Xystus II. — U a appartenu à Paul Petau, dont
j'ai reconnu l'écriture dans les marges de quelques feuillets
intervertis vers la fin. Ancienne cote : B 52.
Contenu : le Liber pontificalis seulement.
Il commence comme le précédent, sans titre, par les
deux lettres-préface, suivies d'un catalogue où il n'y a
que les numéros et les noms ; ce catalogue se termine,
de première main, à Hadrien II (867-872); après ce
pape les numéros continuent ; vers le xi° siècle on
a ajouté en regard quelques noms, sans avoir égard à
l'ordre réel des papes :
CVIIl. Adrianus 867-87*.
„,„._ n . GrégoireV (996-999) ou Grégoire VI
CVIIII. Gregonus (ims-imo).
CX. IohantieS \ Celle suite se trouve entre Jean XII,
CXI Léo > Léon vin et Benoîl v t 950 *
CX1I. Benedictus ;
CXIII. GregoriuS \ Cette suite «e trouve entre Gré-
CXIIII. SilveS ter qui €t GirbertUS. i, goireV.Silvestrell et Jean XVII
CXV. Manne, j ^ imh
CXVI. Benedictus ?
CXVII. Romanus 897-
CXVIII. Benedictus ?
Le texte des notices se continue jusqu'à la fin de la
LES MANUSCRITS.
vie d'Etienne III. Une particularité tout à fait propre à ce
manuscrit, c'est qu'il contient, dans la vie d'Etienne III,
les deux catalogues d'évêques français et italiens, du
concile romain de 769, que tous les autres manuscrits
omettent.
Collationné.
23. — Bernensis 412, xm e siècle.
Parchemin, in-f°, 31 feuillets.
Fin d 'un Liber pontificalis qui s'arrêtait à Etienne III
(f 772) , dont la notice est ici entière ; le texte com-
mence dans la vie de Grégoire II — exarchum vel qui
eum direxerat (n° 184) ; entre les feuillets 7 et 8 il en
manque plusieurs qui comprenaient la fin de Grégoire III
depuis — poribus Gallcnsium castrum (n. 203) et
presque toute la vie de Zacharie, jusqu'à erogare neenon
et — (n. 226).
Gollationné.
24. — Trevirensis 1341, xii-xiu e siècle.
Parchemin, in-4°, 2i2 feuillets ; les 180 premiers sont
du xu c ou du xm c siècle; les autres, ajoutés postérieure-
ment, sont du siècle suivant. — Provient de l'abbaye de
Saint-Mathias, près Trêves.
Contenu : f. 1-97, le Liber pontificalis, avec lettres-
préface et catalogue, sous le titre : Incipiunt nomina
beatorum pontificum sanctae sedis apostolicac ; la liste
va de première main jusqu'à Hadrien I er ; une main
postérieure a ajouté le nom de Léon III ; viennent en-
suite les notices, sous le titre Incipiunt gesta Romano-
rum pontificum ; elles vontjusqu'à Etienne III (f 772)
inclusivement. Explicit : Explicitait gesta beatorum
Romanorum pontificum a beatissimo Damaso papa
conscripta ex rogatu Ieronimi prespyteri. Gloria tibi
Domine ; — f. 98 , « Brèves quaedam notitiae ! » ; —
f. 99-180, Gesta Trevirorum\ — L 181, suite des Gesta
jusqu'en 1259; vie de saint Henri, archevêque de
Trêves, et de Thierry, abbé de Saint-Mathias.
Trevirensis 1344, xiv e siècle.
Parchemin, in-4°. — Provient du monastère de Sainte-
Agnès dans le diocèse de Trêves.
i. Waitz, dans les M. G. Scr., t. VIII, p. 127.
Manuscri
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Contenu : le Ziôer pontificalis, comme dans le pré-
cédent, sauf qu'il n'a ni l'adjonction du nom de
Léon III au catalogue, ni Yexplicit ; — Gesta Treviro-
rum ; — Chronique de Martinus Polonus.
Trevirensis 1348, xv e siècle.
Parchemin in-f°. — Provient du monastère cistercien
d'Hemmenrodt, dans le diocèse de Trêves. Explicit :
Liber monachoram in hym.rod. Expliciunt gesta Romanorum
pontificum a beatissimo Damaso papa conscripta ex rogatu
Hieronymiprespyteri. Anno gratie Mllll* LXXVIII.
Môme contenu que le n° 1341, sauf la vie de saint
Henri, qui manque ici.
De ces trois manuscrits de Trêves ', les deux derniers
sont évidemment des copies du premier, qui est un ma-
nuscrit original pour l'une des recensions des Gesta Tre-
virorum 2 .
C. — Manuscrits terminés à Etienne II.
g; 2o. — Bruxellensis 8380 (le dernier cahier est coté
9012), ix-x° siècle.
Parchemin in-4°, 82 feuillets. — Provient de l'abbaye
de Saint-Berlin à Saint-Omer, d'où il passa dans la
bibliothèque des Bollandistes. Note sur la couverture :
Hic est codex Bertinianus de [quo] quia ita mutilus ab
initio fuit consule lf//M/l/lfius, pag. 9 ///// 127. Ancienne
cote (Bollandistes) : + MS 75. — Ce manuscrit a servi
aux Bollandistes, qui le citent fréquemment sous le
nom de Bertinianus ; c'est d'après lui ou le suivant, qui en
est une copie, qu'a été exécuté le Liber Floridus de Lam-
bert, en ce qui concerne les Gesta Pontificum.
Il ne contient que le Liber pontificalis, jusqu'à
Etienne II (*J* 757) ; plusieurs feuillets ont disparu au
commencement, de sorte que les premiers mots sont —
fabricas per cimiteria, dans la notice de Fabien. L'é-
criture est grosse et soignée, les abréviations fort rares ;
mais il y a souvent des lettres omises. Une correction
minutieuse a été exécutée ; le plus souvent les lacunes
1. Je dois mes renseignements sur le texte de ces manuscrits à
l'obligeance de M. Schœmann, conservateur de la bibliothèque de
Trêves, et à celle de Mgr Kober, évoque de cette ville.
2. Waitz, /. c.
CLXXIX
ont été comblées par conjecture ; en quelques endroits
seulement on semble avoir pris la peine de recourir au
manuscrit original. La première ligne de chaque vie
est en majuscule.
Collationné.
Audomarensis 188, xi° siècle.
Parchemin, grand in-f°. Provient de l'église collégiale de
Saint-Omer : note finale : Liber ecclesie sancti Aui.
Contenu : f. 1-141, les lettres de saint Grégoire ; le
manuscrit étant mutilé au commencement, le texte est
incomplet ; — f. 142, le Liber pontificalis sous le titre :
In nomine domini nostri Iesu Christi incipit liber épis-
copalis in quo continentur acta beatorum pontificum
urbis Bomae, quem domnus Wigumadus episcopus fieri
iussit. Puis viennent les lettres-préface et le catalogue
avec années, mois et jours jusqu'à Paulus sedit an.
men. dies, sans chiffres. La dernière notice est celle
d'Etienne II. Elle est suivie d'un catalogue des papes,
qui va de première main jusqu'à Victor III (1087) et
de seconde jusqu'à Pascal II (1099-1118) ; ce catalo-
gue ne contient guère que les noms et la durée des
pontificats.
Le Liber pontificalis, dans ce manuscrit, est copié
sur le précédent ; quelques petits changements ont été
introduits par le copiste ; ainsi, à la fin des notices, l'or-
dination des évoques est placée avant celles des prêtres
et des diacres.
26. — Vindobonensis 473, ix 8 siècle, fin 1 . B 6
Parchemin, in-4°, 262 mm sur 200, 172 feuillets. — Pro-
vient de Saint-Pierre de Worms. Note du xiv-xv c s.
au f. { : Iste liber est sancti Pétri in Wormatia ; au-dessous
on lit (écrit, du xvue s.) : Ms. Ambros. 277 ; puis deux an-
ciennes cotes, XIV C 33 et HisL eccl. XC.
Contenu : f. l'-85', le Liber pontificalis ; primitive-
ment il commençait par les mômes titres et le même
catalogue que le suivant et le Parisinus 13729 ; mais
le premier feuillet ayant disparu, on le remplaça, au
xn e siècle, par un autre, le f. 1 actuel, sur le verso du-
quel on rétablit les lettres-préface et le commencement
i. Lambek, Biblioth. Caesarea, t. II, c. vnr, cod. 277; — Pertz,
Archiv, t. III, p. 668.
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du catalogue, les noms seulement, avec des numéros
d'ordre, jusqu'à Eutychien. Dans cette partie refaite,
le nom du pape Denys est changé en Dioscorus. L'écri-
ture primitive, en haut du f. 2, commence à XXVI III
Gaius sed. ann. XI mens. I1II dies XII. Le catalogue
se termine à Paul I er , dont les années, mois et jours
sont indiqués ; puis vient le sous-titre Incipiunt gesta
suprascriptorum pontificum et les vies jusqu'à celle
d'Etienne II (f 757) ; — f. 85'-88', Révélation des re-
liques de saint Etienne; — f. 89 blanc; — f. 90-114, An te
omne tempus, remaniement des Gesta Francorum, suivi
des continuations de Frédégaire 1 ; — f. 115 blanc; —
f. 116-169 Annales de Lorsch et d'Eginhard, combinées
avec la seconde partie de la Vie de Gharlemagne par
Eginhard, comme il est dit dans les Monum. Germ.Scr. ,
t. II, p. 129; — f. 169'-170' Commemoratio de genea-
logia domni Arnulfi ; — f. 171-172' : Priamus et Ante-
nor egressi a Troia — divina largitate suscep... (le f.
est déchiré, mais c'est la dernière ligne).
Collationné.
B 7 27. — Ambrosianus M, 77, ix-x e siècle.
Parchemin, in-f°, 93 feuillets. Provient de Bobbio ;
note au frontispice, en haut (xii e s.) : Liber sancti Colum-
bani de Bobio ; autre note à la fin : Hic liber est mona-
chorum conyregationis sancte Iustine de observantia ordinis
sancti Benedicti residentium in monasterio sancti Columbani de
Bobio ; scriptus sub numéro 69 (écr. du xv e s.). — Les deux
feuillets de garde, au commencement et à la fin, sont des
fragments d'un saint Augustin en onciale duvii-vm e siècle.
Contenu : le Liber pontificalis seulement, disposé
comme dans le manuscrit précédent, sauf que Y Ambro-
sianus n'a subi aucune mutilation au commencement.
C'est le manuscrit dont Muratori donne les variantes
sous la cote A. Jusque dans les moindres détails il
coïncide exactement avec le manuscrit précédent.
28. — Parisinus, Nouv. acq. 2252, xi e siècle.
Parchemin, graud in-f° à 2 col., 160 feuillets. Provient
de l'abbaye de Cluny : Clun. 5.
Contenu : f. 1-154, Décrétâtes pseudoisidoriennes,
précédées de la liste des provinces, de hNotitia Gallia-
rum etd'un catalogue pontifical qui se termine à Agapit II
i. Krusch, Neues Ârchiv, t. VII, p. 324.
(946-951) ; — f. 155-159, fin du Liber pontificalis ;
le texte commence, vers la fin de la vie de Grégoire III,
aux mots apostolorum vel omnium (n. 204) ; il va
jusqu'à la fin d'Etienne II ; — f. 159'-160, fragment de
commentaire sur les rites de la consécration des églises :
His rite peractis incipit pontifex de sinistro angulo
ab oriente scribere. . . altare linteo tergitur ; ici le ma-
nuscrit s'interrompt.
Aux f. 154' et 159', on lit les numéros de cahiers
XXVII et XXX ; le Liber pontificalis occupait donc pri-
mitivement les cahiers 28, 29 et 30.
2° Recession d'Adhémar de Ch abat* nais.
29. — - Alentianus 18 (Alençon, bibl. municipale), Manuscrits
a . x , Saint-Evro
xi e siècle.
Parchemin, in-4°, 259 feuillets. — Il provient de l'abbaye
de Saint-Evroult, au pays d'Ouche; sur le 1 er feuillet, on
lit, en écriture du xiv e siècle : Ystoria Langobardorum. Li-
ber de armariolo sancti Ebrulfi. Il y était déjà au xn ê siècle,
comme l'atteste le catalogue publié par M. L. Delisle, dans
le tome V de l'Orderic Vital publié par la Société de l'his-
toire de France, p. xi. — Ancienne cote (du catalogue
de 1682) : 124.
Contenu * : f . 1', Passio ss. Victoris et Coronae; —
f. 3, Passio s. Peregrini episcopi et martyris; — f. 7,
l'acrostiche suivant :
R ex dominans mihi, fautor ades; ne codice fam A
O pticeat, titulus hune renitescat apu D
H occe volumen Egolisma Roho praesul in urb E
mnibus eximius condidit egregia M
E cce patrum retinet tomus praeclara trophae A
P etri quis notuit ordine clarus hono R
1 uraque bellorum Christi inlustrissima corn V
S anctum tlamineo quae tulit ore genu S
C ertatimque venenosos stravere chelidro S
rnati stolis quomodo mirific E
P romptior ac micuit per eos primatibu ardo R
V t fuerintque Deo subdita colla di V
V ir pie, clare bonis, praesul Roho, comptior act V
S emper amande mihi, accipito hos modulo S
X enia Ademarus dederim tibi talia cur mo X
R ite tuum scire est un de reposco detu R
1 anua amoris adesto mihi, praeclara beat I
S int furiaeque procul dum mihi pars pia si S
T e sic Eparchiusque Petrus munimine coman T
I n superi nos qui astra vehantque pol I
i. M. L. Delisle, /. c, p. lxv, note 11, a donné une description
de ce manuscrit.
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Suit le Liber pontificalis avec les lettres-préface et un
catalogue où l'on remarque les deux inversions Ànicet
Pie et Antéros Pontien. Ce catalogue se termine à la
première année d'Etienne V : Stephanusanno uno. Quant
au texte, il ne va pas si loin ; il s'arrête dans la notice
de Léon IV aux mots luciflue renovavit (n. 541); —
f. 163, YHistoria Langobardorum de Paul Diacre (v.
éd. Waitz, p. 34); — f. 252, vila s. Maioli abbatis; —
f. 259, épitaphe de Mabille de Bellôme, morte en 1082.
Alta clarentum de stirpe creata parentum i , etc.
C'est sans doute d'après ce manuscrit qu'Orderic Vi-
tal composa l'abrégé remanié du Liber pontificalis par
lequel se termine le livre deuxième de son Histoire ec-
clésiastique. Le manuscrit qu'il avait sous les yeux
n'allait pas, pour les notices, au delà de Léon IV; il
était accompagné d'un catalogue où Etienne V était
dit avoir siégé un an 2 .
Rotomagensis A, 24, xi e siècle 3 .
Parchemin, in-f° (316 mm sur 193), 181 feuillets. — Il pro-
vient aussi de l'abbaye de Saint-Evroult : au haut du f. 1
on lit (écriture du xiv e siècle) : Hic liber est de monasterio
sancti Ebrulfi; en plusieurs endroits on reconnaît, soit
dans le texte, soit dans des annotations marginales, l'écri-
ture d'Orderic Vital; au xvn e siècle il vint à Saint-Ouen
de Rouen où il est resté jusqu'à la révolution.
Contenu : f. 1, table de comput; — f. 2, Orationes
et benedictiones de dominicis et festis; — f. 9, le Liber
pontificalis : d'abord les deux lettres-préface, puis un
catalogue arrêté à la première année d'Etienne V :
Stephanus anno uno, enfin les notices Primus beatus
Petrus, etc., jusqu'à ces mots de la vie de Constantin :
communicans princeps ab eius manibus proque suis
delictis (n. 173), au bas d'un v°; le manuscrit a perdu
sans doute quelques feuillets en cet endroit; — f. 40,
Expositio b. Àmbrosii de psalmo L; — f. 48, les
quatre évangiles et les quatorze épîtres de saint Paul ;
— f. 178-181, suite du recueil liturgique du commen-
cement.
Le liber pontificalis contenu dans ce manuscrit est
une copie, remaniée et abrégée çà et là, de celui du
manuscrit précédent.
1. Orderic Vital, éd. cilée, t. II, p. 411.
2. Éd. cit., t. I, p. 456, 451.
3. Les renseignements que je donne sur ce manuscrit m'ont été
fournis par M. Omont, attaché à la Bibliothèque nationale, et par
M. l'abbé Am. AUard, du clergé de Rouen.
Parisinus 5094, xi e siècle.
Parchemin, in-4°, 280 mm sur 190, 139 feuillets. — Baluz.
349; Reg. 3900,3.
Contenu : Le Liber pontificalis seulement, précédé
du même catalogue que dans YAlentianus; mais comme
le premier feuillet est perdu, il manque les noms des
trois premiers papes et les lettres-préface.
Le texte est identique à celui de YAlentianus; il se
termine aux mêmes mots, sans mutilation; la moitié
du f. 139 recto et le verso sont en blanc. Ce manus-
crit a probablement été plus considérable autrefois ; on
lit en effet, au haut du f. 2, la note suivante : Gesta
pontificum CM, apassione Christiusque VIII e XXXIII
an. mens. I dies XXIIL Gesta Langobardorum. Il
aurait ainsi contenu l'histoire des Lombards ; cette cir-
constance achève sa similitude avec YAlentianus.
30. — Ottobonianus 2629, xv e siècle.
Papier, in-f*>, 142 feuillets. — Il a appartenu à Paul Pe-
tau, dont le nom se lit aux f. 1 et 83. Plus tard il passa
dans la bibliothèque do la reine Christine, où il porta
le n° 69; il y était encore en 1755; c'est sous cette cote que
le décrit Ugolini (Vignoli, t. III, préf.).
Contenu : i. 1, le Liber pontificalis seulement, avec
la même étendue et les mêmes dispositions que dans
YAlentianus, mais sans l'acrostiche; — f. 78, scholies
de Pierre, évêque d'Orviéto, sur le Liber pontificalis;
ces scholies, rédigées au quatorzième siècle, sont faites
pour un autre texte que celui-ci ; il en sera question
dans le tome II.
Le texte de ce manuscrit est, pour le fond, identique
à celui des deux précédents ; mais il y a des retouches
faites d'après un manuscrit d'une recension différente,
le même, probablement, d'où proviennent les scholies.
On y trouve ainsi, dans la notice de Marcellin, une
allusion au concile de Sinuesse et, dans celle de Sil-
vestre, le texte de la donation de Constantin.
Parisinus 5145, xv e siècle.
Papier, in-f , 134 feuillets numérotés, plus le premier,
qui n'a pas de numéro. — Ce manuscrit est formé de deux
fragments : le premier (f. 1-57) porte une numérotation
antérieure, de 235 à 299; le second (f. 58-134), d'une écri-
ture différente, était autrefois numéroté de 144 à 233; on y
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Manuscrits de
Saint-Martial
do Limoges.
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trouve quelques feuillets de parchemin. Il provient de la
collection de P. Pithou; Colbert. 736; Reg. 4060, 4.
Contenu : Première partie : les lettres-préface, le
catalogue jusqu'à Stephanus anno /, les notices, comme
dans YAlentianus et le Parisinus 5094; mais le texte
ne va pas jusqu'à Léon IV, il s'arrête, dans la vie de
Sergius II, aux mots almifîcus et beatissimus papa
schoiam cantorum (n. 490), par mutilation du manus-
crit. Comme dans Y Ottobonianus il y a beaucoup de
retouches, pas toujours les mêmes cependant, bien
qu'elles paraissent empruntées aux mêmes sources.
Seconde partie : f. 58, Scholies de Pierre d'Orvi'to;
— à la fin (f, 126), Explicit cronica Damasi pape de
cathalogo Romanorum pontificum; — f. 127-128, pe-
tites notices sur les empereurs et les papes, tirées de
Martinus Polonus. Elles s'arrêtent à Adrien IV et à Fré-
déric Barberousse; — f. 129-134, table alphabétique
des scholies ci- dessus.
Une main moderne a ajouté en capitales, au com-
mencement, le titre et le sous-titre, comme dans le
Parisinus 13729.
31. — Parisinus 2400, xi° siècle.
Parchemin, petit in-f°, 288 mm sur 180, 200 feuillets. —
Provient de Saint-Martial de Limoges (v. la note de la page
clxxxiv a) où il portait le n° LXV. — Reg. 4069, 3.
Contenu : f. 1-102, Amalaire, De divinis officiis;
on lit à la fin, au minium : Explicit liber Simphosii
Amalarii presbyteri venerabilis de divinis officiis,
quem misit ad Ludovicum et Lotharium reges filios
Caroli Magni imperatoris; quem librum in hoc corpore
transcribi curavit Ademarus indignas monachus in
honore Dei et sancti //////////// 1 ; — f. 103-130,
collection canonique dite d'Hérouville (Maassen, Quel-
len, t. I, p. 829); — f. 130-131, De heresibus christia-
norum. Quidam heretici qui de ecclesia recesserunt...,
liste d'hérésies, qui se termine aux Gnoitae et Tritoi-
tae (Agnoètes et Trithéistes, vi e siècle); — f. 131-
132', De sepidturis sanctornm patrum, depuis Adam
jusqu'à Tite, disciple de saint Paul; saint Martial a na-
turellement sa place parmi les personnages du Nouveau
Testament; — f. 132'-133, Incipit de chronica, Adam
cum esset CXXX annorum, chronique de sex aetatibus
• l. Le nom gratté n'est certainement pas Benedicti, comme l'a im-
primé MabiUon (Vet. Anal., p. 432), ni Martialis, mais plutôt
JSparchii; un p certain comme seconde lettre; un c plus loin.
mundi, continuée jusqu'à Charlemagne; elle finit ainsi :
A Carolo et Carlomanno usque ad Carolum sunt
anni //// or . Inde Carolus Magnas rex Franciae et
imperator Romae; — f. 133'-136, Epistola {prima)
démentis ad Iacobum; — f. 136-138, Sermo Girberti
philosophie papae urbis Romae, qui cognominatus est
Silvester, de informatione episcoporum (Migne,.P. L.,
t. GXXXIX, p. 169); — f . 138-151, Jncipiunt gesta
apostolicorum Romanorum. Primus episcopus Romae
beatus Petrus... un abrégé du Liber pontificalis. Sur
un demi-feuillet intercalé avant le f. 138, on a suppléé,
de la même main que le reste, les deux lettres-pré-
face, auxquelles sont jointes de petites annales d'An-
goulême, de 886 à 993 {Mon. Germ. Scr., t. IV, p. 5),
dont le commencement figure un peu plus loin, au
f. 182'. Cet abrégé est fait évidemment sur un texte
semblable à celui de YAlentianus et du Parisinus 5094 ;
mais on s'est servi d'un manuscrit plus complet que
ceux-ci, qui comprenait, outre la vie entière de Léon IV,
celles de Benoît III et de Nicolas I er . La notice d'Ha-
drien II est particulière à cet abrégé *.
1. Adrianus papa GVIII sedit ann. V, natione Romanus, pâtre
Iulio. Hic ecclesiis ornamenta multa preciosa superadministravit.
Hic antiphonarium Gregorianum sicut anterior Adrianus di versa
per loca corroboravit et secundum prologum versibus exametris
ad missam maiorem in die primo Adventus Domini nostri Iesu
Christi decantandum instituit, qui similiter incipit sicut anterio-
rîs Adriani proemium quod ille ad omnes missas in eadem do-
minica prima Adventus Domini decantandum strictissimum con-
fecerat ; sed pluribus iste constat versibus. Hic constituit per
monasteria ad missam maiorem in sollempnitalibus praecipuis
non solum in himno angelico Gloria in excelsis Deo canere him-
nos interstinctos quos laudes appellant, verum etiam in psalmis
daviticis quos introitus dicunt interserta cantica decantare, quae
Romani festivas laudes, Franci tropos appellant, quod interpre-
tatur figurata ornamenta in laudibus Dei. Melodias quoque ante
evangelium concinendas tradidit quas dicunt sequenlias quia se-
quitur eas evangelium. Et quia a domno papa Gregorio primo et
postmodum ab Adriano una cum Alcuino abbate, delicioso magni
imperatoris Caroli, hae cantilenae festivales constitutae ac compo-
sitae fuerant, multum in his delectato supradicto Gaesare Carolo,
sed neglegentia cantorum iam intermitti videbantur, ab ipso almi-
fico piaesulc de quo loquimur ita corroboratae sunt ad laudem et
gloriam domini nostri Iesu Christi, ut diligentia studiosorum cum
antiphonario simul deinceps et trepiarius in sollempnibus diebus
ad missam maiorem cantilenis frequentetur honestis. Hic consti-
tuit ut clerici Romani instituèrent pauperes domini nostri Iesu
Christi fratres nostros ut ante dominicum sacratissimum diem
Pascae tribus diebus, hoc est Domini caena, Paruscevae et sancta
Sepultura Domini, non aliter peterent elemosinam per urbem liane
Romanam nisi aexcelsa voce cantilenam dicendo per plateas et
ante monasteria et ecclesias, huiusmodi : Kirrieleison, Christe elei-
son. Domine miserere ?wbis, Christus Dominus faclus est oboediens
usque ad mortem. Fecit ordinationes per mensem decembrium et
marciumll, pr. VIII, d. V: episcopos per diversaloca numéro LX.
(Cf. Lebeuf, Traité sur te chant ecclésiastique, Paris, 1741, p. 103-105).
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Après Hadrien II la série des papes continue ainsi :
Iohannes CVII11, sed. ann. X.
Marinus CX, sed. anno I m. UII.
Tertius Adrianus CXI, sed. ann. I m. JI1I.
Stefanus CXI1, sed. anno I.
Require, obsecro, Iector, caeteros pontifices in scrinio sanc-
tae Romanae ecclesiae usque ad tuam aetalem, ut cum
eis particeps esse merearis in regnum aeternum domini
nostri lésa Christi cui honor, gloria, imperium siue fine
pennanet in secula scculorum. Amen.
f. 151', Ordo qualiter in sancta Romana ecclesia epis-
copus ordinatur. Dum a civitate et loco fuerit epis-
copus de f une tus... (Ordo VIII, 2 de Mabillon, Mus.
Ital., t. II, p. 86); suit, sous le titre Ordo de sacris
ordinibus, le ch. 5 de la lettre du pape Zosime à Hésy-
chius de Salone (Jaffé 339, Coustant, p. 970), puis un
capitulum sancti Gregorii sur le même sujet; f. 152,
Ordo qualiter debeat cligi episcopus. Praecipiunt ca-
nones y etc. ; — f. 152', Sermo s. Augustini alloquentis
episcopum novum (Aug., Serm. 104); suivent divers
textes relatifs aux ordinations; — f. 153', Commemo-
ratio coneiliorum de primo pastore Aquitanorum Mar-
tiale apostolo. In concilio Romano... omnem Aquita-
niam; — f. 154-162, Canons d'Àbbon de Fleury; la fin
se trouve f. 183; — f. 163, Incipit de ornamentis ec-
clesiarum Romae, brevis commemoratio. Primus bea~
tus Petrus apostolus et qui post eum fuerunt episcopi
Romae... Relevé des listes de dons faits aux églises par
les papes, jusqu'à Nicolas I er , d'après le Liber pontifi-
calis ; il se termine f. 172' par ces mots : Hucusque
sufficiat commémorasse de ornamentis, ut quia tedium
mihi facere incipiunt ornamenta terrena, Dominum
exorem concedere mihi spiritalia incrémental cui est
gloria in saecula saeculorum. Amen; — f. 173, Ordo
Romanus, copié évidemment surlems. Vatic. Reg.ii21,
qui était à Angoulême au x e siècle. Il en est de môme
de tout ce qui suit jusqu'au f. 182' inclusivement (ci-
dessus, p. li; cf. Maassen, Quellen, t. I, p. 62, note 1) ;
— f. 174-179, recueil de formules de foi : De concilio
Aurelianensi de dogmate ecclesiastico. In principio
creavit Deus. . . Incipit fides apud Niceam. . . Fides sancti
Hieronimi... Fides Romanorum... Contentio s. Gre-
gorii episcopi Turonensis; — f. 179', Canons aposto-
liques, canon 50 de Laodicée, sous le titre Canones
Laodicenses, canons de Nicée, avec la liste des signa-
tures épiscopales; — f. 181', Seconde épître de Clé-
ment à Jacques ; — f. 182', Régula formatarum, puis
De praedicatione. Primum ab episcopo...; indication
des sujets sur lesquels l'évêque doit prêcher; enfin des
extraits des conciles d'Auxerre et de Tours, avec une
table de canons dans la marge. Au bas de la page,
commencement (815-868) des annales d' Angoulême
continuées plus haut; — f. 183, fin du recueil d'Ab-
bon; — f. 183', Altercatio Apollonii philosophi et
Zachei christiani l ; finit, f. 198, aux mots post sublimes
apostolorum ; dans la marge inférieure on lit : require
usque ad finem, namparum deest; — f. 198' en blanc;
— f. 199, Libri de collationibus Patrum. Primo sunt
XII de institutionibus coenobiorum..., s'interrompt aux
mots infundi mihi paululum somni, au bas du f. 200'
qui termine actuellement le manuscrit. •
De cette longue description il résulte que notre ma-
nuscrit est un recueil de livres, documents et formules
diverses, un corpus, comme dit la rubrique à la fin du
traité d'Amalaire. Il a été transcrit sous la direction
d'Adhémar, par des copistes exercés, car l'orthographe
est rarement incorrecte; on a cherché, en écrivant très
fin, en serrant les lignes et en utilisant tous les blancs
et bouts de page, à renfermer le plus de matières pos-
sible dans un seul volume. Ce travail fut exécuté à An-
goulême, en l'honneur de saint Eparchius, après le
concile de Limoges qui se tint en novembre 1031.
Aussitôt terminé, il fut prêté à un certain Sigimar,
grand admirateur d'Adhémar, qui le lui rendit, après
en avoir fait prendre copie; mais, avant de le renvoyer,
il y écrivit en tête, dans un blanc laissé avant le traité
d'Amalaire , un compliment en 24 hexamètres ; les
quatre derniers ont été grattés, probablement parce
qu'ils contenaient les noms d'Angoulême et de saint
Eparchius. Voici cette petite pièce de vers :
Perge libelle, tuo te gnaro redde magistro.
Multipliées lantum venerando prome salutes
astra nitent caelo quantum tellusque ligustris
seu pontus gestet squamoso gurgite pisces,
neenon per campos viridantia germina vernant,
quantum vel spirant pecudes pictaeque volucres.
Doctiloquus placidas vates si porrigit aures,
inquirit forsan fueras ubi tempore tanto :
poplite curvato plantis tune basia praebe
ad genua atque manus, exin percurre libenter :
« Te mandante procul horis sum missus ab istis »
1. Cf. D'Achery, Spicileg., t. XIII, part. 2, p. 185.
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dicito, « iam libuit proprium ridisse magistrum.
» Me Sigimar tenuit iugiter pro pignore vestro,
» pignus amoris ades cuius sub pectore semper.
» Ut crevit primum titulos in fronte rubentes
» perque utrumque latus patefecit pagina sensum,
» c[um]que ardens calamo scriptorem iussit adesse
» neenon membranis conder sic ordine totis.
» Postquam cuncta suis recitando lustrât occllis
» linguam tum vestram vocitavit libripotentem
» hic :
» almi patroni nsque
» al . . . douante Deo scripsere sed ipsum
Adhémar partit peu après pour la Terre-Sainte, d'où
il ne devait pas revenir. Un bon nombre de ses livres
passèrent alors, suivant ses intentions, dans la biblio-
thèque, de Saint-Martial *.
32. — Parisinus 2268, xi e siècle.
Parchemin, in-4°, 254™ m sur 170, 89 feuillets. — Pro-
vient de Saint-Martial de Limoges : f. 41', note où il est dit
que l'abbé Jacques Jonirond (1433-1464) en a fait don au
monastère. — Lemerre 152; Reg. 3803, 2.
Contenu : f. 1-41, extraits des dialogues de saint
Grégoire; mais un cahier (f. H-24) a été inséré posté-
rieurement, bien qu'il soit d'une écriture plus ancienne
que le reste (ix-x e siècle); ce cahier contient des récits
analogues à ceux de saint Grégoire le Grand, mais em-
pruntés aux Vies des Pères, à Grégoire de Tours, Bède,
Paschase Ratbert, etc; l'une d'elle se passe à Rome au
temps de Jean VIII (872-882); — f. 42-89, le Liber
pontificalis, même texte que dans le manuscrit pré-
cédent, mais sans la chronique des évêques d'Angou-
lême.
Parisinus 5517, xi e siècle, fin.
Parchemin, in-f°, 230 mm sur 130, 141 feuillets. — Une
note de Baluze (f. 1) indique qu'il provient de Tulle et qu'il
entra en 1687 dans la bibliothèque de Colbert. — Colbert.
5267; Reg. 4503, 6.
1. On lit sur le ms. Voss. 15 de Leyde, f. 141' : Hic est liber sanc-
tissimi domini nos tri Mardalis Lemovicensis ex libris bone memorie
Adcrnari grammatici. Nam postquam multos annos peregit in Domini
servitio ac simul in monachico ordine in eiusdem patris coenobio, pro-
fecturus Hierosolimam ad sepulchrum Domini, nec inde reversurus,
multos libros in quibus sudaverat eidem suo pastori ac nutritori re-
liquit , ex quibus hic est unus (V. les auteurs cités dans la note
suivante.
Contenu : f. 1-46, le Liber pontificalis, môme texte
que dans le précédent; — f. 46-141, recueil de docu-
ments sur la primauté de l'église romaine ; la dernière
pièce de cette collection est une lettre d'Urbain II au
clergé et au peuple de Limoges (Jaffé f 5529) : « Ve-
» niens ad nos Huncbaldus vestre civitatis episcopus
» multas matri ecclesiae a filiis suis questus est iniurias
» irrogari. Quidam enim militum et ». — Ici s'arrête
le manuscrit, mutilé à la fin.
33. — De ces huit manuscrits, les quatre premiers,
quelle que soit leur provenance immédiate, dérivent évi-
demment d'un original commun, dont l'histoire est expli-
quée par le poème acrostiche. Dans celui-ci, les lettres
de gauche donnent Roho episcopuus Xristi, celles de
droite Ademarus servus Xristi. Ce Roho est un évêque
d'Angoulême, qui siégea certainement de 1021 à 1031,
sans doute un peu avant et un peu après. Ademarus
est Adhémar de Ghabannais, moine de Saint-Cybar
(S. Eparchius) près d'Angoulême, auteur d'une histoire
des Francs qui se termine à l'année 1028, et champion
célèbre de l'apostolat de saint Martial. Elevé dans le
monastère de ce saint, à Limoges, prêtre de l'église
d'Angoulême, Adhémar partagea sa vie et ses travaux
entre ces deux localités. Il soutint avec éclat, au con-
cile de Limoges, tenu pendant le mois d'août 1028, les
droits de saint Martial au titre d'apôtre ; il est probable
qu'il prit part à la même controverse, dans les deux
conciles de Bourges et d'Angoulême, tenus en 1031.
Un peu plus tard il partit pour le pèlerinage de Terre-
Sainte; mais il mourut en route, vers l'année 1034 ".
Un bon nombre des manuscrits de Saint-Martial ont
été exécutés sous sa direction. Nous n'avons plus le ma-
nuscrit original de sa recension du Liber pontificalis :
il est en effet impossible qu'il ait arrêté le texte aussi
brusquement, au milieu d'une notice, comme nous le
trouvons dans le manuscrit d'Alençon et dans le Pari-
sinus 5094. Ces deux manuscrits représentent donc
l'état de cet original après qu'il eut subi une mutila-
tion. On peut du reste se faire une idée de son étendue,
en rapprochant des manuscrits complets le groupe des
manuscrits abrégés et notamment leur original, le Pa-
i. Hisl. lilt., t. VII, p. 300; Monum. Germ. Scr., t. IV, p. 106 (cf.
Migne, P. L., t. GXLI, p. 10) et t. XXVI, p. 435; Chroniques de
Saint-Martial de Limoges, publiées par M. Duplès-Agier, dans le
recueil de la Société de l'hist. de France, p. met 47; Neues Aichiv,
t. VII, p. 630.
Travaux
d'Adhéraar
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risinus 2400, exécuté sous la direction d'Adhémar lui-
même. Dans ceux-ci la série des notices ne s'étend que
jusqu'à Hadrien II, mais elle est continuée par un simple
catalogue jusqu'à la première année d'Etienne V, la-
quelle se termina en septembre 886. Cette limite est
précisément celle du catalogue placé en tête des vies,
dans les manuscrits complets. En comparant les va-
riantes il est facile de voir que le texte abrégé dérive
du texte complet, qui portait en tête la dédicace à Rohon,
et non point d'un autre. Or ce texte abrégé suppose un
original complet qui s'étendait au delà de Léon IV et
comprenait les vies de Benoît III et de Nicolas I er . En-
fin, YExcerptum de ornamentis ecclesiarum, dans le
Parisinus 2400, a été fait aussi sur un liber pontifi-
calis terminé à Nicolas I er . Tel était donc le manuscrit
qui fut présenté par Adhémar à Rohon et qui donna
lieu à la composition du petit poème. Quant à la notice
d'Hadrien II, évidemment étrangère au Liber pontifi-
calis, il n'est pas sûr qu'elle ait été rédigée pour le
texte complet; peut-être n'a-t-elle été ajoutée qu'à
l'abrégé. En tout cas elle est d'Adhémar lui-même :
il n'y est question que de chant ecclésiastique et le
pape Hadrien II y est présenté comme attaché à conti-
nuer, dans ce domaine, les réformes de son prédéces-
seur Hadrien I er . Or Adhémar a, dans son Histoire (m,
8), un long récit sur les querelles entre chantres ro-
mains et chantres franks, au temps d'Hadrien I er et de
Charlemagne ; la notice d'Hadrien II semble se référer
à ce récit et en être la continuation.
C'est donc bien Adhémar qui est l'auteur des
deux formes, complète et abrégée, de la recension
contenue dans nos huit manuscrits. Je dis recen-
sion, car il a souvent retouché le texte, en vue de le
rendre plus correct et plus intelligible. Le manuscrit
dont il se servit appartenait à la classe B, dans cette
classe au type B 234 , et ressemblait plutôt aux manus-
crits B 2 qu'aux deux autres. Ce n'est évidemment
pas le manuscrit de Laon, ni le Parisinus 13729,
dont certaines lacunes ne se retrouvent pas dans
la recension d'Adhémar, et qui d'ailleurs s'arrêtent
à Hadrien I er . C'est un manuscrit très voisin de ceux-
ci, mais où la série des notices s'étendait jusqu'à
Nicolas I er (f 867). Un manuscrit prolongé jusqu'à ce
pape paraît avoir servi à compléter le Parisinus 5516,
qui appartint dès l'origine (ix e siècle) à la cathédrale de
Tours; mais, comme la vie de Valentin manque dans ce
Liber pontificalis.
dernier manuscrit, tandis qu'elle figure dans la recen-
sion d'Adhémar, il n'y a pas lieu non plus de l'identi-
fier avec l'original de celle-ci.
3° Le Liber Floridus.
34. — Lambert, fils d'Onulf, chanoine de Saint-Omer, Le Liber Fion-
composa, vers l'an 1120, une sorte d'encyclopédie por- omerf
tative, à laquelle il donna le nom de Floridus K Le ma-
nuscrit original existe encore; il est conservé à la bi-
bliothèque de la ville de Gand. L'auteur dit, dans sa
préface : Ego Lambertus, filius Onulfi, canonicus s.
Audomari, librum istum de diversorum auctorum flo-
ribus Deo sanctoque Audomaro pio patrono nostro
contexui, quem quoniam sic ratio postulat, Floridum
intitulavi. Son père, ainsi qu'il résulte des indications
données dans le corps du texte, avait été, lui aussi,
chanoine de Saint-Omer; il mourut en 1077. Notre cha-
noine Lambert ne doit pas être confondu avec son ho-
monyme, compatriote et contemporain, Lambert, abbé
du monastère de Saint-Bertin, à Saint-Omer (1095-
1123). En dehors de ce que je viens de dire, on n'a
aucun renseignement sur sa personne. Quant à sa com-
pilation, rien de plus disparate : histoire, chronologie,
comput, exégèse, sciences naturelles, astrologie, théo-
logie, droit canon, mathématiques, géographie, tout y
est entassé, sous des rubriques spéciales, numérotées,
mais sans ordre apparent.
Entre tant de choses on trouve aussi un liber ponti-
ficalis abrégé, extrait évidemment du manuscrit de
Saint-Bertin, actuellement conservé à Bruxelles. Mais,
comme dans ce manuscrit les notices des papes ne vont
pas au delà d'Etienne II, il a fallu, pour continuer la
série, recourir à d'autres documents, les Annales de
Saint-Bertin, par exemple, ou se réduire à un simple
catalogue. Le premier système a été suivi de Paul I er à
Jean VIII (757-882), le second de Marin à Grégoire VII
(882-1085). Les quatre papes suivants, Urbain II, Pas-
1. Sur le Liber Floridus, v. Hist. litt., t. XI, p. 13; I. Zacher,
dans le Serapeum, 1842, p. 145-154 et 161-172, où il est décrit d'après
les mss. de Loyde et de La Haye; Pertz, Archiv, t. VII, p. 540-
546; Bethmann, Serapeum, 1845, p. 59-64; Saint-Génois, Messager
des sciences historiques de Belgique, reproduit par Migne, P. L. t
t. GLXIII, p. 1003, qui le décrivent d'après le ms. de Gand. La
, description de M. de Saint-Génois est la plus détaiUée.
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cal II, Gélase II et Calixte II ont des notices assez
courtes, de main contemporaine '.
Ses manus- 35. — Les manuscrits de cette compitation sont :
crits. r
i° Gandavensis 16, xn e siècle.
Parchemin in-f°, 287 feuillets. Ce manuscrit a été écrit
i. Voici ces quatre notices, d'après le Parisinus 8865 :
Urbanus, qui vocabatur Odo, a Petro clxiiii, sedit annos xmi.
Huius temporibus, anno dominice incarnationis mxcvi, indictione
vi, xiiii kl. decembris, sedit concilium apud Clarum montem cccx
episcoporum, présidente ipso papa Urbano, in quo tocius orbis po-
pulum christianum apostolica invitavit auctoritate sanctam bel-
lico apparatu adiré Hierusalem, de manu Turcorum liberandam.
Et anno Domini mxcvi obiit.
Paschalis, qui vocabatur Raineras, a Petro apostolo clxv, sedit
annos xxi. Hic cum ad coronandum Henricum imperatorem iumo
rem ad ecclesiam sancti Pétri exiret, in ipsa ecclesia ipsum cepit
et àb eo privilegium deinvestituris episcopatuum violenter extor-
sit et ne anathema in personam eius poneret sacramento eons-
trinxit. Quemenim Guido Viennensis episcopus postea dampnavit
et Gono, legatus Romanus, Prenestinus episcopus, apud Belvacura,
anno Domini uciiii, vm idus novembris. Deinde Colonie eodem an-
no,xm kl.maii, que erat secundaferia Pasche,et postea un id.iulii,
Catalaunis. Dehinc vero Parisiusin die festo sancti Michaelis eun-
dem Henricum anathematizavit. Anno dominice incarnationis mcxvii
et anno presulatus Paschalis pape xx, ab introitu ianuarii usque
ad kl. martii, per intervalla dierum terre motus magnus urbium
Italie multarum templa et muros turresque subvertit et ediûcia
plurima cum multorum interitu stravit. Et post hec anno dominico
mcxviii Paschalis papa obiit et in ecclesia beati Pétri sepultus.
Gelasius, qui vocabatur Iohannes, nationeGaitanus, temporibus
quatuor pontificum, Alexandri, Gregorii, Urbani, Paschalis, ecclesie
Romane cancellarius, vir sapiens, in divinis scripturis suffleienter
instructus, facundus eloquio, a beato Petro clxvi, a cardinalibus
episcopis et clero electus est. In cuius electione contentio magna
orta est. Nam imperator Henricus et Romanorum populus ab Urbe
fugato Gelasio alium nomine Burdinum, Gregorium nominalum,
in cathedra statuunt apostolica et in Lateranensi episcopio cum
laude deduxerunt. Gelasius autem papa, timens imperialem po-
tentiam et Romanorum violentiam,eorum videlicet qui Burdinum
elegerant, cum vu cardinalibus episcopis portum intravitltalicum,
navesque conscendens, prosperis ventis applicuit Arelatum. Deinde
ad Cluniacum infirmus perveniens, defunctus est et in ecclesia sancti
Pétri sepultus anno Domini mcxix. Tenuerat enim papatum fere
annum. Tune passus exilium.
Calixtus, qui vocabatur Guido, Viennensis archiepiscopus, filius
Wibeline comitis Burgundie, avunculus Balduini iunioris, incliti
comitis Flandrie, defuncto papa Gelasio apud Cluniacum, a cardina-
libus episcopis et Romanis principibus qui cum Gelasio vénérant
in papam electus est, a beato Petro clxvii. Quorum legati Romam
profecti huius electionem Romanis notificantes, litteris Urbis clerus
principesque cum populo electionem flrmaverunt, mittentes ei im -
perialia ornamenta in Viennensi palatio, que Flavius Constantinus
Augustus sanctissimo pape Silvestro legitur concessisse. Fuit au-
tem temporibus Henrici iunioris et Ludovici régis Francorum, te-
nuitque Remis concilium tam episcoporum quam abbatorum cccim
xiiii kl. novembris. Deinde vero, anno dominico hcxx, mense aprili,
montem Iovis transiens Romam profectus est.
Anno Domini mcxxi, vm idus iunii, Petrus cardinalis, Pétri pre-
fecti fllius, ad sanctum Audomarum venit. Quem canonici in refec-
torio suo biduo retinentes, transivit in Angliam, legationem Ca-
lixti pape Henrico regideferens.
à Saint-Bertin entre 1 120 et 11*24 ; il se trouvait à Saint-
Bavon en 1278 ; Bethmann (Serapeum, 1845, p. 60) conjec-
ture qu'il y avait été apporté par Simon, abbé de Saint-
Bertin, qui se relira à Saint-Bavon après avoir été déposé
par Innocent II en 1136. C'est le ms. original.
Les Gesta pontificum Romanorum s'y trouvent sous
le n° 137, f. 168'-188. Viennent ensuite une note sur
les dix basiliques construites par Constantin (extrait de
la notice de Silvestre), f. 188', et la donation de Cons-
tantin, f. 189.
2° Cantabrigiensis 2021 », xu 6 siècle.
Parchemin in-4°, de 282 feuillets, mu
cernent.
Les Gesta pontificum s'y trouvent f. 224-280
Parchemin in-4°, de 282 feuillets, mutilé au commen-
cement.
3° Guelferbytanus, Gudianus, xm a siècle.
Parchemin ia-f°, 104 feuillets à 2 colonnes. Il doit venir
de Saint-Bertin, car on y lit dans le calendrier, en marge
du V. kal. aug. : Anno MCXI1I, V kl. augusti, venio fiante
pestifero, sanctus Audomarus deportatus est a populo, quod
pluvia magna erat, et facta est serenitas. Il a été écrit avant
1248, car au f. 29, en marge de la date pascale calculée
pour cette année, on lit, de seconde main : hic anni II a
Roma condita imptebuntur ; dans ce calendrier, Tannée
1 1 1 1 est la dernière où il y ait des notes de première main.
La table des matières contient 171 numéros ; les
Gesta pontificum ont le n° 126 ; dans le texte, ils
commencent sous le môme numéro, au f° 99, et s'in-
terrompent au bas du f. 104', avec le manuscrit lui-
même, à ces mots de la notice d'Hormisdas : et eius
consilio misit ad Iustinum Aug. On est alors à la fin du
13° cahier ; sept autres au moins, à en juger par le
vide laissé dans la reliure, ont dû être arrachés après
celui-ci. L'ordre des matières est différent de celui de
l'original ; plusieurs pièces ont été omises.
4° Hagensis 759, xv - siècle.
Parchemin in-f». Note finale : Hic liber inceptus in Insu-
lis et completus in opido Ninivensi Cameracensis diocesis,
pro nobili viro de Goux et de Wedergrette, milite consiliario
et cambellano illustrissimi principis domini Philippi Burgun-
die ducis, comitis Flandrie, a. D. 1460.
i. Catalogue ofthe mss. preserved in the library of Univertity of
Cambridge, t. IH, p. 641-647.
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C'est une très mauvaise copie du manuscrit de Wol-
fenbûttel f .
5° Hagensis 759 a, xvi e siècle.
Papier in-f°. Traduction française du précédent, exécu-
tée • dedens la ville d'Enghien, pour le noble homme el
très redouttes prinche monseigneur Phelippe de Cleves,
seigneur de Ravestain, en lan de notre Seigneur 1512 2 .
6° Leydensis Vossianus 31, xiv e siècle.
Parchemin in-fo. Il a appartenu à Alex. Petau.
Les Gesla pontificum y figurent, f. 31 '-44', sous le nu-
méro 22. L'ordre des matières est très différent de ce-
lui du manuscrit original ; beaucoup de choses ont été
omises, d'autres ajoutées 3 .
7° Duacensis 796 4 , xv e siècle.
Papier in-fo, 178 feuillets. Il provient « probablement »
de l'abbaye de Marchiennes ; ancienne cote : D 741.
Les Gesta pontificum se trouvent f. 59-79.
8° Parisinus 8865, xm e siècle.
Parchemin grand in-fo à deux colonnes, 262 feuillets.—
Sur un feuillet de garde on lit : Hic liber datus est domno
"Betro Brentin, professoe. I. e Gosnay, hospitanti in Monte 5 .,
anno 1503, ubi et obiit ; fuerat alias prior Noviomi.... Mont
....an. 1474.
Les Gesta pontificum s'y trouvent f. 98'£-109'a.
9° Parisinus 9675, xv e siècle.
Parchemin, petit in-fo, 132 feuillets à deux colonnes. La
date est donnée par la signature du copiste, Stephanus
clericus scripsit..., anno Domini mccccxxix.
Les Gesta pontificum se trouvent f. 80 0-llO'a.
10° Ianuensis, bibliothèque G. Fil. Durazzo, xiv e
siècle 6 .
1. Bethmann, Serap, 1845, p. 79.
2. Bethmann, /. c.
3. 1. Zacher, dans le Serapeum, 1842, p. 145-154, 161-172 ; Beth-
mann, l. c.
4. Catal. des mss.des départements, t. VI, p. 487.
5. Ce qui suit est illisible pour moi ; il s'agit peut-être de Mont-
Saint-Martin, dans le diocèse de Cambrai, ou de Mont-Saint-Eloi
dans le diocèse d'Arras.
6. Oderico, Codici délia libreria di G. F. Durazzo , Gênes, 1881,
n« 23.
4° Recbnsion de Saint-Denis.
36. — Mazarinaeus (Bibl.Mazarine),543, xii e siècle. Trois ma-
nuscrits de la
région de Pa-
ris.
Parchemin in-fo, 350 mm sur 255. — Deux manuscrits re-
liés ensemble : le premier contient 231 feuillets, écriture
du xii e siècle, à deux colonnes ; le second, également à
deux colonnes, est du xnr 3 siècle ; il comprend les feuillets
232-266. — Le tout provient de l'abbaye de Saint-Denis ;
sur le 1" feuillet on lit : Iste liber est ecclesiae beati Dyon.\
(écr. du xiv e s.) ; au bas de la page figure le timbre de la
bibliothèque abbatiale. Au dernier feuillet v°, écriture du
xv c siècle : Ce présent Hure est aleglise de sainct dénis en
france.
Contenu 1 : f. 1-54', le Liber pontificalis, sous la
rubrique In Christi nomine incipit liber episcopalis,
les deux lettres en tète. Le texte ne va pas au delà d'E-
tienne II l . Vient ensuite un catalogue, avec années,
mois et jours, de saint Pierre à Pascal II. Il se termine
ainsi : Urbanus secundus sedit annos VI 3 . Paschalis
sedit annos... La durée du pontificat de Pascal n'étant
point indiquée, on peut croire que ce catalogue a été
transcrit de son vivant (1099-1118); — f. 55'-136,
Histoire ecclésiastique de Hugues de Fleury; — f. 136 :
ici commence un recueil de morceaux relatifs à l'his-
toire de France, composé à Saint-Denis au commence-
ment du xn e siècle * ; en voici le détail : f. 136, Gesta
gentis Francorum excerpta de libro Gregorii Turonen-
sis, depuis les origines troyennes jusqu'à Thierry de
Chelles (721) ; — f. 158, courte histoire des Franks,
attribuée à Hugues de Fleury ; elle va jusqu'au cou-
ronnement de Louis VI (1109) ; — f. 176, Guillaume
de Jumièges, Gesta gentis Normannorum, avec les
compléments d'Orderic Vital ; — f. 213, Notices his-
toriques sur les rois carolingiens et capétiens, de Louis
le Pieux à Philippe I er (fil 09) inclusivement; — f.222,
Généalogie des rois de France, depuis Mérovée jus-
1. Cf. Neues Archiv, t. VI, p. 493. *
2. Le ms. latin 12.710 de la Bibliothèque nationale contient,
f* 62, une vie d'Etienne II copiée sur ce manuscrit.
3. Urbain II a siégé en réalité plus de onze ans (1088*1099). Le
catalogue a donc dû être d'abord arrêté en 1093-1094.
4. Voir sur ce sujet le mémoire de M. Lair, dans la Bibliothèque
de l'Ecole des Chartes, t. XXXV, p. 567.
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LES MANUSCRITS.
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qu'à Louis le Gros f , continuée de seconde main jusqu'à
Philippe-Auguste; — f. 222', récits divers sur les princes
carolingiens, depuis Charles-Martel jusqu'à Charles le
Chauve; — f. 230-231, Abrégé de l'histoire des princes
juifs, depuis Jean Macchabée jusqu'à Hérode Antipas.
Des pièces contenues dans cette collectionna moins
ancienne, c'est-à-dire la courte histoire de Hugues de
Fleury, a dû être écrite peu après 1114; le fait que
la durée du pontificat de Pascal II n'est point indi-
quée permet de croire que le manuscrit a été copié
avant sa mort (1118).
Le second manuscrit ne contient que la vie de Louis
VI, par Suger.
37 .—Arsenaliensis (bibl. de l'Arsenal), 998,xm e siècle.
Parchemin în-f», à deux colonnes, 132 feuillets. — Pro-
vient de Saint-Victor. Ancien hist. 16.
Contenu : f. 1-53, le Liber pontificalis, disposé com-
me dans le manuscrit précédent ; le catalogue de la
fin va jusqu'à Eugène III (1145-1153) dont les années
ne sont pas indiquées; — f. 54-132, l'histoire ecclé-
siastique de Hugues de Fleury, suivie d'une courte gé-
néalogie des rois de France jusqu'à Louis VII.
Vaticanus Reginae 1896, xm e siècle.
Volume de très grand format (55 mm sur 34), composé
de fragments disparates ». La partie où se trouve le L. P.
(f. 34-96) formait autrefois la fin d'un manuscrit de 215
feuillets ; on lit en effet au f. 96 : II a 1ICCXV fuelles en ce
libre. Ce manuscrit appartenait à l'abbaye de Longpont,
diocèse de Soissons : Liber sancte Marie Longipontis (f. cit.).
— Alex. III de Vignoli.
Contenu : f. 1-48, deux fragments du Liber pontifi-
calis : d'abord un cahier contenant le texte depuis
exorcidiatum pens. lib. F (p. 220, 1. 19, Innocent) jus-
qu'à interfecit eundem tyrannum (p. 319, 1. 5, Deus-
dedit), puis, f. 41-48, la vie de Grégoire III depuis in
nomine Salvatoris (p. 417, 1. 10) et les deux suivantes.
Après la vie d'Etienne II, vient, f. 48-96, l'Histoire ec-
clésiastique de Hugues de Fleury.
i. On énumère ses trois fils : « Ludovicus rex genuit Philip,
pum, Ludovicum et Henricum. » Ce dernier est qualifié d'arche-
vêque de Reims par une glose interlinéaire, de la même main qui
a continué la généalogie. Henri devint archevêque de Reims en
1162. M. Lair, ne tenant pas compte de la différence des écritures,
a conclu à tort des mots Remorum archiepiscopum que le manus-
crit était postérieur à 1162.
t'i'min , Ârchiv, t. XII, p. 326.
38. — Dans ces trois manuscrits, provenant tous les Recension
r faite à Saint-
trois de l'Ile de France, nous trouvons un même texte Denis sous
du Liber pontificalis, invariablement suivi de l'Histoire
ecclésiastique de Hugues de Fleury. Le plus ancien des
trois manuscrits, celui de Saint-Denis, contient en ou-
tre un certain nombre de pièces relatives à l'histoire de
France, jusqu'au règne de Louis VI, c'est-à-dire jusqu'à
la date à laquelle Hugues arrêta son Histoire ecclésias-
tique. Cette date est probablement celle de la recension.
Son auteur avait sous les yeux un manuscrit de la
classe A, terminé à la vie du pape Constantin ( 715) et
un manuscrit de la classe B, allant jusqu'à la mort d'E-
tienne II (757). Il a combiné tant bien que mal les va-
riantes de l'un et de l'autre, s'attachant de préférence
au texte B, sauf quand le texte A est plus complet.
5° Classification.
39. — Les caractères qui distinguent les manuscrits Classement
. des mas. du
C des manuscrits B ne se manifestent pas, au moins en texte ordinaire
ce qui regarde tous les manuscrits C, au commence-
ment de la série des notices. Il m'est donc impossible
d'affirmer avec certitude que les très anciens manuscrits
deNaples et de Turin, dont les fragments conservés ne
dépassent pas Anastase II (f 498) et Jean I er (f 526),ap-
partenaient à l'un de ces deux types plutôt qu'à l'autre.
Quant aux autres manuscrits de la classe B, ils for-
ment un groupe très serré, mais dans lequel on peut
distinguer deux familles. A la première appartiennent
les manuscrits prolongés au delà d'Etienne II, à la se-
conde ceux qui s'arrêtent à ce pape. Deux des manus-
crits de la première famille, le Parisinus 13729 et le
Laudunensis, dérivent d'un ancêtre commun, exécuté
au plus tard en 792. L'original de tout le groupe re-
monte donc à une date assez voisine de la mort d'E-
tienne II (757). Cette circonstance, jointe à l'identité
presque absolue du texte dans tous les manuscrits, au-
torise à faire un choix entre ceux-ci et à ne pas surchar-
ger de leurs variantes un appareil déjà bien encombré.
J'éliminerai donc, outre les abrégés et les copies, les
manuscrits retouchés ou postérieurs, c'est-à-dire ceux
de Cluny, de Berne et de Trêves ; puis ceux de Laon et
de Milan \ comme jumeaux, l'un du Parisinus l'autre
1. Au commencement cependant, de saint Pierre à Fabien, j'ai
noté les variantes du ms. de Milan, celui de Bruxelles faisant dé-
faut pour cette partie.
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MANUSCRITS DE LA CLASSE C.
du Vindoèonensis. La première famille sera représentée
parle Colo?iiensis, le Parisinus et le Vossianus 41 ;
la seconde, par le Bruxellensis et le Vindobonensis. Le
Parisinus, ou plutôt son original, ayant subi en maint
endroit des corrections orthographiques, j'aurai, sur ce
point, peu de compte à tenir de son témoignage etje ne
marquerai ses corrections que quand elles présenteront
quelque intérêt.
Quant aux manuscrits de la recension d'Adhémar
ils n'ont évidemment aucune utilité pour les vies des
papes antérieurs au ix e siècle.
§ III.
MANUSCRITS DE LA CLASSE G.
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C 1 40. — Leydensis Vossianus 60, vm-ix* siècle.
Parchemin îq-4° oblong (246 B sur 145), 121 feuillets. —
Il provient de Saint-Remi de Reims: on lit sur le f. 1 (ix° s.)
Liber saneti Remigii Francorum apostoli : qui ei abstulerit
illum anathema sit. Fiat. Fiat. Amen ; sur le f. 3 Liber
saneti Remigii Remensis, vol. LXIX (cf. f.8 et 9). Il a ap-
partenu à Alex. Petau, qui écrivit, en marge du f. 9, les
mots Anast a$ ius Bibliothecarius et au bas de ce même
feuillet la formule que l'on trouve sur tous ses mss. : Aie-
xanderPauli filius Petavius senator Parisiensis.
Contenu : le Liber Pontificaiis seulement ; f . 1 et 2
primitivement blancs ; — f. i'-2', écriture postérieure,
mais du ix e siècle, explication du texte Quoniam ires
sunt (1 loh. v. 7) par Hamon, abbé du monastère quod
usque nunc dicitur Fasceum, in territorio Autisiode-
rensi.Si prudenter negotium... il conclut en faveur de
l'authenticité ; — f. 3 blanc ;— f. 3', les deux lettres-pré-
face, titres en capitale, initiales de luxe ; — f . 4 blanc ;
— f. 4', croix dans un cadre à entrelacs ; on lit dans
les vides :
GESTAT HOiNORAND CUNCTI MÀNUS INCLITA LIGNUM
QUOD SB SANCTA SINIT PEISDERE VICTIMA MUNDI
PERDITAM UT MISER1S REDDAT MORS UNÀ SALUTEM
— f. 5, en grandes capitales coloriées : Incipiunt capitu-
la. Ordo episcoporum sedis apostolicae Romanae ecle-
siae ; suit, f. W — 7, un catalogue contenant les noms
des papes et leur patrie avec des numéros d'ordre. Il
s'arrête, de première main, à Etienne II, Stephanus
nat. Romanus, cependant les numéros sont continués
de XCV à CXI, jusqu'au bas du f. 7 ; une seconde
main a écrit en regard les noms des papes jusqu'à
Etienne V et ajouté les années pour les trois premiers,
ainsi qu'il suit:
Paulus sed. ann. X m. 1.
Stephanus sed. ann. III m. V d. XXVIII.
Adrianus sed. ann. XX.
Une autre main a écrit les noms des archevêques de
Reims en face de ceux des papes contemporains : Al-
pinus fuit ^Remensis episcopus, en face d'Hadrien I er ;
fuit Ebo episcopus, en face de Pascal ; Hincmarus epis-
copus, en face de Léon IV ; Folco episcopus, en face de
Marinus ; — f. 7 et 8 blancs ; — f. 8', en grande capitale :
In nomine Dei summi incipit ordo episcoporum sedis
apostolicae sanctae ecclesiae Romanae beatissimi prin-
cipis apostolorum Pétri ab ipso inchoante ; — f. 9-
121, le texte des notices, sur deux colonnes étroites,
coupé par de nombreux alinéas ; l'écriture représente une
transition entre la cursive mérovingienne et la minus-
cule carlovingienne. La dernière vie est celle d'Etienne II.
En marge du récit de la bataille de Toulouse, f. 92' «, on
lit la note suivante : Hoc fecerunt Franci, principe Karlo
Martello agnomine freti et Milone Remensi abbate y
Rigoberto episcopo adhuc pulso super stite l .
Le texte paraît avoir été retouché par trois mains dif-
férentes ; un premier réviseur a corrigé l'orthographe
en un grand nombre d'endroits ; un autre a suppléé les
passages omis ; un troisième a ajouté çà et là quelques
notes marginales dont la plus intéressante est celle que
je viens de citer ; ces trois écritures sont peu postérieures
à la première.
Collationné.
1. L'auteur de cette note a confondu la bataille de Toulouse (721)
avec ceUe de Poitiers (732).
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exc
LeLP.com- 41.
biné avec la
collecti on
pseudoisido-
rienne.
LES MANUSCRITS.
— Laurentianus XX, 10, xi e siècle.
Parchemin, petit in-4°, 56 feuillets. Le manuscrit a ap-
partenu àPierreI"de Médicis (1464-1469); note à la
fin : Liber Pétri de Medicis cos. f.
Contenu : f. 1 55, le Liber pontificalis, disposé
comme dans le manuscrit précédent : d'abord les deux
lettres ; puis, sous le titre Incipiunt capitula,!* catalo-
gue des papes, noms et nationalités, jusqu'à Etienne II ;
enfin les vies jusqu'à ces mots de la notice de Martin I er :
cumsancti Dei ecclesia colligens exercitum (p. 338, 1.
11) ; cette interruption ne provient pas d'une mutilation
du manuscrit; — f. 55-56 (écriture postérieure, du
xn e siècle), concile de Latran de 1139.
Parisinus 16897, xn e siècle.
Parchemin, in-f°, de 376 feuillets. Ancien Navarre, 7.
Contenu : f. 1-33', le Liber pontificalis, comme dans
les manuscrits précédents ; les huit premiers feuillets
ont été refaits au xiv e siècle. Après la vie d'Etienne II,
épitaphe du pape Hadrien, Hic pater ecclesie etc. 1 ; —
f. 34-376,collectionpseudoisidorienne a , suivie des Capi-
tula d'Angilram, de la lettre de saint Isidore à Lande-
fredus et de quelques textes relatifs aux six premiers
conciles œcuméniques : à la fin on trouve la Notitia
provinciarum, la Notitia Galliarum et un catalogue
de papes, les noms et la durée du siège, jusqu'à Pascal
I er , les noms seulement jusqu'à Marinus (882-884),
après lequel vient encore le nom Agapitus (Agapit II,
946-951).
Parisinus 5141, xiv* siècle.
Parchemin grand in-f>, 263 feuillets. Il provient de l'O-
ratoire de Troyes ; antérieurement il avait appartenu à
P. Pithou 3.
Copie du précédent ; quelques feuillets ont disparu à
la fin.
Tolosanus 365, fin du xn e siècle*.
Parchemin in-f°, à deux colonnes ; 446 feuillets, dont
1. C'est sans doute cette disposition qui a porté M. Hinschius
{Décret, pseudo isid., p. li) â dire que les vies des papes aUaient
dans ce ms. jusqu'à Hadrien I er .
2. Cf. Hinschius, /. c.
3. Hinschius L c. p. lu.
4. Catalogue des mss. des bibliothèques des départements, t. VII,
p. 213.
le premier a disparu. Provient du couvent des domini-
cains de Toulouse. Ancienne cote: I, 9.
Môme contenu que le Parisinus 16897.
Arsenaliensis (Paris, bibl. de l'Arsenal) 679, xiv 8 siè-
cle.
Parchemin, in-f° à deux colonnes, 393 feuillets. — Pro-
vient de Saint-Martin des Champs (note au f° 1).
Môme contenu.
Gratianopolitanus 16, xn e siècle.
Parchemin in-f> (352 mm sur 497), 264 feuillets à deux
colonnes; pas de pagination. Provient de la Grande Char-
treuse: note du xn e siècle au 1 er feuillet du 34 e cahier :
Iste liber est domus maioris Cartusie. Ancienne cote : 520.
Contenu:!. 1, Décrétales pseudoisidoriennes ; la col-
lection est longuement décrite par M. Schulte f , dans
les Sitzungsberichte de l'académie de Vienne, t. LIX
(philos.-hist.), p. 369-380 ; — f. 240, Incipiunt no-
mina Romanorum pontificum, catalogue jusqu'à
Etienne II, seulement les noms et la nationalité; /. Pe-
trus natione Romanus... XCIIII. Stephanus natione
Romanus. Expliciunt nomina. Incipiunt gesta pontifi-
cum Romanorum. Suivent les viesjusqu'à Etienne II in-
clusivement. — Vient ensuite Tépitaphe du pape Ha-
drien I er , Hic pater ecclesiae... obiit VII k. tan. — Au
f. suivant : Incipit miraculum de Petro Igneo. Alexan-
dro prime sedis reverentissimo ac universali episcopo
clerus et populus Florentinus.
Les six manuscrits qui précèdent ont un texte très
voisin de celui du Vossianus 60, dont cependant ils ne
dérivent pas. Le manuscrit de Grenoble n'est pas tout à
fait semblable aux autre? ; il offre, vers la fin, quelques
unes des particularités qui distinguent les manuscrits B.
42. — Guelferbytanus 10-11, ix° siècle. C
Parchemin in-4°, oblong (235 mni sur 150), 118 feuillets.
11 provient de l'abbaye de Saint-Pierre de Wissembourg:
note du xiv° siècle en haut du f. 1 : Libers. Pétri ïn*Wis-
senburg; il a plus tard appartenu à H. Julius Blùmen,
dont le nom se lit sur un feuillet de garde au commence-
ment.
1. Outre la description de M. Schulte, citée dans le texte, j'ai
pu consulter des notes spécialement prises à mon intention par
M. Paul Fournier, professeur à la Faculté de droit de Grenoble.
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MANUSCRITS DE LA CLASSE C.
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Contenu : le Lîôer pontificalis seulement ; un feuil-
let aétéperdu avant le f. 1 ; mais il n'y avait rien des-
sus, sauf peut-être un titre. Après les deux lettres-pié-
face, vient un catalogue, noms et numéros seulement,
jusqu'à Léon III. L'écriture est plutôt du commence-
ment du ix e siècle que de la un ; le manuscrit pourrait
bien avoir été copié sous ce pape (795-816). De pre-
mière main les notices s'arrêtent à Etienne II (f. HO);
une autre main, également du ix e siècle, a ajouté la vie
de Paul I er et celle de d'Etienne III jusqu'aux mots
probatissimos viros scilicet — comme dans le manusci it
de Cologne (ci-dessus, p. clxxviii). La même main
a suppléé en marge, d'après un manuscrit B, un grand
nombiede passages qui manquent ou bien sont rédigés
autrement dans les manuscrits C ; — la fin du f. 118 est
occupée par des antiennes notées (xi-xiv siècle).
Collationné.
Vindobonensis 388, xi-xn e siècle.
Parchemin, in-f°, (3i6 mm sur 228), 81 feuillets, à deux
colonnes; autrefois Hist. 28.
Contenu : f. l-56'£, le Liber pontificalis, d'après le
manuscrit précédent, jusqu'à Etienne II inclusivement;
plus tard, dans le courant du xii° siècle, on a corrigé le
texte d'après un manuscrit B; pour cela les passages
où C diffère de B ont été grattés et récrits. Le texte qui
a servi à opérer cette retouche était très différent de
celui qui figure dans les marges du Guelferbijtanus, au
moins pour les notices de Paul I er et d'Etienne III, à
moins que le réviseur de notre manuscrit n'ait pris sur
lui de remanier arbitrairement ces deux dernières vies.
Si cette hypothèse était écartée, il faudrait admettre que
ce manuscrit dérive du Guelferbytanus, non pas direc-
tement, mais par l'intermédiaire d'une copie du ix e siè-
cle, exécutée avant que les suppléments ne fussent
ajoutés dans les marges et à la fin; — f. 57-64, livre
de comput pascal, écrit à longues lignes, en lettres
énormes (6 à 8 mm ) : Annus solaris, ut maiorum constat
sollertia...., il n'y a que six chapitres, sur 37 qui sont
annoncés dans la table; — f. 65-81, Planctus Evae,
poème.
C 3 43. — Bernensis 408, ix° siècle.
Parchemin, in-4°, 225 mm sur 18o, 86 feuillets.
Contenu : le Liber pontificalis seulement ; un feuillet
cxci
a été perdu au commencement; f. 1 (actuel) les deux
lettres-préface, puis un catalogue, noms seulement,
sans numéros : Anicet et Pie, Antéros et Pontien inter-
vertis, comme leurs notices le sont dans le texte; au
bas du f. 1 le catalogue est arrivé à Zosime; un feuillet
a encore disparu, emportant la fin du catalogue; f. 2
(actuel, autrefois 4), deux lignes en blanc, dont la se-
conde grattée, puis le texte des notices ; dans la marge
supérieure, le titre Liber de gestis pontificum Romano-
rum, ancien, mais pas primitif. Le manuscrit n'a point
passé par les mains du rubriciste ; il n'a pas même été
corrigé ; aussi l'orthographe en est-elle particulièrement
défectueuse. Le texte s'arrête, f. 85', vers la fin d'E-
tienne II (p. 454, 1. 1), aux mots ad recipiendas vero
ipsas civitatesy sans mutilation du manuscrit ; — f .
86, fragment d'hymne noté, xn e siècle.
Collationné.
44. — Parisinus 5140, xi e siècle. C 4
Parchemin, in-f>, 360 mm sur 270 ; 2 feuillets sans numé-
ros, au commencement, et 150 feuillets numérotés. —
Colb. 417 ; Reg. 3900*. A la fin du xvi e siècle il apparte-
nait à Marquardt Freher, qui le prêta pour l'édition de
Mayence ; il est coté A dans le recueil de variantes imprimé
à la suite de cette édition.
Contenu : le Liber pontificalis seulement, disposé
ainsi qu'il suit : 1° une table des sépultures pontificales,
de saint Pierre à Zacharie (f 752), classée par églises
ou cimetières i ; 2° un catalogue de papes, avec années,
mois et jours, arrêté ici à Agapit II (946-955), mais
continué sur un blanc, au7. 46', jusqu'à Silvesler qui
et Gerberthus vocabatur (999-1003), dont les années
ne sont pas indiquées ; 3° les deux lettres de saint Jérôme
et de Damase ; 4° une table des patriarches de Constan-
tinople jusqu'à Constantin (674-677) 2 ; 5° les notices
i. Voir ci-dessus, p. clvu. Cf. Bianchini, t. I, p. 3; Vignoli,
1. 1, préface ; De Rossi, Roma sott. t. II, p. xxm; ces trois éditions
dépendent du Vaticanus 3764 où se trouve la même table.
2. Voici cette table, d'après le Parisinus 5140.
PoilTIFICES AECCLESIAE COKSTAHTINOPOLITAIfAE.
I. Alexander confessor.
II. Paulus martyr.
III. Mazedonius bereticus.
mi. Eudoxius arrianus.
V. Dimpholus arrianus.
VI. Gregorius Nantiazenus.
VII. Maximus cinicus bereticus.
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pontificales, sans aucun titre ; elles vont d'abord jusque
vers la fin de la vie de Léon IV, qui se termine aux
mots cum orbiculis. Amen (n. 553), au f. 131', dont la
plus grande partie reste en blanc ; à la page suivante,
f. 132, commence la vie de Nicolas I er , puis vient celle
d'Hadrien II, avec laquelle finit le manuscrit. Il lui
manque donc, outre la fin de Léon IV, la notice entière
de Benoît III.
Classement 45. — D'après la description qu'on vient de lire,
des manus- r r ^.
crits g. les manuscrits de Leyde, de Wolfenbùttel, de Berne
et le Parisinus 5140 sont les seuls à considérer dans la
fclasse C. Leur parenté n'est pas également étroite de-
puis saint Pierre jusqu'à Etienne II. Le Vossianus est
VIII.
Nectarius confessor.
VIIII.
Iohannes Grisostomus.
X.
Arsatius.
XI.
Atticus.
XII
Sisinnius.
XIII.
Nestorius hereticus.
XUII
Maximus.
XV
Proclus.
XVI
Flavianus confessor.
xvn
. Anatolius.
XVIII
. Gennadius.
xvnii
. Acacius hereticus.
XX
Flabitta.
XXI
Eufimius confessor.
XXII
Macedonius confessor
XXIII.
Timotheus.
XXIIII.
Iohannes.
XXV.
Epiphanius.
XXVI.
Antimus hereticus.
XXVII.
Mennas.
XXVIII.
Euticius.
xxvnn.
Iohannes.
XXX.
Gyriacus.
XXXT.
Thomas.
XXXII.
Sergius hereticus.
XXXIH.
Pyrrus hereticus.
XXXIIII.
Paulus hereticus.
XXXV.
Petrus hereticus.
XXXVI.
Thomas.
XXXVII.
Iohannes.
xxxvni.
Gonstantinus.
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Cette liste des patriarches de Constantinople est la plus ancienne
que l'on connaisse, car tout ce que les chroniques et autres com-
pilations grecques nous ont conservé en ce genre est postérieur
au vin* siècle (Cf. Fr. Fischer, De patriarcharum CP. catalogis,
Leipzig, 1884 ; dans cette dissertation on omet non seulement notre
catalogue latin, mais encore celui du xp° vo YP*?eïov <tvvto|iov, ci-
dessus, p. xxi). Il est à noter qu'on n'y trouve pas le catalogue
fabuleux des évêques de Byzance, depuis saint André jusqu'à Mé-
trophane, prédécesseur d'Alexandre. Eusèbe de Nicomédie est
omis aussi. Bien qu'eUe s'arrête à l'année 677, notre liste tient
compte, au moins dans la distribution des épithétes, des décisions
du sixième concile œcuménique (681).
d'abord très voisin des manuscrits B ; sauf certains dé-
tails dans la notation des sépultures pontificales, au
vi e siècle, iJ ne rejoint le groupe C qu'à partir de Théo-
dore (642-649), environ. Alors il devient tout à fait sem-
blable au Guelferbytanus. Entre celui-ci et leBernensis,
la ressemblance est plus grande au commencement,
surtout dans les chiffres d'années, mois et jours ; depuis
le commencement du vn e siècle, elle s'efface un peu,
pour reparaître et se maintenir à partir de Sergius (687-
701); de Sergius à Etienne II, le groupe C^C 3 (Leid.
Guelf. Bern.) est très serré, sauf que C 3 a échappé,
pour la vie d'Etienne II, à une curieuse retouche dont
je parlerai plus loin. Quant à G 4 , depuis Jean VI (701-
705) il présente un texte identique à celui des manus-
crits E, qui, du reste, pour les notices de Grégoire III,
Zacharie et Etienne II, ne diffèrent nullement des ma-
nuscrits C (G 3 pour Etienne II); de saint Pierre à Ser-
gius, il est étroitement apparenté avec le Bernensis;
comme ce manuscrit, il a des omissions caractéristiques
dans les notices de saint Pierre et de saint Glément et
il place Antéros avant Pontien ; de plus ils présentent
tous deux, dans la notice de Silvestre *, une interversion
du texte qui est due à une interversion de feuillets dans
un ancêtre commun. Outre sa parenté avec le Bernen-
sis, G 4 a çà et là, même dans la partie antérieure à
Jean VI, quelques traits spéciaux 2 , dérivés évidemment
d'uu manuscrit E; il faut remarquer aussi que deux
pièces accessoires, la liste des sépultures pontificales
et celle des patriarches de Constantinople, inconnues à
tous les autres manuscrits, figurent en tête de G 4 et du
Vaticanus 3764, le principal représentant de la classe E.
Le Parisinus 5140 est donc un manuscrit mixte, résul-
tant de la combinaison entre G 3 ou quelque manuscrit
très voisin et l'un des congénères du Vaticanus 3764.
Outre la complexité de son texte, ce manuscrit offre
un perpétuel remaniement delà grammaire et du style;
les fautes y sont corrigées, les mots changés déplace,
les phrases refaites. Il est donc difficile de le collation-
ner, mais je l'ai eu constamment sous les yeux et je
note son témoignage partout où il est important à con-
naître. Quant aux autres manuscrits, je donne la leçon
entière du Bernensis, incorrect, mais sincère, et qui me
1. P. 176, 1.20.
2. Voir surtout la finale de la notice de Félix III, qui ne se ren-
contre, avec cette teneur, que dans ce manuscrit et le manus-
crit E».
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paraît en somme représenter le plus complètement cette
classe ; je reproduis aussi tout ce qui, dans le Vossia-
nus et le Guelferbytanus, présente quelque intérêt pour
le sens ; même pour les menus détails d'orthographe
j'ai cru devoir les citer plus souvent que les manuscrits
B 2 - 6 , sans cependant, m'astreindre à la même rigueur
que je me suis imposée pour le Bernensis.
§ iv.
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Manuscrit
de Tours,
i° Manuscrits du type D.
46. — Parisinus 5516, ix e siècle.
Parchemin, in-4° (250 mm sur 202), 170 feuillets.— Il fut
donné à la cathédrale de Tours par l'archevêque Herardus :
Hune librum dédit Herardus sancto Mauricio Turonensi (f.
46'), Sancto Mfffflllllloded. Erardus episcopus hune librum (f.
88). Herardus siégea depuis 855 ou 856 jusqu'au 1 er juillet
871, date de sa mort; plus tard le manuscrit passa à l'ab-
baye de Saint-Martin : Iste liber est de armario beati Martini
Tur. (f. 1, écr. du xiii siècle); au milieu duxvii siècle il
était dans la bibliothèque de Thou, où il fut collationné
pour la Byzantine du Louvre ; depuis Colb. 1925,Begr. 4060 *.
Contenu: f. 1-115', le Liber ponti/icalis -, — f. 116-
170, concile de Paris, de l'an 829, d'une écriture diffé-
rente, mais contemporaine.
Le Liber ponti/icalis commence par le titre In no-
mine Domini nostri Iesu Christiincipit liber episcopaiis
in quo continentur acta beatorum pontificum urbis Ro-
mae\ puis viennent les deux lettres et un catalogue,
avec années, mois et jours, de première main jusqu'à
Paul I er : XCV. Paulus sed. anX m. /, de seconde main
jusqu'à Nicolas I er (f 867), le sous-titre Gesta supra-
scriptorum pontificum et les notices, de première main
jusque dans la notice de Léon IV (f. 113') aux mots
pens. simul libras Cil (n. 531), de seconde main jus-
qu'aux mots manere cupitis (n. 528) ; on est alors
au bas du feuillet 1 15'. — Par la disposition des cahiers
il est facile de voir que le concile de Paris a d'abord
formé un manuscrit différent de ce qui précède, que le
f. 115 était le feuillet de garde de ce manuscrit et le
f. 114 le feuillet de garde du Liber ponti/icalis. La date
fournie par la mention de l'archevêque Hérard ne s'ap-
plique donc qu'au Liber ponti/icalis, terminé alors dans
la vie de Léon IV (f 855), bien que le catalogue initial
Liber pontificalis.
s'arrêtât à Paul 1 er . La continuation de ce catalogue jus-
qu'à Nicolas I er n'a eu lieu qu'après la réunion des deux
manuscrits. En effet, la même main qui a prolongé la
vie de Léon IV sur les f. 114 et 115 a ajouté dans la
marge inférieure du f. 115' les lignes suivantes :
Benedictus, natione Romanus, ex pâtre Petro, sedit an. II
m. VI d. VIIII; cessavit episcopatus eius d. XV.
Nicholaus, natione Romanus, ex pâtre Theodoro, sedit an.
VIIII m. VI d. XXI.
Cette main est du ix e ou du x 8 siècle. Le continua-
teur s'est servi évidemment d'un manuscrit terminé à
Nicolas I er (f 867) ; un manuscrit de même étendue a
été employé par Adhémar ; cf. ci-dessus, p. clxxxv.
En ne tenant compte que de la première écriture, on
voit que la vie de Léon IV, mort en 855, était déjà con-
nue et copiée, dans l'ouest de la France, quinze ans au
plus après la mort de ce pape.
La vie de Paul I er (757-767) commence un cahier; ce
fait, rapproché de la façon dont se termine le catalogue
du commencement, donnerait lieu de penser que l'ori-
ginal de notre manuscrit, pour les vies antérieures à ce
pape, se terminait à Etienne II (f 757).
Collationné.
47. — Parisinus 2769, ix e siècle.
Recueil de fragments de manuscrits divers (Colb. 3653,
Reg. 43253); celui qui nous occupe comprend 24 feuil-
lets numérotés 31-54, en écriture du ix° siècle.
Parchemin, in-4<>, 24 feuillets. — Provient de l'église
cathédrale de Beauvais : Sancti Pétri Belvacensis (f. 54',
écriture du xn° siècle); c'est un fragment de trois cahiers
seulement ; le dernier porte le n° XI : après avoir été sé-
parés du reste, ces cahiers furent vendus à Bâle en 1563 :
emptum Basileae 4563 (f. 1).
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Manuscrits
de Beauvais.
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CXCIV
Il contient la fin d'un Liber pontificalis, depuis les
mots — in die autem qua se vicissim (p. 391, 1. 1) de
la notice de Constantin, jusqu'à la fin d'Etienne II, où
s'arrêtait le manuscrit. L'écriture paraît plus ancienne
que celle du précédent.
Collationné.
Leydensis Vidcanii 58, xn e siècle.
Parchemin in-4° (240 mm sur 175) de 72 feuillets. Pro-
vient aussi de Saint-Pierre de Beauvais: Sancti Pétri Bel-
vacensis (au comra. et à la fin); cahiers numérotés par
des lettres, de A à M. Le premier feuillet de garde,
tourné à rebours, contient, a son recto, un fragment d'un
recueil de lectiones brèves ou capitules; au verso, obituaire
de diverses mains, du x c et du xi° siècle.
Contenu : le Liber pontificalis seulement, jusqu'à
Etienne II. Le commencement est disposé exactement
comme dans le Parisinus 5516, première main; le ca-
talogue s'arrête à Paul I er . Deux cahiers ont disparu,
entre les mots hos nequaquam (p. 386, 1. 2), de la vie
de Jean VII, et les mots adsumens secum (p.^445, 1. 15),
de celle d'Etienne II.
La comparaison des parties communes à ce manus-
crit et au précédent démontre que nous avons ici une
simple copie du Parisinus 2769.
Collationné.
48. — Bituricensis 97, xm e siècle.
Parchemin, in-fo, 334 mm sur 253, 207 feuillets à deux
colonnes. — Provient de Saint-Etienne de Bourges; an-
ciens n°» : 32, 87.
Contenu : divers ouvrages sans rapport avec le Liber
pontificalis; au milieu d'eux, f. 176' a — 179'6, un
abrégé de celui-ci, sous le titre : Ex gestis Romanorum
pontificum. Le manuscrit sur lequel cet abrégé, d'ail-
leurs très succinct, a été fait était tout à fait semblable,
comme texte, à ceux de Beauvais qui viennent d'être
décrits. Après Etienne II on trouve encore, pour ses
trois premiers successeurs, la durée du pontificat et,
pour Etienne III, une note indépendante Au Liber pon-
tificalis, puis un simple catalogue de noms, jusqu'à
Pascal II.
Paulus sed. an. X. m. I.
Stephanus sed. an. III. m. V d. XIII. Huius Stephani primo
episcopatus anno obiit Pipinus rex, quem Zacharias papa be-
LES MANUSCRITS.
nedici iussit in regem et cepit regnare Karolus magnus.
Adrianus sedit an. XXIIII.
Dans le catalogue, il manque les noms d'Etienne iV,
de Valentin; au milieu dux e siècle, on trouve la succes-
sion Iohannes (XII), Léo, Iohannes, Benedictus, Dom-
nus, Bonifacius, Benedictus, Iohannes, Gregorius (V) ;
à la fin, quelques surnoms et autres notes fort courtes.
Sergius [IV], qui vocatur Os porci,...
Suigerius, qui et Clemens [II],
Poppo, qui et Oamasus [II],
Bruno, qui et Léo [TX], confessor,
Gihehardus, qui et Victor [II],
Fredericus, qui et Stephanus [IXJ,...
Girardus notus, qui et Nicolaus [II],
Anselmus, qui et Alexander [II],
Gregorius septimus, zelo domus Dei ferventissimus,
Desiderius, qui et Victor [I1IJ,
Odo, qui et Urbanus [II],
Rainerius, qui et Paschalis [II].
Ce catalogue est suivi d'un morceau intitulé : Qui ca-
nonem ordinavemnt, où Ton a réuni les textes du Li-
ber pontificalis et autres sur les modifications intro-
duites par les papes dans l'ordinaire de la messe.
49. — Les deux manuscrits de Beauvais, se suppléant
l'un l'autre, nous donnent un Liber pontificalis à peu
près complet, de saint Pierre à Etienne II. Entre eux
et celui de Tours il n'y a coïncidence que jusqu'à
Àgapit (f 536). Dans cette première partie, ils nous of-
frent un texte semblable en somme à celui des manus-
crits BG, mais combiné par endroits avec celui des ma-
nuscrits A ; il y a même quelques variantes qui ne peu-
vent provenir que de la première édition. Depuis Silvère,
successeur d'Àgapit, le Parisinus S5L6 suit la recension
A jusqu'à Constantin (f 715), au delà duquel il con-
corde pour la vie de Grégoire II avec les manuscrits E,
pour les trois suivantes avec les manuscrits B, et, plus
particulièrement, avec ceux du groupe B 5 B 6 B 7 ; le texte
de Beauvais commence dès la notice de Silvère à se
montrer identique à celui des manuscrits B et du groupe
indiqué. Dans les trois vies de Grégoire III, Zacharie,
Etienne II, où les deux textes concordent avec les ma-
nuscrits B, il n'y a point, entre eux deux, de parenté plus
spéciale qu'entre les divers manuscrits de la classe B.
Il est clair d'après cela, que la leçon des manuscrits D
ne présente un intérêt réel que jusqu'à Agapit ; dé-
classement
des manus
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puis Silvère ceux de Beauvais, depuis Grégoire III
jusqu'à Etienne II celui de Tours peuvent être né-
gligés, car nous ne manquons pas de manuscrits
meilleurs et tout aussi anciens pour nous édifier sur le
texte B ; pour l'intervalle Silvère-Constantin le manus-
crit de Tours mérite d'être cité, comme document du
texte A, assez mal représenté en dehors du Lucensis.
Au delà d'Etienne II, ce manuscrit reprend son impor-
tance, car les anciens exemplaires commencent à faire
défaut.
En partant de ces considérations, j'ai noté partout,
sauf l'intervalle Grégoire III — Etienne II, la leçon du
Parisinus 5516. De saint Pierre à Agapit, ce manuscrit
est le seul ancien représentant de sa classe ; de Silvère
à Constantin, c'est un représentant de la classe A ; à
partir de Paul c'est un des rares manuscrits du ix e siècle
dont nous puissions invoquer le témoignage. Mais je ne
me suis astreint nulle part à relever les variantes pure-
ment orthographiques.
2° Manuscrits du type E.
E 1 50. — Vaticanus 3764, fin du xi e siècle.
Parchemin, petit in-fo, 280 mm sur 180, de 358 feuillets,
plus un sans numéro, au commencement. — Il a appartenu
longtemps au monastère de La Cava, près de Salerne;
perdu pendant un certain nombre d'années, il fît retour à
l'abbaye en 1516, comme en fait foi une note i écrite au
xvi e siècle sur le f. 7'. Sur la demande de Baronius, le
cardinal de Montalto, protecteur de la congrégation béné-
dictine du Mont Cassin, le fit transporter à Rome, en 1593.
Contenu : le Liber ponti/îcalis seulement, mais pré-
cédé des pièces suivantes : — f. sans numéro, liste des
patriarches de Gonstantinople 2 ; — f . 1 , les deux lettres-
préface; — f. i'-2\ table des sépultures pontificales 3 ;
— f. 3-4', catalogue des papes, numéros, noms, années,
mois et jours, de première main jusqu'à Eugène II
(f 827), numéros et noms seulement jusqu'à Hadrien III
(884-885), de seconde main jusqu'à Pascal II (1099-
1118), pour lequel la durée du pontificat n'est pas indi-
1. Voici cette note : Iste insignis liber per multos annos deper-
ditus extra monasterium fuit; tandem rev. dnb Nicolao Antonio
Murensi episcopo procurante, sacro Cavensi coenobio restitutus
fuit tempore quo pater dnûs Chrysostomus de Neapoli eiusdem
sacri monasterii abbas existebat, regiminis vero sui anno quinto,
videlicet anno salutis 1516, die 18 novembris.
2. Cf. ci-dessus, p. cxci.
3. Cf. ci-dessus, p. clvii et cxci.
quée ; cette seconde main a suppléé les années, mois
et jours après les noms des papes, depuis Valentin (827)
jusqu'à Hadrien III ; elle n'a pas mis de numéros à sa
propre liste ; — f. 5' -6, autre catalogue avec de courtes
notices, depuis Lando (913-914) jusqu'à Grégoire VII
(f 1085) *; ce catalogue est de première main; comme
il n'a pu être écrit qu'après la mort de Grégoire VII,
il s'ensuit que le manuscrit est au plus tôt de la fin du
xi e siècle; — f. 8-358', recueil des vies, sans aucun
titre; elles vont jusqu'à celle d'Etienne V, qui se ter-
mine, au haut du f. 358, sans mutilation du manuscrit,
par les mots et mox laeta ; aucun manuscrit ne contient
cette vie prolongée au-delà de cette limite. La note du
f. 7' est reproduite au bas du f. 358', mais d'une main
différente : Sic insignis liber etc.
L'écriture de ce manuscrit a un aspect singulier, une
allure peu naturelle. Il est, je crois, l'œuvre d'un copiste
habitué à écrire en lettre lombardique, qui aura eu
quelque peine à se mettre à la lettre franque. L'incor-
rection est très grande ; une révision a été faite aussitôt
après le manuscrit copié et avant qu'il ne passât aux
mains du rubriciste ; les retouches et suppléments du
réviseur sont en lombardique, comme on peut le voir
parle fac-similé. Ces retouches paraissent avoir été faites
d'après le manuscrit original et je serais porté à croire
que le réviseur et le copiste ne forment qu'une môme
personne. En quelques rares endroits on trouve des
suppléments beaucoup moins anciens, du xv 8 ou du
xvi e siècle.
C'est sur ce manuscrit qu'a été faite l'édition de
Mayence, d'où dérivent celles du Louvre, de Bianchini
et de Muratori ; c'est aussi le fondement principal de
l'édition Vignoli, qui le cote Vat. I. Je l'ai collationné
moi-même jusqu'à Hadrien I er ; M. Giuseppe Gatti a con-
tinué ce travail depuis Léon III jusqu'à Hadrien II; je
l'ai achevé en collationnant la vie d'Etienne V.
51. — Ottobonianus 993, fin du xvi e siècle.
Papier, in-fo, de 811 feuillets, en deux volumes, fin du
xvi e siècle. — Copie du Vaticanus 3764, exécutée pour
Fr. Penia, auditeur de Rote, et collationnée par lui-même
sur l'original ; note au commencement : ... Hune librum
(le ms. de la Cava) instante D. Antonio de Aquino qui illum
1. Ce catalogue et le précédent ont été publiés par Bianchini
(t. I, p. 4) d'après V Ottobonianus 993 et par Vignoli (t. I, préface,
cat. I et II) d'après le ms. original.
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in eo monasterio invenerat, et D. Caesare Baronio petente,
D. cardinalis Montaltus, eiusdem ordinis protector, anno 1593
Romam afferri iussit. Cumque ego Franciscus Penia, Rotae
auditor, eundem librum nactus essem, eum servatis eisdem
characteribus transcribi mihi curavi et per me ipsum cum
antiquo exemplari in quo sunt fréquentes soloecismi ob impe-
ritiam fort assis scriptoris, contuli, utappaiet in hoc libro.
Bianchini donne les variantes de ce manuscrit sous
la rubrique ex codicc Peniae ; elles serrent l'original de
beaucoup plus près que ne le fait l'édition de Mayence.
Vallicellanus C. 1 b , xvi-xvii e siècle.
Papier, in-f°, copie du précédent.
Vaticanus 4170, xvn° siècle.
Papier, in-f°, 94 feuillets. — Copie du Vaticanus 3764;
il devait y avoir deux volumes; le premier seul est con-
servé; il s'arrête aux mots inecclesia Dei pullutavit, dans
la vie d'Etienne III (n° 279). D'après Alex. Rainaldi, ce
serait celte copie qui aurait servi à l'édition de Mayence *.
Barberinus XXXIV, 57, xvn e siècle.
Papier, in-f , 527 pages. — Copie du Vaticanus 3764 ;
il est mutilé au commencement; les premiers mots sont,
dans la notice de Pontien : sedit annos V m. Il d. 11. —
Ancienne cote, 2520.
A ces copies il faut joindre un fragment conservé à
l'Ambrosienne de Milan sous la cote D 95 ; il va seule-
ment jusqu'à Anicetus nalione Grecus et ne contient
que deux feuillets, auxquels est annexée cette note :
« le prime due carte deir Anastasio copiate in Roma per
il Velsero. » Ce renseignement contredit le témoignage
d'Alex. Rainaldi ci-dessus indiqué.
Enfin une dernière copie fut exécutée pour le cardinal
Frédéric Borromée (1595-1632) et mise à la disposition
de Muratori, qui la cote D; je ne sais ce qu'elle est de-
venue.
E 2 52. — Parisinus 5143, xiv° siècle.
Parchemin bicolore, in-f°, 362 mja sur 250, 120 feuillets à
deux colonnes; autrefois Colb. 2885, puis Reg. 3900».
Contenu : le Liber pontificalis seulement; le manus-
crit étant mutilé au commencement, les premiers mots
sont Lygurie mulieres filios suos comedissent, dans la
notice de Silvère, p. 291, 1. 15. Après la notice d'Ha-
1. Martinelli, Roma ex ethnica sacra, Rome, 1653, p. 410.
drien II viennent deux textes canoniques, puis le cata-
logue suivant :
Iobannes ann. X d. II.
Marinus an. I m. MI.
Adrianus an. I m. II II.
Stephanus an. VI d. VIIII.
Formosus an. V m. VI.
Bonifacius d. XXV.
Stephanus an. I m. III. primus f.
Romanus m. III d. XXIII.
Theodorus d. XX.
Iobannes an. II d. XV.
Benedictus an. M m. H d. XV.
Léo d. XL. primus f.
Christiforus m. VII.
Sergius an. VII m. III d. XVI.
Anastasius au. II m. II.
Puis vient la vie d'Etienne V, qui se termine au haut
du f. 120'ô, sans mutilation du manuscrit, parles mots
pro peregrina mer cède in ecclesia (n° 650).
53. — Mutinensis capituli (scaffale VII G,ordine I, n° E 3
12), vm e siècle '.
Parchemin in-4°, de 106 feuillets, sans numérotation ;
deux feuillets ont été arrachés au commencement, d'autres
à la fin ; un ou deux ont disparu après le f. 101 ; écriture
onciale.
Ce manuscrit contient une collection canonique ;
d'abord les canons apostoliques, dont la préface se ter-
mine sur le f. 1 actuel : sunt aedita suis a nobus (sic)
numeris ceniuntur, etc. Après les canons apostoliques,
f. 15 : Expliciunt canones apostolorum. Incipiunt
statuta sanctorum presulum sancte Romane ecclesie
qui post beato Petro in sede apostolica presederunt.
II. Beatus Linus constituit ex praeceptum beati Pétri ut
millier in ecclesiae velato capite introire. — lU.Beatus Cletus
ex praecepto beati Pétri XXV presbiteros ordinavit in urbe
Roma — Ull.Beatus Clemens constituit canones apostolorum
in quinquaginlacapitulos, uam antea in LX capitulos fue-
runt, et multos libros christiane religion is adscripsit, et
fecit duas epistulas quae catholice nominantur. — V. Beatus
Anacletus. — VI. Beatus Evaristus constituit ut septem dia-
coni custodirent episcopum praedicantem, propter stilum
veritatis. — VII. Beatus Alexander constituit aquam spar-
sioniscum sale benedici in abitaculis hominum et passione
Domini miscuit in praedicatione sacerdotum quando missas
1. Maassen, Quellen, t. I, p. 796; Zaccaria, Dissert., t. II, diss. 4;
Biblioteca antica e tnodema di storia liUeraria, Pesaro, 1768, t. II,
p. 377.
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caelebrantur. — VIII. Beatus Syxtus constitua utministeria
sacrata non tangerentur nisi a ministris et quicumque
episcoporum evocitus fuisset ad sedem apostolica et rediens
ad parrociam suant, non susciperetur, nisi cura litteris
patriarchae salutationis plebi, quod est formata. — VIIU.
Beatus Telesphorus constituât ut septem eobdomadas ante
pascha ieiunium celebraretur, et tantum natalem Domini
noctum missas caelcbrarentur : nara omni tempore ante
orae tertiae cursum nullus praesumeret missas caelebrare,
qua ora Dominus noster ascendit crucem ; et ante sacrifl-
cium ymnus diceretur angelicus, hoc est Gloria in exeel-
sis Deo. — X. Beatus Yginus cumposuit clero et dislribuit
grados. — XI. Beatus Anicitus constituit ut clerus comam
non nutriret secundum praeceptum apostolorum. — Duo-
decimus beatus Pius. Sub buius episcopatum Hermès librum
scripsit in quo mandatum continet quod i ei praecepit an-
gélus Domini cum venit ad eum in habitu pastoris; et
praecepit ei ut sanctum Pascha die dominico caelebrare-
tur. Hic constituit ut iudaeo haereticum venientem suscipi
et baptizari, et constitutum de ecclesiam fecit. — XIII.
Beatus Soter constituit ut nullus monachus pallea sacrata
contingeret nec incensum poneret in sanctam ecclesiam.
XIIII. Beatus Heieoter. Hic accepit epistula a Lucio Britto-
nio rege ut christianus effici mereretur pereius mandatum
et hoc iterum firinavit ut nulla esca usuales a Christiania
repudiaretur, maximae fidelibus quod Deus creavit, quae
tamen rationales et humaua est. — XV. Beatus Victor cons-
tituit ut sanctum Pascha die dominico caelebraretur, sicut
Heieoter. Hic fecit sequaentes cleroset constituit ut neces-
sitate faciente ubiubi inventum fuisset, sive in Ûumine,
sive in mari, sive in pontibus, tantum christianum con-
fessione credulitatis clarificatum, quicumquae hominum ex
gentile venieus ut baptizaretur. — XVI. Beatus Zepyrinus
constituit ut praesentia omnibus clericis etlaicis fidelibus,
sive clericus, sive levita, sive sacerdos hordinaretur. Et fe-
cit constitutum de ecclesia et patenas vilreas ante sacer-
dotes in ecclesia et ministros supportantes, donec episco-
pus missas caelebraret ante sacerdotes astantes ; sic mis-
sas caelebrarentur, excepto quod ius episcopi interest tan-
tum clero sustineret, omnibus praesentes ex ea consecra-
tione de manu episcopi iam coronam consecratam accipe-
ret presbiter tradendam populo. — XVII. Beatus Calistus
constituit ieiunium die sabbati ter in anno fieri, frumenti,
vini et olei, secundum profetiam quarti, septimi, decimi.
— XVIII. Beatus Urbanus. Hic fecit ministeria sacrata om-
nia argentea et patenas argenteas XXV posuit. — XVIIll.
Beatus Anteros. Hic gesta martyrum diligenter a notariis
exquisivit et in ecclesias recondidit. — XX. Beatus Pontia-
nus, — XXI. Beatus Favianus. Hic regiones dividit diaconi-
bus et fecit VII subdiaconos qui septem notariis inmine-
rent. — XXII. Beatus Cornélius. Hic temporibus suis, ro-
gatus a quadam matrona Lucina, corpora apostolorum
i. Le copiste parait avoir voulu écrire d'abord qui. — paraece-
pit eod.
beati Pétri et Pauli de catacumbas levavit noctu. — XXIII.
Beatus Lucius praecepit duo presbiteri et très diaconi in
omni loco episcopo non desererent, propter testimonium
ecclesiasticum. — XXIII I. Beatus Stephanus constituit ut sa-
cerdotes et levitas vestes sacratas in uso cottidiano non
uti, nisi in ecclesia tantum. — XXV. Beatus Syxtus II. —
XXVI. Beatus Dionisius. Hic presbiteris ecclesias dividit
et cymiteria et parrocias diocèses constituit. — XXVH.
Beatus Félix constituit ut supra sepulcra martyrum missas
caelebrarentur. — XXVIII. Beatus Eutycianus constituit ut
fruges ad altare non ofFeratur, praeterquam i in concilio
apostolorum constitutum est ; et quicumquae de fldelium
martyrem sepeliret, sine dalmatica aut colovio purpurato
nulla ratione sepeliret, quod tamen ad notitia sibi devul-
garetur. — XXVIIII. Beatus Gaius constituit ut ordinatio-
nes sic ascenderent : si quis episcopus mereretur, ut essent
ostiarius, lector, exorcista, sequens, subdiaconus, diaco-
nus, presbiter, et exinde episcopus ordinaretur. Hic regio-
nes dividit diaconibus. — XXX. Beatus Marcellinus, qui* et
ipse fecit concilium... subscribens. Sed pos paucos dies pe-
nitentia ductus ab ipso Dioclitiano martyr factus est. —
XXXI. Beatus Marcellus constituit XXV titulos in urbe Roma,
quasi diuceses, propter baptismum et poenitentia multo-
rum qui convertebantur ex paganis et propter sepulturas
martyrum. — XXXII 8 . Beatus Eusebius. Sub huius tempori-
bus inventa est crux domini nostri lesu Christi, V non.
mai. et baptizatus est ludas, qui et Cyriacus. Hic hereti-
cos in urbe Roma invenit, quos vero ad manum imposi-
tionis reconciliavit. — XXXIII. Beatus Myltiades constituit
ut nulla ratione die dominico aut quinta feria ieiunium
quis fldelium ageret, quia hos dies pagani quasi sacrum
ieiunium caelebrant. Et Manichei inventi sunt in Urbe ; et
ab eodem die fecit oblationes consecratas per ecclesias ex
consecrato episcopi dirigerentur, quod declaratur fermen-
tum. — XXXUII. Beatus Silvester fecit constitutum de omni
ecclesia. Etiam huius temporibus factum est concilium cum
eius consensum in Nycea Bythinie, et congregati sunt sa-
cerdotes CCCX et VIII, episcopi catholici, et quorum cyro-
grafum cucurrit, alii invicelles CCVHl, qui exposuerunt ti-
dem integram, sanctam, catholicam, inmaculatam, et
damnaverunt Arrium, Fotinum etSabellium, vel sequaces
eorum. Et in urbe Roma congregavit ipse cum consilio
Constantini Augusti episcopos CCLXXXIIH 4 ... et damnavit
iterum et Calistum ; et constituit ut presbiterum arrianum
resipiscentem non susciperet, nisi episcopus loci designa-
ti. Et praecepit crysmaab episcopo confîci et privilegium
episcopis dédit ut baptizatum consignent, propter heretica
suasione. Hic et hoc constituit ut baptizatum lenet près*
1. Praeterquam-est] Ces mots, étrangers au L. P., visent le 3«
canon apostolique. Cf. la note 1 à Eutychien, p. 159.
2. Emprunt au faux concile de Sinuesse ; cf. ci-dessus, p. lxxit,
cxxxiii et suiv. Depuis Sed pos paucos, l'abréviateur revient au
L. P.
S. xxxiii cod.
4. Ici un emprunt au Constitutum Silveibi, c. 1.
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biter crysma levatum de aqua propter hoccasione transi-
tus mortis. Hic constituit ut nullus laicus crimen* clerico
inferre audeat, et ut diaconi dalmaticas in ecclesia ute-
rentur et pallea linostima leva eorum tegerentur ; et 2 ut
testimonium clerici adversura laicum nemo recipiat. Nemo
enim clericum quem libet in publico examine, nec ante
iudice cintum causam dicat, nisi in ecclesia tantum. Ne-
rao3 clericus vel diaconus autpresbiter propter- 4 causa qua-
livet intret in curia, quoniam omnescuria... ex uno voto
perenni, provatus ex omni parte, etiam et foris qui sunt,
testimonium habere bonum, unius uxoris virum, uxorem
a sacerdote benedicta, nullum maiorem vel prions locum
invadere, nisi ordinem temporum cum pudore cognoscere,
omnium clericorum votiva gratia, nullum omnino cleri-
cum vel fidèle contradicentem 5... —XXXV. Beatus Marcus
constituit ut episcopus Ostiensis qui consacrât episcopos
Urbis palleum uteretur, et ab eodem episcopus urbis Ro-
mae consacraretur ; et constitutum de omni ecclesiasticam
hordinem fecit. — XXXVI. Beatus Iulius constituit ut nul-
lus clericus causam quamlibet in publico ageret, nisi in
ecclesia, et notitia quae omnibus pro fide ecclesiastica est
per notarios colligeretur ; et omnia monumenta in eccle-
siam per primiccrium notariorum confecta celebrarentur,
sive cautiones, vel extrumenta aut donationes vel cummu-
tationes vel traditiones aut testamenta vel allegationes
aut manumissiones, clerici in ecclesiam per scrinium
sancte sedis celebraretur. — XXXVII. Beatus Silve-
rius* ... — XXXVIII. Beatus Félix U. — XXXVIIII.
Beatus Damassus. Hic multa corpora sanctorum martyrum
requisivit, quorum etiam concilia versibus decoravit.
Et constitutum fecit de ecclesia. Hic accusatus invidiose
incriminatur de adulterio et facta synodo purgatus est a
XLIIII episcopis, qui etiam damnaverunt Concordium
et Calistum, diacones accusatores, et proiecerunt eos de
ecclesia. Hic constituit ut psalmos diu noctuque canerent
per omnes ecclesias ; qui hoc praecepit episcopis, presbi-
teris et monasteriis. — Sciendum est quia primus 7 sanctus
Glemens fecit septem regiones in urbe Roma et dividit no-
tariis fidelibus ecclesiae, qui gestas martyrum curiose
unusquisque per regionem suam diligenter perquirerent.
Item de constituto pape Victoris. Hic fecit constitutum ad
interrogationem sacerdotum de circulo Paschae, cum pres-
biteris et episcopis facta collatione, et acirsito Theofilo
episcopo Alexandriae, constituerunt ut quartadecima Iuna
1. criment cod.
2. et ut-examine, extrait du Constitutum Silv. t c. 14, 15.
3. Nemo — in curia] Emprunt direct au Constitutum, c. 16, du-
quel le L. P. dépend aussi, à cet endroit. Suit (quoniam — perenni)
la fin du c. 16, les c. 18, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11 du Constitutum.
4. proter cod.
5. Ici les canons 12, 13, 17, 19, 20, du Constitutum, puis un ex-
trait de la Vita b. Silvestri, relativement au jeûne du samedi et à
la célébration du jeudi. Cf. ci-dessus, p. cxi.
6. Ici un extrait des Gesta Liberii. Cf. ci-dessus, p. cxxii.
7. primis cod.
primi mensis usque ad XXI.die dominica, custodiant sanc-
tum Pascba. Item sanctus Silvester constituit ut sacrificiura
altaris non in siricam, neque in pannum tinctum celebra-
retur, nisi tantum in lineum terrenum, procreatum, sicut
corpus domini nostri Iesu Christi in sindone linea munda
sepultum est, sic missas celebrarentur. Explicit constitu-
tiones breviatae.
Viennent ensuite : la décrétale de Sirice à Himerius
de Tarragone, la lettre d'AnastaselI à l'empereur Anas-
tase, puis des extraits de celles des lettres d'Innocent I er
qui figurent dans la collection de Denys le Petit *. Les
emprunts au Liber pontificalis recommencent avec le
pape Zosime :
XLUI. Zosimus papa constituit ut diacones leva tecta ha-
berent de palleis linostimis et per parrocias concessa li-
centiacereos benedici. Et iussitut nullus clericus in poculo
publicaepropinaretur, nisi tantum cellae fidelium, maximae
clericorum. — XLIIII. Bonifatius papa constituit ut nulla
mulier vel monachus pallea sacrata contingeret aut lava-
ret, autincensum poneretin aecclesiam, nisi minister ; nec
servum clericum fieri nec obnoxium curiae vel cuiuslivet
rei 2 ...— XLV. Celestinus papa constituit ut CL psalmi Da-
vid ante sacrificium psallerentur antephanati, quod ante
non ûebat, nisi tantum recitavatur epistula Pauli apos-
toli et sanctum evangelium, et sic missas fiebant 3 ... —
XLW.SyxtusM*... — XLVII. Beatus Léo. Hic ordinavit
precepta sua auctoritate et misit ad Marcianum Augustum,
fidelem principem, catbolicum, et facta collatione cum
eodem principem, collecti sunt episcopi et factum est con-
cilium sanctum episcoporum inChalcedona, in martyrium
sancte Eufymiae ; et congregati sunt CCLVI sacerdotes et
aliorum quorum cyrografus cucurrit CCCCVI episcoporum,
qui congregati una cum tomum, hoc est fidem apostolicae
ecclesiae Romae, cum cyrografo sancti pape Leonis, sed
et catholici principi Marciani, presentia Augusti, congre-
galum concilium numéro mille duoeentorum episcoporum
una cum Augusto Marciano, qui exposuerunt fidem catho-
licam et apostolicam, duas naturas in uno Christo, Deum
et bominem. In quo loco piissimus Augustus Martianus
una cum uxore sua Augusta Pulcheria, deposita regia
maiestate, fidem suam exposuerunt ante conspectu sancto-
rum episcoporum, ubi et damnaverunt Eutychium et Nes-
torium. Et iterum fidem suam imperator Martianus Au-
gustus cum coniuge sua Pulcheria Augusta cyrografo
1. Maassen, l. c. U est clair que le compilateur a confondu
Ânastase II avec Anastase I er . De celui-ci il ne trouvait aucune
lettre dans le recueil de Denys.
2. Ici, deux lignes effacées.
3. Ici, extraits des lettres de Célestin, d'après Denys.
4. Ici, extraits des Gesta de Xysti purgatione ; cf. ci-dessus, p.
cxxvi.
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proprio exponentes, postulaverunt sanctum concilium ut
dirigèrent ad beatissimo papa Lconem, damnantes omnes
berese. Iterum multas epistulas fidei misit beatissimus
Léo papa, que odie recondite archivo tenentur. Hic firma-
vit fréquenter suis epistulis synodum Calchedonensi : ad
Martianum Àugustum epistulas duodecim, ad Leonem Au-
gustum epistulas tredecem, ad Flavianum episcopum epis-
tulas nove, episcopis per Orientem epistulas decem etocto,
quas fide confirmavit synodi.
Vient ensuite la décrétale de saint Léon aux évoques
de Sicile (Jaffé, 415), qui ne se trouve pas dans la col-
lection de Denys, puis un fragment de la lettre de saint
Grégoire à Augustin de Cantorbéry * (Jaffé, 1843). Le
manuscrit, mutilé à la fin, s'interrompt dans cette der-
nière pièce.
M. Pietro Bortolotti, de Modène, a bien voulu exécu-
ter pour moi une description très soignée de ce manus-
crit, avec une copie de tous les passages qui pouvaient
avoir quelque intérêt pour mes études sur le Liber
pontificalis. C'est d'après cette copie que je donne les
extraits ci-dessus.
E 4 M. — Eslensis VI F 5, fin du xi e siècle.
Parchemin, in-f<>, sans pagination. Provient de l'abbaye
de Pomposa, dans les lagunes du Ferrarais.
Contenu : f. 1-3', chronique de Réginon de Prum ; —
f. 13'-67', le Liber Pontificalis (ce titre a été ajouté par
une main moderne), les deux lettres-préface et les notices
jusqu'à celle d'Hadrien I er , qui s'interrompt aux mots
deambulatorium, scilicet cum cancellis aereis (n° 329);
— f. 67'-69, suit, sans aucune mutilation, un cata-
logue 2 avec quelques détails jusqu'à Grégoire VII et
à l'année 1082 : Gregorius nat. sed. an-
nos VIIH 3 . Hic fuit electus ann. XV III Heinrici ter-
cii, indic.X, ann.Domini MLXXIL Le catalogue a été
continué plus tard avec les années, mais sans notices,
jusqu'à Alexandre III (f 1181), puis jusqu'à Nicolas III
(f 1280) et Honorius IV (f 1287), sans années, enfin
t. L'authenticité de cette lettre a été contestée, non sans raisons;
mais comme elle était déjà entre les mains de Bédé et de saint
Boniface, on ne peut douter qu'elle ne remonte au moins à la fin
du vn e siècle.
2. Ce catalogue sera publié dans le tome II de cet ouvrage.
3. Grégoire a été ordonné le 30 juin 1073 ; sa neuvième année se
termine donc le 29 juin 1082.
jusqu'à Paul II (-f- 1471) ; le dernier continuateur a sup-
pléé les années dans la partie précédente. Sur cette
môme page (f. 69') on a copié au xiv e siècle une inscrip-
tion de l'abbaye de Pomposa 1 ; — f. 70etsuiv., catalogue
de la bibliothèque de cette abbaye, écrit en 1093 par
un Beinricus clericus 2 .
Notre manuscrit figure dans ce catalogue sous le titre:
Chronica quam Regino Prunievsis (sic) abbas composuit.
Liber pontificum Romanorum.
55. — Famcsianus (perdu), vm-ix e siècle. E
Parchemin, in-fo à deux colonnes de 28 lignes ; belle
écriture onciale. — Le premier qui ait signalé ce manus-
crit est Lucas Holsten, qui le vit à Rome, au palais Farnèse,
et en fit une collation sur les marges d'un exemplaire de
l'édition de Mayence actuellement conservé à la Vaticane
{Reg. 2081). On voit, par une des notes de cet exemplaire,
que le manuscrit était mutilé au commencement, que la vie
de Zacharie n'y figurait pas et qu'il se terminait dans la vie
d'Hadrien I er : cette note fut publiée par Schelstrate, en
1692, dans son Antiquitas ecclesiae illustrata, 1. 1, p. 366
(cf. Bianchini t. I, préf. c. 2 ; t. II, p. xli). Schelstrate ne
paraît pas l'avoir vu lui-même. Au commencement du
xviii siècle il fut transporté à Colorno, près de Parme,
avec d'autres manuscrits du palais Farnèse. Fr. Bianchini,
qui l'avait fait chercher à diverses reprises, tant à Rome
qu'à Parme, finit par constater, en 1719, un an après la
publication de son tome l", qu'il se trouvait à Colorno. Il
1. Cette inscription a été publiée par Placide Federici, Rerum Pom-
posianarum historia, t. I, Rome, 1781, p. 79 d'après le marbre origi-
nal; les derniers vers avaient dû être suppléés, car le marbre était
brisé à la fin. Morbio, Storia dei municipii itat., 1. 1, Milan, 1836,
p. 22, reproduit le texte de Federici avec ses suppléments. Voici
celui du manuscrit ; j'indique la division des lignes, d'après Fe-
deriei :
Scriptura tabule marmoree domus maioris talis est :
Exitnio semper domus hec plena refcplendet honore
temporibus dompni patris co [nstructa Iohannis Vidorensis
anno mil\leno centeno décade lustro
imperium ti\bi Corrade Christus dédit almum,
Eugenium Pe]tri sublimât sede beata,
hanc tibi, Vir[qo, donum construxit nobilis abbas
nobilis\ et clarus Christi de crismate gaudens
gu\em sequitur Petrus Pétri de sorte sacer\dos
censibus et rébus iuvit dum conderet] illam
milleno verbum factum de virgine\ matre
anno cum fuerat centeno car^nine caro
dictarat Vivianus iunctis\ décade lustris.
Gaudia continuis vestrfis deposcite votis
ianua divini nobis\ pandatur Olimpi
Gervasium\ precibus sedibus stet hères.
Federici omet, au vers 1, le mot plena qui, en effet, détruit la
mesure; v. 4 alimum cod. — La date indiquée est celle de l'année
1150.
2. Publié par Morbio, op. cit., p. 29.
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en fit exécuter aussitôt uu fac-similé, destiné à paraître
dans son tome II ; un peu plus tard, en 1720 ou 1721, un
voyage entrepris dans le nord de l'Italie par ordre du
pape Clément XI lui fournit l'occasion de visiter Parme et
d'étudier le manuscrit au château de Colorno ; il en prit
alors une collation et un second fac-similé, qui parut avec
l'autre dans la préface de son second volume (p. xxni f
lvii-lix). L'année suivante, en 1724, parut le tome I ep de
l'édition de Vignoli, édition rivale où l'on chercherait vai-
nement une mention des travaux de Bianchini ; le codex
Farnesianus est mentionné dans la préface, d'après les
notes d'Holsten, qui, conservées à la Vaticane, échap-
paient par là même aux investigations de Bianchini ;
les limites du manuscrit s'y trouvent exactement indiquées:
il commençait, dans la notice de Silvère, aux mots intra
civitatem et custodivit eam (p. 291, 1. S) et se terminait dans
celle d'Hadrien I", par les mots absolvi fecit (n° 292); la no-
tice de Zacharie y manquait toute entière ;sauf la fin depuis
les mots itaque temporibus in magna securitate (p. 435 1. 17).
On connaît la leçon par la collation de Holsten que
Vignoli a publiée, et par celle de Bianchini. La première
ne contient qu'un fort petit nombre de variantes ; Holsten
ne s'est guère attaché qu'aux chiffres et à l'orthographe
de certains noms propres ou extraordinaires ; Bianchini a
procédé d'abord avec plus de soin ; mais quand il est arrivé
aux longues notices de la fin du vn e siècle, il a évidem-
ment perdu patience et n'a plus relevé que quelques va-
riantes çà et là. Elles ont été insérées dans son édition
annotée, t. III et IV ; comme celle-ci s'arrête à Paul l or ,
nous n'avons pas sa collation de la vie d'Etienne III et
du commencement de celle d'Hadrien. Les deux collations
sont indépendantes l'une de l'autre ; les tomes III et IV
de Bianchini ont paru, il est vrai, après le t. I de Vignoli
qui contient les variantes d'Holsten jusqu'à Sisinnius (708) ;
mais Bianchini en avait bien d'autres à sa disposition ; il
ne s'est pas servi de Vignoli. D'un autre côté, quand le
tome II de Vignoli parut (1752), il y avait longtemps que
les premières feuilles (Constantin — Hadrien I er ) étaient
ou déjà imprimées, ou toutes préparées pour l'impression ;
Ugolini, le neveu de Vignoli, qui continua son édition,
ne chercha pas à y introduire les variantes de Bianchini,
d'ailleurs assez peu nombreuses, de Constantin à Paul. De
plus, il s'imagina qu'un autre manuscrit Farnèse, dont
certaines variantes avaient été également relevées par
Holsten et qui allait jusqu'à Martin V, était identique au
fragment enonciale,collationné par Bianchini à Parme ; il
en donne des variantes, dans le troisième volume, à partir
d'Eugène II ; mais il est évident qu'il se trompe et que
ces variantes proviennent d'un manuscrit tout différent.
Schelstrate {l. c.) avait déjà fait cette confusion.
Autant qu'on peut en juger par le peu de leçons que
nous fournissent Bianchini et Vignoli, le Farnesianus
appartient à la classe E. Je reproduis tout ce qu'on sait
de sa leçon, dans les moindres détails.
56. — Laurentianus LXVI 35, xv e siècle. E«
Papier, in-fa, 173 feuillets.
Il ne contient que les notices, sous la rubrique Incipit
chronica pontificum, jusqu'à la vie d'Etienne V, où il
se termine aux mots crucem auream super altare
(n° 648), sept feuillets avant la fin du volume.
#7. — Parisinus 9768, Vaticanvs Reginae 1964,
x-xi e siècle.
Cette double cote désigne deux parties d'un même ma-
nuscrit, de parchemin, in-4°, 265 mm sur 210, 93 feuillets.
— Il provient de Saint-Magloire de Paris : f. 93, on lit, en
écriture du xv° siècle : Frère Pierre le Riche, Sainct-Ma-
gloire. Après avoir appartenu à P. Petau, dont le nom est
écrit au bas du f. 1, il passa dans la bibliothèque de la
reine Christine (345, Montfaucon) ; au temps de Vignoii il
y était coté 575. — Ce volume étant rentré momentané-
ment à Paris à la fin du siècle dernier, les 46 premiers
feuillets y sont restés. A la seconde partie, rendue au Va-
tican, sont joints, sous la même reliure, divers cahiers de
papier, écrits au xv e siècle.
Contenu : f. 1, les quatre livres deNithard ; — f. 18',
Annales de Flodoard (877-967) ; — f. 47, Marci ana-
choretae Historia Britonum (Pseudo-Nennius) * ; —
f. 58, Généalogie de Charlemagne ; — f. 58', les quatre
vies d'Etienne II, Paul I er , Etienne III, Hadrien, tirées
du Liber pontificalis ; — f. 93', d'une autre main, vers
sur saint Germain d'Auxerre (ActaSS. «//.,t. VII, p. 234).
Les cahiers de papier relié? avec ce manuscrit con-
tiennent un fragment historique en français, sur Louis
VIII et Jean- Sans-Terre, la Chronique de Richard II
d'Angleterre, puis divers documents sur le grand
schisme, enfin les révélations du frère Jean de Roque-
taillade (1345).
58. — Vaticanus 3761, x-xi e siècle. G
Parchemin, in-4», de 91 feuillets, à deux colonnes. —
H a appartenu au pape Nicolas IV (1288-1292), dont le
nom, Nicolaus I1II, se lit sur le feuillet de garde de la fin.
Anciennes cotes : 8 et q. 12.
Contenu : le Liber pontificalis seulement, mutilé au
commencement et à la fin. Les premiers mots appar-
1. Sur la forme spéciale sous laquelle cette compilation se pré-
sente ici, v. Arthur de la Borderie, VHistoria Britonum attribuée à
Nennius, Paris, 1883, p. 6 et suiv. Le texte de notre ms. a été publié
par Gunn, The Historia Britohum commonly attributed to Nennius,
Londres, 1819.
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tiennent à la vie de Damase : territorio Ferentino...
(p. 212, 1. 18), les derniers à celle d'Hadrien... fecit
in eadem basilica beati Pauli apostoli cortinam (p.
499,1. 23).
Collationné.
fragments
du Vatican
I
69 — | Vaticanus 296
J Vaticanus 766 \ x-xi e siècle.
( Palatinus 1811 )
Ces trois manuscrits contiennent des feuillets de
garde détachés d'un môme liber pontificalis. En voici
le détail :
1° La vie de Constantin, presque tout entière, depuis
-citas insulae Siciliae cum classe navium (p. 389, 1. 8)
jusqu'à la fin ;
2° Les premières lignes de la vie de Grégoire II, jus-
qu'à atque a Iustiniano principe (p. 396, 1. 9) ;
3° La fin de la vie d'Hadrien I er , depuis per al-
veum per civitatem (n° 356) ;
4° Presque toute la vie de Léon III ; d'abord le
commencement jusqu'à basilicam sancte Mennae at —
(n° 361), ensuite (n 0> 377-382) haec praelati iniqai —
Dominicae passionis legentem ; puis la fin, depuis
Christi et sancti Simeonis (n° 391).
5° Les premières lignes de la vie d'Etienne IV, jus-
qu'à Léo papa successit.
Les fragments des vies de Constantin et de Grégoire II
se trouvent dans le Vaticanus 296 (un seul feuillet) ;
la fin de la vie d'Hadrien et les fragments de celle de
Léon III jusqu'à mir\ae magnitudinis décor atum (n°
395) dans le Vaticanus 766 (quatre feuillets) ; le reste
forme un cahier entier, de huit feuillets, dans le Pala-
tinus 1811. Le Vat. 766 et le Palatinus ont été connus
de Vignoli(/X et XI). Ces fragments ont une certaine
importance, à cause de la rareté des manuscrits prolon-
gés au delà d'Hadrien I or . Le manuscrit paraît avoir
appartenu à une église ou couvent sous le vocable de
saint Laurent ; car chaque fois que ce nom se rencon-
tre dans le texte, il est en majuscule.
Collationné.
Comparai- 60. — Il n'est pas facile d'établir une classification
son des mss. .
du type e. entre les manuscrits E, G, Y. Plusieurs sont mutilés au
commencement ou à la fin ; l'un d'eux, le Farnesianus,
ne nous est que très imparfaitement connu ; un autre,
celui du chapitre de Modène, n'est qu'un abrégé. Deux
Liber pontificalis.
CCI
seulement, le Vaticanus 3764 et le Laurentianus com-
prennent le Liber pontificalis d'une façon complète et
continue.
Dans l'ensemble du groupe, il y a lieu de rapprocher
YEstensis du Vaticanus 3761. Ces deux manuscrits,
qui se ressemblent beaucoup pour les parties commu-
nes, ne sont conformes aux autres que jusqu'à Sergius.
Pour les notices du huitième siècle, ils appartiennent * à
la classe C. VEstensis est d'ailleurs plein de retouches
qui lui sont propres 2 .
Parmi les autres, si l'on fait abstraction des deux très
anciens manuscrits E 3 et E 5 , le plus important est le
Vaticanus 3764 (E 1 ). Le manuscrit de Paris lui res-
semble beaucoup, bien qu'il n'en dérive pas et n'en
présente pas certaines interpolations sur lesquelles je
reviendrai tout à l'heure. En dehors du texte propre-
ment dit, ils ont en commun une particularité caracté-
ristique, une série de computs échelonnés d'un bout à
l'autre du Liber pontificalis. On les trouve à la fin des
notices de Xystus III, de Pelage II, d'Adéodat, de Za-
charie et en marge de celle d'Etienne V.
A morte Silvestri usque ad hune primum Leonem sunt
anni XCVIIII m. V d. XXVI.
A morte sancti Silvestri usque ad hune primum Grego-
rium fuerunt anni CCXLVI.
A tempore ordinationis sancti Gregorii papae usque
hune sunt anni XGV m. V dies XIIII.
1. Cependant, pour la vie d'Hadrien, il y a de nouveau la plus
grande conformité entre E et G.
2. L'abrégé K a été fait sur un texte où la première édition, arrê-
tée à Félix IV, était suivie d'une continuation jusqu'à Etienne II.
Malgré les nombreuses suppressions opérées par l'abréviateur, on
peut encore, au moins en ce qui regarde l'espace compris entre
Boniface II et Conon (530-687) discerner à quel type se rattachait
son texte. Ce type est très voisin de celui que nous présente, avec
certains remaniements propres, le Vaticanus 3761. Comme je n'ai
pas introduit dans mon appareil toutes les variantes qui peuvent
servir à constater cette ressemblance, je crois utile d'en signaler
ici quelques-unes : Sabinibk: sedit... d. XVIII K ; d. XVIIII G, au
lieu de d. VIII. — Bohipace III : pontifice moriente K ; vivo vel mo-
riente G, au lieu de vivente. — Théo dohe: decivitate Melitum KG, au
lieu de de civitate Hierusolima. — Vitalikn : aliquando numquam fue-
runt KG, au lieu de a seculo (p. 344, 1. 4) — Agathon : non furiose
K ; non pessime vel furiose G, au lieu de non per pisma aut furore
(p. 351, 1. 3) ; — ordinatione pontificum KG, au lieu de ordinatione
pontifiais facienda (p. 354, 1. 17). — Bbnoit II : eorum capillos, au
lieu de eosdetn capiltos (p. 363, l. 16) ; omnino au lieu de omni modo
(ibid., 1. 17). — Jbah V : missus est... in regia urbe [cum aliis sa-
cerdotibus] pro causa fidei, [repraesentantes locum apostolicae sedis
in sanctam sextam synodum que in urbe regia celebrata est] pro qua
magnum gaudium ecclesiae detulit G ; sauf les mots entre crocheta,
c'est le texte K; la rédaction primitive (p. 366, 1. 5-7) est ici très
différente ; un peu plus bas, dans la même notice, KG s'accordent
à omettre les mots sicuti prodecessor eius Léo papa (1. 11), defuncto
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A tempore Doni pape usque ad hoc tempus sunt anni
LXXIII1 m. III dies quatuor.
A morte sancti Gregorii primi usque ad hune Stepha-
num sunt anni CCLXIII m. V d. V.
On ne peut constater l'existence du premier de ces
computs dans le manuscrit de Paris, qui est mutilé au
commencement ; quant aux deux derniers, ils lui sont
propres et ne se rencontrent pas dans le Vaticanus.
Le Laurentianus se classe très près des deux précé-
dents, mais il contient un texte fort retouché.
Ces trois manuscrits sont les seuls qui contiennent
une notice d'Etienne V. Dans tous les trois elle est in-
terrompue, mais à des endroits différents . Le Lauren-
tianus s'arrête le premier, puis le Parisinus» enfin
le Vaticanus, tous trois au milieu d'une phrase et
sans que l'interruption du texte soit causée par une
mutilation du manuscrit.
C'est au type de texte représenté plus ou moins impar-
faitement par ces trois manuscrits que se rattache le
Farnesianus. On en peut dire autant du manuscrit de
Nithard ! et des fragments du Vatican, bien que la com-
paraison ne soit possible que sur une étendue assez
restreinte.
J'ai cru devoir donner toutes les variantes du Farne-
sianus, telles qu'on peut les connaître par Bianchini et
par Vignoli 2 . Pour l'abrégé de Modène, comme je publie
pâtre (1. 12), Domino auxiliante, nec dicenda (1. 13), atque restaurata
(1. 14); ils portent pius au lieu de clementissimus (1. 13).
t. Dans celui-ci, qui est un recueil d'ouvrages relatifs à l'his-
toire des princes carolingiens, on a omis à dessein les vies des
anciens papes, jusqu'à Zacharie, comme n'ayant pas rapport au
sujet. Si l'auteur du recueil avait eu à sa disposition une vie de
Léon III, il ne l'eût probablement pas écartée.
2. J'avais cru pouvoir m'en rapporter, pour la collation de Hols-
ten, à l'appareil de Vignoli ; mais j'ai reconnu plus tard et alors que
les vies des papes jusqu'à Paul étaient déjà imprimées, que Vignoli
avait négligé un certain nombre de variantes dignes d'être rele-
vées. Les voici, d'après le Vaticanus Reginae 2081. — P. 298, 1. 4,
tantum tota au lieu de tamen tota (Bianch.) ; 1. 12, GottM, ortho-
graphe constante de ce mot ; — p. 299, 1. 9, maiestati ; — p. 305,
I. 2, amulae; — p. 306, 1. 2, tempus;— p. 319, 1. 4, <domncT> ; —
p. 323, 1. 5, LXXll; 1. 6, tabulam; 1. 7, <ipsam> ecclesiam; 1. 11,
argento <jpuro> ; 1. 12, musivo; — p. 324, 1. 2, sanctorum; 1. 8, ubi
<ef> ; _ p. 328, 1. 1 2, in om. ; — p. 331, in] cum; 1. 7, quia sibi] quasi;
p. 332, 1. 8, qui cogn.; — p. 346, 1. 10, aéra quae... navigata fue-
runt; 1. 13, monasterium ; — p. 348, 1. 5, Boeziana; — p. 350, 1.
II, desusceptum ; p. 351, 1. 11, eo et; 1. 13, omnisque syncletus ;
p. 353, 1. 14, XX; — p. 359, 1. 14, hereseon; — p. 360, 1. 4. Raven-
nate-, 1. 15, per om. ; — p. 363, 1. 7, festrellis; p. 368, 1. 11, secu-
loris; — p. 369, 1. 1, patrimoniis Briezius; — p. 371, 1. 1, aom. ;
p. 372, 1. 12, expetendo; 1. 18, fuisse om. —p. 376, 1. 15, Bercthyal-
dum; — p. 385, 1. 9, aureum I; — 1. 16 <namque> ; — p. 388
intégralement les parties de ce texte qui concernent le
Liber pontificalis, il m'a semblé inutile d'en insérer
toutes les particularités dans l'appareil des variantes.
On y trouvera cependant celles dont la comparaison
avec le manuscrit E 1 peut offrir quelque intérêt. La le-
çon de celui-ci a été donnée tout entière, y compris les
retouches grammaticales, très fréquentes dans ce ma-
nuscrit. Je n'ai pas cru devoir omettre la seconde main,
car elle représente, je «rois, une collation de E 1 avec
son original. Les deux manuscrits E 2 et E 6 ont été à peu
près éliminés, eu égard à leur âge et aux remaniements
subis par le second d'entre eux. Je les reprendrai plus
tard, dans les dernières notices, pour lesquelles les
manuscrits sont rares.
Entre les deux manuscrits Estensis et Vaticanus 3761 ,
j'écarte entièrement, ou à peu près, le premier, qui a été
remanié d'un bout à l'autre. Le Vaticanus contient aussi
bien des retouches. Je m'abstiendrai de signaler les parti-
cularités qui lui sont tout à fait spéciales, mais je noterai
les endroits où sa leçon est conforme à celle des manus-
crits du groupe E d'abord, puis de la classe C, et offre
ainsi de l'intérêt au point de vue du classement.
En somme on aura, d'un bout à l'autre du Liber pon-
tificalis, la leçon de E 1 , puis celle de E 8 et de E 5 autant
qu'il est possible de la donner ; enfin les variantes les
plus importantes du manuscrit G, depuis Damase jus-
qu'à Hadrien. Pour les vies de Constantin, Hadrien,
<Fuit autem temporibus Iustiniani Aug> . = p. 389,1.8, Ravennas
civitate; — p. 390, 1. 5, stratigus (deux fois); —p. 391,1. 2, dein;
1. 6, Cazete; 1. 13, Votarea; — p. 392, 1. 10, cruce ; 1. 17, ferens;
— p. 403, 1. 19, morti; — p. 404, 1. 10, in nulla; 1. 16, huius ; —
p. 409, 1. 19, talius erris; — p. 415, 1. 16, scripto;L 18, scriptam,
revertentes; — p. 416, 1. 1, eum om. ; 1. 20, supplicationes ; —
— p. 417, 1. 2, erigendo; 1. 9, in universum ; — p. 418, 1. 21.
blatti; — p. 419, et Laurentii; — p. 421, 1. 2,ecclesias ; 1. 4, ser-
vata ; il avait les ordinations à la fin de la vie de Grégoire III,
mais avec d'autres chiffres queB, presb. XV, diac. V, ep. XXVIIII ;
là s'arrêtait la finale de cette notice; — p. 426, 1. 9, après Trasimun-
dus, lacune jusqu'à la p. 435, 1. 13, loca sanctorum ; 1. 20, ordina-
tions, per m. mart. et decembrium... pr . XXIII, d. VI, ep. XXXV
(ces ordinations sont aussi attestées par Bianchini) ; — p. 442, 1. 1,
nepe; — p. 443, 1. 2, misteria; — p. 444, 1. 17, ab; — p. 445, 1. 6
et 20, Aucharius; — p. 446, Aistolfus et ainsi de suite; — p. 447,
. 7, Rodthardus; 1. U. ad fere; — p. 448, 1. 10, christianismum ;
— p. 451, 1. 13, cymiteria; — p. 452, 1. 1, illud Narniense; 1. 15,
Maxilia; — p. 454, 1. 15, exercituum ; 1. 16, Radechisum et ainsi de
suite ; — p. 465, 1. 14, quepens. lib. om. ; 1. 20, numerum XX. —
Il est bon de noter qu'il y a parfois désaccord entre les lectures de
Holsten et celles de Bianchini. On peut craindre aussi qu'en
certains cas l'un ou l'autre ou même tous les deux n'aient pas assez
distingué les retouches d'avec le texte original. Ceci soit dit, en
particulier, pour les finales des vies de Grégoire III et de
Zacharie, p. 421 et 435.
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ABRÉGÉS
Léon III, j'ai cru devoir aussi faire usage des fragments
du Vatican (V).
Notes inter- C1 - ~~ Une particularité de certains manuscrits de ce
poiées dans er0UD a c ' es t l'insertion dans les notices anciennes, de
les mss. Ej o r '
petites notes supplémentaires, étrangères au Liber port-
tificalis primitif. On les trouvera, soit en note au-dessous
du texte, soit parmi les variantes. Je crois utile d'en don-
ner ici le tableau, avec indication des manuscrits où
elles se rencontrent.
Pie, fondation de Sainte-Pudentienne,
Etienne, exil, incarcération et martyre du pape,
Léon, mention du monastère des SS. Jean et Paul,
Félix III, complément de la finale,
Gélase, mention de Saint-Michel au mont Gargano,
Honorius, l'aqueduc du Janicule,
Léon II, fondation de l'église Saint-Georges.
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§ v.
ABREGES.
Textes
abrégés
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Type A.
62.— J'aidéjàdécritplusieurs textes abrégés, mais seu-
lement quand ils se trouvaient être étroitement apparen-
tés à quelqu'un des manuscrits entiers et complets. Je
vais énumérer ici les autres, ceux du moins qui sont
venus à ma connaissance. Ils n'ont aucune importance
pour la constitution du texte ; mais, au point de vue de
son histoire, ils ne manquent pas d'intérêt.
Malatestianus (Gésène) xxm, 2, xin e siècle.
Parchemin.
Lexique de Papias, à la suite duquel se trouve un
abrégé du Liber pontificalis qui va, de première main,
jusqu'à Nicolas I er (f 867). Au delà la série se continue
par un simple catalogue, jusqu'à Honorius III (1216-
1227). La notice de Valentin fait défaut.
Ce texte, informe et sans valeur, dérive d'un manus-
crit de la classe A. Il a été publié par Mucciolo, Cata-
logus cod. mss. Caesen., 1780, in-f°, t. II, p. 253-259.
Vaticanus 1464, du xv e siècle.
Parchemin in-f°, de 295 feuillets.
Même contenu que le précédent ; mais ici le catalo-
gue se poursuit de première main jusqu'à Pie II (1464-
1471), puis, par suite d'adjonctions successives, jusqu'à
PaulHl (1534-1 549).
C'est le Vaticanus VII de Vignoli.
4 Je rappelle ici ce que j'ai déjà dit, p. excu, que, depuis Jean VI
(101), le manuscrite* est absolument conforme au type E. 11 n'est
donc pas étonnant que, môme dans la partie antérieure à Jean VI
l'influence des mss. E s'y constate çà et là.
•* Le ms. E 2 a ici la même interpolation que le ms. E», mais
pBS tout à fait au même endroit.
Assisianus 227, xn e siècle.
Parchemin in-f°, de 236 feuillets, à deux colonnes. —
Provient du Sacro Convento.
Collection canonique, en tête de laquelle figurent
d'abord un catalogue des papes jusqu'à Urbain II (f
1099), puis un abrégé du Liber pontificalis qui s'arrête,
dans la notice de Léon IV, aux mots : Anastasium pres-
biterum tituli s. Marcelli absentem deposuit 1 . Le texte
paraît, pour le commencement, provenir d'un manus-
crit A.
Alentianus 2 (Alençon), xn e siècle.
Parchemin iu-4<>, 146 feuillets. Provient de l'abbaye de
Saint-Evroult.
Le Liber pontificalis s'y rencontre, f. 110', au milieu
d'un recueil d'écrits avec lesquels il n'a rien à voir. Après
les deux lettres vient le titre : Incipit or do episcopo-
rum Romae exceptorum. A partir de Deusdedit (615-
619), les notices, d'ailleurs fort courtes disparaissent et
sont remplacées par un simple catalogue, ainsi terminé :
XCIIÏJ. Stephanus Romanus an. V m. IIII d. XIII1.
XGV. Paulus Romanus.
XCV1. Constantin us Romanus.
Ce dernier est l'antipape Constantin II, qui n'apasde
notice dans le Liber pontificalis.
1 . Le P. Ehrle a donné récemment une bonne description de ce
manuscrit et de la collection canonique qu'il contient. Le catalogue
initial est semblable, selon lui, sauf quelques légères différences,
à celui du Vaticanus 629 (ci-dessus, p. clxix) ; mais les années,
mois et jours d'Urbain II sont ici de première main (Archiv fur
Literatur- und Kirchengeschichte, t. I, Mittheilungen, p. 2-12).
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LES MANUSCRITS.
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Recueil de fragments de mauuscrits divers. Le cahier
formé par les feuillets de parchemin 437-144, du xm* siècle,
contient un abrégé du Liber pontiflcalis.
Abrégé très succinct. La dernière notice est celle de
Léon IV, puis vient le nom de Benoît III avec la durée
de son pontificat. Constantin II est marqué entre Paul
et Etienne III.
Avec les abrégés contenus dans les manuscrits précé-
dents se groupe celui que Jean Busée publia à Mayence
en 1602, en même temps que le Liber pontiflcalis,
d'après un manuscrit où il était attribué à Abbon de
Fleury (f 1004). En voici le titre :
Abrégé Excerptum de qestis RomanorumpontiRcum ex libello
d'Abbonde J , / n \. c ' . .
Fleury. qui continet gesta Romanorum ponttficum, quae de stn-
gulis eorum suo ordine utilia posteris iudicavit Albo
(sic) Floriac l /////////// breviter ac utiliter decer-
psit, secutusveritatem Damasi Romanae ecclesiae pon-
tificisqui eumdem libellumscripsit rogatuHyeronimi di-
vitiae iegis interpretis.
Je n'ai retrouvé ni le manuscrit de Busée ni aucun
autre exemplaire du môme abrégé. La série des notices
ne s'étendait que jusqu'à Grégoire II ; au delà il y avait
encore, pour vingt-deux papes, c'est-à-dire jusqu'à For-
mose, quelques détails très brefs que Busée jugea indi-
gnes d'être publiés, « tum quod ex libro de Romanis
pontificibus qui Anastasio Bibliothecario tribuitur, uti
superiora omnia, excerpta non essent, tum quod mutila
essent et plena lacunis. »
La notice de Grégoire II appartient au type B; pour
tout le reste, l'abrégé dérive évidemment d'un manus-
crit A.
Type B. 63. — Palatinus 39, xi e siècle.
Parchemin, petit in-f°, 223 feuillets.
Psautier, précédé de diverses tables chronologiques,
parmi lesquelles un abrégé du Liber pontiflcalis occupe
les feuillets 8-15, sous le titre : Incipiunt nomina épis-
coporum urbis Romae. Les notices ne vont que jusqu'à
Etienne II. Vient ensuite unelistede noms jusqu'à Pas-
cal (817-824). Le texte dérive d'un manuscrit B; Vigile
et Gonon sont omis ; il en est de même d'Etienne III,
1. « Erasum erat in ms. Monachi vet abbatis » [Busée].
dans le catalogue final. Les synchronismes des empe-
reurs sont marqués à la fin des notices et de seconde
main.
Publié parles Bollandistes 1 , par Schelstrate* et par
Bianchini 3 , d'après ce manuscrit, qui a servi aussi à Vi-
gnoli {Pal.).
Valentianensis 65 (Valenciennes), ix e siècle 4 . .
Parchemin, in-12.
Commentaire sur saint Matthieu, suivi d'un abrégé
identique à celui du manuscrit précédent ; mais on n'y
a point ajouté les synchronismes impériaux. Le catalo-
gue final est prolongé jusqu'à Léon IV (847-855J.
Casanatensis B V 17, xn e siècle.
Parchemin, in-4°, sans pagination.
Collection canonique, au milieu de laquelle se trouve
un cahier contenant la fin d'un abrégé du Liber pon-
tiflcalis, d'après un manuscrit B ou C. Le texte commence
dans la vie de Pelage II : — absque iussione principum
pro oppressione Langobardorum et se termine, sans mu-
tilation, au milieu de la notice de Pascal I er . Sur le ca-
hier suivant, et d'une autre main, catalogue depuis saint
Pierre jusqu'à Grégoire VII, avec quelques détails à
partir de Jean XII.
Ley densis Scaligerianus 49, xi e siècle.
Parchemin, petit in-4©.
Martyrologe de Fulda, à la fin duquel, f. 74-79, se
trouve un abrégé du Liber pontiflcalis jusqu'à Etienne 1 1 ,
avec prolongation jusqu'à Jean VIII par une simple
liste de noms. Vient ensuite une liste des abbés de Fulda 5 ,
jusqu'à Ruothardiis felicis memoriae (f 1096), en re-
gard de laquelle on a marqué des noms de papes jus-
qu'à Grégoire VII. Cette liste est de première main,
i. Propyl. Maii, p. 72.
2. Antiquitas Ecc?., 1. 1, p. 611.
3. Anast., t. II, p. xiv.
4. Le Catalogue desmss. de la bibliothèque de Valenciennes. par J.
Mangeart, Paris, 1860, le date de la fin du ▼m» siècle ; les limites
du catalogue obligent de descendre un siècle plus bas. Je parle de
ce manuscrit d'après une copie exécutée par M. W. Arndt et
domée par lui aux Bollandistes, qui ont bien voulu mêla commu-
niquer.
5. M. G. Scr., t. III, p. 177.
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mais les papes ont été ajoutés après coup 1 . — Le texte
du Liber pontificalis paraît dériver d'un manuscrit B.
VindobonensisliS, xn e siècle.
Parchemin, in-fo, 98 feuillets.
L'abrégé du Liber pontificalis occupe les feuillets 22-
24 2 . Il commence par le titre Incipit liber episcopaiis. .
puis viennent les deux lettres de Jérôme et de Damase,
un catalogue avec la durée du siège jusqu'à Nicolas I er ,
avec les noms seulement jusqu'à Formose, et le sous-
titre Incipiunt gesta..., comme dans le Parisinns
13729 3 . La série des vies abrégées se termine à Etien-
ne II. Le texte dérive d'un manuscrit B.
Type G. Rotomagensis U 84, xi e siècle.
Parchemin, in-4°, 434 feuillets. — Provient de l'ab-
baye de Jumièges (note sur un feuillet de garde, au com-
mencement).
Ce manuscrit contient deux ouvrages de saint Isi-
dore, le De sammo bono et les Etymologies, ce dernier
incomplet, par mutilation du manuscrit. En tête, f. i-7,
abrégé du Liber pontificalis, sous le titre Incipit episco-
paiis ordo Romane. Le texte provient d'un manuscrit G
(G 1 ). Une va que jusqu'à la notice de Constantin, dans
laquelle il s'interrompt, au haut d'une page, aux mots
pertinebat alque pertinet (p. 392, 1. 2). 11 y a deux la-
cunes, l'une entre Symmaque et saint Grégoire, dont
les notices sont fondues en une seule, l'autre entre Boni-
face IV et Vitalien, par suite de la disparition d'un
feuillet 4 .
TypeE. Vaticanus 136 1, xu° siècle.
Parchemin, in-4°.
Collection canonique d'Anselme de Lucques, précédée
d'un liber pontificalis très abrégé, dérivé d'un manus-
crit E, qui se continue par un catalogue jusqu'à
Etienne II. 'Dans la notice de Silvère, il dépend de la
Damnatio Vigilii 5 .
1. Au nom de Benedictus (Benoit IX) est jointe la note sui-
vante : Hic papatiam vendidit ; unde Eeynricus imperator Clemen-
tem pro eo constitua.
2. Pour le contenu de ce ms., v. le catalogue de Denis, t. I,
p. 888.
3. Ci-dessus, p. clxxvi.
4. M. Gaston Tourret a bien voulu exécuter pour moi une copie
complète et soignée de cet abrégé.
5. Hinschius, Décrétâtes pseudoisid., p. 628.
CCV
Publié par Schelstrate 1 et par Bianchini*. Vignoli cite
ce manuscrit sous la cote Vaticanus XIX.
Vaticanus 6381, xn e siècle.
Parchemin, in-f°.
Môme collection et même abrégé.
64. — Vaticanus 341, xn e siècle.
Parchemin, in-f°, 218 feuillets.
Divers écrits de saint Jérôme. Vers la fin, un catalo-
gue d'empereurs romains jusqu à Justin I er , puis, d'une
autre main, un abrégé du Liber pontificalis sous le ti-
tre : Incipiunt nomina episcoporum qui fuerunt urbi
Romae. Liber gestorum pontificalium. La dernière no-
tice est celle d'Etienne IV (f 817), après lequel vient un
catalogue jusqu'à Jean VIII.
C'est le Vaticanus V de Vignoli.
Vaticanus 1340, xiv e siècle.
Parchemin in-f°, à deux colonnes.
Collection pseudoisidorienne 3 , à laquelle font suite
une liste des provinces romaines, un catalogue des
empereurs jusqu'à Frédéric Barberousse (1152-1190),
et, sous le titre Nomina Romanorum pontificum, un
abrégé du Liber pontificalis, restreint en général aux
décrets sur la discipline et la liturgie. La dernière
notice est celle de Nicolas I er , après lequel il ne reste
plus qu'un catalogue, jusqu'à Anastase IV (f 1154)
de première main, jusqu'à Hadrien IV (1154-59) de
seconde main. Avant les notices on trouve un autre
catalogue, de saint Pierre à Clément III (1191) ; quel-
ques-uns des papes y sont qualifiés de martyrs.
C'est le Vaticanus VI de Vignoli.
Marcianus vu, 10, xv e siècle.
Papier, in-f°.
Second volume d'une collection pseudoisidorienne
identique à celle du manuscrit précédent, suivie des
mêmes documents et catalogues.
1. Antiquitas Eccl., t.I, p. 644.
2. Anast., t. II, p. xix; Bianchini ne reproduit pas la partie pos-
térieure à Nicolas I« r .
3. Hinschius, p. xvu.
Type indé-
terminé.
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Catalogues
extraits du
L. P.
CCVI
Vaticanus 1348, xn e siècle.
Parchemiu in-12. — Provient du monastère de Sainte-
Marie des Anges de Florence (note au f . 1).
Au F 182, à la suite de la chronique d'Isidore conti-
nuée jusqu'à l'empereur Henri III, commence un ca-
talogue des papes avec des extraits du Liber pontificalis,
sous le titre : Chronica pontificum sancte Romane ec-
clesie et quot annos vel menses seu dies quisque eorum
ibi sedit. La dernière notice est celle d'Urbain II (f 1099);
vient ensuite le nom de Pascal II, sans la durée du pon-
tificat.
Leydensis Vossianus 12.
Parchemin, in-4<>. Plusieurs manuscrits sous la même
reliure. D'abord un recueil des lettres de Fulbert de Char-
tres, du xi e siècle» portant à la fin (f. 58) la note suivante :
Liber s. Martini Sagien. (Saint-Martin de Séez). jVient en-
suite un cahier du xm e siècle, puis un autre du ix e . C'est
celui-ci qui nous intéresse.
Extraits du De statu animae de Claudien '.Mamert,
suivi d'un catalogue des papes jusqu'à Grégoire III
(f 741), avec quelques détails empruntés su. Liber pon-
tificalis. Une main postérieure l'a continué jusqu'à
Léon III avec la durée du pontificat, jusqu'à Grégoire IV
avec les noms seulement. — Dans le cahier qui nous
occupe on en a intercalé un plus petit, écrit au x e siè-
cle environ, où l'on trouve un catalogue d'empereurs,
de Gratien à Léon III ; le commencement de ce cata-
logue est tiré d'Isidore, mais il y a aussi beaucoup de
détails dérivés du Liber pontificalis.
C5. — A ces abrégés il serait aisé de joindre un grand
nombre de compilations diverses où sont insérés des
fragments du Liber pontificalis, comme dans le Parisi-
nwso256, f. 138-140, et dans le Parisinus 3 182, f. 307-
309 ; le premier de ces deux manuscrits estun martyro-
loge d'Adon, l'autre une collection canonique '. Dans
tous les deux le texte du Liber pontificalis dérive d'un
ms. A.
On pourrait aussi cataloguer par centaines les catalo-
gues pontificaux qui dérivent du Liber pontificalis, mais
ne lui empruntent que les années, mois et jours de
chaque pape. En ce genre je ne veux citer que celui du
manuscrit n° 7829 de la bibliothèque de Bourgogne, à
Bruxelles. Il se trouve au f 6 18 ; les chiffres sont ceux
i. Maassen, Quellen, t. I, p. 784.
LES MANUSCRITS.
de la recension E. On indique de plus les dates obi-
tuaires. La série semble s'arrêter à Vigile, car le nom
de ce pape se présente au bas du recto et le verso est
blanc. Mais ceci n'est qu'une apparence. Le feuillet de
parchemin qui contient le catalogue est isolé au milieu
de feuillets de papier avec lesquels il n'a aucun rapport.
Il a été relié à rebours, de sorte que ce qui paratt main-
tenant être le recto est en réalité un verso. Dans ces
conditions rien ne prouve que, dans le manuscrit au-
quel il appartenait jadis, le catalogue ne se continuait
pas sur le feuillet suivant.
66. — M. Ed. Heydenreich a décrit, dans le Neues Ar- Fragment».
chiv, t. V , p . 210, un fragment de manuscrit conservé dans
une reliure à la bibliothèque du tribunal (Gerichtsamt)
de Freiberg en Saxe. L'écriture est du xu e siècle. On
trouve d'abord les Gesta Potentianae et Praxedis, dont
le commencement fait défaut. Viennent ensuite trois
notices pontificales, celles d'Urbain, d'Eleuthère et de
Jean I er , jusqu'aux mots argenteos quinque, palla
(p. 276, 1. 18). Le texte est évidemment emprunté à un
manuscrit de la classe E. i
A la bibliothèque de l'école de médecine de Montpel-
lier, dans la reliure du manuscrit n° 154, il y a deux feuil-
lets in-f°, contenant le commencement d'un liber pon-
tificalis. L'écriture est du ix e siècle. On trouve d'abord
les deux lettres-préface, puis un catalogue jusqu'à Pas-
cal I or , enfin les notices jusqu'à ces mots de celle de saint
Clément : sollicite etcuriose unusquisque (p. 123,1. 4).
Le manuscrit Laudianus 893, à la bibliothèque
Bodléïenne, parchemin, in-f°, du x e siècle, contient (f>
146) entre autres choses, un catalogue des papes jus-
qu'à Jean VIII. Ce catalogue est précédé des deux let-
tres de Jérôme et de Damase, en tête desquelles on lit
la rubrique In nomine domini nostri Iesu Christi in-
cipit liber episcopalis in quo continetur (sic) acta bea~
torumpontificumurbis Romae. Cette disposition prouve
que nous avons ici le début d'un liber po7itificalis du
typeB. 2
1. Leçons caractéristiques : dans la notice d'Urbain, Hic vero
confessor extitit tempoinhus Dyocletiani ; dans celle d'Eleuthère,
nulla esca usualis.
2. Un manuscrit du Liber pontificalis a été signalé à Erfurt par
M. Pertz (Archiv, t. VIII, p. 6S4). Je l'ai vainement cherché, en
1883, dans la bibliothèque de cette ville, avec l'assistance du bi-
bliothécaire, M. Weissenborn.
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CHAPITRE SIXIÈME
HISTOIRE DU TEXTE (vi°-viii° siècle).
1. — J'ai démontré dans le chapitre III que le texte
primitif du Liber pontificalis ne nous est point parvenu
intégralement ; que ce qui nous en reste se réduit à
deux abrégés exécutés isolément, d'après une rédaction
qui s'arrêtait à Félix IV (•{• 530) ; que les manuscrits
complets, qui tous, sauf mutilation, dépassent de beau-
coup cette limite, dérivent d'un remaniement de ce
texte primitif ; que, par rapport à lui, ils constituent
comme une seconde édition, revue et prolongée. Il me
reste maintenant à étudier les vicissitudes subies par
cette seconde édition elle-même, les recensions dont
elle a été l'objet, les continuations qui l'ont prolongée
bien au delà de ses limites primitives.
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§ I.
LES RECENSIONS.
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Groupement 2. — Pourla partie laplus ancienne, comprise dans les
mss. é duL?p. limitesdelapremièreôdition,c'est-à-diredesaint Pierreà
Félix IV, les manuscrits nous offrent d'abord deux grou-
pes bien tranchés, correspondant d'une part à la classe
A, de l'autre aux deux classes B et C, encore indistinctes.
On peut leur donner comme types le Lucensis et le
Ncapolitanus, bien que ces deux manuscrits ne soient
ni les originaux respectifs de tous ceux de leurs grou-
pes, ni même des exemplaires tellement parfaits qu'ils
rendent inutile tout recours aux autres. Les deux an-
ciens manuscrits du type D, le Parisinus 5516 (manus-
crit de Tours) et le Parisinus 2769 (manuscrit de
Beauvais), toujours d'accord entre eux pour cette pô
riode, reproduisent le plus souvent le texte BC ; ils of-
frent cependant quelques traits empruntés soit à la
classe A, soit même à la première édition. Cet élément
de complexité se rencontre à bien plus haute dose dans
les manuscrits E, qui représentent non seulement un mé-
lange des deux traditions A et BG, mais encore tout
un système d'emprunts à l'édition primitive. Entrons de
suite dans l'exposé des faits que je viens de résumer par
avance. Je me bornerai ici aux principales variantes ;
pour les autres, le lecteur est renvoyé à l'appareil criti-
que de cette édition.
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HISTOIRE DU TEXTE
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i° Les deux types A et BG.
Spécialités 3. — Xystus I er — Lilteros sedis apostolicae (A) : pa-
pôurie^con^ triarchae (BCDE). Il s'agit de lettres que le pape re-
"duT"!?. 1 met a un évê( I ue i a P res un séjour à Rome. La leçon pa-
triarchae est ici tout à fait extraordinaire. Le pape ne
prenait jamais ce titre et nous ne voyons pas qu'il lui
ait jamais été donné par des Latins. En Italie, on peut
même dire en Occident, au septième et au huitième siè-
cle, il n'était porté que par les évêques d'Aquilée. Il ne
serait pas impossible que la variante eût été introduite
pour autoriser, dans la province d'Aquilée, la coutume
des litterae formatae, qui devait y avoir été établie
comme partout où il y avait une autorité ecclé-
siastique supérieure aux simples évoques. Pour ap-
puyer cette hypothèse, je puis citer non pas une,
mais deux transformations analogues dont le mot
sedes apostolica a été l'objet. Le pape Sirice envoya
aux évêques de la province de Byzacène, en Afri-
que, les canons d'un concile suburbicaire tenu à
Saint-Pierre, le 6 janvier 386. Il y était dit : Primum
ut extra conscientiam sedis apostolicae nemo audeat
or dinar e *. Dans les textes canoniques africains qui nous
ont conservé ce décret, les mots sedis apostolicae sont
suivis de l'explication hoc est primatis. Cette explica-
tien était nécessaire ; car, si, pour la basse Italie et les
îles, le siège apostolique représentait l'autorité ecclé-
siastique provinciale, en Afrique, c'était le doyen ou pri-
mat de chaque province qui était le supérieur immé-
diat des évêques et qui avait qualité pour approuver les
ordinations. Dix- huit ans après, en 404, le même décret
fut envoyé à l'évêque de Rouen, Victrice, par le pape
Innocent, en tête d'un petit liber regularum ; il y est
ainsi formulé : Primum ut extra conscientiam metro-
politani episcopi nullus audeat or dinar e 2 . Cette fois-ci
la transformation est complète ; ce n'est plus une glose
explicative ajoutée à l'expression sedis apostolica, c'est
un autre terme substitué à celle-ci, et le terme appro-
prié aux usages hiérarchiques reconnus dans les Gaules.
— Je ne serais pas éloigné de croire que la variante pa-
triarchae pour sedis apostolicae, dans certains manus-
crits du Liber pontificalis, provient, mutatis mutandis,
d'une adaptation analogue.
1. Coustant, Epp. Rom. pontificum, p. 653. — Il s'agit évidem-
ment d'ordinations épiscopales.
2. Jaffô, 286; Goustant, p. 148.
Télesphore. — Les manuscrits BCDE omettent,
dans le compte des ordinations, de mentionner les
évêques : episcopos per diversa loca XII I (A).
Eleothère. — Après le précepte ut nulla esca a
Christianis repudiaretur, A ajoute maxime fidelibus,
quod Deus creavit ; ces mots sont omis dans B C D.
Urbain. — Qui etiam clare conf essor temporibus
Diode tiani (A) : Hic vero conf essor (BCJ. J'ai expliqué
dans le commentaire les raisons de cette retouche et
des combinaisons auxquelles elle a donné lieu dans les
textes mixtes D E. Il en est de même pour les mots
quem sepelivit beatus Tiburtius, omis par BCDE.
Pontien. — La finale est très différente d'une rédac-
tion à l'autre ; B C D se groupent contre A ; E a des
particularités spéciales ; voir le commentaire.
Antéros. — Hic fecit unum episcopum in civitate
Fundis(k): Hic fecit ordinationem /, episcopum /,
mens, decemb. (BCDE).
Cornélius. — Cette notice offre beaucoup de varian-
tes où Ton voit B C D ralliés contre A. Comme elle est
empruntée pour une bonne partie à la Passio Cornelii,
encore existante, il est facile de voir quelle est celle
des deux rédactions qui se rapproche le plus de la
source du texte :
Passio Corneliî A BCD
Decius... iussit mit- Decius... misit Cen- Decius ....misitCen-
ti Centumcellas et tumeellis et exhibuit tumeellis et adduxit
adduci beatissimum beatum Cornelium beatum Corneliura
Cornelium papam episcopum ; quem episcopum; quem ta-
urbem Romam ; tamen iussit prae- men iussit sibi prae-
quem et praecepit sentari sibi in Tel- sentari<cum prae-
sibi noctu in Tel- lude, noctu, ante fecto urbis > in in-
jure praesentari ante templum Palladis. tellude noctu. Cui
templum Palladis . Quem ita adgredi- ita dixit : « Sic defi-
Quemitaaggreditur, tur, dicens : «Sic nisti ut nec deos
dicens : « Sic défi- definisti ut nec deos consideres,necprae-
nisti ut nec Deospa- considères nec prae- cepta priucipum vel
veas, nec praecepta cepta maiorum nec minas, ut contra
maiorum considères, nostras minas ti- rempublicam litte-
nec nostras minas meas , ut contra ras accipias et diri-
terrearis, ut contra rempublicam litte- gas ? » — Cornélius
rempublicam litte- ras accipias et diri- episcopus dixit : Ego
ras accipias et diri- gas? » — Cornélius- de corona Domini
gas ?» — Beatissi- episcopus respondit, litteras accepi, non
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mus Cornélius, urbis dicens : « Ego de contra rempublicam
Romae episcopus, corona Domini met sed spiritale consi-
respondit: « Ego de litteras accepi, non liura. Tune iussit os
corona Domini litte- contra rempublicam eius cum plumbatis
ras accepi, non con- sed magis animas caedi et praecepit
tra rempublicam , redimendas » . Tune duci eum ante tem-
sed magis ad animas Decius , iracundia plum Martis....
redimendas ». Tune plenus, iussit os bea-
Decius Caesar, ira- ti Corneli cum pium-
cundia plenus, ius- bâtis caedi et prae-
sit ut os eius cum cepit duci eum ad
plumbatis caedere- templum Martis...
tur, et praecepit ut
duceretur ad tem-
plum Martis...
On voit déjà par ce tableau combien la leçon de A
est préférable à celle de B C D. Pour la fin de la notice,
la différence est bien plus grande encore, et de même
sens ; il est du reste, facile de voir que le texte des
manuscrits 8 G nous donne ici, non la fin de la vie de
Cornélius, mais la fin de la vie de Lucius 1 .
Gaius. — Les manuscrits B C D donnent deux fois le
compte des ordinations, avec des chiffres différents,
pour les prêtres et les diacres.
Marcellin. — La notice est interpolée à deux en-
droits dans le texte B C D.
... martyrio coronantur. Et
post hoc factum iacueruntcor-
pora sancta inplatea ad exem-
plutn christianorum dies XXV,
ex iussu Diocletianî. Et exinde
Marcellus presbiter collegit
noctu corpora cum presbyte-
ris et diaconibus cum hymnis,
et sepelivit in via Salaria, in
cubiculum qui patet usque in
hodiernum diem, quod ipse
praeceperat paenitens, dum
traheretur ad occisionem, in
crypta, iuxta corpus sancti
Criscentionis, VH kal. mai.
Hic fecit ordinationes II per
mens, decemb., presbiteros
III, diaconosll; episcoposper
diversa loca V.
BCD
... martyrio coronantur. Quem
coniurans beatus Marcellinus
beatum Marcellum presbiterum
dum pergeret ad passionem
suam ut praecepta Diocletiani
non impleret. Et post hoc fac-
tum iacuerunt corpora sancta
in platea ad exemplum chris-
tianorum dies XXXVI, ex iussu
Diocletiani. Et exinde Marcel-
lus presbiter collegit noctu
corpora cum presbyteris et
diaconibus cum hymnis, et se-
pelivit via Salaria in cubiculo
claro, in crypta. Qui eliam fe-
cit ordinationes II per mens, de-
cemb., presbiteros III, diaconos
II, episcopos per diversa loca
numéro V. Qui etiam sepultus
1. Cf. les variantes de la p. 151.
Liber pontificalis.
GGIX
est in cymiterio Priscillae, via
Salaria, VI kal. mai., in cu-
biculo qui patet usque in ho-
diernum diem, quod ipse
praeciperat.
La phrase Quem coniurans-impleret me paraît avoir
été interpolée d'après les mots quod ipse praeceperat
paenitens dum traheretur ad occisionem, comme je
l'ai indiqué dans le commentaire à ce passage. Quant
aux deux mentions de la sépulture, séparées par l'in-
tercalât ion des ordinations, ce désordre est évidem-
ment étranger à la rédaction primitive '.
Silvestre. — La montagne sur laquelle Silvestre est
dit s'être réfugié est appelée Syraptin dans les manus-
crits À, Seracten dans les manuscrits BCD. Bien que,
pour me conformer à l'autorité de la première édition ,
j'aie admis la leçon Seracten, je ne puis me dispenser
de noter que l'autre est plus conforme au texte des
G esta Silvestri, d'où dérive ce passage \ — La descrip-
tion de la basilique des saints Pierre et Marcellin et
du tombeau de sainte Hélène diffère ainsi qu'il suit,
d'une rédaction à l'autre :
BCD
Eisdem temporibus Augustus
Constantinus fecit basilicam
via Lavicana inter duos lauros
beato Petro et Marcellino
martyribus et moysileum ubi
beatissima Augusta matrem
suam posuit in sarcofago por-
phyritico, ubi et donavit ....
altarem ex argento purissi-
mo, pens. lib. GC.
Eisdem temporibus fecit Au-
gustus Constantinus basilicam
beatis martyribus Marcellino
presbitero et Petro exorcistae
in territurio inter duos lauros
et mysileum ubi mater ipsius
sepulta est Helena Augusta, via
Lavicana, miliario III. In quo
loco et pro amorem matris suae
et veneratione sanctorum posuit
dona voti sui.... altarem ex
argento purissimo, pens. lib.
CC, ante sepulchrum beatae He-
lenae Augustae, qui sepulchrum
est ex métallo purphyriticus ex-
culptus sigillis.
Je ne crois pas que le texte BCD donne une im-
pression d'antiquité plus grande que le texte A,
même en faisant abstraction de la suppression du
1. Le mot claro, qui se retrouve dans les mss. A" E, pourrait
bien être une glose à qui patet. La découverte du tombeau de Mar-
cellin jetterait quelque lumière sur ce point ; malheureusement on
l'attend encore.
2. Cf. ci-dessus, p. exix.
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nom d'Hélène et de la substitution de personnes
qu'il semble exprimer *. Beaucoup d'autres passages,
dans cette longue notice, offrent des traces de rema-
niement ; mais je veux me borner ici à ceux qui four-
nissent quelque indication sur l'âge relatif des textes A
etBGD.
Jules. — Fecit basilicas II, una in urbe Borna iuxta
forum et altéra trans Tiberim (À). Dans les manuscrits
B G D, au lieu de altéra trans Tiberim, on lit aliam
via Flaminia. C'est une erreur, causée par le voisi-
nage des mots et cymiteria III, unum via Flaminia,
Ici d'ailleurs, nous avons la source du texte, le catalo-
gue libérien, qui mentionne basilicam trans Tiberim.
Libère. — Les manuscrits B G D omettent la fonda-
tion de la basilique libérienne : Fecit basilicam nomini
suo iuxta macellum Libiae.
Félix II. — La finale diffère beaucoup d'une rédac-
tion à l'autre :
BCD
Qui etiam passus est in civi-
tate Corana, III ici. nov. Et
exinde raptum est corpus eius
a presbiteris et clericis [et se-
pultum in basilica quam ipse
construxit, via Aurélia, XII (ou
XV) kal. decemb., in miliario
secundo.
Qui etiam capite truncatur
cum multis clericis et fideli-
bus occulte, iuxta muros Ur-
bis, ad latus forma Traiana,
III id. nov. Et exinde rapue-
runt corpus eius christiani
cum Damaso presbitero et se-
pelierunt in basilica supradicta
eius, via Aurélia, . XVII kal.
decemb., in pace.
Ainsi, outre quelques variantes de détail, la rédac-
tion A fait mourir le saint auprès de Rome, l'autre à
Gora.
Damase. —La rédaction A contient un synchronisme,
Fuit autem temporibus Iuliani, qui manque dans les
manuscrits B G D. — Dans la même notice, une des
basiliques construites par Damase manque aux mômes
manuscrits, par la suppression des mots entre crochets
dans la phrase suivante : Hic fecit basilicas duas : una
1. Dans le texte BGD il semble qu'Hélène enterre sa mère au
Ueu d'être enterrée elle-même.
beato Laurentio, iuxta theatrum, et alia [via Ardeatina,
ubirequiescit, et] in Catacumbas ubi iacuerunt corpora
sanctorum apostolorum Pétri et Pauli, in quo loco
platomam ipsam, ubi iacuerunt corpora sancta, ver-
sibus exornavit. Les mots via Ardeatina ubi requiescit
et ne sauraient être considérés comme une interpola-
tion, car le début delà phrase énumère deux basiliques
damasiennes. L'une est Saint-Laurent in Damaso, en
ville ; l'autre ne saurait être cherchée aux Catacombes,
sur la voie Appienne. Il y a sans doute, en cet endroit,
une ancienne église, dédiée à saint Sébastien ; les iti-
néraires du vu e siècle la mentionnent, mais il n'en est
jamais question auparavant; en tout cas aucune tra-
dition ne la rattache au pape Damase. Au contraire,
tous les itinéraires et catalogues de cimetières indiquent
sur la voie Ardéatine une église qui portait le nom de
ce pape et contenait son tombeau. Damase fit exécuter
beaucoup de travaux d'embellissement dans les églises
de Rome et de la banlieue ; mais son nom n'est de-
meuré attaché qu'à deux d'entre elles, les seules dont
on lui ait attribué la fondation proprement dite, l'église
voisine du théâtre de Pompée et celle de la voie Ardéa-
tine. Quant au sanctuaire des apôtres ad Catacumbas,
ce n'était pas une église ; il existe encore et l'on peut
constater qu'il est impossible de le confondre avec la
basilique de Saint-Sébastien 4 .
Sirice.
BCDEG
Hic invenit Manicheos, quos
exilio deportavit ; et hoc cons-
titua ut non participarent cum
fidelibus communionem, quia ore
polluto non licere sanctum cor-
pus dominicum vexari. Hic
constitua ut si quis conversus
de Manicheis rediret ad ec-
clesiam, nullatenus commu-
nicaretur, nisi tantum religa-
tione monasterii die vitae suae
teneretur obnoxius.
I. A la fin de la notice de Damase il est dit qu'il fut enterré
via Ardeatina, in basilica sua. Le parallélisme avec les notices de
Marc et de Félix II, où pareille indication se rencontre, confirme
la présomption qu'il s'agit d'un édifice déjà mentionné.
Hic invenit Manicheos in Urbe,
quos etiam exilio deportavit; et
hoc constituit ut si quis con-
versus de Manicheis rediret ad
ecclesiam, nullatenus commu-
nicaretur, nisi tantum religa-
tione monasterii die vitae suae
teneretur obnoxius.
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Les mots soulignés dans la colonne de droite font évi-
demment double emploi avec l'expression nullatenus
communicaretur, commune aux deux textes. C'est une
glose explicative, introduite dans le texte.
Xystus III.
A BCDEG
.... optulit Valentinianus Aug.
imagine m auream orna-
tam, quemvotigratiae suae su-
per confessionemb. Pétri apos-
toli posuM.
Item fecit Xystus episcopus
confessionem b. Laurenti mar-
tyris cum columnis porphy-
reticis; et ornavit piatomis
transendam, et altarem et
confessionem sancto martyri
Laurentio de argento puris-
simo, pens. lib. L.
Fecit autem monasterium in
Catacumbas; fecit et fontem
baptisterii ad s. Mariaro et co-
lumnis porphyreticis exorna-
vit.
Hic constituit columnas in
baptisterium basilicae Cons-
tantinianae, quas a tempore
Constantini Aug. fuerant con-
gregatas, ex métallo purphy-
retico,numero VIII, quas erexit
cum epistolis suis et versibus
exornavit ; et platoma in cy-
miterio Calisti ubi conmemo-
rans nomina episcoporum.
Fecit autem sciphos aureos
111, unum ad s. Petrum, qui
pens. lib. VI ; ad s. Paulum
unum, qui pens. lib. VI; adb.
Laurentium I, qui pens. lib.
III ; calices ministeriales au-
reos XV, pens. sing. lib. singu-
las.... Et huius temporibus fe-
cit Petrus episcopus basilicam
in urbe Roma s. Savinae, ubi
et fontem construxit.
.... optulit Valentinianus Aug.
imaginem auream orna-
tam super confessione b. Pé-
tri apostoli.
Item fecit Xystus episcopus
confessionem b. Laurenti mar-
tyris cum columnis porphyre-
ticis ; et ornavit transendam, et
altarem et confessionem sancto
martyri Laurentio de argento
purissimo fecit altarem, pens.
lib. L.
[manque)
Hic fecit in basilicam Cons-
tantinianam ornamentum su-
per fontem quod ante non erat,
id est epistulia marmorea et
columnas purfyreticas eregit,
quas Constantinus Aug. con-
gregatas demisit, et iussit ut
erigerentur, quas et versibus
exornavit; et platoma in cy-
miterio Calisti, via Appia, ubi
nomina episcoporum et marty-
rum scripsit commemorans.
(manque)
icH fecit cameram b. Pétri
basilicae et ornavit et basili-
licam b. Pauli apostoli reno-
vavit.
Léon.
Hic reno vavitbasilicam b.Pe-
tri apostoli et cameram, et b.
Pauli post ignem divinum re-
novavit. Fecit vero cameram
in basilica Constantiniana. Fe-
cit autem basilicam b. Corne-
lio episcopo et martyri, iuxta
cymiterium Calisti, via Appia.
Hic propter nomen Romanum
suscipiens legationem ambula-
vit ad regem Unnorum, no-
mine Atthela, et liberavit to-
tam ltaliam a periculo hos-
tium. Hic constituit monaste-
rium apud beatum Petrum
apostolum. Hic constituit ut
intra actionem sacrifiai dice-
retur « sanctum sacrificium »
et cetera. Hic constituit ut mo-
nacha non acciperitvelaminis
capitis benedictionem, nisi
probata fuerit in virginitate
LX annorum. Hic constituit
super sepulchra apostolorum
custodes qui dicuntur cubicu-
larii, ex clero Romano.
HiLAiRE. — Après la mention du service stational de
vaisselle liturgique :
Hic omnia in basilica Cons-
tantiniana vel ad s. Mariam re-
condit. Hic fecit monasterium
ad s. Laurentium et balneum
et alium sub aère et praeto-
rium. Fecit autem et biblio-
thecas II in eodem loco. Item
monasterium intra urbe Roma
ad Luna.
Quod ad s. Mariam recondit.
Hic fecit monasterium ad s.
Laurentium et balneum et
praetorium *. Stephano. Fecit
autem oratorium s. Stephani in
baptisterio Lateranense. Fecit
autem et bibliothecas II in eo-
dem loco. Item monasterium
inlra urbe ad Luna.
Dans une note à ce passage, j'ai démontré que les
mots soulignés ici sont interpolés.
Tune papa Félix misit duos
episcopos, Mesenum et Vita-
lem, ut si invenirent conpli-
cem Pétri Acacium, damna-
rent eos. Qui dum introissent
in civitatem Heracleam, cor-
rupti sunt paecuniae datum
suprascripti episcopi, et non
fecerunt secundum praecep-
Tunc papa Félix misit duos
episcopos, Mesenum et Vita-
lem, ut si invenirent conpli-
cem Pétri Acacium, iterum
damnarent eos; si non, off er-
rent libellum paenitentiae. Qui
dum introissent Constantinopo-
lim, corrupti sunt paecuniae
datum suprascripti episcopi, et
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non fecerunt secundum prae-
ceptum sedis apostolicae. Ve-
nientesvero Romamad sedem
apostolicam, fecit papa Félix
eoncilium et fada \examinatwne
invenit iudicius ambos episco-
pos, id est Mesenuni et Vita-
lem, reos et corruptos paecu-
niae; et eregit Mesenum et
Vitalem episcopos a commu-
niooem. Tune Mesenus episco-
pus non se tacuit corruptum
per pecunia ; cui concilius con-
cessit tempus paenitentiae.
HISTOIRE DU TEXTE.
tum sedis apostolicae. Venien-
tes vero Romam ad sedem
apostolicam, eodem tempore
venerabilis Félix papa fecit sy-
nodum et operata est discus-
sio; invenit iudicius ambos
episcopos, id est Mesenum et
Vitalem, reos et corruptos pae-
cuniae ; et eregit Mesenum et
Vitalem episcopos a commu-
nionem. Tune Mesenus episco-
pus non se tacuit corruptum
pecunia.
La substitution d'Héraclée à Constantinople est le
fruit d'une erreur dont j'ai indiqué l'origine dans le
commentaire.
Hic sub gesta synodi, cum
fletu, sub satisfactione libelli,
purgatum Mesenum episcopum
revocavit, qui peccaverat in
causa Acacii et Pétri.
Quem (Jean Talaïa) b. Gela-
sius suscepit cum gloria, cui
etiam et sedem secundam prae-
buit. lpsis temporibus fecit sy-
nodum et misit per tractum
Orientis ; et iterum misit et
damnavit in perpetuum Aca-
cium et Petrum, si non peni-
tens sub satisfactionem libelli
postularet paenitentiam.
Hic sub gestam synodicam re-
vocavit Mesenum episcopum
ad communionem, et restituit
eum ecclesiae suae sub satis-
factione libelli; et purgatus
est receptus.
Ipsis temporibus b. Gelasius
suscepit lohannem. Et iterum
misit et damnavit in perpe-
tuam Acacium et Petrum si
non peniterent, tamen expec-
tans sedis apostolica satisfac-
tionem secundum humanita-
tem primae sedis ecclesiae.
Dans ces deux passages, ce que BCDEG ont de plus que
A, ce sont des développements de pure forme ; en re-
vanche A contient quelques faits qui manquent aux au-
tres manuscrits. Un peu plus loin, la basilique Sainte-
Euphémie, sur le territoire de Tibur, est indiquée dans
les manuscrits BCDEG comme située à 20 milles de Rome.
Des documents que j'ai produits à propos de cepassage,
il résulte que la basilique s'élevait à 27 milles de Rome,
et non à 20 milles. Cette dernière distance est sans
doute celle de Tibur ; mais la basilique était en dehors
de la ville. Du reste, dans les mêmes manuscrits on
trouve la même distance indiquée, deux lignes plus bas,
pour une localité de la voie Laurentine, qui n'avait pas
20 milles en tout. Nous avons donc ici une glose, in-
sérée mal à propos à deux endroits du texte auxquels
elle ne saurait convenir *. — Le catalogue des écrits de
Gélase est indiqué d'une façon différente dans les
deux rédactions 2 :
quinque libros adversus Nes-
torium et Eutychem;
ymnos in modum b. Ambro-
sii;
duos libros adversus Atrium; sa-
cramentorum praefationes et ora-
tiones, cauto sermone; epistulas
fldei, delimato sermone, multas.
BCDEG
libros adversum Euthycem et
Nestorium, qui hodie in bi-
bliotheca ecclesiae archivo re-
condite tenentur;
tractatos et ymnus sicut b.
Ambrosius episcopus.
L'auteur de la notice de Gélase, que l'on trouve dans
certains manuscrits de Gennadius 3 , donne la liste sui-
vante, que je répartis suivant l'ordre des manuscrits A :
adversus Eutycen et Nestorium, grande et precîarum
volumen;
hymnus in similitudinem Ambrosii episcopi;
tractalus diversarum scribturarum et sacramentorum
delimato sermone;
adversus Petrum et Acacium epistolas, quae hodie in
Ecclesia catholica tenentur.
Le plus complet des trois textes est évidemment celui
des manuscrits A. Il ne saurait dériver de la rédaction
BCDEG. Quant à celle-ci, le mot libros, à la première
ligne, semble dériver du texte A ; le mot tractatos et
surtout la note sur la conservation des écrits de Gélase
dans la bibliothèque de l'église (romaine) pourraient
provenir de la notice pseudogennadienne. Cependant il
faut remarquer que, dans celle-ci, Jesmots in Ecclesia
catholica tenentur se rapportent à l'autorité doctrinale
des écrits de Gélase et non point, comme dans la note
en question, au lieu où ils sont matériellement conservés.
Rien n'empêche donc que la rédaction BCDEG ne soit
indépendante du Pseudo-Gennadius.
En tout cas ce catalogue est à sa place naturelle dans
les manuscrits A, tandis que, dans les autres, il a été
transposé et intercalé entre les ordinations et la sépul-
ture. Ce n'est pas du reste la seule modification qu'ait
subie la finale de cette notice ; les mots post obitum eius,
introduits dans la phrase sur la vacance, sont étrangers
au formulaire constant pour cette partie des notices.
1. Cf. p, 257, Gélase, note 13.
2. Pour l'ordre du texte, v. p. 255, var. 1. 17.
3. Voir le texte de cette notice ci-dessous, p. 2S7, Gblasb, note 14.
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4. — Les différences que je viens de signaler entre
la rédaction A et les autres manuscrits ne sont pas tou-
tes de telle nature que Ton puisse, à propos de chacune
d'elles, décider, par la seule comparaison des textes, où
est l'original, où le remaniement. Cependant, chaque
fois qu'un jugement est possible, il est en faveur de la
rédaction A. C'est le cas pour les variantes relevées
dans les notices deXystus, Urbain, Pontien, Cornélius,
Gaius,Marcellin, Jules, Damase, Sirice,Hilaire; pour une
au moins de celles qui sont afférentes aux vies de
Xystus III, Félix III, Gélase. En aucun cas il n'y a une
raison plausible d'accepter la leçon des autres manus-
crits. Plusieurs fois, par exemple dans les notices de
Cornélius, Gaius, Jules, Damase, il est évident que le
rédacteur BCDE opérait sur un texte mutilé ou maléfi-
cié d'une autre façon. Nous avons donc déjà de très
fortes présomptions en faveur du texte A contre l'autre.
Mais le texte A a pour lui un autre argument plus
général, c'est sa conformité avec la première édition.
Ici encore la constatation n'est paspossible dans tous les
cas, car il y a bien des endroits où la première édition
fait défaut. Mais chaque fois que nous en avons le texte,
soit dans l'un, soit dans l'autre des deux abrégés F et
K, soit dans les deux à la fois, raccord est manifeste 1 .
La chose est trop facile à vérifier pour qu'il soit néces-
saire d'entrer ici dans la discussion des textes.
Je crois donc avoir le droit de conclure que, pour la
première partie du Liber pontificalis, pour celle qui
correspond à la première édition, les manuscrits A nous
offrent un texte plus sincère que les autres. Ceux-ci
contiennent une rédaction remaniée, quelquefois interpo-
lée, quelquefois réduite, soit parsuite d'accidents arrivés
au manuscrit sur lequel le recenseur opérait, soit
pour quelque autre cause.
Cependant, que l'on me comprenne bien, je n'en-
tends pas dire que ceux des manuscrits A qui sont ve-
nus jusqu'à nous présentent, dans tous les cas, une le-
çon préférable à celle des autres. Sur la première édi-
1. Je n'ai à signaler que deux exceptions peu importantes. Dans
la notice de Silvestre, la leçon Seracte est attestée par FKBGD, con-
tre AE qui portent Syraptim ou quelque chose de semblable. Dans
le récit de la comparution de Cornélius devant Dèce (p. 150, 1. 16),
au lieu de iussit os beati Corneli, KBCD portent iussit os eius, qui
est peut-être la vraie leçon. F faisant ici défaut et la rédaction K
étant assez rapide, j'ai cru devoir maintenir la leçon des mss. AE.
Du reste, pour les détails de cet ordre, je n'ai pas hésité à suivre
BGD quand il me semblait clair qu'ils étaient plus conformes que
A ou AE à la première édition.
CCXIII
tion il s'est fait un remaniement P, dont la classe A et
le groupe des autres classes dérivent séparément. Dans
ces conditions, bien que A soit en général plus con-
forme à l'original P, il se peut que, pour quelques dé-
tails, la vraie leçon se soit perdue, soit dans toute cette
classe, soit dans ses manuscrits actuellement conservés,
et que la préférence doive être donnée à la leçon de BC.
2° Le type E.
5. — On a déjà vu plusieurs fois, dans les spéci- caractère
mens produits ici, que les manuscrits E et quelquefois *££ m^Te.
les manuscrits D représentent une transaction entre les
deux i édactions A et BC, que tantôt ils suivent l'une
des rédactions, tantôt l'autre. Quelquefois aussi ils pré-
sentent un texte hybride, obtenu en combinant deux
leçons divergentes. Je vais signaler ici les principaux
faits de cette nature, en commençant par les manus-
crits E, et en me référant aux passages signalés ci-des-
sus.
Pour les variantes relevées dans les notices d'Eleu-
thère, Gaius, Libère, Damase, E est d'accord avec A ; il
s'accorde.au contraire avecBC pour celles de Xystus I er ,
Télesphore, Antéros, Jules, Sirice, Hilaire, Félix III,
Gélase. Dans les autres, il varie ainsi qu'il suit.
Dans la notice d'Urbain, il ometàlafinles motsquem se-
pelivit beatus Tiburtius, comme BC. Au commencement,
placé entre les deux leçons Qui etiam clare conf essor
temporibus Diocletiani et Hic vero conf essor, il les com-
bine : Hic vero conf essor extitit temporibus Dioclitiani,
Ceci est la leçon de E 4 et du fragment de Freiberg cité
plus haut, p. 206, note i ; E 1 remplace Dioclitiani par Ma»
ximiani et Africani consulum; ces noms de consuls lui
sont fournis par la notice voisine, celle d' Antéros. Mais
ceci est une correction isolée, qui ne prouve rien con-
tre l'accord des autres manuscrits *.
Dans la vie de Pontien, E suit d'abord la seconde ré-
daction ; à la fin, il revient au texte A : Quem beatus
FabiantiSy etc.
Dans la vie de Cornélius, il commence par suivre la
rédaction BCD ; vers la fin il combine. Ainsi on trouve
nec nostras minas timeas, Cornélius episcopus respon-
1. La môme particularité se retrouve dans E 6 , manuscrit de
basse époque et d'une grande complexité.
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dit dicens, leçons de A. Un bel exemple de leçon
combinée se trouve dans la réponse de Cornélius à
l'empereur Dèce : « litteras accepi, non contra rem-
publicam sed magis animas redimendas (A), sed
spiritale consilium (BCD) ; E réunit les deux motifs :
sed magis spiritale consilium ad animas redimendas, J 1 'ai
dit plus haut que, grâce à un accident, les manuscrits
BC suppriment la finale de la vie de Cornélius et la
remplacent par la finale de la notice suivante, celle de
Lucius. L'arrangeur E se trouvait ainsi placé entre
deux textes bien différents. Il a fait son profit de l'un
et de l'autre.
Post hoc, id est III non. mart. [postquam passus est,
itaque] iam ante passionem suam omnia bona ecclesiae
iradidit Stephano archidiacono suo. Hic fecit ordinaliones
II per mens, decerab., presb. Ml, diac. ÏIU ; episcoposper
diversa loca numéro VII. Qui etiam decollatus est in locum
supradidum et martyr effectus est. Cuius corpus noctu colle-
gît beata Lucina cum clericis et sepelivit in crypta, iuxta cy-
miterium Calisti, via Appia, in praedio suo, VIII kal. sept.
Et cessavit episcopatum dies XXXV.
Les mots en italique représentent la partie empruntée
à la rédaction A. J'ai mis entre crochets quelques mots
de la rédaction BC que le recenseur E a supprimés,
comme inutiles et incohérents.
Dans la vie de Marcellin, les rédactions divergent à
deux endroits ; pour le premier, Eest d'accord avec BC,
pour le second avec A.
Dans la vie de Silvestre, la fondation de la basilique
de la voie Labicane estracontée dans les termes du texte
A, mais on y a intercalé les mots beatissima (mater), m
sarcophago porfiretico, empruntés à l'autre rédaction.
Même éclectisme pour Félix II, mais cette fois, aux
dépens de l'exactitude topographique. L'un des rédac-
teurs, A, fait mourir le pape à la porte de Rome, près
de l'aqueduc de Trajan, l'autre transporte le théâtre du
martyre à Cora, c'est-à-dire à près de quinze lieues de
là, sur la voie Appienne. Le recenseur E, pour ne rien
laisser peidre, combine les deux indications de localité,
de sorte que le même événement se passe à la fois en
deux endroits fort éloignés.
A E BCD
Qui etiam capite Qui etiam passus Qui etiam passus
truncaturcummultis estincivitateCorana est in civitate Cora-
clericis et fidelibus, cum multis clericis et na,UIidnov.Etexin-
occulte, iuxta muros fidelibus,occulte,iux* de raptum est cor-
Urbis, ad latus for- ta muros Urbis, ad pus eius a presbite-
ma Traiana, 111 id. latus forme Traiani, ris et clericis et se-
nov. Et exinde ra- III id.nov. Etexinde sepultum in basilica
puerunt corpus eius raptum est corpus quam ipse constru-
christiani cum Da- eius noctu a presbi- xit, via Aurélia, XII
maso presbitero et teris et clericis cum kal. decemb.,in mi-
sepelierunt in basi- Damaso presbitero, et liario secundo,
iica supradicta eius, sepultum est in su-
viaAurelia,XVIl kal. pradicta eius basili-
decemb., in pace. ca, quam ipse cons-
truxit, via Aurélia,
XII kal. decemb., in
miliario secundo, in
pace.
En retranchant du texte E les mots en italique, tous
empruntés à la rédaction A, on obtient exactement la
rédaction BCD, sauf un seul mot, noctu, dont j'indique-
rai plus loin la provenance.
Dans la vie de Xystus III, E est généralement con-
forme à BCD ; cependant il reproduit, à la fin, la phrase
sur la fondation de Sainte-Sabine, propre à la rédaction
A. C'est aussi cette rédaction qu'il suit dans la seconde
partie de la notice de Léon, où le texte BCD est si in-
complet.
Ces faits suffisent à prouver que les manuscrits E nous
ont conservé une rédaction mixte, obtenue par la com-
binaison des deux textes antérieurs A et BC. Mais là ne
s'arrête pas la complexité de cette recension. On y trouve
aussi des éléments provenant de la première édition.
Voici ce qu'il y a de plus important en ce genre.
Eleuthère : nulla esca usualis, au lieu de nulla esca; Ressemblan-
Calliste : les mots quarti, septimi et decimi, ajoutés à Ce et a K. C
la formule secundumprophetiam ;Xystus II : la date VIII
idaug., ajoutée après via Appia^ p. 155, 1. 10 ; le mot
supradictus supprimé, dans la même ligne ; les indica-
tions sepidtus est via Tyburtina et IIHid. attg., à propos
de saint Laurent ; il y a même ici une évidente combi-
naison de leçons, car, dans les autres manuscrits, les
mots via Tiburtina sont remplacés par in cymiterio
Cyriaces : l'arrangeur admet les deux indications à la
fois ; Félix : le mot sepulchra, au lieu de memorias ;
Gaius : les mots Cari et, négligés parle second éditeur
dans une des notes consulaires ; Silvestre : les groupes
de mots persecutione Constantini coficusstiSy perbaptis-
mum, repris (p. 170, 1. 3) à la première édition, bien
que la seconde, suivie en cela par E, ait remplacé le pre-
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mier par la formule cuius persecutionem primo fugiens
etc. : pour ne rien perdre, E ne recule pas devant le
pléonasme. Un peu plus loin, le mot caractéristique
consensu au lieu de praecepto (p. 171, 1. 4), les mots
sacerdotes, sanctam, et quorum cyrografum cucurrit
alii imbecilles CCF//(1.5), vel fidèles (p. 172, 1. 3), ab
eodemepiscopumSilvestrum ipsumsanctumfontem, mé-
tallo pour lapide (p. 174, 1. 9), aureum (1. 17), huius
temporibus fecit Augustus Constantinusex rogatu SU'
vestri episcopi (p. 195, 1. 1), super[i]us (1.4), puris (1. 9),
Constantiae (p. 180, 1. 11) ; Félix II : nocte, dans la for-
mule de la sépulture; Damasb : dedicavit (p. 212, 1. S) ;
Anastase : pr opter Manicheos, au lieu de quia eodem
tempore Manichei inventi sunt in urbeRoma ; Célestin :
et sic missas fiebant (p. 230, 1. 3).
On peut constater, en se reportant aux colonnes pa-
rallèles où j'ai publié les abrégés F et K que ces va-
riantes ne dérivent exclusivement ni de l'un ni de l'au-
tre de ces deux abrégés et qu'ils remontent à un exem-
plaire où le texte de la première édition s'était conservé
beaucoup plus complètement que dans ceux qui nous
sont parvenus.
* 7 - Ici, je dois faire observer que, dans presque tous les
la première passages où E suit A contre BC, A est lui-même d'ac-
cord avec la première édition. Il pourrait donc se
faire que la recension E résultât tout simplement de la
combinaison de deux manuscrits, l'un de la première
édition, l'autre de la seconde, ce dernier du type BC.
Les objections que pourrait rencontrer cette manière
de voir se résolvent aisément ; la plus grave est fournie
par la notice de Pontien. Ici, la recension E contient
le passage « Quem beatus Fabianus adduxit cum clero
per navim, » propre, dans la seconde édition, aux ma-
nuscrits A. Dans l'abrégé F, les mots soulignés sont
remplacés par navigio ; ils manquent tout à fait dans
l'abrégé K. Si navigio est bien la leçon de la première j
édition *, il faudra dire que le recenseur E avait à sa
disposition trois manuscrits, un w, un A, un BC. Mais
si navigio n'est qu'une particularité introduite par l'a-
bréviateur félicien *, cum clero per navim peut être la
leçon primitive et les trois manuscrits se réduisent à
deux.
1. Je l'ai rétablie ainsi p. 65, n'ayant point fait encore l'obser-
vation que je présente ici.
2. Le môme abréviateur omet la mention des clercs à propos de
la sépulture de Cornélius et de celle de Marcellin.
E dérive par
nt.'i
ccxv
Quoi qu'il en soit, dès lors que le recenseur E a eu
sous les yeux un manuscrit de la première édition, ou
tout au moins un manuscrit A meilleur, à certains
égards, que ceux qui nous sont parvenus, cette circons-
tance est propre à lui concilier créance pour certaines
particularités qui, par ailleurs, n'escitent aucun soup-
çon. C'est en partant de là que j'ai cru devoir accueillir
dans le texte de la notice de Silvestre quelques lignes
qui ne se rencontrent pas ailleurs : p. 174, 1. 4 : massa
Sentiliana, territurio Ardeatino 9 praest. sol. CCXL ;
plus bas, 1. 19, les mots praepositi sacricubiculi, quem
donavit Augustus Constaniinus ; p. 181, 1. 14, donum
quod obtulit; p. 182, 1. 6, possessio Sufuratarum,
praest. sol. LXVI\ ibid., 1. 10, possessio Septimiti,
praest. sol. CXXX; p. 185, 1. 14, massa Nemus, praest.
sol. CCLXXX K
Il n'est pas impossible d'indiquer la patrie de ce re- Patrie de
maniement. La notice de Lucius (p. 153) commence, ° e sion? 611 "
dans tous les autres manuscrits, par les mots Lucius,
natione Romanus, ex pâtre Purfirio. Dans les manus-
crits E, on lit : Lucius, natione Tuscus, de civitate
Luca, ex pâtre Lucino. Il est évident que l'auteur de
cette retouche portait un intérêt spécial à la ville de
Lucques. Quant à la date, elle doit être assez ancienne;
car deux manuscrits en onciale dépendent de ce rema- ,
niement, le Farnesianus et le Mutinensis. On ne peut
descendre jusqu'à la fin du vm e siècle.
Ceci, rapproché de ce que j'ai dit plus haut, p. clxxiv,
sur l'origine des manuscrits A, montre que, dans
l'histoire du texte et de la diffusion du Liber pontifi-
calis, la ville de Lucques a une importance très con-
sidérable. C'est de là, ou, pour parler avec plus de ri-
gueur, de la Toscane lombarde, que rayonne tout le
développement des manuscrits A et E, qui représentent
presque la totalité des manuscrits italiens du Liber
pontificalis, du vin 6 au xiv° siècle.
7. — Pour les manuscrits D, la complexité est loin Le texte d
d'être aussi grande. Çà et là seulement on rencontre 6tl âfiïon. ière
i. En toute rigueur, j'aurais dû renvoyer à la première édition ces
passages omi8 dans tous les bons manuscrits delà seconde. Mais,
outre qu'il n'est pas certain que le recenseur £ ne les a pas tirés
d'un manuscrit de la seconde édition plus complet que ceux que
nous possédons, ils n'ont pu manquer dans cette seconde édition
que par accident. Il n'était donc pas interdit de les y suppléer. Du
reste les lacunes des abrégés de la première édition sont si
grandes en ces endroits qu'il m'eût été difficile d'assigner exacte-
ment la place de ces fragments.
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quelques traits spéciaux à la rédaction A, ou plutôt à
la première édition. Ainsi, dans la notice de Xystus 1 er ,
ils ont le décret sur le chant du Sanctus, qui manque
à ÀBCE, mais se retrouve dans F et dans K. Dum,
comme FK, pour donec, dans la vie de Zéphyrin, ne
peut être une rencontre fortuite ; martyrii, après con-
firmatione, dans la vie de Cornélius (p. 150, 1.
4), ne se lit que dans K et dans D : ce passage
manque dans l'abrégé F ; les mots et sic missa caele-
bratur, dans la vie de Célestin, p. 236, 1. 36, se
retrouvent en revanche dans cet abrégé, tandis
que E, de concert avec K, porte et sic missas
fiebant et que ABC suppriment tout ce membre de
phrase. A la fin de la vie de Symmaque, D a, comme
FKA, la date obituaire à sa place accoutumée, XIII I kal.
aug. Cette date est omise par BCEG. Mais les ma-
nuscrits B ajoutent, tout à fait à la fin de la notice :
Depositus sub die XVI III mense iulio. D repro-
duit cette note, combinant ainsi les deux textes. —
Dans la notice d'Urbain, D présente la leçon caractéris-
tique Qui etiam clarus confessor temporibus Diode-
tiani.
Toutes ces variantes peuvent dériverd'un manuscrit?:,
différent des abrégés F et K ; une seule d'entre elles
s'exphquerait par l'influence d'un manuscrit A. Le plus
simple est encore de supposer qu'il y a eu combinaison
du texte ie et du texte BC, soit que l'auteur du mélange
ait eu simultanément à sa disposition un manuscrit
de chacun des deux types, soit qu'il ait simplement
fondu dans le texte quelques variantes écrites en marge
d'un manuscrit BC.
Outre les particularités que je viens de relever, je
veux signaler, dans les manuscrits D, une variante très
importante au point de vue de l'histoire de la basilique
de Saint-Paul. Les autres manuscrits en attribuent la
fondation à Constantin. D joint au nom de cet empe-
reur celui de son fils Constance, qualifié de s domnus :
Constantinus Augustus etdomnus Constantius Augustus
(p. 178, 1. 12). Le passage auquel 'se rapporte cette va-
riante dérive, comme je l'ai expliqué ci-dessus, p. clii,
d'un document du iv e siècle, dont certaines parties pou-
vaient être du temps de Constance (337-361). 11 ne me
semble pas impossible que l'expression domnus Cons-
tantius remonte jusque-là. Ceci suppose évidemment
que, dans ce passage, D reproduit mieux que les autres
la rédaction primitive du Liber pontificalis et par con-
HISTOIRE DU TEXTE.
sôquent qu'il dérive directement de la première édi-
tion l ,
8. — Au delà de Symmaque nous ne rencontrons Groupement
plus de graves divergences entre les manuscrits de la jp37su*to.
deuxième édition. Pour les vies d'Hormisdas, Jean I er ,
Félix IV, Boniface II, Jean II, Agapit, le texte est sen-
siblement le même partout. Il reste cependant encore
quelques détails propres à prouver que la différence des
deuxrédactions se maintient. Ainsi, p. 270, 1. 13, lohanne
episcopo (FA), episcopo lohanne (BCDE); p. 271, 1. 16
sing. omis par BCDE, sauf C 1 , qui l'aura rétabli conjec-
turalement;p.275, 1. i.fuitautem est omis par CDEG
et par la plupart 2 des manuscrits B ; p. 285, 1. 8, les
manuscrits A sont les seuls qui aient le mot argenteos.
A la notice/le Silvère apparaît un [autre groupement.
Des deux manuscrits D, l'un, celui de Beauvais, cesse
absolument de présenter des particularités et surtout
des traits de ressemblance avec celui de Tours, dont
jusqu'ici il avait été un véritable sosie. Il s'assimile en-
tièrement au type B et en reproduit désormais tous les
traits, jusqu'à l'endroit où il s'arrête, c'est-à-dire jus-
qu'à la fin de la vie d'Etienne II. Quant au manuscrit
de Tours, il passe brusquement du côté de A et ne s'en
sépare plus jusqu'à Constantin inclusivement. Désor-
mais, et jusqu'à Sergius (f 701),le groupement est AD
contre BCE. Ce dernier groupe a perdu, depuis saint
Léon, le témoignage des précieux fragments de Mo-
dène ; depuis Anastase II, celui du très ancien manus-
crit de Naples, un instant suppléé (Hormisdas, Jean I er )
par les feuillets de Turin. En revanche, le groupe E, au-
quel, depuis Damase, s'est joint le manuscrit G, se
renforce, dans la notice même de Silvère, des deux ma-
nuscrits E 2 et E 5 , celui-ci d'une grande valeur à cause
de son antiquité. De plus, l'abrégé K, qui, depuis Bo-
niface II, dérive du même texte que les autres, pré-
i. L'abrégé F fait ici défaut; K est lui-même très rapide à cet
endroit. On ne peut donc dire, d'après les abrégés, si le nom de
Constance figurait ou ne figurait pas dans le texte d'où ils déri-
vent.
2. Cette omission se rencontre aussi dans FK, et j'aurais dû y
conformer le texte imprimé ; en effet, les deux mots fuit autem
sont une formule connue, qui a pu être retrouvée isolément par
le copiste de l'original des mss. A et par celui du ms. d'où déri-
vent B»et B». — A cette même ligne, la leçon d. XVI, des mss.
BCD, est plus voisine que celle {d. XVII) de A du chiffre d. XV,
qui se rencontre dans les deux abrégés F et K. Je l'avais admise,
comme celle du L. P. à la p. lxxxvi. C'est grâce à une distrac-
tion que, à la p. 275, je l'ai renvoyée aux variantes.
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sente, pour cette période, une conformité étonnante avec
le manuscrit G.
Supériorité 9. — Entre les deux leçons concurrentes, il faut se
desmss.BCE . . .
décider par la seule comparaison, car, depuis Boni-
face II (o30), nous n'avons plus, pour nous guider, l'au-
torité de la première édition. Tout bien pesé, c'est le
type BGEGK qui mérite la préférence. Voici quelques
exemples : Pelage II est dit avoir été ordonné absque
iussione principis ; telle est la leçon BCE. Dans le texte
AD la leçon primitive était ex praecepto iussionem;
c'est évidemment une leçon composite; on aura voulu
substituer expraecepto à absque iussionem, maison aura
oublié d'effacer le second de ces deux mots. — Boni-
face IV, p. 317, 1. 3 : b. Mariae semper virginis (BGE) :
b. ac gloriosae et Dei genetricis semperque virginis
(AD). La première leçon est évidemment plus conforme
au style ordinaire de cette partie du Liber pontificalis.
— Deusdedit, p. 319, 1. 3, le mot mixti, nécessaire au
sens, manque dans AD. Les mots contra quem, pour
qui (1. 5), eundem, simul cum eo alios multos et sic,
ajoutés à tyrannum (même ligne), pax magna pour
pax (1. 6), sont des compléments aisés à trouver, qui
ont pu être ajoutés ex ingenio par un copiste. — Ho-
norius, p. 323, 1.4: regias in ingressu ecclesiae maiores
qui appellatur mediana (BGE), regias in ingressu eccle-
siae eius quas vocant mediana (AD) ; la leçon maiores
semble réclamée par le contexte. — Théodore, p. 332,
1.9 : Pyrrus..., qui fueràt patriarcha(BCE), episcopus
et patriarcha (AD) : episcopus semble bien être une
glose ; p. 333, 1.6: ad... fidem catholicae ecclesiae (BCE),
ad... fidem catholicam apostolicam ecclesiam (AD). Ici
la leçon de AD, outre son incohérence, a contre elle la
source du texte, le concile de 649, d'où ce passage est
tiré *. — Adéodat, p. 346, 1. 10 , confugerunt fecerunt
(BGE), confugium fecerant (AD) ; cette dernière leçon
rend le texte inintelligible. — Agathon, p. 350, 1. 10,
les leçons fratribus (AD) pour fratres, vel nati pour
binatim, cessavit pour non cessavit (1. 12), confessus
pour confusus (p. 352, 1. 11), sequentes pour se partes
(p. 353, 1. 15), sont certainement inacceptables. —
Dans la notice de Benoît II, il y a un véritable rema-
niement :
i. Voir ce document p. 334, note 13.
Liber pontificalis.
BCE
AD
Huius temporibus apparuit
stella noctu, iuxta vigilias,
per dies, caelum serenum, in-
ter Domini et Theophania, ve-
luti luna sub nube. Itemque
raense februario, post natale
sancti Valentini...
Huius temporibus apparuit
stella noctu, per dies, veluti
luna sub nube, inter Domini
et Theophania. Item prope
exitu niensis iebruarii...
10. — Les particularités fautives qui groupent AD ^sies^Krou-
contre les autres manuscrits continuent à se montrer ces au cours
du VII e siècle
jusque dans la vie de Constantin. Mais l'autre groupe
se disjoint plusieurs notices auparavant. Dès la notice
de Gonon, le manuscrit G 4 cesse de ressembler spécia-
lement aux autres manuscrits G ; il passe au type E et
s'y maintient fidèle. Le manuscrit G opère une con-
version de sens contraire, à la hauteur de la vie de
Sergius, et se range dans la classe C, très près du ma-
nuscrit G 1 . Celui-ci, qui, jusqu'à la vie de Jean IV, of-
frait plus de ressemblance avec le groupe B qu'avec les
autres manuscrits G, devient, à partir de Jean IV, tout
à fait semblable à G 2 , môme et surtout dans les fautes
les plus évidentes ; on doit de toute nécessité admettre
que, copiés jusque-là sur des exemplaires différents, ils
dérivent depuis lors du même original.
Les différences que je viens d'ônumôrer, depuis la Spécialités
notice de Silvère, sont toutes, sauf peut-être dans depuis Ser-
gius.
la notice de Benoît II, de celles qui résultent de sim-
ples accidents de transcription. Depuis Sergius, les
manuscrits B s'accordent, contre tous les autres, sur
certaines petites retouches, suppressions ', inversions,
qui ne changent guère, à la vérité, le sens des phrases,
mais qui ont été faites à dessein. Ce qu'il y a de plus
grave en ce genre se rencontre dans un passage de la
vie de Sergius sur la basilique de Saint-Paul.
Texte primitif (p. 375, 1. 12)
Hic tegnum et cubicula uni-
versa incircuitu basilicae beati
Pauli apostoli, quae longa per
Manuscrits B
Hic tegnum et cubicula uni-
versa incircuitu basilicae beati
Pauli apostoli, quae longa per
1. Suppressions: p. 373, 1. 14, et trepidans; 1. 15, quidem; 1. 19,
ci7tMs;p. 374, 1. 19, maiorem; p. 375, 1, 1, et odor suavitalis; 1. 13,
similiter; p. 376, 1. 3, qui tollis peccata mundi, miserere mais; 1. 4i
autem ; 1. 13, ad usum et ornatum ecclesiarum Chrisli ; p. 385, 1. 9,
praecipuum; p. 391. 1. 9, christianissimus et orthodoxus; 1. 11, here-
ticus\ l.l$,abexilio. —Inversions ou formules synonymes : p. 372,
1.2 ; p. 376, 1. 1 ; p. 383, 1. 13 ; p, 385, 1. 12, 17, 18 ; p. 388, 1. 3 ; p. 390,
1. 9, 13; p. 39!, 1. 1,5.
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CC XVIII
tempora vetustate confecta file-
ront, studiosius innovavit ac
reparavit. Similiter et trabes
fecit de Calabria adduci,et quae
in eadembasilica velustissimas
invenit renovavit. Hic imagi-
nem apostolorum vetustissi-
raam, quae erat super fores
eiusiem basilkae, mutavit.
mss. EGK.
HISTOIRE
tempora vetustate fuerant con-
fecta, studiosius innovavit ac
reparavit, et trabes de Calabria
fecit adduci et in eadern basili-
ca vetustissimas renovavit quas
invenit. Hic imaginem aposto-
lorum vetustissimam, quae
erat ante fores, renovavit.
Il faut noter aussi la suppression des mots cum Ter-
veli (p. 385, 1. 13), dans la vie de Jean VII.
Ces détails montrent que, depuis la fin du vn c siècle,
les manuscrits B tendent à s'isoler du groupe auquel
ils appartenaient d'abord. Quant aux manuscrits E,
toujours plus sujets que les autres aux retouches et in-
terpolations, leurs particularités remontent beaucoup
plus haut. Dans la notice de Vigile, p. 296, 1. 8, ils in-
tercalent les mots ad Gundarim regem Guandalorum
et ut quae fecerat in Italia faceret et in Africa. Les
autres particularités, si l'on écarte celles qui sont exclu-
sivement propres à certains manuscrits du groupe *,
sont de moindre importance. Pour toute cette période,
l'abrégé K est, comme je l'ai dit, conforme au groupe
E en général, et en particulier au type spécial repré-
senté par E 4 et G. Cette circonstance aurait un intérêt
bien plus grand si l'abrégé K et les manuscrits E 4 et G
ne fourmillaient pas, chacun de son côté, de retouches
et remaniements de toute espèce. Du reste le manus-
crit sur lequel a été fait l'abrégé K ne s'arrêtait pas à
Conon, mais à Etienne II ; il n'y a rien à conclure de
son étendue en faveur de son antiquité. Des coupures
aussi anciennes et même plus anciennes se rencontrent
dans les autres textes.
En somme, même en tenant compte des retouches
spéciales aux manuscrits C et à celles que présentent
en commun tous ceux du groupe EG, il n'y a pas,
pour la période Silvère-Constantin, de bien graves di-
vergences. C'est toujours le même texte, mieux con-
servé dans le groupe BCE que dans le groupe AD,
dans 2 les manuscrits C que dans les manuscrits BE.
11. — Cependant, il y a, en ce qui regarde les sé-
i. Ci-dessus, p. cciii.
2. La supériorité des manuscrits C n'est pas absolue et cons-
tante. Ainsi, dans la vie de Conon, p. 369, 1. 8, ils s'accordent à
omettre les mots sententiae imperiali discutiendum. Il y a aussi des
cas où les chiffres de KG, sont plus exacts que tous les autres.
DU TEXTE.
pultures des papes, quelques différences plus impor- ^indication
tantes. Elles apparaissent aux deux extrémités de la ture
série, entre Pelage I or et Boniface V (556-625) et entre
Jean VI et Constantin (701-715).
Depuis Pelage I er jusqu'à Boniface V, c'est-à-dire pour (556-625)
une série de dix notices, la date obituaire ayant été omise
dans le texte original, cette omission fut suppléée dans
la plupart des manuscrits, mais de façons différentes.
D'abord les manuscrits C 1 , G et ceux de l'abrégé K ne
présentent aucun supplément. Dans les manuscrits A et
D, ainsi que dans le BernensisbOS (C 3 ), la dateestmar-
quée à la un, après la mention de la vacance, c'est-à-
dire en dehors du texte de la notice. La formule est à peu
près toujours la même: Depositus sub die... merisis...
Le jour est marqué par le quantième du mois. Cette
même notation se rencontre dans les manuscrits C 2 ,
C 4 , E 1 , E 2 , mais ici la date est dans le corps de la notice,
à l'endroit qui lui convient, c'est-à-dire à la fin de la
phrase sur la sépulture 1 . Dans les manuscrits B la date
est aussi dans le texte, mais elle est exprimée en nones,
ides et kalendes et non plus en quantièmes.
Que cette dernière disposition soit postérieure aux
précédentes, c'est ce dont il n'est pas possible de douter.
Comment expliquer, en effet, les transformations suc-
cessives quiee seraient produites dans l'hypothèse con-
traire? A qui pouvait venir l'idée de traduire en quan-
tièmes une date exprimée dans la notation ancienne,
encore officielle et usuelle ; de la rejeter, une fois tra-
duite, à la fin des notices ; enfin de supprimer tout à
fait une donnée si importante? L'ordre contraire est
beaucoup plus vraisemblable. On aura d'abord omis la
date, comme cela était déjà arrivé plusieurs fois dans
les notices précédentes et, en particulier, dans celle de
Vigile, qui vient immédiatement avant celle de Pelage I er .
Plus tard l'omission aura été suppléée en marge ou dans
l'alinéa laissé entre les notices 2 . Une fois les supplé-
1. Il en est de môme dans les manuscrits A, D, C 3 , pour les no-
tices de saint Grégoire et de Boniface III. Pour celle de Pelage I",
les manuscrits A et D omettent complètement la date ; C«, C*, E»,
E 2 l'intercalent dans le texte, mais après les ordinations, hors de
sa place naturelle, ce qui est un bon signe d'interpolation. Le Far-
nesianus (E«) était sans doute d'accord, pour toute cette période,
avec E*,car ni Bianchini niVignoli ne signalent aucune variante.
2. La'notation en quantièmes du mois, si elle était primitive,
formerait anomalie, au moins pour les plus anciennes des dix vies
considérées. Aucune inscription romaine, aucun document ro-
main de quelque nature que ce soit qui puisse être attribué au
vie siècle ne marque les jours du mois autrement qu'en nones, ides
et kalendes.
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ments entrés dans le texte, un réviseur, ami de l'uni-
formité, les aura traduits dans la notation antique; l'i-
dée lui en sera venue d'autant plus facilement que, de-
puis Honorius, successeur de Boniface V, jusqu'à Ser-
gius, les dates obituaires sont régulièrement exprimées
en nones, ides et kalendes 1 .
(70i-H5) 12. — Dans les vies de Jean VI, Jean VII, Sisinnius
et Constantin, les manuscrits ACDG se distinguent des
manuscrits BE en ce qu'ils ne contiennent pas le synchro-
nisme impérial en tête de la notice et que, à la fin, ils
ne parlent pas de la sépulture du pape. Le texte primi-
tif, dans la série Pélage-BonifaceV, omettait ladateobi-
tuaire ; ici toute mention de la sépulture est supprimée.
Les manuscrits BE, au contraire, mentionnent tous et
toujours la déposition à Saint-Pierre ; ils donnent à
ce propos trois indications, la date du jour et du mois,
l'indiction et le nom de l'empereur régnant, dont le
synchronisme est marqué aussi au commencement de
la notice. Cependant les manuscrits B omettent assez
souvent l'une ou l'autre de ces indications ; il y a aussi
quelques lacunes dans les manuscrits E eux-mêmes.
Voici le tableau de ces particularités :
Synchronisme
impérial
DÉPOSITION
Date du jour
Indiclion
Empereur
en tête de la notice
et du mois
régnant.
Jean VI»
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BE
BE
Jean VII
BE
BE
BE
BE
Sisinnius
BE
B
E
E
Constantin
E
BE
E
E
On voit que, pour cet ordre de renseignements, les
manuscrits E sont beaucoup plus complets que les ma-
nuscrits B. Une seule fois il y a dans B quelque chose
qui manque dans E, le jour de la mort de Sisinnius. Or
il se trouve que la date indiquée par B est une date
fausse. Ce n'est pas la seule : celle de la mort du pape
Constantin est indiquée tout aussi faussement.
La mention de la sépulture, dans les notices pontifi-
cales, n'est pas une de ces choses que les abréviateurs
1. Il n'y a que trois exceptions, relatives à Martin, Jean V et
Gonon ; encore faut-il remarquer que, pour le premier, la tra-
duction en kalendes se rencontre dans tous les mss. B, et, pour
Gonon, dans plusieurs d'entre eux.
2. Pour le pape Jean VI, le ms. G 3 offre, lui aussi, le synchro-
nisme impérial, au commencement do la notice ; à la fin, on y
trouve les mots sepullus in basiliea beati Pétri apostoli, sans autre
indication.
fassent volontiers disparaître ; on peut en dire autant du
synchronisme des empereurs. Il y a des abrégés très
courts qui cependant ont respecté ces détails. Il est donc
plus naturel de croire que la priorité appartient encore
ici au groupe ACDG.
Le complément était d'ailleurs assez facile à trouver.
Les renseignements que le biographe n'avait pas sous
la main dans son cabinet, ou qu'il oubliait d'introduire
dans son récit, on pouvait se les procurer en faisant une
visite à la basilique de Saint-Pierre. Les tombeaux des
papes y ont été de tout temps fort en vue ; on y lisait
une épitaphe, en vers le plus souvent, et, depuis le sep-
tième siècle au moins, assez pauvre en détails histori-
ques, mais terminée par une formule comme celle-ci :
Hic requiescit N. papa, qui sedit ann. mens,
dies Depositus sub ' die indictione
domno N. imperante .11 n'y avait qu'à recueillir ces
données et à les reporter dans les marges de son manus-
crit.
Je ne serais pas étonné que nous eussions, dans les
manuscrits B et E, les résultats de deux tournées de
ce genre parmi les tombes pontificales. L'accord entre
les deux familles de manuscrits est assez grand pour
indiquer une source commune ; mais les divergences
sont trop fortes pour être mises sur le compte des seuls
copistes. Ce qu'il y a de commun, c'est d'abord la pré-
occupation des détails de cet ordre, puis les formules
classiques: Fuit autem temporibus N. Augusti. Qui
etiam sepullus est ad bealum Petrum apostolum... Ce
sont là des expressions [que des lecteurs du livre pontifi-
cal pouvaient rencontrer indépendamment les uns des
autres. La preuve que, dans leur texte, les dates ne font
pas corps avec les formules, c'est qu'ils écrivent quel-
quefois la formule avant d'avoir la date, et que, la date
n'ayant pas été trouvée, la formule reste en l'air. Ainsi,
à la fin de la vie de Jean VI, dans BE, de Sisinnius, dans
E tout seul, on lit : Qui etiam sepullus est ad bealum
Petrum apostolum sub die.... ; mais le jour n'est pas
marqué. Je regrette vivement de ne pouvoir confirmer
ces conjectures en recourant aux épitaphes : celles-ci
paraissent irrévocablement perdues.
13. — Au delà de Constantin (f 713), les manuscrits changements
A disparaissent presque tous. Seul le manuscrit de Luc-p^JïrtSïê
ques (A 1 ) présente une continuation qui prolonge le type ' 15
jusqu'à Hadrien (f 795). Bien que fort mal copiée, avec
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de fortes abréviations de mots, etmême, en certains en-
droits, avec des suppressions dans le texte, cette conti-
nuation est d'une date si ancienne qu'il y a lieu d'en
tenir le plus grand compte. Le manuscrit D, qui, depuis
Silvère, était demeuré fidèle au type A, repasse du côté
de BE. En revanche les trois excellents manuscrits G 1 ,
C 2 ,C 3 , confirment en général la leçon de A, et le manus-
crit G, sosie de C 1 jusqu'à Etienne II, renforce encore
le groupe.
Désormais, et jusqu'à Etienne III, nous allons avoir
affaire à des divergences énormes, qui classent à pre-
mière vue les manuscrits et qui me dispenseront de signa-
ler ici les variantes d'ordre purement paléographique.
Les deux ré- f4. — En ce qui regarde la vie de Grégoire II, les dif-
vie de Gré- férences sont tellement considérables que j'ai dû im-
primer les deux textes en colonnes parallèles. Je
groupe ici les principales divergences :
1° Passages qui se trouvent dans la rédaction BDE
et qui manquent à A CG :
Synchronisme des empereurs au commencement
de la notice (p. 396);
Education de Grégoire sous le pape Sergius (ibid.) ;
Anciennes fonctions exercées par lui : il a été sac-
cellarius et bibliothécaire {ibid.) ;
Son rôle à la cour de Justinien II {ibid.) ;
Réparation des murs de Rome {ibid.);
Pluie de blé, d'orge et de légumes brûlés (p. 402) ;
Poids des pièces d'orfèvrerie offertes par le pape à
l'oratoire Saint-Pierre et au monastère de Sainte-
Agathe (ibid.) ;
Date par l'indiction XI d'un événement rapporté
dans ACG sous la rubrique vague eo tempore
(p. 407);
Éclat subit que jette l'étoile Antifer en janvier 729
{ibid.);
Révolte de l'usurpateur Tibère Petasius (p. 408) ;
Don de quelques vases sacrés et distributions d'ar-
gent ordonnées par testament (p. 409) ;
2° Passages remaniés dans l'une ou Vautre des deux
rédactions',
Réparations à la basilique de Saint-Paul (p. 397) ;
Ordre des offices dans la même basilique {ibid.) ;
Distribution des offices à Sainte-Marie ad Praesem
{ibid.) ; r
Pèlerinage ad limina de Theudo, duc de Bavière,
et de ses compatriotes (p. 398) ;
Invasion des Sarrasins en France ; bataille de Tou-
louse (ibid.);
Fondation du monastère de Sainte-Agathe (p. 402) ;
Expédition de l'exarque Eutychius et du roi Liut-
prand contre la ville de Rome (p. 407) ;
Destitution de Germain, patriarche de Constanti-
nople(p. 409);
La finale.
La plupart de ces changements portent, non seule-
ment sur l'ordre des mots, mais sur le sens lui-môme.
La notice a été en quelque sorte refaite, et cela par un
contemporain.
Maintenant, quelle est la première édition, quelle est
la seconde ? On peut dire d'une manière générale que,
dans les textes de ce genre, toutes les fois qu'elle n'offre
pas trace de coupures intentionnelles, la rédaction in-
complète a plus de titres à être considérée comme an-
térieure. Les manuscrits ACG, pris dans leur ensemble,
ne révèlent nullement le dessein d'abréger un texte
trop long ; un tel dessein eût entraîné bien d'autres
suppressions, dans cette notice et dans les notices voi-
sines. L'impression que l'on éprouve en comparant les
deux textes, c'est que l'un d'eux a été remanié et com-
plété par quelqu'un qui en savait plus long, sur plu-
sieurs points, que l'auteur de la rédaction primitive. De
plus, les manuscrits BE nous ont déjà offert des traces
évidentes de remaniement, et précisément dans la
partie qui précède immédiatement la vie de Grégoire II.
Enfin, en étudiant certains détails, on peut constater
que le texte BDE, bien qu'il soit de très peu postérieur
au texte ACG, présente certaines confusions causées par
une intelligence imparfaite de ce dernier texte. Citons
des exemples.
Le texte ACG parle ainsi des réparations exécutées à
Saint-Paul : Hic trabes in basilica beati Pauli apostoli
vetustate quassatas mutavit et maximam cooperuit
partem basilice quae ceciderat. Il y a ici deux travaux
distincts, le remplacement de certaines pièces de char-
pente, fatiguées parle temps, et le rétablissement d'une
toiture à la suite d'un accident. Dans BDE les deux
choses sont confondues : Hic maximam partem basili-
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cae beaii Pauli apostoli quae ceciderat, allatis de Ca-
labria trabibus cooperuit ! . Il est vrai qu'on nous dit
que Jes poutres venaient de Calabre : c'est de Calabre
en effet que Ton faisait venir à Rome les bois de char-
pente 2 . On saisit déjà ici, chez le rédacteur BDE, une
certaine tendance à l'abréviation. Elle reparaît un [peu
plus loin, à propos des succès de saint Boniface en Ger-
manie. Les manuscrits ACG portent que Grégoire II,
par la voix de Boniface, gentem illam... convertit ad
Christum et maximam partem gentis eiusdem sancti
baptismatis lavit unda. Dans la rédaction BDE la phrase
s'arrête au mot Christum ; on aura peut-être vu une
contradiction entre les deux propositions gentem con-
vertit et maximam partem gentis baptismatis lavit
unda. Plus loin, le pape ordonne aux moines des cou-
vents attachés à la basilique de Saint-Paul ut tribus per
diem vicibus et noctu matutinos dicerent. La phrase,
ainsi conçue dans ACG, est bien mal construite ; BDE
corrige en abrégeant : ut ibidem die noctuque Deo
redderent laudes. Une retouche du même genre se
trouve dans la phrase suivante, à propos des monas-
tères de Sainte-Marie Majeure, réorganisés ut tertiam,
sextam et nonam vel matutinos in eadem ecclesia s.
Dei genetricis colidianis agerent diebus (ACG)..., ut
ad s. Dei genetricem singulis diebus atque noctibus
Deo laudes canerent (BDE). Il est vrai que, dans la ré-
daction BDE, on ne trouve pas la réflexion et manet
nunc usque pia eius ordinatio, qui termine ce passage
dans ACG et qui semble indiquer que l'auteur écrivait
longtemps après l'événement. Mais il ne faut pas
croire que de telles formules indiquent un long inter-
valle entre les faits et le récit ; en bien des endroits il
est question de documents qui sont dits conservés dans
les archives usque ad hodiernum diem, usque hodie,
ce qui n'empêche pas l'auteur de ces formules d'être un
contemporain. L'absence des mots manet nunc usque
me porterait plutôt à croire que le règlement de Gré-
goire II était déjà tombé en désuétude ou mal observé,
au moment où la vie de ce pape fut retouchée par le
rédacteur BDE.
Un des remaniements les plus caractéristiques, bien
propre à montrer le rapport de date entre les deux ré-
dacteurs, c'est celui du récit de l'invasion sarrasine en
France (p. 401) :
i.p. 391.
2. Sehgius, p. 375, 1. 13. Greg. M. Ep. xii, 20-22.
ACG
Eodem tempore nec dicenda
Agarenorum gens, a loco qui
Septem dicitur transfretantes,
Spaniam ingressi, maximam
occiserunt partem cum eorum
rege ; reliquos omnes subdi-
derunt cum suis bonis et ita
eandem provinciam annis pos-
siderunt decem. Undecimo
vero anno, generalis facta
Francorum motio contra Sar-
racenos, circumdantes inter-
emerunt. Trecenta enim sep-
tuaginta quinque milia uno
sunt die interfecti, ut Franco-
rum missa ponlificis epistola
conlinebat.
BDE
Eodem tempore nefanda
Agarenorum gens, cum iam
Spaniarum provinciam per
decem tenerent annos perva-
sam, undecimo anno Roda-
num conabantur fluvium tran-
sire, Francias occupandum,
ubi Eodo praeerat. Qui facta
generali Francorum monitione
contra Sarracenos, eos circum-
dantes interemerunt. Trecenta
enim septuaginta quinque
milia uno sunt die interfecti,
ut eiusdem Eodonis, Franco-
rum ducis, missa pontificis
epistola conlinebat.
En passant d'un texte à l'autre, on trouve certaines
variantes historiques qui sont utiles à signaler. Le cor-
recteur BDE, qui s'intéresse à la chronologie et qui a
introduit les indictions en plus d'un endroit du texte,
a fort bien vu que l'invasion de l'Espagne par les Sar-
rasins (711) ne pouvait avoir eu lieu sous Grégoire II,
élu pape en 715. Le premier biographe n'avait proba-
blement pas voulu le dire ; mais sa phrase est si mal
disposée que l'erreur est presque inévitable. Une cor-
rection était donc nécessaire ; malheureusement le ré-
dacteur BDE, moins au courant de la géographie poli-
tique que de la chronologie, n'a pas su faire cette cor-
rection sans la compliquer d'une grosse erreur. Il sem-
ble, en le lisant, que les états du duc Eudes étaient
séparés des envahisseurs sarrasins par le cours du
Rhône, ce qui est certainement faux. Cette erreur per-
met, je crois, de donner une date au remaniement. En
721, sous le pape Grégoire II, les Sarrasins, pour se
mesurer avec le duc Eudes, à la bataille de Toulouse,
eurent à franchir, non pas le Rhône, mais les Pyrénées
et les Côvennes ; en 737, au contraire, ils marchèrent
vers Je Rhône : irrumpentes Rhodanum fluvium, dit le
continuateur de Frédégaire. Une invasion de ce côté
ne pouvait manquer de produire une grande impression
en Italie. Paul Diacre (vi, 54) raconte que le roi Liut-
prand se mit en marche pour venir en aide aux princes
franks et chasser les Sarrasins. Le rédacteur BDE a con-
fondu les deux expéditions et les deux déroutes des in-
fidèles, bien qu'elles soient séparées par un intervalle
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de seize ou dix-sept ans. Pour le dire en passant, ni le
premier ni le second rédacteur de la vie de Grégoire II
ne parlent de la bataille de Poitiers. Le second, qui fait
combattre le duc d'Aquitaine sur les bords du Rhône et
enchevêtre ainsi les événements des années 737-739
avec ceux de l'année 721, a donc écrit un certain temps
après 737-739, sous le pape Zacharie au plus tôt, à
une date cependant où ses souvenirs personnels du
temps de Grégoire II étaient encore très vivants. On
peut même penser que quelques-uns de ces souvenirs
avaient été fixés par l'écriture au moment où il revoyait
le livre pontifical ; car les détails qu'il donne sur les
phénomènes naturels et les dates précises qu'il assigne
aux événements dépassent ce que l'on peut attendre
de la tradition orale et de la mémoire individuelle ; ils
semblent empruntés à des annales locales.
Je ne signalerai plus qu'une seule divergence entre
lui et le biographe primitif. Celui-ci attribue a Gré-
goire II l'institution des stations du jeudi, pendant le
Carême : ut quintas ferlas missarum celebritas fieret
in ecclesias, quod non agebatur. Dans les manuscrits
BDE, on lit ieiuniwn atque missarum celebritas (p. 402,
1. 5). De cette façon, Grégoire II est présenté comme
ayant institué le jeûne des jeudis de Carême, contrai-
rement à un usage antérieur d'après lequel le jeudi
aurait été affranchi de l'observance quadragésimale. Ce
que nous savons de la discipline romaine nous autorise
à rejeter cette idée. Avant comme après Grégoire II, on
jeûnaità Rome , pendant le Carême, tous les jours de la se-
maine, sauf le dimanche. Saint Grégoire le Grandl'atteste
formellement ; le concile in Trullo de 692, si éveillé sur
les particularités romaines de cet ordre, n'aurait pas
manqué de relever celle-ci, si elle eût existé. La rédac-
tion BDE est donc démentie par l'histoire. Au contraire,
la rédaction AC, qui ne vise que la célébration de la
messe solennelle, est confirmée par les livres liturgi-
ques. Le sacramen taire de Saint-Denys, dit sacramen-
taire gélasien, qui représente l'usage romain à la fin
du vu e siècle et au commencement du vm e , contient
des messes pour tous les jours du Carême, excepté les
jeudis; le sacramentaire dit grégorien, dont les manus-
crits connus remontent tous à un original du temps du
pape Hadrien (772-795), a des messes pour les jeudis
comme pour les autres jours.
En somme, pour la vie de Grégoire II, le texte re-
présenté par les manuscrits ACGa, sur celui des manus-
crits BDE, l'avantage de la priorité. C'est lui que Paul
Diacre a eu sous les yeux. On peut s'en assurer en
comparant aux deux textes relatifs à l'invasion sarrasine
le passage suivant de l'Histoire des Lombards (vi, 46) :
Eo tempore, gens Sarracenorum in loco qui Septem dicitur
ex Africa transfretantes, universam Spaniam invaserunt. Deinde
post deceni annos cura uxoribus et parvulis venientes, Aquita-
niam, Galliae provinciam, quasi habilaturi ingressi sunt. Ca-
rolus siquidem cura Eudone Aquitaniae principe tune discor-
diam habebat. Qui tamen in unum se coniungentes contra eos-
dem Sarraceuos, pari consilio dimicarunt. Nam inruentes
Franci super eos, trecenta septuagiuta quinque milia Sarrace-
norum interimerunt.
Paul Diacre a fait ici une confusion analogue à celle
du rédacteur BDE ; il a confondu l'invasion de 721 et
celle de 732, celle qui se termina par la bataille de Tou-
louse et celle qui fut repoussée par Gharles Martel. Mais
il est clair qu'il n'a pas eu le texte BDE sous les yeux.
Nulle part d'ailleurs, bien qu'il fasse de fréquents em-
prunts à la vie de Grégoire II, il ne trahit la moindre
connaissance des récits ou des traits particuliers au re-
maniement.
Le témoignage que donne Paul Diacre au texte ACG
n'a pas une grande valeur ; car, au moment où il écri-
vait son histoire des Lombards, dans les dernières an-
nées du vm e siècle, il existait déjà, et en assez grand
nombre, des manuscrits de la recension BDE. Un té-
moignage plus utile, ce serait celui de Bède. Malheu-
reusement, dans les parties de la vie de Grégoire II
dont le chroniqueur anglo-saxon s'est inspiré, il n'y a
point de différence entre les deux rédactions.
Il faut cependant s'arrêter sur les rapports entre Bède Bède et la vie
et cette partie du livre pontifical, car ils sont propres à
montrer comment se composaient, au vm e siècle, les
vies des papes et avec quelle rapidité elles se répandaient.
On sait que la chronique de Bède s'arrête à l'année
724, neuvième de l'empereur Léon l'Isaurien. A cette
date le pape Grégoire II avait encore sept ans a vivre.
Et cependant, au fond de son monastère de Jarrow, au
nord de l'Angleterre, Bède avait déjà sous les yeux la
notice biographique de ce pape. Il lui empruntait la
mention de la restitution du patrimoine des Alpes Cot-
tiennes par le roi Liutprand, le récit du renversement
de l'empereur Anastase et de son remplacement par
Théodose III, ainsi que la description de l'inondation
de Grégoire II
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du Tibre. Ce dernier événement parait avoir eu lieu en
717 «.
Ainsi, la notice de Grégoire II a été commencée long-
temps avant sa mort. On voit du reste comment elle a
pu parvenir si vite au savant anglo-saxon. Bis tem-
poribus, dit-il, multi Anglorumgentis, nobiles et igno-
biles, viri cl feminae, duces et privati, divini amoris
instinclu, deBrittania Romam venir e consueverant ; in-
ter quos etiam reverentissimus abbas meus Ceolfridus,
annos natus LXXIV etc. Le vénérable abbé Céolfrid
n'alla pas jusqu'à Rome : il mourut à Lan grès et y fut
enterré. Mais ses compagnons continuèrent leur pèleri-
nage et offrirent en son nom à la basilique de Saint-
Pierre un manuscrit complet de la Bible, suivant la
traduction de saint Jérôme, le célèbre codex Amiatinus.
Quoi de plus naturel que de supposer que les pieux
voyageurs ne revinrent pas les mains vides et qu'ils ap-
portèrent à leur illustre confrère, entre autres livres,
un manuscrit du Liber pontificalis où déjà Ton avait
commencé la notice du pape régnant?
E rallié à agg 15. — Ap rès Grégoire II (*J* 731). les manuscrits Ese ral-
golre ilï." uent au groupe ACG, de sorte qu'il ne reste plus en face
de celui-ci que les manuscrits BD. Sans être aussi gra-
ves que pour la vie de Grégoire II, les différences que
l'on rencontre dans celles de Grégoire III et de Zacha-
rie n'en sont pas moins apparentes.
Pour ces deux vies, la rédaction ACEG est incomplète.
Il y manque toute la finale, c'est-à-dire les ordinations,
la sépulture et la vacance. En dehors de cela, chacune
des deux rédactions a ses interpolations, ACEG dans la
vie de Zacharie, BD dans les deux,
interpolations Commençons par la vie de Grégoire III. Le passage
dâ.iis là vis dô ^
Grégoire ni interpolé dans BD se trouve un peu avant la fin (p. 420).
Le biographe, qui, jusque-là, n'avaitpoint parlé des Lom-
bards et n'en parle, à la phrase suivante, qu'en termes
fort modérés, raconte que le pape fit réparer les murs
de Rome : Huius temporibus plurima pars murorum
huius civitatis Romane restaurata est, etc. Après huius
temporibus les manuscrits BD intercalent :
concussagwe est proviucia Romane dicionis subjecta a nefandis
Langobardis seu et rege eorum Liutprando. Veniensque Ro-
mam, in campo Neronis tentoria tetendit, depraedataque cam-
l. Il est daté de la XV* indiction dans la rédaction BDE (p. 400).
Toutefois, il n'est pas absolument certain que cette date se rap-
porte à l'inondation. Elle peut se rapporter aussi à l'événement
raconté après, c'est-à-dire à la reprise de Gumes.
pania, multos nobiles de Romanis more Langobardorum to-
tondit atque vestivit. Pro quo vir Dei, undique dolore cons-
trictus, sacras claves ex confessione beati Pétri apostoli acci-
piens, partibus Franciae Carolo sagacissimo viro, qui tuncre-
gnura regebat Francorum, navali itinere per missos suos
direxit, id est Anastasium, sanetissimum virum, episcopum,
neenon et Sergium presbiterum, postulandum ad praefato ex-
cellentissimo Carolo ut eos a tanta oppressione Langobardo-
rum liberaret. Eodem tempore, necessitate conpulsus
J'ai souligné dans ce texte trois endroits sur lesquels
je veux d'abord appeler l'attention. Le que du commen-
cement, attesté par tous les manuscrits, sauf les deux
frères jumeaux B 2 , qui se piquent de correction gram-
maticale, remonte évidemment à un temps où tout ce
récit était encore en marge. Après l'intercalation dans
le corps de la phrase, il n'avait plus de raison d'être
et on aurait dû le supprimer. Quant aux mots de la fin,
Eodem tempore, necessitate conpulsus, c'est un raccord
entre la note marginale et le texte qui suit ; il est con-
temporain de l'intercalation. La note marginale elle-
même, on peut le dire tout de suite, n'a pu être écrite
qu'en un temps où les Lombards étaient traités en
masse de nefandù Or, cette épithète est étrangère au
style de la vie de Grégoire III et de celle de Zacharie.
On ne la trouve pas même dans les lettres du premier
de ces papes à Charles Martel. Ici, elle est d'autant
plus significative qu'il n'est fait aucune distinction en-
tre Lombards et Lombards, entre les Lombards de Spo-
lète et de Bénévent, alliés de Grégoire III, et les Lom-
bards de la Toscane et de l'Italie du Nord, avec les-
quels Rome se trouvait alors en guerre. Tout ceci nous
reporte au temps d'Astolphe et d'Etienne II. C'est aussi
à cette période que convient cette préoccupation des
princes franks, au secours desquels on paraît avoir re-
noncé sous Zacharie *.
En tout cas, quelle que soit la date, l'interpolation
n'est pas douteuse.
Dans la vie de Zacharie, l'interpolation de la rédaction interpolations
ACEG se présente à propos du voyage du pape à Ra- Zacharie
venne et à Pavie (p. 429-430). Le texte BD raconte
simplement que le pape quitta Rome et ses propres
ouailles pour voler au secours de l'exarchat, que l'exar-
que vint au-devant de lui et que les gens de Ravenne lui
firent un accueil enthousiaste : Ad ea (oves) quae peri-
{ . Cette observation n'atteint en rien la Térité des faits relatés
ici : un fait peut être vrai sans que l'on éprouve le besoin de le
raconter.
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fwrae eran/ redimendas cucurrit. * Ad euhts obviant
occurrit denominatus excellentissimus exarchus usque
ad basilicam beatiChristofori, positam inloco quivo-
catur ad A qui/a, quinquagesimo fere miliario a Raven-
nantium urbe. ** Egressis autem de civitate Raviniani,
viri atque mulicres, etc. Suit le récit de l'accueil fait
au pape par la population de Ravenne et des circons-
tances de son départ pour Pavie. Aux endroits où j'ai
marqué des astérisques, les manuscrits ÀGEG interca-
lent les deux phrases suivantes :
* Quo egresso in itinere, dura se orationibus enmmendaret
beato apostolomm principi Petro cutn suis sacerdolibus et
clero cumviatoribus, nutu omnipotentis Dei, ut non calore
arerentur, per diem usque ad locuin ubi tentoria figebant,
nubes eos tegebat ; qui et ad vesperum resedebat ; alio autem
die in eorum protectione erat divinitus instituta.
" Ipsa vero nubes et cura eis usque ad basilicam beati Apol-
linarii in Ravennantium urbe tegendo conviavit. Et exinde
factura est signum ut sanctum ponlificem,quo eratiturus inTi-
cinensium urbe, acies igueae in nubibus praecederent.
Il importe de savoir si ce récit est bien de première
main et si les manuscrits BD, qui ne l'ont pas, ne re-
présentent pas mieux, en cet endroit, le texte primitif
que les manuscrits ACEG où il se rencontre.
Je n'insisterai pas sur son apparence un peu légen-
daire. Que le narrateur ait, ou non, embelli le souve-
nir de phénomènes naturels, dans le désir d'exalter le
pape Zacharie et de lui donner quelque chose de l'au-
réole de Moïse, cela n'importe pas beaucoup. En toute
hypothèse, cette petite narration est fort ancienne ; elle
figure dans tous les manuscrits ACEG, qui ont divergé
de très bonne heure et avant l'année 774. Cependant,
si elle avait figuré dans le texte original, on ne voit pas
bien comment elle en aurait disparu. 11 n'y a aucune
trace d'un accident paléographique. Entre les deux
phrases qui manquent aux manuscrits BD, il y en a
une qui s'est très bien conservée. Quant à une sup-
pression de parti pris, c'est tout ce qu'il y a de plus
improbable ; personne n'aurait songé à effacer de l'his-
toire du pape un trait si honorable et un témoignage si
manifeste de la protection accordée par Dieu à son en-
treprise. De plus, en y regardant de près, on s'aperçoit
que la suite des idées n'est pas aussi naturelle avec ces
phrases que sans elles. Tout s'accorde donc pour établir
l'interpolation.
De leur côté les manuscrits BD mentionnent seuls
HISTOIRE DU TEXTE.
(p. 433), à propos de la venue de Carloman à Rome, les
présents offerts par ce prince à Saint-Pierre.
Je reviens aux finales des deux notices. Il faut remar- Finales des
quer que le biographe de Grégoire III n'a rien dit des goire ni et de
démêlés de ce pape avec Liutprand, à propos de Trasi- Zachane
mond, duc de Spolète : c'est dans la vie de Zacharie que
que l'on trouve les détails de cette affaire. Celle de Gré-
goire III ne parle que des efforts du pape en faveur du
culte des images, de ses fondations pieuses et de res-
taurations d'églises. En dehors de ces deux catégories
de faits, il se borne à indiquer brièvement la réparation
des murs de Rome et de Centumcellae. La seule fois
qu'il parle des Lombards, c'est à propos du castrum
Gallensium (Gallese), dont la possession était contestée
au duché de Rome, mais lui fut reconnue par le duc de
Spolète, moyennant une forte somme d'argent. Cet
événement, évidemment antérieur à la lutte entre Liut-
prand et les Romains, n'est pas daté avec précision :
Trasimond était déjà duc au moment où Grégoire III
monta sur le siège de Saint-Pierre. D'autre part, les ac-
tes du pape dans l'affaire des iconoclastes se placent
dans les trois premières années de son pontificat (731-
733) ; les réparations d'églises et les fondations de mo-
nastères peuvent avoir eu lieu aussi bien dans les pre-
mières années que dans les dernières *. Il n'y a donc
nul moyen de savoir à quelle année précise du pontifi-
cat de Grégoire III s'est arrêté son biographe. Ce qui
est certain, c'est qu'il a négligé le récit des faits si im-
portants qui signalèrent les années 739-741.
Ces considérations conduisent à croire que nous n'a-
vons, en définitive, qu'une partie de la vie de Gré-
goire III, rédigée de son vivant, et qui ne fut complétée
que plus tard, lorsque déjà des copies de la vie ina-
chevée étaient en circulation.
La vie de Zacharie, elle aussi, est dépourvue de finale,
dans les mêmes manuscrits que celle de Grégoire III.
Les derniers mots y sont relatifs à la traduction des
Dialogues de saint Grégoire le Grand ; le dernier événe-
ment raconté qui puisse être daté avec précision, c'est
l'abdication de Ratchis, au mois de juin 749 2 . Le bio-
graphe a donc poursuivi sa tâche au moins jusqu'à l'a-
vant- dernière année du pape, qui mourut le 15 mars
. i. Gela est certain pour la fondation de la chapelle de la Vierge
dans la basilique de Saint-Pierre, qui se place avant l'automne
de l'année 732 (p. 423, note 23).
2. Bethraann, Langob. Regesten (Neues Archiv, t. III, p. 272).
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752. Néanmoins il a laissé la notice inachevée i ; car (et
ceci s'applique aussi à celle de Grégoire III) si la finale,
ordinations, sépulture, vacance, avait été d'abord écrite,
on ne peut se figurer pourquoi elle aurait été ensuite
supprimée.
Les manuscrits AGEG nous représentent donc la pre-
mière rédaction des vies de Grégoire III et de Zacharie,
sauf défalcation des deux phrases sur la nuée miracu-
leuse, dans la vie de ce dernier pape.
Les trois 16. — La vie d'Etienne II se présente sous trois
de la vie formes distinctes. Gomme pour les deux précédentes,
d'Etienne H. . . „« „ , , . • . . .1 .
les manuscrits BD forment un groupe spécial. Ici, il est
nettement caractérisé par treize passages interpolés,
dont plusieurs s'intercalent entre les phrases du texte
primitif, tandis que d'autres en interrompent le sens
et trahissent, par leur place même, leur origine adven-
tice. Du groupe AGEG, exempt de ces interpolations,
se détache une famille spéciale, formée des manuscrits
AG 12 G, auxquels se joint le manuscrit E\ toujours
très voisin de G, et le manuscrit perdu qui servit, au
xu 6 siècle, à constituera recension de Pierre-Guillaume
(troisième édition). En somme, la première rédaction
n'est représentée que par le manuscrit C 3 et ceux de la
classe E (E 1 , E 2 , E 5 , E 6 , C 4 ) 12 . C'est leur texte que j'ai
pris pour base ; au dessous on trouvera les interpola-
tions BD ; quant au groupe AG 2 G, ses variantes ont été
mises, dans l'appareil critique, aune place à part, pour
qu'il soit plus facile de les retrouver. Je vais en montrer
l'origine et le caractère.
La rédaction
lombarde.
17. — La notice d'Etienne II respire d'un bout à
l'autre un sentiment très vif d'hostilité envers les Lom-
bards et leur roi Astolphe. Le biographe ne connaît pas
de termes assez désagréables pour désigner suivant ses
mérites l'ennemi de Rome et du pape. Etienne, au con-
traire, et son protecteur Pépin ne peuvent être nommés
sans qu'on accole à leurs noms les épithètes les plus
louangeuses, engagées dans les interminables péri-
phrases qui étaient de style en ces temps-là.
Dans les manuscrits AC 12 Gil en est tout autrecrent.
Plus de périphrases, plus de superlatifs d'éloge ou de
1. Il faut remarquer qu'il ne dit pas un mot d' Astolphe, de l'an-
nexion de Ravenne et de celle de la Pentapole, événements anté-
rieurs à la mort de Zacharie.
2. Il faut y joindre le Vaticanus Reginae 1964 (ci-dessus, p ce ).
Liber pontificalis.
blâme. Astolphe cesse d'être blasphemus, nequissimus,
nefandissimus, ma 'ignm ; le pape est le pape tout court
et non pas beatissimus papa, venerabilis, sanctissimtts,
almificus, coangelicus pontifex ; de même, Pépin le
Bref perd ses titres de christianissimus, benignissimus,
excellentissimus rex, etc. Et ce n'est pas seulement le
besoin d'abréger qui a conduit le recenseur à faucher
les épithètes. Il a évidemment un parti pris, celui de
rendre tolérable pour un lombard la lecture de la vie
d'Etienne II ; tâche difficile, car, malgré tous ces chan-
gements, il reste encore bien des choses peu flatteuses
pour Astolphe et ses sujets. On a fait pourtant son pos-
sible. Voici quelques exemples :
Les chefs lombards de l'entourage d'Astolphe sont
appelés satellites (p. 446, 1. 13) dans le texte primitif;
dans le remaniement, ils deviennent optimales. Le cou-
ronnement de Pépin s'opère Christigratia, dans le texte
primitif; ces mots s'ont supprimés dans le remaniement
(p. 448, 1. 7). Les conseils donnés par Astolphe à Gar-
loman pour le décider à aller en France plaider sa
cause sont qualifiés de diabolicae suasiones par le bio-
graphe ; pour l'éditeur lombard, ce sont des exhorta-
tions ordinaires (p. 448, 1. 16). Astolphe, nommé à cet
endroit, est appelé nec dicendus tyrannus par l'un, rex
tout court par l'autre. Sa politique est, pour l'un, de la
rouerie, versutia, pour l'autre de l'habileté, ingenium.
Ici, Pépin cède aux avis salutaires du pape, salutiferis
obtemperans monitis ; là, il se laisse fléchir à ses prières,
rogis.
Pépin se décide à recourir aux armes : « Hisdem exi-
» mius Francorum rex cernens quod atrocissimi
» Aistulfi nequaquam valeret quoquomodo saxeum mol-
» lire cor» (p. 449, 1. 10) ; tous les adjectifs en italique
sont supprimés dans l'édition lombarde ; de cette façon
la phrase peut se traduire ainsi : « Le roi des Franks,
voyant qu'il n'y avait pas moyen d'ébranler le courage
d'Astolphe » ; on sent la nuance. Elle reparaît, un peu
plus bas, à propos d'une dernière négociation :
Texte primitif
Rursum ipse sanctissimus vir
praelatum benignissimum de-
precatusestPippinum regem,
démuni sevissimo Aistulfo di-
rigi Langobardorum régi, si
quo modo potuisset, vel sero
tandem, eiussedare sevitiam...
Remaniement :
Rursum isdem papa depre-
catus est Pippinum regem,
demura Aistulfo dirigi Lango-
bardorum régi, si quomodo
potuisset eius mollire cor.
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Astolphe résiste :
Sed iniquitale eius obsis-
Sed ille obsistens...
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Pépin se met en marche:
Tune fisus in omnipotentis Tune Pippinus rex profec-
Dei raisericordia, antefatus tus est.
Pippinus Francorum rex iter
suum profectus est.
Astolphe est battu au passage des Alpes :
ita ut ipse Aistulfus, fugam ar- ita ut ipse Aistulfus fugam ar.
reptus, vix ab eorum evadere
potuisset manibus, et usque
Papiam in civitatem absque
armis fugam arripuisset, in
qua et prae timoré Francorum
cum aliquantis se retrusit.
On fait la paix :
Adhaec ebristianissimus Pip-
pinus Francorum rex, eiusdem
beatissimi patris et boni pas-
toris audiens adimplensque
ammonitionem, Deo dilectam
pacem inientes...
Astolphe manque à la foi
Et post boc ab invicem se-
gregati, solite in periuriirea-
tum infidelis ille Aistulfus
Langobardorum rex incidens,
quod iureiurando promisit
reddere, distulit. Dum enim
saepefatus sanctissimus papa
coniungeret Romam,post ali-
quanla temporum spatia, fu-
rore vehementi repletus ad-
versarius ille et sue anime
inimicus Aistulfus, Deo sibi
contrario, non solum quia ea
quae promiserat minime adim-
plevit...
Ces citations suffisent à donner une idée de l'esprit
qui a dirigé les retouches. Il est inutile de les prolon-
ger. Nous avons ici une édition du Liber pontificalis à
l'usage spécial des pays lombards. Une telle entreprise
porte sa date avec elle. On n'a pu y songer après la
chute du royaume lombard en 774. L'original auquel
remontent en commun les manuscrits A, G 1 , G 2 , G, a dû
être rédigé entre 757 et 774.
reptus ab eorum evasit mani-
bus, et usque Papiam in civi-
tatem fugam arripuisset, in
qua se cum suis babitavit.
Ad haec Pippinus audiens,
pacem inientes...
jurée :
Et post hoc ab invicem se-
gregati, in periurio Aistulfus
rex incidens, quod iureiurando
promisit reddere, distulit. Dum
enim papa coniungeret Ro-
main, post aliquanta tempo-
rum spatia, furore vehementi
repletus Aistulfus, non solum
quia ea quae promiserat mi-
nime adimplevit...
18
Un grand nombre de manuscrits s'arrêtent à interpolation
de la vie de
Etienne II. C'est le cas pour les manuscrits B 5 , B 6 , B 7 , Paul i«.
avec leur similaire le manuscrit D 2 (Belvaccnsis), pour
tous les manuscrits C, sauf C\ qui, du reste, se groupe
depuis longtemps avec ceux de la classe E. Parmi les
survivants, ceux de la classe B (B 2 , B 3 , B 4 ) présentent,
dans la vie de Paul, quelques interpolations, qui,
comme celles de la vie d'Etienne II, ont dû se produire
de très bonne heure. L'une d'elles est relative à la
translation de sainte Pétronille dans un sanctuaire men-
tionné déjà par l'interpolateur de la vie d'Etienne II ;
les autres indiquent des restaurations exécutées dans
les églises ; la dernière est une glose destinée à expli-
quer la longue vacance du siège après la mort de Paul.
Bien que ces notes aient été rédigées et même interca-
lées de bonne heure, on ne peut douter qu'elles soient
étrangères à la rédaction primitive. La façon même
dont elles sont reliées au texte témoigne de leur pos-
tériorité.
19. — Il y aurait à déterminer l'âge des interpolations Age des in-
que nous venons de rencontrer dans les notices pontifi- ^In^îeTno-
cales, depuis Jean VI. J'ai déjà fait remarquer combien, "^^ef 111 "
en ce qui regarde les suppléments introduits dans les
finales des quatre premières, l'autorité des manuscrits E
est supérieure à celle des manuscrits B. Ceux-ci nous
ont fourni, sur trois dates obituaires exprimées, deux
indications fausses. Les finales qu'ils ajoutent aux notices
inachevées de Grégoire III et de Zacharie sont fort sus-
pectes, non seulement pour les dates obituaires, mais
encore pour les chiffres de vacance, comme on le verra
plus loin. Mais peut-être les finales n'ont-elles pas le
même auteur que les autres suppléments ; il peut aussi
se faire que des dates et des chiffres inexacts aient été
risqués de très bonne heure sans documents d'aucune
sorte, uniquement pour éviter des lacunes et obtenir
une rédaction uniforme. — Le second éditeur de la
vie de Grégoire II ne peut guère, comme je l'ai déjà
montré, avoir écrit avant le temps de Zacharie ou même
d'Etienne II. Il est sûr, en tout cas, que le remaniement
de la vie de Grégoire II est d'une autre main que celui
des trois suivantes. D'abord il s'étend aux manuscrits
E, tandis que les autres ne se rencontrent que dans les
manuscrits B. Si les quatre vies avaient été interpolées
en même temps, cette différence serait difficile à expli-
quer. D'autre part, le procédé n'est pas le même daDS
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les deux cas. Pour la vie de Grégoire II on a retouché
le texte d'un bout à l'autre, tantôt en le complétant,
tantôt en changeant les termes de la rédaction. Pour
les trois autres vies, le texte primitif n'a pas été touché;
on s'est contenté d'y adjoindre en marge les supplé-
ments jugés utiles. Ce n'est pas l'auteur de ceux-ci,
c'est un copiste maladroit entre tous, qui s'est imaginé
de les mettre dans le texte, sans se donner la peine de
faire les raccords les plus indispensables *.
. Par eux-mêmes, et sauf les finales, ces suppléments
sont de bonne note. Les détails sur les dons faits aux
églises proviennent évidemment de la même source
que tous les détails de ce genre, c'est-à-dire des livres
de compte du vesliarium pontifical. La légation envoyée
à Charles-Martel par Grégoire III, la mort du primicier
Ambroise au monastère de Saint-Maurice, le séjour de
Pépin et du pape à Saint-Jean de Maurienne, la fonda-
tion de Sainte-Pôtronille, la concession du pallium à
Chrodegang, sont des faits attestés par des autorités
indépendantes et sûres 2 . Les détails sur la rentrée
d'Etienne II à Rome, pour n'être pas autrement connus,
n'en ont pas moins bon air ; on y sent la main d'un
témoin. Ces notes ne sauraient avoir été écrites long-
temps après la mort d'Etienne II (757) et la première
rédaction. Le manuscrit sur les marges duquel elles ont
été ajoutées et celui dans le texte duquel elles
ont été introduites n'allaient pas au delà d'Etienne II,
limite commune à quatre des neuf manuscrits du ix e
siècle où se rencontrent ces suppléments. D'autre part,
deux de ces manuscrits, de beaucoup les plus étroite-
ment apparentés, le Parisinus et le Laudunensis ,
sont précédés d'un catalogue où la vingtième an-
née d'Hadrien (791-792) forme un temps d'arrêt.
C'est entre cette date et l'année 757, c'est-à-dire
dans un intervalle de 35 ans au plus qu'il faut pla-
cer tout le développement paléographique représenté
par les manuscrits B et D. On sera prudent en ne rap-
prochant pas trop près de la limite extrême la rédaction
des notes interpolées dans tous ces manuscrits. Quant à
moi, je les croirais contemporaines de Paul ou d'E-
tienne III plutôt que d'Hadrien.
20. — Il y a cependant ici une difficulté, c'est la
i. Ceci ne s'applique qu'aux interpolations des manuscrits B ;
les deux phrases sur la nuée, qui sont propres aux mss. ACEG,
dans la vie de Zacharie, sont bien mieux raccordées avec le texte
environnant.
2. Y. le commentaire de ces passages.
note relative à Hunâld, duc d'Aquitaine, au commence- t a n ?î? f™"
^ 7 Hunald, duc
ment de la vie d'Etienne II. On sait qu'il y a, sur ce d'Aquitaine,
personnage, deux opinions : l'une identifie Hunald,
prédécesseur du duc Waifre (f 768), avec le personnage
du même nom qui souleva l'Aquitaine contre Charle-
magne en 769 ; l'autre distingue deux Hunalds. Si la
première opinion est vraie, comme la note parle de
sa mort, il faudra admettre qu'elle est postérieure
à l'année 769 ; de plus, son auteur aura fait une con-
fusion énorme en rapportant au temps d'Etienne II un
événement qui n'avait pu avoir lieu qu'au temps
d'Etienne III au plus tôt. Dans un précédent écrit *,
j'avais résolu cette difficulté en supposant que la note,
rédigée pour être jointe à une vie d'Etienne III, avait
été maladroitement intercalée dans celle de son prédé-
cesseur homonyme. Mais ceci est bien difficile à croire.
Comme je l'ai dit plus haut, les notes d'Etienne II ont
été rédigées et interpolées sur un manuscrit qui s'ar-
rêtait à ce pape. Supposer qu'il ait été dès lors conti-
nué par un catalogue qui contenait le nom d'Etienne III,
c'est-à-dire qui datait au plus tôt de la fin de l'année
768, ce n'est pas sortir de la vraisemblance. Ce qui est
moins naturel, c'est que la note sur Hunald ait été ajoutée
isolément à ce catalogue. Un lecteur romain, et c'est
le cas, car la note est tout à fait romaine de touche et
d'esprit, un lecteur romain avait bien d'autres événe-
ments à enregistrer à propos d'Etienne III, avant de
songer au fait dont il est ici question. Si Hunald est
venu à Rome au temps d'Etienne III, sa fuite et sa mort
ne peuvent qu'être postérieures au séjour du roi Didier
à Saint-Pierre, pendant le carême de 770 ou 771. L'au-
teur de la note aurait donc eu derrière lui tous les
événements si graves que rapporte la vie d'Etienne III,
et il aurait choisi, pour en conserver le souvenir, cette
histoire de moine défroqué ! C'est bien peu croyable.
Et, dans l'hypothèse que je combats, il faudrait admet-
tre encore que cette note, rattachée par son auteur au
nom et au temps d'Etienne III, aurait été déplacée par
l'interpolateur de la vie d'Etienne II et insérée dans le
texte de celle-ci. Ceci n'est pas plus supposable que la ré-
daction sous Etienne III ; d'ailleurs les douze autres
notes de la vie d'Etienne II ont toutes été interpolées
sans dommage pour la chronologie.
1. Uhistoriographie pontificale au VIII* siècle (Mélanges de l'Ecole
de Rome, t. IV, p. 238. Cf. Revue des questions historiques, t. XXXV,
p. 48.
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Le mieux est donc de croire que Tinterpolateura trouvé
la note en question en marge de la vie d'Etienne II et
que les mots Huius temporibus, par lesquels elle com-
mence, signifient « Au temps d'Etienne II ». Dans ces
conditions elle s'explique très bien. L'annotateur, qui
glane après le biographe, est naturellement conduit
à relever des événements moins importants que ceux
qui figurent dans le texte de la notice. Entre ces événe-
ments moins importants, l'épisode d'Hunald se présen-
tait de lui-même. Dans les notices précédentes il avait
été question de rois saxons venus ad limina, du pèleri-
nage de Theudo, duc de Bavière ; plus récemment en-
core, dans la notice de Zacharie, de l'abdication de Ratchis
etde Garloman, tous deux devenus moines à Saint-Pierre.
Hunald continuait la série.
Non seulement l'idée de raconter cette aventure, mais
les détails mêmes de celle-ci se conçoivent bien mieux
en la mettant au temps d'Etienne IL Le Hunald que
nous trouvons en 742 en état de guerre avec Pépin et
Carloman, avait été remplacé, dès avant Tannée 748,
par un autre duc, Waifre. Suivant les annales de
Metz *, qui paraissent dériver ici de quelque tradition
locale, il se serait fait moine dans l'Ile de Ré, en 744
(ou plutôt en 745). Ce serait donc quelques années après
cette première retraite qu'il se serait décidé à venir à
Rome, suivant en cela l'exemple de Garloman. Mais tan-
dis que ce prince s'installa d'abord au Soracte, puis au
Mont-Gassin, Hunald resta à Rome, ad limina aposto-
lorum, c'est-à-dire dans un des monastères voisins de
Saint-Pierre 2 . Son arrivée se place au plus tôt en 752.
Aux premiersjours de Tannée 756, Astolphe vient assié-
ger Rome ; Saint- Pierre et ses monastères, situés dans
la banlieue, sont à sa discrétion. Hunald voit aux prises
le roi des Lombards, ennemi de Pépin, et les Romains,
alliés et protégés du roi des Franks. On se bat à la porte
de son couvent. La tentation est forte : le vieux guer-
rier est entraîné ; en dépit de ses vœux il sort de sa
retraite sacrée, se mêle à tout le moins aux conseils des
chefs lombards, Langobardis exediens, maligna adhor-
tans ; il s'expose même de trop près aux projectiles des
assiégés, de sorte que lapidibus digna morte finivit.
En 770 au contraire (ou 771) , les circonstances
sont toutes différentes. Il n'y a pas de guerre entre
i. Af . G. Scr. % t. I, p. 328.
2. Il y en avait trois ; Etienne II lui-même en ajouta un qua-
trième.
Romains et Lombards. Autour des monastères du Va-
tican il n'y a que des manifestations pacifiques. Le pape
tombe dans les bras de Didier, qui le dupe et l'entraîne
à des démarches, à des tolérances bien équivoques.
Dans ces intrigues on ne voit pas la place des conseils
qu'Hunald aurait pu donner ; on ne voit pas non plus
d'où pouvaient partir les pierres qui le frappèrent à
mort.
Il est donc bien plus naturel de laisser la note sur
Hunald dans la catégorie où nous la présentent les ma-
nuscrits et de lui attribuer l'autorité qui résulte pour
elle de cette situation.
Au surplus, qu'y a-t-il contre cette exégèse? Un seul
texte, et d'une autorité bien mal définie. Je veux parler
du fragment d'annales publié par M. J. Baechtold i et,
après lui, par M. Giesebrecht 2 , où il est dit que l'expé-
dition de Charlemagne contre TAquitaine, en 769, fut
provoquée par la perfidie d'Hunald qui iterum fraudu-
lenter Aquitaniae principatum arripere volebat. C'est
sur cet itenim que repose l'identification des deux Hu-
nald, admise par l'auteur, fort sujet à caution, des An-
nales de Metz. Ici je remarque que ni les annales offi-
cielles de Lorsch, ni la vie de Charlemagne par Egin-
hard ni les Annales attribuées à cet auteur ne trahissent
lamoindreidéede cela. Au contraire, les Annales dites d'E-
ginhard , en parlant d'un Hunaldus quidam , semblentdis-
tinguerde l'ancien Hunald l'auteur de la prise d'armesde
769. Nous savons du reste, par un document que M. Raba-
nis 3 a allégué, qu'il existait en Aquitaine, vers 757, un
pr inceps Hunaldus, subordonné du duc Waifre. Que ce
soit lui ou que ce soit un autre qui ait soulevé le pays au
lendemain de la mort de Pépin, rien, si ce n'est Y ite-
rum susmentionné n'oblige à l'identifier avec celui au-
quel Waifre succéda.
Or il est bien facile d'expliquer Y iterum en question.
Le continuateur de Frédégaire, de même que les autres
annalistes franks, mentionnait la guerre de Pépin et
Carloman contre Hunald, au commencement de leur
principat commun. La confusion qui tente les modernes
pouvait tenter aussi un compilateur d'annales ; elle était
même si naturelle qu'il fallait une tradition précise pour
ne pas y tomber. Il n'est donc pas sûr que ce mot ne
soit pas à mettre au compte d'un annaliste mal informé.
1. Anzeiger fur Sckweizerische Geschichte, 1872, p. 245.
2. Forschungen zurDeutscken Geschichte, t. XIII, p. 627.
3. Les Mérovingiens d'Aquitaine, Paris, 1856, p. 224.
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Il serait imprudent, en tout cas, de lui sacrifier l'auto-
rité de la note du Liber pontificalis et les vraisemblances
historiques dont elle peut se réclamer.
Les notes de 20. — Quant aux notes ajoutées à la vie de Paul I er ,
la vie de Paul
' elles sont tout à fait du même type que celles de la vie
d'Etienne II. Gomme celles-ci, elles ont été d'abord
écrites en marge, puis intercalées assez maladroitement
dans le texte. Il est possible que les deux séries pro-
viennent du même auteur ; mais on ne peut dire qu'elles
aient été écrites en même temps et sur le même manus-
crit, car plusieurs des manuscrits interpolés s'arrêtent à
la vie d'Etienne II et ne contiennent pas celle de Paul 1 .
En tout cas, la limite inférieure (791-792) que j'ai si-
gnalée pour l'interpolation de la vie d'Etienne II, s'im-
pose aussi pour l'interpolation de la vie de Paul. Les
notes jointes à celle-ci sont donc postérieures d'une
vingtaine d'années, au plus, à sa rédaction primitive.
21 — Au delà de Paul, il n'y a plus de différence en-
tre les manuscrits. Ceux du type B qui ont la vie de
Paul ont aussi celle d'Etienne III ; mais il n'y a plus en-
tre eux et les autres manuscrits, C 4 , D, E, que des dif-
férences purement paléographiques.
Toutefois, il convient de signaler ici une particularité
du manuscrit B 4 (Vossianus 41), qui, seul de tous les
exemplaires du Liber pontificalis, contient une double
liste des évêques frankset des évêques italiens présents
au concile romain de 769. Que ces listes aient été prévues
dans la rédaction du texte primitif, c'est ce que mon-
trent les formules par lesquelles elles sont annoncées. Il
est possible, à la rigueur, que le biographe, après avoir
écrit ses scilicet, ait remisa un autre moment la trans-
cription des noms des évêques et que les manuscrits qui
ne les contiennent pas dérivent d'un exemplaire où ils
n'avaient point encore été insérés. Cependant, les ma-
nuscrits B 2 et B 3 , plus anciens que B* et qui remontent
évidemment au même original que lui, ne contiennent
pas les listes. Le copiste de B 3 s'est même arrêté au pre-
mier scilicet, attendant sans doute qu'il lui parvînt un
exemplaire plus complet que celui dont il s'était servi
jusque-là 2 . Ceci paraît bien indiquer que l'original deB 3
n'avait pas les listes, pas plus que celui des manuscrits
1. Le Parisinus 5516 (Turonensis = D) n'est interpolé que jusqu'à
Etienne II inclusivement ; pour la vie de Paul il suit la rédaction
primitive/
2. Cette interruption s'est propagée dans d'autres manuscrits,
le Guelferbytanus (C 3 ), qui a, de seconde main, tout ce qui, dans
B 2 , et que ceux que reproduisent le Bernensis 412 et les
Trevircnses. D'un autre côté, B 4 , tout en présentant de
grandes ressemblances avec les manuscrits B 2 et B 3 , a
cependant, çà et là, quelques leçons spéciales et meil-
leures. Je suis porté à croire que, à certains égards, il
reproduit plus fidèlement le texte du commun ancêtre.
Il est donc possible que celui-ci ait contenu les listes.
Maintenant y figuraient -elles comme un supplément
ajouté après coup, à la façon des notes insérées dans
les vies d'Etienne II et de Paul, ou bien le prototype
des manuscrits B, pour la vie d'Etienne III, était-il en
ceci conforme à l'original du rédacteur primitif? Dans
cette seconde hypothèse, il faudrait admettre que les
listes, d'abord écrites, auraient été supprimées ensuite,
comme dépourvues d'intérêt. Les manuscrits A,C,D,E,G,
remonteraient à un ou plusieurs exemplaires dans les-
quels la suppression aurait été faite, exactement
comme dans les originaux des manuscrits B 2 et B 3 . Cela
n'a rien d'impossible. Même dans les collections conci-
liaires, où cependant les listes d'évêques ont une grande
importance, il arrive souvent que les copistes les retran-
chent ou les remplacent par une indication sommaire : Et
subscripserunt episcopi numéro [tôt], et que ces sup-
pressions se produisent isolément, sans aucune entente.
Placé en face de cette incertitude, j'ai cru devoir opter
pour l'hypothèse que favorise la teneur du texte et la
disposition de ses formules ; j'ai imprimé les listes
comme le reste de la rédaction originale. Mais j'ai cru
devoir avertir le lecteur de la différence d'attestation
paléographique 1 .
22. — Des faits qui viennent d'être exposés et de ceux valeur reia-
du même genre qu'il serait inutile d'énumérer ici en ^g^ma-"
détail, il résulte qu'aucune des classes de manuscrits ^LeuTem-
ne peut être considérée corr me uniformément préféra- P loi ****}*
r r présente édi-
ble aux autres. Pour la première partie, jusqu'à Silvère, tion.
c'est la classe À qui présente le meilleur texte. Au delà,
jusqu'à Constantin, l'accord des classes B, C, E prime
le témoignage de A; entre les trois classes, C est préfé-
rable aux deux autres. Pour Grégoire II, AC, pour Gré-
goire III, Zacharie, Etienne II, ACE, méritent la préfé-
rence. Ceci soit dit pour l'ensemble du texte. Quant aux
B 3 , suit la vie d'Etienne II, et le ms. B de Frener (p. clxxiv)
maintenant perdu.
1. Les listes, propres à B 4 , sont imprimées entre crochets. —
Sur certaines particularités de rédaction que l'on y rencontre,
cf. Etienne III, note 28-45, p. 482.
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HISTOIRE DU TEXTE.
détails, les quatre types principaux doivent entrer en
• ligne de compte. La complexité de E est rachetée, jus-
qu'à un certain point, par l'antiquité de cette rédaction
mixte.
C'est d'après ces principes généraux que j'ai établi le
texte de cette édition.
Orthographe Pour l'orthographe, quand il s'agit de textes écrits dans
la langue classique, un éditeur n'est pas lié trop étroite-
ment au témoignage des manuscrits. Il peut, il doit
même la corriger d'après les règles et les habitudes en
vigueur au temps où l'ouvrage a été composé. Même
pour des livres écrits en latin vulgaire, les habitudes
propres à l'auteur fournissent une certaine direction.
Ici tout se réunit pour augmenter l'incertitude. Non seu-
lement la- langue est entièrement affranchie des règles
classiques, mais, comme la rédaction change très sou-
vent de main, l'incorrection elle-même subit des varia-
tions continuelles. Ce qu'il y a de mieux à faire, c'est
de traiter les variantes orthographiques comme les au-
tres, de renoncer aux conjectures et de se laisser guider
par les manuscrits. Assurément, on ne peut espérer, en
procédant ainsi, reconstituer lettre par lettre le texte
sorti de la plume des biographes pontificaux ; tout ce
que l'on peut atteindre, c'est une approximation plus ou
moins grande, suivant que la date des manuscrits est
plus ou moins rapprochée de celle de la rédaction. Même
dans les parties qui sont certainement du même auteur,
il n'y a pas à se préoccuper de la bigarrure des ortho-
graphes et des constructions. Le propre de la langue
vulgaire, c'est de varier constamment. L'ancienne règle
est violée à tel endroit : à la ligne suivante on l'appliquera,
quitte à la négliger plus loin, et ainsi de suite.
Je me suis donc bien gardé de corriger et de conjec-
turer, si ce n'est en un très petit nombre de cas d'ex-
trême nécessité, en ayant soin, à chaque fois, de pré-
venir le lecteur. Pour ce qui regarde l'orthographe, j'ai
tenu compte plutôt de l'antiquité des manuscrits pris
individuellement que de l'autorité de la classe à la-
quelle ils appartiennent. Toutefois, quand j'ai cru dis-
cerner chez un copiste une propension particulière à telle
ou telle incorrection, e pour ae, p pour b (ou récipro-
quement), dans des mots comme script ura, obtulit, v
pour b (ou réciproquement), adque pour atque, etc., je
n'ai pas donné autant de poids à leur témoignage.
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LES CONTINUATIONS.
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Les limites
primitives
dwL. P. (1"
édition).
Le second
éditeur est
aussi du
temps des
Goths.
23. — Le résultat de la démonstration présentée
dans les chapitres II et III de cette Introduction, c'est
qu'il a existé un Liber pontificalis arrêté à Félix IV,
dont le texte nous est connu, d'abord par deux abrégés
qui en ont été faits isolément, ensuite par un remanie-
ment qui est venu jusqu'à nous, pourvu de continuations
successives, jusqu'au vm e et au ix° siècle. Je veux main-
tenant essayer de déterminer l'âge de ces continuations
et leur rapport avec le remaniement de la partie an-
cienne.
24. — Ici, je prie le lecteur de se rappeler que les
raisons intrinsèques présentées au chapitre II pour fixer
au temps des Goths la rédaction du Liber pontificalis
sont indépendantes de la question de recension ; que je
les ai tirées du texte fourni par les manuscrits complets
comme par les manuscrits abrégés ; que plusieurs d'entre
les textes produits comme étant de main contemporaine
sont empruntés à des notices postérieures à celle de
Félix IV; que, par conséquent, la date exprimée par
la formule « au temps des Goths » a été revendiquée
aussi bien pour la première notice de Silvère i que pour
celles deSymmaque et de ses premiers sucesseurs. Je
crois devoir insister ici sur l'absence, aussi bien dans le re-
maniement que dans le texte primitif, de tout trait spé-
cifiquement byzantin 2 : sur l'intérêt porté par le second
éditeur, comme par le premier, aux cas de double élec-
1. Sur les deux notices de Silvère, v. p. xxxix et p. 294 (Silvère,
note 15).
2. La valeur de cet argument n'est nullement atténuée par l'ob-
jection que, dans les vies des papes antérieurs au régime byzan-
tin, on n'avait aucune raison d'introduire des traits bvzantins.
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tion et au comput pascal. Il me semble très difficile, en
particulier, que, le texte ayant été l'objet d'une révision
aussi intense, on ait laissé subsister, dans la notice
d'Hilaire, l'énumôration des trois conciles œcuméniques
de Nicée, Ephèse et Ghalcédoine, en négligeant celui
de Constantinople, si le réviseur avait écrit en un temps
où ce dernier concile était parvenu, à Rome, au môme
degré d'autorité que les trois autres.
D'autre part, la mention du schisme d'Ursinus, dans
la notice de Damase, a été introduite par le second édi-
teur en dérangeant l'ordre habituel des notices; pour
la compétition 'd'Eulalius et de Boniface I er , il s'est
donné la peine de rechercher des documents plus cir-
constanciés et plus exacts. Il a retouché aussi les pas-
sages relatifs au schisme de Laurent, à la condamnation
de Bassus, le calomniateur du pape Xystus III, même
celui où il est question des diacres qui avaient accusé
Damase. Ces espèces l'intéressaient. Il avait l'imagina-
tion obsédée de compétitions pontificales, de procès
criminels intentés au pape. De telles préoccupations se
conçoivent chez un contemporain de Boniface II, de
Jean II, de Silvère; depuis Vigile elles n'ont plus la
même raison d'être. Vigile et Pelage rencontrèrent sans
doute des oppositions, mais non plus pour le même
sujet. Ils n'eurent point à lutter contre un compétiteur
élu en même temps qu'eux, ni à se défendre contre des
accusations en règle * concernant leur vie privée.
Quant à la question pascale, il -est sûr que le second
éditeur la résout conformément au comput de Denys, le
le Petit et même qu'il substitue, dans la notice de Victor,
une rédaction favorable à ce comput à une rédaction
plutôt conforme à celui de Victurius. Mais cette dernière
n'a pas un grand relief dans le texte de la première
édition. Pour qu'on eût l'idée de la corriger, il fallait
que l'attention fût éveillée sur les conflits entre computs.
Ceci encore est bien d'accord avec ce que nous savons
de la situation vers le milieu du vi e siècle environ.
Dans les Gesta martyrum il n'y avait non plus nulle raison d'in-
troduire des traits empruntés au régime de l'empire sous Hono-
rius et ses successeurs : et pourtant on en trouve souvent.Les fonc-
tionnaires auxquels ont affaire les martyrs du temps de Trajan et
de Marc-Aurèle sont toujours ceux delà Notitia dignitatum du
y siècle. J'ai assimilé ci-dessus (p. xxxn), la rédaction des Gesta
pontificum à celle des Gesta martyrum. Je crois que, sur ce point,
comme sur bien d'autres, il y a parité entre les deux compositions.
i. 11 n'y a évidemment aucune assimilation à faire entre les ru-
meurs et plaintes, fondées ou non, que mentionne la vie de Vigile,
et les procès n règle intentés à Damase, Xystus III, Symmaque.
M. Br. Krusch a groupé, dans son étude sur l'introduc-
tion du rit pascal grec en Occident ', les documents ita-
liens sur cette question. Victor, ôvêque de Capoue, com-
battit le calcul de Victurius dans un livre écrit à propos
de la Pâque de l'an 550. Dans XInstitutio divinarum
litterarum, publiée vers le même temps, Cassiodore
recommande la table de Denys ; les arguments de celle-ci
sont reproduits dans un Computus Cassiodori, de
l'année 562. La table de Ravenne, gravée sur marbre
entre 532 et 626, s'inspire aussi du calcul grec. Cepen-
dant un annaliste romain, YAnonymus Sangallensis 2 ,
paraît encore, en 567, compter l'âge de la lune d'après
le cycle victorien. En tout cas, au temps de saint Gré-
goire il n'y a plus aucune incertitude. Denys le Petit et
le comput grec sont désormais en pleine possession de
leur autorité. Eût-il valu la peine alors d'aller débusquer
Victurius du petit coin du Liber pontificaiis oh son sys-
tème se dissimulait? Je crois, quant à moi, que la cor-
rection est plus ancienne etque le second éditeur, qui l'a
faite, travaillait en un temps où Denys avait encore
à lutter pour se faire place.
25. — C'est donc vers le milieu du sixième siècle
que je placerais le remaniement du Liber pontificalis ;
et, comme il ne faut pas multiplier sans raison les in-
fluences et les rédacteurs, je l'attribuerais soit à l'auteur
des trois vies de Boniface N, Jean II, Agapit et de la
première notice de Silvère, soit à celui qui cousut à
celle-ci la passio Silverii qui lui sert de finale.
Ce second biographe de Silvère, ou, si l'on veut,
l'ajusteur de ses deux biographies, doit avoir été con-
temporain de Vigile. Il ne lui est pas favorable. Mais ce
n'est pas une raison pour croire qu'il n'a pu écrire sous
son pontificat. Nous savons de reste, et parle Liber pon-
tificalis lui-même, que les adversaires de Vigile ne se
sont pas interdit d'écrire contre lui de son vivant, et
cela même à Rome. Ici, d'ailleurs, il n'est pas trop mal-
mené. Enfin tous les détails ont la mesure d'exactitude
que l'on est en droit d'attendre de biographes de cet
ordre.
26. — Après Silvère il faut faire une coupure. La ViesdeVigi-
notice de Vigile n'est certainement pas l'œuvre d'un j; an ijf*
Benoît.
1. Neues Archiv, t. IX, p. 111. Mais il faut écarter le passage sur
la Pâque de 546, où l'auteur me paraît avoir mal interprété un pas-
sage de Théophane.
2. De Rossi, Bull. 1867, p. 22.
Limites pri-
mitives de la
2« édition.
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contemporain. La retraite des Goths surRavenne 1 , les
épisodes du séjour du pape à Gonstantinople, sa rentrée
en grâce auprès de Justinien, sont racontés avec beau-
coup d'inexactitude. Les deux prises de Rome par To-
tila, en 346 et en 549, sont fondues en une seule. La
défaite des Vandales par Bélisaire (533-534) est con-
fondue avec la répression de la révolte de Guntarith, en
547. Il n'est donc pas possible de croire que tout ceci
ait été mis par écrit au lendemain de la mort de Vigile
(555). Dans la notice de Pelage (556-561) on n'indique
pas les vrais motifs de l'opposition que rencontra ce
pape. Dans celle de Jean III (561-574) on rapproche
indûment deux expéditions franques, l'une de 552,
l'autre de 562 environ. En admettant que le nom de
Bucelin n'a pas été interpolé à côté de celui d'Aming,
ce qui est peu probable, il faut, pour que l'erreur ait
pu se produire, un certain recul chronologique. Il faut
descendre jusqu'au temps de Benoît (575-579) ou de
Pelage II (579-590). Or il est à remarquer que les vies
de Jean III et de Benoît qualifient ces papes de sanctis-
simus, épithète qui n'est accordée ni aux papes précé-
dents, ni aux suivants jusqu'à Deusdedit 2 . Le biographe
de Jean III a encore présente à l'esprit l'heureuse situa-
tion de l'Italie entre la guerre des Goths et l'invasion
lombarde : Erat entra tota Italia gaudens!
Je serais donc porté à placer au temps de Pelage II
l'adjonction des quatre vies de Vigile, Pelage I er , Jean III
et Benoît.
Particularité 27. — Avant d'aller plus loin, ie dois signaler une
des finales, .,.,„,, . , ,
de Pelage x« r particularité des finales dans cette partie de la série.
. j US( j U i a j ean jj^ j es or di na ii ons son t toujours marquées
avant la sépulture. De Pelage 1 er à Boniface V, c'est-à-
dire pour une série de dix notices, c'est le contraire :
on ne parle des ordinations qu'après avoir enterré le
pape à Saint-Pierre. De plus, on omet régulièrement
la date de son enterrement 3 . Sur ce dernier point, les
notices précédentes offrent quelque variété ou tout au
moins quelque difficulté. On ne peut considérer comme
primitives les dates de Félix IV, Boniface II, Jean II.
Il n'y en a aucune pour Vigile. Quant à l'interversion
des ordinations et de la sépulture, elle se rencontre
1. Sur ces faits et les suivants, v. le commentaire du texte.
2. Saint Grégoire est appelé une fois beatissimus ; cette exception
ne prouve évidemment rien.
3. Sur les suppléments introduits ici après coup. v. ci-dessus,
p. CCXVIII.
Pelage II,
Grégiore.
aussi dans les notices d'Agapit, Silvère, Vigile; mais là
elle est inévitable. Le biographe est amené à terminer
la partie narrative de sa rédaction en parlant de la mort
du pape . Il ne peut s'interrompre pour marquer les ordi-
nations et il est naturel qu'il n'en parle qu'après. Les
biographes des papes suivants, de Pelage I er à Boniface V,
n'avaient pas la même raison. Ces papes étaient morts
dans des circonstances tout à fait ordinaires, que l'on
n'avait nul besoin de rapporter. Il était dès lors possible
de marquer, comme autrefois, les ordinations à la suite
des décrets et de rattacher la vacance à l'enterrement
du pontife. L'anomalie s'explique, je crois, par l'in-
fluence des trois notices précédentes ; on aura suivi le
modèle le plus voisin, sans remarquer qu'il constituait
une exception.
A partir d'Honorius, l'ordre ancien reparaît et les
dates obituaires sont de nouveau marquées de première
main. Cette circonstance pourrait portera croire que
les dix notices précédentes ont été écrites en même
temps, sous Honorius (625-638). Je n'en crois rien ce-
pendant; d'abord pour les raisons qui m'ont fait indi-
quer une coupure entre Benoît et Pelage II, ensuite à
cause de quelques menus détails de rédaction qui sem-
blent trahir plus d'un changement de main. Pour indi-
quer la fin du pontificat de Pelage II on se sert de la
formule Qui mortnus est et sepultus...; elle reparaît
dans la notice de saint Grégoire. Au delà, la formule
est Quo defuncto, sepultus est\ elle se maintient iden-
tique pour Sabinien *, Boniface III, Boniface IV, Deus-
dedit, Boniface V 2 . Si donc les notices n'ont pas été
ajoutées une à une, depuis Pelage II, je serais porté à
les distribuer en deux séries, comprenant, Tune Pe-
lage II et Grégoire, l'autre les cinq papes suivants
(604-625).
28. — Depuis Honorius, les notices ont dû être ré- , L S?i, n0 " Ce , s
r ' du VII e siècle.
digées une à une, ce qui n'empêche pas que plusieurs ne
soient de la même main. Par exemple, depuis Adéodat
jusqu'à Conon, c'est-à-dire pour un intervalle de quinze
ans (672-687) nous avons une suite de sept notices dont
la disposition et les formules offrent des traits spéciaux
et caractéristiques. L'éloge des qualités personnelles
du pape ne s'était rencontré jusque-là qu'à l'état d'ex-
i . Une petite variante, à ce pape, est motivée par des circons-
tances spéciales.
2. Ces détails sont fort menus; la chose qu'ils établissent n'est
pas non plus bien importante.
Sabinien
Boniface III
Boniface IV
Deusdedit
Boniface V.
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ceplion ; maintenant il devient constant *. Les phéno-
mènes naturels, dont les biographes précédents, depuis
Boniface V jusqu'à Vitalien (619-672), ne s'étaient pas
souciés, sont mentionnés avec soin 2 . Certaines expres-
sions ou tours de phrases se rencontrent dans plusieurs
notices voisines : Adéodat : Tante magnitudinis fuit y
mitissimus et benignissimus, ut... y Agathon : Tantum
benignus et mansuetus fuit, ut... — Ecclesiam... ut
decuit, restauravit atque dedicavit (Adéodat, Donus) —
Clerum videlicet diversis ordinibus... honoribus am-
pliavit (Donus, Agathon; Benoît II) — Proquo capitula,
dans le sens àequare (Adéodat, Donus). — A la fin des
notices on donne le chiffre des libéralités dernières du
pontife (Agathon, Benoît II, Jean V, Conon) avec la for-
mule distribua ve omni clero, monasteriis diaconiae et
mansionariis (Benoît II, Jean V, Conon). On note le rem-
placement de Tévêque d'Albano comme consécrateur
du pape (Léon II, Jean V). L'état maladif du pape est
exprimé dans les mêmes termes : Qui sanctissimus vir
diutina infinnitate detentus ut etiam vix ordinationes
sacerdotum explere potuisset (Jean V, Conon). Les or-
dinations de prêtres etde diacres sont omises 3 (Benoît II,
Jean V, Conon). Ces ressemblances semblent indiquer
un rédacteur unique.
Bien rarement les biographes se servent de docu-
ments antérieurs. Je ne puis signaler de tels emprunts
que dans les vies de Théodore et de Martin, pour les-
quelles on a mis à contribution, en le complétant çà et
là par des souvenirs personnels, le discours prononcé
par Martin devant le concile de Latran, le 5 octobre 649.
Théodore étant mort le 14 mai précédent, son biographe
a pu écrire dès la fin de l'année. J'ai étudié dans le com-
mentaire les sources du récit du vi° concile œcuméni-
que qui figure dans la vie d'Agathon, et montré que ce
récit ne dérive pas des procès- verbaux du concile, mais
plutôt des rapports envoyés par les légats ou de lettres
particulières.
M. Mommsen a conjecluré 4 que le Liber Pontificalis
pourrait avoir quelque lien avec les annales consulaires
que l'on rédigeait à Constantinople et àRavenne. Malgré
1. Donus fait seul exception.
2. Adéodat, pluies torrentielles ; Donus, comète suivie de morta-
lité; Agathon, éclipse de lune et mortalité; Léon II, éclipse de lune;
Benoit II, météores divers, éruption du Vésuve.
3. Ceci cependant peut tenir à ce qu'il n'y eut en réalité aucune
ordination sous ces trois papes, qui siégèrent très peu de temps.
4. Neues Archiv, t. V, p. 83.
Liber pontificalis.
tous mes efforts, je n'ai pu saisir aucune coïncidence qui
permette de l'affirmer, si ce n'est peut-être, dans la vie
de Grégoire II 1 , où un événement byzantin est relaté en
termes fort semblables à ceux que l'on retrouve dans
Nicéphore et dans Théophane 2 .
Ce n'était pas assez que d'écrire la biographie du
pape aussitôt après sa mort. On voulut la commencer de
son vivant. Dès le milieu du vn e siècle nous voyons se
manifester ce progrès. Le biographe du pape Martin ra-
conte d'abord, avec beaucoup de détails, le début de
son pontificat et ses luttes contre l'exarque Olympius.
A propos d'une tentative d'assassinat dirigée contre le
pape, il fait cette réflexion : Sed Deus omnipotens qui
solitus est serûos suos orthodoxos circumtegere et ab
omni malo eripere... Cette première tentative échoua ;
mais quatre ans plus tard, le même pape fut enlevé de
Rome, conduit à Constantinople, accablé de mauvais
traitements, et finalement exilé en Crimée où il mourut
de misère. Il me semble difficile qu'un auteur qui au-
rait écrit après ces derniers événements eût exprimé,
sans effort ni restriction, la confiance dont témoigne la
phrase que je viens de citer. Du reste les quatre ans de
l'épiscopat de Martin sont passés sous silence et son
enlèvement est raconté en termes autrement concis
que ses démêlés avec Olympius. Nous trouvons, dès
cette période ancienne, une différence de mesure qui
se manifestera souvent : on ne redoute pas d'être trop
prolixe quand il s'agit du pape vivant; une fois qu'il
est mort, la sobriété paraît plus opportune.
J'ai déjà montré plus haut que la vie de Grégoire II Gré £f re u
avait été écrite en grande partie de son vivant, et que à Sit^S) 111
Bède avait pu s'en servir pour sa chronique, arrêtée
plusieurs années avant la mort de ce pape. Je crois que
les deux vies suivantes, celles de Grégoire III et de
Zacharie, sont dans le même cas et que la première ré-
daction, celle qui ne contient pas les finales, qui ne
1. P. 411, note 12. — Dans la seconde rédaction de cette vie on
rencontre mention de phénomènes naturels, accompagnés de dates
d'indiction. Ceci pourrait provenir de petites annales locales, ana-
logues à celles que l'on trouve à la môme époque, sur divers points
du royaume frank.
2. Il faut signaler aussi l'éloge de Léon II, copié par le biogra-
phe de Grégoire III. Le premier a emprunté plusieurs traits au
De viris de Geunadius (Cf. Grégoire III, note 1, p. 421). Mais ceci
est une affaire de style. Il va de soi que les détails sur les dons
faits aux églises et même sur certaines institutions (Boniface V,
p. 321, note 1; Grégoire III, p. 422, notes 13, 14; Paul, p. 466,
note 8) etc. proviennent de documents d'archives.
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mentionne pas la sépulture du pape ni la durée de la
vacance, a été écrite de leur vivant. Les petits complé-
ments de la fin et, au commencement, les chiffres
exacts de la durée du pontificat, sont les seules choses
qui n'aient pu être introduites qu'après la mort du
pape. Et ici, il ne faut pas se laisser arrêter par des
formules comme celles qui, au commencement des no-
tices, énumèrent à l'imparfait les qualités du pontife :
Erat enim vir castiis, etc., ou qui constatent la durée
d'une institution, l'antiquité d'un document : manet
nunc usque pia eius ordinatio ; usque hac tenus in ar-
chive* ecclesiae recondita tenetur. Les biographes ne se
faisaient pas faute de mettre d'avance leur rédaction au
point, de parler du pape vivant comme s'il fût déjà de-
venu matière d'histoire et d'oraison funèbre.
La vie
d'Hadrien.
Ses deux
parties.
29. — La vie d'Hadrien, beaucoup plus longuequeles
précédentes, donne lieu à certaines observations qui con-
cordent avec les faits que je viens d'exposer et confir-
ment les conclusions que j'en tire sur la date des no-
tices pontificales. D'histoire proprement dite elle n'en
contient que pour les deux premières années du ponti-
ficat, qui en a pourtant duré vingt-quatre. La prise de
Pavie (juin 774) est le dernier événement politique que
l'on ait cru devoir y enregistrer. Vient ensuite une longue
énumérationdes dons faits aux églises de Rome, des répa-
rations aux murs, aux aqueducs, des fondations et travaux
de tout genre entrepris à Rome et aux environs par l'or-
dre du pape. Que dans cette longue série il y ait des
coupures a faire, que l'on se soit repris à plusieurs fois
pour rédiger cette partie de la notice, c'est ce qui résulte
des faits suivants.
30. — Autant qu'on peut vérifier, ce n'est pas l'ordre
condêVarut des matières, mais l'ordre chronologique des travaux
exécutés, qui préside à la distribution du texte. Tout est
mêlé, dons de tentures et d'orfèvrerie, réparations de
toits et de fontaines, fondations de colonies agricoles,
peintures, aqueducs, diaconies ; les mêmes églises re-
viennent en trois, quatre, dix endroits. Aucune trace
d'arrangement systématique s'étendant à l'ensemble
des faits ; ceux-ci sont enregistrés à la suite les uns des
autres et voilà tout. 11 est naturel qu'ils ne soient pas
datés ; cependant çà et là on peut saisir une donnée
chronologique. Ainsi,p. 503, 1. 23, Informa Sabbatina
(aqueduc de Trajan) est réparée après vingt ans d'in-
Bédactions
successives
terruption; il en est de même de Informa Iobia, un peu
plus loin (p. 504, 1. 19). Le point de départ de cette pé-
riode coïncide évidemment avec le siège de 756 ; la ré-
paration se place donc en 776. Quelques pages plus loin, il
est question de réparations considérables à la toiture de la
basilique de Saint- Pierre. Or nous avons, dans le Codex
Carolinus (n° 67 ; Jaffé, 2429), une lettre relative à cette
affaire ; elle est de 779 ou de 780. Plus loin encore, la
série des restaurations d'églises s'interrompt pour faire
place à quelques lignes sur le second concile de Nicée
(787) ; enfin, un peu avant les dernières lignes de la
notice, on raconte une inondation du Tibre arrivée en
décembre 791. Ces dates sont séparées dans le texte
par des espaces presque proportionnels à leurs distances
chronologiques.
Ici on pourrait objecter que le biographe, en dé-
pouillant les registres qui lui ont fourni ces détails, a
dû trouver ces faits disposés dans l'ordre chronologique
et qu'il n'est pas étonnant que cet ordre se retrouve
dans sa transcription. Mais voici une particularité qui
ne s'explique pas aussi aisément. Les n 09 327 et 328
sont consacrés aux fondations agricoles d'Hadrien; ce
passage commence par une sorte de résumé préalable :
Hic beatissimus praesul fecit atque comtituit noviler
domos cultas quatuor. Suit la fondation de la domus
culta Capracorumet des trois autres, G alerta Aurélia,
Gâter ia Portuensis et Calvisianum. Le rédacteur tient
beaucoup à ce chiffre de quatre. Quand il a terminé
ce qui regarde la domus culta Capracorum, il pour-
suit en disant : Alias vero très domus cidtas... ; puis,
après la deuxième, Reliquas vero duas ; enfin il récapi-
tule les trois dernières : Quas vide lice t très domos cul-
tas, etc. Ces formules, qui appartiennent en propre au
biographe, sont d'un homme qui ne connaît que quatre
domus cultae fondées par le pape Hadrien. S'il en avait
connu six, il ne se serait pas acharné à en compter
quatre. Or il y en a eu six : les deux autres se trouvent
plus loin, n 09 333 et 344. En tenant compte des dates
que je viens de signaler, on voit que les quatre pre-
mières domus cultae sont antérieures à l'année 776,
que la cinquième fut fondée entre 776 et 780, la
sixième entre 780 et 787. Le rédacteur du passage sur les
quatre premières ayant ignoré l'existence des autres, il
faut qu'il ait écrit avant 780.
C'est pour la même raison que, n° 322, le rédacteur
ne connaît que 16 diaconies, sur 18 qui existaient à la
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fin du pontificat d'Hadrien. La fondation des deux autres
est mentionnée au n° 345.
Je n'entends pas dire que la rédaction ait été conti-
nuée année par année ; il me semble plutôt qu'on Ta re-
prise à des intervalles plus considérables et sans doute
inégaux. Il n'est pas impossible de distinguer les addi-
tions faites successivement. L'ordre des matières, qui ne
se manifeste pas dans l'ensemble, apparaît quelque-fois
dans cessections du texte. Ainsi, lapremière (n° 320-329)
commence par les deux églises apostoliques du Vatican
et de la voie d'Ostie ; viennent ensuite les deux cathé-
drales intra-muros, Sainte-Marie-Majeure etla basilique
de Latran, puis le sanctuaire de Saint-Laurent-hors-les-
murs, et onze églises, tant de la ville que de 'la ban-
lieue. Ici le rédacteur, fatigué de transcrire, se met à
résumer : nam et per diversa titala seu alias ecclesias
atque cunctas diaconias et monasteria quantacumque
infra murum huius Romanae urbis existunt... ex pal-
leis, id est stauracim seu tyreis, vestes fecit atque offe-
ruit, et sic ut bonus pastor omnes Dei ecclesias, tam
extra mur os Romanae urbis quamque infra mur os, ad
laudem Dei restauravit atque decoravit. Après cette
formule, substituée, me semble-t-il,aux indications dé-
taillées du registre qu'il dépouillait, il signale quelques
travaux et entreprises de nature différente : d'abord la
restauration des murs de Rome, appréciée comme on
pouvait le faire dans les bureaux du payeur pontifical,
c'est-à-dire d'après la dépense et non d'après son plan
et ses détails ; puis le renouvellement du personnel
monacal à Saint-Etienne-Majeur, puis la fondation de
quatre domus cultae, relatée évidemment d'après des
chartes de privilège ; enfin des embellissements exé-
cutés au palais de Latran.
Voilà, je crois, la première section du catalogue. Avec
le n°330 nous entrons dans une section différente, qui,
comme la première, commence par la basilique Vati-
cane ; vient ensuite la basilique de Saint-Paul, puis
trente-neuf églises, auxquelles le pape est dit avoir
donné des portières (vêla) de soie et de lin. Elles ne
sont pas toutes désignées par leurs noms ; on trouve
d'abord trois églises, non titulaires ni diaconales, qui
ont reçu vingt paires de rideaux chacune; puis les
vingt- deux titres, à qui un don semblable a été fait,
sont indiqués par une formule générale : per unum-
quemque titulum (vêla) numéro XX et XX, quae fiunt
simul vêla sirica numéro CCCCXL ; viennent ensuite
les seize diaconies, groupées de la môme façon : per
unamquamque diaconiam (vêla) numéro VI % quae
fiunt simul vêla numéro XCVI; enfin quatre autres
églises non comprises dans les deux catégories précé-
dentes et qui n'ont pas reçu le même nombre de ri-
deaux.
Mais tandis que, dans la première section, rénumé-
ration se poursuivait naturellement et sans interruption,
nous la voyons interrompue ici par quelques phrases
qui ont tout l'air d'être des pièces de rapport. Je veux
parler de quatre passages sur la restauration des aque-
ducs de Rome. Le premier des quatre, entre Saint-Pierre
et Saint-Paul, est à peu près à sa place, puisqu'il est re-
latif à l'aqueduc de Trajan et que celui-ci fournissait de
l'eau à l'atrium de Saint-Pierre. Cependant, outre que
ses autres usages sont aussi indiqués, on doit noter que
cette longue description sépare des parties du texte évi-
demment similaires, où il était question d'icônes exé-
cutées à Saint- Pierre et à Saint-Paul. Le passage relatif
à la forma Iobia est, lui, très certainement interpolé;
il figure au milieu de l'énumération des tentures,
entre les diaconies et les quatre églises qui suivent. Le
texte relatif à ces dernières commence par Simili modo
fecit et in basilica, formule qui ne se raccorde nullement
à la phrase immédiatement précédente, celle sur la
forma Iobia, mais à la phrase sur les diaconies. Je n'ai
pas la même objection à soulever contre la place dupas-
sage sur la forma Claudia, car il ne se présente qu'a-
près que l'énumération des tentures est terminée i . En
revanche, une phrase sur une image du Christ disposée
au-dessus delà porte de Saint-Pierre (p. 504,1. 15-17) me
paraît interpolée aussi ; elle se présente dans l'énuméra-
tion des tentures, entre les titres et les diaconies, rompant
la trame du texte. La phrase sur les diaconies, Nam et
per diversas diaconias fecit simili modo vêla a dû sui-
vre d'abord, sans aucun intermédiaire, la phrase sur les
titres.
On a pu voir, par les notices de Grégoire III, de Za-
charie. d'Etienne et de Paul, combien étaient fréquen-
tes les additions du genre de celle-ci ; presque contem-
poraines de la rédaction première, elles ne tardaient
guère à s'y faire une place. Si, pour Hadrien, nous n'a-
1 . La phrase'sur la forma\Virginis,\in peu plus loin.p. 305, 1. 22 pour
rait bien aussi avoir élé interpolée; mais elle se présente dans,' une
partie du texte dont l'ordonnance n'est pas aussi claire que celle
dont je m'occupe ici.
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vons pas, comme pour les autres notices, des exemplaires
de la rédaction non interpolée, cela tient sans doute à
des causes purement accidentelles.
D'autres sections pourraient être signalées, par exem-
ple au n° 348. Mais je crois en avoir assez dit pour éta-
blir, ce qui du reste concorde bien avec ce que nous
savons déjà sur les habitudes des biographes pontificaux,
que la notice d'Hadrien est le fruit de travaux successifs,
tant parce qu'elle a été continuée à plusieurs reprises
que parce qu'elle a été complétée çà et là par des notes
marginales, fondues de bonne heure avec le texte. Je ne
veux plus signaler qu'un seul fait, c'est la double men-
tion de la réparation des murs de Rome. J'ai relevé la
première, en montrant qu'elle porte la trace de son ori-
gine et nous présente ce travail au point de vue du
comptable chargé de le payer; la seconde se trouve
beaucoup plus loin, n°3oo; elle est conçue en termes
différents ; cette fois-ci on insiste sur la distribution du
travail entre les habitants du territoire pontifical. Il est
clair que ce n'est pas la môme personne qui a écrit ces
deux parties du texte ; ce n'est même que par suite d'une
distraction que l'on a pu être amené à relater deux fois
le même événement.
31. — Toutes les reprises que je viens de signaler
se rencontrent dans la seconde moitié de la notice. La
première est toute consacrée à l'histoire. Qu'elle soit ou
non de la même main que telle ou telle section de la
seconde moitié, il est sûr qu'elle s'inspire d'une concep-
tion biographique entièrement différente. L'histoire po-
litique s'arrête à Tannée 774 ; au delà, la rédaction la
supprime systématiquement. Pourquoi? C'est ce qui ne
m'importe pas en ce moment. Tout ce que je me de-
mande c'est si les n os 290-319 ont été écrits dès l'an-
née 774 ou longtemps après, s'ils ont la valeur d'un
récit tout à fait contemporain ou si, leur rédaction de-
vant être différée après la mort du pape (79o), on est en
droit d'y chercher quelques confusions ou altérations
involontaires.
A mon sens, ce morceau historique est dat4 par son
terme : il est de l'année 774.
Tout ce que je viens de dire sur la seconde partie
concourt à prouver que son texte a été composé à plu-
sieurs fois, sans attendre la mort du pape ; et que
même on s'y est mis dès les premières années du ponti-
ficat. Certaines parties étaient déjà écrites avant 780.
Ces assises superposées limitent la période assignable
au commencement, qui les supporte toutes. Du reste,
il suffit de lire ces pages avec quelque connaissance de
leur milieu historique, pour se sentir en présence d'un
récit absolument contemporain. Ce n'est pas en 79o,
vingt ans après la disparition de la dynastie lombarde,
que l'on aurait insisté à ce degré sur le détail des négo-
ciations avec Didier, sur le règlement de comptes avec
le parti d'Afiarta, sur la correspondance politique avec
Constantinople, sur la démarche des Spolétans auprès
du pape, même sur le voyage de Charlemagne à Rome
en 774. A la mort d'Hadrien, il s'était fait du lointain
sur cette première période; des événements impor-
tants s'étaient succédé ; entre autres, deux voyages
de Charlemagne à Rome, en 781 et 787, qui ont
laissé trace dans la correspondance pontificale, dans les
monuments, dans la constitution de l'état romain; cer-
tains plis avaient été pris ; de nouvelles manières de voir
s'étaientimposées : on n'en trouve aucune trace dans notre
récit. Il représente bien ce qu'on pouvait, ce qu'on devait
écrire en 774, non ce qu'on pouvait écrire après la mort
d'Hadrien. Et même, pour qu'on ait pu laisser subsis-
ter ce récit, sans y introduire aucune retouche, il a fallu
une certaine dose d'insouciance, on serait tenté de dire
de calcul, en songeant aux conséquences énormes qui
sont sorties de là. Je crois cependant, eu égard aux
habitudes des biographes pontificaux du \ni e et du ix e siè-
cle, qu'il y a eu plutôt insouciance et paresse d'esprit.
32. — J'ai parlé de conséquences. C'est que, par le La donation
fait même que l'on s'est abstenu de continuer l'histoire magne 6 "
du pape Hadrien au-delà de l'année 774, on a laissé
subsister, comme forme unique des conventions passées
entre Charlemagne et lui, la donation ou promesse de
donation qui fut faite cette année-là, le mercredi de Pâ-
ques, à Saint-Pierre. Des modifications apportées plus
tard à cet acte solennel, le Liber ponlificalis ne contient
aucune trace. Ainsi peut-on s'expliquer que les chartes
impériales d'Othon I or et de Henri II contiennent la con-
firmation d'une pièce qui n'avait certainement pas sorti
son effet et que, aux yeux d'un Innocent III et entre
ses mains, la donation de Charlemagne ait pu faire l'effet
d'un document valide. Mais ici je touche à l'objection
la plus grave, disons mieux, à la seule objection qui
puisse être produite contre la date que j'assigne aux pre-
mières pages de la vie d'Hadrien. Il est de mon devoir
d'y répondre avec quelque détail.
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Son étendue
géographique
Spolète et
Bénévent.
D'après le biographe, le 6 avril 774, Charlemagne fit
rédiger par son chapelain et notaire Etherius deux exem-
plaires d'une promesse de donation, qu'il remit au pape,
l'un pour ses archives, l'autre pour être conservé dans
la confession de Saint-Pierre ; des copies, exécutées par
la chancellerie pontificale, restèrent entre ses mains et
furent emportées par lui. Jusqu'ici il n'y a aucune diffi-
culté. Il n'en est pas de môme pour deux autres asser-
tions du biographe, l'une sur le contenu de la promesse
de donation, l'autre sur sa conformité avec celle qui au-
rait été remise à Etienne II par Pépin le Bref, vingt ans
auparavant. Ces deux assertions doivent être contrô-
lées. Je commence par la première.
33. — Le territoire concédé est indiqué d'abord par
une ligne qui, partant de Luni, à l'embouchure de la
Magra dans la mer Tyrrhénienne, rejoint à Monselice
la frontière du duché de Venise. Ce tracé suffit à indi-
quer jusqu'où doit s'étendre le futur état romain du
côté du nord ; c'est la limite qui le sépare du royaume
lombard de Pavie. Quant à son étendue au sud et à l'est
de cette limite, au lieu de la définir par le tracé d'une
frontière, on se contente de dire qu'elle comprendra la
Vénétie et l'Istrie, l'exarchat, les duchés de Spolète et
de Bénévent. Il ne reste en dehors que les petits terri-
toires impériaux de Gaète, de Naples, d'Amalfi, de Reg-
gio et d'Otrante. Les îles de Sicile et de Sardaigne n'y
sont pas comprises, mais seulement la Corse. En par-
lant de l'exarchat de Ravenne, le biographe spécifie que
c'est l'exarchat tel qu'il était autrefois, sicut antiquitus
erat, c'est-à-dire tel que Liutprand l'avait trouvé à son
avènement, et tel que le pape Etienne II avait cherché
à le reconstituer, par son traité avec le roi Didier.
Détacher de l'état lombard les duchés de Spolète et
de Bénévent, les attirer dans l'orbite de leur politique,
s'était depuis longtemps le rêve des Romains. Le pape
Grégoire III s'y était employé activement, au temps des
ducs Trasimond et Godescalc ; un traité avait été conclu
avec eux 1 ; les Romains les soutinrent vigoureusement
dans leur révolte contre Liutprand, en 739. Cette poli-
tique dangereuse fut abandonnée par Zacharie; mais
après la double intervention de Pépin en Italie, après
la constitution effective de l'état pontifical, les tendances
séparatistes se manifestèrent de nouveau dans les deux
duchés. Profitant de la crise que traversa le royaume
i. Cod. CaroL, p. 17.
après la mort d'Astolphe, les gens de Spolète se don-
nèrent eux-mêmes un duc, Alboin, et, de concert avec
les Bénéventins, ils s'entendirent avec Etienne II pour
réclamer la protection franque 1 . Pépin ne se soucia pas
de s'engager dans cette affaire à la suite du pape et de ^ ,
ses propres missi 2 . Il laissa Didier tirer vengeance des
ducs rebelles; l'un d'eux, Alboin, fut jeté en prison,
l'autre, Liutprand, contraint à se réfugier à Otrante, en
territoire grec. Mais le souvenir de ces événements et les
tendances dont ils témoignent n'avaient nullement dis-
paru. Le premier résultat de l'entrée de Charlemagne
en Italie fut que les Spolétans accoururent à Rome pour
réclamer leur annexion à l'état pontifical. Il n'est pas
question à ce moment des Bénéventins; mais l'esprit
qu'ils avaient montré à diverses reprises était le même
que celui de leurs voisins ; à Rome on devait trouver
très naturel de leur donner, dans les nouvelles combi-
naisons, une place analogue à celle des Spolétans.
La province de Vénétie-lstrie était bien éloignée de La Vénétie.
l'empire grec et de la Sicile, son principal centre d'in-
fluence en Occident. Depuis la première moitié du siècle,
elle avait pris une allure spéciale ; elle aussi tendait à
l'autonomie. Comme elle touchait à l'exarchat, il était
aisé de lui adapter les garanties obtenues pour celui-ci.
Il paraît 3 qu'elle avait été mentionnée dans les traités de
754 et de 756. Il n'était donc pas déraisonnable de la
comprendre dans l'état projeté.
Quant à la Tuscie lombarde et aux parties de la vallée
du Pô qui s'étendaient depuis la Vénétie et l'exarchat
jusqu'à la frontière projetée, ces pays faisaient partie
du royaume lombard depuis l'origine ; aucune tendance
séparatiste ne s'y était produite, au moins que nous
sachions 4 . Pour les joindre à l'état romain, on ne pou-
vait s'autoriser que du désir de donner à celui-ci une
étendue plus considérable.
34. — Et ici je dois écarter l'idée * que les régions îl n e s'agit
Pas Q.6 pSt*"
i. Lettre d'Etienne II à Pépin, mars-avril 757 : « Nam et Spo- Mmoines.
laetini ducatus generalitas par manua beati Pétri et tuum fortissi-
mura brachium constituerunt sibi ducem. Et ta m ipsi Spolitini
quamque etiam Beneventani omnes se commendare per nos a Deo
servatae excellentiae tuae cupiunt, et inminent anhelantiusin hoc
deprecandum bonitalem tuam » (Jaffé, 2335; Cod. Car., p. 6o).
2. Dans le passage cité de la lettre d'Etienne II, les mots tuum
fortissimum brachium donnent lieu de croire que la mission franque
conduite par l'abbé Fulrad avait favorisé la révolte des Spolétans.
3. Jaffé, 2391.
4. Il faut tenir compte cependant de ce qui est dit, p. 496, 1. 10, du
castrum Felicilatis (Gittà di Castello) ; cette localité appartenait à la
Tuscie lombarde.
5. Sickel, Das pi'ivilegium Otto I, p. 136.
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limitées par la frontière a Lunis-Monte Silicis soient
indiquées, non comme concédées dans leur entier et
avec les droits de souveraineté, mais comme contenant
des patrimoines revendiqués par l'église romaine. Il
est possible que l'église romaine ait eu autrefois des
terres dans ces pays ; mais elles avaient été confisquées
lors de la conquête lombarde, en 569 et les années sui-
vantes, et l'on ne voit pas qu'elles aient été réclamées avant
l'année 774. Sous le pontificat de saint Grégoire le Grand
et pendant le vu 6 siècle, les patrimoines italiens de l'é-
glise romaine sont tous en terre impériale ^ On ne pour-
rait citer, avant la chute du royaume lombard, une seule
revendication de patrimoines confisqués à l'origine. Il
n'en est pas de môme du patrimoine des Alpes Cottien-
nes, saisi par Rotharis vers 640 ; celui-ci fut réclamé par
le pape Jean VII et rétrocédé par le roi Aripert 2 , puis
repris et enfin rendu par Liutprand. Si la frontière indi-
quée ici avait réellement le sens qu'on a cru pouvoir lui
donner, elle devrait comprendre la province des Alpes
Cottiennes, ou tout au moins la rivière de Gênes, c'est-
à-dire le pays où se trouve le patrimoine en question.
Or il n'en est rien; le tracé part de Luni et laisse à
l'ouest la. rivière de Gênes et la province des Alpes Cot-
tiennes. Il s'agit donc de souveraineté. Voyons si, prise
en ce sens, l'assertion du biographe concorde avec les
faits connus.
Acccroissc- 35. — Après avoir installé un gouvernement provi-
m pont?fieai at soire à Pavie, Charles retourne en France, réservant pour
le moment l'accomplissement de la promesse faite au
pape. Tout ce qu'il a fait en ce sens, c'est de rendre les
villes de Bologne et d'Iraola. Encore l'archevêque de
Ravenne, Léon, s'en est-il emparé, prétendant exercer
son autorité sur toutes les villes de l'Emilie, tant celles
que le pape avait obtenues antérieurement que les deux
qui venaient d'être détachées du royaume lombard.
Mais ceci est une question accessoire. Quelle qu'en doive
être la solution, il est entendu que Bologne et Imola
sont « restituées ». Le pape est en possession de Spo-
ète, dont le duc Hildebrand date ses actes par la men-
tion du pontificat d'Hadrien. De ce chef, le territoire de
l'état romain est presque doublé. Néanmoins, il semble
que rien ne soit encore fait. Dans la première lettre
1. M. Sickel (/. c.) allègue des pensions réclamées en 778 par le
pape Hadrien; mais il s'agit de propriétés situées en Istrie et non
dans le royaume lombard. Ce fait ne prouve donc rien.
2. Cf. Jean VII, p. 385 ; Grégoire II, p. 398; P. Fabre, Mélanges
de V École de Rome, t. IV, p. 383.
sous
Hadrien.
qu'il écrit à Charles, après son départ d'Italie, Hadrien,
au milieu de beaucoup de plaintes contre l'archevêque
de Ravenne, gémit de ce que les promesses faites n'ont
pas été remplies f . Un peu plus tard, au commence-
ment de 775, il apprend, par une lettre du roi, qu'il se
propose de venir au mois d'octobre pour exécuter tout
ce qu'il a promis au bienheureux Pierre, pour augmen-
ter, exalter la situation de l'Eglise 2 . Il lui écrit aussitôt
pour le confirmer dans ces bonnes dispositions. Les en-
voyés qui portent sa lettre à la cour de Charles en re-
çoivent de bienveillantes paroles qui remplissent le pape
de confiance. Dans une autre lettre de la même année,
il insiste vivement sur ses espérances 3 . Mais il ne parle
plus de la prochaine arrivée du roi. Charles, en effet,
avait résolu d'envoyer à sa place des missi chargés d'ar-
ranger les choses.
Ils n'étaient point encore venus le 27 octobre, et le
pape trahit quelque regret à ce sujet dans une lettre
de cette date 4 . Le mois de novembre arrive ; Hadrien,
impatient, envoie à Pavie, auprès du gouvernement
provisoire. On lui répond que les missi ne doivent pas
se rendre tout de suite à Rome. Ce retard le jette dans
une grande inquiétude. Il députe aussitôt à Charlema-
magne l'évêque de Préneste, André, et Pardus, hi-
goumène de Saint-Sabas, pour lui adresser les plus
pressantes exhortations et le décider à remplir ses pro-
messes et celles de son père Pépin. Malgré ses craintes,
il se soutient encore par la confiance que lui inspire la
promesse du roi. Il espère obtenir « des fruits abon-
dants, une élévation considérable » 5 .
Enfin les missi se mettent en route. Arrivés à
i. «Et ecce improperatur nobis a pluribus nostris inimicis, expro-
brantesnos etdicentes : Quid vobis pro fuit quod Langobardorum gens
est abolita et regno Francorum subiugata ? Et ecce iam nihil de his
quae promissa sunt adinplctum est. »(Jafié, 2408 : Cod. Car., p. 172.)
2. « Omnia quae b.Petro et nobis polliciti estisad eflectum perdu
cere... Augmenta et exaltalione matris tuae s. Dei ecclesiae in Ita-
liam destinatis properare. » (Jafié, 2413; Cod. Car., p. 177.)
3. «Confirmet...Deusnosterhoc ipsud in vestro florigero pectore,
quatenus vclociorem atque copiosum fructum... Pumiana nostra
ecclesia.. de vestra consequatur promissione... Deprecor... ut
velociter ea quae b. Petro... per tuam donationem oflerenda spo-
pondisti, adimplere iubeas ; quatenus isdem princeps apostolorum
mullo ampfius tibi protector et auxiliator... existât... Optime enim
cognoscimus, qualisfirmitas et integritatis stabilitasiuter nos, Deo
auspice, in aposlolica aula corroborata est. Et sciinus cui credidi-
mus, et certi sumus.» (Jaffé, 2414; Cod. Car., p. 180, 181.)
4. Jaffé, 2415; Cod. Car., p. 182.
5. « Unde et copiosum a vobis suscipi praestolamus fructum; ut,
sicut caepisti, bonum opus perficias, tuisque temporibus s. Dei
ecclesia ?nulto amplius exallata permaneat. » (JatTé, 241G ; Cod.
Carol , p. 186).
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Pérouse , ils y trouvent des envoyés du pape et des
équipages tout prêts pour les conduire à Rome. Mais au
lieu de se à rendre l'invitation pontificale, ils se dirigent
vers Spolète, où, disent-ils, ils doivent avant tout s'a-
boucher avec le duc Hildebrand. Déplus en plus alarmé,
Hadrien les fait relancer à Spolète, demandant qu'au
moins ils passent par Rome pour se rendre à Bénévent
où il sait qu'ils ont l'intention d'aller. Mais les missi
sont inflexibles. Sans écouter les remontrances du pape,
ils partent pour Bénévent. Hadrien exhale aussitôt sa
douleur dans une lettre où il rappelle à Charlemagne
ses engagements récents, ses discours tenus à Rome
dix-huit mois auparavant, ses promesses faites à Saint-
Pierre, nommément à propos du duché de Spolète,
dont la possession est maintenant mise en cause *. Re-
venus de Bénévent à Spolète, lesmissi cherchent à opé-
rer un rapprochement entre le duc Hildebrand et le
pape. Celui-ci envoie, sur leur demande, des otages au
duc de Spolète, avec un sauf-conduit qui lui permettra
de venir à Rome. Mais les envoyés du pape, arrivés
à Spolète, y trouvent Hildebrand en train de comploter
avec les ducs de Bénévent, de Chiusi et de Frioul 2 . La
situation s'est donc compliquée. Le duc de Spolète est
en révolte, non seulement contre le pape, mais contre
le roi lui-même. Raison de plus pour que le roi se dé-
cide à venir en Italie, à exécuter enfin ses promesses
de l'année 774. C'est ce que le pape ne cesse de lui
répéter 3 . Sa dernière lettre, dans cette période, est du
mois de février 776.
Charles vint en effet ; mais il se contenta de dompter
la révolte du duc de Frioul, les autres conjurés ayant
sans doute été déconcertés par la mort de l'empereur
Constantin V, sur l'appui duquel ils avaient compté.
Après avoir séjourné dans l'Italie du nord tout le prin-
temps et môme une partie de l'été, il repassa les Al-
pes, rappelé par une nouvelle révolte des Saxons. Ce fut
une grande déconvenue pour Je pape. A partir de ce
moment, jusqu'au mois de mai 778, le Codex Carolinus
ne contient plus aucune lettre pontificale. Quand la cor-
respondance reprend, c'est sur un autre ton. Au com-
mencement de l'année 778, Charles avait promis à deux
envoyés du pape de venir passer à Rome les fêtes de
1. Jaffé, 2418; Cod. Car., p. 190, 191.
2. Jaffé, 2419; Cod. Car., p. 492.
3. Ep. cit., p. 193 ; Jaffé, 2420, Cod. Car. p. 195 ; 2422, Cod. Car.,
p. 197.
Pâques et d'y faire baptiser son fils Pépin, né peu de
mois auparavant. Cette promesse resta encore sans ef-
fet, l'expédition d'Espagne étant venue se mettre à la
traverse. Au mois de mai, Hadrien écrit au roi pour
insister encore sur l'exécution de la promesse de 774.
Pour la première fois, on le voit ici évoquer le souve-
nir de l'empereur Constantin et faire allusion à la fa-
meuse donation par laquelle l'église romaine « a été
élevée et exaltée, a reçu le pouvoir dans ces régions
d'Hespérie » 1 . Charles est exhorté à imiter cet exem-
ple, à devenir un nouveau Constantin. Cependant, à
côté de ces rêves grandioses, le pape juge à propos de
mettre en avant des revendications plus modestes et
plus pratiques. Il Renvoie au roi les diplômes par les-
quels divers empereurs, patrices et autres personnes
craignant Dieu ont fait à Saint-Pierre des dons en Tuscie,
dans les duchés de Spolète et de Bénévent, dans l'île de
Corse et dans le patrimoine de Sabine ; il se plaint de
ce qu'ils ont été confisqués depuis de longues années
par les Lombards et en sollicite la restitution. Dans ce
plaidoyer, tous les arguments sont réunis ; d'abord le
meilleur, la promesse de Charles en 774, puis la dona-
tion de Constantin, enfin les anciens titres de propriété,
antérieurs à l'invasion lombarde.
Charlemagne vint à , Rome aux fêtes de Pâques de
l'année 781. C'est alors que le pape obtintle patrimoine
de Sabine. Un patrimoine de ce nom avait déjà été
rendu au pape Zacharie 2 par Liutprand et cette resti-
tution avait été ou confirmée ou complétée par Didier 3 ;
mais il s'agissait maintenant de bien autre chose. Les
réclamations du pape se fondaient, comme il a été dit
ci-dessus, sur d'antiques donations dont les effets
avaient été interrompus par les premières conquêtes
lombardes et par les entreprises des ducs de Spolète du-
rant le septième siècle. On ne pouvait revenir à un état
de choses aussi ancien sans troubler beaucoup de pos-
sessions. Aussi se produisit-il des oppositions très vives
qui rendirent fort difficile la tâche des missi royaux,
Ittherius etMagenarius, chargés de régler cette affaire
sur le terrain. Longtemps après Hadrien et Charlema-
gne, les papes et les abbés de Farfa furent en contes-
tation sur des questions de propriétés et de limites ;
1. Jaffé, 2423, Cod. Car., p. 199. — Que ces paroles visent la do-
nation apocrypheet non point les Gesta Silvestri ni la notice de Sil-
vestre dans le L. P., c'est ce qui me semble indubitable.
2. Zacharie, p. 428, 1. 4.
3. Cod. Carol., p. 226.
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bien que la célèbre abbaye ne soit pas mentionnée dans
la correspondance d'Hadrien à propos de la Sabine, on
peut croire qu'elle ne fut pas étrangère aux difficultés
rencontrées de ce côté par les commissaires de Charlema-
gne. Quoiqu'il en soit, on parvint à établir une limite;
le privilège de 817 en fait mention en disant qu'elle fut
fixée par les abbés Ittherius et Magenarius *. Les textes
qui parlent de ce domaine l'appellent tantôt patrimo-
nium tantôt territorium. Cela vient sans doute de ce
qu'il ne contenait pas de cité organisée et que sa po-
pulation était tout entière formée de colons soit de l'é-
glise romaine, soit de l'abbaye de Farfa, soit de parti-
culiers. Dans ces conditions, propriété et souveraineté
tendaient à se confondre, ou du moins il était facile dé-
passer de l'une à l'autre, de se fonder sur la première
pour arriver à la seconde.
Un troisième voyage de Charlemagne, en 787, fut
l'occasion d'une autre concession de territoire. Cette
fois-ci, les frontières de l'état romain furent notable-
ment agrandies du côté du nord 2 . A la fin de 787, le pape
était entré en possession effective de Suana, Toscanella,
Viterbe, Bagnorea, et d'autres localités de la Tuscie lom-
barde, Orvieto, Ferentum, Orchia 3 ,Marta et le castellum
Félicitât is dont il a été question plus haut. La concession
de Charles comprenait en outre les territoires de Rosel-
lae et de Populonia; mais, sur ce point, il y eut des dif-
ficultés d'exécution ; on ne peut affirmer que tout ait
été alors remis aux mains du pape 4 .
Ce n'était pas tout ; le roi avait dilaté l'état pontifical
au sud, aussi bien qu'au nord, diminué à son profit
le duché de Bénévent comme le duché de Toscane.
Capoue était la plus lointaine des villes concédées
de ce côté ; entre elle et la frontière romaine, le privilège
de 817 énumère Teano, Aquino, Arce, Arpino et Sora.
Autant que nous sommes renseignés par les lettres
1. Eodem modo territorium Sabinense, sicut a genitore nostro
Karolo impciatoreb. Petro apostolo per donationis scriplum con-
cessum est sub integritate, quemadmodum ab Itherio et Magena-
rio abbatibus, misais illius, inter idem territorium Sabinense atque
Reatinum deflnitum est. (Sickol, Das privil. Otto I, p. 175).
2. Jaffé, 2460 \.Cod. Car., p. 256.
3. Orchia est actuellement une localité appelée Castello d'Orchia,
à mi-chemin entre Bieda et Toscanella. Marta était à l'extrémité
sud du lac de Bolsène, près de l'endroit où en sort la rivière
Marta. Les cinq dernières localités, indiquées par le terme général
ceterasque civitates dans la lettre d'Hadrien citée à la note précé-
dente, sont énumérées dans le privilège de 811, /. c.
4. Sur les actes de souveraineté accomplis plus tard dans cette
région par les papes, v. Ficker, Forschungen, t. II, p. 302.
d'Hadrien, cette concession ne sortit pas son effet. Tout
ce que le pape put obtenir, ce fut qu'on lui remît les
évêchés, les monastères, les curies publicae et les clefs
des villes '.
La donation de 787 ne reçut ainsi qu'une exécution
imparfaite.
Outre ces agrandissements, dont l'histoire peut être
suivie dans la correspondance du pape Hadrien, il faut
noter encore la concession de l'Ile de Corse, qui parait
bien avoir été au pouvoir de l'église romaine au temps
du pape Léon III - et sur lequelle son prédécesseur
avait élevé quelques réclamations. Il n'est pas possible
d'indiquer à quel moment l'église romaine entra en pos-
session de cette île.
Nous sommes en revanche mieux renseignés sur une
concession d'une autre nature, celle du tribut de la Tos-
cane et du duché de Spolète, qui fut attribué à saint Pierre
à la suite d'une convention entre Hadrien et Charles 3 .
En môme temps qu'on lui attribuait ce revenu, le
pape confirmait l'autorité du roi sur ces deux duchés,
c'est-à dire, ce semble, renonçait de ce côté à tout droit
de souveraineté.
Il est à remarquer que les concessions effectives de
Charlemagne, celles de 781 et de 787, ont ceci de
commun qu'elles représentent une extension générale
des frontières du duché de Rome. Du côté de l'exarchat
et de la Pentapole il n'est plus question, au moins de-
puis 778, d'aucune réclamation ni d'aucune concession.
Charles avait pu se convaincre que le pape n'avait pas
le bras assez fort pour tenir dans l'obéissance les po-
pulations d'outre-Apennin. Hadrien lui-même ne pou-
vait pas avoir méconnu les leçons de l'expérience. Ce
1. Cod. Car., p. 265. Cf. Ficker, /. c, p. 300.
2. Jaffé, 2515; Monum. Carol. y p. 310. L'île de Corse n'avait pas
appartenu aux Lombards. L'église romaine y avait des terres;
Charles aura sans doute reconnu les recteurs de ce patrimoine
comme gouverneurs de la population insulaire. L'histoire de la
Corse en ces temps-là est très obscure.
3. Privilège de 817 : « Firmamus... censum et pensionem seu
coteras dationes quae annuatim in palatium régis Longobardorum
inferri solebant, sive de Tuscia Longobardorum sive de ducatu
Spoletino, sicut in suprascriptis donationibus continetur et inter
sanctae memoriae Adrianum papam et domnum ae genitorem Ka-
rolum imperatorem convenit, quando idem pontifex eidem de su-
prascriptis ducatibus, id est Tuscano et Spoletino, suae auctorita-
tis preceptum confirmavit, eo scilicet modo ut annis singulis pre-
dictus census aecclesiae beati Pétri apostoli persolvatur, salva
super eosdem ducatus nostra in omnibus dominatione et illorum
ad nostram partem subiectione. » (Sickel, /. c )
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qu'il aurait revendiqué de ce côté risquait fort de tom-
ber entre les mains de l'archevêque de Ravenne, c'est-
à-dire d'un prélat dont les prétentions, dans l'ordre ec-
clésiastique comme dans l'ordre politique, avaient sou-
vent créé des difficultés à ses prédécesseurs et à lui-
môme. Il était plus sage de s'étendre du côté du duché
de Spolète, de la Campanie et de la Toscane lombarde,
pays plus faciles à maintenir dans l'orbite de Rome. La
concession de la Maremme toscane, jusqu'à Populonia,
c'est-à-dire jusqu'à la hauteur de l'île d'Elbe, donnait
au pape des facilités pour gouverner son domaine de
Corse. Du côté de la Campanie, lui donner la route de
Capoue et Capoue elle-même, c'était le mettre à môme
de recueillir un jour ou l'autre l'héritage des Grecs de
Gaëte et de Naples, sans parler des patrimoines campa-
niens que l'église romaine revendiquait en vain depuis
le temps d'Etienne II. La résignation du pape Hadrien
était donc bien justifiée.
Ecart entre 36. — Il est certain toutefois que, même en mettant
sements réels les choses au mieux, en considérant comme réellement
et e de h ia iteS entrés dans le domaine pontifical des cités et territoires
donation. q Ue j' on ne p arvm t p as a y f a i re entrer, les concessions
de Charlemagne ne représentent qu'une faible part des
promesses de 774. Au delà de l'Apennin, touts'est borné
à la restitution de Bologne et d'Imola, promises depuis
longtemps par Didier. Des duchés de Toscane, de
Spolète et de Bénévent, une faible partie seulement
a été concédée. Ce n'estpoint cela, évidemment, que le
pape Hadrien attendait quand il écrivait ses lettres de
774 à 776, et même celle de mai 778. Après cette der-
nière tentative en faveur d'une véritable exaltation de
la puissance temporelle des pontifes romains, il se ré-
signe à de maigres agrandissements du duché de Rome,
longtemps différés, mollement exécutés, destinés, pour
une large part, à rester à l'état de projet.
Pourquoi cette résignation ? Quel changement s'est
opéré dans la volonté de Charlemagne ? Comment se
fait-il que le pape, après lui avoir si souvent rappelé,
jusqu'en mai 778, la promesse qu'il avait faite au bien-
heureux apôtre Pierre, cesse tout à coup d'invoquer cet
engagement et se borne à réclamer des concessions de
détail ? Je crois que tout s'explique par la marche des
faits depuis l'entrée de Charlemagne en Italie. Aux
fêtes de Pâques de 774, Charles n'était pas encore le
maître du royaume lombard. Didier tenait dans Pavie.
Il est fort douteux que le roi frank eût dès lors le pro-
LlBER PO.NTIFICAL1S.
Raisons du
changement.
jet de se substituer, purement et simplement au roi
lombard en fonctions, tout en maintenant le royaume
avec ses limites et son organisation. Une fois devenu
roi des Lombards, Charles dut trouver que ce qui était
bon à prendre était bon à garder, se montrer moins
enclin à faire des générosités aux dépens d'un bien qui
n'était plus celui des autres. D'ailleurs ce qui se passa
en Emilie, à Spolète, à Bénévent dut lui prouver que si,
dans ces contrées, on caressait assez volontiers les rêves
d'autonomie, si on tenait médiocrement à être des su-
jets effectifs du roi de Pavie, si même on s'était volon-
tiers réclamé du pape tant qu'il n'avait été question
que d'échapper à la domination des rois lombards, on
n'avait cependant nul enthousiasmepour celle du gouver-
nement romain. Pourquoi, après tout, détruire brusque-
ment un établissement politique consacré par une du-
rée de deux siècles? A quel profit? L'objet essentiel
des guerres d'Italie, c'était d'assurer la sécurité du pape
contre les entreprises des rois lombards. Donner à l'état
romain des limites très étendues en se bornant à dimi-
nuer d'autant le royaume rival, c'était le mettre à même
de se défendre lui-même, sans réclamer à tout propos
l'intervention du roi frank son protecteur. Mais une
fois le roi frank devenu souverain des Lombards, Rome
n'avait plus rien à craindre ; les revenus de saint Pierre
étaient à l'abri de toute entreprise hostile. Le
prince des apôtres, dont la protection tenait sans doute
beaucoup de place dans les préoccupations des rois
franks, devait se considérer comme satisfait. Que ses
successeurs fussent les chefs d'un état plus ou moins
grand, pourvu que leur indépendance et leur considé-
ration fussent assurées, cela devait le toucher assez
peu.
Restait la promesse, faite au tombeau sacré, dans des
circonstances si solennelles. Charles n'était pas homme
à traiter avec légèreté un tel engagement. Serré entre
ses serments et ce qui lui semblait être les exigences de
la situation politique, il commença par différer d'exécu-
ter la donation de 774, promettant toujours d'arranger
les choses quand il aurait le loisir de venir en Italie.
Quand il y vint, en 781, il y avait sept ans que les évé-
nements marchaient. Hadrien fut sans doute plus dis-
posé à restreindre des revendications dont l'exécution,
il le voyait, n'était pas aisée, et qui avait perdu sa raison
d'être. Il se rendit aux observations du roi et la donation
fut retirée. C'est ainsi que je m'explique pourquoi il n'y
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est plus jamais fait allusion dans la correspondance
des papes Hadrien et Léon III, pas plus que dans le privi-
lège de 817. C'est encore à cause de cela que, tandis
que le privilège de 817 s'est conservé assez longtemps
pour que son texte ait pu nous parvenir, en dépit de
quelques altérations, la donation de Charlemagne n'est
connue que par l'abrégé qu'en donne le Liber pontificalis.
Pour indemniser le pape autant que cela était possible,
on lui accorda les concessions de territoire énumérées
ci-dessus et de plus, comme une sorte de reconnaissance
d'un droit et d'une autorité théorique, les redevances
que la Toscane et le duché de Spolète payaient autrefois
aux rois lombards.
En somme donc, la promesse de donation rapportée
dans la vie d'Hadrien n'a pas contre elle de ces objections
intrinsèques qui font écarter un document comme impos-
sible ;loin de là, elle explique fort bien certaines fluctua-
tionsdela politique italienne de Charlemagne et des récla-
mations pontificales. Il n'y a donc nulle raison de sup-
poser que le résumé qu'en donne le biographe d'Hadrien
soit inexact et altéré, soit par un effet de l'éloignement
chronologique, soitpar une connaissance imparfaite, soit
par une volonté délibérée de manquer à la vérité.
La promesse 37 m Peut-on en dire autant de l'autre point en ques-
P1Û tion, c'est-à-dire de la conformité de la donation de Char-
lemagne avec celle de Pépin ?
Jl faut d'abord voir dans quelle mesure cette confor-
mité est attestée. Charlemagne, nous dit-on, se fait lire
la promesse faite à Kiersy ; lui et ses indices l'approuvent
dans toutes ses parties : conplacuerunt Mi et eius iudi-
cibusomniaquae ibidem erant adnexa. Et.,, aliam do-
nationis promissionem, ad instar anterioris... adscribi
iussit;... vbi concessit easdem civitates et territoria b.
Petro, easque praefalo pontifici coniradi spoponditper
designatum confinium, sicut in eadem donatione conti-
nere monstratur, id est a Lunis etc. L'expression ad
instar anterioris peut ne viser que le style et les condi-
tions de la promesse; les mots easdem civitates et terri-
toria n'excluent point un accroissement, môme considé-
rable. Cependant la façon dont ces mots sont reliés au
passage per designatum, etc. renforce l'impression de
similitude.il est possible que le biographe ait mal calculé
ses termes, et môme qu'il se soit exagéré la coïncidence
des deux donations. Cependant, môme en considérant
comme exprimée dans son texte et en supposant dans sa
DU TEXTE.
tête l'idée d'une complète équivalence, je crois qu'il fau-
drait encore y regarder avant de lui donner tort. Nous ne
sommes pas tellement au clair sur les conventions arrê-
tées en France entre Etienne II et Pépin que nous
ayons le droit de récuser un témoignage autorisé et sé-
rieux, le témoignage d'un homme qui était à Saint-
Pierre le 6 avril 774, qui entendit lire le diplôme de
Pépin et qui pouvait d'ailleurs s'en procurer le texte
dans les archives pontificales. Sans aucun doute, il y a
une grande différence entre les concessions exprimées
dans la donation de Charlemagne et celles qui furent
.exécutées à la suite des expéditions de 7o4 et de 756.
Mais on peut se demander si l'exiguité relative de celles-
ci était d'accord avec les promesses faites avant la
guerre et au delà des Alpes. Pendant que ses diplomates
sommaient Astolphe de rendre l'Exarchat et la Penta-
pole, Pépin ne pouvait manquer de prévoir le cas d'un
refus obstiné, la nécessité d'en appeler aux armes, l'é-
ventualité d'une victoire complète, qui mettrait le
royaume lombard à sa discrétion. Est-il donc impossible
que, dans cette hypothèse, il eût arrêté avec le pape un
plan de partage de l'Italie conquise ? Etienne II, il est
vrai, n'en parle pas dans sa correspondance ; mais c'est
que toutes celles de ses lettres qui sont postérieures à
la convention de Kiersy le sont aussi au traité de Pavie,
moyen terme dont Pépin jugea à propos de se contenter
pour le moment et auquel le pape dut se résigner, non
sans quelque dépit. Après cet arrangement, le diplôme
de Kiersy n'avait plus qu'une valeur purement idéale
et le pape ne pouvait songer à s'en réclamer. Mais à
Rome on conserve volontiers les parchemins antiques ;
celui-ci reprit valeur lorsque la situation politique et
militaire, en Italie, fut devenue celle que le pape
Etienne II eût souhaitée. Quoi d'étonnant qu'on l'ait
alors tiré des archives et mis sous les yeux de Charle-
magne ?
38. — Tout ceci, dira quelqu'un, est bien hypothé- Véracité du
tique ; il faudrait des témoignages pour l'établir. D'ac- l0grap e *
cord ; mais ce que je cherche à démontrer ici, ce n'est
pas la réalité de telle ou telle combinaison, mais une
simple possibilité, une possibilité qui n'a rien d'exor-
bitant, savoir qu'un narrateur contemporain, bien placé
pour être renseigné, témoin oculaire et auriculaire, ait
exactement rapporté les faits dont il parle. On a d'ail-
leurs le choix entre les diverses explications que j'ai
présentées et qui correspondent à des façons différentes
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d'entendre son texte et d'en apprécier la précision.
Quant à l'hypothèse d'un mensonge, elle ne saurait
être admise en aucune façon. Les biographes pontificaux
ont une manière de cacher les choses qui leur paraissent
désagréables, c'est de s'en taire ; la vie d'Hadrien, pour
ne pas chercher des exemples ailleurs, montre assez jus-
qu'où l'on pouvait aller dans la voie du silence prudent.
Un mensonge positif, l'assertion d'un fait faux, dans
l'intérêt de ce qu'ils croient être une bonne et juste
cause, c'est ce que les biographes ne se sont, à ma
connaissance, jamais permis. On mentait autour d'eux
comme ailleurs ; ce n'est pas loin du Latran que la
fausse donation de Constantin a été fabriquée ; mais
il reste à prouver que des falsifications de ce genre ont
trouvé créance ou faveur auprès des biographes ponti-
ficaux, et c'est ce que l'on ne prouvera pas. Dans l'es-
pèce, le biographe d'Hadrien se réfère à un document
dont il existait des exemplaires aux archives du pape et
dans celles du roi Charles, et dont une copie authentique
était affichée à la confession de Saint-Pierre où tout
le monde pouvait en prendre connaissance. On est mal
avisé quand on ment en de telles conditions.
Sans doute, si la vérification était facile pour la dona-
tion de Charlemagne, elle l'était beaucoup moins pour
celle de Pépin le Bref. Mais ici je me demande pour-
quoi on aurait menti. La valeur d'un document comme
celui de 774 résultait de ce qu'il portait la signature
de Charles ; sa conformité plus ou moins grande
avec le diplôme deKiersy ne pouvait y ajouter beaucoup
de poids. Au contraire, il était plutôt dangereux de le
rapprocher sans nécessité d'une pièce que l'on avait été
obligé de laisser à l'état de lettre morte.
Ainsi, de quelque côté que l'on se tourne, il y a de graves
inconvénients a ne pas accepter le récit du biographe ;
à l'accepter il n'y en a aucun. Le mieux est donc de se
laisser conduire là où nous mènent les vraisemblances
historiques, la véracité ordinaire des biographes pontifi-
caux, leurs habitudes et procédés de rédaction, enfin l'his-
toire de leur texte et l'antiquité des manuscrits qui nous
l'ont conservé.
Le L. p. 30. — Il me reste maintenant à indiquer dans
ie° VeHiarUtm quelles conditions ont écrit les biographes pontificaux,
pontifical. depuig la fin du yi o siecle .
J'ai déjà dit l que le premier auteur du Liber ponti-
i. Ci-dessus, p. clxii.
ficalis me semble avoir été un clerc d'ordre inférieur,
attaché à quelqu'un des bureaux du palais de Latran,
probablement à celui du vestiarium. Il en est de même
des continuateurs. L'énorme quantité de renseignements
dont ils disposent sur les dépenses et largesses ponti-
ficales ne pouvait se trouver réunie que dans les regis-
tres d'une administration. Or cette administration ne
peut être que celle du vestiarium ou garde-meuble. Les
bureaux de Yarcarius et ceux du saccellarius correspon-
daient à tout autre chose ; Yarcarius était le caissier en
chef, le saccellarius le payeur du personnel et des dé-
penses ordinaires. Aucun des biographes ne parait se
préoccuper spécialement de ces deux administrations.
Ils parlent rarement des finances pontificales ; les pa-
trimoines, leur distribution géographique, leur admi-
nistration, leur rendement, ne sont mentionnés que
par exception, à propos de fondations, de récupérations,
de remises d'impôts. Quant aux autres sources des re-
venus ecclésiastiques, il n'en est jamais question. Le
traitement du clergé, qui était la principale affaire du
saccellarius, apparaît quelquefois, mais sans que l'on
entre dans le détail. On se borne à dire que le pape
augmenta la solde (roga), ou fit des cadeaux au clergé
par disposition testamentaire. Mais on le dit en un mot,
et sans s'arrêter. Les rédacteurs ont éprouvé, comme
tous les autres clercs, les effets de la munificence pon-
tificale. C'est ainsi qu'ils sont renseignés et que leur
intérêt est excité. Mais cet intérêt eût été tout autre
s'ils eussent appartenu à l'administration chargée d'en-
caisser les entrées ou de faire les paiements. Au lieu
de quelques petites phrases laconiques.et pas toujours
aisées à comprendre, nous aurions bien quelques-uns
de ces traits par lesquels un bon employé témoigne de
son estime pour les bureaux où il fait carrière ; nous
aurions surtout de longs détails sur le fonctionnement
de son service.
Les listes de vases sacrés, de tapisseries, d'objets
mobiliers de tout genre, les énumôrations de dépenses
en restaurations et décorations d'églises et autres édifices
sacrés ou même profanes, qui tiennent tant de place
dans la notice d'Hadrien et qui en tiendront une plus
grande encore dans les vies des papes du ix e siècle, ne
peuvent provenir que des registres de l'administration
chargée de la garde du trésor pontifical et des dépenses
extraordinaires, c'est-à-dire de l'administration du ves-
tiaire. Le vestiarium eeclesiae est mentionné pour la
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HISTOIRE DU TEXTE.
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première fois dans la vie de Se vérin (p. 328, 1. 12),
dans le sens particulier de trésor, mais de trésor con-
tenant, outre des sommes d'argent, les cymilia epis-
copii, les vases sacrés et autres objets précieux con-
servés au palais de Latran. Le même mot se retrouve
dans la vie d'Etienne III (p. 470, 1. 20), avec le sens
d'édifice ; le vestiarium est ici une partie du palais de
Latran, tout à fait à l'intérieur; il contient une chapelle
dédiée à saint Césaire. Dans le premier or do Romanus
de Mabillon \ le vestararius apparaît au nombre des
grands dignitaires de la cour du pape. Le premier de
ces fonctionnaires qui soit connu par son nom est
Miccio, qualifié dans un diplôme d'Hadrien I er , en 772,
de notarius regionarius et prior vestiarii. Après lui
vient Januarius, mentionné précisément dans la vie
d'Hadrien : si je ne me trompe, cette mention, tout à
fait exceptionnelle et accompagnée d'épithètes élo-
gieuses 2 , est une attention du rédacteur pour le chef de
son administration.
L'historio- 40.— Dans cette situation, les biographes avaient de
g t&e, P aïï" grandes facilités pour se renseigner sur les dépenses
vn6 auvîn" et pontificales, sujet assurément intéressant, mais pourtant
d'ordre secondaire. Ils n'étaient pas moins bien placés
pour voir et pour savoir les choses de plus haute im-
portance, les événements qui sont vraiment matière
d'histoire. Quand ils jugent à propos de raconter ce
qu'ils savent, leurs récits sont du plus haut intérêt.
Malheureusement, soit insouciance, ^soit prudence, ils
ne parlent pas toujours. Au septième siècle, les notices
sont pour la plupart courtes, concises, réduites à l'énu-
mération de quelques événements parmi lesquels les
phénomènes naturels prennent autant d'importance que
les révolutions politiques. Cependant, vers le milieu
de ce siècle, on rencontre quelques pages intéressantes,
par exemple sur le pillage du Latran après la mort
d'Honorius, la répression de la révolte du chartulaire
Maurice, le séjour à Rome de l'exarque Olympius. Mais
combien d'autres choses sont passées sous silence! Le
pape Honorius, par exemple, ne semble pas s'être
occupé d'autre chose, pendant douze ans d'épiscopat,
1. Mus. ital.j t. II, p. 4, 5. Cf. Galletti, Del vestarario, Rome,
1158. La charte du pape Jean III, où Galletti trouve la plus ancienne
mention du vestiarium, est apocryphe (Jaffé,-{- 1043); mais elle prou-
ve que, au temps où elle a été composée, le vestiarium existait
encore, avec les mêmes attributions qu'autrefois.
2. Mittens (Hadrianus) Ianuarium vestararium suum, cognos-
cens eum idoneam personam... Guncta disponens per Ianuarium
fidelissimum vestararium suum (p. 505, 1. 19; p. 506, 1. 9).
si ce n'est de restaurer les églises de Rome. L'enlève-
ment du pape Martin, en 6o3, qui eut lieu dans des
circonstances si émouvantes, est indiqué en quelques
mots; on ne parle pas de ce qui arriva ensuite, de la
pression qui fut exercée sur le clergé de Rome pour le
forcer à élire un successeur au pape injustement dépos-
sédé.
Nous voyons déjà se produire ici deux façons de se
taire, dont l'une consiste à fermer tout à fait la bouche,
l'autre à parler pour ne rien dire. Ces deux procédés
seront souvent appliqués par la suite.
Vers la fin du septième siècle et au commencement
du huitième, les biographes racontent assez volontiers.
Les vies deConon, Sergius, Jean VI, Jean VII, Cons-
tantin, Grégoire II, sont pleines de détails intéressants.
Dans celle de Grégoire III il y a un long récit des dé-
marches du pape en faveur du culte des images, mais
pas un mot de sa politique italienne, des progrès de la
puissance lombarde du côté de Ravenne, de l'alliance
des Romains avec le duc de Spolète et de la guerre de
représailles qui en fut la conséquence. L'histoire est
ici remplacée par l'énumération des fondations de mo-
nastères, des restaurations d'églises, c'est-à-dire par
un dépouillement des registres du vestiarium.
Les biographes suivants ont résisté à la tentation de
recourir à cette source si commode. Ceux de Zacharie,
d'Etienne II et d'Etienne III sont de véritables nar-
rateurs, et qui racontent au lendemain même des
événements. Au contraire, celui de Paul, une fois qu'il
a terminé l'éloge du pape, n'a plus rien à nous dire,
sauf quelques fondations, d'un pontificat qui a duré
dix ans et qui a vu le premier fonctionnement du pou-
voir temporel.
La vie ^'Hadrien, nous l'avons vu, réunit les deux
systèmes : le récit historique et le dépouillement des
registres. Nous avons le récit de 772 à 774, le dépouil-
lement de 774 à 795.
L'histoire elle-même, quand nos biographes la trai-
tent, se iessent naturellement de leur situation. Ils sont
Romains, ils sont clercs, ils sont attachés à la cour pon-
tificale. Ceci explique la façon dont ils voient les choses.
De l'autre côté de la frontière lombarde, dans un cou-
vent de Constantinople, des personnes aussi sincères et
aussi bien informées les apercevaient peut-être autre-
ment. Les éloges prodigués aux papes, surtout au com-
mencement des notices, rentrent dans le style des pa-
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LES CONTINUATIONS.
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négyriques ou des oraisons funèbres pracsente cor pore.
On se sent tout permis dans le sens laudatif. La critique,
au contraire, est de grande rareté. Tout ce que l'on
trouve en ce genre c'est un blâme discret de la timidité
montrée par le pape Jean VII dans l'affaire du concile
in Trullo A . L'empire, lui aussi, est bien traité, trop
bien même, car les formules respectueuses que l'on ne
ménage pas à certains empereurs dépassent les limites
de la platitude permise, même aux scribes officiels. A
lire la notice du pape Constantin, on canoniserait Jus-
tinien Rhinotmète, ce monstre abominable, couvert de
sang et d'iniquités de toute espèce, dont Rome elle-
même avait eu à sentir la brutalité. Selon le biographe,
c'est un prince très chrétien, humble, pieux, bon, ortho-
doxe. Sa mort est une calamité publique : il semble
qu'on ait perdu Trajan ou Théodose.
Les rois lombards sont traités d'une autre façon. Ce
sont les ennemis de Rome ; les biographes les combat-
tent à coups de plume, avec la vigueur qui est d'usage
in re praesenti. Il est heureux pour la réputation du
roi Liutprand qu'on puisse le juger sur d'autres docu-
ments que la vie du pape Zacharie. Après avoir longue-
ment raconté comment, à deux reprises différentes,
Liutprand se laissa fléchir aux prières du pape et lui
accorda tout ce qu'il voulut, le biographe n'hésite
pas à signaler la mort du roi comme un bienfait de
Dieu; il pousse même l'insolence jusqu'à prétendre
qu'elle a été obtenue par les prières de Zacharie; ce
qui, si on l'en croyait, compromettrait un peu la ré-
1. Je ne parle pas de la notice de Vigile, qui a été écrite dans
d'autres conditions.
putation de ce saint personnage. Mais Liutprand n'est
rien auprès d'Astolphe. La vie d'Etienne II, où il est
question de ce dernier roi et de ses entreprises contre
Rome, est conçue en tels termes, qu'elle parut intoléra-
ble aux clercs du royaume lombard; ils crurent
devoir l'expurger au point de vue des convenances
politiques de leur pays. C'est dans un autre style, natu-
rellement, que l'on parle des rois franks. Pour eux,
les épithètes favorables sont presque aussi longues que
pour les papes eux-mêmes.
Ces exagérations, d'expression ou de sentiment, sont
autant de traits précieux, propres à montrer que nous
avons affaire à des écrivains contemporains. Leurs pas-
sions, leurs façons étroites et vives de voir les choses
sont pour nous de précieuses garanties. Ils parlent
comme ils sentent : c'est tout ce qu'on peut leur de-
mander. Dans mon commentaire, où j'ai serré de très
près chacune de leurs assertions, je n'ai pas eu à relever
un seul mensonge. Tout bien considéré, en tenant
compte du temps et du lieu où ils vivaient, des circons-
tances spéciales où chacun d'eux écrivait, les biographes
pontificaux du vn e et du vm e siècle ont fait œuvre sin-
cère. Il n'y a qu'une chose à regretter, c'est qu'ils n'aient
pas écrit davantage *.
\ . Outre les recensions et continuations, l'histoire du texte devrait
comprendre aussi l'étude des citations, et, en général, de la diffu-
sion du L. P. Comme il y aurait peu de chose à dire à cet égard
sur la période considérée ici (vi°-vin 8 siècle), je préfère attendre
au prochain volume, où cette question sera traitée avec l'ampleur
convenable. En attendant, je renvoie le lecteur aux pages xlvi,
lii-liv, lxi, ccxxn de cette introduction, ainsi qu'a la page 233 du
texte (Xystus m, note 8).
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CHAPITRE SEPTIÈME
CHRONOLOGIE (i-vm e siècle).
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I . — Les éléments de ]a chronologie des papes sont con-
tenus, pour la plupart, dans le Liber pontificalis etdans
quelques écrits connexes, catalogues ou tables d'anni-
versaires. Je n'ai pas cru à propos de discuter ces don-
nées dans mon commentaire, à mesure qu'elles se
présentaient dans le texte. Il m'a semblé plus opportun
de traiter toutes les questions chronologiques dans une
étude spéciale. C'est l'objet du présent chapitre.
Bien d'autres avant moi se sont occupés de la chro-
nologie des papes, mais avec des documents incomplets
ou mal publiés, dont les rapports de parenté et d'au-
torité n'avaient point été tirés au clair. Aussi, tout en
rendant hommage à ce qui a été fait antérieurement en
ce genre, ai-je cru devoir m'adresser directement aux
textes et traiter à nouveau tous les problèmes. Les résul-
tats auxquels je suis arrivé sont groupés dans le ta-
bleau joint à ce chapitre; je vais les expliquer en dé-
tail.
1. J'ai indiqué p. v, note 3, les travaux les plus récents. On
peut y joindre le mémoire d'Henschen et Papebroch, De antiquio-
ribus Pontificum Romanorum catalogis, dans le Propylaeum ad Acta
ss. maii, les dissertations, et notes chronologiques de Bianchini,
dans son édition du L. P., les compilations historiques de Baro-
nius, Pagi, Tillemont, etc.; enfin les Regesta Pontificum Ro-
manorum de Jaffé, notamment la seconde édition de cet ouvrage,
retouchée par MM. Kaltenbrunner, Ewald et Lœwenfeld.
1° De saint Pierre à Urbain (f 230).
2. — Pour les premiers papesse me suis borné à re- Les deux pre-
produire la liste de saint Irénée, la plus ancienne et la ?30*™3o 8 /de es
plus autorisée ; j'y ai joint les chiffres d'années à par- pSïtSaSSe.
tir de Xystus I° r , parce que c'est seulement depuis lors
qu'ils se présentent dans les divers catalogues avec assez
d'uniformité pour inspirer quelque confiance. Je ne
doute pas que les premiers noms n'aient été accompa-
gnés de chiffres dans des listes fort anciennes, et dès la
fin du second siècle ; mais, outre qu'il est difficile d'en
déterminer la provenance, ces chiffres sont si mal con-
servés qu'on peut les considérer comme perdus.
Quant aux autres papes, depuis Xystus I er jusqu'à
Urbain, j'ai reproduit les chiffres de l'Histoire ecclésias-
tique d'Eusèbe, acceptés par saint Jérôme dans sa
Chronique, et passés de là dans les catalogues du v e
et du vi e siècle. Ceux du catalogue libérien sont d'au-
1. En ce qui regarde saint Pierre, le chiffre de ses vingt-cinq
années est aussi bien attesté que les chiffres d'années de ses suc-
cesseurs depuis Xystus I er jusqu'à Urbain. J'ai donc cru pouvoir
le noter, mais sans indiquer à partir de quelle date il faut le com-
pter, car il y a, sur ce point, de graves incertitudes. Quant aux
deux dates du 22 février et du 29 juin, elles n'ont évidemment
qu'une valeur symbolique. La seconde se rapporte, en tout cas, à
une translation du corps de l'apôtrejet non point à son martyre.
Cf. ci-dessus, p. cv, et p. 119, S. Petrus, note 12.
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LES RECENSIONS.
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tant plus suspects, pour cette période, que la liste à la-
quelle ils ont été adaptés contenait deux erreurs graves,
le dédoublement d'Anacletetla transposition Anicet-Pie .
Avant Pontien, les chiffres de mois et de jours ne sont
conservés que dans le catalogue libérien ', et encore sans
que la leçon originale de celui-ci soit garantie comme
elle Test, par la notation consulaire, pour les chiffres
d'années; j'ai cru devoir les supprimer, pour plus de
sûreté, bien que ceux de la fin de cette série, c'est-à-
dire ceux des papes du commencement du troisième
siècle, aient quelque titre à notre confiance. Je me suis
abstenu aussi de toute indication de date, dans cette
partie de la série ; pour rapporter à une année précise
de l'ère chrétienne l'avènement ou la mort d'un de ces
papes, il faudrait avoir, à tout le moins, non seulement
la durée de chaque pontificat, en chiffres d'années, mois
et jours, vérifiés à une unité près, mais encore et avec la
môme approximation, la durée de chaque vacance. Or
les vacances 2 ne sont point connues, et, quant aux au-
tres chiffres, la tradition paléographique n'est ni assez
sûre ni assez claire ; nous ne savons, par exemple, si
les chiffres d'Eusèbe sont des chiffres ronds, ou s'ils ex-
priment simplement le compte des années pleines. Les
personnes qui n'auraient besoin que d'une approxima-
tion de un à trois ans trouveront dans les chiffres d'an-
nées, comptés en remontant, à partir de Pontien, des
éléments suffisants pour le classement chronologique des
pontificats depuis Xystus I er .
En dehors des catalogues, les faits historiques con-
nus qui se rapportent directement ou indirectement aux
papes du second siècle, confirment en gros la succession
et les chiffres d'années que j'ai reproduits. Quant à une
détermination plus précise, il n'y a guère à citer que
la date 96-97, considérée généralement comme celle de
l'épttre de saint Clément aux Corinthiens et celle de
Tannée 154, la plus récente que Ton puisse assigner à
l'entrevue de saint Polycarpe et du pape Anicet, à
Rome ; saint Polycarpe, en effet, est mort le 23 février
155, ce qui ne permet pas de placer après l'année 154
son voyage en Occident.
Les chroniques d'Eusèbe et de saint Jérôme, ainsi que
1. Sur ce document et sur ceux qui vont être, cités dans le cours
de cette exposition, je renvoie, d'une manière générale, au premier
chapitre de cette introduction. On y trouvera, soit les textes eux-
mêmes, soit des références précises.
2. Sur les chiffres de vacance donné par le L. P., cf. ci-dessus,
p. CLX.
les livres qui en dépendent, établissent entre l'avène-
ment ou la mort des papes et diverses séries chronolo-
giques, années des empereurs, olympiades, ère d'Abra-
ham, etc. des synchronismes, d r où on pourrait tirer des
dates plus précises, il est vrai, mais souvent contradic-
toires entre elles ou avec les faits connus. Ces synchro-
nismes ne représentent que des combinaieons de sa-
vants ; en certains cas ils permettent de vérifier les chif-
fres des catalogues d'après lesquels ils ont été établis;
mais il est impossible de leur attribuer la môme auto-
rité traditionnelle qu'à ces catalogues eux-mêmes.
2° De Pontien à Miltiade (230-314).
3. — Depuis Pontien, la chronologie devient fort pré- Progrès de la
cise. Le milieu historique est presque toujours assez P pufeïe ni«?"
éclairé pour que l'année de l'avènement et celle de la siècle '
mort du pape soient connues, môme en dehors de
tout calcul. Celui-ci est d'ailleurs assez facile à faire. Jus-
qu'à Boniface I er (f 422) les calendriers i fournissent la
série presque complète des anniversaires funèbres des
papes; cette série se continue, depuis Gélase au moins
(f 496), dans les notices du Liber pontificalis, sauf quel-
ques interruptions. En partant de ces points fixes on
parvient, à l'aide des chiffres d'années, mois et jours
qui, dans les catalogues, expriment la durée du pontifi-
cat, à déterminer le jour où celui-ci a commencé, c'est-
à-dire le jour de l'ordination du pape. Une règle ecclé-
siastique, dont nous constatons l'application depuis le
pape Miltiade (311-314) 2 , fixait au dimanche la célébra- - ..i
don de ces cérémonies. On a donc, dans la coïncidence
du dimanche avec les dates d'avènement obtenues parle
calcul, une vérification et, au besoin, une rectification
des chiffres conservés dans les catalogues. Il arrive môme
quelquefois que, par les calendriers ou autrement, le
jour de l'ordination soit connu indépendamment de
tout calcul.
4. — La petite chronique 3 par laquelle se continua,
dès le milieu du troisième siècle, le catalogue pontifical
Les deux tables philocaliennes, publiées ci-dessus, p. 10-21 et le
martyrologe hiéronymien. En attendant l'édition que nous donne-
rons prochainement, M. de Rossi et moi, de ce texte important,
on peut consulter celle de Fiorentini, Vetustius ecclesiae occidentalis
martyrologium, Lucques, 1668.
2. Toutes les dates d'ordination que l'on connaîtdirectement, de-
puis Miltiade, et notamment celles de Silvestre, Marc et Jules,
marquées dans le catalogue libérien, correspondent à des diman
ches.
3. Conservée dans le catalogue libérien. Cf. ci-dessus, p. iv.
Pontien,
Antéros,
Fabien.
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d'Hippolyte, nous donne les dates terminales des ponti-
ficats de Pontien, d'Antéros, de Fabien. On a de plus
le jour de l'ordination d'Antéros ; c'est-à-dire la série
suivante, qui s'interrompt après Fabien :
28 septembre 235, démission de Pontien ;
21 novembre 235, ordination d'Antéros;
3 janvier 236, mort d'Antéros ;
20 janvier 250, mort de Fabien.
Ceci permet de corriger les chiffres de jours d'Anté-
ros, marqués d. X dans le catalogue libérien; il faut
évidemment d. XII, leçon conservée dans le Liber pon-
tificalis et dans quelques-uns des catalogues auxquels
il est apparenté.
Il est clair aussi que Fabien ne peut avoir siégé un
mois entier après ses quatorze ans et que le groupe
m. I. doit être effacé du texte libérien.
Cornélius On voit par les lettres de saint Cyprien f que le siège
de Rome fut vacant toute l'année 250, depuis la mort de
Fabien, et que l'élection de son successeur Cornélius
n'eut lieu qu'au commencement du printemps 251, au
mois de mars environ. D'un autre côté, la date à laquelle
l'anniversaire de Cornélius est marqué dans les calen-
driers est celle de la translation de ses restes à Rome
et non celle de sa mort à Centumcellae. Nous n'avons
donc avec précision ni l'une ni l'autre de ses deux da-
tes extrêmes, et par conséquent il n'est pas possible de
vérifier les chiffres du catalogue libérien. Comme ceux-
ci ne se heurtent point aux dates du pape suivant, on a
lieu de les croire bien conservés.
La date de la mort de Xystus II est absolument cer-
taine : le jour est le 6 août, jour de sa fête, jadis si solen-
nelle, l'année, celle de la persécution de Valérien, Tusco et
Basso cons. [258] . L'histoire des années précédentes, sur
lesquelles nous sommes bien renseignés par la correspon-
dance de saint Cyprien, ne permet pas de douter que
Lucius ne soit mort en 254, Etienne en 257; grâce
aux calendriers, ces dates se précisent ainsi qu'il suit :
5 mars 25i, mort de Lucius ;
2 août 257, mort d'Etienne ;
6 août 258, mort de Xystus II.
Il en ressort que les chiffres d'années du catalogue
libérien sont à corriger pour ces trois papes ; ceux de Lu-
i. Voir surtout Ep. 37, 43, 44, 45.
Lucius,
Etienne,
Xystus II
cius, an. III, et de Xystus, an. IL doivent être suppri-
més tout à fait, celui d'Etienne ramené de an. IIII à
an. III.
6. — Pour la période comprise entre Xystus II et la Les papes de
persécution deDioclétien, les calendriers et les dates de siècle,
jours fournies par le catalogue libérien donnent les
résultats suivants :
22 juillet 259, ordination de Denys;
26 décembre, mort de Denys ;
30 décembre, mort de Félix ;
7 décembre, mort d'Eutycbien ;
17 décembre, ordination de Gaius;
22 avril, morl de Gaius ;
30 juin, ordination de Marcellin.
Cette série nécessite la correction du chiffre des mois
pour Denys; au lieu de m. //, il faut évidemment lire
m. V, cpmme dans les anciens catalogues du V e siècle ;
par ailleurs, les chiffres de mois et de jours concordent
assez bien a\ec les dates. Quant aux chiffres d'an-
nées, ils ne peuvent être vérifiés par l'histoire contem-
poraine ; force est de s'en rapporter aux catalogues. Dans
le catalogue libérien les notes consulaires concordent
avec les chiffres indiqués, sauf pour le cas de Denys,
dont la mort est marquée au 26 décembre 269, ce qui
suppose un épiscopat de 10 ans et quelques mois, tan-
dis que le catalogue lui-même n'en porte que huit. En
tenant compte de la chronologie si régulière des papes
suivants, il faut considérer la note consulaire cons.
Claudi etPaterni [269] comme mal choisie et ramener
au 26 décembre 268 la mort du pape Denys. Le chiffre
d'années est ainsi VI III ; c'est celui d'Eusèbe et de
saint Jérôme ; c'était aussi sans doute le chiffre primitif du
catalogue romain auquel furent adaptées les notes con-
sulaires en 336 ; il est concevable en effet que les co-
pistes aient passé de VIII I à VIII, mais non pas qu'ils
aient pu tirer la leçon VIII de la leçon X.
22 juillet 239, ordination de Denys;
26 décembre 268, mort de Denys ;
30 décembre 214, mort de Félix;
1 décembre 283, mort d'Eu ty chien;
17 décembre 283, ordination de Gaius;
22 avril 296, mort de Gaius ;
30 juin 296, ordination de Marcellin.
6. —Arrivés à la persécution de Dioclétien, nous rencon-
trons des lacunes et des contradictions dans nos rensei-
gnements. L'ordination de Marcellin est marquée au 30
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Marcel,
Eusèbe,
Miltiade.
juin 296 ; le jour de sa mort est inconnu ; en le cal-
culant d'après les chiffres du catalogue libérien on ar-
rive au 24 octobre 304 ; l'année est vérifiée dans une
certaine mesure par les textes et traditions qui font de ce
pape un témoin ou une victime de la persécution de
Dioclétien ; quant au jour, il ne peut s'autoriser d'au-
cune tradition liturgique *. Pour les trois papes suivants,
voici d'abord ce que l'on peut tirer des dates et des no-
tes consulaires du catalogue libérien et des anniversai-
res de la Depositio episcoporum :
308, ordination de Marcel ;
16 janvier 309, mort de Marcel ;
18 avril, ordination d'Eusèbe ;
17 août, mort d'Eusèbe ;
2 juillet 311, ordination de Miltiade ;
il janvier 314, mort de Miltiade.
Les chiffres de Miltiade, an. III m. VI d. VIII sont
ainsi vérifiés, sauf celui des années, qui doit être corrigé
en an. H. Pour Eusèbe, le catalogue porte m. IIII d.
XVI \ il faut évidemment supprimer le chiffre des jours ;
quant à Marcel, an. Im. VI (on VU) d. XX , son ordi-
nation devra être placée le 26 juin ou le 27 mai, sui-
vant que l'on adoptera le chiffre VI ou le chiffre VII
pour les mois. En tenant compte de la note consulaire
on arrive ainsi, pour l'ordination de Marcel, au 26 juin
ou au 27 mai 308. Ici encore les notes consulaires du ca-
talogue libérien sont contradictoires avec ses chiffres
d'années ; dans cette incertitude, je crois devoir corri-
ger les chiffres d'une unité et maintenir les notes. En
effet, si l'on n'accepte pas les dates consulaires, il faut
se résoudre à taxer d'erreur, non pas un copiste quel-
conque, mais l'auteur du catalogue, c'est-à-dire un
contemporain ; cela ne me paraît pas possible, d'autant
plus que, depuis l'année 258, c'est à peine si nous
avons pu relever une erreur dans sa notation consulaire,
et cela pour l'année 268, très éloignée du temps où
nous sommes et où il vivait. Les erreurs de chiffres,
au contraire, n'engagent point sa responsabilité ; elles
peuvent provenir des copistes, entre le quatrième siè-
cle et le neuvième. De telles erreurs, nous en constatons
à chaque inslànt ; ainsi un chiffre de mois est attribué
indûment à Fabien, des chiffres d'années à Lucius et à
i. L'anniversaire de Marcellin, tel qu'il est observé aujourd'hui
(26 avril) n'a pas d'autorité plus ancienne que la notice de ce pape
dans le Liber pontificalis. Il est impossible de le faire concorder
avec les chiffres libériens et la date de l'ordination.
Liber pontipicalis.
CHRONOLOGIE. ccxlix
Xystus II, un chiffre de jours à Eusèbe, situé juste entre
Marcel et Miltiade ; nous avons dû corriger les chiffres
d'années et de mois de Denys ; il faudra bientôt corri-
ger un des chiffres de Jules : en un mot, les chiffres,
par la facilité avec laquelle ils se prêtent aux transfor-
mations des copistes, sont toujours suspects, tant qu'on
ne peut pas les vérifier ; tandis que les notes consulai-
res, impossibles à défigurer complètement, engagent
la responsabilité de l'auteur et, dans l'espèce, nous
fournissent la garantie d'un contemporain. Ce serait
donc lâcher le certain pour l'incertain que de corriger
les notes consulaires d'après les chiffres. Nous arrivons
ainsi aux résultats suivants :
27 mai ou 26 juin 308, ordination de Marcel;
16 jauvier 309, mort de Marcel ;
18 avril 309 ou 310, ordination d'Eusèbe ;
17 août 309 ou 310, mort d'Eusèbe ;
2 juillet 311, ordination de Miltiade;
il janvier 314, mort de Miltiade.
Il reste une inconnue, c'est l'année où siégea Eusèbe.
Est-ce 309, est-ce 310 ? Il est impossible de le savoir.
Les données historiques assez rares que l'on a sur ces
temps-là ne permettent pas d'éliminer cette incertitude,
pas plus qu'elles ne confirment ou contredisent les
dates que je viens d'établir.
7. — Outre ses indications ordinaires, le catalogue Durée de la
libérien marque à propos de Marcellin quo tempore de Dioclétien.
fuit perseculio et cessavit episcopatus an. VU m. VI
d. XXV. La formule cessavit episcopatus ne se retrouve
pas ailleurs dans le catalogue libérien ; le Liber Pontifi-
calis l'emploie constamment pour désigner la vacance
du siège épiscopal, après la mort de chaque pape,
jusqu'à l'ordination de son successeur. Il est probable
qu'elle a ici la même signification, c'est-à-dire qu'elle
est analogue à l'expression presbyteri praefuerunt em-
ployée plus haut, à propos de la persécution de Valérien.
M. de Rossi î conjecture qu'il s'agit ici, non pas d'une
vacance proprement dite, mais d'une interruption dans
la reconnaissance quasi officielle de l'épiscopat romain
de la part de la préfecture urbaine. Les chiffres
lui paraisssent cadrer avec la durée de la persécu-
tion. M. Lipsius 2 accepte en gros cette idée, en y
ajoutant une nouvelle hypothèse. Je crois prudent de
i. Roma sott. t. II, p. vu.
2. Chron. der rôm. Bischôfe, p. 249.
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Silvestre,
Marc,
Jules.
Libère.
m'abstenir ici de toute exégèse ; il n'est pas possible de
dire quel est le point de départ de la durée an. VII
m. VI d. XXV, si c'est la date du premier édit de per-
sécution (23 février 303) ou d'un édit subséquent, ou de
l'application de ces édits à Rome, ou de la mort de
Marcellin ; le point d'arrivée n'est pas mieux déterminé:
ce pourrait être la date de l'édit de Galère, de sa pro-
mulgation à Rome, de la restitution des biens ecclésias-
tiques à Miltiade, ou môme de l'ordination de ce pape.
Ainsi isolés de toute vérification, ces chiffres ne me pa-
raissent pas assez sûrs pour servir de base à une hypo-
thèse probable, ni surfout pour détourner de son accep-
tion naturelle la formule cessavit episcopatus. Du
reste la solution de cette difficulté incidente n'importe
en aucune façon à la chronologie pontificale proprement
dite.
3° De Silvestre à Innocent (314-417J.
8. — Pour les trois papes suivants, Silvestre, Marc et
Jules, nous avons dans le catalogue libérien les dates
de l'ordination et celles de la mort ; ces dernières sont
-vérifiées de plus par la Depositio episcoporum. Les
chiffres sont bien indiqués, sauf ceux de Jules, an.
XV m. I d. XI) qui doivent être corrigés d'après les
dates en an. XV m. Il d. VI, leçon des catalogues du
vi° siècle et du Liber pontificalis.
Le catalogue libérien nous abandonne après avoir mar-
qué l'ordination de Libère: la leçon des manuscrits, XI
kal. iun., ne correspond pas à un dimanche, ce qui la
rend suspecte ; d'autre part on trouve dans le martvro-
loge hiôronymien, &\i XVI kal. iun. (17 mai), Romae...
depositio Liberi episcopi. Cet anniversaire, moyennant la
correction de depositio en natale, qui est assez souvent
à faire dans le martyrologe, est celui de l'ordination de
Libère ; en 352 le 17 mai est un dimanche. Une autre
depositio Liberi episcopi est marquée à Rome, au 23
septembre, dans le même martyrologe : cette date
coïncide à un jour près avec celle qui est marquée dans
la préface du Libellus precum i ; encore est-il facile de
choisir entre les deux jours, ou plutôt de rectifier la le-
çon du martyrologe, car, d'après le récit du Libellus
precum, Libère dut mourir un dimanche, c'est-à-dire le
24 septembre ( VIII kal. oct., et non VIIIl kal. oc t.). On
obtient ainsi les chiffrés an. XI III m. 111 1 d. VII, mal
conservés, surtout le premier, dans les catalogues.
1. Migne, P. L., t. XIII, p. 81.
Il résulte encore du Libellus precum que Damase, Damase.
élu aussitôt après la mort de Libère, ne fut ordonné
que le dimanche suivant, 1 er octobre 366 ; son anni-
versaire est marqué au 11 décembre dans le martyro-
loge hiéronymjen; d'après une lettre 1 du préfet de Rome,
Symmaque, on voit qu'il siégeait encore en 384 ; d'au-
tre part, on a une lettre de son successeur, datée du 10
février 385 ; il est donc mort le 11 décembre 384. On
arrive ainsi aux chiffres an. XVIII m. II d. XI, con-
servés dans les catalogues, sauf l'erreur m. 11L
9. — Sirice fut ordonné en 3 84, Ricimere et Clearcho k Sirice,
Aiias tase,
cons.y d'après la chronique de Prosper; depuis la mort innocent.
de Damase, 11 décembre, jusqu'à la fin de cette année
il n'y a que trois dimanches, 15,22, 29 décembre, entre
lesquels le choix demeure incertain, car, par une ex-
ception singulière pour ce temps-là, on n'a pas le compte
exact des mois et des jours de Sirice. Sa mort est mar-
quée à l'année 398, Honorio IV et Eutychiano cons.,
dans la chronique de Prosper. Le martyrologe hiérony-
mien indique le jour, 26 novembre. Cela donnerait les
chiffres an. XIII m. XI d. XI, ou an XIII m. XI d. IIII,
ou an. XIII m. X d. XXVIII, suivant que Y ordination
est placée au 15, au 22 ou au 29 décembre 384 ; mais
tous les catalogues donnent le chiffre rond an. XV,
confirmé par l'épitaphe métrique de Sirice : ter quinos
populum qui rexit in annos.
Ce témoignage lapidaire a par lui-même une auto-
rité considérable, renforcée encore par celle des ca-
talogues, dont le chiffre rond, an. XV, suppose la durée
an. XIIU m. XI on X. Sirice serait donc mort à la fin
de 399 et non à la fin de 398 ; d'un autre côté, les épî-
tres pontificales et autres documents historiques ne per-
mettent pas de savoir qui était pape en 399. Il y a donc
incertitude sur l'année de la mort de Sirice.
Pour trouver un point fixe, auquel on puisse ratta-
cher avec sécurité les calculs sur les chiffres des catalo-
gues, il faut descendre jusqu'au 12 mars 417, qui est
la date certaine de la mort d'Innocent. L'ordination de
ce pape est marquée au 21 décembre dans le marty-
rologe. Les catalogues lui donnent un épiscopat de 15
ans, 2 mois et 21 jours, ce qui reporterait son ordina-
tion au dimanche 22 décembie 401; on peut admettre
un déplacement d'un jour dans le martyrologe. Si on
se laissait guider uniquement par celui-ci, il faudrait
reporter l'ordination d'Innocent au 21 décembre 402
1. X, 21, p. 295 O. Seek.
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Zosime.
qui a été un dimanche ; mais ce système aurait l'incon-
vénient de supposer la transformation de an. XII II en
an. XV, transformation invraisemblable. Le jour de la
mort d'Anastase est marqué dans le martyrologe d'une
façon confuse il est vrai, mais cependant reconnaissante,
au i 9 décembre, une date qui concorde fort bien avec
celle de l'ordination d'Innocent. Ainsi Anastase est
mort le 19 décembre 401, à un jour près, car avec le
martyrologe il faut toujours admettre une approxima-
tion d'un jour. En rapprochant cette date de celle du 26
novembre, indiquée par le même martyrologe comme
celle de la mort de Sirice, on justifie très bien les 21
jours (peut-être 22 ou 23) que les catalogues marquent
pour Anastase, en sus de son chiffre d'années. C'est
celui-ci qui fait difficulté. Les catalogues marquent
trois ans, chiffre inconciliable avec celui de lo ans qui
représente, pour Sirice, la tradition la plus autorisée.
Dans ce conflit des renseignements, je crois qu'il faut
se décider pour le chiffre de Sirice, qui a pour lui, non
seulement l'accord des catalogues, mais encore le té-
moignage certain d'une inscription contemporaine.
On obtient ainsi les dates suivantes :
26 novembre 399, mort de Sirice
Dimanche 27 novembre 399, ordination d'Anastase ;
19 décembre 401, mort d'Anastase ;
Dimanche 22 décembre 401, ordination d'Innocent.
En m'arrêtant à ces dates je néglige les synchroni s-
mjBS de Prosper, qui marque à l'année 398 l'avône-
ment d'Anastase et à l'année 402 celui d'Innocent;
mais les synchronismes de Prosper ne sont pas sûrs
pour cette période ; nous verrons bientôt qu'il se trompe
d'une année pour Zosime et Célestin, beaucoup plus
voisins de son temps ; on peut donc admettre qu'il ait
commis une erreur semblable aux environs de l'année
400.
4° De Zosime à Jean / er (417-526).
10. — Les dates suivantes sont plus faciles à établir.
La mort d'Innocent est marquée au 12 mars dans le
martyrologe hiéronymien ; on a de lui des lettres du
27 janvier 417 et, de son successeur Zosime, une lettre
du 22 mars de la même année 1 . Innocent est donc mort
le 12 mars 417; cette date, en ce qui regarde les
mois et les jours, est confirmée par celle de l'ordi-
1. Jaffé, 321-314, 328.
CHRONOLOGIE. ccli
nation et par les chiffres des catalogues. Quant à Zo-
sime, il a dû être ordonné le 18 mars 417, seul diman-
che qui se présente entre le 12 et le 22 de ce mois. Les
troubles qui suivirent sa mort et qui accompagnèrent
l'élection de son successeur Boniface ont donné lieu à
une correspondance officielle i actuellement conservée,
qui permet de fixer au 26 décembre 418 la depositio de
Zosime et au 29 du même mois l'ordination de Boniface,
marquée d'ailleurs à ce jour dans le martyrologe hiéro-
nymien. Les catalogues donnent des chiffres assez dif-
férents pour Zosime ; il est clair qu'il faut s'arrêter à la
leçon an. I m. VI III d. VI III qui se rencontre dans
quelques-uns d'entre eux.
Le martyrologe hiéronymien contient encore les
dates obituaires de Boniface (4 septembre) et de saint
Léon (10 novembre); on sait par la correspondance de
celui -ci a que son natale ordinationis tombait le 29 sep-
tembre. Les chiffres de mois et de jours sont donc pour
le premier m. VIII d. VI, pour le second m. I d.
XIII \ or ce sont précisément les chiffres des catalo-
gues. Ceux-ci atteignent en ce moment une exactitude
fort grande et cela est d'autant plus heureux qu'ils
vont être souvent nos principaux guides. Prosper, qui
vivait et écrivait à Rome, au temps de Xystus III et de
Léon, fait mourir Xystus en 440 et fixe à 40 jours et un
peu plus la vacance du siège après sa mort ; il lui at-
tribue, de concert avec tous les catalogues, huit ans et
dix-neuf jours. En partant de ces données, on peut fixer
au 19 août la mort de Xystus III et son ordination au
dimanche 31 juillet 432; cette année est conforme au
synchronisme de Prosper.
L'épitaphe de Célestin lui donne dix ans d'épiscopat;
il mourut, dit-elle, decimum dum conderet annum ;
les catalogues sont plus précis ; ils portent an. VIII1
m. X d. XVII; mais nous n'avons aucune indication
directe sur les dates précises de son avènement et de
sa mort. On sait par saint Augustin (Ep. 209) que Cé-
lestin fut élu sine ulla plebis discissione et par Prosper
qu'il en fut de même de Xystus III, totius urbispace
et consensione mirabili. Ceci suppose qu'il n'y a pas
eu de longue vacance, ni avant, ni après Célestin. La
mort de Boniface, nous l'avons vu déjà, tombe un 4
septembre, en 422 au plus tôt, car on a de lui des
lettres du 11 mars de cette année, mais pas plus tard,
1. Baronius, ad ann. 418419 ;Migne, P. h., t. XVIII, p. 397 et suiv. .
2. Jaffé, 414.
Boniface,
Xystus III,
Célestin,
Léon.
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Hilaire,
Sinplicius,
Félix III,
Gélase.
cclii CHRONOLOGIE.
car il faudrait corriger le chiffre d'années de Célestin,
non seulement dans les catalogues, en changeant VI III
en VIII, mais encore dans son épitaphe en changeant
decimum en nonum, transformation aussi impossible
qu'inutile. On peut donc considérer comme certain que
Boniface est mort le 4 septembre 422 et que Célestin a
été ordonné le dimanche suivant 10 septembre; en
comptant ses mois et ses jours d'après les catalogues,
on arrive à fixer sa mort au 27 juillet 432, quatre jours
avant l'ordination de Xystus III. Tout en permettant
d'établir les dates des papes de cette période, ces con-
cordances affermissent notre confiance dans les chiffres
des catalogues.
11. — Le natale ordinationis d'Hilaire tombait f au
19 novembre ; on a de lui des lettres du 25 janvier 462;
il fut donc consacré le 49 novembre 461. A partir de
cette date, jusqu'à la mort de Gélase, troisième succes-
seur d'Hilaire, nous sommes presque réduits aux cata-
logues; suivons-les d'abord, sauf à les vérifier en che-
min. Ils portent pour Hilaire an. VI m. III d. X, ce
qui fixe sa mort au 29 février 468 ; la date obituaire est
inconnue d'ailleurs 2 . Le dimanche suivant, 3 mars
468, est le premier auquel on puisse rapporter l'or-
dination de Simplicius ; pour celui-ci la meilleure le-
çon des catalogues est on. XV d. VII, ce qui place-
rait sa mort au 10 mars 483. Le Liber pontificalis in-
dique, il est vrai, le 2 mars, VI non. mart. Il est dif-
ficile d'effacer les sept jours des catalogues : la correc-
tion serait trop forte ; mieux vaut corriger, dans le li-
vre pontifical, la date obituaire VI non. mart. (2 mars)
en VI id. mart. (10 mars). Fixons au dimanche sui-
vant, 13 mars 483, l'ordination de Félix III, qui paraît
avoir été élu 3 sans aucun retard, et comptons à partir
de là les an. VIII m. XI d. XVII que lui attribuent
les catalogues : nous arrivons au 1 er mars 492. La date
obituaire de Félix III n'est pas connue autrement.
Le 1 er mars 492 étant un dimanche, Gélase peut avoir
été ordonné ce jour-là ou le dimanche suivant 8 mars.
Sa depositio, dans le Liber pontificalis, est fixée
au 21 novembre ; en comptant à partir du 1 er mars les
1. Concile du 19 novembre 465, dans Thiel, Epp. Rom. Pontifi-
cum % t. I, p. 159; cf. p. 126, note.
2. Cependant le martyrologe hiéronymien semble la fixer au 10
septembre. Sur cette difficulté, v. p. 247, Hilaiie, note 13.
3. Ceci résulte de ce que nous savons sur la réunion où il fut
élu (Hardouin, Conc. t. H, p. 977; Thiel, Epp. R. P., t. I, p. 685).
chiffres fournis par les catalogues, an. H II m. VIII d.
XVIIII, on arrive à cette date, à un jour près. On peut
donc éliminer l'hypothèse du 8 mars pour l'ordination
de Gélase et considérer comme définitives toutes les
dates présentées jusqu'ici à titre provisoire. Ces dates
sont du reste vérifiées en gros par la correspondance
pontificale de cette période ; il en résulte en effet que
Simplicius était encore pape le 6 novembre 482. que
Félix III était en fonctions dès l'année 483 et qu'il a pu
féliciter l'empereur Ànastase de son élévation au trône,
arrivée en avril 491 ; les lettres datées du pape Gélase
vont du 1 er novembre 492 au 13 avril 496. Enfin, la
date de l'ordination de Félix III (13 mars) coïncide
avec celle d'un concile tenu par lui en 487, vraisem-
blablement à l'occasion de l'anniversaire de son ordi-
nation \
Avec Ànastase II commence la partie du Liber ponti- Anastase u,
ficalis où les notices sont de main contemporaine. Il iSrmiSSs,
donne les dates obituaires des papes Anastase II, Sym- Jean L
maque, Hormisdas et Jean I er ; les trois dernières sont
accompagnées de dates consulaires ; pour Sym maque
on a aussi le jour de l'ordination. A l'aide des catalo-
gues, qui ne peuvent plus inspirer aucun doute, dès
que leur leçon est bien établie, on n'a aucune peine à
calculer les dates d'ordination d' Anastase, d'Hormisdas
et de Jean I er .
Pour celui-ci cependant il y a une contradiction ap-
parente entre son chiffre de jours, d. XVI, parfaitement
attesté, et la date de sa mort, XV kal. iun. (18 mai).
En combinant ces deux données on obtient, pour son
ordination, une date antérieure à la mort de son prédé-
cesseur. On ne peut guère admettre une erreur dans
la date obituaire, qui est confirmée par le chiffre de
vacance après Jean I er . Mais il est possible que la
durée du pontificat ait été comptée comme s'étendant
jusqu'au jours de l'enterrement du pape à Rome, c'est-
à-dire jusqu'au 27 mai ; on trouve ainsi les 16 jours at-
testés par tous les catalogues.
5° De Félix IV à saint Grégoire (526-604).
12. — L'ordination de Félix IV est fixée au 12 juillet Félix 1Sm
526, dans sa notice; sa mort au 12 octobre 530. Cela
suppose un pontificat de quatre ans et trois mois
pleins ; mais la notice elle-même et les catalogues da
1. Thiel, p. 259.
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temps portent an. IIII m. II d. XII; d'autre part, la
chronologie de Boniface II, fondée sur des documents
absolument sûrs, fixe son ordination au dimanche 22
septembre 530. Félix a donc dû mourir ce jour-là au
plus tard. Les incidents qui accompagnèrent sa mort,
bien connus maintenant, rendent fort probable qu'il
est mort le jour même où son successeur fut ordonné.
Il faut donc accepter * la date du 22 septembre, X kal.
oct. L'expression paléographique de cette date est trop
différente de IIII id. oct. pour que l'on puisse admet-
tre une transformation inconsciente ; c'est le rédacteur
lui-même ou quelque ancien copiste qui aura, par distrac-
tion, répété le groupe //// id. qui figurait dans la date
d'ordination (IIII id. iul.) et écrit, sans changer le nom
du mois, IIII id. oct.
Boniface il La durée du pontificat de Boniface II est fixée par
tous les catalogues à deux ans et vingt-six jours. Ces
chiffres sont marqués dans la note en prose qui fait
suite à son épitaphe métrique. Il n'y a donc pas moyen
d'en douter. Cette même épitaphe contient la dale de
la sépulture : Deposilus in pacc XVI kal. nov.,iterum
post cons. FI. Lampadi et Oreslis vv. ce. (17 octobre
532). La note consulaire que porte à cet endroit le texte
du livre pontifical, conssulatu Lampadii est celle de
l'année 530. Il est clair qu'elle n'est pas ici à sa place,
qu'elle se rapporte à l'année de l'ordination de Boniface
et non pas à celle de sa mort. C'est, comme la note
consulaire de la vie du pape Jean II, une glose margi-
nale introduite dans le texte à un endroit mal choisi.
En comptant 2 ans et 26 jours avant le 17 octobre
532, on arrive au 22 septembre 530, qui est précisé-
ment un dimanche.
Jean II a siégé, d'après les catalogues, 2 ans, 4 mois,
6 jours ; cette durée, comptée en remontant à partir du
27 mai 535, date obituaire de Jean 11 dans le Liber
pontificalis, donne le 21 janvier 533 pour date de l'ordina-
tion. C'est un vendredi ; de plus cette date ne coïncide
pas avec la durée de la vacance , m . II d. X V, indiquée dans
la notice de Boniface. Il y a donc erreur quelque part.
Pour trouver une base sûre, nous devons descendre
jusqu'à la mort d'Agapit, fixée au 22 avril 536 par le
Liber pontificalis 2 . Le catalogue de l'an 555 donne à
1. En comdtant du 12 au 12 on ne justifierait pas le d. XII des
catalogues ; mais en comptant à la romaine du //// id. au //// id. on
arrive au 10 septembre 530, après lequel il y a bien 12 jours jus-
qu'au 22.
2. Cette date est confirmée par celle du concile ouvert à Gons-
tantinople, peu de jours après sa mort, le 2 mai 536.
Jean II,
Agapit.
Àgapit 11 mois et9 jours; le nombre des jours, VIIII, est
changé en XVIII dans d'autres catalogues et dans le livre
pontifical, mais il faut évidemment s'en tenir à la leçon
du catalogue de l'an 555, qui a beaucoup de chances
d'être la mieux conservée ; comme on va le voir, elle
est vérifiée par diverses coïncidences ; en suivant cette
leçon, l'ordination d' Agapit tombe le 13 mai 535, un
dimanche. En comptant à partir de là les années, mois
et jours de Jean II on arrive au vendredi 7 janvier 533;
comme il faut tenir compte de la vacance entre Jean II
et Agapit, on placera l'ordination au dimanche précé-
dent, 2 janvier. Ainsi le pontificat de Jean II ira du
2 janvier 533 au 8 mai 535. Ces limites obtenues par
, le calcul seul concordent à un jour près avec les deux
' vacances indiquées dans le Liber pontiftealis, m. II d.
XV après Boniface II, d. VI après Jean II. Cette vérifica-
tion est propre à inspirer toute confiance. L'erreur se
, trouve donc dans la date obituaire VI kal. iun. de la
! notice de Jean II ; outre les inconvénients signalés
plus haut, on a pu voir que cette date tombe après
1 l'ordination d'Agapit, calculée au plus tôt. Il n'est pas
i possible de la corriger en supposant une déforma-
, tion de VIII id. mai (8 mai) en VI kal. iun. ; ces
| deux groupes de sigles sont trop différents pour cela.
I Du reste, si on observe que le VI kal. iun. est une date
! marquée dans la notice de Jean I er comme celle de la
sépulture de ce pape, on n'hésitera pas à admettre
! qu'elle a été transportée indûment d'un pape Jean à
i l'autre et qu'elle n'est point primitive dans la notice
de Jean II. Dans celle-ci, |outre la date obituaire, il y a
1 une note consulaire, p. c. iterum Lampadi, qui équivaut
I à et iterum p. c. Lampadi (533); c'est, comme dans la
notice de Boniface II, l'année de l'ordination du pape
j et non celle de sa mort l .
I 13. — Après la mort d'Agapit, nous rencontrons les
I pontificats troublés de Silvère et de Vigile. Les données
I chronologiques du livre pontifical sont très incertaines.
! Nous n'y trouvons ni les dates terminales de ces deux
I pontificats, ni même une tradition exacte de la durée
| de chacun d'eux. Silvère est censé avoir siégé un an, 5
| mois et 11 jours, Vigile 17 ans, ô.mois, 26 jours. Ces
1. Sur la note consulaire de l'année 535, à Rome, v. De Rossi,
Inscr. chr., t. I, p. 415 et suiv. Cette note n'est pas encore entière
ment déterminée. En tout cas elle diffère absolument de celle de l'an-
née 533, où figurent les noms do Lampadius et d'Oreste ou celui
! de Lampadius seul.
Silvère,
Vigile.
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chiffres sont inconciliables avec ceux du catalogue de
Tannée 555, qui atteint ici son maximum d'autorité, et
môme avec l'ensemble des renseignements acquis d'ail-
leurs. Pour me borner à citer un seul fait, une inscrip-
tion publiée par M. de Rossi, Inscr. chr., 1. 1, 1057, men-
tionne une concession de sépulture faite par le beatissi-
muspapa Vigilius, en 537, le jour... m iuliarum, c'est
àdire entre le 14 juin et le 15 juillet. Les circonstances
au milieu desquelles Silvère fut élu nous interdisent de
supposer une longue vacance après la mort d'Agapit. Il
fallut tout juste le temps nécessaire pour que la nou-
velle de la mort du pape parvînt de Gonstantinople à
Rome, et pour que le roi Théodatpût imposer son can-
didat Silvère ; c'est assez dire qu'il ne faut pas aller
beaucoup au delà des premiers jours de juin 536. D'au-
tre part, Vigile est mort le 7 juin 555, après avoir siégé
18 ans, 2 mois et 9 jours, d'après le catalogue arrêté à
sa mort. Ces chiffres reportent son ordination au 29
mars 537, qui est précisément un dimanche. Entre le
22 avril 536, date de la mort d'Agapit à Constantinople,
et le 29 mars 537, nous avons plus de onze mois, c'est-
à-dire assez d'espace pour placer les neuf mois de Sil-
vère, la vacance entre Agapit et lui, qui fut au moins
d'un mois, et une vacance inconnue, mais probablement
moins longue, entre lui et Vigile.
Jusqu'ici nous raisonnons sur des données certaines.
Si l'on veut fixer avec plus de précision les dates extrê-
mes du pontificat de Silvère, je proposerai une conjec-
ture. Dans la seconde partie de la notice de Silvère, il
est dit que Bélisaire vint de Naples à Rome, où suscep-
tus est a domno Siiverio bénigne et abiit Vilisarius pa-
tricius in palatio Pinciano Vid. mai.,indict. XV. L'in-
diction XV nous donne l'année 537. Il est d'ailleurs cer-
tain que la date du 1 1 mai ne peut se rapporter à l'entrée
de Bélisaire à Rome, où il était arrivé depuis le mois de
décembre de l'année précédente et où Vitigès le tenait
assiégé depuis le déclin de l'hiver. D'autre part, on ne
comprend pas bien pourquoi, s'il s'agissait ici d'un sim-
ple changement de domicile, on en aurait noté la date
avec tant de soin. Je soupçonne que cette date s'appli-
que à la déposition de Silvère, longuement racontée dans
le texte qui suit. Mais alors il faut la modifier, car le 11
mai 537, Vigile était déjà pape. La correction la plus
simple serait de changer mai. en mar. ; on aurait ainsi
V id. mar., le 11 mars, date qui satisfait à toutes les
autres données. Silvère, qui a siégé neuf mois (chiffre
CHRONOLOGIE.
rond), aurait été ordonné le 1 er ou le 8 juin 535 et dé-
posé près de trois semaines avant l'ordination de son
successeur.
14. — Au delà de Vigile nous n'avons plus le secours du Pelage i.
précieux catalogue de 555. Le pape Pelage mourut au
commencement de mars. Sou épitaphe, conservée dans
les manuscrits, indique le 4 mars comme jour de sa
depositio. En marge du Liber po?itifica!is i on trouve le
2 mars. Agnellus, le biographe des évoques de Ravenne,
dans un passage où il copie évidemment une chronique
ravennate du vi e siècle, fait mourir le pape le 3 mars.
Ces petites différences s'expliquent ou par des fautes
de copistes ou par une distinction entre le jour de la
mort et celui de la sépulture. Mais aucun des trois do-
cuments ne marque l'année. Les catalogues s'accordent
à donner 10 mois et 18 jours à Pelage I or ; quant à son
chiffre d'années, beaucoup de manuscrits du Liber
pontificalis portent XI, leçon évidemment fausse, con-
tredite par les épitaphes, par les catalogues du vi e et du
vn e siècle et par la chronique de Victor de Tunnunum ;
tous ces documents s'accordent sur la leçon II II.
Du moment où Pelage a siégé 4 ans, 10 mois et 18
jours et qu'il est mort le 4 mars, il a dû être ordonné
le 16 avril. Ce n'est pas en 555, car Vigile était encore
vivant le 16 avril de cette année. D'autre part, il résulte
d'une lettre de Pelage à Maur, évêque de Préneste 2 , que
son ordination a eu lieu dans la quatrième indiction
(555-556). L'évêque de Préneste, chargé d'adminis-
trer un bien de l'église romaine, avait fait, avant l'ar-
rivée [et l'ordination de Pelage, un premier versement
sur les revenus de cette indiction. Ce versement, imposé
par Narsès, avait été opéré entre les mains de trois prê-
tres romains. Plus tard, après son ordination, le pape
toucha directement le reliquat du même exercice. Ainsi
Pelage a été ordonné plusieurs mois après le 1 er septem-
bre 555. Le 16 avril 556 était un dimanche et même le
dimanche de Pâques. Tout s'accorderait donc de ce côté.
Mais il existe une lettre du pape Pelage, datée du 15
février 556, qui, si sa date était exacte, contredirait la
solution proposée. Je vais montrer que la date est fausse.
La lettre en question 3 est adressée à un certain nom-
bre d'évêques de la Tascia annonaria, c'est-à-dire de la
i. Sur la provenance et l'autorité des dates obituaires depuis
Pelage jusqu'à Boniface V, v. ci-dessus, p. ccxvm.
2. Jaffé, 951 ; Migne, P. L., t. LXIX,p. 417.
3/ Jaffé, 939 : Migne, P. I., t. LXIX, p. 397.
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Toscane du Nord, qui, suivant en cela l'exemple des
métropolitains de Milan et d'Aquilêe, refusaient de re-
connaître Pelage comme pape et de le nommer aux
prières de la messe. Pelage les engage à se départir de
cette attitude schismatique. Le sujet de la lettre n'in-
diquepas en lui-même un début de pontificat; il n'y a non
plus rien de semblable dans les formules et les détails
du style. Ceci est déjà étonnant. Dans une autre lettre \
datée du 4 juillet 556, et adressée à Sapaudus, évo-
que d'Arles, Pelage lui notifie Json avènement comme
assez récent. Enfin, une troisième lettre 2 , adressée au
roi Ghildebert le 11 décembre 556, est représentée,
dans une lettre postérieure (Jaffé, 978) comme ayant
été écrite in ipsls statim ordinalionis nostrae principiis .
Ainsi, en juillet et en décembre 556, Pelage pouvait
encore se dire au commencement de son pontificat.
Cela ne serait pas possible s'il avait été ordonné l'an-
née précédente. La date de la première lettre est
donc contredite par le reste de la correspondance de
Pelage ; il faut y ajouter une année, chose assez fa-
cile, car il n'est pas nécessaire pour cela de chan-
ger un nom de consul. Nous sommes dans les postcon-
sulats de Basile; au lieu de lire anno XV p. c. Basi-
lii v. c. on lira anno XVI etc.
Cette correction faite, il reste encore une difficulté.
Entre la mort de Vigile, 7 juin 555, et l'ordination de
Pelage, 16 avril 556, il y aurait une vacance de 10 mois
et 11 jours. Cette vacance n'a rien d'invraisemblable;
on en trouve une aussi longue entre Jean III, successeur
de Pelage et Benoît. Depuis l'inauguration dn régime
byzantin à Rome, il fut interdit de procéder à l'ordina-
tion du pape avant que l'élection n'eût été vérifiée à
Constantinople. Toutefois, il est à considérer que le
Liber pontificalis ne marque, après Vigile, que trois
mois et cinq jours de vacance. Malgré ces chiffres, je crois
que les dates proposées ci-dessus doivent être mainte -
nues. Le Liber pontificalis ne donne pas la date obi-
tuaire de Vigile : il marque inexactement la durée de son
pontificat et de celui du pape Silvère, son prédécesseur ;
il présente à cet endroit un certain mélange de faux
et de vrai qui autorise la défiance, quand ses rensei-
gnements sont contredits par de bonnes autorités ; en-
fin, les chiffres de mois et de jours qu'il attribue à Pe-
lage sont en conflit évident avec ceux qu'il donne pour
1. Jaffé, 940; Migne, t. c, p. 401.
2. Jaffé, 942; Migne, t. c, p. 402.
Jean ni,
Benoit,
Pelage II,
Grégoire.
CHRONOLOGIE. cclv
la vacance après Vigile, les uns et les autres étant
comptés à partir de dates bien vérifiées. Il y a donc lieu
de faire un choix entre des indications contradictoires.
L'ordination de Pelage étant fixée au mois d'avril 556,
sa mort a dû arriver en mars 561. Jusqu'ici on l'a tou-
jours fait mourir en 560. Ce retard d'un an entraîne un
recul semblable pour les pontificats voisins. Mais les cho-
ses n'en vont que mieux ainsi, comme je le montrerai
tout à l'heure. Etablissons d'abord, d'après le Liber
pontificalis tout seul, car les inscriptions et les lettres
nous font ici défaut, les dates d'ordination et de décès
de Jean III, Benoît et Pelage II; au delà de celui-ci, le
pontificat de saint Grégoire, parfaitement documenté,
fournit un excellent point d'arrêt.
Jean III fut enterré le 13 juillet, après un pontificat
de 12 ans, 11 mois et 26 jours. Son ordination eut donc
lieu le 17 juillet. Si nous prenonsle 17 juillet 561, nous
tombons juste sur un dimanche. La combinaison des
dates obituaires avec les mois et jours marqués dans le
Liber pontificalis conduit, pour l'ordination de Benoît,
au 2 juin 575, pour celle de Pelage II au 26 novembre
579, pour celle de saint Grégoire au 3 septembre 590.
Cette dernière date est vérifiée en gros par le registre
de Grégoire et, avec une précision entière, par les chif-
fres de vacance entre Pelage II et lui.
La concordance des chiffres de vacance, après Pe-
lage I er , Jean III et Benoît, n'est pas aussi complète ;
cependant l'écart n'est que de 20, 18 et 14 jours, ce
qui est peu considérable, car il s'agit de vacances fort
longues. Je crois devoir négliger ces divergences,
qui viennent sans doute de ce que les chiffres de vacance
auront été mal calculés.
Voici maintenant un fait qui vérifie toute cette chro-
nologie. L'évêque de Ravenne Jean III, mort le 11 jan-
vier 595, après un pontificat de 16 ans, 1 mois et 19
jours *, avait dû être consacré à Rome en novembre
578. Or, si l'on admettait la chronologie reçue, son or-
dination tomberait pendant la vacance entre Benoît et
Pelage II. Il y aurait donc une grave difficulté : elle
disparaît avec le système que j'ai adopté.
6° De saint Grégoire à Hadrien (604-795).
15. — L'ordination de Sabinien tombe le 30 août 604, Sabinien.
1. L'année 595 est donnée par la correspondance de saint Gré-
goire ; le jour de la mort et la durée du pontificat par AgneUus (c.
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siron part de la vacance, le 13 septembre, si Ton part
de la durée de son pontificat. Dans un cas comme dans
l'autre, on a la coïncidence du dimanche K II y a donc
incertitude, à moins que Ton ne préfère sacrifier les
chiffres de vacance.
Boniface m. Pour Boniface III les deux données concordent. Il a
été ordonné le 19 février 607.
Boniface IV. Pour l'ordination de Boniface IV, on arrive au 18 sep-
tembre 608 par les chiffres de vacance, au 12 du même
mois par ceux de siège. Le dimanche tombe entre ces
deux dates, le 15 septembre 2 . Cène seraitpasune grosse
difficulté ; mais il y en a une autre. C'est que la date
obituaire de ce pape est fixée au 8 mai par son épitaphe,
au 23 parla note interpolée dans le Liber pontifical™. Si
Ton combine le 8 mai avec les chiffres de siège on arrive
au 25 août 608, qui est un dimanche. Cette vérification
me paraît devoir trancher la question en faveur de l'ins-
cription et du calcul qui se déduit des chiffres de siège.
Deusdedit. p 0U r l'ordination de Deusdedit, les chiffres de va-
cance conduisent au mardi 2 décembre 615, en par-
tant de l'inscription que je viens d'alléguer, au samedi
20, en partant de la note marginale. Les chiffres de
siège donnent le dimanche 19 octobre 615 3 .
Boniface v. Après Deusdedit nous rencontrons une difficulté
spéciale. La durée du pontificat de Boniface V, 5 ans et
10 mois \ additionnée avec les deux vacances avant et
après ce pape, donne juste six ans moins un jour et
nous conduit au commencement de novembre 624. Or
il est sûr, par les documents de la correspondance pon-
tificale, que Boniface V siégeait encore en 625 et
qu'Honorius lui succéda vers la fin de cette année. Il y
a donc erreur d'un an, soit dans les chiffres de vacance
entre Deusdedit et Boniface V, soit dans les chiffres de
siège attribués à Boniface V. La première hypothèse
est la seule admissible, en raison d'abord de la diffé-
rence d'autorité des deux groupes de chiffres, ensuite
1. Une variante des mss. KG, dans les jours de siège, permet
d'arriver au 3 septembre ; mais, outre que la leçon courante du
L. P. est confirmée par trois catalogues indépendants (p. xxv, 29,
32), le 3 septembre tombe au milieu d'une semaine.
2. Le ms. G a ici la variante d. XVI qui conduit juste au 15 sep-
tembre ; mais cette leçon est isolée et trop facile à expliquer par
une déformation de d. XIII.
3. Mais ici il faut corriger la leçon courante du L. P. par celle
des mss. E 5 GK, que confirment d'ailleurs les trois catalogues cités
plus haut, p. cclv, note 1.
4. Ici encore il faut corriger la leçon courante (an. V) du L. P.
Les catalogues de Frédégaire et de Gorbie II donnent an. V m. X,
conformément aux mss. C 84 E B ; la môme leçon, corrompue en d. X
ou d. XIII, se retrouve dans les mss. K, G, E».
parce que la vie de Boniface Vplace, avant sonordinatio 11
la révolte de l'exarque Eleuthère, et nous fournit ainsi
l'explication d'une vacance plus longue que de coutume.
Nous admettrons donc 1 an, 1 mois et 15 jours de
vacance après Deusdedit. Cette correction faite, l'or-
dination de Boniface V est fixée au dimanche 23 décem-
bre 619, tant par les chiffres de vacance qui tombent
juste, que par les chiffres de siège, qui conduisent au
mardi 25.
Pour l'ordination d'Honorius, les chiffres de vacance Hononua.
conduisent au jeudi 7 novembre 625, les chiffres de siège
au dimanche 27 octobre de la même année. En accep-
tant cette dernière solution, on a une vacance bien
courte, puisque Boniface était mort le 25 octobre. Mais,
dans la période où nous sommes, une vacance de 13
jours est tout aussi difficile à expliquer qu'une vacance
de 2 jours. Pour des raisons qui nous échappent, on
s'abstint de retarder l'ordination d'Honorius jusqu'après
réception de la lettre impériale d'approbation.
Il n'y a aucune difficulté pour les trois papes suivants, Sôvérin,
Sévérin, Jean IV et Théodore. Les deux séries de chiffres Théodore,
donnent sensiblement les mêmes dates et rencontrent
le coïncidence du dimanche. On obtient ainsi le 28 mai
640 pour l'ordination de Sôvérin, le 24 décembre de la
même année pour celle de Jean IV, le 24 novembre 642
pour celle de Théodore.
La chronologie des deux papes suivants est plus dif-
ficile à établir. Eugène, mort le 2 juin 657, est dit avoir
siégé 2 ans, 9 mois et 24 jours, ce qui reporte son or-
dination au dimanche 10 août 654, plus d'un an avant
la mort de son prédécesseur Martin. Ceci, sauf la date
précise, est connu d'ailleurs et s'explique parles circons-
tances historiques ! . Aucune vacance n'étant indiquée a
la fin de la notice de Martin, force nous est de nous
contenter du précédent calcul.
Entre le 14 mai 649, jour où mourut Théodore et le
10 août 654, jour où fut ordonné Eugène, il n'y a pas
place pour la durée que le Liber pontificalis * assigne
au pontificat de Martin, 6 ans 1 mois et 26 jours. Il n'en
est pas de même si on descend jusqu'au 17 septembre
655, date que le biographe indique comme celle de la
mort du pape. En remontant à partir de cette date, les
chiffres de siège conduisent au mercredi 22 juillet 649.
1. Martin, notes 14, 15, 16, p. 340 ; Eugène, notes 1, 2, p, 341.
2. La leçon du catalogue de Corbie, an. III au lieu de an. VI est
une faute évidente.
Martin,
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D'autre part, la date obituaire de Théodore, combinée
avec les chiffres de vacance, donne le dimanche 5 du
môme mois. L'incertitude est donc assez faible.
Depuis Eugène jusqu'à Sergius inclusivement, les
biographes donnent régulièrement les dates obituaires.
Elles vérifient constamment les calculs obtenus en
combinant les durées de siège et de vacance avec les
lettres dominicales. Il n'y a de difficulté que pour Vi-
talien, Adéodat et Âgathon. Le jour de l'ordination de Vi-
talien est le 30 juillet 657, si on le déduit du chiffre de
la vacance après Eugène, le 27, si on le déduit de la date
obituaire de Vitalien lui-môme. C'est la première date
qui est la bonne, carie 30 juillet 657 est un dimanche.
La différence est faible ; elle vient sans doute de ce que
le biographe de Vitalien a exprimé la durée de son pon-
tificat en chiffres ronds, comptant comme fini un mois
Adéodat qui ne l'était qu'à peu près. — La date obituaire d'Adéo-
dat est fautive; le calcul, dans un sens et dans l'autre,
donne le 17 juin, tandis que les manuscrits, sauf G, por-
tent le 27. Il faut évidemment lire, avec ce manuscrit,
XVI kaL ml. au lieu de VI.
Agathon L'ordination d' Agathon doit être fixée au 27 juin 678,
si on déduit sa date de la vacance précédente, au 4
juillet, si on part des chiffres d'Agathon lui-même. Il y
a donc erreur d'un côté ou de l'autre. Or je remarque
que, tandis que les chiffres de la vacance après Donus
n'offrent pas de variantes notables, les manuscrits KG
donnent à Agathon 14 jours au lieu de 4, ce qui conduit
au 27 juin pour son ordination. Ici encore la leçon primi-
tive rétablit la concordance des données chronologiques .
16. — La date obituaire de Sergius, 8 septembre 701,
est indiquée avec précision, par le jour du mois, l'indic-
Gn^oîreTi! tion et l'empereur. Pour les quatre papes suivants la date
obituaire fait complètement défaut, sauf dans quelques
manuscrits ! où la mention delà sépulture a été suppléée
et accompagnée d'indications chronologiques d'inégale
autorité. Les dates fournies par les manuscrits E s'ac-
cordent avec les chiffres de durée de siège et de va-
cance ; malheureusement il n'y en a que pour Jean VII
et Constantin. Voici d'abord les résultats auxquels on
arrive avec les chiffres du texte primitif.
Après Sergius, vacance de 1 mois et 20 jours ; c'est-
à-dire ordination de Jean VI le 28 octobre 701 ; le 30
étant un dimanche, nous irons jusque-là. Jean VI siège
1. V. ci-dessus, p. ccxix.
Liber pontificalts.
Jean VI,
Jean VII,
Sisinnius.
Constantin,
3 ans, 2 mois et 12 jours ; sa mort se place donc au 11
janvier 705. Après lui, vacance de 1 mois et 17 jours,
soit jusqu'au 28 février ; comme c'est un samedi, on
obtient ainsi le 1 er mars comme date de l'ordination de
Jean VII. Ce pape siège 2 ans, 7 mois et 17 jours ; sa
mort arriva donc le 17 octobre 707. Puis vient une va-
cance de 3 mois, jusqu'au 17 janvier 708: comme c'est
un mardi, il faut admettre que 3 mois est un chiffre
rond et fixer l'ordination de Sisinnius au dimanche le
plus voisin, 15 janvier. Sisinnius meurt au bout de
vingt jours, c'est-à-dire le 4 février. Après lui, vacance
de^l mois et 18 jours, jusqu'au 22 mars; comme ce
jour est un jeudi, il faut pousser jusqu'au dimanche 25.
On arrive ainsi à p'ordination de Constantin, qui siège
7 ans et 15 jours, c'est-à-dire jusqu'au 9 avril 715. La
vacance est alors de 40 jours, soit jusqu'au 19 mai, jour
de l'ordination de Grégoire II. La même date s'obtient
en comptant les 15 ans, 8 mois et 24 jours de Gré-
goire II en remontant à partir de la date obituaire du
11 février 731, connue par sa notice.
Cette coïncidence est remarquable ; elle fournit une
vérification de toute la série depuis Sergius et permet
de juger de la valeur des dates obituaires de Jean VI,
Jean VII, Sisinnius et Constantin, telles qu'elles se ren-
contrent dans certains manuscrits. Pour Jean VI, nous
n'avons qu'une note marginale de l'un des manuscrits
B, qui donne la date du 2 août, évidemment fausse. Les
autres manuscrits interpolés présentent ici une ré-
daction où Ton avait ménagé une place pour le jour de
la mort : sub die, indictione 111 ; mais ce jour n'a pas
été marqué. Pour Jean VII, les manuscrits B E nous
donnent le XVkal. nov. (18 octobre) ; le calcul donne le
17. Il y a donc sensiblement accord. Pour Sisinnius, les
manuscrits B ont le VIII id nov., date impossible. Enfin
pour Constantin, les manuscrits E ont la date Vid. april.
(9 avril), identique à celle à laquelle nous sommes arri-
vés par le calcul, tandis que les manuscrits B ont la
fausse date VI id. ianuar.
En résumé, l'intervalle de Jean VI à Grégoire II donne
lieu à la chronologie suivante :
Jean VI, 30 octobre 701 — U janvier 703 ;
Jean VII, I or mars 705 — 18 octobre 707;
Sisinnius, 15 janvier 708 — 4 février 708;
Constantin, 25 mars 708 — 9 avril 715;
Grégoire II, 19 mai 715 — il février 731.
17. — Grégoire II mourut le- 11 février 731. Cette
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Grégoire iin.date nous est fournie par toutes les rédactions de sa vie,
Etienne il. de même que la durée de la vacance après lui, 35 jours.
On arrive ainsi au 48 mars 731 pour l'ordination de
Grégoire III. C'est justement un dimanche.
A partir d'ici nous rencontrons quelques difficultés,
causées par la discordance entre les données que nous
fournissent les diverses rédactions des vies suivantes.
Toutes s'accordent sur les durées des pontificats :
Grégoire III,
10 ans,
8 mois,
24 jours;
Zacharie,
10 ans,
3 mois,
15 jours;
Etienne II,
5 ans,
29 jours.
Elles s'accordent encore sur ladateobituaire d'Etienne II,
26 avril 757, qui permet de fixer, en remontant, son
ordination au dimanche 26 mars 752 [ . Entre cette date
et l'ordination de Grégoire III, fixée au 18 mars 731, il
y a 21 ans et 8 jours. C'est, à un jour près, la somme
que l'on obtient en additionnant les deux pontificats de
Grégoire III et de Zacharie. S'il n'y avait pas d'erreur,
il faudrait admettre qne ces deux papes sont morts le
jour même ou tout au plus la veille de l'ordination de
leur successeur. Ceci est inadmissible pour Zacharie,
car, d'après le biographe d'Etienne II, il faut compter
au moins trois jours entre la mort de Zacharie et l'or-
dination d'Etienne. Cependant, en toute rigueur, et en
acceptant une erreur d'un jour ou deux, on parviendrait
encore à s'accommoder de cette solution.
Malheureusement elle ne cadre pas avec les finales
ajoutées après coup aux notices de Grégoire III et de
Zacharie. Celles-ci fournissent des vacances, l'une de 8,
l'autre de 12 jours : de plus, elles indiquent des dates
obituaires, 28 novembre pour Grégoire III, 15 mars pour
Zacharie, qui ne sauraient s'accorder avec les chiffres
d'années, mois et jours placés en tête des notices.
Dans ce conflit des témoignages, le plus sûr est, je
crois, de s'en tenir au texte primitif du Liber pontifi-
calis et à ses chiffres. Les auteurs qui ont suppléé les
finales dans les manuscrits de la classe B sont, nous
l'avons déjà constaté pour Sisinnius et Constantin, fort
sujets à caution. Il leur arrive de marquer de fausses
dates, soit d'après de mauvais renseignements, soit par
simple conjecture et pour ne pas laisser la place vide.
En somme, je disposerai ainsi qu'il suit la chronologie
des papes en question :
1. Ce serait à la rigueur le 28 mars, mais il faut tenir compte du
dimanche.
Ordination de Grégoire III, 18 mars 731
Mort de Grégoire III, 10 décembre 741
Ordination de Zacharie, 10 décembre 741
Mort de Zacharie, 23 mars 752
Ordination d'Etienne II, 26 mars 753.
A la mort de Grégoire III la situation était assez grave
pour que l'on procédât vivement à l'ordination de son
successeur. Le consentement de l'exarque était désor-
mais une formalité sans importance. Du reste comme
les Romains s'étaient décidés à suivre une ligne politi-
que contraire à celle dans laquelle ils s'étaient engagés
de concert avec l'exarque, comme ils avaient choisi Za-
charie exprès pour les diriger dans cette voie nouvelle,
ils devaient être peu tentés de s'exposera des atermoie-
ments possibles du côté de Ravenne. A la mort de Za-
charie, un premier candidat fut élu et installé au La-
tran, en attendant le dimanche où devait se célébrer
l'ordination. Il mourut le quatrième jour après son
élection et Etienne II fut élu aussitôt. Il s'en faut d'un
jour que tout cela se puisse placer dans l'intervalle
fourni par nos calculs : ceux-ci, en effet, donnent le 24
mars comme date de la mort de Zacharie ; en les corri-
geant l d'un ou deux jours, on arrive au 24 ou au 22.
Ainsi Zacharie est mort le mercredi 22 ou le jeudi 23 ;
son successeur, aussitôt élu et installé au Latran, fut
frappé d'apoplexie trois jours après, le vendredi ou le
samedi ; il mourut le lendemain, soit le samedi ou le
dimanche, et fut sur-le-champ remplacé par Etienne II.
Cette fois il ne pouvait être question de négociations avec
Ravenne, puisqu'il n'y avait plus d'exarque.
Après la mort d'Etienne II (26 avril 757), on indique
une vacance de 35 jours, ce qui conduit au 30 mai pour
l'ordination de son successeur ou plutôt au 29, qui est
un dimanche. On y arrive aussi par la date obituaire,
(28 juin 767) de Paul et la durée de son pontificat, 10
ans et 1 mois. La date obituaire n'est pas dans le Liber
pontificalis, mais elle nous est fournie par une des
pièces a relative à l'intrusion de l'antipape Constantin II.
La chronologie de Paul n'offre donc pas de difficulté.
Pour Etienne III, le biographe omet aussi la date obi- E Jieime m,
tuaire ; mais son récit de l'avônement du pape permet
de fixer l'ordination au dimanche 7 août 768. Cette date
ne concorde qu'en gros avec la durée delà vacance après
1. Une variante autorisée donne d. XIIII au lieu de d. XV, ce
qui conduit au 23 mars.
2. P. 480; Etienxe III, note 3.
Paul.
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CHRONOLOGIE.
Paul, un an et un "mois ; mais il faut considérer que
celui qui a marqué ce dernier chiffre a eu surtout en
vue la durée du pontificat illégitime de Constantin II, qui
est en effet d'un an et un mois, très exactement. Les
3 ans, 5 mois et 18 jours d'Etienne III, comptés depuis
le 7 août 768, aboutissent au 4 février 772. On indique
une vacance de 9 jours, mais il doit y avoir erreur, car
Hadrien fut ordonné le dimanche 9 février. Cette erreur,
de 4 ou 5 jours, est à chercher soit dans les chiffres
de la durée du pontificat d'Etienne III, soit dans ceux
de la vacance après lui.
CCLIX
La date obituaire d'Hadrien, et la durée de son pon-
tificat sont marquées d'une manière absolument iden-
tique dans son épitaphe, encore existante, et dans le
Liber pontificaiis. Il ne peut donc pas y avoir le moin-
dre doute * sur le jour de son ordination, vérifié d'ail-
leurs par la coïncidence du dimanche.
1. L'ordination d'Hadrien est marquée au 4 mars dans le calen-
drier du sacramentaire de Gellone, manuscrit contemporain de
Gharlemagne; mais il y a ici une confusion entre le pape et un
martyr de Nicomédie dont la fête tombait ce jour-là. D'ailleurs le
4 mars 772 était un mercredi.
Q.
4*:
Avis pour la table chronologique. - Les chiffres et dates réunis dans cotte table représentent non la Ln Ho »«i * ,
document ou manuscrit, mais les résultats de la discussion développée dans le chaoi^ VH df^i^ i i T
est donc invité à se référer au, pages q ui précédent, pour apprécia ,a î^ïrï^ ^Z
cependant être averti, d'une manière générale, que quand une date n'est Da* Hir,vi„ m „nf ... """ lons ac la ,an 'e. Il peut
simplement calculée d'après eux, le nom du mois el en italique. P directement attestée par les document,, mais
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Petrus,
Linus,
Anencletus (Gletus),
Glemens,
EvARESrUS,
AlEXANDER,
Xystus,
Telesphorus,
Hyginus,
Pius,
AlSICETUS,
SOTER,
Eleutherus,
Victor,
Zephyrinus,
Gallistus,
Urbanus,
pontianus,
Anteros,
Fabianus,
Cornélius,
Lugius,
Stephanus,
Xvstus II,
JOUR DE L'ORDINATION
22 février, Natale petai de cathedra.
21 juillet 230
21 novembre 235
10 janvier 236
mars 251
25 juin 253
12 mai 254
30 août 257
JOUR DE LA MORT
29 juin, Natale Apostolorum.
DURÉE DU PONTIFICAT
an. XXV
discinclus le 28 sept. 235
3 janvier 236
20 janvier 250
juin 253
5 mars 254
2 août 257
6 août 258
an. X
an. XI
an. IIII
an. XV
an. XI
an. VIII
an. XV
an. X
an. XVIII
an. V
an. VIII
an. V m. II d. VII
m. I d.XII
an. XIIII d. X
an. II m. III d. X
m. VIII d. X
an. III m. II d. XXI
m. XI d. VI
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Diormius,
Félix,
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Gaius,
Marcellinus,
Marcellus,
eusebius,
MlLTIADES,
SlLVESTER,
Marcus,
IULIUS,
LlBERlUS,
Damasus,
SiRICIUS,
Anastasius,
IjtfOCENTIUS,
Zosimus,
BoiSlFATIUS,
Caelestinus,
Xystus III,
Léo,
Hilarus,
SlMPLIClUS,
Félix III,
Gelasius,
Anastasius II,
Symmachus,
hormisdas,
IOHANNES,
Félix IIII,
BoiSIFATIUS II,
IoHANNESlI,
ÀGAP1TUS,
SlLVERIUS,
VlGILIUS,
Pelagius,
IORAIHNESlII,
Benedictus,
Pelagius II,
JOUR DE L'ORDINATION
JOUR DE LA MORT
DUiiEE DU PONTIFICAT
22 juillet 259
26 décembre 268
an. VIIII m. V
d. IIII
5 janvier 269
30 décembre 274
an. V m. XI
d. XXV
4 janvier 275
7 décembre 283
an. VIII m. XI
d. III
17 décembre 283
22 avril 296
an. XII m. IIII
d. VII
30 juin 296
25 octobre 304
an. VIII m. III
d. XXV
27 mai (ou 26 juin) 308
16 janvier 309
m. VII
d. XX
18 avril 309 (ou 310)
17 août 309 (ou 310)
m. IIII
2 juillet 311
11 janvier 314
an. Il m. VI
d. VIII
31 janvier 314
31 décembre 335
an. XXI m. XI
18 janvier 336
7 octobre 336
m. VIII
d. XX
6 février 337
12 avril 352
an. XV m. 11
d. VI
17 mai 352
24 septembre 366
an. XIIII m. IIII
d. VII
1 er octobre 366
11 décembre 384
an. XVIII m. II
d. XI
15, 22 ou 29 décembre 384
26 novembre 399
an. XV (chiffre rond)
27 novembre 399
19 décembre 401
an. II
d. XXI
22 décembre 401
12 mars 417
an. XV m. II
d. XXI
18 mars 417
26 décembre 418
an. I m. VIIII d. VIIII
29 décembre 418
4 septembre 422
an. III m. VIII
d. VI
10 septembre 422
27 juillet 432
an. VIIII m. X
d. XVII
31 juillet 432
19 août 440
an. VIII
d. XVIIII
29 septembre 440
10 novembre 461
an. XXI . m. I
d. XIII
19 novembre 461
29 février 468
an. VI m. III
d. X
3 mars 468
10 mars 483
an. XV
d. VII
13 mars 483
1 er mars 492
an. VIII m. XI
d. XVII
1 er mars 492
21 novembre 496
an. IIII m. VIII
d. XVIII
24 novembre 496
19 novembre 498
an. I m. XI
d. XXIIII
22 novembre 498
19 juillet 514
an. XV m. VII
d. XXVII
20 juillet 514
6 août 523
an. VIIII
d. XVII
13 aoiti 523
18 mai 526
an. II m. VIIII d. XVI
12 juillet 526
22 septembre 530
an. IIII m. II
d.XII
22 septembre 530
17 octobre 532
an. II
d. XXVI
2 janvier 533
8 m^ 535
an. II m. IIII
d. VI
13 mai 535
22 avril 536
m. XI
d. VIII
1 er ou 8 juin 536
deiecttis 1 1 mars 537
m. VIIII
29 mars 537
7 juin 555
an. XVIII m. II
d. VIIII
16 avrinU
4 mars 561
an. IIII m. X
d. XVIII
17 juillet 561
13 juillet 574
an. XII m. XI
d, XXVI
2 juin 575
30 juillet 579
an. IIII m. I
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26 novembre 579
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CCLXII
TABLE
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JOUR DE L'ORDINATION
JOUR DE LA MORT
DURÉE DU PONTIFICAT
Gregorius,
3 septembre 590
12 mars 604
an. XIII
m. VI
d. X
Sabinianus,
13 septembre 604
22 février 606
an. I
m. V
d. VIIII
BoNIFATIUS III,
19 février 607
12 novembre 607
m. VIII
d. XXII
BoiSIFATIUS IIII,
25 aori/608
8 mai 615
an VI
m. VIII
d. XIII
Deusdedit,
19 octobre 561
8 novembre 618
an. III
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BONIFATIUS V,
23 décembre 6 19
25 octobre 625
an. V
m. X
HoNORIUS,
27 octobre 625
12 octobre 638
an. XII
m. XI
d. XVII
Severinus,
28 mat 640
2 août 640
m. II
d. IIII
IOHANNES IIII,
24 décembre 649
12 octobre 642
an. I
m. VIIII d. XVIII
Theodorus,
24 novembre 642
14 mai 649
an. VI
m. V
d. XVIII
Martinus,
juillet Q\ 9
deiectus 17 juin 653
an. VI
m. I
d. XXVI
Eugenius,
10 août 654
2 juin 657
an. II
m. VIIII d. XXIIII
VlTALIANUS,
30 juillet 657
27 janvier 672
an. XIIII
m. VI
Adeodatus,
H avril 672
17 juin 676
an. IIII
m. II
d.V
Donus,
2 novembre 676
H avril 678
an. I
m. V
d. X
Agatho,
27 ;utn 678
10 janvier 681
an. II
m. VI
d. XIIII
Léo II,
17 août 682
3 juillet 683
m. X
d. XVII
Benedictus II,
26 juin 684
8 mai 685
m. X
d. XII
IOHANNES V,
23 ;W//étf 685
2 août 686
an. I
d. VIIII
CONON,
21 octobre 686
21 septembre 687
m. XI
Sergius,
15 décembre 687
8 septembre 701
an. XIII
m. VIII
d. XXIII
IOHANNES VI,
30 octobre 701
11 janvier 705
an. III
m. II
d. XII
IOHANNES VII,
1 er wars 705
18 octobre 707
an. II
m. VII
d. XVII
SiSINNIUS,
15 janvier 708
4 février 708
d. XX
Constantin us.
25 mars 708
9 avril 715
an. VII
d. XV
Gregorius II,
19 ma/ 715
11 février 731
an. XV
m. VIII
d. XXIIII
Gregorius III,
13 ma?-s 731
10 décembre 741
an. X
m. VIII
d. XXIIII
Zacharias,
10 décembre 741
22 (ou 23) mars 752
an. X
m. III
d. XV
Stephanus II,
26 mars 752
26 avril 757
an. V
d. XXVIIII
Paulus,
29 mat 757
28 juin 767
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m. I
Stepranus III,
7 août 768
3 février 772
an. III
m. V
d. XXVIII
Hadrianus.
9 février 772
26 décembre 795
an. XXIII
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CATALOGUE LIBÉRIEN.
Je publie ce texte sur trois colonnes : dans la première il figure suivant la teneur des manuscrits de la collec-
tion chronographique de 354, ou manuscrits philocaliens, qui le présentent à l'état isolé; la seconde colonne
contient les passages qui ont été insérés dans le Liber pontificalis et se sont conservés dans les manuscrits de
celui-ci; la troisième est une restitution, fondée sur les leçons de ces deux groupes de manuscrits, avec quel-
ques corrections fournies par les fastes consulaires de la collection philocalienne 1 .
Au bas de la première colonne on trouvera les variantes des deux manuscrits philocaliens qui contiennent le
catalogue des papes, savoir le Bruxellensis, Z, le Vindobonensis, V (Introduction, p. vi); la leçon de ces manus-
crits est empruntée à l'édition de M. Th. Mommsen (Ueber den Chronographen vom Jahre 354, dans le t. I
des Abhandlungen der philol.-hist. Classe der kœn. Sachs. Geseilschaft der Wissenschaften, p. 634-637). Les
variantes cotées F, K, P, au bas de la seconde colonne, sont celles du Liber pontificalis \ abrégé félicien (F),
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abrégé cononien (K), texte complet (P).
Après le catalogue viennent les deux tables intitulées depositio episcoporum et depositio martyrum dans la
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collection philocalienne; elles y figurent immédiatement avant le catalogue; je les reproduis d'après les mômes
sources que celui-ci.
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1- Ces corrections sont en italique ; quelques noms de papes, défigurés dans les manuscrits philocaliens, ont été ramenés à l'ortho-
graphe du quatrième siècle.
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Imperante Tiberio Caesare passus est dominus noster
Iesus Christus duobus Geminis cons. VIII kl. apr., et
post ascensum eius beatissimus Petrus episcopatum
suscepit. Ex quo tempore per successionem dispositum,
quis episcopus quot annis prefuit vel quo imperante. 5
Petrus ann. XXV mens, uno d. VIIII. Fuit temporibus Fuit temporibus Tiberii
Tiberii Caesaris et Gai et Tiberi Claudi et Neronis, a Caesaris et Gai et Tiberii Claudi et Neronis.
cons. Minuci et Longini usque Nerine et Vero. Passus
autem cumPaulo die III kl. iulias, cons. ss., imperante
Nerone. io
Linus ann. XII m. IIII d. XII. Fuit temporibus Nero- Fuit temporibus Neronis,
nis, a consulatu Saturnini et Scipionis usque Capitone a consulatu Saturnini et Scipionis usque ad Capitone et
et Rufo. Rufo cons.
Clemens ann. VIIII m. XI dies XII. Fuit temporibus Fuit temporibus Galbae et
Galbe et Vespasiani, a cons. Tracali et Italici usque Ves- 13 Vespasiani, a consulatu Tragali et Italici usque ad Ves-
pasiano VI et Tito. pasiano VIIII et Tito.
Cletus ann. VI m. duo dies X. Fuit temporibus Ves- Fuit temporibus Vespasiani
pasiani et Titi et initio Domitiani, a cons. Vespa- et Titi a Domitiani, consulatu Vespasiano VII et Domi-
sianoVIII et Domitiano V usque Domitiano VIIII et Rufo. tiano V usque ad Domitiano VIIII et Rufo cons.
Anaclitus ann. XII m. X d. III. Fuit temporibus Do- 20 Fuit temporibus Domitiani
mitiani, a cons. Domitiano X et Sabino usque Domi- a consulatu Domitiano X et Sabino usque ad Domitiano
tiano XVII et Clémente. XVII et Clémente cons.
Aristus annos XIII m. VII d. duos. Fuit temporibus Fuit temporibus Domitiani
novissimis Domitiani et Nervae et Traiani, a cons. Va- et Nervae Traiani, a consulatu Valentis et Veteris usque
lentis et Veri usque Gallo et Bradua. 25 ad Gallo et Bradua cons.
Alexander ann. VII m. II d. uno. Fuit temporibus Fuit temporibus Traiani,..
Traiani, a cons. Palmae et Tulli usque Veliano et Vetere. usque Heliano et Vetere.
Sixtus ann. X m. III d. XXI. Fuit temporibus Adriani Fuit temporibus Adriani,..
a cons. Nigri et Aproniani usque Vero III et Ambi- usque ad Vero et Anniculo.
bulo. 30
Telesforus annos XI m. III d. III. Fuit temporibus An- Fuit temporibus Antonini
tonini Macrini a cons. Titianf et Gallicani usque Caesare et Marci
et Balbino.
Higinus ann. XII m. III d. VI. Fuit temporibus Veri Fuit temporibus Veri et
35 Marci, a consulatu Magni et Camerini usque ad Orfito et
Prisco.
(Anicetus). Fuit temporibus Severi et
Marci, a consulatu Gallicani et Veteris usque ad Prae-
a cons. Gallicani et Veteris usque Présente et Rufino. sente et Rufîno.
5 <et> quot Z — 8 Minuti Z — Nerine] Nervae Z — 9 cons.]
consules Z — \S initia V — 20 Anacletus Z — 26 annis octo Z
— 29 Arabidulo V — 33 Albino V
13 Rufino FK — 18 Domitiani om. P — 36 Prisco) Camerino
FK.
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CATALOGUE LIBÉRIEN
RESTITUTION.
Imperante Tiberio Caesare passus est dominus noster Iesus Christus
duobus Geminis cons. [29] VIII kl. apr. et post ascensum eius
beatissimus Petrus episcopatum suscepit ; ex quo tempore per
successionera dispositum quis episcopus quot annis praefuit
vel quo imperante.
Petrus ann. XXV mens. I d. VIIII. Fuit temporibus Tiberii Caesaris
.et Gai et Tiberii Claudii et Neronis, a consulatu Vinici et Lon-
gini [30] usque Nerone et Vetere [55]. Passus autem cum Paulo,
die III kl. iul., cons. ss., imperante Nerone.
Linus ann. XII mens. IIII d. XII. Fuit temporibus Neronis, a con-
sulatu Saturnini et Scipionis [56] usque Gapitone et Rufo
cons. [67]
Clemens ann. VIIII mens. XI d. XII. Fuit temporibus Galbae et Ves-
pasiani, a consulatu Tracali et Italici [68] usque Vespasiano VII
et Tito K[76].
Cletus ann. VI mens. II d. X. Fuit temporibus Vespasiani et Titi et
inilio Domitiani, a consulatu Vespasiano VIII et Domitiano V [77]
usque Domitiano VIIII et Rufo cons. [83]
Anacletus ann. XII mens. X d. III. Fuit temporibus Domitiani a con-
sulatu Domitiano X et Sabino [84] usque Domitiano XVII et
Clémente cons. [95]
Evaristus ann. XIII mens. VII d. II. Fuit temporibus novissimis Do-
mitiani et Nervae etTraiani, a consulatu Valentis etVeteris [96]
usque Gallo et Bradua [108].
Alexander ann. VII mens. II d. I. Fuit temporibus Traiani, a consu-
latu Palmae et Tulli [109] usque Heliano et Vetere [116].
Xystus ann. X mens. III d. XXI. Fuit temporibus Adriani, a con-
sulatu Nigri et Aproniani [117] usque Vero III et Ambi-
bulo [126].
Telesphorus ann. XI mens. III d. III. Fuit temporibus Antonini et
Marci, a consulatu Titiani et Gallicani [127] usque Caesare et
Balbino [137].
Hyginus ann. XII mens. III d. VI. Fuit temporibus Veri et Marci, a
consulatu Nigri et Camerini [138] usque Orfito et Prisco [149].
Anicetus ann. IIII ' Fuit temporibus Veri et Marci, a
consulatu Gallicani et Veteris [150] usque Praesente et Ru-
fino [153].
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1. Chiffre déduit des dates consulaires,
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TEXTE PHILOCALIEN. EMPRUNTS DU LIBER PONTIFICALIS.
Pius ann. XX m. MI d. XXI. Fuit temporibus Anto- Fuit temporibus Antonini Pii a
nini Pii, a cons. Clari et Severi usque duobus Augustis. consulatu Clari et Severi Sub huius episcopatum
Sub huius episcopatu frater eius Ermes librum scripsit frater ipsius Hermis librum scripsit in quo mandatum
in quo mandatum continetur, quae ei precepit angélus, continet quod ei precepit angélus Domini cum venit ad
cum venit ad illum in habitu pastoris. 5 eum in habitu pastoris.
Soter ann. VIIII . . Fuit temporibus Severi a consu-
latu Rustici et Aquilini usque ad Getego et Claro.
m. III d. II. Fuit temporibus An- (Eleutherius). Fuit temporibus Antonini et Com-
tonini et Comodi a cons. Veri et Hereniani usque Pa- modi usque ad Paterno et Bradua.
terno et Bradua. io
Victor ann. VIIII m. II d. X. Fuit temporibus. .... Fuit temporibus Cesaris a con-
sulatu Commodi II et Glabrione usque ad Laterano et
Bufino.
Antonini, a cons. Satur- (Zephyrinus). Fuit temporibus Antonini et Se-
nini et Galli usque Présente et Extricato. 15 veri a consulatu Saturnini et Gallicani usque ad Prae-
sentem et Stricato cons.
Callistus ann. V m. II d. X. Fuit temporibus Macrini Fuit temporibus Macrini etTheo-
et Eliogabali, a cons. Antonini et Adventi usque Anto- doliobolli, a consulatu Antonini et Alexandri.
nino III et Alexandro.
Urbanus ann. VIII mens. XI d. XII. Fuit temporibus 20
Alexandri , a cons. Maximi et Eliani usque Agricola et
Clementino.
Pontianus ann. V m. II d. VII. Fuit temporibus Fuit temporibus Alexandri a con-
Alexandri, a cons. Pompeianiet Peligniani. Eo tempore sulatu Pompeiani et Peliniani. Eodem tempore Pon-
Pontianus episcopus et Yppolitus presbyter exoles 23 tianus episcopus et Yppolitu? presbiter exilio sunt de-
sunt deportati in Sardinia in insula nociva Severo et portati... in Sardinia insula bucina, Severo et Quintiano
Quintiano cons. In eadem insula discinctus est IIII kl. cons. In eadem insula... defunctus estlllkal. novemb.
Q.
octobr., etloco eius ordinatus estAntheros XI kl. dec, et in eius locum ordinatus est Antheros XI kal. dec.
cons. ss.
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Antheros m. uno dies X. Dormit III non. ian., Ma- 30 Temporibus Maximini et Africani
ximo et Africano cons. cons.
Fabius ann. XIIII m. I d. X. Fuit temporibus Maxi- Fuit temporibus Maximi et
mini et Gordiani et Filippi a cons. Maximini et Afri- Africani usque ad Decio II et Quadrato, et passus est XIIII
cani usque Decio II et Grato. Passus XII kl. feb. Hic re- kal. febr. Hic regiones dividit diaconibus et multas
giones divisit diaconibus et multas fabricas per cimite- 35 fabricas per cymiteria fieri praecepit. Et post passionem
ria fieri iussit. Post passionem eius Moyses et Maximus eius Moyses et Maximus presbyteri conprehensi sunt et
presbyteri et Nicostratus diaconus comprehensi sunt et in carcerem missi sunt. Eodem tempore supervenit No-
in carcerem sunt missi. Eodem tempore supervenit No- vatus ex Africa et separavit de ecclesia Novatianum et
vatus ex Africa et separavit de ecclesia Novatianum et quosdam confessores postquam Moyses in carcere de-
quosdam confessores postquam Moyses in carcere de- 40 functus est qui fuit ibi menses XI.
functus est, qui fuit ibi m. XI d. XI.
Cornélius ann. II m. III d. X a consul. Decio IIII et
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4 mandatur contineturque quod ei Z — M Calixtus V — 3 frater ipsius om. P — il Gravione KP — 26 deputati FK
25 Nepotianus Z — 26 uoeina V — 27 Quintino V — 30 Maxi-
miani V — 35 laconibus Z — 38 sunt om. Z — eodem] et V
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RESTITUTION.
Pius ann. XX mens. IIII d. XXI. Fuit temporibus Antonini Pii, a
consulatu Clari et Severi [146] usque duobus Àugustis [161].
Sub huius episcopatu frater eius Hermès libTum scripsit in
quo mandatum continetur quod ei praecepit angélus cum ve-
nit ad illum in habitu pastoris.
Soter ann. VIIII. Fuit temporibus Veri, a consulatu
Rustici et Aquilini [162] usque Getego et Claro [170].
Eleutherius ann. XV 4 mens. III d. II. Fuit temporibus Antonini et
Commodi, a consulatu Severi et Herenniani [171] usque Ma-
terno et Bradua [185].
Victor ann. VIIII mens. II d. X. Fuit temporibus , a consulatu
Commodi V et Glabrionis [186] usque Laterano et Ru-
fino [197].
Zephyrinus ann. XX V Fuit temporibus Severi et Anto-
nini, a consulatu Saturnini et Galli [198] usque Praesente et
Extricato cons. [217]
Callistus ann. V mens. II d. X. Fuit temporibus Macrini et Helioga-
bali, a consulatu Antonini et Adventi [218] usque Antonino ////
et Alexandro [222].
Urbanus ann. VIII mens. XI d. XII. Fuit temporibus Alexandri, a
consulatu Maximi et Eliani [223] usque Agricola et Clemen-
tino [230].
Pontianus ann. V mens. -II d. VII. Fuit temporibus Alexandri, a con-
sulatu Pompeiani et Peligniani [231]. Eo tempore Pontianus
episcopus et Yppolitus presbyter exules sunt deportati in Sar-
dinia in insula nociva Severo et Quintiano cons. [235]. In
eadem insula discinctus est IIII kl. octobr. et loco eius ordina-
Q.
tus est Antheros XI kl. dec, cons. ss.
Antheros mens. I d. X. Dormit III non. ian. , Maximino et Africano
cons. [236]
Fabianus ann. XIIII m. I d. X. Fuit temporibus Maximini et Gor-
diani et Filippi, a cons. Maximini et Africani [236] usque De-
cio II et Grato [250]. Passus XIII 3 kl. feb. Hic regiones divisit
diaconibus et multas fabricas per cymiteria fieri iussit.
Post passionem eius Moyses et Maximus presbyteri et Nicos-
tratus diaconus conprehensi sunt et in carcerem sunt missi.
Eodem tempore supervenit Novatus ex Africa et separavit de
ecclesia Novatianum et quosdam confessores postquam Moyses
in carcere defunctus est, qui fuit ibi m. XI d. XI.
Cornélius ann. II mens. III d. X, a consulatu Decio /// et De-
i. Chiffre déduit des dates consulaires.
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3. XIII d'après la depositio martyrum et les autres documents liturgiques. Cette
leçon est intermédiaire entre celle des manuscrits philocaliens et celle du Liber pon-
tificalis.
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TEXTE PHILOCALIEN.
Decio II usque Gallo et Volusiano. Sub episcopatu eius
Novatus extra ecclesiam ordinavit Novatianum in urbe
Roma et Nicostratum in Africa. Hoc facto confessores
qui se sépara verunt a Cornelio cum Maximo presbytero,
qui cum Moysefuit, ad ecclesiam sunt reversi. Post hoc 5
Gentumcelis expulsi, ibi cum gloria dormicionem acce-
pit.
Lucius ann. III m. VIII d. X. Fuit temporibus Galli et
Volusiani, usque Valeriano III et Gallieno II. Hic exul fuit
et postea nutu Dei incolumis ad ecclesiam reversus est 10
III non. mar., cons. ss.
Steffanus ann. IIII m. II d. XXI. Fuit temporibus Va-
leriani et Gallieni, a cons. Volusiani et Maximi usque
Valeriano III et Gallieno IL
Xystusann. II m. XI d. VI. Coepit a cons. Maximi et 15
Glabrionis usque Tusco et Basso , et passus est VIII id.
aug a cons. Tusci et Bassi usque in diem XII kl.
aug., Aemiliano et Basso cons.
Dionisius ann. VIII m. II d. IIII. Fu't temporibus 20
Gallieni, ex die XI kl. aug., Aemiliano et Basso cons.,
usque in diem VII kl. ian., cons. Claudi et Paterni.
Félix ann. V m. XI d. XXV. Fuit temporibus Claudi
et Aureliani, a cons. Claudi et Paterni usque ad consu-
latum Aureliano II et Capitolino. 25
Eutychianus ann. VIII m. XI d. III. Fuit temporibus
Aureliani, a cons. Aureliano III et Marcellino usque in
diem VII idus dec, Caro II et Carino cons.
Gaius ann. XII m. IIII d. VIL Fuit temporibus Cari
et Carini, ex die XVI kal. ian., cons. Carino II et Carino, 30
usque in X kl. mai., Diocletiano VI et Constantio IL
Marcellinus ann. VIII m. III d. XXV. Fuit temporibus
Diocletiani et Maximiani, ex die prid. kl. iulias, a cons.
Diocletiano VI et Constantio II usque in cons. Diocle-
tiano VIIII et Maximiano VIII, quo tempore fuit perse- 35
cutio et cessavit episcopatus ann. VII m. VI d. XXV.
Marcellus annum unum m. VI d. XX. Fuit temporibus
Maxenti, a cons. X et Maximiano usque post consulatum
X et septimum.
EMPRUNTS DU LIBER PONTIFICALIS.
Sub huius episcopatu Nova-
tus Novatianum extra ecclesiam ordinavit et Africa
Nicostratum. Hoc factum confessores qui se a Cornelio
separaverunt cum Maximo presbytero, qui cum Moysen
fuit, ad ecclesiam sunt reversi Post hoc Centum-
cellis pulsus est.
Fuit temporibus Galli et Vo-
lusiani, usque ad Valeriano III et Gallicano. Hic exilio
fuit; postea nutu Dei incolumis ad ecclesiam... re-
versus est.... [capite truncatus est] III non. mart.
Fuit temporibus Valeriani et
Gallicani,... et Maximi usque ad Valeriano III et Gal-
licano IL
[Fuit temporibus Valeriani
et Decii... capite truncatus est sub die] VIII id. aug. Et
presbiteri praefuerunt a consulatu Maximo et Gra-
vione II usque Tusco et Basso, a consulatu Tusci et Bassi
usque XIII kal. aug.
Fuit temporibus Gallieni, ex
die XI kal. aug., Emiliano et Basso cons., usque in die -
VII kal. ianuar., a consulatu Claudii et Paterni.
Fuit temporibus Claudii et
Aureliani, a consulatu Claudii et Paterni usque ad cons.
Aureliani III et Capitulini.
Fuit temporibus Aureliani, a
consulatu Aureliano III et Marcellino usque in die idus
decemb., Caro II et Carino cons.
Fuit temporibus Carini, a
die XVI kal. ian., a consulatu Caro II et Carino usque in
die X kal. mai., Diocletiano VI et Constantio IL
Fuit temporibus Diocletiani
et Maximiani, ex die kal. iul., a consulatu Diocletiano VI
et Constantio II usque Diocletiano VIIII et Maximiano
VIII, quo tempore fuit persecutio.... et cessavit epis-
copatus ann. VII m. VI d. XXV.
Fuit temporibus Maxenti,
a consulatu Maxentio IIII et Maximo usque post consu-
latum...
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9 et Gallieno II] eclarum V — 13 Maximini Z — 15 Sixtus Z
— 22 consulibus Claudio et Paterno Z — 24-25 usque in con-
sulatum Aureliani II et Capitolini Z — 26 Eutitiauus V —
27 Aureliani III et Marcellini Z — 28 IIII idus V — 30 VII kal.
Z — 33 Maximi V — 35 Diocletiani... Maximiani Z — 36 epis-
copatum V — 37 Marcellus <imperavit> V
25 III om. FP — 31 Diocletiano IIII P — 35 et] ab eodem P
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CATALOGUE LIBÉRIEN
RESTITUTION.
cio II [251] usque Gallo et Volusiano [252]. Sub episcopatu
eius Novatus extra ecclesiam ordinavit Novatianum in urbe
Roma et Nicostratum in Africa. Hoc facto confessores qui se
separaverimt a Cornelio cum Maximo presbytero, qui cum
Moyse fuit, ad ecclesiam sunt reversi. Post hoc Centumcellis
expulsus, ibi cum gloria dormitionem accepit.
Lucius ann. III mens. VIII d. X. Fuit temporibus Galli et Volusiani,
<a f consulatu Galli et Volusiani [252]> usque Valeriano III et
Gallieno II [255]. Hic exul fuit et postea nutu Dei incolumis
ad ecclesiam reversus est. <Dormit 2 > III non. mart. cons. ss.
Stephanus ann. IIII mens. II d. XXI. Fuit temporibus Valeriani et
Gallieni, a consulatu Volusiani II et Maximi [253] usque Vale-
riano III et Gallieno II [255].
Xystus ann. II mens. XI d. VI. Coepit a consulatu Maximi et Gla-
brionis [256] usque Tusco et Basso [258] , et passus est VIII
id. aug.
El presbyteri praefuerunt a consulatu Tusci et Bassi [258]
usque in diem XII kl. aug., Aemiliano et Basso cons [259].
Dionysius ann. VIII mens. II d. IIII. Fuit temporibus Gallieni, ex
die XI kl., aug., Aemiliano et Basso cons. [259], usque in
diem VII kl. ian., consulatu Glaudii et Paterni [269].
Félix ann. V mens. XI d. XXV. Fuit temporibus Glaudii et Aure-
liani, a consulatu Claudii et Paterni [269] usque ad consu-
latum Aureliani II et Capitolini [274],
Eutychianus ann. VIII mens. XI d. III. Fuit temporibus Aureliani, a
consulatu Aureliano III et Marcellino [275] usque in diem VII
id. decemb., Garo II et Carino cons. [283].
Gaius ann. XII mens. IIII d. VII. Fuit temporibus Cari et Carini, ex
die XVI kl. ian., cons. Caro II et Carino [283] usque in Xkl.
mai., Diocletiano VI et Constantio II [296].
Marcellinus ann. VIII mens. III d. XXV. Fuit temporibus Diocletiani
et Maximiani, ex die prid. kl. iul., a cons Diocletiano VI et
Constantio II [296] usque in cons. Diocletiano VHII et Maxi-
miano VIII [304] , quo tempore fuit persecutio et cessavit epis-
copatus ann. VII m. VI d. XXV.
Marcellus ann. I mens. VI d. XX. Fuit temporibus Maxenti, a cons. X
et Maximiano [308] usque post consulatum X et septimum
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[309].
1. Je rétablis les mots a consulatu Galli et Volusiani, disparus sans doute par
suite d'un bourdon.
2. Dormit suppléé par M. Mommsen.
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TEXTE PHILOCALIEN. EMPRUNTS DU LIBER PONTIFICALIS.
Eusebius m. IIII d. XVI, a XIIII kl. maias usque in
diem XVI kl. sept.
Miltiades ann. III m. VI d. VIII, ex die VI nonas iu- Ex die non. iul. a consu-
lias, a consulatu Maximiano VIII solo, quod fuit mense latu Maximini VIIII usque ad Maxentio II, qui fuit
sep. Volusiano et Rufino, usque in III id. ianuarias, Vo- s mense septembri Volusiano et Rufino cons.
lusiano et Anniano cons.
Silvester ann. XXI m. XI. Fuit temporibus Constan- Fuit temporibus Constan-
tini, a consulatu Volusiani et Anniani, ex die prid. kl. tini et Volusiani, ex die kal. febr. usque in die kal.
feb., usque in diem kl. ian., Constancio et Albino coss. ian., Constan tio et Volusiano cons.
Marcus mens. VIII dies XX. Et hic fuit temporibus 10 Fuit temporibus Constan-
Constantini, Nepotiano et Facundo coss., ex die XV kl. tini et Nepotiani et Facundo cons., ex die kal. feb. usque
feb. usque in diem non. octob., coss. ss. in die kal. octob.
Iulius ann. XV m. I d. XI. Fuit temporibus Constan- Fuit temporibus Constan-
tini, a consulatu Feliciani et Titiani, ex die VIII id. feb. tini, a consulatu Feliciani et Maximini Fecitbasili-
in diem pridie idus apr., Constancio V et Constancio iî> cas II,unain urbem Romam iuxta forum et altéra trans
Caes. Hic multas fabricas fecit : basilicam in via Portese Tiberim et cymiteria III, unum via Flamminea, alium
miliario III, basilicam in via Flaminia mil. II, quae ap- via Aurélia et alium via Portuense.
pellatur Valentini, basilicam Iuliam quae est regione
VII iuxta forum divi Traiani, basilicam trans Tiberim re-
gione XIIII iuxta Calistum, basilicam in via Aurélia 20
mil. III ad Callistum.
Liberius Fuit temporibus Constan ti, Fuit temporibus Cons-
ex die XI kal. iun. in diem a consulatu tantii usque ad Constantio aug. III.
Constan tio V et Constantio Caes. coss.
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3 d. IX Z — 4 Maximini.'ino Mommsen, errore, ut videtur, typo- 4 Maxentio VIIII usque ad Maximo II P — 14 Fecundo FK
thetac — 10 VIII mens. V — 11 kl. om. V — 17 miliaria V — _ ii Constantini <tilii Constantini heretici> P — a consu-
III om. V — 19 Vll-Tiberim om. V — 20 Calixtum V — 21 Ca- latu] et FK— 23 Constantini <filii Constantini> P
llistinu V — 22 Tiberius V — vacaum spatium rclinqucre omisit
Z — temporibus <constati a cons. > V — 23 cal. Mummsen —
consulatu] consulibus Z — 24 Constacio V
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RESTITUTION
Eusebius mens. ÏIII d. XVI, a XIIII kl. mai. usque in diem XVI kl.
sept.
Miltiades ann. III mens. VI d. VIII, ex die VI non. iul., a cons. Maxi-
miano VIII solo 1 , quod fuit merise septembri Volusiano et Rufino
[311], usque in III id. ian., Volusiano et Anniano cons. [314]
Silvester ann. XXI mens. XI. Fuit temporibus Constantini, a cons.
Volusiani et Anniani [314] ex die prid. kl. feb. usque in diem
prid*. kl. ian. Constantio et Albino cons. [335]
Marcus mens. VIII d. XX. Et hic fuit temporibus Constantini, Nepo-
tiano et Facundo cons. [336], ex die XV kl. feb. usque in diem
non. octob., cons. ss.
Iulius ann. XV mens. I d. XI. Fuit temporibus Constantini, a cons.
Feliciani et Titiani [337], ex die VIII id. feb. in diem prid. id.
apr., Constantio V et Constantio Caes. [352]. Hicmultas fabri-
cas fecit : basilicam. in via Portuense miliario III, basilicam
in via Flaminia, rail. II, quae appellatur Valentini, basilicam Iu-
liam quae est regione VII iuxta forum divi Traiani, basilicam
trans Tiberim, regione XIIII iuxta Callistum, basilicam in via
Aurélia, mil. III, ad Callistum.
Liberius. Fuit temporibus Constantii, ex
die XI kl. iun. in diem ,a consulatu Constantio V et
Constantio Caes. cons. [352]
1. Fastes consulaires : Maximiano VIII solo; table des préfets : consules quos
iusserint d. d. n. n. Aug. Ex mense septembri factum est Rufino et Eusebio. //
faudrait lire Volusiano et Eusebio.
2. Suppléé d'après la date consulaire suivante et la depositio episcoporum.
Liber pontificalis.
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CALENDRIERS ROMAINS DU IV SIÈCLE
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DEP0SITI0 EPISGOPORUM
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VI kal. ianuarias Dionisi, in Calisti.
III kal. ianuar. Felicis, in Calisti.
prid. kal. ianuar. Silvestri, in Priscillae.
IIII idus ianuarias Miltiadis, in Calisti.
XVIII kal. Feb. Marcellini \ in Priscillae.
III non. mar: Luci, in Calisti.
X kal. mai. Gai, in Calisti.
IIII non. augustas Steffani, in Calisti.
VI kal. octob. Eusebii, in Calisti.
VI id. decemb. Eutichiani, in Calisti.
non. octob. Marci, in Balbinae.
prid. idus apr. Iuli, in via Aurélia, miliario III, in Calisti.
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i Dionysii Z — Callisti Z semper — 4 Miltiades Z — 6 Lucii Z — Calisto V
— 7 Caii Z — Calisto V — 8 Stepbani Z — iO Eutychiani Z — 10, i \ Marcum
Eutychianb praeponit Z — i2 milario V
1. Martyrologe hiéronymien : XVII Kal. feb. Romae, via Salaria, in cymiterio
Priscillae, depositio Mareelli episcopi.
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CALENDRIERS ROMAINS DU IV e SIÈCLE ' ; il
ITEM DEPOSITIO MARTY.RUM.
VIII kal. ianu. natus Christus in Betleem Iudeae.
Mense Ianuario,
XIII kal. feb. Fabiani in Calisti et Sebastiani in Catacumbas.
XII kal. feb. Agnetis in Nomentana.
5 Mense Februario,
VIII kal. mart. natale Pétri de catedra.
Mense Martio,
non. mart. Perpetuae et Felicitatis, Africae.
Mense Maio,
\o XIIII kal. iun. ParthenietCaloceri in Calisti, Diocletiano VIIII
et Maximiano VIII cons. [304]
Mense Iunio,
III kal. iul '. Pétri in Catacumbas et Pauli Ostense, Tusco
et Basso cons. [258]
15 Mense Iulio,
VI id. Felicis et Filippi in Priscillae ; et in Iordano-
rum, Martialis, Vitalis, Alexandri ; et in Ma-
ximi, Silani ; hune Silanum martirem No-
vati furati sunt ; et n Praetextati, Ianuari.
20 III kal. aug. Abdos et Sennes in Pontiani, quod est ad
Ursum piliatum.
Mense Augusto,
VIII id. aug. Xysti in Calisti; et in Praetextati, Àgapiti et
Felicissimi.
25 VI id. aug. Secundi, Carpophori, Victorini et Severiani
Albano; et 2 Ostense VII ballistaria, Cyriaci,
Largi, Crescentiani, Memmiae, Iulianae et
Smaragdi.
III id. aug. Laurenti in Tiburtina.
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i Iudae Z — 7 ianuario V — 10 Parthini Z — i i cons. om. V — 12 mense
Iunio om. V — 13 0stiense Z — 16 Philippi Z — 18Maximis V — 19Pretexta-
tae V — 20 Semnes V — Pontiam V — 21 pilatum Z — 22 Augusti Z —
23 Systi Z — in om. Z — 25 Carpoferi V — 26 Ostiense septimo Z — 27-28
Iulianecis et ixmaraedi V
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i. Mart. hiéronytnien : III kl. iul. Romae, via Aurélia, natale apostolorum
Pétri et Pauli : Pétri in Vaticano, Pauli vero in via Ostensi, utrumque in Cata-
cumbas ; passi sub Nerone, Basso et Tusco consulibus.
2. Mart. hiéronymien: ... et in via Salaria Ostensi Cyriaci, Largi... M. de Rossi
(Bull. 1869, p. 69) restitue conjecturalement : Ostense VII a Salaria.
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12 CALENDRIERS ROMAINS DU IV e SIÈCLE.
id. aug. Ypoliti in Tiburtina et Pontiani in Calisti.
XI kal. sept. Timotei, Ostense.
V kal. sept. Hermetis in Bassillae, Salaria vetere.
Mense Septembre,
s non. sept. Aconti in Porto, et Nonni et Hercuïani et Tau-
rini.
V id. sept. Gorgoni in Labicana.
III id. sept. Proti et Iacincti in Bassillae.
XVIII kal. octob. Cypriani Africae. Romae celebratur in Ca-
10 listi 1 .
X kal. octob. Bassillae, Salaria vetere, Diocletiano VIIII et
Maximiano VIII cons. [304]
Mense Octobre,
prid. id. octob. Calisti in via Aurélia, miliario III.
iô Mense Novembre,
V id. nov. Clementis 2 , Semproniani, Claudi, Nicostrati
in comitatum.
III kl. dec. Saturnini in Trasonis.
Mense Décembre,
20 id. dec. . Ariston in Portum.
i Hippolyti Z — 2 Ostiense Z — 3 sept. om. Z — Basillae V etdeinccps. —
4 septcmbri Z — 5 Nonni Nonni V — 7 sept. om. Z — Lavicana V — 8 sept.
om. Z — Hyacinthi Z — 9 celebratis CoU. Pcïrcscianu$ n teste Millin, Annales
encyclopédiques, t. III, 1817, p. 227 — U octobre om. Z — 16 nov. om. 2 —
Claui V — 20 dec. om. Z — pontum V
.
1. JUart. hiéronymien ; Romae, via Appia, in cymiterio Calisti, Corneli epis-
copi...et in Africa, civitato Carthagine, natale sancli Cypriani episcopi.
2. Les trois noms qui suivent Clementis apparlieyinent au groupe des Quatre Cou-
ronnés [De liossi, Bull. 1879,/). 43 etsuiv.). Quant au nom Clementis que rien ne rat-
tache aux autres, il pourrait bien être celui du pape Clément, marqué au 23 no-
vembre dans tous les martyrologes, depuis le martyrologe hiéronymien, et dans tous
les livres liturgiques romains, depuis le sacramentaire léonien.
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II
CATALOGUES PONTIFICAUX
DU V e AU VII e SIÈCLE
Ces catalogues, ainsi qu'il a été expliqué dans l'Introduction, p. xiv-xxiv, dérivent tous d'un texte latin cons-
titué à Rome, vers le milieu du cinquième siècle. On trouvera, soit en tête de chacun d'eux, soit dans l'Intro-
duction (1. c), les indications relatives aux manuscrits d'où ils sont tirés et aux éditions qui en ont été faites.
Autant que cela m'a étô possible, c'est-à-dire pour les catalogues I, II, III, VII, VIII, IX, j'ai collationné ou fait
collationner l'épreuve sur les manuscrits. L'orthographe originale et même les abréviations ont été scrupuleu-
sement conservées.
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14
CATALOGUES PONTIFICAUX DU V e AU VIP SIÈCLE
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CATALOGUE DU MANUSCRIT D'ARRAS
Inédit : conservé dans le ms. 644 (572, E 68) de la bibliothèque municipale d'Arras, où il est venu de l'abbaye de Saint-
Waast. Ce manuscrit, du ix e siècle, contient la collection canonique dite de Quesnel. Le catalogue figure sur les deux premiers
feuillets écrits (f. 2 et 3) ; sur le verso du f. 3 commence la collection canonique. Je le publie d'après une copie que m'a obli-
geamment envoyée M. Loriquet, archiviste du Pas-de-Calais.
po 2 r°
Brebfe] nominum episcoporum
urbis Rome qui fuerunt
a sancto Petro, quis quantum sedit.
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Cornélius
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Xystus
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VIP SIÈCLE
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Eutychianus
Gaius
Marcellus
Eusebius
Melciades
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Marcus
Iulius
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Félix
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Siricus
Anastasius
Innocencius
Zosimus
Bonifatius
Caelestinus
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Simplicius
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Gelasius
Anastasius
Simmachus
Ormisda
Iohannis
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Mercurius
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Pelagius
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Benedictus
Pelagius
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16
CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VII e SIËCLE
II
CATALOGUE DU MANUSCRIT DE CORBIE
D'après le ms. Parisinus 12007 (S. Germ. U3G, Corb. 26), liber canonum, qui provient de l'abbaye de Corbie (Introd. p. xiv). Il
a élé publié d'abord par Mabillon (Votera Analecta, t. 111, p. 42C; éd. in-f°, p. 218); ou le trouve répété dans l'Anastasc de
Bianchini, t. II, p. xx, dans les Origines de l'Eglise Romaine, par les bénédictins de Solcsmcs, Paris, 1836, p. ni, et dans le Thenl.
Quartalsrhrift de Tubingue, 1871, p. '283 (Fr. X. Kraus).
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sed. ans.
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d.
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sed. ans.
XVIII
mens.
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sed. ans.
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sed. ans.
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Eleutherius
sed. ans.
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sed. ans.
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sed. ans.
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VIP SIÈCLE
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Athelacius
Anasthasius
Symmacus
Hormisda
Iohannis 7
Félix
Bonefatius
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A g a pi tus
Silverius
Vigilius
Notes. — 1. La première lettre a la forme d'un a ouvert par le haut et dont les deux parties seraient séparées, celle de droite étant
un peu plus bas que l'autre. C'est peut-être un w, ou un g, ou un a ; à coup sûr ce n'est pas un z.
2. La première page du manuscrit a été repassée à l'encre, sauf le titre. Vers le bas, l'écriture était tellement effacée à la fin des
lignes que le repasseur, n'ayant pas pu lire, a cru devoir s'abstenir; c'est ce qui fait que les jours ne sont pas marqués dans l'édition
do Manillon, depuis Cornélius jusqu'à Silvestre. Cependant, en regardant de près, on peut apercevoir quelque chose; j'ai noté ce que
j'ai vu, avec des signes de doute quand il y avait lieu.
3. Les points qui suivent sont certainement de première main.
4. d. XVIIII, seconde main.
5. Peut-être XXI ; l'I semble avoir été effacé.
6. Cette ligne a été suppléée de seconde main.
7. Tout ce qui suit est de seconde main, de la même qui a suppléé Hilaire.
8. Cette note est d'une troisième écriture, postérieure aux deux autres, du ix e siècle environ.
Liber pontificalts. 3
sed. ans.
II
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mens.
II
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XXI
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III
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VI
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XVII
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VU» SIÈCLE
III
CATALOGUE DU MANUSCRIT DE CHIETI
Inédit; cod. Vatic. reg. 1997, du vm e siècle, en écriture lombarde, exécuté pour Ingilram, évoque de Chieti, par un
prêtre appelé Sicipertus. Ce manuscrit contient une collection canonique du vi siècle ([ntrod. p. xv.)» Je publie le catalogue
d'après une copie que m'avait envoyée H. Elie Berger et que j'ai pu collationner moi-même au Vatican. Il commence sur le
verso du î° 121, où il tient toute la largeur de la page ; sur le f° 122, il est réparti en deux colonnes.
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sed. an.
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V e AU VU* SIÈCLE
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sed. ann.
I
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sed.
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VI
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XXXI
Melchiadis
sed. ann.
I III
XXXII
Silyester
sed. ann.
XXIII
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Marcus
sed. ann.
II
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XX
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Iulius
sed. ann.
XV
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Liberius
sed. ann.
VI
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sed. ann.
XXXVII
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XVIII
m.
III
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XI
XXXVIII
Syricius
sed. ann.
XV
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XXI
XXXVIIII
Anastasius
sed. ann.
III
XL
Innocentius
sed. ann.
XV
m.
II
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XXII
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Zosimus
sed. ann.
VII
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VIIII
d.
XVIIII
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Bonifatius
sed. ann.
III
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VIII
d.
VIII
XLIII
Celestinus
sed. ann.
VIIII
m.
X
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XVIIII
XLIIII
Syxtus
sed. ann.
VIII
d.
XVIIII
XLV
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sed. ann.
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Hylarus
sed. ann.
VI
m.
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XLVII
Simplicius
sed. ann.
XV
d.
VII
XLVI II
Félix
sed. ann.
VIII
m.
XI
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XVII
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Gelasius
sed. ann.
nu
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VIII
d.
XVIII
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Anastasius
sed. ann.
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XI
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XXIIII
LI
Symmachus
sed. ann.
XV
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VII
d.
XXVIII
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Hormisda
Expl. Amen.
sed. ann.
VIIII
d.
XVIII
Note. — i. Damassus cod., mais avec un point sur le premier s, de première main.
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VII» SIÈCLE
IV
CATALOGUE DU MANUSCRIT DE REIMS
Inédit. Le manuscrit qui le contient est un liber canonum qui provient très probablement do Saint-Rcmy de Reims (Inlrod.,
p. xv) : il se conserve maintenant à la bibliothèque de sir Th. Phillipps, à Cheltenham, n° 1743. J'en dois une copie à l'oLli-
geaucc de M. Samuel Berger. C'est cette copio que je publie, en tenant compte, depuis saint Pierre jusqu'à Xyslus III, des va-
riantes d'une autre copie exécutée par Pcitz pour les Monumenta Germaniae ; ce3 variantes sont données par M. Lipsius dans
sa Chronologie der rômischen Bisckôfe, KicI, 1869, p. 78 et 128-132. M. Lipsius, d'après Perlz, dislingue souvent entre une première
et une seconde main; M. Berger ne pense pas qu'il y ait lieu de faire cette différence. Tout en reproduisant sa lecture, je crois
devoir signaler en note celle de Pertz.
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ann.
XVIII
men.
d.
XI
XI
Anecetus
sed.
ann.
XI
men.
un
d.
III
XII
Suther
sed.
ann.
VIII
men.
II
d.
XXI
XIII
Eleutherius
sed.
ann.
XV
men.
III
d.
11
XIIII
Victur
sed.
ann.
XV
men.
III
d.
X
XV
Ciferlnus
sed.
ann.
XVII
men.
VI
d.
X
XVI
Calistus
sed.
ann.
V
men.
X
d.
X
XVII
Orbanus
sed.
ann.
VIII
men.
I
d.
II
XVIII
Poncianus
sed.
ann.
VII
men.
X
d.
XXII
XVIIII
Anterus
sed.
ann.
I
men.
I
d.
XVII
XX
Flavianus
sed.
ann.
XIIII
men.
II
d.
X
XXI
Cornilius
sed.
ann.
II
men.
III
d.
X
XXII
Lucius
sed.
ann.
un
men.
VII
d.
X
XXIII
Stevanus
sed.
ann.
VI
men.
V
d.
V
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Original from
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VII e SIÈCLE
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XXIIII
Sixtus
sed. ann.
I
men.
X
d.
XVII
XXV
Dionisius
sed. ann.
VIII
raen.
V
d.
IIII
XXVI
Felex
sed. ann.
IIII
men.
I
d.
XXV
XXVII
Euticianus
sed. ann.
I
men.
1
d.
II
XXVIII
Gagius
sed. ann.
XI
men.
mi
dies
XV
XXVIIII
Marcellus
sed. ann.
I
men.
mi
d.
XII
XXX
Eusebîus
sed. ann.
men.
VI
dies
III
XXXI
Melchîadis
sed. ann.
un
men.
XXXI I
Selvester
sed. ann.
XXIII
men.
X
dies
XI
XXXI II
Marus
sed. ann.
h
men.
d.
XX
XXXIIII
Iulius
sed. ann.
XV
men.
h
d.
VII
XXXV
Liberius
sed. ann.
VI
men.
mi
d.
VIIII
F 9 294 v°
XXXVI
Felex
sed. ann.
men.
XXXVII
Damassus
sed. ann.
XVIII
men.
ni
d.
XI
XXXVIII
Siricius
sed. ann.
XV
men.
i
•
XXXVI III
Anastasius
sed. ann.
III
men.
d.
XXI
XL
Innocentius
sed. ann.
XVII
men.
ii
d.
XXI
XLI
Zosimus
sed. ann.
VII
men.
VIII
d.
XVIIII
XLII
Bonefacius
sed. ann.
III
men.
VIII
d.
XVIIII
XLI II
Caelestinus
sed. ann.
VIIII
men.
XI
d.
XVIIII
XLIIII
Sixtus
sed. ann.
VIII
men.
d.
XX
XLV
Léo
sed. ann.
XXI
men.
I
d.
XIII
XLVI
Helarus
sed. ann.
VI
men.
III
d.
X
XLVII
Simplicius
sed. ann.
XV
men.
d.
VII
XLVIII
Felex
sed. ann.
VIII
men.
XI
d.
XVII
XLVI1II
Gelasius
sed. ann.
II
men.
VIII
d.
XVIIII
L
Anastasius
sed. ann.
I
men.
XI
d.
XXIIII
LI
Simmachus
sed. ann.
XV
men.
VII
d.
XXVIII
lu
Ormisda
sed. ann.
VIII
men.
lui
Iohannis
sed. ann.
men.
LIIII
Felex
sed. ann.
men.
Explnt nomina eporu qui in urbe Roma fuerunt.
Variantes de la copie de Pebtz. — Linus m. III Pertz — Clemens d. V avec doute, Berger — Evaristus a. VIIII Pertz — Alexander
ni. VII i* m. Pertz — Byginus a. II id. — Pius a. XVII id. — Anicetus m. III id. — Soter a. VIIII P. — Eleutherius m, II I e m. P. —
Victor a. X 2° m. P. — m. II i° m. P. — Zephyrinus a. XVI 2« m. P. — Urbanus a. VII 1° m. P. — Pontianus a. VI ... d. XXI id. —
Anteros d. XVI id, — Fabianus a. XIII m. I 2° m, P. — Cornélius m. II le m. P. — Lucius m. VI id. — Sixtus d. XVI id. — Diomjsius
a. VU ... d. III id. — Gaius m. III id. — Eusebîus d. II id. — Miltiades a. III id. — Silvester a. XXII id. — Liberius m. III d. VIII id.
— Damasus a. XVII id. — Innocentius a. XVI m. I id. — Zosimus a. VI P. — m. VII i» m. P. — Bonifatius a. II id. — Caelestinus a. VIII
P. — D'aprè3 Lipsius, 1. c, p. 78, le3 deux derniers papes auraient été ajoutés de seconde main. — Une retouche certaine est celle
qui consiste dans l'addition do notes marginales mentionnant la qualité de martyr ou de confesseur reconnue à certains papes : celle de
martyr à saint Pierre, Lin, Glet, Clément, Alexandre, Xystus I er , Victor, Galliste, Antéros, Fabien^ Cornélius, Lucius, Etienne,
Xystus II, Félix I", Eutychien, Gaius, Marcel, Miltiade, Anastase, aux noms desquels est joint le mot martyrizatus. Zéphyrin, Sil-
vestre, Marc, Jules, Damase ont l'épithète de confessor.
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VII» SIÈCLE
CATALOGUE DU MANUSCRIT DE LAON
Reproduit d'après Montfaucon, S. Aihanasii opp<, t. 1, part. I, p. xc ([ntrod., p. xv).
Incipiunt Romanorum nomina sacerdotum.
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Petrus apostolus
ann.
XXV
mensis
II
II
Iulius
ann.
XIII
mensis
VI
III
Cletus
ann.
XII
mensis
I
IIII
Clemens
ann.
VIIII
mensi
uno
V
Evarestus
ann.
VIIII
mensis
X
VI
Alexander
ann.
XII
mensis
VII
VII
Xistus
ann.
X
mensis
III
VIII
Talesphorus
ann.
XI
mensis
I
VIIII
Iginus
ann.
mi
mensis
III
X
Pius
ann.
XVIIII
XI
Niceta
ann.
XI
mensis
IIII
XII
Soter
ann.
VIII
mensis
II
XIII
Eleuterius
ann.
XV
mensis
III
XIIII
Victor
ann.
XV
mensis
IIII
XV
Zepherinus
ann.
XVIII
mensis
VI
XVI
Calistus
ann.
V
mensis
X
XVII
Urbanus
ann.
VIIII -
mensis
I
XVIII
Pontianus
ann.
VII
mensis
X
XVIIII
Anterus
mensis
II
XX
Fabianus
ann.
XIIII
mensis
IIII
XXI
Victor
ann.
XV
mensis
III
XXII
Cornélius
ann.
II
mensis
III
XXIII
Lucius
ann.
III
mensis
VII
XXIIII
Stefanus
ann.
XI
mensis
V
XXV
Xistus
ann.
VII
XXVI
Maximus
ann.
VIII
mensis
V
XXVII
Félix
ann.
un
mensis
II
xxvm
Euticianus
Dionysius
ann.
VIIII
mensis
VIIII
XXVI1II
Gaius
ann.
XI
mensis
IIII
XXX
Marcellinus
ann.
VIIII
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VII e SIÈCLE
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XXXI
Eusebius
XXXII
Militiades
ann.
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mensis
VU
XXXIII
Silvester
ann.
XXXIII
XXXIIII
Marcus
mensis
VIII
XXXV
Iulius
ann.
XVII
mensis
un
XXXVI
Liberius
ann.
VI
mensis
un
XXXVII
Damasus
ann.
XVIII
XXXVIII
Musonius
ann.
XXXVIIII
Siricius
ann.
XV
XL
Anastasius
ann.
III
mensis
I
XLI
Innocentais
ann.
XV
mensis
m
XLII
Zosimus
ann.
VII
mensis
VIIII
XLIII
Bonifacius
ann.
III
mensis
VIII
XLIIII
Caelestinus
ann.
VIIII
mensis
X
XLV
Xistus
ann.
III
XLVI
Léo
ann.
XXI
mensis
I
XLVII
Hilarius
ann.
VI
mensis
11
XLVIII
Simplicius
ann.
XV
XLVIIII
Félix
ann.
VIIII
L
Gelasius
ann.
un
mensis
VIII
LI
Anastasius
ann.
i
mensis
XI
lu
Simmachus
ann.
XV
mensis
VI
lui
Ormisdas
ann.
VIIII
LIIII
Iohannes
ann.
II
mensis
VIIII
LV
Félix
ann.
II
mensis
II
LVI
Bonifacius
ann.
II
LVII
Ioannes
ann.
II
mensis
un
LVI II
Agapius
ann.
I
LVIIII
Vigilius
mensis
XII
LX
Silverius
mensis
X
LXI
Vigilius
ann.
XVIII
mensis
III
LXII
Gelasius
ann.
nu
LXI II
Catellus qui et
lohannis
LXIIII
Benedictus
LXV
Pelagius usque praesens tempore Mauritii
imperat. Augusti
LXVI
Gregorius
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VII' SIÈCLE
VI
CATALOGUE DU MANUSCRIT DE COLOGNE
Cod. Colon. 212, du vi e siècle, pour cette partie (Introd. xv). Publié d'abord par Maasscn, Geschichte der Quellen des ca-
nonischen Rechts, t. 1, Gratz, 4871, p. 958, puis par JaiTé et Waltenbach, Ecclcsiae Colonicnsis codd. mss., Berlin, 1874, p. 165;
reproduit d'après ces deux éditions.
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Incp nomina scoru
beati Pétri
episcoporum qui
sede
sedere meruerunt
Dom.
Petrus
sedit annus XXV
mensis
duos
dies
très
Dom.
Linus
sed. ann.
XI
mens.
III
dies
XII
Dom.
Aniclytus
sed. ann.
XXII
mens.
I
dies
VIII
isti vivente dom. Petro sederunt
Dom.
Clemens
sed. ann.
VIIII
mens.
II
dies
X
Dom.
Evaristus
sed. ann.
VIIII
mens.
X
dies
II
Dom.
Alexander
sed. ann.
X
mens.
VII
dies
II
Dom.
Sixtus
sed. ann.
X
mens.
V
dies
I
Dom.
Telisforus
sed. ann.
XI
mens.
III
dies
XXI
Dom.
Ingenuos
sed. ann.
mi
mens.
III
dies
un
Dom.
Pius
sed. ann.
xvini
mens.
un
dies
XI
Dom.
Anicetus
sed. ann.
XI
mens.
un
dies
ni
Dom.
Sother
sed. ann.
VIII
mens.
VI
dies
XXI
Dom.
Eleuterius
sed. ann.
XV
mens.
ni
dies
II
Dom.
Victor
sed. ann.-
X
mens.
ii
dies
X
Dom.
Zyferinus
sed. ann.
VIII
mens.
vu
dies
XV
Dom.
Callistus
sed. ann.
V
mens.
ni
dies
X
Dom.
Urbanus
sed. ann.
VIIII
mens.
X
dies
XII
Dom.
Pontianus
sed. ann.
VIIII
mens.
V
dies
XII
Dom.
Antherus
sed. ann.
X
mens.
i
dies
XII
Dom.
Fabianus
sed. ann.
XIIII
mens.
ii
dies
X
Dom.
Gomilius
sed. ann.
II
mens.
m
dies
X
Dom.
Lucius
sed. ann.
VIIII
mens.
ni
dies
X
Dom.
Stefanus
sed. ann.
VI
mens.
V
dies
V
. Dom.
Sixtus
sed. ann.
I
mens.
X
dies
XXVI
Dom.
Dionitius
sed. ann.
VIII
mens.
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU Vil SIÈCLE
. . ' Félix sed. ann. VII mens. I dies XXV
. . . Euticianus sed. ann. II II mens. I dies XI
. . . Gaius sed. ann. XI mens. II II dies XII
. . . Marcellus sed. ann. I mens. VI dies \\x
sebius sed. ann. I mens. VI dies III
tiadis sed. ann. II II
ter sed. ann. XXIII mens. X dies XI
sed. ann. XV mens. II dies XVII
sed. ann. VII mens. VI I dies VII
F» 169 r°
Dom. Liberius sed. ann. VI mens. IIII dies VIII
Dom. Félix sed. ann. I
Dom. Damasus sed. ann. XVIII mens. III dies VIII
Dom. Syricius sed. ann. XV
Dom. Anastasius sed. ann. III dies XXIIII
Dom. Innocentius sed. ann. XV mens. II dies XXI
Dom. Zosimus sed. ann. IIII mens. IIII dies XV
Dom. Bonefatius sed. ann. III mens. VIII dies XIII
Dom. Caelestinus' sed. ann. VIII I mens. X dies XVI
Dom. Syxtus sed. ann. VIII dies XVI
Dom. Léo sed. ann. VIII dies XVIII
Dom. Helarius sed. ann. VII mens. III dies X
Dom. Symplicius sed. ann. XV dies VII
Dom. Félix sed. ann. VIII mens. X dies XVII
Dom. Gelatius sed. ann. IIII mens. VIII dies XVIII
Dom. Anestatius sed. ann. I mens. XI dies XXIIII
Dom. Symmachus sed. ann. XV mens. VII dies XXVI
Dom. Hormisda sed. ann. VI III dies XIII
Dom. lohannis sed. ann. II mens. VIII dies V
Dom. Félix sed. ann. IIII mens. II dies XII
Dom. Bonefatius sed. ann. II mens. I dies XVI
Dom. Iohannes sed. ann. II mens. IIII dies VI
Dom. Agapitus sed. ann. mens. XI dies XVII I
Dom, Selverius * sed. ann. I mens. V dies XI
Dom. Vigilius sed. ann. XVII mens. VI dies XXVI
Dom. Peladius sed. ann. IIII mens. X dies XVIII
Dom. Iohannes sed. ann. XII mens. XI dies XXVI
Dom. Peladius sed. ann. X mens. II dies XI
Dom. Gregorius sed. ami. mens. dies
qui fiunt anni DCVIII.
1. Le bas du f° 168 étant coupé, il manque quelques lettres aux lignes suivantes.
2. Les six lignes soulignées sont de seconde main (va« s.); il en est de môme des chiffres d'Agapit.
25
Liber pontificalis.
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26
CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VII' SIÈCLE
VII
CATALOGUE DU MANUSCRIT D'ALBI
Inédit. Cod. Albigensis 2 (ïnfrod., p. xv).
archiviste du département du Tarn.
Publié d'après une copie dont je suis redevable à l'obligeance de M. Em. Jolibois,
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Beatus Petrus
sedit annos
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mens.
II
dies
III
Linus
sedit annos
XI
mens.
III
Anelitus
sed. ann.
XII
mens.
I
dies
VIIII
Glemens
sedit annos
VIIII
mens.
II
dies
X
Evvaristus
sedit ann.
VIIII
ms.
X
dies
II
Alexander
sed. ann.
X
ms.
VII
d.
II
Sixtus
sed. ann.
X
ms.
II
diem
I
Telespur
sed. ann.
XI
ms.
III
d.
XVI
Egenus
sed. ann.
un
ms.
III
d.
III
Pius
sedit ann. ]
KVIIII
ms.
lin
d.
III
Anecitus
sed. ann.
XI
ms.
III!
d.
III
Sother
sed. annos
VIIII
ms.
VI
d.
XXI
Eleutherius
sed. ann.
XV
ms.
III
d.
II
Victor
sed. ann.
X
ms.
II
d.
X
Zepherinus
sed. ann.
VIII
ms.
VII
d.
X
Galistus
sed. ann.
VI
ms.
II
d.
X
Urbanus
sed. ann.
un
ms.
X
d.
XII
Potentianus
sed. ann.
VIIII
ms.
V
d.
II
Anterus
sed. ann.
XII
ms.
I
d.
XII
Fabianus
sed- ann.
XIIII
ms.
d.
XI
Cornélius
sed. ann.
h
ms.
II
d.
III
Lucius
sed. ann.
m
ms.
I
d.
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Stefanus
sed. an.
VI
ms.
V
d.
II
it. Sixtus
sed. ann.
i
ms.
X
d.
XXIII
Dionitius
sedit ann.
VI
ms.
11
d.
I II i
Félix
sed. ann.
un
ms.
V
d.
XXV
Eutitianus
sed. an.
i
ms.
II
d.
I
Gaius
sed. ann.
XI
ms.
VI
d.
VII
Marcellus
sed. an.
VIIII
ms.
III
d.
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Eusebius
sed. an.
V
d.
III
Militiadis
sed. ann.
IIII
Silvester
sed. an.
XXIII
ms.
X
d.
XI
Murcus
sed. an.
II
Iulius
sed. an.
XV
ms.
II
Liberius
sed. an.
VI
ras.
III
d.
IIII
Félix
sed. an.
VIII
ras.
II
d.
Vî
Damasus
sed. ann.
VIII
ms.
III
d.
X
Siricus
sed. an.
XV
d.
XI
Anastasius
sed. an.
III
Innocentius
sed. an.
XV
ms.
II
d.
XXI
Zosimus
sed. an.
I
ms.
III
d.
XI
Bonifatius
sed. an.
III
ms.
VIII
d.
VI
Celestinus
sed. ann.
VIII
ms.
X
d.
XVII
it. Sixtus
sed. ann.
VIII
d.
XVIIII
Léo
sed. an.
XXI
ms.
d.
XIII
Hilarus
sed. an.
VI
ms.
III
d.
X
Simplitius
sed. annos
; XV
ms.
I
d.
III
Félix
sed. an.
VIII
ms.
XI
d.
XVIII
Gelatius
sed. an.
IIII
ms.
d.
XVIII
Anastasius
sed. an.
I
ms.
X
d.
XIII
Simachus
sed. ann.
XV
ms.
VII
d.
XXVII
Orraesda *
sed. an.
VIIII
d.
XVIII
Ioahnis
sed. ann.
II
ms.
I
d.
VI
Agapitus
sed. an.
V
ms.
d.
XVIII
Silagerius
sed. an.
I
ms.
III
d.
XII
Vigilius
sed. an.
II
d.
XXVI
Peladius
sed. an.
IIII
ms.
X
d.
XVIII
Ioahnis
sed. an.
XII
ms.
XI
d.
XXIII
Benedictus
sed. an.
un
ms.
I
d.
XXVIII
it. Peladius
sed. an.
X
ms.
II
d.
X
Gregorius
sed. an.
LXV
1. Après Hormisdas il manque trois papes, Jean I er , Félix IV et Boniface II.
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28
CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VII* SIÈCLE
VIII
CATALOGUE DE FRÉDÉGAIRE
Ce catalogue (Introd. p. xv) a déjà été publié par Dodwell {Opp. posth.'Pearsonii, Londres, 1688, p. 222), d'après un manus-
crit de la Bodléïenne (Mus. 94, olim 113), qui n'est pas, il est vrai, un manuscrit de Frédégaire (Neues Archiv, t. IV, p. 383; t. VII,
p. 133), et reproduit d'après Dodwell dans les Origines de l'Eglise romaine, p. ix. Je l'ai transcrit sur le manuscrit lat. 10910
de la Bibliothèque nationale, c'est-à-dire sur le manuscrit qui est considéré comme l'archétype commun à tous les manuscrits
connus de Frédégaire. Il est en onciale du vm e siècle (B. Krusch, Neues Archiv, t. VII, p. 250 et suiv.).
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V e AU VII e SIÈCLE
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V* AU VII- SIÈCLE
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2. Tout ce qui suit est de seconde main. Le continuateur parait avoir écrit en 788-189, 17 e année du pape Hadrien.
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V e AU VII' SIÈCLE
31
IX
SECOND CATALOGUE DE CORBIE
Déjà publié par Mabillon 1. c. (cf. Bianchini, 1. c; Origines de l'Eglise romaine, p. xn) : je le reproduis d'après le manuscrit
d'où il Ta tiré lui-môme, n° 12205 de la Bibliothèque nationale (Saint-Germ. 255, Corb. 630), en onciale du vm e siècle
(Introd., p. xv).
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VIP SIÈCLE
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V° AU Vil- SIÈCLE
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34
CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VII» SIÈCLE
X
CATALOGUE DU CHRONOGRAPHE DE 853.
D'après Mai, Script, vett. novacollectio, t. T, i re édition, 18215, part. I, p. 9-12 (Introd. p. xxi).
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V 6 AU VII SIÈCLE
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36 CATALOGUES PONTIFICAUX DU V 8 AU VII 8 SIÈCLE
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i. Cette note est destinée à éliminer Honorius, qui n'est pas ici à sa véritable place et reparaît plus loin, sous le numéro 72.
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VII e SIÈCLE
37
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XI
CATALOGUE DE NICÉPHORE
D'après l'édition de C. de Boor, Leipzig 1880, p. 121-123; cf. p. 280 (Introd., p. xxi).
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UHIVERSITYOF MICHIGAN
38
CATALOGUES PONTIFICAUX DU V° AU VII e SIÈCLE
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UHIVERSITYOF MICHIGAN
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU Vil SIÈCLE
39
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XII
CATALOGUE DE SYNCELLE ET THÉOPHANE
Ce catalogue n'existe pas à l'état isolé: il se déduit des dates auxquelles Syncelle et son continuateur Tliéophane (Corp.' scrip-
tomm hist. Bijzantinae, t. I, Bonn, 4827) enregistrent les avènements des papes (lntrod., p. xxi).
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III
an.
XV
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an.
IIII
an.
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XXVII
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an.
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an.
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an.
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an.
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XIII
1. L'avènement d'Hilaire n'est pas marqué; mais entre ceux de Léon et de Simplicius il y a l'espace de 27 ans, corespondant aux
deux pontificats de Léon (21 ans) et Hilaire (6 ans).
2. Même observation. Les 13 ans qui séparent les deux avènements de Pelage et de Benott correspondent à la somme des durées
dei deux pontificats de Pelage et de Jean '(5 et 8 ans), telle qu'elle est marquée dans le catalogue de Nicéphore.
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UHIVERSITYOF MICHIGAN
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40
CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VII SIÈCLE
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XIII
CATALOGUE D'EUTYCHIUS D'ALEXANDRIE
Comme le précédent ce catalogue n'existe pas à l'état isolé: il se déduit du texte des Annales d'Eutycbius (937), publiées
par Selden etPococke, Oxford, 1658 (Introd., p. xxm.) J [ h puDI,ees
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XVIII
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XII
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VIIII
Dionysius
an.
VIII
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V
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an.
VIII
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an.
XII
Marcellus
an.
II
Eusebius
an.
VI
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an.
IIII
Silvester
an. XXVIII
Marcus
an.
II
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XV
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VI
Damasus
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XII
Anastasius
Innocentius
Zosimus
Bonifacius
Celestinus
Sextus
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Félix
Pelagius
Anastasius
Symmachus
Hormisda
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Félix
Bonifacius
Ioannes
Agapetus
Sylverius
Vigilius
Pelagius
Ioannes
Benedictus
Pelagius
Gregorius
Sabinianus
Bonifacius
Theodorus
Yufatius
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Severinus
Ioannes
Theodorus
Martinus
Diyanus
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II
an.
IIII
an.
II
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II
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CATALOGUES PONTIFICAUX DU V AU VII» SIÈCLE
41
XIV
CATALOGUE D'ELIAS DE NISIBE
D'après Abbeloos et Lamy, Gregorii Barhebraei chronicon y 1. 1, Louvain, 1872, p. 38, et R. A. Lipsius, Chronologie der rômischen
Bischôfe, p. 36, 37.
Nomina patriarcharum qui Romanam sedem occuparunt a tempore apostolorum usquo
ad synodum Chalcedonensem.
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Simon Petrus, aedificala ecclesia in civitate An-
tiochia, Romam perrexit,ubipariteraedi-
ficavit ecclesiam; vixitque porro donec
coronaretur ann. XXVIII.
Linus
ann.
XII
Cletus
ann.
VIII
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ann.
VIIII
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ann.
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ann.
X
Xystus
ann.
X
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ann.
XI
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ann.
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XV
Anicetus
ann.
XI
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ann.
VIII
Eleutheri
ann.
XV
Victor
ann.
X
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ann.
XVIII
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V
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ann.
VIII
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VIIII
Félix
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V
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ann.
VIII
Gaius
ann.
XII
Marcellinus
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ann.
VIII 4
Silvestros
ann.
XVIII
Marcus
ann.
II
Iulius
ann.
XV
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Félix
ann.
III
Damasus
ann.
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Siricius
ann.
XV
Anastasius
ann.
III
Innocentius
ann.
XVI
Zosimus
ann.
II
Bonifatius *
ann.
III
Celestinus
ann.
X. In diebus
istius
Celestini fuit
dissidium inter
Nestorium et Cyrillum \
Xystus
ann.
VIIII
Léo
ann.
XXI 8 . In diebus
istius Leonis coacta fuit synodus Chai-
cedonensis.
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1. VIII Aobeloot.
2. ann. Abb.
3. ann. Abb.
k. XVIII Abb.
5. ann, VIII ont. Abb.
6. Le texte syriaque donne Conofaliut.
7. Abbeloos omet dans le texte syriaque les mots qu'il traduit par et Cyrillum.
8. XXI om. Abb.
Liber pontificalis.
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FRAGMENT LAURENTIEN
Je publie ce texte d'après une copie que j'ai prise moi-môme sur le manuscrit unique, conservé dans la
bibliothèque capitulaire de Vérone (Introd., p. xxx, xxxi); j'ai eu aussi à ma disposition deux collations faites
antérieurement, l'une par M. Em. Châtelain, l'autre par moi. Comme il a été dit plus haut (1. c), le manuscrit
est mutilé au commencement : les premières lignes appartiennent à la vie d'Anastase II (496-498). L'écriture,
en demi-onciale, est belle et régulière ; les signes de ponctuation, rares et distribués sans méthode ; l'ortho-
graphe presque toujours correcte. Il n'y a aucune raison d'abaisser la date de la transcription jusqu'au vni e siècle
ni même jusqu'au vu*. M. de Rossi, qui a étudié et comparé à loisir les manuscrits de Vérone, m'assure que celui-ci
V)
est du môme type d'écriture, de la même école et du même siècle qu'un autre manuscrit de cette bibliothèque,
copié per Ursicinum leciorem ecclesiac Veroncnsis, en 517 (Nouveau Traité de DipIom. y t. III, p. 209, pi. 46).
u
Au bas des feuillets 1 et 2, quelques lettres ont disparu dans les trous du parchemin : je les ai suppléées entre
crochets, de même que les deux groupes quasi de et tantu, au bas du f° i, r° et v°; ici le parchemin n'est pas
troué, mais l'écriture est effacée. Ce sont, avec les signes de ponctuation et l'introduction des majuscules, les
seuls changements que je me sois permis. Par ailleurs, le texte du manuscrit est reproduit ligne par ligne, lettre
par lettre.
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FRAGMENT LAURENTIEN
F» ir imperatorem Anastasium directa per Cres-
conium et Germanum episcopos, quae tanta
scribturarum caelestiura auctoritate suf-
fulta est, ut qui hanc intenta mente sub divi-
no timoré perlegerit, inaniter hactenus in-
ter ecclesias Orientis et Italiae tam schisma
nefarium perdurare cognoscit.
LU Symmachus sedit annos quindecem, menses
septem, dies viginti et septem. Gum hoc autem
fuerat Laurentius Romanae ecclesiae presby-
ter ordinatus episcopus, tantaque clerum ac
populum romanum discordia feralis invase-
rat, ut nec divina consideratio, nec metus regi-
us partes a propria conlisione cohiberet. Tune
coguntur utrique, Symmachus scilicet et Lau-
rentius, regium subituri iudicium petere comi-
tatum : ibi Symmachus multis pecuniis optinet,
Laurentius ad gubernandam ecclesiam Nuce-
rinam, Gampaniae civitatem, plurimis coac-
tus minis promissionibusque dirigitur. Post
aliquod autem annos pro multis criminibus
aput regem Symmachus accusatur : quem rex
sub occasione paschali, quod non cum univer-
sitate celebraverat, ad comitatum convo-
yât], rationem [quasi de] festivitatis dissonantia
F° i v° redditurum, fecit que aput Ariminum reseder[e. D]um-
que ibidem cum suis clericis aliquantisper moratur,
promeridianis horis super litus maris ambulans
vidit mulieres inde transire cum quibus accusaba-
tur in scelere, quae comitatum petebant regia
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iussione. Dissimulans ergo se scire quod viderat,
nocte média, dormientibus cunctis, cum uno tan-
. -M
tum conscio fugiens regreditur Romam, seque
intra beati Pétri apostoli septa concludit. Tune
presbyteri etdiaconi, neenon reliqui clericorum
ru
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quos secum deduxerat, adeunt regem et sine sua
conscientia Symmachum fugisse testantur; per
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quos rex tam ad senatum quam ad clerum praecep-
ta super eius quodadmodo damnatione transmit-
tit. Accusatur etiam ab universo clero Romano
quod contra decretum a suis decessoribus obser-
vatum ecclesiastica dilapidasse praedia et per
hoc anathematis se vinculis inretisset. Pro die-
Original frarn
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FRAGMENT LAURENTIEN 45
bus autera paschalibus ab omnibus paene vir ve-
nerabilis Petrus, Altinatis episcopus, a rege visita-
tor ecclesiae Romanae deposcitur ; et post sanctam
festivitatem synodus in urbem Romam pro volun-
tate senatus et cleri, iubente rege, de eius excessibus
iudicatura convenit. Atque id agitur a nonnullis
episcopis et senatoribus [tantu]m Symma[chus ne]
F* 2 r» audientiae subderetur, hoc palam-pro eius defensione
clamantibus quod a nullo possit Romanus pontifex,
etiamsi talis sit qualis accusatur, audiri. Sed electiores
antistites, tam pro religionis intuitu quam pro re-
gia iussione censebant tantae rei negotium paene
ubique vulgatum sine examine nullatenus deseren-
dum. Cumque synodus sub hac dissonantia plus in-
ter partes ministraret fomenta discordiae, tan-
dem constituit ut libellus quem offerebant accu-
satores Symmachi susceptus inter gesta sollemniter
panderetur. Quo facto mox per episcopos idem Sym-
machus ut occurreret ad iudicium convenitur. Sed
cum per clericos qui ei observabant fuisset eius ne-
gata praesentia, iterum et tertio, secundum régu-
las, ut ad synodalem conveniat audientiam, per
antistites admonetur ; nullumque dignatus est da-
re responsum. Tune aliquanti episcopi, videntes ni-
hil se in causa proficere, clerum qui discesserat a con-
sortio Symmachi semel et iterum commonent ut
ad eum praetermisso revertatur examine. Qui se
nequaquam hoc facere posse respondit, prius-
quam tantis criminibus impetitus discussione regu-
lari, vel absolvatur si innocens fuerit, vel, si reus ex-
tite[rit], a sacerdotio deponatur. Sed moras episcopi
n|on ferejntes, cum vidèrent magis ac magis studia
F° 2 v° divisionis augeri , quae sibi utilia visa sunt pro Symma-
chi persona constituunt, et sic urbem in summa
confusione derelinquunt. Glerus ergo et sena-
tus electior qui consortium vitaverat Symma-
chi, petitionem régi pro persona Laurenti diri-
git, qui eo tempore Ravennae morabatur, Sym-
machi violentiam persecutionemque declinans,
ut ipse Romanae praesederet ecclesiae, ubi dudum
fuerat summus pontifex ordinatus ; quia hoc et
canonibus esset adfixum ut unusquisque illic per-
maneat ubi primitus est consecratus antistis, vel,
si quibusdam commentis exinde remotus fuerit,
eum modis omnibus esse revocandum. Sic Lauren-
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tius ad urbem veniens per annos circiter quattuor
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46 FRAGMENT LAURENT1EN.
Romanam tenuit ecclesiam ; per quae tempora
quae bella civilia gesta sint, vel quanta homicidia
perpetrata, non est praesenti relatione panden-
dum. Dumque partes mutua se dissentione colli-
dunt ac pro suis studiis regale praesidium saepe |
* deposcunt, ad ultimum petitionem Symmachus
régi per Dioscorum Alexandrinum diaconum
destinavît, adserens magnum sibi praeiudicium
fieri et maxime de titulis ecclesiarum quos intra
urbem Laurentius optinebat. Ad hanc insinua-
tionem régis animus delinitus; patricio F[estoj
F«3r« praecepta dirigit, admonens ut omnes ecclesiae titu- ^
li Symmacho reformentur et unum Romae patere- f
tur esse pontificem. Quod ubi Laurentius comperit,
urbem noluit diuturna conluctatione vexari, ac
sua sponte in praediis memorati patricii Festi sine
delatione concessit, ibique sub ingenti abstinentia
terminum vitae sortitus est. Symmachum vero
postmodum quamvis victorem de multis rébus fa-
ma decoloravit obscenior, et maxime de illa quam
vulgo Conditariam vocitabant, necnon et de or-
dinibus ecclesiasticis quas acceptis palam pecu-
niis distrahebat. Pro quibus rebus usque ad finem
vitae eius ecclesia Romana in schismatae perdu-
ravit. Hic beati Maitini ecclesiam iuxta sanctum
Silvestrem Palatini inlustris viri pecuniis fabri-
cans et exornans, eo ipso instante dedicavit; non-
nulla etiam cymeteria et maxime sancti Pancra-
ti renovans plura illic nova quoque construxit.
LUI Hormisda sedit annos novem, dies decem et septem.
LIIII Iohannis sedit annos duo, menses novem, dies XVI.
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LV Félix sedit annos quattuor, menses duo, dies XII.
LVI Bonifatius sedit annos duo, dies viginti et sex.
LVII Iohannis sedit annos duo, menses quattuor, dies VI.
LVIII Agapitus sedit menses undecem, dies octo.
LVI III Silverius sedit menses novem.
F« 3 v« LX Vigilius sedit annos decem et octo, menses duo, dies
novem ; moritur in Syracusis secunda feria, noc-
te, septimo idus iunias, indictione tertia.
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LIBER PONTIFIGALIS
PREMIÈRE ÉDITION RESTITUÉE
Les pages suivantes contiennent d'abord les deux abrégés F et K, qui dérivent tous deux, et indépendamment
l'un de l'autre, de la rédaction primitive du Liber ponti/icalis, arrêtée à Félix IV (530). En regard j'ai disposé une
restitution de cette rédaction, obtenue en combinant les deux abrégés et en tenant compte, dans une certaine
mesure, de la seconde édition, suivant les principes exposés au chapitre III de l'Introduction. Cette restitution a
pour but, non seulement de faire revivre un texte plus ancien que celui qui est venu jusqu'à nous dans la plupart
des manuscrits, mais encore de mettre en évidence les rapports des deux abrégés et ceux des deux éditions, A
cet effet, les caractères ont été choisis et disposés ainsi qu'il suit :
1° les mots qui figurent dans les deux abrégés sont imprimés en romain ordinaire; ceux qui ne figurent que
dans l'un d'eux sont imprimés en italique ; 2° les passages où la seconde édition présente une retouche sont
imprimés en caractères espacés, italiques ou romains, suivant les cas énoncés ci-dessus ; 3° des notes placées
au bas des pages de droite signalent les différences entre le texte représenté par les deux abrégés réunis et celui
des manuscrits de la seconde édition. Les mêmes mots et les mêmes phrases ayant été souvent éliminés par les
deux abréviateurs, il est naturel de croire que beaucoup des choses qui ne se rencontrent que dans les manuscrits
de la seconde édition figuraient également dans la première : on ne devra donc pas, à moins d'avis contraire,
considérer les mots entre crochets pointus < > comme représentant l'accroissement subi par le texte en
passant d'une édition à l'autre, mais seulement comme ne figurant dans aucun des deux abrégés et par consé-
quent comme ne pouvant pas s'autoriser du témoignage direct de ceux-ci en ce qui regarde leur présence dans
la première édition. — Quand une phrase se trouve seulement dans l'abrégé K, il arrive souvent qu'elle y soit
résumée, suivant la méthode propre à cet abrégé : je reproduis alors, dans la page de droite, le texte de K, tel
quel, mais je le mets entre parenthèses ( ).
A la suite de ce texte à trois colonnes, qui |ne s'étend que jusqu'à Félix IV, on trouvera la suite de l'abrégé K,
depuis Boniface II ; pour cette seconde partie, l'abrégé K est fait sur la seconde édition.
SIGLES DES MANUSCRITS:
1° Abrégé félicien (F) : a = Paripinus 1451, s. IX.
b = Vat. Reginac 1127, s. IX.
c == Bernensis 225, s. IX.
2° Abrégé cononien (K) : a = Parisinus 2123, s. IX.
b = Veronensis I>2, s. IX.
P représente toujours la seconde édition, ir la première, L le catalogue libérien ; quant aux sigles des manuscrits du texte P f
voir plus loin le tableau placé en tête de la seconde édition. Les mots omis sont suivis de l'abréviation om,, les mots ajoutés
sont placés entre crochets pointus < >.
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LIBER P0NTIF1CALIS.
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ABRÉGÉ FÉLICIEN.
ABRÉGÉ CONONIEN.
Beatissimo pape Damaso Hieronimus.
Gloriam sanctitatis tuae nostra humilitas deprecatur
ut secundum apostolicae sedis quam cognovimus gu-
bernare per tuam sanctitatem hoc urbi praecamus ut
actus gestorum a beati Pétri apostoli principatum usque
ad vestra tempora, que gesta sunt in sedem tuam, nobis
per ordinem pacis ennarrare digneris ; quatenus nostra
humilitas sentire cognoscat qui meruit de episcoporum
supradictae sanctae sedis martyrio coronari, vel qui
contra canones apostolorum excessisse cognoscitur. Ora
pro nobis beatissime papa. Data V kl. mai. Accepta
Romae.
Beatissimo pape Damaso Hieronimus.
Gloria sanctitatis tuae nostra humilitas depraecatur,
ut secundum apostolice sedis quam cognovimus guber-
nare per tuam sanctitatem, ut curvi precamur ut actos
5 gestorum beati Pétri apostoli principatum usque ad
vestram tempora, quae gesta sunt in sede tua, nobis
per ordinem enarrare digneris ; quatenus nostra humi-
litas sentire cognoscat, qui meruit de episcoporum supra-
dicte sedis martyrio coronare, vel qui contra canones
Tô apostolorum excessisse cognoscatur. Ora pro nobis bea-
tissime papa. Data k. maias.
Damasus episcopus Hieronimo presbytère
Damasus episcopus Hieronimo presbitero.
Gaudet ecclesia tuo fonte iam saciata et amplius sitit
curiositas temporum sacerdotalis quod dignum est co- is
gnoscatur, quod indignum respuatur. Tamen quod
gestum potuimus repperire in nostrae sedis studium
ad tuam caritatem gaudentes direximus. Ora pro nobis
adsanctam Resurrectionem, frater compresbiter. Vale
in Ghristo. DataX kl. iun. Accepta VI kl. octobr. 20
Gaudet eclesia tuo fonte iam 'saciata et amplius sitit ut
curiositas temporum sacerdotalis quod dignum est co-
gnoscatur et quod indignum est respuatur. Tamen quod
gestum potuimus reperire in nostrae sedis studium ad
tuam caritatem gaudentes direximus. Ora pro nobis
ad sanctam Resurrectionem, frater conpresbiter. Vale in
Ghristo. DataX kalendar. ianuariarum.
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1 Beatus Petrus
XIII Soter
11 Linus
XII II Eleuter
III Gletus
XV Victor
II1I Clemens
XVI Zepherinus
V Aneclitus
XVII Galistus
VI Evaristus
XVIII Urbanus
Vil Alexander
XVIII I Anteros
VIII Xistus
XX Pontianus
VI III Telespor
XXI Fabianus
X Iginus
XXII Gornilius
XI Anicitus
XXIII Lucius
XII Pius
XX II1I Stephanus
25
30
1 papae b — 2 gloria c — nostrara humilitatem c — depraeca.
tur c — 5 principatu c — 7 digneri b — quatinus 6 — 10 ca-
nonis c — excessisse 6 — cognostilur b — 11 beatissimae b —
data-Romae om. c — 12 Rome a — 13 Hyeronimo ci c — 15
corriositas c — 17 nostre 6 — 19 cum praesbiteris c : conpres-
biter 6 — 20 christo] domino b — data-oct. om. c — october 6
om. numéros c — beatus] batus c — Line c — Xystus b — Ta-
lespor o — Uginus c — Piius a — Socer c — Eulcuter a. — Ze-
perinus c — Cornélius a — Xistus c —
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PREMIÈRE ÉDITION
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RESTITUTION.
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Beatissimo pape Damaso Hieronimus.
Gloriam sanctitatis tuae nostra humilitas deprecatur ut * secun-
dum apostolicae sedisquam cognovimus gubernare 2 pertuamsanc-
titatem hoc curvi precamur ut actus gestorum a beati Pétri apos-
toli principatum usque ad vestra tempora, quae gesta sunt in sedem
tuam, nobis per ordinem enarrare digneris ; quatenus nostra humi-
litas sentire cognoscat qui meruit de episcoporum supradictae sedis
martyrio coronari, vel qui contra canones apostolorum excessisse
cognoscatur. Ora pro nobis, beatissime papa. Data 3 V kl. mai.
Accepta Romae.
Damasus episcopus ' Hieronimo presbitero.
Gaudet ecclesia tuo fonte iam saciata et amplius sitit curiositas
temporum sacerdotalis 5 quod dignum est cognoscatur et quod in-
dignum respuatur. Tamen quod gestum 6 potuimus repperire i n 7
nostrae sedis studium ad tuam caritatem gaudentes direximus.
Ora pro nobis ad sanctam Resurrectionem, frater conpresbiter. Vale
in Ghristo 8 . Data X kl. iun. Accepta VI kl. octobr. *
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VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
1. Passage altéré dans tous les manuscrits; on peut soupçonner qu'il
y avait quelque chose comme et secundum reverentiam apostolicae
sedis etc.
2. gubernari.
3. Data-Romae om.
4. <urbis Romae >
Liber pontipicalis.
5. <ut> quod.
6. <est quod >
1. om.
8. <Deo domino nostro>
9. <missa de Roma Hierusolima>
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LIBER PONTIFICALIS.
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ABRÉGÉ FÉLICIEN.
XXV Xystus
XLV1 Xystus
XXVI Dionisius
XLVII Léo
XXVII Félix
XLVIII Hilarius
XXVIII Euticianus
XLV1III Simplicius
XXVI III Gaius
L Félix
XXX Marcellinus
LI Gelasius
XXXI Marcellus
LU Anastasius
XXXII Eusebius
LUI Simraachu
XXXI II Melciades
LU II Hormisda
XXXII II Silvester
LV Iohannis
XXXV Marcus
LVI Félix
XXXVI Iulius
LVII Bonefacius
XXXVII Liberius
LVI II Iohannis
XXXVIII Félix
LVIIII Agapius
KXXVIIII Damasus
LX Silverus
XL Siricius
LXI Vigilius
XLI AnastasiuSj
LXII Pelagius
XLII Innocencius
LXI II Iohannis
XLI II Zosimus
LXI III Benedictus
XLI III Bonefacius
LXV Pelagius
XLV Celeslinus
ABRÉGÉ CONONIEN.
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Incipit ordo rpiscoporum romae.
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I. — Beatus Petrus, Antiochenus, filius Iohannis, pro-
vinciae Gallileae, vico Bethsaida, frater Andreae et prin-
ceps apostolorum , primum sedit cathedra episcopatus
in Antiochia annis X. Hic Petrus ingressus in urbe 25
Roma Nerone Cesare ibique sedit cathedra episcopatus
ann. XXV mens. II dies III. Fuit temporibus Tiberii
Cesaris et Gaii et Tiberii Claudi et Neronis. Hic scripsit
duas epistulas que canonicae nominantur etevangelium
Marci, quia Marcus auditor eius fuit et filius de baptismo ; 30
post omnem quattuor evangeliorum fontem ad inter-
rogationem Pétri firmati sunt, dum alius grece alius
ebraicae alius latinae consonent. Hic martyrio cum Paulo
Félix om. c — Eucianus a : Euticius 6 — Melciadis oi-
Filex c — Innocentius 6 — Caelestius a b — Xistus 6 — Sym-
plicius c — Filex c — Simachus o : [Symachus b — Filex c —
Benefacius a b — Silvester a b — Pcllagius c (bis).
I. —22 Anthiocinusc — Ioh. a b — 23 Gallilee c— Bctbsaide c
— Andrée c — 24 catedra c — 25 Antiocia c — 26 Cessare c
— cadetre c — 27 annus a : annis c — mensis c — Tiberi 6
— 28 Gai c — Tyberii b : Tiberi c — 29"ëplas a : epistolas c —
canonice 6 : cannonice c — 30 auditurc — 32 interrogacionem
c — grecae a - 33 latine a — hyc o 6 —
I. — Beatus Petrus, filius Iohannis, provinciae Gali-
leae, vico Bethsaida, primum sedit cathedra episcopatus
in Anthiochia an. VII, deinde in Roma an. XXV mens II
dies III. Fuit temporibus Tyberii Caesaris et Gai et Ty-
berii Claudi et Neronis sub quo et passus est. Hic
scripsit duas epistolas quae canonicae nominantur et
evangelium Marci, quia Marcus auditor eius fuit et
filius de baptismo ; post omnem quattuor evangeliorum
fontem ad interrogationem Pétri firmata sunt, dum
alius graece alius hebraice alius latine consonet. Hic
fecit ordinationes III, diac. VII presb. X episcopos III
per mense decembrio. Qui et sepultus est via Aurélia,
I. — 22 Ioannis 6—23 cathedre 6 — 24 et mens. 6 — 25 Ce-
saris a — 29 onTo omnes 6 — MI 6 — 31 grece a — 33 Au-
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I. — BEATUS PETRUS », Antiockenus, filius Iohannis, provinciae
Gallileae, vico Bethsaida, /rater Andreae et princeps apostolo-
rum, primum sedit cathedra * episcopatus in Antiochia ann. VIL
Hic Petrus ingressus in urbe Roma Nerone Cesare ibique sedit
cathedra 2 episcopatus ann. XXV mens. II dies III. Fuit 3 tempo-
ribus Tiberii Caesaris et Gaii et Tiberii Claudi et Neronis. Hic
scripsit duas epistulas quae canonicae 4 nominanturetevangelium
Marci, quia Marcus auditor eius fuit et filius de baptismo; post
omnera quattuor evangeliorum fontem ad 5 interrogationem
Pétri firmata sunt, dum alius grece alius hebraice alius latine
consonent 6 . Hic 1 martyrio cura Paulo coronatur 8 . Hic 9 fecit
ordinationes III, presbiteros X diaconos VII episcopos III per mens.
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
1. — 1. B. Petrus <apostolus et princeps apostolorum> P t qui
omet plus bas et princeps apostolorum. — S. Jérôme, De viris, i :
Simon Petrus, filius Iohannis, provinciae Galileae, vico Bethsaida,
frater Andreae apostoli et princeps apostolorum...
2. cathedram.
3. Fuit autem.
4. catholicae, mais A 356 G J ont aussi canonicae.
5. ad — firmata sunt] quae ad interrogationem et testimonio
eius, hoc est Pétri, firmatae sunt.
6. consonent <taraen eius testimonio sunt firmatae >. Ici inUt*
calation de trois phrases sur Lin et Clet, sur Simon le Magicien et
sur saint Clément, empruntées à Rufin, préface des Récognitions,
aux Acta Pétri et Pauli et à l'Epistola démentis ad Jacobum. Les
mss. C^E n'ont pas ces trois phrases.
7. Hic] Post hanc dispositionem.
8. <post passionem Domini anno XXX VIII >
9. Les ordinations sont rejetées à la fin de la notice; le nombre
n'en est plus indiqué, les évéques sont placés avant les prêtres et les
mots per mens, decemb. après ordinationes.
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LIBER PONTIFICALÏS
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ABRÉGÉ FÉLICIEN.
coronatur. Hic fecit ordinationes très, presb. X episco-
pos III diac. VII per mens, decemb. Qui etsepultus est
via Aurélia, in templo Apollonis, iuxta locum ubi cruci-
fixus est, iuxta palatium Neronianum in Vaticanum, in ,
territurium Triumphale, via Aurélia, III kl. iul. 3
II. — Lin us, natione I talus, regionis... pâtre Erculano,
sedit ann. XI mens. III dies XII. Fuit autem tempo-
ribus Neronis, a consulato Saturnini et Scipionis usque
ad Capitone et Rufino consulibus. Martyrio coronatur.
Hic ex precepto beati Pétri constituit ut mulier in ecclesia io
velato capite introiret. Qui et sepultus est iuxta corpus
beati Pétri in Vaticanum VIII kl. octob.
III. — Cletus, natione Romanus, de regione Vico pa-
trici, pâtre Emeliano, sedit ann. XII mens. I dies XI.
Fuit autem temporibus Vespasiani et Titi a Domiciani 15
consulato Vespasiano VII et Domiciano V usque ad Do-
miciano VII II et Rufo consulibus. Martyrio coronatur.
Hic ex precepto beati Pétri XXV presbiteros ordinavit
in urbe Roma mense decemb. Qui etiam sepultus est
iuxta corpus beati Pétri in Vaticanum VI kl. maias. 20
IIII. — Clemeiss, natione Romanus, de regione Celio
monte, ex pâtre Faustino, sedit ann. VI III mens. II dies
X. Fuit autem temporibus Galbe et Vespasiani aconsulatu
Tragali et Italici usque ad Vespasiano VIII I et Tito. 23
Martyrio coronatur. Hic fecit VII regiones et dividit no-
tants fidelibus ecclesiae qui gesta martyrum sollicite et
curiose unusquisque per regionem suam diligenter
perquireret ; et fecit duas epistolas. Hic fecit ordinationes
III presb. X diac. II episcopos per di versa loca V per 30
mens, decemb. Obiit martyr III Traiani. Qui sepultus
est in Grecias VII II kl. decemb. Et cessavit episco-
patus dies XXI.
1 coronatus a — 2 mense decimbre c — 3 Âurilia c — Ap-
pollonis a 6 — loco a b — 4 palacium c — a terreturiurn 6 — in
terretur io. phale c — Aurilia 6 c
II. — 6 Linis b — nacionc c — regiones c — patrem a b —
Ercuianum a b — 7 die c — 8 consolato c — 9 consolibus c —
coronatus a et ita saepe — 10 ex om. a
III. — 14 diés VIIII c — Io Domiciano a : Domitiani 6 — 16con-
solatuc — Vespasiono 6 — Domitiano 6 : Domiano c — usque
a a — 17 Rufu a b — consolibus c — 18 excepto a — Pretri c —
19 december c — sepelitus a — est om. a b — 20 Vaticianum c
IIII. — 22 Caelio 6—23 annis VIII c — 24 Galbae 6 — con-
solatu c — 26 regionis 6 — 27 solicite c — 29 perquirerit 6 —
fech a — epistulas 6 — 31 amartyr c
ABRÉGÉ CONONIEN.
in templum Apollonis, iuxta locum ubi crucifixus est,
iuxta palacium Neronianum in Vaticanum, in territurio
Triumphale, via Aurélia, III kl. iul.
II. — Linus, natione Italus, pâtre Hercolano, sedit
an. XII mens. III dies XII. Fuit autem temporibus
Neronis, a consolatu Saturnini et Scipionis usque ad Ca-
pitonem et Rufino consolibus. Martyrio coronatur. Hic
ex precepto beati Pétri in Vaticano sepultus est VIIII
k. octob.
III. — Cletus, natione Romanus, Vico patrici, pâtre
Emeliano, sedit an. VII mens. I dies XX. Fuit autem
temporibus Vespasiani et Titi a Domiciano consolatu
Vespasiano VIIII consolibus. Martyrio coronatur. Hic
ex precepto beati Pétri XXV presbiteros in urbe Roma
ordinavit mense decembrio ; et maxime omnes pontifices
qui subsecuntur in mense decembrio ordinationes. cele-
braverunt. Sepultusque est in basilica beati Pétri in Va-
ticanum VI k. mai.
IIII. — Clemens, natione Romanus, de regione Caelio
monte, ex pâtre Faustino, sedit an. XI dies X. Fuit
autem temporibus Galbae et Vespasiani, a consolatu
Tragali et Italici usque ad Vespasiano VIIII et Tito.
Martyrio coronatur. Hic dividit notariis fidelibus eccle-
siae qui gestas martyrum curiose unusquisque per re-
gionem suam diligenter perquireret; et fecit II epis-
tolas. Hic fecit ordinationes presb. X diac. II episcopos
per diversa loca V. Obiit martyrio temporibus Traiani.
Qui sepultus est in Grecias VIIII k. decemb. Et cessavit
episcopatus dies XXI .
2 terretorio 6 — 3 Aurilia b
II. — fi Lenus a — 8 consolato 6 — 9 martyria b
III. — 14 Hemeliano a — 16 martyo a — 17 Romac b —
18 maximae 6 — pontefices a — 19 ordinacioncs 6 — 21 Vati-
cano 6
IIII. 22 nacione a — 24 Vespasiani - ad om. a — 26 aecclesiae
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decemb. Qui et " sepultus est via Aurélia, in templum Apollonis,
iuxta locum ubi crucifixus est, iuxta palatium Neronianum in Vati-
canum, in n territurium Triumphale, via Aurélia ia , III k. iul.
II. — LINIÏS, natione Italus, regionis [Tusciae] *, pâtre Herculano,
sedit ann. XI m. III d. XII. Fuit autem temporibus Neronis, acon-
sulatu Saturnini et Scipionis usque ad Gapitone et Rufino * consu-
libus. Martyrio coronatur. Hic ex precepto beati Pétri constituitut
millier in ecclesia velato capite introiret* . Quiet* sepultus est iuxta
corpus beati Pétri in Vaticano 5 VIIII kal. octob.
III. — CLETUS, natione Romanus, de regione Vico patrici, pâtre
Emeliano, sedit ann. XII m. d I. XL Fuit autem temporibus Vespa-
siani et Titi [et initiol l Domitiani, [a] * consulatu Vespasiano VII
et Domitiano V usque ad Domitiano VIIII et Rufo consulibus.
Martyrio coronatur. Hic ex precepto beati Pétri XXV presbiteros
ordinavit in urbe Roma m en se decemb. 8 Qui etiam sepultus est
iuxta corpus beati Pétri in Vaticanum VI k. mai *.
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II1I. — CLEMENS, natione Romanus, de regione Geliomonte, ex
pâtre Faustino, sedit ann. VIIII m. II d. X. Fuit autem temporibus
Galbae et Vespasiani, a consulatu Tragali et Italici usque ad Vespa-
siano VIIII et Tito *. Martyrio coronatur. Hic fecit VII regiones et *
dividit notariis fidelibus ecclesiae qui gestas martyrum sollicite et
curiose unusquisque perregionem suam diligenter perquireret; et
fecit duas epistolas 3 . Hic fecit ordinationes ///* permens. decemb.
presb. X diac. II episcopos per diversa loca V 8 . Obiit martyr /// *
Traiani. Qui 7 sepultus estinGrecias VIIII ka). decemb. Et cessavit
episcopatus d. XXI.
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VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
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10. et om.
11. in] iuxta.
12. via Aurélia om.
II. — 1. Tusciae est suppléé ici d'après P.
2. Rufo P, d'accord avecfL.
3. <Hic fecit ordinationes II episcopos XV presb. XVIII >;
mais N C 18 omettent cette phrase.
4. et om.
5. <sub die>
III. — 1. et initio suppléé d'après L;]la leçon a Domitiani dans F
conserve une trace du texte primitif; dans P cette trace a disparu
on y lit : et Titi a consulatu.
2. a suppléé d'après P et L.
3. mense decemb. om.
4. < Et cessavit episcopatus d. XX >
IIII. — 1. <Hic dum multos libros zelo fldei chriitianae reli-
gionis adscriberet> martyrio etc..
2. et om.
3. Hic fecit duas epistolas <quae catholice nominantur >. Suit un
nouveau récit de l'installation de S, Clément par S. Pierre et une es*
plication du rang qu'il occupe après Lin et Clet, avec citation expreste
de Vépitre de Clément à Jacques. Les mss. C" omettent ce passage.
4. ord. duas.
5. XV.
6. Traiano III.
7. < etiam >
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54 LIBKH P0NT1FIGAL1S
ABRÉGÉ FÉLICIEN. ABRÉGÉ CONONIEN.
V. — Aneclitus, natione Grecus, de Atheni s, e re V. — Aniclitus, natione Grecus, de Athenis, pâtre Àn-
Antioco, sedit ann. XII mens. X dies III. Fuit autem thiocho, sedit an. XII mens. Xdies VII. Fuitautem tem-
temporibus Domiciani, a consulato Domiciani X et Sa- poribus Domiciani, a consolatu Domiciano X et Sabino
bino usque ad Domiciano XVII et Clémente consulibus. usque ad Domiciano XVII et Clémente consolibus. Hic
Hic memoriam beati Pétri construxit et conposuit, dum 5 memoriam beati Pétri construxit et conposuit ubi epis-
presbiter factus fuisset a beato Petro, ubi episcopi recon- copi reconderentur ; ibi et ipse sepultus est id. iul. Hic
derentur; ubitamenet ipse sepultus est in pacelll idus fecit ordinationes II presb. V diac. III episcopos per
iulias. Hic fecit ordinationes II presb. V diac III épis- diversaloca VI. Cessavit episcopatus dies XVII.
copos per diversa loca VII per mens, decemb. Et ces-
savit episcopatus dies XV. 40
VI. — Evaristus, natione Grecus, Antiochenus, ex pa- VI. — Evaristus, natione Grecus, Anthiocenus, ex pâ-
tre Iuda de civitate Bethléem, sedit ann. VIIII mens. X tre Iudaeo nomen Iuda de civitate Bethel, sedit an. XIII
dies II. Fuit autem temporibus Domiciani et Nerve mens. VII dies II. Fuit autem temporibus Domiciani et
Traiani, a consulato Valentis et Veteris usque ad Gallo et Nervae Traiani, a consolatu Valentis et Veteris usque ad
Bradua consulibus. Martyrio coronatur. Hic titulos in 1 5 Gallum et Bradua consolibus. Martyrio coronatur. Hic ti-
urbe Roma dividit presbiteris et septem diaconus or- tulosin urbe Romadividit presbiteris et VII diaconibus
dinavit qui custodirent episcopum praedicantem propter ordinavit qui custodirent episcopum praedicantem prop-
stilum veritatis. Hic fecit ordinationes IIII presb. XVII ter stilumveritatis. Hic fecit ordinationes III presb. XVII
diac. VIIII episcopos per diversa loca XV. Qui et se- diac. VIIII episcopos XV. Sepultusque est iuxta corpus
pultus est iuxta corpus beati Pétri in Vaticanum V kl. 20 beati Pétri VI k. nov. Cessavit episcopatus dies XVIIII.
novemb. Et cessavit episcopatus dies XVIIII.
VII. — Alexander, natione Romanus, ex pâtre Alexan- VII. — Alexander, natione Romanus, ex pâtre Alexan-
dro, de regione Caput tauri, sedit ann. Xmens. VII dies dro,de regioneCapud tauri, sedit an. XII mens. VII dies
II. Fuit autem temporibus Traiani, usque Heliano et II. Fuit autem temporibus Traiani, usque Eliano etVe-
Vetere. Hic passionem Domini miscuit in predicatione^otere. Hic passionem Domini miscuit in praedicatione
sacerdotum. Martyrio coronatur et cum eo Eventius sacerdotum. Martyrio coronatur. Hic constituit aquam
^resbiter etTheodolus diaconus. Hic constituit aquam aspersionis cum sal benedici. Hic fecit ordinationes III
sparsionis cum sale benedici in habitaculis hominum. presb. VI diac. II episcopos V. Sepultus est via Nomen-
Hic fecit ordinationes III presb. VI diac. II episcopos tana, ubi decollatus est, V non. mai. Cessavit episcopa-
per diversa loca V per mens, decemb. Qui et sepultus 30 tus dies XXX.
«stvia Momentana, ubi decollatus est, ab urbe Roma mi-
liario VII, V nonas maias. Et cessavit episcopatus dies
XXXVII.
VIII. — Xistus, natione Romanus, ex pâtre Pastore, VIII. — Xystus, natione Romanus, expatre Pastore,de
de regione Via lata, sedit ann. X mens. II die I. Fuit 35 regione Vialata, sedit an. Xmens. II die I. Fuit autem
V. — i Anecletus c — Grecus c — Alenis c — 2 Anthioco 6 V. — 1 nacione 6 — 3 a om. b — 4 ad] a 6 — 5 hubi a —
— 3 Domitiani 6 — - a] et a b — 4 consolibus c — 5 memoria a 6 reconderent a — 8 VI om. a.
b — 6 fuissit c — 7 in pace III id. iul. om. a b — 8 ordinacio-
nes c — diac. II a
VI. — 41 Gregus c — Antheocenus c — 42 Betlilem c — an. VI. — 4 4 natus a — Anthocenus a — 4 2 Iudeo a — nom. a
VIII r. — 43 Nervi a b — 44 consolato c — 45 consolibus c — — an. XVII b — liTraiane a — consulatu b — Veteres b — 45
titnlus c — 46 prbs a : prsbt 6 : presbiteros c — diac. ab — 47 titulus 6 — 16 hurbe a — Romae 6 — 48 stillum a : stilo 6 —
costodierent c — 18 ordinacionis c — 24 cessabit 6 49 diac. VIII 6 — iusta 6
VII. — 23 mens. VI c — 24 Eliano a — 32 miliario septimo c
- 3? XXXVIII c VII. — 25 paicacione a — 28 Montana 6—29 decolatus a
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VIII. — 34 extare : exatre 6 — VIII. — 34 natus o —
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PREMIÈRE ÉDITION. 55,
RESTITUTION.
V. — ANECLITUS, natione Grecus, de Athenis, ex pâtre Antiocho,
sedit ann. 1 XII m. X d. III. Fuit autem temporibus Domitiani, a
consulatu Domitiano X et Sabino usque ad Domitiano XVII et Clé-
mente consulibus. Hic memoriam beati Pétri construxit et conpo-
suit, dum presbiter factus fumet a beato Pelro *, ubi episcopi re-
conderentu? ' ; ubi tamen et ipse sepultus est in p ace * III id. iulias.
Hic fecit ordinationes II per mens, decemb. presbiteros V diaconos
III episcopos per di versa loca VI. Et cessavit episcopatus dies XV *.
VI. — EVARISTUS, natione Grecus, Antiochenus 1 , ex pâtre/?*-
daeo nomine Iuda de civitate Bethléem, sedit ann. VIIII m. X A. II.
Fuit autem temporibus Domitiani et Nervae Traiani, a consulatu
Valentis et Veteris usque ad Gallo et Bradua consulibus. Martyrio
coronatur. Hic titulos in urbe Roma dividit presbiteris et VII diaco-
nos ordinavit qui custodirent episcopum praedicantem propter sti-
lum veritatis. Hic fecit ordinationes III [per mens, decemb.] 2 pres-
biteros XVII diac. VIIII 3 episcopos per diversa loca XV. Qui et k
sepultus est iuxta corpus beati Pétri in Vaticanum VI k. novemb.
Et cessavit episcopatus dies XVIIIL
VII. — ALEXANDER, natione Romanus, ex pâtre Alexandro, de
regione Caput tauri, sedit ann. X m. VII d. II. Fuit autem temporibus
Traiani, usque Heliano et Vetere. Hic passionem Domini miscuit in
predicatione sacerdotum '. Martyrio coronatur et cum eo Eventius
presbiter et Theodolus diaconus. Hic constituit aquam sparsionis
cum sale benedici in habitaculis hominum. Hic fecit ordinationes
Sr ^
III per métis, decemb. presbiteros VI diaconos II episcopos per
diversa loca V. Qui et sepultus est via Nomentana, ubi decollatus
est, ab urbe lîoma 2 miliario VII, V non. mai. Et cessavit episcopa-
tus d. XXXVII.
VIII. — XYSTUS, natione Romanus, ex pâtre Pastore,de regione
Via lata, sedit ann. X m. II d. I. Fuit autem temporibus Adriani
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VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
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V. - i. a. VIIII m. II d. X,
2. < seu alia loca >
3. < sepulturae >
4. in pace] iuxta corpus b; Pétri.
5. d. XIII.
VI. — ! . Antiochenus om.
ti a;
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2. per mens, decemb. est suppléé d'après P, suivant l'tncUogit dn
formules.
3. diac. II.
4. etiam.
VII. — 1. <quando missae celebrantur>
2. < non longe >
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50
LIBER PONTIFICALIS
ABRÉGÉ FÉLICIEN.
ABRÉGÉ CONONIEN.
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autera temporibus Adriani usque ad Vero et Ànculo.
Martyrio coronatur. Hic constituit ut ministeria sacrata
non tangerentur nisi a ministris. His constituit ut qui-
cumque episcopus evocatus fuerit ad sedem romanam
apostolicam et rediens ad parrochiam suam non susci-
pereturnisi conformata salutationis plèbe ad sedem apos-
tolicam. Hic constituit utintra actione sacerdos incipiens
populum hymnum decantarent : Sanctus, sanctus,
sanctus, Dominus Deus Sabaoth et cetera. Hic fecit or-
dinationes III presb. XI diac. III episcopos per diversa
loca IIII. Qui etiam sepultus est iuxta corpus beati
Pétri in Vaticanum VI non. apr. Et cessavit episcopatus
mens. II.
VI III. — Thelespor, natione Grecus, ex anachorita,
sedit ann. XI mens. III dies XXI. Fuit autem tempo-
ribus Antonini etMarci. Hic constituit ut septem ebdo-
madas ieiunium celebraretur Paschae. Martyrio coro-
natur. Hic fecit ut natalem domini nostri Iesu Ghristi
noctu missae celebrarentur et in ingressu sacrificii
hymnus diceretur angelicus : Gloria in excelsis Deo et
cetera; tantum noctu natale Domini. Hic fecit ordina-
tiones IIII presb. XII diac. VIII episcopos per diversa
loca XIII per mens, decemb. Qui etiam sepultus est
iuxta corpus beati Pétri in Vaticanum IIII non ian. Et
cessavit episcopatus dies VII.
X. — Yginus, natione Grecus, ex philosopho, de A-
thenis, sedit ann. IIII mens. III dies III. Fuit autem
temporibus Severi et Marci, a consolatu Magni et Came-
rini usque ad Orfito et Gamirino. Hic clerum conposuit
et distribuit gradus. Et fecit ordinationes III per mens,
decemb. presb. XV diac. V episcopos per diversa loca
VI. Qui etiam sepultus est iuxta corpus beati Pétri in
Vaticanum III kl. ian. Et cessavit episcopatus dies III.
temporibus Adriani usque ad Vero et Anniculo. Martyrio
coronatur. Hic constituit ut non tangerentur ministeria
sacrata nisi a ministris. Et quicumque episcopus devotus
fuerit ad sedem romanam apostolicam et rediens ad
5 parrochiam suam non susciperetur nisi cum formata
salutationis plebis a sede apostolica. Et constituit ut
intra accionem sacerdos in populo ymnum decantaret :
Sanctus, sanctus, sanctus. Hic fecit ordinationes III
presb. XI diac. III episcopos III. Sepultusque est iuxta
10 corpus beati Pétri VII k. apr. Cessavit episcopatus
mens. II.
VIIII. — Thelesfor, natione Grecus, ex anachorita, se-
ls dit an. XI mens. II dies XXI. Fuit temporibus Antonini et
Marci. Hic constituit ut VII ebdomadas ieiunium celebra-
retur Paschae. Martyrio coronatur. Hic fecit ut natalem do-
mini nostri Iesu Chris ti noctu missae celebrarentur et
in ingresso sacrificio missae ymnus diceretur angelicus :
20 Gloria in excelsis Deo, tantum noctu natalis Domini. Hic
fecit ordinationes IIII presb. XII diac. VIII episcopos
XIII. Sepultus est iuxta corpus beati Pétri IIII non.
ian. Et cessavit episcopatus dies VII.
25
X. — Ygenus, natione Grecus, ex philosopho, de Athe-
nis, sedit an. X'mens. III dies VII. Fuit temporibus
Veri et Marci, a consulatu Magni et Camerini usque ad
Orfito et Camerino. Hic clerum conposuit et distribuit
30 gradus. Et fecit ordinationes III presb. XV diac. V epis-
copos VI. Sepultusque est iuxta corpus beati Pétri II 1
id. ian. Cessavit episcopatus dies III.
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I autem om. c — Angulo a b — 2 costituit c — 3 a] ad a b —
5 apostololicam c — parichiam c — susceperetur a — 6 confir-
mata c — salutationesa : salutacioncs b : salutacionis c — 7 ac-
cione c — sacerdus c — 8 himnum c — déclarent c — 9sabahot c
VIIII. — 14 Gregus c : graecus 6 — 16 Marci < Hic magnus
et clarus in virtutibus fuit per gratiam spiritus sancti > c —
17 celebretur a : celebraetur b — ante pascha c — 18 natale c
— 19 misse ac — in om. c — ingresu c — 20 himnus c — ce-
lais c — 21 noctum o — ordinaciones c — 23 XIIII a b —
mense decimbre c — cciam c — 24 Vaticano c — 25 VI 6
X. — 26 nacione Gregus c — 27 mens. VI a b — dies III mens.
VI 6 — autem om. c — 28 consulato a b — 30 grados b — ordi-
naciones c — mense december c — 32 VII a : V c — 33 Vatinium a
3 quecumque 6 — 5 parachiam a — conformata 6 — 7 dé-
cantant o — 10 VIII id. a
VIIII. — 14 natus a : nat. b — 15 Antonii 6 — 17 pasce a -
coronaretur 6—18 missa o — 19 in om. a — misse a
X. — 26 pbylosopho a : philosofo 6 — Atenis o — 28 conso-
latu a — 30 grados a — ordinaciones a — 31 iusta 6
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PREMIÈRE ÉDITION
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RESTITUTION.
usque ad Vero et Anniculo. Martyrio coronatur. Hic constituit ut
ministeria sacrata non tangerentur nisi a ministris. Hic constituit
ut quicumque episcopus * evocatus fuerit ad sedem roman a m
apostolicam et rediens ad parrochiam suam, non susciperetur nisi
cum formata salutationis plebi a sede apostolica. Hic a
constituit ut intra actionem sacerdos incipiens populum hymnum
decantaret : Sanctus, sanctus, sanctus Domimit Deus Sabaoth et
cetera. Hic fecit ordinationes III [per mens, decemb.] presbiteros
XI diaconos III episcopos per diversa loca II II. Qui etiam sepultus
est iuxta corpus beati Pétri in Vaticanum VI 3 non. apr. Et cessavit
episcopatus mens. II.
VIIII. — THELESFOR, natione Grecus, ex anachorita, sedit
ann. XI m. III d. XXI. Fuit autem temporibus Antonini et Marci.
Hic constituit ut * VII ebdomadas ieiunium celebraretur
Paschae. Martyrio coronatur. Hic fecit ut natalem Domini
nostri Iesu Christi noctu missae celebrarentur et in ingressu*
sacrificii hymnus diceretur angelicus 3 : Gloria in excelsis Deo,
tantum * noctu natale Domini. Hic 5 fecit ordinationes IIII
per mens, decemb. presbiteros XII diaconos VIII episcopos per
diversa loca XIII. Qui etiam 6 sepultus est iuxta corpus beati
Pétri in Vaticanum IIII non. ian. Et cessavit episcopatus dies
VII.
Q.
X. — YGINUS, natione Grecus, ex philosopho, de Athenis *, sedit
ann. IIII m. III d. III. Fuit autem temporibus Veri et Marci, a
consulatu Magni et Gamerini usque ad Orfito et Camerino 3 . Hic
clerum conposuit et distribuit gradus. Et 3 fecit ordinationes III per
mens, decemb. presbiteros XV diaconos V episcopos/wr diversa loca
VI. Qui etiam sepultus est iuxta corpus beati Pétri in Vaticanum
III id. ianuar. £f cessavit episcopatus dies III.
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VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
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VIII. — 1. quicumque episcoporum evocatus fuisset ad sedem
apostolicam rediens (et rediens E t3 ) ad parrociam suam, non susci-
peretur nisi cum litteras sedis apostolicae salutationis plebi, quod
est formatant.
2. Hic — et cetera om. sauf D.
3. III non.
VIIII.— 1. ut VII ebdomadas ante Pascha ieiunium celebraretur
et natalem Domini noctu missas celebrarentur, <nam omni tem-
poro ante horae tertiae cursum nullus praesumeret missas cele-
brare, qua hora Dominus noster ascendit crucem >
LlBEU rONl IFICALIS.
2. in ing.-sacr.] ante sacriflciunw
3. < hoc est >.
4. tantum — Domini om. Ici se place le martyrio coronatur omis
plus haut.
5. Les ordinations sont reportées plus bas, entre la sépulture et la
vacance.
6. etiam] vero.
X. — 1. < cuius genealogia non inveni >
2. Prisco, comme L.
3. Hic.
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58 LIBER PONTIFICALÏS
ABRÉGÉ FÉLICIEN. ABRÉGÉ CONONIEN.
XI. — Amcitus, natione Syrus, ex pâtre Iohanne, de XI. — Aisicitus, natione Syrus, ex pâtre Iohanne, de
vico Àmisa, sedit ann. XI mens. IIII dies III. Fuit vico Amisa, sedit an. VIIII mens. III. Fuit autem tem-
autem temporibus Severi et Marci, a consolatu Gallicani poribus Severi et Marci, a consulatu Gallicani et Veteris
et Veteris usque ad Présente et Rufino. Hic constituit usque ad Presentem et Rufino. Hic constituit ut clerus
ut clericus comam non nutriret. Hic fecit ordinationes 5 comam non nutriat. Hic fecit ordinationes V presb.
V per mens, decemb. presb. VIIII diac. IIII episcopos VIII diac. IIII episcopos VIIII. Sepultus est iuxta
per diversa loca VIIII. Qui etiam sepultus est iuxta corpus beati Pétri XII k.mai. Cessavit episcopatus dies
corpus beati Pétri in Vaticano XII kl. mai. Et cessavit VII.
episcopatus dies VII.
XII. — Pius, natione Italus, ex pâtre Rufino, frater 10 XII. — Pius, natione Italus, ex pâtre Rufino, frater
Pastoris, de civitate Aquileia, sedit ann. XVIIII mens. Pastoris, de civitate Aquileia, sedit an. XV mens. IIII
IIII dies III. Fuit autem temporibus Antonini Pii, a dies XXI. Fuit autem temporibus Antonii Pii, a consulatu
consolatu Clari et Severi. Sub huius episcopatum frater Clari et Severi. Sub huius episcopatum Hermis librum
ipsius Hermis librum scripsit in quo mandatum con- scripsit in quo mandatum continet quod et precepit an-
tinet quod precepit angélus Domini cum venit ad 15 gelus Domini cum venit ad eum in habitu pastoris,
eum in habitu pastoris et precepit ei ut sanctum Pas- precepit ei ut sanctum Paschae die dominica celebrelur.
chae die dominica celebraretur. Hic fecit ordinationes Hic constituit a iudaeo hereticum venientem suscipi et
V per mens, decemb. presb. XVIIII diac. XXI épis- baptizari. Hic fecit ordinationes V presb. XVIIII diac.
copos per diversa loca XII. Qui etiam sepultus est iuxta XXII episcopos XII, sepultusque est iuxta corpus beati
corpus beati Pétri V id. iul. Cessavit episcopatus 20 Pétri V id. iul. Cessavit episcopatus dies XI III.
diesXIIII.
XIII. — Soter, natione Campanus, ex pâtre Concordio, XIII. — Soter, natione Campanus, ex pâtre Concordio,
de civitate Fundis, sedit ann. VIIII mens. VI dies XXI. de civitate Fundis, sedit an. VIII mens. II dies XXI.
Fuit temporibus Severi, a consolatu Rustici et Aquilini Fuit temporibus Severi, a consolatu Rustici et Aquilini
usque ad Cetego et Claro. Hic constituit ut nullus mo- 25 usque ad Cetego et Claro. Hic constituit ut nullus mo-
nachus palla sacrata contingent nec incenso ponere nachus pallea sacrata contingeret nec incensum poneret
intra sanctaecclesia. Hic fecit ordinationes III per mens. intra ecclesiam. Hic fecit ordinationes III presb. XVIIII
decemb. presb. XVII diac. VIIII episcopos per diversa diac. VIIII episcopos XI. Qui sepultus est iuxta corpus
loca XI. Qui sepultus est iuxta corpus beati Pétri X kl. beati Pétri X k. mai. Cessavit episcopatus dies XI.
mai. Cessavit episcopatus dies XI. 30
XIIII. — Eleuter, natione Grecus, ex pâtre Abundo, XIIII. — Eleutherius, natione Grecus, pâtre Abundio,
de oppido Nicopoli, sedit ann. XV mens. III dies II. de opido Nicopoliri, sedit an. XV mens. III dies II.
Fuit temporibus Antonini et Commodi, usque ad Pa- Fuit temporibus Antonii et Commodi usque ad Paterno
terno et Bradua. Hic accepit epistula a Lucio Brittanio et Bradua. Hic accepit epistolam a Lucio britoniore ut
rege ut christianus efficeretur per eius mandatum et 35 christianus efficeretur per eius mandatum et constituit
.
XI. — 1 Anititus a — 3 consulato a b — 4 Presentem c — .XL — 1 de om. 6 — 3 consolatu a — Galiani a — 4 Rofino 6
5 coma a b : commam c — 6 mense decimbre c — presb. — 5 commam a — ordinaciones o — 7 iusta sepulcro sancti
VIII 6 — 7 VIII 6 — 9 VI 6 Pctri a
XII. — 1 1 XVIII 6—13 consulato a b — 15 contenit c — 17 XII. — 12 consolatu a —13 Hermès b — libro 6 — i6 pascha a
pasche c — ordinaciones c— 18 mense decemberc — XVII I a b — dominico 6 — 17 iudeo a — 19 est om. a
— 19 cciam c
XIII. — 23 ann. VIII ab — menses VII c — 24 consulato a b XIII. — 24 Fuit temporibus om. b — 25 Ceteco b — unullus a.
— 25 a a 6 — 26 contingeret 6 — 27 intra] in c — mense de- — 26 palea a — contingent 6 — 27 aecclesiam a : ecclesia 6
cember c— 28 diac. VIII a b — 29 X om. c
XIIII.— 31 Gregusc— Habundantio ab— 32 opido c— 33 Comodi XIIII. -- 31 Habundio 6—32 ophido Nichopoliri a — 33 An-
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a 6 — 34 epistola c— Lutio a— Brittaniorum c — 35 effeceretur c toni a — Quomodi a — 34 ut om. a — 35 mandato 6 —
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RESTITUTION.
XI. — ANICITUS, natione Syrus, ex pâtre Iohanne, de vico
Amisa\ sedit ann. XI m. IIII d. III. Fuit autem temporibus Severi
et Marci, a consulatu Gallicani et Veteris usque ad Présente et Ru-
fino. Hic constituit ut clerws comam non rmiriret*. Hic fecit ordi-
nationes V per mens, decemb. presb. VII II 3 diac. IIII episcopos
per diversa loca VIIII. Qui etiam* sepultus est iuxta 5 corpus
beati Pétri in Va tic an o XII kal. mai. Et cessavit episcopatus
dies VII 6 .
XII. — PIUS, natione Italus, ex pâtre Rufino, frater Pastoris, de
civitate Aquileia, sedit ann. X VIIII m. IIII d. III. Fuit autem tem-
poribus Antonini Pii, a consulatu Clari et Severi. Sub huius episco-
patum {rater ipsius 1 Hennis librum scripsit in quo mandatum
continet quod ei precepit angélus Domini cum venit ad eum in ha-
bitu pastoris et precepit ei ut sanctum Paschae 3 die dominica
celebraretur. Eic constituit a iudaeo 3 hereticum venientcm sus-
cipi et baplizari*. Hic fecit ordinationes \ per mens, decemb. pres-
biteros XVIIII diac. XXI episcopos per diversa locaXU. Qui etiam
sepultus est iuxta corpus beati Pétri 6 V id. iul. [Et] cessavit episco-
patus dies XIIII.
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XIII. — SOTER, natione Campanus, ex pâtre Concordio, de civitate
Fundis, sedit ann. VIIII m. VI d. XXI. Fuit [autem] temporibus
Severi, a consolatu Rustici et Aquilini usque ad Cetego et Claro. Hic
constituit ut nullus monachus pal/a sacrata contingeret nec incen-
sum poneret intra * sancta ecclesia. Hic fecit ordinationes III per
mens, decemb. presbiteros XVIII diaconos VIIII episcopos per di-
versa locaW. Qui [etiam] sepultus est iuxta 8 corpus beati Pé-
tri X kal. mai. [Etl cessavit episcopatus dies XI 3 .
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XIIII. — ELEUTER, natione Grecus, ex pâtre Abundio, de oppido
Nicopoli, seditann.XVm. Illd. II. Fuit [autem] temporibus Antonini
et Gommodi usque ad * Paterno et Bradua. Hic accepit epistula a
Lucio, Brittannio rege, ut christianus efficeretur per eius mandatum
et hoc constituit 2 ut nulla esca usualis 3 repudiaretur a chris-
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
XI. — Pie est placé avant Anicet, sauf A 56 C 3; E.
1. Humisa, Umisa ou Omisa.
2. < secundum praeceptum apostoli >
3. presb. X VIIII.
4. < obiit martyr et > sepultus est.
5. iuxta — Vaticano] in cymiterio Galisti.
6. d. XVII.
XII. — 1. frater ipsius om.
2. sanctum Paschae ] Pascha (sanctum Pascha G 23 E 13 ).
3. a Iudaeo — venientem] hereticum venientem ex Iudaeorum
herese.
4. < et constitutum de ecclesia fecit >
5. < in Vaticanum >
XIII. — 1. in.
2. iuxta — Pétri] in cymiterio Galisti via Appia. 3. d. XXI
XIIII. — i. om.
2. iterum firraavit.
3. om. sauf E.
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LIBER PONTIFICAL1S
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ABRÉGÉ FÉLICIEN.
ABRÉGÉ CONOiNIEN.
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hoc contenuit ut nullus repudiaretur a christianis ma-
xime fidelibus que Deus creavit qui tamen rationales
sunt. Hic fecit ordinationes III per mens, decemb.
presb. XII diac. VIII episcopos per di versa loca XV.
Qui sepultus est iuxta corpus beati Pétri VIII kl. iun. o
Cessavit episcopatus dies XVI.
XV. — Victor, natione Afer, ex pâtre Felice, sedit ann.
X mens. II dies X. Fuit temporibus Caesaris consolatu
Commodi secundo et Glabrione usque ad Laterano et
Rufino. Hic constituit utpascha die dominico célébra- 10
retur, sicut Pius. Hic fecit sequentes cleros. Martyrio co-
ronatur. Constituit ut necessitate faciente ubi inventus
fuisset, sive in flumine sive in mari sive in fontem aut in
stagnum, tantum christiano confessione declarata cre-
dulitates efficerit integer christianus quicumque homi- 15
num ex gentile veniens ut baptizaretur. Et fecit conci-
lium et interrogatio facta est de pascha vel de die pri-
ma cum Theophilo, episcopo Alexandriae, do luna. Hic
fecit ordinationes II presb. IIII diac. VI episcopos per
loca XII. Qui sepultus est iuxta corpus beati Pétri V 20
kl. aug. Et cessavit episcopatus dies XI.
XVI. — Zypherisus, natione Romanus, ex pâtre Ha-
bundantio, sedit ann. VIII mens. VII dies X. Fuit tem-
poribus Antonini et Se verini,consulatoSaturnini Antonini
et Gallicani usque ad Presentem et Stricato consulibus. 25
Hic constituit presentiam omnibus clericis et laicis fide-
libus sive clericus sive levita sive sacerdos ordinaretur.
Et fecit constituto de ecclesia et patenas vitreas ante se
sacerdotes in ecclesia et ministros subportantes dum
episcopus missa celebraret ante se sacerdotes omnes ads- 30
tantes, sic missae celebrarentur ; excepto cuius episcopi
interest tantum, clerus sustineret omnibus presentibus ;
ex ea consecratione de manu episcopi iam coronam con-
sacratam acciperet presbiter tradendam populo. Hic fe-
ut nullus cassules repudiaretur a christianis maxime
fidelibus quod Deus creavit que tamen rationes sunt.
Hic fecit ordinationes III presb. XII diac. VIII epis-
copos XV. Sepultusque est iuxta corpus beati Pétri
VIII I k. iun. Cessavit episcopatus dies XVI.
XV. — Victor, natione Afer, pâtre Felice, sedit an. XV
mens. III dies X. Fuit temporibus Cesaris augusti a
Commodi duo et Gravione usque ad Laterone et Rufino.
Hic constituit ut pascha die dominico celebraretur sicut
et Eleuter. Hic fecit sequentes clerus. Martyrio corona-
tur. Et constituit ut necessitate faciente ubi inventum
fuisset, sive in flumine sive in mari sive in fonte, tantum
christiano ne declarata credulitatem quaecumque ho-
minum ex gentile veniens baptizetur. Et fecit concilio
de pascha vel de die primum cum Theophilo, episcopo
Alexandrae, de luna. Hic fecit ordinationes II presb. IIII
diac. VI episcopos XII. Qui et sepultus est iuxta corpus
beati Pétri V. kl. aug. Cessavit episcopatus dies XII.
XVI. — Zepherinus, natione Romanus, pâtre Abundio,
sedit an. XVIII mens. III dies X. Fuit autem tempo-
ribus Antonini et Severi, a consulatu Antonini et Galli-
cani usque ad Praesentem et Stricato consulibus. Hic
constituit ut in praesentia omnibus clericis et laicis fide-
libus sive levita sive sacerdos ordinaretur. Et fecit cons-
titutum de ecclesia et patenas vitreas ante se sacerdotes
in ecclesia et ministros superportantes dum episcopus
missa celebraret ante se sacerdotes omnes adstantes sic
missae celebrarentur excepto quod ius episcopi inter
tantum clerus sustineret omnibus praesentes ex ea con-
secracione de manu episcopi iam coronam consecratam
acciperet presbiter tradendam populo. Hic fecit ordina-
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1 continuit 6 — - 2 que] qtn c — rationabiles a 6 : racionali c —
3 mense december c — 4 presb. XI a 6 — diac. VII 6 — XII c
5 VII 6 - 6 XVII a b
XV. — 7 Felicae 6 — 8 Cesaris c— consulato ab — 9 Comodi c
— 10 ut-celebraretur om.c — diae. a — 12 faciente om.a — ubi-
flumme om. c — 15 credulitasa 6 — quicum c — 16 babtizare-
tur c — 47 interrogacio c — 18 Alexandrie c — 19 diac. V 6
XVI.— 22Zuperinusc — 23 Abundancioc— ann. VII mens. VI 6
— 24 consolato c — 25 Présente b — 26 presenciara c — 27sacer-
dus c — 28 vidreas c — 29 dum-celebrarentur om. c — 30 caele-
brareta — 31 missecacbrarentura — êpsa — 32 clericus sustene-
rita — 33coronac— 3iconsacratac:consccrataô — acceperitaô
1 nullis casules a — 3 ordinaciones a
XV. — 7 Filice 6 — 8 Caesarem 6—10 caelebraretur 6 — 11 He-
leuter 6 — 12 necessitatem 6 — faciente om. a — hubi a : om. b
— 13 mare 6 — 14cbristianum 6 — quecumquea — lii gentille a
— 16 die om. a — Teophilo a : Thiopbilo 6 — 18 Qui-aug. om. a
XVI. — 22 Habundio 6 — 23 autem om. a —24 Antoni et Ga-
licani a — 25 consolibus a — 26 presencia a — 28 aecclesias a —
se om. 6 — 29 aecclesia a — 31 misse a — caelebrarentur 6 :
celebraretur a — 33 épis a b — 3t acciperit 6 — presbiter] psTa :
praesunt 6 — hordines a —
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UHIVERSITYOF MICHIGAN
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PREMIÈRE ÉDITION
RESTITUTION.
tianis, maxime fidelibus, quod Deus creavit, que tamen rationa/e*
sunt\ Hic fecit ordinationes III /?er mens, decemb. presbiteros XII
diaconos VIII episcopos per diversa loca XV. Qui [etiam] sepultus
est iuxta corpus beati Pétri 5 VIIII kal. iun. [Et] cessavit episcopa-
tusdiesXVI 6 .
XV. — VICTOR, natione Afer, ex pâtre Felice, sedit ann. X m. II
d. X. Fuit [autem] temporibus Cesaris, a consulatu Commodi II
et Glabrione l usque ad Laterano et Rufino. Hic constituit ut 2
Pascha die dominico celebraretur, sicut et 3 Eleuter. Hic fecit se-
quentes cleros. Martyrio coronatur. Et constituit ut necessitate fa-
ciente ubi * inventas fuisset, sive in flumine sive in mari sive in
fonte, tantum christiano confessione de cl ara ta 5 credulitafts, qui-
cumque hominum ex gentile veniens ut baptizarc/wr 6 . Et 1 fecit
concilium et interrogatio facta est de Pascha vel de die
prima cum Theophilo, episcopo Alexandriae, de luna. Hic
fecit ordinationes II [per mens, decemb.] presbiteros II II diaco-
nos VI episcopos per [diversa] locaWl. Qui et % sepultus est iuxta
corpus beati Pétri * V kal. aug. Et cessavit episcopatus dies XII.
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XVI. — ZEPHERINUS, natione Romanus, ex pâtre Abundio, sedit
ann. VIII m. VII à.. X. Fuit autem temporibus Antonini et Severi,
a consulatu Saturnini et Gallicani usque ad 1 Praesentem et Stricato
consulibus. Hic constituit praesentia omnibus clericis et laicis fide-
libus$û>e clericus sive levita sivesacerdos ordinaretur. Et fecit cons-
titutum de ecclesia etpatenas vitreas an te se 2 sacerdotesin ecclesia
et ministros supportantes du m 3 episcopus missa celebraret, an te se
sacerdotes omnes * adstantes, sic missae celebrarentur ; excepto
quod ius episcopi intérêt tantum, clerus sustineret omnibus prae-
sentes ; ex ea consecratione de manu episcopi iam coronam conse-
cratam acciperet presbiter tradendam populo. Hic fecit ordinationes
1 1 1 1 per mens, decemb. presbiteros XIIII diac. VIII episcopos per
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
4. rationalis et humana est.
5. < in Vaticano >
6. d. V.
XV. — 1. Gravione.
2. < sanctum >
3. om.
4. ut ubiubi.
5. credulitatis clarificata.
6. Les ordinations sont placées ici.
7. Et — luna] Hic fecit constitutmn aJ interrogationem sacer-
dotum de circulo Paschae ut dominico Paschae cum presbiteris et
episcopis factam conlationem et accersito] Theophilo, episcopo
Alexandriae, facta congregatione, ut a XIIII (luna priini menais us-
que ad XXI diem dominicum custodiatur sanctum Pascha.
8. Qui et] Hic.
9. < apostoli in Vaticano >
XVI. - i. om.
2.om.
3. donec, sauf D.
4. cm.
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LIBER PONTIFICALIS
ABRÉGÉ FÉLICIEN.
ABRÉGÉ CONONIEN.
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cit ordinationes III I per mens, decemb. presb. XII II
diac. VIII episcopos per loca XIII. Qui sepultus est in
cimiterio suo,iuxta cimiterium Calesti, via Appia, VIII
kl. sept. Et cessavit episcopatus dies V.
XVII. — Calistus, natione Romanus, expatre Domitio,
de regione Urberavennantium, sedit ann. VI mens. II
dies XI. Fuit temporibus Macrini et Theodoliobolli, a
consolatu Antonini et Alexandri. Hic martyrio corona-
tur. Hic constituit ieiunio die sabbati ter in anno fieri,
frumento, vini et olei secundum prophetam quarti men-
sis, septimi et decimi. Qui sepultus est cymiterio Cale-
podi, via Aurélia, miliario III, prid. id. octob. Hic fecit
ordinationes V per mens, decemb. presb. XVI diac. IIII
episcopos per loca VIII. Quievit episcopatus dies VI.
XVIII. — Urbanus, natione Romanus, ex pâtre Pon-
tiano, sedit ann. IIII mens. X dies XII. Hic ministeria
sacrata argentea constituit et patenas argenteas XXV
posuit que etiam clericos confessor temporibus Diocli-
tiani. Hic sua traditione multos convertit adbaptismum,
etiam Valerianum, sponsum sanctae Caeciliae, et multi
martyrium coronati sunt per eius doctrinam. Hic fecit
ordinationes V per mens, decemb. presb. XVIIII diac.
VII episcopos per loca VIII. Qui sepultus est cimitirio
Pretextati, via Appia, quem sepelivit beatus Tiburtius
XII II kl. iun. Et cessavit episcopatus dies XXX.
XVIIII. — Anteros, natione Grecus, expatre Romolo,
sedit an. XII mens. I dies XII. Martyrio coronatur
temporibus Maximini et Africani consulibus. Hic gesta
martyrum diligenter a notariis exquisivit et in ecclesia
recondit propter quondam Maximo presbitero martyr
effectus est. Hic ordinavitunumepiscopum. Qui sepul-
tiones IIII presb. XIIII diac. VIII episcopos XIII. Se-
pultusque est in cimiterio, iuxta cimiterio Calisti, via
Appia, VIII k. sept. Cessavit episcopatus dies V.
5 XVII. — Calistus, natione Romanus, ex pâtre Domitio,
de regione Urberabennatium, sedit an. V mens. XI
diesX. Fuitautem temporibus Marini et Theodoliobilli,
a consolatu Antonini et Alexandri. Martyrio coronatur.
Hicconstituitieiunium sabbati ter in anno fieri, frumenti,
10 vini et olei secundum propbetiam quarti septimi et de-
cimi mensis. Hic fecit basilicam trans Tyberim et cimi-
terium via Appia qui dicitur Caliste. Qui etiam sepultus
est in cimiterio Calepodi, via Aurélia, miliario III, prid.
id. octob. Hic fecit ordinationes V presb. XVI diac. IIII
15 episcopos VIII. Cessavit episcopatus dies XVI.
XVIII. — Urbanus, natione Romanus, ex pâtre Pon-
tiano, sedit an. VIIII mens. I dies II. Hic ministeria
sacrata argenteas constituit et patenas argenteas XXV
posuit. Qui etiam clare confessor temporibus Diocliciani.
20 Hic multos convertit ad baptismum, etiam Valeriano,
sponso sanctae Ceciliae. Hic fecit ordinationes V presb.
XVIIII diac. VII episcopos VIII, sepultusque est in ci-
miterio Pretextati XIIII kl. iun. Cessavit episcopatus
dies XXX.
25
XVIIII. — Pontianus, natione Romanus, pâtre Calpur-
nio, sed. an. V mens. II dies XXII. Martyrio corona-
tur. Hic fuit temporibus Alexandri, a consulatuPonpeiani
30 et Peliani. Eo tempore Pontianus episcopus et Yppolitus
presbiter exilio sunt deputati ab Alexandro in Sardinia
insula Bucina, Severo et Quintiano consulibus, ibique
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i ordinationes c — mense december c — 2 diac. VII 6 —
3 cimitirio 6 c — cimitirium c — Calesti om.c — VIII kl. sept.
om. a b — 4 die VI c
XVII. — 5 Domicio c — 6 ann. V 6 — 7 fuit < auteni > 6 —
8 consulato o 6 — 10 profheta c — quarti et septi et decimi men-
sis c — H cymityrio a : cimitirio c — 12 Aurilia bc — 13 mense
decemb. c — presb. XV 6 — 14 VII 6 — episcopatum c — V 6
XVIII. — 17 ann. III a b — 19 eciam clericus confesore c —
Oiaclitiani c — 20 baptismo a b : babtismum c — 21 spunsum c
— Ceciliae a b : Caecilie c — 22 martyrio a : martyrum c —
23 mense c — XVIII... VI... VII 6—24 cymiterio 6 — 25sepel-
livit 6 — Tyburtius a b : Tiburcius c
XVIIII. — 27.Anterus a : Antherus 6 — Gregus c — 28 an.
XI a 6 — 29 consolibus c — 30 atariis a — exquesivit 6 — 31 re-
condidita — condam c — marthyr c —
2 Calesti 6 — 3 Apia a — VI 6
XVII. — 5 Roma a — Domicio 6 — 6 Urberabenatium a : Ur-
berabinnatium 6 — 7 Teodoliobilli a — 8 martirio 6 — 10 et
vini a — proficiam a — VII et X 6 — VII a — 11 mensis om. b
— 12 que a — 13 Calipodi a — Aurilia 6 — 14 diac. VII a
XVIII. — 17 Ponciano 6 — 18 XV a — 19 Diocliciano a —
20 multus 6 — 21 sancte a — 22 ep. VIIII a
XVIIII. — 27 Poncianus 6—29 consolatu a — 30 Poncianus a
— Yplitus 6—31 Alaxandro 6 — 32 in insola a — consoli-
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PREMIÈRE ÉDITION.
RESTITUTION.
[diversà] loca XIII. Qui [etiam] sepultus est in cimitirio suo, iuxta
cimitirium Calisti, via Appia, VIII kal. sept. Et cessavit episcopa-
tus dies V.
XVII. — CÀLISTUS, natione Romanus, ex pâtre Domitio,deregione
Urberavennantium, sedit ann. VI m. II d. X. Fuit autem tempori-
bus Macrini et Theodoliobolli, a consulatu Antonini et [Alexan-
dri. Hic martyrio coronatur. Hic construit ieiunium die sabbati ter
in anno fieri, frumenti, vini et olei, secundum prophetiam quarti l
mensis,septimi etdecimi. Hic fecit basilicam trans Tyberim*
{et 3 cimiterium via Appia qui dicilur Calisti). Qui etiam sepultus
est in cyraiterio Calepodi, via Aurélia, miliario 111, prid. id. octob.
Hic fecit ordinationes V per mens, décerna, presb. XVI diac. II II
episcopos/;er [di versa] loca VIII. [Et] cessavit episcopatus dies XVI.
XVIII. — URBANUS, natione Romanus, ex pâtre Pontiano, sedit
ann. IlIIm. X d. XÏI. Hic * ministeria sacrata argentea constituit
et patenas argenteas XXV posuit. Qui etiam clare confessor tem-
poribus Dioclitiani. Hic sua (raditione multos convertit ad bap-
tismum a , etiam s Valerianum *, sponsum sanctae Ceciliae * ; et 8
multi martyrium coronati sunt per eius doctrinam. Hic fecit
ordinationes V per mens, decemb. presbiteros XVIII I diaconos VII
episcopos per [diversa] loca VIII. Qui [etiam] sepultus est in cimi-
terio Praetextati, via Appia, quem sepelivit beatus Tiburtius XIIII
kal.iun. Et cessavit episcopatus dies XXX.
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Q.
XVI1II. — PONTIANIÎS, natione Romanus, ex pâtre Calpurnio,
sedit ann. VI III m. V d. II. Martyrio coronatur. {Hic fuit) l tem-
poribus Alexandri, a consolatu Pompeiani et Peliniani. Eodemtem-
pore Pontianus episcopus etYppolituspresbiterexilio sunt deputati 2
ab Alexandro in Sardinia insula Bucina, Severo etQuintiano consuli-
bus. Ineadem insula adflictus, maceratus fustibus,defunctus est///
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VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
XVII. — i. quarti-decimi om. saufE.
2. Les ordinations sont placées ici.
3. et - Calisti] Qui fecit alium cymiterium via Appia ubi multi
sacerdotes et martyres requiescunt, qui appellatur usque in ho-
diernum diem cymiterium Calisti. La place de cette phrase, entre la
séputure et la vacance, est insolite. Bien que le texte de « ne soit
représenté que par K, j'incline à croire que la seconde édition offre
ici un remaniement de la première.
XVIII. 1. — Hic-constituilJ Hic fecit m. s. omnia arg.
2. <et credulitatem>
3. <et> saufC" E*.
4. <nobilissimum virum>
5. <quos etiam usque ad martyrii palmam perduxit>
6. et per eius monita multi martyrio coronati sunt
XVIIII. — 1. Fuit autem, qui est probablement aussi la leçon de *.
2. deportati
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LIBER PONTIFJGALIS
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ABRÉGÉ FÉLICIEN.
tus est in cimitirio Calesti, via Appia, IIII non. ian. Et
cessavit episcopatus dies II.
ABRÉGÉ GONONIEN.
maceratus fustibus defunctus est VI kl. novemb. Hic
fecit ordinationes II presb. VI diac. V episcopos VII.
Quem beatus Fabianus adduxit et sepelivit in cimiterio
Càtacumbas. Cessavit episcopatus dies X.
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XX. — Poihtianus, natione Romanus, ex pâtre Calpur-
nio, sedit ann. VII II mens. V dies II. Martyrio corona-
tur temporibus Alexandri, a consulato Pompeiani et Pe-
liniani. Eodem tempore Pontianus episcopus et Hippo-
litus presbiter exilio sunt deputati ab Alexandro in Sar-
dinia insula Bucina, Severo et Quintiano consulibus. In
eadem insula adflictus, maceratus fustibus, defunctus
est III kl. novemb. Hic fecit ordinationes II presb. VI
diac. V episcopos per loca VII. Quem beatus Fabianus
adduxit navigio, sepelivit in cimiterio Calesti, via Appia.
Cessavit episcopatus a die depositionis eius ab XI kl.
decemb.
XXI. — Fabianus, natione Romanus, ex pâtre Fabio,
sedit ann. XI III mens. I dies XI. Martyrio coronatur.
Fuit autem temporibus Maximi et Africani usque ad 20
Decio II et Quadrato, et passus est XIIII kl. feb. Hic re-
giones dividit diaconibus et fecit VII subdiaconos qui
septem notariis inminerent ut gesta martyrum fideli-
ter colligerent. Post passionem eius Moyses et Maximi-
nus presbiteri et Nicostratus diaconus conprehensi sunt. 25
Eodem tempore Moyses in carcere defunctus est, qui fuit
ibi mens. XI et sic multi christiani fugierunt. Hic fecit or-
dinationes V per mens, decemb. presb. XXII diac. episco-
pos per loca XIIII. Qui sepultus est in cimiterio Calesti,
via Appia, XIII kl. febr. Et cessavit episcopatus dies VII. 30
XX. — Anterus, natione Grecus, pâtre Rumulo, sedit
an. XIII mens. I dies XVIIII. Martyrio coronatur tem-
poribus Maximini et Africani consolibus. Hic gestas
martyrum exquisivit et in ecclesia recondit propter
quondam Maximum presbiterum martyr effectus est. Hic
ordinavit unum episcopumincivitate FundisCampaniae.
Sepultusque est in cimiterio Calestini III non ian. Ces-
savit episcopatus dies VII.
XXI. — Fabianus, natione Romanus, pâtre Fabio, sedit
an. XIII mens. I dies X. Martyrio coronatur. Fuit tempo-
ribus Maximi et Africani usque ad Decio II et Quadrato.
Hic regiones dividit diaconibus et fecit VII subdiaconos
qui septem notariis inminerent ut gestas martyrum
fideliter colligerent et multas fabricas per cimiteria
fieri precepit. Hic fecit ordinationes V presb. XXII diac.
VIII episcopos XIII. Sepultusque est in cimiterio Ca-
listiXIII k. febr. Cessavit episcopatus dies VII.
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XXII. — Cornélius, natione Romanus, sedit ann. I
mens. II dies III. Martyrio coronatur. Hic temporibus
1 cymiterio b — et om, c
XX. — 6 Calpfurnio c — 7 ann. VIII 6—8 console c — 9 Pon-
cianus c — Ippolitus a : Hyppolitusc — 10 depotati a — i 1 in-
solac — Quinciano consolibus c — 12insolac — 13 IIII kl. c —
ordinaciones c — presb. V 6 — 14 loca VI 6 — 15 sepellivit b
— cimitirio a — Apia a — 16 cessavit episcopatus om. a b —
depst. a : depost. 6 : deposiciones c
XXI. — 18 nacione c — 19 marthyrio c — 20 autem om. c —
Afrecani a : Affricani c — 22 divisit a 6 — VI b — subdiac. a b :
subdiaconibus c — qui septem] VII q c — 23 inminirent c —
24 colligent a : collegerent 6 — pasionem c — Maximianus a
— 28 ordinaciones c — 29 cimitirio a — 30 XIIII a 6 —dies VI b
XXII. — 33 Cornilis c — 34 marthirio c —
XXII. — Cornélius, natione Romanus, sedit an. II
mens. III dies X. Martyrio coronatur. Sub hujus epis-
XX. — 6 Antherus a — pater Humulo a — 8 Afrigani b —
9 exquisivit-martyr om. a
XXI. — 19 marthyrio a — 20 Afrigani6 — 21 regionis dividet
b — subdiaconus a — 22 noctarus a — marthyrum a — 23 fide-
liter filiciter b — coligerunt a — fabrica a — cimiria 6 —
24 hordinationes a — presb. XXV a — 26 XVI k. a
XXU. — 33 Cornilius 6 — 34 marthyrio a —
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PREMIÈRE ÉDITION
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RESTITUTION.
kl. novemb. [et 3 in eiuslocumordinalus estAntherosXIk. decemb.] .
Hicfecit ordinationes II [per mens decemb.] presbiteros VI diaco-
nos V episcopos per [diversa] loca VII. Quem beatus Fabianus ad-
duxit navigio* et sepelivit in cimiterio Calesti, via Appia. [Et]
cessa vit episcopatus dies X.
XX. —ANTEROS, natione Grecus, ex pâtre Romulo, sedit ann. XII
m. I d. XII. Martyrio coronatur temporibus Maximini et Africani
consulibus. Hic gestas martyrum diligenler a notariis exquisivit et
in ecclesia recondit propter quondam 1 Maximo presbitero [qui]'
martyr effectus est 3 . Hic ordinavit 4 unum episcopum in civi-
tateFandis Campaniae*. Qui [etiam] sepultus est in cimiterio Ca-
lesti, via Appia, III non ian. Et cessavit episcopatus dies VII*.
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XXI. — FABIANUS, natione Romanus, ex pâtre Fabio, sedit
ann. XIII I m. I * d. XI. Martyrio coronatur. Fuit autem tempori-
bus Maximi et Africani usque ad Decio II et Quadrato et passus est
XlIIIkal. feb. Hic regiones dividit diaconibus et fecit VII subdia-
conos qui septem notariis inminerent ut gestas martyrum 2 fideli-
ter colligerent, et multas fabricasper cimiteria fieri precepit. 3 Post
vassionem eius Mot/ses et Maximinus 4 presbiteri et Nicostratus
diaconus co?iprehensisunt[et s in carcerem missi sunt]. Eodem tem-
porc [supervenit B Novatus ex Africa et separavit de ecclesia Nova-
tianum et quosdam conf essor es postquam] Moyses in carcere de-
functus est, gui fuit ibimensesXI; etsicmultichristiani fugierunt.
Hic fecit ordinatione? V per mens, decemb. presbiteros XXII diaco-
nos VIII episcopos per [diversa] /oca XIII. Qui [etiam] sepultus est
in cimiterio Calisti, via Appia, XIII kl. feb. 2s* cessavit episcopatus
dies VII.
XXII.— CORNELIUS, natione Romanus\ sedit ann. II m. II d.I IL
Martyrio coronatur. Sub huius episcopatu Novatus Novatianum
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
3. et- decemb. suppléé d'après L et P; cependant A n'a pas XI k.
decemb.
4. cum clero per navem.
XX. — 1. quodam P probablement, mais la leçon quondam
existe aussi.
1. suppléé d'après P.
3. martyrio coronatus est.
4. fecit.
Liber pontificalis.
5. < per mens, decemb. >
6. d. XIII.
XXI. — 1. m. XI.
2. <in inlegro>
3.<Et>
4. Maximus.
5. Ces deux passages sont rétablis d'après Let P.
XXII. — i, <ex pâtre Gastino>
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66 LIBER PONTIFIGALIS
ABRÉGÉ FÉLICIEN. ABRÉGÉ GONONIEN.
suis rogatus a quendam matronam corpora aposto- copatu Novatus Novatianum extra ecclesia ordinavit et
lonim beati Pétri et Pauli de Catacumbas levavit Affrica Nostratum. Hocfactum confessores qui se aCor-
noctu ; primum quidem corpus beati Pauli accepto nelio separaverunt cum Maximo presbitero, qui cum
beata Lucina posuit in predio suo, via Ostense, iuxta Moyse fuit, ad ecclesiam sunt reversi fidèles. Post hoc
locum ubi decollatus est ; beati Pétri apostoli accepit 5 Cornélius episcopus Genturacellis pulsus est et ibidem
corpus beatus Cornélius episcopus et posuit iuxta locum scriptam epistolam de sua confirmatione martyrii missa
ubi crucifixus est, inter corpora sanctorum, in templum a Cypriano accepit, quam Cyprianus in carcerem scripsit,
Apollonis, in monte Aureo, in Vaticanum palatii Neronis, et de Celerino lectore. Hic temporibus suis rogatus a
III kl. iul. Post hoc factum fecit ordinationem I presb. quodam matrona corpora apostolorum Pétri et Pauli de
VIII. Qui etiam decollatus est ad templum Martis; eu- 10 Catacumbaslevavit noctu iprimumque corpus beati Pauli
ius corpus noctu collegit beata Lucina et sepelivit in accepto beata Lucina posuit in predio suo, via Ostense,
cripta iuxta cimitirio Calesti, via Appia, in predio suo, iuxta locum ubi decollatus est; beati Pétri corpus accepit
XVIII kl. oct. Et cessavit episcopatus dies LXVI. Cornélius episcopus et posuit iuxta locum ubi crucifixus
est, inter corpora sanctorum episcoporum, in templo
15 Apollonis, in monte Aureo, in Vaticano palacii Neroniani,
III k. iul. Fecit autem ordinationem unam presb. VIII.
Post hoc ambulavit noctu Centumcellis. Eo tempore au-
divit Decius eo quod epistolam accepisset a beato Cypriano
Cartaginensi episcopo ; a Centumcelis eum exibere fecit,
20 iussitque noctu sibi praesentari dicensque ei : Sic défi-
nisti ut nec deos consideris nec praecepta maiorum nec
nostras minas timeas ut contra rempublicam litteras ac-
cipias et dirigas? Cornélius respondit : Ego de corona
Domini litteras accepi, non contra rempublicam. Tune
25 Decius iussit os eius cum plumbatis cedi et duci eum ad
templum Martis ut adoraret aut capite truncaretur ; quae
et factum est. Corpus vero eius beata Lucina sepelivit
iuxta cimîterium Calsti, in praedio suo, XVIII k. oct.
Cessavit episcopatus dies LXVI.
XXIII. — Lucius, natione Romanus, ex pâtre Purfu- 30 XXIII. — Lucius, nationeRomanus, pâtre Purfirio,se-
rio, sedit ann. III mens. III dies III. Martyrio corona- dit an. III mens. VIII dies X. Martyrio coronatur. Fuit
tur. Fuit temporibus Galli et Volusiani usque ad Vale- autem temporibus Galli et Volusiani usque ad Valeria-
riano III et Gallicano. Hic in exilio fuit, postea nutu num III et Gallicanum. Ab exilio notu Dei ad ecclesiam
Dei incolomis ad ecclesiam reversus est. Hic precepit ut incolomis reversus est. Hic precepit ut duo presbiteri et
duo presbiteri et très diaconi in omni locum episcopum 35 très diaconi in omni loco episcopum non desererent
non desererent propter testimonium ecclesiastico. Qui propter testimonium. Hic a Valeriano capite truncatur
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4 Luciana ab — presidio a — Hostense a : Ostensae c — 1 aecclesia a — oriinavitom. 6 — 3 Cornilio o — 4 Moysy a —
5 loco ab — est cm. a — 6 Cornilius c — 7 est < aureo in Va- aecclesiam a — fidelis b — o Cornilius b — hibidem a — 6 con-
ticanum palalii > b — templo b — 8 Appollonis a — palacii c firmationem b — marthyrii a — 7 Cipriano a — 8 Clerino a — ro-
— 9 ordinatione a : ordinacione una c — 10 VII b — eciam gatum a— 9 codam a — 12 hubi decolalus a — 13 Cornilius b —
decolatus c — 11 Luciana a b — 12 cymiterio 6: cimitirium c 15 Apolonis a — 17 nocte a — Centumcaelis a — 18 accipisseta
5, . — Apia a — 13 XVII 6 Cipriano a — 19 Cartaginensis a — ëps ab — Centumcaelis 6 —
20 praeseutare b — 22 timinas a — literas a — 25 nos a
XXIIT. — 30 nacione c — Purphyrio 6 — 31 marthyrio c — XXIII. — 30 Lulius a — 33 Gallicano 6 — aecclesiam a —
33 nuto a b : natu c — 34 ecclesia ab — 35 lococum episcopo c 35 è~ps ab — deesserent a —
— 36 pro testimonio eclesiastico c —
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PREMIÈRE ÉDITION
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RESTITUTION.
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extra ecclesia ordinavit et Affrica Nicostrattim. Hoc factura con-
fessons qui se a Cornelioseparaverunt cum Maximo presbitero, qui
cum Moyse fuit, ad ecclesiam sunt rêver si * fidèles. Post hoc Corne-
lius episcopus Centumcellis puisus est et ibidem scriptam epistolam
de sua confirmatione martyr ii* missa a Cypriano accepit, quam
Cyprianus in carcerem scripsit, et de Celerino lectore. Hic tempori-
bus suis rogatus a quodam matrona 4 corpora apostolorum beati Pétri
et Pauli de Gatacumbas levavit noctu. Primum* quidem corpus
beati Pauli accepto beata Lucina posuit in predio suo, via Ostense,
iuxta locum ubi decollatus est; beati Pétri accepit corpus beatus
Cornélius episcopus et posuit iuxta locum ubi crucifixus est, inter
corpora sanctorum episcoporum, in templo Apollonis,in monte Aureo,
in Vaticanum palatii Neroniani, III kal. iul. Fecit * autem ordi-
nationemlpresb. VIII. Post hoc ambulavit noctu Centumcel-
lis. Eo 7 tcmpore audivit Decius eo quod epistolam accepisset a beato
Cypriano Cartaginensi episcopo : ( 8 a Centumcelis eum exibere fecit
iussitque noctu sibi praesentari dicensque ei) : a Sic définis ti utnec
» deos consideris nec praecepta maiorum nec nostras minas timeas t
» ut contra rempublicam lit ter as accipias et dirigas ? » — Corné-
lius 9 respondit i0 : « Ego de corona Domini lf lit ter as accepi } non
» contra rempublicam !1 . » — Tune Decius 1S iussit os eius u cum
plumbatis cedi et ,R duci eum ad templum Martis ut adoraret
{aut n capite truncaretur). Quod et 11 factum est. Quieiiam decol-
latus est [in locum " supradictum ,9 ]. Cuius corpus noctu collegit
beata Lucina 20 et sepelivit in cripta iuxta cimiterium Calisti, via
Appia, in predio suo, XVIII kal. octob. Et cessavit episcopatus
diesLXVI.
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XXIII. — LUCIUS, natione Romanus, ex pâtre Purfirio, sedit ann.
III m. III d. III. Martyrio coronatur. Fuit autem temporibus Galli
et Volusiani usque ad Valeriano III et Gallicano. Hic in exilio fuit;
postea nutu Dei incolomis ad ecclesiam * reversus est. Hic precepit
ut duo presbiteri et très diaconi in omni loco episcopum non dese-
rerent propter testimonium ecclesiastico. Qui etiam a Valeriano ca-
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
2. <et facti sunt confessores> 3. om. sauf D.
4. < Lucina ]> 5. prius.
6. Fecit -VIII om. Les ordinations qni figurent dins certains nus.
de P proviennent de la notice suivante.
7. Eodem. — Ici commence un long extrait de la passio Cor-
nelii dont F n'a laissé subsister que la fin et que K a, suivant sa
coutume, abrégé tantôt par résumé, tantôt par suppression. U est
évident que le texte de itne différait en inen de celui de P.
8. ( ) misit Centumcellis et exhibuit beatum Cornelium episco-
pum, quem tamen iussit presenlari sibi in terlude noctu ante tem-
plum palatii. Quem ita adgreditur dicens.
9. <episcopus> 10. <dicens> il. <mei>
12. <sed magis animas redimendas>
13. < iracundia plenus>, mais BCD l'omettent.
14. eius] beati Corneli, sauf BCD. 15. <praecepit>
16. ( ) quod si non fecerit, dicens capite truncari.
17. Quod et] Hoc autem.
13. J'ai suppléé in locum supradictum d'après P. L'abréviateur
félicien écrit ad templum Martis parce qu'il a éliminé les lignes pré-
cédentes où le temple de Mars était nommé comme lieu de l'exécution
de Cornélius ; mais il est bien probable que ces mots ne figuraient
point après decollatus est dans le texte qu'il avait sous les yeux.
19. <et martyr effectus est> 20. <cum clericis>
XXIII. - 1. < suam >
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LIBER PONTIFICALIS
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etiam a Valeriano capite truncatus est IUInon. mart.
Hicfecit ordinationes II per mens, decemb. presb. IIII
diac. IIII episcoposperlocaVII. Qui etiam sepultusest
in cimitirio Calesti, via Appia. Cessavit episcopatus
dies XXX. 5
XXIIII. — Stephanus, natione Romanus, ex pâtre Io-
bio, sedit ann. VI mens. V dies IL Martyrio coronatur.
Fuit temporibus Valeriani et Gallicani et Maximi usque
ad Valeriano III et Gallicano IL Hic constituit saeerdo-
tes et levitas ut vestes sacratas in usum cotidianum non to
uti nisi in ecclesia. Hic fecit ordinationes II per mens,
decemb. presb. VI diac. V episcopos per loca IL Sepul-
tus est in cimitirio Calesti, via Appia, III non. aug.
Cessavit episcopatus dies XXII.
XXV. — Xystus, natione Grecus, exphilosopho, sedit 15
ann. I mens. X dies XXIilI. Martyrio coronatur. Fuit
temporibus Valeriani et Decii. Truncati sunt capite cum
beato Xysto VI diaconi Felicissimus Agapitus Ianuarius
Magnus Vincentius et Stephanus VI id. aug. Et presbi-
teri prefuerunt a consolât u Maximo etGravione II usque 20
Tusco et Basso consolatu Tusci et Bassi usque XIII kl.
aug. quo tempore fuit magna persecutio sub Decio. Et
post passionem beati Xysti post dies III passi sunt Lau-
rentius eius archidiaconus et Glaudius Severus presbi-
ter et Romanus ostiarius et Crescentius lector. Hic fecit 25
ordinationes II presb. IIII diac. VII episcopos per lo-
ca IL Sepultus est in cymiterio Calesti, via Appia; nam
VI diaconi eius in cymitirio Pretextati, via Appia, VIII
id. aug. ; beatus vero Laurentius sepultus est via Tibur-
tina in cripta, in agro Verano, IIII id. aug. Et cessavit 30
episcopatus ann. IL
IIII non. mart. Hic dum ad passionem pergerit potesta-
tem dédit Stephano archidiacono ecclesiae suae. Fecit
ordinationes II presb. IIII diac. IIII episcopos VII. Se-
pultusque est in cimiterio Calisti VIII k. sept. Cessavit
episcopatus dies XXXV.
XXIIII. — Stephanus, natione Romanus, ex pâtre Iov.,
sedit an. VI mens. II dies V. Martyrio coronatur. Fuit
autem temporibus Gallicani et Maximi usque ad Vale-
rianum III et Gallicano IL Hic constituit sacerdotes et
levitas ut vestes sacratas in usu cotidiano non uti nisi in
ecclesia. Hic fecit ordinationes II presb. VI diac. V epis-
copos IL Sepultusque est in cimiterio Calisti, via Appia,
IIII non. aug. Cessavit episcopatus dies XXII.
XXV. — Xystus, natione Romanus, ex philosopho, se-
dit an. I mens. X dies XXII. Martyrio coronatur. Fuit
autem temporibus Valeriano, a consulatu Maximi et Gra-
vionis II usque Tusci et Bassi usque XIII k. aug. quo
tempore fuit magna persecutio sub Decio. Et post pas-
sionem eiusdem beati Xysti die IIII passus est Lauren-
cius eius archidiaconus. Hic fecit ordinationes II presb.
IIII diac. VII episcopos IL Qui etiam sepultus est in
cimiterio Calisti, via Appia. Cessavit episcopatus an. IL
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1 eciam c — Veleriano 6 — mar. a : marc, bc — 2 ordina-
ciones c — mense c — 3 VI 6 — eciam c — 4 cymitr. b
XXIIII. — - 6 Sthephanus o 6 : Stefanus c — nacione c — 7
ann. V 6 — marthyrio c — 10 codianum c — H ordinaciones c
—mense december c — 12 presb. V b — 13 est om. c —cymitr. 6 :
cimityrio c
XXV. — 15 Xistus nacione c — 16 marthyrio c — 18 Sixto VI
diac. a : Xysto V diaconos b : Xisto sex diacriï c — Filicissi-
mus a — 19 Vincencius c — et ante Steph. om. 6—20 consu-
lato a b — II] ti c — 21 Basso] Basa c — consulato a b — XII c
— 22 persequutio b : persecucio c — 23 pasionem c — Xisti c
— diem c — 24 arcidiaconus ac — Severis c — 25 Romanius c
— uftiarius c — Criscentius a b : Cressentiusc — 26 ordinacio-
nes c — VI 6 — 27 cimitirio a : cymitirio c — 28 V 6 — cimi-
tirio a : cymitr. 6— VII b — 29 < in > via c — Tyburtina 6 —
30 chripta a
2 aecclesiae a — 3 diac. VII 6
XXIIII. — 7 martyrio natur a — 8 Galiani... Galiano a
10 uso 6 — 11 aecclesia a — 13 non. jm. b
XXV. — 15 philosofo 6—17 consolatu a •
21 archydiaconus a — 23 Apia a
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PREMIÈRE ÉDITION
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RESTITUTION.
pite truncalus est IIII non. mart. Hic* potestatem dédit ecclcsiac suaé*
Stephano archidiacono suo dum ad passionem pergeret. Hic fecit
ordinationes II pcr mens, decemb. presbiteros IIII diaconos IIII
episcopos per [divcrsa] loca VII. Qui etiam sepultus est in cimiterio
Calisti, via Appia. VIII k. sept. [Et] cessavit episcopatus diesXXXV.
XXIIII. — STEPHANUS, natione Romanus, ex pâtre Iobio, sedit
ann. VI m.Vd. IL Martyrio coronatur. Fuit autem temporibus Vale-
rianiet Gallicani et Maximi usque ad Valeriano III et Gallicano II.
Hic -constituit sacerdotes et levitas ut vestes sacratas in usu coti-
diano nonuti, nisi in ecclesia 1 . Hic fecit ordinationes II pcr mens,
decemb. presbiteros VI diaconos V episcopos per [diversa] loca II.
[Qui etiam] sepultus est in cimiterio Calisti, via Appia, IIII non. aug.
[Et] cessavit episcopatus dies XXII.
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XXV. — XYSTUS, natione Grecus, ex philosopho, sedit ann. I m. X
d. XXIIII. Martyrio coronatur. Fuit autem temporibus Valeriani et
Decii 1 ... (Truncati sunt capite cum beatoXysto) VI diaconi, Felicis-
simus*, AgapituSy Ianuarius, Magnus, Vincentius et Stephanus* VI
id. aug. Et presbiteri prefucrunt a consulatu Maximo et Gravione II
usque Tusco et Basso [a] consulatu Tusci et Bassi usque XIII kal.
aug., quo tempore fuit 4 magna persecutio sub Decio. Et post
passionem beati Xysti post dies III* passus est 6 Laurentius eius
archidiaconus et 7 Claudius Severus presbiter et Romanus ostiarius
et Cresccntius lector. Hic fecit ordinationes II [per mens, decemb.]
presbiteros IIII diaconos VII episcopos per [diversa] loca II. Qui
etiam 9 sepultus est in cymiterio Calisti, via Appia; nam VI dia-
coni eius • in cymiterio Pretextati, via Appia, VIII id. aug. 10 ;
bcatus vero " Laurentius sepultus est via Tiburtina 12 in
cripta, in agro Verano, IIII id. aug. 13 Et cessavit episcopatus
ann. II".
VARIANTES DE LA SECONDE EDITION
2. En conservant cette phrase, Vabrégé K intervertit f ordre des
mots ; je le rétablis d'après P. 3. omnis .
XXIIII. — i. <tantum>
XXV. — i. Lacune commune aux deux abrégés. Il est possible que la
seconde édition ait subi ici un remaniement : la répétition des mots quo
tempore-persecutio semble l'indiquer. Voici le texte de P: et Decii, quo
tempore fuit maxima persecutio. Eodem tempore hic conprehensus
est a Valeriano et ductus ut sacrificaret demoniis. Qui contempsit
praecepta Valeriani ; capite truncatus est et cum eo alii VIdiaconi etc.
2. <et>, omis par BCW.
3. sub die VIII id.
4. fuit magna pers.] sevissima persecutio urguebatur.
5. tertia die.
6. <beatus>
7. et <subdiaconus> Claudius <et>
8. vero.
9. supradicti sepulti sunt.
10. VIII id. aug. om. sauf E.
il. beatus vero] supradictus autem beatus.
12. sep. -Tiburtina] in cymiterio Cyriaces; E combine les deux
leçons.
13. IIII id aug.] cum aliis multis martyribus. — E a encore les
deux leçons à la fois.
14. dies XXXV.
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LIBER PONTIFICALIS
ABRÉGÉ FÉLICIEN.
ABRÉGÉ CONONIEN.
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XXVI. — Dionisius, ex monacho, cuius generatione
repperire non potuimus, sedit ann. VI mens. II dies
IIII. Fuit temporibus Gallieni, ex die XI kl. aug. Emi-
lianoet Basso consolibus usquein die VII kl. ianuar. a
consolatu Glaudi et Paterni. Hic presbiteris ecclesias de-
dit et cymiteria et parrochias diocesis constituit. Hic fe-
cit ordinationes episcopos VII per loca. Sepultus est in
cimitirio Calesti, in via Appia, VI kl. ian. Et cessavit
episcopatus dies V.
XXVII. — Félix, natione Romanus, ex pâtre Constan-
tio, sedit ann. IIII mens. III dies XXV. Martyrio coro-
natur. Fuit temporibus Claudi et Auriliani, a consolatu
Claudi et Paterni usque ad consulatu Auriliani et Capi-
tulini. Hic constituit super sepulcra martyrum missa
celebrare. Hic fecit ordinationes II per mens, decemb.
presb. VIIII diac. III episcopos per loca XI. Sepultus
est in cimitirio suo, via Aurilia, miliario II, III kl. iun.
Et cessavit episcopatus dies V.
XXVIII. — Eutycianus, natione Tuscus, ex pâtre Marino,
sedit ann. I mens. I die I . Fuit temporibus Auriliani, a
consolatu Auriliano III et Marcellino usque in diem id.
decemb. Caro II et Carino consolibus. Hic constituit
fruges super altario benedici. Hic per loca GCCLXII
martyres sepelivit. Hic fecit ordinationes V per mens,
decemb. presb. XIIII diac. V episcopos per loca VIIII.
Quiet sepultus est in cimitirio Galesti, via Appia, VIII
kl. aug. Et cessavit episcopatus dies VIIII.
XXVIIII. — Gaius, natione Dalmata, ex génère
Dioclitiani imperatoris, ex pâtre Gaio, sedit ann. XI
mens. IIII dies XII. Fuit temporibus Cari et Garini,
ex die XVI kl. ian. a consolatu Caro II. Hic fugiens
XXVI. — D'onisius, ex monacho, cuius generatio in-
cognita habetur, sedit an. VIII mens. V dies IIII. Fuit
temporibus Galieni, ex die XI k. aug. Emilîano et Basso
consolibus usque VII k. ian. a consolatu Glaudi et
5 Paterni. Hic presbiteris ecclesias dividit et cimiteria et
parochias diocesis constituit. Hic fecit episcopos VII.
Sepultusque est in cimiterio Calisti Vk. ian. Cessavit
episcopatus dies V.
1 XXVI I . — Félix , natione Romanus , ex pâtre Constan-
tio, sedit an. IIII mens. I dies XXV. Martyrio coronatur.
Fuit autem temporibus Claudi et Paterni usque ad con-
solatum Aureliani III et Concapitulini. Hic constituit
super sepulcra martyrum missas celebiare. Hic fecit or-
15 dinaciones II presb. VIII diac. III episcopos XI. Qui et
sepultus est in cimiterio suo, via Aurilia, III k. iun.
Cessavit episcopatus dies V.
XXVIII. — Euticïanus, natione Tuscus, ex pâtre Ma-
20 rino,decivitateLuna,seditan. Imens.Id. II. Fuit autem
temporibus Auriliani, a consolatu Auriliano III et Mar-
cellino usque in diem id. decemb. Caro II et Carino
consolibus. Hic constituit ut fruges super altare tantum
fabe et uve benedicatur. Hic temporibus suis per diversa
23 loca CCGXLII martyres manu sua sepelivit. Fecit ordi-
nationes V presb. XIIII diac. VI episcopos VIIII. Se-
pultusque est in cimiterio Calisti VIII k. aug. Cessavit
episcopatus dies VIII.
XXVIIII. — Gaius, natione Dalmatinus, ex génère
30 Dioclitiani imperatoris, ex pâtre Gaio, sed. an. XI
mens. IIII dies VIIII. Fuit autem temporibus Clari et
Carini, ex die XVI k. ian. a consolatu Caro II et Carino
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XXVI. — 1 génération, c— 2 V 6 — 3 Galieni c — Emeliano a b
— 4 consulibus a b — diem a — VI 6 — 5 consulato a b — 6 ci-
mityr. a : cymitr. b — parrockices c — 7 ordinaciones c — epis-
copatus a — 8 cimityr. a : cimitr. b — V 6
XXVII. — 10 nacione c — Constancio c — H marthyrio c —
12 Aureliani a — consulato a b — 13 consulato a : consolatu c
— 14 supra c — sepultura a — inarthyrurn c — celebr. c —
15 Hic-decemb. om. c — 16 presb. VIII 6 — per loca om. a —
17 cimityrio a : cimitr. 6 — III om. a
XXVIII. — 19 Euticianus nacione c — 21 consulato a b — die
a b — 22 consulibus 6 — 23 CCCCLXII c — 24 martures c —
sepellivit a b — ordinaciones c — mense c — 26 cimityr. a :
cimitr. 6 ; cymitirio c — VII 6 — 27 VIII b
XXVIIII. — 29 nacione c — 30 e Diocleatiani a : et Diocle-
tiani b Dioclitiani c — 31 XV 6 — 32 consulato a b —
XXVI. — 1 monaco a — generatio < annis II > a — 3 ex]
et a — Emeliano a — 5 aecclesias a — 6 parrochias b — dio-
cissis 6 — VI a
XXVII. — 10 Constancio a — 13 consulatu a — Auriliani 6 —
IIII a — 14 sepulchra 6 — celebrari a — 15 qui et om. a —
16 Aurélia a
XXVI II. — 20 autem om. a — 21 Aureliani a — Marcelino a
- 22 Marino 6 — 27 que est om. a
XXVIIII. — 30 Diocliciani 6 — imperatoris om. a — Iaio a —
31 autem om. a — 32 ex om. a — Coro a —
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PREMIÈRE ÉDITION
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RESTITUTION.
XXVI. — DIONISIUS ex monacho, cuius generatûwe repperire
nonpotuimus, sedit ann. VI m. II d. IIII. Fuit [autem] temporibus
Gallieni, ex die XI kal. aug. Emiliano et Basso consulibus usque in
die Vllkal.ianuar. a consolatu Claudi et Paterni.Hic presbiteris ec-
clesias dédit et cymiteria et parrochias diocesis constituit. Hic fecit
ordinationes '... episcopos per [diversa] loca VII. [Qui etiam] se-
pultus est in cimiterio Calisti, via Appia, VI kal. ian. Et cessavit
episcopatus dies V.
XXVII. — FELIX, natione Romanus, ex pâtre Constantio, sedit
ann. IIII m. III d. XXV. Martyrio coronatur. Fuit autem tempori-
bus Claudi et Aureliani, a consulatu Claudi et Paterni usque ad
consulatu Aureliani//7 ' et Capitulini. Hic constituit super 2 sepul-
cra martyrum missas celebrare. Hic fecit ordinationes II per mens,
decemb. presbiteros VIIII diaconos III episcopos per [diversa] loca
XI 3 . Qui * et sepultus est in cimiterio suo, via Aurilia, milia-
rio 5 //, III kal. iun. Et cessavit episcopatus dies V.
XXVIII.— EUTYCIÀNUS, natione Tuscus, ex pâtre Marino, de civi-
tate Luna, sedit an. I m. I d. I. Fuit autem temporibus Auriliani, a
consolatu Auriliano III et Marcellino usque in diemid. decemb. Caro II
et Garino consolibus. Hic constituit ut fruges super altare tanium
fabe et uve benedici. Hic temporibus suis per diversa loca GCGXLII
martyres manu sua sepelivit l . Hic fecit ordinationes V per mens,
decemb. presbiteros XII II diaconos V episcopos per [diversa] loca
VIIII s . Qui et[iam] sepultus est in cimiterio Calisti, via Appia,
VIII kal. aug. Et cessavit episcopatus dies VIII.
XXVIIII. — GAIUS, natione Dalmata, ex génère Dioclitiani impera-
toris, ex pâtre Gaio, sedit ann. XI m. IIII d. XII. Fuit autem tem-
poribus G a ri l et Garini, ex die XVI kal. ian. a consulatu Caro II et
Carino usque in die X kal. mai. Diocliciano VI et Constantio IL
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VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
XXVI. — i. ord. II per mens, decemb. presb. XII diac. VI.
XXVII. — 1. III. om. 2. supra memorias.
3. XI] V.
4. Qui - suo ] Hic fecit basilicam in via Aurélia ubi et sepultus
est.
5. mil. <ab urbe Roma> II.
XXVIII. — i. sepelivit. <Qui et constituit ut quicumque de fide-
lium martyrem sepeîiret, sine dalmaticam aut colobium purpura
tum nulla ratione sepeliret, quod tamen usque ad noUtiam siM
devulgaretur. >
2. < et martyrio coronatur >
XXVIIII. — i. Cari et om. sauf E.
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AliUÉGÉ FÉLICIEN.
persecutione Diocletiani in criptis habitans confessor
quievit. Hic fecit ordinationes II II per mens, decemb.
presb. XVI diac. VIII episcopos per loca V. Sepultus
est in cymitirio Galesti, via Appia, X kl. mai. Gessavit
episcopatus dies XI.
XXX. — Marcellinus, natione Romanus, ex pâtre Pro-
iecto, sedit ann. VIIII mens. IIII dies XVI. Fuit tempo-
ribus Dioclitiani et Maximiani, ex die kl. iul. a conso-
latu Diocletiani VI et Constantio II usque Diocletiano
VIIII et Maximiano VIII,. quo tempore fuit persecutio
magna, infra XXX diebus XVI milia hominum promis-
cui sexus per diversas provintias martyrio coronaren-
tur. De qua re ipse Marcellinus ad sacrificium ductus
est ut turificarit, quod et fecit. Et post paucos dies
penitentiam ductus, abeodemDioclitiano pro fideChris-
ti cum Claudio et Quirino et Antonino capite sunt
truncati et martyrio coronantur. Iacuerunt corpora
sancta in platea dies XXVI ex iussu Diocletiani; ubi
Marcellus presbiter noctu collegit corpora sanctorum et
sepelivit in via Salaria, in cimitirio Priscille, in cubicu-
lum qui patet usque in odiernum diem, quod ipse pre-
ceperat penitens dum traheretur ad occisionem, in cripta
iuxta corpus sancti Criscentionis, VII kl. mai. Hic fe-
cit ordinationes II per mens, decemb. presb. II il diac.
!I episcopos per loca V. Et cessavit episcopatus ann.
VII mens. VII dies XXV persequente Dioclitiano chris-
tianos.
XXXI. — Marcellus, natione Romanus, ex pâtre Mar-
cello, seditann. IIII. Fuit temporibus Maxenti, a consu-
latu Maxentio IIII et Maximo usque post consolatu.
1 perscquutione 6 : persecucionem c — Diocleciani c —
2 mense c — 3 diac. VII b — 4 cimilir. a b — cesavile
XXX. — 9 nacione c — 10 Proiectu c — ann. VIII b : ann. XIIII c
— d.XV6 — 11 Diocletiani a 6 — d. XV 6— et] ecc — consulato ab —
12 Diocleciani c — -V6 — 13 VIII a b — persecucio c — 14 XV a 6
— 13 martyria a — coronantur c — 16 sacrifitiurn a — 17 tu-
rificaret 6 — paucusc — 18 paenitentiam b : penilenciam c —
Diocletiano a b — fidem a b — 20 marthyrio c — 21 XXV 6
— iusso c — 22 nocte a — 23 in om. a b — Saltaria a : Salutaria 6
— cimityr. a : ciraitr. b — 24 hodiernum a — 23 preciperat a b
— paenitens b — 26 VI ô — 27 ordinaciones c — mense c —
29 VI 6 — VI b — Diaclytiano a : Diocliciano c
XXXI. — 31 nacione c — 32 Maxsenli c — 33 consulato ab —
Maxsencio et Maxsimo c — consulato a b —
ABRÈGE CONONIEN.
usque in die X k. mai. Diocliciano VI et Constantio Ile
Hic constituit ut si quis episcopus esse meretur ab hos-
tiario per unumquodque grado paulatim ad raaiora con-
scenderet. Hic dividit regiones diaconibus. Hic fugiens
3 persecutione Diocletiani in criptis habitans confessor
quievit. Hic fecit ordinationes IIII presb. XVI diac. VIIII
episcopos V. Qui etiam sepultus est in cimiterio Calisti
X k. mai. Et cessavit episcopatus dies XI.
XXX. — Marcellinus, natione Romanus, ex pâtre Pro-
10 iecto, sedit an. VIII mens. II dies XVI. Fuit autem tem-
poribus Diocliciani et Maximiani, ex die X k. iul. a con-
solatu Diocliciani et Constantio II usque Diocliciano
VIIII et Maximiano VIII, quo tempore fuit persecutio
magna ut intra XXX diebus XVII milia hominum mar-
13 tyrio coronarentur. De qua re et ipse Marcellinus ad sa-
crificium ductus est ut turificaret, quod et fecit. Et post
paucos dies penitentia ductus, abeodem Diocliciano ca-
pite truncatur. Et iacuit corpus eius in platea una cum
alios martyres ad exemplum christianorum dies XXVI .
20 Tune Marcellus presbiter collegit noctu corpora et sepe-
livit in via Salaria, in cimiterio Priscillae, VII k. mai. Hic
fecit ordinationes II presb. IIII diac. II episcopos V.
Cessavit episcopatus an. VII mens. VI dies XXV per-
sequente Diocliciano christianos.
30
XXXI . — Marcellus, natione Romanus, pâtre Marcello,
seditann. V mens. VII dies XXI. Fuit temporibus
Maxenti a consolatu Maxentio IIII et Maximo usque in
3 hosliarium a — unoquotque 6 — 3 Dioclitiani a : Diocle-
ciani b — 7 VI 6 — qui etiam om. a — 8 et om. a — die a
XXX. — 9 Marcelinus a — 10 autem om. a — 1 1 Diocliciani
< et Contantio > a — ex om. a — - 13 Maximiani a — 13 Mar-
celinus a — 16 purificaret a — 19 cum alios] cualius 6
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PREMIÈRE ÉDITION
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/ftc * constituit ut [ordines omnes in ecclesia sic ascenderelur] : si
guis episcopus esse* [mer eretur, ut esset ostiariu$,lector, exorcista,
sequens, subdiacotius, diaconus, presbiter, et exinde episcopus or-
dinar etur]. Hic dividitregionesdiaconibus. Hic fugiens persecutione
Diocletiani in criptishabitans confessor quievit 4 . Hicfecit ordi-
nationes IIII permens. decemb. presbiteros XVI diaconos VIII epis-
copos per [diversa] loca V G . [Qui etiam] sepultus est in cimiterio
Calisti, via Appia, X kal. mai. Et cessavit episcopatus dies XI.
XXX. — MARCELL1NUS, natione Romanus, ex pâtre Proiecto,se-
dit ann. VII II m. IIII à. XVI. Fuit autem temporibus Diocletiani et
Maximiani, ex die kal. iul. a consulatu Diocletiani VI et Gonstantio
II usque Diocletiano VII II et Maximiano VIII, quo tempore fuit
persecutio magna, ut intra XXX diebus XVII milia hominum pro-
miscui sexus per diversas provintias martyrio coronarentur ! . De
qua re et ipse Marcellinus ad sacrificium ductus est ut turificaret :
quod et fecit. Et post paucos dies penitentiam ductus ab eodem
Diocletiano pro fide Christi cum Claudio et Quirino et Antonino
capite sunl truncati et martyrio coronantur. Et 3 iacuerunt cor-
pora sancta in platea ad exemplum christianorum dies XXVI ex
iussu Diocletiani. Tune 3 Marcellus presbiter collegit noctu corpora
sanctorum * et sepelivit in via Salaria, in cimiterio Priscillae, in
cubiculum gui patet usque inhodiernum diem, guod ipsepreceperat
penitens dum traheretur adoccisionem, incripta, iuxta corpus sancti
Criscentionis, VII kal. mai. Hic fecit ordinationes II per mens, de-
cemb. presbiteros IIII diaconos II episcopos per [diversa] loca V.
Et "° cessavit episcopatus ann. VII m. VI d. XXV persequente Dio-
clitiano christianos.
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XXXI. — MARCELLUS, natione Romanus, ex pâtre Marcello 1 ,
sedit ann. V m. VII d. XXI. Fuit [autem] temporibus Maxenti a
consulatu Maxentio IIII et Maximo usque post consulatu. Efic fecit
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
2. Cette phrase, qui manque dans l'abrégé félicien.a figuré évidem-
ment dans le texte original ic ; je la rétablis en combinant K et P.
3. esse om. — [mereretur-ordinaretur] : texte de P, probable
mmt identique à celui dont K offre un résumé.
4. habitando martyrio coronatur post annos VIII.
5. < Qui post annos XI cum Gavinio fratre suo propter filiam
Gavini presbiteri nomme Susanna martyrio coronatur. >
Liber pontific.alïs.
XXX. — i. <christiani>
2. < post hoc factum>
3. Et exinde.
4. sanctorum ] cum presbyteris et diaconibus cum bymnis.
5. Àb eodem die.
XXXI. — 1. Benedicto <de regione Via lata>
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74 LIBER PONTIFICALIS
ABRÉGÉ FÉLICIEN. ABRÉGÉ CONONIEN.
Hic fecit ordinationes per mens, decemb. presb. XXV postconsolatu. Hic fecit cimiterio via Salaria et XXV ti-
diac. II episcopos per loca XXI. Sepultus est in cimi- tulos in Roma constituit, quasi diocesis propler baptis-
terio Priscille, via Salaria, XVII kl. febr. Gessavit épis- mum et penitentiam et sepulturas martyrum. Hic or-
copatus dies XX. dinavit presb. XXV diac. II episcopos XXI. Qui etiam
5 sepultus est in cimiterio Priscillae XVII k. feb. Gessa-
vit episcopatus dies XXI.
XXXII. — Eusebius, natione Grecus, ex medico, sedit XXXII. — Eusebius, natione Grecus, exmedico, sedit
ann. VII mens. I dies III. Fuit temporibus Gonstan- an. VI mens. I dies III. Fuit temporibus Constantini.
tini. Sub huius tempora inventa est sancta cruxdomini Tune inventa est crux Domini. Hic hereticos in Romam
nostri Iesu Christi V non. mai. hic baptizatus est Iudas 10 invenit. Hic fecit ordinationes III presb. XIII diac. III
Quiriacus. Hic fecit ordinationes III presb. XIII diac. III episcopos XIIII. Sepultusque est in cimiterio Calisti V
episcopos per loca XIIII. Sepultus est in cymiterio Ca- non. octob. Cessavit episcopatus dies VII.
lesti, via Appia, VI non. oct. Cessavit episcopatus dies VII.
XXXIII. — Melciadis, natione Afer, sedit ann. III XXXIII. — Melciadis, natione Afer, sedit an. I III, a
mens. VI dies VIII, ex die non. iul. a consolatu Maxi- *$ consolatu Maximini VIIII usque ad Maxentium II, Volu-
miniVIIII usque adMaxentio II, qui fuit mense septem- siano et Rufino consolibus. Hic constituit nulla ratione
bri Volusiano et Rufino consolibus. Hic constituit nulla die dominica autquinta feria ieiunium quisfideliumage-
ratione die dominica aut quinta feria ieiunium quis de ret, quia hos dies pagani quasi sacrum ieiunium celebra-
fidelibus ageret, quia eos dies pagani quasi sacrum ieiu- bant. Et Manichei inventi suntinUrbe. Ab eodem die fecit
nium celebrabant. Et Manichei inventi sunt in Ur- 20 ut oblationes consecratas per ecclesias ex consecratum
bem. Ab eodem die fecit ut oblationes consecratas per episcopidirigeretur,quoddeclaraturfermentum. Hic fecit
ecclesias et consacratum êps dirigeretur, quod déclara- ordin. I presb. IIII diac. IIII episcopos XI. Sepultusque
tur fermentum. Hic fecit ordinatione I per mens, de- est in cimiterio Calisti IIII id. feb. Cessavit episcopatus
cemb. presb. IIII diac. III episcopos per loca XI. Et dies XVI.
cessavit episcopatus dies XVI. 25
XXXIIII. — Silvester, natione Romanus, ex pâtre XXXIIII. — Silvester, natione Romanus, ex pâtre Ru-
Rufino, sedit ann. XXIII mens. X dies XI, temporibus fino, sedit an. XXII mens. X dies XI. Fuit autem tem-
Constantini et Volusiani, ex die kl. feb. usque in diem poribus Constantini et Volusiani, ex die k. feb. usque
kl. ian. Constantio et Volusiano consolibus. Hic exilio in die k. ian. Constantio et Volusiano consolibus. Hic
fuit in montem Seracten, persecutione Constantini con- 30 exilio fuit in monte Seracten, persecutione Constantini
cussus,etpostmodumredienscumgloriabaptizavitCons- concussus, et post rediens cum gloria baptizavit Cons-
tantino Agusto quem curavit Dominus per baptismo a tantinum Aug. Hic fecit constitutum de omni ecclesia;
lepra. Hic fecit constitutum de omni ecclesia. Huius tem- factumque est concilium cum eius consensu in Nicea
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1 ordinaciones c — mense december c — 3 cimityr. a : ci- XXXI. — 2 titulus 6 — diocessis 6 — 3 penitenciam a : paeni-
mitr. b — Saltaria a : Salutaria b — XVI 6 tentia 6 — 4 qui etiam om. a — 5 Priscille a
XXXII. — 7 Eusibius c — 8 ann. VI b — temporea — 10 ba- XXXII. — 8 Constanti «— 10 hord. a — 11 <sepullus est>
btizatus c — 11 ordinaciones c — 12 cimityr. a : cymitr. 6 — sep. a
13 VI b
XXXIII. — 15 mens. IIII a — dies VII b — oxdiemc — consu- XXXIII. — li Melciades a — 15 Maxencium a — 16 consu-
lato a b — 16 VIII 6 — Maxencio c — 17 Volusiani a — conslb. libus a — 20 aecclesias a — 21 dirigerentur a — 22 ordint. a :
a : consull. 6 — 18 racione c — 19 agerit a — 20 caelebrabant ordina 6 — I om. a — sepultus est a — 23 feb.] sep. 6 — 24
a — 21 oblacionis c — consacratas a b — 22 diregeretur c — dies om. b
23 ordinal. I a b : ordinacione unam c — 25 XV c
XXXIIII. — 26 nacione c — 28 et Volusiani-Gonstantio om. a c XXXIIII. — 27 autem om. a — 28 Custantini a — 30 perse-
— 29 consulb. a 6 — 30 pcrsecucucione c — concusus c — 31 cucione 6—31 percussus a — 32 Agustum a : Augustu 6 —
babtizavit c — 32 baptimo a : babtismum c — 33 costitutum c aecclesia a —
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PREMIÈRE ÉDITION
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RESTITUTION.
cimiterio * via Salaria et XW titulos in [urbe] Iîoma constitutif
quasi diocesis propter baptismum et penitentiam 8 et sepulturas
martyrum. Hic ordinavit presbiteros XXV 4 diaconos llper mens,
decemb. episcopos per [diversa] loca XXI \ Qui etiam sepultus
est in cimiterio Priscillae, via Salaria, XVII kal. febr. [Et] cessavit
episcopatus dies XX.
XXXII. — EUSEBIUS, natione Grecus, ex medico, sedit ann. VI
m. I d. III. Fuit [autem] temporibus Constantini \ Sub huius
tempora inventa est crux domini nostri lesu Christi, V non. mai.
[et] baptizatus est Iudas l Quiriacus. Hic hereticos in 3 Romam in-
venit. Hic fecit ordinationes III * presbiteros XIII diaconos III epis-
copos per [diversa] loca XIIII. [Qui etiam] sepultus est in cimiterio
Calisti, via Appia, VI non. octob. [Et] cessavit episcopatus dies VII.
XXXIII. — MELCIADIS, natione Afer, sedit ann. IIII m. VI d. VIII,
ex die non. iul. a consolatu Maximini * VIIII usque ad Maxentio*
II qui fuit mens. sept. Volusiano et Rufino consolibus. Hic consti-
tuit nulla ratione die dominica aut quinta feria ieiunium quis de
fidelibus ageret, quia eos dies pagani quasi sacrum ieiunium cele-
brabant. Et Manichei inventi sunt in Urbe. Ab eodem die fecit ut
oblationes consecratas per ecclesias ex consecratum episcopi diri-
geretur, quod declaratur fermentum. Hic fecit ordinationem I per
mens, decemb. presbiteros IIII diaconos III episcopos per [diversa]
loca XI. [Qui etiam] sepultus est in cimiterio Calisti IIII id. feb. z
£f cessavit episcopatus dies XVI.
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4*:
XXXIIII.— SILVESTER, natione Romanus, ex pâtre Ruûno, sedit
ann. XXIII m. X d. XI. Fuit autem temporibus Constantini et Vo-
lusian\ ex die kal. febr. usque in diemkal. ian. Constantio et Volu-
siano consolibus. Hic exilio fuit inmontemSeracten, persecutione
Constantini concussus 1 ; etpostowosfomrediens cumgloria bap-
tizavit Constantinum Aug. quem curavit Dominus per baptismo 1 a
lepra 2 . Hic * fecit constitutum de omni ecclesia. Huius 5 temporibus
factum est concilium cum eius consensu 6 in Nicea Bitinia et con-
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VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
2. <Novelle> C" 3 * seulement.
3. <multorum qui convertebantur ex paganis> et<propter >
sepulturas.
4. <in urbe Roma>
5. Ici P intercale un long récit emprunté à uni passio Marcelli.
XXXII. -i.Constantis.
2. <qui et>
3. iu urbo Roma inveùit <quos ad manum inpositionis reconci-
liavit >
4. ord. I per mens, decemb.
XXXIII. — i. Maxentio.
2. Maximo.
3. decemb.
XXXIIII. — i. persecutione Constantini concussus om. saufE.
2. per baptismo om. sauf E.
3. lepra <cuius persecutionem primo fugiens exUio fuisse co-
gnoscitur>
4. Ici P intercale la fondation du titulus Equitii; aucune trace
n'en reste dans nos abrégés.
5. <Etiam> buius.
6. praeceptum, sauf E.
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76 LIBER PONTIFICALIS
ABRÉGÉ FÉLICIEN. ABRÉGÉ CONONIEN.
poribus factum concilium cum eius consensu in Nicea Bitinea cum CGCXVIII episcopis et quorum cyrogra-
Bitinia;etcongregatisuntsacerdotes CGCXVIII, episcopi phum cucurrit, alii inbeciles CGVIII, qui exposuerunt
catholici, et quorum cyrografus cucurrit, alii inbeciles fidem integram et damnaverunt Arrium, Fotinum et Sa-
CCVIII, qui exposuerunt fidem integram, sanctam, ca- bellium.In urbeRomacongregavitepiscoposCCLXXVII
tholicam, inmaculatam, et damnaverunt Arrium, Foti- 5 et damnavit Calistum, Arrium et Fotinum, constituitque
num etSabellium vel sequaces eorum. Et inurbe Roma crisma ab episcopo confici et privilegium episcopis ut
congregavit episcopus GCLXXVII et damnavit Calisto et baptizatum consignent propter hereticam suasionem et
Arrio et Fotinum. Etconstituit ut'presbiter arrianum non nullus laicus crimen clerico inferret ; ut diaconis dalma-
susciperet, nisi episcopus loci designati, et crisma ab ticas uterentur; ut sacrificium altaris non in siricum
episcopo confici et privilegium episcopis ut baptizatum 10 neque in pannum tinctum celebraretur, sed in linum.
consignent propter hereticam suasionem. Hic constituit sicut corpus Domini in sindone sepultus est. Hic consti-
ut nullus laicus crimen clerico inferret. Hic constituit ut tuit ut si quis desideraret in ecclesia militare, ut esset
diacones dalmaticas uterentur et pallia linostima leva lector an. XXX, exorcista dies XXX, acolitus an. V, sub-
eorum tegerentur. Hic constituit ut nullus clericus pro- diaconus an. V, diaconus an. VII, presbiter an. III, pro-
pter causam quamlibet in curia introiret, nec ante iudi- is batus ex omni parte, et sic ad episcopatum ascendere,
cem cinctum causa dicerit, nisi in ecclesia. Hic consti- nullum maiorem vel prioris locum invadere, et nul-
tuit ut sacrificium altaris non in sirico neque in pannum lum clericum vel fidelem contradicentem. Hic ordinatio-
tinctum celebraretur, nisi tantum in lineum, sicut cor- nés fecit VI per mense decembrio, presbiteros XLII
pus domini nostri Iesu Ghristi in sindonem lineam se- diaconos XXXVI episcopos LXV.
pultus est : sic missas celebrarentur. Hic constituit ut si 20
quis desiderarit in ecclesia militare aut proficere, ut es-
set lector annos XXX, exorcista dies XXX, acolitus
ann. V, subdiaconus ann. V, custus martyrum ann. V,
diaconus ann. VII, presbiter III, probatus ex omni parte
et etiam foris qui sunt testimonium habere bonum ; et 25
sic ad ordinem episcopatus ascendere, nullum maiorem
vel prioris locum invadere, nisi ordinem temporum cum
pudore cognoscere, omnium clericorum votiva gratia,
nullum omnino clerico vel fidèle in contra dicentem.
Hic fecit ordinationes VII per mens, decemb. presb. 30
XLIIII diaconos XXXVI episcopos per loca LXV.
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Huius temporibus fecit Constantinus Augustus basili-
cam Constantinianam et alias quas et ornavit, ubi po-
suit dona, cameram ex auro, deditque ibidem tam in
35 vasis sanctoarii quam diversis speciebus auro libras
CCGGLXXXII, argento libras "VTI DCXXVI, candelabra
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1 Nicia c — 2 Bithinia 6 : Bitiniae c — CCCXVII 6 — eps ca- i Bicenea a : Bytinea 6 — cyrografum a — 2 inbicilles 6 — 7
tholice c — 3 corum c — cyrograffus a : cyrrographus c — in- ereticam a — 8 ut hic diaconis 6 — 9 sirico 6 — 11 sepultum 6
biciles a — 9 susceperit a : susciperit 6 — 10 episcopum ab — — 12 aecclesia a — 15 episcopato 6 — 16 maiorum a — 17 hor-
babtizatum c — 12 inferrit c — 14 tegentur a : tegeretur c — dinat. a— 32 Agustus a — 33 basilica 6 — alia 6 — et om. 6 —
costituit c — 17 sacrifitium a — syrico 6 — 20 sepultum c — ordinavit 6 — 34 caméra 6— 35 speciaebus a — 36 CCCCLXXX
caelebrarentur a — costituit c — 21 desideraret 6 — 22 ad ann. 6 — argentum a —
06 — accollitus c — acol. ante exorcist. ponit a — acol.an, VI c —
-o ■-
23 marthyrum c — 24 an. VI 6 — probatur a — ex om. a : el c —
— 27 priorcs 6 — 28 podorem connuscere c — 30 ordinaciones
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fecit c— VI 6 — mens, om.ab — 31 presb. XL c — XXXVII c —
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PREMIÈRE ÉDITION
77
RESTITUTION.
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grcgati sunt sacerdotes" 1 CCCXVIII, episcopi catholici, et quo-
rum cyrografus cucurrit, alii inbeciles CGVIII 8 , qui ex-
posuerunt fidem integram sanctam* catholicam inmaculalam et
damnaveruntArrium, Fotinum et Sabellium vel sequaces eorum. Et
in urbe Roma congregavit 10 episcopos CCLXXVII et damnavit n
Calistum et Arrium et Fotinum. Et constituit ut presbiter arria-
num 1S non susciperet, nisi episcopus loci désignait, et crisma ab
episcopo confici, et privilegium episcopis ut baptizatum consignent
propter hereticam suasionem 13 . Hic co?istituit ut nul lus laicus
crimen clerico inferret 1 *. Hic constituit ut diacones dalmaticas
uterentur 15 et pallia linostima leva eorum tegerentur. Hic cons-
tituit ut nullus clericus propter causant quamlibet in curia introi-
ret, nec ante indicem cinctum causa dicerit, nisi in ecclesia. Hic
constituit ut sacrificium altaris non in siricum neque in pannum
tinctum celebraretur, nisi tantum in lineum 1<l , sicut corpus domini
nostri Iesu Christi in sindonem lineam i7 sepultus est : sic mis-
sas celebrarentur. Hic constituit ut si quis desideraret in ecclesia
militare aut proficere, ut esset lector annos XXX, exorcista dies
XXX,acolitus annos V, subdiaconus annos Y,custusmartyrum annos
V, diaconus annos VII, presbiter annos III, probatus ex omni parte
et etiam foris qui sunt testimonium habere bonum 1 *, et sic ad ordi-
nem episcopatus ascendere 19 ; nullum maiorem vel prioris locum
invadere, nisi ordinem temporum cumpudore cognoscere, omnium
clericorum votiva gratia, nullum omnino clericum velfidelem 20
contradicentem. Hic fecit ordinationes"F/per mens, decemb.
presbiteros XLII diaconos XXXVI " episcopos per [diversa] loca
LXV.
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Huius u temporibus fecit Constantinus Augustus basilicas istas
quas et ornavit : basilicam Constantinianam ubi posait ista
dona .... cameram ex auro purissimo cande-
labra auricalca VII ante altaria, qui sunt in pedibus X cum
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
I. 9tn. sauf E. 8. et-ccvui om. sauf E.
9. sanctam om. sattfE.
10. <ipse cum consilio Augusti> — episcopos om.
II. <iterum et> Calistum et A. et F. <et Sabellium >
12. < resipiscentem >
13. <Hic et hoc constituit ut baptizatum liniret presbiter chris-
ma levatum de aqua propter occasionem transitus mortis.>
14. audeat inferre. 15. < in ecclesia >
16. <terrenum procreatum> 17. <mundam>
18. < unius uxoris virum, uxorem a sacerdote benedictam >
19. accedere, saufE. 20. om. sauf E.
2t. Hic ordines presbyterorum et diaconorum fecit.
22. XXVII <diversis temporibus in urbe Roma >
23. 7c» commence la série des fondations constantiniennes ; le texte
est tellement abrégé dans F et dans K qu'il n'est plus possible de le
reconstituer à l'aide de ces deux rédactions. Je transcris ici les phra-
ses de la seconde édition qui correspondent aux endroits où Vabrégé
K s'écarte témoins du texte original; dans cette transcription je suis
autant que possible ceux des manuscrits de P qui paraissent le plus
conformes à l'édition primitive, surtout les mss. E.
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78 LIBER PONTIFICALIS
ABRÉGÉ FÉLTCIEN. ABRÉGÉ CONONIEM.
ex auricalco VII ex argento in terclusa, pensantes singuli
libras CGC, aromata annis singulis libras GL; consti-
tuitque ibi in luminaribus terretoria prestante per sin-
gulos annos solidos ÏD. In fontem vero ubi baptizatus
B est Gonstantinus Aug. a sancto Silvestro , qui est ex
métallo purfuritico, posuit ibi in ornamentis aurum libras
LXXXII, argentum libras Tïl DCCCXIII, timiamate-
rium aureum cum gemmis prasinis XLVIII, balsamum
ad lumen diebus Paschae libras GG ; territoria in lumi-
10 naribus ad ipsum fontem, prestante annis singulis so-
lidos VTT GXXII.
Huius temporibus fecit Augustus Gonstantinus ex ro-
gatu Silvestri basilicam beato Petro, cuius loculum cum
corpus sancti Pétri ita recondit : ex undique de aère con-
15 clusit ex omni parte pedes V et orna vit superius ex co-
lumnis purfuriticis et alias viterias quas de Grecia per-
duxit. Fecit autem et cameram basilice extrema ex auri
fulgente et super corpus, supra aère quod clusit, fecit
crucem ex auro pensantem libras GL, in mensura locus,
20 ubi scriptum est : Constantinus Augustus et Helena Au-
gustahancdomumregalem simili fulgore coruscans aula,
scriptum ex literis puris nigellis in cruce ipsa. Fecit can-
delabra VII ex auricalco argentoclusas quae pensant sin-
gula libras CGC. Item in donum quod obtulit Gonstan-
2o tinus Augustus beato Petro per diocissen Orientis, pres-
tantes per annos singulos solidos nTDCCLXXXVIIII,
triante I, balsamum libras GGXV, olei nardi libras DCGG,
CL)
oleo ciprino libras C, aromata libras DCL, piper medim-
nus L, cariofolum libras L, croco libras C, linum fugus C,
30 carta decadas mille XXII, papiro racanas M.
Eo tempore fecit Gonstantinus basilica beato Paulo
cuius corpus ita recondit sicut et beati Pétri, cui basili-
cae donum hoc obtulit : omnia vasa aurea vel argentea
et aerea et crucem auream super locum ita posuit sicut
35 in basilica beati Pétri. Predia vero prestantibus annos
singulos solidos IIII LXX, balsamum libras L, oleo
nardo libras CC, aromata libras CLXX, casia libras L,
1 aurocalco a — pinsantcs a : pensante 6 — 3 terrcturia a —
4 singulas a — hubi o— 5 Sylvestre) a — 6 in om. 6 — 9 pasche
a — territuria a : terretoria b — iO prestantem b — 13 rogato
b — Sylvestria — 14haerea :erae& — 15omnea — 16colomnis
6—17 caméra a— 18 supra corpus a — haere a : aerae 6 — 20
hubi a — 21 similis a : simile 6—22 litteris 6—23 IIII a —
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urecalco a — que a — pinsant a : pesant 6 — 24 domum 6 — j
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folo a — fusus 6 — 33 basilice a — obtullit a — 37 cassia 6 —
obtullit a — 26 soledusa — 3788 6—29 medimnos a — cario-
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PREMIÈRE ÉDITION 79
RESTITUTION.
ornatu ex argento intercittsum sigillis prophetarum, pens. sing.
lib. CCC
donum aromaticum ante altaria annis singulis lib. CL
quibus consultât in servitio luminum
Fontem sanclum ubi baptizatus est augustus Constantinus ab* % eo-
dem episcopo Silvestro, ipsum s anctum fontem ex mé-
tallo™ porfirelico. .
tymiamaterium aureum™ cum gemmis prasinis XLV1H1 " '. . . .
candela est... ubi ardet in die bus Paschae " balsamum lib. CC . .
Item " huius temporibus fecit Augustus Constantinus
ex rogatu Silvestri episcopi basilicam beato Petro apostoloin
templum Apollinis, cuius loculum cum corpus sancti Pétri ita re-
condit : ipsum loculum undique ex aère cypro conclusit, quod est 80
inmobile: ad capud, pedes V; adpedes, pedes V; ad latusdextrum,
pedes V; ad latus rinistrum, pedes V;subter, pedes V; supra , pedes
V;sic inclusit corpus beati Pétri apostoli et recondit. Et exornavit
super ius S1 ex columnis purphyreticis et alias columnas vitineas
quas de Greciaperduxit. Fecit autemetcameram basilicae ex trimma
auri fulgentem et super corpus beati Pétri, supra aéra quod con-
clusit, fecit crucem ex auro purissimo pens. lib. CL in mensurae
locus, ubi scriptum est hoc : « Constantinus Augustus et Eelena Au-
gusta hanc domum regalem simili fulgore coruscans aula circum-
dat », scriptum ex litteris puris** nigellis in cruce ipsa. Fecit au-
tem candelabra aurocalca inpedibusX, num.IHI, argento conclusa
cum sigillis argenteis actus apostolorum, pens. sing. lib. CCC. . .
Item in reditum : donum quod obtulit Constantinus Augustus
beato Petro apostolo per diocesem Orientis
Eodem tempore fecit Augustus Constantinus basilicam beato
Paulo apostolo ex suggestione Silvestri episcopi, cuius corpus ita re-
condit in aère et conclusit sicut beati Pétri, cui basilicae hoc donum
obtulit Omnia enim vasa sacrata aurea vel argentea aut
aerea ita posuit sicut in basilica beati Pétri apostoli
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
24. ab - fontem E seul.
25. métallo E : lapide cet.
26. aureum E : ex auro purissimo cet.
27. cum gemmis prasinis XLVIIII pens. lib. XV A 1 : pens. lib.
X cum gemmis prasinis et biacintis ex undique numéro gemmas
X.LII BGD : cum gemmis prasinis et iacinctinis undique numéro
XLII pens. lib. X A" : cum gemmis prasinis et iacinthinis XLII
pens. lib. X E».
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28. in diebus Paschae A : om. cet. — Cette phrase est, dans P,
avant la précédente.
29. Item - episcopi E : Eodem tempore Augustus Constantinus
fecit cet,
30. quod est BGDE : om. A.
3i. superus ex E : supra cet.
32. puris E : om. cet.
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LIBER PONTIFICALÏS
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ABRÉGÉ FÉLICIEN.
Eodem tempore fecit Constantinus Aug. basilica in
palatio Sossoriano, ubi etiam de ligno sanctae crucis do-
mini nostri ïesu Christi auro et gemmis conclusit.
Eodem tempore fecit basilicam sanctae Àgne martyris
ex rogato Constantiae filiae suae. Eodem tempore fecit
basilica sancti Laurenti. Eodem tempore fecit basilicam
sancti martyres Marcellino presbitero et Petro exorciste.
Sepultus est beatus Silvester via "Salaria, in cimityrio
Priscille, miliario III aburbe Roma, prid. kl. ian. Ces-
savit episcopatus dies VII II.
ABRÉGÉ CONONIEN.
storace libras XXX, stacten libras CL, papiro racanas
D, lino sacos CGC.
Eo tempore fecit beatus Constantinus Augustus basi-
licam in palacio Sessoriano, ubi de ligno sanctae crucis
ô ex auro et gemmis conclusit; ibi et nomen dedicavit
Hierusalem. Construxitque et alias quam plures ecclesias
sanclorum, id sunt : ecclesiae sanctae Agnis martyris,
basilica sancto Laurentio martyri, basilica beatis mar-
tyres Marcellino presbitero et Petro exorciste inter duos
10 lauros, ubi et mater ipsius Helena Augusta est sepulta.
In civitate Hostia basilica beato Iohanni Baptistae.
Fecitque et basilica in civitate Albanense ; intra urbe
Capua basilica quam et cognominavit Constantiniana;
fecitque et in urbe Neapoli basilica. Omnes has basili-
15 cas quas construxit Constantinus Augustus ornavit auro
argentoque plurimum, ditavitque eas possessiones in
diversis provinciis non parvis. Ordinavitque beatus Sil-
vester episcopus permens. decemb. presbiteros XLIIII
diaconos XXVI episcopos per diversis temporibus et
-0 loca LXV. Sepultusque est via Salaria, in cimiterio
Priscillae, miliario ab urbe Roma III, prid. k. ian. Et
cessavit episcopatus dies VIII.
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XXXV. — Marcus, natione Romanus, ex pâtre Prisco,
seditann. II. Fuit temporibus Constantini etNepotiani
et Fecundo consolibus, ex die kl. febr. usque in die kl.
octob. Hic constituit ut episcopus Ostensis qui consa-
crât episcopum pallium uteretur vel ab eodem episcopo
urbis Romae consecraretur. Hic fecit ordinationes II
per mens, decemb. presb. XXV diac. VI episcopos per
loca XVII. Sepultus est in cimiterio Balbini, via Ardia-
tina, prid. non. octob. Et cessavit episcopatus dies XX.
4 palacio Sosorian» c — eciam c — sancte a b — 5 gémis c —
6 basilica a 6 — sancte Agnae marturis c — 7 filiea — Eodem-
Laurenti om. e : a eadem transfert post exorciste. — 8 basilica
ab — 9 marthyris c — exorcista c — 10 cimityr. a : cimitr. b
— 12 VIII 6
XXXV. — 27 nacionc c — 28 Costantini et Nepuciani c —
29 Fecundo] secundo ab — consulibus 6 — usque-constituit om.
e — 30 epo Ostenses a b : épis Ostensis c — 31 ëps abc —
vel] ut a : et c — épis c — 32 Rome c — ordinaciones c — 33
mens. om. a b — diac. VI om. a — 34 cimityr. a : cymitr. 6 :
ctmeterio c — Ardintina a, sed primum n puncto notatum est.
XXXV. — Maucus, natione Romanus, ex pâtre Prisco,
sedit ann. II mens. VIII dies XX. Fuit autem tem-
poribus Constantini et Neputiani et Fecundo conso-
30 libus, ëx die k. febr. usque III k. octub. Hic consti-
tuit ut episcopus Ostensis qui consacrât episcopum
pallium uteretur et ab eodem episcopo urbis Romae
consecraretur. Hic fecit ordinationes II presb. XXVI
diac. VI episcopos XVII. Sepultusque est in cimiterio
35 Balbineprid. non. octub. Cessavit episcopatus dies XX.
2 sucos a — 4 basilica a — Sessariano a — 6 aecclcsias a —
7 aecclesiae a — Agnis] Iohannis 6 — 8 martyre 6 — beatus 6
— 9 Marcel ino a — 10 hubi a — 11 beati a — Iohan. a :
lohanne b — Baptiste b — 12 et om. a — 16 possessione a —
18 XLVIII a — 20 que om. a — 21 Priscille b — Romae 6 —
et om.b — 22 die a
XXXV. — 28 autem om. a — 29 Custantini a — Nepuciani b
— 30 usque -octub. om. b — 31 Ostensis -episcopum om. b —
32 Rome a— 33 consacraretur a — 3a octub. om. b — XXI a
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Eodem tempore fecit Constanlinus Augustus basilicam in pala-
tio Sessoriano, ubi etiam de ligno sanctae crucis domini noslri lesu
Christi auro 30 et gemmis conclusit; ubi elnomen ecclesiae dedi-
cavit, quae cognominatur usque in hodiernum diem Hierusaiem .
Eodem tempore fecit basilicam sanctae Agne martyris ex rogatu
Constantiae 31 filiae suae
Eodem tempore fecit basilicam s ancto " Laurentio martyri. .
Eodem tempore fecit Augustus Constantinus basilicam beatis
martyribus Marcellino presbitero et Pelro exorcistae inter duos lau-
ros et mysileum ubi mater ipsius sepulta est Belcna Augusta . . .
Eodem tempore fecit Constantinus Augustus basilicam in civi-
tate Hostia, iuxtaportum urbis Bomae, beatorum apostolorum Pé-
tri et Pauli et Iohannis Baptistae
ffisdem temporibus fecit Constantinus Augustus basilicam i?i ci-
vitaie Albanaise
Eodem tempore fecit Constantinus Augustus intra urbem Capua
basilicam Apostolorum quem 33 cognominamt Constantinianam . .
Eodem tempore fecit Constantinus Augustus basilicam in civita-
t:m Neapolim
Hic 3 * Silvester fecit ordinationes VI per mens, decemb. presb.
XLII diac. XXVI episcopos per diversa loca LXV.
Sepultus 3S est via Salaria , in cimiterio Priscillae , miliario
ab urbe Roma III. prid. kal. ian. 36 Et cessavit episcopatus dies
VIII 31 .
XXXV. — MARCUS, natione Romanus, ex pâtre Prisco, sedit ann.
II m. VIII à. XX. Fuit autem temporibus Constantini et Nepotiani
et Fecundo consolibus, ex die kal. febr. usque in die kal. octob.
Hic constitua ut episcopus Ostensis qui consacrât episcopum pal-
lium ùteretur et ab eodem episcopo urbis Romae consecraretur \ .
Hic fecit ordinationes II * per mens, decemb. presbiteros XXV
diaconos VI episcopos per [diversa] loca XVII 3 . [Qui etiam] sepultus
est in cymiterio Balbine, via Ardiatina \ pridie non. octob. Et ces-
savit episcopatus dies XX.
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
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30. in auro A : posuit et in auro BGD : auro E.
3i. ont. sauf E.
32. beato.
33. quem C* E» : quae cet.
34. // n'y a, dans nos abrégés, aucune trace du chapitre relatif aux
donations faites par Constantin au titutus Equitii ; ce passage man-
que aussi dans E. Pour les ordinations, je continue à reproduire le
texte de P.
Liber poxtipicalis.
33. Ici reprend la notation ordinaire. <Hic> sep.
36. <Qui vero catholicus et confessor quieyit.>
31. d. XV.
XXXV. — i. <Etconslitutum deomnem ecclesiam ordinavit.>
Suit la fondation des deux basiliques du pape Marc.
2. <in urbe Roma>, sauf E.
3 XXVII.
4. <quemipse insistens fecit>, saufE.
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XXXVI. — luuus, natione Romanus, ex pâtre Rustico,
sedit ann. XV mens. I. Fuit temporibus Constantini et
Feliciani et Maximini. Hic fecit ordinationes III per
mens, decemb. presb. XVIII diac. IIII episcopos per
loca VIIII. Sepultus est in via Aurelia, in cimiterio Ga-
lipodi, miliario III, prid. id. apr. Cessavit episcopatus
dies XXV.
XXXVII. — LiBERius,natione Romanus, ex pâtre Au-
gusto, seditann. VI mens. III dies IIII. Fuit temporibus
Constanti usque ad Constantio Aug. III. Hic exilio de-
trudetur a Constantio eo quod noluit herese arriana
consentire. Fecit annosIII. Et congregans sacerdotes se-
cum consilio eorum Liberius ordinaverunt in loco eius
Felice presbitero episcopum, venerabilem Yirum ; et fecit
concilium Félix et invenit duos presbiteros consentientes
Constantio Augusto arriano, nomine Ursacio et Valente,
et damnavit eos in concilio XLVIII episcoporum. Post
paucos dies zelo ducti Ursacius et Valens rogaverunt
Constantium Aug. ut revocaretLiberio de exilio, utunam
tantum communionem participaret, excepto rebaptizare.
Qui Liberius consensit preceptis Augusti unam partici-
pationem conveniret communionis. Tune revocaverunt
Liberiumde exilio. Eodem temporeConstantiusunacum
Ursacio et Valente convocaverunt aliquos qui ex fece
arriana erant, et misit et revocaverunt Liberium de ci-
miterio sanctae Agne ubi sedebat; et ingressus Roraa in
ipsa hora Constantius fecit concilium cum hereticis, si-
mul Ursatius et Valens, et eiecit Felice de episcopatu qui
erat catholicus et revocavit Liberio. Ab eodem die fuit
persecutio in clero itaut intra ecclesia presbiterietclerici
negarentur. Qui depositus Félix de episcopato habitavit
XXXVI. — Iulius, natione Romanus, ex pâtre Rustico,
sedit an. XV mens. II dies VII. Fuit autem temporibus
Constantini et Feliciani et Maximini. Hic constituit ut
nullus clericus causam in publicum ageret. Hic fecit
5 ordinationes III presb. XVIII diac. IIII episcopos VIIII.
Sepultusque est in cimiterio Calipodi. Cessavit episcopa-
tus dies XXV.
XXXVII. — Liberius, natione Romanus, ex pâtre
Agusto, sedit an. VI mens. III dies VIII. Fuit autem tem-
10 poribus Constantii. Hic exilio deputatura Constantio eo
quod noluisset haeresi arrianae consentire, fecitque ibi
annos III. Tune cum consilio sacerdotum ordinavit in
loco suo Felicem presbiterum episcopum. Tune supra-
dictus Félix in concilio suo una cum XLVIII episcopis
15 damnaverunt duos presbiteros Ursacium et Valentem
eo quod consentirent Constantio in heresi. Post paucos
dies zelo ducti Ursacius et Valens rogaverunt Constantio
Augusto ut revocaret Liberio de exilio et unam tantum
communionem participaret, excepto rebaptizare. Qui Li-
îO berius consensit. Et revocato eo de exilio habitavit in
cimiterio sanctae Agnis apud germanam Constanti Aug.
ut quasi per eius rogatu rediret in civitatem ; sed ipsa
pro eo rogare noluit, quia fîdelis erat in Christo. Tune
Constantius cum Ursatio et Valente et alios qui ex fece
25 arriana erant revocaverunt Liberium Romam ; factoque
concilio cum hereticis eiecerunt Felicem de episcopato.
Habitavit in prediolo suo, ubi et requievit in pace IIII
k. aug. Ingressus Liberius Urbem IIII non. aug. con-
sentit Constantio heretico, non tamen rebaptizatus
30 Liberius. Tune persecutio magna fuit in Roma, ita ut
catholice clerici in ecclesias vel balnea non haberent
XXXVI. — 1 nacione c — Rustitio a : Rusticio 6 — 3 Maxi-
miani a b — ordinaciones c — 4 XVIIIl c — episcopus a — o
VIII ab — Aurilia a b — cimityr. a : cimtr. 6
XXXVII. — 8 nacione c — Agusto c — 9 ann. V 6 — dies
III a 6 — 10 Constanti/// a b (in a, n apparet sub rasura) : Cons-
tantis c — Constancio c — Agusli a b : Aûgs c — H herescm
arrianam c — 13 Liberio c — 14 presbîû" c — vencrabile ab —
15 Filex c — consencientes c — 16 Constancio c — Agusto a b
— Ursanlio ab — 18 zolo c — ductus a b — Ursantius ab — 19
Constantio c — Agusto a : Agit b : Augusto c — Liberio om. c
— 20 participant a — rebabtizare c — 21 precepli a — Agusti
a b : Aïïgst c — participacionem c — 22 communiones a (corr.)
c — 23 Constancius c — 24 Ursatio a b — alicus c — feci c —
25 Liberium <et> c — 26 cimityr. a : cimitirio c — sancte a
— Agnen c —sedebat] m hoc verbum desinit codex c — 27 ora a
— 28 episcopalum 6 —
XXXVI. — 2 autem om. a — 3 Costantini a — Filiciani 6 —
Maxim. 6 — 4 puplicum a — 6 que om. a — in cimiterio om. b
— cessavit XXV om. a
XXXVII. — 9 Agî"6 — mens. IIII 6 — autem om. a — H ae-
resi a : heresi 6 — arreanc a — stetit a — 15 Ursatium b —
16 Constantium b — eresi a — 17 zcllo a — Ursatius 6 — 21
sancte Agnes b — germana a — 24 Ursatius cum Constantio a
— alius 6 — fece om. a — 25 in Romam a — 26 egecerunt 6
— episcopatum 6—27 habitabit 6 — ibi requievit a — pa-
cem 6 — 28 k.] non. a — Liberius om. b — 29 Costanlio a
— 30 Liberus a — 31 chatolicc 6 — aecclesia a — vel balnea
om. a —
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XXXVI. — IULIUS, natione Romanus, ex pâtre Ruslico, sedit
ann. XV m. II d. VII. Fuit autem temporibus Constantini et ! Feli-
ciani et Maximini * Hic constituit* utnullus
clericus causant * in publicum ageret*. Hic fecit ordinationes III *per
mens, decemb. presbiteros XVIII diaconos IIII episcopos/?er [diversa]
loca VIIII. [Qui etiam] sepultus est via Aurélia, in cimiterio Cali-
podi, miliario III, prid. id april. [Et] cessavit episcopatus dies XXV.
XXXVII. — LIBERIUS, natione Romanus, ex pâtre Àugusto, sedit
ann. VI m. III d. IIII. Fuit autem temporibus Constantii l usque ad
Constantio Aug. III. Hic exilio deputalur*^ Constantio eo quod no-
luwse/heresi arrianae consentire [et] 3 fecit ibi * annos III. Et congre-
gans sacerdotes cum consilio corum Liberius ordinavit in loco eius
Felicem presbiterum episcopum, venerabilem virum. Et fecit con-
cilium Félix et invenit duos presbiteros consentîtes Constantio
Aug. arriano, nomine Ursacioet Valente,' et damnai?*/ eos in concilio
XLVIII episcoporum. Postpaucos 5 dies zelo ducti Ursacius et Valens
rogaverunt Constantium Aug. utrevocaret Liberio de exilio, ut unam
tantum communionem participait, excepto rebaptizare °. Qui
Liberius consensit praeceptis Augusti 7 unam participationem con-
venir et communionis 8 . Tune revoc&vcrwit Liberium de exilio • ;
habitavit in cimiterio sanctac Agnis, apud germanam Constanti
Aug., ut quasi per eius 10 rogatu redire t " in civùatem; (sed " ipsa
pro eo rogare noluit, quia fidelis erat in Christo). Eodem tempore
Constantius una cum Ursacio et Valente convocaverunt aliquos qui
ex fece arriana erant, <?/" misit et revocaverunt u Liberium de cimi-
terio sanctae Agnae ,8 . Et ingressus Roma in ipsa hora Constan-
tius u fecit conciliwm cum hereticis, simul 11 Ursacius et Valens, et
ei e ci t 1B Felicem de episcopatu, qui erat catholicus, etrevocavit
Liberio. Ab eodem die fuit persecutio in clero ita ut intra ccclesia
presbiteri et clerici ?iecarentur i9 . Qui depositus Félix de episcopato
habitavit in prediolo suo ", ubi et requievit in pace IIII kal. aug.
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
XXXVI. — i. et] filii Constantini (Constantii E 1 ) beretici a con-
sulatu.
2. <Hic multas tribulationes et exilio fuit mens. X ; et posthuius
Constantini (Constantii E 1 ) mortem cum gloria reversus ad sedem
beati Pétri apostoli.> — Puis vient la mention des cinq basiliques
fondées par le pape Jules.
3. constitutum fecit.
4. < quamlibet>
5. <nisi in ecclesia.> Suit un décret sur les notaires ecclésiastiques.
6. <in urbe Roma.>
XXXVII. — 1. Constantini (Constantii E<) filii Constantini.
2. deportatur. 3. et suppléé d'après P et K (que).
4. ibi] in exilio. 5. < autem >
6. extra secundum baptismum. < Tune missa auctoritate per
Catulinum agentem in rébus et simul Ursacius et Valens venerunt
ad Liberium. >
7. <ut>
8. <cum bereticis, tantum ut non rebaptizarent>
9. <Rediens autem Liberius de exilio >
10. <interventionem aut>
11. < Liberius >
12. ( ) Tune Constantia Augusta, quae fidelis erat domino Iesu
Christo, noluit rogare Constantium Aug. germanum suum, quia
senserat consilium.
13. < quasi facto concilio >
14. revocavit.
15. Les mots ubi sedebat, dans le texte félicien, appartiennent à
l'abréviateur, qui avait supprimé plus haut ta mention du séjour de
Libère à Sainte-Agnès.
16. <Aug.> 17. <eUam>
18. eregit, sauf E. 19. <et martyrio coronareutur>
20. <via Poituense>
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in prediolo suo, ubi requievit in pace III kl. aug. In-
gressus Liberius inUrbe IIII non. aug. consensit Cons-
tanlio heretico ; non tamen rebaptizatus est sed consen-
sum prebuit. Fecit ordinationes II presb. XVIII diac. V
episcopos per loca VIII. Sepultus est in cimiterio Pris- i
cillae, via Salaria, V id. sept. Gessavit episcopatus
dies VI.
ABRÉGÉ CONONIEN.
introitum. Omnes itaque anni Felicis in huius ordine
dinumerantur. Fecitque ordinationes II presb. XVIII
diac. V episcopos VIII. Qui etiam sepultus est in cimi-
terio Priscille V id. sep. Cessavit episcopatus dies VI.
Q.
XXXVIII. — Feux, natione Romanus, ex pâtre Anas-
tasio, sedit ann. III. Hic declaravit Constantium hereti-
cum et rebaptizatum secundura. Hic martyrio corona-
tur. Hic fecit basilica in via Aurélia, miliario ab Urbe II,
ubi et requievit. Hic fecit ordinationes per mens, de-
cemb. presb. XXI diac. V episcopos per loca XVIIII. Qui
etiam capite truncatur cum multis clericis et fidelibus
occulte, iuxta munis Urbis, ad latus forma Traiani, III id.
novemb. Et exinde rapuerunt corpus eius nocte christiani
cum Damaso presbitero et sepelierunt in basilica supra-
dicta XVII kl. decemb. Cessavit episcopatus dies XXXVIII.
XXXVI III. — Damasus, natione Hispanus, ex pâtre
Antonio, sedit ann. XVIII mens. III dies XI. Fuit tem-
poribus Iuliani. Fecit basilicas II, una ad via Ardiatina
ubi requiescit. Hic accusatur in crimine de adulterio ;
facto sinodo purificatur a XLIIII episcopis ; damnaverunt
Concordio et Calisto diaconos accusatores et iactaverunt
de ecclesia. Hic fecit ordinationes V per mens, decemb.
presb. XXXI diac. XI episcopos per loca LXI. Sepultus
est in basilica sua III id. decemb. cum matre sua et
germana. Cessavit episcopatus dies XXXVI.
XXXVIII. — Félix, natione Romanus, pâtre Anastasio,
10 sedit an. I mens. III dies II. Hic declaravit Constantium
hereticum et rebaptizatum. Hic martyrio coronatur;
fecitque basilicam via Aurélia, ubi et requiescit. Fecit
ordinationem I, presb. XXI diac. V episcopos XVIII. Se-
pultusque est XVII k. decemb. Cessavit episcopatus
i5 dies XXXVIII.
50 XXXVIIII. — Damasus, natione Spanus,ex pâtre Anto-
nio, sedit an. XVIII mens. III dies XI. Fuitautem tem-
poribus Iuliani. Hic dedicavit platomum in Catacumbas,
ubi corpora Pétri et Pauli apostolorum iacuerunt, quam
et versibus ornavit. Hic criminatur de adulterio et facto
25 synodo purgatur a XVIIII episcopis qui etiam danina-
verunt Concordium et Calistum diaconos accusatores et
iactaverunt de ecclesia. Hic fecit ordinationes V presb.
XXXI diac. XI episcopos XLI. Qui etiam sepultus est
via Ardiana, in basilica quam ipse fecit, III id. decemb.
30 Cessavit episcopatus dies XXVI.
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1 presidiolo a — in paco bis scripsit a — 4 ordinacion. a —
5 êps 6 — VIIII a — Priscille a — 7 V b
XXXVIII. — 11 rebaptizavit a — 12 Àurilia 6 — 14 XVIII b
— 15 capiti 6 — 16 occultae 6—19 XVI kl. 6
XXXVIIII. — 21 Anttinio b —XVII 6—23 accusatus 6 — 27
loca LI 6
1 hordine a — 2 ordines a — 3 qui etiam om. a — 4 Priscile
a — feb. a
XXXVIII. — 12 basilica a — Aurilia b — et om. a — 14 que
om. a — XVI k. feb. a — Cessavit episcopatus om. a — lo die
a - XVII b
XXXVIIII. — 21 autem om. a — 22 platamum a — catatum-
bas b — 23 apostoli a — 24 criminator 6 — 25 sinodo ô —
aXVIII a, corr. in XLIIII : CCXVIIII 6 — qui etiam om. a — 27
aecclesia a — 28 qui etiam om. a
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Ingressus Liberius in Urbe 3i II II non. aug. consens^ Constantio
heretico ; non tamen >ebaptizatus -est Liberius, sed consensum
prebuit a3 . Tune " persecutio magna fuit in [urbe] Roma, ita ut* k
(catholice clerici in ecclesias vel balnea non) haberent introitum**.
Omnes itaque an?ii Felicis in huius ordine dinumerantur. " Fe-
cit ordinationes II 27 presbiteros XVIII diaconos V episcopos per [dû
versa] loca VIII f \ Qui etiam sepultus est in cimiterio Priscillae,
via Salaria, V id. sept. [Et] cessavit episcopalus dies VI.
XXXVIII. — FELIX, natione Romanus, ex pâtre Anastasio, sedit
ann. I m. III d. IL Hic declaravit Constantium * hereticum et re-
baptizatum secundum*. Hic 3 martyrio coronatur \ Hic fecit basi-
licam via Aurélia, miliario* ab Urbe II, ubi et requievtf.
Hic fecit ordinatiorcem I per mens, decemb. presbiteros XXI diaco-
nos V episcopos per [diversa] loca XVIII. Qui etiam capite trun-
catur cum multis clericis et fidelibus occulte iuxta murus Urbis,
ad latus forma Traiani, III id. novemb. Et exinde rapuerunt
corpus eius nocte 6 christiani cum Damaso preshitero et sepelie-
runt in basilica supradicta 7 XVII kal. decemb. 8 [Et] cessavit
episcopatus dies XXXVIII.
XXXVIIII. — DAMÀSUS, natione Spanus, ex pâtre Antonio, sedit
ann. XVUI m. III d. XI l . Fuit autem temporibus Iuliani. Hic fecit
basilicas II una* ad s via Ardiatina, ubi re-
quiescit; (dedicavit * platomam in Catacumbas, ubi corpora
Pétri et Pauli apostolorum iacuerunt, quam et versibus ornavit) 5 .
Hic accusatur in crimine 8 de adulterio; et facto synodo mtr-
gatur a XLIIII episcopis, qui etiam damnaverunt Concordium et
Calistum diaconos accusatores et iactaverunt 7 de ecclesia. 8 Hic
fecit ordinationes V per mens, decemb. presbiteros XXXI diaconos
XI episcopos per [diversa] loca LXI. 9 Qui etiam sepultus est
via Ardia[tï\na, in basilica sua, III id. decemb. cum matre
sua et gcrma?jta i0 . [Et] cessavit episcopatus dies XXVI.
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
21. <Roma>
22. <et tenuit basilicas beati Pétri et beati Pauli et basilicam
Constantinianam annos VI >
23. Et.
24. ( ) clerus et sacerdotes neque in ecclesia neque in balnea.
25. <Hic Liberius ornavit de platomis marmoreis sepulchrum
sanctae Agnae martyris.>
26. <Hic fecit basilicam nominisuo iuxta macellum Libiaejet >
27. <in urbe Roma per mens, decemb. >
2«. XVIIII.
XXXVIII. — 1. <fllium Gonstantini>
2. < ab Eusebio Nicomediense episcopo, iuxta Nicomedia, in
viUa qui appellatur Aquilone >
3. Hic ] Et pro boc declaratum ab eodem Gonstantii praecepto
Aug. filio Gonstantini Aug.
4. ' < et capite truncatur >
5. miliario-requievit ] cum presbiterii honore fungeretur, et in
eadem ecclesia émit agrum circa locum, quod obtulit ecclesiae quam
fecit.
6. om. sauf E. 7. <eius, via Aurélia, > 8. <in pace>
XXXVIIII. — i. Ici V histoire du schisme d'Ursinus.
2. <beato Laurentio iuxta theatrum et alia>
3. om.
4. ( ) et in Catacumbas ubi iacuerunt corpora sanctorum aposto-
lorum Pétri et Pauli, in quo loco platomam ipsaro, ubi iacuerunt
corpora sancta, versibus exornavit, sauf E qui porte : in Catacum-
bis et dedicavit platoniam ubi corpora apostolorum iacuerunt, id
est beati Pétri et Pauli, quam et versibus ornavit.
5. < Hic multa corpora sanctorum requisivit et invenit, quorum
etiam (concilia add. E) versibus declaravit. Hic constitutum fecit
de ecclesia .>
6. accusa tus invidiose incriminatur.
7. proiecerunt.
8. Ici la fondation du titulus Damasi. Les mois quam ipse fecit;
que l'on trouve un peu plus bas dans V abrégé K, sont un vestige de
ce récit, écarté par les deux abréviateurs.
9. Ici un décret sur la psalmodie.
10. iuxta matrem suam et germanam suam.
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XL. — Snucus, natione Romanus, ex pâtre Tiburtio,
sedit an. XV dies XXV. Hic constitutum fecit de ecclesia
et direxit per provincias. Constituit ut sine consecrato
episcopi loci cuiuslibet presbiter non licerit consacrari.
Hic constituit heretico sub manus inpositione reconci- 5
liare. Hic fecit ordinationes V presb. XXXI diac. XVI
episcopos per loca XXXII. Sepultus est in cymitirio
Priscille, via Salaria, VIII kl. mart. Cessavit episcopatus
dies XX.
XLI. — Anastasius, natione Romanus, ex pâtre Maxi- 10
mo, sedit ann. III dies X. Hic constituit quotienscum-
que evangelia recitantur sacerdotes non sederent. Hic
fecit ordinationes II presb. V diac. V episcopos per loca
XI. Sepultus est adUrso pilato V kl. mai. Cessavit epis-
copatus dies XXI. 15
XLII. — Innocentius, natione Albanensis, ex pâtre
Innocentio, sedit ann. XV mens. I dies XXI. Hic
constituit sabbatum ieiunium celebrari ideo quia sab- 20
batum Dominus in sepulcro positus est et discipuli
ieiunaverunt. Hic fecit ordinationes 1III per decemb.
presb. XXX diac. XII episcopos per loca LU II. Sepultus
est ad Ursu pilato V kl. iul. Cessavit episcopatus dies
XXI. 25
XLI II. — Zosimus, natione Grecus, ex pâtre Apromio,
sedit ann. I mens. II dies XI. Hic constituit utdiaconi
leva tecta haberent de palleis linostimis per parrochias
et uteerabenedicatur. Hic fecit ordinationem I per mens,
decemb. presb. X diac. III episcopos per loca VI III. 30
Sepultus est iuxta corpus beati Laurenti, via Tiburtina,
VII kl. ian. Cessavit episcopatus dies XI.
XLI III. — Bonifatius, natione Romanus, ex pâtre Io- 35
XL. — 1 Syricus 6 — Tyburcio 6 — 3 provintias a — consa-
crato 6 — 4 prbîTa — 6 diac. XV 6 — 7 XXII a — cimityrio
a : cyraitr. 6 — 8 Salutaria b — VII b — marc, b
XLI. — 14 sesepultus a
XLII. - 19 an. XVI a
XLIII. — 27 diacïs 6—30 V1ÎI 6—31 Tyburtina 6
VI kl. b
32
XL. — Smicus, natione Romanus, ex pâtre Tiburtio,
sedit an. XV. Hic constitutum fecit de ecclesia et direxit
per provincias, et constituit ut sine consecratum epis-
copi loco cuiuslibet presbitero non liceret consecrare.
Hic constituit hereticum sub manu inpositione recon-
ciliari. Hic fecit ordinationes V presb. XXXI diac. XVI
episcopos XXXII. Qui etiam sepultus est in cimiterio
Priscille VIII k. mart. Et cessavit episcopatus dies XX.
XLI. — Anastasius, natione Romanus, pâtre Maximo,
sedit an. III dies XXVII. Hic constituit ut cum evangelia
recitantur sacerdotes non sederent, sed curvi starent;
et constituit ut nullum clericum transmarinum suscipi,
nisi V episcoporum designaret cirographum, propter
Manicheos. Hic fecit ordinationes II presb. VII II diac.
V episcopos XI. Sepultusque est ad Urso pilato V k.
mai. Cessavit episcopatus dies XXI.
XLII. Innoceistius, natione Albanensis, ex pâtre Inno-
centio, sedit an. XV mens. II dies XXII. Hic constituit
sabbatum ieiunium celebrare, quia sabbato Dominus in
sepulcro positus est et discipuli ieiunaverunt. Hic fecit
ordinationes IIII presb. XXX diac. XII episcopos LIIII.
Sepultusque est ad Urso pilato V k. iul. Cessavit epis-
copatus dies XXII.
XLIII. — Zosimls, natione Grecus, ex pâtre Abramio,
sedit an. VII mens. VIIII diesXXIIII. Fecit constitutum
ut diacones leva tecta haberent de palleis linostimis per
parochias, et ut cera benedicatur, et ut nullus clericus
in poculum publicum propinaretur, nisi tantura celle
fidelium, maximae clericorum. Hic fecit ordinationem I
presb. X diac. III episcopos VIIII. Sepultusque est
iuxta corpus beati Laurenti martyris VII k. ian. Et ces-
savit episcopatus dies XI.
XLIIII. — Bonifatius, natione Romanus, ex pâtre Io-
XL. — 1 Siricius 6 — nativitate a — Tyburcio a — 2 acccle-
sia a — 3 consecratum] constitutu a — 6 hordint. la — 7 qui
etiam om. a — est om. a — 8 Priscile a
XLI. — H an. IIII a — d. XXIIII 6 — 14 cyrograpbum 6 —
15 Manicheis a — que om. a
XLII. — 18Innocencius 6 — 20 sabbatum a — 21 sepulcbro 6
— 22 III a — 23 que om. a — adversum pilatum a
XLIII. — 26 ex om. a — 28 diacones < bic constituit ut dia-
cones>a — 29 parocbiis a : parroebias 6 — 31 maximae cleri-
corum om. a — 32 que om. a — 33 martyris om. a — et om. a
XLIII. — 33 Bonefatius a : Bonifacius 6 —
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XL. — SIRIGUS, nadone Romanus, ex pâtre Tiburtio, sedit
ann. XV. Hic constitutum fecit de ecclesia l et direxit per
provincias. Et 2 constituit ut sine consecrafo episcopi
loci cuiuslibot presbitero non liceret consecrare . 3 Hic
constituit hereticum sub manus inpositione reconciliari \ Hic
fecit ordination os V 5 presbiteros XXXI diaconos XVI episcopos
per [diversà] loca XXXII. Qui etiam sepultus est in cymiterio
Priscillo, via Salaria, VIII kal. mart. Et cessavit episcopatus
dies XX.
XLI. — ANASTASIUS, natione Romanus, ex pâtre Maximo,
sedit ann. III d. X. Hic constituit ut quotienscumque evangelia *
recitantur sacerdotes non sederent, sed curvi starent. * Et 8 cons-
tituit ut nullum clericum transmarinum suscipi, nisi V episcopo-
rum designaret cirographum, pr opter Manicheos \ Hic fecit
ordinationes II [per mens, decemb.] presbiteros VII1I diaconos V
episcopos per [diversà] loca XI. [Qui etiam] sepultus est 5 ad
Urso pilato V kal. mai. [Et] cessavit episcopatus dies XXI.
XLII. — INNOCENTIUS, natione Àlbanensis, ex pâtre Inno-
centio, sedit ann. XV m. H d. XXI. ! Hic constituit sabbatum
ieiunium celebrari, quia sabbato Dominus in sepulcro positus est
et discipuli ieiunaverunt. * Hic fecit ordinationes IIII 3 per [mens.]
decemb. presbiteros XXX diaconos XII episcopos per [diversà] loca
LII1I. [Qui etiam] sepultus est * ad Urso pilato V kal. iul. B Et ces-
savit episcopatus dies XXII.
XLIII. — ZOSIMUS, natione Grecus, ex pâtre Abramio, sedit
ann. I m. II d. XI. Hic l fecit constitutum ut dmcoties leva tecta
haberent de palleis linostimis per a parrochias, et ut cera
benedicatur, et 3 ut nullus clericus in poculum publicum pro-
pmaretur, nisi tantum celle fidelium, maxime clericorum. Hic
fecit ordinationem I * per mens, decemb. presbiteros X diaconos III
episcopos per [diversà] loca VIIII. [Qui etiam] sepultus est iuxta
corpus beati Laurenti martyris, via Tiburtina, VII k. ian. Et ces-
savit episcopatus dies XI.
XLIIII. — BONIFÀTIUS, natione Romanus, ex pâtre Iocundo
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
XL. — l. de-provincias] de omnem'ecclesiam vel contra omnes
hereses^et exparsit perjiniversum mundum, ut in omnem ecclesiae
archibo teneantur oh oppugnationem contra omnes hereses.
2. Et-consecrare ] Hic constituit ut nullus presbiter missas cele-
braret per omnem ebdomadam, nisi consecratum episcopi loci
designati susciperet declaratum, quod nominatur fermentum.
3. Ici, récit d'une découverte de Manichéens ; décret contre cette secte.
4. <praesente cuncta ecclesia >
5. <in urbe Roma per mens, decemb. >
XLI. — 1. <sancta>
2. <Hic fecit constitutum de ecclesia. Fecit autem et basilicam
quao dicitur Crescentiana, in legione II, via Mamurtini, in urbe
Roma.>
3. <hoc>
4. propter Manicheos] quia eodem tempore Manichaei inventi
sunt in urbe Roma.
5. <in cymiterio suo>
XLII. — 1. Ici, a) divers décrets sur les moines, les juifs, les païens
et les montanistes ; b) la condamnation du pélagianisme ; c) la fon-
dation du titulus Vestinae.
2. Ici, règlement relatif à la basilique de Sainte-Agnès.
3. < in urbe Roma > 4. < in cymiterio > 5. aug.
XLIII. — 1. < multa constituit ecclesiae et >
2. et per parrocia concessa licentia cereum benedici.
3. < praecepit > : <iussit> E.
4. ordinationes < in urbe Roma> : ordinationem I <in urbe> E 1
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cundo presbitero, sedit ann. III mens. VI III dies VI.
Hic sub intentione cum Eolalio ordinatore fuit dissensio
in dero mens. VII dies XV. Et facto synodo deponitur
Eolalius sub aliis episcopis quia iuste non fuerat ordi-
natus et ex consensu omnium sedit Bonefacius presul 5
et constituitur Eolalius in civitatem Nepessinam episco-
pus. Hic constituit ut nulla mulier vel monacha palla
sacrata contingent aut lavarit aut incensum ponerit in
ecclesia, nisi minister; nec servum clericum fieri. Hic
fecit ordinationem I per mens, decemb. presb. XIII 10
diac. II II episcopos per loca XXXVI. Sepultus est in ci-
mityrio sanctae Felicitatis, via Salaria, VIII kl. novemb.
Cessavit episcopatus dies VIII I.
XLV. — Caelestinus, natione Campanus, ex pâtre
Prisco, sedit ann. VIII mens. X dies XVII. Hic fecit ut 13
psalmi CL David ante sacrificium psalli, quod ante non
fiebat, nisi tantum epistolae Pauli apostoli et sanctum
evangelium, et sic missae celebrabuntur. Hic fecit or-
dinationes III per mens, decemb. presb. XXXII diac.
XII episcopos per loca XLVI. Sepultus est in cimityrio 20
Priscillae, via Salaria, VIII kl. april. Cessavit episco-
patus dies XXI.
XLVI. — Xystus, natione Romanus, ex pâtre >'ysto,
sedit ann. VIII dies XVIIII. Hic a quodam Basso incri-
minatus accusatur; ex precepto Valentiani Aug. cum 25
magna examinatione, factumsynodum, purgatura LIIII
episcopis et eiecit Bassum a communione. Hic fecit or-
dinationes, presb. XXVIII diac. XXII episcopos per loca
LU. Sepultus est via Tiburtina, in cripta ad sanctum
Laurentium. Cessavit episcopatus dies XXI.
XLI1II. — 1 VIII dies V 6 — 2 Eoladio a — 3 m. VI 6 — 4
Eoladius a — 6 Nepersinam a — 7 monica 6 — 8 lavarel o —
10 ordinatione 6 — 11 XXXV 6 — 12 cimityr. a : cimitr. 6 —
Salutaria 6 — VII 6 — 13 VIII 6
XLV. — 15 ann. VII 6 — dies XVI 6—16 sacrifitiura a —
17 epistole a : epistola6 — 18 missa a : mïss 6 — 20 cimitr. 6
— 21 VII ici. 6
XLVI. — 23 Xisto 6 — 24 ann. VII dies XVIII 6 — 2o accu-
sator 6 — Agusti a b — 27 Barsum a — comunione a — 29
Tyburtina 6
cundo presbitero, sedit an. III mens. VIII dies VI. Hic
sub intentione cum Eulalio ordinatur et fuit dissensio
in clero menses II II et dies XV. Et facto synodo depo-
nitur Eulalius a LU presbiteris, quia iniuste fuerat or-
dinatus, et ex consensu omnium sedit Bonifaciuspraesul
et constituitur Eulalius in civitate Nepissana episcopus.
Hic constituit ut nulla feminarum palla sacrata contin-
gent aut incensum poneret in ecclesia, nisi minister;
nec servum clericum fieri, nec obnoxium curie vel
cuiuslibet rei. Hic fecit ordinationem I presb. XIII
diac. III episcopos XXXVI. Qui etiam sepultus est in
cimiterio sanctae Felicitatis VIII k. novemb. Cessavit
episcopatus dies VI III.
XLV. — Caelestinus, natione Campanus, ex pâtre
Prisco, sedit an. VIIII mens. X dies XVII. Hic constituit
ut psalmi CL ante sacrificium psalli, quod ante non fiebat,
nisi tantum recitabatur epistola Pauli apostoli et sanctum
evangelium, et fiebant missae. Hic fecit ordinationes III
presb. XXXII diac. XII episcopos XLVI. Sepultusque
est in cimiterio Priscille VIII id. april. Et cessavit epis-
copatus dies XXI.
XLVI. — Systus, natione Romanus, ex pâtre Xysto, se-
dit an. VIII dies XVIIII. Hic a quodam Basso incrimina-
tur; et ex praecepto Valentiniani Aug. cum magna exa-
minatione, facto synodo, purgatur a LVI episcopis etege-
cerunt Bassum a communione. Hic fecit basilica sanctae
Mariae iuxta macellum Libiae et confessionem beati
Pétri apostoli exornavit de argento. Huius tempoiïbus
Valentinianus Aug. ornavit basilicas beati Pétri et Pauli
ex auro argentoque plurimum, et in Constantiniana ba-
silica fecit fastigium argenteum quod a barbaris subla-
tum fuerat, et in alias quamplures basilicas romanas
multa dona obtulit Valentinianus Aug. Fecit ordinatio-
35 nés III presb. XXVIII diac. XXII episcopos LU. Qui
1 an. I1II a — 4 aLU a : CCLII 6 — prbs a : prs&T 6 — fn-
veste a : iniustae 6—5 Bonefatius a — 6 Nephisana a — 8
aecclesia a — ministrum a — 9 curie om. 6 — 11 qui etiam ont.
a — 12 cimiterio] civitate a
XLV. — 15 XV? II a — 19 sepultus-et om. a
30
XLVI. — 23 ex pâtre om. a — Xisto a— 26 purgatur CCLV1 6
— egerunt a — 27 communionem a : comraonione 6 — ba-
silus a — sancte 6—28 Marie a — Libie a — confessione 6 —
30 et Pauli] apostoli a — 34 obtullit a — fecilque Systus epis-
copus ord. 6 — 35 diac. XX a : XII 6 —
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PREMIÈRE ÉDITION.
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presbitero, sedit ann. III m. VIII d. VI. Hic sub intentione cum
Eulalio ordinatur , et fuit dissensio in clero menses VII dies XV.
Et * facto synodo deponitur Eulalius a LU episcopis
quia iniustc fuerat ordinatus; et ex consensu omnium
sedit Bonifatius praesul et constituitur Eulalius in ci-
vitate Nepessina episcopus. Hic 3 constituit ut nulla mulier
vel monacha palla sacrata contingent aut lavarit, aut incensum
ponerit in ecclesia, nisi minister; nec servum clericum fieri, nec
obnoxium curie vel cuiuslibet rei. * Hic fecit ordinationem I per
mens, decemb. presbiteros XIII diaconos III episcopos per [di-
versa] loca XXXVI. Qui etiam sepultus est in 6 cimiterio
sanctae Felicitatis, via Salaria, VIII kal. novemb. [Et] ces-
savit episcopatus dies VI1II.
XLV. — CAELESTINUS, natione Campanus, ex pâtre Prisco,
sedit ann. VIII m. X d. XVII. Hic * constituit ut psalmi CL David
ante sacrificium psalli 2 , quod an te non fiebat, nisi tantum recita-
batur epistola Pauli apostoli 3 et sanctum evangelium, et * sic
missae celebrabantur. 5 Hic fecit ordinationes III per mens,
decemb. pTesbiteros XXXII diaconos XII episcopos per [diversa]
loca XL VI. [Qui etiam] sepultus est in cimiterio Priscillae, via
Salaria, VIII id. april. Et cessavit episcopatus dies XXI.
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XL VI. — XYSTUS, natione Romanus, expatre Xysto, sedit ann. VIII
d. XVIIH. Hic 1 a quodam Basso incriminàtus accusatur; et ex
praecepto Valentiniani Àug. cum magna examinatione ,
facto synodo, purgatur a LVI episcopis eteiecit Bassum
acommunione. Hic fecit basilica sanctae Mariae i iuxta macellum
Libiae 3 . [Hic] 4 ornavit de argento confessionem beati Pétri apos-
toli, [qui habet lib. CCCC. Huius supplicatione optulit Valentinia-
nus Aug. imaginem auream cum XII portas et apostolos XII et
Salvatorem gemmis pretiosissimis ornatam, quem voti gratiae suae
super confessionem beati Pétri apostoli posuit. Fecit autem Valenti-
nianus Aug. ex rogatu Xysti episcopi] fastigium argenteum in ba-
silicam Constantinianam, quod a barbaris sublatum fuerat, [qui
habet libras ïï. Huius temporibus fecit Valentinianus Aug. con-
VAIUANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
XLIilI. — i. <uno die>
2 . A la place de cette phrase, un long récit emprunté à d'autres sources.
3. <Bonifatius> 4. Ici, la fondation de l'oratoire de SteFélicité.
5. via Salaria, iuxta corpus sanctae Felicitatis martyris.
XLV. — 1. <multa constituta fecit et>
2. < antephanatim ex omnibus > 3. beati Pauli.
4. om. sauf DE; et sic missas fiebant E 13 , comme K : et sic
missa caelebrabatur D, comme F.
5. Ici, a) mention d'un constitutum ; b) dédicace de la basilique de
Jutes; c) dons aux basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul.
XL VI. — 1. Hic-communione] Hic post annum unum et menses
VIII incriminatur a quodam Basso. Eodem tempore, audiens hoc
Valentinianus Aug. iussit concilium sancta synodus congregari ; et
facto convento, cum magna examinatione, iudicium synodicum
Liber po.ntificalis.
purgatur a LVI episcopis et condemnatur Bassus a synodo, ita
tamen ut ultimo die viaticum ei non negaretur, propter humanita-
tem pietatis Ecclesiae. Hoc audiens Valentinianus Àug. cum matre
sua Placidia Aug., furore sancto commoti, scriptionem Bassum
condemnaverunt et omnia praedia facultatum eius ecclesiae catho-
licae sociavit. Qui nutu divinitatis intra menses III defunctus
moritur Bassus. Cuius corpus Xystus episcopus cum linteamini-
bus et aromalibus, manibus suis tractans, recondens sepellivit ad
beatum Petrum apostolum, in cubiculum parentum eius.
2. < quae ab antiquis Liberii cognominabatur >
3. Suit la dotation de cette basilique.
4. Je reproduis ici, jusqu'aux ordinations exclusivement, le texte de
la seconde édition, comme dans la notice de Silvestre, laissant en
dehors des crochets les mots qui se trouvent dans l'abrégé K.
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etiam sepultus est via Tiburtina, ad sanctum Lauren-
tium. Et cessavit episcopatus dies XXII.
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XLVII. — Léo, nationeTuscus, ex pâtre Quintiano, sc-
dit ann. XXI mens. I dies XIII. Hic fecit constitutum de
ecclesia. Hicinvenitduas hereses, Euthicen etNestorium ;
et per rogato Marciani Agusti, orthodoxi principes,
exhuius preceptum factumestconciliumsanctorumepis-
coporum in Calcidona Orientis, in basilica sanctae mar-
tyris Euphemiae; et congregat CCLXVI sacerdotes et
aliorum quorum cyrographus cucurrit CGCCVI episco-
porum, qui condemnaverunt Eutichen etNestorium. Et
post dies XL II item in unum congregati cum cyrogra-
phis qui presentis fuerunt expon entes fidem MGG epis-
copi cum Augusto Marcianopiissimo, qui fidem suamuna
cum Augusta Placidia publiée ante conspectum sancto-
rum sacerdotum episcoporum declaravit, ubi iterum
damnatus Eutices. Et postmodum rogat imperator Mar-
tianus simul cum episcopis CL et misit sacra rogans
Leone papa ut fidem expositam fidei catholicae et apos-
tolicae ei dirigent. Beatus vero Léo exposuit et direxit
thomum et firmavit synodum sanctum. Hic fecit episto-
las multas exponens fidem catholicam rectam, quaehodie
arcivo ecclesiae Romane tenentur, et decretalem quem
per universum mundum spargens seminavit. Hic fecit
ordinationes II II per mens, decemb. presb. LXXXI
diac. XXXI episcopos perlbca CLXXV. Hic constituitut
monacha non acceperit velaminis capitis benedictione
nisi probata fuerit in virginitate LX annorum. Sepultus
est in basilica beati Pétri III id. april. Cessavit episco-
patus dies VII.
XLVII. — LEO,natione Tuscus, ex pâtre Quintiano, se-
dit an. XXI mens. I dies XIII. Hic ministeria Romanae
ecclesiae post belium Wandalicum renovavit. Hic cum
multis episcopis exponens fidem catholicam rectam, que
10 hodie archivo ecclesiae Romanae tenetur, propter here-
sim Euticium et Nestorium, qui eius temporibus dam-
nantur. Hic fecit ordinationes VII presb. LXXVII,
diac. XXX episcopos CLXXV. Hic renovavit basilica
beati Pétri et beati Pauli apostolorum post ignem divi-
15 num; fecit et multas basilicas. Hic propter nomen Ro-
manorum ambulavit ad regem Chunorum Atthilam et
liberavit totam Italiam. Hic constituit monasterium apud
beatum Petrum apostolum. Hic constituitut intra accio-
nem diceretur sanctum sacrificium et cetera. Hic cons-
20 tituit monacha non acciperit velaminis capitis bénédic-
tion em nisi probata fuerit in virginitate XL annos. Hic
constituit super sepulcrum custodes qui dicuntur cu-
bicularii. Qui etiam sepultus est in basilica beati Pétri
III id. april. Cessavit episcopatus dies VII.
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XLVII. — 1 l Calcidonia a — Orientes a — 12 Euphomiae 6 —
13 cyrograffus a — CCCCV 6— 14 Euthicen 6— 15 cyrograffis a
— 16 mille CC a : ICC ti 6 — 17 Marliano a — 18 Augusto 6 —
Placida b — publicae a — 20 Euthices 6—22 papae 6—25
que 6 — 33 VI 6
1 qui etiam om. a — 2 el om. a
XLVII. — 6 nativit. a — Quintianum 6 — 7 an. om. b —
Romane aecclesia a — 8 Vandalicum a — 9 chatholicam 6 —
10 aecclesiae Romane a — heresem a — 11 et om, b — 12
presb. LXXII 6 — 13 renovabit 6 — aecclesia o — 16 Attellam a
— 17 Italium 6 — monastirium a — 18 apostolum om, a — 19
monacham a — 20 benediccionem a : benedictione 6 — 21
annos XL a — 22 sepulchrum 6
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fessionem beati Pauli apostoli ex argento qui habet libras CC] *
Hic fecit ordinationes IIP [per mens, decemb.] presbiteros XXVIII
diaconos XXII episcopos per [diversà] loca LU \ Qwi c/wm sepultus
est yia Tiburtina, m cripta ad sanctum Laurentium 8 . 2£f
cessavit episcopatus dies XXII.
XL VII. — LEO, natione Tuscus, ex. pâtre Quintiano, sedit ann. XXI
m. I d. XIII. Hic x fecit constitution de ecclesia. Hic* invertit
duas hereses, Euthicen et Nestorium; et per rogato Marciani
Aug. orthodoxi principis,ex huius preceptum factum est
concilium sanciorum episcoporum in Calcidona Orientis, in
basilica sanctae martyris Euphemiae, et congregat[i sunt]
CCLXVI sacerdotes, et aliorum quorum cyrographus cucurrit
CCCCVI episcoporum, qui condemnaverunt Eutichcn et
Nestorium. Et post dies XLII item in unum congre-
gati cum cyrographis qui presentis fuerunt exponentes
fidem MCC episcopi cum Augusto Marciano piissimo,
qui fidem suam una cum Augusta Placidia publiée
ante conspcclumsanctorum sacerdotum episcoporum de-
claravit, ubi iterum damnatus Eutices. Et postmodum
rogat imperator Martianus simul cum episcopis CL,
et misit sacra rogans Leone papa ut fidem expositam
fidei catholicae et apostolicae ci dirigerit. Beatus vero
Léo exposuit et direxit thomum et firmavit synodum
sanctum. Hic fecit epistolas multas exponens fidem ca-
tholicam rectam, quae hodie archive* ecclesiae Romane
tenerctur, et decrctalem quem per universum mundum
spargens seminavit. Hic fecit ordinationes HH* per mens, de-
cemb. presbiteros LXXXI diaconos XXXI episcopos per [cliver sa]
loca CLXXV. [Hic* renovavit post cladem Wandalicam omnia
minisieria sacrata argenlea per omnes titulos.] Hic renovavit basi-
lica beati Pétri* et beati Pauli apostolorum 6 post ignem di-
vinum 7 . Hic propter nomen Romanorum 8 ambulavit ad regem
Chunorum 9 Atthilam et liberavit totam Italiam 10 . Hic consti-
tuit monasterium apud beatum Petrum apostolum. Hic constituât
ut intra accionem il diceretur : « sanctum sacrificium » et cetera.
Hic constituit ut monacha non acciperit velaminis capitis benedic-
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
5. Ici se trouvaient les autres donations et fondations conservées
dans la seconde édition ; l'abrégé K en témoigne par les mots et in
alias basilicas romanas, etc.
6. <«in tirbe Roma> 7. Ici la fondation de Sainte-Sabine.
8. iuxta corpus beati Laurenti.
XLVI1. — i. Hic-ecclesia om. — Ici la fondation de Saint-Etienne
sur la voie Latine.
2. Hic-seminavit : ce récit du concile de Chalcédoine a été complè-
tement remanié.
3. <in urbe Roma> — Les ordinations sont, dans P, à la place
habituelle.
4. Hic-titulos, rétabli d'après P ; le mot bellum qui figure dans
l'abrégé K à la place de cladem, vient peut-être de la première édition ;
v. dans la seconde la suite de cette phrase.
5. < apostoli et cameram > 6. om,
7. < renovavit > — Les mots fecit et multas basilicas de l'abrégé
K résument un court passage sur la restauration du plafond d" la
basilique Constantinienne et sur la fondation de r église de Saint-
Corneille, près du cimetière de Calliste.
8. Romanorum < suscipiens legationem >
9. < nomine> 10. < a periculo hostium >
il. < sacrifiai >
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XLVIII. — Hilarus, natione Sardus, ex pâtre Crispi-
niano, sedit ann. VI mens. III dies X. Hic fecit decreta-
lem et per universam Orientera direxit, et epistolas de
fide catholica. Hic fecit ordinatione I per mens, de-
cemb. presb. XV diac. VI episcopos per loca XXII. Se-
pultus est ad sanctum Laurentium, in cripta, iuxta
corpus beati Xysti. Gessavit episcopatus dies X.
XLVIU I. — Simplicius, natione Tyburtinus, ex pâtre
Castino, sedit ann. XV mens. I dies VII. Hic constituât
ad sanctum Petrum et ad sanctum Paulum et ad sanc-
tum Laurentium ebdomadas, ut presbiteri manerent
propterbaptismum et penitentiam petentibus : de regione
prima ad sanctum Paulum, de regione III ad sanctum
Laurentium, de regione VII ad sanctum Petrum. Huius
episcopatum venit relatio de Gretia ab Acatio, qui fuit
episcopus Constantinopolitanus , et adfirmabat Petro
Àlexandrino euthiciano heretico ; facta petitione ab Aca-
tio venit. Tune fuit ecclesia exequens. Tune Symplicius
presul damnavit Petro Alexandrino de quo Acatius innu-
merabilia crimina adfirmabat. Eodem tempore rescripsit
Timotheus catholicus et Acatius dicentes quia vero in
mortem presbiteri catholici Petrum esse mixtum. Tune 25
papa Symplicius dissimulans numquam scripsit Acatio,
sed damnavit Petro. Hic fecit ordinationes per mens,
decemb. III presb. LVIII diac. XI episcopos per loca
LXXXII. Sepultus est ad beato Petro VI non. mart. Et
cessavit episcopatus dies V. 30
L. — Feux, natione Romanus, ex pâtre Felice presbi-
tero, sedit ann. VIII mens. XI dies XV. Huius episcopa-
XLVI1I. — Hilarus, natione Sardus, expatre Piniano,
5 sedit an. VI mens. III dies X. Hic fecit multa vasa et di-
versa ornamenta apostolorum Pétri et Pauli, et in Cons-
tantiniana et sancto Laurenti et sancta Maria ornavit.
Hic fecit ordinationem I presb. XXV diac. VI episcopos
XXII. Qui etiam sepultus est ad sanctum Laurentium,
10 iuxta corpus sancti Xysti. Et cessavit episcopatus dies X.
XLVIIII. — Simplicius, natione Tyburtinus, ex pâtre
Gastino, sedit an. XV mens. I dies VII. Hic constituit
ad sanctum Petrum et ad sanctum Paulum et ad sanc-
tum Laurentium ebdomadas, ut presbiteri manerent
15 propter baptismum et penitentia petentibus : de regione
tertia ad sanctum Laurentium, de regione prima ad
sanctum Paulum, de regione VII ad sanctum Petrum.
Hic fecit ordinationes III presb. LVIII diac. XI epis-
copos LXXXII. Sepultusque est ad beatum Petrum VI
20 non. mart. Gessavit episcopatus dies VI.
L. — Félix, natione Romanus, ex pâtre Felice presbi-
tero, sedit an. VIII mens. XI dies XVII. Hic fecit ordi-
XLV1II. — Sardus] sacerdos 6—0 ann. V ô — 7 ordin. a
— 8 diac. Vô — 10 Xisti b
XLVIIII. — 1 1 Simplitius a : Symplicius 6 — 12 VI 6 — 13 ad
s. Petrum et ad s. Paulum om.a — lobaptissimum a — peten-
tibus de regione III [ad sanctum Petrum et ad sanctum Pau-
lum] ad sanctum Laurentium de regione VII ad sanctum Pe-
trum a, sed verbauncis inclusa deletis aliis rescripta sunt — 18
relacio a — 20 euthutiano a — peticione b — 21 Symplilius a
— 25 prbi a b — 26 Syrap litius a — 28 LVII 6 — 29 V 6 —
marc. 6
L. — 32 ann.fcVIl —
XLVIII. — 4 pâtre om. a — 9 qui etiam om. a — a sancto
Laurentio a — 10 Syxti a — et om. a
XLVIIII. — H Tiburlinus a — 15 penitentiae penitentibus a
— 16 tercia a — 18 presb. LIIII a — 19 que om. a
31 an. 1111 a •
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tionem nisi probata fueritin virginitateZXannorum. Hic constituit
super sepulc[ra apostold]rum custodes qui dicuntur cubicularii xl .
Qui etiam sepultus est in 13 basilica beati Pétri III id. april.
[Et] cessavit episcopatus dies VII.
XL VIII. — HILARUS, natione Sardus, ex pâtre Crzspiniano ',
sedit ann. VI m. III d. X. Hic fecit decretalem et per universam
Orientem dire xi t a et epistolas de fide catholica 3
Hic fecit ordinationem I 4 per mens, decemb. presbiteros XXV
diaconos VI episcopos per [diversà] loca XXII. Qui etiam sepultus
est ad sanctum Laurentium, in cripta iuxta corpus beati 6 Xysti. Et
cessavit episcopatus dies X.
XLVIIII. — SIMPLICIUS, natione Tyburtinus, ex pâtre Castino,
sedit ann. XV m. I d. VII. l Hic constituit ad sanctum Petrum * et
ad sanctum Paulum 3 et ad sanctum Laurentium * ebdomadas, ut
presbiteri manerent propter baptismum 5 et penitentiam pe-
tentibus : de région e tertia ad sanctum Laurentium, de 6
regione prima ad sanctum Paulum, de 7 regione VII ad sanc-
tum Petrum. B Huius episcopatum venii rclatio de Gretia ab Acatio,
qui 9 fuit episcopus Constantinopolitanus, et adfirma-
bat 10 Petro Alexandrino euthiciano heretico; facta pe-
titione ab Acacio venit !l . Tune li fuit ecclesia 13 exequens u .
Tune Simplicius presul 15 damnavit Petro Alexandrino, de quo
Acatius innumerabilia crimina adfirmabat i6 . Eodem tempore
rescripsit Timotheus catholicus et Acatius dicentes quia 17 vero
in mortem Proteri i8 catholici Petrum esse mixtum i9 . Tune
papa 20 Simplicius dissimulans numquam scripsit Acatio, sed
damnavit Petro li . Hic fecit ordinationes " III per mens, decemb. "
presbiteros LVIII diaconos XI episcopos per [diversa] loca LXXXII.
24 Sepultus est ad S3 beatum Petrum VI non. mart. Et cessavit
episcopatus dies VI.
L. — FELIX, natione Romanus, ex pâtre Felice presbitero ' sedit
ann. VIII m. XI cf. XVII. * Huius 3 episcopatum iterum venit rela-
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
12. <ex clero Romano> 13. aput beatum Petrum apostolum.
XLVIII. — i. Crispino. 2. exparsit.
3. < confirmans III synodos Niceni, Ephe&eni et Calcedonense,
vel tomum sancti episcopi Leonis ; et damnavit Eutychem et Nes-
torium vel omnes sequaces eorum et vel omnes hereses, et confir-
mans dominationem et principatum sanctae sedis catholicae et
apostolicae. Hic fecit constitutum de ecclesia in basilicam ad sancta
Maria, consulatu Basilisco Hermenerico XVI kal. decemb. > Vient
ensuite la longue série des fondations et donations, indiquée en quel-
ques mots dans l'abrégé K.
4 <in urbe Roma> 5. < episcopi >
XLVIIII. — 1. Ici, fondation de quatre basiliques.
2. < apostolum > 3. < apostolum > 4. <martyrem>
5. pénitentes et baptismum : regionem tertiam.
6. regionem primam. 7. regionem <sextaoi vel> septimam.
8. <Sub> 9. Gonstantinopolitano episcopo.
10. adfirmavit Petrum Alexandriae urbis eutychianistam.
11. venit] episcopo, cyrographo eius constructa.
12. Eodem tempore. 13. <hoc est prima sedis apostolica>
14. executrix. 15. <hoc audiens>
16. < ita tamen ut paenitentiae reservaret tempus >
17. quod etiam.
18. Je rétablis Proteri : la leçon presbiteri ne peut être primitive.
19. Petrus esset permixtus. 20. archiepiscopus.
21. <expectans tempus paenitentiae>. —Suit une phrase relative
à des donations.
22. < in urbe Roma > 23. <et febr. > 24. < Hic >
25. in basilica beati Pétri apostoli.
L. — 1. <de titulo Fasciolae>
2. <Hic fuit temporibus Odoacris régis usque ad temporaTbeo-
dorici régis. Hic fecit basilicam sancti Àgapiti iuxta basilicam
sancti Laurenti martyris. > 3. < Sub > huius.
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LIBER PONTIFICALÏS
ABRÉGÉ FÉLICIEN.
ABRÉGÉ CONONIEN.
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tum iterum venitrelatio a patres Greciarum, Petrum Ale-
xandrino revocatumad communionem ab Acatio. Tune
venerabilis papa Félix mittens defensore ex constituto
synodi sedis suae, et damnavit Acatio cum Petro. Post
annos III iterum venit relatio ab imperatore Zenonem 5
ut paenitens rediret Acatius. Tune papa Félix fecit con-
cilium, exconsensum misitduos episcopos, Mesenumet
Vitalem, ut si invenirent conplicem Pétri Acatium, ite-
rum damnarent ; si non, offerrentlibellumpaenitentiae.
Qui dum introissent in civitatem Constantinopolim, cor- 10
rupti pecuniae datum supradicti episcopi non fecerunt
secundum preceptum sedis apostolicae. Venientes vero
Romam ad sedem apostolicam, fecit papa Félix conci-
lium ; et examinatione facta in concilio, invenit eos reos
et eiecit Mesenum et Vitalem episcopos a communio- 15
nem. Tune Mesenus episcopus non se tacuit corruptum
per pecunia ; cui concilius concessum tempus paeni-
tentiae. Hoc vero facto temporibus Odovagri régis. Hic
fecit ordinationes II per mens, decemb. presb. XXVIII
diac. V episcopos per loca XXXI. Sepultus est apud 20
beato Paulo. Cessavit episcopatus dies V.
LI. — Gelasius, natione Afer, ex pâtre Valerio, sedit
ann. I II I mens. VIII dies VIII. Fuit temporibus Theo-
dorici régis et Zenonis Aug. Hic sub gesta synodi, cum
fleto, sub satisfactione libelli, purgatum Mesenum épis- 25
copum revocavit. Hic fecit sacramentorum prefationes
cauto sermone et epistolas fidei elimato sermone. Hic
fecit ordinationes III per mens, decemb. presb. XXXII
diac. II episcopos per loca LXVII. Sepultus est apud
beatum Petrum XI kal. decemb. Cessavit episcopatus 30
dies VII.
nationes II presb. XXVIII diac. V episcopos XXXI.
Sepultusque est apud beatum Paulum. Cessavit episco-
patus dies V.
LI. — Gelasius, natione Afer, ex pâtre Valerio, sedit
an. IIII mens. VIII. Fuit autem temporibus régis Theo-
derici et Zenonis Aug. Hic fecit libros V adversus Nisto-
rium et Euticen ; fecit et hymnos in modo beati Am-
brosii ; fecit et duos libros adversus Arrium ; fecit et sa-
cramentorum prefationes cauto sermone et epistolas
fidei delimato sermone. Hic fecit ordinationes II presb.
XXXII diac. II episcopos LXVII. Qui etiam sepultus est
apud beatum Petrum XI k. decemb. Cessavit episco-
patus dies VII.
LU. — Anastasius, natione Romanus, ex pâtre Petro, LU. — Aisastasius, natione Romanus, ex pâtre Petro,
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1 Graetiarum 6 — 3 constitudo a — 4 sinodi a : synodo 6 — 5
annus a — 6 penitens a — 9 olFerint a — penitentiac a — 10
introisent b — 12 apostolice 6 — 15 comunionem a — il peni-
tentiae b
LI. — 23 iiî.-iis. VII dies Vil b — Tkeoderici 6—26 prefa-
ciones 6—27 caute a — 28 III om. 6—29 aput b — 31 VI 6
1 presb. XXVIIII a — 2 que om. a
LI. — 22 Cletus a — nat. bis scripsit a — 23 autem om. a —
24 Theoderici a — V libros 6 — 25 ymnus a — 26 et fecit et
duos 6 — et] autem — 27 prefaciones a : prefationis 6—28
fide a — 29 LXVIII o — qui etiam om. a — 30 aput 6 —
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PREMIÈRE ÉDITION
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in
RESTITUTION.
lio a* pa[rt]es Grcciarum, Petrum Alexandrino révocation ad*
communionem ab Acatio*. Tune venerabilis papa"' Félix
mittens defensore ex* constituio synodi sedis suae, et damna-
vit Acatio cum Petro. Post annos III iterum venu relatio ab im-
peratore Zenonem ut paenitens rediret Acatius. Tune papa Félix
fecit 9 cojicilium; ex consensum misit duos episcopos, Mese-
num et Vitalem, ut si invenirent conplicem Pétri Acatium, iterum
damnarent l0 ; si non, off errent libellum paenitentiae. Qui dum
introissent in civitatem" Constaniinopolim, corrupti ,2 pecuniae
datum supradicti episcopi 13 nonfecerunt secundum preceptum sedis
apostolicae. Venientes vero Romam ad sedem apostolicam, fecit
papa Félix concilium; et examinatione facta in '* concilio, inve-
nit eos reos** et eiecit 16 Mesenum et Vitalem episcopos a commu-
nionem. Tune Mesenus episcopus non se tacuit corruptum per pecu-
?iia; cui concilias concessum* 1 tempus paenitentiae. Hoc vero 19
facto temporibus " Odovagri régis. Hic fecit ordinationes II 50
per mens, decemb. presbiteros XXVIII diaconos V episcopos per
[diversa] loca XXXI. ai Sepultus est apud " beatum Paulum.
[Et] cessavit episcopatus dies V ".
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LI. — GELASIUS, natione Afer, ex pâtre Valerio, sedit ann. IIII
m. VIII d. VIII. Fuit autem temporibus Theodorici régis et Zenonis
Aug. l Hic sub gesta synodi, cum fleto, sub satisfactione libelli,pur-
gatum Mesenum episcopum revocavit 8
Hic fecit libros V adversus Nestorium et; Euticen ; fecit et hymnos
in modo beati Ambrosii ; fecit* et duos libros adversus Arrium;
fecit 4 et sacramentorum prefationes 5 cauto sermone et epistolas
fidei delimato sermone \ nie fecit ordinationes II 7 per mens, de-
cemb. presbiteros XXXII diaconos II episcopos per [diversa] loca
LXVII. Qui etiam sepultus est apud 8 beatum Petrum XI kal.
decemb. [Et] cessavit episcopatus dies VII.
LU. — ANASTASIUS, natione Romanus, ex pâtre Petro x , sedit
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
4. de Grecias. 5. ad communionem om.
6. < episcopo Constantinopolitano >
7. Félix archiepiscopus sedis apostolicae urbis Romae.
8. cum consilio. 9. fecit-consensum om.
10. <eo8> il. om.
12. <sunt> 13. <et>
14. invenit iudicium ambos episcopos, id est Mesenum et Vitalem.
15. < et corruptos paecuniae>
16. eregit, saufE. 17. concessit.
18. om. 19. tempore.
20. <in urbe Roma> 21. < Hic>
22. in basilica beati Pauli apostoU.
23. < Et post transitum eius factum est a presbiteris et diaconi-
bus constitutum de omnem ecclesiam. >
LI. — 1. Ici un récit relatif à des Manichéens découverts et con-
damnés.
2. < quem ecclesiae suae restituât, qui peccaverat in causa Aca-
cii et Pétri. Hic fuit amator pauperum et clerum ampliavit. Hic
liberavit a periculo famis civitatem Romanam. Hic fecit constitu-
tum de omnem ecclesiam. > — Suit un récit relatif à Va/faire d'A-
cace et plusieurs fondations de basiliques.
3. fecit et] item.
4. < etiam > et.
5. <et orationes>
6. <multas. Sub huius episcopatu clerus crevit.>
7. <in urbe Roma> sauf A .
8. in basilica beati Pétri apostoli.
LU. — 1. < de regione V caput Tauri >
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LIBEH PONTIFICAUS
ABRÉGÉ FÉLICIEN.
sedit ann. I mens. XI dies XXXIIII. Hic fecit ordina-
tionem I per mens, decemb. presb. XII episcopos per
loca VI III. Sepultus est apud beatum Petrumin Vatica-
num XII kal. decemb. Et cessavit episcopatus dies VI.
ABRÉGÉ CONONIEN.
sedit an. I mens. XI dies XXIIII. Hic fecit confessione
beati Laurenti. Huic clerus et presbiteri multi se erege-
runt a communione, eo quod communicasset sine consi-
lio eorum diacono Thesalonicensi, nomen Futino. Hic
5 fecit ordinationem I presb. XI episcopos VIII. Sepul-
tusque est ad beatum Petrum XIII k. decemb. Cessavit
episcopatus dies VI.
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LUI. — Symmachus, natione Sardus, ex pâtre Fortu- '0
nato, sedit ann. XV mens. VII dies XXXVI. Hic fuittern-
poribus Theodorici heretici et Anastasi euthiciani Aug.
Hic amavit clerum et pauperes, bonus, prudens, huma-
nus, gratiosus ; et cumeo ordinatur Laurentius subinten-
tione episcopus, ex qua causa separata aliqua pars cle-
ricorum vel senatorum, alii cum Symmachum et alii cum
Laurentium ; et facta intentione hoc constituerunt pari-
ter ut ambo Ravennam peterent ad iuditium régis Theo-
dorici. Qui dum per/enissent, hoc iudicatum aequitatis
invenit, ut qui prior ordinatus fuisset, vel ubi pars ma-
xima consentiretur, ipse sederit in sede apostolica ; quod
tamen aequitas in Symmachum invenit et cognitio ve-
ritatis, et fuit praesul beatus Symmachus. Eodem tem-
pore papa Symmachus fecit synodoet constituit Lauren-
tium inNoceriacivitateepisoopum,intuitu-miserieordiae. ^
Post annos vero III I, zelo et dolo ducti aliqui exclero et
aliqui ex senato incriminant Symmachum et suburnant
testes falsos, quos miserunt Ravennam ad regemTheodo-
ricumhereticum,accusantesbeatum Symmachum ; etoc-
culterevocant Laurentium Romam; etfeceruntschismaet 30
separaverunt se ab invicem pars aliqua a communione
Symmachi, mittentes relationem régi, et petunt a rege
Theoderico visitatorem sedis apostolice Petrum Altinan-
tem. Eodem tempore beatus Symmachus congregavit
LUI. — Symmachus, natione Sardus, ex pâtre Fortunatu,
sedit an. XV mens. VI dies XXVII. Hic fuit temporibus
Theoderici heretici et Anastasii Aug. Hio amavit clero
et pauperes ; et cum eo ordinatur Laurentius sub inten-
tione episcopatus, et facta intentione hoc constituerunt
ut ambo Ravennam pergerent ad iudicium régis Theo-
derici. Qui cum pervenissent, hoc iudicium equitatis in-
venit, ut qui prior ordinatus fuisset, vel ubi pars maxima
consentiretur, ipse sederet in sede apostolica; quo ta-
men aequitas in Symmachum invenit. Tune beatus
Symmachus papa constituit Laurentium episcopum in
Nucheria civitate, intuitu misericordiae. Post annos vero
IIII, zelo ducti ajiqui ex clero et aliqui ex senatu incri-
minant Symmachum; miserunt ad regem Theoderico
hereticum, accusantes beatum Symmachum ; et occulte
revocant Laurentium Romam ; et fecerunt scismam et
separaverunt se pars aliqua a communione Symmachi,
petentes a rege heretico visitatorem Petrum Altinatim.
Tune beatus Symmachus congregavit episcopos GXV et
facto synodo purgaturacrimine falso et damnatur Petrus
Altinas et Laurentius Nucerinus ; Symmachus vero cum
magno honore sedit in sede sua. Tune Festus patricius
cepit intra Urbe cèdes facere in clero qui communica-
bant beato Symmacho, et deponens mulieres sanctimo-
niales de habitaculis suis, denudans sexum femineum,
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LUI. — 10 S-nachus a — Furtunato a — H mens. VI dies
XXXV 6 — 12 Eutuciani a — 13 bonos 6 — 16 senator a 6 — 19
Theoderici 6 — 23 presul a — Symmachus om. 6 — 25 in intuitu
a — 28 Theodericum 6 — 30 scisma a — 32 Symachi a —
régi] rei a — a rege]agere a —
LU. — 2 hahic a : hic 6 — erigerunt 6 — 3 communionem
6 — 4 diaconuma — Tesalonicensis a: Thesolonicensi 6 — 5
episcopus a — que om. a
LUI. — 10 Symacus nativitate a — Furtunatu 6 — H tempus
a — 12 Teoderici a — Anasthasium 6 — Augusto a : Agi 6 — 14
intencione(6is) a — lo Ravennaa — iudicio a — 16 equitates b
— 1 8 sedere 6 — 19 equitas a — Simago a — 20 Simmacus a —
Laurencium a — 21 missericordiae a — vero om. b — 22 zello a
— 23 Symmacum a — Teoderico ereticum a — 24 beatum Sym-
machum om. a — 26commonionem 6 — 28, 30 Symmacus a —
30 Nucherinus 6 — vero om. a — 33 Symmaco a — ponens 6
— sanctemuniales a — 34 sexu 6 — feminium a —
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ann. I m. XI d. XXIIII*. Hic fecit confessionc beati Laurenti*.
[ Eodem * tempore mulli clcrici et presbiteri se a communione
ipsius erigerunt, eo quod communicasset sine consilio presbilerorum
vel episcoporum vel clericorum cunctae ecclesiae catholicae diacono
Thesalonicense, nomine Fotino, qui com munis erat Acacio, et quia
voluit occulte revocare Acacium, et non potuit.] 5 Hic fecit ordinatio-
nem I • per mens, decemb. presbiteros XII episcopos per [diversa]
loca VIII 7 . [Qui etiam] sepultus est apud 8 beatum Petrum XIII
kal. decemb. Et cessavit episcopatus dies VI 9 .
LUI. — SYMMACHUS, natione Sardus, ex pâtre Fortunato, sedit
ann. XV m. VII d. XXVII. Hic fuit temporibus Theodorici here-
tici l et Anastasii eulhiciani* Àug. 3 Hic* amavit clerum et
pauperes, bonus, prudens, humanus, gratiosus; et 6 cum
eo ordinatur Laurentius sub intentione episcopus; ex qua
causa separata aliqua ft pars clericorum vel senatorum,
alii cum Symmachum et 7 a lit cum Laurentium ; et facta inten-
tione hoc constituerunt pari ter 9 ut ambo 9 Ravennam per gèrent
ad iudicium régis Theodorici. Qui dum pervenissent ,0 , hoc iu-
àxcium aequitatis invenit, ut qui p ri or ll ordinatus fuisset, vel
. ubi pars maxiraa consentiretur ia , ipse sederet in sede aposto-
lica ; quod tamen aequitas in Symmachum invenit et ,3 cognitio
veritatis, et fuit" praesul bealus 1B Symmachus. Eodem tempore
papa Symmachus fecit i5 sijnodo et constituât Laurentium in Nu-
ceria n civitate episcopum, intuitu misericordiae. Post annos vero
IIII, zelo et dolo l8 ducli aliqui ex clero et aliqui iQ ex senatu 20
incriminant fl Symmachum et sublimant " testes falsos quos mi-
serunt Ravennam ad regem Theodoricum hereticum", accusantes
beatum Symmachum ; et occulte revocant" Laurentium Romam 23 ;
et fecerunt schisma et separaverunt " se ab invicem pars
aliqua a communione Symmachi, mittenies relationemregi,
et petunt a rege Theoderico visitatorem sedis apostolicc
Petrum Altinantem. Eodem tempore beatus Symmachus con-
gregavit episcopos CXV, et facto synodo purgatur a crimine falso
et damnatur Petrus Altinans invasor sedis apostolicac et Lauren-
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
2. < Fuit autem temporibus Theodorici régis. >
3. < martyris ex argento pens. lib. LXXX >
4. [ ]Suppléé d'après P : tabréiiateur K a eu évidemment ce texte
sous les yeux.
5. <Qui nutu divino percussus est.> 6. <in urbe Roma.>
7. XVI. 8. in basilica beati Pétri apostoli. 9. d. IIII.
LUI. — i. régis. 2. om.
3 < a die X kal. decemb. usque in die XIIII kal. aug. >
4. Hic-gratiosus om.
5. Et- episcopus] Hic sub intentione ordinatus est uno die cum
Laurentio, < Symmachus in basilica Gonstantiniana, Laurentius
in basilica beatae Mariae >
6. separatus est clerus et divisus est et senatus.
Liber pontificalis.
7. alii vero. 8. partes. 9. <ad > Ravennam.
iO. ambo introissent Ravennam. il. primo.
12. cognosceretur. 13. om. 14. factus est. 15. om.
16. congregavit. 17. Nucerina. 18. om. 19. alii.
20. < maxime Festus et Probinus > 21. incriminaverunt.
22. subornaverunt. 23. om. 24. revocaverunt.
25. RomamJ post libellum Romae factum.
26. separaverunt — Altinantem] divisus est iterum clerus et
alii communicabant Symmachum, alii Laurentio. Tune Festus et
Probinus miserunt relationem régi et coeperunt agere ut vel visi-
tatorem daret rex sedis apostolicae. Tune rex dédit Petrum Aiti-
nae civitatis episcopum, quod canones prohibebant.
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LIBER P0NT1F1CALIS
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ABRÉGÉ FÉLICIEN.
AimÉGÉ CONONIEN.
episcopos CXV, et facto synodo purgatur a crimine falso
et damnatur Petrus Altinans invasor sedis apostolicae
et Laurentius Nocerinus. Tune ab omnibus episcopis et
presbiteris et diaconis et clero reddintegratursede apos-
licae beatus Symmachus cum gloriam apud beatum Pe-
trum sedere praesul. Fecitordinationes inurbe RomalIII
per mens, decemb. presb. XLVII diac. XV episcopos
per loca GXVII. Sepultus est apud beatum Petrum
sub die XIIII kl. aug. in pace. Cessavit episcopatus
dies III.
cedens fustibus, ibique multos sacerdotes occidit. Fuit
autem beatus Symmachus a consolatu Paulini usque ad
consolatum Senatoris, a X k. decemb. usque XIII k.
aug. Hic fecit basilicam sancti Andreae apostoli ad
B sanctum Petrum et ornavit tam eam quam alias quam-
plures ex auro argentoque plurimo. Hic fuit constructor
ecclesiarum ; ampliavit clero et donum presbiterii tri-
pl'cavit et pauperibus vestes et alimoniam triplicavit et
multa alia bona quae enarrare longum est. Fecit ordi-
10 nationes IIII presb. XCVIII diac. XVI episcopos
CXVIIII. Qui etiam sepultus est apud beatum Petrum
IIII k. aug. Cessavit episcopatus dies VI.
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LIIII.— Hormisda, natione Campanus, ex pâtre Iusto, LIV.— Hormisda, nationeCampanus,ex pâtre Iusto,de
de civitateFrisione,seditann.VIIII dies XVI. Huiusepis- civitate Frisinone, sedit an. VIIII dies XVII. Hic habuit
copatum auctoritate, ex constituto synodo, misit in Gre- 30 certamina per epistolis suis contra Anastasium impera-
tia secundum humanitatem sedis apostolicae et reconci- torem hereticum : inter alia multa quae Anastasius ei
liavit Grecos, qui obligati erant sub anathemate propter direxit, haecscripsit,dicens : « Nos iubere volumusnon
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i purgatus b — 4 reddentegratus a — 5 Symraacus a
diac. V a — 8 beato Petro b
LIIII. — 29 VIII 6—30 episcopatus a — Graetia 6 — 31
apostolice b —
1 occidunt a — 2 Symmacus a — Paulino a — 3 consolato b
— Senatores a — 4 basilica a — 5 eas 6 — plures b — 6 plu-
rimum a — 7 aecclesiarum a , — domum a — 8 alimoniâ a —
9 ennarrare a — H qui etiam om. a — ad a — 12 III k. a
LIIII. — 31 imperatore liercticho 6 — 32 dixerit b — voli-
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tius Nucerinus". Tune ab omnibus episcopis et presbiteris et dia-
conis et " clero " reddintegratur sede aposlolicae beatus Symma-
chus cum gloriam apud beatum Petrum sedere praesul. [Eodem 30
tempore Fcstus caput senati exconsul et Probinus exconsul coepe-
runt intra urbem Romam pugnare cum alits senatoribus et maxime
cum Fausto exconsule . Et caedes et homicidia in clero ex invidia.
Quiverocommunicabantbeato Symmacho iuste, publiée qui inventi
fuissent intra Urbem gladio occidebantur; etiam et sanctimoniales
mulieres et virgines déponentes de monasteria vel de habitaculis
suis, dénudantes sexum femineum, caedibus plagarum adflictas
vulnerabantur, et omni die pugnas contra ecclesiam in média civi-
tate gerebant. Etiam et mullos sacerdotes occidit, inter quos et Di-
gnissimum et Gurdianum,prcsbiteros a vincula sancti Pétri apostoli
et sanctos Iohannem et Paulum, quos fustibus et gladio inter fece-
runt ; nam multos christianos y ut nulli esset securitas die vel noetc
de clero in civitate ambulare. Solus autem Faustus excons. pro
ecclesia pugnaùat] 3I . Fuit autem beatus Symmachus 3î a con-
solatu Paulini usque ad consolatum Senaloris, a X kal. decemb.
us que XIII kal. au g.* 3 Hic fecit basilicam sancti Andreae
apostoli ad sanctum 3V Petrum 35 . . . (Hic 36 fuit constructor
ecclesiarum; ampliavit clero et donum presbiterii tri-
plicavit et pauperibus vestes et alimoniam triplicavit
et multa alia bona quae enarrare longum est.) 37 Fecit or-
dinationes in urbe Borna IIII per mens, decemb. presbiteros XC VIII
diaconos XVI episcopos per [diversa] loca CXVII. Qui etiam se-
pultus est apud " beatum Petrum XIIII kal. aug.,î'n pace* 9 .
[Et] cessavit episcopatus dies VI".
LUI. — HORMISDA, natione Campanus, ex pâtre Iusto, de civi-
tate Frisinone, sedit ann. VIIII d. XVII x . Huius a episcopatum
auctoritate ex constitulo synodo misit in Gretia secundum*
humanitatem sedis aposlolicae ct k reconciliavit Grecos, qui
obligati erant sub anathemate* propter Pctro Alexandrino
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION
27. <quarovivoepiscopo Symmacho pervaserunt sedem eius>
28. < omni > 29. < vel plèbe >
30. [] Suppléé d'après P; attesté en gros par V abrégé K.
31. Ici ^ récit d'une découverte de Manichéens.
32. om.
33. a-aug.] omis, comme ayant déjà figuré plus haut.
34. aput beatum.
35. Aussitôt après avoir commencé Vénumération des fondations de
Symmaque, K s'empresse de la résumer en quelques mots : voir le
texte de P.
36. ( )Je répète ici le texte deK, qui est sans doute fort abrégé, mais
par lequel on voit que cette partie de la notice a été fortement rema-
niée d'une édition à l'autre. Le texte de P n'a pas conservé trace des
choses exprimées ici par les mots ampliavit clero et donum presbi-
terii triplicavit et pauperibus vestes et alimoniam triplicavit ; en
revanche, il contient d'autres détails, négligés par Cabrévialeur K :
un décret sur la récitation du Gloria in excelsis, et deux phrases
sur les charités du pape à l'égard des évéques africains exilés en
Sardaigiie et des captifs du nord de V Italie.
37. <Hic>
38. in basilica beati Pétri apostoli. — Le sub die de F est peut-
être de l'abréviateur ; on ne le retrouve pas dans P.
39. om.
40. < Qui etiam in pace confessor quievit. >
mil. — i. <Fuit autem temporibus régis Theodorici et Anas-
tasii Aug. a consulatu Senatoris usque ad consulatu Symmachi
et Boethi. Hic conposuit clerum et psalmis erudivit. Hic fecit ba-
silicam in territorio Albanense, in possessionem Mefontis.>
2. Huius-auct.] Eodem tempore. 3. humanitatem ostendens.
4. et-qui] quia Greci. 5. vinculo anathematis.
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ABRÉGÉ FÉLICIEN. ABRÉGÉ CONONIEN.
Petro Àlexandrino et Acatio Gonstantinopolitano. Hic nos iuberi» . Percussus divino ictufulminiinteriit.Sump-
papa perrexit ad regem Theodericum Ravennam et ex sit itaque imperium Iustinus ortodoxus et misit ad se-
consilio régis direxit Ennodio episcopo Ticinense et For- dem apostolicam. Fecit autem papa Ormisda in ecclesia
tunato episcopo Cathenense et Evantium presbiterum Romana per militas basilicas diversa ornamenta ex auro
Urbis et Vitalem diaconum Urbis : euntes ad Anastasio 5 et argento. Fecit ordinationes presbiteros episcopos per
Aug., ut sub libelli satisfactione revocarentur, nihil ' diyersa loca. Qui etiam sepultus est apud beatum Pe-
egerunt. Item secundo misit Hormisda Ennodium et Pe- trum VIII id. aug., consulatu Maximi iun. Et cessavit
regrinum episcopos etPollione subdiacono Urbis et por- episcopatus dies VI.
taverunt epistolas fîdei et contestationes sécrétas numéro
XVIIIÏ et libellum per quem redirent ; quodsinoluissent 10
epistulae suscipere contestationes, per civitates sparge-
rent. In quo noluit consentire Anastasius Aug.,eo quod
erat inhereseEuthici consentiens. Volens itaque eos per
remunerationem corrumpere : illi autem contempto prin-
cipe nullatenus consenserunt accipere pecunias. Furore 15
accensus imperator eiecit eos per locum periculosum et
inposuit eos in nave subpericulo mortis cum magistria-
num et prefectianum , Heliodorum et Demetrium ; et
hoc dédit in mandatis imperator ut nullam civitatem in-
grederentur. Illi vero secretius suprascriptas epistolas 20
fîdei XVIIII permanus monachorum catholicorum posu-
erunt epistolas per omnes civitates. Quae tamen episto-
lae susceptae ab episcopis civitatum consentientes Anas-
tasio Aug. heretico, timoré omnes eas Gonstantinopolim
direxerunt in manus Anastasi. Furia ductus Anastasius 25
papae Hormisdae inter alia sacra haec scripsit, dicens :
« Nos iubere volumus, non nobis iuberi ». Percussus di-
vino ictu Anastasius interiit. Sumpsit itaque imperio Ius-
tinus orthodoxus; etmittensad sedem apostolicam ad pa-
pam Hormisda Gratum et inlustrem nomine, et hoc spe- 30
ravit ut ligati dirigerentur ad sedem apostolicam, tamen
cum consilio régis Theodorici. Et direxit Germanum,
episcopum Capuano, et Iohanne episcopo etBlandopres-
%%
2 Ravenna 6—3 concilio a — 18 Dimilrium 6—21 mana- 1 bictu 6—2 oitodoxos 6—3 Ormisdam 6 — aecclesia a
chorum a — 23 epistole suscepte a — 24 Constantinopolem 6 — 5 argentoque 6 — fecit et 6 — ordinacioïïa : ordinatione 6
— 26 pape Hormisde a — 28 bictu a — 29 papa a — 32 Théo- — 6 qui etiam om. a — 7 consolatu a — iun. et om. a
derici 6 —
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•?/ Acalio Constantinopolitano*. Hic' 1 papa perrexit ad re-
f/em Theodericum Ravcnnam et ex* consilio régis 9 direxit
Ennodio episcopo Ticinense et Fortunato episcopo Cathencnse et
Evantium ,0 presbiterum Urbis il et Vitalem diaconum Ur-
bis™: eunles ad Anastasio Aug., tit 13 sub libeîli satisfac-
tione revocareniur, nihil egerunt. Item secundo misit Hor-
misda" Emwdium 1 * et Peregrinum episcopos 16 et 11 Pol-
lione subdiacono Urbis et 18 portaverunt epistolas 19 fidei
et contesta tiones sécrétas numéro XVIIII et libcllum " per
quem redirent; quod* 1 si noluissent epistulae suscipere
contestationes , per civitates spargerent. Inquo " noluit
consentire Anastasius Aug., eo ri quod erat inheresc Eulhici
consentieiis. Volens itaque eos " per remunerationem corrum-
père ; illi autem 85 contempto principe * 8 nullatenus consense-
runl accipere pecunias". Furore* 8 accensus imperator eiecit
eos per ioctim 29 periculo s um et inposuit eos in nave sub
periculo mortis 80 cum 3i magistrianum et prefectianum,
Heliodorum et Demetrium ; et 21 hoc dédit 33 in mandatis impera-
tor 3 * ut nullam civitatem ingrederentur. Illi vero 35 secretius
suprascripias epistolas fidei XVIIII per manus monachorum ca-
tholicorum 36 posuerunt epistolas per omnes civitates,
Quae tamen epistolae susceptae 3 ' 1 ab episcopis civitatum con-
sentientes 38 Anastasio Aug. heretico 39 , timoré omnes eas*°
Constantinopolim direxerunt in * ! manus Anastasi. Furia 4Ï
ductus Anastasius papae K3 Hormisdae inter alia sacra " haec
scripsit, dicens : « Nos iubere volumus, non nobisiuberi ». Percus-
sus * 8 divino ictu fulmini Anastasius interiit. Sumpsit
itaque imperium Iustimis orthodoxus; et mittens * 6 ad sedem
apostolicam ad papam Hormisda 47 Gratum et inlustrem nomine,
et 48 hoc speravit ut ligati dirigerentur ad sedem aposto*
licam, tamen'' 9 cum consilio régis Theodorici. Et™ direxit* 1 Ger-
manum episcopum Capuano et lohanne episcopo** etBlando près-
bitero et Felicem* 3 diaconum se dis apostolicae et Dioscorum
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
6. <episcopo sub lohanne episcopo Constatinopolitano>
7. Hic-et] ces mots, omis ici, sont repris plus loin. 8. cum.
9. < Theodorici > 10. Venantium. il. <Romae>
12. sedis apostolicae <etHilarum notarium sedis suprascriptae>
13. ut-revocarentur om. 14. om. 15. <ipsum>
16. episcopum Mesenense. 11. et- Urbis om.
18. et portaverunt] portantes. 19. <confortatorias>
20. libellum -redirent] textum libelli.
21. quod- spargerent om. 22. <libello>
23. quia et ipse in herese eutychiana commuais erat.
24. <legatos> 25. legati vero sedis apostolicae.
26. Anastasio Aug.
21. <nisi satisfactionem sedis apostolicae operaretur>
28. Tune imperator repletus furia.
29. loc. peric] posterulam
30. sub periculo mortis] periculosam.
31. cum <militeset>magistrianoset praefectianos< nomine >
32. qui. 33. <eis> 34. < Anastasius >
35. Legati vero sedis apostolicae.
36. cath.-epist.] orthodoxorum exposuerunt. 37. om.
38. qui erant complices. 39. om.
40. <epistulas fidei pro crimine> 41. om.
42. Furore repletus. 43. contra papa Hormisda. 44. <sua> hoc
45. Eodem tempore, nutu divinitatis, percussus est fulmine di-
vino Anastasius imperator et obiit.
46. direxit auctoritatem suam. 47. <sedis apostolicae>
48. et -apostolicam] sperans a sedem apostolicam ut réintégra -
retur pax ecclesiarum.
49. Tune Hormisda episcopus. 50. om.
51. <a sedem apostolicam > 52. om.
53. Felicem — suprascriptae ] Felicem et Dioscorum, diacones
sedis apostolicae.
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bitero et Felicem diaconum sedis apostolicae et Diosco-
rum diaconum sedis suscepit, quos munitus ex omni parte
fidei una cum libello quomodo redirent Greci ad com-
munione sedis apostolice. Qui venientes iuxta Constanti-
nopole, occurrit illis multitudo monachorum et inlus- 5
trium virorum multitudo, in quibus Iustinus imperator
et Vitalianus magistermilitum, simul a Gastello Rotundo
quod dicitur usque in civitate Constantinopolim cum
gloria et laudes ingressisunt, una cum Grato inlustri. In-
gressi itaque in civitate suscepti sunt a Iustino Aug. or- *o
thodoxo cum gloria. Omnis itaque clerus Constantinopo-
litanus una cum Iohanne episcopo, sentientes eo quod
gratae suscepti sint, incluseruntse intra ecclesiam maiore
quae vocatur sancta Sofia, et consilio facto mandaverunt
imperatori, dicentes : « Nisi nobis reddita fuerit ratio quare * s
damnatus est episcopus civitatis nostrae Acatius, nulla-
tenus sentimus sede apostolicae » . Et facto concilio simul
cum Iustino Aug. in conspectu omnium inlustrium, tune
legati sedis apostolicae elegerunt ex suis Dioscorum dia-
conum ad reddendam rationem. Qui ita exposuit eis 20
culpas Acatii ut etiam omnes simul cum Iustino Aug.
adclamarent, dicentes : « Et hic et in aeternum damnetur
Acatius». Eodem tempore iussit Iustinus Aug. accep-
ta veritate ut sine aliqua dilatione facerent libello om-
nes episcopi qui in regno Iustini erant et redeant ad 25
communionem sedis apostolicae. Quod etiam factum est ;
et concordaverunt ab Oriente usque ad Occidente et cu-
currit pax Ecclesiae. Qui textus libelli hodie arcivo ec-
clesiae reconditus tenetur. Hic invenit Manicheos, quos
etiam discussit sub examina plagarum ; quorum codices 30
incendio consumpsit ante foris basilicaeConstantiniani.
Huius temporibus episcopatus Africae reordinatur post
annos LXXIIII quod ab hereticis fuerant exterminati a
tempore persequutionis. Eodem tempore venit co-
rona aurea cum gemmis preciosissimis donum a rege 35
1 apostolice a — 2 partae — 7 Vitalius a — 9 laudis in-
gressunt a — 16 nostre 6 — 21 Acali a — eiciarn 6—26 apos-
tolica a — 32 ëfsaft- Africe 6 —
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cum libello quomodo redirent Greci ad communione se-
dis aposto lice . Qui venientes iuxta Constantinopole, occurrit
il lis™ multitudo monachorum^ etinlustrium virorum 68 multitudo,
in quibus Iustinus imperator et Vitalianus magister militum 19 ,
simili* a Castello Rotundo qicod dicitur itsquc in civitate Consian-
tinopolim cum gloria et laudes ingressisunt*\ una cum Grato in-
lustri. Ingressi* 2 itaque in civitate suscepti sunt a Iustino
Aug. orthodoxo cum gloria. Omnis itaque clerus Constantino-
politanus™ una cum Iohanne episcopo 6 ', sentientes™ eo quod
gratae** suscepti si?it*\ incluserunt se intra™ ecclcsiam maiore
quae vocatur sancta Sofia et consilio facto mandaverunt impera-
tori, dicentes: « Nisi nobis reddita fuerit ratio quarc damnatus est
» episcopus civitatis nostrae* 9 Acatius t nullatenus sentimus
» sede apostolicae ». Et™ facto concilio simul cum Iustino
Aug. in conspectu omnium inlustrium, tune legati sedis
apostolicae elegerunt ex suis Dioscorum diaconum ad
reddendam rationem. Qui ita exposuit eis culpas Aca-
tiiut etiam omnes simul cum Iustino Aug. adclamarent,
dicentes : « Et hic et in aeternum damnetur Acatiusn.
Eodem tempore iussit Iustinus Aug. accepta veritate
ut sine aliqua dilatione facerent libello omnes episcopi
qui in regno Iustini erant y et redeant ad communio-
ncm sedis apostolicae, Quod etiam factum est; et co?i-
cordaveriint ab Oriente usque ad Occidente et cucurrit
pax Ecclesiae. Qui textus libelli hodie arcivo ecclesiae
reconditus tenetur. Hic invenit Manicheos, quos etiam discus-
sit sub 7i examina plagarum 7 *; quorum codices incendio con-
sumpsit™ ante foris basilicae Constantiniani. Huius tempori-
bus episcopatus Africae' 1 * reordinatur post annos LXXIIII,
quod ab hereticis fuerant exterminati a 76 tempore persequu-
tionis. Eodem tempore venit corona™ aurea cum gemmis
preciosissimis 11 , donum™ a rege Francorum 19 . . . . Hic fecit
ordinationes 80 [per mens, decemb.] presbiteros 8I episcopos per
diversa loca 8 *. Qui etiam sepultus est apud beatum Petrum 83
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
54. <et Petrum notarium>
55. una — apostolice ] et textum libelli paenitentiae.
56. occurrit illis ] tanta gratia fldei refulsit ut.
57. <orthodoxorum> 58. <maxima> 59. consul.
60. <occurrerunt> 61. om. 62. Ingressi— civitate] Qui.
63. om. 64. <Gonstantinopolitano> 65. sentions.
66. gratanter.
67. sunt <sentientes qui erant conplices Ànastasii>
63. in. 69. noster.
70. Et facto — tenetur] Hic papa Hormisda perrexit ad regem
Theodoricum, Ravennam et cum eius consilio misit auctoritatem
ad Iustinum, et cum^vinculo cyrograpki et textum libelli reintegra-
vit ad unitalem sedis apostolicae damnantes Petrum et Acacium
vel omnes hereses.
71. cum. 12. <exilio deportavit> 73. concremavit.
74. in Africap. a. LXXIIII revocatum est. 75. atemp. pers. om.
76. corona aurea] regnus. 77. praetiosis. 78. om.
79. <Cloduvetum christianum, donum beato Petroapostolo>— -
Suit Vénumération des dons faits aux églises. L'abréviateur K les
résume en quelques mots ; voir le texte de P.
80. <in urbe Roma> 81. <XXI> 82. <LV>
83. in basilica baati Pétri apostoli.
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Francorum. Hic fecit ordinationes presbiteros episcopos
per loca. Sepultus est apud beatum Petrura VII id. aug.
Cessa vit episcopatus dies VI.
LV. — Iohannes, natione Tuscus, ex pâtre Constantio,
sedit ann. Il mens. VIII dies XV, a consulato Maximi
usque ad consulatum Olibri. Hic vocatur a rege Theo-
dorico Ravenna ; quem rex rogans misit in legatione Cons-
tantinopolim ad Iustino Aug. vir religiosus, qui summo
amore religionis christianae voiuit hereticos extricare.
Nam summo fervore ecclesias Arrianorum in catholica
dedicavit. Exinde iratus Theodoricus arrianus voiuit to-
tam Italiam gladio perdere. Tune Iohannes venerabilis
papaegressus, cumfletu et mugitu ambulavit, etviri re-
ligiosi et consules et patricii Theodorus, Inportunus,
Agapitus et alius Agapitus, hoc accipientes in mandatum
legationis ut redderentur ecclesias hereticis in parte
Greciarum : quod si non fuerit factum, omnem Italiam
gladio perderet Iustinus Aug. Cui vero simul et senato-
ribus tantis et talibus exconsulibus et patriciis civitatis
urbis Romae, FlaviumTheodorum virisinlustribus, prae-
cedentem omnium dignitatum splendorem, sed et In-
portunum viro inlustri ex consulibus et Agapito viro
inlustri ex consulibus, et alio Agapito patricio, omnem
concessit petitionem : propter sanguinem Romanorum
reddidit hereticis ecclesias. Et dum actum fuisset in
partes Greciarum secundum voluntatem Theodorici régis
heretici, maxime sacerdotes vel christiani ad gladio
mitterentur, illud vero beatissimo Iohanne episcopo
sed et viros inluslris positus Gonstantinopoli, rex
Theodoricus tenuit duos senatores ex consulibus et pa-
tricius, gladio interfecit, Boetium et Symmachum, quo-
rum etiam corpora abscondi praecepit. Venientes vero
LV. — Iohannes, natione Tuscus, ex pâtre Constantio,
5 sedit an. II mens. VII dies XV, a consuJatu Maximi us-
que ad consulatum Olibri iun. Hune Theodericus rex
rogans misit in legationem ad Iustinum imperatorem,
quia Iustinus summo amore religionis christianae voiuit
hereticos perdere, et exinde iratus rex Theodericus
10 christianis voiuit Italia perdere. Tune Iohannes papa
cum fletu et viri religiosi ex consolibus, hoc accipien-
tes in mandatum legationis ut redderentur ecclesias
suas haereticis in partes Greciarum : quod si ita non
fuerit factum, omnem Italiam ad gladium perderet
15 rex Theodericus. Qui dum introissent omnes supra-
scripti cum Iohanne papa Constantinopolim, occurre-
runt eis a miliario XII in honore apostolorum, desi-
derantes post beatum Silvestrum papam temporibus
Gonstantini meruissent partibus Greciae vicarium sancti
20 Pétri suscipere. Et Iustinus Aug. adoravit beatum
Iohannem , de cuius manibus coronatus est . Tune
Theodorum virum inlustrem cum aliis nobilis qui cum
beato Iohanne papa vénérant concessit petitiones :
propter sanguinem Romanorum reddidit hereticis ec-
25 clesias suas. Dum vero Iohannem episcopum una cum
viris inlustris positum in Constantinopolim, rex Theo-
dericus tenuit duos senatores, Bothium et Symmacum
patricium, gladio interfecit et abscondi praecepit. Ve-
niens vero Iohannes papa cum supradictis viris inlustris,
30 suscepti sunt a Theoderico in dolo : voiuit eos gladio
ponire, sed metuens Iustini Aug. tamen in custodia
omnes cremavit ita ut beatus Iohannes in custodia
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LV. — 4 Iohannis 6 — 5 annus 6 — 7 Theoderico b —
9 christiane a — 11 Theodericus 6 — 13 mugito 6 — 14 con-
sulis b — 17 Gretiarum 6 — 18 a gladio perderit b — 20
Rome a — 21 et om. a — 23 ex consolibus a — patricii a : pâ-
tre 6 — 24 petic onem b — 25 ecclesiis a — 26 Graetiarum b —
Thcoderici b — 30 Theodericus 6 — duos om. a — 31 Simma-
chtim a —
LV. — 4 Iohannis a — 5 mens. IIII ô — consolatu Maximini
a — 6 consolatum Ulibri a — Theodoricus 6 — 8 christiane a
— 9 hereticus b — et om. a — H relegiosi a — et consol. b —
12 haeclesias a — 13 hereticis 6 — quod om. b — 14 Italia 6 —
16 suprascripti om. a — 17 eis] omnes a — 18 pâp a : papa 6
— 19 vigarium a — 22 Teodorum a — 23 p^pa Iohanne véné-
rât a — peticionis 6 — 25- reddedit a — aecclesias a — 27
Symacum a — 28 interficit 6—29 vero om. 6 — 31 ponere 6 —
set a — custodiam a —
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VIII id. aug., consulatu Maximi iun ". 2£/ cessavit episcopalus
dies VI.
LV. — IOHÀNNES, nalione Tuscus, ex pâtre Constantio, sedit
ann. II m. VIII d. XV ! , a consulatu Maximi usque ad consujatum
Olibri iun. 2 Hic vocatur* a rege Theodorico Ravenna; quem K
rex rogans misit in legationem Constantinopolim ad lustinum
imperatorem z , quia* Iustinus \ vir religiosus, summo 8 amore re-
ligionis christianae, voluit hereticos exiricare. Nam summo fervore 9
ecclesias Arrianorum in i0 catholica dedicavit. Exinde il
iratus Theodoricus arrianus voluit totam Italiam gladio iS
perdere. Tune u Iohannes venerabilis papa ", egressus i5
cum fletu et 16 mugitu, ambulavit et viri 17 religiosi ex consu-
1 i b u s etpafricii, Theodorus, Inportunus, Agapitus * 8 et aliusÂgapi-
tus 49 , hoc accipientes in mandatum 20 legationis ut redderentur
ecclesias hereticis in partes 29 Greciarum; quod si non fuerit
f ac tum ", omnem Italiam ad gladiwm perderet ". [Qui 2V dum am-
bidassent cum Iohanncmpapam, occurrerunt beato Iohanni a milia-
rio XV omnes civitas cum cereos et cruces in honore beatorum
apostolorum Pétri et Pauli. Qui veteres Grecorum hoc testificaban-
tur, dicentes a tempore Constantini Aug. a beato Silvestro episcopo
sedis apostoiicae y lustini Aug, temporibus mer uisse parte Grecia-
rum beati Pc tri apostolivicarium suscepisse cum gloria. Tune Iusti-
nus Aug. danshonorem Deo humiliavit se pronus et adoravit bca-
tissimum Iohanncm papam.**] Cui 16 vero simul et senatori-
bustantis et talibus exconsulibus et patriciis civitalis
urbis Romac, Flavium Theodorum v. inl. precedentem
omnium dignitaium splendorem, sed et Inportunum v.
inl. excons., et Agapito v. inl. excons., et alio Agapito
patricio, omnem concessit petitionem : propter sangui-
nem Romanorum reddidit hereticis ecélesias. " Et 28
dum actum fuisset in partes Greciarum secundum volun-
tatem Theodorici régis heretici... maxime sacerâotes vel
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
105
84. iun. om.
LV. — 1. m. VIIII d. XVI. <Faitautem>
2. iun. om. < temporibus Theodorici régis et lustini Aug. chris-
tiani>
3. vocitus est. 4. <ipse> 5. <orthodoxum>
6. qui eodem tempore. 7. <imperator> 8. <ardoris>
9. <christianitatis hoc consilio usus est ut>
10. in cath. ded.] catholicas consecraret.
il. Exinde — arrianus] Pro hanc causam hereticus rex Theodo-
ricus audiens hoc exarsit et.
12. ad gladium extin guère. 13. Eodem tempore.
14. ven. papa om. 15. egrotus <infirmitate> 16. et mugitu om.
17. viri— patricii] senatores exconsules cum eo, id est.
18. <ex cons.> 19. patricius. <Qui>
20. mandatis legationum.
LlBEIt TOSTIFICALIS.
21. partes Gr.] partibus Orientis. 22. fuerit factum om.
23. F ajoute Iustinus Aug., K rex Theodoricus, celui-ci avec
plus de raison ; P n'a ni Cu?i ni Vautre.
24. Je supplée ici d'après P, suivant les indications de. l'abrégé K.
25. Ici l'abrégé K mentionne le couronnement de Justin par le pape;
dans P il est un peu plus loin. On y lit ici : <Eodem tempore bea-
tus Iohannis papa cum senatores suprascriptos cum grandem
fletum rogaverunt lustinum Aug. ut legatio acceptabilis esset in
conspectu eius.>
26. Gui — ecclesias] Qui vero papa Iohannis vel senatores viri
religiosi omnia meruerunt et liberata est Italia a rege Theodorico
heretico.
27. < Iustinus imperator tamen gaudio repletus est quia meruit
temporibus suis vicarium beati Pétri apostoli videre in regno suo;
de cuius manibus cum gloria coronatus est Iustinus Aug. >
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ADHÉGÉ CONONIEN.
hii supradicti viri inlustres cum Iohanno episcopo, om-
nia per ordinem acta, Agapito patricio defuncto in Gre-
cias, suscepti sunt arege Theoderico cum dolo et grande
odio Iohannes episcopus etiam et senatores viros inlus-
tres religiosus suscepit, quos itaque cum tanta indigna-
tione suscipiens,gladio eos voluit punire, sed metuens
indignatione Iustini Aug. orthodoxi, rton fecit : tamen
in custodia omnes cremavit, ita ut beatus Iohannes papa
in custodia adflictione maceralus deficiens moreretur.
Qui vero defunctus est Ravenna cum gloria XV kl. iun.,
in custodia régis Theoderici. Post hoc, nutu Dei omni-
potentis, XLVIII die postquam defunctus est Iohannes
episcopus in custodia, subito Theodericus rex interiit,
divinitate percussus. Hic ordinationes fecit per loca.
Gessavit episcopatus dies X.
maceratus moreretur in Ravenna XV k. iun. Tune post
XGVIII dies Theodoricus rex fulmine percussus interiit.
Adtullit autem beatus Iohannes de Grecia auro gemmis
argen toque exornavit basilicas multas. Fecit ordinatio-
nes episcoporum per diversa loca. Et cessavit episco-
patus dies LVIII.
10
Q.
LVI. — Félix, natione Samnita, ex pâtre Cas torio, se-
dit ann. II dies XIIII, aconsulato Aburtiusque in con-
sulato Lampadi et Oristis, a die II II id. iul. usque in die
III I id. octob. Hic fecit basilica sanctorum Gosme et
Damiani in urbe Roma iuxta teraplum urbis Romae.
Obiit temporibus Attalarici régis, sub die III octob. Qui
sepultus estapud beatoPetro. Hic fecit ordinationes II
presb. LU diac. IIII episcopos per loca XX VI III. Gessa-
vit episcopatus die I.
20
LVI. Félix, natione Samnius, ex pâtre Gastorio, sedit
an. IIII mens. II dies XIII, a consulatu Maburti usque in
consulafum Lampadi et Orestis, a die IIII id. iul. usque
in diem IIII id. oct. Qui etiam ordinatus est ex iusso
2o Theoderici régis et obiit tempore Athalarici régis, sub
die IIII id. oct., cons. ss. Qui sepultus est ad beatum
Petrum. Cessavit episcopatus dies III. Hic fecit ordina-
tiones II presb. LU diac. IIII, per mens, feb., episcopos
XXVIIII.
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2 patritio a — Gretia a — 3 Tlieoderigo a — i voros a — 9
adflictionom maceratur a — li hoc ordine a — ordin. b
LVI. — 22 annus 6 — 23 id. iuliarum 6 — 25 urbis Rome
o—28 presb. LV b
i moriretur 6 — 2 Teodericus a — 4 fecit < et > a — 6
die LVII a
LVI. — 22 consolatu Maburto a — 23 consolatum a — 24 die 6
— 25 Teoderici a — 26 con. ss. uu. b
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PREMIÈRE ÉDITION
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christiani ad gladio mitterentur , illud vero beatis-
simo Iohanne episcopo se<£ e/ viros inlustres positus Cons-
tantinopoli, rex Theodoricus " tenuit duos senatores excons. et
patricius Zi ; gladio interfecit 31 Boethium cl Symmachum, 31
quorum 3 * etiam corpora abscondi precepit. Venien/es 3 *
vero hii supradicti viri inlustres cum Iohanne epis-
copo, omniaper ordinem acta, Agapito patricio defuncto
in Grccias, suscepti sunt a rege Theoderico cum dolo et
grande odio Iohannes episcopus; etiam et senatores viros
inlustres religiosus suscepit. Quos itaque cum tanta
indignatione suscipiens, gladio eos voluit punire. Sed
metuens indignatione Iustini Aug. orthodoxi 3S non fecit : 3Ô la-
menin custodia oranes " cremavit, ita ut beat us 38 Iohannes ™ papa
in custodia adflictionc maceratus 40 deficiens moreretur. Qui
vero Ki de f une tus est Ravenna cum * 2 gloria XV kal. iun., in
custodia régis Theoderici. Post hoc * 3 , nutu Dei omnipotentis,
XC VIII die postquam defunctus est "Iohannes episcopus * 3 in
custodia, subito i6 Theodericus rex interiit, divinitatc percus-
sus. * 7 Hic fecit ordinationes episcoporum 48 per diversa
loca 49 . Et cessavit episcopatus dies LVIIL
LVI. — FELIX, natione Saranius, ex pâtre Castorio, sedit ann. ////
m. II à. XIII \ a consulatu Maburti usque in * consulatum Lampadi
et Orestis, a die IIII id. iul. usque in diem IIII id. octob. Hic fecit
basilica sanctorum Cosmc et Damiani in urbe Borna 3 , iuxta tem-
plum tir bis Romae *. Qui etiam ordinatus est ex * iusso Théo-
derici régis et obiit temporeÂthalarici régis 6 , subdie ////
id. oct. consulibus suprascriptis. Qui 7 [etiam] sepultus
est apud beatum Petrum *. Hic fecit ordinationes II 9 presbi-
teros LU diaconos IIII per mens. fcb. iQ , episcopos per [diversa]
loca XXVIIII. [Et] cessavit episcopatus dies III.
VARIANTES DE LA SECONDE ÉDITION.
28. Et — viros inlustres] Je transcris ici le texte de F, seul repré-
sentant de la première édition ; il est évidemment altéré. La seconde
édition est trop remaniée en cet endroit pour servir de base à une
restitution; voici ce gui parait correspondre à ce passage : Eodem
tempore cum hii suprascripti, id est papa Iohannis cum senatores
[Theodorum ex cons., Inportunum ex cons., Agapitum ex cons. et
Agapitum patricium defuncto Thessalonicaet] suprascriptospositos
Constantinopolim etc. — L'énumération que je mets ici entre cro-
chets semble provenir d'une phrase placée un peu plus loin dans la
première édition. 29. < hereticus >
30. ex cons. et patricius] praeclaros et exconsules.
31. gladio interfecit oro. 32. <et occidit interficiens gladio >
33. quorum— praecepit om.
34. Venientes — punire] Eodem tempore revertentes Iohannis
venerabilis papa et senatores cum gloria, dum omnia obtinuissent
a Iustino Aug., rex Theodoricus hereticus cum grande dolo et
odio suscepit eos, id est papa Iohannis et senatores, quos eUam
gladio voluit interficere.
35. orthodoxi non fecit om. 36. <quos> tamen.
37. <adflictos> 38. beatissimus.
39. < episcopus primae eedis > 40. adfl. mac] adflictus.
41. tamen.
42. cum— Theoderici] in custodia XV kal. iun. martyr.
43. <factum> 44. < beatissimus > 45. om.
46. subito — percussus] Theodoricus rex hereticus subito interiit
et mortuus est.
47. Ici, la réparations d'églises et les donations, indiquées rapt'
dément par l abrégé K; voir le texte de P.
48. Hic ordinavit episcopos.
49. <XV. Guius corpus translatum est de Ravenna et sepultus
est in basilica beati Pétri sub die VI kal. iun., Olybrio cons.>
LVI. — 1. <Fuit autem temporibus Theodorici régis et Iustini
Aug.>
2. ad. 3. <in loco qui appellatur Via Sacra >
4. <Huius temporibus consumpta est incendio basilica sancti
martyris Saturnini, via Salaria, quam a solo refecit.>
5. ex-tempore] cum quietem et vixit usque ad tempora.
6. regis-suprascriptis om.
7. La sépulture est placée après les ordinations.
8. in basilica beati Pétri apostoli <IlIIid. octub.>
9. <in urbe Roma per mense februario et martio>
10. per mens. feb. om.
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108 LIBER PONTIFIGALTS
FIN DE L'ADRÉGÉ FÉLICIEN. FIN DE L'ABRÉGÉ CONONIEN.
LVII Bonefatius sedit ann. II dies XXVI. LV1Ï. — Bomfatius, natione Romanus, seditann. II diesXXVI.
LVIII Iohànnes sedit ann. II mens 1III dies XXVI. Fuit temporibus Athalarici régis heretici et Iustini Aug. catho-
LVIIH Félix sedit ann. IIH mens. II dies XII. licî. Hic cum Dioscoro ordinatus sub intentione : qui Diosco-
LX Benefatius sedit ann. II dies XXVI. rus or dinatur in basilica Constantiniana, Bonifacius vero in
LXI Iohànnes sedit ann. II mens. III dies VI. 5 ^.^ m ^ fuU ^^ [n c]m et senalu ^ ^ mi
LXII Agapitus sedit mens. XI dies XVIII. „ . , . . .... „, „ .. .. .
tVfff „ ,.. T ..,. vr Eo tempore defunclus est Dioscorus. Tune Bomfatius zelo et
LXIII Silverus sedit ann. I mens. V dies XI. , , r , .,.,., .
LXIIII Vicilius sedit ann. XVII mens. VI dies XXVI. dol ° ductus.cum grande amantudine sub v.nculo anathematis
LXV Pelagius seditann. IIII mens. XdiesXVIH. cyrographi réconciliant clero ; quem cyrograpbum archivo
LXVI Iohànnes seditann. XII mens. Xdics XXVI. ecclesiae retradit, quasi damnans Dioscorum. Hic congregavit
LXVIl Benedictus seditann IIII mens, dies XXVIII. 10 synodum h basilica beati Pétri et fecit constitutum ut sibi
LXVIII Pelagius sedit ann. X mens. II dies X. successorcm ordinarut, cum cyrographis sacerdotum et ius-
A beato Petro usque nunc fiunt anni CCCCXLIIII et menses iurandu.n ante confessionem. Eodem temporo, factum iterum
VII excepto intervallos episcopati. Finit. synodum, censuerunt sacerdotes propter reverentiam sanctae
sedis et quia contra canoncs fuerat factum, et ipse Bonifatius
1 XXV 6 — 5 mens. III d. XXV 6 — 5 dies V 6 — 8 ann. XVI 6 15 papa reum se confessus est quod in diaconum Vigilium sua •
- 10 mens. XI b - Il mens, dies XXVIII om. b - 14 mens. VI b sub3Cr jpti nc Tirmasset. Tune ipsum constitutum in praesentia
sacerdotum et senalus incendio consumpsit. Qui etiam sepul-
tus est in basilica beati Pétri XV k. nov., Lampadio et Oreste
consà. Ccssavit episcopatus menses II dies XV.
20 LVIII. — Iohànnes iunior, natione Romanus, sedit ann. II
mens. IIII. Fuit autem temporibus Athalarici régis et Iusti-
niani Aug. catholici. Ipse misit fidem suam scripto cyrogra-
pbum proprio ad sedem apostolicam una cum magna dona.
Fecit autem Iohànnes papa ordinationem I presb. XV episco-
25 pos XXI, sepultusque est in basilica beati Pétri VI k. iun. Cessa -
vit episcopatus dies VI.
LVIIII. — Agapitus, natione Romanus, ex pâtre Gordiano
presbitero, sedit mens. XI dies XVIII. Hic missus est a Theo-
dato in legationem ad lustinianum Aug. in Gonstantinopolim,
30 ibique mortuus est X k. mai. Guius corpus in loculum plum-
beum translatum est Romam, in basilica beati Pétri apostoli,
ubi et sepultusest Xll k. octobris. Hic fecit ordinationes in
urbe Roma diaconos IIII episcopos XI. Cessavit episcopatus
dies XXVIII.
33 LX. — Silverius, natione Campanus, ex pâtre Hormisda,
episcopo Romano, sedit aun. I mens. V dies XI. Hic levatus est
a tyranno Theodato sine deliberatione decreti, quod quidem
sacerdotes non subscripserunt in eum secundum morem; iam
ordinato sub vim et melum propter adunationem ecclesiae sic
40 subscripserunt. Post menses vero II, notu divino extinguitur
LVII. — 1 Bonifacius 6 — 2 regis-catholici om. 6 — 3 Disoscoro a
— intencione 6 — Dioschorus a — 5 in basilica bis a — sinatu a
— 6 defuntus 6 — Dioschorus a — Bonifacius 6 — 8 cirography 6
— 9 aecclesiae a — Dioschorum a — 10 sinodo 6 — 13 reveren-
ciam a : reverentia 6 — 14 chanones a — factum fuerat 6 — Bo-
nifacius 6 — 15 diacono 6 — 19 cons. a
LVIII. — 21 temporibus om. a — Iustiani 6—22 catolici a :
chatolici 6 — sedem 6 — cirographum a —23 unama — 24 pape a
— 23 beti a
LVIIII. — 27 lordiano a — 29 Iustiniano 6—30 loco a — 31
beati] sancto a — 33 XI om. 6
LX. — 35 Ormisda 6—37 tiranno a — 39metu b — adunatione 6
— 40 noto 6 —
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FIN DE L'ABRÉGÉ CONONIEN
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Theodatus tyrannus. Hic fecit ordinationem I presb. XIUI
diac. V episcopos XVIII. Et cessavit episcopatus dies.
LXI. — ViciLius,natione Romanns, ex pâtre Iohanne consule,
sedit ann. XVII raens. VI dies XXVI. Eodem tempore accusatus
est ad lustinianum imperatorem et ad Theodoram Augustam.
Tune miserunt Anlhemum scribonem ad Romam, dicendo nisi
in basilica sancti Pétri eum parci. Inveniteumin basilica sanç-
tae Caeciliae die natale eius; qui tenons eum duxit Constanti-
nopolim. Per biennium enira fuerunt inteutiones de Antbemo
patriarcha, quod promisisset eum in ordine suo revocare. Qui
Vigilius dixit eum non revocare, « quiasanctissimi antecessores
mei Agapitus et Silverius eum damnaverunt. Et video non me
fecerunt venire ad se Iustinianus et Theodora, sed bodie scio
quod Dioclecianum et Luteriam inveni. Facile ut vultis : digna
enim factis recipio. > Tune dédit ei alapam in faciem quidam
dicens : « Homicida, nescis quibus loquaris? Nescis quia Silve-
rium papam occidisti? » Hoc autem dicens quia a Romanis
taliter est accusatus, dicentes taliter eum versum in furore ut
daret alapam notario suo et mox ad pedeseius cadens expiras-
sit, et filium mulieris viduae ad calces et fustibus interfecisset,
et quod consilio suo Silverius papa depositus fuisset. Tune fu-
giens in basilicam sanctae Euphimiae tenuit cornu altaris. Qui
tractus abea missus est in custodiam; et clerus qui eum eo erat
missus est in exilio. Eodem tempore misit Iustinianus Narsitem
eunuchum suum in Italiam. Qui facta pugna eum Gothis, Vic-
toria comitatur et interfectus est rex Gotorum Totila. Tune
Romani rogaverunt Narsem ut una eum eius rogatu suggérè-
rent imperatori pro Vigilio. Qui et impetraverunt. Qui rediens
Vigilius venit Siciliam et ex multa adtlictione ibi defunctus est.
Cuius corpus ductus est Romam et sepultus est ad sanctum
Marcellum. Hic fecit ordinationes II presb. XLVI diac. XVI
episcopos LXXXI. Cessavit episcopatus menses III dies V.
LXII. — Pellagils, natione Romanus, ex pâtre Iobanne, se-
dit ann. IHI mens. X dies XVIII. Et dum non esset episcopus
qui eum ordinaret, inventisuntduo episcopi, lohannes dePeru-
sia et Bonus de Ferentino et Andréas presbiter de Ostis, et
ordinaverunteum pontificem. Tune non erant in clero qui po-
terant promovere, quia multitudoreligiosorum subduxerant se
a communione eius, dicentes quia in morte Vigilii papae se
inmiscuit. Eodem tempore, data litania, Pcllagius papa, a sancto
Pancratio ad sanctum Petrum, tenens evangelia eterueem Do-
1 tirannus a — 2 dies om. b
LXI. — 3 a cons. a b — 5 Iustianum b — Teodoram augs" a :
Theodora augs 6—6 dicën a b — 7 invenitque a — 8 Gaecilie a —
natalis b — tens a — 10 pâtre archa a — promesisset a — ordinem
suum b — revocaret b — 12 et <nunc> b — 13 ad lustinianum
et Theodoram a — ii Diocliciano et Lutheria 6—17 papa b —
18 dicentens 6—20 calices a — interfecissit a — 22 basilica 6
— Aeuphimiae a : Eufumiae 6 — cornum a — 21 excilio a —
Narsithem a — 25 Gutis a — 26 Totilia a — 21 Narsi a — ro-
gatum a — suggereut 6 — 28 imperatore a — 29 venit] redit a —
Sicliam a — adflictionem a — 30 ductum a — Roma a
LXII. — 33 Rome a b — 36 Hostis b — 38 se om. a — 39 com-
monione b — mortem 6 — pape a — 40 letania a — 41 Prancatio a
— evvangelia a —
mini super caput suum, ascendens in amboncm satisfecit po-
pulo quia nullum malum egit contra Vigilium. Et adiecit :
« Peto vos, ut si quis ille est qui promovendus in sancta ecclesia
dignus invenitur, per nulla pecuniaproficiat, quiasymoniacum
» est». Eodem tempore initiata est basilica apostolorum Philippi
et L.cobi. Intérim mortuus est et sepultus in basilica sancti
Pétri. Fecitque ordinationes II presb. XXVI diac. VI III epis-
coposXLVlIH. Cessavit episcopatus menses II dies XXV.
LXIII. — Iohannes, natione Romanus, ex pâtre Anastasio,
10 sedit ann. XII mens. XI dies XXVII. Hic restauravil cymiteria
sanctorum martyrum et constituit ut oblationem et amula vel
luminaria in eadem cymiteria per omnes dominicas de Late-
ranis ministraretur. Hic perfecit ecclesia Philippi et Iacobi. Qui
sepultus est in basilica beati Pétri. Hic fecit ordinationes II
15 presb. XXXVII diac. XIII episcopos LXI. Et cessavit episcopa-
tus menses X dies XIII.
LXIIII. — Benedictus, natione Romanus, de pâtre Bonifatio,
sedit ann. IIII mens. I dies XXVIII. Eodem tempore gens Lan-
gobardorum invaserunt Italiam. Et dum cognovisset lustinus
20 imperator quia Romani periclitarentur famé, misit in Egyp-
tum et oneratas naves frumento transmisit Romam. In qua
adilictione laborans beatus Benedictus mortuus est et sepultus
in basilica sancti Pclri, in secretario. Hic fecit ordinationem I
presb. XV diac. III episcopos XXI. Cessavit episcopatus menses III
25 dies X.
LXV. — Pelagius, natione Romanus, ex paire Unigido, sedit
ann. X mens. II dies X. Hic ordinatur absque iussione prin-
cipe, eo quod Langobardi obsiderent civitatem. Hic vestivit
corpus beati Pétri tabulis argenteis deauratis, ibique in ipsa
30 basilica est sepultus. Fecitque ordinationes II presb. XXVIII
diac. Vill episcopos XLVIII. Cessavit episcopatus menses VI
dies XXV.
LXVl. — Gregorics, natione Romanus, pâtre Gordiano, se-
dit ann. XIII mens. VI dies X. Hic exposuit in evangelium ho-
35 milias XL, exposuitque librum lob, Ezechielum, Pastoralem et
multa alia. Et misit servos DeiMellitum, Augustinum et Iohan-
nem praedicare gentem Angulorum. Hic augmentavit in prae-
dicatione canonis « diesque nostros in tua pace dispone » et
cetera. Et fecit beati Pétri ciburium eum columnis argenteis
40 mi. Hic fecit super corpora beati Pétri et Pauli missascelebrare.
Eo tempore dedicavit ecclesia Gothorum in Subura, m nomme
2 iadiecit a — 4 inventur a — pecunia om. b — profitiat a —
semoniacum a
LXIII.— 9 Iohannis a — Rome a— 10 d. XXVI 6— cymitaria a :
cimiteria b — 13 perfleit b — 14 beato a — 15 et om. b
LXIIII. — 17 Roma a — Bonefatioa : Bonifacio 6 — 19 Italia 6
— 20 pereclitarentur a — 21 Egypto 6 — honeratas a — 22 adflic-
tionem a — 23 secratario 6
LXV. — 26 Rome a — 28 quo a — obsédèrent a — 29 beti a —
tabolis a
LXVI. — 33 Greorius a — Iordiano a : Gordianum 6 — 34
evvangelium a — hûml a : ôml 6 — 33 Ezechielo 6 — <in > lob
<XXXV in> Ezech. <hom. XX> Pastoralem <dialogorum libros
IIII> et m. a. 6» — 36 servus 6 — Agustinum a — 37 gente 6 —
aumentavit a — 38 praedicationem a — canones 6 — 40 corpore 6
— caelebrare 6 — 41 Gotorum a —
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bealae Agathe, et domum suam conslituit monasterium. Se-
pultus est in basilica sancti Pétri ante segretarium. Hic fecit
ordinationes II , in quadragesima et in mense septembri ,
presb. XXXVIIU diac. V episcopos LXÏI. Et cessavit episcopatus
menses V dies XVI III.
LXVII. — Savinianus, natione Tuscus, pâtre Bono, sedit ann.
I mens. VI dies XVIII. Eodem tempore fuit famés gravis. Facta
autem pace cum Langobardis, iussit venundare per solid. tri-
tici modius XXX. Hic in ecclesia beati Pétri luminaria addidit,
ibique .sepultus est. Hic fecit episcopos XXVI. Et cessavit epis-
copatus menses VI dies XXV.
LXVIII. — Bo.nefatius, natione Romanus, ex pâtre Iobanne,
s^dit menses VIII dies XXII. Hic oblenuit apud Focalur principe
ut sedes beati Pétri apostoli caput esset omnium ecclesiarura,
quia ecclesia Constantinopolitana prima se omnium scribebat.
Hic conslituit una cuin episcopis et clero sub anatbemate ut nul-
lus, pontiûce moriente aut episcopo civitatis suae, praesumat
quilibet loquiaut parles sibi facere, nisi tertio die depositionis
eius, adunato clero electio fiât. Quo defuncto, sepultus est in
basilica beati Pétri. Hic fecit episcopos XXI. Et cessavit episcopa-
tus menses X dies VI.
LXV1UI. — Bonefacius, natione Marsorum, de civitate Vale-
ria, ex pâtre Iobanne medico, sedit ann. VI mens. VIII dies XIII.
Hic petiit a Focate principe templumqui appellatur Pantiieum,
in quo fecit ecclesia beatae Mariae ; in qua ecclesia princeps
dona multa obtulit. Hic domum suam monasterium fecit. Quo
defuncto, sepultus est ad beatum Petrum. Hic fecit ordinationes
II diac. VIII episcopos XXXVI. Et cessavit episcopatus menses VI
dies XXV.
LXX. — Deusdedit, natione Romanus, sedit ann. III dies XX.
Hic clerum multum dilexit. Hic conslituit secunda missa in clero.
Eodem tempore factus est terrae motus maior VIII id. aug.
Post hoc secuta est cladis in populo, percussio scavearum, ut
nullus poterit mortuum suumcognoscere. Quo defuncto, sepul-
tus est ad beatum Petrum, et dimisit pro obsequias suas ad
clerum rogamunam integram. Hic fecit ordinationes III presb.
XI11I diac. V episcopos XXVIIII. Et cessavit episcopatus mens. 1
dies XVI.
LXXI. — Bonipacius, natione Carapanus, de civitate Neapo-
lim, ex pâtre Iobanne, sedit ann. V dies X. Hic conslituit ut
testamentum valeat secundum iussionem principis ; ut acolitus
non praesumat reliquias sanctorum levare, nisi presbiter; et ut
inLateranis acolitus non baptizetcum diaconis,sed subdiaconos
sequentes. Hic fuit mitissimus et miscricors et rogam inte-
gram clero suo dédit. Qui sepultus est ad beatum Petrum. Hic
fecit ordinationes II presb. XXVI diac. 1111 episcopos XXVIIII.
Et cessavit episcopatus dies XIII.
5 LXXU. — Hoxorics, natione Campanus, ex pâtre Petronio
consule, sedit ann. XII mens. XI dies XVII. Hic multa bona fe-
cit. Rcnovavit omnia cimiliabeati Pétri et vcslîvit confessionem
eius ex auro lib. CLXXXV et multa alia ibi fabricavil. Huius
temporibus levale sunl traves in ecclesia beati Pétri XVII. Hic
10 cooperuit basilicam eius extabulis aereis quos levavit de Icai-
ploqui appellatur Home, ex coucesso piissimiHeracli imperato-
ris. Hic constituit ut omne ebdomada in sabbato die exeat
letania ab ecclesia sancto Apollonario, quam ipse papa cons-
truxil in portico eiusdem ecclesiac, ad sanctum Petrum. Fecit
15 ccclesiam beatae Agnes marlyris, miliario ab urbe Romae 111,
ubi et requiescil. Fecitque ecclesia beato Pancratio mil. II; et
multas alias basilicas construxit et ornavit atquc dilavit. Hic
fecit ordinationes presb. diac. episcopos. Qui eliam sepultus
est ad beatum Petrum. Cessavit episcopatus ann. I mens. VII
20 dies XVIII.
•LXXI II. — Sevemnus, natione Romanus, ex pâtre Abieno,
sedit mens. II dies 11. Hic renovavit absidem beati Pétri apos-
toli ex musibo. Hic fuit amator clerum et omnibus donum
augmentavit, pauperibus largus. Fecit autem episcopos per
25 diversa loca, dimisitque clero rogam integram. Qui etiam se-
pultus est ad bealum Petrum III1 non. aug. Et cessavit episco-
patus menses 1III dies XVIIII.
LXXIIII. — Iohannes, natione Dalmatinus, ex pâtre Venantio,
sedit ann. I mens. VIIII dies XVIIII. Hic misit peromnem Dal-
30 matiam et Istriam pecunias multas pro redemptione captivo-
rum. Fecit et basilicas multas et ornavit. Hic fecit ordinalio-
nem I. Hic dimisit omni clero rogam integram. Qui etiam se-
pultus est ad beatum Petrum. Et cessavit episcopatus mens. I
dies XIII.
35 LXXV. — Theodorus, natione Grecus, ex pâtre Theodoro
episcopo civitate Melitum, sedit ann. VI mens. V dies VIII. Hic
fuit largus et amator pauperum, fecitque et basilicas multas.
Fecit autem ordinationem I. Qui etiam sepultus est ad beatum
Petrum. Et cessavit episcopatus dies LU.
40 LXX VI. — Martixus, de civitate Tuderlina, sedit ann. VI
mens. I dies XXVI. Hic congregavit episcopos CV in Roma, in
ecclesia Salvatoris, et condempnavit beresim; quae synodus
1 béate a — 2 Sepultus-segretarium om. a — 3 ord. <I> 6 2 —
et om. b — sept.J feb. b : < et aliam mense septimo > 6*
LXVII. — 7 famis a — 8 sold. a : solid. b — trict a b — 9
nïôâ\ a — addedit a — 10 et om. 6 — 11 mens. X d. XXVI b
LXVIII. — 12 Bonefacius 6 — 13 aput a — sedit a — 17 ponte-
fice a — 18 tercio 6
LXVIIII. — 24 petiet a — Panteum a — 23 aeccl béate a — 26
obtullit a
LXX. — 32 est om. b — terre 6—33 haec 6—34 nul 6 — pote-
ret a — cognuscere a — 36 integram unam 6
LXXI. — 39 Neapulim a — 41 iussione 6 — 43 baptizaet 6 —
subdiaconus b —
3 ep. XXXVIII 6
LXXII. — 1 cimiteria a — confessione 6—9 levati a — XVI 6 —
lui a — 10 basilica 6 — tabolis a — il templum 6 — apeliatur a —
concessum 6 — Eracli a — 12 omnem a — 13 laetania 6 — Appol-
lonario a — ipsae 6 — 14 eiusde a — fecit <et> 6—15 aeclesia a
— beati Agnis a — martyres 6—16 aecclesia a — Prancatio a —
17 constrixit a
LXXIII. — 23 domum a — 25 clero] celo a — 27 mens. III 6
LXXIIII. — 28 Venantium 6 — 30 redemptionem 6 — 32 demi-
sit a — 33 et om. b — 34 d. XIIII 6
LXXV. — 36 épis a — 37 ecclesias 6 — 39 et om. b
LXXVI. — 42 aeclesia a — <Jomnem > haresi a — que sino-
dus a —
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hodie arcliibo ecclesiae conLinetur. Defunclusque est in civi-
tate Chersona et scpultus in basilica sanctae Mariae scmpcr
Virginia.
LXXVII. — Eugknius, natione Romanu3, scdit ann. Il mens.
VIIII dies XXÏIII. Qui sepullus est in basilica beati Pétri. Ces-
savit episcopatus mens. I dies XXVIII.
LXXVIII. — Vitalianus, natione Campanus, pâtre Anastasio,
sedit ann.XIHI mens. VI.Huius temporibus venit Constantinus
Aug. de regia urbc per litoraria in Àthenas, inde Taranto, inde
Benevento et Neapolim per indictionem VI. Postmodum venit
Romae V die mense iulio, feria IIII, indictione suprascripta.
Etoccurrit ei obviam Apostolicus miliario VI a Roma. ïpsa die
venit ad sanctum Petrum etdonum ibiobtulit; aliadie ad sanc-
tum Paulum et donum ibi obtulit; die sabbatoad sanctam Ma-
riam,itemdonumobtulit;dominicadie processit ad sanctum Pe-
trum cumexercitusuo et obtulit super altareipsiuspallium auro-
textilcm. Sequentc autem sabbato, venit imperator ad Latera-
nis, ibique prandit. Item dominicorum die fuit statio ad sanc-
tum Petrum; et postcelebratas missasvalefeceruntsibi impera-
tor et pontife*. Omnia quae erantin aère ad ornatum civitatis
deposuit, scd et ecclcsiam beatae Mariae ad Martyres, quae de
tcgulis aereis erat, discooperuit et in regia urbe cum alia di-
versa quas deposuerat direxit. Secunda feria egressus de civi-
tate Roma, reversus Neapolim, inde terreno perrexit Regio.Et
ingressus Siciliam per indictionem VII, habitavitin civitate Syra-
cusana, talisquo adflictiones posuit populo vel possessoribus
provinciarum Calabriae, Siciliae, Africe vel Sardiniae per dia-
grapha seu capita atque nautigalione per annos plurimos, qua-
les aliquando numquam fuerant, ut etiam uxores a maritos,
filios a parentes separarent. Postmodum XV die mense iulio,
per XII ma indictione, praedictus imperator in balneo occisus
est. Et non post multo tempore beatus Vitalianus vitam finivit.
Fecit ordinationes IIII presb. XXII diac. I episcopos XCVII.
Qui etiam sepultus est ad beatum Petrum VI k. feb. Gessavit
episcopatus mens. II dies XIII.
LXXVIIII. — Adeodatus, natione Romanus, ex monachis, pâtre
Iobiniano, sedit ann. IIII mens. II dies V, fuitquo mitissimus.
Huius temporibusMizizius,quieratin Sicilia cum exercito Orien-
tale, intartizavit et arripuit regnum. Et perrexit exercitus Ita-
liae partes Istriae, alii partes Gampaniae, nccnon et partes
Sardiniae Africae : pari modo venerunt in Sicilia, in civitate
Syracusana, et Deo auxiliante interemptus est nec dicendus
Mizizius. Et mulli ex iudicibus eius truncati pcrductisunt Cons-
tantinopolim, simul et caput eiusdem intarte. Postmodum ve-
nientes Saracini Sicilia ohtinuerunt et multa occisione in po-
pulo fecerunt. Aerevero qui ibidem a Roma navigalum fuerat
5 secum abslollentes, Alexandria reversi sunt. Defuncto autem
Adeodato papa, tante pluviae ac tonitrua fuerunt quales nulla
aetas bominum mcmoralur, ut etiam homines pecoraquc de
fulgure interirent; sed per laetanias est Dominuseis propitia-
tus. Fecit autem ordinationem I presb. XIII diac. II episco-
10 pos XLVI. Cessavit episcopatus mens. IIII dies XV.
LXXX. — Doncs, natione Romanus, ex pâtre Mauritio, sedit
ann. I mens. V dies X. Hic atrium beati Pétri qui est ante eccle-
sia in quadriporlicu magnis marmoribus stravit. Fecitque et
alias ecclesias et ornavit. Clerum diversis ordinibus ampliavit.
lo Hic reperit in Roma, in monte qui appellatur Boetianas, nesto-
rianilas monachus Syrus, quos per diversa monasteria divisit
et in praedicto monte monacbos Romanos constituit. Hic dum
essct eleotus, per augusti mensem apparuit stella a parte Orien-
tis per menses III, cuius radia caelos penetrabant, in cuius vi-
20 sione omnes gentes mirabantur. Postmodum maxima mors a
parte Oriente secuta est. Fecit'ordinationem I presb. X diac. V
episcopos VI. Qui etiam sepultus est ad beatum Petrum IIII id.
april. Cessavit episcopatus menses II dies XV.
LXXXI. — Agatho, natione Sicula, ex monachis, sedit ann. II
25 mens. VI dies XIIII. Tantum benignus et raansuetus fuit ut etiam
omnibus hilaris esset. Hic suscepitdcvalemiussionempiissimo-
rumprincipum Constantini,Heraclii etTiberii augustorum, mis-
sam praecessore suo Dono papae, invitans ut debeat sacerdotes
vel missos suos dirigere in regia urbe pro ad unalionem sanctae
30 Dei ecclesiae; direxitque Abundantium Paternensem, Iohannera
Reatinum et Iohannem Portuensem episcopos, Theodorum et
Georgium presbiteros, Iohannem diaconum, Gonstanlinum
subdiaconum. Huius temporibus, indictione VIIII, luna eclipsin
pertulit mense iunio, die XVïll, et mortalitas gravissima subse-
33 cuta est. Postmodum vero ingressi sunt missi supradicti in re-
gia urbe; benigniter suscepti sunt a principe, porrigentes ei
scripta pontifleis. Quas dum suscepisset, commonens eos non
furiose, sed pacifica disputatione, rémittentes philosophicas as*
sertiones, pura sanctorum Scripturarum Patrumque probatam
40 fidem per sinodalia décréta satisfacerent. Tune resedente prin-
cipe et cum eo Georgio patriarcha Constanlinopolitano et Ma-
caro Anteoceno , suscepti sunt missi sedis apostolici , deinde
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1 ecclesia a — 2 Ghersonam a — Marie a
LXXVII. — 4 Eusebius a — Romae a
LXXVIII.— 8 venit bis a — 10 Benavento a — Niapolim 6 — in-
ditione a — 11 Rôm a — 13 ibi] ei b — obtullit a (bis) — 14 ibi don. a
— <et> die 6—16 exercito a — palleum a — 19 post om. a — 20
que a — aère om. 6 — 21 ecclesiae béate a — que a — 22 tegules
aeris a — discoperuit a — régi a — aliis diversis quae 6 — 23 se-
cunda feria] secundo fecit 6 — 24perexit a — et om. a — 25 Sicilia
a — septima a — habitabit 6 — 26 afflicionis 6—27 Affrice a —
23 diagrafa a— nautizatione a : nautigacione 6—30 décima die 6
— 33 presb. XII 6
LXXVIIII. — 40 Striae a — aliae 6 — 42 Siracusana 6 — dicen-
tus 6 —
1 et-iudicibus bis a — 2 capud 6 — intarte om. a — 3 Sarracini 6
— Sycilia a — 4 quod 6 — navicatum 6 — 5 Alaxandria a — 6 tente
pluiae at ton. scierunt 6 — 8 fulgora a — propiciatus 6
LXXX. — 11 natione] autem a — Mauricio 6 — 12 que a —
aeccl. 6 — 13 in om. a — quadriportico 6 — stravit] statuit a —
15 Boetianus a — 16 monac a — 17 mônac 6 : mône a — Roma a
— 18 in parte a — 22 VI om. 6.
LXXXI. — 26 helares fuit a — 28 missa a — pâ a b — 30 aeccl. a
— Habundancium 6 — Patermensem a — 31 Iohanne a — 32 Gior-
gium b — 33 eglypsin a — 36 urbae 6 — 37 scriptura 6 — 38 dis-
potatione a — filosophicas aserciones — 39 puras 6 — probatum 6
— 40 synodalia 6 — satisfacerint 6 — 41 et ante Mac. om. a — 42
Macharo 6 —
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metropolitac et episcopi Orîentalium CL. Qui proni adorantes,
resedere praecepit, et habita inquisitione, legati sedis apostoli-
cae dixerunt:« Oportana veritas et ratio exigit uta parte sorum
qui unam voluntalem et operationem in domino Iesu Cbristo
asserunt sedi aposlolice exponere». Qui audientes, lacti effecti, 5
paralos se esse dixerunt. Sic eadem hora suos introduxerunt
libros et tomos diveràos et synodos quos falsaverant, quia non
veritate supirare nitebantur, sed per di versa commenta quas
in libros suos ipsi noviter addiderant. Alia vero die legati sedis
apostolicae, présentantes locum beati Agathonis papae, quo- 10
rum diclum est ut omnes libros quos scirent ad causam fidei
pertinere coram synodo adducerent. Et vocato Georgio carto-
pbylace ecclesie Constantinopolitanae, factum est ita. Relec-
tisque invencruntduas naturas duasque voluntates etoperationes
babentes. Et confusus Macarus inventusque est mendax. Intro- 15
missique sunt coram synodum dictae venerabilium Patrum, lo-
hannis Constantinopolitani, Cyrilli, Atbanasi, Rasilii, Gregorii,
Dionisii, Helarii, Ambrosii, Agustini, Leonis, habentes duas
naturales voluntates et operationes in Christo : nativitatis unam
quidem ante secula et sine tempore ex Pâtre incorporaliler,
aliam vero descendente de caelo inenrnatum in Virgine;vo-
lunlates coberenter unitas, divinam et humanam, ex boc quod in
utraque eius natura voluntarium secundum naturam cundem
exislere; operationes vero coherenlcr unitas, divinam et huma-
nam, ex boc quod in utraque eius natura ef ficacem secundum na-
turam eiusdem exislere. Tune Georgius patriarebaprofessusest
duas naturas duasque voluntates et operationes credere et
praedicare sicut sedes apostolica. Macaro vero in sua haerese
persévérante, ea bora sancta synodus eius orarium tolli iusse-
runt. Et exiliens Rasilius episcopus Crctensis, orarium ei abs-
tullit, et anatbematizanles proiecerunt foris synodo ; Stepba-
num aulem diaconum eius cervicibus Romani a sancta synodo
eiecientes.Ea vero bora tante telaearaniarum nigrissimi inme-
dio populi ceciderunt, ut omnes mirarentur quoi sordes hae-
reseum expulsi sunt. In loco vero Macari ordinatus estTbeopba-
nius abba, Macarus vero cum suis Romam in exilio deputatus
est. Deinde abstollentes de dipticis vel de picturis nomina pon-
tificum, id est Cyri, Sergii, Pyrri, Pauli, Pclri, per quos error
fidei usque nunc pullulavit. Factumque est ut pro reverentia
sedis apostolici Iohannes episcopus Portuensis octavum Pas- ^0
20
25
30
35
1 métropolite a — proni om. 6 — S inquisicione 6 — sedes a —
3 apostolice b — 4 una 6 — 5 sedis a — leti a — 6 ora a — 7 di-
versus b — sinodos a — 8 nitibantur a — 9 legatis sedibus a —
10 beatae Agatonis b — il causa b — fidie a — 12 sinodo a —
adducerint b — Giorgio 6 — 13 caraphyïâ" a : cartaphilâ b — eccle-
sia a — relictis a — 15 Macharus & — 18 Dyonisii a — Haelarii a
— 19 una 6 — 20 quidaem a — 21 alia b : alio a — discendente a
— 22 cho.erenter b — umana 6—23 eius om. 6—26 Giorgius
patrearca a — 28 Macbaro 6 — herese b — 29 tolli-orarium om. a
— oratorium 6 (6w) — 31 anathemazantes 6 — proicerunt a —
sinodo a — 33 egecentes 6 — ora a — taelae a : tele 6 — archa-
niarum a — 34 caeciderunt a — sortes a — hereseum 6—35
Machari 6 — Teopbanius 6 — 36 a"BF. a — Macharus 6 — Roma 6
— excilio a — depolatus 6—37 abstullentes a — dypticis 6 —
3.) fiJaei a — 40 sedisl sind a — Portunensis 6 —
chae in ecclesia sanctae Sophie missas publicas latine celebra-
ret et laudes et Victoria imperatori vocibus aclamarent. Hic
beatus Agatbo suscepit dévale iussionem per quam revelata est
quantilas qui solita erat dari pro ordinatione pontificum; sic
tamen ut si electio facla fueril, non debeat ordiuari qui elec-
tus est, nisi prius decretus generalisintroducatur inregia urbe
secundum antiqram consueludinem. Hic demisit omni clcro
rogam unam et ad luminaria Aposlolorum et ad sanctam Ma-
riam ad praesipem solidos TTCLX. Fecit autem ordinationem I
presb. X diac. III episcopos XVIII. Qui etiam sepultus est ad
beatuin Pctrum IIII id. ian. El cessavit episcopalus ann. I mens.
VII dies V.
LXXXII. — Léo, nalione Sicula, de pâtre Paulo, sedit mens.
X dies XVII. Vir eloquentissimus in divinis Scripturis, cante- .
lena praecipuus et in earum sensibus sublilissima exercita-
tione limatus, pauperum amator. Hic suscepit sextam synodum
qui per Dei providentiam nuper in regia urbe celebrala est,
resedente piissimo principe Constantinocum legatis sedis apos-
tolice et duo patriarche, Gonstantinopolitanoet Antiocheno, in
qua condcmpnati sunt Cyrus, Sergius, Honorius, Pyrrus, Pau-
lus et Petrus, neenon et Macarus. Huius temporibus, percur-
rente dévale iussione clemenlissimi principis, restitufa est ec-
clesia Ravennas sub ordinatione sedis apostolice, ut qui ibidem
cleclus fuerit, in civitate Roma veniat ad ordinandum. Hic
fecit constitutum ut qui ordinatus fuerit archiepiscopus nullam
consuetudincm pro usu pallei diversis officiis ecclesiae persol-
vere debeat. Huius temporibus, die XVI mensis aprilis, indic-
tionc XI, luna eclypsin pertulit post Caena Domini, et gallo-
canlu cepit paulatim delimpedare. Hic fecit ordinationem I per
mens, iun., presb. VIIII episcopos XXIII. Qui etiam sepultus
est ad bcatum Petrum V non. iuL Et cessavit episcopalus men-
scs XI dies XXII.
LXXXIII. — Benedictus, natione Romanus, ex pâtre Iobanne,
sedit mens. X dies XII. In quo viro superne benedictionis gra-
tia redundavit, ornavitque ecclesia. Hic suscepit duas divales
iussiones démenti ssimi Constantini principis ad clerum et po-
pulo Romano, ut qui clectus fuerit in sede apostolica absque
tarditate pontifex ordinetur. Hic una cum clero et exercitu
suscepit mallones capillorum domni Iustiniani et Heraclii filio-
rum eius, simul et iussione per quam significat eorum capil-
los direxisse. Huius temporibus apparuit stella, inter Domini
Natale et Theophania, omnino obumbrata, veluti luna. Item
1 Pasce a — aecclesiae a — sancte Suphie 6 — puplicas a —
2 vie! iïïïp a — aclamint 6 — 3 iussione 6—5 elatio a — debead a
— 7 antiqua consuaetudinem 6—8 luminariam 6 — 9 psipio a —
11 ian.] feb. 6
LXXXII. — 13 Siculus 6 — 14 antelena a — 15 et in earum] aeter-
num 6 — excitalione 6—16 amatus a — sinodum a — 17 caele-
brata a — 18 sedis] s"T3 a — 20 Cyrrus 6 — <et> Paulus 6 —
21 Macharus 6 — Hius a — 22 devalle a — 23 Ravêns a b — ordi-
nacione 6 — quid 6 — 24 quid 6 — 26 uso a — 28 eglypsin a —
cena 6—29 delimpetare a — 31 et om. b
LXXXIII. — 35 gracia 6 — hornavit 6 — aecclesia a — 36 clero 6
— 37 aplo a : apostolici 6 — 38 et om. a — exercito 6 — 39 dom a 6
— Haeraclii a : Eraclii —
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mense februario exivit Stella ab occasu, meridie, et declinavit Quod et demandavit suis iudicibus, quos Rome direxit ad dis-
in partes Orientis. Post haec mons Bebius qui est in Campania ponendam civitatem, ut post obitum suum pontifex idem archi-
eructuavit. Hic dimisit omni.clero auri libras XXX. Fecitque diaconus eligerctur. Fecitque episcôpos numéro XVI. Sepultus
episcopos numéro XII. Sepultusque est ad beatum Petrum VIII est ad beatum Petrum sub die XXI mensis septembris. Cessavit
id. mai. Et cessavit episcopatus menses II dies XV. 5 episcopatus mens. II d. XXIII.
LXXXIIII. — Iohannes, natione Syrus, provincia Anliochia, LXXXVI. — Sergi us, natione Syrus, seditann. XIII mens. Mil
ex patrc Cyriaco, seditann. I dies VIIII. Vir valde strinuus. diesXXIII.
Hic post multorum pontificum tempora, iuxta prisca consuetu- LXXXVII. — Iohannes, natione Grecus, de Pladone, sedit
dinem, ageneralitateinecclcsiaSalvatoris, qui appellatur Cons- ann. III mens. Il dies XII. Cessavit episcopatus mens. I die»
tantiniana, clectus est. Hic cum esset diaconus, missus a sanclo 10 XVIII.
Àgathone papa in regiaurbepro causa fidei, pro qua magnum LXXXVIII. — Item Iohannes, natione Grecus, sedit ann. H
gaudium ecclesiae detulit. Hic consecratus est a III episcopis, mens. VIII dies XVII. Et cessavit episcopatus menses III.
Ostense, Portuensc et Bellitcrnense. Huius tcmporibus régna- LXXXVIIII. — Sisinnus, natione Syrus, sedit dies XX. Cessa-
vit domnus Iustinianus Augustus in Nicea, mcnse scptcmbri, vit episcopatus mens. I dies XXVIII.
indictione XIIII. Qui piusprinceps pacem conslituit cum gente 15 XC. — Constantinds, natione Syrus, sedit ann. VII dies XV.
Saracinorum dccennio; sed et Africa subiugata est Romano Cessavit episcopatus dies XL. Primo anno pontificatus eius im-
imperio. Hic dimisit omni clcro solidos I DCCCC, fecitque épis- pîentur anni CL de repetito cyclo Victurii, indictione VII, anno
copos XIII. Qui etiam sepultus est ad beatum Petrum sub die II primo, Tiberio imperante cum Iustiniano pâtre,
mensis augusti. Et cessavit episcopatus mens. II dies XVIII. XCI. — Gregomus, natione Romanus, sedit ann. XVI mens.
LXXXV. — Conon, natione Grecus, pâtre Tracessio, edoctus 20 VII dies XXIII1. Et cessavit episcopatus dies XXXV.
apud Siciliam, sedit mens. XI. Hic suscepit divalcm iussionem XCII. — Gregorius, natione Romanus, sedit ann. X mens. X
domni Iusliniani Aug. per qua significat reperisse acta sanc- dies VIIII. Cessavit episcopatus dies XI.
taesexti synodi et apud se baberc, quem piae memoriae pater XCIII. — Zacharias, natione Grecus, sedit ann. X mens. III
eius Constantinus Deo auxiliante fecerat, quem ipse promit- dies XIIII. Cessavit episcopatus dies XII.
tens perenniter conservare. Huius temporibus pietas imperialis 25 XCII1I. — Stephanus, natione Grecus, sedit ann. V men9. I
relevavit per sacram iussionem suam CC annonocapita quas dies XXV. Et cessavit episcopatus dies L.
patrimonium Brixius et Lucauiao annuae pcrsolvatur. Hic di- XCV. — Paulus sedit ann. XI, in anno XI Pippino rege,
misit omni clero benedictionc in auro, sicut praecessor eius indictione XV.
Benedictus papa. Cuius archidiaconus videns pontificem infir- XCVI. — Constantinus sedit anno I.
mitate constrictum,cupiditate ductus,praedictum legatura nec- 30 XCV1I. — Stephanus sedit ann. III mens. V dies XXVII.
dum est persolutum; unde scribcnsRavenna giorioso Iohanne, XCVIII. — Adrianus sedit ann. XXV mens. V.
promittens datione ut persona eius ad pontificatura elegeretur.
2 pontifie a — bisdem 6 — 3 elegeretur 6
2 partis a — 4 Sepultus est a — 5 id. om. a — et om. 6 LXXXVI. — 6 an. XIIII b __
LXXXIIII. — 6 Iohannis a — Antioc a b — 7 Cyrriaco a — 10 LXXXVII. — 8 Iohannis a — Pladon a b
Constantina b — missos 6 — 11 fidaei a — 12 ecclesi* detullit b — LXXXVIII. — 12 mens. VI a — d. XVII om. a — et om. b
III] très 6—13 Portoense a : Portunense 6 — 14 in Nicea] in ini- XC. — 16 pontificato 6 — inplcntur 6 — 17 repidito a — ciclo 6
tia a — 15 gentem a — 16 Affrica a — 18 Tyberio ymperante a — Iustiano 6
LXXXV. — 20 aedoctus aput a — 21 sedit-domni om. a — XCIII. — 23 natione-mens. III evanida sunt in 6.
I -g. 23 sancti 6 — aput a__— pie memorie a — 25 hius a — 26 releva- XCIIII. — 25 mense uno 6 — 26 et om. b
^ bavit a — 27 patritnôn a 6 — 32 elegretur a — XCV. — 27 sedit an. hic desinit b, fine mutilus. — 28 indition
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IV
LIBER PONTIFICALIS
SECONDE ÉDITION AVEC SE$ CONTINUATIONS SUCCESSIVES
JUSQU'A ETIENNE V
SIGLES DES MANUSCRITS :
| A = l'ensemble dos rnmuscrils de la classe A; de Grégoire II à Hadrien I er , le Lucensis resté seul.
; A 1 Lucensis 490, du vin 8 siècle, jusqu'à Constantin (715).
| A* Laurentianus S. Marci, 604, du xn c siècle, jusqu'à Léon II.
! A 3 Parisinus 317, du xn e siècle, jusqu'à Constantin.
A* Uavniensis 1582, du xn° siècle, jusqu'à Silvestre.
■ A* Vatlcanus 5269, du xm e siècle jusqu'à Constantin,
Jk A c Vindoboncnsis 632, du xn° siècle, jusqu'à Silvère.
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K B = l'ensemble des manuscrits de la classe B ; dans la vie d'Hadrien I or , le Parisinus 13729;
de Léon III à Léon IV, YAlentianus 18, xi e siècle.
[ B 1 Neapolilanus IV A 8, du vn c siècle, jusqu'à Anastase II.
^ B 1 Parisinus 13729, du ix e siècle, jusqu'à Etienne III.
B 3 Coloniensis 164, du ix c siècle, id.
B 4 Vossianus 41, du ix c siècle, id.
^ £ B 5 Bruxellensis 8380-9012, du ix° siècle, jusqu'à Etienne II.
B° Vindobonensis 473, du ix e siècle, id.
B 7 Ambrosianus M 77, du ix e siècle, id.
C = l'ensemble des manuscrits de la classe C; depuis Paul I er , le Parisinus îj 1 40.
C l Vossianus 60, du vm c -ix° siècle jusqu'à Etienne II.
C* Guelferbytanus 10, 11, du ix° siècle, id.
C 3 Bernensis 408, du ix c siècle, id.
C* Parisinus 5140, du xi c siècle, id.
D = Parisinus 5>16, du ix c siècle, jusqu'à Léon IV, sauf l'intervalle Constantin-Etienne II, où il porte le sigle D 1 :
D' est aîors le Parisinus 2769, du ix° siècle.
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116 LIBER PONTIFICALIS
E ou E 1 = Vaticanus 3764, du xi e siècle, jusqu'à Etienne V.
E* Parisinus 5143, du xiv° siècle, id. (Depuis Silvère).
E 3 Mutinensis, du vin siècle, extraits, jusqu'à Léon I e *.
E* Estensis VI F 5, du xi° siècle, jusqu'à Hadrien I er .
E 5 Farnesianus perdu, du vin-ix siècle, id. (Depuis Silvère).
E 6 Laurentianus LXVI, 35, du xv° siècle, jusqu'à Etienne V.
G = Vaticanus 3761, du x c siècle, de Damase à Hadrien I er .
H = Vaticanus 3762, du xu° siècle.
M = Barberinus XXXII, 165, du xv c siècle.
T = Fragments de Turin, du vin siècle, vies d'Hormisdas et de Jean I er .
V = Fragments du Vatican, du x-xi° siècle, vies de Constantin, Grégoire II, Hadrien I ot , Léon III et Etienne IV.
La valeur des sigles L, r, F, K, P, a été expliquée ci-dessus, p. 47. — Les cotes en lettres minuscules indiquent la seconde
main des manuscrits ; par exemple c 1 représente les corrections introduites dans le ms. C*. — L'abréviation corr., jointe à une
variante, signifie que la leçon primitive, représentée par cette variante, a été redressée par un correcteur et conformée au texte
que j'ai adopté.
Avis pour les notes explicatives. — En dehors de ces notes, le chapitre IV de l'Introduction renferme de nombreux éclair-
cissements sur le texte du Liber pontificalis, pour toute la partie primitive, jusqu'à Félix IV. Comme ce chapitre est divisé en
paragraphes correspondant aux diverses parties des notices, on n'a pas jugé nécessaire d'y renvoyer toujours pour les
indications qui reviennent invariablement dans chaque notice, soit au commencement, soit à la fin, c'est-à-dire pour la patrie
et la famille du pape, la durée de son pontificat, les ordinations, le lieu et la date de sa sépulture, enfin la durée de la vacance
du siège. — Sauf de rares exceptions, toutes les observations sur la latinité du Liber Pontificalis ont été renvoyées à l'Index
spécial, placé à la fin du volume.
Division du texte. — On a reproduit, dans les marges extérieures, les divisions du texte adoptées par Bianchini et par
Vignoli. La première, celle de Bianchini, en chiffres arabes, est continue et s'étend à tout le Liber pontificalis , jusqu'à Etienne V;
la numérotation de Vignoli, en chiffres romains, recommence à chaque notice.
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117
Beatissimo ' papae Damaso Hieronimus.
Gloriam sanctitatis tuae nostra humilitas deprecatur, Ut * secundum apostolicae sedis quam cognovimus guber-
nari per tuam sanctitatem, hoc curvi precamur ut actus gestorum a beati Pétri apostoli principatum usque ad
vestra tempora, quae gesta sunt in sedem tuam, nobis per ordinem enarrare digneris ; quatenus nostra hurai-
5 litas sentire cognoscat,; qui meruit s de.episcoporum supradictae sedis martyrio coronari, vel qui contra canones
apostolorum excessisse cognoscatur. Ora pro nobis, beatissime papa.
Damasus episcopus urbis Romae Hieronimo presbitero.
Gaudet Ecclesia tuo fonte iam satiata et amplius sitit curiositas temporum sacerdotalis ut quod dignum est
cognoscatur et quod indignum respuatur. Tamen quod gestum est, quod potuimus repperire, nostrae sedis studium
10 ad tuam caritatem gaudentes direximus. Ora pro nobis ad sanctam Resurrectionem, frater et conpresbiter. Vale in
Christo Deo domino nostro. DataX kal. iunias. Accepta VI kl. oct. Missa de Roma Hierusolima.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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Titulum operi nullum praefigunt tt A 23 «6 R134 CE : In Christi
Domine incipit episcopale Ai : In nomine Domini, etc. Incipit
liber episcopalis in quo continentur acta beatorum pontificum
urbis Romae B 27 D : de reliqua varietate vide codicum singuîorum
descriptiones.
Epistolam Hieronymi sine titulo exhibent A& B 1 : Epistula Hie-
ronimi A 1 : Incipit epistola Uieronimi ad Damasum episco-
pum A2346 B3 C*2 EU (In Christi nomine incipit A* — Hiero-
nimi < presbiteri missa > A 3 : beati Uieronimi presbiteri B 3
D : beatissimum Damasum B 3 : episcopum] papam A* E : epis-
copum urbis Romae A 3 B 3 )
1 papa C 1 — 2 sanctitati A* C 1 — deprecatur] dedicatur A* 23 *
— apostolice C 3 — guvernari A 1 — 3 perpetuara A 2 B 3 — hoc
om. A 1234 : hoc cura" C 3 E : occursus A.M — praecamur C 1 —
ut om. A 2 — apostolo C 1 — principatu A56 Bi C 3 E — 4 que C 3
— iesta A 2 — sede tua A 2 *56 E — quatinus C 3 — vestra E —
5 de om. C 12 — episcopatum C 1 : episcopis Asc — supradicte C 3
— canonis C — 6 cognoscantur C 3 E — pater A
Epistolam Damasi sine titulo habent A> B 1 C : Epistula Da-
masi A* : item ëpla Damasi papae ad Hieronimum presbite-
rum A 8 : alia A* : item Damasi pp ad Hieronimum presbi-
terum A 2 & : Rescriptio beati Damasi papae ad Hieronimum
B 37 D (presbiterum om. B 3 ) : Epistola Damasi ad Hieronimum
B 4 : Epistola Damassi papae ad Hieronimum presbiterum E
7 Damassus E 1 — episcopus om. A* — Hieronimus C* — pres-
bitero om. A* 3 C*2 — <salutem> A56 B 2 " — 8 Gaudit A 1 — aec-
clesia A 13 * — tua C 1 — setit B 1 (?) — tempore A* — 9 cognos-
catur-indignum om. E — indignum est A 23 B 17 C 3 (indignu
O) — respuctur B 7 — gesturi A 1 — studio A 2 : < est > stu-
dium A 1 B 1 — iO direximus om. A 14 : misimus A 23 (mis. gaud.
A 2 ) — frater] sancte A* 23 * — et om. k^ — valeas A 4 — 11 Deo
om. A* C 3 E — Deo-nostro om. A 3 — domine noster A 1 —
X om. C 2 — iunias-kl. om. A 1 — oct.J aug. E : in marg. C 1 —
misa C 3 — urbe Roma A 56 — Romana E — Hierosolima C 3 :
Hierosolimam A56 B 2 C 2 : Hierusolimam A 2 B 3 : Hierusoly-
mis C 1 : Hierosolyma E — Hier. < féliciter > B 23 : < Explicit
féliciter. Amen. > C 1 : < Damasus > C 3
Hic in plerisque codicibus reperitur catalogus in quo vel nuda
nomina pontificum exhibentur (FA* B* 3 * C 23 ) vel adnotatur qua
quisque patria ortus sit (C 1 ) aut quot annos, menses diesve sede-
rit (A5 B 2 5« 7 D) ; huiusmodi tamen nihil apparet in KA* 23 *. De C*
autem et E», sicut de reliqua varietate horum catalogorum sive «i-
dicum, de titulis etiam qui passim ipsi vitarum seriei praescripti
sunt, vide singuîorum codicum descriptiones.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Beatissimo...] Sur ces deux lettres et le lien qui les rattache au
texte, y. Introd., p. xxxhi.
; 2. ut secundum...] Sur ce passage altéra et inintelligible, v. p. 49,
note 1.
3. qui meruit...] L'auteur trace ici en gros le programme de sa
compilation : ses notices, en effet, défalcation faite des formules
du commencement et de la fin, ne contiennent guère autre chose,
jusqu'à Silvestre au moins, que des détails martyrologiques ou
des décrets relatifs à la discipline et à la liturgie, comme ceux des
Canons apostoliques. Sa préoccupation des Canons apostoliques sup-
pose qu'il connaissait, au moins indirectement,la collection canoni-
que de Denys le Petit, publiée pour la première fois sous le pape
Symmaque, ou peu auparavant (Maassen, Quellen, 1. 1, p. 431).
4. quod gestum — direximus] Ici studium est pour studio. C'est par
zèle pour le siège apostolique que Damase envoie à Jérôme le ré-
sultat de ses recherches. Dans la première édition, la phrase est
construite d'une autre façon et pourrait avoir un sens différent :
quod gestum potuimus repperire in nostrae sedis studium... direximus.
Le mot studium semble signifier ici lieu d'étude, bibliothèque. Ce-
pendant on aurait dit scrinium plutôt que studium. Ce dernier mot
ne prit que bien plus tard le sons de lieu d'étude; les exemples an-
ciens allégués par Ducange (à ce mot) ne résistent pas à l'examen.
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I. PETRUS.
1— I BEATLÎS PETRUS ', apostolus et princeps apostolorum, Antiochenus, filius Iohannis, provinciae Gallileae, vico
Bethsaida, fr-ater Andreae, primum sedit cathedram episcopatus in Antiochia annos VII*. Hic 3 Petrus ingressus
in urbe Roma, Nerone Caesare, ibique sedit cathedram episcopatus ann. XXV m. II d. III \ Fuit autem terapo-
n ribus Tiberii Cesaris et Gaii et Tiberii Glaudii et Neronis 6 . Hic scripsit 6 duas epistulas, quae catholicae nominantur, -
et evangelium Marci, quia Marcus auditor eius fuit et filius de baptismo; post 7 , omnem quattuor evangeliorum 5
fontem, quae ad interrogationem et teslimonio eius, hoc est Pétri, firmatae sunt, dum alius grece, alius hebraice,
alius latine consonent, tamen eius testimonio sunt firmatae.
m Hic 8 ordinavit duos episcopos, Linum et Cletum, qui praesentaliter omne ministerium sacerdotale in urbe
Roma populo vel supervenientium 9 exhibèrent; beatus autem Petrus ad orationem et praedicationem, populum
iv erudiens, vacabat. Hic 10 cum Simone mago multas disputationes habuit, tam ante Neronem imperatorem 10
quamque ante populum ; ut quos beatus Petrus ad fidem Christi adgregabat, ille per magias et deceptiones segre-
v gabat. Et dum diutius altercarent, Simon divino nutu interemptus est. Hic " beatum Clementem episcopum
consecravit, eique cathedram vel ecclesiam omnem disponendam commisit, dicens : « Sicut mihi gubernandi
» tradita est a domino meo Iesu Christo potestas ligandi solvendique, ita et ego tibi committo ut ordinans dispo-
» sitores diversarum causarum, per quos actus ecclesiasticus profligetur, et tu minime in curis saeculi deditus 1*
» repperiaris ; sed solummodo ad orationem et praedicare populo vacare stude. »
vi Post hanc dispositionem martyrio cum Paulo coronatur, post passionem Domini anno XXXVIII t2 . Qui sepultus
est 13 via Aurélia, in templum Apollinis, iuxta locum ubi crucifixus est, iuxtapalatium Neronianum, in Vaticanum,
iuxta territurium Triumphalem, III kal. iul. Hic 14 fecit ordinationes per mens, decemb., episcopos III presbi-
teros X diaconos VII. 20
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Anthiochenus B* — provintiae C» B* — Gallileae A 1 B 1 —
2 Betsaida Bi — primus Ad E — cathedram A" C 12 - Antio-
cia Ai : Anthiocia Bi —an. V B 2 — Hic < beatus > B 23 " — in-
gressus est A& 6 — 3 in om. A 1 — urbem Romani A 3 *36 fii c 2 —
< sub > Nerone A 45 B 67 E — Cesare< imperante > A* — Ne-
rone Cacsare om. A 3 — Caessare A 1 : Cesare C 3 — catlre-
dram A B 1 G^ — mense uno A« C 3 E — d. VII A.™ : d.
VIII C 3 E — k Cesaris A 1 C 3 : om. B 1 — Tiberi O — Cladii
A* — epistulas A 1 C 1 — que catholice C 3 — canonicae A 23 56 C 2
— 5 adiutor B 2 — filius < eius> E — quattuor om. Ai 23 * ; quar-
tum A56 — 6 quae om.D — et-est om. D — testimonium A 4 «>g Bi
C 3 E — firmate C« B* E : firmata B» c 1 — alius latine alius-
que grecae et alius ebraicae E — grecae A 1 — ebraice A 1 B 2 ' 7
C* 2 : bebraice < et> B 1 — 7 consonant BiCi — firmate Ai C 3
8 Hic ordinavit-vacare stude om. C 3 * E — praesentialiter Bi 2
— omnem A 2 * C 2 B 57 — sacerdotalcm B* — 9 vel om. A 2 » — -su-
pervenientibus A' 6 B 1 : -ente A 3 : -enti D — exiberel A 3 : exili-
rent A 1 (?) — ad om. A 56 — orationi et predicationi A 5G — et
praedicationem om. A 4 — populo A 3 : populos X^ — 10 cum
om, C 2 — dispositiones A 1 (corr.) : dispositione A 2 — Nerone im-
perio A* — 11 quam A 23 ^ B* — ante] autem A* — populo C 2 —
ut] quia A 2 : et A5« — Petrus< apostolus > C 2 — per om. A 2 —
magicas A 2 -« B 23 <î cl C 2 D : magias Ai B 1 * Ci — et om. A?m B 23 *
ci D — deceptationes B* — 12 allercarentur A56 B 1 — Symon A —
divinum B 67 — notuB 1 — 13 guvernandi Ai — 14 solvendi Bi :
et solvendi A 23 ^ : atque solvendi A 1 * — ordinas B 1 : ordines A 6
D — 15 ccclesiasticos C 2 : ecclesiarum A* — etom. A56 —mini-
me] mem///di Bi — currisB 1 — seculi A ! — reperiarisB ! C 2 — 16
solumodo Ai — praedicationem populi D — stude vacare A 1
17 Post h. disp.] Hic C 3 * E — XXXIIII B 2 : XXXVI A* :
XXXVI1II A 2 — 18 templo A 2 «6 Rie _ Apollinis A Bi D : Appolinis
Ci : Appollonis C 2 : Apollonis cet. — iuxta-est om. A 2 — pala-
tio C 2 — Baticanum AU : Baticano A*« : Vaticano A 2 ci C 2 —
19 territurium A 1 ^ Bi — triumphale A 3 * B 1 —per] in B 2 —
episc. VI A56 C 3 El — episcopos-VIl] presb. X diac. Vil ep. per
diversa loca numéro III B'" D — presvitcros B 1
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i. Beatus Petrus...] Ce début, de mémo que plusieurs autres par-
ties de la notice, étant emprunté au De viris de saint Jérôme, je
crois utile de reproduire ici le chapitre de ce liTre qui est consa-
cré à saint Pierre ; j'en emprunte le texte au ms. XXII de la bi-
bliothèque capitulaire de Vérone (v. Introd. p. xix; cf. p. 43) :
Simon Petrus, filiusIohannis.provinciaeGalileae, vicoBeth-
saida, frater Andreae apostoll et princeps apostolorum, post
episcopatum Antiochensis ecclesiae et praedicatione dispersio-
nis eorum qui de circumeisione crediderant, in Pontu, Ga-
latia, Cappadocia, Asia et Bithinia, secundo Claudii anno, ad
expugnandum Simonem magum, Romam pergit; ibiquo viginti
quinque annis cathedram sacerdotalem tenuit usque ad ulti-
mum Neronis anno, id est quartum decimum; a quo et adflxus
cruci martyrio coronatus est, capite ad terram verso et in su-
blime pedibus elevatis, adserens se indignum qui sic crucifi-
geretur ut dominus suus. Scribsit duas epistulas quae catho-
licae nominantur, quarum secunda a plerisque eius negatur,
propter stili cum priore dissonantiam ; sed et evangelium iuxta
Marcum, qui auditor eius et interpres fuit, huius dicitur.
* Libri autem, ex quibus unus actorum eius inscribitur, alius
evangelii, tertius praedicationis, qûartus apocalypseos, quintus
iudicii, inter apocryfas scribturas repudiantur. Sepultus Romae
in Vaticano, iuxta viamTriumphalem, tocius orbis veneratione
celebratur.
La première édition (v. p. 51) a mieux conservé Tordre des mots;
mais elle introduit déjà l'appellation Antiochenus, qui, si on la
prend dans le sens d'origine, est fausse et contredite par les mots
qui suivent : provinciae Galileae, vico Bethsaida. Dans l'esprit du
rédacteur, elle se rattache au séjour de l'apôtre à Antioche.
2. ann. VU] Greg. M., Ep. vu, 40 : a Ipse (Petrus) flrmavit sedem
(Antiochenam) in qua septem annis, quamvis discessurus, sedit. »
- — Sur l'épiscopat de saint Pierre à Antioche, v. Tillemont, Hisl.
eccL, t. I, p. 159 et 513. On ne signale aucune autre autorité que
saint Grégoire pour la durée de sept ans.
3. ffic Petrus — Nerone Caesare] Lactance [De mort. ptrs. 2) croit
aussi que saint Pierre ne vint à Rome que sous Néron. C'est la
même tradition que celle des Acta Pétri et Pauli (Tischendorf, Acta
Apost. apocr., p. 1 et suiv.; Fiorentirii, Vetust. martyrol., p. 103-1H).
4. sedit — d. III] Cette durée est inconciliable avec les deux tra-
ditions admises simultanément par notre auteur, dont l'une fait
venir saint Pierre à Rome sous Néron, l'autre l'y fait mourir sous
le môme empereur. Néron, en effet, n'a régné que 13 ans et 7 mois.
5. Fuit — Neronis] Ce synchronisme, emprunté au catalogue li-
bérien, concorde avec le système suivi par l'auteur de ce document,
d'après lequel l'épiscopat de saint Pierre comprend les années 30-
55. Il est, comme la durée de 25 ans assignée à l'épiscopat romain
de l'apôtre, impossible à concilier avec la donnée ingressus in urbe
Roma Nerone Caesare. — On ne voit pas bien pourquoi l'auteur a
supprimé les consuls du catalogue libérien; un scrupule d'exacti-
tude n'est guère supposable chez lui, car il montre ici et ailleurs,
par exemple dans la notice de Clément, assez peu de souci des
difficultés de ce genre.
6. Ilic scripsit — de baptismo] En reproduisant le texte du De vi-
ris, l'auteur a supprimé le passage où saint Jérôme constate les
doutes que l'on avait encore de son temps sur l'authenticité de la
//• Pétri. Ces doutes avaient cessé depuis longtemps, au moins à
Rome. — Le filins de baptismo parait être un développement de
/ Petr. t v, 13 : «r Marcus fllius meus ».
7. posty omnem...] L'accusatif, au commencement de cette phrase,
doit être pris pour le nominatif. Le sens est : « Ensuite, les quatre
évangiles, qui furent confirmés par Pierre, comme ils disent la
même chose en grec, en hébreu, en latin, furent cependant confir-
més par lui. » La phrase est plus naturelle dans la première
édition : Post, omnem quattuor evangeliorum fontem ad interroga-
tionem Pétri firmata sunt, dum alius grece, alius hebraice, alius la-
tine consonent. Le second éditeur l'a compliquée inutilement, pour
y introduire à deux reprises un testimonium Pétri qui s'y trou-
vait déjà implicitement. En effet, ad inlerrogationem Pétri est sy-
nonyme de Petro interrogato ; cf. dans la notice de Victoç : ad
interrogationem sacerdotum pour intenvgatis sacerdotibus. — L'idée
est que, les quatre évangiles étant déjà rédigés, on s'adressa à
saint Pierre pour qu'il les reconnût et les confirmât. L'auteur n'a
pas songé à l'énorme anachronisme que renferme un tel système,
le quatrième évangile étant de beaucoup postérieur à la mort de
saint Pierre. L'image quattuor evangeliorum fontem parait dériver
des représentations des quatre fleuves du paradis dans les mosaï-
ques romaines du v° et du vi« siècle. — L'auteur a pu lire dans le
De viris de saint Jérôme que saint Matthieu evangelium Chrisii he-
braeis litteris verbisque composuit (c. 3) et que Marc, rogatus Romae
a fratribus, brève scripsit evangelium (c. 8). Écrit pour les Romains,
l'évangile de saint Marc ne pouvait manquer d'être en latin : c'est
ainsi que notre biographe semble avoir raisonné.
8. Hic ordinavit — vacabat] Rufin, Praef. ad Recogn. Clem. {Patr.
gr., I, p. 1207) : « Cuius rei hanc accepimus esse rationem quod
» Linus et Cletus fuerunt quidem ante Clementem episcopi in urbe
» Roma, sed superstite Petro, videlicet ut illi episcopatus curam
d gérèrent, ipse vero apostolatus impleret officium. »
9. supervenientium] pour supervenientibus.
10. Hic cum Simone — interemptus est] Nous avons ici un résumé
des lectures de l'auteur de la seconde édition, tant dans les Réco-
gnitions clémentines traduites par Rufin, quo dans les Acta Pétri et
Pauli (11. ce).
il. Hic beatum Clementem — stude] Ep. Clementis ad lacobum, c.
2 : a Quoniam, sicut edoctus sum (c'est saint Pierre qui parle) ab
» eo qui misit me, domino et magistro meo Iesu Christo, dies mor-
» tismeaeinstat, Clementem hune episcopum vobis ordino, cui soli
» meae praedicationis. et doctrinae cathedram trado... Propter
» quod ipsi trado a Domino mihi datam potestatem ligandi et sol-
» vendi... » ; c. 5 : « Te (Clément) ... oportet summo studio niti ut
» omnes vitae huius occupationes abicias,...ut...veritatis verbo
» abundantius possis et studiosius deservire. »
12. Post hanc — anno XXXVIII] S. Jérôme, De tins, c. 5 : «Et hic
» (Baulus) ergoXIIII» anno Neronis, eodemdiequo Petrus, Romae
» pro Christo capite truncatur, sepultusque est in" via Ostiensi,
» a,nno post passionem Domini XXXVII.» — La passion du Sei-
gneur est rapportée ici à l'année 29 (duobus Geminis cons.), comme
dans le catalogue philocalien et les libri paschales du v» siècle, Sup-
pûtatio Romana, table de Zeitz, Computus Cartkaginiensis, Victo-
rius d'Aquitaine, etc. Le martyre de saint Pierre se trouve ainsi
fixé à l'année 67. Saint Pierre et saint Paul sont supposés morts le
même jour; c'est l'opinion suivie par S. Jérôme (/. c.) et par le dé-
cret pseudo-gélasien de recipiendis et non recipiendis libris (Thiel,
Epp. Rom. Pont., p. 455; Migne, P. L., t. LIX,p^i67); elle se déduit
assez naturellement de la communauté de fête ; depuis le iv° siècle
au moins, l'anniversaire des deux apôtres se célébrait à Rome le
29 juin ; en Orient, c'était le 23 décembre. L'opinion contraire est
exprimée dans une des préfaces du sacramentaire léonien, recueil
à peu près contemporain du L. P. (Muratori, Liturgia Rom. vêtus,
1. 1, p. 344), et dans le poème d'Arator, De actibus apostolorum (II,
v. 1248), qui fut récité en grand appareil à Rome, en 544, par or-
dre du pape Vigile.
13. Qui sepultus est...] La basilique de Saint-Pierre est située à
droite de la voie Aurélia Nova, entre cette voie et la voie Triom-
phale; le tombeau primitif et les sépultures qui se trouvaient au-
près (Introd. ch. IV, § ix) étaient peut-être sur quelque diveriieulum
qui reliait les deux voies ou sur un chemin qui longeait le cirque
de Néron (palatium Neronianum). L'édifice constantinien s'élevait
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en partie sur l'emplacement de ce cirque; son mur méridional, et
môme les colonnades de ses nefs de gauche, reposaient sur l'un
des côtés du monument démoli. Quant au temple d'Apollon, il y a,
dans cette désignation, un souvenir du célèbre sanctuaire de Cy-
bèle (Mater Deum magna Idaea), le Frigianum des régionnaires
du ive siècle (Iordan, Topogr. der Stadt Rom., t. II, p. 563 ; cf. de
Ilossi, Piante di Roma, p. 62), qui s'élevait tout près du cirque et
de la basilique, et qui fut, jusqu'aux dernières années du iv<> siècle,
le théâtre des cérémonies sanglantes du taurobolium et du criobo-
lium. Plusieurs inscriptions conimémoratives de l'accomplissement
de ce rite (Corp. Inscr. Lai., t. VI, 407-504) ont été découvertes sous la
chapelle actuelle des SS. Simon et Jude, à l'extrémité sud du trans-
sept de la nouvelle basilique, à l'emplacement de l'ancienne église
de Sainte-Pétronille, c'est-à-dire du mausolée théodosien. Les dates
qu'elles portent sont échelonnées depuis l'année 305 jusqu'à l'an-
née 390 ; le sanctuaire lui-môme est mentionné dans une inscription
du temps d'Hadrien (Boissieu, Inscr. de Lyon, p. 24). Il devait se
trouver auprès, mais en dehors de l'emplacement de Sainte-Pétro-
nille, car celui-ci est compris dans le périmètre du cirque; sa si-
tuation précise est encore ignorée. Il est étonnant que la tradition
populaire ait substitué le nom d'Apollon à celui de la Mater ma-
gna. Le collège des XVviri sacris faciundis, qui, comme en témoi-
gnent les inscriptions citées, était chargé du culte de cette déesse,
étaient aussi les directeurs du culte d'Apollon (Marquardt, Rom.
Staatsverwaltung, t. III, p. 368, 378). Cependant la confusion vient
plutôt du rapport assez étroit qui s'établit, aux derniers temps du
paganisme, entre le culte phrygien de Cybèle et la religion de
Mithra-Soleil. Au moyen âge la rotonde de Sainte-Pétronille était
appelée temple d'Apollon (P. Mallius, dans les Acta SS. iun. f
t. VII, p. 37*; cf. de Rossi, Bull. 1878, p. 140). Il est clair que l'ex-
pression in templo Apollinis est inexacte. La memoria s. Pétri,
indiquée au Vatican par Gaïus, dès le commencement du nr«
siècle (Eus. H. E., II 25), et la grande basilique constantinienne,
qui s'éleva plus tard au môme endroit, se trouvaient à côté et non
pas à l'intérieur du sanctuaire de Cybèle.
14. Hicfecit ordimttiones...] Dans la première édition, les ordina-
tions sont avant la sépulture ; ici elles ont été déplacées et rejetées
à la fin de la notice. Les trois évoques sont sans doute Lin, Clet et
Clément; aussi ne voit-on pas encore apparaître la formule per
diversa loca. Le nombre sept a été choisi pour les diacres, afin de
rattacher à saint Pierre l'institution des sept diacres romains.
Quant au nombre dix pour les prêtres, il s'explique moins facile-
ment; pourtant, en y faisant rentrer Clément jusqu'aux derniers mo-
ments de l'apôtre et en y ajoutant Lin et Clet, on obtient un collège
de douze prêtres présidés par l'évoque. C'est le nombre des apôtres;
c'est aussi celui que, dans les anciens temps, on considérait comme
le nombre idéal du presbyterium ecclésiastique; dans les Récogni-
tions clémentines, vi, 15, on voit saint Pierre ordonner un évoque
et douze prêtres pour l'église de Tripoli; cf. les Aiataqpi oî 8ià
K^ucvto;, éd. Hiigenfeld (N. T.extracan. fasc. iv[ed.altera],p.H6).
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LINUS, natione Italus, regionis Tusciae, pitre H3rculaii3, seditann. XI m. III d. XII. Fuit autera temporibus I 2
Neronis, a consulato Saturnini et Scipionis [36] usque ad Gapitone etRufo consulibus [67]. Martyrio coronatur.
Hic ex praecepto l beati Pétri constituit ut mulier in ecclesia velato capite introiret. Hic fecit ordinationes II, épis- Il
copos XV, presbiteros XVIII 2 . Qui sepultus est 3 iuxta corpus beati Pétri, in Vaticano, sub die VIIII kal. octubris.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i natus B 6 et ita saepe — région A 1 : regione B* — Atusciae
B 1 — ex pâtre A™ E : et pâtre A* — Hercolano C- — ano. XV
C34 E : ann. XII A« — d. XIII B2 — 2 consolalu A 1 : consulato
B 1 C2 — et om. B^ — Capitoniae C 1 — Rufu A t : Rufl C 1 corr —
3 ex om. C 1 — precepto C 3 : praeceptum E 3 — ecclesiae E 3 —
— introire E 3 -Hic-XVIU om. B l C 18 {suppl. c l )-4XVMl B 6 —
Baticaao A 1 — VIII k. B 1 — octubris A 1 : octub. B 1 .
NOTES EXPLICATIVES.
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i. Hic ex praecepto...] Remarquer cette formule : Lin agit
comme vicaire de saint Pierre et du vivant de l'apôtre (Introd.,
p. lx, lxi). La prescription ici faite a beaucoup de ressemblance avec
celle de saint Paul (I Cor.> xf, 1-15) : it5«t 5è yuv*j itpcNTsuxojiévri ^
itpoytiTeuouffa %. x. X. (v. 5).
2. Les ordinations ne sont pas mentionnées dans la première
édition; elles manquent dans les mss. B' G ,a ; la formule est d'ail-
leurs incomplète et extraordinaire : on n'y trouve pas les mots in
urbe Roma, per mensem decembrem, les évoques y sont nommés
avant les prêtres, contrairement à l'usage; il y aurait peut-être
lieu de considérer les mots Hic fecit — XVIII comme une inter-
polation.
3. Qui sepultus est...] La formule sub die, qui ne se lit pas dans
les abrégés de la première édition, est étrangère à l'usage du Liber
pontificalis primitif. On ne la trouve plus, dans ces mentions de
sépultures, avant le pape Jean I«, et encore dans un passage qui
manquait aussi à la première édition. Dans les inscriptions ro-
maines du v siècle elle est assez rare, très fréquente, au contraire,
à partir du commencement du vi e siècle. — Au xvii® siècle, on
trouva dans le sous-sol, auprès de la confession de saint Pierre,
plusieurs sarcophages et une inscription où l'on crut lire le nom de
LINVS. Ce nom est extrêmement rare dans l'épigraphie, surtout
dans l'épigraphie chrétienne. On sait d'ailleurs que le laconisme
des épitaphes est un indice de haute antiquité. Il y aurait donc
lieu de croire que le sarcophage en question était celui de Linus,
si l'on était sûr que l'inscription a été lue d'une façon exacte et
complète. Voir, sur cette découverte, de Rossi, Bull., 1864, p. 50;
V. Schultze, AUchristliche Monumente, Vienne, 1880, p. 236 et suiv.
Les deux auteurs qui parlent de cette découverte, Torrigio, Grotte
Vaticane, p. 61, et Severano, Le sette chiese, p. 120, ne donnent en
réalité qu'un seul témoignage, car Severano dépend de Torrigio
(quoi qu'en pense Schultze, l. c). Des recherches postérieures ont
amené M. de Rossi à constater que le marbre dont parle Torrigio
portait en réalité d'antres lettres que celles qui forment le nom de
Linus. Il y a donc lieu de suspendre tout jugement sur l'identité
du tombeau en question.
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Liber pontificalis.
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CLETUS \ natione Romanus, de regione Vico Patricii, patre Aemiliano, sedit ann. XII m. I. d. XL Fuit* autem
temporibus Vespasiani et Titi, a consulatu Vespasiano VII et Domitiano V [77] usque ad Domitiano VI III et Rufo
consulibus [83]. Martyrio coronatur. Hic 3 ex praecepto beati Pétri XXV presbiteros ordinavit in urbe Roma. Qui
etiam sepultus est iuxta corpus beati Pétri, in Vaticanum, VI kal* mai. Et * cessavit episcopatus dies XX.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Patrici B — ex patre A* 3 * 6 — Emiliano A*236 B« C* D : Ae-
meliano B" — d. XV D — 2 consolatu A* : consulato C 2 —
Vespasiano À*34 B* C* : Vespasiani cet. — ad <
Vespasi
Domi-
tiano VII et > B*— 3 coronatus C*— ex om. CD— precepto
B* — 4 etiam] et A — Baticano A 1 — VII A 1 * : V C 1 — d. XXX
Bt (?)
NOTES EXPLICATIVES.
1. Sur Tordre des papes Clet, dément, Anaclet, v. Introd., pages
liix-liiiii.
2. Fuit autem...] Catalogue libérien : « Fuit temporibus Vespa-
siani et Titi et initio Domitiani, a consulatu Vespasiano VIII et
Domitiano V [77] usque Domitiano VTIII et Rufo cons. [83] » —
Sur la disparition des mots et initio Domitiani, dont il reste trace
dans la première édition, et sur la variante Rufi.no pour Rufo dans
les abrégés F et K, v. Introd., p. lu.— Remarquer la fausse leçon
Vespasiano F//, commune à ic et à P.
3. Hic ex praecepto... Gomme Lin, Clet est, dans la pensée de
notre auteur, un vicaire de saint Pierre et ne fait rien en son pro-
pre nom. Le nombre de vingt-cinq prêtres est évidemment en rap-
port avec celui des vingt-cinq titulî ou églises paroissiales, qui
existaient à la an du v« siècle. Cf. Marcel, Hilaibe.
4. Et cessavit...] La vacance n'est pas marquée dans la première
édition, et à juste titre, puisque Clément est censé avoir été ins
tallé par saint Pierre, un peu avant la mort de l'apôtre.
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CLEMENS, natione Romanus l , de regione Celiomonte % ex pâtre Faustino 3 , sedit ami. VlIIIm. II d. X. Fuit I 4
autem temporibus Galbae et Vespasiani, a consulatu Tragali et Italici |68] usque ad Vespasiano VIIII et Tito* [76],
Hic 8 dum multos libros zelo fidei christianae religionis adscriberet, martyrio coronatur. Hic 6 fecit VII re- n
giones, dividit notariis fîdelibus ecclesiae, qui gestas martyrum sollicite et curiose, unusquisque per regionem
5 suam, diligenter perquireret. Hic 7 fecit duas epistolas, quae catholicae nominantur. Hic 8 ex praecepto beati il
Pétri suscepit ecclesiae pontificatum gubernandi, sicut ei fuerat a domino Iesu Christo cathedra tradita Yel com-
missa; tamen in epistola quae ad Iacobum scripta est, qualiter ei a beato Petro commissa est ecclesia repperies.
Ideo propterea Linus et Cletus ante eum conscribuntur, eo quod ab ipso principe apostolorum ad ministerium
sacerdotale exhibendum sunt episcopi ordinati. Hic fecit ordinationes duas per mens, decemb., presbiteros X, dia- jy
10 conos II; episcopos per diversa loca XV. Obiit 9 martyr Traiano III. Qui etiam ,0 sepultus est in Grecias VIII kal^
decemb. Et cessavit episcopatus dies XXI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i Caeliomonte C 5 E — sedit-d. X om. A* — m. I A* — 2 Tra-
galli B 1 : Tracali A ! : Traiani D : Reguli A* — ad B 1 C" : om.
cet.—Z fidei et A* — et martyrio B 8 — coronatus C 3 : coronatus
est A* — VIII A 1 — A dividi B 1 E : divisit A* B» : et divisit A 86
D — sollicitae A 1 — curiosae A 1 B* C* : curiorae C 3 — regione
sua B 6 — 5 ac diligenter A 5 : diligentes C 1 — perquirerent A» :
perquiret A* : perquirant E 1 — duas epistolas om. B 67 {supplevit
epistolas B 6 ) — epistulas C* E 3 — qui C 1 — catholicae B t6 C* —
Hic-ordinati om. C M — precepto A 1 — 6 ecclesiam < et > À IW
— pontificatus E — guvernandi A 1 : gubernandum A 8 : gu-
bernandae D — conmissa A 1 bis — 7 aecclesiam E — 8 propter
A 1 * C 1 [corr. c 1 ) : om. A 358 — eum] eo A' C* E — scribuntur
A» B s C* — principem apostulorum A 1 — 9 sacerdotalem A* 5 C
B 6 — exhibendum < est > A' : exibendi A 5 — duas A 1 B 1 —
menses decembrios A 1 — lûdiac. duos II B 1 — martyr AB 167 C 3 :
martyrio cet. — Triano C*— III Qui] tertio VI D — Gretias B 67
— VÙII A«*«« : VU B 1 — 11 et] tune D — d. XXII C" E.
NOTES EXPLICATIVES.
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i. natione Romanus] « Ego Glemens in urbe Roma natus » (Recogn.
Clem., i, 1).
2. de regione Celiomonte] Notre auteur aura déduit ce rensei-
gnement de la situation occupée par l'église Saint-Clément. Cette
église, un des plus anciens lieux de cuite chrétien à Rome (De
Rossi, Bull., 1870, p. 129 et suiv.), s'élevait, non pas sur le Cœlius
ni dans la région //• Celimontana, mais dans la vallée entre le Cœ-
lius et l'Esquilin.
3. ex paire Faustino] Dans les Récognitions clémentines, vu, 8,
le père de Clément s'appelle Faustinianus ; la forme Faustinus se
rencontre dans le pseudo-Abdias (Fabricius, Cod. apocr. N. T.,
t. II, p. 426).
4. Vespasiano VIIII et Tito] Catalogue libérien : « Vespasiano VI
et Tito. » Il faut rétablir Vespasiano VII et Tito ou Tito V [76].
5. Hic — adscriberet] Ces mots, étrangers aux abrégés F et K,
sont mal reliés au martyrio coronatur qui suit et dont la place ré-
gulière est immédiatement après les consuls. Je crois donc qu'il y
a ici une interpolation du second éditeur. Celui-ci a sans doute eu
en vuo les dix livres des Récognitions, l'épftre de Clément à Jac-
ques, enfin les deux épltres mentionnées dans le De viris de saint
Jérôme et qu'il indique lui-môme un peu plus loin.
6. Hic fecit VHregiones] Ce sont les sept régions ecclésiastiques de
Rome, qui paraissent remonter au pape Fabien (v. la notice de ce
pape); sur les notaires et les Gesta martyrum, v. Introd., p. c et ci,
et Passio Clem., c. 3 : toù; xx8' é'xafftov £eyeûvx iciv^Taç xxr' Svoji»
ev/t fiypxiLy.foovî (Migne, P. G., t. II, p. 620; Funk, PP. apost., t. II,
p. 30). — Constitutum Silvesiri, prologue : « Notarii ecclesiae XIIII,
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» qui gesta diversorum martyrum suscipientes ordinare narrabant
» (var. ordine renarrabant). »
7. Hic fecit duas epistolas...] Contrairement à l'opinion de Light-
foot (S. Clem. ofRome, 1869, p. 17-21) et de A. Harnack (PP. apost,
1876, fasc. i, p. xxxviii) je ne crois pas qu'il soit ici question des
deux lettres de Clément à Jacques, dont l'une figurait en tôte des
Récognitions, et l'autre, relative aux soins à donner aux linges
sacrés, paraît avoir été fabriquée vers le commencement du
vi° siècle. Cette dernière se trouve, il est vrai, dans la collection
canonique tlu ms. Vaticanus 1342 (Maassen, Quellen, p. 410 et 517),
laquelle s'est ouverte à diverses autres pièces apocryphes que l'au-
teur du L. P. a mises à contribution. H est plus naturel de croire
qu'il s'agit des deux épttres de Clément, l'une authentique, l'autre
pseudépigraphe, dont parle saint Jérôme dans son De viris, c. 15,
chapitre qui a été certainement lu et mis à profit par notre auteur.
— Le second éditeur a répété ici, assez mal à propos, les mots
guae catholicae nominantur de la notice de saint Pierre.
8. Hic ex praecepto...] La formule ex praecepto beati Pétri re-
vient ici pour la troisième et dernière fois. Voir ci-dessus, p. 119,
les textes de Fépître de Clément à Jacques et de Rufin d'où tout
ceci est tiré.
9. Obiit martyr Traiano III.] Cette formule insolite et cette date
sont empruntées à la notice de Clément dans le De viris de saint
Jérôme : « Obiit tertio Traiani anno ». Il faut remarquer l'intercala-
tiondu mot martyr. Clément est qualifié de martyr par Rufin (Saint
Jérôme, Apolog. adv. libros Rufini, édit. Martianay,t. IV, part. II,
p. 409), par le pape Zosime (Jaffô 329; Coustant, p. 943; Migne,
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1111. GLEMENS.
P. /.., t. XX, p. 650) et par le concile de Vaison, en 442 (can. 6). Le
infime titre lui est donné dans les calendriers romains, depuis
celui du martyrologe hiéronymien (pour la Depositio marty-
rum de 336, v. ci-dessus, p. 12), dans les sacramentaires ro-
mains depuis le sacramentaire léonien et dans les autres livres li-
turgiques. On a retrouvé à Rome, dans la basilique qui, dès le
temps de saint Jérôme (De vins, 15) « conservait la mémoire » de
Clément, des fragments d'une grande inscription dédicatoire où
figure le mot MARTYR. Suivant la restitution, à peu près cer-
taine, proposée par M. de Rossi (Bull., 1870, p. 148), ce qualificatif
était joint au nom de Clément. L'inscription est du temps du pape
Sirice (384-399). Il est donc sûr, quoi qu'il faille penser du silence
des anciens auteurs, lrénée, Eusèbe, Jérôme, que la tradition du
martyre de saint Clément était établie à Rome dès la fin du
iv e siècle.
10. Qui etiam sepultus est in Grecias] L'auteur semble dépendre
ici de la Passio Clementis, document connu en Gaule vers la fin
du vi e siècle (Grég. de Tours, de Gl. mart., 35, 36; cf. Missale Go-
thicum, dans Mabillon, de Liturgia Gallicana, p. 218, et Muratori,
Litvrg. Rom., t. II, p. 553), mais qui n'a exercé aucune influence
sur les plus anciens livres liturgiques romains. Cf. Introd., p. ici.
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Domitiani, a consulatu Domitiano X et Sabino [84] usque ad Domitiano XVII et Clémente consulibus [95]. Hic * n
memoriam beati Pétri construxit et conposuit, dumpresbiter factus fuisset a beato Petro, seu alia loca ubiepiscopi
reconderentur sepulturae ; ubi tamen et ipse sepultus est 3 , iuxta corpus beati Pétri, III id. iulias. Hic fecit or- ni
5 dinationes II per mens, decemb., presbiteros V, diaconos III; episcopos per diversa loca numéro VI. Etcessavit
episcopatus dies XIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Aneclitus A** B* C3 : Aneclytus B 1 : Anecletus C 2 E' :
Anacletus cet. — Anthioco C l — an. XII C"4 : an. XI A56
—m. X. d. VII A56 C»*— tempore C 1 — 2 Domitiani X C 1 — Sa-
vino A* B« E — ad] a A* B 6 — Domitiano w A* B*3« C* (Domi-
ciano C 1 ) : Domitianum vel Domicianuin cet. — XVI A* — Cle-
mentem B E — 3 memoria E — conposuit A 1 C u B* — fac-
tum E — fuisset et A* — sive C" — A sépulture C" — tamen
A : autem cet. — et om. C* — iulias A 1 — 5 duas B 1 — n. VII
A» — 6 episcopatum B*-« — d. X1III B*
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Aneclitus] Sur la distinction de Clet et d'Anaclet et sur le
rang de celui-ci dans la série des papes, v. Introd., p. lxix et suiv.
L'orthographe Aneclitus est la plus autorisée au point de vue pa-
léographique. Elle dérive sans doute de l'orthographe grecque
'Avi-piXTiToç (ci-dessus, p. 34, 37; cf. Introd., p. n). La consonne n
s'est conservée dans le martyrologe hiéronymien (Introd., p. lxx).
2. Hic memoriam...] Les Acta Pétri et Pauli du pseudo-Marcellus
(Fiorentini, Vetust. martyrol., p. ili) réduisent à un an et sept jours
l'intervalle qui s'écoula après la mort des apôtres, quousque fabrica-
rentur loca in quitus fuerunt posita corporaeorum (Introd., p. civ).—
Memoria est un terme technique qui signifie lieu de sépulture ; il se
rencontre souvent avec ce sens dans les inscriptions chrétiennes
d'Afrique, par exemple dans la célèbre dédicace du cimetière de
Césarée en Maurétanie : ecclesiae sanctae hanc reliquit memoriam
(C. /. L., t. VIII, n«> 9585; cf. de Rossi, Bull. 1864, p. 24, 28). —La
memoria de l'apôtre Pierre devait être un tombeau de dimensions
restreintes ; il n'est guère probable qu'on y ait enterré après lui
d'autres personnes que ses premiers successeurs. Un tombeau
païen fut trouvé, sous Urbain VIII, tout auprès de la tombe aposto-
lique, en creusant les fondements du baldaquin de bronze (Fabretti,
Inscr. domest., p. 421; C. I. L., t. VI, n° 11985 a); de môme, à
Saint-Paul , on a trouvé, au temps de Pie IX, un colombaire
païen, en faisant les fondations des colonnes du nouveau balda-
quin, juste sous celle du N.-E. Il est inutile de faire remarquer
que ce voisinage ne peut donner lieu à aucune objection contre
l'authenticité des sépultures apostoliques. Toutes les anciennes
memoriae chrétiennes de Rome, c'est-à-dire tous les cimetières
primitifs, sont ainsi engagées au milieu des sépultures païennes.—
h'Epitome de locis Sanclorum, topographie du vn« siècle (De Rossi,
R. S., t. I, p. 182), mentionne ainsi les tombes pontificales de
Saint-Pierre : « Pontificalis ordo, excepto numéro pauco, in eodem
loco in tumbis propriis requiescit ». Je doute cependant qu'il soit
ici question des papes du i« r et du n« siècle; au temps où Y Epi-
tome fut rédigé, leurs tombes n'étaient plus visibles; au contraire,
on pouvait voir dans le portique de la basilique vaticane une sé-
rie (ordo) de vingt-quatre tombes pontificales, depuis Léon le
Grand jusqu'à Jean IV; ces tombes étaient des sarcophages bien
détachés les uns des autres (in tumbis propriis). Dans le L. P., au
contraire, on a certainement en vue les plus anciens papes, enter-
rés iuxta corpus beati Pétri, dans l'enceinte de sa memoria primitive.
— Les mots seu alia loca, sepulturae, iuxta corpus beati Pétri ne
figurent pas dans les abrégés F et K; ils n'ajoutent rien au sens
et ne font qu'alourdir la phrase. Je les considère tomme des gloses
du second éditeur. •
3. sepultus est] L'abrégé félicien ajoute ici les mots in pace; cette
formule ne se rencontre pas ordinairement dans les finales de nos
notices; peut-être a-t-elle été ajoutée par l'abréviateur.
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VI. EVARISTUS.
VI
6 i EVVARISTUS, natione Grecus \ ex pâtre Iudaeo, nomine Iuda, decivitate Bethléem, seditann. VIIII m.X d. II.
Fuit autem temporibus Domitiani et Nervae Traiani 2 , a consulatu Valentis «t Veteris [96] usque ad Gallo et
M Bradua consulibus [108]. Martyrio coronatur. Hic s titulos in urbe Roma dividit presbiteris et VII diaconos 4 ordi-
ni navit qui custodirent episcopum praedicantem, propter stilum veritatis. Hic fecit ordinationes III permens. decemb. ,
presbiteros XVII, diaconos II; episcopos per diversa loca XV. Qui etiam sepultus est iuxta corpus beati Pétri, in
Vaticanura, VI kal. novemb. Et cessavit episcopatus dies XVIIII.
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Evarestus E 1 : Evvaristus A B*23 : Evaristus cet. — grecus
<deAthenis> C* — iudeo A C3 B« — Betheleem A 1 —an.
XIII A55 C23* E — m. Vil Asc C3 : m. VI C2* E —2 Nervae
et Ci2 — Veris D — 3 Bradoa B* Et — < qui et >
mart. A^ — Hic < fecit > C* — titulus A3 B* : titulum C* —
divîsit A«6 — presbiteros A24 C 3 — presb. Idiac. VII B« — diaccr
nibus C* — ordinavit] constituit B l E 1 — A predicaate A 1 —
stimulum C* — 5 XVII n A*234 : vil Aï* : VI cet. — XV A123*
B« ( <num.> XV B«) : V cet. — Pétri < apostoli > C a — in
om. A2 — Baticanum A** : Vaticano Bi — 6 XVI kl. A^c __
d. XVIII A2G B234 C3 D : viginti et octo B 6
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NOTES EXPLICATIVES.
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1. Grecus] Les abrégés F et K ajoutent ici la qualification Antio-
chenus. Elle semble avoir été écartée avec intention par le se-
cond éditeur, qui l'aura crue inconciliable avec l'indication de
civitate Bethléem. Celle-ci se rapporte directement au père d'Éva-
riste.
2. Nervae Traianï] Catalogue libérien : « Nervae et Traiani », ce
qui est plus exact, étant données les dates consulaires. Cette leçon
se retrouve dans les mss. C» et C», mais probablement par acci-
dent; le dédoublement de l'e final de Nervae et du t initial de
Traiani explique assez cette particularité pour qu'on soit dis-
pensé d'y voir une leçon primitive mieux conservée que dans les
autres manuscrits et recensions.
3. Hic titulos...] Glet avait ordonné vingt-cinq prêtres; Évariste
leur distribue les églises paroissiales, titulos; l'auteur n'en donne
pas ici le nombre; on voit par la notice de (Marcel, qu'il en
suppose vingt-cinq, autant que de prêtres, dès avant Constantin.
4. et septem diaconos] Saint Pierre avait déjà ordonné sept dia-
cres. Ici on leur confie le soin de veiller sur l'évêque praedicantem,
propter stilum veritatis. Le mot praedicatio, qui se présente dans la
notice suivante, et le verbe praedicare employé ici, se rapportent à
la récitation de la préface et du canon. Saint Cyprien emploie le
premier dans sa traduction de la lettre de Firmilien, à propos
d'une fausse prophétesse qui offrait sacripZcium Domino sine sacra-
mento solitae praedicationis (ep. lxxv, c.iO;Hartel,p. 818). Orat, id
est praedicat, dit le IV concile de Tolède (can. 40), dans un passage
où il est, U est vrai, question des diacres. Du reste, l'expression
complète, praedicatio canonis, qui se rencontre dans la notice de
saint Grégoire le Grand, ne laisse subsister aucun doute. Suivant
les Ordines Romani du vin 8 et du ix a siècle, les diacres ne se tenaient
pas auprès du pape, mais en arrière, auprès des évoques, pendant
la préface et le canon; il est même noté formellement que le pon-
tife est seul pendant le canon : solus intrat in canonem fMabillon ,
Mus. italicum, t. II, p. 12); mais l'usage a pu changer sur ce point,
entre le vr 3 siècle et le vin , comme il a changé pour d'autres
choses. — L'expression custodirent episcopum... propter stilum
veritatis est fort obscure; je crois que custodirent signifie simple-
ment accompagner, escorter, et non point surveiller, ni proté-
ger. Parmi les explications qui en ont été données, celle de Ciac-
conius (Bianchini, Anast., t. II, p. 78) me paraît la meilleure :
« quasi verae doctrinae testes, ne ab aemulis episcopo praedican ti im >
ponerenturerrores». Seulement le mot praedicanti doitètre appliqué
à la récitation ou à l'improvisation de la préface. On voit par le
sacramentaire léonien, que les préfaces variaient à chaque messe
et que l'on y introduisait parfois, outre le souvenir de la fête, des
allusions aux événements contemporains. Quant à la prédication
proprement dite, elle n'avait déjà lieu qu'assez rarement : les ho-
mélies de saint Léon et de saint Grégoire sont plutôt des excep-
tions que des spécimens. Socrate {H. E., VII 19) remarquait déjà
qu'à Rome personne ne prêchait; son observation, qui a sans
doute rapport aux dimanches ordinaires, peut se concilier avec
les homélies de saint Léon, prononcées seulement pendant le Ca-
rême ou aux plus grandes fêtes. — Je reçois , au dernier moment,
communication d'un texte canonique inédit, qui n'est autre qu'une
rédaction plus complète du concile apocryphe des 275 évoques, soi.
disant tenu à Rome sous le pape Silvestre. On y lit, can. 13 : « Ut
» septem diacones sint, custodes episcopo consecranti propter sti-
» lum veritatis et catholicam rationem et senectutis oraculum, ne
» in praedicationem aut Patrem pro Filio, aut Spiritum Sanctum
» pro Pâtre praedicemus. » M. Poisnel, membre de l'Ecole fran-
çaise de Rome, qui a découvert ce texte intéressant, doit le publier
prochainement. On voit qu'il confirme l'interprétation donnée ci-
dessus. Cf. la notice suivante, note 3; Introd., ch. IV, § vi.
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ALEXANDER, natione Romanus, ex pâtre Alexandro, de regioneCaput tauri S seditann. X m. VII d. II. Fuitautera i i
temporibus Traiani 8 , usque Heliano et Vetere [116]. Hic 3 passionem Domini miscuit in praedicatione sacerdotum, il
quando missae celebrantur. Martyrio coronatur; et * cum eoEventius presbiter et Theodolus diaconus. Hic 5 cons-
truit aquam sparsionis cum sale benedici in habitaculis hominum. Hic fecit ordinationes III per mens, decemb., III
5 presbiteros VI, diaconos II ; episcopos per diversa loca numéro V. Qui etiam 6 sepultus est via Numôntana, ubi de-
collatus est, ab urbe Romanon longe, miliario VII, V nonas mai. Et cessavit episcopatus dies XXXV.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i capud A» B» E — an. VIII E — d. II om. B u7 — 2 ad
Helianum et Veterem E — Eliani B 6 D — passione E* — prae-
dicationem À 3 B : peationem E 1 — 3 missas caelebrantur E 3 :
raissa celebratur A 8 — cebrantur O— Ebentius A 13 * : Evenatius
B 8 — et om. C 1 — Theodorus E — 4 aqua B 6 — aspersionis
A 8 — abitaculis E» — 5 numéro om. A. — n. VI B 2 — in via
A« E — via-est om. B 1 — 6 non longe om. A* — mil. VI A"
C a — V mai. A* : quarto non. mai. A" — d. XXV C*
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\. de regione Caput tauri] Cette région revient dans la notice
d'Ànastase II avec le numéro V; elle est mentionnée aussi dans
les actes de sainte Bibiane, desquels il résulte qu'elle doit être
cherchée aux environs de l'église de cette sainte, extremis Exquiliis
(Iordan , Topogr. der Stadt Rom., t. II, p. 319).
2. Traiani] Notre auteur a omis ici la première paire de consuls :
« a consulatu Palmae et Tulli [109] » (Gat. lib).
3. Hic passionem...] L'auteur attribue ici à Alexandre l'insertion
dans la liturgie (in praedicatione sacerdotum) du Qui pridie, c'est-à-
dire des paroles commémoratives de l'institution de l'Eucharistie.
Mais, comme dit Altaserra (Bianchini, Anast., t. II, p. 79), « cons-
» titutum de memoria passionis Ghristi in missae sacriflcio celé-
» branda non est proprium Alexandri, sed potius ipsius Ghristi. »
— Les mots quando missae celebrantur, omis dans les abrégés F
et K, semblent être une glose du second éditeur.
4. et cum eo...] Le pape Alexandre est confondu ici avec le mar-
tyr Alexandre qui, avec ses compagnons Eventius et Théodule,
était enterré au septième mille de la voie Nomentane. Cf. Introd.,
p. xci.
5. H. c. aquam sparsionis] Le sacramentaire gélasien (m, 75, 76,
Muratori, Lit. Rom. vet. y 1. 1, p. 738-741) contient les formules bene-
dictionis aquae spargendae in domo, qui sont encore, pour la plupart,
en usage. Il y est formellement indiqué que cette eau était mêlée de
sel et que son principal usage concernait les habitacula hominum :
« ... (Angélus Dei) defendat omnes habitantes in hune habitaculum
» famuli tui illius «>; — « Deum... deprecamur ut habitaculum istum
» una cum habitatoribus benedicere atque custodire dignetur; »...
» ut quicquid inloti [in loci éd.) in domibus fidelium haec unda
» resperserit, careat immunditia, liberetur a noxa », etc. Les Gons
titutions apostoliques, vm, 29, décrivent un rite analogue en usage
dans l'église grecque; pour l'Occident, la date du sacramentaire
gélasien étant incertaine, le L. P. est le plus ancien témoignage que
l'on ait sur la bénédiction de l'eau en dehors de l'administration
du baptême.
6. Qui etiam sepultus est...] Le sanctuaire indiqué ici est marqué
dans l'itinéraire dit de Guillaume de Malmesbury : « In septimo
» miliario eiusdem viae (Nomentanae) s. papa Alexander cum
» Eventio et Theodulo pausant » (De Rossi, Roma sott. % t. I, p.
179). Il a été retrouvé en 1855; on peut lire un récit de cette
découverte dans une brochure intitulée Âtti del martirio di
S. Âlessandro, Rome, 1858, qui contient aussi les plans de l'édifice
à moitié souterrain où reposaient les martyrs et où l'on célébrait
les saints mystères; un petit cimetière se ramifiait autour. Le
monument paraît remonter à l'évêque Ursus de Nomentum, nommé
dans l'inscription dédicatoire de l'autel, et dont il est question
dans une lettre du pape Innocent I« (401-417; Jaffé, n° 317, Migne,
P. L., t. XX, p. 606).
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VIII. XYSTUS.
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8 i XYSTUS, natione Romanus \ ex pâtre Pastore, de regione Via Lata, sedit ann. X m. II d. I. Fuit autem tem-
ii poribus Adriani, usque 2 ad Vero et Anniculo [126]. Martyrio coronatur. Hic constituit ut s ministeria sacrata non
tangerentur, nisi a ministris . Hic constituit ut * quicumque episcoporum evocatus fuisset ad sedem apostolicam,
rediens ad parrociam suara non susciperetur, nisi cum litteras sedis apostolicae , salutationis plebi , quod est
III formatam. f Hic fecit ordinationes III per mens, decemb., presbiteros XI, diaconos IIII; episcopos per diversa 5
loca numéro IIII. Qui etiam sepultus est iuxta corpus beati Pétri, in Vaticanum, III non. april. Et cessavit epis-
copatus menses II.
f Hic constituit ut 5 intra actionem, sacerdos incipiens, populo hymnum decatitare : « Sanctus, sanctus, sanctus, Dominus
Deus Sabahot, » et cetera.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Xistus B* : Xyxtus B 3 : Syxtus A 3 BGE 3 : Systus A* — via La-
vicana A* — m.'lll d. XXI Aï* C2M E (d. XVI A*) — 2 Hadriani
C23 — usque] qui D — ad] a A* D — Vérone A 14 : Veronem
A356 : Neronem A 2 : Verum E — Anniculum A 3 » 6 E — Hic-minis-
tris om. A c — misteria C 3 — minislerium sacrum non tangere-
tur A* — 3 episcorum C 3 — evocilus A2 B2367 C 3 E 3 : vocatus
A* — a sede A 2 — apostholicam C 3 : apostolica E 3 — 4 et rc-
piensEï 3 — parrociam A* C 3 E* : parociam B l C 1 — litteris
A2-6 B<5 E 3 — sedis apostolicae] patriarchae BCDE* 3 — salu-
tationesD— plèbe B" — 5 formata A 2 -6 E* 3 B" —formatam.
< Hic constituit ut intra actionem, sacerdos incipiens, populo
hymnum decantare : Sanctus, sanctus, sanctus Dominus Deus
Sababot et cetera > D — presb. X B 6 — episcopos-IIII c 1 sup-
plevit prius omissum — 6 IIII] VII A 2 — Baticanum A 1 Vaticano
B"— IIII non. B" — 7 d. m. II Ai : m. II r. A 3 * : d. II cet.
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1. natione Romanus] dans la Passio Alexandri et sociorum (Acta
SS. maii, t. I, p. 379) Xystus est représenté comme originaire d'O-
rient.
2. usque ad...] « a consulatu Nigri et Aproniani [117] usque
Vero III et Ambibulo [126] » (Gâtai, lib). —La première paire de
consuls est omise ici. La variante Vérone, dans les mss. A, a peut-
être quelque rapport avec la leçon primitive Vero III.
3. H. c. ut ministeria] Epist. démentis ad Jacotum IP: « Pallas
» vero et vêla quae in sanctuarii sordidata fuorint ministerio, dia-
» coni cum humilibus ministris... abluant » (Migne, P. G., t. I,
p. 485 ; P. £., t. LVI, p. 893). Dans notre texte, pourtant, ministeria
sacrata a le sens de vases sacrés. Il y a, dans les notices de Soter
et de Boniface I er , des décrets analogues à celui-ci. Cf. Gélase,
Epist. ad episcopos Lucaniae, c. 26.
4. H. c. ut quicumque episcoporum...] Concile (apocryphe) des 275
évoques (v. Introd.,ch. IV, § vi), c. 3 : « Silvester episcopus dixit :
» Robustius duximus consilium, si placet, ut omnis episcopus qui
o convenit ad concilium, fldem suam cbirographo confirmet; ut
» deinceps rediens ad paroebiam suam compaginem (lege : cum pa-
» gina) nostrae salutationis plebi suae innotescat, ut fide concilii de-
» clarata,intemeratus ordo servetur. Et dixerunt episcopi : Placet.»
(Hardouin,Cowc, t. 1, p. 528; Migne, P. L.,t. VIII, p. 826). Notre
auteur a donc mis sous le nom de Xystus I er un décret précédem-
ment fabriqué sous celui de Silvestre. Dans celui-ci il s'agit des
évoques du concile romain qui sont censés devoir, à leur retour
chez eux, emporter une lettre du pape, sans quoi leurs fidèles ne
les recevraient pas. Cette discipline est tout à fait inconciliable
avec la vraie notion des formatae. Celles-ci sont des lettres par les-
quelles un supérieur ecclésiastique bien connu recommande un
clerc à d'autres autorités ecclésiastiques auxquelles ce clerc est
étranger. Un évoque déjà en fonctions et que le pape avait invité
à son concile n'avait évidemment besoin d'aucun passeport ecclé-
siastique pour reprendre la direction de son église. Le L. P. ne
mentionne pas le concile ; cependant, comme il suppose que l'évo-
que est déjà installé quand il est evocatus ad sedem apostolicam, la
difficulté n'est pas diminuée. Ces litterae salutationis étaient
pourtant en usage, mais seulement à l'occasion de l'ordination d'un
nouvel évoque. La formule de celles que le pape délivrait est con-
servée dans le Liber diurnus, c. 6 (éd. Rozière p. 22; cf. p. 268 la
formule à l'usage des archevêques de Milan) ; on a aussi celle des
passeports délivrés aux évoques pour les églises autres que la
leur (ibid., c. 7).
5. H. c. ut intra actionem] Ce décret paraît avoir été oublié par
le rédacteur de la seconde édition; les mss. D, les seuls de la se-
conde édition qui le contiennent, le doivent sans doute à l'un des
abrégés F ou K. L'hymne séraphique se trouve, comme le Sursum
corda et le début de la préface, Vere dignum, etc. dans toutes les
liturgies connues. L'auteur du L. P., en l'attribuant à Xystus I er ,
ne l'a pas antidaté, au contraire.
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VIIII. TELESPHORIJS.
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VIIII
TELESPHORUS, natione Grecus, ex anachorita, sedit ann. XI m. III d. XXI. Fuit autem temporibus Antonini i 9
et Marci *. Hic constituit ut 2 septem ebdomadas ante Pascha ieiunium celebraretur, et natalem 3 Domini noctu h
missas celebrarentur : nam 4 omni tempore, ante horae tertiae cursum nullus praesumeret missas celebrare, qua
hora Dominus noster ascendit crucem; et ante 5 sacrificium hymnus diceretur angelicus, hoc est : « Gloria in
excelsis Deo ». Martyrio coronatur. Qui vero sepultus est iuxta corpus beati Pétri, in Vaticanum, IIII non. ianuar. m
"Hic fecit ordinaliones IIII per mens, decerab., presbiteros XII , diaconos VIII; episcopos per diversa locaXIII. Et
cessavit episcopatus dies VII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Thelcsphor C 12 : TJcsphor C3 : Thclesphorus B" : Thelespo-
rus B 6 D : Thelesforus B 2 — graecus B 1 — ex < pâtre > C 1 —
.anachoritas A* 6 : anachoritis A3* — d. XXI om. B" : d. XXII A**
C 3i E — 2 pascam B 1 — celebrarentur B 6 : caelebrare A 3 —
"et om. C* 3 D : ut in A* — natalem Ai E 3 B" : natale cet. — noc-
c tumE 3 : per noctu A'23 : per noclem A* — 3 misse A 4 — raissa
.celebraretur A* 5 — caelcbrarenlurE 3 : caelebrare A 1 — cel.
mis. B* — Nam < constituit ut > A? : < constituit > A 6 — orae
E 3 — pracsumerit A 1 — < et > missas C 2 : misse E 1 — caelebrare
E 3 — 4 ora E 3 — noster] H A 1 : non C 3 — ascendit < in > A 3
B67 d — cruce B237 C — et < ut > A56 — ymoum A* : ymnus
A 2 E 3 : hymnunVA 3 * : himnus B* Ci — dicetur C 2 : celebraretur A
— hymn. die. ang.] angelicum canere hymnum A 3 — angelicus
om. A 2 — boc est om. A™ — 5 coronatus Bi : coronatus est E
— vero om. B* E — Baticano A :Vaticano Bi" —III non. D —
6 ord. III A r > 6 — < et episcopos > A 1 * — episcopos-XIII om.
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i. Les consuls sont omis: « a consulatuTitiani et Gallicani[127]
» usque Gaesare et Balbino[137] » (Lib.).
2. H. c. ut septem ebdomadas]. Le jeûne pascal existait dès avant
Télespbore. Saint Irénée, en effet, dans sa lettre au pape Victor
(Eus., H. E., V 24), où il décrit la diversité des usages locaux sur
la fête de Pâques, mentionne expressément Télesphore et son pré-
décesseur Xystus parmi les représentants de l'une des observan-
ces dont il s'occupe. Mais autre chose est un jeûne pascal quelcon-
que, autre chose un carême de six ou sept semaines. Au temps de
saint Irénée (Eusèbe, l. c), aucune durée n'était universellement
prescrite pour le jeûne pascal; les uns jeûnaient un jour seule-
ment, d'autres quarante heures, d'autres allaient jusqu'à deux ou
même plusieurs jours, mais toujours sans interruption. C'est au
même usage que se rapportent divers textes de Tertullien (de Ora-
tione, 18 ; de Ieiuniis, 2, 14). A Alexandrie, vers le milieu du ui° siè-
cle, on jeûnait toute la semaine avant Pâques, les uns d'un seul
trait, les autres par intervalles. La lettre de saint Denys d'Alexan-
drie à Basilide (Migne, P. G., t. X, p. 1271), où il est question de
cet usage, est le plus ancien témoignage qui subsiste sur la se-
maine sainte, ou semaine de xérophagie. Dès avant cette époque,
les Montanistes en jeûnaient deux au lieu d'une (Tertullien, de
leiun., 15). Cette observance se perpétua chez eux jusqu'au v c siè-
cle, de sorte qu'ils finirent par jeûner moins longtemps que les
autres, après avoir d'abord affecté une sévérité plus grande. De la
Quarantaine (TEmpaxoTrf,) pascale, il ne reste pas de traces an-
térieures au iv« siècle, car l'homélie x<> d'Origène sur le Lévitique,
que l'on allègue quelquefois, a été évidemment remaniée et inter-
polée par Rufin, pour y introduire l'observance quadragésimale.
C'est pour le même dessein que cet auteur retoucha, dans sa tra-
duction de l'Histoire d'Eusèbe, le texte de saint Irénée cité plus
haut. Au quatrième siècle le carême est mentionné dans le canon
5 S du concile de Nicée (325) et dans un grand nombre d'écrits
Liber pontificalis.
de date postérieure; mais il s'agit ici, dans la plupart des cas,d'un
temps de retraite, de préparation au baptême ou à la réintégra-
tion des pénitents dans l'Eglise. Parmi les exercices de ces semai-
nes sacrées, le jeûne avait naturellement une place importante,
mais qui différait beaucoup d'un pays à l'autre (Socrate, V, 22 ; So-
zomene, VII, 19). On peut suivre , dans les lettres festales de saint
Athanase (voir surtout celles de 329, 330, 340, 341, 347), les progrès
de l'observance quadragésimale en Egypte. Au commencement,
Athanase parle « du temps du Carême et de la semaine de jeûne » ;
plus tard, il dit « le jeûne du Carême et la sainte semaine de Pâ-
ques ». — On s'y prit de diverses façons, suivant les lieux, pour
combiner la Quarantaine avec la Semaine sainte. A Antioche et dans
les pays où furent adoptés les usages de cette grande église, on dis-
tingua les deux temps avec une netteté plus grande qu'ailleurs :
la Quarantaine fut placée avant la Semaine sainte. Ainsi, saint
Jean Chrysostome {Hom. xxx in Gen., c. 1) s'exprime à peu près
ainsi : a Voici que nous avons atteint le terme de la Quarantaine :
nous allons maintenant entrer dans la grande semaine ». De même,
dans les Constitutions apostoliques, V 13, il est dit formellement
que le jeûne du Carême est terminé quand on commence celui de
la grande semaine pascale. A Rome, au contraire, à Alexandrie
et à Jérusalem, on comprit la Semaine sainte dans la Quaran-
taine, de sorte que le jeûne total n'y durait que six semaines, tan-
dis qu'à Constantinople et dans l'Orient proprement dit, pays ré-
gis par l'ancien usage d' Antioche, il en durait sept. A Rome, les
dimanches seulement, à Constantinople, les dimanches et les sa-
medis, sauf le samedi saint, étaient affranchis de la loi du jeûne ;
de sorte que, dans un pays comme dans l'autre, on ne jeûnait en
réalité que trente- six jours. Au temps où le L. P. fut écrit, le ca-
rême romain n'était certainement pas de sept semaines, mais de
six seulement. Cette durée est attestée par les homélies de saint
Léon et par celles de saint Grégoire ; le pape Gélase, dans sa lettre
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aux évoques de Lucanie (c. 11), appelle iciunium quadragesimalis
initii celui de la semaine actuelle des Quatre-Temps de Carême.
On ne peut donc douter que notre auteur, en parlant ici d'un
jeûne de sept semaines, ne se soit mis en désaccord avec la dis-
cipline réelle et obligatoire. Il aura sans doute voulu faire de la
propagande en faveur d'une observance plus sévère. En ces temps-
là on cherchait plutôt à allonger le Carême qu'à le raccourcir et à
le miliger. Cette tendance trouva, en dehors du L. P., une autre
expression dans une lettre apocryphe, soi-disant écrite par saint
Grégoire à saint Augustin de Cantorbéry (Jaffé f 1987 ; Greg.
M. 0pp., éd. bénéd., t. II, p. 1302, Âpp. un) : o Sacerdotes et dia-
» coni et reliqui omnes quos ecclesiastici gradus dignitas exornat,
» a Quinquagesima propositum ieiunandi suscipiant, quo et ali-
» quid ad pensum sanctae institutionis adiciant, et eorum qui in
» laicali ordine consistunt observantiam, sicut loco, ita religions
» praecellant ». C'est pour un motif analogue, pour parfaire le
nombre mystique de quarante jours de jeûne, que, postérieurement
au temps de saint Grégoire, et vraisemblablement au septième siè-
cle, on ajouta, à Rome, pour tous les fidèles, non pas une semaine
entière, mais les quatre derniers jours de celle qui précède le ca-
rême proprement dit. Le caput ieiunii fut ainsi transféré du pre-
mier lundi de carême au mercredi précédent.
3. et natalem Domini...] La première édition place ici le marty-
Ho coronatur qui régulièrement devrait venir avant le décret sur
le jeûne pascal. La seconde édition l'a renvoyé après les décrets.
— Les témoignages les plus anciens que l'on ait sur la fête de Noël,
25 décembre, ne remontent pas au delà du quatrième siècle. C'est
dans la Depositio martyrum de 336 (p.ll) qu'on la trouve pour la pre-
mière fois ; elle n'était pas sans doute alors d'institution récente. No-
tre auteur la suppose établie dès le règne de l'empereur Hadrien. Au
temps de Clément d'Alexandrie {Strom., p. 407 Potter), on ignorait
le jour de la naissance du Christ; cependant quelques personnes
la fixaient au 23 août. Ceci suppose que la fête du 25 décembre
n'existait pas encore. — Le rite des trois messes de Noël est une
particularité de l'usage romain. Encore ne le trouve-t-on pas indi-
qué danslesacramentaire léonien, où il n'y a, ni dans les rubriques,
ni dans les prières, aucune allusion à une messe de nuit. Au temps
de saint Grégoire {Hom. vin , 1), on célébrait les trois messes ; les
livres grégoriens, sacramentaires et ordines, supposent l'usage de
la première messe ad galli canfum ; le sacramentaire gélasien a
aussi trois messes ; l'une in noetc, la seconde mane prima, la troi-
sième in die. De cette chronologie des témoignages sur la messe
de nuit, il résulte que celui du L. P. est le plus ancien de tous, et
d'un siècle environ.
4. nam-crucem] Glose explicative, introduite par le second édi-
teur. — Cursus est un terme technique, qui signifie l'office divin (voir
Martigny, Dictionn., art. Office divin). Cette phrase signifie donc
que la messe ne doit être célébrée d'ordinaire qu'après l'office de
tierce. On voit en effet, par Sidoine Apollinaire (Ep., v, 7), Gré-
goire de Tours (Vitae Patrum, vin, 11), saint Grégoire le Grand
{Hom. xxxvii, 9) que dès le cinquième et le vi e siècle, la troisième
heure de jour était, en Occident, l'heure réglementaire pour la cé-
lébration de la messe solennelle. En Orient, on a toujours main-
tenu l'antique usage de la célébrer aux premières lueurs du jour.
5. et ante sacrificium...'] La première édition limite à la nuit de
Noël l'usage de chanter le Gloria in excelsis. Sous le pape Symma-
que (ci-dessous, n° 81), il fut permis de le chanter tous les diman-
ches et jours de fête. Le second éditeur n'a pas senti le besoin de
conserver la formule tantum noctu natale Domini, qui marque la
différence d'usage avant et après l'ordonnance de Symmaque. Tout
ceci doit s'entendre de la messe épiscopale seulement. A Borne,
au ix° siècle, les prêtres ne pouvaient chanter le Gloria in excelsis,
même quand ils remplaçaient le pape empêché, si ce n'est le jour
de Pâques (Ordo Romanus I, dans Mabillon, Musaeum Ital., t. II,
p. 17). Les témoignages plus anciens que le L. P. sur l'hymne an-
gélique se réduisent à deux, les Constitutions apostoliques (VII, 47)
et le codex Alexandrinus delà Bible grecque (V e siècle); dans
ces deux documents on trouve le texte du Gloria, mais sous une
forme très différente de la forme latine ; il y est qualifié d'hymne
matinal. Son introduction dans la liturgie de la messe est une
particularité du rit romain. Dans le rit gallican on chantait au
commencement de la messe le cantique de Zacharie [Benedictus).
%.Martyrio coronatur] Sur la place de cette formule, voir note 3.
— Cf. Introd., p. u et xc. — Le martyre de Télesphore est attesté
par saint Irénée (Haer., u 31 ; Eus., H. E., V 6) : TiXeVfopoç, ôç xal
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YGINUS, natione Grecus, ex philosophe) \ de Athenis, cuius 2 genealogia non inveni, sedit ann. IIII m. III d» I 10
IIII. Fuitautem temporibus Veri et Marci, a consulatu Magni et Gamerini [138], usque ad Orfito et Prisco [149].
Hic clerum 3 conposuit et distribuât gradus. Hic fecit ordinationes III per mens, decemb., presbiteros XV, dia- Il
conos V; episcopos per diversa loca VI. Qui etiam sepultus estiuxta corpus beati Pétri, in Vaticanum, III id. ia-
5 nuar. Et cessavit episcopatus dies III.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Ygenus Ai* : Vigenus A3 : Iginus A« C 2 — ex phil.] philo-
sophas A 3 — philosofo A* : philosopo C 1 — genealogiam A 14 56
Cfi :genealogyam E — invenimus A 56 : inveniturC 1 : invenis D
— an. III B* : an. X E {corr. e) — 2 d. III B« : d. VU A56 :
d. VIII O E — Severi A — Camereni A* C 3 {corr. c 3 ) : Cama-
rini D : Mamerini C 1 {corr.) : Severini A 6 — ad om. BCDE —
Orfido B»E : Urfito B" : Arphilo A* : Orfidum A 3 -- Piscum
A 3 — 3 cumposuit clero E 3 — grados A*B 3 C 23 E 3 — ord. III
B67 _ et diac. A* — numéro VI BC* — Baticano A : Vaticano
B? es — VI id. Ci
NOTES EXPLICATIVES.
i. ex philosopho...] L'idée de faire d'Hygin un ancien philosophe
vient peut-être de sa ressemblance de nom avec deux écrivains
latins, l'un du temps d'Auguste, l'autre du temps do Trajan. Sur
ces deux Hygin, v. Teuffel, Geschichte éer rômischen Literatur, 3°
éd., n<» 262 et 344.
2. cuius genealogia non inveni] Cette observation paraît être du
second éditeur : il n'y en a pas trace dans les abrégés F et K.
3. Hic clerum conposuit...] La formule clerum conposuit revient
dans la notice d'Hormisdas. Elle est fort vague ; l'idée est une régle-
mentation des mœurs et des attributions du clergé, qui comportait
avant tout une exacte définition des degrés de la hiérarchie (distri-
bua gradus). Peut-être, comme il n'a point encore été question des
ordres inférieurs, pourrait-on l'entendre de leur institution.
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12 I - PIUS, natione Italus, ex pâtre Rufîno \ frater Pastoris 2 , de civitate Aquilegia, sedit ann. XVIIII m. IIII d. III.
il Fuit autem temporibus Antonini Pii, a consolatu Clari et Severi [1461 3 - $ub hir'us 4 episcopatura Hermislibrumscrip-
sitin quo mandatum continet quod eipraecepit angélus Doraini, cum venit ad eum in habitu pastoris; et praecepit
IH ei ut Pascha die dominico celebraretur. Hic constituit hereticum 5 venientem ex Iudaeorum herese suscipi et bap-
V tîzari ; et constitutum 6 de ecclesia fecit. Hic fecit ordinationes V per mens, decemb., presbiteros XVIIII, diaconos 5
XXI ; episcopos per diversa loca numéro XII. Qui etiam sepultus est iuxta corpus beati Pétri, in Vaticanum, V id.
iul. 7 Et cessavit episcopatus dies XI III.
IV Hic 8 ex rogatu beatc Praxecis dedicavit aecclesiam thermas Novati, in vico Patricii, in honore sororis suc sanctae Potentia-
nae, ubi et multa dona obtulit; ubisepius sacrificium Domino oflerens ministrabat. Inmo et fontem baplismi construi fecit, ma-
nus suas benedixit et consecravit; et multos vcnienles ad fidem baptizavit in nomine Trinitatis.
10
VARIANTES DES MANUSCRITS.
Anicetum Pio praepo nuntA^ C" E«« — i fratre E — Aqui-
leîa A* B* E — ann. XI AJ>* C 3 * E — d. XXI V™ E (corr. e) —
2 autem om. B«— Pii] II C 3 : om. C*— consolalu A* B'— Severi]
Veteris E (corr.) — eius (^ — episcopato B 1 : episcopatu A2356
C23 E — Hermis A* 3 B* : Ermes B* : Hermès cet. — scribsit C 3 —
3 continetur A5 — ei] et B" — cum] con B* — veniret A* —
eom B 1 — habitum BC 11 D — et praecepit ei om. A^ — 4 ut
om. C 2 — < sanctum > Pascha C 23 E 13 — dominicum C 3 —
heret. -herese] ut iudaeo haerelicum E 3 — veniento A 1 —
ex-herese om. C 3 — heresae C 2 : heresi E 1 — suscepi A 1 C 2 :
suscipere A* — 5 baptizare C 1 — ecclcsiam E 3 — 6 XI C 3 —
etiam] et A — Baticanum AU : Valicano B* 6 : Baticano A*56 —
V id. iul. om. C* — 7 episcopatus ABiCi — d. XIII B 3 C* : d.
Xll E — 8Hic-Trinitatis E« tantum.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. ex pâtre Ru fino- Aquilegia] La réunion des deux noms deRufin
et d'Aquilée ne peut être fortuite ; notre auteur avait lu certaines
traductions de Rufin (v. p. 119; Introd., p. lxxii et xcu); il accepte
son système sur la succession des premiers papes ; ici même, il con-
fond, comme Rufin, l'auteur du Pasteur avec le livre lui-même. Sans
faire du Rufin historique le père du pape Pie I er , il parait lui avoir
emprunté son nom et sa patrie. Cf. Zahn, DerHirt des Hermas, 1868,
p. 30.
2. frater Pastoris] Le titre liber Pastoris porté par le livre d'Her-
mas a fait croire à quelques écrivains que Pastor était aussi un
nom d'auteur et que le même personnage s'appelait Hermas et
Pastor. Le poème contre Marcion (Introd., p. xi) présente déjà
cette confusion. Elle se trouve aussi chez Rufin (in Symb., 38 ; P.
L., t. XXI, p. 314) : libellus qui dicitur Pastoris sive Hemiaiis, qui
appellatur Duae viae, vel iudicium Pétri; cf. sa traduction de l'Hist.
ecclés. d'Eusèbe, III, 3: et libellus Hermaequi dicitur Pastoris cuius
Paulus in epistolis suis meminit. Rufin, dans le premier de ces deux
passages, en parle évidemment sans l'avoir lu. L'auteur de la vie
de sainte Geneviève, Acta SS. ian., t. I, p. 139, confond aussi les
deux personnes : Hermas, qui et Pastor nuncupatus est, in libro
suo, etc. — Dans le L. P., la faute a été commise d'abord, puis cor-
rigée ; le second éditeur a effacé un peu plus bas les mots frater
ipsius, joints, dans la première édition, comme dans le catalogue
libérien, au nom d'Hermas. L'abréviateur K a fait la même opéra-
tion, évidemment pour la même raison. De cette façon le nom au-
thentique du frère de Pie. a été sacrifié à l'autre. Au vi° siècle, le
Pasteur d'Hermas ne devait pas être très connu à Rome (A. Har-
nack, dans les PP. app., fasc. III, Leipzig, 1877, p. lxiii et suiv.); on
y connaissait en revanche un autre Pastor, dont le souvenir fut
mis en rapport avec celui du pape Pie, soit avant, soit après la
publication du L. P., dans la légende de l'église de Sainte-Puden-
tienne (v. plus bas) ; un prêtre Pastor figure dans la passion des
SS. Marius, Marthe, etc. (Acta SS. mart., t. III, p. 544).
3. La seconde paire de consuls est omise : « usque duobus Au-
gustis [161] » (Gat. lib.).
4. Sub-pastoris] Emprunt au catalogue libérien, mais avec sup-
pression, dans la seconde édition, des mots frater eius (v. note 2).
La glose qui suit, ut Pascha, etc. est doublement en défaut : d'abord
parce que le Pasteur d'Hermas ne parle nullement de la Pâque ; en
second lieu parce que l'usage de célébrer la Pâqne ledimanche re-
monte à Rome plus haut que le pape Pie : avant lui, Hygin, Téles-
phore et Xystus sont cités par saint Irénée comme ayant observé cet
usage (Eus., H. E.,V 24).— M. Th. Zahn (Der Hirt des Hermas,?. 24) se
figure à tort que la fausse lettre de Pie I er ccclesiis omnibus (Hins-
chius, Ps. I$id.,p. 116) a été fabriquée au iv« siècle : c'est une décré-
tai pseudoisidorienne, rédigée d'après \eL. P„comme tant d'autres.
— Fragment de Muratori : « Pastorem vero nuperrime, tempori-
» bus nostris, in urbe Roma Herma conscripsit, sedente cathetra
» urbis Romae aeclesiae Pio episcopo fratre eius. Et ideo legi eum
» quidem oportet, se puplicare vero in eclesia populo neque in ter
» profetas conpletum numéro, neque inter apostolos in fine tempo-
» rum potest. »
5. Hic constituit — baphzari] Il s'agit ici des Juifs, et non d'une
secte chrétienne judaïsan te. M. Lipsius (Chron., p. 107) qui admet
l'opinion contraire, me paraît l'avoir fait sous l'influence des préoc-
cupations modernes à l'endroit des ébionites. Prudence, dans son
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XI. PIUS.
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Apotheosis, range les Juifs parmi les hérétiques. S'il s'agissait ici
d'une secte simplement hérétique, l'auteur eût prescrit la réconci-
liation par l'imposition des mains et non l'initiation baptismale.
6. et constitutum. . .] Sur cette formule, v. Introd., ch. iv, 69.
7. Il est à remarquer que la fête de saint Hermagoras, premier
évoque d'Aquilée, tombe justement le lendemain du jour indiqué
comme l'anniversaire du pape Pie. Cf. note 1.
8. Cette note ne se rencontre que dans le Vaiicanus 3764 et ses
dérivés, ainsi que dans le Laurenlianus LXVI, 35. Elle dépend
d'un récit conservé dans ce qu'on appelle les Acta ss. Pu-
dentianae et Praxedis [ActaSS. maii, t. IV, p. 299). Ces,4etase com-
posent de deux lettres et d'un appendice narratif. La première
lettre est adressée par un prôtre Pastor, à Timothée, disciplo de
saint Paul, évidemment la même personne que le Timothée des
épitres. Il y est dit qu'un certain Pudens (// Tim. iv, 21), disciple,
lui aussi, de saint Paul, a, dès avant sa mort, changé sa maison
du vicus Patricius en paroisse romaine (titulus), sous le nom de
Pastor, l'auteur de la lettre ; que ce Pudens étant venu à mourir,
ses deux filles, Praxède et Pudentienne, ont donné leurs biens
aux pauvres et se sont consacrées au service de Dieu et do l'É-
glise, dans le titulus fondé par leur père ; que le pape Pie y a
joint un baptistère et qu'il y a exercé souvent les fonctions épis-
copales ; que Novatus, frère de Timothée, étant mort peu après,
a laissé par testament tous ses biens à Pastor et à Praxède, la
seule survivante des filles de Pudens. Timothée est consulté pour
savoir s'il consent à cette donation. Sa réponse affirmative est ex-
primée dans la seconde lettre. Enfin, dans l'appendice narratif,
Pastoi', qui reprend la parole, raconte que les thermes de Novatus
dans le vicus Lateritius, furent changés en un second titre, sous le
nom de Praxède. — Cette histoire représente évidemmentla légende
de fondation des tituli Pudentis et Praxedis. Ces églises sont fort
anciennes. La première, qui s'appelait aussi ecclesia Pudentiana,
est mentionnée dans une épitaphe de l'année 384. Peu après, sous le
pape Sirice (384-399), elle fut renouvelée entièrement; sa mosaïque
absidale, avec des inscriptions de cette époque, existe encore en
grande partie (De Rossi, Bull. 1867, p. 49-60) ; on a des épitaphes
de prêtres tituli Pudentis, datées de 489 et de 528 (De Rossi, Bull.
1867, p. 60; 1883, p. 107). Quant au titre de Praxède, une inscrip-
tion de l'année 491 parla des prêtres TITm/i pRAXSedis (De Rossi,
Bull. 1882, p. 65). Ces prêtres et ceux du titre de Pudens signèrent
au concile romain de 499. — A la longue Y ecclesia Pudentiana de-
vint le titulus Pudenlianae ou sanctae Pudentianae ou Potentianae.
La première fois que cette dernière forme apparaît dans les signa-
tures des conciles, c'est au concile romain de 745, sous le pape
Zacharie. Dans le L. P., la vie d'Hadrien I er mentionne (n° 343) le
titulus Pudentis, id est ecclesia sanctae Podentiane; ces deux appella-
tions se rencontrent aussi dans la vie de Léon III (n oi 383, 403, 407,
425). — L'auteur de la note paraît avoir mal compris le texte
des Acla % car il ne parle que de l'une des deux églises, rapportant
à celle du vicus Patricius ce qui est dit de l'intervention de Pra-
xède et des thermes de Novatus. On doit remarquer aussi qu'il ne
rattache pas cet épisode à Pastor, frère de Pie, bien qu'il y fût
en quelque sorte invité par les mots frater Pastoris de la notice
originale. Du reste, dans les Acta, ce qu'il y a de plus difficile à
expliquer, c'est l'appellation titulus Pastoris qui semble leur servir
de base et que l'on ne rencontre nulle part ailleurs, sauf en des
documents dérivés de cette narration. De ce nombre sont évidem-
ment les fausses lettres de Pie à Juste de Vienne, fabriquées pos-
térieurement à Adon et aux décrétales pseudoisidoriennes.
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XII. ANIGETUS.
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il 1 ANICITUS, natione Syrus, ex pâtre Iohanne, de vico Humisa *, seditann. XI m. MI d. III. Fuit autem tem-
[I poribus Severi 2 et Marci, a consulatu Gallicani et Veteris [150] usquead Praesente et Rufîno [153]. Hic constituit
ut ;J clerus comara non nutriret, secundum 4 praeceptum apostoli. Hic fecit ordinationes V per mens, decemb.,
presbiteros XVIIII, diaconos II II, episcopos per diversa loca numéro VIIII. Qui etiam obhV martyr et sepultus
est in cymiterio Calisti 6 XII kal. mai. Et cessavit episcopatus dies XVII. 5
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Anecitus G 12 : Anitius A3 : Anicias A»6 —Humisa A : Umisa
BC* : Omisa C3* E — ann. VIIII C3 E : ann. VIII A>« C 2 * — m.
III Asc &* E — 2 Veri D — Présente A* B3 C 2 : Praesentem
A2-6 E — Rufinum A«56 E — 3 ut om. B« — nutririt A 1 —
< et > secundum A* — preceptum C 2 — aposlolorum E*3 —
per mens, decemb. transferunt post VIIII BM* — A presb.
XVIIII A : VIIII 7T : XVII BCDE — numéro VIIII tt BCDE] XII A
— obiit-et om. A 2 — martyrio A* : martirio &** : et martyrio
Ci — 5 cymeterio B 1 : cimiterio C3 — XV kl. C 23 * e— episcopa-
tus AC 1 : episcopatum cet., et ita saepe — d. VII E.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. de vico Humisa] Emèse, métropole de la province Phoenice
Libanesia ; l'auteur fait de cette grande ville un simple bourg (vicus).
2. Severi et Marci] Severi est sans doute une corruption de Veri,
qui a été rétabli dans les manuscrits D. Le texte philocalien fait
ici défaut.
3. H. c. ut clerus...] Il ne s'agit pas ici de la tonsure, qui était
encore.au commencement du vi* siècle, un insigne épiscopal,
mais seulement de la prohibition de porter les cheveux longs.
Cette prohibition estmentionnée parsaint Jérôme (in Ezech. XLIV,
20); d'un passage du code théodosien (xvi, 2, 38) on déduit assez
souvent que les clercs étaient appelés coronati et qu'ils portaient par
conséquent la tonsure en forme de couronne : en réalité il n'y est
pas question de clercs, ni probablement d'évêques, mais de sacer-
dotes provinciae. La défense faite aux clercs de nutrire cornant se
rencontre dans les Statuta ecclesiae antiqua, c. 44, et dans le con-
cile d'Agde (506), c. 20. Ces documents sont de peu antérieurs au
L. P. ; bien qu'ils représentent directement la discipline des
églises de Gaule, ils sont évidemment d'accord avec les usages ro-
mains.
4. secundum pr. ap.] I Cor. xi, 14 : Ouôè -îj çûatç aùr*i 8i8£sxst
ûjjlSç Sri iv^p (ièv làv xojxî ixi^ii aÙT<|> ésriv; Le biographe, ou
plutôt le second éditeur, fait aux clercs en particulier une ap-
plication d'un texte de saint Paul qui concerne les hommes en
général.
5. obiit martyr] Formule insolite, imitée de la notice de saint
Clément. Ces mots manquent dans la première édition. Cf. Introd.,
p. LXI.
6. in cymiterio Callisti] « iuxta corpus beati Pétri in Vaticano »
porte la première édition. Sur la préférence à donner à cette leçon,
v. Introd., p. lxi.
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SOTER, natione Campanus, ex pâtre Concordio, de civitate Fundis \ seditann. VIIII m. VI d. XXI. Fuit 2 autem 1 13
temporibus Severi,a consulatu Rustici et Aquilini [162] usque ad Getego etClaro[I70]. Hic constituit ut 3 nullus n
monachus pallam sacratam contingeret, nec incensum poneret in sanctam ecclesiam. Hic fecit ordinationes III ni
per mens, decemb., presbiteros XVIII, diaconos VIIII; episcopos per diversa loca numéro XI. Qui etiam sepultus
5 est in cymiterio A Calisti, via Appia, X kal. mai. Et cessavit episcopatus dies XXI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Sother B 3 O* — Fundi A2 — m. III A356 C 3 * E — d. XXII
B 2 : om. C 34 — 2 a cons.] atque A2 — a Cetigo D — Cetegum
A" : Cetegium A56 E — Clarum A^6 E — Hic-ecclesiam cra-
sa sunt in A 3 — nulla monacha B2-7 C 1 * E* — 3palam C* : pal-
lea E 3 — sacrata E 3 : sacram C 3 — nec] nisi A 1 * — sancta eccle-
sia A56 — ord. III n A** C2 3 E : VI BCD : V A 1 * 3 * — A presb.
VIII BCDE — diac. VIIII om. B* — numéro om. AC*— S cymi-
terio A* B* C»2 : cimiterio cet. — Apia B» — mai.] iun. A** 3 *
— d. XXII A256 Bi6 C2i E
NOTES EXPLICATIVES.
1. de civitate Fundis] Cette cité est mentionnée une seconde fois,
dans la notice d'Antéros : elle parait avoir un intérêt particulier
pour l'auteur du L. P. — En 594, saint Grégoire se vit obligé d'u-
nir les deux évêchés de Fundi et de Terracine, la première de ces
deux villes étant devenue inhabitable : Ep. III, i3 : quia ...ob cla-
dem hostilitatis nec in civitate nec in ccclesia... estcuiquam habitandi
licentia. Au concile romain de 649 chacune des deux villes avait de
nouveau son évoque (Hard. t. III, p. 690, 691; Mansi, t. X,p. 867).
2. Fuit — Cetego et Claro] Ici encore le texte du catalogue libé-
rien n'est conservé que dans le L. P. Aussi contient-il une faute
grave, Severi pour Veri.
3. H. c. ut nullus — ecclesiam] Ce décret revient dans la notice de
Boniface I er , mais appliqué aux monachae. Ici môme les mots
nullus monachus ont été changés dans beaucoup de manuscrits en
nulla monacha, ou môme supprimés (v. les variantes), pour une
raison facile à comprendre. L'auteur du L. P. est un clerc ; il en
sera de môme des continuateurs ; leur principe est toujours, les
moines à la prière, les clercs au service de l'autel.
4. inq/miterio Calisti] Môme faute que dans la notice précé lente.
Première édition : « iuxta corpus beati Pétri ».
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XIIII
U ï ELEUTHER, nat ; one Grecus, ex pâtre Habundio, de oppido Nicopoli *, sedit ann. XV m. III d. II. Fuit autem
H temporibus Àntonini et Commodi 2 , usque Paterno et Bradua [185]. Hic accepit 3 epistula a Lucio, Brittanio rege, ut
christianus efficeretur per eius mandatum. Et hoc * iterum firmavit, ut nulla esca a Christianis repudiaretur,
m maxime fidelibus, quod Deus creavit, quae tamen rationalis et humana est. Hic fecit ordinationes III per mens.
decemb., presbiteros XII, diaconos VIII ; episcopos per diversa loca numéro XV. Qui etiam sepultus est iuxta cor- 5
pus beati Pétri, in Vaticano, VIII I kal. iun. Et cessavit episcopatus dies XV.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Eleuther A5 B123 C 1 * E* : Eleuter FB« C* : Heleoter E 3 : Eleu-
therusD: Eleutherius KA*2 3 *« B? — Hubundio B26 : AbundioC2
E — NicopolisA* :Nicopolim A2356 E: Nichopolim C* — -m. VI
d. V A5« C3* E — 2 et-usque om. C« — usque ad C* E —
Paternum et Braduam E — accipit B*— epistû A : epistula E 3 :
epistola B*3 : epistolas A 4 : epistulam C 1 : epistolam oet. — Lu-
tio A* — Brittanio A** B3" El : Brittonio VJ : Brittanuio B** :
Brittannii D : Brettanio C* : Brinlanniae C 3 : Britannio A 3 5 :
Britanio A« B* : Bretanie O — 3 efficiatur C* : effîci mere-
retur E 3 — esca < usualis > E* 3 * (usuales E 3 ) — a om. A 2 — 4
maxirae-creavit om. BCD — maxime fidelibus om. A5« — quod]
quam A 36 — rationales E 3 : rationabilis C 3 — ord. 1111 B* — • 5
diac. IIII C* — numéro om. A — XII C* — iusta B 3 — 6 in Va-
ticano] apostoli BC13 D— VI kl. B« : VII B^O E— iun.] ian. C*
— d. XVI 7T : XV A*23i : VI as* : V BCDE (II C 2 )
NOTES EXPLICATIVES.
Q.
i. de oppido Nicopoli] La ville de Nicopolis en Epire, à l'entrée
du sinus Ambracicus (golfe d'Arta).
2. La première paire de consuls est omise : « a consulatu Veri
» (1. Severi) et Hereniani [171] » (Gat. lib.)
3. Hic accepit...] Sur cette phrase, v. Introd., p. xcn.
4. Et hoc— humana est] En remplaçant le constitua de la pre-
mière édition par iterum firmavit, on a supposé que cette règle
avait été portée antérieurement. En effet les distinctions d'aliments
sont réprouvées par saint Paul (Rom. XIV ; Col. II, 16, 17; I Tim.
IV 3, etc.). Dans ce dernier texte, il est question d'hypocrites, en-
nemis du mariage et opposés à l'usage de certains aliments , prohi-
bentium nubere, abstinere a cibis quos Deus creavit ad percipiendum
num gratiarum actione fidelibus et Us qui cognoverunt veritatem.
Notre auteur s'est évidemment inspiré de ce passage. Il est pro-
bable cependant qu'il a eu ici en vue les abstinences manichéennes,
connues et condamnées à Rome depuis longtemps, surtout depuis
saint Léon. — Le maxime fidelibus désigne les chrétiens baptisés,
fidèles, par opposition aux catéchumènes. — La première édition
portait esca usualis ; l'adjectif usualis, omis par le second éditeur
a été retrouvé par le compilateur de la recension E. Cf. Introd.,
p. I.XV.
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XV. VICTOR.
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XV.
VICTOR *, natione Afer, ex pâtre Felice, sedit ann. X m. II d. X. Fuit autem temporibus Cesaris 2 , a consulatu I 15
Commodi II et Gravione [186] usque ad Laterano et Rufino [197]. Hic constituât ut 3 sanctum Pascha die dominico 11
celebraretur, sicut Eleuther. Hic fecit sequentes * cleros. Martyrio coronatur. Et constituit ut 5 , necessitate
faciente, ut ubiubi inventus fuisset, sive in flumine, sive in mari, sive in fontibus, tantum christiano confessione
5 credulitatis clarificata, quicumque hominum ex gentile veniens ut baptizaretur. Hic fecit ordinationes II per jy
mens, decemb., presbiteros IIII, diaconos VII; episcopos per diversa loca XII. Hic fecit constitutum 6 ad interro- III
"gationem sacerdotum de circulo Paschae [ut dominico Paschae], cum presbiteris et episcopis factam conlationem
et accersito Théophile», episcopo Alexandriae, facta congregatione , ut a XIIII luna primi mensis usque ad XXI,
diem dominicum, custodiatur sanctum Pascha. Hic sepultus est iuxta corpus beati Pétri apostoli, in Vaticano,
10 Vkal. aug. Et cessavit episcopatus dies XII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
lAfferB^E — Fuit-celebrarelur om. C 1 [suppl.) — Cesaris
Augusti a Commodi secundi A (Caesaris A 3 — a]ac A 3 — Aug.
Ces. A 4 — Commodo secundo A^) : Caesari a Commodo V BCE
(a om. C 3 — Cesari B" C* : Comodo B™) : Cesaris a consulatu
om. D — 2 Gravionis A 3 D : Gravionon B 7 : Gravionem E — ad]
a A* — Lateranum et Rufinum A 3 5« DE — Rufo B» : Rofino C 3
— Hic-Eleuther om. A 23 — sanctam C 3 — dominica A 4 — 3 cae-
lebraretur E 3 — sicut et B* E» — sicut Eleuther om. C* —
Eleuter B« C 3 : Heleoter E 3 — sequent A* B" : sequentem A 3 —
clero A2*. clerum A 3 : clerus B« 7 : clericos A 6 — <et> martyrio D
— coronari B 6 — ut om. C* — necessitatem B 2 C 13 — 4 ut ubiubi
A*Bi C*23 : ut ubi et ubi B"" : u bi et ubi D : ubiubi A 3 « E" : et
ubi A* B* : ubi A** —inventus A^se b* 3 : inventum cet. — fuisset
et C23 — mare A* 3 — christianum A 3 C* (corr.) E 3 : christiana A 2 * 6
B2-7E» — confessionem C 1 — 5 crudelitatis C 12 — clarificate A 2 :
clarificatum E 3 — quaecumque C 1 — gentibus A* : gentili A$* :
gentilitate El — Hic-Xll] Hic constituit ut sanctum Pascha die
dominico celebraretur A 2 — 6 presb. XII diac. VIII D — numéro
Xll B 236 ? — interrogalione A* — 7 pasce A55 : pasche C 3 —
glossema ut dominico Paschae om. A 2 B 3 * C 2 E* (B 3 suppl.) —
ut] et D — ut <die> A& : <de> A* — Pasca A5 : Pascha A« :
Paschae A 3 c* : Pascae A* : Paschaetc C 1 : Paschete Bi : Pas-
che B 23 " C 3 — pberyter B* — factum A* B* 7 C 2 : facta A 23 *** E* 3 :
factam A* B 2 -6 C 1 — conlatione A* : conlationem B 2 <» C 2 : colla-
tione A 23 56 E* 5 : collationem A* B* 37 C» 3 — 8 arcessito A«56 ;
acersito B 6 : adcersito B 147 C 12 : adcersilum C 3 : accersito B' A 2 * :
acirsito E 3 — Theofylo C 3 : Theofilo E 3 — Alexandrino C* —
ut om. A56 — a om. A 2 — XIHlma B» — prima A^ C 3 — XXI
prima fit— 9 diem A 1 » 6 : die cet. — dominicum AUj<» : dominico
A 23 : dominica cet . — custodiant E 3 — Pascha. Hic ponit ordina-
tiones A 2 et repetit martyrio coronatur. — Hic] Qui et A 23 —
apostoli om. A* — Baticanum A 14 : Baticano A 2 ** : Vatica-
num A 23 C 2 — 10 V om. B 23 « 7 — et om. B«
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1. Victor...] Saint Jérôme a, dans son De vins (c. 34), une petite
notice sur le pape Victor : « Victor, tertius decimus Romanae urbis
» episcopus, super quaestione paschae, et alia quaedam scribens
» opuscula, rexit ecclesiam sub Severo principe annis decem. »
2. Cesaris — Rufino] Ces mots manquent dans les manuscrits
philocaliens. Cesaris est évidemment une faute, probablement pour
Severi. Un peu plus loin, la leçon du catalogue libérien a dû être
Commodi V et Glabrionis. La forme Glabrione s'est conservée dans
l'abrégé félicien. Sur les variantes des manuscrits à cet endroit,
v. Introd., p. lxvi.
3. H. c. ut sanctum Pascha] Le mot constituit est inexact, si on
entend ceci de l'église de Rome, à laquelle se rapportent la plupart
des usages relatés dans le L. P. Longtemps avant Victor, la Pâ-
que était célébrée à Rome le dimanche; notre auteur semble
l'indiquer lui-môme dans la notice de Pie. Il faut voir ici un sou-
venir de la célèbre controverse pascale de la fin du second siècle,
et ce souvenir mérite d'être remarqué. Notre auteur en effet ne
connaît pas l'histoire ecclésiastique d'Eusèbe; c'est seulement par
intermédiaire et pour les chiffres d'années qu'il dépend de la chro-
nique de saint Jérôme; d'autre part les libri paschales publiés à
Liber pontificalis.
Rome au v« et au vi° siècle, la Supputatio Romana, la table de Zeitz,
Victorius d'Aquitaine, Denys le Petit, ne mentionnent ni le pape
Victor, ni le débat agité de son temps. Notre auteur l'a connu, ou
par la tradition, ou par le De viris de saint Jérôme, c. 34, 35. — Il
m'est impossible de discerner pour quelle raison il fait interve-
nir ici le pape Éleuthère. Sur la variante sicut Pius, dans l'abrégé
félicien, v. Introd., p. lxv.
4. H. f. sequentes cleros] Passage obscur. Il peut être question
des acolytes, qui sont désignés ailleurs (notice de Gaius) par
le nom de sequentes. : les acolytes romains sont déjà mention-
nés, cinquante ans après Victor, dans la lettre du pape Cor-
nélius à Fabius d'Antioche (Eusèbe, H. E., vi, 43). Cleros paraît
avoir ici le sens de clericos. On pourrait aussi voir dans ce
passage une allusion aux clercs que l'on appelait sequentes,
à la suite, surnuméraires, et que l'on distinguait ainsi des clercs
régionnaires du même degré. Au temps de saint Grégoire, les
notaires et les sous-diacres régionnaires étaient déjà d'institu-
tion ancienne : in schola notariorum atque subdiaconorum per
indultam longe rétro pontificum largitatem sunt regionarii consti-
tua [Ep. vin, 14); il introduisit la môme distinction dans le corps
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des défenseurs (ep. cit.). Les ordines Romani mentionnent souvent
les deux catégories de sous-diacres, subdiaconi regionarii et sub-
diaconi sequentes. Les notaires et les sous-diacres régionnaires
sont mentionnés dans les plus anciennes rédactions du L. P. (vies
de Clément, de Fabien, de Silvère), ce qui s'accorde bien avec le
longe rétro de saint Grégoire.
5. ut necessitate faciente] L'auteur du L. P. requiert, pour le bap-
tême conféré en cas de nécessité, l'intervention d'un chrétien, qui
administre le sacrement n'importe où, mais après s'être fait réciter
le symbole, christiano confessione credulitatis clarificata (ou decla-
rata, i n édition). Cf. Gélase, Ep. ad episcopos Lucaniae (Jaflé
636), c. 1 : « [Diaconi] absque episcopo vel presbytero baptizare
» non audeant, nisi praedictis fortasse ofôciis longius constituas
» nécessitas extrema compellat; quod et laicis christianis facere
» plerumque conceditur. »
6. de circulo Paschae] Sur ce décret, irrégulièrement placé après
les ordinations, v. Introd., p. liiii. Les anciens commentateurs
corrigent ici Alexandriae en Caesareae t contre le témoignage una-
nime des manuscrits, afin de rattacher ce passage à la controverse
pascale qui fut réellement agitée au temps de Victor. Théophile,
évêque de Gésarée en Palestine, eut, en effet, un rôle dans ce dé-
bat : sous sa présidence, il se tint en Palestine un concile qui en-
voya au pape Victor son adhésion à l'usage pascal suivi à Rome
et partout ailleurs en dehors de la province d'Asie (Eusèbe, H. E.,
v, 23, 25), mais ne s'occupa en aucune façon de questions de cycle
et de comput. Ici, les termes lunaires sont marqués suivant le
système de Denys le Petit, publié en 525. Dans la première édition,
la phrase qui correspond à celle-ci est inspirée par le liber pas-
chalis de Victorius d'Aquitaine, publié en 457. Une fois admis
l'anachronisme qui place sous le patronage du pape Victor des
computs du ve et du vi« siècle, il n'est pas étonnant qu'on ait fait
de ce pape un contemporain de Théophile d'Alexandrie. — Les
faux actes du concile de Gésarée (Boucher, In Victorii Aquitani
canonem, p. 469; B. Krusch, Der 84jahrige Ostercyclus, p. 306)
n'ont rien à voir avec notre texte. Ils ont été fabriqués en Bre-
tagne, au vn° siècle, précisément pour combattre le comput alexan.
drin, représenté par Victorius et par Denys le Petit (Krusch, /. c,
p. 303). — Concile pseudo-silvestrin des 215 évêques, can. 2 : « Om-
» nibus episcopis et presbyteris praeceptum est Paschae obser-
» vantiam custodire a luna XII1I usque ad XXI, ita ut dominicus
» dies coruscet. »
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XVI. ZEPHYRINUS.
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ZEPHERINUS, nalione Romanus, ex pâtre Habundio, sedit ann. VIII m. VII d. X. Fuit autem temporibus Antonini i 16
et Severi 1 , a consulatu Saturniniet Gallicani[l98] usque Praesente et Stricato consulibus [217]. Hic constituit prae- H
sentia 2 omnibus clericis et laicis fidelibus, sive clericus, sive levita, sive sacerdos ordinaretur. Et fecit constitutum
de ecclesia, et patenas vitreas 3 ante sacerdotes in ecclesia, et ministros supportantes, donec episcopus missas ce-
5 lebraret, ante se sacerdotes adstantes, sic missae celebrarentur ; eicepto quod ius episcopi interest tantum, clerus
sustineret omnibus praesentes ; ex ea consecratione de manu episcopi iam coronam consecratam acciperet pres-
biter tradendam populo. Hic fecit ordinationes IIII per mens, decemb., presbiteros XIIII, diaconos VII; episco- ni
pos per diversa loca numéro XIII. Qui etiam sepultus est in cymiterio suo \ iuxta cymiterium Calisti, via Appia,
VIII kal. septemb. 5 Et cessavit episcopatus dies VI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Zephirinus A*56 : Severinus C* : Zepyrinus E 3 — Abundio
A*56 C2 E —ann. VIIII A 23 : XVI A5* : XVII C 2 " E — m. VI A* :
II A56 Çfiu E [om. C* in textu, habet in catalogo) — 2et-Saturnini
om. C 1 [suppl.) — a] ac A* — consolatu A 1 — Galicani C 1 :
Galliani D — Praesentae B 2 : < ad > Praesentem A56 E - - His-
tricato B** : Istricato B2C 1 : Istricate B 3 C 3 : Strigato C 2 : Stri-
caco D : Strigatum A5G E — consules E — 3 praesentibus A 3 :
ut praesentibus A 456 C* : ut praesentia E 3 : ut in praesentia D :
ut in praesentiam E 1 — omnium clericorum et laicorum fide-
lium DE 1 — et laicis om. A 2 — sacerdus C 2 — hordinaretur
E3 — A et] ut A56 B 6 — ante-ecclesia om. B* 3 — in ecclesia-sa-
cerdotes om. A 2 Bi — ecclesiam E 1 — et om. A 56 — ministri
A356; < essent > A* — supportantes-missas om. A 134 B 2 ** 67
O — subportantes C 23 E 1 — donec-celebraret om. A 56 —
5 celebraret om. B 23 — caelebraret B* E 3 : celcbrare B 6 D :
celebrarent A 134 : < dum episcopus missam celebraret > D —
<et> ante k™ — se om. A 3 B* C DE 3 — se <et> B 23 —
sacerdotibus astantibus E* — <et > sic A* 6 E 1 — missas cae-
lebrarentur E 3 : missa celebraretur A*6 — excepto-populo om.
A 4 — iussu B 6 — interesset E 1 : intérim B* — <ut> clerus A^s :
clcro E»3 (corr. e 1 ) — 6 substinerit A 1 : substiterit A 2 — ôms
A 3 — praesentibus A^ B 67 — ex a C 3 : exeant A 123 — corona
A 2 BG 13 — consecrata BC 13 — acceperit A 3 D : acceperct B* : ac-
ciperit A 12 : <ct> acciperet A 56 — presbiter om. C 2 — 7 tra-
denda B 2 — ord. VII A^ C 23 * —per mens, decemb. transfe-
runt post loca XIII B [excepto B«) C** — presb. XIII B* Ci e : X
B6 : VIIII C* — 8 numéro om. AE— XIIII A 3 : VIII C* e — cymi-
terio A» C : cymeterio B 1 — cymiterium A* B' C — Calesti C 1
— 9 VIIII kl. A 2 : VII BC» E : VI C 3 D : IIII C 2 — kl.] id. A* —
sept.] decemb. C 1 — episcopatum B C 23 D (episcopum B») —
d. VII B : XI A 3 : III C 2
NOTES EXPLICATIVES.
1. Antonini et Severi] Après une lacune, le texte philocalien (p. 4)
reprend o ... Antonini a consulatu Saturnini et Galli » etc. Ceci
semble supposer que l'ordre primitif des noms était Severi et Anto-
nini, conformément à la réalité chronologique, Septime Sévère
ayant Garacalla. — Remarquer la transformation de Galli en Gai-
licani.
2. H. c. praesentia — ordinaretur] Les ordinations ont toujours
été publiques et solennelles. Il est inutile de montrer qu'il en était
ainsi au temps du L. P. On voit tout aussi clairement que Zéphy-
rin n'a pas eu à introduire un usage qui remonte à l'origine môme
de l'Église. — Concile pseudosilvestrin des 275 évoques , can. 7 :
« Silvester episcopus dixit : A nobis incipientibus, moderamine
» lenitatis indicere commonemus ut nulli episcopo liceat quemli-
» bet gradum cleri ordinare nisi cum omni adunata ecclesia. Si
» quis hoc facere temptaverit, extra aecclesiae membra proiciatur
» et sibi soli sit obnoxius qui extra ecclesiae cunctae moderatio-
» nem nisus est régulas dissolvere. » Sur ce texte, v. ci-dessus,
Evajuste, note 4; Xystus, note 4; Introd., en. IV, § vi.
3. et patenas vitreas...] Ce texte est aussi important qu'il est obs-
cur; et son obscurité est d'autant plus regrettable que les cérémo-
nies de la messe romaine, au v« et au vi* siècle, nous sont fort peu
connues. M. de Rossi {Bull., 1864, p. 89; 1866, p. 20) y voit l'insti-
tution du fermentum, del'usage de transporter dans les églises titu-
laires des parcelles du pain consacré par le pape, pour les joindre
aux éléments du sacrifice offert par les prêtres des paroisses. Mon
interprétation est différente. Je crois qu'il s'agit simplement de
l'assistance et de la participation du clergé à la messe épiscopale. Je
traduis : « Zéphyrin fit (c.à.d. établit l'usage de tenir) des patènes
» de verre devant les prêtres, à l'église et (de les faire tenir par)
» des ministres, qui les portent pendant que l'évêque célèbre la
» messe, les prêtres se tenant debout devant lui {sacerdotes adstan-
» tes = sacerdotibus adstantibus). C'est ainsi qu'on doit célébrer
» la messe. Le clergé, sauf le droit de l'évêque (de dispenser ou
» d'occuper ailleurs), doit assister à toute la cérémonie (omnibus
» praesentes). La consécration étant ainsi faite, le prêtre reçoit,
» de la main de l'évêque, la couronne consacrée pour la donner
» au peuple. » Ces derniers mots, tradendam populo excluent l'idée
que le pain consacré soit emporté ailleurs et surtout employé
comme fermentum. Le fermentum se mettait dans le calice au Pax
Domini, mais il ne se distribuait pas au peuple. Ils n'indiquent
autre chose que la distribution de la communion faite au peuple
par les prêtres sous la direction de l'évêque. — Dans les ordines
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Romani du huitième et du neuvième siècle, on voit que les évo-
ques et les prêtres qui assistaient à la messe du pape lui prê-
taient leur concours pour la fraction du pain et la distribution de
la communion aux fidèles. A certaines grandes fêtes, Noël, Pâques,
la Pentecôte et la Saint-Pierre, les cardinaux prêtres prenaient
part à la consécration elle-même : « In diebus festis, id est, Pas-
chae, Pentecostes, sancti Pétri, Nativitatis Domini, per has qua-
tuor sollemnitates habent colligendas presbyteri cardinales; unus-
quisque tenens corporalem in manu sua; et venit archidiaconus et
porrigit unicuique eorum oblatas très. Et accedente pontifice ad
altare, dextra laevaque circumdant altare, et simul cum illo cano-
nem dicunt, tenentes oblatas in manibus, non super altare, ut vox
pontificis valentius audiatur. Et simul consecrant corpus et san-
guinem Domini; sed tantum pontifex facit super altare crucem
dextra laevaque. » (Ord. Rom., I, c. 48, dans Mabillon, Mus. Itali-
cum, t. II, p. 29; cf. c. 18, ibid., p. 13). Il n'est plus question ici du
rôle des acolytes ni des patènes de verre, et la messe collective
de l'évêque et du presbyterium n'est plus célébrée qu'aux grandes
fêtes : mais l'essentiel du rite est maintenu.— La mention des pa-
tènes de verre est à remarquer; elles n'étaient certainement plus en
usage à la fin du v c siècle (v. Introd., ch. IV, § vu). Du reste, no-
tre auteur a eu soin de leur faire substituer des patènes d'argent
par le pape Urbain, second successeur de Zéphyrin.
4. in cymiterio suo...] Avec Zéphyrin, les sépultures pontificales
passent du Vatican sur la voie Appienne. Les topographes du
vu siècle (De Hossi, Romasolt., t. I, p. 180) indiquent le tombeau
de ce pape, non pas dans les cryptes souterraines du cimetière de
Calliste, mais sursum, dans la petite basilique située près de l'es-
calier par lequel on descendait dans l'hypogée. C'est cette situation
spéciale qui est marquée ici par l'expression in cymiterio suo, iuxta
cymiterium Callisti. Le nom de Zéphyrin ne figurant pas dans le
catalogue épigraphique de Xystus III, qui contient les noms des
papes et autres évêques enterrés dans le souterrain, on a tout lieu
de croire que cet état de choses remonte au moins au temps de
Xystus III. Il est même possible qu'il soit primitif et que Zéphyrin
ait été enterré tout d'abord dans la basilique ou exèdre construite
au-dessus du cimetière de Calliste (Cf. de Bossi, Roma sott., t. II,
p. 6-9, 31).
5. VIII kal. sept.] Le martyrologe hiéronymien indique le XIII kal.
ian , qui doit être la vraie date. Sur cette question, v. Introd. ,
ch.- TV, § IX.
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XVII. GALLISTUS.
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CALISTUS, natione Romabus, ex pâtre Domitio *, de regione Urberavennantium \ sedit ann. VI m. II d. X. i 17
Fuit 3 autem temporibus Macrini et Theodoliobolli, a consulatu Antonini [218] et Alexandri [222]. Hic martyrio
coronatur. Hic constituit 4 ieiunium die sabbati ter in anno fieri, frumenti, vini et olei, secundum prophetiam. h
Hic fecit basilicam 5 trans Tiberira. Hic fecit ordinationes V per mens, decemb., presbiteros XVI, diaconos III I; m
5 episcopos per diversa loca numéro VIII. Qui etiam sepultus est 6 in cymiterio GaJepodi, via Aurélia, miliario III, iv
prid. id. octob. Qui fecit alium cymiterium 7 via Appia, ubi multi sacerdotes et martyres requiescunt, qui appel-
latur usque in hodiernum diem cymiterium Calisti. Et cessa vit episcopatus dies XVI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Calixtus E — Dometio C 2 — regione om. A — Urbaeraven-
nantium fr — an. VII AD : VC*» — 2 Fuit- Alexandri] Fuit tem-
poribus Antonini et Galicani usque Praesente et Istricano Anto-
nini et AlexandriCi — Theodoliobolli FA ! 24:TheodoliobilliK :
TheodoliA3:TheodoIigabolliA5 :HeIiobaldi A«: Helioballo B^*
C 23 : Elioballo B? : Elioballi B* : Heliogabali E : Heliogaballi
C 4 : Eliogabali D — a] ac A 4 — consulato B*3 C 23 — Antoni
BC 5 — Hic-coronatur om. A- — 3 sabbato quater A* — fru-
menta A2 — et vini A* — oleo A 1 [corr.) — profetiam B 1 C 3 E* 3 :
<quarti septimi et decimi> n E< 34 (et om. E 3 )— 4Tyberira C 1 *
— ordines D — 5 et episcopos G 2 — numéro om. C 3 E — Vil
B 2 — etiam < martyrio coronatur et> A 2 — est om. E — ci-
miterio A 1 : cimiterio suo C 3 — Calipodi A 1 : Calepodi B* : Ga-
lapodi A 2 B 2 -' C» : Cilopodi A*6 C 23 : Calapoti D : Calepodii A 3 *
— in via B« — 6 octubres B» — Qui om. B* : et B 2 -? CE —
aliud A 4 »* E — cymeterium Bi — martyris C 3 — quod B* E —
7 hodierno die A* — cimiterio A 3 B 23 « — Calesti C* : Calysti B*
— episcnpatum B— d. XVI K A^ : VII B>«7 : VI cet.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. ex paire Domitio] M. de Rossi {Bull. 1S66. p. 3) signale deux
marques d'ateliers de briques où on lit le nom de CALLISTI DO-
MITIORVM ou CALLISTI DVORVM DOMITIORwm (Marini,
Arvali, p. 769; cf. Iscrizioni doliari, p. 242, n«' 613-676); ces
deux Domitii, contemporains de Trajan, ont été tous deux pères,
l'un véritable, l'autre adoptif, de Domitia Lucilla, aïeule de Marc-
Aurèle. D'autre part, on sait par les Philosophumena (IX, 12) que
le pape Calliste fut, dans sa jeunesse, esclave de Carpophore,
affranchi de l'empereur Commode ou plutôt de Marc-Aurèle et
Commode (v. l'inscription de son tombeau, /. c; cf. C. I. L., t. VI,
n° 13040). Il n'est guère possible de trouver dans ces faits une vé-
rification du pâtre Domitio de notre notice, et M. de Rossi s'abs-
tient avec raison d'insister sur des indices aussi faibles. — Voir
dans le môme Bulletin, 1866, p. 17, un verre antique représentant
un CALLISTVS qui n'est évidemment autre que notre pape.
2. de regione Urberavennantium] C'est-à-dire du Transtévère, où
était localisé le souvenir de Calliste (Introd., p. xcui).
3. Fuil-Alexand7*i] Catal. libérien : a Fuit temporibus Macrini
et Eliogabali, a cons. Antonini et Adventi usque Antonino III et
Alexandro». — Ici on a omis un des consuls de chaque paire;
de plus, le nom Eliogabali a été singulièrement défiguré. On peut
voir, par les variantes, comment les copistes l'ont peu à peu ra-
mené à son orthographe primitive.
4. Hic constituit ieiunium...] Après prophetiam , la première édi-
tion, suivie parles mss.E, ajoute quarti memis, septimi et decimi.—
C'est le jeûne que nous appelons des Quatre-Temps, ou quatre
saisons, en joignant celui du commencement du Carême aux trois
qui sont mentionnés ici. Le pape Gélase {ep. ad episc. Lucan., 11)
énumère les mêmes jeûnes à propos des ordinations, en se ser-
vant des mêmes formules que notre biographe (l r0 éd.), quarti
mensis ieiunio, septimi et decimi, sed etiam quadragesimalis inilii.
Ces formules se retrouvent dans tous les livres de la liturgie ro-
maine et dans les homélies de saint Léon, le plus ancieu docu-
ment de cette institution. Les homélies et les prières liturgiques
la mettent, comme le L. P., en rapport avec les récoltes du blé,
du raisin et des olives. On n'en trouve aucune trace en Orient ;
même en Occident, les pays de rit gallican ne l'observèrent que
plus tard. — La prophétie à laquelle on rattache ici ce jeûne est
celle de Zacharie, vin, 19 : Haec dicit Dominus exercituum : ieiu-
nium quarti et ieiunium quinti et ieiunium septimi et ieiunium de-
cimi erit domui Iuda in gaudium et laetitiam. — On peut se deman-
der pourquoi notre auteur désigne le jeûne des Quatre-Temps par
l'expression ieiunium sabbati, alors que cette observance s'est tou-
jours étendue à trois jours de la semaine, le mercredi, le vendredi
et le samedi. Peut-être a-t-il cru que le jeûne du samedi n'avait
été observé d'abord que trois fois l'an, avant de l'èlio toutes les
semaines; dans la notice du pape Innocent il attribue à ce pape
l'institution du jeûne du samedi, sans distinction de semaines: les
deux décrets seraient ainsi corrélatifs. Cette explication me semble
un peu raffinée; voici celle que je préfère. Dans l'ensemble des cé-
rémonies des semaines de Quatre-Temps, celles du samedi avaient
une solennité toute spéciale : c'est alors qu'avait lieu l'ordination :
la station était invariablement à Saint-Pierre, où l'on célébrait une
longue vigile, analogue à celle de Pâques; douze leçons de l'Ecri-
ture y étaient récitées, ce qui a fait donner à ces samedis le nom
de sabbata in XII lectionibus. Dans les formules d'indiction de ces
jeûnes, le samedi est nettement détaché des deux autres jours :
Quarta igitur et sexta feria ieiunemus; sabbato autem apud beatum
Petrum apostolum pariter vigilemus (Léo M., hom. 78, 80, 86, 88, 89,
etc., cf. Sacram. Gelas. I, 82; Muratori, Lit. Rom., t. I, p. 602).
5. Hic fecit basilicam...] C'est la basilique de S. Maria in Tras-
tevere, qui, dans son état actuel, ne remonte qu'à Innocent II.
Elle doit sa fondation au pape Jules (v. sa notice), qui la fit cons-
truire trans Tiberim , regione XIIII, iuxta Callistum (Cat. lib., ci-
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dessus, p. 9). Elle garda d'abord le nom de son fondateur, sous le-
quel seul on la trouve désignée dans les documents du iv« et du
v« siècle (Préface au Libellus precum de Faustin et Marcellin, Mi-
gne, P.L., t. XIII, p. 82; signatures du concile romain de 499, dans
Hardouin, t. II, p. 961, 972 ; Mansi, t. VIII, p. 236; concile romain
de 501, Hard., t. c, p. 967; Mansi, t. c, p. 248; cf. ci-dessous, la
notice de Gélestin). Cependant, dès le temps du pape Jules, le lieu
où elle s'élevait portait le nom de Galliste. Outre la désignation
iuxta Callistum du catalogue libérien, on peut citer, comme se rap-
portant probablement au même endroit, l'inscription suivante, qui
a été lue sur un collier d'esclave : REVOCA ME AD DOMINV
MEV VIVENTIVM IN ARA GALLISTI (Spon, Mise. erud. anliq.,
p. 300; Fabretti, Jnser. dom.,p. 522, n. 367; De Rossi, Bull., 1866,
p. 94; 1874, p. 42, 50), où M. de Rossi (l. c.) corrige ARA en AREA.
La Passio Callisli (Introd., p. xen) localise aussi le souvenir du
pape Galliste dans le voisinage de cette basilique.— On lui a môme
trouvé des origines plus anciennes en l'identifiant avec deux édifices
mentionnés, l'un par saint Jérôme, dans sa chronique, l'autre par
Lampride, dans la vie d'Alexandre Sévère : • E taberna meritoria
» trans Tiberim oleum terra erupit, fluxitque toto die sine inter-
» missione, significans Ghristi gratiam ex gentibus » (Hieron.
Chron., Olymp. 184, 4=38 av. J. G.; cf. Dion Gassius, XLVIII,
43 : IXawîv tt icapi t$ Ti6ep(8i dcvé6Xu<re). c Cum Christiani quen-
» dam locum, qui publicus fuerat, occupassent, contra popinarii
a dicerent, sibi eum deberi, rescripsit, melius esse, ut quemad-
» modumeumque illic Deus colatur, quam popinariis dedatur »
(Lampride, Alex., c. 49 ; éd. Peter, t. I. p. 263). Il faut remarquer
que la vie d'Alexandre ne dit pas que le lieu en question fût situé
au delà du Tibre. Quant à l'identification de la basilique avec la
taberna meritoria de saint Jérôme, elle remonte au xi e siècle, pour
le moins. — La basilique du pape Jules finit par prendre aussi le
nom de Galliste. Parmi les signataires du concile romain de 595,
on trouve un presbyter sancti Julii et Callisti. A ce double vocable
vint se superposer, dès le vu siècle, celui de sainte Marie : dans
YEpitome de locis ss. martyrum (De Rossi, Roma s^it., t. I, p. 143)
on trouve la basilique ainsi mentionnée : Basilica quae appellatur
Sancta Maria Transtiberis. Plus tard, le nom de Jules disparaît.
On ne le retrouve plus dans une inscription votive du vn e ou du
Tiir» siècle, publiée par M. de Rossi, Bull, 1870, p. 113, pi. IX :
DOMVS HAEG SGÂË" ET SEMPERQUE VIRGINIS ET Dï
GENETRIGIS MARIAE QVAE GALLISTI VOGATVR, ni dans
les signatures des conciles de 721 et de 745, ni dans le £. P., qui,
depuis Grégoire III (731-742), parle assez souvent de cette église.
Galliste avait une légende, Jules n'en avait pas; le souvenir de
Galliste devait nécessairement éclipser celui de Jules.
6. Qui etiam sepultus est...] Le catalogue libérien, la Depositio
martyrum et le martyrologe hiéronymien s'accordent avec le L. P.
à marquer au troisième mille de l'Aurélienne le cimetière de Ca-
lépode, où Galliste reçut la sépulture. Cette nécropole fut visitée,
au siècle dernier, par Boldetti (Osservazioni sut s. cemeteri, p. 539),
qui la prit pour le cimetière des ss. Processus et Martinien. M. de
Rossi (Roma sott., 1. 1, p. 165, 185) lui a rendu son nom véritable,
mais ne l'a pas encore étudiée en détail. Elle s'étend, à droite de
la voie Aurélia vêtus, au delà de la villa Pamphili, en face du ca-
sale di Pio V. M. H. Stevenson a retrouvé (De Rossi, Bull., 1881,
p. 105) au-dessus de ce cimetière une petite église : ce doit être la
même que l'itinéraire dit de Salzbourg (De Rossi, Roma sott. f 1. 1,
p. 182) indique comme centre de la station : « Eadem via pervenies
» ad ecclesiam : ibi invenies s. Calistum papam et martyrem, et in
» altero [loco] in superiori domos.Iulius papa et martyr. » Gesdeux
tombes historiques n'ont point encore été retrouvées. — Le martyr
Calepodius joue un rôle important dans la Passio Callisti (Introd.,
p. xcn). C'était un prêtre romain; il fut jeté au Tibre, par ordre
d'Alexandre, le 1 er mai; son corps ayant été retrouvé dix jours
après, il fut enterré, par Galliste lui-même, dans le cimetière qui
portait son nom. Son anniversaire est indiqué au 10 mai dans les
martyrologes. — Quant à celui de Calliste, il est marqué au 14 oc-
tobre dans la Depositio martyrum , le martyrologe hiéronymien et
les livres liturgiques grégoriens.
7. Qui fecit—Calisti] Philosophum., ix, 12 : jjlsO* ou (Victor) xol^aiv
Zcfpupïvo; <juvapdt|AEVov aùrôv (Galliste) r/wv irpôç r^v xairiircaaiv toG
x^Tipotj èzi\i'i\ce tûISûo xaxw xal toutov iieTavaywv dt-rrô toû 'AvOefou sic xà
xot[XT 4 TTjpiov xaTÊOTT^ev. Sur le cimetière de Galliste, v. les trois pre-
miers volumes de la Roma sotterranea de M. de Rossi ; cf. Desbas-
sayns de Richemont, Nouvelles études sur les catacombes romaines ,
Paris, 1870, p. 69-267. Les passionnaires, les calendriers, les livres
liturgiques mentionnent très souvent le cimetière de Galliste; en
revanche, son nom ne s'est rencontré qu'une seule fois dans l'épi—
graphie. L'inscription où il se trouve (De Rossi, Roma sott. f
t. III, p. 260, 263), est de la seconde moitié du IV e siècle :
BENEMERENTI IOVIXE QVE GVM COIu
GEM SVVM HABVIT ANNOS V ET De
GESSIT ANNORVM XXII QVE GONPAm
BIT SIBI ARCOSOLIVM IN GALLISTI AT DOMNum
DEPOSITA DIE III IDVS FEBRVARIAS
GAIVM FEGIT GOIVGI SVAE MERENTI IN PACE
— L'expression multi sacerdotes et martyres fait allusion aux tom-
beaux des quinze papes enterrés dans le cimetière de Galliste,
avec plusieurs martyrs célèbres, sainte Cécile, sainte Sotéris, Hip-
polyte et les saints grecs, saints Calocaerus et Parthenius, etc.
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XV1I1. URBANUS.
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URBANUS, natione Romanus, ex pâtre Pontiano, sedit ann. I II I m. X d. XII *. Hic fecit * ministeria sacrata I II 18
omnia argentea et patenas argenteas XXV posuit. Qui etiam 3 clare confessor temporibus Dioclitiani. Hic 4 sua ni
traditione multos convertit ad baptismum et credulitatem, etiam et Valerianum, nobilissimum virum, sponsum
sanctae Ceciliae, quos etiam usque ad martyrii palmam perduxit; et per eius monita multi martyrio coronati sunt.
5 Hic fecit ordinationes Vper mens, decemb., presbiteros XVI III, diaconos VII ; episcopos per diversa loca numéro \\j
VIII. Qui etiam sepultus est 5 in cymiterio Praetextati, via Appia, quem * sepelivit beatus Tiburtius, XIIII kal.
iun 7 . Et cessavit episcopatus dies XXX.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i Pontio B^ — an. VIII m. XI A&6 C** E (de & non constat)
— 2 argentea et patenas om. A 6 — et om. A* — patena argentea
A 2 — posuit om. A2 D— Qui-Diocletiani r AD : Hic vero confessor
BC (vero om. B 1 — et ipse verus confessor C 4 ) : Hic vero (verus
corr.) confessor extilit temporibus Maximiani et Africani consu-
ltas E 1 : Hic vero confessor extitit temporibus Diocliciani E*
— Qui] Fuit D — clare] clarus A* D : claruit a* : fuit clare A**
— clare confessor] martyrio coronatur A 3 — Dioclitiani] Ale-
xandri a< A* — - 3 et < ad > A3* B» — credulitatem <Christi>
A* — et post etiam om. C 12 E — nubilissimum B ! — 4 sancte
A 1 — Ciciliae Ai : ecclesiae A 3 — quo Ai : qui A 23 — 5 presb.
VI11I diac. V A5« BCDE — numéro om. AE — 6 in om. A* —
Praetestati E : Calesti C* — quem-Tiburtius om. A^ c BCDE —
sepellivit A 1 — Tiburtius] Iustinus A* — XilII kl iun. om. B 23
C 1 : transferunt post cessavit C 23 : VIII kl. iun. A 3 DE — 7epis-
copatum B.
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i. Le synchronisme impérial et les consuls ont été supprimés,
probablement parce que, Urbain étant présenté un peu plus bas
comme un contemporain de Dioclétien, on aura voulu éviter une
contradiction trop apparente. — Catalogue libérien : « Fuit tern-
ît poribus Alexandri, a consulatu Maximi et Eliani [223] usque
y> Agricola et Clementino » [230].
2. Hic fecit ministeria...] L'auteur a évidemment la notion d'un
temps où les vases sacrés (ministeria sacrata) n'étaient point en
métal précieux (cf. Zépiiyrin, noto 3). Quant aux vingt-cinq patènes,
elles me paraissent être en rapport avec le ministeriurn stational,
vaisselle liturgique dont on se servait les jours de station, et dont
le nombre de pièces était subordonné à celui des titres ou paroisses
de la ville de Rome. (Voir Clet, Marcel, Hilaire.)
3. Qui etiam — Diocletiani] Il manque un verbe à cette phrase;
mais ce qu'elle a de plus choquant, c'est l'énorme anachronisme
produit par le nom de Dioclétien. Aussi les copistes ont-ils, comme
à l'envi, retouché ce passage. Les manuscrits BC suppriment les
mots temporibus Diocletiani. Ceux du type D ont suivi ici la leçon
primitive. Dans la classe E, on semble avoir d'abord combiné les
deux leçons A (celle du texte) et BC (Hic vero confessor), en ajou-
tant à celle-ci le temporibus Diocletiani de la première. Le manus-
crit E 1 (Vat. 3764) remplace Diocletiani par une date consulaire,
celle de 236; il l'emprunte à la notice d'Antéros, qui, chez lui, suit
immédiatement celle d'Urbain. Môme dans le groupe fidèle à la
tradition primitive (t: AD), il y a des retouches. Dans A* le nom
de Dioclétien est remplacé par celui d'Alexandre, que fournissent
les deux notices de Calliste et de Pontien, l'une avant, l'autre
après celle d'Urbain; cette môme correction a été introduite après
coup dans le manuscrit de Lucques. Enfin A 3 , sans toucher à la
date, transforme Urbain de confesseur en martyr.
4. Hic sua — coronati sunt] Passage dérivé de la Passio s. Caeci-
liae\ voir Introd., p. xciii; Acta s. Caeciliae, dans Surius, t. VI,
p. 548 et suiv. ; remarquer surtout le passage : a Qui (Urbanus)
» episcopus, cum secundo fuisset confessor, latebat, » etc.; Acta
ss. maii, t. VI, p. 8.
5. Qui etiam sepultus est...] Comme dans les phrases précédentes,
Qui etiam clare... , Hic sua traditione..., le pape Urbain est confondu
ici avec un saint homonyme, qui avait son tombeau dans le cime-
tière souterrain de Prétextât, tout près de l'endroit où reposaient
les martyrs Tiburce et Valérien. Itinéraire de Salzbourg(De Rossi,
Roma soti., t. I, p. 180) : « Eadem via (Appia) ad Aquilonem, ad
» ss. martyres Tiburtium et Valerianum et Maximum. Ibi intrabis
» in speluncam magnam et ibi invenies s. Urbanum episcopum et
» confessorem, » etc. Au x* siècle environ, on transforma en église
et on mit sous le vocable de saint Urbain un petit édinile antique
situé à peu de distance au S.-E. du cimetière de Préioxtat; c'est
ce monument qui porte le nom de S. Urbano alla Caûarella. — Le
véritable pape saint Urbain fut enterré dans la crypte papale du
cimetière de Calliste, où l'on a retrouvé son épitaphe : OrPBANOC
°//// (OùpSavôç faîanomc). Une liste des papes enterrés dans ce cime-
tière fut gravée plus tard, par ordre de Xystus III (432-440), sur
une table de marbre que l'on voyait autrefois dans la crypte de
Saint-Sixte : elle contenait le nom d'Urbain. Sur cette question,
v. De Rossi, Roma sott.,t. II, p. 48, 52-54, 151 et suiv., pi. u; Bull.
1812, p. 59 et suiv., pi. iv et v; cf. Introd., p. xciv.
6. quem-Tiburtius] Ces mots ne se trouvent que dans les abrégés
de la première édition et dans les manuscrits A. La recension BC
les a supprimés, comme contraires au texte courant de la passion
de sainte Cécile : dans ce texte, Tiburce meurt avant Urbain
(Introd., p. xciv).
7. XIIII kal. iun.] La fête de saint Urbain n'est pas marquée
dans les Depositiones philocaliennes, ni dans les anciens sacramen-
taires léonien et gélasien; dans le martyrologe hiéronymien, on la
trouve indiquée au 25 mai (VIII kal. iun.) avec une confusion to-
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pographique spéciale, qui prouve qu'en cet endroit le martyrologe
dérive, non d'un calendrier romain officiel, ni môme de la notice
d'Urbain dans le L. P., mais d'une table des sépultures pontifi-
cales, annexée au L. P. et dérivée de lui (Jntrod., p. xlvij. Les li-
vres de la liturgie grégorienne et les martyrologes historiques
du ix e siècle ont aussi la date du 25 mai. C'est évidemment l'in-
fluence de cette tradition liturgique qui a fait substituer, dans
certains manuscrits du L. P., la leçon VIII kal. iun. à XIIII kal.
iun.; d'autres fois, comme on peut le voir par les variantes, les
copistes ont supprimé la date ou bien l'ont transportée plus loin.
Cependant on ne peut douter que la leçon XIIII kal. iun. ne soit
primitive. Or, il est à remarquer que le martyrologe hiéronymien
indique à ce jour un saint Urbain, sous la rubrique du cimetière
de Calliste, à la suite des saints Calocaerus et Parthenius. Voici,
en effet, le commencement du latervulus du 19 mai, reconstitué
d'après les trois mss. d'Epternach, de Wissembourg et de Metz :
Romae, natale sanctorum Caloceri, Partheni, eunuchorum Decii im-
peraloris et uxoris dus; qui, cum esset unus ex his praepositus cubi-
culi, aller primicerius, nolentes sacrificare idolis a Decio occisi sunt et
reguiescunt in cimiterio iuxta via Appia. In cimiterio Calesti, via Ap-
pia, natale Paterni (1. Partheni), Gallicuri (1. Calocaeri), UpÔani,
Indicif Selevci, etc.
Le manuscrit d'Epternach ajoute l'épithète de confessons au nom
d'Urbain ; il se retrouve d'ailleurs deux autres fois, dans le même
laterculus, soit avec sa terminaison masculine, soit sous la forme
Urbanae, mais au milieu d'autres noms de saints qu'il n'est pas
facile de ranger avec sûreté sous les diverses rubriques topogra-
phiques qui les accompagnent. Pour le commencement, ce later-
culus me parait avoir subi une interpolation. En effet, la phrase
natale — in cimiterio iuxta via Appia est tout à fait en dehors du
formulaire habituel du calendrier romain, tel qu'il est entré dans
la compilation pseudohiéronymienne. De plus, elle fait double em-
ploi avec la suite In cimiterio Calesti, etc., dont la teneur est, cette
fois, rigoureusement conforme à l'usage. Ainsi, le laterculus primi-
tif aura, suivant moi, commencé par les mots : Romae, in cimiterio
Callisti, via Appia,natale Partheni, Calocaeri. Si le nom Urbani doit
être maintenu à la suite des deux premiers, et il n'y a guère dé
raison de s'en dispenser, il sera difficile de ne pas y voir le nom du
pape Urbain, et, de cette façon, la leçon originale du L. P. se trou-
vera confirmée par la leçon originale du martyrologe hiéronymien.
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XVI1II. PONTIANUS (230-235).
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PONTIANUS, natione Romanus, ex pâtre Calpurnio, sedit ann. VIIIÏ m. V d. II. Martyrio coronatur. Fuit ! I 20
autem temporibus Alexandri, a consulatu Pompeiani et Poliniani [231]. Eodera tempore Pontianus episcopus et h
Yppolitus presbiter 2 exilio sunt deportati ab Alexandro 3 in Sardinia insula Bucina 4 , Severo et Quintiano consuli-
bus [233]. In eadem insula adflictus 5 , maceratus fustibus, defunctus est 6 III kal. novemb. et in eius locum
5 ordinatus est Antberos XI kal. decemb. Hic fecit ordinationes II per mens, decemb., presbiteros VI, diaconos V ; m
episcopos per di versa loca numéro VI. Quem 7 beatus Fabianus adduxit cum clero per navem et sepelivit in
cymiterio Calisti 8 , via Appia. Et cessavit episcopatus dies X.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Anterotem Pontiano praeponunt FC^E 1 »* — Calpurneo A 1 :
Calcpodio A* — an. V m. II A*& C^ E — d. I A* : om. O* E
(suppl. e) — martyrio cor. transfert post conmles A 6 — 2
<ab> Alexandri A& — a] ac A* — Propeiani D — - Pe'eniani
A2 : Polliniani A« : Petiniani C* : Pelliniani B 5 : Peliani E —
3 Ypolitus A (A« excepto) E : Ippolitus B* : Hypolitus B* —
<in> exilio A* — deputati A2 — insula w A : in insula A'
BCDE — Buciana A (Butiana A*) — Quinlino B» — 4 in ead.
insula om. D — insulam B" C*3 — adflictus, maceratus fusti-
bus om. BCDE — < et> macer. A3* — 1111 kl. A* D — et-de-
cemb. om. C* — in om. O — loco A3-6 B« — 5 Anllieros A356
B 5 : Anterus E — XI kl. decemb. om. A — 6 numéro om. A —
Quem-scpelivil] Qui etiam sepultus est BCD — Favianus E —
clr Ai : clricis a 1 : clericis A 4 — navim E — 7 cymilerium B3 :
cimilerio O — Apia B 5 ? — episcopatus <a dispositioneeius>
Et : <adie depositionis > E 4
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Fuit — XI k. decemb.] Tout ceci est tiré du catalogue libérien,
sauf les mots ab Alexandro, adflictus, maceratus fustibus, et quel-
ques autres modifications de détail qui vont être expliquées.
2. Yppolitus presbiter] Hippolyte, célèbre docteur romain, men-
tionné ici comme compagnon d'exil de Ponlien, partage avec lui
les honneurs d'un anniversaire commun, que l'on célébrait
le 13 août, dès le temps de Constantin. La Depositio martyrum (ci-
dessus, p. 12) porte, aux ides du mois d'août : « Ypoliti in Tibur-
tina et Ponliani in Calisti ». Il a été démontré plus haut (Introd.,
p. ii-iv) que la première partie du catalogue libérien, jusqu'à
Pontien, dérive de la chronique d'Hippoly te, arrêtée à l'année 235,
c'est-à-dire à l'année où il fut exilé. D'autre part, la célèbre sta-
tue qui le représente assis dans une chaire sur laquelle est gravé,
avec sa table pascale, le catalogue de ses écrits, a été trouvée sur
la voie Tiburtine, à l'endroit môme où s'élevait la basilique dédiée
à son culte. Il n'est donc nullement douteux que le docteur ro-
main Hippolyte, dont la fête tombait le 13 août, ne soit le même
personnage que celui qui est mentionné ici. Il n'est pas moins
certain que ce personnage ne doive être distingué d'Hippolyte
Nonnus, vénéré à Porto le 23 août (De Rossi, Bull., 1866, p. 42;,
et que certaines légendes transforment en un évoque de celte loca-
lité. Beaucoup de personnes identifient le saint Hippolyte de Rome
avec l'auteur des Philosophumena, fondateur d'une secte schis-
matique au temps du pape Calliste, puis rallié à l'Église sous l'un
de ses successeurs, Urbain ou Pontien. A la fin du iv° siècle, en
un temps où les souvenirs antérieurs à Constantin et surtout à
Gallien allaient s'enchevôtrant chaque jour de plus en plus, on ra-
contait qu'Hippolyte avait été d'abord le chef de la communauté
novatienne de Rome, mais que, condamné à mort pour la foi
commune, il avait engagé, au dernier moment, ses disciples à ren-
trer dans l'Église catholique. Cette opinion trouva une expression
solennelle dans l'inscription métrique dédiée par le pape Damase
au tombeau du martyr de la voie Tiburtine (De Rossi, DulL, 1881,
p. 26, pi. u ; Inscr. christ., t. II, p. 82). Prudence, ayant lu cette
Liber pontificalis.
inscription, en fit son profit, mais on la combinant avec d'autres
tradilions, relatives au martyr de Porto (Pcrisleph., hymn. xi).
Plus tard encore, la proximité du sanctuaire d'Hippolyte avec
celui de saint Laurent porta les légendaires à réunir ces deux
saints dans la même histoire, et le prêtre romain du temps de Sé-
vère devint un officier de la milice palatine, contemporain de
Dèce et de Valérien (De Rossi, Bull., 1882, p. 28-37). Ces transfor-
mations et les questions critiques qui s'y rattachent ont été étudiées
par M. de Rossi dans son Bulletin, en 1866, 1881 et 1882. Pour moi,
l'Hippolyte militaire de la Passio s. Laurentii et l'Hippolyte, prê-
tre novatien, de Damase et de Prudence, ne forment qu'un seul et
même personnage, qui doit être identifié avec le docteur dont nous
avons la statue et les écrits. M. de Rossi conserve des doutes ;
d'autre part, tandis qu'il accepte comme historiques les renseigne-
ments de l'inscription damasienne et croit pouvoir les concilier
avec les documents du ui e siècle, tant sur Hippolyte que sur les
débuts du schisme novatien, je ne puis me persuader que celte
conciliation soit possible et je me vois obligé de sacrifier le récit
du poème damasien à d'autres témoignages plus anciens et plus
sùr^. Il est en effet impossible d'expliquer la communauté d'anni-
versaire entre Pontien et Hippolyte, autrement qu'en admettant
qu'ils ont été enterrés le même jour du calendrier. Comme ils ont
été exilés ensemble et dans le même lieu, quoi de plus naturel que
de supposer que leurs corps ont été plus tard rapportés sur le
même navire et déposés le même jour de la même année dans les
cimetières romains? Si le docteur Hippolyte avait vécu jusqu'au
temps de la persécution de Dèce et du schisme de Novatien, comme
le pense M. de Rossi, comment croire que les nombreux docu-
ments qui nous restent sur cette période de l'histoire ecclésiasti-
que de Rome se soient accordés à garder le silence sur un per-
sonnage aussi considérable? Hippolyte aurait été alors au moins
octogénaire; son grand âge, ses écrits, l'éclat de sa confession
sous Pontien, tout eût concouru pour donner à sa défection une
notoriété plus grande, et l'on ne concevrait pas que le premier rôle
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eût été pour Novalien. D'ailleurs, l'inscription damasienne est loin
de se prêter à l'idée que le martyr Hippolyte ait été contemporain
de l'origine du schisme : elle ne mentionne aucune date, elle ne
fait aucune allusion à la persécution de Valérien (258); il semble,
en la lisant, que la secte novatienne soit menacée d'extinction par
le retour du martyr à l'unité catholique. Remarquons enfin que
Damase s'y montre très peu affirmatif et qu'il semble vouloir met-
tre sa responsabilité de narrateur à couvert derrière les bruits, les
récits qui circulent. Voici cette inscription :
Hippolytus fertur PREMERENT CuM IVSSA Tyranni
presbyter in scismk SEMPER MANSISSE XOvali.
Tempore quo gladiVS SEGVIT PIA VISGERA MAfrû,
dévolus Christo, peteret cuM REGNA PlOrum,
quaesisset populus ubinam />roceDERE posset,
catholicam dùrisse fidem sequerentur ut omnes :
sic noster meruit confessus martyr ut esset.
Haec audita rEFERT DAMasus, probat omnia Christus.
En admettant qu'Hippolyte a réellement été l'auteur des Philoso-
phurr.ena, c'est-à-dire le chef d'une communauté schismatique ro-
maine, au m° siècle et trente ans seulement avant la défection de
Novatien, on explique très bien la formation du récit recueilli par
Damase. Un schisme momentané, dont aucune trace ne subsistait
plus depuis longtemps, aurait été confondu avec la secte nova-
tienne, qui durait encore à la fin du iv e siècle, à Rome et ailleurs.
Cependant la confusion peut s'expliquer aussi d'une autre manière.
— Quant à la statue, elle est actuellement au musée de Latran.
M. de Rossi en publiera sans doute une reproduction soignée dans
dans le tome II de ses Inscriptiones chrisiianae U. R. ; en attendant,
on peut consulter les gravures données par Bianchini, Anast.,
t. II, p. 159. 160. Les fouilles récemment exécutées au cimetière
d'Hippolyte, sur la voie Tiburtine, n'ont rien fourni qui puisse
changer les termes du problème, tel que je l'ai exposé ci-dessus.
3. ab Alexandro] Ces mots, étrangers au texte philocalien, ont été
interpolés d'après le temporibus Alcxandri du commencement. C'est
Maximin, et non Alexandro, qui exila Pontien et Hippolyte (In-
trod., p. xciv).
4. insula Bucina] L'un des manuscrits philocaliens porte uoeina,
l'autre nociua. C'est sans doute celui-ci qui a raison ; en tout cas,
la leçon nociva doit être considérée comme primitive dans le cata-
logue libérien, mais non dans le L. P., dont tous les manuscrits
s'accordent sur la fausse leçon bucina. Il n'y a point d'Ile Bucina
aux environs de la Sardaigne, ce qui n'a pas empêché les écri-
vains de ce pays de retrouver l'Ile du L. P., comme ils ont re-
trouvé tant d'autres choses. En revanche, le climat de la Sardai-
gne jouit, depuis l'antiquité, d'une réputation d'insalubrité que
l'expérience justifie sous nos yeux. Le récit des Philosophumena
sur l'exil de Calliste (ix, 12), au temps de l'empereur Commode,
montre que Pontien et Hippolyte n'ont pas été les premiers con-
fesseurs romains à qui la Sardaigne ait été assignée comme lieu de
déportation. — Pline, Hist. Nat., ni, 8, mentionne parmi les lies
jEgates, à l'O. de la Sicile, une île Bucina, Buccina ou Bucion
(les mss. varient); on l'identifie souvent avec l'île Phorbantia, de
Ptolémée (m, 4, 8), la plus septentrionale des lies agates.
5. adflictus, maceratus fustibm] Voir Introd., p. xciv.
6. defUnctus est] Au lieu de defUnctus est, le catalogue libérien
porte discinctus est. Discingi mililia, dignilate, signifie quitter des
fonctions, renoncer à des honneurs. On trouve ce verbe appliqué
aux fonctions épiscopales dans la traduction de la synodique des
évoques orientaux, datée de Sardique, en 343 : Asclepas ante XVII
annos episcopatus honore discinctus est (Conc, Hard., t. I, p. 675 B;
Mansi, t. III, p. 131); il s'agit ici d'une déposition prononcée par
un tribunal ecclésiastique, tandis que, dans leL. P., il ne peut être
question que d'une démission volontaire.
7. — La fin de cette notice a extraordinairement souffert des re-
maniements introduits par les recenseurs ouïes copistes. Le texte
primitif présentait deux contradictions apparentes, que l'on s'est
efforcé de supprimer. La première, c'est que Fabien semble être
le successeur immédiat de Pontien, puisqu'on le voit se charger
de lui donner la sépulture, alors que, cependant, c'est la notice
d'Antéros, et non celle de Fabien, qui vient après celle de Pontien.
La recension BCD a fait disparaître cette difficulté en supprimant
ici toute mention de Fabien et en relatant la sépulture de Pontien
avec la formule ordinaire Qui etiam sepultus est, etc. D'autres ont
pris le parti, encore plus radical, de transposer les notices et de
faire passer Antéros avant Pontien (Introd., p. lxxv). Ceux-ci de-
vaient aussi, pour être conséquents avec eux-mêmes, effacer de la
notice de Pontien les mots et in eius locum ordinatus est Ânteros;
les uns (FG*) l'ont fait, les autres ont oublié de le faire (C 3 E»*), et
ainsi, pour éviter une contradiction, ils se sont jetés dans une au-
tre. La seconde difficulté venait de la durée de la vacance du siège,
marquée de dix jours à la fin de la notice, contrairement aux in-
dications fournies par les deux dates de la mort de Pontien (30 oc-
tobre) et de l'ordination d'Antéros (21 novembre). Pour écarter
cette contradiction, les mss. A suppriment la date de l'ordination
d'Antéros; les mss. E»* et l'abrégé F indiquent expressément que
la vacance est comptée à partir du jour de l'enterrement et non à
partir de celui de la mort. La finale de la notice, telle qu'elle se lit
dans ces mss., permet cette hypothèse, car elle suppose que l'en-
terrement de Pontien n'a pas eu lieu tout de suite après sa mort.
Les mss. BCD, au contraire, où cet enterrement semble s'être
passé comme à l'ordinaire, ne se prêtaient pointa un tel système;
aussi laissent-ils subsister la contradiction, comme elle était dans
la rédaction primitive du L. P. Il est du reste à remarquer que la
correction des mss. E et de l'abrégé F n'a pu s'inspirer de la date
réelle de l'enterrement de Pontien, le 13 août. Celle-ci, bien
qu'elle figure dans la Depositio martyrum, n'a point été, par ex-
traordinaire, marquée dans le L. P.
8. in cymiterio Calistï] Le lieu est marqué dans tous les calen-
driers et livres liturgiques; la date est le 13 août. Il est assez ex-
traordinaire qu'on l'ait omise ici. L'épitaphe de Pontien n'a pas été
retrouvée. En revanche, on a pu lire, parmi les nombreux graffiti
tracés sur la porte de la crypte des papes, l'acclamation suivante :
€N ©€(*) MÇTA IUNTGÛV...IIONTIANÉ ZHCTIC, qui semble
bien se rapporter au pape Pontien. Elle aura été gravée par quel-
que témoin de la translation de ses restes, au moment de la céré-
monie, ou peu de temps après (De Rossi, Romasott., t. II, p. 73-80,
382; pi. xxx).
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ANTEROS, natione Grecus, ex pâtre Romulo, sedit ann. XII m. I d. XII. Martyrio coronatur temporibus Maxi- I 19
mini et Africain conss. * [236] Hic gestas 2 martyrum diligenter a notariis exquisivit et in ecclesia recondit, il
propter quodam Maximino presbitero qui martyrio coronatus est. Hic fecit unum episcopum in civitate Fundis 3 m
Campaniae permens. decemb. Qui etiam sepultus est in cymiterio Calisti 4 , via Appia, III non. ianuar. Et cessavit
5 episcopatum dies XIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Ànteros B*E« : Anterus D : Antheros AWUC : Antherus A
(A* exe.) : Anthorus B^— Gregus G*— Rumulo A* —an. XII om.
A* 6 C 3 * : an. III B» — sedit an. XII om. E sed suppl. e — m. I
d. Xll] d. XVIÏII A* — < fuit autem > temporibus a*
A^BCDe— temporibus om. A 4 — Maximiani A^ 6 B 2 c 1 : Maximino
B": Maximiano B 3 C*2 3 — 2 Africano B"*C« : Affrico C* —
iesta A* : gesta A 3 — martyrum < et legentium > A 1 * 3 :
< elegentium> A* — ecclesias E 3 — recondiit B 6 : recondidit
A 56 DE 13 — 3 quodam A 1 * : quuodam B* : quadam A* : quon-
dam FKBC : quendam AHCDE" — Maximino A«B"7CM : Maxi-
miano B2* : Maxiano B 3 : Maximo A* : Maximinum A 3 E* :
Maximianum A* 6 : Maximum D — presbiterum A 356 D —
presbiterum martyrio coronatur C* — Hic-decemb.] Hic fecit
ordinationem I, episcopum I, mens, decemb. BCDE (per m. d.
ord. I B""C*E — Fundi A* — A mens, dec] menses X A* —
Apia B«7 —5 episcopatum A*BC — d. X B*
NOTES EXPLICATIVES.
1. temporibus — conss.] Ces consuls sont ceux de l'année 236, où
mourut Antéros, le 3 janvier. On leur a mal à propos adapté la
formule temporibus, qui sert ordinairement, dans le catalogue li-
bérien, à marquer le synchronisme des empereurs. Voici, pour
Antéros, le texte de ce catalogue : « Antheros, m. I. d. X. Dormit
m non. ian., Maximino et Africano cons. » Remarquer que le mot
dormit, qui exprime la mort naturelle, a été changé en martyrio
coronatur. Cf. Introd., p. xci.
2. Hic gestas — coronatus est.] Cf. Introd., p. xcv et c. Propter
quodam Maximino presbitero est pour propter quendam Maximinum
presbiterum.
3. tn civitate Fundis] Voir Sotbr, note 1.
4. Qui etiam...] Son épitaphe a été retrouvée, dans la crypte pa-
pale du cimetière de Calliste : ANT£I»(OC - €111... (De Rossi,
Roma $ott. f t. II, pi. m, p. 55-58). L'anniversaire d'Anléros n'est
point marqué dans les anciens calendriers ou livres liturgiques
romains, antérieurs au ix« siècle.
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XXI. FABIANUS (236-250).
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$1 l FABIANUS, natione Romanus, ex pâtre Fabio, sedit aria. XIIII m. XI d. XI. Martyrio cok'onatur. Fuit autem '
temporibus Maximi et Africani [236], usque ad Decio II et Quadrato [250], et passus est - XIIII kal. febr. Hic
H regiones dividit diaconibus 3 et fecit VII subdiaconos 4 qui VII notariis inminerent, ut gestas martyrum in integro
III fideliter colligerent, et multas fabricas 5 per cymiteria fieri praecepit. Et post passionem eius Moyses et Maximus
IV presbyteri et Nicostratus diaconus conprehensi sunt et in carcerem missi sunt. Eodem tempore supervenit Novatus ;
ex Africa et separavit de ecclesia Novatianum et quosdam confessores postquam Moyses in carcere defunctus est,
V qui fuitibi menses XI 6 ; et sic raulti christiani fagierunt 7 . Hic fecit ordinationes V per mens, decemb., presbi-
teros XXII, diaconos VII; episcopos per diversa loca numéro XI. Qui etiam sepultus est in cymiterio Calisti 8 , via
Appia, XIIII kal. febr. Et cessavit episcopatus dies VII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Favio El— a. XIII C"*— m. I d. X &** E(corr e)— m. Il A*
— d. XI om. A* — 2 Affricani C* : Fricani C* — Decium A3E —
II] secund. B«7 : secundum X^E — Quadratum A* 6 E — XIII kl.
A3456 : m k|. B5 — 3 regines A* (corr.) : regione A 2 — divisit
AE— VII diac. ABHdiac.VIIA^c): VII subdiaconniasE*(-nos e*)
— ut-colligerent om. A* — inminerent A*B C 2 E 3 : imminerint
Bi — gesta A3 — in om. A 2 — A fideliter om. BCDE — multa A 2
— fabricas] hic incipit B* — cymetiria B* — 5 presbyteri B 1
— Nicostratos A* (corr.) : Nichostratus C 2 — conpr. -et om. A 3 —
conprehensi B*C 3 — et om. C 2 — carcere A* 4 E — sunt om. A" —
supervenit] venit A*356 — ecclesia < quosdam > B* — Nobatus
C 13 — 6 Nobatianum B'C 13 — postquam] per quos A* — Moyses
< presbiter > E — cercere C 3 — 7 sic et BCDE — christiani
om. BCE — fugierunt FA 12 * : fugerunt A««B (B'> exe.) CD : fue-
runt B^E — fugierunt < per diversa Ioca> A — 8 XXI B" —
numéro om. A — X A* — 9 XIIII kl. febr. om. A 3 - XIII A««B«D
— et om. B«C — d. VI Bie'C».
NOTES EXPLICATIVES.
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i. Fuit autem...] Catalogue libérien : « Fuit temporibus Maxi-
» mi et Gordiani et Filippi, a cons. Maximiani et Africani usque
» Decio II et Grato. » Tout ce qui suit, jusqu'à fuit ibi merises XI
est reproduit du catalogue libérien, sauf le passage relatif aux
sous-diacres.
2. passus est XIIII kal. febr.] Le martyre de Fabien est attesté,
non seulement par cette note contemporaine (Introd., p. iv), par
l'épi taphe de Fabien lui-môme et par toute la tradition liturgique
de Rome depuis la Depositio martyrum, mais encore par une lettre
de saint Cyprien [Ep. ix) écrite quelques semaines après l'évé-
nement.
3. Hic regiones dividit diaconibus]Le nombre des régions n'est pas
indiqué. Rome avait été divisée par Auguste en quatorze régions.
Ce nombre s'harmonise bien avec celui des sept diacres : on a pu
avoir l'idée de répartir les régions deux par deux entre les dia-
cres, comme il y avait un poste de vigiles pour deux régions. Ce-
pendant, comme on constate, dès le v° siècle et môme auparavant
(De Rossi, Roma sott., t. III, p. 514 et suiv.), l'existence de sept
régions ecclésiastiques dont la délimitation ne concorde pas avec
celle des régions d'Auguste, même groupées deux à deux, on est
fondé à voir dans le présent texte une allusion à cette institution.
Sur les régions ecclésiastiques, voir De Rossi, /. c. et Piante di
Roma, p. 78, 79; Iordan, Topographie der Stadt Rom., t. I (1878),
p. 12; t. II (1871), p. 315; L. Duchesne, Les circonscriptions de
Rome, dans la Revue des questions historiques, t. XXIV (1878),
p. 217-225; Gatti, dans le Bullettino de M. de Rossi, 1883, p. 102.
4. et fecit Vit subdiaconos — colligerent] Ce passage, interpolé
dans la notice du catalogue libérien, est relatif à l'institution des
sous-diacres. L'auteur leur attribue une origine beaucoup moins
ancienne qu'aux notaires, qui apparaissent dès le temps de saint
Clément. Après les prêtres et les diacres, ce sont les notaires
qui ont le privilège de l'ancienneté. Cependant les sous-diacres
sont présentés ici comme ayant une certaine prééminence sur
eux. Il n'y a pas contradiction entre ces deux idées. Les sous-
diacres, faisant partie de la hiérarchie d'ordre, étant attachés au
service de l'autel, avaient à cet égard le pas sur les notaires
(Gétase. Ep. ad episc. Lucaniae, c. 2). Mais dans ce qu'on peut
appeler la hiérarchie de cour, qui comprenait les notaire»,
les défenseurs et les grands officiers du palais pontifical, les
notaires passaient avant tous les clercs inférieurs aux diacres.
Saint Grégoire {Ep. vin, 14.) les nomme avant les sous-diacres,
dans un document relatif à des préséances et dont tous les termes
ont dû être pesés. Au vn c siècle, divers documents établissent que,
pendant la vacance du siège apostolique, ou en l'absence du pape,
l'église romaine était gouvernée par l'archiprêtre, l'archidiacre et
le primicier des notaires (lettre aux évêques Scots, en 640, Jaffé,
2040, Migne, P. L , t. LXXX, p. 601; lettre du pape Martin, en
653, JafTé, 2079, Migne, P. L., t. LXXXVII, p. 201 : in absentia
pontifias archidiaconus et archipresbyter et primicerius locum prae-
sentant pontifias ; cf. Liber diurnus, u, 1, 5, 6, 7, p. 108, 118, 122,
24, Rozière). Sur les fonctions attribuées ici aux sous-diacres,
v. Introd., p. c. — Les sous-diacres sont au nombre de sept,
comme les notaires; ce 6ont les sept sous-diacres et les sept no-
taires régionnaires, distingués des sous-diacres à la suite {subdia-
coni sequentes) et des notaires ordinaires. Si l'interprétation que
j'ai donnée plus haut (Victor) du terme sequentes cleri est exacte,
notre auteur aura eu ici une distraction. Il aurait dû, en effet, pour
rester dans les vraisemblances, s'abstenir de placer l'institution
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XXI. FABIANUS (236-250).
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des sequentes avant celle des règionnaires. — Les sous-diacres
romains sont mentionnés dans l'épttre de Cornélius à Fabius
d'Antioche, c'est-à-dire dans un document postérieur de deux ans
environ à la mort du pape Fabien ; ils étaient alors au nombre de
sept (Eus., H. E., vi, 43). Vers le môme temps et môme un peu plus
tôt, dès le temps de la vacance après Fabien, la correspondance
de saint Gyprien parle souvent des sous-diacres de Garthage
(Ep. 8, 9, 29, 34, etc.). Il est évident qu'ils n'étaient point
alors d'institution récente, comme on pourrait le croire en s'en
rapportant au L. P. — Jmminere a ici le môme sens que dans les
lettres de saint Grégoire (Ep. m, 9, 22, 29 ; vin, 22; x, 2*) où il si-
gnifie veiller à ce que telle personne fasse telle chose, s'acquitte
do tel devoir.
5. et mullas fabricas...] Sur ce texte v. De Rossi, Romasotl., t. I,
p. 117, 199; t. II, p. 278 et suiv. M. de Rossi range parmi les tra-
vaux mentionnés ici l'exécution de la salle souterraine centrale,
dans la seconde area du cimetière de Calliste, et la construction
d'une exèdre à trois absides, au-dessus du sol, dans la môme ré-
gion cimitériale.
6. menscsXf] Catalogue libérien : «m. XI d. XI. »
7. et sic multi...) La leçon fuerunt, peu attestée, et qui, dans les
manuscrits où nous la trouvons, provient d'un accident ou d'une
correction, paraît néanmoins être la leçon primitive. L'idée est que
beaucoup de chrétiens furent emprisonnés pendant la persécution
de Dèce, comme le prêtre Moyse. La glose per diversa loca, qui
caractérise les manuscrits A, renforce cette idée.
8. Qui etiam sepultus est...] L'épitaphe de Fabien a été retrouvée,
au môme endroit que celle d'Antéros : ♦ABIANOC • Cm • MTP
(De Rossi, Roma sott., t. II, pi. m, p. 58-62) ; les lettres MTP (piptup)
sont liées et gravées d'une main beaucoup plus légère que le
reste. Elles auront été ajoutées alors que le marbre était déjà en
place et qu'on ne pouvait l'entailler fortement sans risquer de le
briser. — La date XUII kal. feb. (19 janvier) est inexacte d'un
jour; il en est de môme, dans un autre sens, de celle (XII kal. feb.z=z
21 janvier) du catalogue libérien. La vraie date (XIII kal. feb.),
celle à laquelle on célèbre encore de nos jours l'anniversaire de
saint Fabien, figure dans la Deposilio martyrum, dans le martyro-
loge hiéronymien et dans tous les anciens documents liturgiques.
J'ai rétabli la leçon XIII kal. feb. dans la première édition (ci-
dessus, p. 65), mais elle n'est pas absolument certaine; au com-
mencement de la notice, les deux éditions s'accordent sur la faute
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XXII. CORNELIUS (251-253).
XXII
22 III CORNELIUS, natione Romanus, ex pâtre Castino, sedit ann. II m. II d. III *. Martyrio coronatur. Sub huius
episcopalu 2 Novatus Novatianum extra ecclesiam ordinavit 3 et Africa Nicostratum 4 . Hoc factum 5 , confessores
qui se a Cornelio separaverunt cum Maximo presbitero qui cum Moysen fuit, ad ecclesiam sunt reversi et facti
ni sunt confessores fidèles. Post hoc 6 Cornélius episcopus Centumcellis pulsus est et ibidem 7 scriptam epistolam
de sua confirmatione missam accepit a Cypriano, quam Cyprianus in carcerem scripsit, et de Celerino lectore. s
IV Hic temporibus suis, rogatus a quodam matrona Lucina, corpora apostolorum beati Pétri et Pauli de Catacumbas
levavitnoctu : primum quidem corpus beati Pauli accepto beata Lucina posuit in praedio suo, via Ostense, iuxta
locum 8 ubi decollatus est ; beati Pétri accepit corpus beatus Cornélius episcopus et posuit iuxta locum ubi cru-
cifixus est, inter corpora sanctorum episcoporum, in templum Apollinis, in monte Aureum 9 , in Vaticanum palatii
Neroniani, III kal. iul. 10 \q
v Post hoc ambulavit noctu Centumcellis. Eodem tempore audivit Decius eo quod epistulam accepisset a beato
Cypriano, Cartaginensi episcopo. Misit Centumcellis etexhibuit beatum Cornelium episcopum, quem tamen iussit
praesentari sibi in Tellude ", noctu, an te templum Palladis. Quem ita adgreditur, dicens : « Sic definisti, ut nec
» deos considères, nec praecepta maiorum nec nostras minas timeas, ut contra rempublicam litteras accipias et
» dirigas? » — Cornélius episcopus respondit, dicens : « Ego de corona Domini 12 litteras accepi, non contra 15
vi » rempublicam, sed magis animas redimendas. » — Tune Decius, iracundia plenus, iussit os beati Corneli cum
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
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i ann. III A56C 34 E— m.ll om. A 4 C 34 E [corr. e)— d.XA«6C 234 E
(corr. e) — Martyrio coronatur om. B 67 — eius.B»: cuiusE— 2episco-
patum Ai : episcopatus E- -Novatus om. B' — NobatusC 13 — No-
batianum B*C«— Africanus A5«B (Africani? B*) : in Africaa'D —
Africanocostratum A 2 : Africanumconstratum A* — facto A 3 ^C 2
— 3 se a Corn. sep. KA : se sep. a Corn. BCE : separati erant
a Corn. D — se om. B 1 (?) B 3 C 3 E (corr. e) — com B 2 — Moyse
A.256 bie _ fuerunt B*— ad ecclesia C 3 : ab ecclesia B«— 4 sunt
< omnes > A* — hocl haec B5 — ibidem KA : ibi BCDE —
scripta A 3 : suscepit D : susceptam B" — epistulam A 1 : epistola
A 3 : ecclesiam et A* — 5 confirmationem C 3 — confirmatione
< martyrii > KD — missam-carcerem] misit Cypriano, quam
Cyprianus visa de carcere A 4 — missam A 15 *C* : missa cet. —
accepit om. BCDE : a Cypr. accepit K : a Cypr. suscepit
A 56 : aput Cypriano A 1 : apud Cyprianum A". Hoc aput (vel
apud) videtur esse vestigium verbi accepit quod servavit K, muta-
verunt A*6 — carcerem KA 1 — et om. A 3 B3 — de] dédit Aï*
B23 __ Caelerino C* : Cellerino B" — lectori A56
6 quodam KA 12 : quondamB 36 C 3 : condam B 7 : quendam F —
matronam B 3 C 3 — Lucinam B2 3 C t3 : Luciana B 6 — corpora-Lucina
om. A* — beati om. B 3 5C 2 E — Catatymbas A 1 : Catatumbas C 3 :
CatatumbisB 1 : Catatumba A 3 : Catacumbis A* 6 — 7 prius A —
corpore A5« : om. BC*D — acceptum A 2 : om. BCDE — < et >
posuit BCD : posuit < illud > A5« — Hostense B 23 C* :
Osliense E : Ostensi A 6 B"C 2 D : Ostiensi As — 8 iuxta locum]
ad latus BCDE — beatus] sanctusA 4 — b.vero Corn. ep. corpus
b. P. ace. A* : b. Corn. ep. ace. corpus b. P. apostoli E —
9 templo B»E — Apollonis B^C 1 : Appollonis B 3 C* —
montem A 3 E — aureo A 4 BC 12 : aureii C 3 — in Vaticanum om.
A 2 — Vaticano B 6 E : Baticanum A 14 — palatium A 4 : palatio
A 2 — 10 kal. iul. E : VI kal iul. A™ C 3 e.
11 haec < Cornélius > A 4 — ambulavit noctu Centumcellis
om. BCDE — Centumcellas A* 6 — Eodem tempore] et A 4 — co
om. A5«— quod < Cornélius > A 4 — epistulam Ai : epistola B 3 —
12 Cartaginensis A*C 2 : -sem E — < qui > misit A 56 : missam
D — Centumcellas A 5 — et om. A 2 — exhibuit] adduxit BCDE
— episcopum om. B î7 E — 13 praesentare A 4 — sibi om. A 4
— sibi < cum prefecto urbis > A 56 — sibi praesentari <cum
praefecto urbi > BCDE (praefato C* —urbis C 2 DE) —inter
lude A 12 : in tellude A 3 D : in tellure A 456 : in intellude BC : in
inter ludem E — nocte B" : om. A 1234 — ante-Palladis om.
BC— Palatii A : Palladis DE— Quem-dicens] Cuiita dixit BCDE
(cuncta dixit C 3 ) — sic] si A 1 (corr.) — 14 deos <meos non >
A 4 — considéras A 3 : confiteres C 2 : confiteris C 1 — maio-
rum] principum BCDE (principium C 2 ) — nec-timeas] vel mi-
nas BCD — publicam om. A 2 — accipias om. C 1 : acciperes c 1 —
15 respondit dicens] dixit BCD — coronam A 1 — Domini mei A
— 16 rempuplicam B 1 — magis animas redimendas] spiritale
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XXII. CORNELIUS (251-253). 151
plumbatis caedi et praecepit duci eum ad templum Martis ut adoraret; quod si non fecerit, dicens capite truncari.
Hoc autem 13 factum est. Qui etiam decollatus est in locum supradictum et martyr effectus est. Cuius corpus
noctu collegit beata Lucina cum clericis et sepelivit in crypta 14 , iuxta cymiterium Calisti, via Appia, in praedio
20 suo, XVIII kal. octob. Et cessavit episcopatus dies LXVI. vu
VARIANTES DES MANUSCRITS.
consilium BCD (spiritalera C 2 ) : magis spiritale cousilium ad
animas redimeHdas E' 4 — magis < ad > A* : < propter > A 5C
— Decius-plenus om. BCD — lios E — beati Coraelil eius BCD
— Corneli A 1 —cum om. C 2 — 17 cedi A"B*C2D — ad A : ante
BCDE (an O) — marlys AW — ut] ubi Bc7_faceret AW^D :
fecisset E — dicens] ibi eum A 4 — Iruncetur BCE — 18
Hoc-est om. A* — autem om. A 5 — etiam] cum adorare non
vcllet A 56 — loco supradicto E— et-est om. A* 6 — martyr effec-
tus] martyrio coronatus A* — 19 praediolo A 2 — 20 XIII kl.
A3 — octob.] sept. D — LX1II A* : XXXV D.
18-20 Hoc-LXVI] Pro fine vitae Cornelii legitur in codd. BC finis
vitae Luciiy hoc modo : Post hoc, id est III non. mart., postquam
passus est, itaque iam ante passionem suam omnem ecclesiam
tradidit Stephano archidiacono suo. Hic fecit ordinationes II
per mens. decemb.,presb. IIII, diac. II1I; episcopos per diversa
loco numéro Vil. Qui etiam sepullus est iuxta cymiterium Ca-
listi, in arinario, via Appia, VIII kal. sept. Et cessavit episco-
patum dies XXXV. Variae lectiones eae sunt : omnia ecclesia
B3C 2 : omnia ecclesiae B*C3 : omne (-ni c») ecclesiae C» : omni
ecclesia B« — tradedit O — Stefano B* : sancto Stephano C 2
— suo om. C 2 — ordines B* — in mens. B« — num. VIII B« —
iuxta] in B 3 — cymeterium Bi — Calesti B3 — arinaria B 1 :
arianario B» : arenario C 2 — Apia B* — VII kal. BiC* —
— D sequitur codices A ; inscrit tamen inter praedio suo et
XVIII kal. verba itaque iam — numéro VII. — E sequitur pri-
mum codices BC, omissis tamen verbis postquam passus est ita-
que ; pro omnem ecclesiam habet omnia bona ecclesiae (cf. C s ).
Post ordinationes redit ad codices A : Qui etiam - praedio suo;
cetera ut BC.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Les consuls sont omis. Catal. libérien : « Cornélius a. II m.
» III d. X, a consulatu Decio III et Decio II [251] usque Gallo et
» Volusiano [252]. »
2. Sub huius—smit reversî] Reproduit du catalogue libérien, sauf
que l'on a omis in urbe Roma après Novatianum et ajouté les mots
et facti sunt confessores fidèles après reversi.
3. ordinavit] Ce mot ne doit pas être pris au sens strict; la let-
tre de Cornélius à Fabius d'Antioche, écrite à propos de cette or-
dination, dit expressément que l'ordination de Novatien fut célé-
brée par trois évoques italiens; saint Cyprien, Ep. lu, 2, dit du
môme Novatus : Felicissimum satellitem suum diaconum... consti-
iuit; puis, rapprochant les deux ordinations, celle de Felicissimus
et celle de Novatien, il continue : qui istic adversus ecclesiam dia-
conum feceratj illic episcopum fecit. Ces expressions ne signifient pas
que Novatus se soit attribué le pouvoir de faire des ordinations.
4. et Nicostratum in Africa, porte le catalogue libérien dont la le-
çon a un peu souffert ici, en entrant dans le L. P. Le séjour de
Nicostrate en Afrique, comme représentant de la propagande no-
vatienne,est attesté par des lettres de Cornélius et de Cyprien {Ep.
l, lu, 4); mais son épiscopat n'est pas mentionné ailleurs qu'ici.
5. Hoc factum...] Voir la lettre du pape Cornélius où sont racon-
tées les circonstances de ce fait (Cypr., Ep. xnx).
6. t Post hoc Centumcellis expulsus, ibi cum gloria dormitionem
» accepit » (Cat. lib.).
1. et ibidem...] A partir d'ici, l'auteur du L. P. abandonne le ca-
talogue libérien, ou plutôt la petite chronique du continuateur
d'Hippolyte, pour s'attacher à deux autres récits, la passio Cornelii
et un document, inconnu d'ailleurs, sur la translation des apôtres
Pierre et Paul. Ces deux traditions sont étudiées séparément dans
l'Introduction, p. xevi et civ. Ce qu'il faut remarquer ici, c'est la
façon dont eUes sont raccordées avec le texte du catalogue libé-
rien. On a d'abord supprimé les derniers mots de celui-ci : tôt
(Centumcellis) cum gloria dormitionem accepit, inconciliables avec
le récit du martyre sanglant de Cornélius à Home. Puis l'histoire
de la passion commence : et ibidem —pulsus est; mais elle s'inter-
rompt tout à coup pour faire place au récit de la translation des
apôtres. Celle-ci s'opère pendant l'exil du pape, qui semble être re-
venu secrètement à Rome pour la faire; une fois qu'elle est accom-
plie, il retourne nuitamment à Centumcellae. La passion reprend
alors et continue jusqu'à la fin. En comparant la notice du L. P.
avec la passio Cornelii, encore existante, on voit que l'épisode de
la translation était inconnu au passionnaire, et qu'il a fallu l'intro-
duire comme de force dans son récit. Voici les parties de cette
passion qui ont été mises à contribution pour notre notice. Je cite
l'édition de Schelstrate (Anlîquitas eccl. illustr., t. I, p. 188; les
Bollandistes ont exclu ce document de leur recueil) : « Decius...
» Cornelium... praecepit Centumcellis exilio deportari. Qui dum es-
» set in exilio, multi christianorum veniebant ad eum et conforta-
» bant eum. Alii autem de carcere mittentes ad eum, seripta con-
» fortationis verba dicebant. Eodem vero tempore b. Cyprianus
» episcopus scripsit b. Cornelio, cum esset in custodia, de Cele-
» rino lectore, quanta pro fide et confessione Ghristi verbera
» (verba éd.) sustinuerit. Tune Decius Caesar hoc audito quia ei
» multi scriberent, etiam et b. Cyprianus, iussit mitti Centumcel-
» las et adduci beatissimum Cornelium papam urbem Romam ;
» quem et praecepit sibi noctu in Tellure praesentari ante templum
» Palladis. Quem ita aggreditur dicens : a Sic deflnisti ut nec Deos
» paveas, nec praecepta maiorum considères, nec nostras minas
» terrearis, ut contra rempublicam literas accipias et dirigas. »
» Beatissimus Cornélius urbis Romae episcopus respondit : c Ego
» de corona Domini litteras accepi, non contra rempublicam, sed
» magis ad animas redimendas. » Tune Decius Caesar iracundia
» plenus iussit ut os eius cum plumbatis caederetur et praecepit
» ut duceretur ad templum Martis ad sacrificandum deo Marti :
» » quod si non consenserit et sacrificaverit diis, illic capite pu-
» niatur ». Factum est autem cum duceretur, » etc. Ici se place
l'épisode de la conversion du soldat Cerealis, de sa femme Sallus-
tia et de vingt-etrun de ses compagnons d'armes. Le récit se ter-
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XXII. CORNELIUS (251-253).
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mine ainsi : - Eodem autem die decollati sunt una cum beatissimo
» papa Cornelio viri promiscui sexus {sic) numéro XXI, sed et
» Oerealis cum uxore sua Salustia snh die XVIII kal. octobrium.
p Eadem vero nocte (noctu éd.) venerunt clerici et b. Lucina cum
» familia sua et rnpuerunt corpora sanctorum martyrum, quae et
» sepelivit in agrum suum in crypta in cymiterio Galixti, ubi hodie
h orationes eorum florent » etc.
8. iuxta locum ubi decollatus est] Cette indication de lieu ne
semble pas d'accord avec la tradition qui place aux Eaux Sal-
viennes le supplice de saint Paul, tradition attestée en 604 par saint
Grégoire le Grand (Jaffé 1991; Ep. xiv, 14), et dont les plus an-
ciens documents sont peut-être antérieurs auL. P. (De Rossi, Bull ,
1869, p. 86). L'expression iuxta locttm, en effet, ne peut guère indi-
quer une distance aussi grande que celle qui sépare les Eaux
Salviennes de la basilique de Saint-Paul : dans cette même
phrase, à propos du tombeau de saint Pierre, elle sert à désigner
un voisinage très rapproché.
9. in monte Aureum] L'église actuelle de S. Pietro in Montorio
occupe l'emplacement de l'ancienne abbaye de S. Maria in Castro
Aureo (Beschreibung der Stadt Rom, t. III, part, m, p. 615; cf. Nib-
by, Borna mod. f 1. 1, p. 588); cette abbaye est au nombre des vingt
abbayes romaires énumérées au xn« siècle, par P. Mallius (Acta
SS. iun. y t. VII, p. 46'). L'église des Saints Corne et Damien (S.
Cosimato) au Transtévère était in vico Aureo (P. Mallius, ibid.);
dans la liste des églises de Rome rédigée au xiv a siècle, on ne
trouve plus Sainte-Marie in Castro Aureo, mais il y a une ecclcsia
S. Pétri montis Aurei (Urlichs, Codex U. B. topogr., p. 174), qui lui
aura peut-être succédé; ce serait donc entre le iii« et le xiv» siècle
qu'il faudrait chercher les premières origines du culte de saint
Pierre sur le Janicule. Depuis la réédification de l'église par Fer-
dinand le Catholique et Isabelle, vers l'an 1500, on a fixé â cet en-
droit l'emplacement du martyre de l'apôtre. Il est évident que les
dénominations de vicus Aureus, castrum Aureum, mons Aureus, porta
Aurea, proviennent surtout du nom de la voie Aurélia, défiguré,
comme Aurea Petronilla vient d' Aurélia Petronilla (De Rossi, Bull.,
1879, p. 17); cependant la couleur jaune des sables du Janicule
peut avoir contribué à faciliter cette transformation. Quant au
mons Aureus du Vatican, le L. P. nous montre que cette dénomi-
nation était en usage dès le commencement du vi» siècle; cette
circonstance ne permet guère d'admettre la confusion Aureus pour
Aurelius à laquelle on pourrait songer en se rappelant que la voie
Aurélia nova passait près de Saint-Pierre; c'est sans doute unique-
ment à la couleur du terrain que se rapporte cette expression. —
Le mons Aureus du L. P. fut apparemment transporté du Vatican
au Janicule, vers le xm e siècle; cette translation dut être facilitée
par la ressemblance de cette expression avec les dénominations
de lieu que je viens de citer et qui étaient appliquées à diverses
localités du Janicule et des environs. De là l'origine de la tradi-
tion qui place sur cette dernière colline le théâtre du martyre de
saint Pierre. — Les corpora ss. episcoporum sont ceux des papes
depuis Lin jusqu'à Victor, marqués dans le L. P. comme se trou-
vant iuxta corpus b. Pétri. Sur le iemplum Apollinis et le palatium
Neronianwn, v. saint Pierre, note 13, p. 119; cf. Silvestre, n° 38.
10. /// kal. iul.] La première édition indique ici des ordinations :
« Fecit autem ordinationem I, presb. VIII ». Cf. Introd., ch. IV,
§ vin.
H. In Tellude, noctu, ante templumPalladis] La formule topogra-
phique in Tellude figure, sous la forme incomplète IN TEL... dans
l'un des fragments du plan de Rome, dressé et reporté sur marbre
au temps de Septime-Sévère (Iordan. Forma Urbis Romae, fr. 6; cf.
fr. 116 et p. 27, 28). Il s'agit ici des abords du fameux temple de
Tell us, élevé en 484 de Rome, dans le quartier des Carines, sur
un emplacement déjà consacré par d'antiques souvenirs. On n'en
a point encore trouvé les ruines, mais l'endroit où on devra les
chercher est à peu près désigné par ce passage et d'autres sembla-
bles qui se rencontrent dans les passions des maityrs romains, et
qui mettent tous le lien in Tellude en face et à proximité du tem-
ple de Pallas ; celui-ci s'élevait dans le forum de Nerva, dont la
situation est connue. C'est dans ce quartier de Rome que se trou-
vaient, depuis le milieu du troisième siècle au moins, les princi-
paux établissements de la préfecture urbaine. M. R. Lanciani a
démontré que l'édifice antique dans lequel Félix IV installa l'église
desSS. Corne et Damien a dû être affecté au service des archives cadas-
trales de la préfecture. Sur l'un de ses murs, celui qui regarde
le N. E., se déployait le plan de Rome, en marbre, dont on a con-
servé tant de fragments. De ce côté, l'édifice regardait le forum
Pacis, appelé plus tard forum de Vespasien, où nous voyons en
418 le préfet Symmaque exercer ses fonctions. Les temples de
Pallas et deTellus étaient tout près de là, de l'autre côté du forum
Pacis, vers la piazza délie Carrette. Un grand nombre de passions
de martyrs nous montrent le préfet tenant ses assises in Tellude,
ante templum Palladis ; un souvenir des condamnations prononcées
en cet endroit semble s'être conservé dans le titre in macello mar-
tyrum que porte une petite église située dans le voisinage du fo-
rum de Nerva (De Rossi, Bull. 1877, p. 54 ; Roma sott., t. III, p. 206;
Becker, Topogr., p. 524; Iordan, Topogr., t. I, p. 71 ; t. II, p. 381,
488-492 ; Lanciani, Bull, comunale, 1882, p. 29-54).
12. de corona Domini] Cf. Acta ss. Fructuosi, Augurii et Eulogii,
c. 1, dans les Acta sincera de Ruinart : « Fructuosus autem
» certus et gaudens de corona Domini, ad quam vocatus erat... »
13. Hoc autem...] Dans les manuscrits BC, cette finale est grave-
ment défigurée, ou plutôt remplacée par les dernières phrases de
la notice suivante, celle de Lucius. En effet, non seulement la date
obituaire /// non. mart., mais la remise des biens de l'église à
l'archidiacre, les ordinations, la date funéraire VIII kal. sept., et
jusqu'à la vacance du siège, tout est, dans les mss. BC, identique
à la finale de Lucius. Les recensions composites D et E combinent
tant bien que mal ce texte avarié avec la rédaction primitive. Dans
la finale BC il y a cependant un détail intéressant, c'est le mot in
arinario, employé pour désigner le lieu précis de la sépulture du
pape. Ce mot ne figure point dans la Passio Cornelii; il est d'ail-
leurs inexact, qu'on l'applique au tombeau de Lucius ou à celui
de Cornélius. Cf. Michèle de Rossi, Roma sott., t. I, p. 14, 26 [ad
calcem).
14. sepelivit in crypta] Sur ce sanctuaire, v. De Rossi, Roma
sott., 1. 1, p. 274-305, pi. ii-vii. La région cimilérjtale à laquelle ap-
partient la crypte de Cornélius est voisine, niais distincte de ce
que Ton appelle, à proprement parler, le cimetière de Calliste, où
se trouve la chambre funéraire des papes. L'expression iuxta cy-
mitenum Callisti est donc parfaitement justifiée. — La date du
14 septembre (XVII l kal. octob.) est établie par tous les documents
liturgiques romains, depuis le calendrier du martyrologe hiérony-
mien, et même depuis la Depositio martyrum philocalienne, car on
ne peut guère douter que, dans son texte primitif, elle n'ait con-
tenu à ce jour le nom de Cornélius. Ce n'est pas la date de la mort
de Cornélius , car il mourut au mois de juin, mais probablement
celle de sa translation de Centumcellae à Rome, qui parait avoir
eu lieu vers la fin du tu e siècle. C'est sûrement celle du martyre de
saint Cyprien. Une attention délicate rapprocha, dans un anniver-
saire commun, deux évêques dont les rapports sont restés célè-
bres. C'est cette communauté de fête qui a induit saint Jérôme en
erreur et lui a fait dire que Cornélius était mort le même jour que
Cyprien : « Passus est (Cyprianus)... eo die quo Romae Corné-
lius, sed non eodem anno. » [De vins, 61). — L'épitaphe de Cor-
nélius a été retrouvée (De Rossi, t. c, pi. iv); à la différence de
celle des autres papes du m siècle, elle est en latin :
CORNELIVS . MARTYR •
E P •
D'autres inscriptions furent dédiées dans son sanctuaire par les
papes Damase et Sirice (/. c): on n'en a que des fragments.
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XXIII. LUGIUS (253-254).
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XXIII
LUGIUS, natione Romanus, ex paire PurÛrio, sedit ann. III m. III d. III. Martyrio coronatur. Fuit autem « I 23
temporibus Galli et Volusiani [252] usque ad Vaieriano III et Gallicano [255]. Hic exilio fuit; postea nutu Dei II
incolumis ad ecclesiam reversus est. Hic praecepit 2 ut duo presbiteri et très diaconi in omni loco episco- m
pum non desererent, propter testimonium ecclesiasticum. Qui etiam 3 a Vaieriano capite truncatus est III non.
5 mart. Hic potestatem dédit omni ecclesiae Stephano archidiacono suo, dura adpassionem pergeret. Hic fecit ordi- IV v
nationes II * per mens, decemb., presbiteros IIII, diaconos IIII ; episcopos per diversa loca numéro VII. Qui etiam
sepultus est 5 in cymiterio Galisti, via Appia, VIII kal. sept. Et cessavit episcopatus dies XXXV.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Romanus-Purflrio] Tuscus, de civilate Luca, ex paire Lu- —ecclesiam suam A — ut om. DE^ — duos A'-Et — très om A*
cinoE'* — Purfirio Bi : Porfurio C3 : Purfirico C l : Purphirio -episcopoE3-4descrentC34 — IIU non.* B67— 5 mi eccÏAi*
A' — an. IIII B* — m. VIII d. X E (corr. e) : d. III m. III B2 omnem ecclesiam A* : omni aecclesia A' : omni ecclesiae cet.
— d. III om. D — Martyrio coronalur om. B*C* — 2 Bolusiani — Stefano Bi : om. A* — diacono A5 — 6 ord. III A — et diac'
Ci : Volosiani B* — Valerianum III A^ BC" E — Callicano A» — diac. IIII om. A2B»C* : diac. III C* — numéro om ABi —
O : Gallicanum A356B«7 E - in exilio A»«C»D - nuctu A» : VII| XVII Ai : VI E : III — etiam] et A*"* -7 cymetêrio Bi :
notu B 1 ^ — 3 incolumis A ,6 B' : incolumes A 2 : incolomis cet. j cimiterium C 3
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Fuit autem — reversus est] Reproduit du catalogue libérien,
qui porte Gallieno II, correctement, au lieu de Gallicano. Après
reversus est on y lit la date obituaire /// non. mart. conss. ss. t
transportée ici, sauf les consuls, un peu plus bas.
2. Uic praecepit...] Le service de l'appartement privé du pape était
fait par des laïques, au moment où saint Grégoire devint pape. Il
changea cet usage et remplaça les laïques par des clercs ou des
moines ; cette modification fut consacrée par le deuxième canon
du concile de 595 : a Praesenti decreto constituo ut quidam ex
» clericis vel etiam ex monachis electi, ministerio cubiculi ponti-
» ficalis obsequantur; ut is qui in loco est regiminis habeat testes
» taies qui vitam eius in sécréta conversatione videant et ex vi-
» sione sedula exemplum profectus sumant. « La raison donnée
par saint Grégoire est le profit que les clercs peuvent tirer du spec-
tacle de la vie intime d'un évoque fidèle à ses devoirs. L'auteur
du L. P. me paraît avoir autre chose en vue. Ce qu'il entend par
testimonium ecelesiasticum, c'est la garantie qui résulte, pour la
réputation de l'évoque, de ce que sa vie privée a toujours des té-
moins graves et vigilants. Dans les textes canoniques romains,
soit authentiques, soit apocryphes, je ne vois rien qui permette de
vérifier ce décret attribué au pape Lucius. Son explication est à
chercher dans le fait historique du procès en adultère qui fut in-
tenté au pape Symmaque. On sait que, dans cette affaire, il y eut
des difficultés pour le témoignage. Les accusateurs demandèrent
que l'on fit déposer les esclaves du pape; celui-ci s'y refusa, se
fondant sur le droit civil, et en cela il fut approuvé par le con-
cile (Hard., t. II, p. 963 D; Mansi, t. VIII, p. 249; cf. Ennodius,
Pro synodo, p. 313 Hartel). Notre auteur parait avoir voulu indi-
quer un procédé de nature à empêcher de semblables difficultés et
môme à écarter tout prétexte pour calomnier le pape. C'est du
reste, avec une solennité évidemment excessive, le système des
syncelles orientaux. Nous trouvons une règle du môme genre en
Espagne, au quatrième concile de Tolède (636) : « Ut igitur ex-
LlBER P0NTIF1CALIS.
» cludatur deinceps omnis nefanda suspicio aut casus et ne detur
» ultra saecularibus obtrectandi locus, oportet episcopos testimo-
» nium probabilium personarum in conclavi suo habere, ut et
» Deo placeant per conscientiam puram et ecclesiae per optimam
» famam » (c. 21).
3. Çui etiam — pergeret] Ceci paraît extrait d'un récit martyro-
logique actuellement perdu (Introd., p. xcvn). La date du 5 mars est
indiquée dans la Depositio episcoporum philocalienne, celle du 4 mars
(//// non.) dans le martyrologe hiéronymien. Lucius a été qualifié
de martyr par saint Cyprien, en raison de son exil : Servandus est
enim antecessorum nostrorum beatorum martyrum Cornelii et Lucii
honor gloriosus (Ep. 63). A Rome, au iv siècle, on mettait une dif-
férence entre ces deux papes : l'anniversaire de Lucius était com-
mémoré comme celui d'un évoque ordinaire, Cornélius était rangé
parmi les martyrs, sans doute parce qu'il était mort en exil, tan-
dis que Lucius était revenu du sien.
4. ordinationes II ] Ce chiffre est évidemment faux : Lucius
n'ayant siégé que huit mois, n'a pu célébrer deux fois l'ordination
de décembre.
5. Qui etiam sepultus est...] La pierre tombale a été retrouvée
(De Rossi, Roma sott., t. II, pi. „i, p. 62-70) dans le cimetière de
Calliste. On n'y lit que le nom AOVKIC sans qu'il soit possible
de savoir, vu l'état fragmentaire de ce marbre, s'il était accompa-
gné de quelque qualificatif. La date indiquée ici est fausse et en
contradiction avec le III non. mart. qui précède. M. de Rossi a
essayé (/. c, p. 62 et suiv.) de l'expliquer, en distinguant deux sé-
pultures, l'une provisoire, in locello plumbeo, le 5 mars, l'autre
définitive, au mois d'août. Il serait étrange que, en 254, c'est à-
dire dans un moment de paix, l'enterrement d'un évoque eût
souffert des difficultés et des retards qui ne se produisirent point
en 257 et 253, pendant la persécution de Valérien. D'ailleurs les
calendriers officiels auraient conservé la date de la sépulture défi-
nitive et non celle de la déposition provisoire.
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XXIUI. STEPHANUS (254-257).
XXIIIIV
24 l STEPHANUS, natione Romanus, ex pâtre Iobio, sedit ann. VII m. V d. II. Martyrio coronalur ! . Fuit autem 2
III temporibus Valeriani et Gallicani et Maximi usque ad Valeriano III et Gallicano II [255]. f Hic construit
IV sacerdotes s et levitas ut vestes sacratas in usu cottidiano non uti, nisi in ecclesia. Hic fecit ordinaliones II per
mens, decemb., presbiteros VI, diaconos V; episcopos per diversa loca numéro III. Qui etiam sepultus est in
cymiterio Calisti 4 , via Appia, IIII non. aug. Et cessavit episcopatus dies XXII.
II f Suis temporibus exilio est deportatus, postea nutu Dei reversus est ad ecclesiam incolomis. Et post dies XXX11II tenlus a
Maximiano missus est in carcerem cum novem presbiteris et II episcopis, Ilonorium et Castum, et III diac.,Xistum, Dionisium et
Gaium. Ibidem in carcerem ad arcum Stellae fecit synodo etomnia vasa aecclesiac archidiacono suoXysto inpotestatem dédit
vel arcam pecuniaej et post dies VI exiens sub custodia ipse sig capite truncatus est.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Iulio A5fC23*E— a. IIII m. Il d. XV A5«C"4 e (d. X e) —an.
VI BŒ — 2 et ante Gallicani om. BD— Galliani D— Maximiani
B3 — Valerianum A3"B*E — Gallicani B 1 : Gallicanum A35«E:
Gallica B* : Galligano B* — 3 <ut> sacerdotes E* — ut ante
vestes oro. E3 : et C 1 — veste A 2 * 6 — sacrata A5«— usum A«* :
uso A 25 E3 : U3u BCD — cottidianum A 1 : cotidianum A3* : cotti-
diano A25B3CEï : cotidiano A*Bï — ecclesia < tantum >BCE—
4 presb.VII AseC^E —numéro om. A— 5 III non. B3 ; non. C*— d.
XXI B«— Et cessavit— XXII] Et presbiteri praefuerunt a consu-
latu Maximi et Glabrionis II usque Tusco et Basso, a consulatu
Tusci et Bassi usque XIII kal. aug. quo tempore fuit magna
persecutio sub Decio A»234 (Gabrionis A* — Tuscu A* — usque
Tuscum et Bassum A3 — <ad> XIII A3 —persecutio < chris-
tianorum > A* — sub Decio om. A3) quae verba pertinent ad se-
quentem vitam, sed ex codice aliquo primae editionis (ir) petita
sunt, ut patet adtendenti ad voces Glabrionis et fuit magna per-
secutio. Etiam in F et K Glabrionis in Gravione corrumpitur. ,
Suis — truncatus est] Haec habet E 1 post Gallicano II. Cor-
rexi l. 8 synodo pro sydono, /. 9 pecuniae pro pecunioe, quae
sunt codicis lectiones. Quidsibi velit nota sig [L 9), ignoro.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Martyrio coronatur] La notice d'Etienne, sauf dans le ms. E (Suis
temporibus, etc.), ne trahit aucune connaissance d'une tradition spé-
ciale sur l'histoire de son martyre. M. de Rossi (Roma sott., t. II,
p. 85) a démontré que cette histoire s'est racontée d'assez bonne
heure à Rome, mais de deux façons différentes; l'une de ces tradi-
tions est représentée par la passion d'Etienne, telle que la donnent les
Bollandistes au 2 août, l'autre par la note du manuscrit E. Celle-ci
contient un anachronisme énorme, analogue à celui que nous avons
rencontré dans la notice du pape Urbain : elle fait d'Etienne une
victime de la persécution de Maximien. Le plus ancien témoin de
cette tradition se trouve être un manuscrit de la fin du xi # siècle,
mais il est possible qu'elle remonte beaucoup plus haut (Introd.,
p. xcvn). Quant à la passion des Bollandistes, elle a laissé trace
dans les itinéraires du vu» siècle (De Rossi, l. c.) et se trouve résu-
mée, depuis Adon, dans les martyrologes du neuvième. De ces
deux traditions, l'une, celle du ms. E, semble confondre Etienne
avec Lucius, l'autre, celle de la passion, lui attribue certainement
une partie de l'histoire de Xystus II. Tout cela suppose qu'à une
époque assez ancienne, au sixième siècle environ, le pape Etienne
était communément rangé parmi les martyrs. Il est fêté comme
martyr dans les livres liturgiques grégoriens ; mais sa fête ne figure
pas dans le sacramen taire gélasien. Le sacramen taire léonien
présente au /// non. Aug. (3 août) la rubrique Natale sancli Stephani
in cymiterio Callisti, via Appia, sans autre qualification ; les pièces
liturgiques qui sont placées sous ce titre n'ont point rapport au
pape Etienne, mais à saint Etienne le diacre, dont une fête tombe
en effet le 3 août. Ainsi les livres liturgiques romains antérieurs à
Gharlemagne ne fournissent aucune indication. Dans le martyro-
loge hiéronymien, le natale d'Etienne est marqué au 2 août, tantôt
avec la qualification d'évéque, tantôt avec celle de martyr ; mal-
heureusement les qualifications de ce genre que l'on rencontre dans
les manuscrits hiéronymiens ne sont pas les parties les plus auto-
risées de leur texte. Dans le cas qui nous occupe, leur témoignage
est infirmé par les tables philocaliennes où Etienne est rangé, non
parmi les martyrs, mais parmi les simples évoques. Il semble donc
que l'ancienne tradition liturgique, antérieure à la passio Stephani,
ait été muette sur son martyre. Et ceci s'explique d'autant mieux
que saint Augustin ne parait en avuir rien su (v. Tillemont, UisL
ceci, t. IV, p. 594) et que le diacre Pontius, biographe de saint
Cyprien, se sert, en parlant de Xystus II, d'une expression qui
semble exclure le martyre de son prédécesseur (c. 14, p. cv, Hartel).
Je laisse au lecteur le soin de peser la valeur de ces diverses auto-
rités, en ce qui regarde la réalité du fait. Quant à la tradition, on
voit que, muette d'abord, elle est allée en s'accentuant, mais aussi en
8'embrouillant et se diversifiant, depuis le sixième siècle environ.
2. Fuit autem...] Gat. libérien : « Fuit temporibus Valeriani et
Gallieni, a consulatu Volusiani II et Maximi [253] usque Vale-
riano m et Gallieno II [255]. » L'un des consuls de la première
paire a disparu dans le L. P. et le nom de Gallien y est transformé
en Gallican us.
3. H. c. sacerdotes et levitas] Ce décret nous transporte en un temps
où les vêtements liturgiques avaient encore une forme et une sinv
plicité compatibles avec les usages de la vie ordinaire, mais où ce-
pendant ils étaient déjà consacrés par une affectation exclusive au
service du culte. Cette affectation est indiquée ici par le terme vestes
sacratae.
4. in cymiterio Callisti....] Le lieu et la date sont marqués dans
tous les calendriers liturgiques, depuis la Depositio episcoportem
de 336. La passio Stephani décrit son tombeau, mais en le confon-
dant avec celui de Xystus II, dont il devait être voisin. L'épitaphe
n'a pas été retrouvée. Sur la sépulture d'Etienne et les questions
qui s'y rattachent, voir De Rossi, Roma sott. t t. II, p. 80 et suiv.
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XXV. XYSTUS II (257-253) .
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XXV.
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XYSTUS, natione Grecus \ ex philosopho, sedit ann. I m. X d. XXIII. Martyrio coronaUir. Fuit * auteni tem- I 2&
poribus Valeriani et Decii, quo tempore fuit maxima persecutio. Eodem terapore s hic conprehensus a Valeriano n
etductus ut sacrificaret demoniis. Qui contempsit praecepta Valeriani; capite truncatus est, et cum eo * alii sex
diaconi, Felicissimus et Agapitus, Ianuarius, Magnus, Vincentius et Stephanus, sub die VIII id. aug. Et presbi-
H teri 5 praefuerunt a consulatu Maximo et Gravione secundo [235] usque Tusco et Basso [238], a consulatu Tusci
et Bassi usque XIII kal. aug., quo tempore sevissiraa persecutio urguebatur sub Decio. Et post passionem 6 beati m
Xysti, post tertia die, passus estbeatus Laurentius eius archidiaconus I III id. aug. et subdiaconus Claudius et
Severus presbiter et Crescentius lector et Romanus osliarius. Hic fecit ordinationes II 7 per mens, decemb., IV
pre3biteros I III, diaconosVII; episcopos per diversa loca II. Qui vero sepultus est* in cymiterio Calisti, via
io Appia; nam VI diacones • supradicti sepulti sunt in c/mitîrio Praetextati, via Appia; supradictus autem beatus
Laurentius in cymiterio Cyriaces, in agrum Veranum, in crypta, cum a'iis multis martyribus. Etcessavit episco-
patus dies XXXV.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Xysti vitam om. A* — Xistus A^B^C» 3 ; Syxlus X*CW —
Grecus] llomanus G 1 (corr.) — ex phil.] et philosophus A (plii-
losopus A 1 ) — a. II m. XI d. VI Aâ«C«*E (a. 1 C2 — d.
XXIII E: d. VI e) — d. XXVI B* — 2 maxima] magna B« —
hic om. Ci* — conprehensus < est > A* 8 B 2 — a Valeriano
om. A 13 * — 3 et -Valeriani om. B 1 — demonibus A 4 B r » —
Qui cum contempsissct A56 — tr. est cap. A* — alii om. B 5 :
aliis B*' [corr.) — sex] ex A 1 — 4 et ante Agapitus om. Bv*D
— < et > Magnus E — et ante Steplianus om B 67 — sub
die] subdiac. B? — VII BJC*: VI C* 3 *E — et presbiteri -XIII
k aug. om, C 2 : fuit autem a consulatu Maximi et GravionisII
usque consulatum Tusci et Bassi; passus est XIII k. aug. D —
5 pracruerunt] fugicrunt A 3 — Maximi A> 6 Bi — et] ac A* —
Gravionis A 56 : Ravione C 3 E — Secundi A s : et Secundi A 5 :
om. O — < ad > Tusco B» —Tusco I B" — < ad > Tuscum
et Bassum < el > A*6 — 6 quo] eo D — arguebalur E — 7
Sy///ti B 1 : Xi*ti C« — terliam dicm A^B"> — est < el > C*E —
eiis om. ABis — archediac. A< — III id. A 3 Bi— Claudius subd.
E — Cladius A* — 8 Cresccmptio C 3 : Crescontio D — atque
Romanus ..3 — 9 numéro II BC^d — vero] cliam A*— Calisti-
cymiterio om. B5" _io nan B«— VI] et A* — diacones B 1 — via
Appia om. C* — Appia < VIII id. aug. >»E- supradictus
om. E: supradicta B'C' 3 (supradicti b>) — autem om. B*-?D
— beatus autem B l C**E — beatus om. B^ — li Laurentius
< sepultus est via Tyburlina > n E — Cyriaces A 1 : Cyriacis
À« : Quiriacis A 3 : Cyriaci A«B ; 7 : Cyriacetis cet. — agro Ve-
rano B-E — cripta Bi — martyribus < IIII id. aug. > n E— -
12 d. XXV A«B 3 6C»
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1. natione Grecus, ex philosopho] Ces indications d'origine pro-
viennent sans doute de l'identification faite par Rufln (v. Introd.,
p. Lxxvm) entre le pape Xystus II et le philosophe pythagoricien
Sextius, auteur d'un livre de Sentences.
. 2. Fuit — persecutio] Le synchronisme impérial manque dans le
catalogue libérien ; il a été suppléé par notre auteur, qui fait de
Valérien et de Dèce deux empereurs contemporains.
3. Eodem tempore — truncatus est] Bien que ce passage manque
à. peu près complètement dans les abrégés de la première édition,
il est difficile de croire que celle-ci ne l'ait pas contenu intégrale-
ment : le truncati sunt cum b. Xysto de l'abrégé félicien semble être
un débris du texte primitif.
4. et cum eo alii sex....] Dans ce qui suit, la conjonction et, répé-
tée on deux endroits, permet de distinguer deux groupes de person-
nages qui, réunis, forment le nombre de six. Ceci est tout à fait
conforme aux documents contemporains et à la tradition, monu-
mentale et liturgique. Dans une lettre (Ep. 80) écrite quelques
jours avant sa m\.rt et un mois au plus après celle du pape, saint
Cyprien disait : Xistum in cimiterio animadoersum sciatis VIII id.
aug. die et cum eo diacones quattuor. Les calendriers romains, de-
puis la Depositio martyrum, indiquent au 6 août, avec l'anniver-
saire de Xystus, dans le cimetière de Calliste, celui de Félicissime
el d'Agapit, dans le cimetière de Prétextât. Le tombeau de ces
deux martyrs a été retrouvé, au lieu indiqué. Damase leur avait
consacré un éloge métrique où leurs qualités de diacres et de com-
pagnons de martyre du pape Xystus sont rappelées expressément
(v. plus bas). Une autre inscription en vers, du même auteur, se
lisait au fond de la crypte des papes, dans le cimetière de Calliste
elle parlait de martyrs comités Xysti, enterrés dans cette crypte ou
tout auprès. Ceux-ci, certainement différents de Félicissime et
Agapit, ne peuvent être que les quatre diacres mentionnés par saint
Cyprien. Le L. P. est le seul document qui nous ait conservé leurs
noms ; il n'c3t pas question d'eux, en particulier, dans la passion
de saint Laurent. — On lit dans le martyrologe de Bède, au 6 août •
Romae sanctorum Xysti episcopi, Felicissimi et Agapiti diaconorum,
qui de:ollati sunt sub Decio. Decollati sunt cum eo et alii quatuor
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XXV. XYSTUS II (257-258).
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subdiaconi, Ianuarius, Magnus, Vincentius et Stephanus, sicut in ges-
tis pontificalibus legitur. Il n'est pas sûr que ce texte, et surtout la
seconde phrase, remonte jusqu'à Bôde. En tout cas, la leçon quatuor
subdiaconi, contredite à deux reprises par tous nos mss. (v. plus
bas, nam sex diacones supradicti), est inacceptable; elle provient sans
doute d'une fausse lecture des mots sub die, en abrégé sub d., qui
suivent rénumération des six diacres ; cf. var. du ms. B 3 .
5. Etpresbiteri...] Ici, le rédacteur du L. P. a déformé le texte du
catalogue libérien en s'efforçant de faire rentrer toutes ses dates
consulaires, sauf la dernière, qu'il omet, dans la formule de la va-
cance, presbiteri praefuerunt. Aussi la phrase est-elle inintelligible.
Il faut rétablir : c Xystus... coepit a consulatu Maximi et Glabrio-
nis [256] usque Tusco et Basso [258] et passus est vin id. aug. Et
presbyteri praefuerunt a consulatu Tusci et Bassi usque in diem
xii kal. aug., Aemiliano et Basso cons. [259] » Les mots presbyteri
praefuerunt, qui ont disparu des manuscrits philocaliens, ne se
sont conservés que dans le L. P. Cette formule est à remarquer. En
effet, pendant la vacance qui suivit la mort du pape Fabien, l'église
romaine fut dirigée en commun par les prêtres et les diacres ; les
lettres de saint Cyprien sont alors constamment adressées près-
by teins et diaconibus Romae consistentibus ; ici, les prêtres seuls sont
mentionnés. C'est que les sept diacres avaient été victimes de la
persécution. C'est pour la même raison sans doute que nous voyons
un prêtre, Denys, élevé l'année suivante sur le siège apostolique,
à la place de Xystus II ; alors que l'usage romain paraît avoir été,
depuis une époque très reculée, de choisir les évoques dans le corps
des diacres plutôt que dans le presbylerium.
6. Et post passionem — ostiarius] Ici encore le L. P. se montre
indépendant de la passion de saint Laurent. Dans celle-ci les mar-
tyrs Claudius et Severus ne sent pas même nommés ; on y trouve
un Crescentio, aveugle , et un Romanus, qui est, non pas clerc,
mais soldat. Ce ne sont pas du reste les seules transformations
de ce genre que l'on rencontre dans cette pièce (De Bossi, Bull.
1882, p. 28-37 ; Pohtien, note 2).— Les calendriers du quatrième et du
cinquième siècle ne mentionnent point les compagnons de martyre
de l'archidiacre ; tout au plus pourrait-on trouver Crescentius dans
le Crescentio marqué au 10 août, dans le martyrologe hiéronymien,
en tête d'un groupe de saints qui paraissent étrangers à Rome ;
mais ceci même est très douteux. En revanche les itinéraires du
vu - siècle indiquent, près de saint Laurent, les tombes des martyrs
Crescentius et Romanus (De Rossi, Ruma soit., t. I, p. 168, 179).
Les deux autres, Claudius et Severus, ne sont connus que par le
L. P. Rien de plus vraisemblable, eu égard à ce que l'on sait de
la persécution de Valérien, que cette exécution de plusieurs
membres du clergé (cf. Introd., p. xcvn).
7. ordinationes II per mens, decemb.] Chiffre évidemment faux,
car il n'y a qu'un mois de décembre dans la durée du pontificat
de Xystus II.
8. Qui vero sepultus es(] Sur son tombeau, le plus vénéré de tous
ceux que renfermait la crypte des papes du m - siècle, voir De Rossi,
Roma sott., t. II, p. 87-97. Voici l'éloge que le pape Damase lui
consacra; on en a retrouvé un fragment (De Rossi, Inscr. chr., t. II,
p. 108 ; Roma sott., t. II, pi. n, n° 2) :
Tempore quo gladius secuit pia viscera matris
hic positus rector caelestia iussa docebam :
adveniunt subito rapiunt qui forte sedentem.
Militibus missis populi tune colla dedere;
mox sibi cognovit senior guis tollere teltet
palmam, seque suumque capul prior obtulit ipse
impatiens feritas posset ne laEDere quemquam.
Ostendit Ckristus, reddit qui VRiemia vitae
pastoris meritum, numerum ^REGis ipse tuetur.
Dans ce texte, les mots hic positus paraissent indiquer non seule-
ment le tombeau où reposait le corps du martyr, mais encore la
chaire de marbre qui se trouvait devant l'autel érigé tout auprès,
la même, croyait-on, que celle où il était assis quand il fut surpris
au milieu d'une assemblée liturgique. C'est du moins ce que ra-
conte la passion de saint Etienne, où plusieurs détails du martyre
de Xystus II sont transportés à son prédécesseur (De Rossi, Roma
soit., I. c. et p. 80-87).
9. nam sex....] Il y a ici une confusion. Comme il a été dit plus
haut, deux seulement des diacres de Xystus étaient enterrés dans
le cimetière de Prétextât, les quatre autres dans celui de Calliste.
M. de Rossi, /. c, p. 96, propose un remaniement du texte pour le
mettre d'accord avec la topographie des sépultures; la tradition
paléographique ne me permet pas de l'accepter. Il y a d'ailleurs
beaucoup d'exemples de martyrs romains dont les tombeaux ont
été déplacés dans les textes, sous l'influence de réminiscences his-
toriques (De Rossi, t. c, p. 82). Le sanctuaire de Félicissime et
Agapit, célèbre et sans cesse visité, aura attiré à lui le souvenir
des quatre autres diacres de Xystus, dont les tombes étaient ou
peu apparentes, ou perdues au milieu de tant d'autres sépultures
illustres dans le cimetière de Calliste. Voici l'éloge damasien (De
Rossi, Inscr. chr., t. II, p. 66) des deux diacres enterrés dans le
cimetière de Prétextât :
Aspice, et hic titulus retinet caelestia membra
sanctorum, subito rapuit quos regia caeli.
tti crucis invictae comités pariterque ministti,
rectoris sancti merilumque fidemque secuti,
aetherias petiere domos regnaque piorum.
Unica in his gaudet Romanae gloria plebis
quod duce tune Xysto Christi meruere triumphos.
Felicissimo et Agapito Damasus.
Au dernier vers les mss. portent Christo, qu'il faut évidemment
corriger en Xysto. Le supplice auquel furent condamnés Xystus et
ses compagnons parait avoir été la décollation, comme l'indique
saint Cyprien (animadversum ; cf. Pontius, Vita Cypr., 1*2 : ictus
solitae animadversionis), et avec lui le L. P. (capite truncatus est). Cette
inscription semble pourtant faire allusion à une crucifixion, et
Prudence confirme cette interprétation (Peristeph., n 23-26) :
Iam Xystus adfixus cruci
Laurentium flenlem videns
crucis sub ipso stipite.
On peut résoudre cette difficulté en disant que Prudence dépend
ici de l'inscription damasienne et qu'il a transformé une méta-
phore en un trait historique. Du reste la crucifixion pourrait être
admise concurremment avec la décollation ; on peut voir les deux
supplices combinés, dans une sculpture de la basilique de Sainte-
Pétronille (De Rossi, Bull. 1874, pi. iv), qui représente le martyre
de saint Achillée.
10. Supradictus autem] Le sanctuaire de saint Laurent, sur la voie
Tiburtine, est trop connu pour qu'il soit nécessaire de parler de
son emplacement. Sur Vager Veranus^ voir Silvistei, n° 43.
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XXVI. DIONYSIUS (259-268).
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XXVI.
DI0NIS1US, ex monacho \ cuius generationem non potuimus repperire, sedit ann. VI m. II d. IIII. Fuit au- i 5c
tem temporibus Gallieni, ex die XI kal. aug., Emiliano et Basso consulibus [259], usque in die VII kal. ianuar.,
a 2 consulatu Glaudii et Paterni [269]. Hic presbiteris 3 ecclesias dédit et cymiteria et parrocias diocesis constituit. n
Hic fecit ordinationes 4 II per mens, decemb., presbiteros XII, diaconos VI; episcopos per diversa loca numéro ni
j> VIII. Qui etiam sepultus est incymiterio Calisti 5 , via Appia, VI kal. ianuar. Et cessavit episcopatus dies V.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Dyonisius A* : Diunisius B' : DioscorusC*— monachis A 1 * 34
— huius B* — generatione E : genealogia A 3 — reperire A 1 :
repperiri b* : invenire B« — a. II m. III d. VII A5CC"*E —
d. III Bi — 2 Gallieni A^BiC» : Galieni cet. — X kal. B" —
diem B« — VIII k. B* : VI k. A23C* — 3 a] ac A 4 — Claudii
AC**D : Claudi k ce$. — "pbeteris B 1 : presbiteros B* — dédit]
dividit KE 13 — cymiteria] ministeria A 3 ** —parrocias AC»E 3 :
parocias B* : parrochias C* — diocesiis B* : diocessis C 1 : dio-
cèses B23E* 3 : < de > diocesis A 4 : < et > diocèses A*« : < et >
diocesis B*? — 4 diac. VII C» — 5 Qui-ianuar. om. ABi*C
— d. V < Depositus VI kal. ian. in cymiterio Calisti, via
Appia > AB 4
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1. ex monacho] Denys était prêtre au moment de son élévation à
l'épiscopat (Eusèbe, H. E., VII, ?).
2. a consulatu] Cet a est de trop; les mss. philocaliens ne l'ont
pas ; mais la bévue est sans doute de l'auteur du L. P. et il n'y a
pas lieu de la faire disparaître.
3. Hic presbiteris..] Dans sa décrétale à Decentius d'Eugubium,
c. 5, Innocent I er (416) distingue les tituli de la ville de Rome, et
les cimetières de la banlieue ; il mentionne aussi des paroisses
rurales, mais non pour l'église de Rome. Après avoir dit que l'u-
sage romain était d'envoyer, chaque dimanche, le fermentum eu-
charistique aux prêtres des tituli, il ajoute : quod per parochias
fieri debere non puto, quia non longe portanda sunt sacramenta, kec
nos per coemeteria diversa constituas presbyteris destinamus. D'après
ce texte, le cimetière, l'église cimitériale, est à Rome ce qu'est ail-
leurs la parochia, ou paroisse rurale. En effet, on ne connaît, dans
les environs immédiats de Rome, aucune paroisse rurale en dehors
des cimetières ou des petites églises épiscopales du voisinage. Cette
circonstance rend très difficile l'explication des mots et parrochias
diocesis constituit. Parochia est un terme qui désigne ou bien ce
que nous appelons maintenant un diocèse, une circonscription
épiscopale, ou encore une paroisse rurale, mais jamais une paroisse
urbaine. Quant au mot diocesis ou plutôt dioecesis, qui signifie en
général circonscription, je ne vois pas qu'on s'en servit autrefois
en parlant du diocèse épiscopal de Rome, tandis qu'il est employé
fort souvent, dans les lettres de saint Grégoire, par exemple,
pour les autres circonscriptions épiscopales d'Italie et d'ailleurs.
Dans la notice de Marcellus, notre auteur l'applique, avec un
quasi, aux circonscriptions des paroisses de la ville de Rome. Il
était employé aussi pour désigner les circonscriptions métropoli-
taines, et celle du pape en particulier. C'est ainsi que saint Gré-
goire (Ep. îx, 113) parle d'un évèque du diocèse de l'église de Rome
et d'un autre évèque du diocèse de l'église de Milan. En tenant
compte de ces diverses acceptions des deux mots parochia et dioe-
cesis et des restrictions qu'elles subissaient à Rome, l'interprétation
la plus naturelle sera de prendre ici parochia dans le sens de dio-
cèse épiscopal et diocesis dans le sens de diocèse métropolitain ou
primatial. Notre auteur attribue ainsi à Denys d'abord l'institu-
tion du gouvernement presbytéral dans les églises de la ville de
Rome et dans les cimetières de la banlieue, ensuite la délimitation
des diocèses épiscopaux compris dans la circonscription primatiale
(dioecesis) du pape. Cette préoccupation se relie assez bien avec le
soin qu'il a de marquer dans chaque notice, après le compte des
prêtres et diacres ordonnés pour l'église de Rome, celui des con-
sécrations d'évôques per diversa loca, c'est-à-dire d'évéques du
diocèse suburbicaire, les seuls dont le pape célébrât ordinairement
l'ordination. Toute autre interprétation supposerait des remanie-
ments de texte ou des constructions grammaticales invraisembla
blés. — La première partie de ce décret, celle qui regarde le gou-
vernement des églises et des cimetières de Rome, correspond bien
aux nécessités du temps qui suivit immédiatement la persécution
de Valérien (Introd., p. c). Notre auteur aura peut-être tiré cela de
quelque document ou de quelque tradition.
4. Le comput des ordinations semble avoir été incomplet dans
la première édition ; les deux abrégés ne donnent que le chiffre
des évoques.
5. in cymiterio Calisti] L'épi taphe n'a pas été retrouvée (v f De
Rossi, Roma sott, t. II, p. 97, 98). — Quant à la date , le catalogue
libérien et le martyrologe hiéronymien portent VU kal. ian.; la
Depositio episcoporutn est d'accord avec le L. P. pour le VI kal.
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XXVII. FELIX (2G9-274).
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XXVII.
27 1 FELIX, natione Romanus, ex pâtre Constantio, sedit ann. IIII m. III d. XXV. Martyrio coronatur l . Fuit autem
H temporibus Claudii et Aureliani, a consulatu Claudii et Paterni [2S9] usque ad consulatu Aureliani etCapitulinî
[274]. Hic constituit supra memorias a martyrum missas celebrare. Hic fecit ordinationes II per mens, decemb.,
in presbiteros VIIII, diaconos V; episcopos per diversa loca numéro V. Hic fecit basilicam 3 in via Aurélia, ubi et
sepultus est, III kal. iunias 4 , railiarwab urbe Roma II. Et cessavit episcopatus dies V. 5
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i a. Il m. X A56C234E — m. I A3 — d. V O* : om. (?*E (XXV
o)— Marlyrio coronatur om. A«— 2 Claudi {bis) B^C* — Claudii-
cnnsulatu om. B^E (suppl. c) — a consulatu-Aureliani om. A 58
Hî- — ad om. B 1 — consulatu A^B' : consulatum cet. — Capi-
tulini AC* : Capitaii B" : Capitolini cet. — 3 constituit ut E*
— memorias] sepulcra w E 1J — eclebrari A*BC ,3 D : cac-
lcbrarenlur E* — < et> hic A* : hic] et A* — A presh. VIII
AHV-diac. II E — basilica B'D— et <ibi> A» —5 III k. iun.
om. E (suppl. e)— iunias A*Bi : iul A2 : ian. A*5B'7— ab-Roma
om. E {suppl. e) — II om. B«7 : V A56 — < Uï kl. iun. > et
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1. Martyrio coronatur.] La confusion faite par notre auteur entre
Félix I or et un martyr homonyme de la voie Aurélienne explique
assez cette formule pour que je sois dispensé d'en rechercher l'ori-
gine dans une autre direction. L'ancienne tradition liturgique est
absolument muette sur le martyre de Félix ; dans les tables philoca-
liennes son anniversaire figure parmi ceux des évêquos, non parmi
ceux des martyrs. Le seul texte ancien que l'on puisse produire en
sens contraire est la rubrique d'un fragment de lettre citée au con-
cile d'Ephèse (Hardouin, t. I, p. 1404; Mansi, t. IV, p. 1188) comme
de Félix I er ; Félix y est qualifié de martyr. Mais cette lettre est
apocryphe et de fabrication opollinariste, ce qui ne permet guère
de l'invoquer comme un monument de la tradition romaine (Le
Quien, loh. Damasc. opp., t. I, p. xxxvi; cf. Caspari. Quellen zur
Geschichte des Taufsymbol's, fasc. îv, Christiania, 1879, p. 111-123). Ce
fragment a été reproduit par saint Cyrille d'Alexandrie (Apol. pro
Xll cap. t c. 6; éd. Aubert, t. VI, p. 174) et mentionné, d'après les
actes du concile d'Ephèse, par Vincent de Lérins {Commonit., u. 30 ;
Migne, P. L., t. L, p. 681); cette circonstance n'ajoute évidemment
rien à l'autorité de sa rubrique.
2. Ilic constituit supra memorias...] M. de Rossi (Roma sott.
t. III, p. 489 et suiv.) émet une conjecture sur la signification de
ce passage. Il a constaté que, vers la fin du in° siècle, on com-
mença à fermer avec des châssis de marbre, transennae marmo-
reac, les arcosolia des catacombes, sans que cependant cette clôture
ait été pratiquée pour tous les tombeaux de cette forme. Il lui est
venu à la pensée que les arcosolia laissés ouverts contenaient peut-
être des corps de martyrs, que les grilles de marbre étaient peut-
être destinées à empêcher de célébrer les saints mystères sur des
tombeaux de défunts ordinaires et que cette disposition matérielle
est en rapport avec le décret de Félix. Ce pape aurait « restreint
aux seuls martyrs l'honneur du sépulcre-autel » (/. c. p. 493).— Tout
cela est présenté comme fort conjectural. En appliquant les
règles que je suis pour l'exégèse des textes de ce genre, c'est-à-
dire en y cherchant l'expression des usages romains au temps de
l'auteur, on voit que ce décret se rapporte à la coutume de
célébrer des messes ad corpus, dans les cryptes des cimetières
souterrains où l'on vénérait des tombeaux de martyrs. Suivant
l'auteur du livre pontifical, c'est Félix I« r qui aurait établi cet usage.
On sait, par le témoignage de Prudence, qu'il existait déjà dès la fin
du quatrième siècle (Peristeph. xi, v. 171 et suiv.) et que, les jours de
leur anniversaire, à tout le moins, la messe était célébrée soit sur les
autels des basiliques cimitôriales qui s'élevaient au-dessus des tom-
beaux des martyrs, soit dans la crypte elle-même, si elle existait en-
core, sur un autel placé à côté du tombeau. En dehors des fêtes d'an-
niversaire, la desservance des sanctuaires des martyrs suburbains
n'était pas toujours facile à assurer, à cause de l'éloignement et
de l'insuffisance du personnel. M. de Rossi (Roma sott., t. I,
p. 118 ; t. III, p. 527) a relevé et ordonné en série les faits et
décrets relatifs à ce service, depuis le vi e siècle jusqu'au ix e .
Le décret attribué à Félix constate l'usage romain au com-
mencement du vi° siècle : il doit prendre place en tête de cette
série. Malheureusement le texte est ici, comme souvent, très peu
explicite. S'agit-il des fêtes d'anniversaire, du service religieux de
chaque dimanche, ou de messes privées ? Sont-ce les prêtres titu-
laires qui sont chargés d'officier, ou d'autres prêtres désignés par
l'administration épiscopale ? Ce n'est pas en partant de la vie de
Félix I er que l'on peut répondre à ces questions. — Quant aux
grilles d'arcosolium, je crois, quant à moi, qu'elles avaient tout
simplement pour but d'empêcher qu'on ne fît mauvais usage du
vide laissé au-dessus de la tombe, soit en y plaçant des outils ou
autres objets profanes, soit en le transformant en loculus pour un
nouveau cadavre.
3. Hic fecit basilicam...] Suivant la première édition, il fut enterré m
cymiterio suo. Sur ce passage, v. Introd., p. cxxv ; cf. De Rossi, Roma
sott. , t. II, p. 93, 104. C'est par une confusion entre le pape Félix
et un saint homonyme que son tombeau est indiqué sur la voie
Aurélienne; en réalité ce pape fut enterré, avec ses prédécesseurs,
dans le cimetière de Calliste. Son épitaphe n'a pas été retrouvée.
4. /// kal. iun.] Date fausse ; l'auteur du L. P. aura lu iun. au
lieu de ian. La vraie leçon se rétablit aisément, d'après la Depositio
episcoporum et le martyrologe hiéronymien : /// kal. ian. (De Rossi,
Roma sott., t. II, p. 99-102).
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XXV111. EUTYCHIANIJS (275-283).
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XXVIII.
EUTYCIANUS, natione Tuscus, ex pâtre Marino, de civitate Lunae, sedit ann. I m. I d. I. Fuit autem tempo- i 28
ribus Àureliani, a consulatu Aureliano III et Marcellino [275] usque in die idus decemb., Caro II et Carino cons.
[283]. H'*c constituit ut fruges * super altare tantum fabae et uvae benedici. Hic temporibus suis a per diversa n
loca CCCXLII martyres manus suas sepelivit. Qui et constituit 3 ut quicumque de fidelium martyrem sepeliret,
5 sine dalmaticam aut colobium purpuratum nulla ratione sepeliret, quod tamen usque ad notitiam sibi devulgare-
tur. Hic fecit ordinationes V * per mens, decemb., presbiteros XIIIÏ, diaconos V; episcopos per diversa loca m
numéro VIIII. Et 5 martyrio coronatur. Qui etiam sepultus est in cymiterio Galisti \ via Appia, VIII kal. aug.
Et cessavit episcopatus dies VIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS,
i EutYcianusAi*C2E3 : Euticianus A 3 *BGO* : EutychianusAS* :
Eutychiius Bi (sed n additum fuit super ii) : Eutichianus B 2 E 1 :
Euthychianus B3 : Euthianus B*: Eutilianus B 7 D : Euthicianus
Ci — Martiuo B« — LunaC"* : Lunis L23 : Luiî B" — a. VIII
m. X d. II1I A5 C C23-*E — d. II A* — 2 Aureliania consulatu om.
A56 _ Auriliani B 3 C3 — Àureliani III AE— Marcellini A35E —
diem A* C C2E — H om. A3 — Cariano A 56 — 3 constituit] prae-
cepitAS — ut om. A« C B 23 D — fabe A 1 ^ : favao BC* —
ube A» — suis temp. B« — suis om. A*W — 4 CCCLXII A^Bt
— martircs B 1 — manus-marlyrem om. A 2 — manus suas
AU**; manibus suas C* : manu sua A«6RiC 13 E : manibus
suis A3B2367D — et A : hoc BCDE — quaecumque Ci — de
om. A««B23D — fldclem B 2 : filium Ci — martyre A3 — sepelliret
(bis) Bi — 5 sine-sepeliret om. A^C 24 — sine] si A' — dalma-
ticam A ,4 B l — colobio E l : colovio A*E3 — purpurato E' 3 —
rationes C 3 — usque om. B* — notilia B 2 3E3 — devulgarc-
tur Ai25Bi467Ci3.j _ 6 ord. I A3 : M D — 7 numéro om. AE —
et om. A3E — Calesti Ci - VIIII A 2 : XVIII A 3 : VI B 2 3 — kal.]
id. A56- 8 d. VIIII C 2 : VII C\
NOTES EXPLICATIVES.
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1. //. c. ut fruges...] On trouve dans le sacramentaire gélasien
une formule de bénédiction des fèves, le jour de l'Ascension ; la
môme prière y est indiquée plus loin, en dehors de la série des
fêtes, sous le titre Oratio ad fruges novas benedicendas; dans cette
répétition le raisin est mentionné à côté des fèves. La voici : lie-
nedic, Domine, hos fructus novos uvae sive fabae, quos tu, Domine,
per rorem caeli et inundantiam pluviarum et tempora serena atque
tranquilla ad maturitatem perducere dignatus es, t ad percipiendum
nobis cum gratiarum aclione, in nomme domini nostri lesu Christi,
per quem haec omnia. Domine, semper bona... (Muratori, Liturg. Rom.
1. 1, p. 746). Les derniers mots appartiennent à la formule finale,
du canon romain. La prière se termine de la même façon dans le
texte de la messe de l'Ascension ; elle y est même précédée de la ru-
brique Inde vero, modicum anle expletum canonem, benedices fruges
novas, et suivie des mots usque explelo canonem (1. c. p. 588, cf.
p. T78). Le sacramentaire grégorien contient aussi cette oraison,
avec la finale per quem haec omnia, dans la messe de saint Xyste,
le 6 août, mais appliquée aux raisins seulement. Ces documents
liturgiques expliquent notre texte, en même temps que l'usage
dont ils témoignent reçoit de lui une garantie d'antiquité. Les
mots super altare benedici font allusion à la bénédiction prononcée
pendant le canon, au moment le plus solennel de la messe. Quant
à la restriction indiquée par le mot tantum, elle est parfaitement
justifiée : les autres bénédictions, dans les anciens livres liturgi-
ques romains, sont toujours supposées accomplies en dehors de la
messe, sauf deux exceptions, celle des saintes huiles le jeudi saint
et, dans le sacramentaire léonien seulement, celle du breuvage
composé d'eau, de miel et de lait, que l'on donnait aux nouveaux
baptisés ; cette dernière figure dans la messe de la Pentecôte (Mu-
ratori, Lit. Rom., t. I, p. 318). Mais ni les huiles sacrées, ni les élé-
ments de ce breuvage ne sont ce qu'on appelle des fruges. — Il faut
rapprocher de ce décret le 3° canon apostolique (3° et 4° dans la
version de Denys) où il est interdit d'offrir à l'autel (icpocrpépeiv èiù
tô 6u<riaorf è ptov) d'autres aliments que les nouveaux épis et le raisin,
dans la saison opportune, icX^v viwv yiBpiav -î\ oraçuX-r^, tû xsip$
tû 8«ovTt. Ainsi l'usage oriental, pour ce qui regardait la bénédic-
tion des prémices à l'autel, différait de l'usage romain en ce que
les épis de froment y étaient substitués aux fèves. Les fèves avaient
été, dans les temps les plus reculés, la nourriture ordinaire des
peuples italiens. On les considéra longtemps comme un aliment
sacré (v. Pfund, De antiquissima apud Halos fabae cuitura ac reti-
gione, Berlin, 1845). C'est sans doute à cause de cela que, dans la
liturgie chrétienne de Rome, on les choisit, de préférence aux épis
de blé, pour représenter les prémices des aliments solides.
2. lïic temporibus suis...] Je n'ai pu retrouver la source de ce
renseignement. Aucun document digne de foi ne mentionne une
persécution sous Eutychien. Dans la basilique de Saint-Silvestre,
sur la vue Salaria, on vénérait, au vn° siècle, une tombe qui, di-
sait-on, renfermait les restes de 362 ou 365 martyrs (De Rossi,
Roma sott., 1. 1, p. 176, 177). La variante ccclxu se trouve dans
quelques-uns de nos manuscrits; entre cccxlii et ccclxu la différence
n'est pas grande, au point de vue paléographique, pas plus qu'entre
ccclxu et gcclxv. Aucune tradition, à ma connaissance, n'explique
ce que c'étaient que les 362 ou 365 martyrs de la voie Salaria, ni
ne rattache leur souvenir à celui du pape Eutychien ; mais nous
ne possédons pas, tant s'en faut, tous les récits qui circulèrent à
Rome, du iv° au vu» siècle, sur les martyrs et leurs sanctuaires.
3. Qui et constituit...] Ce décret, particulier à la seconde édition,
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XXVILL EUTYCHIANUS (275-283).
est aussi obscur que le fait qui le précède. Les passiones martyrum,
depuis l'origine jusqu'au vi e siècle, mentionnent souvent les lintea-
mina et les aromates avec lesquels on ensevelissait les martyrs,
quelquefois les vêtements précieux dont on les revêtait, mais on
n'y trouve rien qui puisse expliquer les termes précis dalmatica,
colobium, purpuratum (Bosio, RomasotL, i, 49). D'autre part il n'est
pas possible de rattacher ce texte aux usages observés lors des
translations de corps saints. Au sixième siècle ces translations ne
se produisaient point à Rome, au moins comme fait ordinaire,
commun, dont la répétition pût donner lieu à un usage cl nécessi-
ter la promulgation d'un règlement.
4. ordinationes V per mens, decemb.] Ce chiffre d'ordinations est
inconciliable avec la durée assignés par le L. P. au pontificat
d'Eutychien, non pas toutefois avec sa durée réelle.
5. et marlyrio coronatur] Ces mots, qui ne figurent pas dans les
abrégés de la première édition, se trouvent ici hors de leur place
habituelle. Cf. Introd., p. lxi, lxvii, lxxxix. Ils ne sont d'ailleurs
confirmés par aucun document indépendant.
6. Qui etiam sepultus est...] L'épitaphe a été retrouvée : ÇVT1TXÏ
ANOC €niC... (De Rossi, Roma sot t., t. II, pi. m, p. 70).— La date
VIII kal. aug. est fausse; le catalogue libérien donne le Vil id.
decemb.; la Depositio episcoporum et le martyrologe hiéronymien,
le VI id. decemb.
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XXVIIII. GAIUS (283-296).
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XXVIIII.
GAIUS, nations Dalmata \ ex génère Diocletiani imperatoris, ex pâtre Gaio, sedit ann. XI m. II II d. XII. Fuit I 29
autem temporibus Garini *, a die XVI kal. ian., a consulatu Garo II et Garino [283] t usque in die X kal. mai.,
Diocietiano II II et Gonstantio II [296] 3 . Hic constituit ut ordines 3 omnes in ecclesia sic ascenderetur : si quis épis- Il
copus mereretur, ut esset ostiarius, lector, exorcista, sequens, subdiaconus, diaconus, presbiter, et exinde épis-
5 copus ordinaretur. Hic regiones * dividit diaconibus. Hic fugiens 5 persecutionem Diocletiani in criptis habitando, III
martyrio coronatur post annos VIII. Hic fecit ordinationes IIII per mens, decemb., presbiteros XXV, diaconos IV
VIII; episcopos per di versa loca V. [Qui 6 post annos XI, cum Gavinio fratre suo, propter filiam Gavini presbiteri,
nomine Susanna, martyrio coronatur.] Qui vero sepultus est in cymiterio Galisti 7 , viajAppia, X kal. mai. Et ces-
savit episcopatus dies XI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
£ < Romanus > Dalmata D — Dalmatica B 2 : Dalmatiaé
A3C2 : Dalmalinus Ai*«6 — Diocletiani A^B 1 : Diocletiani Cl ;
Dioclitiani cet. — imperatoris om. BCD — an. X B 1 — d. VI1II
A56C234E : d. II A2— 2 Careni... Careno C*— < Cari et > Carini
ir E — IIII kl. e : XIIII kl. A"C* — ian.] iun. B* — Cari II et
Carini A35*C*E (Cari V C*) — Caro V C3 — 3 Diocietiano III A3
B» — Constantio V C3* : Constantino II B"£ « ut om. C*D —
.ordinationes B*E 13 — in ecclesia] ecclesiasticas C 1 — < ut >
sic I) — sic om. C 1 — ascenderetur A*B 17 C* 3 D : ascenderentur
A24B-- C C* : ascenderent A356 C^E* 3 — si-mereretur om. B^Ci
— quem A 3 — 4 meretur C 3 * — essit A 1 : essent E 3 : om, B 6
— ostiarium A 1 : hostiarius C 2 — exinde] sic D — 5 regionem
A 4 — persequutionem B 3 — cryptis C 12 : civitis B« — habita-
vit < per annos Vllll > C* — 6 martyrio coronatur om. C* —
coronatus B* — post annos VIII om. A«34C* — YHII CE — ord.
III A 5 B 6 C 3 — per mens, decemb. post diac. VIII ponunt BK^ 13
— num. V BC234 E — 7 XI < fecit ordinationes-num. V. Qui >
C4 _ Gaviniano Bi : Gabinio C3 — fratri Ci — filia Bi*C?E —
Gabiani C" — 8 Susanna A^sRiC 3 : Susannam cet. — marty-
rio coronatur om. A 3 : Arc A 6 repetit post annos VIII -coronatur
— coronatur < Hic fecit ord. IIII per mens, decemb., presb,
XV, diac. XV ; episcopos per diversa loca num. V > BCD (diac.
XII D : num. om. B'C 1 : totus hic embolismus erasus fuit in B*).
— Qui vero] et A 2 — vero A^B^C" : etiam cet.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. natione Dalmata....'] Passio Susannae, Acta SS. Febr., t. m,
p. 62 : (Gabinius) f rater uterinus Gaii episcopi urbis Romae... eo
quod esset de génère Diocletiani Augusti... Numquid tu (Gabini)
fllius non es Maximini, cuius et Gaius episcopus, vester frater,
fematissimi senatoris et consulis, consobrini dominorum nostro-
rum Augustorum.
[ 2. temporibus Carini] Cat. libérien : « Cari et Garini ». Les mots
Cari et ne font défaut que dans la seconde édition ; ils figurent
dans les deux abrégés de la première.
3. H. c. ut ordines...] Ce décret est répété plus loin dans la vie de
Silvestre. Tous ces degrés sont mentionnés dans la lettre de Cor-
nélius à Fabius d'Antioche (Eus., H. /?., vi, 43). Leur institution pre-
mière est donc bien antérieure au pape Gaius. Seçuens a ici le sens
d'acolyte. Il y aurait un exemple épigraphique de cette acception
si le sens du mot sequentibus, dans une inscription de Narbonne,
était sûrement celui que propose M. Le Blant, Inscr. chrét. de la
Gaule, t. H, n° 617.
4. Hic regiones...] Répété textuellement de la notice de Fabien, à
laquelle il a été fourni par le catalogue libérien.
5. Hic fugiens...] Voir Introd., p. xcvm. Les mots martyrio coro-
natur post annos VIII sont une retouche du second éditeur ; la pre-
mière édition porte simplement confessor quievit.
6. Qui post annos XI,..] Passage évidemment interpolé (Introd.,
p. xcix). . .
Liber pontificalis.
7. Qui [sepultus est...] Epitaphe, trouvée en fragments dans le
cimetière de Calliste, auprès de la crypte du pape Eusèbe, mais
hors de place :
raioï'Çnux*
• K A T •
IIP o .«'. KAA'MAlCOv
Tatou imaxd-îcou xariôecNç 7cpè C xa)axv8wv Mau'wv. Le 22 avril, X kal.
mai., est l'anniversaire traditionnel du pape Gaius ; tous les calen-
driers romains, depuis le quatrième siècle, le marquent ainsi. Dans
le martyrologe hiéroaymien il est indiqué, outre ce jour, au X kal,
mort.; cette répétition provient, à mon avis, d'une confusion, mai.
changé en mort.; le martyrologe hiéronymien contient beaucoup
de fautes de ce genre. Il est moins facile de rendre compte d'une
troisième mention de Gaius, au 1 er juillet : Romae, Gai episcopi;
celle-ci, à moins qu'il ne s'agisse d'un autre Gaius, devra s'expli-
quer par une translation. Le tombeau de Gaius était un des plus
vénérés du cimetière de Calliste. On a l'épitaphe d'une défunte qui
s'était acheté arcosolium in Callisti ad domnum Gaium (v. ci-dessus ;
Calliste, note 7, p. 142; cf. De Rossi, Roma sott. % t. ni, p. 115,
120, 263 et suiv.).
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XXX. MARCELLINUS (296-304).
XXX.
80 I MARCELLINUS,* natione Romanus, ex pâtre Proiecto, sedit ann. VIIII m. IIII d. XVI. Fuit autem temporibus
Diocletiani et Maximiani, ex die kal. * iul., a consulatuDiocletiano VI et Constantio II [296] usque Diocletiano VIIII
H et Maximiano VIII 1304], quo tempore fuit persecutio magna, ut a intra XXX dies XVII milia hominum promiscui
sexus per diversas provincias martyrio coronarentur christiani. De qua re et ipse Marcellinus adsacrificium ductus
III est ut turificaret, quodetfecit. Et postpaucos dies, paenitentiam ductus, ab eodem Diocletiano pro fide Christi cum 5
IY Claudio 8 et Cyrino et Antonino capite sunt truncati et martyrio coronantur. Et post hoc factum iacuerunt corpora
sanctain platea ad exemplum christianorum dies XXV ex iussu Diocletiani. Etéxinde Marcellus presbiter collegit
noctu corpora cum presbyteris 4 et diaconibus cum hymnis et sepelivit 5 in via Salaria, in cymiterio Priscillae, in
cubiculum qui patet usque in hodiernum diem, quod ipse praeceperat paenitens dum traheretur ad occisio-
nem, in crypta iuxta corpus sancti Criscentionis, VII kal. mai. Hic fecit ordinationes II per mens, decemb., 10
presbiteros IIII, diaconos II; episcopos per diversa loca V. Ab eodem die cessavit* episcopatus ann. VII m. VI
d. XXV, persequente Diocletiano christianos.
VARIANTES DBS MANUSCRITS.
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I a. VIII m. II d. XXV A56C2"E (a. VI e — d. XXXV C* in
textu, XXV in catalogo) — m. IIII om. C 1 — Fuit autem] Qui fuit
C*— 2 Diocletiano-usque om. C 9 -™ — Diocletiani VI A*-«E — VI]
VIII A56 — Consfcantii A 23 * : Constantin! A» : Constantino BCiDE
— usque < in > D — Diocletianum E — Diocl. VIII C* — 3
Maximianum E : Maximino C 3 — <ita> ut A 2 :.ut om. D —
diebus A 3 CE — XVÏÏ A* : XXVII A* — 4 provintias C — mar-
tyrio om. A— coronatur B* : coronentur D — sacrificandum A
— 5 ut purificaret C 2 : et turificare A* : ut sacrificaret B$ —
paenitentiam A*BiC 23 — 6 et om. A" — Quirino C 2 * : Cirino
B 2 — et Antonino om. B* — Antonio C 24 : Antôno C 3 — - sunt
om. C 1 — coronati A 23 C 2 : coronatur C 3 — coronantur < quem
coniurans beatus Marcellinus Marcellum presbiterum dum per-
geret ad passionem suam ut praecepta Diocletiani non impie-
ret > BCDE (quem] qui B 23 : om. E — Marcellum] Marcellinum
C* — non om. B*C 23 E, sed suppl. e ) — post] propter D — 7
sanclorum A 2 - 6 — diebus E — XXXVI BCDE — iusso A* 3 : ius-
sione B* — Marcello A* {corr.) : Marcellinus E — colligit B 23 —
4 cum] et A M : et cum A 4 — ymnis A 1 : hymnis < et psal-
mis> A 3 — sepellivit B* — in om. BCDE — Sallaria C 3 : Sa-
lutaria B 67 — in cymiterio-loca V] in cubiculo claro in crypta.
Qui etiam fecit ordinationes II per mens, decemb., presb. IIII,
diac. II; episcopos per diversa loca num. V. Qui etiam sepultus
est in cymiterio Priscillae, via Salaria, VI kal. mai., in cubi-
culo qui patet usque in hodiernum diem, quod ipse praece-
perat BCD (claro-Salaria om. B^ 1 — cub. claro] cubiculario C 2
— VI kal. mai. om. C — ordinem verborum turbant B 23 ita : in
cimiierio Priscillae, in crypta, in cubiculo claro quod ipse
praeceperat, qui patet usque in hodiernum diem. Qui fecit
ord.-uum. V). — 9 cubiculo < claro > A5«E — qui] quod
A 3 E : quae C 1 — hodiernum] presentem A" — praeciperat
A 1 : praeparaverat E — 10 criptam A 2 : scripta B 2 : scrypta
C 3 — Crescensionis A 2 : Crescentionis E — VI kal. A 23 * — Hic]
Qui etiam E — II om. C 3 — per om. A* — il num. V E : VI A*
— ab eodem die om. A56 : et a die martirii ipsius quod fuit k.
mai. B 23 — eodem] eo A 2 — die om. A 1 : diem B 1 — <et>
cessavit A«B"7 D — 12 d. XXXV B 3 ~- persequentem Diocle-
tianum A 1 — christianos om. A 3
NOTES EXPLICATIVES. .
1. Fuit-persecutio] Cat. libérien, sauf la date de l'ordination
« pria. kal. iul. »
2. ut intra XXX dies...'] Ce qui suit provient de quelque passio
Marcellini, comme je l'ai expliqué dans l'Introduction, p. xcix.
Dans la lettre apocryphe de saint Jérôme qui sert de préface au
martyrologe hiéronymien on trouve un comput analogue et même
plus effrayant ; il est vrai qu'il embrasse toutes les persécutions à
la fois : « Per singulos dies diversarum provinciarum diversarum-
» que urbium plus quam octingentorum et nongentorum milia
» martyrum nomina sunt nominata, ut nullus dies sit qui intra
» quingentorum numerum repperiri possit adscriptus, excepto die
» kalendarum ianuariarum. »
3. cum Claudio...] Ce groupe de martyrs n'est pas plus mentionné
que Marcellin lui-même dans les anciens calendriers romains. On
ne le trouve pas non plus dans les itinéraires du vn e siècle. Ce
que les martyrologes du ix* siècle en disent provient uniquement
du L. P.
4. cum presbyteris et diaconibus cum hymnis] Mots ajoutés par le
second éditeur. — Les mots quem coniurans — non impleret t inter-
calés avant cette phrase dans les mss. BCDE, me semblent avoir
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XXX. MARCELLINUS (296-304).
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été dictés par un rapprochement entre l'ordre donné par Dioclé-
tien de laisser les corps sans sépulture et les recommandations
faites à Marcel par le pape marchant au supplice, praeceperat...
dum traheretur ad occisionem. On a voulu dire que la volonté de
l'empereur ne fut pas exécutée et que Marcel enleva les corps des
martyrs bien avant le délai de vingt-cinq jours.
5. et sepelivit...] La crypte de Saint-Grescentio (Grescentius ou
Grescentianus) est indiquée dans les itinéraires du vn e siècle ; l'un
d'eux, YEpitome de locis ss. marlyrum, contient le nom de Marcel-
lin, au milieu d'une énumération de tombes saintes sans précision
topographique. Ces documents n'ajoutent rien à la description si
claire du L. P. En partant de celle-ci, on a dirigé les recherches
vers un grand lucernaire, ancien puits d'extraction d'une carrière
de pouzzolane, par où la lumière pénétrait jusqu'au sanctuaire (in
cubieuîo claro). L'emplacement de ce lucernaire est marqué B sur
le plan partiel du cimetière de Priscille publié par M. Michel de
Rossi (Roma sott., t. I, p. 32 ad calcem). Au moment où ces lignes
s'impriment, les fouilles n'ont point encore abouti à la découverte
de la tombe sainte ; ce qui est d'autant plus regrettable qu'il n'eût
pas été inutile de vérifier par quelque donnée monumentale l'i-
dentité du pape Marcellin avec le martyr de la voie Salaria. Gette
identité n'est admise en somme que sur le témoignage du L. P.,
c'est-à-dire d'un livre où l'on rencontre plusieurs confusions de
personnages différents (Alexandre, Urbain, Félix I«, Félix II). —
Il faut remarquer aussi que la date VII kal. mai (26 avril), donnée
comme celle de la sépulture de Marcellin, suppose qu'il a été mar-
tyrisé le le' avril (iacuerunt corpora... dies XXV). Gette date ne
concorde pas avec celle que l'on obtient en comptant, suivant les
indications du catalogue libérien, 3 mois et 26 jours depuis le 30
juin, indiqué comme le jour de l'ordination de Marcellin.
6. cessavit episcopatus...] Gette formule, si souvent reproduite
dans le L. P., est empruntée au catalogue libérien, qui ne s'en
sert que cette fois-ci seulement. Quant aux chiffres dont elle est
suivie ici et à leur signification, voir ce que j'en dis dans le cha-
pitre de l'Introduction qui est consacré à la chronologie ponti-
ficale.
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XXXI. MARGELLUS (308-309).
XXXI.
34 j MARCELLUS, natione Romanus, ex pâtre Benedicto \ de regione Via Lata 2 , sedit ann. V m. VII d. XXI.
jl Fuitautem temporibus Maxenti, a consulatu 3 Maxentio IIII etMaximo usquepostconsulatum. Hic fecit cymite-
rium Novellae 4 , via Salaria, et XXV titulos 5 in urbe Roma constituit, quasi diocesis 6 , propter baptismum et pae-
nitentiam multorum qui convertebantur ex paganis et propter sepulturas 7 martyrum. Hic ordinavit. XXV presbi-
teros in urbe Roma et II diaconos per mens, decemb. ; episcopos per diversa loca XXI. 5
m Hic 8 coartatus et tentus eo quod ecclesiam ordinaret et conprehensus a Maxentio ut negaret se esse episcopum
et sacrifions humiliari daemoniorum. Quo semper contemnens, deridens dicta et praecepta Maxenti, damnatus est
in catabulum 9 . Qui dum multis diebus serviret in catabulum, oralionibus etieiuniis Domino deserviens nonces*
IY sabat. Mense autem nono noctu venerunt clerus eius omnis et eruerunt eum noctu de catabulo. Matrona quaedam,
nomine Lucina, vidua, quae fecerat cum viro suo Marco annos XV et in viduitate sua habuit annos XVII II, sus- 10
cepit beatum virum ; quae domum suam nomine beati Marcelli titulum dedicavit, ubi die noctuque hymnis et
V orationibus domino Iesu Ghristo confitebatur. Hoc audito Maxentius misit et tenuit iterum beatum Marcellum et
iussit ut in eadem ecclesia plancas externi et ibidem animalia catabuli congregata starent et ipsis beatus Mar-
cellus deserviret. Qui tamen in servitio animalium nudus amicto cilicio defunctus est. Guius corpus collegit beata
Vi Lucina et sepelivit in cymiterio Priscillae 10 , via Salaria, XVII kal. febr. Et cessavit episcopatus dies XX. Lucina 15
vero scriptione damnata est.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 de-Lata om. A 3 — m. I A3 : VIII A<î : VI B^ 1 — XXI < qui
fuit de regione Via Lata > A 3 — 2 Maxenti] Maiimiani A 3 —
Maxentii IIII A*MD (III A«) : Maximi IIII A*E — Maximo]
Maxente A 3 — usque post cons. om. A* — <in > post A 123 :
post] ad A 5 *B*3 : prae D— consulatu A*D — Hic<rogavit quen-
dam matronam nomine Priscillam et > E — cymiteria B^C 13 —
3 Novelle C 2 : Noille C 3 : Nobile C* : om. cet. — XXV] duode-
cim A 3 — quasi Ai^DE* 3 : quosi A 2 : ut si A" 5 : quasi al. A 5 :
quod B** 5 C : et B 23 — diocèses B*E* : diuceses E 3 — propter]
post B 3 — baptismi A 3 — etom. A 3 — A poenitentia E 3 : pae-
nitentia Bi : penitentia E* — ex] a D — Hic ordinavit om. A 1
— XX A* : XXVI A56C34E : XXX Bi : XXVII C 2 — 5 episcopos-XXI
om. BCD — et-episcopos] per mens, decemb. diac. II et episco-
pos E — XXIIII A 4 — 6 cohartatur B 1 : coartatur A* : coartatus
est A*56E — tentus] territu C 2 : territus C* : ductus A 3 — ec-
clesiasD: de ecclesia C 2 — ordinarit A 1 : ordinavit C 1 (corr.) :
ordinasset A 3 — et om. C 23 E — conprehinsus B* — Maxentio
< impr> A 4 — ut-humiliari] ut sacrificiis immolaret A* — ut
negaret om. A* 23 — se om. A 3 , relicto spatio — 7 humiliari (id.)
— «< deberet > humiliari A5*— humiliaret E — daemoniorum
A^BiO.dem. cet. —quo A i3 BUC»:qui B5ciC 23 E:quos A 2 : quod
A*B* 3 D — contempnens A 3 - 6 B 2 C (contempnes C 3 ) E : conten-
dens B 5 : continens B 7 — deridens om. B* : et deridens A* 6 :
diridensque D — dictis praecepta ex praecepto C* : dicti/// prae-
cepta et praecepta B 1 — praeceptum D : factaA 3 — 8 in] intra
A* — catabulum A U B5C 3 : catabolumC 2 : catabolo E : catabulo
cet. — catabolum C 2 E : catabulo A 23 5<» — oral, et ieiun.] con-
tempnens daemoniis A 3 — Deo C 2 — serviens AC 12 — 9 nocte
A45GDE — venit C 23 * _ cleros A 2 : cleri C 1 : clerici A5«BD —
omnes A^BD : noctu Ci — eruerunt A56C 23 *E : tulerunt A 3 :
extraerunt A* : exuerunt cet. — nocte D : notu B 3 : om. E —
catabolo C 2 — quidam A» {corr.) C 23 B5 — 10 vidua om. E —
qui B5 — fuerat A 3 *B» — Marco om. A 23 — viduitatis B 3
(corr.) : viduetate C 3 — sua om. C 2 — habebat BCDE — il
beatum om. B5 — virum] Marcellum A* C C 2 E : om. C — quae]
quem B' J D : in A — suam < quam > A*g — nominis A 5 ^ —
— beati M. titulum] beatus Marcellus oratorium A 3 — titulo A 56
— ymnis A 1 — 12 < in > Domino A 2 — confitebantur B ,23 CiE —
hoc] quo A 3 — auditu Maxentîos B 1 : audito Maxentio A 123 (Maxi-
miano A 3 ): auditum a Maxentio B 2 -5C ,3 D : audito Maxentius C 2 E
— iterum om. C 2 — 13 ut om. AB 2 E : < eum > ut B* — eccle-
siam B* — plantas A* : planas C 3 : plangas A 3 {corr.) : paleas
D : < iterum > plancas A56BCDE — sterni A*C 2 : externit E —
ibidem ] iterum C 2 : om. A 3 rel. spat. — et] ut A5« — ipse A 3 * 6 :
ipsos C* — 14 deservivit A 3 — in] ut E — amictus B 3 {corr.) C 3
— 15 sepellivit Bi - Priscyllae C 3 — Sallaria C 3 — VII k. A«
— d. XXI C 3 — 16 scriptionem A* : descriptione A** : proscrip-
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XXXI. MARGELLUS (308-309).
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\. Bénédicte] Dans la première édition, le père de Marcel s'ap-
pelle aussi Marcel : « ex pâtre Marcello. »
2. de regione Via Latà] C'est en effet dans ce quartier que s'élève
le tilulus Marcelli dont l'origine est racontée ci-dessous. La pre-
mière édition n'a pas cette indication topographique.
3. a consulatu....] Cat. libérien : « a cons. X et Maximiano [308]
usque post consulatum X et septimum [309] ». — La note consu-
laire Maxentio UII et Maximo n'a aucun sens ; l'auteur du L. P.
a cru devoir retoucher ici le texte du catalogue libérien, a cons. X
et Maximiano; de même, après post consulatum, il a omis les
numéros X et septimum. Sur cette notation, insolite et abrégée,
v. Do Rossi , Inscr. christ., t. I, p. 38. Les deux empereurs dont
les consulats ne sont indiqués que par des numéros sont Maxi-
mien (Hercule) et (Maximien) Galère. L'année 308 ne fut point
désignée à Rome par ces consuls, que Maxence, alors au pou-
voir, ne reconnaissait pas : jusqu'au 20 avril aucun consul ne
fut proclamé dans les pays soumis à son autorité; depuis le
20 avril on y compta par le consulat de Maxence et de Romulus,
qui y fut redoublé l'année suivante. Dans le reste de l'empire,
l'année 308 fut désignée par l'expression Maximiano X et Maxi-
miano VII et l'année 309 par la formule post consulatum Maxi-
miani X et Maximiani VU, en abrégé p. c. X et VII. Ainsi l'auteur
du catalogue libérien, bien qu'il ait écrit à Rome, n'a point suivi
la notation consulaire que l'on y employa réellement en 308 et 309 ;
il s'est servi des tables rectifiées d'après la série des consuls légiti-
mes (cf. De Rossi, /. c, p. lvi, lvii). Cela est assez naturel, puis-
qu'il écrivait vingt-quatre ans (336) après la chute de Maxence.
4. H. f. cymiterium Kovcllae] Le nom du cimetière ne s'e^t con-
servé que dans un petit nombre de manuscrits du groupe C. Il
doit avoir disparu de bonne heure ; la variante des mss. E paraît
indiquer le cimetière de Priscille, de beaucoup antérieur au pape
Marcel et très différent du cimetière de Novella. Celui-ci est men-
tionné aussi dans les Gesla Liberii (Migne, P. L., t. VIII, p. 1389;
Introd., p. cxxn) ; il a été retrouvé par Bosio (Roma sott., ni, 61) ;
Aringhi (Romasubt., t. II, p. 422) en a publié le plan; et M. de
Rossi (Roma sott, t. I, p. 189) en a vérifié l'emplacement sur la
voie Salaria, à droite, en face du cimetière de Priscille ; il a cons-
taté aussi qu'on n'y trouve aucun tombeau plus ancien que le pape
Marcel (Bull. 1877, p. 68).
5. et XXV titulos] Pour l'auteur du L. P. il n'y a que vingt-cinq
tituli à Rome. Ce compte, déjà indiqué implicitement dans les no-
tices de Clet et d'Urbain, se retrouve dans celle d'Hilaire, à propos
des vases sacrés qui servaient à la messe stationale. Au xn° siècle
il y en avait très certainement vingt-huit, comme on peut le voir
dans le De ecclesia Lateranensi de Jean Diacre (Mabillon, Mus. ItaL,
t. II, p. 561; Migne, P. L. t. CXCTV p. 1557) et dans le livre de
P. Mallius sur la basilique Vaticane (Âcta ss. iun., t. VII, p. 46 ;
cf. Mabillon, op. cit., 1. 1, p. 160 ; Migne, P. L., t. LXVIII, p. 1059) ;
ces deux auteurs sont contemporains d'Alexandre III ; ils écrivaient
vers l'année 1170. On peut même remonter un siècle plus haut,
car la Descriptio sanctuarii Lateranensis, écrit de la fin du xi« siècle
qui sert de base au livre de Jean Diacre (De Rossi, Inscr. chr., t. II,
p. 222), contient déjà le passage où sont mentionnés les vingt-huit
cardinaux prêtres. On retrouve à peu près le même nombre en étu-
diant les signatures des prêtres romains au concile tenu en 499,
sous le pape Symmaque. Pour lever la contradiction entre ces don-
nées et le témoignage du L. P., on pourrait dire que celui-ci se
réfère à un état de choses antérieur à Symmaque. Cette explication
me parait insuffisante : pour l'accepter, il faudrait admettre que
trois nouveaux titres avaient été créés entre le pape Hilaire (f 468)
et l'année 499, c'est-à-dire en un temps pour lequel notre auteur
est bien renseigné, au moins en ce qui regarde les choses de cet
ordre. Il portait un intérêt particulier aux titres paroissiaux, comme
le prouvent les indications qu'il nous a laissées sur leur organisa-
tion et sur la fondation de plusieurs d'entre eux, ceux de Marcel,
de Silvestre, de Marc, de Jules, de Damase, de Vestina, de Cres-
centiana. S'il s'en était fondé de nouveaux sous les quatre derniers
prédécesseurs de Symmaque, il n'eût pas manqué de le rapporter.
Je crois donc qu'il n'y avait de son temps que vingt-cinq titres ro-
mains. Parmi les noms de titres qui figurent dans le concile de 499,
il y en a plusieurs qui se rapportent certainement à la même église ;
ainsi le tilulus Vizantis est le même que celui de Pammachius ou
des saints Jean et Paul, le titre de saint' Laurent est évidemment
identique au tilulus Damasi (Saint-Laurent in Damaso) ou au tilulus
Lucinae (Saint-Laurent in' Lucina), le titre de Gains ne se distingue
pas de celui de Susanne. Ceux-ci éliminés, il en reste vingt-deux
dont la situation est connue et qui sont certainement distincts les
uns des autres, plus cinq dont la situation est indéterminée : ce sont
les tituli Aemilianae, Crescentianae, Nicomedis, Romani, Tigridae. Il
est possible que deux d'entre ceux-ci soient identiques, soit à l'un des
trois autres, soit à quelqu'un des vingt-deux titres que l'on connaît.
Au moins peut-on dire que, tant qu'on n'aura pas levé l'incertitude
qui les concerne, il n'y aura aucune nécessité de sacrifier le témoi-
gnage du L. P. sur l'état des choses au commencement du vie siècle.
6. quasi diocesis] Diocesis a ici la signification générale de circon-
scription. Ce sont les circonscriptions des églises paroissiales, où
avaient lieu les instructions et exercices préparatoires au baptême
et à l'absolution publique. Je dis les exercices préparatoires, car la
célébration du baptême et la réconciliation solennelle des pénitents
requérant la présence de l'évêque, ces cérémonies s'accomplissaient
dans une réunion générale et non par circonscription de paroisse.
— Le second éditeur a glosé maladroitement le texte primitif; les
mots multorum qui convertebantur ex paganis auraient dû être pla
ces après baptismum ; rattachés à paenitentiam ils n'ont aucun sens,
car la pénitence ne pouvait être imposée à des gens qui n'étaient
pas encore baptisés.
7. et sepulturas] L'administration des prêtres titulaires s'étendait
aussi aux cimetières suburbains et à la sépulture des défunts, mar-
tyrs ou non (De Rossi, Roma sott., t. III, p. 520 et suiv.).
8. Hic coartatus...] Passio Marcelli {Acta SS. ianuar., t. II, p. 9) :
« Eodem tempore (après la translation des restes de saint Cyria-
» que, 8 août) b. Lucina fecit donationem de facultate sua ex om-
a nibus sanctae ecclesiae catholicae. Hoc audiens Maximianus
» Augustus indignatus, proscriptions eam damnavit. Beata autem
» Lucina rogavit s. Marcellum episcopum ut domum eius eccle-
» siam consecraret. Quod cum omni devotione fecit b. Marcellus
» episcopus. At ubi fréquenter in eadem domo missas celebrasset
» in média civitate, via Lata, audiens hoc Maximianus Augustus,
» iratus misit in eamdem ecclesiam et fecit praeceptione sua ut in
» eadem ecclesia plancae sternerentur ad animalia catabuli publici
» et eumdem Marcellum episcopum ad servitium animalium de-
» putavit, cum custodia publica. Ubi etiam post multos annos ser-
» viendo, indutus amictu cilicino, emisit spiritum, sub die XVII
» kal. feb. Guius corpus rapuit Iohannes presbyter noctu cum b.
» Lucina et condivit cum aromatibus et sepelivit in coemeterio
» Priscillae, via Salaria veteri, non longe ab urbe Roma, milliario
» tertio, ubi requiescit in pace. » Sur les différences entre ce texte
et la rédaction de la passion que l'auteur du L. P. a eue sous les
yeux, v. Introd., p. xcix. Cette dernière est évidemment la plus
ancienne des deux. — Les deux abrégés de la première édition
n'ont conservé aucune trace de ce récit; il doit avoir été introduit
par le second éditeur. — Sur le personnage de sainte Lucine, qui
figure dans plusieurs récits martyrologiques romains du v» et du
vi» siècle, v. Tillemont, Hist. eccl., t. IV, p. 554; De Rossi, Roma
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XXXI. MARCELLUS (308-309).
$ott„ t. 1, p. 309 et suiv.; cf. t. IL p. 176, 282, 361. Le titulus Luci-
nae, où le pape Damase fut élu en 366, est mentionné dans un
écrit contemporain, la préface du Libellas precum de Faustin et
Marcellin.
9. in catabulum] Il s'agit ici du service des Catabulenses, corps
chargé des gros transports publics (Cod. Theod. XIV, ni, 9, 10;
Gassiodore, Var. % m 10, iv 47). La légende du titulus Marcelli, en
mêlant le souvenir du Catabulum publicum à celui de la fondation
d'une église dont l'emplacement est bien déterminé, nous a con-
servé une indication topographique précieuse relativement à la si-
tuation des écuries de ce service de messageries publiques. Il est
à remarquer que, dans le L. P., le catabulum est distinct de la
maison de Lucine, tandis que la passion des Bollandistes semble
confondre ces deux édifices.
10. an cymit. Priscillaé] L'itinéraire de Salzbourg (vue s.; De
Rossi, Roma sott., t. I, p. 176; cf. Bull. 1880, p. 25, 46) place le
tombeau de Marcel dans la basilique de Saint-Silvestre, au-dessus
du cimetière de Priscille; il s'y trouvait à droite, avec celui du
pape Gélestin. On y lisait l'inscription suivante, composée par Da
mase (De Rossi, Inscr. chr., t. II, p. 62, 103, 138) :
Veridicus rector, lapsos quia crimina flere
praedixit, miseris fuit omnibus hostis amarus :
hinc furor, hinc odium sequitur, discordia, tites,
seditio, caedes ; solvuntur foedera pacis.
Crimen ob alterius, Chrislum qui in pace negavit,
finibus expulsus patriae est feritate tyranni.
Haec breviter Damasus voluit comperta referre
Marcelli ut populus meritum cognoscere posset.
De cette inscription il résulte que Marcel eut à lutter contre une
sédition de lapsi qui entendaient rentrer dans la communion ec-
clésiastique sans se soumettre à l'expiation pénitentielle; que des
troubles ayant éclaté à ce propos, le pape fut dénonce par un
apostat plus coupable que les autres et que le tyran (Maxence) le
condamna à l'exil. Il est inutile d'insister sur les différences entre
ce récit et celui de la passio Marcelli.
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XXXII. EUSEB1US (309 ou 310).
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XXXII.
EUSEBIUS, natione Grecus, ex medico, sedit ann. VI m I. d. III. Fuit autem ! temporibus Constantis. Sub m 32
huius temporibus 2 inventa est crux domini nostri Iesu Christi V non. mai., et baptizatus est Iudas qui et
Cyriacus. Hic hereticos 3 invenitin urbe Roma, quos ad manum inpositionis reconciliavit. Hic fecit ordinationem ni
I 4 permens. decemb., presbiteros XIII, diaconos III; episcopos per diversa loca numéro XIIII. Qui etiam
5 sepultus est in cymiterio Calisti 5 , via Appia, VI non, octob. Et cessavit episcopatus dies VII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 ex < pâtre > E — medicus A* : medicis A"* — a. II m.
I d. XXV A56C234E (m. II A56) — a. VII B5 — Constantini B' —
<et> sub A» — 2 V om. A 6 — Quiriacus A ,3 5 6 B'C 2 : Ciriacus
B 2 — 3 haereticos B2C 1 — invenit om. A 6 — quos < ?ero >
Ei3 — per manus A : ad manus C 2 E — impositione A 4 : impo-
sitionem A5« : imposicionis C3 — A I om. C 3 — presb. XIIII A 2 :
VIII B" — XHI-num. om. D — num. om. AC? — 5 cymite-
rium A 1 — Calisti < in cripta> E — V non. B*
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Fuit autem] Ce synchronisme, étranger au catalogue libérien,
à été retouché d'une édition à l'autre : la première porte Constan-
tini, la seconde Constantis. Sur la raison de cette correction, v.
Introd., p. lx. Le catalogue libérien marque le premier et le der-
nier jour du pontificat d'Eusèbe « a XIIII kl. mai. usque in diem
» XVI kl. sept. » ; le h. P. omet cette indication .
2. Sub huius temporibus...'] Emprunt à la légende de l'invention
de la Croix et du juif Cyriaque (Introd., p. cvn).
3. Eic hereticos...] L'église romaine réconciliait les hérétiques par
une cérémonie tout à fait semblable de forme, de sens et d'effica-
cité, à celle de la confirmation : per invocationem solum septiformis
spiritus episcopalis manus impositione (Sirice, ad Himer., c. I); Aria-
nos praeterea, caeterasque eiusmodi pestes... conversos ad Dominum
sub imagine paenitentiae ac sancti Spiritus sanctificaiione per manus
impositionem suscipimus... Quoniam quibus solum baplisma ratum
esse permîttimus, quod utique in nomine Patris et Filii et Spiritus
sancti perficitur, nec sanctum Spiritum eos habere ex illo baptismate
illisque mysteriis arbitramur; quoniam cum a catholica fide eorum
auctores desciscerent, per/ectionem Spiritus quam acceperant amise-
runt (Innocent, ad Alex. Antioch., c. 3); Venientes a Novatianis vel
Montensibus per manus tantum impositionem suscipiantur (Innocent,
ad Victricium. Rolom., c. 8); cf. saint Léon, ad Rustic.Narb., c. 16,
ad Nicet. Aqutl. % c. 7). Dans le sacramentaire gélasien (I, 85, 86;
Muratori, Lit. Rom., t. I, p. 607), on trouve deux bénédictions,
l'une super eos qui de arriana ad catholicam redeunt unitatem, l'au-
tre pro eis qui de diversis haeresibus veniunt; elles sont identiques,
la première surtout, à la formule d'invocation du Saint-Esprit
que Tévêque prononce actuellement dans la cérémonie de la con-
firmation. — Cf. Introd., p. cxxxui.
4. ordinationem I per mens, decemb.] Eusèbe n'ayant siégé que
quatre mois, d'avril en août, il est impossible qu'il ait fait une
ordination en décembre.
5. Qui etiam...] Il faut remarquer le complément in crypta, ajouté,
dans le manuscrit E, à l'indication ordinaire in cymiterio Calisti.
Le tombeau d'Eusèbe se trouvait, en effet, dans une chambre dis-
tincte et assez éloignée de la crypte papale ad s. Xystum. On re-
trouve la môme interpolation dans la notice de Miltiade, qui parait
avoir eu sa chambre funéraire à part. L'expression in crypta figure
dans la passio Cornelii et dans l'extrait qu'en donne sa notice; ici
encore elle est justifiée par la disjonction de la sépulture de Corné-
lius d'avec le groupe des autres tombes épiscopales du m e siècle.
Voir la perspective de la crypte d'Eusèbe dans De Rossi, Roma sott.;
t. II, pi. vm; cf. p. 191 et suiv. Son épitaphe, ou plutôt l'éloge mé-
trique consacré à sa mémoire par le pape Damase, s'est retrouvée,
en deux exemplaires, dans les marbres du cimetière de Calliste.
Elle était ainsi conçue et disposée :
A
M
DAMASV8 EPISCOPV8 FECIT
HERACLIVS VETVIT LABSOS PECCATA DOLERE
EVSEBIVS MISEROS DOCVIT SVA CRIMINA FLERE
E SCINDITVR IN PARTES POPVLVS GLISCENTE FVRORE
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V PERTVLIT EXILIVM DOMINO SVB IVDICE LAETVS
SEDITIO CAEDES BELLVM DISCORDIA LITES
EXTEMPLO PARITER PVLSI FERITATE TYRANNI
INTEGRA CVM RECTOR SERVARET FOEDERA PACIS
LITTORE TRINACRIO MVNDVM VITAMQ • RELIQVIT
EV8EBIO EPISCOPO ET MARTYRI
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De l'exemplaire primitif, en caractères damasiens, il ne reste qu'un
petit nombre de menus fragments (De Rossi, /. c, pi. m; cf. Bull.,
1873, pi. xii, p. 158); le second a dû être exécuté vers le milieu
du ?i e siècle, après la dévastation du cimetière par les Goths : il est
entier, mais très incorrect (De Rossi, Roma sott., t II, pi. iv,
p. 195; Inscr. chr., t. II, p. 66, 102). On voit dans ces vers que la
discorde née sous le pape précédent à propos de la pénitence des
lapsi continua à sévir sous Eusèbe; qu'il fut exilé, comme son
prédécesseur, mais cette fois en même temps que le chef du parti
des apostats, Héraclius, et qu'il mourut en Sicile. Damase lui
donne le titre de martyr; il ne l'a ni dans les calendriers romains
du iv« siècle, ni dans le L. P.
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XXXIII. MILTIADES (311-314).
XXXIII.
33 i MILTIADES, natione Àfer, sedit ann. IIII m. VII d. VIII, ex die ' non. iul.,a consulatu Maxentio VIIII usque
Il ad Maximo II, qui fuit mense septembri Volusiano et Rufîno consulibus. Hic constituit nulla 2 ratione dominico
aut quinta feria ieiunium quis de fidelibus agere, quia eos dies pagani quasi sacrum ieiunium celebrabant. Et
Manichei s inventi sunt in Urbe. Ab eodem die * fecit ut oblationes consecratas per ecclesias exconsecratu episcopi
III dirigerentur, quod declaratur fermentum. Hic fecit oïdinationem I per mens, decemb., presbiteros VII, diaco- 5
nos V; episcopos per diversa loca numéro XI. Hic sepultus est in cymiterio Calisti 5 , via Appia, IIII id. de-
cemb. 6 Et cessavit episcopatus dies XVI.
: VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Miltiades Ai : Myltiades E 3 : Meltiades A23«C 3 Ei : Meltiadis
Bi: MelitiadisG 1 : Melitiades c* : Melciades A<5B 3 *C* : Melciadis
B«D : Melchiades B5C2 : Melchiadis B^-a. III A56C234E — IIII
om. B6—m. Vil d. VIII om. BCD : m. I d.I À* : m. I d. A3— d.
XXI A** : d. VU €" — e x die om. A*234 _ Maxentii d. A^DE —
usque-II om. B*— 2 adow. B* — Maximum A 3 " : Maximi D —
II] VC* — sept.] decembri B 6 — Volosiano et Rufo B* — < ut >
nulla A56B23CŒ3 — < die > dom. A«L6DE 13 — 3 quis de f.
ag.] celebrandum a fidelibus A 4 — de om. C l EU — ageret
A 3 BC 1 Ei3— quia] qui B"— hos dies C*E 13 : his diebus A 3 : eisdem
dioous A 56 — paganis quasi orum ieiunium A 2 — sagrum G 3 —
célébrant C2 : caelebrant E 3 — A urbe Roma B2-7CD — < et >
ab BCDE 3 — diem C 3 : hic B* : om. A" — ut om. BCDE" — sa-
cratas A 1234 C 2 : sacrate A$6 : coasacratas C 1 (corr.) — ecclesia A*
— < et > ex E — consecrata A" : secrat/// B 1 : conseerato E 3 :
egratu C 1 (corr.) : consacratu B 3 : consecratum E 1 : consecra-
tione A 23 — episcopo C 3 — 5 dirigeretur BCE — fermentu C 3 :
firmentur B 6 — ordinationes C 3 : ordinatione B* — per m. dec.
om. BC 13 D : decemb. om. C 2 — 6 num. om. AC 3 E — XXI A» :
XV B5 : XIIII B23 : XII A56Bt«Ci34E — Hic] Qui etiam B235 _
Apia B336 : < in cripta > E — III id. A«« — 7 die G 2 — XVII
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NOTES EXPLICATIVES.
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i. ex die — consulibus] Gat. libérien : « ex die VI non. iul. a
» cens. Maximiano VIII solo, quod fuit mense septembri Volu-
» siano et Rufino [31 i], usque in III id ian., Volusiano et Anniano
» cens. [3141 ». — Première édition du L. P. : u a consulatu Maxi-
» mini Vllll usque ad Maxentio II, qui fuit, » etc. — Le catalogue
libérien contient d'abord une particularité, c'est que, pour l'année
311, il donne deux notes consulaires : l'une, empruntée aux fastes
philocaliens, est la note légitime, celle du huitième consulat de
Maximien (Galère), l'autre, tirée de la table philocalienno des pré-
fets de Rome, est celle qui fut imposée par Maxence dans les pays
où -son autorité était reconnue (v. p. 9, note 1). Cette dernière est
entachée d'erreur; il faut corriger Volusiano Rufino et Eusebio. Ce
Volusianus Rufinus, ou mieux Rufius Volusianus, est le même per-
sonnage que le Volusianus consul en 314 (Mommscn, Mem. delV Isti-
tuto arch., t. II, p. 303; De Rossi, Roma soit., t. II, p. vu; C. I. L.,
t. VI, 1707, 1108 ; O. Seeck, Ilei-mes, t. XIX, fasc. 2). Dans le L. P.,
la date finale de Miltiade est omi: e, ou plutôt on l'a éliminée en
introduisant dans la note consulaire initiale les mots usque ad
Maxentio II ou Maximo II, auxquels se trouve indûment rattachée
l'explication quod fuit, etc. Dans la même note, le nom de Maxi-
mien (Galère) a été d'abord changé en celui de Maximin, puis en
'celui de Maxence.
2. H. c. ut nulla ratione] Le jeûne du dimanche a été toujours
interdit dans l'Église, surtout depuis l'apparition des sectes dua-
listes, marcionistes, manichéens, priscillianistes, qui trouvaient
dans cette observance un moyen d'exprimer leur horreur pour la
création matérielle (Aug., ep. xixvi, ad Casulanum, c. 27). Quant
au jeudi, saint Augustin {ep. cit., c. 9), nous apprend qu'à Rome il
n'était pas admis qu'on observât ce jour-là des jeûnes volontaires :
« Praeter paucissimos clericos aut monachos, quotusquisque in
» venitur qui frequentet quotidiana ieiunia, maxime quia ibi (à
» Rome) ieiunandum quinta sabbati non videtur. » Dans la Vita
s. Silvestri (Introd., p. exi) on trouve une longue dissertation polér
mique sur la nécessité d'adopter le jeudi, et non le samedi, comme
second jour férié. Bien que ce document ne soit pas authentiqua,
il témoigne cependant de l'usage romain au temps où il a été ré-
digé et son témoignage se raccorde bien avec celui de saint Au-
gustin et celui du L. P. Les expressions dont se sert saint Augus;
tin ne vont pas si loin que celles de la Vita ». Silvestri et du JL P.;
ce serait sans doute les forcer que d'en déduire une prohibition
officielle rigoureuse. Cependant il est à remarquer que, dans la
distribution et la solennisation des jeûnes publics, l'église romaine
attribua toujours au jeudi une immunité particulière. Ainsi, le
jeûne des Quatre-Temps, caractéristique de l'usage romain, com-
prend le mercredi, le vendredi et le samedi, en évitant le jeudL
Pendant le Carême, on jeûnait sans doute le jeudi comme les autres
jours; nous ne pouvons en douter quand nous voyons saint Gré-
goire compter trente-six jours de jeûne dans les six semaines de
la sainte Quarantaine; cependant, les jeudis de Carême on ne cé-
lébrait pas de station et de messe solennelle, comme on peut le
•voir par le sacramentaire appelé gélasien, qui est de la fin
du vu® siècle ou du commencement du vm% et comme le L. P. le
rapporte expressément dans la vie de Grégoire II (715-732). C'est
oe pape qui institua, non pas le jeûne des jeudis de Carême,
comme le marque un interpolateur de sa notice, mais la messe
stationale de ces jours-là. A cette particularité liturgique était
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XXXIII. MILTIADES (311-314).
169
peut-être joint quelque adoucissement dans l'observance du jeûne;
mais il est clair qu'elle ne peut être sans relation avec l'usage que
nous étudions ici et que Fauteur du L. P. place sous le patronage
du pape Miltiade. — Quant à la raison qu'il en donne, elle me
semble difficile à accepter. On ne connaît pas de jeûnes païens
fixés à certains jours de la semaine; peut-être y a-t-il ici confusion
entre les usages païens et les observances manichéennes. Cepen-
dant, ce qu'on connaît de celles-ci ne permet pas de constater
dans la secte un autre jeûne hebdomadaire que celui du dimanche.
Dans la Doctrina Âpostolorum récemment publiée (c. 8), le jeûne
du jeudi est condamné avec celui du lundi, mais comme une ob-
servance judaïque (Cf. Epiph., Haer. t ivi, 1).
3. Et Manichei...] C'est la première fois que le L. P. mentionne
les découvertes de Manichéens. Il en signale d'autres dans les no-
tices de Sirice, Anastase, Gélase, Symmaque et Hormisdas. Ces
trois dernières peuvent être considérées comme historiques. Il est
à remarquer que la découverte analogue qui eut lieu au temps de
saint Léon et qui eut un grand retentissement lui est demeurée
inconnue. La mention des Manichéens sous Miltiade ne contient
aucun anachronisme, car la secte existait alors et se propageait
dans l'empire romain depuis trente ou quarante ans; on peut du
reste observer que l'auteur ne parle pas ici, comme il le fait dans
les autres circonstances, de châtiments corporels infligés aux sec-
taires ou provoqués contre eux par le pape.
4. A b eodem die...] Le fermentum était une portion du pain con-
sacré à la messe épiscopale que l'on envoyait le dimanche aux
prêtres des titres ou paroisses urbaines, pour être joint à leur
propre consécration. C'était un symbole de l'unité de l'église lo
cale et en particulier de son union étroite dans la célébration du
mystère eucharistique. Le pape Innocent décrit ainsi cet usage
dans sa lettre à Decentius, évêque d'Eugubium : « De fermento
» vero, quod die dominica per titulos mittimus, superflue nos con.
» sulere voluistis, cum omnes ecclesiae vestrae intra civitatem
» sint constitutae. Quarum presbyteri, quia die ipso propter ple-
» bem sibi creditam nobiscum convenire non possunt, idcirco
» fermentum a nobis confectum per acolythos accipiunt, ut se a
» nostra communione maxima illa die non iudicent separatos;
» quod per parochias fieri debere non puto, quia non longe por-
» tanda sunt sacramenta, nec nos per coemeteria diversa consti-
» tutis presbyteris destinamus, et presbyteri eorum conficiendo-
» rum ius hab6nt atque licentiam. » — Un rite analogue s'ob-
servait encore à Rome, le jeudi saint, à la fin du vnl e siècle,
comme en fait foi le fragment d'Ordo Romanus récemment publié
par M. de Rossi (Inscr. chiHst., t. II, p. 34).
5. in cymiterio Calisti] M. de Rossi pense que le tombeau de
Miltiade a dû se trouver dans une grande chambre du cimetière
de Calliste (area //•), à quelque distance de la crypte des papes
{Roma sott., t. II, p. 188, pi. xxm); l'expression in crypta, fournie
par le ms. E favorise l'idée d'une sépulture à part, distincte de ja
chambre spécialement affectéo aux papes du m siècle (cf. ci-des-
sus, p. 161, note 5). Dans la crypte de Miltiade on a trouvé le
couvercle sculpté d'un énorme sarcophage qui pourrait avoir été
celui du pape.
6. HU id. decemb.] La Depositio episcoporvm, d'accord avec le ca-
talogue libérien (/// id. au lieu de //// id.) et avec le martyrologe
hiéronymien, indique le mois dejanvier; l'abrégé cononien de la
première édition, le seul des deux qui marque la date, porte
//// id. feb. La date du 10 janvier, suffisamment établie par les
calendriers et le catalogue libérien, est encore confirmée par sa
correspondance avec la date initiale de Silvestre. Les leçons du
L. P. y abrégé cononien et seconde édition, doivent donc être con-
sidérées comme fautives.
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XXX1UI. SILVESTER (314-335).
XXXI1II.
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SILVESTER, natione Romanus, ex pâtre Ruûno *, sedit ann. XXIII m. X d. XI. Fuit tutem * temporibu9 Cons-
H tantini et Volusiani, ex die kal. febr. usque in die kal. ian., Constantio et Volusiano consulibus.Hic 3 exilio fuit in
monte Sefacten et postmodum rediens cum gloria baptizavit Constantinum Augustum, quem curavit Dominus
a lepra, cuius persecutionôm primo fugierts exilio fuisse cognoscitur.
m Hic 4 fecit in urbe Roma ecclesiam in praedium cuiusdam presbiteri sui, qui cognominabatur Equitius, quem î>
titulum romanum constituit, iuxta termas Domitianas, qui usque in hodiernum diem appellatur titulus Equitii,
ttbi et haec dona constituit 5 :
patenam argenteam, pensantetn libras XX, ex dono Augusti Constantin!. Donavit autem :
gcyphos argentées II, pens. sing. libras denae ;
calicem aureum, pens. lib. II; io
calices ministeriales V, pensantes singulos libras binas ;
amas argenteas II, pens. sing. lib. denas ;
patenam argenteam auroclusam chrismalem, pens. lib. V ;
fara coronata X, pens. sing. lib. octenas ;
fara aerea XX, pens. sing. lib. denas ; 15
canthara cerostata XII, aerea, pens. sing. lib. trecenas ;
fundum Valerianum 6 , territurio Sabinense 7 , qui praestat solidos LXXX ;
fundum Statianum 8 , territurio Sabinense, qui praest. sol. LV;
fundum Duas casas 9 , territurio Sabinense, qui praest. sol. XL;
fundum Percilianum 10 , territurio Sabinense, qui praest. sol. XX ; 20
fundum Corbianum, territurio Corano, qui praest. sol. LX ;
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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i ann. om. W : aun. XX11 A* : XXVIU D — m. X. d. XI om.
C 3 — d. XII B"C*E — 2 ex die-Volusiano om. D — in om. B* :
ad E — Constantino B 6 C* — in exilio A 56 — 3 montem A 1 —
Seracten FKBCD (Soractem B 1 : Seracte D) : Soracte A* :
Syraptira A* 5 : Syraptin A 13 :Syrapti A 2 : Siraptim E : Seraptim
b* — Siraptim < perseculione Constantini concussus > v E 1 *
— curavit] mundavit C 2 * — Dominus < per baptismum > tt
E 1 * — 4 persecutione B 3 — in exilio A* 56 E — cognuscilur CJ :
dinoscitur I)
5 in ante praed.] et A 4 — praediom B 1 : praedio n56DE— cui-
dam C 3 — Aequitius BCD {cxc. B 3 ) — 6 thermas A 23 C 2 — Dioclc-
tianas A 1 : Domitianus C 2 — qnae E — apellalurC 3 — Aequitii
B*C 2 E : Equili C 3 — 7 et om. C 2 — liacc om. A 2 — et-consli-
tuit] ubi multa dona uuri ctargenti dédit A 3 . Cetera usque ad
fecit constitutum om A 23 . — 8 palena argenlca pensante A u
— pensantem om. B* — lib. XX] argenteam B 3 — et dono
A5B> (?) D : et dona B 23 ^ {corr.) — 9 scifos A* — pensantes]
qui pens. B 1 : qui pensaverunt B^CDE — il meiisterialjs C 3
— singuli B* — vinas C 3 : ucinas B 1 — 12 II om. E {suppl.) —
sing. om. B^ 23 — 13 patena etc. A 1 * — aurocrusam C 3 : au-
roe'osam B* : auroclausam B* — crisraalem B^C* 3 : chrismale
B«E — 14 octonas B 2 *E : octanas B 3 — 15 aerea om. C 23 — XX
om. D — 16 cantra A 1 : cantara A« 6 B 36 : cathara C 2 : canthera
E — cerostata A 1 * : cerostratas A* : cereostata A«B 2 -* : ciros-
tata B^C^D : caerustataC» — aereas AiB 2 -6C 23 D — 17 Voleria-
num C 3 — < in > terr. A'^E — territurio A*B* — Savinense
A'C 2 : Sabinensi E et itaporro : Suaviniensi A 4 — qui praestat j
pens. C 2 et ita semper — qui prestat < pensionem > A56 —
sol. LXX A* : XX A5 : LV B 3 — 18 Statianum A*«C 2 »E : Statio-
num cet. — Savinense AC 2 — qui-Percilianum terr. Sabinense
om. A" — sol. L A5« : XLV B 3 : XL Ci — 19 fundum-XL om.
B 3 C>DE {suppl. b 3 e)— fundum om. A*c — sol. L A" : XX B 1 —
20 Percilianum Piscilianum A* : Priscilianum A 6 — Sa-
vinense C 2 — 21 Corbianos A 1 : Carbianensi A* : Cor-
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XXXIII1. SILVESTCR (314-3&5). m
domum in urbe cum balneum, in Sicinini région© ", qui praest. sol. IXXXV;
hortura intra urbem Romain, in régions Ad duo amantes 12 , praest. sol. XV;
domum in regioneOrfea 13 , intra urbe, qui praest. sol. LVIII et tremissium.
Hic fecit constitutum u de omni ecclesia. Etiam t5 huius temporibus factum est concilium cum eius praaceptum 3s iv
5 in Nicea Bithiniae ; et congregati sunt GGGXVIII episcopi catholici, qui exposuerunt fidem integram, catholicam,
inmaculatam, et damnaverunt Arrium et Fotinum et Sabejlium vel sequaces eorum. Et in urbe Roma l6 eongre- v
gavit ipse cum consilio Augusti CCLXVII et damnavit iterum et Calistum et Arrium et Fotinum et SahelUum; et
constituit ut " presbiter arrianum resipiscentem non susciperet, nisi episcopus loci desigaati, et «brisma 18 ab VI
episcopo confici, et privilegium episcopis utbaptizatum consignet propter hereticam suasionem. Hic et hoc 19 cons-
io tituit ut baptizatum liniret presbiter chrisma levatum de aqua, propter occasionem transitas mortis. Hic constituit
ut nullus laicus crimen 20 clerico audeat inferre. Hic constituit ut ^diaconi dalmaticas 21 in ecclesia uterentur et vu
pallea linostima 2 - leva eorum tegerentur. Hic constituit ut nullus clericus 23 propter causam quaœlibet in curia
introiret nec ante iudicem cinctum causam dicere nisi in ecclesia. Hic constituit ut s&criûcium altaris 24 non in si-
ricum neque in pannum tinctum celebraretur, nisi tantum in lineum terrenum procreatum, sicut corpus domini
nostri Iesu Ghristi in sindonem lineam mundam sepultus est : sic missas caeiebrarentur. Hic constituit ut si quis vin
desideraret " in ecclesia militare aut. proficere, ut esset lector annos XXX, exorcista dies XXX, acolitua annos V,
subdiaconus annos V, custus martyrum annos X, diaconus annos VII, presbiter annos III,, probatus ex omni parte,
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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vianum C* : Corbitanum E — Torano C* — sol. XL WOE — 1
donum B 23 «Ci — balneu B*> : balneo B'CDE: balneis A<— Sicini-
nem B* : Siciaem B 3 : Signini C* : Sinnieri C*— regioneni B—
<qui> reg. A* — 2 ortum B 36 — intra] in A — urbem B»D :
urbe cet. — Romam B*Ci — in om. C 1 — duosCi 2 — qui praestat
E — sol. LVIHI et tremissem A56 — 3 donum B* — Horfea
A*5 : Orpbca B 24 C* — urbem B*DE. — sol. LXVIII B« — tre-
missem A 6 : trimissium B 2 - C CD : trimissumE
4 Hic] Haec B 3 — constitum C 3 — de] per A3 — omnem
A.3B1C2» — ecclesiam A 3 B 3 C 2 — oûmeccTA 1 — praecepto B l «D:
consensu 77 E": consensum E 3 — 5 Nichea B 3 : Nicaea B*C 2 :
Nycea E 3 — Bithynia B 1 : BiLhinia BMC» : Bitbyniae B* : By-
thiniae C 2 : ViUnia C 3 : Bytliinie E 1 — sunt < sacerdotes >
w E134 _ CCCXVI1 B 1 : CCCXet VIUC 3 E 3 : CCCXVIIll El— ca-
tholici <et quorum cyrografum cucurrit alii inbecilles CCV1I >
ir E 13 * (cyrograpbum E 1 )— posuerunt A 12 * — integram < sanc-
tam > El — 6 dampnaverunt C 3 — et om. E — vel] atque
A 3 : et A^ — 7 < Constantini > Augusti E 3 — CCLXXVI1 Bi :
CCLXXXVH B* — CCLXVli < episcopos > A 23 *^* : < epis-
copi > C 2 : < episcopos > CCLXVII E 1 * — et ante Calistum
om. A 23 C 2 E — Calistium B 3 — et ante Fot. om. A 2 — Korlinum
B* — 8 ut om. B* — presbiterum B 3 E 13 — arrianus A* 3 — pres-
biteri arriani resipiscentes A 4 — suscipere A lJ * : suscipi A 2 : sus-
ceperit B*>:susceperet G 3 — designaret A 2 — crisma BC 13 : crysma
E 3 — 9 ad episcopum A 5 — episcopis < dédit > E 1 * —
consignet A 13 B«JC« :-ent A 2 «6fi C 2 *E 3 : -at B*D :-arent E 1 —
propter] p~rbt C 1 — hereticas suasiones A 23 *« ; heretica sua-
sione E 3 — Hic et hoc] et hic A 2 — 10 ut om. Bi — liniret
Aei (leniret A*) : leniet B> : linet B^C* 2 : lenet C 3 : limât
B26J) : lineat B 3 : liait B* : linire E* — crisma BCi 3 D : crysma
E 3 : crismale B5 : chrismate A^C^E 1 — propter om. B5
— hoccasionem A*Ei : hoccasione E 3 : occansioncm B 1 : occa-
sione B« — transitu A* 3 : transitum D — il crimen] propter
causam qualiscumque chrisma A* — clerico] laico B 2 — inf.
aud. Et — diac A^'CiE 3 : diacones B 2 « — dalmaticis B 2 A« —
in ecclesia om. A 2 — dalmatica tegerentur in ecclesia E 1 —
et-tegerentur om. C 3 — 12 pallea A* 3 *E 3 : pallio B 3 Ei : palleis
A 2 : pallia cet. — linostema A 13 * : linostimis A 2 — leva om. B 1
— levam eorum tegerent A»g — tegeretur B* : uteretur C 2 * —
causam < suam > B234JD — in om. A 2 — curiam A 2 «6BiE* —
13 introire A* 3 : intrarct B»—nec] ne A 3 — cinctus A 2 — diceret
A 2 «GRiC 12 — ut om. O — in om. A 3 C 3 — syricum A 3 *C 12 : serico
A256DE1— H panuo tincto A^D— celebrari BCD (celebrare B* :
celebrarent B 6 )— inoro. BiCi— lineo terreno procreato El :lineo
ex terra procreato A^D (ex om. A 2 : terre A 2 D) — <ul> sicut
A56— 15 sindone linea munda ADZ— sepultus n A^C 23 — est om.
BC 1 — <ct > sic A ci — missa celebraretur A^D— sic-consti-
tuit om. A l2i BCiD (et s. m. celebrarentur suppl. c 1 : Hic consti-
tuit ut suppl. ai in marg.)— missa celebraretur A 3 56E— ut] et D
— quis < proficere > C 23 -- 16 militare| ministrare C 2 — vel B>
— perficere D — essit A 1 — annos] aute A* : annorumC* :
< haberet > El — XXX] XV B5 — acolotus A* : acolytus C 2 :
acolothus C 3 — 17 subdiac. an. VII A 2 céleris omissis— annos om.
A" — custus FBU6C1— custos -V om. A 12 » B 3 (suppl. b 3 ) — annos
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172 XXXIIII. S1LVESTER (314-335).
etiam et a foris qui sunt, testimonium habere bonum, unius uxoris 26 virum, uxorem a sacerdote benedictam,
et sic ad ordinem episcopatus accedere ; nullum maiorem vel prioris locum invadere, nisi ordinem temporum cum
pudore cognoscere, omnium clericorum votiva gratia, nullum omnino clericum contradicentem. Hic ordines
presbyterorum etdiaconorum fecitVI per mens. decemb.,presbiteros XLII, diac. XXVII, diversis temporibus in
urbe Roma ; episcopos per diversa loca num. LXV. 5
36 IX Huius temporibus 27 fecit Constantinus aug. basilicas istas quas et ornavit :
Basilicam Gonstantinianam 28 , ubi posuit ista dona :
fastidium argenteum 29 battutilem, qui habet in fronte Salvatorem sedentem in sella, in pedibus V, pens.
lib. CXX, et XII apostolos qui pens. sing. in quinos pedibus libras nonagenas, cum coronas argento
X purissimo; item a tergo respiciens in absida, Salvatorem sedentem in throno, in pedibus V, ex argento \q
purissimo, pens. lib. GXL, et angelos IIII ex argento, qui pens. sing. in pedibus V lib. CV, cum
gemmis alabandenis in oculos, tenentes astas ; fastidium ipsum pens. lib. ÎT XXV, ex argento dolaticio.
camaram 30 ex auro purissimo et farum ex auro purissimo qui pendit sub fastidium cum delfinos L ex auro
purissimo, pens, lib. L, cum catenas qui pens. lib. XXV ;
coronas IIII 31 ex auro purissimo cum delfinos XX, pens. sing. ;lib. XV; 15
cameram basilicae 32 ex auro trimita in longum et in latum, lib. D ;
altaria VII 33 ex argento purissimo, pens. sing. lib. CG;
patenas aureas VII, pens. sing. lib. XXX ;
patenas argenteas XVI, pens. sing. lib. XXX ;
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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om. A* — diac. ann. XXX et VII E (sedXXX punctis notatum) —
III] IIII C 1 — et probatus A 56 : sit probatus E — etiam qui f. s.
A 1 * : etiam ab his qui f. s. A«56 (4 : etiam et ab his q. s. f. E
— 1 a om. B'C 3 — quae B 23 C* — unum A* — uxorem
om. A — < ac > a A 6 : aj ac A 5 — benedicta A 13 *E 3 :
benedictae A 2 — 2 ordinc B 3 — ascendere E» — nulla C 23 —
maiore C 21 : maiorum A 2 * : maiores A 3 — priores A I3 B 3 :
priurum A* — 3 cognuscere C 3 : om. A 3 — votiva-cle-
ricum om. C 1 — nullo E 1 — omnium A 3 — clericorum
O — clerico E 1 : < vel fideli > E* : < vel fidèle > E 3
(cf. w) : < sacrum ordinem > B* — dicente E 1 — ordinatio-
nes DE— 4 presbiterorum Hic desinit A* — VI om. A 1 : VII C 1 —
presbiteros om. A 1 — presb. XXXII B 234 — diversis-Roma om.
E (suppl. e) — 5 num. om. AC 3 — XV A (LV A»). Cetera
usque ad Qui etiam sepultus est om. A 3 , breviat A 2 Ua ut
fundationes ecclesiarum commemoret, sacram supellectilem et
fundos prorsus omittat.
6 fecit om. As — istas om. B 6 — et om. D — ordinavit AB 5e C*
— 7 basilicam < istam > B 5 — Constantinam B l : Gonstanti-
nianam C 2 — donam C 3 : < camara ex auro purissimo et >
A56 _ 8 fastigium BŒ — batutilem B 23 « : baptutilem C 12 :
soliduni A56 : om. A 1 — quod E — 9 CXX < argent. > A» —
et om. E — apostulosA 1 — pens.< lib. > C* —lib. nonag. in
q. p. B 6 : in q. p. qui pens. sing. C 2 E (quinis E) — coronis B 6 E
<ex> arg.b*D : <de> arg. A 56 : argeuleasC 1 — argenti pu-
rissimi|E— 10 respiciente ad A 1 — tronoR'C 3 — in om. CA* — Y om.
B 1 — il pens. om. B 6 : qui pens. E — et ont. E— ex-CV] qui sunt in
pedibus quinis costiscum crucibus tenentes qui pens. sing. lib. G
quinasE— qui om. B 23 * — in ped. V pens. sing. B 23 C 2 — V] quinos
ABj 6 D: quinis B 1 — CVnas B 1 — 12 alabandinis A*B« : alaman-
denis A* 6 : alavandinis E — oculis B 6 C* — tenentes astas om. E —
hastas B 12 : artas C 1 — fastigium B^E — ipsum < ubi stant
angeli vel apostoli > E — persat C 3 — ex-purissimo et om.
BG — dolaticium A 1 : colaticio \w : donatitio D : dolatico E
— 13 cameram D — camaram-et om. E — quae 'pendet E :
om. BC — fastidio B 23 *C« 2 : fastigium B« : fastigio D — del-
finis B*D : dalfinos Ci et ita poiro : delfina E — ex auro puris-
simo om. BCE — 14 pens. lib. L om. B 16 — quae pens. E — pens.
< sing. > AD — lib. I D— catena BC : catena sua E— quae C 2
— qui pens. om. E — 15 coronas-XV om. C 2 — IIII om. B 23 * —
cum delfinis XX ex a. p. E — définis vicenis B 1 — viconoa A* :
XX vicenos C*, et ita saepe— XVnas B 1 : quindenas A 1 : XVI B«
— 16 trimeta A5«B* : trimite B» : trimme E : trimme in pedibus
C»* _ in ante latum om. A*«C ! — latumj altum B 1 : < in pe-
dibus > C 3 — lib.] in pedibus E— lib. D om. A" — 17 purissi-
mo] battutuli E — CCnas B 1 : duoeentenas A 1 — 18 catenas
A 1 — aureas om. B* — quae pens. E — XXXnas B* : tricenas
A*— 19 patenas-XXX om. B*«E (suppl. e) — catenas A 1 —
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Original from
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XXXIIII. SILVESTEft (314-335). 173
scyphos auro purissimo VII, pens. sing. lib. X ;
scyphum singularem ex métallo coralli, ornatum ex undique gemmis prasinis et yaquintis, auro interclu-
sum, qui pens. ex omni parte lib. XX et uncias III ;
scyphos argenteos XX, pens. sing. lib. XV ;
5 amas ex auro purissimo II, pens. sing. lib. L, portantes sing. medemnos III;
amas argenteas XX, pens. sing. lib. X, portantes singulae medemnos sirigulos ;
calices minores aureos purissimos XL, pens. sing. lib. singulas ;
calices minores ministeriales L, pens. sing. lib. II.
Ornamentum in basilica : x ,
10 farum cantharum ex auro purissimo, ante altare, in quo ardet oleus nardinus pisticus 34 ,cum delfinos LXXX,
pens. lib. XXX;
farum cantharum argenteum cum delfinos XX, qui pens. lib. L, ubi ardet oleus nardinus pisticus ;
fara canthara argentea in gremio basilicae 35 XLV, pens. sing. lib. XXX, ubi ardet oleus suprascriptus ;
parte dextera basilicae, fara argentea XL, pens. sing. lib. XX ;
15 fara cantara in leva basilicae argentea XXV, pens. sing. lib. XX ;
cantara cirostata in gremio basilicae argentea L, pens. sing. lib. XX ;
metretas III ex argento purissimo, pens. sing. lib. CGC, portantes medemnos X;
candelabra auricalca numéro VII, ante altaria, qui sunt in pedibus X, cum ornatu ex argento interclusum
sigillis prophetarum, pens. sing. lib. CCC;
20 quibus constituit in servitio luminum : XII
massa Gargiliana 36 , territurio Suessano, praest. sol. CCCC;
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
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XV A — tricenas A* — 1 sciphos B'« : scifos A 1 : scyphos C 23
— auro pur.] aureos E — qui pens. E — 2 scifum A 1 — ex
om. A* 6 — coraJli A : corallo cet. — ex om. B 24 C 2 — gemmis
AB 3 : de gemmis cet. — parassinis C 2 — yaquintis A'C 1 :
iacintis B 1 : iacynctis C 3 : iaciumelis B' : yacinthinis C 2 :
iacintinis B 2 : iacinthinis E : iacinctinis A 56 D : iacincto B 6
et ita fere variant codd. quoties occurrit hoc verbum — 4 sci-
phos Bi : scifos A 1 — sing. om. C 2 — quindenas A 1 —
5 ammas B* — Il < pens. XX > C 3 — portante singule E 1 :
om. B 1 — medemnos-medemnos singuJos om. C 1 — medem-
pnos B 3 *C 3 E : medempnus B 2 — Hllnos B 1 : MI B 3 — III-
medemnos om. B 3 — 6 quae pens. E — Xnas B 1 : denas
A 1 — singulae om. A — 7 aureos A^C 3 : ex auro
A5«C 12 E : auro B* 1 * (de B 1 non liquet) — purissimos AB* :
purissimo cet. — XX B* — • 8 maior s B 23 *Ct — - binas B»
— 9 basilicani B 1 ;" 2 : balicam C 3 : balica D — 10 cantarum
A 1 — ardit A ! — oleo nardius B 6 — oleum nardinum pisti-
cum BWDE — delfinis B^DE— 11 qui pens. E — XXX < ubi
candele ardent ex oleo nardîno pistico in gremio aecclesiae >
E — 12 cantarum Ai — delfinis Bi — CXX A56C 23 *E — oleum
nardinum pisticura A5 6 BCDE — oleum ardet E — 13 can-
tara A' — argentea om. A —XLV] LX B 3 — oleus AB 1 : oleum
cet. — suprascriptum B 2 : suprascripta B 3 : supra C 1 : qui supra
C 23 E : supra pendet G» — 14 < in > parte A5« — ad dexte-
ram partem B 6 : dextram basilicam E — fara- XX om. B 6 — 15
fara cantara -XX om. A*: C* habetpost lineamseq. —cantara A 1
— leba C 3 — 16 bassilice Ai — XX < singuli libramm > C 3 :
< singularum librarum > C 2 *E — 17 III < très > C 3 — XXX
E [corr.) : trecenas B* — portantes < singulas >C 2 *E : < sin
gulos > A* 6 — medempnos B (-nus B">) C 1 : -nas C 3 E : medem-
nas C 2 — denos B 1 — 18 aurecalca B 1 : auricalco B 3 : aurocalca
C 23 : auricalla B"> : ex auricalco A**» — numéro om. AC*E — al-
tarea B 1 — quae B 6 E — X] decamnos (?) Bi — ornato BiC 3 : orna-
tum B»D : ornamento B 6 : ornatu suo E — argentu A 1 — inter-
clusa E — 19 < cum > sigillis Ai — profatarum C 3
20 cuius Ai : quae A 6 — servitium ÇA — luminum <lô r >
E — 21 territurio AiB* : territurium E : territorio cet. et ita
porro — Gariliana C 23 E [forte etiam B 1 ) : Gargaliana B* —
Suessuano C 1 : VersanoC 2 : Suesano B*» : Suessanum E — prest.
Ai et ita porro : praestantem < singulis annis > E — CCCX////
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Original from
UHIVERSITYOF MICHIGAN
s 174 XXXUH. S1LVESTER (314-335).
massa Bauronica, terri turio Suessano, praest. sol. GGGLX ;
massa Auriana, territurio Laurentlno ", praest. sol. D;
massa Urbana ", territurio Anliano, praest. sol. GGXL ;
massa Sentiliana, territurio Ardeatino, praest. sol. GGXL ;
massa Castis, territurio Gatenense 40 , praest. sol. mille ;
massa Trapeas 41 , territurio Catinense, praest. sol.TDCL ;
thymiamateria II ex auro purissimo, pens. lib. XXX ;
donum aromaticum ante altaria, annis singulis lib. GL.
37 xiu Fontem sanctum 42 , ubi baptizatus est Augustus Constantinus ;3 , ex lapide porfyretico 44 et ex omni parte coo-
pertum intrinseeus et foris et desuper et quantum aquam continet ex argento purissimo lib. III VIII. In medio w
fontis A '° columna porfyretica qui portât fiala aurea ubi candela est, pens. auro purissimo lib. LU, ubi ardet in die-
bus Paschae balsamum lib. CC, nixum vero ex stippa amianti. In labio fontis baptisterii 46 agnum aureum fun-
dentem aquam, pens. lib. XXX ; ad dexteram agni, Salvatorem ex argento purissimo, in pedibus V, pens. lib. GLXX ;
in leva agni, beatum Iohannem Baptistam ex argento, in pedibus V, tenentem titulum scriptum qui hoc habet :
ECCB AGNVS DEI, ECCE QVI TOLLIT PECCATA MVNDI, pens. lib. CXXV J J5
cervos argenteos VII fundentes aquam, pens. sing. lib. LXXX;
tymiamaterium ex auro purissimo cum gemmis prasinis XLVIIII, pens. lib. XV.
Xiv Donum sancto fonti :
massa Festi *\ praepositi sacri cubiculi, quem donavit Augustus Constantinus, territurio Penestrinô, praest.
sol. CGC;
massa Gaba 48 , territurio Gabinense, praest. sol. CGII;
20
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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B« : CCC W - UXC-sol. om. G» — 1 massa om. C 23 * _
Verronica A 1 : Berronica A 5 : Buronica A 8 : ////ronica B 1 :
Auronicam G* : Muronica E — Suesano B Ç J suprascriplo E —
CCCXL E — 2 Aurina C* — 3 Uubrana B» : Aurbana C» 2 —
GCXX B 1 — 4 massa-CCXL E solus, qui solito more accusa-
tivo casu utitur, massam etc. — 5 Gatinense A : Gatanense
B 3 * : Calhene C 3 : Catene E — 6 Tirapea B» — Catenense
R16C12E — DGL A» : DCGCL A*« — 7 thymiamataria G* : tlii-
miamaleria A* : timiamateria B'G 3 : tymiamateria B 1 : ly-
raiatharia C 1 : tliimiam materie E — auri G 3 — 8 dono uro-
matico L 6 — domum B5 — allarem A —- annos siugulosC'-E.
9 sanctam B-- 6 C* : spra G- — Coiistantious < ab eodeni
episcopum Silvestrum ipsum sanctum fontem > E — Gonst.
aug. C 2 * — ex] et G 3 — lapide] métallo E 1 * — porfyretico A 1 :
purfyretico Bi : purfyritico C» : porfiretico G 2 E : purfyrico B 5 :
purfirico B* 1 : pursyrico G 3 : purflrilico B 2 : pufyritico B 3 et ita fere
variant codd. in hoc verbo — 10 copertum B 15 G 3 : cooperticum
G 1 — etorn. C 23 DE -*- foris] extriusecus A- 6 — super E — et ante
quantum om. C 23 — aquam A 15 C 12 : aqua cet. — < et > ex C 1
— purissimo < in pedibus V qui pensavit argenti > E — lib.
om. C» —"ÎII VIII tria milia octo B* : ÏÏÏ VU A» — il fontes
B> — columna < est > A** : columnas E — porfyretica B* :
porfyriticam A 1 — quae E : om. C 23 * — fiola B^C 1 : fyola C 3 :
fyulam B* — canthela C 2 —est om. D —LUI B* — ardit A— 12
in diebus Paschae A : cet. om. — balsami B>« — ubinixum A 15 :
nixu C 2 — ex] et E — styppa A» : tippa B 3 : stippam B* — la-
bium C 2 E — baptisterii A : om. cet. — aureum A: ex auro
purissimo cet. — 13 qui pensât E — GLXX A5« — agni
<C constituit > A 56 — argento] auro A 1 — purissimo om. E
(suppl.) — pens. -pedibus V om. E (suppl.) — 14 leba C 3 :
laeva A* — V om. C 3 — 15 peccatum B>E — CXXV A : C cet. —
16 cervus C' — argenteos] ex argento B^CD : ex argento pu-
riss mo B 23 * — VII] V B 23 * — qui pens. E — XXXnas B* : LXX
B 6 — 17 tymiamaterio A 1 — ex aur. pur.] aureum E— cum-XV A 1
{cf. K) : pens. lib. X (LX B 5 ) cum gemmis prasinis ethiacintis
ex undique numéro gemmas XLII BCD (pensante B 1 — gem-
mis G 1 ) : cum gemmis prasinis et iacinctinis undique numéro
XLH, pens. lib. X A* 6 E (sed E om. undique-numero).
18 Donum fontis baptisterii E— sanctiB* 5 : sanctum C* — fontis
A* : fonte B»Ci — 19 Vesli C 1 : Fisti C« : Fecisti C 3 : Ferti E —
praepositi-Constantinus E soltis — territorio B 1 — territurio
Penestrinô om. E — 21 Guba E — Gavinense Ai : Gabenense
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XXX1I1I. SILVESTER (314-335).
massa Pictas 49 , territurio supradicto, praest. sol. CCV;
massa Staliliana 5f , territurio Corano, praest. sol. CCC ;
massa intra Sicîlia Taurana, territurio Paramnense 5I , praest. sol. D;
intra urbe Roma, domos vel horrea, praest. sol. II CCC;
5 fundum Bassi, praest. sol. CXX;
massa Laninas ", territurio Cartiolano, praest. sol. CC ;
fundum Caculas, territurio Nomentano, praest. sol. L;
massa Statiana 53 , territurio Sabinense, praest. sol. CCCL;
massa Murinas 5 \ territurio Appiano Albanense, praest. sol. CCC;
\o massa Virginis, territurio Corano, praest. sol. CC;
transmarina :
intra partes Africae :
massa Iuncis S5 , territurio Mucario, prest. sol. DCCC;
massa Capsis, territurio Capsitano 5C , praest. sol. DC;
15 massa Varia Sardana, territurio Mimnense 57 , praest. sol. D;
massa Camaras, territurio Cryptalupi, praest. sol. CCCCV;
massa Numas, territurio Numidiae 5S , praest. sol. DCL;
massa Sulphorata, territurio Numidiae, praest. sol. DCCXX ;
massa Walzari oliaria, territurio Numidiae, praest. sol. DCCCX ;
o in Grecias :
massa Cefalina 59 , praest. sol. D;
in Mengaulum 60 :
massa Amazon, praest. sol. CCXXII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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B 3 : Gabinensi E — 1 terraetorio C 3 et ita saepe — ss B*E —
CCVI B2 — 2 massas O — Statilianas B* : Estaliana B5: Ti-
tuliana C 23 : Tutilianam C 1 : Statibanara E — Corona B c —
CC E — 3 Secilia Ci : Cecilia B^ : Siciliara E — Tauranani
B 5 : Tauriana B 6 : Taurona C 1 — Paranense C 2 * : Paramraense
B 3 : Paramense B 6 : Paramptinensi E (ti deletum) — Param-
nense-territurio om. A 5 — 4 urbe om. E — urbem Romain
BisD — Romae B* : Romam E — domos-sol.L om. C2 — do-
rmis B 6 — horrea A : hortos cet. (ortos B'E : ortus B*) —
HCC B»E — 5 fund. Bassis A» — qui praestant E — 6
massas C 1 — Lamnas B C C* : Lacina A — terr. Cartiolano om.
E — Cartiolana B 3 : Tilano (?) B* — 7 Caculus B* — Nomen-
tano B* : Momcntano cet. — 8 Statiana A (Sataciana A*)
E : Statiano BC* 3 (Stantiano B5 : Stattana C 2 ) : Slationo D —
Savincnse A 1 : Sabinensi C 3 : Sabinorum E — 9 Murenas C* :
Maorenas C* — Apiano B» 6 — 10 Viginhis C 2 : Viginis C 3 —
Corona B 1 : Corona C 3
il < et > transmarina E — transmarinas A* : transmari-
num C 1 * —12 intra om. A 1 : inlira B 1 — partis A* —13 Luneîs
A^: Vineis B* : Vincis B5«C* : luntisD— Mucano A* : Mucarium
A56 : Macario B s : Macarino C* : Micaria E — 14 massas C 3 —
Capris C ! : Capis B r C 2 — territurio om. C 1 : temrio B 1 — Capi-
tano C* — 15 massa-D om. C 2 — Faria B 23 *Ci — Sardona B* —
territurio Mimnense om. BCD — Mimnense A 1 : Mimense A* :
Minense A 6 : Monensi E — 16 Amara B* : Cammaras B* : Ca-
méras E — Crypta A* : Cripta A5« : Carta B* : Curlu B 23 C*:
Curta B5CC2 3 ^DE — 17 Rumas A* : Nummas B5« — Numedie C*
— DCL-soI. om. B13DE — DCCXX B«— 18 Sulphorata A« : Sul-
phurata B 2 C 3 : Supphurata B* : Sulforata C* — Numidie C* :
Numiliae W> — 19 massa-Grecias om. C 23 *— Uualzari A 1 : Huual-
zari A* : Uualdari A 6 : Baldarice*. — olearia B 1 :olianaB 6 : olaria
C 1 : oleano E— 20 in Grecias ABC*D (Gretia B«) : item in Gretia
in territorio Cretas E — 21 massa-Mengaulum om. B* —
Cephalina BD : Caephalina C 1 : Zephalinam C* : Cef. < in
Creta > E — D om. A* — 22 Mengaulu A*C 3 * : Mengaulo A*E .
Mengaulio A 6 : Mengaulum BC 1 * : Mengilum D — 23 Mazon
A* : Amalon Ë
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176 XXXilII. SILVESTER (314-335).
38 xvi Eodem tempore Àugustus Constantinus fecit basilicam beato Petro 61 apostolo in templum Apollinis, cuius locu-
lura 62 cum corpus sancti Pétri ita recondit : ipsum loculum undique ex aère cypro conclusit, quod est inmobile :
adcaput, pedes V; ad pedes, pedes V; ad latus dextrum, pedes V; ad latus sinistrum, pedes V; subter, pedes V;
supra, pedes V ; sic inclusit corpus beati Pétri apostoli et recondit. Et exornavit 63 supra columnis purphyreticis
et alias columnas vitineas quas de Grecias perduxit. 5
XVII Fecit autem et cameram basilicae ex trirama auri 64 fulgentem et super corpus beati Pétri, supra aéra quod
conclusit, fecit crucem 65 ex auro purissimo, pehs. lib. CL, in raensurae locus 66 , ubi scriptum est hoc 67 :
CONSTANTINVS AVGVSTVS ET HE LENA AVGVSTA HANC DOMVM REGALEM SIMILI FVLGORE CORVSCANS A VIA C1RCVMDAT, SCrip-
tum ex litteris nigellis 68 in cruce ipsa.
xvi il Fecit autem candelabra aurocalca in pedibus X, numéro II II, argento conclusa cum sigillis argenteis actus 10
Apostolorum, pens. sing. lib. CCG ;
calices aureos III cum gemmis prasinis et yacintis, singuli qui habent gemmas XLV, pens. sing. lib. XII ;
mètre tas argenteas II, pens. lib. GC ;
calices argenteos XX, pens. sing. lib. X ;
amas aureas II, pens. sing. lib. X; i&
amas argenteas V, pens. sing. lib. XX;
patenam auream cum turrem, ex auro purissimo cum columbam, ornatam gemmis prasinis et yachintis qui
sunt numéro margaritis CCXV, pens. lib. XXX ;
patenas argenteas V, pens. sing. lib. XV ;
coronam auream ante corpus, qui est farus cantharus, cum delfinos L, qui pens. lib. XXXV;
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Eodem-fecit] Item huius temporibus fecit aug. Constan-
tinus ex rogatu Silvestri episcopi E — beati Pétri apostoli
A 2 B 2 — apostulo A» — templo A*«DE — Apullinis B* : Appol-
lonis B3C" : Apollonis B*C 3 — Iocum A 2 Bt ><£! — 2 cum om.
A^BC 1 — cum-loculum om. E (suppl.) — sancti] beati
AB*D — ita] d//// B 1 — recedit A 2 — ipsum ipsum B* : ipso A 2
— Iocum B' 3 ^ 1 — cipro B 2 : cypri C3 : < et > cypro E —
condusit A 2 — quod est om. A — est om. B G — immobile
B*C 2 : inmovile C* - 3 capud A 2 B«6C* 3 E — ad pedes < si-
militer V subter > pedes V B 6 — Iatum A 2 — dextrum-latus om.
E {suppl.) — adatus sin. B* — latum sinixtrum A 2 — subtus
C 2 E — A super A — sic om. O — includit B»*** (corr. b 1 ) :
jncluditur B' : inclaudit C 3 — condit B 6 — et ante exorn. om.
A2C 3 — ornavit A 1 — superus E (supra e) — columnas purpyri-
ticas B 6 : < ex > col. E — purfyreticis A*C 3 : purphyreticis Bt
— 5 vitinias B 2 : III tineas B 6 — de om. B 6 — Graecias < se-
cum > A* — Gretias C 3 : Grecia C J E — adduxit AC 1 — 6 camaram
B 3 : cammeram B 5 : caméras E (corr.) — basilice C 3 — extrema
«x K : extrimma B*C 2! *E : trimitam A* : are A' : tremitamAS :
trammitam A 6 : extrema B- 3 " : extrimmam B* : etirimma
C 1 : extremam D — aure D — fulgentes E — supra A 2 BU 6 —
aéra A 12 : es A 56 E : aère KBG : vere D — 7 ex auro p.]
auream purissimam BCD — mensure A*B 3 « : mensuram E —
Iocum B 6 : loci E — hoc Constantinus om. A 2 — hoc < est >
C 3 — 8 et Helena Augusta om. C* — Elena A 2 — hune C 1
— donum B* — regalem KAD : regali BC 23 E : regali < aule>
C* : regalis B 6 C* — simile A 2 C 2 : simiiis B« : simi C* : om.
A 56 B I — fulgure C 2 : furgoreC 3 — coruscantem A 56 C 4 — aula om.
C* — 9 < est > ex B 6 — licteris < puris > E — in cruce
om. C 2 * — crucem ipsam A*s — ipsa om. BCDE.
10 aurocalcha C ' : auricalco Ci : aurocalco B 3 * — numeru
B6 — conclusas BC 3 D : conclusam G 1 : clusas C 2 — gillis C 3 —
actos C 3 — 11 CCCC C 2 * — 12 aureas B 3 — 1111 A — et-gem-
mas om. BC'D — yacintis A* :iacynctis C 3 : iacinthinis C 2 —
singuli C 23 *E : cet. om. — qui-XLV om. A 1 : A5« ponunt post lib.
XII — quadragenas quinas B : quadraginta C 1 : XLII C 3 — 13
argentés C — 15 amas-X om. C 1 — X-lib. om. B« — 16
lib. III E — 17 patenam ex auro purissimo I cum turre et co-
lumbaE — patena aurea A 1 — turre A 1 — columba A*D —
ornata B 2 : ornata < cum > A 1 — yaquintinis C 1 : yacinthi-
nisC 2 : iacinctisC 3 — quae E — 18 numeruni A 1 — < cum>
marg. A* 6 — magaretas B 3 : margaritas C 23 — margaritis < al-
bis > E — pens. <sing.> B^D — 19 patenas-XV om. A«C*
— - pens. om. B* — 20 corona aurea A 1 — qui] ubi A5«C 3 *E —
e t < oleum nardinum > A** — farus-sol. DCC (p. 179 /. 3) om.
hic C 3 *, sed alieno loco ponunt post Laurenti martyris argento
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XXX1III. SILVESTER (314-335). 177
fara argentea in gremio basilicae XXXII cum delfinos, pens. sing. lih. X;
ad dexteram basilicae, fara argentea XXX, pens. sing. lib. VIII ;
ipsum altarem ex argento auroclusum cum gemmis prasinis et yaquintis et albis ornatum ex undique,
numéro gemmarum CCCC, pens. lib. GGGL ;
5 tymiamaterium ex auro purissimo cum gemmis ex undique ornatum numéro LX, pens. lib* XV,
Item in reditum 6 \ donum quod obtulit Constantinus Augustus beato Petro apostolo per diocesem Orientis : XIX 39
in civitate Antiochia :
domus Datiani, praest. sol. GGXL ;
domuncula in Gaene 70 , praest. sol. XX et tremissimn ;
10 cellae in Afrodisia, praest. sol. XX;
balneum in Cerateas, praest. sol. XLII ;
pistrinum ubi supra, praest. sol. XXIII;
propina ubi supra, praest. soL X;
hortum Maronis, praest. sol. X ;
15 hortum ubi supra, praest. sol. XI ;
sub civitatem Antiochiam :
possessio Sybilles, donata Augusto, praest. sol. GGGXXII, charta decadas GL, aromata lib. GG, oleum
nardinum lib. CG, balsamum lib. XXXV;
sub civitatem Alexandriam :
20 possessio Timialica, donata Augusto Constantino ab Ambrosio, praest.sol. DCXX, charta decadas GCC,
oleum nardinum lib. CGC, balsamum lib. LX, aromata lib. CL, storace Isaurica lib. L;
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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(p. 181 l. 12) — est] et A«B 2 8-iC 3 — cantarus A* — delfinis B*E
— pens. < sing. > B l — 1 farus E — cum delfinos om. A 5 —
cum-basilicae om. D — delfinos A'B^C* : delfinis cet. — 2 dex-
tra bassilicae A* — farus E — 3 ipsud B 2 — altarem A'B^C 2
(de B 1 n. I.) : altare cet. — ex argento om. A : argenteo E —
< et > aur. B 1 — aurocluso C 1 — yaquintis A 1 ^ : iacinctis C 3 :
yacinthinis C 2 — alibis B 6 — ornatum-gemmarum om. BCDE
ex om. A3"- — 4 gemmarum om. A^ — CCCCJ (XX BCD : CCX
< ornatum undique > E — pens. < sing. > B5 — 5 tymia-
terium A 1 : thym. C 2 : tim. cet. : timiamatarium O — ex auro
purissimo AE : aureum BCD — ex om. A 56 B 23 * — num. Ll E.
6 Item om. BCD — domum B 3 5— quod om. C 3 — optulit A 1 —
Augustus om. B 6 — apostulo A 1 — diocesis A 1 : diocèses A 56 :
diocesim B 3 : diocèse in C 1 : diocèse C 3 — 7 civitate Antiochia
AB5 : civitatem Antiochiam cet. (Anthiocia A 1 : ////chiam B 1 :
Anthiociae C* : Antiociam C 3 ) — 8 domum A 1 — Daciani B 3 —
DCCXL C* — CCXL-Afrod. p. sol. om. B* — 9 domuncola A*B 3 :
domunculam B*— Gaene A* : Genae A*6 : Cène B"C*E— sol. XXX
B*C2 : DXX C 1 : XXV C* — et-cellae om. C* — trimissium BOD :
erimissium O — 10 celle C 3 — Afrodia A : Afrondisia C 1 —
LlBBR P0NT1FICALIS.
DXX Ci— 11 valneum C 3 — Ceratheas A* : Cerathenas A*« : de Bi
n. L : Caereteas B» : Cereteas B 3 «G23 : Ceretheas B« : Ccretias
C» : Ceretes D : Cerateas E— XII B 3 : XLV C 3 *— 12 pristrinum C* :
pristinum B"> C*E— 13 popina E— ubi om. E— hortum-sol. X om.
C* — 14 horto B 3 : hortu B5D : ortum C 3 E— hortum Aronis B*Ci
—XI A— 15 hortum < alium > E : ortum C3— XII B«— 16 civi-
tatem B'C'D: civitate cet. —Antiochiam B» 3 C (Anlhiociam C«):
Antiochinam D : Antiochia cet. (Anthiocia A 1 ) — 17 Sibillae
A56E : Sibilles B 2 : Sibillis B« : Sibellis C^ — donata < ab >
E: doriate B* : donatoC» — ÀugA» : [de Bi n. t.) — CCCXXIII
B*: CCCII C 1 : CCCXXXII C 2 — chartas A : cartas E : carta
B«C 2 : cartha vulgo — decas Ci — oleum-CC om. BCiD —
18 nardi oleum A: nardi olei E— lib. post bals. om. B 6 — 19 ci-
vitate Alcxandria AB 26 C 2 E — 20 Tymialica A^ : Timiliaca B* :
Timialia E — < ab > Augusto A 1 — Augusto om. O — Constan-
tino om. C 2 * — Ambrosio A : Ambronio cet. — charta A : cartha
B 3 5C 3 : cartas E : carta cet. — decatas Ci— 21 olei AŒ : oleo
B23C1— nardi E— LX] L Ci : XL E — storaces \m : sthorace Bl :
storacae B 3 — storacheis aureca B 6 — Hisaurica A : Isauria
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178 XXX1I1I. S1LVESTER (314-335).
possessio Euthymi caduci, praest. sol. D, charta decadas LXX;
xx per Aegyptum, sub civitatem Armenia :
possessio Àgapi, quod donavit Augusto Constantino ;
possessio Passinopolimse, praest. sol. DCCC, charta decadas CCCC, piper medemnos L, crocum lib. G,
storace lib. CL, aromata cassia lib. CC, oleu nardinu lib. CGC, balsamu lib. C, linu saccus G, 5
cariophylu lib. CL, oleu Cypriu lib. G, papyru racanas mundas I ;
possessio quod donavit Constantino Aug. Hybromius, praest. sol CCCCL, charta decadas GC, aromata
cassia lib. L, oleum nardinum lib. GC, balsamum lib. L ;
in provincia Eufratense, sub civitate Cyro :
possessio Àrmanazon, praest. sol. CCCLXXX; io
possessio Obariae, praest. sol CCLX.
40 XXI Eodem tempore fecit Augustus Constantinus basilicam beato Pauio 71 apostolo ex suggestione Silvestri episcopi,
cuius corpus 72 ita recondit in aère et conclusit sicut beati Pétri, cui basilicae hoc donum obtulit :
sub Tarso Ciliciae :
insulam Gordianon 73 , praest. sol. DCCC. *5
Omnia 74 enim vasa sacrata aurea vel argentea aut aerea ita posuit ut in basilica beati Pétri apostoli, ita et
beati Pauli apostoli ordinavit. Sed et crucera auream super locum beati Pauli apostoli posuit, pens. lib. CL.
sub civitate Tyria :
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1 Eutymi À 1 : Euthymi C 2 : Eutimi cet. — Eutimiceducis
A5* : Autimiaca doci C* : Eulhimicaducis E — Cadoci C 3 —
duci om. Bî — chartas A : carlha BW 3 : car ta B 1 et cet.
— charta-Agapi quod om. E — decadas < praestante sol. >
B* — 2 Egyptum A»C 3 — civitatem BW 3 D : civitate cet. —
Armeniam A 1 : Armentam C> — 3 Aug "A 'Ci E : Augustus
C* — Const. Aug. C« — Constantinus AiC«2 : Constan E —
4 possessionem E — Passinapolimse Ai : Passinopolimre B* :
Passinopolimsemper Ci : Passinopolimpse O — chartas A :
cartas E: carta B 26 : cartha cet. — peper B 1 — medempnus
BI36 — croco BCiD (crotquo B*) : crocos E — 5 sthorace B*C 3
— aromatha C 3 — casio B 2 C 3 : cassio B 3 : casia B 5 D : cassie C 1
— oleu nardinu B*C 3 : olei nardini A ! E (nardi E) oleum nar-
dinum C 2 : oleo nardino cet.— balsamu lib. C om. C 23 * — balsa-
mu Bi : balsamo B 23 Ci : balsami E : balsamum cet. — linu B
(linus B 3 ) C 23 * : liui E : linuin cet. — saccos C'^E — 6 gariolïï
A* : gariofllosum A 5 : gariophilorura A 6 : cariophylu B* : ca-
rtophile B 2 : cariophilo B 1 : cariophilum B 5 D : gariopholo B 6 :
cariofllo C ( : gariophilu C 23 : gariofillum C 4 : caseisillu E —
oie B ! : oleu B*C 3 : oleum B 6 C 2 DE : oleo cet. — cypreo A 1 : cy-
priu B*C 3 : cibrio B 6 : cyprium C 2 DE : cyprio cet. — lib. CL C 2
— papyr A 1 : <ex > papiro A™ : papiru B ! 5«D : papiro B 2 ^ :
papyro B 3 : papyru C 24 : papiri C 3 : papirum E — racanas
munda lib. CC C* : rucanas lib. mundasTE— 7 quam E— Cons-
tantinus AiC 1 : Constan E — - Hvbrion A* (Hyhrimon ai) : Ypro-
mius B* : Ubromius C : Ymbromius C 2 : YbromiusC* : Bromius
D : Hybromias E — CCCL C« — chartas Ai : cartas E : cart ///
Bi : cartha B 3 ">C 3 : carta cet. — dechadas C 2 — aromatha CJ
— 8 oleum-CC om. BCD — balsamum AB r »D : balsamu C 3
balsami E : balsamo cet. — 9 Eufratense AB 3 C 23 E (-si E)
Eupharatense Ci : Eupratense B 6 : Euphratense cet. — Tyro A
Ciro C 3 — 10 possessionem Armanalanan E — CCCLXXX» Ci
CCCCLXXX B» — 11 possessio-CCLX om. BCD — Mobaris E
12 A 2 om. hanc basilicam— Aug. Constantinus om. BCD— apos-
tulo Ai— < sancti > Silvestri B«— 13 corpus < sanctum > BCDE
—sicut et E— Pétri < Constantinus Augustus > BCE : < Cons-
tantinus Augustus et domnus Constantius Augustus > D — cui
basilicae hoejet BCD — basilica A 1 — donum hoc E — dona
C* — 14 Tharso A*C 2 — 15 insula B* — CordioF Ai : Cordio-
non A 56 : Cordionô B* : Cordiano B 23 *: Cordionum B 56 : Cor-
diona Ci : Gordianon C 2 : Cordianon C 3 * : Cordiorum D : Cor-
dionis E — LXXX B^C : DCCCC B* — 16 Omnia enim] Nam
omnia BCD — vel om. E — ita posuit om. A 56 : conposuit B 3 —
sicut BCD : sicut et E— basilicam C 2 E —beati] sancti E — apos-
tuli A 1 — et < in > A" — \7 apostuli Ai — ornavit B 23 «C 2
— aureum C 2 — apostuli A 1 : om. C 1 — <qui> pens. A:
praestante B* — 18 civitatem HWD : civitate cet. — Ritria
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XXXIIII. SILVESTER (314-335). 179
possessio Comitum, praest. sol. DL ;
possessio Tymia, praest. sol. GGL;
possessio Fronimusa, praest. soi. DCC, oleum nardinum lib. LXX, aromata lib. L, cassia lib. L ;
sub civitate Aegyptia :
îi possessio Gyrios, praest. sol. DGCX, oleum nardinum lib. LXX, balsamum lib. XXX, aromata lib. LXX,
storace lib. XXX, stacten lib. GL ;
possessio Basilea, praest. sol. DL, aromata lib. L, oleum nardinum lib. LX, balsamum lib. XX, croco
lib. LX ;
possessio insulae Maccabes, praest. sol. DX, papyrum mundum racanas D, linu saccos GGG.
10 Eodem tempore fecit Gonstantinus Augustus basilicam 75 in palatio Sessoriano, ubi etiam de ligno sanctae Grucis XXII 41
domini nostri Iesu Christ! in auro et gemmis conclusit, ubi et nomen ecclesiae dedicavit, quae cognominatur usque
in hodiernum diem Hierusalem ; in quo loco hoc constituit donum :
candelabra ante lignum sanctum quae lucent ex argento II II, secundum numerum II II evangeliorum, pens.
sing. lib. LXXX;
15 fara canthara argentea L, pens. sing. lib. XV;
scyphum ex auro, pens. lib. X;
calices aureos ministeriales V, pens. sing. lib. singulas ;
scyphos argenteos III, pens. sing. lib. VIII;
calices ministeriales argenteos X, pens. sing. lib. II;
20 patenam auream, pens. lib. X ;
patenam argenteam auroclusam cum gemmis, pens. lib. L ;
altare argenteum, pens. lib. GGL;
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Comitu BCD — DC Ai : om. X^ — 2 possessio-CCL om.
A56 — Tymia A*C* : Timia cet. — 3 possessio-sol. om. A56 —
Fronimosa A 1 : Fromimusa BCD (Fromimimusa B 3 : Formi-
missa B 6 : PromimusaC*) : Fronimusa E — DCCC B 2 — oleo
B23i6 — nardino B 214 : nardium C 2 — oleum nardinum] abhinc
redit iustus ordo in C 3 * — cassia lib. L om. A*C 3 D — L] C E —
4 Egyptia C 3 : Aegypti E — 5 Ciros A 1 : Cyreus Ci : Cyreos C*:
Cyrias E — oleum A J B^C 2 : oleo cet. (de B 1 n. I.) — nardinu
B!C 3 : nardinum B"»C 3 : nardino cet. — balsamo B^ (de h l n. i):
balsamu C 3 — aromata-XXX om. A$B* — oramata C 2 — LXXX
B 3 — 6 storace lib. XXX om. D — storacae C 3 — stactes A :
stacten cet. — 7 Bassilea A 1 : Basileas A 5C : Balsilea C 12 : Basi-
lia B«C*D: < storace lib. XXXIia> D — DL] L D — lib. CL Bi
— oleo nardino B 23 ^Ci : oleo nardinu C 3 — balsamu C 3 — XXX
B5 — crocum B 5 : crocu B 6 C 2 D : crocos E — 9 insuie B 3 C 3 : in-
sula E — Maccabes Ai : Maccab/// B 1 : Maccabeo C 3 : Machabeo
cet. — DCX B 23 *C 2 — papy r Ai : papyrum C 2 : papirii C 3 : pau-
piru D : papirum cet. — rachanas B 23 * — D] L B 6 — linû~AiCiE
— saccus BC*D - CCCC C 3
10 Sessorianum B 1 : Sossoriuno B--J : Sossorianuni B C C 3 : So-
sorianumCi : Sosoriano D : Sosorriano C*E— etiam om. BCD —
sancto i 3 —11 < posuit et > in BCDE (in om. E)— ubi < etiam >
E— -<in > gemmis A 13 - - quem E — 12 haec const. dona A$*:
constituit dona ista BCD— 13 candelabrura C 2 — <aurea et argen-
tea > ante E — quae luceni] lucentes BCDE (lucentia B5 : lucen-
tem BG) — ex argento I1II om. E — ex arg.] argentea B 6 —
IIII om. E — quae pensaverunt E — 14 lib. XC C— 15 faras E —
canlaraAiBS — quae pensaverunt E — lib. XII B5 — 16 scy-
phum-X om. B 6 — scipbum Al — ex auro] aureum purissi-
mum BCDE — quae pen"E — 17 min. aur. E — singulas] V
C 1 : II C 2 — 18 sciphos Ai — argenteos om. AB56 (de Bi n. J.)
— 19 arg. min. C« 3 — sing. om. E — II] V B 2 -5C (de B 1 n. I.) —
20 palenam-X om. ABCI) — 21 patena argentea auroclusa
A — L om. C 2 : < patenam auream pens. lib. X > A* 6 — 22
ipsum sanctum altare aureum E — altarem B* 3 — argenteo Ai
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180 XXX1III. S1LVESTER (314-336).
amas argenteas III, pens. sing. lib. XX;
et omnia agrorum iuxta ipsum palatium 76 ecclesiae dono dédit ;
item possessio Sponsas 77 , via Lavicana, praest. sol. GGLXIII;
sub civitate Laurentum 7 ^ possessio Patras, praest. sol. CXX;
sub civitate Nepesina, possessio Anglesis, praest. sol. CL; 5
sub civitate suprascripta, possessio Terega 7D , quae praest. sol. CL.X;
sub civitate Falisca, possessio Nymphas, praest. sol. CXV;
item sub civitate Falisca, possessio Herculi, quod donavit Augusto et Augustus obtulit ecclesiae Hierusalem,
praest. sol. CXL ;
sub civitate Tuder, possessio Angulas, praest. sol. CLIII. «o
42 XXIII Eodem tempore fecit basilicam M sanctae martyris Agnae ex rogatu filiae suae et baptisterium 8 1 in eodem loco ubi
et baptizata est soror eius Constantia cum filia Augusti a Silvestrio episcopo, ubi et constituit donum hoc :
patenam ex auro purissimo, pens. lib. XX ;
calicem aureum, pens. lib. X;
coronam farum cantharum ex auro purissimo cum delfinos XXX, pens. lib. XV; 15
patenas argenteas II, pens. sing. lib. XX;
calices argenteos V, pens. sing. lib. X;
fara cantara argentea XXX, pens. sing. lib. VIII;
fara cantara aurocalca XL ;
cerostata aurocalca argentoclusa sigillata XL; '20
lucerna aurea nixorum XII super fontem, pens. lib. XV;
et donum in reditum :
circa civitatem Figlinas 82 omnem agrum, praest. sol. CLX;
VARIANTES DES MANUSCRITS.
I III om. C 1 : IIH C 3 — sing. om. E — . XX. ana singulas
C* — 2 iuxta ipsum] circa BCDE — ecclesiae om. B 6 — eccle-
siae dono dédit om. A 1 — 3 item A*E : om. cet. — CCLXUI-so).
om. D— CGXXIII B« : CCLXII E- A sol. om. Ai— 5 civitatem Bi
— Nepesinam B 1 : Nepessina B 36 : Pessina B5 — Anglesis-pos-
sessio om. C 1 — Anclesis B 2 : Angelesis B5 — CCL B 6 — 6 supra-
scriptam Bi — TeregiaA 1 * : Terrega A« : Aerega C 1 : Thereca C*
— qui A 1 : om. C 2 E — 7 sub-CXv* transfert E post possessionem
sequentem, praemisso item — Calisca B 6 : Valisca C 1 — Nimphas
B*«E : Nympha D — CXXV B«A56 - 8 item om. C 2 * — civita-
tem B 13 — Valisca Bi : suprascripta C 2 * : superscriptae FaHsca E
— Hercoli B» : Herculae B 6 : Herecoli Ci — quod donavit] quae
donata est E — Aug A'E : Augusta B 6 : Augustus C* — Aug
A*E : Augusta C 2 * — 9 CXLUl D — 10 Tudera B> — CLHII B«
II Eodem tempore] Item A 2 — fecit < Constantinus Augus-
tus > C 2 * — sancti B« — Agnen A^ : Agnes Aï* : Aug~B* :
Agnetis E— martyres A 1 — rogatus A 2 : rogo B 6 — < Constan-
tiae > filiae FË— locum B 1 — 12 Constantina B"»— cum filia om.
A' — fîlio B» : set A 2 — Aug A 2 : Augusta C 1 — a Silvestrio episcopo
om. BCD — ubi-hoc] et ibidem autem constituit hoc BGD (au-
tem B*C : cet. om.) — et om. E — donum hoc] dona A 2 , quise-
quentia de more omittit — 13 ex auro pur.] auream BCD — 15
fara A 1 : faram B 5 — cantarAi; cantarum B 2C C 2 — ex AB* : cet.
om.— auriC 3 — purisimoC 1 — delphinis B» :delfinisB 2 «C'E— XX
B C2«— XV-lib. om. A5B*— 17 X-lib. om. B« — 18 cantbara B"
C 3 — sing. om. CM — 19 canthara-cirostata om. C 2 — cantara]
aerea BCD (erea BiC 3 ) — aurochalca Bi : auricalcha B« : aoro-
calcha B5C 3 : auricalca Ci : < aerea > auricalcaE — 20cerost.
A 4 : cyrost. B3C1 : cereost. D : cirost. cet. — argentoclusas Aïs
— sigillatis Ai» : singillata Bi : singulata B 8 — XLsig. B' D —
21 lucerna aurea] lucernam ex auro purissimo E — XII < qui
pens. lib. XX > A — fontem < aliam > A 5 «— quae pens. E —
pens. om. C 3 — 22 et donum om. BCD — 23 civitate Al — Fi-
glraas A : Fidelinas BD : Fidelenas Ci* : Fidenas C 3 *E — omne
E — agrum] aurum C 3 * : annum E —
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XXX1II1. S1LVESTËR (314-335). 181
via Salaria sub parietinas 83 usque omnem agrum sanctae Agnen, praest. sol. CV;
agrum Muci, praest. sol. LXXX;
possessio Vicum Pisonis, praest. sol. CGL;
agrum Casulas, praest. sol. G.
5 Eodem tempore fecit basilicam 84 beato Laurentio martyri via Tiburtina in agrum Veranum supra arenario \xiv 43
cryptae et usque ad corpus sancti Laurenti martyris fecit grados ascensionis et descensionis. In quo loco cons-
truit absîdam et exornavit marmoribus purphyreticis et desuper loci conclusit de argento et cancellos de argento
purissimo ornavit, qui pens. lib. T; et ante ipsum locum in crypta posuit
lucernam ex auro purissimo nixorum X, pens. lib. XX ;
10 coronam ex argento purissimo cum delfinos L, pens. lib. XXX;
candelabra aerea II in pedibus denos, pens. sing. lib. CG ;
ante corpus beati Laurenti martyris argentoclusas sigillis passionem ipsius cum lucernas binixes argenteas,
pens. sing. lib. XV.
Donum quod obtulit :
15 patenam auream, pens. lib. XX ;
patenas argenteas II, pens. lib. XXX;
sciphum ex auro purissimo, pens. lib. XV;
sciphos argenteos II, pens. sing. lib. X ;
calices argenteos ministeriales X, pens. sing. lib. Il ;
2o amas argenteas II, pens. sing. lib. X;
fara argentea XXX, pens. sing. lib. XX ;
metreta ex argento, pens. lib. CL, portante medemnos II ;
Q.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Salubria li^G* : Sallaria C* : Salutaria B<> — parietes A :
paritinas C 2 : parietinhas D — usque om. B^C 23 : usque ad A 56
— sanctae Agnen om. BGD — Agnes E — CVI B2 — 2 acrum 11»
— XC C 3 — 3 Vico A»E : Vici Aï* — Pensionis A» : Pissonis
B^C* : Pisones D — CCL-sol. om. A* — CCCL A — A acrum B*
— Caculas C 2 '■* : Ceulas E (Caculas e)
5 Eodem tempore] Rursuni A 2 — <Constantinus Augustus>
fecit BCDE (fecit Const. Aug. B«) : fecit < idem Aug > A 2 —
basilica A« 2 B« — beati Laurentii D — martyrio B* : marlyre B 3
— Feranum C 2 : Verano D — supra] sub A — aerenario C 1 :
arenarium C 23 * — 6 cryptae A*BiC 2 : criptae cet. (cripte C 3 ) —
sancti] beati E — Laurenti A^C 23 : Laurentii vulgo — mar-
tyres Ai — < in qua > fecit E — gradus A 2 B 2 C»D — grandes
ascensiones et descensiones B* — discensionis A 12 B 5 — quo] co
C 3 — 7 absida A* — purph. Ai : porf. C 2 : purf. C 3 : porfyriti-
cis B'— de super loci] de superiori loco E — loci om. A 56 — de]
ex A 56 — et-argento om. AC 1 — et cancellos om. C 4 — can-
cellos A5<B*D : cancellus B 6 : cancellis cet. — de] ex C 23 E —
8 ordinavit A : ornabit C :J — 1] CC A 1 ^- — locom B 1 — crypta
A 1 : cripta B* : cryptam C* : criptam cet. — 9 lucerna A 1 —
10 corona A 1 — ex arg. pur.] argenteam E — delflnos A*B 3 C 2 :
delfinis cet. — XX B 1 — il herea C 3 — dénis B 1 : denus B* —
CC A : CX C 3 : CCC cet . — 12 martyres A* — argento-] Hic C 34
inserunt verba prius omissa p. 176, l. 20— argenté- C 2 *. argenti-
B 3 — clausas B'C 2 : clusam E — sigilus vel sigilas B 1 : singillis
B 5 : singulis B 6 D — passionem] possessionem C 34 — pas. ip.
sig. E — cum] et A 56 < ornatum > cum E - lucernis L 12 E —
unixis B 1 : uinixis B 3 «gcid : innixis B 2 : nixis C 234 : bissinis E
— argenteis C 2 E
14 Donum quod obtulit E : om. cet. — 15 patenam-medem-
nos II (/. 22) A transfert post possessiones : om. BCD excepta
linea 21 quae in Us sic legitur, itidem post possessiones : fara ar-
gentea XXX pens. sing. lib. VIII. — patena aurea A 1 — au-
ream < posuit > A56— 16 II pens. <sing. > E— 19 min. arg.
E — lib. XX E — 20 sing. om. E— 21 lib. XV E — 22 metre-
tam ex auro E— portantes medempnos III E —
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18 2 XXXIIU. SILVESTER (314-335).
xxv in eodem loco 85 :
possessio cuiusdam Cyriacae H religiosae feminae quod fiscus occupaverat tempore persecutionis, Veranum
fundum, praest. sol. GLX;
possessio Aqua Tutia 87 ad latus, praest. sol. CLIII;
possessio Augusti, territurio Sabinense, praest. nomini Christianorum 8 * sol. CXX; »
possessio Sufuratarum 89 , praest. sol. LXVI ;
possessio Micinas Augusti, praest. sol. CX;
possessio Termulas, praest. sol. LX ;
possessio Aranas, praest. sol. LXX;
possessio Septimiti, praest. sol. CXXX. 10
44 XXVI Eisdem temporibus 90 fecit Augustus Gonstantinus basilicam- beatis martyribus Marcellino presbitero et Petro
exorcistae in territurio inter duos lauros et mysileum ubi mater ipsius sepulta est Helena Augusta, via Làvicana,
miliario III. In quo loco et pro amorem matris suae et veneratione sanctorum posuit dona voti sui :
patenam auream purissimam, pens. lib. XXXV;
candelabra argentea auroclusa in pedibus XII 1III, pens. sing. lib. CG; 15
coronam auream quae est farus cantharus cum delfinos CXX, pens. lib. XXX;
calices aureos III, pens. sing. lib. X, cum gemmis prasinis et yacintis ;
amas aureas II, pens. sing. lib. LX;
altarem ex argento purissimo, pens. lib. CC, ante sepulchrum beatae Helenae Augustae, qui sepulchrum est
ex métallo purphyriticus exculptus sigillis ; 20
fara canthara argentea XX, pens. sing. lib. XX.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 loco < est > A*o — 2 Quiriacitis B* : Quiriacetis B 2 -«C 3 : Qui-
riatitis Ci : Cyriacctis C-'«E : Quiriaci I) — rcligione C 2 : rele-
giosae c 3 — quod] qui A 56 : quam E — pracoccupaverat A :
occupaverunt C 2 — lempora A 56 — 3 fudum C 2 — GXL E — 4
Aquatuscia AB'WD : Aquatusciae B234 : Aquatutia C2 : Aqua-
tia C 3 : Aquatucia C* : Aquatusia E (-tuzia c) — ad latum E
(corr.) : adas B 1 — 5 terretorio C 3 — Savincuse A'Cï : Sabi-
nensi E — nomine-sol. om. B 5 —nomini AB f> : nomina D : no-
mine cet. — < praest. > sol. C 1 — sol. om. C- — sol. XX E
(corr.) — 6 poss.-LXVI om. ABCD — 7 Mecenas \m : Micenas
B 1 ^ : Micanas B"> : Mucinas C 1 : Miciuias I) — < cum >
Augustus B* : Auguslo 1> — CL E — possessio-sol. LX om.
C* — 8 Thermulas C 2 K : Termoks ï) — LXV A : CLX B* —
9 Arana B 1 : Oranas Ci — 10 poss.-CXXX om. ABCD.
il Eisdcm-voti sui] Eisdem temporibus Augustus Constanti-
nus fecit basilicam via Lavicana inter duos lauros beato Petro
et Marcellino martyribus et moysileum ubibeatissimaAugusta
matrem suam posuit in sarcofago porphyritico ubi et donavit
BCD (basilam viam Lavicanam Bi — lauras B 1 et in margine :
ubi Helena iacit — et] cum B 1 — et moysileum om. C 2 — mo-
syleum B* : mosileum C 1 — beatistimam Augustam B»C 2 —
reposuit C 24 — sarcofaco B 1 : sarcophago B 6 C 2 : sarcofogo C 1
— porphyritico B* : purfiritico O) — Aug. Const. fecit E —
Constanlinus om. AS — basilicam < in territurio > A 1 — bea-
tissimis E — 12 in territurio A 256 : om. A*E — musileûm A 2 :
mausoleum E— < beatissima > mater E — Augusta < in sarco-
phago porfirelico> A^E (purpureo A»*)— 13 miliario <ab urbe
Roma > E— pro] propter A 2 — amore matri E— venerationem A 2
—suae E — 14 patinam A 1 — auro B& 6 : ex auro E— purissimo
B r E — XXV A — 15 auroclusas C 2 — MI in ped. XII E — duo-
denos A 1 : duodenus C 3 : duodenis C* — II1I om. B 2 — <qui >
pens. C 1 — CCL A — 16 corona aurea A* — auream] ex auro
purissimo E — pharus C 1 : < in > farus D — cantarus A 1 —
delfinos A'B5C 23 : delfinis cet— CXXX B5 — pens. sing. lib. X
C* transfert post yacintis— 17 yacintisA* : yaquinlis B* : iacinc-
tis C 3 : yaquintinas C* : yacinthinis C 2 — 18 lib. XL BCD : XI E
— 19 altarem B^C 23 : altare cet. — ante-sigillis om. BCD— Hé-
lène Auguste A 1 — qui-sigillis om. A 6 — qui sepulchrum est]
fecit E — 20 métallo] marmore A 5 — purpureo A 5 : porfiretico
E — exculptis E — 21 < posuit > fara A5« — phara A* —
cantara A 1 — argentea om. C 1 : ex argento purissimo E— sing.
om. B« —
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XXXI1II. SILVESTER (314-335). 183
Item in basilica sanctorum Pétri et Marcellini donum dédit : xxvil
altare ex argento purissimo, pens. lib. GC;
patenas aureas purissimas II, pens. sing. lib. XV;
patenas argenteas II, pens. sing. lib. XV;
5 scyphum aureum maiorem purissimum, ubi nomen Augustae designatur, pens. lib. XX;
scyphum aureum minorera, pens. lib. X;
scyphos argenteos V, pens. sing. lib. XII ;
calices argenteos ministeriales XX, pens. sing. lib. III;
amas argenteas I III, pens. sing. lib. XV ;
10 annis singulis oleum nardinum pisticum lib. DGCGC, balsamum lib. G, aromata in incensum sanctis marty-
ribus suprascriptis, beato Marcellino et Petro, lib. C ;
fundum Laurentum 91 iuxta formam cum balneum et omnem agrum a porta Sessoriana usque ad via Penes-
trina a via itineris Latinae usque ad montem Gabum, possessio Augustae Helenae, praest. sol.TCXX ;
insulam Sardiniam 92 cum possessiones omnes ad eandem insulam pertinentes, praest. sol.TXXIIII ;
1H insulam Meseno 93 cum possessiones ad eandem insulam pertinentes, praest. sol. DGGCX ;
insulam Mattidiae 9t , quod est montem Argentarium, praest. sol. DG ;
possessio in territurio Sabinense quod appellatur Duas casas 95 , sub monte Lucreti, praest. sol. GG.
Eodem tempore fecit Gonstantinus Augustus basilicam in civitate Hostia n6 , iuxta portum urbis Romae, beato- xxvm 45
rum apostolorum Pétri et Pauli et Iohannis Baptistae, ub\ et dona obtulit haec :
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 in-Marcellini] sanctis martyribus supra?criplis besilicae A 1
— in om. C 2 — basica C 3 — donum A 1 : hec dona A™ :
donum < quod > BCDE (domum C 2 ) — dcdiL < talc est >
E — 2 altarem B 3 G 23 — argenteum purissimum E— 3 purissimas
om. A — sing. om. E — 4 patenas-XV om. C 4 I) — III B 1 —
5 sciphum A 1 — purissimum om. E — ubi-designatur om. A :
E transfert post lib. XX — Augustae E : Augusli BCD — 6 sci-
phum A* — scyphum-X om. C 2 E — XX B c — 7 scipbos A*C 3 —
argenteas C 3 — 8 min. arg. BC 23 E — pens.-III om. B* — IIII
B5— 10 annis] ana C*— oleum A*CD : olei A*«E : oleo cet. {de B 1
n. /.) — nardiiî A 1 : nardini Aï* — nardo B 2 -5 [de B 1 n. L) :
nardino B 6 : nardum C 1 : nardinu C 2 : nardu C 3 : nardi DE —
pistico B 2 -* : pistici B 1 (?)E — balsami E — aromatum A 56 — in
om. A'CiD [de B 1 n. /.) — incenso B 26 : incensu C 3 — sanctis-
Petro] ante corpora sanctorum Marcellini et Pétri E — 11 su-
prascripto B 3 : sanctis C 1 : om. AC 2 — beato AB* : beatis cet.
12 Lauretum B 23 : Laurentium E — furma A 1 : furmam B*
— balneo B 2 C l E— omne E — a] ad AiB 23 <C'D— portam BC«D
— Sessuriana A 1 : Sesuriana A r > : Sessoriana A 6 : So////// B 1 :
Sossorianam B 2 *jC 3 : Sosorinam B 3 : Sosorianeam B c : Soror-
rianam C 1 : Susurrianam C 2 : Susurrina C* : Sororianam D :
Sosorritata E (.tana e) — usque-Penestrina om. BCDE — viam
Praenestinam A 56 —13 a via-usque] viam etinerariam usque ad
viamLatinam BCDE (viaC 4 — et in aerariam B 2 : et in aerarium
B 6 : et in erocriam C 1 : itinerariam C 2 : itineraria C* : et in ra-
riamD— via iteneraria E)— Gabum] Albium E— Gabum< ipsum '
montem Gabum > BC 234 D : < ipse mons Albius > E (Gavum
e) — Aug. Hel.] Angelene C 1 — Augusti B 3 : Augusta B* —
CCCXX AiC' 24 : mille CX D — 14 Sardinam C 34 — possessionibus
omnibus E — ad-perlinentes om. BCD — eandem insulam] se
\5C — insulam om. E — pertinentibus A*E : pertinente A* 6 :
pertinentes scripsi — CCXXIIII AiC* 2 * — 15 insula A* : om. BCD
— , Meseno AB*C 3 : Menseno B 234 : Messeno B^D : Messone B« :
Mecseno C 1 : Merseno C 2 — possessionibus B*E : possiones B«
— ad-pertinentes] suas omnes BCD (suis omnibus B 1 ) — ean-
dem insulam] se A*« — eadem A 1 — insulam om. E — perti-
nente A 56 : pertinentibus < omnibus > E — DCCC B 1 —
16 < in > insula B 5 : insulae B 6 — insulam Atitie E — Matti-
diae A : Matidiae C 2 : Matitiae C 3 : Matiziae cet. — qui est
mons Argentarius A 56 — est om. C 1 — Argentariis E — 17 pos-
sessiones BC 23 : possessione D — Saunense A 1 : Sabinensi
A* r »E : Savinense C 2 — quae E — appellatus B 1 : apellatur
B5C 3 : cognominatur E — cassas B* — Lucretio A 6 E : Lucre-
teiBs
18 basil. Const. Aug. < exugestione Silvestri episcopi > E —
Aug. < fecit > A* — civitate AB 3 ^ : civitatem cet. — Hostiam
B 3 : Hostiensi E — ubibis Rome C 3 — 19 apostulorum A* — et
< sancti > Ioh. B ! E — ibi C 2 : om. D — et dona om. BCD —
donum E — optulit B* — hec À* : hoc BCD : om. E —
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164 XXXIIII. SILVESTER (314-335).
patenam argenteam, pens. lib. XXX;
calices argenteos X, pens. sing. lib. II ;
amas argenteas II, pens. sing. lib. X ;
fara cantara argentea XXX, pens. sing. lib. quinas ;
scyphos argenteos II, pens. sing. lib. VIII; s
patenam argenteam chrismaîem singularem, pens. lib. X;
pelvem ex argento ad baptismum, pens. lib. XX;
insulam quae dicitur Assis ", quod est inter Portum et Hostia, possessiones orones maritimas ugque ad
Digitum Solis 98 ? praest. sol. DCLV ;
possessio Grecorum, in territurio Ardeatino, praest. sol. LXXX; 10
possessio Quirinis, territurio Hostense, praesl. sol. CGCXI ;
possessio Balneolum, territurio Hostense, praest. sol. XLH ;
possessio Nymfulas, praest. sol. XXX.
XXIX Item dona quae obtulit Gallicanus " basilicae suprascriptae sanctorum apostolorum Pétri et Pauli et tohannis
Baptislae ; obtulit hoc : **
coronam argenteam cum delfinos, pens. lib. XX;
calicem argenteum anaglyfum, pens. lib. XV ;
amam argenteam, pens. lib. XVIII ;
massam territurio Sabinense Mallianum 10 °, praest. sol. CXVet tremissium ;
fundum Picturas, territurio Velliterno, praest. sol. XLIII; 20
fundum Surorum 10i , via Claudia, territurio Vegentano, praest. sol. LVI ;
massa Gargiliana 102 , territurio Suessano, praest. sol. DCLV.
46 XXX Hisdem temporibus fecit Constantinus Augustus basilicam l03 in civitatem Albanense sancti Iohannis Baptistae,
ubi posuit hoc :
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 patena arg. A 1 — 2 sing. om. E — binas A : V BCDE— 4 phara A 1
cantara om. BCDE — gentea C 3 — 5 sciphos A 1 — VIIII E — 6
chrismaîem A*C* : chrismale E: crismalem cet. — singulare A*E
—7 pelve A* : pelvim E— XXX C"*— 8 insala D — qui Ai : que
C 3 — Arsis C*E — quod-omnes] in territorio Portuensi et Hostias
pën oms E— Hostia AÏ&G* : Hoslias B« : Ostiam C2 : Ostia cet.
— maretimas Bid — 9 Deliquium D — DCLV A" : LXXX A* :
CGC cet. — 10 possessionem E — Gregorum B*Ci— Ordialino B 3 :
Arditino C 3 : Aidiatino cet. — LXXXI D — il Quirinis A : Qui-
riti BCDE— Hostense AB^C ! : Hostensi E : Ostense cet. — CCCXI-
sol. om. B 3 — 12 Balneoli A56 : Balneorum B* : Balniolum B56D :
Valneolum C 3 — terretorio C 3 — Hostense B"> 6 D : Hostensi E :
Osteuse cet. — sol. om. B* — 13 Nimfulas B"C« : Nymphulas
C* : Numfulas E — 14 Item-Galli- om. A 1 — dona quae] quod
BCDE (donum quod C*) — Callicanus B* — baselicae Bi :
basilice C 3 — suprascripti B 2 : superscriptae B 5 : suprascripto-
rum E : sanctae A* — apostulorum A 1 : om. E — Babtis B 1 —
optulit A 1 — obtulit hoc om. A56C* — hoc om. O : icTE —
16 delfinis B 1 — 17 anaglyfum A j C 2 : anaclyfum B' : anagli-
cum D : anoglyfatum E : anaglifum cet. — 18 amas argenteas
A* : ama argentea B» — XC1II B* : XVI1ÏI C 3 — 19 massam-
Picturas om. A — massam BUC a D : massa cet. — terretorio C 3
et ita porro — Malliana ter. Sab. C 2 : Mali. ter. Sabinensi E —
Mallianam C 3 E : Gallianum B 6 — CXC B 6 — et tremissium om.
C24 — trimissum B ! : trimissium C 3 : trimisium DE — 20 Pic-
turia B** : Picturi B 3 : Pictura B* : Pictora Ci —Velliterno A* :
Veliternum A5« : Belliterno BCD (Pelliterno B«) — 21 fundusA 1
— Furorum B 3 : Susurorum B* : SuorumC 3 : Soronum C* : Su-
ronum D — Clodia B2-6C 3 4D — Bcientano Ai : Vegetano A5«C2* :
Vegentano BC 13 E : Vigintano D — VI B 3 — 22 massam Gargi-
lianam E — Gargariana D — Suesano A*B 6 : Suensano E —
DCLXV B6
23 Eodem tempore fecit basilicam Augustus Constantinus E
— basilica Ai — civitate A^E— Albanensi E — < videlicet >
sancti E — 24 ubi et posuit donum hoc E —
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XXXIIII. SILVESTER (314-335). 185
patenam argenteam, pens. lib. XXX ;
scyphum argenteum deauratum, pens. lib. XII ;
calices argenteos ministeriales X, pens. sing. lib. III ;
amas argenteas II, pens. sing. lib. XX;
» possessio Lacura Turni m cum adiacentibus campestribus, praest. sol. LX ;
fundum Molas 10 % praest. sol. L;
possessio Lacum Albanense 106 , praest. sol. CCL ;
massa Muci, praest. sol. GLX ;
omnia scheneca déserta 107 vel domos civitatis in urbe Albanense sanctae -ecclesiae dono obtulit Àugustus
40 Constantinianae ;
possessio Horti, praest. sol. XX ;
possessio Tiberii Caesaris, praest. sol. GGLXXX ;
possessio Marinas 108 , praest. sol. L ;
massa Nemus 1W , praest. sol. CGLXXX ;
15 possessio Àmartianas, territurio Corano, praest. sol. GL ;
possessio Statiliana ,10 , praest. sol. LXX ;
possessio Mediana, praest. sol. XXX.
Eodem temporo fecit Gonstantinus Augustus basilicam intra urbe Gapua f11 Apostolorum quae cognominavit xxxi 47
Constantinianam, ubi et obtulit dona haec :
20 patenas argenteas II, pens. sing. lib. XX ;
scyphos argenteos III, pens. sing. lib. VIII ;
calices ministeriales XV, pens. sing. lib. II ;
amas argenteas II, pens. sing. lib. X ;
candelabra aerea IIII, in pedibus X, pens. sing. lib. CLXXX ;
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 patena argentea A 1 — patinam B* — XX C 3 — 2 sciphum A 1
— decoratum &* — 3 argenteos om. BCDE — sing. om. B s -—
IH-lib. om. B&C4 — ternas B»D : senas C*— 4 III C 2 — 5 possess
A 1 : possessiones BCD (possiones C 3 ) — Lacu A 1 : Laci A* 6 —
Tusrni B 1 : Torrini B 23 * : Turrini Ci — cunij tum B 6 — aiacen-
tibus B*C 3 D : iacentibus B« : adacentibus C 2 — campestris B 2 -5C 23
— LX-sol. om. Ai — XL C 3 E — 7 < Albanense cum > lacum
BCD : < Albanensi cui > lacum E — lacu C* — laci Albanensis
A56 — 8 massam E — CLXX BCDE : (CCLXX C 3 *) — 9 schenica
A 1 : sceneca B 126 E : sceneta C 1 : schenecam C 3 : scenaca D —
domus B 16 C 3 D — intra urbem Albanensi E — Albenense B 6 —
sanctae-Constantinianae AE (dona A 1 : donum E — Augus-
tus om. A* — Constantin] aiTA 1 ) : omnia in circuitum ecclesiae
Constantinianae obtulit Augustus BCD (in circuitum] cum cir-
cum C 23 — cum circum iacentibus C*— circuitu B^D — aeccle-
LlBBR PONTIFICALIS.
siae C 3 — ecclesia Constantiniana B 2 — lOConstantianianae B 1 :
Constantianae B* — optulit C 2 — Agustus C 3 ) — il Horti AC* :
Orti cet. — 12 Tiberii A*C 2 D : Tiberi Bi 23 Ci : Tyberi B« : Ty-
biri C 3 — LXXX BCDE — 13 Marinis C" : Maritanas E —
14 massam-sol. CCLXXX om. ABCD — 15 Amartianas A : A//////-
num B* : Armatinianum B 23 *C* : Armatianum B5C 23 *D : Arma-
tiani < in > E — Coro B* : Carano B«E — 16 Statilianam BC« :
Stalitianum E (Statilianum e) — 17 Médiane E
18 Hisdem temporibus BCD — < beatissimus > Const. E —
int. urb. Capuam bas. E — intra] in B^C 2 * — urbem A 2 B*5 —
Capuae A 2 : Capuam B* — quem C 2 E — 19 Constantiniana A :
Constantianum B 6 — ubi om. C 2 — et obtulit] posuit E — optu-
lit B<C2 — hec C 3 — 21 sciphos A* — argenteas B 3 — VIIU AC* :
XIII BCi 3 D — 24 herea C 3 — aerea in ped. X numéro IIII BCD
- X om. As - LXXX C 3 —
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8 XXXII
W XXXU1I. S1LVESTER (314-335).
fara canthara argentea numéro XXX, pens. sing. lib V ;
fara canthara aerea, numéro XXX.
Et obtulit possessiones :
massa Statiliana 112 , territurio Menturnense, praest. sol. GGCXV ;
possessio in territurio Gaetano 113 , praest. sol. LXXXV ;
possessio Paternum, territurio Suessano, praest. sol. CL ;
possessio ad Centum 1U , territurio Gapuano, praest. sol. LX ;
possessio in territurio Suessano Gauronica, praest sol. XL ;
possessio Leonis, praest. sol. LX.
Eodem tempore fecit Constantinus Augustus basilicam 113 in civitatem Neapolim, cui obtulit hoc :
patenas argenteas II, pens. sing. lib. XXV;
scyphos argenteos II, pens. sing. lib. X ;
calices ministeriales XV, pens. sing. lib. II ;
amas argenteas II, pens. sing. lib. XV ;
fara argentea XX, pens. sing. lib. VIII :
fara aerea XX.
Fecit autem formam aquaeductus llc per milia VIII; fecit autem et forum in eadem civitatem et donura
optulit hoc:
possessio Macari, praest. sol. GL ;
possessio Cimbriana, praest. sol. CV ;
possessio Sclina, praest. sol. CVIII ;
possessio Afilas 117 , praest. sol. GXL ;
possessio Nymfulas, praest. sol. XC ;
possessio insula 11S eu m Castro, praeFt. sol. LXXX.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
10
20
1 fara-XXX om. A 5 — cantara A' — ex argcnlo E — numéro
om. AC 2 *E — XX H23iCi — pens.sinj*. lib. V om. E, spatio tamen
relicto. — 2 cantara A 1 — herea C 3 — numéro om. B 234 Ci — XX
R6 _ 3 et obt. poss.] et donum quod obtulit possessiones in
territorio Menturno E — optulit A 1 ^'— possessiones <has>
A.56 — imassam Statilianam E — terr. Ment. om. E — Meltur-
nense A : Menturn//// Bi : Menturn B 234 : Venmenturium B* : vel
Menturinum B 6 : Mentor, nom. C 1 : Menturno C 23 : Minturno C*:
MenturinumD — CCCXV B 2 »«D— 5 possessio-LXXXV om. B 3 sed
restiluit 6 3 erasa linea sequenti— in om. C 23 — Gagitano B 1 : Gai-
tano B 4 D : Gacitano B» : Gamitano B 6 : Gazetano C** : Gazitano
C 3 : Cagetano E — 6 Paterni A** — Suesano B 6 E : Suesiano
G* — CLI B56D — 7 possessionem C» — LX-sol. om. A*— LXX
R84C 2 — 8 in om. B*D : in < eodem > E — Suesano B* 3 «E :
Suesiano C 1 — possessio-LX om. B 2 ^ — Leones B 1 — XL B 6
10 Hisdem temporibus BCD — fecit bas. < beatissimus >
Const. E— basilica A 1 — civitate A* : urbem BCDE (urbe B«E)—
Neapolitana B 1 e (-no E]— cuij ubi BCD — optulit A'C*— optulit
et dona haec E— haec BCD— 11 XV-lib. om. B«— XV A 1 : XXX
B» — 12 sciphos Ai — denas Ai — 13 XV] II C 3 — II] I B« —
14 quindenas Ai : X B 1 — 15 lineas 45 et 16 om. B*— XXX C 2 —
VIII-lib.om.Ci— lBaerea] argentea C*— XXX C 2 : < pens. sing.
lib.X> BCDE (VIII C 2 )- 17 autem] vero E— aqueductus B* :
aquaeductos C 3 — in eadem civitatem om. BCD — civitate A*E
— domum B56D— domum < et> C 1 — 18 optulit A^BiC 2 —
hoc om. BCD— 19 possessiones Ci : -nem E — Magari A 56 : Ma-
chari B<sC 2 E — CL-sol. om. A* — CL < possessio Solinaprestat
solidos CVIU> B3— 20 possessionem Ci— Cymbriana A*« :Cym-
brana B'C 1 : Cymbianam E : Cimbranacef.— 21 possessionem
Hyrclinam E — Sclima Ci : Talina C 3 : Clina C* — 22 Afilas
AC*3D : Afilias B« : Affilas E : Avilas cet.— 23 Nymfulas A'C* :
Nimphulas A" : ////fulas B« : Fulas Ci : Nymphulas B* : Nimfu-
las cet. — sol. XV Ci — 24 insulam B*E : < III > insulas D —
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XXXIIIl. S1LVESTER (314-335). 187
Hisdem temporibus 119 constituit beatus Silvester in urbe Roma titulum suura in regione III li0 îuxta thermas
Domitianas qui cognominantur Traianas, titulum Silvestri, ubi donavit Constantinus Augustus :
patenam argenteam, pens. lib. XX ;
amam argenteam, pens. lib. X;
scyphos argenteos II, pens. sing. lib. VIII ;
fara canthara argentea X, pens. sing. lib. V ;
canthara cirostata aerea XVI, pens. sing. lib. XL ;
calices argenteos ministeriales V, pens. sing. lib. II ;
fundum Percilianum, territurio Sabinense, praest. sol. L ;
fundum Barbatianum, territurio Ferentis *-\ praest. sol. XXXV ettremissium ;
fundum Statianum, territurio Tribulano 122 , praest. sol. LXVI ettremissium;
fundum Beruclas, territurio Corano, praest. sol. XL ;
fundum Sulpicianum, territurio Corano, praest. sol. LXX ;
fundum Tauri, territurio Vegentano, praest. sol. XLII ;
fundum Sentianum, territurio Tiburtino, praest. sol. XXX ;
fundum Ceianum, territurio Penestrino, praest. sol. L ;
fundum Termulas, territurio Penestrino, praest. sol. XXXV ;
possessio Cylonis, territurio Penestrino, praest. sol. LVIII .
Obtulit et omnia necessaria titulo Equiti.
Hic Silvester fecit ordinatiqnes VI per mens, decemb., presbiteros XLII, diaconos XXVI; episcopos per diversa XXXIV
loca LXV. Hic sepultus est in cymiterio Priscillae 123 , via Salaria, ab urbe Roma miliario III, prid. kal. ianuar. m
Qui vero i25 catholicus et confessor quievit ; et cessavit episcopatus dies XV.
Q.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Hisdem-Equitii (I. i9) om. E — His A 1 — regionem tertiam
BCD (regione C 2 ) — terraas BC 13 — 2 Domicianas C* 3 : Domi-
tianus C 2 — quae B 3 C 2 — cognominatur A 12 B3 fi D — Traianus
B* : < Equiti > Traianas C 3 — Silvestri] Aequitii C 2 : suum
titulum Aequicii C* : om. O — 4 amas arg. B 1 : amas argen-
teas II A : ama a argentea B"> — 5 sciphos A 1 ^: scyphum C2*
— II om. C 23 * — sing. om. C 2 * — 6 cantara Ai — arg. X] lib. X
de argento B 6 — 7 cantara A 1 — cerostata C 1 : cyrostata C 2 —
haerea B* : herea B^C 3 : om. B» — lib. XC A™ — 8 sing. om. O
— lib. V B> — 9 fund Percilianus A et ita porro, semper in casu
recto— Procescilium C 1 — Savinense A ! C 2 : Sabiensem B*— CL B 1
—10 fundum om. C»— Ferentes B«D : Festis C 2 *— sol. XXXLV B«
— trimisMum B 5 CD : trimissum B 6 — il fundum-tremissium
om. D — Tribulatio B5 — sol. XLVI B» : LXVII B« — et trim.
om. CM — 12 Beruclas AB5C 2 D : Berrucclas B 1 : Berruclas
B 23 *C 3 : Peruclas B* : Berrualas C* : Berucolas C* — Carano B«
— XLXX C 2 : LXX C* — 13 fundum-LXX om. C 2 — Sulpicianus
A : Sulpicianum C 3 : Suppljcianum BiC*I) : Sulpitianum B 23 * 6 :
Sulpianum B» — Carano B* — XX D — 14 Betentano A 1 : Ve-
gitano C 2 — 16 Cetanum B 6 : Cegianum D — Praenestino B 1
et ita ter : Penestrano C 1 — L-sol. om. B 3 ^ — 17 Prenestino D
— XXXV-sol. om. A5 — 18 Cilonis B 3 C»D — LVI1II B*D — 19
optulit AC 2 — et om. Bs — titulo om. B 3 — Equitii A* : Equitio
A 2 : Aequiti B 1 : Aequitii C 2
20 Hic-LXV om. A 2 — ordines B5 — 21 num. LXV* B^C** —
CCCLXV B 2 — XLV C 3 — Hic] Qui et A (Qui etiam A 3 ) Qui
vero C 4 — est om. C 1 — via Sal. in cym. Pr. mil. ab u. R. III
E — Priscille C 3 — Salutaria B*— 22 vere B5£>— < est > et B 3
NOTES EXPLICATIVES.
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i. ex pâtre Rufino] Le nom de la mère de Silvestre, Justa, est
marqué dans la Vita b. Silvestri, mais non celui de son père. On
le présente seulement comme ayant été formé par un saint prêtre,
appelé Cyrinus. Il n'est môme pas dit expressément qu'il ait été
romain d'origine.
2. Fuit autem...] Gat. libérien : « Fuit temporibus Constantin! a
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XXXIIII. SILVESTER (314-335)
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» cons. Volusiani et Anniani [314] ex die prid. kal. feb. usque in
» diem prid. kal. ïan., Conslantio et Albino cons. [335] ». On voit
que ces dates ont été grandement altérées en entrant dans le L. P.
3. Hic — cognoscitur] Emprunt à la Vita b. Silvestri; v. Introd.,
p. CII-CXX.
4. U. f. in urbe Borna ecclesiarn,..) La fondation du titulus Equitii
n'a laissé aucune trace dans les abrégés de la première édition;
il est bien probable qu'elle a été ajoutée après coup. En général,
les manuscrits de la seconde édition la mentionnent deux fois, ici
et à la fin de la notice; cependant les manuscrits E ne l'ont point
à ce dernier endroit. L'emplacement de cette église est marqué par
la basilique actuelle de S. Martino ai Monti, près des thermes de
Trajan. C'est dans ces thermes que se serait tenu le concile ro-
main sous Silvestre dont nous avons deux protocoles apocryphes
dans le Constitutum Silvestri et dans le synode des 275 évoques.
Le premier récit du L. P. et le synode des 275 évoques indiquent
simplement les thermae Domilianae; dans le second récit du L. P.
et dans le Constitutum, cette dénomination est complétée par les
mots quae (ou quae nunc) cognominantur Traianae. Les thermes en
question furent construits a l'origine comme un appendice des
thermes de Titus, situées plus au S. sur l'Esquilin. Les région-
naires du rv e siècle et les autres auteurs, antérieurs ou postérieurs,
les mentionnent toujours sous le nom de Trajan. Mais, outre que
nos deux faux conciles s'accordent avec le L. P. pour attester
l'usage de la dénomination de thermae Domitianae, on doit remar-
quer que la petite chronique des empereurs, dans la Chronogra-
phie de 354 (Introd., p. vu; Mommscn, Chronograph., p. 646)
cite, parmi les fondations de Domitien, thermas Titianas et Traia-
nas; quant à Trajan lui-même, elle ne lui attribue qu'une affecta-
tion spéciale de cet établissement : hoc imperalore mulieres in ther-
mis Traianis laverunt. — Notre auteur distingue l'emplacement de
l'église de celui des thermes (iuxta thermas); celles-ci, en effet,
continuèrent de fonctionner au iv° siècle, comme le prouve l'ins-
cription suivante, que l'on y a trouvée (C. /. L., t. VI, 1670) :
IVLIVS FELIX GAMPANIA
NVS V • G • PRAEFEGTVS VRBI
AD AVGENDAM THERMA
RVM TRAIANARVM GRATIAM
CONLOGAVIT
Le titulus Equitii est nommé dans les souscriptions du concile
romain de 499. Quant à sa fondation par saint Silvestre, on n'en a
pas d'autre document direct que le L. P. Le prêtre Equitius, qui
fournit le terrain, est complètement inconnu. Mais il est certain
que le souvenir de Silvestre fut localisé de bonne heure en cet en-
droit. Voir ci-dessous, note 125.
5. Sur ces catalogues de vases et lampadaires sacrés, voir l'In-
troduction, p. cxlih et suiv., et la table analytique à la fin de l'ou-
vrage. Je n'expliquerai dans ces notes que les termes rares, qui
ne se répètent pas d'une liste à l'autre.
6. fundum Valerianum...] Je dois avertir ici, une fois pour
toutes, que les fonds de terre catalogués dans les listes du genre
de celle-ci sont très souvent impossibles à identifier. Quand je n'en
dirai rien; c'est que je n'aurai rien trouvé à en dire, après avoir
dépouillé les meilleurs travaux sur la matière, notamment, pour
les environs de Rome, VAnalisi delta carta dei dintorni di Borna de
Nibby, Rome, 1837, et les articles publiés récemment par M. To-
massetti dans VArchivio Romano di storia patria.
1. ierriturio Sabinense...] Les quatre premiers fonds sont indi-
qués in territorio Sabinense; par cette expression il ne faut pas en-
tendre la Sabine en général, mais, le plus souvent, le territoire de
la cité de Cures, Cures Sabini, dont les habitants s'étaient souvent
appelés Sabini, par antonomase (Mommsen, C. /. L., t. IX, p. 474,
472). Dans les conciles romains du v* siècle et du commencement
du vi«, le titulaire de l'évêché de Cures, alors bien distinct des
deux évêchés de Nomentum et de Forum Novum, qui formèrent
plus tard avec lui ce qu'on appelle maintenant l'évêché de Sa-
bine, se qualifie d'épi scopus Curium Sabinorum (465), depiscopus
Sabinensis (487, 499) ou depiscopus s. Anihimi (501), du nom d'un
saint local (cf. Greg. M. Ep. m, 18; Jaflë 1224). La situation de
deux d'entre les fonds qui suivent est à peu près déterminée;
elle correspond en effet au territoire de Cures. Cependant une
massa Mal/ianum, qui figure parmi les propriétés de l'église d'Ostie
et qui est marquée in Ierriturio Sabinense, ne peut guère être
cherchée ailleurs que sur le territoire de Forum Novum. Voir la
note 100.
8. fundum Statianunï] Ce fonds est sans doute à chercher auprès
de la massa Statiana, mentionnée parmi les propriétés du baptistère
de Latran; le nom s'est conservé dans celui de la localité actuelle
de Stazzano, près Moricone.
9. fundum Duas casas] Une possessio du même nom et du même
territoire figure parmi les fonds de la basilique des SS. Marcel-
lin et Pierre, mais avec l'indication plus précise sub monte Lucre
ti[li].
10. fundum Percilianum] Ce fonds et le fonds Statianus (1. 18)
sont les seuls qui se retrouvent dans le second récit de la fonda-
tion de cette église, p. 187, 1. 9, 11. Cependant, bien que les noms
des fonds et même, pour le fonds Percilianus, le nom du terri
toire soient les mêmes, le revenu n'est pas identique.
11. in Sicinini regione] C'est le quartier où s'élève la basilique de
Sainte-Marie-Majeure, qui, fondée par le pape Libère (352-366), a
porté au iv° siècle le nom de basilica Sicinini (Amm. Marcell.»
xxvn, 3, 13; Rufin, Hist. eccl., u, 10) ou de Sicininum (saint Jé-
rôme, Chron., ad ann. 366; cf. Urlichs, dans la Beschreibung der
Stadt Rom, t. III, part, u, p. 213, 214; De Rossi, Bull., 1871, p. 19-
21). Cette maison était donc à peu de distance du titulus Equitii,
car celui-ci (S. Martino ai Monti) est voisin de Sainte-Marie-Ma-
jeure.
12. regione Ad duo amantes] Cette maison et son quartier sont
indiqués ici entre deux localités de l'Esquilin, voisines de l'église
S. Martino; il semblerait qu'on dût les chercher aussi de ce côté.
Cependant je trouve au xi e siècle, assez loin de là, vers la place
du Collège Romain, une église de S. Salvator ad duos amantes,
qui s'est appelée plus tard S. Salvator de Camiliano ; cette dernière
dénomination lui vint d'un monument antique, en forme d'arc,
Situé entre le palais Doria et l'église Sainte-Marthe, sur la place
actuelle du Collège Romain (Galletti, Primicero, p. 252, 259, 374-316).
Après tout, la dénomination ad duo amantes est assez banale pour
que l'on s'attende à la rencontrer en plus d'un endroit.
13. regione Orfea] Les régionnaires du iv c siècle indiquent dans
la regio V Esquiliae un lacus Orfei. L'église de S. Lucia in Orphea t
voisine de S. Martino, en donne approximativement la position;
on trouve même quelquefois S. Martino appelée aussi in Orphea;
cette église, en effet, bien qu'elle s'ouvre sur une rue qui suit le
faite de l'Esquilin, communique, par un escalier qui descend der-
rière son abside, avec la rue antique où s'élève S. Lucia; cette
rue porte même, dans cette partie de son parcours, le nom de
S. Martin©.
44. Hic feeit constitutum] C'est sans doute le célèbre Constitutum
Silvestri, apocryphe de l'année 501, dont il a été question, Introd.,
p. CIXXVIII.
15. Eliam huius — sequaces eorum] Remarquer le renforcement
de consensus en praeceptum, d'une édition à l'autre (Introd., p. lxi).
— L'idée de faire condamner Photin et Sabellius par le concile de
Nicée paraît empruntée aux apocryphes pseudo-silvestrins (In-
trod., p. cxxxvin). On la retrouve aussi dans l'histoire du concile de
Nicée, de Gélase de Cyzique (n, 26) et dans un ancien recueil ca-
nonique dont on a publié des traductions en copte et en syriaque
(Pitra, Spicil. Solesm., t. I, p. 514 [Lenormant]; Analecta sacra,
t. IV, p. 225, 453 [Martin]; cf. Bulletin critique, 1. 1, p. 330 et suiv.).
— La seconde édition a supprimé la mention des 208 évoques tV-
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becilles, c'est-à-dire empêchés par raison de santé, quorum cyrogra-
phus cucurrit, c'est-à-dire qui signèrent les actes du concile. Cette
distinction entre les présents et les absents se retrouve dans la
notice de saint Léon, à propos du concile de Chalcédoine; elle est
faite aussi dans le préambule du Constitutum Silvestri, toujours
avec la même formule cyrographus cucurrit.
16. Et in urbe Roma...) Ce concile, tenu pour confirmer les dé-
crets de Nicée, parait être celui dont j'ai parlé dans l'Introduction,
p. cxxxvn, sous le titre de concile des 275 évêques; à moins cepen-
dant que l'auteur n'ait eu en vue une assemblée d'où seraient sor-
ties les petites lettres Gaudeo vos ou Gloriosissimus. Le nombre des
évoques indiqué ici ne correspond pas exactement à celui du con-
cile des 275 évêques, ni surtout à celui qui est marqué en
tête du Constitutum (284 + 57). C'est pourtant au Constitutum et
aux lettres annexes que l'on a emprunté l'idée de faire condamner
Calliste par un concile romain en compagnie d'Arius, Sabellius et
Photin.
17. ut presbiter arrianum] Ce décret a beaucoup d'analogie avec
les deux suivants; il est question dans tous les trois des cérémo-
nies réservées à l'évêque dans l'ensemble de rites qui constituent
l'initiation chrétienne. L'évêque seul a le droit de consacrer le
saint chrême, de faire la consignation des nouveaux baptisés,
c'est-à-dire de leur donner le sacrement de confirmation, et de ré-
concilier les hérétiques par l'imposition des mains et la collation
du Saint-Esprit, complément d'initiation que les sectes ne pou-
vaient donner à leurs néophytes (v. les textes cités plus haut, p. 167,
note 3). On peut observer ici que, comme dans tous les documents
d'origine romaine où il est question de la réconciliation des héré-
tiques, la chrismatio n'est point mentionnée expressément; elle
l'est au contraire dans les textes provenant des pays de rit gal-
lican {Conc. Arausic. I, can. 1 ; Grégoire de Tours, H. F., u, 31, 34;
îv, 27; v, 39; ix, 15) ou oriental (Conc. Constantinop. I, can. 7). —
Hepiscopus lori designati est l'évêque du lieu, l'ordinaire (cf. Sibice).
18. et chrisma...] Constitutum Silv., u, 5 : « Constituit enim clara
» voce Silvester episcopus urbis Eomae ut nemo presbyter chrisma
» conficeret, dicens quoniam Christus a chrismate vocatur. » —
Innocenta ep. ad Décent., c. 3 : « De consignandis vero infantibus
» manifestum est non ab alio quam ab episcopo fieri licere; nam
» presbyteri, licet sint sacerdotes, pontificatus tamen apicem non
» habent. » — Gelasii ep. ad episc. Lucaniae, c. 6 : « Nec minus
» etiam presbyteros ultra modum suum tendere prohibemus, nec
» episcopali fastigio débita sibimet audacter assumere, non confi-
» ciendi chrismatis, non consignationis pontificalis adhibendae
» sibimet arripere facultalem ». Ces textes montrent assez quelle
était la discipline romaine sur la bénédiction du saint chrême et la
consignatio; cf. Greg. M. ep. iv, 9, 26. — Quant au motif apporté
ici, propter hereticam suasionem, je ne vois pas très bien ce qu'il
faut entendre par ces mots, à moins qu'ils n'aient trait aux tenta-
tives de schisme contre lesquelles sont dirigées toutes les me-
sures disciplinaires qui, comme celles-ci, ont pour but de resser-
rer et de manifester l'union du troupeau chrétien autour de l'évê-
que, son pasteur suprême.
19. Hic et hoc...] Ce décret, qui est une sorte de complément
ajouté aux deux précédents, manque dans les abrégés de la pre-
mière édition. Cf. Innocenta ep. ad Décentre. 3 :«Nam presbyteris
» extra episcopum, seu praesente episcopo quum baptizant, chris-
» mate baptizatos un gère licet, sed quod ab episcopo fuerit conse-
» cratum, non tamen frontem ex eodem oleo signare, quod solis
*> debetur episcopis cum tradunt Spiritum Paracletum. » — Le rite
romain comportait ainsi deux chrismations après le baptême pro-
prement dit; l'une, permise aux prêtres, se faisait sur le haut de
la tète, l'autre, réservée à l'évêque, sur le front. Un usage sem-
blable paraît avoir été observé à Alexandrie (Bunsen, Christianity
and Mankind, t. VI, p. 465; cf. l'Ordo baptismi de Severus, Bi-
blioth. max. PP., t. VI, p. 25). Ailleurs, la chrismation était unique
et n'étnit pas rigoureusement réservée à l'évêque. C'est à des corn-
189
binaisons entre l'usage romain et l'autre discipline que se ratta-
chent les conflits mentionnés dans l'épitaphe du prêtre romain Ma
réas (f 555; De Rossi, Bull., 1869, p. 20 et suiv.) et les lettres de
saint Grégoire déjà citées (iv, 9, 26,\ Il est possible que ces conflits
ou d'autres du même genre n'aient pas été sans influence sur l'ad-
jonction do ce décret au texte primitif du L. P.
20. ut nullus laicus] Constitutum Silvestri, i, 3 : « ut non presbyter
» adversus episcopum,... non ostiarius adversus lectorem, nonlai-
» eus det accusationem aliquam. » — Dans le Cod. Begin. 1997, f. 125
v° (cf. Introd., p. cixiv b, note) on trouve le même décret sous une
autre forme : « Placuit eis et ad omnem Christianorum populum
» Romanorum ut nullus laicus audeat clerico crimen ingerere nisi
» sub idoneos testes, viros iustos, etc. » — Il est clair qu'une telle
discipline n'a jamais pu être proclamée et n'a jamais été appliquée.
On trouve assez souvent dans les conciles des dispositions par
lesquelles on réclame certaines garanties de la part des personnes
qui veulent accuser les évêques et les clercs supérieurs devant les
tribunaux ecclésiastiques. Quant aux tribunaux civils, il y a une
loi de Valenlinicn III (Haenel, Corp. leg., p. 241) de l'année 430,
qui impose aux mêmes personnes un cautionnement assez fort;
cette loi ne fut pas insérée, en 438, dans le code Théodosien. Il est
assez remarquable que, dans un des manuscrits où cette constitu-
tion s'est conservée, elle est mise sous le nom de Constantin et
sous la rubrique : Ut nullus audeat episcopum, presbyterum, diaco-
num accusare (Maassen, Quellen, t. I, p. 321, 525).
21. ut diaconi dalmaticas] Dans la Vita b. Silvestri on raconte
d'une autre façon l'introduction des dalmatiques. Un saint évéque
de Pamphylie, Euphrosynus, venu à Rome par dévotion, au temps
de Silvestre, portait à l'autel un colobium, tunique flottante, sans
manches, qui avait jadis appartenu à l'apôtre saint Jacques : « Sic-
» que factum est ut a sancto Silvestro et presbyteris eius et diaco-
» nibus colobiorum usus sumpsisse[t] initium; quo Marcus et
» Iulius et Liberius eo ordine usi sunt. Sed quoniam nrachiorum
» nuditas culpabatur a quibusdam, post hos autem colobia in dal-
» maticas commutata sunt. Visum est enim melius huic proposito
» convenire quod accuratius ma gis aspectibus placere valeat popu-
» lorum » (Cod. Paris, lat., 5301, x-xi° s., f. 312 et suiv.). — La
dalmatique, tunique longue, flottante, à longues et larges manches,
était un insigne propre aux diacres romains, mais dont le pape
faisait la concession à d'autres églises, dans certains cas extraor-
dinaires. Les diacres d'Arles le reçurent du pape Symmaque (Vie
de saint Césaire, c. 4, Migne, P. L., t. LXVII, p. 1016 : « Papa
» Symmachus... diaconos ipsius [Caesarii] ad Romanae instar ec-
» clesiae dalmaticarumjecit habitu praeeminere »); les diacres de
Ravenne représentés dans la mosaïque de Saint-Vital, avec l'évê-
que Maximien (547) et l'empereur Justin ien le portent aussi. Saint
Grégoire le Grand (Ep. ix, 107) l'accorda à l'évêque de Gap et à son
archidiacre. La mosaïque de Ravenne que je viens de citer et aussi
celle de Saint-Laurent de Rome (De Rossi, Musaici), exécutée sous
le pape Pelage II (579-590), permettent de se faire une idée de la
forme de ce vêtement ecclésiastique au vi° siècle.
22. et pallea linostima...] Le pallium linostimum t dont les diacres
devaient couvrir leur main gauche (laeva % par opposition à dex-
tera), est devenu le manipule actuel. C'était une serviette en tissu
de laine et de lin; son origine doit être cherchée dans les nécessi-
tés du service liturgique; il est tout naturel que les personnes qui
ministrant mensis aient une serviette à leur portée. Il semble qu'à
l'origine ce linge ait été un insigne spécial des diacres romains,
car notre auteur dit, dans la notice de Zosime, que ce pape
étendit aux diacres des parochiae (églises suburbicaires) le droit
de s'en servir. Uorarium, souvent mentionné comme insigne litur-
gique, en Orient et dans certaines régions de l'Occident, n'apparait
ni dans les textes ni dans les documents inspirés par l'usage ro-
main, au moins jusqu'au ix° siècle. Son origine est la même que
celle du pallium linosiimum. A la longue, les deux insignes furent
adoptés ensemble, quand les divers usages occidentaux se fondi-
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rent dans l'usage romain. Alors Vorarium devint l'étole, le pallium
linostimum ou mappula devint le manipule. — Quant à la mappula
spéciale dont le haut clergé de Rome et de Ravenne se servait in
procedendo au temps de Grégoire le Grand (Ep. ni, 56, 51), il n'est
nullement certain qu'elle doive être identifiée avec un vêtement li-
turgique, plutôt qu'avec la housse de cheval que les clercs romains
considéraient, au temps du pape Conon (v. la notice de ce pape)
comme un privilège presque sacré. On procédait à cheval; v. ci-
dessous, Constantin, n° 172 ; cf. Ordo Romanus I, dans Muratori,
Lit. Rom., t. II, p. 974. — Sur la disposition du pallium linostimum,
v. De Rossi, Bull. 1877, pi. xi.
23. ut nullus clericus] Constitutum Silv., n, 16 : « Nemo enim
» clericus vel diaconus aut presbyter propter causam suam quam-
t» llbet intret in curia, quoniam omnis curia a cruore dicitur et im-
» molatio sacrorum est. » — Concile des 275 év., c. 4 : « Silvester
» episcopus dixit : Nulli omnino clerico causam quamlibet in pu-
» blico examinare, nec ullum clericum ante iudicem laicum stare. »
— Ce que le décret mentionné dans le L. P. a do commun avec ces
canons apocryphes, c'est la prohibition faite aux clercs de porter
leurs procès civils devant les tribunaux publics, désignés par le
terme vague de curia et par l'expression plus précise de iudex
cinctus. Le magistrat cinctus est le magistrat revêtu de l'autorité
publique, le magistrat en fonctions (v. Ducange à ce mot; cf. Pon-
tieh, note 6). Au temps où le L, P. fut rédigé, les évêques, sans que
l'État leur reconnût une juridiction proprement dite, même sur le
clergé, dans les causes profanes, pouvaient cependant juger les
procès des clercs et des laïques, suivant les formes de l'arbitrage.
Mais comme aucune loi civile n'empêchait les clercs de recourir
aux tribunaux ordinaires, il arrivait souvent que les curies épis-
copales fussent abandonnées par eux pour les juges impériaux ou
royaux. Aussi voit-on souvent les conciles intervenir pour les ar-
rêter dans cette voie (Conc. Carth. III [397J, c. 9; conc. Chalced.,
c. 9; conc. Arelat. IL c. 31; conc. Andecav., c. 19; conc. Venet.,
c. 9; conc. Agath., c. 32, etc.). En ce qui regarde Rome en particu-
lier, les textes législatifs authentiques ne contiennent aucune pro-
hibition de ce genre; c'est seulement dans les deux conciles apo-
cryphes attribués au pape Silvestre et dans le L. P. que l'on voit
rappeler aux clercs l'obligation où ils sont de recourir aux tribu-
naux ecclésiastiques. — Ce décret reparaît, en termes un peu dif-
férents, dans la notice de Jules.
24. ut sacrificium altaris]. Concile des 275 évêques, c. 12 : « Sil-
» vester episcopus dixit : Nulli omnino liceat pannum tinctum in-
» super altare ornare, nec consecrare, nisi tantuin in lineo can-
.> dido aut in auro vel argento. » — L'usage de couvrir l'autel
d'une nappe de lin est attesté, en dehors de ces textes, par beau-
coup de documents anciens. Dans une mosaïque de Saint-Apolli-
naire in Classe, à Ravenne (vi° siècle), on voit un autel chrétien, tout
préparé pour le saint sacrifice, entouré des personnages de Mel-
chisédech, d'Abraham et d'Abel; cet autel est couvert d'une nappe
le lin. Optât de Milève, adv. Parni., vi, 1 : « Quis fidelium nescit
• ligna (altaris) linteamine cooperiri? Inter ipsa sacramenta vela-
> men potuit tan»i, non lignum. » Victor de Vite, De pers. A fric, i,
59 : « Rapaci manu ( Vandali) cuncta depopulabantur atque de pal-
» liis altaris, pro nefas! camisias sibi et femoralia faciebant. ■ Ce
gallium altaris ne doit pas être confondu, comme on le fait sou-
vent, avec d'autres voiles qui servaient à couvrir l'autel hors le
temps de la messe, ou qui, pendant la messe elle-même, étaient
étendus par-dessus les calices et les pains de l'offrande. Saint
Isidore de Péluse s'accorde avec notre auteur sur la raison symbo-
lique de l'usage du lin dans les nappes d'autel : 'H xaôapà <nv6àv
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25. ut si quis desideraret...] Constitutum Silv., i, il : « Ut nullus
» «x laica periona ad honorem acolythfatjus usque ad episcopatum
XXXIIII. SILVESTER (314-335).
» sublevaretur, nisi prius fuisset lector annis XXX, deinde uno
» die exorcista, et pos.tea caperet onus acolythi, et faceret in oo-
» dem ordine acolythi annos jX, ut acciperet onus subdiaconi et
» in subdiaconatu esset annos V; deinde ad diaconatus honorem
» pertingeret fixus, rogantibus triginta presbyteris examen ut es-
• set diaconus cardinalis; quia a prima sede erat constitutum ut
» serviret annos VII. Hoc enim quod si quis desideraret ordinem
» presbyteri, ita exigeretur ut in VII annis a cuncto clero Ro-
» mano probaretur doctrinae nativitatis, generositatis et consilio,
>» non expetens praedam a quoquam, opinione clara firmarent
» omnes presbyteri, declararent; et sic ad ordinem presbyteri ac-
» cederet, et faceret in eodem ordine annos III. Et si exigat ordo
>» vel dispositio, vel cura pietatis aut sanctitatis, ad onus episco-
» patus accedere, ut omnis clerus peteret ordinari ex uno voto pe-
» renni. » — Concile des 275 évêques : « Si quis ad clericatum
» promereri desiderat, hoc iuslum est ut sit ostiarius annum I, lec-
» tor annos XX, exorcista annos X, acolythus annos V, subdiaco-
» nus annos V, diaconus annos V, et sic ad honorem presbyterii
» accédât; et faciens in eo ordine annos VI, si fuerit omnium vo-
» tiva gratia, non praemio, non invasione cupiditatis, nulli pro-
i rumpens gradum, sic ab omni ecclesia eligatur consecrandus
» episcopus, nullo de membris ecclesiae intercedente et omni ec-
» clesia conveniente. » — Dans sa lettre aux évêques de Lucanie
(1-3), Gélase indique des interstices beaucoup plus restreints, mais
c'est qu'il considère le cas d'églises quibus infestatione bellorum vel
nulla penitus vel eccigua remanserunt ministeria; pour les autres il
maintient la discipline ancienne. Celle-ci est exprimée dans deux
décrétales, l'une de Sirice {ad Himer. Tarrac, 9, 10), l'autre de Zo-
sime (ad Hesych. Salon., c. 3). Voici le texte de cette dernière, qui
remonte à l'année 417 : « Haec autem singulis gradibus observanda
» sunt tempora. Si ab infantia ecclesiasticis ministeriis nomen
» dederit, inter lectores ad vicesimum aetatis annum continua ob-
» servatione perduret. Si maior iam et grandaevus accesscrit, ita
» tamen ut post baplismum statim se divinae militiae desiderat
» mancipari, sive inter lectores sive inter exorcistas quinquennio
» teneatur. Exinde acolythus vel subdiaconus quatuor annis sit et
» sic ad beuedictionem diaconatus accédât ; in quo ordine quinque
» annis si inculpate se gesserit haerere debebit. Exinde suffragan-
» tibus stipendiis per tôt gradus, datis propriae fidei documentis
» presbyterii sacerdotium poterit promereri. De quo loco si eo il-
» lum exactior ad bonos mores vita produxerit, summum pontifi-
» catum sperare debebit, hac tamen lege servata ut neque digamus
» nec viduae maritus neque paenitens ad hos gradus possit ad-
» mitti. » — Tous ces textes, authentiques ou apocryphes, sont
d'accord sur certains points importants : d'abord le lectorat est de
beaucoup le plus en vue des trois ordres infériaurs; l'ordre d'os-
tiaire n'est mentionné que dans le concile des 275 évêques; il l'a
été aussi dans le L. P., notice de Gaius, mais à un endroit où il
n'est pas question d'interstices; l'ordre d'exorciste ne figure plus
que pour la forme : on ne fait qu'y passer. Ici encore le concile
des 275 évêques contredit tous les autres documents. Si on néglige
ses renseignements, isolés et peut-être mal transcrits, on voit que
le lectorat est en somme l'ordre de probation. On en sort pour de-
venir acolythe. C'est la discipline que supposent les livres liturgi-
ques, les ordines du vm c siècle et les cursus honorum des papes
depuis le vn e siècle, sauf que le stage dans la schola lectorum a été
remplacé par celui de la schola cantorum, sorte de séminaire, orga-
nisé définitivement par saint Grégoire le Grand (De Rossi, Bull.,
1883, p. 19). Si le L. P. était postérieur à saint Grégoire, nous trou-
verions ici, très certainement, une trace de cette nouvelle dénomi-
nation. — Une particularité de notre texte, c'est qu'il insère un
grade de custos martyrum entre le sous-diaconat et le diaconat. Ce
n'est pas que le biographe considère cet office comme un ordre
proprement dit, car il l'omet dans l'énumération que contient
la notice de Gaius. U est probable que, au commencement du
vi a siècle, les sanctuaires des martyrs, dans la banlieue de Rome,
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étaient confiés à la garde de sous-diacres, de subdiaconi sequentes,
sans aucun doute, car les subdiaconi regionarii avaient d'autres
fonctions. Celles de cuslos marlyrum étaient identiques à celles des
martyrarii de Gaule, si souvent nommés dans Grégoire de Tours;
ceux-ci cependant étaient quelquefois prêtres et pouvaient desser-
vir le sanctuaire dont ils avaient la garde et l'administration. Au-
cune inscription connue ne mentionne les custodes marlyrum (De
Rossi, Roma sott., t. III, p. 532).
26. unius uxoris viruni] Concile des 215 évêques, c. 8 : « Silves-
» ter episcopus dixit : Dicendum nobis est et praedicandum ab
» omnibus praecepto apostolico ut presbyter aut episcopus vel
» diaconus unius uxoris eligatur consecrandus, qui filios habet
» fidèles et cum omni castitate. Si quis autem praeter baec fecerit,
» abiciatur. » — Ibid., c. 19 : « Hoc enim placitum est coram
» cuncta aecclesia et firmamus ut post excessum uniuscuiusque
» episcopi ab omni aecclesiae iudicio eligatur qui dignus fuerit,
» nullo contradicente testimonium habere bonum, sicut apostolus
» docet, non neophitum, sed omnes grados cum pudore suo co-
» gnoscens, omnium aecclesiae votiva gratia, nullo contradicente
» et probatus a cuncta aecclesia consecretur episcopus. » — Les
papes et les conciles, depuis le déclin du iv c siècle, rappellent à
chaque instant la défense d'ordonner des personnes mariées deux
fois ou qui auraient épousé des veuves. La nécessité de la bénédiction
nuptiale est mentionnée expressément dans la décrétale de Sirice à
Himère de ïarragone, c. 9 : a una tantum, et ea quam virginem
» communi per sacerdotem benedictione percepit.uxore contentus. »
27. Huius temporibus...] Sur la série des fondations qui commence
ici et qui parait avoir été ajoutée à la vie de Silvestre déjà termi-
née, voir Introd, p. clii.
28. Basilicam Constantinianam] Sur les édifices antiques qui
s'élevèrent autrefois à l'endroit occupé maintenant par la basi-
lique de Latran et sur leur rapport avec les diverses parties de
cette église, voir Stevenson, Scopertc di antichi edifizi al Laterano
{Annali delV Islituto, 1877, p. 332; cf. Ciampini, De sacris aedificiis
a Constantino M. constructis, c. n; Rasponi, De basilica et patriar-
chio Lateranensi, Rome, 1656). On trouvera de bons plans de la ba-
silique et des édifices adjacents dans les planches i-ix du livre de
M. Rohaut de Fleury, Le Latran au moyen âge, Paris, 1877. — La
première mention d'une affectation chrétienne de l'ancienne mai-
son des Lalerani se rencontre à propos du concile romain de 313,
sur les Donatistes, tenu sous la présidence du pape Miltiatle :
« Convenerunt in domum Faustae, in Laterano » (Optât, Deschism.
Donat., î, 23). On ne peut guère douter que dès lors l'église ro-
maine ne fût en possession de ces bâtiments (Stevenson, /. c,
p. 336; De Rossi, Bull. 1863, p. 52), mais la basilique ne put être
terminée que sous Silvestre. — En 366 Damase y fut ordonné,
comme le raconte la préface du Libellas preenm (Migne, P. L.,
t. XIII, p. 82;, document contemporain. Saint Jérôme parle aussi
de l'église du Latran à propos de la pénitence volontaire de Fa-
biola {Ep. lxvii, 4) et Prudence {Contra Symm., i, v. 586) montre
les foules se pressant dans son baptistère pour recevoir la confir-
mation des mains de l'évèque. Dans ces textes, comme aussi dans
les pièces qui ont rapport à la compétition d'Eulalius (419), la ba-
silique est désignée par le nom antique de Lateranum, Lattranensis.
Le protocole du concile romain de 487 emploie la formule in basi-
lica Constantiaiana, comme notre auteur. Ce nom de Constanti-
nienne que la basilique porte, comme par antonomase, suffirait à
prouver que c'est Constantin qui l'a fondée; la légende des Gesta
Silveslri et plus tard celle de la fameuse donation de Constantin,
dérivent de cette tradition authentique entre toutes. — La basilique
Constantiniennc, plusieurs fois restaurée, s'écroula en 897, peu
après l'horrible concile où comparut le cadavre du pape Formose.
Sergius III (904-911) la rebâtit. Au xiv« siècle elle fut incendiée
deux fois, en 1308 et 1360. Le pape Innocent X (1644-1655) y fit
exécuter à l'intérieur la * restauration » qu'on peut voir aujour-
d'hui et qui consista surtout à enfermer deux à deux les colonnes
de la nef dans d'énormes massifs de maçonnerie. L'abside avait
survécu à tant de ruines et de a restaurations »; elle conservait
encore une mosaïque, plusieurs fois retouchée sans doute, mais
où l'on pouvait distinguer encore des parties du v e siècle (Mûntz,
Bévue archéoL, novembre 1878); elle vient de succomber à son
tour, victime d'aménagements nouveaux. — La basilique de Ser-
gius III a été décrite, vers la fin du n c siècle, mais d'une manière
bien imparfaite, par un auteur anonyme dont le travail fut repris,
une cinquantaine d'années plus tard, par un rertain Jean Diacre,
qui le compléta et l'offrit à Alexandre III (1159-1181). Le texte pri-
mitif a été publié par Giorgi, De liturg. Rom. pont., t. III, p. 542,
le remaniement de Jean Diacre par Mabillon, Mus. ital., t. II (Mi-
gne, P. L. t t. CXCIV); cf. De Rossi, Inscr. christ, t. II, p. 222.
29. fastidium...] C'est le ciborium de l'autel principal. Il compre-
nait deux scènes : le Christ au milieu des apôtres, le Christ au
milieu des anges. La première se développait sur le front et les
côtés du ciborium ; la seconde occupait la face postérieure, tournée
vers l'abside. Les peintures des catacombes et les bas-reliefs des
sarcophages, au îv* siècle, reproduisent très souvent la première
de ces deux scènes, s'inspirant assez évidemment de la décoration
des basiliques, où elle figurait principalement dans les mosaïques
absidales. La seconde est moins fréquente, au moins à Rome. On
peut en avoir une idée par les mosaïques de S. Vitale et de S. Apol-
linare Nuovo, à Ravenne, par celle-ci surtout, où les angessont au
nombre de quatre et représentés tenentes hastas comme ceux du
ciborium de Latran (Garrucci, Storia delC arle crist. t pi. 258, 242).
30. camaram ex auro purissimo] C'est la voûte du baldaquin ou
ciborium, à laquelle est attaché le forum dont il est question immé-
diatement après.
31 . coronas ////] Ces couronnes d'or sont, comme le farum qui
précède, en rapport étroit avec l'autel, qu'elles aient été suspen-
dues aussi sous le ciborium, ou tout auprès, en dehors.
32. cameram basilicaé] C'est la voûte conchoïde de l'abside; les
nefs et les transsepts des basiliques n'étaient pas voûtés. — L'ex-
pression ex auro trimita, ou ex auro trimme (C 23 *E) revient, sous
une autre forme, un peu plus loin, à propos de la basilique de
Saint-Pierre, ex trimma auri. Dans ce dernier cas, je crois qu'il
faut prendre trimma comme la transcription littérale du grec
Tp(jxjjLa; on aurait dû lui donner une forme ablative, trimmate;
mais nous trouvons plus haut chrisma employé pour chrismate.
Ainsi ex trimma auri signifiera en lames d'or. Quant à l'expression
ex auro trimila, la leçon n'est pas sûre, la variante ex auro trimme
ayant de bons témoignages; mais il parait clair que les deux le-
çons ont le même sens.
33. allaria Vil] La basilique Constantinienne est la seule pour
laquelle on mentionne sept autels. Étant donnés le poids et le mé-
tal, avec une épaisseur d'un centimètre, ils ne peuvent avoir eu que
la surface équivalente à un carré de 80 centimètres de côté. C'étaient
peut-être des autels supplémentaires, destinés à suppléer à l'insuf-
fisance de l'autel majeur pour recevoir les oblatae et les scyphi con-
tenant le vin à consacrer. Leur nombre est le même que celui des
diacres, qui ministrant mensis.
34. oleus nardinus pisticus] Cf. Marc, xiv, 2; loh., xn, 3; l'huile
de nard était souvent sophistiquée ; sa première qualité était d'être
authentique, IXaiov moriiuiv.
35. in grpnio basilicaé] Legremium basilicaé estle milieu de l'église,
la graiTuenef ; la pars dextera et la pars laeva sont respectivement
les nefs de droite et de gauche, en allant de la porte à l'autel, les
premières réservées aux femmes, les autres affectées aux hommes.
36. massa Gargiliana) Le Liris, qui traverse, près de son em-
bouchure, le territoire de Suessa, porte maintenant le nom de Ga-
rigliano. Il est probable qu'il y a quelque lien entre ce nom et ce-
lui de la massa Gargiliana. On trouve aussi, sur l'ancien territoire
de Suessa, un village de Carigliano, au pied et à l'O. du mont
Santa- Croce.
37. territorio Laurentino] Sur ce territoire, v. plus loin, note 78.
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38. massa Urbana terrîtorio Antiano] M. Tomassetli (Archivio Ro-
mano di st. patria, t. II, p. 11, 156, 158) identifie cette massa avec
une massa Urbana in terrîtorio Veletrano, mentionnée dans une
bulle de Benoit IX. Ceci suppose qu'elle s'étendait entre la voie
Appienne, sur laquelle se trouvait Velitrae (Vellelri), et la via Seve-
riana qui conduisait à Antium. — Les évoques d'Antium ont as-
sisté aux conciles romains de 465, 487, 499, 501, 502; la population
de cet endroit était donc encore organisée en cité; elle ne tarda
pas à diminuer rapidement (Procope, Bell. Goth., i, 26).
39. territorio Ardmtino] Le dernier monument de date connue
sur la colonie d'Ardée, est de l'année 223 (C. /. L., t. X, 6764); au-
cun évéque d'Ardée n'est mentionné dans les anciens conciles ro-
mains. La population de celte localité avait donc perdu son orga-
nisation municipale entre le milieu du m e siècle et le déclin du v°.
40. territorio Catinense] Catina est, en effet, l'orthographe latine
du nom de Catane; le nom moderne, Gatania, dérive du grec Kariv^.
41. massa Trapeas] Une inscription chrétienne de Tropea, dans
l'ancien Bruttium (De Rossi, HulL 1877, pi. vu, p. 89) mentionne
une HIBENI (Irène), QVE FVIT COXDVGTnx Massae TRA-
PEIANAE. M. de Rossi a esquissé (/. c, cf. p. 148) l'histoire des
origines chrétiennes de cette localité, dont le nom est à peu près
identique à celui de notre massa Trapeas. Mais celle-ci étant indi-
quée comme faisant partie du territoire de Catane, il n'est pas pos-
sible de les identifier, à moins de supposer une erreur de copie,
une répétition du mot Catinense, qui figure à la ligne précédente.
42. Fontem sanctum...] Ce monument, dans son état actuel, est
l'œuvre du pape Xystus III, mais seulement pour sa partie infé-
rieure, car au-dessus de l'entablement que supportent les colonnes
de porphyre, tout est moderne (Rohaut de Fleury, Le Latran au
moyen âge, p. 33, 416-420, pi. xxxm-xxxv). On n'y a trouvé aucun
vestige apparent de l'époque constantinienne proprement dite. Ce-
pendant il est probable que les deux mosaïques absidales du por-
tique, c'est-à-dire de la chapelle actuelle des saintes Rufine et Se-
conde, aient été exécutées avant Xystus III et remontent par
conséquent à l'édifice que ce pape fit compléter, comme il est mar-
qué dans sa notice, mais non pas construire pour la première fois.
L'une de ces mosaïques est détruite ; mais, outre qu'elle a été dé-
crite par Panvinio (De ss. basilica, baptisterio et patriarchio Late-
ranensi, m, 5 [ouvrage manuscrit, cité par M. de Rossi, Musaici]),
il en rc:>te un dessin dans un manuscrit de Giacconio (Vat. 5407,
p. 195, 200) : elle représentait des bergers au milieu de leurs trou-
peaux. L'autre est encore conservée : elle figure une vigne mysti-
que, accompagnée d'un certain nombre de croix (De Rossi, /. c).
Rien n'empêche d'admettre que cette décoration remonte au baptis-
tère que suppose Prudence [contra Symm., v. 585, 586) quand il
décrit le populaire romain se pressant au Latran pour recevoir la
confirmation :
Coetibus aut magnis Laterani adeurrit ad aedes
unde sacrum referai regali chrismate signum.
H est même possible que l'abside dont la mosaïque présente un si
grand nombre de croix, ait été spécialement consacrée à la céré-
monie de la consignaiio. Cependant la forme même de ces croix
interdit de remonter plus haut que la fin du rv* siècle. Il est en
tout cas impossible d'admettre que la basilique Constantinienne, la
principale église de Rome, sa cathédrale, ait été dépourvue de bap-
tistère pendant le iv° siècle, c'est-à-dire dans le temps où les bap-
têmes d'adultes ont été le plus nombreux. Il n'y a donc aucune
raison de rejeter le témoignage du L. P. qui fait remonter jusqu'à
Constantin la construction du baptistère comme celle delà basilique.
43. ubi baptizaius estAua. Constantinus] Vita b. Silvestri (God. Par.
5301, f. 315') : « Vespere autem sabbati, iubet (Silvester) lavacrum
» caloris sui in palati[o] Lateranensi Augustum ingredi. Quo in-
» gresso, ad benedictionem .fontis accedit. Benedicto itaque fonte
» Augustus ingreditur. Quem Silvester chrismate sancto Christi
» perfundens interrogat si ex toto corde credat in Patrem et Fi-
» Hum et Spiritum Sanctum. Qui cum credere se clara voce dice-
» ret et se pompis diaboli renuntiare toto corde assereret, mersit
» manu sua confitentis Augusti in piscinam totum corpus s. Sil-
» vester, dicens »
44. ex lapide porphyretico...] Il s'agit ici de la piscine baptismale
elle-même, que l'on voit encore; elle est de forme octogonale.
L'auteur, en parlant de la décoration en argent qui était dispo-
sée sur le revêtement de porphyre, ne s'est pas exprimé avec
clarté; on ne voit pas très bien ce qu'il veut dire par les quatre ex-
pressions intrinsecus, foris, desuper, quantum aqua continet; mais il
ne faut pas oublier que sa description se rapporte à un monument
qui avait déjà été retouché depuis sa fondation.
45. in medio fontis...] Une colonne de porphyre s'élevait au mi-
lieu de la piscine; elle portait une sorte de plat, de coupe large et
peu profondo (phiala), en or, où brûlait un parfum liquide; la
nuit de Pâques, pendant la cérémonie du baptême, on y consom-
mait 200 livres de baume ; la mèche de cette lampe précieuse était
formée d'amiante. — Les mots ubi candela est forment une sorte
de glose ; il est impossible de les construire avec les mots qui sui-
vent, pens. auro purissimo, et de les concilier avec le détail ubi ar-
det balsamum. Candela est pris ici dans un autre sens que le sens
ordinaire, chandelle, cierge; il signifie le luminaire artificiel que la
colonne de porphyre est destinée à supporter. Il ne faut pas y voir
le cierge pascal; celui-ci ne se déposait sur un chandelier que
dans la basilique elle-même; aux fonts baptismaux il était tenu
par un clerc.
46. in labio fontis...] Sur le bord de la piscine, probablement en
face de l'escalier par où l'on y descendait, se voyaient les deux
statues du Sauveur et de saint Jean-Baptiste, en argent, presque
de grandeur naturelle, séparées par un agneau d'or dont la bouche
laissait échapper un jet d'eau, à moins qu'il no sortit du rocher
placé sous ses pieds. Tout autour de la piscine, sept têtes de cerf,
en argent, remplissaient le même office. Cf. De Rossi, Inscr.
christ., t. II, p. 240, 241, n° 4 d. Cette disposition est à la
fois très conforme au symbolisme du baptême et au système de
décoration en usage dans les bains antiques. Le groupe de saint
Jean et du Christ devait reproduire la scène évangélique du bap-
tême de N.-S.; on le trouve souvent dans les baptistères, par
exemple dans les mosaïques de ceux de Ravenne; l'agneau, les
cerfs, les sources vives sont souvent figurés sur les mosaïques des
églises. Dans les bains grecs et romains, les douches jaillissaient
souventde têtes d'animaux, commeon peut levoir, par exemple, dans
les planches 745, 746 du Dictionnaire des antiquités de M. Saglio.
47. massa Festi] On trouve dans le régeste de Grégoire II (Jaffé
2210) une location de fonds situés via Lavicana, mil. pi. m. XIII,
ex corpore massae Festis, patrimonio Lavicano. L'endroit indiqué,
c'est-à-dire le 13 e mille de la voie Labicane, est au-dessous de
Monte Porzio, pas très loin du territoire de Préneste; M. de Rossi
(Bull., 1873, p. 114) identifie la massa Festi avec la massa Fistis.
M. Henzen (Bull, de l'Instit. archéol., 1856, p. 157) a publié une
inscription du u e siècle environ, trouvée tout près de là et dédiée
à un Valerius Priscus Festus. Au 10 e mille de la voie Labicane,
dans le cimetière de Zoticus, on a trouvé l'épitaphe d'un enfant
de Valeria Severa Leontia, femme clarissime (Stevenson, Ilcimitero
di Zotico, Rome, 1876, p. 97). Sur cette famille qui, à la fin
du iv° siècle, se partageait entre les deux religions, païenne et
chrétienne, et qui faisait remonter son origine jusqu'au vieux
consul Valerius Publicola, v. De Rossi, Bull, 1872, p. 152 et suiv.
48. massa Gaba] L'antique cité de Gabies existait encore, comme
siège épiscopal, à la fin du ix° siècle.
49. massa Pictas] Il y avait une station ad Pictas, au 25° mille de
la voie Labicane (Jlin. Antonini, éd. Wesseling, p. 304); c'est au-
jourd'hui Lugnano, près Valmontone. Cette situation n'est guère
d'accord avec l'indication du territoire de Gabies. Peut-être y a-t-il
eu un déplacement de lignes, qui permettrait de faire rapporter à
Préneste le territoriûm suprascriptum.
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50. massa StalilianayCe fonds lirait son nom de la gens StaWia
et peut-être de T. Statilius Taurus, l'ami d'Auguste (Tomassetti,
Arch. Rom., t. II, p. 160).
51. territorio Paramnense] Je soupçonne que derrière cette ortho-
graphe on peut chercher l'adjectif Panormense et le territoire de
Palerme.
52. massa Laninas, territorio Cartiolano] Carsioli, ville du pays
des Eques, à 43 milles de Rome, sur la via Valeria. L'emplace-
ment est marqué par le hameau de Cività Caronza, entre les deux
bourgs d'Arsoli et de Garsoli, qui ont conservé le nom de la ville
antique. — La massa Laninas tirait le sien de la station ad Lam-
nas (Peutinger) ou ad Laninas (Ravenn., iv, 35), située sur la via
Valeria, entre Tibur et Carsioli, à 13 milles de Tibur et à 10 milles
de Carsioli, au lieu marqué actuellement par l'osteria di Ferrata,
près du village de Scarpa, à environ dix kilomètres de Vicovaro.
53. massa Statiana, terr. Sabinense] A trois kilomètres au S.-E.
du village de Moricone, en Sabine, on trouve une localité appelée
Stazzano. Nibby, après Vignoli (h. /.), identifie cet endroit avec la
massa Statiana; suivant lui, il resterait encore quelques ruines
des bâtiments : « Il villagio è sopra una collina distante circa
» 2 miglia da Moricone verso mezzodi, e mezzo miglio lungi da
* esso veggonsi i ruderi délia massa Statiana donata al fonte La-
» teranense e quelli délia chiesa dedicata a S. Giovanni Evange-
* lista. » (Dinlorni, t. III, p. 117) — Un fundus Slatianus, du même
territoire, figure parmi les propriétés du titulus Equitii (v , ci-dessus,
note 8). Il était sans doute au même endroit; le nom est dérivé de
celui de la gens Slalia.
54. massa Murinas terr. Appiano-Albanense] L'orthographe du nom
de cette massa autorise un rapprochement avec celui d'une terre ap-
pelée Morena, située vers le 10* mille de la voie Latine, entre cette
voie et la voie Appienne. Divers documents, depuis le L. P. lui-
même (vie de Léon IV, n° 529), établis.sent que ce lieu et toute la
région voisine, au-dessous de Marino et de Grotta Ferrata, s'appe-
lèrent longtemps Moreni ou Morenae ou Morena, comme à présent
(Nibby, Dintorni, t. II, p. 377; De Rossi, Bull. 1872, p. 89-93).
M. de Rossi ne croit pas défendu de rattacher celte dénomination
au nom du célèbre Murena pour qui plaida Cicéron. — Plus loin,
parmi les propriétés de leglise d'Albano, nous trouvons une pos-
sessio Marinas, dont le territoire n'est pas indiqué, mais que l'ana-
logie autorise à chercher aux environs d'Albano. Elle devait se
trouver à proximité de notre massa.
55. massa luncis, terr. Mucario] Les listes épiscopales d'Afrique
indiquent deux sièges dont les titulaires se qualifient d'episcopus
luncensis; l'un était situé en Maurétanie Césarienne, l'autre en
Byzacène. On connait un concilium luncense où J-e réunirent les
évêques de Byzacène, en 524. La situation des localités auxquelles
correspond l'ethnique luncensis n'a pas été déterminée jusqu'ici. Il
n'est d'ailleurs nullement certain que ces sièges épiscopaux aient
un rapport quelconque avec la massa luncensis nommée ici. —
Quant au territarium Mucarium, son nom cache évidemment un
nom de ville, mais qui ne se rencontre dans aucune liste et n'a
point été identifié sur le terrain.
56. massa Capsti, territorio Capsitano] Le territoire est évidem-
ment celui de la ville de Capsa (Gafsa) en Byzacène.
57. m. Variasardana, terr. Mimnense] On trouve un episcopus Mi-
nensis, provinciae Mauritaniae, parmi les signataires du concile de
Carthage en 525; une loc lité du nom de Mina est marquée sur la
carte de Peutinger et identifiée avec les ruines romaines situées
près de l'Oued-Minâs, à 4 kilom. au S. de Relizane, dans la province
d'Oran.
58. terr. Numidiae] Si dans cette désignation, répétée pour trois
massae consécutives, il ne s'agit pas tout simplement de la pro-
vince de Numidie, mais du territoire d'une ville, on pourra songer
au siège de Vepiscopus Numidiensis ou Numidensis, qui figure, dans
les listes épiscopales, parmi les évêques de Maurétanie Césarienne.
59. massa Cephalina] Il s'agit ici, je pense, d'une terre située
Liber pontïficalis.
dans l'île de Céphalonie. Dans le ms. E, le nom de la Crète est in
troduit ici à deux reprises; je crois que c'est à tort et que ces
gloses viennent d'une déformation du mot Grelia. On ne signale
en Crète aucune localité dont le nom approche de celui-ci.
60. in Mengaulum] Vignoli pense, avec raison, je crois, qu'il
s'agit ici de l'Ile de Gaulos (Gozzo), près de Malte.
61. basilicam beato Pctro] La planche ci-jointe (légende à la fin du
volume) est une reproduction du plan de l'ancienne basilique, dressé
et publié en 1590 par Tiberio Alfarano et dont M. de Rossi a donné
une explication excellente dans le tome II de ses Inscr. christ.,
p. 229 et suiv. — L'arc triomphal de la batilique, c'est-à-dire la
partie qui frappait d'abord le regard aussitôt qu'on y était entré,
était orné d'une mosaïque représentant le Christ, saint Pierre et
Constantin : « Constantinus imperator in musivo depictus, literis
» aureis ostendens Salvatori et beato Petro ecclesiam Sancti Pétri »
(Jacobacci, De concilio, Rome, 1538, texte signalé pour la première
fois et commenté par M. Arth. L. Frothingham dans la Revue ar-
chéologique, janvier-février 1883). Cette mosaïque était accompa-
gnée d'une inscription en lettres d'or, ainsi conçue :
Quod duce te mundus surrexit in astra iriumphans
hanc Constantinus victor tibi condidit aulam.
(De Rossi, Inscr. chr., t. II, p. 20). L'inscription et la mosaïque
avaient disparu en 1525, lors de la démolition de Tare triomphal.
L'origine constanlinienne de la basilique est établie par d'autres
monuments que celui-là (Introd., p. cv; cf. p. exin, note; cf. De
Rossi, Inscr., t. II, p. 230); mais je ne crois pas qu'il y en eût de
plus imposant au temps où notre auteur écrivait. — J'ai déjà parlé
du templum Apollinis (p. 120, 152). C'est sans doute d'après le L.
P. (cf. Introd., p. lui) que Grégoire de Tours (Gl. mart., 28) dit que
saint Pierre fut enterré « in temp/o, quod vocitabatur antiquitus Va-
ticanum. » Malgré la considération que méritent les indications
topographiques du L. P., il est clair que celle-ci, qui, du reste, se
rapporte à un monument disparu au temps où notre auteur écri-
vait, ne saurait être prise au pied de la lettre. Ni la basilique, ni
la memoria primitive n'ont pu être construites dans un temple, ni
même dans le terrain consacré qui l'entourait et auquel l'expres-
sion in lemplo pourrait se rapporter. Aucun témoignage ne place
au Vatican un temple, un édifice, un terrain, désigné par le nom
d'Apollon. L'ager Apollinis argenlei où des prêtres de Bellona Pul-
vinemis furent enterrés (C. /. L., t. VI. S232, 2233; cf. De Rossi,
Inscr., t. II, p. 205) était sur le monte Mario, à un mille au moins
de l'emplacement de Saint-Pierre, dont il était séparé par des ter-
rains de dénomination différente (C. /. L., t. VI, 10247); il ne peut
y avoir aucun rapport entre cet ager Apollinis et le templum Apol-
linis du "Vatican En revanche nous trouvons, non pas sans doute
sur l'emplacement de la memoria de Saint-Pierre ni même dans le
périmètre de la basilique, mais tout près de celle-ci, un temple cé-
lèbre, celui de la Mater Deum magna, qui ne fut fermé que dans
les dernières années du iv e siècle et qui, jusqu'à la fin, fut le théâ-
tre d'initiations et purifications païennes, très recherchées de
l'aristocratie romaine. Il est impossible qu'un tel sanctuaire ait
disparu sans laisser un souvenir, encore que ce souvenir ait pu
s'altérer et que le langage populaire ait pu confondre les cultes de
Gybèle, de Mithra-Soleil et d'Apollon, confusion d'autant plus facile
qu'elle existait déjà dans le syncrétisme païen des derniers temps.
Il est regrettable que l'emplacement de ce temple ne puisse être
déterminé avec une entière exactitude; s'il l'était, on pourrait avoir
uue idée plus nette de la formule in templo Apollinis et de sa jus-
tesse. Je dois dire ici que les inscriptions des tauroboles, dont
j'ai parlé, p. 120, ont été trouvées un peu plus bas que je ne l'ai
indiqué en cet endroit, c'est-à-dire non pas d.ins le mausolée de
sainte Pétronille, mais dans les fondations de l'angle S.-E. de la
façade; elles étaient du reste, comme je l'ai dit, hors de leur
place primitive (De Rossi, Inscr. chr., t. II, p. 205; C. /. L., t. VI,
p. 93). Mais le lieu où on les a retrouvées ne devait pas en être
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bien éloigné et cet emplacement primitif doit être cherché plutôt à
gauche de l'ancien atrium que vers le chevet de la basilique. —
Notre auteur ne nous donne point ici une description systémati-
que de la basilique Vnticane; s'il en nomme quelques parties, c'est
à propos des objets en métal précieux qu'il dit y avoir été consacrés
par Constantin. Paulin de Noie (Ep. XIII ad Pammachium) et Pru-
dence (Peristeph., su, v. 31-44) ont avant lui parlé de ces vénérables
édifices, mais très rapidement. Paulin ne parle guère que de l'atrium
et Prudence que du baptistère (v. Symmaque). Il y a, dans Grégoire
de Tours {Glor. mart., 28), quelques détails plus circonstanciés;
notre historien les tenait de son diacre Agiulfe, qui passa plusieurs
mois à Rome en 589-590 (Mélanges d'arch. et d'hist. de VÊcole fran-
çaise de Rome, 1882, p. 277 et suiv.) : « Sepultus est (Petrus aposto-
» lus) in templo quod vocitabatur antiquitus Vaticanum, quatuor
• ordines columnarum valde admirabilium numéro XGVI habens.
» Habet etiam quatuor in altari, quae sunt simul centum, praeter
» illas quae ciborium sepulcri sustentant. Hoc enim sepulcrum
» sub altari collocatum valde rarum habetur. Sed qui orare desi-
» derat, reseratis cancellis quibus locus ille ambitur, accedit su-
it per sepulcrum; et sic fenestella parvula patefacta, immisso in-
» trorsum capite, quae nécessitas promit efflagitat... Sunt ibi et
» columnae mirae elegantiae candore niveo, quatuor numéro, quae
» ciborium sepulcri sustinere dicuntur. » — Un fragment d'antho-
logie épigraphique du vu* siècle environ, relative à la basilique de
Saint-Pierre {cod. Pans. 8071, f. 61), nous en a conservé les dimen-
sions : « Aecclesia sancti Pétri habet in longitudine pedes cccxc,
» in latitudine vero pedes ccxxvi excepto illo throno. » Ces dimen-
sions concordent sensiblement avec les véritables, pourvu que l'on
rapporte les derniers mots, excepto illo throno (l'abside non com-
prise) à la longueur et non à la largeur (De Rossi, Inscr. christ.,
t. II, p. 51, 57). — Pour se faire une idée de l'ancienne confession
de saint Pierre, dans son rapport avec le monument moderne, il
est utile de consulter les planches n et ni du livre de Sarti et Set-
tele, Ad Ph. Laur. Dionysii opus de Vaticanis cryptis appendix,
Borne, 1840, avec les explications qui sont données dans le texte,
p. 20-23. Le presbyterium de l'ancienne basilique (plan A) occu-
pait tout l'hémicycle absidal; il était plus élevé que le reste de
l'église et l'on y accédait par sept grands degrés de porphyre
rouge, qui occupaient tout le diamètre de l'abside, sauf la partie
centrale, réservée à la confession (pi. 2) et à l'autel (pi. 1). Ils
formaient ainsi comme deux grands escaliers, à droite et à gauche
de la confession. En avant de ces escaliers et de la confession se
trouvait un portique (pi. 5) formé de douze colonnes, celles que
notre auteur appelle vitineae; mais au moment où il écrivait, il n'y
en avait encore que six, les six autres n'ayant été ajoutées que
sous le pape Grégoire III. Une fois franchi ce portique en son
milieu, on se trouvait entre les deux escaliers du presbyterium
et l'on avait devant soi la Confession de saint Pierre, c'est-à-dire
une chapelle ou grotte située au-dessous de l'autel et dans la-
quelle on pouvait pénétier de plainpied. Un puits rectangulaire,
pratiqué dans le sol de cette grotte, communiquait avec une
chambre souterraine placée au-dessous, où se trouvait le tombeau
de l'apôtre. Cette chambre était inaccessible par ailleurs que par
le puits de la confession; encore celui-ci était-il fermé par deux
grilles horizontales, à une certaine distance l'une Je l'autre,
que l'on appelait cataractae. Juste au-dessus de la confession, du
puits et de la chambre souterraine, s'élevait le maître autel de
la basilique, au milieu de la largeur de l'abside; son ciborium était
soutenu par quatre colonnes de porphyre, qui doivent être celles
du L. P. : et ornavit supra columnis porphyreticis. — La description
que notre auteur nous donne ici du tombeau de saint Pierre est la
plus ancienne qui existe, et même la seule, si l'on néglige les ren-
seignements de Grégoire de Tours sur la confession. Dès le temps
de Pierre Mallius (xu e siècle), la chambre souterraine était deve-
nue entièrement inaccessible : le puits vertical avait dû être fermé,
peut-être au temps de Léon IV, après l'invasion sarrasine de 846
(De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 199). La fermeture établie alors
empêchait même d'apercevoir la chambre funéraire, le sarcophage
apostolique et sa décoration. Cette fermeture se rompit en 1594,
pendant que l'on creusait les fondements du maître-autel actuel.
Averti par l'architecte Giacomo délia Porta, le pape Clément VIJJ
se transporta sur les lieux, accompagné des cardinaux Bellarmih,
Antoniano et Sfondrate. L'architecte approcha une lumière et le
pape put considérer la croix d'or qui surmontait le tombeau, « cru-
cem auream sepulcro impositam ». Mais, au lieu de faire élargir
l'ouverture, il donna ordre de remplir le puits de décombres, en
sa présence. Les choses sont restées en cet état : les matériaux
jetés dans le puits devant Clément VIII le remplissent jusqu'à
quatre pieds de l'ouverture (Sarti et Settele, /. c. ; De Rossi, /. c).
— Les détails donnés par notre auteur sont donc impossibles à
contrôler. Je crois du reste qu'il ne peut avoir parlé de visu;
car, au temps où il écrivait, la chambre funéraire de saint Pierre
n'était guère accessible. On considérait alors comme une très
grande faveur que des objets destinés à servir de reliques de l'apôtre
fussent descendus jusqu'à la deuxième cataracte (Sugg. legatorum
ad papam Hormisdam, Thiel, t. I, p. 874; Migne, P. L. t t. LXIII,
p. 474), et cela, même quand c'étaient les souverains de Constan-
tinople qui le demandaient. C'est assez dire qu'il n'était pas facile
au premier clerc venu de pénétrer dans un lieu défendu d'ailleurs
par sa terreur religieuse et d'y entreprendre des investigations ar-
chéologiques. Il faut même ajouter que cela était absolument im;
possible si le puits n'avait pas alors de plus grandes dimensions
qu'aujourd'hui, car il est certain qu'aucun homme ne pourrait y
passer. Je ne crois donc pas que l'auteur du L. P. ait vu lui-même
le revêtement d'airain de la tombe apostolique, ni copié l'inscrip-
tion de la croix d'or; tout au plus aura-t-il pu apercevoir celle-ci,
comme le pape Clément VIII la vit, dit-on, onze siècles après lui.
Quant au reste, il l'aura tiré des mêmes documents qui lui ont
fourni l'inventaire du mobilier sacré de la basilique.
62. cuius loculum — recondit] Le loculus est ici le sarcophage ou
la châsse où le corps est déposé. P. Mallius, qui n'a pu la voir, dit
qu'elle était d'argent; le sarcophage de saint Paul, actuellement
conservé, est en marbre (v. plus loin, note 72). Les dimensions du
revêtement de bronze ne peuvent être entièrement exactes; elles
correspondent à un monument de forme cubique, tandis qu'une
châsse ou un sarcophage a toujours plus de longueur que de lar-
geur.
63. Et exomavit — perduxit] L'auteur abandonno ici la chambre
souterraine pour parler de la décoration de l'autel et du presbyte-
rium. Les colonnes de porphyro sont celles qui supportaient le
ciborium de l'autel; Grégoire de Tours nous apprend qu'elles
étaient au nombre de quatre; les autres, columnae viiineae, appe-
lées ainsi parce que la vigne formait le principal motif de leur dé-
coration, s'alignaient au bas des degrés du presbyterium» C'est
celles-là que Grégoire de Tours dit être mirae elegantiae, candore
nïveo; il dit qu'elles soutenaient le ciborium sepulcri et qu'elles
étaient au nombre de quatre. Grégoire III (n° 194), qui porta ces
colonnes au nombre de douze, en trouva déjà six en place, dispo-
sées sur une seule ligne et non point aux quatre angles d'un cibo-
rium. L'évêque de Tours aura peut-être été mal renseigné, à moins
qu'il ne se soit produit quelque changement dans le courant
du vu" siècle (cf. De Rossi, Inscr., t. II. p. 229). Les columnae vi-
tineae ont été conservées; elles figurent maintenant, deux à deux,
dans l'ornementation des grandes niches pratiquées dans les pi-
liers de la coupole, au-dessous des figures des évangélistes, en
mosaïque. C'est même sur leur modèle qu'ont été exécutées les
quatre énormes colonnes torses en bronze du baldaquin actuel.
64. cameram basilicae ex trimma auri] Sur l'expression ex trimmg.
auri, v. ci-dessus, note 32. La voûte de l'abside fut restaurée sous
Léon le Grand (440-461) et Sévérin (640). Celui-ci y fit même
exécuter une mosaïque en remplacement d'une autre plus ancienne;
mais on ne sait pas si cette dernière remontait jusqu'au temps.de
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Constantin. Quoi qu'il en soit, les restaurations de Léon et de Sé-
vérin laissèrent subsister l'inscription dédicatoire, conçue en ces
termes :
lustitiae sedes, fidei domus, aula pudoris
haec est quant cernis, pietas quatn possidet omnis;
quae patris et filii virtutibus inclyta gaudet
auctoremque suum genitoris laudibus aequat.
Elle fut lue par les collecteurs d'inscriptions, depuis le vi* siècle
jusqu'au ix c , in absida s. Pétri (De Rossi, Inscr. chr., t. II, p. 21),
in circuitu s. Pétri (ibid., p. 55), in throno (ibid., p. 145), in basilica
s. Pétri (ib., p. 156). On en a même trouvé une reproduction épi-
graphique, gravée sur la porte d'une ancienne église africaine, aux
environs de Théveste (De Rossi, Bull. 1879, p. 164; C. I. L.,
t. VIII, 10698). hepaler et le filius du troisième vers sont Constan-
tin et l'un de ses fils, Constant ou Constance (cf. ci-dessous, note
71); il est clair que ceux qui ont transporté cette dédicace dans
une église d'Afrique ont pris ces mots dans un autre sens et qu'ils
y ont vu Dieu le Père et Dieu le Fils. L'inscription n'est mention-
née au xn° siècle ni par Mallius ni par Romanus; elle semble
avoir péri assez longtemps avant que l'abside ne fût entièrement
renouvelée sous Innocent III.
65. fecit crueem] Ce n'était probablement pas une croix simple,
mais un monogramme du Christ >fc ou une croix monogrammati-
que •{•. Il est vrai que, d'après le texte cité plus haut, le pape Clé-
ment VIII aurait vu, en cet endroit, une croix proprement dite,
crueem. Mais, le narrateur n'insiste pas spécialement sur la forme
de la croix vue par le pape et d'ailleurs ses renseignements ne
sont pas tellement directs qu'on puisse le prendre au mot pour
une particularité comme celle-ci. Bonanni, qui a publié ces détails
dans son Historia templi Vaticani (Rome, 1696, c. 24), les emprunte
à un manuscrit de Torrigio; Torrigio lui-môme les tenait d'un cha-
noine de Saint-Pierre et d'un gardien de la Confession, à qui
Sfondrate, témoin oculaire, avait raconté la visite du pape. — Du
reste, il est difficile que la croix d'or de Constantin ait subsisté
aussi longtemps; je crains bien que celle que vit Clément VIII
n'ait été différente de l'ancienne.
66. in mensurae locus] Les finales de ces deux derniers mots pa-
raissent avoir souffert ; la leçon in mensuram loci du ms. E n'est
probablement qu'une conjecture, mais elle correspond assez bien
au seul sens admissible, c'est que la croix était aussi grande que
le locus. Maintenant faut-il entendre par locus le loculus de saint
Pierre avec son revêtement d'airain, ou bien le lieu par où l'on
voyait la croix, c'est-à-dire le puits de la Confession. Dans le pre-
mier cas la croix serait bien grande, dans le second bien petite,
car le puits en question n'a guère que 25 centimètres à son orifice.
67. ubi scriptum est hoc\ La relation déjà citée ne dit pas que
Clément VIII ait vu une inscription sur la croix. P. Mallius, qui
ne cite que les premiers mots Constantinus aug. et Elena aug. ne
l'a point vue et ne la décrit que d'après le L. P. Quant au texte '
de celui-ci, M. de Rossi (Inscr. chr., t. II, p. 200) propose de le
suppléer ainsi : Constantinus aug. et Helena aug. hanc domum re-
galetn <Cauro décorant quam> simili fulgore coruscans aula circum-
dat. La domus regalis serait la chambre funéraire inférieure, Y aula
simili fulgore corusoans serait la basilique elle-même. Cette expli-
cation supposerait, ce qui est vraisemblable, que la chambre fu-
néraire de l'apôtre Pierre demeura d'abord accessible; car il n'est
pas naturel d'appeler domus regalis un caveau souterrain où le
jour ne pénètre que par une lucarne ouverte dans le pavé d'une
grotte obscure; je dirai même qu'il eût été inutile d'y mettre une
inscription que jamais personne n'aurait pu lire. Ainsi, à mon
avis, la domus regalis n'est autre chose que l'antique memoria
apostoli Pétri, remise en possession du corps de l'apôtre et décorée
avec une splendeur royale. Les invasions des Wisigoths et des
Vandales, au v e siècle, ont pu motiver des mesures de précaution
et conseiller de rendre ce sanctuaire absolument inaccessible.
195
68. ex litleris nigellis] En lettres niellées, comme YExagium so-
lidi de Ricimer, publié dans le Zeitschrift fur Numismatik de Sal-
let, Berlin, 1882, p. 1.
69. Item in reditum.] Sur cette liste de biens immobiliers, tous
situés dans le diocèse d'Orient, sur leur distribution géographique
et les particularités de leurs revenus ou redevances, v. Introd.,
p. cxlix et suiv. — Cette énumération des vasa Pétri évoque le. sou-',
venir d'un épisode du sac de Rome en 410, raconté par Orose
(Uist. vu, 39). La vaisselle sacrée de la basilique de Saint-Pierre
avait été mise en dépôt chez une vierge sacrée, avancée en âge;
elle fut découverte par les barbares. Mais Alaric, prévenu que ces
vases d'or et d'argent appartenaient à l'apôtre Pierre, les fit re-
porter à sa basilique, en grande pompe et sous escorte. On voit
dans ce récit qu'il s'agissait d'un trésor considérable magnitudine,
pondère, pulchritudine, ignota etiam vasorum qualitate.
70. in Caene... in Afrodisia... in Cerateas] Caene est évidemment
le quartier d'Antioche appelé Kaivr; par Evagri us (Hist. eccl., II,
12) ; quant aux deux autres noms, ils désignent aussi des quar-
tiers d'Antioche; je ne les trouve pas mentionnés ailleurs.
71. basilicam b. Paulo] La basilique de Saint-Paul qui a subsisté,
jusqu'à l'incendie de 1823 n'était point une fondation de Constan-
tin. Nous avons encore (Baronius, ad ann. 386, n. 40) la lettre
adressée en 386, à Sallustius, préfet de Rome, par les empereurs
Valentinien II, Théodose et Arcadius, lui ordonnant de prendre
des mesures pour la reconstruction de cette église sur un plan
plus vaste. L'impulsion venait probablement de Valentinien II,
empereur d'Occident; dès avant sa mort (392) la nouvelle basilique
avait déjà son administration, comme on peut le voir par l'inscrip-
tion d'une petite tablette de bronze destinée à être pendue au cou
d'un cheval de berger(De Rossi, Bull. 1814, p. 63 ; 1878, p. 67, pi. I).
a£co
AD BASILICA APOS
TOLI PAVLI ET
DDD NNN
FILICISSIMI PECOR
Le berger Felicissimus, de qui relevait le porteur de cette mé-
daille, faisait partie du personnel attaché aux propriétés rurales
de la basilique de l'apôtre Paul et des très domini nostri, c'est-à-
dire des trois empereurs nommés plus haut. Malgré l'initiative de
Valentinien, l'honneur d'avoir élevé la basilique de Saint-Paul fu^
revendiqué sans partage par la famille théodosienne, comme on le,
voit par l'inscription de l'ancienne abside, reportée dans les temps
modernes au-dessus de l'arc triomphal (De Rossi, Inscr. chr., t. II;
p. 28, 81, 98) :
Theodosius coepit, perfecit Honorius aulam
doctoris mundi sacratam corpore Pauli.
Dans les excavations entreprises pour la réédification de la basi-
lique de Saint-Paul on découvrit quelques substructions de l'église,
antérieure à celle de Théodose; elle était orientée en sens con-
traire et de proportions beaucoup moindres. — Lems. D présente
ici une variante importante, où la fondation de la basilique est
attribuée à Constantin et à Constance; remarquer le terme domnus
joint à ce dernier nom. Il peut se faire qu'en cet endroit D dérive
de la première édition et nous ait conservé un vestige de plus du
document antique d'où proviennent les listes du L. P. (Introd.,
ch. V, § iv).
72. cuius corpus ita recondit in aère] Le sarcophage de saint Paul
a été mis au jour dans les travaux de réédification delà basilique*
il est en marbre; sur le couvercle on lit, en lettres de grandes di-
mensions et du type usité au iv« siècle, l'inscription PAVLO
APOSTOLO ET MARTYRI (De Rossi, Bull., 1883, p. 153). I]
n'y a aucun revêtement d'airain.
73. insulam Gordiano?i] Aux environs de Tarse il ne peut y avoir
eu d'autres lies que celles que formaient les bras du Cydnus. L'or-
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thographe que j'ai adoptée pour le nom de l'Ile ne peut s'autoriser
que d'un petit nombre de manuscrits; elle est donc en partie con-
jecturale : je soupçonne derrière ce mot un nom grec au pluriel
TopStavûv. — C'est évidemment par une attention spéciale que l'on
choisit une terre de la banlieue de Tarse pour être offerte à l'apô-
tre Paul, originaire de cette ville. C'est sous une inspiration ana-
logue que saint Grégoire le Grand affecta à l'entretien du lumi-
naire de son tombeau la tstte ad Aquas Satvias, lieu traditionnel
de son martyre.
74. Omnia enim vasa sacrata...] Ceci ne peut être entièrement
exact, s'il s'agit de la basilique constantinienne et non de la basi-
lique théodosionne. La première, en effet, était trop petite pour
comporter le môme luxe de vases sacrés et de lampadaires que
l'on vient de voir déployé dans la basilique de Saint-Pierre.
75. basilicam in palatio Sessoriano] Le palais Sessorien et la ba-
silique sont mentionnés par d'autres textes du commencement
du vi* siècle. Le protocole du concile romain de 501 porto que
cette assemblée tint une de ses séances in Hierusalem basilica Ses-
ioriani palatii; les Gesta Xysti, apocryphe écrit à Rome la môme
année ou peu après, appe le cette église basilica Heleniana guae di-
citur Sessorium. Le palais était encore alors de domaine impérial;
Théodoric, pendant son séjour à Rome en 500, fit décapiter un de
ses officiers in palatio quod appellatur Sessorium (Excerpta Vale-
siana, c. 69). Becker (Topogr., p. 556, 557) retrouve le nom de Ses-
iorium dans un passage de Plutarque, altéré par les copistes
(Galb. 28) et dans deux scholies d'Horace et de Juvénal dont l'an-
tiquité n'est pas certaine; mais ces conjectures n'en fournissent
point l'explication. — Celui de Hierusalem, donné à la basilique et
qu'elle porte encore de nos jours (Sainte-Croix en Jérusalem) est
évidemment en rapport avec la relique de la vraie Croix dont
parle le L. P. Outre le texte de celui-ci et celui du concile de 501,
on peut citer, comme témoignage de cette dénomination, une ins-
cription qui se lisait encore au xv* siècle au-dessous de la mosaï-
que absidale de la basilique :
Reges terrae et omnes populi,
principes et omnes iudices terrae
laudent nomen Domini.
Sanctae ecelesiae Hierusalem Valenlinianus,
Placidia et Honoria Augusti votum solverunt.
(Communiquée par M. de Rossi, d'après le recueil de P. Sabino).
Cette inscription, à cause de la mention d'Honoria Augusta, est
certainement antérieure à 434; le vœu paraît avoir été fait en péril
de mer, dans la traversée que Placidie et ses enfants firent en 424,
de Constantinople à Ravenne (Cf. Agnellus, L. P. Ravenn., 42, éd.
Waitz, p. 301). — Le L. P. ne parle pas ici de l'impératrice Hé-
lène; mais on sait d'ailleurs que le palais Sessorien a dû êtro af-
fecté à la résidence de cette princesse : deux inscriptions en son
honneur, gravées de son vivant, y ont été retrouvées (C. /. £.,
t. VI, 1134, 1136); une troisième (ibid. f 1135), provenant sans
doute du même lieu, a été employée dans la construction d'un édi-
fice voisin du Sancta Sanctorum, au Latran. — Le dépôt d'un
fragment de la vraie Croix dans la demeure d'une impératrice qui
s'était tant occupée des lieux saints de Palestine est la chose la
plus naturelle du monde. Saint Cyrille de Jérusalem, dans ses ho-
mélies prononcées vers 348, répète à diverses reprises (Catech., iv,
10; x, 19; xiu, 4) que des fragments de cette relique étaient dissé-
minés dans le monde entier.
76. palatium] Le palatium Sessorianum nommé ci-dessus. —
Comme l'indique le mot item, les fonds énumérés ensuite sont dis-
tincts des terrains (omnia agrorum) attenants au palais.
77. possessio Sponsas] L'itinéraire de Bordeaux à Jérusalem men-
tionne une mutatio ad Sponsas sur la voie Appienne, à sept milles
d'Aricia. C'est la localité appelée actuellement Cisterna. Mais la
différence des voies interdit de songer à un rapprochement. —
78. sub civitate Laurentum] Sauf la précédente, toutes les posses-
siones de la basilique Sessorienne sont indiquées par la formule
sub civitate, qui remplace ici le in territorio. Cette formule a déjà
été employée pour les propriétés orientales de Saint-Pierre et de
Saint- Paul. — La mention expresse de Laurentum comme cité ne
permet pas de songer à l'antique Laurentum (Tor Paterno), mais
au municipe formé vers le commencement du second siècle parla
réunion de ses habitants et de son territoire avec ceux de Lavi-
nium (Pratica). Ce municipe des Laurentes Lavinates prolongea son
existence jusqu'à la fin du iv« siècle (Symm. ep. 1, 71 ; cf. une ins-
cription de cette époque dans Nibby, Dinlorni, t. II, p. 230, dédién
par Yordo cibesque Laurentum). Au concile romain de 487 je trouve
un Petrus Laurensis qui pourrait être un évoque do cette localité.
79. possessio Terega] Cette terre tirait son nom de la rivière
Treia, qui passe à Nepi (Tomassetti, Archiv. Rom., t. V, p. 622).
80. fecit basilicam s. martyris Agnae] L'église Sainte-Agnès et la
région cimitériale qui l'environne ont tout droit à ôtre considérées
comme un des lieux constanliniens de Rome. Il y avait là, avant
le quatrième siècle, un petit cimetière, situé à proximité du grand
cimetière Ostrien (cymiterium maius), lequel est appelé ad Capream
ou ad Nymphas s. Pétri (De Rossi, Bull. arch. comunale di Roma,
1883, p. 244-25S) et rappelle par sa double dénomination des tra-
ditions relatives à Romulus et à saint Pierre. A ce petit cimetière
fut annexé le terrain où la martyre Agnès reçut la sépulture et
sur lequel s'éleva son église. Une nécropole se développa tout au-
tour, tant au-dessus qu'au-dessous du sol (Armellini, // cimitero dt
s. Agnesc, Rome, 1880). Son monument le plus important est le cé-
lèbre mausolée appelé église de Santa- Gostanza. On a beaucoup
discuté sur l'âge et la destination de cet édifice. Les recherches les
plus récentes et les opinions des personnes les plus autorisées le
rapportent, sans crainte d'erreur, au temps de la dynastie cons-
tantinienne. Ce résultat se relie très bien au texte d'Àmmien Mar-
cellin (xxi, 1, 5), d'après lequel il faut placer sur la voie Nomen-
tane la sépulture de deux filles de Constantin, Constantine, femme
de Gallus, et Hélène, femme de Julien : « Inter quae (en 360) He-
» lenae coniugis defunctae suprema miserat (Julien) Romam in su-
» burbano viae Nomenlanae condenda, ubi uxor quoque Galli
» quondam, soror eius, sepulta est Constantina. » Constantine
était morte en 354. — Dans l'abside de la basilique elle-même, on
lisait (De Rossi, Musaici ; Inscr. christ., t. II, p. 44), avant les res-
taurations du pape Honorius (625-638), une inscription dédicatoire
acrostiche, ainsi conçue :
C onstantina, Deum venerans t Christoque dicala,
mnibus impensis devota mente paratis,
N umine divi7io multum Christoque iuvante,
S acravit templum victricis virginis Agnes
T emplorum quod vincit opus terrenaque cuncta
A ureique rutilant summi fasligia tecti.
N omen enim Chrisli celebratur sedibus istis,
T artaream solus potuit qui vincere mortem
1 nvectus caelo t solusque inferre triumphum,
N i men adhuc referens et corpus et omnia membra
A mortis lenebris et caeca nocte levata.
D ignum igitur munus, martyr devotaqus Christo t
E x opibus nostris per saecula longa tenebis,
O felix virgo, memorandi nominis Agnes !
Le L. P. introduit ici deux princesses de la famille Constanti-
nienne, la fille de Constantin et la sœur de l'empereur, Constan-
tia. L'une ou l'autre de ces deux princesses reparaît, dans la no-
tice de Libère, mêlée à des événements de l'année 358, ce qui est
impossible, car elles étaient mortes alors toutes les deux. On connaît
une autre princesse Constantia, fille puinée del'empereur Cons-
tance, mais on ne saurait lui attribuer l'inscription et la fondation
de la basilique, car celle-ci, nous en avons un témoignage certain
(Faust, et Marcellini Lib. precum, Migne, P. £.., t. XIII, p. 83), exis-
tait déjà en 367, cinq ans après sa naissance. Le choix reste donc
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entre les deux personnes que nomme le L. P., et même il est bien
plus probable qu'il faut s'en tenir à celle qu'il indique comme
ayant prié (ex rogatu) l'empereur de construire la basilique, c'est-
à-dire à Constantina, femme de Gallus. L'inscription ne permet
pas, grâce à la disposition de l'acrostiche, de douter de la leçon
Constantina, qui exclut à peu près certainement la sœur de Cons-
tantin. Celle-ci, en effet, n'est appelé Constantina que par Phi-
lostorge, auteur de la fin du quatrième siècle ; les documents con-
temporains s'accordent à écrire son nom Constantia. — Je ne tiens
pris compte ici de la vierge Constantia, dont il est question dans
la passion de sainte Agnès (Acta SS. ian., t. II, p. 717) et dans
celle des saints Gallican, Jean et Paul [Acta SS. iun., t. VII, p. 33,
440). La première de ces deux pièces rapporte que Constantia, fille
de l'empereur Constantin, étant encore païenne, fut affligée d'un
ulcère qui s'étendait à tout son corps. Elle trouva la guérison au
tombeau de sainte Agnès, reçut le baptême et sollicita de son père
la construction de la basilique. Cet épisode, imité de celui du bap-
tême de Constantin, dans la Vita b. Silvestri, me semble avoir été
rédigé postérieurement au L. P. et d'après ses indications. Il faut en
dire autant de la passion des saints Gallican, Jean et Paul. Hélène
y est présentée comme la femme de Constantin et non comme sa
mère 'détail corrigé dans certaines rédactions, mais voir Adon,
au 25 juin/, le personnage de Gallicanus est formé à l'aide de traits
empruntés au consul de 317 ou 330, à Constantin lui-même, au
césar Gallus (sur le changement de Gallus en Gallicanus, v. p. 139,
note 1; cf. p. 4, 1. 15; p. 6, 1. 9, 13) à Pammachius et au Gal-
licanus mentionné plus loin dans le L. P., à propos de la dotation
de l'église d'Ostie (v. ci-dessous, note 99). Quant à Constantia, elle
est, il est vrai, fiancée à Gallicanus (lisez Gallus), mais le ma-
riage n'a pas lieu, les deux futurs ayant fait profession de virgi-
nité. Ce dernier détail exclurait à lui seul toutes les princesses
de la maison constantinienne que l'on sait avoir existé et avoir
porté un nom dérivé de celui du fondateur, car la sœur de Cons-
tantin fut mariée à Licinius; la fille de Constantin à Hannibalien
d'abord, puis à Gallus; sa petite-fille, fille de Constance, à l'em-
pereur Gratien. Il est à noter que, sauf la qualité de vierge attri-
buée à Constantia, nos deux légendes n'ont aucun trait commun :
la première ignore absolument l'histoire de Gallicanus, l'autre ne
fait pas la moindre allusion à sainte Agnès, à sa basilique, à la
guérison miraculeuse. — Les anciens documents de la liturgie ro-
maine, calendriers, sacramentaires, etc., ignorent absolument cette
sainte Constance. Sa fête n'est marquée que dans des martyrologes
de très basse époque ; elle ne figure pas dans le martyrologe ro-
main. C'est en vain qu'on a cherché à lui trouver un témoignage
dans l'inscription acrostiche : les mots Christo dicata, joints au nom
de Constantine, ne sont nullement une expression caractéristique
indiquant exclusivement une vierge. Saint Cyprien, pour ne citer
qu'un auteur, les emploie souvent pour désigner des chrétiens or-
dinaires [De dom. orat., 13; adFortun., 1, 11; De zeto et /tu., 6; ad
Demetr.y 7, 12); tout fidèle est Deo Christoque dicatus. — Le sar-
cophage de Constantine est actuellement au musée du Vatican ;
c'est un énorme monument en porphyre, avec des scènes de ven-
danges en relief (Visconti, Museo Pio Clementino, dans ses Opère,
t VII, p. 57, pi. xi, in).
81. et baptisterium...] Ce baptistère a disparu sans qu'on en ait
retrouvé la trace, à moins qu'il ne faille l'identifier avec le mau-
solée constantinien, ce qui ne serait pas impossible. On ne voit
pas, en effet, pourquoi le centre de cet édifice n'aurait pas été oc-
cupé par une piscine baptismale. Le sarcophage de porphyre,
actuellement au Vatican, paraît avoir été unique; il est assez
grand pour avoir contenu à la fois les deux princesses Hélène et
Constantine ; il n'était point sous la coupole, mais dans une niche
construite exprès, dans l'axe et à l'opposé de la porte. Aucun per-
sonnage plus important n'a pu occuper le centre du monument.
Celui- ci présente dans sa décoration deux mosaïques particulière-
ment en évidence et dont le sujet est en rapport assez étroit avec
l'initiation baptismale et la façon dont on en concevait l'expres-
sion, au siècle de Constantin et de Théodose : L'Éternel donnant
la loi à Moïse, le Christ donnant la loi à saint Pierre. Sur ces mo-
saïques, v. Mûntz, Rev. arch.., 1875, oct., nov.; 1878, juin; Kon-
dakoff, dans le Bull, de M. de Rossi, 1883, p. 93). Mais ceci n'est
qu'une conjecture : aucun texte ne prouve directement que Santa-
Costanza ait jamais servi de baptistère; aucun non plus, en dehors
du L. P., ne mentionne le lieu où furent baptisées les princesses
Constance et Constantine.
82. circa civitatem Figlinas] Civitas Figlinae ou Figlina est le nom
d'un lieu situé sur la voie Salaria, à deux ou trois kilomètres de
Rome, près du cimetière appelé cymiterium Iordanorum. Dans la
passion de sainte Susanne (Acta SS. aug., t. II, p. 632) cette sainte
est dite avoir été enterrée « iuxta corpora sanctorum Chrysanthi
» et Dariae, via Salaria, in arenario iuxta sanctum Alexandrum,
» in civitate figlina ». Cf. Michèle de Rossi, Roma sott., t. 1,
p. 14 ad calcem. C'était évidemment une grande tuilerie qui, avec
les maisons de ses nombreux ouvriers, offrait l'aspect d'une petite
ville; on la retrouve dans la passion des saints Marius, Marthe
et compagnons (cf. Acta SS. ian., t. II, p. 216) : « tenuit (impera-
» tor) cclx christianos via Salaria, quos iussit ut in figlinas foras
» muros portae Salariae... includerentur ». Un grand nombre de
briques portent des empreintes où on lit SAL., SALAR., FIG.
SAL., DE VIA SALARIA (Marini, Iscr. doliari, no» 308, 323, 337,
345, 381, 405, 431, 457, 478, 554, 555, 947, 948, 1228, 1257). Celte tui-
lerie se trouvait, à en juger par son rapport topographique avec
les sanctuaires des martyrs ci-dessus indiqués, tout près de l'en-
droit où un chemin de traverse, parti de la voie Nomentane à
Sainte-Agnès, rejoint la voie Salaria.
83. sub parietes....] Je ne parviens pas à débrouiller cette indi-
cation topographique; le texte esi évidemment altéré, car usque
omnem agrum ne donne aucun sens. Mais il est clair qu'il s'agit
encore d'un terrain situé à peu de distance de Sainte- Agnès.
84. fecit basilicam b. Laurentio] La basilique actuelle de Saint-
Laurent est formée de deux églises primitivement indépendantes,
quoique bâties dans le prolongement l'une de l'autre et qui se tou-
chaient par la convexité de leurs absides (sur cette disposition,
v. De Rossi, Bull. 1878, pi. iv). M. de Rossi [Bull. 1864, p. 42 et
suiv. ; cf. 1876, p. 22, 23) a démontré que celle de l'ouest, c'est-à-dire
celle qui correspond à la nef actuelle, n'a été construite qu'un siècle
après Constantin, sous le pape Xystus III (432-440); on l'appelait
basilica maior. L'autre, dans laquelle est construit le chœur actuel
et qui contient le tombeau de saint Laurent, fut renouvelée par
Pelage II (579-590); comme elle était encore toute neuve au com-
mencement du vu» siècle, les topographes de ce temps la désignent
par l'épithète de speciosior. La réunion des deux églises en une
seule, sous le pape Honorius III, a entraîné la démolition de leurs
absides; cependant on reconnaît, dans la basilica speciosior, ce qui
est antérieur à Pelage et ce qu'il y a lui-même ajouté. Tout l'étage
supérieur, depuis l'entablement qui surmonte les chapiteaux des
grandes colonnes, est certainement son œuvre; il faut peut-être en
dire autant des deux colonnes les plus voisines de l'autel, plus
courtes que les autres, surmontées de chapiteaux d'un modèle tout
différent et portant sur leurs bases des croix d'une forme assez usi-
tée au vi e siècle. Reste à savoir si les parties antérieures à Pelage,
c'est-à-dire le narthex et la nef jusqu'aux dernières colonnes, sont
réellement identiques à la basilique constantinienne telle qu'elle
est décrite ici. J'ai quelque peine à le croire; notre auteur, en effet,
me semble distinguer entre une basilique construite au-dessus du
sol, supra arenarium cryptae (v. cependant la variante sub arena-
rium des mss. A) et une crypte contenant le tombeau du martyr.
A ce tombeau on accède par des degrés (gradus ascensionis et des-
censionis) ; il est pourvu d'un système spécial de luminaire, une
lampe, une couronne de lumière, deux grands candélabres, d'au-
tres lampes à deux becs, destinées à éclairer une représentation de
la passion du saint, en relief? d'argent.||Auprès du tombeau se
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trouve une abside; des grilles d'argent le protègent; mais il n'est
nullement question d'autel. Tout cela est souterrain : ante ipsum
locum in crypta. Il semblerait donc que, dès l'origine, le monument
de saint Laurent ait compris une basilique située au-dessus du sol
et une crypte richement décorée, où était le tombeau du martyr;
la basilique et la crypte communiquaient par un escalier. Cette
disposition fut changée assez longtemps avant Pelage; on réunit
les deux parties du sanctuaire en descendant, en quelque sorte, la
basilique dans les entrailles de la terre, jusqu'au niveau primitif
du cimetière et du tombeau de saint Laurent. Dès lors il fallut un
escalier pour accéder à l'église elle-même ; il fut installé de façon à
déboucher dans le narthex, suivant une disposition que l'on ob-
serve encore à Sainte- Agnès et à Sainte-Pétronille, basiliques cons-
truites dans les mômes conditions de terrain que celle-ci. Alors fu-
rent creusées les trois niches arquées qui occupent toute la largeur
du narthex (l'une d'elles, celle du milieu, a été récemment affectée
à la sépulture de Pie IX). M. de Rossi conjecturo que ces trois
niches ont servi de tombeaux aux papes Zosime, Xystus III et Hi-
laire. S'il en est ainsi, la disposition de cette partie de l'édifice
n'aurait pas changé depuis l'année 418, date de la mort de Zosime.
Ceci s'accorde bien avec une donnée fournie par une inscription
qui fut lue au ix° siècle (De Rossi, Inscr. chr., t. II, p. 155) in ba-
iiîica sancti Laurentii circa chorum :
Succedunt meliora tibi miranda tuenti
quae Leopardi labor, cura et vigilantia fecit.
Sumptibus haec propriis ornavit moenia Christi.
Respice et ingressu placido nova quacque revisa :
caelestis manus ecce Dei quae praemia reddit
quae cumulala vides digna in aecclesia Christi.
La date du prôtro Leopardus est fixée par divers documents qui
nous le montrent en fonction (Jaffé, 260; Coustant, p. 677) et dans
l'exercice de son zèle pour les églises de Rome (De Rossi, Bull.,
1867, p. 53; Musaici [Sainte-Pudentienne] ; cf. L. P., n" 57, 58)
bous les papes Sirice et Innocent, c'est-à-dire vers la fin du iv« siè-
cle et dans les premières années du siècle suivant. Sa carrière
presbytérale serait bien longue si l'on devait y comprendre à la
fois l'année 387 ou 390, date de la reconstruction de Sainte-Pu-
dentienne (De Rossi, l. c), et celle de la construction de la basilica
maior s. Laurentii, sous le pape Xystus III (432-440). Du reste son
inscription indique la restauration ou la rèédificalion d'une église
préexistante {meliora, nova quaeque, revisa) et non la fondation
d'une église nouvelle. C'est donc la basilique constantinienne qui
aura été l'objet de sa libérale sollicitude. Et ici il faut remarquer
que la mosaïque absidale décrite en partie dans son inscription
dédicatoire doit avoir été respectée par Pelage. Celui-ci, en effet,
s'il avait eu la conque môme de l'abside à décorer, n'aurait pas
manqué d'y développer la grande composition artistique que nous
voyons encore sur l'arc absidal; cette composition, qui a, dans les
églises de Rome, de Ravenne et d'ailleurs, un grand nombre d'ana-
logues, ne se rencontre jamais à cette place ailleurs qu'à Saint-
Laurent; c'est toujours la conque de l'abside qui en est décorée.
Je conclus donc que, depuis Constantin, la basilique de Saint-
Laurent ad corpus, sans parler de divers embellissements ou res-
taurations, a subi au moins trois graves transformations, d'abord
du fait du prêtre Leopardus, qui la transporta du sol supérieur
au niveau du cimetière, puis sous Pelage II, qui l'exhaussa d'un
étage, enfin sous Honorius III, qui la réunit avec la basilica
maior et y construisit le presbyterium actuel, avec son autel.
85. In eodem loco] Ici, comme pour Sainte-Agnès, les fonds de
terre sont, autant qu'on peut en déterminer remplacement, dans
le voisinage de la basilique ou sur la même voie qu'elle.
86. possessio Cyriaçae] C'est le terrain dans lequel était creusé le
cimetière où saint Laurent fut déposé, et sur lequel s'élevèrent ses
basiliques. Il est déjà mentionné dans la notice de Xystus IL
D'après la légende de saint Laurent, Cyriaque aurait été une veuve
romaine, contemporaine du martyr et guérie par lui de ses infir-
mités. Sa maison aurait été située sur le Coelius. Cette dernière
donnée se rattache évidemment à la tradition consacrée par le nom
de l'église S. Maria in Dominica, car Dominica n'est que la traduc-
tion du grec Kupiax-ft. — Sur le sens et l'importance des mots quod
fiscus, etc., v. Introd., p. cl.
87. possessio Aqua Tutia ad latus] Pour le nom de cette terre je
suis le ms. C 8 , dont la leçon, en partie confirmée par les mss. E
et C*, concorde avec celui d'une propriété souvent mentionnée
dans les archives de Sainte-Praxède. M. Costantino Corvisieri
(Buonarroti, t. V, p. 42 et suiv.) à qui l'on doit d'avoir fait ce rap-
prochement, a conjecturé que le fonds appelé Aqua Tutia tirait
son nom du fluvius ou rivus Tutia, près duquel Annibal établit son
camp après sa démonstration contre Rome, en 211 av. J.-C.
(Liv. xxvi, il; Silius Ital., zin, 5). Il a en même temps écarté les
identifications antérieures (Nibby, Diniomi, t. I, p. il), fondées
sur la leçon Aqua Tuscia, plus ancienne qu'il ne l'avait pensé,
mais, dans l'espèce, moins acceptable que l'autre. Le fonds dont
il est question dans les documents de Sainte-Praxède se trou-
vait hors les portes Tiburtine, Nomentane et Salaria ; M. Corvi-
sieri n'en indique pas le gisement avec plus de précision. Tout
vague qu'il est, ce renseignement concorde avec la situation du
ruisseau Tutia, que l'on reconnaît aujourd'hui dans le fosso di
Sette bagni; ce cours d'eau se jette dans le Tibre un peu au-des-
sous de Castel Giubileo (Fidènes), après avoir coupé la voie Sala-
ria à environ six milles de Rome, distance conforme aux indica-
tions de Tile-Live sur le camp d'Annibal. Un fonds qui tirait son
nom du fluvius Tutia devait nécessairement se trouver sur la rive
droite de l'Anio; il est peu probable, quoi qu'en pense M. Corvi-
sieri, qu'il ait été ad latus agri Verani. Ces deux propriétés, à en
juger par le chiffre de leurs revenus, n'étaient point des latifundia :
elles ne pouvaient s'étendre jusqu'à l'Anio. Cette circonstance di-
minue un peu la probabilité de l'identification; cependant on peut
admettre une interversion de lignes dans la liste des fonds; l'ex-
pression ad latus se rapporterait ainsi à une autre terre que l'amer
Veranus.
88. praest. nomini Chris tianorum] Sur cette formule, de touche
évidemment antique, v. Introd., p. cl.
89. possessio Sufuratarum] Ce fonds doit tirer son nom des sour-
ces sulfureuses appelées Aquae Albulae, situées au 16« mille de
Rome, sur la voie Tiburtine.
90. Eisdem temporibus — miliario III] Au 3° mille de la voie La-
vicane, à l'endroit appelé actuellement Tor Pignattara, se trouve
tout un ensemble de ruines chrétiennes et païennes parmi les-
quelles le mausolée de sainte Hélène et le cimetière chrétien des
saints Pierre et Marcellin sont ce qu'il y a de mieux conservé. Le
lieu s'appelait autrefois Ad duas lauros; il y avait là une résidence
impériale dès le temps de Seplime Sévère (Tertullien, Apol., 35);
Valentinien III y fut assassiné en 455 (Contin. de Prosper, dans
Roncalli, Vetusiiora lat. chronica, 1. 1, p. 702); les équités singulares,
ou gardes du corps de l'empereur, avaient, dans le voisinage im-
médiat, un lieu de sépulture, d'où provient la plupart de leurs
épitaphes (C. /. L., t. I, p. 766-784). Le culte des martyrs Marcellin
et Pierre et de plusieurs autres y était déjà florissant au temps du
pape Damase (Acta SS. iunii, t. I, p. 173). Il n'y a rien d'étonnant
à ce qu'un tel lieu ait été choisi pour la sépulture de l'impératrice
Hélène. Eusèbe {Vit. Const., m, 47) rapporte que son corps fut
transporté avec les plus grands honneurs dans la capitale, èizl «rtjv
pa<jiXr ôouaav i:o>.iv, c'est-à-dire à Rome. Socrate sans doute (i, .17) a
interprété ces mots comme s'ils signifiaient Constantinople, ek xty
potffiXeûoutxav viav 'Pti(x7iv. Mais c'est la périphrase habituelle à Euj
sèbe pour désigner Rome. C'est ainsi qu'il l'emploie, par exemple»
dans cette même vie de Constantin (m, 7) à propos des légats envoyés
par le pape Silvestre au concile de Nicée; il est même à remar-
quer que Gélase de Cyzique {Hist. conc. Nie, n, 5) a commis à cet
endroit la même bévue que Socrate à propos de sainte Hélène. —
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Le gros œuvre du mausolée existe encore : on en trouvera le plan
dans la Roma sotterranca de Bosio, éd. in-f°, p. 323. Il consistait en
une rotonde à deux étages, surmontée d'une coupole; à l'intérieur
étaient pratiquées quatre niches rondes et quatre carrées; l'une do
celles-ci contenait la porte du monument; dans celle qui lui faisait
face était placé le grand sarcophage de porphyre où fut déposé le
corps de sainte Hélène. Au xu« siècle il fut transporté au Latran
par le pape Anastase IV, qui s'y fit enterrer. On peut le voir main-
tenant au musée du Vatican, dans la salle à croix grecque, avec
celui qui porte le nom de sainte Constance (V. ci-dessus, notes 80,
81). Il est, comme le dit le L. P., exsculptus sigillis, c'est-à-dire
orné de figures en relief. Elles représentent des scènes de com-
bat; sur le couvercle, des génies soutiennent de grosses guirlandes ;
un lion est couché au sommet (Bottari, Roma sott., t. III, pi. 196).
Le mausolée, comme celui de Romulus, fils do Maxence, sur la
voie Appienne, s'élevait au milieu d'une vaste cour entourée de
portiques. C'est ainsi du moins qu'il est représenté dans la plan-
che do Bosio, car sur le terrain il n'y a aucune trace de cette partie
de l'édifice. — La basilique des saints Marcellin et Pierre était si-
tuée tout près du mausolée. Bosio (Roma sott., p. 325) donne le
plan des ruines visibles de son temps. Elle était fort petite et dis-
posée comme un cubiculum des catacombes, avec trois niches rec-
tangulaires qui lui donnaient la forme d'une croix grecque.
Au vu» siècle elle est à peine indiquée dans les itinéraires (De
Rossi, Roma sott., t. I, p. 178, 179).
91. fundum Laurentum... Aug. Uelcnac] Cette désignation topo-
graphique est très embrouillée. Cependant il est clair qu'il s'agit
d'un lieu situé tout près de Rome, du côté de la porte Sessorienne,
c'est-à-dire de la porta Maggiore actuelle, voisine du palais Sesso-
rien, ou palais d'Hélène, et d'un endroit où la voie Prénestine et
la voie Latine n'avaient pas encore divergé considérablement. Le
fundus Laurentum ou Lauretum rappelle, par son nom, l'expression
ad duas lauros. Quant à la forma ou aqueduc, c'est probablement
celui de YAqua Alexandrina, qui passait à Tor Pignattara; un peu
plus loin, vers la voie Latine, se trouve l'aqueduc de YAqua Clau-
dia. — Quant au mons Gabus, le lieu ainsi désigné ne doit pas être
confondu avec le Monte Cavo actuel, c'est-à-dire le mont Albain,
qui tire son nom do l'antique cité de Cabum. Il faut y voir quel-
qu'une de ces collines creuses, anciens cratères, dont la campagne
romaine offre tant d'exemples. Cf. De Bossi, Bull. 1873, p. 111, 112.
92. insulam Sardiniam] Il ne s'agit pas ici de l'île de Sardaigne
tout entièro : l'auteur du L. P. aura mal copié son document. Dans
celui-ci le nom de la Sardaigne faisait sans doute partie d'une ru-
brique générale, comme ceux d'Orient et d'Afrique dans les rubri-
ques per dioecesem Orientis, inira partes Âfricae. Sous cette rubri-
que étaient peut-être catalogués les fonds, possessiones, dont on ne
nous donne que l'indication générale et le revenu total.
93. insulam Meseno] Le cap Misène est une presqu'île, puisqu'il
est relié au continent; mais sa configuration propre et ses rapports
avec les terres voisines justifient assez bien le terme d'insula, au
moins pour les personnes qui ne poussent pas l'exactitude jusqu'au
pédantisme.
94. insulam Matidiae q. e. montem Argentanum] Plus encore que
le cap Misène, le monte Argentaro a le droit d'être qualifié d'ile.
Strabon (v, 2) et Rutilius Xumatianus (Itin. 315-324) le décrivent,
sans en indiquer le nom. Celui de Matidie, que donne ici le L. P.,
a été porté par deux princesses de la famille de Trajan; il 6*har-
tnonise assez bien avec celui du Portus Traianus, localité de la côte
toscane, un peu au N. du monte Argentaro.
95. Duas Casas] Il y a dans la première des deux listes du titre
d'Èquitius un fundus Duas Casas, situé aussi in territorio Sabi-
'nense; mais le revenu est différent. Le mons Lucrelius ou mieux
Lucretilis (monte Gennaro) est bien connu, quand ce ne serait que
par Horace.
96. in civilate flostia] Les fouilles exécutées dans la ville d'Ostie
n'ont amené la découverte d'aucun édifice chrétien. Ostie moderne
I est, comme on sait, la continuation de Gregoriopolis, forteresse
bâtie au ix« siècle par le pape Grégoire IV sur l'emplacement du
cimetière de la ville antique. — Le portus urbis Romae mentionné
ici n'est autre chose que Porto [Portus Romanus), située sur le bras
droit du Tibre.
97. insulam quae dicilur Assis] Il s'agit évidemment de l'île en
delta, formée par les deux bras du Tibre, à son embouchure; mais
aucun autre document, à ma connaissance, ne la mentionne sous
ce nom. Nibby (Dinlorni, t. II, p. 135), partant de l'orthographe
Arsis du manuscrit E, veut y retrouver le nom do la forôt d'Arsis
dont il est question dans Tite-Live, II, 7 ; mais je ne crois pas qu'il
y ait lieu de la chercher ici. — L'orthographe Arsis se retrouve
dans la vie de Léon IV (n° 536).
98. ad Digitum Solis] Localité impossible à déterminer et qui
n'est pas mentionnée ailleurs qu'ici.
99. Gallicanus...] Dans les actes de saint Gallican (Acla SS. iicn.',
t. VII, p. 34; cf. Adon au 25 juin) il est dit que ce personnage, pa-
trice, consulaire, ami de l'empereur, avait installé à Ostie un hos-
pice ad peregrinorum suscepiionem, où il soignait de ses mains les
voyageurs pauvres. On ajouto : « Hic primus in Ostiensi urbe ex-
» truxit ecclesiam et dicavit officia clericorum... Bogatus autem ut
» ibi levaretur episcopus, non consensit, sed ex sua voluntate ipse
» qui ordinaretur elegit. » Julien ayant succédé à Constance,
il porta une loi qui défendait aux chrétiens de rien posséder.
« Tune Gallicanus habens in Ostiensi pago quatuor casas, quarum
» pensiones his operibus quibus diximus ministrabat, ita habere
» Deum meruit defensorem ut quicumque ingrediebatur in eas ma-
» litiose, aut ponere titulos fisci, aut exigero pensiones, statim à
» diabolo replebatur. » — Sous les traits de Gallican, homme du
monde converti, voué aux bonnes œuvres et fondateur d'un hos-
pice ad ostia Tiberina, il faut reconnaître ici le célèbre Pamma-
chius, qui fit en effet une fondation exactement semblable, mais &
Porto et non à Ostie (Sur Pammachius, v. Tillemont, Hist. eccl.,
t. X, p. 567 et suiv.; sur les ruines de son hospice, retrouvées
en 1867, v. De Rossi, Bull. 1867, p. 50, 51, 99-102). L'identification
est d'autant plus probable quo l'histoire de saint Gallican est inti-
mement liée à celle des saints Jean et Paul, dont l'église, située à
Rome, sur le Coelius, portait le nom de iitulus Pammachii. — La
passion de ces saints, compilation, hagiographique fort curieuse,
est postérieure au L. P. C'est à lui que l'on a emprunté les quatre
fonds de terre qui jouent un rôle dans l'épisode que j'ai cité plus
haut. Seulement l'auteur a mal lu notre texte; il a attribué aux
largesses de Gallicanus, non pas celles que le L. P. place sous la
rubrique item quod oblulit Gallicanus, et qui sont toutes situées
assez loin d'Ostie, mais celles qui sont énumérées immédiatement
auparavant, comme offertes par Constantin lui-même. Celles-ci,
en effet, correspondent exactement, par leur gisement, à la dési-
gnation in pago Ostiensi sous laquelle le passionnaire les introduit.
100. massam terr. Sabinense Mallianum] Magliano, siège actuel de
l'évêché de Sabine, sur la rive gauche du Tibre, en face de Gallese.
101. fundum Surorum] Nibby (Dinlorni, t. II, p. 157) identifie
cette terre avec le casale Subereta mentionné en 854 dans une bulle
de Léon IV (Jaffé 2653; Marini, Papiri, p. 14). Ce casale est actuel-
lement la tenuta Insugherata, dans l'angle formé par les deux voies
Triomphale et Claudia-Cassia. Son nom dériverait des sureaux
qui y croissent encore en abondance; Surorum serait ainsi une
corruption de Subcrum. M. Tomassetti (Arch. Rom., t. III, p. 160)
se range à ce système. Quant à moi, la corruption de Suberum en
Surorum ne me paraît pas démontrée.
102. massa Gargiliana] Une massa du même nom et du même ter-
ritoire figure parmi les terres de la basilique de Latran. Cf. ci-des-
sus, note 36.
103. in civitate Albanense] De Bossi, Bull. 1869, p. 76 (cf. 1873,
p. 103) : « La basilicà constantiniana di Albano, la cui planta con
» molti saggi dei suoi membri architettonici è stata testé riconos-
» ciuta e dimostrata dal sig. architelto Franconi » (Cf. Franconi,
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Z,a catacomba e la basilica costantiniana in Albano, Borne, 4817).
M. de Rossi (II. ce.) a démontré que les origines de l'église d'Al-
bano doivent être cherchées dans le camp de la 2 e légion Parthi-
que, installée par Septime Sévère dans l'ancienne villa impériale
et qui y demeura jusqu'au déclin du m e siècle ou au commence-
ment du siècle suivant. Sous Julien elle tenait garnison en Méso-
potamie (Cf. C. I. I., t. VJ, part, i, p. 192).
104. possessio Lacum Turni] Le « laghetto di Turno » est à deux
kilomètres environ d'Albano. Le pape Donus (676-678) éleva près
de là une église sous le vocable de Sainte-Euphémie, qui est resté
attaché à une maison isolée, appelée S. Fomia (De Bossi, Bull. 1873,
p. 101). On a trouvé en cet endroit des inscriptions funéraires
chrétiennes du vi« siècle environ (De Rossi, Bull. 1869, p. 80), qui
peuvent avoir quelque rapport avec le personnel rustique, attaché
à la possessio Lacum Turni.
105. fundum Molas] Il y a une localité appelée Le Mole, près
d' Albano, à un mille vers l'O., au bas de Gastel Savello (Nibby,
Dintorni, t. I, p. 107).
106. possessio Lacum Albanense] Le las d' Albano, dont le site est
bien connu.
107. omnia sceneca déserta — Augustus] Il s'agit ici des logements
laissés libres par le départ de la 2® légion Parthique et la disper-
sion partielle de la population parasite installée autour. Le mot
sceneca parait être dérivé de otct,v^, tente. Voir sur ce sujet, Nibby,
Dintorni, t. I, p. 82 et suiv.; De Rossi, Bull. 1869, p. 78; 1873,
p. 102, 103. Sur l'importance de ce passage pour la date de ces lis-
tes le fonds, v. Introd., p. eu.
108. possessio Marinas] A Marino, près d 1 Albano. Le même nom
à peu près se rencontre dans la liste afférente au baptistère de La-
tran, avec l'indication précise du territoire : massa Murinas, terri-
torio Appiano- Albanense; v. p. 193, note 54.
109. massa Nemus] Près du lac de Nemi {lacus Nemorensis).
110. possessio Statitiana] Cette terre était sans doute, comme la
précédente, dans le voisinage de Gora, car, dans la liste du baptis-
tère de Latran, on trouve une massa Slatiliana, teii'itorio Corano.
111. basilicam intra urbem Capuam] Il n'y a à S. Maria di Ca-
pua aucun vestige cet-tain de la basilique Gonstantinienne.
112. massa Statiliana] Différente des deux autres du même nom,
puisqu'elle était dans le territoire de Minturnes.
113. possessio in territurio Gaetano] L'absence du nom de la pos-
sessio donne lieu de soupçonner qu'un accident est arrivé au texte
en cet endroit. Le portus Caietae était compris dans le territoire de
Formies (Mommsen, C. I. £,., t. X, p. 603). Cependant, au commen-
cement du vi« siècle, chacune des deux localités avait son évoque.
En effet, l'évêque André, dont l'épitaphe (C. 1. L., t. X, 6218) a été
trouvée dans la cathédrale de Gaëse, a siégé de 500 à 529, et le
concile romain de 501 nous présente, dans un protocole du 23 oc-
tobre, la signature d'un Adeodatus, évoque de Formies.
114. possessio ad Cenium] Cette terre ne peut tirer son nom ni du
centième mille de la voie Appienne, qui se trouvait entre Min
turnes et Sinuesse, ni de celui de la voie Latine, encore plus éloi-
gné de Gapoue, tous deux certainement en dehors de son territoire.
Capoue était à 132 milles de Rome par la voie Appienne, à 138 par
la voie Latine.
115. basilicam in civitatem Neapolim] Gesta episcoporum Neapoli-
tanorum, c. 3, éd. Waitz, p. 404 : a Inter alias constructas eccle-
d sias etiam et in urbem Neapolim basilicam fecit (Constantinus),
» asserentibus multis quod Sancta Restituta fuisset. » Cette .iden-
tification est admise par les archéologues napolitains d'aujourd'hui
(De Rossi, Bull. 1874, p. 132; 1876, p. 51).
116. Fecit aulem formam...] On connaît une inscription napoli-
taine en l'honneur de Constantin (C. I. L., t. X, 1482), dédiée par
un consulaire de Campanie; deux autres (/. c, 1483, 1484) ont été
consacrées à l'impératrice Bélène par l'ordo etpopulus Neapolitanus.
Mais ces inscriptions ne font aucune allusion à des travaux du
genre de ceux-ci.
117. possessio A filas] Ce nom rappelle celui d'Affilé, ancienne
cité hernique, dont le territoire est mentionné dans la notice de
Xystus III; mais ce serait un peu trop loin de Naples. Je pense-
rais plutôt à une corruption du nom de la ville à'Allifae (Alife) en
Campanie.
118. possessio insula cum castro] C'est probablement la petite Ile
de Nisida, entre Naples et Pouzzoles, anciennement Nesis, c'est-à-
dire a ile », sans autre dénomination, comme ici.
119. Uisdem lemporibus...] Nous avons ici une seconde rédaction
du document relatif à la dotation du titre paroissial d'Equitius ou
de Siivestre. Les vases sacrés sont à peu près les mêmes : une
patène d'argent, pesant 20 livres; 5 calices ministériels, en argent,
pesant chacun 2 livres ; une ama (ou deux amae, les manuscrits
varient) d'argent, de 10 livres; 2 scyphi d'argent de 8 (ou 10) livres.
Dans la première donation on trouve de plus un calice d'or et une
patena chrismalis. Pour les lampadaires, les deux listes mention-
nent 10 fara canthara (coronata, dans la première), puis des can-
thara cerostata au nombre de 12 ou de 16; ici les poids diffèrent un
peu; outre ces objets d'argent, la première liste contient encore
20 farea aerea. La différence est plus grande pour les fonds de
terre; dans la première liste on trouve 5 propriétés en dehors de
Rome, plus un jardin et deux maisons intra muros; dans la se-
conde, toutes les propriétés, au nombre de 10, sont situées en de-
hors de la ville. Deux seulement portent le même nom dans l'une
et l'autre liste. Il est possible que nous ayons affaire ici à deux
extraits différents d'une seule et même charte, ou encore à deux
relevés pris dans des documents de date différente.
120. reg. III] C'est à la fois la troisième région ecclésiastique et
la troisième région d'Auguste (Isis et Serapis), car les régionnaires
placent dans celle-ci les thermae Titianae et Traianae dont il est ici
question.
121. terr. Ferentis] S'agit-il de Ferentinum (Ferentino) ville des
Herniques, ou de Ferentinum, ancienne ville étrusque, au N. de
Viterbe ?
122. terr. Tribulano] Il y avait une ville de Trebula en Campa-
nie, au village actuel de Treglia, dans la montagne au N. de Ga-
poue. Mais on en connaît deux autres en Sabine, Trebula Suffcnas,
dont le site n'est pas déterminé, et Trebula Mutuesca ou Mutusca,
à Monteleone, à environ six lieues au S. de Rieti. C'est de celle-ci
qu'il s'agit, car le fonds Statianus a déjà été indiqué (p. 170, 1. 18)
en Sabine et Trebula Suffenas avait cessé d'exister dès avant le
haut empire (Mommsen, C. I. L., t. IX, p. 434, 451, 463).
123. in cymiterio Priscillae] La petite église qui dominait ce ci-
metière portait, depuis le vi e siècle au moins, le nom de saint Sii-
vestre : « Cymiterium Priscillae ad s. Silvestrum, via Salaria »,
dit le plus ancien catalogue des cimetières romains (De Rossi,
Roma sott., t. I, p. 176; cf. Bull. 1878, p. 46). En suivant les indi-
cations des topographes et en s'aidant des inscriptions lues autre-
fois dans cette petite basilique, M. de Rossi (Bull. 1880, p. 24, 46)
est parvenu à en reconslituer la distribution. C'était sans toute
une enceinte trichora, à trois absides : au milieu était l'autel des
martyrs Félix et Philippe; à gauche en entrant celui de saint Sii-
vestre avec son tombeau et celui de Sirice; à droite, celui de saint
Marcel, avec son tombeau et celui de Gélestin. On ne connaît ni
l'épitaphe de Siivestre, ni aucune inscription de son tombeau. Ce-
lui-ci était un sarcophage de marbre : t iacet marmoreo tumulo
coopertus » (Itinéraire dit de Guill. de Malmesbury, De Rossi,
Roma sott., t. I, p. 177).
124. prid. kal. ian.] La fête de saint Siivestre est indiquée à ce
jour dans tous les calendriers, depuis la Depositio episcoporum, ré-
digée moins d'un an après sa mort, et dans les livres liturgiques,
depuis le sacram en taire léonien.
125. Qui vero — quievit] Ces mots, étrangers au libellé ordinaire
des finales, ne figurent pas dans les abrégés de la première édition.
Ils témoignent d'un grand sentiment de vénération pour saint Sil-
vestte. L'histoire réelle de ce pape est malheureusement imposai*
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XXXIIII. SILVESTER (314-&S5).
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ble à reconstituer, faute de documents, et cela est fort regrettable,
car son pontificat fut long, contemporain du triomphe du christia-
nisme et de grands événements ecclésiastiques. La Vita b. Silvestri
ne contribua pas peu, on le pense bien, au rayonnement dont la
mémoire et le culte de Silvestre furent entourés pendant le moyen
âge. Cependant il est certain que cette glorification trouva une
base dans la tradition locale. Le L. P. rapporte que le pape
Symmaque basilicam sanctorum Silvestri et Martini a fundamento
' construxit. Suivant le fragment laurentieh (ci-dessus, p. 46), Sym-
maque n'aurait fait que construire une église en l'honneur de saint
Martin iuxta sanctum Silvestrem, ce qui suppose que le souvenir
de Silvestre était déjà consacré en ce lieu par un édifice religieux,
soit par le titutus Equitii qui porta aussi le nom de titulus Silvestri,
soit par un oratoire distinct du titre lui-môme. L'association de
Silvestre. à saint Martin, le grand confesseur de l'Occident, est
déjà significative par elle-même. Mais voici un autre document.
En 1632, on trouva, dans le jardin contigu à l'église S. Martinoi
« una corona d'argento, d'opéra antich'issima », sur laquelle se li-
sait l'inscription votive
T SANGTO SILVESTRIO
ANGILLA SVA VOTVM SOLVIT
(Philippint, Ristretto di lutto quello che appartiene alP antichitâ e
venerazione délia chiesa de' ss. Silveslro eMarlino, Rome, 1639, p. 51;
cf. De Rossi, Bull. 1812, p. 38). Marini, qui a publié de nouveau
cette inscription dans le tome V, p. 100, de ses Script, vett., dit
qu'elle se lisait sur une gabata. A en juger par la place et la forme
du monogramme ainsi que par la formule sancto Silvestrio, elle ne
peut guère être plus ancienne que la seconde moitié du v« siècle.
— Le culte de saint Silvestre était donc en vigueur à Rome et
consacré par des monuments, privés et publics, au temps où la
publication de la Vita b. Silvestri vint en augmenter la popularité.
— Le sacramen taire Lôonien présente, à la suite de plusieurs
messes super defunctos dont les dernières concernent des papes
défunts, la rubrique Sancti Silvestri, sous laquelle sont placées
trois oraisons. La troisième contient le nom du pape Simplicius,
les deux premières celui de Silvestre ; je vais donner le texte de
celles-ci: « Daus confitentium te portiodefunctorum, preces nos-
» tras, quas in famuli tui Silvestri episcopi depositione deferimus,
» propitiatus assume; ut qui nomini tuo ministerium fidèle de-
» pendit, perpétua sanctorum tuorum societate laetetur. Per. —
» Hanc igitur oblationem, quaesumus, Domine, placatus intendei
» quam in sancti Silvestri confessons et episcopi tui commemora-
» tione suppliciter- immolamus ; ut et nobis proficiat huius pietatis
» affectus et illum beatitudo sempiterna glorificet. Per. » (Mura-
tori, Lit. liom., t. I, p. 454).
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Liber pontificalis.
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XXXV. MARGUS (336).
XXXV
49 i MARCUS, natione Romanus, ex pâtre Prisco, sedit ann. II m. VIII d. XX. Fuit autem temporibus Constantini
H et Nepotiani et Facundo consulibus ex die kal. febr. usque in die kal. octob. Hic constituit ut episcopus Hostiae
qui consecrat episcopum palleum uteretur et ab eodem episcopus urbis Romae consecraretur. Et constitutum de
III omnem ecclesia ordinavit. Hic fecit duas basilicas, unam via Àrdeatina ubi requiescit et aliam in urbe Roma iuxta
Pallacinis. »
Ex huius suggestione obtulit Constantinus Augustus basilicae quem cymiterium constituit via Ardeatina :
fundum Rosarium cum omnem agrum campestrorum, praest. sol. XL.
IY In basilica în urbe obtulit hoc :
patenam argenteam, pens. lib. XXX;
amas argenteas II, pens. sing. lib. XX; j#
scyphum argenteum I, pens. lib. X;
calices ministeriales argenteos III, pens. sing. lib. II;
coronam argenteam, pens. lib. X;
fundum Antonianum, via Claudia, praest. sol. XXX ;
fundum Baccanas, via Appia, praest. sol. XL et tremissios II ; j§
fundum Orrea, via Ardiatina, praest. sol. LV et tremissium.
y Hic fecit ordinationes II in urbe Roma per mens, decemb., presbyteros XXV, diaconos VI ; episcopos per diversa
loca XXVII. Qui etiam sepultus est in cymiterio Balbinae, via Ardiatina, quem ipse insistens fecit, pridie non.
octob. Et cessavit episcopatus dies XX.
Q.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 d. XXI B« — 2 et ante Nepotiani om. A^Ri — Nepotiani w
A123B5 : Nepotiano cet. — et] ac E — Fando A 2 : Facundi A3 :
F///cundo B* : Secundo B 2 : Fecundo B 3 «c* : Fecundi B<5 — con-
sulibus om. C 2 : consulum E — kal. feb.-die om. A* 2 — us-
que in die om. C* — in diem E — octub. B l — Hostiae < Os-
tensis > D — Hostiae] Hostiensis E» : Ostensis E 3 — 3 quae C 2
— consecrarat E 1 : consacrât E 3 — ëps C 23 B* : episcopos B>E 13
— episcopum sine additamento n A* : < Romanum > A2356 (K -
mam A* : Rom A 3 ) : < urbis > BC l DE : < urbis Romae >
c iC234 __ < tune > pall. B23« — palleum A ! C23E 3 : palleo A 3 :
pallio A* 6 E : pallium cet. — et-consecraretur om. C 23 * — epis-
copum A 1 : êps A 2( » : episcopo A 3 E* : epi A5 — Roma B 6 — con-
secrarentur A 5 : consecratur B 2346 C ! : consacraretur E 3 — 4 om-
nem A 1 B 3 C 3 : omni E 1 — eccl A 1 : ecclesiae B 3 5 6 C 23 : ecclesias-
tico B^ 1 : ecclesiasticam E 3 — ordinavit A : ordine fecit B'E 1 :
ordinem fecit cet. — una A* 2 — via om. A^C 1 — Ardeatina
A 1235 : Ardianam B 6 : Arditina C 3 : Ardiatina cet. — et alia us-
que ad ordinationes om. A 3 — aliam BiC 23 : alia cet. — 5 Pala-
tin is A 6 B 3 5«D : Pallacinas E
6 ex om. A«C*34E : et B« — suggestionem B 3 «C234 : subges-
tione E — tulit C 3 — basilice dona multa A 2 , qui cetera om.
usque ad ordinationes — quam E — cymiterio B« — Ardeatina
AB* : Ardiatina cet. — 7 Rosarum B f E : Rosanum B» — omni
agro B»E — campestri E — 8 basilicam B^D — iii om. D —
urbe AB 1 : urbe Roma E : urbem cet. — 9 patinam B* : coro-
nam C 2 — 10 II om. WD —sing. Bi5CiD : cet. om. —XXX B234C 1
— 11 scyphum-X om. B s — sciphum A 1 - 12 calices-lib. X om.
A 1 — ministeriales om. Aï* — arg. om. B' 5 — sing. om. A5«E —
13 patenam A56C 2 — 14 fundus Antonianô B 1 — Clondia B' :
Clodia B2346C«3D : Cladia B* : Cludia C 2 — sol. XL A5«C" —
15 Vaccanas A*E : Baccanum A^ : Bacanas B3* : B///atae C 2 :
Vatem C*— sol. om. C 3 — tremissium A* : trimissios A*B3C 23 : tre-
missem A 6 : trimissos B 6 : trimisios E — 16 fundum-tremissium
om. D — Horrea A5b» : Orrea A«C 3 E : Marmorea C 1 : Morrea
cet. — Ardeatina BiE — trimissium B 5 C 23 : trimisium I E —
17 ordines B* — in urbe Roma om. E — presb. XV B 2 — diac.
X A23 — 18 loca < numéro > BC — XXVIII B 1 : XXII B 2 — Ar-
deatina A5«B f E — quem-fecit om. A 3 E — quem] quod X^ -
pridie] II C2DE.
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NOTES EXPLICATIVES.
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1. Fuit autem...] Catalogue libérien : c Et hic fuit temporibus
Constantini, Nepotiano etFacando cons. [336], ex die XV kal. feb.
usque in diem non. octob., cons. ss. » On voit qu'il a été mal co-
pié : le nom de l'empereur est embrouillé avec ceux des consuls,
les dates de jour maltraitées Tune et l'autre, la note consulaire
finale entièrement supprimée.
2. L'évoque d'Ostie était déjà, dès le temps de saint Augustin,
le consécrateur ordinaire du pape : « Bomanus pontifex solet ordi-
nari a tribus episcopis quorum primus est Ostiensis » (Brev. coll.,
III, 16). Cet usage, mentionné dans le Liber diurnus (éd. Rozière,
p. 101), et dans plusieurs vies de papes du vn« siècle, est demeuré
en vigueur jusqu'à nos jours. — Quant au pallium, cet insigne ec-
clésiastique n'est mentionné dans aucun texte antérieur au vi e siè-
cle. Les plus anciennes collations de pallium dont les documents
authentiques soient conservés ou dont le souvenir subsiste sont
celles qui furent faites aux évêques d'Arles depuis saint Césaire
(Vita s. Caesarii, I, 4, dans Migne, P. L. % t. LXVII, p. 1016), tout
le long du vi° siècle. La vie de saint Césaire, les lettres du pape
Vigile (Jaflé 913, 918), parlent du pallium comme d'une chose
bien connue, qu'il n'est pas besoin d'expliquer. Il en est de môme
du L. P. Les évêques de Ravenne, dans les mosaïques de leurs
églises, exécutées au vi° siècle, portent toujours le pallium. —
Après episcopum il faut peut-être sous-entendre Urbisou Romanum,
comme l'ont rétabli certains mss. L'ordre logique des deux règle-
ments serait alors interverti : il aurait fallu commencer par dire
que l'évêque d'Ostie fut désigné pour être le consécrateur du pape,
avant de marquer qu'en cette qualité il fut décoré du pallium.
Mais il peut se faire aussi qu'il n'y ait rien à sous-entendre et que
l'auteur ait d'abord parlé d'autres consécrations épiscopales que
celle du pape. L'évoque d'Ostie a pu être le suppléant ordinaire
du pape pour ces cérémonies.
3. Et constitution...] Décret inconnu.
4. unam via Ardeatina] Cette basilique s'élevait sur le cimetière
de Balbine, comme on le voit en rapprochant deux passages de
cette notice, unam via Ardeatina ubi requiescit et sepultus est in
cymiterio Balbinae, via Ardeatina. Le cimetière a été retrouvé
en 1867 par MM. de Rossi, au N. et tout auprès de la nécropole
de Calliste (Bull. 1867, p. 1 et suiv.), mais il n'a pas encore été
exploré méthodiquement. Quant à la basilique, on en voyait en-
core les ruines en 1640 (De Rossi, Roma sott., t. III, p. 8-13); main-
tenant ces ruines elles-mêmes ont disparu. On la trouve marquée
dans les topographies du vu 8 siècle (De Rossi, Roma sott., t. I,
p. 180, 181), sans description, mais comme renfermant le tombeau
du pape Marc. Antérieurement aux topographes, il y en a une
mention dans l'inscription suivante, du milieu du v e siècle envi-
ron :
FELIX FASTINIAN
VS EMIT SIBI ET VX
ORI SVAE FELICITATI
FELICI FOSSORI
IN BALBINES BASILI
CA LOCVM SVBTE
GLATA SE VIBVM
(Muratori, p. mchlxx, 2 ; cf. De Rossi, Roma sott., t. I, p. 216 ;
t. III, p. 433, 544 ; ibid., p. 547, une autre inscription mentionnant
le CYMITERIVM BALBINAE).
S. et alia in urbe Roma] Cette église existe toujours, mais elle
ne conserve, que je sache, aucun monument, aucune construction
ou décoration sûrement attribuable au iv e siècle. Ses prêtres si-
gnèrent au concile de 499. Ses mosaïques et peintures furent citées
par le pape Hadrien 1er (794), comme documents de l'emploi des
imagos à Rome au temps du concile de Nicée (Conc, Hardouin,
t. IV, p. 812; Mansi, t. XIII, p. 801). M. de Rossi, dans son com-
mentaire sur la mosaïque de Saint-Marc, a signalé diverses par-
ties de cette composition qui peuvent remonter à une date anté-
rieure au pape Grégoire IV, qui renouvela l'église au ix e siècle.
6. iuxta Pallacinis] Ce nom de lieu apparaît déjà dans Cicéron :
• occiditur ad balneas Pallacinas rediens a coena Sex. Roscius »
(Pro Roscio Am., vu, 18). On a encore l'épitaphe d'un.... ANTIVS
LECTOR DE PALLACINE, mort peu après l'année 348, et en-
terré dans le cimetière de Priscille (De Rossi, Inscr. christ., U I,
n. 97). Il est à croire que l'indication de PaUacine se rapporte
ici à l'église où ce lecteur exerçait ses fonctions plutôt qu'à son
domicile. Sur le vicus Pallacinae t v. Iordan, Hermès, t II (1867),
p. 75.
7. basilicae quem cymiterium constituit] L'expression est fort
juste, car l'église de la voie Ardéatine était une basilique cimité-
riale, élevée dans une area ad sepulcra. Non seulement on enterrait
sous le sol do ces areae et à leur surface, mais dans leurs basi-
liques elles-mêmes et tout autour, sous les portiques extérieurs;
l'inscription citée, note 4, en est une preuve, puisqu'elle nous parle
d'un tombeau {locus) situé sub teg[u]lata, in Balbines basilica. La
tegulata est le toit recouvert de tuiles qui surmonte le portique
autour et en dehors de l'église.
8. fundum Rosarium] La voie n'est pas indiquée. M. de Rossi
(Bull. 1867, p. 4) conjecture que c'est le terrain même sur lequel
s'élevait la basilique; il rattache le nom Rosarius à l'usage funéraire
de la rosatio.
9. fundum Antonianum] Dans la passion d'un martyr Alexandre,
publiée par les Bollandistes, t. VI de septembre, p. 230 et suiv.,
il est question d'un empereur Antonin qui se fit bâtir, au dix-
septième mille de la via Cassia-Claudia, une villa dont une partie
portait le nom de praetorium Fusci. On a retrouvé, en effet, à cet
endroit, il y a quelques années, une villa antique, décorée de mo-
saïques, et, dans le sol, des tubes de plomb portant le nom de Sep-
timius Gela. M. de Rossi (Bull. 1875, p. 150) déduit de tout cela
que l'Anlonin de la passio Alexandri n'est autre qu'Antonin Gara-
calla ; il trouve une confirmation à cette hypothèse dans le fait que
le père de Pescennius Niger, compétiteur de Septime Sévère, s'ap-
pelait Annius Fuscus et que, après la mort de Niger, ses biens
passèrent dans la famille du vainqueur. Telle serait l'origine du
domaine Anioninien de la voie Claudia, auquel se rattache très
probablement le fonds mentionné ici.
10. fundum Baccanas, via Appia]. C'est le nom de la station ad
Baccanas, au vingt-et-unième mille de la voie Cassia-Claudia, d'après
l'itinéraire d'Antonin et la table de Peutinger. C'est auprès de cette
station que fut exécuté et enterré le martyr Alexandre, mentionné
dans la note précédente. Notre fonds se placerait aisément en cet
endroit si, au lieu d'être indiqué sur la voie Appienne, il l'était
sur la voie Claudia. Peut-être la liste des fonds a-t-elle été copiée
imparfaitement; on pourrait soupçonner une rédaction comme
celle-ci :
fundum Baccanas [via Claudia, praest. sol...
fundum J via Appiaj praest. sol. XL et tremis. IL
11. fundum Horrea] On trouve un fonds ainsi nommé dans le
registre de Grégoire II (Jaffé, 2227), mais au cinquième mille de
la voie Latine, et non sur la voie Ardéatine. Sur le nom Horrea,
M. Tomassetti donne l'explication suivante : « La denominazione
» non e difficile a spiegarsi per chi ricorda le costruzioni estesis-
» sime sulla spiaggia latina, destinate un tempo alla depositione
» délie derrate. Da considère voli ruderi dei granai marittimi pote
» nominarsi un fundo » {Arch. Rom., t. III, p. 143).
12. ordin. II per mens, decemb.] Bien que notre auteur attribue
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XXXV. MARCUS (336).
deux ans et huit mois à Marc, ce pape n'a pas siégé une année,
mais huit mois seulement, do février à octobre (v. note 1). Il n'a
donc pu célébrer l'ordination de décembre, pas môme une seule
fois. Sur ceci, cf. Introd., p. clx.
13. Qui etiam sepultus est...] Sur le lieu, voir la note i. L'ex-
pression ipse insistens fecit signifie que Marc prépara de son vi-
vant le cimetière en question ; insistens a donc ici un sens tout à
fait semblable à celui de son équivalent grec iv«<rco>ç. — Une ins-
cription conservée en mauvais état et sans indication de lieu dans
un recueil épigraphique du ix* bièele passe pour être l'épitaphe du
pape Marc. J'en doute beaucoup pour mon propre compte ; néan-
moins, l'identification étant acceptée par M. de Rossi (Inscr. christ.,
t. II, p. 108), je crois devoir la donner, avec les suppléments admis
♦n proposés par ce savant:
Insons) vita fuit Marci quant novimus omnes,
plenus am]ore Deiposset qui temnere mundum;
actis mori]s[t]ravit populus quod disceret omnis
parvus] honor vitae, grandis contemptus habendi;
intima sed] virtus tenuit penetralia eordis.
Iusti]t[ia]e custos, Christi perfectus amicus,
te colit] et Damasus, tumul[6] cum reddit honorent.
Hic Marcus Marci vita, fide, nomine consors
et meritis.
Ces vers n'offrent rien de ce qui caractérise l'épitaphe d'un
pape; il n'y est question que d'une belle vie, propre à servir
d'exemple. D'autre part Damase, pape de 366 à 384, n'aurait guère
pu dire que tout le monde à Rome connaissait la vie d'un pape
mort en 336, trente ans au moins avant le moment où il écrivait,
et qui n'avait siégé que huit mois.
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XXXVI. IULIUS (337-352).
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IULIUS, nalione Romanus, ex pâtre Rustico, sedit ann. XV m. II d. VI. Fuit autem temporibus Constantini filii I 50
Constantini heretici a consulatu Feliciani [337] et Maximini. Hic militas tribulationes et esilio fuit mensibus X ; et
post huius Constantini mortem cum gloria reversus ad sedem beati Pétri apostoli. Fecit basilicas II, una in urbe il
Roma iuxta forum et altéra trans Tiberim, et cymiteria III, unum via Flamminea, alium via Aurélia et alium via
s Portuense. Hic constitutum fecit ut nullus clericus causam quamlibet in publico ageret, nisi in ecclesia, et notitia m
quae omnibus pro fîde ecclesiastica est per notarios colligeretur, et omnia monumenta in ecclesia per primicerium
notariorum confectio celebraretur, sive cautiones vel extrumenta aut donationes vel conmutationes vel traditiones
aut testamenta vel allegationes aut manumissiones, clerici in ecclesia per scrinium sanctum celebrarentur. Hic fecit IV
ordinationes III in urbe Roma per mens, decemb., presbiteros XVIII, diac. IIII; episcoposper diversa locaVIIH.
10 Qui etiam sepultus est via Aurélia, in cymiterio Galepodi, miliario III, prid. id. april. Et cessavit episcopatus
dies XXV.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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Q.
1 Iulianus B« — an. XI A56C 2 "E — d. V A*« : VII B 23 *C 2 E —
Constantini filii om. B 6 — Constanlii heretici filii Constantini E
— 2 Fechiani ex Maximini C 3 — Maxiraiani B23«C 12 : Masimi E
— Hic <in > E — multas-et om. A 1 — raultas < habuit> AW
— tribulationes < passus est > A 3 — et om. B^^D — et < in >
A5« — fuit om. A2 — 3 Constantii E — morte B 6 — reversus
est A^B 5 : est reversus E — apostuli A 1 — duas bas. E — II om.
D — una AC* — in urbe Roraana un. iux. E — in urbem Ro-
main A 1 : om. BCD — A alia A 3 — altéra trans Tiberim] aliam
via Flaminia BCDE (alia C 3 E — viara B 3 — Flamminea B*C 2 E :
Flammineam C 1 ) — < fecit autem > et cym. E — et cym.-
Portuense] terciam iuxta viam Portuense C* — IIII C 3 — et
cym.-Flamminea om. C 1 [suppl. C*) — Flaminia B- 3 — < et >
alium E — via om. B* — Aurilia C 3 — et] atque E — 5 Portu-
nense Bi : Aportuense B« : Portuensi E — constituit B* — pu-
blicum A 3 : populo B 1 — ageretj dicere C 2 : diceret C 4 — eccle-
siae B*E — 6 pro om. B s — fidem A* — ecclesiastica A'E 13 :
aecclesiasticae A 2 : aecclesiae A 3 : om. cet. — est om. A 3 — nota-
rius B»* : notus E — colligetur A* : collegeretur BiC 1 : allige-
returD — monumenta ecclesiae D — ecclesiam E 13 — 7 con-
fectione A 3 : confeccio C 3 : confecta E 13 — caelebraretur B 3 C 23 :
celebrarentur A 2356 E 13 — cautionis... donationis, etc. C 1 — cau-
sationes E 1 — instrumenta B*C 23 D : strumenta B 2 — aut- testa-
menta om. C 2 — aut] vel B* — domitiones B 6 — commotiones
A 2 : conmotationes B 6 — seu trad. A 3 — 8 aut testamenta om.
C* — aut] vel B» — alligationes B*C 2 E : collegationes B* — aut]
vel B 1 — manomissionis A 1 : manumissionis C 12 — < et ut >
clerici A* : clerici <et ut> A 6 — ecclesiam E 3 — scriniarium E
— sanctae D : sanctum < ecclesia > B 3 : sanctae sedis E la
— celebraretur BCDE 3 (cael. B 3 C 3 ) : celebrarent E 1 — 9 in urbe
Roma om. A356 _ Roraana E — XVIIU C 23 * — Vllll AB*Ci3 :
VIII B3D : numéro VIUI cet. — 10 est om. A 1 — in via A 2 —
Caleponi A 2 : Calipodi A56B 23 : Calepodo B« : Calepodii C*E :
Calopodii C 2 — mil. < ab urbe Romana > E — 11 diebus E.
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NOTES EXPLICATIVES.
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i. Fuit autem...] Catalogue libérien : * Fuit temporibus Constan-
» tini, a consulatu Feliciani et Titiani [337] ex die VIII id. febr.
• in diem prid. id. april., Constantio V et Constantio Caes. [352] »
— Dans la première édition du L. P., on lit : « Fuit autem tempori-
» bus Constantini et Feliciani et Maximini ». Ici le premier et est
remplacé par le développement filii Constantini, déduit do la phrase
suivante, mais les mota a consulatu ont reparu. On voit quel dé-
gât a subi le reste du texte.
2. Hic multas-apostoli] C'est l'histoire de Libère, transportée, non
sans de graves modifications, à son prédécesseur. Cf. Introd.,
p. cxx, cxxni.
3. Fecit basilicas...] Ici commence rénumération des basiliques
fondées par lo pape Jules. Ce sont les mêmes que mentionne le
catalogue libérien (p. 9), mais en d'autres termes et dans un ordre
différent. Le I. P. les classe en deux catégories, les églises de la
ville, basilicas, et les églises cimitériales suburbaines, cymiteria.
4. una in urbem Romam iuxta forum] Cat. libérien : « basilicam
» Iuliam, quae est regione VII iuxta forum divi Traiani ». Cette
basilique doit être cherchée vers le point où la région VII» d'Au-
guste confinait au forum de Trajan, lequel était dans la VIII», c'est-
à-dire du côté de la place actuelle des SS. Apôtres. Aller au delà
de cette place, vers le nord, est impossible, car on tomberait sur
l'emplacement de la caserne de la première cohorte des vigiles,
déterminé par M. de Rossi {AnnaU dell' Istituto arch., 1858, p. 272)
comme s'étendant de la place de la Pilotta jusqu'auprès de l'église
S. Marcello; du reste, on ne serait plus iuxta forum divi Traiani.
Il s'agit donc de l'église des SS. Apôtres, rebâtie par Pelage I" et
Jean III (v. 561) en l'honneur des saints apôtres Philippe et Jacques.
Il est possible qu'elle ait déjà porté ce vocable à la fin du v* siècle.
Dans les signatures du concile romain de 499, on rencontre celles
des prêtres du titulus Iulii et du titulus Apostolorum; les premiers
étaient probablement attachés à l'église de Jules au Transtévère ;
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XXXVI. IULIUS (337-352).
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les autres, à moins d'admettre que la basilique des apôtres, sur
l'Esquilin ait été alors un titre paroissial, doivent être considérés
comme les desservants de la basilica Iulia iuxta forum Traiani.
5. et alteram irons Tiberim] Cat. libérien : « basilicam trans Ti-
berim, regione XIIII, iuxta Gallistum. » — La basilique actuelle
de S. Maria in Trastevere, rebâtie sous Grégoire IV et sous Inno-
cent II. Le pavé en ayant été refait à neuf en 1865-66, on mit à dé-
couvert des constructions du ix° siècle, appartenant aux travaux
de Grégoire IV ; M. de Rossi y distingua aussi des vestiges de
l'église du iv« siècle {Bull. 1866, p. 76). La basilica Mi trans Ti-
benm est mentionnée dans la préface du Libellas precum (Migne,
P. L., t. XIII, p. 81) comme ayant été envahie par l'antipape Fé-
lix II et ses partisans, vers l'automne de l'année 358. C'est sans
doute aussi cette basilica Iuli où, d'après le môme document, eut
lieu, le 22 septembre 366, l'élection d'Ursinus, compétiteur de
Damase, et sa consécration par l'évoque de Tibur. Elle fut réparée
par le pape Gélestin (422-432; v. sa notice), post ignem Geticum,
c'est ù-dire après le passage d'Alaric. Sur son clergé, v. la note
précédente ; cf. Calliste, note 4, p. 142. — Dans ses Musaici, M. de
Rossi signale une inscription de S. Maria trans Tiberim, qui nous
a été conservée dans un recueil épigraphique du ix« siècle, formé
entre les années 821 et 846 (Inscr. christ., t. II, p. 151; cf. p. 143).
Elle est ainsi conçue :
Haec domus est Chrisli semper mansura pudori
lustitiae cultrix plebi servavit honorem.
M. de Rossi trouve dans ces vers une « saveur » convenant au
temps du pape Jules ; il voit même dans le premier une allusion à
la taberna meritoria devenue église chrétienne (v. ci-dessus, p. 142).
Cette allusion n'est pas claire pour moi : la basilique du Vatican
a été appelée aussi aula pudoris dans une inscription du iv« siècle
(Silvestre, note 64, p. 195), sans que cette expression fût en rap-
port avec des circonstances locales particulières.
6. unum via Flamminea] Cat. libérien : « basilicam in via Fla-
» ininia, mil. II, quae appellatur Valentini. » — La basilique du
martyr saint Valentin, située sur la voie Flaminienne, à droite en
deçà du pont Milvius. Elle fut refaite sous les papes Honorius et
Théodore, au vn e siècle; aussi les itinéraires lui donnent-ils une
mention spéciale : « basilica magna, quam Honorius reparavit,
» eeclesia mirifice ornata » (De Rossi, Roma sott., t. I, p. 176). Au
xiv° siècle elle était en ruine, sine mûris, et Bosio, en 1594, n'en
vit que quelques murailles que l'on détruisit presque entièrement
peu après (Roma sott., t. III, p. 65). M. Orazio Marucchi a dernière-
ment retrouvé ces ruines, une partie de l'abside, quelques traces
de murs et une base de colonne encore en place (De Rossi, Bull.
1877, p. 59). Il a aussi exploré le cimetière souterrain et ses pein-
tures (La cripta sepolcrale di S. Valentino sulla via Flaminia,
Rome, 1878) ; dans le cimetière supérieur à fleur de sol, où s'éle
vait la basilique de Jules, il a trouvé une épitaphe datée de l'an-
née 359, sept ans à peine après la mort de ce pape (l. c, p. 62).
7. alium via Aurélia] Cat. libérien : a basilicam in via Aurélia,
mil. III, ad Callistum. » C'est évidemment celle où il fut enterré,
auprès du pape Calliste ; elle s'élevait au-dessus du cimetière de
Calépode (Calliste, note 6, p. 142).
8. alium via Portuense] Cat. libérien : « basilicam in via Por-
tuense, miliario III ». C'est, on ne peut guère en douter, la basilique
de saint Félix, qui s'élevait sur l'ancien cimetière ad insalatos (De
Rossi, Roma sott. t t. I, p. 131, 182; cf. Bull. 1878, p. 46). Cf. Introd.,
p. CXXIII.
9. ut nullus clericus] Nouvelle prohibition de porter les causes
civiles des clercs devant les tribunaux séculiers (Silvestre, note 23,
p. 190).
10. et notitia] Les mots notitia—colligeretur indiquent d'abord en
gros ce dont le reste de la phrase donne l'explication détaillée.
Pour la rédaction et la célébration des actes publics, les clercs sont
obligés de recourir aux bureaux ecclésiastiques (scrinium sanctum);
c'est par devant le primicier des notaires que sont rédigés et lé-
galisés les testaments, les chartes de donation, d'affranchisse-
ment, etc. Pour tous ces actes les laïques s'adressaient ordinaire-
ment à la curie municipale. Quant aux clercs, aucune loi de l'État
ne leur interdisait d'en faire autant; on ne voit pas non plus que
des lois ecclésiastiques les aient obligés à recourir en pareil cas à
la curie épiscopale. L'usage cependant pouvait avoir introduit
cette obligation ; il n'en subsiste, en tout cas, aucun autre témoi-
gnage que celui-ci. Pour en apprécier exactement la valeur, il faut
se rappeler l'animosité dont les curies municipales sont l'objet
dans le Constitutum Silvestri (can. 16, ci-dessus, p. cxxxvii). Moins
vif dans l'expression, le L. P. porte cependant la trace de senti-
ments analogues. La concurrence ne pouvait manquer d'exister
entre le scrinium civil et le scrinium sanctum : il est assez naturel
que la cause de celui-ci ait été défendue, à l'occasion, par les gens
d'église. Cf. De Rossi, La biblioteca délia Sede aposlolica, dans les
Studi di storia e diritto, t. V (1884), p. 340. — Les cautiones étaient
des reconnaissances de dettes ou obligations d'autre nature; les
plus importantes étaient celles que les évoques devaient laisser
entre les mains du pape, après leur ordination (Liber dium., m, 7)
ou qu'on leur faisait signer dans certaines circonstances extraor-
dinaires (Greg. M. ep. rv, 2). — Instrumenta (extrumenta) est ici un
terme générique sous lequel semblent se ranger les six qui suivent.
11. m cymiterio Calepodii] Dep. episcoporum : « in via Aurélia,
miliario III, in Calisti ». Le cimetière n'ayant pas encore été ex-
ploré méthodiquement, on n'a point retrouvé le tombeau de Jules,
ni son épitaphe. Ce tombeau était dans la basilique supérieure,
« in superiori domo, » dit l'itinéraire de Salzbourg (De Rossi,
Roma sott., 1. 1, p. 182).
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XXXVII. LIBERIUS (352-356-).
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XXXVII
LIBERIUS, natione Romanus, ex pâtre Augusto, sedit ann. VI m. III d. 1 1 II . Fuit autem temporibus Constantini i 51
filii Constantini usque ad Constantio Aug. III. Hic exilio deportatur a Constantio eo quod noluisset heresi arrianae 11
consentira, et fecit in exïlio annos III. Et congregans sacerdotes cum consilio eorum Liberius ordinavit in locum
eiusFelicempresbiterum episcopum, venerabilem virum. Et fecit concilium Félix et invenit duos presbiteros con-
K sentientes Constantio Augusto arriano, nomine Ursacium et Valentem, et damnavit eos in concilio XLVIII episco-
porum. Post paucos autem dies zelo ducti Ursacius et Valens rogaverunt Constantium Augustum ut revocaret m
Liberium de exilio, ut unam tantum communionem participait, extra secundum baptismum. Tune missa auc-
toritate per Catulinum agentem in rébus et simul Ursacius et Valens venerunt ad Liberium. Qui Liberius consensit
praeceptis Augusti ut unam tantum participatio communionis conveniret cum hereticis, tantum ut non rebapti-
10 zarent. Tune revocaverunt Liberium de exilio. Rediens autem Liberius de exilio, habitavit in cymiterio sanctae iv
Agnae apud germanam Constanti Augusti, ut quasi pereius interventionem aut rogatu rediret Liberius in civitatem.
Tune Constantia Augusta, quae fîdelis erat domino Iesu Christo, noluit rogare Constantium Augustum germanum
suum, quia senserat consilium. Eodem tempore Constantius una cum Ursacio et Valente convocaverunt aliquos v
qui ex fece arriana erant, et quasi facto concilio misit et revocavit 1 * Liberium de cymiterio beatae Agnae. Et in-
15 gressus Roma, in ipsa hora Constantius Àugustus fecit concilium cum hereticis, simul etiam Ursacium et Va-
lentem, et eregit Felicem de episcopatu, qui erat catholicus, et revocavit Liberium.
Ab eodem die fuit persecutio in clero ita ut intra ecclesiam presbiteri et clerici necarentur et martyrio corona- 52
rentur. Qui depositus Félix de episcopatum habitavit in praediolo suo via Portuense, ubi et requievit in pace H II
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Ligusto A123 — an. X A56C 23 *E — m. VII d. III C23<E —
Constantini om. B"» — Constantini filii om. A ! B» — Constantii
filii Constantini A 56 E — 2 ad Constantinum aug. tertium E —
Constantium B 1 — aug. om. B l — III om. C 34 — Hic om. B 1 ^
(suppl. c 1 ) — aj ad B 6 — noluissit A 1 — arriani B 6 : ariane C 13 :
arriana E — 3 sentire B23SC1D : consitire C 3 — fecil] fuit A 3 B5
— an. II E — congregati A5« : congrecans B* — eorum FA :
suo BCDE— in loc. s. ordin. A 23 5G— ordinavit KA* 3 » 8 : ordinave-
runt FA2BCDE — 4 eius] suum A 23 56 — presbiterorum B* — et
om. B 1 — concilio A* 3 : consilium A 6 B G E — duo A 1 — 5 Cons-
tantiuo A 56 — nomine om. A^ — Ursatium Ai3JGB 3 -N>DE : Ursatio
C 2 — damnavit] eregit BCE (exegit Bi : erigit B») — XLVII1I
B« — 6 ductus C2 — Ursatius B356Q23DE — Valentcs E — Aug.
om. B6 — revocarit A* : reducaret C 3 — 7 ut] ctC 2 — unum C* :
una B 6 E — commonem C 3 : consumatione E — parlicipavër A 1 :
participarent A 356 E — auctoritatem B5 — 8 Catholinum C 1 —
Ursacius et Valens A*23 ; Ursacium et Valentem cet. — Liberius
om. E — 9 Augusti om. BCDE — unam A'Bi'C 3 : unum B<* : hanc
C 2 : una cet. — tantum om. BCDE — parlicipatione A 23 56 : par-
ticipationem C 2 — commonitionis C 1 : commonionis C 3 — conv.
comm. BCDE — convenirent A36C 23 — ut] et A 2 : om. A* — non
om. C 2 — rebaptizaret A 2 : rebaptizaretur A 6 : baptizarenl A 3 B*
— 10 Tunc-cxilio om. E — Rediens-exilio om. C 11 {suppl. ci)
— de exilio om. A — babitabit A*C 3 — cymelirio B* — sanc-
tae] beatae A— il Agnes A1256 : Agnen A 3 : Agne C 3 : Agnetis
E — aput A* 2 B 6 — germanum D — Constanti A* 3 : Constantii
A 2 5 6 C 2 *E : Constantis BC 13 D — per om. A56 — intervenlione A*« :
inventionem A 3 C 2 — aut om. A 23 : vel Bi — rogatus A* 23 C* :
rogatum C 2 — civitate A* 23 — 12 Constantia ABiC 2 *DE : Cons-
tantina cet. — quae] quia A 2 — rogaret A 2 — 13 Constantius
aug. B6 — Ursatio A«s« : Ursacio A 2 B* : Ursatium B 3 «C 2 : Ursa-
cium cet.— Valente A 23 56BiE : Valentem cet.— 14 fice Ci (corr.) :
fecae C 3 — arriani C 2 — cymiterium A* — sanctae E —
Agnes A25<» : Agne A 3 B 5 C 3 : Agnetis E — et] qui dum ingres-
sus esset A 2 — 15 Roma A* 3 BiC 3 : Romam cet.— hora om. B 4 —
fecit Const. aug. AE (aug. om. E) — concilium AB 3 : consilium
cet. — hereticos C 3 — < cum > Urs. A5 fi BCDE — Ursacius cum
Valente A 3 — Ursacio A* 2 ?* : Ursatium B«C 2 : Ursacim C 3 : Ur-
satio DE— Valente A 23 56DE— 16 egecit A 2 E: eiecit A'^CJ : ré-
git C 2 — episcopatum Ai — erat < episcopus > A 6 — 17 ec-
clesia C 3 — negarentur B 6 C 3 — et martyrio coronarentur om.
A^C 1 (suppl. ci) — 18 episcopatum A*B 4 : episcopato B 2 : epis-
copatu cet. — babitabit C 3 — prediolo C 2 — Portunense C*
(corr.) — Portuensi E — in pace-Roma om. B 5 — in pace om.
A2356 _ mi] III A 2 : om. A« —
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208 XXXVU. LIBERIUS (352-366).
vi kal. aug. Ingressus Liberius in urbe Roma IIII non. aug. consensit Constantio heretico. Non tamen rebaptizatus
est Liberius, sed consensum praebuit, et tenuit basilicas beati Pétri etbeati Pauli et basilicam Constantinianam
• annos VI, et persecutio magna fuit in urbe Roma, ita ut clerus et sacerdotes neque in ecclesia neque in balnea
VU haberent introitum. Hic Liberius ornavit de platomis marmoreis sepulchrum sanctae Agnae martyris. Omnes
vin itaque anni Felicis in huius ordine dinumerantur. Hic fecit basilicam nomini suo iuxta maçellum Libiae, et fecit 5
ordinationes II in urbe Roma per mens, decemb., presbiteros XVIII, diaconos V; episcopos per diversa loca XVIIII.
Qui etiam sepultus est via Salaria, in cymiterio Priscillae, V id. sept. Et cessavit episcopatus dies VI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
I Tybcrius R« — in om. A 3 — Romana E — conscnsil] qui
etiam consentions BCD — Constanlino B» — 2 sed consensum
pracbuit om. A*2V — basilicam E — Pétri < apostoli > E —
beati ante Pauli om. A^B'» — basilicam om. C 1 — 3 an. VI
At23C* : VU cet. -— fuit magna BCD — Romana E — cleros
A 2 : clerici À 6 BCDE — et sacerdotes om. A 3 — neque in ec-
clesia om. C 2 — ecclesias E — balneas C 3 — 41iabent A 3 —
latomis A* 6 : platumis B'c^C 3 : platonnis B 6 : plalunis C 12 :
platinis E — marmoreis < pétris > E — Agnaes A* : Agnes
A25 : Agnetis A 3 «E : Agnae B'C 2 : Agne cet. — martyres A» :
martiris B* — 5 annos B^ciC 23 — huius] cius BCDE — or-
dine AD : ordinem B" j6 C 23il : ordinationo B^E : ordinationem
cet. — denumerantur BCD — fecit-Libiae et om. BCD — et
hic E — 6 in urbe Roma om. A — Romana E — p. m. d.
in u. R. C 2 — presb. XVIIII A 2 B« — diac.-XVIIH om. B*Ci
(diac. V suppl. ci) — loca om. B : > — num. XVIIII C 2 — 7 Sa-
lutaria & — in cym. Pr. v. Sal. E — Priscille A* — VIII kal.
mai. A56BCDE (VII B23C 2 ) — d. VII E.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Fuit autem...] Le catalogue libérien n'a pu donner que la date
initiale : « Fuit temporibus Constantii, ex die XI kal. iun. in
diem , a consulatu Constantio V et Constantio Caes.
cons. [352]. » — La première édition a conservé le nom de
Constance, tandis que la seconde fait reparaître ici le Constaniinus
filius Constantini de la notice précédente. Mais, dans Tune comme
dans l'autre, la date consulaire est corrompue et transportée du
commencement du pontificat à la fin.
2. Hic exilio — introitum] Sur ce récit, absolument contraire à
l'histoire, v. Introd., p. cxx et suiv.
3. a Constantio] Le second éditeur, qui a corrigé en Constantin
le nom de Constance, au commencement de la notice, a oublié de
répéter cette correction dans la suite du texte, de sorte que Cons-
tance réapparaît ici, conformément à la première édition.
4. in exilio annos III] Jusqu'ici on est encore à peu près dans la
vérité. Libère, enlevé de Rome vers la fin de l'année 355, y rentra
avant l'automne 358.
5. Et congregans — virum] Rien de plus faux. Ce n'est pas par
l'initiative de Libère, ni avec sa participation, mais contre sa vo-
lonté et contre tout droit que Félix fut ordonné dans le palais
impérial, à Milan sans doute. Saint Athanase (Hist. Arian. ad mona-
chos, 75) qualifie cet acte de irapd8oÇov xat à)^8wç ôjAotojjta rfa 'Avct-
Xpforou xaxovofoç. Trois eunuques furent, dit-il, chargés de repré-
senter le peuple ; Épictète, évêque arien et scandaleux de Centum-
cellae, joua dans cette affaire un rôle fort important; Acace, évoque
de Césarée en Palestine, l'un des chefs du parti arianisant, présida
à la cérémonie (Saint Jérôme, De Viris, 98).
6. Et fecit concilium — ut non rebapiizarent] Ursace et Valens,
évoques, l'un de Singidunum (Belgrade), l'autre de Mursa (Eszek),
. les principaux meneurs de la coterie arienne en Occident, sont ici
transformés en prêtres romains. Us furent condamnés plusieurs
fois par des conciles, à Sardique et à Milan, mais jamais du temps
de Félix, ni surtout par lui, car" il fut toujours en communion
avec eux et ne fut même ordonné qu'à la condition de les recon-
naître. , ,
7. Post paucos autem — baptismum] Ceci est plus d'accord avec
la vérité. Indépendamment des concessions faites à Bérée, en 357,
sur lesquelles il n'y a pas lieu d'insister ici, Libère, rappelé en 358
de son exil et transféré à.Sirmium, signa un acte dirigé avant tout
contre les manœuvres des anoméens ou ariens intransigeants, mais
où le terme d'ôpooûfftoç était écarté, comme susceptible d'interpréta-
tions erronées. Cette profession de foi, rédigée par Basile d'An-
cyre, c'est-à-dire par un des plus modérés d'entre les prélats orien-
taux, reçut, outre la signature du pape, celle d'Ursace, de Valens
et de quelques autres prélats de diverses nuances (Sozomène, B.
E., iv, 15). — La restriction extra secundum baptismum [excepta
rebaptizare, 1'* éd.) est bien conforme aux usages de la fin du v« siè-
cle et du vi c . Les Ariens d'alors, comme on peut le voir, pour les
Vandales d'Afrique par Victor de Vite et par le concile romain
de 487, pour les Ruges du Danube par la vie de saint Séverin, c. 8,
pour les "Wisigoths d'Espagne par Grégoire de Tours, Oist. Fr.,
y, 39, etc., rebaptisaient tous les catholiques qui passaient à leur
secte, de gré ou de force.
8. ageniem in rébus] Les agentes in rébus étaient, depuis Dioclé-
tien, des agents de la police impériale centrale, dépendant du ma-
gister officiorum, qui les employait souvent à des missions au de-
hors (Voir l'article de M. Humbert dans le Dictionnaire des anti-
quités de Saglio, t. I, p. 132).
9. Tune revocaverunl...] L'auteur du récit ne distingue pas entre
les deux phases de l'exil de Libère, son exil proprement dit, à Bé-
rée en Thrace, et son séjour à Sirmium, d'où il finit par être ren-
voyé à Rome vers l'été de 358.
10. Rediens — senserat consilium] Gomme on le voit plus loin, Li-
bère fit exécuter des travaux à Sainte- Agnès; c'est sans doute ce
souvenir qui a porté le légendaire à le faire s'arrêter en cet endroit
avant sa rentrée à Rome. Le mausolée constantinien et l'inscription
dédicatoire de Constantina dans la basilique agnésienne lui auront
donné l'idée de faire intervenir une princesse de la maison de
l'empereur. Mais, en 358, aucune des princesses qui ont porté le
nom de Constantia ou de Constantina n'était vivante : Constantia,
la sœur de Constantin, était morte avant lui, vers 328; Constan-
tina, la femme d'Hannibalien et de Gallus, avait été enterrée en 354;
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XXXVII. LIBERIUS (352-366),
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Constantia, la femme de Gratien. n'était pas encore née. C'est évi-
demment de la seconde de ces princesses qu'il s'agit. Remarquer
que le L. P. ne lui donne pas la qualité de vierge qu'elle a dans la
passion de sainte Agnès et dans celle des saints Jean et Paul
(Cf. Silvestms, note 80, p. 196).
lt. Eodem tempore Constantius] Depuis la réunion de Sirmium,
on 358, jusqu'après la mort de Constance (361), l'histoire de l'église
romaine est très peu connue. Saint Jérôme et la préface du Libel-
lus precum nous disent bien quo Félix fut chassé aussitôt l'arrivée
de Libère. Mais ceci paraît avoir été fait contrairement à la vo-
lonté de l'empereur et aux dispositions arrêtées à Sirmium, du con-
sentement de Libère lui-même. Sozomène, en effet [H. E., iv, 15),
qui a eu sur cette affaire des documents officiels et de première
main, rapporte que « les évêques réunis à Sirmium écrivirent à
» Félix qui gouvernait alors l'église romaine et au clergé de cette
» ville qu'ils eussent à recevoir Libère; que les deux évêques oc-
» cupe raient ensemble le siège apostolique et feraient d'accord les
» fonctions sacerdotales ; qu'il fallait jeter dans l'oubli tous les évé-
» nements fâcheux qui s'étaient produits à propos de l'ordination
» de Félix et de l'absence de Libère. » — Sozomène continue en
disant que Libère, « pour sa bonté et la générosité avec laquelle il
» avait défendu la foi devant l'empereur, était aimé du peuple de
>» Rome; aussi y eut-il une grande émeute où l'on alla jusqu'à ré-
» pandre le sang. Félix survécut peu à ces événements et Libère
» présida seul à l'église. Dieu arrangea ainsi les choses afin que la
>• gloire du siège de Pierre ne souffrit pas de ce double gouverne-
» ment, car c'est là un signe de discorde et une chose étrangère
» aux règles ecclésiastiques. » — Sozomène atteste donc qu'il y eut
des désordres à la rentrée de Libère. L'empereur écrivit de son
côlé une lettre dans le môme sens, qui fut lue en plein cirque, mais
accueillie par des clameurs hostiles et tournée en dérision (Théo-
doret, //. E., n, 17). Cela résulte aussi, quoique indirectement, de
ce que l'église romaine ne fut représentée ni par Libère, ni par
Félix, ni par aucun légat, au concile de Rimini, l'année suivante,
en 359. Une telle abstention est évidemment l'indice d'une situa-
tion locale fort troublée. Un peu plus tard, en 360, Basile d'Ancyre
fut condamné par le concile arianisant de Constantinople. On lui
reprocha, entre autres choses, d'avoir été cause des événements
qui s'étaient passés à Rome, twv ici pi «cty 'PwjiaCwv IxxXr.criav aujx-
fiivwuv (Sozomène, H. E., iv, 24), c'est-à-dire, si je comprends bien,
de s'être intéressé au rappel de Libère, qui donna lieu à ces trou-
bles. Du reste, même en l'absence de tout témoignage, on devrait
encore admettre des scènes violentes, du moment où les arrange-
ments pris par l'empereur furent déconcertés par l'intervention du
populaire. Il y a donc un fondement à cette partie de notre récit.
12. in praediolo suo via Portuense] Sur cette indication de lieu,
v. Introd., p. cxxm. Félix et son parti firent, peu après leur expul-
sion, un retour offensif et s'emparèrent de la basilique transtibé-
rine de Jules. Le choix de cette église s'harmoniserait assez bien
avec un séjour de l'antipape sur la voie de Porto ou dans quelque
autre partie de la banlieue, du côté de l'ouest.
13. //// kal. aug.] La fête du saint Félix de la voie de Porto se
célébrait en effet le 29 juillet (Introd., p. cxxiv). Ce n'est évidem-
ment pas la date obituaire de Félix II, car il mourut Valentiniano
et Valente cons., X kal. decemb. (22 novembre 365; Libetl. prec, pré-
face).
14. Ingressus — //// non. aug.] Cette date n'est pas en désaccord
avec le peu que l'on sait de la chronologie des événements dont il
est ici question. Libère se trouvait à Sirmium vers Pâques; il ren-
tra à Rome entre cette date et le commencement de l'hiver, dans
la troisième année après son départ.
15. annos VI] Libère survécut huit ans à son rétablissement
(358-366).
16. Hic Liberius — Âgnae martyris] La basilique de Sainte-Agnès
ayant été renouvelée sous les papes Symmaque et Honorius, il
n*est resté aucun vestige des embellissements du pape Libère.
Liber poktificalis.
L'inscription de Cohstantina, conservée dans les mss. de Pru-
dence (v. ci-dessus, p. 196), est probablement antérieure à son
pontificat. — Platoma. Ce mot parait n'être que la transcription
d'un nom grec icXdT<i>|ia; on le rencontre avec la même orthographe
dans Cassiodore, Var., III, 9, et dans Épiphane le scholastique
(Hist. tripart., II, 18); un des textes insérés dans les Gromatici ve-
teres de Lachmann, Berlin, 1848, p 343, 1. 9, fournit la forme pla-
tuma, identique en somme à platoma. Quant à l'orthographe pla-
tonia, communément admise, elle n'a pas de documents autorisés.
17. Omnes — dinwnerantur] Cette remarque semble supposer que
la notice de Félix n'existait pas encore quand elle a été écrite. Cf.
Introd., p. cxxv. Remarquer aussi que, dans les rédactions ac-
tuelles du L. P., il y a une vacance entre Libère et Félix et une
autre entre Félix et Damase. Ces vacances, disposées aussi mala-
droitement que possible, correspondent à l'idée que Félix a été le
successeur de Libère et le prédécesseur immédiat de Damase. Cette
idée n'a pu venir qu'à un esprit distrait, qui avait oublié que l'épis-
j copat de Félix tombait tout entier dans les limites de celui de Libère.
I L'auteur de la notice de celui-ci, qui fait expressément cette rc-
I marque, ne peut donc être le même que celui de la notice de Félix.
j 18. Hic fecit basilicam — Libiaé] Le Macellum Liviac [Liviani dans
' les régionnaires), était un vaste marché situé dans l'antique forum
Esguilinum (Appien, Bell, civ., I, 58 ; C. I. L., t. VI, 1662, 9119, 9180).
devant la porta Esquilina de l'enceinte de Servius. La porte Esqui-
line est marquée actuellement par l'arc de Gallien qui lui a suc-
cédé (Lanciani, dans le Bull, comunale, t. III, p. 191 et suiv., pi. xx);
l'église S. Vito, appuyée sur un des côtés de cet arc, s'appelait au-
trefois ecclesia S. Viti in macetlo (Urlichs, Cod. U. B. top., p. 141).
Il n'y a donc aucun doute sur sa situation, un peu au S.-E. de
Sainte-Marie-Majeure. Fondée par Libère, cette dernière basilique
porte encore actuellement son nom. Elle eut beaucoup à souf-
frir des troubles qui accompagnèrent l'élévation de Damase au
pontificat. Les partisans d'Ursinus s'y étant installés, elle soutint,
le 26 octobre 366, un véritable assaut de la part des partisans de
Damase (Ammien Marcellin, xxvn, 3 ; Libell. precum, dans Migne,
P. L., t. XIII, p. 82; saint Jérôme, Chronique, p. 197 Schœne; enfin
le rescrit impérial de restitution, dans Baronius, ad ann. 36S, § 2;
il porte, dans le ms. d'où il a été tiré, la rubrique Ubi redditur
basilica Sicinini; cf. De Rossi, Bull. 1871, p. 21). En rapprochant
ces textes, on voit que la basilique s'appelait aussi Sicininum
ou basilica Sicinini. Elle fut rebâtie par Xystus III, sous le
vocable de sainte Marie. Peu après les événements de 366, entre
367 et 375, le Macellum Liviae fut restauré par ordre des empereurs
Valentinien, Valens et Gratien (C. /. L., t. VI, 1178). C'est Bans
doute à la fondation de la basilique libérienne que se rapporte l'in-
dication des Gesta Liberii (v. ci-dessous, note 20) sur une absis
bâtie par lui in urbe Borna, in regione quinta. Sainte-Marie-Majeure
est en effet dans la cinquième région d'Auguste.
19. in cymiterio Priscillae] Les topographes ne mentionnent pas
son tombeau, bien qu'ils marquent ceux des autres papes du iv e et
du v° siècle qui furent enterrés dans le même cimetière. Cette ex-
ception doit être en rapport avec le tort que les légendes féli-
ciennes firent à la réputation de Libère; le tombeau de Vigile a été
l'objet d'une prétention du même genre. — L'épitaphe suivante,
copiée au vue siècle, très probablement dans un des cimetières de
la voie Salaria, nous a été conservée par la Sylloge Centulensis, en
deux exemplaires (De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 83, 85); bien
que le nom de Libère n'y soit pas exprimé, il y a de graves raisons
de la rapporter à ce pape :
Quam Domino fuerant devota mente parentes
qui confessorem talem genuere potentem
atque sacet'dotem sanctum, sine felle columbam,
divinae legis sincero corde magistrum.
5 Haec te nascentem suscepit eclesia mater
uberibus fidei nubiens de[vot]a beatum
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XXXVII. LIBERIUS (352-366).
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qui pro se passurus era[s] mala cuncta libenter.
Parvulus utque loqui coepisti dulcia verba,
mox scripturarum lector pius indole factus,
10 ut tua îingua magis legem quant verba sonaret;
dilecta a Domino tua dicta infantia simplex,
nullis arte dolis sceda fucata malignis
officio tali iusto puroque legendi.
Atqite item simplex adotescens mente fuisti,
15 maturusque animo ferventi aetate modestus
remotus, prudcns, mitis, gravis, integer, aequus :
haec tibi lectori innocuo fuit aurea vita.
Diaconus hinc factus iuvenis meritoque fideli
qui sic sincère, caste integreque, pudice,
20 servieris sine fraude Deo, \qui] pcctore puro
atque annis aliquot fueris levita severus;
ac tali iusla conversatione beata
dignus qui merito inlibatus xure perennis
huic tantae sedi Christi splendore serenae
25 electus fidei plenus summusque sacerdos,
qui nivea mente immaculatus papa sederes,
gui bene aposlolicam doctrinam sancte doceres
innocuam plebem caetesti lege magister.
Quis [t]e tractante sua non peccata reflebat?
30 In synodo, cunctis superatis vicior iniquis
sacnlegis, Nicaena fides electa triumphat.
Contra quamplures certamen sumpseris unus,
catholica praecincte fide, possederis omnes.
Vox tua certantis fuit haec, sincera, salubris :
35 Atque nec Itoc metuo, neque illud committere opto.
Haec fuit, haec semper mentis constantia firma.
Discerptus, tractus, profugatusque sacerdos
inSuper ut faciem quodam nigrore velaret
nobili falsa manu portantes aemula caeli
40 ut faciem Domini foedare luce corusco.
En tibi discrimen vckemens non sufficit [u]num :
insuper exilio decedis martyr ad astra,
atque inter patriarchas praesagosque prophetas,
inter apostolicam turbam martyrumque potentum,
45 cum hac turba dignus mediusque locatus
miite[ris] in Domini conspectu[m], iuste sacerdos.
Sic inde tibi merito tanta est concessa potestas
ut manum imponas patientibus, incola Christi,
daemonia expellas, purges, mundesque repletos
50 ac salvos homines reddas animoque vigentes.
Per Patris ac Filii nomen cui credimm omnes
cumque tu[um] hoc obitum praecellens taie videmus,
spem gerimus cuncti proprie nos esse beatos
qui sumus hocque tuum meritum fidemque secuti.
On peut voir l'explication do ce texte dans le Bullettino de M. de
Rossi, 1883, p. 5 et suiv. (Cf. Bistorische Jahrbuchs, t. V, p. 424-436, où
M. Funk fait valoir les raisons pour lesquelles on pourrait y cher-
cher l'épitaphe, non de Libère, mais de Martin). — C'est évidemment
l'œuvre d'un ami enthousiaste qui, dans son panégyrique, a soin
d'esquiver les circonstances défavorables à son héros. En tant
qu'elle fait allusion à des événements historiques, voici ce que je
crois y retrouver. D'abord une mention du concile de Milan en 355,
auquel Libère, il est vrai, n'assista pas en personne, ce que ne dit
pas le poème, mais où la foi de Nicée remporta en effet un triom-
phe, triomphe réel quoique passager, et obtenu grâce à l'interven-
tion des légats du pape et d'Eusèbe de Verceil. Vient ensuite (v. 32-
36) la lutte soutenue par Libère, demeuré seul ou a peu près
pour défendre Athanase et la foi de Nicée, puis son enlèvement de
Rome (37-40 ; les vers 38-40 sont altérés et à peu près inintelligi-
bles); enfin (41, 42) sa seconde épreuve, son exil. Arrivé à cette si-
tuation qui, suivant le panégyriste, fait de Libère un saint et un
martyr, l'épitaphe saute les dix dernières années de son épiscopat
et nous le montre admis au milieu des bienheureux, jouissant
des pouvoirs miraculeux reconnus aux saints les plus vénérés.
Cette prétention est, il est vrai, exorbitante; mais il n'y a pas
moyen d'expliquer cette épitaphe sans admettre quelque artifice
extraordinaire dans sa composition. — Le nom de Libère ne se '
rencontre pas une seule fois dans l'inscription; cependant, outre
que le style, le mètre, les traces d'usages disciplinaires ne per-
mettent guère de s'éloigner du iv° siècle, Libère est le seul pape
qui ait combattu pour la foi de Nicée avec l'ardeur et au prix des
souffrances qui sont ici décrites.
20. V id. sept.] Date fausse, car on sait, par la préface du Libellus
precum, que Libère mourut le 24 septembre, VIII kal. oct. La va-
riante VIII kal. mai. des mss. A 86 BCDE s'explique, je crois, par
les Gesta Liberii, où, après avoir parlé du baptême de l'empereur à
Nicomédie, on ajoute : c in Arianorum dogma déclinât. Eodem
» loco mortuus est et sepultus Constante III et Constantio Aug. et
» Basso conss., VIIII (var. XIIII) kl. mai. Et sedit eandem sedem
» Pétri apostoli annos XVII menses III dies VIII. In eius tempora
» fabricata est absis in urbe Roma, in regione quinta. Et requievit
» in pace. » La phrase Eodem loco est placée entre deux autres,
dont l'une se rapporte évidemment à l'empereur et l'autre non
moins évidemment au pape. On ne voit pas très bien duquel des
deux elle parle elle-même ; la note consulaire, étant fictive, ne peut
aider à sortir de l'incertitude. Dans ces conditions, on a pu prendre
la date VIIII kal. mai. comme celle de la mort de Libère et l'intro-
duire après coup dans le L. P. — La durée du pontificat indiquée
dans ce passage des Gesta est inexacte sans doute, mais elle pour-
rait se ramener paléographiquement à la durée réelle, ann. Xllll
m. UII d. VIII.
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XXXVIII. FELIX II (355-358).
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XXXVIII
FELIX, natione Romanus, ex pâtre Anastasio, sedit ann. I m. III d. II. Hic declaravit f Constantium filium i 53
Constantini hereticum et rebaptizatum secundo ab Eusebio Nicoraediense episcopo iuxta Nicomedia, in villa qui
appellatur Aquilone. Et pro hoc declaratum ab eodem Constantii praecepto Augusti filii Constantini Augusti mar-
tyrio coronatur et capite truncalur. Hic fecit basilicam 2 via Aurélia cum presbiterii honore fungeretur 3 et in eadem 11
3 ecclesia émit 4 agrum circa locum quod obtulit ecclesiae quara fecit. Hic fecit ordinationem I, presbiteros XXI, dia- 111
conos V per mens, decemb. ; episcoposper diversa per diversa loca XVJIII. Quietiam 5 capite truncatur cum multis
clericis etfîdelibus occulte iuxta muros Urbis, ad latus forma Traiana, III id. novemb.Etexinderapuerunt corpus
eius christiani cum Damaso presbitero et sepelierunt in basilica supradicta eius, via Aurélia, XVII kal. decemb.
in pace. Et cessavit 6 episcopatus dies XXXVIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Félix < iunior > A& — m. II E — d. V D — Conslantinum
UHMi __ 2 Constantini < augusti > C* — sec. rebapt. BCDE
— Eusebio C 3 — Nichom. {bis) C 2 — episcopo om. B 6 E — iuxta
Nicomedia om. A* 23 — Nicomediam B~k\.m — in-Aquilone A : in
Aquilone villa cet. — qui A 1 : quae cet. — 3 Aquillone B 26 — pro]
de C* : om. A* 6 — ab eiusdera E : ciusdem A$ 6 — Constantii
AU5GI) : Conslanti E : Conslantio A 3 B«*C 2 : Constantin /// Bt :
Constantino B'c'C 1 : Conslantinum C 1 — pracceptum A 3 BCI) —
praecepto-Constantini om. C 2 — filio A 3 E : filium A 2 BCD — Aug.
post Constantini om. E — A basilica A 1 — via Aurélia] aurea
B ,( — presbyterii C 2 : presbiteri 11 B 5 : presbiteri C 3 — hono-
rem B»^cc 2 — fungerentur C 2 — 5 ecclesia AB"> : basilicam
B134GC23D : basilica B 2 : ecclesia < basilica > E — quem A^E
— optulit C 2 — haec ecce C 1 (aecclesiac ci)— quam fecit <mi-
liario ab urbe Roma II > E — ordinalione una B* — I < in
urbe Roma > BC 13 D : hieponunt FA 2 - 6 B 2 - G C 2 DE verba per mens.
decemb. quae in codd. A*BiC i3 habentur paulo infra (per m. d.
in u. R. C 2 ) — 6 numéro XVIIII B^Cis —truncatur capite A 2 :
truncatus est capite A 3 : capite truncatus A5« : passus est BC 13 DE :
sepultus est B 6 C 2 — trunc. vel pass. est < in civitale Corana >
A5«BCDE (civitatem C 3 — Corona C 2 ) — cum-Traiana om. BC1)
— 7 ad-Traiana] allatus est A 56 (est < foris > A 6 ) — forme E —
Traiani A 2 £ — inde A 3 — rapuerunl-supradicta eius] raptum
est corpus eius a presbiteris et clericis et sepultum in basili-
cam quam ipse construxit BCD (a clericis B 3 *D : om. B' — ba-
silicam B*C 23 : basilica cet. — quem B 6 C 23 ) : raptum est corpus
eius noclu a presbiteris et clericis cum Damaso presbitero et
sepultum est in supradicta eius basilica quam ipse construxit E
(verba corpus-sepultum, prius omissa suppl. c) — supradicta
eius] quam ipse construxit A 56 — 8 in via B 6 — XVII] XI j
BC*DE : XV C 23 * — decemb. < in miliario secundo > BCDE —
9 in pace om. BCD — XXXVII B5 : XXXVHII E.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Hic declaravit...] Gesta Liberii: « Erat enim Gonstans non in-
» tegre christianus, sed quasi temptator; baptizatus tamen in Tri-
» nitate, non tamen intègre confitebat Trinitatem. Baptizatus au-
» tem est ab Eusebio Nicomedense, in Nicomedia, in Aquilone
» villa. Hic vero dicebat alios filios habuisse de Maria Ioseph. Hoc
• cum audisset Liberius episcopus urbis Romae coepit deridere
» cum et clara voce christianis accusare et dicere ex omni virlute :
1 Non erit tuum rognum, quia non times Dominum Deum tuum.
» — Hoc cum multi ref errent régi Constantio, iratus est vehemen-
» ter et iussit eum extra civitate babitare. » — Notre auteur s'est
évidemment inspiré de ce récit, mais il a transporté à Félix une
partie de l'histoire de Libère; cf. Introd., p. cxxm. Seulement
le dénouement est plus grave : ce n'est pas seulement l'exil, c'est
la mort qui venge ici l'injure de l'empereur.
2. La basilique n'a pas encore été retrouvée; cf. Félix I er , p. 127,
note 3.
3. cum presbiterii honore fungeretur] Félix était archidiacre
quand il fut ordonné évêque : il n'a donc pu remplir les fonctions
presbytérales proprement dites.
4. émit agrum circa locum] Ce détail, qui n'a rien de légendaire,
doit provenir de bonne source; il se rapporte au fondateur de la
basilique, quel qu'il soit. Rien n'empêche d'ailleurs que cette
église ait été fondée réellement par Félix II et qu'il s'y soit con-
servé quelque inscription portant son nom.
5. Qui etiam capite truncatur...] Ceci est une finale de passion et
doit se rapporter à un martyr Félix inconnu, différent de Félix II.
Cf. Introd., p. cxxv.
6. Sur cette vacance, v. ci-dessus, Libère, p. 209, note 17.
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XXXV111I. DAMASUS (366 384).
XXXVIIII
54 I DAMASUS, natione Spanus *, ex pâtre Antonio 2 , sedit ann. XVIII m. III d. XI. Et cum eodem 3 ordinatur
sub intentione Ursinus ; et facto concilio 4 sacerdotum constituerunt Damasum, quia fortior et plurima multitudo
erat, et sic constitutus est Damasus ; et Ursinum 5 erigerunt ab Urbe et constituerunt eum Neapolim episco-
pum; et mansit Damasus in urbe Roma praesul in sedem apostolicam. Fuit 6 autem temporibus Iuliani. Hic fecit
basilicas duas : una 7 beato Laurentio iuxta theatrum et alia 8 via Ardeatina ubi requiescit; et in Catacumbas 9 , s
ubi iacuerunt corpora sanctorum apostolorum Pétri et Pauli, in quo loco platomam ipsam, ubi iacuerunt corpora
sancta, versibus 10 exornavit. Hic multa corpora " sanctorum requisivit 12 et invenit, quorum n etiam versibus
ni declaravit. Hic constitutum n fecit de ecclesia. Hic 15 accusatus invidiose incriminatur de adulterio ; et facto synodo
purgatur a XLIIII episcopis qui etiam damnaverunt Concordium et Calistum diacones accusatores et proiecerunt
IV de ecclesia. Hic constituit titulum 16 in urbe Roma basilicam quem ipse construxit, ubi et donavit : io
patenam argenteam, pens. lib. XX;
amam argenteam, pens. lib. XV;
scyphum anaglyfum, pens. lib. X;
calices ministeriales argenteos V, pens. sing. lib. III ;
coronas argenteas V, pens. sing. lib. VIII; 15
cantara cerostata aerea XVI ;
domus in circuitu basilicae, praest. sol. CLV ;
possessio Papirana, territurio Ferentino, cum adiacentibus adtiguis, praest. sol. CXX et trernissium ;
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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i Antonino A* — XVII B* — m. Il d. X À5«C*ME - 2 Ursia-
nus A 2 : Ursius B5 — consilio E — qui B 6 — fortiora C 2 : forcior
C'.- 1 — erat < cum illo > Aï* — 3 eregerunt BC 13 : regerunt C 2 :
egerunt D : eiecerunt B 56 2 — eum om. B» — Neapollonem B 1
— 4 episcopatum B 23 — urbem A 23;i — Romam A 3 : Romana E
— sede apostolica A 2 5 G E — Fuit-Iuliani om. BGD — Hic] Eodcm
tempore BCD — 5 unam A 3 5 6 B 2 5CI>E — iuxta th. sancto Laur.
BCDE (sancti Laurenti B 23 «) _- teatrum C 3 — et om. A 3 — aliam
A 3 B"»C 2 E : altéra A5 : alteram A 6 — via-requiescit et om. BCD
— Ardiatina A* — ubi < et > A 23 56 _ et in om. E (in suppl. e)
— catatymbas A 1 : catatumbas A 'B* — et in catacumbas-exorna-
vit] in catacumbis et dedicavit platoniam ubi corpora apostolo-
rum iacuerunt, id est beati Pétri et Pauli quam et versibus or-
navit E — catatymbas A* : catatumbas A 3 B 3 — 6 sancta BC*D
— latomam A'* : platoniam C 2 E — illic A 3 — 7 sanctorum
< martyrum > BCDE 13 — requievit B<î — et invenit om. B*E 13
— quorum] que A* 6 — etiam < concilia > E 13 — decoravit E 13
— 8 accusatus est E 1 — invidiosae B 1 : om. A* 23 — incrimina-
is A 3 : accusatur BCD {om. B*) — adulteria B 3 « — facta B 2 E 13
— purgatur A*** 6 : purgatus est cet. — 9 XLVI1 c*C 23 — qui
om. B* — etiam] et BCD (om. B 1 ) — dampnaverunt C 3 — Ca-
lixtum E 1 — diaconos B 3 : om. A* 23 — < eos> de E 3 — 10 Ro-
mana < scilicet> E — in basilica A 3 : basilica B 6 : basilccam
C 3 — quem A*B 15 C : quae B 6 : quam cet. — et om. A 56 — ubi
et dona optulit multa A 2 : et cui multa dona optulit A 3 : sc-
quentia usque ad ordinationes omittit uterque.
il patinam Bi — XV C 23 E — J2 amam-XV om. C 23 *E —
ama argentea A 1 : amas argenteas A 5C — XVI B* — 13 sciphum
A* — anaglyfum B«C 2 : anagalifalum E : anaglifum cet. —
14 Y] X A* 6 : om. As — menesteriales C 3 — argentei A : om. B* 5
— 15 sing. om. Bis — ternas Bi — VIIII B« — 16 cantara AB' :
canthara cet. — cirostata BC 3 : cyrostata C* 2 : cereofacta D —
herea C 3 — < pens. lib. > XVI E — 17 domus AGBH;i 3 : do-
mum Ai5 : domos cet. — circuitum B3C* 3 — basilice C 3 —
18 Papirana A*5 : Papirana in A 6 : Papiranam BE (Papyrina B f ' :
Papiranum C 1 : Papirianam C 2 : Piranam C 3 : Papiriana G 4 —
territurio A*BiC 2 : terretorio C 3 : Hic incipit codex G. — Fe-
rentinum E — aiacenlibus B^C* 3 : iacentibus B« — attiguis A :
antiquis E — trimissium B^C —
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XXXVIIII. DAMASUS (366-384). 213
possessio Antonianam, territurio Casino, praest. sol. CIII ;
balneum iuxta titulum, praest. sol. XXVII.
Hic fecit ordinationes V per mens, decemb., presbiteros XXXI/diaconos XI; episcopos per diversa loca LXII. Vf
Hic I7 constituit ut psalmos die noctuque canerentur per omnes ecclesias ; qui hoc praecepit presbiteris vel episcopis v
aut monasteriis. Qui etiam sepultus est via Ardeatina in basilica sua III id. decemb., iuxta matrem suam 18 et
germanam suam. Et cessavit episcopatus dies XXXI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i Antonianum IW : Antomana (\- — Gassino B c : Casinum E
— 2 XXVI A5« — 3 ord. < in urbc Roma > BCI) : < in urbe >
K — ordinationes post dccretum depsaîmis habent A 2 EG — num.
LXII BCD (LXV C3) — 4 ut om. A* — psalmus Bi : psalmi AS*
— diu E 3 — canerent BVl 13 — qui-aut om. C 1 {suppl.} — quij et
A56 _ vel] et BiE : om. A™ — 5 aut] et A* : atque A 6 E3 : vel
B^E 1 — monackis A 6 — Hic-monasteriis] etiam constituit et
praecepit presbiteris et episcopis alque monachis ut psalmi
die noctuque canerentur per omnes ecclesias A 3 — etiam] et
A> — est om. B»C 3 — Ardeatina AC* : Ardiatina cet. — prid.
id. decemb. A5 C C 23 : \[ jd. decemb. G* — iuxta m. s. III id.
.dec. B 2J — 6 suam om. E - < per > dies E et ita saepe.
NOTES EXPLICATIVES.
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i. natione Spanus] Damaso paraît plutôt avoir été romain de
naissance; car son père avait exercé à Rome, les fonctions d'ex-
ceptor et de lector, que l'on confiait de préférence à de tout jeunes
gens (De Rossi, Bull. 1883, p. 17 et suiv.; cf. p. 60-65).
2. ex pâtre Antonio] Le père de Damase est mentionné dans
l'inscription citéo note 7, ci-dessous; mais son nom n'est point
indiqué. Dans l'épitaphe de sa sœur Irène (De Rossi, Inscr. chr.,
t. II, p. 104), il parle aussi de sa mère, mais sans la nommer.
3. Et cum eodem — apostolicam] Cette phrase manque dans les
deux abrégés de la première édition; de plus, elle se trouve inter-
calée entre la durée du siège et le synchronisme de l'empereur, ce
qui est une anomalie. Je la considèro comme étrangère s\ la
rédaction primitive. — Damase vit sa situation contestée dès
le premier moment par l'élection d'un compétiteur et menacée
plus tard par une accusation criminelle dirigée contre lui. C'est en
gros l'histoire du pape Symmaque. L'interrolateur a tenu à com-
pléter la ressemblance : il l'a introduite jusque dans le détail des
faits et même il a répété d'une notice à l'autre des mots et des ex-
pressions identiques : Ordinatur sut intentione Ursinus : Ordinatur
Laurcntius suh intentione. — Ursinum constituerunt Neapolim epis-
copum: Constituit Laurentium in Nuceria ciuilate episcopum. —
Mansit Damasus in urbe Roma praesul in sedem apostolicam : Et fuit
praesul beatus Symmachus, redintcgralur sedi apostolicam beatus
Symmaehus... sedere praesul.
4. et facto concilio...] Damase fut installé et reconnu sans con-
cile : après les hésitations des premiers jours, le préfet de Rome
se rangea de son côté et, depuis lors, le gouvernement prit tou-
jours parti pour lui contre Ursinus. Plusieurs conciles, il est vrai,
s'intéressèrent à lui, au milieu des embarras que les schismati-
ques ne cessèrent de lui causer; mais on ne peut dire, comme on
le fait ici, que son élection ait été vérifiée par un concile.
5. et Ursinum — episcopum] Ursinus fut éloigné de Rome par
l'autorité civile et non par une assemblée d'évêques. Jamais il ne
fut pourvu d'aucun évêché; il n'en réclama du reste jamais aucun
autre que celui de Rome. Il n'y a point d'Ursinus dans la série
des évoques do Naples. L'Ursus que l'on y trouve et dont le nom
a peut-être donné l'idée d'envoyer à Naples le compétiteur de Da-
mase est le successeur de saint Sévère, qui siégea quarante-six
ans, depuis le temps de Damase jusque vers l'année 412; cet Ur-
sus n'a donc rien à voir avec notre Ursinus. L'auteur du L. P.,
en pourvoyant celui-ci d'un évêché, n'a fait que copier l'histoire
authentique du compétiteur de Symmaque, Laurent, qui fut réel-
lement envoyé comme évoque à Xuceria, en Campanie.
6. Fuit aulem temporibus Ittliani] L'auteur du L. P., a fait ici
une tentativo pour continuer, d'après ses propres ressources, les
indications du catalogue libérien sur le synchronisme des empe-
reurs. L'essai est malheureux, car le règne de Julien tombe tout
entier dans le pontificat de Libère. Cf. Introd., p. xlv. Le recenseur
BCD a supprimé cette phrase.
7, una beato Laurentio iuxta thealruvï] C'est l'église Saint-Lau-
rent in Damaso, située en effet à peu de distance du théâtre de
Pompée. Cette église portait un autre nom, in Prasino, ce qui sup-
pose que, dans son voisinage immédiat, se trouvait l'écurie de la
faction verte des jeux du cirque. Au xvi° siècle, on voyait, dans la
cour du palais voisin, un cippe portant une dédicace à un M. Au-
relius Liber, agitator faclionis prasinae (C. /. L., t. VI, 1058). Les
régionnaircs du iv* siècle indiquent, dans la région IX Circus
Flaminius, les quatre stabula des six factions du cirque, albata,
prasina, russata, veneta, aurata, purpurea. Celle de la faction verte
recevait souvent la visite de Caligula, dont elle avait les préférences
(Suétone, Calig. 55); elle n'était pas moins en faveur au temps de
Trajan (Juvénal, Sat. V, v. 195 et suiv.) — Ce n'est évidemment
pas sur l'emplacement de l'écurie en question que Damase bâtit
son église; ce serait plutôt sur l'emplacement de sa maison pater-
nelle. Ceci semble résulter de l'inscription suivante (De Rossi,
Inscr. chr., t. II, p. 135, 151), placée, nous dit un des recueils d'où
elle provient, in introitu ecclesiae ipsius :
Hinc pater excepter, lector, levita, sacerdos
creverat hinc meritis quoniam melioribus aclis ;
hinc mihi proveclo Christus cui summa potestas
sedis apostolicae voluit concedere honorent.
Archibis, fateor, volui nova condere tecta,
addere praeterea dexlra laevaque columnas
quae Damasi teneant proprium per saecula nomen.
Cette dédicace ne parait pas se rapporter à la basilique entière,
mais seulement à une partie, désignée par le nom pluriel archiva;
M. de Rossi pense qu'il s'agit ici des archives de l'église romaine
(La biblioleca délia* sede apostolica, dans les Studi di storia e diritto,
t. V, 1884, p. 340), où le père de Damase et Damase lui-même au-
raient commencé leur carrière ecclésiastique. On avait alors l'u-
sage d'écrire les noms des fondateurs sur le haut du fût ou sur les
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chapiteaux des colonnes. Sur l'une de celles du portique nord de la
basilique actuelle de Saint-Paul, on lit le nom du pape Sirice ; sur
celles de Sainte-Marie-Majeuré le nom d'un Rufinus. Cf. De Rossi,
Bull. 1880, p. 161 et suiv. — Une seconde inscription damasienne
relative à cette église nous a été conservée par la sylloge Virdunen-
sis (De Rossi, /. c, p. 134); elle était dans l'abside: Adecclesiam
sancli Laurentii in Damaso, quae alio nomine appellatur in prasino,
isti versiculi sunt scripti in illo throno :
Haec Damasus tibi, Christe Deus, nova tecla dicavi
Laurenti saeplus martyris axuilio.
— Damase avait été élu pape dans l'église in Lucinis ou in Lucina,
l'un des lieux de Rome où est localisé le souvenir de saint Lau-
rent. Très porté par les tendances propres de sa piété à tenir
compte de circonstances de ce genre, Damase aura peut-être été
déterminé par celle-ci à choisir saint Laurent, plutôt qu'un autre,
pour être le titulaire de son église. D'ailleurs il ne pouvait man-
quer d'avoir, comme tous ses compatriotes, une profonde vénéra-
tion pour le grand martyr de Rome. Il dédia sur son autel, dans
la basilique de la voie Tiburtine, une autre inscription, citée quel-
quefois mais à tort, comme provenant de celle qui nous occupe
(De Rossi, l. c, p. 82, 117) :
Verbera, camifices, flammas, tormenta, catenas y
vincere Laurenti sola fides potuit ;
haec Damasus cumulât supplex altaria donis
martyris egregii suspiciens meritum,
— On connaît d'autres inscriptions de Saint-Laurent in Damaso,
contemporaines de Damase, ou à peu près, mais rédigées et consa-
crées par d'autres que lui (De Rossi, /. c, p. 135, 151); deux d'entre
elles sont relatives aux fonts baptismaux; une autre figurait au-
dessous d'une peinture représentant le martyre de saint Laurent.
8. et alia via Ardeatinà] Cette église s'élevait dans le cymiterium
Damasi, dont la situation est indiquée avec assez de précision par
les topographes du vu* siècle (De Rossi, Roma sott., t. I, p. 180,
181); il devait être un peu au N.-E de celui de Domitille. Des
fouilles récentes ont permis d'explorer certaines galeries souter-
raines de ce cimetière, mais la basilique elle-même n'a pu être
retrouvée (De Rossi, Bull. 1877, p. 128-132; 1879, p. 94, 136-138;
1880, p. 69).
9. et in Catacumbas...] Sur ce monument, v. Inlrod., p. cv, cvu.
La phrase est incorrecte ; les mots in quo loco sont inutiles ; cf.
Ipckockkt, note 6. — Le mot dedicavit, fourni par l'abrégé K et les
mss. £, figurait dans la première édition; mais la phrase y était
sans doute construite autrement qu'ici.
10. versibus exornavit] Cette inscription a été souvent copiée par
les anciens pèlerins; elle figure dans quatre des syllogae épigra-
phiques publiées par M. de Rossi (fnscr. christ., t. II, p. 32, 63,
89, 105). On en trouvera le texte dans l'Introduction, p. civ, note 1.
11. Hic multa corpora...) Les sanctuaires des martyrs, dans
toute l'étendue de la banlieue romaine, étaient, quand cette phrase
a été écrite, au nombre des monuments les plus visités et les plus
honorés. Il n'en était guère où quelque inscription monumentale
ne rappelât le nom du pape Damase et le souvenir des embellisse-
ments exécutés par ses soins. On trouvera, dans le tome II des
Inscriptiones christianae Urbis Romae de M. de Rossi, quand il sera
terminé, la collection complète des inscriptions damasiennes et
une étude approfondie de cette classe si importante de textes épi-
graphiques.
12. requisivit] On trouve la trace de ces recherches dans plusieurs
inscriptions des sanctuaires suburbains; en bien des cas l'autorité
ecclésiastique, à la fin du iv e siècle, se voyait obligée de faire des
efforts pour arriver à constater l'identité des tombes saintes, sur
esquelles la tradition était déjà obscure ou embrouillée. Le tom-
beau des saints Prote et Hyacinthe était à peu près inaccessible,
ctremo tumulus latuit sub aggere montis : hune Damasus monstrat
XXXVIIII. DAMASUS (366-384).
| (De Rossi, lnscr., t. II, p. 30, 104); celui de saint Nemesius fut
longtemps sans honneurs, parce qu'on était incertain sur sa posi-
I tion : incultam pridem dubilatio longa reliquit (ibid., p. 102) ; celui
j de saint Eutycliius fut cherché aussi : quaeritur, inventus colitur
j (ibid., p. 66, 90, 105). D'autres fois la vénération du lieu avait sur-
j vécu à son histoire : Sanctorum quicumque legis, venerare sepul-
chrum; nomina nec numerum potuit rctinere velustas (ibid., p. 84,
87). En somme, l'œuvre épi graphique de Damase se rattache étroi-
tement, comme le dit le L. P., à un ensemble de recherches sur
les sanctuaires des martyrs et leurs droits à la vénération des
! fidèles. C'est ce qu'exprime une inscription (ibid., p. 100, 138) du
pape Vigile, où il est question de martyrs
quos monstrante Deo Damasus sibi papa probatos
affixo monuit carminé iure coli.
13. quorum rtiam versihus declaravit] Formule irrégulière. Il
manque peut être quelque mot comme actus, gcsla; les mss. E 13
suppléent concilia, qui ne donne pas un sens satisfaisant.
14. Hic constitutum..."] Il est resté quelques lettres de Damase,
mais relatives aux grandes affaires ecclésiastiques; aucune ne
rentre dans la catégorie des épitres décrétalcs proprement dites. On
n'en connaît même pas d'apocryphes, en ce genre, avant celles
du pseudo-Isidore.
15. Hic accusatus...] Damase fut en effet l'objet d'une accusa-
tion capitale, portée devant le tribunal criminel du préfet de
Rome; mais l'accusateur n'était pas un de ses diacres; c'était
un juif converti, appelé Isaac. Le pape courut les plus grands
dangers. Heureusement pour lui on parvint à faire intervenir
l'empereur Gratien, qui se mit en travers de cette intrigue. Cet
événement, auquel Damase fait allusion dans ses inscriptions (De
Rossi, Insci\ christ., t. II, p. 190), est rappelé sommairement
dans une lettre adressée peu après, en 380, par un concile ro-
main, aux empereurs Gratien et Valentinien II (Hardouin, Conc,
t. I, p. 841 ; Mansi, t. III, p. 626) : « Sic denique factio profecit
» Ursini ut Isaac Iudaeo subornato, qui facto ad synagogam re-
» cursu caelestia mysteria profanavit, sancti fratris nostri Damasi
» peteretur caput, sanguis innocentium funderetur, componerentur
» doli, quibus divino plane instinctu providentia vestrae pietatis
» occurrit, spoliaretur prope ecclesia omnibus ministeriis; ea fraude
» videlicet, ut dum causam dicit qui in omnes iudex fuerat consti-
» tutus, nemo esset qui de lapsis vel certe factiosis posset episco-
» patus invasoribus iudicare. Quia igitur vestrae iudicio tranquil
» litatis probata est innocentia memorati fratris nostri Damasi, in-
» tegritas praedicata est, Isaac quoque ipse, ubi ea quae delulit
» probare non potuit, meritorum suorum sortem tulit, quaesumus
» clementiam vestram », etc. — Isaac fut en effet exilé en Espagne,
comme on le voit par le rescrit de Gratien au vicaire de Rome
Aquilinus, donné en suite de la lettre des évoques (/. c). Quant à
Damase, il voulut porter sa cause devant un tribunal d'évêques :
ceci est expressément marqué dans la suite de la lettre du concile :
c ad praedicandam episcopi conscientiam severioribus se dédit ipse
» iudiciis sacerdotum » (/. c). — On ne sait au juste de quel crime
il était accusé. Le rescrit à Aquilinus reproche à ses adversaires de
l'inquiéter sans cesse turpissimis cafumniis; mais il n'est pas sûr
qu'en ce passage il ait spécialement en vue le procès intenté par
Isaac. Le L. P. parle d'adultère, en s'inspirant sans doute de l'his-
toire de Symmaque ; cette accusation eût été i ar trop invraisem-
blable : Damase avait soixante-quinze ans environ lors de cette
affaire.
16. U. c. titulum...] Le titulus Damasi est en effet mentionné dans
les signatures presbytérales du concile romain de 499.
17. H. c. ut psalmos...] Ce décret sur le chant des psaumes a
tous les caractères d'une interpolation : il manque aux abrégés de
la première édition ; il occupe une place insolite, entre les ordina-
tions et la sépulture; enfin il contredit la notice de Célestin qui
attribue formellement à ce pape l'introduction de la psalmodie
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XXXVII1I. DAMASUS (366-384).
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dans l'office liturgique. On discerne aisément la raison de celle re-
touche : c'est le souvenir de la correction du psautier exécutée par
saint Jérôme à la demande du pape Damase et, plus précisément,
c'est l'influence des deux épltres apocryphes soi-disant échangées
entre Damase et Jérôme à propos de cette correction (Introd.,
p. xxxiv). Il y a, en effet, dans celle de Jérôme, une expression
qui se retrouve ici : « Precatur ergo ciiens tuus ut vox ista psal-
» lentium in sede tua Romana die noctuque canalur. » Une fois
cette lettre acceptée comme authentique, on ne pouvait manquer de
croire que Damase avait accueilli le vœu de saint Jérôme et ins-
titué la psalmodie dans les églises de Rome.
18. Uixta matrem suain et gotnanam suam] L'un des itinéraires
du vu» siècle dit aussi que la sœur de Damase était enterrée près
de lui : « Et prope eandem viam (Ardeatinam) s. Damasus papa
» depositus est et soror eius Martha » (De Rossi, Roma sott., t. I,
p. 180). La sœur de Damase ne s'appelait pas Marthe, mais Irène,
comme on le voit par son épitaphe (De Rossi, Inscr. christ., t. II,
p. 104):
Hoc tumulo sacrata Deo nunc membra quiescunt.
flic soror est Damasi, nomen si quaeris, Irène.
Voverat haec sese Christo, cum vita maneret,
virginis ut meritum sanctus pudor ipse probaret.
5 Bis denas hiemes needum compleverat aetas;
egregios mores vitae praecesserat aetas ,
propusitum mentis, pietas veneranda puellae,
magnificos fructus dederat rnelioribus annis.
Te, germana soror, nostri lune testis amoris
10 cum fugeret mundum dederat mihi, pignus honestum.
Qucm sibi cum raperet melior tune regia caeli
non timui mortem, caelos quod libéra adiret,
sed dolui, fateor, consortia perdere vitae.
Nunc, veniente Deo, nostri reminiscere, virgo,
1"> ut tua per Dominum praestet mihi facula lumen.
C'est à la mère de Damase que se rapportent les vers 9, 10 et l'ex-
pression nostri tune testis amoris. Les recueils épigraphiques n'ont
point conservé son épitaphe. — Voici celle de Damase lui-même,
composée par lui (De Rossi, lib. cit., p. 252) :
Qui gradiens pelagi fluctus compressit amaros,
viverc qui praestat morieniia semina teiTae,
solvere qui potuit letalia vincula mortis,
post lenebras fratrem f post tertia lumina solis,
ad superos iterum Marthae donare sorori,
post cineres Damasum faciet quia surgere credo.
C'est la fin du cinquième vers de cette inscription qui a induit en
erreur le topographe cité plus haut et lui a fait donner le nom de
Marthe à la sœur de Damase (De Rossi, /. c; cf. Roma sott., t. I r
p. 151).
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XL. SIRICIUS (384-399).
XL
55 I SIRICIUS, natione Romanus, ex pâtre Tiburtio, sedit ann. XV. Hic coustitutum fecit * de omnem ecclesiam
vel contra omnes hereses et exparsit per universum mundum ut in omnem ecclesiae archibo teneantur ob oppu-
H gnationem contra omnes hereses. Hic constituit 2 ut nullus presbiter misses celebraret per omnem ebdomadam
nisi consecratum episcopiloci designatisusciperetdeclaratum, quod nominatur fermentum. Hic invenit 3 Manicheos
ni in Urbe, quos etiam exilio deportavit ; et hoc constituit ut si quis conversus de Manicheis rediret ad ecclesiam 5
nullatenus communicaretur, nisi tantum religatione monasterii die vitae suae teneretur obnoxius et ut ieiuniis et
orationibus maceratus, probatus sub omni examinatione usque ad ultimum diem transitus sui, ut humanitatem
IV ecclesiae viaticum eis largiatur. Hic constituit 4 hereticum sub manum inpositionis reconciliari praesente cuncta
ecclesia. Hic fecit ordinationes V in urbe Roma per mens, decemb., presbiteros XXXI, diaconos XVI; episcopos
per diversa loca numéro XXXII. Qui etiam sepultus est in cymiterio Priscillae % via Salaria, VIII kal. mart. 6 Et io
cessavit episcopatus dies XX.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Syricius C 2 — Tyburtio C 2 E — an. XV m. XI d. XXV
A5C023i£G — constituit C 3 — de] per A 3 — omnem A i3 B 4 : omne
B13C23 : omni cet. — ecclesiam AW^C 3 — 2 et om. A* 2 * —
sparsit B*C 2 : exparsi s^ spersit C* — super B« — in] iutra A 2 :
om . es — omni A35«B 2 — ecclesiae A^fiisC* 1 *• ecclesiam B^C* :
ecclesias E : ecclesia cet. — arcibo A«B 2 Ci : arcibum A 2 : ar-
chibo B 1345 C 23 : archiva E : archivo e : in archivo A"» 6 — tene-
retur A 3 — hoc pugnationem B^C* 3 : hoppugnationem B* :
hoepugnatione B« — 3 praesbyter B 1 — misas A 1 : missa A2 :
missam A 3 5« : — celebrarit Ai : celebrare A' : caelebraret B 3 C 2
— omne A* — ebdomodam A* : ebdomam B*C 3 : hebdomadam
B«*C* : ebdomatam B 6 : ebdomade E (-da e) — A nisi <quod >
A* 23 , —qûii B 6 — loci om. A* 2 — disiguati B» : désignant A>2 —
susciperit A* : suscepent A 26 : suscipere A 3 — Manicheus C 3 —
5 in urbe om. BCDEG — cliam om. BCDEG — ut < non partici-
parent cum fidelibus communionem, quia ore polluto non
licere sanctum corpus dominicum vexari. Hic constituit ut>
BCDE (quia] qui C 3 — hore E — pulluto C 2 — licet C 2 : liceret
B">*E : latere C* (corr.) — Domini convexari B 2 : converare B* :
comunicareb» — vexareB 5 D — hicBiC 1 :hoccef.) : <ppas...>
G, in quo, lacerata pergamena, plurcs exinde lincae desunt. —
quis] quae D : <clericus> B^ — conversis B 6 Ct [corr. c 1 ) —
reddiret C* — ecclesia Bt — 6 nullatinus A* — < ei > comm.
A"' 6 — communecaretur Bi — religationem A* — relatione
monasteriae B<5 — diebus A 3 «B 2 « c iC 2 I)E : de B* -— vita sua B*
— eteneretur C 3 — ut et A 2 — et om. BCDEG — 7 maceratur
As : maceretur C 1 — omnem examinationem A- 3 — ultimam
Bi — die A* — ut om. A»» : ob G : et ob E — humanitate A* 6 :
umanitatem A 2 : hunitatem B« : manitatem C 2 : amanitatem C 3
— 8 vaticum C 3 — ei A 3 56 — largiretur E — manum A^B^C 3 :
manu cet. — inposicionis C 3 — reconciliari A : recipi cet. —
praesentem A 2 » — 9 in urbe Roma om. A — Roma om. E —
presb. XXXII B> — 10 numéro BC 23 : om. cet. — XXXIII Ai 2 :
XXXIHI A 3 : XXXV ANC*» — etiam] et A — Sallaria C 3 —
no no EG — mark] mai A* 23 .
NOTES EXPLICATIVES.
1. Hic constitutum...] Première édition : « Hic constitutum fecit
de ecclesia et direxit per provincias » (Cf. Introd., p. cxxxi). Cette
rédaction plus simple est aussi plus conforme à la vérité. Pour la
rendre tout à fait exacte, il n'y aurait qu'à mettre constitutum au
pluriel. Sirice, en effet, a envoyé des conslituta aux évêques de
diverses provinces : en Espagne, la décrétale à Himerius de
Tarragone (Jaffé, 255) ; en Gaule, seize canons attribués souvent à
Innocent (Jaffé, p. 44 ; Synodus Romanorum ad Galtos episcopos, Har-
douin, 1. 1, p. 1031; Mansi, t. ni, p. 1133); en Afrique, les décrets
d'un concile tenu à Saint-Pierre en 386 (Jaffé, 258). Le second édi-
teur, en parlant de la réfutation des hérésies, a peut-être songé à la
lettre adressée à l'église de Milan sur la condamnation de Jovinien
et de ses adhérents (Jaffé. 260).
2. Hic constituit — fermentum] Répétition, en d'autres termes,
d'un décret qui se trouve déjà dans la notice de Miltiade (Miltiade,
note 4, p. 169).
3. Hic invenit Manicheos — largiatur] Sur les découvertes de Ma-
nichéens mentionnées dans le L. P., v. Miltiade, note 3, p. 169.
Il y avait des Manichéens à Rome, au temps du pape Sirice,
comme on le voit par les écrits de saint Augustin (De tnorib. Ma-
nich , 20) ; mais ils n'y furent point alors recherchés et poursuivis
avec un éclat particulier, car Augustin n'aurait pas manqué de le
dire dans ses livres de polémique contre la secte. Notre auteur,
qui, dans la notice de saint Léon, oublie la célèbre enquête dirigé»
par ce pape contre les Manichéens, semble la raconter ici, en l'an-
tidatant d'un demi-siècle. Voici comment Léon résume les me-
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XL. SÏRIGIUS (384-399).
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sures qu'il prit à cette occasion : «. Quos potuimus emendare cor-
» reximus ; et ut damnarent Manichaeum cum praedicationibus
» et disciplinis suis publica in ecclesia professione et manus suae
» subscriptione compulimus; et ita de voragine impietatis suae
» confessos, paenitentiam concedendo, levavimus. Aliquanti vero,
» qui ita se demerserant, ut nulium his auxiliantis posset reme-
« dium subvenire, subditi legibus, secundum christianorum prin-
» cipum constituta, ne sanctum gregem sua contagione polluèrent,
» per publicos iudices perpetuo sunt exilio relegati » (Jaffé, 405).
Comme saint Léon, le L. P. mentionne la condamnation des obs-
tinés à la peine de l'exil, la pénitence accordée aux convertis.
Notre auteur ne dit pas qui prononce la sentence d'exil ; tout le
inonde savait qu'une telle sentence ne pouvait être rendue que
per publicos iudices. Quant à la pénitence imposée aux convertis,
il la représente comme perpétuelle, ce que ne marque pas saint
Léon. Sur la réconciliation des Manichéens, auditeurs et élus, cf.
le CommonitoHum de recipiendis Manicheis, attribué à saint Augus-
tin (Aug. opp., t. VIII, app., p. 31). — La glose des mss. BGDE,
non participarent cum fidelibus, etc., répète, en la motivant, l'in-
terdiction exprimée dans le texte, nullalenus communicaretur.
4. Hic c. haereticum — ecclesia] Les derniers mots du décret qui
précède prouvent qu'il ne s'agit plus ici des Manichéens, mais des
autres hérétiques, auxquels on n'imposait aucune pénitence avant
de les réconcilier. Ce décret a été déjà attribué au pape Eusèbe.
Il est certain que Sirice a rappelé (non pas établi) la discipline
dont il est ici question. Ep. ad Uimerium Tarraconensem (Jaffé, 255),
c. 2 : « Prima itaque paginae tuae fronte signasti baptizatos ab im-
» piis Arianis plutïmos ad fidem catholicam feslinare et quosdam
» de fratribua nostris eosdem denuo velle baptizare : quod non li-
» cet, quum hoc fieri et apostolus vetet et canones contradicant et
» post cassatum Ariminense concilium missa ad provincias a ve-
o nerandae memoriae praedecessore meo Liberio generalia décréta
» prohibeant; quos nos cum Novatianis aliisque haereticis, sicut
»• est in synodo constitutum, per invocationem solum septiformis
» spiritus episcopalis manus impositione catholicorum conventui
» sociamus ; quod etiam totus Oriens Occidensque custodit, a quo
» tramite vos quoque post haec minime convenit deviari, si non
» vultis a nostro collegio synodali sententia separari. » — Les
mots praesente cuncta ecclesia, qui ne se trouvent pas dans les abré-
gés de la première édition, n'ajoutent rien d'essentiel. La réconci-
liation des hérétiques et des pénitents était une cérémonie pu-
blique et même fort solennelle.
5. in ci/milerio Priscillae] Dans la basilique de Saint-Silvestre,
du côté gauche, ad pedes s. Silvestri (Itin. de Salzbourg, De Rossi,
Homa soit., 1. 1, p. 176; cf. Silvestre, note 123). Voici son épitapho
(De Rossi, Inscr. chr. y t. II, p. 102, 133) :
Liberium lector mox et levita secutus,
post Damasum, clarus totos quos vixit in annos,
fonte sacro magnus meruit sedere sacerdos,
cunctus ut populus pacern tune soli clamaret.
5 Hic pius, hic iustus felicia tempora fecit;
defensor magnus, multos ut nobiles ausus
régi subtrahei'et ecclesiae aula defendens;
misericors, largus, meruit per saecula nomen.
Ter quinos populum qui rexit in annos amore
1 nunc requiem sentit, caelestia régna potitus.
On voit par ce texte que Sirice avait été lecteur, puis diacre
sous Libère, qu'il était resté dans le diaconat pendant le pontificat
de Damase, et que les fidèles de Rome, divisés jusqu'alors par le
schisme, se réunirent pour l'acclamer. Les vers 6 et! contiennent
une allusion au droit d'asile exercé par les églises, lors des réac-
tions qui suivirent les victoires deThéodose sur Maxime (3S8) et sur
Eugène (394). Cf.Socrate, //. E.,v, 14; Augustin, Dedvit. Dez, v, 26.
6. Vlll kal. mort.] La vraie date est fournie par le martyrologe
hiéronymien, VI kal. decemb. Dans le chapitre sur la chronologie,
j'ai démontré qu'il s'agit de l'année 399 et non de l'année 398,
comme on le dit ordinairement.
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XLl. ANASTASIUS (399401).
XLI
56 I ANASTASIUS, natione Romanus, ex pâtre Maximo, sedit ann. III d. X. Hic constituit * ut quotienscumque
evangelia sancta recitantur, sacerdotes non sederent, sed curvi starent. Hic fecit 2 constitutum de ecclesia. Fecit
il autem et basilicam 3 quae dicitur Crescentiana, in regione II, via Mamurtini, in urbe Roma. Et hoc constituit ut
nullum ■* clericum transraarinum suscipi, nisi V episcoporum designaret cyrographum, quia eodem terapore Ma-
in nichei inventi sunt in urbe Roma. Hic fecit ordinationes II per mens, decemb., presbiteros VIIII, diaconos V;
episcopos per diversa loca XI. Qui etiam sepultus est in cymiterio suo 5 ad Ursum piliatuni, V kai. mai. 6 Et
cessavit episcopatus dies XXI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 an. Il d. XXVI A^CJ^K (d. XXVII C*i : XXIIII E) — ut om.
A2 — quotiescumque B 36 — 2 sanctam C 3 : sacra B 2 — recita-
retur. Ai 2 : recitarentur A 3 B 2 — <ut> sacerd. A — sedeant
BiC 2 (corr. bi) — curbi B» — Fecit auternet] Hic fecit BCDEG :
et coustruxit A 3 — 3 autem om. A 2 — basilica A* — Cresccnti-
niana A 2 — in om. C 2 — secunda B* 2 : secundam C 1 —
in via BC23DE — Mamortini A"C* : Mamurtina B 23j *Ci :
Mamortina B"> : Marmortina D : Mamerlina E : Mamertini eG
— Roma om. E (suppl. e) — hoc om. W — ut om. B 24 — 4 nul-
lum cl. transm.l nulla rationc transmarinum hominem in cle-
ricatus bonorem BCDEG (dericatum C 1 ) — nullus clcricus trans-
marinus A 35C — suscipi om. A* : susciperit A 2 : susciperetur A 3 5<»
— V episcoporum] sui episcopi A — cyrografum A 1 : -phum
A235GB1 : -phus B 2; «C 3 : -pbos C» : -pba ciC 2 — quia-Roraa]
propler Manicheos KEG — quia] qui A 1 : < et > BCD — 5 11]
in urbe Roma BCD— presb. XV1I1I A: VIII C 3 — 6 < numéro >
XI BC 3 — X Ci — etiam] vero E — est om. BC23 _ SU o om.
A5C _ Ursupileatum B«G : Ursupiliatum B 23i C 3 : Ursupilatum
B">C 12 : Orsopiliatum I) — pilliatum A 23 : pilleatum A* 6 : pilea-
tum B-EG — 7 XX B«.
NOTES EXPLICATIVES.
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4. H. c. ut quotienscumque...] Les Constitutions apostoliques, mo-
nument de la discipline syrienne, prescrivent aux prêtres et aux
diacres de se lever pour entendre la lecture do l'Évangile (II, 57).
L'évêque n'est pas mentionné dans ce passage, mais saint Isidore
de Péluse(Ep. 130) constate quil se levait aussi. D'après Sozomèno
(VII, 19), l'usage alexandrin offrait ici une particularité unique :
l'ovôquo restait assis pendant qu'on lisait l'évangile. Bien que So-
zomène ajoute qu'il n'a pas entendu dire qu'aucun autre évoque
agit do même, il ne serait pas impossible que cette particularité
alexandrine ait été, comme en plusieurs autres cas, le pendant
d'une particularité romaine.
2. Hic fecit — ecclesia] Constitutum inconnu.
3. Fecit àasilicam q. d. Crescentiana] La situation de cette
église n'est pas tout à fait certaine. En dehors du L. P. je ne la
trouve mentionnée qu'une seule fois, dans les signatures du con-
cile romain de 499, avec la formule lilulus Crcscentianae. Il est vrai
que A. Schott, dans son ltinerarium 1 taliae (Wesel, 1625), p. 316 et
suiv., ou plutôt Laur. Scbrader (Monum. Italiae, Helmstadt, 1592,
f. 120 v° et suiv.) cité par Schott, parle d'une église S. Crescentius in
via Mamerlina; mais ce renseignement est sans valeur (Jordan,
Topogr., t. II, p. 2j6). La via Mamurtina indiquée ici est ordinaire-
ment identifiée avec le clivus Argcnlarii du moyen âge (v. déjà les
vies de Benoit III, n° 508, et de Nicolas I er , n° 583), actuellement
via di Marforio, qui contourne le pied du Capitole du coté du N.-E.,
entre le forum et la place de Venise (via Lata). D'autre part, la se-
conde région du L. P. n'est probablement pas la seconde région
d'Auguste, qui no comprenait pas ce quartier, mais la seconde ré-
gion ecclésiastique; or celle-ci s'étendait assez loin du côté du Ca-
pitole, puisqu'elle comprenait le Vélabrc et l'église Saint-Georges
(Zacuarie, 224). Toutefois l'identification entre le clivus Argentarii
et la via Mamurtini, Mamertini, Mamurtina ou Mamertina n'est pas
démontrée, pas plus que l'extension de la deuxième région ecclé-
siastique jusqu'à cette rue. — Des fragments de colonnes cannelées
découverts dans la via di Marforio ont été attribués par Pelle-
grini (Bull, dell' Istituto, 1870, p. 111) à la basilica Crescentiana; on
peut les voir encastrés dans le mur d'une maison, à droite et à mi-
chemin en allant du Forum a. la place de Venise.
4. H. c. ut nullum clericum...] Greg. M. Ep. n, 37, Iohanni epis-
copo Squillacino : « Afros passim vel incognitos peregrinos ad ec-
» clesiasticos ordines tendentes nulla ratione suscipias, quia Afri
» quidam Manichaei, aliqui rebaptizati; peregrini vero plurimi,
» etiam in minoribus ordinibus constituti, ad fortiorem de se prae-
» tendisse bonorem saepe probati sunt. » Cette lettre parait avoir
servi de modèle pour une formule postérieure : les mêmes termes,
en ce qui regarde les Africains, se rencontrent dans une des formules
du Liber diurnus fui, 9), le Synodale quod accipit episcopus (cf. Thiel
Epp. R. P. 1. 1, p. 379) : « Afros passim ad ecclesiasticos ordines proce-
» dentés nulla ratione suscipiat, quia aliqui eorum Manichaei, aliqui
» rebaptizati, saepius sunt probati. » — La première édition du L.
P. motivait le décret de la même façon : propler Manic/iaeos, comme
le montre l'accord de l'abrégé K avec les m.- s. E. Cette leçon est.
aussi logique que la correction l'est peu, car une découverte récente
de Manichéens à Rome n'est pas une raison pour se déher des
clercs africains, tandis que la crainte des Manichéens en général
explique fort bien ce sentiment, les Manichéens étant fort com-
muns en Afrique. La retouche a été inspirée par le texte de la no-
tice précédente. — Le L. P. demande une garantie 'spéciale, cinq
signatures d'évèques. En temps ordinaire, les formatae étaient si-
gnées, en Afrique, par le primat ou doyen de chaque province, ou
par Tévéque de Carthag* (Ferrandus. Brev.,c. 46; cf. Concil. Bip-
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XLI. ANASTASIUS (399 401).
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pon. [303], c. 23), au moins celles que prenaient les évoques quand
ils venaient en Italie. La garantie donnée par les formatae se rap-
portait seulement à la communion ecclésiastique et non à l'ordina-
tion. Il pourrait se faire qu'on eût demandé plus de garanties pour
ordonner un africain que pour admettre un èvêque ou un prêtre
aux sacrements. Nous voyons parles célèbres histoires d'Apiarius
et d'Antoine de Fussala que, peu de temps après Anastase, sous
les papes Zosimo et Gélestin, les Africains étaient accueillis à
Home avec une très grande facilité. Cf. Jaffé, 892.
5. in cymiterio suo ad Ursum piliaium] Les mots in cymilerio suo,
ajoutés par le second éditeur, ne l'ont pas été en vain. Dans le
grand cimetière de Pont i en, ad Ursum pileatum, sur la voie de
Porto, il y avait plusieurs stations ou sanctuaires. L'itinéraire de
Salzbourg (De Rossi, R. S., t. I, p. 182) décrit ainsi les lieux que
Ton visitait en revenant de la basilique de Saint-Félix vers la porte
de la ville. « Deinde descendis ad aquilonem et invenies ecclesiam
» s. Candidae... Descendis in antrum et invenies ibi innumerabilem
» multitudinem martyrum... Tune ascendis et perveniesad s. Anas-
» lasium papam et martyrem et in alio Polion martyr quiescit.
» Deinde intrabis in ecclesiam magnam : ibi sancti martyres Abdo
» et Sennes quiescunt. Deinde exeas et intrabis ubi s. Innocentais
» papa et martyr quiescit. » De cette énumération il résulte évi-
demment que le pape Anastase avait son tombeau dans un endroit
spécial, distinct des deux basiliques de sainte Gandida et des saints
Abdon et Sennen. C'est pour cela que notre auteur le place in cy-
milerio suo, en se servant d'une expression déjà employée par
lui, et pour une raison semblable, à propos du pape Zépbyrin.
(î. V kal. mai.] Cette date est inadmissible, impossible à conci-
• lier avec les données chronologiques fournies par les limites des
pontificats voisins; mais on peut retrouver la vraie. Sirice est mort
le 26 novembre ; les catalogues, en exprimant la durée du pontificat
d'Anastase, ne lui marquent aucun chiffre de mois, mais seulement
un certain nombre de jours, 10, 21, 26 ou 27, en sus de ses années
pleines. Ainsi Anastase n'a pu être ordonné avant le 26 novembre,
ou plutôt avant le 27, car le 26 était un samedi en 399; et, en ad-
mettant qu'il ait été ordonné aussitôt la mort de Sirice, ce qui est
fort probable, le jour de sa mort devra être placé le 7, le 18, le 23
ou le 21 décembre, suivant les catalogues, ou tout au moins, cher-
ché dans le mois de décembre. D'autre part la date de l'ordination
d'Innocent, son successeur, s'obtient aisément en combinant le
martyrologe hiéronymien, qui la marque au 21 décembre, avec la
série des lettres dominicales qui donnent un dimanche le 22 dé-
cembre 401. Dans le martyrologe, il y a souvent de3 déplacements
d'un jour; c'est donc le 22 décembre qu'Innocent a été ordonné.
Ceci exclut les solutions du 23 et du 24 pour la date obituaire
d'Anastase. Entre les deux autres, celle du 18 serait déjà préfé-
rable, puisque l'on n'a nul témoignage sur un interpontificat plus
long qu'à l'ordinaire entre Anastase et Innocent, et que, en ce temps-
là, les papes étaient régulièrement ordonnés le dimanche après la
mort de leur prédécesseur. Mais on peut arriver à une certitude et
une précision plus grandes. Le martyrologe hiéronymien, qui mar-
que les anniversaires des papes voisins, Damase, Sirice, Innocent,
Boni face, doit avoir marqué aussi celui d'Anastase. Au premier
abord il semble qu'il n'en soit pas ainsi. Cependant on trouve
au 19 décembre, dans les mss. de Wissembourg et de Corbie (le
ms. de Berne ne va pas jusque-là), l'indication et alibi sandorun
Anastasi et Siddini episcoporum (var. episcopi dans le ms. de Luc-
ques) ; le ms. d'Epternach, qui transporte au 20 décembre une par
tie du texte afférent au 19, porte aussi Anastasi et Siddmi episcopi
supprimant ainsi, comme il le fait ordinairement, l'indication et
alibi. Dans le texte commun à ces manuscrits, il est clair qu'il faut
supprimer le nom Siddinus. Celui-ci, en effet, provient d'une lon-
gue liste de martyrs africains, enregistrés dans le lalcrculus de la
veille. Sa physionomie toute africaine (C. /. L., t. VIIL 9077, 9106,
9111) le ferait déjà réclamer par la rubrique africaine la plus voi-
sine; de plus, il est déjà marqué dans la liste en question. Rendu
ainsi au 18 décembre, ce Siddinus nous laisse au 19 le texte Anas-
tasi episcopi. Il ne manque plus que l'indication du lieu; mais on
peut y suppléer en observant que le martyrologe mentionne aus-
sitôt après (abstraction faite d'un évéque d'Auxerre, interpolé ici)
deux martyrs romains, les saints Chrysanthe et Darie. Nous obte-
nons donc ainsi la date du 19 décembre pour la mort du pape
Anastase. C'est, à un jour près, celle à laquelle on arrive par le
calcul, en fixant son ordination au 27 décembre et en prenant, pour
le chiffre de ses jours, la leçon des catalogues les plus autorisés
(v. Introd., p. lxxxiv), d. XXI.
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XL1I. INNOCEiNTIUS (401-417).
XL1I.
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57 l INNOCENTIUS, natione Albanense, ex pâtre Innocentio, sedit ann. XV m. II d. XXI. Hic constitutum l fecit
de omnem ecclesiam et de regulis monasteriorum et de iudaeis et de paganis et multos Gatafrigas 2 invenit, quos
H exilio monasterii religavit. Hic invenit Pelagium 3 et Caelestium hereticos et damnavit eos. Et hoc constituât ut
qui natus fuerit de christiana denuo nasci per baptismum, hoc est baptizari, quod Pelagius damnabat. Eodem
IH tempore dedicavit basilicam A sanctorum Gervasi et Protasi ex devotione cuiusdam inlustris feminae Vestinae, 5
laborantibus presbiteris Ursicino etLeopardo 5 et diacono Liviano. Quae femina suprascripta testamenti paginam
sic ordinavit ut basilica sanctorum martymm ex ornamentis et margaritis construeretur, venditis iustis extiraa-
tionibus. Et constructam usque ad perfectum basilicam, in quo 6 loco beatissimus Innocentais ex delegatione
IV inlustris feminae Vestinae titulum Romanum constituit et in eodem dominico 7 optulit :
patenas argenteas II, pens. sing. lib. XX; io
amas argenteas II, pens. sing. lib. XX;
coronas argenteas XII, pens. sing. lib. XV;
farum cantharum unum, pens. lib. XXII ;
cereostata argentea II II, pens. sing. lib. XXV;
turrem argenteam cum patenam et columbam deauratam, pens. lib. XXX. *s
V Ornatum baptismi :
cervum argenteum fundentem aquam, pens. lib. XXV;
vasum ad oleum crisraae argenteum, pens. lib. V;
vas alium ad oleum exorcidiatum, pens. lib. V;
patenas II ad crismam, pens. sing. lib. III; 20
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Innoccncius O — Albanensi B 23 C 3 : Alpancns C 1 : Albanensis
C2»DE — d. XX C"EG : XXV B« — 2 de] per A3 — omnem
A13R135C3 : omno bC 2 : omni vulgo — ecclesiam A 3 B I3 «» : eccle
A 1 : ecclesia vulgo — de ante pag. om. A 35 B 2 D — militas C 3 —
cataprigas C 3 B*D : cataphragas E— < in urbe > invenit EG —
3 in exilio A — minasterii C 3 : monasteriis B 6 : et monasteriis
E — < Et > hic BCE — Pellagium B« — Caelestium A 1 B5C* 3 D :
Caelaestinum B 1 : Caelestinum B 3 : Calcstinum C 2 : Celestinum
m l go __ dampnavit C 3 — eos om. A 123 *B« — ut om. C 3 —
4 christiano denui C 1 — denuo] de A 2 — denuo p. b. renasci EG
— baptizare E — dampnabat C 3 — • 5 basilica A 1 — Gerbasi C* 3
[corr. ci) — et om. B 2 D — ex j et B« — devotionem A* : debu-
tiono B» : < testamenti > BCDEG (cuiusdam test. CJ)— femine
A«C 3 — ïustine A« — 6 Ursino AW« : Ursitino B 3 — Leupardo
C 1 — Laviano A 2 : Libiano BCDE - quae B'C'DE : qui A» 3 B 2 -6C 23
— feminae C 2 — suprascriptae C 2 : sancta A — < in > test. A5—
7 ut < et > D : ut om. E [suppl.) — basilicam BCDE — et mar-
garitis-iustis om. C 2 — et margaritis om. D — margaretis B^C 1
— vinditis A*B» — iustis om. A 2 — aestimationibus A^B^DE
(estim. B*E) — 8 et om. A 3 — constructa A 2 -6 : constuctam C 3 :
constructa est EG — basilicae A 23 : basilica A^EG — diligationc
Bis : dileg. C 1 {corr.) : delig. B^C 23 : declinatione B 3 — 9illus-
tris b 1 — Romanum B^c'C 2 ' : Romane A^B 6 : Romao vel Rome
cet. — et in : inde cessât A 3 , usque ad finem donationis — domi-
nico] dona haec A 1 : multa dona A 2 — dominico < loco > e —
optulit A^C 2 : contulit A 2 , qui cetera usque ad finem donationis
omittit — 10 lib. sing. B 3 *C 3 D — sing. om. C 2 — 11 amas-XX
om. B« 3 Ci : DE ponuntpost coronas-XV — Il om. D — 12 XII] XV
C34 — 13 pharu cantarum A 1 — cantharam < argenteam > E
(■uni... -um e) — pens. <sing. > C 3 * — XX C 2 : XXV C 3 —
14 cereostata A*B* — argentea om. B* — III C 3 — 15 turro A 1 —
argentea A* : argenteum B"> — patena et columba deaurata A 1
— columba E — 16 baptisterii c»C 2 * : balsami B* — 17 aqua A*E
— 18 vasum-V om. C 2 — vasum A^C^D : vas cet. — oleo B 1
— arg. crism. A 1 — crism A 1 : chrismale A 56 : crisme B 35 C 3 :
chrismae B«C* : crismatis E — 19 aliud B5E — exoreizatum
B 2 «C*£ : exorzizatum B 3 : exhordiatum B* — 20 pat. < argen-
teas > C» — crisnia A*E : chrisma B™ : chrismam C 2 — 1III E
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XLII. INNOCENTIUS ('i0i-/il7). 221
scyphum argenteum anaglifum, pens. lib. X;
scyphum argenteum, pens. lib. X;
calices argenteos V, pens. sing. lib. III;
calices argenteos ad baptismum III, pens. sing. lib. II;
5 aquamanilis argenteus, pens. lib. XVI;
fara canthara aerea XVI. pens. sing. lib. X;
fara canthara aerea cereostata in gremio basilicae XX, pens. sing. lib. XL;
domus 8 iuxta basilica Libiana, praest. sol. LXXXV et tremissium; Yi 58
balneum in eodem loco, iuxta templum Mamuri 9 , praest. sol. XXXII;
10 domus in clivum Salutis balneata 1} , praest. sol. LXXVII et tremissium;
possessio Sorras, territurio Glusino, praest. sol. LXXI et tremissium;
possessio Corbianum, territurio Clusino, praest. sol. LXXVIIII;
possessio Fundanensis, territurio Fundano, cum adiacentibus adtiguis XV, praest. sol. CLXXXI et tre-
missium ;
15 possessio Figlinas, territurio Casinate, praest. sol. LVIil et tremissium;
possessio Amandini, quod donavit inlustri feminae Vestinae consubrinae suae, territurio Vegentano, praest.
sol. XLVI et tremissium;
possessio Antonianum, territurio Lodiano 1! , praest. sol. LXil;
domus Emeriti, in clivum Mamuri 12 , intra urbe Roma, iuxta basilicam, praest. sol. LXII;
20 domus in clivum Patrici 13 arbitrata;
domus iuxta basilicam, in vicum Longum, quae cognominatur ad Lacum, praest. sol. LXXXII;
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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— 1 sciplium A 1 (bis)— analyphum B* : unagliphum C 3 : anagly-
phatum E — 2 scyphum-X om. B 3 C 2 — sciphum <alium>A 6 C i E
—3 calicem arg. E — V-argenteos om. C 1 — 4 ad baptismum A 1 :
ad baptisterium A 5 * : baptismi numéro BGDE — calices-XVI
om. C 2 — lib. II < et alia dona multum (multa e) largitus est >
E — 5 aquammanules À* : aquaminilis B 1 : aquamanilis B<> :
aquamaniles D : aquaemauiles E : aquamanulisce*. — argenté.
I. A» : argenteus B* — pens. < sing. > E — XV C 1 — 6 fara-X
om. A 6 Qi — cantara A 1 — aereae C 2 : herea C 3 — pens.-X om.
A* — 7 Item fare canthere aereae cerostate E — cereostata B 1 :
ceros. Ai : cyros. C^ — cer. aer. C 2 — num. XX B 123 *CE —
pens.-XL om. A 1 — pens.-XL num. XX B'C 3 — 8 domos A*E —
basilica A J B l : basilicam cet. — Libiana A'BiC 3 : Libana D :
Bliauam C 1 : Libianam cet. — sol. < num. > Bi5C* 3 D —
LXXXV-soI. om. E — LXXV A*« : XXXV C 2 — et trem. om. O —
trimissium C 3 et ita porro — 9 valneum C 3 — locum A* — Ma-
mori A56 : Marmuri B* : Mauri C 2 — XXXV C 3 *— 10 domos A*B*C 3 :
domum B 3 E — clibum A 1 : clinum B 3 — valneala B 3 C 3 : viala-
tana B3 : aloeata B« : balnearium E — LXXXIII B* : LXXVIII
C 23 * : LXXXVIH E — simissium C 3 * — possessionem E et ita
temper in casu accusativo— 11 Sorcas B* : Soras CUD : Corras E
— < in > terr. E et ita porro — territoriu C 2 — LXI C 1 : LXXli
C 2 — et tremissium om. B«C 2 — 12 poss.-LXXVIII om. A5B*C* —
Corvianum E — LXXXVIHI B 2 : LXXXVIH E — 13 Fundanensi
B56D : -se C* 3 — Fundane C 2 : Funlrano E — LXXXI A* —
15 possessio-tremissium om. A** 5 — Ficlinas B« : Figlynas
EG — Casinense B 3 : Casinato B* : Casinata B« — CL VIII B< :
LXIII E — simissium C 3 — 16 hanc possessionem sequenti post-
ponit E — Amandani EG — quam A*«E — illustri B 1 : inlustrae
ACB 23 : inlustri A5c*0 : inlustris cet — femina A*B6CŒ (feraine
d) : fërni Bi : fem B* — Vestina AIE : Vestine B«C 3 : Fe-
mme Ci (Vestine c 1 ) : Festine C 2 : Festinae D — consobrinae
B 2 «6C«D : consubrine C 3 — - Vigentano Bi : Vegetano E —
17 sol. om. B 3 — 18 AntoniaTî Ai : Antoniani A 56 : Antonianam
BiE : Antoninum D — Ludiano B'C 1 : Clodiano EG — LXV
B5C 23 * : XLII E — 19 domos AiB*C 3 E — clibum Ai : clinum C 3
clyvo E — Marmuri B 6 : Mamurtini ciC 2 : Mammortini C 3
Mamortini C* : Mammori EG — urbem B^E — Romam B^
om. E — sol. om. B 3 — LXX1I Ci : LXV B* — 20 domum Ai —
clibum A 1 : clyvo E — Patricii E — arbitata B15C1D : orbilata
B6 — 21 domum B*E — vico Longo E — qui B« — locum
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222 XL1I. INNOGENTIUS (401-417).
domus ad cathedra lapidea Floriana 14 , praest. sol. LVIII;
pislrinum in vico Longo, qui cognominatur Castoriani, praest. sol. LXI;
balneum in vicum Longura, qui cognominatur Templus, praest. sol. XL;
siliquas III, uncias III, portae Numentanae 15 , praest. sol. XXII et tremissium.
Hic constituit sabbatum ,6 ieiunium celebrari, quia sabbato Dominus in sepulchro positus est et discipuli 5
VU ieiunaverunt. Hic constituit ut basilicam 17 beatae Agnae martyris a presbiteris Leopardo et Paulino sollicitudini
gubernari et tegi et ornari; eorum dispositione tituli suprascripti Vestinae presbiteris concessa potestas. Hic
Vlil fecit ordinationes I1II in urbe Roma per mens, decerab., presbiteros XXX, diaconos XII; episcopos per diversa
loca LIIII. Qui etiam sepultus est 18 in cymiterio ad Ursum pileatum, V kal. aug. Et cessavit episcopatus
dies XXII. io
VARIANTES DES MANUSCRITS.
— 1 cathedram BC^E — lapideam B5C2E : lapidia C 1 (corr.
ci) : lapide C 23 D — Floriano B* : FJorianam E — 2 pristinum
C 2 E — Longum B 6 — , quod B 1 — Castoriani AB 5 : Castorini
B C C* : Castorano E : Castorani cet. — sol. om. D — LXXXII
B23* : LXX1I C2 : Ll D — 3 valneum C 3 — vico Longo B16E
— que B» — Templum A 3 B 1234 E — 4 uncias portae Num. III
BC*EG — siliquas uncias III p. N. III C 2 : siliquas uncias IIII
p. N. C 3 * — siliquis B5 — porta Numentana A* 6 — porte O —
Numentanae A*C* : Nomentanae B 1 : Nomentane C 3 : Momen-
tanae vulgo — XVII E — et tremissium om. C 2
5 sabbatum A 2 B l23< C : sabbato cet. — caelebrare C 1 — disci-
puli < eius > A 3 E — 6 ieiunarunt B5 — ut om. A5 6 B C — basi-
lica A* 2 : om. E [suppl.) — bâte C 3 — Agnetis A 3 E : Agnes A*6
— martyre A* — a presb.] presbiterorum A^ — Leopardi et
Paulini A^g — Leupardo B 24 : Leobardo C 2 — sollicitudine
A356B2346D : -nem CE — 7 gubernari-tituli om. B : > — eorum-
que dispositioni ex titulosuprascriplo Vestine concessa poteslas
A56 — quorum B 5 C 4 D — tilulum E — supradicti BCD (supra-
dictae B5C 1 : subpraediclae B c ) : superscripte E — Bestinc E
— et presbyteris B* : presbileri A 2 — 8 in urbe Roma om. E —
diac.-LIIII om. D -- 9 LVIIII B> : LUI C 3 — in cymiterio om
A 3 EG — adversum D — pileatum A 1 : pilliatum A 23 : pilleatum
A56 : piliatum B 23 ^ 3 : pilatum B3C ,2 D — V om. A 23 — 10 d, XXIII
A56 : XXXII B*
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Hic constiluium...] Les abrégés de la première édition n'ont
conservé aucune trace de cette phrase et de tout ce qui suit jus-
qu'au décret sur le jeûne du samedi exclusivement. Ils omettent
aussi, au delà de ce décret, une phrase sur la basilique de Sainte-
Agnès et ses rapports avec le clergé du titre de Vestina. Cette
dernière phrase paraît avoir été rédigée d'après le document qui a
fourni les détails sur la fondation du titre de Vestina. La coïnci-
dence parfaite des lacunes dans les deux abrégés F et K me porte
à croire que tout ce qui n'est que dans le texte P faisait défaut
dans la première édition. — Il nous est parvenu plusieurs décrétales
d'Innocent; les plus importantes au point de vue de la discipline
générale sont adressées à Victricius de Rouen (Jaffé, 286), à Exupère
de Toulouse (293), aux évoques de l'Illyricum (303), à Decentius
d'Eugubium (311), à Félix de Nuceria (314); mais je n'y vois rien
qui concerne les païens, les juifs ni môme les règles des monastè-
res, quoiqu'il y soit parfois question de moines.
2. et mullos Caiafrigas] Il y a, dans le code théodosien, XVI, 5,
40, une loi fort sévère de l'empereur Honorius contre les Mani-
chéens, Phrygiens et Priscillianistes; cette loi fut donnée à Rome
le 22 février 407, c'est-à-dire sous le pontificat d'Innocent, qui a pu
contribuer à la suggérer. Il est assez connu pour son zèle contre
les communautés hérétiques, de Rome et d'ailleurs (JafTé 318);
Socrate raconte, en particulier (H. E., vu, 11), qu'il enleva plusieurs
églises aux Novaticns. Aucun document ne parle de mesures ppé-
cialement dirigées par lui contre les Montanistes proprement dits;
l'existence do ceux-ci, en Occident et au v^ siècle, n'est attestée par
aucun autre texte que la loi du code théodosien et ce passage du L.
P. Mais on connaît deux faits intéressants, tous deux relatifs à la
secte des Tcrtullianistes africains, et qui sont à peu près de ce
temps-ci. Une dame africaine, appelée Octaviana, appartenant à
cette secte, était venue à Rome au temps de l'usurpateur Eugène
(392-394), accompagnée d'un prêtre de sa confession. Son mari,
Hesperius, étant intimement lié avec le général Arbogaste, le grand
protecteur d'Eugène, elle obtint à ce prôtre un rescrit impérial qui
lui permit d'exercer son culte à l'extérieur des murs. Fort de ce
rescrit, le prôtre tertullianiste s'empara de l'église des saints Pro-
cessus et Martinien, située au 2 e mille de la voie Aurélia, sous
prétexte que ces saints avaient été Phrygiens. Cette histoire est
rapportée par le Praedestinatus, haer. 86, qui la place au temps de
l'usurpateur Maxime, évidemment à tort, car le rôle qu'y joue Ar-
bogaste interdit de songer à une autre compétition que celle d'Eu-
gène. Il ajoute que, après la restauration théodosienne, Octaviana
et son directeur durent reprendre le chemin de Carthage. Saint
Augustin raconte aussi, dans son livre sur les hérésies, ch. 86,
qu'il y avait de son temps à Carthage une église de Tertullianistes ;
il ramena lui-môme tous les adhérents de cette secte à l'unité ca-
tholique, et leur église fut consacrée au culte orthodoxe.
3. Hic invenit Pelagium...] Les documents de cette affaire sont
trop célèbres pour qu'il soit besoin de les rappeler. La condam-
nation portée par Innocent est exprimée dans ses lettres aux con-
ciles provinciaux d'Afrique (Jaffé, 321, 322).
4. basilicam sanclorum Gervasi et Protasi] Cette basilique, renou-
velée plusieurs fois, a perdu tout vestige de sa décoration antique;
elle porte maintenant le nom de S. Vitale. Elle est située dans le
vicus fongus, dans la vallée entre le Quirinal et le Viminal, au
bas de la première de ces deux collines.
5. et Leopardo] On trouve sous le pape Sirice un prêtre Leopar-
l dus, qui fut envoyé à Milan en 390, avec deux de ses collègues,
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XLII. INN0CENT1US (401-417).
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Crescens et Alexandre, poursuivre la condamnation de Jovinien
devant paint Ambroise et le concile de la haute Italie (Jaffé, 260 ;
Goustant, p. 663). C'est ce même prêtre qui est mentionné dans les
inscriptions relatives à la restauration de Sainte-Pudentienne, sous
Sirice (De Rossi, Bull. 1867, p. 52 et suiv.; Musaici), sans doute
aussi dans une inscription de Saint -Laurent dont il a été question
ci -dessus (Silvestiie, note 84) et enfin dans une autre inscription,
commémorative d'une décoration exécutée au tombeau de saint
Hyacinthe, dans le cimetière de Bassilla (De Rossi, Jnscr. chr.,
t. II, p. 30).
6. in quo loco — tilulum Romanum) La phrase est construite
comme celle de la notice de Damase sur le sanctuaire ad Catacum-
bas (p. 212, 1. 5-1) ; il y a d'abord un accusatif absolu : « Et, la ba-
» silique étant complètement terminée, » puis vient in quo loco,
expression équivalente à in hoc ou in ipso loco. — Ce titulus est
mentionne dans les signatures du concile romain de 499. La seule
inscription qui le nomme est celle-ci (De Rossi, Inscr. chr., t. I,
1185), du vu 8 siècle environ :
hic requiescit in pACE ABVNDANTIVS ACÔL-
REG- QVARTE TT VESTINE QVI VIXIT ANN- XXX
DËP • ÏNP D- NÂT- SCL* MARCI MENSE SE ÔCT- IND XII
7. in eodem dominico] Ce terme de dominicum, pour désigner une
église, est d'un âge fort ancien, comme l'a fait remarquer M. do
Rossi (Bull. 18C3, p. 2ô). Il eut d'abord le môme sens que le mot
grec éxxATiCrla, c'est-à-dire qu'il signifia assemblée du culte chrétien ;
c'est dans cette acception que l'emploient Tertullien, saint Cyprien
et l'auteur africain des actes des saints Saturninus, Dativus, etc.
Mais on l'employa aussi pour désigner le lieu où se tenaient les
réunions liturgiques. C'est ainsi qu'on le trouve dans les actes de
saint Philippe d'Héraclée, c. 3, dans l'itinéraire de Bordeaux à
Jérusalem, écrit en 333, enfin dans l'inscription d'un collier d'es-
clave (De Rossi, /. c, p. 25), à propos d'une égliso romaine, celle
de Saint-Clément : Tene me quia fug[ï] et reboca me Victori acolito
a dominicu démentis. Il est môme remarquable quo l'auteur de
l'itinéraire paraisse le considérer comme plus clair que celui de
basilica; car, en parlant de l'église du Saint-Sépulcre, il dit : ibi
modo iussu Constantini imperatoris basilica facta est, id est domini-
cum, mirae pulchritudinis. — Je croirai difficilement qu'un clerc
du vie siècle, livré à l'inspiration de l'usage contemporain, ait
employé un terme aussi archaïque; l'auteur du L. P. a du le trou-
ver dans le document d'où il a tiré les détails de la fondation du
titulus Vestinac. Le principal groupe des manuscrits A n'a pas
cette expression; c'est sans doute par suito d'une correction j mais
cette dissidence doit être notée.
8. domus tuxta basilicam Libiana] On ne connaît point de basi-
lique de ce nom. Les autres immeubles romains qui figurent dans
cette liste se trouvent tous aux environs de l'église de Vestina.
Peut-être Libiana est-il le nom do la maison, domus Libiana iuxta
basilicam (ss. Gervasi et Prolasi); peut-être s'agit-il d'une basilica
Liviana à chercher au macellum Liviae ou aux alentours.
9. templum Mamuri] Les légionnaires mentionnent une statua
Mamuri dans la région VI Alla semita, entre les thermes de Cons-
tantin et le temple de Quirinus. Templum est sans doute ici une
expression abusive, pour désigner cette statue avec sa petite en-
ceinte sacrée. Un peu plus loiu nous trouvons une domus.,. in
clivum Mamuri... iuxta basilicam. Ce clivus, voisin de la basilique
et distinct du vicus Longus, ne peut guère être cherché ailleurs que
dans la direction de la via délia Consulta, qui de la vallée suivie
par le vicus Longus rejoint le sommet du Quirinal, entre les ther-
mes de Constantin et l'emplacement du temple do Quirinus. Il est
vrai quo la passion de sainte Susanne parle d'un vicus Mamuri,
situé aux environs de l'église de celte sainte, ante Sallustii forum.
Ce vicus Mamuri a beaucoup embarrassé les topographes (Becker,
Topogr., p. 574; Preller, Regionen, p. 134; Iordan, Topogr., p. 125;
cf. Lanciani, dans le Bull. delP Istituto, 1869, p. 229); il est proba-
ble qu'il faut distinguer, avec Preller, le clivus Mamuri du vicus
Mamuri; en tout cas, il est impossible qu'une rue voisine du forum
de Sallu8to ait été iuxta basilicam Vestinae.
10. domus in clivum Salutis balneata] Le clivus Salulis, mentionné
aussi dans une lettre de Symmaque (V, 54 éd. O. Seeck) est à cher-
cher auprès du temple de Salus, attribué à la sixième région par
la Nolitia et le Curiosum (Salusti, par erreur, dans le Curiosum).
L'emplacement de ce temple est à peu près déterminé par celui de
la porte Salutaris. Celle-ci se trouvait « auprès du palais Barbe-
rini, peut être à l'ouest (S.-O.) de la via délie Qualtro-Fontane »
(Iordan, Topogr., t. I, p. 213; cf. Lanciani, Bull, cit., p. 42 et suiv.).
Le clivus Salutis était donc à peu près parallèle à cette dernière
rue. — Balneata veut dire sans doute pourvue d'un bain.
il. territurio Lodiano] La recension E a conservé ou rétabli la
vraie orthographe; il s'agit d'une terre située sur la via Clodia.
M. Tomassetti (Archivio Rom., t. V, p. 10) la place à gauche de
cette voie, aux environs de La Storta, vers le neuvième mille,
sans doute à cause de la villa impériale dont il a été question ci-
dessus, p. 203, n. 9.
12. domus Emeriti] Voy. ci-dessus, note 9.
13. domus in clivum Patrici ai'bitrata] Probablement l'endroit où
le vicus Patricius (via Urbana) s'élève vers le plateau des thermes
de Dioclétien. — Arbilrata parait signifier que le prix ou le revenu
de la maison en question était soumis à un arbitrage au moment
où fut rédigé le document d'où dépend ici le L. P. C'est sans doute
pour cela que le revenu n'est point indiqué.
14. domus ad cathedra lapidea Floriana] Cette désignation de lieu
doit avoir quelque relation avec le temple de Flore, situé sur le
haut du Quirinal, dans les jardins du palais.
15. siliquas lll uncias III portae Numenlanae] A chacune des por-
tes de Rome il y avait un bureau d'octroi, où l'on acquittait le
vectigal rerum promercalium (De Rossi, Piante di Roma, p. 46-50).
Cet impôt, comme tous les impôts indirects, n'était pas perçu par
des employés de l'état ou de la ville; il était affermé, et souvent à
des sociétés représentées par des mancipes. Un manceps Romae est
mentionné dans une épitapho du v° siècle environ, conservée au
musée de Vienne en Dauphiné (Le Blant, hiscr. chrétiennes de la
Gaule, t. II, p. 93). C'est probablement un manceps de l'octroi de
Rome, et l'inscription prouve que cet impôt et son système de per-
ception fonctionnaient encore au v° siècle. Ce que Vestina donne
ici à l'église fondée par elle, c'est une partie, les 3/8 (3/24 + 3/12)
des bénéfices de l'octroi à la porte Nomentane. Cette dame était
actionnaire de la perception; ses titres, en tout ou en partie, sont
légués par elle à son église. Je dois cette explication à M. do
Rossi.
16. H. c. sabbatum ieiunium celebrare'] Innocenta ep. ad Decenlium
Eugub., c. 4 : « Sabbato vero ieiunandum esse ratio evidentissima
» demonstrat. Nam si... sexta feria ieiunamus, sabbatum praeter-
» mittere non debemus, quod inter tristitiam atque laetitiam tem-
» poris illius videtur inclusum. Nam utique constat apostolos biduo
» isto et in maerore fuisse et propter melum ludaeorum se occu-
» luisse... Non ergo nos negamus sexta feria ieiunandum, sed
» dicimus et sabbato hoc agendum, quia ambo dies tristitiam apos-
» tolis vel his qui Christum secuti sunt indixerunt... » La même
explication de cet usage est donnée dans la Vita b. Silvestri (Introd.,
p. cxi; cf. p. cxxxin).
17. B. c. ut basilicam b. Agnae] Ce texte, rédigé d'une façon peu
intelligible, signifio apparemment que lo pape confia aux prêtres
Leopardus et Paulinus, personnellement, l'administration de la
basilique de Sainte-Agnès, dans un moment où elle avait besoin
de réparations (ttgi et ornari). Une fois l'église restaurée, ils s'ar-
rangèrent avec Innocent [eorum dispositione) pour qu'elle fût désor-
mais placée sous le gouvernement des prêtres du nouveau titre de
Vestina. — L'inscription citée dans la note 6 a été trouvée à Sainte-
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XLII. INNOGENTIUS (401-417).
Agnès; elle témoigne des liens qui unissaient cette église cimité-
riale au titre du vicus Longus. Il était de règle que les cimetières
suburbains fussent rattaches ainsi à l'administration des titres
paroissiaux. M. de Rossi a réuni et classé, dans sa Roma soit.,
t. III. p. 518 et suiv., les faits et documents qui se rapportent à ce
sujet.
18. in cymiterio ad Ursum pileatum) Sur l'emplacement précis,
v. le texte cité dans la note 5 de la notice précédente. — V kal.
aug.] La première édition porte V kal. iul. Ces dates sont fausses
toutes les deux; la vraie, //// id. mart. (12 mars), est donnée par
le martyrologe hiéronymien. Le changement de iul. en aug. a
peut-être été inspiré par le fait que le /// kal. aug. était la fête
principale du cimetière de Pontien, celle des martyrs Abdon et
Sennen (Cf. ci-dessus, p. H).
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XUII. ZOSIMUS (417-418).
XLIII.
ZOSIMUS, natione Grecus, ex pâtre Abramio, sedit ann. I m. III d. XI. Hic multa constituit 1 ecclesiae et i 59
fecit constitutum ut diacones * leva tecta haberent de palleis linostimis ; et per parrocia concessa licentia cereum
benedici. Et praecepit ut nullus clericus 3 in poculum publicum propinaretur, nisi tantum cellae fidelium,
maxime clericorum. Hic fecit ordinationes in urbe Roma per mens, decemb., presbiteros X, diaconos III; I(
5 episcopos per diversa loca'YIII. Qui etiam sepultus est * via Tiburtina, iuxta corpus beati Laurenti martyris,
VII kal. ianuar. • Et cessavit episcopatus dies XI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Zozimus A 1 !** — Abrahamio A (Abrahaimo A 2 ) : Abrimio
B« — m. VIII d. XXV A5«C«4EG — d. XII Ai : d. II A"— multas
constituit aecclesias E — ecclesiae] in ecclesia BCD — 2 constituai
O — leba Bi : levam B5C 2 : laba C* : lenas E (corr.) — tectam
B*C* — palliis B 1 — linostemis A* : linostomis A 2 : linostimis
cet. — parrocbi- BC 2 D — parrochiam (vel -ciam) A 23 C 12 D :
parrocbias B5E«G — concessamC 2 — licentiamC* : om. A 125 —
cereos E I3 G — 3 benedicit A 1 — praecipit Bi : iussit E 12 G — po-
pulum A 5 * : populo E 1 : poculo E 3 G — <in> pub. C 1 — pubpli-
cum B 3 : publicae E 3 — propinarenlur B 15 C 3 : propinnarent
C 3 : propinate E 1 (corr.) — calle B 5 — 4 maximae A*E 3 — or-
dinationem I EG — Roma om. E — diac. HII B 2 — 5 num. VIII
BCD — est om. C 3 — via Tib. post martyris ponit E — Lau-
rentii B*C 2 D — martyres A 1 : om. A 2 — 6 d. X B5C*.
NOTES EXPLICATIVES.
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4. Hic multa constituit...] En fait de règlements disciplinaires
publiés par le pape Zosime, on ne connatt que sa lettre (Jaffé, 339)
à Hésychius, évoque de Salone, relativement aux ordinations; une
autre décrétalc sur le même sujet, perdue maintenant, se trouve
citée dans cette lettre. Il est difficile que notre auteur ait eu ici
en vue la tractoria portant condamnation du pélagianisme ou les
décrets rendus en faveur de l'évoque d'Arles.
2. ut diacones leva tecta haberent...] Dans la première édition ce
texte était ainsi rédigé : « ut diacones leva tecta haberent de pal-
» leis linostimis per parrochias, et ut cera benedicatur » ; de cette
façon le décret sur les pallia linostima des diacres n'est pas une
simple répétition de celui de Silvestre (p. 189, note 22), mais la
concession aux diacres des parochiae, c'est-à-dire des églises du
diocèse suburbicaire, d'un insigne liturgique d'abord propre aux
diacres de Rome. Il est clair qu'il ne s'agit pas ici de la mappula
dont saint Grégoire le Grand contestait l'usage aux clercs de Ra-
venne. Jean, évoque do cette ville, ayant prétendu que cet insigne
avait été concédé même aux petites églises des environs de Rome,
Grégoire fit faire une enquête, et le clergé romain déclara nulli hoc
unquam alii cuilibet ecclesiae concessum fuisse (Greg. M. Ep. m, 56,
57). Une telle affirmation n'aurait pu se produire s'il se fût agi du
pallium linostimum ou manipule, que le L. P. (l re édition) nous dit
avoir été attribué aussi aux diacres per parochias. — En retouchant
le texte, le second éditeur a transporté cette concession à la céré-
monie de la bénédiction du cierge. Or la bénédiction du cierge pas-
cal n'est pas, comme le port du manipule, une particularité de
l'usage romain primitif. Du reste, la première édition parle de
cera et non de cereus et je ne crois pas que les deux choses puis-
sent être confondues. J'entends ici par cera la cire que l'on bénis-
sait pour en faire des agnus Dei. Voici comment ce rite est décrit
par YOrdo Romanus (Muratori, Lit. Rom., t. II, p. 1004) : « In ca-
» tholica ecclesia infra civitatem Romanam, mane prima, sabbato
» sancto, in Lateranis, venit archidiaconus in ecclesia et fundit ce-
» ram in vas mundum maiorem et miscitat ibidem oleo et bene-
» dicit ceram et ex ea fundit in similitudinem agnorum et servat
Liber pontificalis.
» eos in loco mundo. In octabas vero Paschae dantur ipsi agni ab
» archidiacono in ecclesia post missas et communionem populo et
» ex eos faciunt in domos suas incensum ad suffumigandum pro
» qualecumque eis eveniente necessitate. Similiter in suburbains
» civitatibus de cera faciunt. » Cf. Amalarius, De eccl. officiis, iv,
11. On ne cite à propos de ces agnus Dei aucun document ou spé-
cimen authentique antérieur au ix e siècle. Le texte du L. P. reporte
ce pieux usage à une antiquité beaucoup plus haute. — Quant au
cierge pascal, dont la seconde édition est seule à [parler, les plus
anciens documents de date assignable qui nous en soient restés
en dehors de ce texte sont les deux o bénédictions » composées
par Ennodius pendant qu'il était encore diacre de l'église de
Pavie, c'est-à-dire vers le temps du pape Symmaque (Corp. script,
eccl., t. VIII, p. 415-422). On voit dans une lettre de saint Gré-
goire (Ep. xi, 33) que, à Ravenne, les prières sur le cierge étaient
prononcées par l'évéque lui-même et qu'elles avaient une ampleur
assez grande pour causer quelque fatigue à l'officiant. Dans les
sacramentaires romains on trouve toujours, à l'office du samedi
saint, un canon consécratoire, qui doit être prononcé par un dia-
cre, Deus mundi conditor, dans le sacramentaire gélasien, Exultet
iam angelica, dans le grégorien ; il en est de même dans les sa-
cramentaires gallicans, qui ne connaissent que VExultet. Les Or~
dines Romani mentionnent aussi cette bénédiction (Muratori, Lit.
Rom., t. II, p. 997; cf. De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 34; Mura-
tori, l. c, p. 1009). Malheureusement tous ces documents liturgi-
ques sont bien postérieurs à l'origine de ce rite et ne peuvent guère
nous aider à expliquer le décret attribué ici à Zosime. — 11 faut
remarquer aussi que le second éditeur ne parle pas de la pre-
mière institution du rite, mais seulement de son extension aux
églises (parochiae) de la circonscription suburbicaire. J'ai dit plus
haut que le rite du cierge pascal ne saurait être considéré comme
propre à l'église romaine et à celles qui suivaient son usage litur-
gique. Nous le rencontrons, dès la fin du v B siècle à Pavie, c'est-à-
dire dans le diocèse métropolitain de Milan; au vu* siècle le qua-
trième concile de Tolède, tenu en 633 (can. 9), atteste qu'il est
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XLIII. ZOSIMUS (417-418).
répandu pei' multarum loca ierrarum regionesgue Bispaniae; les sa-
cramentaires gallicans prouvent qu'on l'observait en France vers
le même temps. En Orient, cependant, on ne le connaissait pas.
3. ut nullus clericus] Même prohibition dans le concile de Lao-
dicée et dans le concile de Carthage tenu en 397. Conc. Laod. % c. 24
(c. 127 Denys) : « Quod non oportet sacerdotes a presbyteris usque
» ad diaconos et deinceps quemlibet ecclesiastici ordinis usque ad
» mlnistros, aut lectores, aut cantores, aut exorcistas, aut ostia-
» rios, aut ordinis monachorum, in cauponam ingredi. » — Conc.
Carth. (c. 40 Denys) : « Ut clerici edendi vel bibendi causa taber-
» nas non ingrediantur, nisi peregrinationis necessitate compulsi. »
4. Qui etiam sepultus est...] M. de Rossi, dans son Bullettino
de 1864, p. 37, avait interprété l'expression iuxta corpus b. Lau-
renlii dans le sens d'une proximité immédiate, semblable à celle
des plus anciennes tombes pontificales par rapport à la tombe do
l'apôtre Pierre, indiquée par la même formule, iuxta corpus b. Pé-
tri. Dans le Bull, de 1881, p. 91 et suivantes, il abandonne cette
interprétation et propose d'assigoer aux tombes des trois papes
Zosime, Xystus III et Hilaire les trois arcades qui sont au bas de
la basilique primitive de Saint-Laurent, c'est-à-dire à une certaine
distance de la tombe du martyr. Celte conjecture ne m'a point
paru suffisamment démontrée. Son principal argument soulève de
graves difficultés. Deux fragments d'une épitaphe métrique, ap-
portés en 1838 à la custodie des reliques et provenant d'une cata-
combe romaine, on ne sait laquelle, lui ont paru devoir être des
débris de l'épitaphe du pape Zosime. La provenance, si vaguement
qu'elle soit connue, semble déjà écarter cette identification. Le tom-
beau de Zosime, en effet, se trouvait dans la basilique de Saint-
Laurent et non point dans une catacombe ordinaire; d'autre part,
la basilique est restée enterrée depuis le xin° siècle jusqu'au temps
de Pie IX. Gomment aurait-on pu y trouver des marbres écrits ? A
cela, M. de Rossi répond en constatant que, vers l'un des angles du
bas de l'église et précisément dans une des trois niches en question,
il s'était ouvert une communication avec les galeries du cimetière
de Cyriaque ; en explorant ces galeries on a pu entrer dans la niche,
sans se douter qu'on entrait ainsi dans la basilique, et les inscrip-
tions que l'on y aura trouvées auront pu être rapportées aux ca-
tacombes. L'explication est juste; mais rien ne prouve a priori
que les fragments en question viennent du cimetière de Cyriaque
et de la voie Tiburtine. C'est par leur texte seul et par leur identi-
fication avec l'épitaphe de Zosime que l'on est conduit à leur assi-
gner cette provenance. Or cette identification ne s'opère que
moyennant une restitution très hardie. Voici le texte en question,
avec les suppléments de M. de Rossi :
DISCERE SI MErenj? patRIS MERITVM Cupis almi,
HVNC PETRVS Zosimum VERVM SECVM Klsociavit.
SOMNIO PRAEce**ts denIS VIX MENSIB* Anno.
NATALI VENERandoadremenTEQ- SACRATO
LAETITIAE POPVto ferias coNCEDERE IVSSIT
VIXIT an M'XI-D'VI
Ce n'est pas ici le lieu de discuter ces suppléments; mais je ne
puis me dispenser de formuler mes réserves contre l'identification
de l'épitaphe avec celle de Zosime et mes doutes sur l'idenlificaticn
des trois arcades de Saint-Laurent avec les tombes des trois papes
Zosime, Xystus III et Hilaire.
5. VII kal. ianuar.] Cette date obituaire est exacte, sauf la cor-
rection VII kal. en VI kal., qui parait indiquée par le rapport du
préfet de Rome Symmaque à l'empereur Honorius sur les trou-
bles qui suivirent la mort de Zosime : « Cum vir sanctus Eulalius
» ad ecclesiam Lateranensem de exsequiis prioris episcopi a po-
» pulo et a clericis fuisset adductus, ibi per biduum cum maxima
» multitudine et pluribus sacerdotibus remoratus est, ut exspecta-
» retur dies consuelus quo posset solemniter ordinari » (Migne,
P. L., t. XVIII, p. 398). Ce dies consuetus était le dimanche, c'est-à-
dire le 29 décembre. Eulalius fut élu deux jours auparavant, c'est-à-
dire le vendredi 27 ( VI kal. ian.), ce qui nous donne la date exacte
do l'enterrement de Zosime. — L'anniversaire de ce pape ne figure
pas dans le martyrologe hiéronymien, qui marque cependant
ceux de tous ses prédécesseurs depuis le m c siècle et celui de son
successeur Boniface. Ce silence a, je crois, son explication dans le
fait que le laterculus du 27 décembre, dans le martyrologe hiéro-
nymien, est rédigé avec une concision exceptionnelle ; on n'y men-
tionne quo la fêle des apôtres Jean et Jacques, sans nommer au-
cun autre saint. C'est la seule fois que pareille chose se rencontre
dans le martyrologe; il y a eu probablement ici un accident, ou
une inadvertance de la part du compilateur.
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XLIIII. BONIFATIUS (418-422).
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XLIIII.
BONIFATIUS, natione Romanus, ex pâtre Iocundo presbitero, sedit ann. III m. VIII d. VII. Hic sub ï 60
intentione cum Eulalio ordinantur uno die et fuit dissensio in clero mens. VII d. XV 2 . Eulalius 3 vero
ordinatur in basilica Gonstantiniana \ Bonifatius autem in basilica Iuliae. Eodem tempore audiens hoc 5 Placidia II
Augusta cum filio suo Valentiniano Augusto, dum sederent Ravenna, retulit Honorio Augusto Mediolano sedenti.
5 Eodem tempore ambo Augusti missa auctoritate hoc praeceperunt ut ambo exirent civitate. Qui cum pulsi
exissent, habitavit Bonifatius e in cymiterio sanctae Felicitatis martyris, via Salaria, Eulalius vero 7 in civitate
Antio, ad sanctum Hermen. Veniens autem dies proximus Paschae praesumpsit Eulalius, eo quod ordinatus m
fuisset in basilica Gonstantiniana, et introivit in Urbem et baptizavit 8 et celebravit Pascha in basilica Gonstanti-
niana; Bonifatius vero 9 , sicut consuetudo erat, celebravit baptismum Paschae in basilica beatae martyris Agnae.
10 Hoc audientes Augusti utrumque miserunt et erigerunt Eulalium et missa auctoritate revocaverunt Bonifatium iv
in urbem Romam et constituerunt episcopum; Eulalium vero miserunt foris in Campaniam. Et post annos III
et menses VIII defunctus est Bonifatius. Glerus et populus 10 petierunt Eulalium revocari. Quod tamen non
consensit Eulalius Romam reverti. Qui tamen in eodem loco Gampaniae post annum mortis Bonifatii defunctus
est Eulalius. Hic Bonifatius constituit ut nulla mulier n aut monacha pallam sacra tam contingere aut lavare aut y
15 incensum ponere in ecclesia nisi minister; nec servum clericum fieri I2 , nec obnoxium curiae vel cuiuslibet rei.
Hic fecit oratorium 13 in cymiterio sanctae Felicitatis, iuxta corpus eius, et ornavit sepulchrum sanctae mar- YI
tyris Felicitatis et sancti Silvani, ubi et posuit hoc :
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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i Bonifatius A'Bi*C*E3 : Bonifacius vulgo — Iocundo AB'C^:
lucundo cet. — m. VIIIl A 2 : m. V A56C* — d. XIII A56C 3 *EG :
d. XVI C 2 — 2 Eolalio Bt : Eoladio C* et ita porro : Eolabio
B 6 C 3 — ordinantur A 4 B56C 3 : ordinaretur A 3 : ordinatur cet. —
ordin. c. Eul. C 2 — una EG — dissentio B*C : discensio A"6B«
— m. VIII A — < et > d. BC 23 D : < et per > d. E — Eolalius
C 3 — vero om. B 2 — 3 Constantiniana-basilica om. B 3 $ — Bo-
nifatius A ! C 3 — autem om. B 2 -«D — Iulii BC* : Iuli B«C 23 D —
hoc om. B 5 — Placida A 2 — A Augusto-Honorio om. A 3 — rese-
derent B 6 : sederint C 2 — Ravenne E : Acliolus A* : Mediolano
vel Ravcnna A 6 — rettulit C*E — Mediolane C 3 — 5 Augusto
C 2 — missas A 2 — praeciperunt A 1 — exilirent B 6 : exierent
C2 _ civitate A 12 : civitatem B5CEG : de civitate A 3 56B 23 —
conpulsi A* 3 C 2 : dum conpulsi a'EG — 6 exirent A 3 : essent E
(corr.) — habitabit A*C 3 — Bonifatius AW — martyres A 1 —
in via A*Bi — civitatem BM^D — 7 Antia A* : Antii E : Man-
cia À 6 : Mantia B 234 C* (corr. c 1 ) — veniens autem om. A 123 —
prox. dies E — Pasche B 2 C» — Eulogius B* — 8 introibit A* 23 :
introbit C 3 — in om. E — urbem AB* : urbe cet. — Pascham
B* — basilica -na AC 2 : -am -nam cet. — 9 Bonifatius A*B 3 —
erat] est A*6 — Pasche A* — < et > in C* — basilicam B*56
— beatae A : sanctae cet. — martyres A 1 : om. A 2 — Agnes
A56 : Agne BisC : Agnetis E — 10 auditum BG (auditu B*) :
audito DEG — <ad> utr. A 2 56 — utrique b 3 Ci^EG — ere-
gerunt BC : eiecerunt B 6 E : elegerunt D : egerunt G — Eu-
lalium '< alii episcopi > A* 23 : < CGLII episcopi > A56 — et
rev. D — Bonifatium A*Bi — li urbe Roma BCi 2 D — Roma
om. E — constituerunt < eum > C 2 — episcopatum O —
foras A 6 B»E — in om. C* — Campania A* 3 — et om. BCDEG —
12 Bonifatius A*C 3 — clerici B 1 : cleri C* : clerus < autem >
EG— et om. A 2 : vel B56C 23 D — populus] pb Bi : presbiteri B56 :
plebs B 23 <CE (pies C 3 ) — petiverunt B^C 23 — revocare B« — 13
concessit A 3 — Roma E — Romam < scilicet > A 5 « — converti G
— locum B 1 — Campanie C 3 — Bonifatii A* : Bonifati Bi 3 C 3 —
14 Eulalius om. A.™ — Bonifatius A*Bi 3 — aut] vel B*EG : om. A*
— monachusE* 3 G [corr. e 1 )— palleam A 1 : pallia E* ipaileaE'G
— sacrata E 13 — aut] vel (bis) B 1 — contingere... lavare...
ponere A 123 (contangere A 3 ) : contingeret, etc. cet. (ponere
C 3 ) — labaret B«C 3 : om. A 23 — 15 aecclesiam E 3 — nisi om. B*
— nisi < tantum > C* — fieri < clericum > B* — curie C 3 —
vel-rei om. C 2 — quibuslibet C* : cuiuslivet E 3 — 16 oraturium
B 1 — in cymiterio om. A 3 — cymiterium A 2 B* — sanctae < mar-
tyris > A 23 * 6 — Filicitatis C 3 — iuxta-Felicitatis om. AP — or-
dinavit B* — sancta B 6 — martyres A 1 : om. A 2 — 17 Livanii EG
— ubi-Hic (p. 228, l. 6) om. A 3 —
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VIT
228 * XLIIÏI. BONIFATIUS -(418-422).
patenam argenteam, pens. Iib. XX;
scyphum argenteum, pens. Iib. X;
amam argenteam, pens. Iib. XIII;
calices minores II, pens. sing. Iib. III I;
coronas argenteas III, pens.. sing. Iib. XV. 5
Hic fecit ordinationem I per mens, decemb., presbiteros XIII, diaconos III; episcopos per diversa loca XXXVI.
Qui etiam sepultus est I4 via Salaria, iuxta corpus sanctae Felicitatis martyris, VIII kal. novemb. Et cessavit
episcopatus dies VIIII
VARIANTES DES MANUSCRITS.
2 sciphum A* — 3 ama argentea Ai — Iib. XIIII A : XVI C23
— 4 minores < argenteos > E — sing. A 1 »* : om. cet. — Iib.
III B« : V C2
6 ordinatione una Ai — I om. A* — I < in urbe Roma >
BCD — presb. XI1I1 A : XVI C^ — num. XXXVI B234C —
7 sep. est in cymiterio s. Fel. m. via Salaria EG — martyres A 1
— 8 VIII A«Bi.
NOTES EXPLICATIVES.
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l. Hic sub inlentione cum Eulalio...] Les détails de cette compé-
tition nous sont connus par diverses pièces officielles que Baro-
nius, ad ann. 418 et 419 (cf. Migne, P. L. t. XVIII, p. 391-406) a,
le premier, publiées d'après un manuscrit de la célèbre collection
Avellana. Je n'en rapporterai que ce qui peut être comparé avec
le récit du L. P. Le vendredi 27 décembre 418, au retour des ob-
sèques du pape Zosime, les diacres romains, sous la conduite de
l'archidiacre Eulalius, s'emparèrent de la basilique du Latran, et,
soutenus par la foule de leurs partisans laïques, empêchèrent les
prêtres d'y entrer pour procéder à l'élection, suivant les formes
accoutumées. Ils élurent ensuite, avec l'assistance de quelques
prêtres, Eulalius lui-même. Pendant ce temps la majorité des
prêtres, repoussée du Latran, indiqua pour le lendemain une réu-
nion électorale dans l'église de Théodora (la situation de cette
église n'est pas déterminée) ; Boniface, prêtre âgé et fort considéré,
y fut élu malgré lui. Les deux partis attendirent le dimanche 29
pour célébrer l'ordination. Celle d'Eulalius eut lieu au Latran; elle
fut présidée par l'évêque d'Ostie, que l'on dut tirer de son lit, car
il était malade; celle de Boniface fut célébrée dans l'église de
Marcel (titulus Marcefli), en présence do neuf évèques et après que
le procès-verbal d'élection eut été signé d'environ soixante-dix
prêtres romains. Chacun des deux élus se comporta dès lors
comme étant le seul véritable pape ; de là des conflits qui trou-
blèrent violemment la paix publique. Eulalius était soutenu par
le préfet de Rome Symmaque et l'intervention de celui-ci fit d'a-
bord pencher en sa faveur les sympathies impériales. Mais le
parti de Boniface réussit à faire écouter ses plaintes à Ravenne.
Honorius convoqua les prétendants et le haut clergé de Rome de-
vant un concile d'évèques italiens. Ce concile se tint en février ou
au commencement de mars ; il ne parvint pas à trancher le diffé-
rend. Aussi fut-il décidé qu'on en tiendrait un autre au mois de
mai et que l'on y inviterait des évèques de Gaule et d'Afrique.
Cependant, comme la Paque approchait (en 419, elle tombait
le 30 mars), le concile décida, d'accord avec l'empereur, que cette
solennité ne serait célébrée ni par Boniface ni par Eulalius, et
que les deux prétendants se retireraient chacun de son côté en des
lieux déterminés, en dehors de Rome. Honorius désigna l'évêque
de Spolète, Achillée, pour présider aux cérémonies pascales dans
la ville éternelle. Boniface observa cette défense ; mais Eulalius
se présenta à Rome dès le 18 mars, douze jours avant Pâques. Sa
présence donna lieu à de nouveaux désordres. Sommé parle préfet
de se retirer, il refusa obstinément. Le matin du samedi-saint, il
se porta avec ses partisans à la basilique du Latran et s'en rendit
maître. 11 fallut recourir à la force armée pour l'en déloger et ce fut
sous la protection des appariteurs du préfet que l'évêque de Spolète
put procéder aux cérémonies pascales. Le 8 avril arriva de Ravenne
une lettre impériale qui, suivant les conventions arrêtées dans le
précédent concile, déclarait Eulalius déchu de toute prétention et
reconnaissait Boniface comme seul pape légitime. Deux jours
après, Boniface faisait son entrée à Rome, acclamé, dit Symmaque,
par l'unanimité de la population. Le concile projeté fut aussitôt
décommandé. — A ce récit, tiré des pièces officielles, le L. P.
ajoute quelques détails de valeur inégale : je vais les signaler dans
les notes suivantes.
2. mens. VII d. XV] En réalité le schisme ne dura guère que
trois mois, de la fin de décembre au commencement d'avril.
3. Eulalius — defunctus est Eulalius] Au lieu de ce long récit,
la première édition ne contient que quelques lignes : a Et facto
» synodo deponitur Eulalius a LII episcopis, quia iniuste fuerat
» ordinatus, et ex consensu omnium sedit Bonifatius praesul et
» constituitur Eulalius in civitate Nepessina episcopus. » — Les
expressions a LU episcopis et quia iniuste fuerat ordinatus sont
inexactes; le second éditeur est ici plus près de la vérité. Le con-
cile de Ravenne, en effet, ne déposa point Eulalius et ne se pro-
nonça pas sur la validité de son élection. — Quant à l'élévation
de ce personnage au siège de Nepi en Toscane, elle est contredite
aussi par le second éditeur qui, sans indiquer de ville, assigne
au rival évincé de Boniface un évéché de Campanie. Les docu-
ments ne permettent pas de se prononcer, sur ce point, entre ces
deux témoignages. Cf. Introd., p. lxii.
4. ordinatur — in basilica Iuliae] Eulalius fut en effet ordonné
dans la basilique de Latran, que, depuis la fin du v e siècle, l'on
appelait Constantinienne (Silvestre, p. 191, note 18); mais Boni-
face ne fut ni élu, ni ordonné dans la basilique Iuliae ou Iulii. Le
second éditeur parait avoir calqué ses indications de basiliques sur
une phrase semblable qui se trouve dans la notice de Boniface II
(Introd., p. lxii). Sur la basilique Iuliae, v. Boniface II, note 5.
5. audiens hoc Placidia - Mediolano sedenti] On n'a aucun autre
témoignage sur l'intervention de Placidie dans cette affaire. Quant
à Valentinien III, il était encore à naître, si l'on accepte les raison-
nements de Tillemont (Hist. des empereurs, t. V, p. 822), qui fixe
sa naissance au 2 juillet 419; à la rigueur il peut se faire qu'il
soit né le 2 juillet 418, mais, comme c'était le second enfant de
Constance et de Placidie, il faudra admettre que cette princesse,
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XLIIII. BONIFATIUS (418-422).
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mariée le 1" janvier 411, accoucha deux fois dans les dix-huit
mois qui suivirent son mariage. — Honorius n'était pas à Milan
au moment où éclata le schisme ; toutes les pièces de cette affaire
lui sont adressées à Havenne ou sont expédiées par lui de cette
ville, et cela sans qu'il y ait entre les lettres du préfet et les ré-
ponses impériales des intervalles suffisants pour placer les consul-
tations que mentionne le L. P.
• 6. habitavit Bonifatius in cymiterio sanctae Felicitatis] Tillemont
(Bist. eccl., t. XII, p. 391) remarque avec raison que cet interne-
ment était bien près de Rome. Boniface fit restaurer l'oratoire de
Sainte-Félicité et une inscription qu'il y fit placer semble dire
qu'il reconnaissait devoir à cette sainte le succès de sa cause. C'est
peut-être cette restauration elle-même qui donna lieu de placer à
Sainte-Félicité le séjour temporaire de Boniïace ; mais le contraire
n'est pas non plus impossible.
7. Eulalius vero in civitate Antio ad s. Hermeri] Ce sanctuaire de
saint Hermès n'est signalé nulle part ailleurs. Sur Antium au v e et
au vi« siècle, v. Silvestrb, note 38, p. 192. — Il semble que si Eu-
lalius avait été interné à Antium, pendant que Boniface l'était à
la porte de Rome, les deux compétiteurs n'eussent point été traités
avec l'impartialité qui semble avoir inspiré toutes les mesures
prises à ce moment.
8. et baptitavit et celebravit Paseha] Il eût été plus exact de dire
qu'il essaya de le faire; mais il en fut empêché et ce fut Achillée,
évêque de Spolète, qui présida les offices de ce jour au Latran.
9. Bonifatius... in basilica b. martyris Agnae] Ce renseignement a
la même valeur que celui qui a été examiné dans la note 6. Le bap-
tistère de Sainte-Agnès est mentionné dans la notice de Silvestre,
p. 180, 1. 11. Quant au sicut ronsuetudo erat, il n'est peut-être
pas sans rapport avec l'histoire racontée dans les Gesta Liberii
(Introd-, p. cxxu) et avec la tradition des Nymphae s. Pétri, uli
Petrus baptizabat, bien que ce lieu et le baptistère de Sainte- Agnès
fussent différents.
10. Clerus et populus...] En 420, un an après son intronisation!
Boniface tomba gravement malade. Aussitôt les partis recommen-
cèrent à s'agiter. Revenu à la santé, le pape sollicita de l'empereur,
par une lettre datée du 1°' juillet 420 (Jaffé, 353), que l'on prît des
mesures pour empêcher le renouvellement du schisme après
sa mort. Honorius répondit par une loi où il était décidé
"que, eu cas de double élection, les deux compétiteurs seraient
écartés et qu'on ne reconnaîtrait qu'un pape élu d'un consente-
ment unanime. Ainsi la division des esprits survivait à la fin du
schisme d'Eulalius. Cependant saint Augustin rapporte, il est vrai
sur un on-dit, que Célestin, le successeur de Boniface, fut ordonné
sine ulla plebis discessione (Aug. Ep. 209). Cet accord ne pouvait
être complet, car Valentinien III fut obligé de menacer de peines
sévères ceux qui pravis suasionibus a venerabilis papae sese commu-
nione suspendunt, quorum schismate plebs eiiam reliqua vitiatur
(Cod. Theod. XVI, v, 62); ces fauteurs de schisme ne peuvent être
que des adhérents d'Eulalius.
11. H. c. ut nulla mulier — nisi minister] On sait que les femmes,
môme les diaconesses, étaient rigoureusement exclues du ministère
de l'autel (Gélase, ep. ad episcopos Lucaniae, c. 26); quant aux
fonctions dont il est ici question, ce sont celles des bas clercs,
des ostiaires ou des sacristains. La seconde épitre apocryphe de
Clément à Jacques (Migne, P. G , t. I, p. 483) les décrit longue-
ment, supposant toujours qu'elles sont remplies par des clercs.
12. nec serrum — vel cuiuslibet rei] Concile des 275 évèques :
« Ut nullus clericus ordinetur curiae obnoxius nec conductor quis
» ex clero fiât publico nec privatae rei. » — Je cite ce document
229
apocryphe à cause de sa ressemblance dans l'expression avec le
L. P. Mais il n'est pas douteux que l'ordination des esclaves et
des curiales n'ait été interdite par le droit ecclésiastique du temps;
comme aussi il est certain que les clercs ne pouvaient être régis-
seurs de domaines publics ou privés.
13. H. f. oratorium in cymiterio s. Felicitatis] Fondation omise
dans les deux abrégés F et K, et peut-être dans la première édition.
— Cet oratoire est mentionné dans les itinéraires du vu* siècle:
M. de Rossi a identifié le cimetière avec un groupe de tombes à
fleur de sol et de galeries souterraines qui se trouvent hors de la *
porte Salaria, à droite, à moins d'un mille de Rome [Bull. 1863,
p. 41, 46; cf. 1865, p. 1 ; Roma sott., t. I, p. 176, 117). L'oratoire
lui-môme n'a pas été retrouvé. Mais on a pu en reconstituer, dans
une certaine mesure, la décoration picturale en se servant de l'ins-
cription suivante, dont les quatre premiers vers étaient évidem-
ment au-dessous d'une peinture représentant la martyre au mo-
ment de son supplice, les autres au-dessous d'une représentation
de son triomphe céleste, au milieu de ses sept fils martyrs aussi :
Intonuit metuenda dies; surrexit in hostem
impia tela mali vincere cum properat.
Camificis superare vias tune mille nocendi
sola fides potuit quant régit Omnipotens.
Corporeis resoluta malis, duce praedita Christo
aetheris aima parens atria celsa petit.
Insontes pueros séquitur per amoena vireta;
tempora victricis florea serta ligant.
Purpuream rapiunt animam caelestia régna,
sanguine Iota suo membra tenet tumulus.
Si titulum quaeris, meritum de nomine signât ;
ne opprimer[er... dux] fuit ista mihi.
(De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 88, 116, 136); le dernier vers,
restitué par M. de Rossi (Bull. 1863, p. 43) contient une allusion
assez claire au secours que Boniface reconnaissait devoir à sainte
Félicité. — Le tombeau de la martyre n'était pas seul dans l'ora-
toire ; on y vénérait aussi celui de l'un de ses fils, Silanus ou Silva-
nus. La Depositio martyrum philocalienne (ci-dessus, p. 11) mar-
que sa fête dans le cimetière de Maxime, c'est-à-dire dans celui de
sainte Félicité : « et in Maximl, Silani » ; puis elle ajoute : « hune
» Silanum martirem Novati furati sunt. >» Ainsi, en 354, le tombeau
de saint Silanus était vide. Le pape Innocent, peu avant Boniface,
avait repris aux Novatiens de Rome beaucoup d'églises et autres
lieux de réunion (Socrate, H. E., vu, 9); c'est sans doute alors
que les reliques de Silanus revinrent à leur place primitive. En
effet, le martyrologe hiéronymien, qui contient un calendrier ro- 1 -
main de même provenance que le férial philocalien de 336-354»
mais retouché au v» siècle et notamment vers le temps de Boni-
face, ne contient aucune trace de la petite note hune Silanum, etc.
Cf. H. Doulcet, Essai sur les rapports de l'église chrétienne, etc.,
p. 204 et suiv.
14. Qui etiam sepultus est...] La vie d'Hadrien I er , n° 345, semble
distinguer, tout en les rapprochant, l'édifice où reposait saint Sil-
vanus et celui où se trouvait le tombeau de Boniface; cf. De
Rossi, Bull. 1863, p. 45. — L'épitaphe est perdue; celle que beau-
coup d'auteurs attribuent à ce pape est en réalité celle de Boni-
face II. — La date est fausse. Le martyrologe hiéronymien, d'ac-
cord avec la chronologie, indique la véritable, le 4 septembre :
« // non. sept. Romae, in cymiterio Maximi, ad s. Felicitatem, via
» Salaria, depositio Bonifatii episcopi. »
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62 I CAELESTINUS, natione Campanus, ex pâtre Prisco, sedit ann. VIII m. X d. XVII. Hic multa constituta fecit
et constituit * ut psalmi David CL ante sacrificium psalli antephanatim ex omnibus, quod ante non fiebat, ni si
tantum epistula beafi Pauli recitabatur et sanctum Evangelium. Hic fecit constitutum 2 de omnem ecclesiam,
II maxime et de religione, quae hodie archivo ecclesiae detenentur recondite. Hic dedicavit basilicam Iuli in qua
optulit post ignem Geticum ; 5
patenam argenteam, pens. lib. XXV;
scyphos argenteos II, pens. sing. lib. VIII;
amas argenteas II, pens. sing. lib. X;
calices minores argenteos V, pens. sing. lib. III;
aquamanules argenteos, pens. lib. X; 10
candelabra argentea II, pens. sing. lib. XXX;
canthara cereostata aerea XXI III, pens. sing. lib. XXX;
item coronas argenteas X, pens. sing. lib. X.
Ad beatum Petrum 4 apostolum :
farum cantharum, pens. lib. XXV, ex argento purissimo; i5
canthara argentea cireostata in gremio basilicae XXIIII, pens. sing. lib. XX.
Ad beatum Paulum apostolum :
farum cantharum argenteum, pans. lib. XXV;
canthara cyreostata XXIIII, pens. sing. lib. XX.
m Hic fecit ordinationes III per mens, decemb., presbiteros XXXII, diaconosXII; episcopos per diversaloca 20
XLVI. Qui etiam sepultus est 6 in cymiterio Priscillae, via Salaria, VIII id. april. 7 Et cessavit episcopatus d. XXI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Celestinus À^B^E^ _ Campanus AC3E : Romanus BC* 2 *D
— an. VIIII A 2 E — m. I C'EG : om. C 3 — d. VIIII A5*C"EG— fe-
cit m. const. E — 2 David om. B 2 — CL ps. David E* 3 G— psalle-
rentur A5 6 BCDEG (sallerentur C 1 ) — antefanatim A 1 : antifona-
tim A25 : antiphanatim A3 : antiphonalim A*B<GSD : ante///////
B* : antephenalim B 2 : antephanatim B 3 * : antephonatim B^C 1 :
antephanati C 3 E 3 : antiphonati E* — ex omnibus om. E 13 G —
quos A 2 — nisi] sic BC — 3 epistula B 3 CE 3 — beati om. B 2 —
récit, ep. Pauli ap. E 13 — < apostoli > Pauli B^'^O : Pauli
< apostoli > B 2 Ci2DEi 3 — recitavatur E 3 — evangelium < et
sic missas fiebant> KE 13 G : <etsic missa caelebrabatur> FD —
de] per A 3 — omnem A 13 B1C 23 : omni cet. — ecclesiam C 23 :
ecclcs A 1 : ecclesia vulgo — 4 et om. A 3C — de om. A 6 C 2 —
relegionc B^C 3 — quod A5« : que C 2 — odie B* — archibo
A*C 2 : arcivo A235B2C1 : < in > arc. A.w — detenentur A* :
delinentur A 23 : detinetur A56 : tenentur cet. — reconditae
A 23 B* : reconditum A* 6 : reconditi B c — basilica E — Iuli
A.13BIC 23 : luliae EG : lulii cet. — in quo B 1 » — in qua multa
dona optulit A 2 : in qua optulit dona multa A 3 : deinde silet
uterque usque ad ordinationes — 5 optulit AC 2 — igné A 1 — Ge-
ticum A156 : Reticum B*E : Zeticum cet. — 6 XV E — 7 sciphos
A 1 — argenteos om. A« — VHI-lib. om. C 1 — 8 armas C 3 —
9 calices-lib. X om. E — minores om. A — V arg. C 1 — lib. IIII
B 1 — 10 aquamanus A 1 : aquas manules B* : aquam manuales
C 3 — argenteos AD : argenteo I B 2 : argenteas B 3 s e C 3 : argentea
Ct — 12 canthara-lib. XXX om. B 3 » — canthara B^C 23 — can-
tharas cerostatas E — cirostata herca C 3 — XXXII II As : XXXIII
A* : XXlll D : XllII E — lib. XX Ai — 13 item-lib. XX (/. 17)
om. A — 15 ex argento purissimo pens. 1. XXV B 23 * —
< argent > C 2 * — pens. -cantharum {l. 18) oin. Ci — pens.
< sing. > B 23 * — lib. XV B 23 * — argento] arco C 3 — 16 can-
tharas arg. cerostatas E — cireostata C 3 — XXXIIII B 6 —
17 ad-lib. XX om. B 3 E — apostulum A* — 18 pharum canta-
rum A 1 — argenteum om. A — 19 cyreostata A*C* : ci-
rostata B 1 : < aerea > C* : < argent. > C 2 < — lib. om. C 3 —
20 ord. II A« : < in urbe Roma > BCD — presb. XXXIII D —
XII om. A5 — 21 num. XLVI BC'D (XLVII B- : XL1II D) — est
om. C 3 — cymeterium B* — Priscellae A* : Priscille C 3 — IIII
id. B 23 « — episcopatus < in urbe Roma> B> 6 D
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NOTES EXPLICATIVES.
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i. H. c. ut psalmi...] Il s'agit ici de l'introduction d'une psalmo-
die officielle et régulière dans le service divin. Jusqu'à Célestin il
ne comportait, avant la liturgie proprement dite {missa fidelium),
que des lectures tirées des épîtres apostoliques et de l'Evangile.
Désormais ces lectures durent être précédées d'uae psalmodie. Les
mots antiphonalim ex omnibus, particuliers à la seconde édition,
indiquent la façon dont cette psalmodie était exécutée : toute l'as-
sistance y prenait part, divisée en deux chœurs qui se répon-
daient. — On sait que le chant alternatif des psaumes a été d'a-
bord introduit en Orient (S. Basile, ep. 207; Théodoret, Hist. eccl.,
ii, 10; cf. Socrate, H. E., vi, 8), puis en Italie, dans l'église de
Milan, en 387 (Aug., Conf. iv, 7). Il n'est pas étonnant que l'église
romaine, toujours si fidèle à ses anciens usages, ait attendu quel-
que temps avant d'accueillir cette innovation. Mais comme nous
n'avons ici que le témoignage du second éditeur, qui paraît avoir
glosé sur ce point le texte primitif, il y a peut-être lieu de conser-
ver des doutes sur l'attribution de ce règlement au pape Célestin.
— Quant à l'institution de la psalmodie préliminaire à la messe,
c'est le premier auteur lui-même qui la rapporte à ce pape. Il faut
voir ici le commencement de ce que nous appelons l'office divin.
Bien que les anciens auteurs mentionnent l'usage de prier en de-
hors des assemblées liturgiques, à certaines heures du jour et de
la nuit, et que le texte du psautier ait été souvent employé comme
formule pour ces prières, il a fallu un certain temps avant qu'on
arrivât à transporter le chant du psautier dans le service religieux
public. Je dis le chant du psautier et non de psaumes isolés, car
la donnée fondamentale de l'office divin est le chant ou la récitation
du psautier tout entier, non sans doute dans une seule séance,
mais dans un temps déterminé, c'est-à-dire dans l'espace d'une
semaine. Tel est au moins, depuis le vi« siècle environ, l'usage de
l'église romaine, et ce passage du L. P. permet de remonter jus-
qu'au siècle précédent. Il est tout naturel qu'il ne parle que du
psautier, car nous savons que les leçons, et, à plus forte raison,
les répons et autres pièces accessoires, n'ont été introduites que
plus tard. Théodemar, abbé du mont Gassin vers la fin du vm e siè-
cle, dit, dans une lettre adressée à Charlemagne (Jaffé, Monum.
Carol., p. 360) qu'au temps de saint Benoît, c'est-à-dire précisément
au temps où le L. P. a été écrit, needum in Romana ecctesia, sicut
nunc leguntur % sawas scripturas legi mos fuisse; sed post aliquo iem-
pore hoc inslitutum esse, sive a beato papa Gregorio, sive, ut ab aUis
adfirmatur, ab Honorio.
2. H. f. constitutum....] Cette phrase et la donation qui la suit
manquent aux abrégés de la première édition. — Il nous reste
plusieurs lettres de Célestin, relatives aux affaires ecclésiastiques
de Gaule, d'Afrique, d'IUyrie et surtout à celle de Nestorius et du
concile d'Ephèse (431). Mais aucune de ces pièces n'est spéciale-
ment désignée ici.
3. Hic dedicavit basilicam Iul%\ La basilique actuelle de S. Maria
in Trastevere (cf. Jules, note 4). — Joignis Geticus est évidemment
un incendie allumé pendant le sac de Borne par Alaric (24-27 août
410). Orose raconte (vu, 39) que le roi des Goths avait ordonné à
ses soldats « ut si qui in sancta loca praecipueque in sanctorum
» apostolorum Pétri et Pauli basilicas confugissent, hos inprimis
» invioiaîos seeurosque esse sinerent. » Cependant il y eut des
incendies et quelques églises purent avoir à en souffrir. Du reste,
il est possible que par loca sancta il faille entendre, dans ce texte
d'Orose, les sanctuaires où reposaient les corps des apôtres et des
martyrs et non point les églises de la ville, simples lieux de culte
catholique, auxquels les envahisseurs ariens devaient porter moins
de respect. Le baldaquin d'argent do la basilique Constantinienne
fut emporté par eux (Xystus III, note 9).
4. ad beatum Pelrum] Ces dons aux églises apostoliques ne
peuvent avoir eu pour but de remplacer des objets disparus
en 410, car on sait que ces églises et leurs vases sacrés furent
respectées par les vainqueurs (V. la note précédente et Silyestre,
note 69, p. 195).
5. Qui etiam sepultus est...] Le tombeau de Célestin se trouvait
dans la petite basilique de Saint-Silvestre sur la voie Salaria, au-
dessus des hypogées priscilliens; sa place exacte est connue par
l'itinéraire de Salzbourg (De Bossi, Roma sott., 1. 1, p. 176); il était
dans l'exèdre de droite en entrant, auprès de celui du pape saint
Marcel. On y lisait cette épitaphe :
Praesul apostolicae sedis venerabilis omni
quem rexit populo, decimum dum conderet annum,
Caelestinus agens vitam migravit in illam
débita quae sanctis aeternos reddit honores.
Corporis hic tumulus : requiescunt ossa cinisque,
nec périt hinc aliquid Domino, caro cuncta resurgit;
terrenum nunc terra tegit ; mens nescia mortis
vivit et aspectu fruitur bene conscia Christi.
(De Bossi, Inscr. chr., t. II, p. 62, 101). Célestin avait fait exécuter
des peintures dans cette église; elles sont citées par le pape Ha-
drien dans sa lettre à Charlemagne sur le culte des images (Har-
douin, Conc. t t. IV, p. 812; Mansi, t. XIII, p. 801); c'est sans doute
au-dessous de ces peintures qu'on lisait l'inscription suivante :
Qui natum passumque Deum repelisse patentas
sedes atque iterum venturum ex aethere crédit,
iudicet ut vivos rediens pariterque sepultos,
martyribus sanctis pateat quod regia caeli
respicit interior, sequitur si praemia Christi,
(De Bossi, Inscr. chr., t. II, p. 62, 138; cf. Bull. 1880, p. 44). En
même temps qu'elle expliquait le sujet de la fresque, l'entrée des
martyrs Félix et Philippe (Silvbstbe, note 132, p. 200) dans le
palais céleste, elle contenait une profession de foi significative
sur les dogmes de l'incarnation et de la résurrection de la chair.
7. VIII id. april.] Cette date est fausse. Célestin, élu sans la
moindre contestation (Aug., ep. 207), a dû être ordonné le diman-
che après la mort de Boniface, c'est-à-dire le 10 septembre 422. En
comptant de là les années, mois et jours que tous les catalogues
lui attribuent, on arrive au 27 juillet 432; des calculs indépendante
fixent au 31 juillet de la même année l'ordination de son succes-
seur Xystus III et fournissent ainsi une vérification.
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XLVI. XYSTUS III (432-440).
XLVI.
63 I XYSTUS, natione Romanus, ex pâtre Xysto t sedit ann. VIII d. XVIIII. Hic post annum unum et.men.ses VIII
incriminatur a quodam Basso. Eodem tempore audiens hoc Valentinianus Augustus iussit concilium [sancta
synodus] congregari; et facto convento, cum magna examinatione, iudicium synodicum, purgatur a LVI épis-
<sopis, et condemnatur Bassus a synodo, ita tamen ut ultimo die YÎaticum ei non negaretur pietatis ecclesiae. Hoc
il audiens Valentinianus Augustus cum matre sua Placidia Àugusta, furore sancto commoti, scriptionem Bassum 5
condemnaverunt et omnia praedia facultatum eius ecclesiae catholicae sociavit. Qui notu divinitatis intra
menses III defunctus moritur Bassus. Guius corpus Xystus episcopus cum linteaminibus et aromatibus, manibus
suis tractans, recondens sepellivit ad beatum Petrum apostolum, in cubiculum parentum eius.
III Hic fecit basilicam 2 sanctae Mariae, quae ab antiquis Liberii cognominabatur, iuxta macellum Libiae, ubi et
obtulit hoc : 10
altarem argenteum purissimum, pens. lib. CCC;
patenas argenteas III, pens. lib. LX;
amas argenteas II II, pens. lib. LX;
scyphum aureum purissimum, pens. lib. XII;
scyphos argenteos V, pens. lib. L; <5
calices ministeriales aureos II, pens. sing. lib. singulas;
calices ministeriales argenteos X, pens. sing. lib. ternas ;
aquamanulis argenteus, pens. lib. VIII;
coronam farum ante altare argenteum, pens. lib. XXX;
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Xistus A25 : Xyxtus A 3 B 3 : Xixtus B 2 : Syxtus C*E 3 —Xystus
<tertius > A 2 E - Syxto B<C 3 — d. XVIII A* — 2 anno B 3 —
VIII a. q. B. incriminatur accusatusque est EG — incremina-
tur B l — Vasso D : <patricio> A* 6 — Valentianus B* 6 :
Valenianus C 2 — concilium om. A5« — sancta synodus om.
A* : sanctam synodum A 56 — sanctae C 2 EG — 3 synodotus
'A 13 (corr. a 3 ) : sinodi E — congregare Ci — convento A 123 B!5 :
conventum C 3 : conventu cet. — examinacione C 3 — iudicio si-
nodia A 2 : iudicio sinodi. cum EG — LXVI Aï& — A condempualur
AÏ-6C13E : qnd damnatur B 1 : condamnatur B' — Vassus B 2 -*
— ad ultimum diem E — <propter humauitatem> pietatis
BCDEG — 5 cum-Augusta om. A 3 — matrem suam C 23 D— Pia-
cida A 2 EG (corr. e) : Placita B^— Placidiam Augustam B 23 *C —
furorem sanctum BCD — promoti A*56 : permoti A 2 : promo-
tus A 3 : comoti C 3 : committi D : moti G — proscriplione A 2 :
scriptione A5 6 EG : sorreptionem B 6 D — 6 condempnavit A 3 —
eius < et >• G* — sociaverunt EG — qui om. C 1 — nutu
A 2 -«B^6 c iC 2 DEG — 7 defunctus om. A5« — Bassus om. A"*
— Systus C 3 — cum om. C 3 — lentiaminibus C 13 — 8 et recon-
dens A56 : recondensque EG — sepellivit A*B* : sepelivit cet.
— apostulum A* — cubiculum A 121 : cubiculo cet. — parento-
rum B 2 - 8 CD — 9 Mariae < semper virginis > C* — Liberi BC*
— marcellum C 2 — Lybiae A* — ubi-hoc] cui multa dona con-
tulit A 3 , in quo cetera desuntusque ad or dinationes. — et om. B 5
— 10 optulit B* — haec A5«C* : dona A 2 qui sequentia omittit
usque ad esse videtur (p. 233,/. 13) —il altarem B*C 23 —
12 pens. sing. lib. XX A5« — lib. X B« — 13 lib. om. C 3 — XXV
A56 : XV C" — 14 purissimum om. C» — lib. L E — 15 lib. V
A5 : sing. lib. X C 24 — 16 calices-singulas om. E — aur. min.
C 2 — menesterialesC 3 — aurei A* — aureos-ministeriales om.
C* — II om. A<B« — singulas om. A^B* : lit B 23 * — 17 calicem
Ai — arg. min. C 2 — X om. A* — 18 aquamanulis A^B^C* 3 '•
aquamanules c*C 2 : aquamanuales A 6 : aquamanile B 2 : aqua-
maniles B^DE — arg A* : argenteus B* : argenteas B5C* 3 :
argenteos A 6 B 16 D : argenteo I B 2 : argenteo B 1 — pens. <sing.>
C 2 —19 coronam <argenteam>c* — altarem B* —argenteo
A*5 : argenteum B">C* : argenteam B 2 E — arg. ante ait.
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XLVI. XYSTUS (432-440). 233
coronas argenteas farales XXXII II, pens. sing. lib. X;
candelabra argentea II II, pens. sing. lib. XX;
tymiamaterium argenteum, pens. lib. V;
canthara cereostata aurocalca XXIIII, pens. sing. lib. XV;
5 possessio Scauriana, territurio Gazitano 3 , praest. omnia inibi cum adiacentibus adtiguis sol. CCCXII et
tremissium ;
possessio Marmorata, territurio Penestrino, praest. sol. XGII;
possessio Céleris, territurio Afilano 4 , praest. sol. CXI et tremissium;
domus Palmati, intra urbe, iuxta inibi basilicae 5 ,cumbalneum et pistrinum, praest. sol.CLIIII, siliquas III;
10 domus Claudi, in Sicininum 6 , praest. sol. CIIII;
cervum argenteum fundentem aquam, pens. lib. XX;
omnia vasa baptismi sacrata argentea, pens. lib. XV;
cenacula 7 a regiae gradorum adhérentes basilicae vel quidquid intrinsecus esse videtur.
Hic ornavit de argento confessionem beati Pétri apostoli, qui habet libras CCCC. Ex huius supplicatione optulit iv 65
vô Valentinianus Augustus imaginem auream 8 cum XII portas et apostolos XII et Salvatorem gemmis pretiosissimis
ornatam, quem voti gratiae suae super confessionem beati Pétri apostoli posuit. Fecit autem Valentinianus
Augustus ex rogatu Xysti episcopi fastidium 9 argenteum in basilica Constantiniana, quod a barbaris sublatum
fuerat, qui habet libras II. Huius temporibus fecit Valentinianus Augustus confessionem beati Pauli apostoli ex v
argento, qui habet libras CC. Item fecit Xystus episcopus confessionem 10 beati Laurenti martyris cum columnis
20 porphyreticis et ornavit platomis transendam, et altarem et confessionem sancto martyri Laurentio de argento
purissimo, pens. lib. L;
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 fiarales C 3 — XXXIII B» — sing. om. E — 2 sing. om. E — '
3 tymiaterium Ai : timiamatarium B*C 3 : tymiamaterium C 1 .
A cerostata A : cereostata B^C 3 — aurichalca C 2 — sing. om. E
— 5 possessionem E, deinde compendio poss — Gauriana A 6 :
Sauriana B5 : Cauricana B 6 : Scauriano C 2 : Scariana C 4 —
Scaurianam < in > E et ita porro — terretorio C 3 — Gitano
A 1 : Gazatano A* : Gazitana A 6 : Gazelano C 2 : Cazetano C 4 :
Gacitano E — omnia om, A 5C — inibi-adtiguis om. A 6 —
6 trimissium C 3 — 7 possessio-XCIl om. D — Mamorata A* :
Marviorata B' J : Martini, ui.orata B 6 — terreturio C 3 — Pencs-
trino-territurio om. A* — Praenistino B* : Penistrino C 3 — sol.
CXI1 B> : XCV C 2 : CLII E— XCII-sol. om. A^Ci— 8 Caeleris À* :
Cerealis B° : om. D — terretorio C 3 — Filano A* : Afiliano B^
— XCI et trimissium C 3 — 9 domos A*C 2 : domum E — Pal-
mas C* — urbem B5C 2 E : urbem Romam AG — < et > iuxta
A56 _ basilicam C*E — balneo BiscQiE — pristinum A^C* 2 :
pistrino B 2 : pristino E — CLIII C 2 * — sil. I1II B5 : om. E —
10 domus-CIIII om. E — domos A15B 4 — Sicinum AiSB^D : Si-
cino A6 : Sicinium B 2 Ci — CIII A5B1D — 11 cervum < in fon-
tem> BCDE (in < fundum > D — arg. in fonte E) — cervus
argenteus fundens A6 — lib. XXX E — 12 arg. sacr. C* — sa-
cramenta Bi — pens. A^C 2 : om. cet. — lib. om. B 56 — 13 ci-
nacula Bi^C 3 : caenacula C* 4 —a om. B*EG : ad C 24 : ae Ci —
Liber pontificalis.
regia A 6 B» : reg//// Bi — basilice C 3 — quidquid AB i3 : quicquid
cet. — intrinsicus Bi * intransitus B^ : intremsitus C* (corr.) —
videntur B 6 — esse vid. int. E.
14 ordinavit A 2 5Bi 2 36 — confessioneE— apostuli Ai — qui-CCCC
om. A 2 — quae A-^E — quadringentas Ai : CCC A5« — ex Aiw :
om. cet. — optulit AissBsC 2 — 15 Valentini A 2 : Valentianus B« —
immaginem B5C 3 — portis E— apostulos Ai — <cum> gemmis
C 2 : < in > gemmis E — praeciosissimis C 3 — 16 ornata A 2 :
ornatum A 6 C 12 — quem-suae om. BCDEG {cf. infra,p. 23o,n. 8)
—quae A 5 — noto A» : voto A 6 — super] sub B* — confessione
A2B6 — apostuli Ai — posuit om. BCDEG —autem < et> A 2
— Valentianus Ai — 17 Sixti C 3 — fastidium A^ : farumsti-
dium A 5 : vastigium B 234 Ci : fastigium cet. — basilicam Cons-
tantinianam BCD — Constantiana A* — a om. A 2 — subleva-
tum Ci {corr.) — 18 qui-II oin. A 2 — quod E — habet] pens.
BCDEG — II Ai : II milia A5« : DXI E : IDCX cet.— apostuli A*
— 19 argento < purissimo > E— qui-CC om. A 2 — quae A5*E—
fecit om. B*— Systus C 1 — 20 porphyreticis A 1 : porfhireticis Bi :
purferiticis C 3 — latomis A 56 : om, BCDEG— trasenda A i2 : trans-
cendant A56B1C1 : transendam B 2 - 5 E : trasendam B 6 C 2 : transsen-
dam D — et altarem om. A 6 — altare A J Ci — et om. C 2 — sancti
mar. Laur. E : s. Laur. m. A i2 C 2 : fecit altare beati Laurentii A* 6
— 21 < fecit altarem >pens. BCDEG —pens. lib. L om. A 2 —
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fc34 XLVI. XYSTUS (432-440).
cancellos argenteos supra platomas purphyreticas, pens.lib. CCC;
absidam super cancellos n , cum statuam beati Laurenti martyris argenteam, pens. lib. CG.
VI Fecit autem basilicam 12 sancto Laurentio, quod Valentinianus Augustus concessit, ubi et optulit :
patenas argenteas III, pens. sing. lib. XX;
amas argenteas III, pens. sing. lib. XV; :;
scyphos argenteos III I, pens. sing. lib. VIII;
scyphum singularem aureum, ornatum de margaritis, pens. lib. X;
lucernam nixorum X auream, pens. lib. X;
calices argenteos ministeriales XII, pens. sing. lib. II;
aquamanulis argenteus, pens. lib. VIII; 10
ministerium ad baptismum vel paenitentiae ex argento, pens. lib. V;
conca aurocalca, pens. lib. XX;
coronas argenteas farales XXX, pens. sing. lib. VI ;
fara canthara III, pens. sing. lib. XV;
candelabra argentea II, pens. sing. lib. XXX; 15
canthara cereostata in gremio basilicae aerea XXI III;
fara aerea LX.
VII Fecit autem monasterium 1S in Catacumbas; fecit et fontem 14 baptisterii ad sanctam Mariam et columnis
porphyreticis exornavit. Hic constituit columnas 15 in baptisterium basilicae Constantinianae, quas a tempore
Constantini Augusti fuerant congregatas, ex métallo purphyretico numéro VIII, quas erexit cum epistolis suis 20
et versibus exornavit, et platoma 16 in cymiterio Galisti ubi conmemorans nomina episcoporum. Fecit autem
sciphos aureos III : unum ad sanctum Petrum, qui pens. lib. VI; ad sanctum Paulum unum, qui pens. lib. VI;
ad beatum Laurentium I, qui pens. lib. III; calices ministeriales aureos XV, pens. sing. lib. singulas.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 cancellus B 3 : cancello C 2 — argenteus B> — super A —
latomas A 56 — porfureticas B l : purfireticas C 3 — pens. lib.
CCC om. A2 — 2 absidam-CC om. A 6 — absida A — cum A**
— cancellis A2 — statu AB^OE : stalutum B 3 : statum cet. :
statua scripsi — curai statu] constantera D — argentea A 2 B 6 :
argenteum C 1 : arg. cet.
3 autem om. WO basilica A 1 — beato BCDE — ubi-fara ae-
rea LX (l. 17) om. A* 2 — et <haec> A* — optulit BiC 2 :
< dona baec > E — 4 XX-lib. om. C* — 5 amas-XV om. C* —
sing. om. E — 6 Nil] III D — sing. om. E — lib. VIIII B* —
7 singularem om. E — ornatis A 6 — de om. A 6 — margataritis
B5 : margaritas C2 — lucernam-lib. X om. EG — 8 nixorem B 6
— X om. A6 — aureum B5C 2 : ex auro B 6 — 9 min. arg. C 1 —
sing. om. E — 10 aquamanulis B5C 3 : aquamanules B 13 C 12 —
arg Bl : argenteas B*C 13 — 11 ministeriales C* — ad b.] bap-
tismi A* — poen. A 6 B* : paen. B23C* : pen. B 3 «C 23 — pens.
A 6 B 1 E : om. cet. — 12 concam A 6 C 2 E — ex auricalco A 6 :
aurocalcha C 3 : aurocalincam E — 13 sing. om. £ — 14 faras
cantharas arg. MI E — < argent. > III C 2 ' — XV < ex ar-
gento > B56Ci 3 G — 15 candelabras B^C 3 — argenteas B» : om. O
— 16 cantliaras cerostatas E — erea C 3 : aereas E — 17 faras
aereas E — herea C 3 — 18 Fecit-exornavit om. BGDEG — Ca-
tymbas A 1 : Catacumba A 5G — 19 Hic-exornavitj Hic fecit in ba-
silicam Constantinianam ornamentum super fontem quod ante
non erat, id est epistulia marmorea et columnas purfyreticas
eregit quas Constantinus Augustus congregatas demisit, et
iussit ut erigerentur, quas et versibus exornavit (basilica -na
B23Q1 — quod] quo B 3 « — epistilia B^CiE : pistilia B5 : epis-
tolia D — purfiriticas C 3 — erigit B56C 3 : erexit E — demisit
B*C 23 : dimisit cet. — eregerentur B 3 ) — a] ex A 5 : om. A 6 -r-
20 fuerat A2 — congregata AJ* — marmore A>* — 21 et plat.]
Hic fecit plat. A^BCDE — latomas A5« : platomam BiC 2 : pla-
thoma C 3 : platoniam E — Calisti < via Appia >A56BCDEG
— ubi-episcoporum A* 2 : ubi com. nomina scripsit ep. et
marlirum A?* : ubi nomina episcoporum et martyrum scripsit
commemorans BCDEG — Fecit-singulas om. A 2 BCDEG.
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XLVI. XYSTUS (432-440). 235
Hic fecit ordinationes III per mens, decemb., presbiteros XXVIII, diaconos XII; episcopos per di versa jx
loca LU. Et huius temporibus 17 fecit Petrus episcopus basilicam in urbe Roma sanctae Savinae, ubi et fontem vin
con»truxit. Qui etiam sepultus est 18 via Tiburtina, in crypta, iuxta corpus beati Laurenti. Et cessavit episco-
patus dies XXII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 III A : cet. om. — III <in urbe Roma > BCDEG— XXVI III
B«C2 : XVIIH C» — diac. XV B5C2* — 2 num. LU B23*C2D — Et
huius-conslruxit om. BCD — basilica A* — Roma om. E — Sabi-
nae A 2 — crypta A f B 9 C* : scripta C 1 : cripta cet. — 3 Laurentii
B5 : < martyris > Ci— 4 d. XXII < A morle Silvcstri usque ad
hune primum Leonem sunt auni XCV11II m. V d. XXVI > E.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Hic post annum...] Sur ce récit, emprunté, avec certaines mo-
difications, aux Gesta de Xysti purgatione, v. Introd., p. cxxvi.
Sur la différence des deux éditions, ibid. t p. lx. — Les mots sancia
synodus, 1. 1-2, me paraissent être une glose à concilium.
2. Hic fecit basilicam...] Cette vénérable église est encore, dans
son ensemble et malgré beaucoup de retouches, ce qu'elle était
au v e siècle. Les colonnades qui la divisent en trois nefs, leurs
entablements, les murs qu'ils supportent, les mosaïques qui les
décorent et où sont représentées des scènes de l'Ancien Tes-
tament, l'arc triomphal tout couvert de mosaïques où sont re-
tracés divers sujets relatifs à la naissance et à l'enfance du
Sauveur, tout cela est l'œuvre de Xystus III. Au sommet de
l'arc triomphal on lit encore , en mosaïque , l'inscription :
XYSTVS EPISCOPVS PLEBI DEI. La grande mosaïque absi-
dale a été, il est vrai, refaite dans les dernières années du xui° siè-
cle; mais il est très probable qu'elle conserve encore, notamment
dans sa partie inférieure et dans la belle vigne qui encadre le su-
jet principal, beaucoup de parties remontant à l'œuvre primitive
(Voir là-dessus E. Mûntz, Revue archéologique, 1819, p. 114 et suiv.
et l'étude que M. de Rossi a consacrée à cette composition dans ses
Musaici). Ces mosaïques sont citées par le pape Hadrien (v. les
références données dans la note 8, ci-dessous). — Une inscription
en mosaïque, contenant la dédicaça de la basilique à la sainte
Vierge, se développait au-dessus de la porte d'entrée, à l'intérieur :
Virgo Maria, tibi Xystus nova tecta dicavi
digna salutifero munera ventre tuo.
Tu genitrix ignara viri, te denique foeta
visceribus salvis édita nostra salus.
Ecce tui testes uteri tibi praemia portant
sub pedibusque iat.et passio quaeque sua,
ferrum, flamma, ferae, fluvius, saevumque venenum ;
tôt tamen lias mortes una corona manet.
(De Rossi, Inscr. chr., t. II, p. 71, 98, 439; les derniers vestiges
de cette inscription ont péri au commencement du xvir 3 siècle).
Les deux derniers distiques font allusion à une ordonnance, main-
tenant disparue, de figures qui représentaient les martyrs mar-
chant vers le trône de la Vierge-Mère, chacun ayant sous ses
pieds les instruments de son supplice, comme sainte Agnès dans
la mosaïque absidale de sa basilique, sur la voie Nomentane. Ces
figures se trouvaient probablement entre les fenêtres, de chaque
coté de la nef. La conception générale de la décoration, comme
aussi le texte de l'inscription dédicatoire, montrent que la basilique
de Sainte-Marie-Majeure a été destinée à perpétuer le souvenir du
triomphe remporté au concile d'Ephèse par le dogme de la mater-
nité divine de Marie. La dédicace de cette église est marquée
dans le martyrologe hiéronymien au 5 août : Romae, dedicatio ba~
silicae sanctae Mariae. L'anniversaire en est encore fêté ce jour-là,
sous le titre de Sainte-Marie aux Neiges.
3. territurio Gazitano] Sur ce territoire, v. Silvestre, note 113,
p. 200.
4. territurio Âfilano] V. Silvestre, note 117, p. 200.
5. iuxta inibi basilicae] On doit entendre sans doute ici la basi-
lique de Sainte-Marie-Majeure elle-même.
6. in Sicininum] C'est le nom que portait l'emplacement de l'é-
glise; v. Libère, note 18, p. 209.
7. caenacula a regiae gradorum] Il s'agit sans doute ici d'édifices
voisins des degrés par lesquels on accédait à l'une des portes de
la basilique.
8. imaginem auream cum XII portas] Le pape Hadrien cite ce
monument dans sa lettre à Charlemagne sur le culte des images
(Hardouin, t. IV, p. 812; Mansi, t. XIII, p. 801; cf. Jaffô, Dibl.,
t. VI, p. 245) : « Sed et per rogatum eius (Xysti) Valentinianus Au-
» gustus fecit imaginem auream cum XII portis et Salvatore gem-
» mis pretiosis ornatam, quam voto gratiae super confessionem
» b. Pétri apostoli posuit; et a (une usque hactenus apud nos ab
» omnibus fidelibus veneranlur. » On peut s'en faire une idée par
la décoration de certains sarcophages romains du iv« et du v e siè-
cle, qui représentent le Christ et les douze apôtres rangés sous les
arcades d'un portique. Il est difficile de dire si cette grande pièce
d'orfèvrerie ornait le sommet du ciborium du maître autel ou si
elle se développait au-dessus de la porte de la confession. Elle
échappa au sac de Genséric (453) ; c'est sans doute lors du pillage
de la basilique par les Sarrasins (846) qu'elle fut emportée.
9. fastidium argenteum...] En remplacement de celui qui avait
été donné par Constantin (Silvestre, p. 172 ; cf. p. 191, note 29) et
que les barbares, c'est à-dire les Goths d'Alaric, avaient volé.
10. confessionem b. Laurentii] Sur la confession de saint Lau-
rent, sa décoration au iv* siècle et les représentations figurées qui
nous en sont parvenues, v. Silvestre, p. 197, note 84. Les grilles
d'argent données par Constantin avaient probablement disparu
dans le pillage de 410. Xystus III les remplaça, mais en les dispo-
sant sur un soubassement formé de dalles de porphyre. Aux co-
lonnes torses que l'on voit dans les médailles de Gaudentianus et
de Successa (/. c.) il substitua des colonnes unies, également en
porphyre. Ce sont sans doute ces colonnes qui soutiennent le cj-
borium du maître-autel actuel. Cet autel est revêtu de grandes
plaques de porphyre qui doivent avoir été empruntées à la tran-
senna de Xystus III. Quant aux grilles d'argent, elles ont été rem-
placées par les grilles de fer que l'on voit maintenant.
H. absidam su/jer cancellos] Une niche, destinée à contenir la
statue du saint. Les médailles déjà citées n'en ont pas la moindre
trace.
12. basilicam sancto Laurentio] C'est la basilica maior des topo-
graphes du vu siècle (De Rossi, Roma sott., t. I, p. 176; cf. Bull.
1864, p. 41). Elle porte déjà ce nom dans deux inscriptions du ▼• siè-
cle : in 6ASSIUCA MAXIOre, IN BASILICA MAIORE AD
DOMNV LAVRENTIVM (De Rossi, Bull. 1876, p. 22, 23). Comme
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XLVI. XYSTUS (432-440).
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je l'ai expliqué ci-dessus (Silvestbe, note 84), elle correspond à la
mef de l'église actuelle ; son abside disparut au xni° siècle, lors-
qu'on réunit en une seule les deux anciennes basiliques. Les
collectionneurs du -vu siècle et des deux siècles suivants ne pa-
raissent y avoir copié aucune inscription dédicatoire. — Le mar-
tyrologe hiéronymien enregistre, au 2 novembre, l'anniversaire de
la dédicace de cette basilique, sous son vocable officiel : Dedicatio
basilicae sanctorum Xysti, Hippolyti et Laurentii. Xystus est ici
évidemment le célèbre pape martyr enterré sur la voio Appienne.
13. monasterium in Catacumbas] Voici, dans le L, P. au moins,
le premier exemple de ces monastères fondés auprès des basiliques
suburbaines, pour y entretenir l'office divin avec une régularité
que l'on n'eût pu obtenir du seul clergé paroissial. — Le lieu ad
Catacumbas contenait deux sanctuaires célèbres, celui des apôtres,
c'est-à-dire le tombeau, désormais vide, où ils avaient'reposé de-
puis l'année 258 jusqu'à la fondation de leurs basiliques sous Cons-
tantin (Damase, note 9; cf. Introd., p. cjv-cvii), et celui du martyr
Sébastien, encore consacré par une église que des religieux desser-
vent et que fréquentent les fidèles. On n'a point de témoignages
anciens sur sa fondation, mais seulement une inscription d'ex-voto,
dédiée au martyr par deux prêtres de l'église qui porte actuelle-
ment lo nom des saints Jean et Paul :
TEMPORIBVS SANGTI
INNOCENTI EPISCOPI
PROGLINVS ET VRSVS PRAESBB
TITVLI BYZANTI-
SANGTO MARTYRI
SEBASTIANO EX VOTO FEGERVNT
(Au musée de Latran, cl. I; cf. De Rossi, Bull. 1871, pi. m-iv).
14. fontem baptisterii ad s. Mariam] Ce baptistère n'a laissé au-
cune trace dans les édifices actuels.
15. H. c. columnas in bapiisterium — versibtis exornavil] Ces huit
colonnes de porphyre sont encore en place, avec leur entablement
(epistylia, episUUia, epistolia) octogone, sur lequel se développe l'ins-
cription métrique suivante, à raison d'un distique sur chacun des
côtés de l'octogone :
GENS SACRANDA POLIS HIC SEMINE NASCITVR ALMO
QVAM FEGVNDATIS SPIRITVS EDIT AQVIS
VIRGINEO FETV GENITRIX ECGLESIA NATOS
QVOS SPIRANTE DEO CONGIPIT AMNE PARIT
COELORVM REGNVM SPERATE HOC FONTE RENATI
NON REGIPIT FELIX VITA SEMEL GENITOS
FONS HIG EST VITAE QVI TOTVM DILVIT ORBEM
SVMENS DE XPI VVLNERE PRINGIPIVM
MERGERE PEGGATOR SAGRO PVRGANDE FLVENTO
QVEM VETEREM AGGIPIET PROFERET VNDA NOVVM
INSONS ESSE VOLENS ISTO MVNDARE LAVAGRO
SEV PATRIO PREMERIS GRIMINE SEV PROPRIO
NVLLA RENASCENTVM EST DISTANTIA QVOS FACIT VNVM
VNVS FONS VNVS SPIRITVS VNA FIDES
NEC NVMERVS QVEMQVAM SCELERVM NEC FORMA SVORVM
TERREAT HOC NATVS FLVMINE SANCTVS ERIT
M. Rohault de Fleury (Le Latran au moyen âge, p. 33) a démon-
tré que l'on appuya sur la colonnade octogonale de Xystus III,
d'une part une voûte semi-circulaire analogue à celle que l'on voit
encore à S. Gostanza, d'autre part un tambour à coupole qui re-
couvrait le centre del'édifice. Ces constructions supérieures ont dis-
paru depuis longtemps. — La dédicace du baptistère fut marquée
dans le martyrologe hiéronymien, au 29 juin : Dedicatio baptisterii
antiqui Romae.
16. ... platoma in cymiterio Calisti] L'encastrement de cette
grande plaque de marbre est encore visible dans la crypte papale
du cimetière de Galliste, au-dessus de la porte, à l'intérieur. M. de
Rossi (Roma sott. y t. II, p. 33-48) est parvenu à restituer l'inscrip-
tion, en partant de ce texte du L. P. et d'une énumôration de papes
et autres saints, .dont il reste deux exemplaires imparfaits, l'un
dans le martyrologe hiéronymien, au 9 août, l'autre dans un des
recueils épigraphiques du vir siècle, la Sytloge Turonensis (Inscr.
christ., t. II, p. 66); ces deux énumérations ne peuvent dériver que
du catalogue lapidaire lui-même. Voici la restitution de M. de
Rossi; bien que l'inscription n'existe plus, je la transcris excep-
tionnellement en lettres capitales :
NOMINA EPISCOPORVM MARTYRVM ET GONFESSORVM
QVI DEPOSITI SVNT IN CYMITERIO CALL1STI
XYSTVS DIONYSIVS STEPHANVS VRBANVS
CORNELIVS FELIX LUCIVS MANNO
PONTIANVS EVTYCHIANVS ANTEROS NVMIDÎANVS
FAB1ANVS GAIVS LAVDICEVS IVLIANVS
EVSEBIVS MILTIADES POLYCARPVS optatvs
HORVM PRIMVS SANCTVS XYSTVS
PASSVS GVM AGAPITO FELIGISSIMO ET ALIIS NVMERO XI
Quelques détails sont du domaine de la conjecture; mais l'ensem-
ble peut être considéré comme certain ; je n'ai fait, dans cette re-
production, aucun autre changement que celui de coemeterio en cy-
miterio, orthographe qui me parait plus conforme aux usages du
temps. Le texte du L. P., tel que le donnent les mss. A, semble
écarter le mot martyrum à la première ligne et, à plus forte rai-
son, le et confessorum qui est un simple complément. Les deux
derniers noms de la troisième colonne et les quatre derniers de la
quatrième sont étrangers à la série des papes; ce sont des noms
d évêques d'autres sièges, enterrés par exception dans le cimetière
de Calliste.
17. Et huius temporibus fecit Petrus...] Cette phrase, intercalée
entre les ordinations et la sépulture, est peut-être une interpolation
propre aux manuscrits A, d'où elle sera entrée dans la recension
mixte E. Les manuscrits BCD ne l'ont pas : il est vrai qu'ils pré-
sentent, pour toute la fin de cette notice et de la suivante, des la-
cunes considérables. — L'église Sainte-Sabine existe encore, telle,
dans son ensemble, qu'elle fut construite au v° siècle, avec les
belles colonnades de sa grande nef et des vestiges importants de
sa décoration en marqueterie de marbres et en mosaïques (De
Rossi, Musaici) ; sa porte elle-même, en bois sculpté, monument
unique à Rome, en son genre, nous a été conservée en grande
partie (Voir un dessin partiel dans Duruy, Histoire des Romains,
t. VII, p. 111). L'inscription dédicatoire, en mosaïque, se voit en
core à l'intérieur de l'église, au-dessus de l'entrée, comme celle qui
était jadis à Sainte-Marie-Majeure :
GVLMEN APOSTOLIGVM GVM GAELESTINVS HABERET
PRIMVS ET IN TOTO FVLGERET EPISCOPVS ORBE
HAEG QVAE MIRARIS FVNDAVIT PRESBYTER VRBIS
ILLYRICA DE GENTE PETRVS VIR NOMINE TANTO
DIGNVS AB EXORTV GHRISTI NVTRITVS IN AVLA
PAVPERIBVS LOCVPLES SIBI PAVPER QVI BONA VITAE
PRAESENTIS FVGIENS MERVIT SPERARE FVTVRAM
Cette inscription rapporte la fondation de l'édifice au temps du
pape Célestin, prédécesseur de Xystus III; il est possible qu'elle
n'ait été terminée et dédiée que sous celui-ci. Du reste la note in-
sérée dans le L. P. remonte à une date postérieure de quelque
temps à l'inscription, car elle donne au fondateur le titre d'évôque,
alors qu'il n'était encore que prêtre quand on exécuta sa dédicace
métrique. — On transporta dans cette église, vers la fin du vu* siè-
cle au plus tard, les reliques de sainte Sabine, martyre vénérét
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XL VI. XYSTUS (432-440).
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dans Y oppidum Vindcncnsc, aux environs de Terni (De Rossi, fîu//.
1871, p. 90-93). Jusqu'à quel point est-il sûr que le titulus Sabinae
de l'Aventin doit son nom à cette sainte et non pas à une personne
homonyme, c'est ce que je ne saurais dire. Le terme sanctae Sabi-
nae, dans le L. P., autoriserait l'identification, s'il était certain que
cette phrase appartint à la rédaction primitive, ou même à la se-
conde édition. Au synode de 499 les prêtres de cette église signent
comme presbyteri tituli Sabinae. On trouve le même formulaire
dans l'inscription LOGVS PRESBYTERI BASILI TITVLJ SA-
BINE, provenant de Saint-Paul (Musée de I^atran, travée X) et
qui ne parait pas plus ancienne que le synode. Cependant, le prê-
tre Pierre n'ayant pas donné son nom à l'église fondée par lui, il
est assez naturel de croire qu'il lui aura donné celui d'une per-
sonne jouissant des honneurs du culte.
18. Qui etiam sepidtus est...] Sur le lieu, v. Zosime, note 3.
Entre les trois arcades du bas de l'église Saint-Laurent, M. de
Rossi assignerait à Xystus III celle du milieu. La date de la dé-
position n'est pas marquée ici, par exception. On ne peut la fixer
que par des calculs chronologiques. De cette façon on arrive à peu
près au 19 août 440.
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XLVII. LEO (440-461).
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XLVII.
65 l LEO, natione Tuscus, ex pâtre Quintiano, sedit ann. XXI m. I d. XIII. Huius temporibus fecit Demetria !
H ancilla Dei basilicam sancto Stephano via Latina, miliario III, in praedio suo. Hic invenit s duas hereses, Euty-
chiana et Nestoriana.fHic ordinavit praecepta sua auctoritate et misit ad Marcianum Augustum, orthodoxum
principem, catholicum, et facta conlatione cum eodem principem collecti sunt episcopi et factum est concilium
sanctum episcoporum in Calcedona, in martyrio sanctae Eufemiae. Et congregati sunt GCLVI sacerdotes et g
aliorum quorum cyrographus cucurrit, GCGGVI episcoporum, qui congregati una cum tomum, hoc est fidem
IH apostolicae ecclesiae Romanae cum cyrographo sancti episcopi Leonis, sed et catholici principis Marciani;
praesentia Augusti congregatum concilium numéro I CC episcoporum una cum Augusto Marciano, qui expo-
suerunt fidem catholicam, duas naturas in uno Christo, Deum et hominem. In quo loco piissimus Augustus
Marcianus una cum uxore sua Augusta Pulcheria, deposita regia maiestate, fidem suam exposuerunt ante io
IV conspectum sanctorum episcoporum, ubi et damnaverunt Euticium et Nestorium. Et iterum fidem suam impe-
rator Marcianus Augustus cum coniugem suam Pulcheriam Augustam, cyrographo proprio fidem suam expo-
nentes, postulaverunt sanctum concilium ut dirigeret ad beatissimum papam Leonêm, damnantes omnes hereses.
V Iterum multas epistulas 3 fidei misit beatissimus Léo archiepiscopus quae hodie reconditae archivo tenentur.
Hic firmavit 4 fréquenter suis epistolis synodum Calcedonensem : ad Marcianum epistulas XII, ad Leonem 15
Augustum epistulas XIII, ad Flavianum episcopum epistulas VIIII, episcopis per Orientem epistulas XVIII, quas
fidei confirmavit synodi.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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i Quintiniano B'G— d. XXVI A^E : XXVIUC">G — cuius Ai 23
— fecit om. A 123 — Deraitria A 1 — 2 basilica A* — Stefano B l
— Stepliano < aedificavit > a 1 — IIII C 3 E — suo < aedifica-
vit > A" — duos C 2 : I A 3 — herese A 3 — 3 Eutych. et Nest.]
per quosdam (quasdam C 3 ) episcopos BCEG : Eutici et Nestorii
per quosdam episcopos D — sui A 123 — auctoritatem E 1 —
Marcianum A^BKPE 3 : Martianum cet. — orthodoxum] fide-
lem BCDE* 3 G— A catholicam C 2 — factam conlationem BC* (facta
collationem B*) — collatione A23C 3 E 3 : conventione A 6 — priu-
cipem A'BOE' — 5 episcoporum] ecclesiarum A 123 — Calce-
dona A»B2 : Calcedonia A25B 3 « : Calcidonio A« : Calchcdona
B^C* 3 : Cha'cedono C 2 : Chalcedona E 3 — martirium B 1 : mar-
tyrum C" : martyrium B 2 -6C 2 E 3 — sancte A*E 3 : om. O — Eu-
femie C 3 : Eufymiae E 3 — sunt < CCCVI episcoporum qui con-
gregati sunt > B', sed verba et congregati sunt erasa sunt —
sacerdotes-CCŒVI om. A5 — 6 alii E 1 — quorum] corus B* —
al. q.] aliquorum A 6 — cyrografus A*E 3 : cyrografum A 2 : cy-
rographum A 3G : chirographus C 23 — CCCCVI1I A— episcopi E*
— qui om. D — congregati < sunt > A5<» — conlhomon C 1 —
tomum A 12 E 3 : thomo B 1 : tomo C 3 : tumo E 1 : thomum cet. —
fide A*E* : fides B^ — 7 Romae E 13 — c*m om. D — cyrografo
AiC 3 E 3 — archiepiscopi BCDE'G : pape E 3 — catholicis AIE 3 —
principis AC 12 : principes B<» : principi cet. — Martiani B 5C C 12 —
8 in praes. B» : praesenti B 6 : om. E 1 — congregatum-Augusto
om. A 2 — congregatum est A 5C : consecratum B5 — DCXXX A* :
CCCC C*24Ei — 9 catholicam < et apostolicam > C 2 ^» 3 —
duas <asserentes> A» — Dum A 1 : Deo C2E 1 : <simul>
c 1 C 24 E 1 — homine A 12 C 2 E* — loco om. W> — 10 uxorera suam
B 5 — Pulchedia B-GC 1 (coït, c 1 ) : Pulcedia D — deposita om. D
— maiestatem B* — suam om. A e — 11 conspectu B^E* — Eu-
thycium A 1 : Euticium A 2 B 15 D : Euthicium A^C 1 : Eutycium
B 2 ™ : Eutychium E* : Eutichem ASciC^E» : Eutichen A« : Euticem
C 2 — et om. E 1 — Nestorium < et Dioscorum > A5«C"Ei —
fidem suam] et Dioscorum c 1 : om. B 5 — imperator om. A 6 —
12 coniugem suam A*B 5 C 2 — Pulcheriam A* : Pulcheria B*C 2 E"
— cyrografo AiC'E 3 — fidem suam om. E 3 — 13 postolaverunt
B* —dirigent Ai : diregeret B" : diregerent B^C'E 3 (dirig. E 3 ) :
dirigetur C 23 ^ 1 — beatissimo E 3 : baptismum C 3 — papa E 3 —
damnantes] expugnantes D — 14 epistulas A*C 12 E 3 — Léo om. C 1
— archiep.] papa E 3 -que E 3 — odie B*E 3 — recondita B 5 : re-
condite E 3 — <in> arc. A56C 23 Ei — arcibo Ai — 15 fré-
quentes C 5 : fequentes E* (corr.) — aepistolis C 3 — Calcido-
nensem A 1 : Calcedonense A 23 : CalchidonenFem B 1 : Calchedo-
nensem B 5 C 3 : Chalcedonensem B 2 C 2 : Calchedonensi E 3 — Mar-
cianum < Augustum > C 2 E ! : < Augustum misit > A56 — 16
epistolas BiC 3 — VIII C 2 Ei — Oriente A 3 — < per > quas AS^E 1
— 17 fidem A56dC 23 Ei : fide E 3 .
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XL VU. LEO (440-461). 239
Hic renovavit 5 post cladem Wandalicam omnia ministeria sacrata argentea per omnes titulos, conflatas VI 66
hydrias VI basilicae Constantinianae, duas basilicae beati Pétri apostoli, duas beati Pauli apostoli, quas
Constantinus Augustus obtulit, qui pens. sing. lib. centenas; de quas omnia vasa renovavit sacrata. Hic
renovavit 8 basilicam beati Pétri apostoli [et cameram] et beati Pauli 7 post ignem divinura renovavit. Fecit vero
5 cameram 8 in basilica Constantiniana. Fecit autem basilicam 9 beato Cornelio episcopo et martyri, iuxta cymi-
terium Calisti, via Àppia. Hic propter nomen Romanum 10 suscipiens legationem ambulavit ad regem Unnorum, vu
nomine Atthela, et liberavit totam Italiam a periculo hostium. Hic constituit monasterium !1 apud beatum Petrum
apostolum. Hic constituit 12 ut intra actionem sacrificii diceretur sanctum sacrificium et cetera. Hic constituit ut y ni
monacha 13 non acciperit velaminis capitis benedictionem, nisi probata fuerit in virginitate LX annorum. Hic
M constituit 14 super sepulchra apostolorum custodes qui dicuntur cubicularii, ex clero Romano. Hic fecit ordina- ix
tiones IIII in urbe Roma per mens, decemb., presbiteros LXXXI, diaconos XXXI; episcopos per diversa loca
CLXXXV. Qui etiam 15 sepultus est aput beatum Petrum apostolum, III id. april. Et cessavit episcopatus dies VII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
Q.
1 clade A* — Wandalica A 1 : Vandalicam B 3 5DE : Bandali-
cam B*C 3 : Andalicam B6 (de B* n. I.) — titillas C3 — contlata
A 13 : confialas C 3 — de conflatis hydriis A56 — 2 hydria A 2 :
ydrias B 1 — VI < duas> BCDEG —bas. Const.-via Appia l. 6om.
A3 — bas. Const. duas om. C 3 — duas b. Pauli ap. om B 3 — apos-
toli < basilicae > E — quam B« — 3 Constantius B 1 — obtulerat
— qui] quae B 123 E : quem C 3 — pensaverunt BG — de quas]
quae cC 23 E — quas] qua B 16 : quibus B 2 — sacramenta A 2 :
sacra B 1 — 4 Hic-Constantiniana] Hic fecit cameram beati Pétri
basilicae et ornavit, et basilicam beati Pauli apostoli reno-
vavit BC 13 D (et ornavit] Constantinianae c 1 — beati-ornavit
om. O — et ante ornavit om. B 6 D — beati om. B 2 - 6 — apostoli
om. B">) : Hic fecit cameram basilicae Constantinianae et aliam
cameram basilicae beati Pétri ornavit et basilicam beati
Pauli apostoli renovavit C 2 *EG (camara C 2 [corr. et ita bis] —
alia E — et bas.-renovavit om. G) — apostuli A 1 — renovavit om.
A256 _ 5 Fecit autem-clero Romano (l. 10) om. BCD — autem
< et > E. — 6 cymiterio A* — Annorum A 2 — 7 Attila A 3 :
Atthelam A* : Atthilam A« : Athela E — et-Italia om. A* —
tota A 1 — Italia A* 2 — hoslio E — Hic-apostolum om. A 3 —
aput A 1 — beatum om. A 6 — 8 apostulum A* : < quae nuncu-
patur sanctorum Iohannis et Pauli > E — Hic-celera om. E —
ut om. A 3 — sacrificii-sanctum om. A 3 — ut om. A 1 — 9 acci-
perit A 12 : acciperet cet.— capitis < sui > A 3 — nisi < prius >
A 6 — in om. A 2 — XL A 5 — Hic-Romano om. A 3 — 10 apostulo-
rum A 1 — 11 ordinaciones C 3 — III A 3 * — diac. XXI A* — loca
< num. > B 23 C«E — 12 aput A f C 3 : ad A 3 : apud cet. — b.
Petrum ap] basilicam b. Pétri apostoli C 234 E — IIII id. A 2 —
dies < per > Bi : < numéro > C 3 G.
NOTES EXPLICATIVES.
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i. H. t. fecit Demetria...] Cette phrase n'a pas laissé do traces
dans les abrégés de la première édition. — Il s'agit ici de la cé-
lèbre vierge Anicia Demetrias de l'illustre famille des Anicii Probi.
Sur cette famille, y. le mémoire d'Aschbach dans les Comptes-
rendus de l'Académie de Vienne, t. LXIV (1870). — Les ruines de
la basilique de Saint-Étienne sur la voie Latine ont été retrouvées
en 1858; v. le plan dans I Archeologia, t. XL, p. 167, Londres,
1866.
2. Hic invertit...] Avant cette phrase, la première édition contient
la mention d'une constitution : « Hic fecit constitutum de ecclesia. »
Ce texte n'est pas assez précis pour qu'on puisse reconnaître de
quelle décrétale ou règlement il y est question. — Le récit du con-
cile de Ghalcédoine a été gravement remanié d'une édition à l'autre :
je vais signaler ici les principales retouches. Dans la première
édition le concile est convoqué à la demande (per rogatum) de
l'empereur Marcien, par l'ordre (ex praecepto) du pape. Ceci est
déjà inexact, car le concile fut convoqué par l'empereur, suivant
l'usage du temps, et contre le désir formellement exprimé de saint
Léon. Le second éditeur aggrave l'erreur en donnant au pape l'i-
nitiative de la convocation. — Le lieu du concile est appelé basi-
lique, dans la première édition, martyrium dans la seconde. En
réalité, l'assemblée tint ses séances dans la basilique de Sainte-
Euphémie ; ce fut seulement en un moment difficile que le marty-
rium ou chapelle de la confession fut choisi pour local d'une com-
mission. — Le nombre des évoques est gravement fautif; en réa-
lité le concile en compta au moins six cents, présents à Ghalcé-
doine, sans parler de ceux qui adhérèrent ensuite et dont on n'a
point le compte précis. Dans le L. P. on marque d'abord 256 (on
266) présents et 406 adhérents : puis, dans une réunion tenue qua-
rante-deux jours après la première, le nombre des évêques s'élève
à 1200. Non seulement ces chiures sont inexacts, mais l'idée de di-
viser le concile de Chalcédoine en deux sessions seulement, sépa-
rées par un intervalle de quarante-deux jours, est contredite par les
procès- verbaux de cette grande assemblée qui tint environ vingt
séances en vingt-quatre jours seulement. Ici le premier rédacteur,
malgré les énormes fautes où il tombe, conserve une certaine
suite dans son exposition. Les deux sessions qu'il admet sont bien
distinguées l'une de l'autre : dans la première, les 256 (ou 266)
évêques condamnent Eutychès et Nestorius; la seconde est la
séance impériale ; Marcien et Placidie (lisez Pulchérie) y assistent
et y font une déclaration publique de leur foi; Eutychès est con-
damné de nouveau. Puis l'empereur, d'accord avec les évêques,
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adresse au pape Léon une sacra, c'est-à-dire une lettre impériale
officielle, pour lui demander la confirmation du concile. Léon ré-
pond en envoyant un « tome » et confirme les décisions de l'as-
semblée. Ceci, sauf la distribution des séances, est assez con-
forme à la vérité historique; c'est en gros l'idée que l'on pou-
vait avoir conservée du concile de Ghalcédoine : l'empereur y as-
sista en réalité une fois, dans une séance qui fut naturellement
plus solennelle que les autres; sur son insistance, les ôvèques se
décidèrent à rédiger une profession de foi ; Marcien demanda au
pape une confirmation expresse du concile et Léon l'accorda. Dans
la seconde édition on a corrigé, il est vrai, le nom de l'impéra-
trice, changé Placidie en Pulchérie; mais les deux sessions sont
confondues et le récit fort embrouillé. On voit que l'auteur de ce
remaniement a cru que le « tome » par lequel Léon était dit avoir
confirmé le concile n'était autre que sa célèbre lettre à Flavien,
qui porte en réalité ce nom de tome comme par antonomase, et
qui, écrite deux ans avant le concile de Ghalcédoine, fut lue dans
cette assemblée et lui fournit, dans une large mesure, sa direction
doctrinale. Je ne sais si le premier rédacteur avait commis en
réalité cette confusion. En tout cas, le tome à Flavien est remis à
sa place dans la seconde édition, c'est-à-dire introduit au com-
mencement de l'affaire. Un peu plus bas, le second éditeur ajoute
la formule dogmatique duas naturas in uno Christo, Deum et ko-
minem; il distingue aussi entre deux professions de foi des em-
pereurs, l'une orale, l'autre écrite. " En revanche, il supprime la
confirmation officielle du concile, mentionnée simplement, mais
clairement, dans la première édition.
3. ltci'um militas epistolas ..] Cette phrase se retrouve pour le
sens, mais avec une rédaction différente, dans la première édition.
4. Hic firmavit... synodi] A la place de cette énumération des
lettres dogmatiques de saint Léon, qui fait évidemment double
emploi avec la phrase précédente, la première édition mentionne
une décrétale œcuménique. Cf. Introd., p. cxxxn.
o. Uic renovavit... sacrata] Dans la liste des donations constan-
tiniennes que contient la notice de Silvestre, on trouve (p. 176,
1. 13) que la basilique de Saint-Pierre reçut deux métrètes d'ar-
gent, pesant ensemble 200 livres, c'est-à-dire cent livres chacun.
Un peu plus loin, p. 178, 1. 12, on voit que la vaisselle sacrée de
Saint-Paul était identique à celle de Saint-Pierre. Voilà donc
quatre de nos hydriae qui sont retrouvées dans le catalogue cons-
tantinien. Quant à celles du Latran, la coïncidence n'est pas aussi
frappante; le catalogue fournit (p. 173, 1. 17) trois métrètes d'ar-
gent, pesant chacun 300 livres. Ils seraient donc différents des vases
que saint Léon fit fondre. Il est possible cependant que le mot
sing. ne figure à cet endroit du texte que par suite d'une erreur et
que les métrètes du Latran aient pesé seulement 100 livres cha-
cun, comme ceux de Saint-Pierre. Mais la vie de saint Léon en
mentionne six, et non pas trois, au moins dans le texte fourni
par les manuscrits A, car les autres manuscrits comptent six
hydriae en tout, deux seulement étant attribuées à la basilique
Gonstantinienne.
6. Hic renovavit basilicam b. Pétri] Je mets entre crochets les
mots et cameram qui ne me paraissent pas avoir appartenu au
texte primitif. Ils manquent en effet dans l'abrégé K ; dans les
manuscrits A, dont la teneur est reproduite ici, ils interrompent
la phrase ; dans les recensions postérieures on a essayé de les
fondre avec le contexte, mais sans y réussir parfaitement. C'est
sans doute une ancienne glose et on doit, tout en l'excluant du
texte, lui accorder une certaine valeur historique. — De la restau-
ration de Saint-Pierre par Léon il ne nous reste qu'un document
épigraphique où le nom de ce pape soit mentionné : c'est l'inscrip-
tion de la mosaïque qui couvrait la façade; je l'ai donnée dans
l'Introduction, p. 127 a, note 4. — La glose et cameram lui attribue
aussi le renouvellement de l'abside. Ce renouvellement ne peut
avoir été que partiel, car l'inscription de Constantin et de Cons-
tant (ou Constance) ne fut pas dérangée. H est possible que saint
Léon ait substitué une mosaïque à la décoration primitive de
cette partie de l'édifice.
7. ... et b. Pauli post ignem divinum] Le toit de la basilique s'é-
tait effondré; le L. P. attribue cet accident à la foudre (ignis divi-
nus). Ce détail n'est pas mentionné dans l'inscription suivante,
dont le marbre original est conservé au musée de Saint-Paul (cf.
Musée de Latran, travée 1, n« 1; De Rossi, Bull. 1877, pi. 3) :
EXSVLTAÏE PII LACRIMIS IN GAVDIA VERSIS
ETPROTECTORI & REDDITE VOTA DEO
CVIVS SIC TENVIT RESOLVTVM DEXTERA TECTVM
IN VACVVM VT CADERET TANTA RVINA SOLVM
SOLVS ET INVIDrAE PRINCEPS TORMENTA SVBIRET
QVI NVLLVM EX AMPLA # STRAGE TVLIT SPOLIVM
NAM POTIORA NITENT REPARATI CVLMINA TEMPLI
ET SVMPSIT VIRES FIRMIOR AVLA NO VAS
DVM#XPÏ # ANTISTES CVNCTIS LEO PARTIBVS AEDES
CONSVLIT ET CELERT TECTA REFORMAT OPE
DOCTOREM VT MVNDI PAVLVM PLEBS SANCTA BEATVM
INTREPIDE SOLITIS # EXGOLAT OFFICIIS
LAVS ISTA FELIX RESPICIT TE PRAESBITER
NEC TE LEVITES ADEODATE PRAETERIT
QVORVM FIDELIS ATQVE PERVIGIL LABOR
DECVS OMNE TECTIS VT REDIRET INSTITIT
Les quatre derniers vers diffèrent des précédents par le mètre,
la grandeur des lettres et la profondeur de la gravure. Dans les
six distiques ce sont les curateurs de l'entreprise qui ont la pa-
role; ils en attribuent toute la gloire au pape, Christi antistes Léo;
mais celui-ci, dans ses quatre trimètres, leur renvoie l'éloge. L'é-
pitaphe du prêtre Félix (f 471) mentionne aussi ce grand travail
(De Rossi, Inscr. chr., t. I, n° 831) :
PRESBYTER Hic positus felix in PacE QVIESCIT
GVIVS PVRA Fldes, probitas, vigilAKtiA SOLLERS
PONTIFICVM Claro placuit siG NofA LEONI
POST LABSVM VT Réparons veneraïSBi cu/MINA PAVLï
HVIG OPERIS tanli renovandam credeïiET AVLAM
depositvs vii idus niaias Leone aug. HI[I et Probiano v. c] conss.
Sur ce prêtre, v. Fklix m, note 2. On connaît aussi l'épitaphe
d'Adeodatus (De Rossi, biscr. chi'., t. I, n° 753), qui mourut ar-
chidiacre en 474. — L'arc triomphal de la basilique porte encore
une inscription (en partie refaite) commémorative de la même
restauration. La fille de Théodose, l'impératrice Placidie, y félicite
le pape Léon :
PLACIDIAE PIA MENS OPERIS DECVS OMNE PATERNI
GAVDET PONT1FICIS STVDIO SPLENDERE LEONIS
Indépendamment de ses travaux dans la basilique elle-même,
saint Léon restaura la fontaine de l'atrium. L'inscription suivante
(De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 80) en fait foi :
Perdiderat laticum longaeva incuria cursus
quos tibi nunc pleno cantharus ore vomit.
Provida pastoris per toium cura Leonis
haec ovibus Christi larga fluenta dédit.
Unda lavât carnis maculas, sed crimina purgat
purificatque animas mundior amne fides.
Quisque suis meritis veneranda sacraria Pauli
ingrederis supplex, ablue fonte manus.
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XLVII. LEO (440-461)
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8. Fecit vero cameram in basilica Constantiniana] La mosaïque
absidale de la basilique du Latran a été publiée par M. de Rossi,
mais le commentaire de cette chromolithographie n'a pas encore
paru. M. E. Mûntz (Revue archéologique, août 1879, p. 109-117), a
démontré que ce monument devait remonter, pour certaines par-
ties, au v e siècle. On lisait jadis en cet endroit, avant les restau-
rations de Nicolas IV (1291), l'inscription dédicatoire FI. Constan-
tius Félix, v. c. magister utriusque militiae, patricius et cons. ord. et
Padusia eius inl. femina voti compotes de proprio fecerunt (De Rossi,
Inscr. christ., t. II, p. 149). Ce FI. Gonstantius Félix fut consul en
428; Aétius le fit assassiner en 430 (Prosper, à ces années). La dé-
coration de l'abside remonterait donc au temps du pape Gélestin.
9. ... basilicam b. Cornelio] Aucun vestige de cette basilique n'a
encore été mis au jour dans le terrain du cimetière de Calliste.
Elle est mentionnée dans deux des itinéraires du vn« siècle ; de-
puis, il n'en est question nulle part (De Rossi, Rom. sott., t. I,
p. 180, 181, 297).
10. Hic propter nomen Romanorum...] Prosper, Chron. a. 452 :
c Suscepit hoc negotium cum viro consulari Avieno et viro prae-
» fectorio Trigetio beatissimus papa Léo, auxilio Dei fretus quem
» sciret numquam piorum laboribus defuisse. Nec aliud secutum
» est quam praesumpserat fides : nam tota legatione dignanter
» accepta, ita summi sacerdotis praesentia rex gavisus est ut et
» bello abstineri praeciperet et ultra Danubium promissa pace
» discederet. »
jU. H. c. monasterium apud b. Petrum] Le ms. E donne le nom de
ce monastère : quae nuncupatur sanctorwn Iohannis etPauli. En 732,
il y avait, autour de Saint- Pierre, trois monastères, ceux des SS.
Jean et Paul (plan h), de Saint-Etienne (b) et de Saint-Martin (a);
le concile célébré cette année par le pape Grégoire III les men-
tionne dans cet ordre (De Rossi, Duemonumenti, p. 18; Inscr. chr.,
t. II, p. 274), qui est peut-être l'ordre de dignité et d'ancienneté. Il
est difficile de dire si l'interpolateur qui identifie le monastère
fondé par le pape Léon avec celui des SS. Jean et Paul dépend en
cela d'une tradition certaine ou s'il n'a fait qu'une conjecture.
12. H. c. ut intra sacrificium...] Je transcris ici la phrase du
canon à la fin de laquelle ont été ajoutés les mots en question :
o Supra quae (le sacrifice eucharistique) propitio ac sereno vultu
» respicere digneris et accepta habere, sicuti accepta habere digna-
» tusesmunerapueri tui iustiAbel et sacrificium patriarchae nostri
» Abrahae et quod tibi obtulit summus sacerdos tuus Melchise-
» dech, sanctum sacrificium, immaculatam hostiam. » — Les
qualifications de saint et d'immaculé se rapportent à l'offrande de
Melchisédech (Gen. xiv, 18), composée de pain et de vin. Les Ma-
nichéens avaient horreur du vin et leur liturgie eucharistique n'en
comportait pas. C'est peut-être à cause de cela que le pape Léon
crut devoir relever la sainteté des dons offerts par le roi de Salem.
13. H. c. ut monacha...] Nous n'avons aucun document authen-
tique sur la règle suivie à Rome au sujet de l'âge requis pour la
velatio virginum sacrarum. En Afrique, à la fin du iv« siècle et au
commencement du v«, l'âge ordinaire était vingt-cinq ans (Conc.
Carth. III, c. 4; Gonc. de Garthage de 418, c. 18; Hard., t. I, p. 935 ;
Mansi, t. IV, p. 508). En Espagne, le concile de Saragosse (380)
exigeait quarante ans (c. 8) ; le même terme est fixé dans le canon
dix-neuvième du concile d'Agde (506) pour les églises gallo-ro-
maines comprises dans le royaume d'Alaric IL C'est aussi celui
qui fut imposé par la loi civile, au temps de saint Léon, dans un
édit de l'empereur Majorien (Nov. Majoriani, VI, 1). — Quant aux
décrétâtes de Léon lui-même et de ses successeurs, au v e et au
vi« siècle, elles ne parlent jamais de la limite d'âge. En revanche,
le Constitutum Silvestri en fournit une (c. 10) : « Nullus episcopo-
» rum virginem sacratam maritali consortio expeteret benedici,
» nisi eam probaverit LXXII annorum esse constituta; ibi proba-
» bitur iudicium pudicitia vera, ut in LXXII annis requirens virum
» Christum pudicitia constituta, uncta vertice introducatur ad
» nuptias Ghristi, velamen capitis ferens non cordis. » Le maritale
consortium, au commencement de cette phrase, doit être expliqué
par les nuptiae Christi de la fin. — Notre auteur, en transportant
de Silvestre à Léon cette fixation d'âge, a retranché douze ans du
chiffre marqué dans le Constitutum. On ne peut douter que le sien
ne soit encore beaucoup trop élevé.
14. H. c. super sepulchra... cubicularii ex clero Romano] Un De-
cius, cubicularius de labasilique.de Saint-Paul, est mentionné dans
une inscription datée de 533 ou : 544 (De Rossi, Inscr. chr., t. I,
n° 1087); un cubicularius beati Pétri figure dans une autre inscrip-
tion du temps ( [Margarini ,] lnsci\ s. Pauli, Rome 1654, n° 281).
Sur les cubicularii des basiliques romaines, cf. De Rossi, Roma
sott., t. III, p. 531. Il s'agit ici, non de l'administration temporelle
des basiliques, mais d'un service de garde d'honneur, analogue à
celui des chambellans de la cour impériale. Du reste, les deux
confessions apostoliques, remplies d'ornements et d'ex-voto pré-
cieux, requéraient évidemment une surveillance assidue.
15. Qui etiam sepultus est...] Léon est "le premier pape qui ait
reçu la sépulture dans le portique de Saint-Pierre ; il est aussi le
premier dont les restes aient été déposés à l'intérieur de la basi-
lique, quod foret et tumulo dignus in arce Pétri. Mais cette seconde
déposition n'eut lieu qu'en 688, par les soins du pape Sergius I er
(V. ci-dessous, n° 163). L'épitaphe primitive est perdue; elle
existait encore au ix° siècle, avec plusieurs autres qui se sont
perdues aussi, et que Jean Diacre, l'auteur de la vie de saint Gré-
goire, dit avoir vues dans le portique de Saint-Pierre : « In ex-
» tréma porticu b. Pétri apostoli an te secretarium, quo videlicet
» Léo, Simplicius, Gelasius atque Symmachus apostolicae sedis
» episcopi cum nonnullis aliis tumulati suis hactenus epitaphiis
» praedicantur. »(Vita s. Greg., IV, 68). Beaucoup de ces épitaphes
ont été copiées du vu siècle au ix« et sont venues jusqu'à nous
dans divers recueils épigraphiques, dont le plus important est la
Sylloge Laureshamensis II (De Rossi, Inscr. christ., t. I, p. 124-130).
Il est à remarquer que celles des quatre papes nommés ici
par Jean Diacre ne se rencontrent dans aucun de ces recueils. —
La date /// id. april. est fausse ; la vraie s'est conservée dans le
martyrologe hiéronymien, //// id. novemb.
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Liber poxtificalis.
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XLVIII. HILARUS (461-468).
XLVIII.
68 I HILARUS, natione Sardus, ex pâtre Crispino, sedit ann. VI m. III d. X. Hic fecit decretalem * et per uni-
versam Orientem exparsit, et epistulas de fide catholica, confirmans III synodos Niceni, Epheseni et Calcedo-
nense, vel tomum sancti episcopi Leonis; et damnavit Eutychem et Nestorium vel omnes sequaces eorum et vel
omnes hereses; et confirmans dominationem et principatum sanctae sedis catholicae et apostolicae. Hic fecit
constitutum 2 de ecclesia in basilica ad sancta Maria, consulatu Basilisco Hermenerico [465], XVI kal. decemb. 5
69 II Hic fecit oraturia III 3 in baptisterio basilicae Constantinianae, sancti Iohannis Baptistae et sancti Iohannis
evangelistae et sanctae Crucis, omnia ex argento et lapidibus pretiosis :
confessionem sancti Iohannis Baptistae ex argento, qui pens. lib. C, et crucem auream;
confessionem sancti Iohannis evangelistae ex argento, pens. lib. C, et crucem auream ;
in ambis oratoriis 4 ianuas aereas argentoclusas. \o
ni Oratorium sanctae Crucis :
confessionem ubi lignum posuit dominicum;
crucem auream cum gemmis, qui pens. lib. XX ;
ex argento in confessionem, ianuas pens. lib. L;
supra confessionem arcum aureum qui pens. lib. IIII, quem portant columnae unychinae, ubi stat agnus 13
aureus pens. lib. II;
coronam auream ante confessionem, farus cum delfinos, pens. lib. V;
lampadas IIII aureas, pens. sing. lib. II;
IV nympheum 5 et triporticum ante oratorium sanctae Crucis, ubi sunt columnae mirae magnitudinis quae
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Hylarius A 3 C 3 : Hylarus A* : Hilarius B 23 «D — an. VII C"
— m. II C 3 — Hic-apostolicae om. A 2 — decretum taie B 5 —
2 universam FA : universum cet. — exparsit A* 3 : sparsit cet. —
et om. B«6Ci2EG — catholica < et apostolica > ciC 23 EG — ca-
tholica] ecclesiae A 6 — confirmans] et firmans A — sinodus B* :
synodus C 3 — Nicaenum C 2 : Nicenum C 3 : Nicenam E — Ephe-
sini A 5 B 2 C* : Ephiseni B 13 * : Epheneum C 2 : Ephesenium C 3 :
Ephessenam E — Calcidonense A 1 : Chalcedonensem B* : Calce-
donensem C 3 — 3 tomum À 15C C 3 D : thomum cet. — archiepis-
copi BCDEG — et om. A56— Eutychem A'C 2 : Euticem Bi : Eu-
ticen C 3 — Nestorium < et Dioscorum > A 56 c*C 24 E (Dioschorum
C2) — sequaces-et om. B 3 — et om. B^C 2 — vel om. A5«B*CtEG
— 4 omnesque A* 6 — confirmans < omnem > B 3 — donatio-
ncs G : auctoritatem C 23 ^E — principium B* — catholicae om.
C2UE — et om. C 2 EG— apostolicae <romanae> c* — 5 basili-
cam A 2 B 1 5C 23 — sancta A*C 3 — Maria A^B'C 3 — < Dei gene-
tricis vTr > Mariam EG — Basil isci C 23 *e (BasiliciEG) : Basilico
B^D — Bas. <et> A5 6 C 23 ^EG — Hermenrico B 2 : Hermerico B3 :
Hermenricho C 2 : Hermenerichi EG — XV kal. B* : XVII D.
6 oraturia A^'C 3 — 7 et lapidibus-argento om. C 2 — 8 con-
fessionem et cetera usque ad ordinationes om. A 3 — confessio-
nem < autem > A&6 — lohanni B J C 3 — Baptistae < fecit >
A56 — Baptistae-Iohannis om. Ci — qui-G om. A 2 — crucem
< sancti > B* — 9 < et > conf. BCE — lohanni C 3 — evang.]
Baptistae B«5«D (////ng Bap. Bi) — qui pens. B56EG (quae E) —
pens.-C om. A 2 — auream om. C 3 * — 10 < et > in BCDEG— am-
bobus A 56 B 2 E — oraturiis A 1 — ianuas < fecit > A56 — hereas
Ci3 _ < ex > arg. B 23 *C* 2 : < et > arg. E — -clausas B* —
il < in > or. B* — oraturium A 1 — 12 < fecit > conf. A** —
confessione A* — lignum] agnum A — posuit om. A 56 — dom.
pos. E — domini C 3 — 13 et crue. aur. posuit A 56 : cum cruce
aurea EG — qui-XX om. A 2 et ita semper omittit pondéra — quae
pens. pondus librarum EG— pens. <pondo> B 2 - 6 CD —14 arg.
< purissimo > E — in om. B5«D — confessione E : < fecit >
A 56 — qui pens. B 6 : pens. pondus EG — librarum EG — 15
super A — supra-lib. II om. C 2 — quae E — unychinae A 1 : uni-
chine A 2 : unicinae B 23 : unice B5 : onicinae C 1 : unichynae
C 3 : onichinae c'DG : de.B* n. I. — 17 coronam-lib. II om. A 2 —
corona aurea A 1 — auream < posuit > A& 6 — ante] ad A —
faros B*E — que pens. E — 18 lamp. aur. numéro IIII EG — sing.
A 15 C 2 : om. cet. — 19 nympheum A*s : nimpheum A 26 : nim/////
B 1 : nimfeum cet. — triporticum C 2 : triportium D — <fecit>
ante Aï& — oraturium A* — sunt om. A 6 B« : est A 2 — colu-
mine A5 : om. C 3 * — mirae-dicuntur om. BCDEG —
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XLVIII. HILARUS (461-468). 243
dicuntur exatonpentaicas, et concas striatas duas cum columnas purphyreticas raiatas aqua fundentes;
et in medio lacum purphyreticum cum conca raiata in medio aquam fundentem, circumdatam a dextris
vel sinistris in medio cancellis aereis et columnis cum fastigiis et epistuliis, undique ornatum ex musibo
et columnis aquitanicis et tripolitis et purphyreticis.
5 Ante confessionem 6 beati Iohannis : V
coronam argenteam, pens. lib. XX;
farum cantharum, pens. lib. XXV.
Item 7 ad sanctum Iohannem, intra sanctum fontem :
lucernam auream cum nixus luminum X, pens. lib. V;
\o cervos argenteos III fundentes aquam, pens. sing. lib. XXX;
turrem argenteam cum delfînos, pens. lib. LX;
columbam auream, pens. lib. II.
In basilica Gonstantiniana :
fara canthara argentea qui pendent ante altare X, pens. sing. lib. XX;
15 scyphum aureum, pens. lib. VI;
alium scyphum aureum, pens. lib. V;
calices aureos V, pens. sing. lib. I;
scyphos argenteos V, pens. sing. lib. X;
calices argenteos ministeriales XX, pens. sing. lib. II;
20 amas argenteas V, pens. sing. lib. X.
Ad beatum Petrum apostolum :
scyphum aureum, pens. lib. V;
alium scyphum aureum cum gemmis prasinis et yaquintis, pens. lib. IIII;
calices argenteos ministeriales X, pens. sing. lib. II ;
25 amas argenteas II, pens. sing. lib. VIII;
fara canthara argentea XXIIII, pens. sing. lib. V.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
70
VI
VII
i dicuntur om. A 8 — exatonpentaicas A 1 : exanlonpentaicas*
A 2 : ecatonpentalaicas cet, (-liacas B5) — et concas om. B 5 —
cooehas B 1 : noncas C* (corr.) — striatas A12B5C 3 : striatias D :
triatas cet. (triacas C*) — cum om. BiCi (suppl. c*) — colump-
nas C 3 : columnis A 2 6C 2 E — purfyreticas B* : purfiriticas C 3 :
porfyreticis C 2 : porfïreticis E — raiatas B 6 : ragiatis E : ragia-
tas foratas G : foratis A" : foratas c*C3* : foratos C 2 — aqua
A.12B5C 23 : aquas B* : aquam cet. — 2 laco B 1 — purfyritico
B* : purfireticum C 3 — cum om. A25C 3 — rilata B 1 : raiata b 1 :
ruata C* : ansata ci : asata C 23 *EG — circumdata A* : -tum B 5
— a] ad A*B6E — 3 vel < a > B* — hereis C 3 : aureis C 2 —
fastigis Bi : fastidiis C 2 — epislulis A 1 ** : epistoliis A 2 B« : epis-
tolis B*C 2 : epistiliis B2 3 Ci : epistuliis B5C 3 — mosivo A 2 : museo
B 2 : musiyo B 3 E : musileo B 6 — 4 aquytanicis B 1 — eripolitis C 3 .
5 ante] ad A 2 — Iohannis < posuit > A**» — 6 coronam-XXV
om. A 2 — corona argentea A*— 7 cantarum A* : cantharam E—
pens. om. Bi56C 3 D — lib. XV Bi — 8 item] et A* — intro EG —
fontem] cetera usque ad in urbe vero Roma [p. 244, l. 24) paucïs
verbis percurrit A 2 — 9 cum] eum C 3 — nixos C23E— luminis B6 :
liminumD — 10 Itll B 3 — aqua A*— il turre argentea A* —
argenteum B5Q2 : auream Bi — delflnis B*E —XL A5 :XLV Bi
— 12 columba aurea Ai : om. Ci {suppl.) —13 basilicam Cons-
tantinianam BC»DE — 14 cantara Ai — anta C* : aûg B* —
altarem Bi« — sing. om. B* — XX] X Ci — 15 sciphum Ai —
16 alium-lib. V, infra, l. om. O — alium-lib. V post lineam seq.
ponit E — 17 I] Il B 2 : X E — 18 scyphos-X om. E — sing. om,
B5 — 19 argenteos om. BC 3 *D — min. arg. C*E — 21 Petrum
om. C 3 — apostulum Ai — 23 yaquintis A : y/////// Bi : iacintinis
B 23 : iacintis B* : iacinthinis C 2 : iacinctinis C 3 — 24 argentei
Ai — 25 V1III B5. — 26 cantara Ai —
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244 XLVIU. H1LARUS (461-468).
Vin Ad beatum Paulum apostolum :
scyphum aureum, pens. lib. V;
alium scyphum aureum cum gemmis, pens. lib. V;
scyphos argenteos IIII, pens. sing. lib. VI;
calices argenteos ministeriales X, pens. sing. lib. II ;
amas argenteas II, pens. sing. lib. X.
IX Ad beatum 8 Laurentium martyrem :
scyphum aureum cum gemmis prasinis et yacintis, pens. lib. IIII ;
lucernam auream nixorum X, pens. lib. V;
scyphum auro purissimo, pens. lib. V;
lampadas aureas II, pens. sing. lib. I ;
farum cantharum aureum, pens. lib. II ;
turrem argenteam cum delfinos, pens. lib. XXV;
scyphos argenteos III, pens. sing. lib. VIII;
calices argenteos ministeriales XII, pens. sing. lib. II;
altarem argenteum, pens. lib. XL;
lampadas argenteas X, pens. lib. XX;
amas argenteas II, pens. sing. lib. X.
X In basilica beati Laurenti martyris :
fara canthara argentea X, pens. lib. LX;
canthara aerea XXVI ;
ministeria ad baptismum sive ad paenitentem argentea, pens. lib. X;
fara aerea L.
In urbe vero Roma 9 constituit ministeria qui circuirent constitutas stationes :
scyphum aureum stationarium, pens. lib. VIII;
scyphos argenteos XXV per titulos, pens. sing. lib. X;
amas argenteas XXV, pens. sing. lib. X;
calices argenteos ministeriales L, pens. sing. lib. II.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
71 XI
10
•20
i apostulum A 1 — 2 < posuit > scyphum A 6 — lib. om. A*
— 3 alium-V om. E — cum gemmis om. BCD — 4 lib. V B* —
5 argenteos C 12 E : om. cet, (min. arg. E) — 8 yacintis A* :
saquinthis B 1 — 9 nixorem B* — 10 aureum purissimum
BCDEG — 11 lampades D— sing. om. BC* 3 D— I] sing. BC^D :
V C* — 12 cantarum A 1 — 13 turre arg A* — ergenteum
C 2 : auream Ci — delpliinis B* : delfinis E — 14 III]
XXIIII D — pens. lib. XXIIII BC»DG (de C 2 n. /.)— VIII] XXIIII
E — 15 argenteos E : om, cet.— sing. om. BC*DG — 16 altarem
B135C83 _ argenteo A* : argenteam O — 17 X] II C* — pens.
< sing. > C — XX] X O : II E — 18 amas-X om. C 3 — sing.
om. CJE — 19 basilicam B*D — martiris B* — 20 phara can-.
tara A* : faram cantharam E — argentea om. C*G — pens.
< sing. > C12E — lib. XL A5« : X BCDE. — 21 canthara
B*C 2 : cantharam E : cantara cet, — herea C 3 : aeream E
— XXIIII C 2 : XXV D — 22 sive ad paenitentem om, BCDEG
— pens. om, BC 23 *DEG — 23 herea C 3 — lib. L E — 24 vero
om. A5«B5C"E — miHisteria om. A5« — constituta A 2 — ista-
tiones G 3 — 25 schyphum C 3 — stationarium A : ansatum cet.
(asatum B*C 3 EG : assatum B* 5 ) — 26 argenteos AC 2 E : om. cet.—
per titulos XXV BCDE — sing. om, B 2 -«C«D — 27 amas-X om.
B56C1 — sing. om, B 23 G — 28 calices-II om. A* : habet A« ante
amas — argenteos C 24 EG : om. cet. — sing, om. C lA G —
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XLVIII. H1LARUS (461-468). 245
Hic omnia in basilica Constantiniana vel ad sanctam Mariam constituta recondit. Hic fecit 10 monasterium ad XII
sanctum Laurentium et balneum et alium sub aère et praetorium ". Fecit autem et bibliothecas II in eodem loco.
Item 12 monasterium intra urbe Roma ad Luna.
Hic fecit ordinationem unam in urbe Roma per mens. decemb., presbiteros XXV, diaconos VI; episcopos per Xlil
5 diversa loca XXII. Qui etiam 13 sepultus est ad sanctum Laurentium, in crypta, iuxta corpus beati episcopi Xysti.
Et cessavit episcopatus dies X.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Hic-vel] quod BCDEG — in om. A« — velj et A} — sancta
Maria A* — rec. const. C 1 — monasterio A 1 : monasteriu A 2 :
monasterium Ascc* : monastyrium C* : monasteria cet. {de B 1
n. I.) — 2 et balneum om. B» — et] in A* — valneum C 3 —
et-aere om. BCDEG — praetorium < sancto Stephano. Fecit
autem oratorium sancti Stephani in baptisterio Lateranense >
BCDEG (sancti Stephani E — sancto Stephano C 2 — Stefan///
B 1 — Lateranensi E) — et om. A5<> — bibliotecas C 1 — eadem
C 3 — loco] monasterio D — 3 item] iterum C* — monasterio
Ai : monastyrium C* — urbem A^B^DE — Roma om. BCDE
— Lunam B5 5 C2DE — 4 ordinationem AB* : -nés cet. — unam
om. BCDEG — Roma om. E — num. XXV EG — diac. V A 2 —
5 num. XXII C*E — etiam] et A — crytta B* : cripta C3 —
Xysti ep. A"C — episcopi om. B« — 6 X] XLVIII D : om. B5.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Hic fecit décrétaient... apostolicaé] Il n'y a pas ailleurs la
moindre trace de cette correspondance. Nous n'avons du pape
Hilaire que quelques lettres ou procès-verbaux de conciles qui ne
regardent que les affaires ecclésiastiques de l'Occident. Remarquer
l'énumération des trois synodes généraux (Introduction, p. xxxvm,
cxxxu).
2. Hic fecit constitution...] C'est le synode de 465, dont le procès-
verbal commence ainsi : « FI. Basilisco et Herminerico vv. ce.
» cons., sub die XIII kal. decemb., résidente viro venerabili Hi-
» laro papa in basilici sanctae Mariae etMaximo Taurinatium...»
(Thiel, t. I, p. 159). Les manuscrits de ce concile donnent les uns
le XIII kal., les autres le XV, d'autres enfin le XVI, comme le L. P.
On sait par une lettre d'Hilaire, datée du 30 décembre suivant
(Jaffé 560; Thiel, p. 167), que les évoques de ce concile s'étaient
réunis à l'occasion du natalis du pape, c'est-à-dire de l'anniver-
saire de son ordination; cet anniversaire se célébrait le 19 no-
vembre, XIII kal. decemb. Mais il peut se faire que le synode ait
eu lieu quelques jours auparavant, et que le L. P. ait conservé la
vraie date. Le protocole ne mentionne que des affaires relatives
à l'Espagne.
3. U. f. oraturia III in baptisterio] L'oratoire de Saint-Jean-
Baptiste est à gauche, celui de Saint-Jean l'Evangéliste à droite,
en entrant par le portique dit des saintes Rufine et Seconde, der-
rière l'abside de la basilique. Quant à l'oratoire de Sainte-Croix,
maintenant détruit, il ne s'ouvrait pas directement sur le baptis-
tère. Situé au N.-O. de l'oratoire de Saint-Jean-Baptiste, il était
précédé d'une cour entourée de portiques; c'est cette cour qui
communiquait avec le baptistère, par une porte ouverte sur l'un
de ses côtés, celle-là môme par laquelle on entre aujourd'hui au
baptistère en venant de la ville. Pour le plan de ces édifices, leur
situation respective et leur décoration, v. Rohault de Fleury, Le
Latran au moyen âge, pi. il, iv, v, xxxm-xxxix. — L'ora-
toire de Saint-Jean-Baptiste avait la forme d'un rectangle ; retou-
ché à diverses reprises, il conservait encore, à la fin du xvn« siècle,
sa voûte en mosaïque, dont Ciampini {Vetera monum., t. I, pi. 75),
a publié une reproduction. La porte de bronze (v. la note sui-
vante) est antique ; sur l'entablement en marbre qui la surmonte,
on lit encore l'inscription dédicatoire :
f HILARVS EPISCOPVS f SANCTAE PLEBI DEI f
— L'oratoire de Saint-Jean-1'Êvangéliste, en face du précédent, a
conservé sa forme et la décoration en mosaïque de ses voûtes ; il
est précédé d'un vestibule beaucoup plus large que long et formé
de trois exèdres à fond droit. La mosaïque a été publiée par Ciam-
pini, /. c, pi. 74, et par Garrucci, Storia deW arte cristiana, pi. 238,
La porte de bronze a été renouvelée au xu« siècle ; mais son en-
cadrement remonte au pape Hilaire : sur l'architrave est gravée
cette inscription :
LIBERATORI SVO BEATO IOHANNI EVANGELISTAE
HILARVS EPISCOPVS FAMVLVS X-fl.
qui contient une allusion aux dangers qu'Hilaire courut à Éphèse,
en 449, alors qu'il remplissait les fonctions de légat du pape au
concile « brigand » présidé par Dioscore d'Alexandrie. Un des do-
cuments récemment publiés sur cette assemblée nous montre Hi-
laire réfugié dans le sanctuaire où était le tombeau de saint Jean,
en dehors d'Éphèse, après les attentats commis contre l'évêque de
Con6tantinople, Flavien (P. Martin, Actes du brigandage d'Éphèse,
Paris, Maisonneuve, 1874, p. 10). D'autres inscriptions, contenant
des sentences empruntées à l'Écriture Sainte, se lisent sur ces mar-
bres ; mais Ciampini (/. c.,p.239,251)affirmequ'ellessontmodernes.
— L'oratoire de Sainte-Croix existait encore au xvi« siècle ; Pauvi-
nio l'a décrit dans son livre manuscrit sur la basilique de Latran
(passages cités par M. Rohault de Fleury, /• c, p. 515). Il avait
intérieurement la forme d'une croix à branches égales, comme le
mausolée de G alla Placidia, à Ravenne (De Rossi, Bull. 1866, p. 75);
de plus, aux quatre angles du carré central, s'ouvraient des portes
par lesquelles on pénétrait dans autant de petites chapelles ména-
gées entre les bras de la croix. H y avait donc en tout huit cha-
pelles, dont une servait d'entrée. Au-dessus de la porte on lisait
(Panvinio, /. c.) : Introibo, Domine, in domum tuam et adorabo
ad templum sanctum tuum in timoré tuo. Cet édifice, orné comme
les deux autres, de belles mosaïques, disparut entièrement dans
la première moitié du xvu 8 siècle. Sur le portique par lequel il se
reliait au baptistère, v. ci-dessous, note 5.
4. ... ianuas aereas argentoclusas] Celles de Saint- Jean l'Evan-
géliste furent renouvelées en 1195, par ordre du cardinal Cencius
(Cencius Camerarius), comme on le voit par une inscription qui
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s'y lit encore. Quant à celles de Saint- Jcan-Bapliste, ce sont en-
core celles que ût exécuter le pape Hilaire (Dessin partiel dans
Rohault de Fleury, /. c, pi. xxxvir, complet dans V Archeologia,
t. XL, pi. ix, Londres 1866); elle porte l'inscription suivante, dis-
tribuée entre les deux battants :
IN H0N0REM BEATI IOHANNIS BAPTISTAE
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HILARVS EPISGOPVS DI FAMVLVS OFFERT
5. Nymphcum et triporticum] Ce monument, dont notre auteur
donne exceptionnellement la description, est loin d'avoir duré au-
tant que l'oratoire dont il formait comme l'atrium. Au temps de
Panvinio (/. c.) la cour existait encore, mais il n'y avait plus trace
du nymphée; du portique lui-môme il ne restait plus que sept co-
lonnes et trois pilastres. — Au milieu de la cour, se trouvait le
nymphée, comprenant un vaste bassin {lacus) en porphyre, au mi-
lieu duquel une vasque striée (conca raiata) laissait échapper un
jet d'eau ; deux autres vasques striées (concai strialas), [supportées
par] des colonnes cannelées en porphyre, étaient disposées à droite
et à gauche. Ces détails, qui semblent indiqués par notre texte,
sont reproduits dans une restitution du monument, tentée par
M. Rohault de Fleury (/. c, pi. xxxm). On voit moins clairement
où étaient les colonnes mirae magniludinis guae dicuntur exaton-
pentaicas (Var. ecatonpentalaicas). Le sens de ce dernier mot
m'échappe ; s'il faut lire ecatonpentalaicas, il est clair, en tout cas,
qu'il ne s'agit pas de colonnes de 105 pieds de haut ; ce nombre
105 est peut-être celui de leurs cannelures , peut-être celui des
colonnes de l'édifice antique d'où elles provenaient. Les mots
circumdatam a dextiis et ceux qui suivent se rapportent, je crois,
au portique qui régnait sur trois des côtés de la cour (triporticum...
circumdatam a dextris vel sinistris, in medio); les colonnes de ce
portique sont mentionnées deux fois, d'abord à propos de leurs
chapiteaux et de leurs frises, puis une seconde fois, pour indiquer
la qualité des marbres dont elles étaient formées. C'est sur la frise
de cette colonnade que se lisait l'inscription suivante :
Hic locus olim sordentis cumuli squalore congestus, sumptu et stu-
dio Christi famuli Bilan episcopi, iuvante Domino, tanla ruderum
mole sublata quantum culminis nunc videtur ad offerendum Christo
Deo munus, ornalus atque dedicatus est.
Les marbres qui la portaient furent employés par Jean XII,
en 956, à décorer la chapelle de Saint-Thomas, fondée par lui dans
le portique de Saint- Jean-de-Latran, près de l'entrée principale
(De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 141); ils étaient encore à leur
place primitive quand l'inscription fut copiée, entre 821 et 846, par
l'auteur de la Sylloge qui nous en à conservé le texte complet. C'est
donc entre le milieu du ix* siècle et le milieu du siècle suivant
qu'a commencé la destruction du portique d'Hilaire. — Il est pos-
sible que ce portique ait été fondé par lui pour servir d'entrée au
baptistère, du côté de la ville : il paraît avoir été percé d'une porte
qui communiquait avec le campus Lateranensis. Immédiatement
avant l'inscription qu'on vient de lire, et sous la même rubrique,
ad fontes sancti lohannis in Laterano, on lit, dans la Sylloge Laures-
hamensis I (De Rossi, l. c), un distique ainsi conçu :
Adfontem vitae hoc aditu properate lavandi
Constantis fidei ianua Christus erit.
C'est bien là l'inscription de l'une des entrées du baptistère;
copiée avec la précédente, elle parait en avoir été très voisine.
M. de Rossi (l. c), sans aborder encore cette question d'emplace-
ment, laisse assez voir qu'il attribue l'inscription à l'entrée du
baptistère parle portique de Sainte- Croix.
6. Ante confessionem b. lohannis] Il s'agit évidemment de l'un
des deux oratoires de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Jean
l'Evangéliste, pourvus chacun d'une confession ; mais on ne nous
dit pas lequel.
7. Item ad s. Iohannem intra sanctum fontem] Cette rubrique
doit, je pense, être divisée en deux : item ad s. Iohannem se rap-
portera à l'oratoire du second des deux saints Jean ; intra sanc-
tum fontem au baptistère lui-même, indiqué clairement par les
cervi argentei fundentes aquam qui ne pouvaient se trouver dans
un oratoire. Je pense que le texte primitif de cette donation mar-
quait par une formule rapide, ut supra, par exemple, que les lam-
padaires donnés au second oratoire étaient les mêmes que ceux du
premier, et que cette formule aura été négligée dans la transcrip-
tion, peut-être par l'auteur du L. P. lui-même.
8. Ad b. Laurentium martyrem] L'auteur distingue entre ce
sanctuaire et la basilica b. Laurenli martyris (1. 19); il y avait,
en effet deux basiliques de Saint-Laurent dans l'ager Veranus
(Xtstus III, note 12, p. 235).
9. In urbe vero Roma—recondit] cf. Introd., p. clhi. Je n'ai pas
à étudier ici l'origine et l'acception primitive du mot station dans
la langue de l'Eglise. Depuis le cinquième siècle au moins, comme
le prouve ce passage du L. P., il désignait à Rome des réunions
liturgiques solennelles et communes. Tandis que les jours et
même les dimanches ordinaires chacun pouvait assister au ser-
vice religieux célébré dans l'église de sa paroisse (titulus), les jours
de station tout le monde était convoqué à une même assemblée,
tenue sous la présidence du pape, qui officiait en personne. Cet
usage a dû être introduit au temps où le presbyterium de l'église
romaine, d'abord indivis et toujours groupé autour de l'évêque,
fut réparti entre les circonscriptions des paroisses urbaines. Tout
en se pliant aux nécessités créées par l'augmentation du nombre
des fidèles dans une ville aussi considérable, on tenait à mainte-
nir le plus possible l'unité du troupeau chrétien et à la manifester
souvent et clairement. De là l'usage du fermentum (Miltiade, p. 169,
note 4), qui reliait la liturgie des titres à celle de l'évêque ; de là
les restrictions considérables apportées aux pouvoirs des prêtres
titulaires dans l'initiation chrétienne et dans la pénitence. A vrai
dire, les prêtres titulaires n'avaient de compétence sur ces deux
derniers points, au moins dans les cas ordinaires, que pour la
préparation des candidats au baptême ou à l'absolution solennelle.
La célébration régulière des rites d'initiation, du baptême et de la
confirmation, comme aussi la réconciliation publique des péni-
tents n'avaient lieu que dans des assemblées générales de toute
l'église romaine, et par le ministère du pape lui-même. Outre ces
grands actes de la vie chrétienne, qui ne s'accomplissaient qu'à
certaines fêtes, il se tenait de temps en temps, particulièrement
pendant le carême et aux autres jeûnes officiels, des réunions
d'ensemble, où le service se bornait à la célébration de la liturgie
eucharistique. Il n'y avait point de lieu spécialement affecté à
ces assemblées ; elles se tenaient tantôt dans une église, tantôt
dans une autre. Le cérémonial détaillé de ces stations ne nous est
connu que par les Ordines Romani du neuvième siècle, documents
bien postérieurs au temps où elles furent instituées et même à
celui où l'on observait encore, avec toute leur solennité antique, les
rites qui en exprimaient la haute signification. L'auteur du L. P. y
fait allusion çà et là comme à des choses connues de tout le
monde. J'ai déjà relevé, à propos d'un décret qu'il attribue au
pape Zéphyrin (p. 139, note 3), un vestige important de ces an-
ciens rites. Les prêtres titulaires, au nombre de vingt-cinq (cf.
Urbaih, p. 143, note 2 ; Mabcbl, p. 165, note 5), célébraient avec le
pape, les jours de station, chacun ayant devant lui une patène spé-
ciale, sur laquelle l'évêque déposait Yoblata qui devait servir à la
communion des fidèles. Ici, nous avons le catalogue des pièces
d'un service de vaisselle sacrée que l'on transportait de station en
station. Après le scyphus d'or, ou calice de l'évêque, nous trou-
vons vingt-cinq amae, grands vases destinés à recevoir les obla-
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tions de vin présentées par les fidèles, vingt-cinq scyphi ou calices
pour la consécration, cinquante calices ministeriales, pour la
communion. Les patènes ne sont pas mentionnées, pas plus celle
du célébrant que celles des prêtres titulaires ; peut-être n'y a-t-il
ici qu'un oubli, peut-être était-il d'usage que le pape et les prêtres
apportassent leurs patènes respectives. Quoiqu'il en soit de cette
omissien, le nombre des vases sacrés énumérés ici, rapproché
surtout des détails fournis par les notices de Zéphyrin et
d'Urbain, prouve que, dans les assemblées stationales, les
paroisses urbaines, réunies sous la présidence du pape et de son
presbyterium, n'étaient pas pour cela confondues. A l'offrande au
moins et à la communion, chacune d'elles était dirigée et servie
par son propre clergé. On obtenait ainsi, par cette distribution
des rites et des fonctions, l'image exacte de la communauté chré-
tienne, à la fois une et multiple. —Le service stational était, nous
dit-on, conservé au Latran ou à Sainte-Marie-Majeure. Le recen-
seur BG a effacé le nom de la basilique Gonstantinienne. Cette
suppression correspond peut-être à une modification de l'usage.
10. H. f. monasterium ad s. Laurentium — toco] Bien que tous ces
édifices aient disparu, il est assez facile d'indiquer approximative-
ment leur situation. Le monastère actuel de Saint-Laurent s'élève
probablement sur l'emplacement de l'ancien. C'était évidemment
dans son voisinage immédiat que devaient se trouver les deux
bains, l'un construit dans les conditions ordinaires des bains
chauds, l'autre sub aère, c'est-à-dire consistant en une piscine à
ciel ouvert, pour les bains froids. Quant au praetorium, la glose
des mss. BCDE, qui le place sous le vocable de Saint-Etienne,
contient une indication précieuso sur son emplacement, car celui-ci
correspond évidemment à celui de l'église de Saint-Étienne, près
Saint-Laurent, fondée par le pape Simplicius, successeur d'Hilaire,
et dont il sera question dans la notice suivante. Or, l'église Saint-
Etienne se trouvait tout près du monastère, du côté de l'Est. — Un
praetorium était une maison d'habitation rurale ; cf. le praelorium
Fusci mentionné p. 203, note 9, et celui de la massa Comutanensis,
Introd., p. cxlvi b, 1. 17 et suiv. Ce dernier est, comme celui do
Saint-Laurent, attenant à une église, distinct cependant des édi-
fices où logeaient ses desservants. Dans une inscription relative à
des réparations faites au cimetière de Saint-Paul sur la voie
d'Ostie, on trouve, comme ici, un balineum et une maison d'habi-
tation, appelée palatium (De Rossi, Roma sott., t. III, p. 464). Le
praetorium de Saint-Laurent était peut-être destiné aux pèlerins ;
peut-être aussi le pape Hilaire avait-il voulu fonder, auprès d'un
sanctuaire particulièrement aimé de lui, une sorte de villa ponti-
ficale, analogue, en proportions moindres, à la villa impériale ad
duas lauros, sur la voie Labicane. Les deux bibliothèques dont il
enrichit ce praetorium conviennent mieux à une demeure de ce
genre qu'à un caravansérail où l'on ne faisait que passer. Cf.
Simplicius, note 3. Ces deux bibliothèques ont été jusqu'ici cher-
chées aux abords du baptistère de Latran, à cause des mots in
eodem loco qui, la glose BCDE une fois introduite dans le texte,
les rattachaient à un oratoire de ce baptistère. Cette glose écartée,
in eodem loco signifie à Saint-Laurent, dans le voisinage du mo-
nastère et du praelorium. — C'est très probablement aux bains
construits par Hilaire que se rapporte l'inscription suivante, lue
sur des tubes de plomb que l'on trouva en 1707 près de la basili-
que de Saint-Laurent :
(sic)
«£ SALVO PAPA IOHANNE
SÏFANVS PP REPARA VIT
(De Rossi, Roma soit., t. III, p. 521). Ce Stephanus, praepo-
situs (pp) de la basilique de Saint-Laurent, exerçait ses fonctions
en 526, comme on le voit dans une inscription de cette année (De
Rossi, Inscr. christ., t. I, n. 1005). La réparation des conduits
aura donc eu lieu sous l'un des papes Jean I" (523-526) ou Jean II
(533-535).
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11. s. Stephano — Latei'anense (voir aux variantes)] Pour écarter
ces mots je ne me fonde pas seulement sur l'autorité des manus-
crits A, supérieure pour cette partie du L. P. et ce genre de variantes
à celle des autres manuscrits. Le contexte lui-même fournit une
indication utile. Aussitôt après la mention des deux bibliothèques,
il est question d'un monastère intraurbe Roma. Ces mots indiquent
un changement de lieu. Jusque-là on était en dehors de la ville ;
on y rentre maintenant. C'est ainsi que, un peu plus haut, après
avoir énuméré les vases sacrés donnés par le pape Hilaire aux
deux églises de Saint-Laurent, l'auteur, ayant à parler de la vais-
selle sacrée du service stational, a soin de l'introduire par la
formule In urbe vero Roma constitua... Si les deux bibliothèques
se fussent trouvées au Latran, c'est-à-dire si la leçon des mss.
BCDE était primitive, on serait déjà à Rome dès la phrase précé-
dente et l'on n'aurait pas besoin d'y entrer pour montrer le monas-
tère ad Lunam. — Ces observations, tout en diminuant un peu
l'antiquité des mots rejetés en marge, n'en affectent pas l'autorité.
En joignant le nom de Saint-Etienne à la mention du praetorium
construit par Hilaire, l'auteur de la glose aura voulu le rattacher
topographiquement à la petite basilique de Saint-Etienne que l'on
savait avoir été fondée par Simplicius. La rédaction ainsi com-
plétée n'est pas très naturelle, car il n'est pas d'usage de dédier à
un saint une maison d'habitation ; mais elle se comprend quand
on songe à l'église qui fut construite au même endroit, peu de
temps après. Quant à l'oratoire de Saint-Etienne dans le baptis-
tère, son existence est attestée par un passionnaire du XII* siècle,
conservé aux archives de Saint-Jean-de-Latran. En partant de
ce texte, on est autorisé à identifier, en tout ou en partie, la cha-
pelle actuelle de Saint- Venance avec l'oratoire attribué à Hilaire.
Cette chapelle, d'après la tradition consignée dans le passionnaire,
aurait existé, sous le vocable de Saint-Etienne, antérieurement au
temps du pape Jean IV (640-642), qui y fit déposer les reliques de
plusieurs saints dalmates et l'orna de mosaïques encore visibles
aujourd'hui (De Rossi, Musaici, [S. Venanzio], f. 1 ; cf. le plan au
f. 2 ; l'oratoire doit avoir été en A ou tout au moins en B).
12. Item monasterium — ad Lunam] On ne connaît pas l'endroit
ainsi désigné.
13. Qui eliam sepultus est...] Sur le lieu où se trouvait sa tombe,
v. Zosimk, note 4, p. 226; Xystus III, note 18, p. 237. — La date
obituaire d'Hilaire n'est pas indiquée ici. Son ordination eut lieu le
19 novembre 461, ce qui, étant donnée la durée do son pontificat,
permet de fixer sa mort au 29 février de l'année bissextile 468.
Cetto date s'accorde bien avec la chronologie des papes suivants ;
en revanche elle est en désaccord avec un texte fort clair du mar-
tyrologe hiéronymien, qui porte au 10 septembre l'indication
suivante : «t Romae, depositio beati Helari papae, per quem Vic-
» turius ordinem pascalem conscripsit. » On sait en effet que ce
fut sur la demande d'Hilaire, encore archidiacre de saint Léon, que
Victurius d'Aquitaine écrivit son livro de comput (Thiel, t. I,
p. 130-137). Il n'y a donc aucun doute sur l'identité du personnage
visé par cette note avec le pape Hilaire, successeur de saint
Léon. Cependant je doute que l'observation relative au cycle pas-
cal appartienne au texte original, je ne dis pas du martyrologe
hiéronymien lui-même, mais même de sa recension auxerroise,
exécutée vers 590. En effet le manuscrit le plus ancien, celui
d'Epternach, qui paraît indépendant de certaines retouches appor-
tées de bonne heure, à Auxerre même, à la recension déjà établie,
porte, au lieu de la phrase citée plus haut, les mots Romae depositio
Hilari episcopi. Il y a donc lieu de se défier de la provenance des
mots papae, per quem Victurius, etc. qui ne peuvent désigner que
le pape Hilaire ; ces mots ont été facilement ajoutés en Gaule,
dans un pays où le comput pascal de Victurius fit loi jusqu'au
huitième siècle, tandis qu'il n'eut jamais qu'une considération fort
passagère à Rome et en Italie. En admettant la leçon du manus-
crit d'Epternach comme représentant le texte auxerrois primitif,
on n'élimine pas, il est vrai, toute difficulté, car la formule
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XLVIII. HILARUS (461-468),
Bomae depositio N. episcopi est précisément celle qui sert à mar-
quer les anniversaires des papes- Cependant elle sert aussi à mar-
quer les anniversaires d'évêques étrangers à Rome, qui y ont été
exceptionnellement enterrés ; on la trouve aussi employée abusi-
vement, le titre d'évêque ayant été attribué par quelque faute de
copiste à des martyrs romains qui n'y avaient aucun droit. On
trouvera des exemples de ceci au 8 février, aux 4, 14, 17 mars,
aux 18 et 20 avril, au 25 mai, au 6 septembre, aux 4 et 7 octobre,
etc. Une confusion, dans le titre et la rubrique topographique,
est donc possible. Du moment où il en est ainsi, du moment où
on ne sait plus au juste si l'Hilaire du 10 septembre est vraiment
le pape de ce nom, l'autorité du martyrologe hiéronymien,
devenue incertaine, doit céder à l'accord des documents chrono-
logiques, qui excluent absolument cette date.
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XLVIIII. SIMPLICIUS (468-483).
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XLVIIII.
SIMPLICIUS, natione Tiburtinus, ex pâtre Gastino, sedit ann. XV m. I d. VIL Hic dedicavit basilicam sancti I 72
Stephani ' in Gelio monte, in urbe Roma, et basilicam beati apostcli Andreae s , iuxta basilicam sanctae Mariae,
et aliam basilicam sancti Stephani 3 , iuxta basilicam sancti Laurenti, et aliam basilicam * intra urbe Roma, iuxta
palatium Licinianum, beatae martyris Bibianae, ubi corpus eius requiescit. Hic constituit 5 ad sanctum Petrum H
s apostolum et ad sanctum Paulum apostolum et ad sanctum Laurentium martyrem ebdomadas ut presbyteri
manerent, propter pénitentes et baptismum : regio III ad sanctum Laurentium, regio prima ad sanctum
Paulum, regio VI vel septima ad sanctum Petrum.
Sub huius episcopatum * venit relatio de Grecia ab Acacio Constantinopolitano episcopo et adfîrmavit Petrum, III
Alexandriae urbis, eutychianistara hereticum, facta pétition e ab Acacio episcopo, cyrographo eius constructa.
*o Eodem tempore fuit ecclesia, hoc est prima sedis apostolica, executrîx. Tune Simplicius praesul audiens dam-
navit Petrum Alexandrinum de quo Acacius innumerabilia crimina adfirmabat, ita tamen ut paenitentiae
reservaret tempus. Eodem tempore rescripsit Timotheus catholicus et Acacius, dicentes quod etiam in mortem iv
Proteri catholici Petrus esset permixtus. Tune archiepiscopus Simplicius dissimulans numquam rescripsit Acacio,
sed damnavit Petrum, expectans tempus paenitentiae.
lî> Hic fecit in ecclesia Romana scyphum aureum, pens. lib. V; canthara argentea ad beatum Petrum XVI, v
pens. sing. lib. XII. Hic fecit ordinationes in urbe Roma III per mens, decemb. et febr., presbiteros LVIII, dia-
conos XI; episcopos per diversa loca LXXXVIII. Hic sepultus est 7 in basilica beati Pétri apostoli, VI non. mar-
tias. Et cessavit episcopatus dies VI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Sympticius C 3 — Castorio A" : Casto A* — m. I om. C 3 *EG
— d. XVII C3 : VI C*— Hic dedicavit-ad s. Petrum (1. 7) om. A3
— basilica A 1 , et ita sexies — 2 Celio A*Bi : Caelio cet.— mon-
tem Ai — And. ap. C 2 E — apostuli A* — sancte A* — 3 alia
Ai — Stcfani A» — Laurent i AiB" — alia Ai — inlra u. R. om.
Ci (suppl.) — intra] in B» : iuxta G 4 — urhem Romani C 2 DE
(Romam om. E) — 4. Licianum A 2 B 2 56 (corr. B») : Lucinianum
Ci : Vicinianum D — b. m. Bib. om. A 6 — béate Ai : beati
G 23 — martyres A* : martiris B> — Vibiane B 3 : Bibine B* : Li-
biane B5 : Bibianus B* : Biviane Ci — Petrum] Paulum Bi —
5 apostulum A* (bis) — et-martyrem om. A 2 — ad om. A 56 —
ad om. A*B« — psbyteri B* — 6 paenitentes B^Ci — regio (ter)
A : regionem cet. — reg. I-Paulum om. B 4 — 7 vel] et A 5 *
8 episcopatu DE — lelatio C* — Grecias Ci : Gretias B«C 3 —
Acatio B 56 : Accatio C 2 E : Agatio Ci (corr.) — 9 Alexandrinae
C 2 E — eutbyci- Bi3 : eutyci- C 2 : euthici- Ci — -nistam AiBisC 3 :
-nistum cet. — petitionem B 6 : peticionem C* — episcopo
<et> A56 : < tune papa> A 2 — cyrographo Ai— constructam
B*— lOaecclesiamprimamk. e. EG(-sia-maG)— est om. B* 6 C 23
— sedes b> — apostolicae E — exsecutrix A 3 «E : exe////// Bi :
exécutons B 23 * : exsequutoris Ci (corr.) : executris B 6 C 3 —
< episcopus > praesul BCDEG (praesul om. C*)— < hoc > au-
diens BCDEG — il de quo] co quod C 2 E — 12 reservarit Ai3 :
reservari A 2 — scripsit B«C 3 — Thimotheus B 2 Ci 3 D — morte
A 3 B*E— 13 Proterii EG : pbri A^ 3 : propter hii Ci (corr.) —
Simplicius om. B5 — desimulans A 12 " — 14 paen. temp. C 2 —
15 Hic-lib. XII om. A 3 — ecclesiam Romae B 23 — Roma Ai —
scyphum-fecit om. A 2 — Petrum < apostolum > C"E —
16 in-Roma om. A 2 — III in u. R. OEG — IIII B*D : om. C 2 * —
et febr. om. A** — febr. < num. III > C 2 * — presb. XVIII
B« : LVIIII E — 17 diac. XII B» : X D : om. B« — loca < num. >
B2-5C1SD — LXXXX A5 : LXXXV A* : XXXVI BCDEG — est om.
AiC 3 — basilicam B5C 3 — V non. B« — 18 d. VIF Ai : IIII B» :
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NOTES EXPLICATIVES.
4. Hic dedicavit basilicam. s. Stephani in Celio monte] Saint-
Etienne-le-Rond, sur le Coelius. L'édifice, actuellement conservé,
appartient bien, dans son ensemble, au temps du pape Simpli-
LlBER PONTIFICAJ.IS.
eius. Quelques embellissements y furent ajoutés par les papes
Jean I #r et Félix IV ; ils sont rappelés dans des inscriptions que
nous ont conservées les manuscrits (De Rossi, Inscr. christ., t. II,
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p. 152). Sur la chapelle dédiée dans cette église aux martyrs
Primus et Félicien, cf. Théodore, n° 128.
2. et. basilicam b. apostoli Andreae] Il a subsisté jusqu'à ces der-
niers temps quelques vestiges de cette église, située en effet tout
près de Sainte-Marie-Majeure, sur le terrain du couvent actuel de
Sant'Antonio. Cf. le plan partiel de l'Esquilin publié par
M. B. Lanciani dans le Bulletlino comunale di Roma, 1874, pi. 5, 6.
M. de Rossi a consacré un important mémoire à l'histoire de cette
basilique (Bull. 1811, p. 1-64). C'était d'abord un édifice privé,
consistant en une grande salle rectangulaire, précédée d'un vesti-
bule de forme elliptique. Les murs étaient revêtus d'une décora-
tion formée de marbres de diverses couleurs et de nacre, avec des
sujets empruntés à la mythologie et à l'histoire romaine ; une ins-
cription, portant le nom du consul de 317, en indiquait le pro-
priétaire et donnait la date de sa fondation : IVNIVS BASSVS
V- G* GONSVL- ORDINARIVS PROPRIA IMPENSA A SOLO
FEGIT ET DEDIGAVIT FELICITER. Pour la transformer en
église, le pape Simplicius se contenta de remplacer par une abside
le mur opposé au vestibule, sans rien changer à Vaula et à sa dé-
coration. Cette abside fut ornée d'une mosaïque représentant le
Christ au milieu de six apôtres; il nous en reste un dessin dans
les Vetera monumenta de Ciampini, t. I, pi. 76. Elle fut détruite
sous les yeux de ce savant prélat, en 1686 ; depuis le xv» siècle l'é-
glise était en ruines et ne servait plus au culte. Au-dessous de la
mosaïque absidale, on lisait l'inscription dédicatoire de Sim-
plicius :
Haec tibi mens Valilae decrevit praedia, Christe,
citi tesiator opes detulit ille suas,
Simplicius quae papa sacris caelestibus aptans
effecit vere muneris esse lui ;
et quod apostolici deessent limina nobis
martyris Andreae nomine composuit.
Utitur hac hères titulis ecclesia iustis
succedensque domo mystica iura locat.
Plebs devota veni, perque haec commercia disce
terreno censu régna supema peti.
Le Valila nommé dans le premier vers est évidemment le même
que le signataire de la charta Coniutiana, datée de l'année 471 (In-
trod., p. cxlvi). Il n'est pas autrement connu, de sorte qu'on ne
peut dire comment il devint propriétaire de la maison do Junius
Bassus. La consécration de l'édifice au culte chrétien n'eut lieu
qu'après sa mort, entre 471 et 483.
3. et aliam basilicam s. Stephani] Cette église est mentionnée
dans la vie du pape Hadrien I« r (n° 342) comme renfermant le tom-
beau d'un saint Léon, évéque et martyr. Plusieurs fragments de
l'épitaphe de ce saint ont été trouvés à Saint-Laurent, non loin de
leur place primitive, auprès des arrachements d'un antique ora-
toire à trois absides, analogue à celui de la voie Appienne, ad s.
Xystum. Cet oratoire s'élevait un peu au delà de l'angle S.-E. de la
basilique actuelle de Saint-Laurent, tout près de l'escalier par
lequel on monte à la partie du cimetière moderne qui recouvre le
cymiterium Cyriacae. M. de Rossi l'a identifié avec la basilique de
Saint-Etienne mentionnée dans les notices de Simplicius et
d'Hadrien (Bull. 1864, p. 55). Il a constaté aussi que Simplicius no
pouvait en être le premier fondateur, car plusieurs des inscrip-
tions que l'on y a trouvées appartiennent au quatrième siècle ;
ainsi Simplicius se sera borné à dédier à Saint-Etienne un édifice
préexistant. On a vu, dans la note 10 à la notice précédente, que
l'oratoire de Saint-Etienne était très voisin du praetorium avec
bains et bibliothèques, construit par le pape Hilaire. 11 me semble
que ce praetorium lui-même aura succédé à une résidence rurale
plus ancienne. Ce qui me porte à le croire, c'est que l'épitaphe de
l'évoque Léon débute par une allusion à quelque chose de ce genre.
Voici cette inscription :
Omnia quaeque vides proprio quaesita labore,
cum mihi gentilis iamdudum vita maneret, .
inslitui, cupiens censum cognoscere mundù
Iudicio post multa Dei meliora secutus
contemptis opibus malui cognoscere Christum.
Haec mihi cura fuit, nudos vestire petentes,
fundere pauperibus quidquid concesserat annus;
PSALLERE ET IN POPVLIS VOLVI Modulante PROFETa
SIC MERVI PLEBEM CHRISTI RETINeRE SACERDOS
HVNG MIHI COMPOS VIT TVMVLVM LAVRENTIA CONIVNX
MORIBVS APTA MEIS SEMPER VENERANDA FIDELIS
INVIDIA INFELIX TANDEM COMPRESSA QVIESGIT
OGTOG1NTA LEO TRANSCENDIT EPISGOPVS ANNOS
DEP- DIE PRID- IDVS MARTIAS
Les trois premiers vers, où il est question do choses très appa-
rentes , terrains , plantations, édifices, que le défunt, encore
païen, fonda pour en jouir (cupiens censum cognoscere mundi)
me paraissent décrire autre chose qu'un tombeau et ses dépen-
dances.
4. basilicam... iuxta palatium Licinianum] L'église de Sainte-
Bibiane existe encore, sur l'Esquilin, non loin du monument
antique appelé vulgairement temple de Minerva Medica. Cet
édifice parait avoir été un nymphée ; c'était un des bâtiments qui
ornaient les jardins de l'empereur Gallicn (P. Licinius Gallienus)
et dont l'ensemble est désigné ici par le nom de palatium Licinia-
num (Nibby, Roma antica, t. II, p. 238 et suiv. ; Bullettino comunale
[Lanciani] 1874, p. 55). — Le tombeau de sainte Bibiane est indi-
qué en cet endroit dans sa passion, en particulier dans l'extrait
qu'en donne le martyrologe d'Adon, au 2 décembre.
5. H. c. ad s. Petrum.. ] Pour bien comprendre ce décret, il faut
se rappeler que le clergé romain ne comptait guère d'autres prêtres
que ceux des paroisses, c'est-à-dire les prêtres titulaires ou
cardinaux. Ces prêtres accomplissaient la liturgie des funé-
railles dans les églises de la banlieue autour desquelles se trou-
vaient leurs cimetières respectifs ; ils étaient chargés aussi de
distribuer les sacrements à la population rurale du voisinage,
quand il y en avait une ; enfin ils avaient la surveillance des
praepositi et autres administrateurs temporels des cimetières et
des sanctuaires attenants. Quant aux grandes basiliques de Saint-
Pierre, de Saint-Paul et de Saint-Laurent, leur direction tempo-
relle demeura entre les mains de l'administration ecclésiastique
centrale, et leur desservance spirituelle, même en dehors de la
psalmodie, confiée à des moines, était trop considérable pour les
prêtres d'une seule paroisse. Le pape Simplicius pourvut à cette
nécessité en leur attribuant à chacune le clergé d'un certain nombre
de paroisses, qui officiaient à tour de rôle. Cette attribution, fondée
sur la division de Rome et la répartition des paroisses en sept
régions ecclésiastiques, fut remaniée plus tard, quand on appliqua
à Sainte-Marie-Majeure le même système de desservance. Nous
savons quelle était, au xii - siècle, la distribution des titres presby-
téraux entre les quatre basiliques de Sainte-Marie-Majeure, Saint-
Pierre, Saint-Paul et Saint-Laurent (la basilique du Latran était
desservie, dès le vm e siècle, par les évoques des environs de Rome,
que l'on appelle maintenant cardinaux évêque» ou évoques subur-
bicaires). Mais alors il y avait trois titres de plus qu'à la fin du
y siècle et les paroisses des sept régions prenaient part à la
desservance non plus de trois, mais de quatre basiliques. Il
n'est donc pas possible de retrouver dans le tableau du service
au xi! # siècle l'image exacte de la répartition ordonnée par
Simplicius. Cependant certains rattachements étaient tellement
indiqués par la topographie qu'ils se sont conservés du v« siècle
au douzième. Ainsi, pour Saint-Pierre, Mallius (Acta SS. iun. t
t. VII, p. 46') indique les titres de
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Sainte-Marie irons Tiberim.
Saint-Chrysogone,
Sainte-Cécile,
Sainte-Anastasie,
Saint-Laurent in Damaso,
Saint-Marc,
Saint-Silvestre.
Or les trois premiers appartenaient certainement à la 7« région
ecclésiastique, eeux de Saint-Laurent in Damaso et de Saint-
Marc à la 6*. On n'avait donc fait qu'en ajouter deux autres,
situés en dehors des régions assignées par Simplicius. De même
Mallius attribue à Saint-Paul les titres de :
Sainte-Sabine,
Sainte-Prisque,
Sainte-Balbine,
Saints-Nérée et Achillée,
Saint-Sixte,
Saint- Marcel,
Sainte-Susanne,
dont les quatre premiers étaient certainement, le cinquième pro-
bablement, dans la première région ecclésiastique. Pour Saint-
Laurent, la concordance est moins étendue, car Sainte -Marie-
Majeure lui disputa naturellement les titres presbytéraux de la
troisième région ecclésiastique (Esquilin). Cependant la basilique
de la voie Tiburtino comptait encore parmi ses officiants les
prêtres de Sainte-Praxède et de Saint-Pierre in vincula, apparte-
nant à cette région. Cf. De Bossi, Roma sott., t. III, p. 518 etsuiv.
6. Sub huius episcopatu venit relatio...] Le concile de Chalcédoine
ayant prononcé la déposition de l'évêque d'Alexandrie Dioscore,
Proterius fut élu pour lui succéder. A la mort de l'empereur
Marcien (451), le parti monophysite qui s'agitait depuis longtemps
autour de cet évéque, se souleva violemment sous la conduite du
prêtre Timothée Elure et du diacre Pierre Monge. Proterius fut
massacré, Elure acclamé à sa place. Le nouvel empereur, Léon,
ne parvint qu'au bout de trois ans (460) à faire cesser cette usur-
pation. Timothée Elure fut exilé en Chersonèse et un autre
Timothée, surnommé Solofaciole, fut ordonné à sa place. Les
choses en restèrent là sous le pape Hilaire et jusqu'en 475 ; mais,
pendant le règne de Basilisque (475-477), prince favorable aux
monophysites, le parti d'Elure reprit le dessus à Alexandrie ;
Elure y revint lui-même et chassa Solofaciole. En 477, l'empe-
reur Zenon ayant recouvré le trône d'où Basilisque l'avait fait
descendre, les choses changèrent de face. Elure cependant ne fut
point chassé par la force publique ; il mourut avant qu'on eût
pris aucune disposition contre lui. Pierre Monge, que les mono-
physites s'étaient hâtés d'élire à sa place, fut écarté par l'empe-
reur et Solofaciole remis en possession du siège d'Alexandrie.
C'est à ce revirement que se rattache la correspondance mention-
née ici. Après la restauration de Zenon, Acace, évéque de Cons-
tantinople, écrivit à Simplicius, prolixo quidem volwmine sed
sermone necessario, pour le mettre au courant des méfaits commis
par les hérétiques à Constantinople et ailleurs, notamment à
Alexandrie. Cette lettre est mentionnée dans la réponse que
Simplicius y fit (Jaffé, 577, Thiel, t. I, p. 189). Dans une seconde
lettre, encore conservée (Thiel, 1. 1, p. 182), Acace informe le pape
de la mort d'Elure, de l'expulsion de Monge et du rétablissement
de Solofaciole. Celui-ci, de son côté, notifia son retour à Simpli-
cius, en lui envoyant une députation et des lettres où il se plai-
gnait des intrigues de Pierre Monge, et priait le pape d'intervenir
auprès de l'empereur pour qu'on le débarrassât d'un personnage
aussi incommode. Simplicius déféra à ce désir et s'entremit avec
insistance pour obtenir que Monge fût relégué bien loin d'Alexan-
drie (Jaffé, 579-582). En 482, Timothée Solofaciole étant venu à
mourir, Jean Talaïa fut élu pour lui succéder ; mais ce personnage
ne fut agréé ni par l'empereur Zenon ni par Acace, tout-puissant
auprès de lui. L'évêque de Constantinople se rapprocha de Pierre
Monge et engagea Zenon dans une tentative de conciliation entre
les catholiques et les monophysites. Le manifeste de cette cam-
pagne fut la profession de foi connue sous le nom à'Hénotique,
ou édit d'union. Simplicius, informé de tout cela, suspendit son
adhésion â l'ordination de Talaïa, mais protesta contre la réinté-
gration de Pierre Monge. Ses lettres eurent aussi peu de succès
que celles par lesquelles il avait réclamé l'exil de Monge : ni
Acace, ni l'empereur n'y répondirent. — On voit par cet exposé
combien le récit de notre auteur est encore vague et superficiel.
Dans l'ensemble cependant il est exact, sauf en un point, Simpli-
cius dissimulons numquam rescripsit Acacio, où il aurait fallu dire
Simplicio dissimulons numquam rescripsit Acacius. On serait tenté
de rétablir ainsi ce passage, si tous les manuscrits et le contexte
ne s'y opposaient absolument. — Je ne vois pas non plus ce que
l'auteur a voulu dire en parlant de Yecclesia exequens ou execulrix,
le rôle du pape Simplicius n'ayant pas été plus important, dans
ces querelles, que celui de ses prédécesseurs et de ses successeurs.
7. Hic sepultus est...] L'épitaphe est perdue. Cf. Léon, note 15, p.
241. —Quant à la date, je crois qu'il faut corriger VI non. en VI id.
Cf. le chapitre sur la chronologie. — Le sacramentaire léonien con-
tient (Muratori, liturg. Jtom., t. I, p. 454) la prière suivante, pour
le repos de l'âme de Simplicius : « Maiestatem tuam, Domine, sup-
» pliciter exoramus ut anima famuli tui Simplicii episcopi ab
» omnibus quae humanitus attraxit exuta, in sanctorum censeatur
» sorte pastorum. Per. » Cf. Silvistrk, note 125, p. 201.
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L. FELIX III (483492).
73 i FELIX *, natione Romanus 2 , ex pâtre Felice presbitero de titulo Fasciolae 3 , sedit ann. VIII m. XI d. XVII.
Hic fuit temporibus Odoacris régis usque ad tempora Theodorici régis 4 . Hic fecit basilicam 5 sancti Agapiti iuxta
basilicam sancti Laurenti martyris.
Il Sub huius episcopatum 6 iterum venit relatio de Grecias, Petrum Alexandrinum revocatum ab Acacio episcopo
Constantinopolitano. Tune venerabilis Félix 7 , archiepiscopus sedis apostolicae urbis Romae, mittens defensorem î>
III cum consilio 8 sedis suae, facto concilie», et damnavit Àcacium cum Petrum. Post annos III 9 iterum venit relatio
ab imperatorem Zenonem ut paenitens rediret Acacius. Tune papa Félix 10 misit duos episcopos, Mesenum et
Vitalem, ut si invenirent conplicem Pétri Acacium iterum damnarent eos; si non, offerrent libellum paeni-
tentiae. Qui dum introissent Constantinopolim " corrupti sunt paecuniae datum suprascripti episcopi et non
IV fecerunt secundum praeceptum sedis apostolicae. Venientes 12 vero Romam ad sedem apostolicam, fecit papa *•
Félix concilium et facta examinatione invenit iudicius ambos episcopos, id est Mesenum et Vitalem, reos et
corruptos paecuniae; et eregit Mesenum et Vitalem episcopos a communionem. Tune Mesenus episcopus 13 non se
tacuit corruptum per pecunia; cui concilius concessit tempus paenitentiae. Hoc factum tempore Odobacris
régis ,4 .
V Hic fecit ordinationes II in urbe Roma per mens, decemb., presbiteros XXVIII, diaconos V; episcopos per is
diversa loca XXXI. Hic sepultus est 15 in basiiica beati Pauli apostoli. Et cessavit episcopatus dies V. Et post
transitum eius 16 factum est a presbiteris et diaconibus constitutum de omnem ecclesiam.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Félix <tertius> A 2 E : Felicem B* — presbilero-Fasciolae
om. B*' — Fascioli B* : Fasciole C 3 : Faciole D — an. VII C 2 * —
m. XII C 3 — d. XVIII C234EG — 2 fait] fecit A* {corr.) — Odoa-
cri A : Odo///// B» : Odobacris B^C^DEG : Odobaris B*: Odoba-
cris B 6 : Odolbacri C 2 : Odalrici C 4 — ad om. B* — tempus A 2
— Teod- B23C3D derici A 3 ^B 23 5C 2 E — régis AC 1 : om. cet.—
basiiica {bis) A 1 — iuxta- ci vitatem romanam (in vita Gelasii,
p. 25a, l. 6) om. A 3 , relicto unius paginae spatio—Z Laurentii C*
— A episcopatu C 2 E : episcopi tempus C 1 — iterum om. B* —
relacio C 3 — Grecias A^C 13 : Grecia cet. — revocitum C 3 —
Acacium epm Constantinopolitanum A 1 — 5 venerabilis] venit
A 12 [corr. A 1 ) — apostoliche C 3 — Rome C 3 — defonsorem C 3 —
6 consolio C 3 — sedi A 2 — et f. conc. EG — damnavit] clamavit
B 6 — Acatium Constantinopolitanus et Petrus Alexandrinus E—
Petrum A* B 3 5C 3 : Petro cet. — relacio C 3 — 7 ab] ad B«G— im-
peratorem A»B6— Zcnone BtC 2 E— < et >ut D — penitens C 23
— mittens A — Mensenum A 1 (corr.) : Mesanum A 2 : Mesenium
D— 8 Vitale A* — inveniret A* 26 — -iterum om. BCDEG — dam-
narent A^C'D : damnavit B6 : damnaret cet. (de B» n. I.) — si
non-paenitentiae om. BCDEG— offerret A 2 — 9 Constantinopo-
lim A : in civitatem Heracleam BCDEG (in om. C 2 — Aeracleam
C 1 : Hcracleum C 2 : Eracliam D) — pecuniis C 1 (corr.) : pecunia
E : om. A« — dato A5* — suprascriptis episcopis EG — supra-
dicti A« : sisti As — 10 secundum] seddum B 5 — apostolice C*
— veniente B 5 D : venientibus C*E — Roma C 3 — fecit-exami-
natione] Eodem tempore venerabilis Félix papa fecit synodum
et operata est discussio et BCDEG (est om. B 6 ) — il iudicium
Ai 2 B 6 ctC 2 : in iudiems B* : iudices B 23 ^ : iudicios B 4 : iudicio
C» : iudicius C 3 : in iudiciis D : om. A» 6 — id est] idem B« —
Misenum B* — 12 pecunia BiC*E — crigit A 2 56 : elegit B 5 :
eiecit FC*E — Mes. -episcopos] eos A 2 * 6 — Mesenium B 1 —
episcopos om. D — communionem A 1 B C C 3 — se om. A" —
13 tacuit se corr. <esse> A>* —per om. BCDEG— pecuniam
A 1 : pecuniae B 2 - 6 C 23 D — cui-paenitentiae om. BCDEG — conci-
lius FA 1 : concilium A 25 « — factis B 1 : factum est A& 6 E — Odo-
bacris A*B 23 Ci : Hodoacris A 2 : Odobacris A* : Odobagris A« :
Odoacri B* : Odobracris B«C 3 G : Odobacri B* : Odolbacris C* :
Odobracbris D : Odolbragris E — 15 U om. C 2 — in u. R. om.
AC 2 — 16 loca < num. > B23«C»«E — XXI B<* : XXX C —
basilicam B J 5« — apostuli A* — const. a presb. B 6 — 17 a om.
A— omnem ecclesiam A*B 3 4C 3 : (omne B*) : omni ecclesia cet. :
< ut nullus aliquando in ea causa praesumeret se festinura
ostendere de ea re quae aliquando ad requisitionem pervenire
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L. FELIX III (483-492).
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1. Félix] La signature de ce pape, eonserrée au bas d'une de
ses lettres synodales, porte les noms de Caelius Félix. Caelius était
devenu alors une sorte de prénom, comme Flavius. Au concile
romain de 499, nous le trouvons joint aux noms de quatre évoques
et de deux prêtres (Jaffé, 599 ; Thiel, 1. 1, p. 246).
2... natione Romanus ex pâtre Felice] M. do Rossi a proposé,
conjecture éminemment vraisemblable, d'identifier le père de
Félix III avec le prêtre Félix que saint Léon chargea de réparer
la basilique de Saint-Paul. J'ai donné plus haut (Léon, note 7, p. 240)
l'épitaphe de ce personnage. Elle se trouvait dans le pavé de
Saint-Paul, tout auprès d'une grande dalle de marbre, maintenant
disparue, qui portait les épitaphes suivantes :
Levitae coniunx Petronia, forma pudoris
kis mea deponens sedibus ossa loco.
Parcite vos lacrimis, dulets cum coniuge natae,
viventemque Deo crédite flere nefas.
Dp in pace III non. octob. Festo v. c. cons. [472]
Hic requiescit in pace Paula cl. f. dtdcis, benigna,
gratiosa, filia ss. Dp. VII kal. sept. [ Ve]nantio v. c. conss. [484]
Hic requiescit dulcissimus puer Gordianus, filius ss„
D~p V id. sept, Symmacho v. c. conss. [485]
Hic requiescit Aemiliana sac. vg. D~p. V id. dec. Pro-
bino v. c. conss. [489]
M. de Rossi, en publiant ces inscriptions (Inscr. christ. t t. I,
p. 371-373), a démontré qu'elles avaient rapport à des membres
de la famille de Félix III. C'est d'abord sa femme, qu'il enterra
n'étant encore que diacre (levitae coniunx), puis deux de ses
enfants, Paula et Gordianus, et une autre personne de sa parenté,
Aemiliana, vierge sacrée, tous trois morts pendant son pon-
tificat. Le dulcissimus puer Gordianus devait être né en l'année
même de la mort de sa mère ou fort peu de temps auparavant. Il
suit de là, étant données les règles ecclésiastiques sur le célibat,
que Félix ne fut ordonné diacre que vers le temrs de la mort de
son père (mai 471). C'est de cette illustre famille romaine que
descendait saint Grégoire le Grand. Il parle en deux endroits
{Hom. xxxviii in Evang. et Dial., iv, 16) de ses trois tantes Tharsilla,
Gordiana, Aemiliana, sœurs de son père Gordianus et toutes trois
vierges sacrées. On remarquera l'identité de ces noms avec ceux
de l'épitaphe ci-dessus. A propos de la première de ces trois
vierges, il raconte que, sur la fin de sa vie, elle eut une apparition
du pape son trisaïeul : « Huic per visionem Félix alavus meus
» huius Romanae ecclesiac antistos apparuit, eique mansionem pér-
it petuae claritatis ostendit, dicens : Vend, quia in hac te lucis
» mansione suscipio. Quae subsequenti mox febre correpta, ad
» diem pervenit extremum. »
3. de lilulo Fasciolae] L'église actuelle des SS. Nérée et Achillée.
Ce titre paroissial est mentionné dans plusieurs inscriptions, dont
la plus ancienne est do 377 (De Rossi, Inscr. christ., t. I, p. 224 ;
cf. Bull. 1875, p. 51, 52).
4. usque ad tempora Theodorid régis] Théodoric ne se rendit
maître de Ravenne que le 5 mars 493, juste un an après la mort
de Félix III. Mais depuis 490, il était maître de toute l'Italie ; cette
cette année-là, ou en 491 au plus tard, il avait pu envoyer en am-
bassade à l'empereur Zenon, Faustus, prince du sénat (Excerpta
Valesiana, 53, p. 294 Gardthausen), ce qui prouve que la ville de
Rome lui obéissait alors.
5. basilicam s. Agapiti] La situation précise de cette église est
encore inconnue. Yoici ce qu'en disent les topographes du vn«
siècle : Itin. de Sahbourg : « Postea (après avoir visité le cime-
» tière de Cyriaque) ascendes ad ecclesiam s. Agapiti martyris. »
— Epitome de locis ss. : « Iuxta viam Tiburtinam ecclesia est s.
» Agapiti multum honorabilis martyrum corporibus. » — Nolitia
Malmesb. '. « In altéra parte (par rapport à Saint-Hippolyte) viae
» illius est ecclesia Agapiti martyris. » (De Rossi, Borna soit., 1. 1,
p. 178, 179).
6. Sub huius episcopatum...] Simplicius, on l'a vu plus haut, avait
déjà été informé de la réconciliation d'Acace avec Pierre Mongc.
Mais des renseignements nouveaux furent apportés par le nouvel
évêque catholique d'Alexandrie, Jean Talaïa, qui arriva à Rome
au moment où mourait le pape Simplicius. — Citation adressée
par Félix à Acace (Thiel, 1. 1, p. 239; Jaffé, 593) : « Iohannes, fugatus
» ab haereticis pervasoribus sedis Alexandrinae, libellum nobis,
» quem sanctae memoriae decessori meo paraverat porrigendum,
• ... ingessit. »
7. Tune venerabilis...] A partir d'ici notre auteur embrouille
l'ordre des faits en plaçant la mission du défenseur avant celle
des évoques Misenus et Vitalis. Ceux-ci furent chargés, dès
l'avènement de Félix, en 483, de porter à l'ôvêque de Constanti-
nople une citation à comparaître devant le pape et son concile. La
mission du défenseur (Tutus) chargé de notifier à l'évoque de
Gonstantinople sa condamnation par contumace, ne lui fut donnée
que l'année suivante, au mois d'août.
8. cum consilio — Acacium cum Petrum] Nous avons toutes les
pièces de cette affaire, savoir : 1° La condamnation d'Acace et de
ses adhérents, libellée au nom du pape et signée par 17 évéques ;
2° un résumé de cette condamnation, destiné à être affiché ; 3° la
notification de la sentence à l'empereur Zenon ; 4° la notification
au clergé et au peuple de Gonstantinople ; 5° un fragment d'une
lettre du pape aux évoques du ressort d'Alexandrie, portant con-
damnation de Pierre Monge (Jaffé, 599-603 ; Thiel, t. I, p. 243-252).
— Le défenseur Tutus, chargé de porter ces documents à desti-
nation , se laissa corrompre (Jaffé, 608 ; Thiel, t. I, p. 258).
9. Post annos III — rediret Acacius] Ceci est absolument imagi-
naire. Notre auteur a introduit cette phrase pour relier tant bien
que mal les deux légations qu'il avaitinterverties.
10. Tune papa Félix — libellum paenitentiae] Les pièces confiées à
ces légats existent encore (Jaffé, 591-595 ; Thiel, t. I, p. 222-241) ;
il en résulte qu'ils n'avaient aucune enquête à faire sur les dispo-
sitions d'Acace, mais seulement la commission de lui trans-
mettre une citation à comparaître devant le pape pour répondre
au libellas d'accusation déposé contre lui par Jean Talaïa. Mise-
nus était évêque de Gumes, Vitalis de Truentum,ville située au bord
de la mer Adriatique, à la hauteur d'Ascoli. Gélase, Gesta de no-
mme Acacii, 13 (Thiel, 1. 1, p. 518) : « Postquam ergo non solum
» nihil profeeisse litteras praedecessoris sui sanctus Félix papa
> cognovit et ludibria quaedam ab Acacio fieri in eversionem totius
• ecclesiasticae disciplinae, electis Vitale episcopo Troentinate ex
» Picena^regione et Miseno Cumanae ecclesiae episcopo ex regione
» Campaniae, sub hac instructione direxit, ut Petrus de Alexan-
> drina'pelleretur ecclesia et ut libelle» sancti Iohannis episcopi
> Alexandrini responderet Acacius, atque ipsi denuntiaretur
> Acacio ut anathema Alexandrino diceret Petro. Sed legati supra-
» dicti, quamvis in custodiam hostili more detrusi chartas amiie-
> rint, ta m en perfidie haereticis atque damnatis accommodare non
» debuerant, quaesôla negari potuit, voluntatem. Non solum ergo
» non egerunt]quae iussa sunt aut quae poterant expedire feeerunt,
• sed . etiam [haereticis communicaverunt, confirmationem Pétri
i episcopatus ad quem pelleodum missi fuerant déférentes, atque
> contumelias in episcopum Iohannem, Acacio dirigente, por-
» tantes. > — Félix lui-même rappelle cette prévarication dans les
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L. FELIX III (483-492).
pièces citées plus haut, note 8 ; il insiste môme sur le détail de la
corruption à prix d'argent (praemiis corruperis ; Thiel, /. c, p. 245).
il. Qui dum introissent Constaniinopolim] Le recenseur 8GDE
substitue ici le nom d'Héraclée à celui de Constantinople, contrai-
rement à tous les documents de cette affaire. Cette faute a son ori-
gine dans une confusion de la mission de Misenus et Vitalis avec
celle que le pape Hormisdas (ci-dessous, n° 82) confia en 515 aux
deux évoques Ennodius et Fortunatus, qui devaient le représenter
au concile d'Héraclée, projeté, mais non célébré. — Remarquer la
disparition, dans ces mêmes manuscrits, de deux passages (1. 8 et
13) où il est question du repentir possible de personnes contre les-
quelles procède le siège apostolique.
12. Venientes vero — communionem] Gélase, /. c: « Quibuscom-
» motus papa beatissimus habita synodo Vitalem et Mesenum ab
» officio et communione suspendit.» La double peine de déposition
et d'excommunication est mentionnée expressément par Félix dans
les lettres déjà citées.
13. Tune Mesenus—tempuspaenitentiae] Notre auteur semble indi-
quer une différence entre les dispositions que montrèrent Misenus
et Vitalis. En réalité Misenus fut le seul qui bénéficia du pardon
accordé plus tard par le pape Gélase ; mais c'est que Vitalis était
mort avant qu'on eût pu le réconcilier avec l'Eglise : ce Quia...
» tulerit Vitalis sortem divini iudicii , cui etiam, cum magnopere
» vellemus, nonpotuit subveniri, huic (Misteno) saltem prosint... »
(Gélase, Gesta de absolutione Misent, 14 ; Tbiel, t. I, p. 446). Nous
n'avons plus le procès-verbal de la condamnation des deux
évêques, mais le pape Gélase (/. c, p. 441) cite la condition que
Félix avait mise à leur réhabilitation : a tam diu istos foro sus-
» pensos, donec auctore Deo et adnisu catholicorum principum
» vel populi Christian i Alexandnna catholicum sacerdotem rece-
» pisset ecclesia. »
14. Hoc factum tempore Odobacris) En effet, le synode où fut
traitée la cause des légats prévaricateurs se tint vers la fin de
juillet 484, par conséquent sous le règne d'Odoacre.
15. Hic sepultus est...] Félix est le seul pape qui ait reçu la sé-
pulture à Saint-Paul. On voit bien pourquoi ; c'est qu'il avait là
son tombeau de famille (v. ci-dessus, note 2). Le jour de sa mort,
omis ici, n'est pas connu directement. En tenant compte des don-
nées chronologiques, on obtient la date du 1" mars 492.
16. Et post transitum eius...] Cette phrase, qui manque aux
deux abrégés de la première édition, est tout à fait obscure et
inexplicable si on l'entend de la vacance du siège après Félix III;
elle se comprend au contraire très bien si Ton admet une erreur
qui aurait fait transporter à la fin de la notice de Félix une phrase
concernant la vacance du siège entre son prédécesseur et lui. Il se
tint en effet, aussitôt après la mort de Simplicius, en mars 483,
dans le mausolée voisin de Saint-Pierre (Sainte-Pétronille), une
réunion du sénat et du clergé, où, sur la proposition du consu-
laire Caecina Basilius, préfet du prétoire et patrice, représentant
du roi Odoacre, il fut décidé que toute aliénation de biens ecclé-
siastiques serait interdite au pape à élire et à ses successeurs. Ce
règlement fut cassé, en raison de l'incompétence de ses auteurs,
dans le concile romain du 6 novembre 502; mais le pape Symmaque
le remplaça séance tenante par un décret dans le même sens et plus
précis, qui fut sanctionné par le concile. C'est évidemment à cette
révision que fait allusion la glose des manuscrits CE : ut nullus
aliquando in ea causa se festinum ostendere[t) de ea re quae aliquando
ad re qttisitionem jyervenire débet.
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LI. GELAS1US (492-496).
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GELASIUS, natione Afer *, ex pâtre Valerio, sedit ann. IIII m. VIII d. XVIII. Fuit autem temporibus Théo- { u
dorici régis et Zenonis 2 Aug. Huius temporibus inventi sunt Manichei 3 in urbe Roma quos exilio deportari
praecepit, quorum codices an te fores basilicae sanctae Mariae incendio concremavit. Hic sub gesta synodi 4 , cum u
fletu, sub satisfactione libelli, purgatum Mesenum episcopum revocavit; quem ecclesiae suae restituit, qui
5 peccaverat in causa Acacii et Pétri. Hic fuit amator pauperum 5 et clerum ampliavit. Hic liberavit 6 a periculo
famis civitatem Romanam. Hic fecit constitutum 7 de omnem ecclesiam. Huius temporibus iterum venit 8 relatio m
de Grecias eo quod multa mala et homicidia fièrent a Petro et Acacio Constantinopolim. Eodem tempore 9 fugiens
Iohannes Alexandrinus episcopus catholicus et venit Romam ad sedem apostolicam; quem beatus Gelasius
suscepit cum gloria, cui etiam et sedem secundam praebuit. Ipsis temporibus ,0 fecit synodum et misit per jy
10 tractum Orientis et iterum misit et damnavit in perpetuum Acacium et Petrum, si non penitens sub satisfactionem
libelli postularet paenitentiam. Hic dedicavit basilicam sanctae Eufimiae " martyris in civitate Tiburtina et alias y
basilicas 12 sanctorum Nicandri, Eleutheri et Andreae in via Lavicana, in villa Pertusa. Fecit autem basilicam 13
sanctae Mariae in via Laurentina, in fundum Crispinis. Hic fecit ,4 V libros adversus Nestorium et Eutychem ; V[
fecit et ymnos in modum beati Ambrosii; item duos libros adversus Arrium; fecit etiam et sacramentorum
13 praefationes et orationes cauto sermone et epistulas fidei delimato sermone multas. Sub huius episcopatu clerus
crevit. Hic fecit ordinationes II in urbe Roma per mens, decemb. et febr., 15 presbiteros XXXII, diaconos II; yii
episcopos per diversa loca LXVII. Qui etiam sepultus est 16 in basilica beati Pétri apostoli, XI kal. decemb. Et
cessavit episcopatus dies VII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i m. VII B« — d. XVII C* : V1III C"EG — Theoderici B"CE
(Teod. B 2 ) — 2 Aug. < Huius temporibus inventa est aecclesia
sancti angeli in monte Gargano > E — deportare C* — 3 co-
rum C 3 — foris B5 6 C23 — sancte A 1 — incondio C 1 — congre-
mavit Ai — Hic-et Pétri] Hic sub gestam synodicam revocavit
Mesenum episcopum ad communionem et reslituit eum eccle-
siae suae sub satisfaclione libelli et purgatus est receptus
BCDEG (gestam B«C 2 E : gestas C 3 : gesta cet. — Misenum B>
— satisfaccione C 3 : satisfactionem E) — subiecta A* — synodi
Ai : sinodi A* : synodica A 38 — i fletu <et> A5« —5 amator
<cleri ct> BCDEG — pauperem C* — 6 famis] et famé
BCDEG (famem B 23 Ci : famen B*) —civitate Romana Ai— om-
nem ecclesiam Ai 21 B 3 *3 : omne eccl///// Bi : omni ecclesia cet.
— 7 Gretias Ai : Graetias B'« : Grecia cet. — fièrent A««Bi 2 G :
fleret A** : fierentur cet. — Constantinopolim om. BCDEG —
8 Iohannis A'B^Ci — episcopus catholicus et om. BCDEG
— et om. A 58 — veniens C 2 — quem-paenitentiam] Ipsis
temporibus beatus Gelasius suscepit Iobannem et iterum
misit et damnavit in perpetuum Acacium et Petrum si non pe-
niterent, tamen ezpectans sedis apostolica satisfactionem se-
cundum humanitatem primae sedis ecclesiae BCDEG (Iohanne
B 6 — peniteret B* — expectatis B* — apostolicae B5 — hama-
nitatem prime C 3 ) — 10 misit et] mittens A 2 — perpetuo Ai"
— satisfactionem A* — 11 basilica Ai — Eufymiae Ai : Eufi-
miae A 2 : Eufemiae AC 23 : Euphimiae A« : Euf//// B* : Euphe-
miae cet.— martyres A 4 — civitate Tiburtina AC 2 : -em -am cet.
(Tyburtinam C 3 ) : < miliario vicesimo ab urbe > BCDEG (vi-
cissimo B5 — urbe < Roma > ciC 2 EG) — 12 et alias basilicas]
dedicavit autem et basilicam ECDEG — Nicrandi A 3 : Nigrandi
B« : Nicranti D — < et > El. C 2 EG — Euletherii A 2 E : Leuteri
BCi 3 D (-rii ci)— et Andreae in om. BCDEG — Lavigana B« — in
< fundum > BCDEG (fundo C 2 G) — Pertussa Ci— fecit autem)
et aliam BCDEG — 13 in ante via om. BCDEG — fundo C 2 G —
Crispini A 3 : < miliario ab Urbe vicesimo > A 56 BCDEG (miliaria
C* — urbe Roma ci) — Hic-multas om. BCDEG — Euticem A 2
— 14 bymnos A 3 * — duos om. A* — 15 sermones Ai [corr.) •—
et om. Ai {suppl.) — multum A5« — episcopatu A : episcopa-
tum cet. — 16 crebit C s — in u. R. om. A — decemb. et febr.
ACi : febr. et decemb. cet. — 17 loca < num. > B234Ci«E —
LXVIII A« : XVII C 2 — basilicam WO — decemb. < Hic fecit
tractatos et ymnus sicut beatus Ambrosius episcopus et libros
adversum Èuthycem et Nestorium qui hodie bibliotheca ec-
clesiae archivo reconditi tenentur. > BCDEG (tractatus B5«E :
trac//// Bi — ymnus Bi : hymnus B* [corr.] : hymnos cet. — et
libros om. Ci — adversus BiE — Euticem O — bybliothece
C 2 : bibliotice O : < dicitur et > E — ecclesia D — recon-
dite C 2 E) — Et < post obitum eius > BCDEG — 18 d. VIII A«E
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LI. GELASIUS (492-496).
NOTES EXPLICATIVES.
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i . natione A fer] c Romanus natus Romanum principem amo,
colo, suspicio », dit Gélase dans une lettre à l'empereur Anastase
(Jaffé, 632 ; Thiel, t. I, p. 350). Cependant les deux choses peuvent
se concilier. Même s'il fût né sujet de fait de quelque roi barbare,
Gélase pouvait se dire romain. Du reste il devait être assez âgé lors
de son élection au pontificat ; au temps de sa naissance l'Afrique,
ou tout au moins la ville de Garthage, devait être encore romaine.
2. temporibus Zenonis Aug.] Ceci est inexact. Zenon mourut en
49!, un an avant l'avènement de Gélase ; c'est Anastasii Aug. qu'il
aurait fallu dire. Cf. Introd., p. xlv. — Le manuscrit E» contient
ici un passage interpolé, relatif à la découverte de l'église Saint-
Michel au mont Gargano. La plus ancienne histoire de cette église,
le Liber de apparitione s. Michaelis (Waitz, Script, rerum Langob.,
p. 541), écrit au ix 8 siècle au plus tard et qui dérive d'un libellus
que l'on conservait dans le sanctuaire lui-même, ne nomme point
le pape sous lequel il fut inauguré. Il en est de même de la plus
ancienne des deux vies de saint Laurent, évoque de Sipontum, qui
est déjà notablement postérieure au Liber de apparitione (Waitz,
/. c, p. 544; Acta SS. febr. y t. II, p. 60), bien qu'elle contienne des
données chronologiques qui correspondent à peu près au temps
de Gélase. Paul Diacre {llist. Lang., iv, 46) mentionne l'oraculum
tancti archangeli in monte Gargano situm comme existant au milieu
du vu* siècle.
3. inventi sunt Manichei...} Il n'y a pas d'autre témoignage sur
cette découverte ; mais le fait était assez peu éloigné de notre au-
teur pour qu'on puisse l'admettre siu* son dire.
4. Hicsub gesta synodi—et Pétri] Le procès- verbal de ce synode,
tenu le 13 mars 495, est conservé dans les collections de conciles.
Cf. Thiel, t. I, p. 437. On y trouve deux libelli do Misenus, conçus
en termes flebiles, et qu'il présenta en se prosternant à terre, pros-
tratus in terrant. — Misenus signa au concile romain du 1 er mars
499, comme titulaire de son évèché de dîmes.
5. Hic fïtit amator pauperum...] Voici la première fois que nous
rencontrons dans le L. P. l'éloge du pape, non point en formules
officielles ou liturgiques, mais en termes simples, portant la vive
empreinte de souvenirs et de sentiments personnels. Il faut rap-
procher de cette phrase le portrait de Gélase par Denys le Petit,
dans sa lettre au prêtre Julien : « Quanti sit apud Deum meriti
» papa Gelasius, nos qui eum praesentia corporali non vidimus,
» per vos alumnos eius facilius aestimamus, cuius eruditione for-
» mati gradum presbyterii sancta conversatione decoratis : ut in
» vestrorum morum perspicuo munere eiusquodam modo videan-
» tur opéra praclucere qui, sicut vestra et aliorum relationo com-
» perimus, in tantum bonae voluntatis exlitit, utnnnuente Domino
» principatum in Ecclesia pro multorum salutc suscipiens, eum
» serviendo potius quam dominando sustolleret, vitaeque ca.sti-
» moniam doctrinae meritis ampliaret Servorum Dei maxime
» consortiis atque societate gaudebat Huius saeculi malos dies
» ita Domino mitigante et gubernante transegit ut omnes fere
» pauperes ditans inops ipso moreretur... » (Thiel, 1. 1, p. 236, 281).
6. Hic Uberavit a periculo famis...] Il y a, je crois, une allusion à
cette famine dans le traité de Gélase contre Andromaque et au-
tres personnes qui proposaient de célébrer les Lupercalos, c. 8
(Thiel, 1. 1, p. 603) : « Castores veatri certe, a quorum cultu desis-
» tere noluistis, cur vobis opportuna maria minime praebuerunt,
» ut hiemis tempore venirent hue navigia eum frumentis et civitas
» inopia minime laboraret ? An diebus sequentibus hoc futurum
» est aestatis ? A Deo constitutum beneficium est, non Castorum
» vana persuasio. » Le livre contre les Lupercales n'a pu être écrit
avant le commencement de 494, car, dans une lettre de l'année
précédente (Jaffé, 622 ; Thiel, t. I, p. 346), Gélase parlait encore
avec éloge du sénateur Andromaque.
7. H. f. constitutum...] L'auteur a probablement en vue ici la
décrétale en vingt-huit chapitres adressée, le 11 mars 494, ad uni-
versos episcopos per Lucaniam, Brutios et Siciliam constitutos (Jaffé,
636 ; Thiel, t. I, p. 3S0-319).
8. iterum venit relatio — Petro et Acacio] Acace et Pierre Monge
étaient morts avant Gélase (Introd., p. xzxvi) ; notre auteur aura
peut-être désigné par leurs noms le parti qui les avait eus pour
chefs et qui défendait leur attitude avec leur mémoire. Cependant
l'anachronisme de la phrase suivante et celui que j'ai déjà signalé
à propos de l'empereur Zenon portent plutôt à croire qu'il se sera
trompé sur les dates.
9. Rodem tempore fugiens Iohannes] Jean Talaïa, élu évêque d'Ale-
xandrie par les orthodoxes, s'enfuit à Rome en 482 ou au commen-
cement de l'année suivante ; il y arriva en un moment où Simpii-
cius était trop malade pour s'occuper de son affaire, u peut-être
déjà mort. Ce fut à Félix III qu'il remit l'acte d'accusation contre
Acace, rédigé pour être présenté à Simplicius. Cf. Félix III, note
6 ; Gélase, Gesta de nomine Acacii, 11, p. 511 Thiel : « Superve-
» nit idem fugiens sanctus Iohannes episcopus, qui, sicut decebat
i ab apostolica sede susceptus est. » — Gélase, comme son pré-
décesseur, défendit les droits de Jean contre l'usurpation dont il
avait été l'objet : il désigne toujours dans ses lettres et autres écrits
le siège d'Alexandrie par l'expression secunda sedes. Liberatus
(Brev., 18) rapporte que le pape Félix III chargea Talaïa de gouver-
ner l'église de Noie et qu'il y mourut après avoir exercé ces fonc-
tions pendant de longues années. Cela parait inadmissible,
car les inscriptions de Noie (C. I. L., t. X, n. 1344, 1345) nous ont
conservé les noms de deux évoques, Félix et Théodose, morts l'un
en 484, l'autre en 490 et nous savons d'ailleurs (Jaffé, 646, 121-123)
que ce siège était occupé en 495 et 496 par Serenus, qui signa les
conciles romains de 499 et de 501.
10. Ipsis temporibus — paeniteniiam] Il n'y a aucune trace de ce
synode dans les documents assez nombreux que nous possédons
sur le pape Gélase ; il est du reste impossible qu'il ait condamné
Acace et Pierre, morts avant lui, avec la clause indiquée par les
mots si non penitens, etc. Ici encore l'auteur transporte les faits
d'un pontificat à un autre: la double mission en Orient, la con-
damnation solennelle d'Acace et de Pierre Monge appartiennent
au pontificat de Félix III.
11. basilicam s. Eufemiae in civitate Tiburtina] « De l'église de
» Sainte-Euphémie à Tivoli, il ne reste absolument aucun souvenir.
» Ansaloni, dans son histoire manuscrite de Tivoli. 1. 1, p. 31, dit
» qu'on ne sait où elle se trouvait. Les livres imprimés n'en par-
» lent pas. Une bulle d'Innocent III, de l'année i2\3 (BuUar., t. III,
» p. 154), portant confirmation des biens du monastère des. Cosma,
a actuellement s. Cosimato, nomme une église de Sainte-Eugénie,
» dont les ruines se trouvent à environ vingt-sept milles de Rome,
» sur le territoire de Castel Madama, sur la rive gauche de l'Anio,
» et précisément dans la section qui porte encore le nom de
» Quarto di S. Eufemia Les rentes d'une église voisine, S. lanuarii
a de Catiniano (actuellement Cavignano) furent unies avec celles
» de l'église de Sainte-Eugénie et formèrent un bénéfice simple
» sous le titre de SS. Gennaro ed Eufemia. La bulle de Marin II,
» dans le régeste de Tivoli, mentionne la diaconia S. Eugeniae,
» p. 25, 1. 32. » [Je dois cette note à l'obligeance d'un ami bien
regretté, le P. Luigi Bruzza.]
12. alias basiticas ss. Nicandri, Eleutheri et Andreae] Dans les
mss. BGDE on lit aliam basilicam, mais cette leçon ne me parait
pas autorisée. La vie de Sergius I« r (n° 163) mentionne un oratoire
de Saint- André, sur la même voie Labicane ; ce doit être la basili-
que de Saint- André dont il est ici question. L'emplacement n'est
pas déterminé. Peut-être y aurait-il lieu de chercher cette basili-
que ou ce groupe de basiliques vers le vingtième mille de la voie
(v. la note suivante).
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LI. GELASIUS (492-496).
257
Q.
13. basilicam s. Marine via Laurentina\ Le fonds Crispinis est
inconnu. A cet endroit, tous les manuscrits, sauf celui de Lucques
et ses deux congénères A a et A 3 , ajoutent miliario ab urbe XX œ0 ;
mais cette leçon est inadmissible, car la voie Laurentine n'avait
que seize milles. La même distance de vingt milles est indiquée
par les mss. BGDEG à propos de Tibur, un peu plus haut, et cette
fois exactement, car Tibur est bien à vingt milles de Rome. Mal-
gré cette concordance j'ai maintenu pour Tibur comme pour la
"voie Laurentine la leçon des manuscrits A. Il ne me semble pas,
en effet, dans les habitudes de notre auteur d'indiquer la distance
en milles pour des cités aussi connues quo Tibur ; je croirais plu-
tôt que les mots miliario ab urbe XXmo sont une glose soit à in
civitate Tiburtina, soit à in villa Pertusa. Dans le premier cas elle
aurait été indûment répétée à propos de la voie Laurentine, dans
le second on l'aurait insérée à deux endroits différents du texte et
cela à contre-tempi.
14. Hic fecit V libros...] Plusieurs manuscrits de Gennadius, dont
le plus ancien est le Veronensis XXII (Introd., p. xxx, xxxi), con-
tiennent une notice du pape Gélase, évidemment ajoutée après la
mort de Gennadius (Fr. A. Eckstein, Quaestiones Gennadianae ,
Leipzig, 1881, programme, p. 16-19). Voici cette notice, d'après le
ms. de Vérone :
Gelasins , urbis Homae episcopus , scribsit adversum
Eutycen et Nestorium grande et praeclarum volumen et
tractatus diversarum scribturarum et sacramentorum deli-
mato sermone ; et adversum Petrum et Acacium scribsit epis-
tulas quae hodie in ecclesia catholica tenentur. OBiit Anastasio
Augusto. Fecit et hymnus in similitudinem Ambrosi episcopi
Amen, quos ego legi.
Il y a entre ce texte et le nôtre des ressemblances trop grandes
pour être fortuites ; mais il est bien difficile de dire lequel dépend
de l'autre ; peut-être dérivent-ils tous deux de quelque rédaction
plus ancienne. — Il existe un traité de Gélase de duabus naluris
in Christo adversus Eutychem et Nestorium; mais il n'est pas divisé
en livres; il est même trop court pour l'avoir été et pour mériter
la qualification de grande volumen. Ses hymnes sont perdues, de
même que ses traités contre Arius, mentionnés par le L. P. seul.
Les epistulae fidei du L. P. sont évidemment identiques aux épis-
tulae adversum Petrum et Acacium quae hodie in ecclesia catholica
tenentur, de la notice pseudogennadienne. Il y a, en effet, plu-
sieurs lettres très importantes sur ce sujet, parmi les épîtres du
pape Gélase; on peut y joindre ses traités i, h et iv, apologies de
l'attitude observée par l'église romaine envers Acace et Pierre. —
Quant à son œuvre liturgique, elle est décrite en termes diffé-
rents dans le L. P. et dans le pseudo-Gennadius. Le premier lui
attribue les praefationes et oratïones sacramentorum, c'est-à-dire ce
qui forme le fond des sacramentaires, les oraisons et préfaces
propres des messes ; le second parle de tractatus diversarum scrip-
turarum et sacramentorum, c'est-à-dire, je crois, d'allocutions sur
des textes de l'Ecriture ou sur les cérémonies do l'Eglise ; en d'au-
tres termes d'homélies comme celles de saint Zenon de Vérone,
de saint Léon et de saint Grégoire et de formules d'exhor-
tations liturgiques comme celles que l'on trouve dans les sacra-
mentaires, pour être adressées aux catéchumènes, aux pénitents,
aux ordinands, etc. Ces deux textes parlent donc de pièces propres
à être insérées dans un sacram en taire ; mais aucun des deux ne
mentionne un recueil en forme, un liber sacramentorum. Il en a
pourtant existé un qui portait le nom de Gélase ; au ix« siècle
on le distinguait encore de celui de saint Grégoire. Le car-
dinal Thomasi publia le premier (Codices sacramentorum, Rome,
1680), sous le nom de saint Gélase, et Muratori {Liturgia Romana
vêtus, t. I) a réédité après lui un sacramentaire romain exé-
cuté au commencement du vin" siècle ou tout au plus à la
fin du siècle précédent pour l'abbaye de Saint-Denys (Cod.
Vatic. Reginae 316 ; cf. L. Delisle, Bibl. de V école des chartes, 1876,
p. 475). Il est difficile de marquer ce qui, dans cette compilation,
représente l'œuvre de Gélase et de la distinguer des compléments
qu'elle a reçus jusqu'après saint Grégoire. — La rédaction BG a
transporté à la fin de la notice le catalogue des œuvres do Gélase
en lui donnant une forme nouvelle, inspirée, semble-t-il, dans une
certaine mesure, par le texte du pseudo-Gennadius.
15. per mens, decemb. et febr.] Dans sa lettre au diacre Gorvinus,
datée du 17 janvier 494 et récemment publiée (Jaffé, 633 ; Neues
Archiv, t. V, p. 510, note 2), Gélase parle d'une ordination qu'il se
propose de faire au commencement du carême : « Illud quoque
» subiungimus, ut si in tua permanet voluntate quod nobis pro-
» misisse reminisceris, ad initium quadragesimae Romam venire
» non différas, quatenus in ordinatione facienda munus presbi-
» terii consequaris. »
16. Quietiam sepultus est...] Son épitaphe, actuellement perdue,
était encore visible au ix e siècle. V. Léon, note 15, p. 241.
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LU. ANASTASIUS (496-498).
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75 I ANASTASIUS, natione Romanus, ex pâtre Petro ', de regione V 2 caput Tauri, sedit ann. I m. XI d. XXIIII.
Fuit autem temporibus Theodorici régis. Hic fecit confessionem beati Laurenti martyris ex argento, pens.
Il lib. LXXX. Eodem tempore 3 multi clerici et presbiteri se a communione ipsius erigerunt, eo quod communi-
casset sine consilio presbiterorum vel episcoporum vel clericorum cunctae ecclesiae catholicae diacono Thesaloni-
cense, nomine Fotino, qui communis erat Àcacio et quia voluit occulte revocare Acacium et non potuit. Qui
III nutu divino A percussus est. Hic fecit ordinationem I in urbe Roma per mens. decemb., presbiteros XII; epis-
copos per diversa loca XVI. Qui etiam sepultus est 5 in basilica beati Pétri apostoli, XIII kal. decemb. Et cessavit
episcopatus dies II II.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i Anastasius<iunior>A2— regio E— V A 13 : quinta A^BD
(de Bi n. I.) : V tauma C* : quinta tauma C234EG— capud C*E—
caputauri B 6 — 2 <hic> fuit temp. b^EG — Theudorici Ci :
Theoderici C23E (Teod. C 3 ) — fecit om. Ci — Laurenti B^C23 :
Laurentii cet. — martyris < ornavit > C* — pens. lib. LXXX
om. A2 — pens. A : qui pens. cet. — 3 LXXX] C BCDEG — eriege-
runtA 5 : eruerunt B« : eregeruntC*EG— A communicassent A 2
— ep. vel presb. BCDEG— clericorum A : clerici B3C*:cleri cet.
— cuncta A*— diaconum B5C2E— Thesalo- ACi 2 E : Tesallo- B* :
Tessalo- B2^ : Tesalo- B56D —5 -nicense A123C12D : -niens///Bi
-nicensice*. — Photino A 2 — occultae C 2 — revocare-divino om.
Ci (suppl.) — Acacium om. A 2 — et om. C 2 — 6 nuto B 6 : notu
C 3 — noctu divino noto percussus est B*, qui indc déficit — or-
dinatione una Ai — I om. B 5 — in-Roma om. A — 7 loca
< num. > B23C 2 E — qui etiam] quia E — apostuli Ai —
8 d. VII D
NOTES EXPLICATIVES.
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i. ex pâtre Petro] Son père était prêtre, comme celui de Félix III;
ceci résulte de son épitaphe citée plus bas, note 5.
2. de regione V Caput Tauri] Il y avait dans la région cinquième
d'Auguste un lieu appelé Caput Tauri ; il en est question dans
les actes de sainte Bibiane et l'église de cette sainte en marque
l'emplacement. La môme région est mentionnée, mais sans nu-
méro, dans la notice du pape Alexandre (p. 127, note 1). Il est
singulier que le L. P. emploie la numérotation civile des régions.
D'ailleurs des manuscrits autorisés donnent la variante V tauma
ou quinta tauma, ce qui porterait à croire qu'il y a ici quelque
altération du texte.
3. Eodem tempore — non potuit] Cette phrase, comme je l'ai expli-
qué dans l'Introduction, p. xliii, a été inspirée par une fausse
appréciation des tentatives que fit le pape Anastase pour réconci-
lier les églises d'Orient avec celle de Rome. Gélase n'avait point
voulu notifier son avènement à l'évoque de Constantinople Euphé-
mius, qui maintenait dans ses diptyques le nom de son prédé-
cesseur Acace ; il s'était abstenu également, mais pour une autre
raison, d'écrire le premier à l'empereur. Anastase II, aussitôt
ordonné pape, s'empressa d'envoyer à Constantinople une légation
solennelle, composée de deux évoques chargés de porter des
paroles de paix. Ils n'avaient de lettres officielles que pour l'em-
pereur. Ces lettres ne contenaient à la vérité aucune concession de
fond : le pape y demandait toujours la condamnation de la mé-
moire d'Acaee. Sans doute, il reconnaissait la validité des bap-
têmes et ordinations conférés par cet évêque, mais Gélase en avait
déjà fait autant (Jaffé, 620 ; Thiel, t. I, p. 315). Cependant le ton
du pape Anastase était moins sévère et plus amical que celui
de son prédécesseur ; de plus, les instructions de ses légats
devaient être assez larges, puisqu'ils purent se mettre en rapport
avec les apocrisiaires de l'évoque schismatique d'Alexandrie et
accepter d'eux un mémoire justificatif. A côté de l'impression
faite par cette attitude, plus ou moins exactement commentée à
Rome, il faut tenir compte de l'étonnement que causa la reprise
des relations avec l'église de Thessalonique, par l'intermédiaire
du diacre Photin. L'évêque André de Thessalonique, jusqu'alors
un des défenseurs les plus acharnés de la mémoire d'Acaee, avait
fait lire dans son église et dans les églises voisines une lettre de
Gélase contre les excès de cet évêque et prononcé publiquement
l'anathème contre lui (Jaffé, 746 ; Thiel, 1. 1, p. 625) ; il avait ensuite
envoyé à Rome son diacre Photin qui fut, nous dit le L. P., admis
à la communion du pape. Les garanties exigées par celui-ci
furent, semble-t-il, jugées insuffisantes par certaines personnes
trop zélées. Du reste, il est possible que Photin se soit vanté
d'avoir obtenu des conditions par trop avantageuses ; c'est ce qui
perce à travers les termes dans lesquels son voyage à Rome est
raconté par les apocrisiaires d'Alexandrie (/. c). Enfin le consulaire
Festus, envoyé à Constantinople par Théodoric en même temps que
les évoques Cresconius et Germanus s'y trouvaient comme légats
d'Anastase II, promit, dit-on, à l'empereur qu'il amènerait le pape
à signer l'hénotique, c'est-à-dire à capituler. Il n'avait donc pas
une très haute idée de son énergie. {Theod. Lect. ,u, 17; Migne.P. C,
t. LXXXVI, p. 192). Tout cela explique le sentiment dont l'auteur
du L. P. s'est fait ici l'organe; et, si l'on tient compte de la vivacité
avec laquelle, à la mort du pape Anastase, deux partis opposés se
disputèrent le saint-siège, on n'éprouvera aucune difficulté à ad-
mettre le fait d'un schisme plus ou moins nettement dessiné, dès
le temps d'Anastase lui-môme. — Notre auteur ne peut donc être
accusé d'inexactitude en ce point. Quant à l'expression occulte
revocare Acacium, elle doit s'entendre de la réintégration du nom
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LU. ANASTASIUS (496-498).
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d'Acace dans les diptyques de l'église romaine, ou tout au moins
de la communion rendue aux églises qui ne l'avaient point effacé.
L'auteur prétend donc que le pape Anastase voulut abandonner
les décisions et l'attitude de Félix et de Gélase; mais c'est une
pure calomnie : les documents officiels lui donnent ici un démenti.
S'il est exact sur les faits extérieurs, il dénature les intentions par
esprit de parti.
4. Qui nutu divino percussus est] Le_ môme jugement doit être
porté sur cette phrase. Anastase survécut peu au retour de ses
légats et à la reprise des relations avec Thessalonique. Les exaltés
virent dans cette mort prématurée un effet de la colère divine.
Sur le crédit que rencontra ce récit pendant le moyen-âge, v. Dôl-
linger, Papstfiïbeln, p. 124).
5. Qui etiam sepultus est...] Voici son épitaphe (De Rossi, Irucr.
chr., t. II, p. 126) :
Limina nunc servo, tenui qui culmina sedis ;
hic merui iumulum praetul Anastasius.
Presbytero genitus, delegi dogmata vitae
militiaeque Dei natus in offîciis ;
pontificum casto famulatus pectore iussis
obtinui magnum nomen apostolicum.
Du cinquième vers on peut conclure qu' Anastase était diacre
quand il fut élu pape. Un diacre Anastase est mentionné dans le
procès-verbal du synode de 495 (Thiel, t. I, p. 438); mais, comme
on en trouve un autre au concile de 499, l'identification n'est pas
certaine.
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LUI. SYMMACHUS (498-514).
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76 I SYMMACHUS, natione Sardus ! , ex pâtre Fortunato, sedit ann. XV m. VII d. XXVII. Hic fuit temporibus *
Theodorici régis et Anastasii Aug., a die X kal. decemb. usque in die XIIII kal. aug. Hic sub intentione 3 ordi-
II natus est uno die cum Laurentio, Symmachus in basilica Constantiniana, Laurentius in basilica beatae Mariae.
Ex qua causa separatus est clerus et divisus est et senatus, alii cum Symmachum alii vero cum Laurentium. Et
facta intentione hoc constituerunt partes 4 ut ambo ad Ravennam pergerent, ad iudicium régis Theodorici. Qui s
dum ambo introissent Ravennam, hoc iudicium aequitatis invenit ut qui primo ordinatus fuisset, vel ubi pars
maxima cognosceretur, ipse sederet in sedem apostolicam. Quod tamen aequitas 5 in Symmachum invenit cognitio
77 veritatis et factus est praesul Symmachus. Eodem tempore papa Symmachus congregavit synodum * et constituit
Laurentium in Nucerinam civitatem episcopum intuitu misericordiae.
m Post 7 annos vero I III, zelo ducti 8 aliqui ex clero et alii ex senatu, maxime Festus et Probinus, incriminave- io
runt Symmachum et subornaverunt testes falsos quos miserunt Ravennam ad regem Theodoricum, accusantes
beatum Symmachum ; et occulte 9 revocaverunt Laurentium post libellum Romae factum ; et fecerunt schisma, et
divisus est iterum clerus ; et alii communicabant Symmacho, alii Laurentio. Tune Festus et Probinus senatores
miserunt relationem régi et coeperunt agere ut visitatorem daret rex sediapostolicae. Tune rex dédit Petrum,
IV Altinae civitatis episcopum, quod canones prohibebant. Eodem tempore beatus Symmachus 10 congregavit 45
episcopos CXV, et facto synodo purgatur a crimine falso et damnatur Petrus Altinans invasor sedis apostolicae
et Laurentius Nucerinus, quare vivo episcopo Symmacho pervaserunt sedem eius. Tune ab omnibus episcopis et
presbiteris et diaconibus et omni clero vel plèbe reintegratur sedis apostolicae beatus Symmachus cum gloria
7g y apud beatum Petrum sedere praesul. Eodem tempore 1J Festus caput senati excons. et Probinus ,2 excons.
coeperunt intra urbem Romam pugnare cum aliis senatoribus et maxime cum Fausto excons. Et caedes et 20
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Symmachus A 1 C 23 : Simm. cet. — Sardus] Romanus C 4 E
— Fortunatu Al — m. VI A 2 B5Ci : VIII E — d. XXVI E — 2
Theoderici C 12 : Teoderico C 3 — Anastasi C {corr. c 1 ) — X kal.-
in die om. ABC*D — in diem C 2 EG — XIIII kal. aug. om. A 2 —
3 est om. A 2 — contentione e 1 — basilica -na AC 2 : -cam -nam
cet. — Laurentius < vero> EG — basilica AC 2 : -cam cet.— A
quo A*: om. D — suparatusC 3 — etom. A 56 — sanatus B*D [corr.
b 5 ) — alii cum Sym. om. C 1 (suppl.) — cum < sancto > A 3 —
Symmacho A 3 B 2 «CJDEG — Sym. < erant> A56 — cum om. C 3
— Laurentio B^CiDEG — S factam B»— intentionem B> 6 : in-
contentione E — ad om. A36B 2 — Ravenna B 36 — Teoderici
< régis > C 3 — Theod. régis C* — 6 < in > Rav. EG — Ra-
vennam om. A 23 — invoneruntC 4 : -nierunt E — qui om. C 2 —
primus Ci — fuissent A 2 — 7 sederit B5 — sede apostolica B 2 C*
— apostholicam G 3 — Sumchum C 3 : Symmacho EG — cogni-
tionem EG — 8 Summachus C 3 — 9 Laurentinum B 6 — Nuce-
riam EG — episcopum om. C 2 — iniuitus A* 23 C* — 10 annum
vero quartum Ci — ex natum A 1 : ex senatum A 2 : exenatu EG
— maiimi B 23 C*: maxima D — Festus] eftectus D — Provinus
E — 11 subarraverunt A 6 : subordinaverunt C 12 — Teod. C 3 —
12 livellum A 1 — scisma B 2 C 13 EG : schismam B 6 : scismum D —
13 commonicabunt C 3 — Symmachum A 123 — < et > alii
A 356 — Laurentium A 3 — Factus C 3 — 14 ceperunt B**: con-
ceperunt C 1 : obtinuerunt c 1 — agere om. B5 : a rege A 3 c* :
a regei E : aegere e — < vel > visitatorem A — visitatorem]
se B* : paslorem B 6 — sedis A 13 : sedem B» — apostolicam B 5
— 15 Altine C 3 : Alticine e — 16 crimen B 6 — Petrus om.
A 2 — Altinans FA* : Altinus A 3 C 23 E : Altinas cet. — 17 Nu-
cerius A 2 B 5 — sedem] fidem B* — et anle presb. om. A 123 C 2 —
18 plèbe] percebe C 3 — redintegratur A 2 - 6 B 6 : retintegratur E
— sedi A5«Gi 3 E : sedes B 3 — apostolichae C 3 — beatum Sym-
machum A 3 — 19 < et > apud A*« — aput A* — b. Petr.J
Petrum apostolum A« — Eo D — capud A 2 B 5 E — senatus A^B*
— exconsul Af : ex consulti A 23 : et consulti A 5 : et consul A«C S
— Provinus E — exconsul Ai* 3 C 23 : et consul A" : om. B* —
20 urbem Romam AB* — et om. C 2 — ex consule A* 23 «C 23 : et
consule A 5 : ex consensu B* — et ante caedes om. B 23 D —
caedes A» 2 C 2 : cèdes A 3 ** ci : caedis B 23 C 3 : cedis B5«C* —
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LUI. SYMMACHUS (498-514). 261
homicidia in clero ex invidia. Qui vero communicabant beato Symmacho iuste, publiée qui inventi fuissent intra
Urbem gladio occidebantur; etiam et sanctimoniales mulieres et virgines déponentes de monasteria vel de habi-
taculis suis, dénudantes sexum femineum, caedibus plagarum adflictas vulnerabantur; et omni die pugnas
contra ecclesiam. in média civitate gerebant. Etiam et multos sacerdotes occidit, inter quos et Dignissimum 13 et
5 Gordianum, presbiteros a vincula sancti Pétri apostoli et sanctos Iohannem et Paulum, quos fustibus et gladio
interfecerunt ; nam multos christianos, ut nulli esset securitas die vel nocte de clero in civitate ambulare. Solus
autem Faustus excons. pro ecclesia pugnabat.
Post haec omnia n beatus Symmachus invenit Manicheos in urbe Roma, quorum omnia simulacra vel
codices ante fores basilicae Gonstantinianae incendio concremavit et eos ipsos exilio religavit. Fuit autem a
10 consulatu Paulini [498] usque ad consulatum Senatoris [514].
Hic fecit basilicam 15 sancti Andreae apostoli 16 apud beatum Petrum, ubi fecit ^ 79
tiburium 17 ex argento purissimo et confessionem, pens. lib. CXX; arcos argenteos III, pens. lib. LX;
oratorium sancti Thomae apostoli : ex argento, pens. in confessionem lib. XX ; arcum argenteum, qui pens.
lib. XVI;
15 confessionem sancti Cassiani et sanctorum Proti et Yacinti 18 ex argento, pens. lib. XX; arcum argenteum,
pens. lib. XII;
oratorium sancti Apollinaris : ex argento in confessionem cum arcum, pens. lib. XXXI ;
oratorium 19 sancti Sossi : ex argento confessionem, pens. lib. XX.
Item ad fontem 20 , in basilica beati Pétri apostoli : vil
20 oratorium sanctae Crucis 21 : ex argento confessionem et crucem ex auro cum gemmis, ubi inclaudit
lignum dominicum; ipsa crux aurea pens. lib. X;
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1 clero < fiebant > A& 6 — ex] et A 5 B 6 — communica-
bunt C* — iustae A«C 2 : iuxtae C 1 — publicae A*B»Ciï —
2 urbem AC 2 : urbe cet. — < qui > etiam C 1 — et om.
A«C 23 G — sanctimoniales A 1256 B 5 C* : sanctaem. cet. — dépo-
nentes om. A 6 — monasterii A 2 : -iis A' 1 * 6 B*E : -ias B 6 :
-styria C 1 — abitaculis A* — 3 suis] ss E — cedibus C 23 — plagas
A.123 — afflictes E : afflicte e — vulnerabant A5«G — pugnam
A 12î : pugna A* 6 — 4 ecclesia C 3 — medio C*E — civitatis C*
— etiam om. A'6 — et om. C 2 EG — occiderunt A**— et ante Dign.
A 123 : om. cet. — et ante Gord. om. C 1 — 5 Gurdianum A*C 2 :
Gorgianum Ci — presbiterum C 1 — a] ad A* 6 — vinculis B 6 —
apostuli A* — et < ad > A56 : < a > BC 23 E — sancto A 2 C 2 :
sanctum D — Iohanne et Paulo A 2 — fustibus < et calcibus >
A3 — 6 interficerunt A* — nam] et A 56 : nam et A 2 e : nam et
ad A 3 — multos < alios > e — ut] et A (om. A 3 ) : ita ut E —
nulla A 3 D — essit A 1 — de om. D — cloro C 3 — civitate AC 2 :
-tem cet. — ambulandi A 6 — solus-pugnabat om. A 2 — 7 autem]
hoc C 1 — Fatus C 1 (corr.) : Factus B«C 3 — et consul A56 : ex con-
sen C 1 (corr.)— pugnabantC 1 — 8 urbem Romam A 1 — simulagra
A 1 — 9 foris B 6 — congremavit A 1 : cremavit C* — et-religavit
om» A 2 - € — -eos om. B 2 — ipsos] suo A*— ad] a B 3 C* — 10 consulatu
A*B 3 — Senatoris] inde silet A 3 usque ad Hic constituit ,p. 263,
l. 7 — il basilica A 1 — apostuli A* et ita porro : om. B 6 G — aput
A* : ad D— Petrum < apostolum > C 23 E— ubi-lib. LX] et dona
constituit A 2 — 12 tugurium A.K : tiburinum B5 : tigurium C 2
E : tiguriam C 3 : cyburium D— pussimo A* : om. BCDEG — CXC
A56 _ pens. < sing. > C 2 * E — lib. XX C* — 13 oraturium A* :
aratorium C 3 — ex-lib. XVI om. A 2 e* ita semper omittit pondéra—
pens. om. A5 : < lib. CCC> EG — < et > in A*— in conf. pens.
A 6 B 23 5C 2 — lib.-Yacinti om. G : arcum- Cassiani om. C* — qui
om. E — 15Casiani C 1 — Yachinti A 1 : Iacinthi A 2 E : Iacincti
A56B 2 : Iacinti B 3 56 : Yaquinti C 1 : Yacinti c 1 : Yacinthi C 2 :
Iachynti C 3 — argento < ornavit > Ci — 17 oratorium-lib.
XXXI om. G : oratorio E — sancti om. A 1 — confessione A* 6 B5C 3
— arcum AB«C 3 : arcu cet. — XXXI AB 3 Ci : XX B* : XXX cet.-
— 18 oratorium-lib. XX om. B5 — oraturium A 1 : oratorio E — )
Sossii E — < in > conf. A5«EG-— confessione E — 19 pontem
B 6 — basilicam B* W C 23 — sancti A — 20 oratorio E — < om-
nia > ex A 2 — ex] cum B 2 -— < in > conf. G — < et > cum
B 2 — ibi B» — inclaudit Ai : includit A*»& : inclusit B5 : dan-
dit C 3 : inclausit cet. — 21 cruce B 6 — ,
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262 LUI. SYMMACHUS (498-514).
fecit autem - 2 oratoria II, sancti Iohannis Evangelistae et sancti Iohannis Baptistae, in quorum confessiones
cum arcos argenteos, pens. lib. XXX; quas cubicula omnes a fundamento perfecta construxit.
Basilicam vero beati Pétri marmoribus ornavit. Ad cantharum 23 beati Pétri cum quadriporticum ex opère
marmoribus ornavit et ex musivo agnos et cruces et palmas ornavit. Ipsum vero atrium omnem conpaginavit ;
grados vero 24 ante fores basilicae beati Pétri ampliavit et alios grados 25 sub tigno dextra levaque construxit. 5
Item episcopia - 6 in eodem loco dextra levaque fecit. Item sub grados 27 in atrio alium cantharum foris in
campo posuit et usum necessitatis humanae 28 fecit. Et alios gradus 29 ascendentibus ad beatum Andream fecit et
cantharum posuit.
Vin Hic fecit basilicam 30 sanctae martyris Agathae, via Aurélia, in fundum Lardarium : a fundamento cum fonte
construxit, ubi posuit arcos argenteos II. Eodem tempore fecit 31 basilicam sancti Pancrati, ubi et fecit arcum 10
argenteum, pens. lib. XV; fecit autem in eodem loco balneum. Item 32 aput beatum Paulum apostolum : in
basilicam renovavit absidam, quae in ruina inminebat, et post confessionem picturam ornavit et cameram fecit
et matroneum; et super confessionem imaginem argenteam cum Salvatorem et XII apostolos posuit, qui pens.
lib. GXX; et ante fores basilicae grados fecit in atrium et cantarum 33 ; et post absidam aquam ^introduxit 34 ,
ubi et balneum a fundamento fecit. [15
80 ix Intra civitatem Romanam, basilicam sanctorum Silvestri et Martini 35 a fundamento construxit iuxta Traianas,
ubi et super altare tyburium argenteum fecit, qui pens. lib. CXX; arcos argenteos XII, qui pens. sing. lib. X;
confessionem argenteam, qui pens. lib. XV. Ad beatum Iohannem et Paulum fecit grados post absidam. Item 34
ad archangelum Michahel basilicam ampliavit et grados fecit et introduxit aquam. Item ad sanctam Mariam ora-
torium sanctorum Cosmae et Damiani a fundamento construxit. 20
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 autem om. C 2 : <et> A* — oraturiaA 1 — Bapt. et s. Ioh.
er. C*E — sancti om. A 2 — in] infra A 56 : om. G — in-XXX
om. A 2 — confessione A 6 : -ne m B 6 — 2 cum] fecit A** : eux C 2
— arcos om. G — arcos arg.] argento B 6 — pens. < sing. >
C 23 — trecenasA 1 — quas.... omnes] quae... omnia A 156 B 23 DEG
— perfecta om. À 2 — 3 basilica A 1 — vero om. A 2 — sancti
B 2 — marm. om. om. A 2 — exornavit B 3 C 2 — ad] et A^CJE :
et ad A 2 — cantarum A — quadrisporticum C 1 — opère
om. A* 6 — A marmarimo C 3 — et om. A 5 C 2 — mosivo A 1 :
musivum A5« museo B* — < autem > agnis et cruce et
palmis A 56 — crucem B« — verum B* — omnem A*B 35 : omne
cet. —5 gradus AZssBaC^D — foris B5C 3 — sancti Pétri apos-
toli A — ampliautem B 3 — gradus B 2 — tigno] tecto C 1
— 6 episcopiam C 3 : ëpï A 2 D — in eod. 1. ep. E — in] i G 3 —
eo A 2 — itemj intus D — grados A^SC 23 : gradum B 6 : gra-
dus cet. — in om. C 2 — ara C 23 *EG — alio A 6 — 7 campio A 1 * 6 :
vulgo campi C 234 EG — posuit] fuit B5 — et] ad B« — humanis
B* — < item > et E — grados B 3 6C 23 E — adscendentibus
A 125 — 8 fecit om. B 6 — 9 basilica A 1 : om. B 6 — martyres A* :
om. A 2 — Agathe A 1 — fundo C 3 — Lardarium A** : Lardario
A 2 « : Lardarum cet. [om. C 1 ) — fonlem A 1 — 10 extruxit A 1 —
construxit-temporo om. À 2 — basilica A 1 — Pancratii A 2 56B 5
E : Prancati Ci — il < qui > pens. BCDEG— lib. XII B5 — in
om. C 23 — valneum C 3 — aput A*C 3 : ad C 2 : om. B5 — apos-
tolum om. Ci — ap. Paul. E — in] ubi B* — 12 basilica B^EG
— ruinam BCDE — eminebat B 3 : imminebant EG — pictura
A 26 : pictorum C 1 — 13 matronium C 1 — hymaginem C 1 — ar-
gentea A 1 — Salvatorc B 236 C1EG — apostolorum C 1 (corr.) — po-
suit om. B 6 — 14 ante om. A 56 — foris ecclesiae B 6 — < atque >
gradus A 56 — cantharum B 3 C 23 : antaram B» — post] fi B 6 —
16 valneum C 3 — fundafento A* — 16 intro A* 2 : < in > A}& —
sancti A — < thermas > Trai. C 2J *E (termas C 3 <) — Traiana
B6 — 17 ubi-lib. XV om. A 2 — et om. C 3 — altarem B 3 «C 23 —
tyburium A 1 : tygurium A 5 : tugurium A 6 D : tigurium cet. (in
tegurium B 6 ) — arcus A5«B5 — argenteus B5 — XII om. C* —
sing. om. W>C l — 18 argentea A* — quae A56 — ad] et C 1 —
grados B«C 3 — • 19 ad] et C* : om. A 6 — < sanctum > arch.
B 5 — archangelicum A 6 : sanctum A 2 — Michahel A^B^Ci :
Michaelem A 2 5B 2 : Michahelem A«B 3 : Michael B« : Mikahel C« :
Gabrihelem C 24 — basilicam om. C 1 (suppl.) — sanctam < Dei
genitricem > G — sancta Maria A 1 — Maria C 3 : < fecit > C*
— 20 Cosme B5C 2 * —
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LUI. SYMMAGHUS (498-514). 263
Item " via Tribuna, miliario XXVII ab urbe Roma, rogatus 38 ab Albino et Glaphyra pp inlustris deproprio X
facientes a fundamento, basilicam beato Petro in fundum Pacinianum dedicavit. Item ad beatum Petrum et ad
beatum Paulum et ad sanctum Laurentium pauperibus habitacula construxit. Item ad beatum Petrum XX can-
tara argentea fecit, pens. sing. lib. XV; arcos argenteos XXII, pens. sing. lib. XX. Hic reparavit basilicam
5 sanctae Felicitatis 39 , quae in ruinam inminebat. Hic 40 absidam beatae Agnae quae in ruinam inminebat et
omnem basilicam renovavit.
Hic constituit Âi ut omne die dominicum vel natalicia martyrum Gloria in excelsis ymnus diceretur. Hic fecit 42 XI 81
cymiterium Iordanorum in melius propter corpus sancti Alexandri. Hic 43 omni anno per Africain vel Sardiniam
ad episcopos qui exilio erant retrusi pecunias et vestes ministrabat. Hic u captivos per Ligurias et Mediolano et
10 per diversas provincias pecuniis redemit et dona multiplicavit et dimisit. Hic fecit ordinationes IIII in urbe Roma XII
per mens, decemb. et febr., presbiteros XCII, diaconos XVI; episcopos per diversa loca CXVII. Qui etiam 45
sepultus est in basilica beati Pétri apostoli, XII II kal. aug. Et cessavit episcopatus dies VII. Qui etiam 46 in pace
confessor quievit.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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i < in > via E— Tribuna A 1 : Triva A* : Tribana A* : Tribu-
narn A« : Trivana BC*DG : Tiburtina dC"* : Tyburtina E— XXVI
A 2 : XXV A56 : XXII C 2 : XXIII O— Abbino B* : Alvino EG— Gla-
phira C* : Glafyra C 2 : Glafira E — pp] propter B*« : princi-
pibus C 2 : piissimis C 3 : papa O : populorum E — illustris A 2 :
inlustribus A 56 : illustres E — propria B 6 — 2 basilicae B 6 —
Patiniano A 6 : Bacinianum B 3 — declinavit B* — beatum-ad om.
A56— ad post. et om. BCDE— 3 Paulum < apostolos> BCDEG—
et om. D — Laurentium <martyrem > C 23 E — hubiticcula C 3
— item-lib. XX om. A* — 4 canthara B356C23 — XV] XXI B 3 —
XV-lib. om. C* — < et > arcos BCDEG — archos O— argen-
teos < fecit > B 3 — XX] vicenas C 3 — praeparavit A 12 — ba-
silica A 1 — 5 que A : quae C 2 : qui cet. — in < circuitu > A 6
— in] iam C 24 : iam in E — ruina EG — Hic-imminebat om.
AD — ruina E — 6 renovabit C 3 — 7 ut om, E (suppl.) — omne
A*B 3 *5 : omni cet.— die om. A 2 — dominicum A*C 3 — mart. ym.
die. angelicus vel Gl. in ex. Deo E — excelsis < Deo > A5«B«
— ymnis A* : ymnus C 3 E : hymnus vulgo— 8 < in > cym. C*—
cymiterio B^G 1 — Africum B 2 « : Africano B5 : Affricam C 2 —
vel] et A«B 3 — 9 ad] ab B* : om. A56 — episcopis A5«B6— - qui
< in > B 3 5CC23EG — erunt B*— paecunias A* : pecunia C 2 EG—
captivusC 3 — <et> per A* 23 — Ligurias A* 23 D : Liguriam
A 56 E : Ligorias B: LigoriaC 1 : Lyguriam C 2 : Licorias C 3 — et
Mediolano om. ÇA — et < per > BC 3 DEG — Mediolanum A5*E
—et] seu D— 10 diversa A 1 — provintias B36C 2 — paecuniis A* :
pecunias EG — redimit B5 —III C 3 — il presb. XXII A 2 — et
episcopusC 3 —loca < num. > B 23 ^ 1 — CVII C 2 E —etiam
< in pace confessor quievit > A 2 — 12 XIIII kal. aug. om.
BCEG — et-quievit om. A 2 — pacem A 1 — 13 quievit < \)êp sub
dieXVlllI mens: iulio > BD (VIIII B* — iulii B56D)
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NOTES EXPLICATIVES.
1. natione Sardus] Symmaque fut baptisé à Rome : Apologelicus
adv. Ànast. (Tbiel, t. I, p. 702) : a Roma mini testis est et scrinia
» testimonium perhibent, utrum a fide catholica, quam in sede
» beati apostoli Pétri veniens ex paganitate suscepi, aliqua ex
» parte de viaverim. »
2. Hic fuit temporibus...] Le commencement de cette notice a été
remanié d'une édition à l'autre. On a pris soin d'atténuer certains
traits : Théodoric était qualifié d'hérétique et Anastase d'eutychéen;
ces épithètes ont été supprimées parle second rédacteur, qui a fait
disparaître en même temps l'éloge du pape Symmaque : a Hic
» amavit clerum et pauperes, bonus, prudens, humanus, gratiosus. »
A la place de cette phrase on a transporté ici les jours de l'ordi-
nation et de la mort du pape, primitivement joints aux dates con-
sulaires, après le récit du schisme. Le second rédacteur est le seul
qui marque les basiliques où avaient eu lieu les deux ordinations.
H n'indique pas ici de différence numérique entre les deux partis :
la première édition emploie l'expression aliqua pars ckricorum
vel senatorum qui signifie apparemment que les schismatiques
n'étaient pas très nombreux. Théodore le Lecteur dit expressément
que Symmaque avait la majorité : Xeiporovoûvcai ouv 6uo • ûitô jxèv
itAeidvwv i% twv Swtxôvwv Stîjjijxa^oç (Patr. Gr., t. LXXXVI, p. 193).
3. Hic sub intenlione...] Théodore le Lecteur rapporte que la can-
didature de Laurent fut soutenue avec l'argent du sénateur Festus
(Anastase II, note 3), qui espérait le décider à signer l'hénotique.
Ni l'anonyme de Ravenne (Excerp. Vales., 65), ni le fragment lauren-
tien, ni le L. P. ne parlent de préoccupations dogmatiques ; mais
les esprits étaient tendus de ce côté : la notice d'Anastase II le
montre clairement.
4. hoc constituerunt partes...] Suivant le narrateur laurentien,
l'arbitrage de Théodoric aurait été imposé : « Goguntur utrique.. .
» regium subituri iudicium, petere comitatum. »
5. quod tamen aeguitas...'} Le laurentien calomnie ici le pape
Symmaque : « Symmachus mullis pecuniis optinet. » L'anonyme
de Ravenne est d'accord avec le L. P. : t Ordinante Deo, qui eo
» dignus fuit superavit Symmachus. •
6. Symmachus congregavit synodum..."] Nous avons les actes de
cette assemblée, tenue le 1" mars 499. Laurent y assista et y signa
au rang des prêtres : « Caelius Laurentius, archipresbyter tituli
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264
» Praxidae his subscripsi et consens! synodalibus constitutis at-
» que in hac me proflteor manere sententia. » Dans les pièces con-
servées il n'est pas question de l'envoi de Laurent en Campanie. Il
y alla pourtant, « plurimis coactus minis promissionibusque »,
dit le fragment laurentien. Théodore le Le*cteur connaît aussi l'é-
vôché assigné à Laurent.
7. Post annos vero ////...] Post aliquot' annos, dit le biographe
laurentien ; au commencement de l'année 501.
8 . Zelo ducti — canones prohibebant] Tout ceci est raconté avec
beaucoup plus de détail par le narrateur laurentien, mais dans le
sens le plus défavorable à Symmaque. En comparant les divers
récits qui nous sont restés de cette affaire, c'est-à-dire, outre les
deux notices de Symmaque, le Pro synodo d'Ennodius de Pavie, le
synode de 501 et les pièces annexes, on parvient à reconstituer la
série des faits. Symmaque avait célébré la Pâque le 25 mars, date
exigée par l'ancien comput romain (cf. Jaffé, 754), tandis que le
comput grec indiquait le 22 avril. Ses ennemis profitèrent des
controverses soulevées à ce propos pour le faire mander à Ra-
venne et organisèrent en même temps une accusation en règle
contre lui. Il se trouvait à Rimini, attendant que Théodoric s'oc-
cupât de son affaire, quand il apprit qu'il s'agissait d'accusations
plus graves que celle qui concernait la date pascale. Sans attendre
l'audience du roi, il revint à Rome et, trouvant déjà la ville en
proie au désordre, il se réfugia à Saint-Pierre. Ses adversaires
profitèrent, pour faire valoir leurs griefs, de la mauvaise impres-
sion que sa disparition subite n'avait pas manqué de produire sur
le roi ; ils firent recevoir leur acte d'accusation (libellus) où il était
question de fautes charnelles et de dilapidation des biens de
l'église. En môme temps ils réclamaient que, les fêtes pascales
ayant été célébrées en temps indu, on envoyât un visitator pour les
renouveler. C'était déclarer indirectement qu'il n'y avait plus d'ô-
vêque à Rome et que le siège était ou vacant ou contesté ; pareille
chose s'était vue au temps de Boniface et d'Eulalius, en un temps
où il y avait incertitude sur les titres de deux concurrents à la
papauté. Symmaque ne pouvait accepter que, sans l'avoir jugé,
on le traitât déjà comme déchu: il protesta contre le visiteur, qui
du reste aggrava encore son intrusion par son manque d'égards
envers le pape accusé. — Dans cette première période des événe-
ments, la seconde édition introduit les noms des sénateurs Festus
et Probinus, ainsi que la mention expresse du libellus [d'accusa-
tion] Romae factus. Ces détails manquent en cet endroit à la pre-
mière édition ; mais il a été facile de les emprunter à la suite du
récit.
9. occulte revocaverunt Laurentium] Laurent ne parait pas être
revenu directement de Nucêrie à Rome ; s'il y vint en allant à
Ravenne, ce ne fut que pour un moment et sans faire acte de pré-
tendant, car le synode de 501 et le Pro synodo d'Ennodius ne font
aucune allusion à sa présence ; vers la fin de l'année, ses partisans
l'allèrent chercher à Ravenne (Fragm. laur.).
10. b. Symmachus congregavit— sedem eius] Ceci n'est pas tout à
fait exact. Le concile où Symmaque devait purgari a crimine falso
ne fut pas convoqué par lui, mais par le roi Théodoric, avec son
assentiment. Il se réunit après Pâques, c'est-à-dire après le 22
avril, dans le courant de mai probablement. Sa première séance
se tint dans la basilique de Jules (S. Maria in Trastevere). Symma-
que y vint, consentit à abandonner provisoirement les privilèges
de son siège et à être jugé par ses inférieurs, mais à condition
qu'on remit les choses en l'état, c'est-à-dire que le visiteur fût
écarté et qu'on le remît, lui Symmaque, en possession des églises
et du temporel de son évêché. Il est possible qu'on lui ait donné
satisfaction sur la question du visiteur, mais, quant à l'autre
point, Théodoric ne voulut rien changer avant le jugement. Cette
saisie des églises et du temporel préjugeait étrangement le débat :
Symmaque céda néanmoins, pour le bien de la paix. La seconde
session du concile fut indiquée à Sainte-Croix en Jérusalem pour
le 1" septembre. Les accusateurs parvinrent à faire lire leur
LUI. SYMMACHUS (498-514).
libellus; mais Symmaquo ne comparut pas. Dans le trajet entre
Saint-Pierre et la basilique Sessorienne « ab irruentibus turbis
> aemulorum suorum ita tractatus est ut mullis presbyteris qui
» cum ipso ierant per caedem ipsam mortis fuisset occasio (Con-
cile de 501, Thiel, t. I, p. 662). » Après cet événement, Symmaque
ne voulut plus entendre parler de se présenter devant le synode
et resta sourd à toutes les sommations. Malgré l'insistance du
roi, qui pressait les évoques de rendre enfin une sentence, le sy-
node ne se crut pas permis de juger la cause en l'absence de l'ac-
cusé ni de le traiter en contumace ; il se borna, dans sa dernière
session, le 23 octobre 501, à émettre la déclaration suivante :
« Symmachus papa, sedis apostolicae praesul, ab huiusmodi pro -
» posilionibus impetitus, quantum adhominesrespicit, quia totum
» causis obsistentibus superius designalis constat arbitrio divino
» fuisse dimissum, sit immunis et liber et christianae plebi sine
» aliqua de obiectis obligatione in omnibus ecclesiis suis ad ius
» sedis suae pertinentibus et tradat divina mysteria, quia eum ab
» impugnatorum suorum petitione propter superius designatas
» causas obligari non potuisse cognovimus. » On ajoutait que
Symmaque devait rentrer en possession de ses églises et de son
temporel, que les fidèles lui devaient obéissance et que les clercs
qui exerceraient le culte à Rome contre son gré devaient être
considérés comme schismatiques. Aucune sentence ne fut alors
portée contre Pierre d'Altinum ; Théodoric ne l'eût sans doute
point laissé condamner, puisque c'était par son ordre qu'il était
venu à Rome. Quanta Laurent, conjme il n'avait pas encore re-
paru à Rome en compétiteur, il n'y avait pas lieu de procéder
contre lui. — La décision du concile ne calma point l'agitation
excitée par cette querelle. Le populaire était favorable à Symmaque,
mais une partie du clergé et la majorité du sénat se trouvaient
dans l'opposition. On répandit aussitôt un écrit intitulé : Adver-
sus synodum absolutionis incongruité, auquel Symmaque fit répondre
par Ennodius, diacre de Pavie, dont nous avons encore le Libellus
pro synodo. L'année suivante, le 6 novembre 502, il se tint à Saint-
Pierre un autre synode, composé, comme le précédent, d'évêques
de toute l'Italie, mais cette fois sous la présidence de Symmaque.
Trente-sept prêtres romains seulement y assistèrent, au lieu des
soixante-sept qui avaient signé le concile de 499. Cette assemblée,
dont la célébration était à elle seule une manifestation en faveur
du pape légitime, se borna à déclarer nulles les décisions prises
en 483, pendant la vacance du siège, à propos des aliénations de
biens ecclésiastiques (Félix III, note 16). On enlevait ainsi aux
adversaires de Symmaque le droit de se servir d'un règlement
dont ils avaient abusé contre lui. Mais l'union ne se fit pas pour
cela. Les ennemis de Symmaque avaient décidé Théodoric, très
irrité de l'insuccès de ses démarches conciliatrices, à leur rendre
Laurent, leur ancien candidat à la papauté. Laurent n'avait pu
prendre part ostensiblement aux affaires de l'année précédente ;
tant qu'il y eut un visitator à Rome, c'est-à-dire tant que le siège
fut considéré par le roi comme inoccupé, Laurent ne pouvait s'y
installer. Il alla d'abord à Ravenne et c'est de là que ses parti-
sans le ramenèrent à Rome. On ne sait au juste quand il fut dé-
posé canoniquement ; en tout cas, ce fut avant le concile de 502,
car nous rencontrons dans celte assemblée un autre évêque de
Nucérie, appelé Aprilis. Le pape, du reste, n'avait pas besoin
d'un grand concile italien pour déposer un évêque suburbicaire. Il
est probable aussi qu'il procéda seul contro l'évêque d'Altinum,
coupable d'avoir entrepris sur ses droits épiscopaux. On ne sait
quelle suite fut donnée, en ce qui concerne ce prélat, à la sentence
pontificale. L'évêché d'Altinum relevait de la métropole d'Aquilée,
dont le titulaire paraît avoir été, dans cette affaire, ou peu zélé
pour la cause de Symmaque, ou même favorable à ses adversai-
res. Quoi qu'il en soit, la condamnation de Pierre et de Laurent
fut imposée par le pape, comme condition de réconciliation, aux
clercs qui avaient trempé dans le schisme. Nous avons le libellus
signé à cette occasion par Jean, diacre romain, le 18 septembre
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506, « consentons quae veneranda synodus iudicavit atque cons-
» tituit, anathematizans Petrum Altinatem et Laurentium Romanae
» ecclesiae pervasorem et schismaticum » (Thiel, t. I, p. 697). —
Le schisme dura quatre ans, au milieu des scènes de violence qui
vont être décrites. Dioscore, diacre d'Alexandrie, de séjour à
Rome, parvint à fléchir Théodoric et à obtenir de lui qu'il com-
mandât au patrice Festus de faire cesser l'opposition dont il était
l'instigateur. Laurent se retira alors et Symmaque, jusque-là con-
finé à Saint-Pierre, rentra en possession de toutes les églises do
la ville et du palais de Latran. Notre auteur ne nous donne aucun
détail sur cet heureux apaisement. Il ne parle que de la réinstal-
lation de Symmaque à Saint-Pierre. Dans ce qu'il en dit, il se
trouve quelques exagérations. Outre que Symmaque ne convoqua
pas lui-même le concile, on ne peut dire qu'il ait été purgatus de-
vant cette assemblée, puisqu'il n'y eut ni débat contradictoire, ni
ptirgatio par serment. On ne doit pas non plus rapporter à ce
synode, mais à quelque assemblée d'évêques voisins de Rome, le
<tjvo8oç £v6-ruio3<ra du pape, la condamnation judiciaire de Pierre
et de Laurent. Enfin l'unanimité marquée par la formule ab om-
nibus episcopis, etc., redintegratur b. Symmachus est l'unanimité
des partisans de Symmaque, non celle de l'épiscopat et du clergé
romain. Quant au nombre des évoques, le L. P. en indique 115 : 16
seulement signèrent le protocole du 23 octobre 501 ; mais cette
pièce et les pièces annexes parlent du départ d'un certain nombre
de prélats avant cette dernière séance j le chiffre du L. P. peut
donc être exact.
il. Eodern tempore—pugnabat] Fragm. Laur.:u Per quae tempora
» quae bella civilia gesta sint, vel quanta homicidia perpetrata,
» non est praesenti relatione pandendum. »
12. Festus... et Probinus... cum Fauslo] Ces trois personnages
sont mentionnés, avec les plus grands éloges pour leur vertu et leur
littérature, dans VOpusc. VI d'tënnodius, Ambrosio et Beato (p. 408
Hartel). Festus fut consul en 472, Probinus en 489 et Faustus en
490. C'est à Festus, en même temps qu'à son collègue Symmaque,
que saint Avit, évoque de Vienne, adressa une lettre relativement
à cette affaire (Avit. ep. 31 ; Migne, P. L., t. LIX, p. 248).
13. Dignissimum et Gurdianum] Le nom de Dignissimus ne fi-
gure pas parmi les signatures presbytérales du synode de 499,
soit qu'il ait été empêché, ou que sa nomination ait eu lieu après
le concile, ou encore parce que la basilique qu'il desservait n'était
pas un titre paroissial. Gordianus, au contraire, signe comme
prêtre tituli Pammachii; c'est le père du pape Agapit. Il mourut
sans doute au commencement des troubles, en 501 ou en 502, car
son nom ne figure pas parmi ceux des prêtres fidèles à Symmaque
qui assistèrent au concile du 6 novembre 502, à Saint-Pierre. Di-
gnissimus est dans le même cas. Il faut se rappeler que plusieurs
prêtres furent tués autour de Symmaque, le 1" septembre 501 (V.
ci-dessus, note 10).
14. 6. Symmachus invertit Manicheos...'] C'est sans doute après
avoir écrit son Apologeticus adversus Anastasium Augustum (Thiel,
t. I, p. 700 et suiv.), car il n'aurait pas manqué d'opposer cette exé-
cution à son impérial adversaire, qui l'accusait d'être manichéen.
U Apologeticus est du temps où Symmaque jouissait en paix de sa
dignité, c'est-à-dire de l'année 506 au plus tôt. Notre auteur a donc
eu raison de dire post haec omnia.
15. Hic fecit basilicam...} Ici commence la description des nom-
breux embellissements et des constructions nouvelles que Sym-
maque fit exécuter à Saint-Pierre. Sa sollicitude spéciale pour cette
basilique et ses annexes de tout genre est évidemment en rapport
avec le séjour forcé qu'il y fit de 501 à 506. On remarquera le soin
avec lequel, dans cette description et dans celles qui vont suivre,
le biographe a relevé les moindres détails.
16. basilicam s. Andreae] C'est la grosse rotonde marquée e sur
le plan. Il y en avait une autre à côté (plan d) qui portait spécia-
lement le nom de Mausoleum et que nous trouvons déjà mentionnée
ainsi dans un texte de l'année 433 (Félix III, note 16, p. 254). C'était
Liber pontificalis.
265
en effet le mausolée des princes et princesses de la famille théodo-
sienne : leurs tombes y furent trouvées au xvi« siècle, quand on
démolit cette partie de l'ancienne basilique. La rotonde e, coor-
donnée à la précédente, doit avoir eu la même destination et avoir
été construite en même temps. On ne saurait toutefois constater
qu'elle ait réellement abrité des tombes impériales. Le mau-
solée d ne fut changé en chapelle que sous les papes Etienne II
et Paul I", qui y transportèrent le corps de sainte Pétronille
(De Rossi, Bull. 1878, p. 139-146); c'est probablement parce que
la rotonde e n'avait encore servi à aucun usage que le pape
Symmaque trouva tout naturel d'en faire une église. — Sur le
plan d'Alfarano, cette rotonde ne communique avec l'extérieur
que par celle de Sainte-Pétronille et par la grande basilique de
Saint-Pierre. A l'origine il n'en était pas ainsi : l'église de Saint-
André avait un portique ou atrium spécial, par lequel on accédait
dans le corridor entre les deux rotondes, et de là, par la porte co-
tée 166 sur le plan, dans l'intérieur de celle de Saint- André. Ceci
résulte du rapprochement entre ce passage de la notice de Sym-
maque et une courte description de la basilique de Saint-Pierre
au vin» siècle, conservée dans un ms. de Salzbourg ; M. de Rossi
a publié ce texte dans sa Roma sotterranea, t. I, p. 140 et l'a com-
menté dans ses Inscr. christ., t. II, p. 224 et suiv. Cf. la note sui-
vante. — Au temps de Pierre Mallius (xn« siècle), l'église Saint-
André était considérée comme ayant été autrefois le vestarium Ne-
ronis (De Rossi, Inscr. chr., t. II, p. 205); elle a survécu jusqu'à
Pie VI, qui la fit démolir pour construire la sacristie actuelle. —
L'inscription dédicatoire de cette basilique nous a été conservée
dans un manuscrit épigraphique du x« siècle; la voici, d'après la
récente édition de M. de Rossi (/. c, p. 246) :
Templa micant, plus compta fide quant luce metalli,
construclumque nitet lege Tonantis opus.
Concordes quos régna tenent caelestia semper
iunxit et in terris una domus fidei;
quam tamen autistes sancti confessor honoris
et meritis voluit nobilitare suis.
Symmache quapropter vivax iam fama per aevum
narrabit titulis amplificata piis.
Ces vers parlent de saints dont les reliques sont réunies dans un
même sanctuaire; en effet, l'église Saint-André renfermait plusieurs
chapelles consacrées à divers saints, comme on le voit par la suite
du texte.
17. tiburium ex argento] Cette décoration appartient à l'autel de
saint André lui-même; les quatre autres oratoires et confessions
énumérôs ensuite correspondent à quatre autres chapelles situées
dans la même rotonde. Il y en avait sept en tout, qui sont toutes
nommées dans la description dont j'ai parlé à la note précédente
et que je vais maintenant reproduire : « Intrante [te] in porticum
» sancti Andreae, occurrit tibi in sinistra manu altare sancti Lau-
» renti, deinde sancti Viti, deinde sancti Cassiani, deinde ipsius
» Andreae in medio rotundae ; et sic sancti Thomae, et sic sancti
» Apollinaris, novissime sancti Syxti. » Cette description s'accorde
exactement avec l'énumération du L. P., sauf que celui-ci omet les
deux premières chapelles, celles de Saint-Laurent (plan 174) et de
Saint-Vit (173). En revanche, il est plus complet pour la chapelle
Saint-Cassien et il n'a pas la faute Syxti pour Sossi, à propos de la
chapelle de Saint-Sossius. Les vocables de toutes ces chapelles
avaient changé pendant le moyen âge ; le plan d'Alfarano en in-
dique de tout à fait différents. Pour plusieurs d'entre elles nous
avons encore le texte des inscriptions dédicatoires que le pape
Symmaque* y fit placer. Voici celle de l'oratoire principal, où é ait
l'autel de saint André (De Rosai, Inscr. chr., t. II, p. 257) ■
Andréas hic sanctus templi tutabitur aram
Pétri germanus, qui quondam funera leti
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horrida perpessus sancta quoqice carne pependit ;
dum crucis in patulo suspensus siipite martyr
ultima mortalis clausit spiracula vitae,
purpureas sumens Christo régnante coronas.
18. confessionem... ss. Proti et Yacintx] Voici l'inscription dédica-
toire (De Rossi, /. c, p. 42; cf. p. 201) :
Martyribus sanciis Proto pariterque Byacintho
Symmachus hoc parvo veneratus honore patronos
exornavit opus sub quo pia corpora rursus
condidit ; his aevo laus sit perennis in omni.
19. Oratorium s. Sossi] Inscription dédicatoire (De Rossi, l. c,
p. 246):
Poniificis venei-anda sequens vestigia Sossus
aequavit merili nobilitate gradum.
Martyrio coniunctus orat verusque minister
reddidit officii débita iura sui.
Hle sacerdotem cupiens subducere morti
contigit optatam sub pietate necem.
laeta et iucunda quies ! vita duorum
funere sub gemino quos tenet una salus.
Ite simul semper, caelestia sumite dona:
par prelium poscit gloria par fidei.
Symmachus anlistes tanti sacrator honoris
haec fecit titulis commemoranda suis.
20. Item ad fontem in basilicas. Pétri] Il faut remarquer l'expres-
sion in basilica; à Saint-Pierre, en effet, le baptistère était dans la
basilique elle-même, à l'extrémité septentrionale du transsept. Sa
fondation remontait au pape Damasc, dont j'ai cité plus haut l'ins-
cription commémorativo (lntrod., p. cxxn); on connaît d'autres
inscriptions de la fin du iv* siècle et du commencement du v*.
relatives au môme édifice et à sa décoration (De Rossi, Bull. 1877,
p. 8, 9; cf. Inscr. christ., t. II, p. 138, 139). La voûte était décorée de
mosaïques ; Prudence a décrit leur brillant effet et leur mirage dans
l'eau de la piscine (Petisteph., XII, 31-44). — Le pape Symmaque
adjoignit au baptistère trois oratoires, sous les mêmes vocables
que ceux qu'Hilaire, son prédécesseur, avait fait construire autour
du baptistère de Latran. Il n'est pas étonnant que, la cérémonie du
baptême pascal ne pouvant être célébrée par lui au Latran (cf.
lntrod., /. c), Symmaque ait transporté au Vatican la disposition
et les aménagements du baptistère constantinien. L'identité du
nombre et des vocables des oratoires, au Latran et à Saint-Pierre,
indique évidemment que ces chapelles avaient quelque rapport
avec le développement des rites de l'initiation chrétienne. L'ora-
toire de la Croix doit avoir été, depuis Hilaire, affecté à la consi-
gnatio des nouveaux baptisés.
21. Oratorium sanctae Crucis] Sur le plan d'Alfarano il est mar-
qué 35; cette situation correspond bien à l'expression de P. Mal-
lius, iuxla fontem (De Rossi, /. c, p. 206) ; la description du
vm c siècle le met aussi en dehors du baptistère : « Tum tibi pergen-
» dum est ad porticum, ubi vivificae crucis vexillum servatur; te-
» que ad fontem ingrediente, etc. » (ibid., p. 227). Cette situation,
un peu isolée des deux autres oratoires, correspond bien à celle
de l'oratoire de Sainte-Croix au Latran; cf. note précédente. C'est
sans doute à cet oratoire que se rapportent les deux vers épigra-
phiques suivants (ibid., p. 258) :
Qui nos spiritu aquaque lavas a sorde benignus,
conserva in nobis donala ch[a]rismata Iesu.
22. Oraloria //, s. Iohannis...] Celui de Saint-Jean-Baptiste est
marqué 29, celui de Saint-Jean l'Évangéliste 32, sur le plan d'Al-
farano. M. de Rossi (/. c, p. 227) croit que l'on pourrait retrouver
les trois oratoires de Symmaque dans les trois chapelles corres-
pondant aux trois absidioles marquées 29, 30, 32 : les considéra-
tions que j'ai présentées dans les deux notes précédentes m'enga-
gent à accepter, au moins en ce qui regarde l'oratoire de la Croix,
le témoignage d'Alfarano, confirmé par celui de P. Mallius. Voici
des inscriptions relatives aux oratoires des deux saints Jean
(ibid., p. 258) :
Ad caeli qui régna vocas aelerna fidèles
te precibus sanctis petimus, te poplite flexo :
pro nobis, Baptista potens, dignare precari.
Hoc tibi sanctific\antes], apostote sancte Iohannes
accubitorque Dei, praesens altare, precamur
nostra iuo sancto peccamina deme precatu.
23. Ad cantharum — conpaginavil] Cette description des embel-
lissements de l'atrium manque un peu de netteté. Divers travaux
avaient été exécutés en cet endroit dans le courant du v° siècle,
en particulier sous le pape Simplicius (De Rossi, Inscr. christ.,
t. II, p. 55, 80, 144, 148). Le cantharus (plan 116), d'après l'inter-
prétation naturelle de notre texte, devait exister aussi dès avant
Symmaque ; il en est do même du quadriporticus. Pour celui-ci,
Symmaque se borna, semble-t-il, à décorer les parois au-dessus
des colonnes en les revêtant de marbres colorés et de mosaïques.
J'imagine qu'il s'agit, en ce qui concerne les marbres, de quelque
chose d'analogue au placage qui décore les murs de Sainte-Sabine.
Les mosaïques sont sans doute à placer dans les frises, comme à
Sainte-Marie Majeure. — Du cantharus de Saint-Pierre il nous
reste un dessin de la fin du xvi° siècle, exécuté par Philippe de
Winghe et publié récemment par M. de Rossi (Bull. IS81, pi. v, 1).
L'eau jaillissait du sommet et des aspérités d'une énorme pomme
de pin en bronze, enlevée à quelque monument antique (elle est
encore conservée dans la cour délia Pigna, au Vatican) et placée
dans un petit édicule que supportaient des colonnes. La meilleure
description est cello deGrimaldi, citée par Vignoli (Lib. pont., t. II,
p. 96) : « Cantharus erat pinea aerea in medio atrii in usum fontis
» ita appellata. Habebat magnum aquae fontem egredientem de
» pinnaculo pineae et alii fontes in singulis nucum nodis grato
» aspectu cadentes. Aqua cadebat in vas quadrum, si tu m et fabre-
» factum in spatiis columnarum ex magnis marmoribus antiquis:
» in quolibet duo gryphones erant marmore sculpti, pharetram te-
» nentos in medio corum (ce sont les plutei des entrecolonnements).
» Sepiebant pineam octo nobilissimae columnae porphyreticae : in
» una ex his sculptus erat imperator unus. in altéra olim abiatus
» fuit. Supra eclumnarum coronam cernobantur elogantissimi pa-
» vones acnei aurati... Coronao zophorus sculptus erat crucibus
» graecis cum quatuor columbis supra et infra crucis brachia cum
» draconibus ad vas bibentibus et aliis ornamentis. A corona zo-
» phori rursum totum erat ex aère opertorium cum signo Christi
» (le monogramme ^ entouré d'une couronne) et quatuor delphinis
» in angulis per quos decurrebat aqua pluens e caelo super oper-
d torium, quod ad arcus factum erat, cumeratibus aeneis ad arcus
» pariter elaboratis. Hos delphinos sustinebant mannorei agni
» cum cophino panis, symbolum Christi. » Longtemps avant Gri-
maldi, le cantharus avait été décrit par P. Mallius (Acta SS. iun.,
t. VII, p. 50') et par l'auteur de la plus ancienne recension des
Mirabilia U. li. Dans ces textes du xu° siècle nous trouvons men-
tionnées la pomme de pin et les colonnes do porphyre, « tabulis
» marmoreis cum griphonibus conexao, pretioso celo acreo coo-
» pertae, cum floribus et delflnis aereis et deauratis aquas funden-
» tibus » (Urlichs, Codex U. R. topogr., p. 105). Quelques-uns des
détails de cette décoration semblent visés par le L. P., qui parle
aussi de croix et d'agneaux ; cependant il faut remarquer que les
croix, les agneaux et les palmes du L. P. sont en mosaïque, ce
qui n'est pas le cas pour les ornements du cantharus, tels que les
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décrit Grimaldi. Dans l'état où il se trouvait au xvi* siècle, ce mo-
nument devait avoir subi plus d'une retouche ; mais l'ensemble de
sa décoration est bien dans le goût du temps de Symmaque. — Le
souvenir des travaux de ce pape dans cette partie de la basilique
fut consacré par l'inscription suivante, placée in dextro atrio (De
Rossi, Inscr. christ., t. H, p. 53).
Ingrederis quisquis radianiis limina templi,
in varias operum species dum lumina tendis,
inclusion mirare diem fulgore perenni:
cuncta micant si lux Iota luminatur in aula.
Ornavit praesul venerandas Symmachus aedes,
piHscaque cesserunt magno novitatis honori.
Une autre inscription, placée en face de celle-ci, in sinistro atrio
(/. c, p. 54, 144), contient le nom d'un pape Jean. C'est probable-
ment Jean I w (523-526), qui aura fait terminer la décoration entre-
prise par Symmaque :
Quamvis clara fides multum det luminis aulae
plusque loci meritis nobilitetur opus,
est tamen his pulchris specialis gratia rébus
spectantumque oculos ars pretiosa rapit.
Iohannes hoc compsit opus, quem rite coronat
urbis Romanae pontificalis apex.
24. grados vero ante fores — ampliavit] C'est le grand escalier de
Saint-Pierre (plan N, O).
25. et alios gradus — conslruxit] L'emplacement de ces degrés
n'est pas indiqué assez clairement. La disposition des lieux a tel-
lement changé qu'il serait téméraire de faire ici une conjecture.
26. item episcopia — fecit] Symmaque, évincé du palais de La-
tran, dut so loger lui-môme et installer les services de son admi-
nistration dans le voisinage de la basilique de Saint-Pierre. Nous
avons ici le premier exemple d'un pape résidant au Vatican et le
premier essai de palais pontifical en cet endroit.
27. item sub grados in atrio] Cette expression semble contradic-
toire avec celle qui suit, foris in campo, par laquelle il faut enten-
dre l'espace qui s'étendait au bas des degrés, tout à lait à l'exté-
rieur. L'auteur aura voulu sans doute distinguer l'escalier princi-
pal, par où l'on montait à l'atrium, des deux autres escaliers dont
il a parlé auparavant, gradus sub tigno. — Ce second cantharus
est ainsi décrit par P. Mallius : « In cortina beati Pétri, scilicet
» in platea ante gradus, est quoddam cantharum cum conca porfi-
» retica, quod construi fecit praenominatus Symmachus papa ad
» chrismatis unctionem in secunda feria post pascha » (De Rossi,
op. c, p. 220). Il est mentionné aussi dans l'ordo Romanus de Be-
noît (i 130-1143), à propos, d'un lit de repos que l'on y dressait pour
le pape aux jours de grande procession : « Ad lectum cantari ante
» s. Mariam Virgariorum, in fine cortinae » (Mabillon, Mus. Jtal.,
t. ir, p. 147). L'église de S. Maria Virgariorum se trouvait où est
maintenant l'obélisque (De Rossi, /. c).
28. usum necessitalis humanae] Je pense qu'il s'agit ici de lieux
d'aisance, en grec àvay^atov. Ce détail montre avec quel soin notre
auteur a relaté les moindres constructions du pape Symmaque.
29. et alios gradus — cantharum posuit] Ces degrés conduisaient
à un autre atrium, le porticus s. Andreae, mentionné dans la des-
cription du vin» siècle (ci-dessus, notes 16, 17). C'est celui par le-
quel on entrait à Saint- André; le cantharus ici nommé en occupait
le milieu. Au-dessus de l'entrée, on lisait l'inscription suivante
(De Rossi, /. c, p. 257) :
Petrus porticum et hanc sanctorum sorte coronat.
Ctaviger aetherius qui portam pandit in aethram,
ianitor aeternae recludens lumina vitae,
omnibus hic geminum digessit dogmaper orbem; j
quem Deus aeternis ornatum ture triumphis
arbiter omnipotens ad caeli culmina vexit.
Il y avait apparemment, à travers le mausolée, une communication
entre ce portique et le transsept de Saint-Pierre; c'est ce qui ex-
plique comment le nom du prince des apôtres figure et même fi-
gure seul dans l'inscription ; P. Mallius ne mentionne point de
communication avec le dehors, de ce côté de la basilique ; il n'y a
pas non plus, sur le plan d'Alfarano, la moindre trace du portique
de Saint-André.
30. basilicam s. martyris Agathae] Un fonds appelé Casa Larda-
ria ou Lardarium, situé au deuxième mille de la voie Aurélia, est
mentionné avec l'église Sainte- Agathe, dans une charte de Léon IV
(Jaffé, 2653) et dans divers autres documents énumérés par
M. Tomassetti (Archivio Rom., t. III, p. 156). Quant à l'église elle-
même, qui était déjà détruite au temps du pape Adrien IV
(1154-1159), Bosio croit l'avoir retrouvée auprès du casale di
Pio V (Roma sott., II, 12) ; mais M. H. Stevenson (De Rossi,
Bull. 1881, p. 105) ayant identifié les ruines découvertes par
Bosio avec la petite basilique de Saint-Calliste (ci-dessus, p. 142,
206), il en résulte que l'église Sainte- Agathe est encore à chercher
et par suite qu'on ignore encore la situation précise du fundus
Lardarius.
31. basilicam s. Pancratî] Elle existe encore, après avoir tra-
versé bien des vicissitudes. Le lieu fut consacré, dès le temps des
persécutions, par le tombeau du martyr Pancrace, qui, d'après sa
passion (Acta SS. mai., t. III, p. 21), aurait été exécuté le 12 mai 304.
Il est possible qu'une petite église se soit élevée dès le quatrième
siècle au-dessus du cimetière où il reçut la sépulture ; mais nous
n'avons de cela aucun indice. L'église bâtie par Symmaque fut
confiée, comme succursale cimitériale, aux prêtres du titre de
Saint-Chrysogone, dans le Transtévère. Plusieurs inscriptions,
dont deux portent les dates de 521 et 522, attestent cette dépen-
dance. L'une d'elles mentionne, à côté des prêtres titulaires, un
prepositus beati martiris Prancati qui était évidemment le gardien
et l'administrateur temporel de l'église (De Rossi, Inscr. christ., 1. 1,
n* 4 975, 977 ; Roma sott., t. III, p. 522). Celle-ci était au nombre
des sanctuaires les plus vénérés ; saint Pancrace avait la réputa-
tion de venger les parjures (Pelage I) ; dès le temps de la guerre
gothique (Procope, Bell. Goth., I, 18), la porte Aurélia prit le nom
de porte Saint-Pancrace, qu'elle conserve encore. — Le fragment
laurentien signale aussi les travaux de Symmaque à Saint-
Pancrace.
32. item apud b. Paulum aposiolum] L'abside, le transsept, la
confession de la basilique de Saint-Paul ont été tellement rema-
niés pendant le moyen âge qu'il est impossible de retrouver quoi
que ce soit des embellissements que le pape Symmaque y fit exé-
cuter.
33. et cantarum] Le cantharus de Saint- Paul existait déjà du
temps de saint Léon (ci-dessus, p. 240).
34. et post absidam] Derrière l'abside de Saint -Paul il n'y avait
que la voie publique et, au delà, sur la colline, le cimetière de
Lucine. Ce cimetière peut être considéré comme une dépendance
de la basilique, car, avant la reconstruction de celle-ci sous Va-
lentinien II, il s'étendait jusqu'au tombeau de l'apôtre. Cf. De
Rossi, Bull. 1872, p. 159. C'est peut-être à ce cimetière que se
rapporte la curieuse inscription, du vr 3 ou du vn c siècle, où un
certain Eusèbe fit graver une énumération des travaux exécutés
par lui. Parmi les constructions quo ce texte mentionne, je remar-
que un bain, balineu. Un peu plus bas on trouve les mots [r]otas
fecit, aquam in valine[o] per mangana fecit, qui doivent être
rapprochés do cette phrase du L. P. (De Rossi, Roma sott., t. III,
p. 464).
35. basilicam ss. Silvestri et Martini] Fragm. laurentien: a Hic
» beati Martini ecclesiam iuxta sanctum Silvestrem Palatini in-
» lustris viri pecuniis fabricans et exornans, eo ipso instante dedi-
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m cavit. » 11 s'agit ici du célèbre titulus Equitii, dont la fondation
première, bien antérieure au vi e siècle, était attribuée au pape
saint Silvestre (Silvestre, p. 170, 187). Le L. P., dans le texte qui
nous occupe, ne parle que d'une seule basilique, dédiée en com-
mun aux deux saints Silvestre et Martin; le fragment laurentien
distingue une église de Saint-Martin et une église de Saint-Silves-
tre, la première bâtie par Symmaque, l'autre antérieure à lui. La
môme diversité de langage se rencontre chez les biographes posté-
rieurs : celui d'Hadrien I er (n° 341), parle de Yecclesia s. Martini,
sita iuxfa titulum s. Silvestri, ceux de Léon III, Sergius II,
Léon IV, ne font pas la distinction des deux églises. Il n'y en a
maintenant qu'une seule et le nom de saint Martin prédomine
dans son vocable ; mais il est clair qu'à l'origine il y en avait deux,
assez rapprochées toutefois pour qu'on pût dès lors les confondre
dans une même appellation. En comparant les deux vies de Sym-
maque, celle du L. P. et celle du fragment laurentien, on peut
admettre que Symmaque a consacré sous le nom de saint Martin
de Tours une église toute neuve et fait peut-être, outre cette ad-
jonction, quelque embellissement à la basilique primitive de Saint-
Silvestre.
36. ad archangelum Michahel] Le sacramentaire léonien, recueil
à peu près contemporain du L. P., marque au 29 septembre le
Natale basilicae Angeli in Salaria. Cette dédicace est indiquée au
même jour dans le martyrologe hiéronymien. Il est vraisemblable,
comme le pense M. de Rossi (Bull. 1811, p. 146), que la fondation
de cette basilique remonte au v« siècle, et qu'elle est la plus an-
cienne des églises romaines dédiées à l'archange saint Michel.
Mais ici il s'agit d'une autre église, située à l'intérieur de Rome :
cette phrase-ci, en effet, dépend encore de la formule Intra civitatem
Romanam, sous laquelle le biographe range divers travaux exécu-
tés à S. Martino, aux SS. Jean et Paul, à S. Michel et à Sainte-
Marie-Majeure. 11 est assez difficile de dire de quelle basilique de
Saint-Michel il s'agit. Ce n'est évidemment pas de celle du château
Saint-Ange, qui ne remonte qu'au vn« siècle et dont les martyrologes
(Adon, 29 sept.; petit martyrol. romain, même jour) attribuent la
fondation à l'un des papes BonifacelII, IV ou V (607-625). Celle-ci
est peut-être la basitica beati Michahelis archangeli cataloguée
dans un itinéraire du vu* siècle (De Rossi» Roma sott., t. I, p. 143)
au nombre des basiliques qui intus Romae habentur. En dehors de
cette église, si célèbre par sa situation extraordinaire, nous en
trouvons trois au commencement du ix e siècle, toutes les trois
dans la vie du pape Léon III ; celle du monastère in Fabiano
(Lbon III, 384), celle du vicus Patricii (388) et la diaconie (387) qui
est maintenant l'église S. Angelo in Pescheria (Inscr. de l'année
770, citée par Galle tti, Pn'micero, p. 52; cf. Hadrien I er , note 1).
37. Hem via Tribuna, mil. XXVI f] Il n'y a pas de voie romaine qui
porte ce nom, pas plus sous cette forme que sous celle de Trivana
donnée par les mss. BG*D. Tiburtina, dans quelques manuscrits,
n'est qu'une conjecture, et une conjecture mal fondée, car la voie
Tiburtine n'a pas 27 milles de parcours ; au delà de Tibur, qui est
à vingt milles de Rome, elle se continue par la voie Valeria. Je
crois plutôt qu'il s'agit de la voie Tibérine (via Tiberina), qui, se
détachant de la voie Flaminienne à Saxa Rubra, la rejoignait au
nord du Soracte, après un grand détour le long du Tibre.
38. ab Albino et Glaphyra] Albinusest probablement le vir illus-
ris à qui sont adressées deux lettres de Théodoric (Kar., I, 20 ; IV,
30 ; cf. IV, 35) ; il avait été consul en 493. Cf. Ennodius, Ep. II, 21,
22 ; VI, 12 ; carm. 99; Anon. de Valois, 85-87 (p. 302 Gardthausen).
Le signe pp doit sans doute être lu praefecto praetorio.
39. basilicam s. Felicitatis] C'est l'oratoire construit par Boni
face I er (ci-dessus, p. 227).
40. absidam b. Agnae] L'abside de Sainte- Agnès, ayant été refaite
sous Honorius, n'a conservé aucun vestige du temps de Symma-
que. Cependant c'est probablement ce pape qui figure à gauche de
la sainte, dans la mosaïque d'Honorius, faisant pendant à celui-ci.
Il ne faut pas chercher dans cette mosaïque le portrait de «Symma-
que, caries têtes des deux papes sont modernes (De Rossi, Musaici).
— Le L. P. ajoute que Symmaque « renouvela toute la basilique. »
S'il se fût agi d'une reconstruction totale, il me semble que l'au-
teur, si précis dans cette notice, eût employé une expression plus
forte. Cependant l'architecture de la nef, avec ses colonnes à cha -
piteaux surmontés d'un tailloir et son portique à double étage,
conviendrait bien au commencement du vi« siècle.
41. H. c. ut ornne die dominica] Antérieurement à Symmaque,
le Gloria in excelsis ne se chantait qu'à Noël; ce décret est l'exten-
sion d'un usage ancien plus restreint. Cf. Tklesphore, p. 129, et
note 5, p. 130.
42. H. f. cymilerium Iordanorum] Ce cimetière se trouve sur la
voie Salaria nova, à droite, à l'embranchement du chemin de tra-
verse qui conduit à Sainte-Agnès. Outre le tombeau du martyr
Alexandre, l'un des fils de sainte Félicité, il contenait ceux de ses
deux frères Vital et Martial et ceux des sept vierges romaines.
C'est par ce cimetière que commença, en 1518, la découverte des
catacombes de Rome (De Rossi, Roma sott., t. I, p. 12, 149, 176;
Bull. 1873, p. 8).
43. Hic omni anno per Africam et Sardiniam] Il s'agit ici des évo-
ques exilés en Sardaigne par Trasamond, roi des Vandales, depuis
508 environ (Vie de s. Fulgence, c. 41, dans Migne, P. L., t. LXV,
p. 138; Victor Tunnun., Chronic., ibid., t. LXVIII, p. 948). Une
des lettres de la collection d'Ennodius de Pavie(II, 14; p. 54 Har-
tel), adressée A fris et commençant par les mots Lucrum forsitan, a
été considérée, sans fondement suffisant, je crois, comme écrite au
nom du pape Symmaque. L'auteur annonce aux exilés qu'il leur
envoie des reliques demandées par eux et leur prodigue des con-
solations spirituelles.
44. Hic captivas per Ligurias...] Nous n'avons pas d'autres ren-
seignements sur ces captifs rachetés par Symmaque et renvoyés
libres avec des présents. L'expression per Ligurias est à noter. Ce
pluriel s'explique par les deux expressions de Liguria Transpa-
dina et de Liguria Alpium, qui nous sont fournies, l'une par le
géographe de Ravenne (IV, 29), l'autre par un apocryphe pseudo-
silvestrin contemporain du L. P., et qui désignent, la première la
Transpadane, la seconde la province des Alpes Cottiennes, celle-ci
avec l'étendue qu'elle acquit dans le courant du vi« siècle. Sur
cette question de géographie politique, on peut consulter le mé-
moire de M. Paul Fabre dans les Mélanges de l'Ecole de Rome,
t. IV (1884), p. 383 et suiv. (en particulier, p. 404, note; cf. ci-
dessus, Introd., p. czxxix).
45. Qui etiam sepullus est...] Sur son épitaphe, actuellement per-
due, v. Léon, noie 15; p. 241.
46. ... confessor quiecit] Cette épithète de confesseur témoigne,
comme du reste plusieurs détails de cette notice, d'une vénération
spéciale pour la mémoire de Symmaque. Comme ce pape n'a pas
laissé un renom spécial de sainteté, l'honneur particulier que lui
fait ici l'auteur du L. P. ne peut guère s'expliquer que par le sou-
venir présent des tribulations dont il fut abreuvé. Les abrégés de
la première édition ont fait disparaître cette phrase, sauf les mots
in pace, conservés dans l'abrégé félicien.
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LIIII. HORMISDAS (514-523).
269
LIIII.
HORMISDA, natione f Campanus, ex pâtre Iusto, de civitate Frisinone, seditann. VIIII d. XVII. Fuit autem
I 82
temporibus régis Theodorici et Anastasii Aug., 2 a consulatu Senatoris [514] usque ad consulatum Symmachi
et Boethi [522] 3 . Hic conposuit clerum 4 et psalmis erudivit. Hic fecit basilicam in territorio Albanense, in pos-
sessionem Mefontis.
5 Eodem tempore 5 ex constitutum synodi 6 misit in Grecias humanitatem ostendens sedis apostolicae, quia
Greci obligati erant sub vinculo anathematis propter Petrum Alexandrinum et Acacium Constantinopolitanum
episcopum. Sub Iohanne episcopo Constantinopolitano, cum consilio 7 régis Theodorici, direxit Ennodium 8 ,
episcopum Ticinensem, et Fortunatum, episcopum Catinensem, et Venantium, presbiterum urbis Romae, et
Vitalem, diaconum sedis apostolicae, et Hilarum, notarium sedis suprascriptae. Euntes ad Anastasium Augustum,
10 nihil egerunt 9 . Idem 10 secundo misit Ennodium ipsum et Peregrinum, episcopum Mesenense, portantes n
epistulas confortatorias fidei et contestationes sécrétas numéro XVIII I et textum libelli. In quo libello noluit
sentire Anastasius Augustus, quia et ipse in herese eutychiana communis erat. Volens itaque eos legatos per
remunerationem corrumpere ; legati vero sedis apostolicae, contempto Anastasio Augusto, nullatenus consense-
runt accipere pecunias, nisi satisfactionem sedis apostolicae operaretur. Tune imperator repletus furia eiecit eos
15 P er posterulam et inposuit eos in navem periculosam cum milites et magistrianos et praefectianos nomine
Eliodorum et Demetrium; qui hoc dédit eis in mandatis imperator Anastasius ut nuîlam civitatem ingrede-
rentur. Legati vero sedis apostolicae secretius suprascriptas epistulas fidei XVIII I per manus monachorum
83
orthodoxorum exposuerunt per omnes civitates. Quae tamen epistulae abepiscopis ci vitatum qui erant conplices
IV
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Ormisda C 3 — lusto] Tusco E — Frisimone B* : Frisilunae
C 2 * : Frisilune C 3 : Frisilone E — an. VIIII A^CD : VIII cet. —
VIII d. om. B5 — d. XVII om. D — 2 Th. reg. À*BC« — Anas-
tasii AB5C 2 D : Anastasi cet. — consulatu A* — 3 Boethi A* B 3 CiD :
Boethii B« : Boeti C 2 * : Boetii A56EG— psalmos A5«C* 2 E— basi-
lica A* — terretorio Abbanense C 5 — 4 possessione A56B 6 C 2 EG
— Efontis A 3 : Fontis B«
5 constituto B^CiDEG— in] ad Al 23 — Gretiam A" : Greciam
B 23 E : Grecia C 2 : Gretias C 3 — sedit C 2 — apostoliche C 3 —
6 Grecae C 3 — subligati C* : obligaverunt C 2 — erant om. C 2 —
Constantinopolira A 2 — 7 episcopos B*«C 23 G :om. C* — sub-CP™
om. B5C 2 — episcopum -num B«C 3 DEG — Constantinopoli A 2 :
-politanae C 1 (corr.) — com C 2 : om. B* — Enodium C 1 —8 Ti-
cinensem At 3 C 2 : Cenensem B 6 : Ticenensem cet. — et-Catinen-
sem om. A 3 « — et] ad C 2 — Furtunatum C 2 — Catinensem A^6 :
Catenensem A2C 2 D : Cathenensem cet. — presbiterum] episco-
pum A— Rome C 2 '— 9 apostolichao G 3 —sedis c^E : his A 3 :
om. cet. — ssti A* : suprascriptis A 3 : om, A5« : superscriptum
B : -tos B6D-— euntes om. A* 6 — 10 <sed> nihil A* 6 — ItemA 3 G
—secundo] sedum C 1 {corr.) — Mesenensem A 236 : Mesensem C 2
— portante B« — 11 epistulas A*B 3 C 23 — confortatoria A'C 2 —
contextationes A 3 C 3 — textum] testis A 3 — nuluit C 3 — 12 consen-
tire A 3 C*De : adsentire B— Au g. An. EG — quia] qui A1356B6 —
herese A 123 : heresi A** : heresim C 3 G : heresem cet. — euthy-
cbiana A* nam B 23 5«Ci 2 D— voluit A5« — eosdem EG — li-
gatos B'C 3 — 13 muneratione B 6 — conrampere C' 3 : < sed non
po;uit > a* — ligati C 3 — apostolice C 3 — contenlo A 6 B« —
Augusto om. A 2?5 « — nullatinus A* — U paecunias A* — sati-
factionem A* : satisfactiones C 2 : -ne A 3 B 23 «C 3 D— apostolice C 3
— operarentur A 23 * 6 — furore B : furori D — eicit C 2 — 15 pos-
terulam A 138 : posterolam A 25 C J : puslerulam C 2 E : posterola
B 23 *D :postebula B5 : pusterula B*C 3 — navem A«B5C 2 : navim E :
nave cet. — periculosam A* 3 C 2 : -sa cet. — militibusA^B^C^ :
militis B5 — magisterianos A 3 : magistratos B* : magistrianus
B5 : magestrianus C* (corr.) : magistrianis A 2 * 6 B 2 E — et praef.
om. C 1 — proefectianos A* : praefectos B* : praefectianus D :
perfectianus B 3 : perfectianos B 16 C 23 : perfectianis A 2 s«B 2 E —
16 Eliodorum AC* (-ro A* 6 G) : Helidorum B* : Heliodorum cet.
— Dimetrium A* : Dimitrium A 2 : Demetrio A5«G — qui] et A5«
— eis om. A 2 — mandatum B 6 — Anasthasius C 3 et ita infra —
17 apostolice C s — secricius B 3 — superscriptas B 2 G : sanctas A
— epistulas A^C 21 et ita porro— 18 horthodoxorum A* — expo-
suerunt A 56 C* : posuerunt EG : et posuerunt cet. — per] super
C* — quas t. epistolas EG : quia tam est epistula D — ab om.
B 6 C* — ab-crimine] fidei episcopi civ. q. e. c. Aug. An. prae
timoré vel criminc G — civitatem D —
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270 Lini. HORMISDAS (514-523).
Anastasii Àugusti, timorî omnes eas epistulas fidei pro crimine Constantinopolim direxerunt. Furore repletus li
Anastasius contra papa Hormisda inter alia sacra sua hoc scripsit dicens : « Nos iubere volumus, non nobis
iuberi. »
V Eodem tempore nutu divinitatis percussus est 13 fulmine divino Anastasius imperator et obiit. Sumpsit itaque
imperium Iustinus orthodoxus et direxit 14 auctoritatem suam ad papam Hormisdam sedis apostolicae, Gratum et 5
84 inlustrem nomine, sperans a sedem apostolicam ut reintegraretur pax ecclesiarum. Tune Hormisda episcopus
cum consilio 15 régis Theodorici direxit a sedem apostolicam Germanum ,6 , Capuanum episcopum, et Iohannem
et Blandum presbiteros etFelicem et Dioscorum, diacones sedis apostolicae, et Petrum notarium. quos monitos t7
ex omni parte fidei, et textum libelli paenitentiae. Qui venientes 18 iuxta Constantinopolim, tanta gratia fidei
refulsit ut multitudo monachorum orihodoxorum et inlustrium virorum maxima multitudo, in quibus Iustinus \0
imperator et Vitalianus consul, simul occurrerunt a Castello Rotundo quod dicitur, usque in civitatem
Constantinopolim. Cum gloria et laudem ingressi una cum Grato inlustrem, qui suscepti sunt 19 a Iustino ortho-
VI doxo Augusto cum gloria. Omnis itaque clerus una cum Iohanne episcopo Constantinopolitano, sentientes eo
quod gratanter suscepti sunt, sentientes qui erant conplices Anastasii, incluserunt se in ecclesia maiore quae
Yocatur sancta Sufia et consilio facto mandaverunt imperatori dicentes : « Nisi nobis reddita fuerit ratio quare «5
» damnatus est episcopus noster Acacius, nullatenus sentimus sedi apostolicae
vin Hic papa 20 Hormisda perrexit ad regem Theodoricum Ravenna et cum eius consilio misit auctoritalem ad
Iustinum et cum vinculo cyrographi et textum libelli réintégra vit ad unitatem sedis apostolicae damnantes
Petrum et Acacium vel omnes hereses.
IX Hic invenit 21 Manicheos, quos etiam discussit cum examinatione plagarum, exilio deportavit; quorum codices 20
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
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i Anastasii A : -si cet. — timoré A5 6 B 6 C 1 DE — eas om.
A 2 — crimen B 6 : crimini C 3 — dixerunt B*>C 3 — < Tune >
furore B 5 — 2 Anastasius < Aug. > E — papam Hormisdam
A 2 - 6 B5<>C 2 DE — in talia D — alia < execrabilia > A 56 — nobis]
nos DG — 3 iuveri C 3 — 4 notu C 3 — ilumine C* (corr.) —
divini G 2 — sumsit B"> — 5 auctoritatc sua A 23 5 — suam om. A*
— <per> Gratum EG — Gradum A 3 C* (corr. c') : Gaudium B 6
— 6 illustrem A — norninem B 5 — a] ad Ai^BGC 1 — sedem
A123B5C1 : sede cet.— apostolicam Ai 23 B*C 3 : apli C 1 : apostolica
cet. : inde quaternione uno avuiso défiât A 2 usque ad Constanti-
nopolim, in vita Vigilii, n. 107 — reintegrarentur A^^C 3 (re-
tin- B G ) : redintegraretur A 35C B 2 E — ecclesiam C 1 — Hormis-
dam A**G : Ormisdam A 3 : Ormisda B 5 — 7 cum om. C 2 — régis
om. C 2 — Theoderici B 2r C 2 — a] ad A 3 B 3 «D— seiem A 3 B 3 *C 23 D :
sede cet. — apostolicam A 3 B^C 2 D : -ca cet. — Capuanum om. A*
— Ioannem A 1 — 8 Balandum B 5 — presbiteris A 13 : -ros A 5C C 12 :
-rum cet. — diacones A 35C C 3 — apostolice C 3 — quos om. A 56
— munilos A 56 CtD — 9 paen. A* : poen. B 3 : pen. cet. — Cons-
tantiuopoli C 3 D : -litana C* (corr.)— 10 fulsit C 2 — ortod. C 3 —
multitudo < occurreret > A^EG — quibus < et > EG — li
adCasteilum Rotundum A (Castellu Rotundu A*) — quo B 23 C 2 —
ducitur A«B23C 2 : ducit A56 : ducetur B^ : direxit C* — civitate
EG— 12 Conslanlinopolitanam C*— < qui > cum As^E— glo-
riam C 2 — laude B25C1D : gaudio A : laudibus < qui > E —
Grato A5 : Graton A« : Ingradu A 3 : Ingrato cet. — iilustri A 3 :
inlustri A56 : illustrem B 2 C*D — qui om. A** — ortod. C 3 — 13
omnes A^C 3 — episcopo lob. BCDEG, cum T, qui hinc incipit
— sentiens A 13 G : sensit Aï* — co om. B 6 — eo-sentientes om.
C 2 — 14 gratenter C 3 — sunt < etiam > EG — sentientes
< quoque boc > A56 — < et bi > qui EG — conplice A 1 : con-
plices B 3 «C 3 — Anastasii A : Acaci cet. [de T n. I.) — ecclesia
maiore AB*C 2 : ecclesiam maiorem cet. — que C 3 — 15 sanctac
Sofiae B> — Sufia A*5 : Suffia A 3 C* : Sofia B 2 <T : Sophia cet. —
fuerit red. C 1 — ratio-noster om. B> — 16 nullatinus A*T —
consentimus A&T : consentiamus A 6 : sentiamus B 5 — sedis
A* 3 B r > : sede B* — 17 Ormisdam A 3 : Hormisdam E — Tbeode-
ricum B 2 «CDE — Ravenna A* 3 T — eius] eis C 2 — 18 Iustinum
< imperatorem > EG— cum om, C 2 G— vinculum E — cyrografi
A* : cbirograpbi C 3 — teclum libellum C 1 (corr.) — redint.
A"5CB'DE — bumanilatem B* — sedi B 3 *5C* 3 — apostolice C 3 T
— 19 et AC 2 G : om. cet. [de T n. i.)— 20 quos] quibus T— etiam
om. A — discussis B 23 CD : discursis B> : ducis sis B6 (ducis b c ) :
/////sis T — < et > cum A** —
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LIIII. HORMISDAS (514-523). 271
ante fores basilicae Constantinianae incendio concremavit. Huius temporibus episcopatus in Africa " post
annos LXXIIII revocatum est, quod ab hereticis fuerat exterminatum.
Eodem tempore 23 venit regnus cum gemmis praetiosis a rege Francorum Cloduveum christianum, donum X 85
beato Petro apostolo. Sub huius episcopatum 24 multa vasa aurea vel argentea venerunt de Grecias, et
5 evangelia cum tabulas aureas cum gemmis praetiosis, qui pens. lib. XV;
patenam auream cum yaquintis, qui pens. lib. XX;
patenas argenteas II, pens. sing. lib. XXV;
scyphum aureum cum gemmis, pens. lib. VIII;
scyphum aureum circumdatum regnum, pens. lib. VIII;
10 scyphos argenteos deauratos III, pens. sing. lib. V;
gabatam hilictrineam, pens. lib. II;
tecas cyrei aureas II, pens. lib. VI;
pallia olovera blattea cum tabulis aurotextis de clamidem vel de stolam imperialem ;
subfitorium super confessionem beati Pétri apostoli.
15 Haec omnia a Iustino Àugusto orthodoxo votorum gratia optulta sunt. Eodem tempore Theodoricus rex optulit 86
beato Petro apostolo cereostata argentea II, pens. sing. lib. LXX. Eodem tempore fecit papa Hormisda apud XI
beatum Petrum apostolum trabem ex argento quem coopérait, qui pens. lib. I XL. Hic fecit in basilica Constan-
tiniana
arcum argenteum ante altare, qui pens. lib. XX;
•20 canthara argentea XVI, pens. sing. lib. XII.
Item ad beatum Paulum fecit
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 foris B6C3 — basilice Constantiniane C 3 T — cremavit B5 —
episcopatum C* — Affrica B5C 2 — post] per C 2 — 2 LXIIII T :
LXXXIÏII B 23 — revocatus A56B 2 ET — qui A5B 2 — exterminatus
A56R2E __ 3 regnus A 156 : signum B 6 : rognum cet. — ad regem
E — Gloduvetum A 1 : Cloduventum A 3 : Clodu/eo A* : Clodu-
veum A c : Hlodoveo B 2 : Lodoveum B 3 : Chlodoveum B* 6 T :
Chlodeveum B5 : Chlodoveo C^ : Clodov C 3 G : Clodoveo C* :
Flodeveum D : Clodum E — christiano A 5 B 2 — beato] sancto
T — 4 apostulo A 1 : < ferens > A 5 — episcopatus A 13 : -tu
A56R23C1ET — vasa om. Ci — Grecias AiB*C« : Gratias B*g :
Graccia T : Grctia A 3 5B 3 : Grecia cet. — 5 tabulis aureis A5B 2 ET
— cum] et A 5 — praeciosis C 3 : cetera usque ad ordinationes
omittit A 3 — quae B 23 C* 2 T — 6patena aurea AiB 2 G — iacynctis
G 3 : yacintum T— < sing. > lib. B'E — XX-lib. om. C*E
— 8 schifum T et ita porro — cum om. A 1 (suppl.) — cum-
aureum om. O — 9 scyphum-VHI om. B 6 — 10 III deaur. E —
deauratus B3E : om. As* — IIII D — V < patenas arg. II p. 1.
XXV > E— il gabata A: gabatba E— ylitrina III Ai : ylitrina
A5 : hilistriva A 6 : helectrinam T : hilistriviam B 23 C* (hyl. B 3 ) :
hylitrineam B*« : hilistrineam B*: hilictrineam C 23 * : hilitriniam
D : illic trineam E : ilictrinea G — 12 tece A 5 : tegas A«B 23 Ci 2
(th. C 2 ) — cirei B 2 « : cerei B* T : caerei C*— H om. B« — pens.
< sing. > E— lib. V B^ — 13 pallea olobyra A* : pallia obobera
T : palliolobira A5 : palliolabira A* : palliolovera B 23 : palliola-
veraB* : palliolavero B*D : palleolovero B* : pallia olovera C —
blatta A56B6 : blatea B5 : blatbea C*— taulis A* — tabulas auro
textas B5«D — clamydem B5 : clamede T : clamide AB 23 CiE
— stola AB 23 C*ET — impériale A^T : imperiali A«-5B 23 E — 14
subûcturium A* : subfictorum A 5C : subfatorium B 6 : subsytorium
C* : suffitorium E — confensionem C 3 : confessione T — beati]
sancti A 6 T — 15 haec omnia] dona T — Iustiniano E (corr.) —
ortod. C 3 —optulta A 1 ^: -litaG: obtultaB 23 * : obtulitaC 3 : ob-
tolita D : oblata A56B56C1E : om. T — Theodericus B 2 « CDT —
optuiit-tempore om. Ci— optulit Ai C 2 : donavit T — 16 beato]
sancto T — beati Pétri apostoli C 3 — apostolo om. T — cereos-
tatas A" — sing. om. BC^EGT — lib. XX D — Ormisda DT —
aput Ai B* — 17 quem ex arg. A5 E — quam A™ — CXXL A« :
CCXL A«C* : CXL T : < Eodem tempore-lib. LXX > C 1 {lin.
15-16)— in om. B^C* — basilicam -nam B 3 56C12DE — 19 arcum
om. Ci — 20 canthara-lib. XX om. C 3 — XXVI A — < quae >
pens. BC*G — pens. -XVI om. D — sing. om. B 3 — lib. XV C* e —
21 Item-XV om. C 2 *E (suppl. e) — < apostolum > Paulum B5 :
Paulum < apostolum > T—
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XII
272 Llffl. HORMISDAS (514-523)
arcos argenteos II, pens. sing. lib. XX;
canthara argentea XVI, pens. sing. lib. XV;
amas argenteas III, pens. sing. lib. X;
scyphos argenteos stationales VI cum duces, pens. sing. lib. VI.
Hic fecit ordinationes in urbe Roma per mens, decemb., presbiteros XXI; episcopos per diversa loca LV. Qui 5
etiam sepultus est 25 in basilica beati Pétri apostoli, VIII id. aug., consulatu Maximi [523]. Et cessavit epis-
copatus dies VI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
2 cantara A* — XV B6 e - sing. om. A*BC3D — 3 IIII 1 A 1 Hic fecit -lib. XII, lin. 17-20 — 5< num. > LV B»3_6 ba-
B6 — sing. om. BC«3 DT — A schifos T — V D — cum silicam B**D — sancti C* — Maximi consulatu C 2 — 7 d. VII
duces om. C* — ducibus T — sing. om. Ci — VI] hic repetit \ BC*3D.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. natione Campanns... de civitate Frisinone] L'ethnique Campa-
nus a ici le sens qu'il conserva pendant le moyen-âge : il s'étend
aux habitants de l'ancien Latium, compris depuis Dioclétien dans
le ressort du corrector Campaniae {C. I. L., t. X, p. 499).
2. et Anastasii Aug.] Pour être tout à fait exact, l'auteur aurait
dû ajouter le nom de l'empereur Justin, qui, de 518 à 523, fut con-
temporain d'Hormisdas.
3. Symmachi et Boelhi] Hormisdas siégea en réalité jusqu'à l'an-
née 523; sur ce détail de chronologie, voir l'Introduction, p. xlyi.
4. Ilic conposuit clerum] Peut-être faut-il voir ici une allusion
aux efforts que fit Hormisdas pour effacer les derniers vestiges
du schisme laurentien. Son épitaphe (ci-dessous, note 25) nous
dit à ce sujet qu'il rendit propriis lotis membra révulsa, ce qui si-
gnifie apparemment qu'il réintégra dans leurs fonctions certains
clercs qui s'étaient compromis dans le parti de Laurent et que
Symmaque avait tenus à l'écart. — L'église rurale dont il est
question dans la phrase suivante est absolument inconnue.
5. Eodem tempore...] Le récit des négociations pour l'extinction
du schisme acacien a été modifié gravement d'une édition à l'autre.
Le texte de la premier© n'est guère représenté que par l'abrégé fé-
liciftn, l'autre ayant résumé toute cette affaire en quelques lignes.
Dans le commentaire que je vais donner j'aurai toujours à distin-
guer les deux textes et à les expliquer séparément.
6. ex constitutum ..] Le texte félicien, ramené aux formes régu-
lières de l'orthographe latine, est ainsi conçu : « Huius episcopatu,
» auctoritatem ex constituto synodi misit in Graeciam secundum
» humanitatem sedis apostolicae et reconciliavit Graecos qui obli-
» gati erant sub anathemale propter Petrum Alexandrinum et
» Acacium Gonstantinopolitanum. » C'est une énonciation générale
de l'œuvre de pacification menée à bonne fin par le pape Hormis-
das, mais après plusieurs tentatives inutiles. Le second éditeur,
en supprimant l'expression caractéristique reconciliavit Graecos, a
dénaturé la portée de cette phrase; dans sa rédaction elle se
trouve rattachée à la mission d'Ennodius et de Fortunatus. Mais
ceci pouvait passer; une faute plus grave, c'est l'anachronisme in-
troduit par la mention à cet endroit de Jean, évoque de Gonstan-
tinople. En effet, que ces mots soient reliés, comme dans mon
texte, à ce qui les suit, ou qu'on les rapporte à ce qui précède,
ils indiquent toujours un synchronisme avec la mission d'Enno-
dius et de Fortunatus. Or, celle-ci se place en 515-516, au temps de
l'évêque Timothée, auquel Jean ne succéda qu'en 518.
7. cum consilio...] Abrégé félicien : t Hic papa perrexit ad regem
» Thcodoricum Raveunain et ex consilio régis... » Ce commence-
ment de phrase est repris un peu plus bas par le second éditeur.
Ce n'est que dans le L. P. qu'on trouve mention de ce voyage du
pape. Théophane cependant (ad ann. 6006, p. 160 de Boor) repré-
sente Hormisdas comme ayant été o/^oOjasvo; ûrô 6*uSeoî/ou. On
voit du reste, par les documents de la seconde mission (Thiel, 1. 1,
p. 166, 768) que l'autorité du roi Théodoric n'était point négligée
dans ces négociations. 11 n'est nullement étonnant que le pape
Hormisdas ait voulu, avant de se fier aux nouvelles extraordi-
naires qui lui venaient de Gonstantinople, se renseigner auprès
du roi.
8. dirtxit Ennodium...] Forcé par l'insurrection de Vitalien,
en 514, dé donner satisfaction aux sentiments orthodoxes de ses
sujets et de provoquer la réunion d'un concile à Héraclôe sous la
présidence du pape, Anastase écrivit à Hormisdas deux lettres,
datées du 28 décembre 514 et du 28 mars 515 (Thiel, t. I, p. 741,
742), auxquelles le pape répondit d'abord par d'autres lettres
(Jaffé, 771, 773), puis par l'envoi d'une légation composée en effet
des personnes mentionnées ici (l'abrégé F omet le notaire Hilaire).
Nous avons encore la lettre que les légats portèrent à l'empereur
(Jaffé, 775) et le texte de leurs instructions (Jaffé, 774). Le prêtre
Venantius ici nommé est sans doute le Venantius, presbyter iituli
Marcelli, qui signa au concile de 499 et dont le nom se retrouve,
parmi ceux des prêtres fidèles à Symmaque, au concile de 502.
9. nihit egerunt] Dans l'abrégé félicien, ces mots sont précédés
des suivants : « ut sub libelli satisfactione revocarentur, » qui
sont parfaitement justifiés, car la formule de ce libellus est an-
nexée aux instructions des légats, citées dans la note précédente.
Quant au nihil egerunt, nous en avons le développement dans la
lettre impériale que les légats rapportèrent au pape (Thiel, t. I,
p. 761) ; cette lettre est une fin de non recevoir assez polie, mais
fort nette. Au moment où il l'expédia, le 16 juillet 516, Anastase
n'avait plus autant peur de Vitalien.
10. Item secundo misit...] L'empereur ayant fait semblant d'in-
sister (Thiel, 1. 1, p. 764, 765) auprès du pape et du sénat de Rome
pour qu'on entrât dans les voies d'une conciliation acceptable à
son point de vue, le pape et le sénat lui répondirent d'abord par
ses propres envoyés (Thiel, t. I, p. 766, 768; Jaffé, 779); puis une
nouvelle légation se mit en route, composée des deux évoques En-
nodius et Peregrinus et munie de lettres pour l'empereur, pour
Timothée, évoque intrus do Gonstantinople, pour les évoques d'O-
rient, sans distinction, pour les prélats orthodoxes de ce pays,
pour l'évêque africain Possessor, de séjour à Gonstantinople, en-
fin pour le clergé, le peuple et les moines de la ville impériale
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LIIH. HORMISDAS (514-523).
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(Jaffé, 789-794) ; toutes ces pièces sont datées du 3 avril 517. Les
légats étaient en route depuis quelques jours quand arriva d'Epire
la nouvelle que les évêques de ce pays étaient tracassés par leur
collègue de Thessalonique, Dorothée, qui se prévalait de ses pou-
voirs de vicaire du pape, tout en négligeant de rentrer dans la
communion du saint-siège. Hormisdas envoya aussitôt à ses lé-
gats des instructions et des lettres supplémentaires (Jaffé, 795-
798) pour les mettre à môme de suivre cette affaire. Ces lettres fu-
rent expédiées le 12 avril. Le même jour le pape envoya aux
évoques d'Epire et à leur métropolitain, Jean de Nicopolis, l'as-
surance qu'il prenait leur défense en main; cette lettre (Jaffé, 799)
fut confiée au sous-diacre Pullio, qui avait été chargé, quelques
mois auparavant, d'une mission dans leur pays. Ce Pullio est
nommé dans l'abrégé félicien comme adjoint à la légation d'Enno-
dius et de Peregrinus. Je pense qu'il aura eu l'ordre de rejoindre
ces évêques sur la route de Thessalonique et de leur porter les
nouvelles instructions du pape, après avoir remis à l'évèque de
Nicopolis la lettre qui le concernait particulièrement. Le second
éditeur a supprimé ce personnage.
il. portantes epistulas confortatorias — Constantinopolim di-
rexerunt] Parmi ces epistolae confortatoHae confiées à Ennodius et
Peregrinus, on peut ranger la lettre episcopis orthodoxis* celle à
Possessor et celle aux clercs, fidèles et moines de Gonstantinople
(Jaffé, 792-794); le textus libelli doit être le même dont il a été
question plus haut. Quant à la protestation libellée à dix-neuf
exemplaires (contestationes sécrétas n. XVIIll), la teneur ne nous
en est point parvenue. Le L. P. nous dit pourquoi : les copies dis-
tribuées en Orient furent détruites. Mais il devait s'en trouver
une minute dans les archives du saint-siège. Les autres détails
sur l'échec de cette mission ne sont connus que par le L. P.
12. Furore replctus — non nobis iuberi] Nous avons le texte de
cette sacra, ou lettre impériale (Thiel, t. I, p. 813), datée du 11 juil-
let 517. Elle se termine en effet par les mots : « iniuriari enim et
» annullari sustinere possumus, iuberi non po^sumus. »
13. percussus est fulmine divino] La foudre est mentionnée dans
les deux rédactions. Le comte Marcellin et Théodore le Lecteur,
qui écrivaient à Gonstantinople, se contentent de dire qu'Anastase
mourut subitement. Du reste Victor de Tunnunum, Cyrille de
Scythopolis, dans sa vie de saint Sabas, et la Chronique pascale
parlent d'un grand orage accompagné d'éclairs et de tonnerre, qui
eut lieu au moment de sa mort.
14. et direxit auctoritatem...]La. lettre portée par Gratus figure,
avec deux autres, une de Jean évêque de Gonstantinople, une autre
du comte Justinien, dans la collection des lettres d'Hormisdas
(Thiel, 1. 1, p. 831-834). Elle est datée du 7 septembre 518; le pape
la reçut le 20 décembre. Dès le 1 er août, par une autre lettre, Jus-
tin avait notifié son avènement au pape. Hormisdas répondit à
toutes ces lettres (Jaffé, 801-804). L'envoyé Gratus est qualifié dans
ces pièces officielles, tantôt de vir clarissimus, tantôt de tir subli-
mis (cf. Jaffé, 826).
15. cum consilio régis Theodorici...] La première édition parle
aussi du consentement de Théodorfc, mais elle le fait solliciter par
l'empereur lui-même. Lettre du comte Justinien (Thiel, /. c, p. 834) :
« Ut autem nihil praetermittatur, propter causam saepius memo-
» ratam ad invictissimum regem religionis quoque negotium filio
» vestro viro sublimi Grato est iniunctum. » Hormisdas lui-même
n'y fait aucune allusion dans les lettres que j'ai citées et qui se
rapportent à cette période des négociations. Le premier éditeur
est donc ici, comme toujours, plus près de la vérité que le second.
16. Germanum — notarium] Le second éditeur a introduit ici une
faute :1e deuxième légat, dont il fait un prêtre, est qualifié d'évêque
dans l'abrégé félicien comme dans toutes les pièces officielles re-
latives à cette affaire. Aucune d'elles, il faut le remarquer, n'in-
dique le nom de son siège ; elles négligent aussi celui de la ville
épiscopale de Germain, qui n'est connu que par le L. P. — Le
prêtre Blandus et le diacre Félix ne sont pas connus d'ailleurs.
Liber pontificalis.
Quant à Dioscore, c'est le diacre alexandrin qui parvint à rega-
gner à Symmaque la faveur de Thôodoric et à lui faire rendre les
églises de Rome (ci-dessus, p. 46; cf. Symxaque, note 10). Ce fut,
par ses ressources d'esprit, sa familiarité avec la langue grecque,
sa connaissance du monde oriental, le personnage le plus utile de
toute la légation. L'abrégé félicien ne réunit pas, comme l'a fait le
second éditeur, son nom et celui de Félix sous l'appellation com-
mune de diacones sedis apostolicae. H commence par donner ce titre
à Félix, puis il joint au nom de Dioscore la formule diaconum se-
dis suscepit. Ce dernier mot, qui évidemment n'a rien à faire en
cet endroit, me semble être une corruption de suprascriptae, et je
l'ai rétabli ainsi, p. 103, 1. 1 ; c'est ainsi du reste que le second
éditeur parait avoir lu. - L'abrégé félicien omet le notaire Pierre,
qui est mentionné dans un des premiers rapports envoyés au pape
par ses légats (Thiel, /. c, p. 850); je ne crois pas qu'il ait fait dé-
faut au texte complet de la première édition.
17. quos monitos — paenitentiae] Le narrateur veut sans doute
parler des instructions remises à ses lègets par le pape; nous en
avons le texte (Jaffé, 805; Thiel, l. c, p. 838), où. de? les premières
lignes, on mentionne le libellus paenitentiae. Les documents de
cette ambassade forment un dossier considérable, qui est venu
presque entièrement jusqu'à nous (Thiel, L c).
18. Qui venientes...] Voici comment les légats eux-mêmes ra-
content au pape Hormisdas leur arrivée à Gonstantinople (Thiel,
/. c, p. 857) : « Tantum in ipsis qui dignitate funguntur inveni-
» mus religionis ardorem, ut Vitalianus, Pompeius et Iustinianus
» nobis occurrerent in decem miilibus, et de adventu nostro cum
» vestra gratiarum actione gloriari non arbitrarentur inlignum;...
» tanta fuit etiam in plèbe devotio, ut pars maxima populorum
» cum cereis simul et laudibus vesiris nostrum praestolaretur ad-
» ventum. Sub hac itaque celebritate secunda feria hebdomadae
» maioris (25 mars) Constantinopolim sospites hilaresque conve-
» nimus. » — Rapport spécial du diacre Dioscore (ibid., p. 859) :
c Ad Gonstantinopolitanam pervenimus civitatem feria secunda
» hebdomadis authenticae. Decimo ab urbe praedicta miliario su-
» blimes et magnifici viri nobis occurrerunt, inter quos sunt ma-
» gister militum Vitalianus, Pompeius et Iustinianus; secuti sunt
» et alii senatores, multique catholicae fidei colore ac desiderio
» redintegrandae pacis ardebant. Quid plura? Cum summis pêne
» omnium gaudiis ingredimur civitatem. » Le L. P. est seul à
nommer le Castellum Rotundum et à mentionner la présence du
vir illustris Gratus. Il confond l'empereur Justin avec le comte
Justinien, tout-puissant déjà ; c'est une confusion vénielle, à la
distance de Rome à Gonstantinople. Je ne sais même pas si elle
est tout à fait primitive, car la phrase suivante parle de l'accueil
fait par l'empereur aux légats, comme s'ils se voyaient en ce mo-
ment pour la première fois. — Le second éditeur donne ici à Vi-
talien le titre de consul, qu'il n'eut en réalité que l'année sui-
vante.
19. Qui suscepti sunt — sedi apostolicae...] Il faut remarquer avant
tout que ce récit est interrompu dans le texte de la seconde édi-
tion, sans doute par suite de quelque accident paléographique, et
que, pour en avoir la fin, il faut se reporter à la première édition,
dont l'abrégé félicien nous a conservé la teneur (ci -dessus, p. 102,
103). Le L. P. accentue la résistance du clergé de Gonstantinople
un peu plus que ne le font les légats, dans les rapports qu'ils
adressèrent au pape sur cette affaire. Ces rapports sont au nombre
de deux ; j'en ai déjà extrait quelque chose dans la note précé-
dente. Ici je me bornerai à reproduire la dépêche de Dioscore, plus
détaillée et sans doute plus confidentielle que celle de la légation
tout entière : « Alia die, quae est tertia feria, piissimi principis
» praesentamur adspectibus : cunctus illic aderat senatus ; in quo
» conventu erant et episcopi cjuatuor, quos episcopus Constanti-
» nopolitanus pro sua persona direxerat. Obtulimus beatitudinis
» vestrae litteras, quas clementissimus princeps cum grandi reve-
» rentia suscepit. Dicta sunt quae ante examinationem causae
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» oportuit intimare. Mox causa coepta est. Hortabatur nos cle-
» mentis8imus imperator, hoc dicens : Videte civitatis huius épis-
» copum, et invicem vobis pacifîco ordine reddite rationem. Nos e
» contra respondimus: Quid imus ad episcopum certamina facere?
» Dominus noster beatissimus papa Hormisda, qui nos direxit, non
» nobis praecepit certare; sed prae manibus habemus libellum, quem
» omnes episcopi volentes sedi apostolicae reconciliari fecerunt. Si
» praecipit pielas vestra, legatur; et si est in ipso quod ignorelur, aut
» verum esse non credatur, dicant; et tune ostendimus nihil extra
» iudicium ecclesiasticum in eodem libello esse conscriptum ; aut si
» Uli possunt docere quia non convenit religioni catholicae, tune no-
» bis incumbit probare. Relectus est libellus sub conspectu princi-
» pis et senatus. Nos statiin subiunximus : Dicant praesentes qua-
» tuor episcopi qui adsunt pro persona Constantinopolitani episcopi
» si haec quae in libello leguntur gestis ecclesiasticis minime conti-
» nentur. Responderunt omnia vera esse. Post quae nos subiunxi-
» mus : Domine imperator, et nobis grandem laborem episcopi abstu-
» lerunt et sibi convenientem rem fecerunt, dicere veritatem. Mox
» clementissimus imperator bis qui aderant dixit episcopis : Et si
» vera sunt, quare non facitis ? Similiter et aliquanli de ordine so-
ft natorio dixerunt : Nos laid sumus ; dicitis haec vera esse : facile,
» et nos sequimur. Intermissa quarta feria, episcopus Constantino-
» politanus in palatio suscepit a nobis libellum et in primis quasi
» tentavit epistolam potius facere quam libellum. Sed non post
» multa certamina hoc convenit, prooemium modicum facere et
» subiungere mox libellum, quemadmodum vestra beatitudo dic-
» tavit. Subscriptio ab eodem facta est libello conveniens, simili-
» ter et datarium, cuius exemplaria et graece et latine apostolatui
» vestro direxîmus... Episcopi diversarum civitatum, quanti in-
» venti sunt, libellum similiter obtulerunt... Pari modo et archi-
» mandritae fecerunt. » (Thiel, p. 859, 860; cf. p. 857) — Nous
avons encore la teneur du libellus en question, que le L. P. dit
être conservé dans les archives de l'église romaine. Mais l'exem-
plaire par lequel il nous est venu n'est pas un de ceux qui furent
signés en 519 par l'évêque de Gonstantinople ou par ses collègues ;
il n'est pas signé et la date qu'il porte est celle du 18 mars 517
(Thiel, p. 755). — Dans le rapport que je viens de citer, Dioscore
s'abstient de se mettre lui-môme en relief; mais le L. P., qui in-
siste sur l'importance de son rôle, est confirmé par l'ensemble
des documents de cette affaire et, en particulier, par une lettre du
pape Hormisdas (Jaffé, 842 ; Thiel, p. 905) où il le remercie en son
nom et au nom de l'Italie entière du succès des négociations qu'il
a conduites: « De laboris tui... pro ea parte quae acta est, gratu-
it lamur effectu, indicantes omnibus Italiae populis quae auctore
» Deo per te acta sunt placuisse; et gratias Deonostro sine cessa-
» tione persolvimus, qui te fecit agnoscero quia non pro odio, sed
» pro causae magis fueris amplitudine destinatus. Unde quoniam
» supplicem et puram cogitationem nostram per te misericordia
» divinae propitiationis adiuvit, necesse est ut de industriae vel
» fatigationis tuae praemio et vicissitudine cogitemus. Nam se-
» quenti tempore scribere domino et filio nostro imperatori dispo-
» nimus ut te Àlexandrinum episcopum debeat ordinare. » — Les
mots iussit Iustinus, etc. du texte félicien sont vérifiés par la lettre
de l'empereur au pape (Thiel, p. 862) : « Et quoniam omnes nostrae
» regiones admonendae sunt ut exemplum imitentur civitatis re-
> giae, destinanda ubique principalia praecepta ediximus. »
20. Hic papa— hereses] Cette phrase est un résumé des négocia-
tions d'Hormisdas en vue de l'extinction du schisme. Les premiers
mots sont empruntés à la première édition, qui s'en sert à propos
de la mission d'Ennodius et Fortunatus, la première des trois. En
les introduisant à cet endroit, le second éditeur a changé la date
du voyage d'Hormisdas à Ravenne : il le place sous Justin, tandis
que le texte primitif le mettait sous Anastase.
21. Hic invenit Manicheos] Ce fait n'est connu que par le L. P. Cf.
Gélasb, p. 255, et Symmaque, p. 261.
22. episcopatus in Africa...] La restauration catholique dans le
royaume des Vandales eut lieu aussitôt la mort de Trasamond,
qui arriva le 28 mai 523. La nouvelle de cet événement dut parve-
nir à Rome du vivant d'Hormisdas, car il ne mourut que le 6 août.
La durée de 74 ans nous reporte à l'année 449, qui ne correspond
à aucun fait de persécution susceptible d'être pris pour époque.
Je crois qu'il faut corriger ce chiffre en LXXXIIH : de cette façon
on arrive à l'année 439, qui est celle de la prise de Garthage par
Genséric et qui fut marquée par l'exil du primat Quodvultdeus
et d'une grande partie de son clergé (Prosper, Chron., ad ann. 439).
23. venit regnus a rege Francorum] Glovis mourut (511) trois ans
avant l'avènement du pape Hormisdas. Il est possible que l'envoi
du regnus {regnum) ou couronne votive dont il est ici question ait
souffert quelque retard. Du reste le nom de Glovis n'est attesté ici
que par les manuscrits de la seconde édition : l'abrégé félicien
coupe la phrase après Francorum.
24. multa vasa aurea...] Quelques-uns de ces présents sont men-
tionnés dans la correspondance du pape Hormisdas. Ainsi le
comte Justinien (Thiel, p. 877) lui annonce l'envoi de duo pallia ho-
loserica ad omamenlum altaris ss. Apostolorum; l'évêque de Gons-
tantinople Epiphane {ibid., p. 950) lui envoie les objets suivants :
caticem aureum gemmis circumdatum, patenam auream et alium ca-
licem argenteum, vêla holoserica duo, le tout pour la basilique de
Saint-Pierre, et le pape lui en accuse réception, dans une note
ajoutée de sa main au bas d'une de ses lettres (Jaffé, 858; Thiel,
p. 965). Deux de ces objets, le calice orné de gemmes et la patène
d'or, se retrouvent dans la liste du L. P. Mais celle-ci est expres-
sément indiquée comme celle des présents de l'empereur et non de
l'évêque de Gonstantinople.
25. Qui etiam sepultus est...] Voici son épitaphe, reconnue par
M. de Rossi au milieu des poèmes d'Alcuin (Froben, t. H, p. 614 ;
Dûmmler, Poetae lat. aevi Carolini, t. I, p. 114; De Rossi, Inscr.
christ, t t. II, p. 108). Elle fut rédigée par Silvère, fils d'Hormisdas,
qui devint pape en 536 :
Quamvis digna tuis non sint, pater, ista sepulcris,
nec titulis egeat clarificata fides,
sume tamen laudes quas Pétri captus amore
extremo veniens hospes ab orbe légat.
Sanasti patriae laceratum scismate corpus
restituens propriis membra révulsa locis ;
imperio devicta pio tibi Graecia cessit
amissam gaudens se reparasse fidem ;
Africa laetatur multos captiva per annos
pontifices precibus promeruisse tuis,
Haec ego Sitverius, quamvis mihi dura, notavi
ut possent tumulis fixa manere diu.
Sur le troisième distique, v. la note 4, ci -dessus; le quatrième rap-
pelle la pacification du schisme grec; le cinquième rattache à
Hormisdas, plus encore que ne le fait le L. P. (cf. note 22), l'heu-
reux changement qui se produisit en Afrique aux derniers jours de
son pontificat.
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IOHANNES, natione Tuscus, ex pâtre Constantio, sedit ann. II m. VIIII d. XVII. Fuit autem a consulatu I 87
Maximi [523] usque ad consulatum Olybrii [526] *, temporibus Theodorici régis et Iustini Augusti christiani.
Hic vocitus est 2 a rege Theodorico Ravenna; quem ipse rex rogans misit in legationem Gonstantinopolim ad
Iustinum imperatorem orthodoxum, quia eodem tempore Iustinus imperator, vir religiosus, summo ardoris amore
5 religionis christianae voluit hereticos extricare. Nam summo fervore christiani ta tis hoc consilio usus est ut eccle-
sias Arrianorum catholicas consecraret. Pro hanc causam hereticus rex Theodoricus audiens hoc exarsit etyoluit H
totam Italiam ad gladium extinguere. Eodem tempore Iohannes papa, egrotus infirmitate, cum fletu ambulavit
et senatores exconsules cum eo, id est Theodorus 3 , Inportunus, Agapitus excons. et alius Agapitus patricius.
Qui hoc accipientes in mandatis legationum ut redderentur ecclesias hereticis in partes Orientis : quod si non,
iO omnem Italiam ad gladio perderet. Qui dum ambulassent cum Iohannem papam, occurrerunt beato Iohanni a ni
miliario XV omnes civitas cum cereos et cruces in honore beatorum apostolorum Pétri et Pauli. Qui veteres *
Grecorum hoc testifîcabanîur dicentes a tempore Gonstantini Augusti a beato Silvestro episcopo sedis apostolicae,
Iustini Augusti temporibus meruisse parte Greciarum beati Pétri apostoli vicariura suscepisse cum gloria. Tune
Iustinus Augustus, dans honorem Deo, humiliavit se promis et adoravit beatissimum Iohannem papam. Eodem iv 88
15 tempore beatus Iohannes papa cum senatores suprascriptos cum grandem fletum rogaverunt Iustinum Augustum
ut legatio acceptabilis esset in conspectu eius. Qui vero * papa Iohannes vel senatores viri religiosi omnia
meruerunt et liberata est Italia a rege Theodorico heretico. Iustinus imperator tamen gaudio repletus est quia
meruit temporibus suis vicarium beatl Pétri apostoli videre in regno suo : de cuius manibus cum gloria coronatus
est Iustinus Augustus.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 lohannis AiC'T : Ioannes B* : Iohannes cet. — Constantino
A"D — m. VI11 E — d. XVI BCD : XII E— Fuit autem om. B««
CDEG — autem < temporibus > B 23 — a cons.J ad consulatum
B* : om. B*D — consulatum C 3 — 2 ad] a D — consulatu A*B 34 :
consulati C 3 — Olybrii AiC* : Olibrii X^E: Olimbri D : Olibri
cet. — Theoderici B2C2J— régis om. BCDGT — lustiniani C"—
3 vocatus A35«B6E— Theoderico B*«C23— Ravennam A50B5C2DE
— quem < quem > T — rex om. A 6 — in om. A* 9 — lega-
tione D: legatum A 56 — 4 Iustinianum C 1 — ortod. C 3 : ortho-
doxorum G 1 — quia] qui A 13 — religiosus summo] religiosissinius
AC*T {-simi T) — reliosus C 3 — amoris ardorcs D — 5 relig.
christ, om. C 24 — relegionis christiane T — christiani B* —
instricare A 3 : exstricare B 3 : extirpare B 6 — consilium B 356 C 2S
DE — 6 Arianorum B3 — catholici < episcopi > A* — con-
secrarent A*5 — pro] post B<s — hac A«6B2DEGT — causa AB2
DGT — heresis Ci — Theodericus B26G2 3 T — 7 ad] a CiG : om.
A56ë — gladio A56CEG : gaudium B 6 (corr.) — extinguire Ai—
lohannis A*B5 — aegrotatus D — infirmitate om, A 3 56 — 8 se-
natores <et> BC2 3 DE {de T. n. I.) — exconsensu Ci —Theo-
doricus A"D : Theodericus B« : Theoderus C 3 — < patricius >
ex cons. Ci : < et > ex cons. B 1 — patricius om. C< — 9 qui
hoc] hic A 5 ' — hoc om. C* — demandatis C* : mandatum T —
legationem EG — redderetur A s — aecclesia A 3 : ecclesie A*« :
aecclesiae EG — in om. B* — partis AiB^ : partibus A^CŒG
— non om. A 6 — 10 ad] a A 3 BîCi : om. A 5 «EG — gladio
AC*EG — < non > perderet A 6 — ambulasset B 3 — Iohannem
papam AiB3G 3 D : Iohanne papa cet. — beati B 8 — a om. A'*E
— 11 XII C* 3 *EG — omnaes Ai : omnes A*«B"»T : oninis cet.
— cives A56 — cireos B* : cereis A 3 * 6 ET — cru-] hic desinit T
— crucibus A 3 5 6 E — honorem B 6 E — apostulorum A 1 : om.
B23 — veteris B 6 : verteris Ci — 12 Gregorum C 3 — terapora
C 3 G — Silvestrio Ai — 13 Agustini B 6 — partem B25C1D : par-
tes EG — Gratiarum C2 3 D — suscipisse B»— 14 dan C 3 — se
C 3 — protinus B« — pp iôFB 5 E — papa C 3 — 15 lohannis AiB 3
— senatoribus suprascriptis A 3 * 6 — superscriptos B 16 E —
grandem A*BïC 3 : grandi A 3 56E: grande cet. —fletum A*B5C 3 D:
fletu cet. — revocaverunt Iustinianum C* — 161igatioC 3 —
erat C — conspectum B 4 5C 3 — vero om. A 6 — papa-religiosi
om. A 56 — lohannis A* — relegiosi B5C 3 — 17 Theodo-
rico om. C 1 — heretico om. B 6 C S — tamen] tacinus C 3 —
18 beati] sancti A 3 — de cuius] decius B 5 — cum] tum b 3 —
gloria om. B 3 —
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276 LV. IOHANNES (523-526).
Eodem tempore 6 cum hii suprascripti, id est papa Iohannes cum senatores, Theodorum excons., Inportunum
excons., Agapitum excons. et Agapitum patricium defuncto Thessalonica et suprascriptos positos Constantino-
polim, Theodoricus rex hereticus tenuit 7 duos senatores praeclaros et exconsules, Symmachum et Boetium, et
89 VI occidit interficiens gladio. Eodem tempore revertentes 8 Iohannes venerabilis papa et senatores cum gloria, dum
omnia obtinuissent a Iustino Augusto, rex Theodoricus hereticus cum grande dolo et odio suscepit eos, id est 5
papam Iohannem et senatores, quos etiam gladio voluit interficere; sed metuens indignationem Iustini Augusti,
quos tamen in custodia omnes adflictos cremavit, ita ut beatissimus Iohannes, episcopus primae sedis, papa, in
custodia adflictus deficiens moreretur. Qui tamen defunctus est Ravennae in custodia, XV kal. iunias, martyr •.
Post hoc factum, notu Dei omnipotentis, XGVIII die 10 postquam defunctus est beatissimus Iohannes in custodia,
Theodoricus rex hereticus subito interiit et mortuus est. 10
VII Hic papa Iohannes refecit u cymiterium beatorum martyrum Nerei et Achillei, via Ardiatina; item renova vit 1X
cymiterium sanctorum Felicis et Audacti; item renovavit " cymiterium Priscillae. Eodem tempore positum est
ornatum super confessionem beati Pauli apostoli, de gemmis prasinis et yachintis. Item huius temporibus
Iustinus imperator optulit :
patenam auream cum gemmis, pens. lib, XX; 15
calicem aureum cum gemmis, pens. lib. V;
scyphos argenteos V;
pallea aurotexta XV;
quod ipse 14 Iohannes detulit ad beatos apostolos Petrum et Paulum et ad sanctam Mariam et ad sanctum
VIII Laurentium. Hic ordinavit episcopos per diversa loca XV. Cuius corpus 15 translatum est de Ravenna et sepultus 20
est in basilica beati Pétri, sub die VI kal. iun., Olybrio consule [526]. Et cessavit episcopatus dies LVIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 suprascriptis A"E : superscripti B^ 6 : -tus D — id est om.
Cî — papa lohanne A 3 — Iohannis AiB 5 — senatoribus
A 556 E — Theodorum-Agap. ex cons. om. A& 6 — Theodori-
cum B 6 Ci : Théodore E — et consul" C 1 (bsi) — Inportu-
num excons. Ag. ex cons. om Ai — Inportuno... Agapilo..
etc. EG — 2 Agapitum ex cons. om. C** —ex cons. post Aga-
pitum om. B* — ex cons. et Agapitum om. D — et om. B56
— defuncto-suprascriptos om. A* 6 — Thessalonica A*B*C M :
-cam E : Tessulaca B 2 : Tessellaca B* : Teselaeca B* : Tessalica
B* : Thessalaca C l : Tesalica D — et < istos > E — supers-
criptos B 36 : -tus D — positus B^D : positi < essent> A^CEG —
3 praeclarus B* : -rum C* — et om. C« — consul C* : consules
D: exconsulem E — Boeticum B 3 : Boedium B G — 4 revertens
B2:6E — Iohannis A*B 5 — 5 obtinuissent A 1 : optin. A 3 5 fi C 2 D:
opten. C 1 : obten. cet. — grandi A 35C DE — et ideo B 6 : om.
Ci — suscipit C 3 — eos id est] eosdem EG — id est-senatores
om> a 56 — idem D — 6 papa Iohannis A* — meruit A5 : me-
tuit A 6 — 7 adflictos-custodia om. C* — creavit B* : cruciavit
E — itaque a*B5 6 D — ut] cum A* 6 — Iohannis A 1 — prime
C* — 8 custodiam E — adtlictos C 3 — moraretur B5E {corr.
e) : moriretur B* : infirmaretur A 6 — qui tamen om. A* 6 —
quia tamen defunctum se D— Ravenna B^CHl : Ravennam C* —
V kal. Cl — martyr <effectus est > A«— 9 haec Ci — notum
A 1 : notu A 3 Ci3 : nutu cet.— Dei omn. notu A 3 56— omnipotenti
Ai 3 — XXVIII B2 — beatus A 3 <5 : om. C* — [oh. < papa>A«C*
— custodiam E — 11 fecit A 3 B 6 E : praefecit G : restauravit
C* — cymiteriaCi — Acillei B3 : Accillei Ci — <in > via D—
Ardeatina A 3 5 6 E — item-Audacti om. C — iterum A5GB« —
12 < beatorum martyrum > sanctorum D — sanctorum om.
A 3 E — Adaucti Aï* : Adauti B s — cymiteria Ci — Priscillae
< via Salaria > C^^E — Eodem-optulit l. om. A 3 — 13 yachin-
tis A*: iacintinis \M : yacinctinis B 3 : yaquintinis B* : yacinthy-
nis C 2 : iacinthinis E — 14 optulit A — 15 auream B 5 — cum
gemmis om. Ci — 17 scyphos-V om. C 1 — aureos D — 18 pallea
A*C2 : pallia cet. (pallio C 1 ) — aurotexto Ci — 19 que A 56 : qui
B2 — ipsi B 3 — obtulit D — ad] et Ci — ad-Paulum] apostolis
beatis Petro etPaulo EG — et-Mariam om. D — sancta Maria
Ai — 20 Laurentium < optulit > Ai — < num. > XV C2E —
de] a A 6 : om. A* — sepultus Ai 3 B 3 5CiD : -tum cet. — 21 est om.
A5(;23 _ pétri < apostoli > C**E — Oylibrio Ai ; Olybrio C« :
Olibrio cet. — LVI B 3 .
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LV. IOHANNES (523-526)
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NOTES EXPLICATIVES.
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i. ad consulatum Olybrii] Sur la leçon Olybrii iun. que présente
ici l'abrégé K, v. Introd., p. xlvi, note.
2. Hic vocitus est...] Les mômes faits sont racontés par l'ano-
nyme de Valois (Maximien, évëque de Ravenne), c. 88-93 : a Cre-
» dens (Theodoricus) quod eum pertimesceret Iustinus imperator,
» mittens et evocans Ravennam Iohannem, sedis apostolicae prae-
» sulem, et dicit ad eum : Ambula Gonstantinopolim ad Iustinum
» imperatorem et die ei inter alia ut réconciliâtes hereticos nequa-
» quam in catholicam restituât religionem. Gui papa Johannes ita
» respondit : Quod facturas es, rex, facito citius. Ecce in conspectu
» tuo adsto;.hoc tibi ego non promitto facturum, nec illi dicturus
» sum. Nam in aliis causis quas mihi iniunxeris obtinere ab eo-
» dem, annuente Deo, potero. Iubet ergo rex iratus navem prae-
» parari et inpositum eum eum aliis episcopis, id est Ecclesium
» Ravennatem et Eusebium Fanestrem, Sabinum Gampanum et
» alios duos, simul et senatores, Theodorum, Inportunum, Agapi-
» tum et alium Agapitum; sed Deus qui fidèles cultores suos non
» deserit, eum prosperitale perduxit. Gui Iustinus imperator ve-
» nienti ita occurrit ac si beato Petro; cui data legatione, omnia
» repromisit facturum praeter reconciliatos qui se fidei catholicae
» dederunt, Arrianis restitui nullatenus posse. »
3. Theodorus — patricius] FI. Theodorus fut consul en 505, Im-
portunus en 509, Agapitus en 517.
4. Qui veteres Grecorum...] Jean I er est en effet le premier pape
qui soit allé à Gonstantinople. Quant à l'expression a tempore Cons-
tantini a b. Silvestro, il faut l'entendre en ce sens que pareil évé-
nement ne s'était pas vu depuis la réconciliation du christianisme
et de l'empire, opérée, il est vrai, dès le temps du pape Miltiade,
mais que l'on avait l'habitude de rattacher au souvenir de son suc-
cesseur Silvestre. — Sur l'accueil fait au pape, il faut rappeler ici
les détails spéciaux conservés dans la chronique de Marcellin (Phi-
loxeno et Probo conss.) : « Iohannes, Romanae ecclesiae papa LI,
» Theodorico rege pro Arianorum suorum caeremoniis reparandis
» laborante, solus dumtaxat Romanorum sibimet decessorum, Urbe
» digressus Gonstantinopolim venit. Miro honore susceptus est;
» dexter dextrum ecclesiae insedit solium, diemque Domini nostri
» resurrectionis plena voce Romanis precibus celebravit. »
5. Qui veropapa — heretico] La première édition marque expressé-
ment que Justin accorda aux ambassadeurs de Théodoric tout ce
qu'ils demandaient, et notamment la restitution des églises arien-
nes : « Omnem concessit petitionem : propter sanguinem Romano-
» rum reddidit hereticis ecclesias. » Le second éditeur a supprimé
ce détail, confirmé pourtant, quoique indirectement, par l'Anonyme
de Valois. Gelui-ci, en effet, ne signale qu'une demande dont le
pape ait refusé de se charger et que l'empereur ait repoussée, c'est
celle qui concernait les ariens convertis. Théodoric voulait qu'on
les rendit à leur ancienne secte : le pape ne pouvait évidemment
conseiller à l'empereur une telle concession. Elle ne fut donc ni
faite, ni demandée.
6. Eodem tempore — Constantinopolim] Passage remanié par le
second éditeur; l'abrégé félicien donne le texte suivant : « Et dum
» actum fuissot in partes Greciarum secundum voluntatem Theo-
» dorici régis heretici < ne > maxime sacerdotes vel christiani ad
» gladio mitterentur, illud vero beatissimo Iohanne episcopo et
» viros inlustres positos Gonstantinopolim... ». C'est peut-être
par conjecture que le second éditeur fait mourir le patrice Agapit
à Thessalonique; l'abrégé félicien porte in Grecias.
7. tenuit duos senatores] L'Anonyme de Valois (c. 85-87), place la
mort de Boèce avant l'envoi du pape et des sénateurs à Gonstanti-
nople. Les détails qu'il donne sur le supplice de cet illustre romain
ne s'accordent pas avec Vinterficiens gladio du L. P. : « Qui accepta
» chorda in fronte diutissime tortus, ita ut oculi eius creparent,
» sic sub tormenta ad ultimum eum fuste occiditur. » Quant à
Symmaque, les deux narrateurs sont d'accord pour placer son
exécution pendant que l'ambassade était à la cour de l'empereur.
Anonym. Vales., c. 92 : c Sed dum haec aguntur, Symmachuscaput
» senati, cuius Boetius fiiiam habuit uxorem, deducitur de Roma
» Ravennam. Metuens vero rex ne dolore generi aliquid adversus
» regnum eius tractaret, obiecto crimine iussit interfici. ■ Cepen-
dant le Chronicon Cuspinianeum (Mommsen, Chronograph, p. 668)
place la mort de Symmaque et de Boèce 18 jours seulement avant
celle de Théodoric : « Eo anno Theodoricus occidit Symmachnm
» et Boetium et mortuus est post dies XVIII. » — Le premier édi-
teur ajoutait ici que Théodoric fit cacher les corps de ses vic-
times ; « quorum etiam corpora abscondi praecepit. »
8. revertentes Iohannes...] Anonym. Vales., c. 93 : o Revertens igi-
» tur Iohannes papa a Iustino, quem Theodericus eum dolo suscepit
» et in offensa sua eum esse iubet. Qui post paucos dies defunctus
» est. » Le L. P. parle d'un emprisonnement subi par le pape et les
sénateurs. L'expression ut... adflictione maceratus deficiens morere-
tur (1« édition; les termes de la seconde sont équivalents) donne-
rait l'idée d'un long séjour en prison. Mais le post paucos dies de
l'Anonyme de Ravenne est justifié par les considérations chronologi-
ques suivantes. Le voyage du pape doit se placer en 526. C'est en
effet dans les quatre derniers mois de 525 (indictione Illi) ou au
commencement de l'année suivante qu'il fit demander une consul-
tation à Denys le Petit sur la Pâque de 526 (Lettre de Denys à Bo-
niface, Migne, P. L., t. LXVIL p. 517) et que le primicier Boniface
lui adressa son rapport sur cette consultation (Neues Archiv, t. IX,
p. 109). D était à Rome en ce moment. Or, la chronique de Marcel-
lin (ci-dessus, note 4) nous apprend qu'il célébra la fête de Pâques
à Gonstantinople. En 52b, le dimanche de Pâques tomba le 19 avril.
Gomme le pape mourut le 18 mai, à Ravenne, il faut que son
voyage de retour ait été très rapide et que sa mort ait suivi de
très près, comme le dit l'Anonyme, son arrivée à Ravenne. Cette
célérité est d'ailleurs bien d'accord avec les circonstances de cette
triste ambassade : Théodoric était pressé de faire parvenir ses ré-
clamations et de connaître la suite qu'on leur avait donnée; dans
l'état d'esprit où il se trouvait il n'aurait pas toléré que le pape et
tout un groupe de consulaires fissent un long séjour à la cour im-
périale. Ainsi la date ind. Il I, Phitoxeno et Probo [525], sous laquelle
cette ambassade est enregistrée dans la chronique de Marcellin,
peut être considérée comme inexacte d'une année.
9. martyr...] La première édition porte eum gloria, terme em-
ployé dans le catalogue libérien (p. 7) pour Cornélius, mort en exil.
Ces expressions trouvent un commentaire dans le fait rapporté
par l'Anonyme de Valois, qui continue ainsi la narration dont j'ai
donné le commencement dans la note précédente : « Ergo euntes
» populi ante corpusculum eius, subito unus de turba abreptus a
» daemonio cecidit; et dum pervenissent eum lectulo ubi lectus
» erat usque ad hominem, subito sanus surrexit et praecedebat in
» exsequiis. Quod videntes populi et senatores, coeperunt reliquias
» de veste eius tollere. Sic eum summo gaudio populi deductus est
» corpus eius foris civitatem. » Cf. Greg. M., Dialog. m, 2; iv, 20;
Greg. Tur., Glor. mart. t 40; Introduction, p. lui.
10. XCVIII die...] Ce calcul n'est pas tout à fait exact. Théodoric
mourut le 30 août 526, cent-quatre jours après le pape Jean.
11. refecit cymiterium bb. mm. Nerei et Achillei] Il faut entendre
par là que Jean fit restaurer la basilique des SS. Nérée et Achil-
lée, au cimetière de Domitille. Cette basilique a été découverte
en 1874 par M. de Rossi (Bull. 1874, p. 1-35, 68-75, pi. m, iv-v), qui
a pu démontrer qu'elle avait été construite sous le pape Sirice»
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entre 390 et 395, et distinguer les parties primitives des restaura-
tions opérées au vi e siècle.
12. renovavit cymiterium ss. Felicis et Audactî] Ce cimetière, ap-
pelé aussi cymiterium Commodillae, se trouvait un peu à Test de
la basilique de Saint-Paul, près de la voie d'Ostie. Boldetti (Osser-
vazioni, p. 543) y découvrit en 1720 la crypte des deux martyrs.
On voit par les itinéraires du vu» siècle qu'il y avait là une église
placée sous leur vocable (De Rossi, Roma sott., t. I, p. 182, 183).
13. renovavit cymiterium Priscillae'] Vraisemblablement la basi-
lique de Saint-Silvestre, située au-dessus des hygogées priscilliens
(De Rossi, Bull. 1880, p. 40).
14. quod ipse Iohannes detulit] Avant son voyage à Constanti-
nople, évidemment. L'abrégé K dit que le pape apporta ces pré-
sents de Grecia, Gela est impossible, car les ambassadeurs de
Théodoric n'ont pas dû passer par Rome dans leur retour rapide
à la cour du roi ostrogoth.
15. Cuius corpus — Olybrio consule] Les abrégés de la première
édition ne parlent pas du retour à Rome des restes du pape Jean.
L'Anonyme de Valois n'en dit rien non plus. Le détail rapporté ci-
dessus, note 7, à propos de Symmaque et de Boôce, quorum corpora
abscondi praecepit, porterait à croire que Théodoric ne toléra pas
qu'on procédât immédiatement à cette translation. En quelque
LV. IOHANNES (523-526).
année qu'elle ait eu lieu, la date do l'anniversaire de Jean I« a pu
être suppléée par le second éditeur d'après l'usage liturgique,
comme la note consulaire Olybrio consule a pu être empruntée au
commencement de la notice. — L'épitaphe de Jean I er a été retrou-
vée par M. de Rossi (Inscr. christ. , t. II, p. 57) dans un centon in-
forme et mutilé qui figure à la fin du ms. latin 8071 de la Biblio-
thèque nationale. Je la donne avec ses suppléments, sauf au v. 5
où je restitue moi-même :
Quisquis] ad aetern[a]m festinat tendere vita[m]
ille viam ex]quirat qua licet ire piis,
t[r]amite quo fretus caelestia régna sacerdos
intravit meritis ante pa[rata] suis.
M[en]te magis vivens, commercia grata peregit,
perdidit ut poss[et] temper habere D[e]um.
Antistes Domini procumbis victima Christi :
pontific[es] summo sic pla[cue]re Deo.
Ce texte se rencontre dans le manuscrit au milieu d'un groupe
d'inscriptions provenant de l'atrium de Saint-Pierre. Il s'agit évi-
demment d'un évoque et très probablement d'un pape. Ce dernier
point étant admis, le v. 7 ne peut s'appliquer à aucun des papes
enterrés dans le portique de Saint-Pierre, si ce n'est à Jean I".
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FELIX, natione Samnium, ex pâtre Castorio, sedit ann. IIII m. II d. XIII. Fuit autem * temporibus Theodorici l 90
régis et Iustini Aug., a consulatu Maburtii usque ad consulatu Lampadii et Horestis, a die IIII id. iul. usque
in IIII id. octub. 2 Hic fecit 3 basilicam sanctorum Gosmae et Damiani in urbe Roma, in loco qui appellatur via II
Sacra, iuxta templum urbis Romae. Huius temporibus consumpta est incendio basilica sancti martyris Saturnini \
5 via Salaria, quam a solo refecit. Qui etiam ordinatus est cum quietem 5 et vixit usque ad tempora Athalarici *.
Hic fecit ordinationes II in urbe Roma per mens, februario et martio, presbiteros LV, diaconos IIII; episcopos III
per diversa loca XXVIIII. Qui etiam 7 sepultus est in basilica beati Pétri apostoli, IIII idus octob. Et cessavit
episcopatus dies III. 8
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Samnius A**EG — d. XII B 6 — Fuit autem om. C«— autem
om. Ai fi B* 6 — 2 Iustiniani C 1 — a consulatu om. A3 — Maburtii-
consulatu om. B 4 — Maburtii A : Aburti B 6 : Mabusti C 1 : Ab-
hortu D : Mamortini E : Maburti cet. — consulatu AiB356C3E :
-tum cet. — Orestis B 6 C'-E — iul.] ianuari B' — 3 in om. B 6 —
in] ad diem B 2 : in diem A 56 — basilica A 1 — Cosme A* — loco
A«B25CiD : locum cet. — appelatur A* — A Rome G* — incen-
dium B 6 : om. A 3 — basilicam B^ 6 — 5 que m ad solo B 6 —
quiète A 3 56B 2 C 2 EG : q.iam C 1 — vixit usque] iustus quae D —
tempus A* : tempore < usque > C 1 — Atalarici C 3 : Adalrici
B* : < régis > À3«C*E — 6 HioJ Qui C 1 — urbae Romo C 3 —
7 XVIII Bs : num. XXVIIII B^C" — basilicam &* — sancti C 3
— Pétri] Pauli B23C 3 D — apostuli A* — 8 d. III] m. I d. XV E
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Fuit autem — Iustini Aug.] Ce synchronisme manque aux deux
abrégés de la première édition ; il est en effet très mal conçu, car
Félix IV ne siégea que sept semaines sous Théodoric et un an
sous l'empereur Justin. Un contemporain aurait plutôt écrit fuit
autem temporibus Athalarici régis et Iustiniani Augusti.
IIII id. octub.] Cette date est fausse, car il est absolument cer-
tain que Boniface II fut ordonné le 22 septembre. Pour retrou-
ver la vraie date, qui tombe en tout cas dans le mois de
septembre (v. Boniface II, n. 4) il n'y a qu'à compter à partir du
//// id. sept, les 12 jours que les meilleurs catalogues (Introd.,
p. lxxxti), attribuent à Félix IV ; de cette façon on arrive préci-
sément au 22 septembre, X kal. octob. Un copiste très ancien, si-
non l'auteur lui-môme, aura répété par mégarde avant le mot
octob. y le //// id. qui précède immédiatement.
3. H. f. basilicam ss. Cosmae et Damiani] Voir sur cette église,
dont les parties principales subsistent encore, le mémoire que lui
a consacré M. de Rossi, Bull. 1867, p. 61 et suiv. ,M. R. Lanciani
(Bulletlino archeol. r.omunale y t. X, p. 29-54) a repris, après M. de
Rossi, l'étude des édifices antiques dans lesquels elle fut ins-
tallée. Ce n'est pas, en effet, une basilique toute neuve que
construisit Félix IV; il ne fit qu'adapter au culte chrétien
une grande aula, divisée en deux par un mur de refend au-
quel il substitua une abside. Sur le mur oriental de ce bâtiment,
du côté du forum Pacis, était exposé le grand plan de Rome, gravé
sur marbre, dont on conserve les fragments au musée du Capitole.
Quant à Yaula elle-même, elle était affectée à la conservation des
archives censuelles et cadastrales en rapport avec le plan de
Rome et les travaux de délimitation et de mesurage qu'il résu-
mait. M. Lanciani a démontré qu'elle fut dédiée par Vespasien, en
78, et restaurée, au commencement du troisième siècle, par Sévère
et Caracalla ; c'est à cette dernière époque que remonterait la di-
vision de la salle en deux parties. — Cet édifice avait pour entrée
un portique de six colonnes, qui s'appuyait sur une partie de sa
face nord. Il ne communiquait point avec la voie Sacrée, dont il
était séparé par le petit temple circulaire élevé par Maxence en
l'honneur de son fils Romulus et consacré par le sénat, après les
événements de 312, au nom de l'empereur Constantin. Actuelle-
ment ce petit temple a été mis en communication avec Yaula
transformée en église ; il lui sert de vestibule. De cette façon l'é-
glise s'ouvre bien, comme le dit le L. P., in loco qui appellatur via
Sacra. Bien }ue ces mots n'aient point le témoignage des abrégés
F et K, je ne doute pas qu'ils ne correspondent à l'état des lieux
au moment où Félix IV dédia sa basilique. Celle-ci, en effet, est
disposée de telle façon que l'ancienne entrée de Yaula ne pouvait
lui servir ; on ne voit pas par où on aurait pu y pénétrer si le
temple rond ne lui eût point été adjoint, dès l'origine, comme ves-
tibule. — Quant à la formule iuxta templum urbis Romae, on l'in-
terprète ordinairement de Yaula elle-même, à laquelle était attaché
le plan de Rome, circonstance bien propre à expliquer une telle
dénomination. Je ferai remarquer cependant que, dans ce cas,
l'expression du L. P. serait gravement inexacte ; la basilique, en
effet, est dans Yaula et non pas auprès. Si notre auteur avait eu
cette salle en vue, il aurait écrit in temph et non iuxta templum.
— D'autre part, dans la vie d'Honorius (n° 119), le L. P. dit que
ce pape fit couvrir toute la basilique de SaintrPierre (omnem eccle-
siam) avec des tuiles de bronze enlevées, par permission de l'em-
pereur Héraclius, au temple qui appellatur Romae. On ne voit pas
pourquoi, s'il se fût agi, soit de Yaulaen question, soit du temple rond
de Constantin (d'abord de Romulus), le pape eût procédé ainsi.
D'abord il n'eût pas été raisonnable de découvrir une église pour
en couvrir une autre ; en second lieu, si le pape Honorius avait cru
devoir le faire, il n'aurait eu nul besoin pour cela de la permis-
sion de l'empereur, puisqu'il s'agissait d'un édifice tum ecclesia*
et non pas d'un édifice public. Enfin, il est impossible que des
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bâtiments aussi petits aient pu fournir des tuiles de bronze en
assez grand nombre pour couvrir toute l'immense basilique de
Saint-Pierre. Je crois donc que le templum urbis Romae du L. P.,
tant dans la notice de Félix IV que dans celle d'Honorius (cf.
aussi Paul, n° 26i) n'est autre chose que la grande basilique de
Maxence ou de Constantin, qui est en effet iuxta basilicam ss.
Cosmae et Damiani, et qui satisfait aussi aux autres données du
problème, sauf son nom, bien entendu. Mais je montrerai plus
loin que son nom primitif fut transformé de bonne heure, et dans
le sens indiqué ici. — M. de Rossi a publié [Musaici) la belle mo-
saïque absidale de cette église. On y lit, au bas, le.s vers suivants,
qui en sont la dédicace, au nom du pape Félix IV :
AVLA DI CLARIS RADIAT SPECIOSA METALLIS
IN QUA PLVS FIDEI LVX PRETIOSA MICAT
MARTYRIBVS MEDICIS POPVLO SPES CERTA SALVTIS
VENIT ET EX SACRO CREVIT HONORE LOCVS
OPTVLIT HOC DNÔ FELIX ANTISTITE DIGNVM
MVNVS VT AETHERIA VIVAT IN ARCE POLI
Le premier distique fait allusion au revêtement de marbres colorés
dont était ornée Yaula profane, devenue Vaula Dei\ sa transfor-
mation est rappelée dans le quatrième vers. — Les martyrs Côme
et Damien sont mentionnés dans le canon de la messe romaine, à
la fin d'une énumération qui ne comprend que des martyrs ro-
mains, sauf saint Cyprien, dont l'insertion s'explique par des rai-
sons spéciales. D'autre part, nous avons déjà trouvé, dans la no-
tice de Symmaque (p. 262, 1.20) la fondation d'un oratoire en l'hon-
neur des deux mômes saints. Il doit y avoir une relation entre
tous ces faits. Le canon romain témoigne, comme les deux églises
de Symmaque et de Félix IV, de la popularité acquise à Rome,
au commencement du sixième siècle, par le culte de ces martyrs
ciliciens.
4, basilica s. martyris Saturnini\ Cette basilique était située au
dessus du cimetière souterrain de Thrason, sur la voie Salaria, et
y donnait accès. Bosio en vit encore quelques ruines, en 1594
{Romasott., 111,61 ; cf. De Rossi, Bull. 1873, p. 8).
5. ordinatus est cum quietem] La première édition portait « ex
iussu Theoderici régis », comme en témoigne l'abrégé K (Cf. In-
krod., p. lxiii). Nous avons du reste (Cassiodore, Var. t VIII, 15)
la lettre d'Athalaric par laquelle il félicite les Romains d'avoir ac-
cepté le choix de son aïeul :
Senatui urbis Romae Athalaricus rex. (
« Gratissimum noslro profitemur animo quod gloriosi domni avi
» nostri respondistis in episcopatus electione iudicio. Oportebat
» enim arbitrio boni principis oboediri, qui sapienti deliberatione
» pertractans, quamvis in aliéna religione, talem visus est ponti-
» ficem delegisse ut nulli merito debeat displicere ; ut agnoscatis
» illum hoc optasse praecipue quatenus bonis sacerdotibus eccle-
» siarum omnium religio pullularet. Recepistis itaque virum et
» divina gratia probabiliter institutum et regali examinatione lau-
» datum. Nullus adhuc prislina contentione teneatur : pudorem
» non habet victi cuius votum contingit a principe superari. Hle
» quinimo suum efficit qui eum sub puritate dilexerit. Nam quae
» sit causa doloris, quando hoc et in isto reperit quod alteri in
» partem ductus optaverit ? Civica sunt ista certamina, pugna sine
» ferro, rixa sine odio; clamoribus, non doloribus res ista peragi-
» tur. Nam etsi persona submota sit, nihil tamen a fidelibus amit-
» titur, cum optatum sacerdotium possidetur. Quapropter redeunte
» legato vestro, illustri viro Publiano, rationabile duximus ad
» coetum vestrum salutationis apices destinare. Magna enim iu-
» cunditate perfruimur quoties cum nostris proceribus verba mis-
» cemus. Et hoc quoque suavissimum vobis minime dubitamus si,
» quod illius fecistis imperio, nobis etiam cognoscitis esse gratio-
» sum. »
6. et vixit usquead tempora Athalarici] « Et obiit tempore Atha-
larici régis »>, dit la première édition ; formule qui se comprend,
tandis que celle du second éditeur témoigne d'une idée assez
inexacte de ce synchronisme. Cf. Introd., p. liih.
7. sepultus est...] Voici son épitaphe (De Rossi, Inscr. christ.,
t. II, p. 126 ; cf. p. 57) :
Certa fides iustis caelestia régna patere
autistes Félix quae modo laetus habet.
Praelatus multis humili pietate superbis
promeruit celsum simplicitate locum.
Pauperibus largus, miseris solacia praestans
sedis apostolicae crescere fecit opes.
Sur la date, v. ci-dessus, note 2.
8. dies III] L'abrégé E donne le môme chiffre. L'abrégé F a le
chiffre I, qui s'accorde assez bien avec les calculs chronologiques
dont j'ai parlé dans la note 2. Cependant, comme il est possible
qu'on ait compté les jours de Félix avec moins de rigueur que je
ne l'ai fait, le chiffre III conserve, à côté de l'autre, quelque pro-
babilité. Félix peut ainsi être mort, non le 22, mais le 20 septem-
bre, XII kal. octob.
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BONIFATIUS, natione Romanus 1 , ex pâtre Sigibuldo 2 , sedit ann. II dies XXVI. Fuit autem temporibus I 91
Athalarici régis heretici et Iustini Aug. 3 Hic cum Dioscoro 4 ordinatur sub intentione. Qui Dioscorus ordinatur
in basilica Constantiniana, Bonifatius vero in basilica Iulii 5 ; et fuit dissensio 6 in clero et senatu dies XXVIII 7 .
Eodem tempore defunctus est Dioscorus, prid. id. oct. Ipsis diebus 8 Bonifatius, zelo et dolo ductus, cum grande II
o amaritudine sub vinculo anathematis cyrographi reconciliavit clero ; quem cyrographum arcivo ecclesiae
retrudit, quasi damnans Dioscorum ; et congregavit clerum. Cui tamen 9 in episcopatum nullus subscripsit, dum
plurima multitudo fuisset cum Dioscoro 10 .
Hic presbiteris " et diaconibus et subdiaconibus et notariis scutellas de adeptis hereditatibus optulit et III 92
alimoniis multis in periculo famis clero subvenit. Hic congregavit 12 synodum in basilica beati Pétri apostoli et
<0 fecit constitutum ut sibi successorem ordinaret. Quod constitutum cum cyrographis sacerdotum et iusiurandum
ante confessionem beati apostoli Pétri in diaconum Vigilium constituit. Eodem tempore, factum iterum synodum îv
hoc censuerunt sacerdotes omnes propter reverentiam sedis sanctae et quia contra canones fuerat hoc factum et
quia culpa eum respiciebat ut successorem sibi constitueret ; ipse Bonifatius papa reum se confessus est maies-
tatis, quod in diaconum Vigilium sua subscriptione cyrographi; ante confessionem beati apostoli Pétri ipsum
\ 5 constitutum praesentia omnium sacerdotum et cleri et senatus incendio consumpsit.
Eodem tempore 13 venit relatio ab Afris episcopis de constitutione et ut cum consilio sedis apostolicae omnia V
Cartaginensis episcopus faceret. Qui etiam u sepultus est in basilica beati Pétri apostoli [sub die 15 XVII mens,
octob., consulatu Lampadii]. Et cessavit t6 episcopatus mens. II dies XV.
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Bonifatius A*C 3 : Bonifatius vutyo — GisiboldoB 6 : Sigivuldo
(.3 — d. XXV B5 : XXVII B* — 2 Atalarici B 3 C 3 — régis heretici
om. B 5 — hereticis A 1 : haeraetici C 3 — lustiniani A»D — Aug.
<catholici> K— intentia C*: contentione E— qui] et A.W : quia
K6— Dioscoro B^— ordinatur AC 2 :-tus cet. (-tus est B'-)— 3ba-
silicam Constantinianam BCi 3 D— Constantiana A^— basilicam
BCD — Iulii AB 3 : Iuliae G : Iuli cet. — dissessio A 3 : discensio
Aoc-i — d. XXIIII A 3 : XXVU B'G — 4 defuctus C 3 — grandi
A 3 ^B 6 E — 5 amaritudinem A*C 3 — cyrografi Ai'C 23 — clero
quod A r > 6 — cyrografum AW — arcibo A* : archyvo C 2 :
< in > archivo A5* : arcivo cet. — 6 recondit A5 : retrusit E —
episcopatu A 3 56 — suscripsit A*C 3 : scripsit B* : susscripsit B* :
subscripto D — 7 plurimo C 3 — 8 diaconis et subdiaconis B 3 —
et ante subd. om. A 3 — atque not. EG — scutellas A56B««C 2 E *•
sicut stellas C 3 : scutellis cet. — adeptis] argento Ci — heredi-
tavit B 3 — optulit A* 3 C 2 : aptulil A» : attulit A« — 9 aliminis
C 3 : alimosinis D — periculis < multis > D — beati] sancti C 3
— 10 ut-constitutum om. AC* — ordinarent B 6 E — cyrografis
AiC2 — 11 beati om. A — Pétri ap. B>6C 2 — diaconium
D — constitutum Ci : om. A56 — factu/// Ai : factus B"«C'G :
Liber pontificalis.
factus est Ci : facto A 3 : factum est C* : facta A56B 2 E : facta est
R5 — synodum Ai : synodo A 3 56E : [synodus BCDG — 12 con-
censuerunt A 3 : censerunt B« : cesserunt B« : consenserunt
Ci 2 : concesserunt G — propter om. B* — reverentia B^C 3 —
sanctae] apostolicae D — qui B 5 — contra om. A5 — 13 <ad>
eum D — utj et Ai 3 G — constituere A 3 — magistatis B5 :
maiestas B« (manifestans b«) : maiestati C 2 — 14 sui E sus-
criptione Ai : susscriptione C* : scriptione B>— cyrografl AiC 2 :
<fecisset> A 3 : <fecisset constitutum > A56 — <et> ante
E — ante-constitutum om. A* — beati om. B* — ipsumque As
— 15 in presentia E — clerum A 3 : clero B 23 : clerici B» — se-
natoribus Ci — 16 veni Ai — ab Afris] fratris A 3 — constitutio-
nem B* — et om. Ci — ut om. C 2 G— cum om. A5«B56D — apos-
tolice C 3 — 17 Cartaginensi B 3 : Carthaginensis B" (-sae B«) :
Carthagenensis C 2 — episcopis C 3 D — facerit A* — basilicam
B56 _ XVII mens, octob. om. CHÏ : XVI kl. nov. KC*E(XVK)—
mens.] kal. B* — mens, octob. om. O — 18 cons. Lamp.J Lam-
padio et Oreste conss. K — consulatu] constitutum B« Lam-
padi BCiD — mens. II om. B*E — d. XV m. II Ci — d. VI E :
< indictione undecima > C 2 *E
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LVII. BONIFACIUS II (530-532).
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1. naiione Romanus] V. ci-dessous, note 4, le Praeceptum papae
Felicis : « Bonifatius archidiaconus, qui ab ineunte aetate sua in
» nostram militavit ecclesiam. » Cf. l'épitaphe de Boniface II,
note 14, v. 1.
2. ex pâtre Sigibuldo] Ce nom germanique est le premier qui se
rencontre dans la liste des papes ou de leurs pères. L'un des
consuls de 437 s'appelait également Sigisbuld.
3. Iustini Aug.] C'est Iustiniani que l'on attendrait. Peut-être n'y
a-t-il ici qu'une très ancienne faute de copiste. Il est possible
d'ailleurs que ce synchronisme, comme celui de la notice précé-
dente, ait été ajouté après coup.
4. Hic cum Dioscoro...] L'histoire de cotte compétition a été ré-
cemment éclairée par trois documents que M. Amelli, vice-custode
de la bibliothèque Ambrosienne, a tirés en 1883 du manuscrit
XXX, 66 de la bibliothèque capitulaire de Novare (Scuola callo-
lica de Milan, t. XXI, 122» cahier). Je les ai publiés et commentés
après lui (Mélanges de l'Ecole de Rome, t. III, p. 239 et suiv.) et
M. P. Ewald en a fait autant après moi dans le Neucs Archiv, t. X,
p. 412-413. Je vais donner ici les deux premiers ; le troisième se
trouvera ci-dessous, note 8.
INGIPIT PRAECEPTUM PAPAE FELICIS
PBAECEPTUM PAPAE FELICIS M0RIB1ITI9 PER QD0D SIBI BONIFACIUM ARCÏII-
DIACONUM SUUM P0ST SB SUBSTITUEES CUPIEBAT.
« Dilectissimis fratribus et filiis episcopis et praesbiteris, diaco-
» nis vel cuncto clero, senatui et populo Félix episcopus.
« De quiète vestra et pace cogitantes Ecclesiae, quae plurimis
» debitis tenetur obnoxia, quia omnes clericis et pauperibus so-
ft lemnes erogationes implevi et octavae praeteritae indictionis vel
• poene nudas pro temporis qualitate pensiones accepi ; ideo ista
s considerans, Deum quibus possum praecibus exorando, hoc
» mihi ipso fateor adspirante compertum, ut si me Deus pro
» voluntate sua de hac luce, sicut habet humana conditio, transire
» praeceperit, ut Bonifacius archidiaconus, qui ab ineunte aetate
» sua in nostram militavit ecclesiam, episcopatus honore suscepto,
» in qua proceditis Romanam Deo adiuvante gubernet ecclesiam.
» Cui etiam, praesentibus praesbiteris et diaconis et senatoribus
» atque patriciis filiis meis quos interesse contigit, palliumtra-
» didi, mihitamen si hac fuero luce... reddendum. Et quamvis pro
» Dei timoré et christiana devotione credam meum vos sequi et
» servare posse sine aliqua dubitatione iudicium, tamen ne quis
» pra vis persuasion ibus etambitione hoc agat ut per vos Eccle-
» siae matris dissentiones et studia faciendo membra discerpat,
» noverit qui ista fecerit vel facienti consenserit, nec Ecclesiae se
» esse fiiium et a dominici corporis esse communione suspensum.
» Quam ordinationem meam ne quis sibi incognitam diceret, in
» omnium volo propter futurum Dei nostri iudicium pervenire
» notitiam, quia et banc voluntatem mcam et domnis et filiis nos-
» tris regnantibus indicavi; quam etiam recognovi. Et manu Feli-
» cis papae : Recognovi.
HOC PER OMKES PROPOSITUM EST TITULOS R0MA50S 1UBERTE PAPA BEATO
FELICE ET SB5ATUS TALIA PROPOSUIT .*
« Senatus amplissimus praesbiteris et diaconis et uni verso clero.
« In sanctitatis vestrae notitiam duximus perferendum senatum
» amplissimum decrevisse ut quicumque vivo papa de alterius
» ordinatione tractaverit, vel quicquam acceperit tractantique con-
» senserit, facultatis suae medietatem inultetur fisci vitibus appli-
» candam. Is vero qui tam improbum ambitium habuisse fuerit
» convictus, bonis omnibus amissis, in exilio se noverit esse pel
» lendum. Atque ideo his agnitis ab omni inhibito studio vos con
» venit amoveri.
EXPLICIT CONTESTATIO SENATUS
J'ai expliqué, dans l'article des Mélanges cité plus haut, sur
quelles raisons le pape Félix pouvait se fonder pour désigner son
successeur, contrairement à l'usage ordinaire, et j'ai cherché en
môme temps à montrer quels étaient les titres et le caractère de la
candidature opposée à son choix. Dioscore est le personnage nom-
mé ci -dessus dans le fragment laurentien, p. 46, et dans la notice
d'Hormisdas, p. 270.
5. basilica lulii] Cette basilique n'était pas, je pense, celle du
titulus lulii, dans la région transtibériue. C'était plutôt une des
grandes salles du palais de Latran, que l'on sait d'ailleurs avoir
porté ce nom. Cf. Greg. M. Epist., appendice n° xn, Migne, P. L.,
t. LXXVII, p. 1350.
6. Et fuit dissentio in clero et senalu] Le nombre des prêtres
adhérents à Dioscoro fut de soixante, comme on va le voir ci-
dessous. Au concile du 1 er mars 499, où, vu les circonstances, tous
les prêtres romains durent assister, on en compte soixante-sept.
Dioscore avait donc pour lui la très grande majorité des prêtres.
Quant au sénat, on peut voir par l'édit-affiche cité plus haut que
cette assemblée se borna à interdire, en général, toute tentative
en vue de faire ordonner un autre pape du vivant de celui qui
était en fonctions, sans approuver ou mentionner en aucune façon
le choix de Félix IV. Libellé comme il l'est, ce décret pourrait
paraître dirigé tout aussi bien contre les adhérents de Boniface
que contre ceux de Dioscore. Du reste, le pape lui-même indique
assez que le haut clergé, le sénat et les patrices n'étaient pas tous
autour de lui quand il remit son pallium à Boniface : en désignant
son entourage il a soin d'ajouter quos interesse contigit.
7. dies XXVIII] Du 22 septembre au 14 octobre, jour où mourut
Dioscore, il n'y a que 23 jours, même en comptant les deux ter-
mes extrêmes. Je ne crois pas cependant qu'il faille corriger ce
chiffre. Le biographe peut avoir mal compté ; d'ailleurs il est vrai-
semblable que la division des esprits ait survécu quelques jours à
la mort de Dioscore.
8. Ipsis diebus—damnans Dioscorum] Cette formule de condamna-
tion nous a été rendue avec les deux pièces citées dans la note 4.
La voici :
« I3CIPIT LIBELLUS QUEM DEUERDKT PRAESB1TBRI LX POST MORTEM
» DIOSCORI BONIFACIO PAPAE.
a Non est dubium, beatissime papa, quod a primo homine pec-
» cet humanitas. Hinc est quod excessum correctione praevenire
» desiderans, ne obstinatum mors secunda detineat, errorem
» meum hac cupio satisfactione corrigere. Ob quam rem anathe-
» matizans Dioscorum persuasorem, qui contra constitutum de-
» cessons vestri, beatae recordationis papae Felicis, ad episcopa-
» tum Romanae adspiravit ecclesiae, promittens sub divini
» testificatione iudicii numquam me similia temptaturum. Quod
» si aliquando similia temptavero in ea causa, in qua veniam ab
» apostolatu veslro merui, tune ecclesiasticae subiaceam ultioni.
» Quam libella mei sericm Redempto notario ecclesiae Romanae
» scribendam dictavi cuique propria manu subscripsi et bcatitu-
» dini vestrae, Bonifaci papa venerabilis, et sub praesentia sacer-
» dotum obtuli sub die VI kal. ianuarii, Flaviis Lampadio et
» Oreste vv. ce. cons. >
Ce décret contre Dioscore servit plus tard d'argument à Justinien
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pour établir que l'on pouvait condamner des morts. Dans son édit
contre les trois chapitres, celui-là même dont la publication, en 551,
fut l'objet d'une protestation solennelle de la part du pape (Mansi,
t. IX, p. 579; Hardouin, t. III, p. 520), il s'exprime ainsi : < Quis igno
» rat ea quae nostris temporibus in ecclesia antiquioris Romae
» contra Dioscorum acta sunt ? Qui cum in fidem nihil peccasset,
» tamen propter solum ecclesiasticum ordinem (xaxiaraffiv) post
» mortem ab eadem sancta ecclesia Romana anathematizatus est.»
Baronius (ad ann. 530, § m) a eu tort de croire que Justinien in-
dique la simonie comme le motif de la condamnation de Dioscore.
Il n'est point question de simonie dans cette phrase ni môme dans
la phrase suivante qui ne se rapporte qu'en partie à Dioscore :
« Si igitur nihil in fidem peccantes episcopi, propter solum eccle-
» siasticum ordinem et propter causam pecuniariam anathemati
» et post mortem subiciuntur, quanto magis Theodorus » etc.
L'expression propter causam pecuniariam vise une condamnation
mentionnée dans la phrase qui précède celle où il est parlé de
Dioscore, une condamnation portée par le concile d'Afrique con-
tre les évoques qui laissent leurs biens à des héritiers que l'Eglise
ne peut reconnaître. La simonie n'a rien à voir avec ce genre de
faute. Du reste, l'empereur reproduisant, dans une lettre posté-
rieure au cinquième concile, l'argumentation et les exemples allé-
gués dans son édit de 551, distingue avec soin les deux condam-
nations et leurs motifs. Pour les évoques d'Afrique il parle de
fortune mal gérée : « oirèp I8îaç x«pioua£aç ja*i ôpOûç 6ioixT,8eîjr,ç, pour
Dioscore et Laurent (qu'il met sur le même pied) d'intrigues en
v t ue d'arriver àl'épiscopat, xaxà it«pi8po}i^v forcottôaaav tîjç lirtaxoirifc
rîtiXatSiorôat. L'assimilation de Laurent à Dioscore montre que
l'empereur était mal renseigné, car il est sûr que Laurent a été
condamné de son vivant, et non point pour brigue électorale, mais
pour intrusion sacrilège. Il fut, il est vrai, d'abord et pendant
quelque temps, comme Dioscore, dans la situation de simple
compétiteur ; mais, l'élection de Symmaque ayant été vérifiée, loin
de le condamner, on lui donna un évêché. De telles inexactitudes
expliquent pourquoi l'empereur a pu se prévaloir d'une condam-
nation qui fut retirée quatre ans après avoir été prononcée. Vigile
et les autres défenseurs romains de la condamnation des trois
chapitres étaient mis en garde contre cette faute par leur parfaite
connaissance des événements.
9. Cui tamen in episcopatum...] L'auteur entend sans doute par
là que les membres du clergé ralliés à Boniface après la mort de
Dioscore, non seulement n'avaient point signé antérieurement le
décret d'élection de Boniface, mais ne le signèrent jamais. Boni-
face, apparemment, se contenta de leur faire condamner Dioscore
et ne jugea pas que l'appoint de leurs signatures fût nécessaire à
son décret d'élection.
10. dum plurima—Dioscoro] Ceci s'accorde avec les données four-
nies par les documents étudiés ci-dessus. — Le titre de pape a été
donné à Dioscore par un des Pères du cinquième concile œcumé-
nique (553) : « Sed etiam Romanorum ecclesia ante paucos annos
» Dioscorum, qui fuit papa eiusdem ecclesiae, et post mortem
» anathematizavit, cum nec in fidem peccasset. Et hoc sciunt om-
it nés qui hic (Gonstantinopoli) degunt et maxime qui in dignita-
» tibus existunt, qui etiam eidem Dioscoro communicatores per-
» manserunt usque ad eius mortem. » (Hardouin, t. III, p. 114 ;
Mansi, t. IX, p. 263).
11. Hic presbiteris—clero subvenit] Les scutellae en question étaient
de grands plats en métal. Il est question, dans une lettre de saint
Grégoire le Grand (II, 32), d'une scutella argentea léguée à un
monastère. Les libéralités de Boniface, en temps de famine, sont
rappelées dans son épituphe, v. 9, 10.
12. Hic congregavit—incendio consumpsit] Ces événements ne sont
connus que par le L. P. La façon dont Boniface II était parvenu au
pontificat explique, dans une certaine mesure, l'acte que l'on rap-
porte ici et confirme indirectement le récit du biographe. Cf. Agapit,
p. 281, 1. 2-4.
283
13. venit relatio ab Afris] Cf. Introd., p. xli. Il s'agit sans
doute ici do quelque arrangement proposé au saint-siège par l'ê-
piscopat africain, en vue de faire confirmer l'autorité primatiale
do l'évoque de Garthage et de prévenir le retour de difficultés
comme celles qui furent soulevées, au temps de saint Augustin, à
propos des appels ecclésiastiques.
14. Qui etiam sepultus est] Voici son épitaphe (De Rossi, Inscr.
christ., t. I, n° 1029 ; cf. t. II, p. 126, 141) ; il en reste un petit
fragment, conservé dans les grottes vaticanes :
Sedis apostolicae primaevis miles ab annis
post etiam toto praesul in orbe sacer
membra beata senex Bonifatius hic sua clausit
certus in adventu glorificanda Dei.
Mitis adunavit divisum pastor ovile
vexatos refovens hoste cadente grèges ;
iram supplicibus humili de corde remisit
debellans cunctos simplicitate doîos.
Egit ne sterilis Romam consumeret annus
nunc orando fugans nunc miserando famem.
QulS TE, sancte pater, cum Christo nesciat esse
SPLENDIDA quem tecum vita fuisse probat ?
SED. ANN II. DIÊS XXVi. Dep. in pace XVI kal. nov. [532]
iter. post cons. FFU. Lampadi et Orestis vv. ce.
Les vers 5-8 parlent du schisme, naturellement dans un tout autre
esprit que l'auteur de la notice. Je ne pense pas cependant que
Vhostis cadens du v. 6 désigne Dioscore : il s'agit plutôt du diable,
de l'esprit de discorde qui a désolé le troupeau chrétien.
15. sub die XVII mens. oct. cons. Lampadii] J'ai mis cette date
entre crochets, car elle me semble bien être une glose passée de la
marge dans le texte. Dans la note consulaire, l'abrégé K donne un
texte plus complet, Lampadio et Oreste f Bans doute d'après la
notice de Félix IV où elle figure sous cette forme. Mais cette date,
qui est celle de l'année 530, ne peut convenir à la mort de Boni-
face II. Quelqu'un l'aura écrite en marge, avec l'intention de dési-
gner non la fin, mais le commencement du pontificat ; de la marge
elle se sera introduite dans le texte, mais à un autre endroit qu'il
n'eût fallu. Quant à la date du jour, sub die XVII ment. octolris t
elle manque dans le ms. C l qui, pour cette partie du L. P. et pour
les dates obituaires, représente la tradition la plus autorisée.
D'autre part l'usage de compter par jours du mois et non par
no nos, ides et kalendes, est, en ce qui concerne Rome, postérieur
au sixième siècle. Aucune des inscriptions datées du sixième
siècle recueillies dans le tome I er des Inscr. christianae de M. de
Rossi, aucune des épitaphes pontificales de ce siècle et du suivant,
aucune des lettres des papes du même temps ne contient une
date en ce style. — On trouvera plus loin, et dès la notice sui-
vante, celle de Jean II, beaucoup d'exemples de ces retouches ap-
portées aux notes chronologiques relatives à la sépulture des pa-
pes. Ici même les mss. C 2 *E nous en offrent deux : d'abord la
transformation en XVI kal. nov. de l'expression X VII mens, octob.;
celle-ci figure aussi dans l'abrégé K ; ensuite l'indiction marquée
à la fin de la notice ; c'est l'indiction XI, qui correspond en effet
à 532-533.
16. Et cessavit episcopatus m. // d. XF] Cette longue vacance
s'explique par les intrigues simoniaques dont il est question dans
une lettre du roi Athalaric au pape Jean II (Cassiodore, Var., IV,
15) : « Nuper ad nos defensor ecclesiae Romanae flebili allega-
» tione pervenit, cum apostolicae sedi peteretur antistes quosdam
» nefaria machinatione necessitatem temporis aucupatos ita fa-
■ cultates pauperum extortis promissionibus ingravasse ut, quod
» dictu nefas est, etiam sacra vasa emptioni publicae viderentur
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LVII. BONIFATIUS II (530-532).
» exposita. » Le sénat rendit à cette occasion un sénatus-consultc
contenant les dispositions suivantes : « Quicumque in episcopatu
» obtinendo sive per se, sive per aliam quameumque personam
» aliquid promisisse declaratur, ut exsecrabilis contractus cunc-
» tis viribus effetetur. Si quis autem in hoc scelere deprehenditur
» fuisse versatus, nullam relinquimus yocem ; veram etiam si aut
» repetendum aut quod acceptum est non reddendum esse credi-
» derit, sacrilegii reus protinus babeatur, accepta restituens com-
o pulsione iudicis competentis. » La date précise de ce décret n'est
pas connue; le roi Athalaric, en le citant, dit qu'il fut rendu
a tempore sanctissimi papae Bonifatii; cette formule est obscure,
peut-être parce que le texte a souffert en cet endroit ;. mais je
pense qu'il s'agit du temps où mourut Boniface II, soit un peu
avant, soit un peu après. — Sur les mesures prises par l'autorité
royale contre les compétitions et les marchés simoniaques, v. dans
Gassiodoro la lettre citée et la suivante, IV, 16.
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LVI1I. 10HANNES II (533-535).
LVIII.
IOHANNES i qui et Mercurius, natione Romanus, ex parte Proiecto, de Caeliomonte, sedit ann. II mens. IIII I 93
d. VI. Fuit autem temporibus 2 Athalarici régis et Iustiniani Aug. Eodem tempore vir religiosus 3 Augustus
summo amore christianae religionis misit fidem suam scripto cyrographo proprio ad sedem apostolicam, per
episcopos Epatium et Demetrium. Ipsis diebus obtulit christianissimus imperator lustinianus Aug. beato Petro II
5 apostolo
scyphum aureum circumdatum de gemmis prasinis et albis
et alios calices argenteos II;
scyphos argenteos, pens. lib. V;
calices argenteos II, pens. sing. lib. V;
10 pallia olovera aurotexta IIII.
Hic fecit ordinationem in urbe Roma per mens, decemb., presbiteros XV; episcopos per diversa loca XXI. Qui m
etiam sepultus est 4 in basilica beati Pétri apostoli, [VI kl. iun., post consulatum iterum Lampadii]. Et cessavit
episcopatus dies VI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Iohannes qui et om. C* : omissum prius rcstituit \$> : Mercu-
rius qui et Ioh. B* — lohannis A* — qui et M.] iunior K — Mar-
tyrius A — Praeiecto B5C 3 G — Caelimonte Ai — II mens. om.
A56 — mens. IIII om. C* — 2 d. VI om. K — Adtalarici C* —
Iustini C2 — Eodem-Augustus om. B5 — Aug. < catholici > K
— relegiosusC 3 — 3 christianos regionis B 6 — relegionis C 3 —
cyrografo A*C2 : chyrographo C 3 — ad om. C 1 — a sede B 5 —
A Epatzium C 2 : Epazium E: EpacïD — optulit A— beatissimus
A 3 — irap.] Augustus C 1 — Augustus om. OG — 6 de om. A3 6 B 6
— 7 et alios-aurotexta Ml om.A 3 — argenteos om. O — 8 scy-
phum C« 3 E — argenteos om. BCDEG — pens. lib. om. A^ — lib.
< sing. > A6 — 9 II om. CtEG — II pens. om. BC2 3 D — sing.
om. Ci— V om. C 1 — 10 pallea Ai— palliola vero A 56 B 4 D : palleo-
lavero B c : palliola vera B235 — il ordinatione A 1 : -nés E —
<num.> XXI B 23 C2E— 12 basilicam B*— VI id. E— ian. B*—
procôns. B56C 1 : preco D — consulatu AiC 3 E— 13 diebus Vil E
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NOTES EXPLICATIVES.
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1. Iohannes— de Caelio monte] Il subsiste, dans l'église de S. Pietro
in Vincoli, un monument épigraphique relatif au pape Jean II, à
ses antécédents et à son élévation au pontificat. C'est une dédi-
cace de quelque objet votif [orbiculus cedrinus) offert à la basilique
par un prêtre Severus.
+ SALBO PAPA- K* IOHANNE COGNOMEn
TO MERCVRIO EX 5CË ECCLThUM. PRESBYTE
RIS ORDINATO EX TFF SCT CLEMENTIS AD GLO
RIAM PONTIFICALEM PROMOTO BEATO PETRO
AP. PATRONO SVO AVINCVLIS EIVS SEVERVS PB OFERT
ET TF- PC LAMPADI ET ORESTIS . VV~- Cc"« VRBl-f-CLVS CEDEI0KVS EST
Ainsi Jean II avait été, avant son pontificat, prêtre de Saint-
Clément. C'est peut-être à cette circonstance, et non à celle de sa
naissance, que se rattache l'expression de Caeliomonte. Ij9l basi-
lique de Saint-Clément, bien qu'elle ait été renouvelée au xii e siècle,
conserve encore plusieurs monuments du prêtre Mercurius. On y
lit, sur un fragment d'architrave provenant de l'ancien ciborium,
l'inscription suivante :
ALTARE TIBI ES SALVO HORMISDA PAPA- MERCVRTVS
PFCVM SOCIIS OF fert
Sur un chapiteau de colonne, provenant sans doute du même
ciboriu m, on lit : + MERCVRIVS FF "5CE" ËC[clesiae Romanae
servû]S DNI. Enfin, l'enceinte de la schola cantorum est formée
de grandes tables de marbre sur lesquelles se voit en relief le
monogramme du nom IOHANNES, au milieu d'ornements dont
le style convient tout à fait au vie siècle (De Rossi, Bull. 1870, pi.
X-XI, p. 142-146).
2... temporibus Athalarici) Athalaric mourut en 534 et fut rem-
placé par Théodat. Ce n'est peut-être pas sans intention que le
nom de celui-ci a été omis à côté du sien. Le synchronisme des
rois goths n'est plus marqué à partir de Théodat, dont les vio-
lences sont rappelées dans les notices d'Agapit et de Silvère.
3... vir religiosus Augustus] Liberatus, Breviarium, c. 20 : « Io-
» hannes cognomento Mercurius sedis apostolicae suscepit prae-
» sulatum. Ad quem missi sunt ab imperatore Iustiniano Hypatius
» Ephesiorum episcopus et Demetrius a Pbilippis considère sedem
» apostolicam contra legatos Acumitorum Cyrum et Eulogium ne-
» gantes esse confitendum beatam Mariam vere et proprie Dei
» genilricem et unum de Trinitate incarnatum et carne passum.
» Sed papa Iohannes nobis ibi positis hoc confitendum epistola sua
» firmavit et imperatori direxit. » (Migne.P. Z.,t.LXVIII, p. 1036).
La lettre de l'empereur, contenant sa profession de foi, figure,
avec la réponse du pape, dans le code Justinien, I, i, 8 {Codex
repetitae praelectionis), qui fut publié le 16 novembre 534. Ces deux
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LVffl. IOHANNES II (533-535).
pièces sont datées, l'une du 6 juin 533, l'autre du 25 mars 534.
Toutes les deux mentionnent les évoques Hypatius et Demetrius.
Cf. Procope, Bell. Goth., I, 3.
4. sepultusest in basilica b. Pétri] Voici son épitaphe (DeRossi,
Inscr. christ, t. II, p. 126) :
Mente pia vivens, Christi nutritus in aula
et sola gaudens simplicitate boni;
biandus in obsequiis et puro plenus amore
pacificam vitam iure quietis agens ;
qui gratus poputis et celso dignus honore
sumpsisti meritis p[on(]ificale decus
cotnmissumque tibi pascens bonitate magistra
servasti cunctum sub pietate gregem ;
pro quo rite tuum venerans Agapetus hono rem
praestitit haec tumulo munera grata tuo,
qui nunc antistes Romana celsus in urbe
sedis apostolicae culmina sacra tenet.
5. Vlkal. iun... ]Cetto date est fausse. Des données chronologiques
très sûres placent au 8 mai la mort de Jean II. Or il n'est pas
possible d'admettre une transformation de VIII id. mai. en VI kal.
iun. par simple faute de copiste. Gomme, d'autre part, VI kal. iun.
est précisément la date de la depositio de Jean I er , il y a lieu de
croire qu'on l'a fait passer de Jean I« r à Jean II. Un tel procédé
ne peut évidemment être imputé au premier rédacteur. Je pense
donc que la notice de Jean II a d'abord été, comme celle de
Boniface II, dépourvue de date obituairo et que celle que nous y
lisons y aura été interpolée, avec la note consulaire, qui, elle
aussi, est fausse, puisqu'elle désigne l'année 532 et que cette année
tombe en dehors du pontificat de Jean II.
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LV1III. AGAPITUS (535-536).
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AGAPITUS *, natione Romanus, ex pâtre Gordiano presbitero, clericus a sanctos Iohannem et Paulum, sedit I 94
mens. XI dies XVIII. Hic ortum 2 episcopatus sui libellos anathematis, quos invidiae dolo extorserat Bonifatius
presbiteris et episcopis contra canones et contra Dioscorum, in medio ecclesiae, congregatis omnibus, incendio
consumpsit et absolvit totam ecclesiam de invidia perfidorum.
s Hic missus est 3 a Theodato rege Gothorum ad domnum Iustinianum Augustum in legationem, quia eodem II
tempore imperator domnus Iustinianus Augustus indignatus est * Theodato régi, eo quod occidisset reginam
Amalasuenta, filiam Theodorici régis, commendatam sibi, qui eum regem fecerat. Qui vero Agapitus ambulavit 95
Constantinopolim [X kl. mai.] 5 Ingressus Constantinopolim G et susceptus est Agapitus episcopus cum gloria. Et
primum coepit habere altercationem 7 cum piissimo principe imperatore, domnum Iustinianum Augustum, de
10 religione. Gui beatissimus Agapitus episcopus constantissime fidei apostolicae responsum reddidit de domino
Iesu Ghristo Deum et hominem, hoc est duas naturas in uno Ghristo. Et dum intentio verteretur, ita Dominus
adfuit ut episcopum Gonstantinopolitanum, nomine Anthemum, inveniret hereticum. Et cum intentio verteretur III
cum Augusto et Agapito papa, hoc dixit ei imperator Iustinianus : « Aut consentis nobis aut exilio te deportari
» faciam ». Tune beatissimus Agapitus papa respondit cum gaudio, dicens ad imperatorem : « Ego quidem
15 » peccator ad Iustinianum imperatorem christianissimum venire desideravi; nunc autem Diocletianum inveni ;
» quod tamen minas tuas non pertimesco. » Et dixit ei iterum Agapitus venerabilis papa : « Tamen ut scias te
» idoneum non esse religioni christianae, episcopus tuus confiteatur duas naturas in Ghristo. » Tune ex praecepto IV
Augusti adeersito episcopo Constantinopolitano, nomine Anthemo, et discussione patefacta, numquam voluit
confiteri in doctrinam catholicae responsionis ad interrogation em beati papae Agapiti, duas naturas in uno
domino Iesu Christo. Quem convicit sanctus papa Agapitus ; glorificatus est ab omnibus christianis. Tune piis- V96
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Gurdiano A*C* — prB A* — a] de A* 8 : ad B 2 — sancto
A336B6C1E : sanctum C 2 — lohanne et Paulo A««B 6 — 2 m. VIII
C 3 G— d. XVIIII Ci : X C 3 G : VIII A»*— ortus A« : ortu A*«E —
sui om. C 3 — sui <pro> A» — libellis A3 : libellas B 2 3 8 CiD—
quo B* — invidie C 3 — dolus C 2 : de loco D— 3 Dioscurum C 2 —
4 infldia B 3 : invidiam B 8 — perfidiorum A 1 — 5 est om. B* —
Teodoto C 3 — Gutorum B^ : Gotorum O — adomnumE — do-
mumBJC 25 — Iustinum B 5 G — iu leg.] legatus A 56 — ligationem
\i — g tempore < se > A* — imperator om. A 35 * — dom. lust.
imp. Aug. E — domus B> — ïustianus B5C 23 — Theodado B 2 :
Teodoto C 3 — rege B 23 C* — regina B 8 — 7 Amalasuenta A« :
-suentam A5 : -suuintam A 6 : -suintam B 24 : -suinta B 3 : -sun-
tam B3 : -suincta B 8 : -sunt C 1 : -sindam c 2 {de C 2 n. /.) : -sinta
C 3 : sintam C* : -sumta D : -suitham E — filia AiB 8 — Théo-
derico régi B 8 — commandatam C 3 — 8 ingressusque As* :
ingressus est C* 2 — Constantinopoli C'G — et om. A 58 G — ep.
Agap. B 3 : om. \*& — 9 primus A 13 — piissimum -pem -rem
Ai — imperatore domnum om. E — domnum om. A 8 —
domno lustiniano A^B^C 12 — 10 relegione B* : relegionem
B 8 C 3 — Agapitus om. B 8 — apostoli B 8 Ci : apostolorum C 2 *EG :
apostolcTC 3 — reddedit C 3 : reddit B* : dédit B 8 — de] dicens
EG — domnum Iesum Christum B*56C 23 EG (domnum < nos-
trum > E)— 11 < Iesum > Deum A 8 — Deum < esse > A5* —
hoc] id A 3 — duas < esse > A* 6 — contentio G*e — vesteretur
C 3 {bis) — 12 Anthimum E — intentionem A* : contentio C 4 E —
13 Agusto C 3 — papa om. A* 3 — ei om. A 8 — lust. imp. C 2 E —
Iustinianus < Aug. > C 1 — consenti A 358 C 1 : consenties B 8 —
deportare BSODG : portare B 8 — 14 facio Ci — Agap. beat. B 3
— papa Agap. B 8 — resp. beat. A. papa B 2 — respondens BC 13 D
— cum] eu C 3 — dicit B*G — ad imp.] imperatori A 3 — 15 Dio-
clecianum Ci : Dioclitianum C 2 — 16 quod] et A^ 8 — perti-
misco B5 — Agapitis C 3 — 17 religione Ai : religionis E — 18
adeersito AiC : acersito B 8 : accersito cet. — nomine om. A* 8 —
Antimo C 2 : Anthimo E — patefactam B 8 — in-responsionis om.
A56 — in <hoc> D— 19 confitere E (corr. )— doctrina Ai 3 B 8 E
— catholica A 3 — béate B 8 C 3 — pape B 38 C 23 — 20 Iesu om. C*
— convincens A& 8 :convincit D — beatusA 3 : om. A 8 — < et >
glor. EG — Tunc-exilio om, B 3 — piissimus] imperator A —
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288 LVIIU. AGAPITUS (535-536).
simus Àugustus lustinianus, gaudio repletus, humilia vit se sedi apostolicae et adoravit beatissimum Agapitum
papam. Eodem tempore eregit Anthemum a communione et expulit in exilio. Tune piissimus Augustus Iusti-
nianus rogans beatissimum papam Agapitum ut in locum Anthemi episcopum catholicum consecraret, nomine
Vi Menam 8 . Qui vero Agapitus papa omnia optenuit 9 ex qua causa directus fuerat. Post dies vero aliquantos
egritudine commotus defunctus est Constantin opolim, X kl. mai. Cuius corpus in loculum plumbeum translatum 5
usque in basilicam beati Pétri apostoli, ubi et sepultus est XII kl. octob. 9 Hic fecit ordinationem, diaconos in
urbe Roma II1I; episcopos per diversa loca XL Et cessavit episcopatus mens. I dies XXVIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 < cum > gaudio C 3 — sedis A* — 2 Eodem-Agapitum
om , G — erigit B* 6 C 3 : abegit A« : regem D : eiecit C 4 E —
communionem &*& — exilium A5E— 3 rogavit A^— Ag. pa-
pam C2E— ut] et C 3 E — in om. B* —locum A^C* : loco cet. —
Anthemii A*B5 : Anthemi A*w : Anthimi B"6C 3 : Antemum D :
Autem C* — episcopi catholici B 2 — consacraret B 54 : conse-
cravit C*E — nomen A$ — 4 Moenam A«C* : Mennam C 23 E :
Manam D — qui] beatus A* 6 — optenuit A* : optin. A 3 s*C 2 :
obtin. B 8 : obten. cet. — ex qua causa] propter que A 56 —
quantos C 3 : < est > D — 5 egritudini B 23 : egreditudine
G 1 : egretudini C 3 — est <a> B 8 — locum C 1 — loculo plum-
beo A^E — translatum < est > E : < est Romam > KA*6
— 6 ord. <I> Ci 2 *— diac. 1 A*— ord. II in u. R. diac. 1111 E
— in u. R. diac. B* 38 — in urbe Roma om. C 2 * — 7 III C 3 —
< num. > XI B 23 *C* — mens. I om. KCE — dies XXVHI om.
O — d. XXIIII E.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Agapitus — a sanctos Iohannem et Paulum] Gordianus, père
du pape Agapit, était prêtre du titre de Pammachius {presbyter a
sanctis lohanne et Paulo); il signa au synode romain de 499
et périt en 501 ou 502, massacré par les adversaires du pape Sym-
maque (Sïmmàque, p. 261, 1. 5, et note 13;. Il semble donc que l'ex-
pression a ss. Joh. et Paulum doive être rattachée au mot presbyte™,
dont elle est pourtant séparée par le mot clericus. Et cela est d'au-
tant plus vraisemblable que ce terme ne peut se rapporter à la si-
tuation d'Agapit au moment où il fut élu pape : il était archidiacre
de l'église romaine et, comme tel, il ne pouvait ni être qualifié
simplement de clericus, ni être attaché à un titre paroissial. Ce-
pendant le mot clericus, attesté en cet endroit par tous les manus-
crits et dont l'interpolation ne s'expliquerait guère, peut être inter-
prété autrement. L'auteur aura voulu dire que le pape Agapit,
dont le père devint prêtre titulaire des SS. Jean et Paul, fut atta-
ché dans son enfance au clergé de cette église. Du reste, sa maison
paternelle était tout à fait voisine du titre de Pammachius; c'est
elle qui, passée plus tard aux mains de saint Grégoire le Grand,
lui aussi fils d'un Gordianus (Cf. Félix III, note 2, p. 253), devint
le célèbre monastère du clivus Scauri. Agapit y installa une biblio-
thèque, dont voici l'inscription dédicatoire, conservée dans la Syl-
loge Binsiedlensis (De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 16, 28; cf. Studi
di storia e dirilto, t. V, p. 327) ; on y voyait, au-dessus des ar-
moires à livres, les images des saints Pères, grecs et latins :
Sanclorum veneranda cohors sedet ordine [longo]
divinae legis mystica verba docens.
Hos inter residens Agapetus iure sacerdos
codicibus pulchrum condidit arte locum.
Gratta par cunctis, sanctus labor omnibus unus;
dissona verba quidem, sed tamen una fides.
2. Hic oritu — perfidorum] Ce fait n'est connu que par ce passage
du L. P. Cf. Bobiface II, p. 281 et note 8, p. 282.
3» Hic missus est a Theodato...] Cette légation, dont Procope omet
le récit, est mentionée par d'autres auteurs du temps; il en reste
une trace dans les Varia de Cassiodore (xii. 20), où l'on voit que le
pape avait dû emprunter de l'argent pour faire le voyage de Cons-
tantinople et même engager aux prêteurs les vases sacrés de son
église. Contin. de Marcellin, ad ann. 535 : « Agapitus, Romanae
» urbis episcopus, a Theodato rege Gothorum in legationem di-
» rectus Constantinopolim venit. »
4. lustinianus indignatus est — regem fecerat] Marcellin, Chron.,
ad annum 53 i : « Theodahadus rex Gothorum Amalasuen-
» tham reginam creatricem suam de regno pulsam in insula laci
» Bulsiniensis occidit; cuius mortem imp. lustinianus ut doluit,
» sic et ultus est. » — Iordanes, Romana, 368 : « Mortuo Athalarico
» mater sua Theodahadum consubrinum suum regni sui partici-
» pem faciens non post multum ipso iubente occisa est. Et quia
» dudum se suoque filio commendaverat principi Iustiniano, is
» mortem eius doluit nec passus est inultam transire. » Cf. Ge-
tica, 306, 307; Procope, BelL Goth., i, 4 : îlixpoç jtêv ouv (l'ambassa-
deur de Justinien) eeuSorw ts àvnxpuç i[xapxûpato xal toTç <JXXo:ç
r<5r6oi<; 8ti 8*1 cxijtoÎç toû Seivou toutou H-eipyaffjiivou (l'assassinat de la
reine) <îffirov8oç fiasiXfï te xal aspîatv ô w5>«[ao<; forai.
5. X kal. mai.] Nous avons ici un nouveau spécimeu de ces in-
terpolations de dates qui se sont produites d'assez bonne heure
dans cette région du L. P. Colle-ci est donnée un peu plus bas
comme celle de la mort d'Agapit, et cette fois avec raison.
6. Ingressus Constantinopolim...) Voici comment Liberatus (Brev.
21) raconte cette ambassade : « Quo tempore Theodatus rex Gotho-
» rum scribens ipsi papae et senatui Romano interminatur non
» solum senatores sed et uxores et filios filiasque eorum gladio se
» interempturum nisi egissent apud imperatorem ut destinatum
» exercitum suum de Italia submoverot ; sed papa pro eadem causa
» legatione suscepta, Constantinopolim profectus est ; et primum
» quidem honorifice suscipiens directos sibi ab imperatore, sprevit
» tamen Anthimi praesenliam eumque ad salutandum suscipere
» noluit ; deinde, viso principe, causam agebat legationis susceptae.
» Imperator autem pro multis fisci expensis ab Italia destinatum
» exercitum avertere nolens supplicationes papae noluit audire. At
» ille, quod suum fuit, Christi legatione fungebatur. Denique peten-
» tibus principibus ut Anthimum papa in salutatione et communione
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LVIIII. AGAPITUS (535-536).
289
» susciperct, ille fleri inquit posse si se libello probaret orthodo-
» xum et ad cathedram suam reverteretur : impossibile esse aiebat
» translatitium hominem in illa sede permanere. Augusta vero
» clam promittente munera multa et rursus papae minas intentante,
» in hoc papa perstitit ne eius audiret petitionem. Anthimus vero
» videns se sede pulsum, pallium quod habuit imperatoribus red-
» didit et discessit ubi eum Augusta suo patrocinio tueretur. Tune
» papa principis favore Mennam pro eo ordinavit antistitem, con-
» secrans eum manu sua in basilica sanctae Mariae. Fuit iste Men-
» nas praepositus xenodochii maioris quod vocatur Samson, ge-
» nere Alexandrinus, suscipiens Ghalcedonensem synodum. » —
Comparer le récit du voyage et de la mort d'Agapit à Constanti-
nople, œuvre anonyme d'un témoin oculaire (Baron, ad ann. 536,
n° LIX) : « Confestim uterque, rex et pontifex, sancta delibans
» oscula et alter alterum veneratus, diem duxere in vesperam,' le-
» gationis dumtaxat pace negata. At vero Agapitus iuxta praecep-
» tum Pétri universis profuturus ecclesiis quae per id tempus
» omn«s in se inclinatae recumbebant, in ipsarum se necessitatem
» convertit, columnamque se suflfulsit immobilem. » Il continue en
racontant la déposition d'Anthime, sans ajouter de détails essen-
tiels ; en revanche il a beaucoup de phrases sur la maladie et la
mort du pape (n<* LXIV, LXV). — Cf. Justinien, Nov. 42.
7. altercationem eum piissimo principe] Il y a une trace de cela
dans le récit de Liberatus (v. la [note précédente) ; le continuateur
de Marcellin est plus explicite (ad ann. 536) : « Agapitus Cons-
» tantinopolim, ut diximus, episcopus de Roma adveniens, Anthi-
» mum mox ecclesia pellit, dicens eum iuxta ecclesiasticam regu*
» lam adulterum, qui sua ecclesia dimissa ambierit alienam. In
» cuius locum Mennam presbyterum episcopum ordinavit, et ipse
» extremum diem obiit in Domino ; in nullo tamen, sicut ei a prin-
» cipe obiciebatur, sentions contra fidem. »
8. nomine Moenam] Dans le ms. Vatic. 4961 (collection Avellana,
Maassen, Quellen, 1. 1, p. 379), on trouve un Exemplar libelli Men-
nae presbyteri ac xenodochi, qui factus est episcopus Constantinopo-
litanus sub die III id. mart, iterum post consulatum Paulini iun. v.
c. [536J. Cf. Pagi, ad Baron. Ann., 536, XVIII, éd. de Lucques,
t. IX, p. 532; Victor Tunun., Chron., ad ann. 540.
9. omnia optinuit...] Ici l'auteur se laisse aller à un excès de zèle.
Si le pape Agapit réussit dans ce que Liberatus appelle la legatio
Christi, c'est-à-dire s'il parvint à faire descendre du siège de Cons-
tantinople un évêque dont l'élévation, faite en dépit des canons,
était l'œuvre du parti monophysite, il n'obtint pas que Justinien
arrêtât le cours des conquêtes de Bélisaire. Cf. liberatus, passage
cité, note 3.
10. Post dies — X kl. mai] Liberatus (Brev. 22) : c llis peractis
» constituens papa apud imperatorem apocrisiarium ecclesiae suae
» Pelagium diaconum suum, dum in Italiam reverti disponit,
» Constantinopoli obiit. » Cf. Marcellin, ci-dessus, note 7.
11. ubi et sepi'ltus est...] L'épitaphe est perdue.
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Liber pontificalis.
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LX. SILVERIUS (536-537).
LX.
97 I SILVERIUS, natione Campanus ', ex pâtre Hormisda episcopo Romano, sedit ann. I mens. V dies XI. Hic
levatus est 2 a tyranno Theodato sine deliberatione decreti. Qui Theodatus, corruptus pecuniae datum, talem
timorem indixit clero ut qui non consentiret in huius ordinationem gladio puniretur. Quod quidem sacerdotes
non subscripserunt in eum secundum morem anticum vel decretum confirmaverunt ante ordinationem; iam
ordinato sub vim et metum, propter adunationem ecclesiae et religionis, postmodum iam ordinato Silverio sic s
subscripserunt presbiteri.
II Post menses vero II 3 , nutu divino extinguitur Theodatus tyrannus et levatur rex Witigis. Eodem tempore 4
ambulavit Witigis Ravennam et cum vim tulit filiam Amalasuentae reginae sibi uxorem. Hoc indignatus domnus
imperator Iustinianus Augustus quia reginam sibi conmendatam occidisset Theodatus, misit Vilisarium patricium
cum exercitum ut liberaret omnem Italiam a captivitatem Gothorum. Tune veniens patricius suprascriptus in 10
III partes Siciliae fuit aliquantum temporis. Audiens autem 5 eo quod Gothi sibi fecissent regem contra votum
domni Iustiniani Augusti, venit in partes Campaniae iuxta civitatem Neapolim et coepit obsedere eam cum
exercitum suum, quia noluerunt cives Neapolitani aperire ei. Eodem tempore pugnando patricius contra civitatem
introivil ; et duc tus furore interfecit et Gothos et omnes cives Neapolitanos et misit praedam * ut nec in ecclesiis
parceret praedando ; itaque ut uxores praesentes maritos earum gladio interfîceret, et captivos filios et uxores 15
nobilium exterminaret, nullis parcentibus, nec sacerdotibus nec servis Dei nec virginibus sanctimonialibus.
98 IV Eodem tempore 7 bellum fuit maximum; veniens Witigis contra Vilisarium patricium et contra urbem Romam.
Ingressus autem Vilisarius patricius in urbem Romam IIII id. decemb. 8 , custodiis et monitionibus vel fabricis
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1 Hormisdam A 13 — episcopum Romanum A 1 : -pus -nus D
— ann.-d. XI] menses VIIII C 3 * — m. X D : VIIII G — 2 ele-
vatus A 3 — Theodoto A. 1 et ita porro : Theodorico A 3 — decreti
qui] decrevisset A 3 — quod C* — paecuniae A* : pecunia C'E —
dato A 5 : datu A 6 C 3 G : data E — datum nimio timorem induxit
in clerum ut si quis non A 3 — 3 induxit DEG — consentirent
B* : consentiset G 3 — in om. C 1 — eius BCEG — ordinatione
AB 6 — poneretur B 5 : punerentur C 1 — quod] et A 3 — quod
q. sac] sacerdotes quidem A 5€ — quidam B 6 C 12 — A in eum
om. A 56 — anticum AiB 4 5C 3 : eorum A 3 — vel] neque A 56 —
ordinacionem C 3 — 5 ordinatus A 3 : ordito C 3 — vi et metu A**
— vim] veni B 6 — adonationem B' : adonacionem C 3 : tradi-
tionem A 3 — ecclesiae] et clerum C 1 — relegionis B 3 C 3 : reli-
gionem C 2 — inordinato B 6 : ordinatus Ci — sic om. A 56 — 6
suscripserunt C 3 — 7 Post-II] Postea vero A 3 — vero om. E —
notu B 5 C 3 — exstinctus est A 3 — tyrannos A 1 — et om. A*D —
elevatur AiB 5 C 2 D— rex om. C 1 — Witigis AD [bis) : Guitigis BCE
{bis) — 8 Ravenna A» — Guitig. amb. BCE — vi A5«E — Amala-
suentae AD (Amalauenta A 3 ): Amalasuintae B 23 ^ 6 (-sunte B*Ci :
-sintae C 2 : -siute C 3 : -sinthe E — domnus] est A 3 — 9 Iustinus
B** : om. C 1 — Aug.] imp. B* — regina C 3 : eam A 3 — com-
menditam C 2 — occidissit A* — Theodatus] iratus A 3 — Bilisa-
rium A 1 : Filisarium C* : Bisisarium D — 10 exercitu A 356 B 2 —
captivitatem A*B5C 3 — venerunt B 6 — suprascr.] suus C 1 — il
partis A* : parte C 2 E— fuit <ibi> A$« : < ibidem > EG— eo
om. A3 6 — Gothis E — 12 domni om. C 1 — lustiani B"» : <impera-
toris> A* 6 — partis A 13 — iusta A 56 — coep. obs.] obsedit C 4 E—
obsidere A5 G B 6 D— 13 exercitum suum B5«C 23 — ei civ. Neap. ap,
E — Neap.-ei] Neapolim aperire A5« — patr. pugn. C 1 — intra
D — 14 introibit C 3 — interflcit B« — et ante Gotbos om.
A356B26C1DEG —cives] eius A 3 — Napolitanos A» — ut] et C«E
— 15 pepercit E — itaque A* 3 B«C 3 : ita ce*. — ut] et A 3 — uxo-
ribus E— praesentibus A 3 E— maritis A 3 56 — eorum A^D — inter-
ficeret AD : interfecëFC* : interficerenteef. — 16 nobilium] Nea-
polim C 1 — exterminant A* 3 : -ret A 56 D : -rent cet.— parceret A* :
parcentes A 6 G : parentibus B5— neque sac. B 2 — nec v. s. nec s.
Dei C 1 — virginibus < neque > A5 : <nec> A« — sanctae
monialibus B^C 2 — 17 magnum C* — Withigis D : Guitigis BCE
(GutigisC 1 : Guitiges BC 3 ) — Bellisarium (bis) Ci — urbeRoma
A 1 — 18 lngressus-Romam om. C 3 *E — in urbe Roma A iS —
urbe B5 — mun. A56B«CiD — frabricis Ai —
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LX. SILVERIUS (536-537). 291
murorum aut reparationem fossati circumdedit civitatem Romanam et muni vit. Noctu ipsa 9 quo introivit Vilisa-
rius patricius, Gothi qui erant in civitate vel foris muros fugerunt et omnes portas apertas dimiserunt et fugerunt
Ravennam. Et post, colligens Witigis rex multitudinem exercitus Gothorum regressus est contra Romam VII II
kl. mart. 10 et fixit castra ad pontem Molbium et coeperant obsedere civitatem Romanam. Tune patricius Vilisa-
5 rius, qui pro nomine Romano erat, inclusit se Romam intra civitatem. His diebus obsessa est civitas ut nulli v 99
esset facultas exeundi vel introeundi. Tune omnes possessiones privatas vel fisci vel ecclesiae incendio consumptas
sunt; homines vero gladio interempti sunt : quos gladius gladius, quos famis famis, quos morbus morbus
interficiebat. Nam et ecclesias fl et corpora martyrum sanctorum exterminatae sunt a Gothis. Intra civitatem
autem grandis famis ut aqua venundaretur pretio, nisi nympharum remedius " subvenisset. Pugnàe autem
10 maximae erant contra civitatem. His diebus Vilisarius patricius repugnando contra regem Witigem vel multitu-
dinem Gothorum protexit Romanos vel civitatem custodia sua liberavit et nomen Romanum. Tune obsessa est
civitas annum unum 13 et portus Romanus a Gothis. Patricius vero Vilisarius pugnando vicit Gothos et postmodum
fugerunt Gothi Ravennam post annum unum.
Eodem tempore tanta famis iA fuit per universum mundum ut Datius episcopus civitatis Mediolanae relatio 100
15 ipsius hoc evidenter narravit eo quod in partes Lyguriae mulieres filios suos comedissent penuriae famis; de
quas retulit ecclesiae suae fuisse ex familia.
Eodem tempore 15 ambulavit patricius Vilisarius Neapolim, ordinavit eam et postmodum venit Romam. Qui VI
susceptus est 16 a domno Silverio bénigne; et abiit Vilisarius patricius in palatio Pinciano [V id. mai., indic-
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 aut] et A*EG : ac A*— reparatione A««E— Romam C*G —
monibit B>C 3 — nocte A3*B 6 D : notu B& — ipse C 2 — qua
A«E : quoque B 6 C 2 : unde Aï — Vilis. patr.] ipse A* — 2 Goti
C3 : quod hii A» 3 D — civitate AC 2 D : -tem cet. — fores B« —
fugierunt A 3 B5* — demiserunt Ci — fugierunt A«B6 — 3
Ravenna AiB^C 3 — post boc EG : postea B 2 « — colligentes
C 1 : colligiens C 3 — exercitus < sui > Ci — est om. C<D —
contra om. D — Roma A* — VIII A" — A Molbium Ai : Mol-
vium A36 : Olvium A5 : Oilium D : Molbiae B 23 5C 2 : Olbiae B^ :
Molbi B6 : Molvi CiE : Olbie C 3 — ceperunt C< —obsedere
AiB^C 2 : obsidire C 1 : obsidere cet. — civitate Romana A 1
— Romam C 12 — patritius B> — Bellisarius < partem > C 1 —
5 inclusit AD : claudit C* : inclaudit cet. — Roma Ai 36 DE :
Rome A5 — intra] in Ai : om. A 3 D — civitate A13D— intra civi-
tatem] hinc incipit E 3 — civitatem < et custodivit civitatem >
C234£i5G — civitas om. A 3 — 6 esseundi E 1 — iutroiendi B* —
pribatas B5C 3 E5 — fesci A 1 : fessi A 3 : fiisci E5 — consumptas
AiC 3 : consumpta B5D : consuraplae cet . — 7 homines-sunt om.
Ci — omnes B 6 — interemti C 3 : consumpti B 6 — sunt om. A 56
— gladius gladiis C 2 — <et> quos famis E*5 — moribusmo-
ribus C 3 — 8 et om. Ai^DE 1 * — ecclesias B 34 CE» — mart. et
corp. D — exterminata A56B* 6 — sunt om. B 6 — Gotis B i5 C 3 —
9 autem om. C 3 — famés E — aquam B5 — venderetur B 6 —
praecio C 3 — nymfarum C 3 — remedios Ai : remedius B^C3G :
remedio C 2 E5 : remedii A 3 : remediis A5 6 B 2 34Ci : recbediis D :
remedium C*E — subvenisse B 23 — pugna B* : pugne C 3 —
10 maximae om. C 1 — contra] extra E* — contra civ.] civitatis
B 6 — Belisarius A 1 {et ita porro) : BU. E 5 (et ita porro) — pu-
gnando B* — Witigitem Ai : Gitigim B5 : Guttigem E^— 11 Go-
torum B» — civitate E — liverabit E 5 — liberavit-Romanum
om. As — romem (urbem ci) Romanam Ci — 12 Gotis BC 3 :
Gotthis Es (et ita porro, cum duplice t) — vero om. D : venera-
bilis C^E 1 — Belisarius Ai — pugnando om. E 5 — vincit D —
Gothis Ci : Gotos C 3 — 13 fugierunt A 15 Bs : fugaverunt E* —
Gotthi C3 — Gothi < Romani in > Ravenna < et > Ci — Ra-
bennam E 5 : Ravenna A^Ei — post]. per B 6 — iA Eodem-ex
familia om. C* — famés ASEi — Dacius B«C 3 — civitate D —
Mediolana B* : Mediolani B6C12E5 : Medilani C3 : Mediolanensis
A5 — relatio ipsius om. A 3 — 15 videnter C 3 — narrabit E*— eo
om. A5Ei— partis Ai : partibus A3» — Liguriae A 3 5*B 2 : Ligiriae
C 2 : Syriae C 1 : cum hoc verbo incipit E 2 — commedissent A 5 Ci—
paenuriae Ai : penuria C 3 EiG — de om. A5B 2 C 2 Ei — 16 quibus
A 3 D : qua A<* : quas < et > A* — rettulit C^ : < ex > A5 —
fuisset Ai : om. A56— ex om. A5E* : et A«— 17 ambulabit E* —
Vil. patr. C 2 E15— Napolim Ai— ordinabit E* : ordinavitque A5 :
< et > ord. ciDE 1 — Romam ADE5 : Roma B* : Romae cet.
(Rome C 23 ) — 18 sustus C 3 — domino B 6 — benignae Ai : ve-
nicine C 3 : venigne E5 — habiit B^Ei : habitavit Ci : obiîtD —
patricius] Neapolim A^ — pelatio C 3 — palatium Pincianum
A5E1 — Pontiano A36D : Pitiano B 2 — V om. C2*Ei — V id.
mai.] VI die mens, maio E* —
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292 LX. SILVERIUS (536-537).
tione XV] I7 . Tune erat Vigilius 18 diaconus apocrisarius in Constantinopolim. Dolens autem Augusta pro Anthemo
patriarcha, quod depositus fuisset a sanctissimo Agapito papa, quod hereticum eum repperisset et in locum eius
constituisset Menam servum Dei, tune Augustus consilium usus eum Yigilium diaconum misit epistulas suas 19
Romam Silverio papae rogans et obsecrans : « Ne pigriteris ad nos venire aut certe revoca Anthemum in locum
» suum. » Qui dum legisset beatus Sil venus litteras ingemuit et dixit : « Modo scio quia hanc causam finem o
» vitae raeae adduxit. » Sed beatissimus Silverius fiduciam habens in Deo et beato Petro apostolo rescripsit
Augustae : « Domina Augusta, ego rem istam facturus numquam ero, ut revocem hominem hereticum in sua
VU » nequitia damnatum. » Tune indignata Augusta misit iussiones ad Vilisarium patricium per Yigilium diaconem :
« Vide aliquas occasiones in Silverium papam et depone illum ab episcopatum aut certe festinus transmitte eum
» ad nos. Ecce ibi habes Vigilium archidiaconum et apocrisarium nostrum karissimum, qui nobis pollicitus est 10
» revocare Anthemum patriarcham. » Et tune suscepit 20 iussionem Vilisarius patricius, dixit : « Quidem ego
» iussionem facio ; sed ille qui interest in nece Silverii papae ipse reddat rationem factis suis domino nostro Iesu
» Christo. » Et urguente iussione exierunt quidam falsi testes qui et dixerunt « quia nos vicibus invenimus
» Silverium papam scripta mittentem ad regem Gothorum : « Veni ad portam qui appellatur Asinariam, iuxta
» Lateranis, et civitatem tibi trado et Vilisarium patricium. » Quod audiens Vilisarius patricius non credebat : 15
sciebat enim quod per invidiam haec de eo dicebantur. Sed dum multi in eadem accusationem persistèrent, per-
101 VIII timuit. Tune fecit beatum Silverium papam venire ad se in palatium Pincis et ad primum et secundum vélum
retenuit omnem clerum. Quo ingresso Silverius eum Vigilio soli in musileo, Antonina patricia iacebat in lecto et
Vilisarius patricius sedebat ad pedes eius. Et dum eum vidisset Antonina dixit ad eum : « Die, domne Silveri papa,
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 erat om. B« — dianos C 3 — apocrisiarius A&BC 13 — in
om. B>C 2 *Ei5 — autem] ante B* — Anthimo C 2 E — 2 papa
Ag. D — papa om. A 3 — reperisset B56 — loco A 35C B 23 —
3 Moenam ACi : Moenem D : Mennam B 23 5E : Menam B*C 3 :
Mannam C 2 — Augusta A 3 E : Augusti A5 : Augustus C 21 : AiïgT
cet. — consilio A 3 5«B 2 CiDE — usus] huius C» — eum om. C 3
— Vigilio A^B^CtE 1 — diaconum B*E5 : diaconem B 3 :
diacono A 5 Ei : diac. cet. — misit om. C 2 — epistulas A'C 13 —
suas om. C 1 — A Romam AC J D : Romae cet. (Rome C 3 ) —
Silverium papam B 2 — papa B 5 : pape C 3 — et obsecrans
om. C 1 — obsecras C 3 : < ita > A 5 : < dicens > A 6 — pi-
geris Ai : pigeas A*D : pegriteris B r Ci — certa C 3 — Anthi-
mum C 2 Eis — 5 qui] quas A 5 — eum D — legissent B* — bea-
tissimus BCEG — litteras-Silverius om. E 2 — quia] qui B* 6 —
haec A5DE 1 : hac A 6 — causa A^E* — fine A 3 — 6 vite C 3 —
duxit A 3 : addixit C 3 — fidutiam B 3 — habuit C* — Deum
C* : Domino B 2 — et < in > C J D — beatum C* — apostulo
A* : < et > Ci — 7 Auguste O — domina AiB^C* : domna
vel dnâ cet. — suam B 6 Ci — 8 nequicia B 5 : nequitiam C*
— iussionem A 3 : iussiones suas Es — Vilisarius A 1 — Vilium
B5 — diaconem < ita continentes > EG — diaconum B5 fi —
9 vide///s D — aliquam occasionem G 1 — occansiones A 1 —
papa B 2 — et om. C*— eum D — ab] de A 3 : ad B«G— episco-
patu A^DE : episcopato B*— 10 ibi om. B> — havis B5C* — Vi-
lium B5 — archidiacono B 5 — apocrisiarium B 236 ciC 3 E : apocris-
trium C 1 — kar. Ai 35 C 2 — est om. A 3 — 11 et] ex A 5 — suscep-
tus Ci (-tas c*) — iussione AJC 3 — dixitque A^ : et dixit D : di-
cens B 2 C 2 E : om. B 3 — ego quidem A^DEG— ego] enim C 1 —
12 iossionem A 1 — fatio B 3 : faciam B 6 — Silveri B : * iC — pape
C3 _ ipsa C 2 — reddidit C 2 : reddet D — < de > factis E —
facti A*3 — sui A* — 13 urgente C 23 — urguentem iussionem
345 — exier.] adsteterunt C 1 — quidem B« — et om. C 1 — nos
om. AC 2 D — vicimus A* : vocibus C* — 14 scriptam A 1 — mi-
tentem C 3 — Guthorum A* — quae A5«B 23 C 2 E — Asinariam
A*B* : -rium B5C 3 : -ria cet.— 15 Latcranas C*E— et ante Vilis.
om. B 2 — 16 enim om. Ci (suppl.)— de eo haec A 3 C 2 — hec C 3
— aeo B 3 — dicebant B« : dicebatur A* — dum om. C 1 —
accusatione A 56 B 2 C 12 E : occasione D : $m. A 3 — 17 palacium
B«c 23 — ad] a BC — prinum C 2 — primo et secundo vélo
B 2 — et < ad > A 3 — 18 retinuit A 3 56C 2 E : retinebit B* :
retinebat B&6 : retenebit G 3 — quod AW — ingressus A5B6C 1 :
ingressu B 23 D — solo A 56 — mosileo A* : musileum A* : mau-
solea D : mauseolo E* : mausyleum E 5 : < ubi > Ci - patria
B5 — 19 eius om. B 5 — Antonina < patricia > C 2 E — eum
vid.J venisset Ci—* pape D —
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» quid fecimus tibi et Romanis, ut tu vellis nos in manus Gothorum tradere? » Adhuc ea loquente, ingressus
Iohannis, subdiaconus regionarius primae regionis, tulit pallium de collo eius et duxit in cubiculum; expolians
eum induit eura vestera monachicam et abscondit eum. Tune Xystus, subdiaconus regionarius regionis sextae, IX
videns eum iam monachum, egressus foras nuntiavit ad clerum, dicens quia domnus papa depositus est et
5 factus est monachus. Qui audientes fugerunt omnes. Quem suscepit Vigilius 21 archidiaconus in sua quasi
fide et misit eum in exilio in Pontias 22 et sustentavit eum panem tribulationis et aqua angustiae. Qui deficiens
mortuus est et confessor factus est 23 . Qui et sepultus in eodem loco XII kl. iul., ibique occurrit multitudo maie
habentes et salvantur. Hic fecit ordinationem unam per mens, decemb., presbiteros XI III; episcopos per diversa
loca XVIII. Et cessavit episcopatus 2Î .
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 tibi fec. B2— Romani Ci— vellis A^Ci : velis AS^B^DE :
velles B3 — tradere in m. G. B- 3 — manum A 3 : manibus B2 :
raanos C 3 — in Goth. potestatem D — Gutlorum B* — tradere
om. C2 — eo B 56 E : e C 3 — eam loquentem A* : colloquente
E 2 — ingressus] venit B c : ingressus est C 1 — 2 Iohannis
\iBKO — prime C 3 — tullit A* — palleum A» : pallio B^
— expoliansque A^ : et exp. DE — 3 < et > induit A 3 —
induens O — eum om. A 5 C 2 — veste DE — monanastica D
— Sixtus C 1 — regionarius om. AD ^4 foris A 3 C* — 5 quia
D : qui < etiam > EG — fugierunt AB56 — archidiaconus
om. A 3 — suam B5C2 — 6 fidem A 1 B 3 «C2 — exilium A5E —
Ponzas A* 3 D : Ponticos C 1 — et om. B« — eum om. A& —
pane A56B2Ci 3 DE — aquam A5C2 : aquae B» — 7 et-est om.
E2— Qui et] Qui etiam C 2 — sepultus est A356C-12EG— occurrunt
A 1 : concurrit A5 — 8 habentium B2C12EG — sanantur C* —
XIIII < diac. V > KG — 9 < num. > XVIII B23C2E —
XVII1I D — episcopatus < eius > AD : < dies > KA«B 3 G :
<diesV>E : < dies VI>CiE?.
NOTES EXPLICATIVES.
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i. natione — episcopo Romand] Cf. Hormisdas, notes i et25;v.
aussi la note suivante.
2. Hic levatus est — presbiterï] Ces détails sur l'élévation de Sil-
vère au siège pontifical ne sont connus que par le L. P. A lire le
Breviarium de Liberatus (c. 22) on ne soupçonnerait rien de pareil :
« De cuius decessu (Agapeti) audiens Romana civitas SUverium
» subdiaconum, Hormisdae quondam papae filium, eligit ordinau-
» dum. » Mais on admettra facilement que Tbéodat ait cherché à
peser sur l'élection du nouveau pape : Théodoric avait agi exacte-
ment de la même façon à la mort du pape Jean I e '. D'autre part
le choix d'un sous-diacro était certainement contraire à l'usage ro-
main; il a dû soulever une opposition très vive que l'autorité
royale aura matée avec quelque brutalité. Notre biographe montre
une telle animosité contre les Goths, leur roi Théodat et le pape
choisi par celui-ci, que l'on ne saurait accepter son témoignage
sans quelques atténuations. Quant à ce qu'il dit d'un marché simo-
niaque conclu avec Théodat, c'est là une de ces accusations que
l'esprit de parti soulève avec d'autant plus de facilité que la vérifi-
cation en est le plus souvent impossible.
3. Post menses II — Witigis] Sur le détail de ces événements, v.
Procope, Bell. Goth., I, li ; Jordanes, Geiica, 309, 310. Le L. P.
fournit une date approximative, qui correspond bien avec les don-
nées chronologiques un peu vagues que l'on peut déduire du récit
de Procope. Silvère, en effet, dut être ordonné le 8 juin. La révo-
lution militaire qui porta Vitigès au trône des Amales eut donc lieu
au commencement d'août 536.
4. Eodem tempore — sibi uxorem] Contin. Marcellini, a. 536 :
« (Vitiges) Ravennam ingressus Matesuentham neptem Theodorici
» sibi sociam in regno plus vi copulat quam amore. » Cf. Jorda-
nes, Romana, 373; Geiica, 311, où il ajoute les mots filiam Amala-
suenthae; Cassiodore, Var., X, 32; Procope, Bell. Goth.,I, 11.
5. Audiens autem...] Cette façon de relier les événements n'est
peut-être pas très exacte. Procope et le continuateur de Marcellin
parlent de la prise de Naples avant de raconter l'élévation de
Vitigès. Il en est de môme de Jordanes dans ses Romana; dans
ses Geiica, cependant, il suit l'ordre inverse, comme le L. P. Sur
le siège de Naples, v. Procope, /. c.
6. misit praedam...] Procope, /. c. : 6up.<p fàp ^jxEvot fiiravre;...
tôv èv xoslv àel, oôfieixwtç -f,Xix£aç çpei86jievoi éxtcivov, lç te ta; otxîaç
ia64XXovreç xaïSatç jièv xal Yuvaîxaç ^vSpanwSSijav t£ 8è xp^jAarca tk^t-
cavro, xal toîvtwv jxiXiora oî MaraxyéTai, qï oôôè twv lepwv àrejrdjxevot
•ïcoXXoCk; twv è; aùxà. çeuydvxwv àvetXov, è'wç BeXtadEpteç Kxvrax<foe irepuàv
SiexwXuas.
I. Eodem tempore — uràem Romam] Cette phrase est une sorte de
résumé du récit qui va suivre.
8. //// id. decemb.] Evagrius (Hist. eccl., IV, 19) donne à peu
près la même date, je ne saurais dire d'après quelle source : r^ovev
Û7TÔ Twjjux'ouç a'j0ti; i\ TtàjiT,... IvaTTj 'AiteXXafou, lîpôç 8è 'Pwjjuxiwv irpo-
aayopeuojxévo-J AtxsjjL6p(ou {«ïvôç, IvSixatov Itoç (1. Iv Sexarw fret) 'louc-
Tivwcvoû {iasiXéux;.
9. Noctu ipsà] Procope, l. c, c. 14 : Euvéïrtsé xe èxeÊvg -cri -f.jjipa
xatà tôv aÙTÔv ypdvov BeXtadptov jjièv xal tôv paatXéwç crpaTÔv £ç Tw{«\v
ebtévai 8ià icûXtiç f,v xaXoûortv 'Affivapfav, rdrOouç 8è àva^tipeiv iv6iv8«
Sià thjXtjÇ Irepaç % <t>Xa{tivta iTCtxaXtÏTau
10. VIIII kal. mari.] Cette date n'est pas indiquée ailleurs. Sur
les détails du siège, v. Procope, Bell. Goth. y I, 14 — II, 10.
II. ecclesias et corpora martyrum] Ce détail est confirmé par les
inscriptions commémora tives des réparations que l'on exécuta
après la levée du siège, notamment dans les cimetières des deux
voies Salaria; c'est de ce côté qu'eurent lieu les principale! atta-
ques. Au tombeau du martyr Diogène, sur la voie Salaria vêtus
(De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 83, 100) :
Hic furor hostilis templum violavit iniquus
cumpremeret vallo moenia septa G êtes;
Nullius hoc potuit temeraria dextera gentis
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haec modo permissa est quod peritura fuit.
Nil gravât hoc tumulo sanctorum pessimus hostis,
materiam potiuê repperit aima fides.
In melius siquidem reparato fulget honore :
cum scelere hostili crevit amor tumulis.
Suscipe nunc gratus devotae munera mentis,
Diogenis martyr, eut dédit ista volens.
Au tombeau des martyrs Vital, Martial et Alexandre, dans le ci-
metière Iordanorum, sur la voie Salaria nova (l. c, p. 100, 131; cf.
un fragment retrouvé dans le cimetière ad duos lauros, sur la voie
Labicane, musée de Latran, tr. III, qui appartient peut-être à un
second exemplaire de cette inscription) :
Dum peritura Gethae POSVISSENT CASTRA SVB VRBE
moverunt sancTIS BELLA NEFANDA PRIVS
istaque sacrilegO VERTERVNT CORDE SEPVLCHRA
martyribus çuoNDAM RITE SACRATA PUS
quos monstrante DeO daMASVS SIBI PAPA PROBATOS
affixo monuit carminé iure coli.
Sed periit titulus confracto marmore sanctus,
nec tamen his iterum posse latere fuit :
diruta Vigilius nam mox haec papa gemiscens
hostibus expulsis omne novavit opus.
Au tombeau des martyrs Chrysanthe et Darie, non loin du sanc-
tuaire précédent (De Rossi, Inscr. chr., t. II, p. 84, 87, 116, 135) :
Hic votis paribus tumulum duo nomina servant
* Crisanti Dariae nunc venerandus honor;
effera quem rabies neclecto iure sepulchri
sanctorum in tumulos praeda furentis erat.
Pauperis ex censu melius nunc ista resurgunt
divite sed voto plus placitura Deo.
Plonge tuum, gens saeva, nefas : periere furores,
crevit in his templis per tua damna decus.
Le v. 4 est évidemment corrompu; cf. De Rossi, Bull. 1880, p. 38 ;
1882, p. 59-64. — A ces textes, qui mentionnent expressément les
dommages causés par la guerre et les réparations auxquelles ils
donnèrent lieu, il faut joindre les inscriptions antérieures, repor-
tées sur des marbres nouveaux, les anciens ayant été brisés {periit
titulus confracto marmore); de ce genre de documents nous avons
un spécimen célèbre dans l'épitaphe du pape Eusèbe, citée plus
haut, p. 161.
12. nympharum remedius] Les aqueducs furent coupés (Procope,
/. c, c. 19), mais il y a dans l'intérieur de Rome des sources (nym-
phae) assez nombreuses qui purent, avec l'eau du Tibre, suffire
aux besoins d'une population bien moins nombreuse qu'elle ne
l'avait été autrefois.
13. annum unum\ Un an et neuf jours, dit Procope (/. c, II, 10),
qui ajoute que l'équinoxe de printemps était proche : xà f*èv ouv
Ixoi àjJLfpl xpoitiç èapiviç ^v, t^ 8à icoXtopxîa ivtauxdç ti èvêxpimo xal
itpôç aùxy i.jiipoci ivvia.
14. tanta famis fuit] Procope {Bell. Goth., II, 20) nous a laissé
une description émouvante de celte famine qui affligea l'Italie
en 538; il parle aussi de scènes d'anthropophagie. Parmi les pays
qu'il cite comme ayant particulièrement souffert, il mentionne
l'Emilie, mais non point la Ligurie ; cependant il parle de la famine
comme ayant été générale en Italie. — Datius , évêque de Milan,
vint à Rome, en 538, avec les principaux citoyens de sa ville épis-
copale, demander à Bélisaire un petit corps d'armée avec lequel
ils se flattaient de procurer le rétablissement du régime impérial
dans leur province de Ligurie (Procope, Bell. Goth., II, 1). Le
siège que Milan eut à soutenir l'année suivante et qui se termina
par la prise et le sac de la ville prouva que les Milanais, et Béli-
saire qui les avait écoutés, s'étaient montrés trop confiants. C'est
sans doute au séjour de Datius à Rome que remonte le souvenir
conservé dans ce passage du L. P. Les Goths rentrés à Milan,
Datius réussit à s'enfuir à Constantinople, où il mourut en 552. —
Dans les Varia de Cas.ùodore (xir, 21), on trouve une lettre adres-
sée à ce prélat par Cassiodore lui-même, préfet du prétoire, préci-
sément à propos de secours à délivrer aux nécessiteux en temps
de famine. Cette lettre, écrite, en tout cas, entre 534 et 539, parait
bien se rapporter à la famine de l'année 538 (Cf. Var. xii, 22-26).
15. Eodem tempore ambulavit...] Ici commence un récit tout dif-
férent d'objet et d'esprit. Dans les pages qui précèdent, l'auteur,
après avoir raconté l'élévation de Silvère avec une animosité très
vive contre lui, a cessé de s'occuper du pape et s'est borné à la des-
cription du siège jusqu'au moment où il fut levé, c'est-à-dire jus-
qu'à l'année 538. Dans l'intervalle, Silvère avait été déposé et rem-
placé par Vigile : il ne s'est point inquiété de ce changement.
Maintenant nous trouvons une autre mention de la prise de Naples
et de l'entrée de Bélisaire à Rome à la fin de 536, mais il n'est plus
question du siège que d'une façon incidente. Le narrateur est tout
entier à la déposition de Silvère et il la raconte dans les termes les
plus sympathiques. J'ai expliqué dans l'Introduction, p. xxxix, que
l'étrange disparate entre le commencement et la fin de la notice
suppose un changement d'auteur. Si le premier avait raconté la
chute de Silvère, il l'eût fait certainement sans manifester le moin-
dre regret. Peut-être en a-t-il été réellement ainsi. Rien n'empêche
en effet de croire qu'il ait existé originairement deux notices de
Silvère, comme nous avons deux notices de Symmaque, rédigées
dans un esprit opposé. On les aura plus tard combinées tant bien
que mai et l'on aura joint le commencement de l'une avec la fin de
l'autre, sans s'apercevoir qu'on laissait subsister deux récits de
certains faits.
16. susceptus est a domno Silverio] Procope {Bell. Goth., I, 14) at-
teste que Silvère engagea les Romains à se rendre à Bélisaire :
Mdfturca 8è aôtoù»; EiX6épto; etç toûto év%ev ô TfyjSe ttiç toJXbwç àpjriepsy;.
17. V id. mai., ind. XV] Voici encore un exemple de date inter-
polée, comme nous en avons déjà rencontré plusieurs dans les no-
tices précédentes. Celle-ci, 11 mai 537, ne correspond nullement à
l'installation de Bélisaire dans la domus Pinciana. Il y fixa son
domicile dès son arrivée à Rome ; le récit qui va suivre suppose
lui-même qu'il y était dès le mois de mars. Je ne vois pas à quoi
peut se rapporter cette date, à moins qu'on ne la prenne pour celle
de la déposition de Silvère, auquel cas il faudra la corriger, chan-
ger mai. en mart. Il est possible que Silvère ait été déposé
le 11 mars; cela concorde même assez bien avec la chronologie
de son pontificat et du pontificat suivant. Vigile fut ordonné
le 29 mars 537.
18. Tune erat Vigilius...] Liberatus raconte (Brev. 22) ces événe-
ments dans le même esprit, quelquefois presque dans les mêmes
termes. S'il ajoute ou omet quelque détail, cette différence n'em-
pêche nullement les deux narrations de concorder : elles se confir-
ment et se suppléent l'une l'autre : « Augusta vero vocans Vigi-
» lium, Agapeti diaconum, profiteri sibi secreto ab eo flagitavit ut,
» si papa fieret, tolleret synodum (le concile de Chalcédoine) et
» scriberet Theodosio, Anthimo et Severo et per epistolam suam
» eorum firmaret fidem , promittens dare ei praeceptum ad Belisa-
» rium ut papa ordinaretur et dari centenaria septem. Lubenter
» ergo suscepit Vigilius promissum eius, amore episcopatus et
» auri, et facta professione Romam profectus est; ubi veniens in-
» venit Silverium pajam ordinatum. Quin et Ravennae reperit
» Belisarium in eadem urbe sedentem eamque obtinentem : cui
» tradens praeceptum Augustae promisit ei duo auri centenaria si,
» Silverio remoto, ordinaretur ipse pro eo. Belisarius vero Romain
» reversus, evocans Silverium ad palatium, intentabat ei calum-
» niam quasi Gothis scripsisset ut Romam introirent. Fertur au-
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» tem Marcum quemdam scholasticum et Iulianum quemdam
» praetorianum fictas de nomine Silverii composuisse litteras, régi
» Gothorum scriptas, ex quibus convinceretur Silverius Romanam
» Telle prodere civitatem. Secreto autem Belisarius et eius coniux
> persuadebant Silverio implere praeceptum Augustae ut tollere-
» tur Chalcedonensis synodus et per epistolam Buam haereticomm
» flrmaret fidem. Qui mox de palatio egressus quid de eo fleret
» consiliariis suis locutus est : et venions contulit se in basilicam
> beatae martyris Sabinae ibique manebat : ubi et directus est ad
» eum Photius filius Antoninae patriciae et praestito sacramento
» invitabat eum venire ad palatium. Qui autem Silverio adstabant
» persuadebant ei ne Graecorum crederet iuramentis : ille tamen
» exiit et ad palatium venit. Et illa quidem die pro iuramento ad
» ecclesiam redire permissus est. Ad quem rursus mandavit Beli-
» sarius ut ad palatium veniret ; qui de ecclesia exire nolebat, do-
» los sibi praeparatos agnoscens. Sed postea orans et causam suam
» Domino commendans exiit et ad palatium venit. Qui solus in-
» gressus a suis ulterius non est visus. Et alia die Belisarius,
» convocatis presbyteris et diaconibus et clericis omnibus, man-
» davit eis ut alium sibi papam eligerent. Quibus dubitantibus et
» nonnullis renitentibus, favore Belisarii ordinatus est Vigilius.
» Silverius autem in exilium missus est, in civitatem provinciae
» Lyciae, quae Patara dicitur. Post ordinationem ergo suam com-
» pellebatur Vigilius a Belisario implere promissionem suam, quam
» Augustae promiserat, et ut sibi redderet duo auri eentenaria
» promissa ; Vigilius autem timoré Romanorum et avaritia patro-
d cinante nolebat sponsiones suas implere. » Marcellini Chronici
contin., ad ann. 531 : « Vi tiges tyrannus exercitu aggregato Ro-
» mam obsidet; cui tune faventem papam Silverium Belisarius ab
a episcopatu submovit et loco eius Vigilium ordinavit. » On voit
que cet auteur accepte comme vraies les calomnies répandues con-
tre le pape Silvère et son attitude politique. Procope {Bell. Goth.,
I, 25) ne va pas si loin ; il ne parle que d'un simple soupçon :
Tico^îaç 6è iç EiXCépwv tôv rf& toJXsuç àpyispéct. ftftY^\iévT t i fc>ç 8^ icpo-
Soat'av èi rdxOouç irpiraet, aûtôv jxèv i<; x^v 'EXkioa Irajx^ev aÛTixa,
è'Tepov 8è àpyiepéx 6\lyy Offtepov, BtyfXtov <5vo[ia, xxteorf.sxco. — Victor
Tunun., ad ann. 543 : « Theodorae factione Augustae, quae occulta
» esse synodi Chalcedonensis numquam destitit inimica ex quo re-
» gnare coepit, proscriptionum insidiae praeparantur. Silverius
» Romanus episcopus exilio mittitur et pro eo Vigilius ordinalur. »
19. misit épis to las suas Romani] D'après Liberatus, Théodora
n'aurait pas tenu compte de Silvère et aurait même ignoré son
élection. Silvère cependant est exhorté par Bélisaire et sa femme à
donner à l'impératrice la satisfaction qu'elle attend de Vigile; mais
le général byzantin semble agir ici d'après son propre mouvement,
se doutant bien que, pourvu que Ton fasse sa volonté, Théodora
s'inquiétera peu d'être obéie par Vigile ou par un autre. En ceci
Liberatus me semble être plus près de la vérité que le L. P.; ce-
lui-ci suppose toute une allée et venue de courriers entre Rome et
Gonstantinople, et cela en moins de trois mois, au fond de l'hiver.
Je crois donc que les discours que notre narrateur fait tenir à Sil-
vère et à Théodora n'ont rien à voir avec une correspondance
épistolaire, au moins avec la cour, et qu'ils représentent en gros
les conversations du pape et de Bélisaire.
20. suscepit iussionem Vilisarius] Liberatus la lui fait présenter
par Vigile lui-même, à Ravenne. Cette indication de lieu est
inexacte. Ecrivant après que les autorités impériales s'étaient
réinstallées dans cette ville, Liberatus a cru que Bélisaire avait dû
se trouver là où était de son temps le siège du gouvernement.
21. Quem suscepit Vigilius...] Le L. P. omet ici des détails im-
portants que nous trouvons dans Liberatus, l. c. : « Sed Silve-
» rio veniente Pataram, venerabilis episcopus civitatis ipsius venit
» ad imperatorem et iudicium Dei contestatus est de tantae sedis
» episcopi expulsione, multos esse dicens in hoc mundo reges et
» non esse unum sicut ille papa est, super Ecclesiam mundi totius,
» a sede sua expulsus. Quem audiens imperator revocari Romam
» Silverium iussit et de literis illis iudicium fieri ; ut, si probaretur
» ab ipso fuisse scriptas, in quacumque civitate episcopus degeret,
» si autem falsae fuissent probatae, restitueretur sedi suae. Pela-
» gius vero currens eum voluntate Augustae volebat irritum facere
* imperatoris praeceptum, ne Silverius Romam reverteretur ; sed
» praevalente imperatoris iussione, Silverius ad Raliam reversus
» est. Cuius adventu territus Vigilius, ne sede pelleretur, Beli-
» sario mandavit : « Trade mihi Silverium ; alioqui non possum fa-
it cere quod a me exigis. » Ita Silverius traditus est duobus Vigilii
» defensoribus et servis eius; qui in Palmariam insulam adductus,
» sub eorum custodia defecit inedia. » — Le départ de Silvère
pour l'Orient doit avoir eu lieu aussitôt après sa déposition, aô-ctxa,
dit Procope, qui ne place qu'un peu après, ôXfyw Oorepov, l'ordina-
tion de Vigile (29 mars 537). C'est sans doute dans les mois sui-
vants de la môme année que doivent se placer les événements que
raconte ensuite Liberatus, l'arrivée du pape en Lycie, le voyage de
l'évoque de Patare à Constantinople, l'expédition des lettres de
Justinien, le retour de Silvère en Italie (à Naples probablement).
Mais je n'en dirais pas autant de la mort de Silvère, qui me sem-
ble devoir être reportée à une autre année. — D'après l'Histoire
secrète de Procope (c. I, p. 13 et 16 Dindorf), Antonine, femme de
Bélisaire, aurait eu une large part de responsabilité (SiXôépiov But-
Xp-fioajjiévrç) dans la mort de Silvère; cet historien connaît même le
nom d'un des serviteurs de cette femme, Eugène, $ 8^ xal tô éç
E&6iptov elpyotorai p.(afj\uL. Le biographe de Silvère et celui de Vigile
(v. ci-dessous, n. 103, 106) sont d'accord avec Liberatus pour ne
point engager d'autre responsabilité que celle de Vigile lui-même.
Il sera toujours impossible de mesurer la culpabilité de chacun,
dans une affaire aussi obscure ; mais on ne s'écartera pas trop de
la vérité en mettant le crime sur le compte des deux personnes que
les auteurs nous désignent, sur le compte de Vigile, cui profuit,
et qui est d'ailleurs accusé par l'opinion ecclésiastique de Rome et
d'Afrique , et sur le compte d' Antonine, instrument de Théodora,
qui n'agit que pour complaire à l'impératrice.
22. in Pontias] « In insulam Palmariam », dit Liberatus. L'Ile
Palmaria fait partie du groupe des trois lies Pontiae.
23. et conf essor factus est] Daniel Papebroeck, dans les Âcta SS.
iun., t. V, p. H, 12, dit qu'il ne connaît aucune trace d'un culte
rendu à Rome à la mémoire de Silvère, avant le martyrologe de
Pierre de Natalibus (1371). Il montre en même temps que les restes
de ce pape n'ont jamais été transférés de l'Ile Palmaria.
24. Et cessavit episcopatus] La formule de la vacance n'est suivie
d'aucun chiffre. Le biographe, en parlant d'un fait postérieur de
plusieurs mois à la déposition violente de Silvère, donne encore à
Vigile le titre d'archidiacre : il ne semble donc pas l'avoir considéré
comme pape tant que vécut son prédécesseur. Dans ces condi-
tions, il était assez difficile de déterminer la durée de la vacance.
U en eût été autrement si la déposition de Silvère eût été regardée
comme la fin de son épiscopat. Alors il n'y avait qu'à compter les
jours qui s'écoulèrent entre cet événement et l'ordination de Vi-
gile.
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LXI. VIGIL1US (537-555).
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LXI.
102 I VIGILIUS, natione Romanus, ex l pâtre Iohanne consule, sedit ann. XVII mens. VI dies XXVI. Eodem %
tempore Vilisarius patricius comraisit bellum cum Witigis regem Gothorum. Qui rex fugiens noctu, inse-
cutus est eum Iohannis magister militum cui cognomento Sanguinarius ; tenuit eum et adduxit ad Vilisarium
et ad Vigilium Romam. Tune dederunt ei 3 sacramenta in basilica Iulia ut salvum illum perducerent ad Iustinia-
num imperatorem. Quem 4 cum duxissent eum in Constantinopolim gavisus est imperator et fecit eum patricium 5
et comitem et transmisit eum iuxta fines Persarum et ibi vitam finivit. Vilisarium vero interrogavit imperator
quomodo se haberet cum Romanis vel quomodo in loco Silverii statuisset Vigilium. Tune gratias 5 ei egerunt
imperator et Augusta, et data ei dignitate iterum misit eum in Africam. Qui veniens in fines Africae sub dolo
ïl pacis interfecit Wintarit regem Wandalorum et redacta est Àfrica sub rempublicam. Tune Vilisarius patricius
de spolia Wandalorum veniens Romam obtulit beato Petro apostolo per manus Vigilii papae crucem auream 6 <0
cum gemmis, pens. lib. C, scribens victorias suas, et cereostatos argenteos deauratos maiores II, qui stant
usque hodie an te corpus beati Pétri apostoli. Sedet alia multa dona et elemosynas pauperum largitus est. Fecit
enim Vilisarius patricius xenodochium in via Lata 7 ; et in via Flamminea iuxta civitatem Hortas 8 monasterium
sancti Iuvenalis, ubi possessiones et dona multa largitus est.
103 m Eodem tempore 9 Theodora Augusta scripsit ad Vigilium papam : « Veni, adimple nobis quae prona voluntate \*
» tua promisisti de pâtre nostro Anthemo, et revoca eum in officio suo. » Ad haec rescripsit Vigilius : « Absit
» hoc a me, domna Augusta. Prius locutus sum maie et insipienter : modo autem nullo modo tibi consentio ut
» revocem hominem hereticum et anathematizatum. Etsi indignus, vicarius sum beati Pétri apostoli, quomodo
» fuerunt antecessores mei sanctissimi Agapitus et Silverius qui eum damnaverunt. »
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 m. VII A* : V El — d. XXV E* — 2 misit BCI3G — Guitigem
B3-6C23 : Gothicem Ci : Guitige B2E— rege A 3 5*B 2 E— Guthorum
Bj — rex om. A3 — nocte B^D — 3 Iohannis AiB 3 » — magistri
B35 : minister D — cui om. E5 — cognomen E 1 — tenuitque A 5
— adduxit-et om. E* — adduxit <eum> C 1 — Velis. A 1 —
 et ad Vigilium om. C 3 — ad om. A 5 Qi — Rome B5 — ei om.
Ci — vasil. E5 : basilicam Ei — Iulii A 3 B6 : Iuli E« — salbum
Eî — illum om. AD — lustianum B* — 5 eum om. A5B2C 2 E125G
— in om. A5C 1 — Costant. C 3 — paticium C 3 — 7 Romanos
Ai — locum B3C1 — Silveri B 3 * — Vigiliuml illum E5 — Tune]
Kt dato ab eo responso EiG (-sum E<) — ei om. Ci — 8 iter.
dign. E5 — eum om. A 3 — Affricam B">C* : Africa B2<5Ci 3 E5 :
<[ad Gundarit regem Guandalorum et ut quae fecerat in Italia
faceret et in Africa > E 15 G (Gundarim E 1 : Guntarim G — Wan-
dalorum G — et ante ut om. E> — et ante in om. E^G — Afri-
cam Ei) — finis A3 : finem B*C 2 — Africe C 3 — 9 interficit Ci
— Wintharim AD : Wintarit B2£2 : Guntarit B 3 : Guintarit
B*C3 : Guinterith fis : Witerit B« : Guintarium Ci : Guintarith
C 2 : Gundarim E — Guandalorum E — republica A^B^Ci —
Bel. Ai — 10 dispolia B« — spoliis A^Ei — Vandalorum
C3E5 : Guand. El — Roma AiB*E5 : Romo C 3 — optulit XWE*
— cruce aurea C 3 — 11 pens. om. BC 3 G— qui pens. C 2 Ei2*
(quae El) — scribens AD : in qua scripsit cet. — et om. BCE120
— cerostatos C 3 : cirost. E 5 : caereostatas Ci : cerostatas El —
argenteas Ci : om. AD — deauratas Ci : om. C 2 — II mai. C 3 —
12 < in > hodie B 3 «ci3 — odie B*E 5 : hodierno die B 3 — bona
Ai — elemosynas A^B^C 2 : elemosinas B 2 « : elymosinas A 5 C 3 :
elimosinas B3 : elymosinis Ci (-nas ci) : helemosinas El — pau-
peribus As — 13 enim] autem B 6 — Velis. A 1 — Vil. patr. om.
A^ — exenodochium AD : sen. B 4 E J G : xenodoxium C 2 : xeno-
dichium C3— Flaminea A5 : Flaminia B 6 CiD— civitate AiB 3 C 3 E3
— Ortas E* — 14 sanctae B 8 — Iubenalis Ci (corr.) Es : Iovenalis
C 3 — possessionem A 3
15 Veni < et> D — pro bona EG — 16 tua om. A.O — An-
themio Ai : Anthimo C 2 E — revocare Ci — offlcium suum
A5DE1 (offilium D)— hec Ai — 17 a me hoc Ci — domina B*C 2
— Augusta] antea A 3 — < vere > ut B« — 18 revoces AisD —
hereticum om. B 3 — vocarius C 2 : < tamen > A 5 D — 19 sanc-
tissimus A 3 C 3 — Agapitas C 3 — dampnaverunt C 3
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Tune Romani 10 fecerunt suggestiones suas contra Vigilium eo quod cum consilio eius depositus fuisset Silverius
beatissimus papa < suggerentes pietati tuae quia maie agit cum servis tuis Romanis et cum ipsa plèbe sua, et
« quia homicidam illum accusamus : sic est in furore versus ut daret alapam notario suo ; mox ad pedes eius
(( cadens expiravit. Item dédit nepotem suam Vigilia Asterio consuli filio mulieris viduae ; quo casu faciente fecit 104
î> « eum teneri nocte et tamdiu caedi quamdiu vitam finiret. » Quo audito, n Augusta misit Anthemum scribonem IV
cum iussiones suas cum virtutem maiorem ad Romam dicens : « Excepto in basilica sancti Pétri parce. Nam
« si in Lateranis aut in palatio,aut in qualibet ecclesia inveneris Vigilium, mox inposito in navem perdue eum
« usque ad nos. Nam per viventem in saecula excoriari te facio. » Qui Anthemus scribon veniens Romae invenit
eum in ecclesia sanctae Gaeciliae X kal. decemb. : erat 12 enim die natalis eius. Et munera eum erogantem 13 ad
10 populum, tentus est et deposuerunt eum ad Tiberim; miserunt eum in navem. Plebs et populus sequebatur eum,
adclamantes ut orationem ab eo acciperent. Data oratione respondit omnis populus : « Amen » ; et mota est
navis. Videntes Romani quod movisset navis in qua sedebat Vigilius, tune coepit populus iactare post eum
lapides, fustes, caccabos, et dicère : « Famis 14 tua tecum! mortalitas tua tecum! Maie fecisti Romanis, maie
«invenias ubi vadis. » Et quidem amatores eius secuti eum sunt de ecclesia.
15 Qui ingressus Siciliam 15 in civitate Catinense permissus est facere ordinationem per mens, decemb., presbiteros v 105
et diaconos, in quibus 16 retransmisit Romae Ampliatum presbiterum et vicedominum suum 17 et Valentinum episco-
pum a sanctaRufina et Secunda, ad custodiendum Lateranis et gubernandum clerum 18 . Et valefaciens omnibus 19
ingressus est Constantinopolim vigilias domini nostri IesuChristi. Obvius est ei imperator; osculantes se coepe-
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Romanus G 3 — suggestionem AD — suas om. AD — eo om.
a.356 — com C2 : om. A 356 B56G — eius] eorum D — depositum
B 5 (corr.) — 2 papa < dicentes > B5 — pietatis Ai : piaetate
G* (-ti e*) — aget E5G — serbis E* — et ante quia om. ADEiG — -
3 < nam > sic As : < et > sic B5 — est in] enim A 3 — furo-
rem A5 6 C2— < qui > mox A 5 B5D : < et > mox ci— A sedens
A 3 — expiraret A 3 : expiravit B56C1 : expirabit E5 — dédit om.
C2 — rieptem DEi — suum BGi - Vigilia A1MB3G» : Vigili
B234 ci : Vigiliam cet. — Astere B 6 (corr.) — consul B 6 : cons.
Ci : consule C2 — filium BCE — mulieri A«D — caso B«C 3 :
causa B' — fatiente C 3 — 5 tenerenoctae Ci — tam dire B5 —
cediB^C 2 : ceditC 3 — fmivitC^E*— audituA 4 — AnthimumC2E5
etitainfra — 6 iussione sua A 3 »«B5 : iussionibus suis El — <©t>
cum As — cum om. G — virtute A^B^DE^G — maiori A 3 :
maiore A^DE'G : magna E 5 — ad om. A 3 ^ — excepto] tautum
illi A5 — 7 aut] atque C 21 E — in om. C 2 — quolibet C* — in-
positum AD — in om. A 5 D — navi A 5 Ei : nabem E& : nave G
— 8 nam < alias > A5 — saocula] ecclesia E 2 — excoriare
A 3 G — te] eum B* — faciam C*E 4 : fatio C 3 — qui] tune A*
— Anthemum B 6 (corr.) — scribo E 1 — Romam A 3 56B 236 —
9 in om. A 3 — ecclesiain B s — sancta C 3 — Ciciliae Ai : Ceci-
liae B 3 C2 — X kl. -plebs] populo predicantem X kl. decemb.
Quem statim retentum et in navim depositum plebs C 4 — de-
cemb. < Et rogante populo tentus est > E 4 — erat-et om. C* 3 E5
Liber pontificalis.
— erant B 3 — dies A^B^CŒi — nat. eius dies El — munera
eum om. C^ — eum om. Ei*G — erogante A* 6 : tradens El :
tradente G — 10 a populo D : populo A 6 G — populum < rep-
perit > As — tentus-miserunt] Qui tenens deposuit eum per
Tiberim et misit El (eum-misit om. E*) — tenens C 4 *. tenentes
B6 C i — est om. BS^CE 5 — eum om. CiD — < atque > ad A5 —
Tyberim C* — < et > miserunt B* — nabem Es : navim A&E 1
— et populus om. El — sequebantur B 6 — 11 acceperent A 1
— orationem AiB 3 C 3 : -cione B5 : -tiones E 4 — respondet B* :
dixeruntA t3 D:dixit A 5 — omnes Ai — 12navesB 6 (corr.)— quod]
que C* — pop. coep. AD — cepit C 3 — poste, iact. AD— 13 ca-
cabos A15: om. G — diceret C 4 — famis A 4 B 5 C 2 — tua post mort,
om. B 3 * 5 CE (suppl. ci)— fecistis El : < cum > AD— 14 invenies
C 3 DG — ubicumque C 4 — quidemj quem C 4 : quidam c 4 C 2 —
amatoris B& : atores E 5 — sunt eum A* 6 C 4 D : <sicut> A5 — ec-
clesiae C 3
15 Sicilia A 4 — civitatem A56B«DE 45 — Catbaenense C 3 : Ca-
tanense E5 : -sem DE 4 — ordinatione A 4 : -nés A* — 16 et om.
C 4 — in] e A 5 — Romam A$E — viaedominum B* — suum om.
B« — Valantinum B5 : Valentium B« — 17 a] ad A l3 D : de A* :
et B*C 3 — sanctam Rufinam B5 6 D — Secundum AD : Secundam
B6 — clerum om. B 5 — 18 Constantinopolis D — vigiliis A* :
vigilia E 4 — obbius E5 — ei om. B« — <qui> ose. A* : <et>
ose. D — obsculantes E5 — ceperunt B5« —
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298 LXI. VIGILIUS (537-555).
runt flere ; et p)ebs illa psallebat ante eum usque ad ecclesiam sanctae Sophiae : Ecce advenit dominator Dominus et
106 "cetera. Per biennium 20 enim fuerunt intentiones de Anthemo patriarcha, quomodo promisisset eum in locum suum
et cautionem manus suae 21 ei ostendens quomodo promiserat eum in ordine suo revocare. Sed Vigilius nullatenus
VI eis voluit consentire ; sed tantum virtute magis mori desiderabat quam vivere. Tune Vigilius papa dixit : « Ut
« video, non me fecerunt venire ad se Iustinianus et Theodora piissimi principes ; sed hodie scio quod Diocletia- s
« num et Eleutheriam 22 inveni. Facite ut vultis: digna enim factis recipio. » Tune dédit 23 alapam infaciemeius
quidam, dicens: « Homicida, nescis quibus loqueris? Nescis quia Silverium papam occidisti et filium mulieris
« viduae ad calces et fustibus interfecisti. » Tune fugiens in basilicam sanctae Eufemiae, tenens columnam altaris.
Qui tractus ab ea, eiectus foris ecclesiam, fecit mitti funem in collo eius; et trahentes eum per totam civita-
tem usque ad vesperam. Tune missus in custodia; dabantur ei modice panis et aqua. Clerus autem Romanus 10
qui eum eo erant missi in exilio per diversa metalla incidenda.
107 VII Tune Gothi 24 fecerunt sibi regem Badua, qui Totila nuncupabatur. Descendons 25 Romae et obsedit eam; et
facta est famis in civitate Romana ut etiam natos suos vellent comedere. Quadam die intravit Romam a porta
sancti Pauli, indictione XIII. Tota enim nocte fecit bucina tangi usque dum cunctus populus fugeret aut per
ecclesias se celarent, ne gladio Romani vitam finirent. Habita vit rex eum Romanis quasi pater eum filiis. Tune 15
quidam 2 * de senatoribus fugientes,Citheus, Albinus et Basilius, patricii et consules, ingressi sunt Constantino-
polim et praesentati ante imperatorem adilicti et desolati. Tune consolatus est eos imperator et ditavit eos sicut
digni erant consules Romani.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 pies B5D — ecclesiae B*C' : ecclesia B 6 — Sofîae A* :
Suffie A» : Soae B 3 : Sophoniae C — ■ 2 viennium E 5 — enim
om. B* : vero E 15 — Anthemum Ai — praemisissent B5 : pro-
miserit E 5 : < revocare > A* — eum < revocare > E 5 — in
locum suum om. B 3 : < restituere >• E 1 : << restaurari > G
— 3 ostendit A 5 G : ostendentes C 2 E : < Augusta > A5 — per-
miserit B* — in om. A 13 D — ordinem suum A 35 E l — revocari
Bî3 — nullatinus A* — 4 ei AC 2 D — ei null. AD — vol. eis B*
— tante C 1 : tota c'G : tamen tota E5 : animi A' — virtutem
A*D — mais C 3 — videre B<> [corr.) — 5 ad se ven. E* — ad se
om. C 2 E 2 — Iustianus B* — Dioclitianum C 2 — 6 Eleutheriam
A*5Ei : Eleutherium A 36 B 23 : Lutberia B«C 3 : Lutheriam
B 5 C 2 E 2 : Leuterium C* : Uœleutherium D — inveniam B* :
invenit E 2 — bultis Es — dédit < ei > D — fatiem G 3 — 7
homicidam A 1 — 8 ad calces] eum calcibus A 3 : calcibus B» —
fustes c 4 C 2 E (festes C*) — interficisti Ai — tune] hinc E5 — fu-
gens B5 — basilica Ai : aecclesia El — Eufimiae A*56 — tenuit
A5Ei : et tenens B*C 2 E 2 5 — 9 qui om. E 2 — tractus est A 3 Ei —
< et > eiectus DE* — eiectus est foras extra eccl. A5 — eccle-
siam AB 5 C 2 : ecclesia cet. — < et > fecit A 5 — fecit < que
Theodora Augusta > El — fun. mit. B« — collum B^E 1 — et
om. A 35 —trahi EiG— eum om. Et — 10 vesperum AC 2 E* : ves-
pera C 3 E 5 — missus < est > AiCiD — custodiam B^Ei —
< et > dabatur E 1 : dabatur B5C*E5 — modicum A 3 «Ci 2 4DEi5
— pane A"B 3 C 2 : panem A5«B*E 5 : panis cet. — aquam A5«B 6 C 3
: aquao BSDE — cleros... Romanos A 3 : clerum... Romanum A*
— il erat BE — missi < sunt > E*G : misit A 5 Ci — exilium
A56E1 — diverso C 3 : diversa < loca > A* : diversa < loca
et > E 1 — metella C 3 : et alia B 6 — incidendum A*
12 Bandua Ai 3 D : Banduam A» : Vadua A^Ci 3 : Vaduam
B 3 5 : Vaduas B* : Baiuara C 2 *E — Totilla C 3 — nuncupatur
C* 2 — discendens A* : < qui > descendens A 5 D : descendit
C 2 E — Romam A 3 5«B 3 C 2 E : Roma B* — et om. A5B5DE1
(suppi. ei) — obsidit Ai — 13 est om. C 2 — famés A56B 2 DEi :
< magna > B 2 : < maxima > EiG — civitatem Romanam
E5 — Roma B' C 1 — etiam] et A* — velint A* : vellet Ci —
commedere A56 B 4 C 3 E 1 — quadam die] die autem tertia dé-
cima E ! G — intrabit E 5 — introivit in civitatem Romanam E*
G — Roma C 3 — a om. C 2 : ad A 3 : per A&E 1 — a-Pauli transfert
E post indictionem— portasC 3 — 14XI1II B 2 Ei : XII B*— totam...
noctem C 2 — noctu B 3 C 3 — fecerunt B 23 — bucinam A5Ci :
buccina E 5 — tangere A 3 : clangi E J G — fugirent Ai : fugiret
A 3 C 2 : fugerent D — 15 se om. A5 — celarct B^C 1 : reeelarent
A5 — nec B5 — vita A*5D — ferirentur D — < Ingressus au-
tem > rex hab. EiG — habitabit E* — 16 quidem C 3 — fu-
giens A 3 :fugierunt Ci (fugerunt ci) — Cittheus C 2 E*: CithesD:
TecheusEi (Cecheus ei) — patricius E — et] ex C 23 * E : om. B«
— consulis C 3 — 17 et praesentati] inde rursus A 2 — apprae-
sentati A 3 : présentes E J — ante imp.] imperatori D — adilicti
Ai B s « _ tune om. EiG — consulatus Ai — est < autem >
EiG — et ditavit-imperator om. D ~- ditabit E 5 - eos om.
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LXl. VIGILIUS (537-555). 299
Eodem tempore " misit imperator Iustinianus Narsetem eunuchum et cubicularium suum in Italia. Qui datsr vin 108
pugna cum Gothis, donavit ei Deus victoriam et occisus est rex et multitudo Gothorum interfecti sunt. Tune 28
adunatus clerus rogaverunt Narsem ut una cum eius suggestionem rogarent principem ut si adhuc viveret
Vigilius papa aut presbiteri " seu diaconi vel clerus qui cum eodem Vigilio fuerant in exilio deportati, rever-
5 terentur. Suscepta relatione Narsetis vel cuncto clero Romano laetus effectus est imperator et omnis synclitos 30
eius eo quod requiem donasset Deus Romanis. Mox misit iussiones suas per di versa loca ubi fuerant in exilio
deportati, in Gypso et Proconiso, et adduxit eos an te se imperator dicens : « Vultis recipere Vigilium ut fuit
» papa vester? Gratias ago. Minus ne, hic habetis archidiaconum 31 vestrum Pelagium et manus mea erit
» vobiscum. » Responderunt omnes : « Imperet 32 Deus pietati tuae. Restitue nobis modo Vigilium et quando
» eum voluerit Deus transire de hoc saeculo, tune cum vestri praeceptione donatur nobis Pelagius archidia-
» conus noster. » Tune dimisit omnes cum Vigilio. Venerunt 33 Siciliam in civitate Syracusis. Adflictus, calculi i\
dolorem habens, mortuus est. Guius corpus ductus Romae sepultus est ad sanctum Marcellum via Salaria. Hic
fecit ordinationes II per mens, decemb., presbiteros XLVI, diaconos XVI; episcopos per diversa loca LXXXI.
Et 34 cessavit episcopatus mens. III dies V.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Iustinianus < Mittitur Narses adversus Totilam > E 1 —
Iust. imp. C 2 — Iustinianus om. C 1 — Narsete A* D : Narsidem
A3 — et om. B" D — < mittens > in D — Italiam A«e &* C 2
E 1 — data] acta B3 — 2 Guthis Ai — donabit E* — raulti A* —
Guthorum B* — interfecta est A 3 — 3 adunato clero A 3 —
adonatus C^ : donatus B5 — Narsetem A 2 » 6 b 6 E 1 : Narsem B*
C 23 : Narsa C 1 (Narsatem ci) : Narsen E5 : Narse cet . — utj et
C 2 — eiusj eis A5C1 — suggestione A2-«B*Ci — viverit A* — 4
aut] et B 5 — presbiteros seu diacones E 1 — crerus A* : clerum
C 2 — fuerunt A" 3 — exilium A 2 5DEi — 5 ratione D — Narses
A 3 ci : Narse C 1 — veJ] a ci — cuncta C 2 — cuncti cleri Ro-
mani A 2 5E* — letus BWE 5 — omnis A 3 C 3 E5 : omnes B« : "ôms
passim — inclitos A*B 23 : incliti A^BSGCiE 1 : inclitus A 3 B<C 3
E 2 : sinclitus C 2 : synclitus C 4 : syncletus E 5 : syncletas G —
6 Deus don. AD — < et > mox E — iossiones A 1 — fuerent
exilio A 2 — exilium E 1 — 7 Egipso A 2 : Guypso B 23 5C 3 : Gyipso
B 4 — Proconiso A* 23 D: Proconixiis A* B 23 : Proconixmus B :
Proconimus B« : Proconsul B« : Proconixmi Ci : Proconisso C 234
E — et om. B — se om. B> — dicens] et dixil B 2 C 2 E* : < eis >
£15 G — vulti Bi — fuit] sit A 2 ci : fiât B« — 8 papam vestrum
A56 — a goj ego B 6 — ago minus] agimus Ci — munus C 3 : ni-
mis D — ne] nec tp : non b 6 c l : n~Ei — habetis om. A5 — ha-
betis < nisi > El — archaediaconus Ci (archi-ci) : archidioco-
num C 3 — vestrum] Petrum Ci — 'manum B 4 — raeam B 4 * —
9 < ad > imp. El G — imperat C 3 D: imperator et B' — pie-
tatis A 23 : magestati E* — tuae] vestrae Ci — tuae < b) Aug. >
restituetur vobis es — modo om. Bâ^Ei e 5 — 10 eum om. C*
— Deus vol. eum B 4 : vol. eum Deus EiG — < omnium con-
ditor > Deus A 2 — saeculum B 4 — tune om. E 2 5 — cum om,
B23 Q2 — vestra ADE5 : vestrae B 6 : vestris E 1 G — perceptione
B 4 : praeceptionibus El G — donabitur As : donetur C 4 E 1 G
— 11 demisit B 4 : dimissi B 5 D : misit C 1 : emisit E^ — < qui >
ven. A 2 : < et > ven. A5 El G — < in > Sic. A* El — Sicilia
Ai B 23 C — in om. Ci — civitatem A* B6 — Siracusis Ai : Sira-
cussis B 2 Ci : Syracusas A* E 5 : Siracusana E 4 : < ubi > A 5
— calculis Ai 3 D : calculorum A 2 : colli A 5 : cauculi B 23 : cau-
culo Cl — 12 dolore A"»* C 2 D E5— abens E5 : om. A™ : < Vi-
gilius > A 2 — ductum E 4 — ductus est Romam AD — < et >
sep. A 3 D — sepultus est om. A 2 — sepultum B 2 : sepultum-
que A5 — Marcelum B 4 : Ma Ai — Salaria <in cymiterio
Priscillae > A5 C 24 E — 13 presb. XVI Bs : XV. XLV E 2 : XLV E5
— diac.-LXXXI om. B* — diac. VIA 2 —loca < num. > B 23 C"
— LXXI A 2 — 14 cessabit E5 — m. III om. E J — d. V m. III Cl
— d. VID : XXVI E 1 : om. B*
NOTES EXPLICATIVES.
i. ex pâtre Iohanne consule] C'était sans doute un consul codicil-
laire ou honoraire, car les deux seuls consuls du nom de Jean que
l'on trouve dans les fastes à une date convenable, ceux de 498 et
de 499, sont des consuls orientaux, comme aussi le FI. Iohannes
Orientalis de 538, dont le consulat coïncide à peu près avec l'avê-
nement de Vigile. Le frère de celui-ci, Reparatus, était sénateur.
Il fut emmené à Ravenne à la fin de 536, avec d'autres notables,
par le roi Vitigès, et ce ne fut pas sans peine qu'il échappa à la
mort lorsque, l'année suivante, Vitigès envoya de son camp sous
les murs de Rome l'ordre de massacrer ces otages (Procope, Bell.
Goth., i, 11, 26).
2. Eodem tempore — ad Vigilium Romam] Il y a loin de ce récit
à la réalité, telle que nous la connaissons par Procope et par le
continuateur de Marcellin, auteurs contemporains et témoins ocu-
laires. Les Goths furent, à la vérité, inquiétés dans leur retraite et
durent livrer combat au passage du pont Milvius ; mais le magis-
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fer militum Jean n'était pas à cette affaire. En ce moment il faisait
campagne sur la côte du Picenum, s'emparait de Rimini et mena-
çait de couper à Vitigès toute retraite sur Havenne. Ce sont ces
mouvements qui décidèrent le roi goth à ne pas immobiliser ses
forces devant les murs de Rome. Après avoir tenu la campagne
pendant quelque temps il fut obligé de s'enfermer dans Ravenne
où il capitula vers la fin de l'année 539 et se rendit à Bélisaire lui-
môme, et non pas à Jean.
3. Tune dederunt ei — imperatorem] Il n'y a pas d'autre témoi-
gnage sur cette entrevue. D'après Procope et le continuateur de
Marcellin, Bélisaire s'embarqua pour Constantinople, en compa-
gnie de Vitigès, aussitôt après la capitulation de Ravenne ; ces
auteurs ne disant point où l'embarquement eut lieu, il est naturel
de penser au port de Ravenne. Cependant il est à la rigueur possi-
ble que Bélisaire ait pris la mer à Porto et qu'avant de partir il
ait présenté son prisonnier au pape. La basilique Iulia, dans l'in-
térieur du palais de Latran, était la grande salle des réceptions so-
lennelles. Cf. Boniface II, note 5, p. 282 ; Vitalibw, n° 135.
4. Quem cum duxissent — vitam finiviï] Jordanes, Getica, 313 :
« Iustinianus imperator... perductum Vitigès Gonstantinopolim
» patricii bonore donavit ; ubi plus biennio demoratus imperato-
» risque in affectu coniunctus rébus excessit humanis ». Cf. Pro-
cope, Bell. Goth., m, 1. Ces auteurs ne disent pas que Vitigès ait
été envoyé iuxla fines Persarum. C'est Bélisaire qui fut alors chargé
de conduire la guerre contre les Perses.
5. Tune gratias ei — sue rempublicam] Le biographe confond ici
l'expédition de Bélisaire contre les Vandales, en 533-534, avec la
révolte de Guntarith, en 547. C'est à la suite de la première que
l'Afrique fut redacta sub rempublicam ; le roi Gélimer ne fut pas
tué, mais envoyé vivant à Constantinople, où Justinien lui assura
une existence honorable. Quant à Guntarith ou Wintarith, qui se
souleva en 547 avec Stotzas le jeune et tua le gouverneur Aréobin-
das, son usurpation ne dura que trente-six jours. Elle fut répri-
mée par Artabanes (Procope, Bell. Vand., u, 28) qui fit assassiner
Guntarith et envoya le jeune Stotzas à Justinien. A ce moment
Bélisaire était en Italie, occupé à défendre Rome contre Totila.
6. crucem auream cumgemmis...] Cette croix est mentionnée dans
la vie d'ETiBmcB V, n n 643, comme ayant échappé au pillage du pa-
lais pontifical, en 885.
7. xenodochium in via Latà] L'emplacement en est marqué par
l'église de S. Maria di Trevi, près de la fontaine Trevi ; cette église
s'appelait au moyen âge S. Maria in Xenodockio ; on voit encore,
encastrée dans un de ses murs, à l'extérieur, une inscription mé-
trique, de basse époque, qui rappelle sa fondation par Bélisaire
(Deschreibung der Stadt Rom, t. III, p. 193).
8. monasterium s. Iuvenalis] Saint Juvénal est le premier évoque
de Narni ; il vécut, croit-on, dans la seconde moitié du quatrième
siècle. Narni n'est qu'à huit milles d'Orta. Dans cette dernière
localité l'église de Saint-Juvénal est restée debout jusqu'au seizième
siècle (Fontanini, De antiquitatibus Hortae, Rome, 1723, p. 297).
9. Eodem tempore — in officium suum] Ceci doit être rapproché
de la lettre, probablement apocryphe (Jaffô, 909), qui circula sous
le nom de Vigile et fut insérée, peu après sa mort, dans les com-
pilations historiques de Victor de Tunnunum et de Liberatus
(Victor Tunnun., Chronicon, adann. 543; Liberatus, Bre\\, 22; cf.
Facundus, Contra Mocianum, dans Migne, P. L., t. LXVII, p. 861).
La donnée de cette lettre est que le pape est en communion d'idées
avec les chefs du parti monophysite, Anthime, Sévère et Théodose,
mais qu'il dissimule ses sentiments en attendant l'occasion de les
manifester. Aucun document sûr et croyable n'autorise à penser
que Vigile ait eu en réalité de tels sentiments. Mais les circonstan-
ces de son avènement, les exigences bien connues du parti mono-
physite, l'obsession constante dont il fatiguait la cour de Cons-
tantinople, la répugnance que manifesta le clergé occidental quand
on parla de condamner les trois chapitres, difficultés qui empê-
chèrent Vigile de conserver dans cette affaire une attitude absolu-
ment uniforme, les alternatives de caresses et de violences qu'il
eut à traverser et qui parurent à beaucoup de personnes avoir
influé sur ses décisions, tout cela ne put que favoriser, de son
vivant et après sa mort, les tentatives par lesquelles on essaya de
compromettre sa réputation. Bien que son biographe ait mal com-
pris le débat qui s'agita entre lui et la cour de Constantinople,
bien que son récit soit entaché, et sur ce point et sur d'autres,
d'inexactitudes assez graves, on ne peut lui reprocher de n'avoir
pas saisi les deux principaux traits de cette figure pontificale.
Vigile est arrivé au pontificat par la mauvaise voie ; les ennemis du
concile de Ghalcédoine ont cru trouver en lui l'instrument de leurs
haines contre l'œuvre de saint Léon ; et pourtant ils ont eu une
déconvenue : il n'a point fait le mal que l'on attendait de lui. —
Ces observations me dispenseront de commenter en détail la suite de
ce texte. Le biographe se trompe évidemment en introduisant l'af-
faire personnelle d' Anthime dans les correspondances et les conver-
sations officielles. Depuis qu' Anthime avait été déposé par le pape
Agapit, depuis surtout que sa condamnation avait été ratifiée par
le concile tenu à Constantinople en mai 536 et par une loi de
l'empereur Justinien (Nov. 42), il ne pouvait être question de lui
rendre son évôché, occupé d'ailleurs par Menas, prélat très bien
en cour.
10. Tune Romani — vitam finirel] Sur ces trois faits, la plainte
officielle (suggestio) des Romains, le meurtre du notaire et le sup-
plice infligé au consul Asterius, il n'y a aucun autre témoignage
que celui-ci. Asterius doit être un consul codicillaire, car son nom
ne se trouve pas dans les fastes. Il est en effet impossible de
songer au consul Asterius de l'an 494.
11. Quo audito Augusta...] Les circonstances du départ de Vigile
ne sont pas connues d'ailleurs. Le continuateur de Marcellin (ad
ann. 546) dit simplement que le pape a evocatus ab imperatore
» Roma egreditur o ; d'après Victor de Tunnunum (Chron., a. 545) il
aurait été subtiliter compulsus. Le mémoire des clercs italiens, écrit
de la fin de 551, s'exprime ainsi : « Veniens ibi (à Constantinople)
» ante sex annos istos beatissimus papa Vigilius, magis autem,
» ut quod verius est dicatur, prope violenter deductus », ce qui
concorde assez bien avec l'impression qui se dégage de notre ré-
cit. Facundus (Defens. trium capit, iv, 3, dans Migne, P. L.,
t. LXVII, p. 624) dit que « Romana universitas egredientem (Vigi-
» lium)... publica contestatione pulsaverunt ... ut nullatenus novi-
» tati quae facta est (l'édit contre les trois chapitres) acquiesceret. »
12. X kal. decemb.] Le 22 novembre était en effet le jour de la
fête de sainte Cécile, et, plus précisément, le jour où la mémoire
de cette sainte était honorée dans l'église transtévérine qui portait
son nom. Martyrologe hiéronymien, A' kal. decemb. : Romae, Trans-
tibere, Caecili[ae]. Cf. De Rossi, Roma sott., t. II, p. 154; Jnscr.
christ., t. I, p. 482, 483. -- Cet événement eut lieu en 545. En effet,
l'envoi des personnes chargées de représenter le pape à Rome en son
absence se place au printemps de l'année 546 (Procope, Bell. Goth.,
ni, 15); il n'a pas dû attendre bien longtemps avant de les expé-
dier. On no saurait donc remonter jusqu'au 22 novembre 544.
D'ailleurs les lettres à Auxanius, évéque d'Arles (Jaffé, 913-915),
expédiées le 22 mai 545, semblent avoir été écrites à Rome.
13. munera eroganiem] Ceci doit, je crois, s'entendre des munera
eucharistiques, de la communion. Cf. Théodore, n° 127.
14. famés ... mortalitas] Totila assiégeait Rome, ou plutôt cher-
chait à l'affamer, ne pouvant organiser un siège en règle. Quant
à la mortalité, elle est rappelée en particulier dans ce passage du
continuateur de Marcellin, ad ann. 543 : « Mortalitas magna Italiae
solum dévastât. »
15. Qui ingressus Siciliam...] Sur ce séjour du pape, v. Facun-
dus, Defens., iv, 3, 4; Marcellin, adann. 546; Procope, Bell. Goth. t
m, 15, 16; cf. Jaffé, 918. Le L. P. est le seul texte où la ville soit
indiquée. Les faits rapportés par Facundus supposent que Vigile
demeura assez longtemps en Sicile; Procope, du reste, l'atteste
expressément, quand il dit que Vigile ic BuÇiwov éx ZtxcXfoç jmi-
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tpt6V ?x uv (Bell. Goth. y ni, 16). Notre biographe a la même impres-
sion quand, après avoir parlé d'une ordination faite en Sicile, aux
quatre-temps de décembre (543), il fait arriver le pape à Gonstanti-
nople la veille de Noël, évidemment d'une année subséquente.
16. retransmisit Romam — clerum] Procope, Bell. Goih., m, 15,
raconte assez longuement cette affaire. Les représentants du pape
prirent la mer avec un convoi de vivres que Vigile expédiait aux
Romains, serrés de très près et affamés par l'armée de Totila. Le
convoi fut saisi par les Goths à l'embouchure du Tibre et l'évêque
Valentin, conduit devant Totila, fut soumis à un interrogatoire. Le
roi, jugeant qu'il cherchait à le tromper, lui fit couper les deux
mains : "Et&eov 8è Tatç vauslv dfX^oi xe Twuatwv isoX'Xol xa£ t'A licî<Txoitoç
BaXtvrîvoç 8vojxa... Toutou ô Twt&ûcç àveTuvOdtveTOToO Upéw; oaa êSoûXe-ro •
fravs-pubv 8è aÙTtû oxt 6-h Tptiara d&7i8îÇeTat, ijxcpw xùt yetpe dtocéxo^e.
17. Ampliatum presb. et vicedominum] C'est le plus ancien vice-
dominus ou vidame du papo dont il soit question dans les auteurs.
La fonction qui lui est confiée ici correspond à celle d'un gouver-
neur du palais {ad custodiendum Lateranis); mais il faut remar-
quer qu'il s'agit ici d'une commission spéciale, et que les pouvoirs
accordés au vicedominus Ampliatus en ces circonstances extraor-
dinaires peuvent avoir été un peu plus étendus que les attributions
habituelles des vicedomini. Cf. Galletti, Primicero, p. 39, note.
18. et gubernandum clerum] Il n'est pas sûr que les envoyés de
Vigile soient parvenus à destination. En tout cas, le supplice in-
fligé au malheureux êvêque Valentin (v. ci-dessus, note 16) dut lui
rendre impossible l'exercice des fonctions de vicaire spirituel du
pape. Ces fonctions, du reste, semblent avoir été remplies par le
diacre Pelage et le prêtre Maréas, soit ensemble, soit consécutive-
ment. Cf. ci-dessous, note 34.
19. Et valefaciens omnibus...] Le continuateur de Marcellin donne
une autre date, le 23 janvier, VIII kal. febr. Mais Marius d'Aven-
ches est d'accord avec le L. P. : « VIIII kal. ian., vigilia nat. Do-
mini. » Vigile était le 14 octobre 546 à Patras (Agnellus, L. P. Ra-
venn., c. 70.)
20. Per biennium enim fuerunt intentiones] L'auteur n'a pas une
idée juste du conflit dont il parle. Il ne fut nullement question
d'Anthime et de son rappel. Cependant la condamnation des trois
chapitres, que l'on sollicitait du pape, fut représentée en Occident,
et même à Rome, comme un compromis avec le parti monophy-
sito dont Anthime était un des chefs les plus en vue. — Quant à
la durée de deux ans, elle ne correspond à rien. S'il s'agit des dif-
ficultés que fit Vigile avant de consentir à la condamnation des
trois chapitres, on peut compter un an et près de quatre mois
entre l'arrivée du pape à Gonstantinople (24 décembre 546) et la
publication du Judicatum (11 avril 548). Encore la période des
intentiones était-elle passée depuis longtemps quand cet acte pon-
tifical fut promulgué. S'il s'agit de toute la série des conflits entre
le pape et Justinien à propos des trois chapitres, elle s'étend de-
puis l'année 546 jusqu'en décembre 553.
21. et cautionem manus suae] Le biographe semble avoir en vue
la lettro secrète à Anthime, Sévère et Théodose, dont il a été ques-
tion ci-dessus, note 9.
22. Diocletianum et Eleutheriam] Ce trait est imité de la notice
d'Agapit, p. 287, 1. 15. Je n'ai trouvé dans aucune légende que
Dioclétien ait eu une femme du nom d'Eleutheria.
23. Tune dédit alapam-modice pane et aqua] Tout ce récit est
de fantaisie; mais il s'inspire du souvenir des mauvais traitements
bien réels que Vigile eut à supporter à Constantinoplo. Quelques
détails sont même assez conformes à l'histoire. Il est vrai que
Vigile s'enfuit à Sainte-Euphémie et qu'on chercha à l'arracher
d'un autel dont il tenait les colonnes embrassées. Toutefois ce
dernier épisode n'eut pas lieu à Chalcédoine, où était la basilique
de Sainte-Euphémie, mais à Gonstantinople même, dans la basi-
lique de Saint-Pierre in Hormisda, avant que le pape ne se fut dé-
cidé à se réfugier dans l'église de Sainte-Euphémie. Ces événements
sont racontés avec beaucoup de détail dans la lettre des clercs
d'Italie aux légats franks et dans l'encyclique de Vigile du 5 fé-
vrier 552 (Migne, P. L., t. LXIX, p. 114, 53 ; Jaffé, 931 ; cf. Malala,
Chronogr., p. 484 et 485 del'éd. de Bonn; Migne, P. G., t. LXXXV,
p. 1821; Revue des questions historiques, t. XXXVI, p. 409-416). Il
reste cependant une période pour laquelle nous sommes loin d'être
au clair; c'est celle qui suivit l'encyclique du 5 février 552 et dans
laquelle se placent des violences qui ne sont connues que par
un document incomplet (Mansi, Conc, t. IX, p. 576 ; cf. Revue des
q. hist., t. c, p. 415, note) : « Itaut iniquissima praesumptione, sub
» gravi discrimine, abstraherentur sanctissimi viri Pelagius et
» Tullianus diacones de basilica beatissimae martyris Euphemiae
» in Ghaleedonem, ubi sanctus papa caesus est et diversorum sa-
» cerdotum turba conclusa. » Il est possible que le souvenir de ces
derniers attentats ait inspiré, directement ou indirectement, la
narration du L. P.
24. Tune Gothi fecei'unt sibi regem...] L'avènement de Totila
(541) est antérieur au départ du pape Vigile. Le nom de
Badua ou Vadua que lui donne le L. P. se retrouve dans YExcerp-
tum ex chronica Horosii publié par M. de Rossi, Bull. 1867, p. 21,
22. Jordanes (fiomana, 379, 380) et Marius d'Avenches (ad ann. 567)
l'appellent Baduila.
25. Descendons Romae — cum filiis] L'auteur a confondu en un
seul les deux sièges de Rome soutenus contre Totila en 546 et en
549, terminés tous deux par une trahison des soldats isauriens qui
faisaient partie de la garnison. En 546, c'est la porte Asinaria qui
fut livrée au roi ; en 549, ce fut la porte Saint-Paul. La mention
de cette porte et celle de l'indiction XIII (549-550) se rapporte au
second siège ; mais l'extrême famine est caractéristique du siège
précédent. On en peut dire autant du départ des consulaires Ce-
thegus, Albinus et Basilius.
26. Tune quidam de senatoribus — {consules Romani] Procope
(Bell. Goth., ni, 20) rapporte que la nuit même de l'entrée de Totila
à Rome en 546, les patrices Decius et Basilius, Çùv ÉTepoi; xiatv, s'en-
fuirent à la suite de Bessas, le commandant de la garnison byzan-
tine. Cethegus, prince du sénat, s'était retiré à Gentumcellae dès
le commencement du siège, soupçonné qu'il était de favoriser les
Goths (Procope, op. cit., m, 13). On le retrouve à Gonstantino-
ple en 550 (Revue des q. hist., t. c, p. 408).
27. Eodem tempore — inter f ecti sunt]. Il s'agit ici sans doute
des événements de l'année 552 et de la bataille de Tegina, en Tos-
cane, où Totila fut vaincu et tué. C'est à la suite de cette victoire
et la même année que Rome fut reprise définitivement par l'armée
impériale. Mais il est possible que l'auteur ait fondu ce souvenir
avec celui de la bataille du Vésuve, en mars 553, où périt le roi
Téïa, successeur de Totila, et où se dénoua sans retour la longue
lutte entre les Goths et les Byzantins pour la possession de l'Italie.
28. Tune adunalus clîrus — cum Vigilio] Tout ceci sent un
peu la légende. Il est possible que le clergé romain ait fait
une démonstration, appuyée par Narsès, pour obtenir que le pape
fût renvoyé à Rome ; mais il est difficile qu'une telle démarche ait
été prise en considération ou même tentée avautle concile œcumé-
nique, annoncé depuis plusieurs années et qui ne s'ouvrit que le
5 mai 553. On sait que Vigile, après avoir contribué à en prépa-
rer la réunion, s'abstint d'y prendre part et qu'il rendit, dans la
question soumise aux délibérations de l'assemblée, un décret qui
n'eut point l'approbation de l'empereur. Pour ce motif son nom
fut effacé des diptyques et cette mesure fut proclamée dans un édit
impérial que le concile accepta. On ne sait ce qu'il advint ensuite
du pape ; le L. P. parle d'exil ; mais son témoignage est isolé et,
en cet ordre de faits, de peu d'importance. Quant aux clercs ro-
mains, les deux diacres Pelage et Sarpatus furent mis en prison ;
Rusticus, leur collègue, compromis depuis plus longtemps et plus
gravement, fut relégué en Thébaïde (Victor Tun., Chronic., ad
ann. 553) Quant à Vigile lui-même, dès la fin de l'année 553,
se rallia à la condamnation des trois chapitres (Jaffé, 936, 937) et
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LXI. VIGJLIUS (537-555).
rentra ainsi en grâce auprès de l'empereur. La pragmatique sanc-
tion de Justinien, datée du 13 août 554, fut rendue à sa demande.
Il n'y avait plus dès lors aucun obstacle à ce qu'il revint en Italie,
et il partit en effet, soit cette année même, soit au printemps sui-
vant, pour regagner sa ville épiscopale. Au moment où fut rendue
la pragmatique sanction, Pelage refusait encore son adhésion à la
condamnation et rédigeait contre elle des traités dont un au moins
est postérieur à la deuxième indiction, c'est-à-dire au mois d'août
554. Il est donc impossible que Justinien ait eu la pensée d'écarter
Vigile pour lui donner sa place.
29. presbiteri] Les documents relatifs au séjour de Vigile à
Gonstantinople ne mentionnent jamais de prêtres romains dans
son entourage, mais seulement des diacres, sous-diacres, notaires
et autres clercs inférieurs.
30. sinclitos] Le sénat de Gonstantinople, aù-pCktpos.
31. archidiaconum vestrum Pelagiuni] Le Constitution de Vigile,
du 14 mai 553, porte les signatures de trois de ses diacres, Théo-
phane, Pelage et Pierre ; c'est Théophane qui signe le premier,
et avec la qualité d'archidiacre. — L'expression minus ne paraît
être l'équivalent de sin minus.
32. Imperet Deus] Cf. Jud. 9.
33. Venerunt Siciliam — mortuus est] Le lieu et la date de la mort
du pape sont marqués avec la plus grande précision dans le cata-
logue de Vérone (ci-dessus, p. 46), œuvre d'un contemporain :
« Moritur in Syracusis secunda ferla, nocte, septimo idus iunias,
indictione tertia » (7 juin 555).
34. Et cessavït...] La vacance fat plus longue, car Pelage ne fut
ordonné que le 16 avril 556. C'est dans cet intervalle que mourut
le prêtre Maréas, dont nous avons l'épitaphe sur un marbre con-
servé actuellement à Sainte-Marie in Trastevere. Les lettres sont
presque toutes effacées, sauf au commencement des vers ; mais
M. de Rossi a pu les suppléer à l'aide de deux recueils épigraphi-
ques qui en ont conservé toute la partie métrique :
f DIGNE Tenet premium, Marea, pro nomine Christi,
VINDIGE guo vivit sedes apostolica.
PRAESVLIS in vicibus clausisti pectora saeYA.
NE MANDATA patrum perderet uUa fides.
TVQVE SACerdote* docuisti crismate sANCTO.
TANGERE BIS Nullum iudice posse Deo.
TE QVERVNT omnes, te secula nostra reçVIRVNT
TV FVERAS UEritus pontificale decus.
PAVPERIBVS largus vixisli, nulla réservant,
DEDISTI MVL*w quae modo solus habes.
HOG TIBI GARE pater [mérita] pietate notavi
VT RELEGANT GVNGTt quam bene clarus eras.
BBQVIE8C1T I» PACE MABEA8 • PU QVI ST BÀBILI ÏS Dc"« III.
(De Rossi, Bull. 1869, p. 19 et suiv. ; Inscr. christ., t. II, p. 83,
117). L'indiction III, combinée avec un postconsulat de Basile,
désigne l'année 555 et plus probablement (cf. De Rossi, Inscr. christ.^
t. I, p. c et 502) les huit premiers mois de cette année. L'épitaphe
parlant des titres de Maréas au souverain pontificat, sa mort doit
être postérieure à celle de Vigile, c'est-à-dire au 7 juin.
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PELAGIUS, natione Romanus, ex pâtre Iohanne vicariano, l sedit ann. XI mens. X dies XVIII. Et dum non 1109
essent episcopi 2 qui eum ordinarent, inventi sunt duo episcopi, Iohannis de Perusia et Bonus de Ferentino et
Andréas presbiter de Hostis et ordinaverunt eum pontificem..Tunc non erat 3 in clero qui poterant promoveri :
monasteria et multitudo religiosorum, sapientium et nobilium subduxerunt se a communione eius, dicentes
5 quia in morte Vigilii papae se inmiscuit ut tantis poenis adfligeretur. Eodem tempore 4 Narsis et Pelagius papa il
consilio inito, data laetania ad sanctum Pancratium, eum hymnis et canticis spiritalibus venerunt ad sanctum
Petrum apostolum. Qui Pelagius tenens evangelia et crucem Domini super caput suum in ambone ascendit et sic
satisfecit cuncto populo et plebiquia nullum malum peregisset contra Vigilium. Item adiecit Pelagius papa et
dixit : « Peto enim ut petitionem meam confirmetis, ut si quis ille est qui promovendus est in sancta eccle-
10 » sia, ab hostiario usque ad grados episcopatus, ut neque per aurum neque per aliquas promissiones profi-
» ciat : vos omnes scitis quia simoniacum est. Sed si quis ille doctus in opère Dei, bonam vitam habens, non
» per dationem, sed iubemus eum per bonam conversationem usque ad primum gradum venire. »
Eodem tempore posuit Valentinum notarium suum 5 timentem Deum et restitui fecit omnia vasa aurea et III
argentea et pallea per omnes ecclesias. Eodem tempore initiata est 6 basilica apostolorum Philippi et Iacobi;
15 qui dum initiaretur fabricari, mortuus est et sepultus est 7 in basilica beati Pétri apostoli. Hic fecit ordinatio- IV
nés II per mens, decemb., presbiteros XXVI, diaconos VIIII; episcopos per diversa loca XLVIIII. Et cessavit
episcopatus mens. III dies XXV.
Depositus die II mens. mart. s
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i ex] de B*«6 __ vicariano om. C 2 * — an. 1111 KC 23 * E^G :
XII B5 — d. XIIII A 2 : XXVIII B 23 C 2 3 — dum] diu E* — 2 esset
episcopus qui eum ordinaret KB^C^EUi — Iohannis om. C*
— Verentino B* : Florentino E — 3 Ostis C 3 Eâ — eum om. C 2 *
E 5 — non erasum in B 6 — erant A 2 B 2 C 2 — qui-et erasa in B 6
— potuisset À 3 : potuissent C 1 — promovere KA 3 E 5 — promov.
< quia > K : < quia et > E»G : < nam > Es : < in > I) —
4 religiosorum G 3 — et ante nob. om. EG — subduxerant
KB 3 *s (subdix. Bj) — communionem B^C 2 — 5 qui A* —
mortem KB^E — miscuit A 3 B<» — Nersis E : < patricius >
C24E5 — 6 letania B 3 GC 3 — in sancto Pancratio A 2 : a sancto
Pancratio KE 1 — ymnis A 1 — spiritualibus E — 7 supra capud
C 1 — suum in] eius et A 3 — asc. in am. E 5 — in ambonem as-
cendens EG (cf. K) — ammone B*C 13 E 5 (corr. c 1 ) : in monem
B 5 (in montem b5) : ambonem G 2 D — et sic om. KEHi — 8
et plebi om, AG*0 — malum om. C 2 — peregit C 2 : cgit K :
agisset B 6 — It. adi.] Interea dicit B 5 — papa] abba B 2
— 9 et dixit] dicens A 2 — meam om. B* — est post ille om. B 6
— promovens C* (corr.) — est ante in om. KA 3 Ei5G — 10 eccle-
sia < dignus invenitur > KE*G — hustiario A 1 : hostiario C' :
ostiario vulgo — grados AiB^C 1 : gradum A 2 E5 : gradus cet. —
episcopus B 6 : episcopos C 1 — aliquos B 5 : alias B«C 2 D — per-
ficiatD : proficiant E — il simonachus A 3 b 6 : simonachum B5« :
symmoniacum C 1 : moniacum C 3 — doctus < est > A 56 — Dei
< est et > E'G — 12 ditionem B 6 : donationem C 1 — bonam
< operam et > B 6 — usque om. B 5 — primum] summum A 56 E 5
13 timentem Deum om. E 5 — restituit A 23 — fecit om.
A 3 — omnes A 13 B 4 C 3 — omnes aureas et argenteas A 3 — 14
pallia A56G2DE — 15 quae A«E* : quam c*D — fabri-
care C* 3 D — est ante in om. A 23 5B 2 — apostoli < VI non.
mart. > B (mai. B*) — 16 diac. VIII £3 — loca < numéro >
B23E1 — XLVIIII < Qui etiam obiit die secunda mên mâr >
Et : < Deposit. die II mens. mart. > C 2 *E5 (depositus est C 2 )
— 17 mens. II AD : om. G 3 — d. XXVI Ci — 18 dp d. II secunda
ni marcii G 3 : cet, om.
NOTES EXPLICATIVES.
1. vicariano] Le mot vicarianus ne se rencontre pas ailleurs, à
à ma connaissance, comme substantif. Tout d'abord on est tenté
de le rapprocher de praefectiamus et de magistrianus, mots formés
de la même façon. Ceux-ci désignent des employés d'ordre inférieur,
attachés aux services que dirigeaient les praefecti et les magistri;
vicarianus, en vertu de cette analogie, signifierait un fonctionnaire
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de l'administration vicariale. Cependant il serait extraordinaire
que l'on eût signalé la profession du père de Pelage si elle avait
été d'un ordre aussi peu élevé. On dit, dans la notice précédente»
que Vigile était fils d'un consul ; dans la notice suivante, que le
père de Jean III était vir illustris. Je serais donc porté à faire de
vicariano un simple adjectif, ex pâtre vicariano ayant la même si-
gnification que ex pâtre vicario : le père de Pelage aurait été vi-
caire de l'un des deux diocèses italiens. Du reste Procope repré-
sente Pelage comme un des hommes les plus considérables de l'I-
talie, même avant que sa belle conduite pendant et après le siège
de Rome, en 546, lui eût donné une illustration particulière : ûv
xai irpdrepov Iv ye 'iTaÀiwxaiç &izat.<j'. 6<Jxt{j.oç, jieîÇov, wçtô elxôç, iitl cpiÀav-
Opom'a xàsoç àirf.veY^e. Du reste le rôle qu'il joua lors de la prise
de Rome par Totila suppose qu'il appartenait à l'aristocratie (Pro-
cope, Bell. Goth., m, 16, 17, 20, 21).
2. Et dum non essent episcopi...] Depuis le départ du pape Vigile
pour Gonstantinople, c'est-à-dire depuis dix ans, les ordinations
d'évèques, dans le diocèse suburbicaire, ne pouvaient avoir lieu
dans les conditions habituelles. La situation avait été encore plus
grave dans la circonscription métropolitaine de Milan ; en 551,
alors que l'évêque de Milan, Datius, était depuis douze ou treize ans
éloigné de son église, ses clercs écrivaient : « Gum pêne omnes
» episcopi quos ordinare solet... mortui sint, immensa populi mul-
» titudo sine baptismo moritur » (Migne, P. L., t. LXIX, p. 118).
Cependant il dut se faire dans le diocèse suburbicaire diverses
ordinations d'évèques sans l'intervention personnelle du pape ; de
de ce nombre fut celle de l'évêque de Pôrouse nommé ci-dessous,
qui n'a pu entrer en fonctions avant 549, l'année de la prise de
Pérouse par l'armée de Totila. Ce fut en effet après la reddition
de cette ville que le roi des Goths fit massacrer l'évêque Hercula-
nus, prédécesseur de Jean (Greg. M., Dial., m, 13). Aussi n'est-il
pas possible de croire que, si les consécrateurs manquèrent à Pe-
lage, ce fut parce qu'il n'y avait pas trois évoques vivants dans les
régions voisines de Rome. Il faut songer plutôt à une abstention
voulue, inspirée par la répugnance que l'on avait contre la per-
sonne du nouveau pape, ou plutôt contre la nouvelle attitude qu'il
venait de prendre dans la question des trois chapitres. Un grand
nombre de ses lettres sont consacrées à vaincre cette opposition ;
elle est, en particulier, manifestement visée et combattue dans la
profession de foi qu'il fit le jour de son ordination, ou peu après
(Jaffé, 938; Migne, P. L., t. LXIX, p. 399). Victor de Tunnimum
qualifie de prévaricateurs les évoques qui le consacrèrent.
3. Tune non erat — adfligeretur] Le biographe est sans doute
exact en affirmant qu'une opposition considérable se forma contre
Pelage, mais le motif n'est pas celui qu'il indique. Pelage n'était
nullement responsable de la mort de Vigile ; tout le monde le sa-
vait et personne ne pouvait être tenté de la lui imputer. Quant
aux mauvais traitements que le pape avait eus à subir, de 551 à
553, pour son attitude dans l'affaire des trois chapitres, Pelage
en était responsable à un certain degré, car il était alors un
de ses principaux conseillers. Mais ce n'est pas en Occident,
où cette attitude avait été si fortement encouragée, que l'on
pouvait être tenté de lui faire des reproches à cet égard. Pelage,
du reste, avait souffert plus longtemps que Vigile ; il n'avait cédé
qu'un an au moins après le pape et pendant tout ce temps il avait
été privé de sa liberté (Cf. Vigilb, note 28, p. 302).
4. Eodem tempore Narsis...] Cette démarche du pape n'est pas
connue d'ailleurs. Elle cadre bien avec les nécessités de sa situa-
tion, pourvu toutefois qu'on tienne compte du véritable sens des
protestations de Pelage, indiqué dans la note 2, ci-dessus.
5. Valentinum nolarium] Je ne trouve pas ce nom dans la cor-
respondance de Pelage ; mais un certain nombre des pièces de
son registre (Jaffé, 949, 950, 951, 953, 956, 963, 1022, 1023) témoi-
gnent de sa sollicitude à l'égard des biens ecclésiastiques, dont
l'administration avait été profondément troublée par la guerre
gothique et par la longue absence du pape.
6. initiata est ba&ilica ap. Philippi et lacobi] V. Jean III, note 2.
7. sepultus in basilica b. Pétri] P. Mallius nous a conservé sonépi-
taphe(De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 208) ; il dit que le tombeau
de Pelage était « anle secretarium », par conséquent vers le n° 141
du plan de la basilique de Saint-Pierre (ci-dessus, p. 192).
Terrenum corpus claudant haec forte sepulchra
nil sanc.ti meritis derogatura viri :
vivit in arce poli caelesti luce beatus
vivit et hic cunciis per pia facta locis
surgere iudicio certus dextramque tenentem
angeUca partent se rapiente manu.
Virtutum numeret titulos Ecclesia Dei
quos ventura ut[inam] saecula ferre queant.
Hector aposlolicae fidei veneranda retexit
dogmata quae clari constituere patres.
Eloquio curans errorum scismate lapsos
ut veram teneant corda pacata fidem.
Sacravit muttos divina lege ministros
nil pretio faciens immaculala manus ;
captivos redimens, miseris succurrere promptus
pauperibus nunquam parta negare sibi.
Tristia participans, laeti moderator opimus
alterius gemitus credidit esse suos.
Hic requiescit Pelagius pp qui sedit annos Ullm. Xd. XVIII. Dep~ôs
IUI nonas martias.
La date funéraire de Pelage n'a point été marquée d'abord dans
le L. P. Cependant elle y fut introduite d'assez bonne heure, sous
diverses formes et à divers endroits. Quelles que soient les varian-
tes avec lesquelles se présente cette interpolation, la date est tou-
jours la même, le 2 mars. L'épitaphe indique le 4 du même mois.
Bien que sa teneur ne nous soit parvenue que par une copie du
xii° siècle, comme les autres chiffres qu'elle contient sont exacts et
bien conservés, il n'y a pas lieu de mettre en doute la leçon IUI
non. mart. Elle est d'ailleurs confirmée par la chronique Ravennate
où Agnellus (c. 79) a pris la note : « mortuus est papa Pelagius
die III mens. mart. » Enfin, en plaçant la mort de Pelage au
3 mars et son enterrement au lendemain, les chiffres de jours do
son pontificat cadrent mieux avec la date de son ordination, di-
manche 16 avril 556, qu'ils ne feraient si on acceptait la date
funéraire interpolée dans le L. P. Je crois donc que celle-ci doit
être corrigée d'après les précédentes.
8. Sur cette interpolation et celles qui se rencontrent au même
endroit dans les notices suivantes, jusqu'à Boniface V inclusive-
ment, voir le chapitre vi de l'Introduction.
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LXIII.
IOHANNES, natione Romanus, ex pâtre Anastasio inlustrio, sedit ann. XII mens. XI dies XXVI. Hic amavit * l 110
et restaura vit cymiteria sanctorum martyrum. Hic instituit ut oblationem et amula vel luminaria in easdem
cymiteria per omnes dominicas de Lateranis ministraretur. Hic perfecit 2 ecclesiam apostolorum Philippi et
Iacobi et dedicavit eam.
5 Eodem terapore Eruli 3 întarsia fecerunt et levaverunt sibi regem Sindual et premebant cunctara Italiam. il
Qui egressus Narsis ad eum interfectus est rex et omnem gentem Erulorum sibi subiugavit. Deinde 4 venit
Amingus dux Francorum et Buccillinus; simili modo et ipsi premebant Italiam. Sed auxiliante Domino et ipsi
a Narsete interfecti sunt. Erat enim tota Italia gaudens 5 .
Tune Romani 6 invidia ducti suggesserunt Iustiniano et Sophiae quia « expédierai Romanis Gothis servire m
i0 » quam Grecis, ubi Narsis eunuchus imperat et servitio nos subiecit; et piissimus princeps noster haec
» ignorât. Aut libéra nos de manu eius, ailt certe et civitate Romana et nos gentibus deservimus. » Quo
audito Narsis dixit : « Si maie feci Romanis, maie inveniam. » Tune egressus Narsis de Roma venit Campania
et scripsit genti Langobardorum ut venirent et possiderent Italiam. Ut cognovit Iohannis papa quia suggestio-
nem suam ad imperatorem contra Narsetem misissent, festinus venit Neapolim, coepit eum Iohannis papa
15 rogare ut reverteretur Romam. Tune Narsis dixit : « Die, sanctissime papa, quid maie feci Romanis? Vadam
» ad pedes eius qui me misit et cognoscat omnis Italia quomodo totis viribus laboravi pro eam. » Respondit
Iohannis papa, dicens : « Citius ego vadam quam tu de hac terra egressus fueris. » Reversus 8 Narsis eum
sanctissimo Iohanne papa. Tune sanctissimus papa retenuit se in cymiterio sanctorum Tiburtii et Valeriani v
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Iohannis AiB": < tertius > A 2 — ex] de B — illus-
trio A 3 C 3 : inluxurio D : inlustre E* : illustri A 2 B* : inlustrio
viro C* : illustri viro C* E* — < et > mens. A&D — mens.
X A«E5 — d. XXVII C 4 EiG — amavit < clerum > B* — 2
martyrum om. Ci — constituit K B 2 — oblationem A 1 C 12 B 2 :
oblatione B 3 « c 3 Es : oblationes cet. — amulas A 2 : animulam
B 6 : ampulleEi — easdem A 1 B 3 *5 : eodem B 6 : eisdem E* : eadem
cet. — 3 cymiterio B 6 : cymiteriis E 1 — ministrarentur ADE 1 :
nimiseraretur C 3 : ministrarent E$ — fecit A 2 B 5 C 1 — ecclesia
A- : basilicam G 1 .
5 Heruli A 2 B* Ci E — intharsia A 2 : intersia C 1 : intrasia D :
intarsiam E 5 : a marsiaG — fecerunt] venerunt E 1 — Sinduald
At25 Ci : Induald A 3 : Sindual BC 23 E* : Sindu.Walem C* : Sin-
dualch D : Sindualt E* : Sidualt G — cuncta C 3 E* — Italia C 3
— 6 egressis A 1 : egressus est Es — Narsis AB 23 (om. A 2 ) : Nar-
sus C 1 — eos C'E 5 — Erulorum] illorum B 2 — sibi om. AD —
7 Ammingus A* 3 : HermingusC 1 : Inraingus D — Bucillinus A 3 B 5
C 2 G : Buccilinus A5B** : Buccellinus E — praeminebant G 1
{corr.) : opprimebant A3 : primebant < cunctam > B* — 8 a]
ad B« — Narsate C* — intefecti A 1
9 suggeserùnt A 1 : suggestionem fecerunt C*Ei — Iustino
imperato'ri A* — Soflae Ai« : Suffiâe A 3 : Soffiae C* : Sufficiae
Liber pontificalis.
D : < auguste dicentes > A» — quia] qui B*C 2 — expetierat
A2B-* : expediebat A 3 : expedierunt B 2 — Romanis < magis >
A 2 G — 10 quam] que C 3 — NarsesC 2 — enuchis B 3 — imperator
Ci — servicio C 3 — subiecit Ai 23 C 2 DE» : subicit A5B (subiceat
B 3 ) : subiacet Ci : subiciet C 3 — hoc Ci : bec C 23 — il nus C 3
— manus A 1 ' — et om. A*B 8 — civitas A 3 5B« : civitatem B*
C 2 Ei 5 : ctvitates D — Romanam B 2 : Romam Ci : Romanae D :
om. Es — deserviemus A 3 D : deserimus E 5 — quod A ! — 12 au-
ditu B 5 C 3 — Narsus Ci et ita infra — Romani C 3 — invenio B 23
(corr. b 3 ) — egressus est Ci — Narsis om. B 5 — de om. A'B 2 —
et venit ci — Campania AiB 4 C 3 E 5 : Campaniae A 2 : Campaniam
cet. — 13 scripsit om. A 3 — gentibus A 3 ~ Langubardorum
A1B5 : Longob. A5D — possédèrent AiC 3 — quia] quod A* :
om. O — 14 ad imp. om. A 3 — imperatore C 3 — missent C 3 —
venit < in > B 6 — cepitque A5D — Iohannem E — 15 Romae
B«C 2 3E —die] ad C 3 — die < mihi > B* — mali A«5 B 2 — 16
misit me C 2 —et] ut CŒ — viri Ai (corr.) : nisibus B5 — labo-
rabi E5 — eam A«B3*C 3 : ea cet. — 17 dicens] et dixit B* :
dixit A 3 B* — cicius B5C» — hanc terram B*C 23 — reversi B3 :
reversus est A 3 D — 18 Iohannis papa C 1 — sanctissimo C 2 —
< lohannes > papa B* — retinuit AÏW-* —
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306 LXI1I. IOHANNES III (561-574).
et habitavit ibi multum temporis ut etiam episcopos ibidem consecraret. Narsis vero 10 ingressus Romam post
multum temporis mortuus est. Cuius corpus positus est in lucello plumbeo, reductus est cum omnes divitias
eius !1 Constantinopolim.
VI Eodem tempore Iohannis papa et ipse mortuus est, et sepultus ,2 in basilica beati Pétri apostoli. Hic fecit
ordinationes II per mens, decemb., presbiteros XXXVIII, diaconos XIII, episcopos per diversa loca LXI. Et 5
cessavit episcopatus mens. X dies III.
Sub die XIII mens, iulii.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 ibi om. A* — etiam < et > B«* C3 — cons. ibid. B«E —
2 tempus B« — positum A*D— lucellio A" : locello A2B*3«Ci*E :
loculo A5 : bucello B* : lucello C : bucellio D — plumbio C&D
— < et > reduct. A 3 DEG : reductumque A5 — redactus Ci (re-
lactus c<) — reducte sunt omnes divittae eius C*E — omnibus
A.3D — divitiis D — 3 Const.] Iustiniano C*.
4 et ipse om. B* — sepultus < est > A"3CUG — apostoli om.
El — apostoli < III id. iulias > B : < sub die XIII mens,
iulii > C24E15 — 5 XXXVIIII AC12 (XXXIIII A») : XXXXIIII E5 —
loca < num. > B23— LXXI El — 6 cessabit E5 — dies XIII K
— sub-iulii AC3 D : om. BCi*E 15 G.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Hic amavit — ministrarentur.] Sur ce passage v. De Rossi, Rotna
sott., t. I, p. 218; t. III, p. 521. Les cimetières suburbains avaient
beaucoup souffert pendant les dix-huit ans que dura la guerre go-
thique. C'est du reste vers le temps où nous sommes que Ton cessa
d'y enterrer et que l'on commença à ouvrir des cimetières dans
l'intérieur de la viUe. On n'alla bientôt plus visiter les antiques
nécropoles que pour honorer les martyrs dont elles contenaient les
corps ; les autres défunts n'étant plus comptés, les cimetières d'au-
trefois devinrent les « cimetières des saints martyrs», c'est-à-dire de
simples sanctuaires. Leur desservance, toutefois, fut désormais plus
difficile, les prêtres des paroisses n'y étant plus attirés et retenus
par le service des funérailles des défunts ordinaires. Jean III, pour
prévenir un abandon complet, chargea l'administration centrale
de l'église romaine des menus frais qu'entraînait chaque dimanche
la célébration de la messe : il fit envoyer dans tous les cimetières
Voblata, c'est-à-dire le pain, Vamula, ou burette de vin, et les cierges
nécessaires. Quant au personnel, il est à croire qu'on le demanda,
comme par le passé, au clergé des paroisses. — On n'a signalé au-
cune trace spéciale des restaurations exécutées par Jean III dans
les cimetières suburbains.
2. Hic per fecit ecclesiam apostolorum....] Jusqu'au moment où elle
fut reconstruite, vers la fin du XV e siècle, la basilique des Saints-
Apôtres conserva sur le linteau de sa porte principale l'inscription
commémorative suivante :
Pelagius coepit, complevit papa Iohannes :
unum opus amborum, par micat et meritum.
Dans l'abside se trouvaient les six distiques suivants dont le pre-
mier était encore lisible au milieu du xv* siècle :
Hic prior autistes vestigia fparva reliquit
supplevit coeptum papa Iohannes opus.
Largior existens angusto in tempore praesul
despexit mundo déficiente premi.
Fluctibus humanis portum scit ferre saluiis
cui semper curae est reddere vota Deo.
Nomine, censura, mente et sermone Iohannes,
qui sibi commissas pascere novit oves.
Hoc opus excoluit quo plebs festina recurrens
eripitur morsu dilaceranda- lupi.
Quisquis lector adest Iacobi pariterque Philippi
cernât apostolicum lumen in esse locis.
(De Rossi, lnscr. christ., t. II, p. 139). Cette église existait dès le
iv siècle. Elle avait été fondée par le pape Jules, dont elle porta
d'abord le nom (JuLE8,p. 205, note 4). Il est possible même qu'elle
ait été, dès la fin du cinquième siècle, placée sous le vocable des
Apôtres en général. Mais je ne crois pas que le culte spécial des
apôtres Philippe et Jacques y ait été installé avant le temps de
Pelage et de Jean III. Dans le martyrologe hiéronymien on lit,
au 1" mai : In Phrygia, Hierapoli, natale sanctorum Philippi apos-
toli et Iacobi. Or il est clair que la rubrique géographique ne peut
convenir qu'à saint Philippe et nullement à saint Jacques. De
môme, dans la table spéciale des fêtes d'apôtres, qui figure en tête
du martyrologe, saint Philippe est nommé tout seul. L'adjonction
du nom de saint Jacques, au {•* mai, est donc une retouche, pos-
térieure à la compilation primitive, laquelle est du milieu du cin-
quième siècle environ. Je la crois inspirée par la dédicace de l'é-
glise de Pelage et de Jean III.
3. Eruli intarsia fecerunt—subiugavit] Le biographe entre ici dans
l'énumération de quelques événements politiques et militaires qui
appartiennent à la période si obscure comprise entre la fin de la
guerre gothique et l'invasion lombarde.— Sindual est connu comme
ayant été longtemps un des chefs de barbares auxiliaires enrôlés
sous les ordres de Narsès (Agathias, ir, p. 44, 45; Bouquet, t. II,
p. 68-70). C'est à lui, je pense, que sont adressées deux lettres de
Pelage I or (Jaflë, 990, 1031); le pape le qualifie de magisler militum.
Paul Diacre {H. L., 11, 3), qui suit apparemment le livre perdu de
Secundus de Trente (f 612), raconte sa révolte (intarsia) en ces
termes : « Habuit nihilominus Narsis certamen adversus Sinduald
» Brentorum regem, qui adhuc de Herulorum stirpe remanserat,
» quos secum in Italiam veniens olim Odoacar adduxerat. Huic
» Narsis fideliter sibi primum adhaerenti multa bénéficia contuht;
» sed novissime superbe rebellantem et regnare cupientem bello
» superatum et captum celsa de trabe suspendit. » Ce récit ne porte
aucune date dans le texte de Paul Diacre; Marius d'Avenches
mentionne la révolte de Sindual aussitôt après la mort de Justinien
(14 novembre 565), à l'année 566 : a Ind. XIV (565-566)... Eo anno
» Sindiwala Erolus tyrannidem assumpsit et a Narseo patricio
» interfectus est *> Dans les Excerpta Sangallensia, publiés par
M. de Rossi {Bull. 1867, p. 22), la mort de Sindual est rapportée à
l'année 567 : Post consulatum Iustini anno [II] luna XVI non
» comparait II kal. ian. et occisus est Sindual rex. »
4. Deinde venit Amingus....] Paul Diacre, H. £., 11, 2: « Amingus
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LXIII. IOHANNES III (561-574).
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» vero, dum Widin Gothorum comiti contra Narsetem auxilium
» ferre conatus fuisset, utriq-uo a Narsete superati sunt. Widin cap-
» tus Constantinopolim exiliatur; Amingus vero, qui ci auxilium
» praebuerat, Narsetis gladio perimitur. » Ce passage est intercalé
dans le texte de Paul Diacre entre les renseignements qu'il donne
sur les deux bandes franques de Bucelinus et de Leutharis, qui
envahirent l'Italie en 554 et furent détruites ou repoussées par les
armes de Narsès. Il est cependant fort probable que l'insurrection
qui se termina par la mort d' Amingus et de Widin est postérieure
à l'année 554. Théophane (Chron., A. M. 6055} rapporte qu'en 563,
au mois de novembre, £jriv(7uaT,X8ov dhrô TtifiT.ç Napaou toû ircrcpix£ou f
ÔT^oCvca TOipaXaêeTv aÙTÔv toîXelç â^upàç xûv TotGwv 8uo, Br.pwtav xat
Bptyxaç. Ces deux villes sont identifiées communément avec Vé-
rone et Brescia. La chronique de Ravenne, du sixième siècle, mise
à contribution par Agnellus (c.79) lui a fourni ce qui suit, évidem-
ment à propos des mômes événements : « Et pugnaverunt contra
» Yeronenses cives et capta est Verona civitas a militibus vigesima
» die mensis iulii. » Agnellus parle de cela après avoir marqué la
mort du pape Pelage I er ; c'est assez dire que, dans le document
qu'il copie, la prise de Vérone figurait à l'année 561 au plus tôt.
Plus loin (c. 90), dans un autre extrait du même document, il est
dit que les Franks furent chassés d'Italie par Narsès, et aussitôt
après on mentionne l'apparition d'une comète et la mort de Justi-
nien (565). Cf. De Rossi, Bull. 1867, p. 22. Ménandre le protecteur,
qui écrivit sous l'empereur Maurice une continuation de l'histoire
d'Agathias, parle d'Amingus dans un des fragments de son ou-
vrage qui nous ont été conservés {Fragm. hist. graed, éd. Muller-
Didot, t. IV, p. 204); il y dit que ce personnage défendit contre
Narsès le passage de l'Adige. Ce renseignement n'est accompagné
d'aucune date. Enfin, il faut noter que, dans la supplique adressée
à l'empereur Maurice par les évêques de la province d'Aquilée
{Cône, Hardouin,jt. III, p. 526; Mansi, t. X, p. 466),il est question
de plusieurs églises de cette province comme ayant été momenta-
nément au pouvoir des Franks, sous Justinien, c'est-à-dire avant
565, et comme ayant reçu des évêques ordonnés par les prélats
des Gaules; au nombre de ces églises est l'ecclesia Beconensis, qui
ne peut être que celle de Vérone (Lœning, Geschickte des deuischen
Kirchenrechts, t. II, p. 117). Tous ces textes concourent à ramener
autour de Vérone et à placer entre 561 et 563, c'est-à-dire dans les
limites du pontificat de Jean III, les événements militaires aux-
quels fut mêlé Amingus et dont parle ici le L. P. — L'association
du nom de Bucelinus à celui d'Amingus est évidemment fautive,
Bucelinus ayant trouvé la mort dans son expédition de 554. Un
tel anachronisme n'a pu être commis qu'assez longtemps après la
mort d'Amingus. Il est à remarquer que Paul Diacre, ou plutôt
Secundus de Trente, est tombé exactement dans la même confusion
chronologique, sans que pourtant il dépende en ceci de la vie de
Jean III, ou que la vie de Jean III dépende de Secundus.
5. tota Italia gaudens] Prosperi Âquit. Continuator Havnicnsis
(Introd., p. xxv), p. 34 : « Narsès patricius... Italiam Romano
» imperio reddidit urbesque dirutas restauravit, totiusque Italiae
» populos expulsis Gothis adpristinum reducit gaudium ».
6. Tune Romani...] Deux chroniqueurs contemporains, Marius
d'Avenches (567) et un autre, dont s'est servi Agnellus de Ravenne
(c. 90) mentionnent la destitution de Narsès : « De ipsa Italia
» a suprascripto Augusto (Justin II) remotus est », dit sim-
plement Marius. L'autre chroniqueur n'en dit pas beaucoup
plus long sur l'événement lui-mêmo : « Tertio vero anno Iustini
» minoris imperatoris (568) Narsis patricius de Ravenna evocita-
» tus egressus est cum divitiis omnibus Italiae, et fuit rector XVI
» annis et vicit duos reges Gothorum et duces Francorum iugu-
» lavit gladio. » — Les détails sur la pétition des Romains, sur
la retraite de Narsès en Gampanie, sur l'intervention du pape, sur
le retour du vieux gouverneur et sur sa mort à Rome ont passé
du L. P. dans les compilations de Bède et de Paul Diacre. Le pre-
mier (Chronique, A.M. 4529) lui a emprunté tout ce qu'il rapporte
à ce sujet ; Paul Diacre (Hist. Lang., u, 5) combine Bède et le L.
P.; il reprend même, dans celui-ci, la faute Iustiniano pour Iusti-
no, que Bède avait corrigée.
7. scripsit genti Langobardorum] Tous les témoignages (depuis
le vii e siècle, car Marius n'en parle pas) sont d'accord sur l'appel
fait aux Lombards par Narsès. UOrigo gentis Langobardorum
(Waitz, p. 4) que M. Mommsen croit être un extrait du livre perdu
de Secundus de Trente (Nettes Archiv, t. V, p. 74) dit simplement
qu'Alboin amena en Italie les Lombards « invitatos a Narsete scri-
barum. » Isidore parle du ressentiment auquel Narsès obéit, c So-
phiae Augustae Iustini coniugis minis perterritus » ; le continua-
teur de Prosper, en copiant ce passage, ajoute « et obprobriis igna-
» vae feminae perturbatus. » Le fameux dialogue sur le fuseau et
la toile paraît pour la première fois dans YHistoria Francorum epi~
tomata de Frédégaire, compilation de l'année 642 environ (Krusch,
Neues Archiv, t. VII, p. 438-444) ; on le retrouve aussi dans Paul
Diacre (H. L., h, 5) et je pense qu'il y est fait allusion dans le
texte ci-dessus du continuateur de Prosper. Le L. P. n'en dit pas
plus long que VOrigo et il est difficile de croire que l'auteur de
cette notice ait eu connaissance de la légende du fuseau. Sa tradi-
tion est évidemment toute différente.
8. Reversus Narsis...] Toute cette histoire du séjour de Narsès à
Naples et de son retour à Rome n'était connue autrefois que par
le L. P. Maintenant nous la retrouvons, avec des détails nouveaux,
dans les Excerpta Sangallensia publiés par M. de Rossi (Bull. 1867,
p. 22) : c Post consulatum Iustini Aug. IIII anno, de Neapolim
» egressus Narsis ingressus Romam et deposuit palatii eius sta-
» tua[s] et Capitolium et fuit hominum et boum nimiamortalitas. »
M. de Rossi a démontré que la note consulaire désigne l'an-
née 571.
9. in cymiterio ss. Tiburtii et Valeriani] La petite église des saints
Tiburce et Valérien s'élevait au-dessus du cimetière de Prétextât,
sur la voie Appienne (De Rossi, Roma sott., 1. 1, p. 180, 181 ; Bull.
1872, p. 54); les bâtiments d'habitation qui y étaient attenants sont
compris ici, suivant l'usage, sous la dénomination de cimetière. —
Le séjour du pape en ce lieu situé hors des murs de Rome, à deux
milles de son palais de Latran, doit avoir quelque rapport avec
l'état des esprits à Rome au moment de la disgrâce de Narsès;
mais il n'est pas facile de préciser. Cf. De Rossi, Bull. 1867, p. 23.
10. Narsis vero ... mortuus est] Narsès mourut à Rome. Le
L. P. est confirmé sur ce point par l'annaliste de Ravenne dont
Agnellus suit le texte (c. 95) : « Narsis patricius obiit Romae;
» postquam gessit multas victorias in Italia, cum denudatione
» omnium Romanorum Italiae, in palatio quievit. Nonagesimo
o quinto vitae suae anno mortuus est. » — L'expression post mul-
tum temporis semble indiquer une durée comptée à partir des dé-
mêlés entre les Romains et le patrice. Il n'y a pas de raison pour
la contester, ni surtout pour la corriger en non post multum tem-
poris, comme l'a fait Paul Diacre (H. L., u, 11). La formule eodem
tempore, qui commence la phrase suivante, n'a pas, dans le style
du L. P., une précision suffisante pour qu'on soit fondé à y voir
l'expression d'un synchronisme entre la mort du pape et celle de
Narsès. Narsès cependant paraît être mort avant le pape Jean III.
Ceci résulte d'abord de la formule et ipse mortuus est dans la phrase
suivante et ensuite de la place qu'occupe la mention de la mort
du vieux patrice dans la série des emprunts faits par Agnellus aux
annales de Ravenne : aussitôt après il parle de la mort d'Alboin
(572).
11. cum omnes divitias eius...] Les trésors de Narsès excitaient
l'imagination des contemporains, comme on peut le voir par les
passages des chroniques cités plus haut, notes 6, 8, 10. Ils devin-
rent légendaires de très bonne heure (Greg. Tur., Hist. Franc. t v,
20).
12. Sepultus est in basilica b. Pétri] « Ante secretarium, » dit Ma-
feus Vegius (Acta SS. iun. t t. VII, p. 84"). L'épitaphe est perdue.
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LXI1U. BENEDÏGTUS (575-579).
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LXIIII.
BENEDÏGTUS, natione Romanus, de pâtre Bonifatio, sedit ami. IIII mens. I dies XXVIII. Eodem tempore !
gens Langobardorum invaserunt omnem Italiam, simulque et famis nimia, ut etiam multitudo castrorum se
tradidissent Langobardis ut temperare possent inopiae famis. Et dum cognovisset Iustinianus piissimus impera-
tor 2 quia Roma periclitaretur famé et mortalitate, misit in Egyptum et oneratas naves frumento transmisit
il Romae ; et sic misertus est Deus terrae Italiae. In istis laboribus et adflictionibus positus sanctissimus Benedic- 5
tus papa mortuus est. Qui sepultus est in basilica beati Pétri apostoli, in secretarium 8 . Hic fecit ordinationem I
per mens, decemb., presbiteros XV, diaconos III ; episcopos per diversa loca XXI. Et cessavit episcopatus mens.
III dies X.
Sub die XXX mensis iulii.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 de] ex C«*DE — Bonifatio A«C«'E : -facio cet. — an. III
EiG— d.XXVIIIl AD : XVIII EU*— 2 Langui. AWO : Langob.
KA3B2346 ci: Longob. A^et ttaporro— invasit AB^CiDG— om-
nem < êccle > B5 — 3 traderet C 1 — possint Ai 2 B 2 C*D — impie
A* : inopie A35B«C2DE5 : inopiae B3C13 : inopiam A^c^G :
inopia B 5 — famem A3 : famis penuriam a 1 — et] ut C 3 —
cognovissent BC 1 : cognobisset E 5 — Iustinus B*C* 3 G : Iustinum
B5 — piîssimum B* : om. AC*D — 4 quia Roma om. C 3 — pe-
reglitaretur C 3 — et mortalitate om. AD — Egypt. AB 3 C 3 : Aeg.
cet. : -to AD — honoratas B5 : honeratas C 3 — nabes E* —
frumenta B J — 5 Dominus A«B' — terrae om. A* — positis
A*B 3 «DG : om. A 2 : post haec A 3 : post istos B« (istis b«) — po-
sitis < his'diebus > A 1 —sanctissimus < et beatissimus >
A3 — 6 papa Ben, B 8 E« — papae C 3 — est om. QA — qui] et
C«3 _ q U i < et > A*EG : < etiam > A 3 : <vero> C» — se-
cratarium A 1 B236D : < prid. k. aug. > B : < sub die XXX m.
iul. > C2*E (XX C*) — fecitque E — 7 per] in B* — decemb.]
septemb. C3 — loca < num. > B23*C" _ XXII D — 8 mens.
II Ci — 9 Sub-iulii AiWD (sub die XXX om. O — dies D :
om. A 3 ) : om. KBC12EG
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Eodem tempore — Italiae] Bède, ad ami. 585, et Paul Diacre
(H. L., u, il) résument ce texte chacun à sa façon ; Paul Diacre en
donne ailleurs (n, 31, 32), en ce qui concerne les misères de l'in-
vasion lombarde, un commentaire puisé à une autre source (Se-
cundus de Trente) : « Hic (Gleph, 572-573) multos Romanorum viros
» potentes, alios gladiis extinxit, alios ab Italia exturbavit.. Post
» cuius mortem Langobardi per annos decem regem non habentes,
» sub ducibus fuerunt... His diebus multi nobilium Romanorum ob
» cupiditatem interfecti sunt. Reliqui vero per hospites divisi ut
» terciam partem suarum frugum Langobardis persolverent, tribu -
n tarii efflciuntur. Per hos Langobardorum duces, septimo anno ab
» adventu Alboin et totius gentis, spoliatis ecclesiis, sacerdotibus
» interfectis, civitatibus subrutis populisque qui more segetum
» excreverant extinctis, exceptis his regionibus quas Alboin ceperat,
o Italia ex maxima parte capta et a Langobardis subiugata est. »
3. Et dum cognovisset — Italiae] Justin II, qui est ici appelé Jus-
tinien, mourut en octobre 578. Le fait rapporté ici appartient au
même ordre d'événements que l'ambassade des Romains à l'empe-
reur Tibère, mentionnée dans un fragment de Ménandre le Pro-
tecteur., c. 62 (Fragm. hist. graec, éd. Mûller-Didot). La date de
cette ambassade est ordinairement fixée à l'année 579, mais sans
raison suffisante. Jean de Biclar, il est vrai (Migne. P. L., t. LXXII,
p. 866), dit que cette année-là « Romani contra Langobardos in Ita-
lia lacrymabile bellum gerunt » . Mais cette guerre fut à peu près
continuelle jusqu'au commencement du vu« siècle.
3. sepultus est...] L'épitaphe est perdue.
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LXV. PELAGIUS II (579-
309
LXV.
PELAGIUS, natione Romanus, de pâtre Unigildo, sedit ann. X mens. II dies X. Hic * ordinatur absque ius i 112
sione principis eo quod Langobardi obsédèrent civitatem Romanam et multa vastatio ab eis in Italia fieret.
Eodem tempore 2 tantae pluviae fuerunt ut omnes dicerent quia aquae diluvii superinundaverunt ; et talis cla-
dis fuit qualis a seculo nullus meminit fuisse. Eodem tempore investivit 3 corpus beati Pétri apostoli tabulis
o argenteis deauratis. Hic domum suam fecit ptochium pauperum senum. Hic fecit 4 cymiterium beati Hermetis
martyris. Hic fecit s supra corpus beati Laurenti martyris basilicam a fundamento construclam et tabulis argen-
teis 5 exornavit sepulchrum eius. Qui mortuus est et sepultus ad beatum Petrum apostolum. 6 Hic fecit ordina-
tiones II per mens, decemb., presbiteros XXVIII, diaconos VIII; episcopos pcr diversa loca XLVIII. Et
cessavit episcopatus menses VI dies XXV.
10 Sub die VII mens. feb.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
III
1 Pelagius < iunior > A 2 — de] ex A 3 Ci*Ei5 — Unigeldo
A12D : Unigildo ASIWEts : Winnigildo A* : Winigildo W*0* :
Vingilio B* : Gildo B« — X post ann. om. B 3 — ordidatus ab
que C 3 — absque] ex praecepto A 12 D (sed in A 1 ex prae erasum
est) : extra A 35 : usque B 6 — iussionem AD — 2 quod] que C 3
— Langubardis A 13 — obsiderent A 3 5B 6 C 2 E — civitate Romana
C3 — multa om. B5 — fierit Ai : fièrent Es — 3 tante pluvie C 3
— fuer. t. pi. B5 — aqua B 5 : aque C 3 — diluvi C 3 — inunda-
veruntBs : super nos inundaruntE^ : superinundarent A 5 C 2 E 2 5
— talis] tamen C* — gladis B6C* [cour, ci) — 4 qualem C^G
— saecula C* 3 — null usque memineret B 6 — fuisse om. B 6 —
investibit E* — corpus < papa Pelagius > A* — tabolis B 6 —
5 deauratis om. B5 — xenodochium AB 23 b 7 C*D (synod. A 3 C<D) :
ptochium B57C2 3 *EG (thochium B5 : pthochium b* : tochium B 7 :
tpochium C 3 : pitochium C 4 ) : hospicium B 4 : tugurium B 6 —
< et > senum E 1 — Hermis A 3 * — 6 Hic-martyris om. D —
super B 2 C 3 — a om. A 3 — fundamentis constructa A 3 — et
om. O — tabulas argenteas B* — 7 ornavit C 2 — apostolum
om. B" : < VII id. febr. > B : < sub die VII mens. feb. ind.
V > A 2 : < sub die VII mens. feb. > C«E — 8 diac. VII ADE
{om. A 2 ) : VIIII B« — loca < num. > B 23 — 9 mens. III AB 2 «6D
— d. XXVIII mens. VIC* — d. XXIII G : < A morte sancti Silvestri
usque ad hune primum Gregorium fuerunt anniCCXLVI>E" —
Sub-feb. A135C 3 (d. II1I C 3 ) : < ind. V > A«5D : om. KBCi 2 EG
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NOTES EXPLICATIVES.
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i. Hic — fiere(\ Bôde (ad ann. 583) combine les renseignements
sur les Lombards que contient cette notice avec ceux que l'on trouve
dans la précédente : « Gens Langobardorum comitante famé et
» mortalitate omnem invadit Italiam, ipsamque Romanam vas-
» tatrix obsidet urbem. d Paul Diacre (m, 10) suit de plus près
notre texte. Le siège de Rome, en 579, n'est mentionné par aucun
autre auteur. Dans une lettre (Jaffé, 1048;Migne, P. L., t. LXXII,
p. 705) adressée le 5 octobre 580 à Aunarius, évoque d'Auxerre,
Pelage II déplore d'une manière générale les tribulations causées
par les envahisseurs de l'Italie : « Dum... tantus sanguisinnocen-
9 tium sit effusus, ita sacra violentur altaria, ita catholicae ûdei
» ab idololatris insultetur. » On peut trouver une allusion plus pré-
cise aux calamités dont Rome eut à souffrir dans le passage où,
annonçant à Aunarius un envoi de reliques, il rengage en ces ter-
mes à provoquer l'intervention des Franks : « Admonemus ut
» quorum virtutem quaeritis, eorum templa a pollutione gentium
» liberari, in quantum vobis est possibile, festinetia. »
2. Eodem tempore tantae pluviae... fuisse] Ces fléaux sévirent à
l'automne de l'année 589. Ils sont mentionnés avec détail par Gré'
goire de Tours, Grégoire le Grand et Paul Diacre (Secundus de
Trente). Grégoire de Tours (Hist. Fr., x, i) : « Anno igitur XV
» Ghildeberti régis (590) diaconus noster ab urbe Roma cum sanc-
» torum pignoribus venions sic retulit quod anno superiore, monse
» nono (novembre) tanta inundatione Tiberis fluvius urbem Ro-
» mam obtexerit ut aedes antiquae diruerentur, horrea etiam ec-
» clesiae subversa sint, in quibus nonnulla milia modiorum tritici
» periere. Multitudo etiam serpentium cum magno dracone, in mo-
» dum trabis validae, per huius fluvii alveum in mare descendit :
» sed suffocatae bestiae inter salsos maris turbidi fluctus litori
» eiectae sunt. Subsecuta est de vestîgio clades quam inguinariam
» vocant : nam medio mense undecimo (janvier 590) adveniens
» primum omnium... Pelagium papam perculit et sine mora
» extinxit ; quo defuncto magna strages populi de hoc morbo facta
» est. » — Saint Grégoire le Grand (Dial. m, 19) : « Ante hoc
» fere quinquennium (les Dialogues sont de la fin de 593), quando
» apud hanc Romanam urbem alveum suum Tiberis egressus est,
» tantum crescens ut eius unda super muros urbis influeret atque
» inde in ea iam maximas regiones occuparet... » — Paul Diacre
(Hist. Lang., ni, 23) : « Eo tempore fuit aquae diluvium in finibus
» Veneciarum et Liguriae seu ceteris regionibus Italfae, quale
» post Noe tempore creditur non fuisse. » Ces derniers mots sem-
blent inspirés par la vie de Pelage II. Paul Diacre continue la
description du phénomène à l'aide des passages cités de Grégoire
de Tours et de saint Grégoire le Grand et aussi, sans aucun doute»
à l'aide de l'histoire de Secundus de Trente, auquel il doit évidem-
ment la mention de la Yénétie et de la Ligurie.
3. investivit corpus b. Pétri...] H ne peut être question du sarco-
phage apostolique, trop profondément enterré (Silvkstbe, note 61,
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LXV. PELAGIUS II (579-590).
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p. 194) pour avoir été l'objet d'une semblable décoration. Bu
reste, saint Grégoire, qui parle (Ep. iv, 30) de cet embellissement
ordonné par son prédécesseur, indique un endroit séparé de la
tombe apostolique par une distance de quinze pieds : < Dum beatae
» recordationis decessor meus, quia argentum quod supra sacra-
» tissimum corpus b. Pétri apostoli erat, longe tamen ab eodem
» corpore fere quindecim pedibus, mutare volait, signum ei non
» parvi terroris apparuit. » — Les vers suivants se lisaient au
ix« siècle, à Saint-Pierre, in altare:
Vox arcana Patris, caeli quibus aequa potestas,
descendit terras luce replere sua;
hanc Detis humanam sumens de virgine formant
discipulos mundo praecipienda docet.
Quae modo Pelagius praesul cum plèbe fideli
exercens offert munera sacra Deo
ut Romana manu caelesti sceptra regantur
sit quorum imperio libéra vera fides.
Pro quibus autistes reddens haec vota precatur
saecula principibus pacificata dari,
hostibus ut domitis Pétri virtute per orbem
gentibus ac populis pax sit et ista fides.
(De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 145). Le premier vers présente
une phrase assez difficile à construire ; le sens est que le Verbe
(Vox arcana) est au ciel égal à son Père. Les princes dont il est
question au v. 10 sont l'empereur Maurice et ses enfants. Je ne
vois guère que ce pluriel qui permette de se décider entre les deux
Pelage. M. de Rossi admet aussi l'attribution à Pelage II; il pense
que l'inscription était gravée sur une des couronnes suspendues
au-dessous du ciborium de l'autel. — Pelage II avait fait exécuter
dans la môme basilique un ambon dont les inscriptions dédicatoires
sont conservées (De Rossi, /. c, p. 21, 55).
4. cymiterium b. Rermetis martyr is] La basilique cimitériale de
Saint-Hermès, sur la voie Salaria vêtus, est mentionnée dans les
itinéraires du vn e siècle (De Rossi, Roma sott., t. I, p. 176; cf.
Bull. 1865, p. 2, 3).
5. b. Laurentii martyris basilicam] J'ai déjà parlé ci-dessus,
p. 197 (Silvkstre, note 84), des travaux exécutés à Saint-Laurent
par le pape Pelage IL La plupart des retouches apportées par lui
à l'édifice antérieur se laissent discerner facilement ; la mosaï-
que de l'arc absidal (De Rossi, Musaici) est encore celle qu'il y fit
placer, sauf quelques restaurations aux deux extrémités. Pe-
lage y est représenté ; sa tête, qui n'a point été refaite, peut être
considérée comme un portrait. Sur la courbe de l'arc se lit le dis-
tique suivant, en partie suppléé, adressé à saint Laurent :
Martyrium flammis olM LE VV1TA SVBISTI
IVRE TVIS TEMPLIS LV\ BENemnda redit.
Une autre inscription métrique dtV
lissements exécutés par ordre de
dans les manuscrits épigraphiqm
p, 63, 106, 157); en 1860, il fut re! -,
de la mosaïque. M. de Rossi (/.
primitive était dans la convexité i
démolie, et qu'il était distribué •■;
distiques :
Demovit Dominus tenebras ut
his quondam latebris sic u< t.
Angustos aditus venerabile <:
hue ubi nunc populurn larti .
Eruta planities patuit sub m
estgue remota gravi mole '■.
àt les réparations et embel-
î. Le texte s'en est conservé
»■! Rossi, Inscr. christ., t. II,
•n deux colonnes, au-dessus
». 157) pense que sa place
ncienne abside, maintenant
colonnes, chacune de deux
reata
jor inest.
>ebat
capit.
Praesule Pelagio martyr Laurentius olim
templa sibi statuit tam pretiosa dari.
Mira fides t gladios hostiles inter et iras
pontificem meritis haec célébrasse suis.
Tu modo sanctorum cui crescere constat honores
foc sub pace coli tecta dicata tibi.
Le premier distique fait allusion à la galerie supérieure, percée de
nombreuses fenêtres, par où le jour se répand abondamment dans
les profondeurs d'un édifice en partie souterrain. Cette galerie
permettait à une assistance plus considérable de prendre place
dans le sanctuaire du martyr, et c'est probablement à cette circon-
stance que fait allusion le distique suivant, en particulier l'expres-
sion largior aula capit. Dans la restitution moderne on a écrit
longior au lieu de largior, contre le témoignage des manuscrits.
On pensait à un agrandissement dans le sens de la longueur, le-
quel semble indiqué parles deux colonnes les plus rapprochées de
l'abside, qui sont d'un autre module que les autres et qui portent
des chapiteaux d'un autre style. Mais il n'est pas sûr que cet allon-
gement ne soit pas antérieur à Pelage ; en tout cas, si l'auteur du
distique avait eu en vue un agrandissement en ce sens, il aurait
écrit longior, comme on l'a restitué en ce siècle et non point largior
comme ont lu les épigraphistes du temps de Gharlemagne. Quant
à la largeur proprement dite, on ne peut croire qu'elle ait été aug-
mentée par Pelage si l'on admet, comme je l'ai fait ci-dessus,
p. 198, que la partie inférieure de l'église est du v« siècle ou si on la
fait remonter à Constantin. Mais la capacité de l'édifice a pu
être accrue et par l'établissement de la galerie supérieure, et par
un changement de distribution dans les cancelli et autres abords
de la tombe sainte : Angustos aditus venerabile corpus habebat. Une
partie des fidèles, les femmes probablement, étant installés dans
la galerie et l'espace accessible étant augmenté en bas, on pou-
vait dire désormais : populurn largior aula capit, sans que Yaula
fût devenue en réalité plus large. — Le distique Eruta planities
mentionne les travaux de déblaiement qui ont fait disparaître la
partie de la colline immédiatement adjacente à la basilique, et qui,
par sa poussée, en compromettait la solidité. Une fois la terre en-
levée, il fallut consolider les fondements et les parties inférieures
du mur qu'elle appuyait jusque-là. C'est, je crois, ce qui explique
l'expression du L. P., basilicam a fundamento constructam. Dans
les quatre derniers vers, Pelage II fait allusion à l'invasion lom-
barde qui, en ces temps-là, s'étendait jusque sous les murs de
Rome.
6. exornavit sepulchrum eius] Deux médailles antiques représen-
tent le tombeau de saint Laurent (De Rossi, Bull. 1869, p. 49).
Toutes deux sont relatives à des scènes d'oblation ; elles por-
tent, au droit, l'une le sacrifice d'Abraham, l'autre le martyre
de saint Laurent. Au revers, on voit l'oblat s'avancer vers le
tombeau du martyr; dans la première il est conduit par son père,
qui présente un calice : son nom est indiqué par la légende GAV-
DENTIANVS; dans la seconde, qui porte l'inscription SVCCESSA
VIVAS, la personne consacrée tient un cierge à la main. Dans les
deux représentations le tombeau est vu de l'extérieur. Il est li-
mité par quatre colonnes torses, reliées par des grilles et surmon-
tées d'un entablement auquel pendent des draperies en festons.
Les colonnes torses doivent, comme l'a remarqué M. de Rossi (/.
c, p. 51), être différentes des colonnes de porphyre mentionnées
dans la vie de Xystus III (p. 233 ; cf. p. 235, note 10, où il est
renvoyé, par erreur, à la notice de Silvestre pour certains détails
qui sont étudiés ici). Ceci, sans parler du style, autorise à voir dans
les médailles de Gaudentianus et de Successa un souvenir du mo-
nument tel qu'il était avant Xystus III, vers le commencement du
v« siècle ou la fin du siècle précédent. La scène du martyre
de saint Laurent, sur celle de Successa. doit être rapprochée,
comme l'a fait M. de Rossi (/. c), d'un détail mentionné dans la
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LXV. PELAGIUS II (579-590).
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notice de Silvestre (p. 181, 1. 12): Constantin fit représenter la
passion du saint en reliefs d'argent, placés auprès de son tom-
beau. — Le monument ayant beaucoup changé depuis la fin du
IV e siècle, il est difficile d'indiquer la place exacte des tabulae ar-
genteae qu'y fit disposer Pelage IL Mais il nous reste, dans une
lettre de son successeur saint Grégoire [Ep. .iv, 30), une histoire
intéressante sur les travaux entrepris à cette occasion : « Sanctae
» memoriae decessor meus, itidem ad corpus s. Laurentii martyris
quaedam meliorare desiderans, dum nescitur ubi venerahile
i corpus essetcollocatum, effôditur exquirendo et subito sepulcrum
• ipsius ignoranter apertum est; et ii qui praesentes erant atque
laborabant monachi et mansionarii, qui corpus eiusdem marty-
i ris videront, quod quidem minime tangere praesumpserunt, om-
' nés intra decem dies defuncti sunt. »
7... sepultus ad b. Petrum) L'épi taphe est perdue.
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LXVI. GREGORIUS (590-ÔC4).
LXVI.
113 i GREGORIUS, * natione Roraanus, ex pâtre Gordiano, sedit ann. XIII mens. VI dies X. Hic exposuit 2 omelias
evangeliorum numéro XL, lob, Ezechielum, Pastoralem et Dialogorum et multa alia quae enumerare non pos-
II sumus. Eodem tempore 3 venit Romanus patricius et exarchus Romae; et dum reverteretur Ravenna, retenuit
civitates quas a Langobardis tenebantur, Sutrio, Polimartio, Hortas, Tuder, Ameria, Perusia, Luciolis et alia
in multa. Eodem tempore beatissimus Gregorius misit 4 servos Dei Mellitum, Augustinum et Iohannem et alios
plures cum eis monachos timentes Deum ; misit eos in praedicationem ad gentem Angulorum ut eos converte-
ret ad dominum Iesum Christum. Hic augmentavit 5 in praedicationem canonis diesque nostros in tua pace
iv dispone, et cetera. Hic fecit 6 beato Petro apostolo cyburiumcum columnis suis II II, ex argento puro. Fecit au-
tem vestem isuper corpus eius blattinio et exornavit auro purissimo, pens. lib. C. Hic fecit 7 ut super corpus
beati Pétri missas celebrarentur; item et in ecclesiam beati Pauli apostoli eadem fecit. Eodem tempore 8 dedi-
v cavit ecclesiam Gothorum quae fuit in Subora, in nomine beatae Agathae martyris. Hic 9 domum suam consti-
tua monasterium. Qui mortuus est et sepultus in basilica beati Pétri apostoli, ante secretarium 10 [die XII
mensis martii]. Hic fecit ordinationes II, una in Quadragesima et alia in mense septimo, presbiteros XXXVI III,
diaconos V; episcopos per diversa loca LXII. Et cessavit episcopatus menses V dies XVIII.
10
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 ex] de BC3G — Gordiana C3 — ann. XV B" : XII1I C3 — h
XIII B 23 — humilias C 3 : homelias Es — 2 evangeliorum B* :
om. C 2 — numéro om. A*E« — in lob XXXV, in Ezech. XX,
Past. et dial. libros II1I ACiDE*G (in om. EiG : superCi— lob
<lib.>ci— inom. E*G — <ôml> XX Ci — XXII c« — dial.
lib. IIII et past. El — libros om. Ci — IIÏI < lib. > ci) —
Hiezechihelum Ci : -lera A 3 5B 2 «D — et dialogorum om. B^O
— et om. C2E15 — multa < bona > C 24 Ei* — que O— annu-
merare A 2 : enuraerari B 6 — enum. n. pos.] numéro longum
est B5 — possumus < Hic augmentavit-et cetera >, l. 7,
A 2 — 3 patritius B 3 C 3 — et ante exar. om. A 23 — exarcus Ai
— Romam A 3 5 — reverlerentur B^ 6 — Ravenna AB5C 3 D : Ra-
vennam cet. — tenuit AD : et tenuit Ci : retinuit B^E 1 — A quae
A35B 2 — Langubardis A*C 2 : Langobardi El — < id est >
Sutr. \ r -UG — Sutrio Ai 23 DE5 (Subtrio d) : Sutrium A*G 2 E l G :
Sutrum BC 3 (Scutrum B* : Subtru B«) — Polimartio Ai 23 D (-cio
D) : Polimartium A5BC23EG (Poly- C 2 )— -cium A5C 3 E — Ortas
B23 _ Tuber C3 — AmeriamEG — Perusiae Ai : Percussia B 6 :
Perusiam EG — Luceolis B^c^E (Luteolis B«) — alias multas
A5E — 5 misit b. Gr. B 2 — servus Ci — Melitum B"> : Melium
B« : Mellitus C 2 — Agustinum AiCi — 6 plures] multos A 3 :
plurimos B 2 — in pr. Angl. gentem A 3 : ad predicandam g.
Angl. A5 — praedicatioue B 6 — Anglorum A 3 5B 2 «Ci 2 Ei5 — con-
verterent A*D : -rit C 3 — 7 Hic-cetera om. A 2 — Hoc B 3 — aug-
mentait E5 — praedicatione KB'^E 5 — canones B — dies qui
Bs — 8 dispone om. C 1 — Hic fecit-puro om. C 1 — apostolo
< super altare > A«5D — ciburium E> : tegurium À* : om. B>
— ex arg. purissimo cura columnis IIII AD (cum om. D — co-
lumnas D) — Fecit autem-lib. C om. ACDEG — 9 < et > vest.
Bis _ ves te B 3 : vestem B 5 — blattineam B 2 : blattineo
B 3 : blatinio B* : blattinio b'^ — fecit] praecepit AD — supra
B*C 2 D : per B 3 — corpus < eius > B 3 — 10 Pétri < et beati
Pauli > EiG : < apostoli > A135D — misse A5Ei — missa < die
quotidie > Ci — celebraretur B*C 23 — item-fecit om. E J G —
item] et idem B« — et om. Ai^CiD — ecclesiam Ai : basilica
B5 — < similiter > eadem A 2 — praedicavit B6 — il ecclesia
AiB*D — Guthorum AiBs — qui B*C 3 — fuit] est ACiD — Su-
bura A* : Subhora B 23 — Agathe Ai : Agnetis A 2 — martyres
A 1 : marturis B 3 — 12 monastherium C 3 — et sepultus om. C 1
— sepultus < est > D — ad beatum Petrum apostolum AD —
segretarium Ai : secratariura ASB^s : sacrarium B« — die-mar-
tii] III id. mart. B (IIII B") : om. KCi — 13 mense Ai — unam
A 3 C 2 Ei : om. C 3 — in om. B5 — aliam A 3 Ei — in om. AD —
mense om. Ci — septimi AiD : septimo B*C 3 : septemb. cet. —
U loca < num. > B 23 —mens. V om. D — d. XV1II1 AC*D:
XVI G : <indictione VII > B* : < ii~d IIII > C 3 .
NOTES EXPLICATIVES.
i. Gregorius — Gordiano] Cette notice, de beaucoup la plus an-
cienne de toutes les vies de saint Grégoire, a été plus ou moins
mise â contribution par les biographes postérieurs, Bède (Hist.
eccl., n, 1), Paul Diacre et Jean Diacre, qui ont utilisé en outre, le
dernier surtout, les renseignements coutenus dans les écrits du
saint pape, notamment dans sa correspondance. A la fin du ix« siè-
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LXVI. GREG0RIUS (590-604)
cle, Jean Diacre voyait encore, dans le monastère adelivum Scauri,
les portraits de saint Grégoire, de son père Gordianus et de sa
mère Silvia; il nous en a laissé une description fort précise (Vita
s. Greg., iv, 83, 84). Cf. ci-dessus, p. 253, Félix III, note 2.
2. Hic exposuit omelias...] C'est le catalogue exact des œuvres
littéraires de saint Grégoire. Par les mots et multa alia, le bio-
graphe entend sans doute sa correspondance et ses travaux litur-
giques.
3. ... venit Romanus — et alia multa] Cette campagne semble se
placer dans les premiers mois du pontificat de Grégoire. En juil-
let 592, nous le voyons se plaindre à l'évoque de Havenne (Ep. n,
46) « quia miles de Romana urbe tultus est, sicut ipse (l'exarque
» Romanus) novit. Theodosiaci vero, qui hic remanserunt, rogam
a non accipientes, vix ad murorum quidem custodiam se accom-
» modant. » H est vraisemblable que les troupes enlevées à la gar-
nison de Rome par ordre de l'exarque étaient précisément celles
avec lesquelles il avait pu faire les' conquêtes ici mentionnées.
Celles-ci seraient donc antérieures à l'été de 592. Au mois de fé-
vrier de l'année 591, l'évêque d'Orte, l'une des places reprises,
était à Ravenne depuis assez longtemps, retenu dans cette ville
par l'exarque, évidemment pour un motif politique. La façon
dont Grégoire parle de .cette affaire dans une lettre à Romanus
(i, 23) suppose, je crois, que la ville d'Orte était à ce moment
au pouvoir de l'exarque. — Paul Diacre (H. L., iv, 8), qui repro-
duit ce passage du L. P., ajoute qu'à la nouvelle des succès de
Romanus, le roi Agilulf partit de Pavie avec une armée nombreuse
et vint assiéger Pérouse. Mais il doit avoir ou antidaté l'expédi-
tion d'Agilulf qui n'eut lieu que plus tard, ou confondu les mou-
vements de ce roi avec ceux du duc de Spolète, Ariulf. — Des sept
places mentionnées ici, les deux premières appartiennent aux con-
fins entre les deux régions que l'on appela plus tard duché de
Toscane et duché de Rome. Quant aux cinq autres, elles jalonnent
une route (via Annia ou Amerina) qui, se détachant à droite de la
via Cassia, un peu au nord de Baccano, traversait le Tibre à Orte
(Castrum Amerinum), suivait sa vallée supérieure jusqu'à Pérouse
et de là franchissant l'Apennin, rejoignait la voie Flaminienne.
Le point culminant parait avoir été le castrum Luciolis, dont on fixe
la position dans le défilé au-dessus de Cagli (Cales vicus). La pos-
session de cette route était de la plus haute importance pour le
gouvernement impérial : il lui fallait en effet une voie de commu-
nication qui reliât Rome à Ravenne ; et la voie Flaminienne, dans
son cours moyen, traversait le pays de Spolète, très fortement oc-
cupé par les Lombards. Tant que dura le régime impérial, la route
de Rome à Ravenne par Orte et Pérouse demeura au pouvoir des
exarques, avec les territoires des villes situées sur son parcours :
Les duchés de Spolète et de Bénévent se trouvèrent ainsi isolés des
provinces lombardes du nord de l'Italie.
4. ... misit servos Dei Mellitum — Christum] Le seul chroniqueur
du vu» siècle qui mentionne cette célèbre. mission est le continua-
teur de Prosper (p. 36, Hille) : « Qui (Grégoire) non solum Roma-
» nae ecclesiae sibi plebi commissae sed etiam gentibus profecit,
» convertens Anglos ad fidem, gentem extremo Oceano positam. »
Ni Frédégaire ni saint Isidore n'en parlent; Bède (Chron. ad
ann. 596; Hist. eccl., i, 23) et Paul Diacre (H. L., m, 25) dépen-
dent du L. P. La mission partit au printemps de l'année 596 (G~eg,
M. Ep. vi, 51-59), mais elle ne débarqua en Angleterre que l'année
suivante. Mellitus est nommé ici avant Augustin; quant à Jean,
il n'est pas autrement connu.
5. Hic augmentavit — et cetera] L'oraison Hanc igitur à laquelle
ce développement se rattache figure à diverses reprises dans le
manuscrit liturgique de Vérone, dit sacramentaire léonien, qui pa-
raît avoir été compilé au vi e siècle (Muratori, Liturgia Romana vê-
tus, 1. 1, p. 318, 331, 421,426, 434, 446, 451, 454,. Mais ce ne sont que
des formes spéciales de cette prière, usitées en certaines cérémonies ;
le texte ordinaire du canon ne se rencontre pas dans ce manus-
crit, gravement mutilé au commencement. Dans une des messes
Liber pontificalis.
313
que l'évoque peut dire le jour anniversaire de sa consécration
(p. 426), elle se termine ainsi : « confirmes quod es operatus in
nobis, diesque meos clementissima gubernatione disponas. » C'est
le [seul cas où l'on trouve quelque chose qui approche de la for-
mule de saint Grégoire. Celle-ci se trouve complète dans la messe
romaine qui figure en tête du sacramentaire gallican de Bobbio
(Parisinus 13246), manuscrit de la fin du vu» siècle (Muratori Z.
c, t. II, p. 778) et dans le sacramentaire de l'abbaye de saint
Denys (Vaticanus Reginae, 316), du commencement du vin» siècle,
publié sous le nom de sacramentaire gélasien (Muratori, l. c, 1. 1,
p. 696), à plus forte raison dans les livres liturgiques grégoriens
de la fin du vin» siècle et du ix e . Cf. Bède, H. E. t n, i.
6. Hic fecit — columnis MI] J'ai exprimé ci-dessus, p. 235
(Xystus m, note 8), un doute sur la place exacte du relief d'argent
consacré à Saint-Pierre par Xystus III. Comme ce relief était en-
core en place à la fin du vm« siècle, il est clair qu'on ne saurait
l'identifier avec le ciborium de saint Grégoire.
7. Hic fecit — eadem fecit] Cf. Bède, Hist. eccl. r n, 1. — Ce rè-
glement fait suite à celui de Simplicius sur le môme sujet. Comme
nous n'en avons pas le texte, il est impossible de savoir quelles
modifications il fit subir à l'usage antérieur. Dans un concile ro-
main de l'année 732, le pape Grégoire III fait allusion au roulement
hebdomadaire du service liturgique de la basilique vaticane:
« presbyter qui in hebdoma fuerit post prima quae in sacro cor-
pore beati Pétri fecerit missa... » (De Rossi, Due Concilii Romani,
p. 18; Romasott., t. III, p. 528; Borgia, Vaticana confessio, p. xliv-
li). La célèbre lettre de saint Grégoire, gravée sur le marbre, dans
la basilique de Saint-Paul, et datée du 23 janvier 604, se rapporte,
non pas au service liturgique, mais à l'entretien du luminaire
auprès de la confession de l'apôtre.
8. Eodem tempore — Agathae martyris] Cette dédicace dut avoir
lieu en 591 ou 592; elle est mentionnée dans les Dialogues (m, 30)
comme ayant été célébrée ante biennium ; on peut lire à cet endroit
le récit des prodiges qui l'accompagnèrent. Dans sa lettre IV, 18,
écrite en 594 (Jaffé, 1291), Grégoire confie à un acolyte appelé
Léon l'administration des revenus de cette église. On voit par sa
lettre m, 19 (janvier 593; Jaffé, 1223), qu'il y avait eu à Rome
iuxta domum Merulanam t regione tertia, une autre église arienne;
il voulait la dédier à saint Séverin ; aucun souvenir de cette église
ne paraît avoir survécu.— En dédiant Sainte-Agathe au culte catho-
lique, Grégoire laissa subsister la décoration de l'édifice ; les murs
étaient revêtus d'une marqueterie de marbres et l'abside était ornée
d'une mosaïque, qui fut détruite en 1589, mais dont il subsiste une
copie dans le ms. Vatic. 5407 (Garrucci, Stor. deW arte crist. t. IV,
p. 240; cf. Ciampini, Vet. mon. t. I, p. 271). Elle représentait le
Christ assis sur le globe terrestre, entouré des douze apôtres de-
bout ; au-dessous du Christ on lisait l'inscription Salus totius ge-
neris humani; au-dessous des figures des apôtres étaient écrits
leurs noms, saint Paul à la droite, saint Pierre à la gauche du
Christ, suivant la disposition ordinaire. Une inscription, placée
aussi dans l'abside, et que Baronius (Martyr. Rom. f 5 février) dit
avoir lue, donne le nom du personnage qui fit les frais de cette
décoration : FI. Ricimer, v. i. magister utriusgue mililiae, patriciu
et excons. ord.,pro voto suo adornavit. Ricimer fut consul en 459
mourut en 472.
9. Hic domum suam...] Le célèbre monastère du Clivus Scauri,
qui subsiste encore, avec son église sous le vocable de saint Gré-
goire lui-même.
10. Qui mortuus — martii] Cf. Bède, H. E., n, 1. Voici son
épitapho (De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 52, 78, 112, 209); il s'e^t
conservé deux petits fragments du marbre original (Sarti et Set-
tele, Append. ad crypt. Vat. t pi. xxix).
f SVSctpe terra tuo corpus de corpore sumptum
reddere quod valeas vivificante Deo;
spiritus astra petit, lethi nil iura nocebunt
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LXVI. GREGORIUS (590-604).
eut vitae aUerius mors mugis ipsa via est.
Pontifias tummi hoc clauduntur membra sépulcre
qui itmumeris semper vivit ubique bonis.
Bsuriem dapibus superavit t frigora veste
atque animas monitis texit AB hoste sacris.
Implebatque actu quicquid seRMOne docebat
esset ut exemplum mySTIca verba hquens.
Ad Christum Anglos conveRTIT pietate magistra
adquirens fidei agMINa gente nova.
Sic labor, hoc studium, kaec tibi cura, hoc pastor agebas,
ut Domino offerres plurima lucra gregis.
HisqUe Dei consul factus laetare triumphis,
Nom mercedem operum iam sine fine tenes.
Hic requiescit Gregorius papa, qui sedit ann. XIII mens. VI dies X.
Depositus IIII idus martias.
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LXVII. SABINIANUS (604-606).
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LXVII.
SABINIANUS, natione Tuscus, de civitate Blera, de pâtre Bono, sedit ann.I mens. V dies VIIII. Eodem tem- i 114
pore 1 fuitfamis in civitate Romana gravis. Tune facta pace 2 cum gente Langobardorum et iussit 3 aperire horrea
ecclesiae et venumdari frumenta per solidum unum tritici modios XXX. Hic in ecclesia beati Pétri apostoli lu- il
minaria addidit. Quo defuncto, funus * eiuseiectus est per portam sancti Iohannis, ductus est foris muros civi-
5 tatisad pontem Molvium. Qui sepultus est 5 in ecclesia beati Pétri apostoli. Hic 6 ecclesiam de clero implevit.
Hic fecit episcopos per diversa loca XXVI. Et cessavit episcopatus mens. XI dies XXVI.
Depositus sub die XXII mens febr.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Savinianus ADE5 —ex pâtre ACiDEi G — d. XVIII K: VIII
B5 ; XVII1IG — 2 RomaA2C23E5 — Tune facta] Facta autem EiG—
factaj fecit C* — pace m A^ 1 — gentem A*: gentoCS — apperire
C* — 3 ecclesia B 3 — venumdare KB 2W C 12 — frumenta om. C 1
— frumentum < populo > EG — solidos c* : a\ A 2 — unum]
tredecim Ci — tritica B* : om. AD — modios A*B* : modo B& :
modia b* : modiis C 1 (corr.) : mô*3. cet. — 4 addedit C 3 : dédit
C*E* — defunto C 3 — funus eius om. B* — eius om. A* — eiec-
tumA^EtG — est om. AD — porta A 1 — ductumASEiG: eductus
B234C12 — 5 ad] a AB5Ct : om. C^Ets — ponte C* — Mulvium
AiE5 : Milvium A 2 : Molvium A3B235E1 : Olvium ASBSC 3 : Olbium
B* : Molbium C*D — qui < et > E 1 — ecclesiam A^C^E :
ecclesia vel eccle cet. — apostoli <VI kal. mart.> B (XVI kal.
B*) : < die XXII mens. febr. > C**Ei5 (XXI C*) - hic < et > B 2
— 6 loca < num. > C^E — m. tt K — d. XXVK: XXVIIG:
om. O — 7 Depositus -feb. AWD (sub om. G*) : ante Et cess.
A»:om .KBCi24E«G.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Eodem tempore — gravis] Paul Diacre (H. £., iv, 29), sans doute
d'après Secundus de Trente, dit que l'année fut mauvaise : « Fuit
» autem tune hiems frigida nimis et mortuae sunt vîtes pêne in
» omnibus locis. Messes quoque partim vastatae sunt a muribus,
» partim percussae uredine evanuerunt. »
2. Tune facta pace —Langobardorum] Paul Diacre (Secundus de
Trente), H. L., iv, 32 : « Mense novembrio (60S) rex Agilulf pa-
» cem fecit cum Smaracdo patricio in annum unum accipiens a
» Romanis duodecim milia solidorum. Givitates quoque Tusciae,
» hoc est Balneus Regius (Bagnorea) et Urbs Vêtus (Orvieto) a
» Langobardis invasae sunt. Tune ëtiam mense aprili et maio (606)
» apparuit in caelo Stella quam cometem dicunt. Dehinc Agilulf
» rex iterum fecit pacem cum Romanis tribus annis. » — Une pre-
mière trêve [pax) avait été faite au mois de novembre 603 entre
l'exarque et le roi Agilulf; elle devait durer jusqu'au l or avril 605
(Paul Diacre, H. L. y iv, 28) ; au mois de novembre de cette dernière
année elle fut renouvelée pour un an et l'année suivante pour
trois ans.
3. iussit aperire horrea ecclesiae...] Grégoire de Tours, Hist. Fr., x,
1, parle des horrea ecclesiae Romanae, comme ayant été renversés
par l'inondation du Tibre» en 589, «c in quibus nonnulla milia mo-
» diorum tritici periere ». — Le blé emmagasiné dans ces greniers
n'était pas destiné à être vendu : il devait être distribué aux pau-
vres. Aussi la mesure prise par Sabinien fut-elle blâmée et sa con-
duite opposée à la générosité de son prédécesseur. H se forma
même une légende, recueillie par Paul Diacre [Vita s. Greg. M., 29),
d'après laquelle saint Grégoire aurait apparu trois fois à son suc-
cesseur pour l'exhorter à se montrer plus charitable ; ne pouvant
le fléchir, il l'aurait frappé à la tête et causé ainsi sa mort. —
Quant au tarif de 30 modii pour un solidus, on peut le rapprocher
de ce fait qu'au temps de Théodoric on vit acheter le blé moitié
moins cher : « Sexaginta modios tritici in solidum ipsius tempore
» emerunt » (Anonym. Vales., 73; cf. Gassiodore, Var., x, 27).
4. Quo defuncto — Molvium] L'expression funus eicere n'a pas
par elle-même un sens fâcheux. Dans les Dialogues de saint Gré-
goire (iv, 27) il est question d'une dame qui, voyant mourir son
mari par un fort mauvais temps, s'inquiète devant lui des incon-
vénients qui pourront en résulter pour la cérémonie funèbre, et lui
tient ce langage : a Quomodo te ad sepeliendum eicio, quae ostium
» domus huius egredi prae nimia tempestate non possum? • Gf.
Théodore, n° 126; Étikitoe II, n° 233. Cependant le long détour
que l'on fit faire au convoi de Sabinien, en évitant la traversée de
la ville, montre que l'on craignait quelque mouvement populaire.
Cette situation des esprits était éminemment favorable à l'éclosion
de la légende mentionnée dans la note précédente.
5. sepultus est] Voici son épitaphe (De Rossi, Inscr. christ., t. H,
p. 127 ; cf. p. 211); un petit fragment, conservé dans les grottes Va-
ticanes, a permis à Sarti de restituer la formule chronologique
finale, que les manuscrits ne nous ont point conservée (Sarti et
Settele, Appendix de Crypt. Vatic, p. 99, pi. xxiii, 2) :
Saeva, vorax, nil poste tuas, mors, aspice vires,
vivit in aeternum quem peremisse putas.
Nom bona distribuens qui nil migrando reliquit
per te post missas ire videtur opes.
Hic primam subita non sumpsit laude coronam
sed gradibus meruit crescere sanctus homo;
atque hominum vitium blando sermone removit,
nec iudex culpis, sed medicina fuit.
Praesule quo nullum turbavit bellicus horror
saeva nec angelici vulneris ira fuit;
quem famis ira dapes, quem nudus sensit amictum ;
vincebat lacrimis omnia dira suis.
[Hic requiescit Sait] NI AN V[s papa qui sedit ann. I mens V dies
VIIII. Depositus VIII kal. mart. p.c.d. n.] FOGA.E A[ug. ann. III].
6. Hic ecclesiam de clero implevit] Cependant on ne mentionne
pas d'ordination. C'est sans doute que Sabinien rendit au clergé
des postes que saint Grégoire avait confiés aux moines. Cf. Dbus-
dedit, p. 319, 1. 2.
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LXVIII. BONIFATTOS III. (607).
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LXVIII.
115 i BONIFATIUS, natione Romanus, ex pâtre Iohanne Cataadioce, sedit mens. VIII dies XXII. Hic optinuit 1
apud Focatem principem ut sedis apostolica beati Pétri apostoli caput esset omnium ecclesiarum, quia ecclesia
il Constantinopolitana prima se omnium ecclesiarum scribebat. Hic fecit 2 constitutum in ecclesia beati Pétri, in
quo sederunt episcopi LXXII, presbiterï Romani XXXIII, diaconi et clerus omnis, sub anathemate, ut nullus
pontifîcem viventem aut episcopum civitatis suae praesumat loqui aut partes sibi facere, nisi tertio die deposi-
tionis eius, adunato clero et filiis ecclesiae , tune electio fiât, et quis quem voluerit habebit licentiam elegendi
sibi sacerdotem. Quo defuncto 3 , sepultus est in ecclesia beati Pétri apostoli [die XII mens, novemb.] Hic fecit
episcopos per diversa loca XXI. Et cessa vit episcopatus mens. X dies VI.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 BonifatiusA^C 3 — Cataadioce AiB«6Ci23E5 (-ocae B*Ci) :
Cataantiochë A* : Cataadioc. A3 : Catadioce ASRWD (-cae D) :
Cataaudiace C* : Cataaudioce E 1 — sedit < an. II > B 6 — m.
VII1I C» — VIII om. C* — d. XII B5 : XXVIII E*G — opt.
ACE» : -tenuit A 3 B*«ci 3 D — 2 aput Ai — Focatum B5* : Voca-
tum C 1 {corr.) — ut sedis] sedem B 6 — apostolica beati Pétri
om. A 1 — apostolicam B56 — capud B* : capitus C 3 — esse Ai
— ecclesiarum -omnium om. G — ecclesiarum < Romanae ec-
clesiae > A 1 : < Romana ecclesia > A3 : < Romana > BC 13 :
< id est ecclesia Romana > C 24 E (est -quia om. C*) : glossema
ad sedis apostolica expunxi cum KA 25 D — qui B 6 C* (corr. c*) —
ecclesia] sedis AD — 3 Constantinopolitanam B* : -no C 3 D —
prima-scribebat om. C 4 — primam A35B 3 — scribebant B 6 —
Pétri < apostoli > AB*D A qua A 3 E* — LXII B3 — Ro-
mani om. C» — XXXII A*D : XXXIIIÏ C*Ei — diac. I C* — et
om. C* (suppl.) — omnes A*B 3 — ut] et B* — 5 pontifîce B*C 3 G —
vivente A 3 5B5C S : moriente K : vivo vel moriente G — eps
Ai3BC*D : epm C*E« : epô A«C3 : epi G — civitati B« — < de
electione > loqui A 5 — loqui <de successore > El — parentes
E 5 — tertia C* : tercio C 3 — die tertio C* — dispositions B 3 —
6 eius om. C* — cloro C 3 — filius D — < et > tune AD — et
A«5B5C 3 DE« : ut B*3*C« : om. A* — quem] quo B* — voluerat
C 1 (corr.) — eligendiA*D : elegendumB* — 7 qui defunctus A 5
E 1 — basilica KG — die-nov.] prid. id. nov. B : om. KC 1 — 8
loca < num.> B^E — X] decenib. B«: om. G
NOTES EXPLICATIVES.
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i. Hic optinuit — scribebat] On n'a pas d'autre renseignement
sur ce décret de Phocas, qui parait avoir donné ainsi une satisfac-
tion momentanée aux réclamations des papes contre le titre de pa-
triarche œcuménique adopté par les patriarches de Constantinople.
Phocas, on le sait et par certaines lettres de saint Grégoire et par
l'inscription de la colonne qui lui fut élevée dans le Forum ro-
main, jouissait aux bords du Tibre d'une considération dont le
spectacle de ses crimes et de ses vices le privait nécessairement à
Constantinople. — Cf. Bède, Chron., ad ann. 614; Paul Diacre, H.
L., iv, 36.
2. Hic fecit — sacerdotem] Les actes de ce concile sont perdus.
C'est sans doute un concile du diocèse suburbicaire. Il n'est même
pas possible de savoir au juste quels abus ou quels désordres
avaient provoqué le règlement dont il est ici question. — Au con-
cile romain de 595, sous saint Grégoire, nous trouvons trente-
quatre signatures presbytérales, chiffre sensiblement identique à
celui qui nous est donné ici.
3. Quo defuncto...] Voici l'épitaphe de Boniface III (De Rossi,
Inscr. christ., t. II, p. 126, 141) :
Postçuam, mors, Christi pro nobis morte peristi
in Domini famulos nil tibi iuris erit.
Pone trucem rubiem, non est saevire potestas;
aut quid vicia furis non nocitura piis?
Hoc siquidem melius dimisso vivitur orbe
cum tamen ut vivat hic sibi guisque facit.
Hoc sita sunt papae Bonifati membra sepulchro,
pontificale sacrum qui bene gessit opus,
iustitiae custos % rectus patiensque, benignus,
cuUus in eloquiis et pietate placera.
Flete ergo mecum pastoi'is funera, cuncti
quos taedet citius his caruisse bonis.
Hic requievit Bonefatius qui sedit menses VII dies XXII. Depositus
pridieidusnov., imperante dom(no)n[ostro) Foca p(er)p(etuo) Aug(usto)
anno VI, indict(ione) XI.
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LXVIIII. B0NIFAT1US IIII (608-615).
317
LXVIIII.
BONIFATIUS, natione Marsorum 1 , de civitate Valeria, ex pâtre Iohanne medico, sedit ann. VI mens. VIII i **6
dies XIII. Huius temporibus famis, pestilentiae et inundationes aquarum gravissime fuerunt. Eodem tempore*
petiit a Focate principe templum qui appellatur Pantheum, in quo fecit ecclesiam beatae Mariae semper u
virginis et omnium martyrum ; in qua ecclesia princeps dona multa optulit. Hic domum suam 3 monasterium ni
fecit, quem et ditavit. Quo defuncto 4 , sepultus est ad beatum Petrum apostolum. Hic fecit ordinationes II per
mens, decemb., diaconos VIII ; episcopos per diversa loca XXXVI. Et cessavit episcopatus mens. VI dies XXV.
Depositus die XXV mens. mai.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Bonifatius kWO : < quartus > A* — Valeriac C 3 — an.
VII A*:VD— m. VII A2B5; VIII1 D — 2d. XMom.C*: d.XVIG
— etom. B 6 D — inundatione BC 3 D (undat. B^) — gravissimae B*
— 3 petit BC3 — a Focate om. C* — Focato B* : FocatemCi —
principem B*C 2 D — quod A 23 E* — qui ap. P.] quam P. Ci :
quod P. vocabatur c* — appellatur om. C 3 — Pantheus A 2 :
Panteum B56C 1 : Panteon c 1 : < de templo Pantbeo > As —
ecclesia A*B e — beatae-virginisj beatae ac gloriosae et Dei ge-
netricis semperque virginis Mariae AD (ac gloriosae et om. A 2
— gloriosissime A* — semperque virg. et D. gen. A 3 — sem-
perque virginis om. A*5) — 4 quam ecclesiam C 2 — ecclesia
om. A 2 — < Focas > princeps AD — dona multa] multa bona
C2E15 — obtulit C13 — 5 quam B 23 D : quod A'5Ei : om. A 2 C« —
dicavit B 6 : dotabit E* — Qui defunctus E 1 — in basilica b.
Pétri apostoli O— veatum E*— apostolum < VHIkal. iun. >
B : < die XXV mens, maii > C 2 *Ei5 (magii E* : madii E5) :
< sub die XXV m. mai. > A 2 — 6 diac. VII A 2 — loca < num. >
B 23 — XXXV C<Ei5 : XX Ci — Et cess.-XXV om. Ei — m. XI
E5 : VII G — d. V C2Œ5 : XXXV C 3 : XXII G - 7 Depositus-mai.
ÀiWD (dep. < est > A") : om. KA 2 BCi"Eis G.
NOTES EXPLICATIVES.
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1 . natione Marsorum de civitate Valeria] Le pays des Marses ne
comptait, sous le haut empire, que trois circonscriptions munici-
pales, celle des Marsi Marruvii, celle des Marsi Antinates et celle
dos Marsi Anxates (Mommsen, C. I. L., t. IX, p. 349). Il est difficile
d'admettre, pour le vu siècle, une quatrième civitas, la civitas Va-
leria. Un évoque de ce pays signa le Constitutum du pape Vigile,
en 553, à Constantinople ; un autre se trouvait au concile romain
de 649; ils prennent le titre à'episcopus Marsorum et leur diocèse,
comme le diocèse actuel de Pescina, paraît comprendre tout l'an-
cien pays des Marses, sans distinction. — Où était alors le siège
épiscopal? On l'ignore. Mais le L. P. me semble donner ici une
précieuse indication. Le nom de civitas Valeria ne saurait être con-
sidéré comme une formule en l'air ; il doit correspondre à l'usage
du commencement du vn e siècle et se rattacher à la voie Valeria,
qui traversait le pays des Marses, au nord du lac Fucin. A Cer-
fennia (Collarmele), la route se bifurquait; la branche de droite
prenait la direction du sud, vers Marruvium, terme de l'ancienne
voie Valeria; la branche de gauche s'élevait à l'est sur les flancs
du mont Imeus, pour atteindre Corfinium ; cette seconde branche
portait le nom de l'empereur Claude ; elle s'appelait Claudia Vale-
ria. Je soupçonne que c'est précisément l'embranchement, la sta-
tion de Cerfennia, que notre auteur a ici en vue, soit que le siège
épiscopal fût alors à cet endroit, soit que le terme de civitas ait été
employé d'une façon abusive. Cerfennia est, en eflet, de tout le pays
des Marses, la localité à laquelle le nom de la voie a dû s'attacher
le plus naturellement et avec le pli*, de persistance. — La région
des Marses était comprise dans la province de Valeria. Il est à re-
marquer que Paul Diacre (B. L., u, 20), après l'avoir enregistrée à
la suite des villes de cette province, ajoute : « Marsorum quoque re-
9 gionem ideo intra Valeriam provinciam aestimo computari, quia
» in catalogo provinciarum Italiae minime ab antiquis descripta
» est. Si quis autem hanc per se provinciam esse vera ratione
» conprobaverit, huius rationabilis sententia modis erit omnibus
» tenenda. » Il y a peut-être quelque connexité entre le problème
de géographie que soulève ce passage de Paul Diacre et celui que
pose le texte du L. P. dont j'ai essayé de donner l'explication.
2. Eodem tempore — martyrum] La dédicace du Panthéon est
marquée au 13 mai dans le petit martyrologe romain et dans celui
d'Adon, d'où cette indication a passé aux martyrologes postérieurs :
« III id. mai. S. Mariae ad martyres dedicationis dies agitur, a
» Bonifatio papa statutus. » C'est le premier exemple connu d'un
temple romain changé en église. — Cf. Bède, Chron., ad ann. 614 ;
Paul Diacre, H. L., iv, 36.
3. Hic domum suam...] Mutius Phœbonius, dans son Histoire des
Marses, ni, 13 (Historiae Marsorum libri très, Naples, 1678, passage
cité par Vignoli), identifie ce monastère avec celui de S. Benedetto,
qui existait encore de son temps, au bord du lac Fucin, au-dessous
de Pescina. Je ne sais s'il ne s'agirait pas plutôt d'un monastère
de Home.
4. Quo defuncto...] Voici l'épitaphe de Boniface IV(De-Rossi,
Inscr. christ, t. II, p. 128, 208) :
Vita hominum brevis est, certa hanc déterminât or a,
• sed vitae aeternae inde paratur iter,
quo non indecora aut rursum peritura videntur
sed pulchrum atque decens iam sine fine manet.
Die igitur, quid, mors, stimulis agitaris iniquisf
quid frémis incassum ? quid furibunda geris ?
Commoda nulla tibi poterunt tua facta referre
nec prodesse potest impetus iste tibi.
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LXVIIII. BONIFATIUS II1I (608-615).
Gregorii semper monita atque exempta magistri
vita, opère ac dignis moribus iste sequens.
Quo hune terrer e putas? Sunt huius maxima vota
mittere ad astra animam, reddere corpus humo.
Saucia multiplici siquidem nam membra dolore
rursus in antiquo pulvere versa marient;
quae coniuncta animae stabiîito in corpore surgant
ad vitam aeternam, te pereunte magis.
Sancta fides, merito vitae, clementia patris
spem certain hanc famulos iussit habere suos.
Hic requiescit Bonifatius iunior t 'qui sedit annos V mêmes VIII dies XII.
Depbsitus oct. id. tnadii, imperante domno Eraclio, anno mus 11.
Sur les translations postérieures du corps de ce saint pape et
leurs inscriptions commémoratives, v. De Rossi, Inscr. christ.,
t. II, p. 211 (note 43).
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LXX. DEUSDEDIT (615-618).
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LXX.
DEUSDEDIT, natione Romanus, ex pâtre Stephano subdiacono, sedit ann. III dies XXIII. Hic clerum ' multum i 117
dilexit, sacerdotes et clerum ad loca pristma revocavit. Eodem tempore 2 veniens Eleutherius patricius et cubi- H
cularius Ravenna^t occidit omnes qui iunece Iohanni exarchi et iudicibus reipublicae fuerant mixti. Hic venit 3
Roma, susceptus est a sanctissimo Deusdedit papa optime. Qui egressus de Roma venit Neapolim, qui tenebatur
5 a Iohanne Compsino intarta. Qui pugnando Eleutherius patricius ingressus est Neapolim et interfecit tyrannum.
Reversus est Ravenna, et data roga militibus facta est pax in tota Italia 4 . Hic constituit 5 secundamissa in clero. III
Eodem tempore 6 factus est terrae motus maior mense augusto, indictione VI. Post haec secuta est clades in
populo, percussio scabearum, ut nullus poterat mortuum suum cognoscere. Quo defuncto, sepultus est 7 ad IV
beatum Petrum apostolum. Hic demisit 8 pro obsequias suas ad omnem clerum rogam unam integram. Hic
10 fecit ordinationes III, presbyteros XIIII, diaconos V ; episcopos per diversa loca XXVI III. Et cessavit episcopatus
mens. I dies XVI.
Depositus snb die Vin mens, novemb.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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ld.XXIIIIA5Eî:XC*:XXKE5G-2adom.A2— Eodem temp.]
Huius temporibus AD — patricius om. O — 3 Ravennam A*
BC« : RabennaE 5 — et om. A^E 1 — necemC 2 — Iohannis A35C12
E 15 : Iohannem B" — exarchae B23 : et archi B^ (et archidia-
coni b*) — iudices A 2 : iudicis E 1 — reipublici A* 2 D : eius pu-
bJicae C 1 — fuerimt B* — mixti om. AD — bénit E 5 — 4 Roma
A*B*C3DE5 : Romam cet. — < et > susc. ADE — susceptos C 2
— es A 1 — sanctissimo < dn~> C 2 : < domno > C 4 — Deus-
dede B 2 3*C 23 — optimo A3C» : obtime B^C* : opetime C3 — de
om. A5B2C" — Romam A» — qui-Neapolim om. A* — que A 2 3E
— 5 Consino AD : Comsim B 6 : Camsino C 1 — antarta ADG —
Qui] contra quem AD — Neapolim om. B 3 — interficit A 5 :
< eundem > AD (undem À 1 } — tyrannum < simul cum eo
alios multos et sic > AD (eo-multos] aliis multis A 3 ) — 6 re-
versusque EG — est om. B 3 — Ravenna Ai 23 B*C 3 : Ravennam
cet. — rogo C 1 [corr.) — pax f. e. E — pax < magna > AD —
totam E — constituit < ut > AD — secundam B5C 2 *E — mis-
sam B5C*E — missa < fleri > A*D : < fieret > A 2 35 — 7 Eo-
dem < autem > A* 2 * — terre C 3 E* — maior] magnus AC 2 *
DE" — mensej VIII id. K — ind. XI C*Ei : om. K — hec AiC 3 —
secutus Ai— cladis KA*B ? : gladis D — in populo om. D — 8 per-
secutio El (corr.) — scabiarum A 3 5B 234 E* : scavearum KB5C 3 :
scabiliarum D — < ita > ut AD — possit AD (posset A*) : po-
tuisset C 24 E — cognuscere C 3 : Aie A 2 ponit ordinationes — Qui
defunctus et sep. E 1 — 9 apostolum < VI id. nov. > B : < die
VIII mens. nov. > C 2 *E — demisit A 12 B*C 23 : dimisit cet. — pro]
per C*EG — obsequia sua A^^DE : obsequiis suis A 23 * — < et >
ad EG — ad omnem clerum om. D — roga una A 2 — unum C 2
— in integro A5 : integro D — 10 presb. XIII C 2 : VII1I C*E —
loca < num. > B 23 Ci 2 E — XX1III A 2 : XXVIII Ci — Et cessavit
om. A* (suppl.) — 11 mens. I om. D — 12 Depositus -nov. A m&D :
om. KA 2 BC* 2 *EG.
NOTES EXPLICATIVES.
1. Hic clerum — revocavit] Il faut voir ici le souvenir d'une
réaction contre un système suivi antérieurement (revocavit), sans
doute sous Boniface IV, qui, étant un fidèle disciple de saint
Grégoire, aura montré aux moines plus de bienveillance que n'en
comportait l'opinion du clergé. Cf. Sabinien, note 6, p. 315.
2. Eodem tempore — mixti] Le biographe de Deusdedit nous
parle ici du soulèvement de Ravenne comme d'un fait connu. Gela
montre qu'il est contemporain, et donne lieu de douter qu'il [soit
Fauteur de la vie de Boniface IV, dans laquelle il n'aurait pas
dû manquer de raconter le commencement de cette crise.
Le continuateur de Prosper (p. 37) dit simplement qu'Eleuthère
fut envoyé par l'empereur Héraclius ; il donne ensuite quelques
détails sur les rapports de ce fonctionnaire avec les Lombards,
mais il est muet sur les événements qui se passèrent en territoire
impérial, jusqu'au moment où Eleuthère se fit proclamer empereur
(Boniface V, p. 321). On n'a d'ailleurs sur ce point aucun autre
document que le livre pontifical. L'exarque Jean, dont U est ici
question, portait le surnom de Lemigius.
3. Hic venit Roma — Italia] Jean de Gompsa (Gonza) était ou le
commandant militaire de cette place, située à l'E. de Salerne, dans
le Samnium grec, ou un indigène influent, natif de cette ville;
cette dernière hypothèse est suivie par Muratori (Annali, a. 617).
La triste situation de l'empire, ravagé par les Perses jusqu'à
Alexandrie et Chalcédoine, explique les tentatives du genre de
celle-ci. Cf. Paul Diacre, H. £., iv, 34.
4. facta est pax magna in tota Italia] Eleuthère ne s'était pas
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LXX. DEUSDEDIT (615-618;.
borné à dompter les insurrections ; après quelques campagnes mal-
heureuses contre les Lombards il avait fait la paix avec eux, à des
conditions onéreuses : « Eleutherius adversus Longobardos saepe
• inito bello vincitur, per Sunduaricum maxime, Longobardorum
» ducem, qui apud Àgilulfum bellicis rébus instructus erat...
» (lacune) amiserat Eleutherius. Et cum saepe suorum ruinam
> cerneret, pacem cum Longobardis fecit, ea tamen conditiene, ut
» qui n que centenaria quae dudum cum ad obsidendam Romam
b Agilulfus rex venisset per singulos annos Longobardis dare sta-
» tuerant, persolverent Romani. » (Gontin. de Prosper, /. c.)
5. Hic constitua — clero] Les commentateurs ne semblent s'être
occupés de ce passage que pour montrer ou déclarer qu'ils n'y
entendent rien. Je ne saurais de mon côté, présenter qu'une con-
jecture; c'est qu'il s'agit peut-être ici d'un second office imposé
aux clercs, un office du soir, appelé improprement missa. Du reste
ce terme de missa parait avoir ce sens dans le canon 30 du concile
d'Agde (506). Il me semble découvrir une allusion à ce règlement
dans le cinquième distique de l'épitapbe ci-dessous.
6. mense augusto, ind. VI] Août 618. Cf. Paul Diacre, H. i.,
iv, 45.
7. sepultus est...] Voici l'épitaphe de Deusdedit, composée par
son second successeur, Honorius (De Rossi, Inscr. christ., t. II,
p. 127) :
Cur titulata diu torpuerunt iura sepulchri
et populi nullus perstrepuit gemitus ?
Segnities non culpa fuit, quicumque requiris ;
nom dolor inclausus plus îacerare solet.
Ponde, dolor, gemitum, meritisque quiesce beatis
ut libeat summi gesta referre patrts.
Hic vir ab exortu Pétri est nutritus ovili,
sed meruit sancti pastor adesse gregu.
Pura fides hominis, votis fundata benignis,
exclurions Christi cantibus hymnisonis ;
simplicitas sapiens, vivax sollertia, simplex,
serpentina fuit simplicitate vigens,
Cumque quater denos compleret presbiter annos,
sera senectulU mens tamen aima fuit.
Culmen apostolicum coluit très ferme per annos
perfectum numerum terque quaterque gerem.
Hoc tibi pro meritis successor Honorius amplis
marmore construxit munus epytaphii.
8. Hic demisit — rogam integram] Voici la première fois que le
L. P. parle des libéralités funéraires des papes. Elles seront sou-
vent enregistrées dans les notices pontificales de ce siècle. Qbse-
quiae a ici le sens du mot français obsèques; la distribution était
faite sans doute à la fin de l'enterrement, sous forme de sportula.
Quant au terme de roga, employé habituellement pour désigner la
solde militaire, il a évidemment ici le sens de traitement fixe. Le
clergé romain recevait, sur les revenus des patrimoines, une somme
déterminée, suivant l'ordre et la fonction. Déjà, dans la première
moitié du vi e siècle il est question de solemnes erogationes touchées
par les clercs (Voir le Praeceptum Felicis IV, cité plus haut, p. 282).
Nous ne sommes pas bien renseignés sur la façon dont cet usage
se combinait avec l'ancienne règle de partager entre les clercs le
quart des revenus de l'église.
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LXXI. BONIFATIUS V (619-625).
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LXXI
BONIFATIUS, natione Campanus, de civitate Neapolim, ex pâtre Iohanne, sedit ann. V. Hic construit * ut tes» i us
taraentum valeat secundum iussionem principis. Hic constituit ut nullus trahatur de ecclesia. Hic constituit
ut acholitus 2 non praesumat reliquias sanctorum mart^rum levare, nisi presbiter. Hic constituit ut in Lateranis 3
acholitus non baptizet cum diacono, sed subdiaconi sequentes. Hic perfecit 4 cymiterium sancti Nicomedi et de-
dicavit eum. Eratenim 5 beatissimus Bonifatius mitissimus super omneshomines etmisericors. Hic clerum amavit,
roga intégra 6 clero suo dédit.
Eodem tempore, ante dies ordinationis eius, Eleutherius patricius 7 et eunuchus factus intarta adsumpsit re- H
gnura. Et veniente eum ad civitatem Romanam, in castrum qui dicitur Luciolis, ibidem a milites Ravennates
îaterfectus est. Cuius caput ductus Gonstantinopolim ad piissimum principem.
Quo defuncto, sepultus est 8 ad beatum Petrum apostolum. Hic demisit omni clero pro obsequias suas rogam ni
unam integram. Hic fecit ordinationes II per mens, decemb., presbiteros XXVI, diaconos IIII ; episcopos per
diversa loca numéro XXVIIII. Et cessavit episcopatus dies XIII.
Depositus est die XXV mens, octob.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Bonifatius < quintus > A 2 — de] ex El (corr.) — civitatae
C3 — ex paire Iohanne om. C«EG — ann. XV D —ann. V
< d. X > KG : < d. XIII > E» : < m. X > C^E*— Hic-prin-
cipis om. B 1 — 2 secundum] scindere B 6 — principes C 3 — 3 ut
om. W(suppl.)— ut < nullus > D— acholitus A*5B">D: acolitus
A3B.23C» : acolithus A» : acolothus B'»C 3 E : acolodus C* : aco-
Juthus B* — roliquia A 2 — presbiteri B^C* — in om. B* —
A baptizaret C"E : battizet C — fecit A*B« : perficit A*B*> —
sancti om. A* — Nicomedi Ai 23 B*C2D (-médis A 3 : -midi
C2): iNicodemi A5C<: Nichodimi B^GŒ* : Nicodimi B'>C 3 E 5 —
5 ipsum A5 : illud E* — mittissimus C 3 — amavit < et > AD —
6 rogam integram A 135 C 2 D — clero suo om. AD — 7 ante om.
O — diem AD — ordinationes B* : ordinis B 1 » — eunuchus]
exarchus ADG (exarchi A 3 ) — antartha A* 3 : antarchaA 2 : an-
tarchu D : om. B* — adsumsit Ai — 8 venientem aiB-^D : inve-
nientes A 2 : veniens A 5 — eo E 1 : om. A 5 — ad] in A 2 — civitate Ro-
mana B l6 C* — Castro A 13 D — quae A 1 : quod A 2 UE— Luccolis A 2
Luceolis A"C>EU : Lociolis B 3 D — militibus aiA233B26 c iE5 : mi-
lilis B>C 3 : mites C^E 1 — Raventis A 2 : Ravennatibus A5E5 : Ra-
vennatis aiB^^E* —9 capud B^CiE" — duclum A^C^E:
< est > A 2 3C» 2 E — ad] a Bî — 10 Quo < beatissimo papa >
ADG — Qui defunctus E 1 —apostolum < VIII kal. nov. > B:
< die XXV mens. oct. > C»E« — dimisit A»B2 3 CiDE — om-
nem D — rog. int. pro obs. su. AD — pro] per E — obsequiis
suis A 235 d : obsequia sua C 2 E — il unam om. AC 3 D — intégra
B* - Hic fecit-octob. om. A 2 — XXVII C*E — 12 numerus A*: om.
A3B45GC* 3 - XXXVIIHC2 — < m. VI > dies El — dies om. B5 —
13 Depositus octob. AC 3 D (dep.] p C 3 — est om. C 3 D) : om. cet.
NOTES EXPLICATIVES.
1 . llic constituit — subdiaconi sequentes] Ces quatre règleme îts
pourraient bien être extraits de quelque décret conciliaire analo-
gue à. celui du temps de saint Grégoire (595). La première dispo-
sition parait se rapporter aux formalités des testaments reçus par
les notaires ecclésiastiques; la second) est relative au droit d'a-
sile; la troisième et la quatrième restreignent les attributions des
acolytes.
2. ut acholitus non praesumat...] Il ne s'agit pas ici du transfert
des reliques proprement dites. Au temps de Boniface V, les corps
saints de Rome reposaient encore dans lears tombes, au fond des
cimetières et des églises; on ne les portait pas, comme à présent,
dans des reliquaires. Quant aux translations qui en tirèrent un
certain nombre des sépultures suburbaines pour les amener dans
les églises de la ville, la plus ancienne dont le souvenir se soit
Liber postivicalis.
conservé, celle des saints Primus et Félicien, n'eut lieu que sous
Théodore. Ces cérémonies, d'ailleurs, étaient assez rares.au moins
au tii« siècle, pour qu'il n'y eût pas besoin d'en faire l'objet d'un
règlement général comme celui-ci. Je crois donc qu'il s'agit ici
des objets que l'on déposait sur les tombeaux des martyrs et que
l'on emportait ensuite comme reliques. En confiant aux prêtres
chargés du service religieux des sanctuaires la distribution de ces
souvenirs pieux, le pape avait sans doute la pensée d'en rehaus-
ser la valeur aux yeux des pèlerins.
3. ut in Lateranis acholitus non baptizet...] VOrdo Romanus 1 de
Mabillon {Mus.itaL, t. II, p. 26) suppose au contraire que les aco-
lytes pouvaient suppléer les diacres dans ces fonctions : « Deinde
» presbyteri aut diaconi, etiam, si necesse fuerit, et acolythi, dis-
» calceati, induentes se aliis vestibus mundis vel candidis, ingre-
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LXXI. B0NIFAT1US V (619-625).
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» diuntur in fontes intro aquam ; et baptizantur primo masculi »,
etc. Comme ce texte correspond à un usage postérieur au temps
de Boniface V, on peut en conclure que les acolytes reconquirent
la prérogative que ce pape leur avait enlevée. — Pour bien saisir
la signification de ce décret et des précédents, il faut se rappeler
qu'au temps où nous sommes les clercs des trois ordres mineurs
de portier, d'exorciste et de lecteur étaient de jeunes enfants ou
des adolescents, groupés dans la Schola cantorum et soumis à la
direction de maîtres ecclésiastiques, comme le sont maintenant
dans les séminaires, jusqu'au diaconat inclusivement, les aspirants
au sacerdoce (cf. De Rossi, Bull. 1883, p. 19). On sortait de la schola
avec le degré d'acolyte. Il n'y avait ainsi, dans les fonctions sa-
crées, d'autres clercs inférieurs que les acolytes et les sous-dia-
cres. Encore parmi ceux-ci faut il distinguer les sous-diacres ré-
gionnaires, revêtus d'attributions plus hautes et chargés, en par-
ticulier, de gouverner, dans chaque région, le personnel des aco-
lytes. Les autres sous-diacres, appelés sous-diacres surnumérai-
res (sequentes) semblent avoir été moins nombreux que les acoly-
tes; mais les fonctions liturgiques de ces deux ordres n'étant pas
bien distinctes, les conflits et les empiétements pouvaient se pro-
duire plus facilement à ce degré de l'échelle hiérarchique.
4. cymiterium s. Nicomedi] Le cimetière de Saiat-Nicomède se
trouvait auprès du camp prétorien, à droite de la voie Nomen-
tane, à peu de distance de la porte du même nom, actuellement
remplacée par la porte Pia, dans un endroit appelé anciennement
hortus Iusti. La mort de saint Nicomède forme un épisode des ac-
tes des saints Nérée et Achillée (Acta SS. sept., t. V,p. 6). On a re-
trouvé en 1864 les ruines de ce sanctuaire chrétien, les galeries
du cimetière, l'escalier par lequel on y descendait et, juste en face
de l'escalier, à fleur du sol, « les fondements et les traces d'une
petite basilique rectangulaire pourvue d'une abside » (De Rossi,
Bull. 1865, p. 49 et suiv.). C'est cette basilique dont la dédicace
est mentionnée ici et non point le litulus Nicomedis, église parois-
siale intra-muros, dont les desservants signèrent au concile de 499.
La dédicace célébrée par Boniface Y fut enregistrée dans les ca-
lendriers du temps, d'où elle passa dans le petit martyrologe
romain (l« r juin), dans ceux d'Adon, Raban, etc., ainsi que dans
le sacramentaire grégorien. Deux des topographes du vu 8 siècle
mentionnent Saint-Nicomède sur la voie Nomentane, mais sans
aucun détail sur la basilique (De Rossi, Roma sott., t. I, p. 178,
179).
5. Erat enim — misericors] Comparer les v. 7-12 de l'épitaphe.
6. roga intégra...] Ceci donnerait à entendre que les prédéces-
seurs de Boniface V étaient dans l'usage de faire quelque retenue
sur le traitement de leurs clercs. Dans son épitaphe (v. 13), on
vante sa munificence. La paix faite avec les Lombards avait eu
sans doute de bons résultats au point de vue du rendement des
patrimoines ecclésiastiques.
7. Eleutherius patricius....] Le continuateur de Prosper (p. 37)
raconte les mêmes faits, en termes différents : « Eleutherius cum
» erga se Longobardorum gentem pacatam videret, imperii [scep-
» tra] conatur suscipere. Sed cum iam purpuram induisset atque
» coronam sibidari poposceret,venerabilis viri Iohannis interventu
» adhortatur utadRomam pergeret atque ibi, ubi imperii solium
» maneret, coronam sumeret. Quod consilium ratum iudicans ob-
» audivit; sed temerae usurpationis audacia non diupotitus est.
» Nam cum a Ravenna profectus pergeret Romam, apud castrum
» Luciolis paucis iam suo itinere comitantibus a militibus interfi-
>• ficitur. » Paul Diacre (//. L., iv, 34) suit ici le L. P. ; Agnellus
de Ravenne(c.l06) n'en sait pas plus long que Paul Diacre. De sa
chronologie cependant il résulte que le vir venerabilis lohannes dont
parle le continuateur de Prosper est Jean V, évoque de Ravenne
depuis 613 jusqu'à 632 environ. Le L. P. permet de fixer la date
de cette compétition ; il dit qu'elle se produisit avant l'ordination
de Boniface V, c'est-à-dire dans le courant de l'année 619.
8. sepultus est...] Voici son épitaphe (De Rossi, Inscr. christ.,
t. II, p. 128; cf. 79):
Da mecum gemitum singutii, Roma, doloris,
plena sacerdotis luctibus egregii.
Curl Quoniam deflere solet mens arta periclis
plebsque orbata piis insuper officiis.
Hic vir inaccessis tenuit contraria factis
haec documenta bonis moribus apta suis.
Mitis in adversis positus rebusque secundis
omnia grata ferens altéra pressa tenens.
Praevenit ne nata forent delicta viritim,
orta iamen secuit cum pietate gravi.
In commune bonus, Bonifaiius inde vocatus,
propria lucra putans publica subsidia.
Munificus, sapiens, castus, sincerus et aequus;
ista beatorum sunt pia suffragia.
Nam vidualis apex pupillorumque falanges
caecorumque chorus dux tibi lucis erit.
Infremuit post fata suis mors saucia telis
respiciens meritum vivere posse virum.
Culmen apostolicum quinque et bis mensibus annis
rexit et ad magni culmen honoris abit.
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LXXII. HONORIUS (625-638;.
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LXXII.
HONORIUS, natione Campanus, ex pâtre Petronio con3ule, seditann. XII mens. XI dies XVII. Hic 1 tempo- l 119
ribus suis multa bona fecit. Hic erudivit clerum. Temporibus suis renovavit omnem cymiliam beati Pétri apostoli
et investivit confessionem beati Pétri ex argento puro, qui pens. lib. GLXXXVII ; investivit regias 2 in in- u
gressu ecclesiae maiores, qui appellatur mediana, ex argento, qui pens. lib. DCCGGLXXV; fecit et cereostatos
o maiores 3 ex argento, paria dua, qui sunt ante corpus beati Pétri apostoli, pens. sing. lib. LXII. Fecit et ad beatum
Àndream apostolum \ ubi supra, ante confessionem, tabula ex argento, qui pens. lib. LXXIII. Huius tempo-
ribus levatae sunt trabes in ecclesia beati Pétri numéro XVI. Hic cooperuit 5 ecclesiam omnem ex tegulis aereis
quas levavit de templo qui appellatur Romae, ex concessu piissimi Heraclii imperatoris.
Eodem tempore 6 fecit ecclesiam beatae Agne martyris, via Numentana, miliario ab urbe Roma III, a solo, m
10 ubi requiescit, quem undique ornavit 7 , exquisivit, ubi posuit dona multa. Orna vit 8 autem sepulcrum eius ex
argento, qui pens. lib. GCLII ; posuit desuper cyburium aereum deauratum, mire magnitudinis ; fecit et gavatas
aureas III, pens. sing. lib. sing.; fecit abside 9 eiusdem basilicae ex musibo, ubi etiam et multa dona
optulit.
Item fecit I0 basilicam beati Apollenaris martyris in urbe Roma, in porticum beati Pétri apostoli qui appellatur
15 ad Palmata, a solo, ubi dona multa largitus est. Hic fecit constitutum in ecclesia et decrevit " ut omnem hebdo- 1V120
madam, sabbato die, exeat laetania a beato Àpollenare et ad beatum Petrum apostolum cum hymnis et canticis
populus omnis occurri debeat.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 nacione C* — Petrinio A* : Euronio B 5 : Patronio E 1 —
consul C 1 : consoli C 3 — m. XI om. CJ — d. XVIÏl A3 — 2 suis]
ss A2— temp. suis om. A 1 — suis] ssE^om.B'— cimiliam B 23 «:cy-
miteriam B5:familiam C*E:cymiliaD— 3 iavestigavit A 2 — <et>
ex B5— purissimo A 5 D : om. A* — investivit-optulit (p. 325, 1. 10)
om. A3, breviat A 2 . — iavestivit-DCCCCLXXV om. Ci— < hic >
inv. AD — vestivit A 5 — 4 ecclesie A 1 : ecclesias E 1 — maiores]
eius AD — quae ap.] quas vocant AD — qui B 56 C 23 : quae cet.
— appetlantur E— mediana AB 23 *C 3 : medianam B««C 2 : me-
dianas D: médiane E — et fecit B 8 — < ibi ipsum > fecit E*
— fecit om. C 3 j: < autem > A — et om. B 3 — cereostatos A 1 :
cirostatosC 3 : ciriostatos E5 : -tas B 6 Ci 2 Ei— 5 ex argento om. AD
— paria dua] IIIL A*— dua] II C»E — que E— CCLXII EG — ad
om. C 13 — 6 ubi supra om. A 5 — tabulam A S5 C 2 : tabulas E —
ex arg.]argenteamAD(-tea Al)— qui om.E— 7travesC 3 — ineccl.]
ecclesiae B«— Petri< apostoli >AB*DE«G— XVII B* — operuit
AD : ooperuit B 5 — omnem eccl. AB*D : < eius > AD — li-
gulisA'sBtt'D : tabulisE'— ereisCi— 8quosB 6 — qui ap.] quam
C 13 et itasaepe— quodA 2 E — appellantur B 5 — Roma B 2 : Rome
C 23 E5 : omne B»— consensu A 2 B«E*G — Eracl. B 3 -6 : Aeracl. C 3 :
-cli B5— Her. piis. imp. AD— imp. Er. C 1 — 9 ecclesia A 1 — Agne
A*B 3i E5 : Agnetis A 2 Ei : Agnes A* : Agnae cet.— martyres A* —
via om. C 1 — mil. -III viaNum. E 1 — MimentanaC 2 — solo]consulatu
B5— 10 quam E 1 — ordinavit D — < et > exq. B 6 c 1 — exquae-
sivit B 2 3 : exquesit B*Ci : exquesivit B^C^c* : exquisile E* :
exquisivit E* : om. AB5D — ubi < et > A*> —posuit < et > D
multa d. p. C 1 — m. d. El — autem < et > AD — sepulcrum
AIES — il posuit < et > El — cyborium B 3 : cipurium C 3 :
tegurium A5 — aereum om. C 3 — mirae Ai — gabatas B 23 : ca-
vatas B* : gravatas B«CiD — 12 gabatos aureos II II E —
sing, om. C 1 [bis) — fecit < et > AD — absida AD : absi-
dam Ci 2 E — eius B*Ei (corr. ei) : eundem Ci (corr.) —
museo B 4 : musileo B 5 — et om. AC'DE — bona C 2 E — 13
optulit AB 5 C 2 — 14 basilica Ai — béate C 3 — Apollenaris
AB^C 23 : Apolonaris B 3 : Apolinaris B'C* — in urbe-apostoli om.
C 3 — portico B 23 *Ci — Pétri om. D — qui ap.] quam B*«C* —
apellatur C 1 — 15 ad om. AD — ibi D — multa larg. e. d.
Ci — ut om. C 1 (suppl.) — ut < per > E — omnem < eccle-
siam > B* — 16 ebdoma Ai : ebdomadae B» : ebdomatam Ci :
ebdomam C 3 — exea Ai : exeaut A^B* : exaeat Ci — letania
B 3 C 3 : laetaniae B^C 1 — ad beatum Apollinarem C*E — Apol-
lonare C 3 — et om. AD — apostolum om. O — ymnis AG* :
hymnis cet. — 17 < et ut > populus A 5 — ocurri Ai : concurri
A 2 : occurrere B^E* : currere B 3 : occurre C 2 — debeant B*
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324 LXX1I. HONORIUS (625-638).
Fecit ecclesiam 12 beato Gyriaco martyri a solo, via Ostense, miliario VII, ubi et donum optulît. Eodem tempore
fecit i3 ecclesiam beatorum martyrum Quattuor Coronatorum, quem et dedicavit, et donum optulit. Fecit eccle-
siam u beato Severino a solo, iuxta civitate Tiburtina, miliario ab urbe Roma XX, quem ipse dedicavit, et
dona multa optulit. Renovavit 15 et cymiterium beatorum martyrum Marcellini et Pétri, via Lavicana.
v Eodem tempore fecit 16 basilicam beato Pancratio martyri via Aurélia, miliario secundo, a solo, et ornavit se- h
pulchrum eius ex argento, quipens. lib. CXX*. Fecit et ciburium super altare ex argento, qui pens. lib. GLXXXVII.
Fecit arcos argenteos V, qui pens. sing. lib. XV. Fecit et candelabra aurea III, qui pens. sing. libras sing., ubi
muha bona simul optulit.
vi Fecit ecclesiam beatae Luciae 17 in urbe Roma, iuxta sanctum Silvestrum, quem et dedicavit, et dona multa
optulit. Fecit ecclesiam beati Adriani in Tribus Fatis ls , quam et dedicavit, et dona multa optulit. ** Sed et 10
multa alia fecit quas enumerare longum est.
vu Fecit autem ordinationes III, presbileros XIII, diaconos XI; episcopos per diversa loca LXXXI. Qui sepultus
est 19 ubi supra, sub die III I id. octob. Et cessavit episcopatus ann. I mens. VII dies XVII.
* Et ibi constituit niola ,0 in murumin loco Traiani, iaxta murum civitatis, et formam qui deducit aqua in lacum Sabba-
tinum et sub se formam qui conducit aqua Tiberis. 15
•* Fecit autem in domum suam iuxta Lateranis monasterium ai in honore sanctorum apostolorum Andreae et Bartholomei,
qui appellatur Honorii, ubi praedia et dona simul obtulit.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Fecit < et > AC2 : < autem > B23 — basilicam
B5 _ Quiriaco AisD — martyris A* — via] ita D — mi-
liaria B* : -rios B«— VII] III A 2 — domum D — 2 ecclesia A ! B fl :
basilicaD — quem A*C 3 D: quam cet.— et ante ded. om.Ai — Fecit
< et > Ci— 3 ecclesia A 1 — Sev. < martyrum > B 3 — civitate
Tiburtina AiB™C 3 — Tyburtinam B* — Romae B 3 : Roman a E —
quem A^DD : que Ci : quam cet.— A redonavit E— cymiterio
B« — Laviana C 3 — 5 basilica AiC 3 — Pancrantio B 3 — marty-
ris D: om. B* 3 — miliario < ab urbe Roma > AD— rolo C 3 — 6 ex
om. C2 — argenteos C* — quod E — CXX • < Et ibi-Tiberis >
El — cyburium AiC^Ei : tegurium À* — quod A$Ei — CXXXVII
B 3 : C Ci: CCLXXXVII C 3 *E — 7 arcus A»C 3 — qui om. AD: quod
E*— candelebra C 3 — area A 1 : aureasC* (corr.)— qui om. AC 2 D —
singulas om. D: V C* — 8 dona B*C'2 — simul om. B 3 C 2 —
9 ecclesia béate A 1 — iusta B* — sanctum om.C 2 — Silvestrium
B 23 * — quem A1B5C 3 D — et om. AD — et ded.j ededicavit B-> :
aedificavit C*— m. d.C'— 10 Fecit-optulitom.A5Ei(sMppJ.ci)— ec-
clesiaB^ : -siae C 3 : basilicam B5— beato Adriano martyri C^E—
quem B 5 C 3 D— < ubi > et BCi— " Fecit autem-oblulitB 23 *(Ho-
nori B 34 )— sed et m.a.J simul et alia multa D — 11 multas alias
A5C4E* — quas Ai s B 35 C 23 D — 12 ordinaciones C 3 — III <per m.
dec. > EG — diac. VI C*ei — loca < num. > B 2 C*E — Qui
< vero> Ci : < etiam > C 2 EG — 13 ubi supra] in basilica b..
Pétri ap. C 23 *E: ad b. Petrum apostolum KG — sub-octob. om
KG — sub om. C 3 — III id. AiB 2 — id. om. B 3 — ann. I om.
G - m. VI B« - d. XVIII K A13C1 : XXVIII A 3 : XVI C 3 : om. D.
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NOTES EXPLICATIVES.
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1 . Hic temporibus — clerum] Jonas de Bobbio, qui avait vu le
pape Honorius à Rome, en fait le portrait suivant, dans sa vie de
saint Bertulfe, c. 6 : « Erat enim venorabilis praesul Honorius sa-
» gax animo, vigens consilio, doctrina clarens, dulcedine et humi-
» litate pollens » (Migne, P. L., t. LXXXVII, p. 1063). Cet éloge
concorde bien avec l'épitaphe citée plus loin (note 19), où l'on re-
trouve jusqu'aux expressions de Jonas, sagax animo, divino in
carminé pollens, doctrina potens.
2. investivit regias...\ La porte centrale et principale de la basi-
lique; la décoration dont la revêtit Honorius lui fit donner le nom
de porte d'argent, que l'on trouve déjà dans la vie de Sergius I"
(n° 163, regias argenteas). Ce revêtement fut emporté par les Sar- |
rasins, en 846(LÉ05lVn° 5 40). Notre auteur n'en donne que le poids;
mais les inscriptions qui se lisaient sur les battants de la porte
montrent que sa décoration était assez semblable à celle de la porte de
bronze exécutée sous Eugène IV etagrandie depuispour cadrer avec
l'immense baie de l'édifice actuel. Les images de saint Pierre et de
saint Paul occupaient le centre des deux battants, encadrées dans
une riche bordure où brillaient, sur des lames d'or, des pierres
précieuses de diverses couleurs. Un voile de pourpre était drapé
en avant et laissait apercevoir, quand la porte s'entr'ouvrait,
l'intérieur de la basilique, avec ses mosaïques brillantes. Voici
les inscriptions dédicatoires (De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 53,
78, 123, 144, 145) :
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i«> sur le battant de gauche :
Lux arcana Dei, Vei^bum, Sapientia liicis
atque coruscantis splendida imago Patris,
ad nos descendit, nec quo fuit esse recessit,
ut caecas mentes erueret tenebris.
Plenus homo in nostris et verus nascitur isdem
virginis ex utero lotus ubique Deus.
Discipulis praecepta dédit, Petrumque beatum
hos inter primum sanxit et egregium,
cuius in arbitrio caelum terramque reîiquit
pondère velpotius claudere cumque velit.
Nam sub mortigenae quidam iacuere gehennae
verbere confossi, mente, fide, opère.
Histria testatur possessa hostilibus annis
septies et decies scismate pestifero ;
esset ut impletum Hieremiae voce canentis
ultio captivis tam numerosa fuit.
Sed bonus antistes dux plebis Honorius armis
reddidit ecclesiis membra révulsa jnis ;
doctrinis monitisque suis de faucibus hostis
abstulit exactis iam peritura modis.
At tuus argento praesul construxit opimo
ornavitque fores, Petre béate, tibi*
Tu modo caelorum quapropter ianitor aime
fac tranquilla tui tempora cuncta gregis.
Les cinq premiers distiques de ce poème sont évidemment imités
du début de l'inscription de Pelage II (ci-dessus p.310,note 3). Dans
les cinq suivants il est question du schisme d'Istrie occasionné
par la condamnation des trois chapitres. Le succès dont Honorius
se félicite est un succès partiel. Avant lui, en 607, la partie encore
romaine de laprovincede Vénétie-Istrie était déjà revenue à l'unité
ecclésiastique et les trois évoques d'Aquilée-Grado, Candidien, Epi-
phane et Gyprien, s'étaient maintenus en communion avec le pape.
A la mort de Gyprien, un schismatique, Fortunatus, s'empara du
siège métropolitain et causa de grands désordres. Le parti catho-
lique parvint à chasser cet intrus et invoqua l'appui du pape. Ho-
norius envoya à Grado un sous-diacre romain, Primogenius, pour
être consacré évêque à la place de Fortunatus. La lettre qu'il écri-
vit à cette occasion aux évoques de Vénétie-Istrie est datée du
18 février 628 (Jaffë, 2016). Les soixante-dix ans de durée que l'ins-
cription attribue au schisme sont comptés à partir de l'ordination
irrégulière de l'évoque d'Aquilée Paulin I«', en 557. Cf. De Rubeis,
Monumenta ecci. Aquileiensis, p. 295 et suiv.
2° sur le battant de droite :
Lumine sed magno vibrare ianua cerno,
astriferumque polum indicat ipse nitor.
Terreor et vultus servantum limina sacra :
geminis in portis ora iucunda nitent.
Simonis aspectus fulgens praecluditur una,
altéra sed Pauli radiât orbe docens.
Aditus interior gazarum aestuat opes
et depicta nitent cumulis ipsa suis.
Aureis in petalis gemmarum clauditur ordo
et superba tegit blattea palla fanum.
Sic quoque coniunctis servatur gloria rébus
et variata simul nexa natura manet.
Inclita cum opère surrexit fama perennis
indubitante fide reddite cuncti vota.
3. «ereostatos maiores] Gf. Vigilb, p. 296, I. 11.
4. ad s. Andream apostolum] L'église ronde de Saint- André, près
de Saint-Pierre.
5. Hic cooperuit — Romae)3'a.i exposé plus haut, p. 279 (Félix IV,
note 3), les raisons de croire que le temple mentionné ici n'est au-
tre que l'immense basilique de Constantin, sur la voie Sacrée.
325
6. Eodem tempore fecit ecclesiam b. Agne] Les topographes du
vu" siècle décrivent ainsi cette basilique, qu'ils ont vue peu après
les restaurations d'Honorius : « Deinde via Numentana [vadisj ad
» ecclesiam sanctae Agne quae formosa est, in qua sola pausat, et
» ipsam episcopus Honorius miro opère reparavit » (Not. eccl. urb.
Romae, De Rossi, Romasott., t. I, p. 139, 178) ; « Iuxta eandem
» viam [Numontanam] basilica sanctae Agnes mirae pulchritudinis,
» ubi ipsa corpore iacet » (De locisss. martyrum, l. c, p. 142, 178).
Gomme l'indiquent ces textes, il faut rapporter à sainte Agnès et
non au pape Honorius les mots «6» requiescit du L. P. Honorius
fut enterré à Saint-Pierre.
7. quem undiqueornavit] Les vers suivants, tracés in arcu, c'est-à-
dire sur l'arc au-dessous duquel s'ouvrait l'abside, caractérisaient
l'ensemble de la décoration intérieure (De Rossi, Inscr. christ.,
t. II, p. 63, 89, 104, 137):
Virginis aula micat variis decorata metallis,
Sed plus namque nitet meritis fulgentior amplis.
— Le mot exquisivit, après ornavit, me semble altéré; il manque
d'ailleurs dans certains mss.
8. Ornavit autem sepulcrum eius] Voici l'inscription commémo-
rative de ce travail (De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 62) :
Inclita vota suis adquirunt praemia taudis
dum perfecta micant mente, fide, meritis.
Virginis hoc Agne clauduntur membra sepulchro
quae incorrupta tamen vita sepulta tenet.
Hoc opus argento construxit Honorius amplo
martyris et sanctae virginis ob meritum.
Au vers 4, le sens est : quae (Agnès) etsi sepulta, incorruptam vitam
tenet.
9. fecit abside eiusdem basilicae ex musibo] Ce monument existe
encore. On y voit représentée sainte Agnès, en impératrice byzan-
tine, ayant à ses pieds un glaive nu et un brasier ardent, en sou-
venir de son martyre. A droite et à gauche, deux papes en planeta
de pourpre,avec le pallium; celui qui est à la droite de la sainte lui
présente un modèle de la basilique, l'autre tient un livre : le pre-
mier est Honorius; sa présence sur la mosaïque est mentionnée
dans l'inscription située au-dessous ; le second est très probable-
ment Symmaque (Svmmaque, note 40, p. 268). Les têtes des deux
papes sont modernes. On trouvera la reproduction chromolitho-
graphique et le commentaire de cette mosaïque dans les Musaici
cristiani de M. de Rossi. Voici, telle qu'elle est reproduite dans
cet ouvrage, c'est-à-dire débarrassée de quelques fautes introdui-
tes dans les restaurations modernes, le texte de l'inscription dédi-
catoire, également en mosaïque :
AVREA GONGISIS SVRGIT PIGTVRA METALLIS
ET COMPLEXA SIMVL GLAVDITVR IPSA DIES
FONTIBVS E NIVEIS CREDAS AVRORA SVBIRE
GORREPTAS NVBES RORIBVS ARVA RIGANS
VEL Q VALEM INTER SIDERA LVCEM PROFERET IRIM
PVRPVREVSQVE PAVO IPSE COLORE NITENS
QVI POTVIT NOGTIS VEL LVGIS REDDERE FINEM
MARTYRVM EBVSTIS HING REPPVLIT ILLE CHAOS
SVRSVM VERSA NVTV QVOD CVNGTIS GERNITVR VNO
PRAESVL HONORIVS HAEC VOTA DICATA DEDIT
VESTIBVS ET FAGTIS SIGNANTVR ILLIVS ORA
LVGET ET ASPEGTV LVGIDA CORDA GERENS
o L'inscription décrit, en vers grossiers, les beaux effets des
rayons dorés et des couleurs de l'arc-en-ciel que représente la
mosaïque ; mais, au quatrième distique, il est aussi question de
la vraie lumière du jour, pénétrant dans la basilique, grâce aux
nouveaux travaux, et dissipant les ténèbres et le chaos qui avaient
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jusqu'alors entouré la tombe de l'illustre martyre. » (De Rossi, /.
c). Aux vers 3-4 expliquer comme s'il y avait correptis nubibus...
auroram rigantem ; v. 5 Irim est le sujet de proferet. Je construis
ainsi le cinquième distique : Quod cunctis uno nutu cernitur sursum,
pvassvl Honorius haec vota dicala dédit : « cette décoration supé-
» rieure que l'on embrasse d'un coup d'oeil, ce sont les dons con-
sacrés par l'évoque Honorius » ( Voy. d'autres interprétations dans
Barbet de Jouy, Les mosaïques chrétiennes, p. 34, et De Rossi, / c).
Le dernier vers contient une allusion au portrait d'Honorius, en
costume pontifical (vestibus), et tenant en main le modèle de la
basilique (factis). —Dans son ensemble, l'église de Sainte- Agnès
a conservé la forme qu'elle avait au temps d Honorius : quant à sa
décoration, la mosaïque absidale est tout ce qui en a survécu.
10. basilicam b. Apollenaris] Elle est indiquée hh sur le plan, à
l'extrémité sud de la plate-forme sur laquelle s'ouvraient les por-
tes de l'atrium de Saint-Pierre. Grimaldi, cité par Vignoli (ad h.
L), dit que cette chapelle de Saint- Apollinaire était appelée ad Pal-
mata à cause du voisinage du cirque, dont l'extrémité semi- circu-
laire, avec son mur en grandes pierres de taille, se voyait tout
près de là.
ii. ut omnem hebdomadam] Cette procession avait son point de
départ à l'église dont il vient d'ëlre parlé.
12. ecclesiam beato Cyriaco] Cette église s'élevait sur le tombeau
de saint Cyriaque et de ses compagnons Largus, Smaragdus, etc.,
enterrés ou plutôt transférés là, disent les actes de saint Marcel,
par ce pape lui-môme et par la matrone Lucino, le 8 août. Les
plus anciens calendriers romains, la Depositio martyrum et le ca-
lendrier conservé dans le martyrologe hiéronymien, mentionnent
en effet, au 8 août, la célébration de l'anniversaire de ces saints,
sur la voie d'Ostie, au septième mille. Aussi la construction d'Ho-
norius ne peut être qu'une réédification. L'église de Saint-Cyriaque,
située bien en dehors de la zone cimitériale de Rome, n'est pas
mentionnée dans les itinéraires du vu° siècle. Elle existait en-
core au xu e siècle, car on la trouve indiquée dans le livre de P. Mal-
iius sur la basilique de Saint-Pierre (Acta SS. iun., t. VII, p.
54* ; cf. De Rossi, Roma sott.,t. I, p. 160). Bosioen retrouva l'em-
placement et le souvenir à mi-chemin entre Rome et Ostie,
au septième mille de la via Ostiensis, tout près du Tibre
(V. Bosio, Roma soit., m, 6 et 10; De Rossi, Bull. 1869, p. 68 et
suiv. ; Roma soit., t. I,p,182, 183). Bosio: « Vedesiivi amanoman-
ca, andando verso Oslia, un monticello; a mezo del quale sono i
vestigii delT aotica chiesa, con quattro nicchie, due per banda,
che dovevano esser cappelle ed ala»'i. Nella sommilà di dello
monticello, vi sodo molti muvi anlichi e vesiîgii di edificii gran-
di ; e ritiene tullavia quesLo luogo il nome di S. Curiaco. »
Boldetli (Osservazioni, p. 549) déclare n'avoir pu retrouver le ci-
metière, mais avoir vu encore les restes de l'église; Nibby (Dm-
torni, t. I, p. 469) signale les resi.es d'uoe tour du vu* siècle, en
appaieil mixte, de tuf et de b iques, comme étant les seuls ves-
tiges de l'église. Il y amaïotenant en ce lieu uoe peine chapelle,
dans une maison de ferme; elle esc quelquefois desservie.
13. ecclesiam bealorum mari. IIU Coronaiorum] C'est encore une
réédifioation. Le concile romain de 595 po 1 le la sigoature d'un
Fortunatus presbyler sanctorum Quatuor Coronaiorum ; au con-
cile de 499 on ne trouve point de titulaire de cette église, ou,
ce qui est plus vj aisemblable, elle y est indiquée par un nom dif-
férent. Elle semble remonter jusqu'au iv° siècle : le martyrologe
hiéronymien mentionne au 8 novembre les saiots titulaires comme
honorés ad Celiomonle. Reslaurée entièrement sous Léon IV, l'é-
glise des Sanli-Quattio fut biûlée lors de l'entrée de Robert Guis-
card et rebâtie quelque temps après par Pascal II, mais en de
moindres proportions. Les colonnades de l'ancienne basilique
d'Honorius et de Léon IV se voient encore dans l'église actuelle
et dans ses dépendances; elles permettent d'en reconstituer le plan,
M. de Rossi a consacré un important mémoire à ce sanctuaire et
aux traditions martyrologiques qui s'y rattachent (Bull. 1819,
p. 45-90).
14. ecclesiam b. Severino] L'emplacement de cette église et les
ruines du monastère qui l'accompagnait ont été retrouvés en 1883
par le R. P. Bruzza, à un mille et demi do Tivoli, à droite de la
route qui mène à Vicovaro, précisément à vingt milles antiques des
murs de Rome. On peut voir encore l'enceinte rectangulaire
(47 m sur 87) du couvent, avec plusieurs cellules et les ruines de
deux tours en saillie. Au milieu s'élevait l'église, précédée d'un
large narthex. Le paysan qui labourait cet enclos indiqua
au P. Bruzza l'endroit précis où il avait trouvé, il y a quel-
ques années, à une certaine profondeur, divers débris que le
savant archéologue n'a pas hésité à considérer comme des frag-
ments de la mosaïque absidale. Ces renseignements m'ont été don-
nés directement par le P. Bruzza lui-même.
15. cymiterium bb. MarceUini et Pétri] Sur ce cimetière, v. Bosio,
Roma sott., ni, 32, 37 ; cf. De Rossi, Bull. 1882, p. 111 ; ci-dessus,
p. 198 (Silvestbe, note 90).
16. Eodem tempore fecit basilicam beato Pancratid] Cf. Stk-
maque, p. 262, 1. 10. Cette restauration est mentionnée dans une
des topographies du vu 6 siècle : Deinde ambulas ad sanctum Pan-
cratium cuius corpus quiescit in formosa ecclesia via Aurélia quam
sanctus Honorius papa magna ex parte reaedificavit (De Rossi, Roma
sott., 1. 1, p. 140 et 182). Voici, du reste, l'inscription commémora -
tive des travaux d'Honorius, qui se lisait dans l'abside de l'église
(De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 24, 156) :
Ob insigne merilum et singulare beati Panckratii martyris benefi-
cium, basilicam vetustate confectam, extra corpus martyris neglectu
antiquitatis extructam Honorius episcopus Dei famulus abrasa v«-
tustatis mole ruinaque minante, a fundamentis noviter plebi Dei
construxit et corpus martyris quod ex obliquo aulae iacebat altari
insignibus ornato metallis loco proprio collocavit.
17. ecclesiam b. Luciae] S. Lucia in Selce.
18. ecclesiam b. Adriani] Cette église est située au N. du Forum,
très probablement sur l'emplacement de l'ancienne Curia Hostilia,
lieu ordinaire des réunions du sénat. Honorius utilisa sans doute
pour sa fondation ce qui restait de l'édifice antique. Il ne parait
pas que les murs actuels remontent même au temps de Théodose
(Besckreibuîig der Sladt Rom, t. III, p. i, p. 359); ils appartiennent
aux appropriations du pape Honorius ou.à quelque restauration pos-
térieure. Les fouilles vont sans doute éclaircir prochainement ce
point et quelques autres. Cf. Hadbiek I e «-,n» 325.— Sur le sens de
l'expression in Tribus Falis, v. De Rossi, Bull. 1867, p. 72.
19. scpuHus est] Voici l'épitaphe d'Honorius (De Rossi, Inscr.
christ., t. H, p. 127) :
Pastorem magnum laudis pia praemia lustrant
qui functus Pétri hac vice summa tenet.
Effulgit tumulis nam praesul Honorius istis
cuius magnanlmum nomen honorque manet.
Sedis apo.tolicae merills nan iura gubernans
dispersos revocal, oplima lurra refert;
utque sagax animo, divino in carminé pollens,
ad vitam pastor ducere nooit oves.
Bistria nam dudum saevo aub scismate fessa
ad statula palrum teque monente redit.
Iudaicae gentis i>ub te est perfidia vicia,
sic unum Domini reddis ovile pium.
Adtonitum patriae sollers sic cura movebat
optata ut popul'S esset ubique quies.
Quem doclrina potens, quem sacrae régula vitae
ponlificum pariter sanxit habere decus.
Sanctiloqui semper in te commenta magistri
emicuere tui tanquam fecunda nimis,
Namque Gregorii tanti vestigia iusti
dum sequeris cupiens et meritumque geris.
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LXXII. H0N0RIUS (625-638).
327
Aeternae lucis Chritto dignante perennem
cum patribus sanctis posside iamque dienu
His ego epytaphiis merito tibi carmina suivi
guod patris eximii sim bonus ipse memor.
Sur le schisme d'Istrie, voir ci-dessus, note 2. Au sixième distique
il est fait allusion à des mesures contre les Juifs; l'empereur Hé-
raclius ordonna en effet que tous les Juifs de son empire reçus-
sent le baptême ; il décida môme le roi Dagobert à édicter la même
prescription dans son royaume. Frêdégaire, c. 65 : « (Heraclius) ad
» Dagobertum regem Francorum dirigens, petit ut omnes Iudaeos
» regni sui ad fldem catholicam baptizandos praeciperet, quod
» protinus Dagobertus implevit. Heraclius per omnes provincias
» imperii talem idemque facere decrevit. » — Il n'y a aucun doute
que le tombeau d'Honorius n'ait été à Saint-Pierre. Le L. P. ce»
pendant pourrait sembler indiquer un autre lieu. Au lieu d'em-
ployer la formule ordinaire, in basilica b. Peiri, il dit que le pape
fut enterré ubi supra; ces mots, rapprochés de la phrase où il est
question de la basilique de Sainte-Agnès (p. 323, 1. 10,) ubi requies-
cit, conduiraient, si l'on n'était pas prévenu du contraire, à cher-
cher dans cette église la sépulture d'Honorius. Je pense que cet ubi
supra se réfère aux finales des notices précédentes où la basilique
de Saint-Pierre est constamment indiquée. Il faut d'ailleurs noter
que des manuscrits très autorisés présentent, ici comme ailleurs,
la formule in basilica b. Pétri.
20. mola in murum-Tiberis Cette note est interpolée dans le ma-
nuscrit E 1 au milieu d'une énumération de pièces d'orfèvrerie of-
fertes à l'église Saint-Pancrace. Je ne sais d'où'elle provient et il
serait difficile d'en apprécier la valeur historique. Son texte, d'ail-
leurs, est très mal conservé. Le sens est que le pape Honorius
fit installer un moulin près des murs de la ville, à un endroit qui
portait le nom de Trajan, c'est-à-dire près du débouché de YAgua
Trajana (Acqua Paola), et qu'il mit en état l'aqueduc lui-même de-
puis le lacus Sabbatinus (lago di Bracciano), ainsi que le canal de
décharge qui le reliait au Tibre. — L'aqueduc de Trajan avait été
coupé en 537 par Vitigès, comme tous les aqueducs de Rome
(Procope, Bell. Goth. i, 15); c'était le plus utile de tous, moins à
cause de l'abondance ou de la qualité de son eau que parce qu'elle
servait à faire tourner les moulins du Janicule. Une des lettres
de saint Grégoire (xii, 24) nous le montre s'intéressant à l'entre-
tien des aqueducs en général. Quant à celui de Trajan, il fut cer-
tainement remis en état entre la guerre gothique et le milieu du
huitième siècle, car il fut de nouveau coupé pendant le siège de
Rome par Astolfe, en 756 (Hàdeikn 1", n* 331). Rien n'empêche
qu'il ait été réparé au temps d'Honorius, s'il ne l'avait été déjà
auparavant. Au temps où nous sommes, l'intervention du pape
dans ce service administratif n'a rien qui puisse étonner. Plu-
sieurs des lettres qui ont échappé à la destruction du registre
d'Honorius nous montrent ce pape au moins aussi mêlé aux af-
faires temporelles que son prédécesseur saint Grégoire f Jaffé, 2012.
2035).
21. monasterium — Honorii] Le monastère d'Honorius, autrement
dit dos SS. André et Barthélémy, dont il est ici question, se
trouvait à l'endroit où s'élève actuellement l'hôpital de Saint-Jean,
près du baptistère du Latran. Il était fort connu au vin* siècle ; le
topographe d'Einsiedlen le mentionne ; il fut restauré sous le pap«
Hadrien I« r (Hadrien I<", n° 338). Aussi n'est-il pas étonnant qu'un
lecteur de ce temps-là, guidé par le nom qu'il portait et par le vo-
cable sous lequel était placée son église» ait eu l'idée d'en noter la
fondation en marge de la vie de son fondateur.
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LXXIII. SEVERINUS (640).
LXXIII.
124 1 . SEVERINUS, natione Romanus, ex pâtre Abieno, sedit mens. II dies-IIII. Huius temporibus * devastatus est
episcopius Lateranensis a Mauricio cartulario et Isacio patricio et exarcho Italiae, dum adhuc electus esset
domnus Severinus. Sed antequam veniret Isacius patricius, Mauricius, dolo ductus adversus ecclesiam Dei,
consilio inito cum quibusdam perversis hominibus, incitaverunt exercitum Romanum, dicentes quia « quid
» prodest quod tantae pecuniae congregatae sunt in episcopio Lateranense ab Honorio papa, et milex iste nihil 5
» exinde subventum habent? Dum quando et rogas vestras quas domnus imperator vobis per vices mandavit,
il » ibi sunt a suprascripto viro reconditas. » His auditis exarserunt omnes adversus ecclesiam Dei et venerunt
omnes animo concitati omnes armati qui inventi sunt in civitate Romana, a puero usque ad senem in episcopio
suprascripto Lateranensem, et non potuerunt manu militare introire, quia resisterunt eis qui erant cum sanc-
122 tissimo domno Séverine Tune videns hoc Mauricius quia nihil potuerunt facere, dolo ductus fecit ibi exercitum *°
resedere intro episcopio Lateranense, etfueruntibi dies III. Post triduo autem introivit Mauricius cum iudices
qui inventi sunt cum ipso in consilio et sigillaverunt omnem vestiarium ecclesiae seu cymilia episcopii quas
diversi christianissimi imperatores seu patricii et consules pro redemptione animarum suarum beato Petro apostolo
derelinquerunt, ut pauperibus singulis temporibus pro alimonia erogarentur, seu propter redemptionem
vi captivorum. Et postmodum misit Mauricius epistulas suas ad Isacium patricium Ravenna de hoc quod actumest, 15
quomodo ipse cum exercitu sigillasset omnem vestiarium episcopii et quia sine aliqua lesionem omnem
substantiam saepedictam potuissent depraedare. Gumque haec verius cognovisset Isacius venit in civitate
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Severus A* semper : Severianus E* — Habieno C 12 — m.
II <et> D — d. III B«— Huius temp. -Isacius Ravenna, p. 327
Z.S, om.E*G — tempusC 3 — devastatumA 2 5B 2 «6C 2 E : devastum
C»— est oro. B*— 2 episcopius A*B*C*3 : -piura A 2 sB 2 C 2 E : episco-
patusA 3 : episcobusB 3 :"ëps Bs« : epusD — Lateranenses A 1 : -si
A 23 : -se A5B 25 E:-sem C 2 — Mauritio B 5 — ckartulario B»E: chartala-
rio C 2 : cartularum C 3 — Hisacio A (Hys. A 3 ) : Hisatio D : Isaio
Bî : Isatio B«C 3 et ita infra— Italie C 3 — cum C 3 E— est B«— 3 ve-
nirent B*— patricius om. El— Mauritius ES— ecclesiae C 3 — 4 per
diversis C 2 — exercito Romano B 23 — quia om. A» — 5 pru-
dest Ai : prodesset B« — congregate A^G 1 : -ti C 2 — in om. B 1
— milix ist A* : milites isti A 2 5BCi : miles isti A 3 : milis iste C 2 :
milex iste C 3 : miles iste C 4 E: milix isti D— 6 <ad>subv. A5—
subventus B"*E— habet B iC C 3 — - dum om. A*— roga vastata est
quam A 2 — rogae A": rogationes B 6 : roges E 1 — vestrae A 3 5E*
— domus B 5 : denumerasti C 3 — mandabit Es — 7 ad sanctis-
simum Petrum E 5 — superscr.B^fi (super viro scr.B 3 ): sspoto C 3 :
sancto AODEi — reconditae A 2 «B 2 : -tes E* : -te e* : -tus E5 —
exarserint B* — Dei om.A 2 C* — 8 omnes oro.C 12 — animo om.
C 2 : a minimo OE — concîtatoC 2 — omnes] et A 2 — qui-sunt
om. A 2 — civitatem Romanam C 23 — Roma B» : Rome B* —
< et > in Ai 3 Ci 2 D — in] pro A 2 — 9 Lateranense A 23 B5E
— manus AD (om. A 2 ) : manum C 1 — man. < mittere et >
C 1 : < mittere > D — militi A 2 : militum As — introire om.
D — erunt C 2 — 10 domno om. B 2 — Mauricios C 2 — ibidem
AD — il resedire C 2 : sedere D — intra B 2 — epbcopium. B*
— Lateranensem B 3 *5C — fecerunt AC* 1 : sederunt D— ibi om.
D — posteruduo C 3 — triduum ADE — itroivit A* — iudicibus
A* 3 B 3 E* : iudicis C 2 — 12 in consi lio om. A 2 — siggil. B 6 : sin-
gil. Ci : singulaverunt C 2 — omns C 1 : ôms C 2 — vestarium
A 12 : vestearium A 3 — cubilia C* : cymbilia E 1 — episcopi A 3 C 23 —
13 diversi om.AD— christiani AD— redemptionem B5: redemtione
C 3 — beati Pétri apostoîi A«D — 14 dereliquerunt AisB 2 *D : reli-
querunt G*E: om.A 2 — elymonia C*: elymosina C 2 — pro A 2 D— re-
diinentiumB* — 15 Mauricius otn.C 2 — Ravenna m A5B 236 C 2 :-nae E
— -factum A 2 : captum B* — 16 exercitum B««Ci 2 — sigillassit A* :
siugillasset C 1 : singulasset C 2 — vestiarum C 2 — laesione B 38 :
lesionem C 12 — omnem om. A 3 C 2 — 17seped. B 3 5C — potuisset
A5R6 — hoc AC*D — cognovissent B5C 3 — civitatem Romanam
A 2 sB 3 s«E.
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LXXM. SEVERINUS (640). 329
Romana et misit omnes primatos ecclesiae singulos per singulas civitates in exilio, ut non fuisset qui resistere
debuisset de clero. Etpost dies aliquantos ingressus est Isacius patricius in episcopio Lateranense et fuit ibi
per dies VIII, usque dum omnem substantiam illam depraedarent. Eodem tempore direxit exinde parte 123
ex ipsa substantia in civitate regia ad Heraclium imperatorem. Postmodum ordinatu3 est sanctissiraus. v
3 Severinus et reversus est Isacius Ravenna.
Hic renovavit absidem 2 beati Pétri apostoli ex musibo, quod dirutum erat. Hic dilexit clerum et omnibus
donum augmentavit. Fuit autem sanctus, benignus super omnes homines, amator pauperum, largus, mitissimu3.
Fecit autem episcopos per diversa loca numéro II II. Hic demisit omni clero rogam integram. Qui etiam
sepultus est 3 ad bcatum Petrum apostolum sub die IIII non. aug. Et cessavit episcopatus mens. IIII dies
10 XXIIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i Romae C* : Roma D — misit om. B* — primotos C 3 —
singulos] -lis B 3 — exilium As B 3 — 2 < potuisset > debuis-
set et clero D — de clero om. C* 2 — de om. A 2 — Et post-
depraedarent om. D — ingresus C 3 — episcopia C 3 : -pium
E — 3 per om. A5B 6 — dum-illara] domum suam B 5 — oms E
— depraedaret A25C* 2 — <ex> parle A* 2i C 23 D— parteni A5B86C 2
— 4 ex ipsa om. D— civitatem AJ>B^C^E — regiam A5B 3 C 2 E -•
< et> postmodum AC* 2 D — postmodum < vero > B — es
A 1 — 5 Ravennam A 2 5B' 6 C2 : Ravena C 3 — 6 absidem A*C 2 :
abside C 3 : absidam cet. — ex musibo om. A* — musino A* :
musivo a*A5E : museo A 3 B* — que C 3 — disruptum D — eratj
est B* — omnibus donum] omnes dolo A* — 7 augmendavit
C 2 — autem] enim A — sanctissimus A2C 1 : om. B5 — amotor
C 3 — largitor C» : laugus C* — < et > mit. E — mittissimus
C 3 — 8 numéro om. A«B5«C« — VIIII AC«D — demisit
A*B 4 C — omni om. B5 — roga intégra A 1 — 9 apostolum om.
B5 — 10 d. XXV1III ACi2EG : XXXIIII D : IIII B5.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Huius temporibus...] Ces exploits du chartulaire Maurice et de
l'exarque Isaacius contre le palais de Lalran, de même que la ré-
volte de Maurice contre Isaacius, qui est racontée dans la notice
de Théodore, n'ont laissé aucune trace ailleurs que dans ces no-
tices du livre pontifical. Paul Diacre ne mentionne pas une seule
fois Isaacius; il en est de même d'Agnellus de Ravenne; un an-
notateur de celui-ci (c. 59, vie d'Ecclesius) a connu et essayé de
traduire l'épitaphe de l'exarque, que l'on peut encore lire sur son
tombeau, dans la basilique de Saint-Vital, mais il n'a pu y déchiffrer
le nom du défunt. Nul ne méconnaîtra la vivacité de ces récits,
évidemment écrits sous l'impression toute fraîche des événements.
On y voit Yexercilus Romanus opposé à Vecclesia Dei y c'est-à-dire
au clergé et aux fonctionnaires de la cour pontificale. Cette ar-
mée romaine, qui fait ici sa première apparition dans l'histoire,
commençait à former un pouvoir spécial, à la place de la noblesse
sénatoriale, à côté du clergé et du peuple. Sous saint Grégoire
la garnison était formée d'un corps de soldats appelés Theodo-
siaci; ils sont mentiounés dans une de ses lettres fu, 46), où
l'on voit, par parenthèse, que, sous l'empereur Maurice, la cour
de Gonstantinople avait déjà l'habitude de ne pas les payer. Cf.
ci-dessus, p. 313, Grégoire, note 3. Le numerus Theodosiacus
est mentionné dans une charte de Sainte-Marie-Majeure (Ma-
rini-Mai, III, 16). Il est probable que cette milice ne tarda pas
à devenir tout à fait indigène; les empereurs avaient trop affaire
en Orient pour détacher des troupes en Italie. Recrutée dans la
population locale, l'armée conquit bientôt une grande influence
dans les affaires politiques. On distinguait l'armée romaine et l'ar-
mée de Ravenne; déjà, dans la notice de Deusdedit, nous avons ren
contré des milites Ravennates.
2. Hic renovavit absidem...] Sur cette restauration de l'abside de
Saint-Pierre, v. Silvestrk, note 63, p. 194.
3. sepultus est...] L'épitaphe est perdue.
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Liber pontipicalis.
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LXXI1II. 10HANNES IIII (640-642).
LXXIIII.
124 l IOHANNES, natione Dalmata, ex pâtre Venantio scolastico, sedit ann. I mens. VIIII dies XVIIII. Hic * tempo-
ribus suis misit per omnem Dalmatiam seu Histriam mullas pecunias per sanctissimum et fidelissimum Martinum
n abbatem 2 propter redemptionem captivorum qui depraedati crant a gentibus. Eodem tempore fecit ecclesiam *
beatis martyribus Venantio, Anastasio, Mauro et aliorum multorum martyrum, quorum reliquias de Dalmatias et
Histrias adduci praeceperat, et recondit eas in ecclesia suprascripta, iuxta fontem Lateranensem, iuxta oratorium 5
beati Iohannis evangelistae, quam ornavit et diversa dona optulit : ubi supra \ arcos argenteos II, qui pens. sing.
ni lib. XV, simul et alia vasa argentea multa. Fecit autem ordinationes II per mens, decemb., 5 presbiteros XVIII,
diaconos V; episcopos per diversa loca numéro XVIII. Hic demisit omni clero rogam integram. Qui etiam sepultus
est ad beatum Petrum apostolum, sub die IIII id. octob. Et cessavit episcopatus mens. I dies XIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Iohannis AiC* : < quartus > A* — Dalmaticus A* : Dal-
matia A*B 3 « : Dalmatinus K A* : Dalmatica B* — Vcnenlio B* :
Benenatio C« — sedet B* — an. VI A* —m. VIIIA5B3E5: om. G
— IIII A2: XVIII B2-5C3*Ei5: om. A'G —2 misit om. Ci — omnem]
totam B* — Istriam C — sanctissimo BWJ — fldelissimo B3«
— Martino B 6 : Martynum C 3 — 3 Eodem-martyribus om. A* —
Eo D — fecit < de> E — ecclesia B J C" — 4 Ventio B 6 —
< et > Mauro AD — aliis multis martyribus E — martyrum
om. C 2 — reliquiae BCE — Dalmatias AiB^CD : Dalmatia cet.
— 5 Histrias A» : Histria cet. (Historia A*B3 : Istria C«)
— add. pr.] receperat A 2 — praeciperat A*C12 : praecepe-
runt B 1 — condit B> — superscr. B** — oraturium A* — 6 quem
A3B2«d — ornavit] ordinat A* — et < ei > A5 — div. dona]
dona multa B* — déversa C» — optulit AB 3 C*: obtuli C 2 —
< fecit > ubi C3*E — ubi- multa om. A* — ubi supra om. A 8 G
— qui om. AD — 7 ord. I KG —mens. om. D— XVIIII AC^D —
8 numéro om. A2"D — Hic-integram om. D — demisit A^C 1 *
— demissi sunt oranis C 3 — roga A 1 : ragam B 3 : rogum C 3 —
intégra Ai — 9 sub-ocl. om. KG.
NOTES EXPLICATIVES.
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t. Hic temporibus suis...] Le pape s'intéressait aux misères de
son pays natal. Les provinces de Dalmatie et d'Istrie, ou plutôt
ce qui en restait, étaient sans cesse exposées aux ravages des
Avares et des Slaves (Sclabi). Secundus de Trente semble avoir
mentionné presque à chaque page de sa chronique les incursions
de ces barbares. Vers le temps où siégeait Jean IV on les vit s'en-
hardir jusqu'à débarquer sur les côtes du duché de Bénévent(Paul
Diacre, H. L., iv, 24, 28, 37, 40, 44.)
2. Martinum abbatem] Ce personnage n'est pas autrement connu.
3. fecit ecclesiam...] Cette église, ou plutôt cette chapelle existe
encore ; elle fat installée par Jean IV dans un édifice préexistant,
un grand portique situé dans l'angle entre l'oratoire de Saint-Jean
l'Evangéliste et le vestibule du baptistère constantinien (Hilairb,
note ii, p. 247). Ce portique, ou tout au moins une petite chapelle
à laquelle il permettait d'accéder, portait le nom de Saint-Etienne.
De la décoration exécutée par ordre de Jean IV, il subsiste encore
une belle mosaïque, à laquelle M. de Rossi (Musaici) a consacré
une importante monographie. On y dislingue en particulier les
figures des saints Venance, Anastase et Maur, le premier et le
dernier en costume épiscopal ; saint Domnion, évoque de Salone,
saint Astérius, prêtre, saint Septimius, diacre, et quatre saints mi-
litaires, Paulinianus, Telius, Antiochianus, Gaianus, y sont éga-
lement représentés. Le pape Jean IV tient en main le modèle de
l'édifice, qu'il offre au principal éponyme, saint Venance ; un autre
pape, Hilaire peut-être, lui fait pendant. Au-dessous se lit l'ins-
cription suivante, un peu endommagée dans les restaurations.
Je la donne suivant la leçon antique, restituée par M. de Rossi
(Musaici, s. Venanzio, f. 4; cf. Inscr. Christ., t. II, p. 148).
MARTYRIBVS XPÏ DNÎ PIA VOTA IOHANNES_
REDDIDIT ANTISTES SANGTIFIGANTE DO
AG SAGRI FONTIS SIMILI FVLGENTE METALLO
PROVIDVS INSTANTER H OC CO PVLAVIT OPVS
QVO QVISQVIS GRADIENS ET £PM PRONVS ADORAN3
EFFVSASQVE PREGES MITTAT AD AETHRA SVAS
4. ubi supra... simul alia vasa argenta multa] Ces formules sem-
blent indiquer que le rédacteur de cette notice avait sous les yeux
le registre des dons faits aux églises par le pape Jean IV.
5. per mens, decemb.] Il est difficile que ces deux ordinations
aient eu lieu au mois de décembre. Jean IV, en effet, fut lui-môme
ordonné le 24 décembre 640, le lendemain des Quatre-Temps ;
il ne put donc pas célébrer l'ordination cette année ; autrement
il aurait négligé la règle, très strictement appliquée en ces temps-
là, de ne point faire d'ordinations extra tempora. D'autre part, il
mourut avant le mois de décembre 642. Le biographe, entraîné
par la formule habituelle, aura commis ici une erreur de date, sur
l'une au moins des ordinations. Peut-être aussi faudrait-il lire
ordinationem I, comme dans l'abrégé K et le ms. G.
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LXXV. THEODORUS (642-649).
331
LXXV.
THEODORUS, natione Grecus, ex pâtre * Theodoro episcopo de civitate Hierusolima, sedit ami. VI mens. V I 125
dies XVIII. Hic fuit amator pauperum, largus, benignus super omnes et multum misericors. Huius temporibus 2
Mauricius cartularius, per quem multa malaoperatus est Isacius patricius, cum iam increvissent peccata eius beato
Petro apostolo ut eos hereditaret ignis inextinguibilis, consilio ductussuprascriptus Mauricius cum ipsis quibus
:i antea devastaverant ecclesiam Dei, intartizavit adversus Isacium patricium et misit per omnes castras qui erant
sub civitate Romana per circuitum et congregavit eos et constrinxit se cum ipsis in sacramento ut deinceps nullus
ex ipsis debuisset oboedire Isacio neque hominibus eius, quia adfirmabat eum quia sibi regnum inponere
voluisset. Audiens haec Isacius patricius eo quod Mauricius cum omnem exercitum Italiae sibi sacramenta dédis- n
sent, misit Donum magistrum militum et sacellarium suum ad civitate Romana cum exercitu. Qui veniens in
io civitate Romana, omnes iudices seu exercitus Romanus qui prius se cum Mauricio sacramenta constrinxerant,
timoré ducti, demittentes Mauricium cartularium, omnes se cum Dono fecerunt. Et ingressus Romam, fugit *26
Mauricius ad beata Maria ad Praesepe*. Quem tollentes eum de ecclesia, miserunt boiam in collo eius; similiter
et omnibus qui in consilio cum ipso fuerunt ; inboiati misit eos Ravenna per manus Marini scriboni et Thomati
cartularii. Qui ducentes eos pervenerunt iuxta civitate Ravennate in loco qui dicitur FicucJas 4 , XII miliario a
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 nationes Ai — Hierusalem B 6 : Hierusolymam C 1 : Hiero-
solyma C 2 : Meliturn KG — m. V om. D — 2 d. XIII B 3 : XXVI1Ï
B5 : XV1III D : V11I KG — fuit om. B*— < et > larg. A235 _
Jargitor ACiD : largitus C 2 — < et > super C^ — et om. C**
— et multum om. D — 3 cartolarius C* : carthularius C 3 — Hi-
sacius Ai et ita infra : om. B* — iam om. B* — increbsent A* :
increpassent B^ : increbuissent C 3 : increbruissent C*E ! — 4
eos om. A 3 G — hereditarit A*D: -tavit A 3 : hcritaretC 2 — igniCi
— inestimabilis B 5 : inextinguibili Ci : instinguibilis D — su-
perscriptus B 2 — <cum> quibus ADG — 5 devastaverat A 23 5Ci
E : vastaverant B 6 — eclesia Ci — intatizavit Ai : intamzavit
A 2 : conspiravit A* : incartizavit C 3 : inratizavit D : intitu-
lavit E 2 — adversum A 3 — patricium om. D — omnes cas-
tras A!B 3 C 12 D : omnes castra B*C 3 : omnia castra cet. (in
omnibus castris A 3 ) — qui AiB^CD — erat B 2 C 23 — 6 civitatem
Romanam C^ — circuitu C 3 -- construit A«D : -ruxit B* :
-rinsit B* : constringit Ci2 — ipsos A 3 : illis B« — in om. A 5
— sacramentum B^E — ut] tune D — 7 ex] de B* — de-
buissent C 3 : om. ADG — oboediret ADG : obaudire C" — ne-
que in omnibus ss~quoniam quidem omnes affirm. A 2 — quia]
qui B56Ci 2 E : omnes AG : om. D — adfirmabant ACiDG — 8
b ec c 3 — eo-dedisset om. A 2 — eo om. A* — omnem exer-
citum AtBS^C^D : omne exercitu C 3 : omnis exercitus El : omne
exercitum E5 : omni exercitu cet. — Italiae] talia C" — dedisset
A13DG — 9 magistro A135E : magnum C : magistrium D— mi-
litis Ci 2 — cancellarium A5 — ad] in C* 2 — ad civ. Rom.] Ro-
mam A 2 — civitate Romana AiC* 3 (Roma C 3 ) — cum -Romana
om. B5 — exercito B*C 3 — in om. Cjz - 10 civitate Romana
A13C13D — Romana om. A 2 B* — Romana < cum exercitu > C«
— iudices] duces B* — exercitos Romanos B 3 — qui-constrin-
xerant om. A 2 — prius] primus Ci — sacramento A5C* 2 — cons-
trinxerunt Ai : constrinx~êr C 3 — il timorem Ai — dimiltentes
AB 23 E : dimiserunt D — Mauricium om. B 3 — chardularium C 2 :
chartularium C 3 — cart.-Dono] cum eo se A 2 — Donum El —
fecerunt] fuerunt A* — ingr. Rom. om. A 2 — Rome C 3 : Roma
B*E5 — 12 ad] a B6— beata Maria A1B6C13D— presepem E5
— quem] qui B 23 — tolIensB^D: trahentes A 2 — eumoro.A 23 5EG
— ecclesiam B5E5 — boia AiD : voiam E* : om. B 3 (suppl.) —
collum E — similiter-videns autem p. 335, l. 2, breviat A 2 -— 13
hominibus B* : omnes Ci 2 Ei — in consilio om. E5 — ipsum Ai
— fuerant C* 2 — inboiatus B^ : inboiatos B**Ei : imboiati E* :
et A* — eos om. El — Ravenna-eos om. O — Ravenna AiC*D :
RabennaE* : Ravennam cet. — Maurini B^Ci — scribonis B 6 E*:
scribone Cl : scribonone C 2 — Tomati B 3 : Thimati Ci — 14
chartulario B« : cartulario C i2 — civitate AiC — Ravennate
A1B3C» 2 (Ravenante Ci : Ravennane C 2 ) : om. C 3 — locum Ci 2 E
— Ficulas A 3 : Ficucclas E —
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332 LXXV. THEODORUS (642-649).
civitate, et ibi decollaverunt Mauricium, quia sic in mandatis acceperant a suprascripto Isacio ut vivus civitate
Ravennate non ingrederetur. Et posteaquam decollatus est, levantes caput eius duxerunt eum Ravenna. Videns
autem Isacius caput Mauricii, gavisus est et fecit eum ad exemplum multorum in circo Ravennate in stipitem
poni; illos autem qui eum ipso directi fuerant, omnes inboiati iussit sub arta custodia in carcerem mittl, cogitans
quomodo eos puniret. Sed eum haec agerentur, mox nutu Dei ipsis diebus percussus divino ictu interiit Isacius 5 5
et mortuus est. Hii autem qui reclausi erant eicientes de carcere, reversi sunt singuli per loca sua. Audiens hoc
imperator quia defunctus est Isacius, misit Theodorum patricium exarchum, cui cognomento Caliopa, ad regendam
omnem Italiam.
127JH Ipsis temporibus * venit Pyrrus ex Africa, qui fuerat patriarcha Constantinopolitanus, in urbe Roma, ad limina
Apostolorum. Qui ingressus 7 , libellum obtulit eum sua subscriplione apostolicae nostrae sedis, in praesentia *o
cuncto clero et populo, condempnans in eodem libello omnia quae a se vel a decessoribus suis scripta vel acta
sunt ad versus inmaculatam nostram fidem. His itaque ab eo peractis fecit eum munera erogare in populo et
cathedram ei poni iuxta altarem, honorans eum ut sacerdotem regiae civitatis. Postea rursus more canis ad pro-
prium impietatis vomitum reppedavit. Tune sanctissimus 8 Theodorus papa convocans universos sacerdotes et
clerum in ecclesia beati Pétri apostolorum principis, condempnavit eum sub vinculo anathematis, iuxta mercedem * 3
ac retributionem propriae transgressions, canonicam penam sive depositionem decerpens. Qui praedictus Pyrrus
reversus est in partibus Orientis.
128 IV Eodem tempore • levata sunt corpora sanctorum martyrum Primi et Feliciani, qui erant in arenario sepulta,
via Numentana, et adducta sunt in urbe Roma; qui et recondita sunt in basilica beati Stephani protomartyris,
V ubi et dona obtulit: gabatas aureas III, tabula ex argento ante confessionem, arcos argent c os IL Fecit et ecclesiam 20
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 ibidem C« — sic om. ADG — acciperant A«C« — su-
prascr.j consulato D — vicos B* : vibus E 3 : < in > D
— 2 civitatem Ravennatem B^E 13 — Ravenne B 3 : Raven-
nane |C 2 — non] ne D — ingrederentur B 3 — et om. B 6 —
postquam E — collatus A 1 — levante Ai : élevantes B 3 — ca-
pud B5C 1 — eius om. B 5 — eam A 1 : om. B*DE — Ravenna
AWD — 3 capud C* — Mauritii C 3 — eam AiB« D :
om. E — circum A 3 : circuitu B 6 D — Ravennae A 2 : Raven-
nane C 2 — in om. A 2 — stipite AD (stipe A 3 ) : slipentem
C 1 — 4 ponere A 3 — illus C 2 — illo direpti B 6 — [omnes inbo-
iati om. A 2 — involati B 6 : imboiati C 2 E 3 : inbogati C 3 : in-
boiatos E 1 — iuxsit C 3 — sub om. E 1 — carcere A 3 C*D — 5
eos quom. E — haec] ea E — mox nutu] motu G 1 — nunu C 2 :
notu C 3 — Dei < iudicio > BCE — percussos A 1 (coït.)— inte-
rivit B* — 6 hi B2* : bic C 2 G : eos D — reclusi AB^CiD — exeun-
tes A 2 : dimissi A 5 — carcerem A 1 — regressi A 233 G — singuli
om. A 2 — < autem > hoc D — hoc om. A 2 — 7 quod D —
defuntu C 3 — esset A 2 — exarcura A 1 — cognomentum
erat A 3 — Caliopam C 3 : Calliopa E — 8 Italiam om. A 3 :
militiam B 3 — 9 tuerat < episcopus et > ADG — urbem Ro-
mam B 3 C 2 E — liminaria C 1 — 10 congressus C 12 — supserip-
tione A 1 : scriptione C 3 — scriptione sua B 1 — apostolice C 3 —
vestrae A 3 : om. A 3 — sedi C 13 — in pr.] praesente A 3 — il
cuncti cleri et populi A 2 E — condemnans A 1 — libellum D —
omni B* — quae-decessoribus] qui se vel de accessoribus Cl*
(adeess. C 2 )— • a post vel om. B 3 — successoribus DG — 12 fidem
nostram C 12 (fedem C 2 ) — operatis C* — populum E — 13 po-
nere C* 2 — altarem B 3 *«C 3 — eum om. C" — régie (J —
postera A 2 — rursum D — 14 proprio C* 2 — impiaetatis C* —
vomitum] fomitem C» 2 — reppedavit AiB*C 3 : repedivit B 2 :
repetivit B 3 G: repedavit cet.— Teodorus A*— 15 aecclesia A 1 —
apostolt G 1 — prirteipem A 2 : princeps A 3 C 2 : principi C 3 —
eum om. B* — iusta B 3 — 16]hac B 3 : et B« : ad D — cannoni-
cam A 1 — penam AB 33 Ci : pêne D — sive] sibi A C 12 D — dé-
position G* — décernons A 2 : excipiens C*E — quae C* —
praeditus B 3 — Pirrus A 1 — 17 est om. D — partes Orientes D
18 lebata C 3 : relevata C 4 E — martyrum om. C 12 — qui B* 6 C
— sepultae C* 2 — 19 Nomentana B«— urbem B 3 DE — Roma-
nam B 3 : Romo C 3 : RomamDE —qui B 23 6C 23 :que A 1 : om.A 1 C 1
— reconditae BWD— basilicam C* 2 — Sthephani C 3 — protim.
B 3 : martyrum B6 — 20 optulit AC 2 — gabatas- II om. A 2 — ga-
vatas A» 3 : gravatas C*D — tabulas A 3 : tabulam A 3 D : tabule
Ci — exoro. B 6 — arcus C 2 DE : ascos C 3 — aecclesia A 1 —
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LXXV. THEODORUS (642-649). 333
beato Valentino I0 via Flamminea, iuxta pontem Molbium a solo, quam et ipse dedicavit et dona multa optulit.
Fecit et oratorium beato Sebastiano " intro episcopio Lateranense, ubi et dona largitus est; fecit et oratorium
beato Euplo martyris " foris porta beati Pauli apostoli,quem etiam ornavit.
Tune sanctissimus Theodorus papa 13 scripsit Paulo patriarchae régie civitatis, tam rogans quamque régula- vi 129
5 riter increpans, neenon per apocrisarios, ut dictum est, pro hoc maxime destinatos praesentaliter ammonentes et
contestantes quatenus proprium emendaret commentum atque ad hortodoxam fidem catholicae ecclesiae remearet.
Et neque rogantes neque increpantes potuerunt eum a suo conamine quoquomodo mocare : propter quod t4
iusta ab apostolica sede ipse depositionis ultione perculsus est.
Hic fecit ordinationem I per mens, decemb., presbiteros XXI, diaconos IIII; episcopos per diversa loca nu- vil
10 mero XLVI. Et cessavit episcopatus dies LU. Qui etiam sepultus est 15 ad beatum Petrum apostolum sub die
prid. id. mai.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i Flaminea R 6 : Flaminia O : Flamminia C 2 — pontum C 3
— Molbium A*Bï35 : Molvium A35Ci2*E : Olbium BWD: Milvium
Aï — quem B^C : qua D — < ibi > dona A* — 2 Seb.] Ste-
fano A2 : Silvestro C3*E — inlra À** — inlro < in > C» —
episcopium E — Lateranensem B" J : j-sis C 12 — oratorio A 2 C*
— 3 beato A«B*-*CE (beati C*) : om. cet. — marlyrum B56 :
martyri C— portamE — quodA25E: quamD— ordiaavit A 5 B«:
dedicavit A 1 — 4sanctusC 2 — paupoB 5 — scribsit A*— patriarche C*3
— régie A<C 2 3: gregieB*— totamC3— quam ACi3DG~5apochri-
sarios A*C 3 : apochrisariusA 2 : apocrisarius A 3 B5'C 2 : apocrisarios
A 5 DE : apocrisiarios B 2 * : opocrisiarios B3 : apocrisiarius C 1 —
ut dictum est om, A 2 * — ductus est C 3 — propter A 5 : per B Ç DG
— hoc] eum A* — maxime om. A 2 — destinalus A 123 C 12 : dis-
tinatos B^— < ut > praes. D — praesenlialiter B 2 * (-cial. B 5 )
— admonentes A**5D : ammonens A 5 C 4 E: om. C 2 — 6 contes-
tans A5C*E— qualinus O : ut A 2 — proprio A* 2 ^ 2 D — adque
B 2 C«D — ad om. A 2 B« - hortodoxam A^D — fidei Ci : om. A»
— catholicam aposlolicam ecclesiam A* 3 G: calliolîcumquc apo§-
tolicam A 2 : catholicam et aposlolicam ecclesiam A} : catholi-
cam ecclesiam D — remearent B 6 : remeassel Ci — 7 a suo om,
A 2 — quo A 2 B*«C13: quodam E — qcod om. C : que C 3 — 8
iuste A 2 * : iuxta A 3 B«C 2 : iustam Ci — ab om. B^C 23 — aposto-
licam sedem B> — sed B 8 — ipse om. A 2 — depositiones
A 123 : deposilioneD — ultionem A 1 — perçus ci 11 À': A creussus
A35DG— est om. A 1 — 9 numéro om. A 23 5Ci-G — 10 Et cessavit-
LII om. A 2 : KBC*E ponunt post prid. id. mai. — d. XL1I C» :
m. I d. XVI B — sub die om. A 2 — il prid. om. A 2 B 23
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NOTES EXPLICATIVES.
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4. ex pâtre — Hierusolimà] La série épiscopale de Jérusalem ne
présente aucun Théodore qui puisse être le père du pape de ce
«om. La phrase doit donc être entendue en ce sens que le pape
Théodore, ou son père, était originaire de Jérusalem, et non point
on ce sens que le père du pape ait été un évoque de la cité sainte.
2. Huius temporibus Mauricius...] Ces événements ne sont con-
nus que par le L. P.
3. beata Maria ad Praesepe] C'est la première fois que la basili-
que de Sainte-Marie, reconstruite sous le pape Xystus III (ci-des-
sus, p. 232), est désignée de cette façon. Fr. Bianchini, chanoine
de cette église, a étudié dans une savante dissertation (Anast. Bibl .,
t. III, p. 109) les origines de cette appellation. Il la rattache à l'in-
vasion de la Palestine par les Arabes, antérieure de très peu
d'années au pontificat de Théodore. C'est alors que, pour mettre en
sûreté certaines reliques de la grotte de Bethléem, on les aurait trans-
portées à Rome. Rien, assurément, n'est plus naturel que cette
explication. — Le vocable le plus usité aujourd'hui, celui de
Sainte-Marie-Majeure, est attesté aussi anciennement que celui de
Sainte-Marie ad Praesepe. On le rencontre dans la liste de basi-
liques qui fait suite à l'un des itinéraires du vu siècle publiés
par M. deRossi {Roma sott., t. I, p. 143): « Basilica quae appella-
tar Sancta Maria maior. » Ce texte (ibid. p. 145) parait remonter
précisément au temps du pape Théodore.
4. Ficudas] Cervia, sur la route de Ravenne à Rimini, au
point où cette route atteint le littoral.
5. interiit hacius] Ces événements ont dû se passer au plus tôt
pendant l'hiver 642-643. En effet, le biographe les comprend dans
la notice de Théodore, élu et consacré à l'automne de 642 ; d'autre
part, Isaacius, nous le savons par son épitaphe (Corp. Inscr. Gr. t
n° 9869), a été exarque pendant dix-huit ans. II l'était déjà au
moment où le pape Honorius lui écrivait (Jaffé, 2012) à propos du
roi Adaloald, c'est-à-dire à la fin de 625 ou en 626 au plus tard
(Paul Diacre, H.L., îv, 41). Son élévation au pouvoir ne peut donc
avoir précédé de beaucoup l'avènement d'Honorius (i oct. 625),
et, par conséquent, on ne peut le considérer comme le successeur
immédiat d'Eleuthère qui se révolta et fut tué en 619.
6. Ipsis temporibus — apostolorum] Au mois d'octobre 641, à la
suite des événements politiques qui portèrent au trône impérial
Constant II, petit-fils d'Héraclius, Pyrrhus, patriarche de Cons-
tantinople, avait donné sa démission et quitté la capitale. Près de
quatre ans après, en juillet 645, on le retrouve en Afrique soute-
nant contre le moine Maxime une discussion théologique sur
les opérations et les volontés du Christ. V. les actes de ce débat
dans Mansi, t. X, p. 709-760 , et dans Migne P. G., t. XCI).— Plus
tard, dans un des interrogatoires qu'il eut à subir à Constantino-
ple, le pape Martin donna quelques détails sur le séjour de Pyr-
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rhus à Rome (Hardouin, t. III, p. 683, 684 ; Mansi, t. X, p. 859). Il
résulte de ce qu'il en dit que Pyrrhus vint à Rome librement,
sans être contraint par personne; que le pape Théodore l'accueillit
comme un évêque et l'hébergea aux frais du palais apostolique;
qu'il signa, de son plein gré, un libellas; que l'exarque d'alors,
Platon, lui envoya ses gens.
1. Qui ingressus îibellum — decerpens] Cette notice et la suivante
contiennent, à propos du monothélisme, plusieurs emprunts au
discours prononcé par le pape Martin, dans la première session
du concile de Latran, le 5 octobre 649. Ces emprunts commencent
au récit du séjour de Pyrrhus à Rome. Le biographe, en copiant
le discours du pape Martin, y a intercalé quelques souvenirs per-
sonnels. Je reproduis ici, d'après les éditions des conciles (Mansi,
t. X, p. 878; Hardouin, t. III, p. 699), le texte du discours ponti-
fical, en italique, avec les interpolations du L. P. en caractères or-
dinaires : Libellum obtulit eum sua subsaHptione aposlolicae nosirae
sedi, in presenlia cuncto clero et populo, condemnans in eodem li-
bella omnia quae a se vel decessoribus suis scripta vel acta sunt ad-
versus immaculatam noslram fidem. His itaque ab eo peractis fecit
eum munera erogare in populo et cathedram ci poni iuxta altare
honorans eum ut sacerdotem regiae civitatis, poslea rursus more
canis ad proprium impictatis vomitum repedavit. Tune sanctissimus
Theodorus papa convocans universos sacerdotes et clerum in ec-
clesia beati Pétri apostolorum principis condemnavit eum sub
vinculo anathematis iustam (L. P. iuxta) mercedem ac retributionem
propriae transgressions canonicam poenam sive depositionem decer-
pens ». On sent facilement, en passant du texte conciliaire à l'inter-
polation, la différence de style et de correction grammaticale. Dans
la dernière phrase, le raccord des deux textes est très mal fait.
8. Tune sanctissimus...] Théophane (a. m. 6121) : Toûto 8è jia6ù>v
ô iwÎTOt? SsôSupoç tô •nÀ^pwjjux t^ç è%%kt\<jla<i <jvyxa\é<n^ xal tôv t4çov
tou xopuyacou TÛv izosrôXwv xataXa6ùv, alrfaaç t<3 ôcîov -reoT^piov, ix
toG ÇwoTOioO aijiatoç toû XpwroO tû [lAorn frcia-cifcç olxticf. yjipi t^v
«aOaipuiv nûppou xal tûv xoivuvoûvtwv aÙT<J> xoteÎTati. Les documents
romains ne parlent pas de ce cérémonial imposant.
9. Eodem tempore...} Les martyrs de Nomentum, Primus et Fé-
licien, sont rapportés à la persécution de Dioclétien par leur pas-
sion (Acta SS. iun., t. II, p. 152; cf. Adon au 9 juin), écrite certai-
nement avant le temps du pape Théodore. D'après ce document,
leurs corps furent transportés, aussitôt après leur supplice, en un
lieu appelé ad Arcus Numentanos, intra arenarium, et enterrés
iuxta arenarium. Plus tard une basilique, actuellement remplacée
par une chapelle, fut élevée sur leur tombeau ; elle est indiquée par
la passion au quatorzième mille de Rome. Le martyrologe hiérony-
mien porte (ms. de Berne) : via Nomenlana, ad arcas (1. arcus),
miliario XV ab urbe, Primi et Feliciani. Le cimetière souterrain
est encore accessible, mais entièrement dévasté (Bosio, Roma soit.,
m, 46; Stevenson, dans le Bull, de M. de Rossi, 1880, p. 106).
Dans le petit martyrologe romain, dans celui d'Adon et dans leurs
dérivés, la fête est indiquée in Celio monte, conformément à l'usage
introduit par la translation dont il est ici question. La chapelle de
ces martyrs, dans l'église de Saint-Étienne-le-Rond, sur le Gelius,
conserve encore la mosaïque dont elle fut décorée par le pape
Théodore. On y voit les deux martyrs Primus et Félicien, en cos-
tume militaire, dos deux côtés d'une grande croix qui occupe le
centre de la composition. Leurs noms se lisent à côté des figures :
f SCS PRIMVS, f SCS FELÏGIANVS. Au-dessous se lit l'ins-
cription suivante, à moitié détruite (Giampini, Vêlera monum.,
t. II, pi. 32) :
Aspicis aurATVM GAELESTI culmine tectum
astrifeTWMquE MICANS PREGLARO LVMINE FVLTVM
A la môme décoration appartenait cette autre inscription, mainte-
nant disparue (De Rossi, lnscr. christ., t. II, p. 152) :
Exquirens pietas tectum decorare sacratum
postons summi Theodori cordem erexit;
qui studio magno sanclorum corpora cultu
hoc dedicavit, non patHs neglecta reliquit.
La translation de ces martyrs à l'intérieur de Rome est la plus
ancienne dont on ait connaissance.
10. ecclesia bealo Valentino\ La réparation de la basilique de
Saint- Valentin (v. Jules, note 6, p. 206) avait été entreprise par
Honorius, comme on le voit dans la plus ancienne des topogra-
phies du vn e siècle : a S. Valentinus martyr quiescit via Flami-
nea in basilica magna, quam Honorius reparavit. » La seconde
topographie mentionne aussi cette église comme fraîchement répa-
rée : <r Iuxta viam Flamineam apparet ecclesia mirifîce ornata 8.
» Valentini martyris.» (De Rossi, Roma sott., 1. 1, p. 176 : cf. p. 144).
Les travaux ordonnés par Théodore ont pu n'être qu'une simple
continuation de ceux qui avaient été commencés sous Honorius.
11. etoratorium beato Sebastiano] Il y avait dans le palais de
Latran une basilique, c'est-à-dire une grande salle qui portait le
nom du pape Théodore (Sebgius, n° 161 ; Zacharie, n° 218 ; Etienne
III, n° 287). En rapprochant les passages du L. P. qui en font
mention, on reconnaît qu'elle devait se trouver tout près de l'en-
trée principale du palais et du grand escalier, au voisinage de
l'oratoire de Saint-Silvestre dont la situation est bien connue. Cf.
Rohault de Fleury, Le Latran au moyen âge, pi. iv et suiv. L'ora-
toire de Saint-Sébastien est-il identique à cette basilique ? On se-
rait porté à le croire, car ce passage de la notice de Théodore est
le seul texte où il en soit question. Cependant un oratoire n'est
pas une salle de palais. Il est plus prudent de maintenir la dis-
tinction, tout en admettant un étroit rapport entre la basilique de
Théodore et l'oratoire construit par ce pape. La variante Silvestri
pour Sebastiani a peut-être été inspirée par la disposition des
lieux, soit que le vocable de l'oratoire de Saint-Sébastien ait été
changé en celui de Saint-Silvestre, soit que l'importance de l'ora-
toire de Saint-Silvestre (cf. Ordo Rom. XII, Cencii Camer., c. 79,
dans Mabillon, Mus. liai., t. II, p. 211) ait causé une confusion
dans l'esprit de quelque copiste,
12. oralorium beati Euplo] D'après ce passage et un autre de la
vie d'Hadrien(u°342), cette chapelle se trouvait auprès de la pyra-
mide de Cestius, au commencement du portique qui reliait la ba-
silique de Saint-Paul à la porte du môme nom. Elle porta plus
tard le vocable de S. Salvatore in via Ostiensi, sous lequel elle
s'est conservée jusqu'à sa destruction, en 1849. Cf. Hadrien 1 er ,/. c.
13. Tune sanctissimus — quoquo n odo revocare] Ceci est em-
prunté au discours, déjà cité, du pape Martin, mais avec cette par-
ticularité que le biographe applique à Théodore et au patriarche
Paul, ce que Martin dit en général de ses deux prédécesseurs
Jean IV et Théodore et des patriarches monothélites de Gonstan-
tinople : a Apostolicae memoriae nostri decessores non destiterunt
praedictis viris diversis temporibus consultissime scribentes et
tam rogantes quamque regulariter increpantes, neenon per apocri-
siarios suos, ut dictum est, pro hoc maxime destinalos praesentiali-
ter admonentes et contestantes, quatenus proprium emendarent com-
mentum atque ad orthodoxam fidem catholicae ecclesiae remearent.
Et neque rogantes, neque increpantes potuerunt eos a suo conamine
quoquo modo revocare (Mansi, t. c, p. 879 ; Hard., p. 702). Le bio-
graphe ne s'est pas donné la peine d'extraire de la phrase qu'il
copiait les mots ut dictum est, qui ont un sens dans le discours du
pape, mais n'en ont pas dans son texte à lui, ni de mettre au sin-
gulier les mots neque rogantes neque increpantes potuei*unt ; peut-
être a-t-il cru que ces derniers mots se rapportaient aux apocri-
siaires ; dans le discours du pape ils se rapportent certainement
à ses prédécesseurs. Les lettres du pape Théodore dont il est ici
question se sont conservées (Jaffé, 2049, 2050, 2052) ; elles sont
de l'année 643, antérieures par conséquent au séjour de Pyrrhus
à Rome. Il y en a trois, adressées, l'une au patriarche Paul, l'an-
tre aux évoques ses consécrateurs, la troisième au concile que
Théodore désirait voir se réunir pour déposer régulièrement l'ex-
patriarche Pyrrhus. Elles furent portées à Gonstantinople par
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LXXV. THE0D0RUS (642-649).
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deux apocrisiaires, l'archidiacre Sericus et le diacre Martin, celui
qui devint pape. Dans une lettre subséquente au pape Théodore
(Concil. Laieran. ann. 649, secr. iv, Mansi, t X, p, 1021 ; Hard.,
t. III, p. 817), le patriarche Paul rappelle les discussions qu'il
avait eues avec ces personnages : oT-ctvtç \uxà «oXXiç 8«iç xal icpà?
*lH<ïçiKpl rfo éxx^staOTix^ç Çfirfyisw; ioujiôitouç StocXfljeç x. t. é.
Il est encore question des apocrisiaires du pape dans la lettre
envoyée à Théodore, en 646, par Tévêque de Garthage, Victor. Ce
prélat, écrivant à Paul, prie le pape de lui faire passer sa lettre
par ses apocrisiaires. Mais en dehors des lettres de 643 nous ne
possédons rien de la correspondance de Théodore avec le
patriarche de Constantinople.
14. propter quod-percussus est] Ces mots aussi sont empruntés au
discours du pape Martin (Mansi, t. c, p. 878 ; Hard., p. 699) :
propter quod iusta ab apostoUca sede et ipse dépositions ultione per-
cussus est. Le et ipse, dans cette phrase, est une allusion aux pré-
décesseurs de Paul, Sergius et Pyrrhus, condamnés avant lui. Le
biographe aurait dû s'abstenir de le reproduire dans son texte.
15. sepultus est...] Pierre Mallius, au xn° siècle, lisait encore son
êpitaphe ; il n'en a transcrit que le commencement (De Rossi,
Inscr. christ., t. II, p. 211) :
Incubât egregii Tkeodori praesulis almi
Hoc tumulo corpus, etc.
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130 i MARTINUS, de civitate Tudertina provincie Tusciae, sedit ann. VI mens. I dies XXVI. Huius temporibus 1 Pau-
lus, Constantinopolitanae urbis episcopus, inflatus superbie spiri lu ad versus* rectum sanctae Dei ecclesiae dogma,
audacter praesumpsit patemis definitionibus contraire ; insuper studuit ad coperimentum proprii errons quibusdam
subreptionibus ut et clementissimo principi suadere typum exponere qui catholicum dogma distrueret; in quo
typo omnes omnino voces sanctorum Patrum cum nefandissimorum hereticorum dictionibus enervavit, nec unam J>
nec duas yoluntates aut operationes in Chris to domino nostro defîniens confiteri. Qua de re huiusmodi pravitatem
suam defendens, quod numquam nec a prioribus hereticis praesumptum est, ipse inlicite praesumere studuit, in
H tantum ut altare sanctae nostre sedis qui erat in domo Placidiae sacratum in venerabili oraculo subvertensderipuit,
prohibons ne adorandam et inmaculatam hostiam apocrisarii nostri ibidem Deo offerre valeant, nec communionis
sacramenta percipiant. Qui videlicet apocrisarii, quia ex praeceptione apostolice auctoritatis commonuerunt eum 10
ut de tali heretico intentum recederet, neenon et contestari visi sunt, persecutionibus diversis cum aliis orthodoxis
viris et venerabilibus sacerdotibus insecutus eos, quosdam eorum custodiae retrudens, alios in exilio deportans,
alios autem verberibus summittens. Quibus pêne omnem mundum conturbantibus, ex diversis locis querellas
contra eos ad apostolicam nostram sedem plurimi orthodoxi detulisse monstrantur, coniurantes ut totius mali tan-
teque eversionis per apostolicam auctoritatem abscidatur commentum, quatenus minime totius corpus catholice is
Ecclesie nocibilis eorum ectheseos langor disrumpere valeat.
131 III Tune Martinus 8 sanctissimus ac beatissimus episcopus misit et congregavit episcopos in urbe Roma numéro CV
et fecit synodum secundum instituta Patrum orthodoxorum in ecclesia Salvatoris, iuxta epïscopio Lateranense,
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Totertina C 3 — provincie A*C 3 — Tuscie C 3 —' 2 Constanti-
nopolitanus C 12 — inflammatus D — spiritum A 1 : -tus B* :
êps D — rectum A* 25 : rectas A 3 : rectam B"C*E 5 : recta cet. —
sanctam C 1 — ecclesie Ai : ecclesiam B» 6 C* — doema D : dog-
mam E* — 3 audenler A 2 : audagter C* : audaciter D — difi-
nitionibus B 26 — contrariae B* : conlrahere B s — et super A 1
— stoduit C 2 : instudivit D — ad] a B 6 — coperimentum A* 2
B3«C 23 (-tu B«) : quop. C*: comp. EG — propriisAiB»Ci 2 D —
erroribus D — quorumdam E : < uti > A 5 — 4 subrepeti-
tione C 3 : subreptionis E (-ni e) — et om. A 2 C* — clementissi-
mum principem A 123 DG — principes C 2 : iudiciB"» — suaderct
A 2 B5«EG-eponereB 3 —qui] quia B'KVD— calholicam A* 23 C 12 DE 8
-ca B"4— dogmam Ai 23 C"DE5— distruerent A»: destituent A 3 :
destrueret A*B 2 C 2 E 5 — iû totyppoC 3 : om. B* — 5 omnia B 1 *—
vocis B*: vecesC 3 — enarvavit C**: enerbabit E 5 — 6 dua C 3 —
voluntatis B 6 C 2 — operationis C 2 — diflniens B* — huiusmodo
C 2 — 7 praesumtum B* — illicite A 23 B 3 «C 3 : in lite ,C*E — 8
sanctae om. A'B 8 — quod A 23 *EG— consecratum A 3 : sacramentum
B*C* (corr.c'): om.E 5 — venerabile B 6 : venarabiliC 3 : benerabili
£5— oraculo om.E 5 — deverlensB 5 — deriperet A': subripuit B"»:
disrupit B* 5 : diriperet C*E* : diripuit E 5 — 9 nec A 2 B> — ado-
rantum B">:-damB'C 3 EG:-dumee<.— et] nec A 3 B"'— apocrisiarii
B— apocr.-videlicet om. B 5 (suppl.) — 10 sacramentum A 2 —
apoebrisarii A* : apocrisiarii BC 3 — quia] qui B«C 3 : om. A 2 C*E
— communieruntC* 2 : commoveruntC 3 * : communuerunt D —
11 intento A^ : inventu G 3 : intenlu E — recideret C* 2 — con-
teslare A2C 3 — aliis] malis A 3 — hortodoxis A* 2 D — 12 bene-
rabilibusE 5 — < est > eos A 25 — custodia A 1 — exilium E*G —
teportantC 2 — 13 submittens AB 2 C* 2 D : committens C 3 E:
commisit C 4 — paene A 1 : poene C 2 — omne A* 2 B* — mun-
do conturbato A 2 — ex diversis] universis D — querelis
A 3 : querelas A5B36 : quaerellas B 3 C* — 14 eum A 2 — pruri-
mi C 3 — detullisse B 3 C 3 : delise C 1 : delisse C 2 — monstra-
tur C 2 — tocius B^^C* — malitiae C<E» : mala E* — tanti
B 5 — 15 eversionibus C 3 D — abscideretur A 5 : abscindatur
E 5 — quatinus A* — minimae B 3 — tocius C* — corpori»
R26 — 16 ecclesie om. A 3 — nobilis A 2 B* : nocibiles B 2 — elthe-
seos A*5 : ettheos A 3 : megtbeseos A 3 : ectheseos B 23 *«C 3 G : et-
theso B> : ecce eos C 1 : ecceseos G 2 : ettheseus E 1 : etteseos E*
— Langobardis rumpere valeas B 6 — largor C i2 : languor A**
E 15 — disrupere B 3 — 17 ac] a C 3 : hac E*— beatissimis C 3 — con-
gregabit E'— in urbe-presbiteris om.C 2 — urbem Romam E 1 —
Roma om. A 1 — <nunc> numerus A 3 — numéro om. A5B 3 —
18sydonumA* — episcopium A 23 *B 5 EG — Lateranensem A 35 B*
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LXXVJ. MARTINUS (649-653). 337
resedentibus episcopis, presbiteris, adstantibus diaconibus et clerum universum. Et condemnaverunt * Cyrum
Alexandrinum, Sergium, Pyrrum et Paulum patriarchas Constantinopolitanos, qui novitates contra inmaculatam
fidem praesumpserunt innectere; quippe quoniam ipsam excludere properantes, hereticorum dograatum contra
catholicam Dei ecclesiam confusionem concinnaverunt, anatheraatis ultione perçu! si sunt. Quem synodum hodie
5 archivo ecclesiae continetur. Et faciens exemplaria 5 , per omnes tractos Orientis et Occidentis direxit, per manus
orthodoxorum fidelium disseminavit.
Ipsis diebus ° direxit imperator in Italiam Olimpium cubicularium et exarchum ad regendam omnem Italiam, IV
praecipiens ei, dicens : « Oportet gloria 7 tua ut sicut nobis suggessit Paulus patriarcha huius aDeo conservandae
» urbis peragere , et si quidem inveneritis provincia ipsa consentientem in typo a nobis exposito, tenere omnes
iO » qui ibi sunt episcopi et hieraticos possessorum atque habitatorum et peregros et in eodem subscribant. Si autem,
» quomodo nobis suggessit Platon gloriosus patricius, Eupraxius gloriosus, 8 potueritis suadere exercitu ibidem
» consistent, iubemus tenere Martinum qui hic erat apocrisarius in regia urbe, et postmodumper omnes ecclesias
» relegere eum qui factus est a nobis orthodoxus typus et omnes episcopi Italiae in ipso subscribant. Si autem
» inveneritis contrarium in tali causa exercitum, tacitum habetote donec optinueritis provinciam et potueritis vobïs
\ô » exercitum adgregare, tam Romane civitatis atque Ravennate, utea quae vobis praecepta sunt quantocius explere
» valeatis. »
Qui praedictus Olympius 9 veniens in civitate Romana invenit sanctam Romanam ecclesiam quoadunatam v 132
cum omnes episcopos Italiae seu sacerdotes vel clerum. Et volens adimplere ea quae ei iussa sunt, armans se cum
exercitu virtuti voluit scisma sanctae ecclesiae intromittere. Hoc per plurimum tempus actum est; et non illum
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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l 'resedentibus A*D : sedentibus B*E 15 : praesentibus B 6 : resi-
dentibus cet. — < et > diac. O — clero AWEG — universo
A* 2 EG — et ont. \ï'>Bt — 2 Alexandrium C 2 — patriarcha A* :
-cham A 3 B 2 ^C* 2 : -che B3*«C 3 D : -chas A 2 ^ e — Constantino-
politanum A«Ct : -no C 2 D : -nos A 2 $BC 3 E (-nus B*) — novita-
tis C 12 : nobitates E> — inmaculate B 3 — 3 praesumserunt A* —
dogmatibus B* : -tim B? — A Dei om. D — confessionem B 3 —
concremaverunt A 3 — ultioneni E — percussi DE 1 — que sy-
nodus A^EMÏ : synodo A 3 : senodum B 3 — hodie < in > A
(usque A 2 ) — 5 archibo BJ&C2E5 : arcibo C* : arcivo C 3 — con-
tenetur B^C 3 — tractus A 3 B*EG : tructus C 3 — direxit < et >
A25; direxerunt D — 6 horlodoxorum A 1 — deseminavit C12D —
7 diebus om. A 3 — direxit om. B* — Ualia A 3 B«C 3 DE5 — Olym-
pium B 6 Ci — cobic. C2 — et om. D — omnem Ital.] eam A* —
Ytaliam Ai — 8 eij et A* : eis A 3 BD : se E {corr.) : ei < et >
A 5 — tua] vestrae A* — gloriam tuam B 5 EG : gloriae tuae C 2
— - suggessit om. B 1 — a om. A 3 — 9 urbes C 2 — < agas >
et A 5 — et om. A 2 — inveneris A 12 E 5 G : inveniretis B 6 — provi-
nciam ipsam A«B>C 2 G — consenciente A 3 — a om. G 3 — posito
D — tenere-ibi] consentiant et omnes quibus A 5 — 10 episco-
pos B2 3 *E15G (-pios B3) — hereticos AB 23 5C*DFJG : hieraticos
B 4 E* : iheralicos B 6 C 2 : heraticos Ci : inhereticos C* — pos-
sessorem C 23 — adque B55E3 : om. A 2 — peregres A 23 B23C' 2 D :
Liber poutïficalis.
peregris G 3 : peregrinos E 1 — et] ut Ai^D — il Euprasius B5
— potueris AD (poteris A 3 ) — exercitum A^E* : -toB 23 * 6 — 12
consistentes A* 23 D : -tem C 1 : -te C 2 — teneri B* — Martinum
AGI 2 (Martynum C 2 ) : Marinum cet. (Marnum B 3 ) — apochrisa-
rius AlC 1 : apocrisiarius B 234 C 3 (-rios B 3 ) — regiam urbem A 3
— postmodo G 2 — 13 regere E 5 — quia E 1 — orthodoxos C 2 —
et om. A 12 3C* 2 D — ipsa A 3 — subscribebant A 3 — 14 inveneris
A5 _ causam C* 2 — tacitum om. B^ — habitate A 3 D : habeto
A 5 : habitote C*E 15 — donec < omnem > ADG — optinueris
A.5 — provintiam B 5 C — potueris A? — nobis B^D : tibi A5 —
15 Ravennati B> : Ravennane C 2 : Rabennate E 5 — nobis B&D :
tibi A 5 — quantocius B 3 G 3 E5 : -tius cet. — 16 valeas A 5 — 17
Qui praedictus] quod praedixit C 1 : quod C 2 — Olimpus G 2 —
civitatem Romanam A^BC^E 1 (Roraam A&)— Romam C 12 —
ecclesia Ai : eclesiae Ci — coadunatam A 2 C 2 E* — 18 cum]
cenlum B* — omnes episcopos A*B 2 E5 : omnes episcopis C 12 :
omnibus episcopis A 2 B 3 E , G : ceteri compendio incerto — Italie
A iC3 — sacerdotibus A 2 B 3 E* — clero A 2 B 3 C 2 — et] ut B* — im-
piere G*E — ei om. B*C 2 D — iussi B* : iussus D — sunt om. D
19 exercito B5«E» : -tum C 2 — virtutis AIE 1 ,: -te C* 2 — scissima
A 2 ^B«D : scismam A 3 : scysma B 3 — introm.] fîeri A* — per om.
sed A5; atque E — ASE'S — plurima tempora A 2 : plurimotem-'
pore A5 — et] —
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j 338 LXXVI. MARTINUS (649-653).
VI omnipotens Deus permisit quae nitebatur perficere. Videns ergo se a sancta Dei cathblica et apostolica ecclesia
superatum,necessehabuit de sua quasi mala intentione declinare, ut quod non potuitper manum armatam, facere
subreticio modo : per missarum solemnia in ecclesia Dei genetricis semperque virginis Mariae ad Praesepe, ad
communionem, dum ei porrigeret sanctissiraus papa, voluit eum interire, ut demandaverat suo spatario. Sed Deus
omnipotens, qui solitus est servos suos orthodoxos circumtegere et ab omni malo eripere, ipse excecavit spatarium s
Olympii exarchi, et non est permissus videre pontificem, quandb exarcho communionem porrexit vel pacem
dédit, ut sanguis eius effunderetur et catholica Dei ecclesia heresi subiugaretur. Quod postmodum praedictus
armiger diversis cum iusiurandum professus est.
133 VII Videns ergo Olympius exarchus quia manus Dei circumtegebat Martinum sanctissimum papam, necesse habuit
se cum pontifice concordare et omnia quae ei iussa fuerant eidem sanctissimo viro indicare. Qui facta pace l0 cum 10
sancta Dei ecclesia, colligens exercitum, profectus est Siciliam adversus gentem Saracenorum 1! qui ibidem
inhabitabant. Et peccato faciente maior interitus in exercitu Romano provenit. Et post hoc isdem exarchus morbo
interiit.
Vin Deinde directus est 12 ab imperatore Theodorus exarchus, 1B qui cognomento Galiopa, cura Théodore impériale
cubicularium, qui et Pellurius dicebatur, cum iussiones. Et f * tollentes sanctissimum Martinum papam de ecclesia 15
Salvatoris, qui et Constantiniana appellatur, quem perduxerunt Gonstantinopolim ; et nec sic eis adquievit.
Deinde i5 directus est sepiusdictus sanctissimus vir in exilio, in loco qui dicitur Gersona, et ibidem, ut Deo
placuit, vitam finivit 16 in pace, Christi confessor; qui et multa mirabilia operatur usquein hodiernum diem 17 . Fecit
autem ordinationes II per mens, decemb., presbiteros XI, diaconos V; episcopos per diversaloca numéro XXXIII. 20
Depositus sub die XVII mens, septemb.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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2j< de > mala A 2 — mali A 3 — manu B 3 «C : manus E*
— armata B 3 «C 3 E5 — facere < facere >Ai : < faceret >
A 5 — 3 subreptioneA 2 : subreptio B 36 : subretitio C 2 : subhere-
ticioEi — modum A 2 — solempnia C 3 — ecclesiam A 3 : <nam-
que > As — Dei < sanctae > E 15 — praesepae Ci : prese-
pem E 5 — ad om. A« — 4 communione B* 6 — porregeret C 2 :
porrigerit D — interimere A5 : crudeliter interficere E 1 — ut]
et A123D — demandans E* — spadario B 3 : spathario B«C 23 :
sparthario E* — omn. Deus E — 5 es A 1 — mala B 5 — exce-
cabit E5— spatharium C 23 EH (-rio C 2 ) — 6 < et > exarchi C*E
— exarci C 3 — exarcum B 6 — communione B 3 — velj et A 3 —
7 eius om. B 3 : < non > A 3 — efFunderetB 6 — et] nec A 3 —
et-subiugaretur om. B» 6 — catholicam A 13 C*D — ecclesiam
A 3 C*D — haerese E 5 — subiugatur A 2 : subiurgaretur B 3 * : sibi
urgueretur C 1 — 8 aronger A 3 : amiger C 3 — diverso A 2 —
cum om. C 12 : sub A* — iureiurandum E' : iureiurando A25E*G
— 9 < et > exarchus B« — exachus C 3 — qui C 2 — Domini D
— tegebat B* — 10 se cum om. AD — pontificem ADG— fue-
rant] sunt A 1 — viro sanct. B* — indicaret D : -rent E — 11
est < in > As — Sciliam B5 : Siliciam C 2 : Scilia O — Sarra-
cinorum B 23 : Sarracenorum B*3 — 12 interiit A 2 — in om.
A 3 — exercito A 3 B 3 C 23 (ercito C 2 ) : -tum B» — provinit C* 2 —
exarchus] exercitum B* : tus B«— morbo-exarchus om. A&— 14
est om. ADG — ab] ad B^C^E — cui A* 2 * — erat cognomen-
tum A5 — Caliopas AD : Calipiopa B 3 : Calliopa E« — Theodo-
rum Ai : -rus C 2 — impériale A 3 B* : -li B^DE : imperatore
B* : cet. compendio — 15 cubicularium B«C 3 (-rum B») : -rius
A^D : -rio cet. — Pelurius B* : Puillarius B^ : Bellurius C 2 :
Pellurios E 1 »— dicebat D — cum] qui A B — iussione A 23 B 2 E*G:
-nis B 1 : iussi A3 — et] qui E 1 — tollens D — ecclesiam B 5 —
16.quaeA 25 C» 2 E*G— apellatur C 3 — quem om.B 2 «G — duxerunt
A 5 — eis] eius C 2 — 17 sepedictus A5 : praedictus E* — exilium
B 3 — locum El— CersoncoC 1 : Cessona C 2 : Chersona E 5 — Deo]
dum B6 — 18 finibit E5 : < die XVII mens. sept. > C* — con-
fessor < sub die XVII m. sept. > A 2 — qui om. A 2 : quia D —
et om. B* -- operator C 2 — odiernum C 3 — diem om. C 3 — 19
ordinationis C 2 — presb. X D — diac. VII A 3 — numéro om. A 2 *
C 12 —20 Dep.-sept. om. A 2 C» 2 * : Depositio eius celebratur XV
kal. octob. B — sub ow.C 3 E— septemb. < Et cessavit episco-
patus ann. I menses 11 dies XX > C* : < Et cessavit episcopa-
tum dies XXVIII > E
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1. Au tus temporibus...] Plus exactement, dans les derniers jour s
du pape Théodore, si le biographe a en en vue la publication du
Type de l'empereur Constant II et non pas plutôt l'ensemble de
l'affaire.
2. advenus rectum- dîsrumpere valeat] Tout ce long passage est
emprunté mot à mot au discours du pape Martin (II. ce). Voici le
texte, d'après les actes du concile. Je mets entre crochets les mots
que le biographe a supprimés dans sa transcription : «Paulus... ad-
versus recta sanctae Dei Ecclesiae dogmata audacter praesumpsit
paternis deflnitionibus contraire. [Propter quod iusta ab aposto-
lica sede et ipse depositionis ultione percussus est.] Insuper stu-
duit ad cooperimentum proprii errons [et in hoc Sergium imita -
tatus] quibusdam subreptionibus uti et clementissimo principi
suadere typum exponere qui catholicumdogmadestrueret. In quo
typo omnes omnino voces sanctorum Patrum cum nefandissimo-
rum haereticorum dictionibus enervavit, nec unam nec duas vo-
luntales aut operationes in Christo Deo nostro definiens conôteri
[ici un développement thëologiqué]. Qua de re huiusmodi pravi-
tatem suam defendens, quod numquam nec a prioribus haereticis
praesumptum est, ipse illicite praesumere studuit. Altare enim
sanctae nostrae sedis, in domo Placidiae sacratum in venerabili
oraculo, subvertens diripuit : prohibons ne adorandam et imma-
culatam hostiam [id est sacram celebrationem] apocrisiarii nostri
ibidem Deo offerre valeant et [vivificae divinae] communionis sa-
cramenta percipiant. Quos videlicet apocrisiarios, qui ex praecep
tione apostolicae auctoritatis commonuerunt eum ut de tali haere-
tico intentu recederet neenon contestari visi sunt, persecutionibus
diversis cum aliis orthodoxis viris et venerabilibus sacerdotibus
insecutus est eos, quosdam eorum custodiae retrudens, alios in
exilio deportans, alios autem verberibus submittens. [Et quid me
oportet multa disserendo sermonem extendere, dum constet omni-
bus quae ab ipso publiée neenon decessoribus ipsius per tôt tem-
pora contra orthodoxos viros atque catholicam fidem perpetrala
sunt ?] Quibus paene omnem mundum conturbantibus [atque so-
licitantibus, necessitate compulsi] ex diversis locis querelas contra
eos [seu accusationes] ad apostolicam nostram sedem plurimi or-
thodoxi detulisse monstrantur [et tam in scripto deprecantes et]
coniurantes [quamque in cominus positi postulantes] ut totius
mali tantaeque eversionis per apostolicam auctoritatem abscinda-
tur commentum ; quatenus minime totum corpus catholicae Eccle-
siae nocibilis eorum ectheseos languor disrumpere valeat. [Ideoque
in scripto vel sine scripto orthodoxorum preces minime despicien-
tes apostolicae memoriae nostri decessores, etc. » v. p. 334, note 13].
3. TuncMartinus...] Les cinq sessions du concile de Latran eurent
lieu les 5, 8, 17, 19 et 31 octobre 649. Les procès-verbaux de cette
assemblée existent encore, en latin et en grec.
4. et condemnaverunt...] Voy. surtout le canon 18 du concile et la
signature du pape.
5. Et faciens exemplaria...] Nous avons les lettres d'envoi des
exemplaires qui furent adressés à l'empereur Constant (Jaffé,
2062), à l'évêque de Philadelphie en Arabie (2061), à l'évoque élu de
Carthage (2063), à l'évêque de Maëstricht (2059) ; et de plus une
lettre encyclique où le pape dit expressément avoir envoyé ces
procès-verbaux dans le monde entier : ea quae a nobis pro catho-
lica Ecclesia synodaliter gesta sunt omnibus direximus (2058).
L'exemplaire adressé à saint Amand de Maëstricht l'était en môme
temps au roi Sigebert II et à tous les évoques d'Austrasie ; les
évoques de Neustrie et le roi Clovis II en reçurent aussi un (Vita
S. EligiU i, 33, P. L., t. LXXXVII, p. 505).
6. Ipsis diebus...] Olympius, qui trouva le concile réuni, dut ar-
river à Rome au plus tard dans les premiers jours de novembre.
La nouvelle de l'élection de Martin était par venue à Constantinople
au moment où il en partit. Mais l'empereur ne voulut pas la re-
connaître : on le voit par le reproche formulé dans le décret
que l'exarque Calliopas notifia quatre ans plus tard au clergé de
Rome, au moment de l'arrestation du pape : « Iussio a Calliopa
» porrecla est presbyteris et diaconibus, in qua humilitatis meae
» (c'est Martin qui parle) abiectio continebatur, quod irregulariter
» et sine lege episcopatum subripuissem et non essem in aposto-
» lica sede dignus institui » (Jaffé, 2079 ; Migne, P. L. t t.
LXXXVII, p. 201). C'est pour cela que le biographe, enénumérant
les instructions de l'exarque Olympius, évite de faire don-
ner à Martin le titre de pape : Martinum qui hic erat apocrisarius
in regia urbe. Ce n'est pas d'ailleurs le seul trait d'exactitude,
même dans la forme, que l'on rencontre dans ce passage. Remar-
quer l'expression huius a Deo conservandae urbis, pour désigner
Constantinople (iwfttç OecKpôXaxTo?) ; le mot tepaTtxouç, la formule glo-
riosus, IvSo^oç. Cf. p. 338, 1. 9.
7. Oportet gloria tua...] Ainsi l'exarque a pour instructions de
ne point s'occuper du pape Martin autrement que pour le faire
arrêter, si c'est possible, mais d'amener les évoques, les clercs
(hieraticos) attachés aux églises rurales (possessorum atque habita-
torum) et les prêtres étrangers (peregros) à signer le Type. Si l'ar-
mée de Rome est disposée à laisser faire, on arrêtera Martin et
le Type, lu dans les églises de Rome, sera facilement signé par
les évoques d'Italie; sinon, on entreprendra ceux-ci [isolément et
l'on tâchera de se concilier peu à peu les armées de Rome et de
Ravenne.
8. Platon gloriosus patricius, Eupraxius gloriosus) Platon était
exarque en 645 ou 646, pendant le séjour de Pyrrhus à Rome. Il
se trouvait à Constantinople en 654 (Commemoratio, Migne, t. c,
p. 118. Cf. note 14.) Quant à Eupraxius, ce personnage n'est pas
autrement connu.
9. Qui praedictus, Olympius] L'armée de Rome parait être entrée
en partie dans les vues de l'exarque (armons se cum exercitu).
Mais le clergé (ecclesia), soutenu par la présence et l'union des évo-
ques, parvint à déconcerter ses projets. Ce succès n'aurait pu être
obtenu sans l'appui d'une certaine force armée ; aussi est-il peu
probable que Vexercitus Romanus ait été tout entier du côté du
gouvernement.
10. Qui facta pace...\ Après les lettres d'envoi du concile de La-
tran, la correspondance de Martin fait complètement défaut jus-
qu'à son exil. Cette lacune et l'absence de documents d'autre na-
ture empêche de distinguer les diverses phases des événements.
La période de bons rapports entre le pape et l'exarque parait
avoir été plus longue que le récit ne le donne à entendre,
car Martin fut accusé d'avoir trempé dans les tentatives que
fit Olympius pour se rendre indépendant de l'empereur,
comme on le voit dans le récit du procès qu'on lui fit à Cons-
tantinople en 654 (Commemoratio, Migne, P. /.., t. LXXXVII,
p. 113, 114). « Solus subvertit et perdidit universum occiden-
» tem et delevit ; et rêvera unius consilii fuit cum Olympio
* et inimicus homicida imperatoris et Romanae urbanitatis »
» ... « Goniurationem fecit cum Olympio et milites praepara-
» vit ut iurarent »... « Cernens et audiens talia contra impe-
» ratorem nitentem effodiendum Olympium, non prohibuisti
» eum, sed e contra consensisti ei. » A ces dépositions et à ces
reprochés, Martin répondit : « Quomodo habebam ego tali viro
» adversus stare, habenti praecipue brachium universae militiae
» Italicae ? An potius ego illum feci exarchum ? » Quelques
heures avant son arrestation, Martin eut l'occasion de reprocher
aux Grecs leurs soupçons perpétuels contre l'église romaine qui,
d'après eux, transformait U Latran en une place d'armes : « et
» cum in adven tu Olympii vani quidam homines (le texte porte
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» cuiusdam hominis, faute évidente) cum armis me hune potuisse
» repellere faterentur (Jaffé, 2079 ; Migne, t. c, p. 200). De telles
calomnies supposent que, pendant un certain temps, Olympius
fut à la fois ennemi de l'empereur et ami du pape. L'expres-
sion qui facta pace ne veut donc pas dire que l'exarque par-
tit pour la Sicile aussitôt après la réconciliation ; à moins
qu'on ne suppose que la guerre entre lui et les Sarrasins ait duré
deux ou trois ans, ce qui, eu égard au caractère des expéditions
arabes de ce temps-là, est tout à fait contraire à la vraisemblance.
14. gentem Saracenorum] D'après les textes arabes recueillis et
discutés par M. Amari (Storiadei Musulmani di Sicilia, 1. 1, p. 84,
85), cette expédition, la première de celles que les Arabes dirigè-
rent sur les côtes de Sicile, aurait eu pour chef un Moawia-ibn-
Hodeig. Le môme savant rapporte à ce fait de guerre un passage
de la Chronique deThéophane (a. m. 6155) : Tcm<p tû fret (662) i\x\vx-
Xumdbi {îépoç xffi EixeXbç xat tyxtff6r,crav iv AafAac<rxù) BeX-fym aôxûv.
Il y a cependant un intervalle de dix ans entre cette transporta-
tion à Damas d'un groupe de prisonniers siciliens et le débarque-
ment que mentionne le L. P. Le chroniqueur Beladori (fin du ix«
siècle), le plus ancien des auteurs arabes cités par M. Amari,
place l'événement aussitôt avant la prise de Rhodes (652). — Dans
le procès fait au pape Martin en 654, on prétendit qu'il avait en-
voyé des lettres et de l'argent aux Sarrasins et même qu'il s'était
efforcé de les convertir.il dément ces fables dans une de ses lettres
à Théodore, orouSaloç de Sainte-Sophie: a Ego aliquando ad Sara-
» cenos nec literas misi, nec quem dicunt tomum qualiter credere
» debeant, aut pecunias umquam transmisi ; exceptis dumtaxat
» quibusdam illuc venientibus servis Dei, causa eleemosynae,
» quibus et modicum quid praebuimus, minime ad Saracenos
» transmissum » (Migne, t. c, p. 199).
12. Deinde directus est] A partir d'ici le récit semble changer de
main. Il n'y a plus aucun souci du détail. La scène de l'enlèvement
du pape, dont il nous a laissé lui-môme un tableau si émouvant
(Jaffé, 2018,2079) est à peine indiquée ; et cependant elle était d'un
intérêt plus grand que celle de l'assassinat manqué, à Sainte-
Marie-Majeure. On peut remarquer aussi que celui qui a raconté
cette dernière, accompagne son récit d'une réflexion qui lui fût
difficilement venue à l'esprit après l'enlèvement et surtout après
la mort du pape : sed Deus omnipotens qui solitus est servos suos
orthodoxos circumtegere et ab omni malo eripere...
13. Theodorus-dicebatur] Ce Calliopas est le môme qui avait déjà
été exarque entre Isaacius et Platon, du temps du pape Théodore
(p. 332, 1. 7). Son acolyte Théodore cubicularius est mentionné avec
lui dans les lettres du pape Martin ; mais son surnom de Pellu-
rius ne se trouve qu'ici.
14. tollenles sanctissimum Martinum] Outre les deux lettres à
Théodore de Sainte-Sophie (Jaffé, 2078, 2079) nous avons, sur
l'enlèvement du pape, son voyage, son procès à Constantin ople et
les tribulations qu'il y eut à souffrir, un récit touchant et circons-
tancié, expédié en Occident par un des clercs de sa suite, et rédi-
gé, au moins en partie, avant que le saint pontife n'eût succombé
dans son exil de Gherson. C'est un précieux commentaire à ce
simple mot du biographe et nec sic adquievit eis. Le voyage de
Borne à Constantinople dura un an et trois mois, comme il résulte
de la seconde lettre, où le pape raconte qu'on le transporta d'île
en lie, sans lui permettre de débarquer, jusqu'à Naxos où on le
laissa un an. Je ne comprends pas que Jaffé et son continuateur
P. Ewald aient abandonné ce témoignage formel pour suivre le
sens apparent de la Commemoratio, dans un endroit où son récit
est autrement succinct que celui du pape : « navigantibus (a porta
» Romano) euntibusque iuxta Avidum (Abydos) in insulam quae
» vocatur Naxos non concesserunt beato illi apostolico viro cus-
» todes penitus contiugere terram. » J'ai dit le sens apparent ; ce
texte, en effet, est obscur et manifestement altéré ; tel qu'on le
lit, il est en contradiction flagrante avec les détails donnés par le
pape sur son logement à terre, dans l'Ile de Naxos ; mais il est
facile de rétablir la leçon primitive qui supprime toute obscurité
et tout désaccord : « euntibusque iuxta Avidum, < nisi > in in-
sulam, etc. » La chute de nisi, abrégé h se conçoit très facilement.
15. Deinde-Cersona] Martin fut embarqué à Hiéron, près Cons-
tantinople, le jeudi saint, 26 mars 655. Il arriva à Cherson (Sébas-
topol) le 15 mai suivant (Jaffé,2080), d'où il écrivit, vers la mi-juin
et au commencement de septembre ses deux dernières lettres à un
ami de Constantinople (Jaffé, 2080, 2081). Il s'y plaint avec dou-
ceur d'être oublié de son église de Rome et prie Dieu pour elle
et surtout pour son successeur dont l'élévation lui est déjà connue.
16. vitam finivit...] Commemoratio, Migne, P. L., t. c„ p. 120 :
« Obiit autem idem sanctissimus... Martinus papa, recens rêvera
» confessor et martyr Christi Dei nostri in eadem exulatione
» Chersonae... mense septembrio, die sexta décima, in qua felicis-
» simae martyris et fidem custodientis orthodoxam Euphemiae...
» celebratur memoria, indictione XIV. Positus est autem in tu-
» mulis sanctorum extra muros Chersonitarum civitatis quasi sta-
» dio uno, in... templo sanctissimae... Dei genitricis semper vir-
» ginis Mariae quae cognominatur Blachernes. »
17. usque in hodiernum diem] Cette vénération durait encore au
vm° siècle, alors que fut rédigée la première lettre de Grégoire II
à l'empereur Léon I er Isaurien (Jaffé, 2180) : Tôv 6è uaxdEptov
Maprîvov {jtapTupsî T; iwftu; iv ^ èÇwpiaO^, Xepcrûvoç xarf BoaroSpou,
xit oXoç ô Boppaç, xaï oï olx^Topeç tou Boppâ cl; tô jAvrçjAa aù*roû xa?a-
TpÉ/ovceç xal xi; idt^eiç Xa|x6ivov*Kç (Hardouin, t. IV, p. 12; Mansi,
t. XII, p. 971). — L'abrégé K, qui ne contient que quelques lignes
sur le pape Martin le fait enterrer in basilica sanctae Mariae semper
virginis. Je ne sais si ce nom d'église n'a point été emprunté par
erreur au récit de la tentative d'assassinat contre le pape, qui de-
vait être exécutée à Sainte-Marie ad Praesepe (p 338). Cependant
l'abréviateur a pu avoir connaissance du texte cité dans la note
précédente.
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LXXVII. EUGENIUS (654-657).
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LXXVII.
EUGENIUS *, natione Romanus, de regione prima Aventinense 2 , clericus a cunabulis, ex pâtre Rufiniano, sedit i 434
ann. II mens. VIIII dies XXIIII, benignus, mitis, mansuetus, omnibus affabilis et sanctitatis praeclarior. Rogam
clero solitam tribuit et indigentibus elemosynam subministravit, ut etiam die transitus sui pauperibus vel clero
seu familiae presbyteria in integro erogari praeceperit.
5 Huius temporibusPetrus,patriarcha 3 Constantinopolitanus, direx.it synodicum ad sedem apostolicam, iuxta con- n
suetudinem, omnino obscurissimam et ultra régula, non autem declarans operationes aut voluntates in domino
nostro Iesu Christo. Et accensus populus vel clerus eo quod talem synodicam direxisset, minime est suscepta,
sed cum maiore strepitu est a sancta Dei ecclesia proiecta; ut etiam nec eundem papam demitteret populus vel
clerus missas caelebrare in basilica Dei genetricis semperque virginis Mariae quae appellatur ad Praesepe, nisi
10 promisisset his ipse pontifex minime eam aliquando suscipere. Fecit autem ordinationes ; episcopos per diversa ni
loca XXI. Qui etiam sepultusest ad beatum Petrum apostolum, sub die IIII non. iun. Et cessavit episcopatus
mens. I dies XXVIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
Q.
1 Adventinense BCE — Rufino A 2 : Rufiaho B* : Rofiniano
C2 — 2 mens. VIII B^E — d. XXIII C* — < Hic fuit > ben.
A2:<Fuit> A5: <Fuit enim> E — sanctitateASB^E — praecla-
rus C* e— 3 solitaB 5 : solutam C 12 — etom. A 3 — helemosynam
Ai : el. C2 : elymosinam B35C1; elem. C3 — sumministravit B«c
C 12 : ministravit C 3 — < adeo > ut A* — ut om. A 2 — dierum
A^DG: diebusA 2 : de B ; — A seu] sed C 2 : sive D — presb.]
praeveri A 2 — in om. B 6 — integrum A 2 * : integros C 2 — ero-
gare A'B 33 : erogavi C 2 — praecepit A 2 B' : praecocpit Ci : prae-
ceperi C 2 : praeciperit C 3 : praeceperat E — 5 Constantipoli G 2
— synodicam A 3 E : synodumD : synodicam epistolam A5 — 6
< et > omnino As — obscurissima B 2G C 3 : -mo C 12 — et] ut A 3
— régula B26C 3 — declarabat A* —aut] et A 2 B« — 7 nostro om.
A 2 — et] unde D — cleros C 2 — synodicum C 12 : <epistolam>
A5 — 8 maiori A 3 » — strepito C 2 — est om. A 2 B 3 — sancto C*
— ecclesiam B* : -siae C 2 — dimitterit A* : -ret A 23 5B«CiDE —
populos.... cleros C 2 — 9 missaD — cael. BC — semper-Mariae
om.A 2 •— qui]A" — quiap.] quam C 12 — ad om. A 3 C 3 G : a D —
praesepe apellatur C 3 — 10 permisisset B 6 — his om. A 1 — ipse
om. A 2 — < se > eam al. suscepturum A* — susciperet B 6 C* :
-rit C 2 — ordinationis C 2 : om. C*E : < II > CiD — episcopo-
rum A5 — 11 loca <numero> B 23 C 2 *E — XI A 3 G — 12 <et>
dies D — d. XXI B 23 : XXIII B«
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1. Eugeni us] La seconde lettre de Martin à Théodore de Sainte -
Sophie (Jaffé, 2079) fut écrite quelque temps après son arrivée à
Gonstantinople, en octobre ou en novembre 654. Alors il espérait
encore qu'on ne lui donnerait pas de successeur : <* Spero quod
» nec aliquando fieri habet; quia in absentia pontificis archidia-
» conus et archipresbyter et primicerius locum praesentant ponti-
» ficis ». Cependant Eugène avait été ordonné le 10 août et ses
apocrisiaires arrivèrent à Gonstantinople peu de temps avant la
Pentecôte, 17 mai 655, probablement le vendredi précédent 15,
comme il résulte des dates fournies par les interrogatoires de saint
Maxime (Migne, P. L., t. GXXIX, p. 613 et 621). Martin eut con-
naissance de son remplacement et ne protesta point (Jaffé, 2081;
lettre écrite en septembre 655).
2. De reaione prima Adventinense] Dans une lettre de saint
Grégoire (11, 4), il est question d'un jardin situé « in regione pri-
ma, an te gradus sanctae Sabinae », c'est-à-dire sur l'Aventin.
3. Petrus patriarcha] Pyrrhus, redevenu patriarche au commen-
cement de l'année 655, était mort l'été suivant. Les apocrisiaires
du pape Eugène le trouvèrent encore sur son siège; mais ils
n'avaient point de lettre pour lui ; le pape n'écrivait qu'à l'empe-
reur. Le patriarche parvint cependant à gagner les représentants
du pape, ce qui lui permit de prétendre que l'union était rétablie
entre les églises de Home et de Gonstantinople. La lettre synodi-
que de son successeur Pierre fut sans doute portée en môme temps
que la réponse de l'empereur, au retour des apocrisiaires. Le bio-
graphe d'Eugène nous peint l'accueil qu'on lui fit à Rome. Les
instances du clergé et du peuple auprès du pape Eugène sont tout
à fait conformes à la situation. Il est clair que ce pape, élu sous
l'œil de l'exarque Calliopas et sous l'impression de terreur causée
par l'enlèvement de Martin, avait dû être choisi parmi les mem-
bres du clergé les plus disposés, non sans doute à sacrifier le
dogme défendu par son prédécesseur, mais à apporter quelques
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LXXVII. EUGENIUS (654-657).
ménagements de forme dans les rapports avec la cour. Il s'abstint
d'écrire au patriarche, nommément condamné par le concile de
Latran; mais il s'était laissé élire et consacrer, alors que Martin
n'était ni mort, ni déposé, môme irrégulièrement. Gela suffisait
pour que les personnes zélées craignissent de le voir tomber dans
un piège analogue à celui où ses envoyés s'étaient laissés prendre
à Constantinople, et pour qu'elles lui demandassent des garanties.
Eugène, soutenu et excité par l'enthousiasme des Romains, prit
aussitôt une attitude aussi énergique que ses prédécesseurs. Les
fonctionnaires impériaux chargés de vaincre la résistance du saint
abbé Maxime lui disaient, dans un entretien qui eut lieu le 14 sep-
tembre 656, que,8i les circonstances politiques devenaient plus fa-
vorables, on traiterait le nouveau pape, rebelle lui aussi, tôv iwbwcv
xôv vûv èwxiptJjxevov, comme on avait traité Martin {Anast. Bibl. Col-
lactanea, Migne, P. L. t t. GXXIX, p. 653).
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LXXVUI. VITAUANUS (657-672).
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LXXVIIÏ.
VITALIANUS, natione Signensis, provincia Campania, de pâtre Anastasio, sedit ann. XIIII mens. VI. Hic direxit * i 135
responsales suos cum synodicam, iuxta consuetudinem, in regiam urbem apud piissimos principes, signifîcans de
ordinatione sua. Et dum suscepti essent renovantesque privilégia ecclesiae reversi sunt. Quorum clementia per
eosdem missos direxerunt beato Petro apostolo evangelia aurea cum gemmis albis mirae magnitudinis in circuitu
5 ornatas. Hic regulam ecclesiasticam atque vigorem, ut mos erat, omni modo conservavit.
Huius temporibus 2 venit Constantinus Augustus de regia urbe per litoraria in Athenas et exinde Tarante, inde 11
Benevento etNeapolim per indictionem VI. Postmodum venit Romam, id est V die mensis iulii, feria MI, indic-
tione suprascripta. Et occurrit ei obviam Apostolicus cum clero suo miliario VI ab urbe Roma et suscepit eum.
Et ipsa die ambulavit imperator ad sanctum Petrum ad orationem et donum ibi obtulit 3 ; die sabbato ad sanctam
iO Mariam, itemque donum obtulit. Dominicorum die processit ad sanctum Petrum cum exercitu suo, omnes cum
cereis, et offeruit super altare ipsius palleum auro textilem; et celebratae sunt missae. Iterum sabbatorum die ni
venit imperator ad Lateranis et lavit et ibidem pransit in basilica Vigili 4 . Item dominicorum die fuit statio ad
sanctum Petrum; et post celebratas missas valefecerunt sibi invicem imperator et pontifex. XII dies in civitate
Romana perse verans, omnia quae erant in aère ad ornatum civitatis deposuit; sed et ecclesiae sanctae Mariae ad 136
15 martyres quae de tigulis aereis erant discoperuit et in regia urbe cum alia diversa quas deposuerat direxit. Et
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 VitalinusC 3 — Signessis C*— provinciae B«C 12 EG (-tiae B«C*):
provintia B 3 C 3 — Campania A**C 3 DE : -niae cet. — de] ex D —
ann. XIII C 3 — mens. om. C 2 - 2 responsoles C* : respoailes C 2
— synodoA^ -.synodicum BC 12 (sinodum B*) —regia urbe B 2 «C
— aputA3B<6C23 : adA*— piissimumA 3 C 2 G:-mus B5— principem
significantem A3— 3 renovantesque] renovantibus A 2 — previ-
legiae C 2 — reversus ss C 1 : reversu suntsTC 2 — A eosdemissa
A 1 : eosdem missa A 2 : eos dimissa A 3 DG : eosdem missos A$BE
(missus B3) : eosdem missi C 12 : (easdem C 2 ) : eosde missos C*
— direxit A" : direxerat G 3 E — beati Pétri apostoli C 2 —
evvangelia B5C 2 : evangolica C 3 : < et > evangelia e — mire
A» — circuito B» — 5 ornata A 2 E 5 : ornatis C* : ornatus
C2E1G — adque B 3 *C 3 — vigorem] figuram C* 2 — mox A 2
6 littoralia A&G : litoria B 3 C 2 : littoria D — in om. A3 — Adia-
nas B*: Athimas O — et om. A 2 — Tarantum A^E— deinde C* 2
— 7 Benebento f,i : Veneventum E — Romam AB 23 C 3 : Romae
cet.— id est] idem C 3 — V] XV ADG {om. A5) — iulii om. B5 —
feria III D — indict.] in die B» — 8 superscripta B™ : supras-
criptioC 2 : VI B 2 — ei om. BC 12 — obviam oro.C* 2 — apostolicae
B* : -cum B5 — miliarios B* — V A* 2 C 3 D : XII B* — Roma om.
\iî — 9 et om. A 2 — ipse C 3 — domum B5 (bis) — optulit AG* :
< alia die ad sanctum Paulum et donum ibi obtulit > K —
die sab. -obtulit om. G — sabbati A 15 E — sancta Maria C 3 —
10 dominico A 5 E — cum om. C 2 — suo < et> As — exercito
B5C 3 — omnis A 3 C* — il cireis B 3 : caereis C* : < exierunt
obviam ei > E — optulit A 23 5C*DE : offerunt B« : oferuit B* :
operuit B«— illius EG — pallium A5C I2 DE— textum A 3 D : tex-
tile A5C 2 — caelebratae C — misse C 3 — iterum] item C 1 —
sabbato A 35 : sabatorum C 2 : -ti E — dies A 2 — 12 venit] ambu-
lavit A^ — ad om. A 2 — lavit se A*E — et om. A 2 — prasit A*
B45C* 2 : prandens A 2 — Vigili BC 23 : Iulii E»: Vigiliice*.— iterum
C* 2 D— dominico A 3 5E: dominorum C 2 — die om. B*— stacioC 3 —
13 post-in tantum,p.346, l. 17,oro.E 2 — imp. et pont, invicem A*
— invicem om. A 2 — <et> XII As — civitatem Romanam B 2 —
14 < in > Rom. C 3 — persévérantes A 3 — o~mi qui D — orna-
tam C 2 — civitati A 3 — et om. A 2 B* : ad C* 2 — ecclesiam A 23 5C*
DG : ecclesia CiD— sancte A 1 : beataeEG — Marie A*— 15 mar-
tyris C 12 —quae] qui et B 8 : <tecta> A* — de om. A 2 C 2 — tigu-
lis A* 2 B*C 3 : tigolis C* : tegulis cet. — hereis C 3 —erat AC* 2 G :
< coperta > C 1 — descoperuit A* : discooperuit A 3 5B 6 D —
regiam urbem B 3 s 6 C 12 E — aliis Ae : alias B* — diversas A*B5 :
-sis A«5 — quae A 2 C**E — deposuerit C 2 —
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344 LXXVIII. VITALIANUS (657-672).
IV postmodum, secunda feria, egressus de civitate Romana, reversus Neapolim, inde terreno perrexit Regio; ingressus
Sicilia perindictionemVIIethabitavitin civitate Syracusana et taies afflictiones posuit populo seu habitatoribus Yel
possessoribus 5 provinciarum Calabriae, Siciliae, Africae vel Sardiniae per diagrafa 6 seu capita atque nauticatione
per annos plurimos, quales a seculo numquam fuerunt, ut etiam uxores a maritos vel filios a parentes separarent.
Et alia multa inaudita perpessi sunt, ut alicui spes vitae non remaneret. Sed et vasa sacrata vel cymilia sanctarum 3
Dei ecclesiarum abstollentes nihil demiserunt. Et postmodum 7 , XV die mensis iulii per XII indictionem, prae-
dictus imperator in balneo occisus est.
V vi Et non post multum tempore 8 antedictus sanctissimus vir vitam fînivit. Fecit autem ordinationes IIII, presbi-
terosXXlI,diaconum I; episcopos per diversa loca XGVIÏ. Qui etiam sepultus est ad beatum Petrum apostolum,
sub die VI kal. febr. Et cessavit episcopatus mens. II dies XIII. 10
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 secundum C 2 — et gressus B 6 — Roma C3 — rev. est A 5 —
< in > Neap. Ce — deinde AC'D — terrenum A 2 — terrcnam
perrexit regionem ingressusque est A33 (perr.] per A3) — Re-
gium A 2 — 2 Siciliam ASSB^DE — per om. A5 — indic.] nid C3
— et om. B* — Siracusa D— < qui > et As — talis A*B5C2 :
talem A*3E — adflictionem A 12 3E : -nis B5C 2 — populos C 2
— 3 provintiarum C 3 — Calabriae om. A 2 — Sicilie A 1 — vel
om. E — diagraffa B3 : diagrava C* 2 — adque C 2 — nautica-
tiones AD (nauticas cautiones A 2 ) : -nem C 1 — A plurimi C 2
— qualis B 3 — numquam] non A3 — fuit A 2 : fuerant E — uxo-
ris C* 2 — maritos A*B^C3 : -tibus B 6 : -tis cet.— parentes A*B«
C : pâtre E : parentibus cet. — separarentur B235 : seperarent
C 1 — 5 et om. B* — multa in.J in. tanta A 2 — aliqui C 1 : alia-
cui C3 — nostrae maneret C3 : remanerent B 5 — et om. C* 2 —
— cimilia A 1 *} 2 : sirailia A3: cymia B» — sanctorum A 3 G — 6 ec-
clesiarum om. E — auferentes A 5 : abstulentes B 6 — demise-
runt A*C« : dim. cet. — ind. XII AC 12 : XI El — proditus
A15C12D — 8 post om. D — multo B* C3EG : multa A 3 : modum
C 2 — temporis A 2 B 5 : tempora A 3 : tempus A&B 2 : om. B 3 —
finiit A* — autem om. C* 2 — 9 XVII B 2 — I om. B? — episco-
pos om. C 2 — loca < numéro > A*B 2 — XXVII A*35 — apos-
tolum om. B*— 10 VII kal. B«D
NOTES EXPLICATIVES.
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i. Hic direxit...] Ce n'est pas seulement à l'empereur qu'il écri-
vit, mais au palriarche Pierre; car la réponse de celui-ci fat lue
à la 13* session du sixième concile œcuménique (Mansi, t. XI, p. 572 ;
Hard., t. III, p. 1347). Le nom de Vitalien fut inscrit, probable-
ment alors, sur les diptyques de l'église de Constantinople (Lettre
de Constantin PogonataupapeAgathon,Mansi,t.XI, p. 200, Hard.,
t. III, p. 1047). Depuis Honorius et jusqu'au sixième concile, ce
fut le seul pape à qui l'on rendit cet hommage. La situation se
détendait.
2. ... venit Constantinus] Théophane (a. m. 6160) dit que l'empe-
reur Constant TI, haï de la population de Constantinople, à cause
de l'assassinat de son frère Théodose et des violences exercées
contre le pape Martin, l'abbé Maxime et les autres adversaires du
monothélisme, avait formé le projet de transporter à Rome le siège
de l'empire. Il donne aussi quelques détails sur sa mort à Syra-
cuse, en 668. Quant aux particularités de son expédition en Italie,
elles ne sont connues que par le L. P. et par Paul Diacre, qui, en
reproduisant la narration du biographe de Vitalien, y ajoute,
d'après des traditions un peu embellies, quelques détails sur le
siège de Bénévent et la bataille de Forino. Cî.Vitas. Barbati, Mon,
Germ. Script. Longob., p. 557 et suiv.
3. ... ibi obtulit] L'abréviateur K ajoute ici une visite de l'empe-
reur à Saint-Paul.Le fait est croyable ; mais le silence dei manus-
crits complets ne permet guère de croire qu'il ait été enregistré
par le biographe. Il aura été intercalé, ex ingenio, soit par l'abré-
viateur lui-môme, soit par le copiste du manuscrit dont il se
servait ; la formule vague alia die, employée par lui, contraste
avec les indications précises données pour les autres cérémonies.
4. basilica Vigili] Cette basilique est mentionnée par Jean Diacre
(Vita s. Greg., u, 25) comme voisine de l'appartement du pape
saint Grégoire. — La variante Iulii, dans le ms. E 1 , est sans doute
une conjecture. Il est sûr, en tout cas, que la basilique Iulii, Iulia,
domus Iuliae, conserva après Vigile (Sergius, n° 158) la dénomina-
tion qu'elle portait avant lui (ci-dessus, p. 227, 281).
5. habitatoribus vel possessoribus] Les habitants à un titre quel-
conque et les propriétaires ; cette distinction se rencontre ci-des-
sus, p. 338, 1. 10, dans les mômes termes.
6. per diagrafa...] Par des remaniements du cadastre et des re-
censements qui multipliaient les unités imposables [capita) et par
un impôt sur la navigation (nauticatio).
7. Et postmodum...] Théophane (a. m. 6160) nous a conservé
quelques détails sur cette tragédie : 'E8o\o<povfj(bi ô paa&E&ç Kwvoraç
iv EixeXîa Iv EupaxoÛT^ èv -cû [îaXavefy w ôvojwf Aaîçvrç... Efo*X6dvri 82
aùtû èv T(J> eSp^uivcp (JaXavek) ffuv6tTr,X8«v aûxcji tiç 'AvSpéaç, utôç TpwîXou,
ûroupYwv aÙTy. 'ftç 81 fip!;xro yaXXixw ffjrf,xea8ai, Xa6ùv 'Av8peaç xb
xiBwv SfôtoffixaTixoîpUTfoToO paai\éwçxaisô8éuçàité8pa.To0 8i ^xffAéuç
Xpovtffavroç iv xû jâaXaveup, stomriSwffiv oï èTjw xal eupfoxouai tôv paaiXéa
Ts8vr,xdTa. Cf. Nicéphore, Hist. t p. 31 de Boor. — La date du 15 juil-
let 669, indiquée par le L. P., ne correspond pas exactement avec
les données fournies par les procès-verbaux du sixième concile
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LXXVIII. VITALIANUS (657-672)
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œcuménique (680-681). Ces procès- verbaux, qui forment série de-
puis le 1 novembre 680 jusqu'au 16 septembre 681, sont toujours
datés de l'an treize après le consulat de l'empereur Constantin Pogo-
nat, successeur de Constant II; ceci suppose que la procession consu-
laire de Pogonat a eu lieu entre le 16 septembre 668 et le 7 novem-
bre de la môme année. Il faut donc corriger dans le L. P. soit le
nom du mois, sept, ou oct. au lieu de iul., soit le chiffre de l'indic-
tion, XII en XI. Ainsi on arrive, soit au 15 septembre (ou octobre)
668, soit au 15 juillet de la môme année. L'erreur me parait être
dans le chiffre de l'indiction. J'admettrais donc que Constant II
ayant été assassiné le 15 juillet 668, son successeur ne célébra
l'inauguration de son consulat qu'un peu plus de deux mois après.
8. non post multum tempore] Cette expression n'est pas très juste,
car Vitalien survécut trois ans et demi à l'empereur Constant II.
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LXXVIIII. ADEODATUS (672-676).
LXXVIIII.
137 I ADEODATUS, natione Romanus, ex monachis, de pâtre Iobiano, sedit ann. IIII mens. II dies V. Tante
magnitudinis fuit, mitissimus ac benignissimus, ut omnem hominem a maiore usque ad minimum libenter
susciperet. Peregris conpassionem exhibuit, ut etiam unusquisque quod postulavit sine dubio inpetravit. Sed et
rogam omnibus ampliavit.
Il Huius temporibus * Mezezius, qui erat in Sicilia cum exercitu Orientali, intartizavit et arripuit regnum. Et 5
perrexit 2 exercitus Italiae per partes Histriae, alii per partes Campaniae , necnon et alii per partes Sardiniae
Africae; pari modo venerunt Sicilia in civitate Syracusana, et Deo auxilianteinteremptus est nec dicendus Mezezius ;
et multi ex iudicibus eius truncati perducti sunt Gonstantinopolim, simul et caput eiusdem intartae. Postmodum 3
III venientes Sarraceni Siciliam, obtinuerunt praedictam civitatem et multa occisione in populo qui in castris seu
montanis confugerant fecerunt, et praeda nimia vel aère qui ibidem a civitate Romana navigatum fuerat 4 secum *o
abstollentes Alexandriam reversi sunt.
138 IV Hic ecclesiam beati Pétri 5 qui est via Portuense, iuxta ponte Meruli, ut decuit restaura vit atque dedicavit. Sed
et in monasterio sancti Herasmi 6 situm in Celiomonte, in quo concre visse visus est sanctissimus vir, multa nova
edificia augmentavit; sed et casalia conquisivit et in vita sua abbatem vel congregationem ibidem instituit.
V Post cuius transitum tantae pluviae et tonitrua fuerunt quales nulla aetas hominum memoratur, ut etiam 15
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 monicis B c — ex patre IPD — Iubiano A 2 : lobanne A 3 :
Iuliano A 5 : Iabiano IP : Ioviaiano O : Iobiniano K e* — tante
Aici3 — 2 niagnitudini C 3 — fuit < et ita > A5 — inaiorem
g4 : -ri E — usque] que C 2 — minimo B 3 : minorem C 1 — 3
susciperil C 2 — peregris A 12 B 234 : egrisA 5 B*: peregrinisA 3 B5
C 3 DE : peregrinosC 1 : peregrinus C 2 — conpassione A 1 : cum-
passionem B* : <sic> A 2 — exhiberet B 6 — unusquis B'C 3 . —
postulaverat A 2 : postolavit C 3 — impetraret A 2 B- 3 — 4roga A*D
5 Mizizius K : Mezenzius A5 : Missessuos C* : Messessius C 2 :
Mezetius E {corr.) — Orientis A* : Orientale KB 2 *CE — intarti
(spat. rel.). V — arripuerit A 3 : aripuit C 3 — 6 exercitus om. B 3
— in Ilaliamper très partes alii p.p. H. A 2 — partis A 1 [ter) —
Istriae-partes om. A 3 — Istriae AC*E: <et>C 3 I): <alii perpar-
tes Istriae > C 2 — per-alii om. B 6 — Sardinie Africe C 3 — 7
< et > Africae DE — Africae om. A 2 — et pari A5 — a Sicilia
A 2 : Siciliam A 3 B 3 C* 2 D : in Siciliam A5 : per Siciliam E — civi-
tatem A5C 2 E — Syracusanam A5C 2 DE — Deo <et>D — inte-
remtus B 3 — interemptus-dicendus om. C 3 , spatio relicto —
nec dicendus om. A 2 — dicendum C 2 — Mezenzius A5 : Meze-
tius B 2 : Missessius C 1 : Messessius C 2 : Mezetius E (corr.) —
8 et] ex E (corr.) — multis A I2 D — ex om. B 4 — eius om.
A2 _ truncatis D — et perd. B> — capud A 3 B5CD — eius-
dem A* 3 5B 3 E : eius cet. — intarte B*C 3 E : intartem B<J : in-
artba C 1 : intartara D : intarta cet. — 9 Saraceni A*D : Sar-
racini Ci : Sacracini C 2 — Siciliam AB 3i C-E (in Sic. A 5 E) : om.
O : Sicilia cet. — optenuerunt C 3 — predata B* : praedicta B«
— civitate B* 6 — multas AD: multam EG — occisiones AD : oc-
casionera C 12 : natione C 3 : occisionem EG — populo <egerunt >
A5 : <fecerunt> EG — quiaC* 2 —castras seu montanas A5 :
castra seu montana E — 10 < in > mont. A 3 — confugium
AD : confugerunt B^C^ 2 : configerant B 5 : confugarent C 3 —
fecerant A135D : peregerunt A 2 — < sirailiter > et EG — prae-
dam nimiam A->B>Ci 2 EG : <fecerunt> EG — val B 2 'C* 2 — aes
A 2 s e : ère B 23 C 13 : aerem B* : arae B5 : aerea D — quod A« :
quidem B 3 : de e — ibidem] illuc a* — a om. G* — navigante
B 3 : -gâta D : allatum navigio A5 — fuerant B C D— il abstolen-
tes B 3 : auferentes < in > A5 — Alexandriam AB^C 3 D : -dria
cet. — 12 ecclesia CiD — quae AC*D — Porteuse B5 — pontem
A 3 5B6CD : ponta B> : campum E — Heruli A 2 : Eruli B^C 3 :
Meroli C 1 — t restauravit om. C 3 , relicto spalio — adque O —
13 et om. B 3 5CD : it C 2 — monasterium E — • sancti om. C 3 G —
Erasmi C 2 : om. G — sito A&E — • Ciliomonte B C 1 : Celioponte
C 3 — cre visse A 2 E (corr. e) — est om. D : < predictus > EG —
14 edificia A'B 5 C 3 : aed. cet.— casilia B«D — conquisivit] con-
cessit G 12 — abbate Ai — instruit B* : constiluit B r > — 15 tante
C13 _ pluvie A*C 3 — tanta tonitrua A 2 (om.pluviae et) — toni-
true A 1 — fecerunt C* — qualis A^BC^D: quale B36 : qualia
A 2 : quanta A5 — etas A 1 — meminit A5C 4 Ei : < esse > C*Ei —
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LXXXVIIII. ADEODATUS (672-676). 347
homines et peculia de fulgore interirent. Et nisi 7 per letanias quas cotidie fiebant Dominus est propitiatus ut
potuissent homines triturare vel in horreis frumenta recondere, in tantum ut ex ipsas pluvias denuo legumina
renascerentur ; et ad maturitatem devenerunt, pro quo capitulo etiam homines mirarentur. Fecit autem ordina- VI
tionem I per mens, decemb., presbiteros XI III, diaconos II, episcopos per diversa loca XLVI. Qui etiam sepultus
5 est adbeatum Petrum apostolum, sub die VI kal. iulias. Et cessavit episcopatus mens. IIII dies XV.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 peculi A 2 : pecora KA* — de om. B» — fulgure A 13 3e* :
fulgora B5E5 : fulgura B* — nisi si C 3 — per om. As — lecta-
nias O — quae AB 2 C«2D — quotidie Ci : cottidie O — faciebat
B* — esset A*B**C* : om. C 3 — propitius C* : propiciatus C 3 —
ut] vel B 2 : non A5 — 2 tribulare B* : tritulare B* — orreis
C 23 — ex] et B 6 — ipsa pluvia A 25 D : ipsis pluvhsÀ 3 E — lego-
mina C 3 — 3 venerunt A 2 : pervenerunt A 3 : devenirent As
— quo capitulo] quare A 2 : quo A5E 5 — etiam homines] om-
nes etiam C 1 — 4 diac. VI A 1 — loca < numéro > B 23 C*
— XVII B* — 5 apostolum om. A 2 — XVI k. G — iulias] iun. B 2
— d. XV <A tempore.ordinationis sanctiGregorii papae usque
hune sunt anni XCV m. V dies XIUI >E* 2 (papae om. E 2 — hue E*)
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Uuius temporibus Mezezius...] Cette usurpation est placée à
tort sous le pontificat d'Adéodat, car elle suivit immédiatement la
mort de Constant II (668). Théophane (a. m. 6160) : Kal xoûxov
(Kwv<jxav) 8dc^avxe<; M#Ç«Sv xiva 'Aptiiviov [îaffiXéa iteirofirixav p:aai;j.evoi
xoûxov T 4 v yàp Xuxv eùrpe^ç xat wpaioxaxoç. 'Axoûaaç 8è Kwvsxavxîvoç
x*,v xoû -rarpô? dtzoStwaiv |j.exà irXeîsnv; vauaxoXîaç x* k v EixeXîav xaxi-
Xa6ev, xal /etpuadttievoi; MtÇîÇtov xoûxov dvatpeï sùv xûv çovitov xoû ÎStou
icaxpôç. Kal xaxaTrf.aa; xà itnzépux èitl xi,v KwvaxavxivoûicoX'.v u>p[rr è <j£v.
2. Etperrexit exercilus Italiae...] Le biographe distingue ici deux
corps de l'armée d'Italie, dont l'un s'embarque en Istrie, l'autre en
Campanie. Un troisième vient de la Sardaigne, qui, depuis le
temps des Vandales, se trouvait rattachée au gouvernement mili-
taire d'Afrique; c'est évidemment cette dépendance qui est expri-
mée par le rapprochement des deux noms Sardiniae Africae. — Le
pape Vitalien prit part à ce mouvement en faveur de la dynastie
d'Héraclius. Constantin Pogonat le reconnaît expressément, dans
sa lettre au pape Donus (Conc, Mansi, t. XI, p. 200; Hardouin,
t. III, p. 1048), où il rappelle que, en dépit de certaines oppositions,
il fit maintenir le nom de Vitalien dans les diptyques de Cons-
tantinople, à cause de l'attachement qu'il lui avait témoigné au
temps des tyrans, Ôtà xV -jrpoaayjteîaav t,jjlïv àyà-m-p xapà xoû aùxoû
BixaXiavoû, h xr k Çwrj a-jxoû è~l xf 4 ç xivT.œwç xwv f,}iExip(i>v xupivvwv.
3. Postmodum venientes Sarraceni...] Cette expédition n'est pas
mentionnée par les chronographes byzantins; mais il en reste une
trace dans une chronique arabe du ix° siècle, citée par M. Amari
(Storia dei Musulmanî in Sicilia, t. I, p. 84, note 4; cf. p. 98, 99) :
a "Wakidi raconte qu'Abdallah-ibn-Kaïs fit des prisonniers en Si-
» elle, qu'il y prit des statues d'or et d'argent couronnées de pierres
» précieuses. Il les expédia à Moawia (khalife de Damas), qui les
» envoya à Bassora afin qu'on les embarquât pour l'Inde et qu'on
» les vendît à un prix avantageux ». — n est possible que cet évé-
nement n'ait eu lieu que quelques années après la mort de l'empe-
reur Constant II et qu'il doive se placer sous le pontificat d'Adéo-
dat. C'est sans doute pour cela que le biographe de ce pape aura
placé ici, non-seulement le récit de l'expédition sarrasine, mais
encore celui de l'affaire de Mizizius, qui lui paraissait avoir avec
elle une certaine connexion.
4. vel aère...] Cf. Vitalien, p. 343, 1. 14.
5. ecclesiam b. Pétri — ponte Meruli] Le nom de Campus Meruli
désignait, au moyen âge, une vaste étendue de terrain entre le neu-
vième et le onzième mille de la voie de Porto (Nibby, Dintorni,
t. I, p. 369; cf. Galletti, Primicero, p. 161, 237, 301, 320, 373). Il se
conserve encore dans celui de Campo di Merlo, attaché au même
quartier de la campagne suburbaine. Le pons Meruli, dont il est
ici question, était un petit ponceau, jeté sur un des ruisseaux qui
descendent à cet endroit des collines voisines du Tibre. Les ruines
de la basilique ont été retrouvées en 1858, dans les travaux du
chemin de fer de Rome à Civita-Vocchia, à sept milles et demie de
Rome, entre les stations de La Magliana et de Ponte di Galera.
Elle était orientée, de 25 mètres de long sur 24 de large, terminée
par une abside et divisée en trois nefs par des colonnes. La voie
ferrée passe précisément sur son emplacement, de sorte qu'il ne
s'en est rien conservé. M. Angelo Pellegrini en fit, peu après la
découverte, l'objet d'une monographie intitulée La basilica di s. Pie-
tro in Campo di Merlo, Rome, 1860. Cf. De Rossi, Bull. 1870, p. 107.
6. in tnonasterio ». Herasmï] Le monastère de Saint-Érasme,
supprimé depuis plusieurs siècles et dont les ruines elles-mêmes
ne sont pas apparentes, se trouvait derrière l'église de Saint-
Étienne-le-Rond, sur le Cœlius. On y voyait autrefois une
inscription grecque qui contenait une énumération d'immeubles
appartenant au monastère; ils y sont appelés collectivement <ï>viaxà
irpodoxeia. M. de Rossi, qui publiera prochainement cette inscrip-
tion, y voit précisément les casalia que le pape Adéodat est dit ici
avoir achetés pour Saint-Érasme. Du marbre original il ne reste
qu'un fragment, indiqué dans ma reproduction par des majus-
cules; encore a-t-il disparu depuis que M. de Rossi l'eut découvert
dans une vigne hors de la porte Pinciana. Mais le texte avait été
copié dès le xi« siècle et inséré dans le registre de l'abbaye de Su-
biaco. Celui que je donne ici m'a été communiqué par M. de Rossi,
qui l'a rétabli d'après le fragment retrouvé par lui, et d'après
le registre de Subiaco et autres copies du xvi e et du xvn c siècle.
Cf. Corp. Inscr. gr., t. IV, n°8S53; De Rossi, /nscr. christ. y t. II, p. 44.
f ï*rô 6s<i)8o<nou IXa^îoxou itpec6uxépou hfpdyrpxv xà ôvd|iaxa xô"v àvia-
xôv icpoaaxtov toû ayîou xal iv8ô!-Or EIEPOMAPTTPOC EpaffjjLOÛ : Kopviçhciî
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vov, 'QÀepivov,IIaTi£vov,<po0v6oç ANTIKVIG nONMNIANOv, Aovfiivov jMxpôv
Aovyiivov jjiya, MapiwpaxotAa, AaxxOr MEHANON BOrStxouXa, cpoGvfioç
Daxpsyiivov, Mouxiivov, KouapriXtiNON MÀStjnXuivov, Kdtax «psppdxa,
cpoûvSoç Mouxiivov Teroepapdpouix, 'Apfotou, Kaoxli\ç, youvSoç Tp^^ç,
çoCvSoç KavxeXXixouXa, tpoûvSoç CxpoujjLaxiava.
7. Et nisi per letanias...] La construction doit être faite de ma-
nière à donner le sens suivant : c Et ce ne fut que par des proces-
% sions quotidiennes que le Seigneur fut fléchi . »
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LXXX. DONUS (676-678).
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139 i DONUS, natione Romanus, ex pâtre Mauricio, seditann. I mens. V dies X. Hic atrium * beati Pétri apostoli
superiore, qui est ante ecclesiam in quadriporticum, magnis marmoribus stravit. Sed et ecclesiam Apostolorum 2
sita via Ostense ut decuit restauravit atque dedicavit. Item ecclesiam sanctae Eufimiae 3 posita via Appia similiter
Il dedicavit. Clerum videlicet diversis ordinibus honoribus ampliavit. Hic repperit in urbe Roma, in monasterio qui
appellatur Boetiana 4 7 nestorianitas monachos Syros, quos per diversa monasteria divisit; in quo praedicto monas- 5
terio monachos Romanos instituit. Huius temporibus 5 ecclesia Ravennas, qui se ab ecclesia Romana segregaverat
causa autocefaliae, denuo se pristinae sedis apostolicae subiugavit. Cuius ecclesiae praesul, nomine Reparatus, e
vestigio, ut Deo placuit, vitam finivit.
m Hic dum esset electus, per augusto mense, apparaît Stella a parte Orientis a gallo canto usque mane per
menses très, cuius radia caelos penetrabat; in cuius visione surgentes omnes provinciae et gentes mirabantur. \o
Qui post semetipsa reversa disparaît ; pro quo capitulo etmaxima mors a parte Orientis subsecuta est. Fecit autem
ordinationem I, presbiteros X, diaconos V; episcopos per diversa loca VI. Qui etiam sepultus est ad beatum
Petrum apostolum, sub die III id. april. Et cessavit episcopatus mens. II dies XV.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Conus E— adrium A* — 2 superius A5C 4 DE : superiori C 1 -•
quod ADE— ecclesia B2*« — in om. A* — et om. B S E — ecclesiae
B 3 : ecclesia B*C 3 — 3 sitam AW — Ostiense E — restauravit
om. C 3 — atque] et A* 2 — Item-dedicavit om. B 3 — itemque
BEG : et C 3 — <et> eccl. B5G — eclisia Ci : ecclesiae C 3 D —
Eufemiae B«C*D : Eufimie C 3 — positam A 3 5B5C2E — 4 < et >
hon. AC 4 D — ampliavit om. A 3 — reperit A*B5 : reperiit C 2 —
Romaoro.AS — in om. A 1 — quod A 2 5E : quo B5 — 5 Boet. apel-
latus C 3 — Boeziana A 1 : Boezanas A* 3 5 : Boatiana C 2 .: Boetia-
nuoi E — nestorianita A 3 — monachis B 6 : monachus C 2 —
Syrus B 6 — monasteria] loca D — divisit) misit A 2 — in
quod dicto C 1 — praedicto om. C 2 — 6 monachus Romanus
C 2 — ecclesiae B 3 — Ravenna A 2 D : Ravennate A 3 CE : Raven-
natis B 6 C* — quae A25C*D — 7 causa om. C* — auctoche-
phaliae A 1 : altocaephabe A 2 : auctocephaliae A 3 : autocephalie
A 5 D : autocacfaliae B 24G C 3 : autocefaliae B 3 : auctocaefaliae B* :
aucxocaevaliae C 1 : auctocevaliae C 2 — pristine A 1 : pistrine
C 2 — sedi A 25 E — aposlolorum C 1 : apostolice C 3 — nomine]
nostra A 2 — Repatus C 3 ■— e] se C* : suae C 2 — 8 vertigio C 2 —
Deo]dam C 2 — 9per om.'A*— per <in>E — augustum mensem
B2Qi2D — stilla A*C 3 : om. C 1 {suppl.) — a p. Or.]apparuit orio-
rientis B 3 — Orientes C 2 — galli A 3 *— cantu A 3 5B3DE — <ad>
mane A« 3 E— 10 mens. VI C 3 — radios (?) A* : radii A 23 5C*E :
radio C* 2 : radius D — caelum E — penetrabant A«5B 2 *50 :
penetravit C* 2 — surgentis A5B 23 C m E : om. A 2 — provintie C 3
— 11 quae A 23 5 DE — semetipsam A 23 5 : etipsa B^C 1 : etipsam
C 2 : in semetipsam C*E — qua C 3 — cap.] signo A 2 — et om. AD
— Orientes C 2 —12 presb. II B« — diac. X A 2 — <numero >
VIB23C*E— etiam] et AD — 13 sub die om. A 2 — I1II id. KÀ*G
— id.] kl. A 3 — II om. C*
NOTES EXPLICATIVES.
1. atrium b. Pétri superiore] L'atrium proprement dit, ou paradis
(plan H). Cf. Symmaque, p. 262 et p. 266, 267, notes 23 et suiv.
2. ecclesiam Apostolorum, via Ostense] C'est, je pense, la petite
église située à gauche de la route, en allant vers Saint-Paul ; on y
a localisé la tradition relative à la séparation des deux apôtres
Pierre et Paul au moment de leur supplice.
3. ecclesiam s. Eufemiae] Sur l'emplacement de cette église, v.
Silvestre, note 104, ci-dessus, p. 200. Au vm« siècle elle devint le
centre de la domusculta Sulpitiana (Hadbietî, n°348; cf. Tomassetti,
Archivio Romano, t. II, p. 147).
4. monasterio Boetiana] La situation de ce monastère m'est in-
connue. Le nom qu'il porte pourrait bien dériver do celui de l'il-
lustre famille romaine des Boôce.
5. ecclesia Ravennas] Voici la première fois que le L. P. men-
tionne les démêlés de l'église de Ravenne avec le saint-siège; il en
sera souvent question dans les notices suivantes. Agnellus en parle
aussi, mais, naturellement, dans un sens opposé, en s'inspirant
des passions et prétentions ravennates. Il laisse d'ailleurs beau-
coup à désirer sous le rapport de la précision et de l'exactitude.
En dehors des deux livres pontificaux de Rome et de Ravenne il
ne s'est conservé sur cette affaire d'autre document que le privilège
d'autocéphalie délivré à l'archevêque Maur par l'empereur Cons-
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LXXX. DONUS (676-678).
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tant II. — Comme je l'ai déjà exposé plus haut (Introduction,
p. cxxix6,note), les archevêques de Ravenne cherchaient à obtenir
le même genre d'indépendance dont jouissaient, vis-à-vis du pape,
leurs collègues de Milan et d'Aquilée. Ils avaient sans doute leur
province à eux, leur personnel d'évêques suffragants, leur concile,
comme on disait. Mais, la ville de Ravenne étant comprise dans la
circonscription métropolitaine du pape, ils étaient vis-à-vis de lui
dans la même dépendance que les autres évêques suburbicaires :
leur élection était vérifiée à Rome; ils étaient obligés d'y venir,
d'abord pour se faire consacrer par le pape, ensuite, après leur
consécration, toutes les fois que le pape les invitait à son concile.
C'est ce lien da sujétion qu'ils cherchaient à rompre, sans rien en-
treprendre au fond contre l'unité de communion, sans prendre une
attitude schismatique, comme les patriarches d'Aquilée.L'arche vêque
Maur, qui monta sur le siège de Ravenne vers l'an 642, s'abstint
de venir au concile de Rome, réuni en 649 par le pape Martin,
bien que ce concile ne fût pas un simple concile suburbicaire. H
envoya, il est vrai, des légats, avec une lettre où il motivait son
absence sur les circonstances politiques. Quoi qu'il en soit de la
sincérité de ces excuses, Maur profita de la présence de l'empereur
Constant II en Sicile pour obtenir un privilège conforme à ses dé-
sirs. Nous avons encore ce privilège, appelé plus loin (Léon II,
n° 149) typus autocephaliae (Monum. Germ. Scr. Longob., p. 350,
note). Il est daté du 1 er mars 666. En voici les passages caracté-
ristiques : « Quia autem et pro suae postulavit (Maùrus) protec-
» tione ecclesiae, credimus eum iam satisfactum esse, quia nihil
» neglectum est quod ad salutem stabilitatem vel honoris augmeu-
» tum vestrum vestraeque ecclesiae pertinet, privilegiis eam mu-
» nientes pro quibus ab omni maioris sedis ditione exui et sui
» esse iuris eum sanctamque eius post eum ecclesiam sancivimus
» et firmam stabilem atque inconvulsam manere iussimus perpe-
• tuo. Sed et nunc pro ampliori alacritate mentis eius per prae-
» sentem nostram piam iussionem sancimus amplius securum at-
» que liberum ab omni superiori episcopali conditione manere et
» solum orationi vacare pro nostro exorando imperio et non subia-
» cere pro quolibet modo patriarchae antiquae urbis Romae, sed
» manere eum autocephalon et sanctam eius post eum ecclesiam
» eum omnibus sibi portinentibus per diocesim et parochiis, ordi-
» natoribus sicut reliqui metropolitae per diversas reipublicae
» manentes provincias, qui et a propriis consecratus episcopis,
» utens videlicet et décore pallii sicut nostrae divinitatis sanctione
» superna inspiratione praelargitum est ». — Dans cette reproduc-
tion j'ai corrigé çà et là l'orthographe du document, dont le texte
ne nous est connu que par une copie défectueuse et de très basse
époque. La concession impériale est représentée comme ayant été
précédée par d'autres de même sens, mais conçues sans doute
en termes plus généraux. Les tentatives de l'archevêque Maur
pour obtenir l'autocéphalie remontent donc à urne date antérieure
à l'année 666. Leur succès fut consigné dans son épitaphe (Agnel-
lus, c. 114) où se lisaient les vers (?) suivants:
Virtutibus tuis ad culmen tuam relevasti sede[m] ;
serta tenens apostolica, ad iura propria colîocasti.
Devant son sarcophage, dans le pavé de Saint-Apollinaire, on li-
sait, en lettres de mosaïque :
Hic requiescit in pacé Maurus archiepiscopus,qui vixit annos plut
minus LXVII, quitempore Constantini imperatoris liberavit ecclesiam
suam de iugo Romanorum servitulis.
Son successeur Reparatus (671) fut, nous dit Agnellus (c. 115),
ordonné par trois de ses suffragants, ut mot est Romanus pontifex
consecrari. Agnellus ajoute plus loin (c. 116) qu'il ne se soumit pas
au siège romain, non sub Romana se subiugavit sede; mais ceci est
contredit par un fait qu'il rapporte lui-même quelques lignes au-
paravant : « Decrevit (Reparatus) ut in tempore consecrationis non
» plus quam octo dies Roma electus moram invertat. » Ce décret
suppose évidemment qu'il était intervenu un accord avec le pape,
que l'archevêque avait renoncé à l'autocéphalie et accepté le retour
à l'ancien usage, d'après lequel les prélats ravennates devaient
aller se faire consacrer à Rome. Cependant, si l'on s'en rapporte
à Agnellus (c. 111), cet accord ne fut pas respecté après la mort de
Reparatus et son successeur Théodore (677) fut ordonné à Ra-
venne, par ses suffragants.
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LXXXI. AGATHO (678-681).
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140 l AGATHO, natione Sicula, sedit ann. II mens. VI dies IIII. Tantum benignus et mansuetus fuit ut etiam
omnibus hilaris et iocundus conprobaretur. Huius temporibus * Theodorus archiepiscopus Ravennas semetipsum
sedis apostolicae post multorum annorum curricula praesentavit.
III Hic suscepit 2 divalem iussionem piissimorum principum Constantini, Heracln et Tiberii Augustorum per
Epiphanium 3 gloriosum a secretis, missa praecessori suo Dono papae, invitans atque adhortans ut debeat* sa- 5
cerdotes vel missos suos dirigere in regia urbe pro adunatione facienda sanctarum Dei ecclesiarum, quod et
ordinare non distulit. Et direxit 5 Abundantium Paternensem, lobannem Regitanum et Iohannem Portuensem
episcopos, Theodorum et Georgium presbiteros, Iohannem diaconum, Constantinum subdiaconum 6 , Theodorum
presbiterum Ravennatem 7 atque religiosos servos Dei monachos. 8
xvii Clerum videlicet diversis ordinibus super quod conpetebat honoribus ampliavit. Hic ultra consuetudinem 9 io
arcarius ecclesiae Romanae efficitur et per semetipsum causa arcarivae 10 disposuit, emittens videlicet desuscepta
per nomencolatorem n manu sua obumbratas. Qui infirmitate detentus arcarium iuxta consuetudinem instituit.
Ul XVI Huius temporibus, indictione VIII, luna eclypsin pertulit 12 mense iunio, die XVIII. Similiter et mortalitas
maior atque gravissima subsecuta est mense suprascripto, iulio, augusto, septembri, in urbe Roma, qualis nec
temporibus aliorum pontificum esse memoratur; ut etiam parentes cum filiis atque fratres seu sorores binati 15
per lecta ad sepulchra deducerentur. Postmodum vero foras circumquaque suburbana et castra devastare non
cessavit.
IV Qui suprascripti missi i3 sedis apostolicae qui directi fuerant in regia urbe, ingredientes die X mensis novem-
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Agathon A 3 B«C> — Sicalus AC*E^G: Secula C 3 : < ex mo-
nachis > KE*G — an. V C 2 — d. XIIII KG: 111 El; om. C<— tan-
tus A 2 : tam Ci — 2 hilarus VM — Theothorus C 2 — Ravennae
A S E : Ravennatis A 3 B*G*G : Ravennate C** : Ravenna D — se-
metipsum om. A 2 — 3 sedi apostolice B r C 3 — 4 < horum >
princ. A 2 — principium C 3 — Constantin! om. D — Eraclii B™
C-3 _ et om. A 2 — pro C 1 — 5 Epyfaniura A* 2 D : Aeephiphania C 1 :
Ephiniam C 2 — raissara B>E : simum A 1 : simo a*A 3 : sima
B<; — praecessorc A 3 : -ri B 3 : predecessori A 5 : processori C 1 —
Dono] Dôm A 2 — invitantem atque adortantem C 4 E — 6
regiam urbem A5B5C 2 DE — per B* — adunationem ASC^E —
faciendam A'C* — quod] quas A 3 — 7 ornare B 2 : ornante B 3
— Habuudantium A 3 5B*CD (-tio C 2 ) : Abundantiara B 1 — Pater-
nense Ai : -sis C 1 : Patermens C 2 — Cagitanum A 2 : Regia
tantum C* : Regitamum C 2 — 8 episcopum B 2 * — et om. A 3 » —
< et > Const. E 5 — subdiaconum om. El — 9 Ravennate El :
Rabennatem Es — adque B5 et ita sacpe — religiosus A^B^C 2 :
-so C 3 : relegiosos C 1 — servus B« : viros B* — mouachus B3C 2
— 10 videlicet om. B* — diversisj divisit AD — < et > super
As : < et ut > super E — < eos > hon. E — ultra] contra
A 3 — 11 archarius A1B5D: -riae B 4 : aroarius B 3 : archus Ci;arius
C 2 — et] ut D — causam ASB'DE: accusa B* — arcarivae A 1 BC 2
(acha-B 3 : arcba-B») : archive A 3 : arcariae A 2 B*C 13 *E (archa-
B 4 ! ) : arcarii A5 : archarium D— etmitlens A 23 EG : emittet B 6
— de om. E {suppl.) — de susceptam B* : -tu E — 12 nomin-
colatorem A 1 : numentocolatoremC 1 (corr.) : nomencolatorem
C 3 : numenculatorum B 5 : nomencultorum B 5 : nomenculato-
rem cet. — manus A 2 EG — suas E — obumbrata A 2 : adumbra-
tas A 5 : perobumbratas B 2 C 3 : perumbratas B 3 C 12 — infirmi-
mitati A*B 24 : -tis B 3 — archarium B _1 C 13 : arcarius B« — iuxta
cons. arc. Ai — 13 ind. VIIH KB5 : VII B* — lunae C 3 — cgly-
sin B5 : celypsin B 6 : eclipsit C 2 : glypsin O : eclypsim Es —
iunii C 12 — dies B 6 — 14 maio C 1 — grandissima A 2 : grandes B 4
— suprascriptos A 3 : sexto C* 2 : < et mense > A 1 : < et >
A25D — iulii augusti C* 2 — < et > aug. A 2 " — < et > sept.
ADE — < et > in A* — 15 fratribus AD — vel nati A* 23 D : bi-
natim A*B5C*E : vinati C 3 — 16 at B 2 — circaq. Ci — non om.
AD — 17 cessât B* — 18 regiam urbem A5B3C 2 DE
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LXXXI. AGATHO (678-681). 351
bris, " indictione V1III, Domino solaciante atque principe apostolorum comitante, suscepti sunt a principe in
oraculo beati Pétri apostoli, intro palatio, porrigentes ei et scripta pontificis. Quas dum suscepisset, commo-
nens eos atque adortans ut non per pisma 15 aut furore, sed pacifica dispositione, rémittentes philosophicas
adsertiones, puram sanctarum Scripturarum Patrumque probatam fidem per synodalia décréta satisfacerent ;
5 et dans indutias ad retractanda scripta, tribuens eis omnia quae ad sustentationem sufficiebant in eorum
expensa, in domo qui appellatur Placidias. Die XVIII mensis suprascripti, die dominico, advocati sunt in pro- v
cessione ad sanctam Dei genetricem ad Blachernas in tanta honorificentia ut etiam de palatio caballos stratos
dirigeret cum obsequio pietas imperialis et sic eos susciperet, ea ipsa commonens ut pacifica adsertione testi-
monia venerabilium Patrum proponerent.
10 Die XXII mensis novembris ,6 , in basilica quae et Trullus appellatur, intro palatio, sub regalicultu résidente vi 142
et cum eo Georgio patriarcha Gonstantinopolitano, Macaro Antioceno, suscepti sunt missi sedis apostolicae,
deinde metropolitae vel episcopi Orientalium partium numéro CL. Qui proni adorantes, residere praecepit una
cum nostris; post haec patricii, ypati omnique synclitu. Et habita inquisitione ab eius pietate cuius partis
deberet ostensio adprobari, legati sedis apostolice dixerunt : « Oportuna veritas et ratio exigit ut a parte
15 » eorum qui unam voluntatem et operationem in domino Iesu Christo adserunt, apostolice sedis exponere. »
Qui audientes laeti effecti, paratos se esse dixerunt. Et accepta licentia, ea hora suos intromiserunt libros et vil
tomos di versos et synodos quos falsaverunt; nam non per veritatem se superare estimaverunt, nisi per men-
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1 non" indictionis B 16 : nona iadictio E — solatium tribuente
A 5 : sociante B> : solaciente C 3 : solanteE — principem D — co-
mitandiB*: commiltanle B^Gi — 2oraculumA 2 — intraB 36 C 4 E:
intro in C*— palatium A 2 C*E : -cio C 3 — ei om. C 2 — et om. C^B*
DEG — scribta A 1 et ita porro — pontifices C* — quam B* :
quae E — commonuit-E — 3 atque] usque C 2 — atq. adh.]
adhortatus est A* — adbortans AW^ : ortans A 3 — pessima
B5GD : pissimaG 1 * : cisraa G 4 : scismaE — furorem A 2 5C 2 E —
sed <per> C* — remitentes A 1 : remittens A 2 : renuentes
A' — philosopbyas Bj : phylosopbicas C 3 — 4 adsertionisC 1 :
adserciones C* — ;puraque A 5 : et puras A 2 : purasA 3 — sanc-
torum AC*DE — scriptura A» : om. C 4 E — patrum om. A 3 C 3 —
que] et C 4 E — probatam C 4 E — que] quae A* — conprobatam
AD: probatum B^C 12 — <et> per B^ — per om. C 3 — 5 et om.
A 2 — inducias A 3 B5Ci 3 D — tractandas A 3 : retractandam
B3 : -das B« : setractanda C 2 — scripturam B* — tribuit A* —
eis om. A* — omnia om. A 23 » — sustentatione B 34 C 3 — suf-
ficerent A 2 : -ciebat EG — in eorum om. A 3 — 6 in domo om.
B 3 — quae A 3 5B*E — Placilias A 2 : Placidas A 3 C 3 : Placidiam
Ci 2 — XVII B« — supr. om. D — advocate C 2 : -lis D — sunt]
vel D— 7 processionem A 2 G 2 EG — gen. < Mariam > A 2 —ad]
in B 46 — Blacernas A 23 C*: Balcernas B3 — tantam honorificen-
tiam E -— cavallos A* — stractos C 2 — 8 obsequio < o > A*
C' 2 D — impériales B^cciî: imperatoris A* 23 D — et-ipsa otn. A 2
— et] ut A 3 C 2 D — susciperit A 3 C 2 — ea] et B« — ipse B* —
communes G 12 — adsercione G 3 — 10 XXI A 3 : XX B5 — de-
cemb. A 3 — basilicam B^ 6 — et om. ADG : ea B* — appellatus
B 6 : apellatur C 3 — in AD : intra B* : intro in C* 2 — palatia
G 2 : palacio G 3 — regale C* 2 : reguli D — culto B* — resedente
B 5 G 2 D : <imperatore> A5 : < piissimo principe > C 4 — 11 eo
<et>E— GeorgiusA^D: Gregorius A 3 — Constantinopolitanus
A 123 : -polim D — Macario B™DE : -rius A 23 -r- Antiocenus A 3
— misse C 2 : misi G 3 — apostolice C 3 — 12 metropiite C 3 —
numerus D : om. A5 — prono G 3 — resedere A I2 D — 13 bec
C 3 : bos A5 — patriciis E 1 — yppati B* : om. D — et omnes
incliti A 2 : omnesque incliti A 5 — omniquae E3 — synclito A* 3 :
sinclito C* 2 : inclitoD : synglitu B 4 : sincletu E* : syncletu Es :
< in introivit > E*G — inquaesitione C 1 : inquisicione G 3 —
eius] eis G 3 -— impietate B* : piaetate C* — partes B5G 3 : -tem
D — 14 deveniret B* — ostentio C 2 — appropriari A 5 — lega-
tis C 3 — apostolice A*C 3 : -lorum C 12 — oratio As : racio C 3 —
exegit A 3 G 12 : exiit B* — a parte] pars A 2 — 15 op. < et in
operationem> B 6 -- adserunt A*D — apostolice A 4 C 3 — ap. -ex-
ponere] exponant A5 — 16 leti C 13 — parati AD : paratus B* —
seom. A 23 — dixit B* : dd C* : om. D — et om. AD — eadem A 2 :
om. D — suos om. B 3 — et] in A«5D : vel A 2 : om. B* — 17
tbomos C 12 : domos D — tomis diversis A5 — et om. B* — quas
A 23 E — falsaverant KADG— veritate A* — seom.AB 3 D — aest.
BG' 2 — est. nisi] nitebantur sed KEG —
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352 LXXXI. AGATHO (678-681).
dacia et diversa commenta quos in libris ipsis addiderunt. Et relegentes per singula reperti sunt mendaces,
unam operationem et voluntatem dicentes. Et in quinta synodo epistula Vigilii papae ad Mena patriarcha atque
libellum eiusdem Menae in quaternionibus noviter additis falsaverunt, una voluntate et operatione dicentes;
quod coram principe et synodo claruit. Alia die 17 , catholicae fidei defensor pius princeps secretario resedens,
inquisitione de ipsos codices facta, ita repperit falsa noviter addita fuisse. 5
143 vin Die XII mens, novemb. 1S , résidente synodo cum eius pietate, susceptisunt missisedis apostolicae etpraecepit
eos in synodo residere, présentantes locum sanctissimi ac beatissimi Agathonis papae. Quorum dictum est ut
omnes libros quos scirent ad causam fidei pertinere coram synodo adducerent; quod et factum est. Et vocato
Georgio diacono et chartofylace 19 ecclesiae Constantinopolitanae, praeceptum est ei ut iuxta eorum notitia co-
dices ex bibliotheca ecclesiae ad médium deduceret. Et dum adducti essent et relegerentur, utrique similes 10
repperti sunt, duas naturas duasque voluntates et opéra tiones habentes. Et confusus L0 Macarus coram synodo
inventus est mendax. Tune interdieens 21 pietas augustalis Georgio patriarebae ut minime in ecclesia sua susci-
peret Macarum vel eius homines et interdieens ei procès s um. Haec prima eius ruina fuit.
IX Die XIIII mens, februar. 22 , auxiliante beato Petro apostolo ut veritatis lumen appareret, intromissa sunt
coram synodo venerabilium Patrum dicta, Iohanni Constantinopolitani, Cyrilli, Athanasii, Basilii, Gregorii, 15
Dionisii 23 , Hilarii, Ambrosii, Augustini et Leonis, duas naturales voluntates et operationes inChristo dicentes
ad satisfactionem principis vel synodo.
144 X Sequenti die 24 , in eodem secretario resedente synodo una cum principe, synodica sanctissimi Agathonis papae
relecta est et ad singula conprobata Patrum dicta inserta. In qua synodica et episcopi occidentales partes sub-
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1 quae A 2 5B 2 EG— libros A* 3 :libris ss E— ipsi A*B 3 G: istisB*—
addiderant EG— religentes B 3 «c 2 î: <eos> A5— singulas B* —
repperti C — mendaces om. B* — 2 et in-dicentes om. C 12 —
quinto A* 2 D — lulii D— Mennam A* 23 E: Menam A»: Moena D —
patriarcham A* 2 * — adque C 3 — 3 eiusd. lib. B 6 — Meune AD :
Mane B ; : Mené C 3 — addictis C 3 — falsaverunt] vencrunt B 6
— unam voluntatem et operationem A — dicentes om. A 2 B 3
— 4 quod om. B 5 — principem A*D — synodo < eius > B 6
— placuit A*— <in > secr. A>E — residensAB^E : praesidens
C 12 — 5 inquisitionem A 2 D : inquestione G 12 : inquesictione C 3
— ipsis AB 2 E — codicibus A 23 jB 2 E: quodiecs C* — ita om. A 2 —
< in > falsa C 12 — falsa-fuisse] falsam esse noviter additam E
— falsa <esse et> A5— fuisset A«D— 6 XIIJ décima AD — de-
cemb. EG —resedente A»CiD — eiusl'cis C 2 — piaetate C 1 — missis
A 3 D — apostolice A* — praecoepit C 1 — 7 eos om. A — in om.Ci —
synodos C* 2 — resedere A 1 B 3 D : resede C 2 — praesentantis B* —
sanctissimum ac beatissimum B 2 « 6 C 12 (ac beat. om. B«) — beati
A3 — quibus a* ASC^G — 8 omnis G 2 — quoram B* —que C 3
— et voc] evocato D — 9 diac. om. C 1 — et om. C 12 — carto-
filace Ai : chartofylace C 3 — ecclesiae] apostolicae E {corr.) —
eccl. Const.] et B* — notitiam B 2 «E : noticia C 12 — 10 de-
ducerent A 13 DG : ducerent A 2 — fuissent A 2 — religerentur C 2 —
verique C'- — similis A*C 2 — 11 reperti A* — que om. C 3 —
voluntatis C 2 — confessus AD — Macharus A*: Marcus B 2 — 12
interdixit A 5 : -centes C 12 — imperialis A& : augustales B* — ec-
clesiam suam B56 — sua om. A 2 — susceperit A 3 : susciperit
C 12 : suspiceretD— 13 et om. A 2 — interdi centes C 1 — eis C 2 :
< et > A 2 — hec C 3 — 14 XIII E — tiumen D — aperiretur
A 2 : aperiret B*Ci 2 : < et > C* 2 — 15 coram om. B* — dicta
< scilicet > A 2 — Iohannis X^D : -ne C 3 — Constantinopo-
litano B6— Anathasii A 3 : Athanas C 2 : Anastasii D— 16 Diuni-
sii B 3 :om. B<î — Hilarii Ambrosn om. E : <Hiër> A 2 — Agus-
tini C — operationis C 2 — in Christo] hic glossema habet K,
quod vide supra, p. H2, /. 19 — dicentium A« — 17 satisfac-
tione B^G 3 — principes C 23 — synodiA*G — synodo-resedente
om. A 2 — 18 sequenteC 3 — edemC 1 — sedenteB s : reseden-
tesD— cum<pietate> Ai— principem D : <sicut> A* 23 D —
sanctissimi] sancti superscripti b'^ (-pto B*) — Agathnis C 3 —
papa G— 19relicta B>E — et om. C E —singula < dicta > B 3
- probata B 3 : adprobata C 2 : < que >A5— inserta < habeat>
A5— et om. A 2 E*G — episcopos C* — occidentalis B3 — paren-
tes B 3 : om. A 2 —
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scripserunt GXX quinque. Post haec 25 adhortatus est nec dicendus Macarus a sancta synodo vel a pio principe
omnique senatu ut profiteretur unam aut duas confiteri voluntates aut operationes. Qui nullatenus audivit sed
potius neque una neque duas in Salvatore dicere Yoluit. Deinde protulit piissimus et serenissimus princeps
tomum ad relegendum in qua una et heretica dogma Macari erat conscripta et eius manu subscripta aper-
5 tissime una voluntate in Domino affirmante. Post ipsius subscriptione et Theodori expatriarchae utique iuxta
eo tenore ibi subscriptio eius erat. Et interrogatus 26 Georgius patriarcha si ea fide qua docet sedis apostolica
amplectitur iuxta scripta Agathonis papae seu sanctorum venerabilium Patrum. Qui respondens ut accepta
licentia in scripto quae oportuna erat responderet. Et in his recedentes, die XVII mens. febr. 27 , die domi- XI
nico, intro oraculum beati Pétri intro palatium, adstante synclitu simulque et patriarcha, legatos sedis apos-
\o tolicae suscepit, relegens suggestionem aliam pro eorum commendationem a sanctissimo papa directa. Qui
Georgius sanctissimus patriarcha professus est ea die in scriptis duas naturas duasque voluntates et operationes
credere et praedicare sicut sedis apostolica, et anathematizans eos qui unam naturam, voluntatem et operationem
dicunt.
Die XXV mens, febr., 23 resedente synodo una cum pio principe simulque et legatos sedis apostolicae, Ma- xti 145
\o carum adesse iusserunt; et data a principe licentia ut se partes quis in qua vellet divideret, Georgius patriarcha
regiae civitatis cum suis in parte orthodoxorum, Macharus vero cum suis in parte alia hereticorum. Et deducentes
ad médium professionem Georgii patriarchae, quam fecerat et porrexerat principe relecta est. Et commonitus
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1 subscribserunt A 1 : subscripserant B ç — <num.> CXXV
EG — CXX om. G 1 — quinque conieci] quae A 3 : que D: et a*,
erasis aliquot literîs : om. A.-C*[: cumquecef. — adoratus B 3 6C 3
— nec dicendus om. A$ — a om. A 3 — sanctam A 1 — 2
senalo A 3 : synatuC 2 — confiteri om. C 12 G : confiteretur A*
— voluntatis C 12 — aut] et A 1 » : vel EG — opérations C* 2 —
qui om. A5 — null. < eos > As — audebit B 2 : -bat DG — 3
unam A^C 12 — dicere om. A 23 — principes C 2 — 4 doraum
B* : totum G 12 — legendum A 123 D : regendum B^C* 2 — in quo
erat hereticum dogma conscriptum A 2 : in quo unam secun-
dum hereticum dogma e. c. A* : in quem unum hereticum d. M.
e. conscriptum EG — et om. G 3 — Macari om. C 1 — conscriptam
Q2 — et- subscripta om. A 3 — manus AD : manum G 12 — et-
subs. om. A 2 — subscriptum EG — 5 unam AEG — volunta-
tem A 3 G 12 EG — affirmans A* : confirmante B 3 : adfirman-
tem E - post] sub C*E — subscriptionem A^G 12 : scrip-
tione E — Theodorus A* 23 D — etpatr. A 2 D: expatriarcha
A 3 B 2 : -chi C 12 — iusta B5C 2 : om. A 2 — 6 eum A 3 : eum-
dem A* — tinore A 1 : tenoremA" — eius om. A 2 * — inter-
rogatur B s — eam fidem A 5 C 24 — quae EG— doceat B 2 — sedes
A35E — apostolicae B 6 D — 7 amplecteretur A 2 3C 4 — scriptura
<venerandi>EG — sanct. <ac> EG— respondit ADG — 8 in
om . A*5— scriptis A 2 : -tione E — que A*— essent A 2 — respon-
dere A 13 D — resedentes A 1 : recesserunt A 2 : praecedentes G 12
— XVII] XX E5 — 9 dominicum G 2 — intra A 23 5B 23 — oraculo
Liber pontificalis.
D — sancti E — Pétri < apostoli > A 3 — intra B 3 * — palatio
A 13 D : -cium C 3 — astantes A 2î : preseutibus A5 : adstantes G 12
D : astante B'> 6 C 3 — synodo a* : inclitos A 2 : synclitos A 3 : in
v clitis A5 : sinclitu B 2 : sinclyto B 3 : synclytu B* : inclitu B* 6 : in-
gelatuC* 2 : synclitu C 3 * : synclito Ai (?) D : sinclctoE —patriar-
che A^ 2 — < et > leg. AD — Iegalis A* : legaUtrios A 23 : le-
gatus G* 2 : -to E — 10 apostolice C 3 — cepit A5 : om. A 2 —
rclegerunt A 2 : -gi A 5 : religens B^C 2 — subgestio A* — alia
A 5 B5 — commendationem A^ 13 : -ne cet. — a om. A 5 — sanc-
tissimum B*: sancti superscripta B^: superscripto B G -pape A*
— directam E — 11 sanctissimus] sancti superscripti B56 — pa-
triarche B 6 — eo C 12 EG — in om. A 2 — scriplas B5 — volun-
tatis et operationis G 12 — 12 et om. C 3 E — sedes A 3 ' — et om.
B*E — anathematizavit A* — naturam om. B 3 : < et>AG 12 : <et
unam > D — 13 < in Christo >dicunt C 4 : < in domino Iesu
Christo>dicuntEG — 14 resedente A'G 3 D : sedente A 2 : résidentes
A 5 : -dente cet. — pio om.C* — simulque om.A 1 — legatis A 2 5EG:
tio A 3 : -ti O : -to C 2 — apostolice C 3 — 15 data est A* — li-
centiam D — se partes] sequentes AD — se] sibi B 2 — quam
Ci2 — velle A» : valet B5 — dividere A»D : devideret G 2 —
archa C 3 — 16 reiaecilalis C i2 (reie- C 1 ) — cum-vero om. C 2 —
partes E — ortli.<stctit> EG — aliorum A 2 : om. B 3 — 19 pa-
triarcha B 234 C 3 — fecerant A 3 — porrecla C 3 E — a principe B&:
principe C 3 — commotus A 2 : communitus B"> —
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suprascriptus Macarus quid sentiret vel crederet, respondit se in ea perfidia quae ante proposuerat perdurare et
XIII nullatenus orthodoxe fidei adquiescere. Ea hora sancta synodus una cum principe eius orarium abstolli iusse-
runt. Et exiliens Basilîus Gretensis episcopus eius orarium abstulit et anathematizantes foris synodum proiecerunt
simulque et thronum eius; Stephanum autem discipulum eius cervicibus a sancto. synodo clerici Romani
eicientes expulerunt. Ea hora tante tele aranearum 29 nigrissimae in medio populi ceciderunt ut omnes mira- 5
XIV rentur quod sordes hereseum expulse sunt. Et Deo auxiliante unité sunt sanctae Dei ecclesiae. In locum vero
Macari 30 ordinatus est Theophanius abbas monasterii Baias, insulae Siciliensis,patriarcha ecclesiae Àntiochenae;
Macarus vero cum suis amatoribus 31 , id est Stephano, Anastasio ex presbiteris, Leontio ex diaconis, Poly-
chronio, Epiphanio et Anastasio ex presbiteris et inclausis, in exilio in Romana directi sunt civitate. Deinde
abstollentes de dypticis ecclesiarum nomina patriarcharum vel de picturis ecclesiae aut in foribus ubiubi esse io
poterant auferentes, id est Cyri 32 , Sergii, Pyrri, Pauli, necnon et Pétri, per quos error iste orthodoxe fidei
XV usque nunc pullulavit, tanta gratia divina Omnipotentis concessa est missis sedis apostolicae ut ad letitiam
populi vel sancti concilii qui in regia urbe erat, Iohannes episcopus Portuensis dominicorum die octava
Paschae 33 in ecclesia sanctae Sophiae publicas missas coram principe et patriarchas latine celebraret et omnes
unanimiter in laudes et victoriis piissimorum imperatorum idem latine vocibus adclamarent. 15
146 il Hic suscepit divalem iussionem secundum suam postulationem, ut suggessit, per quam relevata est quantitas
qui solita erat dari pro ordinatione pontifîcis facienda; sic tamen ut si contigerit post eius transitum electionem
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i suprascriptio B 3 C 2 : sanctus D : om. C* — quod C* 2 —
sentire A 3 — crederit G 2 — respondisse A 3 : -det B 4 — quam
A135C12D : quem A 2 * qua B 6 — praeposuerat A* 2 — 2 or-
thodoxe A*C 3 : -xorum A 2 : -xo G 1 — adquiesceret B« —
sajicta om. A 2 — synodos G 2 — principena C 1 — ei A 5 — ora-
turium B 3 (corr.) — abstolii-orarium om. A 3 — abstuli
B*D — iusseruat-abstulit om. A 2 — 3 iusserunt < ad
collo eius>Ci(ac 1 ) — et om. C 3 — BasileusC 3 —epis-
copus Gretensis aecclesiae EG — or. eius G 1 — anathematizante
eum A 1 — anethe- B 3 : auathemazaatisG 2 : anathimatizaates
G 3 — proiecerunt eum f. sin. EG — sinodum A 1 — eiecerunt
A2 — . A thomum B5 — Stipandam G* 2 — <eius> a E —
sancta A5B2 — 5 eicientis G 2 — cxtulerunt A 3 : expullerunt C 2
— tante AiB 5 Ci 3 — tele B*C — araneorum B 2 D — mé-
dium A* — 6 quos B 8 — sordis C* 2 — heresium A :
-saeum B 2 JD — expulserunt B* : -lerunt D — unatae
C» 2 : unitate D — sunt om. A 3 D — Dei om. A 2 — Dei eccl.]
deitate C 12 — loco Ci 2 E — vero om. G 3 — 7 Teophanius A*B* :
Theopanius C 3 : Stephanus E — abba D : < sancti >
AS — monasterio A 23 B*G 23 : -styrio C» — Pagias AC» 2
D : < qui appellatur > Baias EG — msule Siciliensi G 3 — pa-
triarchae B*>Gi 2 — Antheocenae G 3 : Antiocliiae AC» 2 D : est B*
— 8 Macarum A 123 — < clausus > cum A5 — Stephanum
A 2 — Anastasium A 23 — < et > ex A* — ex] et B« — presbi-
tero B* : -rosC 3 E — Leontio < et Anastasio > A> — Leontium
G 12 — Qnom. B*E (suppl. e) — 9 Polocronium A 2 : Pulchronium
C*2 — Epifanium A 2 — Ephiphanium C» — et Anast.-inclausis
om. A 5 : et Anastasio om. EG — Anastasium A 2 C* — exj et B*
— clausis A 2 B 3 : inclassis B' : Leontium et diac. A 2 — in om.
D — exilium A* 2 D: -liisC*: -lii C 2 — Romanam C 12 — civitatem
C12E — 10 abstulentes A 2 B« : abstollens C* 2 : om. A* — dipticis
B 256 D : tippoticis C* : tipticis c*C 2 : adypticis E — ecclesia C 3 :
< figuras eorum > EG — in om. A* — foris D — ubi A 23 *
C 23 D : ubi et ubi B — il potuerunt A 2 C* 2 — auf.] abstule-
runt A5 : ofFerentes C* : oferentis C 2 — id est om. A 2 —
Cyro A 2 : Cyrus A 3 , et cet. nominativo casu — Sergi B :
Serii G 12 — Purli C* 2 — Paul. Pyrr. E — necnon et om. A 2 EG
— error-fidei] errores hereseos contra orthodoxam fidem A 5
— istae B 2 : om. EG — orthodoxe A*C 3 — fidei] sed eius C 2
— 12 pululavit AiC 1 : pollulavit B 3 : pullulabit C 2 — devina
C 2 — missi A*C 3 — apostolice C 3 — 13 populi] pauli f 2 — quod
A 2 * : quae B* — regia] grecia C* 2 — erant E — Iohannis B5C* 2
— Portuenses B*C 2 : Portensis C 3 — dominico A 3 : dominato-
rum C 2 — octavo B 3 : -vum B**-bum C 3 : octabas E : uni C* [na-
tum ex vm) : VIII G 2 — 14 Pasche G 3 — ecclesiam E — sancti
C ! : beatae EG— mis. pub. lat. cel. cor. pr. et p. LG — quoram
C* 2 — patriarcha A 3 E : -chis A5 — latinae caeleb. C 12 — et- adcl.
om. D— omnes om. A 23 * — 15 unian. A 3 B*6Ci — in om. A"* EG —
laudis B5 — victorias A^BC^EG : victoris B'C 2 — item A* :
id est B* : diem C* 2 - latinis A5 — adclamaret A 1 —
16 iussionem om. A* — revelata A 2 B 46 C* 2 D — 17 quae
A235E — solidita C 2 : solicita G 3 — per A5B«DE {corr. e) —
ordinationem A5B 3 C ! D — faciendam A 3 — contegerit C 12 :
cuntigerit C 3 —
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fîeri, non debeat ordinari qui electus fuerit, nisi prius decretus generalis introducatur in regia urbe,secundum
antiquam consuetudinem, et cum eorum scientiam et iussionem debeat ordinatio provenire. Hic demisit omni XVIU
clero rogam unam et ad luminaria Apostolorum et sanctae Mariae ad Praesepe sol. II milia CLX. Fecit autem
ordinationeml, presbiteros X, diaconosIH; episcopos per diversa loca XVIII. Qui etiam sepultus est 35 ad beatum
5 Petrum apostolum, sub die IIII id. ianuar. Et cessavit episcopatus an. I m. VII d. V.
VARIANTES DES MANUSCRITS
1 débit C2 — de beatus donari C* — fuerat D — ni C* — de-
cretum A* — générale A 5 : -lem C* — regiam urbem A 5 C 2 EG
— civitate B* — < ut > sec. C* 2 — 2 et] ut AD— cum cm. B«
— eorum om. A3 — scientia etiussione B*«EG (conscientia E)
— ordinatio om. E — demisit A^CD : dim. cet. •— orane B* —
3 lum. < ecclesiarum > A 5 — sancte Ai — CXL E — 4 1 om.
C 3 — loca < num. > Aifi23C<DE — VIII D — est om.
B234Q — ad] apud B* — 5 Petrum om. O — sub die om. AD —
III B5 — mense I anno I B» — ra. V G^
NOTES EXPLICATIVES.
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i. Theodorus archiepiscopus Ravennas] Théodore siégea de 677 à
691. Sa signature et celles de ses suffragants figurent au bas de la
lettre adressée à l'empereur Constantin Pogonat par le concile de
Rome, tenu au printemps de l'année 680 ; un de ses prêtres, appelé
aussi Théodore, fut adjoint, comme représentant spécial du siège
de Ravenne, à la légation envoyée à Gonstantinople par le pape
Agathon et par le concile d'Occident. Agnellus (c. 124) parle de
tout cela avec sa passion habituelle. Gomme le biographe d' Aga-
thon, il atteste que Théodore se rendit personnellement à Rome et
qu'il y fit sa soumission au pape : € Cum autem pervenisset Ro-
» mam, subiugavit se suamque ecclesiam sub Romano pontifice » ;
mais il présente comme une comédie sa participation au concile
romain et à la défense de la tradition orthodoxe. Théodore avait
laissé de mauvais souvenirs dans le clergé de Ravenne : AgneUus
s'en est inspiré.
2. Hic suscepit divalem iussionem] Cette lettre impériale, qui figure
en tête des actes du sixième concile œcuménique, porte, dans le
texte latin, la date du 12 août 678. Elle fut donc expédiée quatre
mois apr*s la mort de Donus (11 avril 678) et plus d'un mois
après l'ordination d'Agathon (4 juillet 678).
3. per Epiphanium] Ce fonctionnaire n'est nommé ni dans la
lettre impériale, ni dans les réponses qu'y firent le pape et le con-
cile romain.
4. ut debeat — pro adunatione] En effet, il ne s'agissait pas
d'abord de réunir un concile. Lettre de l'empereur au pape Donus
(Conc., Hardouin, t. III, p. 1046; Mansi, t. XI» p. 200) : « Post-
» quam igitur tempus non recipit perfectam congregationem fieri,
» adhortamur vestram paternam beatitudinem per praesentem nos-
» tram piam sacram dirigere viros utiles ac modestos... indutos
» personam vestrae apostoiicae sedis eiusque concilii, déférentes
» et libros qui oportent proferri, et omnem auctoritatem habentes,
» quatenus convenientes cum hic posito sanctissimo ac beatissimo
» patriarcha et Macario sanctissimo patriarcha Theopolitanae ci-
» vitatis perscrutentur, etc. »
5. et direxit...] Les actes du concile de 680-681 nomment ces trois
évoques, non précisément comme légats du pape, mais comme dé-
légués du concile d'Occident. Les véritables légats et représentants
du saint-siège sont les deux prêtres Théodore et Georges, avec le
diacre Jean, qui devint plus tard pape (Jean V) : ils siègent et si-
gnent toujours avant les patriarches d'Orient.
6. Constantinum subdiaconum] Ce Constantin n'est pas mentionné
dans les procès- verbaux du concile, mais il est nommé dans la
lettre de l'empereur à Léon H, et dans la réponse du pape, qu'il fut
chargé de porter à Constantinople (Jaffé, 2118). C'est peut-être lui
qui devint pape en 708.
7 Theodorum presbiterum Ravennatem] U est nommé dans tous
les documents du concile œcuménique. C'est probablement lui qui
figure, comme archiprêtre de Ravenne, dans un récit d' AgneUus
(c. 118-123).
8. religiosos servos Dei monachos] L'empereur avait demandé au
pape d'envoyer au moins trois clercs de son église, quelques évo-
ques occidentaux, douze au plus, et quatre abbés de chacun des
quatre monastères byzantins : fx 6è Tewcipwv BuÇavrfav {Aova<roïpCwv
iÇ éxiarou (jLovaan\pfou dtôédfôaç Tlacrapaç. Dans sa réponse, le pape
mentionne simplement, après les autres envoyés, et religiosos servoh
Dei monachos, exactement dans les mêmes termes que le L. P. Ces
moines, énumérés dans les procès-verbaux du concile, sont : Théo-
phane, prêtre et higoumène du vénérable monastère de Sicile ap-
pelé Baïas ; Georges, prêtre et moine du monastère de Renas ou
Renatus, à Rome ; Conon et Etienne, prêtres et moines du monas-
tère de la domus Arsicia, également à Rome. Le premier d'entre
eux devint patriarche d'Antioche avant la fin du concile.
9. Hic ultra consuetudinem arcarius] Sur Yarcarius ou caissier de
l'église romaine, v. Gailetti, Primicero % p. 107 et suiv. Cet auteur
ne connaît que deux arcarii antérieurs à Agathon, un dont il est
question dans une inscription de Saint-Paul citée par lui et que
M. de Rossi (Roma sott. t t. m, p. 521) estime être du vi* siècle
environ :
t DE DONIS DÏ ET BEATI PAVLI AP0ST0LI DOMETIVS DIAC. ET
ARCARIVS SCAE SED. AP0ST0L. ADQVE PP VNA CVM ANNA
DIAC. EIVS GERMANA HOC V0TVM BEATO PAVL0 0PTVLERVT
L'autre, Diuliarius, est qualifié d'arcarius dans une inscription fu-
néraire de l'année 568 (De Rossi, Inscr. christ, t. I, n° 1118), mais
rien ne prouve que sa caisse fût celle du saint-siège. Un Anas-
tasius, argentarius et arcarius ecclesiae Romanae, est mentionné en
559, dans uue quittance du pape Pelage I er (Jaffé, 953). — Selonle
L. P., le pape Agathon se nomma lui-même caissier; U délivrait, à
chaque encaissement, des reçus (de suscepta) rédigés par son no-
menclateur, mais signés de sa main. Ce fait est propre à nous édi-
fier sur la pénurie de personnes à la fois lettrées et honnêtes qui
Tégnait à Rome vers la fin du vn« siècle. La correspondance de
saint Grégoire montre qu'il n'était pas très facile à ce pape si cons-
ciencieux de recruter son administration de façon à n'y avoir que
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des gens tout à fait sûrs. Quant à l'éducation du clergé, la lettre
du pape Agathon à l'empereur Constantin Pogonat témoigne que
les malheurs des temps l'avaient rendue bien incomplète; cf. De
Rossi, Inscr. christ. , t. I, p. 518.
10. causant arcarivae] Arcariva semble être un mot formé comme
comitiva, pour désigner l'emploi à'arcarius. La leçon, cependant,
n'est pas sûre ; il faut peut-être lire arcariae.
il. per nomencolatorem] C'est la première fois que ce fonction-
naire est nommé dans le L. P. Cf. Galletti, Primicero, p. 162, et,
ci-dessous, Comtàntiït, n» 171.
12. luna eclypsin pertulit] Cotte éclipse eut lieu le 17 juin 680,
à dix heures et demie du soir (Pingre, dans Y Art de vérifier les
dates, t. I, p. 65). La différence d'un jour vient peut-être de ce que
le biographe compte les jours du soir au soir et non de minuit à
minuit.
13. Qui suprascripti missi...] Ce récit du sixième concile œcumé-
nique est confirmé, pour l'ensemble, par les procès-verbaux des
séances et par les autres pièces officielles relatives à cette assem-
blée. Cependant beaucoup de détails ont été mal rapportés ici ; les
dates assignées aux diverses sessions sont presque toutes fausses;
les faits sont quelquefois intervertis, ou racontés deux fois, ou
transportés d'une session à une autre. Il n'est rien dit des trois ou
quatre dernières sessions (xv-xvm), tenues du 26 avril au 16 sep-
tembre 681. En revanche quelques faits moins importants ne sont
pas mentionnés ailleurs qu'ici. De cette comparaison entre notre
récit et celui qui se déduit naturellement des documents officiels, il
faut conclure que ces documents n'ont point été mis à contribution
par le narrateur. H fallut du reste un temps assez long pour que
Ton pût s'en servir à Rome. Les légats en rapportèrent le texte ori-
ginal grec en juillet 682. Le pape Léon fit aussitôt traduire quête
ques-unes des pièces les plus importantes; mais au moment où il
mourut (3 juillet 683) la plus grande partie et notamment les pro-
cès-verbaux des sessions dont parle notre auteur étaient encore à
traduire. On sait, par une note attachée à l'un des manuscrits de la
version complète, qu'elle existait déjà au temps du pape Sergius
(687-701), mais il est impossible d'en fix er la date avec plus de pré-
cision. Quant à la vie d' Agathon, elle n'a pu être terminée aussitôt
après la mort de ce pape, mais seulement quelques mois après ;
on y raconte en effet que l'évêque de Porto célébra la messe à
Sainte-Sophie le 21 avril 681 ; or, Agathon était mort le 10 janvier
précédent. En tenant compte du temps que les nouvelles devaient
mettre à venir de Constantinople, il est impossible que le ibiogra-
phe ait terminé son récit du concile avant les derniers jours de
mai. On arrive à la même conclusion en remarquant la façon dont
il parle de l'exil de Macaire, patriarche d'Antioche, et de ses adhé-
rents. Il sait qu'ils furent envoyés à Rome et il connaît leurs
noms à tous, ou au moins il en connaît plus qu'il n'y en a dans
les pièces officielles. Il les a donc vus ou tout au moins il a eu
connaissance de la lettre par laquelle le pape dut être prévenu de
leur arrivée. Or, parmi ces personnages, se trouvait le moine Po-
lychronius, qui no fut condamné que le 26 avril. D'autre part, je
ne crois pas qu'il faille abaisser beaucoup au delà de l'année 681
la date de la vie d'Agathon; car, outre que la plupart des notices
de ces temps-ci sont écrites par des contemporains, celle-ci pré-
sente un trait caractéristique que l'on ne rencontre pas dans la
suivante, l'omission d'Honorius dans la liste des personnes dont
la mémoire fut condamnée au concile. Cette omission ne se ren-
contre pas dans la notice de Léon II. Que le biographe de Léon II
soit ou ne soit pas le môme que celui d'Agathon, cette différence
montre au moins que les notices de ces deux papes n'ont pas été
rédigées en même temps et dans le même état d'information ou
d'esprit. Il n'y a nul indice que le clergé romain de ce temps-là ait
fait difficulté d'accepter la sentence contre Honorius, une fois
qu'elle fut bien connue et constatée officiellement. Si le biographe
d'Agathon ne l'a pas mentionnée, c'est qu'il n'avait pas encore, sur
ce point, les garanties que l'on était assurément en droit de récla-
mer pour accepter une chose aussi grave. Or ces garanties furent
apportées à Rome par les légats, qui revinrent au mois de juillet 682,
avec les documents officiels du concile. La notice d'Agathon aura
donc été écrite avant cette date. Maintenant, du moment où le
biographe n'a pu se servir des procès -verbaux authentiques, où
a-t-il pris ce qu'il rapporte du concile? Pour répondre à cette
question, il suffit de se rappeler avec quel soin les légats envoyés
à Constantinople en 519, pour une affaire analogue à celle-ci, ren-
seignaient le pape Hormisdas sur la marche de leur négociation.
Une correspondance analogue dut s'engager entre Constantinople
et Rome en 680 et se poursuivre tant que dura le concile. Le pape
Léon II y fait allusion, quand il écrit à l'empereur, le 7 mai 683,
que les procès -verbaux du concile sont en pleine conformité avec
les rapports des légats : « Tocppoûv twv suvoSixûv tô C«poç àva8pa-
jAOvreç xat èitt^e'Xwç icepicpva?i|ievoi **** ëxaara twv £ito[ivr)|uET<i>v dhcaer^-
ffavre<;,Tà afai fiicep xal ol toû àiroffroXixoO 8pc5vou X^Yaxipiot ilftyfjaavco
toTç aujtipwvoùatv éyypattpoiç 7^po[xsv cujiêafveiv » (Conc. y Hardouin,
t. III, p. 1472; Mansi, t. XI, p. 728). Les événements de Constan-
tinople étaient donc connus à Rome bien avant l'arrivée des légats,
grâce aux dépêches qu'ils y envoyaient. C'est de ces dépêches que
notre auteur me parait s'être inspiré.quoique peut être indirectement.
Cette explication rend aisément compte du décousu et du manque
d'ordre qui caractérisent son récit. Réduit à en tirer les éléments
d'une correspondance où ils se trouvaient nécessairement éparpil-
lés, il était exposé au danger de prendre pour deux faits différents
un même fait raconté deux fois, de confondre les dates des ses-
sions avec celles des lettres qui en parlaient, d'intervertir même
les événements, qui ne sont jamais si rigoureusement ordonnés
dans un dossier épistolaire que dans une série de procès-verbaux
datés et classés. On comprend aussi qu'il a pu, en recourant à
cette source, avoir connaissance de certains faits intéressant per-
sonnellement les légats, mais qui n'étaient pas de nature à figurer
dans les procès-verbaux du concile.
14. die X mens, novemb.] L'arrivée des légats à Constantinople
et leur audience de réception à la cour impériale ne peuvent être
postérieures au 10 septembre 680 ; ce jour-là, en effet, Constantin
Pogonat écrivait au patriarche Georges pour lui en donner con-
naissance. Dans sa lettre il dit expressément des légats a qui et
» nunc ad nostra convenerunt vestigia, porrigentes nobis etiam
» duas suggestiones, unam quidem eiusdem sanctissimi Agathonis
» papae, aliam vero concilii eius » (Conc, Hardouin, t. III, p. 1050 ;
Mansi, t. XI, p. 204). Les deux premières sessions du concile eu-
rent lieu le 7 et le 10 novembre.
15. pisma] Transcription latine du grec raïofjLa, que l'on trouve
employé avec le sens d'obstination orgueilleuse, par exemple dans
la première lettre (apocryphe) de Grégoire II à Léon l'Isaurien
(Conc, Hardouin, t. IV, p. 8; Mansi, t. XII, p. 966).
16. die XXII mens, novemb. — synodo claruit] Les procès- verbaux
indiquent le 7 novembre comme le jour de l'ouverture du concile.
Notre narrateur groupe ici, à la date du 22 novembre, les événe-
ments qui remplirent les sessions I, II, IH, V, VI, VIU, tenues
les 7, 10, 13 novembre, le 7 décembre 680, le 12 février et le 7 mars
681, c'est-à-dire la lecture et la discussion des actes des trois der-
niers conciles œcuméniques et des textes des Pères allégués par
les monothélites.
17. Alia die — addita fuisse] L'enquête sur les manuscrits du
cinquième concile eut lieu à la quatorzième session, le 5 avril 681 ;
l'empereur n'y assistait pas en personne.
18. Die XII mens, novemb» — et factum est] C'est à la septième
session, le 13 février 681, que les légats présentèrent et firent lire
un recueil de textes de Pères favorables à la doctrine orthodoxe.
A la dixième, le 18 mars, ces textes furent collationnés avec les
manuscrits de la bibliothèque patriarcale de Constantinople et
trouvés exacts.
19. Georgio diacono et charte f y lace] Ce personnage figure en effet
dans les actes du sixième concile. C'est lui qui, à la première ses-
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sion, Ta chercher au patriarcat les actes des trois derniers conciles
œcuméniques et les apporte devant l'assemblée. Il parait s'être
compromis dans le parti monothélite. Nous le retrouvons à la
neuvième session, dans un groupe de dignitaires ecclésiastiques
auxquels le concile imposa une profession de foi et qui la présen-
tèrent à la session suivante. Gomme c'est précisément dans celle-ci
que l'on vérifia les textes allégués par les légats romains, Georges
ne put guère y remplir le rôle que lui attribue notre narrateur. A
partir de la session onzième, on le retrouve dans l'exercice de ses
fonctions.
20. Et confusus Macarius...] Ceci se rapporte peut-ôtre à la dé-
convenue qu'éprouva Macarius lorsque, dans la troisième session,
il fut prouvé que les actes du cinquième concile, dont il se préva-
lait, avaient été interpolés. Peut-être aussi s'agit-il de la huitième
session (7 mars), où l'on commença à découvrir les coupures ha-
biles qu'il avait pratiquées dans les textes des Pères. Sa déposi-
tion eut lieu le lendemain (ueuvième session), après plus ample
informé sur ses fraudes et constatation de son obstination.
21. Tune interdicens — ruina fuit] Ceci n'est pas rapporté ail-
leurs.
22. Die XIIII mens, febr.] La lecture des textes des Pères dont
il est ici question eut lieu dans la dixième session, le 18 mars.
Notre auteur la distingue à tort de la vérification des témoignages
recueillis par les légats romains, dont il a parlé un peu plus haut.
23. Gregorii, Dionisii] On cita des textes de saint Grégoire de
Nazianze et de saint Grégoire de Nysse. Le Denys mentionné ici
est le pseudo-aréopagite.
24. Sequenti die...] La lettre d'Agathon et celle du synode romain
sont ici présentées comme une seule lettre; la dernière en effet est
la seule qui porto les cent vingt-cinq signatures épiscopales. Elles
furent lues non point le 15 février 681, comme on le dit ici, mais
le 15 novembre 6S0, à la quatrième session. Du reste, tout ceci est
fort embrouillé dans le récit du biographe. Voici la suite des faits
d'après les procès-verbaux. Après que le concile se fut fait lire,
pendant les sept premières sessions, d'abord les actes des trois
derniers conciles œcuméniques, puis les lettres d'Agathon et du
concile d'Occident, enfin les recueils de textes pour et contre le
monothélisme, les légats du pape demandèrent que les patriarches
Georges et Macaire, avec leurs suffragants, fussent requis de dire
ce qu'ils pensaient des lettres d'Agathon et de son concile. Les
patriarches requirent alors communication écrite de ces docu-
ments, afin de vérifier les témoignages patristiques qu'ils conte-
naient, promettant de rendre réponse à la session suivante. On
était alors au 13 février. Le 7 mars eut lieu la huitième session. I^e
patriarche de Constantinople déclara adhérer aux lettres d'Agathon
et son exemple fut suivi par tous les évoques de son ressort, sauf
quelques-uns, à propos desquels fut soulevé un incident bientôt
réglé. Vint ensuite le tour du patriarche d'Antioche, qui persista
dans la profession du monothélisme et, abandonné par ses suffra-
gants, prit devant le concile la situation d'accusé. Interrogé
sur sa croyance, il se référa à une confession de foi écrite et si-
gnée par lui, dont il fut donné lecture. On le somma ensuite
de déclarer s'il acceptait le dogme des deux volontés et des deux
opérations ; puis, sur son refus, on commença la vérification des
textes recueillis et présentés par lui dans la cinquième et la sixième
session. Ces textes ayant été reconnus faux, des cris d'anathème
s'élevèrent dans l'assemblée ; on demanda sa déposition et le pal-
lium lui fut enlevé des épaules. La discussion continua cependant
ce jour-là et à la session suivante, la dixième, qui eut lieu le 18 mars.
A la fin de cette dernière, le concile prononça la déposition de
Macaire.
25. Post haec...] En réalité, Georges fut mis en demeure avant
Macaire. Quant a celui-ci, il n'hésita pas entre une ou deux vo-
lontés: il se prononça nettement pour le monothélisme; sa profes-
sion de foi, mentionnée à la phrase suivante, en témoigne claire-
ment, et ce détail n'a point échappé à notre auteur — L'ex patriarche
Théodore mentionné ici était le prédécesseur immédiat de Geor-
ges sur le siège de Constantinople. Ses sentiments monothélites
sont démontrés par la résistance qu'il opposa au maintien de Vi-
talien dans les diptyques de son église et par les difficultés qu'il
fit, à son avènement, pour envoyer sa synodique au pape. Voir
là-dessus la lettre de l'empereur Constantin Pogonat au pape
Donus, citée plus haut, note 2. Au moment du concile il était en-
core vivant. On ne sait dans quelles circonstances il avait été
remplacé momentanément par Georges ; peu après la clôture du
concile, il reprit ses fonctions. C'est le seul des patriarches de
Constantinople, depuis Sergius, dont la doctrine et les écrits ne
furent point mis en cause au concile œcuménique.
26. Et interrogatus Georgius...) Ceci parait inspiré par le souve-
nir do ce qui s'était passé à la fin de la septième session; v. ci-
dessus, note 24.
27. die XVII mens, febr....] Il n'y a, dans les procès-verbaux de
la huitième session, de laquelle notre auteur paraît s'occuper, au-
cune trace d'une telle lecture. On y trouve en revanche l'adhésion
de Georges aux décisions du siège apostolique.
28. Die XXV mens, febr.] Ici, notre narrateur a en vue les
événements de la huitième et de la neuvième session, l'adhésion
du patriarche Georges et de la majorité des évêques aux lettres
d'Agathon, la protestation et la condamnation de Macaire. Le dé-
tail du pallium enlevé est consigné dans le procès-verbal. H âyi*
oûvoSo; è\sC6-t\wv ... c rujxvoûcrQùi xoû mpixtipivou a£t$ ù\uofQpiov. »
Kal YU{JLvu>8ivT(x; aùxoO elç jxéaov xz Iotûtoç &\jjx ZTeçpivcp «cy afooC jia-
Bryrri... Mais il n'y est pas question de l'intervention de Basile,
évoque de Gortyne en Crète, à ce moment précis. Du reste, ni
Macaire ni son disciple le moine Etienne, ne furent alors chassés
du synode; on continua, ce jour-là et à la session suivante, à dis-
cuter avec eux. Dans cette discussion, le moine sicilien Théophane
eut un rôle important ; Basile de Gortyne y prit part aussi. —
Le procès-verbal de la neuvième session mentionne l'expulsion
d'Etienne : 'H âyitx aùvoSoç i\tG&rpt m ... « Tôv atpeTixôv ÎÇw (ieftXt. »
Kal ù9oii|xevoç Erécpavoç ô naÛT/cfa Maxapfou 2Çe6X^(hi. Quant à l'inter-
vention des clercs romains à ce moment, les actes n'en disent rien.
29. tantae telae aranearum...] Ce détail n'est mentionné que par
le L. P.
30. In loeum ve-o Macarii...] La déposition de Macaire avait été
prononcée le 8 mars. A la fin de la douzième session, le 22 mars,
les représentants de l'empereur demandèrent s'il y avait lieu de
pourvoir immédiatement à son remplacement sur le siège d'An-
tioche ou s'il fallait admettre que, le condamné venant àse rétrac-
ter, il pourrait être rétabli dans sa dignité. Le concile répondit
qu'il était déposé définitivement et qu'il fallait lui donner un suc-
cesseur. Théophane, le moine sicilien qui avait discuté avec Ma-
caire dans la séance du 7 mars, fut élu et consacré à sa place
comme patriarche d'Antioche. Depuis la quatorzième session,
tenue le 5 avril, il assista en cette qualité à toutes les séances.
31. Macarius vero cum suis...} Les procès-verbaux du concile, les
lettres officielles de l'empereur et du concile adressées au pape et
aux évêques d'Occident, enfin la réponse de Léon II ne mention-
nent d'autres condamnés que Macarius et Etienne, déposés à la
neuvième session (8 mars), et Polychronius, ce moine qui préten-
dit appeler le miracle au secours du monothélisme déjà répudié
par la sainte assemblée. L'expérience singulière qu'il lui fut permis
de faire devant le peuple de Constantinople est relatée, avec la
condamnation de l'opérateur, dans le procès-verbal de la quinzième
session (26 avril 681). Quant aux autres personnages nommés ici,
comme ils furent exilés à Borne, le biographe a pu aisément con
naître leurs noms. Les condamnés avaient demandé eux-mêmes
qu'on les envoyât au pape. L'empereur, en les annonçant à
Léon II, dit qu'il remet au jugement du pape le sort de ces per-
sonnages (tôimEv icspl fxùtwv), ce qui signifie, non point qu'Usaient
appelé du concile œcuménique au pape, mais que le pape était
chargé de fléchir leur obstination et de les réhabiliter, dans une
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LXXXI. AGATHO (678-681).
certaine mesure, au cas où ils se soumettraient. — Le mot inclausi
désigne des moines reclus.
32. id est, Cyri...] Le biographe omet ici Théodore de Pharan,
qui figure déjà dans la lettre d'Agathon avec ceux des patriarches
hérétiques et qui fut condamné avec eux par le concile. Il néglige
aussi de mentionner Honorius, condamné en même temps et dont
le nom figure à la suite de ceux des patriarches dans la notice de
Léon II. Cf. ci-dessus, note 13.
33. die octava Paschae...] Le dimanche de l'octave de Pâques
tombait en 681 le 21 avril. Cette cérémonie, dont les documents
conciliaires ne parlent pas, eut lieu entre la quatorzième (5 avril)
et la quinzième session (26 avril).
34. Hic suscepit divalem iussionem] Cette charte impériale sup-
prima la taxe exigée jusqu'alors pour la confirmation des papes,
mais en insistant sur la nécessité de cette confirmation. Elle était,
en effet, d'usage déjà ancien, puisqu'elle remontait jusqu'au milieu
du siècle précédent. Peu après Agathon (Benoît II, n° 153), elle
fut abolie, ou plutôt la charge de vérifier l'élection pontificale fut
transportée de l'empereur à l'exarque de Ravenne. C'est à ce der-
nier état de choses que se rapportent la plupart des formules du
Liber diurnus sur l'élection pontificale et sa confirmation; ce re-
cueil cependant contient aussi (II, 3) un modèle pour le decretus
generalis adressé à l'empereur. Cette formule ne peut Ôtre posté*
rieure à l'année 685, date de la suppression de la confirmation par
l'empereur lui-môme; le dernier pape pour lequel elle puisse avoir
servi est Benoit II.
35. sepultus est] Voici son épitaphe (De Rossi, Inscr. chr. t t. M,
p. 52, 129, 157) :
Pontificalis apex virtutum pondère fultus
ut iubar irradiât, personat ut tonitrus.
Quae monet hoc peragit, doctrinae fomes et auctor:
format enim gestis quos docet eloquiis.
Dum simul aequiperat virtus et culmen honoris,
officium décorât moribus, arte gerit.
Praeditus his meritis antistes summus Agatho
sedis apostolicae foedera firma tenet.
En pietas, en prisca fides ! insignia patrum
intemerata manent nisibus, aime, tuis.
Quis vero dinumeret morum documenta tuorum,
formula virtutum dum tua vita foret ?
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LXXXII. LEO II (682-683).
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LXXXII.
LEO iunior, natione Sicula, de pâtre Paulo, sedit mens. X dies XVII. Vireloquentissimus 1 , in divinis Scrip- l 147
furis sufficienter instructus, greca latinaque lingua eruditus, cantelena ac psalmodia praecipuus et in eurum
sensibus subtilissima exercitatione limatus ; lingua quoque scolasticus et eloquendi maiore lectione politam,
exortator omnium bonorum operum plebique florentissime ingerebat scientiam; paupertatis amator et erga ino-
5 pem provisione non solum mentis pietate sed et studii sui labore sollicitus.
Hic suscepit 2 sanctam sextam synodum, qui per Dei providentiam nuper in regia urbe celebrata est, greco u 148
eloquio conscripta, exequente ac résidente piissimo et clementissimo magno principe Gonstantino, intro regale
palatio eius qui appellatur Trullus, simulque cum eo legati sedis apostolicae et duo patriarchae, id est Cons*
tantinopolitanus et Antiocenus, atque CL episcopi; in qua et condemnati sunt Gyrus, Sergius, Honorius, Pyrrus,
io Paulus et Petrus, neenon et Macarus cum discipulo suo Stephano, sed et Polychronius novus Simon, qui unam
voluntatem et operationem in domino Iesu Christo dixerunt vel praedicaverunt, aut qui denuo praedicaturi
fuerint aut defensaverint; sed ut a nunc duas voluntates et operationes in ipsius dispensatoris Christi et Sal-
vatoris Dei nostri dicantur, quam et studiosissime in latino translatavit 3 . Verumtamen A suprascriptos defen-
sores malorum hereseos, Macarum, Stephanura, Polychronium et Anastasium, dum nollent a suo recedere m
vô proposito, per diversa monasteria suntretrusi. Qui praedictus sanctissimus absolvit duos viros 5 in percipienda
communione, qui de regia urbe cum suprascripto Macaro et ceteris in Romana directi sunt civitate, needum a
synodo anatbematizati, id est Anastasium presbiterum et Leontium diaconum ecclesiae Constantinopolitana( .
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 iunior om. C*EG— Siculus ex A«C*E— Paylo B 3 — m. VI1II
A2 _ < Fuit hic > vir A 5 — 2 grega A» — grecam latinam-
que linguam B* — que- cantelena om. C 2 — cantelene A 1 : -te-
lena G 13 : -tilena cet. — salmodia B* : psalmodio O — et om.
q\a _ 3 exarcitatione C 3 — limatur B 3 — scholasticus A 1 :
scolasticos B5C 1 : scolascicus C 3 — et om. C*E — loquendi C 3
— maiorem B 6 : -ri E — lectionem C 1 — polita A i23 C 4 D : -tus
A* — 4 exh. G 2 : exortatur G ! — operum om. A 2 — plerisque
E 1 : plerique Es : om. B 3 — florentisque si me B 3 : florentissi-
mam E* — ingérât BMCPE 1 * — <ct> scient. B«C 3 — scientia
AiC l D — pauperitatis C 3 — amatur B* : amotor C 3 — inopum
a iA5B5 — 5 provisionem AD [om. A 2 ) : provisor E — mentis]
meritis A5 — pietatis B 3 : -tem G* 2 — et] ai C* 2 — sollicitus
<Hicsanctissimus-minimeaberet>A 2 ,u« p.336 L, 47-19— 6 susci-
piens A* 23 D — sextum A 2 —que A 2 *E — providentia B™C* —
regiam urbem EG— < et > gr. A* — 7 conscriptus B 3 : -tara
EG : conscrepta C 3 — exsequente A 3 B 23 C* 2 : haec seq. B* — re-
sedente B* 6 D — etj ac C 12 — clem.J beatissimo C 2 — intra
A25B 23 — regele G 3 : lelage C 2 — 8 palatium A 2 »B 2 E — eiu*
om. A 2 5B 2 — quod AP^E — ap. G 3 : appellator G 2 — Trullas
C* : Arullus G 3 — legatis A 2 *: -tio A 3 — duobus A^G, et seq.abl.
casu — est om. A 2 — 9 Antiocaenus G 3 — et- sunt om. C* — -
t om. A 2 B* : ceteri D — condempnali G' — Syrus C a — Serius
Ci 2 — < et > Pyr. EG — Pirrus C 3 : in hoc verbo desinit A 2 —
10 et Petrus om. B* — Marcus B 6 : Macalus G 3 — discipulos suos
omnesAQG : discipulis suis omnibus A 3 E : discipulos suosC 2
— sed om. A 3 — Polychronio ADEG — novo Symone A 5 : no-
vissimo C 12 : novusimo n C 3 — una voluntate etc. A 3 — 11
qui om. B* — de novo C 12 — praedicati B*C12 : -catores B« —
12 fuerant... defensaverant A 3 : -runt... -runt C* 2 — sed om.
A 3 — ub] et A 1 — ut a nunc] abhinc A5 : adhuc D : om. B*
— a] as B 5 : has b 6 : a B 7 : ad C 12 : et E : om. cet. — in om.
As — dispensatores B* — 13 Dei] Doraini B*C* 2 : om. A 3 E* —
didiscantur A 1 : deidiscantur A 3 : discantur D — < et > in A 13 D
— latinum A^CiE 1 : -nu C { — transtulit C 34 E*5 — suprascrip-
torum A: -pti El: sanctorum D — 14 defensoris C 12 — maiorum
G 12 — hereticos B : hereseum E 5 : om. Ci 2 — Machariura E* — Po-
lycrhonium C 3 — et om. A 13 — nolunt B* — 15 preposito Ai —
per om. G 1 — quam As — sanctissimus <vir> EG — duo A 1 —
verosC 12 — ad percipiendamcommunionem AD — 16 commu-
nionemCi — supr.] sanctoDE — in Romana <urbe> A J3 D: Ro-
mamA 5 :in Romanam C 2 — deducti AD — civitatem B 6 Ci 2 : om.
A 5 — < qui > needum EG — nedum Ai 3 B 6 D — 17 anathema
sunt Ci : anatnemathizatis C 2 — idemB* — Constantinopolila-
no C 2 : -tateC 3 —
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360 LXXXII. LEO II (682-683).
in die sanctum Theophaniae, exponentes videlicet per propria scripta fidem suam iuxta quod et sancta synodus
determinavit, anathematizantes videlicet omnes hereticos sed et suprascriptos viros complices, quos sancta
synodus vel sedis apostolica anathematizavit.
1491V Huius temporibus percurrente divale 6 iussione clementissimi principis restituta est ecclesia Ravennas sub
ordinatione sedis apostolicae, ut defuncto archiepiscopo, qui electus fuerit, iuxta antiquam consuetudinem in 5
civitate Romana veniat ordinandus. Hic fecit constitutum, qui archivo ecclesiae continetur, ut qui ordinatus
fuerit archiepiscopus nulla consuetudine pro usu pallii aut diversis offîciis ecclesiae persolvere debeat; sed
nec Mauri 7 quondam episcopi anniversitas aut agenda celebretur. Sed et typum autocephaliae 8 quod sibi
elicuerant, ad amputanda scandala sedis apostolice restituerunt.
v Hic fecit ecclesiam 9 in urbe Roma iuxta sancta Viviana, ubi et corpora sanctorum Simplici, Faustini, Bea- io
tricis atque aliorum martyrum recondidit, et ad nomen beati Pauli apostoli dedicavit sub die XXII mens.
J50Vifebruar.,ubi et dona obtuiit.* Huius temporibus, die XVI mens, april.ind. XI,luna 10 eclepse pertulit post Cena
Domini; nocte pêne tota in sanguineo vultu elaboravit et nisi post gallum cantum coepit paulatim delimpidare
et in suo reverti.
vu Hic fecit ordinationem I per mens, iun., die XXVII ", presbiteros VIIII, diaconos III; episcopos per di- 15
versa loca XXIII. Qui etiam sepultus est ad beatum Petrum apostolum sub die V non. iul. Et cessavit epis-
copatus mens. XI dies XXII. Qui superscriptus sanctissimus vir ordinatus est a tribus episcopis, id est Andréa
Hostense, Iohanne Portuense et Placentino Belliternense, pro eo quod Albanensis ecclesia 12 episcopum minime
habuit.
* Huius almi pontificis iussu aecclesiam iuxta Vélum aureum 1 3 in honore beati Sebastiani edificala est, necnon in honore 20
martiris Georgii.
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i diem B**C 23 — sanctoA5B 2 5Ct 2 — exponentis videliaut C 2 —
perom. A 5 C 3 — propriis scriptisA 5 — propria] provinciaD — fide
sua A 1 — syn.<et> C 2 — 2anathematizantisC 2 — omnis ereticus
G 2 — et] utC* 2 — sanctam A 1 — 3 sede A*5: sed es A 3 D — apostoli-
caeB 35 — anatbemizavit C 2 : anathamatizavitC 3 — 4percurrentes
E: om.D — iussionemC 2 — clementissime B 5 C 2 : piissimi AD —
principes C 2 — Ravennalis A 13 D : -natas B« : -na C 1 : -nate C 3
— 5 ordinationem C 12 — archaeepiscopo C 12 — antiqua
consuetudine B*C 3 — 6 in civitatem Romanam C 2 E : Romam
A 5 — ad ordinandum KEG (corr. e) — quod A 3 E: quo A* — ar-
chiba G 1 : arcibo C 1 — continentur A5 — 7 pallei A* 3 D: palli C 2 —
diversus C 2 — prosolvere B* : < aliquid > A5 — sed <et> A —
8 nec] etEG — quoddam A* 3 D : quandamG 12 — cael. C': cae-
lebraretnr A 3 — autoch. A 1 : autocephalie C 3 : -lia B 23 : - cae-
palliae B 4 : -caevaliae C 12 — sibij si in B 3 : ut sibi EG — 9
elicuerat A* : eliquaverant B5 : eleguerant Ci 2 : elicerant D :
licuerant E — apostolice A*G 3 — restituerunt < Huius-Geor-
gii > E 2 — 10 ecclesia A 1 — in u. R. om. A 3 — sanctam C 2 E
— Biviana A*D : Vivianam A 3 C* 2 : Bibianam A5E : Viriana B
(Vibiana B*) : Yiviana C 3 — Simplicii AB* — < et > Beat. A* 3
C*E — Vialricis BD (Atricis B3) — il redidit B*: recondedit C 2 :
rcconditA5C 3 < — dedivit C 3 : jdedicabit E5 — die om. C 3 — 12
feb. < luna IIÏI > C* — optulit E 5 : < Huius almi - Georgii >
El— Uius E5— dies C 2 — d.XVAD — ind.X C 3 : om.B*— eclep-
sin A* 3 : eclypse B 3 : eclipsi B* : eclepseBsC (elepse Ci : ëcle
C 2 ) : clysin B6 (ecl. b 6 ) — cenam A 3 5C 2 E — 13 nocte om. C* 2
— poene B5 : penae C 2 — vulto B5C 12 — elavoravit A* : eva-
cuit B* — gallicantum B 2 E — cepit B3«C* 3 — palatim C 2 — de-
Iimpedare KC — 14 suum A*E : sua C 12 * — reverti < colo-
rem > A5 : < colore > b 6 : < respectum > E : < respectu >
G — 15 ieiunio C 2 : iul. .C* — die] diâc A* — die XXIII
B5 : XXVI Ci 2 : XXVIII D - pr. XVIIII Ci : VIII D : om. B* -
diac. III om. Ai : IIÏI B 2 — 16 < num. > XXVII B 23 C* — V
om. B* — V non.] IIII K — 17 m. X C*— d. XXI B* — Qui-habuit
om. KCi 2 — Qui] Hic A 2 5 — superscr. om. AD — id est] per AD
— Andream A* 2 — 18 Hostensem A 4 : Ostense B56C 3 — Iohan-
nem Portuensem A 12 » — Placentinum Vclliternensem A 2 * —
Vell. ADE — pro om. A*— Albanensem Al : -se A 3 D : -niensis
B : Alvanensis C 3 — ecclesia om k^D — episcoporum B* — 19
aberet A 2 : habebat A»
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LXXXIL LBO II (682-C83).
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NOTES EXPLICATIVES.
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1. F»r eloquenhssimus — sollicitus] Ot éloge du pape Léon II a
été transporté, avec quelques compléments, dans la notice de Gré-
goire III. — Dans le Liber diurnus la formule de l'homélie, avec pro-
fession de foi, que le pape prononçait à Saint-Pierre, le jour de son
ordination, devant l'assemblée des fidèles (Garnier, u, 9 c; Ro-
zière, n° 85), reproduit un texte composé évidemment pour un des
trois papes Léon II, Benoît II ou Jean V. Elle suppose en effet
que le concile est terminé (681) et que l'empereur Constantin Po-
gonat est encore vivant. Or Constantin mourut en septembre 685,
quelques semaines après l'installation de Jean V. Le P. Garnier
(ad h . /.), fait valoir, comme raison d'attribuer la formule à Léon II,
l'insistance avec laquelle l'orateur proche l'apaisement des es-
prits, excités, semble-t-il, par les troubles d'une élection contestée.
Mais on ne peut dire que l'élection de Léon II ait été plus agitée
que celles de ses deux premiers successeurs ; la longue vacance
entre Agathon et lui, seul indice de discorde que le P. Garnier ait
relevé, peut avoir eu d'autres motifs. Il me semble plutôt que l'ad-
hésion décidée, sans conditions, aux décrets du concile œcuméni-
que et aux condamnations prononcées par lui ne peut convenir à
Léon II, qui fut ordonné, il est vrai, après la clôture du concile et
le retour des légats, mais avant d'avoir pu vérifier officiellement
les actes, dans la pleine possession de son autorité pontificale.
D'autre part, Jean V se fût difficilement abstenu de toute allusion
au changement heureux survenu tout récemment (ci-dessous, p.
363, 1. 12; 366, 1. 2) dans les conditions de l'élection papale ; de
plus en parlant des légats qui présidèrent le concile œcuménique,
il aurait trouvé moyen de rappeler que lui-môme avait été l'un
d'entre eux. En somme les probabilités me semblent favorables à
Benoit II plutôt qu'aux deux autres papes.
2. Hic suscepit...] Cf. la lettre de Léon II à l'empereur Constan-
tin Pogonat, dans laquelle le pape accuse réception des actes du
concile et en confirme les décisions (Jaffé, 2118). Il y a quelquefois,
entre cette pièce et le passage du L. P., une telle ressemblance
d'expression que l'on est tenté de croire que Te biographe de
Léon II a eu la lettre sous les yeux : a Gognovimus enim quod
• sancta et universalis et magna sexta synodus, quae per Dei gra-
» tiam imperiali decreto in regia urbe nuper congregata est... Pa-
» riterque et anathematizamus novi erroris inventores, id est
» Tbeodorum Pharanitanum episcopum, Cyrum Alexandrinum,
» Sergium, Pyrrhum, Paulum, Petrum, Constantinopolitanae ec-
» clesiae subsessores magis quam praesules, neenon et Hono-
> rium... Similiter anathematizamus... Macarium quondam falla-
» cissimum Antiochiae ecclesiae deceptorem cum sui erroris disci-
» pulo, immo magistro Stephano; et cum eis Polychronium,novum,
» ut vere dictum est, Simonem... et qui similia eorum sapuerunt
» vel sapiunt, qui unam videlicet voluntatem et unam operationem
» dicere praesumpserunt vel praesumunt in duabus naturis d. n.
» Iesu Christi. »
3. quam — translatavit] Au moment où Léon II envoya le no-
taire Pierre en Espagne, pour notifier le sixième concile aux au-
torités civiles et religieuses de ce pays, les pièces les plus impor-
tantes étaient seules traduites. * Et quia quaeque in Gonstantino-
» politana urbe universali concilio [nuper elapsa indictione nona]
» currente celobrato gesta sunt, propter linguae diversitatem, in
» Graeco quippe conscripta sunt et needum in nostrum eloquium
» examinate translata, definitionem intérim eiusdem sancti sexti
o concilii et acclamationem quod prosphoneticus dicitur totius
» concilii, factam ad piissimum principem, pariterque edictum
» clemontissimi imperatoris ad omnium cognitionem ubique direc-
■ tum, in latinum de graeco translatum, per latorem praesentium,
• Petrum notarium regionarium sanctae nostrae ecclesiae, vestrae
» dilectioni direximus; etiam acta totius venerandi concilii direc-
LlBER P0NTIF1CALIS.
» turi, dum fuerint elimate transfusa » {Ad ejriscopos Hisp.> Jaffé»
2119; Hardouin, t. HT, p. 1731; Mansi, t. XI, p. 1052).
4. Verumtamen — sunt retrust] Dans sa lettre à l'empereur,
Léon II parle des instances qu'il a faites inutilement auprès de
Macaire, Etienne et Polychronius, pour les décider à accepter les
définitions du sixième concile œcuménique. Son successeur, Be-
noît II, s'efforça aussi d'amener à résipiscence l'entêté patriarche ;
il n'y réussit pas davantage (Conc, Hardouin, t. IV, p. 64;
Mansi, t. XII, p. 1035).
5. absolvit duos viros...] Ce détail n'est pas mentionné ailleurs
(cf. ci-dessus, p. 357, Agathov, note 31). La réconciliation eut lieu
le 6 janvier 683.
6. percurrente divale iussione...] Agnellus (c. 124) parle aussi de
ces arrangements, consentis par l'archevêque Théodore : c Mor-
» tuus vero Agathus papa, cum successore Leone omnia placita
» adimplevit (Théodore) ; statutaque inter se fecerunt ut qualem
» electum hic ex Ravenna sacerdotes Bomam déportassent, ipsum
» cunsecrasset; non amplius in tempore cunsecrationis Romae
> marièrent nisi octo diebus ; ultra iam illuc non veniret, nisi die
• natalis apostolorum (29 juin) legatum ex sacerdotibus mitteret;
» et Bavennensis pontifex esset quietus, et alia multa capitula,
» quae non possimus exarare, cunfirmata per manum Leonis cum
» presbiteris. »
7. sed nec Mauri...] Dans la vie de cet évoque, Agnellus (c. 112)
raconte que le pape (Yitalien) lui ayant interdit de célébrer la
messe, il répondit à cette sentence par une interdiction semblable.
Le pape et l'archevêque moururent dans cet état de relations. « In
» tali vero obligations mortui sunt ambo. Ex illa vero die nec
• Bomae oblationes pro eo offerunt, nec hic pro isto ; sed tan tum
» omni ebdomada, die quinta feria, post vespertinum officium ex-
» pletum cunveniunt presbiteri, diacones, subdiaconi et clerici,
» ingrediuntur in secretarium et dividunt inter se bucellam panis
» et botulos singulos, ciatum vini ; et dicit presbiter vel quicum-
9 que in ordine prior est : Requiem aeternam donet Dominus Deus
» anima itlîus in cuius commemorationem hae sumpsimus; et ceteri
» dicunt : Iubeat Deus! Et his dictis recedunt. Aiunt alii quod post
» mortem ipsorum post plura tempora Romae in concilio hanc
» causam discussam fuisset. » Cette dernière phrase se rapporte
évidemment aux négociations dont parle ici le L. P.
8. sed et typum autocephaliae] La charte de Constant II dont il a
été question ci-dessus, Doitus, note 5, p. 349.
9. Hic fecit ecclesiam...] Voici une seconde translation de martyrs
dans l'intérieur de Rome. Cf. Théodore, p. 332, 1. 17. Cette fois en-
core il s'agit de reliques extraites d'un cimetière situé en dehors
de la zone cimitériale proprement dite. Les saints Simplicius,
Faustinus, Viatrix, etc., avaient d'abord été enterrés au cinquième
mille de la voie de Porto, dans un cimetière attenant au fameux
bois des Arvales. Sur ces saints, leur sépulture primitive et la
peinture murale du vu siècle récemment découverte dans leur ci-
metière, voirDeRossi, Bull. 1869, p. 1-16; Roma sott., t. III, p. 647
et suiv. Ce qui décida le pape Léon II à les transférer à Sainte-
Bibiane plutôt qu'ailleurs c'est, je crois, que cette église avait été
bâtie par le pape Simplicius, homonyme de l'un d'entre eux. Une
inscription, actuellement conservée dans un édifice voisin de
Sainte-Marie-Majeure, parait à M. de Rossi contemporaine de la
translation :
*
MARTYRES ■ SIMPLICIVS ET FAVSTINVS
QVI PASSI SVNT IN FLVMEN TIBERE • ET POSI
TI SVNT IN CIMITERIVM GENEROSES • SVPER
FILIPPI
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LXXXII. LEO II (682-683).
Il faut remarquer l'expression iuxta s. Viviana; les martyrs de la
voie de Porto avaient évidemment une chapelle spéciale, attenante
à l'église, mais distincte d'elle ; l'auteur nous dit d'ailleurs qu'elle
était placée sous le vocable de Saint-Paul.
10. luna eclepse pertulit...] Cette éclipse eut lieu en effet le 16 avril
683, la nuit du jeudi au vendredi saint; elle commença à onze
heures du soir (Pingre, dans Y Art de vérifier Us dates, p. 63).
il. per mens, iun., die XXVII] Le 27 juin 683 était un samedi, le
troisième samedi après la Pentecôte. Cette date ne conviendrait
pas au samedi des Quatre-Temps, si l'usage actuel, d'après lequel
le jeûne d'été tombe toujours dans la première semaine après la
Pentecôte, avait été en vigueur au temps de Léon II. Mais il y
avait encore et il y eut longtemps après une certaine indétermina-
tion sur les semaines de Quatre-Temps. — Il est impossible
de songer, pour le cas présent, à une ordination extra tempora.
Les formules du Liber diurnus (m, 9 ; Rozière, n° 6), compilées
précisément vers la fin du vu» siècle, prouvent qu'elles étaient
alors rigoureusement interdites.il faut donc admettre que, en 683,
la semaine des Quatre-Temps fut la troisième semaine après la
Pentecôte.
12. Albanensis ecclesià] Les évêques de Porto et d'Àlbano, on le
voit par le Liber diurnus (u, 8 ; Rozière, n° 57), étaient, dès cette
époque, les assesseurs de l'évêque d'Ostie dans la cérémonie do la
consécration du pape.
13. aecclesiam iuxta Vélum aureum] L'église de Saint-Georges au
Vélabre. Une inscription antérieure au milieu du v e siècle (De
Rossi, Inscr. christ., t. I, n° 878), LOCVS AVGVSTI LECTORIS
DE BELABRV, se rapporte peut-être à une église plus ancienne,
à laquelle aurait succédé celle de Léon II, soit même au titulus
Anastasiae, voisin de là. Mais il peut se faire que l'expression de
Belabru indique simplement le domicile du clerc et non point
l'église à laquelle il était attaché.
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LXXXIII
BENEDICTUS iunior, natione Romanus, de pâtre Iohanne, sedit mens. X dies XII. Hic ab ineunte aetate sua I 151
ecclesiae militavit, atque sic se in divinis Scripturis et cantilena a puerili etate et in presbiterii dignitate
exhibuit ut decet virum suo nomine dignum ! , in quo vere supernae benedictionis gratia redundavit, et
nomine pari ter et operibus, ut dignus ad pontificii regimine perveniret; paupertatis amator, humilis, mansuetus
5 et omnibus conpatientiam habens atque manu largîssima.
Hic ecclesiam beati Pétri apostoli sed et beati Laurenti martyris qui appellatur Lucinae 2 restauravit itemque il 152
in ecclesia beati Valentini via Flamminea fecit coopertorium super altare cum clayos in fîstellis et in circuitu
palergium chrisoclavum pretiosissimum. Similiter in ecclesia béate Mariae ad martyres alium coopertorium
porphyrum cum cruce et gammulas et clavos IIII auroclavos et in circuitu palergium de olosiricum pulcherri-
10 mum; neenon et in titulo suprascripto Lucine alium coopertorium ornatum de olosiricum. Fecit autem et
calices aureos ministeriales II, pensantes singuli libras singulas.
Hic suscepit 3 divales iussiones clementissimi Constantini magni principis ad venerabilem clerum et populummi53
atque felicissimum exercitum Romane civitatis, per quas concessit ut persona 4 qui electus fuerit in sedem
apostolicam e vestigio absque tarditate pontifex ordinetur. Hic 5 una cum clero et exercitu suscepit mallones
15 capillorum domni Iustiniani et Heraclii filiorum clementissimi principis, simul et iussionem per quam significat
eosdem capillos direxisse.
Huius temporibus apparaît Stella noctu, iuxta vigilias, per dies, caelum serenum, inter Domini et Théo- iv
phania, omni modo obumbrata, veluti luna sub nube. Itemque mense februario, post natale sancti Valentini,
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 iunior om. KC*E — ex KEG — eunte Ci— etate Ai— suae
ADG — 2 ecclesia B* : -siam B« : -sie O — se sic E — devinis
G 2 — cantelenae B* : -na B«C 23 — <aperuit> a A 2 — pueri-
litate C»2G — dignitatem C«G — 3 exibuit A<B5« — det A3 :
decuit A5 — verum C 2 — dignus A*D : om. C 2 — superne B 3 «C
— gratiae B* — renundavit C 3 — A nominu C 2 — ad] a B 36 C*
— pontificum B* : -ci B 6 C 2 D — regimen AEG : -mino B* : -mini
G 2 — <fuit> paup. A 5 — pauperibus B* — amatur C 2 — 5 et
omnibus con- om. EG — mansuetus omnibus conpatientibus
inpraebens manu C* — conpatientia AD : cumpatientiam B*s :
cunpacienliam G 3 — adque A* — manum C 12 : manus AD —
largissimas AD : -mam Ci— 6 ecclesia A*B 6 D — sed om. G 124
— qui A*D : quae A 3 âE : quod cet. — apellatur C 3 — Luciniae
B6 : -ne C 3 : -na E : Luciae C 1 — 7 iu om. A*B 4 — Laurentini
B6 — via om. A 3 — Flaminea B 3 *C* : -nia G 2 — fecit om. A 3
— cop. B^C 12 : -turium AiG 2 — clavis AWE : om. B* — in] et
E — fiscellis A5 : fystellis B5 : fastellis E — circuitum G 1 — 8
falergium B 2 : perlargium C 12 : pallergium C 3 — chrys. B 3 »
C 3 : crisoclavium B 5 — preciosissimo D — < et > in AD —
ecclesiam B 5 — martyris C 12 — aliud E — cop. B«C 12 : -tu-
rium C 23 — 9 porphyricum a* : purfiricum C 1 : porfyrum
B* 3 C 3 : porfireum E : purpureum A* — crucem A*D : -cae Ci
— gammulis A 3 *E : gemmolas B' : amulas B* : gamulas C* —
et clavos om, C 3 E — clavis A 3 * : -vus C* 2 : — auroclavis A*» :
-vus C* 2 : aureos clavos B* : chrysoclavos C 3 E — circuitum G* 2
— falergium B 2 * : palagium B* : palerzium C*— olis- C« : oles-
B« : -co A 3 5B 2 C* 2 — pulcberrimo B 2 C 3 — 10 < ad> Lucine Ai
— Luciae Ci— cop. B 2 «C : -turium A* — olosirico AC«D (oli-
Ci2) __ e t om. E — 11 calicis C 2 — 12 divalem Ci 2 : -le D —
iussionis C i2 — clementissimus C 2 : om. AD — principes C 3
— 13 Romane A J B 6 C — per quas] quibus A5 — persona om.
A5 — 14 sede apostolica ADG — e om. A5 — tardietatem C 2 :
tardieate C 3 — hic om. C 3 — et om. B« — exercitum B*D :
-to Ci : -tu C 2 — sumsit Al — mallonis B 23 C i2 — 15 Iustiani D
— EracliCi : Eradi C 2 : Eraclii C 3 : Heraclum D : Aeraclei E —
filiorumque A5 — iussionum C 2 — qua B 3 *Ci — 16 capilli C 2
— 17 aperuit B 3 : aparuitC 2 — stilla B5C 2 — nocte D : om. A5—
iuxta vigilias om. ADG — virgilias BSC» — per-serenum
om. G.— caelum- obumbrata om. Ai 3 D — caelo B 23 Ci 2 : celum
C 3 — inter- Theophania om. A* — inter < natale > B« : <
nativitatem > EG (nat G) — dm C 2 — Theophana C 3 — 18
obumbratae Ci : obrumbrata C 3 — velud C»: velutC 2 — nube
<inter Domini et Theophania > AD (inter] in A 3 — inter < na-
tivitate> a*: < natalem> As : < natale > D) — Itemquc-Va-
lentini] Item prope exitu mens, februarii AD (exitum A 3 5) —
< dni > sancti B 4 ~* - *
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364 LXXXIII. BENEDICTUS II (684-685)
in die, ab occasu eiiit Stella meridie et in partes Orientis declinavit. Post haec mons Bevius qui est in Cam-
pania mense martio eructuavit per dies et omnia loca circumquaque prae pulvere cinii ipsius exterminatae sunt.
V Clerum videlicet diversis ordinibus in diem sanctum Paschae 6 honoribus ampliavit. Qui e vestigio infînnitati
incidit et post dies defunctus est. Hic dimisit omni clero 7 , monasteriis diaconiae et mansionariis aurilibras XXX.
Fecit autem episcopos per diversa loca numéro XII. Qui etiam sepultus est 8 ad beatum Petrum apostolum, sub
die VIII idus maias. Et cessavit episcopatus mens. II dies XV.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i in om. A5 — ocasu CJ — exit stilla B5C2 — et om. A 3 — par-
tis C12D — Orientes C3 —hoc AD : hec C3E5 : <post> C* 2 —
Bebius AD : Bevius B 2 " : Brevius B^ : Boctus B5 : Huius C* 2 :
Beveus C 3 : Bebeus E 15 G — quae C 12 — 2 Campaniae C 1 : -nea
E 1 — eructavit A 5 B«C 3 — diis B^C 2 : diem E — omnes B^C< 3 D :
omne B^ : omnis C 2 — locum B 6 — laco per circuitumquaque
B* — cinis A^ODE : cineris A5B2C* : cini B 3 — illius E — ex-
terminata A5B 2 : -ti B 56 — 3 < Qui sanctissimus vir > cle-
rum AD — die A!5B 256 E — sancto A 1 * — qui e] que B* — e] a
C 2 — <in > inf. A^CŒ (corr. e) — infirmitatem AC« 2 — 4
incidit et] detentus A* 3 D — diis C 2 : <aliquos> AD — demi-
sit C — monasterii C* — diaconiae et mans. om. C* — diaco-
nibus A 13 : -niis A* : -nitcs B3 : -nis D — mansionarium D — 5
Fecit autem] Hic fecit AD — numéro om. A 3 * — XVI D — apos-
tolum om. Ai — 6 VIII] non C 2 : om. O — Et-XV om. C* —
mens. -XV] dies XVIII B*
NOTES EXPLICATIVES.
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1. suo nomine dignum... benedictionis... nominc panier] Allu-
sions au nom de Benedictus. — Une des pièces relatives à l'instal-
lation du pape Benoît II parait s'être conservée dans le Liber
diurnus. Voir ci-dessus, p. 361 , Léon II, note 1 .
2. b. Laurcntii m. q. ap. Lucinaé] C'est la première fois que cette
église est nommée dans le L. P. Elle remonte au iv° siècle pour le
moins. Le pape Damase y fut élu en 366 (Damask, note 7, p. 214),
3. Uic suscepit divales iussiones] Ces lettres impériales sont per-
dues.
4. ut persona — pontifex ordinetur] Il ne faut pas prendre ceci
au pied de la lettre. L'empereur renonça, il est vrai, à vérifier et
à ratifier par lui-même l'élection du pape; mais cette mission,
comme le montrent les notices suivantes, fut dévolue à l'exarque
de Ravenne, son principal représentant en Italie. Aussi les va-
cances du saint-siège après la mort de chaque pape conservent-
elles encore une durée de plusieurs semaines, qui va même parfois
jusqu'à deux ou trois mois. Les expressions e vestigio, absque tar~
ditate f doivent être entendues par comparaison entre ces délais ré-
duits et les longues vacances, d'un an ou plus, qui avaient séparé
les précédents pontificats.
5. Hic una cum clero — capitlos direxisse] De ces deux princes,
le premier seul, Justinien, succéda à son père. Quant à Héraclius,
il n'est nommé, à ma connaissance, dans aucun auteur byzantin.
Sur l'usage d'adopter les enfants en recueillant leurs premières
coupes de cheveux ou de barbe, v. Paul Diacre, Bist. Lanj., iv, 38;
vi, 53. Pépin-le-Bref fut adopté ainsi par Liutprand, roi des Lom-
bards. Le clergé et l'armée de Rome ayant reçu les boucles (mal-
lones) de la chevelure des jeunes princes, fils de Pogonat, ils
étaient censés les avoir pris sous leur protection.
6. in diem sanctum Paschae] Le 26 mars 685. — Saint Grégoire
avait coutume de faire des largesses pécuniaires à son clergé le
matin du jour de Pâques. Dans sa vie par Jean Diacre on lit (u,
25) : « Primo dominicae Resurrectionis diluculo in basilica quon-
» dam doctissimi papae Vigilii, iuxta quam consuetudinaliter ha-
» bitabat, ad impertiendum pacis osculum residens, cunctis epis-
» copis, presbyteris, diaconibus aliisque axiomaticis aureos ero-
» gabat. » Cet usage se perpétua pendant le moyen âge, comme on
peut le voir par YOrdo Romanus de Cencius Camerarius (Mabillon,
Mus. Ital., t. II, p. 188 et suiv.). Il peut se faire que cette solen-
nité fût aussi choisie pour une distribution générale de dignités et
d'avancements (honores).
1. omni clero, monasteriis diaconiae et mansionariis] Cette énu-
mération, qui se retrouve dans les deux notices suivantes (cf.
Grégoire II, n» 189), a une importance que l'inexactitude des an-
ciennes éditions n'a pas permis d'apercevoir jusqu'ici. Le génitif
diaconiae dépend de monasteriis ; il y a ainsi trois classes de per-
sonnes qui participent aux libéralités dernières du pape : le clergé
tout entier (clerus diversis ordinibus), les monastères de diaconie
et les mansionnaires. Les mansionnaires étaient des personnes
laïques, chargées de la garde et de l'entretien des sanctuaires ;
leurs fonctions, qui correspondent à celles des sacristains actuels,
avaient alors plus de relief et de considération qu'aujourd'hui.
Parmi les documents qui les concernent, les plus anciens sont des
inscriptions du vt° siècle ou de la fin du siècle précédent (De Rossi,
Roma sott. y t. III, p. 524, 530 ; cf. Galletti, Primicero, p. 103). C'est
le temps où s'accomplit graduellement cette évolution dont j'ai parlé
plus haut (Bomface V, note 3, p. 322), qui aboutit à confiner dans
la Schola canlorumlcs trois ordres de portier, d'exorciste et de lec-
teur et limita le personnel actif des clercs inférieurs aux acolytes
et aux sous-diacres, c'est-à-dire en fait aux acolytes, les sous-dia-
cres étant peu nombreux. — Les monastères de diaconie sont
marqués ici ù l'exclusion des monastères ordinaires. Cette dis-
tinction ouvre une perspective sur l'organisation des services de
charité à Rome et en même temps sur l'origine des diaconies car-
dinalices. Les diacres romains ont été très longtemps au nombre
de sept. Ministres immédiats de l'évêque, ils n'étaient attachés à
aucune église en particulier ; chacun d'eux cependant avait pour
ressort spécial une des sept régions ecclésiastiques : on disait le
diacre de telle région, et non de telle diaconie, de telle église diaco-
nale. Au xn c siècle, au contraire, et même dès la fin du siècle pré-
cédent (Jaffé, Reg. Pont., p. 102), les diacres cardinaux, désormais
au nombre de dix-huit, ne sont plus désignés par les numéros
des anciennes régions, mais par le nom d'une église appelée dia-
conie. Les diaconies furent d'abord des établissements analogues à
nos bureaux de bienfaisance, ayant dans leur ressort l'adminis-
tration des hôpitaux, des asiles de vieillards, des hospices pour
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LXXXIII. BENEDICTUS II (684-685).
les pèlerins et voyageurs pauvres, mais surtout les distributions
d'aumônes en nature aux indigents de la ville. Ce dernier service
correspondait à la frumentatio du haut empire et au panis gradilis
du iv° et du v e siècle. Sur ce point, comme sur tant d'autres, une
institution ecclésiastique préexistante s'était peu à peu substituée
à une institution civile d'objet analogue. Cependant, en parlant d'une
institution ecclésiastique préexistante, je n'entends pas dire que les
services charitables de l'église romaine aient été, dès les premiers
siècles, rattachés aux diaconies dont je m'occupe en ce moment. Sur
celles-ci, je ne connais aucun document antérieur à la vie de Be-
noit II. Saint Grégoire ne parle jamais, au moins en termes exprès,
des diaconies romaines. Les églises qui en étaient comme les cha-
pelles sont loin de remontera une antiquité aussi haute que les égli-
ses presbytérales titulaires ; plusieurs d'entre elles ont été installées
dans des édifices antiques dont l'église romaine n'avait certaine-
ment point la libre disposition au iv<> siècle ou au v« ; quelques-unes,
qui ne sont devenues diaconies que longtemps après leur fonda-
tion, n'ont pas été fondées avant le vie ou le vu» siècle. — La formule
monasteria diaconiae, employée par le biographe de Benoît II, sup-
pose que les diaconies ont été d'abord organisées en forme de mo-
nastères; les moines fournissaient le personnel de l'administration
et du service {diaconitae); à la tète de chaque diaconie était un supé-
rieur, moine aussi le plus souvent, qui portait le titre de pater ou
de dispensator. Les prêtres attachés à l'établissement relevaient de
lui au point de vue du temporel et du service. — Le Liber diurnus
contient une formule de privilège à l'usage des diaconies ; v. aussi
VOrdo Romanus I (Mabillon, Mus. Ital. t. II, p. 6). — Il est impos-
sible de dire combien il y avait de diaconies au temps de Benoît II.
Un siècle plus tard, le pape Hadrien 1 er en trouva seize, dans la
ville proprement dite; il en institua deux autres et le nombre do
dix-huit se maintint jusqu'à Sixte V. Ces dix-huit diaconies
étaient très inégalement réparties entre les sept régions ecclésias-
tiques ; la deuxième région en contenait huit à elle seule ; en re-
vanche la quatrième n'en avait qu'une, et la septième, c'est-à-dire
365
le Transtévère, région assez peuplée, cependant, et qui comptait
trois titres presbytéraux, en était absolument dépourvue. Cette
circonstance concourt à prouver que les diaconies du vn° siècle
n'ont rien à voir avec les ressorts diaconaux institués par le pape
Fabien (f 250).
8. sepultus est] Voici son épitaphe (De Rossi, Inscr. christ., t. II,
p. 129, 157) :
Magna tuis, Bénédicte pater, monumenta relinguii
virtutum titulos, o decus atgue dolor!
Fulguris in spécimen mentis splendore coruscas
plura sed exiguo tempore coepta ftuunt.
Cuncta sacerdotum praestantia munia comptes
et quo quisque bono claruit unus habes.
Quippe quod a parvo meritis radiantibus auctus
iure patrum solium pontificale foves.
Non hoc ambitio rapti tibi praestat honoris
indolis est fructus quam comitatur honos.
Et quia sollerter Christi régis agmina pastor
percipe salvati praemia celsa gregis.
M. de Rossi (t. c, p. 129, note 12) voit dans le huitième vers (iure
patrum) une allusion à ce que Benoît II aurait été le fils d'un de
ses prédécesseurs, de Jean IV, puisque son père s'appelait Jean.
Je serais plutôt porté à croire que l'expression iure patrum se
rapporte à la régularité de la carrière de Benoît. De petit clerc ro-
main, il est devenu pape en passant par tous les degrés, tandis
que plusieurs de ses prédécesseurs, grecs, syriens ou romains,
étaient sortis des monastères; au point de vue des clercs de Rome,
l'élévation au pontificat de l'un d'entre eux, et de l'un d'entre eux
au degré où l'était Benoît II, devait être l'idéal du droit. Cf. ci-
dessous, l'épitaphe de Jean V, v. 3 et 4.
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LXXXIIII. IOHANNES V (685-68ÔJ.
LXXXIIII.
1541 IOHANNES, natione Syrus, de provintia Anthiochia, ex pâtre Cyriaco, sedit ann. I dies VIIII. Vir valde stre-
nuus atque scientia praeditus et omnimodo moderatus.
Hic * post multorum pontificum tempora vel annorum, iuxta priscam consuetudinem, a generalitate in ecclesia
II Salvatoris quae appellatur Constantiniana electus est atque exinde in episcopio introductus. Hic dum esset
diaconus 8 , missus est a sanctae memoriae Agathone papa in regia urbe cum alios sacerdotes, repraesentans %
locum apostolicae sedis in sancta sexta synodo qui per Dei providentiam ibidem congregata vel celebrata est.
Expleta autem, exinde a clementissimo principe relaxatus magnum gaudium ecclesiae secum detulit, id est
ipsam sanctam sextam synodum vel edictum clementissimi principis confirmantem eandem synodum; necnon
et alias divales iussiones relevans 3 annonocapita patrimoniorum Siciliae et Calabriae non parva, sed et coemp-
tum frumenti similiter vel alia diversa quae ecclesia Romana annue minime exurgebat persolvere. 10
III Hic consecratus est a tribus episcopis, Hostense, Portuense et Belliternense, sicuti prodecessor eius Léo
155 papa. Huius temporibus regnavit domnus Iustinianus Augustus defuncto pâtre, in initia mensis septembris, ind.
XI III. Qui clementissimus princeps Domino auxiliante pacem constituit A cum nec dicenda gente Saracenorum
decennio terra marique; sed 5 et provincia Africa subiugata est Romano imperio atque restaurata.
iv Hic 6 post multorum annorum curricula, propter transgressione ordinationis ecclesiae Turritanae,quam sine 15
auctoritate pontifîcis fecerat Gitonatus archiepiscopus Garalitanus, pro eo quod antiquitus ordinatio fuit sedis
apostolicae et ad tempus concessa fuerat ipsa ordinatio eidem ecclesiae, etpostmodum, protervia faciente archie-
piscoporum, per praecepta pontificum ab eadem ordinatione suspensi sunt iuxta determinatione sanctae in-
variantes DES MANUSCRITS
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1 IohannisBâCi2 — de] ex C 4 E — provintia AC — Antiochiae
A3B5 : Anthiocia Ci — Quir. ACi : Cir. C 3 : Quiriae C 2 — I om.
C2 _ dies] mens. A 3 — < Hic fait > vir A* — strennuus B>
— 2 scientiae C 1 — praedictus C 23 — et] in B 6 — omni A^D :
omnino A" — 3 multum B 5 — tempore A*C 2 : -rum D — an-
norum] amor B« — pristinam B G C 12 — consuetudine C 3 — a
0Wi . A' — generalitatis A 3 : -te m Cl 2 — 4 qui A^i 2 — apel.
çj — exin A5 : om. D — in om. A5B 6 — ductus AC l2 D : duc-
lus est A 3 B 6 — curn AD — 5 a] in B 6 — sancle Ai — memorie
AiC 3 — regiam urbem G 2 E — aliis sacerdotibus A^B 2 * — et
praesentans ACi 2 D (-tavit A 5 ) : représentantes C 3 — 6 apos-
tolice C 3 — sexto B^C 1 : om. B* — quae A 3 5 — providentia
B 3 C 3 E — 7 <est> autem B$ — relatus A 3 : latus B 6 — se-
cundum B 6 — 8 vel-synodum om. B5 — aedictum C 1 — con-
firmans A* — eadem B 6 C! — 9 et om. B6 — divallcs C 3 —
iussionis C* 2 — relabansB 4 — annonas AiD: annona A 3 *: anona
B^C* 2 : anono B 23 : annono B 4 C 3 E: anno B* — matrimoniorum G*
— Sicilie C 3 — ceptum B56C!E : contemptum C 3 : coemptuD
— 10 vel] et B 2 — ecclesiae A 3 B 3 — Romane B« : -num C 2 — -
— minimae C 2 — exurgebant A 13 d : urguebat A&D : exur-
guebat B 23 : exsurgebat B 4 — 11 Ostense B 23 6C 3 : Ostiense
E — et ow.ADE — Vellet. AG 2 D: -niense Ai-.-ninse G 2 — sicut
Ai — praedecessor B 2 ^C 3 4 D — 12 rexnavit C 3 — pâtre] petro
D — in om.E —initia B^K : -tio cet. — sept.] feb. B* — 13
XVII B 3 — clementissime C 2 — Deo Ci— dicenliaCi 2 — ante Ci
— Sarra- B 23 C 2 : -cinorum B56C 2 — 14 terre B*: om.C 3 — < vel >
Aflrica A5 — restaurare B G (corr.) : restituta C* 2 — 15 post om.
C 12 — propter] prbt C 2 — transgressione AiB 3 C 3 DE : -nem cet.
— ordinatione B 6 D — Taurrtane B>>: Turritane C 3 — lôaucto-
ritatem C 2 — Citonet B r > : Citinatus C 2 — Caraclitanus B<î : Cu-
rai. C 12 — pro om. A 5 — fuit-ordinatio om. B 5 — fuit om. AC*D —
17 et om. Ci — et ad tempus] aetate plus A 3 : ptentes C 3 (-tus
c 3 ) — ad] a B 5 — < in > ipsa D — eidem] quidem B 5 — et
om. C 12 E — postmodo C 2 — proptervia B 3 Ci (corr. c 1 ) — fa-
tiente C 3 — 18 per om. B 6 — preceptum C 12 — ordinationem
R35C12 — exterminatione AD : determinationem B 2 : termina-
tionem C 1 * —
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moriae Martini papae. Et facto concilie» sacerdotum, novellum episcopum qui ab eodem archiepiscopo ordinatus
fuerat sub dicione sedis apostolicae redintegravît atque firmavit; quorum cyrographum archivo ecclesiae re-
tinetur.
Qui sanctissimus vir diutina infirmitate detentus ut etiam vix ordinationes sacerdotum explere potuisset. Hic v
5 dimisit omni clero, monasteriis diaconiae et mansionariis solidos MDGGGG. Fecit autem episcopos per diversa
loca numéro XIII. Qui etiam sepultus est 7 ad beatum Petrum apostolum, sub die II mens. aug. Et cessavit
episcopatus mens. II dies XVIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
ipapeC 13 — et om.Aï — consilio B 6 C* — nobellura C 3 —
epmrm C 2 — 2 dicionem A*D : dictione C — reint. A*Ci 2 D :
retint. B 6 : reedingravit C 3 — adque B5C 3 — quorum-retine-
tur om. B5 — corum C 8 — cyrografum À* :-fus E — archibo
C 3 — 3retinentur A 3 C**D (reten. Ci) : continetur C 3 : renitetur
E — 4 quae B* — sanctus C 12 — diutissima B 5 : diutinam C 1 —
infirmitatem C 2 — < est > det. À* — tentus A"D : <est>
EG — ordinatione B 6 : -nis C 12 — 5 demisit C — ruonas-
terii B 6 — diaconiis A 1 * : -nibus A 3 : -nis D — mansionarii
B* — CCLXXX C* 2 — 6 numéro] an C 3 — 7 episcopatum eiws C 2
— mense secundo A* — d. XVII B 2 ; XVIIII B«
NOTES EXPLICATIVES.
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1 . Hic post multorum — introductus] L'auteur n'a pas bien ex-
primé en quoi consista ce retour à l'ancien usage. Avant comme
après Jean V, l'élection du pape se faisait dans la basilique Cons-
tantinienne et cela a generalitate, c'est-à-dire par les divers ordres
du clergé et de la population laïque. Il semble môme, par la notice
deSévérin (p. 328,1. 9), que l'élu habitait le palais de Latran.en at-
tendant son ordination. Peut-être, cependant, y avait-il eu, sur ce
dernier point, quelque modification à l'usage observé encore en 638.
Je crois plutôt que le biographe s'est mal expliqué et qu'il aura
voulu nous dire que Jean V fut le premier pape à qui furent appli-
quées les dispositions de la divalis iussio mentionnée dans la no-
tice précédente.
2. Hic dum esset diaconus] • Jean fut en effet l'un des légats du
pape Agathon au sixième concile ; ses collègues et lui revinrent à
Rome en juillet 682 avec les procès-verbaux de la sainte assemblée
et diverses pièces officielles y relatives. Cette circonstance est re-
levée aussi dans son épitaphe.
3. relevans annonocapita... et coemptum frumentî] L'empereur di-
minuait les unités imposées (annonocapita) comprises dans les pa-
trimoines de l'église romaine en Sicile et en Galabre ; de plus, il
les affranchissait de l'obligation de vendre en certaines occasions
leurs blés à prix taxés. Sur la coemptio du blé et autres denrées,
v. le code Justinien, x, 27, et le code Théodosien, xi, 15, avec les
commentaires de Godefroy. — Le verbe exurgebat a ici le sens de
valebat ; cf. Greg. M. Ep. ni, 20.
4. pacem constitua — manque] Au moment où mourut Constan-
tin Pogonat (septembre 685), la paix régnait depuis huit ans entre
l'empire grec et le khalifat. Justinien II ayant succédé à son père,
le khalife Abd-el-Mélek renouvela le traité; l'empereur consentit
à retirer les Mardaïtes qui occupaient le Liban ; le tribut payé par
les Arabes fut maintenu; les revenus de l'île de Chypre, de l'Ar-
ménie et de l'Ibérie durent être partagés par moitié entre les deux
parties. Théophane (a. m. 6178), qui nous a conservé ces détails,
ne dit rien de la durée pour laquelle la paix fut jurée; il nous ap-
prend en revanche qu'elle fut rompue au bout de quelques mois,
par l'imprudence de Justinien.
5. sed et provinciaAfrica...] Les Arabes, qui, peu de temps aupa-
ravant, avaient conquis la partie méridionale des provinces afri-
caines et fondé un établissement important à Eairouan, en furent
délogés en 683, grâce à une insurrection berbère (Weil, Geschichte
der Chalifen, t. I f p. 290), et refoulés jusqu'en Cyrénaïque. Us re-
vinrent dix ans après (693-694).
6. Hic post multorum...] L'évêque de Cagliari avait, au temps de
saint Grégoire, le titre de métropolitain et il exerçait une certaine
autorité sur les évoques de l'île. Cependant il n'avait pas le
droit de les ordonner; ce droit, nommément en ce qui regarde
l'église de Porto Torres (Turris Liàisonis), dont il est ici question,
était réservé au pape (Ep. ix, 8 ; x, 16, 17). Au concile de Latran,
en 649, l'évoque de Cagliari signe après celui d'Aquilée et avant
les légats de celui de Ravenne. Quant aux vicissitudes que subi-
rent, pendant le vu" siècle, ses pouvoirs de prélat consécrateur,
nous ne les connaissons que par le L. P.
7. sepultus es(] Voici Tépitaphe de Jean V (De Rossi, Inscr,
christ., t. II, p. 129; cf. p. 207) :
Iohannem tumulus vatem tegit; astruat aetas
optima coepta vin", si foret et spatium.
Hic et in extremis solters fidusque minuter
claruit et primus iure levita fuit.
Missus ad imperium vice praesulis extitit auctor, •
hune memorant synodus pontificisque tomut.
Cum titulis fidei, vigilaniia quanta regendi,
commùsas animas ne lupus hostis oves
carperet ammixtus,premeretve potentior imum!
iustitiam cunctos nisus habere parem ;
providus, humanus, firmus verusque sacerdos
nil temere atque nimis pondère cuncta gerens.
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1561 CONON, oriundus 1 pâtre Thraceseo, edocatus apud Siciliam, postmodum Romam veniens eiusdem ecclesiae
mUitans ad presbyterii honorem devenit. Sedit menses XI. In cuius electione, dum ad episcopatum quereretur, non
minima contentio facta est, eo quod clerus in Petrum archipresbiterum * intendebat, exercitus autem in sequen-
tem eius Theodorum presbiterum. 3 Et clerus quidem adunatus ante fores basilicae Constantiniane sustinebat, eo
quod qui missi fuerant de exercitu ad custodiendas regias basilicae clausas observabant et minime quemquam 5
ingredi permittebant; exercitus autem omnis in basilica 4 beati Stephani protomartyris similiter fuerant adunati;
et neque illi clero consentiebant neque clerus exercitui adquiescebant pro suprascriptis presbiterorum personis.
il Et dum missi ab utrisque partibus responso irent diutius et redirent et nihil proficeret ad concordiam, consilio
ducti sacerdotes et clerus unianimiter ingredientes in episcopio Lateranense elegerunt et denominaverunt tertiam
personam suprafati pontificis, in quo vere aspectus angelicus, veneranda canicies, sermo verus, provecta aetas, \0
simplexanimus, quieti mores; religiosae vitae, qui se numquam aliquando in causis actusque saeculares commi-
serat. E vestigio autem omnes iudices una cum primatibus exercitus pariter ad eius salutationem venientes in
eius laude omnes simul adclamaverunt. Videns autem exercitus unianimitatem cleri populique in decreto eius
subscribentium, post aliquod dies et ipsi flexi sunt et consenserunt in persona praedicti sanctissimi viri, atque
in eius decreto devota mente subscripserunt et missos pariter una cum clericis et ex populo ad excellentissimum 1 5
Theodorum exarchum, ut mos est, 5 direxerunt.
m Hic suscepit divalem iussionem 6 domni Iustiniani principis,per quam significat repperisse acta sanctae sexte
synodi et apud se habere, quem piae memoriae domnus Constantinus genitor eius Deo auxiliante fecerat. Quem
157 synodum promittens eius pietas inlibatum et inconcussum perenniter custodire atque conservare. Huius tempo-
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 oriundus] natione Grecus K — Thracesseo B 4 : Thrace
sed B5 : Tharache seu B* : Trhaceseo C 3 : Tracesio E — edoc-
tus KG — aput Syciliam C 3 — Romae B^C 1 : Romanae C 2 —
eidem CDEG — et in eadeni ecclesia A5 — 2 honore D —
XI < d. XXIII > Et — ad om. B« — quererentur A*D —
3 cleros C 2 — archiepiscopum A 3 B 24 C (archy- C 3 ) — intende-
bantA 1 , 3 — in sequentem om. Ci 2 — in] et B 6 — sequente E —
4 eiusdem B 6 — foris A*B3 6 D — abstinebat A 3 : erat A* — 5
qui om. B 56 C 124 — de missa B* — custodiendam B (-dum B 5 )
— bassilicae A* — ct-permittebant om. D — 6 sancti E — pro-
tum. A» : protomartyres C 2 — adunati om. AD — 7 nequi C 3
— illic B 46 E — consentiebat A 1 : sentiebantC 2 — adquiesce-
bat A*B 23 * : consentiebant A 3 — supr.] positus D — 8 missi om.
A5 — responsa AS : -sio B 36 — diutius et redirent om. D — pro-
fitèrent A 3 5C 12 — concordium A*C 3 — consilium A*D — 9 et]
ad C 2 — cleros B 4 C 2 — unian. B«6C — ingredientes om. G*G — eli-
gerunt A 1 — terciam C 3 — 10 personam om. C 3 — suprafacti
B 3 — vero B 6 — asp. < erat > A 5 — canities A* : canies G*G —
etas Ai — 11 que timorés A* — moris B 6 — releg. C* : religiose
C 3 : -sa El — vite A* : -ta E 1 — quis enim D — numquam]
non A 5 — actu A* : actos B 3 : actis C 12 G : actibus E — que om.
B6_ secularis Ai 3 B 6 C 2 DG : -ribus E— 12 privativis B* : princi-
pibus B 6 — exerc. om. A 5 — veniens B 6 — 13 laudem ACi 2 D
— simul om. A 35 — accl. B5C 3 — exercitus om. B 6 — unian. A*
C 3 : unanimitate B 6 — clerici D — que] qui B 6 — decretum AD
—14 aliquos A i3 DG :aliquot A$E : aliquo B 5 — supradicli B 2 —
15 decretum B 6 — subscrib. A* — missus B5C1 : dimissos B 6 :
< suos > B — pater C 2 — ex om. A 3 5 — excellenlissimo Ci*G —
16 mox E — erat CiG — dirixerunt C 3 — 17 divale B« — Iustini
C 2 — principisl Aug. K — qua B 34 Ci — actam B* : cata B 2
— sancte Ai — sexte A J C 3 : -ta B*D — 18 synode C 2 — aput
B 6 : hapud Ci — quam A*B 6 E — piam A 3 — memorie Ai —
genitor] pater K — feceruntC 1 — quam A" B25e : quod E —
19 synodo E— promisit A 5 C*e — eius om. C 2 — illibatam A 35 B*
e (inl. B 2 ) : illibeatum B 6 : inlibeatum C 3 — et om. B 5 — incon-
cussam A 25 Be : inconcessum D — custodere C 3 : -dirct B* —
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ribus pietas imperialis relevavit per sacram iussionem suam ducenta annonocapita a quas patrimonius 7 Brittius
et Lucaniae annue persolvebat. Itemque et aliam iussionem direxit ut restituantur familia suprascripti patri-
monii et Siciliae quae in pignere a militia detinebantur.
Hic ultra consuetudinem, absque consensu cleri, ex inmissione malorum hominum, in antipathia ecclesiasti- IV
s corum, Constantinum, diaconum ecclesiae Syracusane 8 , rectorem in patrimonio Siciliae constituait, hominem
perperum et tergiversutum ; sed et mappulum ad caballicandum uti licentiam ei concessit. Et non post multum
temporis transitum pontificis, seditio super eum horta a civibus et patrimoniales, a iudice 9 provinciae sub arta
cttstodia retrusus, pro eo quod in dissentionem iudicum invenibatur, sententiae imperiali discutiendum direxit.
Qui sanctissimus vir 10 diutina infirmitate detentus ut etiam vix ordinationes sacerdotum explore potuisset, V
10 obiit. Hic dimisit omni clero, monasteriis diaconiae et mansionariis benedictionem in auro, sicuti praecessor
eius Benedictus papa. Guius archidiaconus " videns eundem pontificem infirmitati constrictum atque cupiditate
duçtus praedicti legati, unde needum est persolutum, scripsit Ravenna Iohanni glorioso novo exarcho atque
promittens dationes ut persona eius ad pontificatum eligeretur. Quod et demandavit suis iudicibus quos Romae
ordinavit et direxit ad disponendam civitatem, ut post mortèm pontificis eiusdem archidiaconi persona eligere-
w tttr. Fecit autem episcopos per di versa loca numéro XVI. Qui etiam sepultus est ad beatum Petrum apostolum,
sub die XXI mens. sept. Et cessavit episcopatus mens. II dies XXIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 revelavit B 4 : revelabit B 6 C* — sua B* — duoeenta
A* 3 — annona- A» : nae- C*E— a om. KA5BEG— quae A5C*E —
patriraonii AD : -niis BCEG (-monis B 2 * : -monies B 5 ): patrimo-
nius scripsi — Britius A 3 B 2 * : Bricius B5 : Brictius C 1 : Brip-
tius D : Briczius E — 2 Lucanice B* : -nie C 3 — annue om. B*
— persolverat A 3 : -vaturK — restituatur AC*DE — farailiae
B2*CiG : -lias B 5 — 3 patrimonia D — qui B« — quae in] qm
C 3 — pignore AB&D : pignori B 6 — deten. B* 6 D : detine-
batur A^E — A Hii B 6 — ultre C* : -trae C 2 — consuetudine A 1
— cleru E : -rici B 6 — inmissionem B5C12 — antiphatia B 2 « :
atipatia B 6 : anthipatia C* : antiochia CHE 1 : anthia E* — 5
Constantinianum B* — ecclesie C 3 — Syracusane A'B'C^ —
rectorum B r D— in] an C*G — Sicilio B* : -lie C 3 — bominum D
— 6 perferum A"D : perpetrura B 6 C 3 — perperam E — tergev.
B 6 : tergiumv. D : tergiversatur E — mappolum B* 6 : manipu-
lum E*: pallio El — cavalic. A* : cavallic. C 2 E5 : ballic. B« —
uta B 5 — concensit C 1 — et] ut D — 7 tempus A* — transi-
tum pontificis om. C*E — transit A 3 : -situsAS— orta B*«CiE "•
< est > C*E — cibus G 3 — patrimoliales C 3 : -nialibus A*E — a]
cum E : om. C* — 8 retrusus est A* : retruserunt C*E — pro
om. A* — dissensionem A^B 3 : desent. C 2 : discensionem E —
invenibatur A^B* : -niebatur A 3 5B* 6 D : -niretur cet. — <et
eum> sent. A» — sent. imp. discutiendum om. CEG — impe-
rialis AiB« : -le B5 : -les D— direxisse C»<EG : direxi C 2 : dixe-
rit D— 9 diutina < est > A* — ordinationem A : -ne D — sa-
cerdotum] sacras C*E — expie C 3 — 10 < et > obiit A» —
obiit-dimisit om. A 3 — demisit CE5 — monasterio B 6 : -tyriis
C 1 — diac. et mans. om. C*E — diaconiis AB 5 : -nie C 3 E 5 : diâc
DG — < sed > et A 3 — et om. C* 2 — mansionarius D— prae-
dec. B" : prodec. C 3 *E : proc.D — 11 infirmitate ACt : -tem B«
— constructum BC* — atque om. A* — cupiditati CG —
12 ductus est C*E— praedicti-persolutum om. A* — praed. leg.]
per legatos B"> 6 — unde-persolutum om. B 36 — undej vide D —
persolutus B 23 !;:: -ta C 34 — scripta mittens Rav. B**— gl. Ioh.
A* — nobo G 3 — atque om. A* — 13 mittens C 3 — dationem
AB*«C*EG — eleg. B5* — Qui C 3 — Romane A* 3 B« : Rome C*
— 14 ordinavit <civitati> A 1 — - dispensandam C* 2 EG : dispo-
nandam C 3 — ut] et B* — mortem] obitum K— pontifici A l D —
eleg. B^Ci — 15 numéro om. A^G — 16 sub-sept.]XI kl. oct.
B5« — XXII AD — episcopatum C 23 : < eius > C2G — XXVII B*
NOTES EXPLICATIVES.
1. oriundus pâtre Thraceseo] C'est la seule fois que cette formule
se rencontre dans le L. P. à la place de l'expression ordinaire, na-
tione N, ex pâtre N. Gonon n'était point né en Thrace, ni fils d'un
homme appelé Thraceseus ; son père était 6p<jxfaioÇ, c'est-à-dire
qu'il appartenait au corps d'armée qui portait ce nom et qui le
donna, vers le temps où nous sommes, à la région que l'on appela
Liber pontificalis.
ensuite le thème Thracésien, comprenant la Lydie, la Carie et la
première Phrygie. Ce corps n'est pas mentionné par'Théophane
avant l'année 710 (a. m. 6203, éd. de Boor, p. 380, 1. 5)~ mais il en
est question dans une lettre de Justinien II au pape Jean V (Con-
cil., Hardouin, t. III, p. 1479 ; Mansi, t. XI, p. 737 ; cf. ci-dessous,
note 6).
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2. Petrum archipresbiterum] Ce personnage parait être mort dans
l'année, car, en 687, à propos de l'élection de Sergius, il est ques-
tion d'un autre archiprêtre, le Théodore ci-dessous nommé.
3. Theodorum presbiterutn] Devenu archiprêtre, l'année suivante,
ce Théodore disputa quelque temps le pallium pontifical à son col-
lègue Sergius. C'est peut-être le même que le prêtre Théodore qui
fut envoyé comme légat au sixième concile.
4. basilica b. Stephant] Saint-Etienne-le-Rond, qui est à peu de
distance du Latran.
5. ut mos est] Ceci prouve bien que les élections pontificales
étaient encore vérifiées à Ravenne, même après la charte impériale
dont il a été question ci -dessus (Benoit II, p. 364, note 4). Nous
avons encore, dans le Liber diurnus (i, 4-7), les formules des piè-
ces que le clergé et le peuple de Rome envoyaient à Ravenne pour
demander la ratification de leur choix et la permission de célébrer
l'ordination.
6. Hic suscepit divalem iussionem] Le texte latin, en fort mauvais
état, de cette lettre impériale, est imprimé dans les collections à
la suite des actes du sixième concile œcuménique (Hardouin, t. III,
p. 1477 ; Mansi, t. XI, p. 737). Elle est datée du 17 février 687 et
adressée au pape Jean V. L'exemplaire impérial du sixième concile
œcuménique fut brûlé à l'avènement de Philippicus, en 711. V. la
lettre du diacre Agathon, Hardouin, t. IV, p. 1836 ; Mansi, t. XII,
p. 192).
7. patrimonius Brittius et Lucaniae] Ce patrimoine n'est pas men-
tionné expressément dans la correspondance de saint Grégoire.
Cependant il y est question des affaires temporelles et des repré-
sentants de l'église romaine en ce pays (Ep. n, 1 ; v, 9 ; ix, 47,
48, 60 ; x, 4, 5 ; xn, 20-23, 38 ; xm, 24) et il est clair que le notaire
Pierre et le sous-diacre Sabinus, à qui les lettres citées sont
adressées ou qui s'y trouvent nommés, ont été de vrais recteurs
patrimoniaux. — Cf. Jean V, note 3, ci -dessus, p. 367.
8. Constantinum diac. eccl. Syracusane] Le choix de ce person-
nage, que le biographe attribue à de mauvais conseils, fut sans
doute inspiré parle souvenir d'anciens rapports : Conon avait été
élevé en Sicile. On doit d'ailleurs reconnaître que les fonctions,
honorables et lucratives, de recteur patrimonial revenaient naturel-
lement aux clercs romains. 1 '
9. a iudice—direxit] Ceci signifie, je crois, que les juges ne s'en-
tendant pas, soit sur le cas du recteur Constantin, soit sur leur
compétence en une telle affaire, le gouverneur de Sicile expédia
l'accusé à Constantinople.
10. Qui sanctissimus vir...] Cette phrase est reproduite textuelle-
ment de la notice précédente.
11. Cuius archidiacomis...] C'est cet archidiacre Pascal dont la
compétition et la fin misérable vont être racontées dans la notice
suivante.
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LXXXVI. SERGIUS (687-701).
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LXXXVI.
SERGIUS, natione Syrus, Antiochiae regionis, ortus ex pâtre Tiberio in Panormo Siciliae, sedit ann. XIII mens. 1 158
VIII dies XXIII. Hic * Romam venions sub sanctae memoriae Adeodato pontifice, inter clerum Romanae ecclesiae
connumeratus est; et quia studiosus erat et capax in officio cantelenae, priori cantorum pro doctrina est traditus.
Et acolitus factus,per ordinemascendens, a sanctae memoriae Leone pontifice in titulo sanctae Susannae*, qui et
5 Duas domos vocatur, presbiter ordinatus est. Hic tempore presbiteratus sui inpigre 3 per cymiteria diversa mis-
sarum sollemnia celebrabat.
Post septennium vero 4 , defuncto béate memoriae Conone apostolicae sedis praesule, ut fieri solet, n
populus Romane urbis in duas partes divisus est; et una quidem pars elegit Theodorum 5 archi-
presbiterum, alia vero Paschalem 6 archidiaconum. Et quidem Theodorus archipresbiter cum populo qui ei favebat
10 praeveniens, interiorem partem patriarchii tenuit 7 ; Paschalis vero exteriorem partem ab oratorio sancti Silvestri 8
et basilicam 9 domus Iuliae, quae super campum respicit, occupavit. Cumque unus alio locum non cederet, sed
utrique inmaniter perdurarent ut unus alium superaret] , inito consilio primati iudicum et exercitus Romane
militiae vel cleri 10 , si dici est, plurima pars et praesertim sacerdotum, atque civium multitudo ad sacrum pala-
tium il perrexerunt. Et diu pertractantes quid fieri deberet, qualiterve duorum altercantium electorum sopiretur
io intentio, Deo annuente, in personam denominati Sergii, venerabilis tune presbiteri, concordantes se contulerunt;
eumque de medio populi tollentes in oraculum 1! beati Caesarii Christi martyris, quod est intro suprascriptum
palatium, introduxerunt, et exinde in Lateranense episcopio cum laude adclamationibus deduxerunt. Et quamvis ni
fores patriarchii intrinsecus essent munitae et clausae, tamen pars qui praedictum venerabilem virum elegerat,
quia et validior erat, praevaluit et ingressa est. Quo ingresso, unus e duobus electis, id est Theodorus archipres- 159
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Sergius < sedit annosXHI mens. VIII dies XXIIII Sergius>
C 2 — Anthiochiae À 1 — regiones B*C 2 — hortus A 1 : < est >
A3— ex om. C 23 — Panhormo C— Sycilie A* : Siliciae C 2 — sedit-
XXIII om. BG24E5— 2 XXIIII C 3 — ven. Rom. CiDEG— Romanam
B 6 — sancte A 1 — memoria B 6 — pontiûci C 2 — clerus C 3 — Ro-
manura C 12 E — 3 conimemoratus C 1 — est om. B* — in om. B 6 —
officium D — cantil. B : canlelene C' — priore B* : -mm C 2 DG
— cantorum om. D — 4 acoluthus C 3 : acolotus E 5 — ad s. m.
Leonem pontificem A 3 — Leoni C 1 — sancte A 1 — quae E — et]
ad D — 5 duos D : < et > C 3 — domus B^D 3 — ci m. Ai :
ciment. C 1 — 6 missarum] tamen B 6 — solempnia C 3 — célé-
brât B*> : celebrabant B 6 : caelebrata C 1 — 7 septennio A*D —
— viro A 3 : voro C 3 — béate A*B 3 C 3 — Canone A 3 C 2 : Connone
B 6 — apostolice C 3 — adsolet B* OEG — 8 pop. R. urbis om. A 3
— Rom. pop. E — Romani B5 : -nusC i2 EG — unam E— 9 ar-
chepr. B 3 : archiepiscopum C 1 — vero < pars > C 18 EG — qui-
dem] quia B 3 — ei om. B« — fabebat C 3 —10 patriarchae A 3 :
-chi DEG (corr. e) : patricii B 5 — Pascal em D — partem om. A 3
— ab oratorio-fores, l. 8, om. A* — oratorium B* — sancti
om. B* — Silvcstrii C 3 — il basilica A* 3 DEG — Iulie C 3 : Inde
B6 __ qui Ci — nuper E — alii B* — loco D — cederet B*CG :
-rit cet. — 12 utrisque A 3 : utique C* 2 G — primates E — iu-
dicium D— Romane A 1 C 3 — 13 clericis dicitur A 3 — si-est] si di-
ciem B* — si dici] seditio B 6 C* 2 EG : sedici D (corr.) : om. C* —
— pars pi. C*G — praesentim B 6 E — < a > sac. C 3 — adque
B5 : aliaque B^ — 14 facere deberent B« — vae B*Ci2 : vel B»
— altercatio G 3 — saperetur B 5 : superetur B s — 15 adiuvante
D — persona A ,3 B5C* 2 G— ven.] venerunt AD — 16 Cesarii B 3 «
C 3 D : Caesari C 2 — mart. Chr. A*DE — intra B* : intror C 3 —
< sacrosanctum > sup. E — superscriptum B 2 : om. AD — 17
< eum > in AC I2 DG — in om. B56 : ad D — Lateranensem C 1 :
-si C 23 E— laudibus A 3 : -dem C« 2 DG : -dum C 3 E : <et> B*—
clamationibus B5D : declam. E — quamvis] qui yir C 3 —
18 foris BW : fortes B« : fere C 3 — monte B* : monitae
B5 : muni te B^C* 3 — clause C 3 — quae A 3 *E — dictum A* —
elegerant B (eligerunt B«) — 19 qui Ci 2 DG— et qui G*— et om.
AD — vallidior C 3 — erat <et> A 3 — ingressus A 3 : -su D —
e] de A 3 — electus <est> B« — idem C 2
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372 LXXXVI. SERGIUS (687-701).
biter, ilico quievit ac se humiliavit ; et ingressus 13 denominatum sanctissimum electum salutavit ac osculatus
est. Paschalis vero ullo modo prae cordis duritia sinebat, donec coactus et confusus, volens nolens, suum domi-
num et electum ingressus salutaret. Qui etiam Paschalis clanculo non cessavit Ravennam suos mittere missos
promissaque pecunia vel alia diversa dona, Iohannem patricium et exarchum cognomento Platyn cum suis iudi-
cibus nemine sciente Romam venire persuaderet. Qui sic abdite Yenit ut nec signa nec banda ,4 cum militia 5
Romani exercitus occurrissent ei iuxta consuetudinem in conpetenti loco 15 , nisi a propinquo Romanae civitatis.
iv Qui dum venisset et omnes in personam Sergii sanctissimi invenisset consensisse, illi quidem suffragari non
valuit , ecclesiae tamen beati Pétri apostoli idem exarchus per eiusdem Paschalis miseria stipendium et damnum
intulit : quod ab eodem Paschale suprascripto exarcho promissum fuerat, id est centum auri libras, a parte
ecclesiae expetente, Sergio sanctissimo electo proclamante quod neque promisisset dare, neque possibilitas 40
suppetat. Et ut ad conpunctionem animos videntium commoveret, cantaros et cororias, qui an te sacrum al tare et
v confessionem beati Pétri apostoli ex antiquo pendebant, deponi fecit et pignon tradi. Sed nec in hoc flexa est
eiusdem exarchi duritia, donec centum, ut dictum est, auri libras accepit. Et licet, ut praelatum est, ecclesiae
Christi idem miserrimus Paschalis dispendium et damnum infixit, tamen, Christo favente, Sergius presbiter et
electus in sedem beati Pétri apostoli pontifex ordinatus est. Praedictus vero Paschalis non post multum tempus 15
et ab officio archidiaconatus pro aliquas incantationes et luculos 16 quos colebat vel sortes quas cum aliis respec-
toribus tractabat, Dei beatique apostolorum principis Pétri interveniente iudicio, privatus est ; et in monasterio
retrusus , post quinquennium, prae cordis duritia, inpenitens defunctus est.
160 VI Huius itaque temporibus 17 Iustinianus imperator concilium in regiam urbem fieri iussit, in quo et legati 18 sedis
apostolicae convenerant et decepti subscripserant. Conpellabatur autem et ipse subscribere : sed nullatenus 20
VARIANTES DES MARUSCRITS
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1 illico B^C 12 — acquievit A35 — egressusB* : ingresus C3—
et C* — obsculatus est A 3 sE : osculavit B*« : < cum > B* —
2 Paschales C 3 : -lera E — ullo modo om. B — nullo ADE : ullu
Ci — duritiam B«DG : < ullo modo> B (nullo B 2 6 : ullu B*)
— nolens om. B 6 C* : volens C 2 — dominicum C 1 — 3 salutavit
A3: -are B 6 — Paschales G 3 — clancolo B — Ravenna A 3 B 456
C t2 DG — suus... missus B 3 : < qui > AS — 4 promisa quippe
B6 — que om. A 5 — aliis diversis donis A 5 E — et om. C 12 —
Platin B 2 «C 12 D : Platy B«: Plathyn C 3 — 5 neminem A«E : mini-
me B5 : nomine C 1 : < se> E — scientem A 1 : -tes Bs — venn
C 2 : om. C* G — abdicte Bs — addit evenit A 3 — nec post signa]
velC* 2 G — blanda A5B 2 b*CD— mil. cum A*— militia om. A* 3 D—
6 occurrisset B(-se B 6 )— ei om. B 6 — in] et B 4 — conpedenti B 3
— ad AD— propinquum A 3 : -qua D : <loco> B*s— 7 venissent
A.3_ et-consensisse om. B* — persona AB*DEG : pasonam C 3 —
consensisse om. C 2 — suffragareB*— 8 ecclesiam AE : -sia BCG :
-siae D — id. ex.] ab eodem exarcho B5«— pro A$B (per B6) —
Paschali B 5 — misteria B 3 : ministeria B*: miseriam DE —9
que C 3 — Paschalem B 34 : -lis E — suprascriptum B 6 C* — exar-
chum A 3 B'C 2 : -co C 3 — - promiserat O— fuerit B 6 : oro.C 3 — li-
bre AS: librarum E : < quas > A* — a] ex ASC 3 — perte C» —
10 expetebat A 5 : expetentes B* — praecl. BH^G : clamante D :
praeclaro B 2 — neque < illud > A* — promisit B* — posse-
vilitas B 3 — 11 suppetebat A* : subpetat B56 : subpeccat C 3 :
superet E (corr.) — a B 23 *C 2 — conpunctione B— animus B«DG
— commoverit B« — cantoris B 6 : cantharus B*C 3 — quae A*E
— 12 pendebat A 1 — - pigneri B 6 : pignore C 3 — tradit B* —
in hoc] sic B6— 13 duritiam C*G— centum om. C 3 — libbus C 3 :
librarum E — acceperit A 3 — liceat B 3 — praefatum D — ec-
clesia B«E — 14 id est B«C 2 : edem Ci : a deo E— de stipen-
dium B 6 — infixerit As : -xisset B 2 : inflixit B« — et om. D —
15 sede A 3 5B 2 «C 3 E — voroC — Paschales O — temporis D
— 16 archidiaconato C 12 : -conlus G 3 — per A 3 : propter D —
aliquibus -bus A5B 2 E — loculis As : loculos B 5 6 : lucis E —
quas B 3 * 6 — colebant Bs — sortibus A5E — quara C 2 —
cum om. B 6 — 17 respectatoribus C 1 — tractabant B5 —
Deique beati ap. B 456 — principi B 3 — iudicii B 5 — 18 retrusus
< et > As — per B 5 — 19 in om. Bs — regiaurbe A5BE —ius-
sit fleri BC 2 E — elegati Bs — 20 apostolice G 3 — < et > conv.
C 1 — convenerent C 3 — susceptiB* — conscribserant A 1 — ip-
sum D — subscribi B 6 — sed om. A 3
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LXXXVI. SERG1US (687-701). 373
adquievit, pro eo quod quaedam capitula 19 extra ritum ecclesiasticum fuerant in eis adnexa. Quae et quasi syno-
daliter definita et in sex tomis 20 conscripta ac a tribus patriarchis, id est Constantinopolitano, Alexandrino et
Antiocheno vel ceteris praesulibus qui in tempore illic convenerant subscripta, manuque imperiali confirmata,
missis in lucello 21 quod scevrocarnali vocitatur in hanc Romanam urbem ad confirmandum vel in superiori loco
5 subscribendum,Sergio pontifici,utpote capiti omnium sacerdotum,direxit. Qui beatissimus pontifex, ut dictum est, VU
penitus eidem Iustiniano Àugusto non adquievit nec eosdem tomos suscipere autlectioni pandere passus est; porro '
eos ut invalidos respuit atque abiecit, eligens an te mori quam novitatum erroribus consente . Qui imperator
Sergium magistrianum in spretum praenominati pontificis Romam mittens, Iohannem Deo amabilem Portuensem
episcopum 22 seu Bonifatium consiliarium apostolicae sedis 23 in regiam abstulit urbem. Deinde Zachariam, inma- 161
10 nem suum protospatarium, cum iussione direxit ut praedictum pontificem similiter in regiam deportaret urbem.
Sed misericordia Dei praeveniente beatoque Petro apostoJo et apostolorum principe suffragante, suamque
ecclesiam inmutilatam servante, excitatum est cor Ravennatis militiae 24 , ducatus etiam Pentapolitani et circum-
quaque partium, non permittere pontificem apostolicae sedis in regiam ascendere urbem. Cumque ex omni parte Vlll
multitudo militiae conveniret, Zacharias spatarius perterritus et trepidans ne a turba militiae occideretur, portas
15 quidem civitatis claudi et teneri pontificem postulabat. Ipse vero in cubiculo pontificis tremebundus refugiit,
deprecans lacrimabiliter ut sui pontifex misereretur nec permitteret quemquam eius animae infestari. Exercitus
autem Ravennatis ingressus per portam beati Pétri apostoli cum armis et tuba, in Lateranense episcopio venit,
pontificem videre aestuans quem fama vulgante per nocte sublatum et in navigio missum fuisse cognoverunt.
Dumque fores patriarchii, tam inferiores quamque superiores 25 , essent clausae, et has in terra, nisi citius aperi-
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 acq. O — pro om. A* — quaede C 12 — capula C 3 — in eis om.
D — ei B 3 : eo E — adnixa AB Ç D : adnexae C' 2 G : om. C 3 spatio
r elicto — quasi et B 2 * — 2 sexto mens B 56 : sexto A 1 — ac om.
BE— a om. A^C 1 *— patriarchiis B5 — id est om. C 2 — Const.
< et> AD — Al. Const. BE— 3 caeteris B^C* — consulibus Ei :
preconsulibus E* — illo E (corr.) —manu qui B 6 — confirmata
om. B 5 — A missa A 5 : missus B 3 — locello B« 6 D : lucellum E
— quod e B6 — scebrocarnali AD : scebrum carnale E 1 —
vocitatus C 3 : vocaturE 5 — hac Romana urbe A* 3 B 456 DE (hanc
A.1) — Romam C 1 — urbeC 3 — firmandum C 3 — vel] et A* —
superiore B 3 46 — 5 uppote B2W 2 : ut pute B 6 D — capite
B2346 — omni D — rexit B 6 — 6 penitens A 3 — acquievit C 3 —
eos B 2 — domos B«C 2 — lectionem B 2 « : -ne B 3 *E : leccioni C 3
— 7 ut om. B 56 — atquam C 3 — <et> el. B« — elegens B 3 56
C12 _ antej autem A* — novitatem B 3 : -te B^ — 8 Sergium
om. D — spraetum B 2 « : spertum C 1 — renom. B* — Portu-
nensem B 2 — 9 Bonifatium A 1 — apostolice C 3 — regia B 6
— adtulit B 6 : ducere iussit A* — Dein A*s — Zacch. A 1 et
ita porro — 10 inmanum C 3 D — protysp. B 3 : protospatharium
C 23 — iussionem A 3 — similiter om. B 2 — regia A5B 3 — deduceret
A 3 : deportaretur B 6 — urb. deportavit IA l — 11 misericordiam
B5G — que beato B* 6 — apostolorum om. A 3 — suffragantem B*
— 12 immaculata A* : -tam A 3 *C 12 G : - te D : inmulatam B*—
servantem A5B 23 «E [corr. e) — excitatus A 3 * : exercitatumCt —
cor om. A5 — milicie C 3 — ductus A* : ducatum B 6 — etiam
< et> As — 13 partes et A* — permiserunt A* — apostolice C 3
— regiam] aliam B 6 — Cumque-conveniret om. B 3 — 14 con-
venirent A 3 : -nisetC 3 — protospatarius A5B& : spad. C 2 : spath.
C 3 — et trepidans om. B — a om. B* — militie G 3 — 15
quidem om. B — claudit A 3 — tenere A 3 D — postulavit A 13 BC*
— Ipse-pontificis om. C 1 — ipsi B«cc 2 — cubiculo A*G 3 : - lum
cet. — pontifices B» — tremib. C 3 — refugit A5D : fugiit B (fu-
git B 6 ) — 16 < et> depr. A 3 — depraecans A 1 — mis. pont. B
— miseretur A 3 B 3 G — ne A — et ne A* — permitterit A 1 :
— re EG — anime C 3 : - mam B— 17 Ravennas A*C 3 : - nae B—
et om. D — turba BCEG : tubis D — in om. ADG— Lateranen-
si A 3 C : - sem A* — episcopium A&DE — 18 ponticem C 3 — es-
tuans A 1 : stuans B* : stuens B 5 (sitiens b5) : stans B 6 : hest. C —
quem ] que B 5 — famam C 3 — vulgantem B 2 *s : fulgantem B 6
— nocte A1B 6 C 13 E (noctem cet.) — navigium B« 6 — missus B 6
— fugisse C 3 — cognoverant B 6 DE : audierant À* — 19 que] qui
B6 — patriarchae A 3 : - chiae D — quam C 12 E — et om. E —
has nisi aperirentur in terra easdem mittere B (has om. B$ 6 —
nisi] enim si B 6 — perirentur B 6 — easdem om. B 23 ) — terram
A15B5D — citius AD : velocius C*EG : ocius C 23 : om. B.
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374 LXXXVI. SERGIUS (687-701).
rentur, mittere minarentur, praenimia timoris angustia et vite disperatione,Zacharias spatarius sub lecto ponti-
ficis ingressus sese abscondit, ita ut mente excederet et perderet sensum. Quem beatissimus papa confortavit,
IX dicens nullomodo timere. Egressus vero idem beatissimus pontifex foris basilicam 26 quae dicitur domni Theodori
papae, apertis ianuis et sedens in sedem sub apostolos, generalitatem militiae et populi qui pro eo occurrerant
:•' honorifice suscepit; datoque apto et suavi responso, eorum corda linivit; quanquam illi, zelo ducti pro amore et 5
reverentia tam ecclesiae Dei quamque sanctissimi pontificis, iam a patriarchii custodia non recesserunt, quousque
denominatum spatharium cum iniuriis et contumeliis a civitate Romana foris depellerunt.Nam et his 27 qui illum
miseratipso in lempore est, Domino retribuente, regno privatus; sicque ecclesia Dei inperturbata cum suo
praesule, Christo favente, servata est.
162 x Hic beatissimus vir in sacrario beati Pétri apostoli capsam argenteam in angulo obscurissimo iacentem <o
et ex nigridine transacte annositatis nec si esset argentea apparente, Deo ei révélante, repperit. Oratione itaque
facta, sigillum expressum abstulit; lucellum aperuit, in quo interius plumacium ex holosirico superpositum, quod
stauracin dicitur, invenit; eoque ablato, inferius crucem 28 diversis ac praetiosis lapidibus perornatam inspexit.
De qua tractis MI petalis in quibus gemmae clausae erant, mire magnitudinis et ineffabilem portionem salutaris
ligni dominicae crucis interius repositam invenit. Qui etiam ex die illo pro salute humani generis ab omni populo 15
christiano, die Exaltationis sanctae Crucis 29 , in basilicam Salvatoris 30 quae appellatur Constantiniana osculatur ac
adoratur.
XI Hic fecit imaginem auream 3I beati Pétri apostoli quae est in partem mulierum. Hic fecit tymiamaterium aureum
maiorem cum columnis et coperculo, quem suspendit ante imagines très aureas beati Pétri apostoli, in quo
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 aperirctur A3 : aperientur C 3 — mitte C 3 — mirarentur E—
timoré B« — angustiam A*— vite A*C 3 : vita B<ï — desp. BDE :
disperationem A 1 — spath. C— lectum E— 2 se A 3 E : esse C 2 G —
abscondiditC 3 — mentem A 3 E — excedere B 3 * : exeideret E —
et om. D— perdere A*D— quae C 2 — confortans B : confortaba-
tur D (-bat d) — 3 dicit B 2 * — ut n. m. timeret E— ullo B«C 23
— timeas A* — vero om. B* — id est A* : om. C 3 : < et > D —
basilica A 13 D — quae die. om. E — qui B 6 — domus A 3 :
domno C* 2 — 4 pape C 3 — apertas ianuas B 5 — et om. A&E —
sedens om. E — sede A5B*5D — apostoli A 5 : -lis E — gcnerali-
tate B 2 « — militiae om. B^ 6 — et om. B 56 — populo A 3 —
quo D — occurrerunt A 1 : - rebantC 12 EG : currerant B* : cur-
rerat B« — 5 suscoepit C { — aptu A'B 8 — suave C 3 — respon-
sti A 13 — quamque B 23 : quemquam B 6 : qui A$ — illi] tamen A3
— - telo B6 — 6 severentia C 3 — ecclesia B 3 C 2 — quam C 3 —
sanctissimo A 3 : - me C 2 : sancti B 5 : om. B 6 — pontifici A 3 —
patriarchi B*D — custodiam B 6 — 7 dinom. B 1 — spath. C —
ab urbe expulerunt A 5 — fores B 6 — depellerent B 2 — quil-
lum C 3 — 8 < Romam > mis. A 5 — ipsum G 1 — in om. B*CJ
— rebuenle B« (favente b 6 ) — a regno A 3 — inturbata B 5 — 9
praesulem G 3 — est serv. C'G — est om. C 4 — 10 iacen-
te B : < invenit > AD — 11 nigred. AB"*E : nigredi-
nem A 1 — transacte A*B 3 Ci 3 : -ta B* — annoset. B« — ar-
genteam A 13 — apparuit, sed D. e. r. esse argenteam rep. A 5
— reppererit B 6 — 12 expressit A«D — locellum BC 2 : bu-
cellum D — apperuit B^D : apparuit B» — plumatium B* 6 C* 2
— oloser. A*: olosir. C: olosiricum B — 13 stauracyn AiC 12 :
-cen A5 : -ci B» : -ce B 6 : -cis E — ablatum BC 3 — preciosis B 3 C 3
— peromalam-quibus om. B 6 — perornatum A 1 — 14 de qua-
dratis B* — gemmis B« : géminé C 2 D : gemme C 3 — clause O
— mire A*B 3 : mise O — et om. A 5 B 6 -— ineffabilis A 3 — salva-
toris A 3 — 15 dominici B (-cis B«) : -ce E 5 — int. rep. om. E 1 —
quae A5B 23 E : quem B« — die] de C 3 — salutem B»D — 16
diem B* — exult. C 2 : exaltatione B 23 * — basilica AE (bass. A»)
— qui A^B 3 * — Constantinianam C*G : Constantiana C 2 —
obsc. B« : osculabatur B 3 — et A* : om. A 1 — 18 Hic -refecît, p.
376, l. 3, om. A 3 — Hic-mulierum om. B*— auream om. C*E— qui
B3*G 23 — in] ad B — parte AB*E— tyraiater Ai : thimiamas G» :
thimiaterem C 3 — 19 maius A* : om. B — coop. A'DE : coper-
culum B — quod ASB'E — imaginis B* — aureos C* —beati
om. G 2 : habentes B
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LXXXVI. SERGIUS (687-701).
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incensum et odor suavitatis festis diebus, dum missarum solemnia celebrantur, omnipotenti Deo opulentius
mittitur. Hic posuit in absidam basilicae suprascriptae, super sedem, appallaream argenteam, pens. lib. CXX. Hic
fecit in suprascripta basilica faros argenieos VI, pens. lib.CLXX, qui sunt super trabes 32 ad ingressum confessionis.
Hic fecit in circuitu altaris basilicae suprascriptae tetravela VIH, IIII ex albis et IIII a coccino. Hic 33 tegnum et 163
5 cubicula quae circumquaque eiusdem basilicae sunt, quae per longa tempora stillicidiis et ruderibus fuerant
disrupta, studiosius innovavit ac reparavit. Hic musibum 34 quod ex parte in fronte atrii eiusdem basilicae fuerat
dirutum innova vit. Similiter et spécula eiusdem ecclesiae, tam quae super sedem vel regias argenteas maiores
sunt renovavit. Hic corpus 35 beati Leonis probatissimi patris ac pontificis, quod in abdito inferioribus secretarii XII '
praedictae basilicae positum fuerat, facta diligentius tumba, in denominata basilica publico loco, ut sibi fuerat
10 revelatum, reposuit ac locum ipsum ornavit. Hic fecit patenam auream maiorem, habentem in gyro gemmas ex
albis et in medio ex iacinto et smaragdo crucem, pens. lib. XX.
Hic tegnum 36 et cubicula universa in circuitu basilicae beati Pauli apostoli, quae longa per tempora vetustate
confecta fuerant, studiosius innovavit ac reparavit. Similiter et trabes fecit de Calabria adduci et quae in eadem
basilica vetustissimas invenit renovavit. Hic imaginem apostolorum vetustissimam, quae erat super fores eiusdem
15 basilicae, mutavit.
Hic fecit ambonem et cyburium in basilica sanctorum Gosmae et Damiani, ubi et multa dona obtulit ; trullum 37 xm
vero eiusdem basilicae fusis chartis plumbeis coopérait atque munivit. Hic cyburium basilice sancte Susannae,
quod ante ligneum fuerat, ex marmore fecit; diversaque cymilia aurea et argentea vel immobilia loca illic
condonavit 38 . Hic basilicam 39 sanctae Eufemiae, quae per multa tempora fuerat distecta, coopérait ac renovavit.
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i et odor suavitatis om. B — solempnia O — 2 absida
AD: om. BC 2 — basilicam BC 2 : -ce C 3 — suprascriptam B :
sanctae D — appalariam B5« : apallaream C 2 E : apellaream C 3
— pens < sing. > E — 3 in om. B* — bas. supr. E — supra-
scriptam A*B* : sancta D — ëccl A* — foris B* — septem D —
pens. < sing. > C*E — CLXXX C 3 : XXX C*E — que E — tra-
ves A* — ingressus B5G — < in > conf. D — A circuitum B5—
bass. A» et ita saepe — supr.] sanctae D — tetravila B 5 : tu-
rabula B* : tetrabile Ci : tetrabila C 2 : trabila C 3 G— IIII om. C 3
— ex albis] alba A 8 B — a cocc] coccina B : coccinea A* — co-
cino A 1 — tignum A 8 : teenum B5 : totum B 6 : tectum C*E — 5
cuvicula C 3 — qui B — bas. eiusd. B — basilica est D — qui B 8 :
< et> CiG — deribus B« : suderibus C 1 — 6 studiose B 23 :
om. B«6__ renovavit BC» 2 G: incocabitC 3 — ac reparavit om.
B«6 — repavit C 3 — musileum B* : musebum C 12 : musibium
C 3 : musio D — atri Ci— basilice C 3 — 7 disruptum D— dele-
tum B« — innovabit B 3 C 13 — speculae C 2 — eiusdem eccl. tara
om. B*56C*e — quae om. B* 3 C 23 — * velj quamque super A* : etB 6
— arg. < quae> B 23 — maiores om. B 3 * — 8 sunt om. B"— re-
novabit B3«6C — probatissima B 3 : -mo B* — atque B«E —
adito B« — inferioris A&E — 9 superscripta basilica B — fac-
tam B 2 * — tumbam B — denominatam -cam B« — < in > pub.
A* — publica B* — 10 posuit B — ac] ad B* — habente D — in
gyro om. E — gyri B5 — ex] et A* — il albas A5B 6 — ex] etC*
— iacynto A* : iacyncto C 3 — et <ex> AB5« — zismar. B 3 :
zmar. B 6 C* 2 : zmaraedo G 3 — 12 tignum A 5 B 2 « : teenum B5 : tec-
tum C*E — cuvicula C 3 — in-apostoli] a sancto Paulo B«6
(sanctum Paulum B*) — balice C 3 — per om. B«6 — 13 f U er.
conf. B — contacta C 2 : contracta D — ac repar. om. AW 56 —
similiter om. B— traves A 1 : trabis B* — de Cal. fecit B — fece-
rat B 2 — Labria C' — quas A* : om. BD — 14 bas. < quia > D —
vetissima B 3 [bis) — invenit om. B — renovabit B 36 C 23 (ronav.
C 3 ) : < quas invenit > B — imagine A 1 : magnum D — vetus-
tissima AB 2345 — qui B 6 — super] ante B — foras B 15 — eiusdem
basilicae om. B — 15immutavit D : renovavit A'B — 16 am-
mone BE (-nem B 3 E) — cyborium A 1 : ciburium C 3 : tegurium
A 5 — basilicam C — Cosme C 3 — Daramiani A* — et om. B 23 *
C 23 — 17 ecclesiae A 5 CDEG— bartis B* — atque munivit om. B* 5 *
— tugurium A 5 : ciburium E 5 — basilice C 3 E* : om. BC* 2 — ?
sancte AŒ5— Susanne E&— 18 antea B 3 "D— lignum B«C«E —
marmoribus B 5 : marmur C 23 — diversas D — cimelia B 3 —19
basilica B 3 — Eufimiae A — qui B 5 — tempore B 3 — dis-
tructa B 6 G — cooperuit-distecta om. B 3 — Hic -renovavit
om. B«
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376 LXXXVI. SERGIUS (687-701).
Hic basilicam 40 sanctae Aureae in Hostis, quae similiter fuerat distecta vel disrupta, cooperuit suoque studio
renova vit. Hic oratorium 4i sancti Andreae apostoli, qui ponitur Lavicana, a solo refecit.
xrv Hic statuit u ut tempore confractionis dominici corporis Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis a
clero et populo decantetur. Constituit 43 autem ut diebus Adnuntiationis Domini, Dormitionis et Nativitatis sanctae
Dei genetricis semperque virginis Mariae ac sancti Symeonis, quod Ypapanti Greci appellant, letania * 4 exeat a 5
sancto Hadriano et ad sanctam Mariam populus occurrat.
Hic fecit in basilicam sancti Laurenti martyris, qui appellatur titulus Lucinae, arcos argenteos IIII.
164XV Huius temporibus 45 Àquilegensis ecclesiae archiepiscopus et synodus qui sub eo est, qui sanctum quintum
universalem concilium utpote errantes suscipere diffidebant, eiusdem beatissimi papae spiritalibus monitis atque
doctrinis instructi conversi sunt, eundemque venerabilem concilium satisfacti susciperunt. Et qui prius sub 10
errons vitio tenebantur, doctrina apostolicae sedis inluminati, cum pace consonantes veritati ad propria
relaxati sunt 46 .
Hic fecit coopertoria vel vasa aurea et argentea plura per diversas ecclesïas ad usum et ornatum ecclesiarum
Christi.
XVI Hic ordinavit Damianum 4T archiepiscopum sanctae ecclesiae Ravennatis. Hic ordinavit Bertoaldum 48 Brittaniae 15
archiepiscopum atque Clementem 49 in gentem Frisonum. Hic ordinavit per diversas provincias episcopos XCVII.
Fecit autem et ordinationes II per mens, mart., presbiteros XVIII, diaconos IIII. Qui sepultus est 50 in basilica
beati Pétri apostoli, VI id. septemb., indictione XIIII, Tiberio Augusto. Et cessavit episcopatus mens. IdiesXX.
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 basilica A 1 — Ostis coop. q. f. dist. B — similiter om. BC 3
— coop. v. disr. A 1 — vel] et BC 3 — diruta BC i2 — suoque stu-
dio] ac B« — que om. B 236 C 3 — 2 renovabit B 3 C — oraturium
Ai — sanctae B 3 C* 2 — Andrei B* (corr.) — apostoli om. B«6 —
quod A5E — pon.] est A5 — < in > Lavicana A 5 B — 3 ut tem-
pore] prae B 6 (post b«) — domini C 1 — qui -nobis om. B —
tollit C 3 — 4 et] ac D — autem om. B : que B 8 — dibus C 3 —
Adnon. C 3 — Dormiciones B* — Nativitate A 3 : -tas B* — 5
semperque virg. om. BC' — ac] a B^C 2 : et B» — Ypopanti
A«B6G2 : Yppo- A5CG : Hipa-B : Inpapantin C* — Greci app.]
dicitur grece B — laetaniae A 3 B(et latine B*) — exeantA 3 5B —
6 ad] aA 3 — sancta Maria A* 3 — populis C 2 — 7 fecit om. B«— •
bassilica A* — quae A5B6Ci 2 E — apel. C 3 — titulum B««C*G —
Lucine < fecit > B 6 — arg. arc. B 3
8 Aquilegiensis A 1 : Aquilenensis C 1 — ecclesiae om. B 2 * —
qui A*B 3 5C 3 : quae cet. — qui sub eo] quis ubi D— eo oro.A 13 —
quintinum D : < et > B — 9 uniyersale A5B 2 «6C 3 — utpute
A 3 D : uppote C 13 : appote G* : < erant > B* — errante E —
defidebant B 3 « — eidem A* — pape C 3 — montis C 3 — 10
strucli C12G : inslructis D — idemque A*E— venerabile A5B 2 * —
satisfactis A 3 : -tione C*e — suscep. A 3 5B 2 «C 3 DEG— 11 errores
B3 — vitio-inlu- om. B* — illum. A 1 : inlumanati G 3 — conso-
nantur Ci — 12 laxati A*
13 velj et A5B 2 : < diversa > B (-sas B 3 ) — plurima B* : om.
A 1 — ad- Christi om. B — ordinatum Ci — 15 aurdinavit B 3
— sanctae-archiepiscopum oro.C*E 2 — Hic o. B. B. arch. ponit E
post Frisonum — Bertoadum B (Berth. B*): Bertualdum C
(Berth. C 23 ): Berethyaldum E : Bertluandum G— Britanniae B 2 «:
Brittanniae B 3 E : Britthaoiae C 1 : om. A 13 D— 16 in gentem] gen-
tis As : oro.C*E— Frisonorum ADE (Frisin. A 3 *) : Frisonum BC
(Fres.B : Friss. C 3 : Frisonam C 2 )— Hic ord.] et constituit A 3 —
17 et om. ACi 2 DG— III <de suis> B« — maio B* : madio B** :
decemb. B 3 — IIII < sedit ann. XIII mens. VIII dies XXIII >
BC 2 *E5(sedisC 2 — d. XX1IIIC4E5)— Qui om. BCG: <etiam>
C*E— est < autem > C*G— in -ap.] ad beatum Petrum apos-
tolum C<E —18 sept.] feb. C 3 — ind. XIII B 3 * : XV C 3 *e : XVI £
— < sub > Tib. A 3 — Tyberii C 1 — episcopatus < eius >
C<G — mens. -XX] dies L C*E*
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LXXXVI. SERGIUS (687-701).
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i . /tomam veniens — presbiter ordinatui esC] La carrière de Ser-
gius fut assez rapide : il s'écoula au plus seize ans entre son entrée
dans le clergé romain, sous le pape Adôodat (672-676) et son éléva-
tion au pontificat (687). Il devait évidemment avoir l'âge d'homme
quand il vint de Sicile à Rome et ce n'est pas dans les conditions
ordinaires qu'il passa par la schola canlorum ( Bon iface V, note 3,
p. 322). Cependant il parle de saint Pierre comme de son nutritor
(cf. ci-dessous, note, 37, 1. 44, 57 de l'inscription). Son ordination
presbytérale, ayant été célébrée par Léon II, dut avoir lieu le
27 juin 683. Il était donc dans sa cinquième année de prêtrise quand
il fut élu pape.
2. in titulo s. Susannae qui et Duas domos vocatur] Cf. de Rossi,
Bull. 1870, p. 96. — Cette appellation se rencontre dans les ma-
nuscrits les plus complets du martyrologe hiéronymien, au 11 août,
jour de la fête patronale de cette église. On la retrouve aussi dans
la Passio Susannae (Surius, t. IV, p. 603). Il n'est pas douteux qu'elle
ne soit contemporaine de l'église elle-même qui, étant mentionnée
dans le calendrier romain du martyrologe hiéronymien, doit re-
monter au quatrième siècle. — Dans une charte de donation en
faveur de Sainte-Susanne (ci-dessous, note 37),Sergius rappelle lui-
même qu'il y exerça les fonctions de prêtre titulaire.
3. impigre celebrabat] Sur ce détail, v. De Rossi, Roma sott., t. I,
p. 219 ; t. III, p. 527. La desservance régulière des cimetières paraît
avoir été négligée dans le courant du septième siècle ; le pape
Jean III (ci-dessus, p. 303, 306) avait pris des mesures pour qu'on
y dit la messe tous les dimanches; nous verrons bientôt Grégoire
III, quarante ans environ après Sergius, restreindre cette célébra-
tion aux seuls jours anniversaires des saints de chaque sanctuaire
cimitérial. Il y a lieu de croire que, vers le temps où nous sommes,
c'était faire preuve de zèle que de se dévouer à ce ministère.
4. Post septennium, defuncto b. m. Conone] Conon étant mort le
21 septembre 687, le point de départ de cette durée tombe dans
les limites du pontificat d'Agathon (678-681); il ne correspond ni à
l'entrée de Sergius dans le clergé de Rome (676 au plus tard), ni à
son ordination presbytérale (683). Je ne vois pas à quoi le biogra-
phe le rattache, à moins que ce ne soit à l'ordination de Sergius
comme acolyte, c'est-à-dire à sa sortie de la schola cantorum, con-
sidérée comme le premier pas dans la carrière des honneurs ecclé-
siastiques {et acotitus factus per ordinem ascendens).
5. Theodorum archipresbiterum] Ce personnage avait déjà été
candidat après la mort de Jean V. Cf. ci-dessus, p. 368, Cohon,
note 3.
6. Paschalem archidiaconum] Cf. ci-dessus, p. 369.
7. interiorem partent patriarchii] Le palais de Latran se divisait
en deux groupes de bâtiments, dont l'un, à l'ouest, s'appuyait sur
la nef de la basilique Constantinienne et occupait à peu près le
même emplacement que le palais moderne, tandis que l'autre, situé
plus à l'est, commençait à peu près à la hauteur de la façade de
de Saint- Jean de Latran et s'étendait jusqu'au Sancta Sanctorum
actuel. Cette seconde partie de l'édifice était, du côté du nord, en
saillie assez forte sur la précédente ; sur sa façade septentrionale,
non pas au milieu, mais vers l'angle N.-O, s'ouvrait le grand es-
calier d'entrée. Quand on en avait atteint le palier supérieur, on se
trouvait de plain-pied avec une immense galerie qui longeait la
face nord du palais, dans ses deux parties. A gauche du palier,
dans cette galerie, étaient les portes qui donnaient accès au palais
intérieur, comprenant les appartements privés du pape, le ves-
tiaire, etc. A droite, dans la même galerie, s'ouvrait l'oratoire
Saint-Silvestre, au delà duquel on accédait, toujours par la même
galerie, au groupe occidental de bâtiments. Parmi ceux-ci se trou-
vait la basilique Julia, tournée vers le campus Lateranensis, place
actuelle de Saint- Jean-de-Latran. — On voit maintenant comment
Liber pontificalis.
les deux compétiteurs s'étaient partagé le palais : Théodore avait
toute la partie intérieure, à gauche du grand escalier ; Pascal
toute la partie située à droite du même escalier, l'oratoire Saint-
Silvestre, les pièces voisines et le palais occidental ou extérieur,
correspondant au palais actuel.
8. ab oratorio s. Silvestri] Cet oratoire a subsisté jusqu'à la dé-
molition du palais, accomplie sous Sixte V. Les anciens plans per-
mettent d'en reconnaître exactement la place. Cf. Rohault de
Fleury, Le Latran au moyen âge, pi. v, vi. Pan vin io [Le sette chiese,
p. 236) rapporte que de son temps encore les chanoines de Latran
y officiaient le jour Saint-Silvestre.
9. basilicam domus luliae quae super campum respicit] H a déjà
été question de la basilique Julia dans les vies de Bouifack I er ,
p. 227, 228 (note 4), et de Bohifack TI, p. 281, 282 (note 5; cf. Vl-
talibk, p. 344, note 4). Le document sur la réception des images de
Phocas et de Léoncie (ci-dessous, note 11) montre qu'elle servait
à certaines réunions officielles. L'emplacement en est à peu près
déterminé par le texte qui nous occupe; il nous apprend que
la basilique regardait le campus Lateranensis. Etant donné ce
qu'on sait sur la disposition de l'ancien palais, on ne peut la
chercher ailleurs que sur l'emplacement de l'ancienne salle du
concile, la Casa maior, construite sous Léon III (n* 384), à l'ex-
trémité de laquelle Boniface VIII fit élever sa célèbre tribune.Peut-
être, comme le pense M. Rohaalt de Fleury (Le Latran au moyen
âge, p. 28), ce dernier édifice occupait-il précisément la place
de la basilica Iulia.
10. cleri, si dici est, plunma pars] La formule si dici est, sous-
entendu licitum, se rencontre dans le Liber diurnus, et précisé-
ment dans la formule du décret d'élection (ri, 2 Garnier; cf. n» 82
Rozière, où le mot licitum a été suppléé d'après le manuscrit du
Vatican). De l'ensemble de la phrase il résulte que les partis
n'étaient pas les mêmes que dans l'élection précédente, où l'on
avait vu d'un côté l'armée, de l'autre le clergé. Ici les deux candi-
dats de la première heure n'ont autour d'eux qu'un groupe de
partisans qui ne représentent aucune des deux aristocraties, cléri-
cale et laïque.
11. ad sacrum palatium] Le palais impérial du Palatin, tout nou-
vellement réparé sous l'administration de Platon, père du pape
Jean VII (v. ci-dessous, p, 386, Jean VII, note 1), cura palatii ur-
bis Romae. Les commentateurs qui ont pensé au palais pontifical
de Latran n'ont pas réfléchi que les deux parties de ce vaste édi-
fice, le palais extérieur et le palais intérieur, étaient occupées et dé-
fendues par Pascal et Théodore et qu'il n'y avait pas moyen d'y
tenir une assemblée en faveur d'un troisième candidat. Du reste
on voit un peu plus bas que Sergius, une fois élu, fut conduit en
triomphe in Lateranense episcopio ; il n'y était donc pas au moment
de l'élection. Cf. la note suivante.
12. in oraculum b. Caesarii] Cet oratoire de Saint-Césaire in Pa-
latio a été jusqu'à présent confondu, soit avec l'oratoire de même
vocable situé dans le vestiarium du palais de Latran, soit avec
l'église Saint-Césaire sur la voie Appienne, un peu au delà de celle
des SS. Nérée et Achillée. D'après notre texte il est clair que le
palatium où se trouvait Y oraculum b. Caesarii Christi martyris
dont il question, n'est autre que le palais impérial du Palatin.
D'autre part le catalogue des églises de Rome conservé dans la
bibliothèque de l'Université de Turin (Urlichs, Codex U. R. to*
pogr.,p. 173), catalogue qui correspond à peu près à l'état des cho-
ses vers la fin du xm° siècle et qui est disposé par ordre topo-
graphique, nous trouvons l'église Saint-Césaire de Palatio men-
tionnée au milieu des églises voisines du Palatin, plus précisé-
ment vers l'angle le plus rapproché du Tibre, entre Sainte-Anas-
tasie, Saint-Sauveur de Ludo et Sainte-Marie in Cosmedin. Elle ne
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doit donc point être cherchée ailleurs que dans cette région et
dans le palatium impérial. Du reste l'église de la voie Appienne,
que l'on appelle maintenant et à tort Saint-Césaire in Palatio, est
mentionnée aussi, à son rang topographique, dans le catalogue du
xiii» siècle, mais sous le nom de Saint-Césaire in Turrim. Elle porte
le môme nom dans les chartes du moyen âge (Nibby, Roma moder-
ne 1. 1, p. 168). La table des églises contenue dans YOrdo Romanus
de Cencius Gamerarius, vers la fin du xn e siècle, lui donne le nom de
Saint-Césaire de Appia (Mabillon, Mus. ital., t. II, p. 194). Cette église
est donc bien distincte de l'oratoire de Saint-Césaire du Palatin.
Quant à celui-ci, c'est; évidemment le môme qui est indiqué dans le
iocument sur la réception des images de l'empereur Phocas et de sa
femme, l'impératrice Léoncie, le 25 avril 603 : « Venit autem icona
o suprascriptorum Phocae et Leontiae Augustorum Romam vu kal.
» mai. Et acclamatum est eis in Lateranis in basilica lulii ab
» qmni clero et senatu : Exaudi Christe ! Phocae Augusto et Léon-
» tiae Augustae vita l Tune iussit ipsam iconam domnus beatissi-
» mus et apostolicus Gregorius papa reponi in oratorio sancti
» Gaesarii martyris intra palatium. » (Jean Diacre, Vita s. Greg. M.
iv,-20) — Il faut noter ici les deux expressions in Lateranis et intra
pafatium, qui désignent des palais différents, comme dans la vie
de-Vigile, ci-dessus, p. 297, 1. 7. Cf. Bulletin critique, t. VI, p. 417.
43. et ingressus...] Théodore entre, non dans le palais lui-môme
où il se trouvait déjà, mais dans la salle où Sergius avait pris
place.
14. nec signa nec banda] Par signa il faut entendre des croix,
comme le montre un passage analogue à celui-ci, dans la vie
d'HxDRiEN I or (n° 315) ; quant aux banda, ou bandora, ce sont des
étendards.
15. in competenti loco] On voit par le texte cité dans la note pré-
cédente que les exarques étaient reçus à un mille de Rome, mais
seulement par les magistrats, la milice et les députations du peu-
ple. Pendant la période byzantins, l'empereur ne vint qu'une seule
fois à Rome, en 663 ; le pape Vitalien (ci-dessus, p. 343) alla au-de-
vant de lui, escorté du clergé, jusqu'au sixième mille.
16. luculos... respectoribus] Je ne trouve nulle part l'explication de
ces termes de sorcellerie. Les ambitieux consultaient autrefois les
sorts et les magiciens pour savoir' s'ils deviendraient empereurs.
17. Buius itaque temporibus] Le concile in Trullo se tint en 692.
18. et legati sedis apostolicae] La signature des légats ne se trouve
pas sur le protocole qui nous est parvenu (Mansi, t. XI, p. 987;
Hardouin, t. III, p. 1697). Mais il n'y a pas lieu de douter, comme
on le fait souvent, que le pape n'ait été représenté au concile, que
ses légats ne l'aient signé et qu'ils n'aient été ensuite désavoués.
Comme on avait réservé, sur les exemplaires officiels, une place
pour Ja signature du pape, il est naturel que ses représentants
n'aient pas signé à cet endroit. Leur signature, à quelque place
qu'elle se soit trouvée, aura dû être biffée par la suite.
19. quaedam capitula] Sur ces canons, inacceptables pour le
saint-siège, v. Hefele, Conciliengeschichte, t. III, p. 298-318.
20. in sex tomis] A six exemplaires, un pour l'empereur, un autre
pour le pape et quatre pour les patriarches d'Orient. Les six exem-
plaires furent envoyés à Rome. — Dans le texte actuel on trouve
d'abord la signature de l'empereur Justinien II, puis une place
vide, tcStoçtoO iy.uyzi-zov itdrrcx Twjjltiî, puis les signatures des quatre
patriarches de Constantinople, d'Alexandrie, de Jérusalem et d'An-
tioche, enfin celles des autres évèques, suivant l'ordre des pré-
séances. Quelques places restent vides, notamment celles des mé-
tropolitains de Sardaigne et de Ravenne.
21. lucello quod sccvrocarnaW] Lucellus veut dire écrin ; quant au
mot grec qui l'accompagne ici, je ne parviens pas à le retrouver.
22. Iohannem Portuensem] C'est ce Jean, évoque de Porto, qui
avait été légat au concile œcuménique, en 680-681. Cf. Agathok,
p. 330, 3o4.
23. Bonifatium consiliarium] Ce Boniface, conseiller du siège
apostolique, est connu par un passage des actes du septième con-
cile œcuménique (787). Un des légats du pape Hadrien raconta
incidemment, dans la première session de cette assemblée, que
Macarius, patriarche d'Antioche, exilé à Rome à la suite du
sixième concile, y avait été l'objet d'une vive sollicitude de la part
du pape Benoit II, qui voulait le ramener à l'orthodoxie. A cet
effetil lui envoyait chaque jour son conseiller Boniface (BovupdcTiovtôv
xovaiXwtpiov aûToù), chargé de discuter avec lui les textes de l'Ecri-
ture. Tout fut inutile et le patriarche mourut dans son obstination
(Hardouin, t. IV, p. 64; Mansi, t. XII, p. 1035). La fonction de
consiliarius existait déjà au temps du pape Vigile, qui nomme dans
une de ses lettres un Saturninus consiliarius noster (Jaffé, 927 ;
Migne, P. L., t. LXIX, p. 47) ; sous saint Grégoire (Ep. m, 18 ; ix,
4) elle était exercée par un Théodore, que le pape qualifie dWo-
quentissimus consiliarius noster, et qui parait avoir été laïque ou
simple clerc. C'est aussi le cas du Jean, servus Dei, consiliarius
sedis apostolicae, qui, en 640, pendant une vacance du saint-siège,
répondit avec l'archiprêtre, l'archidiacre et le primicier, à une
consultation des évoques, prêtres et docteurs Scots (Jaffé, 2040). En
756 nous trouvons un autre conseiller (Etikhne II, n° 255) qui de-
vint ensuite primicier. Cf. Galetti, Primicero, p. 33.
24. Ravennatis militiae — partium] Le biographe ne parle pas de
Yexercitus Romanus. Ce corps ne devait pas être mal disposé pour
le pape Sergius, dont il avait fait l'élection. R y avait peut-être
conflit entre son dévouement à l'empereur et son affection pour le
pape. D est sûr, en tout cas, qu'il ne s'opposa pas à l'entrée des
Ravennates, comme l'aurait désiré le protospathaire Zacharie.
25. tam inferiores quamque superiores] On distingue ici entre les
portes situées au bas de l'escalier et celles du palier supérieur,
par où l'on accédait au palais intérieur.
26. foris basilicam — sub apostolos] UOrdo de Cencius Camerarius
(Mabillon, Mus. ital., t. Il, p. 212) porte que le pape était conduit,
le jour de son élection, de la basilique de Latran à la chapelle
Saint^Silvestre, dans le palais; de là il s'acheminait, par le porti-
que de la façade septentrionale, vers l'oratoire de Saint-Laurent,
le Sancta Sanctorum actuel. Entre ces deux stations, il passait
sous les images de saint Pierre et de saint Paul : « Ducitur per ip-
sam porticum sub iconas sanctorum Pétri et Pauli apostolorum
quae per mare Romam venerunt nullo ductore, et intrat basili-
cam sancti Laurentii. »
27. his qui illum miserat — privatus] Justinien II fut renversé du
trône en 695.
28. crucem — pewrnatam] M. de Rossi {Inscr. Christ., t. II, p. 35)
identifie cette croix avec celle que, d'après un ancien Ordo Roma-
nus {ibid., p. 34), on portait le vendredi-saint à la station papale
de Sainte-Croix en Jérusalem. L'Ordo la décrit ainsi : « Crux vero
ipsa de ligno pretioso de&uper ex auro cum gemmis intus ca-
vam habens confectionem ex balsamo satis bene olente. d — La
croix découverte per Sergius devait ressembler beaucoup à la cé-
lèbre croix de Justin II, encore conservée à Saint-Pierre (Borgia,
de Cruce Vaticana,T{ome 1179 ; cf. Kraus, Real-Encyklopxdie, t. II,
p. 243).
29. die ExaUationis s. Crucis] Ce passage est le plus ancien do-
cument daté que l'on ait sur la célébration de cette fête en Occi-
dent. Il faut cependant remarquer qu'elle figure dans le sacramen-
taire de Saint-Denys, dit sacramentaire gélasien, dont le copiste
fut probablement un contemporain de Sergius. Elle manque, au
contraire, dans le plus ancien manuscrit du martyrologe hiérony-
mien, celui d'Epternach, exécuté pour un évoque dont Sergius lui-
môme fut le consécrateur (ci-dessous, note 47). Les missels gallicans
ne l'ont pas ; en revanche ils ont la fête de l'Invention de la sainte
Croix, le 3 mai, qui manque au sacramentaire grégorien et pour-
rait bien n'Ôtre, dans le sacramentaire dit gélasien, qu'une inter-
polation inspirée par l'usage gallican. Chacun des deux calendriers,
lo romain et le gallican, aurait donc eu sa fête de la Croix et tou
tes les deux auraient été conservées, lors de la fusion qui s'opéra
au temps de Charlemagne. — Quoi qu'il en. soit de cette, conjecture
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la fête de l'Exaltation de la Croix a été certainement importée d'O
rient. A l'origine elle semble avoir eu pour but de commémorer la
dédicace de la basilique du Saint-Sépulcre, au temps de Constan-
tin, en 335. Il est inexact dédire, comme on le fait souvent, qu'elle
fut introduite à Rome par le pape Sergius. Le biographe de celui-
ci en parle comme d'une fête célébrée de son temps, sans dire
qu'elle soit d'institution récente.
30. in basilica Salvatoris — adoratur] Ce rite solennel est décrit
dans les livres spéciaux du xi« et du xn e siècle, comme ceux de
Jean Diacre, De ecclesia Lateranensi, c. 10 (Migne, P. L., t. CXIV,
p. 1356), de Benoit, chanoine de Saint-Pierre, c. 74 (Mabillon, Mus.
ital., t. 11, p. 152), de Cencius Camerarius, c. 74 (ibid., p. 209).
31. imaginem auream] Cette imago aurea et celles dont il est
question plus bas devaient être des images peintes, recouvertes
d'or ou d'argent doré, comme celles que l'on voit dans les églises
grecques et russes. — La pars mulierum, à Saint-Pierre, corres-
pondait aux nefs latérales de droite en entrant.
32. trabes ad ingressum confessionis] Cf. Grégoire III, n° 194.
33. tegnum et cubicula] Il s'agit probablement ici d'un portique
extérieur {tegnum ou tectum) appuyé sur les murs latéraux de la
basilique, comme la tegulata de la basilique cimitériale de Balbine
(Marc, note 4, p. 203). Le tegnum de Saint-Pierre est déjà men-
tionné dans la notice de Symmaque, et comme antérieur à ce pape
(Symmaqub, p. 262, 1. 5). Des cellules (eu bicula) y étaient méaagôes,
sans doute pour les reclus ou les pèlerins pauvres. Cf. Symmaqub,
p. 263, 1. 2. Ces constructions devaient avoir à souffrir du sti-
Uicidium qui tombait du toit de la basilique et des rudera déta-
chés de la toiture elle-même ou du haut des murs.
34. musibum... in fronte atrii] Cette mosaïque, qui datait du
temps de saint Léon (Introd., p. cxxvn, a, note 4; cf. Léok, p. 239,
1. 4) fut restaurée plusieurs fois, en particulier sous Grégoire IX,
qui s'y fit représenter. Elle se conserva, avec quelques retouches
partielles, jusqu'à la démolition de la façade de Saint-Pierre, en
1506. Grimaldi nous en a laissé une description (E. Mûntz, Gri-
maldi, dans la Bibl. des écoles françaises d'Athènes et de Rome,
t. I, p. 256) ; il en existe un dessin exécuté en môme temps (Ciam-
pini, de jEdificiis, pi. ix). Elle comprenait alors trois rangées de fi-
gures : en haut le Christ, entre la sainte Vierge et saint Pierre,
au milieu des quatre animaux symboliques représentant les qua-
tre évangélistes ; au-dessous les quatre évaogélistes, en figure hu-
maine, tenant leurs livres à la main ; plus bas enfin les vingt-qua-
tre vieillards offrant leurs couronnes au Christ. Cette composition
remontait, dans son ensemble, à la mosaïque primitive, celle du
cinquième siècle (De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 55).
35. Hic corpus b. Leonis...] Nous avons encore le texte de l'ins-
cription métrique par laquelle Sergius voulut perpétuer le souve-
nir de cette translation (De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 56, 98,
140, 158 ; cf. p. 201, 202) :
Huius apostolici primum est hic corpus humatum
quod foret et tumulo dignus in arce Pétri ;
hinc vatum procerumque cohors guos cernis adesse
membra sub egregia sunt adoperta domo.
5 Sed dudum ut pastor magnus Léo septa gregemque
christkolam servans ianitor arcis erat.
Commonet e tumulo quod gesserat ipse superstes
insidians ne lupus vastet ovile Dei.
Tesiantur missipro recto dogmate libri
10 quos pia corda colunt, quos prava turba timet.
Rugiit, et pavida stupuerunt corda ferarum
pastorisque sui iussa sequuntur oves.
Hic tamen extremo iacuit sub marmore templi
quem iam pontificum plura sepulchra celant.
15 Sergius autistes divino inpulsus amore
nunc in fronte sacrae transtulil inde domus t
exomans rutilum pretioso marmore tumbum
in quo poscentes mira superna vident;
et quia praemicuit miris virtutibus olim
20 ultima pontificis gloria maior erit.
Sedit in episcopatu annos XXI mensem I dies Xlll. Depositus est
IJIidus et iterum iranslatus hue abeatopapa Sergio IHI kal.
iut. indiclione I.
Le tombeau de saint Léon (cf. Léok, p. 239, note 15) se trouvait
au bout, à gauche, du portique d'entrée, au bas du secretarium
(plan, ee). Il était là comme le portier du temple (ianitor arcis), dans
l'attitude d'un pasteur veillant sur son troupeau, tel qu'il avait été
durant son pontificat (v. 7-12). Mais, par la suite du temps, les sarco-
phages de ses successeurs, se pressant auprès du sien, le cachaient
aux regards. Sergius le transporta à l'intérieur de l'église (in arce
Pétri), orna cette nouvelle tombe de marbres précieux (v. 17) et y
fit peindre, soit à fresque, soit en mosaïque, des prophètes et au-
tres saints dont les corps reposaient aussi à Saint-Pierre (v. 3, 4).
11 n'est guère douteux que cette chapelle ne soit identique à l'o-
ratoire de Saint- Léon, mentionné dans la vie de Paul I" (n° 261),
restauré sous Léon IV (n° 511) et Pascal II. Cet oratoire se trou-
vait dans le transsept sud de la basilique, à l'endroit marqué 14
sur le plan, auprès de la porte par laquelle on accédait au monas-
tère de Saint-Martin. L'expression in fronte sacrae domus par la
quelle cet emplacement est désigné dans l'inscription, est peu na-
turelle (De Rossi, /. c, p. 202), à moins que l'on n'entende par
sacra domus le sanctuaire de la confession et de l'abside. — La
translation eut lieu le 28 juin 688. Son anniversaire est marqué
dans les livres liturgiques grégoriens. Actuellement on fête à ce
jour la mémoire de saint Léon IL
36. Hic tegnum... b. Pauli] Cf. ci-dessus, note 33.
37. Trullum vero...] Sur l'église des SS. Côme et Damien, v.
Félix IV, p. 279 ; le trullus dont il est ici question est [la coupole
de l'ancien petit temple de Romulus ou de Constantin, qui servait
de vestibule à la basilique.
38. immobilia loca illi condonavit] Ces immeubles furent cata-
logués dans une charte de donation, adressée à Jean, prêtre titu-
laire de l'église Sainte-Susanne. La charte fut gravée sur un marbre,
dont on a retrouvé plusieurs fragments ; la voici, avec les sup-
pléments de M. de Rossi, (Bull. 1870, pi. vin, p. 89-112; aux lignes
51, je tiens compte de certains compléments que M. de Rossi a
récemment trouvés dans les mss. et qu'il a bien voulu me commu-
niquer). Le détail du ciborium en bois,relaté dans le L.P., cadre bien
avec l'état de pauvreté de l'église, dont il est parlé dans la charte.
Pour le commentaire do cet important document, v. De Rossi, Le
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DVM APOSTOL1CIS PONTIFICtôu* divinae pROVIDENTIAE SVAE DIGNATIONE DNS
NOSTER ÎH5 XTS ECCLE5". SVae regimen eT ECCLESIASTICARVM RERVM DISPEN
SATIONEM COMM1SERIT PRo data potestAHE QVI VICEM APOSTOLORUM PRIN
CIPIS GERIT LIBRATIONE VERpendat opus EST VT PERAEQVARI DEBEANT EC *
CLESIARUM SVBIACENTIUM Quaestus et tnrft'GENTIAM SVST1NENTI SVCCVRRI
QVATENVS NON ALTERA LAVfo reditu gaudeat altéra angustiis prematur inopi
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MARTYRIS XPI SVSANNAE QVae in regione quarto, ad duas domos consti
TVTA EST AD LVM1NARIA VEL oblationes valde modicos habere qu
AESTVS NEC VLLA IN EODEM tilulo esse praedia adsignata, ita ut presbyter
QVI PRO TEPORE CONSTI^ms ibidem fuerit vix necessaria ad cultum e
IVS INVENIAT AEQVVM ESse iudicamus ^^
IS EIVSDEM_ECCLAE EMOLVMEN/w nos providere . liaque cum omnipotent' et mi
SERICORS DS NOSTER INTEKcedenlibus sanctis ex tiluh
SCAEVIRGINIS ET MARTYRE xpiSusannae ad apostolicum
GVLMEN NON PRO MERITIS nostris sed
HVMANITATIS SVAE GRATViVa disposition humîlitatem
MEAM PRAEDESTINAVERIT eidem titulo etc. loca vel praedia etc. quae inferius
describuntur deputamus etc.
Ex patrimonio Sabinensi fundum . . . praesianTEM SOLIDOS TRES. FVNDO*
VIA NVMENTANA- FVNdum . . .
FVNDV CAESARIANV POSITVm
item ex patrimonio Tusciae fundum CVRTIANV* FVNDV PRAETO.
territomo NEPESINO . OMNES . SSTO* f
VNDOS IN INTEGRO ITEM DE Patrimonio APPIAE F VND 7 CAS VLAM Cum
VINEIS ET OM/iiB. AD EV PERTINENTIB.POSITV IN CLIVO ARIGINO EX co
RPORE MASsaE OG RANAE ET DE FVNDO GVRTIANO VNGIAS. III. CV ca
SIS ET VINEIS pOSIT SSTA VIA SVB CAMPO BARBARICO- PARITER ETIam
ET ALIAS IIP uNGIAS FVNDI GAPITONIS GV GASIS ET VIN EIS SEV Ora
TORIO SGAc FAVSTINAE POSITO VIA LATINA MILIAR PLM XII. IVXt
A MASSA MaRVLIS ITEM EX P ATRIMONIO VRBANO INTRA HANG VRBem
ROMAM DOMumET HORTV QAP QD GATELLI SIRIGARII IN QVA MANSIT Nabi
RA VIDVA POstTV REGIONE QVARTA PRAESTANTEM SOLIDV VNV TRian
S CONFIRMANTES ET DONATIONEM QVAM PETRVS SVBDIAG SGAE NRae
ECGLiE IN EAdEM EGGLA SGAE MARTYRIS SVSANNAE VISVS EST OPte
LISSE DE POrftONE DOMVS IVRIS SVI GV HORTO VINEATO POSITO in r
EGIONE QVARTA P_RAESTANTEM SOLIDVJNVM. ITEM IN REGIONE Quar
TA DOMV Et HORTV GATA QD ANNIBONIV_ IN QVA MANSIT CYRfac
VS MACELLaRIVSPRAESTANTEM SOLIDV VNVM TRIANS. HORTwm
VINEATV iuXTA SGAM SVSANNAM^weM TENET CYRIACVM .
DIAGONABwS PRAESJANTE SEDEGI auri SI/^VAS . HAEG AVTem
QVAE IN EA DEM e CCLA EX DONIS NVTRITORIS MÛ CONTVLIMus curA ET pr
OVIDENTIA FBBT qui PRO TEMPORE A XOBIS VEL a SVCCESSORIBVS Nrisdeput
ATYS IBIDE FVerit DISPENSANDA STATVIMVS
GENDA . NVLLOjnpdO DE GLERO SGAE NILE ECÔDe VLTR A PRAESVMa* guùouam
VMQ.DISPOSITïONE DE EISDE LOGIS EFFICERE VTPOTE QVAE SEmper per
NRI PRiEGEPT» awGTORITATE DE BREVIB.EGGL/E ET DE SVMA PEXsionum detra
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39. basilicam s. Eufemiae] La circonstance que cette basilique
était découverte depuis longtemps interdit de songer à Sainte-Eu-
phémie sur la voie Appienne, église rurale consacrée par le pape
Donus peu d'années avantSergius (Doues, p. 348, 1. 3). Il s'agit donc
de l'église du monastère de Sainte-Euphémie et de l'Archange, men-
tionné dans la vie de Léon III (n« 407; cf. n° 388) et dans le ms. de
Turin (Urlichs, Codex U. R. topogr., p. 172), comme voisin de
Sainte-Pudentienne. Grimaldi, cité par Vignoli {h. /.), dit que de
son temps elle était profanée et transformée en maisons; il en in-
î! Tr W? * fl ^ fl " inascensuclivis. Mariae
Matons, ubi est amplum claustrum columellis antiquis seplum. Ces
renseignent s semblent indiquer l'angle delà via délie Quattro
Fontane avec la via di s. Pudenziana.
iO basilicam s. Aureae in Hostis] L'église Santa-Aurea, cathédrale
de lOstie moderne (cf. S.lvestre, p. 199, note 96), qu'il faut bien se
garder de confondre avec la cathédrale antique, mentionnée dans la
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notice de Silvestre (p. 183, 1. 18), remonte, pour sa construction ac-
tuelle, à la fin du xv° siècle (Nibby, Dintomi, t. II, p. 451), mais
ses origines les plus anciennes atteignent le temps des persécutions.
Elle s'élève en effet sur l'emplacement du cimetière où furent en-
terrés, avec la sainte titulaire, plusieurs martyrs d'Ostie (Acta SS.
aug., t. IV, p. 160).
41. oratorium s. Andreae] Cf. Gblàsk, p. 256, 1. 12.
42. Hic statuit — decantelur] Le sacramentaire appelé gélasien
(Muratori, Liturgia Rom., 1. 1, p. 698) ne mentionne pas VAgnus Dei;
on peut en dire autant de la messe romaine contenue dans le sacra-
mentaire gallican de Bobbio (ibid., t. II, p. 780) et de celle du missel
de Stowe (Warren, The Liturgy of the celtic church, Oxford, 1881,
p. 242), au moins en ce qui regarde la forme actuelle de cette invo-
cation. Il n'y a pas lieu, il est vrai, d'insister sur ces deux derniers
textes, où l'ordinaire romain a été fortement modifié par sa com-
binaison avec d'autres usages. — Il n'est pas défendu de voir, dans
ce décret de Sergius, une protestation contre le canon 82 du concile
in Trullo, qui proscrivit la représentation symbolique du Sauveur
sous forme d'agneau.
43. Constitua ... ut diebus] L'observation de ces quatre fêtes, à
Home, n'a pas de document plus ancien que ce texte. Les homélies
de saint Léon et de saint Grégoire, le calendrier romain contenu
dans le martyrologe hiéronymien, les tables philocaliennes (ci-des-
sus, p. M, 12), le sacramentaire appelé léonien,ne contiennent au
cune indication relative à une fête quelconque de la sainte Vierge.
Il faut remarquer cependant que le sacramentaire léonien, n'ayant
pas les premiers mois de l'année, ne prouve que pour les fêtes du
15 août et du 8 septembre. Dans les pays de rite gallican, il en
existait une, dont l'origine parait remonter au vi« siècle. La recen-
sion auxerroise du martyrologe hiéronymien la marque au 18 jan-
vier, avec la solennité de la chaire de saint Pierre. La même date
se retrouve, avec plus ou moins de précision, dans les livres litur-
giques gallicans et dans Grégoire de Tours (Gl. Mart. , 9). Perpetuus,
prédécesseur de Grégoire, n'avait pas encore inscrit cette fête dans
son calendrier [Hist. Fr., x, 31). En Espagne, il y avait une certaine
diversité; la fête était célébrée partout, mais à des dates différentes
et variables; le dixième concile de Tolède (656), can. 1, prescrivit
une date fixe et universelle; mais, ne jugeant pas opportun de
choisir la date du 25 mars, à cause de la concurrence du Carême
et des fêtes de Pâques, et ne tenant pas apparemment la date du
18 janvier comme très autorisée, il se décida pour le 18 décembre,
huit jours avant Noël. Telle est l'origine de la fête de VExpectatio
partus B. M. V., observée encore en Espagoe et en beaucoup d'autres
lieux. Cette fête gallicane avait le même sens que la fête actuelle de
l'Assomption. Les quatre fêtes du 2 février, du 25 mars, du 15 août
et du 8 septembre ont été d'abord importées d'Orient à Rome, pour
se répandre ensuite en Occident. Les plus anciennes sont les deux
premières. Leurs dates dérivent de celle de la fête de Noël ; elles
n'ont pu être fixées avant le déclin du quatrième siècle, époque
vers laquelle les églises d'Orient admirent la date du 25 décembre
comme celle de la commémoration de la Nativité de N. S. Elles
sont d'ailleurs beaucoup plus récentes. Théophane (a. m. 6034)
rapporte que Justinien fit célébrer pour la première fois la fête du
2 février à Constantinople , en 542. Celle de l'Annonciation n'a
pas d'attestation certaine , en Orient , avant le concile in Trullo
(c. 52), célébré en 692, sous Sergius. Pour les deux autres il faut
encore descendre plus bas. Quant à l'Occident, deux manuscrits
liturgiques, exécutés par des contemporains du pape Sergius, con-
tiennent des indications fort intéressantes. Le sacramentaire géla-
sien a les quatre fêtes; le martyrologe de saint Willibrord (Pari-
sinus 10837) ne marque aucune fête de la sainte Vierge au 25 mars,
au 15 août, au 8 septembre; au 16 août, par une confusion qui at-
teste une connaissance imparfaite de l'usage romain, il indique la
Nativitas s. Mariae; au 2 février on y trouve les mots et Hieroso-
lyma, sancti Simeonis. Cette formule présente un accord remarquable
avec celle que le biographe de Sergius emploie pour désigner la
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même fête. Si les autre fêtes eussent été d'usage à Rome au temps
de saint Grégoire le Grand, il serait inconcevable qu'on ne les trou-
vât pas dans un martyrologe exécuté en Grande-Bretagne, pour
un évoque anglo-saxon. D'autre part ni dans la vie de Sergius ni
dans le sacramentaire gélasien elles ne sont présentées comme
d'institution récente. On peut donc conclure qu'elles ont été établies
à Rome dans le courant du septième siècle.
44. letania exeat a s. Hadriano] Cet usage est rappelé dans la vie
de Lbon IV,n° 504.Le sacramentaire grégorien conlient,au 2 iévrier,
une oratio ad collectant ad s. Adrianum; il indique la messe à Sainte-
Marie Majeure. Ces processions sont décrites dans les livres de
Benoît le chanoine et de Cencius Camerarius, telles qu'elles se cé-
lébraient au su» siècle. Elles avaient lieu le matin, avant la messe,
sauf celle de l'Assomption, qui avait lieu la nuit du 14 au 15 août,
et se terminait par le chant des vigiles (matines).
45. Huius temporibus Aguilegensis J II n'y a pas d'autre docu-
ment sur la fin du schisme d'Aquilée. Cf. Hohobius, noie 2, p. 325.
Dans sa chronique, Bède abrège cette phrase et, en l'abrégeant,
l'altère de façon à lui faire dire que l'opposition de la province
d'Aquilée au cinquième concile œcuménique se produisit sous Ser
gius. Il prend synodus dans le sens de réunion conciliaire, tandis
qu'il signifie ici le corps des évoques suffragants d'Aquilée. Paul
Diacre (//. L„ vi, 14), qui pourtant était de ce pays, reproduit tel
quel le texte de Bède. — Il s'agit ici, non pas de la province de
Grado, dont le métropolitain se qualifiait aussi de patriarche d'A-
quilée, mais de celle de Forum Iulium (Cividale). Une lettre du
pape Grégoire II, datée de 123 (Jaffé, 2166) suppose que la commu-
nion avait été rétablie entre Rome et Forum Iulium. Elle montre
en même temps que l'évêque de cette dernière ville n'eut rien de
plus pressé, une fois la paix faite, que de chercher à reconstituer
l'unité du patriarcat d'Aquilée, en ralliant sous son autorité mé-
tropolitaine les évoques de la circonscription de Grado.
46. ad propria relaxati sunt] Cette expression s'applique aux dé-
putés que les évoques de la province d'Aquilée durent envoyer
à Rome pour accomplir les formalités de l'union.
47. Damianum archiepiscopum s. e. Ravennatis] Sur cet évéque,
v. Agnellus, c. 125-135, qui dit formellement qu'il fut consecratus
Romae. Cette cérémonie eut lieu le dimanche 25 février 692.
48. Bertoaldum Britanniae archiepiscopum] D'après Bède (Hist.
eccl., v, 8; cf. v, 12), Berthwaid, huitième archevêque de Cantor-
béry, fut consacré trans mare, le dimanche 29 juin 693, par Godui-
nus, metropolitanus episcopus Galliarum. Ce Goduinus ne peut être
que l'évêque de Lyon appelé Gudinus dans le catalogue du sacra-
mentaire d'Autun (Cabinet historigue, 1882, p. 560). U est impossible
de récuser le témoignage de Bède, et ce conflit entre deux autorités
très graves ne peut être résolu que par une interprétation. Je crois
que le mot ordinavit a, dans cette phrase, un sens un peu différent
de celui qu'il 4 a dans la précédente et qu'il se rapporte, non pas à
la consécration épiscopale,maisàla collation de la juridiction supé-
rieure sur les églises de la Bretagne anglo-saxonne, juridiction qui
procédait du pape et se trouvait symbolisée par l'envoi du pallium.
Dans lavied'ETiBNNE II (n°256) nous rencontrons la même expression
employée à propos de saint Chrodegang de Metz : a Et dum in Francia
esset positus (Stephanus papa) Rodigango sanctissimo viro episcopo
pallium tribuit et archiepiscopum ordinavit. » Or Chrodegang était
évêque bien avant le temps d'Etienne II et surtout de son voyage
en France. Cf. Grégoire III, n° 205. — ■ Ce passage du L. P. fut
allégué, au ix° siècle, en faveur des prétentions métropolitaines de
l'évêque de Dol. Festinien, titulaire de ce siège, écrivit à Nicolas I er
que, d'après les Gesta des papes, un évêque de Dol, appelé Restoald,
avait été consacré archevêque par le pape Séverin : « Scripsistis
» praeterea nobis, dit la réponse à cette lettre, ut huius s. Roma-
» nae ecclesiae praesul Severinus Restoaldum decessorem vestrum,
» sicut in nostris legitur gestis, in archiepiscopum consecrasset. »
(Jaffé, 2806; Migne, P. L., t. CIX, p. 969). La terminologie du
temps ne permet pas d'entendre par Gesta pontificum autre chose
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LXXXVI. SERGIUS (687-701).
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que le L. P. D'autre part il est oertain que la vie de Séverin ne con-
tient pas ce qu'on dit y avoir vu. On aura confondu les deux noms
Severinus et Sergius, soit à Dol, soit à Rome, et légèrement altéré
le nom Bertoaldus. Le nom Brittaniae, mal compris, aura été la
cause de l'erreur.
49. Clementem in gentem Frisonum] Bède, Ckron., a. 698 : «Idem
papa Sergius ordinavit venerabilem virum Vilbrordum, cogno-
mine Clementem, Fresonum genti episcopum, in qua usque hodie
<726) pro aeterna patria peregrinus, est enim de Brittania gentis
Anglorum, innumera quotidie diabolo detrimenta et Christianae
fldei facit augmenta. » Hist. eccl., v, H : « Misit Pippinus, fa-
vente omnium consensu, virum venerabilem Vilbrordum Romam,
cuius adhuc pontiûcatum Sergius habebat, postulans ut eidem
Fresonum genti archiepiscopus ordinaretur. Quod ita ut petierat
impletum est anno ab incarnatione Domini DGXGVI. Ordinatus
est autem in ecclesia sanctae martyris Gaeciliae, die natalis eius,
imposito sibi a papa memorato nomine démentis ; ac mox re-
missus ad sedem episcopatus sui, id est post dies XIIII ex quo
in Urbem venerat. » — Il y a erreur dans les chiffres de Bède.
Saint Willibrord n'a pu être ordonné le 22 novembre 696, qui était
un mercredi. Du reste, Willibrord lui-môme a noté l'année de son
ordination, à la marge d'un calendrier à son usage que nous avons
à la Bibliothèque nationale [Lat. 10837). M. Léopold Delisle en a
publié une partie en fac-similé {Cabinet des manuscrits, pi. xix
n° 4) ; en voici le texte :
In nomine Domini Clemem Willibrordus anno sexcentesimo nona-
gesimo ab incarnatione Christi veniebat ultra mare in Francia et in
Dei nomine anno sexcentesimo nonagesimo quinto ab incarnatione
Domini, quamvis indignus fuit ordinatus in Romae episcopus ab apos-
tolico viro domno Sergio papa; nunc vero in Dei nomine agens annum
septengentesimum vigesimum octavum ab incarnatione domini nosiri
lesu Christi. In Dei nomine. Féliciter.
Le jour n'est pas indiqué dans cette note, mais il a été marqué dans
le môme calendrier à la marge du 21 novembre, Ordinatio domni
nostri démentis, du vivant môme du saint évoque, autant que je
crois. Or le 21 novembre 695 était un dimanche. C'est évidemment
la vraie date.
50. Qui sepultus est...] L'épitaphe est perdue.
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LXXXVII. IOHANNES VI (701-705).
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LXXXVII.
IOHANNES, natione Grecus, sedit ann. III mens. II d. XII. Huius temporibus * venit Theophilactus cubicula- 1 165
rius, patricius et exarchus Italiae, de partes Siciliae in urbe Roma. Cuius adventum cognoscentes militia totius
Italiae, tumultuose con venit apud hanc Romanam civitatem, vellens praefatum exarchum tribulare. Pro cuius
pontifex ne adfligeretur persona sese médium dédit, portas civitatis clausit, sacerdotes apud (fossatum in quo in
5 unum convenerant misit, et monitis salutaribus tumultuosam eorum seditionem sedavit. Dum vero infâmes h
quidam personae capitulare adversus quosdam Romanae urbis habitatores fecissent et praenominato exarcho ut
a propriis substantiis denudarentur tribuissent, hii iustam sui operis poenam multati sunt.
Deinde vero* dum Gisulfus, dux gentis LangobardorumBeneventi,cum omni suavirtute Gampaniam veniret, 166
incendia et depraedationes multas exerceret, captivosque non paucos coepisset, vel usque in loco qui Horrea
io dicitur fossatum figeret, nullusque extitisset qui ei potuisset resistere, denominatus pontifex missis sacerdotibus
cum apostolicis donariis universos captivos de eorum manibus redemit et illum cum sua hoste ad propriis
reppedare fecit.
Hic fecit in basilica beati Andreae apostoli qui ponitur infra ecclesia beati Pétri principis apostolorum ambonem ni
noviter. Hic super altare ecclesiae sancti Marci coopertorium fecit; et in basilica beati Pauli apostoli inter
i5 columnas altaris dextra levaque vêla alba. Hic fecit ordinationem presbiterorum et diaconorum I, id est presbi
teros VIIII, diaconos II ; fecit autem et per diversa loca episcopos numéro XV 3 . Et cessavit episcopatus mens.
I dies XVIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 d. XIII C* 2 : <Fuit autem temporibus Tiberii Aug. > C 3 *E
- venit om. A3 — Theofil. C 3 — 2 Italie A* — parte AWC"
DEG : partibus A^B 23 : portes C 3 — in urbem om. A 5 — urbem
Romam A«B 23 DE : Romam A 8 : -me B5 — cognoscens A 5 :
cognuscentes G 3 — militiaeAi 3 D — 3Italiae <ac > A«D — tu-
multuosa A^B — aput B6 : om. B 3 — hanc] ac B« : om. B 6 —
civit. < militia totius ecclesiae tum. c. ap. ac R. c. >B* — vo-
lens AB 23 D — praefactum B 3 — 4 < nomine > ne D — sese]
esse B^: <in> C 12 G— portatis G 12 G : nartas C 3 — civitatis om.
C*G— clausit] clavis C^— aput B^C 1 — ôconvenerunt C*G— missi
CiG— et mon.] in montes B*— salutari C 2 — tumultuosa C* 2 G —
sedabit B 3 «: -bat B» — infamisB — 6 quaedam A 5 BE : quidem
D — porrone G 3 — Romane C 3 — pron. B 6 — 7 a om. AD : ad
B6— hi A5C 23 DE— huius tam A 3 B— iuxta GiE : iuxtara C 2 D— sui]
sibi AD — mutati BD5
8 Gisolphus E — genti E — Beneviventium B^ : Beneviventi
C3_ virtutem C 2 — <in> Camp. A5— Campania AB 23 56— veni-
rent A 3 B 6 — <et> A5B 6 — 9 depraedationis B 5 : depraecationes
Cl — ex.]faceret B — in] ad B — locum ABD — quae B« — Hor-
reas A* : Orreas A 3 ^ : Oreas D : Horre B 23 * : Orre B« : Horrea
C : Orrea E — 10 fugerit A 3 : faceretA* : fieret C 4 E — exte-
tisset B 3 5 — poterit A 13 D (corr. a*) : posset A* : potius sed B* :
poterat CiG : poteret C 2 — 11 cum om. D— suo A5G 4 E : om. B*
— hostem C* 2 G : exercitu As - ab E — propria A 3 5B 2 C 4 DE
13 basilicam B^D — beati < Pétri > A5 — Andraee A 1 : -rea
A 3 — apostoli om. C* 2 G— quae DE — posita est A$ — infra] in
A35-. iuxta B — ecclesiam C*E: basilicam B (-ca B 46 ) — Pétri
<apostoli > AG— principis apostolorum] apostoli B — amone
B 23 5 : -ni B* : ammone B^C 23 : -nem C* — 14 aecclesia E : om.
B56 — Marchi B G D : -ti G — cooperturium A* — et om. B« —
basica C 3 — sancti B — apostoli om. B 6 C* — 15 <a > dex.
B5 — vêla alba om. B* 6 — vila G 3 — alba <constituit > B —
presbiterorum et diaconorum om. AD — et] seu B*E — I om.
B — 16diac. III B 6 — Fecit-episcopos] episcopos per diversa loca
A3BDG — numéro om. A 3 3C 4 E — XV < Qui etiam sepultus est
ad beatumPetrum apostolum subdie indictioneIII,TiberioAug.
régnante >BC*E 12 5 fi (sub-regnante oro.E 16 — subdie om. C* —
die om. B* — die < I > E 2 : < secunda mens.aug. > B* in
margine, prima forte manu : < sepultus in basilica beati Pétri
apostoli > C 3 — cessabit E» — episc. <eius> C 1 : < eiusdem>
G — 17 d. XIII A 3 : XVIII B 3
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LXXXVII. IOHANNES VI (701-705).
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NOTES EXPLICATIVES.
1. Huius temporibus venit Theophilactus...] Cette tentative d'in-
surrection n'est pas mentionnée ailleurs ; l'exarque lui-même n'est
pas autrement connu.
2. Deinde vero durn GisulfUs...] Bède, dans sa chronique, et Paul
Diacre (H. L., vr, 27) racontent cette invasion d'après le L. P. Paul
Diacre cependant commence son récit par la phrase suivante, qui
lui est venue d'une autre source : « Hac denique aetate Gisulfus,
Beneventanorum ductor, Suram, Romanorum civitatem, Hirpi-
num atque Arcim pari modo oppida cepit. » L'occupation de
ces trois places porta jusqu'au Liris la frontière du duché de Bé-
nôvent. Le L. P. ne s'occupe pas de ce succès, qui fut durable ; il
mentionne seulement une pointe poussée vers Rome par l'armée
victorieuse. Le lieu appelé Horrea pourrait bien être vers le cin-
quième mille de la voie Latine, où nous trouvons, au temps de
Grégoire II, un fundus Horrea (Jaffé, 2227).
3. Le lieu et la date de la sépulture ne sont marqués que dans
certains manuscrits. Sur cette particularité, qui se rencontre aussi
dans les notices suivantes, jusqu'à Constantin inclusivement, v.In-
troduction, ch. VI § I.
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LXXXVIII. IOHANNES VII (705-707).
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LXXXVIII.
IOHANNES, natione Grecus, de pâtre Platon e *, sedit ann. II mens. VII dies XVII. Vir eruditissimus et facundus I 167
eloquentia. Hic fecit * oratorium sanctae Dei genetricis intro ecclesiam beati Pétri apostoli, cuius parietes musibo
depinxit, illicque auri et argenti quantitatem raultam expendit et venerabilium Patrum dextra levaque vultus
erexit. Hic restauravit basilicam sanctae Eugénie 8 qui longo per tempore distecta atque diruta fuerat. Laboravit H
5 autem et in cymiteriis 4 beatorura martyrum Marcelliani et Marci, Damasique sancti pontificis. Fecit vero et ima-
gines per diversas ecclesias quas, quicumque nosse desiderat in eis eius vultum 5 depictum repperiet. Basilicam 8
itaque sanctae Dei genetricis qui Antiqua vocatur pictura decoravit, illicque ambonem noviter fecit et super
eandem ecclesiam 7 episcopium quantum ad se construere maluit, illicque pontificati sui tempus vitam finivit.
Hic fecit calicem aureum praecipuum, pens. lib. XX, quem et gemmis praetiosis decoravit.
10 Huius temporibus 8 Aripertus rex Langobardorum donationem patrimonii Alpium Cutiarum, qui longa per III 168
tempora a iure ecclesiae privatum erat ac ab eadem gente detenebatur, in litteris aureis exaratam iurî proprio
beati apostolorum principis Pétri reformavit.
Huius temporibus 9 Iustinianus imperator a partibus Chazariae per loca Vulgariae cum Terveli usque ad regiam iv
urbem veniens regnum proprium de quo proiectus fuerat adeptus est ; Leonem etiam et Tiberium, qui locum
15 eius usurpaverant, coepit et in medio circus coram omni populo iugulari fecit, et obtinuit principatum de quo
antea tumultuose fuerat deiectus. Ilico palatium ingressus est propriumque; adeptus est imperium, pro tomos 10 v
quos antea sub domno Sergio apostolicae memoriae ponlifîce Romam direxerat, in quibus diversa capitula
Romanae ecclesiae contraria scripta inerant, duos metropolitas episcopos demandavit, dirigens per eos et sacram per
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 de] ex A3C* : om. C«aeG — patro Ci — II om. C* — m. VI
B — XVII < Fuit autem temporibus Tîberii Aug. et Iustiniani
dudum imp. > BC^E" — < Fuit > vir A5 — erudentiss. B356
— fecundus B56C 12 — 2 oraturium A* — genetrices C 3 — intra
A3B2Z : intro in C*G — ecclesiae B3 : -sia B«C* — parietis C*
— 3 depixit A 3 B 6 : depexit C 3 — aurei Ai— quantilate B* -tite
C 3 — multa BC23 — expedit C* — labaque C 3 — vultos A^CiG
A restauravit basilicam] fecit oratorium B — quae A 35
B — longa per tempora B* — per 1. t. A 3 D — per om. A*G —
détecta BC23*E (-tam B 5 ) ~ atque om. B* — deruta B : disrupta
D — fuerant Bs : -runt B 6 — lavoravit A* — 5 in om. A 1 — cimi-
teria A 3 — mart. <Marcelli et > B« — Marcellini A3G : -liano
B 3 : Marcelle cliani B* — Damassi E — vero om. B*C2» : ergo B 3 « :
autem B 6 — 6 himaginis C 8 — cumque B*C* : quicum C 3 — rep-
perit A 13 B33 : -riit B* : -riat D — basilica B« — 7 quae A«BE
— pictura om. C*G — ammonem BCEG — 8 eadem B« — ec-
clesia B*« — epitaphium A 3 — a A 1 : per B* — constituere E —
malluit A* 3 : voluit A* : valuit BC« — pontificatus A*BE : -tici
ad Ai (?) D — sui om. A^C^DG — vitamque A 5 — vit. fin.] ex-
plevit BC*E — 9 aureum om. D — praecipuum ow.B — preciosis
Liber pontificalis.
C 3 — ornavit B — 10 Harip. A* : Arrip. A 3 : Arep. B : Halip. D
— rex < gentis > A 3 — Langab. C 3 — patrimoniC 3 — Cutiarum
AD : Scut. B (-iarum B* 3 : -arum B^« : -arium B5) : Gut. CEI : Gut-
ziarum E 5 — qui longa om. B — quod A* : que E' — per longa
D — perom. B* — 11 a] ad B« — iura B«CE5G — ecclesia E5
— pribalum C 3 : privata E» — fuerat BE15 — ac om. A* : haec
B« : hac B* — ab ac D — gentem B*« — detin. E5 — exarata
A 3 CG : -tum B (exaur. B*) — iure B"* : iuriae E* (corr.) : iuic
Es — 12 ap. pr. Pétri] Pétri apostoli B
13 a om. A* — Gazariae AC^D (Gh. CX) : Zachariae B356C<£iG
— loca] longa A* — Bulgariae A5B"4— conlerveli C* : om. A5B
— Terebellio A'- 3 D (Terr. D): Terbela Es — usque] adque
C* — 14 ademptus B* — etiam om. A* 3 D — 15 circo A* : circu-
lis E — iugulare Bî346G — opt. C 3 — 16 ante B«— eiectus C ,2 G
— est om. A» — est om. A*B — tomis A* : domos B 6 : < nam-
que > E — 17 quod B* — ap. mem. pont.] papa B — mem.]
sedis A5 — pontificae A* : -cem A^CG — Roma B 23 * — capitale
B« — 18 contrariae B 3 * — i a . acr. B — duo B — metro-
politanos A 8 : -ta B»: -tanus Ci — dem.J Romam misit A*G —
secretam B? : < epistolam > A*
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386 LXXXVIII. IOHANNES VII (705-707).
quam denominatum pontificem coniuravit ac adhortavit ut apostolicae ecclesiae concilium adgregaret et quaeque
ei visa essent stabiliret et quae adversa rennuendo cassaret. Sed hic, humana fragilitate timidus, hos nequaquam
vi emendans per suprafatos métropolites direxit ad principem. Post quae non diu li in hac vita duravit. Hic fecit
episcopos per diversa loca numéro XVI III. Et cessavit episcopatus mens. III.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i adortavit A 1 : adoravit A 3 BD : adortatus est A*E — in apos-
tolica .ecclesia A5— adgregarit A*: -vit A3 : acgregaret C 3 — qua-
que C*G : qui B 6 — 2stabilirentAiE (corr. e)— quaeque B : que
E5— reaueado B^E 1 : renovando E5— ren. cass.] rennueret B 6
— cessaret A 13 C^G : censeret D : excluderet E — haec B«
— eos A* — 3 mandans B 5 — per supr.] psfatos G 3 — supra-
factos B5 : superfatos C 1 — dixerunt C 3 — que A 1 : quam B —
non om. C 4 — vitam C 3 — 4 numéro om. A 35 — XVIIIMII om.
D — XV1III < Qui etiam sepultus est ad beatum Petrum apos-
solum ante altare sanctae Dei genetricis quem ipse construxit,
sub die XV kal. nov., indictione VI, sub lustiniano > BC 4 E
(altare < oratorii > C*E — quod C*E — XV om. B 3 — sub
Iust.] Tustiniano Romanam rempublicam gubernante G 4 E —
Iustino B 234 ) — episcopatus < eius > G
NOTES EXPLICATIVES.
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1. de pâtre Platone] Ce Platon est connu par sonépitaphe, qui se
conserva jusqu'à la fin du xv° siècle dans l'église Sainte- Anasta-
sie. C'est son fils Jean qui l'avait composée, avant son élévation
au pontificat. Platon avait exercé les fonctions désignées par la
formule Cura Palatii urbis Romae, et, en cette qualité, présidé à la
restauration de l'ancien palais impérial, devenu la résidence ordi-
naire du lieutenant de l'exarque (Marini, Papiri dipl., p. 368 ; cf.
Gregorovius, Storia délia città di Roma, t. II, p. 240 ; De Rossi,
Bull. 1867, p. 11, tous d'après P.Sabino, n° 152 [Inscr. chr., t.II]).
UUima funereo persolvens munia busto
quo pater illustris membra locanda dédit,
adiecit titulos proies veneranda lo/iannes
ne tantus quovis esset honore minor.
Hic iacet ille Plaio, qui multa per agmina lustrons
et maris undisoni per fréta longa volans
claruit insignis regno gratusque minister
celebremque sua praestitit esse manu.
Post ergo multipliées quas prisca palatia Romae
praestiterant curas longo refecta gradu,
pergit ad aeterni divina palatia régis
sumere cum meritis praemia firma Dei.
Plato v.ill. cura palatii urbis Romae, vix. ônT pT. mTCXTTJdep.
m. nob. die VU, indict. XV, imp. dn. lustiniano Aug. ànô II
p. c. eius ànô H.
Le môme marbre contenait l'épitaphe de la mère de Jean VII,
Blatta ill(uslris) f{emina), morte un an après son mari. On y lisait
aussi la dédicace du monument, ainsi conçue : Matri piissimae ac
incomparabili patrique benigno lohannes filius f rector Appiae, lugu-
bri pectore fecit. Jean était, en 687, recteur du patrimoine de la voie
Appienne.
2. Hic fecit oratorium s. Dei genetricis] Plan, H 4. Cet oratoire
est mentionné dans la description de Saint-Pierre du vm e siècle,
sous le nom de Praesepe sanctae Mariae (De Rossi, Roma sott., t.
I, p. 140, f. 187, 1. 15; Inscr. christ., t. II, p. 227).II dut être entamé
par l'ouverture de la « porte sainte », ouverte lors de l'institution
du jubilé (1300). Au moment de la démolition de cette partie de la
basilique (1606) les mosaïques de Jean VII furent dessinées et dé-
crites par Grimaldi (E. Mûntz, Revue archéologique, septembre
1877). Divers fragments de l'œuvre originale sont encore conser-
vés dans les cryptes du Vatican, au musée du Latran, à Sainte-
Marie in Cosmedin et dans l'église Saint-Marc de Florence. Le su-
jet comprenait deux cycles, dont le premier représentait la vie de la
sainte Vierge et du Christ, le second ceUe des apôtres Pierre et
Paul ; les scènes étaient empruntées tant à l'histoire authentique
qu'aux légendes apocryphes. Au centre du premier groupe de ta-
bleaux on voyait la Vierge debout, en impératrice byzantine ;
près d'elle, le pape Jean VII, avec un nimbe carré. La première
de ces figures est à Saint-Marc de Florence, l'autre dans les cryp-
tes Vaticanes. Auprès de ce groupe se lisait l'inscription : +
BEATAE DEI GENETRICIS SERVVS IOHANNES INDIGNVS
EPISCOPVS FECIT. Une autre inscription de la même mosaïque
(P. Sabino, n° 15, dans le t. II des Inscr. christ, de M. de Rossi)
mentionnait la dédicace de l'oratoire : Dedicatio domus huius
sanctae Dei genitricis die XXI m. marc. ind. IIII (21 mars 706).
3. basilicam s. Eugénie] La basilique de Sainte- Eugénie, sur la
voie Latine, mentionnée dans les itinéraires dnvn" siècle (De Rossi,
Roma sott., t. I, p. 180, 181). Elle n'a pas encore été retrouvée.
4. in cymiteriis bb. mm. Marcelliani et Marci, Damasique] Ces deux
sanctuaires sont mentionnés aussi dans les itinéraires (De Rossi,
/. c.) ; comme le précédent, ils sont encore à découvrir.
5. eius vultum depictum] Le seul portrait d« Jean VII qui se
soit conservé est celui qui figurait dans l'oratoire de la sainte
Vierge mentionné ci-dessus.
6. basilicam s. D. g. qui Antiqua vocatur] Cette église, appelée
plus tard Sainte-Marie la Neuve (Nicolas I", n° 592), puis Sainte-
Françoise-Romaine, occupe une partie de l'emplacement de la
cour et du portique du temple de Vénus et Rome. Antérieurement
au vin siècle elle est mentionnée dans un catalogue des églises
de Rome qui parait avoir été dressé une cinquantaine d'années
avant le pontificat de JeanVTI (De Rossi, Roma sott., 1. 1, p. 143).
7. super eandem ecclesiam episcopium] L'emplacement de la mai-
son épiscopale bâtie et habitée par Jean VII est identifié par
M. de Rossi (Fiorelli, Notizie degli scavi, décembre 1883, p. 494) avec
celui des édifices dont on voit les ruines au pied du Palatin, à
droite, en descendant de l'arc de Titus vers le Golisée. C'est là que
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LXXXVIII. 10HANNES VII (705-707).
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s'élevait la turris Chartularia, détruite en ce siècle, qui fut, au xr 3
et au xn° siècle, une dépendance de la forteresse des Frangipani
et où l'on sait que se trouvaient, au moins en partie, les archives
pontificales de ces mômes temps. En 1883 on découvrit non loin
de là un trésor de monnaies anglo-saxonnes provenant évidem-
ment du denier de saint Pierre et contemporain du pape Marin II
(944-946). Cf. De Rossi, l. c.
8. Aripertus rex — reformavit] Lors de l'invasion lombarde en
Italie, les propriétés de l'église romaine situées dans les pays oc-
cupés par eux furent confisquées tout aussi bien que les terres
domaniales de l'empire. Tous les patrimoines mentionnés dans les
registres de saint Grégoire et d'Honorius sont situés en terre im-
périale, sauf un seul, celui de Provence. L'assertion contraire de
Jean Diacre (Vita s. Greg., u, 5) est depuis longtemps démontrée
fausse. Le patrimoine des Alpes Gottiennesne fait pas exception.
Saint Grégoire, dans ses lettres xi, 3, 4 et xn, 41, parle des biens
que l'église romaine possédait dans les environs de Gènes ; l'ad-
ministration en était confiée à un notaire appelé Pantaléon. Il est
maintenant démontré que, sous la désignation d'Alpes Gottiennes,
on comprenait, au moins depuis le déclin du vi° siècle (cf. Symmaqub,
p. 68, note 44, et le mémoire de M. P. Fabre cité à cet endroit),
toute la rivière de Gênes. D'autre part, nous savons par Paul
Diacre (H. L., iv, 45) que le roi Rotharis civitates ab urbe Tustiae
Lunensi universas quae in litore maris sitae sunt usque ad Franco-
rum fines cepit (cf. Frôdégaire, c.71); il s'annexa donc le pays où le
notaire Pantaléon avait exercé sa gérance, un demi -siècle environ
auparavant. C'est évidemment à cette conquête que remonte l'état
de choses indiqué ici par les mots longa per tempora a iure ecclesiae
privatum erat ac ab eadem gente delenebatur. — Je n'ai pas besoin
de dire que le texte de la donation d'Aripert est perdu.
9. Huius temporibus Justinianus...] Sur cette révolution, v. Nicé-
phore, p. 40, 42 (De Boor) et Théophane, a. m. 6197, 6198. Les deux
empereurs dont il s'agit ici sont Tibère Apsimare et Léonce, dé-
trôné par Tibère et enfermé dans un monastère où il vécut
jusqu'à la restauration de Justinien II (705). Les deux chroniqueurs
byzantins rapportent que le patriarche Gallinique fut déposé et
exilé à Rome.
10. pro tomos — ad principem] Cette démarche de Justinien II en
faveur du concile in Trullo n'est pas autrement connue. L'empereur
tenait à prendre sa revanche de l'échec subi par lui au temps du
pape Sergius. Le biographe semble insinuer que Jean VII se ren-
dit à ses désirs et céda môme au delà de ce que l'empereur lui de-
mandait (nequaquam emendans). Cependant il ne dit pas qu'il ait
donné sa signature. Il faut qu'il y ait eu quelque ambiguité dans
sa réponse, car Justinien crut devoir reprendre cette affaire avec
le pape Constantin. Cf. ci-dessous, p. 389.
11. post quae non diu in hac vita duravit] Ceci date l'ambassade
de Justinien. Elle dut avoir lieu en 707.
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LXXXVIIII. SISINNIUS (708).
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LXXXVIIII.
> I SISINNIUS, natione Syrus, pâtre lohanne, sedit dies XX. Qui vir podagrico humore ita tenebatur constrictus
ut sibi cibum propriis manibus exhibere non valeret. Erat tamen constans animo et curam agens pro habitatoribus
Il huius civitatis. Qui et calcarias ! pro restauratione murorum iussit dequoquere. Verumtamen repentina morte
defunctus est. Fecit autem episcopum in insula Gorsica unum. Et cessavit episcopatus mens. I dies XVIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
\ Sisinnis B* — nationem C 2 — < ex > pâtre A^BCDEG —
pâtre Ioh. om. C 1 — XX < Fuit autem temporibus lustiniani
Aug. > BC*E (autem < in > B« — < imperatoris > Aug. E) —
pudagrico A* : podacrico B 23 5C 3 : podagra D — ita om. B« 6 —
lenebaf Ai : tenebratur C 3 — 2 < vix > ut D —cibum sibi A 3 D
— cium C 3 — non om. D — valerit B 3 — cura A*D — pro] de
D — 3 qui B — calcareas B* : -ria EG — restaurationem A 1 ^ 3
- deq. ius. B — < ipse > rep. A5 — repentine B 6 C* — mortis
B6 — 4 I in ins. Cor. BE (I om. B») — insulam A 3 — Corsia B* :
< Qui etiam sepultus est ad beatum Petrum apostolum VIII
id. novemb. > B : < Qui etiam sepultus est ad beatum Petrum
apostolum sub die indictione VI, Iustiniano Aug. > C 4 E (sub die
om. C«) — cessabit E5 — XXVIII AD : XVIIII C«G : XXVIIII E*
NOTES EXPLICATIVES.
1. Qui et calcarias...] La mise en état des murs de Rome était
une des nécessités du temps. Indépendamment des sûretés que le
clergé romain pouvait désirer contre les entreprises du gouverne-
ment de Gonstantinople, la pointe que le duc Gisulfe avait poussée
quelques années auparavant dans la direction de la campagne
romaine avait dû éveiller des craintes sérieuses. On avait encore
plus à craindre des entreprises des Sarrasins, désormais installés
en Afrique et dont l'audace se révélait de plus en plus par leurs
entreprises contre Gonstantinople. Il fallait donc, de toute néces-
sité, mettre Rome à l'abri d'un coup de main. Le pape Grégoire II
s'y employa aussi ; mais ce ne fut que sous son successeur Gré-
goire m que l'on parvint à restaurer convenablement les fortifica-
tions de la vieille cité.
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XC. CONSTANTINUS (708-715).
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CONSTANTINUS, natione Syras, ex pâtre Iohanne, sedit ann. VII dies XV. Vir mitissimus valde, cuius tem-i 170
poribus in urbe Roma famis facta est magna per annos III; post quem tanta fuit ubertas ut fertilitatis copia
praeteritae sterilitatis inopiam oblivioni mandaret.
Hic ordinavit 1 Felicem archiepiscopum Ravennatem; qui secundum priorum suorum solitas 2 in scrinio noluit il
5 facere cautiones, sed per potentiam iudicum exposuit ut maluit. Cuius cautio a pontifice in sacratissima confes-
sione beati Pétri apostoli posita, post non multos dies tetra et quasi igni conbusta reperta est. Nam Ravennantium
cives 3 elati superbia dignam ultionis poenam multati sunt. Mittens quippe Iustinianus imperator Theodorum 4
patricium et primi exercitus insulae Siciliae, cum classe Ravennam civitatem coepit, praefatum 5 archiepiscopum
arrogantem in navi vinctum tenuit, et omnes rebelles quos ibi repperit conpedibus strinxit, divitias eorum
10 abstulit et Constantinopolim misit. Dei autem iudicio et apostolorum principis Pétri sententia, qui inoboedientes
fuerunt apostolicae sedis amara morte perempti sunt, et isdem archiepiscopus, lumine privatus, dignam factis
recipiens poenam, exul 6 in Pontica transmissus est regione.
Hisdem temporibus 7 misit suprafatus imperator ad Constantinum pontifîcem sacram per quam iussit eum admi7i
regiam ascendere urbem. Qui sanctissimus vir iussis imperatoris obtemperans ilico navigia fecit parari, quatenus
15 iter adgrederetur marinum. Et egressus a pono Romano die V mens, octob., indictione VIII 1 8 , secuti sunt eum
Nicetas episcopus de Silva Candida, Georgius episcopus Portuensis, Michaelius, Paulus, Georgius presbiteri, Gre-
gorius 9 diaconus, Georgius secundicerius, Iohannes defensorum primus, Cosmas sacellarius, Sisinnius nomen-
colator 10 , Sergius scriniarius, Dorotheus subdiaconus et Iulianus subdiaconus et de reliquis gradibus ecclesiae
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 Syros B6— de B5«— d. XX C 2 G : <Fuit autem temporibus
Iustiniani Philippici et Anastasii aug. > C 4 E : < Fuit > A* —
valde mit. E — timentissimus D —2 famés A5B5C 12 EG — facta
e. m. famis B 2 — per om. B 8 — I1II B* — quem A*C 23 e : quos
C 1 : quae E*: quam cet. — fertilitate B* : -tas B* — copia -ste-
rilitatis om. C^G— copiam B*C 3 — 3 praeterire B* : praetenta est
B 6 — sterel. A«B W (-tes B*) — inopia oblivione B — man-
davit B56 — 4 secundum < morem > D — solicitas B 3 : soli-
tam B5 — scriptionem B* — 5 auctiones B* : cautionis C 1 —
sed om. A 3 — potentia C 3 — iudicium D — auctio B* —
sacratissimam -nem A 1 — 6 positae B* — non post A*DG — non
om. B A — tetra om. A* 3 D : terra E — tetra et] detrahet B* —
ignis B 3 — repp. C — iam D — Ravennates A* : -ti B — 7 civis
B* — alati B 3 — superbiam B 3 C 23 D — digna B*« — < per >
poen. B 2 — poena A$Bms<C 3 E — mutati A 3 : multiplicati B* —
(juippe om. B* — 8 -citus insulae] hinc incipit V — insuie C 3 —
Siliciae C* — clausae BC* : clase B« : < navium > A5C*EV —
Ravenna B 3 C 13 — civitate B5« : om. A*B 2 C 2 — 9 arrogante A 3 —
< et > in A* — naveB* : navem B 6 — et om. A5B 4 *Ci*G— omnes]
osque A* — rebellis B*— ibidem B«« : om. C* 2 G — extrinxit B 6 :
stricxit C*: strixitC 2 : strinexit G 3 — divitiis B5— 10 et ante Const.
om. C 3 *EV— principi B< — sententiam AD— inhoboedi entes C 3
— il apostolice C 3 — - sedi A5B«C — idem A 3 B : hisdem C 3 —
privatus est C^G : pribatus C 3 : privatur D— digna B« : om. A 3
— 12 pena B* — Ponticam... regionem A^DE — Potica B**
— exsul C" : exilio AD — est < insulam ac > A*
13 Idem A&B 6 : idemque B 23 : isdemque B 4 : item B 5 — mi-
sit om. C 12 G— suprafatum A 3 : praefatus A5B : suprafactus C 3 —
sacra D : < epistolam > A* — iusti B* — eum om. CM — 14
ius. imp.] iustus impiis D— imperatori C* 2 G: imperialibus OEV
— illico B«Ci 3 — navigioB*-- parare B*— 15 aggr. C— et om.
BC 34 — gressus C 2 : ingressus D : < est > e — ad portum Ro-
manum AD— porta Romana B 6 — portu C*EV— ind. octava D—
< et > sec. EV — 16 de om. B«*CEV — Candila Ai — Micha-
helius A«B 2 «E : Michahelis C 2 : < episcopus > B* — Pauli B*
— Georgius om. B — presbiteris A 3 — presb.-primus om. G
-— 17 Gregorius] Sergius A 3 : Georgius BD — GeorgiusJ Gre-
gius As : Gregorius B*C* — secundicaelius D — defensor A5DE
— prim. def. E — Cosma C 3 EV : om. C 2 — saccellarius AŒ :
cancellarius B — Sisinnis B 4 « — 18 nomin. A* 3 : numen. C*EV i
-colatur B 28 : -culatur B 3 : -collator B* : -culator C*E — Sergis
B* — scriniator G 1 — Doroteus B (-ti B*»: -tis B*) — subd.]
diac. D — Iuliani V — Dor. et lui. subdiâc C*EV (et om. C*)
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390 XC. C0NSTANTINUS (708-715)
172 IV clerici pauci. Veniens igitur Neapolim illic eum repperit Iohannes patricius et exarchus cognomento Rizocopus ;
qui veniens Romam iugulavit Saiulum diaconum et vicedominum, Petram archarium, Sergium abbatem presbi-
terura et Sergium ordinatorem 11 ; pergens Ravennam proque suis nefandissirais factis iudicio Dei illic turpissima
morte 12 occubuit. Georgius vero presbiter Neapolim relictus est et pontifex cum suis Siciliam perrexit ; ubi Théo-
dorus 13 patricius et stratigos, langore detentus,occurrens pontifici magna cum veneratione salutans atque susci- 5
piens, medellam adeptus est celerem. Atque inde egredientes per Regium et Cotronam transfretavit Callipo-
V lim u , ubi mortuus est Nicetas episcopus. Dum vero Ydronto moras faceret, eo quod hiemps erat, illic sus-
cepit sigillum imperialem per Theophanium regionarium 15 , continentem ita ut ubiubi denominatus coniunge-
ret pontifex, omnes iudices ita eum honorifice susciperent quasi ipsum praesentaliter ïmperatorem vidèrent. Unde
egressi partes Greciae, coniungentes in insula quae dicitur Caea, occurrit Theophilus patricius et stratigos Cara- 10
visianorum 16 , cum summo honore suscepit; et amplectens ut iussio continebat, iter absolvit peragere coeptum.
A quo loco navigantes venerunt a septimo miliario Constantinopolim. Ubi egressus Tiberius imperator, filius
Iustiniani Augusti, cum patriciis et omni sinclito et Cyruspatriarcha !7 cum clero et populi multitudine, omnes
letantes et diem festum agentes, pontifex ls et eius primates cum sellares impériales, sellas et frenos inauratos
simul et mappulos, ingressisunt civitatem; apostolicus pontifex cum camelauco, ut solitus est Roma procedere, 15
173 VI a palatio egressus 19 in Placidias usque, ubi placitus erat, properavit. Domnus autem Iustinianus imperator
audiens eius adventum magno repletus est gaudio. A Nicea Bythiniae misit sacram gratiarum actione plenam, et
ut debuisset pontifex occurrere Nicomedia et ipse veniret a Nicea. Quod et factum est.
VARIANTES DES MANUSCRITS
1 pauci cl. EV — cleri Ci — venit A* — < et > illic A$ —
ilico D— repeperit B 3 — Iohannis A*Ci — patriarcium B« —
exarchos B* : -chum B 6 — Rizocophus B 4 : Rizocopo C 1 : Ri-
zoopo C 2 — 2 qui om. C 12 G— Roma C" — decollavit AD— Sau-
lum D : Fagiolum A 3 * : Satuluni V — et vice dominum C 4 EV :
om. cet. — arcarium C 3 — 3 hord. C 3 — pergens < deiude >
A5— proquae A*: pro A*BC 4 : propter C»2G— 4 raortem E— oc-
cupavit B> — Gregorius G 1 — Neappolim C 3 : om. A 3 — Teod.
C 3 — 5 et st.] extraticus E — straticos A 3 : -eus A5B 234 : -gus
B 5 : stragius B 6 — languore A 3 B« 6 C*E — detentius C 2 — occur-
rit as — pontificem BC — magnaque < eum > A* — 6 cele-
rem om. B«* — ingredientes A* : egrediens B5C*EV : per-
gentes C*G — Reguum B 3 : Regiam B56D — Cothronam B* :
Quolronam B* : Quothronam B« — Calipolim AD : Calop. B"
— 7 est om. Ci — Nicetas A^B** : -ta cet. — Ytronto A 3 :
Udronto A* : Idrouto BsC 3 : Ydrontho C* — hiens C 3 — 8
impériale A5B 2 C 2 E — Thephanum B™ : Theostanium C 3 — con-
tinente A 3 : -nens :*E— ubi ubi A*C 3 EV : ubi vel ubi B« : ibi D :
ubi cet. — denominatum A" : -tur C 2 — coniunxerit A* 3 —
9 ita eum om. iud. B — iudicem B* — honorificem B* —
susciperet A 3 — ■ viderem B* — 10 egressus B5 — < per >
partes B« — Gratiae B* — contingentes As — insulam A> —
quae dicitur om. B* — qui C — Caea AC 2 : Ocea B* : Coaea D :
Cea cet. — oteorrit B* — Theofilus A» — patrius B 3 * — extrat.
E - stracticos A 3 : -eus A*B 23 *: -gus B* - 11 carab. A*B -
<quem> cum A 5 — ut iussio] diutius B 6 — absolvaet A 3 : asolvit
B 6 — ceptum A 3 C* : coemptum B* — 12 a sep.] ad sep. A^B*
— septimum miliarium A* — ingressus D — 13 Iustiani C 12 —
Aug.] imperatoris B — patricii A 3 : -eius B'5 : -cio D — omnis
inclitos(reZ omnes inclitos) A 13 : omnibus inclitis a* A 5 E J — oras
inclito BC 13 (-ytos B 6 ) : omni synclito C 24 E5 : omnes incliti D :
omnibus sinclitis V — clero et om. B«6 — 14 letantes AC 3 —
pontifex] pontificem susceperunt A* — eius] omnis C*D (-nés
D) — primati A* 3 : -tis B*C l — sell. imp.] sellis imperialibus
V — cum equis et sellis imperialibus et frenis inauratis simul
et mappulis A* — sellas om. A 3 — sellis et frenis inauratis s.
e. mappulis E — 15 < et ita > ing. A* — ingressis BC*
(-sus B*) — civitate C 3 : Constantinopolim et A 1 — aposto-
licos B*C* — pontifex] vero A 5 — cum cam. pont. C*G — ca-
melamelauco A 3 : camilauco B 23 * : cameluco C 3 : camellauco Û:
caumelaugo C 4 E: caumelauco GV — <in civitate> ut A 1 — so-
lutus C 1 — est om. E — Romam A 3 B* : Rome A 5 — 16 ad pa-
latium A 3 — ingressus B*« : egressis C 2 — Placidia uisque B* —
ibi B« — placuit A* : pollicitus B 4 : praelatus B* : plicitus C :
placitis V — domus B»C 3 — 17 adventu E — magnum B 8 : -nus
Ci— est om. C»EGV— gaudium B« — < et> a A* — Byt. A»
B5C — mis. s. gr. om. A 3 — sacra B 3 : sagram C 3 — actionem
A13B56D — plena AIE — et om. A5 — 18 deb.J isisset B* : ius-
sisset B* 8 — Nicomediam B — ïpsi B 4 : ipso B 6 — venire B«*E
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XG. CONSTANTINUS (708-715). 391
In die autem qua se vicissim viderunt Augustus christianissimus cum regno in capite sese prostravit et pedes
osculans pontificis ; deinde in amplexu mutup corruerunt ; et facta est letitia magna in populo, omnibus aspi-
cientibus tantam humilitatem boni principis. Die vero dominico missas imperatori fecit; et communicans princeps
ab eius manibus proque suis delictis ut deprecaretur pontificem postulans, omnia privilégia ecclesiae renova vit
s atque sanctissimum papam ad propria reverti absolvit. Egressus igitur a Nicomedia civitate, crebris valitudinibus vu
pontifex adtritus, tandem, sospitatem Domino tribuente, incolomis portum Gaieté pervenit, ubi sacerdotes et
maxima populi Romani repperit multitudinem, ac XXIIII die mens, octob., indictioneX, Romam ingressus est;
omnis populus exultavit atque letatus est.
Hic fecit ordinationes episcoporum in eundo et redeundo per diversa loca numéro XII. 174
iO Post menses 20 autem III lugubre nuntium personuit, quod Iustinianus christianissimus et orthodoxus impe- Vin
rator trucidatus est, Philippicus hereticus 21 in imperiali promotus est arce. Cuius et sacra cum pravi dogmatis
exaratione suscepit, sed cum apostolicae sedis concilio respuit. Huiusque rei causa zelo fidei accensus omnis
coetus Romane urbis, imaginem 22 quod Greci Botarea vocant, sex continentem sanctos ac universales synodos,
in ecclesia beati Pétri erecta est.
io Hic fecit patenam auream pens. lib. XII.
Eodem tempore Félix 23 archiepiscopus Ravennas ab exilio reductus, penitentia motus, licet oculorum lumine IX
privatus, tamen ad proprium rediit thronum ; et solita quae ab universis in scrinio episcoporum fient indicula
et fidei expositiones et hic confessus est, sicque reconciliationis promeruit absolutionem 24 . Huius temporibus 25 175
duo regesSaxonum ad orationem Apostolorum cum aliis plurimis venientessubvelocitate suam vitam, ut optabant,
20 finierunt. Venit autem et Benedictus 26 , archiepiscopus Mediolanensis, orationis voto, et suo se pontificis praesen-
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 qua] quo a D— se] si B*C 2 — vicissem BW 2 : -se B ç (con\) :
vicessem B5 — Aug.] imperator B — regno] corona A» — sese
< in terram> A*V — prostratum D — et om. C 3 * — 2 obs-
culans A 3 GV — dein C — amplexum B r, V — rautuum E — le-
titia AC 3 — 3 tanta A 13 D — humilitate A 3 D— imperatore missa
B — principis B 6 — 4 ab] de D : om. B*56 — dilectis et deprae-
catur B* — previl. B5 — renovet B* :-vabit B 6 — 5 adque B 3 :
utque C 3 — sanctissimus papa B* 6 — ad proprium B 6 — rever-
tendi D: om. B«6 — egressi B56 — vero B — ad A 3 — Nico-
mediae A 3 5CGV (-die C 3 ) — valitudinis B* — 6 tamde B*— sus-
pitate A 1 : -tem B5 — Deo D — Gaitae A'C 1 : Tagete D : Ra-
zete G*EV— et om. B 6 — 7 maximam A 3 5D— pobli G 3 — ac om.
D: aC 1 — vicessima quartaC 3 — dieiB 2 **— Roma A 3 B 3 * — 8
omnis-est om. A 3 — omnisque A 5 : omni B 5 — < e t> exult. B 234
— atque] et A 13 : ac A5D — letatus AC 3 — 9 ordinationem B 3 :
-nis C 2 — episcoporum om. AD — eunde B'> : eudo C 3 — loca
<episcopos> ADEV— numéro om. A 3 5CtDEGV — XLI A*B
10 mense B«V — tertio B*V : IIII B 3 — lucubre A* : luguere
C 1 — nuntiatum A 13 D : nuncium C 3 — lustianus B 3 * — chris-
tianissimus et orthodoxus om. B — orthodoxos G 2 — impera-
tor om. D — il Phillipicus A 1 : Philipichus B5 — hereticus om.
B— in om. A«B 2 : ad D— imperialis A* : -lem A*D : -le B* 3 * _
permotus C*G : promutus C 3 — archem A» : -chae BC 12
(-che B 16 ) : -cem A 3 D — Cuius-suscepit om. B5 —et] est
B4 : e B« — 12 exoratione B* — sede D — - cum om. A» : vero D
— apostolice C 3 — concilium A 3 G , DG : consilio C*E — huius
AD — causa] tam A5 — fide D — accessus B5 — 13 imago A* :
om. A* 3 D — quam A5C*E — Botariam B 23 * : -ream B56 : Votarea
CEGV : Botarpa D — continentes A 3 : -nens A 5 : -nente B*56_
sancta A 3 : -tas A*E — hac B (hoc B«) — universalis B 23 * : -le B«
— synodus C* 2 — 14 ecclesiam G 13 — Pétri < apostoli > BC 2 *
— erexerunt C*E — 15 refecit B 3 6CEGV — lib. II B*
16 Ravcnna A 3 B : -ne G+EV— ab exilio om. B — paenitentiam
BC*E - lumen B« — 17 propriam B*C*EV — redit AD : om.
C 3 — sedem C*EV — in om. A 3 — fiunt A*EV — 18 expositio-
nis AïBG^ — et om. AD — sicque om. A* — reconciliatusB* —
comeruit B* : meruit B 6 — absolutione B w
19 duos Ai — régis B^C 1 : res C 3 : rege E-— Saxanorum B56 :
Saxanum C 3 — pluribus A*V: plurimi B 3 — convenientes B* —
sub] cum D — velocitatem B 3 DEGV — sua B« — vita B* : vite
B* — obt. A«C*D — obtent fieri B* — 20 episcopus B — ora-
tiones B* — et] ut A«D : et ut A* — pontifici A 3 5B*6C23EV —
praesentaret AD : -ri B
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392 XG. CONSTANTINUS (708-715).
tare.Àltercavit 27 vero et pro ecclesia Ticinense, sed convictus est, eo quod a priscis temporibus sedis apostolicae
eiusdem Ticinensis ecclesiae antistes ad consecrandum pertinebat atque pertinet.
176 X Hisdem temporibus cum statuïsset populus Romanus nequaquam heretici imperatoris nomen aut chartas vel
figuram solidi susciperent, unde nec eius effigies in ecclesia introducta est, nec suum nomen ad missarum solem-
nia proferebatur, contigit ut Petrus quidam pro ducatu 28 Romanae urbis Ravennam dirigeret, et praeceptum pro 5
huiusmodi causam acciperet. Dumque innotitum fuisset quod ad nomen heretici suam promotionem isdem
Petrus fuisset potitus, zelo fidei accensa magna pars populi Romani statuerunt ullo modo hune ducem suscipere.
Et factum est, dum Christoforus, qui erat dux, ob hanc causam cum Agathone et suis hominibus concertarent,
bellum civile exortum est, ita ut in via Sacra, ante palatium, sese committerent et ex utrisque partibus amplius
quamXXX flagellarentur atque interirentur, donec pontifex 29 mitteret sacerdotes cum evangelia eterueem Domini, 10
sicque partes sedarent. Nam pars Pétri in angustia sita ulla illi erat spes vivendi. Verum ad pontificis iussum
pars alia, qui et Christiana vocabatur, recessit; sicque defensores heretici pars valuit Pétri, vel si attrita,
recedere.
XI Non post multos autem dies 30 scripta venerunt a Siciliense insula qui nuntiaverunt quod Philippicus hereticus
a principale vertice depulsus, Anastasius orthodoxus Augustus sceptra regalia gubernanda suscepit. Orthodoxis 15
exultatio magna, tenebrarum autem dies cunctis hereticis superfusa est. Post aliquod vero temporis Scolasticius
cubicularius,patricius etexarchusItaliae,veniensRomam, deferens secum sacra Anastasiiprincipis,perquam vere
se orthodoxae fidei praedicatorem et sancti sexti concilii confessorem esse omnibus déclara vit; quem et pon-
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 altercatus est A*V— et om. C 124 G—Ticinenscm GG— sed-est
om. A 1 — conviactus A 3 ^ : victus C 4 E — temporibus om C 3 —
sedi A*B«6C3 — apostolice G 3 — 2 Ticinienses B* — ecclesia B* :
-sie C 3 — antistis A" : antestis D : antistes A 5 B 6 C 12 : antestes
C 3 : antestites B*»*5 (antis. B 2 ) — continebat B* — ac B* — at-
que pertinet om. D — 3 imperialisD — ïïra B* — ebaristas B**
— 4 figura A* — -soli B 4 — suscipere A 5 EV : reciperent B 23 D :
< debere > A5E* — undem G 2 — efficies G 3 — ecclesiam B* :
•siae B 3 — infraducta B 4 * 6 — usuum C 1 — missarum om. E 5 —
soli. A*C 2 : solempnia C 3 — 5 offerebatur B — contingit A 3 :
cotigitC 2 — quidem B5C 1 — ducatum A"B 4 D : -to B 1 : ducto B*
— Romano B (Romanuni B*) : umane E— direg. B 3 — pr. et E
— pro om. B»DG — Bhuiusmodo B*— causa A 35 DE— acceperit
A 3 B 23 — innotatum A 3 : insignitum V — fuisset E» — in noti-
tiam venisset A* : innotuissetC 4 E — quod om. B 4 — quod < non
> B 6 — heritico B« — sua B G E — promonitionem B (-ne B 34 ) :
promotione E : ammonitionem V—idem A 3 — 7 petitus ABG (pe-
nitur B*) : positus O : penitus D — Romam D — nullo ADE —
modiC 3 — ducem om. D — susciperent A 3 — 8 factum est om.
A*— obj ad A 3 D— hac B*— converterent B 6 — 9 civilem exhor-
t«n A* — via] una D — palatto B* : -tinum C 3 — et] ut A 1 : om.
B4j$— 40 XXX-crucem] haec linea in codice V legi nonpotest— XXV
C*E — plagarentur C^E 1 * — atque interirentur om. C 3 — iate-
rirent A5C 4 E — evangeliis A*B 2 C 4 E — cruce A^B^GV : crucibus
C 4 E — 11 partes om. A i3 D — sedarentur A*D : -re B 4 : -ret Bs :
redarent C 3 : sedav"V — nam om. A 3 — ita A 3 — <ut>
nulla A«D — ulla illi] nulli A5D — nulla B 23 C 2 EV — illis
A 3 — vidi B 3 (vite b 3 ) : vincendi B* — virum B*5 : verumtamen
C*2G — iussu A5B2'C 3 : -so B 3 * — 12 ali C 3 — quae A 3 5B56E —
et om. AB56D — ebristiani B 2 -— vocabantur B 23 * — defenso-
ris C ,24 EGV— voluit B*— vel] ac E — sic V : om. B 2 — adtrila B
(a terra B6) : atrita G 3 V — 13 rediret A : recadere C 3 : recederet
B3GC24DE
14 autem om. B«6 — scriptas A 13 (scrib. A*) — verunt G 3 —
a om. B — ad Siciliensem insulam A 3 — Siciliensi A$C 23 EV —
qaae A5G*DEV — quodom. C 4 EV — Pbilipicus Ai : Philippis B« —
Pliilippico -co -so A5 : -cum -cum -sum C 4 EV — 15 principali A
C12DEV — ortod. G 3 : -xum B* {corr.) — guvernanda G 3 — sus-
ceperit A* — hort. C 3 : orthodoxus B" — lGexhortatio A 3 —
cunctus G 3 — aliquo B* : aliquantum B 6 — tempus A 5 — Sco-
laticius B 23 * C 2 V : -tius B5 : Scolasticus B*D — 17 cubic] cum
vim C*G : cuu G 3 : om. B — patricis A 1 : < et cubicularius > B
(et] atque B*«) — et om. B56 — in Italiam A5 : Italia B* : -lie
G 3 — Rome G 3 — detulit A* : differens B« — sacram A*EV —
principes B* — quae D — 18 orthodoxa B (-xum B«) : horto-
doxe C 3 — praedicatore B 3 — xysti B* : sixti B*«D : syxti V —
cooeilio B« — declarabit B 3 — quae B* 3 ** : quam B*DE
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Original from
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XC. CONSTANTINUS (708-715). 39S
tifici obtulit et ita perrexit Ravennam. Dum autem haec gererentur, obtinuit Petrus ducatum, promittens quod
nequaquam adversare niteret.
Hic fecit ordinationem I, presbiteros X, diaconos II; episcopos per diversa loca numéro LXIIII. Et cessavit
episcopatus dies XL.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Ravenna Ai 3 B«— haec aut. B*— agerentur Bî^D: generen-
tur G 2 : gerentur G 3 — opt. A 1 — Petrum V — ducatur A 3 : -tam
B5 — promittens om. A 13 D — quod om. C* — 2 neq.] nalli
C 4 EV — adversari C 4 E -— retineret A^ss : reuitere B* : riniteret
Ci2 : renitleret G 3 : niteretur C*E
3 ord. V B5 — diac III A 3 — numéro om. A 3 5V — XCIIII B5 :
LXIIII V: < Qui etiam sepultus est ad beatum Petrum aposto-
lum YI id. ianuar. > B : < Qui etiam sepultus est ad beatum
Petrum apostolumVid. aprii. ind. XIII, Anastasio Aug.> C*EV
(ind. XIIIl C* : om. V) — 4 epas. an. 1 dies XL G 1 — dies qua-
draginta am C* — XL. < Hue usque CXXVIIII anni sunt quod
Langobardi venerunt et VU menses > A 1 in margine inferiori,
manu rubricistae.
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Felicem archiepiscopum Ravennatem] Le successeur de Damien,
dont il a été question dans la vie de Sehgius (p. 316). Damien
mourut le 13 mai 708. Ce que raconte ici notre auteur ne s'accorde
guère avec les vers suivants de l'épitaphe de Félix {AgneUus,
c. 150) :
Culmen apostolicum colère summe novit
cuius ope fretus profana dogmata pell[(]t.
>Iais ceci se rapporte peut-être à la fin de la carrière de Félix ;
on verra plus loin qu'il modifia son attitude à l'égard du siège apos-
tolique.
2. solîtas in scrinio noluit facere cautiones] Nous avons dans le
Liber diurnus (m, 6, 7, 8) les formules des trois pièces que les
évoques du diocèse suburbicaire devaient signer aussitôt après
leur ordination et laisser entre les mains du pape. La première,
appelée promissio fidei, est une profession de foi détaillée, dans
l'ordre des conciles œcuméniques ; elle devait être signée par le
nouvel évoque et par ses prêtres ; la seconde, cautio, est un enga-
gement d'observer certaines règles de gouvernement ecclésiasti-
que : elle était dictée par l'évoque à un notaire, en présence du
primicier et du secondicier des notaires de l'église romaine, puis
signée par l'évêque et par plusieurs témoins. La troisième enfin,
appelée indiculum, était une promesse de n'engager ni de favo-
riser aucune entreprise contre l'unité de l'Eglise ou contre la sé-
curité de l'empire ;romain. Cette dernière promesse était écrite
par l'évêque lui-même ; il devait la déposer en personne dans la
confession de saint Pierre. — On a vu plus haut que la situation
spéciale des évêques de Ravenne avait amené des conflits à la
suite desquels certains accords étaient intervenus. Le différend
soulevé par Félix ne pouvait porter que sur la seconde des trois
pièces, et c'est précisément celle pour laquelle le Liber diurnus
mentionne l'intervention des chefs du notariat apostolique. Le ré-
dacteur a sans doute voulu distinguer ce document (solitas cau-
tiones) de celui qu'il appelle cautio et qui porte le titre d'indiculum
dans le Liber diurnus; c'est ce dernier que le ( pape déposa dans la
confession de saint Pierre, l'évêque de Ravenne s'étant, à ce qu'il
paraît, dispensé d'accomplir lui-même cette cérémonie.
3. Nom Ravennantium cioes] L'atroce vengeance exercée par Jus-
tinien II contre Ravenne est racontée longuement par Agnellus,
dans un style pompeux jusqu'au ridicule (c. 137-141), d'après des
traditions orales. Selon lui, le motif de la haine portée par
Justinien à la ville de Ravenne, c'est que quelques-uns de ses
Liber pontificalis.
concitoyens avaient pris part à la révolte et aux sévices exercés
contre lui en 695. Je croirais plutôt qu'il leur gardait rancune de
leur intervention à Rome au temps du pape Sergius (ci-dessus, p.
373), ou peut-être qu'il voulut venger la mort de l'exarque Rizoco-
pus, massacré à Ravenne, en 710. Dans ce dernier cas, notre bio-
graphe, qui considère la catastrophe de Ravenne comme une puni-
tion de l'attitude du nouvel évoque Félix, en aurait un peu anticipé
le récit.
4. Theodorum patricium — cepit] Agnellus ne prononce pas ce nom ,
mais il donne à l'envoyé de l'empereur le titre de monstraticut,
qui est évidemment une mauvaise transcription de ixovoarpaTiyydç.
L'expression primi exercitus (primum exercitus ?), dans le L. P.,
n'est sans doute qu'une traduction de orparrivtfç, titre qui est donné,
un peu plus loin, à un patrice de Sicile, appelé Théodore, le même
personnage évidemment que celui qui prit Ravenne. — C'est par
mer aussi qu' Agnellus fait arriver l'armée grecque.
5. praefatum archiepiscopum — lumine privatus] Agnellus, /. c. :
c Et cumprensi (proceres), mittebant cuneos ligneos in ora eo-
» rum et ligabantur post tergum capita et proiciebantur sub ca-
» thaleta navis. In tali vero dolo sunt omnes nobiles capti. Ibi et
» Félix pontifex istius urbis deceptus est, ibi Iohanicis sapien-
» tissimus captus est, ibi et médiocres vincti sunt... Ingressi
» Gonstantinopolim, invenerunt imperatorem Iustinianum... Et
» iussit omnis poni in custodia quousque eos possit diversa ex-
» pendere poena ; omnesque senatores graviori modo interempti
» et deleti sunt. » — Suit la description du supplice de l'archevê-
que, à qui on brûla les yeux en les lui faisant fixer sur un bassin
d'argent rougi au feu, dans lequel on versait du vinaigre.
6. exilio in Pontica transmissus est regione] Agnellus omet ce dé-
tail, mais il est mentionné dans l'épitaphe de Félix (Agnellus, L c):
Pertulit pro patria nimias praesul aerumnas,
e#[t]/[iu]m, dampna, famem, nuditatem, caedem, pericla
contemptus, exitia, terrores, vincula, fust[e]s ;
summusque pontificis, subferre Itidibria, honor.
Finibus ademptus, propria de sede privatur.
Lumen carens corporis divina nactus est lucem.
Arto in tellure scopulo Ponti portatur,
ubi victus deerat, sed panis aderat Christus ;
in quo toto corpore atgue virtute sepultus
gratia sumtna Dei est consolatus autistes.
. 7. Bisdem temporibus...] On n'indique pas ici pourquoi Justi-
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XC. CONSTANTINUS (708-715)
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nien II manda le pape à Gonstantinople ; mais il est naturel de
croire que c'était à propos du concile in Trullo pour lequel il avait
déjà, à diverses reprises, sous Sergius et sous Jean VII, demandé
l'adhésion du siège apostolique. Du reste, le diacre Grégoire, qui
accompagna le pape Constantin, fut, comme on le verra plus loin
(Grégoire h, n° 177), interrogé par l'empereur de quibusdam capi-
tulis, sur lesquels il parvint à le satisfaire.
8. indict. VI III] Le 5 octobre 710.
9. Gregorius diaconus...] Le futur successeur de Constantin,
Grégoire II.
10. Sisinnius nomencolator] C'est la première mention datée de
cette fonction, l'une des grandes charges du palais pontifical; cf.
Galietti, Primicero % p. 162. Cette énumération est du plus haut
intérêt, car on ne peut douter que l'ordre des préséances n'y soit
observé.
il. Sergium ordinatorem] Cette charge de palais n'est pas, que
je sache, mentionnée ailleurs. Il s'agit sans doute d'un maître de
cérémonies.
12. turpissima morte occubuit] Cf. ci-dessus, note 3.
13. Theodorus patricius et stratigos] Le même sans doute qui fut
chargé de punir l'émeute de Ravenne; cf. noto 4. C'est probable-
ment à Palerme qu'il rencontra le pape, car celui-ci, en continuant
son voyage, dut passer par Reggio {egredientes per Regium).
14. Callipolim] L'ancienne cité grecque de Callipolis, peu impor-
tante sous l'empire romain et rarement nommée dans les auteurs
(cf. Mommsen, C. I. L., t, IX, p. 3), n'était plus, dès la fin du si-
xième siècle, qu'une colonie rurale, la massa Callipolitana, appar-
tenant à l'église romaine (Greg. M. Ep. ix, 99, 100). Hydruntum
(O trente) s'était mieux conservée ; aussi le pape y trouvait- il des
conditions de séjour préférables à celles que lui aurait ofiertes sa
massa Callipolitana.
15. Theophanium regionarium] Par regionarius il faut entendre,
je crois, suivant le style du temps, un subdiaconus regionarius de
l'église romaine.
16. stratigos caravisianorum]. Les notices d'évêchés de l'empire
byzantin mentionnent un siège de KapaStÇû-rj, dont il ne peut être
ici question. Théophile porte le double titre de patrice et de stra-
tège, tout comme le gouverneur de Sicile mentionné ci- dessus ;
c'est, je crois, le commandant d'un thème, de celui qui, au temps
de Constantin Porphyrogénète, s'appelait le thème de la mer Egée
(Schlumberger, Sigillographie byzantine, p. 193). Le mot caravi-
siani me semble dérivé de xapdtëu, qui, en bas grec, signifie na-
vires.
17. Cyrus patriarcha) Le remplaçant de Calli nique, déposé par
Justinien II lors de sa restauration, en 705. C'était un reclus, qui
avait eu la chance de prédire à Rhinotmète qu'il remonterait sur
le trône (Nicéphore, p. 42, de Boor; Théophane, a. m. 6198).
18. pontifex et ejus primati) L'équipage du pape et de sa suite,
dans cette entrée solennelle, est, comme le P. H. Colombier l'a
fort bien vu {Etudes religieuses des PP. de la compagnie de Jésus),
V e série, t. XI, p. 825 et suiv.), semblable à celui que décrit ou
suppose la fausse donation de Constantin, composée à Rome vers
l'année 774. Les écuries de la cour ont fourni des chevaux {sella-
res) tout harnachés, avec des selles et des freins dorés ; mais on a
jeté par dessus les selles la mappula blanche, cet insigne si cher
au clergé romain (Conox, p. 369y. De même, dans sa donation,
Constantin est censé avoir décrété o ut clerici eiusdem sanctae
» Romanae ecclesiae mappulis et linteaminibus, id est candidis-
• simo colore decorari equos et ita equitari. » — Quant à la coif-
fure du pape, le xajxT,Xaûxtov actuel du clergé grec et le prototype
de la tiare du moyen-âge, elle est indiquée tout aussi clairement.
Constantin a offert au pape une couronne impériale, en or, ornée
de pierres précieuses, mais, sur son refus, il lui met de ses mains
sur la tête frigium candido nitore et ordonne que lui et tous ses
successeurs le porteront, dans les processions, comme un insigne
tout à fait spécial, « statuentes eodem frigio omnes eius succès-
» sores singulariter uti in processionibus ad imitationem imperii
» nostri » (Hinschius, Décrétâtes pseudoisid., p. 253). Les mosaï-
ques et les peintures anciennes, quand il s'y trouve des papes,
les représentent toujours avec le costume qu'ils avaient à l'autel :
le camelaucum ne peut donc y figurer. Pour trouver une représen-
tation d'une procession pontificale, il faut descendre jusqu'aux
peintures de Saint-Clément (xii* siècle) où l'on voit les papes Bo-
niface I er et Nicolas I er coiffés d'un grand bonnet blanc, à peu
près conique, entouré au bas d'une couronne gemmée. Cette cou
ronne a dû être ajoutée entre le huitième siècle et le douzième.
Pour le huitième elle est certainement exclue par la donation de
Constantin, car ce document suppose que saint Silvestre l'avait
refusée.
19. a palatio egressus in Placidias] La domus Placidiana était au
delà du palais impérial, pour qui venait de l'Occident ; elle fai-
sait partie des constructions élevées sur l'emplacement de l'an-
cienne Byzance, le Vieux Sérail actuel. Le pape fut donc reçu d'a-
bord au palais impérial et de là conduit en grande pompe au
palais Placidien, [résidence ordinaire des apocrisiaires romains.
Le pape Vigile y avait habité, cent cinquante ans auparavant,
pendant huit ans environ.
20 Post menses autem III] Ceci permet de dater approximative-
ment la mort de Justinien II. La nouvelle en étant parvenue à
Rome vers la fin de janvier 712, la révolution qui le fit tomber
du trône doit se placer vers la fin de l'année précédente. Le bio-
graphe oublie de dire que la tête du tyran fut envoyée à Rome et
à Ravenne. Agnellus (c. 142) n'a pas omis ce détail.
21. Philippicus hereticus] Philippicus était partisan de l'hérésie
monothélite ; il s'employa, dèa son avènement, â lui donner une
revanche de la défaite qu'elle avait subie trente ans auparavant,
au sixième concile œcuménique. Avant de mettre les pieds
dans le palais impérial il en fit enlever le tableau qui représentait
cette assemblée. Il ordonna aussi que les noms de Sergius, d'Ho-
norius et des autres personnes dont la mémoire y avait été con-
damnée seraient de nouveau inscrits aux diptyques et que leurs
images seraient rétablies aux lieux où elles se trouvaient autrefois
(cf. la lettre du diacre Agathon, témoin oculaire, dans Hardouin,
t. III, p. 1836; Mansi, t. XII, p. 192).
22. imaginem quod Greci Botarea] Je ne sais d'où vient ce mot
étrange. Mais le sens n'est pas douteux. On voulut faire à Rome
une manifestation contre le sacrilège commis à Gonstantinople sur
l'image de sixième concile. Cf. Gesta ep.Neap., c. 42 (p. 426 Waitz).
23. Félix archiepiscopus Ravennas] Cf. Agnellus, c. 143-145, et
l'épitaphe de Félix (ibid., c. 150) :
Erectusque gravi de claustra insulae Ponli
demum ad dilectae vectus est palriae portum
extractus omnia, pristina sede ornatur f
ubi corde puro hostia Domino libans
lustra super t[ri]a geminos simul prorogat annos.
24. promeruit absolutionem] Cf. ci-dessus, note 1.
25. duo reges Saxonum] Bède, Histl eccl., v, 19 : « An no autem
» imperii Osredi quarto (709), Coinred, qui regno Merciorum no-
» bilissime tempore aliquanto praefuerat, nobilius muito regni
» sceptra reliquit. Nam venit Romam, ibique adtonsus, pontifica-
» tum habente Constantino, ac monachus factus, ad limina apos-
• tolorum in precibus ieiuniis et eleemosynis usque ad diem per-
» mansit ultimum... Venit autem cum'illo et filius Sigheri régis
» orientalium Saxonum... vocabulo Offa, iuvenis amantissimae
» aetatis et venustatis, totique suae genti ad tenenda servanda-
» que regni sceptra exoptatissimus. Qui pari ductus devotione
» mentis, reliquit uxorem, agros, cognatos et patriam propter
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» Ghristum et propter Evangelium, ut in hac vita centuplum acci-
» peret et in saeculo venturo vitam aeternam. Et ipse ergo, ubi ad
» loca sancta Romam pervenerunt, adtonsus et in monachico vi-
» tam habita complens, ad visionem beatorum apostolorum in
» caelis diu desideratam pervenit. » Cf. Chron., a. 720. — Le roî
de Mercie et le jeune prince d'Essex avaient été précédés à
Rome par le roi de Wessex Cedwalla, dont l'épitaphe, conservée
dans les écrits de Bède (H. E., v, 7), de Paul Diacre (H. L., vi, 15)
et dans les recueils épigraphiques du moyen âge, a été restituée
dernièrement par M. de Rossi (Inscr. christ., t. II, p. 288.
26. Benedictus archiepiscopus Mediolanensis] Paul Diacre (H. L.,
vi, 29), après avoir raconté le môme fait d'après le L. P., continue
en disant : « Fuit autem hisdem venerabilis Benedictus archiepis-
» copus vir egregiae sanctitatis, de quo per universam Italiam
» bonae opinionis fama flagravit. »
27. Altercavit vero et pro eccletia Ticinense] On composa plus
tard une pièce apocryphe qui se donne comme le discours pro-
noncé par l'archevêque dans le synode romain où fut décidée cette
affaire (Migne, P. L., t. LXXXIX, p. 361). Il est sur que l'exemp-
tion de l'église de Pavie n'était pas primitive : au cinquième siècle
les évoques de Pavie étaient ordonnés à Milan (Ennodius, Vita
s, Epiphanii, p. 341, Hartel). La cause du changement introduit
a priscis temporibus est probablement la situation de capitale qui
fut attribuée à Pavie dans l'organisation du royaume lombard.
Pour que les papes fussent amenés à prendre une telle raison en
considération, il fallait que les rapports entre eux et les rois lom-
bards fussent notablement meilleurs qu'à la fin du sixième siècle
et au commencement du siècle suivant. Il y a peut-être quelque
lien entre l'exemption de Pavie et la restitution du patrimoine des
Alpes Gottiennes, sous Jean VII.
28. pro ducatu Romanae urbis] Voici la première mention du duc
de Rome ; il est possible que cette fonction existât depuis assez
longtemps. En 638 et en 643 Vexercitus Romanus avait à sa tête un
chartularim (ci-dessus, p. 328, 331).
29. donec pontifex...] Le pape habitait sans doute Yepiscopium
bâti par Jean VII (ci-dessus, p. 386, note 7). Il était tout près du
lieu du combat et à portée d'y intervenir.
30. nonpost multot autem dies...] Philippicus fut détrôné le jour
de la Pentecôte, 4 juin 713. Les événements qui viennent d'être
racontés se passèrent donc au printemps de cette année.
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XCI. GREGORIUS II (715-731).
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1771 GREGORIUS, natione Romanus, ex pâtre Marcello, GREGORIUS, natione Romanus, ex pâtre Marcello,
sedit ann. XV mens. VI M dies XXIIII. Qui a parvaetate sedit ami. XV mens VIII dies XXIIII. Fuit autem tem-
in patriarchio nutritus, subdiaconus factus, deinde dia- poribus Anastasii, Theodosii, Leoni atque Constantini.
conatus ordinem provectus est et cum viro sancto Cons- Augustorum. Hic a parva aetate in patriarchio nutritus,
tantino pontifice regiam 2 profectus est urbem. Erat 5 sub sanctae memoriae domno Sergio papa subdiaconus
enim vir castus, divine Scripture eruditus, fecundus atque sacellarius * factus, bibliothicae illi est cura com-
loquella et constans animo, ecclesiasticarum rerum missa; deinde ad diaconatus ordinem provectus est
defensor et contrariis fortissimus inpugnator. et cum viro sancto Constantino pontifice regiam 2 pro-
fectus est urbem; atque a Iustiniano principe inqui-
lositus de quibusdam capitulis optimam responsionem
unamquamque soJvit quaestionem. Erat enim vir cas-
tus, divinae Scripturae eruditus, facundus loquela et
constans animo, ecclesiasticarum rerum defensor et
contrariis fortissimus inpugnator.
11 15 Hic exordio pontificatus sui calcarias 3 dequoquere
îussit; a portico sancti Laurenti inquoans, huius ci-
vitatis muros restaurare decreverat; et aliquam partem
faciens, emergentibus incongruis variisque tumultibus
praepeditus est.
178 Huius temporibus 4 Iohannis Constantinopolitanus 20 Huius temporibus 4 Iohannis Constantinopolitanus
antistes synodicam misit atque ad eum rescriptis idem antistes synodicam misit atque ad eum rescriptis idem
usus est pontifex. . usus est pontifex.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 natus Roma C 3 — ex cm. C" — 2 an. XVI C 23 G — d. XXII
AC 12 G — 3 in om. A — A ordine A — profectus A — 5 regia A
— provectus C l3 G — 7 loquilla AC^G — animum A — 8 in-
pugnatur C 3
20 Huius] Uhic A -— Constantinopolitanus C 3 — 21 sinod. A :
basilicam C> — missit A — adque A et ita fere semper.
IGregoriusIÏE- 2ann. XVIBEi — m.VIinB— d. XI B (X
B*) : XX Et — 3 Leonis E— A a om. B — parvam B ; 6 — aetatem
ras — 5 papa om. B — 6 ille B* — 7 ad om. B — ordine B«
— 8 et- est om. B* — cum om. B* — pont. Const. V — pontifleem
R56 — 9 provectus B*E — Iustinianum principem B 6 : hinc hiat
V — inques. B* — 10 <causis >cap. D — optima responsione
DE — 11 unamquemque B 3 * : -queque B 6 — 12 fecundus B 5 —
loquella B 236 — 13 ecclesiasticorum errorum B — 14forlissimisD
15 < in > ex. D— exordium B« — 16 porta C 4 D — inchoans
B 26 D : incoans B* : in quo E— 17 civ. hui. B 6 — restauraret E —
18 et merg. B'E— inconquis B6 : in eo nervis E — 19 praeventus B*
21 antestis B 3 « : antistis B* : episcopus B 8 — ad om. B 3 D —
rescripsit D
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XCI. GREGORIUS II (715-731). 397
Hic trabes in basilica beati Pauli apostoli vetustate Hic maximam partem basilicae beati Pauli apostoli
quassatas muta vit et maximam cooperuit partem basi- quae ceciderat, allati» de Calabria trabibus cooperuit,
lice quae ceciderat, et altare a novo refecit et cyburium et altare a novo refecit et cyburium argenteum quod
argenteum quod fuerat ruina quassatum. Sancti Lau- fuerat ruina quassatum. Sancti Laurenti pariter eccle-
renti pariter ecclesiam foris murum sitam, quae travi- 5 siam foris muros sitam, quae trabibus confractis ruinae
bus confractis ruine iam erat vicina, reparavit; atque iam erat vicina, reparavit; atque aquamfîstulis conpa-
aquam fistulis conpagetis post multum tempus in eadem getis post multum tempus in eandem ecclesiam re-
ecclesiam reduxit, diversasque basilicas in ruinis positas duxit, diversasque ecclesias in ruinis positas innovavit,
innovavit, quas per ordinem dicere longum est. quas per ordinem dicere longum est.
Hic in Germania 5 per Bonifatium episcopum verbum îo Hic in Germaniam 5 per Bonifatium episcopum ver- lu
salutis praedicavit et gentem illam sedentem in tene- bum salutis praedicavit et gentem illam sedentem in
bris doctrina lucis convertit ad Christum, et maximam tenebris doctrina lucis convertit ad Christum.
partem gentis eiusdem sancti baptismatis lavit unda.
Ipseque sanctissimus papa monasteria 6 que secus Hic monasteria 6 quae secus basilicam sancti Pauli
basilicam sancti Pauli apostoli erant ad solitudinem i aérant ad solitudinem deducta innovavit, atque ordina-
deducta innovavit, atque ordinatis servis Dei monachis tis servis Dei monachis congregationem post longum
congregationem post longum tempus constituens, ut tempus constituit, ut ibidem die noctuque Deo redde-
tribus per diem vicibus et noctu matutinos dicerent. rent laudes.
Instituit pariter gerocomium 7 quod iuxta ecclesiam Hic gerocomium 7 quod post absidam sanctae Dei
sanctae Dei genetricis ad Praesepe situm est; monaste- 20 genetricis ad Praesepem situm est monasterium insti-
riumque iuxta positum sancti Andreae apostoli 8 quod tuit, atque monasterium sancti Andreae apostoli 8 quod
Barbare nuncupatur ad nimiam deductus desertionem, Barbare nuncupatur ad nimiam deductum desertionem,
in quibus ne unus habebatur monachus, restaurons, in quo ne unus habitabatur monachus, adscitis mona-
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 trabe A — bassilica A : basilicam D — vétusté A —
2 quassatam C2 — maxima A — bas. part. C 23 — 3 que C 3 —
ciburium A — A quas C 1 — quassatus AG 1 — < et > sancti
ACiG — 5 ecclesiae C 2 — muros G 23 — sita AC*G : -tum C 23 —
qui A — 7 compaietis pos A — temporis AC^ : tempnusC 3 —
eandem C 2 — 8 in om. AC 1 — 9 inovavit A — < et > per AG ! G
— ordine AC 2 — logum A
10 super C 2 : om. C 3 — Onifatium A : Bonifacium G 1 —
13 eundem C 2 {corr.) — lavi A — undam C 3
14 papa om. O — 15 basilicae G 2 : -ca C 3 — beati A — soli-
tudine A — 16 reducta C 3 — innovabit C 1 — ordinatis om. AC 12 G
— monacis congregatione pos A — 18 utribus A — noctum ma-
tutino. y. dicerent A
19 gerontocomium A — 20 sancte A — presepium A — ritum C i :
om.A — 21 -quae C^ 2 — apositusA— Andrée A : André C 2 : An-
draeae C 3 — 22 nunecupatus A — annimiaA — in] et G 3 —23
habebat monacusA — monachus AG : -chum C 1 — fatiens C 3 —
1 Paulij Pétri B 3 — 2 quaeque B — ablatis B (obi. B«) — 3
altarem B«6 — fecit E — quo B — 5 ecclesia B — 6 vicinam
B5 — quaE— fistolis B* — 7 conpaginatis D — eadem B 6 — 8
in ruinis] iniuriis B» — ruinas B 6 — positis D — innovabit
B 4 — 9 ordine B* — dicere om. B*
10 Germaniam B — 12 doctrinam B
14 monasterio B5 — basilica B*E — 15 erat B 23 * — deduc-
tam innovabit B* — 17 die noctuque om. D
19 gerocomio B 2346 (ieroch. B 5 ) : gerochomium B» : gero-
comium D : cerocomium E — absida B 34 — 20 Praesepe B 2 DE
— 21 sanctae And. B5 — 22 animam deductur insertionem B 4
— deductur B* — 23 in] de B 3 — nec E — habebatur C 4 D
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398 XCI. GREGORIUS (715-731).
monachos faciens, ordinavit, ut tertiam sextam et nonam chis ordinavit, ut utraque monasteria ad sanctam Dei
vel matutinos in eadem ecclesia sanctae Dei gène- genetricem singulis diebus atque noctibus Deo laudes
tricis cotidianis agerent diebus; etmanetnunc usque canerent.
pia eius ordinatio.
179 IV Eo tempore Liutprandus rex 9 donationem patrimonii 5 Eo tempore Liutprandus rex 9 donationem patrimo-
AlpiumCottiarum^quamAripertusrexfecerathicquere- monii Alpium Cotziarum, quam Àripertusrex fecerat
petierat, ammonitione tanti viri Yel increpatione reddi- hicque repetierat, ammonitione tantiviri redditam con-
tam confirmavit. firmavit.
Quartadecima tune indictione 10 signum in luna fac- Huius temporibus signum in luna factum est per
tum est, et visa est cruentata usque ad média nocte. loindictionemXIIII 10 , et visa esteruentata usque ad me-
diam noctem.
Theodo " quippe dux gentis Baioariorum cum alios Eo itaque tempore Theodo " dux gentis Baioariorum
gentis suae ad apostoli beati Pétri limina orationis voto ad apostoli beati Pétri limina primus de gente eadem
primus de gente eadem occurrit. occurrit orationis voto.
v Huius temporibus 12 Anastasius imperator, classe na-15 Huius temporibus "Anastasius imperator, classe na-
vium praeparata, in partibusAlexandriae direxit contra vium praeparatam, in partibus Alexandriae direxit con-
a Deo destructos Agarenos. Qui ad alium versi consi- tra a Deo destructos Agarenos. Qui ad alium versi
lium, antequam pervenissent ad destinatum locum, ab consilium, antequampervenissent ad destinatum locum,
itinere medio apud regiam regressi urbem, Theodosium ab itinere medio apud regiam regressi urbem, Theodo-
orthodoxum inquirentes imperatorem elegerunt atque 20 sium orthodoxum inquirentes imperatorem elegerunt
coactum in solio imperii confirmaverunt. Anastasius atque coactum in solio imperii confîrmaverunt. Anasta-
itaque cum civibus vel quos potuit de exercitu, munita sius itaque cum civibus vel quos potuit de exercitu,
civitate, Nicea perrexit; illic cum classe in qua Théo- munita civitate, Nicea perrexit; illic cum classe in qua
dosius fuerat imperator dimicavit, et fere septem milia Theodosius fuerat imperator dimicavit, et fere septem
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1 terciam C 3 — et om. C 1 — 2 eade A : eandem C 2 — eccle-
siam C 23 — 3 agere A : agerint C 3 — mane nue A
5 Liutbrandrus C 2 : Liudprandus C 3 — 6 Gotiarum A : Gottia-
rum C 2 —hicque repetierat om. C 3 — 7 repertierat A — amo-
nitione A — increpationem C 3 — reditam A
9 indicione C 3 — 10 mediam noctem C 2
12 Baicariorum A
15 Huis G 3 — 16 praeparatam A — Alaxandrie A — 17 a om.
C 3 — Pagarenos A : Agerenos C 23 — quia A — 18 antemquam
A— ad] a A — ductitutumC 3 — 19itinire A —20 horthodoxium
C 3 — 21 coactam A (-ta a) — solo G 3 — conlocaverunt A — 23
Nitia C 3 — 24 septe Ci
5 Leutprandus B* : Liutbrandus B5D : Liudprandus E — 6
Alpium < et > D — Quodtiarum B : Cotziarum DE* : Gutzia-
rum E 5 — quem B — Arebertus B 23 « : Harib. D — 7 ammo-
nitionem B — reddita BE
9 per om. E — 10 média nocte B«
12 Theudo B5 : Thedo B« : Teudo E — genti B5« — 13 ad
om# b» — beati om. B 23 — limini B 2 — 14 orationum D
15 classem B 2 * : clause B* — 16 in om. D — 17 dist. B (distructus
B3«)— Agerenos B 3 :Agarenus B" 6 — 18 concilium B 3 — perveni-
rent B (conv. B*) — ad] a B* : om. B* — dist. B— 19 iten. B«-
reg. < sunt > B — 20 Theodoxium B 5 — inquerentes B3*6 —
21 solioj consilio D— 22 quibus D— imperator-atque exercitu,
p. kOO,l.i%,folioavulsodeerantin E'— exercitum B*s — 23 monita
B 23 — munitamcivitatemNiceamE— mun. civ.] unitateB* — illi
B 3 E — imp. fu. D— 24 dimigavit B 3 *
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XCI. GREGORIUS II (715-731). 3U9
exercitus sunt interempti. Cuius Anastasii superata pars milia exercitus sunt interempti. Cuius Anastasii superata
verbum iam inmunitatis expediit, datoque sibi sacra- pars verbum iam immuni tatis expetiit; datoque sibi sa-
mento clericus factus atque presbiter est consecratus. cramento clericus factus^tquepresbiterestconsecratus.
Protinus etiam I3 ut ingressus est memoratus Theodo- Protinus etiam ,3 ut ingressus est memoratus Theodo-
sius regiam urbem, imaginem illam venerandam in qua 5 sius regiam urbem, imaginem illam venerandam in
sanctae erant sex synodus depicte et a Philippico nec qua sancti erant sex synodi depictae et a Philippico nec
dicendo fuerat deposita, in pristino erexit titulo atque dicendo fuerat deposita, in pristino erexit loco ; ita ut
loco; ita ut huius fidei fervore omnis ab ecclesia cessa- huius fidei fervore omnis ab ecclesia cessaret quaestio.
ret quaestio.
Eo itaque tempore " fluvius qui appellatur Tiberis 10 Eo autem tempore M fluvius qui appellatur TyberisVl 180
alveum suum egressus sese per campestria dédit; intu- alveum suum egressus sese per campestria dédit; in-
muit etiam inundatione aquarum et portam quae Fia- tumuit etiam inundatione aquarum multarum et por-
minia dicitur ingressus est. Transcendit interea aliqui- tam quae Flamminia dicitur ingressus est. Transcendit
bus locis et muros atque ultra basilicam sancti Marci interea aliquibus locis et muros urbis atque ultra basi-
per plateis se extendit ita ut in via Lata ad unam eUslicam sancti Marci per plateas se extendit ita ut in via
semis staturam aqua eiusdemfluminis excrevisset, atque Lata ad unam et semis staturam aqua eiusdemfluminis
a porta beati Pétri usque ad pontem Molvium aquae excrevisset, atque a porta beati Pétri apostoli usque ad
se distenderent, et iuxta remissam vi ipsius fluminis se pontem Molvium aquae se distenderent, iuxta remis-
dedit. Domos itaque evertit, agros desertavit, evellens sam vi ipsius fluminis se dédit. Domos itaque evertit,
et eradicans arbusta et segetes. Nam nec serere ipso 20 agros desertavit, eradicans arbusta et segetes. Nam nec
potuit tempore pars maxima Romanorum ; pro hoc in- serere ipso potuit tempore pars maxima Romanorum ;
minebat tribulatio magna. Per dies etiam septem aqua pro hoc inminebat tribulatio magna. Per dies etiam
Romam tenebatpervasam. A domno itaque papa letaniae septem aqua Romam tenebat pervasam. A domno itaque
crebro fiebant ; cumque in oratione et letanie persiste- papa letaniae crebro fiebant; cumque in oratione et lo-
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
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I excercitus C 3 — 2 inmunitis AC"G: inmunitusC 3 — - 3 estom.
G 3 — 6 sinodus A — Pilippico A — ne AC 2 -— fuerant C 1 — 8 fervere
A — omnes AC 1 — ecclaesia A: aeccl. C 3 — cessare A— 9 quescio C 3
II sese] esse AC* : esset G — dédit om. C 3 — 13 Flarainiam
C* : -nea C 2 : Fluminea C 3 — 14 ultra A — 15 platias A — 16
excrevisse A — 17 ponte A — 18 vi Ci 2 G: sex C 3 : om.A — 19 do-
mus C 3 — 20 heradiens C 3 — nam nec serere om. AC 12 G — se-
reraeC 3 —21 potuit om. AGG — 22 iminebat A — etiam om. C 3
— septe C2 : -tae G* — aqua m A — 24 letanie fieb. creb. A —
fiebat C 3 — laetaniae Ci : latanii C 2
1 interempta E — 2 iam om. B — 6 sanctae synodus erant
depinctaeD— adPhyl. B*— PhilippoB — 7dicendum B* — 8 lo-
cum B* — ut om. B* — omne B 3 : omnes B 4 : < pristina > B 23
10 quae B« — Tyboris B 3 * — 11 alveo suo B 2 — se B 23 — 12
inundationem B 3 « — porta B 34 * : per portam E — 13 FJami-B 3 *E :
-nea B 3 DE — egressus B {om . B 3 ) —est om. B 23 — 14 in terra B* —
< in > aliq. D — urbis < subvertit > B* — 15 Marchi B 3 5 —
plateis B* — in cm. B* — vio B 36 I) — 16 semistratam B 6 — sturam
B 3 — aquam B* — 17 ad portam B«D — 18 Moiveum B 23 : Mol-
bium B* — extenderunt B — iuxtam B* — 19 remissa E : incon-
sueta B56 — vi om. B — sedebit B 3 — domus B*s — vertit B*
— 20 agro B 3 — dissipavit G 4 E — arbustas B5 — segites B 3 — • se-
rere nec B 2 — nam om. B 3 *— 21 pot. ips. B 2 — 23 septem om. B*
— aquam B*E (corr.) — pervasa D — itaque om. D
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400 XGI. GREGORIUS II (715-731).
ret, post octavum iam diem misertus Deus aquam amo- taniis persisteret, post octavum iam diem misertus Deus
vit et fluvius ad proprium reversus est alveum. aquam amo vit et fluvius ad proprium reversus est al-
veum, per XV indictionem.
181VH Cumanum etiam castrum 15 ipso fuerat tempore a Cumunum etiam castrum 15 ipso fuerat tempore a Lan-
Langobardis pacis dolo pervasum ; quo audito valde 5 gobardis pacis dolo pervasum ; quo audito omnes sunt
sunt omnes contristati 16 de castri perditione. Adhortans 16 redditi tristes. Adhortans etiam sanctissimus ponti-
etiam sanctissimus pontifex et commonens Langobar- fex et commonens Langobardis ut redderent; quod si
dis ut redderent; quod si non adquiescerent, in ira se non adquiescerent, in iram se divinam incedere pro
divina incedere pro dolo quo fecerunt suis scriptis pro- dolo quem fecerunt suis scriptis protestabatur. Nam et
testabatur. Nam et munera eis multa dare ut restitue- iomunera eis dare ut restituèrent voluit multa; sed
rent voluit; sed illi turgida mente neque monitis audire illi turgida mente neque monitis audire nec reddere
nec reddere sunt passi. Unde nimis idem sanctus indo- sunt passi. Undenimis idem sanctus indoluit pontifex,
luit pontifex, seseque spei contulit divine, atque in mo- seseque spei contulit divinae, atque in monitione ducis
nitione ducis Neapolitani et populi vacans ducatum eis Neapolitani et populi vacans ducatum eis qualiter age-
qualiter agerent cotidie scribendo prestabat. Cuius man- 15 rent cotidie scribendo prestabat. Cuius mandato oboe-
dato oboedientes, consilio inito, moenia ipsius castri dientes, consilio inito, moenia ipsius castri virtuti sub
virtuti sub nocturno sunt ingressi silentio, Iohannis nocturno sunt ingressi silentio, Iohannis scilicet dux 1:
scilicet dux " cum Theodimo subdiacono et rectore at- cum Theodimo subdiacono et rectore atque exercitu ,
queexercitu, et Langobardos pêne trecentos cum eorum et Langobardos pêne trecentos cum eorum gastaldio
gastaldio interfecerunt ; vivos etiam amplius quingentos 20 interfecerunt ; vivos etiam amplius quingentos conpre-
conprehendentes captos Neapolim duxerunt. Sic castrum hendentes captos Neapolim duxerunt. Sic castrum re-
recipere potuerunt, pro cuius redemptione LXX auri cipere potuerunt, pro cuius redemptione LXX auri libras
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 aramovit C 23 — 2 regressus AC 'G
4 ediam A — 6 tristati C 23 — perdictione A a — adortansAC 2
— 8 Langobardos A — atquiescerent O — 9 quam C 3 — fece-
rant CG — 10 protestabant A — munitis C 3 — 13 immonitione
C 3 G — 14 Neapollitane C 3 — eis om. O — 16 obed. A — 17
virtutis C 3 — 18 sciliet C 3 — 19 poene C 2 — 20 amplius < quam >
G 1 — 21 conprekendente G 3 — 22 pro] per A — libra AC 3
1 letanias B — 2 ammovit B* 5 — 3 per XV indic. om. B5 C
4 Cum autem anum D — etiam om. B* — tempore om. B 5 —
5 dolum B 34 56 — quod audi B*— 6 adorans B G — 7 communens
B3 — Langobardis B 56 :-dos cet. — redirent B 46 (redd. B*) :
redderet B> — si om. B5 — 8 se om. E [suppl.) — incidere B 2 E
— 9 fecerunt B — detestabatur E — 10 muneras B G — restitue-
rint B 3 * — noluit B 3 — 11 recedere B 5 : credere D — 12 nim.
isd. s.] enim his idem sauctis B* — idem sanctus om. D — 13 que
om. B 56 — spe D (corr.) — divini B* 6 — munit. D — 14 eis] est
B 3 : ei B 6 — 15 praestaret B* — 16 oboediente B 23 : -diens B*
— in. cons. B 23 * — castra B* : -tre B 6 — virtute B«D — 17 ing.
sunt E — 18 Theudimo B* — exercitum B* — 19 et om. B« —
Langobardis B^E — trecentis E — gast. B56 : cast. cet. castal-
ditione E* : castaldione e* — 20 interficierunt B 4 : -ficerunt B*
— 21 castros D — 22 redemptionem B* — auri om. B 3 .
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UNIVERSITYOF MICHIGAN
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Q.
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XGI. GREGORIUS II (715-731). 401
libras tamen ipse sanctissimus papa, sicut promiserat, tamen ipse sanctissimus papa, sicut promiserat, dédit,
dédit.
Hic Hierusalem ecclesiam sanctam quae multo fuerat Hic Hierusalem ecclesiam sanctam quae multo fue- vin 182
distecta tempore et circumquaque porticos vetustate rat distecta tempore et circuraquaque porticos vetustate
quassatos, travibus dedactis cooperuit ac reparavit; 5 quassatos, trabibus deductis cooperuit acreparavit; am-
ammonem etiam marmoreum in eadem ecclesia fecit, monera etiam marmoreum in eadem ecclesia fecit,
eamque diversis ditavit linteis atque ministeriis. eamque diversis ditavit linteis atque ministeriis.
Eodem tempore 18 nec dicenda Agarenorum gens a lo- Eodem tempore 18 nefanda Agarenorum gens cum XI
co quiSeptem dicitur transf retantes, Spaniam ingressi, iam Spaniarum provinciam per X tenerent annos per-
maximam occiserunt partem cum eorum rege; reliquos io vasam, undecimo anno Rodanum conabantur fluvium
omnes subdiderunt cum suis bonis et ita eandem pro- transire, Francias occupandum, ubi Eodo praeerat.
vinciam annis possiderunt decem. Undecimo vero anno Qui facta generali Francorum monitione contra Sarra-
generalis facta Francorum motio contra Sarracenos cir- cenos, eos circumdantes interemerunt. Trecenta enim
cumdantes interemerunt. Trecenta enim septuaginta septuaginta quinque milia uno sunt die interfecti, ut
quinque milia uno sunt die interfecti, ut Francorum 1 5 eiusdem Eodonis Francorum ducis missa pontificis
missa pontificis epistola continebat; mille tantum quin- epistola continebat; mille tantum quingentos ex Francis
gentos ex Francis fuisse mortuos in eodem bello dixe- fuisse mortuos in eodem bello dixerunt, adiciens quod
runt, quod anno praemisso in benedictione a praedicto anno praemisso in benedictione a praedicto viro eis di-
viro eis directis tribus spongiis quibus ad usum mense redis tribus spongiis quibus ad usum mense pontificis
pontificis apponuntur, intra qua bellum committebatur, 20 apponuntur, in hora qua bellum committebatur, idem
Eodo, Aquitanie princeps, populo suo per modicas partes Eodo, Aquitaniae princeps, populo suo per modicas par-
tribuens ad sumendum, ex eis ne unus vulneratus est tes tribuens ad sumendum, ex eis ne unus vulneratus
nec mortuus ex his qui participati sunt. est nec mortuus ex his qui participati sunt.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 tam C 2 — promisserat A
3HerusaIem O — que A — 4lemporemA — cirumquat A —
venttate C 3 (venustate c 3 ) — 5 qaasatos C 1 — bac A — 6 amo-
ne A : amonera C 1 — eandem ecclesiam C 3 G — 7 liutheis
ACt
9 Septeni AC* — transfredantes C 3 — SpaniaC 23 — 10 maxima
C* 2 — hocciserunt A — rcligos C 3 — 11 itam eadem A— provin-
tiamC — 13 generali... motion C 2 (-onec 2 ) — mot. Fr. C 3 — Sar-
racenôr A— 14intemererunt G 1 — 15FrangorumA— 16 pontiflci
C'G — epistula A — 17 Frangis C 2 — fueise A — 18 promisso
AG — benedictionem A — praedico C 2 — 21 Aeudo AC 1 — 22
eis < eis > G 3 — est om. AC 3 — 23 mortiiis C 2 — ex his] chis C 3
Liber poptipicalis.
1 ipsi B 3
3 ecclesia sancta B« — qui B 36 — multo t. f. d. E 5 — multum
B 6 — 4 détecta E — porticus B-D — 5 quassatus D : -tas E —
eductis B> — cooperit B"> — 6 amb. D — eandem ecclesiam B 23 E
— 71ineis B 2 — ministris D
8 nefande B'— Agarin. B 2 ^ 6 — 9 provintia B 4 — an. len. B 6 —
teneret B» 6 — 10 conabatur B r >— 11 Franciam obcupandamD —
Eudo B»E: Theodo B 5 — 12 facto B*— generali om. B— motionem
B 5 — 13 Sarracinos B 3 — eos om. D — intérim. B<»: interfecerunt
E — 16 epistolas D — quingenti B* : DVI D — ex
om. D— 17 mortuis B3 fi — bellum B*— 18 benedictionem D — pr.
viro] apostoli dicto vero B* — 19spung. B 3 * 6 — mensa B 23 ** .*
mente D— 20 apon. B' — quae B** — committebantur B 3 56 :-bant
B* — item B*— 21 per mod.] super mensae B 5 — 22 parlas B 3
— < ut > ex B' — ex om. E — 23 ne B*
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402 XGI. GREGORIUS II (715-731).
Eoque tempore in Campaniae partibus conbustum
triticum, ordeura seu legumina, quasi pluvia in loco
quodam e caelo raissae sunt.
IX Hic quadragesimali terapore 19 ut quintas ferias mis- Hic quadragesimali tempore 19 ut quintas ferias ieiu-
sarum celebritas fieret in ecclesias, quod non agebatur, 5 nium atque missarum caelebritas fieret in ecclesias,
instituit. quod non agebatur, instituit.
Oratorium sane 20 in patriarchio in nomine beati Pétri Oratorium sane 20 in patriarchio in nomine beati
apostoli diversisque ornatum metallis a novo fecit. Pétri apostoli diversis ornatum metallis a novo fecit
et circumquaque altaris parietes deargentavit ac de-
10 pinxit XII apostolos, qui pens. lib. GLXXX.
XII Mis interea diebus 21 Constantinopolim biennio est Mis interea diebus 21 Constantin opolim biennio est
a nec dicendis Agarenis obsessa. Sed Deo eis contrario a nec dicendis Agarenis obsessa. Sed Deo eis contrario
maxima illic eorum parte famé ac bello interempta con- maxima illic eorum parte famé ac bello interempta
fusi recesserunt, Leone principe. Nam et eiusdem civi- confusi recesserunt, Leone principe. Nam et eiusdem
tatis populum trecenta dictum est milia diversae aetatis i5civitatispopulumtrecentadictumest miliadiversisexus,
fuissent necessitate vastatum pestilentiae. aetatis, fuissent necessitate vastatum pestilentiae.
183 X Domum namque propriam 22 post matris obitum in Eo namque tempore moribus certe Honesta et no-
honore sanctae Christi martyris Agathae, additis a fun- mine pontifîcis mater ab hac vita subtracta est. Post
damento cenaculis vel que monasterii erant necessaria cuius obitum domum propriam 22 in honore sanctae
a novo construxit; praedia illic urbana et rustica pro 20 Christi martyris Agathae, additis a fundamento cena-
monachorum obtulit necessitate atque ciburium in ea- culis vel quae monasterii erant necessaria a novo cons-
dem sanctae Agathae ecclesia a novo construxit. truxit ; praedia illic urbana vel rustica pro monacho-
rum obtulit necessitate. Fecit autem in eandem eccle-
siam beatae Agathae ciburium ex argento qui pens. lib.
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
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4 quadragessim. A : quadragisim. G 2 — 5 habebatur G'
7 sane] ossane A : Osannae G 1 : Usane C 2 : Osanne G — 8
diversique Ad 2 — métallos C 3
11 intere AC»: itaque C 3 — 12 a] ad A — 13 farame A — 14
confussi A — eondem civitas G 3 — 15 diverse G 3 — etatis AC 3
— 16 necessitati AC 2
17 propria C* 3 — 18 martyres C* : mat A — Agathe G 3 {bis)
— 21 per monocoru A — necessitatem A — cyb. C 3 — ean-
dem C 13 — 22 eclesiam Ci : ecclesiae C*
I cunib. B 3 — 2 ordeum om. B« — lecumina B*: lignuminaB
— in loco om. B* — locum B ç — 3 quidam B* — missa E
4 quadragesimalc B 3 «D — ut < in >B — ut] in E — quinta
feria B 2 E — quisitas B* —5 caelebratas B (-britas B*)— fièrent
B (-rint B 3 ) — 6 agib. B*
7 oratorio B 6 — 8 ordinatum B 23 — refecit E— 9 parietis B« —
10 depinexit B 3 *E : depinsit B* — apostulos B 3 : -H B*
II biennium E— 12 contraria B 3 — 13 Leoni B««— principem
B*— eiusdem<principis>B 6 — 15 CCC] ac B*: ca B 6 — diversis E
— 16 necessitati B 4 — pestilentia B*
17certa B 5 — Honesta]Urta B*— 18 mat.pont.B5«— 19 honorerai
B* — sancti B* — 20 martyres B 6 — cinac. B5 — 21 qui B3
— monaateria B — 22 vel om, B* — 23 autem om. B* —
eadem B«D — ecclesia B* : basilicam B 2 — 24 quod E —
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XGI. GREGORIUS II (715-731). 408
DCCXX, arcos argenteos VI, pens. sing. lib. XV, canis-
tra X, pens. sing. lib. XII, et alia dona multa largitus
est.
Eo tempore castrura est Narniae 23 a Langobardis Eo tempore castrum est Narniae 23 a Langobardis XIII
pervasum. Rex vero Langobardorum 24 Liutprandus 5 pervasum. Rex vero Langobardorum 24 Liutprandus ge-
generali motione Ravenna progressus est atque illam nerali motione Ravenna progressus est atque illam
obsedit per dies et castrum pervadens Classis, captos obsedit per dies et castrum pervadens Classes, captos
abstulit plures et opes tulit innumeras. abstulit plures et opes tulit innumeras.
Post aliquod 25 Basilius dux, Iordannes chartularius Post aliquod 25 Basilius dux, Iordannes chartularius XIV
et Iohannis subdiaconus cognomento Lurion consilium io*et Iohannis subdiaconus cognomento Lurion consilium
înierunt 26 ut pontificem interficerent ; quibus assensum inierunt 26 ut pontificem interficerent ; quibus assen-
Marinus imperialis spatharius qui Romanum ducatum sum Marinus imperialis spatarius, qui Romanum duca-
tenebat a regia missus urbe, imperatore mandante hoc, tum tenebat a regia missus urbe, imperatore mandante
praebuit. Sed tempus invenire non potuerunt. Qui Dei hoc, praebuit. Sed tempus invenire non potuerunt.
iudicio dissolutus contractus est et sic a Roma recessit. 15 Qui Dei iudicio dissolutus contractus est et sic a Roma
Postmodum Paulus patricius exarchus missus in Italia; recessit. Postmodum Paulus patricius et exarchus xv
qui denuo ut scelus perficerent meditabant. Quorum missus in Italiam ; qui denuo ut scelus perficerent me-
consilium Romanis patefactum, Iordannem interfecerunt ditabant. Quorum consilium Romanis patefactum est.
et Iohannem Lurionem; Basilius vero, monachusfactus, Qui moti cuncti Iordannem interfecerunt et Iohannem
in loco quodam retrusus vitam finivit. Illis diebus im-2oLurionem, Basilius vero, monachus factus, in loco
peratorum iussione Paulus patricius qui exarchus fuerat quodam retrusus vitam finivit. Paulus vero exarchus XVI
eundem pontificem conabatur interfîcere, eo quod cen- inperatorum iussione eundem pontificem conabatur in-
sum 27 in provincia ponere praepediebat et suis opibus terficere, eo quod censum 27 in provincia ponere prae-
ecclesias denudare, sicut in ceteris actum est locis, at- pediebat, ex suis opibus ecclesias denudari, sicut in ce-
que aliuni in eius ordinare locum. 25 teris actum est locis, atque alium in eius ordinare loco.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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4 Eodem AC»G — Narine C 3 — 5 Liud. A : Liulb. C* — 6
motionem A : monitione C 3 G — Ravennam A — 7 Glusis AC':
OlassisC 2 : Glausis G — capto ACi 2 G
9 IordauU A — cartul. AC 1 — 11 innierunl A — inter-
fecerent G' — assensu AC 13 (asen. A) — 12 inp. A — spa-
tarius AG*2 — 16 exarcius A — 17 profitèrent A— 18 con-
silio C*G — patefacto À — Iordanem A : -nen C 3 — 19 Lu-
rione A : Virionem C 1 — monacus A — 20 inp. A — 21 exar-
cus AC 2 — 22 sensu A : censu C 2 — 23 in om. G* — pe-
diebat A : pediabat C* : praepediabat C 2 G ; praepedibat
C 3 — operibus C*- 3 — 24 denudari C 3 — 25 ordinaretur A
1 CGXX B— VI <qui> B5— XV-lib. om.B*— 2 canistras B*—
X om. B5 —sing. om. B*— lib. XV D
4 Eodem B 2 D — cast. e. N.] Castro Ravcnncnse B 1 — est om.
B* — Narniense B (Nardi- B 8 ) —5 pervasum est B? — 6 gene-
ralem B 2 : -leB 3 * — motionem B 3 *: monicioncin B5: monitione B'
— Ravennam B 2 — 7 captus B 6 : -tas E— 8 plures-tulit om. B* —
tulit] abstulit E
9 lordannis B 2 *: -danis B 316 — 10 <cui> cogn.B*— cogn.J cui
nomenta B5 — concilium B*— 11 asensus B 6 — 12inperiales B 3 —
Romam B*— 13 a om. B 234 — regiam B — urbem B 2 — impera-
torem B»— 14 hoc] ob B 6 — 15 quia B5D— iud. Dei D— desolitus
B*— est om. D— ad B*— 16 et om. B*D— 17 Italia B«— 18 medita-
banturB 23 — 19 moti] morte E— 20factus<est>D— 21 quidam
B 3 — finit B 3 — 22 iussionem B 23 5— 24praepedcbatB 23 *:-dibatB*E
(corr.e)— ecclesiisB" — denudare B«6— <et>inB 6 — locum B 23 *
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404 XGI. GREGORIUS II (715-731).
Post hune spatharius 28 cum iussionibus missus est Post hune spatarius 28 cum iussionibus missus est
alter, ut pontifex a sua sede amoveretur; denuo Paulus alter, ut pontifex a sua sede amoveretur; denuo Paulus
patricius ad perficiendum taie scelus quos seducere patricius ad perficiendum taie scelus quos seducere
potuit ex Ravenna cum suo comité atque ex castris ali- potuit ex Ravenna cum suo comité atque ex castris ali-
quos misit. Sed motis Romanis atque undique Lango- 5 quos misit. Sed motis Romanis atque undique Lan-
bardis pro defensione pontificis, in ponte Salario Spoli-
tini, atque hinc inde -° duces Langobardorum circum-
dantes Romanorum fines hoc praepedierunt.
184 xvil Iussionibus 30 itaque postmodum missis decreverat
gobardis pro defensione pontificis, in Salario ponte
Spolitini, atque hinc inde 29 duces Langobardorum cir-
cumdantes Romanorum fines hoc praepedierunt.
Iussionibus 30 itaque postmodum missis decreverat
imperator ut nulla imago cuiuslibet sancti aut martyris îoimperator ut nulla [ecclesia] imago cuiuslibet sancti
aut angeli haberetur : maledicta enim omnia asserebat. aut martyris aut angeli haberetur : maledicta enim
Et si adquiesceret pontifex, gratiamimperatorishaberet; omnia adserebat. Et si adquiesceret pontifex, gratiam
si et hoc fieri praepediret, a suo gradu decederet. Des- imperatoris haberet ; si et hoc fieri praepediret, a suo
piciens ergo virprofanam principis iussionem, iam con- gradu decideret. Despiciens ergo pius vir profanam
tra imperatorem quasi contra hostem se armavit, ren- 15 principis iussionem, iam contra imperatorem quasi con-
nuens heresem eius, scribens ubique caveri se christia- tra hostem se armavit, rennuens heresem eius, scri-
nos quod orta fuisset impietas. Igitur permoti omnes bens ubique cavere se christianos quod orta fuissetim-
Pentapolenses atque Venetiarum exercita contra impe- pietas. Igitur permoti omnes Pentapolenses atque Ve-
ratoris iussionem restiterunt, numquam se in eiusdem netiarum exercita contra imperatorum iussionem res-
pontificis condescendere necem, sed pro eius magis de- 20 titerunt, numquam se in eiusdem pontificis condiscen-
fensione viriliter decertarent, ita ut anathemate Paulum dere necem, sed pro eius magis defensionem viriliter
exarchum vel qui eum direxerat eiusque consentaneos decertarent, ita ut anathemate Paulum exarchum vel
summitterent ; spernentes ordinationem exarchi, sibi qui eum direxerat eiusque consentaneos submitterent ;
omnes ubique in Italia duces elegerunt; atque sic de spernentes ordinationem eius, sibi omnes ubique in
pontificis deque sua inmunitate cuncti studebant. Co-25 Italia duces elegerunt; atque sic de pontificis deque sua
gnita vero imperatoris nequitia, omnis Italia consilium inmunitate cuncti studebant. Cognita vero imperatoris
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
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I spatarius A — 2 a om. C 23 : ad A — ammoveret A — 4 Ra-
yenna cum] Ravennantium AC* — 5 inotis C 3 — 7 Spolitinus C 3
— 8 finera C 2
II eniml ut A— 13 discederet AC I2 (-re A)— dispiciens G*G—
16 eresera A — caveris A — 17hortaC 3 — permotioC 3 — 18Pen-
tapulenscs AC* (-sens A) — Venitiarum AC 2 : Vevenetiarum
Ç 3 — 20 condiscendere C* 2 — necae C 3 — 21 defensio
A — decertarunt C 23 — anatemate A : anathematae Ci
— Paulus exarcum A — 23 ordinationes CG — 24 ducere
Ci — eligerunt A : legerunt C* — 25 cunctis. tadebant A —
1 iussionis B 3 — 2 ammov. B»6— divino B 6 — 3 quoB 6 — 7 Spoli*
tani B5 : Expolitini D: Spolet. E : Spolitano B* : -tino B<* — du-
cis B5— 8 finis B5— hoc om. D— praepedierant B(-petierant B»)
10 imperatorem D— in nulla B— 13 habere B 23 * — et si B : si
aulem D — praepetirel B^: praeteriret B 6 — 14 grado B* — déci-
dent B 35 — disp. B— 15 principes B* — 16 renuens B«— heresim
D — 17 caveri D — se om, B 234 — christianus B* : -nis B 5 —
18 perm. om.Jpermotionis B(permonitionis B<>J— Pentapolensis
B — 19 imperatorem B*D— iussioni D — 20 restituerunt B 234 :
-terent D — 21 neces B«: nece B 23 D— sedjet B* — magis om.
B56 — defensione B — 23 dilexerat B*: dixerat E (corr.) — con-
sentaneus B«— 24 sibijsive B 23 *5— omnis B*— 25Italiam B5 -
ducera se B (-ces B*)— 26 studuerunt B — neq. imp. B* —
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XCI. GREG0R1US II (715-731)
iniit ut sibi eligerent imperatorem et ducerent Constan-
tinopolim; sed conpescuit taie consilium pontifex, spe-
rans conversionera principis.
405
Ipsis diebus 3i Exilaratus dux, deceptus diabolica ins-
tigatione, cum filio suo Hadriano, Campanie partes te-
-o
Q.
nequitia omnis Italia consilium iniit ut sibi eligerent
imperatorem et ducerent Constantinopolim. Sed conpes-
cuit taie consilium pontifex, sperans conversionem prin-
cipis.
Ipsis interea diebus 31 , Exhilaratus dux, deceptus xvm
diabolica instigatione, cum filio suo Adriano, Campa-
nuit, seducens populum ut oboedirent imperatori et niae partes tenuit, seducens populum ut oboedirent
occiderent pontificem. Tune Romani omnes eum secuti imperatori et occiderent pontifîcem. Tune Romani
conprehenderunt et cum suo filio interfecerunt, dicen- omnes eum secuti conprehenderunt et cum suo filio
tes quod contra pontificem imperatori scripsissent. Or- îo interfecerunt; post hune et Petrum ducem, dicentes
baverunt 32 post hune et Petrum ducem. contra pontificem imperatori scripsisse, orbaverunt 32 .
Igitur 33 dissensione missa in partibus Ravennae, alii Igitur 33 dissensione facta in partibus Ravennae, alikl85
consentientes pravitati imperatoris, alii cum pontifice consentientes pravitate imperatoris, alii cum pontifice
et fidelibus tenentes, inter eos contentione mota, Pau- et fidelibus tenenles, inter eos contentione mota, Pau-
lum patricium occiderunt. Langobardis vero 34 Emilie lolum patricium occiderunt. Langobardis vero 34 Emiliae
castra, Ferronianus, Montebelli, Verabulum cum suis castra, Ferronianus, Montebelli, Verabulum cum suis
oppidibus Buxo et Persiceda, Pentapolim quoque Auxi- oppidibus Buxo et Persiceta, Pentapolim quoque Auxi-
mana civitas 35 se tradiderunt. mana civitas 35 se tradiderunt.
Post aliquod vero Eutychium patricium eunuchum Post aliquod vero Eutychium patricium eunuchum, XIX
Neapolim imperator misit, ut illud quod exarchus Pau- 20 qui dudum exarchus fuerat, Neapolim imperator
lus, spatharii quoque et ceteri malorum consiliatores misit, ut illud quod exarchus Paulus, spatarii quoque
facere nequiverunt perficeret ille. Sed nec sic, iubente et ceteri malorum consiliatores facere nequiverunt per-
Deo, latuit miserabilis dolus, sed claruit cunctis pessi- ficeret ille. Sed nec sic, iubente Deo, latuit miserabilis
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 elegerent C 13 : cligerint G 2 — e A ■
— 3 de conversions AG*G
2 Coustatinopoli A
g |
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g Q.
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5 ipsiGS — Exhilaratus C* — 6 confilioG*: consilio A — Ba-
driano AC* — 9 conphedcr~G 3 — occiderunt A — 10 impera-
toris AC 3 G — scripsisent A : -sisse C 3
11 dissessione G 3 — Ravenne G* 3 — 14 intro C 3 --contentio-
nes ACi — 15 Paulus A — Landob. C 3 — Emilie AG 3 — 16
Farron. A — Montevelli C 1 — 17 opidibus C* 2
19 aliquo AG— Euthicium A«C*:Eutichium C 2 — 20 Neapoli C»*
— exarcus AC* 2 — 21 spatarii AC* 2 : spathari O — 22 perficere
AG» — ille om. A
1 elegerint B 3 s— 2 GP. duc. E— 3 conpescit vitalem B«— talem
B 56 E (corr. e) — coversione B 3
5 ipsius B 6 — Exel. B 23 : Exhel. B 4 — 8 imperatorem B: imperii
D {corr.) — et om. B 23 * — occidere B 23 *— 9 suum filium B« :
filio suo E — 10 tune et Petro duce B 6 — 11 imperatorem B* —
turbavet'unt B
12 defensione B^— alios B 2 : aliis B 3 «— 13 pravitatem B« —
pontificem B«e — 14intra B 23 : -tro B 4 * 6 — contentionem B 5 )
— actam B5: acta BG— 45 Aeraille B 4 : Temilite B5— 16 Fero- B5;
-nos B* — Verronianus C* — Montibelli B 234 C* — Veraublum
B23A« : Verablum C 4 DE — 17 oppidis B 2 : opidibus B* : opibus
B«D — Buxu B 3 — Persicita B 23 *D : Persita B* : Persiceta
B6C<E5 : Pernicteta E* — 18 Auxima B« — se om. B 3
19 aliquum B 3 : -cum B«— Eutycium B 4 D : Euthicium B56 —
mis. imp.E— 22 et om. B5— ceteris B 6 — nequiverantD — 23 per-
ficere illi sed nunc si B*
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406 XCI. GREGORIUS II (715-731).
mum consilium quia Chris ti violare conabantur ecclesias dolus ; sed claruit cunctîs pessimum consilium quia
et perdere cunctos atque diripere omnium bona. Cum- Christi violare conabantur ecclesias et perdere 'cunctos
que mitteret hominem proprium Roma cum scriptis atque diripere omnium bona. Cumque mitteret homi-
suis in quibus continebatur ut pontifex occideretur cum nem proprium Roma cum scriptis suis in quibus conti-
optimatibus Romae, agnita crudelissima insania, pro- 5 nebatur ut pontifex occideretur cum optimatibus Romae,
tinus ipsum patricii missum occîdere voluerunt, nisi agnita crudelissima insania, protinus ipsum patricii
defensio pontificis nimia praepediret. Verum eundem missum occidere voluerunt, nisi defensio pontifîcis
anathematizaverunt Eutichium exarchum, sese magni nimia praepediret. Verum eundem anathematizaverunt
cum minoribus constringentes sacramento numquam Eutychium exarchum, sese magni cum parvis constrin-
pontifîcem christianae fidei zelotem et ecclesiarum de- \o gentes sacramento numquam pontificem christianae
fensorem permittere noceri aut amoveri, sedmori essent fidei zelotem et ecclesiarum defensorem permittere
pro illius salute omnes parati. Munera tune hinc inde noceri aut amoveri, sed mon essent pro illius salute
ducibus Langobardorum et régi pollicentes plurima ut omnes parati. Munera tune hinc inde ducibus Lango-
a iuvamine désistèrent pontificis per suos legatos patri- bardorum et régi pollicentes plurima ut a iuvamine
cius ille suadebat. Qui rescriptis detestandam viri do- 15 désistèrent pontificis per suos legatos patricius ille sua-
lositatem dispicientes, una se quasi fratres fidei catena débat. Qui rescriptis detestandam viri dolositatem des-
constrinxerunt Romani atque Langobardi, desiderantes picientes,una se quasi fratres fidei catena constrinxerunt
cuncti mortem pro defensione pontificis sustinere glo- Romani atque Langobardi, desiderantes cuncti mortem
riosam, nonque illum passuri pertulere molestiam pro defensione pontificis sustinere gloriosam, nonque
pro fide vera et christianorum certantem salutem. soiHum passuri pertulere molestiam pro fide vera et
XX His ita habentibus elegit maiorem praesidium pater christianorum certantes salutem. His ita habentibus
distribuere pauperibus largissima manu quaeque rep- elegit maiorem praesidium pater distribuere pauperibus
periebat; incumbens orationibus et ieiuniis, letaniis largissima manu quaeque repperiebat ; incumbens ora-
Deum cotidie inprecabat; spe ista manebat semper fui- tionibus et ieiuniis, letaniis Deum cotidie inprecabatur;
tus plus ab hominibus, gratias tamen voluntate populi 25 spe ista manebat semper fui tus plus ab hominibus,
referens pro mentis proposito, blando omnes sermone gratias tamen voluntati populi referens pro mentis pro-
VARIANTES DES MANUSCRITS
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AC 3 — ille om. A — 1 pessimus C 3 — consiliu A : -us C 3 — 2
derip. O (corr.) — 5 agnita-ipsuni] agnita. p////////////////////// pro-
tinu. su A — insania om. G 1 — protrinusC 3 — 6 patricium AC*G
— nisi om. AC — 7 nimi G 2 — praepediretur C 2 — virum AC*G
— 8 anathematez. C 3 — Euthicium AC 1 — exarheu A — sed
se A — 10 cristianae A : Christian e C 3 — 11 defensore C 2 —
aut amoveri om. AC 12 G — 12 ipsius AC* 2 G — salutem C 3 —
hune Ci— 14 a] ad A— pontifis G 2 — 15 detestanda C*— 16 desp.
C 23 — cathena C 23 — 19 gloriosa A — nonque] nû qC 3 — molestia
AG— 20 salute A— 21 ita] tam A — 221argissimam C 12 — queque
AC 2 — 23 laet.Ci 2 : letanias A— 24 cott.C 12 — deprecabatur A (tur
super rasuram)— ista] staC 3 — 25 voluntati C 3 — 26propositu C 3
— pblandos A — sermones AC*
ficere illi sed nunc si B* — 2 conabatur ecclesia B*— 4 hominum
D— 5 obtinebatur B*:continebatB5 — Romani D— 6 cognitaB* —
patricium E— 8 praeperiretB* 6 :-teriret B5 — eum B56 — 10 chris-
tiani B5C— fid. chr. B^— 11 et om. B5— 12 nocere B56— amovere
B5*:et moveri B 23 *— salutem B« — 13 omnisB 3 — tune] tamen D
— huncBe— 14etow.B 56 — ajadDE — iuvaniiniB* 56 :-menD:<ne>
B 4 :<non>C 4 — 15 dissisterent B5:adsisterent D — pontifices B*«
— patricios B* — 16 suadebantB* — quae B 5 — disp.B — dispitiensB*
—17 cantena B6— 19 defensionem B*— 20 pertollere B56 — vere
B 3 D: vero B56 — et om. D— 21 agentibusE— 22 maiusE— praesidia
B56 — distribuit<namque>D— 23 quae B 23 *« — reperierat B* —
24 cottidiane Bs— deprec.B 23 — 25spes fi— infultus B 23 — 26 vo-
luntate B«M
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XCI. GREGORIUS II (715-731). 407
ut bonis in Deum proficerent actibus et in fide persis- posUum, blando omnes sermone ut bonis in Deura prê-
tèrent rogabat, sed ne désistèrent ab amore vel fide ficerent actibus et in fide persistèrent rogabat, sed ne
Romani imperii animonebat. Sic totorum corda mollie- désistèrent ab amore vel fide Romani imperii ammone-
bat et dolores continuos mitigabat. bat. Sic totorum corda molliebat et dolores continuos
5 mitigabat.
Eo tempore 36 dolo a Langobardis pervasum est Su- Eo tempore H , per XI indictionem, dolo a Lango- xxi 186
triense castellum quod per CXL diebus ab eisdem Lan- bardis pervasum est Sutriense castellum, quod per GXL
gobardis possessum est. Sed pontificis continuis scriptis diebus ab eisdem Langobardis possessum est. Sed pon-
atque commonitionibus apud regem missis, quamvis tificis continuis scriptis atque commonitionibus apud
multis datis muneribus, saltim omnibus suis nudatum 10 regem missis, quamvis multis datis muneribus, saltim
opibus, donationem beatissimis apostolis Petrum et omnibus suis nudatum opi bus, donationem beatissimis
Paulo antefatus emittens Langobardorum rex, restituit apostolis Petro et Paulo antefatus emittens Langobar-
atque donavit. dorum rex, restituit atque donavit.
Eo autem tempore 3T , indictione XII, mense ianuario,
lijper X et eo amplius dies, Stella quae Antifer vocitatur
cum radiis in caelo apparuit in occidua, cuius radia
partem Aquilonis respiciebant et usque ad médium
caelum se extendebant.
Post aliquod idem rex generali facta motione ut su- Eo vero tempore, saepius dicti Eutychius patricius xxn
biceret 38 duces Spoletinum et Beneventanum, susceptis 20 et Liutprandus rex inierunt consilium nefas ut congre-
ab ipsis ducibus sacramentis atque obsidibus, cum tota gâta exercita rex subiceret 38 duces Spolitinum et Bene-
sua hoste in Neronis campo 39 coniunxit. Ad quem ventanum, exarchus Romam, et quae pridem de pon-
egressus pontifex eique praesentatus potuit régis mol- tificis persona iussus fuerat impleret. Qui rex Spolitium
lire animos commonitione pia, ita ut se prosterneret veniens, susceptis ab utrisque ducibus sacramentis
eius pedibus et promitteret nulli inferre lesionem atque 23 atque obsidibus, cum tota sua hoste in Neronis campo 39
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 proficere AG — 2 rogabat- désistèrent om. AC — 3 inp. A
6 a] ad A — Long. C 3 — persuasum AG — 7 castellu A : -lo
C*G — Langobardis-sedis ad-, p. 416, l. 8, om. G — 8
possessa A — 9 communitionibus C 3 — 10 munebus C— saltis
C* (corr.) — nudatus C 2 — 11 donatio A — apostolis om. A —
Paulum AC12 _ 12 antefactus G 23
19 motionem A— 20<et>ducesC 3 — Spolitinum AC* 2 — 21 at-
que oro.A— 22oste A — campu A — coniuncxit Ci 2 — 24 aniuius C 1
— prostemere A — 25 atque-conpunctionem om. G 3 —
1 proposito B 2 » — omnî B (-ne B*) — perfic. B* —
2 persistere B« : proficerent D — rogabant B 6 — ne om. B 6 —
3 imperiumD —4 omnium D : tutorum E — corde B G
6 Eodem D— XV B^c— ind. XV B<5— indictionem B' — 7 per-
versum B 4 : persuasum E5 — Sutrinse B — castello B 3i D
— XL B — 9 contiuuo B 6 — commuuionibus B* : commu-
nilionibus B 6 : commotionibus E — aput B* 6 : ad B 2 — 10
missus B6 — H mandatum Bs — oppidibus B (operibus B 5 ) —
12 apostoli B* : -licis E— antefactus B 3
15 qui B^ — 16 radii B 5 e : om. B 5
19vero]autem B5<> — 20 nefaxB 3 : nefarium E — 21 congregato
B 2 :-tis E — exercitu B 2 : -libus E — subiaceret B 6 — Spolitanum
B456 e— 22 qui B*— 23personam B<J— implere B 23 ^— Spulitium B 3 :
SpoletiumE— 24suscepiLB 6 — utriqueB 3 — 25hoslemB3-inom.B5
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408 XGI. GREGORIUS II (715-731).
sic recederet. Nam ad tantam eum conpunctionem piis coniunxit. Ad quem egressus pontifex eique praesen-
monitis flexus est ut quae fuerat indutus exueret et tatus potuit régis mollire animos commonitione pia,
ante corpus âpostoli poneret. Post quae facta oratione ita ut se prosterneret eius pedibus et promitteret nulli
recessit. Goniunxerat enim plurimum Romaut illaquae inferre lesionem. Atque sic ad tantam eum conpunc-
imperator mandabat eum exarcho impleret. Sed com- s tionem piis monitis flexus est ut quae fuerat indutus
monitus blanda suasione pontificis non expedire, tune exueret et ante corpus âpostoli poneret, mantum,
ad partem flexus salutis illa fecit quae institutus est, armilausiam, balteum, spatam atque ensem deauratos,
nec consensit pravis consiliis et recessit mitis qui vene- neenon coronam auream et crucem argenteam. Post
rat férus. Sic conpressa est adversantium malitia, rege oratione facta obsecravit pontificem ut memoratum
déclinante a malis quibus inierant consiliis. loexarchum ad pacis concordiam suscipere dignaretur :
quod et factum est. Et sic recessit, rege déclinante a
malis quibus inerat consiliis eum exarcho.
Igitur exarcho Roma morante, venit in partibus Tus-
ciae, in castrum Manturianense, quidam seductor, Tibe-
larius nomine 40 , cui cognomen erat Petasius, qui sibi
regnum Romani imperii usurpare conabatur, leviores
quosque decipiens, ita ut Manturianenses 41 , Lunenses
atque Blerani ei sacramenta praestitissent. Exarchus
vero haec audiens turbatus est. Quem sanctissimus papa
20 confortans, eum eum proceres ecclesiae mïtten.s atque
exercitus, profecti sunt. Qui venientes in Manturianen-
sis castello, isdem Petasius interemptus est. Guius
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 recederc A — tantum AC* 2 — 2 et om. A— 3 ponere A—
fata C 1 — 4 Romam A— 5 inp. A — exarco AC 2 — implere A —
6 pblanda suasiones A — 7 institua C 3 — 8 ne A — 9 conpra-
essa C 1 : conprehensa C 2 — 10 inerant AC* 2 : inirant O
1 concessit E (secessit e) — ad q. egr.] adgressus B*
— ad quem] atque BD (corr. b 5 ) — eique] eius B^ 6 — 2 mo-
lire B — animum B 236 : -mus B« — commotione B 3 — eum
monitione B«D (muu. B5) — 3 et] ut B*— nuIlaB»— A inferri
B2345 _ lesione B 4 — 5 qui B*— 6 ponere B 4 — 7 armill. E: -sam
Bî — baltlieum B» — deauratas B« —9 orationem B — factam
B256 -~ 10 paci B^ — suspicere B 3 — 11 et om. B* — consilium B
13 <cum> ex.B*— exarchum B 23 — • Romani orantem B 6 —
Romam B 2 * — raoranti DE — partem B» : -tes D — H Mat.
B 6 D (corr. d) : -ninse B 23 : nensem B 5 D : -nensis B 5 — Tybe-
rius B 4 5G — 15 nomen B 23 * : cognomento B 5 — Fetadius B 4 —
17 quoque E — dicip. B* — ut < in > B* — - Manturianensis
B 2 * (Mantuar. B 2 ) : Maturienses D : Mautuarienses E 5 — Lunen-
sis B(LuninsisB5:Luvennis B 2 :Luvensis B 3 ) — 18 praestet. B* —
20 <et> eum e — eo B«E— proceris B 4 — 21 exercitum B 2 * 4 * :
-tu E — Manturianinsis B (Mat. B 4 : Malurin. B5«) : Matu-
riensem O : Manturianenses E (-se e)— 22 castellum B^D —
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XGI. GREGORIUS II (715-731). 409
abscisum caput Constantinopolim ad principem missus
est. Et nec sic plenam Romanis gratiam largitus est
imperator.
Nam post paucos dies claruit malitia imperatoris pro Nam post haec claruit eiusdem imperatoris malitia, 188
qua persequebatur pontificem, ita ut conpelleret omnes 5 pro qua persequebatur pontificem, ita ut conpelleret
Constantinopolim habitantes,tam virtute quamque blan- omnes Constantinopolim habitantes, tam virtute quam-
dimentis, et deponeret ubicumque haberentur imagi- que blandimentis, et deponeret ubicumque haberentur
nés tam Salvatoris quamque eius sanctae genetricis vel imagines tam Salvatoris quamque eius genetricis sanc-
omnium sanctorum, eas in medio civitatis, quod dicere tae vel omnium sanctorum, easque in medio civitatis,
crudele est, incenderet. Et quia plerique ex eiusdem ci- io quod dicere crudele est, igné cremaret et omnes deal-
vitatis populo taie scelus fieri praepedibant, aliquanti baret depictas ecclesias. Et quia plerique ex eiusdem XXIV
capite truncati, alii partem corporis, poenam pertule- civitatis populo taie scelus fieri praepediebant, aliquanti
runt. capite truncati, alii partem corporis excisi, poenam per-
tulerunt.
Eodem lempore 42 Germanus patriarcha a propria ex- 15 Pro qua causa etiam Germanum 40 , sanctae Constan-
pulsus est sede imperatoris nequitia, sibique conplicem tinopolitanae ecclesiae antislitem, eo quod ei consen-
Anastasium presbiterum 43 in eius loco constituit. Qui sum praebere noluisset, pontificatu privavit isdem im-
missa synodica dum talius errons eum consentientem perator, sibique conplicem Anastasium presbiterum 41
apostolicus repperiret vir, non censuit fratrem aut con- in eius loco constituit. Qui missa synodica, dum talis
sacerdotem,sed scriptis commonitoriis 44 , nisi ad catho- 20 erroris eum consentientem repperiret vir sanctus, non
licam convinceret fidem, etiam extorrem a sacerdotali censuit fratrem aut consacerdotem solito, sed rescriptis
officio esse mandavit. Imperatori quoque * 5 suadens commonitoriis 42 , nisi ad catholicam con verteret fidem,
salutaria ut a tali execrabili miseria declinaret scriptis etiam extorrem a sacerdotali officio esse mandavit. Im-
commonuit. peratori quoque * 3 mandavit, suadens salutaria, ut a
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5 conpleret C 2 — 6 hab. CP. AC* — virtuti C 23 — 7 ut
deponerent AG 1 — 8 sanctae om. A — 10 incendere A — '-
11 talem C* 2 — scelum G 2 — predibant A: praepediabant C 2
— 12 parte A — penam A — pertull. C 3
15 a] et C 3 — 18 sinodica A — roris A : errori Ci —
eu A — 19 vir < qui > AC 1 — censui A — sacerdo-
tem AC* — 20 commonitoris AC 13 — 21 a catbolica ... fide A
— etiam etiam C 3 — exterrem A — 23 ut a tali] vitali C 3 —
séria C* — declinare et C 3
Liber poxtificalis.
1 abscissum B s — principe B* — missum B5D — 2 Rom. plen. E
4 malitiam B* — 5 quam B« — ut < deponere > B 6 — com-
pleret D — 6 omnis B* — virtuti B 6 — quam B 5 D — 7 et dep.
om. B* — et] ut E — haberetur B 23 — 8 inmaginis B* —9 vel
om. B 4 — 10 crudelem D — igni E 15 — cremare B* — 11 dealbare
B (dealba B5) — depictis B 3 : pictas B 6 — et-populo] atque
ex eadem civitate populi B 6 — eisdem B 23 * — 12 feri B 3 —
praepedibant B 23 E [corr. e) : -debant B* — 13 scissi D
15 sancto B* : -tum D — 16 Constantinopolitani B 2 « : -tatae
E — antes. B — concensum B 3 — 17 pontificatum B** — pri-
vabit B — isdem-constituit om. B* — 19 qui] in B* — misso D
— tali B 23 E : talis B<D : talius B* : talem B* — 20 errore B 23 :
heresem B 6 : heresi E — eum om. E — consencientes D — re-
perire B* — 21 cessuit B 3 — aut] et B 23 — 22 ad om. B* : ut E
(corr.) — converteretur E — 23 exturrem B« : exortem B» :
exhortem D — sacerdotalium B 46 — officium B* — 24 impera-
torem D : -re E (corr.) — salutari B 3 : om. B* —
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189 XXV
XCI. GREGORIUS II (715-731).
tali execrabili miseria declinaret, scriptis commonuit.
Hic fecit calicem aureum praecipuum, diversis orna-
tum lapidibus preciosis, pens. lib. XXX ; similiter et
patenam auream, pens. lib. XXVIIU semis. Hic dimisit
5 omni clero, monasteriis diaconiae et mansionariis so-
lidos IICLX, et ad luminaria beati Pétri apostoli soli-
dos mille.
Hic fecit ordinationes V, III! per mens, septemb.
et unam mense iunio, presbiteros XXXV, diaconos IIII ;
Et cessavit episcopatus dies XXXV. Qui etiam sepultus 10 episcopos per diversa loca CL. Qui etiam sepultus est
est in basilica beati Pétri apostoli, sub die XI mens, ad beatum Petrum apostolum, sub die III id. febr.,
febr., indictione XIIII. indictione XIII I, Leone et Constantino, imperantibus.
* Et cessavit episcopatus dies XXXV.
Hic fecit ordinationes V, presbiteros XXXV, diaco-
nos IIII; episcopos per diversa loca numéro CXLVIIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
10 episcopatus <eius> AC 1 — llbasilicam G 1 — die om. C*
1 taie execrabile B (-bili B 4 : execranda B 6 )
2 ordinatamB23— 3 lib. XX B3— similiter om. B« — 4 XXVIII
B — < et > semis B 2 e — semis om. E (suppl.) — semen D —
dem. B«E 5 — 5 diaconibus D — 9 uno B5 — per mens. iun. B
— pr. XV B6 — diac. III B* : V D - 10 loca <numero> B«« —
12 Leoni B234— Constantini B'— 13 m. 1 d. V B^E: dies XCll B»
NOTES EXPLICATIVES.
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Avis. Sur la différence des deux rédactions de cette notice,
Tune plus ancienne (colonne de gauche), l'autre postérieure (co-
lonne de droite), v. Introduction, en. VI, § i.
i.sacellarius factus, bibliothecae...] C'est le premier sacellarius
et le premier bibliothécaire pontifical qui soit connu par son nom.
Le sacellarius mentionné dans la vie de Constantin est évidemment
un successeur de Grégoire dans cette charge de palais.
2. regiam profectus est urbem] Cf. Constantin, p. 389, 1. 17.
3. calcarias...} Cf. Sisinnius, p. 388.
4. Iohannes C P.] — Ce patriarche, installé par Philippicus dès
son avènement, à la fin de l'année 11 i, s'était prêté à la réaction
monothélite qui marqua le règne de ce prince. Moins de deux ans
après, Philippicus ayant été renversé, il sacra lui-même son suc-
cesseur Anastase II, le 4 juin 713. Anastase étant orthodoxe, le
patriarche dut exécuter une nouvelle évolution dogmatique. Jus-
que là il s'était abstenu d'envoyer sa synodiqueau pape : il se mit
alors en devoir de le faire. Sa lettre nous a été conservée par le
diacre de Constantinople Agathon, dans un appendice ajouté par lui
aux actes du sixième concile (Mansi,t.XII, p. 190; Hardouin.t.III,
p. 1837); elle est longue et embarrassée. La suscription portele nom
du papeConstantin. Elle fut probablement écrite dans le courant de
l'année 714 et l'on n'y avait pas encore répondu quand le pape Cons-
tantin mourut. Grégoire II ne put tarder d'expédier sa réponse ;
nous n'en avons plus le texte. Peut-être parvint-elle encore à temps;
en tout cas, le patriarche Jean fut remplacé le 11 août 715 par Ger-
main, métropolitain de Cyzique, dont l'attitude n'avait pas moins
varié que la sienne au milieu des derniers événements religieux
5. Hic in Gotnania — unda] Saint Boniface vint à Rome deux
fois, en 719 et en 722. C'est à ce second voyage qu'il fut consacré
évoque, le 30 novembre. La rédaction de cette phrase est donc
postérieure à cette année.
6. monasteria secus basilicam s. Pault] Nous allons rencontrer plu-
sieurs fois, dans cette notice et dans les suivantes, de ces monas-
tères ou groupes de monastères fondés autour des basiliques pour
en assurer la desservance au point de vue de l'office divin (cf.
Xystds III, p. 234, 1. 18; Léon, p. 239, 1. 7). Ce service fut plus
tard confié à des chanoines, d'abord réguliers, puis séculiers ; à
Saint-Paul il est encore entre les mains des moines. — Il faut dis-
tinguer avec soin, pour le temps où nous sommes, le chant de l'of-
fice divin d'avec la célébration de la messe et l'administration des
sacrements. L'office pouvait être chanté par les moines, qui, pour
la plupart, étaient laïques. Quant aux autres fonctions, elles demeu-
raient propres au clergé. Cf. Grégoire III, note 14. — Les monas-
tères de Saint-Paul sont nommés dans la vie de LéonlII (n° 405);
ils étaient alors au nombre de deux, Sain t-Césaire et Saint-Etienne.
7. gerocomium iuxla eccl. s. D. gen. adPraesepe]X3n asile de vieil-
lards. L'interpolateur en précise l'emplacement, post absidam. Il
n'en reste aucun vestige. Dans la vie de Léon III ({. c.) on voit
qu'il y avait trois monastères autour de Sainte-Mario Majeure,
Saint- André an massa Iuliana, le même qui est mentionné ici (guod
Barbare nuncupatur), Saint-Hadrien et SS. Côme et Damien. Ce
dernier se forma évidemment autour de l'oratoire bâti par Symma-
que (p. 262, 1. 20). Les deux autres existaient encore au xiv* siè-
cle; cf. Urlichs, Codex U. R. topogr., p. 172, 1. 18. D'après la dis-
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position de ce texte, il semble que Saint-Hadrien se soit trouvé
entre Saint-André et Saint-Vit. Aussi sa position ne peut-elle être
celle (post absidam) qui est indiquée ici pour le gemcomi um. Celui-ci
est donc vraisemblablement identique au monastère des SS. Côme
et Damien. — Panvinio (Le sette chiese, p. 308) dit du gerocomium
et de Saint-André : « Rimangono anchorain piede i vestigi di questi
» due monasterii ».
8. monasterium... s. Andreae.] Formé autour de la basilique de
Saint-André, fondée sous Simplicius (p. 249, 1. 2).
9. Liulprandus rcx donalionem...] Sur la donation d'Aripert v.
Jkaic VII (p. 386, note S). Liutprand étant monté sur le trône en 712,
le patrimoine des Alpes Cottiennes ne demeura pas longtemps entre
les mains des Lombards, car c'est dans les premiers temps du pon-
tificat de Grégoire que doit se placer la restitution.
10. Quartadecima ind.] 715-716.
11. Theodo, dux geniis Baioariorum.] Il nous reste un capitulaire
(Jaflô, 2153 ; M. G. Leges, t. IV, p. 451) contenant les instructions
données par Grégoire II à trois légats qu'il envoie en Bavière.
Cette pièce porte la date du 15 mai de la troisième année d'A-
nastase. c'est-à-dire du 15 mai 716. On rattache ordinairement
(Rettberg, Kirchengeschkhte Dcutschlands, t. II, p. 182, 212) cette
mission au voyage do Théodo, qui l'aurait lui-même sollicitée du
pape. Cette manière de voir est confirmée parle fait que la men-
tion de Théodo, dans le L. P., est placée entre un phénomène cé-
leste qui fut observé dans la 14 e indiction (715-116) et le récit do la
chute d'Anasta e. Cependant il ne faudrait pas trop insister sur ce
point; la mission de saint Boniface, postérieure à l'année 116, est
mentionnée plushaut; les biographes.et celui de Grégoire II en parti-
culier, n'ont point coutume de s'astreindre à l'ordre chronologique.
12. Huius temp. Anastasius — est consecratus] Cette révolution est
racontée par Nicéphore et parThéophane avec plus de détails, mais
en termes qui coïncident parfois avec ceux du L. P. L'événement
eut lieu vers la fin de l'année 115. La défection de la flotte éclata à
l'île de Rhodes.En revenant vers la ville impériale.xata t?,ç padiXîScx;
£vi6aXov to5Xeu>; (Théoph.). les conjurés débarquèrent à Adramytte
et s'y donnèrent un chef dans la personne d'un certain Théodose, re-
ceveur des finances, qu'il fallut contraindre de se laisser porter
au trône: 'ExsTts £jpîsxo'jatfteo8<i«<Sv xiva dvojAa, tûv S^lloviuv o<Jpwv
■npixTOpï.àzpiyu.^viTivaxallSiwTT^TuY^ivovTajXa.'xpàçTf.îPaariXeîaçàÇtav
irporpézouîtv. 'O 8è ouyiç ùytxo xal et; 5poç xaTexpûxceto. AiVro! 8è fin-
5pajjL<5vT«; xai ^aïiaevot [ïa<jiXÉa ts ivayopsitouirt (Nicéph.). A cette nou-
velle, Anastase s'enfuit à Nicée, laissant garnison dans la capitale:
Taûta 'Àvarraaio; jujxaOr.xà)? xb jiév BuÇivTtov ^8^ rpoxaToxupwoaç iv
t^ w5Xet Ntxaîaç . . . èçap^exai xaxsTue éao*6v xaTao^aXÇeTai ( Nie. ).
TaÛTa jiaOùv èzîTrr^a t/| tc6\z: olxcaxoùç aùtoG àvBpwTOUç àp^ovra; âjxa
toû xaxasxEuasQivTOç Otc' x'jtoû tz6\ov xal «ÇoitV'rac aùtoùç aû-rôç è^f,X6ev
iv Ncxata (Théoph.). Les deux flottes se livrent, dans le Bosphore
(et non à Nicée, comme semble dire notre biographe), une série de
combats qui dura environ six mois. Les chroniqueurs byzantins
no marquent pas le chiffre des morts. A la fin Constantinople est
prise par trahison. Théodose envoie devant Nicée les généraux de
son rival et le patriarche Germain. A leur vue, Anastase désespère
de sa cause, d^yvo) éauto-j xal lautôv irapl8wx£ \<fyov TeàiraÔEiaç aWi\-
si(isvoî xb [îovaSixôv r.ep:s6i\exo (jyf.jia.Théodose l'envoie àThessalo-
nique sans lui faire aucun mal. Certaines ressemblances d'expres-
sion, que l'on aura pu noter en comparant notre texte avec les passages
grecs cités (v. surtout verbum inmunitatis expeliit = Xdyov àitaOet'aç
aÎTr;ffajievo;)me portent à croire que lebiographe de Grégoire II au-
ra eu sous les yeux les mômes annales byzantines que Nicéphore
et Théophane mirent plus tarda contribution, chacun de son côté.
13. Protinus etiam] Le diacre Agatbon (v. ci-dessus, note 4)
parle aussi do la restauration de l'image du sixième concile. D'a-
près lui Philippicus aurait laissé subsister les peintures représen-
tant les cinq premiers conciles œcuméniques; à la place du sixième
il se serait fait représenter lui-même, en compagnie du patriarche
monothélite Sergius. Ces deux portraits furent détruits et l'on
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remit en place l'image du sixième concile : Tûv ocùtûv 8ùo
irpoaûirwv . . . xaTsvT\vr)f jjivwv -fj -rfa àyîaç xal oIxoujmvix^ç Ix-ri^ ouvdSou
àva£u)ypi:pT ( si<; sùv xat; dtXXan; irivre ftyévr^xi. Agathon semble bien
placer cette restauration au temps du patriarche Jean et de l'em-
pereur Anastase.
14. fluvius qui appcllatur Tiberis] C'est la première fois que
l'inondation du Tibre est décrite dans le L. P. Désormais, chaque
fois qu'on la racontera, ce sera dans les mêmes termes : le bio-
graphe de Grégoire II a créé une formule tout aussi sacramentelle
que celles du Liber diurnus. Du reste, le phénomène, sauf le plus
ou moins de hauteur de l'eau, se passait toujours de la même fa-
çon. Le fleuve, battant contre le rempart, du côté du nord,
trouvait une première issue à la porte FJaminienne, la seule qui
se rencontre dece côté ;'les ouvertures pratiquées à la hauteur des
ponts, du pont Saint-Ange, du pont Aurélien (ponte Sisto) sont à
un niveau trop élevé pour que le fleuve les atteigne facilement ; il
passe néanmoins à quelques autres endroits de l'enceinte, par les
poternes (posterulae), canaux et autres ouvertures et se répand à
travers le Champ de Mars ; la via Lata lui forme comme un nou-
veau lit qui le conduit au pied du Capitole, devant la basilique de
Saint-Marc. Là il est obligé de faire un coude ; c'est à cet endroit
que l'eau parait atteindre sa plus grande hauteur et qu'on mesure
l'inondation. Sur la rive gauche, les prés de Néron sont inondés
depuis la porta s. Pétri, près du château Saint-Ange, jusqu'au
pont Milvius. Du côté de la basilique de Saint-Pierre, l'inondation
s'arrête à un endroit appelé remissa, mentionné dans le premier
Ordo Romanus de Mabillon (Mus. ilal., t. II, p. 5 ; cf. Bianchini,
Anast.j t. III, p. xxxu) comme un point où s'arrêtait un instant le
cortège du pape, le lundi de Pâques, en venant à Saint-Pierre. Au
xii» siècle cette station avait lieu en avant des degrés par où l'on
montait à l'atrium de la basilique, devant l'église Sainte-Marie des
Virgarii, c'est-à dire là où se trouve maintenant l'obélisque. Cf.
Symmaque, p. 267, note 27. C'est là sans doute la remissa du vnr» et
du ix« siècle. Le second rédacteur a introduit ici la date de la xv«
indiction (716-711) : l'événement aura eu lieu à l'automne 716.— Cf.
Bède, C/tron.,a. 720 ; c'est le dernier emprunt qu'il fait au L. P.
15. Cumanum etiam castrum] Gesta episc. Neapol., c. 36 (éd.Waitz,
p. 424) : « Hic (Sergius, évoque de Naples) dum sub habitum adhuc
presbiteri degeret, Romoalt rex Langubardorum pacis fraude si-
mulans, misso exercitu Cumanum castrum, quodam tradente, in-
vadit. Ad quem dum Iohannes magister militum cum suos adiré
festinaret, ad exequendam benedictionem divinitus iste, de quo
dictum est, sacerdos inventus est. Data hilico oratione dux ille
praevius votum Deo vovit, dicens: « Si Domino annuente pros-
» père recepturus castrum advenero, post decessum pontificis, si
» advixero, istum episcopum ordinabo. » Quod et factum est.
Abierunt ipsumque castrum intrantes receperunt, adque stabi-
lientes incolumes sunt omnes reversi ». — Le Romuald nommé
ici n'est pas un roi des Lombards, mais le duc de Bénévent, suc-
cesseur do Gisulfe (Jeah VI, p. 383).
16. omnes contristati de castri perditione] La prise de Cum es cou-
pait les communications par terre entre Rome et Naples. Les Lom-
bards, en effet, étant depuis longtemps maîtres de Capoue, la seule
route qui restât libre entre les deux villes était l'ancienne via
Domiiiana, qui se détachait à Minturnes de la voie Appienne e*
suivait la côte jusqu'à Pouzzoles et Naples.
17. Iohannes... dux cum Theodimo subd. et rectore") Le texte cité
plus haut, note 15, mentionne le duc Jean. Quant à Théodime, son
épitaphe se voyait encore, à Naples, au xvn» siècle, dans l'église
Saint-André ad Nilum (actuellement S. Marco). On y lisait à la fin :
Die in pace membra sunt posita Theodimi subd(iaconi) reg(ionarii)et
rect(oris) sancte sed(is) apost(olice) et disp(ensatoris) huius diac(oniae)
beati Andreae (Baronius, ad an/i.715). Ce personnage était en môme
temps sous-diacre régi on naire de l'église romaine, recteur du patri-
moine napolitain (cf. le registre de Grégoire II, Jaffô, 2216, 2217,
2218) et dispensator de la diaconie de Saint- André, à Naples.
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18. Agarenorum gens a loco qui Septem dicitw] Chronicon Mois-
siacense (Mon. Germ. Scr., t. I, p. 290): « Sema, rex Saraceno-
rum, post nono anno quam in Spania ingressi sunt Saraceni,
Narbonam obsidet, obsessamque capit, virosque civitatis illius
gladio perimi iussit ; mulieres vero vel parvulos captivos in Spa-
niam ducunt. Et in ipso anno, mense tertio, ad obsidendam Tolo-
aam pergunt. Quam dum obsiderent, exiit obviam eis Eudo prin-
ceps Aquitaniae cum exercitu Aquitanorum vel Francorum et
commisit cum eis praelium ; et dum praeliare coepissent, terga
versus est exereitus Sarracenorum, maximaque pars ibi occidit
gladio ». — Isidorus Pacensis, c. ii, p. 32 Tailhan : «Postremo
(Zama dux) Narbonensem Galliam suam facit, gentemque Franco-
rum frequentibus bellis stimulât et seditans Saracenum in prae-
dictum Narbonensem oppidum ad praesidia tuenda decenter
collocat. Atque in concurrenti virtute iam diclus dux Tolosam
usque praeliando pervenit, eamque obsidione cingens, fundis et
diversis generum machinis expugnare conavit. Sicque Francorum
gentes, tali de nuntio certae, apud ducem eiusdem gentis Eudonem
nomine congregantur ; ubi dum utriusque exereitus acies gravi di-
micatione confligunt, Zama ducem exereitus Saracenorum cum
parte multitudinis congregatae occidunt, reliquum exercitum per
fugam elapsum sequuntur. » — L'événement est rapporté à l'an-
née 721 par les petites annales franques ; les anciens auteurs
arabes n'en parlent pas. Il y avait, en effet, dix ou onze ans
que les Arabes musulmans étaient entrés en Espagne. —L'auteur
du remaniement contenu dans les mss. BDE a retouché le texte
de telle façon qu'il ne semble plus dire que l'invasion de l'Es-
pagne par les Sarrasins ait eu lieu sous Grégoire II. En revan-
che il les montre s'efforçant de franchir le Rhône pour attaquer
Eudes. Cette erreur géographique vient d'une confusion entre la
campagne de 121 et celles de 737-739, racontées par le second con-
tinuateur de Frédégaire (c. 109). Celles-ci furent les dernières guer-
res sérieuses entre Franks et Sarrasins, au moins pour la période
antérieure à Charlemagne ; ce furent aussi les plus intéressantes
pour un Romain, tant à cause du voisinage de la Provence que
parce que le roi Liutprand y fut mêlé (Paul Diacre, H L., vi, 54 ;
(Vita Liutprandi, Mon. Germ. Lcges, t. IV, p. 647). On conçoit que,
dans la mémoire d'un rédacteur qui n'était pas absolument con-
temporain, leur souvenir se soit un peu mêlé à celui de la guerre
de 721. — Paul Diacre (vi, 46), qui avait sous les yeux la rédac-
tion primitive de la vie de Grégoire II, a été victime d'une autre
confusion ; il a cru qu'il s'agissait ici de. la bataille de Poitiers ;
en conséquence il raconte que les Sarrasins furent battus par Eu-
des et Charles Martel, ennemis jusque-là, mais réconciliés en face
de l'invasion musulmane.
19. Bic quadragesimali temporel Le sacramentaire gélasien, qui
correspond à l'usage romain vers le commencement du vm° siècle,
marque des messes stationales à tous les jours de carême, excepté
les jeudis, le jeudi-saint excepté, bien entendu. Le sacramentaire
grégorien en marque aux jeudis comme aux autres jours. — Re-
marquer l'interpolation ieiunium atque de la seconde rédaction ;
cf. Miltiade, note 2, p. 168.
20. Oratorium sane— fecit] Cet oratoire de Saint-Pierre a été trans-
formé, par une fausse leçon (vies variantes), en oratoire d'Osanna.
Sa situation précise est inconnue ; il n'est pas mentionné ailleurs.
21. Constantinopolis — pestilenliae] Nicéphore et Théophane, qui
décrivent ce siège avec plus de détail, lui assignent une durée d'un
an ; en y comprenant la campagne d'Asie-Mineure qui le précéda,
on arrive aisément à un biennium. Bède, dans sa Chronique, parle
de trois ans. Ce qu'il en dit ne provient pas du L. P. Le siège fut
levé le 15 août 718 ; U avait commencé un an auparavant.
22. Domum namque propriam] Le monastère fondé par Grégoire II
se trouvait près de l'église Saint-Agathe in Suburra. Cf. Grégoire I,
p. 312, 1. 11. Il est plusieurs fois mentionné dans l'itinéraire
d'Einsiedlen (Urlichs, Codex U. R. top., p. 70 et suiv.).
24. Rex vero Langobardorum...] C'est probablement à cette expé-
dition que se rapporte cette phrase de Paul Diacre : « Per haec
tempora, Faroaldus, Spolitanorum ductor, Classem, civitatem Ra-
vennantium.invasit; sed iussu régis Liutprandi hisdem Romanis
reddita est » (H. L., vi, 44). Agnellus en parle aussi, dans la vie de
l'évêque Jean V (c. 131). — Le L. P. ne parle pas de la prise de
Ravenne elle-même par les Lombards, sous le roi Liutprand. J'ai
peine à croire que, si cet événement fût arrivé sous le pape Gré-
goire II, il n'eût pas été rapporté par son biographe. Celui-ci, en
effet, nous a conservé le souvenir de conquêtes beaucoup moins
importantes. On conçoit très bien, au contraire, que ce fait ait été
omis par le biographe de Grégoire III, qui néglige absolument les
progrès des Lombards en Italie. S'il faut considérer comme
authentiques les lettres ( Jaffé, 2177, 2178 ) adressées par un
pape Grégoire au doge de Venise Ursus et à Antonin, patriarche
de Grado, pour les exhorter à reprendre Ravenne, cette négocia-
tion ne pourra se placer que sous Grégoire III, car c'est sous ce
pape qu' Antonin devint évêque de Grado. Je serais donc porté à
croire que la prise et la reprise de Ravenne doivent se placer
sous Grégoire III, mais avant l'année 735, car, dans le récit de
Paul Diacre (vi, 54), où il est question de la surprise des Lom-
bards à Ravenne, Hildeprand, qui fut alors fait prisonnier, est
encore qualifié de régis nepos et non pas de rex, ce qui suppose
qu'il n'était pas encore associé au pouvoir royal. Bologne, déjà
occupée, fut assaillie, vers le même temps, mais sans résultat,
par Agathon, duc romain de Pérouse. Or nous verrons un peu
plus loin (note 34) que, vers l'année 728, les Lombards n'occu-
paient point encore Bologne.
23. castrum Narniae] Cette conquête fut rendue par Astolfe, à la
suite des expéditions de Pépin en Italie (Etienne II, n<> 249 et 254).
25. Post aliquod Basilius dux...] Ici commence le récit des trou-
bles religieux et politiques suscités par les édits de réforme de
l'empereur Léon III l'Isaurien. Le L. P. est le seul document con-
temporain de l'application de ces édits en Italie. Il n'est pas très-
facile d'y retrouver la suite et le classement chronologique des
événements. Je vais essayer de le faire en profitant des données
fournies par les deux chroniques byzantines de Nicéphore et de
Théophane. Ces auteurs distinguent deux temps dans le commen-
cement de celte crise. Un premier édit impérial contre les images
est publié en 726 ; pendant un peu plus de quatre ans, le gou-
vernement procède lui-même, sans contraindre l'autorité ecclésias-
tique à sanctionner ses décrets. Au mois de janvier 730, dans une
assemblée solennelle tenue au palais impérial, le patriarche de
Gonstantinople Germain, sommé de donner son approbation aux
mesures précédemment édictées, remet son pallium à l'empereur
et celui-ci lui donne un successeur iconoclaste. Depuis lors l'auto-
rité ecclésiastique d'Orient se joint à l'autorité civile pour propa-
ger la réforme. — Ces deux temps sont distingués dans la vie do
Grégoire II ; il y est de plus question d'une période antérieure à
l'affaire des images, pendant laquelle le pape fut en butte à une
persécution plus ou moins ouverte.
26. consilium inierunt] L'auteur ne dit pas la raison de ce complot.
Il est tramé par deux officiers supérieurs de l'armée et par un
dignitaire ecclésiastique ; le gouverneur de Rome s'abstient de le fa-
voriser ostensiblement. Une attaque de paralysie le force à quitter
ses fonctions ; le nouvel exarque, Paul, qui le supplée provisoire-
ment, observe la même attitude. Cet exarque Paul pourrait bien
être le même personnage qui réprima, en 718, une insurrection en
Sicile (Nicéphore, p. 54 de Boor; Théophane, a. 6210).
27. eo quod censum...] Voici pourquoi on veut se défaire du pape.
Il ne s'agit pas encore du culte des images, mais de mesures finan-
cières auxquelles Grégoire s'oppose, sans doute parce qu'elles
atteignent les biens ecclésiastiques dont il a le gouvernement (suis
opibus ecclesias denudare) . Remarquer qu'opibus n'est pas synonyme
d'imaginibus.— Théophane (a. 6217) a eu connaissance de cette situa-
tion: rp^YÔpioçôiîi'RaçTwjXT^ToiçipdpouçTfiÇ'lTa^iaç xxl Tû^ç fxwXu«.
28. spatharius... alter] C'est, je pense, un nouveau duc de Rome,
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le successeur de Marinus. L'exarque Paul se dispose à marcher
de Ravenne sur Rome pour l'appuyer. Il se heurte à la résistance
de l'armée romaine et des duchés lombards du voisinage.
29. atque hinc inde] L'auteur indique ainsi les Lombards de la
Toscane. Paul Diacre, en s'appropriant ce passage du L. P., l'a
marqué plus nettement : « Spoletinis in Salario ponte et ex aliis
partibus Longobardis Tuscis resistentibus » (H. L., vi, 49).
30. Iussionibus itaque postmodum] Voici enfin le décret sur les
images, mentionné à l'année 6218 (= 721) par Théophane, comme
postérieur à la catastrophe des îles Théra et Thérasia ; c'est à la
môme place qu'il se présente chez Nicéphore. Son application
donna lieu à une révolte de la Grèce et de l'Archipel. Une flotte
venue de ces régions parut sous les murs de Gonstantinople ; mais
elley fut vaincue le 18 avril 727. Notre biographe raconte l'accueil
que firent au même édit celles des populations italiennes qui, dans
le centre et le nord-est de la péninsule, étaient encore sous l'autorité
de l'empire. Les fonctionnaires byzantins sont chassés ; de nou-
veaux ducs sont élus ; l'exarque est bloqué dans Ravenne par la
défection des duchés de Vénétie et de Pentapole ; dans le duché de
Rome, le duc Exhilaratus essaie en vain de ramener à l'obéissance
la Gampanie, c'est-à-dire la région voisine du duché de Naples,
où le parti de la résistance ne parait pas avoir eu le dessus.
31. Exhilaratus dux... cum filio suo Hadriano] Ces personnages
sont connus par le concile romain du 5 avril 721. C'est eux, en
effet qui sont mentionnés dans les canons 14-16 de ce concile :
« Hadriano filio Exhilarati, qui praestito sacramento in apostolica
confessione Epiphaniam diaconam inlicito ausu in uxorem habet,
anathema sit. — Epiphania diacona.quae post praestito sacramento
cum Hadriano Exhilarati filio fuga lapsa est in uxorem, anathema
sit. — Si quis ois in tam crudeli consensum praebuerit, anathema
sit. » On voit que l'inimitié de cette famille pour le pape Grégoire II
était antérieure aux édits de Léon l'Isaurien et qu'elle avait d'autres
sources que le dévouement à l'empereur et le zèle pour ses réformes.
32. Orbaverunt — Petrum ducem] Ce duc qui eut ainsi les yeux
crevés était-il un duc de Rome ? Avait-il été nommé en cette qua-
lité pour succéder à Exhilaratus ? je ne saurais le dire.
33. dissensione missa in partibus Ravennae] C'est probablement à
cette affaire que se rapportent les souvenirs de bataille entre Grecs
et Ravennates, recueillis par Agnellus dans sa vie de l'évèque
Jean V (n° 153).
34. Langobardis vero...] Ces localités ne sont pas toutes identi-
fiées ; d'après Muratori (Annali d'Itaiia, ad ann. 728, t. IV, p. 254),
qui habitait dans le pays, le castrum Ferronianum est le Fre-
gnano, petite province de l'ancien duché de Modène, dans
l'Apennin, du côté de Sestola et Fanano, sur la limite de l'an-
cien état pontifical ; le castrum Montehelli est Monteveglio, sur le
Samoggia, à cinq ou six lieues à l'ouest de Bologne. Il renonce à
identifier Verabulum et Buxo, où il voit des noms probablement
estropiés; quant à Persiceta, c'est la ville actuelle de S. Giovanni
in Persiceto, à quatre lieues au N.O. de Bologne. Paul Diacre
{H. L., vi, 49), qui reproduit cette énumération d'après le L. P.,
omet Verabulum et introduit Bologne. Bologne a été annexée sous
Liutprand, comme le prouve l'inscription votive publiée par Mu-
ratori (/. c.,p. 285, ad ann. 741) ; cette inscription mentionnant le
roi Hildeprand, ne peut être antérieure à l'année 735 ; à ce mo-
ment Bologne était déjà lombarde (v. plus haut, note 22). Mais
je ne pense pas qu'elle l'ait été au moment où furent occupées les
places dont le L. P. nous donne ici l'énumération. En effet, autant
qu'on peut les identifier, ces places étaient situées à l'ouest de Bo-
logne.
35. Auœimana civitas] Une fois prise la ville d'Auximum (Osimo),
le duché de Pentapole se trouvait réduit aux places de la côte et
à la route militaire de Rimini à Rome. Encore les places de la
côte ne tardèrent-elles pas à être annexées. En 741, Ancône et Hu-
mana appartenaient aux Lombards.
36. Sutriense castellum] Sutri, prise sur le duché de Rome et ren-
due « aux bienheureux apôtres Pierre et Paul » par donation
spéciale, est souvent considérée comme le commencement du pou-
voir temporel des papes. Je ne crois pas qu'on puisse déduire de
notre texte que le roi Liutprand ait entendu exclure les droits sou-
verains de l'empereur; le langage du biographe n'a pas assez de
rigueur pour qu'on puisse accepter son texte comme équivalent
à celui de la charte de Liutprand. On commençait déjà à consi-
dérer le duché de Rome comme une terre sacrée, appartenant aux
apôtres Pierre et Paul en même temps qu'à l'empire romain. Un
territoire donné au duché était donné par là même aux apôtres,
et réciproquement. — L'interpolateur sait que la prise du Sutri eut
lieu dans la 11» indiction, c'est-à-dire en 727-728. On peut admet-
tre, sur son témoignage, que les événements racontés jusqu'ici sont,
en général, antérieurs à 728. L'exarchat de Paul doit se placer en
726 et 727. La première conspiration, celle du duc Basile, peut être
d'une date un peu plus ancienne, 725 environ.
37. ut subiceret duces Spoletinum et Beneventanum] Paul Diacre,
H. L., vi, 55 : « His diebus Transamundus (duc de Spolète) contra
» rege rebellavit. Super quemrex cum exercitu veniens ipseTran-
» samundus Romam fuga petiit. In cuius loco Hildericus ordi-
» natus est». Il ne mentionne pas la révolte du duc do Bénévent
Romuald.
38. Eo autem tempore, ind. XII] En 728.
39. in Neronis campo] Le campus Neronis, c'est-à-dire la plaine
entre le Vatican, le monte Mario et le Tibre, figure déjà sous ce
nom, tô Nspuvoç ireSîov, dans les récits de Procope (Bell. Goth. y i,
19, 28, 29 ; il, 1, 2).
40. seductoi\ Tiberius nomine] Ce nom de Tibère avait déjà été
porté par un autre usurpateur. En 718, le stratège de Sicile, Ser-
gius, désespérant du sort de Constantinople, qui semblait au mo-
ment d'être prise par les Sarrasins, proclama empereur un grec
de la capitale, appelé Basile, qui prit le nom de Tibère, sans doute
pour se recommander du souvenir laissé par Tibère Apsimar.
Quelques mois après, sur de meilleures nouvelles venues de Cons-
tantinople, son parti l'abandonna et sa tête fut envoyée à l'empe-
reur Léon (Nicéphore, p. 54 de Boor ; Théophane, a. 6210). — Il
est possible que le premier rédacteur ait songé à l'êchauffourée de
Petasius quand il écrivit le passage (p. 405, 1. 1 et suiv.) où il
est question du désir qu'avaient les Italiens de créer un empereur.
41. castrum Manturianense] Cette localité est connue par quel-
ques signatures d'évèques, dont les plus anciennes sont celles des
conciles romains de 649, 680 et 721.11 n'est guère possible qu'elle soit
identique à Maternum ou Maturnum, station de la via Clodia, in-
diquée sur la carte de Peutinger et dans la géographie de Ravenne,
car cette localité se trouvait en pays lombard ; en somme, elle est
encore à déterminer, de même que le pays des Lunenses indiqués
ici comme ayant pris part à l'insurrection. Les Blerani sont les
gens de Blera (Bieda), au N.O. du lac de Bracciano.
42. Germanus patriarcha...] La retraite forcée du patriarche Ger-
main eut lieu le 7 janvier 730. C'est sans doute à cet événement
que se rattachent les détails donnés dans la note précédente. Sur
ce sujet, Nicéphore et Théophane sont très circonstanciés.
43. Anastasium presbilerum] Anastase fut installé le 22 janvier 730
(Théophane, a. 6221).
44. scriptis commonitoriis] Ces lettres sont perdues.
45. Impcratori quoque suadens] Les deux lettres de Grégoire II
à l'empereur Léon, qui figurent dans les collections de conciles en
tête des actes du septième concile œcuménique, ne sauraient avoir
été écrites par ce pape. Elles ont d'abord contre elles le silence
du concile lui-même, devant lequel elles eussent certainement été
lues, si on les avait alors considérées comme authentiques. On y
lut en effet la lettre du même Grégoire II au patriarche Germain
et bien d'autres documents de moindre importance que ne l'eussent
été deux lettres solenaelles adressées par le pape à l'empereur. De
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XCI. GREGORIUS II (715-731).
plus, il est clair que celui qui les a rédigées, assez bien informé
sur les choses de Gonstantinople, Test beaucoup moins sur les
usages de l'église romaine et sur la géographie de l'Occident. U se
figure que le pape reçoit tous les ans des lettres de l'empereur et
qu'il les conserve, non dans les archives du Latran, mais dans la
confession de Saint- Pierre. Il se représente la frontière lombarde
comme passant à vingt-quatre stades de Rome, c'est-à-dire à moins
de cinq kilomètres. Il croit que les rois de l'Occident sont en com-
munication régulière avec l'empereur par l'intermédiaire du pape,
qui leur transmet ses lettres officielles. Il parle encore des Van-
dales, des Mauritaniens, comme de nations gouvernées par des
princes chrétiens. Grégoire se dit appelé par un prince du fond
de l'Occident, le Septetus, qui désire recevoir de ses mains le sa-
crement de baptême. Sous ce nom, qui ne voit qu'il s'agit d'un roi
imaginaire du pays de Séitraç, c'est-à-dire de Geuta, la plus loin-
taine des possessions de l'empire sur la côte d'Afrique, et, pour
un byzantin, le coin le plus reculé do l'Occident ? Un Romain
quelconque, à plus forte raison un pape, n'aurait jamais fait de
telles confusions. Je considère donc les prétendues lettres de Gré-
goire Il comme ayant été fabriquées à Gonstantinople par quelque
défenseur des images, pour suppléer à la perte des véritables.
Celles-ci, quand môme elles auraient été reçues par l'empereur,
ne furent certainement pas divulguées par lui. On aura senti le
besoin de préciser, aux yeux du public de la capitale, l'attitude
observée par les papes dans la question des images, en faisant
parler celui d'entre eux qui, le premier, se vit obligé de résister
formellement aux décrets de l'empereur.
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GREGORIUS, natione Syrus, ex pâtre Iohanne, sedit ann. X mens. VIII dies XXIIII. Vir ! mitissimus et valde 1 190
sapiens, in divinis Scripturis sufficienter instructus, greca latinaque lingua eruditus, psalmos omnes per ordinem
memoriter retinens et in eorum sensibus subtilissima exercitatîone liraatus ; lingua quoque in lectione polita ;
exortator omnium bonorum operum, plebique florentissime salutaria praedicans, fidei catholicae et apostolicae
:» inmutilate conservari perenniter sua monita salutaria praedicans, corda fîdelium corroborans ; orthodoxae fidei
emulator ac defensor fortissimus ; paupertatis amator et erga inopum provisionem non solum mentis pietatem sed
studii sui labore sollicitus ; captivorum etiam redemptor, orfanorum quoque et viduarum largiter necessaria tri-
buens ; amator religiositatis christianae norme et religiose volentibus vivere et Dei timorem habere in suis prae-
cordiis dilector existens, Deo favente pervenit ad sacrum 2 ordinem presbiterati. Quem viri Romani seu omnis
io populus a magno usque ad parvum, divina inspiratione permoti, subito eum dum eius decessor de hoc seculo
migrasset, dum an te feretrum in obsequio sui antecessoris esset inventus, vim abstollentes in pontificatus ordi-
nem elegerunt.
Fuit autem temporibus Leoni et Gonstantini imperatoribus, ea persecutione crassante quae per ipsos mota est il 191
ad depositionem et destructionem sacrarum imaginum domini nostri Iesu Christi et sancte Dei genetricis, sanc-
15 torum apostolorum omniumque sanctorum et confessorum. Pro quibus idem sanctissimus vir, utab hoc resipis-
cerent ac se removerent errore, commonitoria scripta vigore apostolicae sedis institutionis, quemammodum et
sanctae memoriae decessor ipsius direxerat, misit per Georgium presbiterum 3 . Quam humano ductus timoré non
eandem scripta imperatori porregit. Quem revertens secum hic in civitate Romana deducens ipsi sanctissimo
pontifici patefecit, confessum se faciens reum culpe. Quem magna comminatione pontifex ipse voluit ab ordine
20 sacerdotali privare. Cui résidente concilio 4 et obsecrante tam concilio quamque obtimates ut non deponeretur sed
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 Gregorius III E — in dies A — d. XXV B : d. XX E* : om.
C2 — 2 grecam latinam q. linguam B« — 3 et om. B* — supt.
A — libatus C 3 — in om. A — 4 < et > exor. B — exortatur
C3 — operum om. Bs — et apostolicae om. AB*Ci — 5 inmu-
tabilitate AC 12 : inmutilitate B 3 — conservare B (-ri B 5 ) —
perennitur B* : -tus C 3 — praedicans om. E — orthodoxoe A :
-xe C 3 — 6 emmolator B 3 : emmulator B» — ac] atque B* 8 —
ac-amator om. C 3 — inipem A: inopum B*: -pes E>pem cet. — pro-
visione B 6 G 12 : provisor E — pietate B 6 CE — 7 sui om. C 3 —
lavore A : laborem B 1 — 8 releg. C 1 — in christiana nonna
E — religiosae C 12 — volentes B 6 — timoré AB 3 * — habenles
E — 9 delectator B* : dilectatur B* — ord. sac. B* — près-
biterii AB 8 : -ratus B 2 E — omnes C 1 — 10 parvo B» — decen-
SO r B* — 11 ops. B 3 — antecessores B* — esse A — vi A —
obtoll. B* : abstullentes C" (-tulentes C 2 ) — ordine A — 12
elig. B36C"
13 Leonis B*E — emp. B 3 — ea] eta B5 — persequutione C*
— crasante A : grassante B*C« 2 — qui B* — ipsius B« — 14 de-
potionem A — dist. B» : destructione A : distractione B« —
imaginera B^ — et] vel B*« — 15 quo A — < se > res. B< —
resipisceret AC* : respiceret C 2 : resepiscerent B 3 — 16 se
rem.] sermo verenter B* : se removerentur B« : sub mo-
verentur B5 : se moverentur B« — commonitonia B* —
institutiones B» — quemadm. A — 17 sancto C 3 — mem.]
amore B 3 — dixerat B* — qui B 2 * — humanu B« —
18 eadem B* — scriptam B 23 *E — porrigit AB*Ct :
porrexit B>«E — que A : quam B 23 * : qui E — hic om.
A — civitatem Romanam deducens E — ipso AC 1 : ipse B
(-si b*) — 19 pontefice B 3 *5 — seura C 2 — ordinem B<: hor-
dine C* — 20 sacerdotale B 3 *C 3 — privari B*« — qui B5«— rese-
dente B 3 ** — et om. B* — opt. C 3 : obtimatibus B 2 E • -ma-
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416 XGU. GREG0R1US III (731-741).
magis idem presbiter penitentiae submitteretur; cui inposita digna penitentia iterum secundo eum cum eadem
aucta scripta apud regiam direxit urbem. Sed nequiter argumentata dispositio eorum imperatorum eadem vene-
rabilia scripta in Siciliense insula retinere fecit, nec ad urbem regiam pertransire permisit, sed eundem portitorem
pêne 5 per annum integrum exilio religavit.
192 m Unde maiore fidei ardore permotus synodale decretum cum sacerdotali conventu quoram sacrosancta confes- s
sione sacratissimi corporis beati Pétri apostoli,residentibus cum eodem summo et venerabili papa archiepiscopis,
id est : Antonino 6 Gradense archiepiscopo, Iohanne 7 archiepiscopo Ravenne, cum ceteris episcopis istius Sperie
partis numéro [XGIII],seu presbiteris sanctae huius apostolicae sedis, adstantibus diaconibus vel cuncto clero,
nobilibus etiam consulibus et reliquis cbristianis plebibus stantes, ut si quis deinceps, antiquae consuetudinis
apostolicae ecclesiae tenentes fidelem usum contemnens, adversus eandem venerationem sacrarum imaginum, 10
videlicet Dei et domini nostri Iesu Ghristi et genetricis eius semper virginis inmaculate atque gloriosae Mariae,
beatorum apostolorum et omnium sanctorum depositor atque destructor et profanator vel blasphemus extiterit,
sït extorris a corpore et sanguine domini nostri Iesu Christi Yel totius ecclesiae unitate atque conpage. Quod et
subscriptione sua solemniter firmaverunt et inter cetera instituta probabilium praecessorum orthodoxorum ponti-
ficum annectenda sanxerunt. 15
193 IV Post peractum igiturhoc memoratum superius synodalem constitutum, iterum misit alia similiter scripta com-
monitoria pro erigendis sacris imaginibus per Constantinum defensorem; quae similiter ut anteriora detenta sunt,
et portitorem earum fortissima custodia constrinxerunt pêne per annum integrum. Postmodum autem vim aufe-
rentes ei ipsa scripta, comminantes ei post tôt temporis custodiam, cum iniuriis remiserunt. Nam et cuncta gene-
ralitas istius provinciae Italiae similiter pro erigendis imaginibus supplicationis scripta unanimiter ad eosdem 20
principes direxerunt; quae et ipsa similiter ut anteriora abstulta sunt a Sergio 8 patricio et stratigo ipsius insuie Si-
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1 hisdem BE — paenitentia B 23 * (poea. B 3 ) — qui B* —
< d.ie > digna B* — eandem C 1 — 2 acta B — scriptam B 8
— regia A — ■ direxerat B* — argumenta B : augmen-
tata E — eor. disp. A — 3 Siciliensi E — retenere AC* —
reg. urb. AC* — pertransisset B* 6 — permisit sed om. B* 6
— eundem om. B s — portionem B* — 4 poene B 3 — in
exilium E
5 maiorem B 5 : a malorum B 6 : maioris E — permotis C 2
— sin. A — decretor B 3 : -to B* — sacerdotale B 3 * — quoram
C* : quorum AB« 6 Ci*: coram B 2, E — sacrosanctam B — con-
esione A : confessionem B 3 ** — 6 resedentibus B 34 — vene-
rabile B 3 * — papa < et > E — 7 Antonio B 3 — Gravens A :
Gradinse B 3 : Gradensi E*5 — Iohanni B» : Iohs E — arachiep.
E5 — Revennac B 3 : Ravenense B* : Rav C 3 : Ravennate E 1 :
Ravenna E* — Hesperiae B* : Isperiae B 3 * : Spei B* : Superiae
E — 8 partes B : partris C* : patres C* — munerum A —
XC1U om. ACE — seu om. C 2 — seu presbiteris om. B* —
apostolice C' — 9 etiam consulibus om. B 5 — crislianis
pluribus A — astant. E — 10 < et > ap. E — apostolice
-sie C 3 — tenentem B* : -tis C 3 — fidèle C* — contempnens C 3
— easdem B 23 * — sacrum B 6 — 11 semperque A — adque
gloriose C 3 — 12 depositus B 5 — distructor B (-tus B 5 ) —
extiaterit A — 13 si B 4 — sit ext.] et si textoris B 6 — cor-
poris B 6 — et om. C 1 — sanguinem B* — 14 soll. C 2 : solempn.
C 3 — probalium C 3 — praedecessorum B 2 E : processorum G* :
prodec. C 3 — horth. C 3 — 15 anathema AC*G : adnecten-
dasBS
16 synodale AB 2 E (sin. A) — item B 23 *C 2 — 17 commo-
nitorio B* — per B 6 — ereg. B« — 18 portiarum eorum B* —
constringi B56 — poene B 3 : paene C 1 — vi E : om. B 234 — 19 ei
et E — post toto temp. ipsa scr. com. ei B« — tôt om. B* —
custodia B 2 — 20 provintiae C 3 — Itali B« : -lie C 3 : om. B 2 * 4
— ereg. B 23 *C 3 — supplicationibus C 3 — unian. B — eundem
principis B* — 21 qui B* — ut om. C- — ablata E — et str.]
extragio AC* 2 : extratigo E — stratico B — - < et > Sic. B 3 —
Sicilie om. C 3
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XGII. GREGORIUS III (731-741). 417
cilié; ac fere octo menses detenti remissi sunt similiter cura exprobrationis iDiuriam portitores. Et iterum faciens
adhortatorias litteras pro erigendas suprascriptas sacras imagines et orthodoxe fidei firmitate, direxitper Petrum de-
fensorera apud regiam urbem, tam Anastasio invasori sedis Constantinopolitane quamque principibus 10 Leoni et
Constantino.
5 Hic concessas sibi columnas VI onichinas " volutiles ab Eutychio exarcho, duxit eas in ecclesiam beati Pétri v 1W
apostoli, quas statuit erga presbiterium, ante confessionem, très a dextris et très a sinistris, iuxta alias antiquas
sex filopares. Super quas posuit trabes et vestivit eas argento mundissimo, in quo sunt expresse ab uno latere
effigies Salvatoris et apostolorum et ab alio latere Dei genetricis et sanctarum virginum ; posuitque super eas lilia
et faros argenteos, pensantes in unum libras DCC.
10 Hic fecit 12 oratorium intro eandem basilicam, iuxta arcum principalem, parte virorum, in quo recondivit in VI
honore Salvatoris sanctaeque eius genetricis reliquias sanctorum apostolorum vel omnium sanctorum martyrum
ac confessorum, perfectorum iustorum, toto in orbe terrarum requiescentium. Quorum ,3 festa vigiliarum a mona-
chis trium monasteriorum illic servientium cotidie ,4 per ordinem existentia atque nataliciorum missas in eodem
loco celebrare, instituens in canone ita a sacerdote dicendum : Quorum solemnitas hodie in conspectu tue maies-
15 tatis celebratur , domine Deus noster, toto in orbe terrarum. Quam institutionem in eodem oratorio tabulis lapi- 195
deis conscribere fecit. In quo 15 faciens pergulam, contulit dona diversarum specierum, id est : vu
gabatas aureas numéro II et alias saxiscas numéro V;
cruces pendentes num. Il II;
item cruces similes num. X;
20 amulas superauratas, paria II, pendentes ;
fibulatoria num. V;
coronam auream cum cruce pendentem, in gemmis, super al tare ;
patenam et calicem aureos, par unum, in gemmis ;
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 acj ut B234 : bue B™ — < per > VIII E — octu IP — mensis
B*C* — remisi A— remissunt C 3 — ex probat. B c :eis probataonis
C 2 — iniuria AG — portitoris B*«— 2 adort. A— ereg. B l * : ber-
gendas B 6 — erigendis -tis -ris -bus E — supras.] sanctas B
(sacr. sanct. B-) — inraagines A — bort. C 3 — firmiter B 234 :
firmatas E (corr.) — 3 aput A — invasore B 234 — sed B* —
Constantinopolitano B 23 : -ni B^6 — Leonis B 6
5 concessit B 2 : -sa B* — onicinas A — volubiles AG'G : voluti-
ber G 2 — Euticio A : Eytycbio C 3 — exarco A — dixit G 2 — eos
A — ecclesia B* 5 — 6 erga] iuxta B* — presbiterum B 3 : -rio
à* : presbyterium C 3 — ad dex. B 6 — ad sin. AB 3 *«Ci — 7 rex
B 3 C 3 : ex B* — filiopares B 3 « : pbilop. E* — ea A — 8 effigie
Cfi : effies C 3 — ab om. C 3 — sancta A — ea AGiG: eos C 3 — li-
lias B* — 9 libras om. B* — LXX AB20C 2 *E
10 intra AC 1 — eatndem A : eundum in B 2 : eundem B 3 * —
Liber pontificalis.
principale C 12 G — < ex > parte E — recondidit B<* — 11 ho-
norem AB 2 EG — eius] con C 3 — reliquia A — sanctorumque
B3«ci 2 E — vel] et A — 12 iust. perf. B 23 * — in om. B» —
orbem B$E — festa om. B 6 — viliarum A — a om. B 6
13 monacbos B 6 — monasterium B 3 : monastiriorum C* — fer-
ventium B« — cott. B56C1 2 — 14 a om. B* — sacerdotale B* —
dicendi A — sollempnitas C 3 — 15 caelebrantur B 3 — dorainus
AC' 2 G — < in > toto A — in om. B 2 — 16 conscribe B« (-bi
b 6 ) — pergula A — speciarum AB 6 C 3 : -ciorum B 34 : -cierunt
E — 17 gavatas AC 12 : gabetas B^ 6 : gathas C 3 — argenteas B*
— numéro om. AB* 6 E — 18 num. om. B* — 19 iterum B«: in-
ter C 2 — crucis B5— - similis B 3 * : -liter B5E — 20 ambulas B* :
ammulas B« — dua B 3 «c 23 — 21 fibola toria C 2 — 22 corona
aurea C 1 — eboronam A— crucem B56 — geminis B* — insu-
per E — 23 cal. et pat. C 3 — aureum B 23 * — per C 3 —
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aquamanus argenteum par unum ;
et in imaginera sancte Dei genetricis diademam auream in gemmis et collare aureum in gemmis, cum
gemmis pendentibus,inaures habentes iacinthias sex;
et faciem altaris et confessionem cum regiolis vestivit argento et in tribus lateribus altaris posuit cruces ar-
genteas III, pens. in unum lib. XXXVI; 5
canistra argentea II ;
calicem argenteum I cotidianum ;
coronulas argenteas num. V;
et calicem argenteum I, qui pendit in absida ipsius oratorii;
et super eandem absidam cruces argenteas III ; 10
et cetera quae in ornamento pergule seu et vestes altaris ordinata sunt.
196 Vlil Hic fecit in ecclesia sanctae Dei genetricis ad Praesepem per circuitum super columnas regulare candelabrum 16
ad instar ecclesie beati Pétri apostoli. Fecit et ibidem in oratorio sancto quod Praesepe dicitur imaginem auream
Dei genetricis amplectentem Salvatorem dominum Deum nostrum in gemmis diversis, pens. lib.V.
Hic renovavit tectum sancti Chrysogoni martyris et cameram sive parietum picturas ; cyburium etiam de argento 15
seu arcos V, pens. in unum lib. CCX; ubi obtulit :
coronas argenteas III I ;
farocantara II;
patenam argenteam I ;
calicem argenteum I ; 20
197 IX seu etiam et vestes altaris neenon et vêla sirica alba, ornata blattio, circumquaque pendentia. Construxitque
monasterium erga eundem titulum, sanctorum martyrum Stephani, Laurenti atque Chrysogoni, constituens ibi-
dem abbatem et monachorum congregationem 17 , ad persolvendas Deo laudes in eundem titulum, diurnis atque
nocturnis temporibus ordinatara, secundum instar officiorum ecclesie beati Pétri apostoli, segregatum videlicet
a iure potestatis presbiteri praedicti tituli. In quo monasterio pro sustentatione ibidem ipse sanctissimus vir prae- 23
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 aquamanile B 2 «Cic : -nul//// A — 2 in om. BS^G — ma-
ginem C 2 : imagine E — diadimam C*G : -dema E — in om.
B 6 — colare B — 3 pensantibus C 3 — inauris B 3 : -reas E
(corr.) — pendentes B* — iacinctias A : iacintinas B* 6 E : ia-
cynthasC 3 — sex om. A— 4 et] ca C 1 — religiolis B* — 5 XXVI
AC*G : XX Bi : XXX B* — 6 canestra < VI > A — dua B* et ita
infra — 7 l om. B^C^fi — coït. B5«Ct2 — 8 coronolas B 3 « :
coronas B* — num. om. B 23 * — VI B* — 9 aureum ACt 2 G —
pendet AC*E — apside E — 10 eadem B* — absida B 3 * :-dem
E — 11 cetera < dédit > C* — hornara. C 3 — et < in > C*
— ordinate B*£: -ti C 23 — 12 ecclesiam AB 2 : -sîac B 6 — prese-
pe B 5 C 3 — circuitu B« — candelaru.n B 3 C 4 Et3 — 13 ecclesia
C3 — oratorium B* — auream om. B* — 14 Deum om. A —
XV E {corr.)
15 renobit B« — Chriso- A : Griso- B«eci 2 E : -gonis C* 2 :
Chrysogoni C 3 et ita infra — camaram B« — pict. par. B — parie-
tem E (corr.) — pincturas A — 16 arohos A — penden A — in
unum om. aH^G— CCXX E (corr.)— 18 fara C 2 : -rue E : -cauta-
ro B 23i — 19 patena argentea A — 20 calice argenteo A — I om.
A— 21 et om. B— et ante vêla] ei A— syrica B 3 *C 12 — abba C 3 —
ornatas A — blatio A : blateo B 234 : blatteo B**» — circumquo-
que A — que] in A — 22 monasterio B* — eadem A — Lau-
rentii B 3 5 — Cbrisogonum C* — 23 congregatione C 2 G — per-
solvendus A — eodem A — 24 ordinatura AB — offitiorum
£$3i _ ecclesie om. B — 25 ad A — iore C 3 — potestates B* —
presbiterii A : -ris B* : psby C 3 — praedicti om. B56 — monas-
terium B 23 *C 23 : -tyrio Ci — per B« — ibidem < idem> B«6
C 3 E — ipse om. AB«C* — viro Ci —
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XCII. GREGORIUS III (731-741). 419
dia et dona atque familiam largitus est ; et diversi alii fidèles et amatores domini nostri lesu Christi in eodem
monasterio sanctorum Stephani, Laurentii, Chrysogoni, praedia et dona devotissime contulerunt.
Simili etiam modo renovavit monasterium 18 sanctorum Iohannis Evangelistae, Iohannis Baptiste et sancti Pan- X
cratii secus ecclesiam Salvatoris antiquitus institutum, quod ab omni ordine monachico extiterat nimia incuria
5 distitutum, in quo praedia et dona contulit, et quae invenerat de ipso monasterio alienata, reddito pretio, in eun-
dem locum restituit. Ubi et congregationem monachorum et abbatem constituit ad persolvenda cotidie sacra
officia laudis divine in basilica Salvatoris domini nostri lesu Christi quae Constantiniana nuncupatur, iuxta Late-
ranis, diurnis nocturnisque temporibus ordinata, iuxta instar officiorum ecclesie beati Pétri apostoli.
Item imaginem sancte Dei genetricis antiquam " deargentavit ac investivit de argento mundissimo, pens. lib. L; 1W
iO item fecit patenam auream magnam cum diversis lapidibus, pens. lib. XXVI; et calicem similiter in gemmis,
pens. lib. XXVII II ; similiter et evangelia aurea in gemmis, pens. lib. XV. Fecit autem et tectum a noviter simul XI
et cameram sancti Andrée apostoli ad sanctum Petrum apostolum, quam depinxit ; et fecit in eadem basilica
imaginem auream in gemmis beati Andrée apostoli, pens. lib. VIII ; et intro confessionem vestivit argento, quod
deauravit auro purissimo. Hic etiam basilicam sancti Calisti 20 pontificis et martyris pêne a fundamentis dirutam
15 novis fabricis cum tecto construxit ac totam depinxit; ubi contulit patenam argenteam et calicem, seu et vestem
altaris. Item tectum basilice sanctorum Processi et Martiniani 21 a novo construxit, subposita pila fabricis fortis-
simis post eorundem sanctorum veneranda corpora, ad firmamentum murorum basilicae sanctae. Item in eccle- XII
sia 22 beati Genesii martyris tectum noviter restaura vit; ubi et al tare erexit in nomine Salvatoris domini Dei nostri,
in quo contulit patenam argenteam et calicem, seu coronam argenteam cum delfinis VI, necnon et coronulam
20 auream cum cruce,pendentem super altare. Item in basilica 23 sanctae Dei genetricis quae appellatur ad Martyres 200
tectum vetusta caria demolitum purgare fecit ad purum et cum calce abundantissimo seu chartis plumbeis noviler
restauravit et quaeque per circuitum eiusdem tecti fuerat dissipatum novo nitore construxit. Item basilicam u 201
sanctae Dei genetricis quae appellatur Acyro, in qua antea diaconia et parvum oratorium fuit, eam a fundamentis
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VARIANTES DES MANUSCRITS*
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1 familia AB*C2 : < ibidem > B — fidelis B« — ama-
toris B5 — Christi om. C 3 — 2 Stheph. A — obtulerunt B«
3 renovabit B 36 Ci — evvang. B5 — < sancti > Ioh. C 1 —
4 Pangratii A : Pancrantii B 3 : Prancratii B* : Panchratii C 2 :
PancratiC 3 - instilutam B 2 : -tus B*G — ordine] horaineC 2 —
monachi quod B ; — extitere B — 5 dest. B 2 C 3 E — de] die
A — alienato B*« —6 eodem AC 3 — loco AB 3 — congregatio-
ne B 4 — < et> ad B 4 — persolvendam ABï — sacra om. A —
7 officio B5 — laudis divinae om. A — laudes B 346 — eccle-
sia A — qua AB« : C— nuncupater A — 8 que om. B 23 * — - tem-
poribus] oris A — ordinatam B 23 * — ex ecclesia B» — apos-
tolorum B 5 — 9iter B 4 — ymaginem C 3 — sancti B5 — gen.
< Marie > A — antequam B» — vestivit B 6 — de om. A — 10
magnam om. B"> 6 — pens.- aurea in gemmis om. B 3 — 11
XXXULl C*E - et om. AC 3 — area A — et om. B<s — tectu C 2
— a om. B 2 — annoviter B* — 12 cammaram B* — et fecit-dare
instituit p.420, /. 4, om. B 2 — eandem basilicam B*CE — 13 inm.
B 3 : hym. C 3 — apostoli om. A — VII B*5<"C 2 — con
gressionem AC l2 G (-ne A) — festivit A— 14 deaurevit A : -reavit
B* — basilica A : balicam C 3 — fond. A — derutam A : diru-
tum B 3 —15 tectu B 3 *— ac] et C 3 — arg. <simul> EG— seu om.
A — 16 subposit C 2 — 17 fundamentum C 3 — 18 Genesi B5
— a noviler EG — et om. AB* — altarem B5 — domini D. n.
om. A — Dei om. CiEG -nostri < lesu Christi >C*EG— 19 cho-
ronam A 1 — delfinos AG : dalfinos C*— coronolam B— 20 crucem
A — pendente C 2 : -les EG— sub B 5 — béate A — quae ap. ad
m.] a martyres A : quae ad martyres cet. (martyres < dicitur >
B 345 ) : archetypus habuit qâ ad martyres — 21 curia B — cali-
cae B5 : calcae C* — hab. B^Ci 3 : -sima E — sei C 3 — cartis
AB — a novo E — 22_circuitu B5G : om. E — detecti A — disip.
A — Item] in B«— bab A : basilica B 3 «C*G —23 genetrix C3 —
quae ap.] quam codd. — ad giro A : a gyro B* : ad cyro C* :
Aquiro E*: Aquyro E5 — ante B— etjin B* — eum A —
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420 XCII. GREGORIUS III (731-741).
XIII longiorem et latiorem construxit atque depinxit. Item diaconiam î5 sanctorum Sergii et Bachi sitam ad beatum
Petrum apostolum, in qua pridem parvum oratorium erat, afundamentis ampliori fabiica dilatavit; et concedens
omnia quae in usu diaconie existant, statuit perpetuo tempore pro sustentatione pauperum in diaconiae minis-
202 terio deservire. Item in cymiterio 26 beatae Petronille stationem annue dare instiluit ; ubi obtulit coronam auream,
calicem et patenam argenteam, seu alia diversa ad ornatum ecclesie pertinentia. Item accubita 27 5
quae sunt ad beatum Petrum in ruinis posita a fundamentis noviter restaurait atque depinxit. Item basi-
lica 28 beati Marci, sitam foris muros huius civitatis Romane, via Appia, eius tectum dirutum a novo
refecit. Item in ecclesia beati Pauli apostoli rautavit trabes num. V atque totum eiusdem basilicae tectum ab arco
altaris et usque adregias recursit ac restauravit. Mutavit autem trabes in sancta Dei genetrice ad Praesepe num. V.
Fecit vero a novo ecclesiam 29 sanctorum Marcellini et Pétri iuxta Lateranis. Etiam et cymiteria 30 beatorum *o
martyrum Ianuarii, Urbani, Tiburtii, Valeriani et Maximi, eorum tectum in ruinis positum a novo perfecit.
XV Huius temporibus* plurima pars murorum 31 huius civitatis Romane restaurata est; alimonia quoque artificum
203 et pretium ad emendum calcem de proprio tribuit. Huius denique temporibus Gallensium 32 castrum, pro quo
cotidie expugnabatur ducatus Romanus a ducato Spolitino, dans pecunias non parvas Trasimundo duci eorum ut
cessarent bella et questiones, potuit causam finire et in conpage sanctae reipublicae atque corpore Christo dilecti <5
XIV • Concussaque est pro vincia Romane dicionis subi ec ta a nefandis Langobardis seu et rege eorum Liutprando. Veniensque
Romain incampoNeronis tentoria tetendit, depraedalaque campaoia multos nobiles de Romanis more Langobardorum totondit
atque vestivit. Pro quo vir Dei undique dolore constrictus sacras claves ex confessione beati Pétri apostoîi accipiens, parlibus
Franciae Carolo sagacissimo viro, qui tune regnum regebat Francorum, navali itinere permissos suosdirexit, id est Anastasium,
sanctissimum virum, episcopum, neenon et Sergium presbiterum, postulandumad praefalo excellentissimo Carolo ut eos a tanta 20
oppressione Langobardorum liberaret. Eodem tempore necessitate conpulsus
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VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 langiorem B 3 : longioreB*— longiores et latiores A— Item]
de B56 — diaconia AG* 3 G — Bacii A ; Bacehi B* — a B 3 — 2
apostolom A — amplioris A : -rem B 3 : -re b 3 B5C _ fabri-
cae A : -cavit B 3 {evrr-) — 3 usum AC'G : uso G 3 — diaco-
ni A : -nie C 3 — exsistunt B (-tent B3) — per B<! — diaconio
B5 : -nie C 3 — ministerium B — 4 in om. C 3 — beati B"> : -to
C 3 : sanctae E — Petronelle C2 3 — annuae B 3 C 2 — dari C* 3 G —
ubi obt. om. B5 — ibi A — auream om. B — 5 seu] et
B*G:<et> AC» — pertinenliae C 12 G : -tiam B5E — Item
< ad > AC*G — acubita B«C 3 — 6 qui AC 2 — Pe-
trum < apostolum > BCiG — fondmento A — 7 Marcbi AB 3 :
Marti C 2 — sita A — murus A — Remane C 3 — Apia B* — de-
ruto A: derutum B*— nova B*— 8 traves AB 3 «— num. om. B
— arcu B 23 *E : ortu B5 — 9 et om. B 23 * — recurrit A : récus-
ait C 2 E — autem om. C 3 — traves AB 3 — in om. B* — sancte
fis : < ecclesia sanctae > B 2 — genetricis B 2 — presepem
R36__ 10 a novo om. BG — ecclesiae B5 : -sia B«: om. E — Mar-
celliani C 3 — etiam] eti A — cymitheria C 3 — il Tyburtii A —
Maxime <et> B"— tectuA— 12 Eodem tempore B56(-raB5) —
* Concussaque-conpulsus BD (16 -que om. B 2 — dict. B* :
dictione B 23 * — 17 campum B 2 — détendit B 6 — campaniaeB* —
multis nobilis B»c — tutundit B 33 : totundit B* — 19 Frantiae
R34G _ Carlo B 2 56 — navalem B 31 : -li B*: navili B* — id est]
idem B 2 — Anasium B* — 20 Sergio presbitero B 3 — postol. B 6
— ad] a B 2 — prefecto B 3 : praefatum B* 6 — excell. om. B 6 —
Carlo B 2 : Carolum B* — ad B 6 (corr.)— 21 apraessione B 4 — eo
B ç ) — RomanaB*— alimonie B5«: -niam E — articicum G 1 —
13 precium C 1 — calcem om. B 6 — tribuet Bj — Huius deni-
que G 23 : eiusdemque B 2 : buiusdemque B 46 : huius cet. — Gal-
liensium AC'EG : Gullierusium G 2 : Callensium C— caster B 3 *«
C 3 :casterum E5— per A— 14 cotidiae A — ad B* 6 G— ducatum B««:
-tu CiEG: docatoC 3 — SpolitiniB 23 *:Spoletinum B«— Transi m un-
do BC 3 : (Transe- B«)— duce B (-ci B*)— 15 quaest. A— conpagi
R56 _ sancte A — regip. B56 : rep. C 3 : -ce A — corpora B 3 —
Christi B 2 C 2 —
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2 ro
XCII. GREG0R1US III (731-741). 421
xercitus Romani annecti praecepit. Hicque fecit vestes de altare in ecclesia Salvatoris, Dei genetricis, sanctorura XVI 204
apostolorum Pétri et Pauli atque Andreae et ceteras in diversis ecclesiis. Nam et in Centumcellensium «ivitate
muros dirutos pêne a fundamentis fortissime construere fecit.
Et hoc constitua ut servatam secundum constitutum quod a collegio sacerdotum coram sacro corpore beati xvil
5 Pétri factum est pro celebranda sollemnia vigiliarum atque missarum Ghristi doraini Dei nostri sancteque eius ge-
netricis, sanctorum apostolorum vel omnium sanctorum martyrum ac confessorum, perfectorum iustorum, toto in
orbe terrarum requiescentium, ut in oratorio nomini eorum dedicato intro ecclesiam beati Pétri, sub arco prin-
cipali, a monachis vigiliae celebrentur et a presbiteris ebdomadariis missarum sollemnia. Hisdemque institutis
disposuit ut in cimiteriis 33 circumquaque positis Romae in die nataliciorum eorum luminaria ad vigilias faciendum
10 et oblationes de patriarchio per oblationarium deportentur, ad celebrandas missas per quem praeviderit pontifex
qui pro tempore fuerit sacerdotem. *
* Hic fecit ordinationes III per mens, decemb., presbiteros XXIIII, diaconos III; episcopos per diversa loca numéro LXXX. Qui XVII I 205
etiam venerabilem virum Wilcharium 3 * partibus Franciae in civitate Vegenna dato pallio archiepiscopum eum esse constituit.
Qui sepultus est in ecclesia beati Pétri apostoli, IIU kal. decemb., per indict. X. Et cessavit episcopatus dies VIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS
Q.
1 que om. B«E — altaria < de > B« — in] ad B
— ecclesias C 2 — Deique B 2 — 2 caetera B 6 — Centumcel-
lensem B 2 * : -sum B 3 : -celensium B* : -cellinsium B 6 — ci-
vitatera AB 234 : -Us B^ — 3 poene C 3 — fundamento A —
4 servatum B 2l4 5 — coram om. A — sacri B 6 — 5 so-
lempn. C 3 : sollempniarum B* — Dei om. AB*C 3 — 6
— apostolorum om. A — hac A — perfectorumque B 2 —
iustorum om. B 6 — totum B 6 — 7 urbe B* : orbem B 6
— oratorium B 6 — nomme B 23 * : num. B« : nomi C 3 — intra
AB 2 E — ded. int. ec. B« — ecclesiae B* — beato A — Petro
AC 1 — arcu BE — 8 principale B 34 — monacis A — vigilie
C 3 — celebrantur B« : -bretur B 6 C 3 : -arentur E — misa-
rum A — solempnia C 3 — 9 Romani B 6 : Rome C 1 — na-
talis B 6 — vigiliis C J — faciendas E — 10 de om. B' — de-
portarentui* E — praeviderat Bî : -ret C 3 — 11 pro om. B* —
sacerdotes A : -tum E : < et cessavit episcopatus eius dies
VIII > eiE 2 (dies om. E 2 )
12 *Hic fecit-dies V1U BD(1II om. B«— num. om. B5— 13 Fran-
tiae B 38 — Vienna B 2 : Vegennam B 6 — palleo B5 : paleo B 6 —
archiepiscopo B«« — 14 IIÎ kal.B«— per om.B"— et-VHI om.B*)
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Vir mitissimus labore sollicitus] Cette partie de l'éloge du pape
est, sauf quelques mots, reproduite textuellement de la notice de
Léon II (p. 359). Plusieurs expressions de celle-ci ont été emprun-
tées au De viris de Gennadius, c. 70 et 81 : « Hilarius, Arelaten-
sis episcopus, vir in sanctis Scripturis doctus, paupertatis amator
et erga inopum provisionem non solum mentis pietate, sed et
corporis sui labore sollicitus fuit... Vincentius presbyter, natione
Gallus, in divinis Scripturis exercitatus, linguam habens usu lo-
quendi etmaiore lectione politam... »
2. ad sacrum ordinem presbiterali] Deux prêtres du nom de Gré-
goire signèrent au concile romain de 721. L'un d'eux était titulaire
de Saint-Clément et signa encore en cette qualité au concile de
745, sous le pape Zacharie ; l'autre était titulaire des SS. Jean et
Paul. Mais il n'y a aucune raison d'identifier ce dernier avec
Grégoire III. D'abord la liste des signatures de 721 ne comprend
pas tous les prêtres cardinaux ; en second lieu, sous Grégoire III
lui-même, et dès sa seconde année, nous trouvons trois prêtres du
nom de Grégoire dans les signatures du concile de 732. La solli-
citude spéciale qu'il témoigna pour l'église Saint-Chrysogone donne
lieu de penser qu'il en avait été titulaire.
3. Georgium presbiteruni} Un Georges, prêtre, figure au concile
romain de 721. C'est sans doute lui. Cette mission dut être donnée
dès les premiers jours du pontificat.
4. résidente concilio] Un concile d'évêques suburbicaires, de prê-
tres et de diacres romains, antérieur à celui dont il va être ques-
tion. C'est peut-être la réunion qui se tenait d'ordinaire aux fêtes
des apôtres Pierre et Paul, vers la fin du mois de juin. Cf. Agnel-
lus, passage cité plus haut, p. 364 (Léon II, note 6).
5. pêne per annum integrum] En effet, le prêtre Georges ne figure
pas parmi les signataires du troisième concile de Grégoire III,
celui de l'année 732.
6. Antonino Gradense] La lettre de convocation adressée à cet
évêque existe encore (Jaffé, 2232); sa teneur actuelle n'est pas sans
offrir quelques difficultés. On y voit que le concile fut indi-
qué pour le 1 er novembre de la 15 e indiction, c'est-à-dire pour
le l° r novembre 731. Cf. Chronicon Gradense (M. G. Scr. Lang.
p. 396) : « Hic Antoninus patriarcha ammonitus est a predicto
Gregorio Romam ad synodum occurrere, ad quam synodum
Iohannes, archiepiscopus Ravenas yocatus est, propter imagines,
quae in regia urbe deponere iubebant Léo atque Constantinus
Augusti et inlicita coniugia quae per diversa loca fiebant. Post
hanc vocationem Antoninus patriarcha cum suis suffraga-
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neis Bomam ad synodum porrexit. » Les actes de ce concile sont
perdus.
1. lohanne archiepiscopo Ravennae] Jean VI; cf. Agnellus,c.l5i-153.
8. Sergio patricio et stratigo Siciliae] Un Sergius, patrice et stra-
tège de Sicile, était en fonctions au temps du siège de Constanti-
nople par les Arabes (718). Il prit alors l'initiative d'une insurrec-
tion contre l'empereur Léon ; mais il obtint son pardon (Nicéphore,
p. 55 ; Théophane, a. 6210). C'est peut-être le même que celui-ci.
9. Et iterum faciens adhortatorias litteras] Ces lettres sont per-
dues, comme les précédentes et en général comme toute la cor-
respondance de Grégoire III sur ce sujet.
10. principibus Leoni et Constantino] Théophane (a. 6234 = 732-
133) nous apprend quelle fut la réponse de Léon l'Isaurien aux
démarches du pape et des populations de l'Italie. Une flotte con-
sidérable fut envoyée pour vaincre leur opposition. Elle fit nau-
frage dans la mer Ionienne. Alors l'empereur s'en prit à la Sicile.
Il confisqua les patrimoines de l'église romaine en ce pays, qui
rapportaient trois talents d'or et demi. Les Siciliens furent soumis
à la capitation et recensés avec rigueur.
il. columnas VI onichinas] Le cadeau de l'exarque Eutychius
montre que ce fonctionnaire s'était résigné à maintenir la paix
avec le pape, sans s'inquiéter de l'hostilité qui régnait entre Rome
et Constantinople. — Ces six colonnes sont indiquées sur le
plan de Saint-Pierre, en avant des six anciennes mentionnées
dans la vie de Silvestre (p. 176, 1. 5; cf. p. 194, 1. 63). — Dans
une des* fresques de Raphaël qui décorent la salle dite de
Constantin, au Vatican, on peut voir une représentation figurée
du presbyterinm de Saint-Pierre ; c'est même le seul document
iconographique qui nous soit reste sur cette partie de la basilique.
Les colonnes y sont marquées, avec leur soubassement, engagé
dans une balustrade, et leur entablement (trabes), qui supporte
des candélabres, comme au temps de Grégoire III. Cf. De Rossi,
Parère intorno alla chiesa di Grotla Ferrata (1881 ), p. 6.
12. Hic fecit oratorium — requiescenlium] Cet oratoire est men-
tionné par le guide des pèlerins dans la basilique de Saint-Pierre,
rédigé au vin» siècle (De Rossi, Roma soit., 1. 1, p. 140 [f. 187, 1. 9] ;
Inscr. christ., t. II, p. 226, n° 10). Il so trouvait à l'extrémité de la
nef principale de Saint-Pierre, auprès de l'arc triomphal, à gauche
en allant vers la confession (plan, 38). Pierre Mallius (u, 11-13 ;
Acta SS. iun., t. VII, p. 35*) en parle assez longuement et après
lui Maffeo Vegio (112, 130 ; ibid. p. 72% 74*). En 1495, peu d'an-
nées avant la démolition de la basilique, on y installa un taber-
nacle pour recevoir la Sainte Lance, donnée au pape Innocent VIII
par le sultan Bnjazet II.
13. Quorum fesla — conscrilerc fecit] Ce règlement, dont il est
encore question plus loin, p. 421, 1. 4, fut fait en synode.a collegio
sacerdotum, et gravé, comme il est dit ici, sur des tables de mar-
bre. Mafleo Vegio (l. c, 112) vit ces tables en place, in utroque
latere oratorii sanctae Mariae in Cancetlis; peu après lui elles furent
brisées ; mais divers fragments reparurent plus tard et furent co-
piés par P. Sabino et d'autres archéologues, de sorte que, moyen-
nant quelques compléments certains, M. de Rossi (Due monumenti
inediti, speltanti a due concilii romani) est parvenu à rétablir le
document tout entier, ainsi qu'il suit :
[In nomine domini Salvatoris Dei nostri fesu Chrisli, imperante
domno piissimo augusto Leone anno XVI et Constantino imperatore
eius filio anno XIII, même... indictione XV, praesidente sanctissimo
ac beatissimo Gregorio apostolico papa in basilica beati Pétri aposto-
5 lorum principis ante confessionem, consid?ntibus etiam sanclissimis
episcopis lohanne Velilernensi, Andréa Alvanensi, Sisinnio Gavinale,
Sisinnio Ostiensi, Epiphanio Silvae Candidae, Venanlio Penesirino,
Gregorio Portuensi, seu venerabilibus presbileris lohanne, Eustratio,
Gregorio, item Gregorio, lohanne, Stephano, Theodoro, Dominico,
10 Theodoro, Sergio, item Sergio, Andréa, Sergio, Sisinnio, Pei]ro, Theo-
phanio, Sergio, Iordane, seu lohanne, adstantibus quoque diaconi-
bus Moscho archidiacono, Zaccharia, lohanne, Theophylacto atque
Gemmulo vel cuncto clero, antefatus domnus Gregorius apostoli-
cus papa dixit : « Reduco ad animum, sanctissimi fratres mei,
qualia mini et quanta mirabiliter Christus Deus noster contulerit 15
bona et quomodo me indignum ad tanti apicis sua pietatedignatus
fuerit evocare [fastigium], et stupesco nihil aliud valons rétribuera
potentiae eius nisi solas agere gratias et indesinenti prece glorio-
sum eius conlaudare nomen. Quis enim, ut aitpropheta, loquatur
potentias Domini, auditas faciat omnes laudes eius? Vel quid retri- 20
buam Domino pro omnibus que retribuit mihi ? Calicem salutaris
accipiam et nomen Domini invocabo. Ergo, dilectissimi fratres,
proquibus indignus promena bonis, si sanctitati vestrae placet, se-
cundum sacrorum canonum insiiluta, per Dei graliam inspiratus ut
sanctorum festa celebrentur in oratorio quod a me construclum est 25
in honore Salvatoris, sanctae Dei genitricis semperque virginis Mariae
dominae nostrae, sanctorumque apostolorum, martyrum quoque et
confessorum Christi, perfectorum iustorum, intro ecclesiam sancti
Pétri apostolorum principis, et ut tria Ma monasteria quae secus
basilicam apostoli sunt constituta, sanctorum Iohannis et Pauli, sancti 30
Slephani et sancti Martini, id est eorum congregatio, omnibus diebus
dum vesperas expleverint ante confessionem, illic déclinantes, très
psalmos et evangelia matutina Deo canant. His expletis presbyter
qui in hehdoma fuerit, post prima quae in sacro corpore beati Pétri
fecerit missa, secunda in eundem oratorium in honorem Salvatoris, 35
Dei genitricis, sanctorum apostolorum, martyrum et confessorum,
perfectorum iustorum, quorum natalicia fuerint, assidue a cathoUca
et apostolica ecclesia celebrentur, sicut a nobis coram beati Pétri cor-
pore confi} , matur. Et orationes ut inferius tenentur adscriptae dican-
tur sic : 40
Concède quaesumus, omnipotens Deus, ut sancta Dei genilrix
sanctique tui apostoli et omnes sancti martyres et confessores
perfeclique tui iusti nos ubique laeiificent, ut dum eorum mérita
recolimus, patrocinia sentiamus ; p. d. n.
Super oblatis : 45
Quaesumus, Domine, placare muneribus ; et intercedentibus
sanctis suis a cunclis nos défende periculis ; per d. n.
Et infra actionem :
Inprimis gloriosae semper virginis Mariae genitricis Dei et
domini nostri lesu Christi et beatorum apostolorum ac martyrum gn
tuorum Pétri et Pauli, et quae sequunlur usqueet omnium sancto-
rum tuorum, set et diem natalicium célébrantes sanctorum tuo-
rum martyrum ac confessorum, perfectorum iustorum, quorum
solemnitas hodie in conspectu gloriae tuae celebratur, quorum
merilis precibusque concédas. 35
Et ad compléta :
Sumpsimus, Domine, sanctorum tuorum solemnia célébrantes,
caelcstia sacram'-nta ; praesta, quaesumus, ut quod temporaliter
gerimus aelcrnis gaudiis consequamur ; per d.n.
Hoc praesenti XV indictione et in perpetuum.Sedetmansionariide 60
confessione debeant observare et diligenlium facere atque lumina-
riorum concinnationem facere, sicut a nobis conslitutum est, ut sep-
tem per ebdoma in confessione et ibidem permaneant perenniter ».
Sanctissimi episcopi et venerabiles presbiten respondet uni : « Hoc
quod a vestro sancto apostolatu pio est intuitu praevisum ad laudem 65
certe respicit omnium Conditoris et gloriam nomini eius. Placet ut
fieri debeat :hoc enim nostra est omnium salus et Dei ecclesiae laus ».
Gregorius sanctissimus ac bealissimus apostolicus papa dixit :
« Dum vestra, sanctissimi, intentio meae concordat disposition!, ea
quae a nobis décréta sunt quoram beati Pétri apostoli confessione 70
sub interdictu anathemafw finnentur ».
Sanctissimi episcopi et venerabiles presbiteri responderunt :
e Grafo ducimus ut interdictu apostolicae auctoritalis haec quae
salubri consideratione praevïsa. sunt stabiliri déheant, ne umquam
quis audeat existere lemerator ». 75
Gregorius sanctissimus ac heatissimus apostolicus papa dixit : c Si
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quw confra privilegii défini tionem ventre temptaverit, anathema
sit ». Et responderunt omnes tertio : c Anathema sit. »
Et subscriptio :
80 Gregorius, gratia Dei episcopus sanctae Dei catholicae atque
aposto/ica£ ecclesiae «rbis Romae, huic privilegf/o a nobis facto at-
que decreto subscripsi.
lohannes, episcopus sanctae ecclesiae Veliternensis.
Andréas, episcopus sanctae ecclesiae Alvanensis.
85 Sisinnius, episcopus sanctae ecclesiae Gavinatis.
Sisinnius, episcopus sanctae ecclesiae Ostiensis.
Epiphanius, episcopus sanctae ecclesiae Silvae Candidat.
Venantius, episcopus sanctae ecclesiae Penestrinae.
Gregorius, episcopus sanctae ecclesiae Portuensis.
90 lohannes, archipresbyter sanctae Romanae ecclesiae.
EuslraLius, arckipresbyter sanctae Romanae ecclesiae.
Gregorius, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
Gregorius t presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
lohannes, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
95 Stephanus, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
Theodorus, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
Dominicus, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
Theodorus, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
Sergius, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
100 Sergius, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
Andréas, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
Sergius, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
Sisinnius, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
Petrus, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
105 [Theophanius, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
Sergius, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
Iordanes, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
lohannes, presbyter sanctae Romanae ecclesiae.
Moschus, archidiaconus sanctae Romanae ecclesiae.
110 Zaccharias, diaconus sanctae Romanae ecclesiae.
lohannes, diaconus sanctae Romanae ecclesiae.
Theophylactus, diaconus sanctae Romanae ecclesiae.
Gemmulus, diaconus sanctae Romanae ecclesiae.']
Exaudi nos, omnipotens et misericors Deus, et Gregor'mm ter/ium,
115 quem tua gratia iussit esse pastorem, cuius memoriam agimus,
aeternae beatitudini et consortio tuorum in a/>ostolica fide religio-
nis christianae praemia vitae aeternae et re/Wgeriï cum fidelibus
tuis praepares mansionem ; per d. n.
Munera, Domine, oblata sanctifica et animam famuli tui Grego-
120 rii tertii maculis émanas, et perpotuae vitae facias esse participent.
Ad compléta :
Purificet, quaesumus, Domine, indulgenlia tua animam famuli tui
Gregorii tertii papae et huius corporis et sanguinis participatio sa-
zramenti aeterna refectione saginet et sempiterna redemptiune mu-
125 mat; per d. n.
Les tables de marbre étaient au nombre de quatre ; la première
(1. i-22),qui ne fut point vue par P. Sabino, existe encore, sauf le haut
qui a disparu. Les trois autres furent déchiffrées par Sabino : la
deuxième (1. 22-52) et la quatrième (1. 114-125) étalent entières ; mais
la fin de la troisième était brisée : aussi la liste des souscriptions
doit-elle être complétée (105-113) d'après le préambule. Il reste
encore des fragments de la troisième et de la quatrième ; on les
conserve, avec celui de la première, dans les grottes vaticanes
(Dionisi, Cryptae Vat., pi. iv, v, vin). Les parties actuellement
existantes sont imprimées ici en caractères ordinaires, le reste en
italique ; les compléments de M. de Rossi sont placés entre crochets.
Les trois premières tables contiennent le texte du concile ; sur la
quatrième, gravée d'une autre main, il n'y a que les trois oraisons
de la messe pour le repos de l'âme de Grégoire III, qui fut enterré
dans cette chapelle. Par une erreur du lapicide, l'oraison super
oblatis (1. 45-48) avait été gravée tout au bas de la seconde table,
après le mot célébrantes do la ligne 52. J'ai rétabli l'ordre naturel
et original du texte. Il résulte de cette pièce que la dédicace de
l'oratoire et la publication du règlement pour sa desservance eu-
rent lieu en 732, dans les huit premiers mois (ind. XV), sans doute
à l'occasion de quelque solemnité, comme l'anniversaire du pape
(3 mars) ou la fête de Saint-Pierre et Saint-Paul. Cette dernière
date conviendrait mieux, car il fallut un certain temps pour
construire et décorer l'oratoire.
14. colidie... nataliciorurn missas] Le biographe dislingue entre
la célébration des vigiles — chant de trois psaumes et lecture d'un
texte de l'Evangile (v. le concile, 1. 32,33) — qui est quotidienne et la
célébration de lamesse quia lieu aux fêtes des saints. Cette distinc-
tion est moins marquée dans le concile. Je crois cependant qu'elle
s'y trouve; à la ligne25 il est question des fêtes des saints et de leur
célébration dans l'oratoire Sainte-Marie; plus loin,l. 31,37,1e pape
répartissant le service entre les moines et le prêtre de semaine em-
ploie l'expression omnibus diebus à propos de la psalmodie des
moines, tandis que, pour la messe, il se sert de la formule quorum
(sanctorum) natalicia fuerinl. — Il me semble donc que la messe
en question n'était pas célébrée tous les jours, mais seulement aux
fêtes des saints. Celles-ci étaient déterminées, soit par le calen-
drier ordinaire de l'église romaine, soit par un calendrier spécial,
où étaient marquées les fêtes des saints dont l'oratoire possédait
des reliques. — Il est évident, comme M. do Rossi l'a démontré
(op. cit., p. 31), qu'il n'est pas question ici de la fête de la Tous-
saint. Quant à la pensée qui inspira au pape Grégoire III la fon-
dation de son oratoire et l'institution de la desservance ici décrite,
il est bien probable qu'elle n'est pas sans rapport avec l'attitude
observée parle saint-siège en face des manifestations iconoclastes
de Constantinople. Cependant on doit remarquer que ni le texte
du concile ni le L. P. ne présentent les choses de cette façon et
qu'il n'y est nullement question du culte des images. — La fondation
liturgique de Grégoire III n'est pas mentionnée dans les vies des
papes ses successeurs, ni dans aucun autre texte, à ma connais-
sance. Il est probable qu'on se sera affranchi de bonne heure d'un
service assez onéreux.
15. In quo faciens pergulam]. Nous avons ici la description d'un
de ces oratoires, si nombreux autrefois dans les basiliques et dont
on trouve encore quelques spécimens dans certaines églises d'I-
talie. En avant de l'autel une pergula, c'est-à-dire une traverse
destinée à susprendre divers objets sacrés, lampes, croix, vases,
couronnes, etc. Puis l'autel; ici il est isolé, car on distingue sa
face principale {faciès) et ses trois côtés ; la face principale est per-
cée d'une petite porte à deux battants (regiolae), qui ouvre sur la
confession, c'est-à-dire sur l'intérieur de l'autel lui-même, où sont
déposées les reliques; au-dessus est suspendue une couronne mu-
nie d'une croix. Au fond, l'abside, ornée aussi d'une suspension.
Ce qui n'est pas bien clair, c'est la place de l'image de la sainte
Vierge. Je pense qu'il s'agit d'une image peinte, en buste, recou
verte de métal, excepté à l'endroit du visage. Pierre Maliius, qui
la décrit de visu, indique assez qu'elle n'était pas sur l'autel, car
il dit que, de son temps, on pratiqua au-dessus une cavité pour y
déposer un bras de saint Etienne (supra quam imaginem fecimus
loculum). Elle était donc appliquée contre un mur. Je pense que
ce mur n'est autre que le pilastre qui correspondait à la pre-
mière colonnade de la nef, à gauche, et limitait, du côté du sud,
l'oratoire de Grégoire III. Toujours d'après Maliius, la sainte
Vierge était représentée embrassant l'enfant Jésus.
16. regulare candelabrum) C'est le même appareil qui est décrit
dans la note précédente. Des traverses plus ou moins ornemen-
tées sont disposées au-dessus des colonnes, en avant ou autour de
l'autel ; elles supportent les lampes, flambeaux et autres ustensiles
d'éclairage.
17. monachorum congregationem] Le futur pape Etienne III
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entra dans ce monastère dès sa fondation, n'étant encore ni clerc
ni moine (Etiesne III, n° 262).
18. monasterîum ss. Johannis evang.] La fondation de ce mo-
nastère remonte au moins au déclin du vi° siècle. Saint Grégoire
en parle (Dial., n, prol.) en termes qui supposent une existence
déjà assez longue. On croit (Mabillon, Ann., vu, i, 3) que les moi-
nes du Mont-Cassin s'y réfugièrent, au temps de Pelage II, après
la destruction de leur monastère par les Lombards. Sur les mo-
nastères du Latran, cf. Léon III, n° 405.
19. imaginent s. Dei genetricis anliquam] On ne dit pas où elle
se trouvait ; c'est sans doute dans l'église s. Maria anliqua, sur la
voie Sacrée (Sainte-Françoise Romaine) ; cf. Jean VII, p. 385, 1. 7)
20. basilicam s. Calisti] Le voisinage de la basilique des
ss. Processus et Martinien porte à croire qu'il s'agit ici, non de
Sainte-Marie in Trastevere, mais de la basilique cimitériale de
Galliste, au troisième mille de la voie Aurélienne. Cf. p. 142,
Galliste, note 6; p. 207, Jdles, note 7.
21. basilicae ss. Processi et Martiniant] Cette église, mentionnée
par les topographes du vu» siècle (De Rossi, Roma sott., t. I,
p. 182, 183), existait déjà au temps de Théodose (ci-dessus, p. 222,
note 2). Elle était à un mille et demi de Rome, sur la voie Au-
rélienne ; on ne l'a point encore retrouvée (H. Stevenson, dans
le Bullettino de M. de Rossi, 1881, p. 104).
22. ecclesia b. Genesii] Indiquée par les topographes du vn« siè-
cle dans le voisinage de l'église Saint-Hippolyte, sur la voie Ti-
burtine (De Rossi, Roma soit., t. I, p. 178). Il y aura peut-être
lieu de l'identifier avec une petite basilique dont on a retrouvé les
murs dans une maison rurale, précisémentà cet endroit (De Rossi,
Bull. 1882, p. 23 et 52).
23. basilica s. Dei genetricis q.a.ad martyres] Le revêtement de
bronze de la coupole de l'ancien Panthéon avait été enlevé en 663
par l'empereur Constant II (Vitalien, p. 343).
24. basilicam s. D. g. g. a. Acyro]. S. Maria in Aquiro; c'est le
plus ancien document que l'on ait sur cette église. Elle s'élève sur
un emplacement qui était autrefois compris dans l'enceinte sacrée
du temple de Matidia et de Marciana (R. Lanciani, Bull, comunale,
t. XI. p. 11 ; cf. pi. I-II). — M. Lanciani, /. c, rapproche la déno-
mination in Aquiro du nom des antiques Equirria, fêtes qui se cé-
lébraient jadis dans cette partie du Champ de Mars.
25. diaconiam ss. Sergii et Bacchi] Il ne faut pas confondre cette
diaconie avec celle du même nom qui se trouvait au pied du Capi-
tole, près de l'arc de Septime-Sévère. La formule ad b. Petrum
aposlolum ne permet pas d'hésiter. La diaconie voisine de Saint-
Pierre n'est pas mentionnée autre part, à moins qu'il ne faille
identifier son église avec le S. Sergius palatii Ca~uli, qui figure
dans la liste de Cencius Camerarius (Mabillon, Mus. ital., t. II,
p. 191). Au temps d'Alfarano on croyait la reconnaître dans l'édi-
fice marqué i sur son plan, au N. du transsept de la basilique.
26. in q/milerio b. Pelronillae] Cf. Jean I er , p. 277, note H. Au
temps de saint Grégoire le Grand, la station avait lieu, dans ce
cimetière, le jour de la fête des saints Nérée et Achillée (12 mai).
C'est là qu'il prononça son homélie 28 e . Notre texte ne dit pas à
quel jour la station dont il parle fut fixée par Grégoire III. Mais,
comme il nomme sainte Pétronillo à l'exclusion des autres épo-
nymes du cimetière, comme d'ailleurs il mentionne plus loin le
soin que prit Grégoire III d'assurer dans tous les cimetières la
célébration des natalicia consacrés, il est probable qu'il s'agit ici
de sainte Pétronille et de sa fête (31 mai), qui n'est pas marquée
dans les calendriers romains antérieurs au huitième siècle. Sur
la reûorescence du culte de sainte Pétronillo aux temps carolin-
giens, v. De Rossi. Bull. 1878, p. 136 ; cf. ci-dessus, Paul, n° 259.
21.accubita quaesuntad b. Petrum] Cf. Sebgius,p. 375, 1. 5.
28. basilica b. Marci] Cf. Marc, p. 202, 1. 4 et p. 203, note 4.
29. ecclesiam ss. Marcellini et Petrî] Cette église est mentionnée
pour la première fois, sous ce nom, dans les signatures du con
cile romain do 595, comme titre presbytéral.
30. cymiteria bb.Ianuarii, Urbani.. .JLe principal sanctuaire du ci-
metière de Prétextât, sur la voie Appienne. Cf. Jean III, p. 307, note 9.
31. plurima pars murorum] Grégoire III réussit à mener à bien
celte entreprise de la restauration des murs de Rome qui avait
été commencée trente ans plus tôt, sous le pape Sisinnius,et tentée
de nouveau, mais sans succès, au temps de Grégoire II. De plus
en plus isolée, la ville de Rome avait besoin d'une bonne enceinte,
capable d'arrêter un envahisseur byzantin, sarrasin ou lombard,
car elle était menacée de bien des côtés.
32. Gallensium castrum] La perte du château de Gallese équiva-
lait pour les Romains à la suppression de leurs communications
avec Ravenne, car cette place commandait la route d'Horta, Ame-
na, Tuder, Pérouse. Pour les ducs de Spolète, c'était un trait
d'union avec le duché lombard de Chiusi,qui s'étendait de ce côté
jusqu'au sud de Viterbe. L'entente avec Trasimond, cimentée par
l'abandon de ses prétentions sur Gallese, parait avoir été la base
des négociations qui firent de ce duc un allié des Romains et en-
gagèrent ceux-ci dans une lutte périlleuse contre le roi Liutprand.
Il est évident que, à force de vivre isolés du reste de l'empire, les
Romains s'habituaient à avoir une politique propre. L'essai de
leurs forces contre l'exarque, l'impuissance de l'empereur et du
patrice de Sicile, la confiance que leur inspirait la restauration
des murs de Rome, toutes ces circonstances contribuaient à les
engager dans la voie d'une activité indépendante. — Remarquer
l'expression in compage sanctae reipublicae atque corpore exercitus
Romani. La sancta respublica, c'est encore l'établissement politique
impérial, opposé aux principautés lombardes, mais Vexercitus Ro-
manus, c'est le duché de Rome considéré comme une puissance
militaire locale, ayant son organisation spéciale et sa politique à
elle.
33. ut in cymiteriis — sacerdotem] Sur ce décret, cf. Sergius, p.
337, note 3, et De Rossi, Roma sott., t. I, p. 219 ; t. III, p. 527.
Les prêtres titulaires, desquels relevait autrefois ce service, l'a-
vaient peu à peu abandonné. Grégoire III régla que, à chaque
station, le pape désignerait lui-même le prêtre qui serait chargé de
la célébrer.
34. Concussa est provincia] J'ai montré dans l'Introduction (ch. VI,
§ i) que cette note interpolée a dû être écrite sous Etienne II
(752-757). La même date à peu près convient au célèbre passage
du continuateur de Frédégaire (c. 110) où les mêmes faits sont
rapportés. Toutes les autres annales ou chroniques franques dépen-
dant de ce texte, il suffira de le citer tout seul : « Eo etenim tem-
pore, bis a Roma, sede sancti Pétri apostoli, beatus papa Grego-
rius claves venerandi sepulcri cnm vinculis sancti Pétri et muneri-
bus magnis et infinitis, legationem, quod antea nullis auditis aut
visis temporibus fuit, memorato principi destinavit, eo pacto pa-
trato ut a partibus imperatoris recederet et Romanum consulatum
praefato principi Carolo sanciret. Ipse itaque princeps mirifico ac
magnifico honore ipsam legationem recepit, munera pretiosa con-
tulit atque cum magnis praemiis cum suis sodalibus missis Gri-
monem, abbatem Corbeiensis monasterii, et Sigibertum, reclusum
basilicae sancti Dionisii martyris, Romam ad limina sancti Pétri
et sancti Pauli destinavit » — La première légation fut conduite
par l'évoque Anastase et le prêtre Sergius (trois prêtres romains
de ce nom figurent au concile de 732) ; on n'a plus les lettres qui
leur furent confiées. En revanche il en reste deux autres, adressées
par ie pape Grégoire dotnino excellentissimo filio Carolo subregulo,
qui furent portées, la première par un fidèle de Charles-Martel,
peut-être l'un des deux religieux nommés par le continuateur de
Frédégaire, Grimon, abbé de Corbie, ou Sigebert, reclus de Saint-
Denys, la seconde par un autre fidèle franc, appelé Anthat. Ces
lettres sont séparées par un intervalle de plusieurs mois ; il y est
longuement parlé du pillage des biens de l'église romaine, tant du
côté de Rome que dans le pays de Ravenne. Liutprand, qui, d'après
Paul Diacre (vi, 54), avait, peu auparavant, mis ses troupes en
mouvement pour aider Charles-Martel à chasser les Sarrasins de
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la Provence, se défendait sans doute auprès du prince frank, son
allié, et lui expliquait que, s'il se livrait à des démonstrations
hostiles contre les Romains, c'est que ceux-ci soutenaient dans
leur révolte les ducs de Spolète et de Bénévent. Dans sa dernière
lettre, Grégoire cherche à justifier l'appui qu'il prête aux deux
ducs. Il ne dit pas un mot de la prise des quatre places d'Ameria,
Horta, Polimartium et Blera, que Liutprand conquit à l'été de
l'année 739. Ces annexions lui semblaient probablement moins
propres à toucher le prince frank que la description des domma-
ges causés à l'apôtre Pierre et à son sanctuaire. L'interpolateur
du L. P. est seul à parler de l'expédition de Liutprand jusque sous
les murs de Rome, in campo Neronis. — Charles-Martel se borna
à des démonstrations de respect et d'intérêt ; les personnes qu'il
envoya en Italie durent lui rapporter que le pape s'était attiré lui-
même les désagréments dont il se plaignait, en intervenant sans
nécessité dans les querelles des princes lombards. Peu après, en
141, Charles-Martel et Grégoire III moururent et la politique ro-
maine subit une brusque évolution.
35. Wilcharium... in civilate Vegennà] Cet évoque, omis dans plu-
sieurs des catalogues épiscopaux de l'église de Vienne, est men-
tionné dans la Chronique d'Adon (Migne, P. £., t. CXX1I1, p.
121-123) comme ayant été contemporain de Charles- Martel. Témoin
de la sécularisation des biens d'église au profit des laïques franks,
il se retira au monastère d'Agaune dont la direction lui fut confiée.
Mais auparavant il passa par Rome où, d'après Adon, il se serait
rencontré avec le pape Etienne II : « Wilicarius relicta Viennensi
sede Romam primum abiit, ibique papae Stephano notus efûcitur ;
interiecto non multo tempore Agauni monasterium martyrum in
curam suscepit. » Je ne doute pas qu'Adon ne fasse allusion au
voyage où Wilchar reçut le pallium ; mais il aura confondu Gré-
goire III avec Etienne II, à moins qu'on ne prenne dans son texte
papa Stephanus pour le futur pape Etienne ; encore cela est-il peu
probable, car, sous Grégoire III, Etienne, qui n'était point encore
diacre, devait se trouver assez peu en vue dans le clergé de Rome.
— Wilchar vivait encore en 711. Les annales de Lorsch, à cette
année, lui donnent le titre à'archiepiscopus, corrigé dans la rédac-
tion dite d'Eginhard en celui d'episcopus Sedunensis. — Le pal-
lium romain, qui avait été accordé aux évoques d'Arles depuis
saint Césaire jusqu'à Florianus (613), fut refusé en 599 par saint
Grégoire le Grand à l'évêque de Vienne Didier {Greg. M. Ep. ix,
112; Jaffé, 1149). Grégoire se fondait sur ce que, en ce qui con-
cernait les évoques de Vienne, nulle trace d'une semblable conces-
cession n'était restée dans les archives du saint-siège.
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XGIII. ZACHARIAS (741-752).
XCIII.
206 I ZACHARIAS, natione Grecus, ex pâtre Polichronio, sedit ann. X mens. III dies XV. Vir ' mitissiraus atque
suavis, omnique bonitate ornatus, amator cleri et omni populi Romanorum, tardus ad irascendum et velox ad
miserendum, oulli raalum pro malo reddens, neque vindicta secundum meritum tribuens, sed pius ac mise-
ricors, a tempore ordinationis suae omnibus factus, etiam et his qui ante sui fuerunt persecutores bona pro
malis reddidit, eosque honoribus promovens simul et facultate ditavit. 5
207 H Hic invenit totam Italiam provinciam valde turbatam, simul et ducatum Romanum, persequente Liutprando
Langobardorum rege ex occasione 2 Trasimundi ducis Spolitini, qui in hac Romana urbe eodem rege perse-
quente refugium fecerat; et dum a praedecessore eius béate memoriae Gregorio papa atque ab Stephano quon-
dam patricio et duce 3 vel omni exercitu Romano praedictus Trasimundus redditus non fuisset, obsessione
facta pro eo, ab eodem rege abstulte sunt 4 a ducatu Romano civitates MI, id est Ameria, Ortas, Polimartium 10
III et Blera; et sic isdem rex ad suum palatium est reversus, per mensem augustum, indictione VII. Trasimundus vero
dux, habito consilio cum Romanis collectoque generaliter exercitu ducatus Romani, ingressi sunt per duas partes
in fines ducatus Spolitini. Qui continuo, timoré ductus, prae multitudine exercitus Romani, eodem Transimundo
se subdiderunt 5 Marsicani et Furconini atque Valvenses seu Pinnenses. Deinde ingressi 6 per Savinense terri-
208 torium venerunt in Reatinam civitatem. Qui continuo et ipsi se subdiderunt Reatini. Exinde pergentes ingressus 15
est Spoletio per mense decembrio, indictione 7 . Eratque magna turbatio inter Romanos et Langobardos, quoniam
IV Beneventani et Spolitini cum Romanis tenebant. Sed dum isdem Trasimundus, Spolitinus dux, noluit inplere
quae praedicto pontifici et patricio simul et Romanis promiserat pro recollegendas quattuor civitates qui pro eo
perierant et alia quae sponderat capitula, et praenominatus rex ad motionem contra ducatum Romanum se
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1 Polochronio A: Poly. C 3 — ann. -XV] C»om. numéros.— d. XIIIl
BC*E* — mitt. C 3 — 2 omniumque AC*G : que om. B* — bonita-
tem A : om. G 3 — oralus G 3 — clericorura AC* 2 G : clerum B* —
omnium ACi : -nis C*E — populo AB*Ci 2 G — Romani BC*E (-no
B*) — 3 miserandum B 2 56EG — malo B 3 : mallum C 3 — malum
B36 : mallo C 3 — nec AB5 - vindictam ABWEG — secum B —
merito B* — hac A : et B 3 * — 4 factis G 3 : fuit B* — suis A —
fuerant AC* 2 G — persecutiones E {corr.) — bonam A — 5 red-
dedit A — prom.] praebens B 6 — simulquc C*G — ditabit A
6 Aliam C 2 — provintiae B* — Romanorum AC*G : -nos C 2 —
persequentem AG : -ti B 34 — Liutprandio G 3 — 7 regem AB*G
— ex] et B5 — occass. A : occisione B 6 — Transim. B^C 3 —
duci B*«GEG : duce B 3 — Spolitani B««Ct : Spoletini E — in
om. C 3 * — hanc Ci : ac G 3 — ex eodem A : exode m C 1 — pro-
sequente A : persequenti B 34 — 8 praefugium A — depraeces-
sore C 3 — béate om. B 3 — Gregorii B 3 — papae B 2 — adque
C 3 — ab om. C 3 — 9 quoddam AC 12 : quod cet. : quondam
conieci — duci B* — vel om. A — Romane AC 1 — Trans. B56
— 10 rege AC 13 G : -gem B* : -gi cet. — abstult B« : abcatete E
(ablate C*e) — ad AB 3 C* — ducato B 3 6C 23 : -tum B*G — civitatis
B5 — Hortas B^C^EG — Polimartias B56 _ il Bledam A —
hisdem A — est] et B 23 * — VI B5 : XII C 2 — Trans. B'-C 3 — 12
abito B«C 2 E : avito C 3 — exercitus B* — Romano ducatus B 23 *
— 13 ducatu C 2 E — qui B^G : ubi A : cui cet. — per B« —
multitudinem exercitum B 6 — 14 Marsiani AB5 -— Furcoraini
B* : Forconini B5C* 2 EG (Fornicon. G) : -niani B c — Balbenses
AC* 2 G (-bansesC 2 ) : Balvenses E — Pinensis B* : Pinnenses B^ :
Prinenses E — Raviniense A : Ravenenso B 23 * : Suamvinense
B« : Savinensem G 3 — 15 territorio AC*G — se om. G 3 — Reat.
se subd. AC* 2 G — pertentes B* : pergens B 6 — ingressi sunt B 2
— 16 Spoletinum ACi (Spoli- C*) : Spolitium B56G : -tio B 23 * —
decemb. < praedicta > BG 23 E : (praedicte C 3 ) : < per > C»G
cf. adnot. 6, infra. — indictione : < VIII > ACi 2 G : <^ VII >
C* — quod A — M et Spolitini om. B* — Politini C 3 — dum]
cum B56 — 18 que C 3 — dictaB5 — pontifice B 23 * C 2 — Roma-
nus B» — recellendas B 6 : recolligendis E — civitatibus E —
quae B 6 E —19 alie W : aliis E — respond. B* : spop. C*E :
sponderant B^— praemonitus AC 12 G— monitionem AB 2 «C* 2 G—
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XGIII. ZAGHARIAS (741-752). 427
praepararet, in his praedictus béate memorie Gregorius papa divina vocatione ex hac luce subtractus est et
divino nutu praenominatus sanctissimus Zacharias in pontificatu est electus.
Cui omnipotens Dominus tantam contulit gratiam ut etiam pro salute populi Romani suam ponere animam 8
non dubitaret. Missa igitur legatione aput iamdictum regem Langobardorum salutaria illi praedicavit. Cuius v
5 sancti viri ammonitionibus inclinatus praenominatas MI quas a ducatu Romano abstulerat civitates reddere
promisit. Dumque motione facta 9 ad conprehendendum Trasimundum ducem Spoletio coniungeret, adhorta-
tione sancti viri exercitus Romanus in adiutorio praedicti régis egressi sunt. Et dum ipse Trasimundus suam
deceptionem conspiceret, egressus ab Spolitina civitate sese praedicto tradidit régi. Dumque isdem rex pro- VI 209
traheret dilationem ad reddendum iùxta suam promissionem iamfatas III I civitates, praenominatus pontifex, ut
10 vere pastor populi sibi a Deo crediti, spem ponens in Deum, egressus 10 ex hac Romana civitate cum sacerdo-
tibus et clero, perrexit fiducialiter et audacter ad ambulandum in loco Teramnensium urbis, ubi in finibus
Spolitinis ipse resedebat rex.
Qui dum in Ortanam M coniunxisset civitatem ipseque rex eius cognovisset adventum, misit Grimualdum
missum suum, qui ei obvius factus usque ad Narniensem perduxit civitatem. Ad cuius sancti viri inobviam iam VU
15 nominatus rex misit duces satrapas suos pluremque exercitum; et a Narniensium civitate 12 octavo fere miliario
ab eodem rege eum suscipientes VI feria die, perduxerunt ad basilicam beati Valentini episcopi et martyris sitam
in praedicta Teramnensium urbe ducatus Spolitini. Ante cuius fores- basilicae isdem rex cum reliquos optimates
et exercitu suo sanctum virum suscepit, factaque oratione, mutua salutatione sibi et persolventes, dum divinis
eum fuisset commonitus conloquiis inpensaque caritate, ab eadem ecclesia egressus in eius obsequium dimi-
20 dium fere miliarium perrexit. Et sic in suis tentoriis uterque eadem sexta feria die sunt morati.
Sabbato vero iterum convenientes, divina perfusus gratia, Deo placitis ammonitionibus eum est adlocutus,vni210
praedicans ei ab hostili motione et sanguinis effusione quiescere et ea quae pacis sunt semper sectare. Cuius
piis eloquiis flexus, in constantia sancti viri et ammonitione admiratus, omnia quaecumque ab eo petiit per
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1 praepararat B* — praedictis C*E — ac C 3 — 2 notu B 4 C 3 —
pontificatus AB^ : -tum C* 2 -tu C< : -to cet.
3 PeusB'E: om. C 3 — salutemC 3 --ponerctC 2 (corr.)--4 legatio-
nem B 3 5— aput AC 3 e: om. E— iamdicto B 4 — 5 iam monit. B 6 —
inclinatos B*— ad AC*— ducato B 234 Ci 2 — 6 monitione AB^CiEG
(corr. e) : motionem B 2, C 2 — faclam AB 2 — praeh. C l E — duce
AC* — Spolitino AB* - coniungeret B 5 : -re cet. — < et ex >
ad. B« : < et > ad. C 3 — 7 adortatio AB«C« 2 G : adoratio C 3 :
adoratione B 23 : adortatione B 6 E — adiulorium AB 2 5 6 G : -ria
B 3 — praedicto B 5 : pti A — egres A — dura om. B — 8 de-
ceptione B» — conspicere B* — ad AG : a B 2 C 12 — Spolitinam
civitatem A — se AC 12 — tradit C 3 — regem B 5 — cumque
hisdem A — 9 dilatione BC 3 — iamfactas B* : -ctam B5 —
10 populo A — ac C 3 — Romane B* — 11 ambulandum om. A—
in loco om.Ci 2 : territorium G— locum B 4 : om. A— Terr. AB 23 E:
-anensium AB 2 <5Ci 2 E — urbi A : om. B 23 * — 12 resid. C
13 Ornalam B'E : Ortonam B» : Hortanam Ci 2 — cibit. A {bis ) :
-ates B 4 — Grimualdum AB 4 C 3 E (-oldum B 4 ) : Grimo- cet. — 14
Marn. B* : Narin. B« — ad cuius om.C 3 — in obvia C 2 — 15 sa-
trapos B 3 : satropes B* — suus B 4 : suas C 2 — a om. A — Nar-
niensem B 5C — civitatem AB56G — 16 regem AB^G — die om.
R2C24 — et] ad AB 234 — 17 praedictam B« — Terracinensium E
— urbem AEG : orbem B« — ducatu AC 2 E — Spoletini E — flo-
res B 4 — bas.J scilicet A — idem A — reliquis B 234 E : -cos C 3 —
optimates et om. AC 1 — obtimatisBs : -tibus B 23 — 18 etom.
B 6 G — exercito C 3 — factamqueorationem C 1 — mutua] atque
B— <et> salut, e — sibi et] sibimet B— dum <de> B ç — 19
commonitosB 4 : -tis C 3 — que om. B"* 6 — egr. aeccl.E — eccle
siam B5— eiusdem B6— obsequio B 34 — 20 médium B 23 — milia-
rio AC 12 G— temporiis B* — utraque B 6 — fer. sex. E — dies B 8 E
21 perfusi sunt C 2 — gratiam B5 — placitus A — eum] eo-
rum B 4 — 22 ad B 3 — hostile BC* 2 — monitione B«C 2 EG — sec-
tari B 2 5E : secitare C 3 — 23 flexis B* — constantiam... -nem A
— per om. B 234 —
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428 XCI1I. ZAGHARIAS (741-752).
gratia Spiritus sancti obtinuit, et praedictas II II civitates quas ipse ante biennium per obsessione facta pro prae-
dicto Trasimundo duce Spolitino abstulerat, eidem sancto cum eorum habitatoribus redonavit viro. Quas et per
IX donationem 13 firmavil in oratorio Salvatoris sito intro ecclesia beati Pétri in eius nomine aedifîcato. Nam et 14
Savinense patrimonium, qui per annos prope XXX fuerat abstultum, atque Narniensem etiam et Ausimanum,
atque Anconitanum necnon et Huraanatem, et vallem 15 qui vocatur Magna, sitam in territorïo Sutrino, per 5
donationis titulo ipso beato Petro apostolorum principi reconcessit; et pacem cum ducato Romano ipse rex in
viginti confîrmavit annos. Sed et cap ti vos omnes quos detenebat ex diversis provinciis Romanorum, missis litteris
suis tam in Tusciam suam quamque trans Pado, una cum Ravinianos cap ti vos, Leonem, Sergium t6 , Victorem
et Agnellum consules, praedicto beatissimo redonavit pontifîci.
211 X In praedicta vero basilica beati Valentini, per eiusdem régis petitionem, in locum Cosinensis t7 antestitis qui 10
transierat, alium ordinavit episcopum. In cuius consecratione dum adesset ipse rex cum suis iudicibus, conpunc-
tione inspirationis divine, dum tante orationis dulcedine ab eo prolata, sanctumque virum conspicerent fundere
preces, plures ex eisdem Langobardis in lacrimis sunt permoti. Eodem vero die dominico post peracta missarum
solemnia ad prandium eundem regem ad apostolicam benedictionem suscipiendam ipse beatissimus pontifex
invita vit. Ubicum tanta suavitate esum sumpsit et hilaritate cordis, ut diceret ipse rex 18 tantum se numquam 15
meminisse commessurum.
XI Alio vero die quae fuit secunda feria, valefaciens ei ipse rex misit in eius obsequium Agiprandum 19 ducem Clu-
sinum, nepotem suum, seu Tacipertum gastaldium in eius obsequium, et Ramningum gastaldium Tuscanensem 20
atque Grimualdo, qui eidem sancto viro usque ad praedictas civitates obsequium facerent, easdemque civitates
212 cum suis habitatoribus traderent. Quod et factum est : in primis Amerinam civitatem, deinde Ortanam. Dumque 20
in Polimartio Castro coniunxisset eumque recepisset et fuisset itineris longitudo per circuitum finium reipublicae
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1 gratiam AB 6 E — spiritu A — sanctus C 2 — obten. A — ci-
vitatis B3 — quos C 3 — obsessionem AB^ciE — factam B 23 5C*E
— pro om. B56 — 2 duci B (et duce B*) — sancto <viro> B<>
— vero B 4 : om.B 6 G — 3 donationes firmabit A — intra B 2 ' —
ecclesiam B 23 5Ci — Pétri < apostoli > E— edif. C 3 — 4 Sab.
C 3 : Savinensem BE — patrimonio AC 12 G — quae B« : quod E
— annis B 5 — ablatum C 4 E — Narv. B' 5 : Narniense E — Au-
sinum E (corr.) — 5 Uncon. B 234 : om. AC 1 — et om. B* — Bu-
manatem B* : Humanatum B 5 : HumanitatemC 3 — que AB«EG
— quivocatur Ci — invocatur C 3 — raagnam AB 4 E — territo-
rium A — 6 donationes B 3 «C 2 G — titulum B 2 E — ipsi E — pr.
ap. B' 6 — principe AB — pace E — ducatu B^E — 7 viginti]
decimo A : XC* : XG G — annis E — quas B 3 « — detin. AC 2 :
tenebatB 234 : detenuerat B> 6 — 8 TussiciamC 3 — quamquani
B« : < in > C»G — Padum B 23 : Pato B' — Ravennatibus capti-
vis E — Ravennianos B* — 9 Àggellum B«« (Agel. B3) : An-
gelum B«— consulis B5 — predicto-inom. B 4 — sanctissimo B 6
10 régi A — Cosinensis AC* 2 (Cus. C 2 ) : Consensis B : Consi.
nensis C 34 G (-sius G) : Consignensis E — antestites B* — 11 con-
segr. C 3 : -onem B6 — adesset] autem et B& — 12 conpunctio-
nes B6 — inspar. G 3 : -one B 6 — dulcedinem B'^ : divine B*
— hab A — prolato B 23 * : -tam B^ — conspiceret B 6 — 13
< pluras > pi. G 1 G (plaras G) — eidem A — praemoti B 4 —
voro C 3 : tempore B 4 — peractam B 3 — 14 solempn. C 3 — ad
om. B 234c — 15 invitabit A — suab. A — aesum A : eum B« —
sumsit A — hilaritatem AB — 16 commesum B 23 (-isum B 3 ) :
commissurum B 5
17 alia AB 3 E — qui B* : que C 3 — eij et Bî« — eiusl eis Ci —
in-gastaldium om. G — Agib. B^'C 1 : -dium B^ — duce E —
18 seu om. B 4 : < et > B5 — Teucip. B 4 : Agiperto B*: Taci-
perto C 2 : Tacipestu C 3 — castaldum B : castaldium E : gastaldio
C 3 — in-gastaldium om. AC 1 — Ramningo B- 34 : -nongo B* :
Ramingum C 23 EG — cast. BE — Tuscon. B 2 : Tucan. B* —
19 Grirno- BGi : -aldum B 23 <5C 3 E— fecerunl B r >— easdern AB*5 :
eiusdemque B» — 20 Amar. B5— Ost. A : Hort. B3G 3 E: -tana B 23 *
— eumque B**»— 21 coniunexisset A — recip. AB 4 : precip. B 56 --
et fuisset om. G — circuitu B 4 — finivit C 2 (corr.) — rep. C 3 —
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XCIII. ZACHARIAS (741-752). 429
eundi usque ad Bleranam civitatem per partes Sutrinae civitatis, per fines Langobardorum Tusciae, quia de
propinquo erat, id est 21 per Castro Bitervo, ipse missus régis Grimualdus eundem beatissiraum pontificem per-
duxit usque ad praedictam Bleranam civitatem. Quam et ipsi sancto viro praenominatus Ramingo gastaldius et
iamdictus Grimoaldus missus contradiderunt. Et sic regressus est, Deo propitio, cum victoriae palma in hac urbe
3 Roma. Qui etiam omnem populum adgregans, eos est adlocutus ut ad persolvendas omnipotenti Deo gratiarum
actionem ab ecclesia sancte Dei genetricis qui vocatur ad Martyres egressi omnes cum letania generaliter prope-
rarent ad beatum Petrum, principem apostolorum. Et ita factum est.
His autem expletis X a indictione, 2 - in subsequenti XI a indictione, dum nimio opprimeret praedictus rex pro-XII213
vinciam Ravennantium, fuissetque praeparatus ad motionem faciendi et obsedendi Ravennantium urbem, cognita
10 motionem eiusdem régis, Eutychius excellentissimus patricius et exarchus una cum Iohanne archiepiscopo 23
ecclesiae Ravennatis atque universum populum praedicte civitatis et utrarumque Pentapolim et Emilie, facta in
scriptis obsecrationem, praedicto sancto miseront viro, petentes ut pro eorum curreret liberatione. Qui sanctus
vir missa legatione et munera ad obsecrandum eundem regem per Benedictum episcopum 24 et vicedominum
atque Ambrosium primicerium notariorum, petiit ut a monitione cessaret et Cesinatem Ravinianis redderet cas-
15 trum. Sed passusnon est.
Cuius dum duram perse verantiam conspiceret iam nominatus sanctissimus vir, tropeo fidei monitus, relicta 25
Romana urbe iamdicto Stephano patricio et duci ad gubernandum, non sicut mercennarius, sed sicut vere pastor,
relictis ovibus, ad ea quae periturae erant redimendas cucurrit *. Ad cuius obviam occurrit denominatus excel-
* Quo egresso 2 « in itinere, dum se orationibus commendaret beato apostolorum principi Petro cum suis sacerdotibus et clero XIII
20 cumviatoribus, nutu omnipotentis Dei, ut non calore arerentur, per diem usque ad locum ubi tentoria figebant, nubes eos tege-
bat, qui et ad vesperum resedebat; alio autem die in eorum protectione erat divinitus instituta.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 eundem B« — Pleram nam AC* : Blera B5 : Bleram B« —
civilates A — Sutrine C — civitates B 4 — qui ad prop. B 3 —
2 pingo B« — castra AG 1 : -trum B 2 E — Bitervum B 2 : Viterbo
B« : Vitervo EG (-vum e) — rege B 34 : -gi B* : rei B« — Gri-
mualdus AB 2 : -dum B 3 C 3 E : -do B«fiC 2 — 3 preduxit Ci —
ipse AB3«ci2G ~ sancti B* — Ramn. B : -ingo AB^C'E : -iDgus
cet. — cast. B : -dium E — A iam pred ictus B5 : om. B* —
Grimu- AE — missi B 2 : -sos B* — tradid. B 23 : contra tende-
runt B« — propicio C 3 — palm. vict. B 2 — palme B 3 5C — ac
C 3 : om. C 24 — hanc urbem Romam C 4 E — 5 omni populo B 3 *
— eos est om. B 2 — allocutus est B 2 — ad om. B 6 — 6 actio-
nes B 2 « : -ne B«C 23 E — abj in B 2 : ad B 3 — ecclesiam AB 23 —
sancte om. E — quae B 23 E — letanias B* — 7 properent B«6
— Petrum om. E.
8 Hisdetn B 2 — décerna C 3 — ind. X B 8 — in om. B — sups.
A: -ente BC 2 — nimium B 2 * — obprem. B 3 « : < et > B« —
9 provintia B« — Reven. C 3 — Rav.-obsidendi om. G — quae
C 3 : qui B« — monitionem AB«C 12 E (corr. b5) — faciendam et
obsedendam B 2 — obsid. E : obsedenti C 3 — Raventium C 3 —
urbe C 2 — cognitam AB — 10 monit. AB«6Ci 2 EG : -ne Ci 3 E —
Euthycius A — lohanni B5 — 11 ecclesia C 3 — Emel. ABSC 2 :
-lio AG 12 G — factam B 2 — 12 observationem E — viro om. B 6
— potentes B 4 — occur. B 234 : -re B 3 : -rit B 4 : -rent B* : cureret
C 3 — - sanctis AC 1 — 13 viri A — legione B* : legationem B* :
ligatione C 3 — mun.] missa B 4 — eum B 234 — 14 atque om. B5
— Ambrosius B 6 — notarium B 6 — ammottone B5 : ammoni-
tione B6E — motione B 234 — Cess. B : -tim B 234 C 2 : Cesinitatem
C 3 — Rave. B — 15 Castro C 2 —
16 dura AG — tropheo B 24 «C 1 EG — mun. C*E : -tis B5 — 17
iamdicta B 4 — duce B 234 — mercenarius B 3 C 3 — verus B 26 C 24
— 18 omnibus E — eas B^ 2 — per. erant] perierant B 234 :
periit B 8 — perituri AB5C 1 : -ra G — erant om. B* — redimen-
dum B 8 — cocurritC 3 : occ. E — • Quo egresso-instituta ACE 14 «G
(19 apost. principi om. A — apostolo C* — dum C 3 — clerus CG —
20 notu CG — die AG — nubes-resedebat om. C 4 — eorum AC* —
21 resid. C 3 — aUo-instituta om. G) — ovia C 3 — nominatus B« —
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430 XCIII. ZACHARIAS (741-752).
lentissimus exarchus usque ad basilicam 27 beati Christofori, positam in loco qui vocatur ad Àquila, quinqua-
gesimo fere miliario a Ravennantium urbe \ Egressis autem de civitate Raviniani, viri atque mulieres diversi
sexus, aetatis, agentes gratias omnipotenti Deo, profusis lacrimis eundem sanctum susceperunt pontificem, cla-
mantes atque dicentes : « Bene venit pastor noster qui suas reliquid oves et ad nos quae periture sumus liberando
» occurrit. » 5
244 XIV Ex eadem namque Ravennantium urbem misit ad praenominatum regem Stephanum 2S presbiterum et Ambro-
sium primicerium, adnuntians ei suum adventum. Qui viri ingressi in finibus Langobardorum, in civitate 29 qui
vocatur Imulas, cognuscentes quod praepeditio meditabatur ad fîendum praedicto sancto viro, ne illuc ambularet,
per epistula scripta per noctis silentio nuntiaverunt. Quo cognito, iam nominatus pontifex, lucescente die sab-
bato, non mortis timoré perteiritus sed Christi fretus auxilio, audacter egressus a Ravennantium urbe, in finibus io
Langobardorum ingressus, sequipes factus est suis missis. Quos quidem praecedentes ante eum iamdictus rex
dolore perpulsus suscipere noluit. Ipse vero summus pontifex XXVIII die mensis iunii ad Padum coniunxit;
ubi ad suscipiendum eum ipse rex suos misit optimates. Cum quibus Ticino coniungens ubi ipse residebat rex,
foris muros eiusdem civitatis pertransiens, ad 30 horam orationis nonam pro vigiliarum beati apostolorum prin-
cipis Pétri celebranda solemnia missarum, in basilica eius 31 qui vocatur ad Caelum aureum perrexit. Et post 15
suppleta libatione 32 in eadem urbe ingressus moratus est.
216 XV Alio quoque die, pro natale celebrandum ipsius principis apostolorum, in praedicta ecclesia a praenominato
rege invitatus missarum solemnia celebravit. Ibique mutuo invicem salutantes pariter susciperunt cives et sic in
praenominata civitate regressi sunt. Quem sanctum virum alio die isdem rex per optimates suos ad suum palatium
procedere invitavit. Et ab eodem rege nimis honorifice susceptus, salutaribus monitis eum adlocutus est, obse- îo
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4*:
* Ipsa vero nubcsetcum eis usque ad basilicam beati A'pollinarii in Ravennantium urbe tegendo conviavit. Et exinde factum
est signum ut sanctum pontificem quo crat iturus in Ticinensium urbe acies igneae in nubibus praecederent.
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 Clirystoforis A : Cristoforo B* — ad locum B 6 — Aquillam BE
— 2 ad Raventium C 3 — urbem B«— * Ipsa vero-praecederent
ACE»* ; G (21 eis] eius AG 1 — sanctiE— Apollenari AG: Apollona-
rii C 3 : Apollinaris E — Raventium G 1 — et om. E — 22 est om.
AG* — ut] et G 3 — urbem E — ignée C 3 : ignea E) — egressis
AC* 3 : -sus B 3C : -si cet. — civ.] Ravenna AB« — Raven. G 3 —
et A : ac E — diversis A — 3 aetates B 1 — gratia A — perfusus
B 6 — sanctum om. B*— suscip. B 46 C 12 — A et B 234 —bene] venit
B (veni B 6 ) — veni B 6 — suos A: suisC 3 — relinquid B6 — qui
R4G _ perituri B 3l56 C*E — per. sum.] perituri eramus a 1 super
rasuram — liberandum B 2 : -dos B* : -das E — 5 occurret B*»
6 exodem B* — urbe B 23 G 2 — Stef. A — 7 <et > adn. B : qui
nuntiarentC* : quiadnunliarentE — in om. B 2 G 2 — civitatemC 12
— quae B 26 EG — 8 Imula A : Himolas B5 : Imolas B^ : Himulas
E — cognus. AG 3 — quod praepeditione vetabatur G*e (quod
< de > E) — praepeditionem ditabat AB 2 (dict. B 2 ) : praepe-
ditionem ditabatur B 3 * (prope- B 4 ) : praepeditione ditabatur
4TCG (det. B*) — faciendum AC» 2 G : finiendum B* — illic B56
— perambularet C 3 — 9 epistolam scriptam B — noctes B 35
— syl. C 3 : -tium AB 2 Ci*G — qui W — cognitus A— monitus B*
— luciscente AB 23 C 2 : lucis tenente B*— 10 fretus] feretur B« —
audactor B* — egressus om. AG* — ad AC 3 : om. BG — urbem
B5 — 11 missis om. G 3 — quod B 6 — 12 perculsus B 234 C 4 : per-
fusus B5 — Pado B r » — 13 < et > ad BC^E — ad] a B* : om. C 3
— obt. C 3 — Ticinio AG* : Vicinio B> — resed. B — 14 fores
B 6 — dem civ. pertransiens om. G 3 — oram A : om. BC 23 — no-
nae BG 23 — per B-C 2 G — viliarum C 3 — apost. princ. om. A —
apost. om. B 6 — 15 Pétri pr. ap. B 2C — principes B"> — soll. B 6 Ci
[bis) : -pnia C 3 {bis) — basilice B* — Celum AB 34 — 16 subp.
B^c c 2 E : comp. B 2 — eandem C 23 — urbem B56G 2 E — ing.
urb. B 2
17 alia A — natali -do E — 18 <se> inv. AC 1 — partem B«
suscep. BCE— cibum b5B 6 : -bos E — 19 praenominatam -tem
E — egressi B — qui B* — 20 procerc W> — et om. B— regem
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XGIII. ZAGHARIAS (741-752).
431
crans ne amplius Ravennantium provinciam opprimeret per facta motione, sed magis et abstultis Ravennantium
urbis redonaret finibus, simul et castrum Cesinate. Qui praedictus rex post multa duritia inclinatus est fines 3S 216
Ravennantium urbis dilatare, sicut primitus detinebant, etduas partes territorii castri Gesinae ad partem reipublice
restituit; tertiam vero partem de eundem castrum sub optentu retenuit per inito constituto, ut usque ad kal.
5 iun. 34 eius missi a regia reverterentur urbe, eundem castrum et tertiam partem, quem pro pignons causam deti-
nebat, parti reipublicae restituerez Post hec autem his ipse rex egressus de loco in locum usque ad Padum eidem XVI
sancto viro conviatus deduxit; in quo loco valefaciens cum digna ordinatione eum reppedandum absolvit, dans
in obsequium eius duces et primatos suos, sed et alios viros qui sepedicta Ravennantium territoria et Cesinate
redderet. Et ita factum est. Operatus est autem Deus mirabiliter et Ravennantium atque Pentapolensium populus 217
*o ab oppressione et calamitate qua detinebantur liberavit; et saturati sunt in frumento et vino.
Regressus autem in urbe Romana cum omnibus qui secum erant, gratias agentes Deo, denuo 36 natale beatorum XVH
principum apostolorum Pétri ac Pauli cum omni populo celebravit, et seso in orationibus dédit, petens ab omni-
potenti Deo misericordiam et consolationem fieri populo Ravennantium et Romano ab insidiatore et persecutore
illo Liutprando rege. Cuius preces 36 non dispiciens divina clementia eundem regera ante constitutum de hac
\o subtraxit luce. Et quievit omnis persecutio, factumque est gaudium non solum Romanis et Ravennianis, sed etiam
et genti Langobardorum ; quoniam et Hilprandum 37 nepotem suum quem ipse reliquerat, regem malivolum,
proiecto de regno, Ratchisum qui fuerat dux sibi Langobardi elegerunt in regem. Ad quem missa relatione ipse
beatissimus pontifex continuo ob reverentiam principis apostolorum et ejus precibus inclinatus, in XX annorum
spatium inita pace, universus Italiae quievit populus.
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 provinciam -Ravennantium om. C* — provintiam C 3 —
obprim. C 3 : obprem. B« : -rit B 3 — < et > perf. B«
— factam C 2 : fecta C 3 E — monitione B^ : monitionem
CSG — et om. B— ablatos E — 2 Cessinatum B 3 : -tem B 2 «C 2 G :
-nane E (corr.) — multam duritiam BE — finis B* 6 — 3 ur-
bes CEG — dilataret A : delatere B« — sicut < in > B* 3 * —
detinebat BS3i6 __ cas tra B* — Caes. C« : -ne C 3 G : -ni BC 2 —
4 restuit CJ — veram C 2 — eodem B 2 E — Castro B 23 E : -ram
B 6 — retin. B5CC 23 E — enitu B 2 : iniquo B 6 — ut usque] utris-
que B 2 ^: utriusque B*« — 5 calandas iunias B* — reverterent
AB5« : -ter B 3 : -tent B' : -si sunt B 2 — urbem B« — castro-
rum B 5 — quam B 2 : quae B«C 2 G — pigneris B«C 3 — causa
AE — 6 deten. B"> 6 : -bant B56C 12 — parti reip. restitueret
om. B — partem ACi 2 G — is E : om. B 23 — in loco B 2 «C 3 E :
or». B> — Padum] partem B* — 7 eundem sanctum virura B 2
— cumv. B 23 » : -tos AC' 2 G : commeatus B^ — reped. E : repe-
dum B<5: repetandum AB 23 C* 2 G (-tendum B 2 )— 8 primatus B 2 56C 2
— set A — repedicta C 3 : sepedictam ' AC< 8 G — Ravennantia
B* — Casinato C 3 — 9 redderent B 23 — et] e C 3 — operatus
est om. B — Deus autem B (aut B*)— populum B 2 : -lis B*: -li
G — 10 ad B*C 2 G — pressione B* — que B 3 — detinebatur B 2
— in om. B56 — < et oleo > etC»G — et om. A — vinum < et
oleo > A
11 urbem Romanam C 2 E — cum] qui A — denuo < taie >
B 2 — beatorum. principum om. AC* 2 G — 12 < principum >
Pétri C* : < principum beatorum > Pétri C 2 G — ac] et ABGC 1 :
om. C 2 — Pauli] apostoli C 2 — cel. c. o. pop. B — et sese-po-
pulo om. B — 13 omnipotente C 2 — misericordia C*G — 14 hu-
ius AC 2 G— desp. B*E — ac C 3 — 15 subtractus est B 23 * — lucem
AB*G — quievit] qui eum C 2 —est om. B 3 *— <eius> gaudium
B234__<^ se d> et ACt 2 G (set A et ita saepe—et] etiam G)— Ra-
vinianis A : Ravenianis C 23 : -nnantibus E — 16 et om. B 6 E
— quoniam] quod A — Ilprandum AC 3 : Hildeb. B* : Hildib.
C 2 : Ildep. E — relinquerat B« — malivotum AC 1 — 17 proiec-
tum AB 5 — Ratgisum B 3 * : Ratgis B 6 : Rachisum E — Lang.
sibi A — Langobardo C 3 — elig. B 6 — in om. A — regnum C 3
— ad quem AB6C 2 EG (at E) : atque B 23 C» : adque B«C 3 — misa
C 3 — 18 reverentia B*C 23 E — principes B« — in] a AC«G —
19 spatia B 2 : om. G — uni versos B— Italie C 3 — quievit] spa-
tium C 3 , sed punctis notatum
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432 XGIII. ZACHARIAS (741-752).
218 XVIII Hic 38 in Lateranense patriarchio ante basilicam béate memorie Theodori papae a novo fecit triclinium quem
diversis marmorum et vitro metallis atque musibo et pictura ornavit; sed et sacris imaginibus tam oratorium
beati Silvestri quamque et porticum decoravit; ubi etiam et suam substantiam oranem per manus Ambrosii
primicerii notariorum introduci mandavit. Fecit autem a fundamentis ante scrinium Lateranensem porticum
atque turrem ubi et portas ereas atque cancellos instituit et per fîguram Salvatoris ante fores ornavit; et per 5
ascendentes scalas in superioribus super eandem turrem triclinium et cancellos aereos construit, ubi et orbis
terrarum descriptione depinxit atque diversis versiculis ornavit. Et omnem patriarchium paene a novo restau-
ravit : in magnam enim penuriam eundem locum invenerat.
XIX Hic in ecclesia 39 sanctorum principum apostolorum Pétri et Pauli pendentia vêla inter columnas ex palleis
siricis fecit. Hic in ecclesia praedicti principis apostolorum omnes codices domui suae proprios qui in circulo anni 10
leguntur ad matutinos armarium opère ordinavit. Hic 40 domum cultam Lauretum noviter ordinavit, adiciens ei et
219 massam Fontiianam, qui cognominatur Paunaria. Hic XX auri libras pro emendô oleo annue ut de lucro eorum
in luminariis apostolicis proficiat instituit, et constitutum 41 sub anathematis vinculo obligavit. Hic fecit vestem
super al tare beati Pétri ex auro textam, habens nativitatem domini Dei et Salvatoris nostri Iesu Ghristi , orna-
vitque eam ex gemmis preciosis, simulque et vêla sirica alithina II II, quas et ornavit in rôtis et ornamentis 15
variis aurotextis. Item fecit coronam de argento purissimo cum delfinos ex proprio suo, pens. lib. CXX.
XX Hic 42 beatissimus vir, iuxta ritum ecclesiasticum, fidei suae sponsionis orthodoxam ecclesie misit Constanti-
nopolitanae synodicam, simulque et aliam suggestionem dirigens serenissimo Constantino principi. Et pergen-
tibus apostolicae sedis responsalibus regiam urbem, invenerunt intro palatium regiae potestatis invasorem quen-
dam et rebellem, Artaustum 43 nomine. Dum enim isdem imperator ad dimicandum Agarenorum properasset 20
gentem, ilico praelatus Arlaustus, datis populo qui regia remanserunt urbem praemiis, imperialem arripuit
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Lalcrancnsis AC* : -si B5C 2 : Lataeranse C 3 — basilica AC 12
— Theodoro pape C 3 — tricJinio B 34 (trec. B 4 ) — quam B 6 :
quod in E (in dei. e) : quod C 4 — 2 marmoribus B" 5 — utro B 4 :
vilrum B5« — musivo B 4 C 2 E — tam < in> AB 234 C 2 _ oratorio
B234Qt — 3om. sub. su. E — 4 schriniura C 12 : sorium B6 —
— Laleranensium B 6 — 5 foris C 3 — 6 ascendente B 234 Ci :
-tem C 2 — super] per B 5 — eadem B«C 3 — trecl. B$ — ereos C 3 —
et turbes t. disscriptionem B 6 — 7 dise. C 3 : -nem E — pinxit A
— ad quae B 4 — omne B5 6 E — patriarcium A: -chio B 6 — pêne
C 3 — a om. C 3 — 8 magnam A: -na cet. — paen. A : -ri a BC 2 G
9 aeccl. A et ita saepe — sanctorum om. E — ap. pr. E —
principis B 6 — vêle B* — columbas B* — paleis B« — 10 si-
ricis om. B 4 — ecclesiam C 3 : al B 6 — praed. -apost.] ipsius
sancti Pétri A — principes B' — domus B'SEG (corr. e) —
proprius B 5 — anni cire. B 6 — 11 armario A — ornavit B56
— Hic -ordinavit om. C 3 — domo B 214 C 2 — occultam B 5 — Lau-
rentium B S56 : Laureatum G — ornavit B56 — ei om. E — 12 Fon-
liana a : Fortem ianum B 23 * (Fon. B*) : Fontiianam B^CŒ :
Fontiianam B 6 : Fontianam C 2 *G : Pontiianam C 3 — cogn.] vo-
catur A — Pavonaria G 3 : Pannaria G — aure B 3 » — libra-
rum E — emendi C 3 — 13 apostolorum proficeret B* — Hic
fecit] Fecit et A — vestes A — 14 altarera &* — béate
B* : < apostolorum principis > B«6CG (p. ap. C*G) — Pé-
tri < apostoli > B 23 — textaA — habens -pretiosis] et gem-
mis ornât A — habentem E — et Dei C 2 — Dei -Christi om.
C* — 15 ea BC* — que om. B 6 — quas -item om. A — quae
E — et om. B 2 * — roteis B 3 * : troteg///s B5 — 16 dalf. Ci :
-nis B 23 «E — XX B«
17 sponsione B 6 — orthodoxae B — misit < in > B 23 —
18 Constantinopolitani B 234 :-te B* :-polim B* — alia B 23 *— subg.
AB 4 :-one B G G 4 — serenissimo om. B* 3 * — principe B 4 :-pis Ci
— 19 apostolicam B 46 :-cas B 5 :-ceC 3 — palatio B 4 — régie C 3 —
invaserunt B'* — 20 rebellam B 3 — Artausttum C 3 : Artavastum
B (-nastum B*) — a C 3 — dimig. B* — Ager. AC 1 : Acar. C 3 :
r-rinorum B 234 :-renurum C 2 — 21 illic B : illico C 1 — Artava-
stus B : om. A — datus B 5 — populo om. E {suppl.) — regiam
B2«6 — remanserant B*G :-rat B« — urbe B 3 C 2 EG — praem.]
promisit B 3 — impériale B 4 —
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XGIII. ZAGHARIAS (741-752). 433
solium. Et postmodum adgregans Orientalium exercituum u multitudinem, antelatus Constantinus prînceps
pergensque Constantinopolim, eandem viriliter expugnans atque extrinsecus circumvallans conprehendit civî-
tatem, et pristinum regni sui adeptus est fastigium, statimque iamfati Artausti eiusque filiorum eruit oculos et 220
plures ex suis rebellibus exules a propriis fecit habitaculis. Post hec vero requirens missum apostolicae sedis
5 qui ibidem in temporis perturbatione contigerat advenisse, eumque reppertum, ad sedem absolvit apostolicam.
Et iuxta quod beatissimus pontifex postulaverat, donationem in scriptis 4S de duabus massis quae Nimphas et
Normias appellantur, iuris existentes publici, eidem sanctissimo ac beatissimo papae sanctaeque Romanae ecclesiae
iure perpetuo direxit possidendas.
Huius temporibus 46 Carolomannus, filius Caroli Francorum régis, praesentis vite relinquens gloriam atque XXI 221
10 potestatem terrenam, ad beatum Petrum apostolorum principem devotus cum aliquantis suis advenit fidelibus,
seseque eidem Dei contulit apostolo atque in spiritali babitu fore spondens permansurum, clericatus iugum ab
eodem sanctissimo suscepit pontifice *. Et post aliquantum temporis ad beati Benedicti quod Aquinensium fini-
bus 47 situm est profectus est monasterium, in quo et suam finiri vitam iure professus est iurando.
Porro eodem in tempore contigit plures Veneticorum hanc Romanam advenisse in urbem negotiatores ; et mer- XXII 22?
15 cimonii nundinas propagantes, multitudinem mancipiorum, virilis scilicet etfeminini generis, emere visi sunt;
quos et in Africam ad paganam gentem 48 nitebantur deducere. Quo cognito, isdem sanctissimus pater fieri pro-
hibuit, hociudicans quod iustum non esset ut Christi abluti baptismo paganis gentibus deservirent; datoque eisdem
Veneticis pretio quod in eorum emptione se dédisse probati sunt, cunctos a iugo servitutis redemit atque more
liberorum degendos absolvit.
20 Ipsis itaque temporibus 49 Ratcbis Langobardorum rex ad capiendam civitatem Perusinam, sicut cetera Penta- XXIII 223
poleos oppida, vehementi profectus est cum indignatione ; quam et circumdans fortiter expugnabat. Hoc audiens
* Et ioler alia multa dona obtulit beato Petro apostolo, ante confessionem, arcum argenteum maiorem, pens. lib. LXX.
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 agg. G 3 — origentalium G 3 — exercituum C 23 : -tus G :
-tum cet. — principes AC* : rex B 4 — 2 eadem B 6 — circum
vellans B 3 « — 3 prest. A — iamfacti B5G — Artavasti B :
Artbatausti C 2 — terruit B 6 — et] ut C 3 — 4 pluris ACi —
revel. A — exulens B i5 : exsuie B 5 — abit. A — vero om. E
— missum om. AC 1 — apostolice C 3 — 5 in om. BG 2 E —
temporibus B 236 : < cum > B 24 * — perturbations AB 6 G :
-tio B 2 C* — contingebat B 4 : -tingerat B 6 — advenisset B —
eumque B 6 — a E — absolvet B* — apostolica G 2 — 6 bea-
tissimus om. B 4 — dominationis B 6 — mansis B»6 — Nym. C 3 :
-fas B 2 G- :-flas B 3 : Nrïfas B*: Nenisphas G — 7Marmias B 3 —
exs. C 3 :-tis B^E — publicis A :-ce B™ — idem BC 1 {om. B«) —
sanctissimus C 2 — ac beatissimo om. G 3 — pape C 3 — que om.
E — Romane ecclesie C 3
9 Karol. AC 2 : Cari. B : Carol. Ci : Carul. G 3 E — Karoli AE •'
Liber pontificàlis.
Caruli C 3 — reliquit B6 — gloria B 6 — atque om. B 6 — il idem
B5 — spiritali//// se hab. B* — < se > perm. B 4 — clericatos
vicum A— 12 et inter-LXXBD (dona] bona B«) — funibus C 3 —
13 perfectus est E : ivit C 4 : om. G 3 — finire B (-ret B«) — iu-
rando om. B 4
14 Ben. C 23 (Bened. G 3 ) : Venit. B 3 * — hac B56 — in om. E
(suppl.) — urbe A — 15 virilis C 3 : viri AB 36 C 12 G : virili cet. —
silicet B5 — feminei B 6 : femiui CG — 16 quos et] quod B 234 —
nitib. B 3 — diduc. C 23 — hisdem C — sanctus A — 17 proi-
buit AC 3 — hec A — baptismum B 5 — pagaui B 6 — genti-
bus om. B 2 — eidem B^ 3 — 18 Ben. C 3 : Venetiis B— pcio
C 3 :-cium B56 : -tium E — emtione A : emptionis B 234 — se om.
B2346 __ ad iugum B«— redimit AC*G — 19 degendo B«
20 < in > ipsis C 3 — Ratchisus B 4 : Ratgis B» — ceteras A —
21 Pentapoleus B 6 — dignatione B* — et om. B 6 —
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434 XCIII. ZAGHARIAS (741-752).
sanctissimus papa, continuo spe divina fretus, assumptis aliquantis ex suo clero optimatibus, quantotius adeandem
perrexit civitatem; impensisque eidem régi plurimis muneribus atque oppido eum deprecans, opitulante Domino,
ab obsessione ipsius civitatis eum amovit. Cui et salutifera praedicans, Deo auctore, valuit animum eius spiritali
studio inclinare. Et post aliquantos dies 50 isdem Ratchis rex,relinquens regalem dignitatem, dévote eum uxore et
filiis ad beati Pétri principis apostolorum coniunxit limina, acceptaque a praelato sanctissimo papa oratione cleri- 5
cusque effectus, monachico indutus est habitu eum uxore et filiis.
224 XXIV Huiusdemque temporibus magnum thesaurum dominus Deus noster in hac Romana urbe per eundem almificum
pontificem propalare dignatus est. In venerabile itaque patriarchio sacratissimum beati Georgii martyris hisdem
sanctissimus papa in capsa reconditum repperit caput; in qua et pittacium pariter invenit, litteris exaratum grecis,
ipsud esse significantes. Qui sanctissimus papa omnino satisfactus, ilico adgregato huius Romane urbis populo, 10
eum hymnis et canticis spiritalibus in venerabili diaconia 5I eius nomini, sitam in hac Romana civitate, regione
secunda, ad Vélum aureum, illud deduci fecit, ubi immensa miracula et bénéficia omnipotens Deus ad laudem
nominis sui per eundem sacratissimum martyrem operare dignatur.
XXV Huius temporibus defunctus Theodorus maior filius Megisti cata Xanthi, ob veniam suorum delictorum, prae-
dium quod ex hereditate fruebatur paterna, situm quinto ab hac Romana urbe miliario, via Tiburtina, in quo et 15
oratorium sanctae Cecilie esse dinoscitur, beato Petro dereliquid. Quod ipse beatissimus papa magne construc-
tionis fabricis atque picturis decoravit; ampliavitque in eo fines ex omni parte; data enim digna reconpensatione
his qui in vicino eiusdem loci possessiones tenere videbantur, nemini vim inferens, sed magis, ut condecet patri,
cuncta secus eundem locum arnica pactione émit, praedia et domum cultam beato Petro eundem locum iure per-
petuo statuit permanendum; quae et domus culta 52 sanctae Gaeciliae usque in hodiernum diem vocatur. Cons- 20
truxit quippe in ea et oratorium sancti abba Cyri ubi et multas sanctorum condidit reliquias. Quam videlicet domum
XXVI cultam usui proprio, dominicae " videlicet rationis, descripsit. Hic constituit aliam domum cultam 54 in quartode-
cimo miliario ab hac Romana urbe, patrimonio Tuscie; constitutionibus obligavit usui ecclesie permanendum,
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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i divinae B^C 1 : -no B 56 — eadem B 6 — 2 inpenseque B* —
rei AC 1 — pluribus B 2 : -res B 3 « : -ris B<* — opida B* : oppida
B 8 — 3 obs. A : ops. Ci : oss. C 2 : obr. C 3 : oppressione B :-nem
CiG — amonuit B 3 : ammovit B 4 56_ salutifere B 6 : -ri C 3 — eius
< in > CE — spiritale B 3 ** — 4 eisdem C 3 — devotae A —
5 filios B 6 — principes B« — praelatos C 3 — 6 monacico...
abitu A
7 Huiusque B 2 : huius denique C**E — Borna E (corr.) —
8 propelare B* : propagare B* — venerabili C 2 EG — patriarcio
A. — 9 capud C 1 — quo B 6 — pitacium A : petatium B : picta-
tium E — et aratum B* — gregis B 6 — 10 ipsum B 2 : ipsut B 6
— sanctissimo C 3 — illico B 3 * 6 C 1 : illic quo B5 — hum* om. E —
Romaniae C* — 11 ymn. A — venerabile BG 12 — diaconiae B
— nomine B : -nis E — 12 secunda] urbe B*— ad] etC 3 — illum
duci A — ubi inmensa-ecclesiarum fecit, p. 435 /. 14, A sic bre-
viat : Et fecit per diversas locas domoculta et diruptas ecclesias
restaurabit sicut ab antiquitus fuerat restaurata et vestes et
dona obtulit. — inmiracula B 3 — 13 nomini C 3 — operari B 2 E
14 defunctus est B 6 — Megesti B* : régis B3 : magis B« —
Xanthin C 12 : Fantim G — obviam B* — del. su. C* — 1S prae-
vium B24 : praetium Ci*G — ex om. E [suppL) — hanc B* —
quo < via > O — 16 oratorio C»G — Cecilie] ecclesiae B* —
esse om. C 1 — derelinquid B« (-quit B*) — < et > ipse B —
magna B« — 17 constructione B6 : -ucionis C 3 — pincturis C 1 —
amplificavit Bj— dignam reconpensioncm hisque B* — 18 vino
Ci — eius B« — nemine B 3 * (corr. b 3 ) : -nem B5 : memini C 3
— concedit B — patrem B56 —19 cuncta] culta B — praedia]
praetium Ci2G — 20 qui B* — et om. BC 12 — domus om. C 2 —
cultas C* 2 : cunctas G — Cec.J ecclesiae B«— in om. C* — 21
sanctae B — Rici B 3 : Ciri B* : Curi Ci — multa E — 22 vid.
rat.] traditionis E (corr. e) — rationes B« — dise. C* — cons-
titua et B«* — 23 patrimonium E —
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XGIII. ZACHARTAS (741-752). 435
tam loca quae ab Anna, relicta quondam Agathonis primicerii, beato Petro esse videtur concessa. Hic massas quae
vocantur 55 Antius et Formias suo studio iure beati Pétri adquisivit, quas et domos cultas statuit. Et de omnibus 225
superius adnexis domocultis apostolice exarationis constituta faciens atque sacerdotale collegium aggregans, sub
anathematis interdictionibus statuit nulli quoquo modo successorum eius pontifîcum vel alie cuilibet persone licere
5 ipsas domus cultas ab usu ecclesiae quoquo modo alienare.
Hic fecit vestes super al tare beati Andreae apostoli ad beatum Petrum, nimis optimam.
Hic beatissimus papa statuit ut crebris diebus alimentorum sumptus quae et elymosina usque nunc appellatur, XXVII 226
de venerabili patriarchio a paracellariis pauperibus et peregrinîs qui ad beatum Petrum demorantur deportari eisque
erogari, neenon et omnibus inopibus et infirmis per universas regiones istius Romane urbis constitutis eandem
10 similiter distribui ipsam alimentorum constituit elimosynam.
Huius temporibus contigit subito tegumen tituli beati Christi martyris Eusebii 5<J cadere. Qui sanctissimus vir
cum tota sua decertans virtute prudenterque elaborans, sicut antiquitus fuit, rursus quod ceciderat reparavit atque
optime restauravit. Hic praecipuus pontifex multa loca sanctorum in meliorem statum perduxit et vestes optimas XX VW
super altaria earumdem Dei ecclesiarum fecit.
15 Hic dilexit clerum suum valde atque presbiteria eis annue in duplo et amplius tribuit, omnes utpote pater et
bonus pastor amplectens et utiliter fovens et penitus quempiam minime tribulare permittens. Huius denique tem-
poribus in magna securitate et letitia populus a Deo illi commiasus degens vixit. Hic beatissimus papa suo pru- XXIX
dentissimo studio quos beatae recordationis Gregorius papa fecit quattuor Dialogorum libros de latino in greco
translatavit eloquio 57 et plures qui latinam ignorant lectionem per eorum inluminavit lectionum historiam*.
20 * Hic fecit ordinationes III per mens, mart., presbiteros XXX, diaconos V; episcopos per diversa loca numéro LXXXV. Qui
sepultus est ad beatum Petrum apostolum, id. mart., indictione V. Et cessavit episcopatus dies XII.
VARIANTES DES MANUSCRITS
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\ loci Ci G — quae] quod B* — ab om. C 3 — Anno B*C 2 —
quod BGG : quaedam E : quondam scripsi — < ab> Agath. G 12
— vid. es. B 2 E — videntur B«EG — concessam C* 2 — mis-
sas B 234 : mansas B« — qui B5* — 2 Anthius Ct 2 G —
Formia B» — iure om. B 4 — adquaesivit B 3 G 12 — domusc.
B 6 C 1 — 3 adniiis domuscultis B r ' — ex rationis B — sacer-
dotali B 23 : -ta p 4 — collegio B« — 4 liceret C 12 G — 5 ipsis
B« — domosc. B 23 : domoc. G 12 — ab usu om. B* — usi G 3
6 vestem C 4 E — < et > ad G 1 — Petrum < apostolum >
B23 _ optimas B 23 : -mo B* : -me E
7 diebus om. B 6 — sumptos B 3 — elemosinas quae nunc B 8
— elemosina BE — 8 venerabile B 3i — apperire cellariis B*
— pue. B 23 * : parec. B* (patrec. b*) — et -inopibus om. C*G
— demoratur B 6 : -bantur C 3 : morantur E — deportare B« c —
9 erogare B 23 : -ret B* : rogaret B« — < et > inop. E — eas-
dem B : eadem C 3 — 10 ipsa B«E : absam B 23
11 contingit B 6 — subite B$ — tec. B 4G : -menti C 1 : ve-
hementi G — Eusebii om. G — caderet B« — 12 sua om. B 6 —
virtutem C 1 — laborans B«G — 13 atque opt. restauravit om.
G 3 — 14 earumde B 23 : earum B* : eorumde B<> — ecclesiis B 234
15 dixit C 3 — eius in annae B 6 — omnibus B 2 — pote om.
B6 _ 16humiliter B5 — fobens C 3 : faciens B r > — tribulari B«:
copulare B 4 — permisit B5 — huiusdemque B 2346 — denique]
itaque E — 17 ilico missus E — conmissos B 3 : -sas B 4 — dixit
B 234 — beatus A — 18 béate A — deal. Ci : dialag. C 2 : dialig.
C 3 : dialic. B 8 — 19 transtulit C 4 E — eloquia B36 _ q U am B 3 :
quia C 2 — latina B 4 — lectionem B& : -nis B 6 — storiam B 4 :
< et cessavit episcopatus eius dies XII > e
20 Hic fecit -dies XII BD (ordinationem B 3 — 21 indictione]
in diac B 3 — ind. V om. B 6 )
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XC1II. ZACHARIAS (741-752).
NOTES EXPLICATIVES.
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1. Vir mitissimus....] Le biographe ne donne aucune indication
sur le cursus honorum de Zacharie. Un diacre de ce nom signa
au concile de 132 (ci -dessus, Grégoire III, note 13, p. 423); c'est
probablement lui.
2. ex occasione Tramimundi ducis] Paul Diacre, H. L. f vi, 55 :
« His diebus Transamundus contra regem rebellavit. Super quem
rex cum exercitu veniens, ipse Transamundus Romani fuga petiit.
In cuius loco Hildericus ordinatus est. » La place que cette phrase
occupe dans le texte donne lieu de croire que Paul a confondu
deux expéditions de Liutprand contre le duc de Spolète, celle
de 729 et celle de 7391 En effet, il parle aussitôt après de la mort
du duc de Bénévent Romuald (731) et de ses successeurs ; puis il
raconte la maladie de Liutprand et l'association d'Hildeprand au
trône lombard (735) ; après quoi il revient à Trasamond : « Evolu-
tis dehinc aliquod annis, Transamundus, qui Romam fugerat,
Spoletium rediens, Hildericum extinxit, rursumque contra regem
rebellionis audaciam sumpsit. »
3. Stephano quondam patricio et duce] Ce Stephanus, patricius
et dux, est sans doute le même dont le nom a été récemment re-
trouvé à Blera, sur une bulle de plomb : KTPIE BOH0EI Tû AOrAû
SOr STE*ANÛ Ï1ATPIKIQ KAI AOTKI PQMHS. (Gamurrini, dans le
Bull, de M. deRossi, 1882, p. 92.
4. abstulte sunt...] Dans une lettre datée du 15 octobre, neu-
vième indiction, c'est-à-dire du 15 octobre 740 , Grégoire III
exhorte les évoques do la Tuscia Langobardorum à prêler main
forte à ses deux légats, le prêtre Anastase et le sous-diacre ré-
gionnaire Adéodat, envoyés aux rois Liutprand et Hildeprand pour
réclamer la restitution des quatre castra, quae anno praeterito b.
Petro ablata sunt. Le pape veut que ces évoques, fidèles au ser-
ment qu'ils ont prêtés à saint Pierre au moment de leur ordina-
tion, se joignent aux légats et les accompagnent à la cour. S'ils
s'y refusent, il entreprendra lui-même le voyage, malgré son mau-
vais état de santé (Jaffé, 2253). L'annus praeteritus est l'année 739,
dont les huit premiers mois appartiennent à l'indiclion VII.
5. se subdiderunt Marsicani — Pinnenses] Ce premier corps paraît
être entré dans le duché de Spolète par la via Valeria, de ma-
nière à déboucher dans le bassin du lac Fucin, l'ancien pays den
Marses (Marsicani). Les Furconini sont les habitants de Furcona
(Paul Diacre, H. L., u, 20), actuellement Città di Bagno, à deux
lieues au S-E d'Aquila, près de l'antique Aveia. Les Valvenses
sont les habitants de Valva, petite ville épiscopale, située près de
Pentima et de l'ancienne Gorfinium ; enfin les Pinnenses sont les
gens de Pinna, actuellement Cività di Penne, à quelques lieues à
l'ouest de Pescara, sur le revers de l'Apennin, du côté de l'Adria-
tique. Ces quatre noms de peuples correspondent assez bien aux
quatre principales régions ou vallées que comprenait le duché de
Spolète, dans sa partie orientale.
6. Deinde ingressi...] Ce second corps se dirige sur Reate et
Spolète par la voie Salaria, à travers la Sabine. — Le biographe
s'abstient de rapporter que Trasimond fit massacrer Hildéric, que
Liutprand avait installé à sa place à la tête du duché de Spolète
(v. note 2).
7. per mens, decemb., indictione] Cette date est mal indiquée.
Certains manuscrits donnent la leçon praedicta indictione, sans
chiffre, d'autres ajoutent le chiffre VIII en supprimant praedicta.
La première leçon est fausse, car le mois de décembre ne peut être
rangé sous la même indiction que le mois d'août précédent; prae-
dicta doit être considéré comme une déformation de per indict.
Quant à la seconde, elle me fait l'effet d'une retouche et je ne m'y
fierais pas aveuglément. 11 est du reste difficile d'admettre que la
rentrée de Trasimond à Spolète ait eu lieu en décembre 739. Dans
cette hypothèse, en effet, il devient très difficile d'expliquer la
lettre de Grégoire III mentionnée à la note 4. Au moment où il
l'écrivait, le pape n'attendait que de Liutprand lui-même la res-
titution des quatre places annexées en août 739 ; il espérait arriver
à le fléchir par les prières de ses légats ; il parlait d'aller lui-
même auprès du roi. Cette confiance eût été peu justifiée après
l'invasion du duché de Spolète par l'armée romaine. On a la
même impression en lisant la lettre n° 2 du Codex Carolinus, où
Trasimond est représenté comme une victime de la politique de
Liutprand, comme un persécuté. Cette lettre est de l'année 740. Si
le duc eût été réinstallé à Spolète, et cela du fait de l'armée ro*
maine, le langage du pape à son sujet devrait être considéré non
seulement comme peu honnête, mais encore comme fort maladroit.
Il vaut mieux admettre que, au moment où la lettre fut écrite,
Trasimond était encore à Rome et y vivait en proscrit. D'autre
part, il n'est guère aisé d'expliquer pourquoi Liutprand eût laissé
passer deux années entières, 740 et 741, sans venger la mort
d'Hildéric et réprimer la révolte de Trasimond. Comme il n'est
pas possible de songer au mois de décembre 741, qui tombe en
dehors du pontificat de Grégoire III, et que d'ailleurs ce pape a
dû, d'après le L. P. lui-même, vivre assez pour sentir l'inanité des
espérances qu'il avait fondées sur Trasimond, je ne vois d'autre
solution que de placer en décembre 740 l'expédition des Romains
et la restauration du duc leur allié. — Dans le texte j'ai écarté,
avec les mss. A et G 1 , la leçon praedicta, qui est absurde, mais je
n'ai pas pris sur moi d'introduire le chiffre VIIII.
8. suam ponere animant] Il est à peine nécessaire de faire re-
marquer l'exagération du biographe. En allant trouver Liutprand,
un pape, même s'il eût été un ennemi déclaré, comme Grégoire III,
ne pouvait avoir à craindre que les fatigues du voyage. A plus
forte raison, un pape nouvellement élu et qui faisait au roi le sa-
crifice de la politique suivie par son prédécesseur.
9. Dumquemotione facta] Paul Diacre (H. L., vi, 56) raconte un
épisode de cette seconde campagne de Liutprand contre Spolète,
un combat d'arrière- garde, livré du côté de Fossombrone, où Rat-
chis et Astolphe accomplirent de brillants exploits. Dans cette
affaire les « Romains » combattent à côté des gens de Spolète,
mais ce sont évidemment des Romains de l'exarchat et de la Pen-
tapole ; Vcxercitus Romanus avait abandonné Trasimond et faisait
campagne en faveur de Liutprand.
10. egressus ab hac Romana...] II est clair, par la précision des
détails qu'il donne, que le narrateur a été du voyage. On doit re-
gretter qu'il n'ait pas joint à son récit des indications chronolo-
giques plus claires : il se contente en effet de marquer les jours de
la semaine, sans même indiquer le mois. Cependant, comme il dit
que les quatre cités réclamées par le pape avaient été annexées
deux ans auparavant, il faut que la rencontre de Liutprand et de
Zacharie ait eu lieu vers le printemps de l'année 742, au plus
tard.
11. Qui dum in Ortanam] Orte appartenait en ce moment aux
Lombards ; c'était, du côté de Rome, la première ville soumise au
roi Liutprand.
12. et a Namiensium] Narni est en effet à huit milles romains
de Terni. Sur la basilique de Saint-Valentin et son ancien cime-
tière chrétien, v. De Rossi, Bull. 1811, p. 85.
13. per donationern] Les stipulations arrêtées entre Zacharie et
Liutprand paraissent avoir été consignées dans trois documents :
1° une charte de restitution relative aux quatre villes d'Ameria,
Horta, Polimartium et Blera; 2° une charte de restitution despa-
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trimoines enlevés depuis trente ans à l'église romaine; 3* une
trêve de vingt ans avec le duché de Home.
14. Savinense patrimonium] Cet intervalle de trente ans nous
reporte au temps du pape Constantin et au début du règne de
Liutprand (712). Faroald II était alors duc de Spolète. Le château
de Narni fut occupé sous Grégoire II (ci-dessus, p. 403;. C'est aussi
sous ce pape que la ville d'Osimo devint lombarde (p. 405) ; quant
aux villes d'Ancône et de Humana (Numana), on n'a pas la date
de leur annexion. C'est sans doute au moment où les Lombards
prirent possession de ces localités qu'ils confisquèrent les pro-
priétés de l'église romaine. Liutprand régla les comptes que le
duché de Spolète pouvait avoir avec le pape, mais sans accorder,
de ce côté, aucune rétrocession de souveraineté.
15. valleni guae vocatur Magna] Il faut se rappeler que Liut-
prand, après avoir occupé Sutri pendant quelques mois, n'avait
rendu que le castellum lui-même, omnibus suis nudatum opibus, ce
qui revient à dire qu'il avait gardé de bonnes portions de son
territoire (Grégoire II, p. 407).
16. Sergium] M. Holder-Egger conjecture que l'évoque de Ra-
venne Sergius, dont il sera question plus loin (Etienne III, n° 277)
pourrait être identique à ce personnage (M. G. Scr. Langob., p. 377,
note 8). Le nom de Sergius était bien commun, en ces temps-là,
tant à Ravenne qu'à Rome. — Il faut noter l'expression redonavit
poniifici. Dans ce passage, et dans bien d'autres analogues, elle
signifie que la restitution fut faite à la prière du pape ; mais on ne
peut en conclure que les personnes ou les choses rendues aient
appartenu au pape au moment où elles avaient été enlevées.
17. in locum Cosinensis] Je ne vois pas pourquoi on a voulu
trouver ici un évoque de Narni ou de Terni et même deviner qu'il
s'agissait de Trasimond, qui, à la vérité, fut forcé par Liut-
prand d'entrer dans le clergé (eum clericum fecit dit Paul Diacre,
vi, 57), mais sans qu'on sache quelle situation il y occupa. Cosi-
nensis est évidemment un ethnique. On pourrait penser à la ville
de Consentia (Cosenza) ; mais on ne voit pas pourquoi un évêque
de l'Italie méridionale eût été relancer le pape à Spolète, au cours
d'un voyage diplomatique, qui ne devait pas se prolonger long-
temps, pour lui faire célébrer son ordination. Le texte me semble
avoir souffert ; la syllabe co pourrait être un redoublement de la
finale de locum ou loco. En ce cas, je penserais volontiers à l'évo-
que de Sienne, dans la Tuscie lombarde. Ce siège était, en fait, à
la nomination du roi Liutprand.
18. ut diccret ipse rex] Ces détails sur l'appétit de Liutprand et
sur ses propos de table sont propres à faire penser que nous
avons sous les yeux le récit d'un témoin oculaire.
19. Agiprandum, ducem Clusinum] C'est lui qui fut nommé duc
de Spolète à la place de Trasimond. Paul Diacre, H. £.., vi, 57 :
« At vero Liutprand Spoletium perveniens, Transamundum duca-
tum expulit eumque clericum fecit. Cuius in loco Agiprandum
suum nepotem constituit. »
20. Tuscanensem] Ramningus était gouverneur de Tuscana, ac-
tuellement Toscanella, localité située à 18 kilom. à l'O. de Viterbe,
à peu près à la même distance au N-0 de Blera.
2i. per castro Bitervo] Viterbe. On voit par ce détail que la
frontière lombarde faisait ici une pointe qui comprenait le Ciminus
avec le lac de vico, jusqu'à la porte de Sutri.
22. décima indictioné] Elle finit le 31 août 742.
23. Iohanne archiepiscopo] Agnellus (151-153) a recueilli quelques
traditions, bien vagues, sur cet archevêque. Il annonce le texte
de son épitaphe, mais il ne le donne pas. Il lui assigne huit ans
d'ôpiscopat; c'est trop peu, car Jean siégea au concile romain de
731 et nous le trouvons encore en fonctions en 743.
24. Benedictum... Ambrosium] Benoit, évêque de Nomentum,
signa en cette qualité au concile romain de 745. Quant à Am-
broise, nous allons le retrouver plusieurs fois dans les récits de
négociations diplomatiques sous Zacharie et Etienne IL
25. relicta Romana urbe] On voit par cette phrase que le duc de
Rome était, en ce temps-là, subordonné de fait au pape.
26. Quo egresso... Ipsavero] Sur ces phrases interpolées, v. Intro-
duction, ch. VT g î.
27. ad basilicam b. Christophori] Le lieu n'a pas encore été
identifié; on devrait le chercher dans les environs de Rimini, qui
est à peu près à la distance indiquée. Le pape avait sans doute
suivi la voie militaire demeurée jusque-là au pouvoir des autori-
tés impériales ; elle passait par Tuder (Todi), Pérouse, franchis-
sait l'Apennin au castrum Luciolis, au-dessus de Calis (Cagli), et
rejoignait la voie Flaminienne à ce dernier endroit (Grégoire,
p. 313, note 3).
28. Stephanum presbyierum] Trois prêtres de ce nom signèrent
au concile romain de 745, comme titulaires de Saint-Marc, de
Saint-Eusèbe et de Saint-Chrysogone.
29. in civitate q. v. Imulas] On voit à quoi était réduit l'exarchat.
Imola à l'ouest, Gésène au sud, toutes deux à moins de dix lieues
de Ravenne, étaient tombées entre les mains des Lombards.
30. ad horam orationis nonam...] La messe était célébrée, les
jours de jeune, à la neuvième heure du jour, c'est-à-dire au mi-
lieu de l'après-midi. Cette circonstance prouve que le mot vigilia-
rum qui suit ne doit pas s'entendre de l'office de vigiles ou ma-
tines, qui d'ailleurs se célébrait la nuit, mais du jour déjeune
qui précédait la fête, suivant l'acception actuelle du mot vigile.
31. basilica eius q. v. ad caelum aureum] La basilique de Saint-
Pierre de Pavie existait déjà au commencement du vu 6 siècle
(Paul Diacre, H. L. t iv, 31). Le roi Liutprand la rebâtit ou lui ad-
joignit un monastère; ibid.y vi, 58 : « Hic monasterium b. Pétri
quod foras muros Ticinensis civitatis situm est et Coelum Aureum
appellatur, instituit. » Cf. De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 33. L'é-
difice actuel remonte au xu e siècle.
32. post suppleta libatione] Dans un Ordo Romanus inédit dont il
a été question ci-dessus (Introd., p. u, clxxxhi), on voit que,
lorsque le pape avait terminé la messe, il rentrait à la sacristie
(sacrarium) et quittait ses vêtements sacrés ; après quoi, ses assis-
tants, qui avaient également repris leurs habits ordinaires, ve-
naient lui demander sa bénédiction. Avant de s'en retourner ils
buvaient à trois coupes de vin : « et accepta benedictione de manu
ipsius, confirmant ternos calices et revertuntur omnes ad domos
suas. » C'est sans doute à cet usage que se rattache le rite du
calice de vin non consacré que l'on fait circuler à la fin de la
messe d'ordination. Le jour de Pâques et toute l'octave, la liba-
tion avait lieu après les vêpres, avec uno solennité spéciale. Pen-
dant que le pape et tout le clergé vidaient les trois coupes régle-
mentaires, la schola cantorum exécutait un hymne grec, Ild<r/x
lepôv -fifitv «rfijiepov %. t. X. Sur cet usage, v. les 0?'dines Ro-
mani I, XI, XII de Manillon (Mus. ital., t. II, p, 38, 142, 187).
33. fines Ravennantium urbis] Ainsi le territoire propre de la
ville de Ravenne elle-même se trouvait entamé et les Ravennates
durent considérer comme un grand bienfait qu'on leur rendit
leurs champs et leurs villages, avec les deux tiers du territoire de
Césène.
34. ad kal. iun.] de l'année suivante, 744.
35. denuo natale] Il s'agit sans doute de la fête du 1 er août, à
moins que la solennité du natale du 29 juin n'ait été différée ex-
traordinairemont jusqu'au retour du pape.
36. Cuius preces] Liutprand mourut en 744 ou tout au plus tôt
dans les derniers jours de 743; Bethmann, dans ses Langobardi-
sche Regesten (Neues Archiv, t. III, p. 264) adopte le mois de janvier
744. Le biographe parait avoir voulu dire que la mort du roi ar-
riva avant le jour fixé pour la restitution de Césène.On peut croire
qu'il calomuie le pape Zacharie en lui attribuant des prières pour
la mort d'un roi dont, après tout, il n'avait eu qu'à se louer. Le
portrait que Paul Diacre nous a laissé de Liutprand (vi, 58) est
celui d'un roi vaillant, pieux, éclairé, équitable. Il n'entrait pas
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dans son rôle de protéger les intérêts de l'empire en Italie ; le
développement naturel de la puissance lombarde rendait inévita-
ble la disparition de l'exarchat et menaçait de plus en plus l'indé-
pendance du duché de Borne. C'était déjà beaucoup, surtout après
ce qui s'était passé sous Grégoire III, que Liutprand eût respecté
le territoire romain et qu'il se fût laissé arracher par le pape des
parties considérables de l'exarchat. Le qualifier d'insidiator, de per-
secutor, et triompher de sa mort aussi effrontément que le fait ce
biographe, ce n'est certes pas lui rendre la justice qu'il mérite.
Mais cette animosité est un trait de circonstance. Si ces lignes
avaient été écrites après les expéditions d'Astolphe contre Borne,
elles l'auraient été sur un ton plus doux. Nous avons ici l'impres-
sion du moment et l'impression d'un ennemi.
37. quoniam et Bilprandum] Hildeprand fut remplacé par Batchis
en septembre ou octobre 744 (Bethmann, Langob. Regesten ; Neues
Archiv, t. III, p. 265).
38. Hic in Lateranense patriarchio] Zacharie se préoccupa de ren-
dre de nouveau habitable le palais pontifical de Latran que ses
prédécesseurs, depuis Jean VII, avaient dû abandonner (Jean VII,
p. 386, note 7). Il ne s'est conservé aucun débris des parties res-
taurées sous son pontificat. — Sur la basilique de Théodore, v. ci-
dessus, p. 334 (Théodore, note 11). Il s'y tint un concile à la fin
d'octobre 745, ce qui suppose les travaux terminés dans cette par-
tie du palais. Ce fut donc une des premières entreprises de Za-
charie, après son élévation au pontificat.
39. ecclesia ss. principum ap. Pétri et Pauli] Quelle est cette
église en l'honneur des deux princes des apôtres ? Il me semble
que si le biographe avait eu en vue le titulus Apostolorum (S. Pietro
in Vincoli), il se fût exprimé plus clairement. Je crois qu'au lieu
d'ecclesia il faudrait lire ecclesiis et entendre ici les deux basiliques
du Vatican et de la voie d'Ostie. Un peu plus bas, ces deux sanc-
tuaires sont visés dans une expression collective, in luminariis
apostoUcis.
40. domus culta Lauretum] La situation de cet établissement ru-
ral n'est pas bien déterminée. Nibby (Dintorni, t. II, p. 203) re-
connaît dans son nom celui de l'antique Laurentum, au sud de
l'embouchure du Tibre. C'est près de là, en tout cas, que se trou-
vait la massa Fonteiana, mentionnée dans le registre de Gré-
goire II (Jaffé, 2197, 2206), qui semble bien être identique à la massa
Fontiiana, nommée dans notre texte. M. Tomassetti (Archivio Rom.
di storia patria, t. III, p. 318-324) propose un autre emplacement,
celui de la villa impériale de Lorium, sur la voie Aurélienne. Il se
fonde sur ce que le L. P. écrit Lauretum et non Laurentum, ce qui
est vrai, mais de peu de conséquence. Une terre voisine des restes
de la villa porte le nom de Fontignano ; mais, comme elle s'appe-
lait Frontinianum au moyen-âge (Nibby, t. II, p. 68), il n'est pas
possible de l'identifier avec la massa Fonteiana. Il y a donc lieu,
je crois, de s'en tenir à l'ancienne opinion. Le nom de Paunaria
n'a laissé aucune trace sur le terrain ; il ne peut servir à trancher
la question. — Cette phrase sur la domus culta Lauretum est inter-
calée assez étrangement au milieu d'un texte relatif aux deux
sanctuaires apostoliques. Elle a peut-être été ajoutée après coup.
41. constitutum — obligavit] Il s'agit ici d'un diplôme analogue
à celui de Grégoire II sur le même sujet (Jaffé, 2184).
42. Hic beatissimus vir] Le patriarche de Constantinople était
encore Anastase, le fauteur du mouvement iconoclaste, le même
que Grégoire II non censuit fratrem aut consacerdotem ; mais Gré-
goire II lui-même et Grégoire III après lui, avaient pourtant été
en correspondance avec ce personnage. Zacharie crut devoir lui
notifier son élévation, en lui expédiant sa synodique ; cette pièce
étant perdue, il est impossible de constater les réserves qu'il dut y
introduire en ce qui regardait la doctrine. Bemarquer que le bio-
graphe la fait adresser à l'église de Constantinople et qu'il ne fait
pas mention expresse du patriarche.
43. invasorem.... Artaustum] L'empereur Léon m était mort le
18 juin 741 ; son fils Constantin V, associé depuis plusieurs années
à l'empire, lui succéda sans intervalle. L'usurpation d'Artabasde
se produisit en juin 742; mais le mouvement commença en Phrygie
et ce ne fut qu'au bout d'un certain temps que Constantinople fit
défection et accueillit le compétiteur. Le pape Zacharie, ordonné à
la fin de l'année 741, expédia ses lettres avant d'avoir connais-
sance du succès des rebelles. Bien qu'Artabasde fût orthodoxe et
qu'il eût rétabli les images à Constantinople, les Bomains ne le
reconnurent pas d'abord. En 743, le pape datait encore ses lettres
d'après les années de Constantin V; mais l'année suivante (22 juin,
5 novembre; Jaffé, 2270, 2271) le nom d'Artabasde et de son fils Ni-
céphore figuraient seuls sur les chartes pontificales. Constantinople
fut reprise le 2 novembre 744. Sur ces événements, v. Nicéphore
p. 59-62 (de Boor) et Théophane, a. 6233-6235, qui donnent des dé-
tails plus circonstanciés, mais conformes à ceux du biographe. —
Il est difficile de croire que le légat du pape n'ait point fait quel-
que acte d'adhésion à Artabasde, prince orthodoxe ; le patriarche
Anastase avait suivi le mouvement. Après la restauration de
Constantin V, il ne fut point destitué ; l'empereur se contenta de
lui infliger de graves humiliations. Dans ces dispositions de clé-
mence relative, il est naturel qu'il ait agi avec douceur à l'égard
des envoyés du pape, beaucoup moins compromis que le patriar-
che dans l'affaire d'Artabasde.
44. Orientalium exercituum] C'est en effet avec les troupes du
thème d'Anatolie (Orientales) et du thème Thracésien que Cons-
tantin parvint à rétablir sa situation. Cf. Nicéphore et Théo-
phane, L c.
45. de duabus massis] Ces deux domaines avaient leurs centres
aux lieux occupés actuellement par le village de Norma, l'an-
cienne Norba, sur le penchant de la montagne des Volsques, du côté
des marais Pontins, et par les ruines du château de Ninfa, dans
la plaine, en face. En faisant ce cadeau à l'église romaine, Cons-
tantin V avait sans doute l'intention de compenser en partie la
confiscation des patrimoines de Sicile et de Calabre. Ce n'était
pas sans doute l'équivalent, mais c'était un don considérable. Les
deux terres de Norma et de Ninfa furent acquises par la famille
Gaetani, à la fin du xin® siècle, la première au prix de 26000, la
seconde au prix de 200000 florins d'or (Gregorovius, Storia di
Roma t t. V, p. 659), c'est-à-dire ensemble et en valeur actuelle,
environ vingt millions ; la terre de Ninfa s'étendait jusqu'à la mer.
Sans doute il avait pu se produire quelque changement dans les
limites de ces domaines, entre le vm° siècle et le xiii» ; mais ils
avaient toujours conservé une grande importance. —Le biographe
ne parle pas des instances que fit Zacharie au sujet du culte des
images. Hadrien I er , dans sa lettre à Constantin et Irène, fait allu-
sion à des démarches en ce sens (Migne, P. L., t. XCI, p. 1222).
46. Carolomannus...] Continuateur de Frédégaire, à l'année 747 :
« Carolomannus devotionis causa instinctu succensus regnum una
cum filio suo Drogone manibus germani sui Pippini committens,
ad limina beatorum apostolorum Pétri et Pauli Bomam in mona-
chorum ordine perseveraturus advenit. » Cf. Chronicon Moissiac.,
a. 741 (M. G. Scr., t. I, p. 292); ci-dessous. Etienne II, note 18.
47. quod Aquinensium finibus] Le Mont-Cassin serait plutôt
dans le territoire de la cité de Casinum ; mais cette cité était dé-
truite ; aucun évêque de Casinum ne figure aux conciles romains,
passé le v° siècle. Avant ou après son séjour au Mont-Cassin, Car.
loman s'installa quelque temps au mont Soracte, dans le monas_
tère de Saint-Silvestre (Ann. Lauriss. 716) ; ce monastère lu£
avait été donné par le pape Zacharie (Cod. Carol., p. 98).
48. ad paganam gentem] Il s'agit ici des musulmans d'Afrique.
49. Ratchis. ..] Se rappeler que Pérouse était une des stations de
la route militaire entre Borne et Bavenne, qui restait encore au
pouvoir des autorités impériales. On voit par ce texte qu'elle était
alors comprise dans le duché de Pentapole. Il en était sans doute
ainsi de Tuder (Todi); le duché de Borne commençait à Ameria.
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50. porf aliquantos dies] L'abdication de Ratchis doit se placer
en juin 749, car Astolphe fut couronné à Milan au commencement
de juillet (Neues Archiv, t. III, p. 272; M. G. Scr. Langob., p. 503;
Œlsner, Pipin, p. 436). Après avoir reçu l'habit monacal des mains
du pape, Ratchis se retira au Mont-Gassin : « Ratchis rex Lan-
gobardorum, dimisso regno, ad beati Bcnedicti limina cum sua
uxore Tasia et Rottruda fllia, uterque monachico abitu induit. Iste
hic in Casino, illa in Blombarolia vitam finierunt » (Chronica
S. Bened. Casin.; M. G. Script. Long., p. 487).
51. tn venerabili diaconia] Voici la première mention bien cer-
taine de l'église S. Georgio in Velabro, car la note ajoutée dans
quelques mss. à la vie de Léon II (ci-dessus, p. 360) n'offre pas
les mômes garanties de date et d'autorité que le texte original
de la notice.
52. domus culta s. Caeciliae] A en juger par la distance indiquée,
cette domus culta doit être cherchée aux environs du Ponte Mam-
molo ; je n'ai pas connaissance qu'on en ait découvert des ves-
tiges.
53. dominicae rationis] Remarquer ce terme qui rappelle le lan-
gage de l'administration impériale. La ratio dominica est l'équi-
valent de la ratio privata 'de l'empire; elle correspond à la maison
pontificale ; c'est son budget propre.
54. domum cultam inXUIl miliario % patrimonio Tuscie] D'après
M. Tomassetti, Archivio Rom., t. V, p. 73-75, il y a lieu de croire que
cette domus culta se trouvait sur la voie Glodia, à l'extrémité N.
du grand latifundium de Galeria, au lieu appelé Casai di Galera,
sur l'emplacement d'un vicus antique. Elle paraît n'avoir subsisté
que peu de temps et avoir été absorbée par la domus culta Ga-
leria de la voie Aurélia, fondée par le pape Hadrien. Il n'y a plus
à Casai di Galera que les ruines désertes du château de Galeria,
ainsi que du village et des églises qui s'abritaient à ses pieds.
55. Aniius et Formias] Antium (Porto d'Anzio) et Formies (Mola
di Gaeta), deux cités antiques d'une certaine importance, sont deve-
nues au vin 6 siècle de simples chefs-lieux d'exploitation agricole.
56. tituli b. Eusebii] Saint-Eusèbe, une des plus anciennes églises
de Rome. Cf. Introd., p. cxxiv.
57. in greco translatait eloquio] Cette traduction, exécutée sans
doute en faveur des monastères grecs de Rome et d'Italie, obtint
un grand succès en Orient. Cf. Photius, Biblioth., cod. 252.
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XGim. STEPHANUS II (752-757).
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227 I STEPHANUS, natione Romanus, ex pâtre Constantino, sedit ann. V dies XXVIIII.Hic postpatris sui transitum,
parvus derelictus, in venerabili cubiculo ' Lateranensi pro doctrina apostolicae traditionis, sub praedecessoribus
béate memoriae pontificibus permansit. Quem singillatim per ecclesiasticos ordines promo ventes diaconatus
n ordine 2 eum ordinaverunt. Defuncto vero béate memoriae domno Zacharia papa, Stephanum quendam presbite-
rura 3 ad ordinem pontificatus cunctus populus sibi elegit et intro Lateranense patriarchio misit; ubi biduo ma- 5
nens, tertio die postquam a suo surgeret somno et sedens familiares causas suas disponeret, subito dum sederet
III alienatus obmutuit et sequenti die defunctus est. Post haec vero cunctus Dei populus congregatus intro venera-
bilem basilicam sanctae Dei genetricis ad Praesepem, ubi et omnes misericordiam domini Dei nostri petentes et
ipsius domne nostre sancte semperque virginis Dei genetricis Marie, bono animo et consona voce praedictum
beatissimum virum sibi elegerunt pontificem. Quem omnes sincera mente cum laudis praeconiis in basilica Sal- 40
vatoris quae appellatur Constantiniana deportaverunt ; et exinde intus venerabile patriarchium iuxta morem intro-
miserunt.
228 Erat enim hisdem beatissimus papa amator ecclesiarum Dei, traditionem etiam ecclesiasticam firma stabilitate
conservans; pauperum Christi velox subventor, verbi Dei in magna constantia praedicator, viduas et pupillos multo
melius visitans, fortissimus etiam ovilis sui cum Dei virtute defensor. 15
IV Mox vero restauravit et quattuor in hac Romana urbe sita antiquitus xenodochia, 4 quae a diuturnis et longin-
quis temporibus destituta manebant et inordinata, omnem utilitatem in diversis eorum locis eis disponens, intus
etiam et foris ; in quibus et multa contulit dona, quae et per privilegii paginam sub anathematis interdictum
confirmavit. Pari modo a novo fundasse dinoscitur et xenodochium in Platana, 5 centum pauperum Christi, dispo-
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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i Stephanus II E — Constantinus A — XXVIII AB : XXX VIII
E 1 : XXIII Es — patri B 6 C 2 — 2 venerabile B — Lateranensis
A : -se B56 : Lateransi G 3 — per B"> 6 — doctrinam B*56 — S u-
praededec. B« — 3 premansit B* — quae A — siggill. A : sin-
gull. C 3 : sigill. C*E — provectus B"' 6 — diaconatos VJ — 4
domnus AC 1 : domni C 2 — Zacharias AOG (Zacch. A) — papam
A — 5 ad om. B 23 * — ordine B 23 — cunctus om. B* : < et >
qiq _ cunctos populos B 3 *— ibi C*G — eligerent A : elegeret
C* — et om. B 3 * — intra B 2 — Latar. A : -sem B« C 3 E — pa-
triarchium B 23 *C 3 E — biduo] duos B 2 : duo B 3 — 6 postquam
suos urgueret B 6 — som. surg. AC 12 G — surgere B* — familia-
r i s B56— dum sederet om. B<»— 7 alienatus est C*G — sequente
B5 _ hec G 3 — cunctos A — Dei om. C 3 — congregatos B» —
— int. ven.] inlroens A : introirensens C 1 : introreienens C 2
(co?t.) _ intra B 2 — 8 venerabile B* 6 : -bilis C*E — basilica
B r > — praesepe E — omps B=> — misericordie B* — petentes-
nostre om. AC* — 9 domni nostri C 2 G — sancte om. A — que
om. B«C 3 — Dei genetricis om. A — 10 eligerent A : eligerunt
j 2 G— quae A — mentem A — laudibus AC* 2 : laudium B* — ba-
silicam AB 2 E — 11 qui AB 4 â6 — apel. C 3 — venerabile] venir
vel venerunt codd. — patriarchio AB56
13 isdem AC* — etiam om. A — fîrmam B5 — stabiliter A :
-tatem B3 — 14 popillos C 3 — 15 obilis AC 12 (obilisui C 1 ) : oculi
B* : ovili B« — virtutes A
16 restaurabit A: stauravit B*— quatuor C 3 — sitam C» 2 — anti-
quitus <et> B»— sinodocia A: xenodoxa C 3 — qui B«C 2 — diurnis
B 2 — 17 longuis A— dist. B — raanebat B 3 «C 2 — inordinatam
AC* 2 E — vetilitatem C 3 — diversorum locis eisdem ponens B«—
18 bona C 2 — et om. B«— per om. C 4 EG — interdictio AC* : -cta
B* : -cto C 2 G : -ctu OE — 19 conûrmabit A— a novo om. Es —
fundasset AB 3 C* 2 G —et] ex E5 — sinodocium A : zenodochium
E5 — Plantanam A : Plalhana B*: Plata B* : Plantana Ci 2 E5
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XCIIII. STEPHANUS II (752-757). 441
situm illic faciens, cotidianum videlicet victum eorum decernens Iribui. Nam et foris muros huius civitatis Ro- 229
mane secus basilicam beati Pétri apostoli duo fecit xenodochia, in quibus et plura contulit dona quae et sociavit
venerabilibus diaconiis illic foris existentibus perenniter permanere, id est diaconiae 6 sanctae Dei genetricis et
beati Silvestrii, ex privilegiis apostolicis perenniter permanenda munivit *.
5 Inter haec vero 9 dum magna persecutio a Langobardorum rege Aistulfo in hac Romana urbe vel subiacentibus V 230
ei civitatibus extitisset et vehemens eiusdem régis sevitia inmineret, ilico isdem beatissimus papa, tertio i0 aposto-
latus ordinationis suae mense, disponens suum germanum, sanctissimum scilicet Paulum diaconum, atque
Ambrosium primicerium, plurimis cum muneribus ad eundem Langobardorum Aistulfum regem ob pacis ordi-
nandum atque confirmandum foedera misit. Qui praelati viri ad eum coniungentes, inpertitis muneribus, quasi
10 facilius eadem pro re apud eum inpetrantes, in quadraginta annorum spatia pacti foedus cum eo ordinantes con-
firmaverunt.
Atvero isdem protervus Langobardorum rex, antiqui hostis invasus versutia, ipsa foedera pacis post poene IIII VI
menses, in periurii incidens reatu, disrupit; multas iamfato sanctissimo viro vel cuncto populo Romano ingerens
contumelias, varias illi minas dirigens. Gupiens n quippe, Deo sibi contrario, cunctam hanc provinciam inva-
15 dere, honerosum tributum huius Romane urbis inhabitantibus adhibere nitebatur; per unumquemque scilicet
caput singulos auri solidos annue auferre iniabat et sui iurisdictione civitatem hanc Romanam vel subiacentes ei
castra subdere indignanter asserebat. Cernens vero isdem sanctissimus papa valide praefati régis perniciosa inmi-viI23i
nere sevitia, magnopere ad se accersitis venerabilium monasteriorum 12 sanctorum Vincentii et Benedicti religiosis
abbatibus, sua vice eidem crudelissimo misit régi, obnixe per eos postulans pacis foedera et quietem utrarumque
20 * Huius temporibus 7 adveniens Hunaldus, dux Aquitaniae,ad limina apostolorum, ibique se perseveraturum esse promisit. Qui
postmodum, diabolica versutia, fraude, deceptum votum frangeas, Langobardis exediens, 8 maligna adortans. Sed, sicut meruit,
lapidibus digna morte finivit.
VARIANTES DES MANUSCRITS
1 faciès O — tribuit AB6 — 2 Romae A — duo om. B356 ;
dno G 3 — sociabit A — 3 diaconius B* — illico B : ilico cet. •
illic scripsi — exsist. C 3 — permaneret AB 234 G* — idem B5 —
diaconia AG ,2 G : -nie C 3 — Dei om. B 6 — gen. < Mariae >
B 6 — 4 Silvestri codd.; hic addunt duae AC 2 : due C" : duo
B* 6 : diu B 23 *: delevi vocem natam ex fine (ii) nominis praecedentis
— ex] et AB* — permonenda B* — munibit A : manebit B 6
* Huius-finivit BD(20 Houaldus B 3 — Aequilaniae B« 6 — ubi-
que B 6 — perservirturum B ç — 21 deceptus B 6 — expet///ens
B* : expediens B* 5 — adortan se sicut B^ — 22 digne B 6 ) —
5 Inter] item C 2 — persequutio C 23 — Haist. B5C 2 :-olfus A:
-olfo C 2 E5— hanc C 12 — 6 extetisset B 3 5— sevitiam ACi 2 :-cia C 3 —
imminerent B 6 — hisdem A: om. B* — 7 ordinationes B« —
sue C 3 — sanctissimus C 2 : -mo C 3 — silicet B 3 — 8 plurimis
om. AC* 2 G — reg. Aist. A — ob] qui A — oppacis G 1 — 9 or-
dinandam atque confirmandam B 2 — quae C 1 — inpestis A :
inpertis C 12 G : inpertiti B 6 — 10 eandem AC 12 — imperantes
Liber pontificalis.
C 4 £ 1 — quadragTÏ A — spatio A — pactij petiit A : petit G 12
12 Ad B*— idem proterbus C 3 — ostis A — ipse AC* 2 G — fo-
dera B fi : foedusra C 2 — pone AC 2 : paene G 1 : ponens B —
13 mensis B^ — periurio AC { G — incidens C 3 :-cedens cet. —
reatum AC 12 — multus À:-tos B"'— etiam f-AC*— facto B*J: fatu
C 2 — 15 honer. AC* : honor. C 3 — Romam B»— adhiberi AG I2 G
— unumquodque B 2 : -quoque B* — si licet B 3 — 16 capud
AC 1 : apud B 5 — aureos B 6 — solëi A: solus B* — annua AC ,2 G—
iniabant B 2 : iniebat B"' — iurisdictionem B 23 ' ,6 C 2 — subiacentia
C 4 E — 17 Castro AG ! G — iudignans B^— cerneps G 2 — vero om. B
— idem B 6 — validem C 12 :-dam G— perniciosam AE:-ciora C 3 —
18 sevitiam A — manopere C 2 — arcesitis B 3 : exercitis B 4 : ac-
cersitus B* — Vincenti AC 12 — releg. G 1 : reliosis G 3 — 19 idem
BC 3 (////udem B 3 ) — crudelissimum B* :-isimo C 3 — mis. crud.
ACi 2 G — rege B 2 *C 2 : regem B 3 3 — postulante 3 — fédéra C 3 —
RECENSION LOMBARDE (AG ,S G) — 5 a Om. •
régi — 14 Deo] eos
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partium populi Dei obtinere confirmandam. Quos nempe suscipiens, omnino contemptui habens, eorum sprevit
monita et ad suae animae detrimentum sine effectu causae confusos ad propria absolsit monasteria, obtestans eos
minime ad praefatum sanctissimum papa declinari. Quod audiens ipse praecipuus pater, exemplo, iuxta ut crebro
consueverat, omnipotenti domino Deo nostro suam populique sibi commissi commendans contulit causam, hanc
lugubrem eius divinae maiestati insinuavit laraentationem. 5
232 VlN Et dum haec agerentur, coniunxit Roma Iohannis, imperialis silentiarius, deferens eidem sanctissimo pontifici
iussionem, simulque et aliam ad nomen praedicti régis impii detulit adortationis adnexa verba iussionem, reipu-
blicae loca diabolico ab eo usurpata ingenio proprio restitueret dominio. Quem videlicet imperialem missum con-
festim sepefatus sanctissimus papa, cum suo germano praedicto sanctissimo Paulo diacono, ad eundem misit
nequissimum Aistulfum Ravennam. Quibus susceptis, cum inani absolsit responso, adherens eidem imperiali 10
misso quendam proprie gentis nefarium virum, diabolicis inbutum consiliis, ad regiam properandum urbem.
IX Reversisque Romam ac praesentati eidem sanctissimo pape, enarraverunt nihil se egisse. Tune praelatus sanctis-
simus vir, agnito maligni régis consilio, misit regiam urbem suos missos et apostolicos affatos cum impériale
praefato misso, deprecans imperialem clementiam ut iuxta quod ei sepius exerci tandis 13 has Italiae in partes
scripserat, modis omnibus adveniret et de iniquitatis filii morsibus Romanam hanc urbem vel cunctam Italiam 15
provinciam liberaret.
233 X Inter haec vero, permanens in sua pernicie praelatus atrocissimus Langobardorum rex, exarsit furore vehe-
menti, et fremens ut leo, pestiferas minas Romanis dirigere non desinebat, asserens omnes uno gladio iugulari,
nisi suae, utpraelatum est, sese subderent dicioni. Rursumque antefatus sanctissimus pater, congregato universo
Romano coetu, taliter eos paterno amore ammonuit, inquiens : « Quaeso vos, filii karissimi, pro nostrorum délie- 20
» torum mole Domini imploremus clementiam et ipse noster erit adiutor, liberabitque nos sua providentissima
» misericordia a persequentium manibus. » Cuius salutiferis ammonitionibus cunctus oboediens populus, congre-
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 populo A — opt. A — nempae A — omni B 6 — sprev. eor. E —
2 munita AC*— sue anime C 3 — eirectum B 6 G— cause C 3 — con-
fusus BG2 — absolvit AB«C*E — opt. A: obstentans B^ —
3 papam AB 3 E — declinarc quo B — exemplum AC*G: ex tem-
plum C2 : extemplo C 4 E — A consueberatC 3 — commisi A: -sit
Ci : om. C 3 — 5 lucubrem ABM«C« — divini B* :-ne C 3 — la-
mentationem AC 1 :-ne cet.
6 hec A'.om.B 4 — coniuncxitC 3 — Romae B2:-mam C 2 G — diffé-
rées BC2 — pontifîce B«— 7 et] ad O— alia AC*— retulit AC«G—
adortationes B* — adnexuAC':adnixa B c — iussionum A— 8<ad>
reipublice C 3 : <ut> r.C 124 EG: <et> r.B«— regipuplice B5—
diabolica... ingénia B — restituere B 24 ^ — restitueret < et >
AC*G — videlicet <et> AC,iG — impériale B« — 9 sepefato B:
-factus C 2 :- faclis C 13 — sanclissimus-praedicto om. B — 10 ne-
quissimo Aistulfo B 6 — Ravenna B 24 5C 3 — inane B 23 * :-nia OG —
absolvit AB«CŒG — responsum B«« _ impériale B 3 «C 2 — il
missum B* — proprii AB 3 C 12 — gentes B* — nefandum B 2 —
virum] diuruni B 3 — inbutuA— urb. prop. B 23 — properandam
B<5 —12 Roma AC* 2 — hac A— aegisset. Tur B*— 13 maligno A
— consilium AB23 : -liu C 2 — ministros B» — et om. B 6 — affa-
tus B'Ei — imperiali AE: -lera B 6 — 14 quod] que C 3 *— eis C* 2
— exercitandas E: -di G— his C 3 — Italie C 3 — parte B*: portis B«*
— 15 scripserunt B5& — modestis B 6 — advenire AB 2 — mossibus
C 2 —banc om. B*— vel < a > B— cuncta Italia B2«gg (Italie
B6) _ 16 provincia B 2 56
17 Inter b. v.] Tune inter baec B 2 — bec A — suo B* :
suam C*G — perniciae AB 34 : -cia B 2 : -ciem C* 2 G : perti-
natia B<5 — 18 Romani A — asseomsuino gladio C 3 — iugu-
lare B 234 — 19 ut om. B — prael. -sese] praelatus esse B 23 *
— est om. B« — se B 6 — subdiderent B 2 : subdederint B 3 — di-
tione B 34 : dictioni B5 : diciosi C 1 — rursusq. AC* 2 — antefac-
tus E — 20 Roma B 3 : om. B^g— cetu A— <etu> taliter C 3 — pa-
terne B 34 — ammô~A : amovit C 3 — fili A — 21 mole] modo B 6
— liberavitque B 3 « CE — nos om. E — sua om. B 6 — pruden-
tissima AB — 22 ammotiobus C 3 — audiens B 234 : obau-
diens B 56 —
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gati unianimiter, omnes lacrimis fusis omnipotentem dominum Deum nostrum depraecati sunt. In una vero xi
dierum cum multa humilitate solite procedens in letania cum sacratissima imagine domini Dei et salvatoris nostri
Iesu Christi quae acheropsita nuncupatur, u simulque et cum ea alia diversa sacra mysteria eiciens, proprio
umero ipsam sanctam imaginem cum reliquis sacerdotibus hisdem sanctissimus papa gestans, nudisque pedibus
5 tam ipse quamque universa plebs incedentes, in ecclesia sanctae Dei genetricis quae ad Praesepem nuncupatur,
posita in omnium capitibus populorum cinere, cum maximo ululatu pergentes, misericordissimum dominum
Deum nostrum depraecati sunt ; alligans connectensque adorande cruci domini Dei nostri pactum scilicet illum
quem nefandus rex Langobardorum disruperat.
Hic beatissimus papa omnes suos sacerdotes et clerum in Lateranense patriarchio sedule aggregans, ammonebat XII 234
10 divinam totis nisibus sectari Scripturam et in lectione vacare spiritali, ut efficaces invenirentur in omni responso
et adsertione adversariorum ecclesie Dei. Nec enim cessabat indesinenter ammonendo et confortando cunctum
Dei populum sobrie pieque agere atque ab omni pravitate sese custodire *.
Hic beatissimus vir pro salute provinciae et omnium christianorum omni sabbatorum die laetaniam, omni post- xill
posito neeleetu, fieri statuit unum quidem sabbatum ad sanctam Dei genetricem ad Praesepem, alium vero ad
ib beatum Petrum apostolum, et alium ad beatum Paulum apostolum *\
Hic beatissimus papa restauravit basilicam 15 sancti Laurenti super sanctum Glementem sita, regione tertia, XIV 235
•Omnibus autem praenominatis sacerdotibus dum de caelestia suadebat terrenis honoribus datione adtrahebat; ut cuncti ornati
in ecclesia Dei invenirentur, tunicas, planetas aut quodsulis unumquemque in honorem tribuens, aliis praetii dationem qui cre-
diti a feneratoribus fuerant liberarentur ut tota ecclesia Dei in summo deveniret honore.
20 **Hic fecit rugas ante altare sanctae Mariae seraper virginis quae appel latur ad Praesepe,quae et argento investivit, qui pens.
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1 fusi A — Deum nostrum om. A — 2 sollicite AC 12
— sacratissimam A — imagini B 4 : -nem AE — et om. A —
nostri om. B 6 — 3 quam B 6 — achaereposita B* : acheroposita
B 6 : aucheropsita E 1 : achiropyta E5 — ministeria E — eiciens
om. B 6 — propria B5 — A humore B* — reliqui A — isdem A :
isdemque E — 5 quam B 6 — ecclesiam B 3 — qui B^ — prae-
sepe AB^E — nuncupabatur B 3 — 6 posito A — omnibus B :
unum E — cinerem C 12 — ululato B 6 G 2 : -lutu C 3 — misericor-
dem A — 7 Deum om. C*E — conectensq. AGI 2 — adoranda
rg _ crucis AB 23 : -ce B 4 : -cem B">6 — illud E— 8 quae B :
quod E — nefandum AC 1 — disrupit E
9 Lateraninse B» : -nensi C 3 £ — sedulae A : redule C 3 —
adgr. A — 10 iotam B 5 {corr.)— sectare B: rectariC 3 : sacrari E 1
— lectionem B 234 — vacari B 4 CG : vagare B 5 — invener. B 4 — re.
possesso B5 — 11 assert. C 3 —Nec- ammonendo om. C 4 — con-
f ortandum AC 12 — cunctum om. AG — 12 sobriae A : subriae C 1
— piaeque AC 1 — omnibus B 3 — pavitate C 3 — se A: esse C 3 —
custodirent A : -ri C 234 E : * Omnibus-honore BD (16 prae-
nominatus B 6 — ordinati B 4 — 17 tonicas B 2 »6 — quod-
solis B 24 <> — unumquemquem B^ — < que > in B 3 — in
o;n. B5 — bonore B 6 — alii B« — datione B 24 — 18 foen. B 3
— venirent B^)
13 < in > omni AC 1 : inuini C 2 — omne B 23 : -nium B 4 — sa-
bat. B 5 -— 14 omni postp. neeleetu om.B<> — postpositum AC* 2 G
— neclecto AG 1 : neglectum B 234 (-tam B 4 ) : neeleetu B5; negle-
cto G 2 G : necglectuC 3 — sabbato C 3 — praesepe E — aliam A —
verum B 6 : om. A —15 et-apostolum om. C 3 — aliam A — apos-
tolum om. B"> : 19" Hic fecit-lib. XLBD (altare] latere B 234 —
semperque B 2 " 4 — qui B<5— praesepem B 23 — 21 lib. XXX B 234 )
16 beatissimus papa om. B — restauravit] statuit ut A — beati
Laurentii A — reg. III si t. A — sitam AB 3 C*
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444 XGI1II. STEPHANUS II (752-757).
quae a diuturnis temporibus diruta manebat. Restauravit ettegumen ciraiterii sancte Soteris, 16 quod ceciderat*.
XV Itaque dum hisdem sanctissimus vir iamfatum pestiferum Langobardorum regem inmensis vicibus, innumera-
bilia tribuens munera, deprecaretur pro gregibus sibi a Deo commissis et perditis ovibus, scilicet pro universo
exarchato Ravennae atque cunctae istius Italiae provinciae populo,quos diabolica fraude ipse impius deceperat rex
et possidebat; et dum ab eo nihil hac de re optineret, cernens praesertim et ab impériale potentia nullum esse 5
subveniendi auxilium ; tune quemadmodum praedecessores !7 eius béate memoriae domni Gregorius et Gregorius
atque domnus Zacharias beatissimi pontifîces Carolo excellentissime memorie régi Fr.ancorum ,8 direxerunt, pe-
tentes sibi subveniri propter oppressiones ac invasiones quas et ipsi in hac Romanorum provincia a nefanda Lan-
gobardorum gente perpessi sunt, ita et modo et ipse venerabilis pater, divina gratia inspirante, clam per quendam
236 peregrinum suas misit litteras 19 Pippino, régi Francorum, nimio dolore huic provinciae inherenti conscriptas.Ad K>
hune etiam nec cessavit dirigens ut suos hic Roma ipse Francorum rex mitteret missos, per quos ad se eum accer-
XVI sire fecisset. Et dum valide ab eodem Langobardorum rege civitates et provincia ista Romanorum opprimerentur,
subito coniunxit missus iamfati régis Francorum ^nomine Trottigangus abbas 20 ,per quem misit in responsis omnem
voluntatem ac petitionem praedicti sanctissimi papae adimplere. Et postmodum alius missus familiaris eius con-
iunxit, ea ipsa adnuntians. <5
237 XVII Cumque a Langobardis, ut praelatum est, antiqua Romana urbs et castra universa distringerentur, ita etiam ut
et Ciccanense castellum, 21 quod colonorum sanctae Dei ecclesiae existebat, usurparet, ilico a regia urbe coniunxit
* Fecit autem et vestem altaris ad sanctam Dei genetricem qui vocatur ad martyres ; qui et ipse illuc cum laetania pergens, suis
propriis manibus investivit.
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1 qui B* 56 — <etiam> et B — cim. A — sancte C 3 : -ti cet.
— Sotris ACt : Sotoris B 23 : Sothoris B5: Sotheris B«C 2 E : So-
teris C 3 — quo B G — • Fecit -investivit BD (18 veste B*— quae
B23 — martyris B*)
2 dum om. B 3 — iamfactum B 4 :-facto B» : -fato B« —
pestifero B G — rege B* — innumera AC*G :-rabit C 2 — 3
deprecatur B« — et om. B 6 — silicet AB^Ct : <et> Bse — per
B« — 4 eiarchatu C 3 : exercitu C*E — Ravenna B* :-ne C 3 —
cuncto E* — Italie provintie C 3 — ipsius impie decerneret A
decip. B 6 — rex-hac de re om. C 2 — 5 possedebat B 3 C 3 —
de hac B* — de om. B 23 « — obtinere B : <et> C 2 — et ab]
etiam C 3 — imperiisdÏAGiG: iraperiali B 2 E— potentiam B* —
esset C»G : om. B* — 6 quemmam. B 2 C« 2 — praecessores C 2 :
prodecessores C 3 : precessoris B^ — domni C 3 :-nus cet. — et E
— 7 domnus om. B — Zaccharias A — beati B^ : beatissimis
C* — pontificis B« — Carlo &* : Carulo C 23 E13 : Karolo C» —
exceilentissimo C 1 — memorie om. A — rege B" — 8 sub-
venire B* — obpraes. C» :-onis C 3 — ac invasiones om. B* —
ipse B 23 * — Romanarum B«— 9 gentemC 2 — perpensi A — ut
post ita E (punctis notatum) — venerabiles B 3 — 10 rege B —
huius B 23 * — provincie C* — inhérente B — 11 ad hune C 3 :
ad tune BC 2 (at B 23 *) : a tune C*E5 : ad hue AC*G (at C») — ne
B«C 2 G : nec C* - suis C 1 — Romam EG — rex Fr. Bc — mit-
tere B«G — missos <suos> E— eum ad se AC 12 E — 12 arces-
sire AC 1 : accessere B 1 : acceràere B 4 : accersiri E — eorum
B* — rege Lang. B56 — regem A — civitatis B 3 * :-te C 3 — pro-
vincias B 2S E — ista om. B 2 * — obpr. C 3 : obprem. B36 —
13 subi C 2 — missos B 4 *G 2 — iamfacti B* — Rotdigangus
ACi : Rottig. E^ : Trottig. C 23 E 4 : Croctig. B 2 " : Drodig. B>*
:-gangum B G :-gandus E* — per om. C 4 — < ut > omnem A
— 14 volontatem A — et B 2 — praedictac B 4 :-disti G 2 : om.
A — sanctissime B 3 ^ 6 : -mus C 23 — papa B* : patri A —
adimpleret A — alios missos AB 23 C*E — familiares B — 15
ea] et B*
16 a om. C 3 : ad C 2 — praedictum B> c — aliquas Romanas
urbes B^ — urbis B5 : urbe E — ac A: ad G*2 — distingueren-
tur B 3 : distringeretur B»— ut < etiam > B 4 — 17 et om. C 2 E
— Ciccaues A: Ciccanens C ,2 G : Gicanenses G 1 : Cicanensis B
(-nesis B 23 *) — exsist. B 3 — ad regiam urbem C 4 E — régi C 2 —
Recension lombarde.— 8 nefanda om.
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XCIIII. STEPHANUS II (752-757). 445
sepefatus Iohannis imperialis silentiarius cum missis ipsius sanctissimi pontificis, deferens secum et quem depor-
taverant iniqui Langobardorum régis missum, siraul et iussionem imperialem in qua inerat insertura ad Lango-
bardorum regem eundem sanctissimum papam esse properaturum, ob recipiendum Ravennantium urbem et
civitates ei pertinentes. Pro quo et de praesenti direxit ad eundem blasphemum regem suum missum pro sua -
o et qui cum eo ituri erant indemnitate ; ipsoque reverso, extemplo et missi iamfati Pippini régis Francorum con- XVIII
iunxerunt, id est Rodigangus episcopus 22 et Autcharius dux, quatenus praedictum sanctissimum papam, iuxta
quod petendo miserat, ad suum Francie regem deducerent; quem et iam paratum invenerant ad praedictum
Langobardorum regem properandum, pro recolligendis universis dominicis perditis ovibus.
Tune consulens hisdem beatissimus papa omnipotentis Dei nostri misericordiam, egressus est ab hac Romana XIX 238
io urbe ad beatum Petrum apostolum, XII II die octobrii mensis, indictionis VII 23 ; secuti que sunt eum plures
Romanorum et ceterarum civitatum populi fientes ululantesque,nequaquameumpenitusambulare sinebant. Qui
videlicet sanctissimus vir sese in Dei virtute et protectione sanctae Dei genetricis et beatorum principum aposto-
lorum conferens, constanter pro salute omnium, licet infirmitate corporis defectus, laboriosum arreptus est iter,
confortans atque commendans cunctam dominicam plebem bono pastori domino nostro beato apostolorum prin-
15 cipi Petro. Et adsumens secum ex huius sanctae ecclesiae quosdam sacerdotes, proceres etiam et ceteros clerico-
rum ordinis, neenon et ex militie obtimatibus, Christo praevio, coeptum profectus est iter, magnam illi caeli
serenitatem Dominus in ipso itinere tribuens.
Igitur coniungente eo fere quadragensimum miliarium Langobardorum finium 2 \ in una noctium, signum in XX 239
caelo magnum apparuit, quasi globus igneus ad partem australem declinans, a Galliae partibus in Langobardorum
20 partes. Itaque unus ex eisdem Francorum missis, scilicet Autcharius dux, quantotius praecedens, Ticino eum
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1 sepefactus C 3 — Iohannis B 3 C 2 — silentiarus B 3 — comissis G 3
— sanctissimus C 2 — quae E — 2 deportaverat A : -runt B 5C
— inqui G 2 — Languob. C 3 — regem B G — missi B (-sam
B c ) — erat AB — a BZ — 3 rege B 2 ^E : régi B* — sanctissimo
papa B 6 — properatorum B* — recipiendam AC'G — Raven-
tium C 3 — 4 eij et E — perten. A — dir.] dixerunt B 6
— blasphemum om. E* — 5 indam. B 2C : -tatem ABC 2 —
exemplo B 3 C 3 — misso A — 6 idem B 6 — Rotdig. A :
Chrodeg. B 23 : Rodg. B« — Autcarius AB* : Autg. B 3 :
Audig. G 2 — quatinus B* — praedictus sanctissimus papa
B — 7 petendum AC« 2 G — diducerent C 23 (-rant G 3 ) —
iam] etiam B* — invenerunt B* 6 — 8 remcoll. G 12 : re-
coIendisBs — perdites B 6 — ovibus] quibus A
9 consules B*E : consul G-* — isdem C 3 — misericordia C 1 —
hancB*5 : ac G 3 — 10 beatissimum AG l -G — XIIII < decimo >
B* — dieoct. mens.] ind.m. I A : id oct. mens. I Ci 2 (I om.
C 2 ) — mensis octubrii E — VI B 6 — sequutoque G 2 — que om.
C 3 E — sunt om. C 2 — eum om. B — il civ. cet. B* —
civitatem B 3 — fientes < et > C 2 *G — que] qui B* — pe-
nitus om. AC*G — ambularet C 2 — 12 videlicet om. A
— sanct. vid. C*G — sancte C 3 — < Marie > et C 3 — 13 con-
ftatur B 6 — infirmitatis A — defectos B 6 : detentus E — laborioso
B 6 — adeptus A — 14 confortatus B^ — mandans AC 12 : com-
mendatis B* — cuncta dominica plèbe B* — boni AB^G* — pas-
tore B — domini C 2 — 15 principe B — Petrum B* — adsumes
G 2 — ex huius om. C 2 — hac sancta aecclesia E — sancte ec-
clesie G 3 — ceteros-obtiraatibus] ecce tibi B 6 — ceterorum
G 2 — 16 ordines BC* — et om. AB*— ex om. C 1 Iitie obti-
matibus om. C 2 —militia ABG 1 — obttnentibus AC^— Christo om.
C 3 — praevium B — ceptum AC 1 : cepto B i6 — caelesti AC 12
(cel. A) — 17 serent A : serenitate G 1 — ipsa B 6 — itin.] mu-
nera G 2 — tribuente E
18 questogens. inûn AG (unum G): quaestogensiminum G 1 :
qua C 2 : quadrages- B 2345 : -mo B 2 56— miliario B 2 * — fines B 2 — si-
gnum] somnium C 2 — 19 cclo C 3 — globus J gladius AC*— ignem
BG — a parte AB (-tem B*) — patrem E [corr.) — australi B 2 : -le
B36 — Galileae C» 2 G : Gallie G 3 — in om. G 3 — 20 partem AC*G
partibus B* 6 — hisdem B — Autcarius A : Augarius B 3 : Aut"
chius E
Rbceksiok lombaedb. — 4 blasphemum om.
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446 XGIIII. STEPHANUS II (752-757).
XXI prestolatus est. Gum vero adpropinquasset iamfatus beatissimus papa civitatem Papiam, direxit ad eum sepefatus
Aistulfus nequissimus rex missos suos, obtestans eum nulla penitus ratione audere verbum illi dicere petendi
Ravennantium civitatem et exarchatum ei pertinentem, vel de reliquis reipublicae locis quae ipse vel eius prae-
decessores Langobardorum reges invaserant. Me vero ita ei misit in responsis, asserens quod per nullius trepi-
dationis terrorem silere huiuscemodi petendi causam. 5
240 Coniungente vero eo Papiam in civitatem et praedicto nefando régi praesentato, plura illi tribuit munera et
nimis eum obsecratus est atque lacrimis profusis eum petiit ut dominicas quas abstulerat redderet oves et pro-
pria propriis restitueret. Sed nullo modo apud eum impetrare valuit. Nam et imperialis missus et ille simili
XXII modo petiit et impériales litteras illi tribuit et nihil obtinere potuit. Praedicti vero Francorum missi inminebant
fortiter apud eundem Aistulfum ut praefatum sanctissimum papam Franciam pergere relaxaret. Ad haec convo- 10
cans iamdictum beatissimum virum, interrogavit si eius Franciam properandi esset voluntas. Quod videlicet ille
nequaquam siluit, sed suam illi propalavit voluntatem ; unde ut leo dentibus fremebat. Pro quo et diversis vici-
24i XXIII bus suos satellites ad eum clam misit ut eum quoquo modo a tali intentu declinarent. Alio vero die, praesente
Rodigango sanctissimo episcopo, interrogavit eundem beatissimum papam iamfatus Langobardorum rex si velle
haberet Franciam ambulandi. Et ita affatus est : « Quod si tua est voluntas me relaxandi, mea omnino est am- i5
» bulandi. »
Tune absolutus est ab eo. Et adsumens " ex huius sanctae Dei ecclesiae sacerdotibus et clero, id est Georgium
episcopum Hostense, Wilcharium episcopum Numentano, Leonem, Philippum, Georgium et Stephanum presbi-
teros, Theophylactum archidiaconum, Pardum et Gemmulum diaconos, Ambrosium primicerium, Bonifacium
secundicerium, Leonem et Christoforum regionarios, seu et ceteros, XV die novembris mensis praedicte VII in- 20
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 praelatus B 3 — dum B5« — iamfactus B* — civitate
B3 — Papiae B 23 *G — eum < per > B 3 — saepefactus E —
2 neqaissimum C 3 — eum] eos B236C* — auderet B 3 : -dire B$
— illum B 6 — 3 Ravennaticam B* : -nencium C 3 — civitate
B 3 — et] de B 3 — exarebato B* 6 — perten. A : -te B 3 — regi-
pulice C 3 — que C 3 — 4 praecessores B 6 — régis B*s — inva-
ser A : -runt B«* — ita om. C* — ei] e B* — quae C 3 — per
om. C 2 E — 5 trepidationes B* — terrori A : -ris C 1 — sileret
B* 3 5« : siliret C* — petend B5 : penitendi C 3
6 Coniungentes B* — eo om. B*C 12 G— civitate C 12 — et om.
B56 — defando C 3 — rege B (regem B6) : rei G 3 — ille B 3 * —
7 nimiisC 1 — profusus B (perf. B 6 ) — petiis E :-tivit e — - obs-
tulerat B 3 — redderet om. G 3 — 8 propriam A — restituent
B* — aput A — impetrari B 2 — impériales B 3 *5 — missos
B« : missi E {corr.) — illi C 3 — simile C* — 9 et om. C 3 —
nil C 23 E — obtineret C 3 — missis B5 — 10 aput A — ut om. B**
— praefato -mo B& 6 — Francia B« — perg. Fr. B 23 — pergi B* :
pergen//// B 3 : perrege C 3 — perlaxaret A : relaxare B* 6 : om. G
— hec A— il eius] et C 3 — Franciae B 23 :-tia B«— quo AC 1 — illi
B234 — ij volont. A — fremebat om. C 3 — 13 ut] ad B« — quo
BHVG— ad alia B 23 : ad alie B*: ad ali B&G: alii B« : ad tali G 3 —
intentum B 3 «G— declinaret A3*EG— alia B 3 — de B 3 : om. E—
praesenti B* — 14 Rotig. C 2 :-gando G 3 — sanctissimus epis-
copus B* — interrogabit A — beatissimo papa B* — iamfatus-
ambulandi om. G 3 — vellet AB 3 C 124 — 15 abire AC 12 G : habere
B«6 — Frantia C* — adf. A — quod] que G 3
17 ex om. B 2 — sancte D. ecclesie G 3 — aecclesia B* — et]
vel AC 1 — est om. A — 18 Wilch. ep. Num. Georg. ep. Host.
B — Hostense A : Ostense B 23 *C 3 : Ostiensem B*E : Ostiense
B6 : Hostiens C 2 : Hostensem C«G— Quilcbarium AC 1 : Quiloba-
rium este 2 : Wilcbarium B: WilcariumC 3 E* : Wildecbarium E»
— Numento BC* (Nom. B56) — Fil. A :-po B56 — et om. A —
Stepkano B* — 19 presbiteris B 8 — Teophil. A — arcid. A:-nem
B 2 — Gemulum B 4 : Gemmolum B« — diaconibus B 2 — pri-
micirium G 2 — Bonefatium C 2 — 20 secundicerium om. C 2 —
Chrislofarum AC 12 : Cbristiferum C 3 — regionarius B 3 56 : re-
giodeuarius C 3 — sive B — quindecim decimo B 6 — mens. nov.
AC 1 — Vil] seper A : semper C 1 : septime C 3 — sperditione G —
Rkceïision lombarde. — 2 nequissimus om. — 6 nefando om. — 13
satellites] optimates — 14 sanctissimo om. — beatissimum om.
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XCIIII. STEPHANUS II (752-757). 447
dictionis, a civitate Papia movens suura Franciam profectus est iter. Et post eius absolutionem adhuc nitebatur XXIV 242
suprascriptus malignus Langobardorum rex a praedicto itinere eum deviare ; quod minime ipsum sanctissimum
virum latuit. Unde et cum nimia celeritate, Deo praevio, ad Francorum coniunxit clusas. Quas ingressus cum his
qui cum eo erant, confestim laudes omnipotenti Deo reddidit ; et coeptum gradiens iter, ad venerabile monaste-
5 rium 2C sancti Christi martyris Mauricii, in quo et constitutus erat pariter se cum Francorum rege convenir!, an-
nuente Domino, sospes hisdem beatissimus pontifex cum omnibus qui cum eo erant advenit. In quo et aliquan-
tis demorantes diebus, * coniunxerunt in praedicto venerabili monasterio Fulradus abbas 28 et Rotardus dux
directi a sepefato Pippino excellentissimo Francorum rege, petentes eundem sanctissimum pontificem ad suum
progredi regem. Quem et cum magno honore cum omnibus qui cum eo erant ad eum deduxerunt.
<0 Audiens vero 29 hisdem rex eiusdem beatissimi pontificis adventum,nimis festinanter in eius advenit occursum, XXV 243
una cum coniuge, filiis etiam et primatibus. Pro quo et fere ad centum milia fîlium suum nomine Karolum in
occursum ipsius quoangelici papae direxit, cum aliquibus ex suis obtimatibus. Ipseque in palatio suo, in loco
qui vocatur Ponticone, ad fere trium milium spatium, descendens de equo suo, cum magna humilitate terrae
prostratus, una cum sua coniuge, filiis-et optimalibus, eundem sanctissimum papam suscepit; cui et vice stratoris
15 usquein aliquantum locumiuxta eius sellarem properavit. Tune praedictus almificus vir cum omnibus suisextensa XXVI
voce gloriam et incessabiles laudes omnipotenti Deo referons,, cum hymnis et canticis spiritalibus usque ad prae-
fatum palatium pariter cum iamdicto rege omnes profecti sunt, sexta ianuarii mensis die, in Apparitionis domini
Dei et salvatoris nostri Iesu Christi sacratissima solemnitate. Ibique intus oratorium pariter consedentes, mox
ibidem beatissimus papa praefatum christianissimum regem lacrimabiliter deprecatus est ut per pacis foedera
20 * Ibi " Ambrosius primicerius febre correptus defunctus est.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Papiaoi C*G— Francia BG -iter] inte C 2 — obsol.C 2 — nitebantur
C 1 — 2 subscriptus B 2 : substantia B 3 : subsl. B 4 : superscr.
B56 :-tos G* — magnus B 6 : om. E — a om. C 3 — 3 celeritate om.
AC 1 — previo A — a B* — coniuncxit C 3 — quae B« — cam
C 2 — 4 reddit C 3 G — ceptum A — venerabileai B 3 — 5 mo-
nasterio B56C13 (-tyrio Ci) — sancli om. AC*G — Christi om.
B« — et om. C 1 — constitutum B 2 — convenire AB56 — 6
sospis B 3 : super B^ 6 — pontifex] papa A: pater C*G — et] ad
C 3 — 7 aliquantos B 2 — demorantis C 3 — dies B 23 * : *Ibi-def.
est BD — coniunex. C 3 — <se> in B 2 — predictu C 1 — ve-
nerabile B«6 : -iis E : venerunt Ci — monasterium C 1 — Fol-
radus AC» : Folratus C* — alba B* — Rottardus A: Rothar-
dusB^sC 1 : HrothardusC 2 — dux om. A — 8 excellenlissimus
E — regem B 4 : régi E — potentes C 1 — sanctissimo B 6 — 9
prodigi B* — et om. AB 23 C* — magno] omni A
10 Hisdem rex] rex Pippinus E* — isdem C — eius B* — bea-
tissimum C 3 — festinantur B 1 — in] ad C 3 — 11 filiis-occursum
om. C 1 — fere a'1] afferens C 4 E — fere ad centum] non pauca B
(non <cum> B*)— nomine om. B 234 — 12 quoangelicae B— locoj
quo B 4 — 13 Pontianae A : Ponticaue B* : Pontianus Vfi — ad
om. B 6 — dise. A — aequo C i2 — in terram C 4 — 14 suo C 3 —
etiam primatibus A — eodem C 3 — sanctissimus papa C 4 E —
15 in J ad B 6 — eius <et> C 3 — praeparavit B* — tune] vel C 3 —
16 et om. AC*G — incessabilis B« — ferens B — 17 pal. praef .
AC 1 — <el> cum E — iamdicto om. E — regem B 6 G— omnis
AB 3 Ci— sexto B* — in om. E — 18solempn. C 3 — 19 idem C* 4 EG
— paces C 3 —
Recersion lombarde. — 2 malignus om. — sanctissimum virum]
papam — 8 excellentissimo Francorum om. — sanctissimum mn.
— 10 beatissimi om. — nimis om. — 12 quoangelici om. — 14
sanctissimum om. — 15 almificus om. — 19 christianissimum om.
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448 XCIIIL STEPHANUS II (752-757)
causam beali Pétri et reipublice Romanorum disponeret. Qui de praesenti iureiurando eundem beatissimum
papam satisfecit omnibus eius mandatis et ammonitionibus sese totis nisibus oboedire, et ut illi placitum fuerit
exarchatum Ravennae et reipublice iura seu loca reddere modis omnibus.
XXVH Sed 30 quia tempus inminebat hyemalis eundem sanctissimum papam cum suis omnibus in Parisio apud vene-
244 rabilem monasterium beati Dionisii ad exhibernandum pergere rogavit. Quo peracto et eo in eodem venerabile 5
monasterio cum iamfato christianissimo Pippino coniungente, Domino annuente, post aliquantos dies hisdem
christianissimus Pippinus rex ab eodem sanctissimo papa, Christi gratia, cum duobus filiis suis reges uncti sunt 31
XX VIII Francorum. Et beatissimus 32 papa prae nimio labore ilineris atque temporis inequalitate fortiter infirmavit, ut
etiam omnes tam sui quamque etiam et Francorum ibidem existentium hommes eum desperarent. Sed domini
Dei nostri ineffabilis clementia qui etiam non deserit sperantes in se, salvum cupiens hominem christianissimum, io
dum eum mane mortuum invenire sperabant, subito alio die sanus repertus est.
XXIX Pippinus vero 33 iamfatus rex cum admonitione gratia et oratione ipsius venerabilis pontifîcis absolutus, in loco
qui Carisiacus appellatur pergens ibique congregans cunctos proceres regiae suae potestatis et eos tanti patris
sancta ammonitione imbuens, statuit cum eis que semel Christo favente una cum eodem beatissimo papa decre-
245 XXX verat perficere. Interea nefandissimus Aistulfus 34 Carolomannum, fratrem benignissimi Pippini régis, a monas- 13
terio beati Benedicti, in quo dévote per evolutum temporis spatium monachice degebat, diabolicis eum suasioni-
bus suadens, Franciae provinciam ad obiciendum atque adversandum causae redemptionis sancte Dei ecclesiae
reipublice Romanorum direxit. Dumque illuc coniunxisset, nitebatur omnino et vehementius decertabat santtae
Dei ecclesiae causas subvertere, iuxta quod a praefato nec dicendo Aistulfo tyranno fuerat directus. Sed propi-
tiante Domino minime valuit sui germani christianissimi Pippini régis Francorum in hoc firmissimum cor incli- 2 o
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 et om. AC 1 — régi supplice O — < et > disp. C*
— praesente B* 5 — iureiurando] expondens B5« — beatissimo
B 3i : om. A — 2 papa B 3 ^ — eius om. E — etj eti AC* —
oboediret A : obaudire B — ille B 3 * — palatium B 3 — fue-
rat B* — 3 Rab. E : > :-ne C 3 — et om. AC» — iurae A :-re C* —
seu] et B 5 — redderet B — omn. mod. B'»
4 gemali C 3 : hyemale E— papa B*'— Parasiacho A:ParasiacoC':
ParasioC 2 G: Parisius B 2 : Parisii B 3 : Parisio B«6Ei5 : ParisîûC 3 —
venerabilem B 3 * C G* 3 — 5 monastyrio Gir-terio B 6 C 3 E : mân A:
nom B* — Diun. B* 6 : Dyon. C 3 — exhyb. A : bib. E5 : guber-
nandum E 1 — quod C 2 — venerabilem B 3 — 6 iamfacto B 4 G3 —
conviventem A iconivientem C*G (-le G) — isdem A — 7 régis
A - lincti C 2 — 8 pre C 3 — temporibusC 23 — 9 tam] et G 2 —
eliam om.B* — et] ad AC*G — bominem B G : omnes E — eumj
heu G 3 — disperaret B5 — 10 inelFabiles AB 3 *» — clcmen-
tiam B 3 Ci — etiam om. E — deseret B 1 : dederit B 5 — <om-
nem > bominem AC'G — hominem] ornnem BC 23 * : oTîîs E :
hominem sci'ipsi — ebristianum B 6 : -nissimo ce B» — il in-
venturi///// B 5 : om. A — sanus repertus] ad sanitatem reversus
B (ad om. B* — sanitate B 45 ) — repp. A
12 rex om. B* — ammonitionis B 26 — gratiae B» — orationis
B — venerabili pontifici B r '— 13 Carisiaco AC 12 G — proceros B*
— régie sue C 3 — pantiG 2 — patres B* — 14 sanctam B i6 C*G :
om. E — adm. A: -onem BC 3 *G— imbuens om. B 6 — qui AC 1 —
fabente C 3 — 15 Aistolfus A— Garolomanno AG 12 G (Kar. C<) —
16 devoto B 4 — per om. AC* 2 G — revolutum AC ,2 G: volutumB* 5 —
temporibus AOJG: -orî B 4 — spacium C 3 — monaciche A —
detegebat B 4 — diabolis B 3 ^ : -lus B 5 — eum] enim B 2 " — 17
Francie G 3 : -ciam E — provincia B 3 — ad om. B 3 — oboedien-
dum ACi 3 G — atque om. C 3 — versandum B 1 — aeccl. A — 18
direxit om. B 3 — vehementer B 2 : -ti B 34 : -tibus B 56 — decer-
tabant A — sancte G 3 — 19 causam A : -sis B> : -sae C 2 — sub-
verteret B 1 — Aistolfo AC 2 — 20 Dorn. prop. AC*G — propi-
ciante G 1 — minimae A —
recension lombarde. — 4 sanctissimum om. — 5 rogavit] fecit —
6 christianissimo om. — 7 christianissimus om. — sanctissimo om.
— Christi gratia om. — 8 beatissimus om. — 10 christianissimum
om. — 12 ipsius venerabilis om. — 14 beatissimo om. — 15 nefan-
dissimus om. — benignissimi om. — 16 diabolicis eum suasionibus
om. — 17 suadens < eum > — 19 nec dicendo om. — tyranno]
rege — 20 christianissimi om. — firmissimum om. — cor] corde ipsius
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XCIIII. STEPHANUS II (752-757). 449
nare; potius autem conperta nequissimi Aistulfi versutia, tota se virtute isdem excellentissimus Pippinus Fran-
corum rex professus est decertari pro causa sanctae Dei ecclesiae, sicut pridem iamfato beatissimo spoponderat
pontifici. Tune pari consilio hisdem sanctissimus papa cum denominato Francôrum rege consilio inito, iuxta id 246
quod praefatus Carolomannus Deo se devoverat monachicam degere vitam, in monasterio eum illuc Franciam
5 collocaverunt, ubi et post aliquantos dies divina vocatione de hac luce migravit.
Porro S5 christiaiiissimus Pippinus Francôrum rex, ut vere beati Pétri fidelis, atque iamfati sanctissimi ponti- XXXI
ficis salutiferis obtemperans monitis, direxit suos missos Aistulfo nequissimo Langobardorum régi, propter pacis
foedera et proprietatis sancte Dei ecclesie reipublice restituenda iura; atque bis et tertio, iuxta sepefati beatissimi
pape ammonîtionem, eum deprecatus est et plura ei pollicitus est munera ut tantummodo pacifiée propria resti-
10 tueret propriis. Sed ille peccato imminente oboedire distulit. Ad hec hisdem eximius Francôrum rex cernens quod XXXII
atrocissimi Aistulfi nequaquam valeret quoquo modo saxeum mollire cor, generalem contra eum decrevit facere
motionem. Et dum iam fere médium itineris spatium Francôrum exercituum graderentur cunei, rursum ipse
sanctissimus vir praelatum benignissimum deprecatus est Pippinum regem demum sevissimo Aistulfo dirigi
Langobardorum régi, si quo modo potuisset, vel sero tandem, eius sedare sevitiam, et propria propriis saluber-
15 rime suaderet reddere absque humani effusione sanguinis. Et ita factum est, atque denuo ipse benignissimus
Francôrum rex suos eidem Aistulfo misit missos. Sed et beatissimus hisdem papa, ut vere pater et bonus pastor, XXXIII 247
ne sanguis effunderetur christianorum, ammonitionis et obsecrationis apostolicas ei direxit litteras, per quas et
fortiter per omnia divina mysteria et futuri examinis diem coniurans atque obtestans, ut pacifiée, sine ulla san-
guinis effusione, propria sanctae Dei ecclesiae reipublice Romanorum reddidisset. Sed iniquitate eius obsistente
VARIANTES DES MANUSCRITS
1 autB 4 — Aist. neq. B&— versucia C 3 — -servitute B«C 2 — hisd.
çj — 2 rex Fr. AB> 6 — decertare BC 2 — causam AC* — sancte
C 3 — iamfatum AC 12 G : iam papa B5 6 —pont, spond. AC* 2 G -—
sponderat Ci - 3 pontifice B 4 * — isd. AC* —iuxta om. B 4 — 4
voverat B — monacica A : -chico C* 2 G — degeret B (degeat
B*) __ monasterium B 23 * : < Viennae > CJ in marg. — eum]
dum B5 — Francia C 2 — 5 conl. A — de om. B 4 — hanc B 4 —
luce < ann. dcclv > C* in marg,
6 Porro < certe > C 3 — ut om. B 6 — iamfati us E — sanctis-
simus C 3 E — 7 salutifere B 6 — obtemperens C 3 — munitis B 3
— Aistolfo AC 2 — rege AB 234 «: régis C» — 8 fédéra C 3 — pro-
prietates B (propitiatis B*) : propicietatis G 3 — restituendi B —
iures B 4 — etque B56 — et om. B C C 3 — sep.] semelopem B 5 —
beatissimae B 4 — 9 ammonitione B 46 C 3 E — eumdem precatus
AC* — et] ut B' — ut om. E {suppl.) — tantom. B 5 — pacifici B5
— 10 illi B5 — isdem AC 12 — excellentissimus B — cernens om.
B3 — quod om. B 234 —il atroc. < Langobardorum rex > B« —
Aistulfo B* — valere B* — molire B 345 — cor] quos B* — ge-
nerali AB 3 ^ C*G : -le B 4 — contra] ad B 6 — 12 monitionem
B 3 * — fere] facere B 4 — modium E {corr.) — spacium C 3 —
Liber pontificàlis.
exercituum C* 3 E: -tus B*: tum cet. — grand. B 4 : -retur B 6 —
cunei] cum eis B* — ipse om. B 4 — 13 Aistolfo A : -fiE: Aistul-
fum C 2 — dirige B* — 14 rege B 4 : -gem B* C 2 — si om. B* —
sedereB 8 — 15 suadere A — redderet B*C*: om. OG — hum an a
B235 ; -ne B 4 : -no B 6 — effusionis B 6 — etque B* — 16 idem
B — misit om. B 4 — et < beatus isdem > C 3 — beatissimo B*
— ut om. C 3 — et om. B 234 — past. bon. B 3 — 17 sanguinis
effend. B 3 — ammonitiones et obsecrationes B 23 — eis B 6 —
18 mist. C 3 — ullam B* — 19 eff. sang. A — propriae BC 3 —
sancte G 3 — eius < ei > B 6 — absist. B 4 —
Receïtsiok lombarde.— 1 nequissimi om. — versutia] ingenio —
excellentissimus om. — 2 beatissimo om. — 3 sanctissimus om. •—
denominato om. — 6 christianissimus om. — Francôrum rex om. —
sanctissimi om. — 7 salutiferis om. — monitis] rogis — nequissimo
om. — reg. Lang. — 8 beatissimi om. — 10 ob dist.] noluit — exi-
mius om. — 11 atrocissimi om. — Aistulfus — saxeum om. — 12
ipse benignissimum] isdem papa — 13 sevissimo om. — 14 vel
-sevitiam] eius mollire cor — 15 ben. Fr. rex.] Pippinus — 16
Aistolfo < régi > — beatissimus hisdem om. — 19 iniq. eius obs.]
ille obsistens —
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nequaquam adquiescere maluit, potius autem e contrario minas et indignationes praefato pontifici et excellentis-
• simo Pippino régi vel cunctis Francis direxit.
Tune fisus 36 in omnipotentis Dei misericordia antefatus Pippinus Francorum rex iter suum profectus est, prae-
mittens ante suum occursum aliquos ex suis proceribus et cum eis exercitales viros ad custodiendum proprias
XXXV Francorum clusas|; ibique coniungentes remoti residebant, proprii régis praestolantes adventum. *Audiens 37 itaque s
protervus ille Aistulfus parvos fuisse Francos illos qui ad custodiam propriarum advenerant clusarum, fidens in
sua ferocitate, subito aperiens clusas, super eos diluculo cum plurimis irruit exercitibus. Sed iustus iudex domi-
nus Deus et salvator noster Iesus Christus victoriam paucissimis illis tribuit Francis; et multitudinem illam Lan-
gobardorum superantes trucida verunt, ita ut ipse Aistulfus, fugam arreptus, vix ab eorum evadere potuïsset
manibus et usque Papiam in civitatem absque armis fugam arripuisset; in qua et prae timoré Francorum cum io
aliquantis se retrusit. Ipsi vero Franci introeuntes clusas cunctum fossatum Langobardorum post peractam cedem
248 XXXVI abstulerunt, spolia multa auferentes. Coniungens vero christianissimus Pippinus Francorum rex, sequipes etiam
eius et antefatus beatissimus papa factus, usque ad muros civitatis Papiae utrique pervenerunt ; quam et obsi-
dentes aliquantos dies viriliter eam Francorum exercitus constrinxerunt.
Tune iamfatus 38 beatissimus et coangelicus papa Pippinum saepefatum deprecatus est benignissimum regem ut i»
iam, amplius malum non proveniret neque sanguis effunderetur christianorum, inminens salutifera praedicatione
XXXVII ut pacifîce causae finirentur. Ad haec christianissimus Pippinus Francorum rex, eiusdem beatissimi patris et boni
XXXI V * Veniens itaque suprafatus benignissimus rex una cum eundem benignissimum papam Mauriennam, in ecclesia sancti lohannis
praecursoris domini nostri Iesu Christi atque baptistae, ibi devotissime missas celebrans eundemque pontificem multis muneribus,
sicut antea iamdudum fecerat,tam ipse quam omnes proceressui iterum addens magnifiée bonoravit; munera vero quae Aistulfo 20
per missos suos dare proraiserat, Deo offerens. per manibus sanctissimi viri dispensanda tribuit; et in eius orationis se ipsum
commendans post iamdictus exercitalis subsecutus est.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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i he A : ae C* : om. B^ — indignationis C 3 — pontifice B 3 «
— et om. E — 2 rege B
3 misericordiam B56 — 4 promittens AC 1 (con: ci) — < et>
aliquos C 2 G — exercitalis B» — custodiendas C*G : -dam C 2 —
5 resed. B 3 «— propria B 3 : propriaeB*— prestul. B<î— * Veniens
-est]B56D (18superf.B 6 — Maurienna B 6 — 20 ante B*— proceribus
suis B 5 — Aust. B 6 : AistulfuBî— 21 dispensandam B«— oratione
B6) — AdiensB 4 — 6 fuisset B 6 — custodiendam B 4 — advenerat B 6
—7 apper.B3«— eosdem AC*G— cum om.C 2 — pluribus AB^C-— in-
ruit A : om. E — 8 noster om. B 23 — paucissimi B 3 — il), pauc. AG—
tribuens AC*G — 9 trucidati sunt B56— areptus AC 1 — 10 Papiam-
absque om. B 4 — in om. B 23 — arripuissentC 2 — quam C 3 — cum
om. B— 11 aliquantus B* : -tum B«— se om. B 23 « — cunctam B 3
— fosatum C 3 — 12 spoliam niultam C 3 — rex-Francorum om.C 3
— sequaces B5 — 13 papa om. C* — factus om. B 6 — et om. A —
14 obsed. B 3 *C* — eum B — conslrex. B5 : construx. E (corr.)
15 iamf.] fatus B 6 — saepefatum om. E — < dum > depr.
C 3 — benignissimo C 3 e— 16 etiam C— salutifere AC 1 — prae-
dicationem C 24 — 17 pacificae A — cause C 3 — hec A : hue C"
— et om. B">° —
Recension lombarde. — 1 excellentissimo om. — 3 fisus-antefa
tus om. — Francorum om. — iter suum om. — 4 suis proc]
suos (suo A) — 5 proprii-adventum] regem suum expectantes —
6 protervus-ferocitate] Aistulfus rex parvum numerum ex illis
Francis adfuisse qui ad custodiam propriam advenerant, fidens iu
sua fortitudine (custodiendum G 1 — propria AC 1 ) — 8 et salvator
om. — 9 vix-potuisset] ab eorum evasit — 10 absque armis om. —
et-retrusit]se cum suis habitavit — 12 christianissimus om. — 13
beatissimus om. — 15 iamf. -coangelicus om. — saepefatum om. —
benignissimum regem om. — 17 christianissimus om. — Franco-
rum pastoris om.
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XGIIII. STEPHANUS II (752-757). 451
pastoris audiens adimpleosque ammonitionem, Deo dilectam pacem inientes atque in scripto foedera pactum
adfîrmantes inter Romanos Francos et Langobardos , et obsides Langobardorum hisdem Francorum rex abstol-
lens, spopondit ipse Aistulfus cum universis suis iudicibus sub terribili et fortissimo sacramento, atque in eodem
pacti foedere per scriptam paginam adfirmavit se ilico redditurum civitatem Ravennantium cum diversis civi-
5 tatibus.
Et post hoc ab invicem segregati, solite in periurii reatum infidelis ille Aistulfus Langobardorum rex incidens, 249
quod iureiurando promisit reddere distulit *.Dum enim saepefatus sanctissimus papa coniungeret Romam **, post XXXIX
aliquanta temporum spatia, furore vehementi repletus adversarius ille et sue anime inimicus Aistulfus, Deo sibi XLl
contrario, non solum quia ea quae promiserat 41 minime adimplevit ***, sed etiam generalem 43 faciens motionem
10 cum universo regni sui Langobardorum populo, contra hanc Romanam advenit urbem. Quam et trium mensuum
spatia obsidens atque ex omni circumdans parte, cotidie fortiter eam expugnabat. Omnia extra urbem ferro et
igné devastans atque funditus demoliens consumsit, imminens vehementius hisdem pestifer Aistulfus ut hanc
Romanam capere potuisset urbem. Nam 4 * et multa corpora sanctorum, effodiens eorum sacra cymiteria, ad ma-
* Dirigensque 35 cum eo saepefatus christianissimus atque Deo amabilis rex Francorum missos suos, fratrem suum Hieroni-XX XVIII
{S mum 40 atque alios proceres suos, cum non paucis hominibus qui eum, usque dum Roma reverteret, in obsequium eius essent.
** In campum qui vocatur Neronis,ibi inveniens sacerdotes cum crucibus,psallentes et inmensas Domino gratias agentes, simi-
liter et multiludinem promiscuo populorum turbam, tam virorum quamque mulierum, clamantium et dicentium : t Venit pas-
» tor noster et post Deo salus nostra. »
*** Sed interea idem beatissimus papa,semper quae Dei sunt meditans, officia quod per multo tempore relaxati fuerant noc- XL
20 turno tempore noclurnis horis explere fecit et diuturno officio similiter restauravit ut ab antiquitus fuerat. Et a tribus monaste-
riis qui a prisco tempore in ecclesia beati Pétri apostoli eundem officium persolvuntur adiungens 42 quartum, ibidem monachis
qui adliuc in ipso coniungerentur officio instituit, atque abbatem super eos ordinavit. Et multa dona ibi largitus est, tam uni-
verso quae in monasterio necessaria sunt monachis, quamque foris inmobilia loca qui in psallentio beati apostolorum principis
Pétri cum supradictis tribus monasteriis usque in hodiernura diem constituit.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 et adimplens B 2 — que om. B 3 — monitionem B 2346 : am-
motiouem C 3 — Dei B 23 * — ingénies B 4 : ingientesC 3 (corr.) :
innicientes B 6 — foedere AC» (-rae A) — pactium BE — 2 isd.
A — 3 abstulit B 23 : -tulens B* — iste B 3 : ipsi B* — iud. su.
B234 — terribile B 34 — 4fodereB 4 — paginem B* — illico B 46
— redit. C 3 — < et > civ. B<î — Ravenantium A : -cium C 3
6 segregatos B ; — solitum E — in om. B 6 — ince-
dens BG 3 — 7 abstulit B 23 — * Dirigensque -essent BD (14
saepefactus B 4 — 15 proceros B G — Romam B 6 — obsequio
B5 __ esse t B' j6 ) — sepefactus B 4 : < est > C 3 — papam A —
coniunget B 3 — Roma C 1 — «* in campum-nostra BD (16 campo
B5 — cruces B 4 : -cis B* — mensas B 4 — 17 promiscuam B 6 —
veui B 6 — 18 Deum B 6 ) — 8 tempore E {curr.) — 9 contrariu
B6 _ q U i eam B (quod B r >)— repromiserat C 2 G— ***Sed interea
-constituit BD (19 officio B« — multa B 2 : -tum B** — tempora
B 2 : -ris B"> — relaxata B 2 — suntB 2 : fuerunt B 6 —21 quan-
tum B 6 — 22 coniungeretur B 34 — offitium B 4 — atque] que
B6 _ ordinavit om. B* — 23 foras B23 : -res B5 — quae B« —
principes B» — 24 diem < esse > B 5 ) — sed etiam-motio-
nem] sed hisdem malignus saepefatus Aistulfus rex Langobar-
dorum movitionem quam facere iusserat cum corde duritia
adimplevit B (Aist. sep. B* — motionem B 2 : monit. B 3 : de-
votionem B G — quam om. B 234 $ — cordis B 2 « — duritiam B 6 ) —
etiam <et>A0 2 — 10 hac Roirtana B 4 — adv. Rom. AG— que C 3
— mensium AB 3 — 11 spacia C 3 — obsedens B 3 « — ex om, E
— partem AB 4 G — eam fort. B* — eum AGI — expugnabant
B 3 — exera C 3 — 12 igni B 23 — veem. isd. A - pestifera G 3 —
13 Romaaa B 4 — et <cum> E (corr.) — cym.] misteria C 34 E—
Recensioh lombarde. — 1 adimpl.-dilectam om. — 4 pacti foe-
dere] pacto — paginam om. — 6 solite-ille] in periurium (-rio
A) — Langobardorum om. — 7 saepefatus sanctissimus om. — ad-
versarius-contrario] Aistulfus — 12 pestifer om. —
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452 XCIIII. STEPHANUS II (752-757).
gnum anime sue detrimentum abstulit. Castrum 45 itaque illum Narniensem, quem pridem reddiderat misso
Francorum, a iure beati Pétri abstulit.
250 XLn ^aec î^î 116 impie ab eodem Àistulfo gesta quanto sepedicti Francorum insonuit régis in aures ; sed et beatissi-
mus pontifex per marinum iter 46 suos ordinans et ad eum Franciam dirigens missos, una cum quodam religioso
viro Warnario nomine, qui ab eodem Francorum rege hic Roma directus fuerat, cuncta quae gesta sunt et cru- 5
déliter tirannus ille peregit Aistulfus, subtili refertione suis apostolicis relationibus sepefato christianissimo et Dei
cultori Pippino Francorum intimavit régi ; adiurans eum fortiter firmiterque sub divina iudicii diem obtestatione
XLIII cuncta quae beato Petro pollicitus est adimplendum. Ad haec vero * 7 christianissimus Pippinus Francorum rex,
fervore fidei motus, iterum cum Dei Yirtute generalem faciens motionem, Langobardoram partes coniuncxit et
clusas funditus eorundem evertit Langobardorum. 10
Etenim dum ad praedictas Langobardorum clusas iamfatus christianissimus Pippinus Francorum adpropinquaret
rex, coniunxerunt in hac Romana urbe impériales missi, Georgius scilicet proto a sécréta et Iohannis silentiarius,
directi ad praedictum Francorum regem. Quos suscipiens iamfatus beatissimus papa eisdem motionem praelati
Francorum régis nunciavit. Quod quidem illi dubium abuerunt credendi. Et adherens eis missum apostolice sedis,
eos Franciam absolsit. Et pergentes marino itinere quantotius Maxiliam advenerunt. In quam ingredientes didi- 15
cerunt iam praedictum Francorum regem Langobardorum fines fuisse ingressum, iuxta adortationem antefati
XLIV beatissimi papae et promissionem quam beato Petro iureiurando obtulerat. Et haec cognoscentes ipsi impériales
missi, tristes effectif nitebantur dolore missum apostolice sedis detinere Maxiliam, ut minime ad praedictum pro-
251 peraret regem, affligentes eum valide. Sed interveniente beato Petro apostolorum principe, eorum callida ad
nihilum redacta est versutia. Itaque unus ex ipsis, Georgius videlicet proto a sécréta, praecedens apostolice sedis 20
missum, céleri ter praenominatum Francorum adsecutus est christianissimum regem. Quem et in finibus Lango-
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 magnam E — animo B 6 — Castrum-abstulit om. E 1 —
Narniense B* : Narsicnsem C* — missa B'« : -susC* 2 G — 2 ad
A : om. B 6 — Pétri <apostoli> A
3 Hec A — impii C 3 — geste C 2 — sepedicte B<5— reges B*CiE
— in om. B« — A it. suos p. mar. A — maurinum B 6 — inter C 3
— Francia B«Ci 2 G— missus C 2 — releg. B 3 — 5\Varnarium C 12 G:
-nerio Et — nomine om. B 56 — regem B^ — hune E : om. A —
Romam B 2 E — et om. B5« — 6 pergit C 3 — Aistulfo B« — su-
btile B 3 * — refectione B^C^E 1 — rel.] refertionibus A — 7
cultore B— intimabit A : om. B — rege B«6_eum om. B** —
firmiter om. AB : firmavit C 3 — que om. A — die B 2 E — ob-
testatio A : -tionem B 23 * : -cione C 3 — 8 adinpl. A — vero
haec E — bec A — 9 Yirtutem B* — générale B* — movit. B*
— partent AC 1 : -tibus B5« — 10 eorum BC 3 — Langobardorum
om. Ci2
il dum ad] cum E — a C 3 : om. C* —cl. Lang. B 6 — clau-
sas B 3 — adpropinquasset B5« — coni. < se > B 2 * — 12 ur-
bem A — imperialis B* — Georius B 3 et ita infra — proto as-
secreta A : protosecreta C 2 : protis a secreto B 23 — silentarius
C 2 — 13 a B c — praedicto B 56 — iamfatus om. E — motione
AC 124 E : monitionem B 3 *G : movitione B 6 — 14 nunciabit A —
quot A— <ille> illiOE — adderens B«: adserensC 3 — ei codd.:
eis scripsi — 15 eum AG 12 :om.G — Francia B5« — absolvit ABsCŒis
— peng. B 3 — quantotiensA: -cius C 3 — Masiliam B 23 : Maxiliam B*
venerunt B^C*— qua AC*G— 16 iam]dum B^:om. A— fuisset B«
— ingressusG— adcxort.AC 12 G— 17 promissione C 12 — iureiuran-
dum B56— et om.BSG— bec A: hoc C 2 — ipsi om.B 4 — imperialis B*«
—18 tristis 135 — dolose B 2 C 2 G: docere B 6 — missusC'G (corr.c 1 ) —
apostolicis C 2 — Mas. B 2 : Mix. B 3 : Maxilie B™: -lia C 3 — aB 3 —
19 properare A :-rasset B56 — régi B 4 — adf. A — validae A :
valde G 3 — apost. pr.] apostolo A — calida AB 34 — ad om. B* —
20 versucia O — ex] et C 3 — protis a sécréta B 2 : proti a secreto
B 3 — apostolicis Ci 2 — 21 predenom. B6 — quae C 2 — et om. B —
Rbcension lombards. — 1 ad-detrimentum om. — 3 impie om. —
eodem om. — 4 quodam religioso om. — 5 crudeliter tirannus ille]
quae — 6 christianissimo et Dei cultore om. — 7 Francorum ont. —
8 christianissimus om. — Francorum rex om. — 9 cum Dei virtute
om. — 11 enim om. — iamfatus christianissimus om. — Francorum
om. — rex adpr. — 12 Romana om. — 13 Fr. regem] Pippinum —
beatissimus om. — 21 christianissimum om. —
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XC111I. STEPHANUS II (752-757). 453
bardorum non procul a Papia repperit eivitate ; et nimis eum deprecans atque plura spondens tribui împerialia
munera ut Ravennantium urbem vel cetera eiusdem exarcatus civitates et castra imperiali tribuens concederet
ditioni. Et nequaquam valuit firmissimum iamfati christianissimi atque benignissimi, fidelis Dei et amatoris XLV
beati Pétri, scilicet antelati Pippini Francorum régis, inclinare cor, ut easdem civitates et loca imperiali tribueret
5 dicioni; asserens isdem Dei cultor mitissimus rex nulla penitus ratione easdem civitates a potestate beati Pétri
et iure ecclesie Romanae vel pontifici apostolice sedis quoquo modo alienari ; adfirmans sub iuramento quod per
nullius hominis favorem sese certamini sepius dedisset, nisi pro amore beati Pétri et venia delictorum ; asserens
et hoc quod nulla eum thesauri copia suadere valeret quod semel beato Petro obtulit auferret. Et haec praedicto
imperiali misso reddens in responsis, continuo eum ad propria remeandum per aliam viam absolsit; qui et sine
10 effectu Ai Romam coniunxit. *
Dum vero A9 antefatus benignissimus Pippinus Francorum rex Papiam obsidens constringeret civitatem, tuncXLVl 252
Aistulfus atrocissimus rex Langobardorum ut veniam illi tribueret et quas prius contempserat conscriptas in pacti
foedere reddere civitates se modis omnibus professus est redditurum. Et denuo confirmato anteriore pacto qui
per elapsam VIII indictionem inter partes provenerat, restituit ipsas praelatas civitates, addens et castrum qui co-
15 gnominatur Comiaclum 50 . De quibus omnibus receptis civitatibus donationem in scriptis beato Petro atque sancte 253
Romane ecclesiae vel omnibus in perpetuum pontificibus apostolice sedis emisit possidendas ; que et usque acte-
nus in archivo sancte nostrae ecclesiae recondita tenetur.
*Hisdeni vero temporibus sanctissimus vir praelatus papa fecit in ecclesia sanctae Dei gen etricis Mari aeim agi nem ex auro pu-
rissimo, eidem Dei genctricis in throno sedentem, gestantem super genibus vultum Salvatoris domini nostri Iesu Christi, quem
20 et multis lapidibus pretiosis adornavit, id est hyacintis, zmaragdis, prasinis et albis; et inter alias duas eadem Dei genetricis
Mariae imagines qui ab antiquo ibidem ex argento ante altare erant statuit; qui et ipsas inaurare fecit.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 non procul om. C 3 — a] pa C 2 — civitatem B 34C C 12 —
tribuit ABCC12 — impériale B« : -H C 4 E - 2 Raventium C 3 —
vel] et B56 — ceteras B5 — civitatis B — imperialia B 2 : -le
R34 — concedere AB^C^G — 3 ditione B 3 * — ben. -amatoris] fide-
lissimis Dei benignissimus et amator B 6 — amatores B 4 —
4 Pétri <apostoli> E — et] vel A — impériale B 3e — tri-
buerent AB23C23 : -re B* : -buet B3 — 5dicine B 3 — natione G a
— civitatis C* — a om. C 3 — 6 Romae AG — pontifice
B 4 — alienare B : alenari C* 3 — 7 nullis E (corr.) — favore
R6 — certamine B^s — per B« — veniam E — ads. A :
asse B 1 — 8 eum om. B 4 — copiosa A : cupia B« — suaderet
C 2 — valere A : -rat C 3 — que G 3 — opt. auferre A — hec C 3
— 9 impériale B 34 — propriam AC 12 — remeando B 56 — vi-
cem B5 — absolvit AC 12 E : absulsit B5 : absit B" —qui et] quae
B 5 — et om. B 5 — 10 * Hisdem-inaurare fecit BD (18 papa om. B5
— ecclesiam B 3 —imagine B 4 — gen. <Mariae>B 23 — 19<et>
gest. B 2 — gestantem om. B 6 — 20 idem B 6 — iacinctis B5 — sma-
raedis B 4 : zmaragdus B 6 — prasine B 234 : -nus B 6 — alibis B 4
— inter] ita B 58 — eandem B 6 — genetrice B 6 — 21 erant] ea
in medio B 234 — ipse has B 6 — ipsas < argenteas> B 234 )
11 antefactus B 1 » — Pippinus om. B — obsedens B^C** —
12 ut om. A — 13 foedera C 2 — redderet B 2 C 4 EG — civitatis B 4
— redditur B 4 — confirmatu B 6 — anteriori B 2 : anterrore C 2 :
interiore E5 — pactu B 4 — 14 elapsum AC 12 : -so B r > — ind.
VIII A — restituât B« — ipse AC* 2 : ipsus G 3 — civ. pr. E* —
abdens E* — quod E* — 15 Comiacclum BCC 34 E* : Comilia
dura B 4 : Comiaedum B* : Gomiacium C 2 — criptis B 4 — sanc-
torum ecclesiae B 6 — 16 in om. B 3 — apostolicis B5 — emisit
om. C 3 — possed. B 23 — usque] que B 4 — 17 hactinus B 4 —
arcyboC 3 : archibo E 5 — sanctae A — nostre E* : Romanae A
— recondite B 6 E5 (corr. es) — tentur B*
Recension lombarde. —3 firmissimum-Petri om. — 5 Dei cultor
mitissimus om. — rex < ex > — il benignissimus om. — 12 atro-
cissimus om.
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454 . XCIIII. STEPHANUS II (752-757).
XLVH Ad recipiendas vero ipsas civitates misit ipse christianissimus Francorum rex suum consiliarium, id est Fuira-
dum, venerabilem abbatem et presbiterum, absolsit, et continuo eius eximietas féliciter cum suis exercitibus
Franciara reppedavit. Praenominatus autem Fulradus, venerabilis abbas et presbiter, Ravennantium partes cum
missis iamfati Aistulfi régis coniungens et per singulas ingrediens civitates, tam Pentapoleos et Emiliae, easque
recipiens et obsides per unamquamque auferens atque prhnatos secum una cum claves portarum civitatum defe- 5
254 rens, Romam coniunxit. Et ipsas claves tam Ravennantium urbis quamque diversarum civitatum ipsius Raven-
nantium exarchatus una cum suprascripta donatione de eis a suo rege emissa in confessione beati Pétri ponensy
eidem Dei apostolo et eius vicario sanctissimo papae adque omnibus eius successoribus pontificibus perenniter
possidendas adque disponendas tradidit, id est 51 : Ravenna, Arimino, Pensauro, Conca, Fano, Cesinas, Sinogalias,
Esis, Forumpopuli, Forumolivi cum Castro Sussubio, Montefeletri, Acerreagio, Montelucati, Serra, castellum sancti *0
Marini, Vobio, Orbino, Callis, Luciolis, Egubio, seu Comiaclo; necnon et civitatem Narniensem, quae a ducato
Spolitino parti Romanorum per evoluta annorum spatia fuerat invasa.*
XLVHI Dum ergo 53 haec agerentur, ipse infelix Aistulfus quodam loco in venatione pergens, divino ictu percussus de-
functus est. Tune Desiderius quidam dux Langobardorum, qui ab eodem nequissimo Aistulfo Tusciae in partes
erat directus, audiens praefatum obisse Aistulfum, ilico adgregans ipsius Tusciae universum exercitum multitu- 15
dini, regni Langobardorum arripere nisus est fastigium. Huius personam dispectui habens Ratchisus, 54 dudum
rex et postmodum monachus, germanus praefati Aistulfi, sed et alii plures Langobardorum optimates cum eo,
eundem Desiderium spernentes, plura Transalpium " vel cetera Langobardorum exercituum multitudinem adgre-
* Eodem tempore hisdem beati ssimu s papa fecit super basilicam beati Pétri apostoli turrem, 52 quam ex parte inauravit et ex
parte argento investivit, in quo tribus posuit campanis, qui clero et populura ad officium Dei invitarent. 20
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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i repediendas C 2 — ipsas vero ACMG — civitates] hic desinit
C 3 — Fracorum E5— - id est] nomine C 2 G : om. ACi — 2 Fulra-
dus B 3 : -do B 4 — venerabile B 34 ^ — abbate B* — presbite-
ro B 3 « — absolvit AB^Ei — eius om. B* — 3 < ad >
Fr. B 23 — Francia B 4 « — reped. A — Pron. B* — Folr. C 1 :
-dradus B* — venerabile B 6 — abba B 1 — presbitero B* —
Rab. E5 et ita infra : Raventium B* — cum om. B — A ingredi
B* — tam om. B G G — Pentapoleos ABM^E* : -leus cet.— Ema-
liae B 3 : Emilie E* — 5 obsidens B 6 C 4 — unamqueque B 4 —
afferens B 6 — aque E& — priraatus B 6 — differens B 345 — 6
Romae B* : om. B 3 — ipse eos C 2 : ipse G— clabes Es — quaque E5
— cib. Es : civitatis B* — 7 <et> ex. B^ — sancta ACi : subs-
cripta B — donationem B C C* — de-confessione om. B 6 — po-
nens] idoneus B 8 — 8 Dei] beato B 2346 : om , £i _ vigario A —
sanctissimo om. A — papa E* : pape E* — 9 possed. B 3 5 — at-
que disponendas om. B G — Ravennam B 3 5Ei — Arumno B 6 :
Ariminum E l — Pinsaurum E 1 — Fanum B 234 5 ; Vano C* —
Cessinas B (Cens. B 4 ) : Caesinas C 1 : Cesinar C 2 : Cesenas E 1 —
Synog. B 34 C 12 : Sine- B* : -galia A : -gallias B 2 — 10 Aesis
ABC 1 : Ehis B« — Porumpopuli AC» 2 : om. B* — Fo-
rum olibi Ci^E'â (-bii E 1 ) — castroras. Subium B« — Sass.
B : -ubbio C 2 — Montcfellitrica terriagio B<> — Montefelitri B
(-literi B 3 ) : Monteferetri C 4 Ei5 — Acerriagio B 23 * : -ario B* :
< monte > AC*G — Monteml. B*5 : -locati BCi— Serram B 3 «
— castelam B 3 — 11 Marina C* (corr.): Mariani El — Fobi B :
Bobio E 1 — Urbino B 234 : Urbitio B5 — Caslis B* : Gallis E* —
LuceolisABCi : Lociolis B« — Aeg. AC* : Ecupio B (Cupio B*) —
seoB 4 — Comm.B 4 * : Comiâîo B* : -cclo B6C 4 Ei : -clu E* — ci-
vitate El— Nars. BW: Narv. B« : -si E'— que Es — ac B* : ad
C* — docato A : ducatu E« — 12 Spil. B* : -tano ACi — parti-
bus B-:-te B 3 «_* Eodem-invi tarent BD (19 super om.B5«— turre
B 3 *— quae B«— 20 quae cl. B23— officio B 3 — invitarentur B«)
13 Cum B6— ergo] vero ACi : om. B 234 G—<in>loco B*— ve-
nationem B 2 5 — icto C 2 : instinctu B 2 : instictu B 3 : hinctu B 4 — 14
eidem A — nequissimum Aistulfum B 4 — 15 obysse B 4 : obiisse
B G — £11. B 46 C* — universam exercitus B* — 16 multitudinem
BEG — eripere B 6 — Cuius C 24 E — personam om. ACi — abens A
— Ratchisum AC 4 : Ratcbis B : Radchisus Ei5 — <ad> dudum B
17 monachos B 4 — Aistulfo AB 34 Ci (Aistol. A)— et om. B« —
cumeo om. B*— eo om. ACi." co B 3 : <ad> B5 — 18 eundum B 3
Recension lombarde. — l christ. Fr. rex] rex Francorum — 2
venerabilem om. —eius exim. fel.] ipse — 3 venerabilis om. — et
presbiter om. — 13 infelix om. — 14 nequissimo om. —
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XCIIII. STEPHANUS II (752-757). 455
gantes, ad dimicandum contra eum profecti sunt. Ad haec 56 praefatus Desiderius obnixe praelatum beatissimum XMX 255
pontificem deprecatus est sibi auxilium, quatenus ipse regalem valeret adsumere dignitatem, spondens iureiurando
omnem praelati beatissimi pontificis adimplere voluntatem; insuper et reipublice se redditurum professus est
civitates quae remanserant ", immo et copia daturus mimera. Tune isdem praecipuus pater et bonus pastor, inito
5 consilio cum sepefato Fulrado venerabiJe presbitero et abbate atque consiliario christianissimi Pippini Francorum
régis, misit suum germanum, Paulum scilicet diaconum, atque Christoforum 53 consiliarium una cum praelato
Fulrado in partes Tusciae, ad praedictum Desiderium. Cum quo loquentes confestim conscriptam paginam terribili
iuramento isdem Desiderius cunctam professus est superius adnexam sponsionem adimplere. Haec vero peracta L
statim suum missum, id est Stefanum 59 venerabilem presbiterum, cum apostolicis exortatoriis litteris praefato
10 Ratchiso vel cuncti genti Langobardorum direxit; properans et praefatus Fulradus venerabilis abbas cum aliquantis
Francis in auxilium ipsius Desiderii, sed et plures exercitus Romanorum, si nécessitas exigerat, in eius disposuit
occurri adiutorium. Et suffragantibus praedictis sanctissimi pontificis Deo receptis precibus, ita omnipotens Domi-
nus disposuit, ut sine ulla animarum periclitatione antefatus Desiderius per iamdicti coangelici papae concursum,
eandem quam ambiebat adsumeret regalem dignitatem. Dum vero haec agerentur, direxit missum suum praela- LI 256
15 tus sanctissimus pontifex et abstulit de ipsis civitatibus quas sepedictus Desiderius rex reddere promiserat bea-
tissimo eodem papae, id est Faventias Cl) cum Castro Tiberiaco seu Gabellum et universum ducatum Ferrariae in
integro.
Et annuente Deo rempublicam dilatans et universam dominicam plebem,videlicet rationales sibi commissas oves,
ut bonus pastor animam suam ponens, omnes ab insidiis eruit inimicorum; cursumque consummans* et omnia
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20 * Interea «t renovavit in atrium ante fores beati Pétri apostoli, qui quadriporticos dicitur, columnas marmoreas VIII, mirae lu
pulchritudinis, sculptas, quae desuper quadris composuit et aereum desuper conlocavit tegumen. Fecit autem «s et iuxta basili-
cam beati Pétri apostoli et ab alia parte beati Andreae apostoli, in loco qui Mosileus appellabatur, basilicam in honore sanctae
Petronillae, quae praedicto benignissimo Pippino rege in Francia spoponderat ut beatae Petronillae corpus ibidem conlocaret,
ubi posuit canistra argentea multa et ornamenta alia plura quae dedicavit.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 aggregans B 1 — obnoxe B 3 -»- praefatum W>— 2 quatinus B*
— ipsam BC*E — adsumeret A — iureiurandum B» — 3 prae-
fati es — volont. A— 4 civitatis B'— remanserat B 3 — copiam
BC*E (copiosa B*) — daturum E — tum B« — initum C 2 —
5 consilium C' 2 — Fol. VJ : -rato C- — consiliarium B (-riu B*)—
6 Chryst.A: -foro B*— praefato AB«— Fol. AC 1 — 7 parte B«—
quo om. C 2 —per scr. B* 3 *C»E : perconscr. K>& —8 iuramentum
CSG— his B« — cuncta C 2 — adnexa AG : adnixam B^— adim-
pleret A —vero om. A— peractam B l « — 9 cum] etB (ad B^)
— apostolicae B (-casB 2 ) — exortationA: -tatoris B 5 — litteras
B25 : om. B 6 — 10 Racchiso B> : Radchiso E* — cunctae B 23 C*E —
gentis B 23 : -tili E (corr.) — -fatusom. CE— venerabile B* : om.
B 2 — abba B» : om. C*EG— 11 auxilio BG 4 EG— ipsi B6— Deside-
rio B*— exercitum C«: -tu C 2 — exierat AC»: exigent B 23 *: -ret
C* : exierit B r > — 12 praedictus B* : -ti C 14 — sanctissimis B
(-mus B*) :TsA — Deus A — 13 iamdictae coangelicae B
(quoang. B 36 ) — cursum B — 14 ambiebant C 2 — adsumere A —
regale B 3 : regulam E (corr.)— vero om. B 2 — praefatus B* : om.
E — 15 ss~A — de] esse C 2 — rex om. A — 16 beatissimus C 2 :
-mumE- eadem B 1 — est om. A— Faventia AB 6 : -ticosB 23 —
castrum C» 2 — Tiver. E5 — Cavellum A : Gabellum UOE —
in om. B« — 17 integrem C» 2
18 rempublica B f > — universa B 3 — rationis B 33 : -nalis
B* : -nabiles W> — sicomissas Bj — 19 ab om. AB —
* Interea-dedicuvit BD (20 renovabit B 3 *— atrio B5— forisB*— 21
aereoB 3 ^— tecum. B 4 — iuxtamB 6 — 22 Andreei B 3 — Mois.BS :
Mus. B«— app.] dicitur B 2 — bonorem B«— 23 qui B*— régi B6)
Receksiok lombarde. — 5 christianissimi om. — Francorum régis
om. — 13 coangelici om.
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456 XCIIII. STEPHANUS II (752-757).
LUI utiliter perficiens, Dei vocatione vitam finiens ad aeternam mi gravit requiem. Qui fecit ordinalionem I per mens,
mart., presbiteros II, diaconos II; episcopos per diversa loca num. * Et cessavit episcopatum d. XXXV. Sepultus
est •* in basilica beati Pétri apostolorum principis, VI kal. mai., indictione X.
* XV. Et dum 63 in Frauda esset positus, Rodigango sanctissimo viro episcopo pallium tribuit et archiepiscopum ordinavit.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 Deo AC* — vocatioaem B — ordinatio B« — I om. B«
— 2 presb. V B5 — diac. II om. B5 — num. om. AC* : < XX >
E*G : <V1I> E5— XV -ordinavit BD (A esse B5— viro om. B«)—
Et-XXXV] Qui etiam B — d. XXII A — 3 est om. C*— beatorum
apostolorum Pétri principis AC**G — apostolorum om, B<> —
principis om. A — V kal. B — ind X < Et cessavit episcopatus
menses I dies V > B
NOTES EXPLICATIVES.
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1. in venerabiîi cubiculo] Sur les chambellans du pape, cf. Lu-
cius, note 2, p. 153; Mabillon, Mus. ital., t. II, p. 89.
2. diaconatus ordine] Au concile de 744 assistaient deux diacres,
appelés Etienne et Paul ; ils doivent être identiques à Etienne II
et à son frère Paul, qui fut son successeur. Les deux frères avaient
été promus ensemble au diaconat, par le pape Zacharie. Cf. Pàdl,
n« 257.
3. Stephanum quendam presbiterum] Trois prêtres de ce nom fi-
guraient au concile de 744 ; ils étaient titulaires de Saint-Marc,
Saint-Eusèbe et Saint-Chrysogone. Certains chronologistes mo-
dernes comptent comme un pape celui dont il est ici question
et donnent par conséquent le nom d'Etienne III au pape à qui
cette notice est consacrée ; mais cette façon de compter est étran-
gère au moyen-âge et surtout auZ. P.
4. quatuor-xenodochia] Quels sont ces quatre xenodochia établis
antiquitus ? LeL. P. n'en a jusqu'ici nommé qu'un seul, celui que
fonda Bélisaire dans la via Lata (Vigile, p. 296, 1. 13). Dans la vie
d'Etienne III, il est question du xenodochium Valerii. Le biographe
de Léon III en nomme quatre, dont trois sont appelés a Valeris (le
môme que le précédent), Firmis, Tucium ; le quatrième n'a pas
d'autre désignation que le vocable de son oratoire, qui était dédié
à sainte Lucie. Je ne sais si ces quatre xenodochia existaient an-
térieurement à Etienne II et si celui de Bélisaire doit être identi-
fié avec l'un d'eux.
5. xenodochium in Platana] L'église actuelle de Saint-Eustacbe
est souvent appelée Saint-Eustache in Platana dans les documents
du moyen-âge. Ceci détermine l'emplacement du xenodochium fon-
dé par Etienne II. Nibby [Roma mod. t t. Lp. 215) dérive le nom de
Platana des allées de platanes qui ont pu se trouver dans les jar-
dins des thermes d'Agrippa, au milieu desquels s'élevaient le
xenodochium et l'église. Celle-ci est mentionnée comme diaconie
dans la vie de Léon III (n 09 383, 404) ; elle figure aussi dans l'iti-
néraire d'Einsiedlen, qui remonte à la fin du vui° siècle. Rien
n'empêche qu'elle soit antérieure à Etienne IL
6. diaconiae s. D. gen. et b. Silvestri] Ces deux diaconies doivent
être identiques à celles que l'on dit plus loin (Hadrien, n° 337) avoir
été fondées, sous les mêmes vocables, par le pape Hadrien I«.
7. Huius temporibus adveniens Hunaldus] Deux personnages de
ce nom figurent, vers cette époque, dans l'histoire de l'Aquitaine :
le premier, fils du duc Eudes dont il a été question ci-dessus, dans
la vie de Grégoire II, fut remplacé, vers 745, par un duc Waifre,
son fils, suivant les uns, son frère, suivant les autres ; le second,
celui qui tenta, en 769, un effort inutile en faveur de l'indépen
dance de l'Aquitaine et qui fut livré, cette année même, à Charle-
magne. H ne peut être question de celui-ci dans notre texte, puis-
que sa retraite à Rome y est rapportée au pontificat d'Etienne II
et que sa carrière est dite s'être terminée chez les Lombards,
sans interposition d'un nouvel épisode frank comme serait la
prise d'armes de 769. C'est donc du premier Hunald qu'il s'agit,
du prédécesseur de Waifre. Les documents du temps, notamment
la continuation de Frédégaire et les annales de Lorsch, ne disent
rien de sa fin. Les annales de Metz (M. G. Scr., t. I, p. 328) racon-
tent qu'il se retira dans un monastère de l'Ile de Ré. On sait le
peu de créance que méritent ces annales quand leur témoignage
est isolé. Du reste, quand même on admettrait d'après elles que
le duc Hunald se retira dans l'île de Ré, ce détail ne serait pas
inconciliable avec la note du L. P. Il serait venu de l'île de Ré à
Rome et déjà engagé dans la vie religieuse. Cette hypothèse ren-
drait bien compte de l'intervalle qui sépare l'abdication d'Hunald
(v. 745) de sa venue à Rome, en 752 au plus tôt. Cf. Introd., vi, 19.
8. Langobardis exediens...] Cet exediens est sans doute une cor
ruption de exiens. Ennemi acharné de Pépin, Hunald dut sentir se
réveiller sa haine quand ce prince eut épousé en Italie la cause du
pape. Le siège de Rome, par Astolphe, au commencement de l'an-
née 756, dut lui fournir une occasion. Il n'avait qu'à sortir de son
monastère ad limina apostolorum, pour se trouver au milieu des
adversaires du roi des Franks.
9. Inter haec vero...] Astolphe, 'successeur de Ratchis en 749,
avait poursuivi avec plus d'énergie que ce prince la politique d»
ses prédécesseurs, qui tendait de plus en plus à l'absorption com
plète du territoire impérial au nord-est et au centre de l'Italie.
Ravenne était tombée entre ses mains, on ne sait au juste à quel
moment, mais certainement avant le mois de juillet de l'année 751
(Neues Archiv, t. III, p. 276). Les derniers débris de l'exarchat et
du duché de Pentapole avaient eu le même sort. C'était maintenant
le tour du duché de Rome. Le biographe d'Etienne II ne mentionne
que très vaguement, un peu plus loin, l'annexion do Ravenne et de
la Pentapole ; celui de Zacharie n'en parle pas du tout ; il est vrai
que sa rédaction parait avoir été interrompue avant l'année 751 et la
mort du pape. Zacharie ne semble gas avoir essayé de fléchir As-
tolphe par les prières et les exhortations qui lui avaient si bien
réussi auprès de Liutprand et de Ratchis. Du reste Astolphe dut
avoir, dans les premiers temps, assez d'occupation du côté du Pô
et de l'Adriatique pour laisser en paix les Romains. Ceux-ci n'é-
taient après tout qu'indirectement intéressés au maintien de
l'exarchat. Au point où les choses en étaient venues, on ne pou-
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vait plus attendre de l'exarque ni bien ni mal ; désormais trop fai-
ble pour se défendre lui-même, il s'était vu réduit à demander que
Borne le protégeât. Le pape avait pu entreprendre cette tâche et
risquer une intervention diplomatique ; mais Vexercitus Romanus
n'était pas en position de soutenir campagne contre la monarchie
lombarde pour défendre une province aussi éloignée, à laquelle on
ne pouvait parvenir que par une route fort dangereuse. Au bout
de quelque temps, Astolphe, se sentant affermi dans la possession de
Ravenne, commença à manifester ses prétentions sur Rome et son
territoire. Telle est la situation au moment où s'ouvre cet impor-
tant récit.
10. tertio.., ordinationis suae mense] En juin 752.
il. Cupiens quippe-asserebat] Astolphe ne menaçait pas les Ro-
mains d'une annexion pure et simple. Les conditions décrites ici
sont celles d'une sorte de protectorat ; mais il est évident qu'elles
ne pouvaient tarder de s'aggraver jusqu'à complète assimilation
avec les autres provinces lombardes.
12. ss. Vincenlii et Benedicti abbatiaux] Le monastèra de Saint-
Vincent, près delà source du Vulturne, à cinq ou six lieues à 1*0.
d'Isernia (Aesernia) ; il avait été fondé au commencement du hui-
tième siècle par les trois frères Paldo, Taso et Tato, nobles lom-
bards de Bénévent. Leur histoire fut écrite, vers le milieu du
vin e siècle, par Autpert (Si. G. Scr. Lang., p. 546 ; cf. Paul Diacre,
H. I., vi, 40). L'abbé de Saint- Vincent et celui du Mont-Cassin
étaient sujets du duc de Bénévent et, indirectement, du roi As-
tolphe.
13. exercitandis] Passage inintelligible et corrompu.
14. quae acheropsita nuncupatur] C'est ici la plus ancienne men-
tion connue do cette célèbre image, encore conservée dans l'ora-
toire Sancta sanctorum, au Latran. Rien ne prouve qu'elle ait été
apportée à Rome sous les empereurs iconoclastes. Une image de
ce genre, imago s. Mariae quae per se facta est, était vénérée à
Sainte-Marie au Transtévère, probablement dès le vn« siècle (De
Rossi, Roma sott., t. I, p. 143).
15. basilicam s. Laurentii super s. Clementem] Dans la vie d'Ha-
drien (n° 324) il est question d'une basilique de Saint-Laurent
ad Taurellum. Ces deux églises me paraissent identiques. En
effet, une localité appelée de Tauro se trouvait au dessus de
Saint-Clément, entre cette église et celle de Saint-Pierre ad vin-
cula ; c'est de ce côté que l'on trouve, dans le catalogue des églises
romaines au quatorzième siècle (Urlichs, Codex U. ft. topogr., p.
172), une église de Saint-Sauveur de Tauro. Cette partie de la ville
était comprise dans la troisième région ecclésiastique.
16. cimiterii s. Soteris] La petite basilique située au dessus de
ce cimetière, sur la voie Appienne. Il en reste encore quelque
chose. Cf. De Rossi, Roma sott., t. III, p. 29.
17. quemadmodum praedecessores] Ce texte contient au moins une
erreur, car Zacharie n'a pu écrire à Charles -Martel, mort avant
son élévation au pontificat. Il n'y a, d'ailleurs, dans les relations
de ce pape avec les princes franks, rien qui ressemble à une de-
mande d'intervention en Italie. Quanta Grégoire II, le seul prince
frank avec qui on le voie en correspondance est Eudes d'Aquitaine;
encore est-ce à ce propos de tout autre chose que de ce dont il est
ici question. Du reste, le continuateur de Frédégaire, qui raconte les
ambassades envoyées à Charles-Martel par Grégoire III, dit for-
mellement que pareille chose ne s'était encore jamais vue (Gré-
goire III, note 34, p. 424). Notre narrateur aura étendu indûment
aux relations de Grégoire II et de Zacharie avec les princes franks
ce qui n'est vrai que de celles de Grégoire III. Cependant il est
vraisemblable que, sans faire de démarches solennelles, Grégoire
II et Zacharie aient cherché indirectement à se ménager l'amitié
et au besoin la protection des puissants ducs d'Austrasie. Saint
Boniface était un intermédiaire permanent. La consultation don-
née par Zacharie en 752, à propos de l'élévation de Pépin à la di-
gnité royale, était un service dont on ne pouvait manquer d'at-
tendre retour.
LtBER PONTIFICALIS.
18. régi Francorum] Expression impropre, qui s'est déjà rencon-
trée dans la vie de Zacharie (p. 433, 1. 9). Grégoire III, dans ses
lettres à Charles-Martel, l'appelle subregulus. L'interpolateur de sa
vie (ci -dessus, p. 420) s'est aussi abstenu de donner à Charles
Martel le titre de roi.
19. misit litteras Pippino regt] Ces lettres sont perdues.
20. Trottigangus abbas] Droctigangus , abbé de Jumièges.
Etienne lui remit deux lettres, l'une pour le roi Pépin, l'autre
pour les chefs des Francs (ducibus gentis Francorum), qui figurent
dans le Codex Carolinus (éd. Jaffé, n. 4 et 5). Elles sont conçues en
termes généraux et supposent des instructions verbales plus ex-
plicites. Le voyage de Droctigang à Rome doit se placer vers le
printemps de l'année 753.
21. Ciccanense castellum] Ceccano, un peu au S. de Frosinone,
sur le chemin de fer de Rome à Naples. C'est l'ancienne Fabrateria
vêtus, qui avait encore son organisation municipale au commence-
ment du v* siècle (C. /. £,., t. X, n° 5651) ; au vm« siècle ce n'était
plus qu'un chef-lieu d'exploitation rurale. Cf. Zacharie, note 55,
p. 439. — L'occupation de Ceccano est le premier acte d'hostilité de
la part des Lombards. Jusqu'ici le biographe avait beaucoup parlé
de persécutions, de menaces, de traités rompus, de sommations,
mais il n'avait encore relaté aucun fait de ce genre.
22. Rodigangus] Chrodegang, évêque de Metz. Paul Diacre, Gesta
ep. Metensium, Migne, P. L., t. XCV, p. 709 : a Cumque esset
(Chrodegangus) in omnibus locuples, a Pippino rege omnique
Francorum coetu singulariter electus, Romam directus est,Stepha-
numque venerabilem papam, ut cunctorum vota anhelabant, ad
Gallias evocavit. »
23. indictione VU] 14 octobre 753.
24. XLmum miliarium Langobardorum finium] C'est en effet à
quarante milles de Rome environ, que se trouvait la limite nord
du territoire impérial, du côté de Blera et de Sutri.
25. et adsumens — seu et ceteros] Remarquer qu'il n'y a plus ici
que des représentants du clergé (ecclesia Dei) ; les optimates ex
militia, qui étaient venus de Rome avec le pape, ne le suivent pas
en France. — Plusieurs des personnages ecclésiastiques ici nom-
més sont connus d'ailleurs. Les évoques Georges et Wilchar re-
tournèrent plusieurs fois en France, comme envoyés des papes
Etienne II et Paul. Le premier finit môme par s'y fixer et par
changer son évôché d'Ostie contre celui d'Amiens. Il est possible
qu'il en ait été de même de Wilchar et qu'il ait passé du siège de
Nomentum à celui de Sens. — Parmi les prêtres romains qui si-
gnèrent au concile de 745 on trouve deux Léon, un Georges et
trois Etienne ; mais il est difficile d'identifier les nôtres avec ceux-
là. Quant à Philippe, on voit par sa signature au privilège de
Paul 1" (Hardouin, t. III, p. 2003; Mansi, t. XII, p. 649) qu'il était
prêtre du titre de Saint- Marc. Il fut employé par les papes suc-
cesseurs d'Etienne II tant dans la diplomatie que dans le gouver-
nement de l'exarchat de Ravenne; sous Etienne III ou, au plus
tard, au commencement du pontificat d'Hadrien, il fut promu à
l'épiscopat (Jaffé, Codex CaroL, p. 127. 172, 193 et suiv.). L'ar-
chidiacre Théophylacte fut le compétiteur de Paul après la mort
d'Etienne II (Paul, n° 257) ; le diacre Gemmulus est connu comme
un des correspondants de saint Boniface (Jaffé, Monum. Mogun-
tina, p. 154, 156, 253); nous avons déjà rencontré le primicier
Ambroise (Zacharie, p. 430, 1. 6). — Sur les regionarii t cf. Cows-
taktiw, p. 394, note 15).
26. in ven. monasterium s. Mausicii] L'ancien évoque de Vienne,
Wilcharius, en avait encore la' direction. Cf. Grégoire III, note 35,
p. 425.
27. ibi Ambrosius primicerius] Six ans après, en septembre 759,
le corps d' Ambroise fut rapporté à Rome et enterré à Saint-Pierre.
Voici son épitaphe, intéressante à bien des égards, d'après une
copie de Tiberio Alfarano, imprimée par Galletti (Primicei'o ,
p. 41). Son tombeau se trouvait du côté de l'oratoire de Paul I"
(v. ci-dessous, p. 465, 1. 11).
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XCI1II. STEPHANUS II (752-757).
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Eunctumuîum conspicite cuncti Âmbrosii primicerii notariorum
ecclesiae scâë. Iam functus est hoc tumulatus solo.
benignus semper exislens, in moribus aptus,
in creditam sivi rem fidelissimus dispensator,
ex hac urbe processif suo secutus pastorem :
in Roma salvanda utrique petebant regno tendenles Francorum.
Sancta perveniens loca b. Mauritii aulae secus fluvii Rhodani
litus, ubi vita noviliter doctus finivit, mense deceb,
indict. VII, teînp dn Stefani pp.
Suboles audiunt, intrinsecus gemunt de tali tantoque doctore
pribati, simulque sodales de funere lugienl;
rivvolos lacrimarum fundunt cum caterva sequipedum
pietatem noscentes tanti magistri;
conspicientes tumulum domestici domus sepius
suspirant facta bona tanti viri noscentes.
Oviata mors disiuxit qui nullum réservât
honore; eux longa expectabat via detinuit in hora.
Post sex curricula annis, remotus de exilio
ad propria corpus redivit humandum;
quem sut amatores filii cum magno reduxerunt honore
pristinaeque patrie rediderunt.
En placuisti Deo, Ambrosi aime, ut in gremio sancte
ecclesie matris reversus affavilis esses.
Ianitori coeli commendo tua membra iam redacta favillis
que resurrectura in fine mundi te firmiter credo.
Hic requiescit in pace Ambrosius s. R. e. primicerius, qui vixit
annos plus minus LX. Depositus est mense septebrio, indic.
XIII, tempore ter beatissimi do Pauli pp.
28. Fulradus abbas] Fulrad, abbé de Saint-Denys.
29. Audiens vero hisdem rex] Contin. de Frédégaire, c. 119 :
« Per Arduennam silvam cum ipse rex veniens et Theudone villa
publica super Mosella resedisset, nuntius ad eum veniens dizit
quod Stephanus papa de partibus Romae cum magno apparatu et
multis muneribus, iam monte Iovis transmeato ad eius propera-
ret adventum. Haec audiens rex, cum gaudio et laetitiaet ingenti
cura recipere eum praecepit et filio suo Carolo ei obviam ire prae-
cepit, qui usque ad Pontem Ugone, villa publica, ad eius praesen-
tiam adducere deberet. Ibique Stephanus papa Romensis ad prae-
sentiam régis veniens, multis muneribus tam ipsi régi quam et
Francis largitus est, auxilium petens contra gentem Langobardo-
rum et eorum regem Aistulfum, ut per eius adiutorium ab eorum
oppressionibus vel fraudulentia de manibus eorum liberaretur et
tributa et munera quae contra legis ordinem a Romanis require-
bant facere, désistèrent. » — Chronicon Moissiacense (M. G. Scr.,
t. 1, p. 293) : « Sequenti die (le lendemain de son arrivée à Pon-
thion) una cum clero suo aspersus cinere et indutus cilicio in ter-
rain prostratus, per misericordiam Dei omnipotentis [et mérita
beatorum apostolorum Pétri et Pauli Pippinum regem obsecrans,
ut se et populum Romanum de manu Langobardorum et superbi
régis Haistulpbi servi tio liberaret; nec antea de terra surgere vo-
tait quam sibi rex praedictus Pippinus cum filiis suis et optimati-
bus Francorum manum porrigerent et ipsum pro indicio suffragii
futuri et liberationis de terra levarent. »
30. Sed quia iempus inminebat hyemalis] Contin. de Frédégaire
(c. 119) : Tune Pippinus rex praefato Stephano papa apud Pari-
sius civitatem in monasterio sancti Dionysii martyris, cum in-
genti cura et multa diligentia, hiemare praecepit. — Ici, le narra-
teur franc place le récit de la légation envoyée par Pépin au roi
des Lombards; le biographe n'en parle qu'un peu plus loin.
31. reges uncii sunt Francorum] Treize ans après cette cérémonie,
un moine de Saint-Denys en consignait le souvenir dans une note
écrite à la fin d'un manuscrit de Grégoire de Tours. Cette note
s'est conservée dans une copie du x c siècle [Bruxell. 7666-71), dont
je reproduis ici le texte, d'après la nouvelle édition de M. B. Krusch
(M. G. Scr. Meroving., t. I, p. 465).
Si nosse vis, lector, quibus hic libellus temporibus videatur esse
conscriptus vel ad sacrorum martirum preciosam editum laudem,
invenies anno ab incarnatione Domini soptingentesimo sexage-
simo septimo, temporibus felicissimi atque tranquillissimi et ca-
tholici Pippini régis Francorum etpatricii Romanorum, filii beatae
memoriae quondam Garoli principis, anno felicissimi regni eius in
Dei nomine sexto decimo, indictione quinta, et filiorum élus* eorun-
demque regum Francorum Garoli et Carlomanni, qui per manus
sanctae recordationis viri beatissimi domni Stephani papae, una
cum predicto pâtre domno viro gloriosissimo Pippino rege, sacro
chrismate in reges, Dei providentia et sanctorum apostolorum
Pétri et Pauli intercessionibus consecrati sunt, anno tertiodecimo.
Nam ipse praedictus domnus florentissimus Pippinus rei pius, per
auctoritatem et imperium sanctae recordationis domni Zachariae
papae et unctionem sancti chrismatis, per manus beatorum sacer-
dotum Galliarum et electionem omnium Franchorum, tribus annis
antea in regni solio sublimatus est. Postea per manus eiusdemque
Stephani pontificis, die uno, in beatorum praedictorum martirum
Dionisii, Rustici et Eleutherii aecclesia, ubi et venerabilis vir
Folradus archipresbiter et abbas esse cognoscitur, in regem et
patricium, una cum predictis filiis Garolo et Garlomanno, in no-
mine sanctae Trinitatis unctus et benedictus est. In ipsa namque
beatorum martyrum aecclesia, uno eodemque die, nobilissimam
atque devotissimam etsanctis martiribus devotissime adhaerentem
Berteradam, iamdicti florentissimi régis coniugem, praedictus
venerabilis pontifex regalibus indutam cicladibus gratia septifor-
mis Spiritus benedixit; simulque Francorum principes benedic-
tione sancti Spiritus gratia confirmavit et tali omnes interdictu et
excommunicationis lege constrinxit, ut numquam de alterius
lumbis regem in aevo présumant eligere, sed ex ipsorum, quos et
divina pietas exaltare dignata est et sanctorum apostolorum inter-
cessionibus per manus vicarii ipsorum beatissimi pontificis con-
firmare et consecrare disposuit. Haec ideo caritati vestrae breviter
in novissima paginula libelli inscruimus huius, ut per succeden-
tium temporum et vulgi relatione propago in aevo valeat cognos-
cere posterorum.
32. Et beatissimus papa — sanus repertus est] C'est sur ce texte
que fut brodée plus tard la fausse pièce intitulée Revelatio facta
Stephano papae (Migne, P. L., t. LXXXIX, p. 1029), dans laquelle
le pape est censé raconter qu'il a vu en songe les apôtres Pierre et
Paul avec le martyr saintJDenys, et que ce dernier l'a guéri subi-
tement, en lui ordonnant de consacrer, dans son église de l'abbaye,
un autel en l'honneur des deux princes des apôtres. Ce document
était déjà en circulation sous Louis-le-Débonnaire, car Hilduin
l'inséra dans ses Aréopagi tiques. Selon lui la consécration de
Pépin aurait eu lieu le même jour que la dédicace de l'autel, le 28
juillet. Tout cela est évidemment faux et contradictoire avec la
narration duL. P. Cf. Martens, Die Rômische Frage, p. 41-46.
33. Pippinus vero — decreverat perficere] Cont. de Frédégaire :
« Gumque praedictus rex Pippinus quod per legatos suos petierat
non impetrasset, et Aistulfus hoc facere contempsisset, evoluto
anno, praefatus rex ad kalendas martias omnes Francos, sicut
mos Francorum est, Bernaco villa publica ad se venire praecepit.
Initoque consilio cum proceribus suis, eo tempore quo soient re-
ges ad bella procedere... » (v. ci-dessous, note 36). — Ce texte donne
la date précise ; il ne s'accorde pas avec le biographe sur le lieu
de rassemblée: d'après lui c'est Braisne, d'après le biographe,
c'est Kiersy-sur-Oise. Ces deux localités sont situées dans la même
région et peu éloignées l'une de l'autre. Il peut se faire qu'il y ait
eu deux assemblées et que chacun des deux auteurs en ait eu une
en vue. J'hésiterais en tout cas à mettre l'erreur, si erreur il y a,
au compte du biographe, qui doit avoir été un des compagnons de
voyage d'Etienne II et qui écrivait à une date encore plus voisine
deil'événement que le continuateur de Frédégaire. Cependant il
est à la rigueur possible que le séjour de Pépin à Kiersy pour les
fêtes de Pâques [Ann, Lauriss., a. 753) ait introduit quelque eonfu-
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sion dans ses souvenir?. Pâques tomba, en 754, le 14 avril.
34. Aistulfus Carolomannum — migravit.] Annales IdLuriss., a.
753 : « Stephanus papa venit in Franciam... similiter et Carlo-
mannus, monachus et germanus supradicti Pippini régis, per
iussionem abbatis sui in Franciam venit, quasi ad conturbandam
petitionem apostolicam. — Ibid., a. 755 : a Pippinus (ex Italia)....
reversus est in Frantiam. Carlomannus monachus Vienna civitate
remansit una cum Bertrandane reginae infirmus ; languebat dies
multos et obiit in pace. » Cf. Ânn. Sangallenses, a. 754 (M. G. Scr.,
t. I, p. 63, 141), et Mabillon, Ann., xxm, 13.
35. Porro christianissimus....] Le biographe rassemble ici toutes
les négociations essayées par Pépin pour fléchir le roi des Lom-
bards ; il en énumère quatre : trois avant l'entrée de Pépin en cam-
pagne, la quatrième pendant qu'il était déjà en route pour franchir
les Alpes. Rien n'empêche que l'une des ambassades ait eu lieu
avant l'assemblée du l ,r mars, comme il est marqué dans la con-
tinuation de Frédégaire (c. 119) : « Legationem ad Aistulfum re-
gem Langobardorum mittens, petens ut propter reverentiam bea-
tissimorum apostolorum Pétri et Pauli in partibus Romae hostili-
ter non ambularet, et superstitiosas ac impias vel contra legis or-
dinem causas, quod antea Romani numquam fecerant, propter
eius petitionem facere non deberet. » Cf. ci-dessus, note 33. V.
aussi Chron. Moissiac., M. G. Scr., t. I, p. 293.
36. Tune fisus — praeslolantes adventum] Gontin. de Frédégaire
(c. 120) : « Initoque consilio cum proceri bus suis, eo tempore quo
soient reges ad bella procedere, cum Stephano papa et reliquae
nationes quae in suo regno commorabantur etFrancorum agmina,
ad partes Langobardiae cum omni multitudine per Lugdunum
Galliae et Viennam pergentes, usque Mauriennam pervenerunt.
Aistulfus rex Langobardorum usque ad Clusas quae cognominatur
Valle Seusana veniens, ibi cum omni exercitu suo castra metatus
est et cum telis et machinis et multo apparatu quod nequiter con-
tra rempublicam et sedem Romanam apostolicam admiserat ne-
farie nitebatur defendere. Et cum suprascriptus rex Pippinus
Mauriennam cum exercitu suo resedisset, et propter angusta val-
lium montes rupesque exercitus praedicti régis minime transire
potuissent, pauci tamen montibus angustisque locis erumpentibus
usque in valle Seusana pervenerunt. »
37. Audiens itaque — constrinxerunf] Gontin. de Frédégaire :
a Haec cernens Aistulfus rex Langobardorum omnes Langobardos
armare praecepit et cum omni exercitu suo super eos audaciter ve-
nit. Haec cémentes Franci non suis auxiliis nec suis viribus libe-
rare se putabant, sed Deum invocant et beatum Petrum adiutorem
rogant. Gommissoque praelio fortiter inter se dimicantes, Aistulfus
rex Langobardorum laesum cernens exercitum suum, terga vertit
et pêne omnem exercitum suum quem secum adduxerat, tam du-
ces, comités vel omnes maiores natu gentis Langobardorum, in eo
praelio omnes amisit, et ipse quodam monte rupis vix lapsus eva-
sit; Ticinum urbem suam cum paucis venit. Igitur praecelsus rex
Pippinus, patrata Deo adiuvante Victoria, cum omni exercitu vel
multitudine agminum Francorum, usque ad Ticinum peraccessit,
castra metatus est, undique omnia quae in gyro fuerant vastans,
partes Italiae maxime igné concremavit, totam regionem illam
vastavit, castra Langobardorum omnia diripuit et multos thesau-
ros tam auri et argenti vel alia ornamenta quam plurima et eorum
tentoria omnia rapuit et cepit. »
38. Tune iamfatus — diversis civitatibus] Gontin. de Frédégaire :
« Haec cernens Aistulfus rex Langobardorum quod nullatenus se
evadere potuisset, pacem per sacerdotes et optimates Francorum
petens, dictiones supradicto rege Pippino faciens et quidquid
contra Romanam ecclesiam vel sedem apostolicam contra legis
ordinem fecerat, plenissima solutione emendaret. Sacramenta et
obsides ibidem donat ut numquam a Francorum ditione se abs-
traheret, et ulterius ad sedem apostolicam Romanam et rempubli-
cam hostiliter numquam accederet. Praefalus rex Pippinus, dé-
mens ut erat, misericordia motus, vitam et regnum ei concessit et
multa munera Aistulfus rex partibus praedicti régis donat. Nam
et optimatibus Francorum multa munera largitus est. » — La liste
des villes qu'Astolphe promit de rendre est donnée plus loin, p. 454,
sauf déduction de Gomiaclum, qui ne fut rétrocédée qu'en 756.
Pépin délivra à cette occasion au pape Etienne un diplôme de do-
nation dont il est souvent question dans les lettres pontificales de
755-756. Mais ce fut en vain que le pape le pressa d'en procurer
l'exécution avant son retour en France. Pépin ajouta foi aux ser-
ments des Lombards, en dépit de toutes les instances d'Etienne,
qui ne manqua pas de lui reprocher sa confiance quand Astolphe
eut manqué à sa parole et refusé de remplir ses engagements
(Jaffé, 2322, 2323).
39.- Dirigensque — eius essent] Gontin. de Frédégaire : « His ita-
que gestis, Pippinus rex praedicto Stephano papa cum optimatibus
suis et multa munera partibus Romae cum magno honore direxit
et in sedem apostolicam incolumem, ubi prius fuerat, restituit.
His transactis, Pippinus rex cum exercitu suo vel multis thesauris
ac multis muneribus Deo adiuvante reversus est ad propria. »
40. Hieronimum] 11 n'est guère connu que par ce texte et la
Genealogia comitum Flandriae [M. G. Scr., t. IX, p. 302) qui se
borne à le nommer comme un de.; fils de Charles-Martel « ex con-
cubina ». Ge qu'en dit Enhard, dans ses Annales de Fulda, dérive
du L. P.
41. ea quae promiserat minime adimplevit] Le biographe in-
dique ici rapidement une première période d'hostilités, pendant
laquelle Astolphe refusa, malgré toutes les instances du pape, de
se dessaisir de l'Exarchat et de la Pentapole, et continua ses dé-
prédations sur le territoire romain. Cette période correspond à
l'année 755. L'invasion du duché de Rome et le siège de la ville
n'eurent lieu que vers le 1 er janvier 756. Le Codex Carolinus, con-
tient deux lettres (n» 6 et 7; Jaffé, 2322, 2323), confiées l'une à l'abbé
Fulrad et aux autres missi franks, l'autre à Wilcharius, évoque
de Nomentum. Dans celle-ci (Cod. Carol., éd. Jaffé, p. 39) on lit :
« Iniquus Haistolfus rex, ingresso in eius perûdo corde diabolo,
» omnia quae per sacramentum beato Petro per vestros missos
» restituenda promisit, irrita fecit ; et nec unius palmi terrae spa-
» tium beato Petro reddere voluit... sed etiam scamaras (des raz-
» zias) atque depredationes seu devastationes in civitatibus et
» locis beati Pétri facere sua imperatione nec cessavit nec ces-
» sat. »
42. adiungens quartum] Le monastère de Saint-Etienne Mineur ;
il a subsisté jusqu'au temps de Pie VI, sous lequel il fut détruit
et son emplacement compris dans celui de la sacristie de Saint-
Pierre. Il est marqué f sur le plan. Son église s'appelait au
xiv* siècle S. Stephanus de Agulia, à cause du voisinage de l'obé-
lisque (Urlichs, Codex U. R. top., p. 172). — Sur les trois autres
monastères, cf. Grégoibb III, p. 422 6, 1. 29-31
43. generalem faciens motionem....] Gont. de Frédégaire : « Se-
quenti anno Aistulfus rex Langobardorum fidem suam quam régi
Pippino promiserat, peccatis facientibus fefellit. lterum ad Romam
cum exercitu veniens, finibus Romanorum pervagans atque re-
gionem illam vastans, ad ecclesiam sancti Pétri perveniens et do-
mos quas ibidem reperit maxime igné concremavit. » — Dans les
lettres qui vont être citées (note 46) le pape Etienne II donne des dé-
tails plus circonstanciés. J'y relève en particulier ceux-ci : a Et
a omnia extra urbem longe lateque ferro et igné consumserunt; do-
« mos omnes comburentes pêne ad fundamenta destruxerunt...*
« Ecclesias Dei incenderunt.Et omnes domos cultas beati Pétri igni
« combusserunt; vel omnium Romanorum, ut dictum est, domos
« comburentes extra urbem funditus destruxerunt » (Cod. Carol.,
éd. Jaffé, p. 44). Mais on n'y trouve pas le trait de l'enlèvement des
corps saints. Ces lettres d'Etienne II furent expédiées avant la fin
du siège, le 24 février 756.
44. Nam et multa — abstulit] L'abbaye de Nonantola, près de
Modène, prétendait posséder le corps de saint Silvestre, qui lui
aurait été donné peu après sa fondation par le roi Astolphe. Mais
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les documents sur lesquels on s'appuyait pour fixer cette date
sont faux ou de basse époque (M. G. Script. Lang., p. 567 et suiv.).
— Il est peu probable que les Lombards aient été guidés, dans
ces translations, par des vues sacrilèges. Ils s'emparaient des
corps saints comme des autres richesses du pays conquis, avec
le dessein d'en profiter eux-mêmes, mais nullement d'insulter à
leur culte. Eginhard, en s'appropriant les corps des saints Pierre
et Marcellin, avait exactement les mêmes vues ; encore ne pouvait-
il s'autoriser du droit de conquête.
45. Castrum Narniensem] « Nam et civitatem Narniensem, quam
beato Petro concessistis, abstulerunt. » (Lettre d'Etienne II à
Pépin, dans le Cod. Carol., p. 45, Jaffé).
46. per marinum itei- — adimplendum] Les lettres du pape sont
conservées (Jaffé, 2325, 2326, 2327; Cod. Carol., p. 43-60). Elles
sont au nombre de trois ; les deux premières ont à peu près la
môme teneur; la troisième est censée écrite par saint Pierre lui-
même. On y trouve la description des tribulations que les Ro-
mains enduraient (cuncta quae gesta sunt etc), et les plus vives ad-
jurations de venir à leur secours {adiurans eum fortiter). Les en-
voyés du pape étaient Georges, évêque d'Ostie, Thomaricus et
Comita, magnifia viri, et l'abbé franc Warneharius, nommé ici,
qui n'avait pas hésité à endosser la cuirasse et à monter la garde
sur les remparts de Piome. La ville était serrée de si près que le
pape pouvait dire à Pépin : « Vix potuimus per maximum inge-
« nium marinoitinerepraesentesnostraslitteras et missos adtuam
« excellentissimam christianitatem dirigere. » {Cod. Carol., p. 51,
Jaffé).
47 Ad haec — evertit Langobardorum] Contin. de Frédôgaire
(C 121) : « Haec Pippinus rex cum per internuntios audisset, ni-
mium furore et in ira motus, commoto iterum omni exercitu
Francorum per Burgundiam, per Gavalonnum urbem et inde per
Ianuam usque Mauriennam venions. Rex Aistulfus cum hoc repe-
risset, iterum ad Glusas exercitum Langobardorum mittens qui
régi Pippino et Francis résistèrent et partibus Italiae intrare non
sinerent. Rex Pippinus cum exercitu suo, monte Ginisio transacto,
usque ad Glusas ubi Langobardi ei resistere nitebantur perve-
niens; et statim Franci solito more ut edocti erant per montes et
rupes erumpentes, in regnum Aistulfi cum multa ira et furore in-
trant. Langobardos quos ibi repererunt interficiunt ; reliqui qui
remanserant vix fuga lapsi evaserunt. Rex Pippinus cum nepote
suo Tassilone Baioariorum duce partibus Italiae usque ad Tici-
num iterum accessit et totam regionem illam fortiter devastans,
circa muros Ticini utraque parte fixit tentoria, ita ut nullus exinde
evadere potuisset. »
48. sine effectu Romam coniunxit] L'autre ambassadeur, le silen-
tiaire Jean, demeura en France, où il devait se trouver encore au
commencement de l'année 757 {Cod. Carol., éd. Jaflé, p. 66).
49. Dum vero — Franciam repedavit] Gontin. de Frédégaire :
« Haec Aistulfus rex Langobardorum cernens et iam nullam spem
se evadendi speraret, iterum per supplicationem sacerdoium et
optimatum Francorum veniens et pacem praedicto régi supplicans
et sacramenta quae prœfato régi dudum dederat ac quod contra
sedem apostolicam rem nefariam fecerat, omniaperiudicium Fran-
corum vel sacerdotum plenissima satisfactione emendaret. Igitur
rex Pippinus solito more iterum mi sericordia motus adpetitionem
optimatum suorum vitam et regnum iterato concessit. Aistulfus
rex per iudicium Francorum vel sacerdotum thesaurum qui in
Ticino erat, id est tertiam partem, praedicto régi tradidit et alia
multa munera maiora quam antea dederat partibus régis JPippini
dédit. Sacramenta iterum et obsides donat ut amplius numquam
contra regem Pippinum vel proceres Francorum rebellis et con-
tumax esse debeat, et tributa quae Langobardi régi Francorum a
longo tempore dederant annis singulis per missos suos desolvere
deberent. Praecelsus rex Pippinus victor cum magnis thesauris et
multis muneribus, absque belli eventu, cum omni exercitu suo
illaesoad propriam sedem regni sui remeavit incolumis. »
50. Comiaclum] Comacchio, dans les lagunes du Pô, au sud de
la branche principale, que l'on parait avoir considéré comme la
limite naturelle de l'exarchat, du côté du nord. — C'est la première
mention certaine de cette localité dans un texte historique. L'évêché
était alors de fondation récente, comme il résulte d'une inscription
publiée par Spreti [De amplitudine urb. Rav., 1796, p. 458) où le
premier évêque, Vincent, est mentionné à la date de 708.
51. id est Ravenna — Egubio] Cette liste de villes, identique à
celle qui figurait dans le traité et la donation de 754, représente
probablement l'ensemble des conquêtes d'Astolphe sur le territoire
impérial. On ne voit pas, en efiet, que ce territoire ait été dimi-
nué du fait de Ratchis. A la mort de Liutprand, la frontière
du royaume lombard passait entre Imola et Ravenne ; or toutes
les localités mentionnées ici sont situées, autant qu'on peut les
déterminer, à l'est d'une ligne menée entre l'Apennin et le Pô,
perpendiculairement à la route de Ravenne à Imola. De même An-
cône, Humana et Osimo, qui, sous Liutprand, appartenaient déjà
aux Lombards, ne sont pas comprises dans le territoire cédé par
Astolphe à l'église romaine. Le passage de Paul Diacre, H. L., vi,
56, ne prouve pas que Fano ait été, dès le règne de Liutprand,
incorporée au duché de Spolète. — On reconnaît aisément Ra-
venne, Rimini, Pesaro, Fano, Gésène, Sinigaglia, Iesi {Esis), For-
limpopoli, Forli {Forum olivi = Forum Livii), Saint-Marin, Cagli,
Gubbio. — Le castrum Sussubium devait se trouver dans la mon-
tagne au-dessus de Forli ; on l'identifie ordinairement avec Castro
Caro, bourgade du diocèse de Forli, où Ion voit les restes d'un
très ancien château-fort.— Montefeletri est, sous un autre nom, une
ville épiscopale,San-Leo, auprès de Saint-Marin (l'évêché a présen-
tement son jiège à Penna-Billi). Procope en parle (MovTsspfpexpov) et
le géographe de Ravenne (éd. Pinder et Parthey, p. 273; cf. Jaffé, 2193)
la marque entre Gésène et Urbin. — Monte Lucati est nommé dans
le registre de Grégoire II (Jaffé, 2192) comme appartenant au ter-
ritoire de Gésène.— Vobio ou Bobio est identique à la petite ville ac-
tuelle de Sarsina (P. Fabre, dans les Mélanges de l'Ecole de Rome,
t. IV p. 400).— La situation du castrum Luciolis a déjà été expliquée
(Grégoire I, p. 318, note 3 ;cf. BonifaceV,p. 321, 322J; le géographe
de Ravenne (l. c.) le marque entre Cagli et Gubbio. — Restent
à déterminer Gonca, Acerreagium et Serra. Pour la première,
M. Paul Fabre me propose un endroit anciennement habité, situé
au bord de la mer, non loin de l'embouchure du Conca, un peu au
N. de La Cattolica, entre Rimini et Pesaro. Quant à Acerreagium
et Serra, il les chercherait entre Iesi et Fossombrone, dans la val-
lée de la Nevola ; il y a là une petite ville appelée Arcevia (Acer-
reagium ?) et une localité du nom de Serra dei Conti. Deux autres
localités, appelées aussi Serra, se retrouvent, l'une aux environs
de Saint-Marin (Serra del Sasso), l'autre auprès de Castel Bolo-
gnese.
52. super basilicam 6. Pétri turrem] Plan, 150. — M. de Rossi
{Inscr. christ., t. II, p. 275) rapporte à cette tour l'inscription sui-
vante :
Ingrediens templum refer ad sublimia vultum
excelsos aditus suspicit alla fides.
Esto humilis sensu, sed spe sectare vocantem
Stephanus reserat quas venerare fores.
Haec tuta est turris trepidis obiecta superbis,
elata excludens, mitia corda tegens.
Celsior illa tamen quae caeli vexit ad arcem
Stephanum astrigeris ambitiosa viis,
unde vocat populos qui praevius ad bona Christi
sidereum ingressus sanctificavit iter.
Ce texte est d'une tout autre latinité que l'épitaphe d'Ambroise le
primicier (ci-dessus, note 27); mais cela vient de ce qu'il n'est que la
reproduction d'une des anciennes inscriptions métriques de Saint-
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Martin de Tours ; au lieu de Martinus on a écrit Stephanus en
deux endroits, sans souci de la quantité. — Du reste l'attribution
de ce texte à la tour de Saint-Pierre de Rome ne me parait pas
démontrée. Il s'agit plutôt d'une église consacrée au martyr saint
Etienne, peut-être celle du monastère de Saint-Etienne Mineur,
fondé par le pape Etienne II (ci-dessus, note 42). C'est à la cha-
pelle de ce monastère ou à celle du monastère de Saint-Etienne
Majeur situé à peu de distance, que se rapporte une inscription
d'autel, publiée également par M. de Rossi, /. c. : Servantur in hac
ara reliquie sanctorum martirum atque levitarum Siephani et Lau-
rentii.
53. Dum ergo — defunctus est] Lettre d'Etienne II à Pépin (Jaffé,
2335, Cod. CaroL, p. 64), écrite en mars-avril 757) : « Etenim ti-
» rannus ille sequax diaboli Haistulfus , devorator sanguinum
» christianorum, ecclesiarum Dei destructor, divino ictu percussus
» est et in inferni voraginem demersus. In ipsis quippe diebus
» quibus hanc Romanam urbem devastandam profectus est, post
» anni spalii circulum ita divino mucrone percussus est, ut pro-
» fecto in eo tempore quo, fidem suam temptans, diversa piaculi
» scelera perpetratus est, in eo suam impiam finiret vitam. » —
Gontin. deFrédégaire (c.122): «Posthaec Aistulfus rex Langobar-
dorum, dum venationem inquadam silva exerceret, divino iudicio,
de equo quo sedebat super quamdam arborem proiectus, vitam et
regnum crudeliter digna morte amisit. »
54. Ratchisus dudum rex...] Catalogus regum Langob. Brixianus
(M. G. Scr. Long., p. 503) : Aistulfus rex obiit, gubernavitque pa-
lacium Ticinense Ratchis, gloriosus germanus eius, dudum rex,
tune autem Ghristi famulus, a decembrio usque ad martium »
(756-757).
55. Transalpium] Le biographe entend sans doute ici les Alpes
Apenninae, expression géographique en usage au vin* siècle (Paul
Fabre, Mélanges de VÉcole de Rome, t. IV, p. 401).
56. Ad haec praefatus Desiderius...] Gontin. de Frôdégaire, l. ci
■ Langobardi, una cum consensu praedicti régis Pippini et consi-
lio procerum suorum, Desiderium in sedem regni instituunt. a Le
catalogue lombard cité plus haut, note 54, fixe au mois de mars
l'avènement de Didier. — Etienne II, ep. cit. : « Nunc autem Dei
» providentia per manus sui principis apostolorum beati Pétri si-
» mul et per tuum fortissimum brachium, praecurrente industria
» Deo amabilis viri Folradi, tui fidelis, nostri dilecti filii, ordina-
» tus est rex super gentem Langobardorum Desiderius, vir mi-
» tissimus. » Dans cette lettre, le pape insiste vivement pour que
Pépin reconnaisse l'intronisation de Didier.
57. civitates quae remonteront] Maintenant que les conquêtes
d'Astolphe avaient été rendues, le pape et les Romains réclamaient
celles de Liutprand. On avait encore le souvenir assez présent
d'un état de choses où, soit à l'ouest de Ravenne, soit au sud-est
de la Pentapole, sur la côte de l'Adriatique, le territoire impérial
s'étendait bien au delà des limites où il était renfermé à l'avène-
ment d'Astolphe. Bologne et Imola d'un côté, Ancône, Osimo,
Umana, de l'autre, étaient pour les Lombards des acquisitions
relativement récentes, remontant seulement à vingt ou trente ans.
C'est en se référant à cette situation que le pape insistait auprès de
Pépin, dès le printemps de l'année 757, pour qu'il lui fit céder
a civitates reliquas, quae sub unius dominii ditione erant con-
» nexae atque constitutae. » [ep. cit., p. 63). Il en donne lui-même
la liste en parlant des promesses qu'il a exigées du prétendant
Didier : « Et in praosentia ipsius Folradi sub iureiurando polli-
» citus est restituendum beato Petro civitates reliquas : Vaventia,
» Imulas et Ferraria cum eorum finibus, simul etiam et saltora et
» omnia territoria ; neenon et Ausimum, Ancona et Humana civi-
» tates cum eorum territoriis. Et postmodum per Garrinodum
» ducem et Grimoaldum nobis reddendum spopondit civitatem
» Bononiam cum finibus suis. » En somme le nouvel état romain
cherchait à rejoindre les limites qu'avait eues le territoire impé-
rial depuis le déclin du vn« siècle. Pour le moment on ne récla-
mait rien au nord du Pô et au sud du Liris. On se contentait
d'une alliance plus étroite avec les duchés de Spolète et de Béné-
vent (/. c, p. 65), en reprenant sur ce point la politique de Gré-
goire III.
58. Christo forum...] C'est ce personnage qui joua un si grand
rôle après la mort du pape Paul I° r et sous son successeur
Etienne III. Vers la fin du pontificat de Paul il exerçait, outre
l'emploi de consiliarius, les hautes fonctions de primicier; dans
une lettre écrite entre 764 et 766, le pape en fait le plus grand
éloge, relevant surtout la fidélité qu'il a montrée à Etienne II et à
lui-même (Jafté, 2363; Cod. Carol., p. 128).
59. Stephanum ven. presbilerum] Probablement le futur pape
Etienne III, qui était prêtre depuis le temps de Zacharie et qui
jouissait de la confiance spéciale du pape Etienne II et de son
frère Paul (Etiekke III, n°262).
60. Favenlias — in inlegro] Faenza, Bagnacavallo (castrum Ti-
beriacum), Gavello et le duché de Ferrare. C'est tout ce quo Didier
consentit à céder. Bologne et Imola lui restèrent, et sans doute
aussi la tripolis d'Ancône, Osimo, Humana, jusqu'à la chute du
royaume lombard.
61. Interea renovavit — tegumen] Il s'agit, je pense, du cantharus
de Saint-Pierre, décoré en effet de huit belles colonnes de por-
phyre, dont plusieurs étaient sculptées; elles supportaient un en-
tablement (guadris) et une coupole de bronze. Cf. les descriptions
citées p. 266 (Symiiaque, note 23).
62. Fecit autem — dedicavit] Sur la fondation de cette église et
le culte des princes carolingiens pour sainte Pétronille, v. De
Rossi. Bull. 1878, p. 125-146; 1879, p. 5-20. Etienne n'eut point à
construire un édifice nouveau, mais seulement à consacrer au
culte le mausolée de la dynastie théodosienne. Cf. p. 265 (Sym-
maque, note 16) et Paul I er , p. 464.
63. Et dum in Francia — ordinavit] Le fait est mentionné dans
l'épitaphe de Chrodegang (Mabillon, Anal., p. 377); cf. Migne, P.
t., t. LXXXIX, p. 1054) :
Romulida de sede sibi data pallia sancta
extulit, huneque patrum extulit ille pater.
Ille pater patrum signifie le pape. — Le pallium de Chrodegang
était sans doute avant tout une distinction personnelle, accordée
en récompense du service qu'il avait rendu au pape en l'amenant
en France. Cependant cette concession pourrait bien avoir eu une
portée plus haute. Sous Pépin le Bref on essaya à diverses re-
prises de reconstituer la hiérarchie ecclésiastique , qui avait eu
beaucoup à souffrir depuis le siècle précédent. Un certain nombre
d'évêchés furent subordonnés à saint Boniface, en vertu de ses
pouvoirs de missus sancti Pétri. Des tentatives furent faites pour
ressusciter le prestige des métropolitains ; Boniface demanda au
pape Zacharie d'accorder le pallium aux évoques de Rouen, de
Reims et de Sens ; il se ravisa ensuite et borna sa demande au
pallium de l'évêque de Rouen. Lui-même prit la direction de la
province ecclésiastique de Mayence. Cependant l'institution mé-
tropolitaine ne parvenait pas à se consolider ; Pépin se vit obligé,
en 755, de désigner certains évêques comme prométropolitains et
d'ordonner aux autres prélats de leur obéir suivant les règles ca-
noniques, en attendant que les circonstances permissent de reve-
nir entièrement à l'ancien usage. Il y eut donc des évêques qui,
titulaires ou non d'un siège métropolitain, furent investis d'une
autorité sur leurs collègues et se trouvèrent être de véritables ar-
chevêques. Cette situation se prolongea : nous verrons bientôt que,
sous Charlemagne, l'évêque de Sens Wilcharius porta le titre
d'archiepiscopus Galliarum et même exerça, dans une certaine me-
sure, des fonctions correspondant à ce titre. Quant à Chrodegang,
son biographe Paul Diacre dit de lui : o Hic consecravit episco-
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pos quam plurimos per di versas civitates » ; de plus il nous reste
de la réunion épiscopale d'Attigny, en 765, un document qui fut
signé par un assez grand nombre d'évoqués; c'est la signature
de Chrodegang qui occupe la première place, avant celles des évo-
ques de Mayenee, Sens, Rouen, Besançon, Tours. Ces indices por-
tent à croire qu'il fut au nombre des episcopi vice metropolitano-
rum dont il est question dans le concile de 755. Il n'est même pas
impossible que, au moment (154) où saint Boniface disparaissait
dans sa mission de Frise, le pape ait désiré avoir, au sein de
l'épiscopat franc, un nouveau mùsus sancti Pétri et qu'il l'ait dési-
gné dans la personne de Chrodegang, indiquée par les circons-
tances et recommandée par des mérites singuliers.
64. Sepultus est. . .] Voici son épitaphe, d'après Pierre Mallius
(De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 212) :
Subiacet hic Stephanus Homanus papa secundus.
M. de Rossi pense que ce n'est que le premier vers.
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XCV. PAULUS (757-767).
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XCV
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PAULUS, natione Romanus, ex pâtre Constantino, sedit ann. X mens. I. Hic ab ineunte etate in Lateranensi 257 r
patriarchio cum proprio seniore germano Stephano, predecessore eius pontifice, pro eruditione ecclesiastice
discipline traditus est, temporibus domni Gregorii secundi iunioris pontifîcis ; et postmodum a domno Zaccharia
beatissimo papa in diaconii ordine i pariter cum antelato suo germano consecratus est. Nam dum isdem eius
5 germanus et antecessor pontifex ad extremum pertingeret vite, illico populus huius Romanae urbis divisus est ;
et alii cum Theophylacto archidiacono tenentes in eius domo congregati residebant, alii vero eodem beatissimo
concordabant Paulo diacono, plurima pars iudicum et populi cum eo tenentes quam cum predicto Theophylacto
archidiacono. Ipse vero sanctissimus vir nequaquam a Lateranense patriarchio recessit, sed cum ceteris fidelibus
suo egrotanti germano et predecessori pontifici perseveranter famulabatur. Dum vero de hac vita predictus II
10 eius germanus et predecessor pontifex migrasset, eoque cum ingenti honore in basilica beati Pétri sepulto, con-
tinuo eadem populi congregatio que cum sepefato beatissimo Paulo tune diacono tenebat, quoniam validior et
fortior erat, eum in pontificatus culmen elegerunt. Post hec hii qui cum prelato archidiacono aggregati erant
dispersi sunt 2 . Et ita, Deo annuente, isdem sanctissimus vir in apostolicam beati Pétri sacratissimam sedem
ordinatus consecratusque est pontifex.
15 Fuit autem temporibus 3 Constantini et Leonis imperatorum. Erat enim mitis atque valde misericors, nulli 258
umquam malum pro malo reddens. Et si pro modico quemquam per iniquos satellites tribulabat 4 , in proximo
tamen, pietate motus, consolationis illi inferebat misericordiam. Hic, ut multi testati sunt, nocte per semetipsum Ht
cellas pauperum infirmorum periacentium, qui ex suis nequaquam adsurgere valebant lectulis, neenon et aliorum
inopum cum suis familiaribus noctis circuibat silentio, amplissime illis ministrans alimonia atque subsidii infe-
20 rens opem. Sed et carceres atque alia claustra per eadem noctium sécréta visitabat ; et si quos ibidem inveniebat
retrusos, a mortis eruens periculo liberos ire relaxabat. Sed et plures qui debitis obligati adque afflicti a suis
feneratoribus opprimebantur, reddito ipso debito, a iugo redimebat servitii ; viduis et pupillis omnibusque
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 Romanos B* — I om. A — eunte B 3 — etate A — Latera-
nense B — 2 patriarchi A : patricio D — erudictione A —
3 Zacharia BCDE (Zackariam B3) — 4 diaconatus B (-tos B*)
— consacr. B 3 — hisdera E5 — 5 <eius> pont. D— pertingere
B : pergeret D — populus] et pp cû~ eo E — 6 cun A —
Theophil. A (bis) : Theophylactum E5 — archidiacone B* :
-uni E 5 — resedebant D — eundem beatissimr A — 7 dia-
coni A — iudicium B 3 G — Thofil. E5 — 8 archidiaconi A — -
ipsi B* — Laterenense A — 9 egrotante B — predic. A —
pontifice B 23 — famulabantur A — hanc A : ha E* — 10 mi-
grassed A — il edem B 3 : eodem E'5 (corr. e*) — sepefacto
beatissimos A — diaconu A : -nem B 2 * : < existenti > E* —
12 culmine B — hi B 2 — prelator AG — archidiaconu A: -ne B 3
:-nus G — 13 anuente A — sanctis suis A — 14 ordinatus
om. E 1 — consacr. B*
15 autem] enim AG — 16 malum A — quemquam om. B 3 —
inicos AB 4 — 17 misericordiae B 23 : -dia B*G — ut] et D —
multa E (corr.) — 18 valebat A — 19 circumibat B 2 — silentium
A — ministrantibus alimodia adque subsidia B 4 — 20 eandem
CDE — si om. B — 21 retrorsos a mortui erui A (tdtimum
i sup. ras.) — Jaxabat B 3 : relabat D — oblegati B* — 22 de-
vito E 5 : om. A — redimebatur B —
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464 XGV. PAULUS (757-767).
egentibus opem ferens *. Fortissimus enim erat orthodoxe fidei defensor ; unde sepius suos raissos cum aposto-
licis obsecratoriis atque amonitoriis litteris praefatis Gonstantino et Leoni Augustis direxit, pro restituendis
confirmandisque in pristino venerationis statu sacratissimis imaginibus domini Dei et salvatoris nostri Iesu Christi,
sanctaeque eius genetricis atque beatorum apostolorum oraniumque sanctorum, prophetarum, martyrum et
confessorura. 5
IV 259 Hic enim beatissimus pontifex cura omnibus spiritalibus suis studiis magnam sollicitudinis curam erga sanc-
torum cymiteria indesinenter gerebat ; unde cernens T plurima eorundem sanctorum cymiteriorum loca neglectu
ac desidia antiquitatis maxima demolitione atque iam vicina ruine posita, protinus eadem sanctorum corpora
de ipsis dirutis abstulit cymiteriis. Quae cumhymnis et canticis spiritalibus infra hanc civitatem Romanam intro-
ducens, alia eorum per titulos ac diaconias seu monasteria et reliquas ecclesias cum condecenti studuit recondi io
honore.
V260 Hic 8 sanctissimus presul in sua propria domu monasterium a fundamentis in honore sancti Stephani, scilicet
martyris atque pontificis, necnon et beati Silvestri, idem pontificis et confessons Christi construxit. Ubi et oracu-
lum in superioribus eiusdem monasterii moeniis aedificans, eorum corpora magna cum veneratione condidit.
Infra claustra vero ipsius monasterii ecclesiam mirae pulchritudinis a fundamentis noviter construxit, quam 13
musibo et marmoribus decorans et omnem illic ornatum in auro argentoque et diversis speciebus largiens ; sed
etcyburium ibidem exargento librarum**... fecit, illicque innumerabilium sanctorum corpora quae de praefatis
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' Hicnamque beatissimus pontifox praefatisui seniorisgermani et praedecessoris pontificis sanctissimi Stephani papae salutifera
adimplens praecepta, continue» post eius decessum aggregans sacerdotes et universum clerum atque cunctum populum istias
Romanae urbis, operansque in cymiterium ubi priusbeata Petronilla sita quiescebat, foris porta Appia, miliario ab urbe Roma 20
plus minus secundo, exinde eius venerabile ac sanctum corpus cum sarcofago marmoreo in quo reconditum inerat abstulit,
sculptum litteris eodem sarcofago Iegente: Avreae Petronillae filiae dvlcissimae. Unde non dubium est quia sculpturailla Iitte-
rarum propria beati Pétri apostoli manu designata esse dinosci ob amore suae dulcissimae natae. Eundernque sanctum corpus
cum praefato sarcofago inposito super plaustrum novum in ecclesia beati Pétri apostoli cum hymnis et canticis spiritalibus eius
beatitudo deportavit et in museleo illo iuxta ecclesiam beati Andreae apostoli, quem praefatus beatissimus Stephanus papa eius 25
germanus, dum adhuc superstes erat, ecclesia in honore ipsius sanctae Chrisli martyris Petronillae fîeri decreverat, ipsum sanc-
tum collocavit corpus. Ubi et ornatum lam in aurum etargentum atque palleis sufficientertribuit ; eandemque ecclesiam res-
taurans ad honorem sanctae Petronillae picturis miro décore inlustravit. Fecit autem et rugas in ecclesia beati Pétri apostoli in
presbiterio ingredientes utraque parte dextera levaque, investivit argento purissimo, qui pens. lib. L.
** fecit, qui pens. lib. DCGXX. Fecit autem ibidem altare apud confessionem, quae investivit argento purissimo, qui pens. lib.
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1 * Hic namque-lib. L B— 20 cymiteriis B*— 21 venerabilem B*—
22Petronilae B 3 :-nille B 4 — 23dinusci B 3 — ab B*— amorem B 2
— 26 adhuc] hue B 3 — auro et argento B 2 )— 2 aramon. B^D : a-
monet.B 3 — Constantini CDE 1 *— LeonisE*— augusto Es— 3 confir-
mandisque om.ES— sacratissimas B — imagines B î3 — 4 adque Es
6 sollicitudinem E (-ni e) — 7 generabat A — plurama eo-
ruride A — neclectu A: neglecto B — 8 demolitioDem E — iam]
tam B — 9 epitalibus A — civitate Romana B* — 12 domum
B 3 * : domo CDE — monasterii B 34 — a om. B 3 — 13 < et ;>
mart. A — 14 moenis éd. A — condiit A — 16 musivo E — or-
namentum B 3 — in om. D — argentumque B* — et om. A
— 17 cyborium B — librarum ... fecit] * fecit qui -lib. CGC B
(29 confessione B 4 ) — illucque A — innumerabilium] multitu-
dinem venerabilium B — de om. B 3 —
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XGV. PAULUS (757-767). 465
demolitis abstulit cymiteriis maximo venerationis condidit affectu. In eodem quippe monasterio plura contulit
praedia et possessionum loca, urbana vel rustica, superflue atque abundanler eum ditans in auro et argento aliis-
que rerum speciebus et omnibus utilitatibus. Obi et monachorum congregationem constituons grece modula-
tions psalmodie cynovium esse decrevit, atque Deo nostro omnipotenti et omnibus ibidem requiescentibus
•'i sanctis magnis sub interdictionibus sedule ac indesinenter laudes statuit persolvendas.
Hic fecit 9 noviter ecclesiam infra hanc civitatem Romanam in via Sacra iuxta templum Rome I0 in honore VI 261
sanctorum apostolorum Pétri et Pauli, ubi ipsi beatissimi principes apostolorum, tempore quo pro Ghristi nomine
martyrio coronati sunt, dum Redemptori nostro funderent preces, propria genua flectere visi sunt ; in quo loco
usque actenus eorum genua pro testimonio omnis in postremo venture generationis in quodam fortissimo silice
io esse noscuntur designata. *
Nam et infra ecclesiam beati Pétri apostoli foris muros huius civitatis Romanae, noviter oraculum 12 in honore
sancte Dei genetricis construxit, iuxta oratorium beati Leonis pape, secus fores introitus sancte Petronillae atque
beati Andrée apostoli, musibo et diversis metallis eum adornans ; ubi et effigiem sancte Dei genetricis in statu
ex argento deaurato, que pens. lib. ** constituit. In quo oraculo et sepulturam sibi construxit. ***
15 Hic dum in ecclesia beati Pauli apostoli aestivo tempore pro valido caloris fervore demoraretur, corporali preoc- VU
cupatus egritudine, illic vitam finivit; ubi et sepultus est, illicque trium fere mensuum spatio eius humatum
permansit funus. Postmodum vero congregati omnes Romani cives et alie nationes eius corpus per flumen
Tiberis navicula transfretantes, ad beatum Petrum eum psalmodie honore deportaverunt, et in prelato ab eo
constructo oraculo eum sepelierunt u . Hic fecit ordinationem I per mens, decemb., presbiteros XII, diaconos
20 II ; episcopos per diversa loca numerum... Et cessa vit episcopatus ann. I mens. I. *"*
* Hic renovavit tegmen infra ipsam civitatem ecclesiae sanctorum Apostolorum h prope via Lata, quae in magna erat ruina
posita.
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*** Fecit autem et in atrium, ante turrem * 3 sanctae Mariae ad Grada, quod vocatur Paradiso, oraculum ante Salvatorem, in
2.» honore sanctae Dei genetricis Mariae miro opère et decoravit magnifiée.
**** quo Constantinus transgressor apostolicae sedis invasor extitit.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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constitueiu A : construens E* — mudul. A : modol. B* — 4
cynobium BGDE (caenubium B*) — Deo] Domino B — et] vel B
6 via < sua > A — Romis A — honorem B 2 — 7 princi-
pis B* — 8 marlyrium B — redemtori A — genuae B 4 — 9 for-
tissima silicae B 3 * — 10 nuscuntur B 3 — • Hic renovavit-posita
B (21 ipsa civitate B* — ecclesiae codd. : ecclesiam coniecl —
in om. B 3 )
Liber pontificalis.
12 foris B — introitura AB^ — Petronellae AC— 13 An-
drae B 3 — musivo E — instatum ex arg.] construxit iuxta ora-
torium D — statum B — 14 qui B 23 — * CL B — sepululturam
A — * Fecit-magnifice B
15 aestibo A — vazido A — corporale B 3 * — 16 mensium CE
— 17 posmodum A — congr. omnes] congregationes B 3 E —
Romanae B 3 — 18 Tyberis B 3 *E— 19 ordinatione B<— unam A
— 20 II (mi. A — numera B* : -ro CE — Et cess. -mens. I om. A
— < et> mens. CE — * quo-extitit B (26 extetit B*)
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XCV. PAULUS (757-767).
NOTES EXPLICATIVES.
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1. m diaconii ordine] cf. Etienne II, p. 45G, note 2.
2. dispersi sunt] Nous avons encore, dans le Codex Carolinus (p.
67; Jaffé, 2336), la lettre par laquelle Paul annonce à Pépin la
mort de son frère Etienne II et sa propre élection. Cette lettre fut
expédiée avant qu'on ne procédât à l'ordination, qui eut lieu le
29 mai 751, trente-cinq jours après la mort d'Etienne. Paul dit
avoir été élu « a cuncta populorum caterva. »
3. Constantini et Leonis] Constantin VI (Copronyme) et Léon IV
(le Khazare), associé à l'empire en 751.
4. per iniquos satellites tribulabat] Le pape Paul parait avoir
gouverné durement : cf. Etienne III, n° 277.
5. in cymiterium ubi prius beata Petronilla] Toutes les questions
relatives au tombeau de sainte Pétronille sur la voie Ardéaline et
à sa translation au Vatican ont été traitées par M. de Rossi dans
plusieurs articles de son Bullettino, 1874, 1875, 1878, 1879. Certains
calendriers postérieurs à la translation en marquent l'anniversaire
au 8 octobre {Bull. 1819, p. 6,17), c'est-à-dire, très probablement, au
8 octobre 757, peu de mois après l'avènement de Paul au suprême
pontificat. En effet, la nouvelle basilique était déjà dédiée quand le
pape reçut de France le sabanum de sa filleule Gisèle, fille du roi
Pépin, née en 757. Dans une lettre écrite peu après (Jaffé, 2338 ;
Cod. CaroL, p. 73) il dit avoir transporté solennellement le sabanum
de Gisèle infra aulam sacrati corporis auxiliatricis vestrae (vitae par
erreur dans l'éd. de Jaffé) beatae Petronillae, quaepro laude aeterna
memoria nominis vestri nunc dedicata dinoscitur. — Le sarcophage
de sainte Pétronille fut retrouvé en 1 474, à l'occasion d'une restau-
ration de son autel, exécutée aux frais du roi Louis XI. Une lettre
adressée à ce prince par le pape Sixte IV mentionne cette décou-
verte. Sixte IV dit que c'était une arche de marbre (arca marmorea)
aux quatre angles supérieurs de laquelle étaient sculptés des dau-
phins. L'inscription fut relevée alors par plusieurs personnes ; nous
en avons encore une copie exécutée avec soin par l'archéologue
P. Sabino. C'est celle que donne le L. P., sauf le nom Aureae qui
est écrit AVR. (Aureliae). Juste un siècle après, en 1574, les reli-
ques de la sainte furent extraites de son sarcophage et renfermées
dans une petite urne de marbre. Quant au sarcophage, il fut dé-
bité et employé dans le pavé de l'une des chapelles de la basilique
(De Rossi, /. c, p. 16-20). — Les peintures décoratives exécutées au
temps de Paul dans le nouveau sanctuaire de sainte Pétronille ont
peut-être traversé tout le moyen-âge. En 1458 (De Rossi, Bull.
4878, p. 142) on voyait encore, dans cette chapelle, d'antiques
peintures relatives à l'histoire de Constantin, sujet bien en rap-
port avec les préoccupations politico-religieuses des Romains vers
le déclin du vin* siècle. En 1464 la décoration fut renouvelée (Bull.
1879, p. 14); et bientôt après, au commencement du xvi e siècle,
l'église Sainte-Pétronille fut jetée bas sans que l'on s'inquiétât
même de décrire ce que l'on détruisait.
6. unde saepius — confessorum] Cette partie de la correspondance
de Paul I er est perdue; mais il en est question dans une de ses lettres
à Pépin (Jaffé, 2363; Cod. Caro/.,p. 128) : « Sed in hoc vehementer
» isdem imperator irascitur et occasionis versutiam adhibet, pro
» eo quod nequaquam silesimus ei praedicandum ob conslitutio-
» nem sanctarum imaginum et fidei orthodoxe integritatem. Nam
» illud in ipsis suis apicibus adseruit, quod dilectus filius noster
» Christophorus, primicerius et consiliarius, sine nostra auctori-
» tate, nobis quasi ignorantibus, suggestiones illas, quas sepius ei
» direximus, fecisset. »
7. unde cernens — recondi honore] Sur ces translations, cf. De
Rossi, Borna sott., t. I, p. 220. Le biographe ne dit pas qu'elles
aient été rendues nécessaires par la crainte des invasions lombar-
des : il n'accuse que la négligence des hommes. On laissait les
.sanctuaires suburbains dans un tel abandon qu'ils étaient menacés
d'une ruine prochaine. Il est d'ailleurs évident que les dévasta-
tions commises pendant le siège de 756 avaient dû aggraver le
mai. Le pape Paul y fait allusion dans le privilège accordé par lui
au monastère de Saint-Silvestre (v. la note suivante).
8. Hic... in sua propria domu monasterium] Le privilège de fon-
dation (Jaffé, 2346), adressé par le pape Paul à Iconius, premier
abbé du monastère, figure dans les collections de conciles. Il est
daté du 2 juin 761. Il y a entre ce document et le texte du L. P. de
grandes ressemblances d'expression. S'il est réellement authenti-
que, comme on le croit communément, quoiqu'on ne le connaisse
que par un prétendu original bien postérieur au huitième siècle,
il est difficile que le biographe de Paul ne l'ait pas eu sous les
yeux. Toutefois le biographe a conservé certains détails qui ne
figurent pas dans la charte. D'après celle-ci, on pourrait crohv
que tous les corps saints extraits des cimetières furent transportés
dans le monastère nouvellement fondé; le L. P. montre au contraire
que les autres églises en eurent leur part. Il distingue aussi entre
l'oratoire installé à l'étage supérieur du monastèreet sa grande église,
bâtie dans les conditions ordinaires ; enfin il sait que les premiers
moines ont été des moines grecs. Il est étonnant que le privilège ne
parlepas de ces circonstances, et c'estune des raisons pour lesquelles
on est autorisé à élever des doutes sur sa complète authenticité. —
Dans une de ses lettres à Pépin (Jaffé, 2372 ; Cod. Carol., p. 143},
Paul fait mention de son monastère et de la translation qu'il y
avait faite du corps de saint Silvestre.
9. Hic fecit — desigtiata] La tradition de la chute de Simon le
Magicien se trouve déjà, dès le cinquième siècle au moins, localisée
sur la voie Sacrée. Le Pseudo-Marcellus dit que Simon « cecidit in
locum qui Sacra via dicitur, et in quatuor partes fractus quatuor
silices adunavit, qui sunt ad testimonium victoriae Apostolorum
usque in hodiernum diem » (Fiorentini, Vetust. martyrol., p- 110).
Le pavé indiqué dans ce texte est mentionné par Grégoire de
Tours (Gl. mari., 27) : « Extant hodieque apud urbem Roma-
nam duae in lapide fossula-', super quam beati apostoli, deflexu
poplite, orationem contra ipsum Simoncm Magum ad Dominum
effuderunt. In quibus cum de pluviis limphae collectae fuerint,
a morbidis expetuntur, haustaeque mox sanitatem tribuunt. »
Le biographe de Paul ne mentionne pas Simon le Magicien,
mais il ne peut guère avoir en vue un autre épisode de l'histoire
des apôtres. Sur la valeur de cette tradition, v. de Rossi, Bull..
1867, p. 70, 71. — Les indications topographiques, ecclesiam in via
Sacra, iuxla templum Romae, sont identiques à celles dont s'est
servi le biographe de Félix IV (p. 279) pour l'église des SS . Corne
et Damien. Gomme il ne peut être question ni de cette église, ni de
celle de S. Maria Nova, qui existait dès le septième siècle sous le
nom de S. Maria Antiqua (p. 385, 1. 7), comme d'autre part il ne sub-
siste aucune autre église dans cette région de la voie Sacrée, il faut
que lo sanctuaire consacré par Paul ait disparu. M. de Rossi
raconte que, en déblayant les ruines de la basilique de Constantin,
on y vit des traces de peintures chrétiennes du moyen âge, dans
une abside, où s'élevait autrefois un autel (Bull. 1867, p. 70). Je se-
rais porté à croire que l'oratoire de Paul I er ne devaitpas se trou-
ver dans la basilique elle-même, mais plutôt entre elle et l'éplise
Saint-Côme. C'est en eflet entre ces deux édifices que l'itinéraire
de Benoît (note suivante) place le silex auquel était attaché le sou-
venir que le pape tint à consacrer. M. de Rossi signale en outre un
document d'où il résulte que le fortissimus silex où l'on montrait
l'empreinte des genoux des apôtres était, dès l'année 1375, conservé
à S. Maria Nova. Je pense que cette translation se fit d'assez
bonne heure, car l'église de Paul n'est mentionnée ni dans les ca-
talogues de Cencius Gamerarius, ni dans celui de l'Anonyme du
nv c siècle.
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XGV. PAULUS (757-767).
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10. templum Romae) J'ai déjà montré (p. 269, Félix IV, note 3; p. 325,
HoRoaius.note 5), que, sous cette dénomination, on ne peut retrou ver
aucun autre édifice que la basilique de Constantin, me fondant
sur ce que le temple en question doit avoir été d'abord antérieur à
Saint-Côme et voisin de cette église, ensuite qu'il a dû occuper une
superficie comparable à celle de la grande basilique de Saint-Pierre.
Ce passage de la vie de Paul confirme ma conclusion, car si, comme
on l'a dit, le templum Romae était identique à Saint-Côme, il serait
inconcevable que le biographe se fût servi de l'appellation païenne
. et archaïque au lieu de dire tout simplement iuxta basilicam ss.
Cosmae et Damiani. Sans doute il est extraordinaire qu'une fausse
appellation, comme celle-ci, se rencontre dès le commencement du
vi° siècle ; mais cette objection a peu de valeur du moment où il s'agit
•l'unlivre comme leL. P. La vraie tradition pouvait s'être conservée
chez les personnes lettrées alors qu'elle était déjà pervertie dans
le populaire. Une confusion analoguea déjà été signalée àproposdu
templum Apollinis du Vatican. — Postérieurement au vm° siècle, le
templum Romae devient le templum Romuli. Il est ainsi appelé dans
la vie de saint Grégoire par Jean Diacre (i, 1), dans une bulle
d'Innocent II, de l'année 1139, dans le remaniement du L. P. qui se
termine à Honorius II(ms.H), dans l'itinéraire du chanoine Benoît,
qui nous montre le pape suivant la voieSacrée pour aller vers l'arc
de Titus : « Ascendit ante asiiium (SS. Côme et Damien) per silicem
ubi cecidit Simon Magus, iuxta templum Romuli, pergit sub arcu
triumphali Titi et Vespasiani... »(Urlichs, Cod. U. R. top., p. 80).
Les Mirabilia présentent la même dénomination : ... « S. Lauren-
tius de mirandi. Iuxta eum ecclesia s. Cosmae, quae fuit templum
asili. Rétro fuit templum Pacis et Latonae, super idem templum
Romuli: Post s. Mariam novam, duo templa, Concordiae etPieta-
tis » (Ibid. p. 110; cf. p. 93 : « arcus VII lucernarum Titi et
Vespasiani, ad s. Mariam novam, inter Palatium et templum Ro-
muli. »). Cf. Mélanges de l'école de Rome, t. VI, p. 25 et suiv.
11. ecclesiae ss. Apostolorum prope via Lata) La basilique des
SS. Philippe et Jacques (SS. Apostoli).
12. oraculum in honores. Dei genetrkis] Plan. 17. Il se trouvait
en efiet, à proximité de l'oratoire Saint-Léon (plan, 14 ; les mo-
numents cotés 15 et 16 n'existaient point encore) et de la porte
(plan, 19) par où l'on entrait à Sainte-Pétronille et à Saint-André.
L'oratoire de Paul est déjà mentionné dans une description de
Saint-Pierre, de la fin du viii« siècle (De Rossi, Inscr. christ., t. II,
p. 225, n° 5). P. Mallius dit que l'oratoire était fermé par des
grilles de bronze et que, jusqu'à son temps, les femmes n'y en-
traient pas.
13. Fecit aulem — magnifiée] Cet oratoire est marqué 149 sur le
plan. 11 se trouvait au pied de la tour construite par Etienne II,
appelée ici, du nom de]l'oratoire, turris S. Mariae ad Grada. Cette
façon de désigner la tour par le nom d'un oratoire qui lui est pos-
térieur ne pouvait se rencontrer dans le texte primitif de la vie de
Paul. — L'oratoire est marqué, comme le précédent, dans l'an-
tique description de Saint-Pierre (De Rossi, /. c, p. 226, n° 24),
sous le nom de S. Maria quae nova dicitur. M. de Rossi, /. c, p. 216,
y rattache, par conjecture, un petit poème en quinze vers, tiré d'un
manuscrit épigraphique ; le rapport de ces vers avec l'oratoire de
Paul ne m'a pas paru démontré. — Grimaldi vit démolir cette
chapelle, avec sa façade ornée de mosaïques du huitième siècle. Il
en a laissé une description dans un de ses manuscrits, cité par M.
de Rossi (Cod. Vatic. 6438, f. 30', 31). Quelques lettres d'une ins-
cription en mosaïque subsistaient encore :
XPE Tlit S1T ODDECORAT
Pompeo L'gonio, qui avait vu cette inscription plus complète, y
avait déchiflré le nom de Paul (De Rossi, t. c., p. 276).
14. eum sepelieruiit]. — « Super cuius sepulchrum est scriptum
Hic requiescit Paulus papa. »
P. Mallius (De Rossi, Inscr. Christ., t. II, p. 203).
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XCVI. STEPHANUS III (768-772)
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262 I STEPHANUS, natione Siculus, ex pâtre Olibo, sedit ann. III mens. V dies XXVIII. Vir strenuus et divinis
Scripturis eruditus atque ecclesiasticis traditionibus inbutus et in earum observationibus constantissimus perse-
verator. Hic dum a Siciliense insula parvulus in hanc advenisset Romanam urbem, tradidit eum domnus Gre-
gorius sanctae recordationis tertius papa in monasterio sancti Chrysogoni quod tune noviter fundabat *, illicque
clericus atque monachus est effectus. Quem postmodum domnus Zaccharias papa ex ipso abstollens monasterio, :•
in Lateranensis patriarchii cubiculo esse praecepit, eumque postmodum presbiterum in titulo beatae Ceciliae con-
II secravit. Quem tamen pro eius castitatis modestia in suo officio Lateranis detenuit ; sed etreliqui, scilicet dom-
nus Stephanus et Paulus beatissimi pontifices, eundem sanctissimum Stephanum pro eius piis conversationibus
in suo servitio similiter detenuerunt.
63 Dum vero 2 predecessor eius domnus Paulus papa pro austeritate fervoris aestivo tempore in ecclesia beati <o
Pauli demoraretur et valida ibidem aegritudine praeoccuparetur, de qua et vitam fînivit, die noctuque isdem
beatissimus Stephanus in eiusdem sui praedecessoris pontifîcis perse verans servitio, nullo modo ab eius lectulo,
III donec spiritum amitteret, recessit. Àt Yero nondum adhuc spiritum exalaverat, ilico 3 Toto quidam dux, Nepesinae
civitatis dudum habitator, cum suis germanis Constantino, Passibo et Paschale, aggregantes tam ex eadem Nepe-
sina quamque ex aliis Tusciae civitatibus multitudinem exercitus atque catervam rusticorum, ingredientesque 15
per portam beati Pancratii in hanc Romanam urbem, adque in domo antedicti Totonis armati adsistentes, elege-
runt ibidem subito Constantinum, fratrem eiusdem Totonis, laicum existentem. Quem cum armis plurimi eorum
264 loricis induti latrocinanter in Lateranensem patriarchium introduxerunt. Et ascendentes cum eo in vicedominio,
continuo accersito Georgio episcopo \ conpulerunt eum orationem clericatus eidem Constantino tribui. Ipse vero
omnino hoc rennuebat facere, corruensque terra prostravit se pedibus ipsius Constantini, adiurans eum fortiter 20
per omnia divina misteria ut locum daret et ab eiusdem impiae praesumptionis proposito recederet, ne per eum
IV talis inaudita novitas 5 in ecclesia Dei fieret. Et dum huiuscemodi adiurationis proferret verba, concitati plurimi
ex ipsis malignis qui eandem impiam electionem fecerant, insurgentes super eum atque fortiter comminantes eî,
timoré correptus, orationem illi clericatus tribuit. Et ita clericus effectus eundem sanctum Lateranensem invasit
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1. Steph. III E — Siclus B3 — Olivo CDEG- et dies D— dies
-et di- om. A — d. XXViICE 5 G — 2 adque A et ita fere semper
— erum A — 3 Siliense A : Seciliense B 3 — insulam E — par-
vulus om. CE — hac B*E — A Ghrys. B 3 : Criss. B* : Gris. DE— 5
postdomum B* — Zaccharias A — 6patriarcki B 34 — prec.A —
sanctae A — 7 sacravit B 23 : consacravit B* — domtii Es — 10
depraecessor EG — estivo A : stivo B* — il demoratur D —
egr. A : aegritudinem D — vita B 3 — 12 serviti A — 13 ara-
mitt. D — ad B*D — vero < i Paulus papa in egritudine posi-
tus> e in marg.— adhuc oro.E [suppl.) — exalaret ADE : -lare
G— Nepess. B : -simae B 3 — 14 Passivo CE — Pascale B3 — N e -
pessinam B — 15 aliae E — etxercitus A — 16 Panchratii CD —
ante iamdicti B — Totoni A — 17 layeum B 3 — plurimitorum
D — 18 luricis W* — Lateranense patriarchio B — 19 acers. A
— 20 rennuebat-pedibus, p. 471, /. 25, foliis avulsis deerant in
E3 — conruens I) — <in> terra B — se <in terra> B — 21
et om. B— impia B 4 — recédèrent A : recedere B 24 G : redicere
B 3 — 22 ecclesiam B 1 — eiuscemodi B 3 — praeferret B* — con-
citequeB 23 : conscientiae B*— 23 cominantes B 3 — 24 illïc I> —
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XGVI. STEPHANUS III (768-772). 469
patriarchium. Alio vero die, inlucescente secunda feria, subdiaconus atque diaconus ab eodem episcopo in oratorio
sancti Laurentii 6 intro eundem patriarchium, contra sanctorum canonum instituta 7 consecratus est, sicque uni- 265
versum populum sibi sacramentum praebere fecit. Et adveniente dominico die, rursum cum multitudine arma-
torum exercituum in basilica beati Pétri properans, pontifex ab eodem Georgio episcopo Penestre 8 et aliis duobus
5 episcopis, Eustratio Àlbanense et Citonato Portuense, consecratus est. Et per anni unius spatium et mensem
unum sedem apostolicam invasam detenuit.
Hoc vero cernens Christophorus primicerius et consiliarius, zelo fidei, una cum suo filio Sergio tune sacellario v
existente, maluerunt magis mon quam talem impiam novitatem et iniquam praesumptionem in sedem aposto-
licam perpetratam conspicere. Et cotidie in fletu et lacrimis perdurantes simulaverunt se monachos fieri, seseque
10 absolvi ab eodem Gonstantino petiverunt, in monasterio Salvatoris 9 domini nostri Iesu Christi proficisci adserentes,
illic monachicum fore suscepturos abitum. Susceptoque ab eodem Christophoro primicerio sacramento, ita illis
credens eos absolvit. Quibus properantibus atque in finem Langobardorum coniungentibus, velletque abbas iamfati 266
monasterii eos in eodem monasterio deduci, déclina verunt ab itinere isdem antefatus Christophorus primicerius
et eius filius Sergius, dudum quidem sacellarius, postmodum secundicerius, adiurantes firmiter Theodicium
15 ducem Spolitinum ut eos trans Padum ad Desiderium suum deduxisset regem Langobardorum, nitentes ob hoc
rédemption em sanctae Dei Ecclesiae perficere ; eosque isdem Spolitinus dux ad suum deportavit regem. Et dum
eius obtutibus praesentati fuissent, obnixe eundem regem deprecati sunt eis auxilium tribui ut talis novitatis
error ab Ecclesia Dei amputaretur.
Dum vero praenominatus Christophorus primicerius et Sergius eius filius apud praefatum demorarentur regem,
20 fecit praedictus Constantinus, apostolicae sedis invasor, ordinationem 10 presbiterorum seu diaconorum, presbiteros
VIII, diaconos IIII ; sed et episcopos in ipsius anni circulo et unius mensis fecit per di versa loca numéro VIII.
Antedictus vero Georgius episcopus Penestre, qui eum diaconem et pontificem consecravit, non post multos dies VI267
consecrationis ipsius Constantini, valida ac pessima egritudine praeoccupatus, inmobilis factus est ; et postmodum
missarum solemnia nequaquam célébra vit. Eius enim dextera manus aruit atque contracta est ; qui etiam nec
25 ad os suum afferre valuit, sicque cremans et languens vitam finivit ".
Dum vero haec agerentur, coniunxerunt antefatus Christophorus et Sergius in civitate Reatinam, absoluti a vu
Langobardorum rege. Et praecedentes Sergius et Waldipertus 12 presbiter cum Reatinis et Furconinis atque
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1 inluciscente BC : illucescente E — atque diaconus om. B 3 —
episcopum B* — oratio A — 2 institutum B* — consacr. B 3 —
3 praevere iecit A — die om. A — multitudinem CD — 4 exer-
citum D — Gregorio D — Penestrinae B (Poen. B 3 : Pon. B*)
— alii E — Eustadio B : Eustracio D — 5 consacr. B 3 — an-
num C — unius om. CE — mense uno B
7 sua B 3 — sacellarium B 2 — 8 existentem B 24 — 9 conspi-
cerent B (-rint B 4 ): -retCEG — tletibus B^-monacho A— 10 petie-
runt BE — il ilic A — monachi- om. D — susceptos B* — ha-
bitum B 2 *: aditum D — suscepti D — 12 absolsit BG — fines B 2
— coniungentibus < illis > D — velle B 23 — 13 eos in eodemj
eiusdem B 3 — antefatus om. E — 14 quidam D — firmiter om.
B 23 — Teodotium B< : Teoditium D — 15 Spulitinum A — Pado
B 3 * — a D — 16 sancte A — isdem om. B — Hispulitinos B* —
17 obtut] obtimus B 3 — 18 ecclesiae D — ampt. A
19 demoraretur B — rege D — 20 praefatus B — seu] se A —
21 diaconus D — ipso A — anni-unius om. A — septem D —
22 Penestrinae B — 23 ipsius Constantini om. A — egr. AB 3 —
24 misarum A — munus A — et B 2 — 25suum <eam> BG —
valuit om. A — languiens B 3
26 adhaec CDE — Christhorus A — civitatem B 2 CE— 27 Ser-
gium B — et om. B 2 — Waldibertus BD — Forcon. CE —
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470 XCVI. STEPHANUS III (768-772).
aliis Langobardis ducatus Spolitini, coniunxerunt subito ac repente in hanc Roraanam urbem, XXVI III die iulii n
mensis, indictione VI, vespere, in ipso crepusculo noctis, vigilias beatorum martyrum Abdon et Sennen, occu-
268 VIII pantes pontem Salarium. Alio vero die, transientes per pontem Molvium, venerunt adportam beati Pétri; et
deinde pergentes adpropiaverunt ad portam beati Pancratii. Quidam vero propinqui iamfati Ghristophori ac Sergii
ipsam portam observantes ac custodientes, cémentes ipsum Sergium ad eandem portam adpropinquasse, innue- 5
runt ei et protinus ipsam aperuerunt portam ; sicque iamdictus Sergius et Waldipertus cum Langobardis
Romanam urbem ingressi sunt. Et per muros civitatis cum flammula ascendebant, metuentes Romanum populum ;
et nequaquam de Genuculo ipsi Langobardi ausi sunt descendere, sed cum nimio tremore ibidem adsistebant.
269 IX Hoc vero audiens Toto et Passibus germani fratres, ignorantes ingenium et dolum quod ei proditores inierunt,
cucurrerunt cum aliquantis ad praedictam portam, cum quibus et Demetrius secundicerius, seu Gratiosus, tune
chartularius, postmodum dux, prôperaverunt, qui et ipsi in consilio erant cum praefatis nefandissimis prodito-
ribus ,4 . Et adpropinquantes ad eosdem Langobardos, obviavit Totoni duci unus ex eisdem Langobardis qui
bellator prae omnibus apparebat, Racipertus nomine, et impetum fecit super eundem Totonem ; super quem
isdem Toto inruens atque fortiter percutiens eum interfecit. Quod aspicientes Langobardi, in fugam converti
nitebantur. Sed Demetrius secundicerius et Gratiosus, postergum supradicti Totonis adsistentes, eum in dorsum
lanceis percutientes, sic adversus eum praevaluerunt atque interfecerunt. Passibus vero in Lateranense fugiit
270 patriarchium, adnuntians suo germano Constantino quae gesta fuerunt. Hoc vero audito fugiit isdem Constantinus
cum suprascripto Passivo et Theodoro, episcopo et vicedomino suo, in basilica Salvatoris ; et descendentes ad
fontes i5 , in ecclesia sancti Venantii, aliquantulum ibidem resederunt. Et considérantes melius se posse salvari
in vestiario, ascenderunt illuc, intus oratorium 16 sancti Caesarii ingredientes, clausisque super se ianuis ibidem
residebant. Et venientes post aliquantas horas huius Romanae urbis militiae iudices eos ex ipso oratorio eicientes
sub caulela munierunt.
X Alio vero die dominicorum, congregans Waldipertus presbiter, ignorante praedicto Sergio, aliquantos
Romanos, pergentesque in monasterio beati Viti 17 , abstulerunt exinde Philippum presbiterura, quem
elegentes et cum laudium vocibus adclamantes « Philippum papam sanctus Petrus elegit ! » eum in basilica
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VARIANTES DES MANUSCRITS
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i aziis A — ducatu AD — Spolitino B 3 : -nus CE — Roaia urbe A
— XXVIII codd. cf. adnot. 13—2 indictionis CD — vigil A :
vigiliarum B (vil. B 3 ) — Sennes B" — 3 Sol. E (corr.) — alia E
— transeuntes B — Molivium D — 4 ad propria venerunt A
— propria D (corr.) — porta A — sancti B — Pancrati B 3 —
quidem B* — iamfacti D — 5 eadem A — adpropinquare B —
inuer. B3 : invenerunt B*E — 6 Vuld. AB 3 — 7 urbem Ro-
mam B — flammola B — 8 Iunuculo B — 9 audientes Toto-
nes C — Passibo B : -vus E — fratris D — inierant B* : inge-
rerunt B" — 10 Demeterius B* — il cartol. B — posmodum
A — 12 proditoribus et ad om. A — obviavi A — unus om. E —
13 Rachip. A : Racib. B"D : Raceb. B 3 — et om. D — eundem]
ipsum B (-sam B*) — 14 Toto] Totones O — eruens B 5 *: irruens
E— atq. f.] fortiterquo B- — eum om. B* — interfexit AC —
adsp. A — fuga D — conversi CE — 15 Dimet. B 3 * — post ter-
gum A — supradicto B — ei B* — 16 interfexerunt C — Passi-
vus BE — 17 patriarchio B — suos A — fuerant BCEG — fugiit
om. B — 18 supr.] fratre suo B (-tri B 3 ) — Passibo B — et
om. BE — vicedomno A —19 ibi D — res.] contulerunt B* —
salvare B 3 D — 20 Cess. AB 3 — ianuas D — 21 resed. B — pu-
nientes B (pon. B*) — post om. A — mil. urb. CE — 22 cau-
tella B 3 — muniorum A
23 dominico E — Waldib. BD — ignorante <ante> CDEG —
aliquantus Roraanus B 3 — 24 sancti E — Vi D — 25 elig. CDEG
— laudium] gaudio EG — vasil.A —
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XCVI. STEPHANUS III (768-772). 471
Salvatoris more solito deduxerunt ; illicque oratione ab episcopo data, iuxta antiquitatis morem, tribuensque pacem
omnibus, in Lateranense introduxerunt patriarchio. Et ibidem similiter in sellam pontificalem sedens tribuensque
denuo, ut mos est, pacem, ascendit sursumet mensam, ut adsolent pontifices, tenuit, sedentescum eoaliquanti
ex primatis ecclesiae et obtimati militiae. Post paululum vero coniungens eodem die sepefatus Christophorus
,H primicerius, cognitaque causa electionis ipsius Philippi, ilico in magna ascendens ira iureiurando coram omnibus XI 271
Romanis adfirmabat, dicens se Romam minime ingressurum quousque Philippus presbiter de Lateranense
expulsus fuisset patriarchio. Tune properans antedictus Gratiosus cum aliquantis Romanis, expellerunt iamdictum
Philippum presbiterum de eodem patriarchio. Quiet per scalam quae ducit ad balneum descendens, cum magna
reverentia ad suum reversus est monasterium.
\o Sicque praefatus Christoforus primicerius alio die aggregans in Tribus fatis 18 omnes sacerdotes ac primatus
cleri et optimates militiae atque universum exercitum et cives honestos, omnisque populi Romani coetum, a
raagno usque ad parvum, pertractantes, pariter concordaverunt omnes una mente unoque consensu in persona
praefati beatissimi Stephani ; pergentesque in titulo béate Gecilie, in quo presbiter existons spiritalem degebat
vitam, eum pontificem elegerunt. Quem et cum vocibus adclamationum laudibus in Lateranensem deportaverunt
ïô patriarchium. Et rite omnia in eius electione peracta, Deo auctore, pontificatus adsurapsit culmen.
Dum vero adhuc electus extitisset isdem sanctissimus vir, congregati aliquanti perversi, quidam Deum prae xu 272
oculis non habentes, nec raetuentes terribilem futurum iudicium, summissi a quibusdam pestiferis malorum
auctoribus, quibus et digna factis retribuit Dominus, conprehendentes Theodorum episcopum et vicedominum,
eius, quod et dici impium est, eruerunt oculos et linguam illi crudeliter amputaverunt. Sed et Passibi similiter
20 oculos eruere visi sunt. Et tantam impietatem in eis demonstraverunt, qui etiam nec in propriis domibus eos
deportari permiserunt, ut illis cura a suis hominibus exhiberi deberet ; sed abstultis omnibus eorum rébus et
familiis adque possessionibus, unum ex eis, Teodorum scilicet episcopum, in monasterio Clibuscauris i9 retrudi
fecerunt, ubi et famé et siti cremans clamansque aquam ita exalavit spiritum. Passibum vero in monasterio sancti
Silvestri direxerunt. Nam Constantinus invasor apostolice sedis deductus ad médium est ; et magno pondère in
25 eius adibentes pedibus, in sella muliebrile sedere super equum fecerunt et in monasterio Cellanovas coram
omnibus déporta tus est.
VARIANTES DES MANUSCRITS
1 ad B* — more B 3 — 2 Lateranensem B : -si D — A — 17 terribili -ro -cio B — submissis B — 18 dignus factus
patriarchium B 2 — ellam A — 3 ascendens D — reseden- B* — digna om. A — conprehendens B 2 — vicemdom. A —
tes B — 4 primalibus B- 3 — ecclesiae om. B 2 — milites ! 19 qui B 3 — et om. B — lingua E — anput. A — Passibo B a : -di
AB — pauculum A: paulolum B 3 * : paulum D — prae- j B 3 :-viCDE — 20 eisdem monstr. CDKG (eid. C) — eius B 4 — nec
fatus B — 5 cognitamque causam B 2i — ips. el. B 2 — illico D — 21 eosdem port. A — deportare B — exhibere debere B :
AB* — iureiurandum A — 6 Roma E — gressurum D — ' exhiveri deveret A — rebusj servi B — 22familiasB — Clivos-
Lateren. A — 7 expulerunt B 2 DEG — 8 escalam B 4 — que A cauris A (vos super rasuram 2* man.) :alibus causis B(proalîqui-
— dise. B 3 * — 9 suam B* — monasterio B* { bus causis B 2 ): diebus cauris C : clibus cauri D: clibuscauris E(J
10 Sique A — alia E — forisc — omnes om. E — sacerdos A
— et pinatus B 4 — primatos CDEG— 11 clerici ADE — railitie A
— honestus B 3 — quoeoetum B — 12 parvo B 34 — unuque A
— 23 ibi B — et om. E — ita om. B 3 : < et > A — Passivum
BCE (-sium B 3 ) : -vi D — 24 Silvestrii B 4 — adductus B — est
et] esses ACD : aeris B 23 : aères B* : est et iesses E (corr.) —
— 13 titulo om. A — co D — exs. A — 14 cum om. B 2 — 15 j 25 sellam AC — muliebre D — aequum D — et in] a A —
auctorem A j Cellae B 2 — nova D — quoram A — 26 déportantes E
16 extet. B 3 : stetisset B* — qaidem B*E (corr. e) — pre i
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472 XCVI. STEPHANUS III (768-772).
XIII Sabbato vero die, diiuculo, ante unam diem ordinationis praefati beatissimi Stephani papae, aggregati
aliquanti episcoporum seu presbiterorum et cleri in basilica Salvatoris, iterum praefatus Constantinus ad médium
adfertus est ; lectisque sacratissimis canonibus ita depositus est. Accedens enim Maurianus subdiaconus orarium 20
de eius collo abstulit et ante pedes eius proiecit, et campagos 21 ipsius abscidit.Sicque alio die dominico antedictus
beatissimus Stephanus consecrationem suscepit pontificatus. Factaque ab uni verso populo Romano paenitentiae s
confessionisque deprecatione apud divinam clementiam, per quam se omnes peccasse in praedicti Constantin!
invasoris apostolicae sedis impia ordinatione confitentes, pro eo quod non ei restiterunt, ita excelsa voce in
ambone basilice beati Pétri a Leontio scriniario 22 eadem relecta est confessio.
273 XIV Post haec vero aggregati universus exercitus Romanae urbis seu Tuscie et Campanie, pergentes Alatro, partes
Campanie, ubi erat Gracilis tribunus, consentaneus iamdicti Constantini apostolice sedis invasoris, per quem iO
plura mala Campanie partes perpetrata sunt, constringentesque fortiter eandem civitatem, ipsum exinde abstu-
lerunt Gracilem et hic Romam adtulerunt. Quem arta custodia retrudentes, aliquantis diebus ibidem mancipatus
extitit. Postmodum vero quidam iniqui Campanini qui hic Roma advenerant, adortati ab aliis nequioribus se et
impiissimis, eundem Gracilem ex ipsa custodia abstollentes et quasi eum in monasterio déportantes, dum
Colosseo 23 advenissent, illic eius oculos eruerunt, etiam et linguam abstulerunt. 15
Porro aliquantis post haec praeteritis diebus, dum Tusciani et Campanini hic Roma aggregati fuissent, inito
consilio, prefato Gratioso et fortioribus eius per quorum auctoritatem tanta mala operabantur, Deum non metuen-
tibus, perrexit cum cuneo militum Tuscie ac Campanie, primo diiuculo, in monasterio Cellanovas, ubi
Constantinus antedictus apostolice sedis invasor retrusus erat, eumque ex ipso eicientes monasterio eius eruerunt
oculos et cecum in platea iacentem relinquerunt. 20
274 xv His itaque gestis peractisque, insurrexerunt quidam dicentes quod antedictus Waldipertus presbiter, Lango-
bardorum génère hortus, consilium cum Theodicio duce Spolitino et aliquibus Romanis inisset, interficiendum
praefatum Christophorum primicerium et alios Romanos primatos, et civitatem Romanam Langobardorum genti
tradendum. Unde directus est quidam Christophorus vicedominus cum multitudine populi eum conprehendendum.
Ipse vero hoc agnito fugiit in ecclesia sancte Dei genetricis semperque virginis Marie quae appellatur ad martyres. 25
Quem exinde isdem vicedominus abstraxit, portante eodem Waldiperto imaginem ipsius Dei genetricis, eumque
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I pp Steph. E — papae om. A — 2clerici E — 3 est post adf. om.
B* — oratoriiira D — 4 colo astulit A — campacos C — asci-
dit. A : abc. E — < fit > alio B3 — 5 consacr. B3 : sacr. B* —
Romana B* — 6 deprecationem B 24 — 7 impiam AB — ordi-
nationem B — etxcelsa A — in om. A — 8 ammone BCE :
amore D — b. P. bas. E — relicta A
9 bec A — universos exitus B* — Campania B* — 10 per-
gentcs-Campanie om. B 23 C — Gracilio presbiter B — consta-
neus A — invasor B 3 * — 11 Campania B* —partis B — eadem
AB 34 : eundem B* — • civitatem om. A : presbiterum B 23 : tium
B* — 12 Cracileni A : Gratilem B* — Romanam B 4 — diebus
om. B* — 13 extetit B' — Campani D — Romam BC — adve-
nerunt A — ortati B* — nequitioribus B*C — se om. B* — 15
Coloseo BD (-seu B*) : Colloseo CE* : Coloseum Es — 16 post
haec] poshe A — dudum E — Canp. A — Romam BC — 17
auctoritate B 23 DE — 18 perrexerunt D — ac] a B 4 — nova D —
19 retr. cr.] retruserat A — 20iacente A — reliq. DE
21 que om.A— insurrerunt A— Waldib. BD— 22 Theodocio BD
— 23 primates A: -tus B 3 — ex civitate B— civ.] cium A — Lan-
gub. A — 24 tradendam D — multitudinem DE — 25 hoc om. E
— fugit BCD — semperque virginis om. A — semperque om. E
— vocatur DE — 26 isdem om. B 2 — Waldipertum A —
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XGVI. STEPHANUS III (768-772). 473
in teterrima retrudi fecerunt custodia, quaevocatur Ferrata, in cellario maiore 24 . Et post modicos dies ipsum
de eadem custodia eicientes Waldipertum presbiterura, eumque proici entes in terra, iuxta transendam 25 campi
Lateranensis, eius effoderunt oculos et linguam ipsius crudeliter ac impie absciderunt ; dirigentesque illum in
xenodoebio Valerii 26 , ibidem postmodum ex eodem oculorum effoditione vitam finivit.
s Itaque in exordio ordinationis suae quo hisdem sanctissimus presul pontificatus apicem adsumpsit, direxit XVI 275
Franciae partes ad excellentissimos viros Pipinura, Carulum et Carulomannum, reges Francorum et patricios
Romanorum, Sergium antedictum, secundicerium et nomenculatorem illo in tempore existentem, deprecans
atque adhortans eorum praecellentiam per suas apostolicas litteras 27 ut aliquantos episcopos gnaros et in
omnibus divinis Scripturis atque sanctorum canonum institutionibus eruditos ac peritissimos dirigèrent ad
*0 faciendum in hanc Romanam urbem concilium pro eadem impia novi erroris ac temeritatis praesumptione,quam
antefatus Constantinus apostolicae sedis pervasor ausus est perpetrare. Et properante antedicto Sergio Fran- XVII 276
corum regiones, iam invenit de hac luce migrasse christianissimum Pipinum regem. Et coeptum gradiens iter,
pervenit ad eius filios antedictos Carulum et Carulomannum, germanos fratres, reges Francorum et patricios
Romanorum; quibus apostolicas tribuens litteras, bénigne ab eis susceptus est. Et dignam illi impendentes
\o humanitatem, cuncta nihilominus pro quibus missus est ab eorum excellentia impetravit. Dirigentes scilicet ipsi
christianissimi reges XII episcopos ex eisdem Francorum regionibus, nimis divinis Scripturis et sanctorum canonum
cerimoniis doctos ac probatissimos viros, scilicet 28 :
[Vulcario, archiepiscopo provintiae Galliarum M , civitate Senense,
Georgio, episcopo civitate Ambienensis 2 ,
Vulframno, episcopo civitate Meltensis,
Lullone, episcopo civitate Magancensis,
Gaugeno, episcopo civitate Toronensis,
Adone, episcopo civitate Lugdonensis,
Hermennarius, episcopus civitate Betorecensis,
Danielem, episcopum civitate Narbonensis,
Ermembertus, episcopus civitate Warmacensis s \
Berohelpos, episcopus civitate Wirsburgo 32 ,
Erlolfos, episcopus civitate Linguionensis,
20
25
VARIANTES DES MANUSCRITS
1 qui A— vocatur om. B — ipsum om. B— 2 eandem B 34 — tra-
sendamB^De'E^trasondamE^trasendaîtradendamB 23 — 3 La-
teranensi A — effud. B — lingua B 34 — ascid. A — 4 senedoxio
B 3 * : cenedochio C — Valeriae B 23 : -rio B* — eodem] eorum D
5 exordium A — sue A — ads.] suscepit D — 6 partibus B 2 :
-tis B 3 * — a A — cellent. B 3 : scelent. B* — Pipp. E* — Gar-
lum. A — patrocinios A: patricius B^E— 7secundicereum B 3 —
et om. B— existente B— 8 hortans A: exhortans B — excell. E*G
— ignaros EG (corr. e) — 9 scr. div. B 2 — erod. A : -tus B 3 —
Liber pontificalis.
pert.A : -mus B 3 — hac E — 10 edem A: eandem B — impiam
AB — il antefactus A — apostolice A— invasor E*— 12 Frang.
A {bis)— regem om. B 3 — 13 filius B 3 * — Carolum ma-
gnum E — germanus A — patricius B 3 *E — 14 benigne-regis,
p. 477, l. 45, foliis avulsis deerant in E5 — 15 cunctam B —
nihilhominus AB*— scilicet om. E— lôeisde A— nimis] multum
B— 17 caercm. B— vivos A— scilicet <ill> B 23 : hic desinit B 3
19 Vulcario-Noviomensis B* solus;pro quibus AD spatium va-
cuum, sed minus quam oportuit, exhibent — civile B* —
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474 XGVI. STEPHANUS III (768-772).
Tilpinus, episcopus civitate Remensis,
Gislabertus, episcopus civitate Noviomensis.]
Eisque in hanc Roraanam urbem coniungentibus, mense aprile, indictione septima, protinus antedictus Ste-
phanus sanctissimus papa adgregans diversos episcopos Tusciae atque Campaniae et aliquantos istius Italiae
provinciae, id est 33 : ;;
[Valentinus presbiter 3l et Iohannes diaconus, présentantes locura domno Leone archiepiscopo civitate
Ravennate,
Ioseph, episcopus civitate Vertonensis,
Lantfredus, episcopus civitate Castro,
Aurianos 35 , episcopo civitatis Torcanensis, io
Radoinus 36 , episcopus civitate Balneoregis,
Petrus, episcopus civitate Popollonio,
Fileradus, episcopus civitate Lunensis,
Teodorus archipresbiter et Petrus diaconus, locura praesentantibus Hieronimi 37 , episcopi civitatis
Papiae Ticino, 15
Petrus, episcopus civitatis Cerensis,
Maurus 38 , episcopus civitate Polimartio,
Léo, episcopus civitate Castello 39 ,
Sergius, episcopus civitate Ferentino,
ïordanis, episcopus civitate Signias, 20
Ado, episcopus civitate Ortensis,
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Ansaldus, episcopus civitate Narnias,
Nirgotius, episcopus civitate Anagnias,
Q.
Agatho, episcopus civitate Sutrio,
1/)
Stephanus 40 , episcopus civitate Centumcellas, 25
Teodosius 41 , episcopus civitate Tibortine,
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Pinis, episcopus civitate Tribus tavernis,
Bonifa[tius] 42 , episcopus civitate Priverno,
Leoninus 40 , episcopus civitate Alatro,
Valeranus, episcopus civitate Trebe, 30
Bonus, episcopus civitate Maturiano *\
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Gregorius, episcopus terretorii Silve Candide,
Eustracius, episcopus terretorii Albanensis,
Citonatus, episcopus civitate Portuensis,
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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3 eosque A: eiisque CE — hec A : < Roma > A — | B 2 — 6 Valentinus-Urbino, p. 475, l. 12, B* solus — 28 Bo-
coniungentes in ni. B* — VIII E {corr.) — 5 id est < III. > nifaB*
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XCVI. STEPHANUS III (768-772). 475
Citonatus, episcopus Belliternensis,
Potho, episcopus civitate Nepessine,
Antoninus, episcopus civitate Gaesinensis,
Iohannes, episcopus civitate Faventias 44 ,
5 Stabilis, episcopus civitate Pensauro,
Georgius, episcopus civitate Sinogalias,
Maurus, episcopus civitate Fano,
Sergius, episcopus civitate Ficuclas,
Iuvianus, episcopus civitate Gallis 45 ,
10 Sabatius presbiter, locum praestante Tiberii, episcopo civitate Ariminensi,
FJorentinus, episcopus civitate Eguvio,
Gregorius presbiter, locum praestante Marini, episcopi civitate Urbino.]
Quibus omnibus congregatis, concilium peractum est 46 in basilica Salvatoris domini nostri Iesu ChristiXVIH 277
iuxta Lateranis. Et praesidens isdem beatissimus Stephanus papa, consedentibus etiam pariter cum eo eisdem
15 omnibus episcopis, deductus est ad médium sepefatus Constantinus, apostolicae sedis invasor, iam extra oculos.
Et subtilius exquisitus cur praesumpsisset apostolicam sedem laicus existens invadere et talem iniquae novitatis
errorem in Ecclesia Dei perpetrare, ita coram omnibus professus est vim se a populo pertulisse et brachio fuisset
electus atque coactus in Lateranensi patriarchium deductus, propter grabamina ac praeiudicia illa 47 quae
Romano populo ingesserat domnus Paulus papa. Et corruens in terra, manibus extensis in pavimento, se reum
20 atque super numerum arène maris peccasse deflebat, petens misericordiae veniam ab eodem sacerdotali consequi
concilio. Quem a terra elevare facientes, ipso die nullam de eo protulerunt sententiam. Alio vero die, denuo XIX
adferentes eum atque interrogantes de eadem impia novitate, respondit nihil novi se fecisse, dicens quia et
Sergius 48 archiepiscopus Ravennantium laicus existens archiepiscopus effectus est, et Stephanus 49 episcopus
Neapolitanae civitatis et ipse laicus repente episcopus consecratus est. Dum vero talia isdem Constantinus prose-
25 queretur, ilico irati zelo ecclesiasticae traditionis universi sacerdotes, alapis eius cervicem cedere facientes, eum
extra eandem ecclesiam eiecerunt 50 . Tune defertis omnibus eius actionum gestis, simul et concilio illo quod in XX 278
scriptis de eius quasi confirmatione editum fuerat, igné conbuserunt in medio presbyterii eiusdem ecclesiae. Et
hoc facto, proiciens se terra sanctissimus Stephanus papa cum unïversis sacerdotibus et populo Romano, claman-
tesque Kyrieleison cum ingenti fletu, peccasse se omnes professi sunt, pro eo quod de manibus ipsius Constan-
30 tini communionem susceperunt. Sicque ex hoc omnibus indita est paenitentia.
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VARIANTES DES MANUSCRITS
13 consiliam B l C — 14 Lateranense < palatiam > E —
praesidente eodem -mo -no E — presedeus AB* — hisdem A
— eo om. E — 15 sepefactus A : om. E — iam om. B* — 16
exques. B* : -tis A — quur D — iniquae nov. errorem om. A
— 17 ecclesiam B 2 — et per brachium populi fuisse E — 18
Lateranensi um B 2 : -se B*D — patriarchio B 4 — periuditia B*
— que A — 19 conruans B* — terrain B 2 — ru/// A — ac E —
20 peccasset A — misericordiam B* — 21 concilium B* — le-
vare B 2 — nullo A : -la B*E — alia E — - 22 auferentes A — no-
vitatem B* — novit E — fecissetxV — 23 Rav. arcli. D — Ra-
vennantius B* — episcopus om. E — 24 Neappolitaui B* — 25 illi
quo isti B* — cervice B 4 — cedi D — 26 defeclis E — omnibus-
gestis om. A — 27 confirmationem aedictum B* — conbuserunt
AB — 28 < in > terram B 2 E — sanctus B 2 — sacerdotes E
[corr.) — 29 ingente fiectu A — 30 commotione E [corr.) —
suscip. B* — indicta DE — penitentiam A
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476 XGVI. STEPHANUS III (768-772).
Tune adlatis 51 sacralissimis canonibus iisque liquido perscrutatis, prolata est sententia ab eodem sacerdotale
concilio sub anathematis interdictu, nullus umquam 52 praesumi laicorum neque ex alio ordine, nisi per distinctos
279 gradus ascendens diaconus aut presbiter cardinalis factus fuerit, ad sacrum pontificatus honorem promoveri. Et
XXI alia plura quae canonicam indigebant correptionem in eodem concilio statuerunt emendanda. De episcopis vero
atque presbiteris et diaconibus quos ipse Constantinus consecraverat, ita in eodem concilio promulgatum est, ut 5
episcopi illi, si qui eorum prius presbiteri aut diaconi fuerunt, in pristino honoris sui gradu reverterentur ; et si
placibiles fuissent quoram populo civitatis suae, denuo facto decreto electionis more solito, cum clero et plèbe
ad apostolicam advenissent sedem et ab eodem sanctissimo Stephano papa benedictionis suscepissent consecra-
' tionem. Presbiteri vero illi ac diaconi ab eodem Gonstantino consecrati, simili modo in eo quo prius existebant
habitu reverterentur ; et postmodum, si qui eorum placibiles extitissent antefato beatissimo pontifici, presbiteros 10
eos aut diaconos consecrasset ; statuentes~ut hii qui ex eis consecraturi erant nequaquam ad fortiorem honorem
ascenderent, nec ad pontificatus promoverentur culmen, ne talis impius novitatis error in Ecclesia Dei pullularet.
280 Ipse vero antefatus beatissimus Stephanus papa quoram omni sacerdotali collegio clara voce clamavit, dicens nullo
modo se mitti aut penitus declinari in eorundem presbiterorum aut diaconorum consecrationem. De laicis vero
qui ab eodem Constantino presbiteri aut diaconi consecrati sunt, ita promulgatum est, in religioso habitu cunctis \o
diebus vitae eorum sive in propriis domibus vel ubi voluissent permanere deberent.
xxii Huiusmodi vero promulgatis sententiis, ilico episcopi illi qui ab eodem Constantino consecrati sunt, rever-
tentes iuxta eiusdem concilii sententiam in pristino honoris gradu, electi denuo a clero et plèbe factoque solito
decreto ad sedem apostolicam properantes, ab eodem sanctissimo papa consecrati sunt. Nam presbiteri et dia-
coni illi usque ad mortem ipsius pontificis sic rémanentes nequaquam ab eo sunt consecrati. Ita enim in eodem 20
concilio statutum est ut omnia quae hisdem Constantinus in ecclesiasticis sacramentis ac divino cultu egit iterata
fuissent, praeter sacrum baptisma atque sanctum chrisma.
281 XXIII Haec vero 53 omnia promulgata, continuo et diversa sanctorum Patrum testimonia de sacris imaginibus domini
Dei et Salvatoris nostri Iesu Chris ti sanctaeque et gloriosae eius genetricis semper virginis Mariae dominae
nostrae et beatorum apostolorum omniumque sanctorum ac prophetarum et martyrum seu confessorum in 25
eodem adlata sunt concilio. Et subtilius cuncta perdagantes, statuerunt magno honoris affectu ab omnibus
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1 perscrutantes B* — sententiam E — sacerdotali CE — 3
grados B*CD — diaconem CE — cardinales B 4 — 4 quae <de>
D : < de eo > E — canonica AB 2 E — indicebant D — correp-
tione AB 2 — emenda A— 6 quis D : aliquis E — diaconus D —
fuerat B 2 : -rit E — pristinom A : -num E — honori A — gradus
AB 2 : -dose B 4 — reverteretur E — 7 placab. B*CDEG : -bile
E — quoram AB* — civitati B* — 8 sanctissimum B* — Ste-
phano om. AB 2 — nedictionis A — suscip. A — consecrationi A
— 9 quo] pro E (coït.) — exsist.A— 10 verter.A — posmodum
A — quis E (corr.) — placib. B 4 : placab. cet. (placav. A) — an-
tefacto A — antefatus -mus -fex E — il consecraret B* — 12 nec
ad om. A— proverentur A — popularct B< —13 antefatos A —
quoram A — coligio A — 14 sed A — mittit CE (corr. e) —
declinare B 4 CE — eoruntdem A : eodem E — au A — 15 au
AD — ordinati D — habitum A : -to B* — 16 eor. vit. E
— voluissent] fuissent E {corr.)
17 lico A — ordinati E — 18 revertente A — eisdem D — con-
cilii A — sententiis D — denuo] hic praecedentia repetit Ainde a
beatissimus Stephanus, supra, l. 13 — 20 diacones B*CD — pon-
tificis B 4 D : -ci cet. — sunt ab eo E — eo] eodem D — coucilium
B*— cultoB*
23 Hec A — testimoniam A —24 Dei et Salv. om. E — et gl.]
e g], A — semperque B*D — 25 apost.- sanctorum om. A — acj
et B*— 26 conc. adl. s. D — cuncta] multaCE— perducantes B*
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christianis ipsas sacras venerari imagines, sicuti ab omnibus praedecessoribus huius apostolicae sedis pontifi-
cibus et cunctis venerabilibus Patribus usque actenus de earum honoris affectu observatum et cunctis ad memo-
riam piae conpunctionis est traditum ; confundentes atque anathematizantes execrabilem illam synodum quae in
Grecie partibus nuper facta est pro deponendis ipsis sacris imaginibus.
5 Expletis vero omnibus quae in eodem concilio promulganda erant, tune hisdem beatissimus pontifex aggregans XXIV
uni versos sacerdotes atque clerum et cunctum populum, profecti sunt ad beatum Petrum principem apostolorum,
cum hymnis et canticis spiritalibus, nudis pedibus incedentes. Illicque in ambonem ascendens Leontius scri-
niarius, cuncta quae in eodem peracta sunt concilio extensa voce legit populo; sed et très episcopi, id est Gregorius
Silva Candida, Eustratius Albano et Teodosius Tibur, in eodem praedictae ecclesiae ambone ascendentes anathe-
*0 matis obligationem protulerunt, ne quisquam presumi quoquo tempore transgredi quippiam de omnibus quae
in eodem concilio statuta sunt.
His vero 54 peractis, contigit post aliquantum temporis de hac vita migrasse Sergium archiepiscopum civitatis XXV 282
Ravennantium. Et continuo surgens Michaelius scriniarius ipsius ecclesiae, qui nullo sacerdotali fungebatur
honore, profectus Arimino ad Mauricium ducem Ariminensem; et congregans hisdem nefandissimus Mauricius
15 exercitum una cum consilio Desiderii Langobardorum régis, properavit atque ingressus estRavennam, et brachio
forti elegit praedictum Michelium, et in episcopio Ravennatis ecclesiae introduxit, et Leonem archidiaconum, qui
electurus erat in archiepiscopatus ordinem, Arimino déportantes, ibidem arta custodia mancipatum hisdem Mau-
ricius detinere fecit. Tune direxit quantocius praedictus Michelius atque Mauricius et iudices Ravennantium
civitatis ad praefatum beatissimum pontificem, promittentes ei copiosa munera ut ipsum Michelium archiepis-
20 copum consecrare deberet. Ipse vero beatissimus praesul per nullius dationis promissionem inclinatus est eun-
dem Michelium consecrare, adserens nulla ratione hoc fieri posse, dum sacerdotii honore minime ipse praedictus
existeret Michelius. Gui et vicibus obtestationis ac praedicationis litteras atque missos direxit ut ab eodem 283
iniusto proposito recederet. Sed nullo modo apostolicis ammonitionibus adquiescere voluit; dansque plurima
munera Desiderio Langobardorum régi, etiam et quimilia et ornatus ipsius ecclesiae cum aliis diversis speciebus,
25 brachio forti per unius anni circulum et eo amplius episcopium pervasum tenuit, denudans atque in magnam
paupertatem eum redigens. Sed dum nullo modo firmissimam mentis constantiam ipsius sanctissimi pontificis XX VI
flectere potuerunt nequissimi consentanei ipsius Michaelii, tune dum missi 55 excellentissimi Caruli régis Fran-
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1 ipsa A — 2 obs. aff. E — 3 illa A — 4 Crecie A — disp. E —
maginibus A
5 promulgande sunt B 4 — 6 clero A — principe apostul. A
— 7 ammonem B*CE — ascendentes D — Leoncius B* — 9 Sil-
ba AD — Eustracius BCD (Eutr. C) — Theod. B2QE — Tybor
B*: Tyburtino E — eadem praedicta ecclesia B s — ambonem
A: ammone BCE — 10 pertulerunt se quisq. E — 11 edemA
12contingit A — temporibusB* : -pus D — 13 civitate Rav.
B* — Et om. A — Michahelius B*C : Michelius D — 14 hore
A — Arminensius A : AriminensiE (corr.) — nefandis sunt A
— 15 exercitu B* — cum om. A — Desiderio B* — est] et A
— 16 Michahelium BGE et ita porro — et ante Leonem om. B*
— Leone archidiacunus A — 17 Armino A — 18 Tunc-erue-
runt p. 480, l. 3, om. G — detineri CD — quantotius B*D
— 19 civitatis om. E — copiosam A — 20 consecrari E —
22 civibus D — predicatinis A — 23 posito rcederet A —
24 mun. plur. B* — hornatus A — 25 copium A : eps B* —
perbasum A — denundans A — magna A — 26 eu A — firmis-
sima m. constankia B* — ipsi CE (corr. e) — pontifici B* — 27
potu B 4 — excellorum A
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478 XCVI. STEPHANUS III (768-772).
corum et patricii Romanorum praesentaliter adessent, dirigens hisdem beatissimus praesul suos missos denuo,
tam praedictos Francorum missos quaraque omnes Ravinianos amraonendo, statim insurrexerunt super ipsum
Michelium et eum cum obprobrio de ipso episcopio proicierunt. Quem vinctum hic Romam diligentes, elegerunt
sepefatum Leonem archidiaconura ipsius ecclesiae. Qui ad hanc apostolicam sedem properans cum sacerdotibus
et clero ipsius Ravennatis ecclesiae et iudicibus et plebem eiusdem urbis, in archiepiscopatus honorem ab 5
eodem sanctissimo Stephano papa ordinatus consecratusque est.
284 XXVII Erat enim hisdem praefatus beatissimus praesul ecclesiae traditionis observator ; unde et pristinum ecclesiae
in diversis clericatus honoribus renovavit ritum. Hic statuit ut omni dominico die a septem episcopis cardinalibus
ebdomadariis 5G , qui in ecclesia Salvatoris observant, missarum solemnia super altare beati Pétri celebraretur
et Gloria in exceisis Deo ediceretur. Fecit enim et très regulares argenteos super rugas per quas ingrediuntur 10
ad altare, ubi imagines in frontespicio constitutae sunt, unum quidem in basilica beati Pétri apostoli, et alium
in basilica beati Pauli, et alium ab beatum Andream apostolum.
xxvni Nam sedule isdem beatissimus pontifex suos missos atque litteras 57 ammonitorias dirigere studebat antedicto
excellentissimo Carulo régi Francorum et eius germano Carulomanno idem régi, inminentibus atque decertantibus
in hoc sepius nominatis Christoforo primicerio et Sergio secundicerio,pro exigendis a Desiderio rege Langobar- 15
rum iustitiis beati Pétri quas obdurato corde reddere sanctae Dei ecclesiae nolebat. Unde nimia furoris indignatione
contra praenominatos Christophorum et Sergium exardescens ipse Desideiius, nitebatur eos extinguere ac delere.
285 Pro quo suo maligno ingenio 58 simulavit se quasi orationis causa ad beatum Petrum hic Roma properaturum,
ut eos capere pôtuisset, dirigens clam munera Paulo cubiculario cognomento Afiarta et aliis eius impiis sequacibus,
suadens eis ut in apostolicam indignationem eos deberent inducere ; eique hisdem Paulus consentiens de eorum 20
perditione absconse decertabat. Dumque hoc agno vissent praenominati Christophorus et Sergius, et eundem
protervum Desiderium regem Romam properaturum agnovissent, ilico aggregantes multitudinem populi Tusciae
et Gampaniae seu ducatus Perusini, viriliter cum eadem populi congregatione eidem Desiderio régi paraverunt
se resistendum. Qui etiam portas huius Romanae urbis claudentes, alias ex eis fabricaverunt 59 ; et ita armati
omnes existebant ad defensionem propriae civitatis. 25
286 XXIX Et dum haec agerentur, subito 60 coniunxit ad beatum Petrum antedictus Desiderius rex cum suo Langobar-
dorum exercitu. Et continuo direxit suos missos praefato pontifîci, deprecans ut ad eum egredi deberet : quod
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I praesential. D — 2 praedictus... missus B 4 — amon. A — 3
proiecerunt B 2 D — victum A — Roma A — 4 sipif. B* — sedis
B 4 — 5 Revenn. A — ecclesiae-urbis om. E (ecclesiae suppl.)
— hab. A — 6 papa St. E
7 tradict. A — et om. A — prest. A — ecclesiae om. B- — 8
renovabit AD— stauit A : instituit B 4 : constituit D — 9 Saluin
A — obserbant A : observabant D — sollempnia B 4 D — 10 et
die. A : die. B 4 : eidic. E (corr). — Fecit-argenteos om. A —
II fronte in specie B 4 : frontes pitio DE
14 rege B 1 — imin. B*D — decertatibus A — 15 ohe A —
Ckristoforus -rius Sergius -rius E — exicendis A — regem
B 4 : régi E — Lang. reg. D — 16 nimiam A — 18 ing. mal.
D — Romam B 2 — 19 sequaquibus A : seqiiaces quibus B 4 —
eis om. B 4 — 20 eios deverent A — eisque B 2 — 21 praeno-
minatus B 4 — 22 Romanorum B 4 — illi quo B* — 23 Campinie
A — Purusini A — eodem E [corr.) — par.] pauperum B 4 —
24 resistendunt A — quia DE — urbe B 4 — alia E — 25 defea-
sione B 4 — propie A —
26 Et] ut B 4 — 27 exercitum AB 4 — quod] qTA —
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et factum est. Dum vero cum eo praesentatus fuisset, pariterque pro iustitiis beati Pétri loquerentur, rursum
ipse beatissimus pontifex reversus ingressus est in civitate. Praefatus siquidem Paulus et eius nefandissimi
sequaces, inito cum praedicto Langobardorum rege consilio, nitebantur populum Romanum contra eos seducere
ad insurgendum contra praedictos Christophorum et Sergium, ut eos interficerent. Et dum 61 hoc eis nuntiatum
s fuisset, adgregantes populum , ascenderunt armati in Lateranis ad capiendum suos insidiatores. Nuntiatique more 287
solito, inpetum faciens universa multitudo populi qui cum eis advenerat, ingressi sunt cum armis in basilica
domni Theodori pape, ubi ipse praenominatus sedebat pontifex. Quibus et fortiter increpavit cur praesumpsissent
armati in eodem sanctum patriarchium ingredi. Pariterque loquentes, alio die 62 denuo egressus est sepedictus XXX
pontifex ad beatum Petrum cum eodem rege loquendum. Et dum simul praesentati fuissent, praetermittens 63
10 ipse Desiderius causas de iustitias beati Pétri, tantummodo pro deceptione praedictorum Christophori et Sergii
insistebat. Unde claudens universas ianuas beati Pétri, neminem Romanorum qui cum ipso sanctissimo pontifice
exierant ex eadem ecclesia egredi permisit. Tune direxit 64 ipse almificus pontifex Andream episcopum Penestre
et Iordanem episcopum Signias ad portam civitatis quae egreditur ad beatum Petrum, ubi praenominati viri
Christophorus et Sergius cum multitudine populi residebant, praetextando eos ut aut in monasterium ingrede-
15 rentur suas salvandum animas, aut ad beatum Petrum ad eum studerent properandum. Ipsi vero, metuentes
praedicti régis Langobardorum malignam sevitiam, ad eum egredi minime ausi sunt, adseren'tes se prius in
manibus Romanorum suorum fratrum et concivium esse tradituros quam extere genti. Dum ergo 65 populus qui xxxi
cum eis erant audirent eadem a praenominato pontifice directa ex ore praedictorum episcoporum, ilico conturbati,
illorum confracta sunt corda et coepit unusquisque ab eis recedere. Nam Gratiosus 66 quidam dux, cogna tus 288
20 iamfati Sergii, simulans se ad propriam pergere domum, congregans aliquantos Romanorum, profecti suntpariter
ad portam quae appellatur Portuense ; quam clausam repperientes, a cardine ipsam portam auferre ausi sunt, et
ita per noctem ad praenominatum egressi sunt pontificem. Sepefati vero Christophorus et Sergius, conspicientes
se in magna decepta esse positos, prius quidem Sergius, eadem nocte, qua hora 67 campana insonuit, descendit
per murum et properavit ad beatum Petrum. Quem in grados ecclesiae beati Pétri conprehendentes custodes
25 Langobardorum, ad suum deduxerunt regem. Eumque subsecutus praefatus Christophorus pater eius, praeno-
minati pontificis obtutibus sunt praesentati ; quos salvos conservare cupiens monachos facere praecepit.
Post haec faciens missam praenominato régi, ingressus est isdem beatissimus pontifex Roma, relictis praefatis
Christophoro et Sergio in ecclesia beati Pétri, cupiens 68 eos noctis silentio propter insidias inimicorum salvos
Roma introduci. Dum vero sol ad occasum declinare videretur, continuo congregans praenominatus Paulus xxxil
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
2 civitatem CDE — 3 sequaques A — regem B 4 — < ut >
pop. B 4 — 4 Christb. A — Et] ut B 4 — nunctiatum B* — 5
nunctiati B* — 7 increpabit B 4 — quur D — praesumpsisset
E — 8 incredi A — alia E — ingressus D — 9 regem loquendo
B* — 10 iustitiis B2 — 11 sanctissimo om. B 4 — 12 ecclesiae B* :
-siam E — 13 lordannem AE — 14 populum AE — redebant
B 4 — praetest. B*DE — eos om. E (suppl.) — monasterio
D — 15 ingrederetur sua A — salvandas B 4 — 16 egre D —
aut si B* — se pius B* e (pius E) . — 17 esset A — traditu-
rus B* — extergentis A — gente B 4 — 18 a om. AB* — prae-
nato B* — 19 corda conf. s. D — 20 aliquantus A — 21 qui
A — apell. A : apud E — Portunense A : Portuensem E — re-
per. A — aufferre A — 22 nocte AB* — pont. egr. s. B 4 —
Sep. vero om. E — 23 magnam AB* — deceptionem B 2 :
-tione CD — 25 praefatus om. E — 26 praenomen B 4 —
27 missia A — praenominatum rege B 4 — Romam B 2 C —
28 ecclesiam D — Pétri < apostoli > E — insidians E —
29 intr. Rom. E — introducit A —
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cubicularius et alii eius nefandissimi consentanei multitudinem populi, et properantes ad Desiderium Langobar-
dorum regem, inientesque cum eo impium consilium, abstulerunt eosdem Christophorum et Sergium ab ecclesia
beati Pétri, et properantes cum pluribus Langobardis usque ad portam civitatis, ibidem eorum oculos eruerunt.
Sicque praedictus Christophorus in monasterio sanctae Agathe deductus, ibidem post triduum ob dolorem eius
oculorum efifoditionem vitam finivit. Sergius vero, in monasterio Clibuscauris deportatus et postmodum in cellario 5
Lateranense deductus, illic usque ad transitum 6 * praenominati pontificis extitit.
289 XXXIII Haec vero omnia mala per iniquas inmissiones iamdicti Desiderii Langobardorum régis provenerunt. Fecit
enim ipse sanctissimus pontifex ordinatione una, per mens, decemb., presbiteros V, diaconos IIII ; episcopos per
diversa loca numéro [XVI]. Qui et sepultus est ad beatum Petrum apostolum. Et cessavit episcopatus dies VIIII.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 multitudine A — 2 inienter B* — 3 ibi B* — erunt A —
A Christophorum A — in mon.] Romani E (corr.) — Aghathe
A — eius om. E — 5 effodictionem A : -ditione E — Clibus
scauris B* : Clibus cauri C — demportatus A — 6 illicque D
— 7 iamdicti om. E — Lang. Des. E — Lancub. A — 8 enim
om. B 2 — ipsi sanctissima B* — ordinationem unam BDE — 9
numéro om. B* — XVI B* : om. cet. — et om. B 2 — episcopa-
tus < eius > D — d. VIII E
NOTES EXPLICATIVES.
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i. Quod tune noviter fundabat] V. ci-dessus, p. 418. Etienne était
encore parvulus au temps de Grégoire III (731 au plus tôt) ; il de-
vait donc être né vers l'année 720 ; ainsi, il n'avait qu'une cinquan-
taine d'années quand il fut élevé au pontificat.
2. Dum vero — récessif] Ceci concorde avec ce que déclara
Etienne III lui-môme au concile de 769 (v. la note suivante) :
« Ego de hac causa (l'intrusion de Constantin) nullam habeo
scientiam, quia quando domnus Paulus papa de hac vita recesse-
rat, omnes eum derelinquentes, nisi ego funeris adsistebam custo-
diam, ob sepulturae tradendum. »
3. ilico Toto quidam ditx...] Le 12 avril 769, le primicier Christo-
phe, invité à exposer devant le concile de Latran ce qu'il savait de
l'intrusion de Constantin, présenta une déposition préparée d'a-
vance, dont il fut donné lecture. En voici le texte, retrouvé par
Cenni, avec le début du concile, dans un manuscrit du ix« siècle,
de la bibliothèque capitulai re de Vérone (Cenni, Concilium Latera-
nense, Rome 1735, p. 5; cf., Mansi, Conc, t. XII, p. 717). Malheu-
reusement le manuscrit est incomplet et la déposition de Christophe
s'interrompt avant la fin ; de plus, certains mots étant illisibles, le
premier éditeur a dû introduire quelques suppléments ; ce sont les
mots imprimés en italique. Je corrige moi-môme, à la seconde li-
gne, vicesima nona en vicesima octava. Il est certain, par cette pièce
elle-même et par le L. P., que Paul mourut un dimanche : or, en
767, le 29 juin était un lundi.
« Contigit per transactam quintam indictionem, mense iunio, die
vicesima octava, sanctae recordationis domnum Paulum papam de
hac luce divina vocatione fuisse substractum. Dum vero in eadem
decumberet infirmitatem de qua et vitam finivit, illico arreptus a
diabolo quidam Nempesini oppidi ortus, Toto nomine, cum suis
germanis atque aliis nefariis complicibus, nitebantur eura interfi-
cere. Quod mea infelicitas audiens hoc fieri prohibui ; et convocato
eodem Totone vel reliquis iudicibus in domucellam meam, saluta-
ribus eos adgressus sum monitis et validis exortatus sum adiura-
tionibus a tanto reatus flagitio caveri. Et vix tandem aliquando
eorum procacissimam valui flectere mentem, ne in tali tantoque se
immiscèrent piaculo.
« Post haec vero, affertis in eadem domo pusillitatis meae sacro-
sanctis Christi quatuor evangeliis et venerabili chrismate et ceteris
Dei mysteriis, sacramentum mutuo praebuimus quod nullus extra
alium electionem pontificatus egisset, sed eum quem ex suo consilio
divina providentia tribuisset, ex corpore sanctae nostrae ecclesiae,
videlicet de sacerdotibus vel diaconibus, iuxta huius apostolicae
sedis traditionem, nobis eligeremus antistitem. Et prestito inter nos
eodem sacramento, eorum credidimus sponsioni, adfirmantes et hoc
in eodem sacramento foedere, ut neminem rusticorum huius Ro-
manae urbis subiacentium castrorum in hanc civitatem ingredi
permitteremus. Illi vero adiurantes Deiiudicium in periurii reatum
delapsi sunt, et plurem rusticorum catervam in hanc Romanam
intromittentes urbem, coepere cum armis hostiliter cuneos consti-
tuere. Et dum haec agerentur, saepefactus domnus Paulus vocatus
in iudicio exhalavit spiritum. Et de praesenti omnes una ni miter
properantes in basilica Apostolorum, in ipso dominico die denuo
sacramenta populo praebuimus ob conservandas unicuique iusti-
tias.
« His vero peractis, et cunctis propriis domibus revertentibus, re-
pente adgregantes ipsi nefarius Toto, vel eius germanus Gonstan-
tinus universam rusticorum cohortem, brachio forti idem Gonstan-
tinus, laicus existens, cum armis apostolicam invasit sedem, et
clericus in eodem patriarchio effectua est.
« Quo audito, dubium mihi fuit credendi tam inauditam novam
praesumptionem. Et dum ambigerem de hoc, protinus coniunxit ad
me Constantinus notarius, asserens ita ei fuisse ab eis praeceptum,
ut ad eius electionem occurrerem, validissime comminacionibus ter-
rens, ut nisi in eodem die ad eum properarem, in magnoevenissem
periculo. Quod quidem elegi magis mori quam in eius electionem
consentirc, et nequaquam illuc profectus sum.
« Alio vero die, secunda feria, ideminvasor apostolicae sedis dia-
conus forensis in oratorio patriarchii Lateranensis consecratus est ;
et ita miser ilie tam terribile ac metuendum indigne sibiapostolatus
sump8it culmen.
« Quod quidem ego infelix cernens, in tantam humilitatem sanctam,
Dei devenisse Ecclesiam, cotidie flumina lacrimarum ex meis flue-
bant oculis ; et in magno lamentationis ulutatu perdurans, divinam
nunquam destiti exorandum clementiam, ut sanctae suae snbveniret
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Ecclésiae. Illi autem concipientes tristitiam cordis mei, primitus
quidem interficere facientes Gregorium ducem, habitatorem pro-
vinciae Gampaniae, ob mei interitum, et postmodum moliebant et
me interficere. Sed omnipotens Dominus, qui sperantes in se sua
continua tuetur protecione, eorum mihi inanifestavit insidias. Et
confestim confugium feci cum filiis meis in ecclesiam beati Pétri
apostolorutn principis. Illicque adsistens nitebatur me isdem (in
eisdem Cenni) Constantinus variis suasionibus ex eadem sacratis-
sima apostolica eici aula. Et dum diu immineret, et nequaquam ad
suum potuisset pervenire desiderium ex eadem me eiciendum ec-
clesia, ad ultimum per semetipsum ad me progressus, sacramentum
nobis ante sacratissimam confessionem ipsius Dei apostoli prae-
buit, secundum nostram semper acturum voluntatem, scilicet ut
usque ad venerandam paschalem festivitatem mihi ûliisque meis
liceret in propriis demorari domibus, et postmodum licentiam se
nobis daturum monasterium profleiscendi.
c Igitur transacta paschali festivitate, constanter apud iilum egi,
una cum Sergio filio meo, nos debere iuxta suae pollicitationis sa-
cramentum monasterio absolvi gradiendum, scilicet partibus Spoli-
tinis, in eum qui vocatur Salvatoris domini nostri lesu Christi .. »
Ici s'arrête le manuscrit. Le récit de Christophe et celui du
biographe s'accordent entièrement, tout en se complétant l'un
l'autre sur les détails. Un fait important est tout à fait omis
dans le L. P., la tentative d'assassinat organisée par Toto pour
se débarrasser du pape Paul et l'arrangement intervenu à cette
occasion entre Christophe et lui pour l'élection future. Nous
avons encore (Jaffé, 2374, 2375 ; Cod. CaroL, p. 147-155) deux
lettres adressées à Pépin par Constantin II, peu après son or-
dination, précisément pour la lui notifier et la lui faire accep-
ter. Selon l'usage, il parle de la violence qu'on a du lui faire pour
l'élever à l'épiscopat; mais il n'omet pas de noter que le peuple
des civitates voisines de Rome avait pris part à son élection, sans
se douter, apparemment, que cette ingérence constituait une grave
irrégularité.
4. Georgio episcopo] L'évoque de Préneste : v. ci-dessons, note 8.
5. talis inaudita novilas] On peut citer bien des exemples de laïques
élevés subitement à l'épiscopat, mais ailleurs qu'à Rome. Les papes
étaient toujours pris parmi les diacres ou les prêtres. Antérieure-
ment à Etienne III, je ne vois d'autre exception que celle de Fa-
bien (Eusèbe, //. E. t vi, 29), qui, au huitième siècle, était bien loin
taine, et celle de Silvère, dont le L. P. constate l'anomalie.
6. in oratorio s. Laurentii] C'est la première mention expresse que
l'on ait de cet oratoire célèbre, encore conservé sous le nom de
Sancta Sanctorum. Cf. Etienne II, note 14, p. 457.
7. contra sanctorum canonum institutà] Les canons en effet pres-
crivaient des interstices entre les ordres et défendaient défaire des
ordinations en dehors des jours consacrés.
8. Georgio Penestre] L'évoque d'Ostie, qui s'appelait aussi Geor-
ges, échappa à l'épreuve à laquelle succombèrent ses trois collè-
gues nommés ici. Il se trouvait en France, déjà pourvu du siège
d'Amiens. Deux ans après il reparut à Rome, en qualité d'évéquo
frank, pour juger Constantin et ses consécrateurs. Cf. ci-dessous,
note 30, et Cod. Carol., p. 148, 154. L'évoque de Préneste fut, peu
après, frappé de paralysie, comme il est marqué plus loin, et rem-
placé par un André, qui était déjà en fonctions au printemps de
l'année 770. Ses deux assistants reparaissent en 769, au concile de
Latran, parmi les prélats qui condamnèrent ce même Constantin
qu'ils avaient consacré.
9. in monasterio Salvatoris] Saint-Sauveur près de Rieti.dans le
duché de Spolète. Christophe et Sergius ne partirent qu'après les
fêtes de Pâques l'en 768 le 10 avril). Ils avaient eu d'abord les plus
grands dangers à courir. V. ci- dessus, note 3.
10. fecit Constantinus ordinationem] En 768, aux Quatre-Temps
d'été, car Christophe et Sergius étaient restés à Rome jusqu'après
Pâques.
U. languens vitam finivit] Aucun évêque de Préneste ne figure au
Liber pontificalis.
concile de 769. Si Georges était encore vivant, il avait do bonnes
raisons pour n'y pas assister.
12. et Waldipertus presbiter] On ne nous dit pas qui était ce prêtre
Waldipert; maison reconnaît aisément en lui un missus du roi
Didier. Nul doute que ce prince n'eût stipulé avec Christophe que
l'on élirait un pape ami des Lombards. Waldipert, comme on va le
voir, essaya de diriger l'élection ; mais il fut déçu. Christophe ac-
ceptait bien le secours de Didier par se débarrasser de l'antipape,
mais il n'entendait pas faire les affaires du roi lombard aux dé-
pens de sa propre influence à la cour pontificale.
13. XXVIIII* die iulii] Les manuscrits portent XXVIU* die, mais
par erreur, car la fête des saints Abdon et Sennen tombe le
30 juillet.
14. nefandissimis proditoribus\ Le biographe concilie tant bien que
mal, plutôt mal que bien, ses sympathies pour l'entreprise de Chris-
tophe avec la répugnance qu'il éprouve en voyant Rome livrée aux
Lombards.
15. ad fontes, in ecclesiam s. Venantii] Sur cette église, v. Jean
IV, p. 330.
16. in vestiario, intus oratorium s. Caesarii] Il n'est pas possible
d'indiquer exactement la place du vestiarium et de la chapelle
Saint-Césaire. On croit que ces pièces sont à chercher vers l'en-
droit où Calixte II fit construire l'oratoire de Saint-Nicolas. Il n'est
même pas impossible que cet oratoire ait été la continuation de
celui de Saint-Césaire.
17. in monasterio b. Viti] Le monastère de Saint-Vit est sans
doute identique à la diaconie de ce nom (Léon III, n<" 388 et 404),
dont l'église existe encore, auprès de l'arc de Gallien, sur l'Esqui-
lin. Sur les monastères de diaconie et sur leur personnel, cf.
Benoît II, note 7, p. 364. Le prêtre Philippe avait là une situation
analogue à celle des aumôniers d'hôpitaux; ce n'était pas un prêtre
cardinal, il n'appartenait pas à la hiérarchie proprement dite, dans
laquelle il était de règle que l'on choisît les papes. Waldipert,
d'ailleurs, devait avoir, pour l'élever au pontificat, des raisons d'un
ordre tout politique. Cf. ci-dessus, note 12.
18. in Tribus fatis] On appelait ainsi l'angle nord du Forum ro-
main, près de l'église Saint-Hadrien (Hohobjcs, p. 324, 1. 10) et de
l'arc de Septime-Sèvère. Cette appellation est fort ancienne; elle se
rencontre déjà dans un document de l'année 250 {Cyprian. Ep. 21,
p. 531, Hartel); cf. Procope, Bell. Goth., i, 25). Il y avait, auprès
des Rostres, trois statues de sibylles (Pline, H. N., xxxiv, 11). Il est
bien douteux que les rostres antiques existassent encore au hui-
tième siècle; en tout cas Christophe réunit les Romains au lieu où
leurs ancêtres avaient tenu leurs assemblées publiques et entendu
les harangues de leurs magistrats.
19. in monasterio Clibuscauris] Le monastère de Saint-Grégoire,
installé dans sa propre maison (Grégoire, p. 312, 1. llj. Au temps
de Jean VIII, il était entre les mains de moines grecs (Jean Diacre,
Vita s. Greg., iv, 82) ; ceux de Saint-Silvestre et de Saint-Sabas
(Cella Nova), dont il est question un peu plus loin, étaient aussi de
rite grec, et cela dès le temps où nous sommes.
20. orarium de eius collo abstulit] Orarium a ici le sens de pal-
lium. Nous l'avons déjà rencontré, avec la même signification,
p. 354, 1. 2 et 3, dans un passage delà vie d'Agathonoù il est ques-
tion delà déposition deMacaire, patriarche d'Antioche, au sixième
concile œcuménique. A l'endroit correspondant, l'original grec des
actes du concile porte û>jjLoç6ptov, que les deux versions latines
(l'une d'elles au moins est du vn a siècle) s'accordent à rendre par
le mot pallium. Dans le récit de la déposition de Silvère, ci-dessus,
p. 293, 1. 2, on rencontre le même détail de l'enlèvement du pal-
lium : « tulit pallium de collo eius » ; cf. Théophane, a. m. 6221 :
àuEirdtSaTO (rep^avoç rcacTp.) ttjv àp'/iEpcoauvTiv èmSoùç to tI>[io<p6ptov. —
Cette acception du mot orarium, à Rome, au déclin du huitième
siècle, confirme ce que j'ai dit, p. 189 (Silvestbb, note 22;, sur l'o-
rigine de l'étole. Si le clergé romain eût alors fait usage de l'insigne
liturgique désigné maintenant parce nom et qui apparaît de bonne
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heure en dehors de Rome, sous le nom d'oranum, on n'aurait pu
employer ce dernier terme pour désigner le pallium pontifical.
21. campagos ipsius abscidit] Ce texte montre que la chaussure du
pape était d'une forme particulière et qu'elle constituait un insigne.
Du reste le campagus a toujours été une chaussure d'honneur, réser-
vée à certaines classes élevées. Le tribunal qui prétendit déposer
le pape Martin, à Constantinople, lui fit couper son psachnion (pal-
lium) et la courroie de sescampagi (Migne, P. L.,t. LXXVII,p. 115).
22. a Leontio scriniario] Ce personnage figure dan9 les actes du
concile de Latran (avril 769) avec le titre de notarius regionarius
et scriniarius.
23. Colosseo] La première mention du Colisée sous ce nom, si
toutefois le biographe a voulu parler de l'amphithéâtre lui- môme
et non pas du colosse voisin, d'où il tire son nom. L'ouvrage de
Bède, d'où l'on cite (Nibby, Roma antica, p. I, p. 410) une prophétie
sur la durée du Colisée, de Rome et du monde, est manifestement
apocryphe : « Quamdiu stat Colisaeus, stat et Roma; quando ca-
det Colisaeus, cadet et Roma ; quando cadet Roma, cadet et mun-
dus » (Migne, P. L., t. XCIV, p. 543).
24. in cellario maioré] Cette prison se trouvait dans le palais de
Latran ; le contexte le suppose et aussi la comparaison avec les
passages (ci-dessous p. 489) où il est question de l'incarcération et
de l'assassinat du secondicier Sergius.
25. transendam campi Lateranensis] Une barrière qui limitait la
place devant le palais de Latran, principalement du côté du nord.
26. in xenodochio Valerii] On voit par ce texte que le xenodochium
Valerii devait se trouver à proximité du Latran. Cf. Etienne II, p.
456, note 4 ; Léon III, n° 408.
27. per suas apostolicas litteras] Ces lettres sont perdues. — Ser-
gius dut en effet partir pour la France peu après l'ordination d'E-
tienne (1 er août 768), puisque, à son départ, la nouvelle de la mort
de Pépin (20 septembre) n'était pas encore parvenue à Rome. Cette
mission est rappelée dans l'une des lettres d'Etienne III à Charles
et Carloman (Jaffé, 2381 ; Cod. Car., p. 161).
28. probatissimos vivos scilicet. . .] Les deux listes d'évôques que le
manuscrit Vossianus 41 (B*), seul entre tous les mss. du L. P.,
insère à cet endroit, sont expressément annoncées dans le texte ,
primitif. Nous les retrouvons dans le préambule du concile
de Latran publié par Cenni, mais avec quelques différen-
ces. Le protocole du concile nomme d'abord les représentants
de l'évoque de Ravenne ; après lui viennent l'archevêque Wil-
char et les autres prélats franks; mais Georges est qualifié d'é-
vêque d'Ostie et non d'Amiens. A la fin de la liste italienne
il y a quelques inversions. Ce qu'il y a de plus étonnant, c'est
que l'archevêque de Ravenne soit appelé Léon dans le L. P. et
Sergius dans le protocole conciliaire. C'est évidemment celui-ci
qui a raison, car, au moment du concile, Sergius était encore vi-
vant; cela résulte de ce qu'en dit le biographe, tant à propos du
concile lui-même qu'en rapportant les circonstances de l'élection
de Léon. De toutes ces différences il résulte que le biographe a
tiré des actes conciliaires les noms des évoques, mais sans s'in-
terdire de les grouper suivant les exigences de son récit. Léon étant
évoque de Ravenne au moment où il écrivait, ce nom lui sera venu
sous la plume à la place de celui de Sergius.
29.' é Vulcario, archiepiscopo provinciae Galliarum. On lit dans le
préambule du concile: Ichario, archiepiscopo provinciae vicûssenensis.
Il faut évidemment rétablir le texte conformément à la leçon du
biographe : Vulchario archiepiscopo provinciae Galliarum, civil. Se-
[no]nensis. J'ai déjà dit plus haut (Etienne II, note 63,p. 461) que ce
titre extraordinaire cadre assez bien avec une période d'organisa-
tion provisoire inaugurée en Gaule par saint Boniface et qui se pro-
longea assez longtemps après l'avènement de Charlemagne. L'au-
torité métropolitaine était nulle; même au point de vue purement
honorifique, un métropolitain ne se distinguait plus d'un évoque or-
dinaire. On ne voit plus alors, comme autrefois, les métropolitains
signer aux conciles avant les autres membres de l'épiscopat. Ici
même les titulaires des sièges de Mayence, Tours, Lyon, Bourges,
Narbonne, Reims, sont mêlés aux simples évêques. En attendant
un retour encore impossible à l'antique organisation provinciale,
certains évêques étaient investis de pouvoirs spéciaux, en vertu
desquels ils exerçaient une autorité dont les limites ne nous sont
point connues, mais qui est symbolisée par le titre d'archiepiscopus
Galliarum. Chrodegang a porté ce titre et exercé ces fonctions,
après la mort de saint Boniface. Wilchar de Sens paraît avoir eu
la même situation. Il la conserva sous le pape Hadrien; elle fut
même augmentée alors, car Hadrien confia à Wilchar le soin des
églises espagnoles, y compris l'ordination d'évêques missionnaires
chargés de propager en Espagne une réforme analogue à celle que
Boniface avait entreprise dans le clergé frank. Dans les lettres où
il est question de cette affaire, le pape donne à Wilchar le titre
d'archiepiscopus, d'archiepiscopus Galliarum, ou provinciae Gallia-
rum. On revenait donc, à Rome, aux idées qui avaient présidé,
trois siècles auparavant, à l'établissement du vicariat apostoli-
que d'Arles. — Je ne sais si Wilchar, évoque de Sens, ne doit pas
être identifié avec le Wilchar, évoque de Nomentum, dont il a été
question ci-dessus (Etienne II, p. 446, 1. 18) Ce personnage fit sou-
vent le voyage de Rome en France et de France à Rome, comme
intermédiaire diplomatique entre le pape et les rois franks. Aucun
évêque de Nomentum ne figure au concile de 769 ; avant cette date
on ne trouve pas trace d'un évêque de Sens appelé Wilchar, pas
plus qu'après cette date on ne trouve un Wilchar, évêque de Nomen-
tum. Si mon soupçon était fondé, la situation de Wilchar aurait
quelque analogie avec celle de l'évêque Georges d'Ostie, trans-
féré à Amiens.
30. Georgxo episcopo cîv. Ambianensis] Le fait que Georges est
appelé évêque d'Ostie dans le procès-verbal du concile porte à
croire que son changement de situation n'avait pas encore été ré-
glé avec le pape. Paul avait accordé à Pépin la faculté de garder
Georges auprès de lui (Jaffé, 2347, 2364; Cod. Carol., p. 94, 132).
Cependant, vers l'année 766 (/. c. p. 133), il ne savait encore s'il
pouvait disposer de l'évêché d'Ostie. L'antipape Constantin II pa-
raît avoir trouvé la négociation dans le même état ; il ne maintint
pas l'autorisation accordée par Paul et rappela l'évêque Georges
(Jaffé, 2375; Cod. Carol., p. 155). Celui-ci ne se rendit pas à cette
réclamation. Après le concile de 769 il revint en France. Vers
l'année 782, Charlemagne lui confia une mission auprès du pape
Hadrien; à son retour il rapporta une lettre où le pape faisait allu-
sion à sa situation spéciale : « Verum quippe fidelem ipsum reve-
» rentissimum et sanctissimum praefatum episcopum vestrum nos-
j> trumque reperientes... » (Jaffé, 2438; Cod. Carol., p. 230). — En comp-
tant Georges, il y aurait eu treize évêques franks et non pas douze
comme il est marqué ci-dessus. Cette différence vient sans doute
de ce que le biographe ne comptait pas d'abord l'évêque d'Ostie.
31. civitate Vuarmacensis] Worms. Le texte de Cenni porte
loahione y d'où l'on a tiré Iuvavum (Salzbourg).
32. Berohelpos,episcopusciv. Vuirsburgo] Dans le texte de Cenni, la
ville s'appelle Burtevulgi et l'évêque Verabulpus. Il s'agit évidem-
ment de Bernulf, évêque de Wûrtzbourg.
33. id est] Dans cette liste, l'Italie du nord, ou plutôt la province
ecclésiastique de Milan, est représentée par l'évêque de Tortone,
Ioseph, episcopus Vertoncnsis (Derzonae Cenni), et par les légats de
l'évêque de Pavie (siège exempt; cf. ci-dessus, p. 395, Constantin,
note 27). Viennent ensuite, de la Tuscie lombarde, les évoques de
Castrum (siège actuel à Acquapendente), de Toscanella, de Bagno-
rea, de Populonia et de Luni. Tous les autres sièges étaient
compris en 769 dans les limites du nouvel état romain et du dio-
cèse suburbicaire, sauf ceux de Césène et de Faenza, qui rele-
vaient de Ravenne. Abstraction faite de la place d'honneur attri-
buée au siège de Ravenne, les autres sièges sont marqués suivant
l'ordre géographique. Viennent d'abord les sièges du royaume
lombard, puis ceux de l'état romain. Parmi les premiers, la Lom-
bardie du nord se présente en tête (Tortone), puis vient la Toscane
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le siège de Pavie n'est nommé qu'après les sièges toscans, sans
doute parce qu'il n'était représenté que par des légats. Parmi les
sièges romains, ceux du duché de Rome passent les premiers
(Gaere-Nepi) ; ils sont suivis de ceux de l'exarchat et de la Penta-
pole, tant ceux de la province ecclésiastique de Bavenne (Gésène,
Faenza), que ceux du diocèse suburbicaire (Pesaro-Urbin).
34. Valentinus presbiter] Ce nom a disparu dans le manuscrit de
Cenni, où l'on ne peut lire que ce qui suit : lohanne ven. diacono
sanctae ecclesiae Ravennalis, locum praesentante Sergii
35. Aurianos...] Cenni: Aurinando episcopo Tuscanae. Il s'agit
évidemment de Tuscania (Toscanella), dans la Tuscie lombarde.
36. Radoimis...] Le nom de cet évoque de Bagnorea manque dans
le texte de Cenni.
37. Hieronimi] Cenni, trouvant une lacune à la place de ce nom,
supplée à tort Theodoro.
38. Maurus] Maurinus (Cenni).
39. civitale Castello] Cenni identifie cette civitas Castellum avec
Gittà di Castello en Ombrie. Mais cette localité portait au huitième
siècle le nom de castrum Felicitatis et non celui de Castellum. De
plus, en 769, elle faisait encore partie du royaume lombard (Cod.
Carol., p. 196, 197). Or, depuis Caere, deux lignes plus haut, tous
les sièges épiscopaux ici nommés rentrent dans les limites de l'état
romain tel qu'il était au temps d'Etienne III. Je crois donc qu'il
s'agit de Civita Castellana. Déjà, au temps du pape Grégoire II
(Jane, 2207), il y avait aux environs du Soracte, dans la Tuscie
romaine, une massa Castellana. Cf. Tomassetti, Archivio Rom.,
t. VII, p. 428. Dans les privilèges de Louis-le-Pieux et d'Othon,
cette localité est appelée Castellum, comme ici, et marquée entre
Nepi et Gallese, conformément à la réalité géographique. Cf. Sic-
kel, Dos priv. Otto 1, p. 174, 179 (M. Sickel ne semble pas avoir vu
que, dans ces deux textes, le mot castellum désigne une localité dis-
tincte de Gallese).
40. Stephanus... Leoninus] De ces noms les finales seules se lisent
dans le texte de Cenni.
41. Teodosius] Theodorius (Cenni).
42. Bonifatius] Bonisa (Cenni).
43. Maturiano] Il y a quelque lieu de croire que cette localité, dont
j'ai dit plus haut (p. 413, Grégoire II, note 41) qu'elle était indé-
terminée, doit être cherchée au lieu appelé Monterano, à l'O. du lac
de Bracciano et de la voie Clodia.
44. Faventias] Ici le ms. de Cenni ajoute missis a praedicto Sergio
archiepiscopo Ravennae. Le pluriel missis montre que ceci doit s'en-
tendre aussi de l'évoque de Césène. mentionné immédiatement au-
paravant et qui appartenait, comme son collègue de Faenza, à la
province ecclésiastique de Ravenne.
45. civitate Callis] Cagli, et non pas Gallese, comme l'a cru
Cenni.
46. concilium peraclum est] Outre ce qui en est dit ici, on a de ce
concile divers extraits dans les collections canoniques de la fin du
xi« siècle et le fragment de procès-verbal retrouvé par Cenni. Celui-
ci commence ainsi :
In nomine Patris et Filii et Spiritus sancti. Régnante [do-
mino nostro Jesu Christo] uno ex eadem sanctaTrinitatecUm
eodem Pâtre et Spiritu sancto per infini ta omnia saecula,
mense aprile, die XII, indictione VII; propositis in medio
5 sacrosanctis Ghristi quatuor evangeliis, praesidente ter bea-
tissimo et coangelico Stephano summo pontifice huius Ro-
manae urbis ecclesiae etuniversali tertio papa, in venerabile
basilica Salvatoris domini nostri Iesu Ghristi' qui appellatur
Constantiniana iuxta Lateranis, considentibus etiam cum eo
10 reverentissimis ac sanctissimis episcopis, id est (suit la
liste des évoques, comme il a été indiqué plus haut, note 28)
seu venerabilibus presbiteris Gregorio archipresbitero, Theo-
phi[lo] presbitero,Eustachio presbitero, Clémente presbitero,
Donato presbitero, Armogenio presbitero, Theophilacto près-»
15 bitero, Theodosio presbitero, adstante etiam Anastasio archi-
diacono et cunctis religiosis Dei famulis tam Latinorum mo-
nasteriorum vel Graecorum cynoviorum atque proceribus ec-
clesiae et cuncto clero, optimatibus etiam militiae seu cuncti
exercitus et honestorum civium et cunctae generalitatis po
20 pulo.
— J'ai rétabli les mots entre crochets et corrigé, 1. 2, et en ex, 1. 4,
praepositis en propositis ,1 .7, universaliter en universali. — Ce préam-
bule me parait avoir été retouché au commencement. Suivant l'usage
observé au huitième siècle dans les protocoles des conciles ro-
mains, il devait être conçu à peu près ainsi : « In nomine domini
nostri Iesu Christi, imperante domno piissimo Augusto Constan-
tino imperatore anno L, post consulatum eius anno XXVIII, sed et
Leone eius filio anno XVIII, mense aprile », etc. — Il y eut quatre
sessions (actiones), qui sont à peu près distinguées par le biographe.
Le fragment de Cenni se rapporte à la première ; ceux que l'on
connaissait avant lui se rapportent aux deux dernières. — M. "Was-
serschleben a publié {Beitrage zur Geschichte der vorgratianischen
Kirchenrechtsquellen, Leipzig, 1837, p. 162) un résumé de ce concile,
inséré dans une collection canonique attribuée par lui à Rotgerde
Trêves. Ce résumé est fait tout entier sur le L 4 P.; on y trouve ce-
pendant la date septima die mensis aprilis, qui manque au texte de
celui-ci. Le protocole de Cenni indique le 12 avril ; entre les deux
dates il n'y a probablement qu'une erreur de transcription (vu pour
xii).
47. praeiudicia illa] cf. Paul, p. 463, 1. 16.
48. Sergius archiep.Rav. laicus existens] Agnellus, c. 154 ; « Ser-
gius... iste laicus fuit et sponsaui habuit. Quam post[quam] regi-
men ecclesiae suscepit eam Eufimiam sponsam suam diaconissam
cunsecravit et in eodem habitu permansit. » — Des récits fort confus
d' Agnellus sur cet archevêque on peut conclure qu'il fut traduit de-
vant le pape Etienne II et menacé de déposition ; que le pape étant
mort sur ces entrefaites, Sergius parvint à s'entendre avec son
frère et successeur Paul, qui le rétablit sur son siège. Cf. Jaffé,
2338 ; Cod. Car., p. 74.
49. Stephanus ep. Neapolitanae civ.] Gesta episc. Neap., p. 425 (Waitz) :
« Stephanus... Romanam sedem laicus et adhuc consul adiit. Nam
Parthenopensem ducatum laudabili quiète duodecim rexit annos.
Cum autem domnus Stephanus summus apostolicus (Etienne III)
tantam populi devotionem in eo cerneret, tonsum ibidem atque
regulari promotione episcopum consecravit... Uxor quoque eius
adhuc illo consule ex multis obierat annis. »
50. extra ecclesiam eiecerunt] Constantin fut soumis à la pénitence.
Ceci résulte d'un fragment de la troisième session : « Hesterno die
prolata est sententia quemadmodum Constantinus, apostolicae sedis
invasor, sub paenitentiae correptione subsistere debeat » (Har-
douin, t. III, p. 2013 ; Mansi, t. XII, p. 710).
51. Tuncadlatis — permanere deberent] Ceci est le résumé de la
troisième session.
52. nullus umquam — emendanda] Concil., II. ce. : « Oportebat
ut haec sacrosancta domina nostra Romana ecclesia iuxta quod a
beato Petro et eius successoribus institutum est rite ordinaretur,
et in apostolatus culmen unus de cardinalibus presby teris aut dia-
conibus consecraretur. .. Sed et hoc sub anathematis interdictionibus
decernimus ut nuili umquam laicorum, sive ex manu armata vel ex
aliis ordinibus praesumant inveniri in electione pontificis ; sed a
sacerdotibus atque proceribus ecclesiae et cuncto clero ipsa ponti-
ficalis electio proveniat. Et priusquam pontifex electus fuerit et in
patriarchium deductus, oranes optimates militiae vel cunctus exer-
citus et cives honesti atque universa generalitas huius Romanae
urbis ad salutandum eum sicut omnium dominum properare de-
beat. Et ila more solito decretum facientes et in eo cuncti pariter
concordantes subscribere debent... De castris autem Tusciae vel
Campaniae vel de aliis locis nullus audeat Romam ingredi nec a
quopiam invitentur aut infra civitatem introducantur. Sed nec
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quisquam ex servis tam cleri quam militiae in eadem electione in-
veniatur, nec ullus penitus cum armis et fustibas. »
53. Haec vero — sacris imaginions] Quatrième session. Cf. Har-
douin ou Mansi, //. ce. On voit par une lettre du pape Hadrien
(Jaffé, 2483; Migne, P.L., t. XCVIII, p. 1256) que le pape Etienne III
allégua en faveur du culte des images le fameux portrait d'Edesse
et fit lire une lettre envoyée au pape Paul par les trois patriarches
de Jérusalem, d'Alexandrie et d'Antioche, où il était question de
cette image miraculeuse.
54. Bis vero — consecratusque est] Agnellus ne trahit aucune con-
naissance de ces événements. L'archevêque Sergius mourut le 25
août 770 (Amadesi, Antist. Rav., t. II, p. 19).
55. dum missi Caroli régis] Dans une lettre adressée à Gharlema-
gne à propos des formes à suivre pour l'élection des évoques de Ra-
venne (Jaffé, 2467 ; Cod. Carol.,p. 266), le pape Hadrien rappelle briè-
vement l'usurpation deMichaelius et sa répression. Il n'ajoute qu'un
détail à ce que raconte ici notre biographe, c'est que le missus du
roi frank s'appelait Hucbald. — Cette affaire ne fut pas terminée
avant les derniers mois de 770, puisque Michaelius se maintint plus
d'un an, durée qui doit être comptée à partir de la mort de Sergius.
56. a septem cardinalibus ebdomariis] Voici la plus ancienne men-
tion de cette classe de cardinaux que l'on appelle maintenant car-
dinaux-ôvêques ou évoques suburbicaires. Cette dernière dénomi-
nation est une restriction ; autrefois tous les évoques soumis à la
juridiction métropolitaine du pape, c'est-à-dire tous les évoques de
l'Italie péninsulaire et des lies, depuis Luni et Ravenne, étaient ainsi
désignés. Les sept évêques hebdomadaires attachés à la basilique
de Latran étaient, au temps de Pierre Mailius et probablement dès
l'origine, ceux d'Ostie, de Porto, de Silva Candida ou Sainte-Ru-
fine, d'Albano, de Sabine, de Tusculum et de Préneste. Ils sont
maintenant réduits à six depuis l'union des deux sièges de Porto et
de Sainte-Rufine. — Il faut remarquer ici que l'autorité du pape
dans l'exarchat et la Pentapole n'est pas assez forte pour qu'il puisse
réprimer tout seul une usurpation comme celle-ci. Ceci doit être rap-
proché de cette phrase d'Agnellus (c. 159) sur l'archevêque Sergius :
a Iudicavit iste a finibus Persiceti totum Pentapolim et usque ad
Tusciam et usque ad mensamWalani, veluti exarchus ; sic omnia
disponebat, ut soliti sunt modo Romani facere. » Son successeur
Léon s'attribua le même pouvoir, lorsque Charlemagne fut rentré
en France après la prise de Pavio (774). Il se réclamait de l'exem-
ple de Sergius (Jaffé, 1408; Cod. Car., p. 172). Sur le privilège de
chanter le Gloina in excelsis, v. Télesphorr, p. 130, note 5.
57. suos missos atque litteras] Cette correspondance est représentée
dans le Codex Carolinus par les lettres 46-49 (Jaflô, 2380, 2381, 2386,
2387).
58. Pro quo suo maligno ingenio.] Ces événements sont racontés
dans une lettreadresséeaussitôtaprès, au nom du pape Etienne III,
à la reine Bertrade et au roi Charlemagne. Pour l'ensemble des
faits les deux narrations concordent ; mais la lettre pontificale,
nspirée évidemment par Paul Afiarta et par le parti lombard,
cherche à représenter Christophe et Sergius comme de grands cou-
pables et Didier comme le sauveur du pape. Que la vérité soit du
côté du Liber pontificalis, c'est ce que prouve le témoignage d'E-
tienne III lui-même, qui confia un jour au diacre Hadrien, son
futur successeur, son impression définitive sur ces tristes événe-
ments (Hadrieh, n° 293). Nous avons d'ailleurs sur ce point le ju-
gement d'un auteur transalpin contemporain, le secrétaire du duc
de Bavière Tassillon III (748-788) ; ce personnage, dont le nom ne
nous est point parvenu sous sa véritable forme, paraît avoir com-
posé une sorte de chronique contemporaine, perdue maintenant,
mais qui a été mise à contribution par Aventin (Jean Turmair),
dans ses Annales, à l'année 771. Je cite Aventin d'après M. Riezler,
Ein verlorencs bairisches Geschichtswerk des achten Jahrhunderts, dans
les Sitzungsberichte de l'Académie de Munich (phil.-hist.), 1881, p. 253 :
<t Desiderius Longobardorum rex quasi precandi gratia Romam
cum exercitu proficiscitur, Christophorum Romanum, prudentissi-
mum virum, praefectum caesareum, dolo capturus. Is vires Roma
nas omnium urbium quae Romano adhuc parebant imperio Ro-
mam contraint, cogitque sibi pontificem Stephanum secundum cum
sacerdotibus, suspectum quod cum hoste sentiret, sacramentum
dicere, adhibita dextra super sacra universa quae condita erant in
Lateranensi templo. Verum postridie Stephanus pontifex extra
urbem fugit ad hostes Desideriumque regem. De integro foedus
ineunt, conspirant adversus Christophorum, Romam obsident, inter
cives prece, minis, pecunia, quoscumque possunt corrumpunt, ad-
versus praefectum concitant, inter eos discordias serunt, se urbem
minantur eversuros ni Christophorum auttradant aut urbe pellant.
Stephanus papa legatos ad urbis portas cum mandatis mittit, qui
hisce verbis exclamarunt : « Auditet Stephanus papa imperat in
» sermone divino. Nolite bellare contra fratres vestros, sed expel-
» lite Christophorum ab urbe et liberate civitatem et vos et filios
» vestros. » — Hoc dicto fit tumultus in urbe ; statim portae ape-
riuntur, Christophorua in vincula coniectus pontifici et régi tradi-
tur, quem oculis orbatum, lingua praecisa, crudeliter enecavit. Haec
in templo divi Pétri in quadragesima perpétra ta esse tum infanda
tum inaudita conqueritur Creontius, qui eo tempore ab epistolis
erat Thessaloni tertio. Subdit idem, indignum facinus exclamitans,
templi divi Pétri fores obseratas esse, necullum supplicandi gratia
admissum esse praeterquam pontificis et régis ministros atque
coniuratos. Tum quoque adfuisse refert seniores et sacerdotes at-
que patres monasteriorum divorum Stephani, Martini, Iohannis et
Pauli ; Georgium antistitem templi divi Iohannis et Pauli indutum
veste pontifical! quasi sacrificaturum adeurrisse ad aram, in vincu-
la coniecisse patrem monasteriorum Stephani et Martini, traxisse
ad templum divi Iohannis et eius omnem supellectilem diripuisse ;
hominem innocentem ac iustum etiam acceptum esse et domum
orationis factam speluncam conqueritur. Sed non impune tulere,
nam pontifex sequenti anno animam exhalât. » — C'est Aventin
qui parle et l'on s'en aperçoit assez, sans parler du style général,
à des expressions comme praefectus caesarcus, templum divi Pétri,
qui sentent leur xvi« siècle. Une partie des choses qu'il raconte
aurait pu lui être fournie par le L. P. Il y a cependant quelques
détails nouveaux, comme le serment exigé du pape, le discours
adressé aux Romains par ses envoyés, la mention du carême, Tin
tervention des supérieurs des monastères voisins de Saint-Pierre ;
tout cela doit provenir du secrétaire de Tassillon (Thessalo) ; Aventin
l'appelle tantôt Creontius, tantôt Craentius, et, en allemand, Crantz,
ce qui est peut-être une transformation de Stephanus. Quoi qu'il en
soit de son nom, le narrateur était évidemment favorable à Christo-
phe ; il déplorait sa mort et l'attribuait à un complot ourdi par Di-
dier avec la connivence du pape.
59. alias ex eis fabricaverunt] Cette expression, qui revient dans
la vie d'HADBiExr, n° 306, signifie que l'on fit murer avec de la ma-
çonnerie quelques-unes des portes de la ville.
60. subito coniunxit] Ces événements, nécessairement postérieurs
aux quatre lettres 46-49 du Codex Carolinus (Jaffé, 2380, 2381,
2386, 2381), c'est-à-dire au commencement de l'année 770, se pro-
duisirent pendant le carême. On peut toutefois hésiter entre le
carême de 770 et 771. Si l'inscription citée plus loin (Hadriek, note
2) était certainement de cette année, il faudrait choisir le premier;
dans le cas contraire, on pourrait se décider pour le second ; c'est
la solution le plus généralement adoptée.
61. Et dum hoc eis...] C'est ici que le pape, dans sa lettre à Ber-
trade et à Charlemagne (ci-dessus, note 58), commence le récit des
événements. L'irruption de Christophe dans le palais de Latran est
présentée comme une tentative d'assassinat; on n'en indique point
les causes, pas plus qu'on ne se préoccupe de marquer pourquoi
Christophe et Sergius, de protecteurs du pape sont devenus ses en-
nemis, ni pourquoi le missus de Carloman a pris fait et cause
pour eux. Voici le début de cette lettre :
« Dominae religiosae flliae Bertradae a Deo conservatae seu do-
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» mino excellentissimo filio Carolo régi Francorum et patricio
» Bomanorum, Stephanus papa.
» Cum magno dolore et gemitu cordis tribulationis atque mortis
» periculum, quod nobis per sequaces diaboli iam eveniebat, ecce
» subtiliu8 per has nostras apostolicas syllabas a Deo consecratae
» religiosaetatis vestrae atque praecellentissimae christianitatis tuae
» auribus intimarestudemus.eo quodnefandissimusChristophorus
» et Sergius nequissimuseius fllius, consilium inientes cum Dodone,
» misso germani tui Carlomanni régis, nos interficere insidiabaut,
» Unde cum eodem Dodone et eius Francis, cum aliquibus eorum
» nequissimis consentaneis aggregantes exercitum, super nos in
» Lateranensium sanctum patriarchatum cum armis ingressi sunt,
» contingentes et ianuas atque omnes cortinas ipsius venerandi
» patriarchii lanceis perforantes; atque intus in basilicam domni
» Theodori papae, ubi nullus ausus est aliquando vel etiam cum
» cultro ingredi, cum loricis et lanceis, ubi sedebamus, introie-
» runt; sicque ipsi maligni viri insidiabant nos interficere. Sed
» omnipotens Deus, cernens rectitudinein cordis no>tri, quod
» nulli umquam malum cogitavimus, de eorum nos eripuit mani-
» bus ». — Christophe et Sergius n'en voulaient nullement à la
vie du pape, mais ils tenaient à prendre leurs sûretés contre lui, à
le soustraire à l'influence d'Afiarta etdu parti lombard, auquel, par
sa première entrevue avec le roi Didier, il venait de donner un gage
considérable. Ils ne réussirent pas à s'emparer d'Afiarta et consorts,
ce qui, d'après le L. P., était leur principal but; mais ils parvin-
rent, malgré les protestation du papo, à lui imposer le serment so-
lennel de ne les point trahir : ceci résulte du document cité à la
note 58.
62. alio die denuo egressus est] Suite de la lettre pontificale : « Et
» vix per multum ingenium, dum hic apud nos excellentissimus
» filius noster Desiderius Langobardorum rex pro faciendis nobis
diversis iustitiis beati Pétri existeret, pereandem occasionem va-
» luimus cum nostro clero refugium facere ad protectoremvestrum
» beatum Petrum ». — Il semble d'après cette phrase que Didier
soit là par hasard et qu'il n'y ait aucun lien entre son voyage à
Borne et la querelle entre le pape et ses ministres.
63. praetermittens Desiderius causas de iustitiis b. Pétri] Lettre du
pape : t Agnoscat autem Deo amabilis religiositas vestra (Bertrade)
» atque christianissima excellentia tua (Charlemagne) eo quod in
» nomine Domini bona voluntato nos convenit, cum praelato ex-
» cellentissimo et a Deo servato filio nostro Desiderio rege ; et om-
» nés iustitias beati Pétri ab eo pleniuset in integro suscepimus. »
— La contradiction n'est pas absolue. Didier voulut que l'on réglât
d'abord (praetermittens) l'affaire de Christophe et Sergius ; mais
une fois qu'il eut obtenu satisfaction sur ce point, il fit au
pape les plus belles promesses. Sans doute elles ne sont pas men-
tionnées par le biographe d'Etienne III; mais il en est question
dans la vie d'iladrien et d'après le témoignage d'Etienne III lui-
même : « domnus Stephanus papa de fraudulenta eius (Desiderii)
fide referuit, inquiens quod omnia illi mentitus fuisset que ei in
corpus beati Pétri iureiurando promisit pro iustitiis sanctae Dei
ecclesiae faciendis » (Hadhikn, p. 487).
64. Tune direxit...] Lettre du papo : « Et continuo direximus nos-
» tros sacerdotes ad eosdem malignos Christophorum atque Ser-
» gium, ut ab eadem iniquitate quam pertractaverant nobis inge-
» rendum resipiscerent et ad nos ad beatum Petrum properarent.
» Illi, mox ut audierunt, de praesenti cum Dodone et eius Francis
» turmas facientes et portas civitatis claudentes, fortiter resiste-
» bant et nobis comminabantur atque in civitatem nos ingredi
» minime permittebant ». — Le discours des évoques est esquissé
dans le récit de « Creontius ». Il en résulte, comme aussi de la
narration dul. P., qu'on ne demandait pas aux Bomains de laisser
rentrer le pape; on voulait seulement les détacher de Christophe
et de Sergius et forcer ainsi ces deux personnages à se rendre à
discrétion. On y parvint.
65. Dum ergo populus...] Lettre du pape : « Et dum in eadem
» perfidia permanerent, et cognovisset universus noster populus
» eorum iniquum consilium, de praesenti eos dereliquerunt ».
66. Nam Gratiosus...] Lettre du pape : o Qui etiam et plures per
» murum descendentes ad nos properaverunt ; alii vero, portam
» civitatis aperientes, ad nostri progressi sunt praesentiam ».
67. Sepefati vero...] Lettre du pape : « Et ita ipsi maligni viri
» coacti atque nolentes ad nos in ecclesia beati Pétri sunt deduc-
» ti. Quos interficere universus populus nitebantur ; et vix de
» eorum manibus eos valuimus eripere ». — Les mots coacti atque
nolentes prêtent à équivoque. Christophe et Sergius furent, il est
vrai, forcés à se rendre, la population les ayant abandonnés;
mais on voit par le L. P. qu'ils se rendirent d'eux-mêmes à Saint-
Pierre, se remettante la discrétion du roi et du pape.
68. qua hora campana insonuit] La cloche de l'office nocturne
(vigiles), qui, en temps de carême, devait sonner vers le milieu de
la nuit. Il s'agit sans doute ici de la cloche de Saint-Pierre ; cf.
EtiekkeII, p. 454,1. 20.
69. cupiens eos noctis silentio] Lettre du pape : « Et dum infra ci-
» vitatem nocturno silentio ipsos salvos introducere disponeremus,
» ne quis eos conspiciens interficeret, subito hi qui semper eis
» insidiabantur, super eos inruentes, eorum eruerunt oculos, Deo
» teste dicimus, sine nostra voluntate atque consilio. Unde magno
» dolore nostrum atteriturcor ». — Il n'en est pas moins vrai que
ce furent Afiarta et sa coterie, c'est-à-dire les conseillers et mi-
nistres du pape, qui tramèrent cet abominable guet-apens. Chris-
tophe, Sergius et leur parti avaient plus d'un crime semblable à
se reprocher. Cela n'avait pas empêché Etienne d'accepter de leurs
mains la dignité pontificale. Tout en protestant de son horreur
pour l'attentat dont ils furent victimes, il ne sut pas davantage
ou l'empêcher, ou le désavouer de la seule façon qui fût honorable,
c'est-à-dire en rompant avec les assassins. — Bemarquez que la
lettre pontificale ne marque pas la mort de Christophe, qui eut
lieu trois jours après ces événements.
70. illic usque ad transitum] Il en fut tiré huit jours avant la
mort d'Etienne m et assassiné dans les circonstances qui sont
décrites plus loin (Hadrikt, n° 297, 298).
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486 XCVII. HADRIANUS (772-795).
XC1III.
290 I HADRIANUS, natione Romanus, ex pâtre Theodoro, de regioneVia lata, sedit ann. XXIII mens. X dies XVII.
Vir valde praeclarus et nobilissimi * generis prosapia ortus atque potentissimis romanis parentibus editus, elegans
et nimis decorabilis persona, constans etiam atque fortissimus orthodoxae fidei ac patriae suae et plebis sibi
commissae defensor, viriliter cum Dei virtute inimicis sanctae Dei ecclesiae ac reipublicae inpugnatoribus résis-
tons, pauperum etiam omniumque indigentium misericordissimus ac copiosus consolator, ecclesiastice namque 5
traditionis et sanctorum Patrum institutionum observator.
291 II Hic namque beatissimus vir, defuncto eius genitore atque parvulus suae nobilissimae genetrici relictus, studiose
a proprio thio Theodoto 2 dudum consule et duce, postmodum vero primicerio sanctae nostrae ecclesiae, post
antedictae suae genetricis obitum nutritus atque educatus est. Nam a primaeva aetatis suae pueritia, dum adhuc
laicus existeret, spiritalibus studiis et castitatis modestiae vehementius insistebat, sedule perseverans in ecclesia io
sancti Marci quae vicina domus suae esse videtur, illic crebras Deo nostro referebat die noctuque laudes, indu-
tusque cilicio ieiuniis corpus suum macerabat et elemosina inocleanter egenis ac inopibus iuxta possibilitatis
suae vires libenter tribuebat; eiusque bonae actionis mérita in omnium Romanorum aures fréquenter resonabant,
IH ita ut ex hoc nobilitatis ac pudicitiae ipsius fama longe lateque divulgaretur. Guius piae conversationis vitam et
spiritalem operationem ac praecipuos mores conspiciens sanctae recordationis domnus Paulus papa, eum clericari 1 5
292 iussit; quem notarium regionarium in ecclesia constituons, postmodum eum subdiaconum fecit. Dum vero post
recessum antedicti domni Pauli papae ad pontifîcatus culmen provectus fuisset domnus Stephanus secundus
iunior papa, et ipse cernens eiusdem beatissimi Adriani spiritalium conversationum mérita, in diaconii ordinem
eum provexit; et ex tune multipliciter spiritalibus pollens studiis, maximam tam ad evangelizandum 3 populo
sollerter ac clare divina atque evangelica verba quamque ad exercendam ecclesiasticam traditionem gessit curam ; 20
IV et ita Spiritus sancti gratia in eius corde refulsit, ut in omnibus efficax idoneusque conprobaretur. Sicque factum
est ut dum de hac vita migraret antefatus domnus Stephanus papa, ilico, dum ferventissimo affectu a populo
Romano diligeretur, isdem praecipuus ac sanctissimus vir et Dei cultor Hadrianus ad sacrum pontifîcatus elec-
tus est 4 culmen.
Hic namque in ipsa electionis suae die, confestim eadem hora qua electus est, reverti fecit iudices illos huius23
Romanae urbis, tam de clero quamque militia, qui in exilium ad transitum domni Stephani papae missi erant a
° I
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i Theodorus EG — d. octo D — 2 preclarum A — novilisimi
A — prospiat A : prosopia B — hortus A — poutent. A — 3 at-
que] at A — plebi DE* — 6 tradictionis A — 8 proprio] propin-
quo G — thio om. E 1 : suo C : zio D — Théo A : Theodoro B :
Theodato E 1 — 9 ante]tantae E 1 — primeba etatisueA — primae
£i — \q existere A — caritatis E 1 12 elemonia A : ali-
o
raonia D — inogleanter AD : enucl. E — et E — 13 résonant A :
-nabat D — 15 ipsius] eius B — 16 ecclesiae DE — 17 recessit
E — antedicti om. CE 1 — Paulum E (corr.) — Sthephanus A
— 18 Hadr. A — raeritara A — 19 populos A : populum D —
20 ad om, E — tradictionem A — 21 in om. B — sic quem A —
22 ac A — antefactus A — 23 Hadr. A
25 lectionis CE [corr. e) — diera DE — oraquelectus A
— 26 quamque] quam de E — ad] a D — fuerant El
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XCVII. HADRIANUS (772-795). 487
Paulo cubiculario cognomento Afiarta et aliis consentaneis impiis satellitibus ; sed et reliquos qui in arta custodia
mancipati ac retrusi erant absolvi fecit ; et ita, omnibus pariter cum eo exultantibus, pontificalem, Deo auspice,
suscepit consecrationem.
Itaque in ipso exordio consecrationis eius direxit ad eius beatitudinem [suos missos Desiderius Langobar- v 293
5 dorum rex, id est Theodicium, ducem Spolitinum, Tunnonem, ducem Eburegias, et Prandulum, vestara-
rium suum, suasionis per eos mittens verba, sese quasi cum eo in vinculo caritatis velle colligandum. Quibus
ita ipse beatissimus pontifex respondit, dicens : « Ego quidem cum omnibus christianis pacem cupio habere,
» etiam et cum eodem 5 Desiderio rege vestro; in ea foederis pace 6 quae interRomanos Francos et Langobardos
» confinnata est studebo permanendum. Sed quomodo possum credere eidem regi vestro, in eo quod subtilius
10 » mihi sanctae recordationis praedecessor meus domnus Stephanus papa de fraudulenta eius fide referuit, inquiens
» quod omnia illi mentitus fuisset 7 que ei in corpus beati Pétri iureiurando promisit pro iustitiis sanctae Dei
» ecclesiae faciendis, et tantummodo per suum iniquum argumentum erui fecit oculos Christophori primicerii
» et Sergii secundicerii filii eius, suamque voluntatem de ipsis duobus proceribus ecclesiae explevit. Unde
» damnum magis et detrimentum nobis intulit; nam nullum profectum in causis apostolicis inpertivit. Sed et
15 » hoc isdem meus praedecessor, pro dilectione quam erga me suum pusillum habuit, mihi retulit, quia dum ad
» eum postmodum suos missos direxisset, videlicet Anastasium primum defensorum etGemmulum subdiaconum,
» adortans eum ut ea quae praesentaliter beato Petro pollicitus est adimpleret, taliter ei per eosdem missos direxit
» in responsis : « Suffîcit apostolico Stephano quia tuli Christophorum et Sergium de medio, qui illi domina-
» bantur, et non illi sit necesse iustitias requirendum. Nam certe si ego ipsum apostolicum non adiuvavero,
20» magna perditio super eum eveniet. Quoniam Carulomannus, rex Francorum, amicus existens praedictorum
» Christophori et Sergii, paratus est cum suis exercitibus, ad vindicandum eorum mortem, Roma properandum
» ipsumque capiendum pontifîcem. » — Ecce qualis est fides Desiderii régis vestri, et qua fiducia illi credere
» possim. »
Haec vero eodem beatissimo Hadriano praesule prosequente eisdem missis Desiderii régis, illi magis ac magis VI 294
25 confirmabant sub vinculo sacramenti quod eorum rex et omnes iustitias 8 quas antefato domno Stephano papae
non fecerat, eidem praecipuo pontifici et summo pastori perficeret, et in vinculo caritatis insolubili conexione
cum eo fore permansurum. Quorum iuramentis credens eius beatitudo, direxit ad eundem Desiderium regem
suos missos pro his omnibus perfîciendis, scilicetStephanum, notarium regionarium et sacellarium, atque Paulum,
cubicularium et tune superistam 9 .
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i ipiis A — relictos E — custodia om. B — 2 absolvi fecit] hic
deficiebat E 5 — pontificale A — aspice A — 5 Langub. A et ita
porro — Theodocium AD (Teod. D) : Tlieoticiura G — Ae-
buregiae D : Aebure regiae E : Eburegie G — 6 vesti////arium
A : vestibularium a : vestiararium B : vestiarium D — vingulo
A— 8 pacem A — et om. E — 9 permanere EG — comodo
A — 10 retulit CEGinq.] loquens D — il ei in om. E [suppl.)
— ei om. G — 12 inimicum E — eruit A — Christophoris A
(eorr.) — primicerio B — 13 ecclesia B —14 magis om. D —
perpectum A : perfectum BCD : praefectum E (corr.)— in om. A
— 15 dilectionem A — qua E — rettulit A — 16 Athanasium
a (than super rasuram) — defensorum AG :-rem cet. — Gemu-
lum A — 17 adimplere EG — 18 sufficiat BG — Christoporum
A — illis D — 19 requirendas EG — 20 perdictio A — Cari. B :
Carol. CD — 21 morte A — 22 < cum > qua CDEG — cre-
dere] federare E — 23 possumus C : possimus E
24 eadcmbeatissimu E — prosequentes A — ac magis om.
E — 25 quas om. A : quos D — 26 praec] principio EG (corr. e)
— perficiet E {corr.) — viculo A — 28 mis. su. E — notarum A
— satell. A : sacc. E — 29 superista EG
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488 XGVII. HADRIANUS (772-795).
Quibus egredientibus ab hac Romana urbe et Perusiam coniungentibus, coniunxit mandatum quod iamfatus
Desiderius abstulisset civitatem Faventinam et ducatum Ferrariae seu Comiacclum de exarchato Ravennate, quae
sanctae meraoriae Pipinus rex et eius filii Carulus et Carulomannus, excellentissimi reges Francorum et patricii
vil Romanorum, beato Petro concedentes offeruerunt. Nec enim duo menses praeterierunt quod ipse sanctissimus
vir pontificatus culmen adeptus est, ita isdem atrocissimus Desiderius easdem abstulit civitates, constringens ex o
omni parte civitatem Ravennantium et casales ac omnia praedia Ravinianorum occupans, cunctaque victualia,
295 familias etiam seu peculia ipsorum vel quaeque in ipsis praediis habere videbantur abstulit. Et dum nulla reraan-
sisset spes vivendi neque Leoni archiepiscopo neque prefatis Ravinianis, in magna angustia et famis inopia positi
direxerunt hic Roma suos missos, scilicet Iulianum, Petrum et Vitalianum, tribunos, deprecantes cum magno
fletu eundem sanctissimum pontificem, ut qualiter potuisset eis subveniret, ipsasque decertaret recolligendum 10
civitates; adserentes quia si ipse civitates non fièrent restitute, vivere nullomodo potuissent.
Vlll Tune ipse almificus pontifex dum adhuc praenominati eius missi, Stephanus sacellarius et Paulus superista,
ad prenominatum pergerent regem, direxit eidem régi suas deprecatorias litteras ut easdem redderet civitates,
increpans ei fortiter per sua scripta, cur de promissione illa quam per suos missos pollicendo direxerat mutatus
fuisset, etiam quia iustitias beati Pétri iuxta ut repromiserat non reddidit, insuper et civitates illas quas anteces- 15
296 sores eius beatissimi pontifices domnus Stephanus, Paulus et idem Stephanus detenuerunt abstulisset. Dum vero
talia eidem protervo Desiderio antefatus sanctissimus pontifex deprecando, ammonendo et coniurando direxisset,
ita illi remisit in responsis, quod nisi prius se cum eo ipse almificus praesul coniungeret pariter loquendum, mi-
IX nime easdem redderet civitates. In ipsis vero diebus contigit uxorem et filios quondam Carulomanni régis Fran-
corum ad eundem regem Langobardorum fugam arripuisse cum Autcario ; et nitebatur ipse Desiderius atque 20
inianter decertabat quatenus ipsi filii eiusdem Carulomanni regnum Francorum adsumpsissent ; et ob hoc ipsum
sanctissimum praesulem ad se properandum seducere conabatur ut ipsos antefati quondam Carulomanni filios
reges ungueret, cupiens divisionem in regno Francorum inmittere ipsumque beatissimum pontificem a caritate et
dilectione excellentissimi Caruli régis Francorum et patricii Romanorum separare, et Romanam urbem atque
cuncta Italia sub sui regni Langobardorum potestate subiugare. Sed, favente Deo, hoc nullo modo potuit inpe-2»
trare ; quoniam sicut lapis adamans ita firmus atque fortissimus in suo corde antefatus beatissimus Hadrianus
extitit pontifex.
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1 Roma D — Petrus. iam. A : Perusia E — 2 abstollisset A —
Faventiam E — Camiadum D : Commiaclum E — Ravennante
A — quern BD : quas EG — 3 Pipp. B — Carulomanno A — 4
conc. Petro D — obtulerunt EG— duos E — quo BD — 6 Raven-
natium AE — praesidia E — Raven. A: Ravenuantia EG —
7 familia EG (corr. e) — praesidiis E — nullo D — 8 reraan-
sisse E — archiepiscopi E — Ravennantibus EG — 9 Romam
CEG missos om. A — IulinianumD — 10 fietum endem A — ve-
niret — D — recoli- A : -gendas E — il fieret A — viveret A
12 almifius D — missit A — < per > Stephanum saccella-
rium sed Paulum EG (sacellarius e) — 13 aliterras A — 14 cum
CEG — suam scriptam quur D — mutatos A — 15 iustitiam A
— antic. A : ante successores E — 16 iterum D : isdem E —
detenuerant B — astul. A — 17 et om. E — 19 contingit A
— quoddam B — 20 rege A — arripuisset EG — Autem.
cario A — 21 certabat D — quatinus D — Frangorum A et ita
infra — arripuissent a, sup. ras, — 22 sanctissimus E — pro-
perandu A — conabantur D — quoddam B : om. CEG — 23
régis, singuerel A (reges a) — ungeret BE — divissione A
— 25 cunctanique E — sub om. E — haec B — nulo A —
26 adamasA : dampnans E — atque-beatissimus om. E —
atque] ad A
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XGVII. HADRIANUS (772-795). 489
Praenominatus siquidem Paulus superista, adhuc apud eundem Desiderium existens, firmiter ei promittebat
seipsum beatissimum papam ad eum deduci, dicens : « Quia si etiam funem in eius pedibus me adhibere conve-
» nerit, eum qualiter potuero ad tui deducam presentiam. » Sicque factum est ut eodem Paulo in eodem itinere
existente, palam omnibus fieret qualiter necare fecisset Sergium secundicerium, qui cecus in cellario erat. Etme-
o tuens isdem sanctissimus praesul ne eiusmodi nuntium ad aures ipsius personuisset Pauli, et aut ad eundem
regem reverteretur, aut etiam in fines Langobardorum ab ipso itinere declinaret et aliquam malitiam amplius
eum eodem Desiderio in finibus Romanorum atque exarchatus Ravennantium perpetraret, dum nimis dilectus illi
ac fidelis existebat, ob hoc direxit antefatus beatissimus papa clam nimisque secrète Leoni archiepiscopo Raven-
nantium civitatis per Iulianum tribunum, ut dum reverteretur ipse Paulus a Desiderio, eum sivein Ravennasive
10 in Arimino detenuisset : quod et factum est. Revertente enim eo ex eodem itinere, in Arimino conprehensus
atque in custodia est detentus.
Tune isdem beatissimus pontifex cepit curiose antefati Sergii secundicerii mortem inquirere. Convocansque X 297
cunctos cellararios subtilius eos perscrutavit quomodo ipse Sergius ab eodem cellario abstractus fuisset. Qui res-
pondentes dixerunt « quia prima noctis hora veniens Calventzulus cubicularius eum Lunissone presbitero et Leo-
15 » natio tribuno, habitatoribus civitatis Anagnine, ipse eundem Sergium abstulit, vivente domno Stephano papa,
» ante octo dies quod de hac luce migrasset, et praefatis Campaninis illum tradidit. » Confestimque deductus
est ad médium isdem cubicularius ; et inquisitus quis illi praecepisset eundem Sergium a praefato abstrahendi
cellario et praenominatis Campaninis tradendum, respondit a Paulo cubiculario, cognomento Afiarta, seu Gre-
gorio defensori regionario et lohanne duce, germano domni Stephani pape, adque Calvulo cubiculario sibi hoc
20 fuisse praeceptum, quoram eisdem Campaninis.
Dirigensque isdem sanctissimus praesul suos missos Campania, in civitate Anagnina, adduci fecit praedictos xi 298
Lunissonem etLeonatium. Qui praesentati apostolicis obtutibus, fortiterque constricti,confessi sunt dicentes quod
a praenominato Paulo cubiculario et Gregorio defensore regionario seu lohanne, germano praefati domni Ste-
phani pape, et Calvulo, idem cubiculario et maligno consentaneo sepefati Pauli, illis praeceptum fuisset praeno-
25 minatum Sergium abstollendum ac interficiendum. Et protinus direxit ipse sanctissimus pontifex eum praenomi-
natis Campaninis suos fidelissimos ministros, ut demonstrarent locum ubi ipsum Sergium interfecerunt atque
sepelierunt. Et properantes venerunt usque in Merulanam !1 , ad arcum depictumqui est secus viam quae ducit ad
ecclesiam sanctae Dei genetricis ad Praesepe; ibique, iuxta eundem arcum, aperientes uilam sepulturam, demons-
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2 beatissimam D — quia si] quasi CEG — eius] equus D —
adib. A — 3 potueront A — itenere A — 4 Sergius A — cellariu
A — 5 idem E — et om. D — 6 endem A — malitia AD — 7 exar-
chatum E : -tur D — nimis] E {corr.) — illic A — 8 sanctissi-
mus EG — nimis D — 9 civit.] cium A : civitate E (corr.) — ad
A — 10 Arimiano E — detenuisse A — enim] autem D —
12 pont. beat. B — coepit BE — secundicerei E — morte D
— 13 celler. BD — subtul. A — Serg.] regius D — cellaerario
D — 14 Calventzulus AC : -zelus B : -tiolus D: -tinus EG — Ius-
LlBER PONTIFICALIS.
sione EG [corr. e)— 15 Leonacio A — abit. A — civitate EG—
Stephanum B — 16 quam CEG — ac AD — Campaniis D — 17
praecipisset A — abstrahi EG— 19 Stephano E — Calbulo D et
ita infra — cubic] cuum A et ita infra— 20 fuisset A— coram
BD — idem E
21 sanctissimus om. B — Campaniam CE — adducit A — 22
Lunisionem B — Leonacium A — confF. A — 23 germano-
Stephani om. A — 24 item DE — 25 abstull. A — et om. EG —
26 fidelissimus A — 27 in] ad D —
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traverunt corpus ipsius Sergii repositum, fune eius guttur constrictum, atque ictibus totum corpus eius vulnera-
tum. Unde dubium non est suffocatum ac semivivum fuisse terra obrutum.
XII Quod cémentes universi primati ecclesiae ac iudices militie, ascendentes unanimiter cum universo populo in
Lateranense patriarchium, prostrati apostolicis vestigiis, obnixe eundem almificum pontificem deprecati sunt ut
vindictam atque emendationem fieri praecepisset de tanto inaudito piaculo, in eo quod praesumpsisseni cecum s
hominem sepius tormentis concrematum crudeliter interficere, quod umquam factum legitur; adserentes quia si
talis flagitii reatus non expiaretur, nimis ipsa impia temeritatis praesuraptio in hac Romana urbe pullularet ;
XIII adsumentes ex hoc audaciam perversi homines adtemptarent peiora perpetrare. Tune praefatus sanctissimus
praesul, inclinatus precibus iudicum ac universi populi Romani, iussit contradere antefatum Calvulum cubicularium
et praenominatos Campaninos praefecto Urbis 12 , ut more homicidantiura eos coram universo populo Romano exa- 10
299 minaret. Deductique Elefanto î3 , in carcere publico,illic quoram universo populo examinati sunt : sicque ipsi Cam-
panini, sicutprius, ita et in eadem examinatione confessi sunt. Calvulus vero, obdurans cor suum, vix confessus
est ita se omnia esse. Qui tamen in eodem carcere crudeli morte amisit spiritum.
Pro vero amputandis tantis intolerabilibus flagitii reatibus missi sunt ipsi Campanini Constantinopolim in exi-
300 XIV lium 14 . Post hec iussit antefatus beatissimus papa abstolli corpora Christophori et praenominati Sergii eius filii, 15
eaque cum honore in ecclesia beati Pétri fecit sepelire. Gestam vero examinationis, qualiter proprii reatus noxam
confessi sunt iamdictus Calvulus cubicularius et praenominati Campanini, direxit antefatus almificus pontifex Ra-
vennam, ut eidem Paulo omnia per ordinem redigerentur. Suscipiens vero Léo archiepiscopus Ravennantium
eadem gesta, confestim sine auctoritate apostolica tradidit eundem Paulum consulari 15 Ravennantium urbis ; exa-
minatusque quoram omnibus Ravinianis eadem acta illi relecta sunt ; sicque se reum manifestans tanti piaculi, 20
confessus est se perpétrasse noxam. Ita vero isdem Paulus examinatus est. Qui etiam nec scientia exinde data
esset praefato sanctissimo pontifici, neque ab archiepiscopo, neque a quibusdam Ravinianis, sed per alios hoc
XV eius sanctitas agnovit. Dum vero haec agerentur, cupiens ipse praecipuus pastor et egregius pontifex salvare
animam iamdicti Pauli ne in aeternum periret, adscribi fecit 16 suggestionem suam Constantino et Leoni augustis
magnisque imperatoribus, significans de ipsius Sergii caeci impia morte, atque deprecans eorum imperialem de- 25
mentiam ut pro emendatione tanti reatus ipsum Paulum suscipi et in ipsis Greciae partibus in exilio mancipatum
301 retineri praecepissent. Direxitque eandem suggestionem eius ter beatitudo Leoni archiepiscopo ut ipsum Paulum
Constantinopolim in exilio, sive per Venetias, sive per aiiunde, qualiter potuisset, dirigeret cum praefata apos-
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iilliusE — SergiA — fine A — iactibus A — 2 non dubie
est EG (dubium G) — suflugatum ac semivibum fuisset AG
3 militi E— unian. A — 4 LateranensemE— 5 emenationcm
fierit precip. A— inauditu E— praesumpsisent A: sumpsisset E
(corr.) : praesumpsisset G — 6 unqua A : numquam BEG (fact.
n. EG) — 7 < in> ipsaD —impia] insania A — praesumptio-
ne D — acRoma A — hanc Romanam urbem BD — 8 ac tempt.
E — 9 inclinatis AD : om. E — iudicium EG — ac om. AEG —
universique EG — 10 quoram AG (bis) — Romano om. EG — 11
lefanto A : om. G — 12 ut D — eandem E (corr.) — eiaminatio-
nem AD — 13 in om. A
14 tantis] tam E: om C — Cont. A— 16 gesta CE — reatibus
EG — 18 edem A — archiepiscopo E — 19 urbe EG — 20 quo-
ram A — Ravennatibus E — serreum A — 21 semper pe-
trasset A — noxa'D — 22 datasset A — essent E — 23 hoc
AEG — ageretur E — 24 Constantini D — 25 inp. A -— 26
per E (corr.) — emendationem DE (corr. e) — ipsi D — 27
precip. AD : -isset EG (corr.) — eadem AB — suggestione
om. E — 28 Venescias A : Veneuitias D — per ante al. om. E
— aliundem A : ab eundem EG — diligere E : dirigere G —
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XC VIL HADRTANU S (772-705) , 401
taliea suggesliolie. I]>:-:ft vero il rc-b iepiscopita-f iosidians vehemêiitêr èidem Paulo, adbîbtiit impiara occaàtoneiïi,
Â<n'xw">s ùlû&m pfiiï3Cïjfi"uo poiiù.êcï mreaponsts expedibile minime esse eundem Pâuîùm iîluç dirigi;:ln eo quorî
DesMefius Lsngûbardorum re.x filiatà Mauriçii ducis- Veneiîarùm apud se eaptûm detinéret, ne Ipsa Maurïcîus;
filiUiii suufiï cuplofi* A eodena fege redpere, eunderu Paùlum iïU ..vieatieuœ ..trader»!'., E<
3 ipse arctuepiscopus, ticcîtîaiae Eavermantîqm çallide adhîbiiîi ut ipsufà Pauluift <
:;o eî*6 valeret . b te d:4e re m isit
.,-
ad apostohcam seèem suggeM^nero ■Hta.fn.
Po3t kaç£Yd?Q. dt*m ipsemuelis^nms p.râesiï|..di'rexîsaet Gregoriunjsac^éllariuiB saura ad Besldeiiutn Lango- xv$3Ô2
bardomm regern, dejireeaktoiiB atqtie adborîàtïom's ..causa, jû'M resïitttëndîs praefâlvsab eo ubMultîs çi^ftatibds,
praeçe'pîL ei u( OnTiHer pra*testar ; «rt Leonem arcïiïefri^copum quatenus sa'lvum eundern tonservâre stade ret Fati-
lit lum, et dum revmleretur a TlcitiO secuni eum hîc Borna deduceret. Diminue praefatus OregorhB sacellarïus Ra~
yènnanlïum pumerasset urbeni, conslantôr ac firm.ilër praetelavii antefatum arehiepLseopum et cunetos ittdiees
.HaVirifanos eA.praecepiiooe apôslt>îicà. praeseniia «to^aldj'-TJtiX.rtùïaz'lï -tu-nc- extstehtîs.'-.-çjvitati-K HpitiâTitii., : «|;.£iv'"..ibîde'm
toisas etai'ab apûstoliea sede, sulvuni alque meolomem ipsuro Paulum conservarîdum «ionac a Tic! no .rêverie-
rëttii ; ad.se rens sibï l'uissti p^aecepluin ab apostoiîca poteslate eùra securu R,nmau> deporlandum et apo^loîkis
<s Jajyum presetitanduiïî oblùiïbus. .-ilaee vero îpsu.iibc praotexiarw arcjitepis'copuiit» 'cep tuai Ticirio profeetus est-Uey.
Et çonOouo praenomîoatus arcJaiepbcopus, oeecrsïto oonsiilàrçï Raven.pantkun d*iuilis. ? praccepit ,eî îp^UBi .tfiter-
{icieridum Paulun», Et.dum revei^us fuiàsct -saoîiefatU:. sa'cèiJariui.' à Tîcino, R}Vveùnàrttque çômoni r eret, myenif \.x?ti
praertoinïnatîïm Paiiliinï. latïi liilepfêciunj. Pvo ([lui mmli irtcrepavit ' eklerai arclik'piiciîfi^ cur praêàuoa'psï^ët'
contra apÔsloUètim praeceptum iaiiter.de eodem Paulo agerë: Post aliquatito^ itaqué. dies propru* '^iBcïéfiiwi
^o isdem arëhiepiscoptis ■ terri tus dire^it praenomtuaio sât^tïssimo papae per lulianum tributium "'suùfrv-i?ïi^.uni ? .dô-
precâns.apoëtiiîiC'âs-Sïbidirigi li liera? cûu>u!auo!iis mudo, quasi nulîaei repuiaretur eulpa de Gia^dem r*a'ujï morte,
in eo quoâ sauguis iniîocentis u'{tus*lu.issei, Sed "tiulio moâopotuît ïpsum ^anchssimum pqhti.lk^m . d^ç-iînare ;"
lia iîii din^mis m-"réspoTi»ië -< quod ipse vîdcat quid in eodem Paulo operaiùs est : uàm certe ego anîtoru e?U3 : .303
» cupiens 'siaivare, paunUeritiae* eum summîtîî .-ïlèerèveram ; îdée rneum saoellanura direti ïdc Borna e 4 *m defe-
^5 » renduuu y - • ,
Sïquidem praenominatus -Desidériùs. Laogoljardorum rex, sup&r
fa tes- el'tW»aiUs 'Ptavèrmauthin» ab^iulît, '*:o
fatum, -t.d'eS't Bv^opiUrnsb. Esis, Mpntelere
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gobardorum rex, supurhiae ■■kciantia elevatus; ^ua Uora praefatas qvV H Vî il ■
ontestim dlresit rauItîUidi neui exerfitudm H nccuparo ferit. fines dvï-
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cidia et depraedationes atque incendia in ipsis fînibus perpétrantes. Nam in civitate Blerana dirigens generalem
exercitum partium Tusciae, dum ipsi Blerani in fiducia pacis ad recolligendas proprias segetes generaliter cum
mulieribus et filiis atque familiis egrederentur, irruerunt repente super eos ipsi Langobardi, et cunctos primatos,
quanti utiles in eadem civitate erant, interfecerunt ; et praedam multam tam de hominibus quamque de peculiis
abstulerunt, ferro et igné cuncta in circuitu dévastantes. Sed et in fînibus Romane urbis seu ceterarum civitatum 5
multa mala ac depraedationes isdem Desiderius perpetrare iussit. Etiam et castrum Utriculum occupare fecit.
304 Unde sepius atque saepius ipse beatissimus praesul tam per obsecratorias litteras quamque per missos eidem De-
siderio direxit, deprecans eum ut a tantis malis resipisceret, et eas quas abstulit civitates redderet. Ille vero non
solum quia easdem quas occupaverat civitates minime reddere est inclinatus, sed nec ab eadem malitia recedere
voluit, non cessans crudeliter multa atque intolerabilia mala fînibus Romanorum, ut dictum est, ingerendum. io
305 XIX Tune praefatus sanctissimus pontifex accersiri faciens Probatum, religiosum abbatem 17 venerabilis monasterii
sanctae Dei genetricis, situm territorio Savinense, cum XX senioribus Dei servis monachis, direxit eos ad eundem
Desiderium deprecationis causa. Quibus ad eum properantibus, ut ipsi Dei famuli referuerunt, eius pedibus pro-
voluti coram iudicibus Langobardorum,cum lacrimis ex persona antefati vicarii beati Pétri eum deprecati sunt ut
a tantis malis resipisceret et praefatas quas abstulit civitates beato Petro redderet. Sed nequaquam eius lapideum io
XX cor flectere valuerunt. Sicque infructuosi ipsi Dei famuli re-versi sunt. Dirigens sepius suos missos isdem Desi-
derius ad antefatum beatissimum pontificem, id est Andream referendarium et Stabilem ducem, ut se cum eo
pariter loquendum deberet coniungi. Quos suscipiens isdem almifîcus pastor ita eis respondit, inquiens : « Sic
» regem vestrum ex mea persona satisfacite, me vobis firmiter quoram Deo omnipotente promittente quia si
» praedictas civitates beati Pétri quas tempore meo abstulit mihi reddiderit, continuo, sive Ticino voluerit, sive 20
» Ravenna, sive Perusia, sive hic Roma, vel etiam ubiubi illi placabile fuerit, ad eius properabo presentiam, cum
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» eo pariter me coniungendum atque conloquendum quae ad salutem populi Dei utrarumque partium respiciunt.
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» Et si forsitan de hoc dubitationem habet, me cum eo minime debere coniungi postquam ipsas civitates reddi-
» derit, si me cum ipso non coniunxero loquendum, licentiam habeat eas denuo occupandi. Nam si prius ipsas
» civitates non reddiderit etiustitias nobis minime fecerit, sciât pro certo meam nequaquam videbitfaciem. Unde 25
1/)
» ecce sequipedes vestros dirigere studebo meos missos ad eundem vestrum regem, qui easdem recipiant, si
1/)
» reddere voluerit, civitates. Et de praesenti, qua hora ipsi mei missi receptis eisdem civitatibus ad me hoc
» ipsum nuntiantes reversi fuerint, continuo ad eius, ubi voluerit, ut dictum est, properabo praesentiam, cum eo
» simul loquendum. »
306 XXI Ipsisque Langobardorum missis properantibus atque ad suum revertentibus regem, direxit eius ter beatitudo 30
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i depraedatione D— civitatem A— Bleranam AC: Blararia B —
2 ipsis A— 3 sup. e. rep. D— A utilitatem D : utiliter EG— prae-
da multa BDG — quam EG — 5 seu om. A : < et > EG — 6
praedationes D — fecit] iussit E — 8 malis < se > E — respi-
ceret AEG — abstulerat EG — 10 etB — intoll. A
il Prob.] praefatum CE — venerabili D : om. E — 12 Sab. B
— manacis A— 13 provoluti coram iudicibus om. A— U eundem
A — deprecantes EG— 16 detlectere E— ipsi inf. D— sepius om.
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EG — 17 ut om. D — eum D — 18 loquendi EG — 19 ex]
in EG — quoram A — 21 ubiubi A : ubi cet. — placitum EG —
<et> cum EG— 22 adque consolandum A— resp.] conveniunt
D — 23 aberit A — ipsa civitas A — 24 abeat A : abea D —
denuo eas BD— 25 iustitiam EG — sciad D : scias EG — 27
praesentia A — 29 simul cum eo EG
30 ipsique L. missi A —
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XCVII. HADRIANUS (772-795). 493
continuo ad eundem Desiderium regem suos raissos ob easdem recipiendas civitates, scilicet Pardum, religiosum
egumenura monasterii beati Sabae, et Anastasium, primum defensorum; presentatique eius obtutibus et ipsi
pedibus eius corruentes, lacrimis profusis eura deprecati sunt ut antedictas redderet civitates; promittentes ei
per apostolicam auctoritatem sub iusiurandum quia, si eas reddidisset, statim praenominatus almificus pontifex
s ad eura festinaret proficiscendum ob conloquendum pariter. Sed per nullam rationem eius ferreura pectus et
durissiraam mentem mollire potuerunt; nihilque recipientes sine effectu reversi sunt. Tamen non desistebat
antedictus pontifex suos missos ad eura pro hoc ipso dirigendum, tam de sacerdotibus quaraque de singulis
religiosi abitus ordinibus. Sed nihil aput eum impetrare valuerunt; potius permanens in sua iniquitate, multa
civitatibus ac finibus Romanorum inferre faciebat ex omni parte mala ; magnas conminationes dirigens eidem
io praecipuo pontifici se cum universis Langobardorum exercittbus properaturum, Romanara civitatem constrin-
gendum. Pro quo in niraio fletu ipse sanctissiraus pontifex cum suo populo positus, portas civitatis Romanae
claudi et alias ex eis fabricare fecit. Et dura in magna angustia ac tribulatione consisterez necessitate conpulsus, XXII 307
direxit suos missos 18 marino itinere cum apostolicis litteris ad excellentissimumCarolum,a Deo protectum regem
Francorum et patricium Romanorum, deprecans eius excellentiam ut sicutsuus pater sanctae memoriae Pippinus,
15 et ipse succurreret atque subveniret sanctae Dei Ecclesiae et adflictae Romanorum seu exarchatus Ravennantium
provinciae, atque plenarias beati Pétri iustitias et abstultas civitates ab eodem Desiderio rege exigeret.
Ad vero dum per nullam occasionis versutiam potuisset isdem malignus Desiderius persuadere antefatum XXIII
sanctissimum pontifîcera ad se eum deducendum,ut antefati Carulomanni filios reges unxisset et ipsum almificum
pontificem a caritate et dilectione saepefati christianissimi Caroli magni régis separare valuisset, tune pertinaci
20 audacia egressus a suo, palatio cum Adilgisi proprio filio et exercitu Langobardorum, deferens secum et uxorem
ac filios saepedicti quondara Carulomanni, neenon et Autcarium, qui ad eum, ut dictum est, fugam arripuerant,
hic Romam properare nitebatur sine scientia antedicti pontificis; dirigens suos missos, scilicet praenominatum
Andream referendarium et alios duos ex suis iudicibus,eius adventum denuntiantes. Quibus Roma coniungentibus
praesentatisque apostolicis obtutibus, taie eis reddidit responsum : « Quod nisi, ut iam illi praemisi, reddiderit
2.; » beato Petro civitates illas quas sub meo tempore abstulit, et plenariam parti nostrae feceritiustitiam, nullomodo
» sit illi necesse fatigium sumendi ; quia fieri minime potest me prius cum illo presentari. »
Suscipiens vero isdem Desiderius hoc responsum, nequaquam exinde reputavit, sed coeptum Romam carpebat XXIV 308
iter. Cuius iam adventum adpropinquasse cognoscens ipse precipuus pastor, aggregans universum populura Tus-
ciae, Gampaniae et ducatus Perusini et aliquantos de civitatibus Pentapoleos, munivit hanc civitatem Romanara ;
30 omnesque armati parati erant ut, si ipse rex adveniret, ei fortiter cum Dei suxilio et beati Pétri, fulti orationibus
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 ob] ab A — 2 monasterio E : -riura D — defensorem CE —
eius] ei D — 3 deprecantes EG — antedictatas A — civitas A —
4 iurisiurandum A — 5 festinare A : properaret D — ad coll.EG
— 6 durissima AD — melït A : -te D — affectu DEG — desiste-
bant E — 9 bac A — < et > magnas EG — coraitationes D
— 11 Rôrâ A — 12 claudi <iussit> E — fabricari CE — hac
A — 13 missos suos BD — Carolum A — protecto A : -tus E —
14 patricius E — frater D — 15 sive B — 16 exigerat A
17AdADEG— occassionis A— 18 filius AG— 19 voluisset ABEG
(corr. e)— pertinati BC : -tia D : -cia et EG — 20 Adalgisi B :
Adilgiso CE: Adelgiso G — exercitum BD — 21 bac A : et E—
quondam] quidem D : om. B — Carulomanno E — Autch. C :
Audch. D : Auocb. E— 22 Roma BD— conscientia E— 23 ex] et
E — 24 iam] etiani A — promisi E — 26 min. fi. CDEG
27 Roma BD— 28 <cum> ad pr. B — adpropinquasset AB:
-antem E : <se> EG— <et> agg. B— {29 ducat D — Romam
D — 30 fultis EG —
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494 XCVI1. HADRIANUS (772-795).
predicti sanclissimi presulis illi résistèrent. Nam ecclesias beati Pétri ac Pauli exornare fecit eius sanctitas et
cuncta earum cymilia et ornatus in hanc civitatem Romanam introduit, claudi faciens omnes ianuas ecclesiae
beati Pétri et de intus serris subponi ac muniri iussit, ut si ipse protervus rex sine cummiatu et permisse) pontificis
advenisset, minime aditum in eandem ecclesiam introeundi haberet, nisi brachio, adsuae animae interitum, ipsas
XXV confringeret ianuas. Dumque haec omnia disposuisset, extemplo, facto in scriptis anathematis verbo, direxit eidem ô
Desiderio régi très episcopos, id est Eustratium Albanensem, Andream Penestrem et Theodosium Tiburtinae ci-
vitatis, pretextans eum in eadem obligationis exortationisque verbo et adiuransper omnia divina misteria ut nullo
modo finibus Romanorum sine eius absolutione ingredi aut conculcaripraesumpsisset, neque ipse neque quispiam
Langobardorum, sed nec Autcarius Francus. Susceptoque eodem obligationis verbo per antefatos episcopos, ipse
Langobardorum rex ilico cum magna reverentia a civitate Vitervense confusus ad propria re versus est. 10
XXVî Post haec coniunxerunt ad sedem apostolicam missi saepiusdicti Caroli excellentissimi régi Francorum et
patricio Romanorum, id est ,9 Georgius sanctissimus episcopus, Gulfardus religiosus abba et consiliarius, seu
Albuinus deliciosus ipsius régis, inquirentes si praefatus Langobardorum rex abstultas civitates et omnes iustilias
309 beati Pétri reddidisset, sicutfalse Franciam dirigebat, adserens se omnia reddidisse; etsatisfacti sunt presentaliter
nihil ab eo redditum fuisse. Quibus referens isdem precipuus pontifex cuncta quae gesta erant, eos Franciam 15
absolsit remeandos, dirigens cum eos suos missos ad prefatum excellentissimum Francorum regem cum apostolicis
ammonitionum sillabis, adiurans eum fortiter ut ea quae beato Petro cum suo genitore sanctae memoriae Pippino
rege pollicitus est adimplere et redemptionem sanctae Dei aecclesiae perficere, seu universa quae abstulta sunt a
perfido Langobardorum rege, tam civitates et reliquas iustitias, suo certamine reddere beato Petro principi
XXVlI apôstolorura fecisset. ïpsi itaque Francorum missi properantes cum apostolicae sedis jnissis declinaverunt ad 20
praenominatum Desiderium ; qui et constanter eum deprecantes adhortati sunt, sicut illis a suo rege praeceptum
extitit, ut antefatas quas abstulerat civitates pacifiée beato Petro redderet, et iustitias parti Romanorum fecisset.
Sed minime quicquam horum apud eum obtinere valuerunt; adserens se minime quicquam redditurum.
310 Accepto vero hoc responso, reversi sunt ipsi antefati missi Francorum in regionem suam, properantes simul et
apostolicae sedis missi; qui subtilius cuncta referentes et de maligno proposito praenominati Desiderii adnun- 25
xxviii tiantes antefato excellentissimo et a Deo protecto Carulo magno régi, confestim isdem mitissimus et rêvera
christianissimus Carolus Francorum rex direxit eidem Desiderio suos missos, id est , deprecans ut easdem quas
abstulerat pacifice redderet civitates et plenarias parti Romanorum faceret iustitias, promittens insuper ei tribui
XII II milia auri solidorum quanti tatem in auro et argento. Sed neque deprecationibus, neque muneribus eius
ferocissimum cor flectere valuit. Nihil enim optinentes ipsi missi Francorum ad praefatum suum christianissimum 30
regressi sunt regem.
VARIANTES DES MANUSCRITS
1 resistere E — ecclesiam B : -sia KG — Pétri om. D — 3 intus
B — comiatu BI) : comitatu C : licentia EG — permissu A —
4 advenissenl A — additum E— eadem EG — aberet — bracio
\ _ a d] ac kg — 6 Eustrasium D— Albanense BDE— Penestre
E — Tkiburtinae A — 7 civitate D — oblic. A — 8 concal-
cari BCDG — praesumpsisse A — \0 Biterpense D : Biturbense
E (Biter. e) — propriam AE
il ad] ac E— régis CE— 12 patricii CE : patrii 13 — Vulfradus
abba B — 13 Alboinus A — régis om. B — 14 falsi I) —
15 fuisset AG— 16 absolvit EG— eo AE : eis B— 20 missi Fr. I)
— 23 orum aput eum opt. A — redd. quic. 1)
24 vero] itaque E— resp. hoc E — in om. I) — 26 magni E —
Carolomanno r. D— 27 eisdemD— id est om. BC: hic Dspatium
reliquit —deprecantes D — 28 pacificem E — reddere A— eij
et D — tribuit A — 29 et <in> D — 31 regercsi A
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XGV1I. HADRIANUS (772-795). 495
Tuncaggregans 20 is ipse aDeo protectus Carulus magnus rex universam regni sui Francorum exercituum multi- XXIX
tudinem. atque ad occupandas cunctas clusas ex eodem suo exercitu dirigens, ipse quoque cum plurirais fortissirais
bellatoribus Francis per raontem Cinisem ad easdem adpropinquavit clusas ; et reraotus in finibus Francorum cura
suis exercitibus resedit. Iamdictus vero Desiderius et universa Langobardorum exercituum multitudo ad resis-
5 tendum fortiter in ipsis clusis adsistebant; quas fabricis et diversis maceriis curiose munire visi sunt. At vero qua XXX
hora praenominatus christianissimus Francorum rex ad easdem adproximavit clusas, ilico suos denuo missos ad
praefatum direxit Desiderium, deprecans sicut pridem ut quantitatem praedictorum solidorum susciperet rex, et
easdem pacifiée redderet civitates. Sed nequaquam penitus adquiescere maluit. Et dum in tan ta duritia ipse pro-
tervus permaneret Desiderius rex, cupiens antedictus christianissimus Francorum rex pacifice iustitias beati Pétri
iO recipere, direxit eidem Langobardorum régi ut solummodo très obsides Langobardorum iudicum filios illi tradi-
disset pro ipsis restituendis civitatibus, et continuo sine ulla inferta malitia aut commisso proelio ad propria cum
suis Francorum exercitibus reverterelur. Sed neque sic valuit eius malignam mentem flectere. XXXI
Unde omnipotens Deus, conspiciens ipsius maligni Desiderii iniquam perfidiam atque intolerabilem proterviam,
dum vellent Franci 21 alio die ad propria reverti, misit terrorem 22 et validam trepidationem in cor eius vel filii ip-
15 sius Adelgisis, scilïcet et universorum Langobardorum. Et eademnocte dimissis propriis tentoriis atque omne sup-
pellectile,fugam omnes generaliter, nemine eos persequente,arripuerunt. Quod cémentes exercitus Francorum,
persecuti sunt eos et plures ex eis interfecerunt. Ipse vero Desiderius, quantocius cum suis iudicibus velociori
cursu fugiens atque Papiam coniungens, ibidem se cum ipsis suis iudicibus et multitudine populi Langobardorum
reclaudi studuit. Et muniens muros ipsius civitatis, ad resistendum Francorum exercitibus et propriam defen-
20 dendum civitatem cum suis Langobardis se praeparavit. Adelgis vero eius filius adsumens secum Autcharium
Francum et uxorem atque filios saepedicti Carulomanni, in civitate quae Verona nuncupatur, pro eo quod for-
tissima prae omnibus civitatibus Langobardorum esse videtur, ingressus est. Porro Langobardi reliqui dispersi XXXII 311
in proprias reversi sunt civitates.
Nam Spolitini 23 et Reatini,aliquanti eorum utiles personae,antequam Desiderius seu Langobardorum eius exer»
25 citus ad clusas pergerent, illi ad beatum Petrum confugium facientes praedicto sanctissimo Adriano papae se
tradiderunt et in fide ipsius principis apostolorum atque praedicti sanctissimi pontificis iurantes, more Romtnorum
tonsoratisunt 24 . Etiam et reliqui omnes ex eodem ducatu Spolitino inianter desiderabant setradendum inservitio
beati Pétri sanctaeque Romanae aecclaesiae. Sed metuentes suum regem hoc nequaquam ausi sunt perpetraie
Unde dum a clusis fugam arripuissent omnes qui exinde de diversis civitatibus ducati Spolitini reversi sunt,
30 confestim generaliter ad praefatum almificum pontificem confluentes advenerunt, eiusque provoluti pedibus,
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1 agr. A — is om. D — 2 exercitum AG — 3 Sinisera A — 5
muniri AD— Ad AD — 8 prot. ipse E— 9 sancti B — 1£ proelio
AB— propriam A — 12maligna mente D
14 propriam A — errorem A — 15 Adelgisis A : Adalgisi B:
Adilgisi CDEG (Adel.G) — 16 subpellectilem E — nemini D :
-nem E — persequentem D 17 interfexerunt A — quantocius A
— 18Papia DE — ipsï D — multitudinem DE— 19 recludi E —
20 defendendame — Adilgis BE : Adalgis C — Àutcarium A :
Audecharium D — 21 qui A — Veronam A — 22 videretur E
25 < pôïT > Adr. A— 26 fidei D — 27 < ut > eliam A —
ducatus AD — inhianter BGE — tradendos D — 29 ad A —
omnesque EG — de om. B — ducati A : -tu BE : -tus CD —
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496 XCVII. HADR1ANUS (772-795).
obnixe sanctam ipsius ter beatitudinem deprecali sunt ut eos in servitio beati Pétri sanctaeque Romanae aecclesiae
312 susciperet et more Romanorum tonsorari faceret. Quos suscipiens profectus est cum eis in aecclesia beati Pétri,
et omnes unianimiter a magno usque ad parvum sub indiculo sacramenti iureiurando promiserunt eidem Dei
apostolo in servitio eius atque antedicti vicarii ipsius sanctissirai Adriani papae atque omnibus successorum eius
XXXIII pontificum fideliter permansuros cum filiis et cuncta eorum generatione. Tune post praestitutum sacramentum 5
omnes more Romanorum tonsorati sunt, et confestim ipse ter beatissimus bonus pastor et pater cum omnibus
exultans constituit eis ducem 25 quem ipsi propria voluntate sibi elegerunt, scilicet Hildiprandum nobilissimum,
313 qui prius cum reliquis ad apostolicam sedem refugium fecerat. Et ita, Deo annuente, praedictum ducatum Spo-
litinum generaliter suo certamine isdem praecipuus pontifex sub iure et potestate beati Pétri subiugavit. Sed et
omnes habitatores 26 tam ducatus Firmani,Àuximani et Ânconitani simulque et de castelloFelicitatis,et ipsi dum a 10
clusis Langobardorum fugientes reversi sunt, ad praefatum sanctissimum pontificem concurrentes, eius se ter
beatitudini tradiderunt, praestitoque sacramento in fide et servitio beati Pétri atque eius vicarii antefati almifici
Adriani papae successorumque eius pontificum fideliter permansuros, more Romanorum tonsorati sunt.
314 XXXIV At vero saepefatus ebristianissimus Garolus Francorum rex, movens cum suis generalibus exercitibus, atque
Papiam coniungens civitatem, eam ex omni parte circumdans vallavit. Dirigensque continuo Franciam, ibidem 45
apud se Papiam adduci fecit suam coniugem excellentissimam Hildigardis reginam et nobilissimos filios. Et dum
agnovisset fugam arripuisse in Veronam praenominatum Adelgis, relinquens plurimam partem ex suis exercitibus
Papiam, ipse quoque cum aliquantis fortissimis Francis in eandem Veronam properavit civitatem. Et dum illuc
coniunxisset, protinus Autcarius et uxor adque filii saepius nominati Carolomanni propria voluntate eidem beni-
gnissimo Carulo régi se tradiderunt. Eosque recipiens eius excellentia denuo reppedavit Papiam. Qui confestim 20
dirigens cuneos exercituum bellatorum, conprehendit diversas civitates Langobardorum ultra Padum constitutas
suaeque redigit potestati.
XXXV Et dum per sex mensuum spatium 27 ipse Francorum rex Papiam demoraretur in obsessione ipsius civitatis,
magnum desiderium habens ad limina apostolorum properandum, considerans quod et sacratissima paschalis
festivitas adpropinquasset, tune abstollens secum diversos episcopos, abbates etiam et iudices, duces nempe et 25
grafiones cum plurimis exercitibus, hic Romam per Tusciae partes properavit. Ita enim festinenter adveniens
ut in ipso sabbato sancto se liminibus praesentaret apostolicis. Guius adventum audiens antedictus beatissimus
Adrianus papa quod sic repente ipse Francorum advenisset rex, in magno stupore et extasi deductus, direxit in
eiusoccursum universos iudices adfereXXX miliaab hac Romana urbe, in loco qui vocatur Nobas 28 : ibi eum cum
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1 ips. sanct. B — <eius> Rom. E — 3 unan. CDE — 4 ante-
ducti B — 5 permansurus À — fideliis A [corr.) — praes-
tilura CE : prefatum D — 7 propriam voloutatem A : <eum>
E — Ildip. AC : Hildeb. D : Hildep. E : Ildeb G — 9 sub om .A
— potestatem AC — 10 a] ad A
14 Ad A — 16 aput A — Ildicardis A : Hildigardam CE
(Ild. C) : Hildegarde D : Ildigardis G — et ante dum om. D —
17 Verona A — Adilgis BDE : Adilgisum C — exuis A — 18
civitas A— 20 Papia AD — 22 potestate A
23 mensium CE : m A— 25 sollemnitas D — nemphe A —
26 Roma BD — 27 ut in ipso om. E {suppl.) — 29 locum DE —
Novas DE —
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XGVII. HADRIANUS (772-795). 497
bandora 29 susceperunt.Et dum adpropinquasset fere unius miliario a Romana urbe, direxit universas scolas militiae 315
una cum patronis simulque et pueris qui ad didicendas litteras pergebant, déportantes omnes ramos palmarum
adque olivarum, laudesque illi omnes canentes, cum adclamationum earundem laudium vocibus ipsum Francorum
susceperunt regem ; obviam illi eius sanctitas dirigens venerandas cruces, id est signa, sicut mos est exarchum
5 aut patïicium suscipiendum, eum cum ingenti honore suscipi fecit.
Ipse vero a Deo institutus benignissimus Carolus magnus Francorum rex et patricius Romanorum, qua hora XXXVII
easdem sacratissimas cruces ac signa sibi obviam advenisse conspexit, descendens de eo quo sedebat equo, ita
cum suis iudicibus ad beatum Petrum pedestris properare studuit. Quod quidem antedictus almificus pontifex
diluculo surgens in eodem sabbato sancto cum universo clero et populo Romano ad beatum Petrum properavit ad
iO suscipiendum eundem Francorum regem, et in gradibus ipsius apostolicae aulae eum cum suo clero prestolavit.
Coniungente vero eodem excellentissimo ac benignissimo Carulo rege, omnes grados singillatim eiusdem sacra- XXXVIII 316
tissimae beati Pétri aecclesiae deosculatus est et ita usque ad praenominatum pervenit pontificem, ubi in atrio
super grados, iuxta fores ecclesiae adsistebat. Eoque suscepto, mutuo se amplectentes, tenuit isdem christia-
nissimus Carulus rex dexteram manum antedicti pontificis et ita in eandem venerandam aulam beati Pétri principis
vs apostolorum ingressi sunt, laudem Deo et eius excellentiae décantantes uni versus clerus et cuncti religiosi Dei
farauli, extensa voce adclamantes : « Benedictus qui venit in nomine Domini » et cetera. Sicque cum eodem
pontifice ipse Francorum rex simulque et omnes episcopi, abbates et iudices et universi Franci qui cum eo adve-
nerant,ad confessionem beati Pétri adpropinquantes seseque proni ibidem prosternentes, Deo nostro omnipotenti
et eidem apostolorum principi propria reddiderunt vota, glorificantes divinam potentiam in eo quod talem eis per
20 interventionum suffragia eiusdem principis apostolorum concedere iussit victoriam.
Expleta vero eadem oratione, obnixe deprecatus est isdem Francorum rex antedictum almificum pontificem illi XXXIX
licentiam tribui Romam ingrediendi sua orationum vota per diversas Dei ecclesias persolvenda. Et descendentes
pari ter ad corpus beati Pétri tam ipse sanctissimus papa quamque antefatus excellentissimus Francorum rex cum
iudicibus Romanorum et Francorum, seseque mutuo per sacramentum munientes, ingressus est continuo Romam
25 cum eodem pontifice ipse Francorum rex cum suis iudicibus et populo. In eodem sabbato sancto 30 inbasilica Salva- 317
toris iuxta Lateranis pariter ingressi, ibidem ipse excellentissimus rex cum omnibus suis quousque sacrosancti
baptismatis sacramentum antedictus ter beatissimus pontifex caelebravit, et ita postmodum ad beatum Petrum ipse
benignissimus reppedavit rex.
Alio vero die, inluciscente dominico sancto, in ipsa sacratissima paschali festivitate, direxit diluculo ipse sanc- XL 318
30 tissimus praesul cunctos iudices et universa obsequia militiae ad eundem regem et cum magno honore eum sus-
variantes DES MANUSCRITS.
fN |
° I
2 dicendas E — 3 illi om. E — can. omn. D — laudum e —
ipsius A — 4exarcum AD
6 Ipsi A — 7 easdem om. AC — de equo quo sedebat CE —
quod A (curr.) — 8 pedestri D — 9 proparavit A— 10 clero suo
E — 11 coniungentes A — gradus BCE — singel. A : singul. E
— 13 supra B — gradus BCD — foris A — 14 dextera A — ve-
LlBER PONTIFICALIS. 63
nerandum om. D — 15 ubidiversos A — 17 episcopos DEG — 18
que om. B— oranipotentis A— 22 ingredi sua rationura D — 24
Rora. cont. D — Roma AD — 25 <et> in bas. DEG — 26
sancli E — 27 babtismi D — ter om. D — 28 beatissimus E
29 die om. D — inlucescente E —
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498 XCVII. HADRIANUS (772-795).
cipientes, in ecclesia sanctae Dei genetricis ad Praesepe properavit cum omnibus qui cum eo ad vénérant Franci,
eique missarum sollemnia caelebrata, perrexUcum prenominato pontifice in Lateranense patriarchium, illicque
ad mensam apostolicam pariter aepulati sunt. Alio vero die, secunda feria, simili modo in ecclesia beati Pétri,
more solito ipse conspicuus pater et egregius pontifex missarum sollemnia caelebrans, Deo omnipotenti et prae-
fato Carulo, excellentissimo régi Francorum et patricio Romanorum, laudes reddere fecit. Tertia feria ve'ro die, 5
iuxta ut mos est, in ecclesia beati Pauli apostoli missas eidem régi fecit.
XLI At vero 31 quarta feria, egressus praenominatus pontifex cum suis iudicibus tam cleri quamque militiae in eccle-
sia beati Pétri apostoli, pariterque cum eodemrege se loquendum coniungens, constanter eum deprecatus estatque
ammonuitetpaternoaffectu adhortare studuit utpromissionem illam 32 , quam eius sanctae memoriae genitor Pippi-
nus quondam rex et ipse praecellentissimus Carulus cum suo germano Carulomanno atque omnibus iudicibus 10
Francorum fecerant beato Petro et eius vicario sanctae memoriae domno Stephano iuniori papae, quando Fran-
ciam perrexit, pro concedendis diversis civitatibus ac territoriis istius Italiae provinciae et contradendis beato Pe-
XLII tro eiusque omnibus vicariis in perpetuum possidendis, adimpleret in omnibus. Cumque ipsam promissionem,
quae Francia in loco 33 qui vocatur Carisiaco facta est, sibi relegi fecisset, conplacueruntilli et eius iudicibus omnia
quae ibidem erant adnexa. Et propria voluntate, bono ac libenti animo, aliam donationis promissionem ad instar 15
anterioris ipse antedictus praecellentissimus et rêvera christianissimus Carulus Francorum rex adscribi iussit per
Etherium 34 , religiosum aeprudentissimum capellanum et notarium suum; ubi concessit easdem civitates et terri-
toria beato Petro easque praefato pontifici contradi spopondit per designatum confinium, sicut in eadem donatio-
nem continere monstratur, id est : a Lunis cum insula Corsica, deinde in Suriano, deinde in monte Bardone, id
est in Verceto, deinde in Parma, deinde in Regio; et exinde inMantua atque Monte Silicis, simulque et universum 20
exarchatum Ravennantium, sicut antiquitus erat, atque provincias Venetiarum et Istria ; neenon et cunctum duca-
i XLI1I tum Spolitinum seu Beneventanum. Factaque eadem donatione et propria sua manu eam ipse christianissimus
Francorum rex eam conroborans,universos episcopos, abbates, duces etiam et grafiones in ea adscribi fecit; quam
prius super altare beati Pétri et postmodum intus in sancta eius confessione ponentes, tam ipse Francorum rex
quamque eius iudices, beato Petro et eius vicario sanctissimo Adriano papae sub terribile sacramento sese omnia 25
conservaturos qui in eadem donatione continentur promittentes tradiderunt. Apparem vero ipsius donationis eun-
dem Etherium adscribi faciens ipse christianissimus Francorum rex, intus super corpus beati Pétri, subtus evan-
gelia quae ibidem osculantur, pro fîrmissima cautela et aeterna nominis sui ac regni Francorum memoria propriis
suis manibus posuit. Aliaque eiusdem donationis exempla per scrinium huius sanctae nostrae Romanae ecclesiae
adscriptam eius excellentia secum deportavit.
VARIANTES DES MANUSCRITS
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1 Francis E — 2 patriarcium À — 4 consp.J conp A — 5
patricius D — feria om. E — vero feria B — die om. B
7 Ad DE — 8 eo A — eundem A — 9 adortare A — pro-
missiôn A (bis) — 10 quondam] quod CE — 11 Francis E —
12 territuriis stius A — 13 possidenH A — adimplër A — 14
A — capillanum E — ibi A — 19 donatione BCE — 20
atque < in > D — 21 Istriani CE — 22 scu] vel D— 23 ra-
fiones A — 24 beato-tradiderunt om. B— 25 Hadr. A — sesej
esse A— 26 quae CEG— donationern DE— appatrem A (corr.)
— vero om. E— 27 rex Fr. E — suptus A— 28 evangelica D-
Franc A : -ciae C : -ciam DE — 15 adnixa A — volontate A — î obsc. AG— cautella A— eterna A — 29 Aliamque D — Roma-
bona hac A — 17 Actherium D (bis) — hac prudentissimus i nae] memoriae E — 30 adscripta B — excelentia A
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XGVII. HADRIANUS (772-795). 499
Reversusque 35 cum suis exercitibus Ticino ipse excellentissimus Garulus Francorum rex, fortiterque debellans XLIV
atque obsidens civitatem Papiam, dum ira Dei super omnes Langobardos qui in eadem civitate erant crassaretur
atque seviret, et plus de langoribus seu mortalitatis clade defecissent, ita Dei nutu eandem civitatem siraulque
et Desiderium Langobardorum regem atque cunctos qui cum eo erant ipse excellentissimus Francorum rex
conprehendit, etsuae potestati cunctum regnum Langobardorum subiugavit. Praefatum vero Desiderium Lango-
bardorum regem et eius coniugem secum Franciam deportavit.
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Erat enim saepefatus 36 beatissimus pontifex amator ecclesiarum Dei, magnam indesinenter gerens curam pro XLV
ornatu et restauratione procuranda omnium earundem ecclesiarum Dei.
io Hic enim coangelicus vir 37 fecit in ecclesia beati Pétri apostoli vestem mire pulchritudinis ex auro et gemmis, 320
habentem praefîguratam storiam qualiter beatus Petrus a vinculis per angelum ereptus est. Item in eadem ba-
silica ab introitu 38 de rugas usque ad confessionem pavimentum vestivit de argento purissimo, qui pens. lib. CL.
Fecit etiam in eadem basilica beati Pétri iuxta ianuas maiores argenteas cortinam mire magnitudinis de palleis XLVI
stauracim seu quadrapolis. Nam et per uni versos arcos eiusdem apostolorum principis basilicae de palleis tyreis
\o atque fundatis fecit vêla numéro LXV. Denique eius beatitudo fecit et farum maiorem in eadem beati Pétri
ecclesia, in tipum crucis, qui pendet ante presbiterium, habentem candelas mille CGCLXV; et constituit ut
quattuor vicibus in anno ipsum farum accendatur, id est in natale Domini, in Pascha, in natale Apostolorum et in
natale pontificis. Idemque praefatus sanctissimus praesul fecit in eadem basilica calicem fundatum argenteum, 321
pens. lib. V, quem et posuitin presbiterio pro eo qui perierat temporibus domni Pauli papae. Nam et in ecclesia
20 beati Andreae apostoli, sitam iuxta eandem beati Pétri ecclesiam, cyburium noviter ex argento mundissimo ipse
ter beatissimus pontifex fecit, qui pens. lib. GXXXV.
Itaque et in ecclesia beati Pauli apostoli investivit corpus eiusdem doctoris mundi ex lamminis argenteis, pens. XLVII
lib. XXX ; quas addidit isdem sanctissimus praesul, quoniam argentum illud qui ibidem primitus erat nimis con- 322
fractum existebat. Item fecit in eadem ipsa basilica beati Pauli cortinam maiorem iuxta ianuas principales, ex palleis
•±v> quadrapolis, ad instar cortinae quam in ecclesia beati Pétri fecit; sed et aliam cortinam maiorem fecit ex palleis
quadrapolis, quae pendet sub arco maiore iuxta altare. Etiam et per diversos arcos ipsius ecclesiae ex palleis qua-
drapolis fecit vêla numéro LXX. Atrium vero ipsius beati Pauli ecclesiae, quod antea nimis desolatum existebat,
ubi boves atque caballi ingrediebantur ad pabulandum propter herbam quae ibidem nascebatur, inspiratus a Deo
isdem sanctissimus pontifex ex marmoribus pulchris sternere fecit.
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2 obssidens A — civitatem BDG — 3 seviveret A (corr.) —
claude A {corr.) — 4 Desiderio D — rege E — 5 conprehendi
D — sua D — regnum] regem D — suoiugavit A
7 magna A — curam-rest.] curationem A — 8 Dei eccl. CD
10 historiam BE — in om. D — 11 introitum A — vestiviA
— quod CE— 12 ipsa om. BD — iusta A— cortinas A : -na E—
13 quatr. A — 14 et f.] effarura D — 15 ecclesiae D — preb.
A— babentes AG : -te D— CCCLX E— 16 ipsud BD— nativitate
Dom.E — nativit apost. A — 17 Idem B — in eadem om. E— 19
apostoli om. B — situ A : -tam B : -ta C : -tum DEG — eadem
E — Pétri <apostoli> E — ecclesiae D : -sia EG — cyburiam
E — purissimo B
21 laminis DEG — 22 quod ib. B— 23 Pauli <apostoli> EG
— cortinam] hic desinit G — 24 ad] a A — in om. D — 25 pend,
de sub A — arcu B— arcus B — 26 eccl. b. Pauli B — disso-
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500 XGVII. HADRIANUS (772-795).
XLVIH In ecclesia vero sanctae Dei genetricis ad Praesepe fecit vestes II super altare maiore : una ex auro purissimo
atque gemmis, habentem adsumptionem sanctae Dei genetricis, et aliam de stauracim ornatam in circuitu blattin.
Fecit in ipsa ecclesia et cortina maiore iuxta ianuas maiores ex palleis quadrapolis, ad similitudinem quam in
323 ecclesia sancti Pétri fecit. Sed et per diversos arcos eiusdem basilicae sanctae Dei genetricis simili modo ex palleis
XLIX quadrapolis fecit vêla numéro XLII. In basilica vero Salvatoris domini nostri Iesu Christi iuxta Lateranis similiter 5
fecit vestem de stauracim seu cortina maiore ex palleis quadrapolis ; sed et per diversos arcos vêla sirica numéro
LVII, omnia ex palleis quadrapolis seu stauracim. Fecit in aecclesia beati Laurenti martyris foris muros, scilicet
ubisanctum eius corpus requiescit, vestem de stauracim; et in aecclesia maiore 39 aliam similiter fecit vestem. Nam
et tectum eiusdem beati Laurenti bassilicae maiore, qui iam distectus erat et trabes eius confracte, noviter
fecit. 10
In basilica autem beati Valentini simili modo fecit vestem de stauracim. In basilica beati Pancratii aliam simili
modo de stauracim fecit vestem. Ecclesia vero beati Marci,cuius tectum iam vetustate positum vicinaruinae exis-
tebat, depositis vetustissimis travibus et aliis fortissimis inpositis, a noviter ipsum tectum atque portica in circuitu
fecit, eandemque ecclesiam restaura vit. Arcora vero tria quae vetustissima erant, addens isdem beatissimus pon-
tifex argenti lib. XII, noviter fecit. Fecit etiam in eadem aecclesia super altare maiore et vestem de stauracim. Sed 15
et per diversos arcos eiusdem aecclesiae ex palleis quadrapolis fecit vêla numéro XXVII, simulque et cortinam e # x
324 l eisdem palleis quadrapolis quae pendet sub trabe fecit. Tectum vero basilicae beati Laurentii 40 quae ponitur ad
Taurellum, dum nimis vetustissimum inerat,omnes eius trabes novas ibidem posuit, eumque restauravit ; simul-
que et vestem de quadrapolo super altare eiusdem aecclesiae fecit atque obtulit. Basilicam 41 vero beati Felicis po-
sitam in Pincis, quae in ruinis erat et tectum eius distectum existebat, facto eodem tecto, noviter ipsam aeccle- 20
siam renovavit et vestem super altare eiusdem ecclesiae de quadrapolo faciens obtulit. Renovavit etiam et tectum
basilicae beati Laurentii quae appellatur Damassi, ubi et vestem super eius altare de stauracim obtulit ; simulque
et aliam vestem de post altare fecit, ubi requiescit corpus sancti Damassi. Basilicam itaque Apostolorum in via
Lata, portica in circuitu renovavit, quae antea initiaverat eius predecessor domnus Paulus papa et non expleverat,
omnia Deo propitio praefatus beatissimus pontifex repara vit, simulque et tectum maiorem restauravit. Nam apsi- 25
dam ipsius aecclesiae cernens isdem beatissimus pontifex iam ruinae vicinam existentem, cancalis ferreis eandem
absidam confirmare fecit et ita eam renovavit. Fecit enim et vestem in eadem aecclesia super altare maiore de '
325 stauracim. Cimiterium 42 itaque beatorum Pétri et Marcellini via Lavicana iuxta basilicam beatae Elene renovavit; et
tectum eius, id est sancti Tiburtii et eorundem sanctorum Pétri et Marcellini noviter fecit, et gradas eius que
descendunt ad eorum sacratissima corpora noviter fecit, quoniam nullus erat iam descensus ad ipsa sancta corpora. 30
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1 vero om. E — 2 alia E — stauracin DE — ornata BDE —
3 <ea> ipsa CD — cortinam maiorem CD : cortinas E —
maiore iuxta ianuas om. E— 6 stauracë~seo A— cortinam BCD
— maiorem BD — quadrapulis DE et ita fere semper — arcus B
— 8 stauracëTA et ita saepe — 9 distectum e — traves A
12 ecclesium D — vicinae B — 13 et <in> D — fortissimis
om. E — circuitum BD — 14 eandemque eccl. rest. om. A —
15 eandem E — ecclesiam DE — 16 numéro om. E — coro-
nam E — 17 quae pon.] quod prius A : pp E : quod e :
om. C — 18 Taverellum C — domninis A — vetussimum B
— 19 quadrapolu A: quadruplum E — obtullit A — 20 posita E
•7- ruina E — 21 ecclesiae E — quadrapolis E — etiamj autem
D — 22 quae ap.J qua A — Damasi D (bis) — 23 Damasci A —
24 bassilica A : -cae CE— 25 maiore A— 26 apsida AE (abs. E)
— 29 Tyburtii A — gradus B — qui B — 30 descendent D —
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XCVII. HADRIANUS (772-795). 501
Fecit in basilica beati Adriani a cereostata argentea, pens. lib. XII, simulque et laudimas duas ex argento, pens. Lf
lib. VIII, quas posuit super rugas de presbiterio ubi arcum de argento existit. Fecit etiam et vestes duas de stau-
racim, unam super altare beati Adriani, et alia super altare" sancte Martine. Sed et vêla de palleis quadrapolis nu-
méro XV in eadem aecclesia fecit. Tectum denique tituli beatae Priscae* 5 quae iam casurum erat et in ruinis positum
r> noviter fecit, ubi et vestem de stauracim fecit. In aecclesia vero beatorum Cosmae et Damiani i6 in Tribus fatis
vestem de stauracim fecit, simulque et cortinam ante absidam ex palleis quadrapolis fecit, necnon et vêla ex
eisdem quadrapolis fecit numéro XX et linea XX.
Nam 47 et perdi versa titula seu alias ecclesias atquecunctas diaconias et monasteria, quantacumque inframu- LU
rum huius Roraanae urbis existunt, divina inspiratione ignitus ipse sanctissimus pontifex ex palleis, id est stau-
10 racim seu tyreis, vestes fecit atque offeruit. Et sicut bonus pastor oranes Dei ecclesias, tam extra muros Romanae 326
urbis quamque infra muros, ad laudem Dei restaura vit atque décora vit.
Verum etiam 48 et muros atque turres huius Romane urbis quae diruti erant et usque ad fundamenta destructi
renovavit atque utiliter omnia in circuitu restauravit ; ubi et multa stipendia tribuit, tam in mercedes eorum qui
ipsum murum fabricaverunt, quamque in ipsorum alimentis, simulque et in calce atque diversis utilitatibus
15 usque ad centum auri libras expendit.
Hic beatissiraus praesul, divina inspiratione ignitus, constituit in monasterio sancti Stephani 49 cata Barbara Lin
patricia, situm ad beatum Petrum apostolum, congregationem monachorum, ubi et abbatem idoneam personam
ordinans, statuit ut sedulas laudes in ecclesia beati Pétri persolvant, sicut et cetera tria monasteria ; ut duo mo-
nasteria per latera ipsius ecclesiae Deo nostro canant laudes ; quoniam ipsum monasterium in magna desidia 50 et
20 neglectus incuria positus erat, et nullum officium divino cultu ibidem exhibebatur.
Hicbeatissimus praesul fecit atque constituit noviter domocultas IIII 51 , unaquidem 52 quae vocaturCapracorum, LIV 327
posita territorio Vigentano, miliario ab urbe Romaplus minus XV. Ex qua primitus fundum ipsum Capracorum
cum aliis plurimis fundis ei coherentibus ex hereditaria parentum suorum successione tenere videbatur, eius
proprii olim existentes ; ubi et alios plures fundos seu casales et massas, data iusta reconpensatione ad vicem a
o:i diversis personis emere et eidem domui cultae addere visus est. Quam videlicet domocul ta Capracorum cum mas-
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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\ exquas om. A— 2 rucas AC— 3 ununi D — altarem A— aliam
BCD — sancti Martini B — quatrap. A et ita saepe — 4 nu-
méros A (corr.) — tituli] totum B — 5 beatorum om. B — 6
aps. A — 7 numerus A
8 quantacumque-decoravit] infra hanc civitatem Romanam
seo foris omnia restauravit et vestes et dona optulit A— 9 Rom.
hu. urb. D — 10 obtulit CE — omni E
12 diruperant A
16 monast.] monte A — catha B — 17 congregatione D —
abbas A : abba D — 18 ordinatas A — 19 monTE — latere AD
— canunt A — et om. A — 20 divinnm officio E — officium
cultui Ce —
21 atque constituit] ex A, sed punctis notatum — do mus
cultas B: domos cultas E — domocultas-permaneant (p. 502,2.26)
haec ita breviat A : domô" cultam in Capricorum miliario ab
Urbe XV, cum aliis plurimis fudibus ei coerentibus ex reditale
parentum suorum, seo et alia très a novo fundavit domocul-
tas; statuit per apostolicum privilegium sub magnis anatbe-
matis oblicationibus ut in usum fratrura nostrorum Christi
pauperum perenniterpermaneat et omni fruge vinum et oleum
diligenter in orreo seo paracellario sancte nostre ecclesie de-
feratur — unam DE — qui D — Capraecorum CE — 22 terr.
Vig.] territurio XX D — 23 cam B— pluribus DE— fundibus D
— ei om. E (corr.)— eius] ei D — 24 existente D — iuxta re-
compensationes CE (-pensiones E) — 25 a div.] adversus D —
domura cultam B : domocultam C —
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502 XCVII. HADRIANUS (772-795).
sis, fundis, casalibus, vineis, olivetis, aquimolis et omnibus ei pertinentibus, statuit per apostolicum privilegium
sub magnis anathematis obligationibus ut in usum fratrum nostrorum Ghristi pauperum perenniter permaneat ;
et triticum seu ordeum quod annue in locis eiusdem domocultae natum fuerit, diligenter in horreo sanctae nos-
trae ecclesiae deferatur et sequestratim reponatur. Vinum vero, seu di versa legumina quae in praediis ac locis
ipsius antefatae domocultae annue nata fuerint, simili modo curiose in paracellario praenominatae sanctae nostrae 5
328 ec^'iae deducantur et separatim reponantur. Sed et porcos qui annue in casalibus sepius dictae domocultae in-
glandati fuerint, capita centum exinde occidantur et in eodem paracellario reponantur. Decernens eius ter beati-
tudo atque promulgans sub validissimis obligationum interdictionibus ut omni die centum fratres nostri Ghristi
pauperum, etiam et si plus fuerint, aggregentur in Lateranense patriarchio et constituantur in portico quae est
iuxta scala que ascendit in patriarchio, ubi 53 et ipsi pauperes depicti sunt ; et L panes, pensantes per unumquem- 10
que panem lib. II, simulque et decimatas vini II, pensantes per unamquamque decimatam Jib. LX, et caldaria
plena de pulmento ; et erogetur omni die per manus unius fidelissimi paracellarii eisdem pauperibus, accipiens
unusquisque eorum portionem panis atque potionem vini, id est coppu I,capiente calices II, necnon et catzia de
pulmento. Ita videlicet statuons eius almifica ter beatitudo 54 promulgavit una cum sacerdotali collegio ut in nullis
aliis utilitatibus ex frugum reditibus vel diversis peculiis antefatae domocultae erogetur aut ^xpendatur, nisi tan- 15
tummodo in propriis subsidiis et cotidianis alimentis predictorum fratrum nostrorum Ghristi pauperum cuncta
profîciant atque perenniter erogentur.
Lv Alias vero très domocultas, videlicet Galeria 55 , posita via Aurélia, miliario ab uibe Roma plus minus decimo, ad
sanctam Rufinam, cum fundis et casalibus, vineis, olivetis, aquimolis vel omnibus ei pertinentibus. Reliquas vero
duas,id est aliam Galeriam 56 posita via Portuense, miliario ab urbe Roma plus minus duodecimo, cum fundis et ca- 20
salibus, vineis, aquimolis, seu monasterio 57 beati Laurentii, posito in insula Portus Romani, cum vineis ei perti-
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nentibus, simulque et lecticaria qui vocatur Asprula. Verum etiam et aliam domocultam 58 qui vocatur Galvisianum,
cum fundis et casalibus, vineis, olivetis, aquimolis et omnibus ei pertinentibus, posita via Ardeatina, miliario ab
urbe Roma plus minus XV. Quas videlicet très domocultas, scilicet Galeriam, Calvisianum et aliam Galeriam,
statuit eius ter beatitudo 59 per apostolicum privilegium, sub validis anathematis obligationibus, ut in usu et pro- 25
pria utilitate sanctae nostrae Romane ecclesiae perenniter permaneant.
329 LVI At vero cum omnibus spiritalibus studiis quaeisdem ter beatissimus atque almificus pontifex tam pro augmen-
tum et utilitatem profectîbus sanctae Romane ecclesiae perflciendis quamque pro restaurationibus ecclesiarum
Dei et divini cultus melioratione gerere videbatur, magnam etiam sollicitudinis curam et amoris affectum in
sancta ac veneranda patriarchii domus certum est habuisse. Unde ex nimia fervoris dilectione pro honore beati 30
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
3 seu] vel D — domui cullae B, et ita infra — A praesidiis D
— 5 fuerunt E — 6 reponatur D — 8 obligationibus E — 9 et
om. E— aggregarentur DE— porticu BE : -curaC — 10 scalam
CE — 11 vini dec. B — pensante E — lib. om. D — caldari D
— 12 et om. B — unius om. D — paracellararii B — 13 coppu
I] coppui CE : copa I D— capientes E — cazia E — 15 fruguum
E — redet. B : reddit. E — erogentur D
18 miliaria D — 19 casilibus D — atque molinis K — om-
nium D— 20 posilam] post CE —21 aquimolinis E — posita E
— 22 domuc. D — quae B — 23 Ardiat. B — 25 eius] ei D —
26 Romane om. E
27 At vero-videbatur om. A — Ad D — isdem] bis D — au-
cm. D : -lorum B — 28 utilitatum B— tamque D— 29 afectum
A : effectuai D — 30 dilcctionem E —
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XGVII. HADRIANUS (772-795). 503
Pétri apostolorum principis et ornatu ipsius sancti patriarchii, construxit atque aedificavil ibidem noviter tur-
rem mirae pulchritudinis decoratam 60 , coherenti porticu qui descendit ad balneum; ubi etdeambulatorium, sci-
licet solarium, cum cancellis aereis nimis pulcherrime construi fecit. Sed et porticum ipsam, quae vetustate
dira ta inerat, nimis utiliter renova vit et picturis atque marmoribus eandem turrem et cuncta aedifîcia ab eo novi-
5 ter constructa decoravit.
Itaque 61 isdem ter beatissimus et rêvera praecipuus pater et bonus pastor egregiusque praesul, tanto amoris LVll 330
affectu fervens erga nutritorem suum beatum Petrum principem apostolorum, dum cunctum ornatum eiusdem
apostolicae aulae tam in praeclaris ex auro et gemmis vestibus, seu diversis palleis et aliis ornamentisex auro
et argento in eadem apostolica aula fecit atque offeruit, etiara 62 et omnes eius grados maiores, qui ascenduntin
10 atrio, simulque et ex duobus porticibus qui ascendunt in eandem ecclesiam ex utriusque lateribus renovavit;
sed et cuDCtum pavimentum ipsius ecclesiae ubi marmores confracte erant, adivitis aliis pulcherrimis, melioribus
marmoribus renovavit. Portica vero ex utriusque lateribus suprascriptae ecclesiae, in quibus confracte trabes inerant
et tectum ruine vicinum positum erat, positis novibus travibus ipsum tectum noviter faciens restauravit. Fecit lvui
etiam eius ter beatitudo 63 imagines VI ex lamminis argenteis investitas ex quibus très posuit super rugas qui sunt
15 in introitu presbiterii, ubi et regularem ex argento investito fecit, et posuit super eundem regularem praefatas
1res imagines : in medio quidem imago existentem habentem depictum vultum Salvatoris et ex utriusque lateri-
bus imagines habentes depictas effigies, unam beati Michahelis et aliam beati Gabrihelis angelo-
rum. In secundas vero rugas, id est in medio presbiterii, faciens alium regularem ex argento investito, consti-
tuit super eum reliquas très imagines: in medio quidem habentem praefiguratum vultum sanctae Dei genetricis,
20 et ex duobus lateribus unam habentem vultum depictum sancti Andrée apostoli et aliam sancti Iohannis
evangelistae. Utrasque vero sex imagines, ut dictum est, de lamminis argenteis nimis pulcherrime factas deau-
ravit ; in quibus imaginibus posuit argenti libras C.
At vero iam per evoluta viginti annorum spatia, forma 64 quae vocatur'Sabbatina, nimis confracta existens, per LIX 331
quam decurrebat aqua per centenarium 65 in atrio ecclesiae beati Pétri apostoli, simulque et in balneo iuxta ean-
25 dem ecclesiam situm, ubi fratres nostri Christi pauperes, qui ad accipiendam elemosinam in paschalem festivita-
tem annue occurrunt, lavare solebant, et ex qua diverse mole in Genuculo 86 machinabantur, aqua ex eadem
forma neque in atrio beati Pétri neque infra civitatem decurrebat ; dum ipsa forma, ut dictum est, diruta extitit,
quoniam et G arcoras ipsius forme magne altitudinis constructos a fundamentis demolitos atque destructos, iam
nulla spes videretur esse eosdem arcos vel praefatam formam reedificandi atque restaurandi, ipse beatissimus ac
30 sanctissimus praesul aggregans multitudinem populi, per semetipsum ad fabricandum atque restaurandum ean-
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 ibi B — 2 coerentem A — portico D — deambulaliorum A—
3 solario A — cum om. D — pulcerrimi A — constitui BD—
ipsudDE — 4 dirutu A : -tum DE
6 et om. A — 7 cunctorum D — 9 gradus B — 10 eadem
D — 11 confracti B — pulcerr. A — 12 positis-investitas ponit E
ante portica-erat — suprascripta D — confracti B — 13 vici-
num om. B — novis E — 14 ter b. eius e (eius om. E) — ter
om. B— laminis DE— 15introitura À: <ecclesiae> E— requla-
rem A — 16 inmag. A — inmago D : una E — existentes
ABE — habentes A : -te B — Sulv. A — 17 effigias D — 18
secundasl ecclesias E (corr.) — presbiteri A — 19 habente B
— 20 unum A — habente B— alium A : alia E— 21 ut-argen-
teis om. A — nimis om. D — decoravit D
23 Ad AD — 24 centinarium AG, et ita infra — hadrio A, et
ita infra — 25 endem A — 26 annu A — occurrant D : -rerunt
E— macin. A {bis) —27 sancti B— civitate DE— 28 arcos GDE
— 29 praef.] fractam E — 30 ac sanctiss. praes.] ponlifex B
— aegr. A — frabr. A —
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504 XCVII. HADRIANUS (772-795).
dem formam properavit, et tantam curam ac sollicitudinem in eiusdem forme fabrica exibuit, qui etiam noviter
a fundamento eam renovavit atque restauravit. Et confestim centenarium illud qui ex eandem formam in atrio ec-
clesiae beati Pétri decurrebat, dum per nimiam neglectus incuriam plumbum rpsius centenarii furtim iam plurima
pars exinde ablata fuisset, reliquum plumbum conquassatum, protinus isdem praecipuus pastor addita multitu-
dine plumbi ipsum centinarium noviter fecit, et Deo auspice aqua in atrio beati Pétri simulque et in praefato »
balneo, verum etiam et intus civitatem, id est in Genuculum ubi mole machinabantur, sicut antiquitus abundan-
ter decurri fecit.
LX Simulque isdem beatissimus pontifex fecit in basilica 07 beati Pauli apostoli exlamminis argenteis imagines III
qui ponuntur super rugas in introitu presbiterii, una quidem habente depictum vultum Salvatoris domini nostri
Iesu Christi, et ex utriusque lateris imagines depictas habentes effigies angelorum, quipens. lib. XXIIII. io
Fecit et in basilica Apostolorum in via Lata vêla de palleis siricis numéro XX et linea XX. In ecclesia vero beati
Laurentii martyris atque lévite foris muros huius civitatis Romae fecit vêla ex palleis siricis numéro XX et linea
XX. Nam et in ecclesia béate Dei genetricis ad martyres simili modo fecit vêla de palleis siricis numéro XX et li-
nea XX. Item isdem sanctissimus pontifex fecit per diversa titula vêla de stauracim seu tyrea, per unumquemque
332 LXl titulum numéro XX et linea XX; quae fiunt simul vêla sirica 68 numéro CGCGXL. Ipse vero 6î> praecipuus pontifex \o
fecit imaginemex lamminis argenteis deaurata,habentem effigiem Salvatoris domini nostri IesuChristi, quiposita
est super introitum basilicae beati Pétri apostoli, ubi portas argenteas existunt, qui pens. lib. L. Nam et per diversas
diaconias fecit simili modo vêla stauracia seu tyrea per unaquaque diaconia numéro VI, qui fiunt simul 70 vêla
numéro XG VI. Item isdem sanctissimus praesul formam 71 qui Iobia vocatur, qui per evoluta XX annorum spatia
nimis contracta reiacebat, a fundamentis restaurare fecit. Simili modo fecit et in basilica beati Pancratii martyris 20
atque lévite 72 qui est foris muros civitatis Romanae, vêla de stauraci seu tyrea numéro XXXVIII et linea XXXVIII.
Et in basilica beati Stephani protomartyris in Celio monte fecit vêla de stauracim seu tyrea numéro XX et linea XX.
Sed et in basilica 73 beati Apollenarii simili modo vêla de octapolum optulit numéro X et linea X.Item in basilica
beati Valentini martyris quae sita est foris muros huius civitatis Romanae similiter fecit vêla de stauracim seu
octapoli numéro XXII et linea XXII. 25
333 LXii Dum vero forma 74 quae Claudia vocatur per annorum spatia demolita esse videbatur, unde et balneus Lateranensis
de ipsa aqua lavari solebat et in baptisterio eccle»iae Salvatoris domini nostri Iesu Christi et in plures ecclesias in
die sanctum Pasche decurri solebat; et dum modica aqua de praenominata forma intus civitatem decurrebat,
prospiciens praecipuus et coangelicus praesul, aggregans multitudinem populi partibus Campanie per semetipsum
ad fabricandum atque restaurandum eandem formam vicibus properavit. Et tantam curam ac sollicitudinem in 30
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 praeparavit E — fabricam B — quia I) — 2 illum BD — 3
plurimam AE : <et> E —5 centen. BE — 6 ; inter D — civita-
te D : -tes E — Genaculum A : Genuculo E
7 idem D — 9 quae BE — unam A — habentem E —
vult. dep. E — depictu A — 10 utrisque E — laterius D :
-ribus d — immag. A — effles A
il basilicam B — mimeras A — 12 Romane DE — 13 fecit
om. E — numerus A — 14 beatissimus B — 15 qui DE — 16
imagines... deauratas E — quae BD — 17 que B — 18 uuara-
quamque AB (unumq. A) — diaconiam B — quae B —
qui f. E — 19 forma D — quae B — 20 in om. A —
Panchratii A — 21 atque lévite om. E — levitis D — quae E —
civitate Romae D — stauracim D — 22 prothomartyr B — 23
Apollonaris CD : Apollenaris E — obt. B : optapulum A — 24
martirysris A — qui si t uni AD —
26 Dummurn A — Cladia D — balneus] in balneis E — 27 ec-
clesiae E — 28 civitate D — 29 agr. A — 30 fabricandu A —
proparavit A — et] ut E (corr.)— tantam <tam> D— in] i A —
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XCVII. HADRIANUS (772-795). 505
eiusdem forme fabrica exibuit, qui etiara a noviter eam renovavit atque restauravit. Et confestim qui ex eadem
formam aquae in praefato balneo etiam et intus civitatem sicut ex antiquitus habundanter decurri fecit.
Huius temporibus defunctus Leoninus consul etdux, postmodum vero monachus, ob veniam suorum delictorum LXIII
très uncias masse Aratiane qui ex hereditate parentum suorum fruebatur, sitas ab hac Romana urbe miliario XVI,
5 via Ardeatina, in quo et ecclesia beati Edisli "esse dinoscitur, quod ipse beatissimus papa magne constructions
fabricis decoravit ampliavitque in easdem très uncias suprascriptae massae Aratiane, alias sex uncias a Petro comité
seu Agnite, relicta quondam Agathoni scriniarii, etTheodote, relicta quondam Dominici praefecturii 76 , fines etiam ex
omni parte conquesivit. Data enim digna reconpensatione, nemini vim inferens, sed magis, ut condecet patri,
cuncta secus eundem locum arnica pactione émit praedia, et domocultam beato Petro eundem locum iure perpe-
io tuo statuit permanendum. Quae et domocultam sancti Edisti vocatur usque in odiernum diem. Pariter etiam et massa 334
qui vocatur Acutiana, qui iuxta eandem domocultam esse videtur, ab eodem Leonino beato Petro concessa est.
Item ipse ter beatissimus praesul in basilica maiore quae appellatur sancteDeigenetricis, qui aderat iuxta basi- LXIV
licam sancti Laurentii martyris adque lévite, ubi eius sanctum corpus requiescit, foris muros huius civitatis Romae
obtulit vêla de stauracim seu quadrapolis numéro LXV et linea LXV. Tectum vero tituli beati démentis, quae 335
15 iam casurum erat et in ruinis positum, regionis tertiae, a noviter restauravit. Necnon et basilicam beati Silvestrii
confessons atque pontificis sita in Orfea, quae iam in ruinis posita erat et tectum eius erutum existebat, facto
eodem tecto, a noviter ipsam ecclesiam renovavit. Simili modo et in famosissima totoque orbe terrarum preclara
veneranda basilica beati Pétri apostolorum principis, dum per olitana tempora vetustissimas trabes ibidem existe-
bant, cernens isdem precipuus pontifex, mittens lanuarium 77 vestiarium suum, cognoscens eum idoneam perso-
20 nam, cum multitudine populi, mutavit ibidem trabes numéro XIIII; atque totum eiusdem basilice tectum et
portica a noviter restauravit. Hic idem almissimus praesul, divina inspiratione repletus atque misericordia motus, LXV 336
forma 78 quae Virginis appellatur, dum per annorum spatia demolita atque a ruinis plena existebat, vix modicaaqua
in urbe Roma ingrediebat, prospiciens sicut benignus et pius pastor, a noviter eam restauravit, et tantam aquam
abundantiae praefulsit, qui poene totam civitatem satiavit. Tectum denique basilice beati Ianuarii martyris, sitam
25 foris porta beati Laurentii martyris atque lévite, a noviter restauravit. Item in cimiterio beatorum martyrum
Abdon et Sennes foris porta Portuense, vestem de stauracim fecit atque obtulit.
Hic enim coangelicus vir, divina inspiratione ignitus, constituit diaconias très foris porta beati Pétri apostolo- LXVI337
rum principis, idest unaquidem 73 sanctae et gloriose semper virginis Dei genetricis Mariae domine nostraequae
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i quia D — eam om. D — 2 forma B — aquae] adque A (d
erasum) : atque D — civitatem sicut ex antiquitus om. A —
civitate sicuti D
3 Leoni D — dus <et> D — 4 heditate A — parentorum
DE — ac AD — 5 ecclesiam E — 6 aliasex A — 7 rclicta-
Theodote om, E [suppl. e, sed omisso quondam) — Agathonis e
— relicta E — perfecturii DE — 8 recompensationem A —
concèdes A — 9 cunta A — 10 domuc. A [bis): domum c. DE
[bis) — Erisli E — 11 quae B [bis) — Accut. D — iuxea-
dem A
12 ipse om. D — quae D — 13 bassilica A — beati E — Ro-
mae] sem A — 14 quadrapulos D — lineas E — CXV D (bis) :
Liber pontificaiis.
XV CE [bis) — tituli] totum B — quod B : qui E — 15 tertite
A : très D — basilica E — Silvestrii A — 18 basilica om. D —
19 cerueret E — idera B — vestarari uni Ce [om. E) — 20
multitudinem DE — muravit A — numéro om. B — 22 apell.
AD — existebant D — 23 in u. R. ing.] urbem Romam ingre-
diebatur B — benignissimus E — pater B — 24 habund. aq.
E — quae D — situm E — 25 foris] ad E — portam DE —
martyri A — matirum A — 26 portam D
27 b. Petr.] beatorum E — 28 apostoli B — principi AE
om. B — quae pon.] quoque E [bis) : quae posita est e [bis) :
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506 XGVII. HADRIANUS (772-795).
ponitur in Adrianium, alia vero suprascriptae sanctae etintemerate domine nostrae, quae ponitur 80 foris porta beati
Pétri apostoli, in caput portici;necnon et alia diaconia 81 quaeappellatur sancti Silvestrïi, quae ponitur iuxta hospi-
tale sancti Gregorii. Quas suprascriptas diaconias hic almificus vir in abditis sine misericordiae fructu repperiens,
a noviter restauravit; ubi et dona plurima, mobilia atque inmobilia, pro remedio anime suae obtulit, et constituit
ut per unamquamque ebdomadam, quinta feria die, cum psallentio a diaconia usque ad balneum pergerent, et 5
ibidem dispensationem per ordinem pauperibus consolari atque elemosina fîeri.
LXVII Immo hic ipse sepius nominandus almissimus praesul pariterque et basilica vas eJectionis beati Pauli apostoli
cernens ibidem existentes trabes per prisca tempora vetustas ad modicumque ruituras, sicut superius in basilica
beati Pétri apostolorum principis, disponens Ianuarium fidelissimum vestiarium suum cum multitudinem populi,
sed et ipse ter beatissimus pastor per semetipsum frequentans, totam a noviter restauravit. In qua et mutavit -0
trabes maiores numéro XXXV ; et per circuitum eiusdem ecclesiae a noviter portica omnia renovavit.
388 LXVIII Hic autem ter beatissimus et apostolicus vir, dum per almissima exquisitione sua repperuisset monasterium
quondam Honorii 82 papae in nimia desolatione per quandam neglegentiam evenire, divina inspiratione motus, a
noviter eum aedificavit atque ditavit; et abbatem cum ceteros monachos regulariter ibidem vita degentes ordinavit.
Et constituit eos in basilica Salvatoris quae et Constantiniana iuxta Lateranense patriarchio posita officio celebrari, 15
hoc est matutino, ora prima et tertia, sexta seu nona, etiam et vespertina ab uno choro, qui dudum singulariter
in utrosque psallebant, monachi monasterii sancti Pancratii ibidem posito, et ab altero choro monachi iamfati
monasterii sancti Andreae et Bartholomei qui appellatur Honorii papae, quatenus piis laudibus naviterque psal-
lentes, hymniferis choris Deique letis resonent cantibus, reddentes Domino glorifîcos melos pro sepius memorati
venerandi pontificis nomen, scilicet in saecula memorialem eius pangentes carminibus. 20
339LXIX Hic idem sanctissimus praesul in domoculta quae appellatur Capracorum, quam ex iure proprio suo offeruit
pro alimoniis pauperum beato Petro apostolorum principi nutritori suo, a solo fundavit atque edificavit ecclesiam,
simulque speciose ornavit, et in nomen eidem Dei apostoli fautori suo dedicavit, recondens in ea reliquias Sal-
vatoris domini nostri Iesu Christi et eiusdem Dei genetricis semperque virginis Mariae atque XII apostolorum et
aliorum venerabilium martyrum; in qua sacratissima ecclesia cum cuncto clero suo senatuique Romano pergens, 25
cum nimia gloria seu exultatione pariter ovantes et in pauperes ibidem magna consueta elemosina faciente,
translatait atque infraduxit in ea corpora sanctorum martyrum simulque pontificum, videlicet corpus sancti Cor-
nelii 83 martyris atque pontificis, successorisque eius sancti Luciimartyris et pontificis, et corpus sancti Felicis si-
mili modo martyris seu pontificis, pariterque corpus sancti Innocentii confessoris atque pontificis; quos et
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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i Hadr. B : Hatr. C : Atr. E : Adrianum D — 2 hinc
apud D — Silvestrii A — quae p.] quoque E : delevit e — 3
fructo B — 5unam quemqueai A — spall. A: psallentia D — 6
dispensationem A: -ne cet. — ordineD — elemosynam E
7 basilicam B — 8 ibidem om. CE — existens A — 9 pr.
E ap. — vestiararium A — multitudine BD — 10 papa B
— totum D — annoviter A 11 — portica omnia om. E
12 beat. <pontifex> D — almifica D — eiquisione B —
repperuisseA : -risset DE — 13perquadamD — 14 ceteris B —
monaco3 A : -chis B — 15 <ut> in D — basilicam E — qui A
— patriarcio A — 16 matutina E — et om. E — tertia <et>
A — sexta om. E — sincuI.A — 17 utroque D — monasterioE —
positum A — monaci iamfacti A — - 18 Bartholomeae D —
Onorii A — noviterque D : pariterque E — 19 ymniferi D —
resolen A — retentes A : repetentes D : dicentes C — me*
moratus AE — 20 memoriale B
22 alem. A — ecclesia DE — 23 speciosa D — nomine E —
eiusdem B — apostolo E — fauctori B : fructori E : fectori e
— 26 sive B — pauperes <Christi> CD E — 27 corpora B — 28
Corn, martirum D —
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XGVII. HADRIANUS (772-795). 507
patronos in Domino, almus sacerfruens ob amorem sancte sedis apostolicae, in qua et praesederunt, sicut decuit
honora vit.
Necnon et tectum tituli béate Susanne martyris qui appellatur Duas domus, situm iuxta sanctum Quiriacum, LXX
que iam casurum erat et in ruinis positum, a noviter restauravit. Simili modo et titulumbeati Cyriaci u martyris
5 seu ecclesia sancti Laurenti 85 quae appellatur ad Formonsum, pariter easanoyiter restauravit. Immoet basilicam 340
Salvatoris quae et Gonstantiniana vocatur iuxta Lateranense patriarchio in ruinis posita una cum quadriporticis
suis atriisque et fontes, a noviter sicut ecclesias beatorum principum Pétri et Pauli renovavit, in qua et muta vit
trabes maiores numéro XV.
Item hic idem almificus praesul monasterium 86 sancti Laurenti qui appellatur Palatinis in desertis repperiens, a LXXI
10 noviter eum restaurans atque in omnibus ditans, coniungens ei alium monasterium iuxta ipsum positum, scilicet
sancti Stephani 87 qui cognominatur Vagauda, ordinavit monachos et constituit ut in titulo beati Marci pontificis
atque confessons officium fungerent, id est matutino, hora prima, tertia et sexta atque nona seu vespera psalle-
rent pro requiem anime sue. Sed et inpraedicta basilica beati Marci fecit alios arcos argenteos numéro VI,pens.
simul lib. LV; pariterque et calices ministeriales 83 in catholica précédentes ex auro purissimo reparavitVII, pens.
15 inibi lib. VIIII semis.
Hic quippe praesagus vir, considerans plurimorum populi salutem eo quod super ripam fluminis in ea porticum LXXII 341
quae ducit ad beatum Petrum apostolum artam et angustam existons viam vim transeuntes 89 ad eundem beatum
apostolorum principem Petrum perveniebant, plus quam XII milia tufos a litore alvei fluminis in fundamentis
ponens, a solo usque ad summum tegnum mire magnitudinis porticum reparavit; quae porticum usque ad gradas
•20 beati Pétri noviter restauravit.
Diaconia vero 90 sanctae Dei genetricis semperque virginis Mariae quae appellatur Cosmidin, dudum brève in
edifîciis existens, sub ruinis posita, maximum monumentum de Tubertinos tufos super ea dépendons, per annum
circuli plurima multitudo populi congregans, multorumque lignorum struem incendens, demolivit. Si-
mulque collectio ruderum mundans, a fundamentis aedifîcans, praedictamque basilicam ultro ci troque spatiose
25 largans, tresque absidas in ea construens praecipuus antistes, veram Cosmidin amplissima noviter reparavit.
Pariter et titulum beati Laurentii martyris qui appellatur Lucine, seu ecclesiam beati Martini sitam iuxta titulum LXXIII
sancti Silvestri, simulque et basilica beati Agapiti martyris foris muros iuxta sanctum Laurentium posita, quae
praefate ecclesiae a priscis temporibus marcu entes in ruinis mole evenerunt; quas praecipuus antistes fervens in
amore Spiritus sancti, in omnibus una cum porticibus earum noviter nimio décore renovavit. Verum etiam tituli
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2 honorari D
3 tituli] totum B — quae D — duosD — domosDE — Ciria-
cum D — 4 titulo D — 5 Formosum E (corr.) — basilica DE —
7 hadriisque AC — ecclesiam B
9 monast.] nomen D — Palastinis A — a om. B — 10 niviterD
— possit E (corr. e) — 11 Sthephani A — tit.] lerriturio A —
Marchi A (bis) — 12 officio fungerentur BC — matutina E — 13
remedium D — 14 VU om. E — pensus A
16 in ea] infra E — 17 avim D — 19 tectum E — porticus
DE— gradus BGE —20 noviter om. E
21 Mariae <scole greciae> E — Eosmidin D — brevem E
— 22 tufo E — eam CE — dependentes B (corr.) — 23 struens
DE — demolitus est CE — 24 basilica A — cidro A — 25 aps.
— antistis D — vera A — a no vo E et ita deinceps — 26 pariterque
CD — qui a Luc. D— ecclesiae DE— mart)TÏs B A— sita D —
27 basilica BE — Laurentium] Lautium A, qui sequentia omittit
usque ad pens. lib. XX, p. 511, 1. 4 i,— 28 marcessentes E — deve-
nerunt E — antistis D — 29 spiritu D — porticis D — titulus D —
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503 XGV1I. HADRIANUS (772-795).
sancti Sixti 91 seu et basilicae sancti Adriani a noviter simili modo renovavit aedes. Videlicet et basilicam beati Pan-
cratii martyris nimia vetustate dirutam atque ruinis praeventa, isdem almificus praesul omnia in integro a noviter
LXXIV nimio décore una cum monasterio 92 sancti Victoris ibidem situm restauravit. Item praecipuus praesul basilicae
sanctae Dei genetricis ad Praesepe quae a priscis temporibus tota marcuerat, ultro citroque restauravit, et insarta
342 tecta eiusdem ecclesiae posuit trabes maiores XX. Simili modo et basilicam sancti Eusebii undique renovans res- 5
tauravit.
Caméra vero beati 93 Pétri apostolorum principis in omnibus distructam atque dirutam exemplo olitano sculpens
diversis coloribus noviter fecit.
Porticus vero 9 *quae ducit ad beatum Paulum apostolum a porta una cum ecclesia sanctlEupli usque ad praedic-
tam basilicam sancti Pauli noviter restauravit. *o
Immo et porticus quae ducit ad sanctum Laurentium foris muros a porta usque in eadem basilicam noviter
LXXV construxit. Hic idem almificus vates eandem basilicam sancti Laurentii martyris ubi sanctum eius corpus
quiescit, adnexam basilicae maioris quae dudum isdem praesul construxerat, ultro citroque noviter restau-
ravit. Immoetaecclesiam sancti Stephani iuxta eas sita, ubi 95 corpus sancti Leonis episcopi et martyris quiescit,
similiter undique renovavit una cum cymiterio beatae Cyriacae seu ascensum eius. 15
Yerum etiam et basilicam Hierusalem, quae in Suxorio sita est, et olitanas eius marcuerant trabes, mirificae
ipsas mutans ex omni restauravit parte. Pariter et titulum Apostolorum quae appellatur Eudoxiae ad vincula, totam
Lxxvi eius noviter restauravit ecclesiam. Immo et basilicam 96 sanctae Rufinae et Secundae, quae ponitur in episcopio
Silvae Candidae, quae ab olitana vetustate marcuerat, una cum baptisterio summo studio renovavit. Videlicet et
basilicam 97 beati Andraeae apostoli, sitam via Appia in silicae, ultra sancto Thoma apostolo, non procul a tricesimo, 20
343 desolatione ruinis praeventa, noviter una cum baptisterio restaurans, mole magnitudinis decoravit. Pariter et basi-
licam beati Cosme et Damiani, sitam in Tribus fatis, quae a nimia vetustate similiter trabes eius marcescentes defe-
cerant noviter renovavit totam. Scilicet et ecclesiam 98 beati Iohannis Baptistae sitam iuxta portam Latinam, ruinis
praeventam, in omnibus noviter renovavit. Verum etiam et ecclesiam Apostolorum " foris porta Appia, miliario
tertio in loco qui appellatur Gatacumbas, ubi corpus beati Sebastiani martyris cum aliis quiescit, in ruinis prae- 25
ventam noviter restauravit. Immo et titulum Pudentis, id est ecclesia sanctae Pudentianae, in ruinis praeventam
noviter restauravit. Seu et basilicam 100 sancti Theodori, sitam in Sabellum, iuxta domoculta Sulficiano, necnon et
basilicam 101 sancti Pétri posita in massa Marulis, per olitana dirutas tempora, a solo renovavit.
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1 a om. B — 2 dir^ptam E(cor/\) — <in>omnia E — a o m .
B —3 basilicam E — 4 tota om. D — serta E — 5 basilicaD —
6 ren. rest.] renovavit E
7 camara B : cameram E — distracta atque diruta B — ex-
calpens E
9 ecclesiam E
U murum E— ad eandem B — basilicatE — 12 vates E : ba-
tem B : beatam D : vir C — 13 maiori B — 14 ea B : om. E
suppl.) — sitam E — ubi om. E {suppl.)
17 ex] in E — titulum] templum E — quod E — Euduxiae
D — vinculasD: -lis E (corr.)— 19 avolitana CD — 20 sancti B—
Andraeae] Pétri E (corr.) — sita D — Apia BD— sanctum Tho
mam apostolum E — treces. B — 21 ruinis om. E (cojt.) — 22 ba-
silica D — sanctorum E — sita D — marcessentes B — 23 tôt.
ren. E — totam om. D — ecclesia D — sita D — porta Latina
DE— 24 praeventa (ter) D — restauravit B — portam Appiam
E— 26Immo-restauravit om. E (suppl.) — Podent. B : Potent.
CE — 27 Savellum E — domum cultam E — Sulfitiano B —
28 positam E — Narulis B — solum E
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XCVII. HADRIANUS (772-795). 509
Huiusdenique 102 temporibus defunctus Mastalus primicerius reliquit pro aniraa sua in potestate praedicti almi L\xvii344
pontifîcis pauperibus Christi de sua propria hereditate erogari, quatenus ex uno consensu heredes praedicti Mas-
tali dederunt atque venundaverunt eidem magni praesuli fundis atque casalibus una cum ecclesia 103 sancti Leucii
portionem eis conpetentibus, posita via Flamminea, miliario ab urbe Roma plus minus V, in auri solidos man-
5 cusos numéro CC, quos et pro anima iamfati Mastali heredes eius Christo dederunt. Portio vero Gregorii secun-
dicerii quae in suprascriptis casalibus sancti Leucii habere dinoscebatur, pro secundicerii honorem 104 eidem almo
praesuli ab eodem Gregorio concessa est. Et dum ipsa sancti Leucii ecclesia in ruinis et dumis atque vepribus
circumvallata repperuisset, noviter eam restaurans, mirae magnitudinis domocultam ibidem beato Petro nutritori
suo aedificavit et in perpetuum concessit, et in ea fines ampliavit, tam ex hereditate quondam Paschali quam-
io que ex commutatione heredibus quondam Lucie, seu Iohannis primicerii, vel diversorum locorum.
Hic fecit in basilica beatae Petronillae ad beatum Petrum apostolum arcos argenteos VI, pens. lib. L. Titulum LXXVlll
vero sanctae Praxedisex parte ruens in integro renovavit. Immo et basilicam m sanctae Eugeniae tam intus quam-
que foris noviter restauravit. Simili modo et basilicam sancti Gordiani atque Epimachi, seu cymiterium eiusdem 345
ecclesiae Simplicii et Serviliani, atque Quarti et Quinti martyribus et beatae Sophiae una cum cimiterio sancti Ter-
<5 tullini foris porta Latina noviter renovavit. Necnon et ecclesiam 106 beati Tiburtii et Valeriani atque Maximi, seu ba-
silica sancti Zenoni una cum cymiterio sanctorum Urbani pontifîcis, Felicissimi et Agapiti atque Ianuarii seuCyrini
martyribus, foris porta Appia, uno cohérentes loco, quae ex priscis marcuerant temporibus, noviter restauravit.
Itemque titulum sanctae Dei genetricis semperque virginis Mariae quae vocatur Calisti trans Tiberim, noviter in LXXIX
integro ex omni restauravit parte. Simili modo et titulum sancti Marcelli via Lata situm noviter restauravit. Seu
20 basilicas ,07 cymiterii sanctorum martyrum Hermetis, Proti et Iacincti atque Bassillae mirae magnitudinis innovavit.
Cymiterium vero m sanctae Felicitatis via Salaria, una cum ecclesiis sancti Silani martyris et sancti Bonifacii confes-
sons atque pontifîcis, uno cohérentes solo, mirae restauravit magnitudinis. Seu et basilicam sancti Saturnini in
praedicta via Salaria posita una cum cymiterio sanctorum Crisanti et Dariae renovavit, atque cimiterium sanctae
Hilariae innovavit. Immo et cimiterium Iordannorum, videlicet sanctorum Alexandri, Vitalis etMartialis marty- LXXX
25 ribus, seu sanctarum septem virginum noviter restauravit. Pariterin eadem via Salaria cymiterium sancti Silvestri
confessons atque pontifîcis aliorumque sanctorum multorum in ruinis positum renovavit. Necnon et ecclesiam
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sancti Felicis, positam foris portam Portuense, noviter restauravit ; simulque et basilicam l09 sanctorum Abdon et
Sennes atque beatae Candidae una cum ceteris sanctorum cymiteriis in idipsum pariter renovavit.
Idem egregius praesul praelatas basilicas, scilicet beati Adriani martyris seu sanctorum Cosme et Damiani, quas LXXXI
30 noviter restauravit, diaconias 110 constituit, in quibus et multa bona fecit pro sua sempiterna memoria, concedens
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VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 corporibus E — potestatem E — almi om. E — 2 eroga-
re D — 3 Mastalis E — 4 auro E — 5 mancos I) — numéro
om. D — quorum E — an.] nimia E — 6 honore B — 7 exu-
mis BD : ex dumis C : ex humis E : et dumis conieci — 8 cir-
cumbellata B — ea B — domoculta D — 9 Paschalis E — 10
Iohanncs D
11 Petronellae B— 12renovabit D et ila saepe— 13 basilica D
— cimiterio B — 14 Symp. D — Sophyae D— 15 Tertulini CE
— portam Latinam E — 16 basilicam E — Zenonis E — 17
portam Appiam E — 18 qui B — 19 parte rest. D — 20 basili-
cam E — martyrum om. D — Hermès E — Iacinthi E — Ba-
sillae D : basilicam E — 21 Silvani D — Bonef. D : -tii E — 22
cohérente DE — seu] sed B — 23 Chrysanti E — 24 lordano-
rum D — <et> Vitalis E — Marcialis D — 26 ecclesia D — • 27
posita D — porta D — Portuensem E
29 egr.] aegrius D — praelatus codd. : praelatas scripsi —
basilica B : -cam E — 30 per suam sempiternam memoriam E
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510 XGVII. HADRIANUS (772-795).
eis agros, vineas, oliveta, servos vel ancillas et peculiis diversis atque rébus mobilibus, ut dereditum eorum cre-
346 bro lusma diaconiae perficientes pauperes Christi refocillentur. In prefata vero diaconia sancti Adriani obtulit in
argento canistra XII, ama una, scyphum I, patenam I, calice sancto I, amula offertoria I, pens. inibilib. LXVII,
Item prae nimia eius sollerti cura atque industriam ex aquaeductus Sabbatinae llf noviterformale a fundamento
aedificans, fauctori suobeato Petro apostolo fluentia aquae perduxit, tam in fontes basilicae quod per véhicula im- 5
plebantur quam in atriis eiusdem basilicae simul balneo, utilitate peregrinorum seu ibidem servientium procu-
rante.
LXXXII Immo et basilicam 112 sancti Secundini, positam in Penestrina, ubi eius corpus quiescit, in ruinis positam noviter
347 restauravit. Pariter etiam et basilicam beati primi martyris Stephani sitam in Gelio monte, que per olitana tem-
pora marcuerat, maximas in ea deferens trabes, tam mole basilicae quamque portica mirifîce intrinsecus et extrin- io
secus noviter renovavit.
Porro et in basilicam beatae Eugeniaeque iamdudum eius renovaverat almitas, sollerti in ea gerens cura, mo-
nasterium puellarum noviter ibidem a fundamentis aedificans, constituit ut iugiter illuc Deo canerent laudes, vide-
licet hora prima,tertia, sexta, nona, vespera etmatutino; in quo et plura obtulit dona, id estagros, vineas, domos,
servos, et ancillas diversisque peculiis et ceteris mobilibus et immobilibus rébus. 15
Videlicet et titulum Pammachii sanctorum Iohannis et Pauli, quod per elapsos marcuerat annos, omnia sarta
tecta eidem titulo renovavit.
348 LXXXIII Hic vero egregius sacerdos, ob nimium amorem, confessionem beati Pétri apostoli totam intus ex auro purissimo
in lamminis diversisque historiis compte ornavit, ponderum CCG librarum ponens ; et in postem superius eius-
dem sacrae confessionis auri mundissimi lib. XIII. Pari modo et in ipsius apostoli confessione limitare inferius 20
lib. XXV. Aspectum vero altaris super eadem almam confessionem atque dextra levaque parte iuxta grados quae
cohérent iamdictae confessionis, addens in eo argenti lib. CXXXVI, curiose renovavit, eiusque historiis ex auro
purissimo lib. XVIII nitidissime deauravit. Simulque et cantaros in eadem Dei apostoli ecclesia numéro X reno-
vavit, addens in eos argenti lib. G.Ante ianuas vero argenteas fecit canistros argenteos numéro VIIII, pens. simul
lib. XLV. Simili modo et in turre canistros XII, pens. inibi lib. XXXVI. In eadem quippe beati Pétri ecclesia, 25
349 LXXXïV per diversas coronas fecit delfinos ex argento lib. C. Et in ecclesia beati Pauli apostoli instar in delfinos posuit
argenti lib. LXXX; pariter et in ecclesia Salvatoris quae appellatur Gonstantiniana fecit delfinos argenteos
lib. LXXX. Fecit et in ecclesia beati Pétri per diversa oratoria canistra argentea numéro XII, pens. simul
VARIANTES DES MANUSCRITS
— 1 <in> eis B — agros om. B — peculias diversas E (-ia
-sa e) — res mobiles E — reddito B : reditu E — 2 crebro
lusma] crebris manibus E — refocilentur B : reficerentur E —
vero om. D — 3 amam unam E — scyFo B — patena B — ca-
'icem sanctum D — amraula D — inibi om. E
4 curam E — iudustria B — ex] et E — aquaeductu B — 5
fontem B :4e E — 6 implebatur E — utiliter B
8 posita D — corp. ei E — posita B — et<in>E— 9 sita
D — 10 tam <vasta> E— bas.] sanctifiée E {corr.) — 12basi-
lica D — quam E — renoverat B : -vaverit D — 13 caneret E —
14 matutiuum D : -na E — plurimaB — dona ob. pi. D —
15 et immobilibus om.E
16 elapsus marcuerant E — 17 eiusdem tituli E
18 sacer BD — confessione E — apostoli om. E — ■ 19 storiis
D et ita infra — superius om. B — eidem D — 20 ipsis E — li-
mitari inferiori E — 21 aspactum 1) — almam om. E — gradus
quoque heret BE — 22 historié E — 23 nitissime BD — can-
tharas E — eccl. ap. E — ecclesiae D — 24 in eos ad. B —
eis E — 25 num. -XLV] XII pens. lib. XXXVI E — < arg. >
XII E-XXXVI] XLV E-26 lib. arg. B-27CLXXX E - et om. D
— delphinis E — 28 XXX E —
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lib. XL ; et rugas in presbiterio 113 a parte virorum et mulierum ex argento purissimo pens. simuKib. CXXX ; nec non
et alias rugas in caput presbiterii an te confessionem, ex argento, pens. simul lib. CI III. Et in ecclesia sanctae Dei
genetricis trans Tiberim fecit canistra argentea V, pens. simul lib. XV. Enimvero in basilica sanctae Dei genetricis
quae appellatur ad Praesepem, in altare ipsius Praesepii 114 fecit lamminas ex auro purissimo historiis depictis, pens.
5 simul lib. GV ; ex argento intus suprascriptae confessionis tabulas II, pens. simul lib. XV.
Ecclesia vero beatae Agnes martyris seu basilica béate Emerentiane, pari ter etiam et ecclesiam beati Nicomedis LXXXV 350
sitam foris porta Numentana, simul et cymiterium 115 beati Yppoliti martyris iuxta sanctum Laurentium, quae a
priscis marcuerant temporibus, noviter restauravit. Pari modo et ecclesia beati Christi martyris Stephani, sitam
iuxta praedictum cymiterium sancti Yppoliti, similiter restauravit. Fecit yero et in confessione beati Pauli
10 apostoli ex auro purissimo imaginem in modum evangeliorum, intus super eiusdem sacratissimum corpus, pens.
lib. XX.
Idem vero omnium bonorum praecipuus praesul noviter dedicavit atque constituit monasterium !16 sanctorum LXXXVi 351
Adriani atque Laurentii, quod in ruinis marcescens a priscis temporibus tamquam in cripta a secularibus habi-
tabatur; ipse vero egregius antistes noviter eum restaurans, in praedictorumsanctorum, videlicet Adriani et Lau-
15 rentii, nomen aedificavit, in quo et multa bona donavit, tam in auro quam in argento seu in agris atque familiis
diversisque peculiis simulque et mubilibus rébus, et constituit in basilica sanctae Dei genetricis semperque virgi-
nis Mariae ad Praesepem in caeteris monasteriîs ibidem constitutis Deo die noctuque canentes solite gerere
laudes.
Fecit autem idem praesagus antistes in confessione beati Laurentii martyris foris rauros imaginem ex auro pu- LXXXVII
20 rissimo in modum evangeliorum, eiusdem beati Laurentii effigies continentem, quae pens. lib. XV. In ecclesia 351$
vero Salvatoris quae vocatur Gonstantiniana fecit ante vestibulum altaris i17 gabatas aureas III, pens. lib. X.
Sed et in basilica beatae Dei genetricis ad Praesepem fecit delfinos argenteos per diversas coronas, pens. inibi
lib. XXIIII.Praesertim idem eximius antistes fecit in ecclesia beati Pétri apostoliad corpus 118 imaginem quae dudum
ex argento inerat Salvatoris, sanctae Dei genetricis, sanctorum apostolorum Pétri ac Pauli atque Andreae, de auro
25 purissimo mirae magnitudinis, pens. inibi lib. CC.
Hic elegantissimus praesul atque fortissimus rectae fidei praedicator direxit missos suos, videlicet Petrum ve- LXXXVIII353
nerabilem virum, archipresbiterum sanctae Romanae ecclesiae, et Petrum religiosum abbatem venerabilis monas-
terii sancti Sabae qui appellatur Cella nova, apud imperatorem Constantinum et matrem eius Herenem, adhortans
VARIANTES DES MANUSCRITS.
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1 XL lib. D — presbiterios — E simul om. E — 3 genetricis
< Mariae > E — Tiberi D — 4 app.] est E — Praesepe E —
lamminis B — 5 ex] et B — - ex- XV om. DE [suppl. e)
6 Agnetis E — basilicam E — béate om. E (suppl.) — eccle-
sia B — 7 site E — portam Numentanam B — Ipol. D : Ypol.
E — 8 et om. E (suppl.) — ecclesiam D
12 Idem vcro-laudes] Fecit autem ipse pôû a novo ëccl sancti
Hatriani et Laurentii qui diruta erat in cripta cenacula secu-
laria et dona ivi optulit multa et vêlas diversas A— 13marces-
cebat E — in om. E — a om. E— inhab. E — 14 antistis D — res-
tauravit E — 15 nomine E — bona om. E — quamque et E —
atque < in > E — 16 et < ex > E — munilibus DE (mon. E)
— basilicam B — 17 Praesepe E — sollicite D
19 Fecit autem -aeternam faciens, p. 512, /. 9, om A —autem
om. E — ibidem E :om. D — murum E — 20effigiem B — qui
E — ecclesiam D — 21 aur. III gab. E — 22 basilicam E —
Praesepe E — delphinis E {corr.) — inibi om. E — Praes.] praes-
tantissimus E— ibidem D— ecclesiam D— 24 sanctae que B —
etB
26 Petrum -arch.J presbiterum Petrum E— 27 virum om. D—
archiepiscopumD— venerabilem DE— 28 monachumD — quae
DE — Haerenae B : Helenam C : Elenam D : Herenem E —
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512 XCVII. HADRIANUS (772-795)
eos atque fideliterpraedicans per suas apostolicas syllabas 119 pro sacris imaginibus erectione, qualiterper testimo-
nia Scripturarum seu traditionum probabiliura Patrum a priscis temporibus usque actenus orthodoxe venerantur in
sanctam catholicam et apostolicam Romanam ecclesiam. Quipraefati imperatores eandem vénérantes atque amplec-
tentes apostolicam epistolam, concilium in Nicea congregari fecerunt, iuxta trecentorum quinquaginta episcopo-
rum, qui secundum doctrinam praelatae apostolicae epistolae nimirum crediderunt ac promulgantes censuerunt, 5
et synodum universalem definierunt mire assertionis pro venerandis imaginibus erectione. Quam synodum iam-
dicti missi in greco sermone secum déférentes una 120 cum imperialibus sacris manibus propriis subcriptis, prae-
dictus egregius antistes in latinoeam 121 translatari iussît, et in sacra bibliotheca pariter recondi, dignam sibi ortho-
doxe fidei memoriam aeteraam faciens.
LXXXIX Hic idem eximius papa altare beati Pauli apostoli una cum eiusdem confessionis fores, ex auro mundo in sacris 10
designans historiis mirifice ornavit, pens. lib. CXXX. Sed et sarta tecta tituli sanctorum Quattuor Coronatorum,
quae in ruinis existebant, trabes ibidem plures imponens, omnia noviter restauravit. Item fecit patenam et cali-
cem in basilica beati Pétri apostoli in diebus cotidianis ministeriis, ex auro purissimo, pens. simul lib. XXI III.
Item beatissimus vir fecit in ecclesia sanctae Dei genetricis ad Praesepem patenam et calicem sanctum ex auro
obrizo, pens. inibi lib. XX. Item in titulo Eudoxiae, videlicet beati Pétri apostoli ad vincula, fecit canistra XII, 15
pens. simul lib. XXXVI, et delphinos per diversas coronas XXXV, pens. lib. VIII. Pariterque et ecclesiam 122 beatae
XC Sabinae, sita territorio Ferentinello, noviter reparavit. Hic ipse almificus praesul fecit in basilica beati Pauli apos-
354 toli patenam ex auro obrizo cum calice sancto, pens. simul lib. XX. Similiter et in ecclesia beati Laurentii mar-
tyris foris murum fecit ex auro purissimo patenam cum calice sancto, pens. inibi lib. XVI.
Item diaconiam 123 sanctorum Sergii atque Bachi, eiusdem diaconiae dispensator, propter metum templi quod 20
situm super eam videbatur, evertens super eandem ecclesiam a fundamentis ipsam basilicam exterminavit. Quam
restaurare minime valens, misericordia motus ob eorum martyrumamorem, hic praesagus antistes a fundamentis
in ampliorem restauravit décore nimio statum.
XCI Basilicam 124 vero monasterii beati Anastasii Ghristi martyris una cum vestario seu ygumenarchio ceterisque aedi-
ficiis per incuriam monachorum nocturno silentio exusta a fundamenta usque ad summum tegnum conbusta 25
sunt. Quo audito, misericordissimus praesul valde diluculo velociter currens, repperuit eam adhuc ardentem et
solummodo arca eiusdem martyris lympsani eruta in média corte iacente. Cetera vero sanctuaria seu ministeria,
tam in ecclesia quam in vestario, ab ipso igné conflata sunt. Qui cum nimio merore cum suis ministerialibus
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1 pro] per D — erectionem E — 3 ecclesia B — 5 praela-
tae] praedicationis E — epistolae om. D — hoc D : hac E —
6 honerandis E — 8 latina E — ea B — digna E
10 confessons foribus E — exom. E — 11 designatis toriis A —
Sed et-noviter reparavit, /. 17, om. A — 12 ibidem om. E
(suppl.)— 13 simul om. B — 14PraesepeE— 15eubrizo D(ôt's) —
inibi om. E — cimiterio Eodoxie D — viuculisE — 17 sitam D :
< in> E — Hic-apostoli] Fecit in ipsa ecclesia A — 18 patena
E — auro obrizo] a///////////// A — Similiter-nimio statum, /. 23,
A sic breviat : Restauravit omnia titula et universi (-sa a) cimi-
teriaet dona optulit quaedinumerari non possunt — 19 foras D
— muros B — inibi] simul E — XV E
20 diaconia B — Sergi E — atque et E — 21 eas E — Quem
B — 22 minime"] non D — hic om. E — 23 nimium E
24 basilica E — vestiario BD (ter) : baptisterio E — augum.
E{corr.) : -cio A — 25 monachorum om. E {suppl.) — exutusE
— teenum A:|tectum E — 26 repperit BE — 27 archa A : -eam
DE — lyms. D : vel ipsam E — erutam E — curte BE — 28 ia-
centem E — misteria D —
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XGVII. HADRIANUS (772-795). 513
certatim extinguens ignem, confestim nisibus totis a flammiferis ruinis eruta noviter in meliori statu praedictam
ecclesiam cura vestario et ygumenarchio ceteraque aedificia renovavit ac restauravit. Et amplius in ea sanctuaria
atque ministeria et ornatum maxime quam ibidem conbusta sunt contulit.
Ipse vero Deo protectuspraesulconspiciensmuros 125 huius civitatis Romanae perolitana tempora in ruinis positos cil 355
5 et per loca plures turres usque ad terram eversas, per suum sollertissimum studium totas civitates tam Tusciae
quamque Gampaniae congregans, una cum populo Romano eiusque suburbanis neenon et tota ecclesiastica pa-
trimonia omnibus per pedicas dividens cum sumptis dapibusque apostolicis, totam urbem in circuitu restaurans
renovavit ac decoravit.
Presertim et in altare maiore ecclesiae beati Pétri apostoli fecit ex auro purissimo diversas storias, pens. lib. xcill
10 DXGII ; et intus in confessione imaginem in modum evangeliorum ex auro obrizo pens. lib. XX, simul et cancel-
lum ante eadem confessionem ex auro purissimo pens. lib. LVI, qui fiunt simul tam in altare quam intus in sa-
cra ultro citroque confessione, seu imagine in modum evangeliorum, neenon et in postibus inferioribus et supe-
rioribus atque cancello, simul etiam et in corpus auri obrizi lib. mille GCCXXVIII.
In vicesimo ,26 enim praelati eximii pontificis anno, mense decembrio, XVindictione,fluvius Tiberis a suoegres- XCIV356
15 sus alveo intumescens sese per campestria dédit. Qui etiam prae nimiainundationeportam quae dicitur Flamminea
ingressus, ipsam afundamenta evellens portam, usque ad arcum 127 qui vocaturTres Falciclas eam deduxit. Interea
et muros in aliquibustranscenditlocis atque ultra basilica sancti Marci, regammans 128 per porticum Pallacinis, per
plateas se extendens usque 129 ad pontem Àntonini,ipsum evertens murum, egressus, in suo se iterum univit alveo ;
ita ut in via Lata amplius quam duas staturas eiusdem fluminis aqua excrevisset, atque ad porta beati Pétri usque
20 ad pontem Molvium aquae se descenderent ; iuxta remissam vim ipsius fluminis se dédit. Domos itaque evertit, XCV
agros desertavit, evellens et eradicans arbusta et segetes. Nam nec serere pars maxima Romanorum valuit ipso
tempore, et pro hoc imrainebat tribulatio magna. Quo audito, ipse precipuus presul, eo quod per triduum ipse
flumen, quasi per alveum proprium, per civitatem currebat, sese nimis in lamentum dédit ; et humo in oratione
prostratus persistons, misertus Dominus eius orationibus postriduum cessavit. Sed plures dies aqua Roma dete-
25 nuit invasa. Qui ipse praecipuusantistes,divinapermotusinspiratione, per sandala ,30 morantibus via Lata cibos al ébat
ut non famé necarentur, eo quod minime a suis domiciliis exire quiebant prae nimia multitudine aquarum. Post
modum vero arefacta aqua, omnes ex ipsa regione via Lata in donis consolavit.
VARIANTES DES MANUSCRITS.
1 igné D — viribus E — erutam E — moliore D : -rem E —
statum E — eugum.DE — 2 vestiaro B D — ac] atque E — 3 orn.
max.] ornamentamaiora CE (mentum C) — conbuste D
4 Deo <ut dicitur> E — ■ 5 terras A— evertens E (corr.) —
soler. A — totacifA — 6 quam D — 7 patria A — propedi-
cans E {corr.) — sumtis A
9 altari maiori E — ecclesia B — hist. BE — 10 DXCVII E —
imagine i modum A — 11 cancello D : -Ios E — conf. ead. B —
eandem E — que B — tam om. E —altari E — quam om. E —
12 imaginem DE — neenon et in postibus om. A — et su-
perioribus om. A — 13 cancellis E — obriza AB — lib. om. B —
CCCXXVIIII D
14 vigesimo A — 15 egresu A : -sso E — sesej esse ABD —
porta D — Flamminiam B— 16 ipsam om, D— fundamento B :
Liber ponttficaus.
-tis E— Tres-porticum om. E(suppl.) — Falcicla A (corr. Calci-
cla) : FIaciclasBD(m D !«"« lerasum est) : Faccicclas CE — ea-
dem D — 17 basilicam BD — regamans De— porticum <quae
vocatur> e — 18 platea A — ad] a A — eavertens ADE— suos
iterum D — munivit CE — 19 a D— portam BE — 20 Olvium
AB : Molbium D — dise. A : -rantE — se dédit] reddidit E— -.
avertit E — 22 per hoc E — eo] hoc E— ipsud B : ipsum E — 23
per alveum] hinc rursus V — proprium om. EV — se EV — lamen-
tationibus E — orationem E — 24 post tr. EV — < per > plu-
res EV — Romam BEV — 25 scandala b : sandalam D — vio
D — alevat E : al levât V — 26 necareaîït A : negarentur D —
a om. V — nequibant EV — altitudine E — 27 ipsas regiones
EV — domo consolatus est EV
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514 XCVII. HADRIANUS (772-795)
XCVI Idem vero sacratissimus praesul portas aereas 131 maiores mire magnitudinis decoratas, studiose a civitate Perusine
eas deducens, in basilica beati Pétri apostoli ad turrem compte erexit.
Sed in titulo beati Marci nutritori suo fecit patenam et calicem sanctum ex auro purissimo, pens. simullib. XI ;
357 immo et argenteos calices IIII, pens. inibi lib. XII. Praesertim et in basilica beatorum Cosme et Damiani simi-
liter patenam et calicem ex auro obrizo, pens. pariter lib. XI, obtulit. Verum etiam et in diaconia sancti Adriani 5
instar patenam et calicem ex auro mundo contulit, pens. lib. simul XI. Fecit autem et in diaconia sancti Adriani
martyris arcora de argento II, pens. inibi lib. XX ; et in basilica sancte Martine arcora de argento III, pens. inibi
lib. XXX. Immo et in ecclesia sanctae semperque virginis Mariae quae vocatur ad martyres renovavit cyburium
de argento, qui ex vetustate consumptus inerat, et addidit in eo argenti lib. LX, et in pristino eum erexit noviter
locum. Sed et arcum in eadem venerabili ecclesia fecit argenteum, pens. lib. XII. 10
XCVII Hic beatissimus et praeclarus pontifex, omnia militer noviterque tam in elimosinis pauperum quamque in orna-
mentis sanctarum ecclesiarum perficiens, verum etiam cursum consummans atque fidem orthodoxam sollertissime
servans, Dei vocatione vitam fîniens, ad aeternam migravit requiem. Qui fecit ordinationes duas per mense martio,
presbiteros XXIIII, diaconos VII; episcopos per diversa loca numéro CLXXXV.Et sepultus est 132 in basilica beati
Pétri apostoli, \II kal. ian., indictione IIII. 15
VARIANTES DES MANUSCRITS.
i mai. aer. D — decoratas om. D — Perusineas AE : Peru-
sine has D : Penifineas V — 2 basilicam EV — conte AD
3 Sed < et > B — simul om. BE — A inibi om EV — XI B
— beatorum om. D — 5 pariter om. E (suppl.) — et om. A —
diaconio D — 6 instar] martyris D — simul lib. DEV — si-
mulque A — in om. DE [suppl. e) — Hadiani A — 7 basili-
cam B — sancte om. EV — 8 quia quae appellatur D — ad
m. voc. EV — 9 consumptum EV — inherat AD — argenti
om. V — pristinu A — 10 loco EV — et om. AB — venerabi-
lem ecclesiam D — de argento EV
H et praeclarus om. EV — naviter CV — 12 consumans A —
orth. soll.J men A — 13 vocationem V — 14 presb. XUII DV
— et om. V — 15 VI kal. A — ian. D — quarta A : < Fuit
autem temporibus Karoli magni régis > EV
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NOTES EXPLICATIVES.
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1. nobilissimi generis prosapia ortus] Il est dit ci-dessous que
l'oncle paternel d'Hadrien avait été consul et duc ; il appartenait
donc à cette aristocratie (optimales militiae)qai s'était constituée,
dés le septième siècle, au sein de la milice locale (exercitus Roma-
rins), dont elle formait comme l'état-major héréditaire.
2. Theodoto dudum consule et duce] Ce personnage est nommé
dans une inscription de l'église S. Angelo in Pescheria. On y lit,
après un long catalogue de reliques :
+ EST EN1M DEDIGATIO ECGLESIE ISTIVS
AT NOMEN BEATI PAVLI APOSTOLI GALEN
IVNIAS PER INDICTIONE OGTABA ANNO
AB INITIO MVNDI SEX MILIA D VCEN TOS
SEXAGINTA TRES TEMPORIBVS DOMN
STEPHANI IVNIORIS PAPAE THEODOTV
HOLIM DVX NVNC PRIMICERIVS SGA E SED .
APOSTOLIGAE ET PATER VIVS BEN. DIAG. A SOLO
EDIFICAVIT PRO INTERGESSIONEM ANIMAE SVA
ET REMEDIVM OMNIVMPEGGA TORVM
En dépit de tant d'indications chronologiques, la date de ce mo-
nument demeure incertaine, car deux années, 755 et 770, satisfont à
toutes les conditions ici posées. Toutes les deux ont l'indiction hui-
tième ; toutes les deux peuvent être comptées comme l'an du monde
6263, selon qu'on suitl'ère de Constanti nople (5508 m. = lChr.) ou
celle d'Alexandrie (5177 m. = 1 Dioclétien = 284 Chr.), employée par
Théophane; toutes les deux tombent sous un pape Etienne. Et le mot
iunioris ne fait pas cesser l'indétermination, car nous trouvons ci-
dessous, dans la vie dHADRiEsr, le pape Etienne II appelé Stephanus
iunior p. 498, l.H)et le pape Etienne III Stephanus secundus iunior
(p. 486, 1. 17). Si l'on insistait sur l'absence de secundus dans notre in-
scription, je répondrais que Grégoire III est appelé indifféremment
secundus iunior ou iunior tout court, dans un document du huitième
siècle, la vie de saint Boniface par Willibald (c. 14, 25, 27). Du reste
nous ne savons pas qui était primicier en 755. Ambroise, qui avait
exercé cette charge peu auparavant, était mort à la fin de 753) ci-des-
sus, p. 447); Christophe, qui l'exerça plus tard, est mentionné dans la
vie d'Etienne II (ci-dessus, p. 455) à propos d'un événement de Tan-
née 756, mais seulement avec le titre de consiliarius ; la première
fois qu'on lui voit donner le titre de primicier, c'est dans une lettre
du pape Paul (Jafle,2363 ; Cod. Carol.,p. 128), postérieure aux pre-
miers moisde 764 . On pourrait donc placer le primicériat de Théo-
dote entre celui d' Ambroise et celui de Christophe. Il se peut aussi
que Théodote ait été le successeur de Christophe. En ce cas la dis-
grâce et la mort de celui-ci devraient ôtre rapportées au carême
710. Cf. ci-dessus, p. 484, Etienne III, notes 58, 60.
3. ad evangelizandum] Il ne faut pas prendre ce mot comme in-
diquant autre chose que le chant de l'évangile.
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XCVII. HADRIANUS (772-795).
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4. electus est culmeh] Mabillon a publié, dans son Musaeum itali-
cum, t. I, part. II, p. 38-41, une vie d'Hadrien rédigée à Nonantola
d'après le L. P. , le Liber diurnus et les documents du septième concile
œcuménique ; on y confond, à la fin, Hadrien I w avec Hadrien III
(884-885). L'auteur de cette mauvaise compilation parait avoir eu
entre les mains un exemplaire du Liber diurnus où se trouvait le
nom d'Hadrien, dans les formules II, 4, 9 (Garnier = 68, 83-85
Rozière). La première est le décret d'élection ; il porte la date du
mois de février, indiction X ; les autres contiennent les diverses
professions de foi que les papes avaient coutume de faire avant et
après leur consécration.
5. cum eodem Desid»rio] Cet eodem est un lapsus. Le biographe ou-
blie qu'il rédige ici une harangue et non une narration en style de
procès-verbal.
6. in ea foederis pace] Les traités de 754 et de 756.
7. omnia Mi mentilus fuisset] Cf. Etienne III, p. 485, note 63.
8. ornnes iustitias] A l'avènement de Paul, les revendications pon-
tificales se fondaient sur le traité intervenu en 7 57 entre Etienne II et
le roi Didier (Etienne II, p. 455) ; le roi s'était engagé à restituer Fer-
vare, Faenza, Imola, Bologne, Ancône, Humana et Osimo. Les
cinq dernières villes et leurs territoires étaient encore entre ses
mains au moment où Etienne II mourut; il ne s'en dessaisit point,
malgré les efforts du pape Paul. Celui-ci accepta sans doute un
compromis sur ce point; ses dernières lettres au roi Pépin ne
mentionnent plus de revendications de territoires, mais seulement
des réclamations de détail, relatives surtout aux propriétés ecclé-
siastiques et à leurs revenus. Cette situation se maintint sous
Etienne III; c'est celle qu'Hadrien trouva à son arrivée au
pouvoir.
9. superislam] Cette dignité est mentionnée ici pour la première
fois. Galletti [Primicero, p. 96) a dressé la table des superistae con-
nus. UOrdo Romanus ne mentionne jamais cette dignité; c'était
évidemment une charge laïque, et môme militaire. Le superista
parait avoir été le gouverneur du palais. On pourrait croire qu'il
s'agit de l'ancien palais impérial du Palatin ; mais la vie de Be-
noit III (n° 561) donne au superista Gratien la qualité de sacri
superista patriarchii , ce qui exclut cette hypothèse. Il ne faut pas
non plus confondre cette charge avec celle du vicedominus. En
somme le superista parait avoir été le chef de la maison militaire.
10. contigit uxoreni...] Carloman était mort le 4 décembre 771.
Ann. Lauriss., a. 771 : « Uxor vero Carlomanni cum aliquibus pau-
cis Francis partibus Italiae perrexerunt. »
11. in Merulanam] Antérieurement à ce texte, le nom de Meru-
lana se rencontre dans saint Grégoire, Ep. m, 19, à propos d'une
église située iuxta domum Merulanam, regione terlia. Cf. ci-dessus,
p. 313, Grégoire, note 8. Pendant tout le moyen-âge et jusqu'à nos
jours, le nom de Merulana, dérivé de celui que portait la domus
du sixième siècle, est resté attaché à la rue qui conduit du Latran
à Sainte-Marie-Majeure. — Cette rue passait, à proximité du La-
tran, sous un des arcs de l'aqueduc de Claude, Varcus Basilii du
moyen-âge; il est peut-être identique à Varcus depictus ici men-
tionné.
12. praefeclo Urbis] Voici la première fois, depuis le temps de la
guerre gothique, que nous rencontrons le préfet de Rome. La com-
pétence de ce magistrat avait dû être grandement limitée, tant par
le développement de la juridiction militaire du dux et des autres
chefs de Yexercitus Romanus, que par l'accroissement de l'in-
fluence ecclésiastique. Il subsistait cependant, au moins comme
juge criminel pour les personnes étrangères à l'armée ; on le ren-
contre jusqu'au xiy* siècle. On le nommait sans doute d'après les
règles établies par Justinien, dans le chapitre 12 de sa Pragmati-
que sanction : « Provinciarum etiam iudice ab episcopis et pri-
matibus uniuscuiusque regionis idoneos eligendos et sufficientes
ad locorum administrationem ex ipsis videlicet iubemus fleri pro-
vinciis quas administra turi sunt... »
13. Elefanto, in carcere publico]. Le carcer publient était alors &
l'endroit où s'élève l'église de Saint-Nicolas in Carcere. Quant à
« l'Eléphant », c'est évidemment l'endroit où les régionnaires du
iv« siècle marquent VElefas herbarius (vin* région), qui se
trouvait sans doute dans le forum olitorium, à peu près à la
piazza Montanara. Cf. Preller, Regionen, p. 155; Iordan, Topogr.,
t. II, p. 98, 446). Le surnom de l'église Saint- Nicolas in Carcere
lui vient de la prison mentionnée dans notre texte. Cette prison
n'a rien à voir avec celles du haut empire et, à plus forte raison,
de la république. Elle dut être installée, pendant la période byzan-
tine, dans quelqu'un des édifices antiques du forum olitorium.
14. Constantinopolim in exilium] Sous le régime byzantin, on
envoyait en exil de Constantinople à Rome (voir des exemples
ci-dessus, p. 351, 1.11; p. 387, note 9), et sans doute aussi de Rome
à Constantinople. Mais le fait qu'un tel usage ait persévéré jusque
sous le régime introduit en 754 est bien propre à montrer que ce
régime avait encore quelque chose d'hybride et de mal défini. Ha-
drien, au commencement de son pontificat, datait encore ses lettres
par les années des empereurs (Jaflë, Regesta Ponlif, t. I, p. 289).]
15. consulari Ravennantium urbis] Réapparition analogue à
celle du préfet de Rome (v. note 12); nous avons ici le consularis
Flaminiae et Piceni annonarii de la Notitia dignitatum. Comme le
préfet de Rome, ce magistrat est un juge criminel.
16. fecit suggestionem suam] Cf. note 14.
17. Probatum, religiosum abbatem] Probatus, abbé de Farfa de-
puis l'année 770.
18. direxit suos niissos] Ann. Lauriss., a. 773 : « Tune domnus
rex perrexit ad hiemandum in villa quae dicitur Theodone villa ;
ibique veniens missus domni Adriani apostolici, nomine Petrus,
per mare usque ad Massiliam, et iude terreno ad domnum Caro-
lum regem usque periungens, invitaudo scilicet supranominatum
gloriosum regem una cum Francis pro Dei servitio et iustitia
sancti Pétri seu solatio ecclesiae super Desiderium regem et Lan-
gobardos. Et ideo maritime venit, quia viae clausae fuerunt Ro-
manis a Langobardis. Cf. Chron. Moissiac., M. G.Scr.^ 1. 1, p. 295.
19. Georgius — ipsius régis] L'évèque Georges est vraisemblable-
ment l'évêque d'Amiens, ancien ôvêque d'Ostie (cf. ci-dessus,
p. 457, Etienne H, note 25, et p. 482, Etienne III, note 30) ;
Gulfardus est l'abbé de Saint-Martin de Tours. Quant à Atbuinus,
deliciosus régis, ce doit être Alcuin. Son biographe, en eflet, rap-
porte que, dès avant l'année 780, il avait séjourné auprès de
Charlemagne : t Noverat enim eum (en 780), quia olim a magistro
suo ad ipsum directus fuerat » [Vita Alcuini, 6 ; Migne, P. L., t. G;
Jaffé, Bibl., t. VI).
20. Tune aggregans] Les documents franks ne mentionnent ni
les négociations diplomatiques dont il vient d'être question ni
celles qui sont racontées plus loin. Aussitôt après le texte cité,
note 18, les Annales Laurissenses continuent : « Tune domnus ac
praecelsus Carolus rex consiliavit una cum Francis quid pera-
geret; et sumpto consilio ut ita sicut missus apostolici per verbum
domni Adriani apostolici postolavit, ita .fieret, tune sinodum
suprascriptus gloriosus rex tenuit generaliter cum Francis le-
nuam civitatem ; ibique exercitum dividens iamfatus domnus rex,
et perrexit ipse per montem Caenisium, et misit Bernehardum
avunculum suum per montem lovem cum aliis eius fidelibus. Et
tune ambo exercitus ad clusas se coniungentes, Desiderius ipse
obviam domni Caroli régis venit. Tune domnus Carolus rex una
cum Francis castra metatus est ad easdem clusas ; et mittens
scaram suam per mon tan a, hoc sentions Desiderius, clusas relin-
quens, supradictus domnus Carolus rex una cum Francis, auxi*
liante Domino et intercedente beato Petro apostolo, sine laesione
vel aliquo conturbio clusas apertas, Italiam introivit ipse et ornnes
fidèles sui ; et Papiam civitatem usque pervenit et Desiderio in-
cluso, ipsam civitatem obsedit. Ibique domnus Carolus in sua
castra Natalem Domini celebravit et Pascha in Roma. — Cf.
Chron. Moiss., I. c.
21. dum vellent Franci.,.] Ces hésitations ne sont pas mention >
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XCVII. HADRIANUS (772-795).
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nées ailleurs. Elles se rattachent assez bien à ce que dit notre
auteur sur l'insistance avec laquelle Charles usa des voies diplo-
matiques. Il est d'ailleurs possible que le narrateur ait accentué
ce trait pour mieux faire ressortir l'opportunité, surnaturelle se-
lon lui, de la retraite des Lombards.
22. misit ierrorem...] On voit bien par quels moyens. Pendant
que Charles amusait les Lombards devant le pas de Suse par des
offres incessantes de solutions pacifiques, son oncle Bernard (ci-
dessus, note 20) descendait le val d'Aoste et lui-même envoyait sa
cavalerie tourner l'armée ennemie.
23. Nam Spolitini...] Sur le sens de ces événements, v. Introd.,
p. ccxxxvu.
24. more Romanorum tonsorati sunt] Cf. Grégoire III, p. 420 ,
L 17.
25. constitua eis ducem] Les chartes spolétanes mentionnent le
duc précédent, Theodicius, jusqu'en septembre 173 (Bethmann,
Langob. Regesten, n» 509). L'élévation de Hildeprand est donc de
ce mois au plus tôt. Dans une de ses chartes, ce duc date par la
mention du pontificat d'Hadrien, et avec les formules de la chan-
cellerie pontificale : « Temporibus ter beatissimi et coangelici
domni Adriani pontiûcis et universalis papae... » (Bethmann,
n° 523; Reg. Farf., n° 100).
26. Tarn ducatus Firmani...] Fermo, Ancône et Humana dépen-
daient du duché de Spolète ; le Castellum Felicitatis (Gittà di
Castello) appartenait à la Tuscie lombarde et au duché de Chiusi.
Cf. Cod. CaroL, p. 196.
27. per sex mensuum spatia] Charles, qui arriva à Borne le ma-
tin du samedi-saint, 2 avril, dut partir de Pavie dans les
derniers jours de mars ; le siège avait donc commencé vers le 1 er
octobre 773.
28. in loco qui vocatur Nobas] M. E. Desjardins (Ann. de l'institut
archéoL, 1859, p. 47 ; Table de Peutinger, p. 132, 139) a identifié
cette localité avec des ruines romaines voisines de la chapelle San
Bernard! no, à un kilomètre environ à l'E. de Trevignano, auprès
du lac de Bracciano, vers son extrémité septentrionale. C'était
une mutatio, installée sur un diverticulum entre la via Cassia et
la via Clodia. La distance correspond à peu près à celle que le L.
P. indique ici. L'itinéraire d'Antonin compte 21 milles de Rome à
Vaccanae, d'où se détachait le diverticulum, et la table de Peutinger
place Ad Nouas à huit milles de Vaccanae. En dehors de cette
carte et du L. P., la localité Ad Novas n'est mentionnée que dans
la géographie de Bavenne [Civitas Nova, Pinder et Parthey, p. 285,
1. 6). Le fait que Charlemagne ait dû passer par cet endroit
suppose qu'il était venu par la via Clodia, mais que cette route
était impraticable au S. du lac de Bracciano ; s'il en avait été
autrement, on ne voit pas pourquoi il aurait contourné le lac par
le nord.
29. bandora] Nous avons, dans la mosaïque du Triclinium de
Léon IU, une représentation de cet étendard. Sur les copies et
descriptions anciennes de cette mosaïque, dont le monument
actuel n'est qu'une reproduction approximative, v. Eug. Mûntz,
Revue archéologique, 1884, t. I, p. 1 et suiv.
30. In eodem sabbato sancto...] Nous avons ici une description
rapide, mais intéressante, de l'ordre des cérémonies pascales
à Rome, au déclin du vin» siècle. Le baptême se célèbre, non
plus la nuit de Pâques, mais l'après-midi du samedi. C'est
ce que suppose YOrdo Romanus, qui marque à l'heure de none
(vers trois heures de l'après-midi) le commencement de l'office
baptismal (Mabillon, Mus. ital., t. II, p. 25). Le jour de Pâques,
la station est à Sainte-Marie-Majeure ; elle est suivie d'un dl ner
d'apparat au palais de Latran ; le liindi et le mardi la fête a lieu
aux deux églises apostoliques du Vatican et de la voie d'Ostie.
Cette distribution des cérémonies se retrouve dans tous les livres
liturgiques du moyen-âge ; elle est encore observée, au moins
théoriquement.
31. At vero, quarta feria...] Sur cette page historique, l'une des
plus importantes du L. P., cf. Introd., p. cccxxxvi et suiv. Ici, je
me bornerai à citer deux pièces relatives, l'une certainement,
l'autre très probablement, au séjour de Charlemagne à Rome
en 774. La première est la dédicace métrique et acrostiche de la col-
lection canonique HadrianorDionysienne, ofierte alors au roi des
Franks par le pape Hadrien. L'acrostiche donne les mots Domino
eccell. filio Carulo magno régi Hadrianus papa.Voici ce poème, d'a-
près la restitution de M. Maassen (Quellen, t. 1, p. 965) :
D ivina fulgens doctrina sceptra praecellit regni,
rigo regum felix, semper genitura beata.
M olem perspicimus legis gratiam laudis habere.
1 usto gignitur rege ecclesiae almae defensor;
N unguam enim vinci potest disciplina coelestis.
lim eam sumens paterni triumphans regni
Exemptum, quo devota fides Victoria gaudet,
C hristo iuvante ac beato clavigero Petro
C une tas adversas gentes regalibus subdit plantis.
E n radix beata instar conlulit proie.
L aeta Deum colère, legem semper amare divinam,
L audabilem servare /idem sanctamque defendere vitam,
F autorem prorsus habens ianitorem in triumphis coeli,
1 psius fréta virtute victrice persistit semper
L umen sequens doctrinae fidem apostolicae sedis.
I n hanc sanctam sedem magnus rex Carolus splendet ;
O mnibus per eum dilata bonis triumphat ubique,
C oeleste semper in his habere meruit regnum;
A rma sumens divina gentes calcavit superbas,
Reddidît prisca dona ecclesiae matri suae,
U rbesque magnas, fines simul et castra diversa.
L angobardam ac Erulam virtute divina prostravit gentem,
O vans amplectit fidem, quam suscepit ab oris.
M agna prosapia haec in toto rutilât mundo.
A ltus f nobilis, nitens, régit diversa régna.
G audens celer ad limina venit apostolorum sospes.
Nirnw laudibus hymnisque populo celebratur abomni,
bnixe pro se summum orare aniislitem poscit
R edimi sibi noxas a iuventute commissas,
Exutus suffragiis almis spondebat lingua magistro
G enium servare sanctae ecclesiae in aevo Romanae,
1 ustitias almi Pétri sui protectoris tueri,
Habitem (?) ut super donans in eius confessione libavit.
A d haec Hadrianus praesul Christi praedixit triumphos,
D extera protegi divina Petro comitante Pauloque.
R omphaeam victoriae donantes atque pro te dimicantes
I nlaesus cum tuis victor manebis, nempeper ipsos,
A ditum petunt urbis Papiae te ingredi victorem,
N efa perfidi régis cakabis Desiderii colla,
V ires eius prosternens mergis barathrum profundis
S eptus Langobardorum regnum munus reddis tuum
P ollicita sacra dona clavigeri aulae Pétri,
A mplius donans tibi victoriam simulque honorent,
P er saecla regnari cum luis hic in futuroque sobolit.
A lege nunquam discedis haec observons statuta.
Le second poème, conservé dans un recueil épi graphique du n*
siècle (De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 146), paraît avoir été gravé
sur un regnum ou couronne d'or, suspendue au-dessus de l'autel
de Saint-Pierre.
Caelorum Dominus qui cum Pâtre condidit orbem
disponit terras virgine natus homo.
Utque sacerdotum regumque est stirpe creatus
providus huic mundo curât utrumque geri,
Tradit oves fidei Petro paslore regendas
quas vice Hadriano crederet ille sua.
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XGVII. HADRÏANUS (772-795).
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Çwin et Romanum largitur in Urbe fideli
[patriciatum] famuli[s] qui placuere sibi.
Quod Carolus [merito] praecellentissimus rex
suscipiet dextra glorificante Pétri.
Pro cuius vita triumphique haec munera regno
obtulit antistes congrua rite sibi.
Les mots entre crochets représentent des corrections de M. de
Rossi ; le manuscrit porte pontificatum famuli, au v. 8, et mira
au v. 9.
32. promissionem illam...] Le biographe a évidemment en vue
un autre document que ceux qui sont mentionnés dans la vie d'E-
tikihe II, p. 451, 1. 1-5, p. 453, 1. 13-17, et p. 454, 1. 7. Ces textes
en eflet ne parlent que de deux pièces, toutes les deux postérieu-
res à l'entrée de Pépin en Italie; la première est le traité de Pavie,
en 754, la seconde est une charte 1 de donation par laquelle Pépin
cédait au pape les villes de l'exarchat et de la Pentapole qu'As-
tolphe avait été contraint d'évacuer. Ici, au contraire il est
question d'une pièce antérieure, datée de Kiersy et remise au
pape Etienne II avant son départ de France; cette pièce n'est pas
une donation, mais une promesse, et une promesse qui n'a jamais
été. jusqu'ici, réalisée dans toute son étendue (in omnibus). Sur
la valeur du renseignement que nous donne ici le biographe, v.
Introduction, p. ccxlii.
33. in loco q. v. Carisiaco] cf. Etienne II, note 33, p. 458. Re-
marquer que la vie d'Etienne II ne parle nullement d'une pro-
messe écrite, faite et signée à Kiersy. Ce n'est pas à elle que le
biographe d'Hadrien doit ce renseignement.
34. Etherium, capellanum et notarium suum] Etherius devint,
peu après, abbé de Saint-Martin de Tours. C'est un trait d'exac-
titude chez notre biographe que l'absence du titre d'ahbas.
35. Reversusque deportavit] Ann. Lauriss., 774 : « Et revertento
domno Carolo rege a Roma, iterum ad Papiam pervenit, ipsam
civitatem cepit, et Desiderium regem cum uxore et filia, vel cum
omni thesauro eius palatii. Ibique venientes omnes Langobardi
de cunctis civitatibus Italiae, subdiderunt se in dominio domni
gloriosi Caroli régis et Francorum. Àdalghisus, filius Desiderii
régis, fuga lapsus mare introiit et Constantinopolim perrexit.
Tune gloriosus domnus Carolus rex, ipsa Italia subiugata et or-
dinata, custodia Francorum in Papia civitate dimittens, cum
uxore et reliquis Francis, Deo adiuvante, cum magno triumpho
Franciam re versus est. » — Ann. Sangall. maiores (M. G. Scr., t. I,
p. 75) : « Paveia civitas conquisitaet rex Desiderius et Ansa uxor
eius pariter exiliati sunt ad Chorbeiam (Corbie) ; et ibi Deside-
rius in vigiliis et orationibus et ieiuniis et multis bonis operibus
permansit usque ad diem obitus sui. » — Chron. Moissiac, ibid.,
p. 295 : « Karolus vero Papiam decem menses obsedit, et ita mense
iunio capta est civitas a Francis. » — La chronique du Mont Cassin
(M. G. Scr. Lang., p. 4S7) ajoute que la ville fut prise un mardi :
a Capta est Papia civitas mense iunio, die raartis. »
36. Erat enim.,.] Ici commence la seconde partie de la vie d'Ha-
drien. Désormais l'histoire politique est négligée et l'on se borne
à enregistrer les dons ou réparations faits aux églises et autres
choses analogues.
Zl.Hicenimcoangelicusvir] Dans l'énumération qui commence ici
et qui va jusqu'à p. 501, 1. H, il faut distinguer entre les travaux de
restauration propres à certaines églises et les dons en vestes ou
en tentures, qui les concernent toutes. Les vestes sont des tapis d'é-
toffes précieuses, quelquefois brodés, qui servent à revêtir l'autel.
Quant aux tentures, on distingue entre la grande portière suspen-
due à la porte principale (cortina maior) et les courtines disposées
entre les colonnes des nefs intérieures.
38. ab inlroitu de rugas usque ad confessionem] C'est l'espace mar-
qué 2 sur le plan, depuis la grille (rugae) qui fermait le portique
de douze colonnes, en avant du presbyterium, jusqu'à l'entrée de la
confession.
39. in ecclesia maiore] La basilique de Saint- Laurent- Majeur,
fondée sous Xystcts III (p. 235, note 12).
40. basilicam b. Laurentii q, p. ad Taurellum] Cf. Etienne II, p.
457, note 15.
41. basilicam b. Felicis in Pincis] A en juger par les indications
du plan de Bufalini, l'église Saint-Félix in Pincis, depuis longtemps
détruite, devait s'élever en arrière et un peu au nord de l'église
actuelle de la Trinité du Mont. Elle avait dû être bâtie à l'origine
pour être comme la chapelle domestique de la célèbre domus
Pinciana, demeure des Anicii. Le saint Félix auquel elle était
dédiée est celui de Noie.
42. cymiterium bb. Pétri et Marcellini...] Sur ces sanctuaires, cf.
Silvestrb, note 90, p. 198. Les corps des saints Pierre et Marcellin
avaient été laissés dans leur tombeau lors des translations du pape
Paul. On sait qu'ils furent volés au profit d'Eginhard en 827.
43. basilicam b. Hadriani] Au moment où s'imprimait la page
326 de cet ouvrage je n'avais pu encore avoir entre les mains le
mémoire de M. R. Lanciani sur « L'aula egli uffici del senato
Roman o », dans les Atli délia reafe accad. dei Lincei, 3« série,
t. XI 1 1883), p. 1 et suiv.En tenant compte des documents produits
par ce savant, je «lois rectifier et compléter ainsi qu'il suit la note
18 de la vie d'HoNORius. L'église actuelle de Saint-Hadrien repré-
sente la salle des séances du sénat, reconstruite pour la dernière
fois par Dioclètien; en l'adaptant à l'usage ecclésiastique, le pape
Honorius ne fit que lui adjoindre une abside et la diviser en trois
nefs par deux rangées de colonnes. Ces colonnes ne sont plus vi-
sibles, l'intérieur de l'église ayant été complètement transformé en
1654. C'est également au xvn« siècle que le pavé fut exhaussé et
qu'on enleva la porte de bronze pour l'encastrer dans celle de
Saint-Jean de Latran. Les murs extérieurs, sauf celui de l'abside,
sont encore ceux que Dioclètien fit reconstruire. — Au nord de
Saint-Hadrien, l'ancienne église de Sainte-Martine était installée de
la même façon dans le Secretarium senatus ; les deux édifices sont
séparés maintenant par la via Bonella, percée au xvn* siècle ; autre-
fois ils étaient réunis par un portique couvert et une sorte de cour
dont le planfutlevé par Antonio da Sangallo (Lanciani, /. c, pi. I).
44. altare s. Martinae] Ici on ne mentionne qu'un autel ; plus
loin, il est question de la q basilique » de Sainte- Martine.
45. tituli b. Priscae] Les prêtres de ce titre signèrent au concile
de 499. On conserve au monastère de Saint-Paul l'épitaphe d'un
Adeodatus presb . tit. Priscae, qui pourrait être du cinquième siècle
(Marchi, Monum.prvnitivi,p. 26). En 1776 on découvrit, auprès de
l'église actuelle de S. Prisca, un ancien oratoire chrétien avec des
peintures à peu près effacées, où l'on distinguait seulement des
apôtres. Ces peintures furent alors estimées du quatrième siècle
(De Rossi, Bull. 1867, p. 46). Dans la vie de Léon III, le titulus
Priscae est appelé titulus Aquilae et Priscae, ce qui prouve que,
dès la fin du huitième siècle, on rattachait sa fondation au souve-
nir des plus anciens disciples des apôtres qui soient connus
comme ayant fait partie de l'église romaine. Dans le mémoire
que je viens de citer, M. de Rossi cherche à montrer le bien fondé
de cette tradition et à la relier au nom que porte l'antique cime-
tière dePriscille. Cf. Bull. 1880, p. 51-54.
46. ecclesia ss. Cosmaeet Damiani in Tribus fatis] L'église des as.
Côme et Damien n'a pu être ainsi désignée que par une confusion
de langage qui a étendu au clivus Sacrae viae une dénomination
appliquée d'abord aux environs des Rostres et de la Curie. En
effet, le clivus Sacrae viae était le prolongement en ligne droite
d'une rue qui longeait le côté N-E du Forum. Cette rue avait son
point de départ précisément à la hauteur de la Curie, de l'arc de Sé-
vère et des Rostres de l'empire, c'est-à-dire à l'endroit appelé ad
Tria fata ; elle a pu communiquer cette dénomination à un point
de son parcours qui, primitivement, ne pouvait s'appeler ainsi.
47. Nam et per diversa titula — decoravit] Ici le biographe, en-
nuyé apparemment de répéter toujours les mêmes choses, remplace
son énùmération par un résumé.
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48. Verum etiam et muros] C'est à cette reconstruction des murs
de Rome que M. de Rossi (Fiante di Roma, p. 70) rattache l'origine
delà topographie contenue dans l'itinéraire d'Êinsiedlen (Iordan,
Topogr., t. II ; Urlichs. Codex U. R. top., p. 70-78; et en particulier
la description de l'enceinte de Rome par laquelle il se termine. Dans
cette dernière partie nous avons le compte des tours, créneaux, po-
ternes, latrines, fenêtres, compris dans l'intervalle d'une porte à
l'autre. Ici le biographe ne nous donne aucune description, mais
seulement le chiffre de la dépense. Le même travail est indiqué de
nouveau, p. 513, 1. 4, et caractérisé d'une autre façon.
49. in monasterio s. Stephani cala Barbara patricia] Dans la vie
de Léon III (n° 405) il est appelé cata Galla patricia ; on l'identifie
ordinairement avec Saint-Etienne-Majeur, marqué 6 sur le plan
d'Àlfarano ; sa fondation doit se rattachera l'histoire de la matrone
Galla, Symmachi consulta et patricii filia, dont il est question dans
les Dialogues de saint Grégoire (îv, 13, 35). Devenue veuve après
un an de mariage, elle se retira du monde et alla habiter un monastère
de femmes auprès de Saint-Pierre, où elle vécut de longues an-
nées. Ce monastère dut, plus tard, changer de personnel. — Le mo-
nastère voisin de la basilique Saint- André, sur l'Esquilin, portait
aussi le nom de monasterium Barbarae (Gbégoirf II, p. 397, 1. 21)
ou de cata Barbara patricia (Léos III, n° 413).
50. in magna desidia] On voit par cet exemple combien vite tom-
baient en désuétude les règlements sur la desservance des églises
par les moines. Etienne II avait déjà organisé celle de Saint-
Pierre dans les mêmes conditions où Hadrien se voyait obligé,
vingt ans après, de la restaurer. — Il semble d'ailleurs que de
graves discordes et des usurpations se soient produites dans le
personnel des monastères de Saint-Pierre, peu avant l'avènement
dUadrien. On peut le conclure du récit de Crantzius, cité plus
haut, p. 484, Etiehne III, note 58.
51. domocultas ////] En réalité la vie d'Hadrien en enregistre six.
Cf. Introd., p. ccxxxiv b.
52. Domus culta Capracorum\ M. Tomassetti (Archivio Rom. di
storia patria, t. V, p. 137-156) a étudié avec le plus grand soin l'his-
toire de cette domusculta, qui succéda au municipe de Véïes, comme
centre de population et d'activité agricole, dans la région située
au N. de Rome. Elle comprenait un immense latifundium, entre
Véïes et Nepi, à partir du 15* mille environ de la via Cassia, à
droite. Ses habitants prirent part, sous Léon IV, à la construction
des murs de la cité léonine, comme le montre une inscription ac-
tuellement conservée sur l'arc sous lequel passe la via di Porta
Angelica, tout près de la colonnade de Saint-Pierre :
+ HANC TVRREM
ET PAGINE VNA F
ACTA AMILITIAE
CAPRAGORVM
TEM. DOM. LEONIS
QVAR. PP. EGO AGATHO E...
Depuis le «• siècle elle se démembra et donna naissance aux
villes ou villages de Formelle Mazzano, Stabia, Calcata, Campa -
gnano, Porciano, Ronciliano, Cesano, à l'Isola Farnese, château éta-
bli sur les ruines de l'acropole de Véïes, et surtout à la ville moderne de
Nepi. Le nom Capracorum se conserve encore dans ceux du monte
di Capricoro et de la plaine de Crepacore, près de la rivière Treia,
non loin de l'osteria del Pavone, sur la via Cassia, au N. de Cam-
pagnano. — Outre l'étude de M. Tomassetti, on peut consulter sur
Capracorum un mémoire de Coppi, Capracoro, colonia fondata da
S. Adriano I, dans les Atti dell' Accad. rf'arcA., t. IX, p. 521 ; cf.
Gregorovius, Storia di Roma, t. II, p. 445.
53. ubi et ipsi pauperes depicti sunt] M. Rohault de Fleury {Le
Latran au moyen-âge, p. 378) a découvert quelques restes du portique
dont il est ici question, avec des débris de fresques qui apparte-
naient peut-être à la décoration exécutée sous Hadrien. Ce porti-
que était au rez-de-chaussée, sur la façade nord du palais, entre
l'oratoire Saint-Laurent et le grand escalier.
54. promulgavil] Le biographe a ici en vue une charte pontificale
solennellement promulguée, dont le texte lui a évidemment servi
pour cette partie de sa compilation (Jaffé, 2486).
55. Domusculta Galeria, via Aurélia mil. A] L'une des anciennes
tribus rustiques de Rome, la tribu Galeria, dérivait son nom du
ruisseau appelé encore Galera, qui, coulant du N. au S., rejoint la
rivedroite du Tibre aune lieueà l'E. de Porto. Il est àcroirequele
territoire de cette tribu coïncidait, dans une large mesure, avec ce-
lui des deux domus cultae Galeria, organisées par Hadrien. Le cen-
tre de la première est indiqué à Sainte-Rufine, au dixième mille
de la voie Aurélia. Il y a ici quelque confusion, car Sainte-Rufine
(Boccea, Buxum) est sur la voie Cornelia. Le biographe indique
peut-être le dixième mille de l'Aurelia comme une des extrémités
du domaine et Sainte-Rufine comme le centre administratif et re-
ligieux; peut-être aussi y a-t-il ici un lapsus, Aurélia ayant été
mis pour Cornelia; peut-être enfin, dans l'usage du temps, les deux
voies étaient-elles désignées par le même nom. Quoi qu'il en soit,
le nom de Galeria ne s'attacha pas au lieu où se trouvait le sanc-
tuaire des saintes Rufine et Seconde avec le siège épiscopal de Silva
Candida. Au xi c siècle nous le rencontrons un peu plus au N., au
castrum Galeriae, château-fort important, résidence d'un comte, et
célèbre par le siège qu'y soutint en 1059 l'antipape Benoit X con-
tre les troupes de Nicolas II et d'Hildebrand. C'est maintenant un
village abandonné (cf. Zacharie, p. 439, note 54;, auquel reste le
nom de Galera. Il est à peu près au quatorzième mille de la voie
Clodia; c'est en se fondant sur cette circonstance que M. Tomas-
setti identifie avec notre domus culta (ou du moins y fait absor-
ber) celle que fonda le pape Zacharie (l. c.) au quatorzième mille de
l'une des voies qui traversaient la Tuscie romaine. Sur la domus
culta Galeria et son étendue sur les rives du Galera et de l'Arrone
entre la voie Clodia et la voie Aurélia, v. Tomassetti, Archivio Rom.,
t. IV, p. 228-239 ; cf. Nibby, Dintomi, t. II, p. 95.
56. aliam Galeriam, v. Portuense, mil. XII] Son nom s'est con-
servé dans celui de Ponte di Galera, station du chemin de fer de
Fiumicino. Au xi« siècle elleétait entrée dans la dotation de l'évéché
de Porto, comme il résulte d'une bulle de Benoit VIII, du l« r
août 1018 (Jaffe, 4024; Migne, P. L., t. CXXXIX, p. 1617).
57. monasterio b. Laurentii... lecticaria g. v. Asprula) L'église
Saint- Laurent de Porto est mentionnée dans la bulle de Benoît VIII ;
le monastère était alors devenu une résidence épiscopale. Cf. le
document de l'année 1256 publié par M. de Rossi, Bull. 1870, p. 41.
Auxiii* siècle, les corps des martyrs de Porto, Eutropius, Zosima
et Bonosa (Bull, cit., 1866, p. 45) étaient conservés dans l'église
Saint-Laurent; ils en furent extraits pour être transportés à Clair-
vaux. — Quant à la lecticaria guae vocatur Asprula, je n'en saurais
rien dire; le mot lecticaria, dans le sens d'immeuble, n'est pas
signalé ailleurs ; le nom de lieu Asprula n'a pas laissé trace sur
le terrain.
58. domus culta Caloisianum] Nibby (Dintorni, t. III, p. 101) et
Tomassetti (Archivio, t. II, p. 402-408; placent cette colonie agricole
au lieu appelé Solforata, à quinze milles de Rome, sur la voie Ar-
déatine, entre cette voie et la voie Laurentine. Le nom Calvisianum
se retrouve dans le passage suivant d'une bulle d'Honorius III
(Nerini, De templo s. Alexii, p. 230) : ... très pedicas terre in
Squizanello iuxta viam Ardeatinam : ab aliis lateribus rivis cir-
cumdantur, ubi dicitur curia deCalvisavis».
59. per apostolicum privilegium] Un document analogue à celui
qui a été mis plus largement à contribution pour la domus culta
Capracorum (Jaffé, 2487).
60. turrem mitaepulchritudinis...] Ces édifices devaient être dans
la partie orientale du palais, un peu en avant de l'abside où l'on
voit maintenant une copie de la mosaïque de Léon III. Ils n'ont
point.laissé de trace dans les documents postérieurs à Hadrien ;
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M. Robault de Fleury, dans son livre Le Latran au moyen-âge,
ne les mentionne môme pas.
61 . Itaque isdem ter beatissimus] Ici commence une troisième par-
tie de la vie d'Hadrien. Cf. Introd., p .ccxxxv.
62. eiiam et omnes...] Ces travaux comprennent : l°la restaura-
tion du grand escalier (plan, 0) et des deux côtés de l'atrium (K, L),
puis du pavé de la basilique elle-même, enfin de la charpente et
du toit des bas-côtés (E, D, F, G).
63. imagines VI....] Ce que le biographe appelle ici presbiterium,
c'est le portique en avant de la confession (plan, 5). Les colonnes
extérieures de ce portique étaient déjà pourvues d'une iconos-
tase établie par Grégoire 111 (p. 417, 1. 7): d'un côté le Christ
et les apôtres, de l'autre Marie et les saintes vierges. Il restait à
décorer les deux grilles qui se présentaient entre les colonnes cen-
trales des deux colonnades, la première en avant, in introitu
presbiterii, la seconde au milieu, à la seconde colonnade. On peut
remarquer que la triple image de cctt° seconde porto était disposée
de façon que la figure centrale, celle de la sainte Vierge, eut à
sa droite et à sa gauche deux saints qui avaient des sanctuaires
spéciaux à droite et à gauche de la basilique.
64. forma quae vocatur Sabbalina] Cf. ci-dessus, p. 327, Hoso-
Rics, note 20 ; Nibby, Dintorni, t. III, p.254 ; Lanciani, / commentarii
di Frontino, c. ix. La réparation de cet aqueduc a lieu après une
interruption de vingt ans ; le même intervalle se retrouve, un peu
plus loin, à propos de la forma lobia. Le point de départ est évi-
demment le siège de Rome par Astolphe, au commencement de
Tannée 156. Nous avons donc affaire ici à des travaux exécutés
en 776.
65. per centenarium] Les détails donnés quelques lignes plus loin
sur la réparation de ce centenarium montrent qu'il s'agit d'un gros
tuyau de plomb. Le mot n'a pas été signalé ailleurs que dans ce
passage et dans un autre endroit duL. P. (Nicolas, n° 584). Il dé-
rive de l'expression fistula centenaria (Vitruve, vin, 208), tuyau de
cent doigts de circonférence, ou de près de 0*60 de diamètre.
Je le retrouve, avec une signification analogue, dans trois inscrip-
tions africaines du quatrième siècle (C. /. L., t. VIN, n°« 8713,
9010; Ephem. epigr., n° 932): centenarium Solis a solo construxit et
dedicavit..., centenarium a fundamenta suis sumtibus fecit et dedi-
cavit..., centenarium aqua frigida restituit atque ad meliorem sta-
tum reformavit... Mais ici, comme il est question de constructions
et de fondements, le mot centenarium s'applique plutôt à l'édifice
où débouchait le tuyau de conduite. Le sens est donc plus éloigné
de l'acception primitive que dans la phrase du L. P. On peut re-
marquer, du reste, que le mot forma, quia fini par signifier aque-
duc, eut à l'origine un sens beaucoup plus restreint.
66. in Genuculo, ubi molae machinabantur] Sur ces moulins du
Janicule, v. p. 327, Honorius, note 20.
67. in basilica b. Pauli apostoli] Décoration analogue à celle de
Saint-Pierre (ci-dessus, note 62); mais comme à Saint-Paul il n'y
avait qu'un rang de colonnes en avant de l'autel, on ne mentionne
qu'un seul groupe d'images.
68. numéro CCCCXL] Ceci nous donne le chiffre des titres presby-
téraux au commencement du pontificat d'Hadrien : il y en avait
vingt-deux. On pourrait objecter que peut-être tous les titres n'a-
vaient pas pris part à cette distribution de voiles de soie et de
lin ; mais comme le nombre des diaconies est donné exactement
un peu plus bas, dans une formule semblable, il n'y a pas lieu de
s'écarter du sens naturel. Sous Léon III il y avait vingt-trois ti-
tres; sa notice contient, il est vrai, plus de vingt-trois noms, mais
seulement parce qu'il y a ça et là des désignations diverses pour
un même titre. Au temps de saint Grégoire les titres étaient au
nombre de vingt-cinq , comme à la fin du v 8 siècle. Cf. p. 163,
Marcel, note 5. Depuis lors celui de Fasciola, ou des SS. Nérée et
Achillée, avait été transformé en diaconie ; je ne saurais indi-
quer avec sûreté quelles étaient les deux autres suppressions.
69. Ipse vero-libras L] Cette phrase interrompt manifestement
l'énumération des dons en voiles de soio et de lin : il y a lieu de
croire que c'est un supplément analogue à ceux que l'on ren-
contre si souvent dans les vies d'Etienne H et de Paul.
70. numéro XC VI] A raison de six voiles de soie par diaconie
cela fait seize diaconies en tout. Le nombre de dix-huit , tradi-
tionnel pendant le moyen-âge, fut atteint sous Hadrien lui-même.
Cf. ci-dessous, note 110.
71. formam qui lobia vocatur] M. Lanciani, op. cit. (iv, 7), a dé-
finitivement établi que cet aqueduc amenait à Rome une dériva-
tion de Vaqua Marcia, pour l'usage des thermes de Caracalla. Il
traversait la voie Appienne sur l'arc auquel on donne à tort le
nom d'arc de Drusus, près la porte Saint-Sébastien. Le nom de
Iovia ou lobia lui vient de quelque restauration exécutée par Dio-
ctétien. En dehors du L. P., il se rencontre aussi dans l'itinéraire
d'Einsiedlen (Iordan, Topogr., t. II, p. 658 ; Urlichs, Codex U. R.
topogr., p. 68).
72. atque levitae] Glose maladroitement jointe au nom de saint
Pancrace, auquel ne saurait convenir la qualification de lévite,
c'est-à-dire de diacre. C'est évidemment saint Etienne, mentionné
plus bas, que le glossateur a eu en vue.
13. basilica b. Apollenarii] Comme il n'y a ici aucune indica-
tion qui rattache au Vatican cet édifice sacré, on peut croire que
c'est l'église Saint-Apollinaire près la place Navone. Elle est mar-
quée dans l'itinéraire d'Einsiedlen, contemporain de la vie d'Ha-
drien. Sa fondation n'est relatée nulle part.
74. forma quae Claudia vocatur] Sur cet aqueduc, dont il sub-
siste de si beaux restes sur le Cœlius et aux abords immédiats du
Latran, v. Lanciani, op. cit. % c. îx. Il est souvent désigné, au
moyen- âge, par le nom de forma Lateranensis, que l'on trouve
déjà dans l'itinéraire d'Einsiedlen, concurremment avec celui de
forma Claudia.
75. Huius temporibus...] La domus culta s. Edisti se trouvait tout
à côté de la domus culta Calvisianum (ci-dessus, note 58). M. Tomas-
setti (Archiv. Rom., t. II, p. 403) la place entre la voie Ardéatine
et la voie Laurentine.
76. Dominki praefecturii] Ce titre se rattache évidemment à l'ad-
ministration du praefectus urbi ; il ne signifie pas un ancien pré-
fet, mais un employé de la préfecture ; c'est l'analogue du terme
praefectianus du v e siècle.
77. Ianuarium vestiarium suum] Les compliments que l'on adresso
ici et un peu plus bas au vestiarius Januarius sont un bon signe
de rédaction contemporaine : Januarius était en fonctions quand
cette partie de la notice a été écrite. Or le chef du vestiaire ponti-
fical était, en 712, un certain Miccio, notaire régionnaire (Jafifé,
2395 ; cf. Galletti, Vestarario, p. 29), en 785 un prêtre appelé Ser-
gius (Baluze, Miscell., t. VII, p. 122 ; Galletti, /. c). Enfin Léon m,
avant d'être pape, Remplit aussi ces fonctions, après Miccio
Januarius et Sergius. La lettre d'Hadrien que je vais citer
montre que l'administration de Januarius se place entre celles de
Miccio et de Sergius. — Cette réparation de Saint-Pierre est
mentionnée dans la lettre 67» du Codex Carolinus, adressée par
Hadrien à Charlemagne : c Porro, dilectissime atque excellentia-
« sime fili, sicut direxistis nobis nostrae petitioni adimpleri pro
a trabesad restaurationem sanctae ecclesiae, poscimus vestra a Deo
a promota excellentia ut kal. augustus (779 ou 780) hic ad limina
« b. Pétri fautoru vestri, si fieri potest, parate esse inveniantur,
« ut exinde sempiterna memoria vestra et hic et in futuro perma-
« neat. De camarado (lambris) au te m, quod est ypochartosin, ad
t renovandum in basilica b. Pétri apostoli nutritori vestro, prius
« nobis unum dirigite magistrum, qui considerare debeat ipsum
« lignamen, quod ibidem necesse fuerit, ut, sicut antiquitus fuit,
a ita valeat renovari. Et tune per vestram regalem praecellentiam
« iussionem dirigatur ipse magister in partibus Spoletii, et de-
< mandationem ibidem de ipso faciat lignamen, quod in predicto
« ypochartosin, hoc est camarado, necesse fuerit; quia in nostris
« finibus taie lignamen minime reperitur. Et pro hoc sanctissi-
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« mus frater noster Wilcharius archiepiscopus nunc minime
a fatigetur venire, dum ipsum lignamen per semetipsum siccetur;
o quia, dum viride est, non audemus exinde opéra qualecumque
a facere. »
78. forma quae Virginis appellatur] Dans l'itinéraire d'Einsie-
dlen la forma Virginis est mentionnée plusieurs fois, une fois avec
l'épithète fracta, ce qui paraît indiquer un état antérieur à la res-
tauration d'Hadrien. On y lisait, alors comme à présent, l'inscrip-
tion n° 1252 du C. I.L. (t. VI), qui constate une réparation exécutée
sous l'empereur Claude.
79. diaconia s. Mariae q. p. in Hadrianium] JJHadrianium, c'est-
à-dire le mausolée d'Hadrien, conservait encore son nom au vin
siècle ; il est ainsi appelé dans la Sylloge Einsiedlensis (De Rossi,
Inser. cAr., t. II, p. 19, 29. L'église de cette diaconie s'appela plus
tard S. Maria transpontina ; elle figure sous ce nom dans les lis-
tes de Gencius Gamerarius et du manuscrit de Turin. Elle fut
remplacée par une autre église de même vocable, dédiée en 1587,
mais située plus loin du pont et du château Saint-Ange, dans le
Borgo Nuovo, rue qui ne remonte qu'au temps d'Alexandre VI
(Moroni, Dizionario di erudiiione storico-ecclesiastica, t. XII, p. 161).
80. diaconia s. Mariae in caput portief] A en juger par la dési-
gnation in caput portici, cette diaconie devait se trouver à peu de
distance de la précédente, mais plus près du Tibre. Je la trouve
mentionnée dans un diplôme de Léon IV (Marini, Papiri, p. 15) :...
« [hortum sanctae Mariae in Orafo]rio qui est in capo de portico.»
81. diaconia s. Silvestriq. p. iuxta hospitale s. Gregorii] Ces éta-
blissements charitables s'élevaient en avant du grand escalier de
Saint-Pierre, à l'endroit occupé maintenant par l'obélisque. Au
témoignage de Grimaldi, cité par Vignoli, t. II, p. 83, l'église
s'appelait Sainte-Marie des Virgarii ou Saint-Grégoire des Armé-
niens. Elle fut démolie sous Pie IV, pour élargir la place qui
s'étendait en avant de la basilique vaticane.
82. monasterium Honorii papae] Sur ce monastère, cf. Honorius,
p. 327, note 21 ; sur celui de Saint-Pancrace, v. Grégoire III, p.
419, 1. 3.
83. corpus s. Cornelii...] Une tenuta di s. Gornelia (sic), voisine
de Formello, a conservé le nom de l'un des patrons de cette
église, ce qui permet de déterminer le site exact du centre admi-
nistratif de la domus culta Capracorum. Quand elle fut abandonnée,
on transporta la tête de saint Cornélius dans l'église Saint- Lau-
rent, à Formello (Tomassetti, Archivio Rom., t. V, p. 140, 149).
Il n'est pas sur, comme le fait remarquer M. de Rossi (Roma
sott., t. I, p. 298) que ces corps saints aient été extraits directe-
ment des cimetières suburbains pour être transportés à la domus
culta. Le3 corps de saint Cornélius et de saint Lucius provenaient
du cimetière de CaiiUte ; ceux de saint Félix et de saint Innocent
de deux cimetières de la voie de Porto. Il est à remarquer que
saint Félix est qualifié ici de pontife, ce qui suppose déjà entrée
dans l'usage son identification avec Félix II (Introduction, p. cxxv).
On la rencontre, du reste, dans les livres liturgiques grégoriens
(29 juillet), contemporains, pour leur rédaction actuelle, de la bio-
graphie d'Hadrien.
84. titulum b. Cyriaci] Cette église, détruite sous Sixte IV, figure
en 499 au nombre des titres presbytéraux. Elle doit être beaucoup
plus ancienne. La tradition exprimée dans la passio Marcrtli (Acta
SS., t. II, p. 371, 373; cf. ci-dessus, p. xcix)la rattache à l'histoire
du diacre martyr Cyriaque et au temps de Dioclétien.
85. eccUsias. Laurentii q. a. ad Formonsum] Saint-Laurent in
Panisperna, sur le Viminal. L'église est mentionnée dans l'itiné-
raire d'Einsiedlen avec la môme désignation qu'ici. Mais déjà P.
Mallius, dans son catalogue des abbayes romaines et l'auteur des
Mirabilia connaissent l'endroit sous le nom de Panisperna (Drlichs,
Cod. U. R., p. 94, 175). C'était le lieu traditionnel du martyre de
Saint-Laurent, « ubi assatus est », dit l'itinéraire.
86. monasterium s. Laurentii q. a. Palatinis] Ce monastère devait
se trouver sur le porticus Pallacinae, dont les colonnes sont encore
visibles dans les maisons de la via diS. Marco. Grimaldi, cité par
Martinelli (Roma ex ethnica sacra, p. 365), dit que l'église Saint-
Laurent in Palatinis se trouvait en face du palais Mattei et qu'elle
disparut lorsque l'on fonda, au xvi* siècle, le monastère de Santa
Gatarina dei Funari.
87. monasterium s. Stephani q. cogn. Vagauda] L'église de ce
monastère s'est conservée jusqu'à ce jour sous le nom de S. Ste-
fano del Cacco. Ce surnom lui vient d'une figure de cynocéphale,
découverte à l'endroit qu'elle occupe et qui était jadis ou compris
dans l'enceinte sacrée de Vhaeum ou très voisin de son extrémité
méridionale (Lanciani, dans le Bull, comunale, 1883, p. 37 et suiv.).
Quant à la dénomination de Vagauda ou Bagauda, je ne saurais
en indiquer l'origine.
88. in catholica procedentes] Il s'agit, je crois, de la litanie ma-
jeure, qui avait lieu le jour Saint-Marc (25 avril) et dont le point
de départ était à l'église de ce saint.
89. vint transeuntes] Vim (accusatif avec le sens d'ablatif) signifie
sans doute ici en grand nombre.
90. Diaconia... s. Mariae q. a. Cosmidin] Il n'y a pas de plus an-
cienne mention de cette diaconie. L'édifice antique au milieu
duquel on l'avait d'abord installée n'a point été complètement
détruit. On y reconnaît, sans en être bien sûr, le temple de la
Fortune, fondé par Servius Tullius dans le Forum Boarium
(Becker, Topogr., p. 481). lien reste des colonnes et des pans de
murailles encastrées dans les constructions actuelles. Celles - ci
peuvent avoir beaucoup de parties du viii° siècle ; mais la déco-
ration intérieure, notamment les ambons, le chœur, l'autel, a été
remaniée au xn e siècle et depuis. La désignation in Cosmidin
(Ko<iat8iov) se rencontre aussi à propos d'églises de Ravenne et de
Naples. On a supposé avec raison qu'elle dérive du nom d'une
place ou d'un quartier de Constantinople, comme celle de Bla-
chernes à Ravenne et à Rome, de Latran à Aix-la-Chapelle (Gre-
gorovius, Stoiwdi Roma, t. II, p. 461). Le biographe joue évidem-
ment sur le sens du mot et son application directe à l'église de
la diaconie romaine. S. Maria in Cosmedin était au centre du quar»
tier grec, dont la population était organisée en corporation, sous le
nom de Scholagraeca; ce nom se trouve déjà dans l'itinéraire d'Ein-
siedlen ; celui de Ripa graeca, pour désigner la rive voisine, dans
un diplôme d'OthonIII(Nerini, de templo s. Alexii, p. 374). On peut
voir encore, dans le portique, des inscriptions du temps d'Hadrien.
L'une d'elles est mutilée, mais elle nomme le pape :
de don] IS dT ET SCÊ dTgENETRICIS M
temporibu] S DONÏÂDRIANI P APE EGO GREGORIVS NO...
Une autre est une charte de donation, qui porte le nom d'un
Eustathius, dux et dispensator diaconiae (Marini-Mai, III, 11).
91. tituli s. Sixti] Ce titre est mentionné dans les signatures
presbytérales des conciles de 595 et de 721; quant à l'édifice, voici
la première fois qu'il en est question dans le L. P. ou ailleurs.
92. monast. s. Victoris] Monastère chargé de la desservance de
Saint-Pancrace. Il fut organisé en 594 par Saint-Grégoire : nous
avons encore {Ep. iv, 18) la lettre par laquelle il investit le premier
abbé, Maur. Cette lettre cependant ne donne pas le vocable du
monastère ; il n'est connu que par le L. P. Cf. Léon III, n° 406.
93. Cameram vero] Il s'agit de la mosaïque absidale, qui remon-
tait peut être à saint Léon (Lbon, note 6, p. 240 ; cf. .Silvbstre,
note 64, p. 193); elle avait été déjà restaurée en 640 (Severik, p. 329,
1. 6).
94. ecclesia s. Euplt] Cette église, mentionnée encore sous ce vo-
cable dans un document de l'année 1145 (Nerini, de templo s. Alexii,
p. 397), donna un peu plus tard son nom à un hôpital, catalogué
dans le manuscrit de Turin. Auprès de l'hôpital s'élevait alors
l'église s. Salvatoris de Porta, qui me semble être identique à celle
de Saint-Euplus. M. de Rossi, Bull. 1866, p. 34, signale un sarco-
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phage du iv ou duv* siècle trouvé eu cet endroit. Cf. Théodore,
p. 334, 1. 12.
95. ubi corpus s. Leonis] Cf. p. 230, Simplicius, note 3.
96. basilicam s. Rufinae] Une petite église rurale maintient en-
core, à cet endroit, le souvenir de l'ancien siège épiscopal de Silva
Candida, uni à celui de Porto par le pape Galixte II (Nibby , Dintorni,
t. m, p. 41 ;Toma8setti, Archivio Rom., t. III, p. 306).
97. basilicam s. Andreae...] Cette église et celle de Saint-Thomas,
qui en était voisine, devaient se trouver aux environs de Cisterna,
qui est environ au trentième mille de la voie Appienne.
98. ecclesiam b. Iohannis Baptistae] Dans le sacramentaire gré-
gorien on trouve, au 6 mai, une messe pour le natale s. Iohannis
ante portam Latinam. L'une des oraisons ne permet pas de douter
qu'il ne s'agisse de saint Jean l'apôtre : c quaesumus ut beati Io-
hannis apostoli tui intercessio gloriosa nos protegat. » C'est donc
par suite d'un lapsus calami que le biographe a écrit ici Baptistae,
au lieu de apostoli. Tertullien (Prescr., 36) dit, en parlant de Rome:
« ubi apostolus Iohannes posteaquam in oleum igneum demersus
nihil passus est, in insulam relegatur. » On voit, par le martyro-
loge d'Adon, que cette tradition était localisée dans l'église de la
porte Latine. L'édifice actuel est de la fin du xu e siècle, comme
il résulte d'une inscription encore existante, commémorative de sa
consécration par le pape CélestinlII, en 1191 (Forcella, Iscrizioni
délie chiese di Roma, t. XV, p. 159).
99. ecclesiam Apostolorum foins porta Appia] L'église actuelle de
Saint-Sébastien. Si on la considère à part du sanctuaire apostoli-
que dont elle était voisine et du tombeau du martyr Sébastien, elle
n'a pas de document plus ancien que les itinéraires du vu c siècle
(De Rossi, Roma sott., t. I, p. 180, 181). Je serais porté à croire
que sa fondation a suivi de près celle du monastère ad Catacumbas,
qui fut établi sous Xystus III. Cf.XYSTUS III, p. 236, note 13.
100. basilicam s. Theodori sitam inSabellum] La situation deCastel
Savelli, un peu au dessous et à 1*0. d'Albano, fixe l'emplacement
de cette église, du domaine de Sabellum et de la domus culta Sut-
piciana. Les ruines du château, postérieur au ix« siècle, sont tout
ce qui reste sur le terrain en fait de souvenirs monumentaux (Nib-
by, Dintorni, t. III, p. 65 ; De Rossi, Bull. 1873, p. 102 ; Tomas-
setti, Archivio Rom., t. II, p. 147). Castel Savelli est tout auprès de
l'église Sainte-Euphémie et du Lacus Turni mentionnés ci-dessus
(Silvebtre, p. 200, note 104; Doxus, p. 348, note 3).
101. basilicam s. Pétri in massa Marulis] La massa Marulis (nom
inexpliqué) est nommée pour la première fois dans la charte deSer-
gius (687-701), ci-dessus, p. 380, 1. 33. Elle se trouvait au xn«
mille de la voie Latine. On la rencontre encore, et cette fois avec
mention de l'église Saint-Pierre, dans le registre de Grégoire II
(Jaflé, 2204). Cette église reparait dans la vie de Léon IV (n° 529) ;
au x« siècle elle était déserte, comme il résulte de deux chartes
du monastère romain de Saint-Silvestre (Jaflé, 3669 et 3692), datées
de 955 et 962. Son emplacement est à chercher dans la Valle Mar-
ciana, au dessous de Grotta Ferrata. On n'en a, que je sache, si-
gnalé aucune trace sur le terrain. M. de Rossi, Bull. 1870, p. 106-
109 (cf. Bull. 1872, p. 103), a classé les documents qui se rappor-
tent à cette église rurale.
102. Mastalus pnmicerius] Le nom de ce dignitaire se rencontre dans
une bulle de Léon IV (Jaflé, 2-653), où il est question d'un campus
Mastali, situé sur la voie Aurélia (Tomassetti, Archivio Rom. t
t. III, p. 327).
103. ecclesias. Leucii\ Cette église, consacrée au martyr Leucius
de Brindes, était, au sixième siècle, le centre d'un monastère. Saint
Grégoire le mentionne dans une de ses lettres, adressée à Pierre,
évoque d'Otrante, chargé par intérim de l'évêché de Brindes
(vi, 62): « Opportunus abbas monasterii sancti Leucii quod in
» quinto Romanae urbis miliario situm est, sanctuaria eiusdem
» martyris quae de ecclesia nomini ipsius dicata, ut astruit, furto
» ablata sunt, sibi denno postulat debere concedi, ut in loco eodem
» recondantur. » Galletti (Primicero, p. 54, note) en pouvait encore
Liber pontificalis.
distinguer l'abside et le clocher ; maintenant il n'y a plus, à cet
endroit que la tour appelée Torre di Quinto, dont le nom con-
serve la désignation ad Quintum. M Tomassetti la ferait remonter
au xi« siècle ( Archivio Rom., t. VII, p. 186).
104. pro secundicerii honore] Ceci donnerait à croire que les per-
sonnes élevées à certaines dignités de cour, qu'il ne faut pas con-
fondre avec les ordres sacrés, étaient dans l'usage de faire un cadeau
analogue à la summa honoraria des collèges antiques.
105. basilicam s. Eugeniae...] Nous avons ici les trois sanctuaires
que l'on rencontrait sur la voie Latine, avant d'arriver à Saint-
Etienne : 1° la basilique où reposaient les corps des saints Gor-
dien et Epimaque, avec le cubiculum des saints Quartus et
Qui n tus et les cryptes où se trouvaient les tombeaux des saints
Simplicius, Servilianus , Sophie et Trophime ; 2° l'église Saint-
Tertullin ou Tertullien ; 3° l'église Sainte-Eugénie avec le tombeau
du martyr Nemesius. — - Malgré les explorations accomplies par
Boldetti {Osservaz., p. 561 et suiv.) dansles cryptes delà voie La-
tine, tous ces sanctuaires sont encore à retrouver ou du moins à
identifier.
106. ecclesiam b. Tiburtii...] Les sanctuaires du cimetière de Pré-
textât, sur la voie Appienne : deux églises au dessus du sol, celle
des martyrs Tiburce, Valérien et Maxime, compagnons de sainte
Cécile, et celle de saint Zenon, reliées avec une grande crypte con-
tenant quatre tombes saintes, celles de saint Urbain, des saints
Félicissime et Agapit, de saint Janvier et de saint Quirinus. Des
deux églises, l'une circulaire à cinq absides, l'autre quadrangu-
laire à trois niches carrées, il reste encore des ruines reconnaissa-
blés (De Rossi, Roma sott., t. I, p. 246) ; quant au souterrain, il a
rendu des inscriptions et autres monuments d'une grande impor-
tance, étudiés par M. de Rossi dans son Bullettino de 1872, p. 45
et suiv.
107. basilicam cymiterii ss. Hermetis...] Cette église, entièrement
souterraine, existe encore, dans son gros œuvre. V. Bosio, Roma
sott., p. 561 ; Bottari, Roma soit., 1. 1, pi. 6. Les mots mirae magni-
tudinis sont très justes, car la basilique de Saint-Hermès est la
plus grande de toutes les églises cimitériales de Rome. —La leçon
basilicas, des mss. B G D,ne me semblant pas conforme à la réa-
lité topographique, j'ai préféré celle du ms. E.
108. Cymiterium vero s. Felicitatis...] Ici l'auteur énumère les
sanctuaires de la voie Salaria nova dans l'ordre topographique, en
commençant par le plus voisin de Rome. Cf. De Rossi, Roma sott.,
t. I, p. 176; Bull. 1873. p. 6 et suiv. —Des fouilles récentes ont re-
mis au jour un des édifices mentionnés ici, Y ecclesia sancti Silani
située deorsum, d'après un des topographes du vu* siècle (De
Rossi, Roma sott,, t. I, p. 76), tandis que l'église particulièrement
dédiée à sainte Félicité se trouvait sursum. Celle-ci fut construite
par le pape Boniface I er , dans le cimetière de Sainte-Félicité, iuxta
corpus eius, ce qui semble indiquer qu'elle ne contenait pas, au
moment de la fondation, la tombe de la sainte et qu'elle en était
simplement voisine. Du reste, la notice de Boniface (p. 227, 1. 16)
suppose que la mère et le fils reposaient dans un même tombeau :
« ornavit sepulchrum sanctae martyris Felicitatis et sancti Sil-
vani. » Au vu» siècle, à s'en rapporter au topographe déjà cité,
chacun d'eux aurait eu le sien, sainte Félicité ayant été transférée
dans l'oratoire fondé par le pape Boniface. Cet oratoire n'a pas été
retrouvé (v. p. 229, Boniface, note 13, ce que l'on en peut savoir
par les inscriptions) ; il en est de môme de l'édifice appelé ecclesia
s. Bonifacii par le biographe d'Hadrien. Le tombeau de Boniface est
indiqué iuxta corpus s. Felicitatis par le L. P. (2« édition), exacte-
ment comme l'oratoire lui-même. On pourrait croire que ces deux
édifices n'en faisaient qu'un et il est, en effet, peu vraisemblable
que Boniface se soit fait enterrer en dehors de l'édifice élevé par
lui en l'honneur de la sainte. Cependant le topographe établit une
distinction : « Deinde venies ad s. Felicitatem ; ibi illa pausat in
ecclesia sursum et Bonifacius papa et martyr in altero loco, et filii
eius (Felicitatis) sub terra deorsum. » Valter locus était sans doute
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un petit édicule compris dans l'oratoire lui-même et placé à quel-
que distance de l'endroit où, au vit» siècle, se trouvait l'autel avec
le tombeau de la martyre. Cf. De Rossi, Bull. 1885, p. 149 et suiv.
109. basilicamss.Abdon et Sennes atque b. Candidae] Cf. Anastase,
p. 219, note 5.
110. diaconias constitua] Ainsi fut porté à dix-huit le nombre des
diaconies urbaines, fondées depuis le vue siècle et auxquelles, par
la suite, on rattacha les cardinaux-diacres. Cf. Benoit II, p. 364,
note 7 ; ci-dessus, note 70. — Le lusma Çkoùsyjx) diaconiae, un peu
plus bas, s'explique, je crois, par le passage p. 506, 1. 5, où l'on voit
que les distributions d'aumônes, dans les diaconies, se faisaient
aux bains. On pourvoyait à la propreté des pauvres, en même
temps qu'à leurs autres nécessités.
111. ex aquaeductus Sabbatinae] Cette réparation de l'aqueduc
de Trajan a déjà étêmentionnée plus haut, p. 503. Nous avons ici un
cas analogue à celui que nous offre la double mention de la res-
tauration des remparts. On peut expliquer ces répétitions en disant
qu'il s'agit de travaux considérables, qui ont pu être commencés,
puis interrompus, puis repris. Du reste, les dépenses auxquelles
ils donnèrent lieu durent figurer sur les registres de plusieurs
exercices. En ce qui regarde spécialement la forma Traiana, j'ai
fait observer que le premier passage où il en est question ne parait
pas appartenir à la première rédaction de la partie do la notice où
on le rencontre (Introd., p. ccxxxv).
112. basilicam s. Secundini] Le martyrologe hiéronymien men-
tionne au 1 e ' août la fête d'un saint Secundinus, au trentième
mille de la voie Prénestine. Je n'ai pas connaissance que l'on ait
identifié ce sanctuaire.
113. rugas in presbyterio] Les grilles des trois portes par lesquel-
les on entrait dans le portique {presbyterium) en avant de l'abside
et de la confession ; ces trois ouvertures sont l'analogue des trois
portes des iconostases grecques. Le biographe les distingue par les
expressions a parte virorum (gauche), a parte mulierum (droite), in
caput presbilerii (centre).
114. altareipsius Praesepii] Voici, je crois, la première mention
d'un autel spécial élevé auprès de la célèbre relique de Sainte-Marie-
Majeure. Cet autel devait se trouver dans une petite chapelle (ora-
torium, cubiculum) à l'endroit qu'il occupe encore actuellement.
115. cymiterium b. Yppolitï] Sur ce cimetière, où ont eu lieu ré-
cemment des découvertes fructueuses, v. De Rossi, Bull. 1882, p. 9
et suiv. M. de Rossi pense que l'église Saint-Etienne mentionnée
ici n'est autre que la basilique cimitériale de Saint-Hippolyte,
encore désignée sous ce nom par les topographes du septième siècle.
(Roma sott., t, I, p. 178, 179).
116. monasterium ss. Uadriani et Laurentii] Le catalogue du ma-
nuscrit de Turin mentionne une église 5. Adrianelli entre Saint-
André et Saint-Vit, près Sainte-Marie-Majeure. C'est évidemment
l'église du monastère dont il est ici question. Bianchini (Anastûs.,
t. III, p. 169) raconte que, vers l'année 1708, on découvrit dans un
jardin voisin de Saint-Euscbe « parietes ecclesiae cum adiacenti
aedificio », à environ quatre mètres de profondeur; on tira de
là des colonnes et un epis tylium portant l'inscription suivante :
+ AVXILIANTE DNO DO NP XP"Ô" ORANTE
B EAT O LAVRENTIO MARTYRE HILARVS ARCHI-
DIAC FECIT. Il croit pouvoir conclure de là que l'église à la-
quelle appartenait cette colonne était celle du monastère ad Lu-
nam, fondée par le pape Hilaire (ci-dessus, p. 245, 1. 3). Il est
probable que le fondateur de ce sanctuaire est bien l'archidiacre
Hilaire qui succéda en 461 à saint Léon sur le siège pontifical. En
tout cas il n'est guère douteux que l'édifice découvert au commen-
cement du xviii» siècle ne soit l'église du monastère des saints
Hadrien et Laurent, dont l'origine remonte ainsi jusque vers le
milieu du y siècle. Le biographe semble indiquer que le vocable
définitif, celui des saints Hadrien et Laurent, fut introduit par le
pape Hadrien. — Sur les monastères de Sainte-Marie-Majeure, cf.
Grégoire II, p. 397.
1 17. ante' vestibulum altaris] Ce vestibule de l'autel me semble
être un portique à iconostase, dans le genre de celui qui se trou-
vait à Saint-Pierre, en avant de la confession.
118. ecclesia b. Pétri ad corpus] Cette manière de désigner la ba-
silique de Saint-Pierre se rencontre aussi dans les rubriques d'une
sylloge épigraphique publiée par M. de Rossi, Inscr. christ. , t. II,
p. 123, d'après un manuscrit du ix c siècle.
119. per suas apostolicas sillabas] Les lettres remises aux légats
sont datées du 26 octobre 785 ; il y en a deux (Jaffé, 2448, 2449),
adressées l'une aux empereurs Constantin et Irène, l'autre au pa-
triarche Taraise. Le concile eut lieu à l'automne de l'année 787;; il
tint huit sessions, du 25 septembre au 22 octobre.
120. una cum imperialibus sacris] Ces lettres impériales sont per-
dues ; nous n'avons plus que celles du patriarche Taraise.
121. in latino ea translatari iussit] C'est cette traduction qui cho-
qua le clergé frank et détermina Charlemagne à combattre le sep-
tième concile, dans les fameux Libri Carolini. Anastase le biblio-
thécaire composa une autre version sous Jean VIII; la première dis-
parut bientôt ; il n'en reste que des extraits dans les Libri Carolini
et dans la réponse du pape Hadrien (Jaffé, 2483).
122. ecclesia b. Sabinae sita territorio Ferentinello] Je ne suis pas
parvenu à identifier cette localité. Sur le culte de Sainte-Sabine en
Ombrie, aux environs de Terni, v. De Rossi, Bull. 1871, p. 90 et
suiv.
123. diaconiam ss. Sergii atque Bachi] Cette diaconie occupait l'em-
placement des Rostres de l'époque impériale, entre l'arc de Sep-
time-Sévère et le temple de Saturne, en contre-bas du temple de
la Concorde, dont l'écroulement est raconté ici. Elle subsista jus-
que vers le milieu du xvi° siècle. La date et les causes de sa
disparition n'ont point encore été tirées au clair (C. Re, Bull,
comunale, 1882, p. 120).
124. Basilicam monasterii b. Anastasii] Saint-Anastase ad Aquas
Salvias. Cette église remonte au milieu du vn« siècle (De Rossi,
Roma sott., t. I, p. 114, 182, 183). Elle fut alors dédiée à un saint
Anastase, martyrisé en Perse, en 627.
125. muros huius civitatis Romanaé] Cf. ci-dessus, p. 501, 1. 12.
126. mense decembrio, XV indictione] Décembre 791.
127. arcum qui vocatur Très Falciclas] C'est l'arc de triomphe de
Marc-Aurèle, élevé sur la voie Flaminienne, à l'endroit où la via
délia Vite débouche dans le Corso actuel, non loin de Saint-Lau-
rent in Lucina (Nibby, Roma anlica, t. I, p. 471; Iordan, Topogr.,
t. II, p. 415). Il fut démoli en 1662, mais les sculptures qui le dé-
coraient sont en grande partie conservées au Capitole. Dans les Jfi-
rabilia il porto le nom d'arcus Octaviani. L'origine de l'appellation
Très Falciclas est inconnue; elle doit se rattacher à quelque détail du
monument. Falcicla semble être une contraction de falcicu/a, faucille.
128. regammans per porticum Pallacinis] Rcgammare veut dire ici
tourner à angle droit, comme dans la Charta Cornutiana (Introd.,
p. cxlvi b t 1. 24). Le Tibre, arrivé au bout delà via Lata, rencontre
le Capitole, qui le force à se détourner par le portique de Saint-
Marc. Cf. ci-dessus, p. 411, Grégoire II, note 14.
129. adpontem Antonini] Le ponte Sisto actuel.
130. per sandala] Nous avons ici la forme sandalum d'un mot
qui se retrouve dans la basse grécité et la basse latinité sous les
formes <riv8:x)u;, aavSaXiov, sandalus, sandalia (Cf. les lexiques de
Ducange à ces mots) Il s'agit d'une petite embarcation que l'on
manœuvrait à la godille.
131. portas aereas maiores] Ce sont les portes qui fermaient Va-
trium de Saint-Pierre. Elles provenaient sans doute de quelque édi-
fice antique.
132. sepultus est in basilica b. Pétri] Le tombeau d'Hadrien se
trouvait dans la chapelle marquée 15 sur le plan (De Rossi, Inscr.
christ., t. II, p. 203; cf. p. 226). Voici son épitaphe, composée,
dit-on, par Alcuin. Le marbre original est conservé dans le por-
tique de la basilique actuelle de Saint-Pierre. Je reproduis le texte
de Sarti et Settele (Appendix, p. 133).
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XCVII. HADR1ANUS (772-795).
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HIC PATER ECCLESIAE ROMAE DECVS INCLYTVS AVCTOR
HADRIANVS REQYIEM PAPA BEATVS HABET
VIR CVI VITa1)S~ PIETAS LEX GLORIA CHRISTVS
PASTOR APOSTOLICVS PROMPTVS AD OMNE BONVM
N0B1LIS EX MAGNA GENITVS IAM GENTE PARENTVM
SED SACR1S LONGE N0BIL10R MERITIS
EXORNARE STVDENS DEVOTO PECTORE PASTOR
SEMPER VBIQVE SVO TEMPLA SACRATA DO
ECCLESIAS DONIS POPVLOS ET DOGMATE SCÔ"
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PAVPERIBVS LARGVS NVLLl PIETATE SECVNDVS
ET PRO PLEBE SACRIS PERVIGIL IN PRECIBVS
DOCTRINIS OPIBVS MVR1S EREXERAT ARCES
VRBS CAPVT 0RB1S HONOR INCLYTA ROM A TVA 5
MORS CVI NIL NOCVIT XP? QUAE MORTE PEREMPTA EST
IANVA SED VITAE MOX MELIORIS ERAT
POST PATREM LACRIMANS KAROLVS HAEC CARMINA SCRIBSI
TV MIHI DVLCIS AMOR TE MODO PLANGO PATER
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TE CLERVS POPVLVS MAGNO DILEXIT AMORE
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HADRIANVS KAROLVS REX EGO TVQ. PATER
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LÉGENDE DU PLAN
DE L'ANCIENNE BASILIQUE DE SAINT-PIERRE (p.»».
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Ce plan, le seul document du genre qui nous soit resté sur l'ancienne basilique de Saint-Pierre, fut dressé,
gravé et publié en 1591, à Rome, par Tiberio Alfarano. La reproduction que j'en donne ici est due à l'obligeance
de M. de Rossi, qui, l'ayant fait graver pour le tome II de ses hiscriptiones christianae, a bien voulu permettre
à mon éditeur d'en faire exécuter un tirage pour ma publication. J'ai cru devoir y joindre la légende dont la
planche était accompagnée dans l'édition d'Alfarano et qui a été répétée, en particulier, dans la reproduction
de Sarti et Settele *. Le lecteur doit être prévenu que, en 1590, le chevet de la basilique était démoli depuis
près d'un siècle et que la partie des nefs provisoirement conservée était barrée par un mur 2 . Beaucoup d'autels
et de tombeaux, situés autrefois dans le transsept et dans le haut des nefs, avaient été transportés en deçà de ce
mur. Les indications d'Alfarano se réfèrent assez souvent à cet état de choses. Il arrive quelquefois qu'il n'a
pu donner le vocable d'une chapelle ; c'est ce qu'il marque par le sigle s. n. {sine nomme). Il renvoie çà et là à
un livre de lui sur la basilique Vaticane ; ce livre est conservé en manuscrit (G, 6) dans les archives de Saint-Pierre,
j'ai complété et corrigé çà et là ses indications par quelques notes empruntées, soit à mon commentaire du Li-
ber Pontificalis, soit aux explications données, précisément sur ce plan, par M. de Rossi, dans ses hiscriptiones
christianae, t. IL p. 229-233. Les numéros marqués d'un astérisque se rapportent à des monuments relativement
récents, c'est-à-dire postérieurs au xn° siècle et, en particulier, àla description de la basilique par Pierre Mallius.
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A. Absis, sive tribuna veteris templi.
B. Transversa navis v. t.
C. Mediana navis v. t.
D. Anterior navis dextra I ad meridiem, ubi multorum
E. Posterior navis dextra \ ponlif
F. Anterior navis sinistra
G. Posterior navis sinistra
H. Atrium templi inmedio quadriporticus.
ponlificum et card. sepulcra.
ad aquilonem.
i. Ad Philippi Laurentii Dionysii opus de Vaticanis cryptis Ap-
pendix, Rome, 18Î0.
2. La hauteur à laquelle passait ce mur est marquée 41 sur le plan.
i inquibuseratpicturasex
\ ss. synodorum genera-
; lium a Constantino pp. 3
I. Anterior pars quadriporticus
K. Dextra pars quadriporticus
L. Sinistra pars quadriporticus
M. Posterior pars quadriporticus.
N. Area super gradus templi, ubi summus ponlifex imperato-
rem recipere solet.
O. Gradus 3o quibus ascenditur ad templum [Symmaque,
note 2i, p. 267].
3. Constantin, p. 391, 1. 13. Mais il est douteux qu'Aliarano ait
indiqué cet emplacement de science certaine.
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P. Olim J episcopium a Symraacho pontifice [ibid., note 26].
Q. Palatium apostolicum magnificentissimum.
R. Platea ante templum, in cuius medio s. d. n. Sixtus V
obeliscum Gaesaris Aug. transtulit et erexit.
5. Templum novum, vêtus templum cingens, quod admirabili
artificio in cracis formam extruitur 2.
a. Monasterium sancti Martini J Can. habitatio, nunc ae-
6. Monasterium S. Stephani maioris Jthiopum monachorum.
c. Ecclesia s. Andreae a Symmacho papa 3 .
d. Templum s. Petronillac virginis a Paulo I.
e. Templum s. Mariae de febribus *.
f. Monasterium s. Stephani minoris ab Adriano I [Etienne II,
note 42, p. 459].
g. Ganonica, vel canonicorum habitatio a Nicolao III.
h. Ecclesia s. n. Creditur fuisse monasterium s. Iohannis
et Pauli [Léon, note if , p. 241].
i. Ecclesia s. n. Creditur fuisse diaconia ss. Sergii et Bacchi
[Grégoire III, note 25, p. 423].
k. Templum a Probo Urbis praefecto constructum 5.
/. Coemeterium fontis sancti Pétri, de quibus ac de confes-
sione sancti Pétri et sanctorum ibi sepultorum in libro
dicetur.
m. Bibliotheca basilicae amplissima.
n. Sacrarium pro sacra suppellectili*.
o. Sacellum ab Antonio Cerdano cardinali.
p. Sacellum a Baptista Zeno cardinali.
q. Sacellum a Sixto II1I extructum pro choro.
r. Sacellum s. Thomae apostoli a Symmacho papa 7 .
s. Oratorium vêtus».
t. Ecclesia s.
u. Ecclesia s.
x. Ecclesia s. Ambrosii.
y. Ecclesia s. de qua et aliis ecclesiis xenodochiis ac monas-
teriis pro sacerdotibus quotidie Deo psallentibus in libro.
aa. Ecclesia s. Vincentii.
56. Gradus palatii apostolici.
ce, Ecclesia s. Gregorii olim [Etienne V, n° 650].
dd. Secretarium, ubi olim summus Pontifex sacras vestes as-
sumebat.
ee, Vestibulura secretarii, ubi sunt sepulti summi Pontifices.
i. Localisatiou douteuse et sans doute conjecturale. •
2. Cette lettre n'est pas marquée dans notre reproduction du plan
d'Alfarano ; elle se rapporte à un pointillé qui indiquait la partie
déjà construite de la nouvelle basilique, derrière l'ancienne et
autour du transsept.
3. Faux ; ce titre ne convient qu'à l'édifice marqué e ; en c il n'y
a qu'un vestibule qui relie le transsept de Saint-Pierre à l'église
Sainte-Pétronille.
4. Voir la note précédente.
5. Mausolée des Anicii.
6. En face se trouvait l'épitaphe d'Hadrien II.
7. Faux ; v. la note au n° 167.
8. M. de Rossi pense que c'est l'oratoire construit par GrégoibbIV
(n« 459) en l'honneur de saint Grégoire le Grand.
LÉGENDE DU PLAN
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19.
Ecclesia Salvatoris cum coemeterio ad sepulturam omnium
peregrinorum.
Xenodochium ubi ex peregrinis ad limina apostolorum
confluentibus tredecim ad mensam quotidie per Ponti-
ficis ministros suscipiuntur.
Ecclesias. ApollinarisabHonoriol[HoNOAius,noteiO,p.326].
Moenianum ubi Pontifex maximus in solemnioribus festis
populo benedicit.
Ianua palatii apostolici.
Pars graduum a Pio II amplificata.
Ecclesia s. Gregorii in platea, pro babitatione cantorura
[Hadrien, note 81, p. 520].
Altare maius * ubi apostolorum Pétri et Pauli corpora re-
quiescunt [Silvestre, note 61, p. 194].
Confessio* b. Pétri ab Anacleto papa exornata, Romanorum
Pontificum sepultura, unde sumuntur pallia pro archie-
piscopis in signum plenitudinis pastoralis officii [Sil-
vestre, L c]
Solium Romani Ponlificis.
Subsellia S. R. E. cardinalium, sub quibus 3 sunt sepulcra
ss. pont. Lini, Cletî, Anacleti, Evaristi, Thelesphori, Hi-
ginii, Pii, Eleutherii, Victoris et Iohannis primi.
Duodecimcolumnae eleganti.ssimae,frontem maioris altaris
complectentes et sancta sanctorum constituentes [Silves-
tre, /. c. et note 63 ; Grégoire III, note 11, p. 422 ; Ha-
drien, note 63, p. 519].
Candelabrum eximium pro cereo paschali.
Suggestum marmoreum ad evangelium decantandum
[Pelage II, note 3, p. 310J.
Olim altare s. Sixti primi 4 a Pascali II.
Altare de ossibus nuncupatum, a Francisco de Tibaldescis
cardinali. '
Hosliolum ducens ad oratorium post confessionem.
Alterum hostiolum praefati oratorii ubi ossa plurimorum
congesta sunt.
Sepulcrum marmoreum.
Porta templi ad occidentem.
Oratorium s. Leonis papae, ubi sunt corpora ss. Leonis
I, II, III et IV [Sergius, note 35, p. 379; Paul, note 12,
p. 467; Léon IV, no 511].
Oratoriums.Adriani primi papae [HADRiEN,note 132, p. 522].
Sepulcrum Urbani II papae.
Oratorium S. M. de Cancellis a s. Paulo 1 papa [Paul,
note 12, p. 467].
Sacellum S. M. a lo. Caetano de Ursinis cardinali.
Porta ad meridiem ubi multorum pontificum et cardina-
lium sepulcra.
i. L'autel majeur est à l'aplomb de la confession et de la cham-
bre funéraire contenant le sarcophage apostolique.
2. Le chiffre 2 est marqué un peu en avant de la confession :
celle-ci se trouve juste sous l'autel.
3. Conjecture sans fondement ; cf. Lin, note 3, p. 121 ; Anaclbt,
note 2, p. 125.
4. Lisez secundi (De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 214). Là aussi
se trouvait le tombeau de Sergius II.
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33.
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37.
38.
39.
40.
41
43*.
Oratorium ss. Processi et Martiniani a Paschali I [Pascal,
n°43I].
Sacellum s. Catherinae pro card. Tiburtino.
Oratorium s. Mauritii, ad quod imperator et imperatrix ab
episcopis cardinalibus benedicunturet in brachio dextro
oleo sancto ungunturantequam a Romano Pontificecoro-
nentur.
Altare s. Silvestripapae ubi Vigilii 1 et Adriani Illlsepulcra.
Al tare s. Bartholornei.
Columna sancta, una ex XII e Salomonis templo 2.
Altare s. Antonii, ab Antoniotio de Palaviciniscardinali.
Altare s. Luciae virginis a Gregorio 1 3 .
Altare trium Regum Magorum.
Altare pro mortuis.
Oratorium s. Iohannis ad fontes, a Symmacho papa [Sym-
maque, note 22, p. 266].
Fons baptismi a Damaso papa versibus exornatus [Introd.,
p. cxxii ; Symmaque, note 20, p. 266].
Altare s. Iohannis evangelistae [Symmaque, note 22].
Altare b. Mariae virginis.
Altare s. Annae, societatis parafrenariorum S. R. E. cardi-
nalium.
Oratorium s.Crucis, a Symmacho papa [Symmaque, note 21].
Porta ad occidentem.
Duo sacella antiquissima s. n.
Altare b. Mariae et altare s. Gabini mart. a Gregorio III;
quae Eugenius III in unum restituit et Innocentius VIII
exornavit, plurinorum sanctorum reliquiis reconditis
[Grégoire III, p. 417,1. 10].
Chorus.
Altare s. Pastoris, supra quod erant organa, ab Urso de
Ursinis cardinali.
. Parietes veteris templi partem a novo dividentes.
. Altare ss. Processi et Martiniani, ex priori loco cum statua
aenea s. Pétri translatum.
Altare b. Mariae translatum.
Sacellum ss. apostolorum Simonis et Judae, ubi sanctissi
mum Eucharistiae sacramentum honorifice custoditur.
Olim altare ss. apostolorum Philippi et lacobi.
. Fontes aquae benedictae et altare b. Mariae virginis ad
columnam ad dexteram templi.
Sacellum s. Bonifacii martyris, a Bonifacio VIII [Boniface
IV, note 4, p. 318.]
Altare mortuorura privilegiatum et sepulcrum Leonis IX.
. Altare s. Antonii abbatis et s. Annae.
. Altare s. Vincislai martyris régis Boemorum atque s.
Herasmi.
i. Le tombeau de Vigile était à Saint-Silvestre (ou Saint-Marcel)
sur la voie Salaria. Cependant, au xu° siècle, on croyait que ce
papo reposait à Saint-Pierre (P. Mallius, dans De Rossi, Inscr.
chr., t. II, p. 201).
2. Une des douze colonnes du portique devant la confession, ré-
putée miraculeuse et transportée ici.
3. Inexact. Cf. De Rossi, /. c, p. 218.
51. Altares.Martialis,a Neapolione deUrsiuiscardinalietVan-
notia de Sabellis, ubi cum suis maioribus requiescunt.
52*. Altare s. n.
53*. Sepulcrum Pauli III eximium, ab Alexandro Farnesio
cardinali.
54*. Altare sanclissirai Crucifixi ubi est corpus s. Petronillae.
55. Sepulcrum Bonifatii IIII et statua equestris Ruberti Ma-
latestae *.
56. Altare de Perreriis, ubi sepulcrum Pétri Raymundi, Hie-
rosolymitani hospitalis magistri.
57. Altare s. n.
58*. Altare b. Mariae ab Eugenio IIII et Petro Barbo card.
59". Sepulcrum Eugenii IIII, ubi ossa multorum sunteongesta.
60*. Altare s. Marci evang. a Pauloll.
61*. Altare s. Nicolai a Nicolao V.
62*. Altare s. Blasii a Poncello de Ursinis.
63*. Sepulcrum Urbani VI et multorum pontificum.
64*. Altare Anuuntiationis B. M. V.
65. Duo altaria s. n.
66*. Altare B. M. etss. Francisco et Antonii de Padua,aSixto IIII.
67*. Sepulcrum Sixti IIII aeneum, elegantissimum.
68*. Sepulcra Iulii II et Fatii Sanctorii card.
69*. Sepulcrum Franciotti de Ruere card.
70*. Sepulcrum Carolae, Cypri et Hierusalem reginae.
71*. Sepulcrum Bernardi Heruli Narniensis card.
72*. Sepulcrum Stephani %'ardini Foroliviensis card.
73*. Altare s. Thomaeapostoli,ante quod sunt sepulti lo. Po-
dius, episcopus Bononiensis, et MafOolus de Lanipugnano,
episcopus Placentinus, et FranciscusBarthelai, episcopus
Molopotaniensis, et Petrus Lunellus, episcopus Gaetanus.
74*. Fons baptismi (provisoire, xvi c s.) et sepulcrum Innocen-
ta VII.
75*. Sepulcrum Pétri Fonseca, Lusitani cardinalis, et Nicolai .
vicecomitis Mediolanensis.
76*. SepulcrumArduinisenioris,Novariensiscard. dellaPorta.
77*. Sepulcrum Arduini senioris, Novariensis cardinalis, et
Theobaldi de Rubeo monte, archiepiscopi Bisuntini.
78*. Sepulcrum Christophori Maroni, episcopi Herniensis,
cardinalis.
79. Sepulcrum Gregorii V.
80*. Altare s. n.
81*. Sepulcrum Pii III, ante quod est sepultus Franciscus
Bandinus, Picolomineus, archiepiscopus Senensis.
82*. Olim sepulcrum Pii V et Sixti V.
83*. Olim sepulcrum Adriani VI, nunc Iulii III.
84*. Sepulcrum Pii IT, ante quod sunt sepulti Pius II et III.
85. Altare s. Gregorii a Greg. IIII, supra quod est caput s.
Andreae ap. a Pio II [Grégoire IV, n° 459].
86*. Sepulcrum Agnetis de Columna, HonoratiGaetaniuxoris.
87*. Olim altare ss. Laurentii et Georgii a Iacobo Caietano de
Stephanescis, cardinali.
88*. Altare s. n., nunc columna sancta translata.
l.Cf. n»47.
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89*. Scpulcrum Gregorii XIII et Gregorii XIIII.
90*. Altare B. M. quod est sepulcrum Berardini de Cruce, épis-
copi Novocomensis, iuxta quod fuere translata ossa Cal-
listi III, Alexandri VI et Urbani VI, et demum sep. Ur-
bani VII.
91. Olim altare s. Tridentii mart. Nunc lapis supra quem
plures sancti martyrium subiere.
92. Olim altare s. Antonini mart. ab Odone Lotta de Amates-
cis. Nunc lapis supra quemfueruntdivisa ossa bs. Aposto-
lorum Pétri et Pauli a b. Silvestro papa.
93. Altare s. n.
94*. Sacellum s. Aegidii abb. a lo. Toraacello, comité Sorae.
93*. Sacellum s. Nicolai a Nicolao III, ubi dicti Nicolai et Ho-
norii IIIl ac Francisci Buccamatii car. sep.
96*. Altare capellae Gregorianae, ubi est corpus s. Gregorii
Nazianzeni a Gregorio XIII translatum.
97*. Altare s. Iacobi apostoli ab Ant. de Calvis card.
98*. Altare s. Hieronimi.
99*. Altare s. Augustini.
100. Altare s. Ambrosii.
101*. Altare s. Martini a lo. episcopo Hostiensi,card. Vivarien.
102*. Altare s. Agathae, nunc sepulcrum Marcelli II.
103*. Altare s. Luciae translatum et sepulcrum Innocentii IX.
104*. Sepulcrum Nicolai V translatum.
10b*. Sepulcrum Pauli II translatum.
106*. Altare s. Marci translatum.
107*. Olim altare s. Abundii, mansionarii basilicae, postea
Leonis X ac Pii IV sepulcra.
108. Olim aditus ad ecclesiam s. Vincentii (aa), nunc sacellum
Innocentii VIII translatum, ubi omnes reliquiae templi.
109*. Sepulcrum Innocentii VIII translatum.
110*. Olim altare s. Laurentii. nunc sepulcrum marmoreum
translatum N. sum. pont.
111*. Sepulcrum Alvisii ex familia Rosiorum cardinalis, postea
Pauli MI.
112*. Sepulcrum olim Franciotti de Ursinis card.
113. Porta parvula olim.
1 14. Altare olim oralorii s. Mariae ad Presepe a lo. VII. Nunc
porla sancla [Jean VII, note 2],
115. Altare vultussancti, ubi sanctum Sudarium quo D. N. lesus
Christus ante passionem faciem suam exlcrsit et Lancea
qua eiusdem D. N. latus apertum fuit custodiuntur.
116. Pinea aenea speciosissima a Symmacbo papa [Symmaque,
note 23].
117. Fons magnusaeneus pro peregrinis a Symmacbo papa.
118. Très portae supra quas est restituta de novo Navicula
principis apostolorum fluctuaus, ex musivoelegantissimo
opère Iotti, impensis Iacobi Caietani cardinalis de Ste-
phanescis, olim canonici.
H9. Parvula aedicula multorum sanctorum reliquiascontinens.
120. Sepulcrum Honorii I, OctonisIIet Placidiiet Valentinia-
ni III Augustorum Caesarum ; de aliis regibus in libro 1 .
1. Fausse attribution . Les empereurs de la dynastie tbéodo-
130.
131
121.* Porta palatii a Iulio II restaurata.
122.* Aula regia sacri palatii, iuxta quam ad occidentem est
capella Sixti MI, ad orientem sacri Consistorii aulae
et moeniana triplicis ordinis a Leone X, ad meridiem
capella Pauli III,et ad Aquilonem amplissima summorum
pontificum cubicula.
123. Sepulcrum Benedicti MI.
124. Porta sancta*, quae vigesimo quinto iubilaei anno per
Romanum pontificem aperitur et clauditur, de qua et
indulgen. et stationibus in libro.
125. Sepulcrum loannis IX.
126. Porta dicta Guidonea, supra quam olim erant appensa
multarum victoriarum insîgnia.
127. Sepulcrum Stephani V et VI.
128. Porta Romana, supra quam sunt appensi vectes por-
tarum Tuneti a Carolo V imperatore niissae.
129. Sepulcra Benedicti M et Iohannis XIX 2 etbullacentesimi
quoq. iubelei anni a Bonifacio VIII.
Porta mediana, olim argenlea, ab Honorio I et Leone MI,
nunc aenea ab Eugenio MI [Honorius, note 2, p. 324 ;
Léon IV, n° 540].
Valvae aeneaeantiquissimae.
132. Olim sepulcrum Sergii primi 3 ; nunc adest lapis numidi-
cus cui insculptum est epithapbium sepulcri Adriani primi
a Carolo Magno aedictum, ex priori loco translatus.
133. Porta Ravenniana, supra quam sunt appensa insignia et
cathena portus Smirnae, Sixto MI pont.
134. Tabule marmoreae, in quibus sunt insculpta nomina
olivetorum et fundorum a Gregorio papa pro luminari*
bus templi [Introd., p. cxlv].
135. Sepulcrum Nicolai papae I.
13C. Locus sepulcri Gregorii primi, olim *.
137. Porta Iudicii, per quam defuncli iuferebantur.
138. Sepulcrum lo. VIII.
139. Sepulcrum lo. XMI.
140. Sepulcra lo. II et IIP.
141. In bac parte porticus templi sunt sepulti multi su m mi
pontitices sanctissimi dd.
142. Sacellum principale secretariH, ubi translata fuit imago
beatac Mariae dicta de febribus et sepulcrum Benedicti
primi.
143. Altare s. Io. Baptiste, translatum, de familia Ursinorum.
144. Altare s. Sebastiani, a Christopboro de Iacobatiis cardi-
nali.
145. Altare s. n. et sepulcrum Nobilis de Perbenedictis.
sienne reposaient dans le mausolée d e ; quant à Othon H, son
tombeau devait se trouver à peu près à l'endroit indiqué ici.
1. Postérieure au xu* siècle.
2. Fausse désignation, d'ailleurs en circulation depuis longtemps
an moment où Alfarano écrivait. Ce n'est pas le tombeau de
Jean XIX, c'est celui du Marin I er qui se trouvait à cet endroit.
3. Lisez Sergius III. Cette confusion est déjà dans P. Mallius.
4. Avant la translation à l'intérieur de la basilique sous Gbk-
goirb IV, n° 459.
5. Lisez Jean V et Jean III.
6. L'ancien secretarium.
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DE L'ANCIENNE BASILIQUE DE SAINT-PIERRE.
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Altarc ad quod fuit translata imago b. Mariae ex interco-
lumnis porticus.
Aditus ducens ad porticum.
Altare s. n.
Altarc olim s. Mariae in Turri, ubielectus in imperatorem
a canonicis s. Pétri recipitur in canonicum et in fratrem
[Paul, note 13, p. 467].
Palatium archipraesbyteri basilicae.
Turris campanaria [Etienne II, note 52, p. 460].
Très portae olim aeneae, in quibus erant insculpta nomina
regnorum, provinciarum, civitatum et insularum sedis
apostolicae.
Altare s. Andreae,ubi sum.Pont. solemniaquaedam per-
agebant.
Altare s. Angeli.
Altare s. n.
Transi tus.
Altare Salvatoris 1 , dictum de Abundantia, a Thoma de
Ursinis cirdinali et Neapolione comité Manupelli.
Sacellum b. Mariae AnnuntiationisaMaria de Comitibus 8 .
Sacellum 3 s. n. multorumque nobilium sepulcra.
Olim sacellum s. Petronillae virginis, filiae s. Pétri, a
Ludovico [XI] rege Francorum dotatum, ubi erant se-
pultae Agnes Henrici II et Maria ThermantiaHonoriiimp.
uxores [Paul, note 5, p. 466].
Sacellum s. n. ubi ossa e diversissepulcriserutacongesta
sunt, de quibus et altis late in libro dicetur *.
1. Déjà dédié au Sauveur dans la description de Saint-Pierre du
vm e siècle (De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 225).
2. Au viu c s., aulel de sainte Anastasie.
3. Au vinc s., « sanctissimae genitricis Dei. »
4. Au vmc s., dédié aussi au Sauveur.
162. Transitus ad alterumtemplum.
163. Sacellum s. n. ubi congesta sunt ossa veterum sepulcrorum 1 .
164. Altare s. Joannis Chrisoslomi, archiep. Constantinop.*
165. AulasamctimonialiumiugiterDeumlaudantium,de quibus
et aliis rébus in libro dicetur.
166. Transitus.
167. Sacellum' s. n. ubi est sepultus Oddo Iannuensis, episcopus
Interamnensis.
168. Sacellum ss. Lamberti et Servatii, a Georgio de Cesarinis
canonico, ad quod fuit translatum corpus s. lo. Chrysos-
tomi et est sepulcrum omnium canonicorum basilicae.
169. Sacellum s. n. ubi conservantur sedes sive cathedra S. P.
et culcitra sive stragulum ss. Martyrum.
170. Sacellum et sepulcrum Callixti III et Alexandri VI etquo-
rundam cardinalium multorumque nobilium.
171. Ot>elisci Caesaris in medio circi Caii et Neronis primevus
locus.
172. Sacellum B. Mariae de febribus, ante quod sunt sepulti
Bartholomeus Marascus, episcopus Castillanus, et Iacobus
Breuccietti, episcopus Nucerinus.
173. Sacellum s. n. ubi erat sepulcrum Hugonis Lingles Nico-
siensis, regni Cypri camerarii.
174. Sacellum sanctissimae Trinitatis et ss. Cosmae et Damiani,
ubi est sepulcrum beneficiatorumet clericorum basilicae.
1. Saint Théodore, au vni« s.
2. Saint-Martin, au vin 8 s.
3. Sur les sept chapelles qui suivent (167-170 et 172-174), cf.
Symmaque, note 17, p. 365. Au temps d'Alfarano leurs vocables
étaient changés ou inconnus. Au vin siècle, elles portaient les
noms suivants : Saint-Sossius (167), Saint-Apollinaire (168), Saint-
Thomas (169), Saint-André (170), Saint-Cassien (172) , Saint-Vit
(173), Saint-Laurent (174).
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P. m 6, note 3.— M.Mommsen (Hermès, t. XXI, p. 142) donne
quelques détails sur ce ms., qui porte maintenant le n° 1895, et
sur un autre de la mémo compilation (n° 12266); le premier
est du ix° siècle, le second du x°. Dans celui-ci, qui est bien
inférieur à l'autre et abrégé par rapport à lui, la rubrique
Nomina episcoporum etc. fait complètement défaut.
P. vi. —M. Holder-Egger (Nettes Archiv, t. X, p. 221) signale à
la bibliothèque de la ville d'Amiens un manuscrit du xvi° siè-
cle qui contient, avec le catalogue libérien, les deux tables
d'anniversaires des papes et des martyrs. D'après une note
jointe à ces textes, ils sont extraits « ex cod. ms. antiquissimo
d. n. de Francia pracsid. in parl.Machliniensi. » Ce codex anti-
quissimus doit être identique à. celui de Peiresc.
P. xvii 6,2° catalogue.— Dans la colonne intitulée Catalogues
du vi° siècle, les chiffres des mois de Zéphyrin, ceux des jours
d'Urbain et d'Antéros, ceux des mois et des jours de Pontien
devraient être en italique.
P. xvi 6, catalogue.— Pius d. xi, au lieu de d. i ; Calliste, d. x ;
Denys, d. 1111 au lieu de d. III; Félix III, m. XI au lieu de m. VI
— Ajouter, pour établir un accord exact entre la restitution
provisoire contenue dans ce tableau et les résultats consignés
dans celui de la p. lxxx, les modifications ou compléments qui
suivent: Zéphyrin, m. vi (vu); Antéros, d. xvim (xn) ; Cornélius,
d. m (n); Félix, m. i (n), Zosime, d. xvim(xv).
P. xxv, n° 27. — C'est vers le commencement du vi° siècle
que les portraits des évoques de Milan furent exécutés dans
l'église Saint-Nazaire et accompagnés d'inscriptions métriques
composées par Ennodius.
P. xxxiv a, no 3. — Raban Maur, dans son traité sur les chor-
évêques (Migne, P. L., t. CX, p. 1197) cite le L. P. sous le
nom de Damase, mais plutôt en suivant les indications des
lettres-préface que d'après le titre d'un manuscrit ■ Unde legi-
tur in codice quem Damasus papa de episcopis Romanae ecele-
siaepetente Hieronymo presbytero conscripsit, quod Linus et
Cletus, » etc.
P. xxxv, note 7. — Le livre du P. Lapôtrc n'est pas encore en
librairie. Il porte le millésime de 1885.
P. xl, n° 8. — Au lieu du chapitre IV § ix, on devra se re-
porter aux pages ccxvin, ccxix, cclii, et au commentaire des
notices de Boniface II ( note 15) et de Jean II (note 5).
P. lv, n° 11. — J'ai pu tout récemment rapprocher du manus-
crit de Paris une photographie de celui de Vérone. La compa-
raison ne confirme pas l'impression qu'ils soient du même pays.
P. lvi, n« 1 3. — La chronique mentionnée ici a été publiée par
M. G. Waitzdans le tome XIII des Mon. Germ. y ScHptores. Elle
ne contient pas d'autre emprunt au L. P. que ceux qui sont
étudiés ici.
P. cv 6, note 5. — Cf. De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 347.
P. cvm, note 4. — M. Nestlé a publié ce texte dans la Chres-
tomathie qui fait suite à sa Brevis linguae syriacae grammatica
(1881), n°III.
P. exi, note |1 . — L'opinion exprimée ici est celle de M. Ior-
dan (Topogr., t. II, p. 495); cf. De Rossi, Le prime raccolte,
p. 76 et suiv. Au moyen âge la caverne du dragon était localisée à
l'angle nord du Palatin, à l'endroit où s'élève l'église S. Maria
de Inferno (S. M. Libératrice). — Le dragon de saint Sil-
vestre paraître être proche parent de celui dont parle l'auteur
du De Promissionibus, m, 38 (Migne, P. I., t. LI, p. 835) ; cet
auteur était africain ; il avait visité la Campanie vers le milieu
du v c siècle. Il était encore jeune quand ce dragon fut tué, ou
plutôt brisé, car c'était un dragon mécanique, au temps de Sti-
licon. Cependant il se trompe en plaçant l'épisode à Rome : il
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s'agit évidemment d'un dragon de Lanuvium (Elien, Hist. anim.,
x, 16 ; Properce, iv, 8).
P. cxv a, note 3.— Avant Grégoire de Tourf, Fortunat, dans sa
vie de saint Marcel de Paris, écrite avant 576, avait fait usage
du Liber Silvestri. Quelques lignes avant la fin (p. 54 Krusch),
il compare Marcel à Silvestre : « Si sanctorum virorum ex fac-
tis mérita conferantur, miretur Marcellum Gallia, dura Roma
Silvestrum, nisi hoc distat in opère quod draconem sigillavit
ille, iste iactavit. »
P. cxxxv a, note 1. — Le texte pseudoisidorien dont il est ici
question dépend aussi, directement ou indirectement, du Cons-
titutum Silvestri.
P. cxxxvii 6, note 1. — Cet apocryphe vient d'être publié, par
les soins de M. Paul Fabre, dans les Mélanges de l'Ecole de
Rome, t. VI [1886], p. 4 et suiv.
P. cxxxvm o. — Aux passages reproduits ici comme dérivés
du Constitutum, joindre celui qui est indiqué plus loin, p. 241,
Léon, note 13.
P. cxci, note 2. — Le texte de la liste des patriarches de
Constantinople, tel que le présente le Vaiicanus 3764, ne dif-
fère de celui-ci que par des variantes purement orthographi-
ques. Voici celles qui concernent les noms propres : 3, Mace-
donius; 5, Dimophilus ; 10, Arsacius; 28, Eutichius. — Sur les
catalogues épiscopaux de Constantinople, cf. p. xxnia, note 3.
P. clxxii a, note 1. —J'ai vu le ms. depuis que cette page
a été imprimée, La collection canonique par laquelle il com-
mence est la collection d'Hérouval. Ce manuscrit doit être
ajouté à ceux qui ont été catalogués par Maassen, Quellen, t. I,
p. 828.
P. clxxviu a, n« 22, 1. 4 du petit texte, au lieu]de xvi e lire xiv°.
P. clxxix a, note l,au lieu de Kober, lire Korum.
P. clxxxii a, 10 e ligtie avant la fin, au lieu de Hérouville,
lisez Hérouval.
P. 25. — Cf. p. lxxix, note 1.
P. 28. — M. G. Monod a publié, dans le 63 e fascicule de la
Bibliothèque de VEcole des Hautes- Etudes, le texte de Frédégaire
d'après le Parisinus 10910. Le catalogue des papes s'y trouve
à la p. 22.
P. 30. — La nouvelle édition de Théophane par M. C. de
de Boor, Leipzig, Teubner, 1883, permet de reconstituer le
texte grec de ce catalogue, depuis Gaius. Pour les chiffres il
n'y a rien à changer à ceux de cette page, mais deux lacu-
nes à compléter. Léo an. XXI, Rilariis flXaofov) an. VI; Pela-
gius an. V, lohannes an. VIII. Il faut signaler aussi la leçon
Maoxs/.).ïvo; au lieu de Marcellus. — Un peu plus haut, 1. Euty-
chianus.
P. 43. — Le manuscrit dont il est ici question porte le no 22
dans la bibliothèque capitulaire de Vérone.
P. 115, avant-dernière ligne. — Je me suis décidé à suppri-
mer, même pour l'intervalle Constantin-Etienne II, les variantes
de D 5 . Le sigle D représente donc, d'un bout à l'autre, le ma-
nuscrit Parisinus 5516 .
P. 116, ligne 1. — Sauf les premières notices, le Vaticanus
3764 est désigné, dans ce volume, par le sigle E* quand on a, à
côté de la sienne, la leçon de E* ou de E 5 , par la lettre E,
quand ces deux manuscrits font défaut.
Ibid., Avis pour les notes explicatives. — L'Index spécial,
promis à la fin de cet avis, sera joint au tome IL
P. 121, note 3. — Dans ses Inscr. christ., t. II, p. 236, M. de
Rossi s'est expliqué définitivement sur la question du tom-
beau de Linus, et dans le sens indiqué ici.
P. 129, variantes, l. 6, lire <et> episcopos, au lieu de < et
epi$copos.>
P. 213, variantes, 1. 5, lisez : aut] et A5E 5 : atque A« : vel etc.
P. 234, variantes, 1. 19, insérer avant la parenthèse les lettres
BCDEG.
P. 239, note 1. — Sur cette basilique, v. l'ouvrage de M. Lo-
renzo Fortunati, Relazione générale degli scavi e scoperte faite
lungo la via Latina, Rome, 1859. On y trouvera, entre autres
choses, un plan de la basilique et des édifices adjacents avec
l'inscription suivante, découverte dans l'église elle-même, en
fragments très menus. Les restitutions sont du P. Garrucci.
CVM MVNDVM LlnguENS DEMefriAS AMNia virgo
CLAwdERET EXTREMVM NON MORITura diem
haeC TIBÏ PAPa /EO VOTORVM EXTREMa suorum
fradIDIT VT SaCRAE SVRGERET AVLA Domus
MaNDATI COMPLETA FIDES SED GLORia maior
inTERlVS VOTVM sOLVERE QVAM PROPA/aro
INSERAT CVLMEN STEPHaNVS QVI PRIMVS IN OR6e
rAPTVS MORTE *rVCI REGNaT IN k^Ce poli
prAESVLlS HAnc iussV TIGRINVS Presbiter aulam
EXcOLIT INSontiS MENTE LABORe 6oNI
P. 272, note I. — Outre son fils Silvère, qui devint pape,
un autre membre de la famille d'Hormisdas se distingua dans
la carrière des honneurs ecclésiastiques. Je veux parler de Ge-
rontius, primicier des notaires, mort en 565, dont l'épitaphe
est encore conservée (De Rossi, Inscr. christ., t. I, n° 1098).
P. 282, notes 4 et 8. — Les pièces reproduites ici ont été pu-
bliées à nouveau par M. Mommsen (Neues Archiv, t. XI, p. 367)
après revision sur le manuscrit. En dehors des petits détails
•d'orthographe, voici ce que je] crois devoir relever dans cette
nouvelle édition. Mandement de Félix, litre : effacer et après
episcopis ; 1. 6, ideoque; 1.8, le ms. porte mihi in ipso fateor
adspirante conpunctum, mais il n'y a rien à changer à la resti-
tution ; Rubrique après le mandement : atque au lieu de et ;
Adresse de la deuxième pièce : effacer et avant diaconis ; 1. 6,
ambitum.
P. 284 6, dernière ligne, au lieu de IV, lisez IX.
P. 326, note 14. — Sur l'église Saint-Sévérin de Tivoli, cf.
Bruzza, Regesto délia chiesa di Tivoli, p. 95.
P. 333 6, note 5, 1. 9, au lieu de 2 oct. lisez 27 oct.
P. 352, variantes, 1. 1 : libris si" EG — ipsi A 1 B3 : istis B*.
P. 355, note 2 pour l'ordination d'Agathon, remplacer la
date du 4 juillet par celle du 27 juin.
P. 379, note 38, 1. 6, lire : aux lignes 42-51.
P. 396 et suiv.— Le texte des colonnes de gauche est celui
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ADDITIONS ET CORRECTIONS.
des rass. ACG ; le texte des colonnes de droite celui des mss.
BDE. Sur la différence desrédactions, v. Introduction, p. ccxx.
P. 408, 1. 8. — recessit mitis] C'est probablement à ce séjour
à Rome que roi Liutprand fît allusion dans les inscriptions de
Saint-Anastase, près de Pavie, église fondée par lui après la
rupture entre l'empereur Léon et le siège apostolique (De Rossi,
Inscr. christ., t. II, p. 168, 169).
P. 413, note 42, 1. 3, au lieu de la note précédente, lisez les
lignes précédentes.
P. 424, note 33. — Il faut rapprocher de ce décret l'inscription
ni, 7 du recueil de Marini-Mai, relative au service liturgique
de la basilique de Saint-Paul, tel qu'il fut réglé par Grégoire III.
P. 425. — Ajouter la note suivante, relative au tombeau de
Grégoire III.— Le tombeau de Grégoire III se trouvait? dans l'o-
ratoire édifié par ce pape en l'honneur de la sainte Vierge(ci- des-
sus, note 12). On y voyait une arcade en mosaïque ; elle sub-
sista jusqu'au temps d'Eugène III, qui fut enterré au même
endroit. Dans Pépitaphe d'Eugène, le vers suivant concernait
son prédécesseur : Tertius hic papa Gregorius est tumulatus .
(P. Mallius ; De Rossi, Inscr, christ., t. II, p. 201).
P. 432, 1. 10. — omnes codices] Un don semblable fut fait à
Saint-Clément de Rome, par un prêtre de ce titre, précisément
au temps du pape Zacharie. 11 est commémoré dans une des
inscriptions du recueil Marini-Mai, m, 20.
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TABLE DU TOME PREMIER.
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PRÉFACE
INTRODUCTION
CHAPITRE I.
l'histoire et la chronologie des papes avant le liber
pontificalis.
§ I. Documents du deuxième siècle et du troisième. p. 1
Hégésippe (p. i). — Irénée {ibid.). — Catalogues de
la fia du 11 e siècle (p. u). — Hippolyte (ibid.). — Son
continuateur (p. iv). — Eusèbe (p. v).
§ II. Le catalogue libét-ien et les autres documents
du iv e siècle p. vi
Le chronographe de 354 (p. vi). — Le catalogue li-
bérien (p. vin). — Saint Optât et saint Augustin (p. x).
— Le poème contre Marcion (p. xi). — Saint Jérôme
(p. xn). — Saint Epiphane ,* Actes des saints Scharbil
et Barschamia [ibid.).
§111. Les catalogues du v° siècle p. xn
Prosper, Chronicon imperiale t Idace (p. xn). — His-
toires ecclésiastiques du v° siècle (p. xm). — Le chro-
nographe de 447 (ibid.). — Catalogues isolés (p. xiv) :
\° Catalogues latins, provenance, traits principaux, sour-
ces (ibid.) ; — 2» Catalogues grecs (p. xxi) ; — 3° Catalo-
gues orientaux (p. xxui).— Chroniques du vi° et du vn e
siècle; Marcellin, Victor de Tunnunum(p. xxiv),Jean de
Biclar. Continuateur de Prosper jusqu'en 641 (p. xxv).
§ IV. Les peintures de Saint-Paul p. xxv
Les portraits des papes dans les basiliques de Rome
(p. xxv). — Galerie de Saint-Paul (p. xxvi).
§ V. Le fragment laurentien p. xxv
Le fragment du manuscrit de Vérone (p. xxx). —
Intérêt attaché à l'histoire pontificale au début du
vi e siècle (p. xxxi).
CHAPITRE II.
LA DATE DU LIBER PONTIFICALIS.
Les notices du Liber Pontificalis (p. xxxm). — Sa
préface en deux lettres (ibid.). — Le L. P. est
postérieure Damase, antérieur au vm c siècle (p. xxxiv).
— Son attribution à Anastase le Bibliothécaire
(p. ixxv). — Il est postérieur au v° sièclo (ibid.).
— Il est du temps des Goths (p. xxxvi). — Notices de
main contemporaine, Silvère, Agapit, Jean II, Boni-
face II (p. xxxix). — Le catalogue félicien, abrégé du
L. P. (p. xli). — Etat des esprits à Rome, au temps du
pape Symmaque (p. xliii). — Le L. P. depuis Anas-
tase II jusqu'à Félix IV (p. xliv). — Réapparition des
dates consulaires depuis 498 (p. xlv). — Le L. P. et
le martyrologe hiéronymien (p. xlvi). — Conclusion
(p. xlvii).
CHAPITRE III.
LA PREMIÈRE ÉDITION.
§ I. L'abrégé félicien p. xlix
Ses manuscrits (p. xlix). — Ses éditions (p. li). —
Rapport des manuscrits entre eux(t"6ïd.). — La collec-
tion de Saint-Maur et l'abrégé félicien (p. lu). — Gré-
goire de Tours a connu cet abrégé (ibid.).
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§ II. L'abrégé cononien p. |liv
Ses manuscrits p. liv).— Ses limites (p. lv). — L'a-
brégé cononien en Bourgogne, vers Tan 800 (p. lvi).
§ III. Le Liber Pontifiealis primitif p.Lvii
Accord des deux abrégés contre le texte complet
(p. lvh). — Us dérivent d'une rédaction plus ancienne
(p. LViii), comme le prouvent 4° ia comparaison avec
les sources du texte (p. lix), 2° la présence de gloses et
3° de remaniements (p. lx), 4° la diflérence d'attitude
dans la question pascale (p. lxih). — Particularités
de l'abrégé félicien (p. lxiv), de l'abrégé cononien
(p. lxv). — Manuscrits de la première édition (p. lxvi).
— Sa restitution (p. lxtii).
CHAPITRE IV.
LES SOURCES.
Coup d'œil général, méthode d'investigation ... p. lxviii.
§ 1. Les noms et l'ordre chronologique des papes .
Divergences des catalogues (p. lxix). — Clet et Ana-
clet (ibid.). — La place de Saint-Clément (p. lxxi). —
Pio et Anicet (p. lxxiii). — Marcellin et Marcel (ibid.).
— Félix II (p. lxxiv). — Pontien et Antéros (p. lxxv.)
§ II. La pat rie et la famille des papes p. lxxvi
Indications du L. P. sur les pères des papes (lxxvi).
— Sur leur nationalité (ibid.). — Origine de ces ren-
seignements (p. lxxvii).
§ 1 II. La durée du pontificat . . . .p.LXxvm
Le L. P. néglige le catalogue libérien pour celui du
v° siècle (p. lxxviii)* — Les deux traditions de celui-ci
(ibid.). — Anomalies (p. lxxix). — Révision de Saint-
Paul (p. lxxxviii). — Révision de l'abrégé cononien
(p. lxxxix). — Traditions romaines sut* la chronologie
des papes (ibid.). — Tableau comparatif [des catalogues
romains (p. lxxx-lxxxvii).
§ IV . Les papes martyrs p. lxxxix
Leur nombre, d'après le L. P. (p. lxxxix). —Tradi-
tions locales à la fin du v° siècle (p. xc),> — Passions
consultées (p. xci). — Martyrium t. démentis (ibid.).
— Passio ss. Alexandrie Eventii et Theoduli (ibid.). —
Passio s. CaUisti (p. xcn). — Passio s. Caeciliae
(p. xcm). — Documents perdus sur le pape Pontien
(p. xciv), sur Antéros (p. xcv). —Passio s. Cornelii
(p. xevi). — Récits sur la persécution de Valérien (ibid.).
— Passio s. Susannae (p. xcvm). — Passio s. Marcellini
(p. xcix). — Passio s. Marcelli (ibid.). — La réorga-
nisation de l'Eglise après les persécutions (p. c). — Les
notaires et les Gesta martyrum (ibid.).
§ V. Récits divers relatifs aux papes .... p. en
Les quatre premiers papes (p. en). — Eleuthère et
le roi breton Lucius (ibid.), — La translation de saint
Pierre et de saint Paul (p. civ). — L'Invention de la
vraie croix (p. cvn). — Constantin et saint Silvestre
(p. cix). — Libère et Félix II (p. cxx). — Le procès du
pape Xystus III (p. cxxvi),
§ VI. Les décrets disciplinaires et liturgiques. . p.cxxvm
Les Constituta du L. P. (p. cxxvm). — Décrétales des
papes (ibid.). — Apocryphes romains (p. cxxx). — La
collection de Denys le Petit (ibid.). — Le L. P. et les
décrétales authentiques (ibid.). — Histoire littéraire
des apocryphes symmachiens (p. cxxxin). — Leur em-
ploi dans leI.P.(p. cxxrvn).
§ VII. Les fondations et dotations d'églises . . . p.cxLi
Les édifices sacrés mentionnés dans le L. P. (p. cxli).
— Ses catalogues de vases sacrés, etc. (p. cxliii). —
Leurorigine (p.cxLv). — La chartaCornutiana(p. cxlvi).
— Les catalogues de fonds de terre (p. cxlix). — Gi-
sement, propriétés orientales (ibid.). — Redevances
et produits exotiques (p. cl). — Antiquité de ces ca-
talogues (ibid.). — Leur emploi dans le L. P. (p. eu).
— Leur provenance (p. clu).
§ VIII. Les ordinations p.cLiv
§ IX. Les sépultures et anniversaires funèbres . . p. clv
Les tombes pontificales au vi c siècle (p. clv). — La
table des sépultures pontificales (p. clvi). — Les dates
funéraires (p. clviii).
§ X* La vacance du siège p. clx
Conclusion p.cLxi
CHAPITRE V.
LES MANUSCRITS.
$1. Manuscrits de la classe A p.clxiv
Manuscrits indépendants : Le Lucensis et ses similai-
i res (p. clxiv). — Manuscrits dérivés du Lucensis: i°
! Groupe florentin (p. clxix); — 2<> Groupe français
j (p. clxxi). — Manuscrits perdus (p. clxxiv). — Classifi-
1 cation (ibid.).
§ H. Manuscrits de la classe B p.cLXxv
Manuscrits du texte ordinaire : 1° Fragments très
anciens, de Turin et de Naples (p. clxxv) ; — 2° Ma-
nuscrits prolongés au delà d'Etienne II (p. clxxvi); —
j 3° Manuscrits terminés à Etienne II (p. clxxix). —
Recension d'Adhémar (p. clxxx). — LeLt&er Floridus
(p. clxxxv). — Recension de Saint-Denis (p. clxxxvii). —
| Classification (p. clxxxviii).
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§ 111. Ifamttcrtts de la classe C p. clxxziz
Le Vossianus 60 et le groupe pseudo-isidorien
(p. clxxxix). —Manuscrits de Wolfenbûttel, de Berne;
le Parisinus 5140 (p. exc)» — Classement (p. exen).
g IV. Manuscrits mixtes « p. exem
Manuscrits du type D (p. exem). — Manuscrits du
type E, le Vaticanus 3764 et ses congénères (p. excv).
— Comparaison entre les manuscrits de ce type
(p. cci). — Interpolations spéciales (p. ccn).
§V. Abrégés p.ccni
CHAPITRE VI.
HISTOIBE DO TEXTE (v^-Vni* siècle).
§ I. Les recensions p.ccvii
Groupement général des manuscrits (p. cevn). —
Spécialités des manuscrits A, de saint Pierre àSilvère
(p. ccvin). — Leur supériorité (p. ccxin). — Carac-
tère composite du type E {ibii.). — Ses attenances
avec la première édition (p. ccxiv). — Le type D
(p. ccxv). — Groupement nouveau depuis Silvère jus-
qu'à Constantin (p. ccxvi). — Remaniement des fina-
les aux deux extrémités de cette série (p. ccxvin). —
Les deux éditions de la vie de Grégoire II (p. ccxx). —
Vies de Grégoire III et de Zacharie (p. ccxxm). — Les
trois rédactions de la vie d'Etienne II, rédaction lom-
barde (p. ccxxv). — La vie de Paul (p. ccxxvi). —
Age des retouches (ibid.). — Le passage sur Hunald
d'Aquitaine, dans la vie d'Etienne II (p. ccxxvn). — Les
Les listes des évoques du concile de Latran en 769
(p. ccxxix). — Valeur relative des classes de manus-
crits (ibid.).
§ II. Les continuations p. ccxxx
Date de la première continuation jusqu'à Silvère et
de la deuxième édition du L. P. (p. ccxxx). — De Sil-
vère à Honorius (p. ccxxxi). — Le L. P. au vu et au
vm c siècle (p. ccxxxn). — La vie d'Hadrien (p. ccxxxiv).
— Ses deux parties principales, rédactions successives
de la seconde (ibid.). — La donation deCharlemagne :
sa valeur historique (p. ccxxxvi). — La promesse de
Kiersy (p. ccxlii). — La rédaction du L. P. au palais
de Latran (p. ccxliii).
CHAPITRE VII.
chronologie (i-viii° siècle).
De saint Pierre à Urbain (p. ccxlvi). — De Pontien
à Miltiade (p. ccxlvii). — De Silvestre à Innocent
(p. ccl).— De Zosime à Jean 1 e ' (p. ccli).— De Félix IV
à saint Grégoire (p. cclii). — De Sabinien à Hadrien
(p. cclv).
Table chronologique des papes, de saint Pierre à
Hadrien I er .
TEXTE
I. Catalogue libérien p. i
Depositio episcoporum 10
Depositio martyrum il
II. Catalogues pontificaux du v* au vu 6 siècle .... 13
Catalogue du manuscrit d'Arras 14
— — de Corbie 16
— — de Chieti 18
— — de Reims 20
— — de Laon 22
— — de Cologne 24
— — d'AJbi 26
— — de Frédégaire 28
Second catalogue de Corbie 31
Catalogue du chronographe de 853 34
— de Nicéphore 37
— de Syncelle et Théophane 39
— d'Eutychius d'Alexandrie 40
— d'Elias de Nisibe 41
III. Fragment laurentien 43
IV. Liber Pontificalis, première édition restituée, avec le texte
des deux abrégés félicien eteononien 47
Finales des abrégés 108
V. Liber Pontificalis, seconde édition 115
1. B. Petrus 118
2. Linus 121
3. Cletus 122
4. Clemens 123
5. Anacletus 125
6. Evaristus 126
7. Alexander 127
8. Xyslus 128
9. Telesphorus 129
10. Hyginus • 131
li.Pius 132
12. Anicetus 134
13. Soler 13$
14. Eleutherius 136
15. Victor 137
16. Zephyrinus 139
17. Callistus 141
18. Urbanus 143
19. Pontianus 145
20. Anteros 147
21. Fabianus 148
22. Cornélius 150
23. Lucius 153
24. Stephanus 154
25. Xystus II , . 155
26. Dionysius 157
27. Félix 158
28. Eutychianus 139
29. Gaius 161
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30. Marcellinus 162
3î. Marcellus 164
32. Eusebius , . . 167
33. Miltiades 168
34. Silvester 170
35. Marcus 202
36. Iulius 205
37. Liberius 207
38. Félix II 211
39. Damasus. ..,...-. 212
40. Siricius ... 216
41. Anastasius 218
42. Innocentius 220
43. Zosimus 225
44. Bonifatius 227
45. Caelestiaus 230
46. XystusIII 232
47. Léo 238
48 Hilarus 242
49. Simplicius 249
50. Félix III 252
51. Gelasius 255
52. Anastasius II 258
53. Symraachus 260
54. Hormisdas 269
55. Iohannes , 275
56. Félix 1III • 279
57. Bonifatius II 281
58. Iohannes II 285
59. Agapitus. 287
60. Silverius 290
61. Vigilius 296
62. Pelagius 303
63. Iohannes III 305
64. Benedictus 308
65. Pelagius II 309
66. Gregorius 312
67. Sabinianus 315
68. Bonifatius III 316
69. Bonifatius I1H 317
70. Deusdedit 319
321
323
328
330
331
336
71. Bonifatius V
72. Honorius
73. Sevêrinus
74. Iohannes IIII
75. Theodorus
76. Martinus
77. Eugenius 341
78. Vitalianus .... 343
79. Adeodatus 346
80. Donus 348
81. Agatho 350
82. Léo II 359
83. Benedictus II 363
84. Iohannes V 366
85. Conon 368
86. Sergius 371
87. Iohannes VI 383
88. Iohannes VII . 385
89. Sisinnius 388
90. Constantinus 389
91. Gregorius II 396
92. Gregorius III 415
93. Zacharias 426
94. StephanusII 440
95. Paulus 463
96. Stephanuslll 468
97. Hadrianus 486
Légende du plan de Saint-Pierre 525
Additions et corrections 530
PLANCHES
PI. 1. Parisini 1451 et 2123 (abrégés félicien et co-
nonien) p. l
PI. II. Lucensis, spécimen de la minuscule . . clxv
PI. III. Lucensis, onciale, l r « et2 B partie . . . ibid.
PI. IV. Neapolitanus, Vindobonensis 473, Parisi-
nus 13729 p. clxxvi
PI. V. Vossianus 60, Bernensis 408, Parisinus, 5516.
PI. VI Vaticanus 3764
Plan de l'ancienne basilique de Saint-Pierre ... 192
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